Paris 8, Université des Créations

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Revue Marges. revue d'art contemporain
Nombre de pages : 140
Langue : français
À paraître le : 05/05/2026
EAN : 9782379245893
Première édition
CLIL : 3675 Revues sur l’art
Illustration(s) : Oui
Dimensions (Lxl) : x mm
Version papier
EAN : 9782379245893

Art contemporain et littérature

N°42/2026

Quelles sont les relations entre art contemporain et littérature ? A travers des exemples allant des emprunts littéraires à des œuvres plastiques jusqu’à l’usage par l’art contemporain de textes littéraires, marges explore les pratiques existantes.

Les relations entre art contemporain et littérature se font souvent de manière croisée : des textes décrivent des œuvres d’art et des œuvres évoquent des textes littéraires. Parfois, comme le montrent les articles de ce numéro, les relations sont plus complexes, provoquant parfois des effets d’emboîtement : un événement historique est évoqué dans une œuvre d’art et l’œuvre fait elle-même l’objet d’une mise en scène narrative. De même, une narration peut être l’occasion d’une interprétation plastique. Il peut aussi y avoir un échange croisé de pratiques, avec dans certains cas une forme de fusion qui empêche de caractériser clairement la nature des objets produits. 

Éditorial
Thématique : art contemporain et littérature

       
L’audiodescription littéraire des œuvres plastiques comme défi
Satenik Bagdasarova

« ÉCOUTEZ, IL N’Y A RIEN À VOIR » L’audiodescription, outil palliatif ou expérience esthétique ?
Emma Bourges

« Changer les années de plomb en âge d’or » ? : grammaires contestataires et compulsion
de répétition, de Gerhard Richter à Don DeLillo
Inès Juster

La Robe blanche de Nathalie Léger ou la littérature comme musée de l’art qui ne s’expose pas
Pierre-Olivier Pire


Témoignage

Une nouvelle correspondance entre les arts visuels et la littérature via la transcription numérique de la dynamique textuelle
Claude-Patricia Tardif


Entretien

Entretien avec Pascal Mougin
Propos recueillis par Satenik Bagdasarova


Portfolios

Nicola Lo Calzo
Tragédia. Théâtres de rue, laboratoires de résistance

Rober Racine
Rétrospective

     
Notes de lecture et comptes rendus d’expositions

Abstracts
Français/English

      Qualité des auteur⋅rices

      Recommandations aux auteur⋅rices

      Bon de commande et abonnement

« “ÉCOUTEZ, IL N’Y A RIEN À VOIR” L’audiodescription, outil palliatif ou expérience esthétique ? »

Emma Bourges


Cet article envisage la rencontre entre l’œuvre plastique et le langage dans son format muséal le plus pragmatique : l’audiodescription conçue pour les publics mal et non-voyants. Il retrace les grandes étapes du projet d’écriture multisensorielle que j’ai initié auprès de l’artiste contemporaine Dominique Boisard pour réaliser l’audiodescription de son œuvre Le Parasol Vert. Cette forme de narration particulière propose-t-elle à ces publics une expérience dont l’écoute est susceptible d’émouvoir et non pas seulement d’informer ? Audiodescription performée par le comédien Stéphane Duhaut.

Mots-clés : audiodescription, publics mal et non-voyants, Dominique Boisard, Stéphane Dehaut.

 


« “Changer les années de plomb en âge d’or” ? : grammaires contestataires et compulsion de répétition, de Gerhard Richter à Don DeLillo »

Inès Juster


Cet article a pour souci de penser l’héritage contradictoire des années de plomb allemandes, et notamment de la « “ChRote Armee Fraktion (RAF), dans les pratiques culturelles contemporaines. À travers une lecture croisée de 18 octobre 1977 du peintre Gerhard Richter et de « Baader-Meinhof » du romancier Don DeLillo, il interroge comment la mémoire de la RAF et les grammaires politiques post-68 ont été différentiellement transposées dans l’art contemporain et la littérature, et quelles nouvelles possibilités interprétatives leur croisement autorise.

Mots-clés : Gerhard Richter, Don DeLillo, Rote Armee Fraktion (RAF)



« La Robe blanche de Nathalie Léger ou la littérature comme musée de l’art qui ne s’expose pas »

Pierre-Olivier Pire


L’étude des liens entre l’art et la littérature est amenée dans cet article via la mise par écrit de la performance « Brides on tour » de l’artiste Pippa Bacca dans La Robe blanche de Nathalie Léger. Avec un usage tout particulier de l’ekphrasis, Léger affirme sa position d’autrice et permet au lecteur de voir comment ce procédé d’écriture, normalement associé aux arts picturaux, peut s’étendre à des domaines artistiques variés. Il sera enfin question de montrer que l’écriture peut servir de lieu-refuge pour des œuvres cherchant à s’émanciper des institutions ou qui ne sauraient matériellement être exposées.

Mots-clés : Nathalie Léger, Pippa Bacca, ekphrasis

 

 

« Une nouvelle correspondance entre les arts visuels et la littérature via la transcription numérique de la dynamique textuelle »

Claude-Patricia Tardif


Cet article examine les interactions entre les arts visuels et le texte littéraire, rompant avec les procédés classiques de l’illustration, de la représentation ou de l’interprétation. Il s’appuie sur le projet de recherche-création Narra qui explore les qualités visuelles du langage écrit et s’en saisit en tant que médium. La démarche artistique, fondée sur la longueur des paragraphes, renouvelle les rapports entre la littérature et l’art contemporain, entre le texte et l’image, en révélant un rythme du texte inexploré.

Mots-clés : Œuvres visuelles numériques, Data Art, textes littéraires, longueur des paragraphes, segmentation textuelle

 

“LISTEN, THERE IS NOTHING TO SEE’ Audiodescription: a palliative tool or an aesthetic experience?”

Emma Bourges


This article looks at the relationship between art and language in its most pragmatic museum format: audio description for the blind and partially blind audiences. It outlines the main stages in the multi-sensory writing project I initiated to contemporary artist Dominique Boisard to produce an audio description of her painting Le Parasol Vert. Does this particular form of narration offer these audiences an experience that is likely to move them emotionally, rather than simply informing them? Audiodescription performed by actor Stéphane Duhaut.

Keywords : audio description, blind and partially blind audiences, Dominique Boisard, Stéphane Duhaut.

 

 

“Turning the dark years into a golden age”?: protest grammars and the compulsion to repeat, from Gerhard Richter to Don DeLillo »

Inès Juster


This article aims to consider the contradictory legacy of Germany’s years of lead, and in particular of the Rote Armee Fraktion (RAF), in contemporary cultural practices.

Through a cross-reading of 18 October 1977 by painter Gerhard Richter and “Baader-Meinhof” by novelist Don Delillo, it examines how the memory of the RAF and post-68 political grammars have been differentially transposed into contemporary art and literature, and what new interpretative possibilities open up through their intersection.

Keywords: Gerhard Richter, Don DeLillo, Rote Armee Fraktion (RAF)

 

 

“Nathalie Léger’s La Robe blanche, or literature as a museum of art that is not exhibited”

Pierre-Olivier Pire


This article tackles the relationship between art and literature, based on Nathalie Léger’s book La Robe blanche that tells the story of Brides on tour, an artistic performance by Pippa Bacca. The study of the links established between art and literature in this article focuses mainly on the way in which performance is translated to writing. In this text, Léger makes a particular use of ekphrasis, which she applies to artistic domains beyond the pictorial arts, to affirm her status as a writer. Finally, this paper aims to demonstrate that writing can function as an exhibition space for art that has not been put on display.

Keywords : Nathalie Léger, Pippa Bacca, ekphrasis


 

“A new correspondence between visual arts and literature via the digital transcription of textual dynamics”

Claude-Patricia Tardif


This article examines the interactions between visual arts and literary text, breaking with the usual processes of illustration, representation, or interpretation. It draws on the research-creation project Narra which explores the visual qualities of written language and employs it as a medium. The artistic approach, based on the length of the paragraphs, renews the relationship between literature and contemporary art, between the text and the image, by revealing an unexplored text rhythm.

Keywords: Digital artwork, Data Art, literary texts, paragraph length, textual segmentation

Editorial


Ce numéro a pour objectif de questionner les rapports entre art contemporain et littérature. Ceux-ci semblent très fertiles au premier abord et il est facile de nommer un nombre important de collaborations, rencontres, influences et échanges entre écrivains et artistes plasticiens. Pourtant, quelle que soit la diversité des cas d’étude qu’une telle problématique est susceptible de générer, il est impossible d’échapper à une double interrogation critique.

Le premier aspect porte sur des caractéristiques internes aux domaines de l’art et de la littérature : comment penser les rapports entre le domaine des arts plastiques et celui des œuvres littéraires, dont le mode de fonctionnement et les unités de base sont radicalement différents ? À travers ce qui peut apparaître comme un problème purement technique, se dégagent des enjeux beaucoup plus importants, puisqu’une telle différenciation est constitutive d’une approche critique de leur relation.

Le deuxième aspect est relatif à un autre problème, qui est celui de la relation entre art et littérature dans et par la langue. Cette interrogation est d’autant plus importante que c’est le discours qui programme et détermine la perception sociale des œuvres indépendamment de leur nature. Si la langue est l’interprétant de tous les systèmes de signifiance, en fonction de quelles stratégies langagières, la relation entre art et littérature peut-elle être neutralisée, effacée, valorisée, réinventée ?

Ces questions engagent à sortir des grands principes flous sur le « dialogue des arts », afin d’essayer de voir plus précisément ce que sont les points d’achoppement, mais aussi les correspondances qui sont susceptibles de s’installer – parfois de manière très fugace – entre ces deux domaines. De fait, les articles réunis dans ce numéro permettent d’aborder les deux aspects qui viennent d’être énoncés.  

Après une introduction de Satenik Bagdasarova, qui permet de revenir sur les questions abordées (et parfois non problématisées) dans les différents articles, la parole est donnée – au propre comme au figuré – à Emma Bourges qui s’intéresse à l’audiodescription à destination des personnes non-voyantes. Celles-ci ont en effet un rapport aux œuvres d’art très particulier, notamment pour ce qui est de la peinture, puisqu’il leur est difficile d’appréhender certaines sensations colorées, sans l’aide de descriptions verbales. Si certains cherchent à rendre ces descriptions aussi objectives que possible, en une quête qui peut sembler au bout du compte un peu absurde, d’autres font appel à une réflexion approfondie sur le pouvoir de visualisation inhérent au langage.

Les deux textes qui suivent s’interrogent sur les relations entre écrivains et pratiques issues de l’art contemporain. L’article d’Inès Juster part d’un récit de Don DeLillo où celui-ci traite d’une série de peintures que Gerhard Richter a consacrée à un épisode tragique de l’histoire allemande. L’ensemble se lit comme une forme d’emboitement : la disparition en prison des membres de la Fraction armée rouge en 1977 fait l’objet d’interprétations dans la presse de l’époque ; ces comptes rendus donnent lieu à une reprise par Richter, en une suite de peintures en partie floues ; les œuvres du peintre sont exposées au MoMA de New York ; enfin, un récit de Don DeLillo met en scène deux personnages au cœur de l’espace d’exposition. Le texte de l’article peut être vu à la fois comme une lecture singulière de ce mille-feuille et comme la production d’une nouvelle couche d’interprétation.

Le point de départ de Pierre-Olivier Pire est, quant à lui, La Robe blanche, un roman de Nathalie Léger consacré à une performance à l’issue malheureuse réalisée par l’artiste italienne Pippa Bacca. Là aussi, la lecture de l’œuvre est le fait d’un emboîtement : il y a la performance de l’artiste ; son interruption en raison de son meurtre ; les actions ultérieures du meurtrier ; la reprise de l’histoire dans la presse… Et enfin, les échos que rencontre cette histoire dans le récit en partie autobiographique que livre Nathalie Léger. Ici, comme dans l’œuvre de DeLillo, la question se pose évidemment du rôle joué par l’œuvre ; entre motif, prétexte à l’écriture et support d’identification.

La démarche de Patricia-Claude Tardif, dont nous publions le témoignage, peut être vue comme un mouvement en sens inverse. Ici, il ne s’agit pas de traiter l’œuvre plasticienne comme un faire-valoir de l’écrivain, mais plutôt de trouver dans des textes, le plus souvent littéraires et canoniques, des ressources matérielles permettant de développer une démarche plastique. Les textes de Maurice Leblanc ou Antoine de Saint-Exupéry sont ainsi recomposés en une forme visuelle, rendant compte d’un ensemble de caractères par paragraphes et d’une suite de lignes superposées, avant de donner lieu à la production d’une série d’œuvres de la part de l’autrice.

Un entretien proposé par Satenik Bagdasarova à Pascal Mougin permet de compléter le dossier.

Deux portfolios permettent d’avoir d’autres points de vue d’artistes sur les mêmes questions. Ceux du photographe Nicola Lo Calzo et de l’artiste canadien Rober Racine.

 

Jérôme Glicenstein

Avril 2026 


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Revue Marges. revue d'art contemporain
Nombre de pages : 140
Langue : français
À paraître le : 05/05/2026
EAN : 9782379245893
Première édition
CLIL : 3675 Revues sur l’art
Illustration(s) : Oui
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EAN : 9782379245893

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