Paris 8, Université des Créations

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Revue Médiévales. Langue Textes Histoire
Nombre de pages : 240
Langue : français
À paraître le : 27/08/2026
EAN : 9782379246333
Première édition
CLIL : 3386 Moyen Age
Illustration(s) : Non
Dimensions (Lxl) : 240×160 mm
Version papier
EAN : 9782379246333

Élites municipales et religion civique

N°90/2026

Spiritualité des élites municipales au Moyen Âge : quoi de neuf ? Ce numéro de la revue Médiévales réinterroge leurs pratiques dévotionnelles et leur rôle dans la construction d’une identité urbaine singulière.

Après une synthèse historiographique sur la « religion civique » et la spiritualité urbaine, l’ouvrage offre de nouveaux regards sur les pratiques dévotionnelles des élites urbaines au Moyen Âge, clercs comme laïcs, entre piété privée et dévotions publiques.
Paris et l’espace méridional (Limoges, Montpellier et Toulouse) entrent en résonance dans cinq contributions qui réexaminent comment bourgeois, consuls ou capitouls façonnent l’urbanité et le consensus religieux, notamment comme médiateurs entre le sacré et le pouvoir du prince.

 

Élites municipales et religion civique

 

Adrien Ferré, Thomas Schneider
« Religion civique » ou spiritualité urbaine ? Nouveaux regards sur les pratiques dévotionnelles des élites municipales

Adrien Ferré
La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris : facteur du consensus urbain ou club mondain pour l’élite urbaine ?

Thomas Schneider
Martial, patron du Château de Limoges, ou l’appropriation par le pouvoir bourgeois d’un apôtre ducal (XIe-XVIe siècle)

Lucie Laumonier
La Charité générale de Montpellier : du consulat aux métiers (XIIIe-XVIe siècles)

Vincent Challet
« Et pour le faire bayser aux bonnes gens qui ont dévotion au benoît saint corps » : rituels consulaires et dévotions ordinaires (Montpellier, XIIIe-XVe siècles)

 

Michelle Fournié
L’implication des magistrats urbains et des notables dans la religion civique à Toulouse

Essais et recherches

Philippe Josserand
Par-delà Ousâma et Saydnâyâ : pour une autre histoire des Templiers et de l’Autre

Aude Mairey
Troie en Angleterre à la fin du Moyen Âge : entre utopie et chaos

Points de vue

Patrick Henriet
Hagiologie, hagiographie, sainteté, reliques. Remarques à partir de quelques travaux récents

Didier Lett
Christiane Klapisch-Zuber : une historienne pragmatique de la famille et de la parenté

Adrien Ferré

GRHis, Université de Rouen Normandie

Thomas Schneider

CRIHAM, Université de Limoges

« Religion civique » ou spiritualité urbaine ? Nouveaux regards sur les pratiques dévotionnelles des élites municipales

  • bourgeoisie, élites, religion civique, ville



Adrien Ferré – GRHis, Université de Rouen Normandie

La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris : facteur du consensus urbain ou club mondain pour l’élite urbaine ?

La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris est la plus prestigieuse des confréries parisiennes de la fin du Moyen Âge. Société de secours mutuel et d’amitié fraternelle placée sous le patronage de la Vierge, elle a un rôle essentiel dans la structuration sociale, réunissant des clercs et des laïcs en quête d’une « famille spirituelle » ; mais elle ne se réduit pas à cette dimension religieuse. Corps constitué composé des « bons bourgeois » de la capitale, puissants et soucieux de leurs avantages, son rôle dans l’affirmation identitaire des Parisiens et dans l’émergence de l’urbanité est important, malgré les limites de cet « entre-soi » et son élargissement progressif à d’autres membres, officiers royaux notamment. Les relations privilégiées que la Grande Confrérie entretient avec le pouvoir royal dès le XIIIe siècle permettent d’étudier le contrat social qui unit les bonnes gens et le Prince. En effet, étant une force majeure de la capitale, elle est capable de peser sur la vie politique parisienne, à la fois comme espace public, interface essentielle avec le pouvoir royal, mais également comme foyer de contestations. En s’appuyant sur l’étude des statuts et l’analyse prosopographique des confrères, la communication propose une réflexion sur la Grande Confrérie en tant qu’espace de débats dans la recherche du consensus urbain.

  • bourgeoisie, confrérie, espace public, Paris, urbanité



Thomas Schneider – Université de Limoges (CRIHAM UR 15507)

Martial, patron du Château de Limoges, ou l’appropriation par le pouvoir bourgeois d’un apôtre ducal (XIe-XVIe siècle)

Saint Martial, évangélisateur et premier évêque de Limoges, est l’objet d’un culte attesté au vie siècle, d’abord assuré par une communauté de clercs de la cathédrale, puis à partir de 848, à l’instigation du pouvoir carolingien, au sein d’une abbaye bénédictine au rayonnement majeur en Occident. Dès le xie siècle, l’abbaye et Martial sont un atout majeur de la stratégie politique du duc d’Aquitaine qui soutient la promotion du saint au rang d’apôtre. Ce statut, d’abord réfuté mais validé dans les faits à partir de l’intégration de l’abbaye Saint-Martial au réseau clunisien en 1062, fait de lui le patronus de l’Aquitaine, en particulier de la ville du Château de Limoges, ville majeure du duché. Délaissé au XIIe siècle par le roi-duc plantagenêt au profit de nouveaux mouvements spirituels, Martial devient dès le début du xiiie siècle le patronus de la communauté des bourgeois qui prend le pouvoir du Château en 1212. Totem politique, Martial reste aussi, sur le long terme, un saint populaire et l’objet des dévotions des bourgeois, dans leurs pratiques mémorielles ou confraternelles, même s’ils se tournent aussi vers d’autres intercesseurs. Au xvie siècle, le consulat instaure une ritualité municipale où Martial est à la fois patron protecteur des habitants et garant de leurs institutions. Martial est donc le principal ferment de l’urbanité au Château.

  • bourgeoisie, Limoges, saint Martial, urbanité



Lucie Laumonier – Concordia University, Montréal

La Charité générale de Montpellier : du consulat aux métiers (XIIIe-XVIe siècles)

Attestées depuis les XIIe et XIIIe siècles dans les villes et villages du Midi de la France, les « Charités générales » étaient de grandes distributions d’aumônes, le plus souvent de pains, organisées à l’occasion d’une fête du calendrier religieux. Leur histoire est documentée pour la plupart des communautés d’habitants méridionales, à l’exception de Montpellier. La présente étude s’intéresse à l’histoire de la Charité de Montpellier, et plus particulièrement à la place prise par les corps de métier dans l’administration, l’approvisionnement et l’organisation de cette aumône générale. Quoique placée sous l’égide du gouvernement urbain, la Charité de Montpellier mettait au premier plan les métiers de la ville. Cet article vise donc à étudier et mesurer le rôle des travailleurs dans l’aumône générale de la communauté. Dans une première section, les spécificités de la Charité de Montpellier sont analysées au regard des autres Charités du Midi. Dans une deuxième section, l’article précise le rôle des consuls de la ville dans l’administration et l’organisation de la célébration. La troisième section, enfin, est dédiée aux corps de métier.

  • charité, consulat, métiers, Montpellier



Vincent Challet – Université Montpellier Paul-Valéry/ Professeur invité à l’Université d’État de Samarcande

« Et pour le faire bayser aux bonnes gens qui ont dévotion au benoît saint corps » : rituels consulaires et dévotions ordinaires (Montpellier, XIIIe-XVe siècles)

Dans une ville placée d’emblée sous le signe de la dévotion mariale et dépourvue de figure sainte locale, le consulat montpelliérain sut, dès son surgissement à l’aube du XIIIe siècle, assurer une efficace captation des dévotions religieuses et détourner une bonne part des œuvres pies au profit d’une utilitas publica assimilée à un bien commun urbain. Les élites montpelliéraines firent très tôt le choix d’une stricte orthodoxie inscrite dans le serment des consuls. Celle-ci s’affiche pleinement dans le sanctuaire de Notre-Dame des Tables dont le nom personnifie l’alliance du culte marial et de la prospérité commerciale dont bénéficie la ville, sanctuaire qui, à la suite du déménagement de la maison consulaire, apparaît comme une extension d’un gouvernement urbain dont le fonctionnement se calque sur un rythme marial.

L’apparition des ordres mendiants renforce cette mainmise consulaire sur les formes de dévotion urbaine, Dominicains, Franciscains, Carmes et Augustins figurant en bonne place tant au sein des processions que dans les pratiques du consulat ou les prédications. Ainsi, les pratiques dévotionnelles des « bonnes gens » et du pouvoir consulaire ont tenté d’établir « un pacte social » et civique noué autour des figures tutélaires de la Vierge Marie et de Saint-Cléophas et renouvelé dans les derniers temps du Moyen Âge par les manifestations d’une spiritualité nouvelle.

  • consulat, Montpellier, processions, religion civique



Michelle Fournié – Université Toulouse II — Jean Jaurès / FRAMESPA (UMR 5136)

L’implication des magistrats urbains et des notables dans la religion civique à Toulouse

Au XIVe siècle, les consuls de Toulouse, appelés capitouls, ainsi que les notables liés au milieu consulaire, interviennent dans la gestion des confréries, des fabriques (ou œuvres) de tous les établissements ecclésiastiques de la cité comme c’est de coutume dans bien d’autres villes du royaume de France. Mais leur activité se développe surtout auprès des reliques dont ils assurent l’accueil, la garde et la sécurité, ce qui grève le budget communal. Ils affirment détenir dans ce domaine une responsabilité supérieure à celle des clercs eux-mêmes. L’invention, en fin de XIVe siècle, du corps de Jacques le Majeur et de cinq autres apôtres dans l’abbatiale Saint-Sernin sert de support à l’idéal apostolique qui caractérise la religion civique à Toulouse. Les douze capitouls se font représenter, protégés par chacun des apôtres et recevant l’Esprit Saint en langues de feu, pour les inspirer dans leur gouvernement.

  • apostolicité, capitouls, confréries, miracles, ostensions, reliques, Toulouse



Philippe Josserand – Nantes Université (CRHIA/CIHAM-IEM)

Par-delà Ousâma et Saydnâyâ : pour une autre histoire des Templiers et de l’Autre

Les Templiers fascinent, on le sait, et aujourd’hui le rapport qu’ils ont entretenu avec l’Autre, en particulier au Proche-Orient, s’est converti en sujet d’histoire publique. Certaines lectures, peu scientifiques, les présentent comme des fanatiques – en s’en revendiquant parfois – et d’autres, émanant elles des cercles académiques, vantent à l’inverse leur tolérance, y compris envers les musulmans. Loin des premières, j’ai cherché ici à interroger les secondes en appelant, par-delà un irénisme qu’on voudrait surtout voir prévaloir au contemporain, à en revenir aux sources. Ce chemin, intellectuel et humain, a toujours été celui de Benjamin Z. Kedar et, pour ne pas fonder la relation des Templiers à l’Autre sur des a priori, j’ai repris à nouveaux frais les deux dossiers documentaires les plus invoqués sur la question, ceux d’Ousâma ibn Munqidh et du monastère melkite de Saydnâyâ, avec lesquels le rapport des frères, s’il a été riche, s’est avéré moins fluide et, en tout cas, plus intéressé qu’on l’écrit communément.

  • altérité, croisade, historiographie, Orient latin, Templiers



Aude Mairey – LaMOP (CNRS-Université Paris 1)

Troie en Angleterre à la fin du Moyen Âge : entre utopie et chaos

Le mythe de fondation troyen est, à la fin du Moyen Âge, très populaire en Angleterre. L’objet de cet article est de comprendre en quoi, dans la littérature médiévale anglaise qui s’approprie ce mythe, Troie – lieu relevant à la fois du royaume et de la cité – constitue un horizon politique imaginaire permettant aux médiévaux d’articuler, d’une part la nécessité d’un mythe de civilisation profondément urbain dans ses origines et en partie au moins sécularisé, et d’autre part l’existence manifeste des dissensions politiques internes, malgré les efforts des uns et des autres en matière de légitimité symbolique.

  • Angleterre, architecture, Londres, mythe de fondation, Troie



Patrick Henriet

École Pratique des Hautes Études (Section des Sciences Historiques et Philologiques —Saprat)

Hagiologie, hagiographie, sainteté, reliques. Remarques à partir de quelques travaux récents

  • hagiographie, hagiologie, historiographie, reliques, sainteté



Didier Lett – Université Paris Cité (Laboratoire ECHELLES-UMR 8264)

Christiane Klapisch-Zuber : une historienne pragmatique de la famille et de la parenté

  • famille, femmes, historiographie, Italie, mariage, parenté, Toscane


Adrien Ferré – GRHis, Université de Rouen Normandie

Thomas Schneider – CRIHAM, Université de Limoges

« Religion civique » ou spiritualité urbaine ? Nouveaux regards sur les pratiques dévotionnelles des élites municipales

  • bourgeoisie, cities, civic religion, elites



Adrien Ferré – GRHis, Université de Rouen Normandie

The Grande Confrérie Notre-Dame aux Prêtres et aux Bourgeois de Paris : A Factor in Urban Consensus or a Social Club for the Urban Elite ?

The Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris was one of the most important Parisian confraternities of the late Middle Ages. Beyond its statutes, organization, and spiritual practices, examined in the first section, the article focuses in its second part on the confraternity’s prosopographical composition, which included clerics, bourgeois, royal officers, and even princely figures. The final section explores its role in the emergence of consensus and urban sociability, and considers whether the Grande Confrérie may be understood as a form of public sphere, serving as an interface between Parisians and the king.

  • confraternity, bourgeoisie, Paris, public sphere, urban sociability



Thomas Schneider – Université de Limoges (CRIHAM UR 15507)

Martial, patron of the Château de Limoges, or the appropriation by the bourgeoisie of a ducal apostle (Eleventh-Sixteenth Centuries)

Saint Martial, evangelist and first bishop of Limoges, was the object of a cult attested in the sixth century, initially maintained by a community of clerics from the cathedral, then from 848 onwards, at the instigation of the Carolingian power, within a Benedictine abbey of major influence in the West. From the eleventh century onwards, the abbey and Martial were a major asset in the political strategy of the Duke of Aquitaine, who supported the promotion of the saint to the rank of apostle. This status, initially rejected but validated in practice when Saint-Martial Abbey joined the Cluniac network in 1062, made him the patronus of Aquitaine, particularly the town of Château de Limoges, a major town in the duchy. Abandoned in the twelfth century by the Plantagenet king-duke in favour of new spiritual movements, Martial became, at the beginning of the thirteenth century, the patron saint of the bourgeois community that took power in Château in 1212. A political totem, Martial also remained, over the long term, a popular saint and the object of devotion for the bourgeoisie in their memorial and confraternity practices, even though they also turned to other intercessors. In the sixteenth century, the consulate established a municipal ritual in which Martial was both the patron saint and protector of the inhabitants and the guarantor of their institutions. Martial was therefore the main catalyst for urbanity in the Château.

  • bourgeoisie, Limoges, Saint Martial, urbanity



Lucie Laumonier – Concordia University, Montréal

The Montpellier Charity : From the Consulate to the Guilds (Thirteenth-Sixteenth Centuries)

Documented from the twelfth and thirteenth centuries onward in the towns and villages of southern France, “General Charities” (Charités générales) were large-scale distributions of alms, most often bread, organized on a religious Holiday. Their history is documented for most southern communities, except for Montpellier. This article focuses on the history of the Montpellier Charity, and more specifically on the role played by craft guilds in the almsgiving’s administration, supply, and organization. Although the Charity was placed under the authority of the urban government, the city’s trade guilds were in its limelight. The article therefore aims to study and assess the role of workers in the community’s general almsgiving. The first section analyzes the specific features of the Charity of Montpellier in comparison with other Charities in the Midi. The second section clarifies the role of the city’s consuls in the administration and organization of the celebration. The third and final section is devoted to the craft guilds.

  • charity, consulate, guilds, Montpellier



Vincent Challet – Université Montpellier Paul-Valéry/ Professeur invité à l’Université d’État de Samarcande

« Et pour le faire bayser aux bonnes gens qui ont dévotion au benoît saint corps » : Consular Rituals and Ordinary Devotions (Montpellier, Thirteenth-Fifteenth Centuries)

In a town that was immediately marked by Marian devotion and lacked a local saint, the Montpellier consulate, from its emergence at the dawn of the 13th century, was able to effectively capture religious devotion and divert a large part of pious works to the benefit of an utilitas publica assimilated to an urban common good. The Montpellier elites made the choice early on to adhere to strict orthodoxy, as enshrined in the consuls’oath. This was fully displayed in the sanctuary of Notre-Dame des Tables, whose name personifies the alliance between Marian worship and the commercial prosperity enjoyed by the city. Following the relocation of the consular house, this sanctuary appeared to be an extension of an urban government whose functioning was modelled on a Marian rhythm.

The emergence of mendicant orders reinforced this consular control over forms of urban devotion, with Dominicans, Franciscans, Carmelites and Augustinians featuring prominently in processions, consular practices and preaching. Thus, the devotional practices of the ‘good people’and the consular power attempted to establish a ‘social and civic pact’centred on the tutelary figures of the Virgin Mary and Saint Cleophas, which was renewed in the late Middle Ages by the manifestations of a new spirituality.

  • civic religion, consulate, Montpellier, processions



Michelle Fournié – Université Toulouse II — Jean Jaurès / FRAMESPA (UMR 5136)

The Involvement of City Magistrates and Dignitaries in Civic Religion in Toulouse

In the fourteenth century, the consuls of Toulouse, known as capitouls, together with dignitaries connected to the consular milieu, intervened in the management of confraternities and of the fabriques of all the city’s ecclesiastical institutions, as was customary in many other towns of the Kingdom of France. Their activity, however, developed above all in relation to relics, for which they ensured reception, custody, and security — an obligation that weighed heavily on the municipal budget. In this field, they claimed to hold a responsibility superior even to that of the clergy themselves. The discovery, at the end of the fourteenth century, of the body of James the Greater and of five other apostles in the abbey church of Saint-Sernin provided support for the apostolic ideal that characterized civic religion in Toulouse. The twelve capitouls had themselves depicted as being protected by each of the apostles and receiving the Holy Spirit in tongues of fire, in order to inspire them in their governance.

  • apostolicity, capitouls, confraternity, ostension, miracles, relics, Toulouse



Philippe Josserand – Nantes Université (CRHIA/CIHAM-IEM)

Beyond Ousâma and Saydnâyâ : towards an Alternative History of the Templars and the “Other”

The Templars have long been a subject of fascination, and today their relationship with the “Other”, particularly in the Near East, has become a topic of public history. Some uncritical interpretations depict them as fanatics – sometimes even celebrating this portrayal – while others, emerging from academic circles, emphasize their tolerance, including toward Muslims. While distancing myself from the former perspective, I seek here critically to examine the latter. Rather than relying on a modern ideal of peaceful coexistence, I advocate for a return to the sources. This intellectual and historical approach follows in the footsteps of Benjamin Z. Kedar. To avoid preconceived narratives about the Templars’ interactions with non-Christians – in this case Muslims –, I have reexamined two of the most frequently cited case studies on the subject : those of Usama ibn Munqidh and the Melkite monastery of Saydnaya. While the Templars’engagement with both was significant, their relationships proved to be less seamless and, above all, more strategically motivated than is often assumed.

  • alterity, Crusades, historiography, Latin East, Templars



Aude Mairey – LaMOP (CNRS-Université Paris 1)

Troy in England at the End of the Middle Ages : between Chaos and Utopia

The Trojan founding myth was particularly prevalent in England during the late medieval period. The purpose of this article is to understand how, in medieval English literature that appropriates this myth, Troy – a place that was both a kingdom and a city – constituted an imaginary political horizon that allowed medieval people to articulate, on the one hand, the need for a myth of civilisation that was deeply urban in its origins and at least partly secularised, and, on the other hand, the manifest existence of internal political dissensions, despite the efforts of each sides regarding symbolic legitimacy.

  • architecture, England, founding myth, London, Troy



Patrick Henriet

École Pratique des Hautes Études (Section des Sciences Historiques et Philologiques —Saprat)

Hagiologie, hagiographie, sainteté, reliques. Remarques à partir de quelques travaux récents

  • hagiography, hagiology, historiography, relics, sainthood



Didier Lett – Université Paris Cité (Laboratoire ECHELLES-UMR 8264)

Christiane Klapisch-Zuber : une historienne pragmatique de la famille et de la parenté

  • family, historiography, Italy, kinship, marriage, Tuscany, women

Adrien Ferré

Thomas Schneider


« Religion civique » ou spiritualité urbaine ? Nouveaux regards sur les pratiques dévotionnelles des élites municipales


C’est à Limoges que se déroule la scène de céphalophorie qui illustre la couverture de ce numéro de Médiévales. Saint Martial, évêque de la ville, interrompt la messe qu’il est en train de célébrer pour accueillir, dans sa douceur consolatrice, sainte Valérie, sous le regard des saints Alpinien et Austriclinien, compagnons du saint. Valérie, décapitée par son fiancé païen pour avoir refusé de l’épouser, apporte à Martial sa tête, soutenue par la grâce d’un ange. Ce miracle est constitutif même de l’identité urbaine à Limoges, en particulier celle de la ville du Château, dont l’enceinte, édifiée au xiiie siècle par le pouvoir bourgeois, est suggérée par la frise crénelée qui surplombe la scène. Cette rare miniature du xive siècle, dont la maîtrise artistique est celle des peintres et émailleurs qui ont fait la renommée de Limoges, fait ici doublement sens. En effet, elle figure au cartulaire du consulat du Château, livre juratoire sur lequel prêtaient serment les consuls qui entraient en charge 1. L’usure même de cette page, marquée par l’apposition de centaines de mains lors de cette cérémonie, témoigne donc de la dévotion pluriséculaire de cette élite politique, qui place son pouvoir, la ville et le peuple qu’elle régit sous la protection de Martial.

Ce lien essentiel entre spiritualité et gouvernement urbain nous invite à nous poser de nouveau la question du consensus religieux dans les « bonnes villes » étudiées par Bernard Chevalier 2. Ce dossier est issu de l’organisation de deux journées d’étude sur la construction de l’identité des villes du royaume de France entre le xiiie et le début du xvie siècle au prisme du fait religieux 3. La deuxième journée s’intéressait particulièrement aux « bonnes gens », c’est-à-dire aux élites municipales de la « ville en prière 4 », sous l’angle de leurs « pratiques festives et religieuses particulières 5 ».

Dans cette perspective, la notion de « bonnes gens » prend en compte les laïcs mais aussi la part que leurs familles consacrent aux clercs, notamment les chanoines des chapitres cathédraux ou collégiaux, fils et frères des premiers, tant il est vrai que les deux sphères interagissent dans une porosité fructueuse au service d’une même affirmation sociale. On trouve des « bonnes gens » au nord comme au sud du royaume, par exemple sous la forme « bona gens » à Limoges en 1243, mais nous avons préféré, pour la présentation de ce dossier, parler « d’élites municipales ». Moins polysémique que l’expression médiévale « bonnes gens », cette tournure associe d’emblée au social le politique. Il s’agit donc d’aborder le fait religieux du point de vue des détenteurs des clés du pouvoir urbain, toujours compris dans la consubstantialité qui fait des laïcs et des clercs d’un même sang les organes d’un même corps social, à l’image de la pensée paulinienne 6.

Dans quelle mesure leurs pratiques religieuses servent-elles à l’élaboration de l’urbanité, ce modèle culturel mis en évidence par Bernard Chevalier et qu’il définissait comme l’« art de vivre en ville qui se révèle comme bien commun des citadins 7 » ? En termes historiographiques, bornons-nous ici à rappeler que la question des relations entre religion et identité urbaine a été l’objet d’études relativement récentes : pour Paris dans un dossier de la revue Histoire urbaine coordonné par Anne Massoni et Hélène Noizet 8, en terre d’Empire par Olivier Richard pour Ratisbonne 9, enfin pour les villes du Midi français lors d’un colloque dirigé en 2011 par Patrick Gilli et Enrica Salvatori 10 ou en 2024, lors d’un colloque de Fanjeaux sous la direction de Damien Carraz et de Daniel Le Blévec 11.

C’est donc aux élites municipales que s’intéressent les cinq contributions de ce dossier, dans leur piété privée, en tant qu’individus, comme dans leurs dévotions publiques, en tant que corps municipal. Dans ce dernier cas, elles relèvent de la religion civique, autre concept à la fois clé et discuté de l’historiographie récente sur la « ville en prière » médiévale. La notion a été mise en lumière par les travaux des historiens de l’Antiquité, qui ont montré son rôle déterminant, mais reviennent aujourd’hui sur la manière de l’envisager, notamment du point de vue juridique 12. Elle a été acclimatée il y a 30 ans pour le Moyen Âge, lors du colloque de Nanterre sous la direction d’André Vauchez. De fait, ce qu’il formulait comme « l’ensemble des phénomènes religieux dans lesquels le pouvoir civil jouait un rôle déterminant, principalement à travers l’action des autorités locales et municipales » peut se montrer opérant pour les villes médiévales 13. Selon les conclusions de ce colloque, si on ne peut interpréter la prise en charge de la spiritualité par les corps municipaux comme une laïcisation, et si la notion de sécularisation a fait débat, a émergé l’idée d’un devoir public assumé par les magistrats municipaux. Cela permet d’analyser la « religion civique » à deux niveaux intriqués : d’une part l’interventionnisme des municipalités dans les manifestations de dévotions pour la gloire de la ville, d’autre part une « conscience collective, de la part de l’élite, de sa fonction régalienne » et de son engagement en faveur de « la responsabilité collective du salut », à titre privé ou public 14.

Dès lors, la notion a été appliquée comme un « anachronisme productif » selon les termes de Pierre Monnet qui l’a depuis retravaillée 15. Il s’est interrogé sur ses limites tout en posant la question de la spécificité de l’espace urbain de la fin du Moyen Âge, qui porterait en lui un « autre type de religion ». Il questionne d’une part le terme de religion, « dans la mesure où, au Moyen Âge, il est quasiment l’équivalent de société 16 », et surtout l’adjectif « civique ». En effet, « c’est sans doute l’adjectif qui pose le plus de problèmes : que signifie la sphère civile dans une société où l’Ecclesia domine l’ensemble des référents et des rapports de pouvoir ? 17 Pierre Monnet invite ainsi à relire les pratiques de piété urbaine de manière multiscalaire, au-delà de la distinction entre l’individuel et le collectif, à travers une combinaison complexe de sources, de temps et de rythmes, d’espaces et de lieux. À partir de ces pratiques diverses qui, toutes, résultent de choix, se définissent « l’identité urbaine des citadins et l’attachement à leur cité, comme espace ou comme corps politique 18 ». De même, les élites urbaines s’affirment « à la fois comme groupe dirigeant de la cité et comme responsable de son bien-être à travers leurs pratiques pieuses 19 ». Pierre Monnet appelle notamment à mieux appréhender le rôle des confréries dans l’élaboration du consensus ou la critique de l’ordre urbain établi 20.

La « religion civique » est également l’objet « d’un doute » de Patrick Boucheron. Sans discréditer la notion, il s’interroge sur les mots utilisés – gros de « discours implicites et subreptices » – pour l’aborder : s’intéresse-t-on à une religion civique ou civile ? Civile ou séculière ? Que recouvrent les termes-pièges, notamment de « laïcisation » pour qualifier la prise en charge d’édifices religieux et leur gestion par des laïcs ? De « sécularisation », associée à une baisse d’intensité de la ferveur religieuse, alors que la municipalisation d’établissements religieux sacralise les entreprises munici­pales ? En d’autres mots, finalement, l’association « religion civique » n’est pas un oxymore dont les deux termes seraient a priori contradictoires, mais plutôt l’effet « d’une reconfiguration, consciente et calculée, de deux entités déjà séparées, mais que les pouvoirs urbains travailleraient à rapprocher de manière à assurer la concorde sociale […] et la légitimation de leur autorité 21 ». Dans tous les cas, ce terme interroge les spécificités de la ville de la fin du Moyen Âge et des élites urbaines qui s’emparent de préoccupations religieuses en les présentant comme essentielles pour le bien commun, selon la formule d’André Vauchez : « Tout se passe comme si le culte divin, en raison même des répercussions qu’il pouvait avoir sur le destin de la cité, avait fini par être considéré comme un service public aussi vital pour elle que l’organisation du ravitaillement ou de la défense 22. » C’est cette réflexion sur la spiritualité des élites municipales, envisagées à la fois dans leurs dévotions ordinaires et extraordinaires et dans la manière dont elles permettent, en tant que corps de ville, leur affirmation au service de l’urbanité et du consensus, que ce dossier se propose de nourrir grâce aux fruits de recherches actuelles.

Parmi les pratiques interrogées, le rôle des confréries, et notamment des Grandes Confréries, a depuis longtemps été perçu comme révélateur de l’urbanité. Elles sont à la fois le lieu d’expression d’une piété individuelle et participent grandement à l’identité urbaine. Ces confréries peuvent également jouer un rôle socialement structurant, par l’établissement d’une parenté artificielle fondée sur la fraternité entre ses membres et leur contribution à l’ascension sociale des bons bourgeois par le prestige qui y est associé et les liens qui s’y tissent. Ainsi les « Grandes confréries » sont-elles particulièrement recherchées par les élites municipales et elles entretiennent des relations privilégiées avec le Prince. C’est à l’une d’elles, la Grande confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris, que s’intéresse Adrien Ferré dans la première contribution, en étudiant son rôle dans la recherche du consensus et dans la création d’un espace de dialogue dans la capitale. Cette confrérie, l’une des plus célèbres du Moyen Âge, est le lieu de réunion des élites parisiennes, tant laïques que cléricales ; elle est aussi un lieu d’échanges essentiel entre les citadins et le roi, dans laquelle ne s’affirment pas seulement des bourgeois mais aussi des officiers royaux ainsi que des figures princières, témoignant du rôle politique de la confrérie.

Bien qu’issues du séminaire « Paris au Moyen Âge », ces journées d’étude n’ont pas été limitées au cas parisien, déjà analysé par Caroline Bourlet et Boris Bove au prisme des testaments 23, et le parti pris a été d’engager un dialogue nord-sud des pratiques religieuses élitaires. À cette contribution viennent donc répondre quatre articles qui interrogent celles des élites municipales méridionales : bourgeois et consuls de Limoges, consuls de Montpellier, capitouls de Toulouse.

En tant que communautés, au sens wébérien de relais du culte d’un saint 24, leur rôle d’intermédiaires entre dévotion personnelle et dimension politique, dans la construction de l’urbanité et dans le lien qu’ils entretiennent avec le Prince, a été essentiel. C’est à cette appropriation de saint Martial par le pouvoir bourgeois que s’intéresse Thomas Schneider. Il analyse la manière dont se forge l’identité urbaine du Château de Limoges autour de la figure de Martial et la force des liens qui l’unissent au pouvoir. Le tombeau du saint est la matrice de l’abbaye éponyme et du premier noyau urbain. D’abord promu apôtre avec l’appui du duc d’Aquitaine, il est ensuite adopté comme protecteur par la communauté des bourgeois, maîtresse de la ville dès le xiiie siècle – en témoigne la miniature qui illustre la couverture. Comme le propose Pierre Monnet, c’est l’intrication entre dévotions mémorielles et confraternelles de cette nouvelle élite, composée de laïcs et de clercs issus du même milieu bourgeois, mais aussi celles du peuple de la ville, leur fidélité sur un temps long malgré la concurrence d’autres intercesseurs possibles, qui contribuent à façonner l’urbanité du Château. Là, le politique se nourrit de la spiritualité autour du saint jusqu’à instaurer au xvie siècle une forme de religion civique autour de saint Martial qui sacralise en retour le pouvoir municipal.

Le lien entre pratiques dévotionnelles, renouvellement des spiritualités urbaines et piété consulaire est également questionné dans les deux contributions suivantes, toutes deux illustrant le cas montpelliérain. Lucie Laumonier s’intéresse à la Charité de Montpellier, célébration charitable organisée annuellement le jour de l’Ascension et dont les consuls assuraient la continuité et finançaient la logistique. La prise en charge de la caritas est une des composantes essentielles de l’urbanité, et l’organisation de la Charité permet à l’auteure d’interroger le lien entre le consulat, largement dominé par les marchands et dont le rôle à cette occasion restait limité, et les métiers humbles, mis au premier plan ce jour-là car seuls impliqués dans la distribution des pains. Ainsi, loin de menacer l’organisation municipale de la ville, la fête représentait un moment d’union chrétienne et charitable mettant à l’honneur les travailleurs de la communauté qui participaient ainsi au consensus civique.

Toujours à Montpellier, Vincent Challet étudie quant à lui les pratiques dévotionnelles ordinaires des consuls, au premier rang desquelles figurent la dévotion à saint Cléophas et à la sainte Croix, et surtout le culte marial, dévotions liées aux reliques conférées à Montpellier par le pouvoir seigneurial des Guilhem. Ce culte consulaire célébrant la Vierge, autour de la statue miraculeuse de la Majestat antiqua, marque le temps et l’espace montpelliérain et participe à la pacification d’un corps urbain secoué par de multiples crises. Les pratiques dévotionnelles des élites municipales sont ici analysées comme des éléments ritualisés pensés en vue du bien commun et de la recherche du consensus. Les dévotions consulaires sont ainsi présentées comme constitutives du pacte civique noué autour des figures tutélaires de la Vierge et de saint Cléophas. Ce pacte est renouvelé dans les derniers temps du Moyen Âge par les manifestations d’une spiritualité nouvelle également tournée vers la prise en charge des plus démunis et renforcée par l’installation des ordres mendiants.

Michelle Fournié dresse enfin pour Toulouse le bilan de 30 ans de recherches en mettant particulièrement en évidence le rôle des capitouls et, au-delà, de l’ensemble des notables toulousains dans toutes les formes d’affirmation de la « religion civique ». Après avoir montré les différentes pratiques spirituelles des capitouls, leur rôle lors des processions ou dans la gestion des confréries, les aspects financiers ou moraux, l’auteure montre l’importance que revêt pour le corps municipal le contrôle des reliques, particulièrement prestigieuses et nombreuses à Toulouse, ce qui permet aux capitouls de sacraliser leur pouvoir en se plaçant sous l’invocation des apôtres.

Ces éléments d’introduction viennent donc rouvrir un dossier qui pouvait sembler clos, toujours en questionnement. Puissent les contributions ici réunies permettre de nourrir et de réactualiser la réflexion sur « l’appropriation de valeurs inhérentes à la vie religieuse par les pouvoirs urbains, à des fins de légitimation, de célébration et de salut public », une problématique que posait en précurseur André Vauchez 25.

Adrien Ferré – GRHis, Université de Rouen Normandie

Thomas Schneider – CRIHAM, Université de Limoges

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  1. 1. Limoges, AM, Cartulaire du Château, AA1, f. 165v.
  2. 2. B. Chevalier, Les Bonnes Villes de France du xive au xvie siècle, Paris, 1982, p. 241. La « bonne ville » est à la fois un terme d’époque, dont Cléo Rager a montré récemment la polysémie, mais aussi un concept sur lequel nous nous sommes appuyés. Dans cette acception, la « bonne ville » est une ville assez forte pour être un relai de l’état naissant selon la définition donnée par Bernard Chevalier. Hélène Noizet l’identifie aussi à un âge de l’évolution des villes, dans lequel l’urbs, l’agglomération, coïncide avec la civitas, la communauté. Cf. C. Rager, « Étudier les “bonnes villes” de la fin du Moyen Âge : plasticité historique et réinterprétations historiographiques », Histoire urbaine, hors-série 1 (2021), Villes et construction étatique au Moyen Âge, p. 29-45 ; B. Chevalier, Les Bonnes Villes de France… ; H. Noizet, « La ville au Moyen âge et à l’époque moderne », EspacesTemps.net, 2014, [https://www.espacestemps.net/articles/la-ville-au-moyen-age-et-a-lepoque-moderne/], p. 20 (H. Noizet propose dans cet article quatre critères de définition de la « bonne ville »).
  3. 3. Intitulées « Paris et les bonnes villes. Urbanité et consensus religieux, xiiie-xvie siècles », ces deux journées d’étude se sont tenues le 16 juin 2023 et le 7 juin 2024 dans le cadre du séminaire « Paris au Moyen Âge », organisé conjointement par l’IRHT, le LaMOP et le CRIHAM. Merci aux organisateurs de ce séminaire, tout particulièrement Marlène Helias-Baron. Nous tenons aussi à remercier chaleureusement Anne Massoni et Boris Bove pour leur confiance, leur aide et leurs conseils dans l’organisation de ce dossier.
  4. 4. B. Chevalier, Les Bonnes Villes de France… Le chap. XI est intitulé « La ville en prière : le consensus religieux ».
  5. 5. H. Noizet, « La ville au Moyen Âge… », p. 20.
  6. 6. Saint Paul écrit ainsi dans l’épître aux Romains (Rm XII, 4-5) : « Car, de même que notre corps en son unité possède plus d’un membre, et que ces membres n’ont pas tous la même fonction, ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu’un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres. »
  7. 7. B. Chevalier, Les Bonnes Villes de France…, p. 15.
  8. 8. Histoire urbaine, 60 (2021), La religion des Parisiens, xiiie-xviiie siècles.
  9. 9. O. Richard, Memoria et institutions municipales à Ratisbonne à la fin du Moyen Âge, Rennes, 2009. De manière plus globale, pour la riche tradition historiographique d’outre-Rhin sur ce thème, il renvoie au survol d’E. Bünz, « Klerus und Bürger. Die Bedeutung der Kirche für die Identität deutscher Städte im Spätmittelalter », dans G. Chittolini, P. Johanek éd., Aspetti e componenti dell’identità urbana in Italia e in Germania (secoli xiv-xvi), Bologne, 2003, p. 351-389.
  10. 10. P. Gilli, E. Salvatori éd., Les Identités urbaines au Moyen Âge. Regards sur les villes du Midi français, Turnhout, 2014.
  11. 11. D. Carraz, D. Le Blévec éd., Élites laïques et religion urbaine (xie-xve siècle), Toulouse, 2025 (Cahiers de Fanjeaux, 59).
  12. 12. Y. Thomas, « La valeur des choses. Le droit romain hors la religion », Annales. Histoire, sciences sociales, 57/6 (2002), p. 1431-1462 ; Id, Les Opérations du droit, Paris, 2011 ; M. Madero, « Penser la tradition juridique occidentale. Une lecture de Yan Thomas », Annales. Histoire, sciences sociales, 67/1 (2012), p. 103-133 ; B. Lietz, « Le modèle de la “civic religion” et ses critiques », Mythos. Rivista di Storia delle Religioni, 6 (2012), p. 67-81 (pour un parcours de la naissance du modèle historiographique, une analyse des critiques qui en ont été faites, enfin des propositions méthodologiques pour poursuivre l’étude scientifique de la « religion romaine »).
  13. 13. A. Vauchez, « Introduction », dans Id. éd., La Religion civique à l’époque médiévale et moderne (chrétienté et islam), Rome, 1995, p. 1.
  14. 14. H. Bresc, « Conclusions », ibid., p. 510-511.
  15. 15. P. Monnet, « Pour en finir avec la religion civique ? », Histoire urbaine, 27 (2010), Religion civique, xve-xvie siècle, p. 107-120.
  16. 16. Ibid., p. 107.
  17. 17. Ibid.
  18. 18. Ibid., p. 117.
  19. 19. Ibid.
  20. 20. Ibid., p. 119-120.
  21. 21. P. Boucheron, « Religion civique, religion civile, religion séculière. L’ombre d’un doute », Revue de synthèse, 134 (2013), p. 161-183 (p. 175-176, 178).
  22. 22. A. Vauchez éd., La Religion civique…, p. 4.
  23. 23. C. Bourlet, B. Bove, « Religion civique ou affiliation communautaire ? Le témoignage des testaments parisiens des xiiie -xve siècles », Histoire urbaine, 60 (2021), La religion des Parisiens xiiie-xviiie siècles, p. 71-96.
  24. 24. Comme le rappelle A. Vauchez, La Religion civique…, p. 2.
  25. 25. Ibid., p. 1.


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Revue Médiévales. Langue Textes Histoire
Nombre de pages : 240
Langue : français
À paraître le : 27/08/2026
EAN : 9782379246333
Première édition
CLIL : 3386 Moyen Age
Illustration(s) : Non
Dimensions (Lxl) : 240×160 mm
Version papier
EAN : 9782379246333

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