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ouvrage_id;type_id;statut_id;collection_id;titre_fr;soustitre_fr;titre_original;soustitre_original;presentation;table_matieres;dedicace;date_parution;numero;format;nombre_pages;isbn13;codesodis;langue;issn;editeur_id;illustration;resume;extrait;abstract;poids;euro;quatrieme;autres;date_creation;illustrationincluse;edition;codeclil 336;2;3;8;Avec Yves Bonnefoy. De la poésie;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Des poètes, des traducteurs, des spécialistes de poésie et des amis sont réunis ici pour ce bref essai d'Yves Bonnefoy et de la poésie. Avec deux inédits de l'auteur (un poème, une étude sur Goya).</p>";"<p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">François Lallier</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yves Bonnefoy<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Aller encore</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Michael Edwards</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Les lieux de l'amitié</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jean-Paul Avice</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> La poésie par coeur</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marc Grinberg<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'altérité, l'amitié</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">François Lallier</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Être présent à la présence</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">John Jackson</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Paroles de vie</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Patrick Née</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Savoir lire, mais pour lever les yeux du livre</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yves Bonnefoy</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Comment interpréter les peintures noires ?</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Note sur les auteurs </span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">En 1968, j'avais un peu plus de vingt ans, et j'écrivais des poèmes. J'ai rencontré Yves Bonnefoy. Successeur à mes yeux de Baudelaire, de Rimbaud, de Jouve, il incarnait alors pour moi le grand rêve de la poésie, parole inconnue et familière où l'image rejoint le désir. Mais il était aussi le poète de la présence, avec son réalisme exigent, que j'ai mieux compris au cours des années où, régulièrement, nous nous sommes vus, et où j'ai pu mesurer à quel point ce réalisme, associé à la plus grande force du rêve, me permettait d'entrer moi-même, et de façon bénéfique, dans le vrai territoire de la poésie. Rien n'exprime davantage ce que signifie avec Yves Bonnefoy que ce partage de la poésie là où elle semble devoir être le plus tributaire du rêve personnel. Beaucoup plus tard, j'ai eu besoin de dire cette expérience, et plusieurs amis, qui ont ressenti de manière analogue la proximité d'Yves Bonnefoy, m'ont accompagné. François Lallier</p>";10/09/2001;0;137x220;192;978-2-84292-093-7;9782842920937;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_336.jpg;;;;202;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le souci poétique de la présence au-delà de l'image anime de toutes parts l'oeuvre d'Yves Bonnefoy, sous le double signe de la création et de la conscience critique. L'espace qu'il a ouvert en poète est celui où la présence vivante se trouve rendue à autrui ; où dans l'épreuve de l'autre la langue redevient parole. La distance alors se fait celle de l'être proche, de l'être avec, en ce lieu commun qu'est la conscience du langage et de l'oubli qu'il porte. C'est de ce lien, de cette communauté au sein de la parole, qu'ont voulu chacun à sa manière - lecteurs, traducteurs, poètes, critiques - rendre compte les auteurs du recueil. Deux textes inédits d'Yves Bonnefoy témoignent de cette présence de la poésie, et du rapport singulier qu'elle entretient avec l'image par le détour de la peinture.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 348;2;3;19;Temps et aspect;De la morphologie à l'interprétation;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment rendre compte de la représentation du temps dans les langues ? Comment articuler les catégories morpho-syntaxiques avec la construction d'interprétations temporelles au niveau de la phrase et au niveau du discours ? Quelles formes prend la variation interlinguistique dans ce domaine et quelles sont les limites de cette variation ?</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brenda LACA<br />Préface</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. MORPHOLOGIE ET SYNTAXE</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nadira Aljovic</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La syntaxe de l'imperfectif : le cas des inaccusatifs serbo-croates</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie Laurence Knittel et Gyöngyvér Forintos-Kosten</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Préverbes et aspect en hongrois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves d'Huslt</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le développement historique des propriétés temporelles du conditionnel français et italien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Guéron</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Sur la syntaxe de l'aspect</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. SYNTAXE ET SÉMANTIQUE</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hamida Demirdache et Miriam Uribe-Etxeberria</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La grammaire des prédicats spatiotemporels : temps, aspect et adverbes de temps</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. SÉMANTIQUE ET DISCOURS</span></strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Co Vet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Les adverbes de temps : décomposition lexicale et 'coercion'</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henriette de Swart et Arie Molendijk</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le passé composé narratif : une analyse discursive de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Étranger</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Camus</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brenda Laca</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Postface</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">La façon dont les langues organisent la représentation du temps semble infiniment diverse et d'une complexité déroutante. Philosophes, grammairiens et comparatistes en ont fait depuis toujours un objet d'étude privilégié, si bien qu'on pourrait croire que tout a été dit dans ce domaine. Il y a quelques années, j'ai commencé à m'intéresser aux nouvelles approches de la représentation du temps proposées dans le cadre de la linguistique formelle. J'ai été attirée par les possibilités qu'elles ouvrent de percevoir des constantes derrière l'apparente diversité, de comprendre la complexité comme une configuration d'éléments et de relations en eux-mêmes simples, de découvrir des rapports nouveaux entre des phénomènes en apparence éloignés et de reposer de façon extrêmement précise des questions anciennes. En sollicitant ces contributions, j'ai voulu donner la parole à quelques-uns des chercheurs qui m'ont aidée à mieux comprendre le problème du temps dans le langage, ainsi qu'un programme de recherches conçu pour l'aborder. J'ai voulu des articles qui jettent une lumière nouvelle sur des problèmes descriptifs traditionnels, et cela pour un échantillon de langues relativement large. Des textes qui partent d'un cadre conceptuel commun, mais laissant suffisament d'espace aux divergences pour permettre de saisir la dynamique d'un domaine de recherches en mouvement. Brenda Laca</p>";10/06/2002;0;137x220;256;978-2-84292-116-3;9782842921163;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_348.jpg;;;;101;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les sept contributions réunies dans ce volume abordent ces questions à partir d'un cadre conceptuel commun, défini selon trois caractéristiques : la distinction entre localisation temporelle, aspect et Aktionsart, l'analyse du temps comme ensemble de relations entre intervalles, l'attention portée aux interactions entre lexique et catégories grammaticales. Elles jettent une lumière nouvelle sur des problèmes descriptifs traditionnels, tels la question des frontières entre aspect et Aktionsart dans les langues à morphologie aspectuelle riche, les différences entre les systèmes temporels du français et de l'anglais, la genèse de formes temporelles nouvelles dans les langues romanes, les différentes lectures possibles pour les temps grammaticaux... En confrontant les théories à des données complexes et variées, ce volume vise à mettre en évidence leur pouvoir explicatif. Ce faisant, il fournit un échantillon représentatif des développements récents concernant la syntaxe et la sémantique du temps dans les langues naturelles.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 329;2;3;13;Temps des œuvres. Mémoire et préfiguration;;;;"<p>Dans un dialogue entre deux univers de culture (France et Japon), ce livre pose une question inédite sur le rapport entre la littérature - mais aussi l'art et la musique - et le temps : comment les œuvres sont-elles capables d'inventer un temps à venir alors qu'elles s'inscrivent dans la mémoire du passé ?</p>";"<p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Shiguéhiko Hasumi<br /> Jacques Neefs</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">I. LA PRÉFIGURATION</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Judith Schlanger</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Le précurseur</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Shiguéhiko Hasumi<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Invisibilité, rareté, efficacité<br /> Manifestation de pouvoir dans </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Madame Bovary</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yoshikazu Nakaji<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La naissance du poème en prose au Japon </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Claude Mouchard<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Tombe dans l'air </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">II. LA MÉMOIRE DE L'ART</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Gérard Dessons<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La mémoire de l'art </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Christian Doumet<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Beethoven : le travail de l'oeuvre </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Georges Didi-Huberman<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Devant le pan : devant le temps </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Patrick De Vos</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Le temps et le corps : dedans/dehors </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Hidetaka Ishida</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> La mémoire photographique </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">III. LE LIVRE DANS SON HISTOIRE</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Pierre Bayard<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le livre dans son histoire </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Roger Chartier<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Hamlet</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> 1676.<br /> Les temps de l'oeuvre </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yôichi Komori<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La littérature japonaise contemporaine et son audience </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Shiro Miyashita<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le Prince des nuées ou les écrivains devant le marché public</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Michel Jeanneret<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'oeuvre est un potentiel (lire et écrire à la Renaissance) </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">IV. UN TEMPS DE L'ÉCRITURE</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marie-Claire Ropars<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Un temps de l'écriture </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Hisaki Matsuura<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Solitudes de la poésie moderne japonaise </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marie Redonnet<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La recherche d'un passage </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Minaé Mizumura<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La littérature moderne japonaise : deux temps </span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">V. CONCLUSION</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">- Hidetaka Ishida </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">- Shiguéhiko Hasumi </span></strong></p>";;10/03/2001;0;137x220;256;978-2-84292-089-0;9782842920890;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_329.jpg;;;;101;21.00;"<p>Les œuvres, d'art et de pensée, ont un rôle dans la constitution de la mémoire, mais elles anticipent aussi la formulation de l'avenir. Ce battement entre mémoire et préfiguration est envisagé ici dans un dialogue entre deux univers de culture. Les rapports au temps qui se jouent à travers l'art et la littérature, aussi bien que la notion même d'œuvre, se trouvent ainsi confrontés à des usages différents de la tradition et de l'invention.<br />La figure du précurseur, les temps propres du poème, l'invention musicale, la temporalité et la force de rupture des créations visuelles et gestuelles - autant de domaines où l'actualisation esthétique et l'expérience d'écrire sont abordées depuis l'une ou l'autre de ces horizons. <br />Se rencontrent ainsi deux versions d'une interrogation sur les temps et mesures variables de la modernité.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 330;1;3;28;Études diachroniques - Histoire du français;N°30/2001;;;"<p style=""text-align: justify;"">La linguistique, après s'être longtemps cantonnée dans la synchronie, revient aux problème d'évolution historique avec de nouveaux outils, particulièrement en syntaxe.</p>";"<p><strong>Patrick Bellier<br /> </strong>Présentation. Variations dans la structure de la phrase</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Paul Hirschbuhler et Marie Labelle<br /> </strong>La position des clitiques par rapport au verbe à l'impératif dans l'évolution du français</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Pierre Jalenques <br /> </strong>Quand la diachronie renvoie à la synchronie : études des emplois idiomatiques du préfixe re en français (renier, remarquer, regarder, etc.)</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Yves-Charles Morin<br /> </strong>Le statut des consonnes flottantes dans la morphologie du verbe français depuis le Moyen Âge</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Tobias Scheer, Philippe Segeral, <br /> </strong>Les séquences consonne + yod en gallo-romain</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Article Hors thème</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Ilan Hazout<br /> </strong>Le contrôle d'argument et la notion sémantique de but</p>";;10/05/2001;30;155x220;160;978-2-84292-092-0;9782842920920;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_330.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Patrick BELLIER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Variations dans la structure de la phrase »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Parler de syntaxe diachronique est un paradoxe dans un cadre où la syntaxe est inerte. On ne peut qu'étudier ses interactions avec son environnement lexical et morphologique. L'ancien français est caractérisé entre autres par son caractère V2 et par l'effacement du sujet pronominal dans les contextes d'inversion. Pour comprendre le passage au français moderne, on ne peut sans doute pas faire l'économie d'un détour par la phonologie (l'accent de mot), la morphologie (les valeurs des formes verbales) et la pragmatique discursive (topique et focus).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Paul HIRSCHBÜHLER et Marie LABELLE : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La position des clitiques par rapport au verbe à l'impératif dans l'évolution du français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Après avoir passé en revue l'évolution de la position des clitiques objets par rapport au verbe conjugué dans l'histoire du français, en particulier dans les impératives, nous étudions les développements les plus récents du français pour les impératives négatives sans ne, ce qui nous permet de mettre en évidence des contrastes qui n'avaient jamais été notés jusqu'ici. L'article propose une analyse de la linéarisation des clitiques par rapport au verbe qui repose en partie sur des propriétés lexicales de ceux-ci. Les changements dans la position des clitiques sont attribués pour une part à des changements dans leurs propriétés lexicales, pour une autre à des changements syntaxiques indépendants.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Pierre JALENQUES : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Quand la diachronie renvoie à la synchronie : étude des emplois idiomatiques du préfixe RE en français (renier, remarquer, regarder, etc.) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cet article s'intéresse aux verbes du français dont la forme préfixale est morphologiquement identifiable au préfixe RE, mais dont le sens n'est pas intuitivement perçu comme compositionnel par rapport au sens de RE et à celui de la base (tels que renier, remarquer, regarder). Cette ""non-compositionnalité"" apparente, en français contemporain, est généralement expliquée comme le résultat d'une évolution diachronique.<br /> Dans un premier temps, nous montrons que l'explication diachronique traditionnelle postulant une ""usure"" du sens de RE à partir d'un sens originel d'itération ne tient pas. Dans un deuxième temps, nous montrons que le principe même d'une explication diachronique de l'opacité sémantique de ces verbes ne tient pas. Dans un troisième temps, nous esquissons une explication synchronique de cette opacité sémantique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yves Charles MORIN :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « La troncation des radicaux verbaux en français depuis le Moyen Âge »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les verbes du français moderne dont les infinitifs se terminent par -ir, -oir ou -re font typiquement intervenir deux radicaux, un radical court et un radical long; p. ex. pour battre, les radicaux °ba (il bat) et °bat (qu'il batte). Cet article montre que le radical court à la 1sg du présent de l'indicatif s'observe très tôt dans certains dialectes de l'ancien français, bien avant qu'il n'est normalement admis. Deux mécanismes sont impliqués: une analogie traditionnelle sur le modèle de devoir pour les verbes du type recevoir, fondée sur l'identité phonique des terminaisons, et une généralisation à la pause de la forme de sandhi devant consonne, qui affecte d'abord les verbes dont les radicaux se terminent par plusieurs consonnes, comme pendre ou garder. Enfin, une autre analogie rend compte de ce qui constitue probablement la première forme de liaison du français: l'apparition d'un [z] après les formes du 1sg du présent de l'indicatif devant un mot à initiale vocalique, comme dans je ri z-et pleure. Dans de nombreux usages, ce [z] de liaison n'avait pas de contrepartie sourde à la pause; ainsi (je) ri se prononçait [ri], contrairement à (tu) ris qui se disait [ris].</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Tobias SCHEER et Philippe SÉGÉRAL : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Les séquences Consonne + yod en gallo-roman »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Dans un cadre syllabique ""CVCV"", une séquence Cj issue de la consonification de i / e brefs latins en hiatus est une séquence hétérosyllabique, de type ""Coda-Attaque"". Ceci implique que j est en position forte (""appuyée"") et C en position faible (Coda syllabique). L'évolution en gallo-roman des séquences [labiale + j] confirme l'analyse: yod se renforce en position forte (> dJ) et la labiale s'affaiblit en position faible (> ø). Partant de ce cas, nous montrons qu'il en va de même pour tous les groupes Cj. Le renforcement de yod revêt deux formes différentes: la fortition (affrication en dJ), et la gémination de yod. (Les séquences t + i / e en hiatus appartiennent à une phénoménologie différente.) La substance phonétique apparaît ainsi comme secondaire (non causale) dans les ""palatalisations"". Ces ""palatalisations"" impliquant yod sont, fondamentalement, la manifestation d'un processus positionnel.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Ilan HAZOUT : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Le contrôle d'argument et la notion sémantique de But »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le DP ha-mexonit ""la voiture"" dans (i) est interprété comme l'objet du nom dérivé tikun ""réparation"" enchassé dans le PP qui suit.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">(1) Dan hiS'ir et ha-mexonit [le- tikun<br /> Dan laissa Acc la voiture pour réparation<br /> Dan laissa la voiture pour réparation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Nous faisons l'hypothèse que cette relation de dépendance référentielle est un phénomène d'interprétation sémantique n'ayant aucune relation correspondante de dépendance syntaxique. Notre proposition principale concerne le contenu sémantique de la préposition le ""pour"", la tête du PP, qui est associé avec la notion sémantique de but. Ce PP, ayant comme complément de le ""pour"" un NP qui dénote un événement, est un prédicat sémantique. Une relation de dépendance référentielle entre un argument du nom dérivé et le sujet de ce prédicat est dérivée par l'intermédiaire du contenu sémantique de le ""pour"".</span><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Patrick BELLIER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Variations dans la structure de la phrase »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">To talk about diachronic syntax is a paradox in a framework where syntax is essentially inert. The only way out is to study its interactions with its lexical and morphological environment. Old French is a V2 language that drops pronominal subjects in inversion contexts. An understanding of the evolution towards Modern French seems to involve phonology (word stress), morphology (verbal forms) and discourse theory (topic and focus).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Paul HIRSCHBÜHLER et Marie LABELLE : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La position des clitiques par rapport au verbe à l'impératif dans l'évolution du français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">After having reviewed the evolution of the position of object clitics in the history of French, in particular in imperative clauses, we study the most recent developments in negative imperatives without ne, pointing out facts which had escaped attention to this date. The article proposes an analysis of the linearization of clitics with respect to the verb based in part on lexical properties of the clitics. Changes in clitic position are attributed in part to changes in their lexical properties, in part to independent syntactic changes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Pierre JALENQUES : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Quand la diachronie renvoie à la synchronie : étude des emplois idiomatiques du préfixe </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">RE</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> en français (</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">renier</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">, </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">remarquer</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">, </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">regarder</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">, etc.) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In this article, we study French verbs whose prefixal component is morphologically identifiable to the prefix RE, but whose meaning cannot be intuitively analyzed from the meaning of RE and that of the verb stem (verbs like reconnaître, remarquer, regarder). This semantic opacity is usually explained as the result of a diachronic evolution.<br /> We start with showing that the traditional diachronic explanation, which postulates an erosion of the meaning of the prefix from an original meaning of iteration is inaccurate. Then, we show that the very possibility of any diachronic explanation of the semantic opacity of verbs like regarder must be rejected. Finally, we outline a synchronic explanation of semantic opacity.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yves Charles MORIN : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La troncation des radicaux verbaux en français depuis le Moyen Âge »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In Modern French, verbs with infinitive endings in -ir, -oir or -re normally have two stems, a long stem and a short stem, e.g. for battre, stems °ba (il bat) and °bat (qu'il batte). This article shows that in some Old French dialects the short stem appeared in 1sg present indicative forms much earlier than is commonly assumed. Two mechanisms are involved: a classical analogy for verbs such as recevoir, based on the phonic identity of their endings with devoir, and the generalization at the pause of preconsonantal sandhi forms, first observed for verbs with stems ending in two consonants, e.g. pendre or garder. A third analogy is responsible for what is probably the first attested form of liaison in French, viz. the [z] found after 1sg present indicative forms before a vowel-initial word, as in je ri z-et pleure 'I laugh and cry'. In many dialects, this liaison [z] did not alternate with a voiceless [s] at the pause; thus (je) ri 'I laugh' was pronounced [ri], unlike (tu) ris [ris] 'you laugh'.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Tobias SCHEER et Philippe SÉGÉRAL : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Les séquences Consonne + yod en gallo-roman »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In a 'CVCV' syllabic framework, any Cj cluster resulting from the consonantification of Latin short i / e's in hiatus is a heterosyllabic cluster, of the type 'Coda-Onset'. This implies that j is in the strong position (Onset after a consonant) and C in the weak position (syllabic Coda). The evolution of [labial + j] clusters in Gallo-Romance confirms this analysis: yod is strengthened in the strong position (> dJ), while the labial is weakened in the weak one (> ø). We show that this is true for any Cj cluster as well. The strengthening of yod has two different forms: fortition (affrication to dJ) and gemination of yod. (The case of t + i / e in hiatus belongs to a separate phase.) In so-called 'palatalizations', the phonetic nature of the adjacent segments turns out to be secondary 'palatalizations', and are clearly not the cause of the evolutions. 'Palatalizations' which involve yod essentially instantiate a positional process.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Ilan HAZOUT : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Le contrôle d'argument et la notion sémantique de But »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The DP ha-mayim 'the water' in (i) is understood as the object of the derived nominal Stiya 'drinking' embedded in the following PP.<br /> (1) Dan hevi et ha-mayim le- Stiya<br /> Dan brought Acc the water for drinking<br /> Dan brought the water for drinking.<br /> It is claimed that this relation of referential dependence is an effect of semantic interpretation which involves no syntactic dependency between constituents in a syntactic representation. The main point of the analysis is a proposal concerning the meaning of the preposition le 'for' which heads the PP in such constructions. Le 'for' is associated with the notion of purpose. It takes an event-denoting nominal as a complement to create a predicate. A relationship of referential dependence between an argument of the complement of le 'for' and the subject of this predicate is mediated by the meaning of this preposition.</span></p>";274;14.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 362;2;6;20;Palais et Pouvoir;De Constantinople à Versailles;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le palais, selon ses différentes dimensions : siège et manifestation du pouvoir, espace de divertissement, bâtiment avec ses jardins, outil de publicité.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marie-France Auzépy, Joël Cornette<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Introduction : Lieux de pouvoir, pouvoir des lieux</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">1</span><sup><span style=""font-family: Geneva;"">re</span></sup><span style=""font-family: Geneva;""> partie<br /> Une architecture parlante</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Gabriel Martinez-Gros<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le Palais dans la civilisation islamique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Boris Bove<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les Palais royaux à Paris au Moyen Âge (XIe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Gérard Sabatier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le Palais d'État en Europe, de la Renaissance au Grand Siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Dominique Garriques<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le Palais végétal. Art des jardins et architecture, du Moyen Âge aux Lumières</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">2</span><sup><span style=""font-family: Geneva;"">e</span></sup><span style=""font-family: Geneva;""> partie<br /> Régulations et mises en scène</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Georges Sidéris<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Eunuques, chambre sacrée et palais impérial à Byzance (IVe-VIe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Claire Ponsich<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'exemple de la confédération catalano-aragonaise (fin du XIVe-début XVe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Nicolas Le Roux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La Cour dans l'espace du palais : l'exemple de Henri III</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Sylvia Brouillet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">De Versailles à Paris : Nicolas de Sainctot, chorégraphe de la monarchie en représentation (1711-1716)</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">3</span><sup><span style=""font-family: Geneva;"">e</span></sup><span style=""font-family: Geneva;""> partie<br /> Métamorphoses du palais</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Laurence Moulinier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Palais : la singulière fortune d'un mot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Katia Béguin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Un palais de papier : les représentations de Chantilly dans la seconde moitié du XVIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Christophe Blanquie</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Le palais de la justice dans la France d'Ancien Régime : où siègent les présidiaux ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jean-Pierre Duteil</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Une architecture mentale : Les palais de mémoire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marie-France Auzépy, Joël Cornette</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Conclusion : Gouverner, c'est faire voir</span></p>";;10/03/2003;0;137x220;400;978-2-84292-131-6;9782842921316;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_362.jpg;;;;530;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans tous les cas, il est considéré comme une architecture parlante, capable de dire le pouvoir qui varie selon les lieux, les cultures et les époques où il se manifeste.</p><p style=""text-align: justify;"">Quel sens les princes bâtisseurs ont-ils donc voulu donner à l'espace qui consacre leur autorité ? C'est la question qu'explorent les différentes contributions de ce volume, qui se veut avant tout livre d'histoire. Histoire et non histoire de l'art : la brique, la pierre, le marbre y sont considérés comme une archive capable, au même titre qu'une charte ou un traité de jurisconsulte, d'éclairer l'historien sur la nature du pouvoir. Architecture parlante, le palais, avec les jardins qui l'entourent, se donne à voir tel un texte, la structuration d'un espace traduisant l'idéologie dans la matière.</p><p style=""text-align: justify;"">De la Chine à l'Europe, de l'Antiquité tardive aux Lumières, de Bagdad à Versailles en passant par Constantinople, les palais matérialisent un imaginaire de force et d'intimidation, thésaurisent richesses et trésors, imposent une mise en ordre de la cour, hiérarchisent l'accès au prince, participent au processus de civilisation des mœurs. À la fois manifestations de puissance et gardiens de mémoire, les lieux de pouvoir traités dans ce livre démontrent l'ambivalence des formes par lesquelles le Prince façonne un lieu à son image.</p>";"<p>Publié avec le concours de Centre national du livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3076 361;2;6;13;Le Roman de la démocratie;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Du XVIIIe au XXe siècle, il s'agit d'étudier, à travers des œuvres très diverses, la mise en œuvre et en crise d'une démocratie imaginaire, que l'émergence du totalitarisme contraindrait finalement à suspendre dans le recours à de nouveaux types de récits.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Première partie : Le roman comme démocratie</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Premier chapitre : Roman et contrat</span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />- Deuxième chapitre : Le partage de la langue<br />- Troisième chapitre : Roman et débat</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deuxième partie : Les maladies du contrat</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Premier chapitre : La crise de l'intrigue contractuelle<br />- Chapitre second : La crise des garanties</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Troisième partie : Roman et totalitarisme</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Premier chapitre : Écritures totalitaires<br />- Chapitre second : L'écriture de la terreur</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le plaisir du texte<br /> Une démocratie d'experts</span></p></blockquote>";"<p>Moi - Qu'est-ce qu'un roman ? Lui - C'est une histoire qu'on promet au lecteur mais qu'on ne lui raconte pas toujours. Moi - Que fait le lecteur, s'il est privé d'histoire ? Lui - Il peut en inventer une autre, ou fermer le livre. Moi - Qu'est-ce que la démocratie ? Lui - C'est un régime politique et un type de société. Les hommes y sont libres et égaux. Ils élisent des représentants qui votent des lois, conformément à la volonté du peuple, mais le peuple ne s'y retrouve pas toujours. Moi - Que font les électeurs, s'ils sont déçus ? Lui - Ils rêvent à une autre société, ou ils élisent d'autres représentants. Moi - Le roman et la démocratie, c'est donc la même chose ! Lui - Je ne vois pas le rapport ! Moi - C'est un contrat qu'on cherche à négocier. Un des négociateurs se déroberait toujours... Lui - Vous fabriquez un roman. Moi -Oui. Le roman de la démocratie.</p>";10/02/2003;0;137x220;264;978-2-84292-132-3;9782842921323;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_361.jpg;;;;376;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dès sa naissance, le roman a été perçu comme un genre « roturier ». Et si ce jugement était plus profond qu'il n'y paraît ? Le<em> Roman de la démocratie</em> repose sur l'hypothèse qu'il existe une démocratie interne au roman et que celle-ci fournit un équivalent des expériences fondatrices de la démocratie : en témoignent les fictions de socialisation, la recherche d'un contrat égalitaire avec le lecteur, la promotion littéraire de la langue commune - ces modes constitutifs du genre romanesque. <br />Des œuvres aussi diverses que celles de Diderot, Balzac, Dickens, Flaubert, Gide, Barrès, James ou Virginia Woolf permettent de suivre la construction, la mise en cause et la suspension de cette démocratie imaginaire. Selon l'hypothèse ultime de l'auteur, l'interruption des procédures contractuelles caractériserait, au XXe siècle, des récits affectés par le phénomène totalitaire, qu'ils soient sous influence idéologique (Céline, Aragon) ou simplement récits de terreur (Camus, Perec) : que devient le roman de la démocratie lorsque la démocratie disparaît ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 350;1;3;27;Le latin dans le texte;N°42/2002;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le latin médiéval est encore un continent à découvrir : sur plus d'un millénaire, les textes ont été innombrables et aussi bien les mots que leur sens n'ont cessé de varier.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monique Goullet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Mellet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La lemmatisation et l'encodage grammatical permettent-ils de reconnaître l'auteur d'un texte ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicholas Brousseau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lemmatisation et traitement statistique : de nouveaux instruments pour la critique diplomatique ?<br /> Le cas des diplômes pseudo-originaux au nom de Louis le Germanique (Ý 876)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Parisse<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quod vulgo dicitur </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">: la latinisation des noms communs</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Dubrocard, Xuang Luong, Jean-François Cottier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Statistiques et attribution de textes : l'analyse des formes peut-elle remplacer celle des lemmes ?<br /> Le cas des textes attribués à Raoul le Moine (XIIe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Bon et Anita Geurreau-Jalabert</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pietas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : réflexions sur l'analyse sémantique et le traitement lexicographique d'un vocable médiéval</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Évrard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Réflexions sur les méthodes quantitatives en domaine littéraire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entretien avec Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Autour des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Langues de l'Italie médiévale. Textes d'histoire et de littérature, Xe-XIVe siècles<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Propos recueillis par Nathalie Bouloux, Bruno Laurioux et Laurence Moulinier-Brogi</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sebastiano</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bisson</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le témoin étrange. Une version latine du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régime de corps</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Aldebrandin de Sienne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Picard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Pour une réévaluation du rôle et du statut de l'évêque dans l'Irlande du haut Moyen Âge</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">POINT DE VUE</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Osterero, Jean-Patrice Boudet, Franck Mercier et Étienne Anheim</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Aux sources du sabbat. Lectures croisées de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'imaginaire du sabbat. Édition critique des textes les plus anciens (1430 ca. - 1440 ca.)</span></em></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lectures<br /> Sommaires d'ouvrages collectifs<br /> Livres reçus</span></p>";;10/07/2002;42;155x220;192;978-2-84292-120-0;9782842921200;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_350.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie MELLET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La lemmatisation et l'encodage grammatical permettent-ils de reconnaître l'auteur d'un texte ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Depuis quelques années, la statistique linguistique est venue enrichir les méthodes d'attribution d'un texte à un auteur, en fournissant notamment des outils objectifs de comparaison entre divers textes. Cependant, faute de pouvoir relever et décompter automatiquement les caractéristiques grammaticales d'un corpus informatisé, les chercheurs ont souvent été condamnés à ne travailler que sur le lexique : méthode qui a fait ses preuves, mais dont les résultats sont assez sensibles à la thématique de chaque texte et à son genre littéraire. On prendra donc ici l'exemple d'une base de données de textes latins qui ont été lemmatisés et encodés grammaticalement et on tentera d'évaluer si les calculs de distances, réalisés à partir de la distribution des catégories grammaticales dans chaque texte, donnent ou non des résultats plus fins et moins soumis à la thématique de l'oeuvre. Si nos tests sont positifs, alors il vaudra la peine d'envisager la lemmatisation des corpus de textes médiévaux.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicolas BROUSSEAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Lemmatisation et traitement statistique : de nouveaux instruments pour la critique diplomatique ? Le cas des diplômes pseudo-originaux au nom de Louis Le Germanique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La lemmatisation et le traitement statistique du vocabulaire latin demeurent des méthodes peu utilisées pour résoudre les problèmes de critique d'authenticité des actes. On a voulu mesurer l'efficacité d'une telle méthode en comparant le vocabulaire de deux groupes de diplômes édités : les originaux et les pseudo-originaux au nom de Louis le Germanique, les premiers constituant le corpus de référence et les seconds le groupe témoin. L'analyse a porté uniquement sur l'exposé et le dispositif des actes. Trois tendances ont été observées : les pseudo-originaux non repérables par la méthode de tri statistique, ceux dont seul le vocabulaire de l'exposé détonne de celui du corpus de référence et ceux dont seul le vocabulaire du dispositif s'écarte de celui des originaux. L'interprétation des résultats doit être faite avec nuance et prudence. En effet, le processus complexe de rédaction des diplômes dans lequel le destinataire peut notamment intervenir interdit de déclarer faux ou falsifié un acte au seul examen de son vocabulaire. Cette méthode se veut donc plus être une aide supplémentaire à la critique, notamment à la critique des copies, qu'un instrument infaillible de détection des faux.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel PARISSE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quod vulgo dicitur</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : la latinisation des noms communs dans les chartes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les scribes du XIe siècle se trouvent souvent confrontés avec la nécessité de donner en latin des mots qu'ils ont plutôt l'habitude de rencontrer en français. Dans ce cas il proposent la version latine ou latinisée du vocable, accompagnée de la forme vulgaire plus ou moins bien latinisée, assistée d'une expression variable signifiant l'emploi du vulgaire : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">quod vulgo dicitur</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Grâce à une interrogation du fond de chartes constitué à l'Artem de Nancy il a été possible de donner des exemples de ces emplois empruntés à la vie économique et institutionnelle, aux gestes et aux comportements.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel DUBROCARD, Jean-françois COTTIER et Xuang LUONG : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Statistiques et attribution de textes : l'analyse des formes peut-elle remplacer celle des lemmes ? Le cas des textes attribués à Raoul Le Moine (XIIe siècle) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'analyse statistique des textes se fonde d'ordinaire sur leur lemmatisation. Mais cette opération longue et lourde semble pourvoir être remplacée dans certains cas par une simple analyse des formes. Cet article voudrait en en faire la démonstration pour les question d'attribution, à partir de l'étude statistique d'un corpus de textes latins du début du douzième siècle réunis en deux séries relativement homogènes et transmis en contexte anselmien sous le nom vague de Rodulfus monachus. L'étude du vocabulaire théorique, la répartition des formes et l'analyse arborée de l'ensemble de ces textes permet en effet d'obtenir assez rapidement des résultats qui semblent probants, et qui corroborent statistiquement les premières constations opérées à partir de l'étude des manuscrits et du contenu théologique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno BON, Anita GUERREAU-JALABERT :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pietas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : réflexions sur l'analyse sémantique et le traitement lexicographique d'un vocable médiéval »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'apparition et le développement des CDRoms, qui offrent de nouvelles possibilités d'approche des textes en latin médiéval, ne rendent pas caducs les instruments de travail traditionnels que sont les dictionnaires. Face à la masse des informations non triées délivrées par les CDRoms, les dictionnaires continuent à fournir les éléments indispensables à une recherche rapide et des orientations précieuses pour des études de vocabulaire plus poussées. Néanmoins, les lexicographes ne devraient pas se dispenser d'une réflexion méthodologique de fond. A partir d'un exemple précis, celui du vocable pietas, on tente de montrer l'intérêt que présenterait la prise en compte des outils techniques et conceptuels élaborés par la linguistique depuis plusieurs décennies déjà, en particulier la statistique lexicale et la sémantique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne ÉVRARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Réflexions sur les méthodes quantitatives en domaine littéraire »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'informatique rend plus aisée, mais aussi plus dangereuse, l'utilisation des méthodes quantitatives en domaine littéraire. On montre d'abord les éléments textuels qui se prêtent à un traitement quantitatif. À cette occasion on montre les avantages d'une lemmatisation partiellement automatisée et adaptée aux particularités orthographiques du Moyen Âge. On expose ensuite les profits qu'on peut attendre d'un tel traitement, en insistant sur le fait qu'ils ne sont pas automatiques. Enfin, on passe en revue quelques méthodes statistiques, en en dégageant les traits essentiels et en insistant sur la nécessité d'en connaître les caractéristiques pour éviter les utilisations inappropriées.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sebastiano BISSON :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Le témoin gênant. Une version latine du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régime du corps</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Aldebrandin de Sienne »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La manuscrit Canon. Misc. 388 de la Bodleian Library d'Oxford contient une traduction latine du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régime du corps</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, une oeuvre considérée comme le premier texte médical composé directement en français. Sur son auteur, Aldebrandin de Sienne, on a peu de renseignements biographiques sûrs, car ils sont tous tirés des prologues contenus dans les manuscrits, qui forment une tradition importante. Le manuscrit d'Oxford présente une sélection de quatre </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">herbaria</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, liés entre eux non pas au hasard mais selon une volonté précise du commanditaire. Le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Régime du corps</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> les y côtoie, dans une traduction reflétant des liens avec la branche « B roger male branche » de la tradition française, mais il s'avère nécessaire de dresser un nouveau </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">stenna codicum </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">des témoins français, pour obtenir des réponses plus assurées. Un tel manuscrit attire en outre l'attention sur la pratique, jusqu'à présent peu étudiée, des traductions des langues vulgaires en latin.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel PICARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'évêque dans l'Irlande du haut Moyen Âge »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les ouvrages généraux sur l'histoire de l'Église présentent l'Église irlandaise médiévale comme essentiellement monastique. En fait, les sources irlandaises originales &endash; en particulier juridiques &endash; écrites en latin et en irlandais ancien montrent que, loin d'avoir été relégué au rôle secondaire que les historiens lui ont attribué, l'évêque a continué à jouer un rôle majeur dans l'Église et la société irlandaise pendant tout le haut Moyen Âge. La recherche d'une définition du statut de l'évêque laisse entrevoir les interactions profondes entre culture chrétienne et culture indigène.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie MELLET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Lemmatization and Morphological Tagging : their Application to Authorship Attribution »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traditional methods of attributing an anonymous text to his own author have been increased by the outcome of linguistic statistics for a few years now. By far statistics provides a more objective way of comparing texts to one another. Textual corpora however have not often be tagged ; as researchers have not been given the opportunity to point out and systematically retrieve grammatical occurrences and features of a given corpus, there has been no other choice left than to study lexical connection between texts. The method has proved successful, results yet depend perceptibly on topics and literary genres. We will therefore proceed to analyse a classical Latin corpus in which texts have been lemmatizated and grammatically tagged. We will endeavour to examine if dissimilarity measures between texts from the study of grammatical parameters give finer and discriminating results than by lexical means. If our conclusion occurs to be positive, from now on, it is worth considering the undertaking of lemmatization of medieval Latin texts.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicholas BROUSSEAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Lemmatisation and Statistics : New Tools fot the Diplomatic Critic ? The Case of Louis the German's Pseudo-critical Diplomas »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The techniques known as lemmatisation and the statistical treatment of Latin vocabulary rarely have been used to determine the authenticity of medieval charters. This study tests the applicability of these methods by comparing the vocabulary in two groups of edited diplomas attributed to Louis the German. The original documents serve as the point of reference against which to classify the pseudo-originals. I show that the pseudo-originals fall into the following three categories: those which can not be classified by the statistical method; those in which the vocabulary of the exposition (narratio) departs from the original; and those in which the vocabulary of the (dispositio) departs from the original. The complexity of the process of the writing of diplomas, in which the recipient potentially plays a role, makes it impossible, however, to determine the authenticity of a charter based solely on its vocabulary. This approach is intended, therefore, to supplement a broader interpretative study, particularly of copies, rather than as an instrument with which to detect forgeries.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel PARISSE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quod vulgo dicitur</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Transforming Common Words into Latin in Charters »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XIth century scribes were often faced with the necessity of giving in Latin words that they were only accustomed to encountering in French. In those cases, they tended to give the Latin or Latinised version of the word together with its corresponding more or less Latinised form in French, introduced by an expression like quod vulgo dicitur. Thanks to a thorough study of the collection of charters collected at the ARTEM of Nancy, it has been possible to give examples of this practice, ranging from the economical and institutional aspects of life to those of gestures and behaviour.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel BUBROCARD, Xuang LUONG, Jean-François COTTIER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Statistical Analysis of Texts and Questions of Attribution : the Example of Texts attributed to Rodolfus Monachus (XIIth century) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The statistical analysis of texts is usually established by lemmatisation. However, in some cases, this lengthy and cumbersome operation may possibly be replaced by a more simple analysis of forms. This paper sets out to demonstrate this with respect to questions of attribution, through the statistical analysis of a corpus of Latin texts from the beginning of the XIIth century which have been incorporated in two fairly homogeneous groups, transmitted under the vague name of Rodolfus monachus in a cultural context associated with saint Anselm. The study of the theoretical vocabulary, the distribution of forms and the arborescent analysis of the whole group of texts make it possible to rapidly obtain convincing results which confirm, from a statistical point of view, the previous conclusions obtained from a study of the manuscripts and their theological content.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno BON, Anita GUERREAU-JALABERT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pietas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Reflection on Semantical Analysis and Lexicographical Study of a Mediaval Word »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The publication and development of CDRoms, which offer new possibilities for the study of medieval Latin texts, do not rule out the more traditional instruments such as dictionaries. Compared to the unsorted mass of information given by CDRoms, dictionaries continue to offer the essential elements for a quick survey, as well as an invaluable orientation for a more elaborate study of vocabulary. However, lexicographers should not exempt themselves from a thorough methodological reflection. From the examination of a single example, that of the word pietas, we attempt to show the interest which can be offered by the application of the technical and conceptual tools that over many decades have been elaborated in field of linguistics, in particular those of lexical statistics and semantics.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne ÉVRARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« On the use of Quantitative Methods in Literary Studies »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The existence of computer programs makes easier, but more dangerous, the application of quantitative methods to literary texts. In this article are first shown the textual features that lends themselves to quantitative treatments. On this occasion are expounded the advantages of the use of a partially automatic lemmatization that takes into account the peculiarities of the spelling of the Middle Ages. Then are explained the benefits that could result from such treatments, with particular emphasis on the fact that these benefits are not self-acting. Finally, some statistical methods are described and the necessity is underlined of knowing the particulars of these methods to avoid unsuitable applications.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sebastiano BISSON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Latin Version of the Régime du corps by Aldobrandino of Siena : an Untimely Witness »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The manuscript Canon. Misc. 388 of the Bodleian Librairy in Oxford contains a latin translation of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régime du corps</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the first medical text composed in french. In some prologues there are a few biographical notes about the author, Aldobrandino da Siena, but they can't be considered reliable. The Oxford manuscript presents four </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">herbaria</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, probably binded together according to a clear project, and the translation of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régime</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. This one has evident links with the « B roger male branche » French tradition, but the absence of a </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">stemma</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">codicum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> doesn't allow to have sure answers. The analysis of this manuscript attracts attention on the translations from vernacular to Latin.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel PICARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Bishops in early medieval Ireland »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The traditional view in modern historiography has been that the early Irish Church was chiefly monastic. However, the seventh- and eighth-century sources written in Ireland, both in Latin and in Old-Irish, show that, far from having being replaced by abbots, bishops continued to play a major role in the Church and in Irish society throughout the Middle Ages. Together with a new definition of the bishop's position in Irish society, the study of these texts reveal the deep interaction between Christian and native cultures.</span></p>";308;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pour parcourir ce vaste continent, on dispose depuis peu de nombreux logiciels de traitement lexical, qu'on ne saurait utiliser sans précaution. Il s'agit ici de comprendre ce qu'apporte le traitement informatique des mots pour des problèmes familiers à l'historien - comme l'attribution à un auteur - ou pour la critique historique. Ce numéro envisage aussi les rapports complexes entre la langue vulgaire et les mots latins, par exemple pour la réalisation des dictionnaires.</p>";"<p>Numéro publié avec le concours du CNL et du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 366;2;3;14;Effets de cadre;De la limite en art;;;"<p style=""text-align: justify;"">Musiciens et littéraires, philosophes et spécialistes des arts visuels confrontent les limites des œuvres, recadrées dans le temps et dans l'espace, avec l'illimité d'une pensée de l'art qui les traverse et les entraîne hors leur cadre.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva;""> Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marie-Laure HURAULT<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Mise en série </span></p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Du cadre et de son image</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Sophie CHARLIN<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Autour du cadre : la zone de l'image</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">François BRUNET<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Quelque chose de plus » : la photographie, limite du champ esthétique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Catherine PERRET<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Migration de l'image : l'expositif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Promenade de la limite</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Estelle JACOBY<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Limite et instabilité : échos dans la danse</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jean-Jacques NATTIEZ<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Qu'est-ce que la musique ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Christian DOUMET<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La notion de limite a-t-elle un sens en musique ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Paysages contextuels</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Laurent ZIMMERMANN<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La désintégration esthétique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Bernard VOUILLOUX<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le contexte de l'oeuvre d'art à l'épreuve du lieu</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marie-Claude LAMBOTTE<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Fonction du contexte dans le statut de l'objet esthétique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p>";;10/05/2003;0;137x220;192;978-2-84292-136-1;9782842921361;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_366.jpg;;;;258;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">La tradition chinoise nomme « paysages d'emprunt » ces vues sur la nature soulignées par un cadre à claire-voie, que les architectes de jardin ménagent le long des galeries offertes à la promenade des princes. Un tel dispositif, conjugaison d'attente et de surprise, réunit quelques-uns des principaux paradoxes autour desquels tourne ce livre. Il s'agit de s'arrêter sur la limite et sur ce qu'elle ouvre dans l'expérience des arts. Dix articles, dix épreuves : une « architecture de points de vue », comme dit Deleuze, qui converge en un lieu où la promenade pourrait bien faire vaciller la fenêtre et laisser filer le regard hors du champ attendu. La limite des arts touche à l’illimité de l’art.</p><p>Corpus : Emerson et Ruskin, Duchamp, Schubert, Melville, la danse contemporaine, la mélancolie...</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 367;1;3;28;Grammaire et gabarits;N°32/2003;;;"<p style=""text-align: justify;"">Étude systématique et claire, dans les langues sémitiques des rôles et de l'utilité des gabarits, tant en morphologie et en phonétique, qu'en syntaxe et en sémantique.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Lowenstamm<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À propos des gabarits</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Outi Bat-El<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Fate of the Consonantal Root and the Binyan in Optimality Theory</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mohamed Lahrouchi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manifestations gabaritiques dans la morphologie verbale du berbère (parler chleuh d'Agadir)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maya Arad<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Why Syntax Matters</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Kihm <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pluriels internes de l'arabe : système et conséquences pour l'architecture de la grammaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sabrina Bendjaballah, Martin Haiden<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Templatic Architecture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/06/2003;32;155x220;176;978-2-84292-137-8;9782842921378;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_367.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LOWENSTAMM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« À propos des gabarits »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'objectif de cet article est d'introduire quelques notions fondamentales de morphologie non-concaténative ou gabaritique. Les résultats principaux d'une décennie de recherche très productive - celle des années quatre-vingt - sonta présentés. En même temps, l'attention du lecteur est attirée sur les limites du programme. Il est soutenu que certains des aspects majeurs de l'organisation sonore des objets grammaticaux gabaritiques sont déterminés en dehors de la phonologie elle-même.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">MOTS-CLÉS : Phonologie, morphologie, gabarits.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Outi BAT-EL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Fate of the Consonantal Root and the Binyan in Optimality Theory »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article propose une analyse de la morphologie non-concaténative en hébreu moderne dans le cadre de la Théorie de l'Optimalité. Il est soutenu que le mot est la base de la dérivation, modifiée par des contraintes assignant une structure prosodique, une mélodie vocalique et des affixes, le cas échéant. La notion de gabarit est vue comme une configuration des structures assignées par ces contraintes. La racine consonantique est entièrement éliminée de la grammaire. Ce dernier point est défendu sur la base d'arguments provenant du changement diachronique et de l'apprentissage.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">MOTS-CLÉS : Morphologie prosodique, Théorie de l'Optimalité, hébreu, binyan, racine consonantique, changement historique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mohamed LAHROUCHI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Manifestations gabaritiques dans la morphologie verbale du berbère (parler chleuh d'agadir) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En berbère tachelhit, les verbes causatifs et réciproques sont construits par la préfixation d'un affixe monoconsonantique à une base. En fonction des propriétés de la base, ces préfixes seront réalisés comme des consonnes simples ou géminées. Il est soutenu dans cet article qu'un site gabaritique initial est responsable des variations de taille des préfixes. De plus, des combinaisons complexes de préfixes (causatif + réciproque, réciproque + causatif) nourrissent des phénomènes phonologiques apparement paradoxaux. Il est montré qu'ils découlent directement de la présence du site initial.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">MOTS-CLÉS : Morphologie, phonologie, gabarits, dérivation, causatif, réciproque, berbère, tachelhit.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maya ARAD :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Why Syntax Matters »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les travaux sur les processus de formation de mots en hébreu insistent souvent sur les aspects morphologiques et phonologiques. Dans cet article, l'idée est défendue que l'information syntaxique doit être prise en considération, même pour des processus qui semblent à première vue relever exclusivement de la phonologie et de la morphologie. Cette position est soutenue dans le contexte de la discussion de deux études : le traitement des verbes dénominaux de Bat El (1994), qu'elle généralise à l'ensemble des verbes de l'hébreu ; et la discussion consacrée par Aronoff (1994) aux patrons verbaux (binyanim), dans laquelle il reconnaît un statut spécial aux formes passives. Dans le premier cas, il est montré que la syntaxe des verbes dénominaux établit clairement qu'ils sont différents des verbes dérivés directement de racines, et que leur analyse ne peut donc pas être généralisée. Dans le second cas, il est montré que le statut spécial des passifs découle directement de leur structure syntaxique, et n'a donc pas à être stipulé.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">MOTS-CLÉS : Racines, binyan, formation de mots, hébreu.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain KIHM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les pluriels internes de l'arabe : système et conséquences pour l'architecture de la grammaire »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pluriels internes des noms et des adjectifs en arabe, aussi appelés pluriels ""brisés"", posent un défi à la théorie morphologique : ils ne mettent pas ouvertement en jeu l'affixation d'un morphème de pluralité, mais semblent plutôt reposer sur un contraste de formes qui, si elles partagent la même racine consonantique, diffèrent, entre autres, pour la vocalisation. Cet article propose une analyse de la formation des pluriels internes qui dérive toutes les formes par un unique processus, à savoir l'insertion de l'un des trois glides /I/, /U/ et /A/ dans un site particulier localisé entre la 2e et la 3e consonne radicale, le site post-C2, avec pour effet la création d'une position d'attaque (C) ou de noyau (V). Il explore ensuite les conséquences de cette analyse pour l'organisation générale de la grammaire. On y développe une version modifiée de la théorie dite ""Morphologie Distribuée"", telle que le lexique est conçu comme un ensemble d'ensembles d'éléments pourvus de significations mais dépourvus de forme, et l'épel est une fonction qui prend des ensembles d'éléments pour produire des objets phonologiques bien formés, à savoir des suites CV.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">MOTS-CLÉS : CV (phonologie), ensemble (théorie des), fonctions, gabarit, glides, (non) concaténative (morphologie), site.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sabrina BENDJABALLAH et Martin HAIDEN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Templatic Architecture »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En se fondant sur les principes de la Phonologie du Gouvernement, cet article présente une théorie minimaliste de la projection. Deux opérations, merge et label, sont postulées et formalisées en termes mathématiques - soit, respectivement, la multiplication et l'intégration. Dans le cadre de cette formalisation, l'interprétation syntaxique des entités phonologiques peut être comprise comme un morphisme au sens strict, c'est-à-dire une application préservatrice de structure par rapport à merge. Ce formalisme permet de dériver une condition simple, mais inexpliquée, sur les gabarits des verbes forts de l'allemand : un site gabaritique unique ne peut pas être l'hôte de marqueurs qui correspondent à des têtes syntaxiques distinctes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">MOTS-CLÉS : Morpho-phonologie, syntaxe algébrique, verbes allemands.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LOWENSTAMM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« À propos des gabarits »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper introduces basic notions of nonconcatenative morphology and sums up the achievements of a most productive decade of research &endash; the eighties &endash; in the area of templatic morphology, while at the same time outlining the limits of the program. It is argued that major aspects of the sound structure of templatically built objects are determined outside of the realm of phonology itself.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">KEY-WORDS : Phonology, morphology, templates.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Outi BAT-EL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Fate of the Consonantal Root and the Binyan in Optimality Theory »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The paper provides an Optimality Theoretic account to Modern Hebrew non-concatenative morphology. It argues that the base of derivation is the word/stem, modified by constraints assigning the prosodic structure, the vocalic pattern, and the affixes (if any). The notion of the binyan is viewed as a configuration of the structures assigned by these constraints. The consonantal root is entirely eliminated from the grammar, a result supported by arguments from historical change and learnability.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">KEY-WORDS : Prosodic morphology, Optimality Theory, Hebrew, binyan, consonantal root, learnability, historical change.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mohamed LAHROUCHI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Manifestations gabaritiques dans la morphologie verbale du berbère (parler chleuh d'agadir) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In Tashelhiyt Berber, causative and reciprocal verbs are built by means of monoconsonantal prefixes attached to a stem. Depending on properties of the stem, those prefixes will be realized as single or geminate segments. It is argued in this paper that an initial templatic site is responsible for the size variations of the prefixes. Moreover, complex combinations of those prefixes (causative + reciprocal, reciprocal + causative) feed seemingly paradoxical phonological phenomena of selective dissimilation. They are shown to follow directly from the presence of the initial site.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">KEYWORDS : Morphology, phonology, templates, derivation, causative, reciprocal, Berber, Tashelhiyt.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maya ARAD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Why syntax matters »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Work on Hebrew word formation often emphasizes its morphological and phonological aspects. In this paper I argue that even with regard to processes that seem, prima facie, purely phonological or morphological, syntactic information should be taken into consideration. This claim is illustrated in the context of the discussion of two case studies : Bat El's (1994) treatment of Hebrew denominal verbs (an analysis extended by Bat El to all Hebrew verbs) and Aronoff's (1994) discussion of verbal patterns (binyanim), which grants special status to passive binyan forms. In the first case it is shown that once we look into the syntax of denominal verbs, it becomes clear that they are structurally different from other, root-derived verbs, and therefore their analysis should not be extended to all verbs. In the second case, the special status of passive forms follows immediately from the syntactic structure of passive verbs, and thus does not have to be stipulated arbitrarily.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">KEYWORDS : Roots, binyan, word-formation, syntax, Hebrew.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain KIHM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les pluriels internes de l'arabe : système et conséquences pour l'architecture de la grammaire »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Arabic internal plurals of nouns and adjectives (also known as ""broken"" plurals) raise a challenge for morphological theory in that they do not obviously involve affixation of a plural morpheme analogous to, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e.g</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">., English /-ez/. Rather they show a contrast of forms that share the same consonantal root, but differ in vocalization and possibly on other counts as well.<br /> This article proposes an analysis of internal plural formation that derives all forms through a single process, viz. inserting one of the three glides /I/, /U/, and /A/ into a specific site located between the 2nd and 3rd root consonants, the post-C2 site, thereby creating an onset (C) or a nucleus (V) position.<br /> It then explores the consequences of this account for the overall organization of grammar. A modified version of Distributed Morphology is put forward that construes the lexicon as a set of sets of elements endowed with meanings but no form, and where Spell Out is a function that takes element sets and returns legitimate phonological objects, i.e. CV strings.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">KEYWORDS : CV phonology, functions, glides, (non) concatenative morphology, set theory, site, template.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sabrina BENDJABALLAH et Martin HAIDEN :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Templatic architecture »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Building on principles of Government Phonology, this paper explores a minimalist theory of projection. The two operations it postulates, merge and label, are formalized mathematically as multiplication and integration, respectively. Given this formalization, the syntactic interpretation of phonological entities can be understood as a morphism in the strict sense : a mapping that is structure preserving with respect to merge. The formalism is illustrated in the derivation of a simple, yet unexplained, condition on templates, exemplified with German strong verbs : a single templatic site cannot simultaneously host markers that correspond to distinct syntactic heads.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">KEYWORDS : Morpho-phonology, algebraic syntax, German verbs.</span></p>";272;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans les langues sémitiques, les mots sont construits selon un nombre fini de modèles. Ces moules morphologiques, dont le fonctionnement et l'exploitation sont décrits et illustrés dans ce volume, sont connus dans la tradition grammaticale sémitique classique sous le nom de « gabarits ». D'abord réticente, la linguistique moderne ne leur accorde pas de véritable statut théorique et ce n'est qu'au début des années quatre-vingt que des travaux de phonologie importants, issus du courant de la phonologie autosegmentale, reconnaissent au gabarit un statut de morphème à part entière. Si cet objet est d'abord confiné dans un rôle d'organisateur de la morphophonologie des langues sémitiques, des propriétés non phonologiques des gabarits, notamment inflectionnelles et dérivationnelles, sont graduellement identifiées. Il est, de plus, montré que ces propriétés sont largement manifestées en dehors de la famille sémitique. Les articles contenus dans ce volume illustrent les différents courants et approches qui ont conduit à ces résultats.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 368;2;3;30;Le verbe 2. Les subordonnées complétives;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce fascicule, qui, comme le précédent, porte sur le verbe, est consacré particulièrement au problème de la concurrence entre l'indicatif et le subjonctif dans les propositions subordonnées.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva;"">Introduction</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">1. COMPLÉTIVES OBJET</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva;"">1.1. Verbes qui régissent le plus souvent l'indicatif</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">- Le mode</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva;"">1.2. Verbes qui régissent le plus souvent le subjonctif</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">- Le mode<br />- Implicite/explicite</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva;"">1.3. Indicatif et subjonctif</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">- Verbe et locutions verbales<br />- Cas particulier : convincere<br />- Implicite/explicite</span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">2. COMPLÉTIVES SUJET</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva;"">2.1. Verbes et locutions verbales</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">- Les verbes impersonnels<br />- Implicite/explicite</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva;"">2.2. Autres tours impersonnels</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">- Si impersonnel<br />- Dicono</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva;"">2.3. Verbe ESSERE +</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">- Adjectif<br />- Adverbe</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">2.4. Principales elliptiques</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">2.5. Quelques principales négatives</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">3. AUTRES COMPLÉTIVES ?</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">4. PRINCIPALES INTERROGATIVES</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">5. CHE antéposé</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">6. CHE non exprimé</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">7. La conjonction COME</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">8. LE CONDITIONNEL</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">8.1. Le conditionnel dans la principale</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">8.2. Le conditionnel dans la complétive</span></p></blockquote>";;10/06/2003;14;155x220;120;978-2-84292-138-5;9782842921385;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_368.jpg;;;;101;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> L'emploi des modes et des temps dans les propositions complétives fait l'objet du présent volume, qui sera suivi d'une étude des modes dans les autres types de subordonnées. S'appuyant sur un corpus de près de 700 phrases relevées chez des auteurs presque exclusivement contemporains, l'analyse s'attache tout particulièrement à suivre les nombreuses fluctuations que révèle le corpus dans le choix entre indicatif et subjonctif après un grand nombre de verbes. Sont abordées aussi quelques modalités d'emploi du conditionnel qui déroutent souvent les locuteurs francophones.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 369;2;3;12;Byzance en Europe;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Réflexions et perspective nouvelles sur l'influence politique, idéologique, religieuse et artistique qu'a exercée Byzance dans la construction de l'Europe du XVIe au XXe siècle.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface par Hélène Ahrweiler</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">INTRODUCTION<br />Marie-France Auzépy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La fascination de l'Empire</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">BYZANCE DANS L'HISTOIRE DES PAYS EUROPÉENS (XIVe-XXe siècle)</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Yérasimos</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Byzance dans les chroniques ottomanes (XIVe-XVIe siècle)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luciano Canfora<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Note sur Byzance entre catholiques et protestants : l'exemple de la Bibliothèque de Photius</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Grélois</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Louis XIV et l'Orient : la mission du capitaine Gravier d'Ortières (1685-1687)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malgorzata Dabrowska<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Byzance, source de stéréotypes dans la conscience des Polonais</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sergey A. Ivanov</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Byzance rouge : la Byzantinologie et les communistes (1928-1948)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Taxiarchis G. Kolias</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Byzance dans les manuels d'Histoire grecs</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'IMAGE DE BYZANCE EN EUROPE (XIXe-XXe siècle)</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Albrecht Berger</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Les projets byzantins de Louis II de Bavière</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maria Kampouri-Vamvoukou</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />L'architecture de style néo-byzantin en France</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Delouis</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Byzance sur la scène littéraire française (1870-1920)</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Silvia Ronchey</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La femme fatale, cause de la constitution d'une Byzantinologie austère</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nikè Koutrakou</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />L'image de Byzance dans la littérature fantastique et policière</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">LES DÉBATS CONTEMPORAINS</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Sidéris<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sexe des anges : la Byzantinologie et les études de genre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Averil Cameron<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Byzance dans le débat sur l'Orientalisme</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CONCLUSION<br />Marie-France Auzépy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Byzance en Europe : une mosaïque</span></p>";;10/10/2003;0;137x220;240;978-2-84292-143-9;9782842921439;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_369.gif;;;;386;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Cet essai est motivé par le désir d'élucider la contradiction entre la négation de Byzance dans l'histoire européenne et son importance dans l'imaginaire français et européen. Des historiens ont donc cherché les traces que Byzance a laissées dans la culture et l'histoire de nombreux pays, et le résultat de leur recherche étonne par sa diversité : baromètre de l'internationalisme pour l'URSS ; modèle prégnant pour Louis XIV, tandis que Louis II de Bavière se contenta d'en imiter dans ses châteaux les formes architecturales. Quant à la mode byzantine en Europe durant le second XIXe siècle, incarnée par le succès de la « Théodora » de Sardou, elle touche aussi bien l'architecture que la littérature. Redécouvrir les modes d'insertion visuelle et les représentations que véhicule une référence aussi insistante que glissante, c'est apporter un éclairage précieux pour un débat politique particulièrement actuel aujourd'hui.</p>";;05/07/2004 12:48;0;;3377 370;2;3;16;Lupus in fabula;Six façons d'affabuler La Fontaine;;;"<p style=""text-align: justify;"">À la fois ludique et savant, cet essai prend appui sur une théorie et une pratique de la réécriture pour renouveler la lecture des fables de La Fontaine. Avec comme point d'ancrage six fables très connues (tels <em>Le Héron</em> ou <em>La Laitière).</em></p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 1<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brèves histoires de loups</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 2</span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gibier à plumes, gibier à poil</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 3<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le singe et son roi</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 4<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les noces du héron</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 5</span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les illusions perdues</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 6<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chair et poisson</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Épilogue</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Index des fables et contes cités<br />- Index des auteurs cités<br />- Bibiographie</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Si l'on songe au sort que La Fontaine a fait subir aux apologues de ses illustres prédécesseurs, on peut légitimement s'étonner du respect dont ses propres fables font l'objet depuis plus de trois siècles dans le discours critique tout au moins : les écrivains pour leur part, de Tristan Corbière à Raymond Queneau, ne s'y sont pas trompés. La Fontaine n'a de cesse de rappeler ce salutaire principe auquel le genre doit jusqu'à son existence : "" Il arrivera possible que mon travail fera naître à d'autres personnes l'envie de porter la chose plus loin. "" (Préface du premier recueil, 1668.) Regardons donc toute fable comme en droit inachevée : produit d'une récriture, on voit mal qu'elle puisse interdire au lecteur de se livrer à son tour à un exercice de transformation. Et prenons le poète au mot : nous n'avons fait jusqu'ici qu'interpréter les Fables, il s'agit maintenant de les transformer, Il y a toujours dans une fable de quoi en faire une autre : affabulons !</p>";10/09/2003;0;137x220;240;978-2-84292-141-5;9782842921415;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_370.jpg;;;;366;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Soutenu par une discrète érudition, cet essai voudrait offrir une approche résolument ludique des FABLES de La Fontaine : l'auteur n'y propose pas une nouvelle interprétation mais l'élaboration d'un mode de lecture, librement inspiré des jeux sérieux de l'Oulipo comme des théories sur la réécriture, qui suppose au sein d'une fable la production imaginaire de fables possibles. L'exercice est moins irrévérencieux qu'il n'y paraît : la loi même du genre veut qu'il y ait toujours dans une fable de quoi en faire une autre ; chaque fable étant elle-même le produit d'une réécriture, on voit mal qu'elle puisse interdire au lecteur de se livrer à son tour à un exercice de transformation. ""Affabuler"" les fables, c'est donc à la fois réfléchir sur les choix de La Fontaine entre plusieurs versions possibles de ses textes sources, et esquisser en retour quelques apologues nouveaux ; c'est aussi et surtout se rendre sensible à la ""fabrique"" même du dispositif fabulaire. En nous donnant à rêver, ou à écrire, les fables fantômes qui hantent les fables réelles, l'auteur découvre à nos yeux un La Fontaine finalement inédit - tout à la fois plus ""gaillard"" et plus politique que celui consacré par la tradition scolaire.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 371;1;6;27;Le diable en procès - Démonologie et sorcellerie à la fin du Moyen Âge;N°44/2003;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro tente de montrer comment, à la fin du Moyen Âge, la question du diable et les problèmes qu'elle soulève chez les juristes et chez les théologiens (en particulier celui de son existence réelle ou non) sont révélateurs des transformations de la société occidentale.</p>";"<blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Ostorero et Étienne Anheim<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le diable en procès</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Boureau</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Satan hérétique : l'institution judiciaire de la démonologie sous Jean XXII</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gabor Klaniczay<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre visions angéliques et transes chamaniques : le sabbat des sorcières dans le Formicarius de Nider</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Ostorero <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un prédicateur au cachot : Guillaume Adeline et le sabbat</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck Mercier <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un trompe-l'oeil maléfique : l'image du sabbat dans les manuscrits enluminés de la cour de Bourgogne (à propos du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traité du crisme de Vauderie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de J. Taincture, vers 1460-1470)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Patrice Boudet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">who's who</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> démonologiques de la Renaissance et leurs ancêtres médiévaux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georg Modestin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le gentleman, la sorcière et le diable : Reginald Scot, un anthropologue social avant la lettre ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen Rob-Santer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus Maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à la lumière de l'historiographie : un </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kulturkampf</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ?</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Essais et Recherches</strong><br /></span></p><blockquote><strong> </strong> </blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édouard Bouyé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les armoiries pontificales à la fin du XIIIe siècle : construction d'une campagne de communication</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire Angotti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lectures d'un manuscrit de droit canon à la fin du Moyen Age</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span>Point de vue</strong></p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Alain Mariaux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelques hypothèses à propos de l'artiste roman</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Notes de lecture<br /> - Livres reçus</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">Mettre ""le diable en procès"", telle est l'ambition que nous avons eue en rassemblant dans un numéro thématique de la revue <em>Médiévales</em> huit contributions de collègues universitaires spécialistes de la démonologie et de la sorcellerie. En cela, nous suivons les hommes de la fin du Moyen Age qui inculpaient lors de leurs chasses aux sorcières des individus comme suppôts du diable, qu'ils fussent sorciers, magiciens ou autre manipulateurs de forces démoniaques. Nous avons souhaité ""soumettre le diable à la question"", c'est-à-dire l'étudier comme un pan de l'anthropologie chrétienne et s'interroger sur les conceptions médiévales des rapports entre l'homme et les forces occultes, ainsi que leurs conséquences sur les liens entre le savoir et le pouvoir en Occident. Notre enquête commence au XIIIe siècle, au moment où le pape Jean XXII pose les bases d'une nouvelle perception de la magie et l'oriente vers l'hérésie ; elle se focalise sur le XVe siècle, temps fort de l'imaginaire du sabbat des sorcières, qui voit apparaître de nouvelles représentations du diable et qui est marqué par l'abondance des discussions sur la possibilité et la réalité du sabbat et sur l'ambivalence des phénomènes surnaturels (oeuvres de Dieu ou oeuvres du diable ?) ; elle se termine au XVIe siècle lorsque le diable se retire progressivement de la scène et ne conserve qu'une dimension morale et métaphorique. À la recherche de Satan, grand illusionniste, on rencontre des faits qui tuent, la sorcellerie et ses procès. (Martine Ostorero et Etienne Anheim)</p>";10/07/2003;44;155x220;192;978-2-84292-142-2;9782842921422;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_371.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Boureau : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Satan hérétique : l'institution judiciaire de la démonologie sous Jean XXII »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'institution de la démonologie, prise comme discipline autonome vouée à la détection et à la poursuite des démons et des sorciers, est généralement située au début de la grande chasse à la sorcellerie, au XVe siècle. Le présent article suggère d'avancer cette chronologie d'un bon siècle, en considérant les efforts soutenus du pape Jean XXII, à partir des années 1320, en vue de qualifier comme hérésie l'invocation des démons. La mise en oeuvre de commissions d'enquêtes doctrinales ou judiciaires manifeste cette orientation, explicable par les inquiétudes du pape devant le développement des pratiques de la magie et de l'astrologie et par la conviction que les actes dévoilaient des opinions soigneusement dissimulées par le secret des consciences. Seule la méfiance persistante de Jean XXII, puis de ses successeurs vis-à-vis des tribunaux d'inquisition retarda le lancement des poursuites contre les sorciers.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Démonologie - hérésie - Jean XXII - Inquisition - intention - magie &endash; procédure</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gábor Klaniczay : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Entre visions angéliques et transes chamaniques : le sabbat des sorcières dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Formicarius</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Nider »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Achevé aux alentours de 1435, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Formicarius</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Johannes Nider (1380-1438) décrit des saints et des hérétiques, des visions, des révélations, des phénomènes de possession et de simulation, des vertus extraordinaires et des péchés mortels, des opérations miraculeuses, et des oeuvres de magiciens et de sorciers. Pour expliquer la signification extraordinaire de la transe religieuse dans ces histoires, nous proposons d'examiner l'hypothèse d'une corrélation entre le chamanisme, les manifestations d'extase religieuse et l'émergence des croyances en la sorcellerie diabolique. Suivant le schéma conceptuel fort original de Nider qui juxtapose les visions d'origine céleste ou diabolique, nous étudions successivement les liens du chamanisme avec la sainteté des visionnaires de la fin du Moyen Âge, puis avec le sabbat des sorcières, pour finir par montrer dans quelle mesure la transe peut être considérée comme un point commun entre la sainte et la sorcière, qui constituent un système binaire dont la polarité bascule au XVe siècle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chamanisme - sainteté - sorcellerie - Johannes Nider &endash; Formicarius</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Ostorero :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Un prédicateur au cachot : Guillaume Adeline et le sabbat »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En 1453, le prédicateur et maître en théologie Guillaume Adeline est inculpé par l'évêque d'Évreux et l'inquisition pour son appartenance, depuis la fin des années 1430, à des sectes de sorciers présidées par des démons. Il est accusé également d'avoir prêché que le sabbat n'existe pas réellement et que le vol des sorcières est une illusion produite par le diable dans l'esprit des hommes. Ce faux prédicateur permettrait ainsi à ces sectes de développer. Cette affaire met en lumière le débat du XVe siècle relatif au sabbat, réalité ou rêve diabolique. Pour certains démonologues français, à l'instar de Nicolas Jacquier ou Pierre Mamoris, le cas exemplaire d'Adeline tombe à point nommé pour démontrer la gravité des manifestations démoniaques parmi les hommes et dénoncer la prolifération de sectes hétérodoxes, en incitant à la répression judiciaire.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Démonologie - sabbat des sorcières - prédicateur - Inquisition - Nicolas Jacquier</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck Mercier : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Un trompe-l'oeil maléfique : l'image du sabbat dans les manuscrits enluminés de la cour de Bourgogne (à propos du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traité du crisme de Vauderie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de J. Taincture, vers 1460-1470) »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les représentations figurées du sabbat des sorcières sont rares avant la fin du Moyen Âge. Trois miniatures flamandes placées en frontispice de plusieurs manuscrits français enluminés du Traité du crisme de Vauderie du théologien Jean Taincture constituent une remarquable exception. Datées des années 1460-1470, elles donnent à voir une scène d'adoration du diable sous la forme d'un bouc. Une interprétation hâtive en a fait l'expression exclusive de la luxure. Rapprochées du thème iconographique de l'Agneau mystique, tel qu'il avait été élaboré par Van Eyck autour de 1430, et surtout du texte de J. Taincture, ces images prennent une nouvelle signification. À sa manière, l'imagerie flamande du sabbat rend compte de ce que le crime de sorcellerie est devenu au XVe siècle : une atteinte fondamentale à la toute-puissance divine.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bourgogne - XVe siècle - image - adoration du diable - agneau mystique</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Patrice Boudet :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">who's who</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> démonologiques de la Renaissance et leurs ancêtres médiévaux »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre des esperitz</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, copié au milieu du XVIe siècle dans le ms. Cambridge, Trinity College O.8.29 (et publié ici pour la première fois), et la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pseudomonarchia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">daemonum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, publiée en 1577 par Johannes Wier, peuvent être considérés comme des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">who's who</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> démonologiques : des listes de démons, avec leur titre, leur apparence physique, leurs fonctions et le volume de leurs troupes, comptabilisé en légions. L'un et l'autre sont les témoins tardifs d'une tradition textuelle appartenant à la magie rituelle, qui remonte au plus tard au XIIIe siècle. Deux autres listes partielles de démons sont conservées dans des manuscrits de magie du XVe siècle. La majesté démoniaque s'y révèle dans toute sa splendeur mais chose curieuse, et même scandaleuse aux yeux des gardiens de l'orthodoxie chrétienne, ces démons semblent plutôt bienveillants, voire bienfaisants. La démonologie magique est en effet rétive à la bipartition de l'univers angélique, propre au christianisme médiéval.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Démons - démonologie - magie rituelle - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre des esperitz</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Johannes Wier</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georg Modestin : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le gentleman, la sorcière et le diable : Reginald Scot, un anthropologue social avant la lettre ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cette contribution analyse la figure de la sorcière ainsi que celle du diable et du sabbat telles qu'elles ont été représentées par Reginald Scot dans son traité sceptique </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Discoverie of Witchcraft </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(1584). Dans un second temps, elle s'interroge sur l'héritage de Scot dans l'historiographie moderne de la sorcellerie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sorcellerie - Angleterre - XVIe siècle - Reginald Scot - historiographie</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen Rob-Santer : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Malleus Maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à la lumière de l'historiographie : un </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kulturkampf</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À chaque fois que la sorcellerie est discutée dans la littérature historique, on voit nécessairement apparaître le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Il est vrai que l'ouvrage connut près de trente éditions latines entre 1486 et 1669 et que les traductions modernes du XXe siècle, en premier lieu celle en allemand de J.W.R. Schmidt, touchèrent un large public. Or, cette grande popularité contraste gravement avec le manque d'études sur le contexte précis et le contenu du livre. Cette situation exceptionnelle est peut-être due au fait que le traité a été publié avec la bulle pontificale </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Summis desiderantes affectibus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, qui lui conféra une légitimité suprême. Mais les auteurs des Lumières, et surtout les polémistes de la période du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kulturkampf</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, ne résistèrent pas à l'opportunité qui leur était ainsi offerte de s'en prendre à l'""âge sombre"" de l'Église catholique - bien qu'il soit prouvé que les Protestants aient été tout aussi actifs dans la persécution. L'instrumentalisation du livre a conféré aux discussions sur le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> un caractère spécifiquement allemand. Il serait intéressant également d'adopter un regard critique non seulement sur l'importance du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dans les périodes postérieures, mais aussi d'analyser son contenu à l'intérieur des paradigmes intellectuels de son époque.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sorcellerie - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - historiography - H. Institoris - J. Sprenger</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édouard Bouyé : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les armoiries pontificales à la fin du XIIIe siècle : construction d'une campagne de communication »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les débuts de l'héraldique pontificale sont mal connus. Il est nécessaire de préciser les jalons chronologiques de l'adoption d'armoiries par les papes de la fin du XIIIe siècle avant d'en proposer des hypothèses d'interprétation. Les clés comme armoiries de l'Église apparaissent sous Innocent III. Mais le premier pape à faire usage de ses armoiries familiales est Nicolas III Orsini ; une étude archéologique précise conduit à écarter les papes précédents. Boniface VIII est le premier à rapprocher ses armoiries familiales des clés et de la tiare, et à avoir laissé des témoignages héraldiques en assez grand nombre. L'adoption des clés comme armoiries est l'un des aspects de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">imitatio imperii</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Les représentations emblématiques ont par ailleurs une fonction de célébration aristocratique. La formule héraldique ébauchée par Boniface VIII se fixe sous Jean XXII ; elle est une métaphore de l'Église comme corps mystique du Christ.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pape - héraldique - emblématique - Rome &endash; cardinal</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Boureau : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Satan the Heretic : the Judicial Institution of Demonology under John XXII »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The institution of demonology, understood as an autonomous discipline dedicated to the detection and pursuit of demons and sorcerers, is generally located in the 15th century, at the beginning of the great witch-hunts. This article suggests that we advance this chronology by at least a century, and consider the sustained efforts of Pope John XXII, who, throughout the 1320s, strove to define the invocation of demons as a heretical act. The establishment of commissions of doctrinal or judicial inquiry testify to the Pope's orientation, which can be explained by his anxiety in the face of developing practices of magic and astrology, and by his conviction that such acts revealed opinions that had been carefully concealed in the depths of individual conscience. The launching of a full-scale persecution of witches was delayed only by the persistent suspicions of John XXII and his successors regarding the inquisitorial courts.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Demonology - heresy - John XXII - Inquisition - intention - magic - judicial procedure</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gábor Klaniczay : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Between angelic visions and shamanistic trance : the Witches' Sabbath in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Formicarius</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of Nider »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Formicarius</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of Johannes Nider (1380-1438), finished around 1435, describes saints and heretics, visions, revelations, phenomena of possession and simulation, extraordinary virtues and mortal sins, miraculous workings and the deeds of magicians and sorcerers. To explain the extraordinary significance of religious trance in these stories, we propose to examine the hypothesis of a correlation between shamanism, religious ecstasy and the emergence of the beliefs in diabolic witchcraft. Following the very original conceptual scheme of Nider, who juxtaposes visions of heavenly and diabolic origin, we analyse successively the relationship between shamanism and visionary sainthood at the end of the Middle Ages, then between the former and the witches' sabbath, to able to show, finally, in what ways could the trance be considered as a common point between the saint and the witch, who constitute a binary system with a shaky polarity in the 15th century.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shamanism - sainthood - witchcraft - Johannes Nider - Formicarius</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Ostorero : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« A Preacher in Jail : Guillaume Adeline and the Witches' Sabbath »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In 1453, Guillaume Adeline, preacher and master of theology, is arrested by the bishop of Évreux and the inquisition. Since the end of the 1430's, he was accused of belonging to diabolical sects of witches, mainly because he preached the non-existence of the witches'sabbath, and proclaimed that the flight of witches was an illusion instilled in men's spirit by the devil, thus favoring the spread of those sects. This affair shows the importance of the fifteenth century debate about the sabbath, be it a reality or a diabolical dream. Some french demonologues such as Nicolas Jacquier or Pierre Mamoris stress out Adeline's exemplary case as an opportunity for asserting the seriousness of diabolical manifestions among the people, for denouncing the proliferation of heterodox sects, and for inciting judicial proceedings.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Demonology - witches'sabbath - preacher - Inquisition - Nicolas Jacquier</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck Mercier :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « A Malefic </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">trompe-l'oeil </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">: the image of the witches' sabbath in illuminated manuscripts from the Court of Burgundy (relating to the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traité de crisme de Vauderie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by J. Taincture, towards 1460-1470) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Illustrated representations of the witches' sabbath are rare before the end of the Middle Ages. Three Flemish miniatures forming the frontispiece of several French illustrated manuscripts of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traité de crisme de Vauderie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by the theologian Jean Taincture constitute a remarkable exception. Dating from 1460-1470, they show a scene of worship of the devil as Goat and have been interpreted precipitately as purely an expression of lust. However, if these images are seen in the context of the iconographic theme of the Mystical Lamb, as elaborated by Van Eyck towards 1430, and more especially of the Jean Taincture's text, they assume a new meaning. In its own way, the Flemish imagery of the witches' sabbath demonstrates what the crime of witchcraft had become in the 15th century : a serious undermining of divine omnipotence.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Burgundy - 15th century - image - devil worship - mystical lamb</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Patrice Boudet : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Demonological who's who of the 16th century and their medieval ancestors »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre des esperitz</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, copied in the middle of the sixteenth century in Ms. Cambridge, Trinity College O.8.29 (and published here for the first time), and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pseudomonarchia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">daemonum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, published by Johannes Wier in 1577, may be considered as demonological who's who, i.e. lists of demons, with their titles, physical apparences, fonctions and number of troops, accounted in legions. Both are late testimonies of a textual tradition which have belonged to ritual magic since the 13th century at least. Two other partial lists of demons appear in 15th century magical manuscripts. Demoniacal majesty appears here in its glory but those demons seem rather benevolent, and even beneficent, which is curious and even scandalous for the keepers of christian orthodoxy. Actually, magical demonology resists to the bipartition of angelical universe, proper to medieval christianism.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Demons - demonology - ritual magic - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre des esperitz </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Johannes Wier</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georg Modestin : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Gentleman, the Witch and the Devil : Reginald Scot, an Early Modern Social Anthropologist ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper analyses the way witches, as well as the devil and the witches' Sabbath are represented in Reginald Scot's sceptical treatise </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Discoverie of Witchcraft</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of 1584. In a second step, Scot's heritage in modern historiography of witchcraft is explored.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Witchcraft - England - 16th century - Reginald Scot - historiography</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen Rob-Santer : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and its Historiography : a </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kulturkampf</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Whenever witchcraft is discussed in historical literature the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> is bound to make its appearance. Its wide popularity - almost thirty Latin editions between 1486 and 1669 and the modern translations of the 20th century, above all the German one by J.W.R. Schmidt, aimed at a wider readership - stands in marked contrast to a lack of studies about the precise context and contents ot the book. The reason why it lent itself to such exceptional treatment can be found in the fact that it was published together with the papal bull </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Summis desiderantes affectibus </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">which served as an ultimate authorization of the treatise. In turn this proved to be an irresistible opportunity both for the authors of Enlightenment and, even more so, polemicists of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kulturkampf</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> era to take a swipe at the ""dark history"" the Catholic Church - notwithstanding the fact that Protestants had proved to be at least as active in the persecution. This instrumentalization of the book served to give the discussions of the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Malleus maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> a specifically German character. It might be interesting, however, to take a critical look not only at the actual importance of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in later years, but also to analyse its contents within the intellectual paradigms of its period.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Witchcraft - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malleus Maleficarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - historiography - H. Institoris - J. Sprenger</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édouard Bouyé :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « The Pontifical Arms at the end of the 13th century : the Making-off a Communication Process »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The beginnings of pontifical heraldry are not well known. One needs first to set out the principal stages leading to the adoption of arms by the popes at the end of the 13th century, before one can propose any interpretative hypotheses. The keys, as arms of the Church, appear under Innocent III. However the first pope to make use of his family arms is Nicolas III Orsini. Boniface VIII was the first to bring together his family arms and the keys and tiara (he has also left an important number of heraldic testimonies).<br /> The adoption of keys as arms of the pope is one aspect of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">imitatio imperii</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. The aristocratic and emblematic representations function at the same time as an aristocratic celebration. The heraldic formula sketched by Boniface VIII is definitively fixed by John XXII : it is a metaphor of the Church as mystical body of Christ.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Papacy - heraldry - Rome - emblems - cardinal</span></p>";370;18.00;"<p style=""text-align: left;"">Ce numéro a pour objectif de présenter les nouveaux acquis de recherche sur la démonologie et la sorcellerie à la fin du Moyen Âge. Il existe plusieurs directions d'investigation qui ne dialoguent pas suffisamment : prolongement de l'approche anthropologique, renouveau des études théologiques et scolastiques, histoire de la justice et des procès. Ce sont ces différentes branches que nous avons voulu rassembler ici, pour tenter de montrer comment, du XIIIe siècle au tout début du XVIIe siècle, la question du diable et les problèmes qu'elle soulève, en particulier celui de son existence réelle ou non, sont révélateurs des transformations de la société occidentale. Démonologie et sorcellerie, en effet, permettent à la fois de comprendre les mutations politiques de l'appareil d'État qui mène la répression en s'appuyant sur des savoirs techniques très élaborés (droit, théologie), et d'observer les tensions religieuses d'un monde chrétien en proie au doute en ce « temps des réformes ».</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNL et du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 372;1;3;24;L'anthologie poétique en Chine et au Japon;N°25/2003;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'anthologie poétique a revêtu en Chine et au Japon une importance capitale, aussi bien en tant qu'opération de prestige des gouvernants que comme véritable création littéraire très soigneusement élaborée et perpétuellement commentée.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Pigeot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Compiler une anthologie : une affaire d'État ?</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Martin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les anthologies dans la Chine antique et médiévale : de la genèse au déploiement</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maria Chiara Migliore<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'anthologie entre tradition et transformation : les recueils de poèmes en chinois au Japon (VIIIe-IXe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Vieillard-Baron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Voix corisées : la compilation du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shinkokin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wakashû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à travers les témoignages des protagonistes</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Organiser et interpréter</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tzvetana Kristeva<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les larmes pourpres : sur la disposition des poèmes dans les anthologies impériales (Japon)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sumie Terada<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La prose dans les anthologies de poèmes : le cas des huit recueils officiels de la poésie japonaise</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Tradition de l'anthologie et culture populaire au Japon <br /> (ou l'anthologie ludique)</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pigeot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Triomphe ou mort de l'anthologie ? Le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Kangin shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, un recueil de chansons</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Struve<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les recueils comiques de kyôka - l'exemple du Tokuwaka gomanzai shû</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Un regard occidental</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuel Buron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'autorité du compilateur dans quelques recueils français de la Renaissance</span></p></blockquote><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></strong></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résumés en français<br /> English Summaries</span></em></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/10/2003;25;155x220;176;978-2-84292-144-6;9782842921446;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_372.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les anthologies dans la Chine antique et médiévale : de la genèse au déploiement »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'histoire des anthologies en Chine est aussi ancienne que la poésie elle-même. La première d'entre elle, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, a proposé, au terme d'un processus exégétique complexe, une représentation complète du monde humain assez éloignée des considérations littéraires. Les anthologies qui lui ont succédé ont toutes eu à se définir par rapport à lui d'une manière ou d'une autre. Le VIe siècle marque l'achèvement d'un processus de retour au littéraire, reflété par le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chuci</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shipin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wenxuan</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yutai</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">xinyong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Par la suite, l'histoire des anthologies fut très riche et complexe, mais les cinq ouvrages étudiés ici forment un cycle complet contenant tous les éléments qui devaient jouer un rôle déterminant sur celles à venir.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maria Chiara MIGLIORE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'anthologie entre tradition et transformation : les recueils de poèmes en chinois au Japon (VIIIe-IXe siècle) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dans le Japon ancien, la langue chinoise était un élément indispensable à l'administration courante des affaires de l'État et au développement des relations diplomatiques avec la Chine et les autres pays du continent. La maîtrise du chinois, en outre, se développa tout naturellement jusqu'à produire des oeuvres littéraires, car la littérature était un instrument pour bien gouverner. La poésie, en particulier, était conçue pour célébrer le souverain et le parfait ordre confucéen qu'il symbolise. De fait, la première anthologie poétique au Japon est un recueil de poèmes en chinois, comme aussi les trois anthologies suivantes, compilées sur ordre impérial. Dans cet article j'essaie de retracer les modalités de compilation des anthologies en chinois au VIIIe et au IXe siècle, en les reliant au contexte socio-culturel du Japon ancien.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel VIEILLARD-BARON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Voix croisées : la compilation du Shinkokin waka shû à travers les témoignages de deux protagonistes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Depuis qu'en 905 l'empereur Daigo commandita le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kokin waka shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, la production d'une anthologie de poèmes japonais constituait l'un des symboles les plus éclatants du règne d'un monarque. Vingt et une anthologies impériales furent produites jusqu'en 1439. Dans le présent article, nous décrivons la compilation de la huitième intitulée </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shinkokin waka shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ; cette dernière fut ordonnée en 1201 et achevée en 1216. Pour connaître la manière dont fut compilée l'anthologie, nous disposons de deux documents importants et complémentaires : le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ienaga nikki</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, mémoires de Minamoto no Ienaga, secrétaire du Bureau de la poésie, chargé des affaires liées à la compilation, et surtout le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Meigetsuki</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, notes journalières de Fujiwara no Teika, célèbre poète qui fut également l'un des principaux compilateurs. En croisant ces deux témoignages, on prend pleinement conscience du processus long et harassant qui aboutit à l'un des chefs-d'oeuvres les plus parfaits de la littérature japonaise.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tzvetana KRISTEVA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les ""larmes pourpres"" : la disposition des poèmes dans les anthologies impériales comme clef d'interprétation du langage poétique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On tente ici de retrouver les niveaux de signification poétique et métapoétique de la poésie (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) du Japon classique, négligés, pour ne pas dire condamnés à l'oubli, par la pratique interprétative en vigueur dans le Japon du XXe siècle. Notre analyse est centrée sur les possibilités d'interprétation multiples suggérées par les caractéristiques de la langue et du canon poétiques japonais, plutôt que par les lectures univoques dans une situation concrète (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ba</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). En suivant le fil des transformations données à l'expression </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">sode no namida no iro</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (""la couleur des larmes sur la manche""), notre contribution attire l'attention sur l'ordonnance des poèmes dans les huit premières anthologies impériales, considérée comme le déploiement du processus de signification dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> aussi bien que du processus de ""poétisation"" du vocabulaire de la poésie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sumie TERADA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La prose dans les anthologies de poèmes : le cas des huit recueils officiels de la poésie japonaise »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présenter, expliquer et commenter, telles sont les fonctions de la partie en prose qui accompagne les poèmes des anthologies officielles japonaises. Ce faisant, les brefs textes qui la constituent structurent les poèmes, les placent dans un espace paradoxal caractérisé par un double mouvement, fragmentation et enchaînement, qui leur confère un statut à la fois singulier et collectif. Cet article tente de mettre en évidence le rôle hautement stratégique de ce dispositif en apparence mineur, et son évolution dans les paysages poétiques de la période classique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline PIGEOT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Triomphe ou mort de l'anthologie ? Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kangin shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, un recueil de chansons »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Compilé en 1518, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kangin shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou ""Recueil [de poèmes] à chanter dans la sérénité"" réunit trois cent onze chansons (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ko-uta</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), très diverses pour la forme, les sources, le registre. Cependant le compilateur (anonyme) s'est ingénié à construire un ensemble cohérent, en enchaînant les poèmes l'un à l'autre au moyen de procédures subtiles et variées, souvent ludiques. On présente ici le corpus des chansons, la diversité des modes d'enchaînement, et l'on s'interroge sur le statut du recueil : anthologie de chansons ou répertoire de procédés d'enchaînement ?</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel STRUVE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les recueils comiques de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">kyôka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : l'exemple du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tokuwaka go manzai shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dans le Japon de l'époque d'Edo, l'introduction de l'imprimerie et le succès des genres poétiques comiques du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">haikai</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">kyôka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> donnent lieu à la compilation de nombreux recueils. L'article retrace l'évolution des recueils du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">kyôka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à partir du milieu du XVIIe siècle jusqu'à l'apogée du genre à l'ère Tenmei (1781-1791), en relevant le statut ambigu que conserve tout au long de son histoire ce genre poétique. Il analyse en particulier l'organisation du recueil </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tokuwaka go manzai shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Ôta Nanpo dont il fait ressortir la virtuosité dans l'utilisation des procédés de l'anthologie classique. Pour finir, il étudie la mise en scène ironique par Nanpo de son propre personnage de compilateur, et la relation complexe qu'il cherche à instaurer avec son lecteur.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuel BURON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'autorité du compilateur dans quelques recueils français de la Renaissance »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les anthologies japonaises assurent au compilateur une autorité supérieure à celle des auteurs de poèmes, alors que dans les anthologies françaises, généralement didactiques, le compilateur tend à s'effacer devant les textes. Toutefois, certaines anthologies du XVIe siècle en français ménagent un statut d'auteur au compilateur : ainsi </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Anthologie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Pierre Breslay (1574 ; première attestation du mot en français), où le genre tend vers l'essai, ou</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le Parnasse des poètes françois modernes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Gilles Corrozet (1571). Le fait s'explique par la prégnance d'une théorie de l'imitation, qui confère aussi aux anthologies une valeur d'affirmation culturelle, trait commun aux anthologies japonaises, et peut-être au genre. Quant au principe d'enchaînement des poèmes, on le rencontre de manière non systématique dans des recueils personnels plus que dans des anthologies - nous examinerons </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Regrets</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Du Bellay (1558) -, indice d'un rapport entre littérature et politique moins étroit en France qu'au Japon.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Anthologies in Ancient and Medieval China : from Genesis to Diversification »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The history of the anthology in China goes back to the dawn of poetry. The first anthology, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, offered through its complex exegetical procedure a comprehensive representation of humanity that was rather removed from literary considerations. Every succeeding anthology had to position itself in one way or other with respect to the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. By the 6th century, the return to literary criteria had come full cycle, as reflected by the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chuci</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shipin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wenxuan</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yutai</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">xinyong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. From then on, the history of anthologies is rich and diverse, but the five works studied here form a coherent set containing all the elements that were to shape future anthologies.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maria Chiara MIGLIORE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Anthology between Tradition and Transformation : Japanese Collections of Poems in Chinese (8th-9th centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">With the adoption of Chinese writing Japan entered the sphere of Chinese culture, which it assimilated to its own needs. The use of Chinese was essential not only to international relations but also for maintaining a stable government that could bear comparison with the more advanced Chinese system. The Japanese aristocratic and bureaucratic elite derived its prestige from the composition of Chinese poetry, which from the beginning acquired a social and political significance. The first anthology of poetry compiled in Japan was in Chinese, and so were the following three that were compiled at the imperial behest. This article traces the main features of anthologies of Chinese poetry in the 8th and 9th centuries, with particular attention to their political and social meaning.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel VIEILLARD-BARON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Narrating Voices : the Compilation of the Shinkokin waka shû as described in the Accounts of Two Witnesses »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ever since Emperor Daigo ordered the compilation of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kokin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in 905, an imperial collection of Japanese poetry was considered an important symbol of a monarch's reign. Twenty-one imperial anthologies were compiled, the last completed in 1439. In this paper, I describe the compilation of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shinkokin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the eighth imperial collection, which was commissioned in 1201 and completed in 1216. In order to reconstruct the process, I have used two major complementary sources : the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ienaga</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">nikki</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the memoir of Minamoto Ienaga, secretary of the office that provided research and editing support for the anthology, and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Meigetsuki</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the diary of the famous poet Fujiwara Teika, one of the principal compilers. By examining these two texts in tandem, we can more fully grasp the long and arduous process that produced one of the most perfect masterpieces of Japanese literature.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tvetana KRISTEVA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« ""Purple Tears"" : the Arrangement of Poems in Anthologies as a Key to the Interpretation of Poetic Language »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper is an attempt to trace the poetic and meta-poetic levels of meaning in classical Japanese </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> poetry, a tradition much neglected, not to say doomed to oblivion, by the predominant ""positivist thinking"" of 20th century interpretive practice in Japan. The analysis focuses on the multiple possibilities of interpretation derived from the characteristics of the Japanese poetic language and poetic canon, rather than any single, unambiguous reading in a given concrete situation (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ba</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). By following the evolution of the meaning of the expression </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">sode no namida no iro</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, ""the colour of the tears on the sleeves"", this paper draws attention to the order of the poems in the Imperial Poetic Anthologies </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hachidai</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, seen as an expression of the processes of signification in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and of the ""poetization"" of poetic vocabulary.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sumie TERADA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Prose in Poetic Anthologies : the Case of the First Eight Japanese Imperial Anthologies »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Presentation, explanation, and commentary are the functions of the prose parts that accompany poems in official Japanese anthologies. These brief texts place the poems in a paradoxical context of two opposed processes - fragmentation and linkage, making them at the same time unique and collective. This paper aims to clarify the highly strategic function of these prose passages and to trace their evolution in classical Japanese poetry.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline PIGEOT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Triumph or Death of the Anthology ? the Kangin shû, a Collection of Lyric Poems »<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kangin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> / </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Songs for Leisure Hours</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, compiled in 1518, is a collection of 311 songs (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ko</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">uta</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) of various forms, styles, and origins. Despite these differences, the anonymous compiler has succeeded in creating a work of great coherence and consistency, through the use of subtle and varied - often playful - principles to link each poem to the next. In this paper, the corpus of the songs and the linking principles employed are discussed, as well as the question of the ontological status of the collection : is it an anthology of songs or a compendium of linking principles ?</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel STRUVE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Humorous Collections of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kyôka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : the Example of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tokuwaka go manzai shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Numerous collections of comic poetry were compiled during the Edo period, as a result of the introduction of printing techniques as well as the success of the comic genres of haikai and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">kyôka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. This study highlights the evolution of kyôka collections from de middle of the 17th century to the Tenmei era (1781-1791), considered the high point of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">kyôka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> genre, and emphasizes the persistent ambiguity that characterized it throughout its history. Then it takes up the inner structure of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tokuwaka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">go manzai shû</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by Ôta Nanpo, showing the virtuosity displayed by this author in handling the various devices used in classical poetry collections. Finally, it addresses the ironic staging of the author's own character and the complex relations established with the reader.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuel BURON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Authority of the Compiler in some French Collections of the Renaissance »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Japanese anthologies confer on the compiler a greater authority than on the authors of the poems compiled, whereas in French anthologies, which are often didactic, the compiler tends to take second place. Nevertheless, some French anthologies from the 16th century also bestow on the compiler the status of an author. For example, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Anthologie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of Pierre Breslay (1574, first attestation of the word in French) or </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Parnasse des poètes françois modernes </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">of Gilles Corrozet (1571). A pervasive theory of imitation explains this fact : it lends anthologies the function of a cultural affirmation, a feature shared with Japanese, if not all, anthologies. As for the principle of linking poems, found in authorial collections of poetry rather than in anthologies - we shall here examine Les Regrets of Du Bellay (1558) &endash; it suggests a weaker link between literature and politics in France than in Japan.</span></p>";290;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Chaque article de ce numéro présente et analyse une ou plusieurs anthologies abordées chaque fois d'un point de vue particulier. Deux axes principaux orientent le volume : la mise en évidence des relations entre le pouvoir politique et les compilations d'anthologies, commanditées par les souverains ; les problèmes d'organisation interne des recueils : choix et distribution des poèmes, recherche de l'unité à partir de la diversité des matériaux, réinterprétation des poèmes du passé par leur insertion dans un cadre nouveau.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNRS et de l'UFR LCAO de l'Université Paris 7</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 358;1;3;27;Le bain : espaces et pratiques;N°43/2002;;;"<p style=""text-align: justify;"">Approche comparatiste du bain au Moyen Age, dans le cadre d'un vaste espace (de l'Angleterre à la Syrie, de l'Espagne à la Belgique) marqué par des croyances religieuses différentes (musulmane, chrétiennes et juive) avec une attention particulière est portée aux bains thermaux.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Didier Boisseuil<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Espaces et pratiques du bain au Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marilyn Nicoud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les médecins italiens et le bain thermal à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Patrice Cressier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Prendre les eaux en Al-Andalus : pratique et fréquentation du </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Hamma</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Barry Cunliffe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Bath et ses bains au Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Amedeo Feniello<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Un aspect du paysage urbain napolitain : les bains citadins entre les Xe et XIIIe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Joseph Shatzmiller<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les bains juifs aux XIIe et XIIIe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Evyatar Marienberg<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le bain des Melunaises : les juifs médiévaux et l'eau froide des bains rituels</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Ostorero<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Itinéraire d'un inquisiteur gâté : Ponce Feugeyron, les fuifs et le sabbat des sorciers</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Cavaillé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'art des équivoques : hérésie, inquisition et casuistique.<br /> Questions sur la transmission d'une doctrine médiévale à l'époque moderne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">POINT DE VUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Ziegler<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nord-Sud : la médecine parisienne dans son contexte européen. À propos de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Médecine médiévale dans le cadre parisien</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Danielle Jacquart</span></p>";;10/12/2002;43;155x220;192;978-2-84292-129-3;9782842921293;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_358.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Marilyn NICOUD<br /></em><strong>Les médecins italiens et le bain thermal à la fin du Moyen Age<br /></strong>A partir de la première moitié du XIVème siècle, les médecins multiplient les ouvrages sur les eaux thermales et tentent de faire du bain un nouvel instrument thérapeutique, transformant ce qui n'était encore qu'une <em>recreatio corporis</em> en un outil de <em>conservatio, preservatio </em>ou<em> curatio sanitatis</em> et rendant la présence (ou la parole) du praticien indispensable ""au curiste.""<br />Eau Thermale - Italie - médecine - nature - science </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Patrice CRESSIER</em><br /><strong>Prendre les eaux en al-Andalus.</strong><br /><strong>Pratique et fréquentation de la <em>Hamma<br /></em></strong>Quoiqu'elles privilégient clairement l'information concernant le bain à fonction hygiénique (<em>hammam</em>) aux dépens du bain thermal (<em>hamma</em>), les sources médiévales arabes (tout comme l'observation archéologique) confirment l'intérêt qui fut porté à ce dernier en al-Andalus et au Maghreb. L'impact social et économique de celui-ci fut alors beaucoup plus important que dans l'Antiquité romaine, au contraire de ce qui a souvent été affirmé.<br />Eau thermale - al-Andalus- archéologie </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Barry CUNLIFFE <br /></em><strong>Bath et ses bains au Moyen Age<br /></strong>Les sources thermales de Bath, connues depuis l'Antiquité, ont été abondamment exploitées au Moyen Age. L'études se propose de rappeler les importantes modifications apportées aux bâtiments romains durant la période médiévale et le rôle des infrastructures thermales dans le développement de la ville.<br />Bath - eau thermale - archéologie </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Amedeo FENIELLLO<br /></em><strong>Un aspect du paysage napolitain au Moyen Age : les bains dans la ville du Xème au XIIIème siècle<br /></strong>Cet article étudie les bains citadins de Naples entre le Xème et le XIIIème siècles en s'appuyant sur des sources particulières, à savoir les fonds des <em>Monasteri Soppressi</em> et l'ensemble des cartulaires compilés par les érudits de l'époque moderne qui sont déposés aux Archives d'Etat de la Bibliothèque Nationale de Naples. Autant de documents qui ont permis de mettre en lumière certains aspects concernant la physionomie des bains et leur intégration dans le paysage urbain.<br />Bain - Naples - occupation de l'espace </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Joseph SHATZMILLER<br /></em><strong>Les bains juis aux XIIème et XIIIème siècles<br /></strong>Le <em>mikva</em> ou bain rituel est une exigence halakhique développée notamment dans la <em>Mishnah</em> qui en fixe les normes de construction et d'alimentation en eau, et doit être fréquenté aussi bien par les hommes que par les femmes pour le respect des règles de pureté, et non pour de simples nécessité d'hygiène. L'archéologie et les sources documentaires apportent de nombreux témoignages sur ces édifices relativement nombreux en Occident pour les XIIème et XIIIème siècles et souvent associés aux synagogues.<br />Judaïsme - droit rabbinique - bain rituel - règles de pureté - archéologie</p><p style=""text-align: justify;""><em><br /><br />Evyatar MARIENBERG<br /></em><strong>Le bain des Melunaises : les juifs médiévaux et l'eau froide des bains rituels<br /></strong>Cet article traite des discussions de quelques rabbins ashkénazes et provençaux concernant la possibilité de chauffer l'eau du bain rituel des femmes. La tradition rapporte que Rabbenu Hanael et Rabbenu Tam, deux autorités incontestables permettaient cette coutume. Cependant, nombreux furent les experts en droit à douter de ce que cette opinion de Rabbenu Tam fût vraie, ayant entendu dire qu'il avait interdit cette pratique. Cet article vise à confirmer le caractère certain de cette tradition, en s'appuyant sur de nouveaux textes.<br />Judaïsme - droit rabbinique - règle de pureté - bain rituel </p><p style=""text-align: justify;""><em><br /> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Martine OSTORENO</em><strong><span><br /></span>Itinéraire d'un inquisiteur gâté : Ponce Feugeyron, les fuifs et le sabbat des sorciers<br /></strong>Dans la première moitié du XVème siècle, l'inquisiteur franciscain Ponce Feugeyron est mandaté par le pape Alexandre V pour agir tant contre les juifs et les judaïsants que contre les sectes d'hérétiques et de sorciers. Son rayon d'action couvre tout le Sud-Est de la France, d'Avignon au duché de Savoie en passant par la Dauphiné. On examine ici l'hypothèse qu'il pourrait être l'auteur des <em>Errores gazarium</em>, l'un des plus anciens textes présentant l'imaginaire du sabbat, écrit dans le val d'Aoste vers 1436.<br />Inquisition - inquisiteur- sorcellerie- hérésie - juifs - Ponce Feugeyron</p><p style=""text-align: justify;""><strong><span> </span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Pierre CAVAILLE</em><strong><span><br /></span>L'art des équivoques : hérésie, inquisition et casuistique.<br />Questions sur la transmission d'une doctrine médiévale à l'époque moderne<br /></strong>On se propose l'investigation des sources médiévales de la ""doctrine"" des équivoques et des restrictions mentales défendue à l'Epoque moderne par des théologiens catholiques (en particulier membre de la Compagnie de Jésus). Il est pour le moins surprenant de découvrir que les éléments constitutifs de cette ""doctrine"" proviennent en droite ligne des textes inquisitoriaux décrivant et analysant les échappatoires verbales des hérétiques (vaudois, cathares, etc.) interrogés. A-t-on d'abord affaire à la projection sur la parole d'hérétiques, réels ou prétendus, de jeux et d'arguments dialectiques en vogue dans les universités ? ou bien à des dispositifs effectifs de protection élaborés par des groupes où le serment et le mensonge étaient rigoureusement bannis ? Comment dès lors expliquer l'assomption par la théologie la plus orthodoxe de ce qui a pu paraître comme des signes distinctifs du discours et du comportement hérétiques ?<br />Equivoques - restrictions mentales - mensonge - hérésie - vaudois - cathares </p><p style=""text-align: justify;""><strong><em><br /></em></strong></p>";;"<div><p style=""text-align: justify;""><em>Marilyn NICOUD<br /></em><strong>Italian doctors of medecine and thermal baths in the Middle Ages<br /></strong>From the first half of the 14th century onwards, Italian medical practitioners increasingly published treaties extolling the virtues of thermal springs in an effort to trun them into a new therapeutic instrument, transforming what was hitherto only a <em>recreatio corporis</em> into an instrument of <em>preservatio </em>or<em> curatio sanitatis</em>, while at the same time making indispensable the presence (or the advice) of the practitioner.<br />Thermal springs - Italy - medicine - nature - science </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Patrice CRESSIER</em><br /><strong>Taking the waters in al-Andalus. Practice and frequentation of the</strong><strong> <em>Hamma<br /></em></strong>Both mediaeval Arab sources and archaeological observations confirm the importance of the thermal bath (hamma) in Al-Andalus and in North Africa. Their social and economic impact there was much more significant than in ancient Rome, contrary to what has often been stated.<br />Thermal springs - al-Andalus - archaeology </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Barry CUNLIFFE <br /></em><strong>Bath and its waters in the Middle Ages<br /></strong>The hot springs of Bath, well-know from ancient times, were abundantly exploited in the Middle Ages. This study sets out to recall the important modifications made to the Roman baths in the mediaeval era and the role of the infrastructure of the baths in the development of the town. <br />Bath - Thermal springs - Archaeology </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Amedeo FENIELLLO<br /></em><strong>An aspect of Neapolitan City Life in the Middle Ages : the baths from the 10th to the 13th century<br /></strong>Based on a number of specific sources, in particular the archives of the Monasteri Soppressi and the totality of the cartularies compiled by contemporary experts, the author sets out cast light on certain aspects of the physiognomy of the city baths and their integration in the landscape of Neapolitan life. <br />Bath - Naples - urbanisation </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Joseph SHATZMILLER<br /></em><strong>Jewish baths - 12th-13th centuries<br /></strong>Medieval Jewish communities, especially the large ones, would normally have a ritual bath as part of their sacred space. The <em>mikvao't</em> (singular : <em>mikve </em>or<em> mikva</em>) were supposed to render women ritually pure, and it some cases, men as well. Archeologists discovered such <em>mikvao't</em> in Roman Palestine as well as in Western Europe of the high and later middle ages. The most elaborate of these is the one that exists in Speyer, Germany. It is also the most ancient example.<br />Judaism - Halakhah - Mikva - Ritual Bath - Archaeology </p><p style=""text-align: justify;""><em><br /><br />Evyatar MARIENBERG<br /></em><strong>The bath of the Women of Melun : Medieval Jews and Ritual Bath' Cold Water<br /></strong>The article deals with the discussions of certain medieval Ashkenazi and Provençal rabbis about the legality of warming the water of the ritual baths used by Jewish women. Tradition held that Rabbenu Hananel and Rabbenu Tam, two major authorities, permitted the custom. Nevertheless, many Jewish legal experts were not sur about the ""real"" opinion of Rabbenu Tam, having heard about a case in which he forbade it. The article shows that a text we know today confirms the first tradition<br />Halaknah - Menstruation - Mikveh - Niddah - Sefer ha-Nyar<em><strong><br /></strong> </em></p><div><em>Martine OSTORENO<br /></em><strong>Itinerary of a spoiled inquisitor : Ponce Feugeyron, the Jews and the witches' sabbath</strong><em><br /></em><em><p><span style=""font-style: normal;""><em> </em></span></p><p style=""display: inline !important;""><em><span style=""font-style: normal;""><em> </em></span></em></p><em> <em><p style=""display: inline !important;""><em>Jean-Pierre CAVAILLE<br /></em></p></em></em><span style=""font-style: normal;""><em><p style=""display: inline !important;""><span style=""font-style: normal;""><strong>The art of ambiguity : heresy, inquisition and casuistry. Questions on the transmission of a medieval doctrine to modern times<br /></strong></span></p></em></span><span style=""font-style: normal;""><em><em><p style=""display: inline !important;""><span style=""font-style: normal;"">This paper aims to investigate the medieval origins of the ""doctrine"" on ambiguities and mental restrictions endorsed in Modern Times by catholic theologians (especially those members of the Compagny of jesus). It is rather surprising to find out that the constitutive elements of this ""doctrine"" come straight from inquisitorial texts describing and analysing verbal stratagems used by heretics (i.e Waldensiam, Cathars) when they were subjected to an interrogatory. Do we deal, here, with the identification of utterance by real or would-be heretics with logical plays and arguments favoured in the universities ? or with efficient devices worked out for their own protection by people for which oaths and lies were strictly prohibited ? How then can we explain the assumption by the most orthodox of theology of what could be seen as distinctive signs of the speech and the behaviour of heretics ?<br /></span></p></em></em></span><span style=""font-style: normal;""><em><em><p style=""display: inline !important; text-align: justify;""><span style=""font-style: normal;"">Ambiguity - mental restrictions - lie - Waldensian - Cathars </span></p></em></em></span><p> </p><p> </p></em></div></div>";310;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le bain est un sujet assez neuf pour les médiévistes. Il ne se résume pas à un acte individuel mais renvoie à des pratiques sociales complexes et évolutives. Au Moyen Age, le bain a perdu les traits universels qu'il avait dans le monde romain et a acquis des significations particulières, liées notamment aux impératifs religieux. Il s'agit non seulement de mieux cerner cette rupture avec l'Antiquité mais de rendre compte du ""fait balnéaire"" dans sa diversité. Ce numéro privilégie donc une approche comparatiste, dans le cadre d'un vaste espace (de l'Angleterre à la Syrie, de l'Espagne à la Belgique) marqué par des croyances religieuses différentes (musulmane, chrétiennes et juive).</p>";"<p>Numéro publié avec le concours du CNL et du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 349;2;3;8;L'Amour-fiction;Discours amoureux et poétique du roman à l'époque moderne;;;"<p>Le roman est consubstantiel à l'amour, et le discours amoureux propose à la fois la matière et la substance du romanesque... C'est là une hypothèse que le livre d'Alain Vaillant explore à travers un vaste corpus de fictions littéraires des XVIIIe et XIXe siècles, de Laclos à Proust, ou de Diderot à Zola.</p>";"<p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'amour, la théorie et l'histoire de la littérature</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Amour, culture, science - le mentir-vrai du roman d'amour - fiction amoureuse et mauvaise conscience littéraire - prolégomènes théoriques (1) : la littérature-discours - prolégomènes théoriques (2) : la littérature-texte - romans d'amour et amour de la littérature.</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'impossible roman</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Diderot (1) : le philosophe du désamour - Diderot (2) : la tragi-comédie des mots d'amour - Diderot (3) : l'antidote conversationnelle - Digressions poétiques : entre silence (Baudelaire) et bavardage versifié (Musset) - Gautier : trois esthétiques de la parole enamourée - Stendhal (1) : récitations amoureuses - Stendhal (2) : l'amour révélé, coup de feu et coup de théâtre.</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Histoire sans paroles</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Zola (1) : l'art du mutisme fictionnel - Zola (2) : la sémiotique des corps - Zola (3) : mots d'amour et physiologie de la parole - Mallarmé (1) : le procès du discours - Mallarmé (2) : le procès du roman, et de Zola - Zola (3) : "" J'accus "", ou le retour de la parole refoulée.</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le mystère de l'eucharistie amoureuse</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Laclos (1) : le roman bavard de l'intelligence - Laclos (2) : le faux libertinage - Laclos (3) : théorie et pratique de l'épistolaire - Laclos (4) : l'ironie comme principe herméneutique - Laclos (5) : préliminaires textuels - Laclos (6) : trans-substantiation de la parole amoureuse - Laclos (7) : lettres mortelles et vieilles dentelles - Laclos (8) : roman policier et discours amoureux.</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'utopie de l'amour romantique</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Balzac (1) : amour, rillettes et pieds gonflés - Balzac (2) : l'amour de la parole - Balzac (3) : l'art du non finito - Balzac (4) : esthétique de la logorrhée amoureuse - Balzac (5) : l'esprit de système - Balzac (6) : l'équation miraculeuse.</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Flaubert : le silence bavard de l'amour bête</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Flaubert (1) : une écriture à rebours - Flaubert (2) : parler pour durer - Flaubert (3) : l'amour, « sur les bords seulement » - Flaubert (4) : volupté de la bêtise - Flaubert (5) : artiste de la rumination silencieuse.</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le temps des secrets</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Fromentin (1) : le vide hermétique - Fromentin (2) : monomanie sentimentale - Fromentin (3) : le rébus amoureux - Hugo (1) : le cryptage crypté - Hugo (2) : « solitaire, solidaire » - Hugo (3) : poétique de la schizophrénie.</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Épilogue. Le chant du cygne : Proust et sa petite madeleine</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Proust (1) : anthologie amoureuse - Proust (2) : memoria amoris - Proust (3) : vibrations sentimentales - Proust (4) : voluptés gustatives - Proust (5) : le discours de la méthode amoureuse.</span></p>";;10/06/2002;0;137x220;256;978-2-84292-121-7;9782842921217;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_349.gif;;;;348;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Il n'est pas de roman d'amour, aussi invraisemblable soit-il, auquel ses personnages ni ses lecteurs n'accordent le pouvoir exorbitant de dire, le temps d'un « je vous aime », la vérité. Ainsi y aurait-il, entre le discours amoureux et la fiction chargée de l'accueillir, une étrange alliance contre-nature, comme si chacun avait besoin de l'autre pour exister. L'amour ne vaudrait, même précairement, que par la caution d'une littérature consacrée à le dire. Quant au roman, il s'est échappé de la troupe obscure des contes populaires ou enfantins parce qu'il a su faire entendre la parole, présumée sincère, du sentiment. Voilà que, sur le déclin des Lumières, un soupçon grandissant, bientôt général et méthodique, atteint le discours - celui de l'amour comme de la littérature ou de la pensée - ; l'écrivain n'est plus l'homme de la belle parole - vraie, émouvante et efficace - mais le fournisseur de livres qu'on attend désormais de lui. C'est en ce temps de crise et de doute que pourtant, plus que jamais, les plus grands faiseurs de romans s'évertuent à dire l'amour, comme s'ils savaient, confusément, que, au-delà du discours amoureux, c'était une certaine idée de la littérature qui était en jeu, et à laquelle ils ne voudraient renoncer à aucun prix. Cette obstination exige d'étranges efforts, et d'extraordinaires entreprises littéraires.</p><p style=""text-align: justify;"">Laclos, Diderot, Stendhal, Balzac, Flaubert, Hugo, Fromentin, Zola, Proust... Autant d'écrivains et d'œuvres qui, par le lien toujours réaffirmé entre la fiction et le discours amoureux, balisent une histoire du roman qui, peut-être, a tourné définitivement sa plus belle page à l'aube du XXe siècle, avec<em> La Recherche du temps perdu</em>.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 276;2;6;19;Grammaire du polonais;Phonologie, morphologie, morphonologie;;;"<p>Présenter, expliquer avec clarté et précision les phénomènes de la grammaire polonaise - la phonologie et la morphologie - tel est l'objectif de cet ouvrage.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface<br />Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE 1<br />Phonologie et phonétique</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le système vocalique<br />2. Le système consonantique<br />3. Le système graphique</span> </p><p> </p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE 2<br />Morphologie. Les catégories fondamentales</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Nombre<br />2. Genre<br />3. Fonction<br />4. Degrés de comparaison<br />5. L'aspect<br />6. Le temps<br />7. Le mode<br />8. La voix<br />9. La personne</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE 3<br />Morphologie. Le syntagme nominal</span></strong> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A. Substantif</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Substantif masculin<br />2. Substantif neutre<br />3. Substantif féminin<br />4. Vocatif<br />5. Pluralia tantum</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">B. Autres éléments du syntagme nominal</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Pronom personnel<br />2. Autres pronoms<br />3. Adjectif<br />4. Participe<br />5. Les quantitatifs<br />6. La préposition<br />7. La conjonction</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE 4<br />Morphologie. Le syntagme verbal</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les catégories verbales<br />2. Les classes et les groupes<br />3. Autres éléments de la morphologie verbale</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE 5<br />Morphologie</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Alternances vocaliques dans les formes nominales<br />2. Les voyelles instables<br />3. Épenthèse<br />4. Alternances vocaliques dans les formes verbales<br />5. Alternances consonantiques<br />6. Alternances sonantiques</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index<br />Bibliographie</span></p>";;10/10/1988;0;137x220;176;978-2-90398-142-6;978-2-90398-142-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Grammaire-polonais.gif;;;;0;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'essai synthétique dégage les régularités morphonologiques. L'observation de l'opposition des formes multiples aide à découvrir le fonctionnement d'un système cohérent. Le regroupement nouveau des formes verbales, les nombreux tableaux récapitulatifs facilitent la lecture. Le livre est destiné aux francophones désireux d'apprendre la langue polonaise ou bien d'approfondir leurs connaissances. C'est un outil de travail neuf, issu d'une longue expérience didactique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 277;2;3;19;Les pronoms;Morphologie, syntaxe et typologie;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les langues sont multiples, la grammaire est universelle, et les pronoms y jouent un rôle essentiel. Ce postulat est vérifié à travers une étude de la morphologie et de la syntaxe pronominales dans des langues naturelles.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Zribi-Hertz<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charlotte Galves<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La syntaxe pronominale en portugais brésilien et la typologie des pronoms</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">James Harris<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Morphologie autonome et pronoms clitiques en catalan et en espagnol</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Célia Jakubowicz et Catherine Rigaut<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'acquisition des clitiques nominatifs en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Montaut<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pronoms personnels, emphatiques et réfléchis dans les langues indiennes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Léa Nash<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La partition personnelle dans les langues ergatives</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lélia Picabia<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les traits du pronom-accord en grand-comorien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Rouveret<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pronoms personnels du gallois : structure interne et syntaxe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurice Tuller<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les « ICP » en tchadique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Zribi-Hertz et Liliane Mbolatianavalona</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />De la structure à la référence : les pronoms du malgache</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Références bibliographiques</span></p>";;10/10/1997;0;137x220;288;978-2-84292-027-2;9782842920272;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_277.jpg;;;;408;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce livre rassemble neuf contributions originales à l'étude des pronoms. Qu'est-ce qu'un pronom ? Quels sont les types de pronoms possibles, dans les langues naturelles ? Pourquoi, et dans quelle mesure, les propriétés des pronoms varient-elles d'une langue à l'autre ? Appuyant leur réflexion sur l'étude minutieuse de matériaux empiriques variés (du portugais aux langues indiennes, du malgache au gallois), les auteurs parviennent à des conclusions partiellement convergentes : les pronoms ont bien souvent une structure interne (ce ne sont pas des morphèmes) ; leurs propriétés sémantiques peuvent être dérivées de leurs propriétés formelles - morphologiques et syntaxiques ; les pronoms ne sont pas toujours des arguments, ils peuvent aussi servir de marqueurs d'argument. Cet ouvrage, qui allie à la rigueur méthodologique un grand souci de la description détaillée, s'adresse à tous les linguistes généralistes intéressés par la morphologie, la syntaxe et la typologie.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 278;2;6;19;La sémiosis sociale;Fragments d'une théorie de la discursivité;;;"<p style=""text-align: justify;"">C'est à partir de la rupture chomskyenne, qui à la fois annonce la fin des fonctionnalismes et dessine la deuxième fondation de la linguistique, qu'une science autonome de la discursivité sociale est devenue possible.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Première partie<br />Fondations (1975)</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Idéologie et scientificité<br />2. Fondations et textes de fondation<br />3. Interlude à propos d'un jeu visuel<br />4. Remarques sur le texte de fondation<br />5. Comte et le langage<br />6. Pour une lecture en production du Cours de linguistique générale<br />7. Les avatars de la reconnaissance<br />8. Note de lecture (1982)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deuxième partie<br />Le troisième terme (1976-1980)</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. De l'étrangeté de la langue au truisme de l'outil<br />2. Tiercéités<br />3. La clôture sémiotique<br />4. Le sens comme production discursive<br />5. Le réseau de distances<br />6. Le corps retrouvé</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Troisième partie<br />Le sens inverse (1980-1984)</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La signification linguistique et le problème de la conventionnalité<br />2. Vrais et faux performatifs<br />3. Entre la production et la reconnaissance : l'impasse de la pragmatique non conventionnaliste<br />4. La production de la signification linguistique (ou : le chat n'a jamais été sur le paillasson)<br />5. La fin des fonctionnalismes</span></p><blockquote><p> </p></blockquote>";;10/03/1987;0;137x220;232;978-2-90398-145-7;978-2-90398-145-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_278.jpg;;;;322;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">La première fondation - saussurienne - de la linguistique contemporaine a institué un modèle de l'émergence de la discursivité scientifique dans les sciences de l'homme. Mais les retombées de cette première fondation ont enfoui pendant longtemps, sous le poids du binarisme du signe, la « pensée ternaire » du sens - celle de Frege et de Peirce - indispensable à la constitution d'une théorie de la discursivité sociale. Du même coup, le fonctionnalisme, inséparable de cette première fondation, a réduit le sujet à la subjectivité intentionnelle de la parole, en oubliant et la matérialité du sens et le corps signifiant. De ce point de vue, les développements récents d'une « pragmatique des actes de langage » ne sont que le dernier avatar d'une idéologie de la fonction, soutenue par la fausse évidence du langage comme outil de communication.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 279;2;3;19;Structure de la phrase et théorie du liage;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Décrire la variation et l'absence de variation entre les langues ; expliquer les propriétés de cette variation - voilà l'un des grands types d'épreuves empiriques auxquels une théorie générale de la structure linguistique doit satisfaire.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans-Georg Obenauer et Anne Zribi-Hertz<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans-Georg Obenauer et Anne Zribi-Hertz<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Grammaire et variation : à propos de la comparaison linguistique dans le cadre des « Principes et Paramètres »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maria Manuela Ambar<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Temps et structure de la phrase en portugais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen Dobrovie-Sorin<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À propos du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">se/si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dit « impersonnel » en roumain, français et italien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Guéron et Teun Hoekstra<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chaînes temporelles et phrases réduites</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stephen J.Harlow<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Finiteness and Welsh Sentence Structure</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Celia Jakubowicz<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sig</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> en danois : syntaxe et acquisition</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rita Manzini<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A Unification of Locality Theory for Movement and Binding</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans-Georg Obenauer<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'interprétation des structures </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wh</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et l'accord du participe passé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Rebuschi<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Théorie du liage et localité relativisée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Knut Tarald Taraldsen<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Second Thoughts on </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">der</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Zribi-Hertz<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pronoms réfléchis : universaux et typologie</span></p></blockquote>";;10/10/1992;0;137x220;280;978-2-90398-181-5;978-2-90398-181-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_279.jpg;;;;400;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les dix articles rassemblés ici étudient dans un cadre unitaire - celui des « Principes et Paramètres » - des questions centrales portant sur la structure syntaxique et l'interprétation. Au travers d'analyses détaillées de langues diverses (français, portugais, italien, roumain, anglais, danois, islandais, gallois, basque), les auteurs exploitent les outils analytiques de ce cadre tout en l'évaluant et en le développant.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition; 280;2;6;20;Amérique sans frontière;Les États-Unis dans l'espace nord-américain;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le tracé des frontières dans l'espace géographique nord-américain provient de l'inégal rapport de force entre les trois nations qui composent le continent plus qu'il ne reflète d'anciennes inscriptions territoriales...</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Collomp<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mario Menéndez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Accord de Libre-Échange Nord-Américain : analyse historique d'un enjeu économique, 1910-1993</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Antoine<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Libre-Échange, centre et périphérie : l'ALENA à la lumière de la politique méditerranéenne de l'Union Européenne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucienne Néraud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le débat sur l'Accord de Libre-Échange Nord-Américain aux États-Unis, le cas du Texas</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Le Bars<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vers un nouvel «espace social» nord-américain ? Les associations de base transfrontalières États-Unis/Mexique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Ramirez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'émigration canadienne vers les États-unis, perspective continentale et comparative</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Collomp<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'histoire syndicale nord-américaine : de l'intégration à la séparation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Delbard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'émergence de nouvelles formes d'action au sein de l'écologie politique nord-américaine des années 1980</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annick Foucrier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Immigration et tensions raciales aux États-Unis : la Californie, un laboratoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Leblond<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Japanese American Museum : ce que la mémoire peut encore conserver</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Pouzoulet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la légitimité de la représentation politique des minorités : La Cour suprême et l'arrêt Shaw v. Reno.</span></p>";;10/12/1995;0;137x220;240;978-2-91038-126-4;9782910381233;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_280.jpg;;;;348;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ces frontières restent donc perméables aux échanges migratoires, ouvertes aux contacts culturels et parfois peu pertinentes pour l'étude des mouvements sociaux dont les enjeux ne sont pas strictement nationaux mais souvent transfrontaliers et supranationaux. Développant cette perspective, les textes rassemblés ici réinscrivent les États-Unis dans leur environnement continental ; ils combinent des approches historiques et économiques (ALENA), sociologiques et politiques pour éclairer les multiples facettes des relations sociales et de leurs mutations au sein d'un ensemble nord-américain réglé par des frontières abstraites.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3393 281;2;3;20;Les Assises du pouvoir. Temps médiévaux, territoire africains;Temps médiévaux, territoires africains;;;"<p style=""text-align: justify;"">Parcours original dans le temps, du VIIIe au XVIIIe siècle, et dans l'espace, de la Frise au Ghana et de la Géorgie à l'Atlantique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Delort</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lecture, écriture et légitimation du pouvoir</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gabriel Martinez-Gros</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le passage du détroit dans les récits de la conquête arabe de l'Espagne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Halima Ferhat<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Historiographie et stratégie tribale au Marc, à la fin du XIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-France Auzépy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Constantin V, l'empereur isaurien, et les Carolingiens</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Matière et symbole, les révélations du pouvoir</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Boulègue<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les essais agronomiques d'un sultan du Kanem au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yoseph Libsekal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La signification de l'architecture gondarienne dans l'idéologie du pouvoir et dans la société (XVIe-XVIIIe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Andrianaivoarivony Rafolo</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les expressions matérielles du pouvoir dans les sites archéologiques malgaches des Hautes Terres (XIIe-XIIIe siècles)</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tissu sacré et mutations religieuses</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ferran Iniesta</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mansaya</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, Califat et </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fanga</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Un aperçu de l'évolution de la royauté au Soudan occidental du Xe au XVIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernadette Martin-Hisard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le roi géorgien médiéval. Christianisme et influences iraniennes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Lebecq<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le baptême manqué du roi Radbod</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Nsondé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les relations culturelles et commerciales entre populations de langue koongo et Européens du XVIe au XVIIe siècle dans la région du Bas-Congo</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stratégies de pouvoir</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régine Le Jan<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre Carolingiens et Ottoniens : les voyages de la reine Gerberge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Djamel Souidi</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les Berbères Kutama dans les stratégies de pouvoir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">J. Bato 'Ora Ballong Wen-Mewuda<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tensions et rivalités politiques et économiques à São Jorge da Mina (Elmina aujourd'hui au Ghana) aux XVe-XVIe siècles</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Échanges</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabel de Castro Henriques</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'invention sociale de São Tomé et Principe au XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Abdellatif Mrabet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Numismatique et histoire : les débuts du trafic transsaharien de l'or</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Caleb Adebayo Folorunso</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Phénomènes d'échanges économiques en archéologie. Quelques exemples en Afrique de l'Ouest</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></strong></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Épilogue<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Mollat Du Jourdin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Pour une histoire du risque : une clé du pouvoir</span></p>";;10/12/1994;0;137x220;248;978-2-91038-102-8;9782910381028;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_281.jpg;;;;358;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les contributions, venant de différents horizons (France, Afrique, Portugal..), se situent dans la ligne tracée par Jean Devisse qui a réduit les limites entre les champs de l'histoire en observant d'un même oeil les temps médiévaux et les territoires africains. Étudiant des cas précis, les auteurs montrent comment le pouvoir se construit sur des bases matérielles et se renforce par élaboration intellectuelle, fidélité à la religion des pères ou conversion à une religion nouvelle et fédératrice : ils mettent ainsi en évidence des stratégies familiales, ethniques, territoriales et économiques. Les mythes, les religions, les plantes circulent d'un pays à l'autre, construisant et détruisant des équilibres. Au-delà des violences, des résistances, des échecs, naissent de nouveaux mondes.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 282;2;3;20;La banlieue en fête;De la marginalité urbaine à l'identité culturelle;;;"<p style=""text-align: justify;"">Parce que les fêtes et spectacles sont au rang des instruments privilégiés par lesquels les banlieues s'affirment, l'ouvrage en amorce l'histoire... Banlieue territoire des fêtes, fêtes enjeux politiques, municipalités confrontées à l'obligation de promouvoir des spectacles de qualité...</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Willard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Les représentations de la banlieue dans les arts et la culture</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Tartakowsky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les représentations de la banlieue dans les arts et la culture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeannine Guichardet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Promenades littéraires vers la banlieue « fin-de-siècle »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Berthe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Représentation du site suburbain dans les nouvelles de Maupassant</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Geneviève Dezès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'image en négatif des communes suburbaines</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Charles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La banlieue en chansons, fin du XIXe siècle et début du XXe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Dubois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La banlieue noire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Sorlin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elle ne court plus la banlieue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-François Deneux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Invocation et évocation des banlieues dans la chanson française</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Videlier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les écumeurs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : feuilleton de grève en banlieue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Betron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les acteurs de l'histoire locale en région parisienne : l'exemple de Suresnes au XIXe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Guerrin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Quand la ville devient l'acteur, la scène ou le sujet du théâtre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Herrou<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fêtes et urbanité : émergence d'une représentation urbaine</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Les acteurs de la culture dans les fêtes et les spectacles de la banlieue</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Gérôme</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les acteurs de la culture dans les fêtes et les spectacles de la banlieue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Guillot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rosières et prix de vertu</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Pinson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Assemblées et cortèges à Chatenay, ruralité et urbanité en région nantaise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Guillaume</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les fêtes de vendanges en Bordelais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Tartakowsky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la banlieue verte à la banlieue rouge : les fêtes ouvrières et leur espace</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Fourcault<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De Mickey au Maréchal Staline : fêtes publiques, fêtes politiques à Bobigny (de la Libération aux années 60)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Katherine Burlen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'« union des coeurs » à l'Office municipal des loisirs</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre de Peretti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La fête comme enjeu politique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Aulnette</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le rôle d'une municipalité comme acteur culturel (Gennevilliers)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Willard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le théâtre-école de Montreuil</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Andrieux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les ouvrières parisiennes chantent et dansent dans les banlieues (1903-1939)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Gérôme<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La culture en forme de losange » fêtes et spectacles chez Renault (1948-1960)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Astor, François Franco, Régine Poirier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vitry, énergie(s)-sur-scène 1983-1986</span></p>";;10/12/1988;0;137x220;272;978-2-90398-147-1;978-2-90398-147-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;386;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">C'est à une approche originale de la banlieue que nous convient les auteurs ici réunis. Un lent cheminement, des périphéries urbaines plus ou moins prisonnières des fantasmes de la métropole, aux villes de banlieue construisant et proclamant leur identité. Un cheminement qui mène de Maupassant à Renaud en passant par Céline, le polar et Renoir pour déboucher sur le Théâtre-École de Montreuil ou les « Forts en fêtes » de Banlieue 89. Parce que les fêtes et spectacles sont au rang des instruments privilégiés par lesquels les banlieues aujourd'hui s'affirment, l'ouvrage en amorce l'histoire. Il évoque la banlieue simple territoire des fêtes, les fêtes enjeux politiques, les municipalités désormais confrontées à l'obligation de promouvoir ou produire des spectacles de qualité et analyse quelques expériences originales.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre, du ministère de la Culture et du GRECO 99</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3081 283;2;3;20;Bibliographie sur les villes nouvelles françaises et étrangères;;;;"<p>Bibliographie rétrospective : villes nouvelles françaises et soviétiques, <em>new towns</em>, <em>garden cities</em> britanniques... qui contribue ainsi à constituer une mémoire des villes nouvelles.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos<br /> Adresses des principaux organismes concernés<br /> Liste des abréviations</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Les origines des villes nouvelles</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les villes nouvelles avant la révolution industrielle<br /> 2. Les utopies urbaines du XIXe siècle et le mouvement en faveur des villes nouvelles (1898-1946)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - La conception des villes nouvelles françaises</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Travaux de synthèse<br /> 2. Villes nouvelles et aménagement régional<br /> 3. Planification générale des villes nouvelles<br /> 4. Les centres urbains<br /> 5. Les zones résidentielles<br /> 6. Les zones d'activités<br /> 7. Les équipements publics<br /> 8. Les espaces de loisirs et l'environnement<br /> 9. Les infrastructures et les transports</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Les moyens de réalisation des villes nouvelles françaises</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Travaux de synthèse<br /> 2. La politique foncière<br /> 3. Les structures administratives et politiques<br /> 4. Les mécanismes de financement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Les résultats des villes nouvelles françaises</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Travaux de synthèse<br /> 2. La construction des logements<br /> 3. La création des activités et l'équilibre habitat-emploi<br /> 4. La population<br /> 5. Les équipements et la vie collective et sociale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V - Les neuf villes nouvelles françaises. Études particulières</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Cergy-Pontoise<br /> 2. Evry<br /> 3. Saint-Quentin-en-Yvelines<br /> 4. Marne-la-Vallée<br /> 5. Melun-Sénart<br /> 6. Lille-est (Villeneuve d'Ascq)<br /> 7. Le Vaudreuil (Val de Reuil)<br /> 8. L'Isle d'Abeau<br /> 9. Les rives de l'Étang de Berre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI - Les villes nouvelles à l'étranger</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Généralités<br /> 2. Les new towns (et expanded towns) britanniques<br /> 3. Les villes nouvelles en Europe occidentale<br /> 4. Les villes nouvelles soviétiques<br /> 5. Les villes nouvelles en Europe orientale<br /> 6. Les new communities nord-américaines<br /> 7. Les nouvelles capitales<br /> 8. Les villes neuves du Moyen-Orient<br /> 9. Les nouvelles villes en Asie du Sud, du Sud-Est et de l'Est et en Océanie<br /> 10. Les nouvelles villes d'Afrique<br /> 11. Les nouvelles villes d'Amérique latine</span></p>";;10/12/1989;0;137x220;214;978-2-90398-163-1;978-2-90398-163-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;282;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">La présente bibliographie contient près de deux milliers de références. Plus de deux cents font l'objet d'un commentaire. Elle est internationale : près de 40 % des références et plus de la moitié des commentaires concernent les villes nouvelles et étrangères. 30 % des références sont en langue anglaise et 5 % dans d'autres langues. Elle est rétrospective : elle remonte non seulement à l'origine des villes nouvelles françaises (le schéma directeur de la région de Paris, 1965) mais à celle des villes nouvelles soviétiques (les années 1920), des <em>new towns</em> (1946) et des <em>garden cities</em> britanniques (1898 : première édition du livre de Howard) et même aux villes nouvelles antérieures à la période industrielle et aux utopies urbaines du XIXe siècle. Elle contribue ainsi à constituer une mémoire des villes nouvelles.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3418 284;2;3;20;Des enfances protégées;La tutelle des mineurs en France (XVIIe et XVIIIe siècles);;;"<p style=""text-align: justify;"">Croisant l'analyse des archives (Paris et Châlons-sur-Marne) et l'exploration des cas singuliers (comment devient-on pupille, tuteur ?), l'auteur étudie ici les mécanismes qui sous-tendent la formation d'une réalité moderne : la famille recomposée.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction générale</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Une pupille devenue tutrice, Catherine Latarte<br /> - Familles et tutelles<br /> - Paris et Châlons<br /> - Histoire de la famille : de la démographie au droit</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 1. L'État, le droit et les orphelins</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les coutumes de Paris et de Châlons<br /> - Les ordonnances royales et la famille<br /> - Le droit, les juristes et la famille<br /> - Les archives de la tutelle des mineurs<br /> - L'ouverture de la tutelle<br /> - Pendant la tutelle<br /> - Interruption de la tutelle<br /> - Le compte de tutelle<br /> - Les recours du pupille devenu majeur</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 2. Tuteurs et curateurs</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les corpus<br /> - Les tuteurs, subrogés-tuteurs et curateurs<br /> - Un cas particulier : la curatelle au posthume</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 3. Les réseaux de parenté</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les réseaux de parenté dans le cadre tutélaire<br /> - Composition des assemblées de parents<br /> - Actes de présence : les participants stables</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 4. Les recompositions familiales</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les remariages dans les dossiers parisiens et champenois<br /> - Beaux-pères et belles-mères<br /> - Mécanismes de recomposition familiale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 5. Les soins aux pupilles</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le tuteur : administrateur et éducateur<br /> - Le bébé orphelin<br /> - Types d'éducation<br /> - L'enfant malade<br /> - Les formules forfaitaires châlonnaises<br /> - L'adjudication au rabais<br /> - Le traité tutélaire<br /> - Le bail à nourriture</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 6. Apprendre la vie</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Une éducation à la carte<br /> - Garçons et filles<br /> - Les enfants rebelles</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 7. L'accès à l'âge adulte</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'émancipation : une étape vers l'autonomie ?<br /> - Le mariage : temps des conflits<br /> - Personnages de fiction ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion générale<br /> Glossaire<br /> Sources et bibliographie<br /> Tables</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Mon livre, Des enfances protégées, constitue un point de vue unique sur la dynamique familiale dans la France d'Ancien-Régime, à une époque où l'omniprésence de la mort mettait en péril la vie et le patrimoine des orphelins mineurs. Déplacés de foyer en foyer au gré des remariages et de changements de tuteurs, ces orphelins ont vécu des expériences qui ne sont pas étrangères à ce que vivent aujourd'hui les enfants dans les familles recomposées. L'histoire, pour moi, doit explorer le passé à la lumière du présent et j'ai voulu apporter une perspective nouvelle à la réflexion sur la famille contemporaine. Ce livre est également la première synthèse sur la pratique de la tutelle des mineurs orphelins dans la France pré-révolutionnaire et il apporte un éclairage neuf sur l'utilisation du droit dans les stratégies familiales. Partisane d'une histoire largement ouverte aux autres disciplines, j'ai fait appel aux méthodes et aux problématiques de la démographie, de la sociologie et de l'anthropologie juridique pour restituer dans toute sa complexité et sa richesse l'expérience familiale du passé. Finalement, c'est en laissant une large place aux acteurs historiques eux-mêmes qu'il m'a été permis de donner à cette étude historique une dimension profondément humaine. Sylvie Perrier</p>";10/10/1998;0;137x220;264;978-2-84292-043-2;9782842920432;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_284.jpg;;;;372;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans la France de l'Ancien Régime, la mise sous tutelle des enfants mineurs relève d'un ensemble complexe de procédures juridiques et de comportements familiaux. Sous couvert de protection des pupilles, c'est la conservation du patrimoine qui est d'abord visée ou, au pire, l'exploitation d'une force de travail. Mais les stratégies familiales font jouer des modes variables de placements et de déplacements, de remariages et d'adoptions, qui inscrivent l'enfant dans une circulation sociale réglée par la législation et impulsée par le souci premier du lignage. Croisant l'analyse des archives (comptes de tutelles à Châlons-sur-Marne) et l'exploration de cas singuliers (comment devient-on pupille, tuteur ou tutrice ?) l'auteur étudie ici les mécanismes qui sous-tendent la formation d'une réalité moderne : la famille recomposée.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3102 285;2;6;20;Morphologie urbaine et parcellaire;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage réunit et analyse les contributions d'une dizaine d'experts internationaux de la morphologie urbaine et vise à rechercher si celle-ci peut se réclamer de concepts fondateurs, d'auteurs séminaux, de méthodes reconnues.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Merlin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - La morphologie urbaine a-t-elle des bases scientifiques ?</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La morphologie urbaine vue par les experts internationaux</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Merlin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Avant-propos<br /> - Des concepts fondateurs ou un vide conceptuel ?<br /> - Les origines de la morphologie<br /> - Le contenu théorique de la morphologie urbaine<br /> - Y-a-t-il une méthodologie et une pédagogie fondées sur la morphologie ?<br /> - Conclusion</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Extraits des contributions d'experts</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ernesto d'Alfonso</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Introduction au concept de morphologie urbaine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ilaria Valente<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Continuité et crise : les études sur la morphologie urbaine en Italie (1959-1975)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Micha Bandini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La contribution britannique à la morphologie urbaine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ivor Samuels<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La morphologie urbaine : de la recherche à la profession</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Albert Lévy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Forme urbaine, tissu urbain et espace public</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernardo Secchi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une nouvelle forme de plan</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vittorio Gregotti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La morphologie, le moderne et le matériau</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John Whiteman<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Morphologie et composition urbaine ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sergio Crotti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Déterminations des contextes urbains</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bill Hillier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La méthode de la syntaxe spatiale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">George Baird</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La parcelle constitue la base de la morphologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Choay</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Conclusion</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - L'apport des analyses parcellaires</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Merlin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Introduction : La place du parcellaire dans les études de morphologie urbaine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ernesto d'Alfonso</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Morphologie et parcellaire : une réflexion introductive</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Tanase</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le rôle des structures parcellaires préexistantes dans la réalisation des villes nouvelles de la Transylvanie médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Passini</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Parcellaire et espace urbain médiéval : les villes du chemin de Saint-Jacques de Compostelle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonio Monestiroli</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Pavie : évolution et permanence du tracé romain</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danilo Samsa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rapport entre cadastre, cartes topographiques, descriptions normatives du territoire et projets pour la ville de Milan (XVIIIe-XIXe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giovanni Cislaghi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Descriptif de la ville et de la région dans les cadastres milanais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Rouleau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La formation du parcellaire des quartiers périphériques de Paris</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luca Marescotti</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les représentations actuelles du territoire : le parcellaire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Merlin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion générale</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/11/1988;0;137x220;296;978-2-90398-151-8;978-2-90398-151-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Morphologie-urbaine.gif;;;;0;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> Il montre que la réponse à cette question est nuancée, en particulier parce que la plupart des travaux qui se réclament de l'approche morphologiste n'ont pas accordé une place suffisante à la prégnance du découpage parcellaire. La deuxième partie du livre réunit des études françaises et italiennes qui montrent l'apport de l'analyse du parcellaire pour la compréhension des tissus urbains contemporains, mais largement hérités du passé. Elle permet de mesurer comment de telles analyses pourraient conduire à éviter les ruptures avec le tissu environnant, comme l'ont été les grands ensembles ou des opérations de rénovation urbaine.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3076 286;2;6;20;Propositions pour l'Ile de France;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Évoquées un peu vite comme le « Livre rose » pour l'aménagement de la Région, les <em>Propositions pour l'Ile-de-France </em>n'engagent que leur auteur, même s'il a utilisé les travaux de nombreux spécialistes.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Problématique : les nouvelles conditions de la planification des régions urbaines</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Restaurer la responsabilité de l'État-arbitre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vers la définition d'objectifs d'aménagement</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les perspectives démographiques et économiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une relance de l'offre foncière</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VI<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mener de grandes opérations d'aménagement</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VII<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une politique du logement pour tous</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VIII<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour un plan de transports</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IX<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mettre en valeur la qualité de la ville et de la nature</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre X<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vers un schéma directeur régional</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hors texte : Vers un schéma régional</span></p>";;10/01/1990;0;137x220;162;978-2-90398-168-6;978-2-90398-168-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Propositions-idf.gif;;;;226;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> Libéré de la nécessité d'obtenir un consensus sur des positions de compromis, Pierre Merlin a pu aller plus loin que le « Livre blanc » officiel et esquisser un véritable schéma directeur régional. Une idée domine la démarche. C'est en restaurant la solidarité entre les habitants, en évitant une région à deux vitesses (Est et Ouest), qu'on créera les conditions d'une grande qualité de vie urbaine, qu'on rendra l'Ile-de-France compétitive à l'échelle internationale. Pierre Merlin expose les moyens d'une politique régionale cohérente, visant au rééquilibrage est-ouest, dans les domaines des pôles d'activités, du foncier, du logement, des transports, etc.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3076 287;2;6;20;Rendre la justice en Mésopotamie;Archives judiciaires du Proche-Orient ancien (IIIe-Ier millénaires avant-J.-C.);;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment, du XXIe au Ve siècles avant J.-C., le droit s'est élaboré pui exercé dans l'une des plus anciennes civilisations connues ? On voit ainsi émerger, sous la mise en forme juridique des scribes spécialistes de l'écriture cunéiforme, les réalités de la vie quotidienne du Proche-Orient antique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis Joannès</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Avant-propos </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tableau chronologique et carte</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sophie Lafont</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Considérations sur la pratique judiciaire en Mésopotamie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bertrand Lafont</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les textes judiciaires sumériens</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Charpin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lettres et procès paléo-babyloniens</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cécile Michel</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les litiges commerciaux paléo-assyriens</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brigitte Lion<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les textes judiciaires du royaume d'Arrapha</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Lackenbacher</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les textes judiciaires d'Ugarit</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Villard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les textes judiciaires néo-assyriens</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis Joannès</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les textes judiciaire néo-babyloniens</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie et catalogue des textes étudiés<br /> Glossaire<br /> Index</span></p>";;10/03/2000;0;137x220;272;978-2-84292-071-5;9782842920715;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_287.jpg;;;;392;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pendant plus de vingt siècles, les gens de Mésopotamie ont mis par écrit les principes et la pratique de leur justice. À travers une série de procès, de lettres et de contrats en rapport avec des affaires judiciaires, cet ouvrage collectif cherche à présenter de manière concrète comment, du XXIe au Ve siècle av. J.-C., s'est élaboré puis exercé le droit dans l'une des plus anciennes civilisations connues. On voit ainsi émerger sous la mise en forme juridique des scribes spécialistes de l'écriture cunéiforme les réalités de la vie quotidienne des habitants du Proche-Orient antique. L'exercice des coutumes locales, les corrections qu'y apporte la loi du roi au nom de la protection des faibles, les problèmes d'établissement des preuves sont ici illustrés dans toute leur diversité. Ces textes témoignent, sur la très longue durée de la civilisation mésopotamienne, de principes profondément moraux mais aussi d'une adaptation pragmatique aux réalités, sans exclure le recours à l'irrationnel de l'ordalie par le dieu fleuve quand la justice humaine se révélait incapable de trancher.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4039 288;2;3;20;Le Temps d'une conversion. Le Valenciennois (1965-1995);;;;"<p style=""text-align: justify;""> Analyse géopolitique des obstacles (stratégies de pouvoir, logiques de représentations) que rencontre un processus de reconversion en cours depuis trente ans dans le Nord-Pas-de-Calais.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Un territoire dans la crise</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 1</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> De l'effondrement industriel à la mutation économique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 2<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Espace et société : un nouveau Valenciennois</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 3<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le paysage politique : rien ne change, tout change !</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> La reconversion, acteurs et stratégies</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 4<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une crise sous contrôle, la récession charbonnière</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 5<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La bataille perdue de l'acier</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 6<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La politique de conversion industrielle (1965-1983)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 7<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Moderniser l'économie (1984-1995)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 8<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trente ans de planification urbaine</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 9<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">HLM et cités minières</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 10<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Changer le paysage : le traitement des friches industrielles</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 11<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'aventure de l'université</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> Au milieu du gué</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 12<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un bilan mitigé</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 13<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelle stratégie de développement ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";;10/11/1996;0;137x220;264;978-2-90398-144-0;978-2-90398-144-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_288.jpg;;;;372;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pourquoi la crise des vieilles régions industrielles est-elle si difficile à surmonter ? Sans doute parce qu'il s'agit d'une crise globale, qui remet en cause non seulement le tissu économique, mais aussi l'organisation de l'espace, le mode de fonctionnement des agglomérations, les hommes, leurs mentalités et leur culture. Mais il faut également s'interroger sur la façon dont cette crise a été combattue, sur l'efficacité de ce qu'on a appelé les « politiques de reconversion » mises en oeuvre par l'État, les élus locaux et toute une série de partenaires depuis deux ou trois décennies. Ont-elles su préparer ces territoires aux mutations nécessaires ? Les échecs de la reconversion ne s'expliquent-ils pas d'abord par le jeu des acteurs, leurs représentations, leurs stratégies de pouvoir et leurs rivalités ? Face à de telles questions une analyse géopolitique fournit de nouveaux éclairages. Elle est appliquée ici à l'exemple du Valenciennois : arrondissement de quelque 350 000 habitants du Nord de la France, ce haut lieu de l'histoire industrielle, frappé tour à tour par la crise des charbonnages et par celle de la sidérurgie, est engagé depuis le début des années soixante-dix dans un long et difficile processus de reconversion, dont on suit ici le devenir sur trente ans.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3403 494;2;3;13;Les artistes et la politique;Terrains franco-américains;;;"<p>Rapports entre l’art et la politique, dans une triple approche (politisation du champ artistique, circonscription du domaine de l’art et engagement politique explicite des artistes militants).</p>";"<div><p><strong>Violaine Roussel</strong><br /> Introduction</p><p><br /> <strong>Partie I –</strong><br /> <strong>Les artistes dans la tourmente politique : Guerres et mobilisations</strong></p><p><strong>Gisèle Sapiro </strong><br /> Le débat sur la responsabilité de l’écrivain en France et aux Etats-Unis des années 1920 aux années 1950</p><p><strong>William Roy</strong><br /> How Social Movements do Culture</p><p><strong>Ioana Popa</strong><br /> Témoignages sur le monde communiste aux débuts de la Guerre froide : médiations nord-américaines et diffusion internationale</p><p><strong> </strong></p><p><strong>Partie II –</strong><br /> <strong>L’art, entre raison esthétique et usages politiques</strong></p><p><strong>Vera Zolberg</strong><br /> Marginalité triomphante ? Sur l’asymétrie des conflits dans le monde de l’art</p><p><strong>Serge Proust</strong><br /> Mobilisations d’artistes et maîtrise du fonctionnement des champs politiques. Les luttes autour du régime de l’intermittence </p><p><strong>Christine Cadot</strong><br /> « N’oubliez pas le guide ! » : Les identités post-nationales au musée</p><p><strong> </strong></p><p><strong>Partie III –</strong><br /> <strong>L’enrôlement politique des œuvres et ses limites</strong></p><p><strong>Violaine Roussel</strong><br /> « Faire un film politique qui ne prend pas de position politique » : Spécialisation et dépolitisation dans l’espace du cinéma américain</p><p><strong>Audrey Mariette</strong><br /> Engagement par les oeuvres et/ou par le nom : le cas des réalisateurs du ""cinéma social"" français dans les années 1990-2000</p><p><strong>Bleuwenn Lechaux</strong><br /> De l'activisme non prédicateur à New York. Le militantisme théâtral des <em>Billionaires for Bush</em> et de <em>Reverend Billy</em></p><p> </p><p><strong>Bibliographie<br /> <br /> Notices biographiques<br /> <br /> Résumés en anglais</strong></p></div><p><img src=""http://www.puv-univ-paris8.org/inter/fil_gris.gif"" alt="""" width=""235"" height=""1"" /><br /> <br /> <br /></p>";;10/05/2010;0;137x20;304;978-2-84292-257-3;9782842922573;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_494.jpg;;;;390;24.00;"<p>On croyait tout savoir des rapports entre art et politique. Il n’en est rien. Prenant ici la France et les États-Unis pour terrains privilégiés d’investigation, politistes et sociologues de ces deux pays s’interrogent : quelles relations les artistes contemporains entretiennent-ils avec l’engagement et la politique ? De quel passé sont-ils les héritiers ? Et quelles formes d’emprise le politique conserve-t-il sur l’art ? Pour le savoir et nous le faire connaître, ils explorent les activités d’artistes dans des contextes de crises (guerre, mouvements sociaux…). Ils enquêtent également sur les tensions plus ordinaires entre logiques esthétiques et enjeux politiques. Enfin, ils analysent l’ambivalence des artistes face à la question de la mobilisation politique par les œuvres.</p>";;15/02/2010 14:08;0;Première édition;3668 289;1;6;29;Théorie. Critique. Enseignement. 1;N°01/1981;;;"<p>L'apport des recherches théoriques sur la littérature à la critique et à l'enseignement (I).</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Christine Brooke-Rose<br /> </span></strong><span>Quelques remarques d'ouverture (pour placer le débat critique dans un débat historique)</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Olga Scherer-Virski<br /> </span></strong><span>Pour une théorie de l'histoire littéraire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Renaud Zuppinger<br /> </span></strong><span>Concept figé et notion dynamique dans le structuralisme français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jonathan Culler<br /> </span></strong><span>Problems in Current Literary Theory</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span>COMMUNICATIONS AU CONGRÈS 1980 DE LA SAES</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span><br /></span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>D'un usage de la description rivalité isotopique du narrateur et du personnage dans </span><em><span>The Legend of Sleepy Hollow</span></em><span> de Washington Irving</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Henri Quéré<br /> </span></strong><span>Retour aux liens familiers de la fiction : personnage, narration, description</span></p>";;10/10/1981;1;155x220;62;978-2-84292-984-8;978-2-84292-984-8;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_289.gif;;;;101;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 290;1;3;29;Épistémocritique (1) et cognition;N°10/1992;;;;"<p><em><span> </span></em><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Serres<br /> </span></strong><span>Un nom premier de l'histoire : Anaximandre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Fernand Hallyn<br /> </span></strong><span>Un artifice de peu de poids... (Poésie expérimentale au XVIIe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Walter Moser<br /> </span></strong><span>La littérature, un entrepôt de savoirs ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Ouellet<br /> </span></strong><span>La dimension congnitive du discours littéraire. Perception discursive et imagerie mentale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-François Chassay<br /> </span></strong><span>Écrire contre l'image : le roman et l'idéologie de la communication</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Rastier<br /> </span></strong><span>Réalisme sémantique et réalisme esthétique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>William Paulson<br /> </span></strong><span>Épistémocritique et écologie culturelle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Neefs<br /> </span></strong><em><span>Bouvard et Pécuchet</span></em><span>, la prose des savoirs</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sydney Lévy<br /> </span></strong><span>Ponge épistémologue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anthony Wall<br /> </span></strong><span>La contagion de la fiction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Jacques Lecercle<br /> </span></strong><span>Lewis Carroll et le Talmud</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Benoît Tadié<br /> </span></strong><span>Le modernisme et sa critique : un exemple de circularité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Laszlo<br /> </span></strong><span>La leçon de choses</span></p>";;10/11/1992;10;155x220;224;978-2-91038-180-6;978-2-91038-180-6;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_290.gif;;;;328;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Réflexion sur les fondements possibles d'un nouveau courant de la critique et de la théorie littéraires qui aurait pour but d'explorer les rapports multiples entre les textes littéraires et les savoirs, entre la forme-sens artistique et la connaissance.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 291;1;3;29;Épistémocritique (2) et cognition;N°11/1993;;;"<p style=""text-align: justify;"">Deuxième volet d'une réflexion sur les fondements possibles d'un nouveau courant de la critique et de la théorie littéraires qui aurait pour but d'explorer les rapports multiples qu'entretiennent les textes littéraires et les savoirs, les textes scientifiques et la fiction.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Michel Pierssens<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Bollack<br /> </span></strong><span>Du côté du texte, du côté de l'interprète</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Marc Lévy-Leblond<br /> </span></strong><span>Le Miroir, la cornue et la pierre de touche ou Que peut la littérature pour la science ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Paul Martin<br /> </span></strong><span>Expérience et connaissance poétiques selon David Malouf</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sophie Marret<br /> </span></strong><span>La problématique du métalangage dans l'oeuvre de Lewis Carroll</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Dumouchel<br /> </span></strong><span>Le rôle de la fiction en biologie évolutionniste</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Claude Guédon<br /> </span></strong><span>Savoirs et littérature : vers une conceptualisation de l'instrument dans les textes de fiction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul A. Harris<br /> </span></strong><span>Épistémocritique : une matrice synthétique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paisley Livingston<br /> </span></strong><span>De la compétence fabulaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Ronald Shusterman<br /> </span></strong><span>Réalités virtuelles et arts autotéliques </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>David Porush<br /> </span></strong><span>Voyage à Eudoxie : l'émergence d'une épistémologie post-rationnelle dans la littérature et dans la science</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Maria Assad<br /> </span></strong><span>Portrait d'un système dynamique non linéaire : le discours de Michel Serres</span></p>";;10/09/1993;11;155x220;192;978-2-91038-179-0;978-2-91038-179-0;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_291.gif;;;;282;12.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 292;1;3;29;Littérature et théorie du chaos;N°12/1994;;;"<p>La théorie du chaos ayant appris aux scientifiques à trouver de l'ordre dans les phénomènes les plus aléatoires, certains chercheurs américains et français s'en inspirent ici pour rendre compte des détours inattendus du sens littéraire, mais aussi pour pratiquer de nouveaux croisements entre discours technologique, scientifique, littéraire et artistique.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Yves Abrioux<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Roger Cavaillès<br /> </span></strong><span>Histoires parallèles du </span><em><span>bruit</span></em><span> et du </span><em><span>chaos</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Kenneth Knoespel<br /> </span></strong><span>L'écriture, le chaos et la démystification des mathématiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>N. Katherine Hayles<br /> </span></strong><span>Vie artificielle et culture littéraire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hugh kenner<br /> </span></strong><span>Autosimilarité, fractales,</span><em><span>cantos</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gérard Cordesse<br /> </span></strong><span>Autosimilarité et complexité : paysages et personnages dans</span><em><span> A Room with a View</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Claude Chirollet<br /> </span></strong><span>En quel sens peut-on parler d'une </span><em><span>esthétique fractaliste</span></em><span> ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alexis Tadié<br /> </span></strong><em><span>Midnight's Children</span></em><span> : un autre ordre du discours</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Maria Assad<br /> </span></strong><span>Victor Hugo et la théorie du chaos</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alan D. Beyerchen<br /> </span></strong><span>Clausewitz : non linéarité et imprévisibilité de la guerre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Harris<br /> </span></strong><span>Le chaos et les métaphores du temps : Bergson et Faulkner</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sydney Lévy<br /> </span></strong><span>De l'infime à l'abîme... à pas de tortue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Abrioux<br /> </span></strong><span>Géométrie du paysage et dynamique culturelle : Bernard Lassus et Ian Hamilton Finlay</span></p>";;10/11/1994;12;155x220;256;978-2-91038-178-3;978-2-91038-178-3;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_292.gif;;;;408;17.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 293;1;3;29;Pour Iouri Lotman;N°13/1995;;;"<p style=""text-align: justify;"">La rédaction de <em>TLE</em>, dont les réflexions doivent beaucoup au fondateur de l'école de Tartu, témoigne ici de la fécondité de ses travaux.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Marianne Gourg<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Iouri Lotman et Boris Ouspenski<br /> </span></strong><span>La conventionnalité dans l'art</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Boris Ouspenski<br /> </span></strong><span>La théologie de l'Acienne Russie : problèmes de l'expérience sensible et spirituelle (représentation du paradis au milieu du XIV siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lidia Lotman<br /> </span></strong><span>Une liasse de lettres</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Olga Scherer<br /> </span></strong><span>Autocommunication-Perversion-Folie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Sémiotique littéraire et complexité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marianne Gourg<br /> </span></strong><span>Dernières perspectives de recherche de Iouri Lotman</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Abrioux<br /> </span></strong><span>Système sémiotique et système dynamique : note sur Lotman et Prigogine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Edward Balcerzan<br /> </span></strong><span>Vers un réalisme sémiologique</span></p><p style=""text-align: left;""><span>Bibliographie de Lotman</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p style=""text-align: left;""> </p></blockquote>";;10/11/1995;13;155x220;176;978-2-91038-125-7;9782910381257;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_293.gif;;;;292;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">De La Structure du texte artistique à <em>Kul'tura i Vzryv</em> (<em>Culture et Explosion</em>), son dernier ouvrage non traduit, Iouri Lotman n'a cessé de poursuivre l'élaboration de sa théorie sémiotique du texte littéraire en explorant les ressources des passages possibles entre littérature et sciences afin de toujours mieux saisir le ressort des corrélations dynamiques à l'œuvre dans le texte et le système littéraire.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 294;1;3;29;La théorie au risque de la lettre;N°14/1996;;;"<p style=""text-align: justify;"">La théorie à l'épreuve de textes contemporains ayant déjà absorbé les ondes des changements épistémologiques. On examine comment ces textes appartenant à des littératures nationales différentes appellent, voire imposent, des élaborations théoriques inédites.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Françoise Sammarcelli<br /> </span></strong><span>Présentation </span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Peter Waterhouse<br /> </span></strong><em><span>Fleurs</span></em><span> (Blumen)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Dahan-Gaida<br /> </span></strong><span>Entre-deux, l'invention du paysage : </span><em><span>Blumen</span></em><span> de Peter Waterhouse</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne-Marie Capdebosc<br /> </span></strong><span>La sensibilité aux conditions initiales : les routes du chaos</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Denis Mellier<br /> </span></strong><span>Fractales détections ? Fiction policière et figures du chaos</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Abrioux<br /> </span></strong><span>Foucault, le chaos et la complexité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Jacques Lecercle<br /> </span></strong><span>Ce siècle ne sera pas deleuzien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Chantal Delourme<br /> </span></strong><span>De l'espace au phrasé : </span><em><span>exquisite shapes</span></em><span> dans </span><em><span>To the Lighthouse</span></em></p>";;10/11/1996;14;155x220;176;978-2-91038-135-6;9782910381356;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_294.gif;;;;101;15.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 295;1;3;29;Pratique de la complexité;N°15/1997;;;"<p>Il s'agit ici de provoquer et de tester ces situations artistiques ou culturelles qui font jouer deux ou plusieurs domaines, plans, systèmes, genres, activités, modes d'écriture, pour étudier comment le passage par l'autre peut non seulement révéler la complexité de l'un et de l'autre mais aussi créer des types de complexité qui demandent qu'on leur invente un nouveau mode de déchiffrement.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux et Noëlle Batt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marc Levy -Leblond<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La nouvelle Méduse ou : la science en son miroir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Mouchard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où rien ne s'achève</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Abrioux & Burattoni<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour un paysage cognitif</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gerhard Grössing<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fragments d'une "" échologie "" : science et littérature</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Lony<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Effet ""Peau de Chagrin""</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Dahan-Gaida<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nomades, bruits et parasites : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le château </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Kafka</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Weinstein<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poétiques d'A</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Rebours</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : esquisses</span></p>";;10/11/1997;15;155x220;160;978-2-84292-030-2;9782842920302;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_295.gif;;;;242;15.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 296;1;3;29;Percolations;N°16/1998;;;"<p style=""text-align: justify;"">On le sait depuis Deleuze : la pensée chemine comme un rhizome, et le sens émerge à l'entre-deux des réseaux.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nöelle Batt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilles Deleuze et Félix Guattari<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Penser à deux, écrire à deux (entretien avec R. Maggiori)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Badiou<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On ne passe pas</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clayton Eshleman<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes on Bacon at Pompidou</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Molesworth<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Postmodern and Modern Looking : Two Cognitive Frameworks</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Larsonneur<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le travail du double : Deleuze, Pynchon</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hermes Salceda<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nouvelles impressions d'Afrique</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Raymond Roussel. Des proses à procédé aux procédés à vers</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Andrew Eastman<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La poétique de la citation dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Zukofsky</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marc Lévy-Leblond et Jorge Wagensberg<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Art et science : les enjeux cognitifs (rencontre-débat)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jorge Wagensberg<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ideas para la imaginacion impura</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (Idées pour une imagination impure) . Extaits en traduction française inédite</span></p>";;10/11/1998;16;155x220;160;978-2-84292-048-7;9782842920487;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_296.gif;;;;268;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">On explore cette nouvelle donne dans le domaine de la littérature et de l'art - à travers Pynchon et Bacon, avec Roussel et Jorge Wagensberg.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 297;1;3;29;Dynamique et cognition : nouvelles approches;N°17/1999;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le dynamisme de la cognition aujourd'hui.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francisco Varela<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quatre phares pour l'avenir des sciences cognitives</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Victori<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La place de la fonction narrative dans l'émergence du langage et la structure des langues</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bégaiement et monochrome : le paramétrage d'un système complexe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Ouellet<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eppur', si muove </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">: littérature, cognition, mouvement</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ellen Spolsky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'iconotropisme, ou l'appétit de représentations Raphaël et Titien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ralf Schneider<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une théorie cognitive du personnage littéraire : la dynamique de construction d'un modèle mental</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-François Chassay<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La machine à (se) regarder</span></p>";;10/11/1999;17;155x220;176;978-2-84292-065-4;9782842920654;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_297.gif;;;;292;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">La dimension foncièrement dynamique de la cognition est aujourd'hui un sujet d'étude prioritaire, conduisant les sciences cognitives à construire de nouvelles passerelles vers la phénoménologie ou la théorie de l'évolution et apportant une contribution toujours plus importante à l'étude du langage, de l'art ou de la littérature. Pour explorer ces passages, on fait appel à des chercheurs de différents pays, de l'Afrique du Sud à Israël et du Québec à la France.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 298;1;6;29;Théorie. Critique. Enseignement. 2;N°02/1982;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro poursuit la réflexion menée dans le numéro précédent au sujet de l'apport des recherches théoriques sur la littérature à la critique et à l'enseignement.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Christine Brooke-Rose<br /> </span></strong><span>Théorie des genres : la science fiction</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Olga Scherer<br /> </span></strong><span>Pour une histoire de la littérature (Quelques critères de la reception)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Renaud Zuppinger<br /> </span></strong><span>Théorie de la littérature et enseignement : reflexion sur la pertinence des concepts d'évaluation et de rentabilité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Noëlle Batt<br /> </span></strong><span>De la structure à la construction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Valdo Fonti<br /> </span></strong><span>Rôle narratif de la construction. Henderson et le paysage africain</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Michel Rabaté<br /> </span></strong><span>De l'unité du concept d'énonciation pour la pédagogie des textes - amorce d'une discussion</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Joël Shapiro<br /> </span></strong><span>The Tell-Tale Heart : une parodie de Platon</span></p>";;10/10/1982;2;155x220;100;978-2-84292-985-5;978-2-84292-985-5;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_298.gif;;;;101;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 299;1;6;29;Différents horizons de la notion de réalisme (Les) - Sous-réalisme, réalisme fantastique, utopie inverse, science fiction;N°03/1983;;;"<p>Présentation des différents horizons de la notion de réalisme : sous-réalisme, réalisme fantastique, utopie inverse, science-fiction...</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Olga Scherer<br /> </span></strong><span>Qu'est-ce que le sous-réalisme ?</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Renaud Zuppinger<br /> </span></strong><em><span>Crédence -</span></em><span> essai sur le réalisme fantastique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Françoise Sammarcelli<br /> </span></strong><span>L'intertextualité chez John Barth</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gérard Cordesse<br /> </span></strong><span>Promesses théoriques de la S.F</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Nöel Vuarnet<br /> </span></strong><span>L'utopie inverse</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Allen<br /> </span></strong><span>La mise en question du personnage dans le récit fantastique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Thomas Pavel<br /> </span></strong><span>Les frontières de la fiction</span></p>";;10/10/1983;3;155x220;150;978-2-84292-986-2;978-2-84292-986-2;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_299.gif;;;;220;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 300;1;6;29;La représentation (1) littéraire. Aspects et modalités d'une évolution;N°04/1986;;;"<p style=""text-align: justify;"">Aspect des incidences narratives et narratologiques de la crise de la représentation qui a modifié les systèmes artistiques à l'aube du XXe siècle.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Noëlle Batt<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>THÉORIE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christine Booke-Rose<br /> </span></strong><span>Chimère de Parodie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Michel Hirt<br /> </span></strong><span>Le dit du miroir oriental</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Olga Scherer<br /> </span></strong><span>Aspects du sousréalisme : la représentation du réel anecdotique et le sursocial</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Renaud Zuppinger<br /> </span></strong><span>La gestion de l'inadmissible</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ANALYSES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Agnès Sola<br /> </span></strong><span>La narration Hlebnikovienne ou le référent comme matériau</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claude Grimal<br /> </span></strong><span>Stein : tribulations romanesques et poétiques de la représentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hélène Henry<br /> </span></strong><span>Quelques aspects du brouillage de la fonction référentielle dans </span><em><span>Petersbourg</span></em><span> d'A. Biely</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marianne Gourg<br /> </span></strong><span>La métamorphose comme procédure organisatrice du sousréalisme en URSS</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Catherine Ropars<br /> </span></strong><span>Le fantôme du récit : une lecture du </span><em><span>Tour d'Écrou</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Rolande Diot<br /> </span></strong><span>Carnavalisation de l'image de soi : Margaret Atwood et Erica Jong</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claude Safir<br /> </span></strong><span>Les archétypes féminins dans la littérature et les illustrations de science-fiction</span></p>";;10/10/1986;4;155x220;146;978-2-84292-987-9;978-2-84292-987-9;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_300.gif;;;;246;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 301;1;3;29;La représentation (2) littéraire. Écritures contemporaines;N°05/1987;;;"<p style=""text-align: justify;"">La résonnance du thème de la représentation dans l'écriture contemporaine en essayant de cerner les stratégies communes des textes appartenant à diverses littératures sans négliger pour autant le mouvement singulier de chaque écriture.</p>";"<p><em><span> </span></em><span>Avant-propos</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>THÉORIE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Charles Molesworth<br /> </span></strong><span>Contemporary Strategies of Representation<br /> Stratégies contemporaines de la représentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>LITTÉRATURE FRANÇAISE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Neefs<br /> </span></strong><span>De Flaubert à Perec</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>LITTÉRATURE ANGLO-AMÉRICAINE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Catherine Vieilledent<br /> </span></strong><span>La parole transitoire dans le roman américain : Robert Coover, Thomas Pynchon, Grace Paley</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Françoise Sammarcelli<br /> </span></strong><span>Itinéraires d'une représentation : John Barth, de l'illusion perdue à l'innocence réinventée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Abrioux<br /> </span></strong><span>Les enjeux d'un </span><em><span>retour à la représentation </span></em><span>: autour de Raymond Carver</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claire Pasquier<br /> </span></strong><span>William Kennedy topographe et mythographe : contre une lecture formaliste</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claude Grimal<br /> </span></strong><span>William Kennedy : historien et mythographe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Paul Martin<br /> </span></strong><span>Qu'est-ce qu'un roman africain ? l'exemple de </span><em><span>Maps</span></em><span>, par Nuruddin Farah</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>LITTÉRATURE GERMANIQUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hervé Lenormand<br /> </span></strong><span>Étymons de Thomas Bernhard</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Éliane Kaufholz<br /> </span></strong><span>Notes sur Thomas Bernhard</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong><span>LITTÉRATURE HISPANIQUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>A. Roa Bastos<br /> </span></strong><em><span>Lutte jusqu'à l'aube</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Milagros Ezquerro<br /> </span></strong><span>La génèse de </span><em><span>Lutte jusqu'à l'aube</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michelle Debax<br /> </span></strong><span>La nouvelle vue par le film</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Alsina<br /> </span></strong><em><span>Lucha hasta el alba </span></em><span>et le texte biblique : représentation et mise en texte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michèle Ramond<br /> </span></strong><span>L'illusion représentative</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>DOSSIER GRACE PALEY</span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Chauvin-Plouzeau<br /> </span></strong><span>An interview with Grace Paley</span></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Gault<br /> </span></strong><span>Amazing Grace : du familier au mythe</span></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong><span>Claude Richard<br /> </span></strong><span>Des enfants et des singes ou la passion d'Eddie Teitelbaum</span></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Grace Paley : une herméneutique du quotidien</span></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><blockquote><p><span>Bibliographie </span></p></blockquote>";;10/10/1987;5;155x220;214;;;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_301.gif;;;;352;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 302;1;6;29;La représentation (3) littéraire. Nouveaux modèles conceptuels;N°06/1988;;;"<p>Ce numéro s'intéresse aux modèles conceptuels ayant émergé, au cours des dix ou quinze dernières années, ainsi qu'aux diverses théories qui concernent et encadrent le champ littéraire.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Françoise Sammarcelli<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Susan Sontag<br /> </span></strong><em><span>Description (of a Description)</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Chaillou<br /> </span></strong><span>L'Argot d'Argos. Oralité et Roman</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Verrier<br /> </span></strong><span>La Re-production de la parole chez Nathalie Sarraute ou le récit de paroles répétitifs</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Audigier<br /> </span></strong><span>Ackroyd, Barnes, Swift ou la représentation vive</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Paul Martin<br /> </span></strong><span>Bruce Chatwin : écriture contemporaine</span><em><span> et retour au référent</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gert Sautermeister<br /> </span></strong><em><span>Le parfum</span></em><span> de Patrick Süskind : roman postmoderne ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claudine Raynaud<br /> </span></strong><span>Gwendolyn Brooks : la mémoire fragmentée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Antoine Cazé<br /> </span></strong><span>Positions de John Ashbery</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bénédicte Chorier<br /> </span></strong><span>Arc-en-ciel, arc-en-terre : une métaphore chez Thomas Pynchon</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Chantal Delourme<br /> </span></strong><span>Raconter à voix nue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Écritures américaines des années 1980. L'héritage de la métafiction : liberté et contraintes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marc Chénetier<br /> </span></strong><span>Paul Cézanne et William S. Wilson </span><em><span>vs</span></em><span> Franz Kafka</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claire Maniez<br /> </span></strong><span>William H. Gass : la liberté de l'artiste dans la prison du langage</span></p>";;10/10/1988;6;155x220;160;978-2-91038-184-4;978-2-91038-184-4;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_302.gif;;;;0;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 303;1;3;29;La eprésentation (4) littéraire. Écritures contemporaines II;N°07/1989;;;"<p style=""text-align: justify;"">Éclairage précieux (issu d'une pratique littéraire, de l'analyse descriptive ou de la théorie) sur la démarche des écritures contemporaines, en particulier dans leur rapport à la mimesis, et permettent, à partir de corpus variés, de dégager certaines lignes de force, sans masquer les spécificités et ancrages individuels.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Présentaion </span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Tzvetan Todorov<br /> </span></strong><span>La vérité poétique : trois interprétations</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Dupuy<br /> </span></strong><span>Texte et autoréférence</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Vincent Descombes<br /> </span></strong><span>Il n'y a pas </span><em><span>la littérature</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Peter Way<br /> </span></strong><span>Mimesis in Aristotle and Liu Xie (465-522)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Audigier<br /> </span></strong><span>Pratiques énonciatives dans le roman (anglais du XVIIIe siècle : la leçon des lectures)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christine Brooke-Rose<br /> </span></strong><span>La controverse sur le discours indirect libre : Anne Bandfield </span><em><span>vs</span></em><span> les littéraires</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Claude Coquet<br /> </span></strong><span>L'être et le passage ou d'une sémiotique à l'autre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Michel Adam<br /> </span></strong><span>Éléments de pragmatique textuelle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gilles Thérien<br /> </span></strong><span>Discours ethnologique et/ou discours fonctionnel</span></p>";;10/10/1989;7;155x220;144;978-2-91038-183-7;978-2-91038-183-7;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_303.gif;;;;216;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 304;1;6;29;Littérature et connaissance;N°08/1990;;;"<p style=""text-align: justify;"">En quoi la littérature constitue-t-elle un objet de connaissance ? Peut-on considérer qu'elle propose une démarche cognitive spécifique ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Yves Abrioux<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Henri Atlan<br /> </span></strong><span>Créativité de la nature et créativité de l'esprit</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Daniel Andler<br /> </span></strong><span>La stratégie connexionniste et le rôle du contexte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Leenhardt<br /> </span></strong><span>Quel statut pour la valeur cognitive de la littérature ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Ronald Shusterman<br /> </span></strong><span>Pragmatisme, littérature et connaissance :</span><em><span> pseudo statements</span></em><span> ou </span><em><span>conversation</span></em><span> </span><em><span>édifiante</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurent Jenny<br /> </span></strong><span>Figuralité et communication<</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Michel Palmier<br /> </span></strong><span>Le rôle de l'image dialectique chez Walter Benjamin et la critique de Theodor Adorno</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alexis Tadié<br /> </span></strong><span>Philosophie du langage et littérature : how to do things with a hobby-horse</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Morel<br /> </span></strong><span>De la lecture : constitution axiologique de l'acte critique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Cognition, littérature et complexité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Serge Baudet, Guy Denhière et Denis Legros<br /> </span></strong><span>Connaissances et interprétation du texte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Francisco Varela<br /> </span></strong><span>Interview</span></p>";;10/11/1990;8;155x220;184;978-2-91038-182-0;978-2-91038-182-0;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_304.gif;;;;274;10.67;"<p style=""text-align: justify;""> Des textes de philosophes, de psychologues, de scientifiques et de critiques littéraires ont été rassemblés ici autour de ces questions. Ils constituent l'étape inaugurale et réellement interdisciplinaire d'une nouvelle réflexion sur la littérature et la connaissance.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 305;1;6;29;Figuralité et cognition;N°09/1991;;;"<p style=""text-align: justify;"">Lieu d'inscription privilégié du sujet dans son rapport avec le monde et avec la langue, en quoi et comment la figuralité ouvre-t-elle des voies spécifiques d'accès à la connaissance ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Présentation </span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Antoine Cazé<br /> </span></strong><span>Figuralité </span><em><span>comme</span></em><span> cognition</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Ronald Shusterman<br /> </span></strong><span>La métaphore et le problème du relativisme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Abrioux<br /> </span></strong><span>Cognition; autonomie, allégorie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span>Casser la figure</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Cotte<br /> </span></strong><span>L'Hypallage ou la fausse attribution</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Francis Edeline<br /> </span></strong><span>Sur La Connaissance visuelle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Cadiot<br /> </span></strong><span>Élément d'une grammaire des figures du mot</span><em><span> vin</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Morel<br /> </span></strong><span>Pertinence de la métaphore</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Henri Quéré<br /> </span></strong><span>Portée de la figure et agir figural</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Jacques Lecercle<br /> </span></strong><span>La Chair de l'escargot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Catherine Bernard<br /> </span></strong><em><span>Waterland </span></em><span>de Graham Swift, texte défiguré. Fiction et figural</span></p>";;10/10/1991;9;155x220;216;978-2-91038-181-3;978-2-91038-181-3;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_305.gif;;;;0;12.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 312;2;3;12;Plaisir de l'épopée;;;;"<p style=""text-align: justify;"">D'où vient le plaisir d'écrire, et de lire, une épopée, en quoi la diversité, les cent sortes de variétés, le caractère disparate même de l'écriture épique vont-ils combler le poète et son lecteur ?</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gisèle Mathieu-Castellani</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le monde, comme en un miroir...</span> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le rire de l'épopée</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Suard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La place du comique dans l'épique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Boutet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le rire et le mélange des registres : autour du cycle de Guillaume d'Orange</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Yves Tilliette</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Tentations burlesques et héroï-comiques de l'épopée latine du Moyen Âge : des exploits de Gauthier Main-Forte aux mésaventures d'Ysengrin</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. L'imaginaire de l'espace épique</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Martin<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La construction de l'espace sarrasin dans les chansons de geste</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Charpentier<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'espace épique du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Microcosme</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Scève</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Graff<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lusiades</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et l'imaginaire géographique portugais</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chantal Liaroutzos<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une poétique du suspens : l'inachèvement de La </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franciade</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gisèle Mathieu-Castellani<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La scène épique des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tragiques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Aubigné</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Florence Dumora<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Somnium ex machina</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : songe épique et merveilleux chrétien</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Les avatars de l'épique et la problématique du genre</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre-Yves Badel</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La chanson de geste hors de la chanson de geste</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivia Rosenthal<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Épopée et roman dans les discours théoriques en France au XVIIe siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Decroisette<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'épopée comme obligation : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il Teagene</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Giambattista Basile</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John Nassichuk</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Jodelle et l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Iliade</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : la critique d'Homère dans les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Discours</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Jules César</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christopher Lucken<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ossian contre Aristote, ou l'invention de l'épopée primitive</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Du plaisir</span></strong></p></blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sergio Cappello</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le plaisir dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De arte poetica</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Marco Girolamo Vida (1527)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gabriella Bosco</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le merveilleux apprivoisé. Pour une théorie de la délectation chez les épiques chrétiens du XVIIe siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marcel Tetel<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Microcosme</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Scève : Adam et le plaisir de se recréer</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Graziani<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'amour héroïque</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hope Glidden</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />L'épopée décalée de Rabelais</span></p></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">Si tu t'imagines, ami lecteur, que l'épopée n'est pas ton genre, détrompe-toi ! Et si tu crois que l'épique est triste, fais-nous confiance : nous te montrerons qu'il y a un rire de l'épopée, un rire énorme comme celui des Géants qui ici se combattent, dans le sang, les larmes, les éclats ou le sourire, la dérision, l'insolence, et la violence. Crois-en surtout Victor Hugo, qui nous assure que lorsque la poésie reflète les grands événements, les chocs d'empires, les guerres sauvages, lorsqu'elle chante les siècles et les peuples, elle devient épique. En cette époque épique, nous aimerions te faire prendre à ton tour plaisir à l'épopée. Si tu aimes le drame et la tragédie, le burlesque et la parodie, le théâtre et le spectaculaire, tu aimes l'épopée qui est tout cela à la fois, et qui sait émouvoir nos affections, nous faire pleurer en riant, irriter notre colère et l'apaiser, nous indigner et nous apitoyer. Nous te proposons une promenade - puisque le poète épique, à la différence du tragique, nous permet de nous attarder amoureusement à chaque pas ; et la découverte d'un paysage - car si l'Histoire est un pays immense, l'Epopée est un parc aux couleurs bigarrées. Gisèle Mathieu-Castellani</p>";10/11/2000;0;137x220;336;978-2-84292-081-4;9782842920814;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_312.gif;;;;478;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Cette question, que néglige la poétique de l'épique, est au coeur des études européennes rassemblées ici. L'épopée donne à contempler un tableau mouvant du monde, une peinture colorée par les passions. Le plaisir de l'épique ne tiendrait-il pas à cette parfaite visibilité, à la vive clarté où nous fait pénétrer le geste du poète attaché à commémorer ? C'est cette grande lumière épique – incarnée en Homère et glosée par Hegel –, cette victoire remportée sur l'irrationnel, qui s'inscrivent ainsi à la source même d'un devenir européen.<br />""Le monde naît. Homère chante."" (Hugo)</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 313;2;3;16;L'Inconscient graphique (L');Essai sur la lettre et l'écriture de la Renaissance;;;"<p style=""text-align: justify;"">Sans inconscient la littérature n'existerait pas. On entreprend ici de chercher les traces de l'inconscient dans la culture graphique et typographique de la Renaissance française.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 1<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un espace secret : les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">rondeaux</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Marot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 2<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hiéroglyphes de Rabelais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 3<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ronsard et le sonnet-figure</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 4<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les replis de la lettre : De Cassandre à Hélène</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 5<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un test de style : Montaigne et son « Exercitation »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 6<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La lettre en abîme : « Des coches »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br />Bibliographie</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Voici un travail d'un amateur américain de littérature française du seizième siècle. Dans le titre je me suis servi du mot "" inconscient "", bientôt menacé d'extinction comme la psychanalyse elle-même, afin d'exhumer et de décrypter quelques textes du canon de la Renaissance française. Pour moi l'enjeu, c'est la lettre même, marque charnière entre l'inconscient et le sens, d'autant plus qu'à l'aube des temps modernes elle prend des formes variées : lettre bâtarde ou gothique, lettre attique ou romaine, lettre historiée ou lettrine, elle sert à désarticuler le sens et à nous offrir de nouveaux itinéraires de lecture, par les tracés secrets qu'elle permet de découvrir dans la disposition des poèmes et des phrases. J'ai voulu montrer au lecteur français ce que peut faire sa littérature renaissante - Marot, Rabelais, Ronsard, Montaigne - quand elle voyage au nouveau monde, le monde de nos jours, qu'elle venait de découvrir à l'époque de la Renaissance. Tom Conley</p>";10/10/2000;0;137x220;248;978-2-84292-079-1;9782842920791;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_313.jpg;;;;368;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Souvent chez Freud l'inconscient signifie ce qui résiste au signifier ; il découvre des sens autres ou autrement vus et lus. C'est cet imaginaire qu'on se propose d'explorer ici dans le domaine graphique de la Renaissance française, lorsque le livre imprimé prend la relève de l'incunable. Traitant d'un ensemble de textes du canon littéraire, l'auteur montre comment Marot ou Rabelais, Ronsard et Montaigne laissent affleurer, dans la matière même de leur écriture, la trace de forces inconscientes, visuellement saisissables. Mais dans ces jeux du sens et de la lettre, c'est aussi la lutte à l'oeuvre pour la langue française qu'un analyste américain propose à son lecteur français de déchiffrer.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 314;2;3;14;Persona. Du portrait en peinture;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La question du portrait abordée au croisement de deux exigences contraires, l'une sociologique et l''autre, esthétique, entraînent le lecteur dans un étonnant voyage à travers les tableaux - de Matisse à Vélasquez comme de Rembrandt à Picasso.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Persona</span></em></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le geste de représenter<br /> Puissance des simulacres<br /> Image divine<br /> Des portraits sans mystère ?</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. L'introuvable portrait</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La blessure faite au Huron<br /> - Le général et la chimère<br /> - Le jeu de l'Absent<br /> - Au-delà des modèles<br /> - L'éclipse du regard</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Le peintre et son modèle</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'atelier de Matisse<br /> - L'oeil sidéré<br /> - Mise au carreau, mise en scène<br /> - Du corps à l'image</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Présentations, représentation</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Figures, à l'infini<br /> - Jeux de rôles<br /> - L'ordre du paraître<br /> - Effacements</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. L'autre ou le même ?</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La mort à l'oeuvre<br /> - Plaisir du voir<br /> - Corps étrangers<br /> - Le modèle, encore</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour suivre</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Un enfant court vers nous, un ami passe, clic - un portrait, chose si habituelle qu'elle passe inaperçue. Mais depuis cinq siècles de peinture l'occident accumule en tableaux les images qu'un autre lui a commandées. Pourquoi acceptons-nous d'être figé dans l'instant, qu'est-ce que ces portraits d'où la vie est absente ? Un visage et un corps, dira-t-on ; mais comment l'individu se dévoile-t-il ? dans ses gestes, son vêtement, son sourire ? et jusqu'où peut-on le trahir, le styliser, le déformer pour le découvrir alors qu'on a passé contrat de le rendre recevable ? Le défi était trop radical pour qu'aucun grand artiste ait jamais refusé de l'affronter. Dans un tête-à-tête, souvent physique, parfois imaginaire, le peintre s'empare d'une personne vivante qui lui devient un prétexte, d'une silhouette il tire des illusions de mouvement, de regard, une vague idée de ressemblance l'aide à jouer sur les limites et sur les contrastes, il enferme le modèle dans un cadre qui l'éclipse, allonge les doigts jusqu'à les noyer dans le fond, étire les nuques, fait voler des cheveux, marie le rouge d'une fleur au rose d'un front. Victoire sur l'autre et bataille avec les formes, avec les couleurs : comment résister au plaisir d'exécuter un portrait ? Et par là mettre en exécution, afficher et détourner à la fois, les règles qui commandent une posture sociale et font, de toute figure, une personne - donc un masque ? Pierre Sorlin</p>";10/09/2000;0;137x220;160;978-2-84292-078-4;9782842920784;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_314.jpg;;;;240;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Visage, silhouette, souvenir, mouvement : le portrait échappe aux définitions ; masquant ce qu'il figure, tout en démasquant la scène de la figure, il se construit non comme genre, mais comme lieu de conflits, d'autant plus étonnant qu'il n'a cessé de s'étendre - dans le monde atlantique - du dieu fait homme aux riches et aux puissants, puis à quiconque désire son image. Le portraitiste est aux prises avec les attentes d'un modèle et avec les règles d'un système représentatif socialement codifié, en même temps il se trouve engagé dans un rapport physique avec la personne qui l'a sollicité et lui fait face. Le portrait se donne ainsi comme lieu d'investissements psychiques et sociaux et l'art du portrait devra croiser les normes propres à une époque, qu'il ne peut ignorer, et le déni des conventions où l'excès prend libre cours. Passant de Picasso aux photographes contemporains, de Matisse à Velázquez ou Van Dyck comme de Rembrandt à Picasso, l'essai s'attache à cerner la mise en cause de la représentation à travers des œuvres qui, pourtant, ont à donner la trace de figures humaines. Persona, ou l'énigme du portrait lorsqu'il s'expose en peinture.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3679 315;2;3;8;Et le génie des langues ?;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les beaux jours du génie des langues ne sont pas finis. Fantôme discret, mais omniprésent, dont l'analyse se fait tour à tour lexicographique, syntaxique, philosophique pour déboucher sur une poétique du latin de Spinoza.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Et le génie des langues ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques-Philippe Saint-Gerand<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Un des mots dont l'acception est la plus vague et l'usage le plus étendu dans les idiomes modernes », et le génie de la langue française au XIXe siècle (1780-1960) avec un petit prolongement jusqu'à nos jours</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Chiss<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Syntaxe, énonciation et spécificité du français: la place de Charles Bally</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jürgen Trabant<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du génie aux gènes des langues</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Poétique de la pensée - le latin de Spinoza</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Note sur les participants de ce volume</span></p>";;10/05/2000;0;137x220;160;978-2-84292-073-9;9782842920739;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_315.jpg;;;;228;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> On s'est attaché ici à montrer, à travers l'histoire d'une notion aussi vieille que le langage, qu'elle est toujours là, entre science et mythologie. Ce malin génie montre et cache à la fois des caractères réels, indiscutables, et brouille les rapports que nous avons toujours du mal à penser entre ce qu'est et ce que fait une langue, et une littérature, une pensée, une culture, une société. Ce livre essaie d'apporter une clarté nouvelle dans une obscurité que nous masque son caractère familier. La clarté française, par exemple. C'est le roman bourgeois, et comique, de la langue dont chaque lecteur pourra reconnaître qu'il l'a en lui, sans le savoir. C'est l'analyse spectrale d'un fantôme discret, mais omniprésent, chez les littéraires, les linguistes autant que les philosophes. De quoi piquer au vif tous les amoureux du langage.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 376;2;3;8;Tableaux d'auteurs;Après l'Ut pictura poesis;;;"<p>Qui est l'auteur d'un tableau : l'écrivain qui le juge ou l'invente, ou bien le peintre qui l'exécute ou l'adopte ? Cet essai savant montre comment la modernité littéraire rompt avec la théorie picturale classique tout en faisant de la littérature un miroir pour réfléchir un nouvel âge de la peinture.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La peinture à l'âge de l'écrivain</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le tableau « en récit » : Diderot et Fragonard</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Protocole<br /> - Séquence : aporie, rhapsodie, paralogisme<br /> - Un tour descriptif : le spectateur déplacé<br /> - Un détour argumentatif : la logique de l'amateu<br /> - Un sujet à peindre<br /> - Moines en goguette<br /> - Entrevisions interrompues<br /> - L'écrivain, ses sujets et ses peintres</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Frenhofer, c'est moi » : postérité cézannienne du récit balzacien</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Physiologie de la « balzacianité »<br /> - Le piège du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chef-d'oeuvre inconnu<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Cézanne lecteur de Balzac<br /> - Frenhofer et ses doubles<br /> - Le modèle balzacien</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manifester la peinture : André Breton dans l'image</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- D'un genre politico-esthétique<br /> - Latence et précipitation<br /> - Techniques et modèles<br /> - Le « trésor de l'oeil » : la fenêtre, l'échelle et le cristal<br /> - Sublime sublimation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><blockquote><blockquote><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Excursus :</span></em></strong></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les manifestes, ou comment prendre le surréalisme par la main<br /> 2. Le gant (1) : la main occultée<br /> 3. La main indicatrice<br /> 4. Mains étrangement inquiétantes<br /> 5. La main vérificatrice<br /> 6. La main automatique<br /> 7. Le gant (2) : sans la main<br /> 8. La main merveilleuse (chirologie)</span></em></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La politique des auteurs : au delà du jugement de goût</span></p>";;10/05/2004;0;137x220;192;978-2-84292-139-2;9782842921392;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_376.jpg;;;;282;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Diderot, Balzac, Breton ? L'un fut le premier grand critique d'art : il vient après l'âge des théoriciens académiciens. L'autre fut le dernier écrivain à jouer un rôle actif dans la défense et illustration d'un courant artistique. Pendant cette période, qui fut celle de l'âge moderne, une certaine idée de la littérature aura donné un fondement aux tableaux d'auteurs : Diderot juge les peintres, censure et sanctionne leurs tableaux, quand il ne les refait pas ; Cézanne délivre son ""catéchisme esthétique"" en s'appropriant les propos du Frenhofer de Balzac et en s'identifiant à lui ; enfin, à travers Breton, le surréalisme étend à la poésie et à la peinture une même exigence existentielle. Tel est le paradoxe que trament ces portraits littéraires de peintres à leurs tableaux : précipitant l'émancipation de la peinture, dont ils consacrent le droit à l'auteur, c'est par l'imaginaire de la littérature qu'ils libèrent les artistes d'une contrainte d'imitation littéraire à laquelle les avait soumis la rhétorique classique. Incessant jeu de miroir, par lequel un art ne s'affirme qu'en se réfléchissant en un autre, qui le capte.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 373;2;3;18;Le Malentendu;Généalogie du geste herméneutique;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le malentendu mis en question est celui qui surgit régulièrement dès qu'on cherche à établir et à légitimer une interprétation. Il est également envisagé dans son rapport à l'histoire littéraire.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno CLÉMENT et Marc ESCOLA<br />Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pratiques théoriques :<br />les lieux du malentendu</span></em></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sophie RABAU<br />La première était la dernière : datation et réinterprétation dans la philologie classique. Le cas des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Suppliantes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Eschyle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luzius KELLER<br />Les maladresses du traducteur. Mal entendu ou mal compris ? </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine COMPAGNON<br />« Tranquillisez-vous, on se retrouve toujours. » </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Recherche du temps perdu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, roman de la reconnaissance</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine NOILLE-CLAUZADE<br />Du malentendu considéré comme vice : pour une morale classique de la lecture</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Frank SCHUEREWEGEN<br />?</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Express yourself</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">? (Racine, Bajazet)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain CANTILLON<br />La vive voix posthume de Pascal. Instituer le malentendu en 1670</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel DELACOMPTÉE<br />Le malentendu, condition du politique. Une visite aux courtisans</span></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le temps du malentendu</span></em></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques RANCIÈRE<br />Le malentendu littéraire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno CLÉMENT<br />Malentendu et histoire littéraire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc ESCOLA<br />Rousseau juge d'Alceste. Généalogie d'un malentendu</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges MOLINIÉ<br />Malentendu et jugement doxique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent JOUVE<br />La dénonciation du malentendu. Enquête sur les discours de réfutation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel DEGUY<br />De la méprise (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quid pro quo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ?)</span></p>";;10/11/2003;0;137x220;272;978-2-84292-145-3;9782842921453;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_373.jpg;;;;328;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Voltaire, entend-on dire, n'a rien compris à Pascal, Sartre s'est mépris sur Baudelaire, Lénine a mal lu Marx, et Poussin a méconnu Caravage. Dénonçant un malentendu, chacun a pu prétendre redresser la méprise, s'exposant par là même à être corrigé. Pas de lecture sans malentendu, ni d'interprétation sans dissipation de malentendu. Si, selon une opinion courante, la réception d'une œuvre singulière se confond bien souvent avec la suite des malentendus auxquels elle a donné lieu, c'est peut-être que toute entreprise herméneutique suppose ce ""geste"" originel qui autorise l'interprète à se camper, à son tour, en exégète recommandable.<br /> Le critique, le philologue et le traducteur, l'historien ou le diplomate, le philosophe, l'éditeur même, pour ne rien dire de l'ordinaire lecteur, usent eux aussi, sans y prêter garde, du malentendu. Selon l'hypothèse engagée dans le volume, le malentendu n'est pas un obstacle sur le parcours de l'interprète, mais une arme entre ses mains. Et le sens, affaire de stratégie autant que de vérité.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 356;2;3;8;Crise de prose;;;;"<p style=""text-align: justify;"">À l'autre versant de la ""Crise de vers"" formulée par Mallarmé, ce livre veut prendre la mesure d'une ""crise de prose"" où se nouent le développement de formes jusque-là inédites et un retour critique sur l'idée même de prose.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Nicolas Illouz et Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Dufour<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Victor Hugo : la politique de la prose</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Herschberg-Pierrot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Flaubert : la prose à l'oeuvre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Montalbetti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La prose à l'épreuve du monde</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Nicolas Illouz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nerval : entre vers et prose</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Sandras<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le poème en prose : une fiction critique ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Vadé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prose des voix : l'oratorio littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Dessons<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le négatif de la prose</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Flaubert, Baudelaire : la prose narrative comme art moderne</span></p>";;10/11/2002;0;137x220;160;978-2-84292-127-9;9782842921279;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_356.jpg;;;;228;19.00;"<p>L'enquête porte sur la littérature du XIXe siècle. Entre la prose-Hugo, qui ouvre le parcours, et certaines proses symbolistes, qui ont toujours déjoué les classifications, l'opposition du ""poétique"" et du ""prosaïque"" ne cesse de se déplacer : ce qui est en crise alors, c'est la conception proprement romantique de la prose, qui faisait de celle-ci la réalisation dialectique de l'idée de poésie. Diverses formules en résultent, de Flaubert ou de Nerval, de Schwob ou de Baudelaire, à chaque fois imprévisibles. En cette phase critique s'affirme une pensée nouvelle de la prose comme poétique du singulier, qui recouvre tous les possibles de la langue, en deçà même de l'opposition vers-prose. De là sa plasticité et ses métamorphoses, de là aussi sa modernité, dont témoignent les essais rassemblés ici.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 334;1;3;24;La coutume et la norme en Chine et au Japon;N°23/2001;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment se constituent les usages sociaux en Chine et au Japon ? Au carrefour des sciences humaines, des spécialistes confrontent droit et pratiques.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme Bourgon</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Coutume et pratiques religieuses</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent Goossaert </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La gestion des temples chinois au XIXe siècle : droit coutumier ou laisser-faire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Butel</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Réguler la coutume par la coutume. Règles matrimoniales et divinité marieuse du Grand sanctuaire d'Izumo (Japon)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Élisabeth Allès</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Norme et coutume des Chinois musulmans (Hui)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. La coutume, vecteur d'identités ethniques ou sociales</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice David<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> L'action de l'État chinois contre les « mauvaises coutumes »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sucheta Mazumdar</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Rights in People, Rights in Land : Concepts of Customary Property in Late Imperial China</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Coutumes, droit coutumier et droit civil</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éric Seizelet </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Contra legem</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Para legem</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ? La coutume de l'union matrimoniale de fait en droit civil japonais avant 1945</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme Bourgon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le droit coutumier comme phénomène d'acculturation bureaucratique au Japon et en Chine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Réactions</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Robert Jacob</strong><br /> La coutume, les mœurs et le rite. Regards croisés sur les catégories occidentales de la norme non écrite</span></p>";;10/07/2001;23;155x220;192;978-2-84292-099-9;9782842920999;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_334.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Vincent Goosaert</em><br /><strong>La gestion des temples chinois au XIXème siècle : droit coutumier ou laisser-faire</strong><br />Les temples chinois à la fin de l'époque impériale jouent un rôle social et économique très important, et pourtant les lois ne comportent que très peu de disposition à leur sujet. Seraient-ils alors gérés selon d'autres règles, à savoir un droit coutumier ? Les sources épigraphiques à notre disposition permettent d'aborder cette question au travers des règlements que se donnent certaines communautés de temples, ainsi qu'au travers de conflits et litiges ayant donné lieu à un arrêté par un magistrat, gravé sur pierre. Ces divers documents éclairent notamment les rapports entre les chefs de la communauté et les religieux employés par le temple, et les problèmes liés à la propriété et à l'usage de l'espace du temple et de ses biens fonciers. En conclusion, il apparaît que l'on ne peut parler de droit coutumier dans la mesure où, même si certains principes fondamentaux de la gestion des temples sont reconnus partout, y compris par la loi, pour le reste, chaque temple veille jalousement à son indépendance. Les chefs de communautés ne sont pas prêts à se laisser contraindre par des rèles extérieures, qu'elles soient administratives ou coutumières, et les décisions de gestion se font en réalité sur un mode négocié, en fonction de rapports de force propre à chaque situation.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Michel BUTEL</em><br /><strong>Réguler la coutume par la coutume. Règles matrimoniales et divinité marieuse du Grand sanctuaire d'Izumo (Japon)<br /></strong>Au carrefour entre règles fondatrices de l'organisation sociale et stratégies familiales, les coutumes matrimoniales semblent laisser peu de place à l'expression d'un désir individuel. Il existe pourtant au Japon certains lieux qui pemettent de réguler le conflit entre la norme sociale qu'exprime la coutume et le désir individuel, plus particulièrement amoureux. A tavers l<strong>'</strong>analyse du culte rendu à la divinité marieuse du Grand sanctuaire d'Izumo, des plaquettes votives (<em>ema</em>) qui lui sont adressés et des textes anciens qui s'y rapportent, l'auteur décrit les moyens coutumiers dont s'est doté le Japon en train de se constituer comme unité culturelle pour justifier des comportements qui outrepasseraient les coutumes matrimoniales locales.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Elisabeth ALLES</em><br /><strong>Quelles normes pour les chinoix musulmans (Hui) ?</strong><br />Lois étatiques, usages locaux ou règles musulmanes, trois références auxquelles se voient confrontés les Chinois musulmans (Hui). A la lumière de deux exemples pris dans le domaine de la parenté et de la cérémonie de mariage, l'article examine le jeu possible des adaptations. Globalement la manière dont les Hui intègrent dans la vie sociale cet ensemble de règles n'est pas différente de celle des Han, hormis l'aspect strictement religieux. Elle correspond bien à leur dispersion et leurs ancrages sur tout le territoire chinois, où loi de l'Etat et usages locaux ont souvent la prééminence vis-à-vis des règles islamiques.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Béatrice DAVID</em><br /><strong>L'action de l'Etat chinois contre les ""mauvaises coutumes"" matrimoniales. La natolocalité chez ls Zheyuanren du Guangxi</strong><br />Certaines pratiques matrimoniales observées dans le sud de la Chine ont été sigmatisées comme des ""moeurs immorales"" par l'administration impériale parce qu'elles contrevenaient à la règle confucéenne proscrivant les relations sexuelles hors mariage. Recourant à la catégorie nouvelle des ""mauvaises coutumes"" (<em>lousu</em>), l'Etat moderne, dans ses versions nationaliste et communiste, a perpétué sous une forme nouvelle le discours et l'action de l'Etat impérial contre ces usages locaux. Cette étude met en relief, à travers l'examen des pratiques natolocales des Zheyuanren, une population han du Guangxi, la dimension normative de ces ""mauvaises coutumes"" auxquelles l'Etat chinois a constamment dénié toute légitimité rituelle, sociale et symbolique. On montre ensuite l'action ""réformatrice"" de l'Etat impérial contre ces ""mauvaises coutumes"" et son intensification au cours des campagnes de répression menées au nom de la modernité sous la République, dans la première moitié du XXème siècle, puis au nom de la morale communiste sous le régime maoïste.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Sucheta MAZUMDAR</em><br /><strong>Droits sur les gens, droits sur la terre : de la propriété coutumière en Chine à la fin de l'empire</strong><br />Cet article examine comment le terme juridique de ""propriété"" usité pour les contrats et autres actes doit être compris dans la Chine du XVIIIème siècle. Comme la ""propriété"" est plutôt un ensemble de relations ou de ""droits"" entre personnes qu'un objet matériel, l'existence de contrat sur les terres ne saurait être prise au pied de la lettre. Plutôt que les instruments d'une société de marché, ces contrats étaient des mailles des réseaux de réciprocité et de redistribution propres à une société rurale. L'auteur établit une comparaison entre ces droits sur les terres, et un autre enre de propriété : les droits sur les hommes de statut servile. Ces questions sont étudiées dans deux contextes bien différents : le delta du Guangdong sur la côté méridionale, où dominaient les petits propriéaires pratiquant une agriculture commercialisée très intensive, et l'Anhui, province intérieure de la Chine centrale, où la commercialisation concernait des grandes exploitations cultivées pr des esclaves.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Eric SEIZELET</em><br /><strong><em>Contra legam</em> ou <em>Para lgem</em> ? La coutume de l'union matrimoniale de fait en droit civil japonais avant 1945</strong><br />Le persistance de l'union matrimoniale de fait (<em>naïen</em>), en dépit des dispositions impératives du code civil de 1898 stipulant les conditions d'ordre public à la validité du mariage, ne conduit pas seulement à s'interroger sur l'adéquation du droit à des pratiques matrimoniales populaires héritées de l'époque d'Edo. Elle doit être également replacée dans le cadre du débat administratif; doctrinal et judiciaire autour de la définition même du mariage et du rôle assigné à la coutume comme source de droit positif initié dans les premières années de l'ère Meiji, à une époque où la redéfinition des statuts sociaux amène à repenser l'institution du mariage. La reconnaisance finalement partielle de l'union matrimoniale de fait par les tribunaux en tant que promesse de mariage témoigne du rôle créateur de la jurisprudence nippone. Cette jurisprudence s'est montrée soucieuse à la fois de réguler des situations de fait créées en partie par les rigidités du nouveau code civil, et de préserver l'espace juridique en consolidant l'entité familiale comme celui de la base de L'Etat impérial.<br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Jerome BOURGON</em><br /><strong>Le droit coutumier comme phénomène d'acculturation bureaucratique au Japon et en Chine.</strong><br />Les notions de ""coutume"" et de ""droit coutumier"" ne sont apparues au Japon et en Chine que lors de l'introduction du droit occidental. des juristes japonais formés en Europe ont acclimaté les théories qui faisaient de la coutume la source première du droiten même temps qu'ils créaient les termes modernes désignant ces catégories. Les ci-devant fonctionnaires des fiefs, aidés par les élites locales, rassemblèrent des recueils de coutumes japonaises, qui furent bien vite oubliés lors de la redaction du code civil à l'ère Meiji. L'idée fut toutefois reprise par l'administration coloniale dans les territoires chinois conquis par le Japon, à Taiwan notamment. Elle se transmit aux modernisateurs chinois, qui collectèrent les coutumes locales et les publièrent en complément du code civil républicain de 1930. Certains historiens japonais, leurs disciples chinois et occidentaux déduisirent de tels recueils qu'un droit civil coutumier s'était développé antérieurement et indépendamment de l'introduction des codes occidentaux.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Robert JACOB</em><br /><strong>La coutume, les moeurs et le rite. Regards croisés sur les catégories occidentales de la norme non écrite.</strong><br />Dans l'approche des sociétés de l'extrême Orient, le chercheur occidental est déterminé par l'emploi de concepts façonnés par sa propre culture. Loin d'avoir été créées par les sciences humaines et à leur usage, des notions comme ""coutume"", ""moeurs"", ""rite"" ont pris structure au fil d'une longue histoire, qui fut avant tout celle d'une pensée juridique. L'auteur tente ici de baliser cette histoire et d'inscrire, sur la trame qu'elle dessine, la regard croisé entre Orient et Occident que suscite la démarche anthropologique.</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Vincent Goosaert</em><strong><br />The management of Temples in Nineteenth Century China : Customary Law or laissez-faire policy ?<br /></strong>Chinese temples during the nineteenth century played a major social and economic role, and yet State laws barely mention the question of their management. One may wonder whether they were managed according to other rules, viz, customary law. Available texts of stone inscriptions allow us to probe this question, notably through temple regulations enacted by the cult communities themselves, and through conflicts adjudicated by the magistrates, whose decisions were carved on stone. These inscriptions give insights on crucial questions like the relations between temple community heads and resident clerics, ownership and use of temple space or land endowments. Finally, it appears that these cases cannot be deemed customary law. Some basic principles of temple management are recognized by all, and included in the law. the rest is left to each temple to decide in full independence. The community heads would not consider being constrained by external rules, be they administrative or customary, and management decisions are taken within the community, on the basis of negotiation among its members.<strong><br /></strong> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Michel BUTEL</em><br /><strong>Regulating custom by customary means : Matrimonial Rules and the wedding-tie-knotting deity of Izumo Great Shrine (Japan)<br /></strong>The matrimonial customs, at the crossroads between social fundamental rules and familial strategies, seems to give few space to individual desire. Thought, one can point sme places in Japan, which regulate the conflict between social norma, expressed by the custom, and personal desire, to say love desire. Describing the cult of the love-knot deity of Izumo Great Shrine, the votive scriptures which are adressed to the god and the ancient text relating the cult, we would like to discut the custom way that Japan create in its process of forming a cultural unity to overcome the local matrimonial customs. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Elisabeth ALLES</em><br /><strong>Which norms for Chinese Muslims (Hui) ?<br /></strong>State law, local customs or Muslim rules : these are three issues that Chinese Muslims must confront. Using two examples from kinship and marriage traditions, this article examines the challenge of adaptation. Generally speaking the way in which the Hui integrate social rules is no different from that of the Han, with the obvious exception of religion. This integration corresponds to their dispersion and their roots all over the Chinese territory where state law and local customs often predominate aver Islamic rules. <br /><br /><strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Béatrice DAVID</em><br /><strong>Chinese State rule against matrimonial ""evil customs"". Natolocality amont the Zheyuanren in Guangxi</strong><br />As many practices which confronted Confucian norms, the matrimonial practices of the Zheyuanren of Guangxi were stigmatized by the imperial administration as ""immoral behaviors"" (<em>yinfeng</em>). The emergence of the modern nation Chinese brought the intensification of the action of the Chinese state against local customs categorized as ""bad customs"". This paper first underlines the social and ritual meanings of these so-called ""bad customs"". The second part examines the action of the imperial, nationalist and communist state.<br /><br /><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Sucheta MAZUMDAR</em><br /><strong>Rights in People, Rights in Land : Concepts of Customay Property in Late Imperial China<br /></strong>The essay investigates how the legal term ""property"" elaborated in contracts and deeds can be understood in social practice in eighteenth and nineteenth century China. As ""property"" is better understood as a set of relations or ""rights"" rather than the material object, the existence of contracts for land cannot be taken at face value. Rather than tools of a market-mediated exchange society, these contracts, were stitches in the webs of reciprocity and redistribution peculiar to rural society. By way of comparison to the issue of land rights, the essay examines another form of ""property"", namely, rights in humans. These questions are explored in the context of two very dissimilar geographical areas : Guangdong Delta in coastal south China, with a dominant pattern of intensive small-holder commercialized agriculture, and land-locked Anhui (Huizhou prefecture) in central China with a dominant pattern of serf-labor bases commercialization. <strong><br /><br /><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Eric SEIZELET</em><strong><em><br />Contra legem</em> or <em>Para legem</em> ? The <em>de facto</em> marriage as custom in prewar Japan civil law</strong><br />In spite of the mandatory provisions of the 1898 Civil Code imposing registration as a legal condition for marriage validity, <em>de facto</em> marriage (<em>naïen</em>), inherited from matrimonial practices and representations, remained extendedly admitted during the Edo period. This continuation not only reveals a gap between law and social reality ; but it has also to be put back into the context of the bureaucratic, judicial and scholarly debate aver both marriage as legal institution and custom as a source of positive law. This new conception was initiated during the first part of Meiji period, which was characterized by an overall redefinition of social status challenging the traditional conception of marriage. The recognition and half-legitimization of <em>de facto</em> marriage by the courts as a promise of marriage evinces the flexible role played by the judge-made law in mitigating the dysfunctional effects of a strict application of civil law, while legally consolidating the household as the basic unit of the imperial state.<br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Jerome BOURGON</em><br /><strong>Customary law as a bureaucratic acculturation process in Japan and China<br /></strong>""Customs"" and ""Customary law"" appeared in Japan and China as a result of the introduction of Western legal noions. Japanese jurists trained in Europe adapted theories construing custom as a primitive source of law, and they created the terms articulating these categories. Former fiefs officiers, assisted by local élite, gathered collections of Japanese customs, which were neglected as soon as the Meiji civil code was achieved. However, this process was resumed by Japanese colonial rulers of Chinese territories like Taiwan. It inspired Chineses modernizers, when they had local customs collecteds and published in complement with the republican civil code in 1930. Some Japanese historians, emulated by Chinese and Western scholars, deduced from theses collections that a civil customary law had developed prior to the introduction of Western codes.<strong><br /><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Robert JACOB</em><br /><strong>Custom, Mores, and Rites. Western Categories of the Unwritten Norm from a cross-cultural Perspective<br /></strong>When studying Far East societies, the Western scholar relies upon concepts indigenous to his own culture. Far from being created by social sciences and to their own usage, notion such as ""custom"", ""mores"", ""rite"" have been refined in the context of the long history of a specific legal thought. The autor attempts here to revisit this history and to include in this framework an anthropological and comparative reflexion between the East and The West.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p>";288;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment se constituent les usages sociaux en Chine et au Japon ? Au carrefour des sciences humaines (histoire de la religion, anthropologie, histoire sociale ou juridique), des spécialistes confrontent droit et pratiques extrême-orientaux. Roger Jacob rapporte ce droit coutumier à la notion de ""coutume"" européenne.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNRS et de l'UFR LCAO de l'Université Paris 7</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 1;2;3;12;D'un classicisme à l'autre. France-Italie, 1919-1939;;;;"<p style=""text-align: justify;"">À travers un vaste corpus (oeuvres poétiques, essais, traductions, correspondances), l'auteur montre l'élaboration croisée d'un classicisme moderne, dont les deux versants, italien et français, procèdent d'un regard réciproque, et décalé.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />France-Italie et retour</span></p><blockquote><p> </p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Classicismes face à face</span></strong><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Genèse du classicisme moderne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Une littérature sans excès</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Rappel à l'ordre<br />- Leopardi entre le chant et la prose<br />- Innocence et Mémoire<br />- Une esthétique de l'autonomie</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Mainteneurs et Barbares</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'« esprit </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">NRF</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> » et le classicisme moderne<br />- L'« esprit nouveau » et les Terroristes<br />- Le côté d'Apollon et le côté de Dionysos<br />- Classicisme méditerranéen, classicisme panique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />La France vue d'Italie</span></strong><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Partage des modèles, modèles de partage</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Monuments (et tombeaux) d'Apollinaire<br />- Mallarmé ou Valéry ?</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Ouvert, fermé</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Lieux communs<br />- Voyages en pantoufles<br />- Allers retours</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Traduit du français</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Traduire en italien<br />- Traductions de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Après-Midi d'un Faune</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />- Traductions du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cimetière marin</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />L'italie vue de France</span></strong><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Revues, alliances et querelles</span></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- NRF </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">: Crémieux contre Ungaretti<br />- Disque Vert, Commerce, Mesures<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bifur<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cahiers du Sud<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Lionello Fiumi et les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cahiers de Dante</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />- Valery Larbaud</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Traduit de l'italien</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Traduire en français<br />- Larbaud traducteur de Fiumi<br />- Vie d'un homme, 1939</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Partager le classique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Mon propos n'a pas été de brosser un tableau exhaustif des littératures française et italienne pendant l'entre-deux-guerres. Bien au contraire, il s'agissait pour moi d'en éclairer un aspect parmi d'autres - un aspect qui me paraît cependant central eu égard aux rapports entre la culture italienne et la culture française entre 1919 et 1939. À cette époque les échanges littéraires franco-italiens ne se font que dans le décalage - décalage entre une culture dominante ou d'avant-garde (la française) et une culture dominée ou "" d'arrière-garde "" (l'italienne) ; décalage également, et en retour, entre une littérature (l'italienne) lisant et traduisant une littérature (la française) dont elle n'est perçue que sporadiquement, quoique non sans pénétration ; mais la notion qui permet à mon avis de mesurer ce déséquilibre est précisément le classicisme moderne. Ses deux formes majeures - la rhétorique de l'effort et l'archéologie de l'origine - se développent différemment de part et d'autre des Alpes. Les Italiens attribuent au "" métier "" des enjeux normatifs dont les Français semblent pour la plupart se garder. D'autre part, le "" filon méditerranéen "" acquiert en France une ampleur inconnue en Italie. Il fallait dégager ces lignes souvent enchevêtrées ; il fallait, aussi, faire la part de l'Histoire et du Mythe : histoires de lecteurs lucides et passionnés, tels que Leo Ferrero et Benjamin Crémieux ; légendes tenaces et dorées, comme celle qui nous est contée de l'hermétisme florentin dédouanant, à lui tout seul, la littérature française moderne en Italie. Edoardo Costadura</p>";10/09/1999;0;137x220;304;978-2-84292-058-6;9782842920586;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_1.gif;;;;434;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Une littérature ne se définit pas seulement par rapport à ses propres héritages. Elle se mesure aussi à la différence, proche ou lointaine, de modèles étrangers, parfois dominants. Dans l'Italie de l'entre-deux-guerres, le « retour à l'ordre » s'impose notamment à travers la réception critique des auteurs français contemporains : antagonismes trop faciles, partis pris opposés que vient miner la référence au classicisme, à la fois partagée et rejetée, selon qu'elle est l'expression de nationalismes étroits ou qu'elle se fait dialectique universelle de l'Innocence et de la Mémoire. Axe majeur, l'amitié de Paulhan et Ungaretti aboutit, avec l'édition française de <em>Vie d'un homme</em>, en 1939, à une expérience limite de l'altérité. D'autres voies sont ici explorées : les traductions, minutieusement étudiées, de poètes dans les deux langues ; les débats engagés par les principales revues françaises et italiennes. Tableau contrasté, asymétrique, d'une époque littéraire trouble et fraternelle.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 2;2;3;12;Hölderlin-Rousseau;Retour inventif;;;"<p style=""text-align: justify;"">Pourquoi Hölderlin, sans équivoque possible, n'a-t-il appelé « demi-dieu » qu'un seul personnage moderne, Jean-Jacques Rousseau ?</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">D'où vient l'énergie ""religieuse"" de l'écriture hölderlinienne ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. La réception de Rousseau par Hölderlin</span></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Faits ""positifs""<br />- L'application subjective pragmatique<br />- L'intertextualité stratégique<br />- La transfiguration poétique</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. La vie de Rousseau et le ""retour à la nature"",<br />un mythe fondamental de la modernité</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Errance passagère et quête du repos<br />- L'étranger solitaire (le « misanthrope »)<br />- L'ivresse frugale (Pain et Vin)<br />- L'égaré. Le retour à la nature (retour au soleil, retour à la source)</span></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Le « Rousseau » de Hölderlin :<br />esquisse d'un réseau discursif</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Cyclotonie (nerfs, circulation, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">tonus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">)<br />- Théories des climats et météorologie<br />- Théories de l'éther. Histoire naturelle de l'humanité primitive<br />- Retour à la nature du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">tonus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Rousseau musicien et compositeur<br />- La théorie paramusicale du « changement de tons » chez Hölderlin<br />- Phrasé, macro-rythme et macro-césure</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Le « demi-dieu » moderne</span></strong></p></blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La catégorie du « demi-dieu » chez Hölderlin<br />- Rousseau : le « demi-dieu » moderne de Hölderlin<br />- Un « demi-dieu » douteux : Napoléon</span></p></blockquote><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. L'événement et les textes « Rousseau » dans les poèmes:<br />l'invocation directe</span></strong> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'ode </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rousseau</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />- L'ode saphique </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chanté au pied des Alpes<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'hymne au </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rhin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Le fragment d'hymne </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tinian<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les versions antérieures de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hypérion<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hypérion</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (version définitive)<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Empédocle</span></em></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI. L'événement et les textes « Rousseau » dans les poèmes :<br />les hymnes tardifs</span></strong></p><p> <span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'homme naturel selon Rousseau et les phases de l'acculturation<br />- L'élégie </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Retour<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'hymne</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> L'Ister<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'hymne La migration<br />- Le fragment d'hymne </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'abîme en effet</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VII. Rousseau : une clé pour les poèmes de la « folie » ?</span></strong></p><p> <span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Plus Proche le mieux</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : l'« histoire naturelle du genre humain », un processus non téléogique</span></p>";;10/12/1995;0;137x220;320;978-2-91038-121-9;9782910381219;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_2.gif;;;;454;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">On verra comment la piste Rousseau s'avère une véritable clé magique donnant accès à l'univers poétique de Hölderlin, univers absolument moderne, solidement ancré dans l'épistémê de 1800. C'est par Rousseau et le mythe du « retour inventif à la nature » que les dieux de Hölderlin deviennent déchiffrables dans le savoir des sciences éclairées, c'est par Rousseau et « l'histoire naturelle du genre humain » du D<em>euxième Discours </em>que les paysages et les hymnes peuvent être décryptés comme les spirales d'un retour inventif aux premiers parcours de la culture. Hölderlin-Rousseau, un défi à Hölderlin-Heidegger ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 357;2;3;13;Les Espagnoles dans l'histoire;Une sociabilité démocratique (XIXe-XXe siècles);;;"<p style=""text-align: justify;"">Quel rôle démocratique ont pu jouer les femmes espagnoles, aux XIXe et XXe siècles, dans des régimes politiques caractérisés par leur alternance et leur discontinuité ? </p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danièle Bussy Genevois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation : Le champ de la sociabilité : le féminin à reconnaître</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Première partie. <br />Ancrages culturels</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claude Lecuyer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Femmes et sociabilités au XIXe siècle : le cas des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">liceos</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Guereña<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La cause abolitionniste sous la restauration, facteur associatif ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Ralle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La féminisation industrielle en Catalogne (1870-1910) : un enjeu pour l'anarchisme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maria Dolores Ramos<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La cultura societaria del feminismo librepensador (1895-1918)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deuxième partie.<br />Des féminismes associatifs</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Randouyer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Franc-maçonnes (1868-1998)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Concha Fagoaga<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">El Lyceum Club de Madrid, elite latente</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maria del Rosario Ruiz Franco<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Asociaciòn espagñola de mujeres juristas durante el franquismo</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Line Barrachina<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vindicaciòn feminista</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, aboutissement d'un processus, construction d'un réseau</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Troisième partie.<br />Les voies de l'affirmation</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régine Illion<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Internationale de la fête : le 8 mars 1936</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mercedes Yusta<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La resistencia al franquismo de las mujeres aragonesas (1939-1950)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danièle Bussy Genevois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écrire la sociabilité</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/12/2002;0;137x220;272;978-2-84292-130-9;9782842921309;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_357.jpg;;;;412;23.00;"<p style=""text-align: justify;""> Dans quelle mesure les thèses de Maurice Agulhon sur les associations politiquement et socialement ""structurantes"" peuvent-elles être transposées à l'Espagne des XIXe et XXe siècles et appliquées aux organisations féminines ?<br />La distinction entre sociabilités formelle et informelle est-elle encore tenable dans ce double glissement de genre et de contexte ? On examine ici les modalités de l'associationnisme féminin, en prenant pour toile de fond les discontinuités politiques de l'Espagne libérale de 1840 à la Transition démocratique post-franquiste. Sans nier l'importance des associations catholiques et conservatrices, il s'agit de comprendre comment les associations progressistes ont pu intervenir dans le débat démocratique et prendre part à l'instauration des régimes libéraux - ou à leur résurgence, en particulier après les quatre décennies de dictature franquiste. Hispanistes et historiens espagnols, parfois témoins de la transition, examinent ainsi, à travers des cas représentatifs - des liceos à la féminisation industrielle, de la franc-maçonnerie féminine à l'association des femmes juristes - les phénomènes qui prévalent à la mise en place d'association de femmes, caractérisent leur fonctionnement et spécifient leurs capacités de transmission comme de résistance à un régime politiquement hostile.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 351;1;3;28;La syntaxe de la définitude;N°31/2002;;;"<p style=""text-align: justify;"">Articles consacrés à la syntaxe de la définitude, c'est-à-dire aux corrélats morphosyntaxiques des propriétés sémantiques couramment regroupées sous l'étiquette ""défini"" (contrastant avec ""indéfini"").</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Daladier et Anne Zribi-Hertz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Enoch Aboh<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La morphosyntaxe de la périphérie gauche nominale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nadira Aljovic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Long adjectival inflection and specificity in Serbo-Croatian</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mario Barra-Jover<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Datif, possessif, article défini, ou comment se passer de la possession inaliénable</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Daladier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Definiteness in Amwi : grammaticalization and syntax</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Laurence Knittel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Existe-t-il un DP en turc ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Katia Paykin et Marleen Van Peteghem<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Definiteness in a language without articles : a case-study of Russian</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lélia Picabia<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La primauté du temps pour l'interprétation du sujet : le cas du lari</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Zribi-Hertz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The DP hypothesis and the syntax of identification</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IN MEMORIAM</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Cadiot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicolas</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Nous avons réuni dans ce volume huit articles qui explorent et comparent plusieurs stratégies morphosyntaxiques associées dans différentes langues à l'interprétation qu'on appelle ""définie"" des syntagmes nominaux. Les langues considérées sont l'anglais, le créole haitien, l'espagnol, le français, le gungbe (benue-kwa), le lari (bantou), le russe, le serbo-croate, le turc et l'amwi (mon-khmer). On constate que l'interprétation couramment décrite comme définie (l'identification spécifique ou univoque d'un référent) va souvent de pair avec d'autres propriétés incluant la ""possession inaliénable"", la focalisation, la modalisation ou l'aspect. On constate également que l'interprétation définie est marquée grammaticalement non seulement par certaines propriétés internes aux groupes nominaux (classificateurs, articles d'origine pronominale, absence d'article, déictiques, morphologie enrichie), mais aussi par divers facteurs externes : la position structurale ou linéaire de ces syntagmes, leur cas, la nature de l'accord verbal, l'aspect, la focalisation. Le recueil est dédié a la mémoire du linguiste Nicolas Ruwet, disparu en novembre 2001, l'un des co-fondateurs de la revue en 1972. Anne Daladier et Anne Zribi-Hertz</p>";10/06/2002;31;155x220;160;978-2-84292-119-4;9782842921194;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_351.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Enoch Oladé ABOH : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La morphosyntaxe de la périphérie gauche nominale »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article développe une analyse de la périphérie gauche nominale (PGN) éclatée où les traits de spécificité et de nombre sont les propriétés de projections fonctionnelles distinctes. Le DP représente la projection la plus haute du système. C'est l'interface entre l'univers du discours et l'expression nominale où est réalisé le trait discursif [±spécifique]. En revanche, NumP constitue la projection la plus basse du système et sert de charnière entre le système D et le système flexionnel nominal. C'est le point d'ancrage du trait de nombre et du trait référentiel [±défini] qui est repris au sein du système flexionnel (SP). Selon cette approche, nous proposons que l'interprétation spécifique est un effet sémantique qui découle du mouvement de SP vers la PGN, c'est-à-dire vers SpecNumP et SpecDP. De même, nous montrons que, dans les DP possessifs, le possédé ne peut être interprété comme spécifique que si l'ensemble de la structure prédicative incluant le possesseur et le possédé monte vers la PGN. En supposant que les phrases relatives manifestent une structure de complémentation où le système D projette au-dessus du CP, nous concluons que le groupe nominal relativisé est interprété comme spécifique lorsque la proposition relative monte vers la PGN en syntaxe. À la différence des relatives, les factives ne possèdent pas de système D. Ces syntagmes réalisent un CP dont la position SpecCP est occupée par un DP complet.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nadira ALJOVIC :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Long adjectival inflection and specificity in serbo-croatian »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cette article s'intéresse aux deux formes, courte et longue, des adjectifs épithètes serbo-croates. Il vise à montrer que l'opposition formelle 'court/long' est corrélée à l'opposition sémantique entre deux interprétations, non-spécifique vs. spécifique, d'un groupe nominal. L'article examine ce que peut être la source de la flexion longue, en proposant l'hypothèse qu'un adjectif occupant le Spécificateur d'une certaine tête fonctionnelle du domaine nominal apparaîtra avec une flexion supplémentaire : une flexion longue. La discussion finale concerne le parallélisme formel entre la flexion pronominale et la flexion adjectivale longue, suggérant que toutes les deux sont liées à la même projection nominale : DP.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mario BARRA-JOVER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Datif, possessif, article défini, ou comment se passer de la possession inaliénable »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le nombre de contextes permettant la présence d'un article à la place d'un possessif dans les cas du type Jean lève la jambe peut changer d'une langue à l'autre (les cas du type Jean l'a pris par la main étant de nature différente). Cette variation rend difficile toute explication fondée sur les traits encyclopédiques du nom impliqué. À partir du problème contrastif posé par l'anglais, l'espagnol et le français, est proposée une hypothèse qui retient comme facteur explicatif la distribution du datif. Lorsqu'une langue, comme c'est le cas de l'anglais, ne possède pas de datif (dans le sens morphologique du terme), la construction avec article n'est pas possible. Lorsqu'une langue possède un datif, la distribution de l'article dépend de la capacité des verbes à intégrer comme argument interne un argument locatif exprimant un rapport de contiguïté. Le verbe français peut le faire pour les prédicats dont la grille thématique permet l'existence d'un But, tandis que les verbes espagnols ne sont pas soumis à cette contrainte. Ceci expliquerait l'abondance de contextes accessibles à l'article en espagnol.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne DALADIER :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Definiteness in amwi : grammaticalization and syntax »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'amwi, langue non flexionnelle du groupe mon-khmer, a une ""accentuation syntaxique"" qui peut s'appliquer à un sujet et un ou plusieurs objets et avec laquelle s'appliquent différentes formes de détermination pour exprimer des valeurs de définitude : a) pronoms clitiques de troisième personne réutilisés comme déterminants-clitiques, b) déterminants-clitiques associés à des pronoms indéfinis ou à des ordinaux-classificateurs, c) éléments aspectuels associés à des emplois ""verbaux"" et déictiques de noms de temps. Un sujet ou un objet lexical accentué syntaxiquement est obligatoirement défini. Différentes valeurs de définitude font intervenir de plusieurs façons l'ensemble de la construction syntaxique d'une phrase.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Laurence KNITTEL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Existe-t-il un DP en turc ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dans cet article, nous montrons que le turc est une langue sans projection DP. Nous fondons notre analyse sur le fait que ni les articles ni les démonstratifs ne peuvent être analysés comme des têtes D°, et sur l'absence de complémenteur dans cette langue. Nous présentons ensuite la structure du SN turc, où à chaque niveau de complexité morphosyntaxique correspond un type d'interprétation particulier : référence à un type, indéfinitude, définitude.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Katia PAYKIN, Marleen VAN PETEGHEM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La définitude dans une langue sans article : le cas du russe »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le russe est une langue sans articles et n'exprime donc pas la définitude à l'aide de déterminants. Néanmoins, plusieurs phénomènes grammaticaux ont été signalés dans la littérature comme compensant l'absence d'articles en russe. Le but de cet article est d'examiner tous ces phénomènes pour analyser leur rapport avec la définitude. Sont examinés successivement l'ordre des mots et la prosodie, les cas en interaction avec l'aspect et l'accord verbal. Il ressort de cette étude que tous ces procédés mènent à un marquage du SN indéfini, alors que le SN défini reste non marqué. Cela dit, à part certaines oppositions casuelles, aucun de ces marquages n'entretient de rapport univoque avec l'indéfinitude. Seul l'emploi du génitif avec un argument du verbe donne systématiquement lieu à une interprétation indéfinie, par opposition à l'accusatif et au nominatif dans les mêmes contextes, qui entraînent une interprétation plutôt définie. L'utilisation de ce génitif à valeur indéfinie n'est toutefois possible qu'avec des noms de masse, des indéfinis pluriels et des SN en contexte négatif, ce qui montre que l'indéfinitude exprimée par le génitif n'est pas celle exprimée par l'article indéfini 'un' dans les langues à article. Elle concerne plutôt l'expression d'une quantité indéfinie ou la négation de l'existence du référent du SN.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lélia PICABIA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La primauté du temps pour l'interprétation du sujet : le cas du lari »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ce travail propose une étude de la composition morphologique des syntagmes nominaux définis en lari (langue bantoue du Congo), selon leur distribution dans la proposition (position sujet versus position régime). La conclusion la plus saillante est qu'en position sujet, si la proposition comporte des morphèmes de temps, le syntagme nominal est toujours défini, même s'il ne comporte aucun déterminant approprié. L'hypothèse descriptive avancée est que le temps de la proposition légitime l'interprétation définie du sujet.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne ZRIBI-HERTZ : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The dp hypothesis and the syntax of identification </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article examine le problème de la localisation de la ""définitude"", c'est-à-dire des traits responsables de l'identification du référent, au sein du groupe nominal. En se fondant sur des données comparatives du français et du haïtien, il met en question l'hypothèse courante stipulant que la définitude est un trait binaire (±défini) généré dans la projection supérieure du syntagme nominal, 'DP'. Il est soutenu que les effets de ""définitude"" peuvent être produits par au moins deux types de traits - le trait catégoriel [n], et des traits locatifs - qui peuvent occuper diverses positions structurales et peuvent aussi se combiner pour former une coquille fonctionnelle. Une dernière hypothèse, fondée sur les faits du haïtien, est que le Nombre peut être projeté au-dessus du ou des traits d'identification dans la structure syntaxique.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Enoch Oladé ABOH : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La morphosyntaxe de la périphérie gauche nominale »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper argues for the split-D hypothesis. The nominal left periphery consists of an articulated system where the features specific, number and definite are associated with discrete projections. DP is the highest projection of the system and expresses the interface between the discourse context and the nominal expression. Accordingly, it encodes Discourse-linked features such as specificity. On the other hand, NumP instantiates the lowest projection of the system. It is the link between the D-system and the nominal inflectional system. As such, NumP expresses agreement features (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e. g</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. number) and certain referential features (definite) that match those of the inflectional domain (SP). Under this approach, the specific interpretation is a semantic effect that derives from movement of the inflectional domain (SP) to Spec NumP and SpecDP. We further argue that in genitive constructions, the possessee can be interpreted as specific if and only if the predicative structure that includes both the possessor and the possessee moves to SpecDP. Granting that relative clauses instantiate a structure where the D-system projects above a CP clause, we conclude that a relativized noun phrase acquires the specific interpretation when the relative clause moves to SpecDP. In this respect, the difference between relative clauses and factive clauses boils down to the presence of a D-system above CP in the former but not in the latter. This would mean that factive clauses are simple CP clauses in which SpecCP hosts a full DP.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nadira ALJOVIC : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Long adjectival inflection and specificity in serbo-croatian »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This article is concerned with the interpretation of noun phrases containing short and long adjectives in Serbo-Croatian. It is argued that the short/long distinction among Serbo-Croatian adjectives correlates with the semantic opposition between the non-specific and specific readings, respectively. The article further investigates the syntactic source of the long inflection, proposing that an AP occupying the Specifier of a nominal functional head will appear with an additional mark, i.e. a long inflection. Finally, the morphological parallelism between the inflection on pronouns and that on adjectives is discussed, suggesting that both are linked to the same nominal projection &endash; possibly DP.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mario BARRA-JOVER :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Datif, possessif, article défini, ou comment se passer de la possession inaliénable »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The range of contexts which license a possessive reading with a definite article in e.g. French Jean lève la jambe, 'John raises the [= his] leg') may vary from one language to the next (the case instantiated by Jean l'a pris par la main 'John took him by the hand', being of another nature). This variation makes it impossible to account for this phenomenon in encyclopedic terms involving properties of the physical world. Basing ourselves on comparative data from English, Spanish and French, we argue that the possessive reading of the definite article is crucially licensed by the availability of the dative case. In a language lacking a morphological dative (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e.g</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. English), articles do not license the possessive reading. In a morphological-dative language, the distribution of the article depends on the range of verbs which license locative internal arguments expressing a contiguity relation. French verbs only exhibit this property if their thematic grid licenses a Goal, whereas Spanish verbs are not subject to this restriction. It follows that the possessive reading of articles has a far broader distribution in Spanish than in French.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne DALADIER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Definiteness in amwi : grammaticalization and syntax »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Amwi, a non-inflecting Mon-Khmer language, has a 'syntactic stress' mechanism which may apply to a subject or to one or several objects. Different morphological forms of determination construct with this mechanism in order to produce definiteness values : a) third person clitic pronouns used again as clitic-determiners, b) clitic-determiners associated with indefinite pronouns or ordinal-classifiers, c) aspectual elements associated with 'verbal'uses and aspectual deictics of time nouns. A syntactically stressed lexical subject or object is obligatorily definite. Definiteness values involve the syntax of the entire sentence in different ways.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Laurence KNITTEL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Existe-t-il un DP en turc ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In this paper we show that Turkish is a language without a DP projection. Our analysis is based upon the facts that neither the article nor the demonstrative can be analyzed as Ds, and that this language lacks complementizers. We then present the structure of NPs in Turkish. We show that to each degree of morphosyntactic complexity corresponds a particular interpretation : reference to a kind, indefiniteness, definiteness.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Katia PAYKIN, Marleen VAN PETEGHEM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Definiteness in a language without articles : a case-study of russian »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Russian is a language without articles ; therefore it does not express definiteness through determiners. Nevertheless, several grammatical phenomena have been mentioned in literature as possible strategies of (in)-definiteness marking. The aim of this article is to examine all these phenomena in order to establish their relation to (in)definiteness. Word order and prosody, as well as case marking in interaction with aspect and verb agreement, are discussed. Our study shows that it is indefinite NPs that receive special marking, while definite NPs stay unmarked. However, of all the available properties which correlate with indefiniteness, the genitive-case option appears as the only systematic strategy for indefiniteness marking. The genitive case on a verb argument always triggers an indefinite interpretation, contrasting with the nominative and accusative cases, which yield a definite reading. The use of this indefinite genitive is however only possible with mass nouns, plural indefinite NPs, and NPs in negative contexts. Hence, the indefiniteness expressed by the genitive is not the one expressed by indefinite articles such as English a, but crucially correlates with the expression of an indefinite quantity or with the negation of the existence of the referent.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lélia PICABIA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La primauté du temps pour l'interprétation du sujet : le cas du lari »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper investigates the morphological make-up of definite noun phrases in Lari (a Bantu language from Congo), according to their structural position within the clause (subject vs. nonsubject). The main conclusion is that the subject of a tensed clause is always construed as definite, whether or not it contains an overt determiner. The proposed descriptive assumption is that the definite interpretation of the subject is crucially licensed by Tense.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne ZRIBI-HERTZ : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The dp hypothesis and the syntax of identification »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper addresses the problem of locating 'definiteness', i. e. the feature(s) responsible for referent-identification, within noun phrase structure. Considering comparative data from French and Haitian, it questions the current assumption that definiteness is a binary feature (±definite) generated (or checked) in a functional phrase 'DP' projected in topmost position. It is argued that 'definiteness' effects may result from at least two types of features - the categorial feature [n], and locative features - which may occupy different positions within the noun phrase and may also combine to form a functional shell. It is further argued on the basis of Haitian evidence that Number may be projected above identification features in syntactic structure.</span></p>";258;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'un d'entre eux traite des conditions permettant l'interprétation de l'article défini, en français et en espagnol. Les autres études explorent diverses stratégies morphologiques et syntaxiques qui contribuent, à l'intérieur et à l'extérieur du groupe nominal, à l'identification des référents dans des langues avec et sans article : amwi (austro-asiatique), gbe (kwa), haïtien, lari (bantou), russe, serbo-croate, turc.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 344;1;6;27;La rouelle et la croix (La) - Destins des juifs d'Occident;N°41/2001;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les marques de différenciation des juifs se développent dans la seconde moitié du Moyen Age, à travers des signes imposés (la rouelle), des récits reconduits (la profanation de l'hostie).</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditorial</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Benoît Grévin, Dominique Iogna-Prat et Danièle sansy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Destins des juifs d'Europe du Nord : une question d'histoire globale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danièle Sansy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marquer la différence : l'imposition de la rouelle aux XIIIe et XIVe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elsa Marmursztejn<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du récit exemplaire au casus universitaire : une variation théologique sur le thème de la profanation d'hosties par les juifs (1290)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Benoît Grévin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'hébreu des franciscains. Nouveaux éléments sur la connaissance de l'hébreu en milieu chrétien au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Iogna-Prat<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La terre sainte disputée</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck Collard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'empereur et le poison : de la rumeur au mythe. À propos du prétendu empoisonnement d'Henri VII en 1313</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daisy Delogu<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Armes, amours, écriture. Figures de l'écrivain dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Meliador</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Jean Froissart</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">POINT DE VUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Benoît Grévin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Israël en Edom : à propos de quelques publications récentes sur l'histoire du judaïsme en Europe du Nord au Moyen ge central (XIe-XIVe siècles)</span></p>";;10/12/2001;41;155x220;192;978-2-84292-115-6;9782842921156;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_344.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Danièle SANSY</em><span><br /><strong>Marquer la différence : l'imposition de la rouelle aux XIIIe et XIVe siècles</strong><br />A partir de 1269, les juids du royaume de France sont astreints au port d'une marque verstimentaire, imposée e nOccident par l'Eglise depuis 1215. La forme ronde de la rota ou roella adoptée par les rois de France et sa couleur, jaune dans un premier temps puis bichrome - rouge et jaune -, tradusient le caractère infamant de cet insigne, qui accentue la volonté de ségrégation physique des juifs en terre chrétienne aux XIIIème et XIVème siècles.<br />Juifs - France - signe distinctif - rouelle - antijudaïsme</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span><em>Elsa MARMURSZTEJN</em><br /> </span><span><strong>Du récit exemplaire au <em>casus</em> universitaire : une variation théologique sur le thème de la profanation d'hosties par les juifs (1290)</strong><br />En 1290, date du célèbre ""miracle des Billettes"" , le motif de la profanation d'hosties par les juifs, porté par l'essor de la dévotion eucharistique et par une croyance populaire entretenue par des récits exemplaires, apparaît dans une question quodlibétique d'Henri de Gand. Le texte de ce théologien permet d'établir l'existence de liens entre croyances communes et pensée scolastique, de saisir l'originalité du traitement intellectuel du motif de la profanation d'hosties et la prétention des universitaires à faire entrer les juifs dans les cadres normatifs qu'ils élaboraient pour la société chrétienne.<br />Eucharistie - profanation - juifs - <em>Quodlibet</em> - Henri de Gand<br /></span></p> <p style=""text-align: justify;""><span><em>Benoît GREVIN</em><br /> </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>L'hébreu des franciscains. Nouveaux éléments sur la connaissance de l'hébreu en milieu chrétien au XIIIe siècle</strong><br />Dans le courant du XIIIème siècle, des tentatives ont été faites dans un milieu chrétien particulier, les Franciscains, pour acquérir une réelle connaissance de l'hébreu biblique. L'examen de documents encore largement inédits montre que, au-delà de grandes difficultés liées à la différence de structures linguistiques de l'hébreu et des langues de la tradition savante occidentale, l'étude de cette langue a été poussée par certains clercs beaucoup plus loin que ce qu'on admet traditionnellement, et qu'elle a débouché sur des analyse exégétiques et linguistiques mettant en jeu de manière très novatrice des éléments de la tradition grammaticale occidentale, aussi bien que de l'exégèse juive.<br />Hébreu - grammaire - Franciscains - Bacon - Rashi</span></p> <p style=""text-align: justify;""><span><em>Dominique IOGNA-PRAT</em><br /> </span><strong>La terre sainte disputée</strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Entre le IVème et le XIIIème siècle a lieu un lent mais inexorable processus d'exclusion spatiale des juifs dans l'Occident médiéval. Éternellement renvoyés à la terre de leurs pères désormais perdue, les juifs de l'exil se voient dénier toute possibilités d'ancrage, non seulement dans leur ancienne terre, devenue terre du Christ et donc de la sainteté qui n'est plus la leur, mais aussi dans tout l'espace de la Terre, où les apôtres ont été envoyés en mission et où les lieux saints chrétiens se sont multipliés : églises, cimetières et même communautés d'habitants de certains royaumes dits ""chrétiens"" voire ""très chrétiens"", telle la France et l'Angleterre, où le souverain se préoccupe de purifier l'espace de la patrie commune en combattant hérétiques et infidèles.<br />Cimetière - église - espace sacré - royaume chrétien - Terre Sainte</span></p> <p style=""text-align: justify;""><span><em>Franck COLLARD</em><br /> </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>L'empereur et le poison : de la rumeur au mythe. À propos du prétendu empoisonnement d'Henri VII en 1313</strong><br />Attribuée selon toute probabilité à la maladie par les historiens modernes, la mort de l'empereur germanique Henri VII, survenue le 24 août 1313 dans les environs de Sienne alors qu'il menait une campagne militaire destinée à restaurer l'autorité impériale en Italie du Nord, souleva une grande émotion sur le moment et déclencha une controverse qui ne devait pas s'éteindre avant des années. Cet article se propose de prendre la mesure de la thèse du poison et d'en comprendre les implications, à partir de l'exploration des principales sources narratives et administratives disponibles. Il vise à démontrer que l'invocation rien moins qu'anecdotique du poison, toute fantaisie qu'elle fut, mit en jeu des motivations politiques et idéologiques : jeter le discrédit sur les adversaires anti-chevaleresques de la grandeur impériale et élever la figure d'Henri VII au rang d'un autre conquérant foudroyé par le poison : Alexandre le Grand.<br />Poison - Henri VII - Guelfes - Gibelins - Historiographie - Dominicains </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span><em>Daisy DELOGU</em><br /> </span><strong>Armes, amours, écriture. Figures de l'écrivain dans le <em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Meliador</span></em></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong> de Jean Froissart</strong><br />Le roman en vers arthurien de Jean Froissart, <em>Méliador</em>, généralement considéré comme une anomalie dans l'œuvre de l'auteur, a longtemps été relégué au second plan des études sur Froissart. Cet article vise à démontrer que </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Méliador</em>, en dépit de son sujet insolite, est bel et bien intégré à la plus grande partie de l'œuvre de Froissart, y compris les <em>Chroniques</em> et les <em>Dits</em>, et que cette intégration est rendue possible précisément grâce aux insertions lyriques de Wenceslas de Brabant. Les circonstances qui entourent ces insertions et la manière dont elle sont introduites soulignent particulièrement la fonction des écuyers dans la production littéraire de leur maître, le rôle du narrateur et la façon dont les écuyers et le narrateur fonctionnent comme les doubles de Froissart. A l'instar de beaucoup d'autres œuvres de Froissart, </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Méliador </em>témoigne de la préoccupation de la postérité, du rôle de la mémoire et sa relation à l'écriture, du travail de composition littéraire comme un des sujets du texte.<br />Jean Froissart - </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Méliador - </em>insertions lyriques - Wenceslas de Brabant<em><br /></em></span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Danièle SANSY</em><span><br /><strong>Making the Difference : The Imposition of the ""Rouelle"" in the 13th and 14th Centuries</strong><br />From 1269 on, the Jews in the kingdom of France were obliged to wear a distinctive sign, a badge imposed by the Church in the West since 1215. The round form of the <em>rota</em> or <em>roella</em> adopted by the king of France, and its color, at first yellow then two-toned - yellow and red - denotes the ignominious character of the sign, which accentuated the will to enforce the physical segregation of the Jews in Christian lands in the 13th and 14th centuries.<br />Jews - France - distinctive sign - ""rouelle"" - anti-Judaism</span></p><p style=""text-align: justify;""><span><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span><em>Elsa MARMURSZTEJN<br /></em><strong>From the Exemplary Narrative to the Academic<em> Casus</em> : A theological Variation on the Theme of the Profanation of the Host (1290)</strong><br />In 1290, the year of the famed ""miracle of the Billettes"", the motif of the profanation of the host by the Jews, a theme in favor because of rising eucharistic devotion and popular belief supported by exemplary narratives, appeared in a quodlibet by the theologian Henry of Ghent. This text helps establish connections between common beliefs and scholastic thought, as well as gain insght into the originality of the intellectual treatment of the theme of the profanation of the host and the pretentions of universities to confine the Jews within the normative frame which was being elaborated for Christian society.<br />Eucharist - profanation - Jews - Quodlibet - Henry of Ghent<br /><em><br /> </em><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span><em>Benoît GREVIN<br /></em><strong>The Hebrew of the Franciscans : New Insights into the Hebrew Language in the Christian Environment in the 13th Century</strong><br />In the course of the 13th century, in a particular Christian milieu, that of the Franciscans, attempts were made to acquire a more genuine knowledge of biblical Hebrew. An examination of mainly unpublished documents show that, beyond the great difficulties due to the structural linguistic differences between the Hebrew language and the languages of the Western scholarly tradition, the study of Hebrew by certain clericals was much more serious than is usually acknowledged, having led to exegetic and linguistic analyses which bring to light, in a very novel manner, elements of both the Western grammatical tradition and Jewish exegesis. <br />Hebrew - grammar - Franciscans - Bacon - Rashi </span></p><p style=""text-align: justify;""><span><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span><em>Dominique IOGNA-PRAT<br /></em><strong>Disputing the Holy Land<br /></strong>Between the 4th and the 13th centuries, a slow but unrelenting process of spatial exclusion of the Jews took place in the medieval West. Eternally, sent back to their henceforth lost fatherland, the Jews of exile were denied all possibility of anchorage, excluded not only from their former land, which was now the land of Christ and thus the land of a sanctity no longer theirs, but from all the regions of the Earth where the apostles had been sent to preach and where holy Christian landmarks had multiplied. These included chruches, cemeteries, and even communities of inhabitants of particular kingdoms qualified as ""Christian"", or indeed ""very Christian"", such as France and England, where the sovereigns were concerned with purifying the space of the common homeland bu fightinh heretics and infidels.<br />Cemetery - church - sacred space - Christian kingdoms - Holy Land</span></p><p style=""text-align: justify;""><span><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span><em>Franck COLLARD</em><em><br /></em><strong>The Emperor and the Poison : From Rumor to Myth. On the Alleged Poisoning of Henry VII in 1313</strong><em><br /></em>Attributed with near certainty to disease by modern historiography, the death of the Germanic emperor Henry Vii on August 24, 1313, which occurred in the vicinity of Siena while he was leading a military campaign designed to restore imperial power in Northern Italy, roused great emotion at the time and kindled a lively controversy which lasted for many years to come. This article proposes to evaluate the importance of the poisoning thesis and comprehend its implications by an exploration of the available narrative, literary, and administrative sources. It intends to demonstrate that the invocation of poisoning, more than just anecdotal or fanciful, was in fact motivated by political and ideological factors aiming at the same time to disqualify the antichivalous adversaries of imperial grandeur and to elevate the figure of Henry VII to the eminence of that of another conqueror destroyed by poison : Alexander the Great.<br />Poison - Henry VII - Guelphs - Ghibellines - historiography - Dominicans<br /><br /> </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span><em>Daisy DELOGU<br /></em><strong>Armes, amours, écriture. Figures of the Author in Jean Froissart's </strong></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong><em>Méliador</em></strong><br />Jean Froissart's Arthurian </span><span><em> </em>verse romance, </span><span><em>Méliador, </em>generally seen as anomalous among the works of Froissart, has long been relegated to the sidelines of Froissart studies. the present article seeks to demonstrate that, despite its singular subjectmatter, </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Méliador,</em> is in fact closely related to the larger body of Froissart's works, including his Chroniques and his Dits, and that this integration is achieved precisely by means of the lyrics insertions of Wenceslas de Brabant. The article focuses on the circumstances and manner of the lyrics insertions, with particular emphasis on the function of the squires in the literary production of their masters, the role of the narrator, and the ways in which both squires and narrator function as doubles for Froissart himself. Like many of Froissart's other works, </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Méliador </em>exhibits a preoccupation with posterity, the role of memory and its relationship to writing, and the process of literary composition as a subject of the text itself. <br />Jean Froissart - </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Méliador - </em>lyric insertions - Wenceslas de Brabant<em><br /></em></span></p>";320;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro de <em>Médiévales</em> montre comment la judéophobie populaire est nourrie par la réflexion savante, tandis que la connaissance du monde juif reste voilée par l'ombre de la croix, érigée en symbole d'une chrétienté triomphante.</p>";"<p>Numéro publié avec le concours du CNL et du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 345;2;3;8;Éloge de la paraphrase;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La paraphrase est aujourd'hui bannie de toute approche savante de la littérature. Cet ouvrage met en cause l'évidence d'une telle disqualification.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><blockquote><blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Quelques raisons de ne pas adhérer au disours de disqualification de la paraphrase</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le discours de condamnation de la paraphrase<br />- L'interdit actuel de la paraphrase : un certain rapport au texte littéraire</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote></blockquote><blockquote><blockquote><blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - La légitimité historique de la paraphrase</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La paraphrase, une pratique pédagogique codifiée dans les traités rhétorique de l'Antiquité<br />- Paraphrase et commentaire<br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La paraphrase et l'explication scolaire des textes</span></p></blockquote></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><blockquote><blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Quelques raisons de réhabiliter la paraphrase</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Illustration de la paraphrase (Veyne, Bénichou, Barthes et quelques autres)<br />- Valeur didactique de la paraphrase</span></p></blockquote></blockquote></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></em></p>";"<p style=""text-align: justify;"">On connaît le discrédit porté sur la paraphrase dans l'approche scolaire et universitaire des textes littéraires : quiconque s'est essayé au commentaire de texte, au lycée ou à l'université, a un jour vécu l'expérience de l'exclamation péremptoire du jugement infamant : "" Paraphrase ! "". C'est cet interdit que j'ai voulu interroger et mettre en cause, dans une démarche à la fois théorique (en inscrivant cette notion dans la longue histoire de ses avatars depuis la rhétorique antique jusqu'à la linguistique contemporaine), didactique (en exhibant l'usage qu'en font les professeurs pour porter un jugement négatif sur les copies des élèves, des étudiants ou des candidats au CAPES ou à l'agrégation) et critique (en affirmant le caractère légitime de la paraphrase comme pratique de lecture et de commentaire des textes littéraires). Si un éloge de la paraphrase est possible, finalement, ce n'est pas par goût du paradoxe, mais par la mise en évidence du caractère relatif des critères du jugement de paraphrase et du socle théorique qui souvent le motive : l'analyse critique de certaines conceptions de la littérature et de son enseignement montre qu'en général ces dernières reposent davantage sur des croyances que sur des arguments rationnels.</p>";10/02/2002;0;137x220;176;978-2-84292-117-0;9782842921170;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_345.jpg;;;;260;19.00;"<p style=""text-align: justify;""> Ce livre montre que la paraphrase implique des conceptions de la littérature moins fondées sur des arguments que sur des croyances.<br />À l'analyse, le discours disqualifiant la paraphrase se révèle sans grande cohérence, bien qu'il ne cesse de la définir comme répétition du texte. En fait, le mot désigne une réalité sans coutours précis et ne sert qu'à stigmatiser une démarche, en recourant à des critères variables selon les époques et les lieux. Si l'on s'attache à définir objectivement la paraphrase, on ne peut qu'observer sa légitimité dans une culture rhétorique mais aussi sa nécessité discursive dans tout commentaire de textes littéraires. C'est ce qui permet, dans la perspective didactique où se place l'auteur, de parvenir à un ""éloge de la paraphrase"", à réhabiliter comme une pratique d'apprentissage des discours critiques sur la littérature.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 346;2;6;14;Écrire l'espace;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Notion abstraite et expérience sensible, l'espace met en oeuvre une série de paradoxes que l'auteur a voulu aborder ici par la double épreuve de l'art et de la littérature.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un espace littéraire ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Non-lieux</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - Pluralité</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2 - Relativité</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3 - Étrangeté</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4 - Inhumanité</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5 - Un troisième genre ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Lisières</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - L'autre rive</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2 - Le paradoxe d'Orphée</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3 - Le temps retourné</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4 - Le commencement de l'écriture</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Labyrinthes</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - La règle du lieu</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2 - La ville-signe</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3 - L'envers du tableau</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4 - Discords</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'œuvre et l'espace</span></p>";"<p>Écrire l'espace, pourquoi ? parce qu'il nous exclut - nous projetant au-dehors alors qu'il invite au voyage. L'espace ne nous appartient pas, et je n'ai pas voulu le rendre habitable ; seulement en reconnaître l'étrangeté, qui affecte les arpenteurs de Stifter ou les monades de Varda, lorsque les cartes leur font défaut et qu'ils cèdent à la route : devenant eux-mêmes le lieu de leur exil, qui s'écrit à même le sol. Écrire l'espace, pourquoi ? parce qu'il nous défie. Abstrait et sensible, pluriel et sans espèces dénombrables, l'espace est paradoxe et nous savons, avec Deleuze, que l'écriture a pour tâche de déployer les paradoxes et non de les résoudre. J'ai donc entrepris d'opposer la logique d'écrire aux modèles qui plient l'espace à la règle des lieux. À suivre Balzac ou Borges, les labyrinthes s'effacent en se traçant, chez des Forêts la lisière empêche la partition des territoires. Mais nous savons aussi, à relire Blanchot et Mallarmé, que l'écriture est elle-même le lieu de la plus haute expropriation : ne pouvant se figurer que sous la forme d'un espace qu'elle défigure. Aporie incessante, à pousser au plus vif. Écrire l'espace, pourquoi ? parce qu'il nous séduit. Les jeux des formes avec le vide, le tourniquet des traits et des traces, l'élan des tons et le leurre des volumes - autant de dissonances qui nous font signe chez Bram van Velde ou Giacometti. Tel est l'ultime paradoxe de l'écriture-espace à laquelle j'ai souscrit : restituer aux oeuvres, par-delà les ruses d'Orphée, leur force de discord, visuelle et sonore - soit leur éclat, proprement esthétique. Marie-Claire Ropars-Wuilleumier</p>";10/03/2002;0;137x220;184;978-2-84292-118-7;9782842921187;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_346.jpg;;;;270;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">Si la littérature est espace, selon le postulat de Blanchot, alors certaines œuvres de la modernité - de Perec à Stitfer, de Borges à Balzac - peuvent éclairer une notion qui défie les systèmes. Tel est le pari fait ici, où l'on s'attache à cerner, à travers textes et récits, les paradoxes théoriques engagés dans un espace, dont l'écriture prend en charge l'étrangeté conceptuelle. Mais l'espace relève aussi d'une expérience perceptive, que les œuvres visuelles et sonores font jouer par les sens et de façon déceptive : autre face, indissociable de la précédente, où éprouver, par voies de films et de tableaux, l'impossibilité esthétique de donner corps à l'espace. L'hypothèse devient alors celle-ci : hors lieu et cependant sensible, l'espace ne pourrait-il que s'écrire sans pour autant jamais faire corps avec l'écriture ? Telle serait alors la modalité extrême d'une notion définié par l'extériorité et dont on explore ici les détours singuliers.</p><p style=""text-align: justify;"">Avec des textes de Stifter, Perec, Kafka, des Forêts, Balzac, Borges, Mallarmé, des films de Varda, Wong kar-wai, Glauber Rocha, Bresson, Godard, Terrence Davis , des oeuvres picturales de Bram van Velde, Giacometti, Piero della Francesca, Vasari.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 331;2;3;16;Romanticoco. Fantaisie, chimère et mélancolie;(1830-1860);;;"<p style=""text-align: justify;"">Romanticco, ou le romantisme appréhendé sous l'angle du divers, de la fantaisie et du bariolé. Une exploration décalée de la poétique et de l'idéologie, qui fait se rencontrer Balzac, Sand et Musset, mais aussi Michelet et Baudelaire, impulsant une pensée de la modernité.</p>";"<p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Avant-propos<br /> Romantisme et romanticoco</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> SENS ET RETRAIT DU SENS</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">I.<br /> L'histoire en défaut (1815-1830)<br /> La défection du sens (1830-1848)<br /> L'effondrement du symbolique (1830-1860)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">II.<br /> Croyance et transcendance<br /> L'Orient désert<br /> Les voiles de la mélancolie<br /> La Mort à Venise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">III.<br /> Bohémiens en voyage<br /> La vie de voyage<br /> Les espaces de l'ailleurs et de l'écriture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">IV.<br /> Chimères</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> POÉTIQUES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Poésie, peinture et roman dans </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La Femme de trente ans</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> : une poétique de la mélancolie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Illusions perdues</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">, ou la poésie en prose</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Fantaisie vénitienne (</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Lettres d'un voyageur</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">, II)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Luth, églantier et pélican. À propos de</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> La Nuit de mai</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La Flûte, ou la poétique du ratage chez Vigny</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">TROISIÈME PARTIE<br /> ALIBIS</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Histoire et histoire naturelle : l'exemple de L'</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Oiseau</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Sociétés animales, socialité humaine dans L'</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Insecte</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Évolution et progrès, ou la mélancolie de </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La Mer</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La Montagne</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">, ou Révolution et fin de l'Histoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Baudelaire et "" La Fin du monde "". </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Colère et tristesse d'un prophète</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Conclusion<br /> Le Sphinx et la Chimère</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Bibliographie</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Index</span></p>";;10/06/2001;0;137x220;256;978-2-84292-091-3;9782842920913;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_331.jpg;;;;350;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Non pas le romantisme, ni les romantismes, mais romanticoco : le mot désigne la part du divers, du bariolé qui est à l'oeuvre dans le romantisme. Ce divers n'est pas l'expression d'un dérapage excentrique ; il désigne les limites d'un romantisme qui serait conçu comme philosophie du sens et de la transcendance ; et dans sa fantaisie même, sa fantasia, il est la marque du travail d'altération de la réalité et des catégories littéraires que le romantisme ne cesse d'inscrire en lui-même. Exploration des ailleurs de la poétique et de l'idéologie, qui fait se rencontrer Balzac, Sand et Musset, mais aussi Baudelaire et Michelet, le livre cherche à mettre au jour cette configuration du romantisme : on y éprouve la tension entre sens et retrait du sens, qui s'instaure quand les grands mythes de l'Histoire et de la Révolution se sont écroulés. Cette configuration est de nature mélancolique, elle est le lieu d'une vacance, que trament les motifs de l'Orient, du bohémianisme, de la chimère : tous objets désignant l'ailleurs où désormais inventer une pensée de la modernité.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 332;1;3;27;Rome des jubilés;N°40/2001;;;"<p>Le jubilé de l'an 2000 dans le prolongement des festivités de 1300, 1350... La réalité de Rome et des premiers jubilés, à travers le témoignage d'historiens contemporains.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne Hubert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rome des jubilés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Vauchez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du pèlerinage au Jubilé : significations religieuses</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anna Esposito</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Structures d'accueil et d'assistance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giulia Barone<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le clergé romain</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luciano Palermo<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'économie du Jubilé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne Hubert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La ville de Rome au début du XIVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne Anheim, Isabelle Heullant-Donat, Emmanuelle Lopez, Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rome et les jubilés du XIVe siècle : histoires immédiates</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Julia M. H. Smith<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'accès des femmes aux saintes reliques durant le haut Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charlotte Christensen-Nugues<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mariage consenti et mariage contraint : l'abjuration</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> sub pena nubendi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à l'Officialité de Cerisy, 1314-1346 </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Julien Véronèse<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean sans Peur et la « fole secte » des devins : enjeux et circonstances de la rédaction du traité </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Contre lees devineurs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1411) de Laurent Pignon</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">POINT DE VUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Baladier, Monique David-Ménard, Dominique Iogna-Prat, Christopher Lucken<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'amour au Moyen Âge. Autour du livre de Charles Baladier, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Érôs au Moyen Âge. Amour, désir et</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> delectatio morosa, Paris, Cerf, 1999.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/06/2001;40;155x220;176;;9782842920890;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_332.gif;"<p style=""text-align: justify;"">Giulia Barone : <strong>« Le clergé romain et le jubilé »<br /> </strong>On connaît très mal le clergé romain au XIVe siècle. Le pape était à sa tête à la fois comme évêque de Rome et chef de la chrétienté occidentale. Progressivement entre les XIe et XIIe siècles, s'était constitué le collège cardinalice. Au XIVe siècle, les cardinaux exerçaient des fonctions politiques et administratives pour le pape mais ne participaient plus guère à la vie religieuse de la ville. Le clergé des grandes basiliques et des principales églises paroissiales, constitué en confrérie, avait une attitude très défensive, en particulier contre les religieux mendiants qui ne purent s'imposer à Rome comme dans les autres villes. D'une manière générale, il semble que le jubilé toucha peu le clergé local qui se contenta de prendre acte de l'afflux des pèlerins étrangers.</p><p style=""text-align: justify;"">Anna Esposito : <strong>« Accueil et assistance à Rome »<br /> </strong>L'article traite du développement des structures d'accueil à Rome et de leur progressive évolution en centres d'assistance, de plus en plus orientés vers la médicalisation et, par la suite, vers la spécialisation des services. L'existence de deux grands centres d'assistance situés aux deux pôles opposés de la ville, l'hôpital Santo Spirito &emdash; près du Vatican &emdash; d'inspiration pontificale, et l'hôpital du Salvatore &emdash; près du Latran &emdash; de gestion laïque, n'empêche pas la multiplication de petits hôpitaux/hospices gérés par de pieuses confréries ou par les diverses <em>nationes</em> présentes à Rome. Au XVe siècle, on se préoccupe tout particulièrement de l'accueil des femmes, avec la création de salles qui leur sont réservées dans les hôpitaux et de maisons pour leur séjour. L'article donne en outre des informations sur l'organisation, le personnel, l'activité médicale des hôpitaux romains, et les thérapies qui y étaient pratiquées.</p><p style=""text-align: justify;"">Étienne HUBERT : <strong>« Rome au XIVe siècle. Population et espace urbain »<br /> </strong>Depuis Karl-Julius Belloch, les estimations traditionnelles évaluent la population romaine à 30 000 habitants vers 1300 et à 25 000 à la fin du XIVe siècle. Si le point d'arrivée forme un ordre de grandeur accepté par tous les historiens, l'examen des trop rares sources relatives à l'évolution de l'espace urbanisé <em>intra muros</em> au cours du XIVe siècle, conjuguées aux quelques informations disponibles sur la virulence des épidémies de la seconde moitié du siècle, permet de réévaluer la population romaine au moment de son apogée de 1300 et de la classer dans la seconde catégorie des villes italiennes, dont la population s'établissait entre 40 000 et 80 000 habitants.</p><p style=""text-align: justify;"">Étienne ANHEIM, Isabelle HEULLANT-DONAT, Emmanuelle LOPEZ,<br /> Odile REDON : <strong>« Rome et les jubilés du XIVe siècle: histoires immédiates »<br /> </strong>Les historiens contemporains des jubilés de 1300 et de 1350, ont porté un regard sur l'événement et sur Rome, la ville où se rendaient les pèlerins désireux de bénéficier de l'indulgence générale. Trois observatoires ont été retenus pour constituer le dossier: Florence avec la <em>Nuova Cronica</em> de Giovanni Villani et la <em>Cronica</em> de son frère Matteo, Rome, illustrée par son unique chroniqueur, l'Anonimo romano, puis Avignon, où réside le pape du second jubilé, dont les <em>Vies</em> commentent le difficile rapport avec Rome et l'absence au jubilé. La primauté a été donnée aux textes mêmes, qui sont ici présentés et traduits. Ils montrent à l'évidence l'attraction exercée sur les lointains fidèles par Rome et par l'indulgence générale, le désintérêt de la cour d'Avignon et l'attitude ambiguë des Romains, plus soucieux de leurs affaires et de la vie politique de la cité que des bénéfices spirituels du jubilé.</p><p style=""text-align: justify;"">Julia M. H. SMITH :<strong> « L'accès des femmes aux saintes reliques durant le haut Moyen Âge »<br /> </strong>Cet article examine les raisons pour lesquelles les femmes se sont vu interdire l'accès direct à certaines reliques à l'époque carolingienne. Il situe l'origine de cette interdiction dans la pratique de l'Antiquité tardive qui prohibe l'accès des femmes aux monastères masculins, interdiction qui ne concerna les reliques qu'à partir du moment où les tombeaux des saints commencèrent à être placés à l'intérieur des églises monastiques, c'est-à-dire au VIIe siècle. Néanmoins, certains monastères mérovingiens ont été capables de répondre à la fois à la nécessité pour les moines d'avoir un lieu de prière retiré du monde et au désir des laïcs d'accéder aux tombeaux des saints en construisant des églises multiples. Mais à l'époque caroligienne, le changement de normes imposant de purifier l'enceinte monastique se combina avec de nouvelles pratiques consistant à déposer les reliques dans l'église principale, et c'est alors que se posa le problème de l'accès des laïcs à ces reliques. Bien que ces restrictions concernent aussi les hommes laïques, les femmes furent plus souvent exclues du contact direct avec les reliques.</p><p style=""text-align: justify;"">Charlotte CHRISTENSEN-NUGUES : <strong>« Mariage consenti et mariage contraint: l'abjuration <em>sub pena nubendi</em> à l'officialité de Cerisy, 1314-1346 »<br /> </strong>Selon le droit canonique médiéval, la validité d'un mariage dépendait uniquement du consentement des deux parties. Personne ne pouvait forcer un couple à se marier sans le libre consentement de chacun des futurs époux. En même temps, le droit canonique prohibait toute relation sexuelle en dehors du mariage. Deux personnes vivant en concubinage pouvaient être contraintes à renoncer l'une à l'autre par une abjuration <em>sub pena nubendi</em>. Cela signifiait que tout rapport sexuel futur entre eux créait un mariage valide. Dans cet article, j'étudie le conflit entre la doctrine du libre consentement comme seul fondement du mariage et la contrainte imposée par la pratique d'abjuration <em>sub pena nubendi</em>.</p><p style=""text-align: justify;"">Julien VERONESE : <strong>« Jean sans Peur et la "" fole secte "" des devins: enjeux et circonstances de la rédaction du traité <em>Contre les devineurs</em> (1411) de Laurent Pignon »<br /> </strong>À la croisée des XIVe et XVe siècles, alors que la situation politique est tendue dans le royaume de France, les pratiques magiques et divinatoires, dans leur diversité, font une entrée remarquée dans les milieux princiers et notamment à la cour de Bourgogne. En bon conseiller, le dominicain Laurent Pignon met son prince, le duc Jean sans Peur, en garde contre cette poussée malfaisante en lui dédiant, en 1411, son traité <em>Contre les devineurs</em>. Est-ce à dire que le duc était impliqué ? La rumeur, pour le moins, l'affirme. Dès lors, Pignon montre à son protecteur les dangers qu'il pourrait encourir à faire des pratiques superstitieuses un moyen de gouvernement. Et pour mieux le convaincre, il affirme que les ""devins"", auquel le duc pourrait être tenté de se lier, forment une secte vouée au diable sur le point de contrôler la Chrétienté. L'argument semble imparable. Mais qu'en est-il vraiment ?</p>";;"<p style=""text-align: justify;"">Giulia Barone : <strong>« The Roman Clergy and the Jubilee »<br /> </strong>We know little about the Roman clergy in the 14th century. The pope, head of the Church, was at the same time bishop of Rome and leader of Western Christendom. Gradually, between the 11th and 12tth centuries, the College of Cardinals was instituted. In the 14th century, the cardinals carried out political and administrative functions for the pope, but had ceased to participate in the religious life of the city. The clergy of the great basilicas and principal parochial churches, forming a confraternity, assumed a strongly defensive attitude, particularly in regard to the mendicant orders, who failed to assert their influence as in other cities. On the whole, it seems that the jubilee had little impact on the local clergy, content with merely recording the flow of foreign pilgrims.</p><p style=""text-align: justify;"">Anna Esposito : <strong>« Shelter and Assistance in Rome »<br /> </strong>The article outlines the development of structures providing shelter in Rome, and their gradual evolution into assistance-oriented centers, increasingly turned to medicalization and, subsequently, the specialization of health services. The existence of two great centers located in two opposite poles of the city, the Santo Spirito hospital &emdash; near the Vatican &emdash; a papal institution, and the hospital of the Salvatore &emdash; near the Lateran &emdash; administered by laymen, did not hinder the multiplication of small hospitals/hospices managed by pious confraternities or by the <em>nationes</em> residing in Rome. During the 15th century particular attention is given to the care of women, with the creation of special hospital wards and shelters. The article also gives information on the organization, personnel, medical activity, and therapies practiced in Roman hospitals.</p><p style=""text-align: justify;"">Etienne Hubert : <strong>« Rome in the 14th Century : Population and Urban Space »<br /> </strong>Since Karl-Julius Belloch, evaluations of the Roman population traditionally estimate its number at 30 000 inhabitans around 1300, and 25 000 towards the end of the 14th century. If this rough estimate is accepted by all historians, an examination of the meagre sources regarding the evolution of intramural urbanized areas in the 14th century, combined with some available documentation on the virulence of the epidemics during the second half of the century, makes it possible to reevaluate the Roman population around 1300, at the time of its peak, and to place Rome in the second category of Italian cities comprising a population between 40 000 and 80 000 inhabitants.</p><p style=""text-align: justify;"">Etienne Anheim, Isabelle Heullant-Donat, Emmanuelle Lopez,<br /> Odile Redon : <strong>« Immediate History »<br /> </strong>Contemporary historians of the jubilees of 1300 and 1350 have given an account of the event, and of the life of Rome, the city where pilgrims flocked, desirous of obtaining the plenary indulgence. Three points of observation have been retained: Florence, with the <em>Nuova Cronaca</em> by Giovanni Villani and the <em>Cronaca</em> by Matteo, his brother; Rome, illustrated by its sole chronicler Anonimo Romano; Avignon, residence of the pope during the second jubilee, whose <em>Vitae</em> comments on the difficult relationship with Rome and on the pope's absence at the jubilee. The authors have given all their attention to the texts themselves, presented and translated here. These reveal the attraction Rome and the indulgence exercised on the Christian West, the lack of interest shown by the court of Avignon, and the ambiguous attitude of the Romans, more concerned with business and city politics than with the spiritual benefits of the jubilee.</p><p style=""text-align: justify;"">Julia M. H. Smith : <strong>« Women at the Tomb: Access to Relic Shrines in the Early Middle Ages »<br /> </strong>This paper examines why women were excluded from direct access to some Carolingian relic shrines. It locates the source of the prohibitions in late antique restrictions on female access to male monasteries, prohibitions which came to bear on relic shrines only when saintly burials began to be located within monastic churches from the Seventh Century onwards. Nevertheless, many Merovingian monasteries were able to cater both for monk's need for a secluded place of prayer and the laity's desire to access to saint's tombs by building multiple churches. But changing norms for laying out monastic precincts in the Carolingian period combined with new practices of enshrining relics in the main abbey church to render lay access problematic. Although restrictions on lay access might affect lay man, lay women are more often excluded from direct contact with relics.</p><p style=""text-align: justify;"">Charlotte Christensen-Nugues : <strong>« Consent and Coercion in Marriage : Abjuration ""<em>sub pena nubendi</em>"" at the Officiality of Cerisy, 1314-1346 »<br /> </strong>According to medieval Canon Law the validity of a marriage depended solely on the consent of the parties. No one could force a couple to marry if they did not freely consent to do so. In parallel, any kind of sexual relations outside of marriage was prohibited by Canon Law. An unmarried couple could be forced to abjure one another <em>sub pena nubendi</em>. This meant that any future intercourse would automatically leave them legally married. In this article I study the conflict between the idea of marriage as solely depending on the free consent and the marriage coercition imposed by abjuration <em>sub pena nubendi</em>.</p><p style=""text-align: justify;"">Julien Veronese : <strong>« John the Fearless and the ""Mad Sect"" of the Diviners: The Stakes and Circumstances of the Treatise <em>Contre les devineurs</em> (1411) by Laurent Pignon »<br /> </strong>As the crossroads of the 14th and 15th centuries, at a time of political unrest in the French kingdom, a variety of magical and divinatory practices made a marked appearance in princely circles, and notably at the court of Burgundy. In 1411, the Dominican Laurent Pignon, in his role of good advisor, warned his prince, Duke John the Fearless, against this evil influence by dedicating to him his treaty, <em>Contre les devineurs</em>. Does this imply that the Duke was somehow implicated ? So, at least, rumor asserts. Pignon points out the dangers threatening his protector if superstitious practices are used as a means of government. To better convince him, Pignon affirms that the ""diviners"" whom the Duke may be tempted to heed form a sect devoted to the devil, set on controlling Christianity. The argument seems a conclusive one. But what are the real facts?</p>";314;15.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 333;2;3;14;L'Art et l'Hybride;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La notion d'hybride devient ici l'opérateur d'une réflexion sur le principe de création. Avec des chercheurs en esthétique et en sémiotique, des théoriciens du théâtre et de la littérature, des spécialistes du cinéma et de l'histoire des formes.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Chateau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La performance contre l'oeuvre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Doumet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Céder, ne pas céder aux « vocations » (Baudelaire face à la musique)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tom Conley<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cartographies de films</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Batt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Que peut la science pour l'art ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Mouchard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michaux, métamorphoses d'espaces</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Picon-Vallin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Transformation du statut du texte par la mise en scène</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tiphaine Samoyault<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'hybride et l'hétérogène</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sandro Bernardi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Nous sommes tous des Minotaures... ». De Godard à Pasolini</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars-Wuilleumier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En rêvant à partir de fictions énigmatiques... ou : l'imaginaire du tableau dans le texte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Sorlin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoire de l'art, pensée de l'art</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Rey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Questions d'esthétique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Bloch<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'oeuvre « manifestement hétérogène » ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Costantini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il est dans les monts du Léon...</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Peinture en acte, corps écrits ou incisés, acteurs scénographiant le texte ou l'absorbant, machines humaines, gestuelles et sonores - bien des expériences artistiques aujourd'hui affichent comme ressort de création l'incorporation de composantes hybrides. Ce sont ces pratiques nouvelles que nous avons retenues comme point de départ d'une réflexion plus ambitieuse sur le rapport entre l'idée d'art et une hétérogénéité qui en serait à la fois la ressource et la ruine. Si l'art est pluriel, comme dans le cas manifeste du théâtre et des performances, n'est-ce pas qu'il se trouve miné en son principe par son propre débordement ? Cette question, nous avons voulu l'explorer en amont de ses manifestations les plus extrêmes. Nous, c'est-à-dire une communauté de chercheurs d'horizons différents, mais animés du même souci de penser l'esthétique dans son devenir, hors les cadres conceptuels qui lui ont été assignés historiquement. Par des chemins variables, nous nous sommes retrouvés autour d'une interrogation qui touche à la divergence de l'oeuvre et de l'art : l'art vise sa propre totalisation, où il explose en se multipliant, alors que l'oeuvre, de poésie ou de musique, de Poe ou de Pasolini, reporte sur soi l'attrait de l'autre qui l'impulse. Distinguant l'hybride et l'hétérogène, mais réveillant en route monstres et chimères, nous avons fait lever le paradoxe d'un art Minotaure qui détruirait son propre concept. Notre livre invite ainsi à un voyage entre greffes et rejets, entre appropriation de l'oeuvre et déterritorialisation venue de l'art.</p>";10/10/2001;0;137x220;192;978-2-84292-100-2;9782842921002;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_333.jpg;;;;318;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'idée esthétique résiste-t-elle à l'existence de formes hétérogènes ? L'attrait de l'hybride, dont témoignent des performances plastiques et théâtrales ou simplement des œuvres de littérature hantées par la peinture et la musique, nous contraint-il à résilier une pensée unitaire du principe d'art ? C'est autour des rapports entre art et pratiques d'oeuvres, entre système esthétique et transactions artistiques que tournent les textes rassemblés ici, et les débats auxquels ils ont donné lieu. Hybride et cependant concerté, à l'image même d'un objet non unifiable, ce livre interroge les désaccords qui se sont noués, historiquement et philosophiquement, entre l'art et son concept.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 324;2;3;21;Le Théâtre réfléchi;Poétiques théâtrales italiennes des « Intronati » à Pasolini;;;"<p style=""text-align: justify;"">Réflexion sur l'écriture de la poétique théâtrale, au travers des auteurs du théâtre italien de la Renaissance jusqu'à nos jours (Casanova, Pasolini, Alessandro Piccolomini ou encore Anton Giulio Brignole Sale).</p>";"<p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Françoise Decroisette<br /> Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Bianca Concolino Mancini</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Le prologue dans la comédie siennoise de la Renaissance : défense et illustration d'une comédie nouvelle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Luciana ZAMPOLLI<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La réflexion théâtrale de Luigi Groto : de la critique des codes àl'autoreprésentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Francesco D'Antonio<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Il Carnovale, opera accademica d'Anton Giulio Brignole Sale (1639), entre fiction narrative et mise en abyme théâtrale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Andrea Fabiono</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Giacomo Casanova, trafiquant de dramaturgies dans l'Europe des Lumières</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Huguette Hatem </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> Jeux de miroirs dans le théâtre d'Eduardo De Filippo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Irina Possamai</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> <em>A canone sospeso</em> : la pars construens dans la théorie théâtrale de Pier Paolo Pasolini</span></p>";;10/01/2000;0;155x220;120;978-2-84292-085-2;978-2-84292-085-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_324.gif;;;;101;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Où et comment s'écrit la poétique théâtrale ? Dans les traités théoriques, en décalage avec la réalité mouvante, éphémère, multiple du théâtre. À l'intérieur des œuvres, surtout, dans l'espace complémentaire de la page et de la scène. C'est là que, de la renaissance théâtrale du XVIe siècle jusqu'à nos jours, les auteurs italiens ont inscrit leur poétique, en utilisant tous les artifices réflexifs de l'écriture dramatique. Sous la plume de personnalités, connues ou méconnues, émergent ainsi quelques fragments d'une poétique théâtrale de type pragmatique, où la pratique scénique l'emporte sur les contraintes de l'écriture.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3690 325;1;6;24;L'art des jardins dans les pays sinisés;Chine, Japon, Corée, Vietnam - N°22/2000;;;"<p>À la différence du jardin italien, qui combine nature sauvage et nature agricole, le jardin chinois est conçu comme un trait d'union permanent entre nature et culture, habitation et paysage.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Léon Vandermeersch<br /> </span></strong><span>L'art des jardins dans les pays sinisés</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I. L'art des jardins en Chine</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lu Dong<br /> </span></strong><span>Place de l'art des jardins dans la culture chinoise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Che Bing Chiu<br /> </span></strong><span>Un grand jardin impérial chinois : le Yuanming yuan</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Antoine Gournay<br /> </span></strong><span>Le système des ouvertures dans l'aménagement spatial du jardin chinois</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>II. Jardins au Japon</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Berthier<br /> </span></strong><span>Les jardins japonais : principes d'aménagement et évolution historique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Vieillard-Baron<br /> </span></strong><span>Les plaisirs enchantés : célébration, fêtes jeux et joutes poétiques dans les jardins japonais de l'époque de Heïan</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Augustin Berque<br /> </span></strong><span>L'appareillage de l'ici vers l'ailleurs dans les jardins japonais</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III. Les jardins coréens et vietnamiens</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Park Jungwook<br /> </span></strong><span>La différence coréenne dans l'art des jardins extrême-oriental</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Dinh Trong Hiêu<br /> </span></strong><span>Jardins du Vietnam : la nature entre représentations culturelles et pratiques culturales</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>IV. L'Europe et les jardins chinois</span></strong></p><p> </p><p><strong><span>Craig Clunas<br /> </span></strong><span>Nature and Ideology in Western Descriptions of the Chinese Gardens</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>V. Regards extérieurs</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Dumarçay<br /> </span></strong><span>Le spectacle du jardin dans l'Asie de l'Est et l'Asie du Sud-Est : contrastes et similitudes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Baldine Saint-Girons<br /> </span></strong><span>Point de vue européen sur les jardins chinois</span></p><p><span><br /></span></p><p><span>Résumés en français<br /> English Summaries</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Dans le numéro 22 de la revue <em>Extrême-Orient, Extrême-Occident</em>, avec deux auteurs chinois, un coréen, un vietnamien, un anglais et quatre français, nous emmenons le lecteur en promenade à travers les jardins d'Extrême-Orient et à travers leur histoire/ Il y ressentira un sentiment de la nature qui fait communier le lettré de culture chinoise avec les souffles des saisons, l'esprit des montagnes, la musique des eaux, plutôt que le sentiment de la supériorité de l'homme sur toute la création qu règne à Versailles. L'art du jardin occidental s'appuie sur la géométrie, l'art du jardin chinois sur la peinture chinoise, et, à travers elle, sur la calligraphie qui exprime l'essence des choses en quelques traits de pinceau. Le jardiniste extrême-oriental présente, dans l'encadrement d'une ouverture de mur ronde, en demi-lune ou en cruche, une composition de feuillage d'érable, branches de prunier et bambous, rocher patiné de mousse, qui se lit comme un poème taoïste. En Europe, au XVIIIe siècle, la découverte, grâce à la sinophilie des missionnaires jésuites, du style des grands parcs impériaux de Pékin, a conduit à la nouveauté du jardin anglais ; aujourd'hui, le goût du bonsai, qui réduit le cosmos à de minuscules jardins en miniature, n'est pas sans rapport avec l'attirance pour le zen, qui affectionne de réduire tout l'univers de la pensée discursive à un bouquet d'aphorismes paradoxaux. Léon Vandermeersch</p>";10/09/2000;22;155x220;192;978-2-84292-080-7;9782842920807;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_325.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">LU Dong : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Place de l'art des jardins dans la culture chinoise »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'art chinois des jardins est particulièrement représentatif de la culture chinoise : y confluent tant l'esprit des trois grandes vision du monde confucianiste, taoïste et bouddhiste, que l'esprit des grandes traditions artistiques de l'architecture, de la peinture de paysage et de la calligraphie. Son origine remonte mythiquement à un ancien souverain légendaire du nom de Xiwei, antérieur même à l'Empereur Jaune. Jusqu'à la fin des Han, les jardins connus n'étaient guère que de simples parcs. C'est à l'époque des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Six Dynasties</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> que, sous l'influence de la peinture et de la poésie de paysage devenues très florissantes, ils prennent la forme spécifiquement chinoise de mondes naturels en petit. C'est sous cette forme qu'ils évoluent ensuite par de plus en plus de raffinement d'architecture jardinière, surtout au sud du Fleuve bleu, jusqu'à atteindre leur perfection sous les Ming et les Qing.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Che-bing CHIU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Un grand jardin impérial chinois : le Yaunming yuan »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aboutissement au XVIIIè siècle du grand art chinois des jardins impériaux, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yuanming yuan</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, brutalement détruit par les troupes anglofrançaises en 1860, Illustrait magnifiquement les principes de l'architecture paysagère chinoise : respect des prescriptions de la géomancie, habile exploitation de l'orographie et de l'hydrographie, abondance des emprunts paysagers et des citations de sites. Plus particulièrement, ce jardin était le reflet de l'empire à l'échelle microcosmique. L'aménagement de ses cinq grandes zones scéniques constituait l'expression d'une symbolique non seulement esthétique, mais aussi politique, religieuse et rituelle, enracinée au plus profond des traditions chinoises. Sa contemplation exaltait le sentiment chinois de la nature : sentiment de l'unité intime de la nature de l'âme humaine et de l'âme de la nature cosmique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine GOURNAY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le système des ouvertures dans l'aménagement spatial du jardin chinois »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À partir de l'observation directe d'exemples de jardins d'aujourd'hui est mis ici en évidence comment, dans les jardins chinois, le système des ouvertures (portes et fenêtres) combine les fonctions d'aménagement du jardin comme habitat et comme spectacle. En remplissant ainsi plusieurs fonctions simultanément, ces composantes d'un jardin bien conçu contribuent à l'organisation de l'espace telle qu'elle est voulue dans l'art des jardins.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François BERTHIER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les jardins japonais : principes d'aménagement et évolution historique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Au Japon, l'art des jardins est d'une rare richesse. Les plus anciens vestiges remontent au viie siècle, mais c'est à l'époque de Heïan (794-1185) que cet art s'épanouit : le palais impérial et les demeures des nobles s'ornent de grands jardins centrés sur un étang et plantés d'arbre fleurissant, verdoyant ou rougissant au rythme des saisons. Certains de ces jardins, attenant à des monastères bouddhiques, symbolisaient le paradis d'Amida. À l'époque Muromachi (1333-1572), apparaissent les jardins zen, qui sont de faible étendue et d'où sont exclus les eaux et les végétaux. Seules des pierres naturelles animent l'espace tapissé de sable. Puis, à l'époque Momoyama (1573-1602), naissent les jardins de thé, qui sont de dimension modeste et ont pour fonction de préparer les invités qui se rendent au pavillon où sera célébré la cérémonie du thé. Enfin, à l'époque d'Edo (1603-1867), sont créés de vastes jardins au milieu desquels est creusé un étang agrémenté d'îlots et de petits ponts. Un sentier serpentant parmi les arbres permet de faire le tour de la pièce d'eau et de découvrir nombre de sites reproduisant en miniature des paysages renommés du Japon.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel VIEILLARD-BARON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les plaisirs enchantés : Célébrations, fêtes jeux et joutes poétiques dans les jardins japonais de l'époque de Heïan »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dans le Japon de l'époque Heïan, le jardin est un espace théâtralisé où se déroulent cérémonies, banquets et jeux mettant en scène le pouvoir impérial. Il est aussi le lieu privilégié de l'expression de diverses formes artistiques : musique, danse, poésie. En particulier, il est le cadre de joutes poétiques d'origine chinoise, organisées à la faveur de réunions à boire au cours desquelles le saké était servi dans des tasses qu'on laissait flotter au fil de l'eau d'un petit ruisselet sinueux aménagé tout exprès dans le jardin.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Augustin BERQUE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'appareillage de l'ici vers l'ailleurs dans les jardins japonais »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Depuis le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sakuteiki </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(Notes sur l'arrangement des jardins, xie siècle) jusqu'aux jardins de daïmyôs de l'époque d'Edo (1603-1867), le jardin japonais est empreint d'une tendance marquée à référer les formes de ses constituants à des sites et à des paysages modèles dénommés ""sites de renom"" (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">meisho</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). Ce système de référence est appelé mitate, ce qui signifie littéralement ""instituer par le regard"". Cela se rapporte, d'une part, au principe de la métaphore, et, d'autre part, au dynamisme fondamental des localisations dans l'écoumène, tel que l'illustrent le couple</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> topos/chôra</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Timée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et la distinction que fait Nishida entre logique d'identité du sujet et logique d'identité du prédicat.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jungwook PARK : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La différence coréenne dans l'art des jardins extrême-oriental »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">C'est à l'époque Chosôn (1392-1910) que l'art des jardins coréens trouve son esthétique propre. Cette esthétique, fortement imprégnée du sens cosmologique du vide et du plein, privilégie la forme rectangulairee pour les terrasses, gradins et bassins. Elle accentue l'interpénétration de l'intérieur et de l'extérieur, notamment par un agencement </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ad hoc</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">madang</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (jardin intérieur typiquement coréen). L'esprit du zen a marqué l'art des jardins en Corée plus tôt qu'au Japon, et de façon différente, par la recherche, non de la symbolique du jardin sec, mais de la profondeur de la nature du fond des forêts qu'anime la musique des cascades.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trong Hiêu DINH : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Jardins du Vietnam : la nature entre représentations culturelles et pratiques culturales »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'analyse des différents types de jardins traditionnels au Vietnam (jardins impériaux, jardins domestique et jardins cultuels) fait ressortir, moins les contraintes environnementales, qu'un choix culturel et cultural délibéré. Espace de loisir, ou à vocation ornementale, réservé à une élite, espace de production vivrière et familial constitué en écosystème paysan, ou espace de vénération associé aux lieux de culte, les jardins, au Vietnam, participent au marquage d'un paysage fortement anthropisé, recréant les fonctions essentielles d'une nature foisonnante et protectrice.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Craig CLUNAS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Nature et idéologie dans les descriptions occidentales des jardins chinois »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le regard occidental sur l'art chinois des jardins n'a cessé, depuis le xviie siècle, d'évoluer au fil des changements de l'idéologie régnante à l'égard de la Chine. La sinophilie des jésuites de la cour de Kangxi et de Jianlong a d'abord fait admirer, dans les jardins chinois, l'art d'imiter le naturel mieux que la nature elle-même ne le crée. Puis, la sinophobie de Macartney et des Européens de l'époque de la Guerre de l'opium a jeté le discrédit sur la perversité du goût des Chinois pour une nature aussi torturée par leurs jardiniers que les pieds de leurs femmes dans les gynécées. Mais après que la consolidation de la domination britannique et occidentale en Chine eut atténué les ressentiments anti-chinois, les arts de la Chine, celui des jardins entre autres, ont été revalorisés comme l'expression d'un remarquable sens de la nature, invétéré dans une culture où l'absence de toute évolution a permis de le faire perdurer tel quel. depuis toujours.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva;""> </span></em></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Dong LU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Importance of the art of the garden in Chinese Cultural History »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">The Chinese art of the garden is representative of Chinese culture in the widest sense in that it combines the spirit of the three main world views of Confucianism, Taoism, and Buddhism with the spirit of the great artistic traditions of architecture, landscape painting, and calligraphy. Its origin is mythically traced to Xiwei, a legendary sovereign of antiquity even anterior to the Yellow Emperor. Up to the Han, the gardens that have left any trace were scarcely more than simple parks. It is during the Six Dynasties, under the influence of the flourishing arts of landscape painting and poetry, that Chinese gardens acquired their specific character as representations of the natural world in miniature. In this form, garden architecture continued to evolve through ever greater stages of refinement, especially in the area South of the Yangzi, towards their perfection under the Ming and the Qing.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Che Bing CHIU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« A great Chinese Imperial Garden : the </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Yuanming yuan</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">The </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Yuanming yuan</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">, the eighteenth-century epitome of the high art of Chinese imperial gardens that was brutally sacked by British and French troops in 1860, perfectly illustrates the principles of Chinese landscape architecture : observance of geomantic prescriptions, skilful utilization of the natural relief and hydrographic conditions of the terrain, allusive borrowings from famous landscapes and celebrated sites. The garden was a reflection of the empire on a microcosmic scale. Its five major scenic zones expressed, through its landscaped layout, a symbolism that was not only aesthetic but also religious, ritual, and political, thus profoundly rooted in Chinese tradition. Contemplation of such gardens exalted the Chinese perception of the natural world as a close union between human and cosmic nature.</span></p>";290;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> C'est cette correspondance subtile que Léon Vandermeersch, en compagnie des meilleurs spécialistes internationaux de la question, explore ici, en parcourant jardins taoïstes, bouddhistes, zen, impériaux ou lettrés et en étudiant la manière dont, tout au long de leur histoire, les jardins extrême-orientaux ont diffusé, dans la culture sinisée, une organisation spécifique de l'espace physique et mental.</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Revue publiée avec le concours du CNL et de l'UFR LCAO de l'Université Paris 7 Ce numéro (octobre 2000), épuisé depuis plusieurs années, est désormais à nouveau disponible.</p>";05/07/2004 12:48;0;Deuxième édition;4036 326;1;3;29;Frontières instables;N°18/2000;;;"<p style=""text-align: justify;"">Explorer la notion d'instabilité comme acte de l'écriture, en éclairer le régime dynamique et le rôle dans la production du nouveau, telle est l'ambition de ce numéro.</p>";"<p><em><span> </span></em></p><p><strong><span>Nöelle Batt<br /> </span></strong><span>Présentation </span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Fernand Hallyn<br /> </span></strong><span>Une réthorique sans frontière. Le cas de Sadi Carnot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Philippe Cantié<br /> </span></strong><span>Walter Abish ou la contrainte à l'épreuve de l'instabilité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Dahan-Gaida<br /> </span></strong><span>Complexité neuronale et écriture fragmentaire : Botho Strauss</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hélène Perrin<br /> </span></strong><span>Flou photographique ou les avatars d'un </span><em><span>topos</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mathieu Duplay<br /> </span></strong><span>Fiction de la stabilité : </span><em><span>Death Comes for the Archbishop </span></em><span>de Willa Cather</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>William Paulson<br /> </span></strong><span>Pour une philologie cosmopolitique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Claude Coquet<br /> </span></strong><span>Stabilité et instabilité des formes du langage</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves-Marie Visetti et Pierre Cadiot<br /> </span></strong><span>Instabilité et théorie des formes en sémantique</span></p>";;10/11/2000;18;155x220;176;978-2-84292-082-1;9782842920821;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_326.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Philippe CANTIÉ : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Walter Abish ou la contrainte à l'épreuve de l'instabilité »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La revue Formules, consacrée aux littératures à contraintes, se propose dans son dernier numéro d'élaborer une définition de la contrainte, au risque d'en faire un objet en soi. Une telle approche n'accouche au demeurant que d'une série de critères statiques qui, seuls ou en combinaison, ne tardent pas à révéler leurs limites. Afin de renouveler la pensée du texte contraint, longtemps engluée dans la problématique de la contrainte-loi, il importe de dépasser la dimension procédurale et d'envisager la contrainte en tant que vecteur d'instabilité. Le potentiel de dynamisation propre à la contrainte justifie la convocation d'outils conceptuels susceptibles de rendre compte de phénomènes particulièrement complexes. Certaines notions empruntées à la dynamique non-linéaire ou à la réflexion deleuzienne peuvent ainsi permettre de mieux cerner le fonctionnement de textes contraints, comme Alphabetical Africa de Walter Abish. À mesure que s'esquisse une conception dynamique du texte contraint, le projet définitionnel est éclipsé par la question du ""faire"" de la contrainte, c'est-à-dire des formes d'instabilité qu'elle engendre.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Laurence DAHAN-GAIDA : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Complexité neuronale et écriture fragmentaire : Botho Strauss »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cet article constitue une tentative de repenser la notion de fragment au-delà de la référence habituelle à la dynamique entre totalité et partie. Cet essai de théorisation s'appuie sur les suggestions contenues dans deux textes récents de Botho Strauss - L'Incommencement (1992) et Le Jeune homme (1984) - qui mettent en oeuvre une esthétique du fragment inspirée du modèle de la complexité neuronale. Dans le cerveau, l'activité cognitive n'est pas le résultat d'opérations successives mais d'interactions locales entre une multitude d'éléments microscopiques. L'émergence de comportements complexes au niveau macroscopique dépend exclusivement de la richesse des relations microscopiques entre ces éléments. De ce modèle, Strauss a tiré une conception du texte littéraire comme un tissu holistique, caractérisé à la fois par sa discontinuité et par son extrême enchevêtrement, dans lequel le lecteur est constamment relié au tout. La cohérence textuelle ne dépend plus ici du déploiement linéaire d'un fil d'action mais elle émerge, avec la soudaineté d'une épiphanie, des feedback que la lecture établit entre des figures textuelles dispersées. Dans ce processus, les zones-frontières entre fragments sont conçues comme des zones d'instabilité où le lecteur, oscillant entre le souvenir et le pressentiment, fait une expérience instantanée du sens. La simultanéité s'affirme ainsi comme une véritable catégorie esthétique, promue par la structure à la fois discontinue et ""omniconnectée"" du texte par fragments.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Hélène PERRIN </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> : « Flou photographique ou les avatars d'un </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">topos </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">»<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Si la fiction moderniste a souvent érigé l'image en paradigme esthétique, la constitution postmoderne du photographique en topos littéraire semble être le lieu d'un rapport plus ambivalent de l'image et du texte. Quelles stratégies la fiction contemporaine peut-elle élaborer face à un mode de représentation qui s'impose comme concurrent déloyal sur quatre fronts à la fois : la mimésis, l'anamnèse, la polysémie, la reproduction ? Une certaine volonté de circonscription semble à être l'oeuvre, qui se traduit généralement par une limitation plus ou moins naïve de la photographie à la représentation d'un monde déjà donné, ou par la transformation de l'image argentique en image rhétorique. Au double cliché de la photographie révélatrice et de la photographie mortifère qu'engendre souvent la métaphorisation des processus physiques et chimiques d'élaboration de l'image, répondent la tactique de l'évitement chez John Updike (The Day of the Dying Rabbit), celle de l'épuisement chez Cynthia Ozick (Shots), celle du renversement chez Raymond Carver (The Viewfinder).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Mathieu DUPLAY : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Fiction de la stabilité : </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Death Comes for the Archibishop</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> de Willa Cather »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le début de Death Comes for the Archbishop montre le désarroi d'un missionnaire français qui, habitué à vivre dans un monde soumis à de rigides hiérarchies, fait l'expérience dans le désert du Nouveau-Mexique de la prolifération de quasi indiscernables, posée comme caractéristique de l'espace américain. Le Père Latour surmonte cette difficulté, et sauve du même coup la possibilité de la représentation, en soumettant les collines coniques dont il est entouré à une synthèse imitée de Pascal et des mathématiques baroques : l'arbre cruciforme grâce auquel il recouvre la force de voir et de décrire le monde n'est pas seulement un symbole religieux, mais aussi la figure géométrique qui permet d'articuler l'infini à un centre et de dégager le rapport déterminé d'une série d'indéterminés. Mais la solution de Latour, présentée comme définitive, ne tient pas ses promesses, et l'Amérique échappe à nouveau, dans les dernières pages, à toute perception structurée. Fiction mathématique, l'arbre cruciforme n'est donc au bout du compte que la figure d'une Amérique fictive, d'un possible de l'Amérique que le roman suggère au moment même où il en prend congé.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">William PAULSON : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Pour une philologie cosmopolitique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le terme de science studies désigne, dans les pays anglo-saxons, des recherches anthropologiques, philosophiques et sociologiques sur les sciences naturelles. Puisque les science studies, comme la science, doivent prendre en compte des réalités infra-culturelles et non humaines, elles peuvent servir de modèle à d'autres sciences humaines, comme la philologie ou les études littéraires, lorsque celles-ci cherchent à situer leur travail dans des contextes qui dépassent les frontières de l'humain et du culturel. À travers des discussions des travaux de Bruno Latour et d'Isabelle Stengers, cet article suggère que les science studies peuvent aider les disciplines littéraires à conceptualiser la référence des textes au monde et la résistance des textes à l'interprétation. Mais ces bénéfices ne peuvent être escomptés qu'au prix d'une intégration des science studies dans des programmes de recherche en philologie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jean-Claude COQUET :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « Stabilité et instabilité des formes du langage »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'acte de signifier peut être saisi au moment de sa production ou en tant qu'entité, après avoir été produit. Entité, il relève de la sémiotique des instances. Les formes sont émergentes et instables. En témoignent la prise phénoménologique sur le monde par l'instance corporelle (moment de l'expérience). Une instance seconde, dite judicative, s'efforce ensuite de la fixer (moment de la transmission), d'où ce jeu de bascule instancielle, en principe, sans fin : prise/reprise? ou encore : instabilité/stabilité, instabilité/stabilité?</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yves-Marie VISETTI, Pierre CADIOT : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Instabilité et théorie des formes en sémantique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les problématiques phénoménologiques et gestaltistes connaissent actuellement un essor important en linguistique, et l'on est en droit d'en attendre de meilleurs échanges avec les études littéraires et la sémiotique, qui en avaient déjà, de plus longue date, assumé l'héritage. Mais comme on sait, les linguistiques cognitives, et dans une certaine mesure les linguistiques de l'énonciation, ont aussi frayé la voie. Elles ont installé, chacune à leur manière, un analogue du schématisme kantien au coeur de leur dispositif théorique, et développé sur cette base ce que nous pourrions appeler une théorie des formes sémantiques. À cette fin, elles ont introduit des espaces topologiques spécifiquement sémantiques, et cherché à décrire les dynamiques de déformation, et d'instanciation sur ces espaces, des schèmes linguistiques qu'elles postulent. Certains travaux ont fait appel aux concepts d'instabilité et de stabilisation, tels qu'ils ont été repris en sciences humaines depuis la Théorie des Catastrophes de R. Thom et C. Zeeman. L'idée même de grammaire s'en est trouvé déplacée, et l'on a pu parallèlement avancer dans la compréhension du phénomène linguistique de la polysémie, du moins en ce qui concerne une certaine strate grammaticale du sens, dont on repère la trace dans le fonctionnement de marqueurs privilégiés. Mais de quelle instabilité s'agit-il ici ? Sur quel registre de dimensions sémantiques est-elle censée jouer ? Quelle est vraiment, de l'énoncé au texte, la portée de théories construites suivant ces principes ? Peut-on, avec elles, éviter de retomber dans une conception immanentiste de la construction du sens, qui en ferait le résultat de la détermination réciproque, par mise en syntagme, de potentiels déjà donnés en langue ? Nous apportons ici quelques éléments de réponse à ces questions, à partir d'une notion nouvelle de motif linguistique, en réalité l'une des pièces d'un dispositif théorique global, comprenant trois strates ou régimes de sens, appelés motifs, profils et thèmes, qui co-déterminent l'organisation et l'activité sémantiques. On montre, exemples à l'appui, comment la sémantique grammaticale et la sémantique lexicale, dont la séparation ne répond d'ailleurs à aucune nécessité théorique, peuvent y faire écho. Sont également évoquées les contraintes minimales pesant sur toute théorie de la stabilisation des formes sémantiques opérant suivant ces trois régimes, par conséquent d'emblée au palier du texte et du discours.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Hélène PERRIN : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Flou photographique ou les avatars d'un </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">topos</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Whereas modernist fiction often set up images as aesthetic paradigms, the postmodern adoption of photography as a topos seems hinged on a much more ambivalent interaction of word and image. What strategies can contemporary fiction come up with when confronted with a mode of representation that rivals it on four different levels, namely mimesis, anamnesis, polysemy, and reproduction? The prevailing approach seems to be one of containment, which is expressed in a more or less naive dedication of the photograph to the representation of a pre-existing world, or in the translation of the photographic image into a rhetorical image. John Updike (The Day of the Dying Rabbit) skirts the clichés of the revealing photograph and the deadly photograph that often stem from the metaphoric use of the physical and chemical stages of the process. Cynthia Ozick (Shots), on the other hand, plays them up to saturation point and Raymond Carver (Wiewfinder) turns them inside out.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Mathieu DUPLAY : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Fiction de la stabilité : </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Death Comes for the Archbishop</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> de Willa Cather »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In the opening pages of Death Comes for the Archbishop, the protagonist, a French missionary accustomed to a rigidly hierarchical world, reacts with dismay when, on a journey across the desert of New Mexico, he is confronted with a landscape where virtually indistinguishable objects proliferate uncontrollably in what is described as a specifically American manner. In order to solve this difficulty and rescue the possibility of representation, Father Latour recalls Pascal and submits the ""conical hills"" that surround him to the kind of synthesis experimented by Baroque mathematics: the ""cruciform tree"" that restores his ability to see and describe the world is not just a religious symbol, as it is also the geometrical construction that helps visualize the connection between a central point and the infinite that surrounds it, as well as the representation of the process whereby mathematicians determine the finite ratio of an infinite series of indeterminates. However, Latour's solution turns out to be provisional, since America, at the end of the novel, once more escapes any kind of synthesis. Ultimately, the ""cruciform tree"" is little more than a mathematical fiction, which explains its role as the symbol of a fictional America, one that the novel nostalgically celebrates even as it takes note of its demise.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">William PAULSON : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Pour une philologie cosmopolitique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Because science studies treat a part of human culture that engages non-cultural reality, they provide a useful model for how other disciplines of cultural study, such as philology or literary study, can take into account the non-cultural dimension of the human environrnent. This article suggests, via discussions of the work of Bruno Latour and Isabelle Stengers, that literary studies can learn from science studies in such key areas as understanding how texts refer to the world and taking seriously the resistance of texts to interpretive projects. Such learning, however, will require the incorporation of science studies into the research programs of philology.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Yves-Marie VISETTI : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Instabilité et théorie des formes en sémantique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Phenomenological and gestaltist perspectives have become increasingly important in linguistics, which should lead to better exchanges with literary studies, semiotics, and cognitive sciences. Cognitive linguistics, and to a certain extent what is known as linguistique de l'énonciation, have led the way. They have each in their own way established something of a kantian schematism at the center of their theoretical perspective, developing on this basis what we might call a theory of semantic forms. They have introduced genuine semantic topological spaces, and attempted to describe the dynamics of the instantiation and transformation of the linguistic schemes they postulate. Some works have even called on the concepts of instability and stabilization as defined by Thom and Zeeman's Catastrophe theory. As a result, the idea of grammar itself has been modified, and at the same time we have obtained a better understanding of the phenomenon of polysemy, at least as far as this grammatical level is concerned. But what kind of instability are we talking about here? In what semantic register does it come into play? Between enunciation and text, what is the range of the impact of these theoretical principles? Can we, with these kinds of principles, avoid falling into an immanentist conception of the construction of meaning, resulting from a reciprocal stabilization (within phrasal structures) of words considered as self determining linguistic potentials? We offer here a few answers to these questions, based on a new notion, that of linguistic motif, actually the first of three theoretical principles corresponding to three aspects of the construction of meaning called Motifs, Profiles, and Themes. Taken together, they shape linguistic structure and semantic activity. We demonstrate, with numerous examples, how these principles apply in exactly the same way in lexical as well as grammatical semantics. We also sketch the minimal constraints for a theory of the stabilization of semantic forms operating according to these three aspects, and integrated from the very beginning at the level of text and discourse.</span></p>";296;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les auteurs ont choisi une position frontalière, à l'articulation entre le linguistique et le discursif, le textuel et le visuel, l'instance énonçante et le corps ; ils étudient la variabilité des seuils ; ils essaient de mettre en évidence la manière dont la littérature, empruntant les concepts de la science, lui renvoie comme une fiction d'elle-même.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 327;1;3;27;L'invention de l'histoire;N°38/2000;;;"<p style=""text-align: justify;"">Marqué par la chute de Rome et l'instauration de la religion chrétienne, qui semblait n'offrif d'autre alternative que l'au-delà, le Moyen Age a longtemps paru étranger à tout véritable intérêt pour l'histoire.</p>";"<p><strong><span> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christopher Lucken et Mireille Seguy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'invention de l'histoire</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monika Otter</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vie des deux Offa</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Enfance de saint Edmond</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et la logique des ""antécédents""</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christopher Lucken </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La fin des temps et la fiction des origines. L'historiographie des îles britanniques: du royaume des Anges à la terre des Bretons</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Croizy-Naquet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Écrire l'histoire: le choix du vers ou de la prose au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Collet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Littérature, histoire, pouvoir et mécénat: la cour de Flandre au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Colette Beaune et Élodie Lequain</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Femmes et histoire en France au XVe siècle: Gabrielle de la Tour et ses contemporains</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fanny Caroff</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Différencier, caractériser, avertir: les armoiries imaginaires attribuées au monde musulman</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Gioanni</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Moines et évêques aux Ve et VIe siècles: la controverse entre Augustin et les moines provençaux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Yves Tilliette</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La peau du loup, l'Apocalypse. Remarques sur le sens et la construction de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ysengrimus</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus<br /> Index</span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">L'invention de l'histoire n'a pas de date - même si on peut s'accorder pour situer sa naissance au temps des Grecs. Car l'histoire est toujours à réinventer, chacun devant retrouver pour lui-même ce qui fonde le récit des temps passés s'il veut répondre aux enjeux qu'il lui attache. C'est également le cas pour la période médiévale, qui commence par rompre avec une histoire centrée sur Rome pour l'orienter, non vers un passé dont on veut conserver le souvenir glorieux, mais vers un futur qui est celui de la Cité de Dieu. L'histoire ecclésiastique ne pourra empêcher cependant d'autres écrivains de revenir en arrière afin de fonder le présent en remontant jusqu'aux origines. Au point d'en inventer la fiction. Sur le modèle des récits d'enfance ou des « prequels » dont joue le cinéma hollywoodien (Monika Otter). Ou comme c'est le cas avec Merlin et le roi Arthur (Christopher Lucken). Ce qui va donner naissance au roman médiéval. En vers, puis en prose (Catherine Croizy-Naquet). Une production romanesque que semblent privilégier les cours périphériques à celle du roi de France qui, lui, favorise l'histoire nationale (Olivier Collet). Mais celle-ci, qui remonte à la chute de Troie, n'est pas dépourvue de toute parenté avec la fiction. Même si elle a vocation à enseigner, non seulement aux hommes, mais également aux femmes (Colette Beaune et Élodie Lequain). Occasion pour nous de contribuer à l'histoire de son invention.</p>";10/07/2000;38;155x220;192;978-2-84292-077-7;9782842920777;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_327.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span> </span></em><span>Monika Otter : </span><strong><span>« La vie des deux Offa, l'enfance de saint Edmond et la logique des ""antécédents"" »</span></strong><span><br /> Cet essai examine deux textes à la frontière de l'historiographie et du roman : les </span><em><span>Vitae duorum Offarum</span></em><span> de Matthieu Paris et le </span><em><span>De Infantia sancti Eadmundi</span></em><span> de Gaufridus de Fontibus. L'un et l'autre sont conçus comme des ""antécédents"" aux histoires monastiques existantes, étendant le récit de fondation de leurs maisons respectives (Saint Albans et Bury St Edmunds) encore plus loin dans le passé. Alors même qu'ils espèrent être pris sérieusement comme des textes historiques, ils ressemblent aux enfances des chansons de geste et des romans, utilisant largement leurs propriétés formelles et leurs motifs narratifs. Une telle hybridité, loin de les miner, travaille à leur avantage. En particulier, c'est la logique spécifique de l'antécédent qui permet à ces textes de fonctionner. Reposant sur des récits déjà existants et les glosant après coup, l'antécédent prétend venir chronologiquement avant le récit antérieur, l'annoncer et le motiver. Cette ambiguïté enlève l'accent accordé à la référence historique et déplace la revendication de vérité du récit sur un plan purement textuel, ce qui, à l'évidence, est utile pour ce genre d'histoire imaginaire et de propagande à laquelle les chroniqueurs monastiques s'emploient.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Christopher Lucken :</span><strong><span> « La fin des temps et la fiction des origines. L'historiographie des îles britanniques : du royaume des anges à la terre des Bretons »</span></strong><span><br /> Deux tendances radicalement différentes semblent se partager la production historiographique médiévale. L'une, inaugurée par l'</span><em><span>Histoire ecclésiastique</span></em><span> d'Eusèbe et dominée par les réflexions qui a consacrées saint Augustin (et de loin la plus importante), s'attache à retracer le destin des hommes appelés à se rassembler au sein de l'Église afin d'être portés vers un avenir qui doit leur permettre de sortir de l'histoire et de se retrouver à la fin des temps au sein de la Cité de Dieu. L'autre, renouant avec la tradition antique rejetée par l'historiographique chrétienne, se consacre à une communauté définie qu'elle pourvoit d'une origine et d'un passé qui fondent son identité et son existence présente, mais qui semblent en même temps constamment menacées par la fiction. Après avoir rappelé le point de vue de saint Augustin, et afin de mettre en lumière cette double orientation, cette étude s'appuie principalement sur l'historiographie des îles britanniques : à </span><em><span>l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais</span></em><span> de Bède répond en effet l'</span><em><span>Histoire des rois de Bretagne</span></em><span> de Geoffroy de Monmouth. La critique adressée à ce dernier par Guillaume de Newburgh au seuil de son </span><em><span>Histoire des choses anglaises</span></em><span>, s'en prenant au caractère fictif des événements attribués au roi Arthur et aux prophéties de Merlin, éclaire de manière exemplaire le sens de l'opposition entre une histoire devant aboutir au ciel et celle qui trouve son assise sur la terre.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Catherine Croizy-Naquet : </span><strong><span>« Écrire l'histoire : le choix du vers ou de la prose aux XIIe et XIIIe siècles »</span></strong><span><br /> Au XIIe siècle, l'invention du discours historique se produit de manière privilégiée dans des oeuvres qui, adaptant les légendes de l'Antiquité et/ou retraçant l'histoire d'un peuple ou d'une dynastie, mettent au point, dans l'espace du couplet octosyllabique, des procédés littéraires inédits en </span><em><span>romanz</span></em><span>, dont un protocole descriptif chargé de restituer les couleurs du passé. La même entreprise s'observe dans quelques chroniques de croisade où les expéditions sont relatées suivant la trame chronologique des événements, en termes épico-romanesques. À la charnière des XIIe et XIIIe siècles, des voix critiques s'élèvent cependant contre ces ""contes rimés"" (Nicolas de Senlis), jugés mensongers parce qu'ils sont composés en vers : celui-ci requiert en l'effet des artifices contraires au travail de l'historien. La focalisation sur la question de la forme, qui infère, en règle générale, le choix de la prose contre le vers, engage une nouvelle réflexion sur l'histoire, sur ses liens avec la littéraire et la fiction, et donne lieu à des oeuvres historiques variées &endash; histoires anciennes et chroniques de croisades aussi bien &endash; qui, dans le souci d'être au plus près du réel, dénient tout ce qui ressortit au vers ou en utilisent certaines composantes pour créer une prose sophistiquée. Bien que la problématique de la forme ne soit qu'un aspect de l'historiographie en langue romane, elle permet à l'évidence de poser ses enjeux essentiels et de cerner les desseins que s'assignent les auteurs.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Olivier Collet : </span><strong><span>« Littérature, histoire, pouvoir et mécénat : la cour de Flandre au XIIIe siècle »</span></strong><span><br /> Période de l'émergence de l'historiographie vernaculaire, le XIIIe siècle voit également se produire la mise sous tutelle progressive des vassaux du nord de la France par les Capétiens. La rivalité qui se joue entre ces deux milieux semble également se traduire dans les formes de patronage qu'ils exercent. En effet, le pouvoir royal encourage surtout l'activité des historiens, en langue aussi bien française que latine, tandis que les cours septentrionales &endash; en premier lieu celle de Flandre &endash; restent attachées à un genre de mécénat qui favorise essentiellement la création littéraire d'expression française. Littérature et histoire offrent ainsi le reflet de deux mentalités politiques et de leurs différences d'attitude.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Colette Beaune, Élodie Lequain :</span><strong><span> « Femmes et histoire en France au XVe siècle : Gabrielle de La Tour et ses contemporaines »</span></strong><span><br /> Les manuels d'éducation féminine de la fin du Moyen Âge font une place accrue à la lecture d'ouvrages pieux certes mais aussi d'ouvrages historiques cette tendance sera accentuée par la pédagogie humaniste. L'histoire est en effet bien adaptée au sexe faible matière en français, matière simple, matière exemplaire elle forme puis maintient dans le droit chemin. Les réalités correspondent en partie à la norme les bibliothèques des princesses du XIVe et XVe siècles comprennent de plus en plus de livres historiques et effectuent des choix qui privilégient l'histoire nationale et celle des croisades. L'exemple de la bibliothèque de Gabrielle de La Tour (1474) permet de montrer les utilisations concrètes de l'histoire dans la formation d'une identité propre à l'apanage des Bourbons Montpensier.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Fanny Caroff : </span><strong><span>« Différencier, caractériser, avertir : les armoiries imaginaires attribuées au monde musulman »</span></strong><span><br /> Dans les récits illustrés des croisades, comme les traductions françaises de la Chroni que de Guillaume de Tyr enluminées entre le XIIIe et le XVe siècles, les musulmans affrontés aux croisés ont reçu des armoiries imaginaires. Les imagiers ont utilisé les différents éléments constitutifs des armoiries (supports armoriés, figures héraldiques, couleurs) pour distinguer les protagonistes et transmettre des informations sur les musulmans, ou tout au moins les signaler comme les antagonistes. Les armoiries sont aussi des constructions de lignes et de couleurs qui participent à la dynamique de l'image : elles peuvent produire de fortes impressions visuelles à même de capter l'attention des lecteurs. Le contenu des armoiries et leurs incidences structurelles dans la composition des images doivent être analysés conjointement pour mesurer la portée des armoiries imaginaires dans la caractérisation de l'adversaire musulman. L'unité cohérente d'un manuscrit ou l'unité conjoncturelle d'une image peuvent servir cette approche méthodologique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Stéphane Gionni :</span><strong><span> « Moines et évêques en Gaule aux Ve et VIe siècles : la controverse entre Augustin et les moines provençaux »</span></strong><span><br /> Quelques années avant la mort de saint Augustin, les moines provençaux contestent le fatalisme de la doctrine de la prédestination. Ils redoutent qu'elle ne mette en cause la valeur de l'ascèse et l'efficacité de la prédication. Contemporaine de l'institutionnalisation de l'Église et de l'accession des moines provençaux au pouvoir épiscopal, cette controverse pose donc le problème d'une excellence monastique dans l'Église. Elle révèle que la célébration du modèle ascétique remplit, dès le Ve siècle, un rôle déterminant dans l'essor du mouvement monastique, dans l'exercice du pouvoir épiscopal et dans l'édification de la société chrétienne.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Jean-Yves Tiliette : </span><strong><span>« La peau du loup, l'Apocalypse. Remarques sur le sens et la construction de l'</span><em><span>Ysengrimus</span></em><span> »</span></strong><span><br /> L'épopée animale la plus longue du Moyen Âge latin, l'</span><em><span>Ysengrimus</span></em><span>, écrite en Flandres autour de 1150, a longtemps été considéré comme une simple, et pédante, anticipation du </span><em><span>Roman de Renart</span></em><span>. À travers l'analyse des structures rhétorique et narrative, on essaye ici de montrer que son auteur anonyme, un moine, avait un double but, tous deux précis et particuliers : exprimer la colère des milieux cléricaux rigoristes contre les autorités ecclésiastiques, coupables d'avoir trahis les idéaux originaux de la Croisade et, en même temps, mettre en question, au moyen de la parodie, le genre littéraire païen de l'épopée virgilienne.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Monika OTTER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Two Offas, St. Edmund's Childhood </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, and logic of the Prequel »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This essay examines two Latin texts on the borderline between historiography and romance : Matthew Paris's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vitae duorum Offarum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and Gaufridus de Fontibus </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De Infantia sancti Eadmundi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Both are conceived as ""prequels"" to existing monastic histories, extending the foundation history of their respective houses (St. Albans and Bury St. Edmunds) farther into the past. While both wish to be taken seriously as historical texts, they resemble the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">enfances</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of vernacular chanson de geste and romance and make extensive use of their formal properties and narrative motives. This hybridity, far from undermining them, works to their advantage. In particular, it is the peculiar narrative logic of the prequel that makes these texts work. Based on an alreadly existing narrative and glossing it after the fact, a prequel pretends to come chronologically before that prior narrative and to prepare and motivate it. This ambiguity deemphasizes historical reference and shifts the narrative's truth claim into a purely textual level, which is obviously helpful for the kind of imaginative, propagandistic history these monastic chroniclers are engaged in.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christopher LUCKEN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The End of Time and the Fiction of Origins. Historiography of the British Isles : from the Kingdom of Angels to the Land of Britons »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Two conceptions radically different, seem to share the medieval historiography. The first (and far most important) one, initiated by </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eusebius'Ecclesiastical History</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and dominated by the reflections saint Augustine has devoted to it, recalls the destiny of human beings who should put themselves together under the conduct of the Church, in the expectation of a future which will allow them to get out of History and find themselves at the End of Times inside the City of God. The other one, linked to the tradition produced in Antiquity but rejected by Christianity, assigns itself a clearly defined community to which is given an origin and a past, supposed to found its identity and present existence, yet constantly threatened by fiction. After having summoned saint Augustine's position, and in the view of making clear this double orientation, this paper concentrates on the historiography of the British Isles : to Bede's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">History of the English Church and People</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> replies indeed Geoffrey of Monmouth's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">History of the Kings of Britain</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. The criticism William of Newburgh addresses to the later in his</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> History of English Affairs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, reproving the fictitiousness of the events ascribed to the reign of King Arthur and the prophecies of Merlin, reveals in a very illuminating way the meaning of the opposition between a History which should end in Heaven and one which finds its foundation on Earth.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine CROIZY-NAQUET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Writing History : the Choice of Verse or Prose in the XIIth and XIIIth Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the l2th century, the invention of the historical discourse preferentially occurs within the works which, while adapting the antique legends and/or relating the history of a people and a dynasty, create inside the octosyllabic verses some literary methods original in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">romanz</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, such as a descriptive protocole made to restore the colors of the past. The same process may be observed in some cruisades chronicles where the expeditions are related according to the chronology of the events, in an epic and novelistic way. On the fronteer between the 12th and the l3th century, some protestations raise against these ""contes rimés"" (Nicolas de Senlis), considered as untrue because they are made in verses : verses actually demand some artificial means opposite to the historical work. The interest for the method of procedure, which generally induces the choice of prose instead of verse, leads to a new reflection upon history, its links with literature and fiction, and it gives way to different historical works (either old histories or cruisades chronicles) which intend to be as realistic as possible and refuse verses or use them in order to create a refined prose. Although the choice of the method of procedure is only one of the points, it obviously raises the real questions about historiography in the romance language and it permits to approach the writers aims.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier COLLET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Literature, History, Power and Patronage : the Court of Flanders in the XIIIth Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The thirteenth century witnessees the emergence of vernacular historiography as well as the progressive supervision of the northern vassales by the Capetians. The rivality that occurs between those two circles seems also to appear through the nature of patronage they assume : the royal authority thus encourages above alI historical french and latin works when the northern courts (especially the flemish one) give its favour to a kind of patronage that favorishes principally the french literary production. Literature and history thus reflect two political mentalities and their very differences.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Colette BEAUNE et Élodie LEQUAIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Women and History in XVth Century France : Gabrielle de La Tour and her Contemporaries »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Late medieval bookes of instructions for women strongly encourage their audience to read pious literature, which is natural, but also historical works. This tendency is reinforced by humanist pedagogy. History is in fact well suited for the weaker sex : a subject written in French, simple, exemplary, it instructs and keeps the student on the right path. Reality corresponded, in part, to such an model : the libraries of princesses in the XlVth and XVth centuries display and ever increasing number of History books and the privileged place given to national History and the crusades. The concrete utilisation of History in the formation of an identity can be illustrated through the Iibrary of Gabrielle de la Tour (1474), who belonged to the Bourbon Montpensier circle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fanny CAROFF : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« To differentiate, characterize and warn : the attribution of imaginary coats of arms to the muslim world »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the illustrated narratives of the crusades, as well as the French translations of the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Chronicle </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">of William of Tyre illuminated between the thirteenth and fourteenth centuries, the Muslims confronting the crusaders are provided with imaginary coats of arms. The painters used different constituent elements of armorial bearings (armorial supports, heraldic figures, colors) to distinguish the protagonists and transmit information about the Muslims, or at least signal them out as the antagonists. The coats of arms also present linear and colorful constructions which heighten the vivacity of the images, and help produce strong visual impressions which capture the reader's attention. The designs of the coats of arms and their structural incidence on the pictorial composition should be analyzed jointly in order to measure the significance of these imaginary heraldic devices in their characterization of the Muslim adversary. The coherent unity of a manuscript or the circumstantial unity of an image may help this methodological approach.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane GIOANNI :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Monks and Bishops in Fifth Century Gaul : the controvers between Saint Augustine and the monks of Provence »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Several years preceding the death of Saint Augustine, the monks of Provence contested the fatalism of the doctrine of predestination. They feared it might call into question the merits of ascetism and preaching. Contemporaneous with the institutionalization of the Church and the accession to episcopal power by the Provençal monks, this controversy consequently poses the problem of monastic excellence in the Church. lt reveals that the celebration of the ascetic model, from the fifth century onwards, plays a determinant role in the rise of the monastic movement, in the exercise of episcopal power, and in the edification of Christian society.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Yves TILLIETTE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The wolf's skin and the Apocalypsis. Some remarks on the meaning and structure of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ysengrimus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Iargest beast epic of the Latin middle ages, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ysengrimus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, written in Flanders about 1150, has long been considered a mere, and pedantic, foreshadowing of the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Roman de Renart</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. One attempts here to show, through the analysis of its rhetorical and narrative patterns, that its anonymous author, a monk, aimed at two goals, both precise and specific : to express the anger of a rigid clerical background against ecclesiastical authorities, considered guilty of having betrayed the original Crusades'ideals and at the same time, to challenge radically, by means of parody, the pagan literary genre of vergilian epic.</span></p>";314;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> Il n'a cessé pourtant de renouer avec le passé, de s'inscrire dans une continuité temporelle, de fonder les lignées détenant le pouvoir territorial, d'inventer un récit capable de légitimer le présent et de donner un sens aux réalisations humaines.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du Centre national du Livre et du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 380;2;3;31;Nos plus belles idées;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Nos plus belles idées, dit Proust, sont comme des airs de musique qui nous reviennent sans que nous les ayons jamais entendus. Avec ces textes de Jean-Louis Baudry, on aperçoit combien les motifs, leur complexité ne se distinguent pas du mouvement de l'écriture qui les découvre.</p>";"<blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Lire et se relire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Nos plus belles idées</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- D'un autre commencement</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'événement introuvable</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La plus mélancolique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La dernière ressemblance</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Vera Storia</span></em></p></blockquote></blockquote>";;10/03/2004;0;137x220;168;978-2-84292-148-4;9782842921484;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_380.jpg;;;;252;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">À la question qu'il avait posée : « Sait-on ce qu'est écrire ? », Mallarmé avait préféré répondre en suggérant que « cette ancienne et très vague pratique » était plutôt un mode de vie et une expérience singulière : « Qui l'accomplit, intégralement, se retranche. » C'est en amont de cette expérience, mais pour la mieux comprendre, que les textes de ce recueil interrogent les pouvoirs de l'écriture, que ce soit par le biais d'auteurs (Freud, Proust) ou le retour sur une recherche propre, par l'observation des relations entre l'acte d'écrire, l'association libre et le courant de pensée, ou encore par la progressive apparition d'un monde oublié que l'écriture paraît seule être en mesure de convoquer.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 341;1;3;29;Deleuze-chantier;N°19/2001;;;"<p style=""text-align: justify;"">Poursuivre le dialogue avec Gilles Deleuze, c'est lire les textes littéraires à travers Deleuze, mais aussi lire Deleuze à partir des textes littéraires.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux et Chantal Delourme<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gaddis/Deleuze : jeu, coup de dés, hasard (à propos de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carpenter's Gothic</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Logique du sens</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire Joubert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La question du langage : Deleuze à l'épreuve de Beckett</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Lanone<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La ligne-lande, ou la lecture selon Gilles Deleuze</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle Alfandary<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">E. E. Cummings/Gilles Deleuze : écriture et affect</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John marks<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Everything is connected » : Deleuze et DeLillo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diego Vecchio<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deleuze et Macedonio Fernandez : devenir et devenir-citrouille</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Harris<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poe-tic Mathematics : detecting topology in The Purloined Letter</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Laure Fortin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La philosophie de Gilles Deleuze : une poétique du canon littéraire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kenneth J. Knoespel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diagrams as piloting devices in the philosophy of Gilles Deleuze</span></p>";;10/11/2001;19;155x220;176;978-2-84292-101-9;9782842921019;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_341.gif;;;;292;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Poursuivre le dialogue avec Gilles Deleuze, c'est lire les textes littéraires à travers Deleuze, mais aussi lire Deleuze à partir des textes littéraires. Sont abordées des questions épistémocritiques concernant par exemple la topologie ou les diagrammes, par le biais d'une lecture attentive de textes ou d'oeuvres (Poe, Thomas Hardy, Beckett, Don DeLillo, E. E. Cummings, Macedonio Fernandez, William Gaddis).</p>";"<p>Réimpression du numéro en novembre 2005.</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 316;2;6;14;Art, regard, écoute;La perception à l'oeuvre;;;"<p style=""text-align: justify;""> Cette réflexion reprend le problème de la perception esthétique en privilégiant deux perspectives : un dialogue critique avec la phénoménologie ; l'exploration de rencontres spécifiques, où les sens soutiennent et mettent en cause l'idée d'art.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur l'aisthésis</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Garcia, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le 19 juillet 1996, Paris</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars-Wuilleumier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Esthétique ou phénoménologie ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Véronique Campan</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La perception esthétique ou l'épreuve du temps</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Sorlin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Percevoir l'abstraction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roberto Zemignan</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Entre image et son. Le regard esthétique dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Homme au crâne rasé</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'André Delvaux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Mourey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rythme, schème et règle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Else Jongeneel</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Vision lectorale et effets d'image chez Claude Simon (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Bataille de Pharsale</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Bloch</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le schématisme en morceaux : percevoir la littérature</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Nicolas</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Écoute, audition, perception : quel corps </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">à l'oeuvre</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Luc Nancy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les arts se font les uns contre les autres</span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Garcia, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le 29 décembre 1995, Tours</span></em></p></blockquote>";;10/05/2000;0;137x220;172;978-2-84292-075-3;9782842920753;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_316.jpg;;;;264;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Que signifie percevoir en esthétique ? La notion semble si évidente qu'elle est ordinairement rabattue sur la compréhension, le plaisir ou l'ouverture aux objets. Aussi suscite-t-elle rarement une réflexion systématique. Pourtant, lorsque l'art est en question, n'y a-t-il pas un rapport particulier où le sensoriel se trouve interrogé par la rencontre avec l'oeuvre ? Les textes publiés ici reprennent le problème de la perception esthétique, d'abord sous l'angle philosophique, dans un dialogue critique avec la phénoménologie, puis au travers de ces rencontres spécifiques que sont l'écoute musicale, la lecture, l'exploration de la peinture, l'attention à un film : toutes expériences où les sens, engagés contradictoirement, soutiennent et mettent en cause l'idée d'art.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 317;2;6;18;L'Utopie en questions;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Philosophes, historiens, politologues et littéraires suggèrent un mode original d'intelligibilité des constructions utopiques, par-delà le non-lieu, ou le trop bon lieu, des chimères rassurantes chères aux partisans de l'ordre établi.</p>";"<p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Introduction<br /></span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Michèle Riot-Sarcey</span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">FIGURES DE L'UTOPIE, ENTRE CHIMÈRE ET ÉMANCIPATION</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jean-Jacques Goblot</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br />L'utopie en débat</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Guy Rosa<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'utopie romantique</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">François Hincker<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'effet d'utopie de la Révolution française</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jacques Rancière<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Sens et usages de l'utopie </span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">TRAVERSÉES DE L'UTOPIE, ENTRE SCIENCE ET CRITIQUE SOCIALES</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Monique Boireau-Rouillé<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les enjeux politiques d'une science des sociétés</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Antoine Picon<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La science saint-simonienne, entre romantisme et technocratisme ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Solange Mercier Josa<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'utopie comme mouvement du réel : de Considerant à Marx</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Michael Löwy<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'utopie Benjamin</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jean-Marie Vincent<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'Humanité comme utopie sans image : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Bloch et Adorno</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">ENJEUX ET PRATIQUES DE L'UTOPIE</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Eleni Varikas<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Coutume tyrannique, pourquoi obéir ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Michèle Riot-Sarcey<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Femmes, défi des utopies</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Michel Cordillot<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'utopie en Amérique, Réunion (Texas) </span></p><p> </p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Conclusion<br />Miguel Abensour<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Utopie et démocratie</span></p>";;10/01/2001;0;137x220;264;978-2-84292-086-9;9782842920869;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_317.jpg;;;;101;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'utopie n'est pas morte, nous voyons renaître aujourd'hui sa capacité émancipatrice. Pour apprécier son impact, théorique et expérimental, encore faut-il en restituer l'historicité : ce sera prendre la mesure du caractère intempestif des utopies, de leur aptitude à produire des discontinuités et des décalages dans la pensée de l'histoire. Prise entre réel et imaginaire, l'utopie échappe à toute catégorisation générique : c'est donc par regards croisés qu'il convient de l'aborder. En donnant la parole aux philosophes comme aux historiens et aux spécialistes de la littérature, ce livre entreprend de traiter l'utopie à travers la diversité des modes qu'elle revêt - de la fiction au modèle, de l'idéal à la critique du réel. Il s'agit de construire, obliquement, un processus original d'intelligibilité qui rende à l'utopie sa fonction d'ébranlement, par-delà le non-lieu ou le trop bon lieu des chimères rassurantes, garantes d'un ordre établi que l'utopie entend précisément déplacer.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3283 318;2;3;19;Évocation et cognition;Reflets dans l'eau;;;"<p style=""text-align: justify;"">Peut-on trouver des principes constitutifs communs à la création poétique et à la création musicale, voire picturale ? Analyse des corrélations qu'il est possible de construire entre un poème de Verlaine ou de Mallarmé et les mélodies qu'en ont tirées Debussy et Ravel, posant ainsi les jalons d'un extrait méthodologique de la correspondance entre les arts.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface de Marc Dominicy</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Première partie<br />Principe formel et principe cognitif en poésie et en musique</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> <span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 1: Fondements de l'analyse formelle de la poésie et de la musique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 2 : Critique du modèle formel et prise en compte du cognitif</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 3 : Pour un modèle de l'évocation applicable en poésie et en musique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deuxième partie<br />L'évocation du reflet dans l'eau dans les représentations poétiques et musicales</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> <span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 4 : Impression, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">soleils couchants</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Verlaine et Monet</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 5 : Parole et musique dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'ombre des arbres</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Verlaine et Debussy</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 6 : Parole et musique dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Soupir</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Mallarmé, Ravel et Debussy</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Références bibliographiques<br />Index des notions<br />Index des noms propres et des oeuvres</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Peut-on trouver des principes constitutifs communs à la création poétique et à la création musicale, voire picturale ? Sur quels principes se fondent ces arts lorsqu'ils construisent une représentation du monde ? À travers quel mode d'appréhension peut-on accéder au monde énigmatique qu'ont créé poètes et musiciens ? Ces questions, je me les pose depuis que j'ai découvert combien le monde mystérieux de l'eau et de son reflet avait inspiré poètes, musiciens et peintres de la fin du XIXe au début du XXe siècle, époque qui a vu naître le courant artistique nommé "" impressionnisme "". Ce qui m'a frappée, c'est la différence entre le mode d'appréhension des représentations poétique et musicale et celui de la représentation picturale. À la différence de la peinture qui peut, comme le font les toiles de Monnet et Sisley, donner un accès direct à la représentation du reflet dans l'eau, la poésie et la musique le font d'une manière suggestive, ambiguë et imaginative. J'ai essayé, et j'essaie encore de saisir le sens fuyant des poèmes de Verlaine et de Mallarmé, et d'appréhender celui des musiques de Debussy et de Ravel. À travers l'analyse de leurs oeuvres, j'apporte un certain nombre de réponses aux questions posées ci-dessus. Elles concernent la manière dont la musique et la poésie partagent un mécanisme de la représentation ; la manière dont les poètes et les musiciens manipulent le matériau qui leur est propre pour construire l'évocation de l'image du reflet dans l'eau. Et particulièrement, l'utilisation des propriétés typiques de cette image - effet de miroir, liquidité, fluidité, mouvement ondoyant, miroitement lumineux, renversement sont autant de caractéristiques qui permettent au récepteur de reconstituer dans sa propre mémoire la représentation qui lui est associée. In-Ryeong Choi-Diel</p>";10/02/2001;0;137x220;256;978-2-84292-087-6;9782842920876;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_318.jpg;;;;322;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Prenant appui sur des recherches cognitivistes, ce livre développe une théorie générale de l'évocation applicable à la poésie et à la musique. L'évocation est un processus cognitif qui fait appel à la mémoire encyclopédique. À travers l'analyse d'oeuvres traitant du reflet dans l'eau, l'auteur montre comment le poète et le musicien manipulent le matériau qui leur est propre pour construire une évocation : soit une image dont les propriétés formelles et sémantiques permettent au récepteur de retrouver dans sa propre mémoire la représentation qui lui est associée. Effet de miroir, liquidité, fluidité, mouvement ondoyant, miroitement lumineux, renversement? - autant d'indications cognitives mises ainsi au crédit de Verlaine et Debussy, Ravel et Mallarmé.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 320;1;3;27;Techniques : les paris de l'innovation;N°39/2000;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le Moyen Âge apparaît traditionnellement comme une époque de stagnation technologique : pourtant, dans des secteurs comme le bâtiment, la métallurgie, la céramique, la verrerie ou la draperie, des innovations techniques importantes voient le jour.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Paul Benoît et Philippe Lardin<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les paris de l'innovation. Éléments de bibliographie</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Philippe Bernardi<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Essai, tâtonnement et pari : le rôle de l'individu dans l'innovation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Anne-Marie Flambart<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La production du grès, une affaire de goût</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jean-Louis Roch<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Innovations et résistances dans la draperie : exemples normands</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Sophie Lagabrielle<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La verrerie du XIIe au XVe siècle : évolution d'une technique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Catherine Verna<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Réduction du fer et innovation : à propos de quelques débats en histoire sociale des techniques</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Paul Payan<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Ridicule ? L'image ambiguë de saint Joseph la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Alain Mounier-Kuhn<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les blessures de guerre et l'armement au Moyen Âge dans l'occident latin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Mario Ascheri<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Formes du droit dans l'Italie communale : les statuts</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>POINT DE VUE</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Beate Schuster<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Comment comprendre les récits de la première croisade ? À propos de 1099 &emdash; </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jérusalem Conquise</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> de Guy Lobrichon</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Notes de lecture<br />Livres reçus</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Pour l'ensemble du public, le Moyen Âge n'est pas une époque d'innovation mais, au contraire, une période de blocage et de sclérose technologiques, en raison du cadre rigide de la législation qui impose bien souvent les outils et les techniques utilisés par chaque secteur de la production. S'il est pourtant bien évident que l'évolution technologique a existé durant le millénaire médiéval, nous avons voulu réfléchir sur le concept même d'innovation, qui implique une véritable rupture avec les techniques anciennes, un passage affirmé vers de nouvelles technologies : ce concept est-il opératoire pour la période médiévale ? Loin des départements de « recherche et développement » des grandes entreprises actuelles, qui sont les moteurs de l'innovation, nous avons voulu montrer que l'innovation technologique au Moyen Âge repose souvent sur un « pari » qui peut résulter à la fois du déplacement des individus d'une région à l'autre, des ressources disponibles, du goût du consommateur, mais peut aussi se heurter aux résistances des producteurs qui voient dans la nouvelle technique qu'on leur propose un outil d'appauvrissement et de domination.</p>";10/12/2000;39;155x220;176;978-2-84292-083-8;9782842920838;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_320.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Bernardi : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le rôle de l'individu dans l'innovation »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le présent article envisage la question de l'innovation à travers la biographie d'un maçon travaillant à Aix-en-Provence autour de 1450. L'importante documentation réunie sur cet artisan quelconque permet d'évoquer, à partir d'exemples concrets, les conditions et les raisons de quelques-uns de ces changements mineurs, ou de ces bricolages, qui animèrent l'histoire des techniques. les exemples proposés illustrent trois approches possibles de la nouveauté à travers les actes de la pratique. Ils mettent en évidence, à la fois, la multiplicité, et l'imbrication, des facteurs susceptibles d'expliquer le processus d'innovation, et le caractère aléatoire de ce dernier.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Flambard Héricher : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La production du grès : une affaire de goût »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A la fin du Moyen Âge apparaît dans quelques régions un produit céramique nouveau : le grès. D'abord minoritaire, il va progressivement constituer la production exclusive de certains ateliers. Deux conditions sont indispensables à la fabrication : le choix d'une argile adaptée et sa cuisson dans un four qui puisse atteindre une température très élevée. Chacune d'elles sous-entend de multiples contraintes technologiques. Les potiers médiévaux sont-ils parvenus à fabriquer du grès fortuitement ou à l'issue d'une recherche délibérée ? Ont-ils bénéficié d'apports technologiques extérieurs, de modèles ? Et quel fut le rôle du consommateur ? A défaut de textes explicites, c'est à partir des découvertes archéologiques notamment normandes que l'on tentera d'apporter une réponse à ces questions.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Roch : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Innovations et résistances dans la draperie : exemples normands »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La draperie médiévale, dans son évolution, est passée par toute une série d'innovations ; Dominique Cardon a montré la logique du développement technique, qui y est à l'oeuvre, et dont le ressort principal est la recherche de la productivité (et donc l'élargissement des marchés). Ici seront plus particulièrement étudiés, à partir d'exemples normands, la révolution du cardage, l'émergence du drap à deux trames (le premier drap moderne), le changement des types d'""armures"" et la diffusion du moulin à foulon. Mais étudier l'innovation, c'est aussi éclairer les résistances à cette innovation et observer les parcours étonnants du progrès techniques, qui opère parfois de singuliers « retours » en arrière.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sophie Lagabrielle : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La verrerie du XIIe à la fin du XVe siècle : évolution d'une technique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du XIIe au XVe siècle, la technique du verre évolue dans les domaines de la composition et du façonnage. Les XIIe et les premiers tiers du XIIIe siècle sont les plus riches en tâtonnements et expérimentations en ce qui concerne le verre plat alors uniquement coloré, mais encore pauvres en verre de vaisselle. Avec la fin du XIIIe siècle, c'est un temps d'équilibre qui s'ouvrent, les compositions gagnent en clarté et en fluidité. Les produits de verre creux se généralisent ; le verre plat apparaît plus blanc, parce qu'il est plus fin, il entre dans l'habitat civil. La deuxième moitié du XVe siècle est une période de démocratisation pour le verre creux, comme le prouve le succès des gobelets, alors que le vitrage blanc, encore limité au niveau de l'imposte, pénètre plus largement les demeures. Chaque région de France poursuit une évolution parallèle mais spécifique en fonction de sa dominante, verre plat ou verre creux.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Verna : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Réduction du fer et innovation : à propos de quelques débats en histoire sociale des techniques »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'étude des techniques d'élaboration du fer a profité, depuis une vingtaine d'années, d'un profond renouvellement. Par ailleurs, la notion d'innovation jouit aujourd'hui d'un engouement certain. Il a donc paru intéressant de les confronter une nouvelle fois. Trois axes de réflexion ont été privilégiés : le temps, les formes et les enjeux de l'innovation. Finalement, à la lecture des travaux récents, la question qui s'imposent, fondamentale, ancienne et toujours d'actualités, est celle des rapports complexes qui se nouent entre technique et société.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Payan : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Ridicule ? L'image ambiguë de saint Joseph à la fin du Moyen Âge »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A la fin du Moyen Âge, alors que saint Joseph commence à être mis en valeur par les théologiens et qu'apparaissent les premiers signes d'une dévotion à son égard, l'iconographie le représente parfois dans une position peu favorable qui a souvent été interprétée comme une façon de le ridiculiser. L'étude d'un corpus iconographique confronté aux textes montre que ce phénomène reste minoritaire, et qu'il contribue d'une certaine façon à valoriser le personnage, avant même le développement de son culte.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Mounier Kuhn : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les blessures de guerre et l'armement au Moyen Âge dans l'Occident latin »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'armement des guerriers au Moyen Âge a été très rarement envisagé sous l'angle des blessures et de la valeur protectrice des armes défensives. En dépit des efforts constants réalisés par les combattants pour se protéger et adapter l'armement défensif aux « progrès » des armes offensives, les combattants et particulièrement les fantassins n'ont été, à quelques exceptions près, jamais réellement protégés. Les combats étaient infiniment plus meurtriers au Moyen Âge qu'on ne le pense habituellement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mario Ascheri : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Formes du droit dans l'Italie communale : les statuts »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les statuts sont la forme de production de normes la plus répandue et la plus caractéristique de l'Italie communale du XIIe-XVe siècles. De la coutume au statut il y a une discontinuité importante, culturelle plutôt que juridique, et surtout politique. Il y eut une autre discontinuité entre les statuts et le droit commun universitaire qui s'affirma au XIIIe siècle, puisque ce dernier compléta et conditionna le droit statutaire, conférant au juriste un primat qui est ensuite resté traditionnel en Italie.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span>Philippe Bernardi : </span><strong><span>« The role of the Individual in Innovation »<br /> </span></strong><span>The present article explores the question of innovation through the study of the biography of a mason who worked in Aix-en-Provence around 1450. The important documentation gathered concerning this ordinary craftsman reveals, through concrete examples, the conditions and the reasons which led to some of the minor changes, or the odd jobs, which animate the history of technology. The examples proposed illustrate three possible approaches to change as suggested by the exercise of the profession. They demonstrate at the same time the multiplicity and the imbrication of the factors which contribute to explain the process of innovation, as well as its hazardous character.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Anne-Marie Flambard Héricher : </span><strong><span>« The Production of Stoneware : A Matter of Taste »<br /> </span></strong><span>In the late Middle Ages, a new ceramic product made its appearance in several regions : stoneware. A minor product at first, it progressively came to constitute the exclusive production of certain workshops. Two conditions are necessary for its fabrication : the choice the choice of the appropriate clay and its firing in a kiln with very high temperature capacity. Each of these conditions implies multiple technological skills. did the medieval potters succeed in fabricating stoneware fortuitously, or as a result of deliberate research ? Did they benefit from outside technological expereince , or models ? And what was the role of the consumer ? For lack of explicte texts, we must seek the answer in the archaeological, and more particulary the Norman, discoveries.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Jean-Louis Roch : </span><strong><span>« Innovations and Resistances in the Cloth Industry : Norman Examples »<br /> </span></strong><span>As the medieval cloth industry expanded, it passed by a whole series of innovations : Dominique Cardon has shown the logic of this technical develpment, whose principal motivation was the increase of productivity (and so the expansion of markets). Particulary under study here, using Norman examples, will be the revolution of carding, the emergence of twill cloth (the first modern fabric), the changes in the types of weave, and the widespread use of the fuller's mill. But the study of innovation must also consider the resistances to it, and observe the surprising course of technological progress which sometimes operates peculiar « reversals » to the past.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Sophie Lagabrielle : </span><strong><span>« Glass of the 12th and 15th Centuries. Evolution of a Technic »<br /> </span></strong><span>Glass quality improved from the 12th to the 15th century in western Europe. During the 12th and the first three quarters of the 13th century, glass composition were based on potassium as a fusing agent. Theophilus in Germany, Theophrast, in France or Italy and Master Gobert, in Normandy, talked about their awn area of production and specific local recipies. Whatever the characteristics of early glass, makers were very concerned about colour. Research on blue, red and even white glass, led them to improve composition and glass production. Thirteenth century and fourteenth compositions were sodic in the South, calcic in the East and potassic in the West, North and Centre. Tableware becomes more frequent and window glass becomes whiter entering into uses in the castles. In th fifteenth century one sees an explosion of glass use, both in tableware (goblets becoming popular) and in the use of glass windows which occur in mansions and nice urban houses.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Catherine Verna :</span><strong><span> « Reduction of Iron and Innovation : Several Debates on the Social History of Technology »<br /> </span></strong><span>The study of the technics for the elaboration of iron has been the object of the distinct revival during the past twenty years. The idea of renovation, moreover, is definitely in vogue today. It has therefore seemed interesting to confront once again technology and innovation. Three axis of reflection have been followed : he times, the forms, the stakes. Lastly, as has been shown by recent works, the main, the fundamental, old but always current question still concerns the complex relationships which bind technology and society.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Paul Payan : </span><strong><span>« Ridiculous ? The Ambiguous image of saint Joseph in the Late Middle Ages »<br /> </span></strong><span>In the late Middle Ages, when theologians were starting to valorize the image of Saint Joseph the first signs of devotion to the saint appeared, iconography sometimes represented him in an unfavorable light, often interpreted as derisive. The study of a corpus of iconographic documents, when compared with texts, shows however that this phenomenon was a minor one, and that in a way it has contributed to the valorization of the saint, even before the development of his cult.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Alain Mounier Kuhn : </span><strong><span>« War Injuries and Armament in the Middles Ages in the Latin West »<br /> </span></strong><span>Armament in the Middle Ages has very seldom been considered from the point of view of induced injuries and the dgree of safety that defensive armament could give to the fighters. Despite the continuous efforts made to protect themselves and to adjust their defensive armament to the « improvements » of offensive weapons, fighters, and above all infantrymen, have, with few exceptions, never been actually well protected. Casualties at war were therefore infinitely more numerous than is usually believed.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Mario Ascheri : </span><strong><span>« Forms of Law in Communal Italy : The Statutes »<br /> </span></strong><span>The statutes were the most prevalent and characteristic form of production of legal standards in communal Italy in the twelfth to fifteenth centuries. From custom to statute, a notable discontinuity may be observed, cultural rather than juridical, but above all political. There was yet another discontinuity between the statutes and the common law taught in the university, which asserted itself from the thirteenth century on, endowing the jurist with a primacy which was to remain traditional in Italy.</span></p>";312;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Chaque tentative d'innover correspond à un « pari », soit qu'elle réponde à un nouveau besoin, soit qu'elle impulse au contraire une demande nouvelle. Les auteurs du numéro ont essayé de comprendre les résistances rencontrées et d'évaluer l'extension - sociologique et géographique - des innovations.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 394;2;3;13;Un sexe problématique;L'Église et l'homosexualité masculine en France (1971-2000);;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment l'institution cléricale justifie-t-elle ses positions homophobes dans une société française largement acquise à la reconnaissance élargie des droits individuels et de la liberté de choix ?</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. PRODUIRE LA NORME</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 1.<br /> L'homosexualité sous le regard de l'Église catholique française : une question à l'ordre du jour</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* L'homosexualité dans les médias catholiques : une question de société impossible à normaliser<br /> * L'évolution des discours cléricaux face au sida<br /> * Le PaCS et le retour du « combat moral »</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 2.<br /> L'homosexualité dans les énoncés des disciplines ecclésiastiques</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Les énoncés doctrinaux<br /> * Les énoncés canoniques<br /> * Les énoncés pastoraux<br /> * Exégèse, théologie morale et usage normatif des sciences humaines</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. FAIRE AVEC LA NORME</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 3.<br /> Autour de l'identité homosexuelle. Deux militantismes divergents dans l'espace associatif catholique</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* David et Jonathan, éléments d'histoire et de sociologie<br /> *De David et Jonathan à Devenir Un en Christ : deux séries d'options dans l'engagement<br /> * De David et Jonathan à Devenir Un en Christ : des régulations collectives problématiques</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 4.<br /> De l'homosexualité à la lutte contre le sida : arrêt sur un dispositif associatif catholique à trois dimensions</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Une scène confessionnelle éclatée<br /> * Combler un même vide par des ressources disparates<br /> * Structuration interne des collectifs</span></p></blockquote><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. S'APPROPRIER LA NORME</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 5. Des positions statutaires aux positionnements en valeur</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Une évaluation morale dictée par la fonction ?<br /> * Les topiques et leurs lieux</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 6. Vocations religieuses et identités sexuelles</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Rendre compatible l'homosexualité avec le célibat sacerdotal<br /> * Comment l'autorité s'exerce<br /> * Comment faire face à l'autorité</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 7. De la règle morale aux moralités actives</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Construire la pertinence d'un ordre moral alternatif<br /> * Les moralités et le pilotage des conduites<br /> * Les moralités et l'action collective</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">En écrivant cet ouvrage, j'ai voulu tenter de répondre à une double insatisfaction à l'égard du traitement sociologique des normes morales, et de la faiblesse de la réflexion sur l'instrumentation religieuse de l'argument sociologique. D'une part, le fait moral se trouve essentiellement abordé en termes d'interdit et de transgression, et la perspective sociologique s'attache à d'écrire la production sociale du stigmate ou les ressources défensives à son encontre. D'autre part, le discours religieux a su s'emparer des conventions rhétoriques de la sociologie pour assurer un certain nombre de positions idéologiques. Le ""problème"" que constitue l'homosexualité masculine au regard d'une rhétorique morale catholique fortement structurée m'a semblé pouvoir servir de révélateur : quelles sont les couches successives de discours que l'institution catholique a produites à son sujet depuis les années 1970 ? Comment l'action collective issue du catholicisme a-t-elle pu trouver sa place, entre une attitude de réprobation et une posture d'accompagnement à l'égard des homosexuels ? Dans quelle mesure les clercs homosexuels eux-mêmes peuvent-ils réussir à s'approprier à la fois leur orientation sexuelle et leur identité croyante ? J'ai voulu rendre conjointement raison de la plasticité du cadre institutionnel et de la force des normes : loin que notre modernité se caractérise par une ""perte des repères"", elle engage la construction de morales de soi dont les contours sont devenus plus difficiles à tracer.</p>";10/11/2004;0;137x220;240;978-2-84292-155-2;9782842921552;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_394.jpg;;;;101;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans quelle mesure, au sein de l'Église elle-même, est-il possible de tenir d'autres positions que celles de la réprobation et du refus ?</p><p style=""text-align: justify;"">Le présent ouvrage explore cette question sensible de l'homophobie dans L'Église, en rendant compte aussi bien de sa complexité socio-institutionnelle que de la simplicité de sa rhétorique. À ce titre, le livre envisage à la fois la constitution et la reproduction modulée des discours, la mobilisation socio-ecclésiale sur le dossier de l'homosexualité et les dilemmes ou les « troubles d'identité » que peuvent avoir à résoudre les clercs homosexuels eux-mêmes. Car la fonction cœrcitive de l'institution ecclésiale tient moins à ses capacités réelles de répression, qu'à la nécessité induite par sa référence de rendre cohérents les engagements et les arguments. Parce qu’il révèle des enjeux moraux, mais aussi politiques, le dossier de l’homosexualité permet de mieux comprendre à quoi vient l’autorité d’une norme religieuse dans la modernité.</p>";;22/07/2004 11:26;0;Première édition;3081 382;2;3;8;Poussin pour mémoire;Bonnefoy, du Bouchet, Char, Jaccottet, Simon;;;"<p style=""text-align: justify;"">Aanalyse des enjeux de la redécouverte de Poussin dans la littérature d'après 1945. Essai accompagné de cinq dessins reproduits hors-texte. Auteurs étudiés : Yves Bonnefoy, André du Bouchet, René Char, Philippe Jaccottet et Claude Simon.</p>";"<p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Légendes de Poussin </span></em></strong></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« De plusieurs déchirements dans les parages de la peinture »</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Figures<br /> - Les mots dans la peinture : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Bergers d'Arcadie<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les mots contre la peinture : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Martyre de saint Érasme<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Cécités<br /> - « Désavoir pour voir »</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écrire au présent</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Batailles</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : la peinture en mouvement<br /> - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le Paysage avec Orion</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">aveugle</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou la peinture dans le temps de l'écriture<br /> - « Cet admirable tremblement du temps »</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La naissance d'un peintre</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La fable de l'exil<br /> - Poussières légendaires<br /> - Portraits volés</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réserves de Poussin</span></em></strong></p>";"<p style=""text-align: justify;"">A l'origine de mon livre, il y eut l'étonnement de découvrir chez plusieurs écrivains contemporains, quatre poètes, Yves Bonnefoy, André du Bouchet, René Char et Philippe Jaccottet, un romancier, Claude Simon, une référence insistante à un peintre que la tradition française présente comme un modèle classique. D'un côté, un art érigé en norme, de l'autre, des formes inventives, celle du nouveau roman, celles de la prose poétique, du vers libre ou de la note. Sur quel terrain commun pouvait s'installer cet étrange et rare voisinage ? ""Poussin pour mémoire"" analyse les enjeux de la redécouverte de Poussin dans la littérature, après 1945. Les écrivains étudiés s'écartent des traditions françaises d'interprétation de l'art de Poussin, définies à partir de la distinction opérée à la fin du XVIIe siècle entre art de la couleur et art du dessin. Ils s'affranchissent des figures imposées et inventent, à partir de traces recueillies à la surface des toiles du peintre (fragments de textes ou de figures), des théories de l'art pour le présent. L'essai est accompagné de cinq dessins reproduits hors-texte qui annoncent ces libres traits d'écriture qu'esquissent les écrivains à distance de la peinture.</p>";10/09/2004;0;137x220;192;978-2-84292-152-1;9782842921521;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_382.jpg;;;;262;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Premier artiste à réclamer une lecture de ses toiles, auteur de multiples écrits sur l'art, peintre philosophe pour la postérité, Nicolas Poussin laisse une œuvre considérée comme le paradigme d'une peinture offerte au discours : invitant ainsi le spectateur à retrouver, pour chaque tableau, le texte sous-jacent qui l'explique, dans une parfaite complémentarité du pictural et du verbal. <br />La redécouverte de l'art de Poussin, dans la seconde moitié du XXe siècle, ébranle de telles évidences. Si des poètes comme Yves Bonnefoy, André du Bouchet, René Char et Philippe Jaccottet, et un romancier, Claude Simon, se tournent vers cette œuvre intempestive, ils ne sont pourtant pas nostalgiques d'une figuration qui déclencherait d’emblée le discours littéraire. Prélevant sur les toiles du maître classique des fragments de textes ou de figures, leurs poétiques singulières suscitent des traces qui font vaciller les discours interprétatifs ; elles inventent de nouvelles écritures pour dire le visible, des théories de l'art pour le présent.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3676 383;2;3;12;L'Invention de Balzac. Lectures européennes;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage réunit les textes majeurs écrits sur Balzac par les écrivains européens au tournant du XIXe et du XXe siècle : James, Hofmannsthal, Rilke, Stevenson, Strindberg, Svevo, Swinburne, Tchekhov, Wilde, Yeats.</p>";"<p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : Balzac et la scène européenne du roman</span></em></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. L'effet-Comédie humaine</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Oscar WILDE<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac en anglais<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Martine Groult et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henry JAMES<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Leçon de Balzac<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Paul Vangelisti et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hugo VON HOFMANNSTHAL<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Fille aux yeux d'or<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Iris Faigle et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henry JAMES<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Paul Vangelisti et Susi Pietri</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. L'œuvre-monde</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henry JAMES<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Honoré de Balzac <br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Paul Vangelisti et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rainer Maria RILKE<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Auguste Rodin <br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Iris Faigle et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hugo VON HOFMANNSTHAL<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br />Traduit par Iris Faigle et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">William Butler YEATS <br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac : sur « Louis Lambert »<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Michel Dufour</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. De l'autre côté du miroir</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Algernon Charles SWINBURNE <br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lesbia Brandon <br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduit par Paul Vangelisti et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Oscar WILDE<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Déclin du mensonge</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br />Traduit par Martine Groult et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Italo SVEVO<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une vie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br />Traduit par Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Louis STEVENSON<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Trafiquant d'épaves </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Traduit par Andrea Borsari</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anton TCHÉKHOV<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trois sœurs </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Traduit par Janna Iurevna Petrova</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hugo VON HOFMANNSTHAL<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur les caractères dans le roman et dans le drame</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br />Traduit par Iris Faigle et Susi Pietri</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">August STRINBERG <br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Seul</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br />Traduit par Eugénie Koch et Therese Krook</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Boris PASTERNAK </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Vers blancs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br />Traduit par Maurice Aucouturier</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Boris PASTERNAK <br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br />Traduit par Maurice Aucouturier</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des auteurs, des oeuvres et des personnages</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">À l'origine de ce recueil de « textes d'auteur » il y eut mon désir de voyager dans la <em>Comédie humaine </em>en suivant des parcours inattendus et inusuels, sur les traces des Balzac multiples d'Oscar Wilde et de Henry James, de Rainer Maria Rilke et Hugo von Hofmannsthal, ou du Balzac « autobiographique » d'Italo Svevo, August Strindberg, Boris Pasternak, ou encore des Balzac imaginaires de Swinburne, Tchekhov, Stevenson, Yeats. <em>L'Invention de Balzac</em> réunit des écrits et des essais d'écrivains hors frontières, et interroge les enjeux de ces étonnantes redécouvertes « étrangères » de l'oeuvre balzacienne dans la scène littéraire européenne. Une double virtualité d'approches, qu'on souhaite complémentaires, s'ouvre ainsi pour le lecteur : d'un côté, relire <em>La Comédie humaine</em> par ses lectures d'écrivains ; de l'autre, lire ces mêmes lectures comme des « oeuvres » autonomes (récits, dialogues imaginaires, poèmes, proses d'art) qui relèvent des inquiétudes et des questions portées sur le présent de leur écriture - car toute invitation au voyage dans <em>La Comédie humaine</em> constitue ici l'espace d'un exercice en même temps critique, autoréflexif, scriptural.</p>";10/10/2004;0;137x220;216;978-2-84292-153-8;9782842921538;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_383.gif;;;;356;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle plusieurs protagonistes de la scène littéraire européenne, de Henry James à Hugo von Hofmannsthal, de Rainer Maria Rilke à Oscar Wilde, redécouvrent <em>La Comédie humaine</em>, interrogent le statut et les enjeux du macrotexte balzacien, inventent de nouveaux visages mythiques de son auteur. En même temps Balzac devient une figure oblique de la fiction, un ""personnage reparaissant"" qui rebondit diaboliquement d’une oeuvre à l’autre. Tous ces portraits balzaciens sont autant d’autoportraits d’écrivains en quête de leurs oeuvres. Essais ou conversations imaginaires, proses d’art, poèmes, récits de fiction, ces lectures font de <em>La Comédie humaine</em> un laboratoire pour penser les tournants critiques de la réception balzacienne et les tournants esthétiques de la crise fin de siècle.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 379;2;3;12;Pluralité des langues et mythe du métissage;Parcours européen;;;"<p style=""text-align: justify;""> Entre France et Hongrie, c'est tout le rapport de la culture à la question de la langue et de sa pluralité intrinsèque qui est interrogée à travers l'histoire européenne.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation<br />Judit KARAFIÁTH et Marie-Claire ROPARS</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Première partie : migrations</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christopher LUCKEN<br />Langue pérégrine ou maternelle ? Variations et nationalisation des langues au Moyen Âge</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tivadar GORILOVICS<br />Vestiges de la latinité dans la presse hongroise contemporaine</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ildikó LORINSZKY<br />Réflexivité du roman : Flaubert lecteur de Cervantès</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ilona KOVÁCS<br />Réécritures et réception : le cas des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mémoires</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Casanova</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zineb ALI-BENALI<br />Langue de l'ailleurs? La langue française au carrefour des mémoires des langues</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deuxième partie : la langue plurielle</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick QUILLIER<br />« Plus d'une langue »... (À propos de l'hétéroglossie chez Fernando Pessoa)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Judit KARAFIÁTH<br />Entre le hongrois, l'allemand et l'anglais. Le parcours d'Arthur Koestler</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Xavier GALMICHE<br />Le syndrome de l'homme transistor. Poésie multilingue d'Ivan Blatny</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Györdy TVERDOTA<br />Andor Németh, auteur d'un essai philosophique rédigé en trois langues</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Troisième partie : duplicité du métissage</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gergely ANGYALOSI<br />Identité culturelle et universalisme philosophique : l'aporie des « idiomes nationaux » en philosophie</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Rachel HERMETET<br />Trieste, un mythe culturel pour le XXe siècle ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc MARTIN<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Cinq Continents</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, les Nègres d'Europe et la rêverie de métissage chez Yvan Goll</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno CLÉMENT<br />Tristesse du métissage (notes sur l'oeuvre d'Ismaïl Kadaré)</span></p>";;10/04/2004;0;137x220;224;978-2-84292-149-1;9782842921491;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_379.gif;;;;276;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">La pluralité des langues, leurs pérégrinations à travers frontières, histoires et inventions littéraires ont-elles pour seul horizon le rêve accompli du métissage ? La question ne concerne pas seulement le devenir multiple de chaque culture, elle touche à une pensée de la langue elle-même, dont la vocation plurielle devient visible au voisinage d'une autre langue. C'est cette aptitude des langues à se dédoubler et à se rendre étrangères à soi qu'un dialogue franco-hongrois interroge ici : balisant largement l'espace de l'Europe depuis la Manche jusqu'à la Méditerranée, explorant les parcours singuliers du latin médiéval ou des poètes multilingues de la modernité, à travers Pessoa, Ivan Blatny, Kadaré ou le mythe triestin, une pensée autre de l'Europe s'éprouve ici : placé sous la double invocation d'Hermès le voyageur-voleur et de Métis la rusée, un territoire encore à venir dont l'unité tiendrait moins à la synthèse voulue de cultures différentes qu'à la reconnaissance partagée d'une différence à l'oeuvre au sein de toute langue et de toute culture.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 378;1;3;27;Éthique et pratiques médicales aux derniers siècles du Moyen Âge;N°46/2004;;;"<p style=""text-align: justify;"">La pratique médicale connaît une évolution décisive à partir du XIIIe siècle : constitution d'un cursus d'enseignement, de Facultés, de l'accès à la profession par des instances spécialisées, appointement par les communes de médecins salariés.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marilyn Nicoud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Jacquart</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le difficile pronostic de mort (XIVe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chiara Crisciani</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Éthique des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">consilia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et de la consultation : à propos de la cohésion morale de la profession médicale (XIIIe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael R. McVaugh<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le coût de la pratique et l'accès aux soins au XIVe siècle : l'exemple de la ville catalane de Manresa</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier-Brogi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esthétique et soins du corps dans les traités médicaux latins à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicolas Weill-Parot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La rationalité médicale à l'épreuve de la peste : médecine, astrologie et magie (1348-1500)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Ziegler<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Médecine et physiognomonie du XIVe au début du XVIe siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Essais et Recherches</span></strong></p><p> </p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lydwine Scordia<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">"" Le roi refuse l'or de ses sujets "". Analyse d'une miniature du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre de bonnes meurs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Jacques Legrand (Ý 1415)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Point de vue</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christopher Lucken<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Sarrasins ou la malédiction de l'autre</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Notes de lecture<br /> - Sommaires d'ouvrages collectifs<br /> - Livres reçus</span></p>";;10/06/2004;46;155x220;192;978-2-84292-151-4;9782842921514;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_378.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Jacquart : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le difficile pronostic de mort (XIVe-XVe siècles) »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le conseil de ne pas traiter les cas incurables, présent dans certains textes de la Collection hippocratique, fut repris par les auteurs médiévaux d'ouvrages de chirurgie. Mais qu'en était-il des médecins ? À travers les propos de deux prolixes auteurs, l'un et l'autre fortement engagés dans une pratique, Bernard de Gordon (fin XIIIe-début XIVe s.) et Jacques Despars (m. 1458), il apparaît que leur réticence ne tenait pas tant à soigner des cas incurables qu'à poser un pronostic fatal. Les signes annonciateurs de mort - sauf si celle-ci était proche - se laissaient difficilement reconnaître. Pour un médecin il semblait plus déshonorant de pronostiquer à tort la mort que l'inverse. La récurrence des épidémies de peste, à la fin du Moyen Âge, força toutefois la réticence des médecins et les mena à poser plus souvent ce pronostic qui leur répugnait.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maladies - mort - pronostic - médecine - fin du Moyen Âge</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chiara Crisciani : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Éthique des consilia et de la consultation : à propos de la cohésion morale de la profession médicale (XIIIe-XIVe siècles) »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dare consili</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">a est une des activités du médecin savant, formé à l'Université. Mise à part la tradition, typique des praticiens italiens, des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">consilia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (écrits et formulés pour des patients), il est un acte médical important, la consultation, dans laquelle plusieurs médecins sont amenés à conférer sur l'état d'un malade, et à conseiller, pour finir, une procédure. Cette consultation est un des aspects du comportement du médecin qui n'est régulé ni par des normes corporatives ni par des décrets ecclésiastiques ; en d'autres termes, elle fait partie des règles d'éthique ou ""étiquette"" que tout bon professionnel doit posséder. Sont analysées ici les règles que Henri de Mondeville, dans sa </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chirurgia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, établit pour cette réunion de médecins définie comme une </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">collatio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Ses instructions sont confrontées tant avec celles que fournit Henri sur le comportement du médecin-chirurgien dans d'autres situations, qu'avec d'autres textes traitant de déontologie ou divers comptes rendus de consultation par des professionnels. Il en ressort que ces directives ou ""conseils"" d'Henri de Mondeville n'ont pas seulement pour finalité une plus grande efficacité de la pratique professionnelle, mais peuvent aussi être vus comme l'expression de l'éthique spécifique d'une communauté scientifique, celle des médecins du bas Moyen Âge.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Consultation - Chirurgie - Henri de Mondeville - éthique professionnelle - XIVe siècle</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael Mc Vaugh : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le coût de la pratique et l'accès aux soins au XIVe siècle : l'exemple de la ville catalane de Manresa »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'étude de l'accès aux soins et de leur coût dans la petite ville catalane de Manresa au début du XIVe siècle révèle que la ville versait un salaire à un médecin et à un chirurgien pour qu'ils soignent gratuitement les habitants, mais aussi que l'on pouvait recourir à d'autres praticiens. En outre, en raison du faible montant du salaire versé par la ville, les praticiens étaient obligés de chercher des patients dans les environs. Les habitants de Manresa semblent avoir également eu recours aux apothicaires pour se soigner ; les remèdes énumérés dans le "" Receptari "" de l'un de ces apothicaires, Bernat des Pujol, suggèrent que toutes les couches de la société venaient le trouver pour des soins de routine, en particulier des purgatifs, qui semblent avoir été peu coûteux. Les soins médicaux semblent donc avoir été d'un accès facile pour les habitants de la ville, mais à cause de leur faible coût, il était difficile pour les praticiens de Manresa de bien gagner leur vie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manresa - prix - honoraires - soins médicaux - médecin - apothicaire</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier-Brogi :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Esthétique et soins du corps dans les traités médicaux latins »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aux derniers siècles du Moyen Âge, les soins de beauté semblent occuper une place croissante dans la pratique médicale, et les auteurs de traités de médecine ou de chirurgie accordent de plus en plus d'importance, sous le nom d'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ornatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">decoratio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, à ce que nous appelons aujourd'hui cosmétique ou cosmétologie. L'Antiquité avait certes légué un certain savoir en matière d'embellissement, mais le haut Moyen Âge s'avère pauvre en traces d'un tel souci, et la cosmétique n'apparaît pas dans la littérature médicale d'Occident avant la fin du XIIe siècle, ou sa deuxième moitié. De cette entrée en scène des soins de beauté, les premiers témoins se trouvent à Salerne, et, à l'origine de ces productions latines d'un genre nouveau, il y a de nouvelles sources, principalement Rhazès et Avicenne, traduits à Tolède par Gérard de Crémone (Ý 1187). L'influence de la médecine arabe en la matière reste certes à évaluer avec précision, mais incontestablement, à partir de cette date, des textes divers, religieux ou profanes, attestent la recherche massive de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ornatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, que corrobore l'importance du sujet dans la littérature médicale. Or si des médecins s'y intéressent, c'est principalement dans les traités de chirurgiens, spécialistes des opérations manuelles dont relève a priori plus directement "" l'ornement "", que la cosmétique paraît avoir acquis droit de cité ; parmi ces Chirurgies, celles de Henri de Mondeville et de Guy de Chauliac (XIVe siècle) lui font une large part et retiennent donc ici plus longuement l'attention.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cosmétique - Médecine Arabe - Guy de Chauliac - Henri de Mondeville - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ornatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Salerne - Chirurgiens</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicolas Weill-Parot : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La rationalité médicale à l'épreuve de la peste : médecine, astrologie et magie (1348-1500) »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Confrontée à la nouveauté que constitua l'arrivée de la peste en Occident, la médecine savante fut apparemment mise à rude épreuve. Son inadéquation n'était-elle pas visible face à ce défi pratique ? Pourtant, l'étiologie astrologique du fléau resta assez strictement naturaliste (la grande conjonction de 1345 fut considérée comme la cause de la putréfaction de l'air tenue elle-même pour responsable de la Peste Noire de 1348). Quant au recours aux </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">empirica</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> merveilleux ou magiques, il fut relativement limité et toujours encadré par une logique d'application respectueuse de la théorie médicale : qu'il s'agisse des gemmes ingérées comme des médicaments ou bien portées en amulettes, ou même des sceaux astrologiques talismaniques.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Médecine savante - peste - rationalité - magie - astrologie</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Ziegler : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Médecine et physiognomonie du XIVe au début du XVIe siècle »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La médecine et la physiognomonie étaient entrelacées depuis l'Antiquité. Cet entrelacement s'intensifia énormément à partir de 1300 environ. La physiognomonie savante adopta entièrement le concept de complexion et la théorie humorale comme fondement explicatif de tous les signes physiognomoniques. Le discours physiognomonique ressembla au discours médical et reposa fortement sur des autorités médicales. La pratique physiognomonique en vint à ressembler à un bilan médical. Les physiognomonistes se mirent à vanter l'observation physiognomonique pour les médecins désireux d'améliorer leur savoir-faire dans l'identification d'une complexion.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Physiognomonie - Coclès - Louis XII - Charles VIII - Roland l'Escripvain - complexion</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lydwine Scordia : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« “Le roi refuse l'or de ses sujets”. Analyse d'une miniature du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre de bonnes meurs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Jacques Legrand (ca 1410) »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre de bonnes meurs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> a été offert en 1410 au duc de Berry par le religieux augustin Jacques Legrand. Vers 1490, un artiste de la vallée de la Loire a orné une copie de ce traité moral de 53 miniatures. L'une d'entre elles est énigmatique : représente-t-elle "" le roi levant l'impôt-or sur ses sujets "" ? Peut-on montrer à la fin du XVe siècle un roi percepteur ? La miniature soulève également la question alors posée par des théologiens, Mendiants pour la plupart, sur la nature du prélèvement fiscal : l'impôt est-il "" le salaire du roi "" ? Certains esprits subtils vont distinguer - comme cela avait été fait pour justifier la rémunération des maîtres ou des prédicateurs - ce qui relevait de la fonction ministérielle du prince, gratuite, de la pratique pénible du gouvernement, à laquelle il n'était pas tenu gratuitement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Legrand (Ý 1415) - miniature - impôt - salaire - exégèse</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Jacquart : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The difficult death prognosis (14th-15th centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The advice to not treat incurable cases, present already in certain texts of the Hippocratic Collection, was taken up again by medieval authors of surgery treatises. But what about the physicians ? This paper analyses the utterances of two prolix authors, both of them deeply involved in a practice, Bernard of Gordon (end of the 13th-beginning of the 14th c.) and Jacques Depars (Ý 1458), and it is evident that their reticence had more to do with the giving of a death prognosis than the curing of incurable cases. The signs that death was on the way were indeed not easy to recognize, except if the fatal hour was really near. And in a physician's opinion, it was more dishonourable to give a wrong prognosis of death than the opposite. Yet at the end of the Middle Ages, the recurrence of plague epidemics forced the reticence of the physicians, and led them more often to give this prognosis for which they had a loathing.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diseases - death - prognosis - medicine - late Middle Ages</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chiara Crisciani : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Ethics of the consilia and of the consultation : about the moral cohesion of the medical profession (13th-14th centuries) </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">»<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dare consilia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> is one of the activities of a learned, University trained physician. Except the tradition of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Consilia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (written and formulated for patients who are not present), used by Italian practitioners, there is another important medical act, namely the consultation, whereby several physicians are brought in to discuss the state of a sick person and to advise on how to deal with the case. This consultation is one of the aspects of a physician's work that is regulated by neither corporative norms nor ecclesiastical decree ; in other words it forms a part of ethical rules or ""etiquette"" which every professional should possess. This paper analyses the directives given by Henri de Mondeville in his </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chirurgia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, established for such a meeting of physicians and defined as a </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">collatio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. His instructions are compared with the rules he gives for the behaviour of the doctor-surgeon in other situations, as well as other texts dealing with the deontology or various consultative reports by professionals. It is evident that these directives or ""counsels"" of Henri de Mondeville not only aim for a more efficent professional practice, but can also be seen as the expression of professional ethics, specific to the scientific community of doctors of the late Middle Ages.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Medical consultation - surgery - Henri de Mondeville - professional ethics - 14th century</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael Mc Vaugh : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The cost and accessibility of medical care in the 14th century : the case of Manresa (Catalunya) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A study of the cost and availability of medical care in the small Catalan town of Manresa in the early fourteenth century reveals that the town paid the salary of a physician and a surgeon who were required to attend citizens free of charge, and that other practitioners were also available there ; because town salaries were low, practitioners were forced to seek patients in the surrounding countryside as well. Citizens of Manresa seem also to have sought out apothecaries for treatment : the drugs listed in the ""Receptari"" of one apothecary, Bernat des Pujol, suggests that all sectors of the population came to him for routine medication, typically purges, which again cost relatively little. Medical care was apparently readily available to citizens of the town, and its inexpensiveness meant that medical practitioners in Manresa found it difficult to make much money.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manresa - prices - fee - medical cares - medical practitioners - apothecary</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier-Brogi : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Aesthetics and body care in latin medical treatises »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">During the last centuries of the Middle Ages, beauty cares seem to play an increasing part in the medical practice, and many authors of medical or chirurgical treatises pay allways more attention to the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ornatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> or </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">decoratio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">i. e.</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> what we name today cosmetics or cosmetology. Yet Antiquity had left a certain knowledge in that field, traces of such a concern in the High Middle Ages are hardly to be found, and cosmetics do not feature in the medical western litterature until the late 1100's, or maybe the second half of that century. This coming out of cosmetology is first witnessed in Salerno, and this new kind of latin writings take their roots in new sources, principally Rhazes and Avicenna, recently translated in Toledo by Gerard of Cremona (Ý 1187). The exact influence of arabic medicine in this sphere is not perfectly known yet, but beyond all doubt, after the 12th century, a huge variety of texts, religious or lay, attest that the ""</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ornatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">"" seeking was widespread. The subject interested different western doctors, but cosmetics seems to be a greater concern for surgeons, that is to say practitioners specialized in manual operations. This paper considers in particular the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chirurgiae</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of Henri de Mondeville and Guy de Chauliac (14th century), for the large place they give to cosmetology.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cosmetics - arabic medicine - Guy de Chauliac - Henri de Mondeville - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ornatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Salerno - surgeons</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicolas Weill-Parot : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The medical rationality faced with the plague : medicine, astrology and magic (1348-1500) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Facing the novelty created by the advent of the Plague in Western Europe, learned medicine was apparently put to the test. Was not obvious its inadequacy to the practical challenge ? Yet, the astrological aetiology of the scourge remained quite strictly naturalistic (the great conjunction occuring in 1345 being the cause of the putrefaction of the air responsible for the Black Death in 1348). Concerning the use of marvelous or magical empirica, it was rather limited and always framed by a logical and respectful applying of the medical theory, as shown by the gems ingested as medicines or carried as amulets, or even astrological-talismanic seals.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Learned medicine - plague - rationality - magic - astrology</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Ziegler : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Medecine and physiognomy (1300-1500) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Medicine and physiognomy were intertwined since ancient times. This intertwinement dramatically intensified from c. 1300 onwards. Learned physiognomy fully adopted the concept of complexion and humoral theory as an explanatory basis for the physiognomic signs. Physiognomic learned discourse resembled medical discourse and heavily relied on medical authorities. Physiognomic practice came to resemble a medical check-up. Physiognomers came to boast the usefulness of the physiognomic gaze for physicians, who wished to improve their skill of identifying complexion.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Physiognomy - Coclès - Louis XII - Charles VIII - Rolandus Scriptoris - complexion</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lydwine Scordia : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« “The King refuses the gold of his subjectS”. Study of a miniature of Jacques Legrand's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre de bonnes meurs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (ca 1410) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre de bonnes meurs </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">was dedicated in 1410 by the Augustinian friar Jacques Legrand to the Duke of Berry. Towards the end of the century, an anonymous artist decorated a copy of this moral treatise with 53 miniatures. One of them is enigmatic : is it about the King levying gold taxes from his subjects ? Is it possible to represent the King as a tax collector at the end of the 15th Century ? The miniature also raises the question discussed at that time by the theologians - mostly Mendicants - about tax collecting : is taxation the ""King's wage"" ? Some subtle minds answered by taking up the distinction already alleged to justify the remuneration of teachers and preachers : on one hand, the ministerial function of the monarch is free of charge, and on the other hand, the government includes a laborious practical dimension, which is not a king's free duty.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Legrand (Ý 1415) - miniature - taxation - remuneration - exegesis</span></p>";278;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Autant de transformations relayées par des autorités publiques soucieuses de disposer d'un corps médical apte à prendre en charge la santé des populations. Dans le droit romain retrouvé, le médecin puise une justification sociale, mais aussi éthique. Les études rassemblées ici privilégient le lien entre patients et praticiens ; c'est cette interaction essentielle qui conduit les médecins à mieux définir l'objet même de leur art, le champ et les limites de leurs compétences, l'éthique à adopter dans leur pratique, ou encore les rapports que leur discipline doit entretenir avec d'autres savoirs proches. Aux côtés d'une médecine appointée par les grands, on assiste ainsi à l'émergence d'une certaine « démocratisation » liée au développement du souci de soi.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNL et du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 377;2;3;16;Essai sur l'indicible;Jabès, Blanchot, Duras;;;"<p style=""text-align: justify;"">La question de l'indicible, où vient buter notre actuelle modernité, a partie liée avec la disparition d'une parole fondatrice : telle est la transformation radicale que la perte des ""grands récits"" d'origine impose à la fin du XXe siècle.</p>";"<p> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction. Écrire au seuil de l'indicible</span></strong></p><p><strong> </strong> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esthétique, une question d'éthique</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Définir l'indéfinissable.<br />* À la recherche de l'Origine absolue.<br />* Post-modernisme et « grands Récits ».<br />* Nancy et l'interruption du mythe des origines.<br />* Le risque majeur de l'écriture.</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Pour une esthétique du désoeuvrement</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Penser un certain dépassement de la limite : l'apport de Kant.<br />* Le neutre.<br />* Figures de l'infigurable.</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I. Edmond Jabès et « le risque d'un nom » </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> <span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Écriture et judaïsme<br />* Un certain judaïsme<br />* Un double indicible<br />* L'interruption du mythe : le Sans-Visage et le Christ<br />* Le rapport (sans rapport) à l'origine<br />* Signe et circoncision<br />* Une chair faite de texte et le Verbe fait de chair<br />* Le Livre inachevé et le livre achevé<br />* Le danger de l'inversion<br />* Le chiasme de la Lettre et de l'Esprit<br />* Le chiasme, une figure de rhétorique<br />* L'ontologie négative de Merleau-Ponty<br />* Une topologie de l'Etre<br />* L'incompossibilité du temps<br />* L'empiétement et la réversibilité des perspectives<br />* La chair et le Livre<br />* La perpétuelle prégnance : l'« hyper »-mise en abyme de Jabès<br />* Chiasmes thématiques<br />* La question et la réponse<br />* Un dernier mot</span></p><blockquote><p> </p></blockquote><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II. « Éffacé avant d'être écrit » : Maurice Blanchot et l'art du récit</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* De l'origine à la mort<br />* </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Arrêt de mort</span></em></p><p><em> </em> </p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III. « La où l'imaginaire est le plus fort » :<br />Duras et l'amour invivable entre les sexes</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">* Un indicible horizontal<br />* </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emily L</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">.<br />* Le doublage</span></p></blockquote>";;10/06/2004;0;137x220;208;978-2-84292-140-8;9782842921408;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_377.jpg;;;;286;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Mais loin de précipiter l'impossibilité de dire vers l'abandon à l'innommable ou l'effusion mystique, la reconnaissance de l'indicible ne rend que plus active l'exigence d'écrire : c'est ce dont témoignent, en précurseurs, les textes d'Edmond Jabès, de Maurice Blanchot et de Marguerite Duras, inaugurant un rapport nouveau à l'écriture qui fait l'objet de cet essai. L'indicible est affaire de langage, alors même qu'il touche à la différence irréductible au coeur du langage. Qu'il s'agisse de la singularité absolue des êtres humains, de l'altérité radicale de la mort ou de l'absolu de l'amour, l'auteur construit ici les différentes opérations par lesquelles l'écriture invente les figures où l'indicible prendra forme.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 375;1;3;29;Pour un dialogisme des disciplines;N°21/2003;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment la thermodynamique a-t-elle inspiré Balzac ? Pourquoi Bergson n'a-t-il pu entendre la radicale étrangeté que lui révélait la théorie de la relativité sur le temps ? Qu'est-ce qui est à l'origine des malentendus dans la réception critique d'un film tourné au moment de la Deuxième Guerre mondiale ?</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Batt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olga Sherer</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Le contre-courant de la conscience (Faulkner et Dostoïevski)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine Cazé</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le corps du texte : dialogisme et traduction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'exception canavalesque au différentiel dialogique :<br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Life and Death of Colonel Blimp</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Maillard </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> De la théorie des systèmes au « savoir culturel »<br /> Approches intégratives de l'objet littéraire en Allemagne (1980-2000)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexis de Saint-Ours </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Bergson et la théorie de la relativité restreinte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sydney Lévy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Balzac et la machine-peau de chagrin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wojciech Kolecki </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Bibliographie d'Olga Scherer</span></p>";;10/11/2003;21;155x220;176;978-2-84292-147-7;9782842921477;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_375.gif;;;;256;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Alors que les relations interdisciplinaires continuent d'occuper une place importante au sein de la réflexion en sciences humaines et que leurs modalités concrètes y sont largement discutées, ce numéro propose de remettre sur le métier les notions convoquées par Bakhtine pour définir sa théorie du dialogisme : il s'agit d'éclairer les interactions que peuvent avoir des disciplines à priori fort éloignées. On verra ainsi comment la théorie des systèmes peut relancer la réflexion sur la littérature ; comment la thermodynamique a inspiré Balzac ; pourquoi Bergson n'a pu entendre la radicale étrangeté que lui révélait la théorie de la relativité sur le temps... On verra enfin comment les concepts bakhtiniens offrent un second souffle à la théorie de la traduction.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du Centre national des lettres</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 498;2;3;16;Poète, même en prose;Le recueil de contes symbolistes 1890-1900;;;"<p style=""text-align: justify;"">Peut-on encore, à la fin du XIXe siècle, être poète par le fait même de raconter… en prose ? Telle est la question qui traverse cet ouvrage consacré à un objet méconnu, le recueil de contes poétiques symbolistes.</p>";"<div><p><em>Puisque recueils de contes symbolistes il y a…</em></p><p> </p><p><strong>Chapitre I. Que le conteur est aussi un poète</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">A. Arguments historiques : les termes en usage, la marque d'une génération, le rôle des éditeurs<br /> <br /> B. Discussion théorique : Mallarmé et le délit de récit<br /> <br /> C. L'approche pragmatique contre l'essentialisation des genres<br /> <br /> D. L'incontournable héritage de Baudelaire</p><p><strong><br /> </strong></p><p><strong>Chapitre II. Le conte poétique comme « légende moderne »</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">A. Sous les signes conjugués de Poe et de Baudelaire, de Villiers et de Mallarmé<strong><br /> <br /> </strong>B. Le temps des contes</p><p> </p><p><strong>Chapitre III. Modèle symboliste contre modèle réaliste</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">A. Seuils<strong><br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">B. Théâtralité du style et prose poétique<strong><br /> <br /> </strong>C. Exhibition du matériau symbolique</p><p style=""padding-left: 30px;"">D. Mimèsis symboliste et mimèsis réaliste</p><p> </p><p><strong>Chapitre IV. Des contes pour grandes personnes</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> A. La connivence avec un lecteur lettré<br /> <br /> B. Une esthétique érotisée<br /> <br /> C. Variations narratives : « un si funeste désir » ?</p><p> </p><p><strong>Chapitre V. Pour une poétique du recueil</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> A. Situation historique du recueil de contes poétiques en prose<strong> <br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">B. Quand y a-t-il recueil ?<strong><br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">C. Vers un modèle musical</p><p> </p><p> </p><p><em>Pourquoi on ne saurait se passer des contes symbolistes</em></p><p>Bibliographie<br /> Annexe : Une question à Julien Gracq</p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/09/2010;0;137x220;424;978-2-84292-259-7;9782842922597;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_498.jpg;;;;586;28.00;"<p style=""text-align: justify;""> Récusant l’interdit de « narrer » que Mallarmé a paradoxalement édicté pour la poésie, cet essai examine six recueils parus entre 1892 et 1901, tels que les proposent Bernard Lazare, Marcel Schwob, Remy de Gourmont, Henri de Régnier, Camille Mauclair et Georges Rodenbach. Il s’efforce de les donner à lire et de comprendre comment opère le charme de contes pour grandes personnes. Par un retour aux sources homériques et aristotéliciennes, il s’agit de défendre résolument une poésie narrative et une conception dans laquelle le poète sait captiver ses lecteurs en leur contant de belles histoires.</p>";;28/06/2010 15:52;0;Première édition;3643 374;1;3;27;Grammaires du vulgaire - Normes et variations de la langue française;N°45/2003;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ensemble tente d'examiner comment la langue française a fait l'histoire et l'histoire la langue française, soit encore comment le français s'est fait dans l'histoire.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Christopher Lucken et Mireille Séguy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Wright<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La période de transition du latin, de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lingua romana</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et du français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Banniard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Latinophones, romanophones, germanophones : interactions identitaires et constructions langagières (VIIIe - Xe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David. A. Trotter<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'anglo-normand : variété insulaire ou variété isolée ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">R. Anthony Lodge<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'insuffisance des théories internes du changement phonétique : le cas de l'ancien français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Buridant<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le rôle des traductions médiévales dans l'évolution de la langue française et la constitution de sa grammaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Batany<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les clercs et la langue romane : une boutade renardienne au XIVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yvonne Cazal, Gabriella Parussa, Cinzia Pignatelli, Richard Trachsler<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la pratique d'une orthographe au système grammatical. Observations sur les habitudes de quelques scribes médiévaux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Lagorgette<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quel ancien français pour quels étudiants ? Pour une didactique de la langue médiévale</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span> Essais et recherches</strong></p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire Angotti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lectures d'un manuscrit de droit canon à la fin du Moyen Âge</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span> Point de vue</strong></p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valérie Theis<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Image de l'institution pontificale. Revue critique de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">collection La corte dei papi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (Viella)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Notes de lecture<br /> - Livres reçus</span></p></blockquote>";;10/12/2003;45;155x220;192;978-2-84292-146-0;9782842921460;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_374.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Wright : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La période de transition du latin, de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">lingua romana</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et du français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La langue vivante encore appelée </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">lingua latina</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> au VIIIe siècle était alors conçue comme une seule langue malgré sa grande variation sociale et géographique. À la fin du XIIIe siècle, cependant, elle s'était divisée en plusieurs langues : le français, la langue d'oc, le catalan, le castillan, le portugais, l'italien, etc., de même que la langue "" morte "" connue aujourd'hui sous le nom de latin médiéval. La première étape de ce processus apparut au IXe siècle dans le royaume carolingien quand, pour la première fois, on établit une distinction systématique entre le latin (une </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">grammatica</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> standardisée que nous appelons latin médiéval) et le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">roman</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Ce type de latin fut standardisé dans l'écrit selon les règles de Donat et de Priscien, et dans l'oral selon l'usage des clercs de langue germanique qui avaient l'habitude de prononcer toutes les lettres comme s'ils les lisaient à haute voix, avec un son spécifique pour chaque lettre. La moitié romane de cette dichotomie naissante combinait l'usage oral avec une nouvelle forme écrite, initialement établie (par exemple, dans la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cantilène de sainte Eulalie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) en attribuant un symbole écrit à chaque son prononcé, en se fondant sur les correspondances entre lettres et sons instaurées par les réformateurs carolingiens pour le latin médiéval. Avant le XIe siècle, cette nouvelle écriture du roman était pour l'essentiel une forme d'écriture expérimentale ; par la suite, les différentes régions parlant une langue romane devaient épeler les mots de diverses façons, et l'idée qu'il y avait différentes langues romanes plutôt qu'une seule fut généralement acceptée. Une telle transition est donc une question aussi bien de changement linguistique que de changement de nom de la langue, ce dernier point étant une question de politique tout autant que de linguistique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cantilène de sainte Eulalie </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- langue romane - latin médiéval - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serments de Strasbourg</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - sociolinguistique</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Banniard : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Latinophones, romanophones, germanophones : interactions identitaires et construction langagière (VIIIe-Xe siècle) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'étude de la genèse des littératures romanes montre que la langue d'oïl a bénéficié d'une avance chronologique considérable sur les autres langues de l'Occident latin. La présente étude, menée dans la perspective de la sociolinguistique diachronique, insiste sur le rôle dynamisant qu'a joué l'espace austrasien dans cette différence. La promotion de la parole germanique au rang de langue littéraire grâce au travail d'intellectuels germanophones répondant à la demande des élites de l'Est a suscité, sous l'effet d'interactions diverses (imitation/rivalité), le désir d'une consécration identique pour la parole romane, exclue jusque-là, au bénéfice exclusif de la langue latine, de ce niveau créatif. Les premiers monuments littéraires (IXe-Xe siècle) répondent à cette demande en consacrant la parole naturelle, non pas en tant que langue du peuple, mais en tant que langage de l'élite.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Austrasie - latin tardif - ancien français - vieil haut allemand - sociolinguistique</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David Trotter : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'anglo-normand : variété insulaire, ou variété isolée ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La tradition veut que l'anglo-normand (surtout, tardif) soit une variété isolée du français médiéval, d'où certaines particularités. Après la "" perte "" de la Normandie en 1204, la noblesse anglo-normande aurait connu une existence à part. Il n'en est rien et tout tend à montrer que les contacts n'ont pas du tout cessé après 1204. C'est ainsi que le lexique de l'anglo-normand est en grande partie du français, même si (dans certains domaines) la variété anglo-normande semble mieux documentée.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ancien français - Anglo-normand - langues en contact - Angleterre - lexique</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">R. Anthony Lodge : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'insuffisance des théories internes du changement phonétique : le cas de l'ancien français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On a trop longtemps situé le problème du changement phonétique en ancien français dans un vide sociolinguistique, où les facteurs sociaux étaient censés n'avoir qu'un impact minimal sur les structures linguistiques internes, et où une société médiévale, avant tout rurale et statique, inhibait les contacts entre les dialectes et les migrations de formes linguistiques. L'objet de cette étude n'est pas de remplacer les explications internes, structurales, par des explications purement externes et sociolinguistiques, mais d'illustrer la nécessité d'imbriquer le changement linguistique dans la communauté des locuteurs. En prenant deux cas de figure tirés de l'ancien français parisien (les évolutions [e] > [_j] > [w_] > [wa], et -ellos > [eaws] / [jaws] > [o]), nous chercherons à montrer que de tels changements ne peuvent pas être compris en invoquant uniquement des facteurs internes, et que des facteurs sociaux, tels les niveaux d'interaction sociale et le mélange de dialectes dans la grande ville, ont joué un rôle décisif.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ancien français - changements linguistiques - dialectes - phonétique - sociolinguistique</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Buridant : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le rôle des traductions médiévales dans l'évolution de la langue française et la constitution de sa grammaire »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'évolution de la langue française, depuis ses premiers linéaments, s'est accompagnée progressivement d'un ensemble de plus en plus étoffé d'instruments didactiques qui ont tenté d'en circonscrire le fonctionnement, d'en décrire les structures, d'en élaborer les règles. Mais à côté de ces instruments, les traductions ont souvent joué un rôle non négligeable dans l'élaboration d'une grammaire implicite, en servant de révélateurs de phénomènes majeurs touchant en particulier la syntaxe, mais aussi le lexique, et témoignant de tendances évolutives profondes qui touchent son architectonique, la traduction étant au carrefour de résistances et d'émergences de la langue-cible (le français) entre dépliage explicatif et concentration synthétique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ancien français - grammaire - latin - linguistique - traduction</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Batany : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">clercs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et la langue romane : une boutade renardienne au XIVe siècle »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La première version de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Renart le Contrefait</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (vers 1325) rapporte un conte où le loup ne peut déchiffrer sous le pied de la jument le nom du poulain qu'elle veut lui faire baptiser, et où Renart se récuse pour l'aider : il n'a fait que des études juridiques, dit-il, et un "" bon clerc "" ne sait pas lire ni écrire en "" roman "". La boutade n'envisage pas la langue vulgaire sous sa forme orale, mais sous un jour écrit, où elle peut paraître paradoxalement plus difficile que le latin, pourtant vanté ailleurs dans l'ouvrage. Mais le clerc a-t-il tort de restreindre la communication en s'enfermant dans le latin ? Le contexte de la maternité et du baptême éclaire ou complique ici le problème, et évoque le choc entre "" clergie "" et féminité. Mais ce texte est un jeu, comme tout le roman, et sa fantaisie peu cohérente ne cherche guère une dérision systématique de la "" clergie "".</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ancien français - clergie - fable animale - langue maternelle - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Renart le Contrefait</span></em></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yvonne Cazal, Gabriella Parussa, Cinzia Pignatelli, Richard Trachsler : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'orthographe : du manuscrit médiéval à la linguistique moderne »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'exploitation directe des manuscrits du XVe siècle peut se révéler utile pour notre compréhension de la conception linguistique des scribes qui ont transcrit les documents. Il faut cependant prêter attention à des aspects que les éditeurs de textes et historiens de la langue ne peuvent en général pas prendre en considération et qui relèvent davantage de l'"" orthographe "" que de la "" grammaire "". C'est ce que l'on voudrait montrer ici à l'aide de deux exemples étudiés à travers un vaste corpus de textes : les lettres dites étymologiques et certains aspects de la morphologie verbale. Le premier exemple permet de voir, par exemple, comment un scribe marque les mots d'une même "" famille "", le second illustre les hésitations, mais aussi les choix, à un moment où les paradigmes "" médiévaux "" évoluent progressivement vers le système "" moderne "".</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine de Pizan - étymologie - manuscrit - orthographe - scribe</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Lagorgette : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Quel ancien français pour quels étudiants ? Pour une didactique de la langue médiévale »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Après plus de cent ans de recherches en philologie et en sciences du langage, le temps semble venu de réévaluer les buts visés par les enseignements de langue médiévale dispensés dans les cursus de Lettres en France : au vu des épreuves du CAPES et de l'agrégation, et de la méthodologie illustrée par ces épreuves, le dialogue entre les deux disciplines paraît encore timide, voire inexistant. La phonétique historique et la morphosyntaxe, notamment, présentent une certaine vision de l'ancien français, qui n'a souvent d'existence que dans les manuels, mais qui conditionne l'ensemble des enseignements médiévistes littéraires. Une telle approche ne peut coexister sans peine avec les principes posés par d'autres disciplines telles que la sociolinguistique ou l'histoire de la langue. Une réflexion didactique de fond mérite visiblement d'être mise en place, si l'on veut éviter une confusion grandissante tant dans la discipline qu'auprès des étudiants et enseignants. À travers un état des lieux méthodologique, on examinera deux grands types de compétences actuellement exigées des apprentis médiévistes (phonétique historique et morphosyntaxe), en confrontant recherches récentes en histoire de la langue et démarches disciplinaires. Ces deux domaines seront illustrés par l'étude de l'évolution de *</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">seior</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> > </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">sire</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et par la description des noms propres en fonction vocative.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didactique du français - linguistique diachronique - noms propres - phonétique - termes d'adresse</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire Angotti : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Lectures d'un manuscrit de droit canon à la fin du Moyen Âge »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étude des annotations d'un manuscrit de droit canon (BM Grenoble ms. 37) contenant l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Apparat sur les</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clémentines</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Jean d'André. Ces annotations sont attribuables à deux personnages : Louis Roux (étudiant, XIVe siècle) et François Du Puy (docteur </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">in utroque</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, official de l'évêque de Grenoble, fin XVe siècle). Tous deux ont des techniques de travail assez semblables, héritées de leur formation universitaire ; leurs lectures cependant divergent du point de vue des thèmes qu'ils retiennent et de l'usage qu'ils font d'un même manuscrit. Pour le premier, il s'agit d'assimiler un texte et sa glose et de comparer cette dernière avec celle d'autres canonistes. En plus de son effort d'appropriation intellectuelle, Louis Roux développe une réflexion sur les institutions de l'Église. Pour le second, dont on a conservé la bibliothèque grâce à son entrée en Chartreuse, dont on connaît aussi fort bien la carrière et l'engagement pastoral auprès de son évêque réformateur, il s'agit essentiellement d'une lecture qui correspond à sa charge d'official. Se dégagent en effet de ses notes sur les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clémentines</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> un intérêt pour la charge d'évêque, une mise au point sur des questions financières. Des points particuliers laissent cependant deviner des interrogations personnelles : celles-ci consistent en un attrait pour la vie monastique dans ce qu'elle a de plus concret et en une curiosité intellectuelle proche de celle des représentants de l'humanisme chrétien.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Droit canon - Clémentines - Dauphiné - manuscrit - humanisme</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Wright : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Period of Transition between Latin, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lingua romana </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">and French »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The living language which was still called </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">lingua latina</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in the eighth century A.D. was thought of then as being one single language despite wide social and geographical variation. But it had split into several languages by the end of the thirteenth century : French, Provenzal, Catalan, Castilian, Portuguese, Italian, etc., as well as the "" dead "" language we know of as Medieval Latin. The initial stage in this process came in the Carolingian realms during the ninth century, when for the first time some people made a systematic distinction between Latin (standardized </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">grammatica</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, what we would call Medieval Latin) and Romance. This kind of Latin was standardized in writing according to the rules of Donatus and Priscian, and in speech according to the procedures of the Germanic-speaking scholars who were used to pronouncing all words as if reading them aloud, with a specified sound for each written letter. The Romance half of the incipient dichotomy combined the spoken register with a new written form, initially based (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e.g. </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cantilène de sainte Eulalie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) on providing a written symbol for each spoken sound roughly according to the correspondences between letter and sound that had been established by the Carolingian reformers for Medieval Latin. This new written Romance form was essentially an experimental way of writing before the eleventh century ; after that, different Romance-speaking areas needed to spell words in different ways, and the idea that there were several Romance languages rather than one became generally accepted. Thus the transitions are a question both of language change and of change of the language's name, and the latter is as much a question of politics as it is of linguistics.</span></p><p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cantilène de sainte Eulalie </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- late Latin - Romance - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serments de Strasbourg</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> &emdash; sociolinguistics</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Banniard : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Latinophones, Romanophones, Germanophones : Identity Interactions and Linguistical Constructions (8th-10th Century) »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The study of the genesis of Romance literature reveals that the langue d'oïl benefited from a considerable chronological advance compared to the other languages of the Latin Occident. The present study, carried out in the perspective of diachronic sociolinguistics, insists on the stimulating role played by the Austrasian region in bringing about this difference. The promotion of the Germanic speech to the rank of a literary language, thanks to the efforts of Germanophone intellectuals who, under the effect of various interactions such as rivalry or imitation, responded to the demands of the eastern elite, brought about the desire for an identical consecration for the Romance speech, hitherto excluded from this creative level to the advantage of Latin. The first literary monuments (9th-10th centuries) responded to this demand by consecrating everyday speech, not so much as being the language of the people but as the language of the elite.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Austrasia - Late Latin - Old French - Old German - sociolinguistics</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David Trotter : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Anglo-Norman : Insular or Isolated ? »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tradition would have it that Anglo-Norman (especially later Anglo-Norman) is an isolated variety of medieval French, which explains some of its peculiarities. With the "" loss "" of Normandy in 1204, the Anglo-Norman nobility is said to have had a detached existence, "" cut off "" from France. This is not an accurate picture and everything suggests that contact continued well after 1204. Thus, the lexis of Anglo-Norman is to a large extent simply French, even if (in certain registers in particular) the Anglo-Norman variety appears better documented.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Old French - Anglo-Norman - language contact - England - lexis</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">R. Anthony Lodge : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Insufficiancy of Internal Theories of Phonetical Change : the Case of Old French »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">For too long, sound change in Old French has been considered in a sociolinguistic vacuum, where social factors are deemed to have no impact on internal linguistic structure, and where medieval society is seen as overwhelmingly rural and static, inhibiting serious levels of dialect contact and the migration of linguistic forms. The purpose of this paper is not to replace internal, structural explanations of sound change with a purely external, sociolinguistic one, but to illustrate the need to embed language change permanently within the community of speakers. Taking as examples two cases of phonetic change in medieval Parisian French ([e] > [_j] > [w_] > [wa] and -ellos > [eaws] / [jaws] > [o]), the paper shows that sound-changes such as these cannot be understood on the basis of language-internal pressures alone, and that levels of social interaction and dialect-mixing have a decisive role to play.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Old French - linguistic change - Dialects - phonetics - sociolinguistics</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Buridant : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Role of Mediaeval Translations in the Evolution of the French Language and the Establishment of its Grammar »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The evolution of the French language, right from its very first outlines, was progressively accompanied by a more and more ample ensemble of didactic instruments which attempted to circumscribe its function, to describe its structures and to elaborate its rules. Alongside these instruments, however, translations often played a non-negligible role in the elaboration of its implicit grammar, in revealing major phenomena that touched in particular on its syntax but also on its vocabulary. Translation, lying as it does at the crossroads of the resistance to and the emergence of the targeted language (French), between an explicative unfolding and a synthetic concentration, showed in this way evidence of the profound evolutionary tendencies that touched on its architectonics.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Old French - grammar - Latin - linguistics - translation</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Batany : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clerics</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and Romance Languages : a 14th Century Jest from Reinart the Fox »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The first version of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Renart le Contrefait</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (around 1325) tells the story of a wolf that cannot decipher the name of the foal that is written under the hoof of the mare that wants to have it baptised. Renart declines to help on the grounds that he had only studied law and that a "" good cleric "" is not able to read or write in "" roman "". The jest does not envisage the common language as speech but only in its written form where, paradoxically, it could appear to be more difficult than Latin although the latter is nevertheless praised elsewhere in the work. But is the cleric wrong to limit communication in enclosing himself in Latin ? The context of maternity and baptism both throws light on and complicates the problem, and evokes the shock of the encounter of clerkdom and femininity. This text is, however, a game, as is the whole book, and its somewhat incoherent fantasy does not really aim at a systematic derision of the clerkdom.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Animal fable - clerkdom - native language - old French -</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Renart le Contrefait</span></em></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yvonne Cazal, Gabriella Parussa, Cinzia Pignatelli, Richard Trachsler : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Orthography : from the Medieval Manuscript to Modern Linguistics »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A direct examination of Fifteenth Century manuscripts can help us understand the conception that the copyists involved had of their language. One must, however, turn to data that editors and historians of language do not usually deal with, data concerning more "" orthographical "" than "" grammatical "" features. That is what is attempted to be shown here with two examples examined in a big corpus of texts : "" etymological "" letters and some aspects of the morphological verb-system. The first example shows, for instance, in what manner a scribe will mark words belonging, according to him, to the same "" family "", the second example makes clear the hesitations, but also the choices, of a scribe writing in a period of transition between a "" medieval "" system and a more "" modern "" paradigm.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine de Pizan - etymology - manuscript - orthography - scribe</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Lagorgette : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Which Old French for which Students ? Towards a Didactic of the Medieval French Language »</span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">After over a century of research in philology and linguistics, a reassessment of the aims and objectives of medieval language teaching in the French university curriculum seems necessary. The dialogue between these two fields does not appear to be very strong where the CAPES and Agrégation are concerned ; indeed it seems rather timid, if it exists at all. Historical phonetics and morphosyntax, amongst others, present a certain view of Old French, which very often does not exist anywhere else than in the manuals, but which conditions most of the medieval literary teaching practice. Such an approach cannot easily coexist with the principles demonstrated by other disciplines (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">i.e.</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> the sociolinguistics or history of the French language). A proper didactic reflexion is obviously needed, should one wish to avoid an ever-growing confusion amongst teachers and students. Based on a methodological survey, this article examines two of the principal competences currently expected from the students : historical phonetics and morphosyntax, recent studies in the history of the French language being the reference background for this evaluation. The study of the evolution of *</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">seior</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> > </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">sire</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and the description of proper names in the vocative function illustrate these two points.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">French didactics - Diachronic linguistics - proper names - phonetics - terms of address</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire Angotti : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Lectures d'un manuscrit de droit canon à la fin du Moyen Âge »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Study of marginals annotations on a canon law manuscript (Grenoble, public Library, ms. 37), the Jean d'André's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Apparatus super Clementinas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. These annotations can be attributed to Louis Roux (student of canon law during the 14th century) and to François Du Puy (doctor of civil and canon law, officialis of the bishop of Grenoble at the end of the 15th century). Their intellectual methods are rather similar because of their university formation. Nevertheless, their readings vary in two respects. First, they focus upon different themes. Second, they use the same manuscript in different ways. Louis Roux's purpose is to assimilate the pontifical text (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clementines</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) and its gloss (the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Apparatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). Then, he tries to compare the gloss of Jean d'André with those of other canonists. Louis Roux brings out the theme of the Church institutions. The purposes of François Du Puy are connected with his career and his pastoral engagement at the side of a reformer bishop. His professional point of view appears in the brief and synthetic form and nature of his marginal annotations. Two themes can be linked to his office : an interest in the bishop's duties, and a clarification of financial questions. Other aspects of his notes are more personal and may be connected to the private library he bequeathed to the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Grande Chartreuse monastery </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- in 1500 he leaves the secular life for the Carthusian Desert : his attraction for the monastic life (in its concrete aspects) and his intellectual sensibility which puts him close to the Christian humanists.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Canon law - Clementines - Dauphiné - manuscript - humanism</span></p>";316;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro s'est donné comme objectifs de resituer la langue médiévale dans une évolution longue (du Moyen Âge au XVe siècle) et de mettre en avant les relations qu'elle a entretenues avec les langues qui lui ont préexisté et avec lesquelles elle a coexisté ( latin et allemand notamment). Il s'agit également d'apprécier l'enjeu qu'a pu représenter l'institution du français dans la formation des identités nationales.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du Centre national du Livre et du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 363;2;3;19;Essais sur la grammaire comparée du français et de l'anglais;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cinq essais comparatistes sur la grammaire du français et de l'anglais, basés sur un large échantillon de données dont il est proposé une description exhaustive et explicite.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Philip Miller et Anne Zribi-Hertz</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Présentation</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">1</span><sup><span style=""font-family: Geneva;"">re</span></sup><span style=""font-family: Geneva;""> partie<br /></span><span style=""font-family: Geneva;"">DE LA PHRASE AU GROUPE NOMINAL</span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Liliane Haegeman</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />La distribution du verbe et du nom en français et en anglais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">2</span><sup><span style=""font-family: Geneva;"">e</span></sup><span style=""font-family: Geneva;""> partie<br /></span><span style=""font-family: Geneva;"">STRUCTURE ET INTERPRÉTATION DU GROUPE NOMINAL</span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Denis Bouchard</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Les SN sans déterminant en français et en anglais</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marie-Thérèse Vinet</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Quantification et structures nominales évaluatives en français et en anglais</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">3</span><sup><span style=""font-family: Geneva;"">e</span></sup><span style=""font-family: Geneva;""> partie<br /></span><span style=""font-family: Geneva;"">STRUCTURE ET INTERPRÉTATION DE LA PHRASE</span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Philip Miller et Brian Lowrey</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />La complémentation des verbes de perception en français et en anglais</span><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong></strong><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Anne Zribi-Hertz</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Réflexivité et disjonction référentielle en français et en anglais</span><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong></strong><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Philip Miller et Anne Zribi-Hertz</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Conclusion</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva;"">- Index des noms<br />- Index des notions<br />- Références bibliographiques</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Nous avons réuni dans cet ouvrage cinq textes traitant chacun d'un point de grammaire comparative du français et de l'anglais : la flexion et la position du verbe et du nom au sein de la proposition et du groupe nominal (Liliane Haegeman) ; la syntaxe et l'interprétation des groupes nominaux sans déterminant (Denis Bouchard) , et des groupes nominaux évaluatifs tels que une drôle de fille, un bijou d'employé // ?a hell of a nice guy? (Marie-Thérèse Vinet) ; la complémentation des verbes de perception (Philip Miller et Brian Lowrey) ; l'interprétation des pronoms et l'expression de la réflexivité (Anne Zribi-Hertz). L'objectif est de décrire et d'analyser, sur la base d'une exploration détaillée des données, les convergences et les divergences entre les deux langues, dont certaines peuvent être assez étonnantes ou subtiles. La grammaire explicite requiert l'expression formalisée des hypothèses proposées, mais le livre a été conçu et rédigé dans un souci de transparence, afin de pouvoir intéresser à la fois les linguistes et apprentis-linguistes généralistes, les anglicistes francophones, et les francisants anglophones.</p>";10/04/2003;0;137x220;240;978-2-84292-133-0;9782842921330;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_363.jpg;;;;386;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume réunit cinq essais originaux comparant plusieurs aspects différents du français et de l'anglais : la flexion du verbe et du nom et leur position linéaire par rapport aux adverbes et aux adjectifs ; la syntaxe et l'interprétation du groupe nominal quantifié ; la sémantique du nombre dans le groupe nominal et la morphologie associée ; la syntaxe et l'interprétation des verbes de perception ; l'expression de la réflexivité et l'interprétation des pronoms. L'optique comparative révèle de nouvelles propriétés empiriques à partir de convergences ou de divergences entre les deux grammaires, et elle fait également apparaître les limites de certaines hypothèses théoriques. Par son souci de transparence comme par les descriptions exhaustives et explicites qu'il propose, le livre s'adresse aux linguistes généralistes autant qu'aux spécialistes - anglicistes ou francisants - du français et de l'anglais.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 359;1;3;29;Nouveaux passages transatlantiques;N°20/2002;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'histoire de la pensée américaine est en partie celle d'un dialogue avec les sources européennes, dialogue dont les modalités vont de l'emprunt direct à la contestation polémique et au fil duquel se construit outre-Atlantique une image parfois surprenante de la tradition théorique et philosophique propre au Vieux Continent.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay, Emmanuelle Ertel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« We Cannot Spend the Day in Explanation »</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Emerson / Nietzsche / Deleuze : le temps de la pensée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jagna Oltarzewska<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lacan aux USA : un nouveau départ ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anthony Larson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Transcendence, Immanence, Capital : territoires de la pensée française dans l'Amérique contemporaine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvère Lotringer</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La théorie, mode d'emploi</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Engel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Petits déjeuners continentaux et goûters analytiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John Peponis, Kenneth Knoespel, Yves Abrioux </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et al.</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La construction spatiale du sens en architecture : un projet transdisciplinaire</span></p>";;10/11/2002;20;155x220;160;978-2-84292-128-6;9782842921286;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_359.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« “</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">We Canot Spend the Day in Explanation</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">”. Emerson/Nietzsche/Deleuze, le temps de la pensée »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nietzsche, lecteur assidu d'Emerson, est aussi l'un des auteurs de prédilection de Deleuze ; ainsi, un lien de filiation relie ces trois penseurs, comme en témoigne la réapparition de thèmes ou de concepts emersoniens chez les deux autres auteurs. Il n'en est pas moins déplacé de voir en Emerson le fondateur d'une "" tradition "" philosophique dont Nietzsche et Deleuze seraient les continuateurs ; en effet, ils ont justement en commun de refuser de faire école, et tous trois jugent l'imitation incompatible avec la pensée. Le propos de cet article est de rendre compte de la forme particulière d'échange qui s'établit entre eux sans en trahir la spécificité, c'est-à-dire sans recourir à la notion d'"" influence "". La solution passe par une réflexion sur la temporalité propre à la pensée, temporalité paradoxale, irréductible à la simple chronologie, et sur la place d'Emerson, non à l'origine de telle ou telle tradition intellectuelle, mais à l'horizon de la philosophie. </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jagna Oltarzewska : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Lacan aux USA : un nouveau départ ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Malgré le nombre croissant de publications qui lui sont consacrées aux États-Unis, l'influence de Jacques Lacan se fait peu sentir en dehors des domaines de la théorie littéraire et des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">cultural</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">studies</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Je m'interroge, dans cet article, sur les raisons et les enjeux de cette résistance profonde de la clinique à la psychanalyse lacanienne, et j'examine les facteurs qui ont contribué à produire et à creuser les divergences théoriques.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anthony Larson : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Transcendance, immanence, capital : territoires de la pensée française dans l'Amérique contemporaine »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'influence que la pensée française exerce aujourd'hui en Amérique dans le champ des lettres et des sciences humaines est indéniable. Au lieu de retracer les contacts et les échanges qui, au cours des trente-cinq dernières années, ont favorisé cette influence, cet article a pour but d'expliquer </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">comment</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> la pensée française récente a pu avoir un tel impact sur la pensée américaine à un moment historique précis. La réflexion s'appuie sur l'analyse des présupposés théoriques et métaphysiques de la pensée structuraliste et post-structuraliste et sur la relation que ces dernières entretiennent avec notre situation contemporaine au regard du capitalisme. Cette approche, qui s'inspire ouvertement de celle de Deleuze et Guattari, a pour but de montrer qu'à condition d'être correctement posée, la question du "" comment ? "" des échanges intellectuels récents peut changer nos modes de réflexion et d'être, nous éloigner d'une pensée du sujet métaphysique et de la transcendance, et nous amener à prendre en compte l'immanence. </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvère Lotringer : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La théorie, mode d'emploi »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La pénétration de la pensée francaise aux Etats-Unis a suivi, pour l'essentiel, l'évolution qu'elle a connue en France, mais selon des rythmes et des modalités différentes. Le structuralisme initial y a été rapidement remplacé par les développements "" post-Structuralistes "" (Derrida, Lacan) qui ont pris un essor spécifique aux Etats-Unis sous le nom de "" déconstruction "". L'étude ci-dessous, toutefois, analyse plus de plus près la réception tardive des Nietzschéens francais (Foucault, Deleuze, Guattari) et la réception plus immédiate des penseurs "" extrapolationistes "" (Baudrillard, Virilio), avec toutes les distorsions culturelles qu'elles impliquent, comme une radiographie de la culture américaine elle-même. Elle s'efforce également de présenter en filigrane les diverses stratégies adoptées par </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Semiotext(e)</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, une revue et maison d'édition indépendante d'inspiration française créée à New York en 1974, en vue de donner à la pensée française un rôle plus </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">actif</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> en Amérique, évitant les séductions de la mode et de l'institution, les besoins de sécurisation et d'autorité intellectuelle. Se situant délibérément en diagonale par rapport aux milieux universitaires, artistiques et politiques d'outre-atlantique, la collection ironiquement appelée "" Agents de l'Etranger "" a réussi à faire de la théorie elle-même une activité performative, stimulant et questionnant simultanément la culture américaine, mais aussi la culture française.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Engel : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Petits déjeuners continentaux et goûters analytiques »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article décrit la coupure entre "" analytiques "" et "" continentaux "" qui affecte la philosophie. On essaie d'expliquer ses causes, qui sont à la fois ""institutionnelles et historiques. Je soutient l'idée que cette coupure est réelle, et qu'elle correspond à deux manières distinctes et incomptatibles de faire de la philosophie. Aussi regrettable cela soit-il pour les oecuménistes et les nostalgiques d'une philosophie cosmopolite, il y a peu d'espoir de réduire cette fracture. Le mieux que l'on puisse attendre est de la tolérance de part et d'autre, et un peu de sang froid.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« ""</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">We Canot Spend the Day in Explanation</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">"". Emerson/Nietzsche/Deleuze, le temps de la pensée »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An avid reader of Emerson's writings, Nietzsche is also one of Deleuze's favorite authors ; thus, Nietzsche and Deleuze may be regarded as Emerson's intellectual heirs, an impression confirmed by the numerous Emersonian themes and concepts which reappear in their works. Still, it would be inappropriate to describe Emerson as the founder of a philosophical "" tradition "" that also includes Nietzsche and Deleuze ; one of the things they have in common is their refusal to seek disciples, and all three consider imitation to be incompatible with creative thought. The aim of this paper is to describe the unusual form of exchange which takes place between them without betraying its specificity, that is to say without thinking of Emerson's "" influence "" as a valid explanation. The solution to this problem involves a careful examination of the temporal element inherent in philosophical thinking, hence of a dimension of time that has little in common with ordinary chronology. It also calls for an accurate assessment of Emerson's true position, not at the origin of a particular tradition of philosophical thought, but close to the horizon of philosophy itself. </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jagna Oltarzewska : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Lacan aux USA : un nouveau départ ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Interest in the work of Jacques Lacan appears to be growing exponentially in the US. The object of this article is to examine this recent phenomenon and investigate its theoretical matrix and underpinnings. I argue that the new wave of Lacanian thinking in the US remains largely confined to the fields of literary criticism and, more widely, cultural studies, whilst having little impact on the discipline and practise of US psychoanalysis per se. The historico-theoretical factors underlying this institutional resistance of the clinic to Lacanian theory are subjected to scrutiny.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anthony Larson : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Transcendance, immanence, capital : territoires de la pensée française dans l'Amérique contemporaine »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The influence of contemporary French thought in the arts and the humanities in the United States is undeniable today. Instead of tracing these influences through the various historical contacts and exchanges that occurred in the past thirty-five years, this article aims to explain how recent French thought could have come to make such a remarkable impact upon its American counterpart at this precise historical moment. This is done through an analysis of the underlying theoretical and metaphysical assumptions in structuralist and post-structuralist thought as they relate to our contemporary historical moment. In the process, this approach, which openly borrows from Deleuze and Guattari, attempts to show that, when properly asked, such an examination of the "" How ? "" of recent intellectual exchanges and influences can change our modes of thinking and being, moving one away from a metaphysically subject-based transcendent thought to one that opens onto immanence itself.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvère Lotringer : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La théorie, mode d'emploi »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The penetration of French Theory in the United States has broadly followed its emergence in France, but in different ways and at a different pace. The short-lived Structuralist phase of the mid-60s (Claude Lévi-Strauss) was immediately replaced by ""post-Structuralist"" theories (Jacques Derrida, Jacques Lacan), and those took a momentum of their own in the U.S. under the generic name of ""deconstruction"". This essay, though, analyzes more closely the delayed impact of the French Nietzscheans in America (Michel Foucault, Gilles Deleuze and Félix Guattari) and the more immediate reception of the French ""extrapolationist"" thinkers (Jean baudrillard, Paul Virilio), using all the cultural distortions that these involve as an X-ray of American culture itself. It also presents in filigree the various strategies used by a French-inspired magazine and independent press in New York, Semiotext(e), created in 1974, to chart for French Theory a more active course in America, skirting the pitfalls of fashion and institutionalization, the need for security and intellectual authority. Deliberately straddling the various worlds of academe, art and politics, Semiotext(e)'s ""Foreign Agents"" series managed to turn theory itself into a performative intellectual activity at once stimulating and challenging American and French cultures.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Engel : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Petits déjeuners continentaux et goûters analytiques »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper describes the analytic/continental split that affects contemporary philosophy. An attempt is made to explain its causes, which are both historical and institutional. I argue that the split is a genuine one and that it reflects the difference between two distinct and irrreconcilable conceptions of philosophy. Sadly for ecumenists who hope to reconcile the two sides, and for those who yearn for a cosmopolitan style of philosophy, there is little hope that the gap may one day be bridged. Both sides should try to be tolerant and keep their nerve. </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";272;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">La France joue un rôle primordial dans ce processus, notamment depuis que la « French theory » en est venue à dominer la réflexion menée aux États-Unis dans tous les domaines liés à la littérature et aux sciences humaines. Ces échanges ne se font pas à sens unique, de nombreux théoriciens français prêtant la plus grande attention à la pensée américaine. L'objet de ce numéro sera de faire le point sur ce dialogue complexe entre France et États-Unis.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 355;1;6;24;L'anticléricalisme en Chine;N°24/2002;;;"<p style=""text-align: justify;""> Ce volume explore l'hypothèse d'un anticléricalisme chinois, en différenciant notamment les discours antireligieux et ceux issus de positions spécifiquement anticléricalistes y compris dans les contextes croyants.</p>";"<blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Vincent Goossaert et Valentine Zuber<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La Chine a-t-elle connu l'anticléricalisme ?</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">I. Anti-religion et anticléricalisme</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Sylvie Hureau <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'apparition de thèmes anticléricaux dans la polémique anti-bouddhique médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Fang Ling <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les médecins laïques contre l'exorcisme sous les Ming : la disparition de l'enseignement de la thérapeutique rituelle dans le cursus de l'Institut impérial de médecine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Lars Laamann<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Anti-Christian Agitation as an Example of Late Imperial Anticlericalism</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Elisabeth Allès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">À propos de l'islam en Chine : provocations antireligieuses et attitudes anticléricales du XIXe siècle à nos jours</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marianne Bastid-Bruguière <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La campagne antireligieuse de 1922</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">II. La figure du bonze</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Vincent Durand-Dastès <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Désirés, raillés, corrigés : les bonzes dévoyés dans le roman en langue vulgaire du XVIe au XVIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Vincent Goossaert <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Anatomie d'un discours anticlérical : le </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Shenbao</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">, 1872-1878</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Isabelle Charleux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les « lamas » vus de Chine : fascination et répulsion</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">David A. Palmer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">qigong</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> au carrefour des « discours anti ».<br /> De l'anticléricalisme communiste au fondamentalisme du Falungong</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">III. Regard extérieur</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jean Baudérot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pour une comparaison anticléricalisme européen/anticléricalisme chinois</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva;"">Résumés en français<br /> English Summaries</span></em></strong></p>";;10/10/2002;24;155x220;176;978-2-84292-126-2;978-2-84292-126-2;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_355.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie HUREAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'apparition de thèmes anticléricaux dans la polémique anti-bouddhique médiévale »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les critiques portées contre le bouddhisme sont apparues rapidement après son introduction en Chine et furent justifiées tant par une idéologie difficile à comprendre, que par le comportement des moines qui tentaient de se soustraire à l'autorité impériale et dont le mode de vie choquait l'opinion. L'article analyse, à l'intérieur des textes de polémique anti-bouddhique médiévale, les thèmes spécifiquement anticléricaux, notamment les moeurs des bonzes et le danger qu'ils présentent pour l'État du fait d'une perte de contrôle de l'autorité impériale. Pour mieux comprendre leurs enjeux, il rapproche les textes médiévaux des thématiques anticléricales en Occident. Ces critiques, qui constituent des stéréotypes transmis de siècle en siècle, ont abouti à un renforcement du contrôle de l'État sur le clergé.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">FANG Ling : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les médecins laïques contre l'exorcisme sous les Ming. La disparition de l'enseignement de la thérapeutique rituelle dans le cursus de l'Institut impérial de médecine »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La thérapeutique rituelle a pendant longtemps fait partie intégrante de la médecine chinoise traditionnelle. Sous les Sui (581-618), elle est érigée en spécialité et incluse dans l'enseignement de l'Institut impérial de médecine où son existence est attestée dans les histoires officielles jusqu'aux Ming (1368-1644). Sa disparition se situe dans les années 1570 au plus tard. Le discours des médecins laïques des Ming éclaire les raisons qui sous-tendent à la fois la disparition elle-même et la procédure discrète, voire furtive, de la suppression. Comme cette tradition médicale religieuse est reconnue par le grand classique Huangdi neijing, pour des raisons d'orthodoxie, les médecins laïques n'ont jamais pu contester ouvertement sa présence nominale en tant que forme de la médecine officielle, mais ils sont en général très hostiles à sa pratique réelle dans la société. L'attitude de la classe des médecins face aux guérisseurs peut être assimilée à de l'anticléricalisme en ceci qu'elle se fonde plus sur des raisons idéologiques que doctrinales, qu'elle fait appel à un idéal fondamentaliste (la dégénérescence imaginée des guérisseurs) et qu'elle fait intervenir des enjeux de pouvoir.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lars LAAMANN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'agitation anti-chrétienne comme exemple d'anticléricalisme à la fin de l'époque impériale »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les chrétiens chinois du XVIIIe siècle étaient tout aussi sujets aux sentiments et aux mesures anticléricales que les bouddhistes et les taoïstes. Avec l'édit anti-missionnaire de 1724, les chefs des familles converties et les prédicateurs itinérants &endash; qui forment les clercs chrétiens de cette période &endash; devinrent la cible d'accusations de ""comportement perverti"". La propagation du célibat, l'existence nomade des missionnaires, les allégations de magie noire et d'exploitation sexuelle de la jeunesse constituaient, dans l'univers mental des anti-chrétiens, des violations de la morale traditionnelle. Pour les fonctionnaires, les clercs chrétiens étaient en outre potentiellement porteurs de trahison politique. Cependant, et par contraste avec le millénarisme bouddhique, la ""menace"" chrétienne resta largement imaginaire jusqu'au retour des missionnaires européens vers 1830.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elisabeth ALLÈS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« À propos de l'islam en Chine : provocations antireligieuses et attitudes anticléricales du XIXe siècle à nos jours »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Provocations antireligieuses et attitudes anticléricales ont profondément marqué l'histoire des Chinois musulmans (Hui) tout au long des XIXe et XXe siècles. Cet article examine les thèmes et les formes prises par ces conflits, et distingue les disputes, que l'on peut associer à de l'intolérance lorsqu'elles se déroulent entre Hui et non-musulmans, des attitudes anticléricales. Ces dernières, visant notamment les ahong (desservants des mosquées) de l'islam traditionnel de la part de réformateurs, se caractérisent par une volonté de retour à la pureté des origines et ne concernent que les musulmans eux-mêmes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marianne BASTID-BRUGUIÈRE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La campagne antireligieuse de 1922 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lancée à l'initiative des agents du Komintern à Shanghai, la campagne de négation de la religion du printemps 1922 rencontre le soutien quasi unanime des étudiants et des milieux intellectuels chinois. La nouveauté du torrent d'articles, libelles et discours par lequel s'exprime le mouvement pendant quatre mois, est que leurs auteurs ne se bornent pas à dénoncer le dogme, comme le faisait la réflexion critique moderne née depuis l'adoption en Chine, au début du siècle, du concept européen de ""religion"", ils attaquent d'emblée l'église en tant qu'institution. L'argumentation emprunte largement à l'arsenal classique de l'anticléricalisme français. Le nom même choisi par le mouvement, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">feizongjiao</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, est le terme alors en usage pour traduire ""laïcité"". Le christianisme, cible principale des zélateurs, est combattu surtout au nom de la science, du progrès et de la liberté intellectuelle, qui condamnent aussi bien, observent-ils, le bouddhisme, taoïsme et autres religions. La masse des critiques brandit au premier chef la défense de la souveraineté nationale, mais cette réaction, qui s'apparente au combat anti-chrétien des lettrés du XIXe siècle, s'articule sur l'idée que l'ingérence de la religion étrangère est actionnée par le capitalisme. Il ne s'agit donc pas d'un rejet global de l'étranger, mais de certaines formes de sa présence. Les ingrédients anticléricaux de la tradition chinoise se trouvent ainsi enrichis et renouvelés, mais ce n'est que lors de sa renaissance en 1923 que le mouvement antireligieux véhicule un projet politique et social nettement défini.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent DURAND-DASTÈS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Désirés, raillés, corrigés : les bonzes dévoyés dans le roman en langue vulgaire du XVIe au XVIIIe siècle »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les personnages de bonzes en délicatesse avec leurs voeux sont si nombreux dans le roman en langue vulgaire des Ming et des Qing qu'on a tendance à considérer ce genre comme l'expression par excellence de l'anticléricalisme littéraire chinois. Pourtant, les récits les plus anciens représentaient le moine dévoyé comme un ascète séduit, digne de compassion autant que de blâme. Il fallut la vogue du roman érotique au début du XVIIe siècle pour que le débauché sans vergogne s'impose comme modèle du bonze de roman. Au faîte de la hiérarchie du vice se tient le bonze barbare, maître de magie sexuelle au physique monstrueux. À l'opposé de la figure du magicien violeur, on rencontre des personnages de saints bonzes excentriques. Volontiers bouffons, querelleurs ou ivrognes, leur licence est inversement proportionnelle à la sainteté de leurs objectifs. Certains de ces personnages, comme le célèbre Ji-le-Fou, figurent dans des récits dont la tonalité générale est favorable au bouddhisme. D'autres en revanche, véritables confucéens en robe de moine, apparaissent comme des redresseurs des moeurs dévoyées du temps, qui associent dans une même condamnation les bouddhistes et les laïques.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent GOOSSAERT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Anatomie d'un discours anticlérical : le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shenbao</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, 1872-1878 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le quotidien </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shenbao</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, publié à Shanghai, fournit une documentation abondante sur la vie religieuse dans les grandes villes portuaires à la fin du XXe siècle. Au sein de cette documentation se trouve un ensemble d'articles anticléricaux visant bouddhistes et taoïstes que l'on peut identifier par des critères formels (stéréotypes, appel à des mesures radicales, imagination obsessionnelle, usage du ridicule). Si les articles anticléricaux n'excluent pas d'autres discours moins hostiles dans la même presse, ils constituent néanmoins un ensemble frappant par sa virulence. Trois thèmes majeurs les traversent : la sexualité cléricale, la violence des techniques de mendicité, et, plus occasionnellement, les accusations de sorcellerie. L'analyse des discours sur ces thèmes et des mentalités qui sous-tendent montrent que l'anticléricalisme à cette époque et dans ce genre est motivé essentiellement par un rejet de modes de vies en contradiction avec les valeurs sociales majoritaires concernant le corps et le rapport des individus aux groupes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle CHARLEUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les ""lamas"" vus de Chine : fascination et répulsion »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les fantasmes chinois sur les moines tibétains sont faits de fascination et de répulsion. La représentation du ""lama"" en Chine est formée d'une superposition d'images de tous les religieux étrangers (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">fanseng</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) originaires de ""l'Ouest"" (l'Inde, l'Asie centrale et le Tibet). L'image du tantriste aux moeurs dépravées, spécialiste de magie noire et de techniques sexuelles, coexiste avec celle du saint </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">arhat</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Les discours recueillis dans des romans, des documents officiels et la presse chinoise développent particulièrement quatre thèmes : l'hétérodoxie du ""lamaïsme"", le moine barbare, la mauvaise influence des lamas sur les empereurs et sur le peuple et le culte de la personnalité des ""bouddhas vivants"". Les lamas sont les cibles d'un anticléricalisme général visant l'ensemble du clergé chinois, ce à quoi s'ajoute la xénophobie et un discours fondé sur le sur le ""péché originel"" des moines tibétains sous la dynastie Yuan.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David A. PALMER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">qigong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> au carrefour des ""discours anti"". De l'anticléricalisme communiste au fondamentalisme du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Falungong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dispensateurs de guérisons, d'expériences mystiques et de biens symboliques, les maîtres de qigong ont constitué une forme de clergé séculier de la Chine post-maoïste. Avec l'émergence de ces personnalités charismatiques et de leurs dizaines de millions d'adeptes, apparaissent des discours anticléricaux qui sont utilisés aussi bien par les maîtres que contre eux. Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">qigong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et son dérivé, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Falungong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, nous offrent en effet un prisme pour l'analyse des mutations de l'anticléricalisme en Chine contemporaine. Tour à tour mis au service de la construction de l'État, d'un retour aux sources de la tradition, d'une polémique anti-superstitions, d'un fondamentalisme religieux et d'une campagne anti-sectaire, l'anticléricalisme nous révèle les lignes de tension qui travaillent la nébuleuse des réseaux de pratiquants des arts du corps et du souffle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean BAUBÉROT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Pour une comparaison anticléricalisme européen/anticléricalisme chinois »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La démarche comparative, qui consiste à employer dans le contexte chinois une notion proprement occidentale, l'anticléricalisme, est justifiée par de réelles ressemblances, mais aussi, plus théoriquement, par le fait qu'on ne peut opposer de façon monolithique une construction européenne et une construction chinoise du religieux dans la société. Dans les deux cas en effet, la définition et la place du religieux dans la société est un objet de débats permanents, débats dont les anticléricalismes sont l'un des produits. L'histoire de ces débats en Europe, évoluant sans cesse dans le temps et dans l'espace, permet de mettre en évidence une grande variété de cas de figure, par exemple entre pays protestants et catholiques ; or beaucoup de ces cas de figure se retrouvent à un moment ou à un autre de l'histoire chinoise. Des analogies apparaissent notamment quand on s'interroge sur une vision libérale de la religion limitée à un domaine séparé, sur le rapport entre religion et morale dominante, sur l'assujettissent des institutions religieuses à l'État et sur les liens entre anticléricalisme et antireligion. Il existerait donc alors une typologie universelle des anticléricalismes, dans laquelle tant les exemples européens que chinois trouveraient leur place spécifique.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie HUREAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The apparition of anticlerical themes in medieval anti-Buddhist polemic »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anti-Buddhist criticism appeared soon after the religion's introduction in China. It was caused both by its novel and complex ideology and by the monks'behaviour, who tried to escape imperial authority and who lived according to rules deemed offensive by public opinion. This article analyses, within the corpus of anti-Buddhist medieval polemical texts, the specifically anticlerical themes, notably concerning the monks'mores and the danger they posed to a state threatened by an erosion of its authority. For a better understanding of the agenda behind such criticism, these polemical texts are compared with the Western anticlerical tradition. The medieval anti-Buddhist rhetoric has been adopted ever since as anticlerical stereotypes, which were instrumental in the state's efforts to control the clergy.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">FANG Ling : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Secular physicians against ritualistic medicine (exorcism) under the Ming. The disappearance of therapeutic rituals from the curriculum of the Imperial Institute of Medicine »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Therapeutic ritual has long since formed an integral part of traditional Chinese medicine. Elevated to the level of a medical specialisation under the Sui (581-618), it was included as such in the courses offered by the Imperial Institute of Medicine. Its existence in the institute's curriculum is cited in the official histories up to the Ming Dynasty (1368-1644). Its disappearance occurred no later than 1570. The treatises of the secular Ming physicians shed light on the reasons that subtend not only its disappearance but also the discrete, almost stealthy, procedure of its suppression. Since this medico-religious tradition is acknowledged by the classic Huangdi neijing, secular physicians have never been able to contest openly its nominal presence as a form of official medicine, but remain in general hostile to its practice. The physicians'attitude towards exorcists can be interpreted as anticlerical since it is based on ideological rather than doctrinal reasons. It furthermore invokes a fundamentalist ideal (the imagined decay of the exorcists'authority) and implied conflicts about actual social power.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lars LAAMANN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Anti-Christian agitation as an example of late imperial anticlericalism »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Christians of the mid-Qing period were as much subject to anticlerical feelings and action as were Buddhist and Daoist cults. After the anti-missionary edict of 1724, Christian family heads and wandering preachers &endash; the ""clerics"" of eighteenth-century Christianity &endash; found themselves being targeted as ""morally corrupt"". In the mental universe of their anti-Christian neighbours, the propagation of celibacy, the nomadic life style of missionaries, alleged acts of black magic and sexual indecency against minors constituted breaches against common morality. For the state officials, Christian clerics were furthermore a potential fifth column of high treason. In contrast with Buddhist millenarianism, however, the Christian ""threat"" remained wholly imaginary &endash; at least until the re-entry of European missionaries around 1830.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elisabeth ALLÈS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« On Islam in China : antireligious provocations and anticlerical attitudes since the nineteenth century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">During the nineteenth and the twentieth centuries, antireligious provocations and anticlerical attitudes deeply marked the history of Chinese Muslims (Hui). This article examines the issues and the forms of these conflicts. It distinguishes quarrels that stem from intolerance between Hui and non-Muslim communities from plainly anticlerical attitudes. Anticlericalism in a Hui context, notably attacks by reformers on ahong (imams) as stalwarts of traditional Islam, are expressions of a desire for religious reformation and are merely of intra-Muslim concern.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marianne BASTID-BRUGUIÈRE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The 1922 antireligious campaign »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the spring of 1922, the campaign for the rejection of religion initiated by the Comintern agents in Shanghai met with almost unanimous support among China's students and intellectuals. In the flood of articles, pamphlets and speeches that marked the movement during its four months, the novelty of the campaign lay in not merely refuting dogmatic concepts (as the modern critical analysis developed after the acceptance in China of the European concept of ""religion"" had done), but in attacking the Church as an institution. The arguments borrowed profusely from French anticlericalism. The very name chosen by the movement, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">feizongjiao</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, was the term then in use for translating laïcité. Christianity, the main target of the zealots, was combated mainly in the name of science, progress and intellectual freedom, which was acknowledged to extend to Buddhism, Taoism and other religious teachings as well. The thrust of the rhetoric focused on the defence of national sovereignty, but &endash; despite the parallels with nineteenth-century refutations against Christianity &endash; now hinged on the notion that foreign religious encroachment was driven by capitalism. The issue was not a wholesale rejection of foreign influence, but only of certain types of foreign presence. The anticlerical ingredients of the Chinese tradition were thus enriched and renewed, but only with its revival in 1923 the antireligious movement was to convey a well-defined political and social agenda.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent DURAND-DASTÈS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Desired, mocked, corrected : stray monks in the vernacular novel from the sixteenth the eighteenth century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The number of monks breaking their vows is so great in the Ming and Qing vernacular novel that this genre has been considered the ultimate expression of Chinese literary anticlericalism. While the oldest novels pictured the stray monk as a seduced ascetic, worthy of both pity and blame, it was not before the early seventeenth-century vogue of the erotic novel that the shameless debauched monk emerged as the stereotypical clerical protagonist. Topping the hierarchy of vices is the barbarian monk, master of sexual magic and equipped with a monstrous body. In contrast to the magician-cum-rapist, one encounters figures of eccentric holy monks. Often farcical, riotous or drunken, these monks are all the more licentious as they strive for holier goals. Some of them, like the famous Crazy Ji, are heroes of narratives which are generally pro-Buddhist. Some others, however are real Confucians clad in monkish robes and act as righters of the stray mores of their times, condemning monks and laymen alike.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent GOOSSAERT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Anatomy of an anticlerical discourse : the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shenbao</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, 1872-1878 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shenbao</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the chief daily publication of Shanghai, vividly illustrates the religious life in the treaty ports during the late nineteenth century. This documentation includes a body of anticlerical articles aimed at Buddhists and Taoists which can be identified by formal criteria, such as stereotyping, calls for harsh policies, obsessive imagination, or verbal abuse. Anticlerical articles coexist with less hostile discourses, yet constitute a specific corpus characterised by its violent language. Three major themes can be identified : clerical sexuality, violent fund-raising techniques, and, less often, black magic. An analysis of the discourse and of the underlying mentality shows that anticlericalism in this context is mostly a result of a rejection of lifestyles considered to be in contradiction to prevailing values concerning the human body and social relations.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle CHARLEUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« ""Lamas"" as seen from China : fascination and repulsion »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Chinese phantasmagoria of Tibetan monks abound in images of fascination and repulsion. The representation of the ""lama"" in China is a superposition of the full variety of images of foreign clerics (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">fanseng</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) from the ""West"" (India, Central Asia and Tibet). The image of the depraved Tantrist, expert in black magic and sexual techniques, coexists with that of the holy </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">arhat.</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> The discourse on lamas in novels, official documents and the Chinese press has developed along four broad themes : ""Lamaist"" heterodoxy, the Barbarian monk, the evil influence of lamas on emperors and ordinary people, as well as the personality cult of the ""Living Buddhas"". Lamas were subjected to the same anticlericalism which generally targeted the whole of China's clergy. Xenophobia and a discourse founded on the ""original sin"" of Tibetan monks under the Yuan dynasty added to its impact.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David A. PALMER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qigong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> between the various ""anti"" discourses. From communist anticlericalism to </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Falungong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> fundamentalism »<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qigong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> masters, as healers, mystical teachers and symbolic providers, have become a kind of secular clergy in post-Mao China. Following the emergence of these charismatic figures and their tens of millions of adepts, an anticlerical discourse appeared, which was used by the masters themselves as well as by their opponents. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qigong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and its offshoot, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Falungong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, offer a prism for analysing the mutations of anticlericalism in contemporary China. Successively brought into the service of state construction, of a return to the sources of tradition, of anti-superstition polemics, of a religious fundamentalism and of an anti-heretical political campaign, anticlericalism reveals the lines of tension which have shaped the constellation of Chinese body and breathing arts networks.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean BAUBÉROT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « For a comparison between European and Chinese anticlericalisms »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The comparative method used in this volume, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">i.e.</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> applying the European notion of anticlericalism to a Chinese context, is justified by actual similarities. More fundamentally, it is also justified by the irrelevance of any radical opposition between European and Chinese ways of constructing religion. In both cases, the definition and role of religion within society has been the subject of on-going debate, generating a variety of anticlericalisms as by-products. The history of this debate in Europe and its evolution through time and space allows to differentiate between several typological case studies, for instance between Catholic and Protestant countries. Many of these case studies have equivalents at one point or another of Chinese history. Analogies appear when scrutinising the liberal view of religion as a separate sphere within society, the relationship between religion and predominant morality, the inclusion of religion within the official bureaucracy or the links between anticlericalism and anti-religion. In conclusion, there may well be a universal typology of anticlericalisms, within which both European and Chinese cases would find their specific place.</span></p>";312;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">En Chine, le pouvoir politique des institutions religieuses n'a que peu à voir avec celui de l'Église catholique dans les sociétés européennes où est apparue la notion d'anticléricalisme. Cependant les thèmes et la rhétorique des critiques adressées par les Chinois à leurs professionnels de la religion, notamment les bouddhistes et les taoïstes, présentent avec les textes occidentaux des parallèles frappants. Ce volume explore donc l'hypothèse d'un anticléricalisme chinois, en différenciant notamment les discours antireligieux et ceux issus de positions spécifiquement anticléricalistes y compris dans les contextes croyants.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNRS et de l'UFR LCAO de l'Université Paris 7</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 342;2;3;16;Segalen, l'écriture, le nom;Architecture d'un secret;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce livre donne sens au trajet exotique de Segalen, en replaçant la pulsion du voyage dans le rapport intime à une blessure généalogique. Une trentaine d'illustrations, provenant de manuscrits de Segalen ou de détails décoratifs et picturaux, sont directement incorporés au texte.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Héritage</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. La proscription du PI</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. La douleur et son apaisement</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Le signe de l'identité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. La sigillaire, la stèle, le nom</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. La marque de règne</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie<br />Tables des illustrations</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Pourquoi se faire le lecteur d'un lecteur - ce que je suis avant toute chose - sinon pour rencontrer l'oeuvre d'un auteur ? Celui dont il s'agit ici se nomme Victor Segalen. Il naît à Brest n 1878, devient médecin en 1902, séjourne en Polynésie de 1903 à 1904, puis en Chine par deux fois, entre 1909 et 1917. Il décède en 1919 dans la forêt de Huelgoat, au coeur de la Bretagne. Dans le cimetière du village est gravé sur sa tombe le nom de SEGALEN et c'est à la mesure de ce nom que mon travail prend sens. Car ce patronyme met en scène un invisible clivage entre ce qu'il signifie et ce qu'il dissimule. L'épisode de la naissance du père de l'auteur, la bâtardise, l'abandon sont aujourd'hui connus. Ils accompagnent alors la réalité de l'écrivain comme la déclinaison d'un interdit, l'impératif d'un mutisme, qui mettront définitivement en échec tout projet autobiographique. C'est à travers la culture de l'autre, maohi et chinoise, que l'oeuvre élaborera la syntaxe de son imaginaire. C'est aussi dans l'analyse de ces éléments qu'elle dévoile au lecteur la répétition obsédante du même motif : le secret familial. Il semble que Victor Segalen compose une exobiographie pour donner place à l'indicible, à la douleur de son père et à la sienne, tous deux confondus dans un même nom, dans un même héritage. Et cette oeuvre, apparemment aristocratique et hautaine, devient l'exercice du désir de reconstruire cette identité partagée. C'es dans la rencontre de ce désir, fondateur, que j'ai écrit ce livre.</p>";10/11/2001;0;137x220;256;978-2-84292-102-6;9782842921026;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_342.jpg;;;;328;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le nom de Victor Segalen a une histoire dont la biographie nous livre le secret, mais les textes de l'écrivain n'en ont jamais rien dit. Car Segalen est parti à la rencontre des civilisations <em>maohi</em> et chinoise, et il a composé son œuvre propre à travers la culture de l'autre : <em>Les Immémoriaux</em>, <em>Stèles</em>, <em>Le Fils du Ciel</em>, <em>René Leys</em> sont à l'articulation de deux mondes, l'étranger et le familier. C'est dans cet exotisme que pourrait être à lire sans cesse la même narration dissimulée, celle dont le nom de l'auteur est le dépositaire. L'œuvre de Segalen ne serait-elle pas l'architecture d'un secret, un exercice funéraire construisant le tombeau d'un corps qui doit disparaître ? Ne serait-ce pas l'histoire d'un nom qui s'écrirait, ici, d'autant plus insistante qu'il lui faut demeurer silencieuse ? Ce livre montre comment l'écriture de Segalen invente une ""exobiographie"" : trouvant dans d'autres cultures, de Chine ou de Polynésie, la syntaxe d'une parole qui ne peut se dire autrement.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 46;2;3;14;La Question de la question de l'art;Note sur l'esthétique analytique (Danto, Goodman et quelques autres);;;"<p style=""text-align: justify;"">Bilan critique de l'esthétique analytique et réflexions sur les fondements de l'esthétique. Dans quelle mesure Danto, Goodman et quelques autres ont-ils revivifié cette discipline en la coupant de ses racines ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les ressemblances de famille</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'indéfinissabilité de l'art</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le monde de l'art</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le désintéressement ou la question de l'esthétique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'art comme symbole</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VI</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Que reste-t-il de l'esthétique ? (À propos de la question du beau)</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remarque pour conclure</span></p>";;10/10/1994;0;137x220;160;978-2-91038-100-4;978-2-91038-100-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_46.jpg;;;;244;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Qu'est-ce que l'art ? Depuis le milieu des années cinquante, de nombreux philosophes anglo-saxons sont entrés dans le débat ouvert par une telle interrogation. Insatisfaits des réponses de l'esthétique traditionnelle, ils cherchaient moins à introduire de nouvelles réponses à cette ancienne question qu'à changer la question elle-même. L'importante collection de textes rangés sous le nom d'esthétique analytique engage ainsi une hypothèse commune, traversant la disparité des sujets abordés : tout progrès de l'esthétique et, par là, tout progrès de notre connaissance sur l'art exigent un changement de problématique, et la philosophie analytique, inspirée par la logique ou la linguistique, peut l'assurer.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 47;2;6;14;Le regard esthétique, ou la Visibilité selon Kubrick;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Entraîné par Kubrick, le regard filmique propose ainsi un point de vue sur les conditions de la visibilité, et donc sur l'esthétique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - L'obscur objet de la vision</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - le cinéma selon Kubrick</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Naissance et destruction de l'espace</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Le paysage et le fréquentatif</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V - Le plan subjectif comme forme symbolique</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI - Le spectateur à l'intérieur et à l'extérieur du film</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VII - Au-delà de la sémiotique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VIII - La lutte entre les images et la narration</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IX - L'art de regarder</span></p></blockquote>";;10/03/1994;0;137x220;168;978-2-90398-197-6;978-2-90398-197-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Metteur en scène du visible, Stanley Kubrick appelle à explorer une nouvelle, et très ancienne, conception du cinéma. <em>Barry Lyndon</em> ou <em>2001 Space Odyssey</em> en témoignent : le cinéma est de plus en plus engagé dans une réflexion sur sa propre nature et, en même temps, sur la nature de la représentation. Abandonnant les structures narratives classiques, il découvre l'ambiguïté de ses images, qui promettent un signifié et donnent à voir bien autre chose. En cela il dit comment, classique ou moderne, toute image porte en soi un « cœur de ténèbre », où notre oeil risque toujours de sombrer.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 48;2;6;14;Le Voyage et la Danse;Figures de ville et vues de films;;;"<p style=""text-align: justify;"">Une mythographie de la modernité, construite à partir des chroniques de Kracauer, où se croisent scènes de rues prises au vol et réflexions filmiques sur les nouvelles images.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le voyage et la danse<br /> - Les chauffeurs saluent<br /> - Monde du calicot<br /> - The Gold Rush<br /> - La photographie<br /> - Culte de la distraction<br /> - Les lampes Jupiter restent allumées<br /> - Publicité lumineuse<br /> - L'ornement de la masse<br /> - La fin de Saint-Pétersbourg<br /> - On va y arriver<br /> - Le chemin de fer<br /> - L'homme à la caméra<br /> - Course de trot à Mariendorf<br /> - Film sonore<br /> - Mots de la rue<br /> - Sous les toits de Paris<br /> - La biographie - forme d'art de la nouvelle bourgeoisie<br /> - Westfront 1918<br /> - Franz Kafka<br /> - Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kurfürstendamm</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> comme Allée de la victoire<br /> - Les actualités cinématographiques<br /> - Solution réaliste<br /> - Les livres à succès et leur public<br /> - La tâche du critique de cinéma<br /> - La photographie de portrait<br /> - Jean Vigo<br /> - Berlin photographié<br /> - Tout autour du Reichstag</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes<br /> Bibliographie</span></p>";;10/10/1996;0;137x220;160;978-2-91038-143-1;978-2-91038-143-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_48.jpg;;;;101;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le voyage et les danses exotiques, les revues de girls et les parades gymniques, la photographie de presse et le culte des stars, les best-sellers et le cinéma - autant de phénomènes qui apparentent les feuilletons de Siegfried Kracauer à des mythographies de la modernité. Dans ces textes écrits pour le <em>Frankfurter Zeitung </em> sous la République de Weimar se croisent le regard du flâneur envoûté par l'activité de la rue et celui du critique de cinéma évaluant les images captées par le nouveau médium. Décrire les rituels esthétiques de la grande ville, déchiffrer la culture de masse naissante, c'est mettre en jeu sous la forme de fictions des analyses du mythe contemporain.</p><p style=""text-align: justify;"">« Le lieu qu'une époque occupe dans le processus historique se détermine de manière plus pertinente à partir de l'analyse de ses manifestations discrètes de surface qu'à partir des jugements qu'elle porte sur elle-même » : tel est le projet que Siegfried Kracauer engage à l'égard de son temps, et peut-être d'autres temps : croiser la réflexion du sociologue et un regard de critique apte à renouveler l'esthétique.</p><p style=""text-align: justify;"">(Textes choisis et présentés par Philippe Despoix, traduits de l'allemand par Sabine Cornille).</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3210 49;2;3;8;Bien coupé mal cousu;De la ponctuation et de la division du texte romantique;;;"<p>À travers points et virgules, suspensions ou italiques, chapitres et (dé)coutures, l'auteur étudie la manière dont, après les expérimentations romanesques des Lumières, le roman transforme le texte-tissu en un corps organique.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prologue</span></p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 1 -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Histoires de points </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 2 -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Misérables virgules et autres signes subalternes </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 3 -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Suspensions, blancs, silences </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 4 -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> En quête de ponctuation propre : l'italique </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 5 -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Point question d'éclaircir<br />(a-ponctuer/sur-ponctuer ?)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 6 - </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ponctuation, division et nécessité </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 7 -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> De l'art de chapitrer le roman </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 8 -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La tentation romantique du renoncement </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre 9 - </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Coutures et découtures </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Épilogue<br />Index</span></p></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">On n'aime pas la ponctuation. On la méprise parce qu'on en a peur. Déformés par un apprentissage souvent très académique de l'écriture, nous croyons trop dans le caractère immuable, la place forcée et univoque des signes à ponctuer ; nous oublions que les règles qui en régentent l'usage, arbitraires, ne datent finalement que de peu et qu'elles demeurent étonnamment volatiles pour qui sait s'y prendre. Si nombre de ceux qui rééditent les textes classiques "" modernisent "" la ponctuation, entendez : la passent à la moulinette de la norme contemporaine, c'est parce qu'ils oublient que ponctuer comme diviser en chapitres, en parties, nous engage tout entiers. S'interroger sur le choix d'un point-virgule, la place d'un alinéa peut paraître futile mais autorise, pour moi, en plein investigation passionnante des combats qui se livrent dans la création littéraire. Lorsque Hugo fulmine auprès de ses imprimeurs contre l'invasion de virgules "" sauterelles "", lorsque Balzac se demande dans une préface si les tirets sont bien aptes à rendre compte avec naturel des ruptures de la parole, lorsque Nodier brise le flux de ses récits en chapitres incertains ou que Stendhal sature ses pages de mystérieux italiques, se dessine l'angoisse d'artistes confrontés à une masse verbale qui est certes leur mais n'a plus rien de la toile soigneusement tissée des classiques pour s'apparenter plutôt à un corps qui croîtrait selon des principes qui lui sont propres au risque de la monstruosité, de la radicale étrangeté, voire de la nécrose. À nous d'enrichir au frottement de ces expériences romantiques notre expérience de lecteur moderne et peut-être par là nos pratiques d'écriture. Jacques Dürrenmatt</p>";10/06/1998;0;137x220;192;978-2-84292-041-8;9782842920418;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_49.jpg;;;;280;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Donner une nécessité expressive à la ponctuation, rendre la division naturelle, tel semble être l'objectif des romantiques. À travers points et virgules, suspensions ou italiques, chapitres et (dé)coutures, l'auteur étudie la manière dont, après les expérimentations romanesques des Lumières, le roman de Nodier et de Stendhal, de Hugo ou de Balzac transforme le texte-tissu en un corps organique, aussi rapiécé qu'une créature de Frankenstein. À réinventer plus qu'à vaincre, le chaos constitue bien le coeur d'ombre de la réflexivité romantique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 50;2;3;8;Le Communisme à contre-modernité;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Nous savons aujourd'hui ce qu'était réellement le communisme et comment il s'est propagé à travers toute la planète, mais le problème de sa signification historique demeure entier.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - L'apparition du système soviétique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - L'étrange rencontre des intellectuels marxistes et des paysans russes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Staline contre l'intelligentsia</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - La révolution économique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V - La révolution culturelle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI - Révolution marxiste et tiers monde</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VII - L'État régressif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VIII - La modernité impossible</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IX - L'effondrement</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">X - Le marxisme et l'intelligentsia</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/12/1993;0;137x220;192;978-2-90398-195-2;978-2-90398-195-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_50.jpg;;;;274;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pourtant la tragédie qu'il a provoquée a quelque chose à nous dire sur nous-mêmes et sur le monde dans lequel nous vivons. Il s'agit ici de déchiffrer le sens de ce message : de montrer que le communisme a été la dernière ligne de défense des sociétés agraires traditionnelles face au défi de la société individualiste moderne. À ce titre, l'apparition du communisme représenterait le prix que le monde a dû payer pour passer le cap de la modernité. Mais la crise mondiale qui l'a fait naître a-t-elle pour autant disparu avec lui ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3283 51;2;3;8;De l'art de plaire en petits morceaux;Pascal, La Rochefoucauld, La Bruyère;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comme persuader le lecteur d'une vérité qui, par définition, lui déplaît ? À ce problèle rhétorique, les moralistes ont répondu en instaurant une nouvelle pratique de la lecture.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Public et lecteur. Le bon sens</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Le nom de l'auteur (Pascal)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Les plaisirs de la morale (La Rochefoucauld)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. De l'art des transitions (La Bruyère)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. Le contrat de lecture. État des lieux</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/06/1996;0;137x220;192;978-2-91038-141-7;9782910381172;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_51.gif;;;;274;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Aucun texte ne peut compter, par avance, sur la bonne volonté de son public. Mais dans le cas d'un texte moraliste, c'est le contraire qui se trouve dès l'abord assuré : le public sera nécessairement réfractaire, car le lecteur visé est celui qui, même s'il souscrit à la critique, choisira par amour-propre de s'en exclure. Comment persuader le lecteur d'une vérité qui, par définition, lui déplaît ? Tel est le problème éminemment rhétorique devant lequel se trouvent placés d'emblée Pascal, La Rochefoucauld et La Bruyère. La question se pose comme une véritable aporie, mais c'est une aporie féconde, car elle conduit à remodeler le champ littéraire de l'époque classique. Les textes envisagés ici ont en effet la particularité d'être composés de fragments. À ce titre, ils mettent en place une pratique nouvelle de la lecture et, du même geste, une poétique incontestablement « moderne », où la figure de l'auteur se brouille dans l'appel fait au lecteur.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 52;2;3;8;Des hommes, des femmes et des choses;Langages de l'Objet dans le roman de Balzac à Proust;;;"<p style=""text-align: justify;"">« L'homme meublé », « l'œil clair-obscur » : approche anthropologique et analyse poétique du surgissement des choses dans le roman français du XIXe siècle.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Pour une anthropologie de l'Objet dans le roman</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- De Balzac à Proust : lire les choses <br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Salon parisien avec femme meublée. Fantasmagorie du XIXe siècle <br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'homme kitsch au jeu des masques ou Flaubert au marché des vanités<br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Sous les soleils de Mme Swann. Proust paysagiste de Paris</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Pour une poétique de l'Objet dans le roman</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Visions des choses<br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'Oeil clair-obscur. De Balzac, de l'artiste, de la fascination et des choses <br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'écriture nature morte. Proust élève de Chardin</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour ne pas conclure...</span></p></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">Ma visée de ces études du roman au XIXe siècle ? L'objet en tant qu'actant, les choses qui représentent, parlent, agissent, bref, signifient. À explorer les objets dans le roman de Balzac à Proust, je découvre de formidables, d'innombrables machines à récits. A l'écoute de ces machines à récits, j'observe à l'oeuvre une vérité romanesque tant exploitée par les romanciers, avec Balzac en premier, à savoir que les objets dans le roman racontent les hommes. Le roman de Balzac à Proust, à la fois représentation et interprétation. Ou mieux, roman, savoir en acte sur la société dans laquelle il se construit. Dès lors, les objets avec lesquels l'homme meuble l'espace de sa sociabilité, le roman les charge de vie, d'expression, de langage signifiant, les charge d'être porte-parole. Lire les objets dans le roman, c'est en effet lire l'histoire des moeurs, des mentalités, des goûts et des savoir-vivre, de la mode et des morales. Plus encore, lire dans les objets l'image que se fait d'elle-même une société à différents moments donnés de son histoire. Bref, lire l'objet dans le roman, c'est centrer la lecture sur cette fonction anthropologique que la littérature se propose de détenir au sein de la société historique. Juliette Frolich</p>";10/06/1997;0;137x220;176;978-2-91038-194-3;9782910381943;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_52.jpg;;;;262;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'objet dans le roman représente, parle, agit, signifie. Innombrables, chez Balzac ou chez Proust, les objets du roman deviennent de véritables machines à récits ; « signature humaine du monde », selon la belle formule de Roland Barthes, ils racontent les hommes, les femmes et les choses. Lire les objets romanesques, c'est donc lire l'histoire des mœurs, des mentalités, des goûts et des savoir-vivre, de la mode et des morales. Plus encore, c'est lire dans les objets l'image que se fait d'elle-même une société à différents moments de son histoire. Si le roman se donne comme un savoir en acte sur la société, il charge de vie et de parole, de langage et d'expression les objets avec lesquels l'homme meuble l'espace de sa socialité. Le roman et ses objets, ou la vie mode d'emploi...</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 53;2;3;8;Figuration de l'inhumain;Essai sur le devenir-accessoire de l'homme filmique;;;"<p>Cet essai s'organise autour de quelques objets choisis dans le cinéma américain, relevant tous de la figuration humaine et mettant en jeu le corps de l'homme.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Le parergon</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. L'Indien : un mythe figuratif<br />2. Le corps burlesque<br />3. L'accessoire de la peinture<br />4. Les deux figurations demilliennes : principes de l'élection<br />5. La figurine</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. L'iconogramme</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La panoplie<br />2. Le moutonnement</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. L'effigie</span></strong></p><blockquote><p style=""text-align: left;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le cadavre : une image en repos de l'homme<br />2. La défiguration absolue</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. L'apostrophe</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les figurations de Laura<br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Les occurrences figuratives du tableau</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'iconostase<br />- Une puissance topique<br />- L'image synoptique</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Les hypothèses du tableau photogénique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Le pictural, le colossal et la loi</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. Les insurrections du décor</span></strong></p><p> <span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /></span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes</span></p>";;10/02/1993;0;137x220;152;978-2-90398-183-9;978-2-90398-183-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_53.jpg;;;;228;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">À travers des films de Cecil B. DeMille, Don Siegel, Keaton et Preminger, il s'agit d'étudier comment l'homme filmique, dessaisi de soi par les variations de la syntaxe figurative, se trouve relégué au rôle de motif iconographique, jouxtant de près le décor au point de s'y confondre : devenir accessoire de l'homme, où se donne à voir l'avènement de la figurine, soit une image de l'inhumain. Reprendre le problème de la représentation au cinéma, c'est ainsi revenir à une hypothèse critique, qui pourrait rendre concevable un Autre de la figure.</p>";"<p>Publié avec le concours du Bureau Éditorial Admiranda</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 54;2;3;8;Francis Ponge, de la connaissance en poésie;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Que peut savoir la poésie ? Plus précisément : que peut savoir la poésie sur le savoir ? À la fois œuvre et œuvre sur l'œuvre, le travail de Francis Ponge se donne les moyens de connaître le singulier du réel.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-Propos</span></p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 1<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une rage de connaissance</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 2<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Motions</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 3<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Volumes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chapitre 4<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Espaces courbes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Genèse</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sorties</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Oeuvres de référence<br />Index (textes de Ponge)</span></p></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">Ce qui m'a profondément touché chez Francis Ponge est son acharnement pendant une cinquantaine d'années à vouloir réaliser quelque chose de fondamentalement impossible : faire que la description d'une chose tienne lieu de l'expérience que nous avons de cette chose. D'écrit en écrit, et de version en version d'un même écrit, il tente de monter une petite machine textuelle qui, comme dans la réalité virtuelle, produirait en nous - dans notre esprit et dans notre corps - l'expérience artificielle de la chose. Il n'y réussit évidemment pas. Mais cet échec, émouvant lui aussi, nous permet de comprendre un grand nombre de choses. Quant à la langue, d'abord, mais aussi quant à la nature de la poésie et, source d'émerveillement, quant à notre esprit dans son travail de connaissance des choses. Plus étonnant encore, ce sont les plus banales de ces choses, telles qu'un cageot, une orange ou un ciel bleu, qui sont les plus révélatrices. Sydney Lévy</p>";10/05/1999;0;137x220;144;978-2-84292-057-9;9782842920579;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_54.jpg;;;;216;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'œuvre de Francis Ponge est en prise sur le réel. Un réel épais et rugueux. Celui d'un monde senti et touché qui résiste à l'effet de surface et à la fuite de sens. Semblable à un long et tortueux journal de laboratoire, elle se veut non seulement œuvre, mais œuvre sur l'œuvre, visant, avec acharnement et intégrité, la connaissance et l'expression du réel dans tout ce qu'il a de singulier. À cette fin, Francis Ponge ne cesse d'inventer. Il découvre des sujets inédits pour la poésie : les choses, bien sûr, mais aussi l'impression d'un ciel bleu de Provence par un jour d'hiver, l'émotion sourde provoquée par un pré ensoleillé, la connaissance par le corps d'un printemps encore à venir. Il crée des alliages qui destituent les mots de leur fonction de désignation. Il conçoit des moyens pour donner du volume à ses écrits. Il forge une nouvelle rhétorique où chaque figure, neuve, ne convient qu'à une seule chose ou à une seule expérience. Il imagine des genres littéraires appropriés à son entreprise. Surtout, il tente d'inventer un système pour connaître l'objet qui s'est toujours trouvé, par nécessité, interdit à la connaissance : le singulier. Il n'aura peut-être pas entièrement réussi, mais il aura clairement posé les conditions de possibilité d'une telle connaissance.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3688 55;2;3;8;Humour-Terraqué. Entretiens-lectures;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Où l'oeuvre de Guillevic se trouve à la fois écoutée et glosée, à partir d'un centre de gravité qui fait de l'humour une règle de vie et d'écriture.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Humour et tragique<br />Des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carnets</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Exécutoire</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1947)</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Premiers poèmes, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carnets</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Requiem<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Terraqué<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Exécutoire<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Commentaires</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Humour politique, traductions<br />De </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gagner</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1949) à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Âge mûr</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1955)</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gagner</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Chansons d'Antonin Blond<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Terre à bonheur</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trente et un sonnets</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Âge mûr<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Traductions<br />Commentaires</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Humour et sacré<br />De Carnac (1961) à Du Domaine (1977)</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carnac</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sphère<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avec</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Euclidiennes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Villes<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paroi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Encoches</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Inclus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du Domaine<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Commentaires</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Humour blanc<br />De </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étier</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1979) à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Art poétique </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(1989)</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étier</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Autres</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trouées<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Fabliettes, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Requis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lexiquer<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Creusement</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Motifs</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qui</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Art poétique<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Commentaires</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. Humour maintenant<br />Depuis</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le Chant </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(1990) jusqu'à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Été</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1994)</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. De</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le Chant</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Impacts<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lyriques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elle</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maintenant<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'innocent</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nature épousée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Été<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Commentaires</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/02/1997;0;137x220;200;978-2-91038-188-2;9782910381882;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_55.jpg;;;;284;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Guillevic estimait que son humour n'avait pas été assez étudié. « Humour pour tenir », « humour pour aider à vivre », « humour pour filtrer l'horreur »... L'humour dont il s'agit n'est ni une décoration, ni un jeu de l'esprit, c'est un sourire proche de la nature et de la langue parlée, une force comme à l'affût du mystère de notre condition. Une fraternité. Parce qu'il considère que ces présents entretiens sont importants pour la compréhension de son oeuvre, le poète a voulu leur donner comme titre Humour-Terraqué afin de les rattacher au recueil qu'il a le plus longtemps porté en lui.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 56;2;3;8;L'Imaginaire-Melville;A French Point of View;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage explore le labyrinthe de Melville dont l'écriture est parcourue par une interrogation sur les origines religieuses et politiques du mythe de l'Amérique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Viola Sachs</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Introduction (français)<br />Bibliographie sommaire<br />Introduction (English)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Agnès Derail<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Melville's Leviathan : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Moby-Dick</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ; </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">or</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Whale</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and the Body Politic</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Viola Sachs<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">American Identity and the Counterfeit Whale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sina Vatanpour<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Of Money, Cash and Writing in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Moby-Dick </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">; </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">or</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Whale</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Marçais<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Revolution and Identity in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">White Jacket</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Israel Potter</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Imbert<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cash, Cant and Confidence : Of Paper-Money and Scriptures in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Confidence-Man</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Janine Dove-Rumé<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Melville's</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Encantadas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Harmony or False Note ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Viola Sachs<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Postface</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résumés<br />Bibliography (travaux du Laboratoire sur Melville)</span></p>";;10/03/1992;0;137x220;112;978-2-90398-178-5;2903981787;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_56.jpg;;;;172;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> L'ordre linéaire des signifiants, la logique causale et la langue même du texte de surface s'évanouissent pour faire place à un autre mode d'organisation dans lequel tout signe devient potentiellement un symbole polysémique. Le texte de surface en masque un autre où les signes et les symboles tissent des réseaux multiples de correspondance et dont l'expression se veut non verbale. Les corps et les éléments de l'univers physique, les jeux des ténèbres et de la lumière, la dynamique des couleurs et des formes recèlent la langue fluide du Nouveau Monde en devenir.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 57;2;3;8;Le Monde végétal (XIIe-XVIIe siècles);Savoirs et usages sociaux;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les plantes, comme les animaux, accompagnent la vie des hommes. Ils ont changé comme nous ; a changé également la volonté de les connaître, et l'usage qui en est fait.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Du bon usage des plantes</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Allen J. Grieco<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les plantes, les régimes végétariens et la mélancolie à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance italienne</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Rosenberger<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Recettes pour les temps de disette : les plantes de secours au Maroc</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mauro Ambrosoli<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Erbe selvatiche e leguminose nel lungo periodo : il caso della </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Medicago</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> prima del 1600</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Flandrin<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les légumes dans les livres de cuisine français, du XIVe au XVIIIe siècle</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Science et rêve du végétal</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deux jalons de la construction d'un savoir botanique en Allemagne aux XIIe-XIIIe siècles : Hildegarde de Bingen et Albert le Grand</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucia Tongiorgi Tomasi<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">""La leggiadria di quei paesetti ameni."" Immagini botaniche e di paesaggio di Gherardo Cibo</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guido Moggi<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La conoscenza del mondo vegetale prima e dopo Andrea Cesalpino</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Milena Rizzotto<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le amene mostruosità : coltura, selezione e manipolazione delle piante ornamentali nel XVII secolo</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Laurioux<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vins musqués et flaveurs de paradis : l'imaginaire médiéval des épices</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résumé en français des articles en italien<br />Index</span></p>";;10/09/1993;0;137x220;192;978-2-90398-189-1;978-2-90398-189-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_57.jpg;;;;276;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Des animaux on le sait mieux, parce que l'histoire s'y est intéressée récemment, mais les plantes d'autrefois gardent beaucoup de leurs mystères. La rencontre de Florence, base de ce volume, a voulu ouvrir une série de fenêtres sur le monde végétal tel qu'il se forme avant l'industrialisation, dans les pays d'Europe et du pourtour méditerranéen. Le livre publié ici présente ainsi plusieurs âges du savoir botanique ; il associe ce savoir à la science médicale et à la diététique du Moyen Age, confrontées aux savoirs de l'époque moderne. Mais à travers le monde végétal, c'est le rapport entre nature et culture qu'on interroge, en parcourant l'éventail des choix possibles pour les humains, de la contrainte au plaisir, de la nécessité à l'évasion.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3070 474;2;3;14;Déesses et paillassons;Les grands nus de Picasso;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet essai propose une étude des grandes peintures de nus réalisées par le peintre depuis les <em>Demoiselles d'Avignon</em> (1907) jusqu'aux derniers nus de 1972.</p>";"<div><p>Introduction</p><p><br /> 1. Le Bordel philosophique <br /> <br /> 2. La Danse et le Baiser <br /> <br /> 3. Le Grand nu au fauteuil rouge <br /> <br /> 4. Vénus <br /> <br /> 5. Ombres et Métamorphoses <br /> <br /> 6. Le corps comme Vanité <br /> <br /> 7. Les ombres de décembre <br /> <br /> 8. Le Mystère Picasso <br /> <br /> 9. La couleur au carré <br /> <br /> 10. Femme nue allongée <br /> <br /> 11. Palimpseste <br /> <br /> 12. La Pisseuse <br /> <br /> 13. Femme à l’oreiller <br /> <br /> 14. L’Étreinte </p><p> <br /> Conclusion</p><p>Bibliographie </p></div><p><img src=""http://www.puv-univ-paris8.org/inter/fil_gris.gif"" alt="""" width=""235"" height=""1"" /><br /> <br /></p>";;10/01/2010;0;137x220;192;978-2-84292-236-8;9782842922368;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_474.jpg;;"<div><p><span>À l’origine était le sexe – celui de Johanna Heffernan posant en 1866, jambes écartées, pour le peintre Gustave Courbet. Avant d’être acquise par l’État en 1995, cette représentation du sexe entrouvert de la « belle Irlandaise » appartenait au psychanalyste Jacques Lacan. « </span><span>Picasso – écrit Pierre Daix – était extrêmement sensible aux figures de femmes de Courbet, particulièrement à ses nus </span><span><a id=""footnote-599-1-backlink"">1</a></span><span>. » Il appréciait l’une des plus cél</span><span>èbres toiles érotiques du peintre français, </span><span>Les Deux Amies (Paresse et luxure)</span><span>, et avait vu </span><span>L’Origine du monde</span><span> vers 1954-1955, au moment de son achat par Lacan. Faut-il pour autant établir un lien entre </span><span>L’Origine du monde</span><span> et les dernières œuvres érotiques de Picasso </span><span>? Certes, si l’on observe par exemple </span><span>Homme et nu couché</span><span>, un dessin du 4 ­septembre 1969, on constate que l’anatomie féminine est dévoilée presque de la même manière que dans le tableau de Courbet.</span></p><p><span>Pourtant, le réalisme photographique de la vulve peinte en 1866 n’a rien à </span><span>voir avec le paroxysme iconique et pictural des dernières œuvres de Picasso ; en revanche, il est formellement très proche des photographies obscènes réalisées une dizaine d’années plus tôt par Auguste Belloc, où le sexe s’exhibait dé</span><span>jà dans le cadrage étroit des cuisses écartées </span><span><a id=""footnote-599-2-backlink"">2</a></span><span>. Car chez Courbet comme chez Belloc, la blessure faite à la chair provient du cadre lui-même, qui sectionne les cuisses et le tronc pour nous livrer le détail propice à l’exacerbation du dé</span><span>sir. En effet, </span><span>L’Origine du monde</span><span> montre frontalement ce que la peinture s’était jusqu’alors évertuée à ne pas dévoiler, préférant laisser dans l’ombre, sous une fine étoffe, dans un repli, le </span><span>« détail » que Courbet décontextualise en l’isolant violemment et en le plaçant en pleine lumière. Le peintre d’Ornans impose donc à la chair féminine la douloureuse coupure du cadre pictural ; quelques décennies plus tard, avec Picasso, le corps est bien entier, mais ce sont les torsions, les d</span><span>éplacements, les hypertrophies qui le rendent douloureux, lorsque les convulsions de la peinture et celles de la chair mêlées nous entraînent bien au-delà des limites du bon goût et du bien peint.</span></p><p><span>Mais oublions un temps </span><span>L’Origine du monde</span><span>, et commençons par le début, le r</span><span>écit de cette expérience picturale que le petit Espagnol a eue, à certaines périodes de sa vie, avec le corps des géantes. Picasso et les femmes, Picasso et la Femme : évitons les clichés. Ces femmes fatales (ou bien ces grandes prêtresses, ces déesses-m</span><span>ères, tantôt Vénus, tantôt Gorgones…) nous inté­ressent d’abord parce que ce sont des objets – des objets picturaux, des réalités plastiques, des toiles de deux mètres de haut, d’où ces femmes monstrueuses, agressives ou goguenardes, dominent physiquement le spectateur qui leur fait face. Elles nous intéressent aussi parce qu’elles sont situ</span><span>ées précisément au centre du conflit, de la tension qui naît de « la présence de la pulsion de mort au cœur même du désir sexuel </span><span><a id=""footnote-599-3-backlink"">3</a></span><span> ». Conflit que Picasso ré</span><span>sout à chacun de ses combats contre la toile par cette « somme de destructions » (ce sont ses termes) qui seule lui permet – au terme d’une série de deuils – de retrouver la vie.</span></p><p><span>Dans l’œuvre, on compte par milliers les toiles, dessins, gravures, sculptures où Picasso représente la femme. Mais de quelles femmes s’agit-il </span><span>? Épouses, modèles, compagnes, amies ? Faut-il les singulariser, les identifier ? Là n’est pas notre propos ; en revanche, il est intéressant de constater que deux toiles seulement s’intitulent simplement </span><span>Femme</span><span>. Pour les autres, Picasso a pris soin de les adjectiver : </span><span>Femme accoud</span><span>ée</span><span>, </span><span>Femme accroupie avec enfant</span><span>, </span><span>Femme à la cigarette</span><span>, </span><span>Femme à la guitare</span><span>, etc. Avec quelques titres qui nous concerneront davantage dans cette étude : </span><span>Femme dans un fauteuil</span><span>, </span><span>Femme nue allongée, Femme nue assise,</span><span> </span><span>Femme à l’oreiller</span><span>… De cette relation qui a duré plus de trois quarts de siècle, Picasso a voulu « exprimer la totalité mentale aussi bien que physique », cherchant – </span><span>selon Pierre Daix – à « percer le mystère de telle attitude […], de tel charme, d’un instant entrevu d’exaltante beauté </span><span><a id=""footnote-599-4-backlink"">4</a></span><span>. »</span></p><p><span>Face à un tel corpus, ce n’est pas l’« exaltante beauté » qui a retenu notre attention, mais plutô</span><span>t sa représentation sous les traits de femmes disloquées, monstrueuses – celles où Picasso exaspère la forme, où sa relation au corps féminin se charge de fortes ambiguïtés. Dans </span><span>Vivre avec Picasso</span><span>, Françoise Gilot rapporte un propos cynique et provocateur qu’aurait tenu Picasso à propos des femmes : « Il n’y a rien qui ressemble à un caniche autant qu’un autre caniche. Pour moi, il n’y a que deux sortes de femmes : déesse ou tapis-brosse </span><span><a id=""footnote-599-5-backlink"">5</a></span><span>. » Vrais ou dé</span><span>formés par le souvenir, les mots rapportés par Françoise Gilot nous semblent pertinents pour traduire la tension qui s’instaure dans l’œuvre de Picasso entre deux pôles de la représentation du corps féminin, entre attraction et rejet, beauté et laideur, réalisme « photogra­phique » </span><span>et acharnement pictural… Les termes choisis pour le titre principal de cette étude, malgré le caractère réducteur que peut avoir ce genre de formules, renvoient donc à ces ambiguïtés.</span></p><p><span>Nous avons déterminé </span><span>plusieurs moments dans ce parcours diachronique, liés à des œuvres (ou des séries) que nous commenterons plus particulièrement. Cette quête d’une femme entre </span><span>déesse</span><span> et </span><span>paillasson </span><span><a id=""footnote-599-6-backlink"">6</a></span><span>, nous la ferons commencer en 1907 avec </span><span>Les Demoiselles d’Avignon</span><span> </span><span>; elle croisera ensuite le chemin de la monstrueuse Olga du </span><span>Grand nu au fauteuil rouge</span><span> de 1929, continuera avec les grands nus de la période de guerre – </span><span>L’Aubade</span><span> et </span><span>Nu couché</span><span> –, avant de se terminer avec les œuvres érotiques des dernières anné</span><span>es : la </span><span>Pisseuse</span><span> de 1965, la </span><span>Femme à l’oreiller</span><span> de 1969, ou bien cette </span><span>Étreinte</span><span> de 1972, peinte 65 ans après les </span><span>Demoiselles</span><span>. Outre la violence infligé</span><span>e à la forme, ces tableaux ont en commun leurs dimensions : 243,9 x 233,7 cm pour le </span><span>Bordel d’Avignon </span><span>de 1907, comme l’appelaient au début Picasso et ses amis </span><span><a id=""footnote-599-7-backlink"">7</a></span><span> ; et pour les autres œuvres, une hauteur ou une largeur de 195 cm.</span></p><p><span>Les nus isolés – ou les groupes sans présence masculine </span><span>– sont relativement rares dans les grands formats, ce qui renforce leur signification, à certains moments de tension ou de rupture dans la vie et l’œuvre. Pour ces raisons, le </span><span>Grand nu au fauteuil rouge</span><span> du 5 mai 1929 a pris une place toute particulière dans ce travail, car il se situe au terme d’un cycle de déconstructions de la figure féminine, commencé quatre ans plus tôt avec </span><span>Le Baiser</span><span> et </span><span>La Danse</span><span>. Cette violente dislocation de l’anatomie féminine – cette métamorphose, cette souillure… – transforme Vénus en Gorgone, et la hideuse beauté des nus de cette période nous a amené à nous interroger sur les modes de représentation de Vé</span><span>nus, entre la Renaissance et le </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle. En effet, n’y a-t-il pas, dans la relation des peintres à la figure de Vénus, cette tentation de l’éventration, du viol pictural, que l’on retrouve chez Picasso entre la fin des années vingt et le début des années trente ?</span></p><p><span>La torture des formes n’était pas sans risques pour ­l’artiste-bourreau. Il fallait maintenir le monstre à distance. C’est ce que Picasso a fait, en instaurant une dialectique entre peinture et photographie, puis entre peinture et sculpture, que nous essayerons d’analyser. Cette façon d’aborder l’œuvre nous permettra de rester au plus près de la matière picturale, où demeurent les traces d’un conflit jamais résolu. En effet, dans une perspective diachronique, chaque nouveau tableau vient s’inscrire en écho, en contrepoint, en rupture, par rapport aux œuvres qui l’ont précédé : celles que Picasso a peintes sur près d’un siècle, et qui sont ainsi liées à sa propre mémoire ; celles d’autres artistes (Rembrandt, Goya, Ingres, Courbet, Manet, Degas, Matisse… la liste serait longue), qui viennent s’inscrire dans un palimpseste parfois difficile à expliciter.</span></p><p><span>Mais le conflit s’établit aussi par rapport à l’image du corps : un corps sans visage – Méduses déconstruites, décomposées dans les anné</span><span>es vingt par une série de permutations sexe-œil-bouche – ; un corps qui se fait l’écho de la mort qui règne sur l’Europe dans les nus-vanités de 1942 ; un corps absent, que Picasso imagine allongé devant lui, à la fin du mois de dé</span><span>cembre 1953, tandis que l’ombre portée de l’observateur solitaire pénètre dans la représentation ; enfin, un corps qui retrouve l’humanité du visage (en l’occurrence, celui de Jacqueline, à partir de 1955), dans des variations érotiques autour de la figure de Baubô. La violence de ces derniè</span><span>res peintures ne provient plus alors du combat contre l’« image corps monstrueuse </span><span><a id=""footnote-599-8-backlink"">8</a></span><span> », mais bien d’un corps à corps avec la peinture, que Guy Scarpetta décrit comme un « engouffrement au cœur du désordre rythmique et charnel dont la peinture est à la fois l’effet et l’analogie </span><span><a id=""footnote-599-9-backlink"">9</a></span><span>. » </span></p><p><span>Ce d</span><span>ésir que dévoilent les ­œuvres ultimes, nous l’abordons à partir d’une grande toile de 80 x 190 cm, intitulée </span><span>Femme nue allongée</span><span>, peinte par Picasso durant l’été 1955 pour </span><span>Le Mystère Picasso</span><span>, le documentaire de Henri-Georges Clouzot. La pr</span><span>ésentation du film et l’analyse des 86 plans qui concernent le tableau en question nous ont conduit à une réflexion sur les processus créatifs, picturaux et cinématogra­phiques. Au centre de cette réflexion se trouve le travail de montage, signé Henri Colpi. Car la création de l’œuvre prend place ici dans les ellipses, les intervalles entre les plans qui nous permettent de construire l’image-temps deleuzienne, et de retrouver dans le miroir le peintre amoureux posant ses banderilles sur le corps nu de Vénus.</span></p><p><span>La liste de ces </span><span>« monstresses </span><span><a id=""footnote-599-10-backlink"">10</a></span><span> » de deux mètres est, certes, plus longue, surtout pour la dernière période, lorsqu’elles sont associées à l’homme dans de violentes séries érotiques baptisé</span><span>es par euphémisme </span><span>Le Baiser</span><span> ou </span><span>Le Couple</span><span>, dont les figures se ­mêlent de telle manière que l’on arrive difficilement à les dissocier. Dans ces toiles, le corps féminin, obscène et convuls</span><span>é, s’exhibe et se laisse pénétrer, par l’œil, le pinceau, le sexe… Mais c’est aussi dans les dernières gravures (</span><span>Raphaël et la Fornarina</span><span>, 1968 ; </span><span>Degas au bordel</span><span>, 1971) que les organes sexuels seront le plus ouvertement montrés, lors d’une ultime profanation des corps où le d</span><span>ésordre sexuel devient le dernier rempart contre la mort.</span></p><p><span>Beaucoup de textes ont été écrits sur ces métamorphoses du corps féminin dans l’œuvre de Picasso. Nous ne pouvions cependant pas nous limiter à un état de la question : face à l’abondance bibliographique, une telle synth</span><span>èse risquait d’être par trop lacunaire. C’est donc sur quelques pistes, moins étudiées, que nous avons fait porter notre réflexion. Nous avons repéré une série de polarités qui s’inversent, dans certaines toiles, à certains moments de l’œuvre. Elles sont la marque d’une complexit</span><span>é d’où émergent tantôt la beauté de Vénus, tantôt la monstrueuse laideur des Gorgones ; tantôt l’harmonie lisse, tantôt la forme contorsionnée </span><span>; tantôt la manifestation de ce qui semble être le désir, tantôt la peur… Déesse ou paillasson ? C’est cette tension entre deux pôles contraires et pourtant coexistants, que nous avons testée à diff</span><span>érents niveaux : celui d’une confrontation avec quelques ­mythes structurants, celui d’une rencontre avec l’histoire de l’art, celui d’un corps à corps avec l’image peinte. Au risque de nous y perdre, nous avons essayé de rester au plus près de la toile, d’en explorer les détails, d’en flairer les moindres craquelures pour voir comment le corps féminin, devenu peinture, se met enfin à sentir </span><span><a id=""footnote-599-11-backlink"">11</a></span><span>.</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-599-1"">1</a><span>. </span><span>Pierre Daix, </span><span>Dictionnaire Picasso</span><span>, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1995, p. 216-217 (article « Courbet »).</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-2"">2</a><span>. Ces photographies sont reproduites dans Sylvie Aubenas et Philippe Comar, </span><span>Obscénités. Photographies interdites d’Auguste Belloc</span><span>, Paris, Albin Michel/Bibliothè</span><span>que nationale de France, 2001.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-3"">3</a><span>. Cette phrase écrite par Guy Scarpetta à propos de </span><span>L’Enlèvement des Sabines</span><span> (1962-1963) garde toute sa pertinence pour les œuvres qui nous concernent ici. Guy Scarpetta, </span><span>L’Artifice</span><span>, Paris, Grasset, 1988, p. 79.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-4"">4</a><span>. Pierre Daix, </span><span>Dictionnaire Picasso</span><span>, </span><span>op. cit.</span><span>, p. 330-331.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-5"">5</a><span>. Françoise Gilot et Carlton Lake, </span><span>Vivre avec Picasso</span><span>, Paris, Calmann-Lévy, 1965 (édition consultée : 1991, p. 77).</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-6"">6</a><span>. Nous préf</span><span>érons la forme simple – </span><span>paillasson </span><span>– plutôt que celle, composée, de son synonyme </span><span>tapis-brosse</span><span>.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-7"">7</a><span>. C’est derrière cette grande toile, presque carrée, que, selon un commentaire de Derain </span><span>à Kahnweiler, on pensait retrouver un jour Picasso pendu, tant l’incompréhension de ses amis fut grande lorsqu’ils découvrirent le tableau : « C’est la hideur des faces – avait écrit André Salmon – qui glaça d’</span><span>épouvante les demi-convertis. » André Salmon, « Histoire anecdotique du cubisme », </span><span>La Jeune Peinture</span><span>, Paris, 1912.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-8"">8</a><span>. « […] l’artiste développe dans ce cas la grammaire d’une forme autre, en insistant sur sa nature dé</span><span>calée et irréductible à toute norme. Ainsi naît, d’un refus et d’un pari, l’image corps monstrueuse. Le refus, c’est celui d’insérer la figure de l’humain dans les catégories renvoyant à l’imagerie du corps normé. Le pari, c’est l’affirmation que l’image corps la plus proche de la vérité </span><span>de l’être est non celle que prodigue le corps réalisé mais bien, contre l’évidence, l’image du corps anormal. » Paul Ardenne, </span><span>L’Image corps. Figures de l’humain dans l’art du </span><span>xx</span><span>e</span><span> siècle</span><span>, Paris, Éditions du Regard, 2001, p. 380.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-9"">9</a><span>. Guy Scarpetta, </span><span>L’Artifice</span><span>, </span><span>op. cit.</span><span>, p. 75.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-10"">10</a><span>. Jean-Louis Ferrier emploie ce néologisme à propos des toiles peintes en 1927, dans lesquelles Picasso « semble trouver un malin et très pervers plaisir à d</span><span>émanteler l’anatomie féminine » (Jean-Louis Ferrier, </span><span>L’Aventure de l’art au </span><span>xx</span><span>e</span><span> siècle</span><span>, Paris, Chêne-Hachette, 1988, p. 266).</span></p></div><div><p><a id=""footnote-599-11"">11</a><span>. Certains des chapitres qui suivent ont déjà fait l’objet d’une publication, sous la forme d’actes universitaires, entre 2000 et 2009. Ils ont ensuite été retravaillés pour pouvoir être insérés dans cet ouvrage. Il s’agit des ­quatre articles suivants</span><span> </span><span>: « Le </span><span>Grand nu dans un fauteuil rouge</span><span> (1929) : une monstrueuse Vénus dans l’œuvre de Picasso », </span><span>Les cahiers du GRIHM</span><span> n° 2, « Images et divinités », GRIMH/GRIMIA, Université Lumière-Lyon 2, 2000, p. 255-263 ; « Picasso au bordel : l’obscénité de l’œuvre ultime »,</span><span> </span><span>dans Jean-Claude Seguin (dir.), </span><span>L’Obscène</span><span>, Lyon, Le Grimh-LCE-Grimia, 2006, p. 161-176 ; « Le corps comme vanité. Les grands nus de Picasso entre 1942 et 1945 »,</span><span> </span><span>dans</span><span> Image et Corps</span><span>, Actes du 5</span><span>e</span><span> Congrès International du GRIMH, Lyon, Le Grimh-LCE, Université Lumière-Lyon 2, 2007, p. 353-360 et « Picasso. L’ombre du récit portée sur le tableau (</span><span>L’Ombre sur la femme</span><span> et</span><span> L’Ombre</span><span>, 1953) », </span><span>Cahiers de Narratologie</span><span>, n° 16, mis en ligne le 25 mai 2009, URL : http://revel.unice.fr/cnarra/document.html?id=992.</span></p></div></div></div>";;294;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pour Picasso, il n'y avait que deux sortes de femmes, <em>déesse</em> ou <em>paillasson</em>. Au-delà de la misogynie et de la provocation, le propos renvoie à une tension qui s'instaure dans la représentation du corps féminin. Le conflit se noue à différents niveaux : celui d'une confrontation avec quelques mythes structurants (Vénus, Méduse, Baubô), celui d'une rencontre avec l'Histoire de l'Art (Rembrandt, Goya, Ingres, Manet, Courbet, etc.), celui d'un corps à corps avec l'image peinte. Ici, au risque de s'y perdre, l'auteur choisit de rester au plus près de la toile, d'en explorer les détails, d'en chercher les moindres craquelures pour observer comment le corps féminin devient peinture.</p>";;29/01/2010 16:20;1;Première édition;3679 58;2;6;8;L'Œuvre de l'œuvre;Études sur la correspondance de Flaubert;;;"<p style=""text-align: justify;"">La correspondance de Flaubert tire son intensité de ses liens multiples, continus, avec l'oeuvre de son auteur.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymonde Debray-Genette et Jacques Neefs<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Florence Callu<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouverture</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. L'édition des lettres</span></strong></p><p> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Bruneau<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une édition en cours</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Pierrot<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditer une correspondance</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Miroirs de l'oeuvre</span></strong></p><p> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymonde Debray-Genette<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une lettre à Jules Duplan, la pot-bouille et l'ensouple</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claudine Gothot-Mersch<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Correspondance</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Flaubert : une méthode au fil du temps</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Janet Beizer<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les lettres de Flaubert à Louise Colet, une physiologie du style</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Figures de l'auteur</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Mouchard<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Flaubert critique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">par Odile de Guidis</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditions et traductions de la correspondance de Flaubert<br />Études sur la correspondance de Flaubert</span></p>";;10/11/1993;0;137x220;192;978-2-90398-191-4;978-2-90398-191-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Journal d'un travail en cours, reflet de la longue durée dans la création, les lettres de Flaubert sont d'abord l'espace où s'expérimentent, avec Louise Colet en particulier, les traits profonds d'une écriture. Mais elles permettent aussi de suivre, à la lettre, l'effort propre de l'écrivain pour dire une tension, qui lui apparaît toute nouvelle, entre critique et création. La correspondance devient ainsi, peu à peu, l'œuvre de l'œuvre. C'est ce double mouvement que l'on a retracé ici, tout en reliant l'étude aux problèmes soulevés par l'édition d'une telle correspondance.</p><p style=""text-align: justify;"">Une très large bibliographie (éditions, traductions, études critiques) est présentée en fin de volume.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 59;2;3;8;Théâtre en Toscane;La comédie (XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles);;;"<p style=""text-align: justify;"">À partir d'œuvres inédites ou peu étudiées, les auteurs de ce volume éclairent d'un jour nouveau la comédie toscane des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Plaisance<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexandre Cioranescu<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il Geloso</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, comédie inédite de Francesco Serleone (1520)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Glénisson<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le triomphe des vertus de Pallas. Mythologie et politique dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fortunio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, comédie inédite de Pietro Fortini (1547)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gina Iannella<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I Fabii</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, une comédie de Lotto del Mazza (1569)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Brunet<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Amicizia </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">de Giovan Maria Cecchi. Notes préliminaires à une édition critique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Silvia Fabrizio-Costa<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pleurs et la grâce : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Maddalena</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Giovambattista Andreini</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Decroisette<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le rôle de l'aparté dans le dialogue de Giovan Battista Fagiuoli</span></p></blockquote>";;10/01/1991;0;137x220;192;978-2-90398-172-3;978-2-90398-172-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_59.jpg;;;;101;18.00;"<p style=""text-align: justify;""> La limitation géographique du champ permet de saisir dans son devenir l'originalité d'une production qui eut un rôle moteur dans l'histoire du théâtre européen.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3690 60;2;3;8;Tynianov, ou la poétique de la relativité;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Une science de la littérature est-elle possible ? On suit ici, en dix-huit ponts nodaux, l'élaboration du principe constructif chez Tynianov, éclairé par la traduction de trois textes, inédis en français, sur le fait littéraire.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />La poétique de la relativité</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Approches<br />- Préambule<br />- Avertissement et liste des travaux de Tynianov en français<br />- Principales données biographiques<br />- Argument de Tynianov</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La poétique-poïétique selon Tynianov</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La forme comme rapport entre principe constructif et matériau, ou l'oeuvre comme système<br />2. L'idéalité du principe constructif<br />3. Le conflit comme moteur de l'évolution littéraire<br />3 bis. Le conflit par contournement ou la tresse<br />4. La relativité littéraire<br />5. « La littérature est une construction verbale dynamique »<br />6. L'opinion publique littéraire est un système<br />7. La démarcation et la corrélation entre vers et prose<br />8. L'équivalence et les conditions minimales<br />9. La distinction entre évolution et genèse<br />9 bis. La distinction entre parodicité et parodialité<br />10. La corrélation entre la «série» littéraire et les «séries» extra-littéraires (ou sociales) : le concept d'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">orientation<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11. La dialectique entre forme et fonction<br />12. Le rapport entre principe constructif et matériau est un rapport de transformation-motivation<br />13. L'isochronie du rapport entre principe constructif et matériau<br />14. L'expansion du principe constructif<br />15. Le principe constructif : signe de l'histoire (diachronie) dans le système (synchronie) et de la permanence dans la variation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16. Le centre et la périphérie<br />17. Un genre est l'action bisynchronique de variables premières sur des invariants seconds<br />18. Le style comme affleurement verbal de l'idéalité du principe constructif</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bilan : les enjeux de la théorie de la relativité</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Une réforme du territoire métalittéraire<br />2. Une nouvelle théorie de l'esthétique générale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong> </p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Trois textes de Tynianov</span></strong></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Dostoïevski et Gogol </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(contribution à la théorie de la parodie)<br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La question Tiouttchev<br />- Le littéraire aujourd'hui</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie des travaux de Tynianov<br />Liste sommaire d'ouvrages de poésie russe en français</span></p>";;10/12/1996;0;137x220;244;978-2-91038-145-5;9782910381455;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_60.jpg;;;;101;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment cerner scientifiquement le statut de la littérature : par le texte et l'agencement qu'il fait d'une histoire, ou par des références variables à la psychologie, la morale ou la philosophie ? Comme souvent dans l'histoire des sciences, la réponse suppose de changer le terrain où ancrer les questions. C'est ce que fait Tynianov : opérant le premier déplacement métalittéraire de notre siècle, il établit que, spécifiquement, la littérature n'est ni texte, ni psychologie, ni sociologie, ni morale, ni philosophie. L'idéalité de la construction littéraire, exposée par lui sous le vocable de principe constructif, marque ainsi la naissance d'une science en son état moderne : la poétique. Transcendant par rapport au matériau linguistique de l'oeuvre, le principe constructif ne saurait être établi que sur la base d'une communication synchronique entre auteur et lecteurs : la poétique est donc une théorie de la relativité littéraire. <br />On suit ici la formation de cette hypothèse nouvelle dans la pensée de Tynianov, et on l'éclaire par la traduction de trois textes inédits en français.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 61;2;3;8;Voyages des textes de théâtre. Italie-France-Italie;(XVIe-XXe siècles);;;"<p style=""text-align: justify;"">Théâtre et voyage vont de pair. On le vérifie en étudiant, dans les échanges entre l'Italie et la France, les déplacements auxquels ont donné lieu les traductions de Molière ou de Goldoni, de l'Arétin et de Mozart.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Decroisette</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Avant-propos</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Marchés culturels</span></strong></p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Edmée Strauch Ngatoum</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Les éditions du</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Pastor fido</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> en France au temps de la cour médicéenne : de la scène au salon</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mariasilvia Tatti</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Les déséquilibres du marché : la comédie italienne en France au XIX</span><sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e</span></sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> siècle entre édition et journalisme </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luciana Zampolli</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />L'Arétin en France au XIX</span><sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e</span></sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> siècle ou la réhabilitation critique d'un écrivain maudit</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Imiter ou inventer ?</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Constance Jori</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La moneca fauza</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Pietro Trinchera (1726) : un Tartuffe en jupons dans la Naples du XVIII</span><sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e</span></sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Richard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il Molière</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Carlo Goldoni (1751) : de la poétique en action à l'autobiographie</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cécile Berger</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La scozzese</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Carlo Goldoni (1762) : traduction et autobiographie</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Solutions lyriques</span></strong></p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Loubinoux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Trois adaptations des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nozze di Figaro</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Histoire d'un dur compromis entre vulgarisation et élitisme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Andrea Fabiano</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Un projet de métissage théâtral franco-italien : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Nouvelle Italie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Jean Galli de Bibiena à la Comédie Italienne (1762)</span></p><p> </p></blockquote></blockquote>";;10/12/1998;0;137x220;192;978-2-84292-049-4;9782842920494;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_61.jpg;;;;101;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">La charrette de Scarron est une bonne fiction... La notion de voyage est intimement liée à celle de théâtre. Appliquée à la seule traduction des textes, elle engage des mécanismes complexes - sociologiques et politiques, esthétiques et culturels - que ce volume s'attache à démêler sur la longue durée et dans le cadre emblématique des échanges théâtraux entre la France et l'Italie. <br />Se trouvent ainsi étudiés les circuits suivis par des traductions-adaptations d'auteurs célèbres (L'Arétin, Goldoni, Molière...), ou le rôle joué par l'art lyrique dans l'invention d'une écriture mixte (cas d'un auteur italo-français du XVIIIe siècle, Jean Galli de Bibiena). <br />Au cœur du volume, un problème central : le rêve d'un métissage culturel n'est-il qu'une illusion ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3690 62;1;6;24;Essais de poétique chinoise et comparée;N°01/1980;;;"<p>Réflexions sur l'originalité de la théorie littéraire chinoise par rapport aux représentations occidentales de la poétique.</p>";"<p><em><span> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tzvetan Todorov<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Comprendre une culture : du dehors/du dedans</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Cheng<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Perspectives comparatistes : représentations cosmologiques et pratiques signifiantes dans la tradition chinoise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jullien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'absence d'inspiration : représentations chinoises de l'incitation poétique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jullien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le plaisir du texte : l'expérience chinoise de la saveur littéraire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chantal Chen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rapports d'influence : la conceptualisation d'une valeur de l'esthétique chinoise ancienne par référence aux conceptions de l'Occident</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Note bibliographique et critique (langues occidentales)</span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/07/1980;1;155x220;138;978-2-84292-953-4;978-2-84292-953-4;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_62.gif;;;;0;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 63;1;6;24;"Effets d'ordre dans la civilisation chinoise ; (Rangements à l'oeuvre, classifications implicites)";N°10/1988;;;"<p style=""text-align: justify;"">Rangements à l'oeuvre, classifications implicites. Évaluation de la place de l'activité classificatoire dans les diverses pratiques intellectuelles en Chine au travers d'exemples pris dans les sciences (botanique, mathématiques,etc.) et dans la société.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Viviane Alleton<br /> </span></strong><span>Classifications chinoises ou les dangers du réductionnisme</span></p><p> </p><p><strong><span>Francesca Bray<br /> </span></strong><span>Essence et utilité : la classification des plantes cultivées en Chine</span></p><p> </p><p><strong><span>Georges Métailié<br /> </span></strong><span>Des mots et des plantes (dans le</span><em><span> Bencao gangmu</span></em><span> de Li Shizhen)</span></p><p> </p><p><strong><span>Catherine Jami<br /> </span></strong><span>Sur l'organisation du champ des mathématiques chinoises</span></p><p> </p><p><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>La pertinence du concept de classification pour l'analyse de textes mathématiques chinois</span></p><p> </p><p><strong><span>Michel Cartier<br /> </span></strong><span>Des distinctions sociales en Chine et leur évolution</span></p><p> </p><p><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Système et prosodie : questions relatives aux tons et au contrepoint tonal dans la tradition chinoise<br /> (notes de recherche)</span></p><p> </p><p><strong><span>Viviane Alleton<br /> </span></strong><span>À propos de l'expression de la quantité en chinois : quels principes de classification ?</span></p>";;10/06/1988;10;155x220;126;978-2-84292-108-8;978-2-84292-108-8;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_63.gif;;;;300;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 64;1;3;24;Parallélisme et appariement des choses;N°11/1989;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les parallélismes entre énoncés qui traversent de part en part les textes chinois les plus divers sont-ils la marque d'un simple effet littéraire ? Sont-ils semblables à ceux qui sont attestés dans les textes d'autres cultures ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p> </p><p><strong><span>Léon Vandermeersch<br /> </span></strong><span>Les origines divinatoires de la tradition chinoise du parallélisme littéraire</span></p><p> </p><p><strong><span>Anne Cheng<br /> </span></strong><span>« Un Yin, un Yang, telle est la Voie » : les origines cosmologiques du parallélisme dans la pensée chinoise</span></p><p> </p><p><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Une vision du monde fondée sur l'appariement : enjeux philosophiques, effets textuels (à partir de Wang Fuzhi)</span></p><p> </p><p><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>Qu'apporte la prise en compte du parallélisme dans l'étude de textes mathématiques chinois ?</span></p><p> </p><p><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Les vers couplés de la poésie chinoise classique</span></p><p> </p><p><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Théorie du parallélisme littéraire, d'après Liu Xie</span></p><p> </p><p><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Traités Tang sur le parallélisme</span></p><p> </p><p><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Travaux pratiques : lecture du parallélisme dans deux huitains de Du Fu</span></p>";;10/05/1989;11;155x220;136;978-2-84292-109-5;978-2-84292-109-5;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_64.gif;;;;300;9.00;"<p>Ces questions sont explorées dans divers contextes intellectuels : divination, philosophie, mathématiques et poésie.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 65;1;3;24;L'art de la liste;N°12/1990;;;"<p style=""text-align: justify;"">Listes, énumérations, un des modes de fonctionnement propres aux textes chinois.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p> </p><p><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Vertu pratique de la liste : de la main, du corps, du poème</span></p><p> </p><p><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>L'énumération dans la théorie littéraire de la Chine des Tang</span></p><p> </p><p><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Note sur l'histoire de la série des quatre tons</span></p><p> </p><p><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>De l'algorithme comme liste d'opérations</span></p><p> </p><p><strong><span>Jean-Pierre Cabestan<br /> </span></strong><span>La liste comme élément de ritualisation du discours politique chinois</span></p><p> </p><p><strong><span>Jacqueline Pigeot<br /> </span></strong><span>La liste éclatée : tradition de la liste hétérogène dans la littérature japonaise ancienne</span></p>";;10/04/1990;12;155x220;142;978-2-84292-110-1;978-2-84292-110-1;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_65.gif;;;;300;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">Saisir à travers les listes, les énumérations, un des modes de fonctionnement propres aux textes chinois, qu'il soit poétique, littéraire, mathématique ou politique, tel est l'objet vers lequel convergent des contributions sur divers domaines de la pensée. Une contribution se penche spécifiquement sur la littérature japonaise ancienne.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 66;1;3;24;"Modèles et structures des textes chinois anciens ; Les formalistes soviétiques en sinologie";N°13/1991;;;"<p style=""text-align: justify;"">Un courant de travaux, développés en URSS, a mis en évidence l'existence de structures dans les textes chinois anciens. Ce phénomène est, on le sait, classique.</p>";"<p><strong><span>Karine Chemla et François Jullien<br /> </span></strong><span>Du formalisme en sinologie</span></p><p> </p><p><strong><span>Alexeï K. Volkov<br /> </span></strong><span>Recherches sur les structures des textes chinois anciens en URSS</span></p><p> </p><p><strong><span>Vladimir S. Spirin<br /> </span></strong><span>Composition des textes chinois anciens</span></p><p> </p><p><strong><span>Viéra V. Dorofiéiéva-Lichtmann<br /> </span></strong><span>Les Vents des Royaumes (</span><em><span>Guo feng</span></em><span>) : un schéma géographique</span></p><p> </p><p><strong><span>Alexeï K. Volkov<br /> </span></strong><span>Structure d'un traité mathématique : l'exemple du </span><em><span>Hai dao suan jing</span></em></p><p> </p><p><strong><span>Artiémiï M. Karapétiants<br /> </span></strong><span>Modèle universel (</span><em><span>Hong fan</span></em><span>) et classifications chinoises antiques à cinq et à neuf termes</span></p><p> </p><p><strong><span>Grigoriï A. Tkatchiénko<br /> </span></strong><span>Sur la composition du </span><em><span>Shi'er ji </span></em><span>dans le </span><em><span>Lü shi chunqiu</span></em><span> (</span><em><span>Printemps et automnes de Lü shi</span></em><span>)</span></p><p> </p><p><strong><span>Marina V. Isaiéva<br /> </span></strong><span>Notes sur les étalons (</span><em><span>Lüzhi</span></em><span>) de l'Histoire des Han antérieurs</span></p><p> </p><p><strong><span>Alexeï K. Volkov<br /> </span></strong><span>La structure des textes chinois anciens : quelques remarques</span></p>";;10/07/1991;13;155x220;168;978-2-84292-111-8;978-2-84292-111-8;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_66.gif;;;;300;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les auteurs montrent ici les modalités qui sont les siennes en Chine ancienne, les structures auxquelles il a été loisible de recourir, et proposent des modes de lecture qui mettent à profit ces résultats sur les textes.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 67;1;3;24;Regards obliques sur l'argumentation en Chine;N°14/1992;;;"<p>Ce recueil trace une voie entre deux projets irréalisables, dont l'un viserait à donner une idée exhaustive de l'argumentation en Chine et l'autre partirait à la recherche de l'argumentation chinoise.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jullien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nouveau regard</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine Chemla<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation : Texte et argumentation</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexeï Volkov<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Analogical Reasoning in Ancient China. Some Examples</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Levi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'art de la persuasion à l'époque des Royaumes Combattants (Ve-IIIe siècles avant J.-C.)</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine Chemla<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résonances entre démonstration et procédure</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael Lackner<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Argumentation par diagrammes : une architecture à base de mots</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Métailié<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Des mots, des animaux et des plantes</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Agora Perspective</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis Zimmermann<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remarques comparatives sur la place de l'exemple dans l'argumentation (en Inde)</span></p>";;10/07/1992;14;155x220;208;978-2-91038-130-1;978-2-91038-130-1;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_67.gif;;;;300;14.00;"<p style=""text-align: justify;""> Se démarquant des deux impasses, le numéro tente de montrer en quoi, vue de la Chine ancienne, la question des modes d'argumentation se révèle indissociable d'autres analyses sur les pratiques intellectuelles, les manières d'utiliser l'écrit et les options philosophiques impliquées.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 68;1;3;24;Le juste nom;N°15/1993;;;"<p style=""text-align: justify;"">Différentes écoles de pensée chinoise ont discuté d'une nécessaire « adéquation » entre les noms et les réalités qu'ils désignent.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Karine Chemla et François Martin<br /> </span></strong><span>De l'adéquation entre noms et réalités en Chine ancienne</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I. Rectification des noms, action politique</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Léon Vandermeersch<br /> </span></strong><span>Rectification des noms et langue graphique chinoises</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Levi<br /> </span></strong><span>Quelques aspects de la rectification des noms dans la pensée et la pratique politiques de la Chine ancienne</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>II. Qu'est-ce qu'un nom ?</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Redouane Djamouri<br /> </span></strong><span>Théorie de la « rectification des dénominations » et réflexion linguistique chez Xunzi</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michael Lackner<br /> </span></strong><span>La portée des événements. Réflexions néo-confucéennes sur la « rectification des noms »</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III. Noms en fonctionnement</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Les sons et les noms</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>Cas d'adéquation entre noms et réalités mathématiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Georges Métailié<br /> </span></strong><span>Plantes et noms, plantes sans nom dans le </span><em><span>Zhiwu mingshi tukao</span></em></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>IV. Regards extérieurs</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><span>Or : the object of rectification and the Greek points of view</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Irène Rosier<br /> </span></strong><span>Quelques remarques comparatives à partir de la tradition sémantique médiévale</span></p>";;10/10/1993;15;155x220;176;978-2-84292-112-5;978-2-84292-112-5;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_68.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Léon VANDERMEERSCH : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Rectification des noms et langue graphique chinoises »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> S'il n'est pas sans pertinence d'expliquer le fameux jugement de Confucius sur la rectification des noms à la lumière des événements de l'époque, il ne prend - pour sa portée générale dans la pensée du Maître - son plein sens que sur le fond d'une pratique culturelle signifiante : la notation des annales en langue écrite.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LEVI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Quelques aspects de la rectification des noms dans la pensée et la pratique politiques de la Chine ancienne »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Avec les légistes - qui ont su, contrairement aux confucianistes, écarter, au nom de la réalité, les sophismes de l'école nominaliste -, le zheng ming a pris la forme raffinée du xing/ming, non plus simplement dénominations correctes mais qualification des conduites - avec le corollaire des sanctions pénales - comme instrument politique. En surgit un art des noms qui se fond avec la science du gouvernement, et dont seul le souverain a le privilège de mésuser pour mieux prendre les flagorneurs au piège, aux antipodes de l'éthique confucéenne. Mais les théories de Han Fei, du fait même de la clarté, paradoxalement trop honnête, de leur exposition, étaient vouées à l'échec en tant que doctrine. N'appelez jamais un chat un chat.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Redouane DJAMOURI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Théorie de la ""rectification des dénominations"" et réflexion linguistique chez Xunzi »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Dans sa discussion du Zhengming, le confucéen Xunzi dépasse le cadre strictement politique dans lequel la problématique est apparue pour traiter des noms en tant que tels. Il analyse, d'un point de vue tant historique qu'épistémologique, les modalités par lesquelles les noms sont attribués aux réalités et dégage des principes, pertinents d'un point de vue linguistique, relatifs à la structuration de certains de leurs ensembles.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael LACKNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La portée des événements. Réflexions néo-confucéennes sur la ""rectification des noms"" (Entretiens 13 : 3) »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'analyse des commentaires néo-confucéens sur la ""rectification des noms"" produit une mutation quant à la compréhension du terme de shi : de ""service"" qu'a pu être son sens originel, il est alors interprété comme "" événement"". Les événements s'avèrent constituer cette réalité même avec laquelle les noms doivent être mis en adéquation. L'article explore les conséquences métaphysiques de cette réévaluation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les sons et les noms »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Depuis Cratyle, les auteurs occidentaux reviennent sans cesse au mythe du son porteur de sens, croyance que l'on cherche en vain dans les théories poétique ou linguistique des Chinois. Ce que cherche un Cratyle chinois, c'est à forger des noms reflétant des réalités fonctionnelles, et à les organiser en systèmes. Le processus historique, assez bien documenté, de la dénomination des tons en est un bon exemple.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine CHEMLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Cas d'adéquation entre noms et réalités mathématiques »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'analyse de deux exemples fournit matière à déterminer les modalités possibles de l'adéquation entre noms et réalités et les types de réalités qu'il s'agit de nommer. Dans le premier, ce qui était d'abord resté innommé reçoit ensuite un nom. La modification advenue montre ce qui est nommé et comment il l'est. Le second cas conduit à l'analyse d'une terminologie révélant par transparence une structure dans la situation sous étude.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges MÉTAILIÉ : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Plantes et noms, plantes sans nom dans le Zhiwu mingshi tukao »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Réflexion sur la dénomination dans l'oeuvre du botaniste du XIXe s. Wu Qiyun, dont certaines conceptions, en apparence novatrices dans son domaine, n'en sont pas moins informées par des concepts sous-jacents plus généraux. Ainsi, des plantes de différentes espèces peuvent porter des noms similaires si leurs utilisations sont similaires. Ensuite, il n'est pas nécessaire de nommer une plante nouvelle si on ne lui a pas encore trouvé d'usage.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Ou : l'objet de la rectification et les points de vue grecs »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'auteur identifie trois axes sur lesquels les discussions chinoises sur la rectification des noms évoque un parallèle avec des réflexions menées dans l'Antiquité grecque : l'existence de mots justes (orthotes onomaton), dont les ""Sophistes"" apparaissent être les spécialistes, les implications politiques et morales attachées au choix de tels noms et la personnalité de leur institueur. Pour chacun, il examine de manière critique la pertinence du rapprochement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Irène ROSIER :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Quelques remarques comparatives à partir de la tradition sémantique médiévale »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> En contrepoint avec les directions qu'ont pu prendre en Chine les réflexions sur les noms, les discussions médiévales sur les modes d'imposition du nom, sur l'auteur de cette imposition, sur la nature de l'adéquation des noms aux réalités et sur les relations qu'ils entretiennent sont ici évoquées. Par contraste avec le contexte social ou politique où il se développe là, c'est le contexte théologique qui est ici examiné.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Léon VANDERMEERSCH :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Chinese rectification of names and graphic language »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pertinent though it may be to explain Confucius'famous judgment on ""rectification of names"" in the light of political events of his time, it is best understood, in its general relevance, within the scope of the Master's thought, against the background of a significant cultural practice : the notation of annals in written language.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LEVI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Aspects of the rectification of names in Ancient China political thought and practice »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Legalist thinkers, rejecting in the name of reality the sophisms of the Nominalist school &endash; a feat which the Confucianists could not achieve &endash; gave </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">zhengming</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> a new and refined form, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">xing/ming</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, no more the mere art of correct naming but an evaluation of behaviours (with the correlative sanctions) as a political instrument. Thus was born a new art of denominations &endash; of which only the sovereign could misuse in order to expose flatterers &endash; radically opposed to Confucian ethics. But Han Fei's theories were just too candidly displayed to succeed as an official teaching. Never call a spade a spade.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Redouane DJAMOURI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The theory of ""rectification of denominations"" and linguistic reflections in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Xunzi </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In his discussion of Zhengming, the Confucian Xunzi goes beyond the strictly political framework in which the question appeared and treats names as such. From a historical as well as from an epistemological point of view, he analyses the ways in which names are given to realities and brings to light some principles, governing the structuring of sets of names, that are relevant linguistically.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael LACKNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The significance of events. Neo-confucian thoughts on the ""rectification of names"" (Analects 13 : 3) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The analysis of Neo-confucian comments on the rectification of names produces a mutation as to the understanding of the term </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : if it may have been understood as ""service"" originally, it is later interpreted as ""event"". The events prove to constitute the very kind of reality for which names have to become adequate. The paper explores the metaphysical consequences of this reassessment.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Sounds and names »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ever since Cratylos, Western authors have regularly reverted to the myth of sense-containing sound. Such a belief is not to be found within Chinese linguistical/poetical theory. A Chinese </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cratylos</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, working along different lines, would have the names reflect functional realities, and would organize them in significant correlative structures. The historical process of tone-naming, fairly well known, is an apt example thereof.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine CHEMLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Cases of adequacy between names and mathematical realities »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The analysis of two examples enables us to determine the possible ways in which names and realities can be matched to each other, and the kinds of realities that are named. In the first example, what was first left without a name later receives a name. This change shows what is named and how it is named. The second case shows a terminology whose transparency reveals a structure in the situation that is studied.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges MÉTAILIÉ : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Plants and names, plants without names in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhiwu mingshi tukao </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An approach to the naming aspects in the work of the 19th century botanist Wu Qixun, some of whose views, original as they may seem within his field, reflect underlying general concepts. First, plants pertaining to different species, but with similar uses, may bear similar names. Second, new plants with no known use need not be named.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Or : The object of rectification and the Greek points of view »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The author identifies three perspectives from which Chinese discussions on the rectification of names evoke similar developments in Greek antiquity : the existence of correct names (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">orthotes onomaton </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) on which the ""Sophists"" appear to be the specialists, the moral and political implications that are attached to choosing such names and the nature of their institutor. For each of these perspectives, he critically examines the relevance of such a parallel.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Irène ROSIER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Some comparative remarks starting from the medieval semantic tradition »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">By constrast with the directions taken by the thinking about names in China, this article raises some of the medieval discussions on the ways of naming things, on the author of this imposition of names, and on the nature of the adequacy of names and realities and the relations between them. In contradistinction to the social or political context in which these ideas are developed in China, the theological context is emphasized in medieval Europe.</span></p>";258;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le présent recueil vise à confronter ces réflexions aux propriétés que manifestent sous ce rapport les noms retenus dans divers domaines techniques : phonologie, mathématiques, botanique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 69;1;3;24;"Sous les nombres, le monde ; Matériaux pour l'histoire culturelle du nombre en Chine ancienne";N°16/1994;;;"<p style=""text-align: justify;"">Donner à voir les nombres en Chine, tels qu'ils existent et fonctionnent dans plusieurs domaines. Cette approche permet d'approfondir la compréhension de l'idée même de nombre et de dessiner la perception que l'on peut avoir des domaines concernés.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Alexei Volkov<br /> </span></strong><span>Nombres et nombres</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I - Les constitutions du nombre</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Redouane Djamouri<br /> </span></strong><span>L'emploi des signes numériques dans les inscriptions Shang</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>Nombre et opération, chaîne et trame du réel mathématique. Essai sur le commentaire de Liu Hui sur </span><em><span>Les neuf chapitres sur les procédures mathématiques</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alexei Volkov<br /> </span></strong><span>Large numbers and Counting Rods</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>II -... et ses fonctions</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Isabelle Robinet<br /> </span></strong><span>Le rôle et le sens des nombres dans la cosmologie et l'alchimie taoïstes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>John S. Major<br /> </span></strong><span>Celestial Cycles and Mathematical Harmonics in the </span><em><span>Huainanzi</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hans Ulrich Vogel<br /> </span></strong><span>Aspects of Metrosophy and Metrology during the Han Period</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III - Remarques comparatives</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><span>Learning by Numbers</span></p>";;10/10/1994;16;155x220;176;978-2-91038-128-8;978-2-91038-128-8;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_69.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Redouane DJAMOURI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Emploi des signes numériques dans les inscriptions Shang »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Cet article donne une analyse détaillée du rôle des nombres dans la grammaire du chinois archaïque. Il propose une hypothèse selon laquelle la formation du système de nombres fut étroitement liée, et en un sens déterminée, par la fonction grammaticale des nombres. Il contient de nombreuses mises au point sur des thèses antérieures, relatives à la forme écrite des nombres sur les os oraculaires.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine CHEMLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Nombre et opération, chaîne et trame du réel mathématique</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">.</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Essai sur le commentaire de Liu Hui sur </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les neuf chapitres sur les procédures mathématiques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur propose une nouvelle interprétation du sens du mot </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, ""nombre"", fondée sur l'analyse de plusieurs fragments des commentaires de Liu Hui (fl. 263) au traité mathématique</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Les neuf chapitres sur les procédures mathématiques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Elle suggère que le commentateur a utilisé consciemment la polysémie de certains mots chinois pour appliquer les mêmes procédures générales aux nombres et aux algorithmes. Cela lui permet d'avancer une hypothèse sur la signification du mot </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dans la mathématique de l'époque.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexeï VOLKOV : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Grands nombres et baguettes à calculer »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article traite du problème de la finitude des nombres, tel que formulé par le traité du IIIe siècle (?) </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shu shu ji yi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, de Xu Yue, sur lequel Zhen Luan rédigea un commentaire au VIe siècle. L'auteur suggère que le traité a pu être repris dans le cadre des débats sur la notion bouddhiste de réincarnation. Il discute également la construction théorique, similaire à celle d'Archimède dans l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Arénaire</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, permettant d'obtenir des nombres aussi grands que l'on veut, aussi bien que le rôle des instruments de calcul dans l'établissement d'une notion générale de nombre.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle ROBINET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le rôle et le sens des nombres dans la cosmologie et l'alchimie taoïstes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur fournit d'abondantes données sur l'usage des nombres dans les textes du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daozang</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Elle montre comment les nombres furent utilisés symboliquement et met en évidence comment les opérations arithmétiques (représentation comme somme ou comme produit de plusieurs termes) ont permis d'articuler, via les nombres, les pratiques rituelles et alchimiques avec la cosmologie taoïste dans ses aspects temporels aussi bien que spatiaux.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John S. MAJOR : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Cycles célestes et harmonie mathématique dans le Huainanzi »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article est consacré aux relations entre le calendrier et la gamme musicale, et contient une traduction complète du passage du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huainanzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (chapitre III) concernant le calcul de la longueur des tubes musicaux étalons. L'auteur y discute également le rôle joué par l'instrument que l'on a appelé "" cosmographe"" ou ""table cosmique"" </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(shi)</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dans la mise en place de correspondances entre plusieurs séries de données calendériques et de phénomènes astronomiques.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans Ulrich VOGEL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Aspects de la métrosophie et de la métrologie à l'époque Han »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article étudie la mise en oeuvre de corrélations symboliques dans le système des unités de mesure standard élaboré par Liu Xin au début du premier siècle de notre ère. L'auteur y discute en détail le chapitre XXI du Hanshu consacré au système d'unités de longueur, de poids et de contenance, lequel ouvre sur la construction d'une cosmologie reposant sur des correspondances numériques strictes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Apprendre par les nombres »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur compare les sujets traités par les divers articles de ce recueil consacré aux notions chinoises de nombre avec les sujets semblables développés en Grèce ancienne. Il envisage essentiellement des traités grecs de philosophie, d'astronomie et de mathématiques, et insiste également sur les aspects sociaux de la ""science des nombres"" en Chine et en Grèce.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Redouane DJAMOURI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Use of Numerals in Shang Inscriptions »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Redouane Djamouri's paper makes a detailed analysis of the role of numerals in the grammar of archaic Chinese language. He puts forward a hypothesis according to which the formation of the system of numbers was closely connected with, and in a sense determined by, the grammatical function of numerals. His paper contains several corrections of the materials published by previous authors on the earliest written forms of numerals on oracle bones.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine CHEMLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Number and Operation, Warp and Weft of Mathematical Reality »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine Chemla proposes a new interpretation of the meaning of the word</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> shu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, ""number"", based on several fragments of Liu Hui's (fl. + 263) commentaries on the mathematical treatise </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jiu zhang suan shu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. She suggests that the commentator consciously used the polyvalency of certain terms, which permitted him to apply the same general procedures to numbers as well as to algorithms. This allows her to suggest a hypothesis on general description of procedures in mathematics at that time.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexeï VOLKOV : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Large Numbers and Counting Rods »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexeï Volkov's paper treats the problem of the finiteness of numbers formulated in the IIIrd century (?) treatise </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shu shu ji yi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by Xu Yue, and commented in the VIth century by Zhen Luan. The author suggests that the treatise may have been used in the framework of debates on the Buddhist notion of reincarnation. A reference to a theoretical construction which allowed one to obtain numbers as large as desired (similar to that of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Archimedes'Sand-Reckoner </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) is discussed, as well as the role of the counting devices in establishing a general notion of number.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle ROBINET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Role and Meaning of Numbers in Daoist Cosmology and Alchemy »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle Robinet supplies the reader with a considerable amount of data concerning the use of numbers in texts from the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dao zang</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. She shows how the numbers were used symbolically and demonstrates how arithmetical operations (representation as a sum or a product of several addends or factors) allowed numbers to connect ritual and alchemical practices with Daoist cosmology in its temporal and spatial aspects.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John MAJOR : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Celestial Cycles and Mathematical Harmonics in the Huainanzi »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John Major's paper is devoted to the relationship between the calendar and the musical scale, and contains a complete translation of the excerpt from the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huainanzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (chapter 3) concerning the calculation of the lengths of standard pitchpipes. He also discusses the role played by so-called ""cosmograph"" or ""cosmic board"" (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">shi </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) in establishing correspondences between several series of calendrical data and astronomical phenomena.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans Ulrich VOGEL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Aspects of Metrosophy and Metrology during the Han Period »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans Ulrich Vogel's paper is on the imbedding of symbolic correlations into the system of standard measures done in the beginning of the first century A.D. by Liu Xin. He discusses in detail chapter 21 of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Han shu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> devoted to the system of measures, weights and capacities which leads to the construction of a cosmology based on strict numerical correspondences.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey E. R. LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Learning by Numbers »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey E. R. Lloyd's paper compares the topics treated by the authors in this issue on Chinese notions of number with similar topics in ancient Greece. The author is mainly based on Greek treatises of philosophy, astronomy and mathematics and also stresses the social aspects of ""the science of numbers"" in Greece and China.</span></p>";264;14.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 70;1;3;24;Le travail de la citation en Chine et au Japon;N°17/1995;;;"<p>Imbriquées, tronquées, amplifiées, déformées, les citations se présentent sous de multiples formes dans les textes chinois et japonais.</p>";"<p><em><span> </span></em></p><p><strong><span>Karine Chemla et François Martin<br /> </span></strong><span>« Rendre à César » ? ou de l'identification, des techniques, des significations, des sources et des motivations de la citation</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I - La citation en divers de ses contextes</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Le </span><em><span>Shijing</span></em><span>, de la citation à l'allusion : la disponibilité du sens</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Levi<br /> </span></strong><span>Quelques exemples de détournement subversif de la citation dans la littérature classique chinoise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>II - Des genres littéraires de la citation</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Vieillard-Baron<br /> </span></strong><span>Les métamorphoses du mot : la citation de vers chinois comme sujet de composition de poèmes japonais, </span><em><span>Waka</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Karen W. Brazell<br /> </span></strong><span>Citations on the Noh Stage</span></p><p> </p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III - Citations en texte</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michael Lackner<br /> </span></strong><span>Citation et éveil. Quelques remarques à propos des citations implicites dans les textes techniques chinois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>IV - Regards extérieurs</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><span>Quotation in Greco-Roman contexts</span></p>";;10/10/1995;17;155x220;160;978-2-91038-124-0;9782910381240;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_70.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La disponibilité du sens dans les citations du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vers les VIIe et VIe s. av. J.-C., les poèmes du futur </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, ou </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Canon des</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poèmes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, étaient utilisés par les officiers de cour pour exprimer allégoriquement leurs intentions. C'était un procédé très libre, l'interprétation ne dépendant que de la situation. Confucius ouvrit une ère nouvelle, en se servant des poèmes pour susciter des idées morales au besoin au prix de jeux de mots. Plus tard, la canonisation des poèmes entraîna la fixation de leur interprétation. Toutefois les poètes de l'âge classique, tout en souscrivant en tant qu'hommes, à l'idéologie confucéenne, savaient revenir au sens premier des poèmes. Une telle souplesse ne restait sans doute possible que parce que la pratique de la citation en Chine avait été fondée sur un principe de totale disponibilité du sens</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LEVI :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Quelques exemples de détournement subversif de la citation dans la littérature classique chinoise »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ayant opposé la citation d'autorité qui vise à conférer à un développement le prestige de la source évoquée à la citation subversive, qui détourne le sens de l'extrait cité par le travail que lui impose son nouveau contexte, l'auteur se concentre sur trois exemples de ce dernier cas de figure, en décrivant pour chacun les techniques textuelles mises en oeuvre ainsi que l'enjeu de ce détournement. Le premier cas montre comment le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huainanzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> libère les significations - alors gelées - de citations enchâssées dans les citations qu'il fait et ce, aux fins de masquer la nature véritable du système politique auquel il souscrit. Avec le second cas, l'on voit Zhuang zi procéder à une subversion satirique du discours confucéen en organisant son texte autour d'une citation absente. Le troisième cas montre la manière dont un roman du XIXe siècle se construit par reprise et transformation de matériaux classiques antérieurs.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael LACKNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Citation et éveil. Quelques remarques à propos de l'emploi de la citation chez Zhang Zai »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'enchevêtrement de citations par lequel Zhang Zai dépeint le cours de la vie de Confucius s'avère faire sens par le dispositif qu'il construit. Dans un premier moment, les thèmes des phrases successives mettent en place un plan diachronique qui fait voir la progression organisée des étapes de la vie du Sage, par opposition aux prédicats qui élaborent la pérennité de sa perfection. Le second moment inverse thèmes et prédicats tout en les agençant dans un texte de même structure. L'auteur pose la question de savoir comment le texte, et partant la citation, travaille le lecteur, mais aussi, inversement, comment la citation est travaillée de manière irréversible par le texte.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel VIEILLARD-BARON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les métamorphosés du mot : la citation de vers chinois comme sujet de composition de poèmes Japonais, Waka » </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la fin du IXe siècle, le poète japonais Ôé no Chisato composa des ""poèmes japonais"" </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> en prenant pour sujets des vers extraits d'oeuvres chinoises en particulier celles du célèbre poète des Tang, Bai Juyi. Il inaugurait ainsi un nouveau mode de composition. Plus de deux siècles plus tard, le poète japonais Jien choisit cent vers sujets extraits de poèmes de Bai Juyi et demanda à Fujiwara no Teika de composer, tout comme lui, sur ces sujets. On trouve sept sujets communs parmi ceux qu'ont choisis Ôe no Chisato et Jien. L'analyse des poèmes composés par ces deux poètes et Teika sur les sept sujets nous permet de retracer l'évolution de ce mode de composition original et d'en définir la motivation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karen W BRAZELL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Citations sur la scène Noh »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article analyse les diverses manières dont plusieurs pièces Noh de l'époque de Zeami (1363-1443) recourent à des citations. Celles-ci avaient depuis longtemps constitué un élément clef de la poésie médiévale japonaise. En important cette technique dans le Noh, Zeami l'élève d'art populaire, qu'il était jusqu'alors, au statut de forme d'art supérieur, changeant ainsi la composition de l'auditoire auquel il est adressé tout en contribuant, réciproquement, à l'élévation du statut culturel de ce nouveau public. Par ailleurs, la mutation de medium permet à Zeami de redéfinir le type de sources auxquelles il était loisible de puiser, et de ne pas utiliser uniquement les modes classiques de citation mais d'en introduire de nouveaux lesquels mettent à profit la longueur des pièces et les métalangages propres au théâtre. Ses usages des citations combinées, des métaphores visuelles, des allusions mises en scène, des citations réitérées, déformées, dispersées, reconstruites et amplifiées sont examinés successivement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Métailié : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Note à propos des citations implicites dans les textes techniques chinois »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Quoique de manière différenciée selon qu'il s'agit de botanique, d'agriculture ou d'horticulture, les textes techniques chinois font un usage marqué de la citation. L'auteur décrit ici les différentes sortes de marques par lesquelles celle-ci est signalée au lecteur et analyse diverses modalités de sa réalisation. La mise en regard d'un extrait du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bencao gangmu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Li Shizhen (1596) et de sa source - que, pour une fois, il ne cite pas, sans qu'il soit possible de déterminer la raison de cette omission - met en évidence la manière dont le botaniste tresse le texte de la citation avec des ajouts de son cru, ou souligne comment il tronque au contraire celle-ci. La confrontation à nouveau de ce même extrait de Li Shizhen et de sa reprise, dans le contexte de l'horticulture, par le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huajing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1688) de Chen Haozi permet d'observer une manière autre de citation d'un texte désormais devenu un classique : la reformulation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Citations dans des contextes grecs et romains »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur souligne que si l'acte de citer peut être réalisé de plusieurs manières, depuis la reformulation d'une idée jusqu'à la citation </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">verbatim</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, les modalités prédominantes à une époque sont fonction des pratiques du savoir - selon que, par exemple, elles favorisent l'oral ou l'écrit - aussi bien que de l'état d'organisation de l'ensemble des sources. Ainsi la fixation de textes canoniques modifie la nature de la transmission de plus d'une manière et, partant, les types de référence qui y sont faites. Il discute trois raisons de citer qui apparaissent prédominantes dans l'Antiquité gréco-latine, quoique leur fréquence respective varie selon les époques : l'on peut citer pour sculpter son statut d'érudit, pour conférer à une position donnée l'autorité de ceux qui sont donnés pour l'avoir soutenue ou établie, ou enfin pour mieux pouvoir contredire l'adversaire que l'on se donne par la citation. Point n'est besoin de le préciser, les deux derniers modes de citation sont ouverts à toutes espèces de manipulation.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The disponibility of meaning in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> quotations »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Around the 7th and 6th centuries BC, the poems which were to form the Canon of Poetry (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) were used by court officers to express their intentions in allegorical forms. It was a free device, the meaning of the poem quoted being dictated only by the situation. Confucius opened a new era, using the poems to suggest moral ideas. To do this, he would even play consciously and freely on the words themselves. Later, with the canonization of poems, their interpretation was rigidly codified. But poets of the classical age, while subscribing as social beings to the tenets of confucian ideology, were able to revert to the original meaning of the poems. This was possible, one may assume, only because the early Chinese practices of quotation had been founded on the principle of total availability of meaning.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LEVI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Some examples of subversive shifts of quotations in classical Chinese literature »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">After opposing the quotation of authotity - which aims at endowing one's arguments with the prestige of the given source - to the subversive quotation - which changes the meaning of the quoted extract through the effect imposed by its new context - the author concentrates on three examples of the latter case. For each example he describes the textual techniques brought into play as well as what is at stake in this transformation of meaning. The first example shows how the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huainanzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> uses quotation subversively to release the significations of quotations whose meaning has been frozen by embedding them within other quotations ; this is done to hide the genuine nature of the political system to which it subscribes. In the second example, we see how </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> achieves a satirical subversion of the Confucian discourse by organizing its text around a missing quotation of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laozi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. The third example demonstrates how a 19th-century novel is constructed by reclaiming and transforming previous classical material.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael LACKNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Quotation and awakening. Some remarks on Zhang Zai's use of quotation »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The interweaving of quotations by which Zhang Zai depicts the course of Confucius'life appears to make sense in terms of the pattern thus constructed In the first part, the themes of the successive sentences posit a diachronical level where the organized progression of the different stages of the Sage's life can be seen. In contrast, the predicates develop an exposition of the eternal nature of his perfection. The second part inverts themes and predicates, though it organizes them in a text with the same structure as the first one. The author raises the question of examining how the text - and hence the quotation - work on the reader, but also, conversely, how the quotation is transformed by the text in an irreversible way.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel VIEILLARD-BARON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The metamorphosis of the word : the quotation of Chinese verses as themes for the composition of Japanese </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> poems »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">At the end of the ninth century the Japanese poet Ôe no Chisato wrote Japanese poems </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">waka</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> which took Chinese verses as themes (mostly taken from those of the famous Tang poet Bai Juyi). He thus initiated a new style of composition. In 1218 a Japanese poet Jien chose one hundred verses/themes from Bai Juyi's works and asked Fujiwara no Teika to compose on these themes, as he was doing himself. Among the themes chosen by Ôe, Jien and Teika, seven were common. Their analysis allows us to retrace the evolution of this innovative style of composition and to define what motivated it.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karen W BRAZELL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Citations on the Noh Stage »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The article analyzes the ways in which citations are utilized in several plays from the time of Zeami (1363-1443). Citations had long been a key element of medieval Japanese poetry. By importing them into Noh, Zeami elevated it from a popular to a high art form, changing</span></p>";101;14.00;"<p style=""text-align: justify;""> Plus encore que de recenser les formes qu'a pu prendre le phénomène, omniprésent dans les sources extrêmes-orientales, ce recueil vise à approfondir les questions suivantes : comment les citations ont-elles acquis cette position prééminente au sein des techniques de production culturelle ? D'où leur vient la valeur qu'elles y ont prise ? Comment leur a-t-on fait faire sens ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 71;1;3;24;"Disposer pour dire, placer pour penser, situer pour agir ; Pratiques de la position en Chine";N°18/1996;;;"<p style=""text-align: justify;"">Pratiques de la position en Chine, dans les domaines de la philosophie, du politique, des mathématique ou du céérémonial.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Karine Chemla et Michael Lackner<br /> </span></strong><span>Des pratiques de la position en Chine</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I - Les positions, principes de structuration</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Véra Dorofeeva-Lichtman<br /> </span></strong><span>Political concept behind an interplay of spatial « positions »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michael Lackner<br /> </span></strong><span>La position d'une expression dans un texte : explorations diagrammatiques de la signification</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marianne Bastid-Bruguière<br /> </span></strong><span>La « position » dans le cérémonial d'État à la fin de l'Empire</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>II - Les positions au service d'une étude du changement</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marc Kalinowski<br /> </span></strong><span>Astrologie calendaire et calcul des positions dans la Chine ancienne. Les mutations de l'hémérologie sexagésimale entre le IVe et le IIe siècle avant notre ère</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>Positions et changements en mathématiques à partir des textes chinois des dynasties Han à Song-Yuan. Quelques remarques</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III - Nœud théorique</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Chung-Ying Cheng<br /> </span></strong><span>Zhouyi and the Philosophy of </span><em><span>Wei</span></em><span> (Positions)</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Regard extérieur</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><span>Putting the Greeks in their place</span></p>";;10/10/1996;18;155x220;192;978-2-91038-131-8;9782910381318;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_71.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Véra DOROFEEVA-LICHTMAN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Concept politique derrière le jeu entre des ""positions"" »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article vise à montrer que l'expression d'idées politiques par le biais de concepts spatiaux est un trait important et caractéristique de la pensée politique chinoise ancienne.<br /> Après un bref aperçu des principes fondamentaux de la conception de l'espace terrestre en Chine ancienne, l'auteur examine deux représentations spatiales schématiques des sept puissances de la période des Royaumes Combattants (403-222 B.C.). Leur comparaison fournit une bonne illustration de la manière dont la représentation d'un ensemble de royaumes comme combinaison de ""positions"" ordonnées selon les directions cardinales a pu servir d'outil pour établir un système sophistiqué de relations entre ces royaumes. Un tel système et, partant, le concept politique exprimé, change du tout au tout avec l'altération des ""positions"".</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael LACKNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La position d'une expression dans un texte : explorations diagrammatiques de la signification »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Certains philosophes de la période Song-Yuan ont exploré le sens de passages du canon classique à l'aide de diagrammes. Nous pouvons ainsi saisir leur manière d'interpréter un texte donné, et montrer comme ils recoururent, pour ce faire, aux positions des mots, des expressions et des propositions. De plus, la comparaison entre deux diagrammes, en compétition pour l'interprétation d'un même paragraphe du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhongyong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, et incarnant tous deux des aspects du commentaire de Zhu Xi, nous permet d'analyser le rôle joué par le placement d'un élément dans un tel diagramme.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marianne BASTID-BRUGUIÈRE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La ""position"" dans le cérémonial d'État à la fin de l'Empire »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marquée sur le sol ou consignée dans des descriptions illustrées, la position des participants et des objets rituels est restée jusqu'à nos jours un élément majeur du cérémonial d'État en Chine. La notion sert à définir, organiser et figurer l'espace cérémonial en fonction des catégories, non des individus, qui participent au rituel. La figure, donnant seulement l'ordonnance de la cérémonie à son moment initial, montre l'ordre global que le rite doit manifester plus qu'elle n'en prévoit l'exécution. Les positions ne sont pas des localisations définies par des mesures fixes, mais des repères en relation avec d'autres dans une configuration. Leur usage inscrit les réalités divines et humaines dans un espace orienté qui correspond au cosmos. La position de chaque élément traduit à la fois sa force intrinsèque et celles qui s'exercent sur lui dans un ordre hiérarchique que réfléchit la configuration spatiale.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc KALINOWSKI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Astrologie calendaire et calcul de position dans la Chine ancienne »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La notion de position (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) est abordée selon deux perspectives. La première cherche à la définir en rapport avec les trois composantes caractéristiques de l'astrologie calendaire chinoise : le cycle sexagésimal, une cosmographie schématique et la doctrine des cinq agents (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wuxing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) Dans ce cadre, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> représente une conjonction d'espace et de temps, exprimée en termes d'indices sexagésimaux. Les positions forment des réseaux servant à la conversion des phénomènes astronomiques ou climatiques en données pour l'interprétation des événements. Les phénomènes, en se logeant sur ces dispositifs, s'investissent des propriétés liées à leur </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Dans un second temps, l'article montre le rôle joué par les positions dans la formation des principaux systèmes de divination de la période classique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine CHELMA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Positions et changements en mathématiques à partir de textes chinois des dynasties Han à Song-Yuan.<br /> Quelques remarques »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article vise à rendre compte de la récurrence de notations positionnelles dans les textes mathématiques chinois. À cette fin, il les inscrit dans un contexte plus large : l'usage que les mathématiciens chinois ont fait des positions au cours de leurs opérations sur une surface avec des baguettes à calculer. Une reconstruction de leur pratique montre que les positions sont des entités dynamiques et, de fait, les termes sur lesquels les calculs portent. En conséquence, il apparaît que les notations positionnelles impliquent un type spécifique de telles entités : celles dont le comportement présente une uniformité. Ce fait lie leur récurrence aux buts poursuivis dans la recherche algorithmique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chung-ying CHENG : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhouyi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et la philosophie des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (Positions) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article explicite la philosophie des positions (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhouyi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) en termes de l'ontocosmologie sous-jacente à l'ouvrage. Il montre comment la notion de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">doit être comprise en relation avec le système global d'une réalité créatrice, d'une part, et en relation avec les vertus qu'une personne peut acquérir, d'autre part. Le rôle des positions dans le système des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">gua</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhouyi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> est également mis en lumière, et la logique des lignes </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">yao</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> au sein du système des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">gua</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> esquissée.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Mettre les Grecs à leur place »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Après des considérations méthodologiques sur les études comparatives et une enquête terminologique sur les mots grecs permettant l'expression d'idées liées à la ""position"", l'auteur discute deux points : 1) Le changement comme sujet de recherche, puisque les positions (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) semblent avoir servi d'outils pour un tel travail en Chine. 2) L'association des places ou des positions avec le rang ou l'expression de hiérarchies. Dans cet ordre d'idées, quelques usages grecs de la polarité et les diverses connexions qu'ils présentent avec la vie publique sont discutés. Cela l'amène à considérer des positions singulières qui ont fait l'objet d'une attention particulière dans l'Antiquité classique : le milieu ou la ""moyenne"".</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Véra DOROFEEVA-LICHTMAN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Political concept behind an interplay of spatial ""positions"" »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper aims to show that conveying political ideas in spatial terms is an important and distinctive feature of ancient Chinese political thought. After a brief survey of the fundamental principles of ancient Chinese concepts of terrestrial space, the author examines two spatial schematic representations of the Seven Mighty Kingdoms of the Warring States period (403-222 B.C.). Comparative analysis provides a good illustration of how representing a set of kingdoms as a combination of cardinally-oriented ""positions"" served as an instrument to establish a sophisticated system of relationships between these kingdoms. Such a system, and, consequently, the expressed political concept, change dramatically with alterations in the relative ""positions"" of the kingdoms.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael LAKNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The position of an expression in a text : diagrammatic explorations of meaning »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Certain philosophers of the Song-Yuan period inquired into the meaning of passages of the classical canon with the help of diagrams. Hence we can grasp their way of interpreting a given text, and show how they used the positions in it of words, expressions and propositions. Moreover, the comparison between two diagrams competing for the interpretation of the same paragraph of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhongyong</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, and both embodying aspects of Zhu Xi's commentary on it, enables us to analyze the part devoted to positioning an element within such a diagram.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marianne BASTID-BRUGUIÈRE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« ""Position"" in state ceremonial in late Imperial China »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marked on the ground or recorded in illustrated descriptions, the positions of participants and ritual objects remains even today a crucial element of the state ceremonial in China. The notion helps to define organize and represent the ceremonial space with respect to the categories, not to the individuals, attending the ritual. The system of positions shows the arrangement at the beginning of the ceremony, representing the global order that the ritual must exhibit rather than its concrete performance. Positions are not localisations, defined by fixed measures, but have relative values within a configuration. Their use places divine and human realities in an oriented space that corresponds to the cosmos. The position of each element shows two things : on the one hand its intrinsic strength, and on the other the forces applied to it in a hierarchical order, reflected by the spatial configuration.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc KALINOWSKI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Calendar astrology and the computation of positions in Ancient China »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The notion of position is first defined in relationship to the three elements characterictic of Chinese calendar astrology : the sexagesimal cycle, a schematic cosmography and the doctrine of the five agents (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wuxing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). Within this framework, a </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> represents a conjunction of space and time, expressed in terms of sexagesimal indices. Positions form networks on the basis of which astronomical or meteorological phenomena can be converted in data for the interpretation of events. Phenomena are located within such networks and granted the properties of their </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Secondly, the paper shows which part position played in the formation of the main divination systems of the classical period.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine CHEMLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Positions and changes in mathematics on the basis of Chinese texts of the dynastics han up to Song-Yuan. Some remarks »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The paper aims to account for the frequent occurrence of place-value notations in Chinese mathematical texts. To this end it embeds them within a broader context : the use which Chinese mathematicians made of positions when computing on a surface with counting rods. A reconstruction of their practice shows that positions are dynamic entities and in fact are the actual objects on which computations bear. As a result, place-value notations appear to involve a specific kind of such dynamic entities : those whose behaviour in a computation present a uniformity. This fact relates their recurrence to the aims pursued in the research about algorithms.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chung-ying CHENG : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhouyi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and Philosophy of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wei</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (Positions) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This</span></p>";318;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">À la prééminence de la notion de « position » dans certaines traditions philosophiques chinoises font écho des pratiques spécifiques en de nombreux domaines : qu'il s'agisse de disposer des personnages dans des cérémonies ou de placer des objets, des signes dans des configurations, quelque chose se trame avec le geste que les collaborateurs de ce numéro se sont donnés comme tâche d'élucider. La méthode reste fidèle à l'esprit de la revue : confronter des discours sur la position avec des manières de faire où elle est mise en oeuvre.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 72;1;3;24;La valeur de l'exemple. Perspectives chinoises;N°19/1997;;;"<p style=""text-align: justify;"">Qu'elles traitent de philosophie, de droit, d'histoire ou de science, les sources chinoises anciennes abondent en exemples.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>Étude transversale des pratiques de l'exemple en Chine ancienne</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I - Juger par l'exemple</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jérôme Bourgon<br /> </span></strong><span>Les vertus juridiques de l'exemple. Nature et fonction de la mise en exemple dans le droit de la Chine impériale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christian Lamouroux<br /> </span></strong><span>Entre symptôme et précédent. Notes sur l'oeuvre historique de Ouyang Xiu (1007-1072)</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>II - Suivre l'exemple</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Cheng<br /> </span></strong><span>La valeur de l'exemple. « Le saint confucéen : de l'exemplarité à l'exemple »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Karine Chemla<br /> </span></strong><span>Qu'est-ce qu'un problème dans la tradition mathématique de la Chine ancienne ?</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III - Regards extérieurs</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Hartog<br /> </span></strong><span>Le cas grec : du </span><em><span>ktêma</span></em><span> à l</span><em><span>'exemplum</span></em><span> en passant par l'archéologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><em><span>Exempli gratia</span></em><span> : to make an example of the Greeks</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Regard extérieur</span></strong></p><p> </p><p><strong><span>Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><span>Putting the Greeks in their place</span></p>";;10/10/1997;19;155x220;160;978-2-84292-028-9;9782842920289;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_72.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme BOURGON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les vertus juridiques de l'exemple »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article vise à dégager certaines spécificités de l'exemple juridique. La citation de classiques à l'appui de décisions judiciaires a pu donner naissance à des catégories juridiques comme la non-intentionnalité ou l'adoption : l'exemple sert alors à créer une norme. Le système des ""huit caractères"" a permis d'interpréter les lois codifiées en combinant des exemples analogiques à visée didactique. Des hexagrammes du Yi jing ont pu servir à schématiser l'appareil judiciaire et les qualités auxquelles son fonctionnement faisait appel chez le magistrat. Ces diverses formes de la mise en exemple manifestent la vigueur de la jurisprudence au sein d'un cadre légal précocement codifié et systématisé.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian LAMOUROUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Entre symptôme et précédent »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La notion d'exemple historique chez Ouyang Xiu doit beaucoup à la relecture du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chunqiu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> par les partisans de la ""prose ancienne"" : ceux-ci critiquaient les commentaires du classique suspects de ne pas s'en tenir aux faits. Ainsi, dans les deux histoires dynastiques qu'il rédige, Ouyang s'efforce de retrouver les leçons du désordre, comme Confucius était réputé l'avoir fait dans sa chronique. D'une part, c'est l'ensemble de ces histoires dynastiques qui est exemplaire : les faits passés remis dans une continuité historique constituent autant de précédents édifiants. D'autre part, dans la mesure où ces faits passés sont sélectionnés pour mettre en perspective le présent politique, ils sont aussi des symptômes. Dans ces conditions, même s'il observe ordre et désordre dans le cadre dynastique, Ouyang, par son souci de saisir la continuité politique, prépare l'éclatement de ce cadre.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Cheng : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La valeur de l'exemple »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la faveur de cette réflexion sur l'exemple et l'exemplarité dans la conception chinoise - et plus spécifiquement confucéenne &emdash; de la sainteté, surgissent des problématiques autres que celle du général et du particulier ou du modèle à imiter, une autre façon d'envisager le rapport de la connaissance à l'action.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine CHEMLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">«</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce qu'un problème dans la tradition mathématique de la Chine ancienne ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les neuf chapitres sur les procédures mathématiques (1er siècle av. ou ap. J.-C.) est composé de problèmes, particuliers à deux titres, et de procédures générales pour les résoudre. Son commentateur Liu Hui (IIIe siècle) y lit autant d'""exemples"" sur lesquels se régler pour résoudre des problèmes de même catégorie. En observant les questions pour le traitement desquelles Liu éprouve le besoin de changer la nature ou les données d'un énoncé du classique, on peut examiner en quoi la pratique mathématique en Chine ancienne a mis à profit le contexte de problèmes en tant que tels.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François HARTOG : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le cas grec : du</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ktêma</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">exemplum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> en passant par l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Archéologie </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">»<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À quel moment et comment les Grecs ont-ils été conduits vers une conception de l'histoire comme ""pleine d'exemples"" et ""maîtresse de vie "" ? Le cahier des charges du premier historien (Hérodote) ne comportait rien de tel. Thucydide proposa bien son histoire comme un ""acquis pour toujours"", mais il n'était pour lui d'histoire véritable que du présent, pas du passé. C'est au début du IVe siècle av. J.-C., avec la défaite d'Athènes dans la guerre du Péloponnèse, que le passé devient une référence très présente et un modèle à imiter.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Exempli gratia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Faire des Grecs un exemple »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'ensemble des fonctions attestées de l'exemple se rencontre tant en Chine qu'en Grèce. Cependant une pratique sociale du savoir donné accompagne le développement en Grèce d'une analyse formelle singulière des raisonnements recourant à des exemples, engagée par Platon et aboutie chez Aristote, qui les dévalorisent doublement au regard de la démonstration. L'organisation axiomatico-déductive du savoir chez Euclide qui fait écho à cette exigence masque que le travail mathématique de démonstration s'y effectue toujours sur des figures particulières. Un contraste nouveau s'établit alors entre traditions mathématiques grecques et chinoises, portant sur les diverses manières de gérer l'exemple.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme Bourgon : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Legal Virtues of the example »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This article aims at specifying some features of the example in the legal field. The citations of Classics in order to support legal decisions have given birth to legal categories, like non-intent or adoption : in this case, the example was used to create a norm. The system of ""Eight Characters"" enabled the interpretation of codified laws by combining analogical examples, with a didactic purpose. Hexagrams from the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yi jing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> have served as a schema of the judicial apparatus and the qualities required from the judge while the system functioned. These various forms of examplification exhibit the vitality of jurisprudence within a codified and systematized legal framework.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Lamouroux : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Between signs and precedents - Notes on the historical writings of Ouyang Xiu (1007-1072) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouyang Xiu's idea of the historical example was closely related to the new approach of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chunqiu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> advocated by the supporters of the Ancient prose movement. They criticized the commentaries of the Classic since they were suspected of misrepresenting facts. So, Ouyang examined the two histories of the Tang and the Five dynasties, in order to shed light on the lessons of those troubled times, just as Confucius was reputed to have done in his chronicle. On the one hand, the corpus of dynastic history is to be seen as exemplary : located in historical continuity, every fact from the past is constitued as an edifying precedent. On the other hand, given that facts from the past are selected to put present politics in perspective, every fact is also a sign. Thus, even if Ouyang observed order and turmoil from the dynastic framework, his appreciation of political continuity prepared the ground for breaking with the dynastic framework.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Cheng : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The value of example »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The present review of texts illustrating the Chinese, and more specifically Confucian, conception of the use of example and exemplarity of the Sage leads one to raise questions differing from those that usually spring to mind (such as the general vs the particular), and eventually to envisage the possibility of another kind of relationship between knowledge and action.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine Chemla : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« What is a problem in the mathematical tradition of ancient China ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The ancient Chinese work </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The nine chapters of mathematical procedures</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1st century B.C. or A.D.) is composed of problems that are particular in two respects, and of general procedures to solve them. A commentator of this text, Liu Hui (3rd century), reads them as many ""examples"" to be followed so as to solve problems of the same category. By studying those questions that Liu found the need to resolve by changing the nature or the data of terms in the classic, one can analyse how, in ancient China, mathematical practice put into play the context of problem as such.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Hartog : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Greek Case : from </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ktêma</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> to exemplum through </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Archeology</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">When and how were the Greeks led to a conception of history as ""full of examples"" and ""master of life"" ? The first historian (Herodotus)'s concerns contained nothing similar. Thucydides did propose his history as an accomplishment for ever, but genuine history for him concerned only the present, not the past. The past became a referent for the present and provided a model for emulation only towards the beginning of 4th century BC, following Athen's defeat in the Peloponnesian war.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey Lloyd : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Exempli gratia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : to make an example of the Greeks »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">All possible functions fulfilled by instances can be found both in China and in Greece. However, a given social practice of knowledge went along with the development, in Greece, of a singular formal analysis of reasoning based on examples. Initiated by Plato and completed by Aristotle, this analysis downgraded such reasoning in two ways with regard to proofs. The axiomatico-deductive organisation of knowledge in Euclid and Archimedes that echoes this demand masks the fact that the mathematical burden of proof still bears on particular figures. A new contrast is thus drawn between Greek and Chinese mathematical traditions, with respect to the various ways of managing the example.</span></p>";101;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le lecteur était-il supposé y trouver autant de situations singulières, ou avait-il de ce type de texte d'autres modes de lecture, d'autres usages dès lors à reconstituer ?</p><p style=""text-align: justify;"">À quelles autres pratiques ce fait s'articule-t-il ? Quelles recherches intellectuelles spécifiques nous révèlent ces explorations par l'exemple ? Pour tenter de répondre à ces questions, des écrits traitant de domaines variés du savoir sont mis à contribution et confrontés dans ce numéro. L'on y tente de comprendre ce qui distingue l'exemple d'autres formes textuelles comme le cas, ou d'autres modes de présentation du savoir.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 263;1;3;28;Structure et interprétation;N°25/1996;;;"<p style=""text-align: justify;"">Recherches en syntaxe et sémantique, et en typologie des langues, issues d'un projet de collaboration entre l'Université Paris VIII et l'Université du Québec à Montréal.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Réjean Canac Marquis<br /> </span></strong><span>Sloppy Identity and l-abstraction : a view from pronouns of laziness</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anna-Maria Di Sciullo, Mireille Tremblay<br /> </span></strong><span>Les morphèmes de négation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Guéron<br /> </span></strong><span>Qu'est-ce qu'une phrase impersonnelle : remarques sur le rôle du clitique SE dans les langues romanes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie Labelle<br /> </span></strong><span>Remarques sur les verbes de perception et la sous-catégorisation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Brenda Laca, Liliane Tasmowski-De Ryck<br /> </span></strong><span>Indéfini et quantification</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Thérèse Vinet<br /> </span></strong><span>Adverbes de quantification, négation et phénomènes d'accentuation</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique 'remarques et répliques'</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Zribi-Hertz<br /> </span></strong><span>Some wondering remarks on the development of syntactic theories : the case of long-distance reflexives</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique 'patalinguistique'</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Norbert Rastreins<br /> </span></strong><span>Grammaire minimaliste</span></p>";;10/05/1996;25;155x220;160;978-2-91038-132-5;9782910381325;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_263.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Réjean Canac Marquis : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Sloppy identity and abstraction : A view from pronouns of laziness » <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article défend la position qu'une analyse du phénomène de référence variable ("" sloppy identity "") en terme d'abstraction lambda est inadéquate lorsque qu'elle est étendue à d'autres constructions que l'effacement de VP et l'effacement sous identité ("" gapping ""), en particulier aux pronoms de paresse ("" pronouns of laziness ""). Des données originales du français populaire québécois étayent notre proposition que la référence variable provient de deux sources distinctes et mutuellement incompatibles, soit d'une part l'utilisation pragmatique des pronoms comme fonction ouverte au niveau du discours et de la forme logique, et d'autre part, des pronoms structuralement liés et interprétés comme variables liées. Cette proposition contraste avec les traitements antérieurs, tels Cooper (1977), Bach et Partee (1980) et Heim (1990), entre autres, qui ne distinguent que l'interprétation pragmatique des pronoms de paresse. Il est ainsi proposé de formellement distinguer les pronoms libres et liés, et de manière plus générale les éléments anaphoriques libres et liés, sur la base de différents types d'index : les indices liés résultent strictement du liage (c-commande structurale), et les indices libres représentent le cas sous-spécifié, les deux types d'indices étant mutuellement incompatibles.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brenda Laca, Liliane Tasmowski-De Ryck : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Indéfini et quantification »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nous montrons qu'un nombre impressionnant de faits plaident en faveur de l'hypothèse avancée par Villalta (1994, 1995) selon laquelle le déterminant espagnol unos n'est pas un quantificateur : sa représentation sémantique exige en effet l'introduction d'une variable de groupe. Cependant, nous montrons aussi que unos prend des propriétés de quantificateur dès que la structure informationnelle de la phrase devient explicitement bipartite (jugement catégorique).</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Thérèse Vinet : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Adverbes de quantification, négation et phénomènes d'accentuation »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cette étude porte sur les positions variées que peuvent occuper certains adverbes de quantification, notamment (PAS) BENBEN en français québécois et (PAS) DU TOUT en français standard, dans l' "" espace "" délimité par un NegP et !a position finale accentuée. Si, dans le modèle minimaliste de Chomsky la variation dans l'ordre des mots reflète des options dans différents types de mouvements liés à la vérification des traits et à l'action des principes d'économie invariants, nous voyons que la distribution de ces adverbes ne peut s'expliquer par un mouvement avant le point de rupture des interfaces. Nous présentons un portrait lexical de BENBEN et nous constatons que la différence avec d'autres quantifieurs (BEAUCOUP, BEN, BIEN) est avant tout liée à une focalisation par NegP, au sémantisme du prédicat et au statut mixte de BENBEN en tant qu'intensifieur et quantifieur.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie Labelle :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> «Remarques sur les verbes de perception et la sous-catégorie»<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les propriétés syntaxiques et sémantiques des compléments du verbe de perception voir sont étudiées en fonction des hypothèses de Rochette (1988) sur la correspondance syntaxe-sémantique dans le domaine de la complémentation verbale. Il est proposé que le complément à temps conjugué correspond sémantiquement à une Proposition et syntaxiquement à un CP, que le complément à l'infinitif correspond à un Événement (IP) ou à une Action (VP) et que le complément attributif est un prédicat second sur un NP objet de perception. Les faits sont évalués en regard de propositions d'analyses alternatives.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anna-Maria Di Sciullo, Mireille Tremblay : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Configurations et interprétation : les morphèmes de négation »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nous proposons un traitement de la négation dans les structures phrastiques (XP) et morphologiques (X0) qui conduit à la formulation d'une théorie unifiée de la négation. L'unité de notre analyse tient au fait que nous analysons les morphèmes de négation comme des foncteurs, qu'ils soient dans des expressions XP ou dans des expressions X0 et que les expressions XP et les expressions X0 incluant des morphèmes de négation soient toutes deux soumises au Principle d'interprétation complète à l'interface avec le système C-I. Les différences d'interprétation entre la négation phrastique et la négation morphologique suivent de différences structurelles. En retour, les différences de structure sont la conséquence des propriétés configurationnelles des deux interfaces en jeu : la Forme Logique (l'interface syntactico-conceptuelle) et la Forme Morphologique (l'interface morpho-conceptuelle). Finalement, nous proposons de dissocier la catégorie NEG du trait [+neg. Notre argumentation repose sur les faits du français.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Guéron : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Qu'est-ce-qu'une phrase impersonnelle : remarques sur le rôle du clitique se dans les langages romanes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Consacré aux phrases impersonnelles, et aux constructions pronominales des langues romanes, cet article exploite la théorie de la vérification des traits formels développée dans le programme minimaliste de Chomsky. Nous définissons une phrase impersonnelle comme une phrase dont la tête I° est non spécifiée pour le trait de personne [ pers.]. Cette définition nous permet de rendre compte des différences distributionnelles entre les SE français et italien, et de résoudre le mystère de l'Effet Indéfini associé aux phrases impersonnelles. Nous définissons SE comme la réalisation syntaxique du trait [3ème pers.], dont l'interprétation à LF dépend seulement du contexte syntaxique. Fonctionnant comme un opérateur sur le VP SE sature le thêta-rôle externe de V soit dans le lexique, soit à LF. SE peut aussi fonctionner à LF comme le déterminant d'un pro sujet. La théorie des traits formels ne suffit pas, cependant, à déterminer la grammaticalité de toutes les phrases en SE. Pour rendre compte de l'agrammaticalité des phrases françaises comme *</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il se travaille toujours trop</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, nous utilisons, en tâchant de la développer, la théorie de la Représentation des Événements à LF. Nous faisons l'hypothèse que toute phase qui décrit un événement doit être focalisée sur la partie médiane ou finale de l'événement. La focalisation d'un événement requiert la montée d'un argument hors du VP dans lequel ses traits de nombre et/ou personne sont vérifiés sur un noeud F.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Réjean Canac Marquis : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Sloppy identity and abstraction : A view from pronouns of laziness »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This paper argues that an analysis of sloppy identity in terms of abstraction is inadequate if one extends the scope of study from VP-deletion and gapping constructions to pronouns of laziness. Data from colloquial Quebec French substantiates the claim that sloppy identity has two distinct and incompatible sources, one from pragmatic uses of pronouns and one from structurally bound pronouns. This conclusion is incompatible with previous treatments of pronouns of laziness, e.g. Cooper (1977), Bach and Partee (1980) and Heim (1990) among others, which treat them uniquely as discourse-salient open properties. It is proposed to formally distinguish bound and free pronouns on the basis of their index type, Binding Indices resulting strictly from bound anaphora, and Free Indices emerging as a default value, both index types being mutually incompatible.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Brenda Laca Liliane Tasmowski-De Ryck :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « Indéfini et quantification »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">We show that an impressive catalogue of facts confirm Villalta's hypothesis (1994, 1995) on the non-quantificational nature of the Spanish determiner unos : the semantic representation of unos requires the introduction of a group variable. Nonetheless, we show further that unos acquires the properties of a quantifier in explicitly bipartite informational structures (categorical judgements).</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marie-Thérèse Vinet :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « Adverbes de quantification, négation et phénomènes d'accentuation »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This study deals with the various positions which certain adverbs of quantification, namely (PAS) BENBEN in Quebec French and (PAS) DU TOUT in Standard French, can fill in the 'space' delimited by NegP and the final stressed position. If, in Chomsky's Minimalist framework, word order variation reflects options in various types of movement linked to the checking of features and the action of invariant economy principles, it can be observed that the distribution of these adverbs cannot be explained by a movement before Spell-out. A lexical picture of BENBEN is given and it can be established that the difference with other quantifiers (BEAUCOUP, BEN, BIEN) is related above aIl to a focalization by NegP the semantics of the predicate and the mixed status of BENBEN as an intensifier and a quantifier.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marie Labelle : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Remarques sur les verbes de perception et la sous-catégorie »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The Syntactic and semantic properties of various complements of the perception verb voir are studied along the lines proposed in Rochette (1988) on the mapping between semantic selection and syntactic realization It is shown that the tensed complement is semantically a Proposition and syntactically a CP the infinitival complement is an Event (IP) and sometimes an Action (VP) and that the pseudorelative is a secondary predicate on an NP. These results are compared to alternative proposaIs.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Anna-Maria Di Sciullo, Mireille Tremblay : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Configurations et interprétation : les morphèmes de négation »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">We propose a unified analysis of morphological (X0) and syntactic (XP) negation. Whether used in XP or X0 expressions, NEG morphemes are analyzed as functors and are both subject to the Principle of FulI Interpretation at the C-I interface The differences in interpretation between XP and X0 negation derive from differences in structure. In turn, these differences in structure derive from the configurational properties of the two interfaces involved : logical form (the syntactico-conceptual interface) and morphological form (the morpho-conceptual interface). Finally, we provide evidence in favor of the distinction between the category NEG and the feature [+neg. The discussion is based on French data.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jacqueline Guéron : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « Qu'est-ce-qu'une phrase impersonnelle : remarques sur le rôle du clitique se dans les langages romanes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In this article we attempt to solve problems concerning impersonal sentences and sentences in Romance which contain the clitic SE. We make crucial use of the theory of the verification of formaI traits adumbrated in Chomsky's Minimalist Program. We define an impersonal S as a S whose head Infl is unspecified for the F of person [ pers. This definition allows us to account for differences in the distribution of SE in French and Italian and also to solve the mystery of the Definiteness Effect associated with impersonal sentences. We define SE as the syntactic realization of the feature [III pers], whose interpretation in LF depends solely on its syntactic context. As an operator on VP SE saturates the external theta-role of V either in the lexicon or in LF. SE may also function in LF as the determiner of a subject pro. The theory of formal features does not suffice to determine the grammaticality of ail Ss containing SE, however. In order to account for the ungrammaticality of French sentences like "" Il se travaille toujours trop "", we make use, and attempt to elaborate on, the theory of the Representation of Events in LF. We propose that any sentence which depicts an event must be focussed on either the middle or the end of the event. Focusing an event requires raising an argument out of the VP where it is verified for number and/or person on an F-node.</span></p>";230;11.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 264;1;3;28;Autour de la morphologie;N°26/1997;;;"<p style=""text-align: justify;"">Consacrés à des questions de morphologie, les articles de ce numéro engagent d'autres composantes de l'analyse linguistique : phonologie, lexique, syntaxe et sémantique.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Danielle Corbin<br /> </span></strong><span>La représentation d'une « famille » de mots dans le Dictionnaire dérivationnel du français et ses corrélats théoriques, méthodologiques et descriptifs</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claude Gruaz<br /> </span></strong><span>Catégories lexématiques et catégories morphémiques dans les familles synchroniques dérivationnelles du français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>James Harris<br /> </span></strong><span>Why n'ho is pronounced [li] in Barcelonì Catalan : morphological impoverishment, merger, fusion and fission</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bernard Fradin<br /> </span></strong><span>Esquisse d'une sémantique de la préfixation en anti-</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marc Plénat<br /> </span></strong><span>Morphophonologie des dérivés en -Vche</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Article hors-thème</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marcus Maia<br /> </span></strong><span>The processing of objet anaphora in Brazilian Portuguese</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique 'discussion'</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mario Barra-Jover<br /> </span></strong><span>Une remarque sur Catégories and Transformations : le rapport entre traits catégoriels de traits</span><span style=""font-family: Symbol;""> f</span></p>";;10/05/1997;26;155x220;192;978-2-91038-196-7;978-2-91038-196-7;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_264.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Danielle Corbin : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La représentation d'une "" Famille "" de mots dans le </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Dictionnaire dérivationnel du français</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> et ses corrélats théoriques, méthodologiques et descriptifs »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cet article propose un traitement et une représentation, dans un dictionnaire expérimental mettant en pratique une théorie morphologique, de lait et de quelques mots construits morphologiquement à partir de ce primitif (allaiter, allaitement, délaiter, laitage, laiter, laiterie, laiteux, laitier). Les présupposés théoriques et méthodologiques de ce traitement sont explicités, et une argumentation est développée pour justifier la représentation des propriétés morphologiques et sémantiques de chaque mot en fonction de la grammaire morphologique du français. Une attention particulière est portée à la description détaillée et analytique du sens lexical (sens construit et sens référentiel).</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Claude Gruaz : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Catégories lexémiques et catégories morphémiques dans les familles synchroniques dérivationnelles du français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La notion de famille synchronique dérivationnelle permet de définir plusieurs catégories de lexèmes dérivationnels rangés dans des macrofamilles, familles, sous-familles et microfamilles. D'un autre point de vue, les lexèmes et les morphèmes entrent dans des catégories homologiques régulières, marquées ou opaques. La structure familiale synchronique ouvre des perspectives dans le domaine sémantique, où elle permet de déterminer des unités sémantiques récurrentes, et dans le domaine pragmatique, où elle met en relation les associations de morphèmes et leurs variations sémantiques.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">James Harris :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « Why n'ho is prononced [li] in Barceloní Catalan ; morphological impoverishment, merger, fusion, and fission »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le catalan parlé à Barcelone (barceloní) a 14 clitiques pronominaux phonologiquement distincts (contrastant en personne, nombre, genre, cas, anaphoricité), qui peuvent se grouper en séquences de deux à six éléments. Beaucoup de groupes de clitiques ne se laissent pas analyser en séquences linéaires d'éléments motivés syntaxiquement et sémantiquement : les éléments formant un groupe peuvent apparaître dans un ordre syntaxiquement imprédictible, leur morphologie flexionnelle peut être en conflit avec leurs propriétés syntaxiques, un groupe peut inclure moins de clitiques que de rôles syntaxiques ou sémantiques, etc. La syntaxe et la sémantique ne permettent pas à elles seules d'expliquer ces faits de façon satisfaisante : un ensemble substantiel des généralisations pertinentes est de nature purement morphologique. La formalisation de ces généralisations implique que la grammaire doit comprendre un Composant Morphologique autonome au sein duquel des opérations d'appauvrissement, d'adjonction, de fusion et de fission modifient les structures hiérarchiques générées par la syntaxe avant l'insertion des matrices phonologiques puisées dans le module Vocabulaire.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Bernard Fradin : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Esquisse d'une sémantique de la préfixation en </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">anti</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">-»<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cet article vise à décrire le comportement sémantique des lexèmes de type </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">antiX</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> où X est un nom ou bien un adjectif tiré d'un participe présent. Il offre plusieurs arguments empiriques montrant que, dans ses emplois dits oppositifs, le fonctionnement sémantique de </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">anti</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">- met en jeu une relation de causalité. L'accent est mis sur la manière dont la signification du lexème-base et du nom que qualifie antiX interviennent dans le calcul de l'interprétation du lexème </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">antiX</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">. Celle-ci ne peut être pleinement déterminée qu'au niveau du syntagme dans lequel figure ce lexème.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marc Plénat : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Morphologie des dérivés en -</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">VCHE</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">* »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le corps du présent article consiste en une description de la dérivation par suffixation de </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">-oche, -uche, -iche</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">, etc., fondée sur l'analyse d'un corpus d'environ 650 dérivés. On y montre que ce mode de formation obéit à un certain nombre de contraintes, en particulier des contraintes de taille et des contraintes dissimilatives. De la description proposée découle qu'une modélisation faisant appel à des règles serait inadéquate ; la meilleure façon de procéder consiste probablement à recourir à des contraintes de surface hiérarchisées, partiellement conflictuelles et donc transgressables, conformément à la Théorie de l'Optimalité. Néanmoins, la caractérisation du mode d'interaction de ces contraintes soulève des problèmes redoutables, et il paraît finalement vraisemblable que la modélisation des phénomènes décrits devrait pondérer les contraintes à l'oeuvre plutôt que de se contenter de les hiérarchiser.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marcus Maia : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">«The processing of object anaphora in brazilian portuguese »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les résultats de deux études expérimentales montrent qu'en portugais brésilien, la compréhension des objets pronominaux pleins et vides étaye l'Hypothèse du Pronom Plein (Overt Pronoun Constraint) proposée par Montalbetti (1984) : dans une langue qui permet l'alternance d'un pronom plein et d'une catégorie vide, le pronom plein se spécialise dans l'interprétation coréférentielle, et la catégorie vide dans l'interpétation liée. Les résultats de nos expériences intéressent par ailleurs plusieurs questions étudiées en psycholinguistique : la réalité psychologique des trous structuraux, le rôle topique discursif global dans le calcul de la référence, l'accès rapide du système de segmentation (parser) à la structure argumentale des prédicats.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Danielle Corbin : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La représentation d'une ""Famille"" de mots dans le </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Dictionnaire dérivationnel du français</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> et ses corrélats théoriques, méthodologiques et descriptifs »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This article proposes an analysis and a representation, within the framework of an experimental dictionary based on a morphological theory, of the primitive lait and some of the words morphologically constructed from it (</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">allaiter, allaitement, délaiter, laitage, laiter, laiterie, laiteux, laitier </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">). The theoretical and methodological presuppositions of the analysis are made explicit, and arguments are provided in favour of the chosen representation of the morphological and semantic properties of each word, within a more general theory of French morphology. Special attention is given to a detailed and analytical description of lexical meaning (constructed meaning and referential meaning).</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Claude Gruaz : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Catégories lexémiques et catégories morphémiques dans les familles synchroniques dérivationnelles du français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The notion of synchronic derivational family allows to define several categories of derivational lexemes arranged in macrofamilies, families, subfamilies and microfamilies. From another point of view, the lexemes and morphemes belong to homological categories, regular, marked or non transparent. The synchronic familial structure opens prospects in the semantic field, where it allows to determine recurrent semantic units, and in the pragmatic field, where it links associations of morphemes and their semantic variations.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">James Harris : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Why n'ho is prononced [li] in Barceloní Catalan ; morphological impoverishment, merger, fusion, and fission »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Colloquial Barcelona Catalan ( Barceloní ) has 14 phonologically distinct pronominal clitics ( contrasting in person, number, gender, case, anaphoricity ), which can appear in clusters of up to six members. Many clitic clusters cannot be resolved into linear strings of syntactically and semantically motivated elemnts : members may appear in syntactically unpredictable orders, their overt inflections may conflict with syntactic properties, there may be more or fewer clitics than syntactic or semantic roles, etc. Syntax and semantics alone cannot provide a satisfactory account of these data : a substantial subset of the generalizations are purely morphological. Their proper formalization entails an autonomous Morphology Component of grammar wherein operations of impoverishment, merger, fusion, and fission modify syntactically generated hierarchical structures prior to insertion of phonological matrices from the Vocabulary module.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Bernard Fradin : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Esquisse d'une sémantique de la préfixation en</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> anti -</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This article aims at describing the semantic behaviour of lexemes such as </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">antiX</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> where X is a noun or an adjective based on verbal present participle. Several empirical arguments are provided to show that, in its oppositive uses, the semantic functioning of </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">anti </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">- involves a causality relationship. This article focuses on the way the meaning of both the base-lexeme and the noun that</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> antiX</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> qualifies have to be taken into account to calculate the interpretation of antiX lexemes. This interpretation can be fully achieved only at the level of the phrase in which these lexemes appear.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marc Plénat : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Morphologie des dérivés en -</span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">VCHE</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The bulk of the article consists in a description of French suffixal derivation in </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">-oche, -uche, -iche, </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">etc., based on the analysis of a corpus of about 650 derivatives. It is shown that this type of word formation is subject to numerous formal constraints, in particular those of length and dissimilation. The description put forward suggests that a formal treatment which appeals to rules would not be adequate. The best way of proceeding would probably be to make use of hierarchised surface constraints which are partly in conflict and therefore defeasible, in line with Optimality Theory. Nonetheless, characterising the way in which these constraints interact raises formidable problems, and it would seem in the last analysis that a formal account of the phenomena described would need to weight the relevant constraints rather than simply rank them.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marcus Maia :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « The processing of object anaphora in brazilian portuguese »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The results of two psycholinguistic experiments show that the processing of Brazilian Portuguese overt and nonovert objects is consistent with the leading idea underlying the Overt Pronoun Constraint Montalbetti (1984) : in languages which allow an overt pronoun and an empty category, the overt pronoun specializes in the coreferential reading and the empty category in the bound reading. Additionally, we claim our experiments to be informative with respect to several theoretical psycholinguistic issues : the psychological reality of gaps, the effect of the global topic of discourse in reference resolution, the rapid access by the parser to the argument frames of predicates.</span></p>";276;12.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 265;1;6;28;L'ergativité;N°27/1998;;;"<p style=""text-align: justify;"">Recherches récentes sur l'ergativité, dans des cadres théoriques différents, en s'appuyant sur des données de langues typologiquement diverses.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Lea Nash<br /> </span></strong><span>Sur le phénomène d'ergativité dans les langues naturelles : une présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jonathan David Bobaljik<br /> </span></strong><span>Pseudo-ergativity in Chukotko-Kamchatkan agreement systems</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Daladier<br /> </span></strong><span>Une ergativité nominale en français ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Rose-Marie Déchaine et Victor Manfredi<br /> </span></strong><span>SVO Ergativity and abstract ergativity</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Ken Hale<br /> </span></strong><span>L'antipassif de focalisation du k'ichee' et l'envers du chukchi : une étude de l'accord excentrique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Rita Manzini et Leonardo M. Savoia<br /> </span></strong><span>Clitics and auxiliary choice in Italian dialects : Their relevance for the Person ergativity split</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Annie Montaut<br /> </span></strong><span>L'ergativité en indo-aryen : un procès actif contrôlé par son agent ou une prédication (stative) de localisation</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique 'Patalinguistique'</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Amédée Kryse<br /> </span></strong><span>Petit abécédaire (linguistique) illustré en modeste hommage à Georges Perec</span></p>";;10/05/1998;27;155x220;176;978-2-84292-039-5;978-2-84292-039-5;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_265.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Léa NASH : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Sur le phénomène d'ergativité dans les langues naturelles : une présentation »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les langues ergatives groupent ensemble l'objet d'un verbe transitif (O) et l'argument unique d'un verbe intransitif (S), traitant l'agent d'un verbe transitif (A) d'une façon distinctive. La question principale est de savoir si l'ergativité doit être considérée comme un phénomène morphologique ou comme un phénomène syntaxique. Or, puisque les langues ergatives n'exhibent pas directement une propriété unique et saillante qui les distinguerait des langues accusatives, l'ergativité serait mieux définie comme un phénomène morphosyntaxique superficiel lié à l'assignation du cas, conclusion qui affaiblit de façon considérable la division du type linguistique ergatif en ergativité superficielle (morphologique) et profonde (syntaxique). De plus, des constructions nominatives-accusatives sont attestées dans pratiquement toutes les langues ergatives. Par conséquent, les langues ergatives peuvent être définies comme des systèmes "" scindés "" où les propriétés d'accord et de cas peuvent osciller entre les systèmes accusatif et ergatif. Je discuterai certains phénomènes de partition, comme la partition personnelle et la partition aspectuelle, régulièrement attestés dans un grand nombre de langues ergatives. J'examinerai également quelques analyses récentes de l'ergativité fondées sur la Théorie du Cas.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jonathan David BOBALJIK :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> « Pseudo-ergativity in chukotko-kamchatkan agreement systems »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les langues chukotko-kamtchatkiennes paraissent présenter un curieux système d'accord scindé, dans lequel des préfixes marquant le nominatif apparaissent conjointement avec des suffixes marquant l'absolutif. Nous suggérons que cette caractérisation est erronée, et que le système d'accord de ces langues est en réalité nominatif-accusatif, c'est-à-dire sujet-objet. Cette conclusion est en partie motivée par l'inventaire des morphèmes d'accord. Bien que les suffixes reflètent souvent soit un sujet intransitif (S), soit un objet (O), il n'y a aucun suffixe qui exprime à la fois ces deux fonctions ; en effet, à une exception près, les suffixes font systématiquement la distinction entre les arguments S et O, soit par leur forme, soit par leur position. L'apparition simultanée d'un préfixe et d'un suffixe d'accord avec un sujet intransitif provient d'une contrainte morphologique qui exige que les positions de préfixe et de suffixe soient toutes deux occupées. Les traits du sujet sont donc copiés en position suffixe quand aucun objet n'est présent pour fournir ses traits d'accord. Cette caractérisation est justifiée de façon indépendante dans le cas de l'Itelmen par la distribution des suffixes d'accord pour les objets directs de troisième personne (voir Bobaljik & Wurmbrand, 1997) : comme ceux-ci n'apportent pas de traits de personne, ce sont ceux du sujet qui sont copiés.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Anne DALADIER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Une ergativité nominale en français ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Dans une langue comme le français qui n'a pas d'assertion nominale, les prédications nominales et verbales sont probablement moins proches que ne le laissent supposer Kayne (1994), Pesetsky (1995) et Marantz (1997). Les noms français font intervenir des phénomènes de voix et d'intransitivité, non idiomatiques, à moins qu'il ne s'agisse de l'émergence d'un phénomène d'ergativité. Les ancêtres védiques des constructions ayant donné lieu à des formes verbales ergatives dans des langues indo-aryennes actuelles ont en commun avec nos noms d'être nominaux et de présenter une double prédication lexicale, autorisant l'expression oblique d'un agent. Cependant, les noms français, leurs voix et leurs diverses structures argumentales, selon les hypothèses qui sont faites ici, permettent l'expression grammaticalisée de valeurs aspectuelles et agentives d'une très grande diversité.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Rose-Marie DÉCHAINE & Victor MANFREDI : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« svo ergativity and abstract ergativity »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Malgré l'idée généralement acceptée dans la littérature sur la typologie des langues, il existe des raisons théoriques et empiriques pour admettre l'existence de langues ergatives svo. Le kashmiri (Bhatt, 1994) possède un cas ergatif manifeste dans une construction aspectuelle à ordre svo. L'/gbo est une langue svo qui ne marque pas les arguments pour le cas manifeste. Suivant l'hypothèse de Bittner & Hale (1996a) qui propose que le cas représente les relations de portée de surface, la quantification existentielle et générique des arguments N nus en /gbo présente des restrictions caractéristiques de la syntaxe ergative. Nous proposons que la distribution des ces lectures est acquise sur la base d'une double hypothèse : (i) l'interprétation des N nus est sensible au cas, et (ii) l'/gbo manifeste une ergativité abstraite. En /gbo, les arguments KP (sujet ergatif, objet oblique) sont toujours existentiels. Les arguments sans K (objet direct, sujet intransitif) sont normalement génériques (NP nus), mais peuvent avoir sous certaines conditions une lecture existentielle (DP nus). Nous en concluons que ces constructions exigent que la locuteur de l'/gbo postule un cas ergatif non-manifeste.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Ken HALE : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« L'antipassif de focalisation du k'ichee' et la forme inversée du chukchi : une étude de l'accord excentrique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les langues ergatives K'ichee' (Maya) et Chukchi (Chukotko-Kamchatka) possèdent des constructions transitives dans lesquelles la morphologie d'accord attendue est absente dans sa position verbale habituelle. À cet égard, ces constructions ressemblent à l'antipassif, à la différence que l'objet n'est pas rétrogradé. Des deux arguments qui doivent concourir pour le seul accord existant, c'est le sujet (l'ergatif) qui l'emporte, en s'accordant excentriquement avec le noyau fonctionnel normalement associé avec l'objet (le nominatif). Nous montrons que cette conséquence découle d'une interprétation appropriée de la localité.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">M. Rita MANZINI et Leonardo M. SAVOIA : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Clitics and auxiliary choice in Italian dialects : Their relevance for the Person ergativity split »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Un des aspects plus connus et problématiques des systèmes ergatifs de Cas est représenté par la partition entre 1/2p et 3p, tel que seulement les arguments de 3p sont ergatifs, mais non les arguments de 1/2p. Nous cherchons à éclairer ce problème en considérant une partition semblable entre 1/2p et 3p dans certains dialectes de l'Italie Centrale et Meridionale ; ces dialectes ont l'auxiliaire être avec sujets de 1/2p, et l'auxiliaire avoir avec sujets de 3p. Nous établissons avant tout l'existence d'un ensemle articulé de projections Clitique qui dominent I. Dans notre conception, cette coquille Clitique remplace la coquille VP comme représentation des proprietés thématiques/aspectuelles de la phrase. Nous proposons ensuite que la sélection de l'auxiliaire, en particulier dans les dialectes de l'Italie Centrale, est determinée par la structure interne de la coquille Cl. En dernier lieu, nous traçons les implications de cette analyse pour la partition d'ergativité classique. En particulier, le Cas abstrait doit etre abandonné en tant que notion syntaxique, et remplacé par une notion de Cas purement morphologique ; celle-ci à son tour n'est qu'un reflet de la structure interne des projections Cl.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Annie MONTAUT : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« L'ergativité en indo-aryen : un procès actif contrôlé par son agent ou une prédication (stative) de localisation ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La structure ergative, rare dans les langues indo-européennes, soulève un problème typologique spécial en hindi, langue indo-aryenne occidentale, puisqu'elle est ignorée des langues indo-aryennes orientales comme le bengali, issu pourtant aussi du sanscrit et de la généralisation de l'adjectif verbal passif pour exprimer les procès transitifs passés &endash; et à un moindre degré, pour exprimer l'obligation. Après une brève description de cette double évolution (ergativation d'un côté, dé-ergativation de l'autre), je cherche à montrer que l'émergence historique de l'ergativité à partir de la phrase nominale sanscrite n'est pas sans rapport avec les propriétés morphologiques et syntaxiques observables aujourd'hui, de sorte qu'il semble correct de l'analyser comme une prédication de localisation. En outre, les données du marathi présentent une série de variantes significatives entre cas ergatif et datif dans les prédications comportant optatif et obligatif, héritées de la phrase nominale d'obligation du sanscrit. Cela confirme l'analyse en question et invite à situer la structure ergative dans le plus vaste ensemble des prédications de localisation, notamment entre autres celles qui impliquent un expérient au datif.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Léa NASH : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Sur le phénomène d'ergativité dans les langues naturelles : une présentation »<br /></span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Ergative languages group together the object of a transitive (O) and the sole argument of an intransitive verb (S), treating the agent of a transitive verb (A) differently. One of the most important issues is whether the phenomenon should be considered morphological or syntaxic in nature. But as ergative languages do not straightforwardly manifest a single salient syntactic property which distinguishes them from accusative languages, ergativity is probably best regarded as a superficial morphosyntactic phenomenon, the conclusion that considerably weakens the division of ergative language-type into superficial (morphological) and deep (syntactic) ergativity. Moreover, some nominative-accusative construction are instantiated in virtually any ergative language. Thus ergative languages can be defined as split systems, where case and agreement properties may oscillate between ergative and accusative systems. I will discuss some splits found across ergative languages, such as person and tense splits. I will then expose a number of recent analyses of ergativity based on the Case Theory.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jonathan David BOBALJIK : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Pseudo-ergativity in chukotko-kamchatkan agreement systems »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Chukotko-Kamchatkan languages seem to display a peculiar split agreement pattern, in which nominative-oriented prefixes co-occur with absolutive-oriented suffixes. I argue that this characterization is misleading, and that the proper analysis takes the agreement systems to reflect a fundamentally nominative-accusative, i.e., subject-object, alignment in these languages. Evidence for this comes in part from the inventory of agreement morphemes. Though suffixes often reflect either an intransitive subject (S) or an object (O), there are no individual suffixes which group these together : with one exception, suffixes systematically distinguish S from O arguments, either in form or in position. The appearance of simultaneous prefix and suffix agreement with intransitive subjects arises from a morphological requirement that both positions be filled, causing the subject features to be, in essence, copied to the suffix slot when no object is available to contribute features. For Itelmen, this is independently motivated (see Bobaljik & Wurmbrand, 1997) by the distribution of agreement suffixes for third person direct objects &endash; as they contribute no person features, those of the subject are copied in.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Anne DALADIER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Une ergativité nominale en français ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Nominal and verbal predications in a language with no nominal assertion, such as French, are probably less close than Kayne (1994), Pesetsky (1995) and Marantz (1997) let it suppose. French nouns show voice and intransitivity phenomena which are not idiomatic but these phenomena could perhaps alternatively be seen as a move towards some kind of ergativity. Vedic ancestors of verbal ergative constructions in modern indo-aryan languages, have in common with French nouns the properties of being nominal and of showing a double lexical predication. This double predication allows expressing an agent obliquely. Differently though, French nouns, their voices and their different argument structures, grammaticalize a great diversity of aspectual and agentive values.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Rose-Marie Déchaine & Victor Manfredi : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« svo ergativity and abstract ergativity »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Despite the consensus of the typological literature, there are theoretical and empirical reasons to admit the existence of ergative svo languages. Kashmiri (Bhatt 1994) has overt ergative case with svo order in one aspectual form. /gbo is an svo language that lacks overt case on arguments but &endash; assuming with Bittner & Hale (1996a) that case represents surface scope relations &endash; the existential and generic quantification of bare N arguments shows restrictions which are consistent with ergative syntax. We argue that the distribution of these readings is learnable on the twin hypotheses that (i) the interpretation of bare N is case-sensitive, and (ii) /gbo is abstractly ergative. In /gbo, KP nominals (ergative subject, oblique object) are always existential. K-less nominals (object, intransitive subject) are usually generic (bare NPs), but can be forced to an existential reading (bare DPs). We conclude that these constructions require the /gbo learner to postulate ergative case which is not pronounced.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Ken HALE : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« L'antipassif de focalisation du k'ichee' et la forme inversée du chukchi : une étude de l'accord excentrique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The ergative languages K'ichee' (Mayan) and Chukchi (Chukotko-Kamchatkan) possess transitive constructions in which the expected ergative agreement morphology is missing from its usual location in the verb word. In this respect, these constructions resemble the antipassive, differing from this in that the object is not demoted. Of the two arguments which must compete for the remaining agreement, it is the subject (the ergative) that winss, agreeing eccentrically with the functional head normally construed with the object. This consequence is to be expected given an appropriate interpretation of locality.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">M. Rita Manzini et Leonardo M. Savoia : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Clitics and auxiliary choice in Italian dialects : Their relevance for the Person ergativity split »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">One of the best known and most problematic aspects of ergative Case systems is represented by the split between 1/2p and 3p, whereby only 3p arguments can be ergative, and not 1/2p arguments. We try to shed light on this problem by considering an analogous split between 1/2p and 3p found in some Central and Southern Italian dialects; these dialects have auxiliary to be with 1/2p subjects, and to have with 3p subjects.We first establish the existence of an articulate set of Clitic projections above I; in our conception, this Clitic shell effectively replaces the VP-shell as a representation of thematic/aspectual properties. We then propose that auxiliary choice, in particular in Central Italian dialects, is determined by the internal structure of the Clitic shell. Finally, we indicate the implications that this approach has for the classical ergativity splits. In particular, abstract Case is to be abandoned entirely as a syntactic notion, leaving only a morphological notion of Case ; the latter in turn is once again just a reflex of the internal structure of the Cl projections.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Annie MONTAUT : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« L'ergativité en indo-aryen : un procès actif contrôlé par son agent ou une prédication (stative) de localisation ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The ergative structure in Hindi, a Western Indo-aryan language, raises a typological problem since it is at odds with Indo-European languages and even other Indo-Aryan languages like Bengali, although the latter is equally born from Sanskrit and Middle Indian where a passive verbal adjective got generalized for expressing past transitive processes &endash; and, to a lesser degree, for obligation. After accounting for both evolutions (ergativization in Hindi and de-ergativization in oriental IA languages), I will try to show that this historical emergence of ergativity out of the nominal sentence structures may help understand its present morphological and syntactical behaviour, as a predication of localisation. Furthermore, Marathi data presents striking alternations between ergative and dative cases, along with ergative agreement pattern, for potential and obligative structures (inherited from the Sanskrit obligative nominal sentences). This confirms the above mentioned analysis, and suggests to view the modern ergative structure within the wider frame of predications of localisation, among which those involving experiencers in the so-called dative subject function.</span></p>";0;12.20;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 266;1;6;28;La linéarité;N°28/1999;;;"<p style=""text-align: justify;"">La question de la linéarité traverse la grammaire, et les contributions de ce numéro l'abordent depuis des points de vue très divers - phonologiques ou syntaxiques - et dans des champs variables - discursifs ou textuels.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Patrick Sauzet<br /> </span></strong><span>La linéarité</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Abeillé et Danielle Godard<br /> </span></strong><span>La position de l'adjectif épithète en français : le poids des mots</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sabine Boucheron<br /> </span></strong><span>Ponctuation, sujets et linéarité : le foisonnement paranthétique dans l'incipit du </span><em><span>Palace</span></em><span> de Claude Simon</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>David Houghton<br /> </span></strong><span>Relinearizing phonology : an edge feature account of tone in Shona</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Patrick Sauzet<br /> </span></strong><span>Consonnes latentes : liaison et linéarité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Tobias Scheer<br /> </span></strong><span>L'alternance schwa-zéro : syllabes et adjacence</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Philippe Schlenker<br /> </span></strong><span>La flexion de l'adjectif en allemand : la morphologie de haut en bas</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sophie Wauquier-Gravelines<br /> </span></strong><span>Segmentation lexicale de la parole continue : la linéarité en question</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique hors thème</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jung-Sup Bak</span></strong><span><br />Portées de quantificateurs et ordres des mots en coréen</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique 'Patalinguistique'</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gérard Zamioune<br /> </span></strong><span>La critique littéraire scientifique, surgeon de la linguistique générale. Une illustration à partir de trois inédits critiques d'un poème de Stéphane Mallarmé</span></p>";;10/05/1999;28;155x220;192;978-2-84292-056-2;978-2-84292-056-2;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_266.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Anne ABEILLÉ et Danielle GODARD : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La position de l'adjectif épithète en français : le poids des mots »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Nous proposons une analyse de l'ordre des adjectifs épithètes par rapport au nom en français qui dépend crucialement de la notion de Poids syntaxique. Dans notre approche, les adjectifs appartenant à certaines sous-classes sémantiques ou morphologiques sont marqués comme de poids léger, et doivent être antéposés, sauf s'ils sont coordonnés ou modifiés. La notion de légèreté permet aussi de rendre compte de l'impossibilité d'avoir des syntagmes adjectivaux complets (avec des compléments ou des modifieurs syntagmatiques) en position antéposée.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Sabine BOUCHERON : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La ponctuation dans le texte : parenthèses, sujets et linéarité dans l'incipit du </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Palace</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> de Claude Simon »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Nous proposons d'aborder la problématique de la linéarité par le biais de la ponctuation, et particulièrement grâce à la parenthèse. Dans l'incipit du </span><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Palace</span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> de Claude Simon, on peut en effet observer que la linéarité langagière se dédouble. Un premier niveau, qui obéit aux normes scripturaires du nouveau roman, offre une description hyperréaliste d'un pigeon ; un second niveau, ménagé par les parenthèses, réintroduit des traces de subjectivité : des personnages de roman, la subjectivité modalisante d'un narrateur et le fil de l'écriture qui revient au coeur du texte. Un texte qui s'écrit donc sur plusieurs lignes, et qui permet de laisser croire qu'il est enfin possible d'échapper à cette linéarité langagière qui, d'ordinaire, contraint l'écrivain.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">David HOUGHTON : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Relinearizing phonology : an edge feature account of Shona »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Dans cet article, un nouveau système de description des tons est présenté dans lequel la mélodie tonale est caractérisée en termes de frontières de plateau. On compare cette analyse avec l'analyse autosegmentale dans laquelle ce qui est décrit ce sont les tons exprimés sur les noyaux syllabiques. Les deux systèmes sont appliqués chacun à un ensemble de problèmes dans la tonologie de la langue Shona : la règle de Meeussen's, la règle de Stevick, et un sous-ensemble de la tonologie du radical verbal. L'analyse en termes de frontières de plateau est plus semblable aux analyses linéaires dans la mesure où il ne contient pas de liages multiples des tons aux syllabes. Il est plus simple formellement dans la mesure où il a besoin de moins de stipulations. Il est moins puissant dans la mesure où les règles peuvent affecter moins de traits et de moins de façons : toute règle remet le ton au niveau de défaut aux jointures morphologiques. Ainsi, cette analyse révèle plus clairement la présence de schèmes tonals en Shona. De plus, ses règles sont motivées fonctionnellement et on peut les appliquer lors de la production du discours, contrairement aux règles de l'analyse autosegmentale.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Patrick SAUZET : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Linéarité et consonnes latentes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Soit l'hypothèse que la linéarité n'est pas constatée et utilisée, mais bien construite par la syllabation dans les morphèmes, à partir d'une accessibilité différenciée des segments. D'une part cela permet de poser que la phonologie produit aussi pour partie l'ordre des morphèmes, et se trouve ainsi à l'origine de la morphologie et du mot. D'autre part cela autorise à poser, de manière dérivée ou lexicale, des morphèmes dont le contenu phonique est plus connexe qu'une concaténation ou, inversement, dont le contenu phonique est discontinu. Utilisant cette dernière possibilité, on caractérisera la déficience des consonnes latentes du français, non comme un flottement (statut plus problématique qu'il ne semble), mais comme une dissociation. Une telle analyse permet d'envisager, outre la latence constante (""petit, petit-t-ami, petitesse""), la latence variable (""grand, grande, grand-t-ami"", ""vert, verte, verdure""), ainsi que d'autres faits de supplétisme (""beau, bel"") et de variabilité finale (""sec, sèche"").</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Tobias SCHEER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Aspects de l'alternance schwa-zéro à la lumière de ""CVCV"" »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le présent article discute la distribution des groupes consonantiques adjacents à schwa en français métropolitain. L'étude porte sur l'influence qu'ont ces groupes sur la possibilité d'omettre schwa. Celui-ci peut chuter chez au moins un sous-ensemble des locuteurs s'il est suivi d'une séquence à sonorité croissante (""le søcret"") ou si une entrave le précède (""marguørite""). En revanche, schwa est obligatoirement réalisé lorsqu'il est précédé d'une Attaque branchante (""*vendrødi"") (le français ne connaît pas d'entraves suivant schwa). Cet état de fait remet en question des analyses formulées dans le cadre de la Phonologie de Gouvernement. Notamment, les généralisations pivot ""le Gouvernement Propre ne peut enjamber des domaines de gouvernement"" et ""toute tête de domaine de gouvernement non nucléaire doit être licenciée"" s'en trouvent falsifiées. Au vu d'autres alternances voyelle-zéro dans diverses langues génétiquement non-apparentées, il apparaît néanmoins qu'une analyse unifiée incluant le français est souhaitable. Une proposition faite dans Lowenstamm (1996) se révèle fructueuse à cet égard. La structure syllabique s'y résume à une consécution stricte d'Attaques non-branchantes et de Noyaux non-branchants. Il est montré que ce modèle ""CVCV"" accompagné d'une théorie de l'interaction entre consonnes peut fournir une analyse unifiée des cas de figure ""marguørite"" et ""søcret"". Du reste, l'agrammaticalité de ""*vendrødi"" en est une conséquence naturelle. </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Philippe SCHLENKER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La flexion de l'adjectif en allemand : la morphologie de haut en bas »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'adjectif allemand reçoit une terminaison différente selon sa position dans le groupe nominal : la terminaison exprime de nombreux contrastes de genre/nombre/cas lorsque l'adjectif n'est précédé d'aucun élément fléchi ; dans le cas contraire la terminaison est appauvrie, et nombre de distinctions sont neutralisées. Nous suggérons que : (1) Un unique complexe de traits est transmis séquentiellement du haut au bas d'un groupe nominal. (2) À chaque étape, un morphème est inséré, et les traits qu'il exprime peuvent être retirés du complexe, si bien que les adjectifs suivants héritent d'un ensemble de traits appauvri &endash; ce qui conduit à neutraliser la plupart des contrastes.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Sophie WAUQUIER-GRAVELINES : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Segmentation lexicale de la parole continue : la linéarité en question »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les caractéristiques physiques du signal, ainsi que les modélisations de la chaîne parlée le plus souvent retenues dans les modèles psycholinguistiques (représentation orthographique ou phonologique SPE) ont longtemps influencé une conception strictement algorithmique et linéaire du traitement de la parole continue. Néanmoins, la synthèse des plus récentes propositions de la psycholinguistique expérimentale et de la phonologie multilinéaire nous amène à mettre à jour les limites d'une telle conception et nous invite à envisager l'existence de stratégies heuristiques incluant le stockage temporaire et/ou l'existence de calculs rétroactifs permettant l'extraction rapide et efficace de l'information lexicale.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jung-Sup BAK : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Portée des quantifieurs et ordres des mots en coréen »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cet article vise à décrire la portée des quantifieurs dans diverses constructions à quantifieurs multiples en coréen. Pour ce faire, il adopte la théorie de Diesing qui permet d'expliquer de nombreux phénomènes de quantification dans diverses langues. Il propose par ailleurs une analyse nouvelle d'un déplacement dit ""M(iddle)-scrambling"" dans des langues comme le coréen. Depuis longtemps, il a été admis dans la littérature que le sujet se comporte comme une exception au regard de M-scrambling. Mais cette idée couramment admise est rejetée dans ce travail. Il est démontré ici que M-scrambling est un déplacement vers une position hors de vP qui concerne tous les syntagmes non prédicatifs. Cette analyse de M-scrambling, combinée avec la théorie de Diesing, permet de rendre compte correctement des faits de quantification en coréen. </span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Anne ABEILLÉ et Danielle GODARD : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La position de l'adjectif épithète en français : le poids des mots »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">We suggest an explanation of the position of the attributive adjective with respect to the Noun in French, based on the notion of syntactic Weight. In our approach, adjectives belonging to certain morphological or semantic subclasses are marked as being ""lite weight"", and must be preposed, except if they are modified or conjoined. The notion of liteness also accounts for the impossibility to prepose full adjectival phrases (with complements or phrasal modifiers).</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Sabine BOUCHERON : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La ponctuation dans le texte : parenthèses, sujets et linéarité dans l'incipit du Palace de Claude Simon »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">We set out to deal with the question of linearity through punctuation, especially through the effects of brackets. In the incipit of Claude Simon's Palace, it can be noticed that the linearity of language gets double. A first level, subjected to the scriptural norms of the nouveau roman, provides a hyperrealistic description of a pigeon ; a second level, brought about by brackets, reintroduces traces of subjectivity : novel characters, the modalizing subjectivity of a narrator and the thread of writing, which reappears at the heart of the text. This text is thus written along several lines, and makes it as if it was possible to avoid the language linearity which ordinarily constrains the writer.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">David HOUGHTON : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Relinearizing phonology : an edge feature account of Shona »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In this paper, a new system of description of register tone is presented wherein the characteristic of the melody which is described is the location of edges between tonal plateaus. This is contrasted with the standard non-linear autosegmental account wherein the characteristic described is the tone expressed on syllable nuclei. The two systems of description are each applied to a set of problems in Shona tonology : Meeussen's rule, Stevick's rule, and some of the tonology of the verb stem. The edge feature account is more like linear analyses in that it does not involve multiple linking of tones to syllables. It is formally simpler in the number of stipulations it requires. It is less powerful in that its rules are more restricted in the features they can affect and how and where they can affect them : they all reset the pitch to the default tone at morphological junctures. In this, it better reveals patterns in the tonology of Shona. Moreover, its rules are functionally motivated and applicable on-line, unlike the rules of the autosegmental account.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Patrick SAUZET : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Linéarité et consonnes latentes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Suppose linearity doesn't pre-exist to syllabification but is built by it, within morphemes, on the basis of the relative accessibility of segments. On the one hand, applying syllabification to syntacticlike structures allows deriving, via phonology, part of the order prevailing between morphemes. Morphology and words thus appear as effects of phonology. On the other hand, it makes it possible for morphemes to embody a segmental content more connected than traditional concatenated morphemes are, or, on the contrary, presenting discontinuities. Elaborating upon this latter possibility, latent consonants (as are typically present in the phonology of French) are analysed as dissociated segments, viz. dissociated from the bulk of the phonetic specifications (instead of ""floating"" which, it is claimed, appears to be more problematic than is currently assumed). The analysis advocated here not only allows dealing with invariable latency (""petit, petit-t-ami, petitesse""), but also with variable latency (""grand, grande, grand-t-ami"", ""vert, verte, verdure""), suppletion (""beau, bel"") and other word final variability phenomena (""sec, sèche"").</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Tobias SCHEER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Aspects de l'alternance schwa-zéro à la lumière de ""CVCV"" »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This article discusses the distribution of consonant clusters adjacent to Metropolitan French schwa. Their influence on the possibility of eliding schwa are examined. The French central vowel can be dropped by at least a subgroup of speakers when followed by a sequence of rising sonority (""le søcret"") or preceded by a Coda-Onset cluster (""marguørite""), while preceding branching Onsets enforce its presence (""*vendrødi"") (following Coda-Onset clusters do not occur). This situation casts doubt on previous analyses carried out within the framework of Government Phonology. Namely, the statements ""Proper Government may not apply over a governing domain"" and ""heads of non-nuclear governing domains need to be licensed"" are falsified. However, French vowel-zero alternations share crucial properties with similar alternations in many other languages, so that a unified account is called for. I argue that such an analysis may be achieved when assuming a ""CVCV"" syllable structure, as proposed in Lowenstamm (1996). In this view, constituency boils down to a strict sequence of non-branching Onsets and non-branching Nuclei. It is shown that a unified account may be proposed for both the ""marguørite"" and the ""søcret"" case if a theory of consonantal interaction is implemented into the theory. As a by-product, the impossibility of ""*vendrødi"" falls out naturally. </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Philippe SCHLENKER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La flexion de l'adjectif en allemand : la morphologie de haut en bas »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">German adjectives may receive different endings depending on their position in a Noun Phrase. An adjectival ending expresses lots of gender/number/case contrasts when it is not preceded by any other inflected element ; otherwise the ending is impoverished, and most contrasts are neutralized. We suggest that : (1) A single feature bundle is transmitted sequentially from the top to the bottom of an NP. (2) At each step a morpheme is inserted, and the features that it expresses can be deleted from the bundle, so that the following adjectives inherit an impoverished set of features &endash; which leads to the neutralization of most contrasts.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Sophie WAUQUIER-GRAVELINES : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Segmentation lexicale de la parole continue : la linéarité en question »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Speech signal and phonological representations of speech adopted by psycholinguistical models (SPE model) have supported for a long time a strictly left-right algorithmic linear conception of speech treatment. Last experimental results and last psycholinguistical modelisations, as also proposals of multilinear phonology, invite us to consider that speech treatment could be more heuristic and could include both proactive and retroactive processes.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jung-Sup BAK : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Portée des quantifieurs et ordres des mots en coréen »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This article aims at describing the quantifier scope in various multi-quantifier constructions in Korean. For that purpose, it adopts the theory of Diesing which offers an explaination of many quantification phenomena in different languages. Moreover, it proposes a new analysis of a movement called "" M(iddle)-scrambling "" in languages like Korean. For a long time, it has been thought in the literature that the subjet behaves as an exception with respect to M-scrambling. But this widely admitted idea is rejected in this paper. It is demonstrated here that M-scrambling is a movement toward a position outside vP which concerns all the non predicative phrases. This analysis of M-scrambling, combined with the theory of Diesing, offers a correct explaination of quantification facts in Korean. </span></p>";0;14.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 267;1;6;28;Langage et surdité;N°29/2000;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les manifestations langagières liées à la surdité constituent des cas de langage « extraordinaires » et donc une source potentielle d'informations précieuses sur la nature du langage humain.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Marion Blondel et Laurice Tuller<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marion Blondel<br /> </span></strong><span>La fonction poétique dans les langues des signes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marion Blondel et Laurice Tuller<br /> </span></strong><span>La recherche sur la LSF : un compte rendu critique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christian Cuxac<br /> </span></strong><span>Compositionnalité sublexicale morphémique-iconique en langue des signes française</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Dawn MacLaughlin, Carol Neidle, Benjamin Bahan, Robert G. Lee<br /> </span></strong><span>Morphological Inflections and Syntactic Representations of Person and Number in ASL</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christopher Miller<br /> </span></strong><span>Regards sur la phonologie des langues signées</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jill P. Morford<br /> </span></strong><span>Delayed phonological development in ASL : Two case studies of deaf isolates</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurice Tuller<br /> </span></strong><span>Aspects de la morphosyntaxe du français des sourds</span></p>";;10/05/2000;29;155x220;168;978-2-84292-074-6;978-2-84292-074-6;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_267.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Marion Blondel : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La fonction poétique dans les langues des signes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'étude de la fonction poétique dans les langues de signes a été amorcée dans les années 70. L'objectif de cet article est de présenter l'ensemble des points abordés autour de cette question depuis ces travaux et d'apporter une perspective nouvelle en se concentrant sur l'étude d'un corpus de poésies enfantines en LSF. L'hypothèse dégagée à partir de cette étude consiste à placer le rythme au coeur de la structure poétique et de le considérer comme un élément commun aux poésies des différentes modalités.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marion Blondel et Laurice Tuller : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La recherche sur la LSF: un compte rendu critique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cet article retrace le parcours de la recherche sur la LSF depuis la fin du 18e siècle pour arriver à un état des lieux de la recherche linguistique actuelle sur cette langue. Quels sont les domaines abordés, négligés ? Quels sont les résultats et les perspectives ?</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Christian Cuxac : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Compositionnalité sublexicale morphémique-iconique en Langue des Signes Francaise »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Une forte majorité du lexique de la LSF présente des caractéristiques iconiques. On fait l'hypothèse que l'évolution signifiante de ce lexique est limitée par le jeu d'une contrainte de maintien d'iconicité et d'une contrainte de compatibilité iconique. Ce phénomène ne permet donc pas d'assimiler théoriquement les unités sublexicales de la LSF à des équivalents de phonèmes. La compositionnalité lexicale relève en fait d'une très dense organisation morphémique qui donne lieu à une analyse morphophonétique où l'iconicité s'avère être une donnée structurante.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Dawn MacLaughlin, Carol Neidle, Benjamin Bahan, and Robert G. Lee : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Morphological Inflections and Syntactic Representations of Person and Number in ASL »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cet article examine dans la langue des signes américaine (ASL) l'expression des traits de nombre en relation avec les traits de personne (les deux étant néanmoins séparables). Dans les domaines nominal et verbal, nous considérons quelques parallélismes dans la manifestation spatiale des traits d'accord qui peuvent être conçus comme des conséquences naturelles de l'existence, dans les deux domaines, de projections fonctionnelles de personne, de nombre, et d'aspect.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Christopher Miller : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Regards sur la phonologie des langues signées »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les différences de forme entre le signal dans les langues signées et celui des langues orales pourrait mener à croire qu'il n'y a pas de niveau phonologique dans les langues signées analogue à celui des langues orales. Cependant, il existe de nombreuses preuves de phénomènes phonologiques dans les langues signées. Cet article démontre le rôle que joue la phonologie métrique dans la détermination de la forme de certains signes en contexte phrastique.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jill P. Morford : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Delayed phonological development in ASL : two case studies of deaf isolates »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'étude des langues signées a contribué à améliorer notre compréhension du processus d'acquisition du langage par l'être humain. Cet article résume la recherche sur l'acquisition des langues des signes et présente les résultats d'une étude longitudinale sur trois ans concernant deux sourds n'ayant appris la langue des signes américaine (ASL) qu'à l'adolescence. Les deux sujets font preuve d'une compétence relativement bonne en production phonologique dans la première année d'exposition à l'ASL. Ces résultats sont étudiés en rapport avec les effets des différences de modalité dans l'acquisition et avec la question de savoir pourquoi l'acquisition tardive a des conséquences à long terme sur le développement du langage chez l'adulte.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Laurice Tuller : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Aspects de la morphosyntaxe du français des sourds »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'acquisition d'une langue orale, sous sa forme écrite ou orale, dans le contexte de la surdité prélinguistique a généralement des conséquences morphosyntaxiques significatives, même pour des locuteurs très compétents. A la suite d'un survol des travaux sur les propriétés morphosyntaxiques du français acquis par des personnes sourdes, une étude de l'omission de pronoms objets est présentée ici, qui souligne l'influence de la structure particulière de la langue cible et l'influence des circonstances particulières entourant son acquisition par des sourds.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Marion Blondel : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La fonction poétique dans les langues des signes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Work on poetic function in sign languages was underway in the 70's. The goal of this article is to present the various points addressed on this subject since these early studies and to propose a new perspective which focuses on the study of a corpus of nursery rhymes in LSF. The hypothesis which emerges from this study puts rhythm at the heart of poetic structure, suggesting that it is a common property of poetry in different modalities.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Marion Blondel et Laurice Tuller : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« La recherche sur la LSF : un compte rendu critique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This article traces the course of research on LSF starting from the end of the 18th century and arriving at an account of current research on this language. Which areas are covered, neglected ? What are the results and the prospects ?</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Christian Cuxac : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Compositionnalité sublexicale morphémique-iconique en Langue des Signes Française »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">A great majority of the lexicon of FSL shows iconic characteristics. I make the assumption that the formal evolution of the lexical items is bounded by constraints such as ""maintaining iconicity"" and ""iconic compatibility"". So, a complete assimilation between LSF sublexical units and phonemes is not theoretically convenient. In this language, the lexical composition is due to a strong internal morphemic structure that leads to a morphophonetic analyse where iconicity plays a structuring part.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Dawn MacLaughlin, Carol Neidle, Benjamin Bahan, and Robert G. Lee : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">«</span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Morphological Inflections and Syntactic Representations of Person and Number in ASL »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This article examines the expression of number features in relation to (but as distinct from) person features in ASL. We consider parallelisms in the spatial instantiation of agreement features in the nominal and verbal domains, which may be seen as natural consequences of the existence, in both domains, of functional projections of person, number, and aspect.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Christopher Miller : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Regards sur la phonologie des langues signées »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Differences in the form of the signal in signed and spoken languages might lead one to believe that sign languages do not possess a phonological level analogous to that of spoken languages. There nonetheless exists a large body of evidence for phonological phenomena in signed languages. This paper demonstrates the role played by metrical phonology in determining the form of certain signs in a phrasal context.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jill P. Morford : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Delayed phonological development in ASL : two case studies of deaf isolates »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">The study of signed languages has enriched our general understanding of how language is acquired by humans. This article summarizes research on the acquisition of signed languages and reports the results of a three years longitudinal study of two deaf individuals who first learned American Sign Language (ASL) in adolescence. The study focuses on the mastery of the phonological parameter of handshape. Both individuals demonstrate relatively high levels phonological production accuracy within their first year of exposure to ASL. These results are discussed with respect to the issues of modality differences in language acquisition and why delayed language acquisition has long-term detrimental outcomes on language processing in adults.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Laurice Tuller : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Aspects de la morphosyntaxe du français des sourds »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Acquisition of an oral language, in written or oral form, in the context of prelingual deafness generally has significant morphosyntactic consequences, even for very competent speakers. Following an over-view of work on the morphosyntactic properties of the French acquired by deaf persons, a study of missing pronoun objects is presented which raises issues about the structure of the target language and the particular circumstances in which oral language is acquired by the deaf.</span></p>";0;14.00;"<p style=""text-align: justify;""> Ce numéro présente un état des lieux des recherches actuelles dans le domaine « langage et surdité » : y sont traitées la structure formelle des langues des signes naturelles, mais aussi les spécificités de l'expression poétique dans ces langues, leurs caractéristiques lorsqu'elles sont acquises tardivement, et les propriétés des langues orales (sous leur forme écrite ou parlée) apprises par des personnes sourdes.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 268;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°03/1975;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Alain Guillet<br /> </span></strong><span>Morphologie et syntaxe ? Quelques exemples d'intéraction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Richard Kayne<br /> </span></strong><span>French Relative </span><em><span>Que</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Théodore M. Lightner<br /> </span></strong><span>A note on the phonology of one of the negative</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mitsu Ronat<br /> </span></strong><span>Une contrainte sur l'effacement du nom</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nicolas Ruwet<br /> </span></strong><span>Les phrases copulatives en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alan Guillet<br /> </span></strong><span>MacCawley on formalization</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mireille Piot<br /> </span></strong><span>Les restrictions </span><em><span>ne... que</span></em><span> et </span><em><span>seul(e)(s)</span></em></p>";;10/03/1975;3;210x297;268;978-2-84292-973-2;978-2-84292-973-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-3.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 269;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°04/1976;;;;"<p><strong><span>Jean-Claude Anscombre<br /> </span></strong><span>Argumentation et pragmatique intégrée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Richard D. Carter<br /> </span></strong><span>Stativity and Causation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Daniel Couquaux<br /> </span></strong><span>Une règle de réanalyse en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Dell<br /> </span></strong><span>Schwa précédé d'un groupe obstruante-liquide</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Josselyne Gérard<br /> </span></strong><span>Le statut du syntagme nominal</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Giry<br /> </span></strong><span>Groupes nominaux complexes et verbes</span><em><span> opérateurs</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>L. Rizzi<br /> </span></strong><span>La Montée du Sujet, le </span><em><span>si </span></em><span>impersonnel et une règle de restructuration dans la syntaxe italienne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nicolas Ruwet<br /> </span></strong><span>Note sur la</span><em><span> Montée de l'objet</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Yves Pollock<br /> </span></strong><span>Théorie des traces et syntaxe du français, quelques problèmes</span></p>";;10/03/1976;4;210x294;266;978-2-84292-974-9;978-2-84292-974-9;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-4.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 271;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°07/1978;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Avigail Azoulay<br /> </span></strong><span>Article défini et relations anaphoriques en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Abdelkader Fassi Fehri<br /> </span></strong><span>Comparatives and Free Relatives in Arabic</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bernard Fradin<br /> </span></strong><span>Les phrases clivées en français : propositions pour une réanalyse</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lélia Picabia<br /> </span></strong><span>Sur une règle non transformationnelle des prédicats adjectivaux</span></p>";;10/03/1979;7;155x220;150;978-2-84292-976-3;978-2-84292-976-3;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-7.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 272;1;3;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°08/1979;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Jean-Claude Anscombre<br /> </span></strong><span>Délocutivité généralisée et rapports syntaxe /sémantique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Françoise Mortureux<br /> </span></strong><span>Grammaire de texte ou analyse de discours ? A partir d'une étude d'un discours de Fontenelle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Wolfgang Motsch<br /> </span></strong><span>Some Remarks on The Relation between Sentence, Speech Act and Text</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Yves Pollock<br /> </span></strong><span>Réanalyse et constructions impersonnelles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Arie Verhagen<br /> </span></strong><span>On the E-Hypothesis of Dislocation and Conditions on Discourse Grammar</span></p>";;10/11/1979;8;155x220;158;978-2-84292-977-0;978-2-84292-977-0;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_272.gif;;;;242;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 273;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°09/1980;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Robert May<br /> </span></strong><span>Mouvement et Liaison</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alain Rouveret<br /> </span></strong><span>Sur la notion de proposition finie. Gouvernement et inversion</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Maria Luisa Zubizarreta<br /> </span></strong><span>Pour une restructuration thématique</span></p>";;10/03/1980;9;155x220;190;978-2-84292-978-7;978-2-84292-978-7;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-9.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 274;2;3;19;De Natura sonorum;Essais de phonologie;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage présente les principales tendances de la recherche en phonologie. L'évolution des théories et des modèles est abordée à travers six articles originaux couvrant chacun un des aspects du domaine.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Laks et Marc Plénat<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'objet de la phonologie, les objets phonologiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">George N.Clements<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un modèle hiérarchique de l'aperture vocalique : le cas du bantou</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joaquim Brandão de Carvalho<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De quoi sont faites les voyelles ? Phonologie tridimensionnelle des particules et harmonie vocalique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Klein<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La syllabe comme interface de la production et de la réception phoniques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Plénat<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Observations sur le mot minimal français. L'oralisation des sigles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Laks<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La constituance revisitée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John Goldsmith<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La phonologie harmonique</span></p>";;10/11/1993;0;137x220;280;978-2-90398-188-4;978-2-90398-188-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_274.jpg;;;;394;23.00;"<p style=""text-align: justify;""> Le lecteur francophone trouvera ainsi une présentation des débats en géométrie des traits, phonologie des particules, théories de la syllabe, morphologie prosodique, théorie des systèmes accentuels et organisation générale du composant phonologique. En même temps qu'ils développent ces discussions, chacun des articles du recueil expose un travail de recherche et énonce un certain nombre de propositions substantielles appuyées sur des analyses concrètes. Ce volume a donc aussi l'ambition de contribuer directement aux débats qui animent le domaine en portant témoignage sur la fécondité et la diversité de la recherche actuelle en phonologie.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 275;2;6;19;« Etre » et « Avoir »;Syntaxe, sémantique, typologie;;;"<p style=""text-align: justify;"">À partir de données empruntées à des langues diverses : hébreu, hindi, géorgien, latin, comorien, italien, portugais, anglais, huit contributions originales traitant du problème d'« être » dans sa relation avec « avoir ».</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Rouveret<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Points de vue sur le verbe « être »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Bortolussi<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esse</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> + datif et </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">esse</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> + génitif en latin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Caroline Heycock<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Phrases réduites inverses</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Montaut<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Note sur « être » et « avoir » dans les langues indiennes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">João Costa<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'opposition </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ser</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">/</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Estar</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> en portugais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Andrea Moro<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esserci</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">averci</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : les clitiques sujets et une analyse en « petite proposition » pour </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">avere</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Léa Nash<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À propos de « Être » et « Avoir » en géorgien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lélia Picabia<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Accord en « définitude » dans les phrases attributives du grand comorien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ur Shlonsky<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la recherche du Temps Présent : le paradoxe du Bénoni en hébreu</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Références bibliographiques</span></p>";;10/11/1998;0;137x220;272;978-2-84292-047-0;9782842920470;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_275.jpg;;;;384;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le verbe être a-t-il le même statut dans les phrases qui énoncent une prédication circonstanciée et dans celles qui assignent au sujet une propriété permanente, dans les énoncés qui assertent l'identité entre deux termes nominaux et dans ceux qui affirment l'existence d'un objet ou l'émergence d'une situation ?<br />Faut-il, à la suite de Benveniste, établir une distinction tranchée entre les verbes d'existence et la copule, marqueur d'identité, ou peut-on, avec l'analyse traditionnelle, considérer ""être"" comme sémantiquement vide et rapporter la plurivocité des phrases copulatives aux caractéristiques référentielles des termes qui interviennent dans chaque type ? Quelle est enfin la relation entre ""être"" et ""avoir"" ? À ces questions qui constituent le fonds commun des recherches sur le verbe ""être"", les huit études réunies dans ce livre apportent des réponses souvent différentes, toujours originales.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 495;2;3;33;L'argent dans les concours du monde grec;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Aspects institutionnels, économiques et financiers des manifestations qui, dans les mondes grec et hellénisé de jadis, donnaient lieu à des compétitions à l’issue desquelles des récompenses de toute nature étaient distribuées.</p>";"<p><strong>Introduction</strong><strong> </strong><br /> Brigitte LE GUEN<br /> <em>Peut-on parler de l’argent des concours grecs ou « à la grecque » </em>?</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>I. L’organisation des concours : aspects financiers et institutionnels</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> Peter WILSON<br /> <em>How did the Athenian demes fund their theatre ?</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Eric CSAPO et Peter WILSON<br /> <em>Le passage de la chorégie à l’agonothésie à Athènes </em><br /> <em>à la fin du au IVe siècle</em> .</p><p style=""padding-left: 30px;"">Daniela SUMMA<strong> </strong><br /> <em>Ricerche sulla vita teatrale e il suo finanziamento in Locride</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Leopold MIGEOTTE<br /> <em>Le financement des concours dans les cités hellénistiques :<br /> essai </em><em>de typologie</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Denis KNOEPFLER<br /> <em>Les agnonothètes de la confédération d’Athéna </em>Ilias <em>:<br /> une inter</em><em>prétation nouvelle des données épigraphiques et ses conséquences pour la chronologie des émissions monétaires du </em>Koinon</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Le coû</strong><strong>t des </strong><strong>É</strong><strong>difices de concours </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Jean-Charles MORETTI <em><br /> Le coût et le financement et prix des théâtres grecs</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Virginie MATHÉ<br /> <em>Coût et financement des stades et des hippodromes</em></p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. L'argent des prix</strong><strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Wolfgang DECKER<em><br /> Les prix des vainqueurs aux épreuves sportives</em> <em>à l’époque prémonétaire</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">William SLATER<br /> <em>Paying the Pipers</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Sylvain PERROT<br /> <em>Récompenses et rémunérations des musiciens à Delphes</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Katherine DUNBABIN<br /> <em>The prize table : crowns, wreaths, and moneybags</em><em> in Roman art</em></p><p> </p><p><strong>Conclusions</strong><br /> Olivier PICARD</p>";;10/03/2010;0;170X240;376;978-2-84292-256-6;978-2-84292-256-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_495.jpg;;"<div><p>comment parler de l’argent<br />des concours grecs ou « à la grecque » ?</p><p>Brigitte Le Guen</p><p>« Argent, le plus utile qu’il puisse faire</p><p>c’est d'instituer des concours gymniques et musicaux. »</p><p>(Aristophane, <span>Ploutos</span>, 1162-1163.)</p><p><span class=""char-style-override-1"">N</span>ombre d’auteurs du xviiie siècle expliquent, en exergue de leur œuvre, avoir découvert par hasard, dans la vieille malle d’un grenier poussiéreux, le manuscrit qu’ils livrent au public. Pour ma part, il ne s’agit pas d’une ruse d’auteur : j’ai bel et bien retrouvé incidemment dans mes archives le double d’une lettre, datée d’il y a dix ans et adressée à Henk William Pleket, dont on connaît l’expertise en matière d’économie et de société, et plus particulièrement sur toutes les questions liées au sport et à son idéologie dans les mondes grec et romain <span><a id=""footnote-19542-1-backlink"">1.</a></span>. Ma missive n’avait d’autre objet que de l’inviter à participer à un colloque que je comptais, disais-je, organiser prochainement sous le titre « L’argent dans les concours du monde grec ». Seul le « prochainement » était quelque peu optimiste et prématuré, je l’avoue !</p><p>Il faut dire que très tôt les deux directions totalement complémentaires et indissociables prises par mes recherches, à la fois mon intérêt pour la vie religieuse <a id=""footnote-19542-2-backlink"">2.</a> – et les questions économiques y afférant – et mon intérêt pour les artistes réunis en associations à vocation religieuse et professionnelle <a id=""footnote-19542-3-backlink"">3.</a>, à compter du début du iiie siècle avant notre ère, m’avaient conduite à un constat : fort peu d’études s’intéressaient de très près aux aspects strictement économiques de la vie religieuse. Je mets à part bien évidemment la thèse de Pierre Debord qui a placé ces questions au centre de ses préoccupations <a id=""footnote-19542-4-backlink"">4.</a> ou encore le colloque d’Uppsala publié en 1992 par Tullia Linders et Brita Alroth <a id=""footnote-19542-5-backlink"">5.</a>. Mais même dans l’ouvrage de Beate Dignas, paru en anglais dix ans après et spécifiquement intitulé L’Économie du sacré dans l’Asie Mineure hellénistique et romaine, l’index final ne comprend pas d’entrée « agôn » ; tout juste est-il fait mention des agônothétai ou magistrats chargés de l’organisation des concours et ce, qui plus est, à une seule reprise, en note de bas de page <a id=""footnote-19542-6-backlink"">6.</a>.</p><p>Curieusement donc, alors que les agônes étaient intimement et exclusivement liés dans l’Antiquité à la célébration de fêtes dont ils rehaussaient l’éclat, leur analyse a été, au fil des années, sinon totalement dissociée de celles-ci, du moins considérablement minorée <a id=""footnote-19542-7-backlink"">7.</a>. Dans le meilleur des cas, quelques rapides paragraphes d’ouvrages de synthèse portant sur la religion grecque précisent qu’à telle ou telle fête étaient joints des concours et livrent un aperçu de leurs nature, programme et périodicité. Il est rare touefois qu’ils s’interrogent sur les moyens financiers indispensables à leur existence autrement qu’en évoquant d’un mot le système des liturgies, pour s’en tenir à l’exemple athénien.</p><p>Par ailleurs force est de constater que les concours ont été progressivement intégrés, au cours du xxe siècle, dans des cadres d’analyse « mo­dernes », individualisant le sport, la musique et plus rarement le théâtre, où de nouveau les problèmes d’argent sont restés… les parents pauvres.</p><p>Ajoutons que certains types de concours, à certaines périodes, ont été largement privilégiés au point de monopoliser l’attention des spécialistes : j’en veux pour preuve l’inflation des publications relatives aux seuls Jeux Olympiques, selon la terminologie moderne <a id=""footnote-19542-8-backlink"">8.</a>, inflation encore accrue à l’approche d’une année olympique <a id=""footnote-19542-9-backlink"">9.</a>. En témoigne également le nombre considérable d’études consacrées aux concours hippiques, gymniques et musicaux dits de la « période » (périodos) dont l’enchaînement compris entre deux olympiades formait un cycle particulier : Olympia d’Olympie, Isthmia de Corinthe, Néméa (ou Némeia) de Némée et Pythia de Delphes. La remarque vaut aussi pour les concours dramatiques organisés à Athènes. Les ve et ive siècles seulement (ou peu s’en faut <a id=""footnote-19542-10-backlink"">10.</a>) ont intéressé pendant longtemps philologues et historiens <a id=""footnote-19542-11-backlink"">11.</a> qui, de surcroît, ont abordé les fêtes et concours quasi exclusivement sous un angle civique, social et religieux <a id=""footnote-19542-12-backlink"">12.</a>. On le sait, la somme qu’à plusieurs reprises Louis Robert avait promis de rédiger sur les concours des périodes hellénistique et impériale n’a malheureusement jamais été menée à son terme <a id=""footnote-19542-13-backlink"">13.</a>.</p><p>Ainsi, dans l’ensemble, les époques archaïque et classique, qui ont vu naître puis se développer les compétitions les plus prestigieuses, ont eu plus de succès que celles qui les ont suivies. Et les diverses catégories d’agônes n’ont pas été pareillement envisagées, quand bien même l’on assiste ces dernières décennies à un regain d’enthousiasme pour les concours athlétiques d’époque impériale <a id=""footnote-19542-14-backlink"">14.</a> et pour les concours musicaux, à entendre au sens large de « thyméliques <a id=""footnote-19542-15-backlink"">15.</a> » et scéniques <a id=""footnote-19542-16-backlink"">16.</a>, toutes périodes confondues.</p><p>À dire vrai, la plupart des travaux aujourd’hui disponibles se sont principalement souciés non seulement des modalités de déroulement des fêtes auxquelles les agônes s’intégraient, de l’idéologie véhiculée par ces dernières et du sens qu’elles revêtaient pour les communautés organisatrices, mais aussi des évolutions techniques de telle ou telle discipline agonale et de l’origine des pratiques modernes susceptibles d’y être décelées <a id=""footnote-19542-17-backlink"">17.</a>. Les aspects économiques et financiers ont été totalement, ou plus exactement majoritairement laissés de côté. Les Modernes se sont en quelque sorte comportés comme les auteurs anciens qui tenaient généralement le fait de parler d’argent pour moralement condamnable.</p><p>Il y a bien sûr des exceptions, hier comme aujourd’hui. On se souvient par exemple de la pièce du célèbre poète dramatique Aristophane qui mettait en scène, au début du ive siècle avant notre ère, le dieu de la richesse, Ploutos. Profitant de la liberté offerte par le théâtre comique, il y soulignait les effets désastreux de la guerre sur les patrimoines des familles athé­niennes : l’enrichissement amoral des spéculateurs et des divers bénéficiaires des campagnes militaires allait de pair avec l’accroissement de la misère des honnêtes gens, si bien que les disparités grandissantes entre les fortunes menaçaient de rupture le lien social et pesaient dangereusement sur l’avenir du politique. Mais les faits présentés dans l’orchestra n’avaient pas pour but la reproduction pure et simple de la vie réelle, et Aristophane ne cherchait nullement à apparaître comme un nouveau Thucydide. Aussi la comédie reprenait-elle tous ses droits et, au terme du spectacle, Ploutos, guéri de la cécité qui l’empêchait de répartir équitablement les richesses, était désormais en mesure de récompenser les justes et de faire œuvre utile en « instituant des concours gymniques et musicaux » (Ploutos, vers 1162-1163). Avec la reprise des agônes et conjointement des sacrifices auxquels les dieux devaient leur bonne santé, c’en était définitivement terminé des souffrances abominables qu’ils avaient endurées !</p><p>On pourrait rappeler aussi les critiques d’un Démosthène accusant les Athéniens de dépenser plus pour les Grandes Dionysies que pour la guerre <a id=""footnote-19542-18-backlink"">18.</a> ou encore les reproches mis fort habilement par Plutarque dans la bouche d’un ressortissant de Laconie (État réputé pour l’austérité de ses mœurs et la prohibition du luxe), afin de pourfendre l’activité théâtrale des Athéniens de l’époque classique au motif qu’elle rimait avec futilités et coûtait bien plus cher que les affaires militaires <a id=""footnote-19542-19-backlink"">19.</a>.</p><p>Si l’on se tourne maintenant vers le présent, il vient d’abord à l’esprit les très nombreuses publications tant de Denis Knoepfler sur les fêtes et concours de son terrain de prédilection, la Béotie <a id=""footnote-19542-20-backlink"">20.</a>, que de Léopold Migeotte à propos des finances des cités. À maintes reprises, ce dernier a abordé la question de l’origine des fonds qui permettaient la tenue de leurs manifestations culturelles et religieuses, notamment après la mort d’Alexandre le Grand <a id=""footnote-19542-21-backlink"">21.</a>. Il n’est que de consulter son analyse lumineuse des chorégies de la cité carienne d’Iasos, saluée par la communauté scientifique, dès sa ­parution <a id=""footnote-19542-22-backlink"">22.</a>. Incontestablement Léopold Migeotte était le savant le plus à même de proposer un classement des différents types de financement attestés pour les concours d’époque hellénistique. C’est pourquoi sa participation aux débats du colloque s’imposait, comme s’imposait également la présence d’Eric Csapo et de Peter Wilson <a id=""footnote-19542-23-backlink"">23.</a>, qui travaillent actuellement de concert à la rédaction d’une histoire économique et sociale du théâtre grec d’époque classique.</p><p>D’ores et déjà l’on dispose, grâce à Eric Csapo, d’une étude novatrice, extrêmement stimulante et totalement convaincante, des concours drama­tiques institués dans les dèmes de l’Attique vers la fin du ve siècle avant notre ère. Associant étroitement leur diffusion à la naissance du métier d’acteur, elle montre en effet qu’il existait, dès cette date, un véritable marché pour des artistes en passe de devenir des professionnels <a id=""footnote-19542-24-backlink"">24.</a>.</p><p>Quant à Peter Wilson, on lui doit, avec son livre, The Athenian Institution of the Khoregia : the Chorus, the City and the Stage, paru à Cambridge en l’an 2000, l’analyse la plus riche à ce jour du système chorégique par lequel étaient financés, à Athènes, les concours des Dionysia, des Lènaia et des Thargèlia. Il est aussi le premier à avoir véritablement estimé au plus près le coût des Grandes Dionysies athéniennes, après les tentatives de quelques rares prédécesseurs <a id=""footnote-19542-25-backlink"">25.</a>. Prenant 415 avant notre ère pour année de référence de ses calculs et veillant à chiffrer minutieusement chacun des nombreux postes budgétaires de la fête, tout en précisant systématiquement l’origine des fonds alloués, il est arrivé à la conclusion que, contrairement à l’opinon admise jusque-là, les montants acquittés à titre public (13 talents 1 300 ­drachmes environ pour le paiement des poètes et des musiciens, les dépenses d’équipement et l’achat des victimes sacrificielles) équivalaient presque à ceux payés sur fonds privés (15 talents et 3 900 drachmes) par les chorèges et épimélètes de la procession. Aussi le montant global de la fête avoisinait-il les 30 talents <a id=""footnote-19542-26-backlink"">26.</a>, soit le coût d’entretien de 12 trières pendant une année <a id=""footnote-19542-27-backlink"">27.</a>.</p><p>Depuis, Peter Wilson a fait des émules : pour un ouvrage collectif, à paraître prochainement <a id=""footnote-19542-28-backlink"">28.</a>, David M. Pritchard vient en effet de terminer un chapitre intitulé « Costing Festivals and War : Spending Priorities of the Democracy ». Il y évalue, à son tour, les dépenses effectuées lors des Grandes Panathénées, autre fête particulièrement illustre et coûteuse de la cité d’Athènes, du fait de l’ampleur et de la variété uniques de son pro­gramme <a id=""footnote-19542-29-backlink"">29.</a>. Révoquant en doute le jugement de Boeckh pour qui les ­sources littéraires, et notamment les passages de la Première Philippique de Démosthène et de la Gloire des Athéniens de Plutarque, mentionnés ci-dessus <a id=""footnote-19542-30-backlink"">30.</a>, étaient relativement dignes de foi et assez élevées en conséquence les sommes déboursées par l’État athénien lors de ses festivités, il dé­montre que, dans les années 380, la contribution des citoyens les plus riches, au titre des 45 liturgies requises, s’élevait à 7 talents 2 000 drachmes ; celle des paysans attiques qui fournissaient l’huile d’olive pour les prix à 5 talents 2 725 drachmes. Le coût global des Grandes Panathénées étant de 25 talents 725 drachmes, les fonds privés équivalaient à la moitié du total. Il n’est pas sans intérêt de noter qu’une telle proportion se retrouve dans les calculs de Peter Wilson concernant les Grandes Dionysies.</p><p>Pour la période comprise entre 430-350, la seule à autoriser une comparaison, David M. Pritchard a par ailleurs estimé que le montant annuel de l’ensemble des festivités supervisées par l’État athénien atteignait 100 talents 2 717 drachmes, signe de son extraordinaire santé financière, tandis que les activités militaires de la cité représentaient, en temps de ­guerre, de 433 à 423, jusqu’à 1 500 talents chaque année et encore, en temps de paix, une moyenne de 500 talents, vers le milieu du ive siècle. Jamais donc au cours de la période classique la vie religieuse et dramatique d’Athènes ne grèva les finances civiques autant que ne le firent la guerre et la préservation de la paix.</p><p>Mais parler des aspects économiques et financiers des concours, ce n’est ni se contenter d’évoquer la nature et le montant des fonds réunis, puis utilisés pour leur célébration, et par là distinguer les fonds publics, privés, royaux, impériaux, ou encore ceux résultant de fondations ; ni se satis­faire d’une analyse des évolutions perceptibles à court, moyen et long terme, assortie de remarques sur leur signification ; ni même procéder à un examen des spécificités locales et/ou régionales, dans la lignée des communications présentées ici par Peter Wilson sur l’argent des Dionysies rurales de l’Attique et par Daniela Summa sur le financement de la vie théâtrale en Locride.</p><p>Ce n’est pas non plus s’en tenir à l’étude des cadres dans lesquels l’argent disponible pour les concours était géré (était-ce au titre d’une magistrature ? d’une liturgie ?) ni à celles des hommes responsables du maniement de cet argent <a id=""footnote-19542-31-backlink"">31.</a> (agonothètes, agonarques, athlothètes, panégyriaques, sur lesquels on ne dispose à l’heure actuelle d’aucune monographie <a id=""footnote-19542-32-backlink"">32.</a>), et ainsi offrir une nouvelle interprétation du passage de la chorégie à l’agonothésie, comme l’ont fait Eric Csapo et Peter Wilson pour l’Athènes de Démétrios de Phalère.</p><p>C’est tenter parallèlement d’apprécier l’ensemble des dépenses générées par la création, puis l’existence d’un agôn, c’est-à-dire tant les coûts des structures matérielles indispensables à la tenue des manifestations (stades, théâtres, odéons, gymnases, hippodromes) que l’hébergement des concurrents et spectateurs, sans omettre les sommes à débourser pour l’entretien des bâtiments et leur financement spécifique. Le sujet n’est pas totalement ­vierge, mais les travaux qui l’abordent demeurent trop peu nombreux. Parmi eux figurent en première place sur les théâtres d’Athènes, d’Argos, ou en­core de Délos <a id=""footnote-19542-33-backlink"">33.</a>, les précieux articles et ouvrages de Jean-Charles Moretti, ­sollicité en conséquence à dresser pour nous un bilan du coût et du financement de ces édifices, depuis les premiers états de leur construction jusqu’à leur réfection et remainements ultérieurs, en passant par leur entretien régulier. Pour parfaire notre connaissance du sujet et combler un manque, nous avons également fait appel à l’une de ses doctorantes, Virginie Mathé, qui a traité des stades et des hippodromes.</p><p>À quoi s’ajoutait encore la question de la rétribution des participants aux différents agônes <a id=""footnote-19542-34-backlink"">34.</a>, mais aussi des prix octroyés tant sur place qu’en dehors du lieu même des concours. Or, qui dit « prix » a aussitôt à l’esprit le problème de leur nature et partant la distinction couramment opérée, dans le sillage de Louis Robert, entre, d’un côté, les concours non rétribués, appelés « sacrés » ou « sacrés » et « stéphanites » – ceux-là même que la littérature moderne qualifie de « panhelléniques <a id=""footnote-19542-35-backlink"">35.</a> » –, car les vainqueurs y recevaient une couronne pour toute récompense <a id=""footnote-19542-36-backlink"">36.</a> et, de l’autre, les concours rémunérés, désignés sous les termes de « thématiques », « thématites », « chréma­tiques » et « chrématites » <a id=""footnote-19542-37-backlink"">37.</a>. Un débat s’est ouvert cependant sur le sujet ces der­nières années <a id=""footnote-19542-38-backlink"">38.</a>, suite aux analyses pionnières et extrêmement stimulantes de Robert Parker, William Slater et Daniela Summa. Il mérite d’être poursuivi et approfondi, la situation étant de toute évidence bien moins tranchée, pour ne pas dire infiniment plus complexe, qu’on ne l’a cru pendant longtemps. C’est avec le talent qu’on lui sait que William Slater en ap­porte ici la preuve formelle, en plaçant les aulètes hellénistiques au ­centre de sa réflexion.</p><p>Par ailleurs si, grâce aux études de Henk William Pleket notamment <a id=""footnote-19542-39-backlink"">39.</a>, les relations des athlètes à l’argent ont été éclairées, il n’en a pas été de même jusqu’à une date récente pour les artistes qui prenaient part aux concours musicaux. On ne trouve que quelques pages sur ce thème dans l’ouvrage qu’Annie Bélis a consacré aux musiciens dans l’Antiquité <a id=""footnote-19542-40-backlink"">40.</a> ou dans le livre de Paulette Ghiron-Bistagne relatif aux acteurs en Grèce ancienne <a id=""footnote-19542-41-backlink"">41.</a>. Il est vrai que les sources disponibles, pour des raisons idéologiques évidentes, liées aux connotations négatives des activités rétribuées, ne parlent qu’occasionnellement des sommes qui récompensaient ici le protagoniste d’une comédie nouvelle, là l’aulète d’un chœur tragique ou dithyrambique. Dans mon ouvrage de 2001 traitant des Associations de Technites dionysiaques, j’ai moi-même abondamment déploré le manque de données chiffrées et la manière biaisée dont les textes épigraphiques évoquaient les artistes qui en étaient membres. À quelques exceptions près, ils passent en effet sous silence leur engagement réel et indiscutable dans les activités économiques de leur temps, qui était l’une des conséquences directes de leur participation aux concours, au profit de longs développements sur leur incommensurable piété. Seuls pourtant les intérêts financiers en jeu lors de différentes fêtes locales et panhelléniques permettent de comprendre les tensions qui affectèrent les relations entre les Technites installés à Téos et la cité ionienne, sous Eumène II, mais aussi entre la confrérie de l’Isthme et de Némée et celle d’Athènes dans la deuxième moitié du iie siècle avant J.-C <a id=""footnote-19542-42-backlink"">42.</a>.</p><p>Quant aux prix distribués sous forme d’objets (trépieds, amphores, boucliers, couronnes métalliques…), nous en avons connaissance par le biais de la documentation littéraire, épigraphique, papyrologique, archéologique, mais aussi iconographique, grâce à leurs représentations figurées sur dif­férents supports (céramiques, reliefs, monnaies, mosaïques). En dépit des travaux de Jutta Rumscheid consacrés aux couronnes octroyées aux vainqueurs à l’époque impériale <a id=""footnote-19542-43-backlink"">43.</a> ou de Pierre Amandry sur les trépieds ­d’Athènes et de Béotie ainsi que sur les boucliers d’Argos <a id=""footnote-19542-44-backlink"">44.</a>, ils appellent encore ardemment la rédaction de monographies. Il convient toutefois de mettre à part le cas des amphores remplies d’huile des oliviers sacrés d’Athéna, qui étaient remises aux vainqueurs des Panathénées et auxquelles de nombreuses études ont déjà été dédiéés <a id=""footnote-19542-45-backlink"">45.</a>. Signalons seulement que l’une d’elles, très récemment publiée et d’un type relativement rare, car à fond blanc, constituerait le premier témoignage d’un prix remporté aux épreuves théâtrales instaurées lors de ces fêtes, dans la seconde moitié du iie siècle av. J.-C., et peut-être même plus tôt <a id=""footnote-19542-46-backlink"">46.</a>.</p><p>Relevant à part entière de la thématique de notre colloque, ces prix se devaient d’y occuper une large place. Aussi les trouve-t-on évoqués dans plusieurs communications, tant sous les plumes de William Slater et Sylvain Perrot que de Wolfgang Decker et Katherine Dunbabin. Toute comparaison avec d’autres temps et lieux pouvant se révéler par ailleurs des plus fructueuses, il était indispensable de disposer d’une synthèse sur la nature des prix décernés aux époques prémonétaires. Nul mieux que Wolfgang Decker, parfait connaisseur de l’Égypte et co-auteur d’un ouvrage récent sur Le Sport dans l’Antiquité <a id=""footnote-19542-47-backlink"">47.</a> n’était en mesure de s’en charger. De la même manière, il était impératif de requérir la participation de Katherine Dunbabin, afin de disposer de l’éclairage procuré par l’art romain impérial <a id=""footnote-19542-48-backlink"">48.</a>. Sous l’égide de cette éminente spécialiste des mosaïques et de l’imagerie agonistique, nous avons donc quitté les mondes grec et hellénisé pour les provinces occidentales de l’Empire. Un tel voyage était d’autant plus justifié que les objets que portent diverses tables de prix représentées, par exemple, sur plusieurs mosaïques tunisiennes, sont désormais nommés explicitement dans un document épigraphique provenant de la partie orientale du monde romain. Lors de la campagne de fouilles entreprise en 2003 à Alexandrie de Troade, les archéologues ont exhumé en effet une plaque de marbre brisée en seize morceaux, d’un intérêt exceptionnel. Trois lettres impériales y étaient gravées que George Petzl et Emar Schwertheim ont fait connaître dans des délais très brefs <a id=""footnote-19542-49-backlink"">49.</a>. Elles attestent du souci aigu de l’empereur Hadrien pour l’organisation de la vie agonistique de son temps. Et, sur l’une d’entre elles, ordre est donné à l’agonothète de placer le sac de cuir, rempli de l’argent du prix, à côté de la couronne ; le vainqueur, quant à lui, doit aussitôt après sa victoire « sous les yeux de tous s’emparer à la fois du sac et de la couronne ». Textes et images ne sauraient mieux se compléter.</p><p>Il est donc possible de parler d’argent en relation avec les concours organisés jadis dans le monde grec passé, avec les siècles, sous domination romaine, car la documentation existe. Nonobstant les précieuses informations que livrent sur ce thème quelques auteurs anciens, tels Thucydide, Xénophon, Aristote et Plutarque, ou encore les poètes comiques et les orateurs attiques, ce sont les sources épigraphiques, archéologiques et numismatiques qui fournissent aux spécialistes la matière principale de leurs investigations. Ce sont elles aussi qui renouvellent le plus nos connais­sances, parfois même de manière spectaculaire. Ainsi de la correspondance de l’empereur Hadrien avec les Technites dionysiaques dont il vient d’être question ou des inscriptions portées sur une stèle en calcaire découverte, en 1992, dans une ville de Béotie orientale nommée Dilesi : constituant les premiers comptes du sanctuaire d’Apollon à Délion, elles éclairent le concours artistique et athlétique pan-béotien qui y était organisé dans les dernières décennies du iie siècle avant notre ère <a id=""footnote-19542-50-backlink"">50.</a>.</p><p>Toutefois ces documents sont souvent disparates, inégalement répartis dans le temps comme dans l’espace, mais encore disséminés dans toutes sortes de publications. Difficiles de surcroît à exploiter, ils requièrent décryptage méthodique et perspicacité <a id=""footnote-19542-51-backlink"">51.</a>. Le tétradrachme d’argent choisi pour la couverture du présent ouvrage en fournit un témoignage incontestable. Trouvé, à la fin du xixe siècle, dans un trésor à Cos <a id=""footnote-19542-52-backlink"">52.</a> et conservé aujourd’hui au British Museum <a id=""footnote-19542-53-backlink"">53.</a>, il est attribué à Péparéthos, et daté des années 500-480. Si l’identification du personnage ailé, qui occupe le centre de la monnaie et tient des couronnes à la main, a fait l’objet de nombreux débats (on y a vu d’abord un dieu du vent, puis, sur une suggestion de George Hill, la personnification du dieu des concours, Agôn, dont ce serait la plus ancienne représentation), on ignore toujours en réalité le contexte précis auquel rattacher ce monnayage. La documentation littéraire ne fournit pas le ­moindre in­­dice ; et, dans la documentation épigraphique, seul un décret de la cité nous apprend que, peu après 197, elle célébrait des Dionysia, dotées d’épreuves de tragédie à l’occasion desquelles avait lieu la proclamation des honneurs concédés aux ";;;;;;;;; 73;1;6;24;L'idée révolutionnaire et la Chine. La question du modèle;N°02/1982;;;"<p>Quel modèle de représentation révolutionnaire pour la Chine ? celui de sa tradition ou celui de la révolution bolchévique ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>La question du modèle comme perspective comparatiste</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Léon Vandermeersch<br /> </span></strong><span>L'idée révolutionnaire, conception étrangère à la tradition chinoise : le « changement de mandat » et la restauration de l'ordre cosmique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marianne Bastid<br /> </span></strong><span>L'ouverture aux idées d'Occident : quelle influence de la Révolution française sur la révolution républicaine de 1911 ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Chevrier<br /> </span></strong><span>Mort et transfiguration : le modèle russe dans la révolution chinoise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alain Roux<br /> </span></strong><span>La stratégie léniniste de la grève en Chine : essai de bilan</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><em><span>Documents :</span></em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Catherine Gipoulon<br /> </span></strong><span>I. De Montargis à Pékin, en quête d'un plan pour la Révolution : une lettre de Cai Hesen à Mao Zedong (13 août 1920)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Chen Chiaming<br /> </span></strong><span>II. La révision d'un autre « modèle » révolutionnaire : l'analyse de la Commune de Paris par les historiens chinois d'aujourd'hui</span></p>";;10/09/1982;2;155x220;168;978-2-84292-954-1;978-2-84292-954-1;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_73.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 74;1;3;24;"Du divertissement dans la Chine et le Japon anciens ;";N°20/1998;;;"<p style=""text-align: justify;"">Estampes ludiques, joutes poétiques, jeux mathématiques - le plaisir est dangereux mais il est propice aux arts. En témoigne ici la réflexion venue du bouddhisme chinois ou du Japon ancien, et relancée pour débat hors Extrême-Orient.</p>";"<p><strong><span>François Martin, Jacqueline Pigeot et Karine Chemla<br /> </span></strong><em><span>Homo Ludens</span></em><span> Extrême-Orientalis</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I. Les critiques du divertissement</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Stephen Owen<br /> </span></strong><span>The Difficulty of Pleasure</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Magnin<br /> </span></strong><span>Le divertissement dans le bouddhisme chinois, entre ascèse et « moyens appropriés »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Pigeot<br /> </span></strong><span>Jeux, divertissements, femmes de divertissement dans le Japon ancien</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>II. Dans l'espace du divertissement</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>La création de l'art poétique par le divertissement en Chine ancienne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marianne Simon<br /> </span></strong><span>Un cas particulier d'estampes ludiques : les images en écriture de l'époque d'Edo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Annick Horiuchi<br /> </span></strong><span>Les mathématiques peuvent-elles n'être que pur divertissement ? Une analyse des tablettes votives de mathématiques à l'époque d'Edo</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III. Regards extérieurs</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gérard Colas<br /> </span></strong><span>Jeux humains, jeux divins. Vues indiennes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Lissarrague<br /> </span></strong><span>Mathématiques, poésie, jeux de banquets : quelques divertissements grecs</span></p>";;10/10/1998;20;155x220;176;978-2-84292-045-6;9782842920456;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_74.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stephen OWEN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La difficulté du plaisir »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La tradition chinoise a résolu le problème de la représentation littéraire du désir (conceptualisé comme un processus allant de l'absence à l'excès) par un double mouvement de stimulation suivie d'une retenue. Les textes les plus anciens examinés ici traitent de divertissements royaux dans lesquels une trajectoire vers l'excès est interrompue par un arrêt brusque du divertissement ou par le retour de la résolution morale. Les textes plus tardifs, à partir du milieu du IXe siècle, transforment ce double mouvement d'excitation et d'obstruction en une absorption tendue, dans laquelle le locuteur poète a l'attention figée sur une image du désir, mais ne peut ni aller de l'avant pour l'atteindre, ni se retirer.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul MAGNIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le divertissement dans le bouddhisme chinois, entre ascèse et ""moyens appropriés"" »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une contradiction apparente existe dans les textes bouddhiques chinois relatifs au divertissement. Les uns soulignent l'interdiction faite à tout bouddhiste de s'y adonner, les autres semblent prôner toute forme de loisir. En réalité la valeur morale attachée au divertissement est indissociable de l'utilité que lui donne un être conscient, réfléchi et volontaire. Elle doit être appréciée en fonction de règles qui entrent soit dans le champ de la ""moralité en général"", soit dans celui de la ""moralité d'engagement"". En outre dans la perspective du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">bodhisattva</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, le divertissement devient un ""moyen approprié"" pour attirer les êtres vers le bien et vers l'illumination. L'exemple du ""jeu de l'agrafe cachée"" à l'honneur lors des fêtes du nouvel an au sein de la communauté bouddhique, et notamment des associations, permet de mieux comprendre l'esprit et la fonction du divertissement en général. Toutefois il existe une forme supérieure de divertissement au coeur du samadhi par lequel s'affirme la parfaite maîtrise de soi et la faculté d'agir à sa guise parce qu'on a dépassé toute dualité et toute recherche des particularités et des différenciations.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline PIGEOT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Des jeux d'enfants aux concerts célestes : les représentations du divertissement dans le Japon ancien »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si la notion d'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">asobi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dans le Japon ancien semble recouvrir celle de ""jeu"" en Occident, on observe cependant que le divertissement musical, accompagné de chansons et de danses, y occupe une place prépondérante. Or ces divertissements musicaux, puis, à leur suite, le jeu en général, ont été valorisés au cours des XIIe et XIIIe siècles dans une perspective bouddhique, les ""femmes de divertissement"" assumant dans ce processus un rôle essentiel. Les principales sources utilisées sont un recueil de chansons courtisanes, le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ryôjin hishô</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (XIIe siècle), ainsi que plusieurs recueils d'anecdotes édifiantes (XIIIe siècle).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les joutes poétiques dans la Chine médiévale »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les jeux poétiques, entendus comme compositions en commun, sont une des institutions pérennes de la culture chinoise. Le présent article vise d'abord à faire revivre la vogue dont ils furent l'objet aux Ve et VI e siècles, puis à tenter d'en rechercher la genèse dans les échanges de citations de l'Antiquité, avant de proposer d'y voir les ancêtres directs de l'épreuve poétique aux examens officiels, en soulignant que le talent de l'improvisation poétique comme marque du bon ministre sous-tend toute cette évolution.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marianne SIMON :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Un cas particulier d'estampes ludiques : les images en écriture de l'époque d'Edo »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> moji. e</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (images en écriture) de l'époque d'Edo (1603-1867) sont des images ludiques particulièrement ingénieuses, dans lesquelles des caractères d'écriture se trouvent combinés de manière à former de véritables figures. À partir de quelques exemples empruntés à des genres différents (une image faste de Fujiyoshi, une estampe poétique et un manuel de dessin de Hokusai, un recueil humoristique de Hanasanjin), l'article tente de montrer en quoi les procédés employés introduisent un écart, un jeu donc, entre l'apparence immédiate de l'image, et les structures qui en sous-tendent la construction.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annick HORIUCHI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les mathématiques peuvent-elles n'être que pur divertissement ? Une analyse des tablettes votives de mathématiques à l'époque d'Edo »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les mathématiques au Japon se seraient, dit-on, développées à l'époque d'Edo ""comme un magnifique art et un divertissement"". Les nombreuses tablettes de mathématiques (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">sangaku</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) présentées dans les sanctuaires et les temples en constitueraient la meilleure preuve. On se penchera ici sur le rôle joué par ces dernières dans le système de communication et de publicité mis en place par les spécialistes de l'époque. Nous montrerons que nombre de caractéristiques de ces tablettes, telles que l'accent mis sur l'esthétique, s'expliquent par des facteurs socioéconomiques, tels la rivalité des écoles situées pour l'essentiel dans la capitale et la professionnalisation du métier d'enseignant.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard COLAS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Jeux humains, jeux divins. Vues indiennes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La littérature sanskrite, comme celle de l'Extrême-Orient, plaide en faveur d'un hédonisme mesuré. Elle nous décrit des dandys cultivés, de classes aisées, qui pratiquent des jeux de toutes sortes, physiques et intellectuels, des monarques et notables, amateurs éclairés, qui entretiennent des poètes, choisis au terme de compétitions littéraires. Mais les belles-lettres n'ouvraient pas en Inde de carrière administrative comme elles le faisaient en Chine. Les jeux poétiques portent sur le sens et sur la forme des énoncés, ils sont multiples. La notion de sens suggéré (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">dhvani</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) y est fondamentale. L'Inde, comme l'Extrême-Orient, associe le divertissement à l'enseignement profane et religieux. Mais elle donne aussi de la notion de jeu une interprétation métaphysique et transcendante. Dépassant une compréhension purement négative de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">maya</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (""illusion""), les textes religieux hindous présentent un dieu lui-même créateur de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">maya</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et le monde comme un jeu divin. L'intérêt indien pour le théâtre reflète en partie cette conception.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François LISSARAGUE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Mathématiques, poésie, jeux de banquets : quelques divertissements grecs »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il n'y a pas en grec de terme unique pour désigner la catégorie du jeu et du divertissement. On est renvoyé soit à l'enfance (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">paizô</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), soit à la compétition (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">agôn</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). Les performances poétiques correspondent à ces deux plans : concours de récitation et jeux au banquet, dont l'article analyse divers aspects.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stephen Owen : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Difficulty of Pleasure »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Chinese tradition solved the problem of literary representation of desire (conceptualized as a process moving from absence to excess) by a double movement of stimulation followed by restraint. The earliest texts examined here treat royal entertainments in which a trajectory to excess is blocked either by abruptly stopping the entertainment or by a reflux of moral resolution. The latest texts, from the mid-ninth century, transform that double movement of excitement and blockage into a tense absorbtion, in which the poetic speaker has his attention fixed on an image of desire, but can neither advance to reach it nor withdraw.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Magnin : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Entertainment in Chinese Buddhism, between asceticism and ""expedient means"" »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">There seems to be a contradiction in Chinese Buddhist texts concerning entertainment. Some stress the prohibition for any Buddhist to indulge in entertainment. Others seemingly extol any kind of leisure. In fact, the moral value placed in entertainment is intimately linked to the usefulness which a sentient being attaches to it. This value is best appreciated according to rules belonging to either ""common morality"" or the ""morality of commitment"". Furthermore, for the Bodhisattva, entertainment becomes an ""expedient means"" to attract beings towards the Good and Enlightenment. The instance of the ""game of the hidden hook"" allows for a better understanding of the spirit and function of entertainment in general. However, a higher form of entertainment is discussed, through which mastery of the self and the faculty of acting freely are reached.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Pigeot : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« From children's games to celestial concerts : representations of entertainement in early Japan »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Although the notion of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Asobi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in ancient Japan corresponds broadly to the concept of ""game"" in the West, musical entertainment, including songs and dances, constituted an important part of it. These musical entertainments and, consequently, games in general were highly valued during the 12th and the 13th centuries from the Buddhist perspective. Female entertainers played a crucial part in this process. The main sources used in this article are a compilation of courtesans'songs, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ryôjin hishô</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (12th c.), as well as several collections of edifying anecdotes (13th c.)</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Martin : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Poetical tournaments in medieval China »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poetical games, defined as collective composition, are among the perennial institutions of Chinese culture. The present article aims first to recapture the prevailing fashion for this kind of entertainment in the 5th and 6th centuries. The author then examines exchanges of poetic citations in ancient China as its antecedents, and tests in the composition of verse within the official examinations system as a direct outcome. An underlying assumption throughout this development was that a capacity for poetical improvisation was the trait of a worthy minister and courtier.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marianne Simon : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« A particular instance of playful prints : the images in writing of<br /> the Edo period »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> moji. e</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of the Edo period (1603-1867) are an ingenious type of playful image, in which written characters are combined to create the shapes of figures or objects. This paper concentrates on a few examples representing different genres (a good-luck print by Fujiyoshi, a poetic print, a drawing manual by Hokusai, a collection of amusing figures by Hanasanjin), illustrating the techniques employed to create a playful distance between the immediate appearance of the image and its underlying structures.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annick Horiuchi : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Can mathematics be pure entertainment ?</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An an</span></strong></p>";290;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Que le divertissement soit signe et source de malheur, la tradition moraliste occidentale nous l'a laissé entendre depuis quelques siècles. Le bouddhisme chinois, le Japon ancien avaient de longue date cerné le danger du plaisir, les institutions qui le portent, les périls qui s'y attachent. Mais ils avaient aussi, d'un même geste, désigné la place que peut trouver, dans l'espace du divertissement, l'épanouissement des arts et des savoirs. Ce numéro approche donc, en deux mouvements successifs, la double pensée du divertissement dans les civilisations anciennes de l'Extrême-Orient. L'analyse interroge le rapport variable des plaisirs aux différents acteurs et groupes sociaux. Elle donne ensuite la parole, pour une reprise différentielle, à un indianiste et à un helléniste.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 75;1;6;24;Divination et rationalité en Chine ancienne;N°21/1999;;;"<p style=""text-align: justify;"">Divination par l'os ou par l'écaille de tortue, déchiffrement des signes oraculaires, histoire des techniques divinatoires et médecine, impact de l""activité divinatoire sur le droit... Autant d'axes de réflexion sur la divination et la rationalité en Chine ancienne.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Karine Chemla et Marc Kalinowski<br /> </span></strong><span>Présentation : divination et rationalité en Chine ancienne</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span>I. Pratiques discursives</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Redouane Djamouri<br /> </span></strong><span>Écriture et divination sous les Shang</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marc Kalinowski<br /> </span></strong><span>La rhétorique oraculaire dans les chroniques anciennes de la Chine. Une étude des discours prédictifs dans le </span><em><span>Zuozhuan</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Levi<br /> </span></strong><span>Pratiques divinatoires, conjectures et critique rationaliste à l'époque des Royaumes Combattants</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>John Henderson<br /> </span></strong><span>Divination and Confucian Exegesis</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong><span>II. Techniques symboliques</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Donald Harper<br /> </span></strong><span>Physicians and Diviners : The Relation of Divination to the Medicine of the </span><em><span>Huangdi neijing</span></em><span> (Inner canon of the Yellow Thearch)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mark Csikszentmihalyi<br /> </span></strong><span>Severity and lenience : Divination and law in early imperial China</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jérôme Bourgon<br /> </span></strong><span>Le rôle des schémas divinatoires dans la codification du droit chinois. À propos du </span><em><span>Commentaire du code des Jin</span></em><span> par Zhang Fei</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>III. Regards extérieurs</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Jacques Glassner<br /> </span></strong><span>Questions mésopotamiennes sur la divination</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Geoffrey Lloyd<br /> </span></strong><span>Divination : traditions and controversies, Chinese and Greek</span></p><p> </p><p><span>Résumés en français<br /> English Summaries</span></p>";;10/10/1999;21;155x220;176;978-2-84292-063-0;978-2-84292-063-0;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;EXO21.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Redouane DJAMOURI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Écriture et divination sous les Shang »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Après un bref exposé des principes techniques de la divination par l'os et l'écaille de tortue pratiquée en Chine à la cour des Shang (XIVe-XIe siècle avant notre ère), l'article rappelle les principales tentatives décrivant l'articulation entre cette pratique et les croyances religieuses de l'époque. Par ailleurs, un certain nombre d'observations viennent témoigner du fait que les inscriptions gravées sur les os et écailles en question n'avaient pas en elles-mêmes (dans leur matérialité scripturaire) de valeur divinatoire ou incantatoire. L'hypothèse proposée ici est que l'acte divinatoire dans sa technicité et l'acte scripturaire dans toute sa dimension langagière correspondent à deux artefacts et répondent en fait à deux types différents de rationalité.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc KALINOWSKI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La rhétorique oraculaire dans les chroniques anciennes de la Chine. Une étude des discours prédictifs dans le Zuozhuan »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article étudie les discours prédictifs dans les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chroniques de Zuo </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zuozhuan</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ; IVe siècle avant notre ère). Après avoir dégagé les facteurs qui permettent de considérer ces discours comme un genre littéraire particulier, à mi-chemin entre le mode discursif des argumentations de conseillers et le mode oraculaire des consultations divinatoires, il analyse leur incidence sur la composition de l'ouvrage. Puis, l'auteur considère les liens qui existent entre la rhétorique oraculaire des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chroniques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, la tradition des scribes préimpériaux et les mouvements d'idées à l'époque des Royaumes combattants.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LEVI :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Pratiques divinatoires, conjectures et critique rationaliste à l'époque des Royaumes Combattants »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En Chine ancienne, il n'y a pas de solution de continuité entre les supputations fondées sur l'analyse des indices fournis par la réalité concrète et le déchiffrement des configurations hexagrammatiques obtenues par la manipulation des bâtonnets d'achillée. Aussi, lorsqu'un Han Fei critique ces pratiques, ce n'est pas seulement la magie et la superstition qui sont visées, mais un mode de connaissance qui prétendrait faire l'économie d'une confrontation avec le réel.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John HENDERSON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Divination et exégèse »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'exégèse des classiques confucéens, et en particulier celle du Livre </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">des mutations et des Annales des printemps et automnes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, peut être mise en rapport avec les arts mantiques de plusieurs manières : d'abord par le fait de remonter très probablement à des origines divinatoires, puis par le fait de remplir les mêmes fonctions sociales et intellectuelles que la divination, et enfin parce qu'elle repose sur des hypothèses similaires quant à la nature de ses supports (le texte canonique d'une part et le matériau mantique de l'autre).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Donald HARPER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Médecins et devins : la relation de la divination à la médecine du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huangdi neijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (Livre interne de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Empereur Jaune</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour ce qui est de leur arrière-plan social et intellectuel, les médecins-auteurs du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huangdi neijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre interne de l'Empereur jaune</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ; compilé vers le Ier siècle avant notre ère) faisaient partie des mêmes milieux que les devins, les astrologues et les autres spécialistes de savoirs techniques. Une analyse des passages pertinents dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre interne</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> &endash; réalisée à la lumière de manuscrits récemment exhumés traitant de médecine et de divination &endash; montre combien la théorie et la pratique médicales reflétées dans cet ouvrage ont subi l'influence de traditions mantiques contemporaines. Les évidences fournies par les manuscrits permettent une compréhension non seulement nouvelle mais aussi plus juste du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livre interne</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, tout en situant l'étude du développement de la médecine chinoise ancienne dans une perspective élargie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mark CSIKSZENTMIHALYI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Sévérité et indulgence : divination et loi dans la Chine des débuts de l'Empire »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Même si le rapport entre pratiques juridiques et divinatoires n'apparaît pas dans les codes légaux en tant que tels, ceci ne veut pas dire qu'il n'existait entre elles aucun lien. Un examen des débats sur le bien-fondé des interprétations du résultat de procédures techniques mises en oeuvre dans chaque domaine montre qu'à partir des Han ces pratiques étaient conçues selon des modalités semblables. Un exemple concret de cette ressemblance réside dans l'impact exercé par l'opposition entre le souple et le dur &endash; centrale dans la divination par l'achillée &endash; sur les premiers débats concernant la prise en compte de valeurs éthiques dans le contexte judiciaire.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme BOURGON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le rôle des schémas divinatoires dans la codification du droit chinois</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À propos du Commentaire du code des Jin par Zhang Fei »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ce n'est qu'à partir du IIIe siècle de notre ère que les lois pénales chinoises ont été véritablement codifiées. L'exégèse du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> par l'école des Mystères a inspiré à Zhang Fei trois principes qui furent à la base de la codification classique des Tang : grâce à sa structuration interne le code fournit un ensemble complet suffisant à couvrir toutes les infractions ; les châtiments suivent des règles permettant de mettre toutes les parties du code en cohérence ; les lois recèlent des ""raisons"" permettant de les appliquer aux cas imprévus.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Jacques GLASSNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Questions mésopotamiennes sur la<br /> divination »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelques jalons pour une approche comparative des divinations chinoises et mésopotamiennes : mobiles de l'invention de l'écriture, l'écriture comme gamme de techniques aptes à créer des possibilités nouvelles d'action sociale, rôles respectifs du roi et de l'exorciste, divination et rationalités multiples, divination et écriture de l'histoire.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Divination : traditions et controverses en Chine et en Grèce »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur rappelle les enjeux du programme d'étude de la divination lancé dans les années 50 et oriente son examen comparatif vers la distribution des rhétoriques les plus souvent mobilisées par divers groupes sociaux, en Chine et en Grèce, pour marquer la continuité ou l'opposition de leurs activités avec les pratiques divinatoires. À cette fin, il fait le tour des sources grecques disponibles, évoque la diversité des attitudes vis-à-vis de la divination et souligne comment une rhétorique assez généralisée de démarcation, servie par le développement d'analyses épistémologiques, recouvre parfois une réelle continuité de manières de faire.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Redouane DJAMOURI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Writing and divination during the Shang dynasty »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">After a brief exposition of the main techniques of divination using bones and tortoise shells which were practised during the Shang dynasty (14th-11th century B.C.) in China, this article reviews the main endeavours to describe the relationship between this practice and the religious beliefs of that period. It is shown that pieces of evidence bear witness to the fact that the inscriptions engraved on bones and shells were not in themselves of the nature of divinations or incantations according to their textual characteristics. The hypothesis proposed here is that the act of divination in its practice and the act of writing from all its linguistics dimensions correspond to two artefacts and correlate in fact to two different types of rationality.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc KALINOWSKI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The oracular rhetoric of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zuo Chronicle</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This article is a study of predictive discourse in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zuo Chronicle</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> attached to the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Spring and Autumn Annals</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (ca. fourth century B.C.). After ascertaining features of this type of discourse that place it as a literary genre halfway between the discursive arguments of counsellors and the oracular pronouncements in divinatory consultations, the author analyses its bearing on the composition of the work as a whole. Then, he examines the links between the oracular rhetoric of the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Chronicle</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and the role of scribes in pre-imperial China on one side, and the intellectual trends during the Warring States period on the other.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean LEVI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Divinatory practice, conjecture and rationalist criticism during the Warring States period »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In ancient China, there is a continuity between the evaluation of hints furnished by reality and the decipherment of hexagrams obtained by means of milfoil divination. Thus when someone like Han Fei criticizes divination, his goal is not only magic and superstition, but a mode of knowledge that claimed to offer a shortcut to the confrontation with reality.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John HENDERSON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">""Divination and Confucian Exegesis »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Exegesis of the Confucian classics, especially of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Changes Classic</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I-Ching </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) and the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Spring and Autumn Annals</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ch'un-ch'iu </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), is connected to the arts of divination in several ways : it may be plausibly traced back to divinatory origins, may perform some of the same social and intellectual functions as divination, and is based on similar assumptions about the nature of the source (the classic or the divinatory set).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Donald HARPER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Physicians and Diviners : The Relation of Divination to the Medicine of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huangdi neijing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em></em></strong></p>";0;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans la lignée et à la suite des travaux menés ultérieurement sur les pratiques divinatoires , les auteurs de ce numéro s'interrogent sur les éléments qui les constituent (nature des signes, technique de lecture de ces signes, mode de raisonnement pour leur interprétation; etc.) et sur les processus historiques qui les traversent.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 497;1;3;27;Humanisme et découvertes géographiques;N°58/2010;;;"<p style=""text-align: justify;"">Mise en perspective des rapports entre humanisme, culture savante et découverte du monde.</p>";"<div><p>Avant-propos<br /><strong> Nathalie Bouloux</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Le regard de la postérité. L’âge des découvertes vu au xviie siècle et au xviiie siècle<br /><strong> Marica Milanesi</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Ange Politien et les « autres mondes » : l’attitude d’un humaniste florentin du xve siècle face aux explorations portugaises<br /><strong> Jean-Marc Mandosio</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Avant Behaim : les globes terrestres au xve siècle<br /><strong> Patrick Gautier Dalché</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Le rôle de Venise dans la diffusion du livre de Marco Polo (xive-début xvie siècles)<br /><strong> Christine Gadrat</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Découvertes littéraires et géographiques au xve siècle. Le « Portolano 1 » de la Bibliothèque nationale centrale de Florence<br /><strong> Angelo Cattaneo</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">De la Grèce antique au voyage de Magellan. Les modèles humanistes d’Antonio Pigafetta et de Maximilianus Transylvanus<br /><strong> Emmanuelle Vagnon</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p><strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’écho des faits. Quelques remarques sur la prise en compte de la réalité sensible dans des textes optiques, astronomiques et musicaux du début du xive siècle<br /> <strong>Matthieu Husson</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">L’exercice du pouvoir par Bérenger Ier roi d’Italie (888-915) et empereur (915-924)<br /><strong> Laurent Feller</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>POINT DE VUE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’histoire toute crue : la Première Croisade au miroir de son Histoire<br /><strong> Damien Kempf et Marcus Bull</strong></p><p><em> </em></p><p><em>Notes de lecture</em><br /> <em>Livres reçus</em></p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/07/2010;58;155x220;192;978-2-84292-260-3;9782842922603;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_497.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Marica MILANESI</em><br /><strong>Le regard de la postérité. L’âge des découvertes vu au xviie siècle et au xviiie siècle<br /></strong>Au XIXème sicèle, on a fait un grand usage de l'idée des ""grandes découvertes géographiques"" comme phénomène circonscrit au ""siècle des découvertes"", inauguré par Christophe Colomb et Vasco de Gamma, universellement accepté comme point de départ d'un nouveau moment de l'histoire du monde. Cet article cherche à démontrer qu'au XVII et XVIIIème siècles, la définition chronologique des ""grandes découvertes géographiques"" et l'importance qu'on leur attribuait étaient diverses et liées aux stratégies politiques des Etats. Après le dernier quart du XVIème siècle, les découvertes ne sont plus considérées comme un moteur de grand progrès dans la connaissance, comme c'était le cas dans la première moitié de ce sicèle. Dans la seconde moitié du XVIIème siècle, elles étaient considérées comme porteuses d'erreurs et de certitudes erronnées dont la géographie devait se libérer par l'exploration systématique et l'usage de l'observation astronomique : c'est ce processus de correction qui était considéré par ses protagonistes comme la vraie époque des grandes découvertes géographiques.<br />Découvertes - géographie - cartographie - Venis - France<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Marc MANDOSIO</em><br /><strong>Ange Politien et les « autres mondes » : l’attitude d’un humaniste florentin du xve siècle face aux explorations portugaises<br /></strong>Dans sa célèbre lettre au roi Jean II, Politien loue les Portugais pour leurs remarquables succès : la conquête (partielle) du Maroc et l'exploration de l'océan Atlantique et des côtes africaines. Sa référence à d'""autres mondes"" a conduit certains interprètes à y voir une prémonition de la découverte de l'Amérique et à faire de Politien le héraut d'une nouvelle conception du monde. En réalité, il est surtout intéressé par l'expansion de la chrétienté et par la confirmation de la science antique. La comparaison avec les discours du Pogge, de Flavio Biondo et de Vasco Fernandes de Lucena sur les mêmes sujets montre que Politien ne dit rien de nouveau et que son attitude envers la modernité est plus ambiguë que celle de ses prédécesseurs. <strong><br /></strong>Florence - Protugal - Humanisme - Navigations - Afrique<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Patrick Gautier DALCHE</em><br /><strong>Avant Behaim : les globes terrestres au xve siècle</strong><br />L'article examine d'abord la question des éventuels antécédents antiques et médiévaux des globes attestés par des sources textuelles au XVème siècle. Ces premiers globes proviennent de la France du Nord-Est (1432), de Bourgogne (1440-1444) et d'Allemagne (1447-1450) ; ils ne devaient distinguer la surface de la terre que de façon sommaire ou shématique, mais les possibilités ""pratiques"" de mesure exacte des distances offertes par la tridimentionnalité de la représentation ne tardèrent pas à être perçues. Les premiers globes italiens apparaissent dans l'iconographie du dernier tiers du XVème sicèle : le disque plat de la terre habituel dans ces types iconographiques antérieurs est parfois remplacé par une image de l'oecumène ptoléméenne donnant ainsi l'illusion d'une sphère en trois dimensions. Le succès de cette image issue de globes réels fabriqués à Florence par Nicolaus Germanus provient de l'intense travail de réflexion théorique sur les différents modes de représentation cartographique qui s'étaient développés en Allemagne à la suite de la réception de la <em>Géographie</em> de Ptolémée. Le fait de figurer la terre et les cieux par des objets distincts traduisait un rapport différent où la terre n'était plus dans une situation subordonnée mais constituait un objet en soi, sur lequel pouvait s'exercer une réflexion autonome. Ces globes permettaient en outre une vision de la terre tout entière et non plus limitée à l'oecumène. <br />globes terrestres - Florence - Ptolémée - Nicolas Germanus - Henricus Martellus </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Christine GADRAT</em><br /><strong>Le rôle de Venise dans la diffusion du livre de Marco Polo (xive-début xvie siècles)<br /></strong>Quel rôle Venise a-t-elle joué dans la diffusion du récit de son citoyen ? Les témoignages de la tradition textuelle, s'ils montrent qu'un nombre important de versions et de traductions du texte, en vénitien ou en latin, a été élaboré à Venise ou en Vénétie, font cependant rejeter l'idée d'une politique éditoriale mise en place par les autorités de la cité. Il est néanmoins possible que certains soient venus chercher à Venise l'oeuvre d'un auteur qu'ils savaient vénitien et dont ils pensaient qu'il avait écrit dans sa langue maternelle, comme le fit Rodriguo de Santaella au début du XVIème siècle. La réception du texte à Venise même connaît deux moments importants : chez les Dominicains au milieu du XIVème siècle, et dans le cadre de projets géographiques (comme le mappemonde de Fra Mauro) au XVème siècle.<br />Marco Polo - Venise - tradition textuelle - géographie médiévale </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Angelo CATTANEO</em><br /><strong>Découvertes littéraires et géographiques au xve siècle. Le « Portolano 1 » de la Bibliothèque nationale centrale de Florence<br /></strong>La <em>mappa mundi</em> cotée ""Portolano 1"" de la Bibliothèque nationale centrale de Florence, dessinée par un cartographe anonyme en 1457, est l'un des documents les plus importants montrant l<em>'imago mundi</em> du milieu du XVème , juste avant les grandes découvertes ibériques. La carte est un riche résumé des innovations géographiques discutées dans les cercles humanistes (dans le domaine littéraire comme dans celui des découvertes géographiques). Fondée sur une nouvelle transcription, l'analyse de la carte (texte, cartographie, iconographie) montre que plusieurs de ses caractères viennent à la fois des cartes de Ptolémée et des cartes marines, combinées avec les auteurs antiques (en particulier Pomponius Mela et Solin), les <em>Etymologies</em> d'Isidore de Séville, et le livre IV du <em>Varietate fortunae</em> de Poggio Bracciolini qui transmet le voyage en Inde de Niccolo de'Conti, dans le but de construire une image du monde compréhensible, à l'échelle de l'oecumène. Une étude archivistique permet d'étayer l'hypothèse selon laquelle la <em>mappa mundi </em>se trouvait dans la collection ducale des Médicis, et faisait partie du corpus de cartes exposées dans la ""stanza delle matematiche"" au Palais des Offices, au jusqu'au début du XVIIème siècle. L'analyse du ""Portolano 1"" révèle la continuité du statut épistémologique de la cosmographie entre la fin du Moyen Age et le début de la période moderne. A cette époque, nul conflit direct entre l'""ancien"" et le ""moderne"" ; on ne peut trouver aucun progrès ou déclin dans l'histoire de la cosmographie et de la cartographie anciennes. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Emmanuelle VAGNON</em><br /><strong>De la Grèce antique au voyage de Magellan. Les modèles humanistes d’Antonio Pigafetta et de Maximilianus Transylvanus<br /></strong>Le voyage de Fernand de Magellan et de ses marins est connu par plusieurs sources différentes dont le témoignage direct d'Antonio Pigafetta (1523) et la lettre de Maximilianus Transylvanus, secréataire de Charles Quint (1522). Ces deux exemples montrent à quel point ces récits d'un des épisode les plus remarquables des Grandes Découvertes s'inscrivent dans un rapport ambigu de rupture mais aussi d'hommages par rapport au savoir humaniste, tout en requérant les supports éditoriaux conformes aux goûts des cercles cultivés de l'époque. Les manuscrits de Pigafetta rappellent la forme de l'i<em>solario</em>, genre cartographique inauguré par l'oeuvre de l'humaniste florentin Cristoforo Buondelmonti au XVème siècle, et très imité au début du XVIème sècle. Maximilianus Transylvanus utilise des références à la géographie de l'Antiquité pour souligner l'apport des nouvelles découvertes<br /> récit de voyage - grandes découvertes - <em>isolario</em> - cartes - humanisme</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Matthieu HUSSON</em><br /><strong>L’écho des faits. Quelques remarques sur la prise en compte de la réalité sensible dans des textes optiques, astronomiques et musicaux du début du xive siècle<br /></strong>Les études sur les différentes formes d'empirisme développées par les sciences médiévales sont nombreuses. De la monographie sur un auteur particulier jusqu'à la vaste synthèse, en passant par des études sur l'instrumentation d'une discipline ou le vocabulaire employé pour décrire les expériences et observations, ces travaux ont formé l'image de sciences médiévales qui certes ne disposaient pas de méthodes expérimentales <em>stricto sensu</em> mais possédaient toute une gamme de moyens d'accès à la réalité sensible allant, dans un vocabulaire moderne, de la simple observation quotidienne jusqu'à la mise en place de dispositifs complexe de mesures. Les quelques remarques que présente cet article s'inscrivent pleinement dans ce cadre historiographique. Elles sont fondées sur l'étude de textes optiques, astronomiques et musicaux du début du quatorzième siècle dont certains sont devenus des classiques du genre comme l'<em>Expositio</em> de Jean de Murs ou le <em>De iride</em> de Thierry de Freiberg. Nous souhaitons mettre en lumière ici certaines différences entre ces trois disciplines. Le type de ""réalité"" qu'elles ont à étudier est bien différent. Ces spécificités apparaissent directement aux auteurs médiévaux par le biais de l'observation quotidienne, mais elles induisent aussi des contrastes importants au niveau des autres moyens d'accès à la réalité sensible.<br />expérience - quatorzième siècle - optique - musique - astronomie</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurent FELLER<br /></em><strong>L’exercice du pouvoir par Bérenger Ier roi d’Italie (888-915) et empereur (915-924)<br /></strong>Le but de cet article est d'étudier les transformations du pouvoir royal au moment où disparaissent les structures politiques carolingiennes. Ne plus faire partie d'un empire a des conséquences sur le fonctionnement pratique des institutions et transforme les modes de commandement. L'exemple mobilisé est celui de Bérenger Ier. Il est abordé à travers les rappels chronologiques nécessaires à la compréhension de l'histoire politique de l'italie de la fin du IVème et du début du XIème siècle et par une approche des préambules de ses diplômes. Une ébauche de comparaison avec ceux des derniers Carolingiens (Charles le Chauve et Louis II) et ceux des rois contemporains de Bérenger (Eudes et Charles le Simple) est proposée. Elle tend à montrer que le don royal demeure central dans les techniques de gouvernement mais qu'il change de signification au fur et à mesure que l'on s'avance dans la période. Gratuit pour Charles le Chauve pour qui la capacité à donner est un signe de souveraineté, il tend à devenir rémunération des services pour Charles le Simple comme pour Bérenger.<br />Italie - Haut Moyen Age - don - Bérenger Ier - pouvoir royal </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em><strong><br /></strong></em></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Marica MILANESI<br /></em><strong>The viewpoint of Posterity. The Age of Discoveries seen through the Seventeenth and Eighteenth Centuries</strong><em><br /></em>In the nineteenth century, it was not unusual to consider the idea of the ""Great Geographical Discoveries"" as a phenomenon confined to the ""century of discoveries"", pioneered by Christopher Columbus and Vasco da Gama, which was universally accepted as the starting point of anew turn in the history of the world. The aim of this article is to prove that in the seventeenth and eighteenth century the chronological definition of the ""Great Geographical Discoveries"" and the importance given to those discoveries were varied and depended on the political strategies of governments. After the last quarter of the sixteenth century, discoveries were no longer considered as responsible for significant progress in knowledge, a sharp contrast to what they had represented in the first half of that century. During the second half of the seventeenth century, they were seen as full of mistakes and erroneous certainties of wich geography had to free itself by systematic exploration and the use of observational astronomy : it was that corrective process which was considered by its protagonists as the real era of the Great Geographical Discoveries. <br />Discoveries - geography - cartography - Venice - France</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Marc MANDOSIO</em><br /><strong>Angelo Poliziano and the ""Other Worlds"" : a Fifteenth Century Florentine Humanist's Attitude towards Portuguese Explorations</strong><br />In his celebrated letter to the king John II, Poliziano praised the Portuguese for their remarkable achievements : the (partial) conquest of Morocco and the exploration of the Atlantic Ocean and the African coasts. His reference to ""new worlds"" led some interpreters to see it as a premonition of the discovery of America, and Poliziano as the herald of a new conception of the world. Actually, he was primarily interested in the expansion of Christendom and in the confirmation of antique knowledge. A comparison with Poggio Bracciolini's, Flavio Biondo's and Vasco Fernandes de Lucena's discourses on the same topics shows that Poliziano didn't say anything new, and that his attitude towards modernity is more ambiguous than that of his predecessors. <br />Florence - Portugal - Humanism - Navigations - Africa</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Patrick Gautier DALCHE</em><br /><strong>Before Behaim : the Terrestrial Globes during the Fifteenth Century<br /></strong>After an analysis of the potential ancient and medieval antecedents attested by textual sources, the present article studies the earliest globes, from NE France (1432), Burgundy (1440-1444) and Germany (1447-1450). They are supposed to present just a basic, schematic distinction of the surface of the earth, but the ""pratical"" possibilities offered by this three-dimentional representation for a precise measure of distances had been promptly remarked. The first Italian globes appeared in the iconography of the last third of the fifteenth century (manuscript decoration and paintings) : the flat disc of the earth, common in previous iconographic representations , was sometimes replaced by an image of the Ptolemean oekoumene, thus giving the illusion of the three-dimensional sphere. The success of this image, inspired by real globes made at Florence by Nicolaus Germanus, can be explained by the intense effort of theoretical reflection upon the different methods of cartographic representations developed in Germany, as a consequence of the reception of Ptolemy's <em>Geography</em><strong>.</strong> Shaping the earth and the sky as different objects reflected a peculiar relationship between the two, as the earth was not a subordinate, but an independent object, upon which an autonomous thinking could be developed. Moreover, theses globes allowed the vision of the entire earth, not only of the oekoumene.<br />Terrestrial Globes - Florence - Ptolemy - Nicolaus Germanus - Henricus Martellus</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Christine GADRAT<br /></em><strong>Venice and the diffusion of Marco Polo's Book (Fourteenth - Beginning of the Sixteenth Centuries)</strong><em><br /></em>Which part did Venice play in the diffusion of its citizen's narrative ? The textual tradition shows that many versions and translations, to venetian or to lain, were made in Venice or in The Venetian area, but we must rejact the idea of an editorial policy constructed by the city. Nevertheless, it is possible that some went to Venice in order to look for a book whose author they knew was Venitian and, they thought, has written in his mother tongue, as did Rodrigo de Santaella at the beginning of the sixteenth century. The reception of this text in Venice itself can be traced at two moments : inside the Dominican order in the middle of the fourteenth century, and in geographical projects (like Fra Mauro's mappamundi) in the fifteenth century.<br />Marco Polo - Venice - textual tradition - medieval geography<em> </em></p><p style=""text-align: justify;""><em><br /></em></p><p style=""text-align: justify;""><em><br /></em></p><p style=""text-align: justify;""><em>Angelo CATTANEO<br /></em><strong>Literary and geographic Discoveries in the Fifteenth Century. The ""Portalono 1"" of the Biblioteca nazionale centrale of Florence</strong><em><br /></em>The <em>mappa mundi</em> shelf marked ""Portalono 1"" of the Biblioteca Nazionale Centrale of Florence<em>, </em>drawn by a anonymous cartographer in 1457, is one of the most important documents showing the mid-fifteenth century <em>imago mundi </em>just prior to Iberian navigations. The map displays a rich compendium of the geographical innovations (both literary as well as geographicla discoveries) discussed in humanistic circles around the mid fifteenth century. Based on new transcription, the general analysis of the map (text, cartography, iconography) attests to how several features derived from both Ptolemaic ans nautical cartography were combined with Classical authors (in particular Pomponius Mela and Soline), Isidore of Seville's <em>Etymologiae</em> (for the depiction of Africa and the rich iconography of the map) and Poggio Bracciolini's Book IV of the <em>De varietate fortunae</em> transmitting Niccolo de' Conti's <em>Travel to India </em>(for the representation of Asia) to the purpose of a comprehensive reconstruction of the world picture on an ecumenical scale. Archival research has made it possible to support the hypothesis that this <em>mappa mundi </em>was part of the Medici Ducal collections and belonged to the <em>corpus</em> of maps on display in the Stanza delle matematiche in the Iffizi Palace at least since the beginning of the seventeenth century. The analysis of the ""Portolano 1"" reveals the continuity, or <em>longue durée</em>, of the epistemological statuts of cosmography between the late Middle Ages and the beginning of the modern period : in this period there was no direct flow from ""ancient"" to ""modern"" ; thus neither progressnor decline in the history of cosmography and ancient cartography can be found.<br />""Portolano 1"" (Central Library of Florence - cartography - Ptolemy - Niccolo de'Conti - Medici's collection</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Emmanuelle VAGNON<br /></em><strong>From Ancient Greece to Magellan's Travel : Humanistic Models of Antonio Pigafetta and Maximilianus Transylvanus</strong><em><br /></em>The paper considers two accounts of Magellan's travel around the world : <em>the Navigation & découvrement de l'Inde supérieure & îles de Malucque</em>, by Antonio Pigafetta (form manuscripts of 1523-1525), and a <em>Letter </em>written by Maximilianus Transylvanus, dated 1522. It evaluates the humanistic practices and knowledge lying at the foundations of these works : the pictural and cartographic model of the <em>isolario</em> used by Pigafetta, the critical references to Ancient geography by Maximilianus Transylvanus.<br />travel narrative - great discoveries - <em>isolario</em> - maps - humanism</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Matthieu HUSSON<br /></em><strong>The echo of the events. Some remarks on the taking into account of perceived reality in the optical, astronomical and musical texts from the beginning of the fourteenth century</strong><em><br /></em>There are numerous studies of the different forms of empiricism developed by mediaeval science. From monographs devoted to a particular author up to vast syntheses, passing through studies of some specific instrument of a particular discipline or the vocabulary employed to describe experiments and observations, these studies have formed an image of mediaeval science that certainly did not have experimental methods at its disposition but that possessed a whole range of methods capable of perceiving reality going, in a modern vocabulary, form simple daily observations to the establishment of more complex system of measurement. The remarks presented in this article are fully situated in a historic perspective. They are based on the study of optical, astronomical and musical texts from the beginning of the 14th century of which some have become classics of the genre such as the Exposito of Jean de Murs or De Iride of Thierry de Freiberg. We wish to cast light on certain differences among these three disciplines. The type of ""reality"" that they study is quite different. Theses specificities are directly apparent to the mediaeval authors through daily observation but they also induce important contrasts at the level of other methods of perceiving reality.<br />experiment - fourteenth century - optics - music - astronomy </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em><br /></em></p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurent FELLER<br /></em><strong>The exercice of power by Berenger I, king of Italy (888-915) and emperor (915-924)</strong><em><br /></em>This article aims to study the transformations of regal power at the time of the disappearance of Carolingian political structures. The fact of being no longer part of an empire affects the way in which institutions operate in practice and transforms the exercise of authority. The example chosen is that of Berenger I. It is approached through chronological reminders necessary to the comprehension of Italy's political history from end of the ninth century to the beginning to the eleventh century, and through reference to the preambles of his diplomas. A comparison with those of the last Carolingians (Charles the Bald and Louis II) and of Berenger's contemporaries (Eudes and Charles the Simple) is outlined. It tends to show that, though the royal gift remains central to the techniques of government, its significance changes over the period. Free for Charles the Bald who sees a sign of sovereignty in the power to give, it tends to become, for both Charles the Simple and for Berenger, a means of remunerating services rendered.<br />italy - high Middle Ages - gift - Berenger I - Regal power</p>";298;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Éclairages nouveaux, questionnement des interprétations traditionnelles des grandes découvertes géographiques et clefs de compréhension des modalités d’intégration de ces nouveautés dans les structures de savoir habituelles.</p><p style=""text-align: justify;"">Les grandes découvertes ont été jusqu’à présent surtout analysées en termes de progrès des techniques maritimes et de la connaissance du globe, dans leurs conséquences économiques, sociales et politiques, et souvent interprétées comme la cause d’une rupture dans les modes de conception et de représentation de l’espace. Le rôle des humanistes et des textes anciens comme modernes qu’ils ont découverts et lus, a été sous-estimé, alors qu'ils ont joué un rôle fondamental aussi bien dans la possibilité de penser les découvertes que dans leur réception.</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro de <em>Médiévales</em> présente les communications d’une journée d’études organisée en 2009, avec la participation du Centre d’études supérieures de la Renaissance (Tours), de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (Paris, Orléans), du Centro de História de Além-Mar (Lisbonne) sur le thème « Humanisme et découvertes géographiques ».</p>";28/06/2010 15:37;0;Première édition;3386 76;1;6;24;Le rapport à la nature. Notes diverses;N°03/1983;;;"<p>Quelle place de l'homme dans l'univers ? Quelle solidarité de l'ordre naturel et de l'ordre humain ? Quelle conception du rapport de l'œuvre littéraire à la nature, au paysage, à l'émotion ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Sinologie et lieux communs</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Cheng<br /> </span></strong><span>De la place de l'homme dans l'univers : la conception de la triade Ciel-Terre-Homme à la fin de l'antiquité chinoise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Levi<br /> </span></strong><span>Solidarité de l'ordre de la nature et de l'ordre de la société : « loi » naturelle et « loi » sociale dans la pensée légiste de la Chine ancienne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>L'oeuvre et l'univers : imitation ou déploiement (limites à une conception mimétique de la création littéraire dans la tradition chinoise)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Chantal Chen<br /> </span></strong><span>Émotion et paysage : subjectivité et extériorité au sein de l'expérience poétique de la Chine</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><em><span>Notes de lecture</span></em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>I. La conception du monde naturel, en Chine et en Occident, selon Tang Junyi</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-François Di Meglio<br /> </span></strong><span>II. La nature comme « destin émanant du Ciel » d'après Mou Zongsan</span></p>";;10/07/1983;3;155x220;136;978-2-84292-955-8;978-2-84292-955-8;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_76.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 77;1;6;24;Du lettré à l'intellectuel. La relation au politique;N°04/1984;;;"<p>Qu'est-ce qui sépare le lettré de la tradition chinoise de l'intellectuel moderne que la Chine découvre en Occident à la fin du XIXe siècle ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Une divergence de spectre. Aux origines d'une valorisation possible du statut de l'intellectuel face au pouvoir : la relation du lettré et du prince selon Mencius</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Levi et Françoise Lachouque<br /> </span></strong><span>Note I - L'élimination des intellectuels par le pouvoir légiste</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Note II - Du sentiment d'oppression éprouvé par les intellectuels chinois face au pouvoir politique d'après Xu Fuguan</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Donald Holzman<br /> </span></strong><span>Le désengagement hors du politique : quelques notes sur l'évolution de la conception de la « retraite » dans la Chine ancienne et médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>L'indirect poétique : conditionnement politique et stratégie lettrée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marianne Bastid<br /> </span></strong><span>Note III - Les lettrés et l'« ordre moral » : la « prison des lettres », - censure et inquisition sous la dynastie des Qing</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Chevrier<br /> </span></strong><span>Chine, « fin de règne » du lettré ? Politique et culture à l'époque de l'occidentalisation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alain Roux<br /> </span></strong><span>Note IV - De la rupture avec la tradition lettrée aux incertitudes de l'engagement révolutionnaire : l'itinéraire de Qu Qiubai ou le refus d'être « un intellectuel de trop »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Catherine Gipoulon<br /> </span></strong><span>L'« intellectuel » au féminin : féminisme et révolution en Chine au début du XXe siècle</span></p>";;10/07/1984;4;155x220;174;978-2-84292-956-5;978-2-84292-956-5;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_77.gif;;;;0;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">Il convient de remonter à l'analyse des conditions de possibilité historique de l'une et l'autre de ces figures – le lettré et l'intellectuel – à partir de la particularité de leur rapport au politique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 78;1;3;24;La canonisation du Texte : aux origines d'une tradition;N°05/1984;;;"<p>Qu'en est-il au sein de la culture chinoise du rapport du texte et du commentaire, de la constitution d'une orthodoxie littéraire, du clivage du profane et du sacré ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Michel Charles<br /> </span></strong><span>Sur le point de vue</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Cheng<br /> </span></strong><span>La trame et la chaîne : aux origines de la constitution d'un corpus canonique au sein de la tradition confucéenne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Isabelle Robinet<br /> </span></strong><span>Polysémisme du texte canonique et syncrétisme des interprétations : étude taxinomique des commentaires du </span><em><span>Daodejing</span></em><span> au sein de la tradition chinoise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Martin<br /> </span></strong><span>Pratique anthologique et orthodoxie littéraire : le cas de deux anthologies parallèles en Chine au VIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Ni écriture sainte ni oeuvre classique : du statut du texte confucéen comme texte fondateur vis-à-vis de la civilisation chinoise</span></p><p> </p><p><strong><span>En annexe :<br /> </span></strong><span>Traduction : « En prenant les textes canoniques comme source »<br /> (</span><em><span>Wenxin diaolong,</span></em><span> chap. III)</span></p>";;10/09/1984;5;155x220;140;;;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_78.gif;;;;300;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">Texte modèle, Livre canonique, Écriture sainte ou oeuvre classique : qu'en est-il au sein de la culture chinoise du rapport du texte et du commentaire, de la constitution d'une orthodoxie littéraire, du clivage du profane et du sacré (de la littérature et de la Révélation) ? Ce qui revient à préciser ainsi la question : d'où peut procéder une canonisation du texte qui ne se met point en peine de support dogmatique, quelle peut être la nature d'une clôture qui, ne se doublant d'aucun alibi doctrinal, n'en est que plus efficace à promouvoir et conforter le consensus d'une civilisation ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 79;1;6;24;Une civilisation sans théologie ?;N°06/1985;;;"<p>Une civilisation sans théologie : qu'est-ce que c'est ? ou comment est-ce possible ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Le sens de la question</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Léon Vandermeersch<br /> </span></strong><span>Une tradition réfractaire à la Théologie : la Tradition confucianiste</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Essai : « Fonder » la morale, ou comment légitimer la transcendance de la moralité sans le support du dogme ou de la foi (au travers du Mencius)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Kristofer Schipper<br /> </span></strong><span>Chiens de paille et tigres en papier : une pratique rituelle et ses gloses au cours de la tradition chinoise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Magnin<br /> </span></strong><span>Le discours de la libération de l'homme : quelques traits caractéristiques de l'évolution du bouddhisme au sein de la tradition chinoise, nirvana, nature de buddha et culte d'Amitaba</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Joël Bellassen<br /> </span></strong><span>Point de vue : à propos d'une vision du monde, ou un jardin sans jardinier</span></p><p> </p><p><span>En annexe : un traité de bouddhisme chinois</span></p>";;10/06/1985;6;155x220;112;;;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_79.gif;;;;101;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">La question posée dans ce numéro est à lire de deux façons qui s'enchaînent. D'abord en interrogeant sa propre forme prédicative : la civilisation chinoise a-t-elle effectivement méconnu la tradition théologique - et pourquoi ? Mais aussi - en faisant porter la question sur l'ensemble de la formule (prise dès lors comme sujet d'une interrogation implicite) : une civilisation sans théologie : qu'est-ce que c'est ? ou comment est-ce possible ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 80;1;3;24;Le « Réel », L'« Imaginaire »;N°07/1985;;;"<p>Ce numéro pose à la fois dans les théories poétiques, dans les philosophies qui les sous-tendent, dans les textes et les œuvres de la littérature, la question même de l'éssence poétique de ces œuvres.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Louis Marin<br /> </span></strong><span>Avant-propos</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Louis Marin<br /> </span></strong><span>Paysages extrêmes, à l'occident</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jullien<br /> </span></strong><span>Naissance de l'« imagination » : essai de problématique au travers de la réflexion littéraire de la Chine et de l'Occident</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Remy Mathieu<br /> </span></strong><span>Note : Images de l'imaginaire dans la mythologie chinoise ancienne : des mythes solaires</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Pigeot<br /> </span></strong><span>La caille et le pluvier : l'imagination dans la poétique japonaise à l'époque du Shinkokin-shû</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Louis Boissier<br /> </span></strong><span>Pékin, pour mémoire. Journal d'un projet photographique</span></p>";;10/07/1985;7;155x220;136;;;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_80.gif;;;;300;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 81;1;3;24;En hommage à Patrick Destenay-Particularité de la langue - Originalité de l'art.;N°08/1986;;;;"<p><em><span> </span></em><strong><span>Jacques Guillermaz<br /> </span></strong><span>Patrick Destenay : in Memoriam </span></p><p><span><br /></span></p><p><strong><span>Patrick Destenay<br /> </span></strong><span>Zhang Guangyu, caricaturiste et imagier </span></p><p> </p><p><strong><span>Paul Kratochvil<br /> </span></strong><span>Subject or Topic ?</span></p><p> </p><p><strong><span>Alexis Rygaloff<br /> </span></strong><span>« <em>Wen</em> » and « <em>yan</em> » </span></p><p> </p><p><strong><span>Léon Vandermeersch<br /> </span></strong><span>Écriture et littérature en Chine </span></p><p> </p><p><strong><span>Jean-François Billeter<br /> </span></strong><span>La poésie chinoise et la réalité</span></p><p> </p><p><strong><span>Jacques Pimpaneau<br /> </span></strong><span>Différences ou ressemblances</span></p>";;10/03/1986;8;155x220;124;;;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_81.gif;;;;300;9.00;"<p>De l'art, de l'écriture et de la littérature en Chine... Quelles particularités pour l'art et la culture chinois ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 82;1;6;24;La référence à l'histoire;N°09/1987;;;"<p style=""text-align: justify;"">La Chine fonderait-elle ses valeurs dans une construction spécifique de la morale ne mettant en oeuvre ni une dogmatique, ni un concept abstrait de la Loi ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Yves Chevrier<br /> </span></strong><span>Une « compensation » par l'Histoire ?</span></p><p> </p><p><strong><span>Léon Vandermeersch<br /> </span></strong><span>Vérité historique et langage de l'Histoire en Chine</span></p><p> </p><p><strong><span>Anne Cheng<br /> </span></strong><span>La « Maison des Han » : avènement et fin de l'Histoire</span></p><p> </p><p><strong><span>Michel Cartier<br /> </span></strong><span>Mythes historiques ou histoire mythique</span></p><p> </p><p><strong><span>Ursula Richter<br /> </span></strong><span>La tradition de l'antitraditionalisme dans l'historiographie chinoise</span></p><p> </p><p><strong><span>Arif Dirlik<br /> </span></strong><span>Marxisme et Histoire chinoise : la globalisation du discours historique et la question de l'hégémonie dans la référence marxiste à l'Histoire</span></p><p> </p><p><strong><span>Angela K. Leung<br /> </span></strong><span>Note sur l'historiographie à Taiwan</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Post-Scriptum</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yves Chevrier<br /> </span></strong><span>La servante-maîtresse : condition de la référence à l'Histoire dans l'espace intellectuel chinois</span></p>";;10/03/1987;9;155x220;146;;;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_82.gif;;;;300;9.00;"<p style=""text-align: justify;""> De cette question procède celle de la référence à l'Histoire, considérée ici à travers les traits spécifiques et l'évolution de l'historiographie chinoise, comme moment essentiel dans l'instruction du procès sans loi par lequel la civilisation chinoise s'est jugée elle-même depuis les origines.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;4036 83;2;3;30;Le pluriel;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce premier volume, consacré au pluriel, fait une large place, en particulier, aux pluriels en -a et au pluriel des mots étrangers.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1- Pluriels réguliers</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2- Pluriels irréguliers</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3- Pluriel des mots en </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">co </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> go</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4- Pluriel des mots en </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ca </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ga</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5- Pluriel des mots masculins en </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">io</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6- Pluriel des mots féminins en </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ia</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7- Pluriel des mots féminins en</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ie</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8- Pluriel en </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">a</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9- Le pluriel des mots composés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10- Les mots invariables</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11- Variables ou un invariables</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12- Pluriels multiples pour singuliers multiples</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13- Problèmes de syntaxe</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Listes des ouvrages cités<br />Dictionnaire et grammaire consultés<br />Index</span></p>";;10/01/1978;1;155x220;148;978-284292-113-2;978-284292-113-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_83.jpg;;;;316;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 493;1;3;34;Déplacement des pratiques artistiques;N°10/2010;;;"<p style=""text-align: justify;"">Certaines disciplines artistiques tendent à assimiler des pratiques qui leur sont traditionnellement extérieures. Cette attitude s’inscrit dans les conditions de création en ce début de 21e siècle.</p>";"<div><p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Déplacements des pratiques artistiques</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">À la source de l'extra-disciplinarité : fixation par enregistrement et externalité de la musique au 20e siècle<br /><strong>Benoît Delaune</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Théâtralité et arts visuels : le paradoxe du spectateur. Autour de The World as a stage et <em>Un teatre sense teatre</em><br /><strong>Laure Fernandez</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Monde de l'école et monde de l'art... Quelques pratiques, interactions et problématiques induites par la présence des danseurs dans les classes ?<br /><strong>Sophie Necker</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Pratiques paysagères : introduction à une écologie culturelle humaniste<br /><strong>Stéphane Reboul</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">""L'artiste agent du changement social"" ou comment les politiques culturelles britanniques ont annexé la producton artistique au profit du programme du New Labour<br /><strong>Sophie Orlando</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong></p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><strong>Varia</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Cinéma et art contemporain, nouvelles approches de l'essai<br /><strong>Véronique Terrier Hermann</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">The Eggmen<br /><strong>Caroline Delieutraz</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretiens</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La question du commisariat d'exposition. Paul-Louis Rinuy, Gregor Podgorski et Rémy Jacquier<br /><strong>Hsui-ling Wang</strong></p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Notes de lectures, comptes rendus d'expositions</strong></p><p>Exposition ""<em><a href=""mailto:Elles@centrepompidou"">Elles@centrepompidou</a>""</em><br />Jérôme Glicenstein</p><p> </p><p>Michel Gauthier, ""Les promesses du zéro""<br />Nathalie Desmet</p><p> </p><p><strong>Résumés<br /></strong><strong>francais/anglais</strong></p><p> </p><p>Qualité des auteurs<br />Générique</p></div><p><br /><br /></p>";;10/04/2010;10;155x220;192;978-2-84292-254-2;9782842922542;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_493.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Benoît DELAUNE<br /></em><strong>À la source de l'extra-disciplinarité : fixation par enregistrement et externalité de la musique au 20e siècle<br /></strong>A travers quelques exemple empruntés à la musique contemporaine, l'auteur montre la mise en cause de certaines pratiques instituées. Certains musiciens choisissent en effet d'emprunter le collage (aux arts plastiques) ou le montage (au cinéma) afin de réaliser des pièces faisant réfléchir ""de l'extérieur"" sur le matériau musical même. La carte postale sonore, le Hörspiel, et la musique d'ascenseur correspondent de fait à autant de mises en doute de la musique au sens traditionnel. De même, les variations sur les techniques d'enregistrement ou encore l'usage ""ready-made"" de reportages en direct permettent de questionner le lien jugé indestructible entre l'interprète et sa partition. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Laure FERNANDEZ<br /></em><strong>Théâtralité et arts visuels : le paradoxe du spectateur. Autour « The World as a Stage » et « Un teatre sense teatre »<br /> </strong>La notion de théâtralité, d'apparition tardive, exprime dès le début un déplacement du théâtre par rapport à lui-même. Reprise et controversée dans l'art contemporain, elle montre non seulement un déplacement théorique et esthétique, mais aussi une dialectique particulière du regard. L'analyse de deux expositions ""The World as a Stage"" et ""Un teatre sense teatre"" permet de voir comment la théâtralité transforme notre perception de l'oeuvre d'art dans des propositions artistiques non-théâtrales. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sophie NECKER<br /></em><strong>Monde de l'école et monde de l'art... Quelles pratiques, interactions et problématiques induites par la présence des danseurs dans les classes ?<br /></strong>Les ateliers de danse mis en place par des artistes chorégraphes à l'école engagent des processus de médiation et de traduction. Ces situations sont analysées à la fois comme des temps de confrontation entre deux mondes distincts et comme des situations de valorisation des compétences pédagogique de l'artiste. La parole de danseurs chorégraphes intervenant auprès de groupes scolaires met en avant le point de vue des acteurs sur leur propre pratique, révélant les enjeux identitaires de ces ateliers. </p><p style=""text-align: justify;""><strong><span style=""font-weight: normal;""><br /></span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Stéphane REBOUL<br /></em><strong>Pratiques paysagères : introduction à une écologie culturelle humaniste<br /></strong>L'extra-disciplinarité entre les sciences de la nature et les arts plastiques est envisagée pour des pratiques paysagères qui articulent des environnements naturels et culturels. Avec la notion de site paysager, une écologie culturelle humaniste est présentée. Elle associe naturalisation et artialisation, par une contextualisation pragmatique des rapports entre l'<em>in situ</em> et l'<em>in visu</em> et par une singularisation comme pratique innovante de recomposition des subjectivités individuelles et collectives. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sophie ORLANDO<br /></em><strong>« L'artiste agent du changement social » ou comment les politiques culturelles britanniques ont annexé la production artistique au profit du programme du New Labour<br /></strong>Les politiques culturelles du New Labour de Tony Blair s'est construite autour de l'idée de ""Cool Britannia"". A l'heure du Bilan des ses deux mandats, il est saisissant d'observer la manière dont cette politique a emprunté le vocabulaire, les fonctions et les ""valeurs"" de l'art pour répondre des maux et des enjeux économiques et sociaux de la société contemporaine britannique. Le déplacement du vocabulaire (de ""culturel"" à ""créatif"" ou de ""créatif"" à ""innovation"") illustre cette tentative de regroupement de problématiques généralement cloisonnées autour des thématiques traditionnelles comme la rénovation urbaine (et de sa gentrification), l'intégration sociale ou l'apport économique de la classe créative. </p>";;"<div><p style=""text-align: justify;""><em>Benoît DELAUNE<br /></em><strong>Questioning the Sources of Extra-Disciplinarity : Setting by Recording and Music Externality in 20th Century<br /></strong>Using a few examples taken from contemporary music the author shows the way certain academic practices are being challenged. Some musicians chose indeed to borriw collage (from fine arts) or editing (from film) in order to achieve pieces that would allow to reflect ""from the outside"" on the very materail used in music. Sound postcard, Hörspiel and elevator music relate as a matter of fact to a number of challenges posed to music in the traditional sense. Variations on recording techniques or the ""readymade"" use of live footage allow too the questioning of the supposedly indestructible link between the interpreter and his score. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Laure FERNANDEZ<br /></em><strong>Theatricality and Visual Arts : The Paradox of the Viewer<br /></strong>The recent notion of theatricality expresses since its inception the idea of a displacement of theatre in relation to itself. Revived and subject to some controversies in contemporary art, it shows not only a theoretical and aesthetic displacement, but also a specific dialectic of the glance. The analysis of two exhibitions, ""The World as a Stage"" and ""Un teatre sense teatre"" allows us to see how theatricality transforms our perception of the work of art in artistic proposals that are non-theatrical.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sophie NECKER<br /></em><strong>School World and Art World... What are the Practices, Interactions and Problems Related to the Actual Presence of Dancers in Classrooms ? <br /></strong>Dance classes organized within schools by choreographers imply processes of mediation and translation. These situations are looked upon both as moments of confrontation between two different worlds and as a way of assessing pedagogical skills on the part of the dancer. Words of choreographers intervening with school groups put forward the point of view of these actors on their own practice, revealing the identity goals os such experiences. <strong><br /> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-style: normal;""><em>Stéphane REBOUL<br /></em></span></em><strong>Landscape Practices : an Introduction to a Humanist Cultural Ecology<br /></strong>""Extra-disciplinarity"" between nature sciences and fine arts is addressed in the case of landscape practices that articulate natural as well as cultural environments. With the notion of landscape site one shall envision a humanist cultural ecology. It will combine naturalization and articization, by a pragmatic contextualization of the relations between ""in situ"" and ""in visu"" and by a singularity seen as an innovating practice involving the reordering of subjectivities, both individual and collective.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sophie ORLANDO<br /></em><strong>""The artist Seen as an Agent of Social Change"" or How British Cultural Policies Have Annexed Artistic Production for the Benefit of New Labour's Agenda </strong><br />Tony Blair's cultural policy had been built upon the idea of ""Cool Britannia"". Looking at what has come out his two offices ; it is striking to observe how this policy has borrowed the vocabulary, the functions and the ""values"" of art in order to address economic and social goals of British contemporary society. The displacement of vocabulary (form ""cultural"" to ""creative or from ""creative"" to ""innovation"") illustrates this attempt at grouping problems that are usually disconnected, by using traditional themes like urban renewal (and gentrification), social integration or economic contribution from the creative class.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p></div>";212;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment se caractérise ce déplacement, ces migrations d’un champ disciplinaire à un autre ? Ce numéro fait le point sur cette question grâce à des chercheurs de disciplines hétérogènes (esthétique, sociologie, littérature, études théâtrales, histoire de l’art...).</p>";;09/02/2010 16:58;1;Première édition;3675 84;2;3;30;Les suffixes;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume double, s'appuyant sur un corpus de 2 000 phrases, traite des suffixes dans une perspective morphologique et descriptive.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos<br />Introduction</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Remarques générales</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1- L'accumulation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2- Redondance</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3- Mots altérés/Mots dérivés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4- Noms propres</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5- Prénoms</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6- Les faux suffixes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7- Morphologie</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Quelques suffixes</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Acchio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Accio </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Arrelo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, Astro</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Atto</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Azzo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ello</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Erello</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Etto</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Icchio, Iccio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Icello, Iciattolo, Icino, Icolo, Ino </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Occio, Occolo, Ognolo, Olo/Uolo </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">One</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Onzolo, Otto</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ozzo, Uccio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et composés, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ucolo, Uncolo, Uzzo, Miettes</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Quelques cas particuliers</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DONNA, FACCIA, FINESTRA, GIOVANE/GIOVANOTTO, STRADA</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br />Suffixes verbaux</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Liaisons insolites</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Plusieurs suffixes pour quelques verbes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index par suffixes<br />Index alphabétique<br />Liste des ouvrages cités<br />Dictionnaires et grammaires consultés</span></p>";;10/03/1991;10;155x220;320;978-2-90398-173-0;978-2-90398-173-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_84.jpg;;;;464;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Analyse de quelques-uns des problèmes que posent les suffixes, domaine protéiforme, qui relève de l’étude grammaticale et lexicale, domaine sans fin car l’interdépendance dans laquelle se trouve le mot altéré et son contexte donne à chaque « création » un caractère unique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 489;1;6;34;Art et ethnographie;N°06/2007;;;"<p>Questionnement de la pratique de l'ethnographie à travers quelques expériences artistiques contemporaines critiques.</p>";"<div><p>Editorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Art & ethnographie</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Art et ethnographie<br /><strong> Claire Fagnart</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Une histoire ordinaire des artistes<br /><strong> Maria Ivens</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">L'artiste et ses ""modèles""<br /><strong> Jean-Claude Moineau</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Enregistrer, [Montrer], Raconter : récits d'expérience<br /><strong> Félic Tailliez</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Art et ethnographie<br /> <strong>Virginia Whiles</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Intervention d'artiste</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">""Rua dos Inventos""<br /><strong> Gabriela Gusmao</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">@Rose des vents. com<br /><strong> Hélène Hourmat</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Historique<br /><strong> Michaël Sellam</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><strong>Journée d'études ""Image de soi, images des autres. Europe de demain (art & philosopie)""</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Introduction<br /><strong> François Soulages</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">L'expérience de l'altérité de l'art ou l'art comme expérience de l'altérité<br /><strong> François Soulages</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">L'identité littéraire comme catalysateur de l'identité nationale et européenne<br /><strong> Julia Nyikos</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Le temps de l'Europe, l'art et la photographie<br /><strong> Marc Tamisier</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Une lecture de <em>La Beautée réelle</em> d'Eddy Zemach<br /><strong> Yannick Bréhin</strong></p><p> </p><p><strong>Notes de lectures, comptes rendus d'expositions<br />Résumés (francais, anglais)</strong><br />Qualité des auteurs<br />Générique</p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/10/2007;6;137x220;192;978-2-84292-250-4;9782842922504;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_489.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Claire Fagnart</em><br /><strong>Art et ethnographie</strong><span> <br /></span>Dans cet article, Claire Fagnart examine<span> </span>quelques-uns des facteurs qui lui semblent<span> </span>avoir favorisé le développement des liens<span> </span>entre art et ethnographie. Il est question<span> </span>d’une part de la «crise» de l’anthropologie<span> </span>relative à la décolonisation, au développement des moyens de transport et aux<span> </span>doutes concernant son caractère<span> </span>«objectif» (scientifique). D’autre part, de la<span> </span>confirmation de la figure de l’artiste comme<span> </span>passeur et comme intermédiaire.<span> </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Maria Ivens</em><br /><strong>Une Histoire ordinaire des artistes</strong><br />Le retour des communautés d’artistes dès<span> </span>la fin des années 1960 renoue avec une visibilité publique donnée à l’artiste au 18<span>e</span><span> </span>siècle. Par l’émergence du <em>sensus communis </em>et l’ouverture de l’espace public du<span> </span>Salon, un lieu commun liant l’artiste au<span> </span>peuple s’était instauré. Celui-ci devait vite<span> </span>être invalidé par la création de la notion de<span> </span>génie consacrée par le romantisme. La restriction de la sphère publique devait aboutir à<span> </span>la conception de l’œuvre moderne –<span> </span>expression d’une singularité exceptionnelle<span> </span>–que quelques élus seulement seraient en<span> </span>mesure de définir socialement.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Claude Moineau</em><span> </span><br /><strong>L'Artiste et ses modèles</strong><span> <br /></span>Après avoir situé dans leurs contextes référenciels les figures de «l’artiste comme<span> </span>anthropologue» (Kosuth) et de «l’artiste<span> </span>comme producteur » (Benjamin), Jean-Claude Moineau revient sur la figure de<span> </span>«l’artiste comme ethnographe» (Foster). Il<span> </span>met celle-ci en relation avec la double<span> </span>déconstruction de l’opposition entre art et<span> </span>anthropologie d’une part et de la distinction esthétique/éthique de l’autre. L’auteur soumet ensuite à une lecture critique<span> </span>des œuvres qu’il rattache au registre de l’art ethnographique, avant de conclure sur<span> </span>la figure de « l’artiste comme porte-parole».<span> </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Virginia Whiles </em><br /><strong>Art et Ethnographie</strong><span> <br /></span>Virginia Whiles s’appuie sur son expérience<span> </span>personnelle. Historienne d’art et commissaire<span> </span>d’expositions d’art non occidental, elle fait<span> </span>d’abord état de ses motivations pour se tourner vers l’anthropologie. Enseignante, elle<span> </span>rend compte ensuite d’expériences et de<span> </span>choix faits dans ses séminaires, terrains d’ex-<span> </span>périmentations quant à un dialogue entre<span> </span>l’art et l’anthropologie. Cette approche lui<span> </span>permet de répondre à une exigence de<span> </span>contemporanéité en restant vigilante quant à<span> </span>des attitudes «romantiques». Elle souhaite<span> </span>ainsi échapper aux affirmations généralisa-<span> </span>trices propres à une approche ethnocentriste<span> </span>sans pour autant tomber dans la justification,<span> </span>via l’ethnographie, de certaines formes d’art.<span> </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>François Soulages</em><span> <br /></span><strong>Image de soi, image des autres, Europe de demain (art & philosophie)</strong><span> <br /></span>Faire et vivre l’Europe de demain, c’est expérimenter triplement l’Altérité: l’autre pays face<span> </span>au nôtre ou l’Autre de cet autre pays; l’Autre<span> </span>pour l’Européen; l’Autre que nous serons. De<span> </span>la même manière, l’expérience d’une œuvre<span> </span>d’art est une expérience de l’altérité. Lévinas<span> </span>nous aide à défricher ces questionnements en<span> </span>distinguant «avec l’Autre»de «en face de<span> </span>l’Autre». Alors, une expérience de l’altérité<span> </span>repose sur un désir qui nous débarrasse des<span> </span>images de nous-même, à moins qu’il ne<span> </span>s’agisse des images des autres que nous<span> </span>avons construites à notre propre image.<span> </span></p><div style=""text-align: justify;""><span><p> </p><p><em>Julia Nyikos</em><br /><strong>L'Identité littéraire comme catalyseur de l'identité nationale et européenne <br /></strong>Depuis le siècle des Lumières jusqu’aux<span> </span>événements de la seconde moitié du 20<span>e</span><span> </span>siècle, la littérature occupe une place fondamentale dans la formation des identités<span> </span>européennes. De par sa géographie, la Hongrie a sans cesse été confrontée à des questions d’orientation culturelle et politique:<span> </span>choisir entre «l’Est» et «l’Ouest». Comme<span> </span>la plupart des pays de cette région, la Hongrie a adopté la deuxième option à plusieurs reprises. Quelle image de soi la littérature peut-elle alors constituer dans la formation d’une identité nationale?<span> </span></p><p> </p><p><em>Marc Tamisier </em><br /><strong>Le Temps de l'Europe,l'art et la photographie <br /></strong>On considère généralement l’Europe comme<span> </span>un ensemble, mais elle se révèle en fait être<span> - </span>au delà de la diversité – un agglomérat d’altérités sans cesse en confrontation avec<span> </span>l’étrangeté. La photographie est alors l’occasion de l’affirmation de la valeur de l’art et de<span> </span>la problématisation d’identités singulières.<span> </span>S’appuyant sur la phénoménologie de Merleau-Ponty, nous nous demanderons dans<span> </span>quelle mesure la photographie constitue-t-<span> </span>elle l’autre comme altérité radicale dans l’espace européen.<span> </span></p></span></div>";;"<div><p style=""text-align: justify;""><em>Claire Fagnart<br /></em><strong>Art and Ethnography</strong><br />In this article, Claire Fagnart, examines some<span> </span>of the factors she deems responsible for the<span> </span>development of links between Art and Ethnography. This concerns the Anthropology “crisis”, following decolonization, the development of means of transportation and doubts<span> </span>concerning its supposedly “objective” role<span> </span>(scientific). On the other hand, it concerns<span> </span>the acknowledgment of the figure of the<span> </span>artist as a “giver” and as “intermediary”.<span> </span></p><div style=""text-align: justify;""><strong><span style=""font-weight: normal;""><br /></span></strong></div><p style=""text-align: justify;""><em>Maria Ivens<br /></em><strong>The Artists' Ordinary History <br /></strong>The renewal of artistic communities at the<span> </span>end of the sixties recalled a public visibility<span> </span>the artist was once offered in the 18<span>th</span>century. With the appearance of the idea of a sensus communisand the opening of the Salon as a public space, a common place was initiated that would create a link between the<span> </span>artist and the people. This would however be<span> </span>invalidated by the creation of the notion of<span> </span>genius put forward by Romanticism. Restricting the public sphere would bring about the<span> </span>modern conception of the artwork – as an<span> </span>expression of an exceptional singularity –<span> </span>that only the chosen few would be able to<span> </span>define in the social sphere.<span> </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Claude Moineau<br /></em><strong>The Artist and its Models<br /></strong>After situating in their contexts of reference<span> </span>several artistic roles, such as “the artist as<span> </span>anthropologist” (Kosuth) and “the artist as<span> </span>producer” (Benjamin), Jean-Claude Moineau<span> </span>insists on the idea of “the artist as an ethnographer” (Foster). He places it in relation to a<span> </span>double deconstruction of the opposition between Art and Anthropology as well as the<span> </span>distinction between Ethics and Aesthetics.<span> </span>The author makes a critical reading of the<span> </span>artworks he considers related to the field of<span> </span>ethnographic art, before concluding about<span> </span>the figure of “the artist as speech-holder”.<span> </span></p><p style=""text-align: justify;""><strong><span style=""font-weight: normal;""><br /></span></strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Virginia Whiles<br /></em><strong>Art and Ethnography<br /></strong>Virginia Whiles relies on her personal experience. As an art historian and exhibition<span> </span>curator of non western art, she states first<span> </span>her motivations in choosing Anthropology.<span> </span>Being an instructor she recalls experiences<span> </span>and choices made during her seminars –<span> </span>seen as fields of experimentation for a dialogue between Art and Anthropology. This<span> </span>approach allows her to answer a requirement for contemporary concerns, while<span> </span>remaining alert when it comes to “romanticized” attitudes. She wishes to escape in fact<span> </span>the all too general affirmations typical of an<span> </span>Ethnocentric approach. She does so without<span> </span>however succumbing to justification,<span> </span>through Ethnography, of certain art forms.<span> </span></p><div style=""text-align: justify;""><span><br /></span></div><p style=""text-align: justify;""><br /><em>François Soulages</em><span> <br /></span><strong>Image of the Self, Image of the Others, Europe of Tomorrow (Art &Philosophy) <br /></strong>To make and to live the Europe of tomorrow means triply experiencing Otherness: the other country in front of our own or the<span> </span>Other from this other country; the Other for<span> </span>the European; the Other that we will become. In a similar way, the experience of a<span> </span>work of art is an experience of otherness.<span> </span>Lévinas helps us prepare the ground for<span> </span>these questionings, putting forward a distinction between “with the Other” and “in<span> </span>front of the Other”. In the end, an experience of otherness relies on a desire that sets<span> </span>us free of images of ourselves, unless it<span> </span>concerns images of others we had built in<span> </span>our own image.<span> </span></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><div><span><p style=""text-align: justify;""><em>Julia Nyikos<br /></em><strong>Literary Identity as a Catalyst of a National and European Identity<br /></strong>From the century of Enlightenment to the<span> </span>events of the second half of 20th century,<span> </span>literature has occupied a fundamental role<span> </span>in the formation of European identities. Depending on its geography, Hungary has<span> </span>constantly been confronted by questions of<span> </span>cultural and political orientation: namely to<span> </span>chose between “East” and “West”. Like<span> </span>most countries in this region, Hungary adopted the second option on several occasions.<span> </span>What image of itself can literature create in<span> </span>the formation of a national identity?<span> </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marc Tamisier<br /></em><strong>The Time of Europe, Art and Photography<br /></strong>One usually considers Europe as a whole,<span> </span>but it reveals itself in fact – without even<span> </span>mentioning diversity – as an aggregation<span> </span>of othernesses constantly confronting<span> </span>strangeness. Photography gives then the<span> </span>opportunity to assert the value of Art and a<span> </span>reflection on singular identities. Relying on<span> </span>Merleau-Ponty’s phenomenology, we shall<span> </span>ask ourselves in what proportion photo-<span> </span>graphy constitutes the other as radical<span> </span>otherness in the European space.</p></span></div></div>";234;5.00;;;09/02/2010 16:52;1;Première édition;3675 490;1;3;34;Vies d'artistes;N°07/2008;;;"<p style=""text-align: justify;"">Récits de vie d'artiste...Qu'ils soient récits autobiographiques ou récits de restitution à partir de documents, de souvenirs, comment ces textes pouvaient-ils être écrits, par qui, comment ? Une écriture neutre de la vie d'artiste est-elle possible?</p>";"<div><p>Editorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Vies d'artistes</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Écritures et peinture dans le<em> Journal</em> de Paul Klee<br /><strong> Florence Rougerie</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Vie de spectacles, vies en spectacle : les danseuses de revue<br /><strong> Francine Fourmaux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Trajets de vie et films du réel<br /><strong> Yann Kilborne</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Les <em>Black Paintings</em> de Mark Rothko à l'épreuve de la biographie<br /><strong> Riccardo Venturi</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Les frères Duthoit, ""derniers imagiers du Moyen Age""<br /><strong> Raphaël Delas</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Comment écrire une biographie d'artiste : Sacha Sosno et l'art d'oblitération<br /><strong> Francoise Armengaud</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Entretien avec Kyoichi Tsuzuki<br /><strong> Audrey Leblanc</strong></p><p> </p><p>Notes de lectures, comptes rendus d'expositions<br />Résumés (francais, anglais)<br />Qualité des auteurs<br />Générique</p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/06/2008;7;155x220;192;978-2-84292-251-1;9782842922511;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_490.gif;"<p style=""text-align: justify;""><br /><em>Florence ROUGERIE</em><br /><strong>Ecriture et peinture dans le <em>Journal</em> de Paul Klee (1898-1918) </strong><br />Parmi les écrits d'artistes qui depuis peu sont lus pour eux-mêmes, le <em>Journal</em> de Paul Klee (1898-1918) se distingue en ce qu'il peut être lu à divers titres : soit en tant qu'objet littéraire ; soit en tant qu'éclairage des sources de la création plastique de son auteur. L'étude de cette écriture subjective doit nous permettre de montrer l'influence réciproque et éventuellement la concurrence qui s'exerce entre écriture et peinture. Quel rapport Klee entretien-il avec l'écriture du <em>Journal</em> et surtout quelle place lui accorder dans l'oeuvre de l'artiste ?</p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /><em>Francine FOURMAUX</em><br /><strong>Vie de spectacles, vies en spectacle : les danseuses de revue</strong><br />Les vies d'artistes examinées dans cet articles sont celles de danseuses de revue, à partir de discours et d'observations recueillis lors d'une enquête réalisée dans plusieurs music-halls parisiens dans les années 1990. En organisant l'analyse suivant une chronologie inversée - depuis la reconversion jusqu'aux premiers pas dans la danse - l'objectif est de mettre en évidence, d'une part, la pluralité et l'articulation des diverses influences qui jalonnent le parcours de ces femmes dans les milieux artistiques et à l'extérieur ; et, d'autre part, la spécificité temporelle de leur activité. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Yann KILBORNE</em><br /><strong>Trajets de vie et films du réel</strong><br />Quels liens existe-t-il entre la trajectoire d'un documentariste et sa production cinématographique ? Son éducation et sa culture influencent-elles le choix des sujets abordés et leur traitement ? Dans le cadre d'une enquête ethnométhodologique consacrée aux représentations du cinéma documentaires, Yann Kilborne s'est penché sur le parcours artistique et intellectuel de quatre documentaristes. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Riccardo VENTURI</em><br /><strong>Les <em>Blacks Paintings</em> de Mark Rothko à l'épreuve de sa biographie<br /></strong>Depuis leur réalisation, les <em>Blacks Paintings</em> sont considérées comme une méditation sur la mortalité, voire une prémonition de la mort immente de Rothko. L'auteur s'interroge sur l'origine critique de ces différentes interprétations qui se limitent bien souvent à analyser les ultimes toiles de Rothko en regard de l'épilogue tragique de la vie de l'artiste. Dès lors, de quelle manière les interprétations d'une oeuvre sont partie prenante dans a création d'une biographie tirant vers le romanesque ?</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Raphaële DELAS</em><br /><strong>Les frères Duthoit, ""derniers imagiers du Moyen Age"" ?</strong><br />Viollet-le-Duc consacra les ""frères Duthoit"" par la formule ""derniers imagiers du Moyen Age"". Depuis, la formule semble indissociable des deux sculpteurs qui vécurent pourtant en plein 19ème siècle. Et,si cette appellation nous avait simplifié l'approche de la vie et de l'oeuvre des Duthoit autant qu'elle nous avait éloigné de leur complexité ? L'auteur tente de mettre en lumière la réalité de ces vies d'artistes aujourd'hui tombés dans un quasi-anonymat. Elle s'interroge sur les implications d'une désignation patentée et sur le phénomène de l'illusion biographique auquel on souscrit facilement lorsqu'on approche les vies d'artistes.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Françoise ARMENGAUD</em><br /><strong>Comment écrire une biographie d'artiste : Sacha Sosno, Grand Oblitérateur</strong><br />L'auteure explore les contraintes - ""obstacles narratifs"" - qui pèsent sur les biographies d'artistes et pose la question : peut-on faire d'une vie (d'artiste) une étude, qui ne soit pas en même temps un récit ? Voir une vie comme une trajectoire, ainsi que le préconisait Bourdieu, ce serait croiser les paramètres et les variables pour une analyse de vie. Un cas exemplaire est exposé, celui de l'unification (la mise sous tension) d'un récit de vie par le concept-clé présidant à une pratique : l'oblitération comme le fil rouge (ou noir) qui parcourt avec ténacité et cohérence la vie créative du sculpteur contemporain Sacha Sosno. </p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Florence ROUGERIE<br /></em><strong>Writing and Painting in Paul Klee's<em> Diaries</em> (1898-1918)<br /></strong>Among the artist's writings that are in recent time being read for themselves, Paul Klee's <em>Diaries</em> (1898-1918) stand apart in that they can be read in different ways : either as a literary object, or as a way of throwing light on the sources of their author's artistic creations. The study of this subjective writing should allow us to show the reciprocal influence and even the competition taking place between writing and painting. What type of relation does Paul Klee have with of his Diaries and what place can they be given within the artist' achievements ?</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Francine FOURMAUX</em><br /><strong>Life of Shows, Lives Shown : the Revue Dancers<br /></strong>The artists' lives examined in this article are those of revue dancers; in reference to discourses and observations that were made during an enquiry conducted inside several Parisian mucis-halls in the 1990s. While organising the analysis in the form of an inverted chronology - starting with the dancers' new career-orientations and ending with the first steps in the world of dance - the objective is to demonstrate, on the one hand the plurality and articulation of the various influences spread along the path theses women take - both inside and outside the artistic circles - and on the other hand the temporal specificity of their activity. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Yann KILBORNE</em><br /><strong>Life Itineraries and Reality Films<br /></strong>What are the links between a documentary film-maker's trajectory and his cinematographical production ? Are his education and culture of any influence over is choice of subjects and the ways he uses them ? In the context of an ethnomethodological enquiry on documentary film representations, Yan Kilborne has addressed the artistic and intellectual evolution of four documentary film-makers.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Riccardo VENTURI<br /></em><strong>The <em>Black Paintings</em> of Mark Rothko Confronted to his Biography</strong><br />Ever since they were made, the <em>Black Paintings</em> have been considered to be a kind of reflection upon mortality, even as a premonition of Rothko's imminent death. The author questions the critical origin of various interpretations quite often limited to an analysis of Rothko's final canvases in relation to the artist's life tragic ending. Henceforth, how can the interpretations of an artwork be part of the creation of a biography tending to be fictitious ? </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Raphaële DELAS<br /></em><strong>The Duthoit Brothers, ""Last Image-Makers of the Middle-Age"" ? <br /></strong>Viollet-le-Duc used to call the Duthoit brothers ""the last Middle-Age image-makers"". Since then, this expression seems to be firmly attached to the two sculptors, even though they lived in the middle of 19th century. What if this expression had both simplified the study of the life and work of the Duthoit as well as removing us away from their complexity ? The author tries to shed light on the reality of these two artists' lives - artists almost entirely forgotten today. She questions the implications of an official label and the biographical illusion phenomena; a phenomena one adheres easily when approaching artists' lives. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em><em>Françoise ARMENGAUD<br /></em></em><strong>How Does One Write an Artist Biography : The Case of Sacha Sosno, Great Obliterator<br /></strong>The author explores the constraints - ""narrative obstacles"" _ which burden artists' biographies and asks the following question : is it possible to write the study of a life (of an artist), without writing a tale at the same at the same time? To see someone's life as a trajectory, as Bourdieu would have recommended, would mean combining parameters and variables for a life analysis. An exemplary case is exposed, of the unification (the switching on) of a life narrative seen through a key-concept ordering a specific practice : the obliteration of things as a linking thread running coherently through the creative life of contemporary sculptor Sacha Sosno. <em><br /><br /><br /></em></p>";216;5.00;;;09/02/2010 16:54;1;Première édition;3675 85;2;3;30;Un si ou deux;;;;"<p>Ce volume s'inscrit dans le but de combattre la tendance répandue qui consiste à considérer de façon hâtive et dans une perspective étroitement contrastive que SI est l'équivalent du ON français.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Introduction</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. SN2 au singulier</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Les accords en nombre (Temps simples)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Les accords en genre et en nombre (Temps composés)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. L'auxiliaire est </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avere</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante et le verbe</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Avere</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7. Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante et les verbes serviles</span></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8. Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante et les verbes aspectuels</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante et les verbes de perception</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante et les pronoms</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante et les adverbes </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ci</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Vi</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> enclitique</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> indéfini</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13- Temps simples</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">14- Temps composés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">15- Le passif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">indéfini et les verbes serviles</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">17-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> indéfini et les verbes de perception</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">18- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> indéfini et les verbes aspectuels</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">19-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> indéfini et les locutions verbales</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">20- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> indéfini et les verbes pronominaux</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">21-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Si </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">indéfini et les pronoms</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">22- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> absent</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Emploi conjugué du pronom </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et d'une forme personnelle</span></strong></p><p> </p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">23- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et la première personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">24- Si et la deuxième personne</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br />Bilans</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">25 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> passivante ou </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> indéfini ?</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/12/1994;12;155x220;144;978-2-90398-104-4;9782910381042;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_85.jpg;;;;101;17.00;"<p>L'analyse du pronom SI, à valeur passive ou à valeur indéfinie, rencontre d'emblée les problèmes que pose l'accord du verbe - à côté de celui d'autres membres de la phrase. Le titre indique assez clairement qu'a été refusée l'équivalence trop hâtivement établie, généralement, entre ce SI et le ON français et que la problématique a été centrée sur le seul pronom SI, à valeur double pour certains, unique pour d'autres.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3146 488;1;6;34;L'exposition sous toutes ses formes;N°05/2007;;;"<p>Traitement de l'exposition sous toutes ses formes, question complexe clé de compréhension de l'art contemporain.</p>";"<div><p>Editorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Thématique</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les politiques des biennales d'art contemporain de 1999 à 2005<br /><strong> Ing-Young Lim</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Art interactif et pré-cinéma. Des modes de relations parallèles et hybrides<br /><strong> Caroline Chik</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Espace d'expositions temporaires consacrés à l'art contemporain<br /><strong> Bo-kyoung Lee</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Panorama des institutions d'art contemporain à Turin<br /><strong> Emanuela Genesio</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Un discret choc des cultures. L'exposition occidentale de l'exotisme.<br /><strong> Maxence Alcalde</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">De quelques significations et conséquences possibles de la mise en exposition d'un ""art contemporain islamique""<br /><strong> Monia Abdallah</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Entretien entre François Piron et Rozenn Canévet<strong> </strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Intervention d'artiste</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Images d'images<br /><strong> Audrey Leblanc</strong></p><p> </p><p><strong>Notes de lectures, comptes rendus d'expositions</strong></p><p>L'Elite artiste de Nathalie Heinich<br /> Dada<br /> Cause and Effect<br /> You're dead<br /> Labyrinthe invisible<br /> John Maeda<br /> Mélancolie<br /> Bilan du 1er forum des revues de recherches en art</p><p> </p><p><strong>Abstracts</strong><br /> francais<br /> anglais</p><p>Générique</p></div>";;10/06/2007;5;155x220;192;978-2-84292-249-8;9782842922498;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_488.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>In-Young Lim</em><strong><br />Les Politiques des biennales d'art contemporain de 1990 à 2005<br /></strong>Les biennales d'art contemporain se sont considérablement développées ces dernières années au point de parler de « biennalisation » de l'art contemporain. Cette étude minutieuse choisit de centrer son observation sur les politiques suivies dans ces manifestations, afin d'éclaircir les raisons d'un tel phénomène qui, à terme, peut conduire à interroger la postérité du concept-même d'exposition.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Caroline Chik</em><strong><br />Art interactif et pré-cinéma. Des modes de relations parallèles et hybrides <br /></strong>Dans l'art interactif, de nouveaux rapports physiques se créent entre l'œuvre et le spectateur. Certains modes de participation tendent à réduire la distance spatiale qui les sépare, jusqu'à inclure le spectateur dans l'œuvre. D'autres dispositifs reposent sur la notion de contact, faisant de la main une interface, et de l'œuvre un jouet manipulable. Un rapprochement entre œuvres interactives et jouets optiques pré-cinématographiques laisse apparaître des similitudes dans certaines figures hybrides de l'artiste et dans les modes de monstration de deux pratiques technologiques pourtant éloignées de plusieurs siècles.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Bo-Kyoung Lee</em><strong><br />Espaces d'expositions temporaires consacrés à l'art contemporain Bo-Kyoung Lee<br /></strong>Aux espaces classiques dédiés à l'exposition d'art contemporain se substituent des lieux alternatifs, moins conventionnels. Comme en témoignent plusieurs manifestations européennes décrites ici, le monde de l'art s'ouvre au monde qui l'abrite. Tandis que le modèle du White Cube a annihilé la présence de l'espace mural en le neutralisant , sont apparus d'autres modes d'exposition le remettant en cause. Le lieu urbain non muséal occupe une place nouvelle et souvent centrale de l'œuvre : il devient un catalyseur de créativité.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Emanuela Genesio</em><strong><br />Panorama des institutions d'art contemporain à Turin <br /></strong>Dans le cadre de ce numéro thématique, l'auteure s'intéresse au cas particulier de la ville de Turin et au développement ces dernières années d'une politique culturelle visant le secteur de l'art contemporain, avec notamment l'implantation dans la ville de nouveaux sites d'exposition et la mise en place de manifestations à vocation internationale. En ce sens, la ville de Turin apparaît comme un cas exemplaire d'instrumentalisation de l'art contemporain au service d'une politique de promotion de la ville sur la scène internationale et de la convergence entre les enjeux de cet art et le processus de mondialisation économique.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Maxence Alcalde</em><strong><br />Un discret choc des cultures. L'exposition occidentale de l'exotique <br /></strong>Dans les années 1980-1990 plusieurs expositions ont entrepris de questionner les rapports entre l'art « occidental » et l'art « non-occidental ». Chacune de ces tentatives curatoriales revenait sur les relations plus ou moins fantasmées entre ces pratiques artistiques, sans toutefois parvenir à en formuler une version claire. Étrangement, c'est peut-être chez Quatremère de Quincy (1755-1849) que se trouve la clef du rapport tortueux éprouvée par ces récentes présentations.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Monia Abdallah</em><strong><br />De quelques significations et conséquences possibles de la mise en exposition d'un « art contemporain islamique »<br /></strong>L'exposition d'œuvres sous la dénomination « art contemporain islamique » est l'occasion de la construction – voire de l'instauration institutionnelle – de ce qui tend à devenir une notion. Cet article interroge la validité et la légitimité de cette terminologie et questionne les conséquences et implicites qu'elle induit sur la lecture et la classification de ces œuvres d'art. Si elle permet de manière effective de les faire accéder à une visibilité certaine, elle relève de critères de définition peu clairs, reste paradoxale au regard des pratiques elles-mêmes et ne fait pas l'économie d'une certaine instrumentalisation politique du domaine artistique.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Entretien entre François Piron et Rozen Canévet<br /></strong>Depuis les années 1960, la figure du curateur est sans aucun doute au cœur des débats. À l'occasion de « Subréel », François Piron revient sur les motivations de ses choix en tant que commissaire d'exposition. On verra notamment que la posture du curateur engage le visiteur dans une lecture parfois subjective de l'art contemporain, interprétation d'autant plus palpable à l'ère du simulacre.</p>";;"<div style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><em>In-Young Lim<br /></em><span><strong>Contemporary Art Biennials Politics, 1990-2005</strong><br /></span><span>The number of contemporary art biennials has greatly increased in the past few years, to a point where one starts speaking of a “biennalization” phenomenon. This meticulous article chooses to focus on the policies adopted in these manifestations, in order to bring light upon the reasons for a trend that could eventually challenge the very notion of exhibition.</span></span><br /><span style=""font-size: x-small;""><em> </em></span></div><div style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><em><br /></em> <strong><em><br /></em></strong> <strong><em> </em></strong> <strong><em> </em></strong> <em><span style=""font-style: normal;""><em>Caroline Chik</em></span></em><strong><em><span style=""font-style: normal;""><em><br /></em></span></em></strong></span><span style=""font-size: x-small; font-weight: bold;"">Interactive Art and Pre-cinema: Parallel and Hybrid Relational Modes<br /></span><span style=""font-size: x-small;"">In interactive art, new physical configurations are created between the artwork and the spectator. Some participation modes tend to reduce the spatial distance between these two, even including the spectator in the artwork itself. Other situations rely on the notion of contact; using the hand as an interface and the artwork as a toy that can be played with. A parallel between interactive artworks and pre-cinema optical toys shows similarities in some hybrid figures of the artist and in two technological practices, centuries apart.</span></div><div style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><br /></span></div><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><em>Bo-Kyoung Lee</em><br /><strong>Temporary Exhibition Spaces Used for Contemporary Art</strong><br /></span><span style=""font-weight: normal; font-size: x-small;"">Conventional spaces dedicated to the presentation of contemporary art exhibitions are being replaced by alternative spaces. As is the case of several European initiatives here described, the art world opens up to the world in general. While the white cube model annihilated the presence of the mural space by neutralizing it, other exhibition modes have appeared who in turn challenge it. The non-museum urban place represents a new and often central spot for the artworks, while becoming a creativity catalyst.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: normal; font-size: x-small;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><em>Emanuela Genesio</em><br /><strong>A Panorama of the Contemporary Art Institutions of Turin</strong><br /></span><span style=""font-weight: normal; font-size: x-small;"">The author is interested in the specific case of the city of Turin and in the expansion in recent years of its cultural policy towards the field of contemporary art; with among other things the creation of new exhibition venues, as well as international events. The city of Turin's policy seems to be an exemplary case of contemporary art “instrumentalization” in the name of promotion of the city on the international scene. At the same time though, it is binding together the goals of contemporary art with the process of economic globalization.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: normal; font-size: x-small;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><em>Maxence Alcalde</em><br /><strong>A Discreet Confrontation of Cultures: Westerners' Exhibition of Exoticism</strong><br /><span style=""font-weight: normal;"">In the years 1980-1990, several exhibitions have attempted to question the relation between “western” and “non-western” art. Each of theses curatorial attempts addressed the more or less fantasized relations between these artistic practices, without however a very clear formulation. Strangely enough, one could maybe find a key to the challenge posed by these recent presentations in the writings of Quatremère de Quincy (1755-1849).</span></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><span style=""font-weight: normal;""><br /></span></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><em>Monia Abdallah<br /></em><strong>About a Few Possible Meanings and Consequences of ‘Islamic Contemporary Art' Presentations</strong><br /></span><span style=""font-weight: normal; font-size: x-small;"">The exhibition of artworks under the qualification of “Islamic contemporary art” is seen as the opportunity of the construction —and perhaps institutional foundation— of a notion. This article questions the validity and legitimacy of this terminology. It also questions the consequences and implicit facts this induces on the understanding and classification of these artworks. If it allows them effectively the access to a certain visibility, it refers to an unclear definition. It also remains contradictory in relation to the practices themselves; being subject to certain political “instrumentalization” of the artistic domain.<br /> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: normal; font-size: x-small;""><br /></span></p><h3 style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;"">Interview of François Piron by Rozenn Canévet<br /></span><span style=""font-weight: normal; font-size: x-small;"">Since the sixties, the curator as a character is no doubt at the heart of debates. On the occasion of “Subréel”, François Piron re-examines the motivations of his choices as exhibitions' curator. One can notice how the curator's attitude forces the visitor into a sometimes subjective reading of contemporary art; an all the more so tangible interpretation in an era of simulacra.</span></h3>";228;5.00;;;09/02/2010 15:17;1;Première édition;3675 86;2;3;30;Le verbe 1. Miettes morphologiques;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume ouvre une série qui traitera du verbe. Il sera consacré à des considérations d'ordre morphologique, explorera un corpus de phrases rencontrées chez des auteurs contemporains.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Variations du seul radical</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1- Alternance vocalique : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Obbedire/Ubbidire</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2- Syncope vocalique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3- Variations en fonction de l'accent tonique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE :<br />Interactions entre le radical et la désinence</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4- Première conjugaison</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5- Deuxième cojugaison</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6- Troisième conjugaison. Un verbe en </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">cire : Cucire</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE :<br />Irrégularités propres à quelques modes ou quelques temps</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7- Indicatif présent</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8- Présent, subjonctif et impératif. Les verbes inchoatifs</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9- Passé simple</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10- L'impératif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11- Futur et conditionnel syncopés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12- Quelques participes</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br />Verbes composés</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13. Composés de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">dire</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">14- Composés de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">fare</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">15- Composés de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">stare</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16- Composés de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">essere</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annexes 1, 2, 3, Liste des ouvrages cités, Index</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Le sous-titre de ce volume est au moins aussi important que le titre. Il ne s'agit ici que d'aperçus morphologiques, la syntaxe étant réservée aux volumes suivants. On n'aura donc à se mettre sous la dent que des "" miettes "". Qu'est-ce à dire ? Tout simplement que le verbe - redoutable chapitre de la grammaire italienne, elle-même beaucoup plus redoutable que ne le laisse supposer la rengaine française de "" l'italien langue facile "" - n'a pas été abordé de façon systématique, mais que l'intérêt s'est porté vers quelques-uns des problèmes sur lesquels l'étude comparative des grammaires de l'italien révèle des désaccords, voire des contradictions. Par exemple, l'emploi de la diphtongue dite mobile, effectivement très vagabonde, les fluctuations du suffixe dit inchoatif, les apparitions/disparitions d'une pseudo voyelle dans certaines désinences et autres problèmes apparemment menus. Ces miettes ont été sélectionnées selon la perspective déjà à l'oeuvre dans les douze volumes précédents, à savoir une problématisation du champ de la normativité et un recours constant à l'usage de la langue écrite contemporaine (littérature, revues, presse, etc.), les phrases ainsi relevées servant de base à l'analyse de tel ou tel phénomène. Je tiens beaucoup à préciser que le corpus de ce travail résulte non seulement de mes propres lectures mais aussi d'une recherche collective, menée avec les étudiants de licence et de concours, qui ont recueilli une grande partie des données (plus de 700 phrases dans le présent volume) et ont accepté, non sans quelques réticences compréhensibles, de jouer le jeu d'une remise en question de ce qu'ils croyaient être des certitudes. Jacqueline Brunet</p>";10/06/2000;13;155x220;192;978-2-84292-076-0;9782842920760;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_86.jpg;;;;101;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Sous le titre de « miettes morphologiques », ce volet initial explore librement un corpus de plus de 700 phrases relevées chez divers auteurs.Les considérations sont diverses, touchant parfois à des problèmes importants (diphtongue mobile, suffixe inchoatif, forme de la désinence...), parfois à des questions plus menues. Il s'agit là d'une première entrée dans la problématique du verbe italien.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 87;2;6;30;L'article;;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Morphologie</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les formes multiples de l'article masculin. Essais de classification</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. L'article féminin</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Les articles devant voyelle : avec ou sans apostrophes ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. L'article contracté</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. L'article partitif</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> L'épreuve des faits</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. L'article masculin devant consonne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7. L'article féminin devant consonne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8. L'article masculin et féminin devant voyelle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9. L'article masculin et féminin devant la lettre H</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10. L'article masculin et féminin devant les semi-consonnes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11. L'article masculin et féminin devant les sigles</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12. Troisième et dernier tableau</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> Remarques propres à chaque article</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13. Principaux emplois de l'article défini</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">14. Problèmes propres à l'article contracté</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">15. Problèmes propres à l'article partitif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16. Quelques emplois particuliers de l'article indéfini</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">17. Remarques communes à plusieurs articles</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br /> Perspective contrastive. Compléments</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">18. Non-emploi italien/Non-emploi fraçais</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">19. Démonstratif italien/Article défini français</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Liste des ouvrages cités<br /> Index</span></p>";;10/01/1979;2;155x220;156;978-2-91038-107-3;978-2-91038-107-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;JB-2.gif;;;;101;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 88;2;3;30;Le possessif;;;;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;"">Le troisième volume traite du possessif. Une attention particulère est accordée à l'emploi de l'article indéfini avec le possessif, tout spécialement dans le cadre des termes de parenté.</span></p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remarques préliminaires<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- De quelques différences, L'adjectif possessif est-il un déterminant ?, Valeur sémantique</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />L'adjectif</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Morphologie</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Syntaxe</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Place</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. La parenté</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. L'attribut</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. L'apposition</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7 . Les locutions</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8. Vocatifs, exclamations, missives</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9. Titres honorifiques</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10. Le possessif et la religion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11. Abscence de tout déterminant</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12. Absence du possessif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13. Choix entre l'adjectif possessif et le pronom personnel</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Le pronom</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">14. Le pronom possessif</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Autres formes du possessif</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">15. Proprio</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16. Altrui</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">17. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Di Lui, Di Lei</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Appendice : remarque sur le possessif du patois de Scopolo, Liste des ouvrages cités, Dictionnaires et grammaires consultés, Index</span></p>";;10/12/1980;3;155x220;218;978-2-91038-108-0;978-2-91038-108-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_88.jpg;;;;332;11.00;"<p style=""text-align: justify;"">Spécificités de l’article possessif, qui requiert en italien, à la différence du français, l’adjonction ou non d’un déterminant (article défini, indéfini, etc.). Cette particularité représente une des difficulités majeures d'analyse et d'usage.</p><p><span style=""font-size: 12pt;""><br /></span></p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 89;2;3;30;Les démonstratifs;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le quatrième volume est consacré au statut des démonstratifs, des numéraux et des indéfinis.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIER CHAPITRE : LE DEMONSTRATIF</span></em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />L'adjectif</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Questo<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2 -</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Codesto<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quello<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Questo </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Quello<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5 - Souplesse de la construction<br />6 - Démonstratif et possessif</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Le pronom</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7- Introduction</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7. 1 - Pronoms indifférenciés<br />7. 2 - Pronoms réservés aux personnes<br />7. 3 - Pronoms neutres<br />7. 4 - Problèmes d'accord<br />7. 5 - Substantif ""à venir""<br />7. 6 - Substantifs repris</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Le démonstratif et le relatif</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8 - Introduction</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8. 1 - Quello<br />8. 2 - Questo<br />8. 3 - Pronoms neutres</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br />Adverbes</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9 - Introduction</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9. 1 - Qui, Qua<br />9. 2 - Costi, Costa<br />9. 3 - Li, La, Cola<br />9. 4 - Di<br />9. 5 - Giu, + Su<br />9. 6 - Adverbes en renfort</span></p></blockquote><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME CHAPITRE : LES NUMÉRAUX</span></em></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10- Introduction</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10. 1 - Les cardinaux<br />10. 2 - Les ordinaux<br />10. 3 - Autres</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Les cardinaux</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11 - Morphologie<br />12 -</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Uno<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13 - Emplois<br />14 - L'approximation<br />15 - Emplois figures</span></p></blockquote><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Les ordinaux</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16 - Statut et emplois<br />17 - Morphologie<br />18 - Place du numéral ordinal</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Cardinaux ou ordinaux</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">19 - Introduction</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">19. 1 - Les jours et les mois<br />19. 2 - Les numéros d'une chambre<br />19. 3 - Numérotation<br />19. 4 - Ordre de succession<br />19. 5 - Les fractions</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br />En annexe aux numéros</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">20 - Les substantifs : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zero, Milione, Miliaro<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">20. 1 - Autour du nombre deux<br />20. 3 - Les multiplicatifs<br />20. 4 - Ultimo<br />20. 5 - Les dérives des numéraux</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CINQUIÈME PARTIE<br />Quelques illustrations</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">21- La date<br />21. 2 - L'heure<br />21. 3 - L'âge<br />21. 4 - La taille<br />21. 5 - Les opérations</span></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p></blockquote><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME CHAPITRE : LES INDEFINIS</span></em></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE :<br />Les indéfinis incompatibles avec les articles et le démonstratif</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">22. Ogni (ognuno)<br />23. Ciascuno (Cadauno, ciascheduno)<br />24. Nessuno (niuno, niente, nulla)<br />25. Alcuno (lacunché, veruno)<br />26. Taluno<br />27- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alquanto, Altrettanto, Parecchio</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE :<br />Les indéfinis compatibles avec les articles et/ou le démonstratif</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">28 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qualche </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(Qualcuno, Qualcheduno, Qualcosa...)<br />29 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qualsiasi </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(Qualsisia, etc... Chicchessia...)<br />30 -</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Qualunque</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ( Chiunque)<br />31 - Les quantitatifs (Molto, Poco, Tanto, Troppo)<br />32 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tutto </span></em></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Les indéfinis occasionnels</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">33 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diverso, Vario<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">34 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Certo<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">35-</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Tale<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">36 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Altro<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">37 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Uno<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">38 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chi</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Listes des ouvrages cités, Dictionnaires et grammaires consultés, Index</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/12/1981;4;155x220;248;978-2-91038-109-7;978-2-91038-109-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_89.jpg;;;;372;11.00;"<p style=""text-align: justify;"">Études morphologique et grammaticale des démonstratifs (<em>questo</em>, <em>codesto</em>, <em>quello</em>), numéraux et indéfinis (<em>qualche</em>, <em>qualsiasi</em>, <em>qualunque</em>).</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 491;1;3;34;L'art à l'heure de la société de service;N°08/2008;;;"<p>Quelles relations l'art, les artistes les œuvres et la société post-industrielle entretiennent-ils ?</p>";"<div><p>Editorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>L'art à l'heure de la société de services</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Stéphane Bérard, rites de passage au marché privé<br /><strong> Johann Defer</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Economie du tertiaire/Economie de l'art. La place du multiple<br /><strong> Océane Delleaux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">""Je crois en Dieu et je crois dnas le marché"". Prophétisme économique et rationalisme artistique<br /><strong> Maxence Alcalde</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Un art ""dérivé"" : sur quelques utilisations du service postal depuis les années 1960<br /><strong> Marie Boivent</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">La petite e-enteprise du Net-art<br /><strong> Aude Crispel</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">De l'invisible comme un service artistique<br /> <strong>Nathalie Desmet</strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Web 2.0 : Veuillez créer s'il vous plaît<br /><strong> Jean-Noël Lafargue</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Des expositions de confrontation entre art du présent et art du passé. Entretien avec Jean-Hubert Martin<br /><strong> Yanina Isuani</strong></p><p> </p><p>Notes de lectures, comptes rendus d'expositions<br />Résumés (francais, anglais)<br />Qualité des auteurs<br />Générique</p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/10/2008;8;155x220;192;978-2-84292-252-8;9782842922528;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_491.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Johann DEFER</em><br /><strong>Stéphane Bérard, rites de passage au marché privé</strong><br />Stéphane Bérard, artiste conceptuel, se lance dans une série de projets d'invention, dont certains verront le jour, sous forme de prototypes. Plutôt que tenter de marier ses talents conceptualistes à une entreprise ou une institution, il choisit de venir lui-même l'entreprise et l'entrepreneur. On pourrait voir en lui une forme d'artiste satiriste raillant la société capitaliste utilitariste et qui s'amuse à renverser le mécanisme habituel d'attribution de valeur propre au champ artistique. Une étude plus approfondie des oeuvres de Bérard nous invitera à repenser cette lecture.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Océane DELLEAUX</em><br /><strong>Economie du tertiaire/Economie de l'art. La place du multiple</strong><br />A partir de l'exemple de la société Soussan Ltd Fournisseur des musées, on interrogera la capacité du multiple à intégrer des structures artistiques qui placent les services au centre de leur problématique. Les publications de Sylvain Soussan, qui associent la fonction de catalogue de vente à celle de livre d'artiste, sont symptomatiques de ses activités de service qui allient l'efficacité des techniques de l'entreprise (promotion, biens de consommation produits en série) avec la plue-value symbolique de l'art (candidature au statut d'artiste, unicité des prototypes).</p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /><em>Maxence ALCALDE</em><br /><strong>""Je crois en Dieu et je crois dans le marché"" Prophétisme économique et radicalisme artistique<br /></strong>Depuis quelques années, certains managers parmi les plus influents se complaisent dans un devenir artistique leur permettant d'assumer la part d'arbitraire de leurs activités. Parallèlement, des artistes s'éloignent de la traditionnelle figure du rêveur pour trouver dans l'économie une assise ""scientifique"" à leurs travaux. Au-delà de la simple pétition de principe - qui consiste à jouer l'artiste lorsque l'on est manager et à endosser le costume du manager pour un artiste -, que nous disent ces nouvelles postures de l'évolution de leur champ respectif ?</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;"">Marie BOIVENT<br /><strong>Un art ""délivré"" : sur quelques utilisations du service postal depuis les années 1960</strong><br />L'utilisation de la voie postale pour les artistes des années 1960 est liée à l'intention de rendre l'art accessible au plus grand nombre et à la recherche d'une maîtrise , d'une autonomie de l'activité artistique, par la remise en cause des modes institutionnels de présentation et de diffusion des oeuvres. Ces pratique d'un ""art à domicile"" ont permis de reconfigurer les rapports entre les acteurs de l'art afin que chacun y trouve un espace d'échanges créatifs plus direct. Un <em>Network</em> qui se retrouve dans les pratiques contemporaines utilisant Internet en tant qu'espace partagé.<br /><br /><br /><br /><em>Aude CRISPEL<br /></em><strong>La petite e-entreprise du Net-art<br /></strong>Internet, avant 2001, reproduit le schéma commercial traditionnel : un producteur de biens ou d'informations d'un côté, un consommateur de l'autre. Le monde de l'art tente de se faire une place dans ce nouveau marché en proposant ses oeuvres/objets. Les net-artistes, quant à eux, y voient davantage un espace de création à investir. Produisant de l'image et de l'information, ils développent des environnements libérés des contraintes économiques, se référant aux principes alternatifs d'expérimentation, de partage, d'échange, de liberté, etc. E-Commerce et net-art seraient-ils incompatibles ?</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Nathalie DESMET</em> <br /><strong>De l'invisible comme un service artistique<br /></strong>Le déplacement des fonctions et des rôles au sein de l'institution artistique tend aujourd'hui à engager les artistes dans des pratiques relevant de plus en plus d'une économie de service. Cette forme de tertiarisation de l'activité artistique tend à promouvoir une certaine invisibilité de l'art. Dans certains cas, limites mais révélateurs, les expositions deviennent littéralement invisibles, elles contribuent ainsi, en révélant la structure de la galerie ou du musée, à une mise en exergue de l'institution au détriment du travail artistique.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Noël LAFARGUE</em> <br /><strong>Web 2.0 : veuillez créer s'il vous plait<br /></strong>La contractualisation que suppose le Web 2.0 est paradoxale face à l'illusion de créativité qu'elle donne à ses utilisateurs. Plutôt que de donner à chacun les moyens de s'exprimer, le Web 2.0 tend davantage à déposséder les créateurs de site web de leur moyen de production. Une création numérique libre nécessite d'éviter cette ""prolétarisation"". Il faut maîtriser les aspects techniques de la publication web, retourner les outils standardisés contre eux-mêmes, voire les parodier.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><span style=""font-weight: normal;""><br /></span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Yanina ISUANI </em><br /><strong>Des expositions de confrontation entre art du présent et art du passé. Entretien avec Jean-Hubert Martin<br /></strong>Les confrontations d'art ancien et d'art contemporain sont caractéristiques des expositions du commissaire Jean-Hubert Martin. Dans cet entretien, il revient sur le travail qu'il a réalisé au Château d'Oiron et au Museum Kunst Palast. Il commente ces expositions au regard des présupposés de l'histoire de l'art, des spécificités locales, du maintien des catégories artistiques, du travail spécifique engagé avec les artistes et de sa médiation. </p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Johann DEFER</em><br /><strong>Stéphane Bérard, Rites of Passage to the Private Market<br /></strong>Stéphane Bérard, a conceptual artist, has launched a series of invention projects, some of which have been realized as prototypes. Instead of trying to match his conceptual talents with an enterprise or an institution, he chooses to become himself the enterprise or the entrepreneur. One could see in him a kind of satirical artist mocking the utilitarian capitalist society ; making fun of the ordinary value attribution mechanism characteristic of the art field. A deeper study of Bérard's works would invite us to think over this understanding.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Océane DELLEAUX<br /></em><strong>Third Sector Economies/Art Economy. The Question of the Multiple <br /></strong>By taking into account the example of the company SoussandLtd Fournisseur des musées, one questions the ability of the multiple objects to integrate the artistic structures that place services at the centre of their agenda. The publications of Sylvain Soussan - that associate the function of a sales catalogue to the one of an artist' book - are symptomatic of service activities that fuse the efficiency of corporate techniques (promotion, mass-produced goods) with the symbolic added value of art (aspiration to an artist status, singularity of prototypes).</p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Maxence ALCALDE<br /></em><strong>""I believe in God and I believe in the Market"" Economic Prophesizing and Artistic Rationalism</strong><br />In the past few years, some of the most influent managers have tended to rely on an artistic attitude allowing them to take up the arbitrary side of their activities. Simultaneously some artists depart from the traditional ""dreamer"" stereotypes in order to find in the economy a scientific setting for their works. If one leaves aside this simple - that sees managers playing the artist or conversely artists imitating managers - what do these new attitudes tell us about the evolution of their respective fields ?</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marie BOIVENT<br /></em><strong>A ""Delivered"" Art : About a Few Uses of the Postal Service Since the Sixties</strong><br />The use of postal ways by the artists of the 1960s is linked to the idea of making art accessible to a wider audience, as well as trying to master or to render autonomous artistic activity, by the challenging of traditional modes of presentation and dissemination of artworks. These practices of a ""delivered art"" have allowed reconsidering the relations between the actors of the art scene in order to have everyone finding a more direct space of creative exchange. One finds echos of this Network in contemporary practices using the Internet as a shared environment. <br /><strong><br /></strong><br /><em>Aude CRISPEL<br /></em><strong>The Small E-Enterprise of Net-art<br /></strong>The Internet before 2001, used to emulate traditional commercial patterns : a producer of goods or information on one side, a consumer on the other side. The artworld tries to define its own space within this new market by proposing its works/objects. The 'net-artists' however are rather interested in a new space for creation they could take over. By producing image and information, they develop environments freed from economic restraints ; referring to alternative principles of experimentation, sharing, exchange, freedom, etc. Are e-commerce and net-art incompatible ?<strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Nathalie DESMET</em> <br /><strong>About the Invisible as an Artistic Service</strong><br />The displacement of function and roles inside the art institution tends today to push artists in the direction of practices that relate more and more to service economy. This form of transformation of artistic activity in the logic of the third sector tends to promote a certain invisibility of art. In some cases, edgy but revealing, the exhibitions become literally invisible. By revealing the gallery or museum structure , they participate however in the placing forward of the institution in lieu of the artistic work.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Noël LAFARGUE</em> <br /><strong>Web 2.0 : Would You Mind Creating Please<br /></strong>The implied contracts of the Web 2.0 create a paradox regarding the illusion of creativity it gives its users. As opposed to giving everyone the means of expressing himself, the Web 2.0 tends rather to dispossess the web site creators of their production tool. A free digital creation needs to avoid this ""proletarisation"". One needs to master the technical aspects of web publishing, in order to turn back the standard tools against themselves, or even to produce a parody of them.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Yanina ISUANI </em><br /><strong>Exhibitions of Confrontations between Present Day Art and Art of the Past. Interview with Jean-Hubert Martin<br /></strong>The confrontations between ancient and contemporary art are typical of the exhibition practice of Jean-Hubert Martin. In this interview, he goes back to the work he did at the Chateau d'Oiron and at the Museum Kunst Palast. He comments these exhibitions, in relation to given ideas of art history, local specificities, fixed artistic categories, specific work done with the artists and its mediation.</p>";208;5.00;"<p style=""text-align: justify;"">Deux directions pour répondre à cette problématique : des études de cas, à partir du travail d'un artiste ayant intégré la question des services dans sa pratique ; de l'autre, des interrogations plus larges sur les procédures nouvelles de diffusion de l'art.</p>";;09/02/2010 16:55;1;Première édition;3675 492;1;3;34;Irresponsabilité de l'art ?;N°09/2009;;;"<p style=""text-align: justify;"">Lieux communs que l'artiste créant dans la solitude de son atelier, ou engagé sur le terrain social et politique, garantie de l’authenticité de sa démarche. Qu'en est-il vraiment aujourd'hui ?</p>";"<div>Editorial<p style=""text-align: center;""><strong>Irresponsabilité de l'art ?</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">La déconstruction du discours politique de l'image : l'art irlandais post-nationaliste<br /><strong> Valérie Morisson</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Pour une responsabilité esthétique<br /><strong> Aline Caillet</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Dépolitisation de l'art et pratiques de responsabilisation. Quand le désengagement artistique appelle la tactique de l'usage<br /><strong> Sébastien Biset</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">L'irresponsabilité, pour une liberté transgressive<br /><strong> Céline Cadaureille</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Art, liberté, responsabilité. Exposé juridique d'une affaire de concessions<br /><strong> Armelle Fourlon et Boris Khalvadjian</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Pour une nouvelle communautée de l'art<br /><strong> Pierre Taminiaux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Responsabilité de l'écrivain au présent et engagement ""présentiste"" <br /><strong> Sylvie Servoise-Vicherat</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Une nécessité intérieure apprise<br /><strong> Kalliopi Papadopoulos</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Remarq<span style=""color: #000000;"">ues sur <em>L'histoire d'une décennie qui n'est pas encore nommée</em></span><br /><span style=""color: #000000;""><strong> Géraldine Miquelot</strong></span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""color: #000000;"">De la ""valeur-absolue"" historique d'une image : <em>Les Parisiens sous l'Occupation</em></span><br /><span style=""color: #000000;""><strong> Audrey Leblanc</strong></span></p><p> </p><p>Notes de lectures, comptes rendus d'expositions<br />Résumés francais/anglais<br />Qualité des auteurs<br />Générique</p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/12/2009;9;155x220;192;978-2-84292-253-5;9782842922535;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_492.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Valérie MORISSON</em><br /><strong>La déconstruction du discours politique de l'image : l'art irlandais post-nationaliste<br /></strong>Les périodes de troubles politiques sont propres à bouleverser le statut d'artistes qui sont amenés à s'interroger sur la portée politique de leur oeuvre. La scène artistique irlandaise, en prise avec le nationalisme culturel et les Troubles des années 1970-1990, constitue un terrain propice à l'étude de la responsabilité de l'artiste. Longtemps pris en tenaille entre un engagement empruntant la figuration traditionnelle et le formalisme international, beaucoup d'artistes irlandais font désormais le choix de dépasser la question de la prise de position politique afin de construire un art « postnationaliste » qui reconsidère le lien entre l'image et le discours politique et nationaliste. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Aline CAILLET<br /></em><strong>Pour une responsabilité esthétique<br /></strong>Comprendre ce que peut recouvrir un art engagé ou politique passe par un examen critique de la modernité et de ce qui se joue dans le passage à l'âge contemporain. La vitalité d'une fonction critique de l'art contemporain ne concerne plus le contenu des oeuvres mais leur axe relationnel : une « Adresse » que Sartre a définie comme un pacte d'égalité entre l'artiste et le récepteur. La responsabilité ou l'éthique – artistique est esthétique : elle consiste à construire une place égalitaire pour le spectateur dans l'oeuvre. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sébastien BISET</em><strong><br />Dépolitisation de l'art et pratiques de responsabilisation. Quand le désengagement artistique appelle la tactique de l'usage<br /></strong>Certaines pratiques artistiques actuelles ont déplacé l'utopie moderniste – « comment fait-on pour tout reconstruire ? » – vers des micro-utopies de proximité : « comment habiter autrement ces lieux ? ». Il s'agit d'une portée politique indirecte de l'oeuvre dont l'usage introduit des enjeux individuels et sociaux : améliorer le réel et le vécu quotidien. à l'ère de l'industrie culturelle, l'engagement des artistes passe par un positionnement vis-à-vis de ce paysage culturel. Comme ouvrier « qualifié » de la post-production du « tout culturel », l'artiste ne cherche pas tant à réveiller des consciences aliénées qu'à proposer des dispositifs « apte à faire bifurquer la subjectivité ». </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Céline CADAUREILLE</em><strong><br />L'irresponsabilité, pour une liberté transgressive<br /></strong>Dans les figures d'idiot, de fou ou d'« enfants terribles » comme chez Maurizio Cattelan, les Frères Chapman ou David Nebreda, l'artiste semble parfois irresponsable. Ces postures transgressives parfois abjectes ou morbides doivent-elles être associées à une forme d'irresponsabilité innocente ou sont-elles finalement une nouvelle façon de poser la question de l'obscénité du monde ? </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Armelle FOURLON et Boris KHALVADJIAN</em><strong><br />Art, liberté, responsabilité. Exposé juridique d'une affaire de concessions<br /></strong>L'art est un espace de liberté unique permettant parfois à l'artiste de repousser les limites du « juridiquement correct ». Dans ces cas limites, le dilemme consiste, pour la justice, à dire le Droit tout en ménageant la liberté de création. Ainsi, de récents « cas d'école » – les clichés de Kevin Carter ou de Gary Gross, le roman de Philippe Besson inspiré de l'affaire Grégory, les plagiats présumés, les détournements iconographiques ou les suites contemporaines d'illustres romans – n'ont pas manqué de mettre le Droit à l'épreuve. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Pierre TAMINIAUX</em><strong><br />Pour une nouvelle communauté de l'art</strong><br />La responsabilité politique de l'artiste contemporain passe nécessairement par une nouvelle politique de la radicalité formelle ; la politique de l'art devant se concevoir à partir de sa dimension esthétique. La définition de la responsabilité politique de l'artiste doit par ailleurs inclure une réflexion sur la notion de communauté en art. L'artiste contemporain ne peut retrouver le sens politique perdu de l'art que par l'intégration de sa pratique dans une communauté à la fois existentielle et esthétique susceptible de contredire la détermination économique de l'art par les lois du marché, renouant ainsi avec la leçon des avant-gardes. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sylvie SERVOISE-VICHERAT</em><strong><br /><em>Responsabilité de l'écrivain au présent et engagement « présentiste »<br /></em></strong>La « littérature engagée » aura été le nom donné tout au long du vingtième siècle à une certaine forme d'exercice de responsabilité de la part de l'écrivain. Comment les textes de la fin du vingtième siècle renouvellent-ils le paradigme de l'engagement littéraire élaboré en 1945 et devenu caduque ou, pour le dire autrement, quelles sont les possibilités et modalités d'intervention et d'action du littéraire dans le champ de l'histoire humaine dans un contexte modifié ? En se basant sur l'analyse de trois romans (d'Olivier Rolin et d'Antoine Volodine), qui s'affirment comme des récits de l'après, l'auteur propose de les envisager comme l'expression d'un type d'engagement inédit, en accord avec une conception du temps et de l'Histoire telle qu'elle a été renouvellée par les historiens François Hartog et Pierre Nora. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Kalliopi PAPADOPULOS</em><strong><br />Une nécessité intérieure apprise<br /></strong>La doxa considère qu'une démarche artistique engagée n'est plus à l'ordre du jour lorsque l'artiste, contraint par une nécessité matérielle, est assujetti au marché et aux institutions. C'est pourtant oublier les conditions particulières, familiales, qui président à l'émergence de l'acte créateur. Cette « nécessité apprise », habitus généré au sein de la famille, peut ainsi relever d'un engagement particulier. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sophie LE COQ</em><strong><br />S'investir dans les trajectoires artistiques : l'expression d'engagements différenciés<br /></strong>À partir du développement des pratiques artistiques associatives, l'auteur interroge les motivations de l'engagement dans de telles activités. Quelques exemples permettent de faire l'hypothèse que l'investissement dans ces pratiques ne se comprend plus uniquement par un régime vocationnel mais aussi comme des façons de faire l'épreuve de soi selon les axes de la mise en commun et de la maîtrise de soi. Si la prétention à une reconnaissance sociale d'artiste attire, c'est que l'image de l'artiste apparaîtrait comme une « figure sociale éthique ». </p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Valérie MORISSON<br /></em><strong>Deconstructing the Political Discourse of the Image: Irish Post-Nationalist Art </strong><br />Times of political disturbances are likely of radically transforming the status artists who are led to question the political value of their work. The Irish artistic scene, confronted with cultural nationalism and the 1970's-1990's Troubles, forms a favourable field for studies of the artist's responsibility. A number of Irish artists who were for a long time crushed between an involvement using traditional figuration and international formalism, choose now to set aside the question of political stance, in order to build a “postnationalist” art; an art able to re-evaluate the link between image and political and nationalist discourse.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Aline CAILLET<br /></em><strong>In Praise of an Artistic Responsibility </strong><br />In order to understand what is encompassed by the idea of an involved art or political art, one has to go through a critical examination of modernity and of what is at stake with the appearance of contemporary art. The vitality of a critical function of contemporary art concerns no longer the artworks' content but their relational axis: an “addressing” that Sartre once defined as an equality truce between the artist and the one who receives. Artistic responsibility (or ethic) is esthetic: it consists in the construction of an equalitarian position for the spectator within the artwork.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Sébastien BISET<br /></em><strong>De-politicisation of Art and Practices of Gaining Responsibility: When Artistic De-involvement Calls for Usage Tactics </strong><br />Some recent artistic practices have displaced modernist utopia –“how do we build everything anew?”– towards micro-utopias of proximity: “how does one live differently in these places?”. It is about indirect political consequences of artworks whose use leads to individual and social goals: improving real and everyday experience. In an era of cultural industry, the artists' involvement implies taking a stance against this cultural landscape. As a “specialised” post-production worker of the “all encompassing cultural world”, the artist doesn't seek so much to waken alienated consciousnesses as to propose devices “that could bifurcate subjectivity”.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Céline CADAUREILLE<br /></em><span style=""font-size: x-small; font-weight: bold;"">Irresponsibility. In Praise of a Transgressive Liberty<br /></span>Within such idiot, fool, or “enfants terribles” figures, like those of Maurizio Cattelan, the Chapman brothers, or David Nebreda, the artist seems sometimes to be irresponsible. Do these transgressive postures, sometimes abject or morbid, have to be related to forms of innocent irresponsibility or are they eventually a new way of questioning the world's obscenity?</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Armelle FOURLON et Boris KHALVADJIAN<br /></em><strong>Art, Liberty, Responsibility. A Juridical Point on a Case of Concessions <br /></strong>Art is a unique area of liberty, allowing the artist at times the ability to push the limits of “juridical correctness”. In some border cases, the dilemma consists, for the legal system, to state the Law, while taking into account the liberty of creation. Here, some recent “emblematic cases” – such as pictures by Kevin Carter or Gary Gross, a novel by Philippe Besson inspired by the Gregory Affair, some suspected plagiarism, image transformations or sequels of notorious contemporary novels– are discussed inasmuch they have been putting pressure on the Law.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Pierre TAMINIAUX<br /></em><strong>In Praise of a New Art Community<br /></strong>Contemporary artist's political responsibility involves necessarily a new politics of formal radicalism; art's politics having to be conceived on the basis of its aesthetic dimension. The definition of the political responsibility of the artist should as well include a reflection upon the very notion of community in art. The contemporary artist cannot find back the lost political sense of art, else than by the integration of his practice in a community both existential and aesthetic; a community likely to contradict art's economic determination through market laws, taking up again with the lesson of the avant-gardes.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Sylvie SERVOISE-VICHERAT<br /></em><strong>The Writer's Responsibility in the Present and “Presentist” Involvement<br /></strong>“(Politically) involved literature” has been the name given all along twentieth century to a certain way of exercising responsibility on the part of the writer. How can texts written at the end of last century renew a paradigm of literary involvement conceived in 1945 and long gone? Or, to put it differently, what are the possibilities and ways the literary might intervene and act within the field of human history in a context that has been modified? Basing his analysis on three novels (by Olivier Rolin and Antoine Volodine) – posed as narrations from after the fact– the author suggests seeing them as an expression of unseen forms of involvement, matching a reconception of time and History, such as the ones of historians François Hartog and Pierre Nora.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><em><br /></em></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Kalliopi PAPADOPULOS</em><strong><br /></strong><span style=""font-weight: normal;""><strong>A Learned Interior Necessity </strong><br /></span>A common saying has it that an “involved” artistic practice is no longer imaginable in a time where the artist is constrained by material problems and dependent on the market and institutions. One forgets however the specific conditions, family ones notably, that lead to the emergence of a creative act. This “learned necessity” –a habitus generated inside the family circle– can also be understood as a specific involvement form.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Sophie LE COQ<br /></em><strong>To Invest Oneself in Artistic Trajectories: the Expression of Differentiated Involvements<br /></strong>While referring to the emergence of associations-related artistic practices, the author questions the driving force behind the involvement in such activities. A few examples lead to a hypothesis according to which investment in these practices cannot anymore solely be understood through a vocational register, but as ways of testing oneself according to the axis of putting things in common and mastering oneself. If a hope for social recognition is attractive, it is because the image of the artist appears to be an “ethical social figure”.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p>";284;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Simultanément, l’opinion considère les artistes comme des acteurs s’adaptant en permanence à la demande fluctuante du marché et des institutions ; cette motivation se faisant au détriment de tout engagement véritable. Le discours sur la responsabilité de l’artiste, autrefois attaché à des prises de position politiques ou esthétiques affirmées, ne semble ainsi plus à l’ordre du jour. Quel peut-il être alors ?</p>";;09/02/2010 16:56;1;Première édition;3675 90;2;3;30;Le genre;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le cinquième volume de la série porte sur le genre et la formation du féminin dans quelques domaines tels que le sport, les professions féminines, etc.</p>";"<p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Le genre</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - Le genre et la désinence</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2 - Les genres et les mots composés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3 - Genres et suffixes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4 - Le genre et les lettres de l'alphabet</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5 - Le genre et la prière</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6 - Arbres et fruits</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7 - Les vins</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8 - Le genre et la géographie</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9 - Le genre et le sport</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10 - Le genre et les mots étrangers</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11 - Le genre et les sigles</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12 - Le substantif absent</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13 - La substantivation</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />La formation du féminin</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">14 - Modification de la désinence</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">15 - Modification du mot lui-même</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Genres et sexes</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16 - Masculins et féminins indépendants</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">17 - Masculins et féminins entremêlés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">18 - Les avatars du féminins</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">19 - Les animaux</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Liste des ouvrages cités, Dictionnaires et grammaires consultés, Index</span></p>";;10/12/1982;5;155x220;180;978-2-90398-103-7;978-2-90398-103-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_90.jpg;;;;278;11.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 91;2;6;30;L'adjectif;;;;<p>L'adjectif en italaien.</p>;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />L'adjectif</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - Adjectif et substantif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2 - Quelques considérations morphologiques</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3 - Le féminin (La formation du féminin)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4 - Le pluriel</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5 - Les adjectifs composés</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6 - Les adjectifs de couleur</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7 - L'adjectif sans substantif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8 - L'adjectif répété</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Quelques adjectifs</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bello</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Buono</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11 -</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Grande</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12 -</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Santo</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mezzo</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Listes des ouvrages cités, Dictionnaires et grammaires consultés, Index</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/01/1983;6;155x220;256;;;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_91.jpg;;;;446;13.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans une première partie sont abordés des problèmes d'ordre morphologique et syntaxique (formation du féminin, du pluriel) et les cas particuliers des adjectifs composés et de couleur. Dans une deuxième partie sont étudiés quelques adjectifs qui méritent un traitement spécifique (<em>bello</em>, <em>grande</em>, <em>santo</em>, <em>mezzo</em>).</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 92;2;6;30;La comparaison;;;;<p>Ce volume traite de la concurrence entre DI et CHE dans l'expression de la comparaison.</p>;"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />De quelques adverbes et adjectifs</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - Statut de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Piu </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Meno<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2 - Statut de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Meglio</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Peggio<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3 - Les comparatifs (et superlatifs) organiques</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Le superlatif absolu</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4 - Les suffixes<br />5 - Les préfixes<br />6 - Superlatifs organiques<br />7 - L'appel à un adverbe<br />8 - L'appel à un autre adjectif<br />9 - La répétition</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br />Le superlatif relatif</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10 - Remarques générales<br />11 - Le superlatif separé du substantif<br />12 - Le superlatif avec substantif<br />13 - Cas particuliers<br />14 - Le superlatif avec un verbe<br />15 - Le superlatif avec l'adverbe<br />16 - Possibile</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE :<br />Le comparatif de supériorité et d'infériorité</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">17 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Di</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Che </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">? Exposé des critères<br />18 - Notre méthode de travail<br />19 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Che<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">20 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Di<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">21 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Di</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Che </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">? </span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CINQUIÈME PARTIE<br />Le comparatif d'égalité</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">22 - Les corrélations<br />23 - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Non Piu, non Meno...Di/che<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">24 - Autres<br />25 - Égalité et inégalité</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Listes des ouvrages cités, Dictionnaires et Grammaires consultés, Index</span></p>";;10/01/1984;7;155x220;224;978-2-90398-123-5;978-2-90398-123-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_92.jpg;;;;0;13.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 93;2;6;30;Les pronoms personnels;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les pronoms personnels en italien.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Les pronoms sujets</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La première personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. La deuxième personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. La troisième personne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Pronoms sujets ou pronoms forts ?</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Exclamations</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 1. Corrélation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 2. Oppositions</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 3. Propositions implicites</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 4. Tours absolus</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 5. Avant un pronom relatif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 6. Avec a et l'infinitif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 7. Après anche, neanche, pure, neppure, nemeno</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. 8. Le pronom attribut</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> Les pronoms compléments faibles</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. La première personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. La deuxième personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7. La troisième personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8. Pronoms directs ou indirects ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9. Les particules pronominales</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10. L'élision</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11. Les pronoms groupes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12. L'enclise</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13. L'accord du participe passé</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">14. Pronom personnel et adjectif possessif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">15. Le pronom explétif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">16. Le pronom redondant</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br /> Les pronoms forts</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">17. LE pronom fort complément d'objet direct</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">18. Le pronom fort après une préposition</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">19. Moi/Nous et les autres</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">20. Le pronom fort après Come et Quanto</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">21. Ah ! Oh !</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">22. La troisième personne</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CINQUIÈME PARTIE<br /> Pronoms compléments faibles ou forts ?</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">23. LORO</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">24. GLI ou LORO ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">25. GLI et LORO</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">26. Pronom faible ou pronom fort avec préposition</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">27. ECCO</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">28. Faibles et forts</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">SIXIÈME PARTIE<br /> Les pronoms substantifs</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">29.1 La première personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">29. 2 La deuxième personne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">29.3 La troisième personne</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">SEPTIÈME PARTIE<br /> Les pronoms ""accompagnés""</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">30.1 STESSO et MEDESIMO</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">30.2 ALTRI</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">30.3 Un substantif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">30.4 TUTTI</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">30.5 Les panachages</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Liste des ouvrages cités, Dictionnaires et grammaires consultés, Index</span></p>";;10/03/1985;8;155x220;272;978-2-90398-129-7;978-2-90398-129-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;JB-8.gif;;;;0;13.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ils ne remplacent pas nécessairement un nom (notamment pour les pronoms neutres, <em>Lo</em>, <em>La</em>) et dans laquelle seule la troisième personne devrait avoir l’appelation « pronom », les pronoms de la première et de la deuxième personnes ne remplaçant rien et représentant directement celui/ceux qui parle(nt) et celui/ceux qui écoute(nt).</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 94;2;6;30;Tu, voi, Lei;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les pronoms en italien.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos<br /> Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Morphosyntaxe</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les pronoms sujets et les pronoms compléments forts</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Les pronoms compléments faibles</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Le pronom réfléchi</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Les problèmes d'accord</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. Le possessif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. Le verbe</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7. Majuscule ou minuscule ?</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Emploi</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8. Le tutoiement</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9. Le vouvoiement : voi ou lei ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">10. Lei</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11. Voi</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">12. Les rapports inégaux</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">13. Pronoms en compétition</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annexe 1 : les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Promessi sposi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Annexe 2 : Les dialectes<br /> Listes des ouvrages cités<br /> Auteurs d'articles<br /> Grammaires citées</span></p>";;10/01/1987;9;155x220;133;978-2-90398-143-3;978-2-90398-143-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;101;12.96;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume traite des pronoms allocutoires et s’arrête sur les trois manières de s’adresser à l’autre. En effet, en italien comme en français on tutoie. Le vouvoiement s’exprime de deux manières <em>Voi</em> et <em>Lei</em>. Une approche morphosyntaxique portera sur <em>Lei</em>, opposé à <em>Voi</em> et <em>Tu</em>.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 95;2;6;22;À travers le XXe siècle italien;;;;"<p style=""text-align: justify;"">De Pirandello et de Svevo à Montale et Pavese. De la nouvelle avant-garde selon A. Pizzuto à Marco Ferreri et son système textuel.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Bouissy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Spizzo<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un sujet de film inédit de L. Pirandello</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Julien Mariani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'affaire Zeno</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sergio Carreda<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remarques sur la structure de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sarcofaghi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'E. Montale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuditta Rosowski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une lecture d'un récit</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Entre femmes seules</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de C. Pavese</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Ferraris<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si riparano bambole</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'A. Pizzuto. Une structure narrative troublée par l</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">'aposiopesis</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anna Guédy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La dé-figuration dans l</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">'audience</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Depuyper<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le système textuel de Marco Ferreri</span></p>";;10/03/1976;0;155x240;192;;;;;Presses Universitaires de Vincennes;Travers-20e.gif;;;;274;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition; 96;2;3;22;Acquisition d'une langue étrangère III;;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'ouvrage comporte trois thèmes : interlangue et communication, problèmes méthodologiques liés à la description d'un système linguistique, linguistique et didactique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Py<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation générale</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Interlangue et communication</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Py<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rémy Porquier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Communication exolingue et apprentissage des langues</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Grosjean<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réponse à Rémy Porquier. Communication exolingue et communication bilingue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Gaonac'h<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La notion d'interlangue et la psychologie cognitive du langage</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sophie Moirand<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réponse à Daniel Gaonac'h</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jo Arditty<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Interrogation sur des comportements d'étudiants en traduction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jens Bahns<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réponse à Jo Arditty</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Schneuwly<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'explication d'une construction simple en langue d'accueil et en langue d'origine par des enfants immigrés : tentative d'une approche textuelle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Micheline Rey-von Allmen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réponse à Bernard Schneuwly</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Problèmes méthodologiques<br /> liés à la description de l'acquisition d'un système</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Claude Berthoud</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Bailly</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La notion de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">modèle de description</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> en didactique des langues</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Claude Berthoud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réponse à Danielle Bailly</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clive Perdue<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Recueil de données : les enseignements d'une année pilote (Projet de recherche E.S.F Second Language Acquisition by Adult Immigrants)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Lüdi</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Réponse à Clive Perdue : L'acquisition d'une langue seconde pour des migrants : naissance d'un bilinguisme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Horst Raabe</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Beyond output-before output : opérations initiales lors de l'apprentissage d'une langue étrangère</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Merkt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réponse à Horst Raabe : remarques critiques à propos de la notion de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fragereaktionen </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et de son exploitation didactique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Linguistique et didactique</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Redard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elena Ferrario</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Enrica Galazzi Matasci : l'approche contrastive explicite comme base de l'apprentissage linguistique à un niveau avancé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jorge Giacobbe</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Réponse à Elena Ferrario et Enrico Galazzi Matasci : analyse contrastive et acquisition d'une langue seconde</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Descayrac</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La formation de formatrices d'alphabétisation non professionnelles : le rôle des représentations</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Vidalenc<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelques interactions linguistiques didactiques dans l'apprentissage de l'anglais à des scientifiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Gentilhomme</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Réponse à Jean-Louis Vidalenc</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Dubois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Questions de didactique : aspects d'une action d'enseignement de la langue du pays d'accueil à des femmes migrantes non scolarisées</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Py<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réponse à Catherine Dubois</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie cumulative</span></p>";;10/03/1984;0;160x240;500;978-2-90398-112-9;978-2-90398-112-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_96.jpg;;;;744;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 97;2;3;22;La banlieue oasis;Henri Sellier et les cités-jardins (1900-1940);;;"<p style=""text-align: justify;"">Et si le défi du « social-municipalisme » était repris par notre système de l'habitat et par les politiques publiques locales ? C'est là qu'un ouvrage consacré pour la première fois à Sellier prend tout son intérêt.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avertissement<br /> Introduction<br /> Biographie</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Pennetier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Sellier : quel socialiste ?</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Perspectives social-démocrates</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Madeleine Rebérioux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un milieu socialiste à la veille de la grande guerre : Henri Sellier et le réformisme d'Albert Thomas</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrizia Dogliani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La théorie de la régie directe : E. Milhaud et Sellier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Dreyfus<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Implantation municipale et dissidences communistes dans la banlieue parisienne (1920-1940)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Hygiénisme et urbanisme</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giovanna Osti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La section d'hygiène urbaine et rurale du Musée social</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anthony Sutcliffe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le contexte urbanistique de l'oeuvre de Sellier : la transcription du modèle anglais de la cité-jardin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Une science de l'édilité</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thierry Leroux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Sellier, maître d'oeuvre de la vie urbaine</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Katherine Burlen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sciences du logement et gestion des populations</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Henri Guerrand<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sellier et le service social</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Nicoulaud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la cité-jardin à la cité moderne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - La commune et l'État</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Gaudin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Banlieue, plan d'urbanisme et libertés communales</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Fourcaut<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bobigny : gestion municipale et prise en charge de la population</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie Viet-Depaule<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les premiers HBM à Ivry-sur-Seine, durant l'entre deux-guerre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Pinson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nantes, Chatenay : l'installation du service d'eau contre l'indépendance communale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Meuret<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le problème du centre, comme mode de différenciation d'une commune socialiste : Villeurbanne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V - L'appareil municipal</span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""> </p><blockquote style=""padding-left: 60px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Bétron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la recherche d'un consensus : Henri Sellier et la Société Historique de Suresnes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Cochard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'éducation à la formation professionnelle : le cas de Suresnes, 1919-1939</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Barraqué<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'école de plein air de Suresnes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Raymond<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Sellier, l'homme de l'organisation</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie Geneviève Dezès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annexes : l'évolution urbaine à Bobigny, Ivry, Suresnes, quelques repères statistiques</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Guillot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bio-bibliographie d'Henri Sellier</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie se Sellier<br /> Illustrations<br /> Les auteurs<br /> Index</span></p>";;10/02/1987;0;147x220;302;;;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_97.jpg;;;;448;10.00;;"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre et de la Mission de la Recherche Urbaine</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3081 98;2;3;22;Bibliographie sur la planification des transports urbains;;Bibliography on french and foreign new towns;;"<p style=""text-align: justify;"">Cette bibliographie contient environ 1 000 références d'ouvrages et d'articles en langue anglaise, française ou autre. Elle porte sur les décennies 1960-1980, où les percées méthodologiques ont été les plus fortes.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoires des transports urbains</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Politique de transports urbains</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Aspects généraux<br /> - Technologies nouvelles de transport<br /> - Améliorations des systèmes de transport classique<br /> - Aspects politiques et sociaux de la planification des transports urbains<br /> - Influence des transports sur l'urbanisation</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Économie des transports</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le coût des infrastructures<br /> - Les coûts en énergie<br /> - Les coûts sociaux<br /> - Coûts de fonctionnement et tarification<br /> - Planification économique globale</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Méthodologie de l'analyse et de la prévision</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Problèmes généraux de méthodologie<br /> - Modèles de génération de trafic et prévision de la demande globale<br /> - Modèles de distribution géographique<br /> - Modèles du choix de transport<br /> - Modèles d'affectation aux itinéraires<br /> - Critique de la méthode classique de prévision de la demande<br /> - Modèles intégrés et modèles simplifiés<br /> - L'approche par l'accessibilité<br /> - Espace temps et mobilité urbaine</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Problèmes spécifiques aux villes des pays en développement</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Politique des transports<br /> - L'offre de transport et la dimension économique<br /> - La demande de mobilité et la méthodologie de la prévision</span></p></blockquote>";;10/09/1984;0;155x220;208;978-2-90398-115-0;978-2-90398-115-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_98.jpg;;;;338;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3418 99;2;3;22;Communication des connaissances et activité de l'élève;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Vaste ensemble de travaux concernant la transmission des connaissances au moyen du langage, plus particulièrement du langage écrit. Il se situe au croisement de la psychologie et des sciences de l'éducation.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">INTRODUCTION : L'apprentissage en profondeur des connaissances</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Vers une approche cognitive de l'apprentissage des connaissances<br /> II - Langage et communication des connaissances</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE I<br /> Structure sémantique et organisation des connaissances</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Aspects linguistiques et sémantiques de la structure d'un texte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Aspects conceptuels de la structure d'un texte</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'organisation en soi des connaissances<br /> - L'intégration des différentes informations d'un texte dans un ensemble<br /> - Conclusion</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE II<br /> Apprentissage en profondeur des connaissances et rôle des contextes</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Étude de l'activité d'organisation des informations</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La focalisation sur une interprétation unifiée du texte<br /> - L'intégration sémantique<br /> - Aspect schématique de l'ensemble conceptuel construit par l'élève<br /> - L'aspect dynamique de ce qui est acquis et le rôle des contextes</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Étude de l'acquisition d'informations non explicitées : l'activité inférentielle</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les inférences au cours d'une activité déductive<br /> - Les inférences au cours d'une activité inductive : l'abstraction des principes</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Étude du rôle des connaissances antérieures</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Rôle des schémas déjà connus<br /> - Rôle des contextes d'assimilation<br /> - Conclusion</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE III<br /> Rôle des modalités de guidage dans l'apprentissage en profondeur</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Modalités de guidage et centration de l'attention</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'ordre de présentation des énoncés<br /> - Les incitations verbales</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Modalités de guidage et organisation d'ensemble</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les plans hiérarchiques<br /> - Les résumés</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Modalités de guidage et acquisition d'une représentation imagée</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les exemples verbaux<br /> - Les schémas</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE IV<br /> Apprentissage en profondeur des connaissances et activité d'étude de textes</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Activité d'étude et sentiment de savoir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Intensification de l'activité d'étude</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Élévation du niveau d'aspiration de l'élève<br /> - Réorganisation des informations et prises de notes<br /> - Conclusion</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CONCLUSION<br /> Apprendre à apprendre</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - La capacité de mise en relation des informations<br /> II - L'élévation du niveau des exigences de l'élève par rapport au but à atteindre<br /> III - La mobilisation des connaissances antérieures<br /> IV - La représentation de la vue d'ensemble acquise</span></p>";;10/02/1986;0;137x220;228;978-2-90398-136-5;978-2-90398-136-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_99.jpg;;;;330;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3161 101;2;3;22;Critique de la Théorie critique;Langage et histoire;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cinq études portant sur Horkheimer, en particulier <em>Les Débuts de la philosophie bourgeoise de l'histoire</em>, Walter Benjamin et Habermas. Elles entreprennent une critique de l'École de Francfort.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Critique de la Théorie critique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denise Modigliani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Max Horkheimer, critique de la conception machiavélienne de l'histoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Dessons<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Horkheimer et la théorie hobbienne du droit naturel</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Chiss<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Horkheimer face à Vico : la problématique du précurseur</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Dessons<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Horkheimer et le matérialisme historique de Vico</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Portrait de Horkheimer en philosophe bourgeois de l'histoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Chiss<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Langage/Histoire : de la « langue de bois » au consensus</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Maillard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lecture de Walter Benjamin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Charnet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La tâche du poéticien de l'histoire, la poétique de Walter Benjamin-poème messianique de l'histoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le langage chez Habermas, ou : critique, encore un effort<br /> 1- Avant la théorie de l'action communicative<br /> 2- Dans la théorie de l'action communicative</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes sur les participants</span></p>";;10/11/1985;0;155x220;208;978-2-90398-127-3;978-2-90398-127-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_101.jpg;;;;332;10.00;;"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 102;2;3;22;Culture et idéologie après le concile de Trente;Permanences et changement;;;"<p style=""text-align: justify;"">Dans ce volume, différents chercheurs se sont interrogés sur les rapports entre la culture et l'idéologie dans l'Europe après le concile de Trente, alors que les souverains absolutistes poursuivent une politique qui met le spirituel au service du temporel.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Plaisance<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éveline Andréani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Facteurs de métamorphose des systèmes musicaux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Brunet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noces terrestres, noces spirituelles : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'acqua vino </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de G. M. Cecchi et ses remaniements</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Decroisette<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Drammi civili</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Giovan Andrea Moniglia, librettiste florentin, entre Contre-réforme et Lumières</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-France Schmidt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'utilisation des figures allégoriques dans les processions de canonisation de saint Ferdinand à Séville et à Madrid (1671)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Quilliet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Heurs et malheurs de la théâtralité théatine (XVIIe-XVIIIe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Quilliet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Créativité instrumentale et contexte historique en Europe Occidentale moderne (XVIe-XVIIIe siècles)</span></p>";;10/09/1985;0;155x240;224;978-2-90398-122-8;978-2-90398-122-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_102.jpg;;;;328;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Suivant des approches complémentaires ont été notamment étudiés les facteurs d'évolution des systèmes musicaux, la vie théâtrale à Florence, les processions à Séville et à Madrid en 1671, etc.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3662 486;2;3;17;Savoirs en récits, XIXe siècle, volume 2;Éclats de savoirs : Balzac, Nerval, Flaubert, Verne, Goncourt;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment les récits érudits de ce temps travaillent-ils les représentations anciennes et les savoirs contemporains ? Comment font-ils jouer ensemble croyances, doutes, et désir de savoir ?</p>";"<div><p><strong>Anne Herschberg Pierrot et Jacques Neefs<br /> </strong>Savoirs en récits</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jacques Neefs,</strong><br /> Savoirs en morceaux, savoirs en récit<br /> <br /> <strong>Stéphane Vachon,</strong><br /> Balzac, la science et Flaubert<br /> <br /> <strong>Jean-Nicolas Illouz,</strong><br /> La religion de Nerval <br /> <br /> <strong>Bertrand Marchal,</strong><br /> Savoirs, mythes et religions dans <em>Hérodias</em><br /> <br /> <strong>Cécile Matthey,</strong><br /> Itinéraire d’une croyance, dans <em>Hérodias</em> <br /> <br /> <strong>Agnès Bouvier,</strong><br /> L’orgie des savoirs : le festin de <em>Salammbô</em> et le <em>Banquet des savants</em> <br /> <br /> <strong>Sarga Moussa,</strong><br /> Flaubert et Du Camp au désert <br /> <br /> <strong>Jacques Noiray,</strong><br /> Le traitement des savoirs dans <em>L’Île mystérieuse</em><br /> <br /> <strong>Jean-Louis Cabanès,</strong><br /> Collages et éclats de savoir dans le <em>Journal des Goncourt</em></p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/03/2010;0;137x220;200;978-2-84292-243-6;9782842922436;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_486.jpg;;;;262;21.00;"<p style=""text-align: justify;""> Ce deuxième volume réunit diverses versions de ces tensions : avec Balzac la recherche d’un absolu qui se dérobe, avec Nerval la quête mélancolique de la multiplicité des dieux ; avec Flaubert les investigations à la fois érudites et plastiques sur les mythes, les religions, l’Orient et l’Antiquité que sont <em>Salammbô</em> et <em>Hérodias</em> ; avec Jules Verne l’epos d’un savoir amer, d’un secret pulvérisé ; avec les Goncourt la mise en fragments de leur temps. Les bribes du sacré et les rumeurs du commun se confondent dans le siècle.</p>";;08/02/2010 17:23;0;Première édition;3643 103;2;3;22;Culture et religion;en Espagne et en Italie aux XVe et XVIe siècles;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le théâtre religieux florentin : le thème de l'Annonciation, une farce spirituelle de G. M. Cecchi, une œuvre inédite de Lorenzo de' Medici. Deux oeuvres espagnoles inspirées par le récit de l'<em>Invention de la Croix</em>.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Decroisette</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Fêtes religieuses, fêtes princières au XVIe siècle :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Les Médicis et la fête de l'annonciation à Florence</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Plaisance</span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'Invenzione della Croce</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Lorenzo de' Medici et le mythe du second Charlemagne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Plaisance<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Rappresentazione de l'Invenzione della Croce</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, édition critique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-France Schmidt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La légende de l'Invention de la Croix dans deux oeuvres espagnoles du XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Brunet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Acqua Vino</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : une (deux ou trois ?) farce(s) de G. M. Cecchi</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuel Ballestero</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La busqueda y lo escondido en el</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Càntico espiritual</span></em></p>";;10/03/1980;0;155x240;200;978-2-85314-013-3;978-2-85314-013-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_103.jpg;;;;290;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3622 104;2;3;22;Les dires analysés (Les);L'analyse propositionnelle du discours;;;"<p style=""text-align: justify;"">Méthode qui se veut utilisable par le plus grand nombre pour la plus grande variété de matériaux discursifs, l'Analyse Propositionnelle du Discours est exposée ici dans son détail technique et ses utilisations, exemplifiées abondamment.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préambule</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE I<br /> L'AAD, l'APD, et quelques autres</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Rappels critiques concernant les méthodes classiques d'analyse de contenu<br /> - Rappels (critiques) concernant les analyses textuelles<br /> - L'APD : objectifs et principes</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE II<br /> L'APD : méthodologie</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Surfaces textuelles et propositions<br /> - Les étapes de la méthode</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE III<br /> L'APD : trois exemples</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La vieille dame indigne<br /> - La jeune dame indigne<br /> - « Les véritables occupations des infirmiers psychiatriques »</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CHAPITRE IV<br /> Limites et ouvertures de l'Analyse Proportionnelle du Discours</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les limites de la méthode<br /> - Méthodes de recueil des données textuelles et APD<br /> - Méthode d'agrégation d'un ensemble de données textuel et APD</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion et ouverture</span></p>";;10/09/1985;0;180x250;188;978-2-90398-186-0;978-2-90398-186-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_104.jpg;;;;372;10.00;;"<p>Publié avec le concours du CNRS</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 105;2;3;22;Du réalisme à l'irréalité I;;;;"<p>Ce volume est le premier d'un ensemble consacré à différentes expressions d'une exigence réaliste qui, depuis plus d'un siècle, travaille la culture italienne comme peut-être aucune culture nationale.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuditta Isotti-Rosowsky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Saro<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mastro-don Gesualdo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, roman historique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">France Magnol et André Vig<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le temps et l'argent dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tre Croci</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Federigo Tozzi</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuelle Genevois<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un anno sull' Altipiano </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">d'Emilio Lussu : une guerre intérieure</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Richard Reitz<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conservatorio di Santa Teresa</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Romano Bilenchi. Une clôture du désir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Hélène Angelini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Perception « sub-liminaire », « film de l'impossible » et réalisme dans les premiers écrits de Carlo Cassola</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuditta Isotti-Rosowsky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cesare Pavese : problèmes de narration</span></p>";;10/03/1982;0;155x240;228;978-2-85314-018-8;978-2-85314-018-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_105.jpg;;;;318;10.00;"<p>Depuis le vérisme, écrivains et artistes doivent compter avec elle sur le plan de la création comme sur celui de l'histoire où elle s'enracine.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 106;2;3;22;Du réalisme à l'irréalité II;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Dans ce second volume on verra comment, sous cette persistante exigence de réalisme, se font jour des expressions inédites du rapport à la réalité.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Bouissy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuditta Isotti-Rosowsky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pavese lecteur de Freud : un trajet et son interprétation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuelle Genevois<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Agnese va a morire</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Renata Vigano : illustration du réalisme socialisme ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Labousset<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Urpartigiano Johnny</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> au </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Partigiano Johnny</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et à la nouvelle </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I ventitré giorni</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">della città di Alba</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Laroche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La poussière dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Nuvola di smog </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Italo Calvino : signification idéologique d'un mythe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Morel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Itinéraires de militants dans l'oeuvre de Giovanni Arpino</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anna Rocchi-Pullberg<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le città del mondo </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">d'Elio Vittorini entre utopie et négation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Laroche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Existe-t-il une</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« letteratura dell'azienda » ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Depuyper<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">'harem</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Marco Ferreri, ou de la dégénérescence du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">genre</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> cinématographique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huguette Hatem<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuliano Scabia et le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« théâtre d'étable »</span></p>";;10/03/1985;0;155x240;324;978-2-90398-120-4;978-2-90398-120-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_106.jpg;;;;458;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Cela va du journal de Pavese à la <em>Letteratura dell'Azienda</em> ou aux films de Ferreri. Avec le choc et les premiers fruits doux-amers du « miracle économique », contradictions et aliénations en tout genre s'installent durablement au coeur de la thématique littéraire et cinématographique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 484;2;3;16;Cixous sous X;d'un coup le nom;;;"<p style=""text-align: justify;"">Lectures croisées de l’œuvre de l’écrivain Hélène Cixous, intertextualité dans son œuvre et dans ses rapports avec les artistes contemporains (Simon Hantaï, Roni Horn, Maria Chevska).</p>";"<div><p style=""text-align: left;"">Présentation</p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Lectures au près du nom<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Lettres voilées : de <em>Partie </em>(Hélène Cixous) à <em>Sauf le Nom</em> (Jacques Derrida) <br />Marie-Dominique Garnier<br /><br />Entre citation et devenir : noms verbaux d’Hélène Cixous<br />Joana Masó</p><p style=""text-align: center;""><strong><br />II. Boîtes aux lettres diacritiques</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le tréma de Poe, l’<em>Umlaut</em> d’Ulm et le circonflexe de Futur<br />Jean-Michel Rabaté<br /><br />Les lettres de l’amour… même<br />Marta Segarra</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong><br />III. De H. C. à Hantaï et Chevska</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Un effet de Manche : lecture de « K. A Notebook » de Maria Chevska et Hélène Cixous<br />Frédéric Regard<br /><br />Sous la figuration du trait, la figure du retrait : le pli et le secret<br />Isabelle Hersant</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong><br /><br />IV. Voiser, voisiner : traductions, transports</strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><br />Algébrie à l’irlandaise : <em>Le Voisin de zéro </em><br />Laurent Milesi<br /><br />Mélographies cixousiennes : partitions pour lettres enfouies<br />Nadia Setti <br /><br />Présentation des auteurs</p><p> </p></div><p><br /><br /><br /></p>";;10/02/2010;0;137x220;184;978-2-84292-240-5;9782842922405;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_484.jpg;;"<div><p><span>Présentation</span></p><p><span> </span></p><p><span>Intouchable. Un nom dit toujours non, qu’on le veuille ou non. Cixous « sous </span><span>X</span><span> » ? Rusée comme ses voisines de fins d’alphabet (Y la grecque, W la </span>double<span>, Z l’hyperactive glis­sante), une x croise à première vue une signature et son contraire – rature plutôt qu’écriture, trace anonyme, inconnue d’équation. Échappée belle du milieu d’un nom propre, x court vite, coupe à travers champs, creuse l’alphabet, ressort côté algèbre, et se change en aleph alg’hébraïque. Bête alphabétique, elle file : </span><span>lonza</span><span> ocellée « vive et légère » de Dante ou phénix renaissant à travers </span><span>Neutr</span><span>e d’Hélène Cixous </span><span><a id=""footnote-881-1-backlink"">1.</a></span><span>. De </span><span>Neutre </span><span>jusqu’aux très récents </span><span>Si près</span><span> ou </span><span>Ciguë</span><span> c’est encore d’elle qu’il s’agit en somme : retour vivace d’un « si » ou « chi » lisse, qui glisse ainsi, de variation en variation, du nom à l’écriture. Note, trace de tessiture autant que texture, jusqu’où court-elle ainsi ? X ne fait-elle pas signe, lettre affranchie et paradoxalement taxable d’étrangère, vers une autre approche de ce qu’on appelle toujours texte ? Vers ce qui serait une ­révision de la textualité comme zone franche, comme espace immunitaire offrant un droit d’asile à d’autres modalités de « traitement » ?</span></p><p><span>Échangeable, « changeling », la lettre chiffrée « sous X» ­entre en relation transitive avec les grands textes de la philo­sophie contemporaine que sont, entre autres, </span><span>Différence et ré</span><span>pétition</span><span>, </span><span>Logique du sens</span><span>, </span><span>Glas</span><span> et </span><span>La Vérité en peinture</span><span> – où le chiasme anexact du </span>c<span> grec devient « le dessin thématique de la dissémination </span><span><a id=""footnote-881-2-backlink"">2.</a></span><span>», c’est-à-dire aussi l’une des figures scriptibles, réversibles, de la déconstruction, anagrammatisable en </span><span>Ich</span><span>, </span><span>Isch</span><span>, </span><span>she</span><span>, </span><span>qui</span><span> ou </span><span>key. </span><span>Une fois mise en voix, la lettre nomade se dissemble plus qu’elle ne se ressemble : « prononcez </span><span>qui</span><span> ou </span><span>khi</span><span>, en expirant, râlant ou raclant un peu, avec un </span><span>r</span><span> en plus au travers de la gorge, presque </span><span>cri</span><span>. Mais on peut essayer plusieurs langues et tous les sexes (par exemple </span><span>she</span><span>) ». Dans l’économie du « r » ou air en plus, le gène variable vole d’une signature à l’autre, du nom de Derrida à celui de Cixous. Mais dès lors, qu’est-ce qu’une signature ? En passant par la figure du </span>c<span>, Derrida articule quant à lui deux versants </span><span>a priori </span><span>incompossibles de l’histoire de la philosophie : « </span><span>c</span><span>, l’intersection générale de </span><span>Glas</span><span>, de ses commencements ou fins en bandes tordues et écartées décrit aussi l’opération démiurgique dans le </span><span>Timé</span><span>e </span><span>: “La systase ainsi obtenue, d’un bout à l’autre il la fendit en deux d’une schize dans le sens de la longueur ; ces deux bandes, il les fixa l’une sur l’autre par le milieu en forme de </span>c <span><a id=""footnote-881-3-backlink"">3.</a></span><span>.” »</span></p><p><span>Mais la double bande (ou </span><span>double-bind</span><span>) en X ou en </span>c<span> ne figure-t-elle pas aussi les contours d’une schize à fleur de peau dont les bords passeraient entre les philosophies de la différence de Gilles Deleuze et de Jacques Derrida : « deux » philosophies (mais la dualité en est-elle le chiffre ?) formant, elles aussi, bandage et bandes à part dans une relation qu’il faudrait désigner, selon l’angle d’approche, comme différentielle ou différancielle ? Sous la plume de Deleuze, lecteur des Stoïciens, de Lewis Carroll ou de la « fêlure » de Fitzgerald, se met en place une pensée où « les évènements sont comme les cristaux, ils ne deviennent et ne grandissent que par les bords, sur les bords » ; et où se relèvent « partout des blessures, des coupures » </span><span><a id=""footnote-881-4-backlink"">4.</a></span><span>. Ce que Deleuze entend par évènement hante, comme le Mime de Mallarmé, la charnière de deux séries, résidant le long d’une « ligne droite à deux faces qui réfléchit et ramifie les séries », ou libérant, comme l’un des fragments du Livre, un « élément paradoxal », « </span><span>perpetuum mobile</span><span> […] toujours en déséquilibre par rapport à lui-même », à la fois « mot = x » et « chose = x », à la fois « excès et défaut, case vide et objet surnuméraire, place sans occupant et occupant sans place » </span><span><a id=""footnote-881-5-backlink"">5.</a></span><span>. Figure de la disjonction autour de laquelle se dissipe l’énergie sérielle de </span><span>Logique du sens</span><span>, x opère à la façon d’une lettre nomade, extradée d’un nom à l’autre – lettre de voiture. On y verra la table ou le « plateau » où faire coexister deux signatures en une synthèse disjonctive : Deleuze/Derrida – deux signatures dont l’initiale syllabe, l’unique lancer d’un même dé ou « De- » différemment prononcé, offre à la lecture une synthèse disjonctive ou partage du nom : fausse marque de parité, faux duel (pas-deux), et partie comme-une, c’est-à-dire pas-une.</span></p><p><span>Sous x, sous ce signe à la fois pas-un et multiple (marque multipliante), s’inscrit ce qui noue la signature à la rature et l’écriture au secret, ce qui rive le nom, dans la pensée derridienne de la signature et de la nomination, au propre et au singulier, à l’inimitable et l’irremplaçable, mais l’ouvre dans le même geste à la répétition, à l’anonymat, à la contrefaçon du contreseing. Comme toute signature derridienne, x est dé-nomination, à la fois adresse et expédition du nom, arrêté fixant la propriété et arrêt du propre, dé/nomination, ouvert à un régime anonyme de voisinage généralisé en terrain vague et infiniment ouvert – nom au devenir deleuzien, c’est-à-dire nom-nomade.</span></p><p><span>De tels déplacements sont à l’œuvre dans l’écriture ­d’Hélène Cixous dont les textes déjouent l’enfermement et la désignation portés par le nom : « Mais peut-être cette histoire se passe-t-elle sans les noms ? Sous les noms </span><span><a id=""footnote-881-6-backlink"">6.</a></span><span> ? » Bien qu’il soit le lieu d’une violence qui consisterait à nommer ou poser en appelant – « Ce serait grande et vaine violence que de les appeler […], ils ne s’étaient jamais porté des coups de nom, ils n’avaient jamais tranché le tendre corps qui s’étendait entre leurs corps en se frappant d’un nom </span><span><a id=""footnote-881-7-backlink"">7.</a></span><span>… » –, le nom ne manquera pas chez Cixous d’assurer un passage vers le sens. Au risque d’arrêter, un nom semble pouvoir sauver de l’absence en gardant l’ouverture du désir, le battement du présent avec ce qui ne l’est plus : « Mais tout commence par le nom propre. Je te désire et je te garde et je te tiens solidement au-dessus du néant par ton nom, je te tire de la fosse par la tresse du nom </span><span><a id=""footnote-881-8-backlink"">8.</a></span><span>. »</span><span> Ce que dit la narratrice de </span><span>Si près</span><span> à propos d’une lettre qu’elle ne peut adresser à sa destinataire faute d’adresse pourra aussi s’entendre à propos de « x », l’une des lettres, « pliées en quatre », comme un secret de nom : « or je voulais que ma lettre arrive, ou plutôt, je voulais qu’elle ne soit pas arrêtée en chemin </span><span><a id=""footnote-881-9-backlink"">9.</a></span><span> ». X, « lettre-l’être », battante et à double-battant </span><span><a id=""footnote-881-10-backlink"">10.</a></span><span>, dont la force à la fois découple et décuple – lettre carrefour où deux mondes au moins font monde, à l’enseigne des « Deux mondes » à Oran où tenait commerce la tante d’Hélène Cixous – deux boutiques accolées, « bazar bureau de tabac où l’on fournissait tout et en particulier les insignes </span><span><a id=""footnote-881-11-backlink"">11.</a></span><span> ». Carrefour asymétrique, anexact, clinamen ou encore « voix qui se voie </span><span><a id=""footnote-881-12-backlink"">12.</a></span><span> ».</span></p><p><span>En partie issues de la Journée d’études « Cixous sous X » qui s’est tenue à l’université de Paris 8, le 19 décembre 2007, les lectures qui suivent arpentent l’œuvre d’Hélène Cixous depuis ses commencements jusqu’aux publications les plus récentes – de </span><span>Partie</span><span> (1976) au </span><span>Voisin de zéro</span><span> et</span><span> </span><span>Si Près</span><span> (2007),</span><span> </span><span>en passant par</span><span> Un vrai jardin</span><span> (1971), </span><span>Manhattan</span><span> (2002) ou </span><span>L’Amour même</span><span> (2005). Il sera question, dans les pages qui suivent, de composer avec le nom, d’en suivre les formations composites et familles recomposées : Cixous avec Poe, Sir Thomas Browne, saint Augustin, Olivier de Serres, Beckett, Hantaï, Stendhal, Lispector, Kafka, Celan, Mallarmé, Silesius… Ce livre prend le parti de mettre en question le propre du nom dit « propre », d’en rendre audibles les forces transverses et « impropres » (où l’oreille lectrice de Poe recon­naîtra son « </span><span>imp</span><span> ») qui en parcourent la propriété, et ce faisant en recalculent, en éclaircissent les limites. À la question de la nomination s’articulent de multiples pistes de lecture : le nom et la théologie négative, la violence de l’appellation en littérature, l’invention du nom propre et ses fictions, l’exappropriation et la « destinerrance », les « prénoms de personne », la mort et la réécriture biographique, la pratique de la citation et autres déplacements de l’imaginaire littéraire. En poussant la porte, la sortie cachée au milieu d’un nom propre ou son « exit » intérieur, est apparue la nécessité d’ouvrir la nomination à son dehors, ses hors, ses fors, ses altérations : autant de sorties hors sujet, sans possibilité de repli identitaire ou originaire : acte de résistance à tout enfermement.</span></p><p><span>Or les intersections de l’œuvre d’Hélène Cixous ne s’ar­rêtent pas aux frontières du littéraire. Ce volume présente des lectures critiques des récentes correspondances de l’écrivain avec des artistes comme Simon Hantaï, Roni Horn et Maria Chevska. Dans </span><span>Le Tablier de Simon Hantaï</span><span>, « Faire voir le jamais vu » (</span><span>Rings of Lispector</span><span>) et « K. A Notebook » (</span><span>Vera’s Room</span><span>) se nouent écriture et œuvre plastique, em­preintes l’une et l’autre du secret échange entre lisibilité et illisibilité de la lettre. Il s’agit à chaque fois d’un travail singulier de ­lettres manuscrites et fragments qui s’entretissent avec l’œuvre plastique : pictographie, homophonie et paronymie, palimpseste, anagramme, hypogramme, le travail de rature des mots sous les mots lisibles, le pli, les voiles…</span></p><p><span>Chuintante, occlusive, gutturale ou glissante, une lettre circule, feignant d’emprunter l’improbable passage du nord-ouest entre deux voix proches, </span><span>différantes,</span><span> de la pensée contemporaine : Deleuze, Derrida, voix l’une et l’autre entendues dans ce volume, et dont la lettre, en son chiasme asymétrique, pourrait figurer la double science, la double séance. X, impossible point de capiton, rature et recommencement. X, pli deleuzien et double éventail post-mallarméen. « Déposons ici l’éventail, exergue au bord de la démonstration </span><span><a id=""footnote-881-13-backlink"">13.</a></span><span>. »</span></p><p><span>Marie-Dominique Garnier et Joana Masó</span></p><p>Afin de respecter les choix typographiques des différents auteurs, et en accord avec le principe de « variance » de la variable x, les coordinatrices de ce volume n’ont cherché à harmoniser ni les différentes graphies de X ni son genre.</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-881-1"">1</a><span> La « </span><span>lonza, leggiera & presta molto, </span><span>animal unique, hors d’espèce, léger et vif ou vive et légère</span><span>, che di pel maculata era coperta </span><span>» ; </span><span>cf. </span><span>Hélène Cixous, </span><span>Neutre</span><span>, Paris, Grasset, 1972, p. 23, citant l’</span><span>Enfer</span><span> de Dante.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-2"">2</a><span> Jacques Derrida, </span><span>La Vérité en peinture</span><span>, Paris, Flammarion, 1978, p. 189.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-3"">3</a><span> </span><span>Ibid.</span><span>, p. 189-191.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-4"">4</a><span> Gilles Deleuze, </span><span>Logique du sens</span><span>, Paris, Minuit, 1969, p. 19-20.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-5"">5</a><span> </span><span>Ibid.</span><span>, p. 83.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-6"">6</a><span> Hélène Cixous, « Autoportraits d’une aveugle », </span><span>Jours de l’an</span><span>, Paris, Des femmes, 1990, p. 174.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-7"">7</a><span> Hélène Cixous, </span><span>Messie</span><span>, Paris, Des femmes, 1996, p. 12.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-8"">8</a><span> Hélène Cixous, </span><span>Or</span><span>, Paris, Des femmes, 1997, p. 21.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-9"">9</a><span> Hélène Cixous, </span><span>Si près</span><span>, Paris, Galilée, 2007, p. 29.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-10"">10</a><span> Hélène Cixous, </span><span>Déluge</span><span>, Paris, Des femmes, 1992.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-11"">11</a><span> Hélène Cixous, « Pieds nus », </span><span>Une enfance algérienne</span><span>, textes inédits recueillis par Leïla Sebbar, Paris, Gallimard, 1997, p. 55-63.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-12"">12</a><span> Hélène Cixous, Mireille Calle-Gruber, </span><span>Hélène Cixous. Photos de racines</span><span>, Paris, Des femmes, 1994, p. 28.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-881-13"">13</a><span> Jacques Derrida, « La double séance », </span><span>La Dissémination</span><span>, Paris, Seuil, 1972, p. 283.</span></p></div></div></div>";;274;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Qu’y a-t-il « dans » un nom ou au mi-lieu d’un nom ? Qu’est-ce qu’un mi-lieu ? À partir du x autour duquel s’articule le nom d’Hélène Cixous, les textes du présent ouvrage interrogent la relation transitive que la lettre chiffrée « sous X » entretient avec les grands textes philosophiques contemporains de Jacques Derrida et Gilles Deleuze. Parcourant l’œuvre d’Hélène Cixous de ses commencements aux publications les plus récentes, les analyses ici réunies composent toutes avec le nom. Elles en suivent les formations composites et les familles recomposées : Cixous avec Poe, Sir Thomas Browne, saint Augustin, Olivier de Serres, Beckett, Stendhal, Lispector, Kafka, Mallarmé, Silesius… Plusieurs lectures critiques des correspondances de l’écrivain avec des artistes contemporains tels que Simon Hantaï, Roni Horn et Maria Chevska viennent compléter cet ensemble.</p>";;08/02/2010 16:44;0;Première édition;3643 107;2;3;22;Faut-il supprimer les parcs nationaux ?;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Il y a ceux qui veulent voir les parcs disparaître et ceux qui pensent pouvoir les améliorer : des positions exprimées, argumentées, à partir d'un vécu.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Allocution d'ouverture</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Parcs nationaux et régionaux : quelques faits et quelques chiffres<br /> - Rapport de synthèse : pour ou contre, telle est la question<br /> - Rapport de synthèse : une nouvelle ambition pour les parcs</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les espaces naturels publics, une étude du Centre de communication avancée<br /> - Les parcs nationaux et les zones périphériques, une étude de la SEGESA et du Ministère de l'environnement<br /> - Faut-il supprimer les parcs nationaux ? Oui, bien sûr !<br /> - Les parcs nationaux, instruments de recherche et modèle de gestion des milieux naturels<br /> - Financement des parcs nationaux et leur zone périphérique<br /> - La loi du 22 juillet 1960 : du texte à la réalité de terrain<br /> - Parcs nationaux, parcs naturels régionaux et coopération inter-communale :des territoires qui transcendent la démocratie élective<br /> - Pour des « parcs en peau de léopard » échappant à la structure concentrique<br /> - Réflexions et propositions de la CFDT relatives aux parcs nationaux</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> - Parcs nationaux et énergies nouvelles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Article du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Républicain Lorrain</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> sur le colloque<br /> - Article de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouest-France</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> sur le colloque<br /> - Article du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Figaro</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> sur le colloque<br /> - Article du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monde</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> sur le colloque</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Un protecteur de la nature interpelle les visiteurs des parcs nationaux<br /> - Redéfinir la mission et modifier la gestion des parcs nationaux : le cas du Grand Paradis<br /> - Des jeunes volontaires contribuent à l'aménagement et à la protection du parc national de Port-Cros<br /> - Ce qui ne va pas dans les parcs naturels régionaux<br /> - Une amélioration nécessaire<br /> - Un duo symbolique : ours des Pyrénées et agropastoralisme<br /> - Il faut supprimer la zone centrale du parc national des Cévennes<br /> - Un parc habité : un parc d'intérêt général</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Questions aux élus</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Une expérience : un stage d'insertion social et professionnelle à Porquerolles<br /> - Inventer des formes nouvelles de protection de l'espace<br /> - Le droit de l'animal<br /> - Pour un élu il n'y a pas de réponse simple<br /> - Parc naturel et agriculture : un exemple, le Camargue</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le parc national des Cévennes remis en question<br /> - Le parc national des Cévennes : parc d'intérêt national</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'association des journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie<br /> - La filière écologie de l'université de Paris VIII</span></p>";;10/12/1983;0;160x240;98;978-2-90398-110-5;978-2-90398-110-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_107.jpg;;;;178;7.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3404 108;2;3;22;Fermin Salvochea;Un anarchiste entre la légende et l'histoire;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Maurice</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Présentation</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Maurice<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Espagne de Salvochea</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Maurice<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'« apôtre » de l'anarchisme andalou</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Brey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Formation idéologique et expériences révolutionnaires d'un bourgeois déclassé</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Guereña<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fermin Salvochea du fédéralisme à l'anarchisme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serge Salaün<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fermin Salvochea : « Et le verbe n'était que chair »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carlos Serrano<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Personnage, mythe et mystification : Salvochea et </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Bodega</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de V. Blasco Ibañez</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Appendices<br /> Illustrations</span></p>";;10/01/1987;0;137x220;160;978-2-90398-137-2;978-2-90398-137-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_108.jpg;;;;228;10.00;"<p>« Blanqui espagnol », « Christ libertaire », l'Andalou Salvochea est l'une des figures emblématiques de l'anarchisme international.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3662 109;2;3;22;Générique des années 30;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Peut-on essayer de dessiner un panorama, non des films, mais de la production filmée des années trente, de ses redites, de ses lacunes, en confrontant, sans les confondre, les « phares » et les « nanars » ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La longue illusion</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Interlude<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Des codes, un outil</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un film à double titre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vie privée, ou du bon usage du sujet</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La guerre pour quoi faire ? </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Des emplois en quête d'agent</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Afrique de l'Autre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Haut les masques ! Des acteurs pour des rôles ou des rôles pour les acteurs ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des films cités</span></p>";;10/06/1986;0;155x220;224;;;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_109.jpg;;;;432;10.00;;"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3210 111;2;3;22;Idéologies et politique;Contribution à l'histoire des intellectuels italiens du risorgimento au fascisme;;;"<p style=""text-align: justify;"">Examen de quelques œuvres dont les auteurs sont ici considérés en tant qu'intellectuels situés dans une certaine place dans l'histoire des idées et de la lutte politique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Bouissy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Saro<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sens politique des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Promessi Sposi</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monique Favre-Communal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les mésaventures de la dialectique dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In memoria del Manifesto dei Comunisti</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Antonio Labriola (1895)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucile Garcia-Pignide<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Formations rédactionnelles et rationalisations dans l'oeuvre de Calo Michelstaedter</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Laroche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Situation et signification de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Rubè</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dans la crise du premier après-guerre en Italie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuelle Joly-Genevois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le thème de la guerre dans la première version de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Vent'anni </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">de Corrado Alvaro (1930)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monique Lemaire<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le concept de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« révolution libérale » dans les écrits de Piero Gobetti</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geneviève Hoche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelques hypothèses à propos de la revue de Giuseppe Bottai,</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Critica fascista</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Laroche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Résistance dans le roman italien</span></p></blockquote>";;10/03/1978;0;155x240;324;978-2-85314-018-8;978-2-85314-018-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_111.jpg;;;;444;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 112;2;3;22;Institutions et vie coloniale en Amérique espagnole;;;;"<p>Sont étudiés ici les multiples aspects de la vie coloniale dans leurs rapports avec les structures institutionnelles instaurées par le pouvoir métropolitain, soit tout l'appareil législatif connu sous le terme de « Lois des Indes ».</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Saint-Lu<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Roche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remarques et interrogations sur le rôle de certains fonctionnaires durant les guerres civiles du Pérou</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thomas Gomez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'État contre les conquistador, ou l'enjeu du pouvoir dans une colonie espagnole : la Nouvelle Grenade au XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Piel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La politique indigène de l'Audience et de l'Église sur les Hautes Terres guatémaltèques au XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Cécile Bénassy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fray Martin de Porras (1579-1639) : du mythe à l'homme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Philippe Husson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Waman Puma de Ayala, porte-parole de l'aristocratie indigène. Permanence de mentalités et de comportements chez les caciques péruviens de Waman Puma à Tupaq Amaru. Première partie : revendications sociales et</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">positions religieuses</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roland La barre<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un imbroglio juridico-administratif sous Philippe IV : l'affaire Càrdenas</span></p>";;10/06/1985;0;155x220;118;978-2-90398-124-2;978-2-90398-124-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_112.jpg;;;;206;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3283 113;2;3;22;Lectures pirandelliennes;;;;"<p style=""text-align: justify;"">À propos de nouvelles aussi bien que de romans et du théâtre de Pirandello, sept contributions très diverses par l'esprit et le ton s'attachent à étudier la démarche créatrice et la conception de l'œuvre.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mario Fusco<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Budor<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Fin </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ou le retour au réel du monde (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esclusa </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1901/1908)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Ferraris<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il fu Mattia Pascal</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Fonction libératrice de l'action d'écriture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuditta Rosowsky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le schéma narratif de l'autobiographie dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il fu Mattia Pascal</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucile Garcia-Pignide<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Au-delà du vide. De </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La carriola </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">à d'autres textes de Pirandello</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Bouissy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réflexions sur l'histoire et la préhistoire du personnage</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> alter ego</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Spizzo<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pirandello : théâtre du reflet, théâtre du conflit</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Huguette Hatem<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du texte à la représentation :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Liolà</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers (1973)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A. B. Pirandello et le théâtre de son temps (notes de lecture)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ID. Les grands moments du théâtre contemporain d'Ibsen à Brecht</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Bouissy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Révolution dramaturgique de Pirandello et psychodrame de Moreno</span></p>";;10/06/1978;0;155x240;292;;;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_113.jpg;;;;402;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3690 485;2;3;17;Savoirs en récits, XIXe siècle, volume 1;Flaubert : la politique, l'art, l'histoire;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment les récits érudits du dix-neuvième siècle travaillent-ils les représentations anciennes et les savoirs contemporains ? Comment font-ils jouer ensemble croyances, doutes, et désir de savoir ?</p>";"<div><p><strong>Anne Herschberg Pierrot et Jacques Neefs<br /> </strong>Savoirs en récits</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Anne Herschberg Pierrot,</strong><br /> Flaubert, la politique, l’art et l’histoire<br /> <br /> <strong>Françoise Mélonio,</strong><br /> Flaubert et la pensée libérale au XIXe siècle<br /> <br /> <strong>Nicolas Bourguinat,</strong><br /> Quelques réflexions d’historien sur <em>Salammbô</em><br /> <br /> <strong>Gisèle Séginger,</strong><br /> Écrire l’histoire antique. Le défi esthétique de <em>Salammbô</em><br /> <br /> <strong>Florence Vatan,</strong><br /> Lectures du merveilleux médiéval : Gustave Flaubert et Alfred Maury<br /> <br /> <strong>Marie-Ève Thérenty,</strong><br /> Flaubert et l’histoire littéraire<br /> <br /> <strong>Pierre-Marc de Biasi,</strong><br /> Le musée imaginaire de Gustave Flaubert<br /> <br /> <strong>Nicole Savy,</strong><br /> <em>L’Éducation sentimentale </em>: Flaubert et la tentation de l’art : arroi et désarroi</p></div>";;10/03/2010;0;155x220;248;978-2-84292-242-9;9782842922429;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_485.gif;;;;284;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce premier volume est consacré à Flaubert, fondamental dans ce dispositif. Des critiques littéraires et des historiens interrogent les relations de son œuvre à l’histoire de la pensée économique et politique, et aux enjeux des disciplines qui se forment ou se transforment au XIXe siècle : l’histoire, l’histoire littéraire, l’histoire de l’art et ces lieux nouveaux de diffusion des savoirs que sont les musées.</p>";;08/02/2010 17:19;0;Première édition;3643 115;2;3;22;Les miracles miroirs des corps;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage présente les résultats d'une recherche collective sur le corps vécu dans le passé. Le point d'observation central est le fait miraculeux qui donne à observer le corps sacré des saints thaumaturges et le corps malade des hommes et des femmes en péril.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Gélis, Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Judith-Danielle Jacquet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le miracle de la jambe noire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sharah Chennaf, Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les miracles de Saint Louis</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Carion<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Miracles de saint Martial</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eliane Gabert-Boche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Miraculés du Cimetière Saint-Médard à Paris (1727-1735)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Pie<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Charlier, un miracle eucharistique dans le Faubourg Saint-Antoine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Bouvier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'incorruptibilité des corps saints</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Postface<br /> Table des figures hors texte</span></p>";;10/06/1983;0;155x220;230;978-2-90398-134-1;978-2-90398-134-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_115.jpg;;;;406;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3918 117;2;3;22;Le portatif de la Provocation;De Villon à Verdun en 333 entrées;;;"<p style=""text-align: justify;"">Au fil de 333 entrées qui mêlent personnalités célèbres et excentriques méconnus, thèmes, sujets, affaires traversant la société française du XVe siècle à 1916 – un portrait en actes de la provocation. Avec Dada, Villon, Révolution ou Snobisme, une lecture inattendue de notre culture littéraire, artistique, historique.</p>";"<p><em>de Villon à Verdun</em><br />en 333 entrées</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Un soir, il y a peu, j'ai dîné avec des personnes intelligentes, drôles, cultivées et très satisfaites d'elles-mêmes – et je me suis terriblement ennuyé. Il manquait là l'essentiel : une façon d'inquiétude ontologique qui distingue. Dans le fond, pensai-je au cours de ce dîner, tous les provocateurs témoignent, extérieurement, intérieurement, de cette inquiétude face à la vie, face à leur propre destin. Ils ne seront jamais satisfaits d'eux-mêmes : ils chercheront toujours plus loin que ce qu'ils ont obtenu, de ce qu'ils sont devenus. Fortunés ou misérables, célèbres ou méconnus, discrets ou excentriques, séduisants ou repoussants, ils irritent par leurs manières d'être toujours un peu à côté de ce qui est généralement attendu. Si le dandysme fut au cœur du Portatif de la provocation, c'est parce qu'il cristallise une attitude de refus ontologique que des yeux distraits prennent pour un désir de se distinguer d'apparence. Erreur. Provoquer, la préface le rappelle, c'est d'abord inciter : inciter à agir, à réagir ; autrement dit : sortir (et faire sortir) des sentiers battus. Il y va d'une certaine dignité, d'une certaine distance de l'homme dans sa relation aux autres, à lui-même. Et du seul vrai remède contre l'ennui. Olivier Apert</p>";10/01/2000;0;125x200;256;978-2-84292-069-2;978-2-84292-069-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_117.jpg;;;;304;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">« Provocation » : action, parole ou comportement par lesquels on provoque, voilà qui est dit. Est sous l'empire de la provocation qui ou quoi s'érige en singularité paradoxale. Et n'est pas nécessairement paradoxal qui ou quoi se réclame de l'excentricité. La distance révèle parfois le caractère provocateur d'un homme public ou d'une posture collective que leur époque banalisait. Non contents d'encadrer quelques figures légendaires ou secrètes, nous avons cultivé le vice jusqu'à réorienter certains événements, institutions, affaires – de Villon à Verdun. Disons que la naissance de la langue moderne, tant sur le plan historique que lexicographique, nous a semblé un appui enviable, et que l'irruption de Dada, au c?ur de la Grande Provocation guerrière, s'imposait évidemment comme l'acmé de toutes les provocations !</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 120;2;3;22;Le regard de Psyché;Lectures psychanalytiques;;;"<p>Une même démarche psychanalytique appliquée à trois textes différents – Graham Greene : J'espionne, Soljénitsyne : <em>Le Pavillon des cancéreux</em>, Albert Camus, <em>La Femme adultère</em>.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Dans le noir...</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Graham Greene, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">J'espionne</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Quatre saisons dans la vie de Kostoglotov</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexandre Soljenitsyne, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Pavillon des cancéreux</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Un acte cosmique</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Albert camus</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, La Femme adultère</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/03/1984;0;160x220;128;978-2-90398-111-2;978-2-90398-111-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_120.jpg;;;;210;7.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 122;2;3;22;La Strega;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le texte de cette comédie est établi à partir d'un manuscrit autographe découvert à la Bibliothèque nationale de Florence.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Strega</span></em></strong></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Description du manuscrit<br /> - Le texte de la comédie<br /> - Le texte du prologue<br /> - Les corrections du texte de la comédie<br /> - La censure du manuscrit</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les éditions de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Strega</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Comparaison entre A et B</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Comparaison entre A et M</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Datation de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Strega</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Datation du prologue</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La graphie du manuscrit et les critères de l'édition</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation de l'édition</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Commedia intitolata </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Strega</span></em></strong></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Prologo et argomento<br /> - Atto primo<br /> - Atto secundo<br /> - Atto terzo<br /> - Atto quarto<br /> - Atto quinto</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes<br /> Appendice</span></p>";;10/09/1976;0;155x240;136;978-2-85314-012-6;978-2-85314-012-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_122.jpg;;;;208;10.00;"<p style=""text-align: justify;""> Considérée comme la plus réussie des comédies d'Antonfrancesco Grazzini dit Lasca (1504-1584), <em>La Strega</em> n'était connue qu'à travers deux éditions vénitiennes de 1582.Or, comme le montre l'autographe, La Strega, avant d'être éditée, avait fait l'objet d'un travail de censure qui en altéra profondément le sens, ainsi que d'un arbitraire remaniement linguistique et stylistique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3442 123;2;3;22;Travaux d'ethnographie urbaine;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage présente quelques travaux d'ethnographie urbaine menés par des étudiants en urbanisme, entre 1978 et 1980, sur Paris et sa banlieue.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Terrolle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fayssal Sbai<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">El Heschra</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A. Abdelouahad<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un temple hindou</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Terrolle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une expérience d'enseignement et de pratique de l'ethnographie urbaine :<br /> les rapports sociaux à la Gare de Lyon. Vidéo et ethnographie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Victor Eguizabal et Samir Toumi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les zonards</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Bacquet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un conducteurs des wagons-lits</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ali Msoura<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les ambulants des PTT<br /> Bibliographies sur la Gare de Lyon</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">C. Pétonnet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Postface</span></p>";;10/06/1983;0;155x220;114;978-2-90398-104-4;978-2-90398-104-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_123.jpg;;;;101;7.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3081 124;1;6;26;Analectures;N° 01/1983;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A ÉCRIRE...</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maurice Mourie<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En voyant mes mots</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Chion</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le cinéma, la musique électro-acoustique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Ici et ailleurs</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DES HISTOIRES...</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Arthur Marwick<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le film est la réalité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle Lagny et Pierre Sorlin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />deux historiens après le film</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DES TEXTES...</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le film lecteur du texte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- dans la marge du film</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tom Conley<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hiéroglyphes de rabelais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">COMMENT SAVOIR...</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Chateau<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la théorie à la connaissance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- par une métaphore</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Dadoun </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Émotion et structure</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Bellemin-Nöel<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'effet Groucho-Harpo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUI PARLE...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymond Bellour et Guy Rosolato<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dialogue se (ce) souvenir d'un film</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- de l'image.<br />À venir</span></em></p>";;10/03/1983;1;155x220;172;978-2-84292-957-2;978-2-84292-957-2;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_124.gif;;;;0;8.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 125;1;3;26;Arrêt sur recherches;N° 10/1992;;;"<p style=""text-align: justify;"">Chercher, dans le domaine du film comme dans les autres ordres, ce n'est pas seulement élargir le savoir, c'est aussi mettre en jeu la visée d'une démarche scientifique.</p>";"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Jean Borreil<br /></span></strong><span>Envoi</span></p><p> </p><p> <em><span>Objet</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> <strong><span>Jacques Aumont<br /></span></strong><span>L'imposture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gilles Thérien<br /></span></strong><span>La construction de l'objet-cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Peter Brunett, David Willis<br /></span></strong><span>Bilan de recherche</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Eric De Kuyper<br /></span></strong><span>Fragments de l'histoire du cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Andràs Balint Kovàcs<br /></span></strong><span>Le cinéma est...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Claude Coquet<br /></span></strong><span>Qu'est-ce qu'un objet de recherche ?</span></p><p> </p><p><em><span>Le cinéma : quel objet </span></em><span>?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> <strong><span>Thomas Elsaesser<br /></span></strong><span>Etat de la recherche et place du cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Roger Odin<br /></span></strong><span>L'IRCAV : un bilan très subjectif</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Dundley Andrew, Steven Ungar</span></strong><span><br />Presse/Première</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gianfranco Bettetini, Francesco Casetti</span></strong><span><br />Bilan à deux voix</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Dominique Chateau<br /></span></strong><span>Le cinéma : un « bon objet » ?</span></p><p> </p><p><em><span>La communication du cinéma</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bernard Miège<br /></span></strong><span>Trajectoires</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Martin Loiperdinger<br /></span></strong><span>Le cinématographe sous le Deuxième Reich</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Patrice Flichy</span></strong><span><br />Regards sur la recherche : la télévision</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Charles Tesson<br /></span></strong><span>L'image, en kit ou en double ?</span></p><p> </p><p><em><span>L'idée d'opérateur</span></em> </p><p><strong><span>Jacques Fontanille<br /></span></strong><span>Si par une nuit d'enquête, un sémioticien...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Olivier Mongin<br /></span></strong><span>Malentendus sur les images ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Tom Conley<br /></span></strong><span>Signatures de perspectives</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Bayard</span></strong><span><br />Interview de Jean Bellemin-Noël</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Réda Bensmaïa<br /></span></strong><span>Retour du rhétorique, ou le cinéma comme opérateur</span></p><p> </p><p><em><span>Arrêter une recherche ?</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Bessière<br /></span></strong><span>Choisir la fin de la recherche, ou le moment commun de la résolution et de la </span><em><span>quaestio</span></em></p><p><span>Table ronde</span></p><p><span>« </span><em><span>Hors Cadre </span></em><span>»<br /></span><strong><span>Robert Stam</span></strong><span><br />Bakhtine : translinguistique et analyse filmique</span></p><p><span>Ouvrages reçus<br />Index de</span><em><span> Hors Cadre</span></em><span>, numéros 1 à 10</span></p>";;10/03/1992;10;155x220;336;978-2-91038-152-3;978-2-91038-152-3;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_125.gif;;;;538;9.00;"<p style=""text-align: justify;""> Privilégiant le second aspect, l'objectif de ce dixième numéro s'affirme résolument épistémologique : à travers une exploration de la recherche cinématographique actuelle, conduire une réflexion sur l'acte même de recherche.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3689 126;1;6;26;Cinénarrable;N° 02/1984;;;;"<p><em><span> </span></em><em><span>Cinénarrable</span></em></p><p><em><span><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Verrier</span></strong><span><br />À titre de premier lecteur...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Daniel Charles</span></strong><span><br />Musique et narrativité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Roubaud</span></strong><span><br />Choix et contradictions du récit dans les sciences de la nature</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>André Gardies</span></strong><span><br />Le su et le vu</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Jost</span></strong><span><br />Le regard romanesque. Occularisation et focalisation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>André Gaudréault</span></strong><span><br />Narration et monstration au cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michèle Lagny, Marie-Claire Ropars, Pierre Sorlin</span></strong><span><br />Le récit saisi par le film</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Francesco Casetti</span></strong><span><br /></span><em><span>In soggetiva</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Daniel Dayan</span></strong><span><br />Le spectateur performé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Guy Gauthier<br /></span></strong><span>Des images en plus</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Louis Marin<br /></span></strong><span>Du cadre au décor ou la question de l'ornement dans la peinture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p><strong><span>DOCUMENT</span></strong><span><br /></span><strong><span>Alain Montesse</span></strong><span><br />Déserts : projections</span></p><p><span><br /></span></p><p><strong><span>DÉBAT</span></strong><span><br />Michel Colin/Dominique Chateau</span></p><p><span><br /></span></p><p><span>3 - </span><em><span>Voix off</span></em><span> - 3</span></p>";;10/03/1984;2;155x220;212;978-2-84292-958-9;978-2-84292-958-9;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;Hors-cadre-2.gif;;;;101;10.67;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 127;1;6;26;Voix off;N° 03/1985;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Ludovic Janvier<br /></span></strong><span>En aveugle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Allouch<br /></span></strong><span>L'effaçon d'écrire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Encrevé<br /></span></strong><span>Sa voix harmonieuse et voilée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Devisse<br /></span></strong><span>Sur l'oralité : perplexités d'un historien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Zumthor<br /></span></strong><span>Le geste et la voix</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Verrier<br /></span></strong><span>Entendre écrire la parole : Nathalie Sarraute</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alain-Didier Weil<br /></span></strong><span>Défaut de parole et faute</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Marie<br /></span></strong><span>La bouche bée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claudine de France<br /></span></strong><span>Image et commentaire : du montré à l'évoqué</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Daniel Charles<br /></span></strong><span>Présence et post-modernité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Niche</span></strong><span>t<br />Vox ex machina</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Aumont<br /></span></strong><span>Off-cadre, </span><em><span>en lecteur étranger</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span><br /></span></em></p><p><em><span>« Hors Cadre »<br /></span></em><strong><span>Reda Bensmaïa<br /></span></strong><em><span>Amour bilingue de Khatibi</span></em></p><p><em><span><br /></span></em></p><p><span>4- </span><em><span>L'image, l'imaginaire </span></em><span>-4</span></p>";;10/03/1985;3;155x220;212;978-2-84292-958-9;978-2-84292-958-9;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_127.gif;;;;101;10.67;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 128;1;6;26;L'image, l'imaginaire;N° 04/1986;;;"<p>Imaginer un numéro d'après le seul sommaire, puis soumettre son fantasme à l'épreuve de la lecture. Inversant le parcours, l'image, ici, viendra après l'imaginaire.</p>";"<p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Maurice Mourier<br /></span></strong><span>Image : mouvante explosive</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Patrick Lacoste<br /></span></strong><span>Géométrie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claire Ropars</span></strong><span><br />Le saisissement imaginaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gilles Deleuze</span></strong><span><br />Sur le régime cristallin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Sorlin</span></strong><span><br />« Et tu t'imagines Le Pen... Le Pen... »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christian Metz</span></strong><span><br />Réponses à H.C. sur </span><em><span>Le Signifiant imaginaire</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>David Wills<br /></span></strong><span>Un écran déchiré</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gian Piero Brunetta<br /></span></strong><span>Cosmographie, Cardiographie, Cardiologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Martine Joly et Simone Soulas</span></strong><span><br />Réception du film et imaginaire du spectateur</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gilles Thérien<br /></span></strong><span>La biologie au cinéma : ceci n'est pas une fiction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Georges Bloess<br /></span></strong><span>Entre la forme et l'errance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Virilio<br /></span></strong><span>L'imaginaire, pour moi c'est le fragmentaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Kuentz<br /></span></strong><span>Dans la chambre noire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claude Baltz<br /></span></strong><span>Informes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Mesnil<br /></span></strong><span>Cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span> </span></p><p><span>« </span><em><span>Hors Cadre </span></em><span>»<br /></span><strong><span>Elena Dagrada<br /></span></strong><span>Changer les contours</span></p><p><span><br /></span></p><p><span>5- </span><em><span>L'École-Cinéma</span></em><span>- 5</span></p>";;10/03/1986;4;155x220;214;978-2-84292-960-2;978-2-84292-960-2;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_128.gif;;;;0;10.67;;;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3689 129;1;3;26;L'École-Cinéma;N° 05/1987;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'étude du cinéma vient d'être introduite dans l'enseignement secondaire ; plusieurs universités ont obtenu l'habilitation pour délivrer une licence de cinéma et d'audio-visuel. Le cinéma sera-t-il une discipline de plus ou un objet qui appelle un remodelage des champs disciplinaires ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva;""> </span></em><em><span style=""font-family: Geneva;"">L'École-Cinéma</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Paul Thibaud</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Cinéma et culture de l'image </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Roger Odin</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Rêverie pédagogique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pierre Baqué</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Entretien avec HORS-CADRE</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Michèle Lagny et Marie-Claire Ropars</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />L'Impromptu de Grenelle ou le savoir-cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">René Richoux<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Annecy : la voie du sensible</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Françoise Jeancolas-Audé</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />L'histoire du cinéma à Créteil</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Éliane Coiffier</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />L'équipe de Lyon</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Gérard Forte et Edmond Grandgeorge</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />« École et Cinéma » à Wissembourg</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jean Bellemin-Noël</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br />Vive la cinémanie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>René Gardies</span></strong><span><br />L'enjeu-image</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Geneviève Jacquinot<br /></span></strong><span>L'École au-delà de l'écran</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Antonio Costa<br /></span></strong><span>Pour une pédagogie de la frontière</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Noëlle Ardouin<br /></span></strong><span>Cinémanuel</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marc Vernet<br /></span></strong><span>Culture cinématographique : les avatars d'une idée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Giovanna Grignaffini<br /></span></strong><span>En marge d'un programme audiovisuel</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Mottet<br /></span></strong><span>Le discours télévisuel</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Avec la T.V. scolaire</span></strong><span><br />Il faut voir où est le savoir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Sorlin</span></strong><span><br />Le coup de Manchette</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Daniel Charles<br /></span></strong><span>À propos de l'école-cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span><br /></span></p><p><span>« </span><em><span>Hors cadre </span></em><span>»</span><span><br /></span><strong><span>Jacques Fontanille</span></strong><span><br />L'économie du savoir dans le film</span></p><p><strong><span>Marc Ferro<br /></span></strong><span>Y a-t-il une vision filmique de l'Histoire</span></p><p><span><br /></span></p><p><span>6 - </span><em><span>Contrebandes</span></em><span> - 6</span></p>";;10/03/1987;5;155x220;272;;;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_129.gif;;;;450;9.00;;;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3689 130;1;3;26;Contrebande;N° 06/1988;;;"<p style=""text-align: justify;"">Pillages, braconnage, appropriation, récupération, détournements et défigurations : le propre du cinéma ne serait-il pas d'envahir les territoires des arts constitués en leur retirant leur spécificité ?</p>";"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Jean Borreil</span></strong><span><br />Sur les antinomies du spécifiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Louis Leutrat<br /></span></strong><span>Divagations</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Georges Raillard<br /></span></strong><span>Bandes et contrebandes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mariana Otéro</span></strong><span><br />La dissimulation poétique dans</span><em><span> Alphaville</span></em><span> de Godard</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Théophano-Artémis Hatziforou<br /></span></strong><span>Présence de la voix. A propos de L'</span><em><span>Homme Atlantique</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Philippe Dubois<br /></span></strong><span>Le regard aveugle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Edmond Couchot<br /></span></strong><span>Synthèse et simulation : l'autre image</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Philippe Ivernel<br /></span></strong><span>Passage de frontières : Brecht-Benjamin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Martin Davorin Jagodic<br /></span></strong><span>Musique en </span><em><span>défaut de temps</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claire Ropars</span></strong><span><br />Totalité et fragmentaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lucette Finas<br /></span></strong><span>De la compétence</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span>« </span><em><span>Hors Cadre </span></em><span>»<br /></span><strong><span>Paolo Cherchi Usaï</span></strong><span><br />Une image-modèle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hélène Puiseux</span></strong><span><br />Épopée et film de guerre</span></p><p> </p><p><span>7-</span><em><span> La désillusion</span></em><span>- 7</span></p>";;10/03/1988;6;155x220;254;;;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_130.gif;;;;416;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">C'est cette contrebande cinématographique que ce numéro joue en peinture comme en musique, en littérature ou au théâtre ; la philosophie l'accompagne dans ce voyage sans frontières.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3689 131;1;3;26;Théorie du cinéma et crise dans la théorie;N° 07/1989;;;"<p style=""text-align: justify;"">Empruntant ses concepts à diverses disciplines, la réflexion sur le cinéma pourrait en éclairer les hésitations théoriques propres.</p>";"<p style=""text-align: center;""><em><span> </span></em><span>I- </span><em><span>La psychanalyse en analyse</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> <strong><span>Pierre Bayard<br /></span></strong><span>Et poutant..<br />Théorie du cinéma et sujet de paradoxe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Joan Copjec</span></strong><span><br />Le sujet orthopsychique : théorie du film et réception de Lacan</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Raymond Bellour</span></strong><span><br />Cher amis de </span><em><span>Hors Cadre</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Allouch</span></strong><span><br />Bouches cousues</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><span>II-</span><em><span> Où est la pragmatique</span></em><span> ?</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claire Ropars</span></strong><span><br />Ici et ailleurs, ou l'insaisissable pragmatique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Roger Odin<br /></span></strong><span>La sémio-pragmatique du cinéma sans crise, ni désillusion</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Éliséo Véron</span></strong><span><br />Contrepoint</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Francesco Casetti<br /></span></strong><span>Pragmatique et théorie du cinéma aujourd'hui</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Brigitte Nerlich</span></strong><span><br />La pragmatique en France</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><span>III- </span><em><span>Quelle Histoire, et pour moi</span></em><span> ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Solin</span></strong><span><br />En évitant la crise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michèle Lagny</span></strong><span><br />Querelles : Histoire ou cinéma ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Peppino Otoleva</span></strong><span><br />Histographie et recherche cinématographiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Dana Plon<br /></span></strong><span>«A l'américaine»</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Louis Leutrat<br /></span></strong><span>Un dangereux supplément ou deux ou trois choses que je sais d'elle</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><span>IV-</span><em><span> Nouvelles théories ou échanges de crises</span></em><span> ?</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Aumont</span></strong><span><br />Crise dans la crise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Réda Bensmaïa</span></strong><span><br />L'intérêt de la crise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Borreil</span></strong><span><br />Transocéaniques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span> </span></p><p><span>« </span><em><span>Hors Cadre </span></em><span>»<br /></span><strong><span>Joachim paech<br /></span></strong><span>État des études filmiques dans les deux Allemagnes</span></p><p><span><br /></span></p><p><span>8 - </span><em><span>L'état d'auteur </span></em><span>- 8</span></p>";;10/07/1989;7;155x220;256;978-2-91038-155-4;978-2-91038-155-4;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_131.gif;;;;101;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro convie donc le cinéma à jouer le rôle de trouble-fête dans trois domaines qu'il a pillés tour à tour : en linguistique, dans la forme actuelle de la pragmatique, en psychanalyse, dans le frayage lacanien depuis longtemps privilégié, en histoire, aujourd'hui redécouverte.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 132;1;3;26;L'état d'auteur;N° 08/1990;;;"<p style=""text-align: justify;"">le nom que déclare l'oeuvre est-il celui d'un auteur ou d'un état d'auteur ? La notion d'auteur se trouve doublement ébranlée par l'épreuve du film : parce qu'elle est multipliée, et parce qu'elle est réaffirmée à travers la multiplicité.</p>";"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Marc Le Bot<br /></span></strong><span>L'auteur anonyme ou l'état d'imposteur</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claire Ropars et Pierre Sorlin<br /></span></strong><span>Voies filmiques pour un procès d'auteur</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hélène Cixous<br /></span></strong><span>L'auteur entre texte et théâtre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Patrice Loraux<br /></span></strong><span>A hauteur d'auteur : propositions d'ajustement</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Tom Conley</span></strong><span><br />L'auteur énucléé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Leyla Perrone-Moisès<br /></span></strong><span>Pessoa : « entre le bureau et la physiologie »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>André Gardies<br /></span></strong><span>Cinéma et quête d'auteur</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Denis Levaillant<br /></span></strong><span>Auteur de musique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Giuditta Isotti Rosowsky<br /></span></strong><span>Un lecteur parmi d'autres : l'auteur</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Balpe<br /></span></strong><span>L'Auteur, histoires ordinaires</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Neefs<br /></span></strong><span>L'auteur dans son manuscrit</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Michel Rey</span></strong><span><br />L'auteur et ses doubles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claire Ropars</span></strong><span><br />La condition d'auteur</span></p><p> </p><p><span>« </span><em><span>Hors Cadre </span></em><span>»<br />F. Baby, P.-A. Bourque, R. Legris, V. Nadeau,<br />avec la collaboration de P. Hétu et M. Laforest<br />L'auteur mis en scène/médiatisé : mutant</span></p><p> </p><p><span>9-</span><em><span> Film/Mémoire</span></em><span>- 9</span></p>";;10/07/1990;8;155x220;228;978-2-91038-154-7;978-2-91038-154-7;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_132.gif;;;;368;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ainsi la coexistence d'un droit de l'auteur et d'une pluralité d'auteurs, juridiquement reconnus au cinéma, permet-elle de mettre en question, sur le plan théorique, le rapport établi entre l'identité attestée d'un signataire et l'unité postulée d'un sujet de la signature.<br />Manuscrits et mises en scène, films de chaînes ou de séries, simulacres auctoriels et simulation informatique d'oeuvres littéraires sont quelques-unes des voies empruntées pour dévoiler les masques sous une figure que la philosophie pourchasse à perte de vue, et la psychanalyse ne reconnaît qu'à titre posthume.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3689 133;1;6;26;Film/Mémoire;N° 09/1991;;;"<p style=""text-align: justify;"">Quelle est la frontière entre actualisation et invention du souvenir ? Le travail de l'écriture n'invite-t-il pas à déplacer l'opposition établie entre mémoire et oubli ?</p>";"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Maurice Mourier<br /></span></strong><span>La mémoire, c'est du cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Sorlin<br /></span></strong><span>Une mémoire sans souvenir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claude Taranger</span></strong><span><br />Une mémoire de seconde main ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michèle Lagny</span></strong><span><br />L'histoire contre l'image contre la mémoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Aldo Bernardini<br /></span></strong><span>Le cinéma comme mémoire, la mémoire du cinéma</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-France Osterero</span></strong><span><br />De l'histoire à la mémoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-François Lyotard<br /></span></strong><span>Anamnèse</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marie-Claire Ropars<br /></span></strong><span>L'image-mémoire, ou l'écriture de l'oubli</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Bayard<br /></span></strong><span>Le hors-temps</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nicole Watterlot<br /></span></strong><span>L'écriture, le mythe oublié</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Borreil<br /></span></strong><span>L'écriture blessée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean Bellemin-Noël</span></strong><span><br />Fausses Notes : Ruban de l'immémoire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claude Mouchard<br /></span></strong><em><span>Memorabilia</span></em><span> ?</span></p><p> </p><p><span>« </span><em><span>Hors cadre </span></em><span>»<br /></span><strong><span>Régine Robin</span></strong><span><br />Une mémoire-fiction</span></p><p> </p><p><span>9- </span><em><span>Arrêt sur recherches </span></em><span>- 9</span></p>";;10/07/1991;9;155x220;224;978-2-91038-153-0;978-2-91038-153-0;0;0755-0863;Presses Universitaires de Vincennes;img_133.gif;;;;358;9.00;"<p style=""text-align: justify;"">Reliant le souvenir à l'image et l'image à la trace, entraînant la trace vers l'anamnèse et l'anamnèse vers l'oblitération, ce numéro interroge à la fois les fonctions sociales de la mémoire et l'ambivalence théorique d'une notion dont la force de sollicitation semble tenir à l'effacement qu'elle provoque.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3689 176;2;3;15;Einstein à Paris;Le temps n'est plus...;;;"<p style=""text-align: justify;"">La visite d'Einstein à Paris en 1922 fut un événement médiatique spectaculaire, couvert par les quarante quotidiens de la capitale. Einstein n'était-il pas le premier Allemand reçu officiellement après la guerre ?</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Einstein à Paris, 1922</span></strong></p><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le séjour</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'opportunité de la visite d'Enstein en question<br /> - Une arrivée rocambolesque<br /> - Discussions entre spécialistes<br /> - L'« affaire » de l'Académie</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Einstein incompréhensible</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'expression d'une volonté de savoir<br /> - L'inaccessibilité absolue<br /> - L'inaccessibilité satisfaisante<br /> - La possession supposée du savoir<br /> - La controverse du snobisme<br /> - La critique d'un phénomène social<br /> - Les femmes en première ligne<br /> - Quelque chose se transmet<br /> - Une génération nouvelle</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. La présence du mythe</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Paradoxe, diversité et fantaisie<br /> - Séduction et persuasion<br /> - La vulgarisation en échec<br /> - Renoncement<br /> - Glissements sémantiques<br /> - L'histoire pour rire<br /> - Le sens</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Les deux physiques</span></strong></p><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. La bataille de la relativité</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La science est (une/à la) mode<br /> - L'explication de l'anomalie du mouvement de Mercure<br /> - La lumière déviée par la gravitation<br /> - Décalage vers le rouge<br /> - Les critères d'adhésion<br /> - Le cadre existant<br /> - La prégnance du positivisme<br /> - La critique faite par Paul Langevin<br /> - Plaidoyer pour une physique théorique<br /> - L'ombre d'Henri Poincaré<br /> - Le conventionnalisme et la relativité<br /> - L'utilisation de Poincaré par les adversaires de la relativité<br /> - La physique divisée<br /> - La relativité redéfinit les clivages</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. L'introduction de la relativité dans l'enseignement</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La relativité au Collège de France : reflet de la recherche contemporaine<br /> - L'éclipse de l'enseignement de la relativité à l'École polytechnique<br /> - La lente introduction de la relativité à la Faculté des sciences<br /> - L'École normale supérieure : les concours et la relativité</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sources primaires</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> - Journaux<br /> - Articles de journaux parus après la mort d'Henri Poincaré<br /> - Livres et articles parus sur la relativité entre 1905 et 1934 en français<br /> - Cours et manuels de physique<br /> - Archives<br /> - Sources non publiées</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie indicative<br /> Einstein : Repères biographiques</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index<br /> Table des documents</span></p>";;10/12/1991;0;137x220;224;978-2-90398-174-7;978-2-90398-174-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_176.jpg;;;;320;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Le débat ouvert autour de la relativité déborde largement le cadre des spécialistes. Il témoigne de l'état des milieux scientifiques et universitaires en France et du mélange des discours : la presse pouvait dire ce que pensaient alors, sans le dire, beaucoup d'hommes de science. Ce livre permet de saisir, exemplairement, la façon dont une découverte théorique, aux implications culturelles majeures, s'empare de l'opinion.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3051 177;2;6;15;Médecine et philosophie au temps d'Hippocrate;;;;"<p>Examen des rapports entre la médecine et la philosophie dans la Grèce des cités au Ve siècle avant J.-C.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-Propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> Tableau chronologique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les sources<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La philosophie et les sciences<br /> 2. La médecine<br /> 3. Le problème de la personne « Hippocrate »</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">LA TRIADE MÉDICALE</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I : Les praticiens</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le vocabulaire des soins et des praticiens<br /> 2. Les médecins publics<br /> 3. L'absence d'expertise médicale<br /> 4. La « médecine des temples » et la médecine hippocratique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. Qui soigne qui ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">a) Grecs et barbares<br /> b) Hommes/Femmes<br /> c) Libres/Esclaves<br /> d) Villes/Campagnes</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. Statut social et formation des médecins</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II : Les maladies et la santé</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le vocabulaire et la notion de maladie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. L'approche médicale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><blockquote><blockquote><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">a) L'observation médicale<br /> b) De l'observation à la « théorie »<br /> c) La médecine « météorologique »<br /> d) L'explication d'une maladie : la maladie sacrée</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La critique de la magie<br /> - L'explication proposée par le médecin<br /> - Le rôle du cerveau<br /> - Conclusion</span></p></blockquote></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Le savoir médical</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 60px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">a) Les connaissances anatomiques<br /> b) Les théories physiologiques<br /> c) L'explication médicale des maladies</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III : Le statut « technique » de la médecine</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. « Techné » et connaissance des causes<br /> 2. Médecine et écriture<br /> 3. La généalogie de la médecine et le paradigme de la diététique</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Documents complémentaires<br /> Annexes</span></p>";;10/05/1989;0;137x220;192;978-2-90398-152-5;978-2-90398-152-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_177.jpg;;;;276;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">La littérature médicale est souvent envisagée comme débitrice de la philosophie, et les auteurs médicaux considérés comme des éclectiques puisant dans les doctrines des philosophes, supposées constituées et cohérentes, ce qui leur paraît utile - la tâche de la médecine restant avant tout pratique. Cette façon d'aborder le problème n'est pas celle retenue ici. Par ailleurs on essaie de préciser le contexte socio-historique de l'exercice de la médecine. La question du statut du médecin se pose en particulier dans le cas des médecins dits publics, et dans le domaine juridique. La littérature médicale s'est développée au Ve siècle avant J.-C. Par ses échanges avec les autres domaines du savoir, en particulier la philosophie, par l'établissement et le respect d'une certaine tradition mais aussi par la confrontation avec les problèmes incontournables de la pratique - trois sources souvent en désaccord - elle est restée vivante durant toute l'Antiquité.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 178;2;6;15;Un théorème de Fermat et ses lecteurs;;;;"<p>Comment lit-on un théorème de mathématiques ? En particulier un des textes les plus célèbres de l'histoire de la théorie des nombres, seul témoignage ou presque laissé par Pierre de Fermat en liaison avec son <em>Grand Théorème</em> ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prologue</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les auteurs<br /> - Les textes</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lectures historiennes</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les commentateurs<br /> - La preuve de Frenicle : version canonique<br /> - La preuve de Fermat : version canonique<br /> - La preuve de Fermat : variantes<br /> - Les relations entre les deux textes<br /> - La preuve de Fermat : une nouvelle lecture<br /> - Une autre lecture possible : le point de vue birationnel<br /> - Histoires et pratiques historiennes</span></p></blockquote><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lectures mathématiciennes</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Chronologies<br /> - Les triangles rectangles avant Fermat et Frenicle<br /> - Méthodes et programmes : Fermat et Frenicle au travail<br /> - Réceptions et transmissions<br /> - Les premiers lecteurs<br /> - Le cas Leibniz<br /> - Les nombres à la fin du XVIIe siècle et au-delà</span></p></blockquote><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Conclusion</strong><br />Dossier de documents</span></p>";;10/06/1995;0;137x220;232;978-2-91038-110-3;978-2-91038-110-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_178.jpg;;;;101;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Pour répondre à cette question, le livre examine à la loupe non seulement des travaux des contemporains de Fermat (en particulier Frenicle de Bessy) autour de ce résultat, mais aussi les commentaires accumulés par les historiens. Un théorème sur les nombres comme révélateur, non seulement des mathématiciens de son époque, mais de l'ensemble de ses lecteurs mêmes, voilà que le social surgit où on l'attendait le moins : en plein cœur des mathématiques.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3052 180;2;6;16;Le Deuil de l'origine;Une langue en trop, la langue en moins;;;"<p style=""text-align: justify;"">Quelle est cette langue qui travaille en creux les textes de Freud, de Kafka, de Canetti et de Perec ? Langue perdue ou autre langue ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">LA LANGUE PERDUE</span></p><p> <span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : la fêlure de la parole</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Écarts de langue, écarts d'identité<br />- Change de langues</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">OUBLIER LA LANGUE PARIA ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. La langue qui parle plus d'un simple dialecte - Freud</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Mes parents étaient Juifs, je suis également resté Juif<br />- Langues étrangères et l'étrangeté de la langue<br />- Je n'ai donc pas appris à lire l'hébreu ni le yiddish<br />- La langue qui boite</span></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Kafka passeur de yiddish</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La langue d'emprunt<br />- La langue d'empreinte<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le discours sur la langue yiddish »<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La langue fragile : la langue paria comme trace dans l'oeuvre<br />- L'altération d'abord<br />- Le devenir-chose ou le devenir-animal<br />- La fêlure et la blessure</span></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Élias Canetti - la langue du papier peint</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La langue coupée : être coupé de sa langue<br />- La langue d'à côté/être à côté de sa langue<br />- Le trébuchement de la langue : la revanche du grand-père<br />- « Une résonance de langue primitive »</span></p></blockquote><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">RÉINSCRIRE LA LANGUE ASSASSINÉE ?</span></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Georges Perec : « Je ne parle pas la langue que mes parents parlèrent »</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les mots entre l'Histoire et la colle bleue de Gaspard Winckler : cacher/exhiber</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le désastre du biographique : </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">W<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'impossible écriture du roman généalogique</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">: L'Arbre</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Déplacements et écarts : être Juif dans la langue</span></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La mise en mots de la fragilité de l'identité<br />- Une filiation pour une autre<br />- Un écrivain pour un autre et une langue pour une autre</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";;10/10/1993;0;137x220;270;978-2-90398-193-8;978-2-90398-193-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Deuil-de-l'origine.gif;;;;0;21.00;"<p style=""text-align: justify;""> Et si elle avait à voir avec ce qui reste comme trace enfouie dans les langues juives - yiddish, hébreu, judéo-espagnol ? Et si la méconnaissance d'une langue ne signifiait pas pour autant qu'on l'ignore ou qu'elle a cessé de se faire entendre ? Ce livre tente de cerner le problème d'une langue non sue, insue, méconnue, voire inconnue, qui informe le texte et le hante comme une ombre.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 181;2;6;16;Flaubert et le Pignouf;Essai sur la représentation romanesque du langage;;;"<p style=""text-align: justify;"">Racontant des histoires, Flaubert sonde le langage : il écrit l'histoire des langages de son temps (le langage de la science, de la religion, du politique, comme la conversation quotidienne), et dit leur faillite ou leur vide désespérant.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le langage d'épicier d'un apothicaire</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Premiers balbutiements de M. Homais dans la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Correspondance<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La rhétorique du pharmacien<br />- Homais et Lavoisier<br />- Une parole en marge du réel<br />- Homais et Flaubert</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Parole vive, parole morte</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le dialogue romanesque : caractéristiques<br />- Enjeux du dialogue<br />- La critique de la parole</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Chinois de Chavignolles</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Un « style professionnel »<br />- Microlecture d'une allocution de l'abbé Jeufroy en 1848<br />- L'engagement de Flaubert</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Après-propos</span></p>";;10/04/1993;0;137x220;192;978-2-90398-184-6;978-2-90398-184-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_181.jpg;;;;284;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">C'est cette étrange fable, dispersée dans le récit, qu'on a voulu reconstituer. Travail critique, cette étude se veut également, à partir de l'exemple de Flaubert, une contribution à une poétique du dialogue. La réflexion théorique, privilégiant des catégories du récit telle la description, a jusqu'alors négligé la parole des personnages. On tente ici d'en cerner la construction, son inscription dans une écriture qui la parasite : le dialogue de la fiction se double d'un dialogue entre le narrateur et le lecteur. L'écriture fait parler. Dans la singularité de cette pratique réside pour une part le mystérieux et paradoxal plaisir du texte flaubertien : le dialogue, où s'exhale la méfiance de Flaubert à l'égard du langage, témoigne pour le lecteur de la réussite d'une écriture, sublimant la parole bête. Ce livre convie donc aussi, en compagnie de M. Homais, Bouvard et Pécuchet, guides infaillibles, aux enchantements de la sottise.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 182;2;6;16;Hélène Cixous, chemins d'une écriture;;;;"<p style=""text-align: justify;""> Questions relatives à la différence sexuelle, aux potentialités d'une économie féminine, aux rapports entre le corps, la langue et l'écriture, l'éthique et le poétique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise van Rossum-Guyon et Myriam Diaz-Dioccaretz</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Présentation : l'oeuvre d'Hélène Cixous</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hélène Cixous<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la scène de l'Inconscient à la scène de l'Histoire : Chemin d'un écriture</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Verena A. Conley</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Délivrance</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mairead Hanrahan</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Une porte du</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Portrait du soleil </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ou la succulence du Sujet</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kathryn J. Crecelius<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La voix de Tancrède : de Cixous à Sand</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monique Rémy<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cixous en langues ou les jeux de la féminité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Defromont<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'épopée du corps</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nadia Setti<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les noms de l'amour</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Salesne<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'émoi d'Hélène Cixous en langues autres</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Picaud</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Peinture poésie : vers le portrait de Dieu</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Salma<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre amour et écriture : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Livre de Prométhea</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Violette Santellani</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Femmes sans figure et figures de femmes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeannette L. Savona</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Portrait de Dora</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Hélène Cixous : à la recherche d'un théâtre féministe</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mieke Kolk</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La vengeance d'Oedipe. Théorie féministe et pratique du théâtre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Liliana Alexandrescu<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Norodom Sihanouk</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : l'inachevé comme lecture shakespearienne de l'Histoire contemporaine</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mara Negron Marrero</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Comment faire pour écrire l'Histoire poétiquement et comment faire pour ne pas l'oublier</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise van Rossum-Guyon</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />À propos de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manne</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : entretien avec Hélène Cixous</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marguerite Sandré et Christa Stevens</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Bibliographie des oeuvres d'Hélène Cixous</span></p>";;10/05/1990;0;137x220;248;978-2-90398-167-9;978-2-90398-167-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;18.00;"<p style=""text-align: justify;""> Dans un texte liminaire et dans un entretien, Hélène Cixous retrace elle-même le ""chemin"" qui, de <em>Dedans à Sihanouk</em>, <em>L'Indiade </em> et <em>Manne aux Mandelstams aux Mandelas</em>, l'a conduite de ""la scène de l'Inconscient à la scène de l'Histoire"". Elle nous fait pénétrer au coeur de sa création poétique comme exercice spirituel, travail aux extrêmes et transmission. Le volume est complété par une bibliographie complète des textes de l'auteur, y compris les entretiens, les articles, les préfaces et les traductions en langue étrangère.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 183;2;3;16;L'imagination informatique de la littérature;;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'enjeu concerne la définition même du fait littéraire : jusqu'où le recours informatique pourra-t-il en transformer l'idée ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Balpe<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Module 1 : imaginer</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Abeillé<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La place du lecteur dans le texte programmé</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeanne Demers<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le conte au coefficient 72</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Module 2 : décrire</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Lusson<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Application d'une théorie du rythme à la production automatique de textes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Goosens, Vincent Lesbros<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CREA, compréhension, raisonnement et expression artificiels</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Laufer<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les enfants du micro</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Module 3 : écrire</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone Balazard<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le jardin des drames</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Balpe<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Macro-structures et micro-univers dans la génération automatique de textes à orientation littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guillaume Baudin<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le pré-texte au désoeuvrement</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Module 4 : enseigner</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Cadet<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mosaïques romanesques</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claudette Oriol-Boyer<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'ordinateur en atelier</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Magné<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">E.A.O ou M.O.T.A.M.O</span></p>";;10/05/1991;0;137x220;224;978-2-90398-169-3;978-2-90398-169-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_183.jpg;;;;288;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">À l'origine de cet ouvrage, un colloque tenu à Cerisy s'est interrogé sur les modifications que ces essais introduisent dans le champ littéraire. Lorsqu'il est requis pour écrire, l'ordinateur n'intervient pas en outil neutre, simple pourvoyeur de facilités techniques. Il s'agit en fait d'un véritable média, soumettant la production des textes à des règles et à des fonctionnements originaux, qui en modifient l'allure et l'image. C'est cette imagination nouvelle de la littérature qu'on met ici en débat, à travers ses représentations, ses approches descriptives et analytiques, son insertion culturelle et ses modalités d'enseignement.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 184;2;6;16;Littérature et Pathologie;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La maladie favorise-t-elle l'écriture ? On l'a cru, soutenu, démontré à certaines époques. Ce qu'il y a de sûr, c'est que l'imaginaire y trouve son compte, les corps bien portants n'ayant pas plus d'histoire que les peuples heureux.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Max Milner<br />Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Pathologies, thérapeutiques et discours culturels</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Madeleine Lazard<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">la thérapeutique par le rire dans la médecine du XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Géralde Nakam<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le « temps malade » de Montaigne : thérapeutique des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Essais</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nadia Minerva<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pathologie de la sorcière. La sorcellerie en tant que maladie mentale aux XVII et XVIIIe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carla Pellandra<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'usage de la maladie chez le Père Étienne Binet</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paula Vecchi</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Pathologies et compensation. Quelques images de la maladie et de la santé chez Louis-Sébastien Mercier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Démoris<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Critique d'art et pathologie : Diderot et ses prédécesseurs face au corps malade</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Liano Petroni</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Stello et le Docteur Noir : une « dialexis » symbolique entre malade et médecin</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Mythologies et usages romanesques</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alessandra Barbanti Tizzi</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />L'idée mythique et mystico-magique du médecin et de la maladie dans la littérature allemande moderne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Cabanès<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Désymbolisation, imitation et pathologie de la croyance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Garguilo<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mythologie du choléra</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeanine Guichardet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Barcelone malade de la guerre dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Palace </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">de Claude Simon</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Maladies et décadence</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Adriana Sfragaro</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Max Nordau, dégénérescence et littérature</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Decottignies<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hystérie et décadence</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Briche<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mal de Mère. Portrait de l'artiste malade : Jules Laforgue</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vita Fortunati<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Homosexualité et maladie dans la littérature anglaise de 1890 à 1930</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giovanna Franci</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Maladie et perversion dans l'oeuvre de Aubrey Beardsley</span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p style=""padding-left: 60px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Illustrations<br /></span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Messalina<br />- Return of Tannhäuser<br />- The Abbé<br />- Entrée d'Hérodiade<br />- Scène de flagellation<br />- Incipit vita nova</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Pathologie mentale et littérature</span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roberta Mullini</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />« pardon my folly in writing of folly » : les ouvrages sur la folie de Robert Armin</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lilla Maria Crisafulli Jones<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La poésie de la folie de Christopher Smart</span></p><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gabriel Saad<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Oedipe avec et sans complexe : la lettre, la castration, la mort</span></p>";;10/01/1989;0;137x220;288;978-2-90398-161-7;978-2-90398-161-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_184.jpg;;;;416;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">La maladie constitue un écran de projection sur lequel viennent s'inscrire les hantises individuelles et collectives engendrées par les mutations sociales et les crises de civilisation, un outil extraordinaire de création mythique dont la littérature moderne a usé avec prodigalité, un lieu d'échanges et de métaphores où les concepts et les images circulent entre la biologie, la morale, la politique, la sociologie, l'esthétique. On trouvera dans les contributions ici rassemblées les éléments de ce qui pourrait être, du point de vue de l'art, un <em>Traité du bon usage des maladies. </em></p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 185;2;6;16;Luis Bunuel. Le jeu et la loi;;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'oeil tranché, d'<em>Un chien Andalou</em>, le scandale de l'<em>Âge d'or</em>... Une évidence : le projet cinématographique de Luis Buñuel se place d'emblée sous le signe de la rupture.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Introduction</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où l'on propose trois formulations pour une même question et ou l'on tente de définir les principes d'une enquête qui doit permettre d'en trouver la réponse.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Le baiser</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où l'on propose sur un premier échantillon de film un premier échantillon d'analyse.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Contes et mécomptes</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où, considérant le récit buñuélien et constatant son caractère explosif on tente de démonter les principes qui sont a l'origine de cette explosion en formulant quelques principes simples ; et où l'on commence a découvrir ce qui fait l'originalité de la transgression buñuélienne.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Exemples et modèles</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où l'on prend notamment le risque de faire se rencontrer deux inquiétants fantômes pour préciser la description des ruptures narratives et mieux en définir la portée.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. Songes et mensonges</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où l'on passe de l'anecdote au statut des propos et des trois films au</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Charme discret de la bourgeoisie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> pour découvrir qu'il est plus difficile qu'on ne croit d'interpréter dés rêves qui peuvent avoir des façons fort subtiles de s'évanouir.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI. La vérité dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Voie lactée</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où, poursuivant dans la perspective du chapitre précédent, on s'intéresse à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Voie lactée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et à la façon dont la vérité n'y est (peut-être) pas révélée.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VII. La vérité de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Voie Lactée</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où l'on complète l'analyse en considérant le rapport du film à ses sources et où l'on découvre que l'érudition théologique peut prendre des formes diaboliques.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VIII. « Marx au pays des merveilles »</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ou l'on revient au </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charme discret de la bourgeoise</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et au</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Fantôme de la liberté</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> pour essayer d'y trouver la cohérence d'une critique sociale, et où l'on trouve à la fois cette critique et sa mise en cause.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IX. Les taches de la girafe</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où l'on s'intéresse au rapport des trois films à l'« auteur » et à l'« oeuvre », et où le jeu continue. Où on laisse enfin à Buñuel lui-même le soin de (ne pas) conclure.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Repères<br />1. Relevés des séquences<br />2. Génériques<br />3. Chronologie des films de Luis Buñuel<br />4. Références bibliographiques</span></p>";;10/06/1990;0;137x220;272;978-2-90398-166-2;978-2-90398-166-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_185.jpg;;;;390;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Une question : la rupture opérée, que peut-il y avoir au-delà ? Comment poursuivre une fois passé le point extrême du refus ? Buñuel aurait pu être le Rimbaud du cinéma. Il aurait pu aussi être de ceux qui sont un jour rentrés dans le rang en abandonnant leurs révoltes de jeunesse. S'il n'a été ni l'un ni l'autre, c'est qu'il a réussi à élaborer une stratégie originale qui lui permette de ne renoncer ni à la création ni à la révolte. Cette stratégie repose sur le paradoxe et sur le jeu : loin de refuser d'abord l'ordre et la loi, les films ne cessent de s'y référer et de les mimer, mais pour les enfreindre et en renouveler indéfiniment la transgression. Cette mise en cause de l'ordre conduit à récuser les catégories fondamentales de notre pensée, de la causalité à la « réalité », de l'identité à la vérité. Ainsi peut s'articuler une parole qui refuse les cadres mêmes qui lui donnent forme. On le vérifie ici avec trois des derniers films de Buñuel : <em>La Voie lactée</em>, le <em>Charme discret de la bourgeoisie </em>et le <em>Fantôme de la liberté</em>.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 186;2;6;16;Maupassant miroir de la nouvelle, Cerisy;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La réécriture est, dès les origines, au coeur de la nouvelle. Nouvelle ? Celle-ci ne l'est jamais tout à fait : paradoxe de la dénomination.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Grojnowski</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Avant-propos : l'amateur de nouvelles</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Écritures : Maupassant nouvelliste</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Buisine<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paris-Lyon-Maupassant</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Bonnefis</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />La question du lien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis Marcoin<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mutisme de Maupassant</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonia Fonyi<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La nouvelle de Maupassant : le matériau de la psychose et l'armature du genre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Lectures</span></strong> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Lejeune<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maupassant et le fétichisme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éliane Lecarme-Tabone<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Énigme et prostitution</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Haase-Dubosc<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La mise en discours du féminin-sujet</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Réécritures</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Perrot<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le tour d'écrou du coeur : de Maupassant à Henry James</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Sangsue<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De seconde main : rire et parodie chez Maupassant</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Goldenstein</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Lire-écrire avec Maupassant</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars-Wuilleumier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le Masque de Maupassant ou les enjeux d'une réécriture filmique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Nouvelles nouvelles</span></strong> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Peter Brooks</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le conteur. Réflexions à partir de Walter Benjamin</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geneviève Idt</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Bluettes sartriennes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Baroche et Pierre Bouttier<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La nouvelle aujourd'hui</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Baroche<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maman, les grands bateaux</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des titres des nouvelles de Maupassant<br />Index des titres des principales nouvelles d'écrivains autres que Maupassant<br />Auteurs</span></p>";;10/09/1988;0;137x220;288;978-2-90398-149-5;978-2-90398-149-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Maupassant.gif;;;;0;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Maupassant lui-même ne se lasse pas de réécrire Flaubert ou Tourguéniev, et de se récrire soi-même pour être réécrit par James ou par Ophuls. La nouvelle est palimpseste, écriture au second degré, jeux de masques et de caches. Les nouvellistes d'aujourd'hui se reconnaîtront-ils dans le miroir magique que leur tend cet Autre, Maupassant ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 187;2;3;16;Maurice Blanchot, le principe de fiction;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Depuis <em>L'Idylle </em>jusqu'à <em>L'Instant de ma mort</em>, la fiction de Blanchot rend problématique le partage du réel et du fictionnel. On vérifie ici cette hypothèse en l'appliquant à des textes de la modernité : de Poe à Musil, de Beckett ou d'Artaud à Melville.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Reconduire la fiction</span></p><p> <em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sursis de la fiction</span></em></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Déclinaison de la fiction</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La figure<br />- La voix<br />- La pensée</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. La violence du rapport</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'entrevue<br />- L'entretien</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. L'invention d'un espace-temps</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'indifférence du temps<br />- La dispersion de l'espace<br />- Mourir en fiction</span></p></blockquote></blockquote></blockquote><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La pensée de fictionnalité</span></em> </p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Authenticité de la fiction</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Principe de simulation<br />- Principe d'effraction<br />- Principe de réflexion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Le dédoublement fictionnel</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La déviance du reflet<br />- Une altérité interne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Une tonalité blanche</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La fiction ou l'invention de l'étrangeté<br />- L'incident, ce fascinant impossible<br />- La terreur<br />- Le point fort du neutre</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie<br />Index des oeuvres de Maurice Blanchot<br />Index des auteurs cités</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Les textes fictionnels de Maurice Blanchot sont longtemps restés dans l'ombre de son oeuvre critique. Or, en lisant et relisant ces textes, j'ai été directement confrontée à quelque chose d'autre, qui dépassait les seuls textes théoriques. J'ai compris combien ils bousculaient les principes romanesques classiques, inventant de nouvelles perspectives qui changeaient peu à peu ma lecture, en me laissant pressentir que ce que je lisais, et que je reconnaissais pour fictionnel, allait profondément modifier ma perception de la réalité. Depuis les années 30, dans chacun de ses textes, romans ou récits, cet écrivain engage les rapports entre le monde et la fiction. Nous entrons alors dans un espace, au coeur d'une machinerie, tout en découvrant comment elle fonctionne : par la fascination de l'image. Les textes privilégient les figures fantomatiques qui interpellent notre imaginaire, qui nous rappellent le monde, mais à chaque instant s'en détournent pour nous parler d'une autre réalité, celle-là toute fictionnelle. L'image blanchotienne nous envoûte, comme un rêve, ou un mirage. Elle est une pure illusion de présence, venant empêcher toute distinction entre ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. C'est pourquoi les textes de Blanchot nous font si peur. Ceux de Poe, de Kafka ou de Borges sont, à ce titre, tout aussi effrayants. La peur produit un effet percutant : nous sommes attirés vers ce que nous n'osons regarder de plus près. Un territoire s'offre à nous, nous y apercevons des points de reconnaissance avec le monde, mais il nous échappe au moment où nous en savourons les miroitements infinis. L'image éveille notre esprit, le porte à concevoir un espace qui, parce qu'il se dérobe, devient l'objet d'un désir inépuisable. Marie-Laure Hurault</p>";10/10/1999;0;137x220;240;978-2-84292-062-3;9782842920623;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_187.jpg;;;;346;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">La fiction se définit-elle comme une image du réel, ou bien la feinte dont elle procède met-elle en péril la distinction entre la réalité et son image? C'est cette question que les textes fictionnels de Maurice Blanchot - romans ou récits - permettent d'éprouver. Le part-pris initial de ce livre suppose de prendre la fiction au sérieux - donc de séparer, chez Blanchot, le versant fictionnel et le champ critique et théorique qui trop souvent lui sert de commentaire. Ainsi libérée de toute référence à la question de l'écriture, la fiction peut décliner le mouvement selon lequel elle ne cesse d'apparaître, sans pour autant donner lieu à une pensée de l'être. Ce geste du déclin - des figures ou des voix, du reflet et de la mort - rend à la fiction sa pleine réalité : soit une constante inquiétude sur la pensée du réel. Ainsi s'ouvrent des voies insoupçonnées, que l'on explore ici - à travers le texte blanchotien - sur tous les textes qui, de Poe à Beckett ou de Bousquet à Melville, ont mis en jeu un principe de fiction irréductible au partage assuré du réel et du feindre.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 188;2;6;16;Le Moment de la Comédie humaine;Balzac, oeuvres complètes;;;"<p style=""text-align: justify;"">1842. <em>La Comédie humaine</em>, oeuvres complètes de M. de Balzac... <em>Ecce </em>Balzac : sont donnés comme une évidence la stature d'un auteur et le profil d'un lecteur idéal.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prologue</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Duchet, Isabelle Tournier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Avertissement quasi littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Acte I<br />Genèse et périls d'une idée heureuse</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Vaillant<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac et la crise de l'édition romanesque sous la monarchie de juillet</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Pierrot<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un tournant longuement médité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Vachon<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Construire, dit-il</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Van Rossum-guyon<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La recherche d'une poétique : Balzac et la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Revue parisienne</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle Tournier<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les mille et un contes du feuilleton : portrait de Balzac en Schéhérazade</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Acte II<br />L'imaginaire du projet</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">José-Luis Diaz<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'artiste à l'écrivain ou comment devenir l'auteur de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Comédie humaine</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franc Schuerewegen<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paratexte et complétude.Notes sur l'« Avant-propos » et la préface de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierrette</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les trois étages du mimétique dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Comédie humaine</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Nesci<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mimésis ou autoréférence ? Les apories des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Études analytiques</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joëlle Mertes-Gleize<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Séduite et épousée : les stéréotypes de la lecture dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Modeste Mignon</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Acte III<br />Le texte dans tous ses éclats ou la revanche du romanesque</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymond Mahieu<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une insertion problématique : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Lys dans la vallée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Scènes de la vie de campagne</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chantal Massol<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Transfert d'écriture : le réemploi de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Grande-Bretèche</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicole Mozet<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ursule Mirouët</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou le test du bâtard</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeannine Guichardet<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une étrange gestion du passé : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Envers de l'Histoire contemporaine</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Baron<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mélodrame et feuilleton : la revendication théâtrale dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ursule Mirouët</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Vanoncini<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierrette</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et la rénovation du code mélodramatique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paule Petitier<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Paysans</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, anamorphose de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La Comédie humaine</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Épilogue</span></strong></p><p> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roland Chollet<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ci-gît Balzac</span></p><p> </p><p> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Coulisses</span></strong></p><p> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle Tournier<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie analytique de<em> La Comédie humaine</em></span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traces et échos : quelques documents</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des noms d'oeuvres citées</span></p>";;10/10/1993;0;137x220;334;978-2-90398-192-1;978-2-90398-192-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Balzac.gif;;;;0;23.00;"<p style=""text-align: justify;""> Mais ce double titre révèle un coup de force, sinon une fuite en avant, à la fois un défi et un déni, l'aveu déguisé d'une dépendance à l'égard du marché et l'affirmation souveraine d'une autonomie, à contretemps : la conjoncture, le moment engageait la librairie romancière au partage avec le journal, à la pratique du feuilleton, aux effets publicitaires. Le moment imaginaire fut aussi un tombeau. Ci-gît Balzac, dans sa gloire et son malheur. Le présent ouvrage traite de la tension qui fonde, par écarts et éclats, la <em>Comédie humaine </em> comme texte de fiction et entraîne le roman balzacien dans un mouvement perpétuel, sous le signe de l'inachèvement.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 189;2;6;16;La Pensée de l'image;Signification et figuration dans le texte et la peinture;;;"<p style=""text-align: justify;"">La pensée de l'image et le tissu complexe de ses relations avec le texte littéraire : comment l'image a été et se trouve aujourd'hui réfléchie dans son rapport au réel, au visible comme à l'invisible ? comment elle-même réfléchit à sa manière lorsqu'elle nous envoie un message le plus souvent chiffré ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gisèle Mathieu-Castellani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Image morte, image vive</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. L'image, la foi et le savoir</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Wirth<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les scolastiques et l'image</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Zumthor<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'image cartographique médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Gandelman<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pictogrammes juifs : ruse théologique ou rite textuel</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fernand Hallyn<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pensée religieuse et pensée scientifique: une fresque galiléenne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Emblèmes, hiéroglyphes</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marcel Tetel</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Autour des emblèmes de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Délie</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul J. Smith<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Fontaine et la fable emblématique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claudel et l'hiéroglyphe ou la Ahité des choses</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Donner à voir, dissimuler</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Lecercle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Donner à ne pas voir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Image, vision, dissimulation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Démoris<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Peinture, sens et violence au Siècle des Lumières : Fénelon, du Bos, Rousseau</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Guillerm<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Défiguration et signification de la peinture dans les lettres de Vincent Van Gogh</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Image et récit, image et description</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Chazal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Imagologie et narratologie. Actualité d'un lieu anglophone classique: </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wuthering Heights</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tom Conley<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diagramme et lettre : sur la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Piazza</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Melville</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Cornilliat<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et la photographie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael Riffaterre<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'illusion d'ekphrasis</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. Image et temps</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Duguet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Image et vidéo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Edmond Couchot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un supplément de temps. De la synthèse d'image à la synthèse du temps</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. Le différentiel de l'image</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Deguy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'image</span></p>";;10/10/1994;0;137x220;272;978-2-91038-101-1;978-2-91038-101-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;24.00;"<p style=""text-align: justify;""> Silencieuse et éloquente, bavarde dans ses représentations emblématiques, parfois muette dans les peintures qui veulent se borner à émouvoir sans rien dire, toujours étrange, l'image, qui n'est point si sage, est aussi l'art de dissimuler ce qu'elle simule. Sans méconnaître la spécificité du texte et de l'image poétique, ni celle des arts visuels et de la peinture, sans masquer les différences entre le dicible et le visible, on a tenté d'évaluer, à différents moments de l'histoire et dans différents types de dispositifs, les relations instables et précaires entre ces soeurs jumelles, et rivales en mimésis, que sont la poésie et la peinture, ennemies intimes, alliées familières.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 190;2;6;16;Le Roman Policier et ses personnages;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La notion de personnage demeure un des enjeux essentiels des théories de la littérature. Le roman policier offre un champ de réflexion privilégié permettant une mise à plat des questions, et ses personnages nourrissent l'imaginaire contemporain.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Reuter<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nelly Wolf<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le voleur évalué </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Lignon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Venez, Sherlock, je sens qu'il se trame quelque chose »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Descotes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Habiles, demi-habiles et naïfs dans le roman policier : le R. P. Brown de G. K. Chesterton</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Paul Colin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le truand de papier et sa langue de bois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Glaudes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eva, Miss Blandish et la souris des douze chinetoques </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Juliette Raabe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le vengeur désenchanté </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Montandon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'angoisse du pénalty. Hancike et le policier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ellen Epstein-Lévy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur dans le texte. Le cas de quelques romans policiers anglais </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves le Pellec<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Private Eye - Private I : le privé, le secret et l'intime dans le roman noir classique </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Reuter<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le système des personnages dans le roman à suspense</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Dubois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un carré herméneutique </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-François Coatmeur, Frédéric Fossaert, Hervé Jaouen, Alain Paris, Daniel Pennac, Jean-Bemard Pouy, Yves Reuter<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Personnage et écriture</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Reuter<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour conclure </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie<br /> Présentation des auteurs</span></p>";;10/02/1990;0;137x220;240;978-2-90398-162-4;978-2-90398-162-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_190.jpg;;;;346;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce qui conduit à un réexamen du genre policier, toujours victime de préjugés qui tiennent à son statut intermédiaire dans les hiérarchies culturelles, et de certaines réductions, par méconnaissance de ses variétés. Pour se renouveler et surprendre, les textes policiers mettent à l'épreuve la narrativité et le sens et travaillent en profondeur le roman. Exemplairement : on en jugera par les études rassemblées ici, qui confrontent auteurs et théoriciens et entendent appliquer aux formes et aux personnages du polar la diversité des modes d'analyse du littéraire.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 191;2;6;16;Sur le grotesque;L'ancien et le nouveau dans la réflexion esthétique;;;"<p style=""text-align: justify;"">Plus qu'une catégorie, le grotesque désigne d'abord une question qui habite la réflexion esthétique, et qui la hante...</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La question du grotesque</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. L'émergence d'une topique</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La nuit et les songes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Les marges et le centre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. L'informe et le difforme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Enchevêtrements</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. L'invention du grotesque</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Des grotesques au grotesque</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Inventer le grotesque, repenser la tradition : Hugo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Dans le sillage de Montaigne : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Grotesques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Théophile Gautier </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Sur la corde raide : Baudelaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. La nouveauté et sa réception</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. L'oubli et la mémoire</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Un regain d'actualité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Le grotesque tel qu'en lui-même : Wolfgang Kayser</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Penser la différence : Mikhaïl Bakhtine </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. L'imaginaire théorique à l'oeuvre : Un florilège</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. Une réflexion en suspens</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Grotesque et le renouvellement de la réflexion esthétique</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le grotesque et la nouveauté : genèse d'une intrication </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Définir le grotesque : la collusion de l'ancien et du nouveau </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. La réflexion esthétique et son passé : les limites d'une relève</span></p></blockquote>";;10/05/1991;0;137x220;168;978-2-90398-175-4;978-2-90398-175-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Cette question forme ici l'objet d'un livre s'attachant à explorer, de la Renaissance à Kayser, du romantisme à Bakhtine, les configurations à chaque fois nouvelles tissées autour de la notion de grotesque : à travers le remodelage incessant des termes de l'évaluation, c'est en réalité le principe d'innovation dans les arts qui se trouve à la fois désigné et circonscrit. Ainsi ne cesse de se réécrire un chapitre inachevé de l'interrogation esthétique, ancien et nouveau en même temps ; retraçant le texte, sans cesse en mutation, d'un imaginaire aux figures innombrables, mais aux traits par définition indécidables.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 192;2;3;16;Le Temps de l'autobiographie. Violette Leduc;ou la mort avant la lettre;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le temps du récit voue le projet autobiographique à l'inachèvement, le temps de l'écriture le rend possible en inventant une autre temporalité, qui ne relève plus de la chronologie. Avec les textes de Violette Leduc - ""née à la pointe d'une plume"" - une nouvelle approche du paradoxe constitutif de l'autobiographie.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le temps du récit</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'événement<br /> - Temps de la parole<br /> - La fin du livre<br /> - Le rythme </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Le sujet de l'écriture</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Passivité du sujet<br /> - Sujet de la lecture ?<br /> - Constructions du texte </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Le passage à l'autobiographie</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le « journal »<br /> - Le récit pluriel<br /> - Le roman </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Le moment autobiographique</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Signatures<br /> - Nom propre, voix propre<br /> - Temps de la mort<br /> - Le moment autobiographique </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. L'écriture</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- À rebours</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> Bibliographie</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">À travers la fente de la boîte aux lettres de mon appartement - dans une petite rue de l'ouest de Londres - apparaît ce matin une lettre. Je suis en train d'écrire un texte sur l'autobiographie chez Violette Leduc et Jean Genet, et j'essaie de calculer l'âge qu'aurait eu la mère de Genet quand il raconte l'histoire d'une vieille de 75 ans. Cette vieille fut arrêtée après avoir incendié la maison où dormait sa fille. Je m'interromps. J'ouvre la lettre. Je la lis. On me demande d'écrire une dédicace pour un texte que j'ai écrit, Le Temps de l'autobiographie. Violette Leduc. Aux lecteurs éventuels de ce livre, je vous avertis : c'est un livre de théorie littéraire ; il y va aussi d'enfants, de mères et de la mort, non pas par incendie, mais par écriture. Et il y apparaît aussi la question de chiffres, y inclus 75, qui importait un moment dans la vie de Violette Leduc. Mais il s'agit surtout de cette entreprise extrême qu'est l'autobiographie, de la démesure d'un projet impossible qui voudrait englober la vie du début jusqu'à la fin. De cette impossibilité naît l'écriture. Violette Leduc raconte comment un jour, alors qu'elle dînait en compagnie de Jean Genet, on lui avait demandé de dédier un de ses premiers livres à un ami. C'est Genet qui a pris la plume pour faire une dédicace ; Leduc a ensuite ajouté la sienne, et chaque écrivain e signé du nom de l'autre. Je vous dédie ce livre, le mien, au nom de - Violette Leduc. Susan Marson</p>";10/01/1998;0;137x220;264;978-2-84292-033-3;9782842920333;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_192.jpg;;;;101;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment l'autobiographie est-elle possible ? Il suffit de prendre sa plume et de commencer le récit de sa vie, en espérant trouver le temps pour l'achever. Mais le temps, qui apparaît d'abord comme limite extérieure, devient bientôt contrainte. Car si l'écriture prend du temps, elle le donne aussi : voici l'autobiographie commencée, à ne plus jamais en finir ; dans l'attente du dernier mot, l'auteur s'érige un tombeau, à l'épitaphe toute prête. « Je suis née à la pointe d'une plume », écrit Violette Leduc au début de <em>La Bâtarde</em>. Écrire engendre l'auteur, mais à titre de personnage. Le temps, dès lors, apparaît aussi comme cet écart qui divise le sujet dans l'écriture, et le transforme en objet, mort déjà avant l'heure, sauf à le ressaisir dans ses seules traces graphiques. La double démarche engagée dans ce livre reflète la duplicité de l'autobiographie : genre constitué à la fois d'un corpus de textes - ici ceux de Violette Leduc - et d'un discours qui met en question leur possibilité comme récits, mais du même geste fonde l'autobiographie comme écriture.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 193;2;3;16;Le Texte en mouvement;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les textes ont cessé de paraître immuables et éternels. La montée des médias audio-visuels et la mondialisation des échanges ont bouleversé une illusion vieille de quelques siècles. De « bons esprits » (comme on dit) hésitent devant ce nouvel ordre, malgré la micro-édition, Antiope, le minitel, l'affichage urbain...</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Laufer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentations</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Greussay<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Machines à comprendre</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le texte comme mouvement, et sa traduction comme mouvement</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Guenot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étapes et mouvement vers l'écrit imprimé</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Virbel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La performative textuelle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Christin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Glissements de l'énonciation : de l'autoportrait au calligramme</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Heidsiek<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La poésie sonore</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Balpe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">haïku</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> au </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">renga</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : une écriture déplacée</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Juliette Raabe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Textes télématiques</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Laufer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le récit de fiction interactif</span></p></blockquote>";;10/02/1988;0;137x220;164;978-2-90398-140-2;978-2-90398-140-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_193.jpg;;;;101;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Leur tort n'est pas de soupçonner la technique, mais d'oublier la cohérence de la modernité. La matière est trop vaste pour que les articles ici réunis tiennent la promesse du titre autrement qu'en l'appropriant chacun à leur domaine : traduction et critique littéraire, poésie sonore et automatique, écritures romanesques sur papier, disquette et serveur télématique, sémantique des documents, vie des programmes et réseaux informatiques...</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 194;2;3;16;Tristan Corbière, ou les Voix de la corbière;;;;"<p>« Je suis là mais absent. » L'essai entame un jeu de cache-cache avec le moi absent de Corbière, celui qui s'écrit tout seul, telle une fiction, et ne se trouve lu ici - de Barbey à Béroul, de Byron à Baudelaire - qu'à partir de ses lectures. C'est écrire qui rend jaune, surtout quand il s'agit de récrire, au nom du père, et dans la marge ironique d'un littoral.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Sous le signe du soleil</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le monde jaune<br /> 2. La muse prostituée<br /> 3. L'or du père<br /> 4. Corbière maniériste</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Sous le signe du sommeil</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La litanie du sommeil<br /> 2. Structure des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Amours jaunes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : un livre-tombe<br /> 3. Le moi vide de l'énonciation<br /> 4. Le péritexte des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Amours jaunes</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Les voix de la corbière</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les fantômes<br /> 2. « Un corbeau devant moi croasse »</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des poèmes cités<br /> Index des auteurs cités<br /> Bibliographie analytique</span></p>";;10/04/1997;0;137x220;224;978-2-91038-192-9;9782910381929;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_194.jpg;;;;101;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">On ne prend la parole qu'à partir d'un lieu et la question de l'assise est une question de poétique - à plus forte raison quand le nom de l'auteur est lui-même un nom de lieu. C'est ce que montre l'exemple de Tristan Corbière, chez qui la rhétorique se fait tactique et manoeuvre, tirant des bords de lieu commun en lieu commun, de palimpseste en parodie, à la recherche d'un espace propre. « Je suis là, mais absent. » L'essai entame un jeu de cache-cache avec ce moi absent de Corbière, celui qui s'écrit tout seul, telle une fiction, et ne se trouve lu ici (de Barbey à Béroul, de Byron à Baudelaire) que dans l'imaginaire de ses lectures.</p>";"<blockquote><p> </p></blockquote>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 195;1;6;27;Mass-media et Moyen Age;N°01/1982;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditorial</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François-Jérôme Beaussart<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bele Aiglantine : narration et idéologie dans les chansons de toile</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le désordre et la structure : syllabation médiévale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Orlando de Rudder<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La version X de la vie de sainte Marie l'Égyptienne : mise en prose et catéchèse</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Léonard Legendre et Jean-Michel Vieillerot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'architecte, l'équerre et la géométrie instrumentale au Moyen Âge : analyse du plan de la cathédrale de Reims</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucien Gillard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Unité de compte et espèces monnayées au Moyen Âge</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Dennery</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les notations musicales au Moyen Âge</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ÉDITION DE TEXTE<br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Orlando de Rudder</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> De l'enfant du fu remis au soleil</span></p>";;10/03/1982;1;155x220;110;978-2-84292-961-9;978-2-84292-961-9;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_195.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 196;1;6;27;Moyen Âge et histoire politique;N°10/1986;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Duby<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Patrice Boudet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Génèse et efficacité du mythe d'Olivier le Daim</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Zimmermann<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Et je t'empouvoirrai », à propos des relations entre fidélité et pouvoir en Catalogne au XIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Barthélémy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'État contre le lignage</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Dequeker-Fergon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'histoire au service des pouvoirs</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Colette Beaune<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une préhistoire du coq gaulois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hélène Olland<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La France de la fin du Moyen Âge : l'État et la nation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Raynaud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre texte antique et image médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patricia Mulhouse<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeux : 1- Test : quel médiéviste êtes-vous ?<br /> 2- Solution mots croisés parus dans le n° 9 de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Médiévales</span></em></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/06/1986;10;155x220;144;978-2-84292-969-5;978-2-84292-969-5;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_196.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 197;1;3;27;À l'école de la lettre;N°11/1986;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'écriture médiévale naîtrait de l'union entre « le Verbe et la Raison », jouant de la lettre, de la langue et d'autres codes pour produire du sens.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La rédaction</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Berthelot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Mela<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À l'école de la lettre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">C. Lucken<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'or dans l'art</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques berchtold<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'échiquier et la harpe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre-Marie Joris<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'étoile sibylline</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Romaine Bonvin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sang sur le vêtement. Étude sur le conte Des Trois chevaliers et du chaisme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Dragonetti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qui est l'auteur du comte d'Anjou ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Labia<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édition de texte : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Erec et Enide</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Charles Huchet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'« Entrebescamen » des mots et des corps</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/12/1986;11;155x220;138;;;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_197.gif;;;;408;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 198;1;3;27;Toutes les routes mènent à Byzance - Études dédiées à Michel Mollat;N°12/1987;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les hommes du Moyen Age voyagent sur terre, sur mer, dans le passé et dans l'imaginaire. L'Orient attire l'Occident, surtout après le XIe siècle, plus que tout autre lieu Constantinople. Vers elle convergent pèlerins, marchands, prédateurs ; elle est étape vers l'Extrême-Orient.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elisabeth Piltz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la Scandinavie à Byzance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Krijnie Ciggaar<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réfugiés et employés occidentaux au Xe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danièl Rocher<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le « Roi Rother », une caricature allemande des byzantins au XIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Arrignon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un pèlerin russe à Constantinople : Antoine de Novgvrod</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Zink<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Si je t'oublie, Constantinople...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Paviot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le séjour de l'embassade de Geoffroy de Langley à Trébizonde et à Constantinople en 1292</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Micheau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ibn Battuta à Constantinople la grande</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francesca Luzzati Lagana<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur les mers grecques : un voyageur florentin du XVe siècle, Cristoforo Buondelmonti</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Regnier-Bohler<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De Constantinople à Rome : quand parlent les portraits</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TEXTE : une traversée de Constantinople à Syracuse vers 1429</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">John H. Mundy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Des hommes et des femmes : le procès de Pierre de Dalbs, abbé de Lézat</span></p>";;10/07/1987;12;155x220;144;;;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_198.gif;;;;101;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le numéro montre l'entrecroisement des intérêts économiques, diplomatiques, ecclésiastiques, intellectuels sur ce terrain de la « nouvelle Grèce » entre Xe et XVe siècle.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 199;1;6;27;Apprendre le Moyen Âge aujourd'hui;N°13/1987;;;"<p>Apprendre le Moyen Âge est-il possible ? Le présent numéro ne prétend pas résoudre la question, mais il se veut mosaïque de réflexions et d'expériences sur les moyens d'enseigner le Moyen Âge à l'intérieur de l'institution scolaire.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didier Lett et François-Jérôme Beaussart<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Fossier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Moyen Âge en université, Moyen Âge dans les lycées et collèges</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Christine Duchemin et Didier Lett<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Moyen Âge d'adolescents</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Marchello-Nizia, Michèle Gally, Didier Lett, François-Jérôme Beaussart<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entretien autour de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Littérature de l'Europe médiévale</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Véronique Sot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Moyen Âge et les contraintes de la classe de Cinquième</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Gauvard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vulgariser le Moyen Âge : entre l'ascèse et l'enthousiasme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carla Frova<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Est-il permis d'entrer dans le laboratoire de l'historien ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicole Defoug<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un banquet médiévale au collège</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marielle Baccheschi, Cinzia Bravi et Francesco Marini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Seul un petit village d'irréductibles...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Bourreau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réaliser un quatrième épisode de l'AN MIL</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilles Chaillet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Moyen Âge et bande dessinée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Deshayes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Reconstitution d'une maison franque à Soissons. Une contribution à l'histoire de l'architecture rurale</span></p>";;10/12/1987;13;155x220;182;978-2-84292-970-1;978-2-84292-970-1;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_199.gif;;;;0;9.14;"<p style=""text-align: justify;""> Lieu bien particulieroù la transmission du savoir s'opère dans des cadres rigides à l'usage d'un public qui n'est pas forcément prêt à le recevoir mais qui possède pourtant son image du Moyen Âge.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 200;1;3;27;Culture sur le marché (La);N°14/1988;;;"<p style=""text-align: justify;"">Dans un Moyen Age avancé (XIVe-XVe siècles), le marchand est une présence familière, au théâtre comme dans la vie. Du commerce le numéro a retenu les objets culturels : le livre, la peinture, la couleur, pointant aussi sur le marché des antiquaires avivé au début du XXe siècle par le goût du Moyen Age.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yvonne Cazal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pastoureau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du bleu et du noir : éthiques et pratiques de la couleur à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brigitte Buettner<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Raponde </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marchand de manuscrits enluminés</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sante Polica<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le commerce et le prêt de livres à Lucques dans la première moitié du XVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dinora Corsi<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les secrés des dames</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, tradition, traductions</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Laurioux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre savoir et pratiques : le livre de cuisine à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gianni Mazzoni et Alberto Olivetti<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre invention, restauration et vente : la peinture médiévale au début du XXe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Livres sur mesure, texte traduit et présenté</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Dayez-Burgeon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">B. D. ou Byzance dessinée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zuzanna Marcinkowska<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La prison amoureuse de Guillaume de Lorris</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilles Bounoure<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'archevêque, l'hérétique et la comète (première partie)</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Supplément au n° 14 : index des années 1982-1987, articles parus, ouvrages recensés</span></p>";;10/06/1988;14;155x220;144;978-2-91038-168-4;978-2-91038-168-4;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_200.gif;;;;408;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 201;1;6;27;Le premier Moyen Age;N°15/1988;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le Haut Moyen Age (Ve-Xe siècles) est saisi, contre l'idée reçue de « barbarie », dans sa dimension de réélaboration de l'héritage antique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Alibert et Genevièvre Buhrer-Thierry<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'héritage romain transumé : l'alchimie du Haut Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hélène Godiveau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Peuplement et christiannisation, entre pays de France et de Beauce</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Sassier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'utilisation d'un concept romain aux temps carolingiens<br /> La </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">res publica</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> aux IXe et Xe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Faure<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'ange du Haut Moyen Âge occidental (IVe-IXe siècles) : création ou tradition ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurent Feller<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sainteté, gestion du patrimoine et réforme monastique en Italie à la fin du Xe siècle<br /> La vie de saint Adelmar de Bucchianico</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilles Bounoure<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'archevêque, l'hérétique et la comète (dernière partie)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didier Lett<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'enfance : Aetas infirma, Aetas infima</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martial Straub<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Église et pouvoir à l'automne du Moyen Âge<br /> Les Dominicains à Fribourg-en-Brisgau vus à travers une source inédite. Leur place dans le Siècle et dans l' Église (XIIIe-début XVIe siècles)</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/12/1988;15;155x220;132;978-2-91038-169-1;978-2-91038-169-1;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_201.gif;;;;408;10.00;"<p style=""text-align: justify;""> Cette réélaboration, effectuée quasiment au quotidien, dans différents domaines (juridique, politique, ecclésiastique et artistique) par une population qui reste en majorité d'origine romaine ou anciennement romanisée, contribue à modeler le Moyen Age en sa longue durée (Ve-XVe siècles).</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 202;1;3;27;Plantes, mets et mots - Dialogues avec André-Georges Haudricourt;N°16/1989;;;<p>La linguistique, les sciences et techniques, l'action de l'homme sur la nature.</p>;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dialogues avec André-Georges Haudricourt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Propos I de André-Georges Haudricourt</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Hagège<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un mot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CONTRE MARCO POLO :<br /> UNE HISTOIRE COMPAREE DES PÂTES ALIMENTAIRES</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Orientations</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Sabban-Serventi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raviolis cristallins et tagliatelle rouges : les pâtes chinoises entre XIIe et XIVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile Redon et Bruno Laurioux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La constitution d'une nouvelle catégorie culinaire ? Les pâtes dans les livres de cuisine italiens de la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Massimo Montanari<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Note sur l'histoire des pâtes en Italie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Flandrin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pâtes dans la cuisine provençale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Berbard Rosenberger<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pâtes dans le monde musulman</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Sabban-Serventi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusions</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CLASSIFICATION DES PLANTES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Comet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dur ou tendre ? Propos sur le blé médiéval</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La botanique d'Hildegarde de Bigen</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Allen J. Grieco<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Savoir de poète ou savoir de botaniste ? Les fruits dans la poésie italienne du XVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diego Moreno<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Châtaigneraie « historique » et châtaigneraie « traditionnelle ». Notes pour l'identification d'une pratique culturale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le miel et l'amanite. Linguistique et paléoethnographie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un échantillon de la botanique d'Albert le Grand, texte traduit et présenté</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Propos II d'André-Georges Haudricourt, recueillis</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">HORS-THÈME</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Paule Champetier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Faits et gestes du prédicateur dans l'iconographie du XIIIe siècle au début du XVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Boureau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le calice de saint Dona. Légende, autorité et argument dans la controverse hussite (1414-1415)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Hüe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rhétorique et testaments : formes antérieures de l'utopie ? (1ère partie)</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/11/1989;16;155x220;256;978-2-91038-167-7;978-2-91038-167-7;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_202.gif;;;;418;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Hommage au grand savant Haudricourt, le numéro est consacré à la linguistique et aux sciences et techniques par lesquelles l'homme agit sur la nature. Il contient un dossier « Histoire comparée des pâtes alimentaires » et un dossier « Classification des plantes ».</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 203;1;6;27;Espaces du Moyen Age;N°18/1990;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'espace est considéré dans ses dimensions culturelles et le premier problème posé est celui de la cartographie, sa chronologie, son rapport avec la perception des espaces concrets, la nature des cartes et leur utilisation.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Gautier Dalché<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un problème d'histoire culturelle : perception et représentation de l'espace au Moyen Âge</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Arnoux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Perception et exploitation d'un espace forestier : la forêt de Breteuil (XIe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Arnaud<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Plurima Orbis Imago</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Lectures conventionnelles des cartes au Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wojciech Iwanczak<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre l'espace ptolémaïque et l'empirie : les cartes de Fra Mauro</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bertrand Hirsch<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'espace nubien et éthiopien sur les cartes portulans du XIVe siècle</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Hüe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rhétorique et testaments : formes antérieures de l'utopie ? (2e partie)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Lapostolle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Temps, lieux et espaces. Quelques images des XIVe et XVe siècles</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/07/1990;18;155x220;128;978-2-91038-165-3;978-2-91038-165-3;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_203.gif;;;;408;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ensuite est présenté le problème des relations entre les œuvres géographiques d'une part, l'expérience et la lecture d'autre part. Les échelles varient d'une forêt normande à l'<em>orbis terrarum</em>.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 204;1;3;27;Liens de famille - Vivre et choisir sa parenté;N°19/1990;;;"<p style=""text-align: justify;"">Rapports entre l'identité reçue par un individu à sa naissance et l'identité qu'il acquiert au sein de la société.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Klapisch-Zuber<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elizabeth Crouzet-Pavan<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mots et gestes : notes sur la conscience de la parenté (Venise, XVe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martin Aurell<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Autour de l'identité héraldique de la noblesse provençale au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Maurel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un artifice contre l'extinction des familles ? La substitution de nom et d'armes à Marseille (fin XIVe-fin XVe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Andrée Courtemanche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lutter contre le solitude : adoption et affiliation à Manosque au XVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme Hayez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Migration et stratégies familiales. Autour de la condamnation de Lorenzo di messer Tommaso Soderini, bâtard et faussaire malchanceux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Courtemanche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelle famille ? Thibaut Houcie et les siens</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alessandro Stella<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Ciompi et leurs familles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Thérèse Lorcin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le couple privilégié mère-enfant dans les</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Miracles de Notre-Dame de Chartres</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didier Lett<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Comment parler à ses filles ? </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kouky Fianu<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Familles et solidarités dans les métiers du livre parisiens au XIVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Monnet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la recherche familiale et prosopographique dans les sources juridiques et commerciales de la fin du Moyen Âge en Allemagne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Véronique Bouiller<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In memoriam</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : quelques reflexions sur l'Inde à propos des « ricordanze »</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Shunichi Ikegami<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La famille médiévale, vue par les historiens japonais</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Gilli<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Politiques italiennes, le regard français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Texte présenté par</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cuisines infernales et terrestres festins</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/1990;19;155x220;144;978-2-91038-166-0;978-2-91038-166-0;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_204.gif;;;;408;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Au thème central posé dans ce numéro, celui des rapports entre l'identité reçue par un individu à sa naissance et l'identité qu'il acquiert au sein de la société, chaque article répond en fonction des documents privilégiés par son auteur : testaments, témoignages, contrats, sources normatives ou narratives. Le terrain est l'Occident, avec cependant des ouvertures sur l'Extrême-Orient.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 205;1;6;27;Gautier de Coinci : le texte miracle;N°02/1982;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditorial</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gautier de Coinci dans son époque : quelques repères chronologiques</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Peter-Michaël Spangenberg<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Transformation du savoir et ambivalences fonctionnelles : aspect de la fascination hagiographique chez Gautier de Coinci</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François-Jérôme Beaussart<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« D'un clerc grief malade que Nostre Dame sana ». Reflexions sur un miracle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Lapostolle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Images et apparitions : illustrations des « Miracles de Nostre Dame »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Cerquiglini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les « énonciateurs Gautier »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sharah Chennaf<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La rubrique : une unité littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brigitte Cazelles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En odeur de Sainteté</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre-Henry Joubert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gautier de Coinci et la pédagogie musicale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Orlando de Rudder<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gautier de Coinci ou l'écriture subreptice</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ÉDITION DE TEXTE</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Orlando de Rudder<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« D'un clerc que Nostre Dame gari de grant maladie »</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">NOTES DE LECTURE<br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ordinateur et manuscrits : Propositions pour une généalogie des textes</span></p>";;10/06/1982;2;155x220;142;978-2-84292-962-6;978-2-84292-962-6;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_205.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 392;2;3;14;Entre film et photographie;Essai sur l'empreinte;;;"<p>Approche psychanalytique du croisement cinéma/photographie : revenir sur l’empreinte lumineuse à partir de l’empreinte psychique, en explorant le lien établi par Freud entre le manque, le désir et l’empreinte.</p>";"<p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></em></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Entre film et photo...</span></strong></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Objet<br /> 2. Problèmes<br /> 3. Perspectives<br /> 4. Méthode</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Économie plastique du désir</span></strong></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Préambule<br /> 2. Désir, manque : l'articulation freudienne<br /> 3. Désir, image : plasticité de l'empreinte<br /> 4. Défaire la ressemblance :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Les Photos d'Alix</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - L'image, objet visuel, objet psychique</span></strong></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. « La psyché est étendue, n'en sait rien »<br /> 2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sans soleil</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou l'Imaginaire en son travail</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Du désir dans l'image</span></strong></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. L'image en « production désirante » ?<br /> 2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Calendars</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : apparition, dépli, modelage du désir<br /> 3. Le travail du manque dans la représentation (en théorie)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. La mécanique des images : l'assemblage expérimental<br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Vacances du cinéaste</span></em></strong></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La relation entre film et photo : une série d'expériences<br /> 2. Le travail du manque (en pratique) : repeuplement imaginaire<br /> 3. L'accomplissement du désir : l'autoportrait</span></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></strong></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></em></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Index</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">J'ai commencé par aimer la photographie, ensuite le cinéma. Je n'ai pas aimé le cinéma contre la photographie mais avec elle, dans son sillage. Bien des choses séparent la ""petite image sur papier"" de la ""grande image projetée"", pourtant, une force commune au film et à la photographie ne cesse de me frapper et de me retenir, en l'occurrence la part de l'empreinte. J'ai entrepris d'écrire ce livre au nom de cette force, pour approcher ce plus petit dénominateur commun qui fait, de mon point de vue, tout le prix de ces images. Comment comprendre la part de l'empreinte dans l'image ? Cet ouvrage est porté par une passion théorique pour la pensée freudienne, une pensée qui m'aura permis de suggérer une réponse. Élaborant sa mécanique du désir, Freud montre qu'il y a là un problème d'image, plus précisément un problème de transformation de l'empreinte en image. Transformer l'empreinte en image, engager la trace dans le travail de figuration, voilà justement ce qu'effectuent films et photos... C'est ainsi que j'ai fini par imaginer la chose suivante : nous serions face aux images filmiques et photographiques comme face au premier laboratoire du désir ; face à elles, surtout, comme face à des objets visuels singulièrement travaillés par du manque… Dernière remarque, au-delà des contenus : ce qui donne forme et vie à un livre, ce n'est pas seulement ce que son auteur y a mis, mais la manière selon laquelle il trouvera à résonner dans un autre corps.</p>";10/11/2004;0;137x220;192;978-2-84292-156-9;9782842921569;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_392.jpg;;;;240;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">À l’origine de ce livre, il y a d’abord le trouble éprouvé chaque fois qu’une photographie apparaît au sein d’un film : qu’ont à faire ensemble ces images dans l’élaboration figurative ? Et surtout quel rapport entretiennent-elles avec l’empreinte sur le fond primordial de laquelle elles s’enlèvent l’une et l’autre ? Au moment où il élabore sa mécanique du désir, Freud pose un lien singulier entre le manque, l’empreinte et l’image : pas de désir sans manque, dit-il en substance, et surtout pas de désir sans empreinte et sans transformation de l’empreinte en image. L’enjeu consiste alors à revenir sur l’empreinte lumineuse à partir de l’empreinte psychique : faisant l’hypothèse que le manque est une force constitutive du travail des images-empreintes, on montrera comment l’irruption du photographique au sein du filmique nous renvoie face au premier laboratoire du désir.</p><p style=""text-align: justify;"">Principaux films de référence : <em>Les Vacances du cinéaste</em> (Johan Van der Keuken), <em>Calendar</em> (Atom Egoyan),<em> Les Photos d’Alix</em> (Jean Eustache)</p><p style=""text-align: justify;""><strong>Prix du meilleur livre étranger sur le cinéma traduit en Italie en 2010.</strong></p>";;20/07/2004 15:22;0;Première édition;3689 206;1;3;27;Sagas et chroniques du Nord;N°20/1991;;;<p>Chroniques, histoires et sagas, sources de l'histoire des pays du nord de l'Europe.</p>;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simonne Abraham-Thisse<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Lebecq<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre tradition orale et littérature héroïque : le cas de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">scop </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">frison Bernlef</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elisabeth Mornet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'image du bon évêque dans les chroniques épiscopales scandinaves à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jerzy Wyrozumski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Portrait d'un chroniqueur polonais du XVe siècle : Jan Dlugosz et son oeuvre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Arrignon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dit d'Eymundr</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et le martyre du prince Boris de Russie (1015)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marie Moeglin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'anneau de Guillaume de Scherfenberg. À propos d'un récit avec la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronique rimée styrienne</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anca Bratu<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'ici-bas et l'au-delà en image : formes de représentation de l'espace et du temps</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Grégory Blue<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marco Polo et les pâtes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eric Rebillard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La naissance du viatique : se préparer à mourir en Italie et en Gaule au Ve siècle</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus<br /> Index des n° 14 à 19 (1988 à 1990)</span></p>";;10/06/1991;20;155x220;128;978-2-91038-163-9;978-2-91038-163-9;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_206.gif;;;;408;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les articles présentent les grands types narratifs qui sont aux sources de l'histoire des pays du nord de l'Europe : principalement les chroniques, histoire écrite, et les sagas, récits littéraires d'origine mixte, écrite et orale ; mais aussi des récits hagiographiques et des annales. Ils éclairent les objectifs des auteurs anciens - transmettre la mémoire, édifier, divertir - et guident l'historien dans la lecture.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 207;1;3;27;L'An mil - Rythmes et acteurs d'une croissance. Autour du livre de Guy Bois;N°21/1991;;;"<p style=""text-align: justify;"">C'est donc essentiellement de la signification de l'an mil pour l'économie et la société européenne qu'il est débattu ici.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Monique Bourin<br /> </span></strong><span>L'an mil : continuité, tournant ou révolution ? Discussions autour d'un livre controversé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Barbara H. Rosenwein<br /> </span></strong><span>Le lit de Procuste de Guy Bois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Elisabeth Zadora-Rio<br /> </span></strong><span>Essor démographique, croissance agraire et archéologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Maria Hillebrandt et Franz Neiske<br /> </span></strong><span>À la recherche de personnes perdues...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Chris Wickham<br /> </span></strong><span>Mutations et révolutions aux environs de l'an mil</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Bonnassie<br /> </span></strong><span>Mâconnais, terre féconde</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lluis To Figueras<br /> </span></strong><span>Un regard périphérique sur la mutation de l'an mil</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Adriaan Verhulst<br /> </span></strong><span>Europe carolingienne et Europe méridionale (Propos recueillis par Monique Bourin)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Yoshiki Morimoto<br /> </span></strong><span>Réflexions d'un historien japonais sur le livre de Guy Bois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nancy Gauthier<br /> </span></strong><span>L'Antiquité se poursuit-elle jusqu'à l'an mil ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Robert Fossier<br /> </span></strong><span>Réflexion sur un « modèle »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bernard</span></strong><span> </span><strong><span>Lepetit<br /> </span></strong><span>C'est arrivé à Lournand</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Guy Bois<br /> </span></strong><span>Réponse</span></p><p> </p><p><span>Postface<br /> Repères bibliographiques</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Marie Maillefer<br /> </span></strong><span>Réflexions sur l'aristocratie suédoise au Moyen Âge : l'exemple d'un lignage noble entre 1250 et 1350</span></p><p> </p><p><span>Notes de lecture</span></p>";;10/12/1991;21;155x220;140;978-2-91038-164-6;978-2-91038-164-6;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_207.gif;;;;408;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro a plusieurs buts, reprendre les analyses présentées par Guy Bois, mais aussi permettre de rapprocher les opinions, plus ou moins divergentes, des spécialistes du thème, ou des thèmes, qui font l'objet de la « Mutation de l'an mil ».</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 208;1;3;27;Pour l'image;N°22-23/1992;;;"<p style=""text-align: justify;"">Manifeste en faveur d'une plus grande utilisation des documents iconographiques par les historiens. Point de vue méthodologique ; application à divers domaines de l'Histoire ; premiers résultats d'une enquête utilisant l'indexation informatique d'un fond iconographique.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Chiara Frugoni<br /> </span></strong><span>L'histoire par l'image</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Isabelle Toinet<br /> </span></strong><span>La parole incarnée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Rabeyroux<br /> </span></strong><span>Images de la « Merveille » : la chambre de Beauté</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christiane Raynaud<br /> </span></strong><span>Le pape, le duc et l'hôpital</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Danièle Sansy<br /> </span></strong><span>Texte et image dans les incunables français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lucette Boulnois<br /> </span></strong><span>Démons et tambours au désert de Lop</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Moulinier<br /> </span></strong><span>Les baleines d'Albert Le Grand</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Bureau<br /> </span></strong><span>Les métaphores de la peau dans le Roman de Renart</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Louis Roch<br /> </span></strong><span>Le roi, le peuple et l'âge d'or. Figures du Bon Temps dans le théâtre français du XIVe et XVe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Philippe Depreux<br /> </span></strong><span>Nithard et la Res Publica : un regard critique sur le règne de Louis le Pieux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Moulinier<br /> </span></strong><span>Elisabeth, Ursule et les onze mille vierges. Un cas d'invention de relique à Cologne au XIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Esther Benaim-Ouaknine<br /> </span></strong><span>Pouvoir libérateur du vin et ivresse du texte</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laura Neri<br /> </span></strong><span>Culture et politique à Sienne au début du XIVe siècle. La traduction en langue vulgaire du statut de 1309-10</span></p><p><span> </span></p><p><span>Notes de lecture</span></p>";;10/06/1992;22;155x220;256;978-2-91038-162-2;978-2-91038-162-2;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_208.gif;;;;408;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 209;1;3;27;La renommée;N°24/1993;;;"<p>Analyse de la renommée, de ses origines antiques et de son adaptation au Moyen Age.</p>";"<p><span> </span><strong><span>Claude Gauvard<br /> </span></strong><span>La </span><em><span>Fama</span></em><span>, une parole fondatrice</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Grondeux<br /> </span></strong><span>Le vocabulaire latin de la renommée au Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Neraudau<br /> </span></strong><span>La </span><em><span>Fama</span></em><span> dans la Rome antique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Cerquiglini-Toulet<br /> </span></strong><em><span>Fama</span></em><span> et les preux : nom et renom à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Gilles Roques<br /> </span></strong><span>La </span><em><span>Réputation</span></em><span> dans la langue française : glossaire onomasiologique du Moyen Français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christiane Raynaud<br /> </span></strong><span>En quête de Renommée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>A. Porteau-Bitker et A. Talazac-Laurent<br /> </span></strong><span>La renommée dans le droit pénal laïque du XIIIe au XVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christiane Klapisch-Zuber<br /> </span></strong><span>Honneur de noble, renommée de puissant : La définition des magnats italiens (1280-1400)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nicole Pons<br /> </span></strong><span>De la renommée du royaume à l'honneur de la France</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Marc Chatelain<br /> </span></strong><span>L'espace politique de la renommée d'Érasme à Juste Lipse (1530-1570)</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nathalie Bouloux<br /> </span></strong><span>Les usages de la géographie à la cour des Plantagenêts dans la seconde moitié du XIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Mironneau<br /> </span></strong><span>Gaston Fébus et la Fortune</span></p><p> </p><p><span>Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/07/1993;24;155x220;192;978-2-91038-160-8;978-2-91038-160-8;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_209.gif;;;"<p style=""text-align: justify;""><em>Claude GAUVARD</em><br /><strong><em>Fama</em>, the Founding Word</strong><br />The introduction examines the dual aspect of renown which, in the late Middle Ages, is understood in terms of rumor as well as reputation. Rumor is most often a deformation which feeds on the collective fear of an uninformed opinion. Spreading by clichés, it serves to enlighten the reputation which is ensured by the members of the community - the witnesses - but also by minstrels and poets who detain the magic of the world. The question is to perceive how theses judgments relate to the given conditions of the social status acquired by birth. The opposition between nobles and non-nobles becomes essential. In either case, the world is the foundation, but whereas for the nobles it ensures their renown, for the non-nobles, it creates their status.<br /><br /><em>Anne GRONDEUX</em><br /><strong>The Latin Vocabulary for Fame in the Middle Ages</strong><br /><em>Gloria, fama</em>, ""honor"" and ""glory"" : these four words must be considered in their relationship to each other. Gloria seems to be reserved for God, whereas <em>fama </em>relates rather to human beings. But <em>Gloria </em>and <em>laus</em> are both a sign of recognition and acknowledgement by the user of a person's or a thing's being <em>gloriosus</em> (God, a saint, a church) or <em>famosus</em> (a warrior, a master).</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Pierre NERAUDAU</em><br /><strong><em>Fama</em> in Ancient Rome</strong><br />The <em>Fama </em>in ancient Roman has been analysed since Varron as the minimal degree of the world : rumor which does not proceed from reasoning. The development of <em>nobilitas</em> with its innate meanings of <em>gloria</em> and of <em>laus</em>, and the confrontations of civil war, have influenced the evolution of <em>Fama, </em>Virgil's winged and evil monster. The coming of the new imperial order then transformed the political term, which assumed a judicial or laudatory significance, while the popular <em>Fama </em>was reduced to mere hearsay. <em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jacqueline CERQUIGLINI-TOULET<br /></em><strong><em>Fama </em>and the knights. Name and Fame at the End of the Middle Ages</strong><br />This essay examines the new relation created at the end of the Middle Ages by the following three terms : renown, memory, and writing. Basing herself on the importance of the lists of names that present simultaneously lists of fame, the author focusses on nine knights in particular, and on nine muses, as well as on the play between these related lists. The author thus shows that literary fame can become a possible substitute for nobility of birth. This is clearly indicated by the literary tombs of writers in French. The author finds evidence for the above statements in the mutation of sensibility demonstrated in the change that the allegory of fame undergoes. <em>Fama</em> passes from the figure of a bird (which harks back to the aesthetics of the voice), to the figure of the horse : hence, Pegasus, an image that designates this new insistence advocated by the aesthetics if the imprint, and ultimately of the writing.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Gilles ROQUES</em><br /><strong>Reputation in the Medieval French Language : Outline of an Onomasiological Glossary of Middle French</strong><br />The glossary of Middle French presented here comprises terms illustrating the actual concept of reputation with its dual meaning of ""honorability"" and of ""notoriety"", that is to say, <em>honneur, gloire, fame, los, bruit, renommée</em>. <em>Gloire</em> is opposed to <em>honneur </em>in the way that heaven is opposed to earth, while the term<em> los</em> emanates from decisions taken by the community. <em>Los</em>, having become archaic, is replaced by <em>cri</em>, then <em>bruit</em>. Lastly, <em>renommée</em>, having taken the feminine gender, designates the synthesis of bruit and of the ancient fame, preparing the way for the modern<em> réputation</em>.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>A. PORTEAU-BITKER, A. TALAZAC-LAURENT</em><br /><strong>Fame or <em>fama</em> in the Criminal Secular Law of the XIIIth and XIVth centuries</strong><br />In this paper our purpose is to give the jurist's opinion on the notion of <em>fama</em> in the criminal secular law of the Middle Ages, and particularly in the criminal proceedings of the XIIIth and XIVth centuries. In this period of evolving judiciary procedures the French term ""renommée"" or the Latin one ""fama"" encompassed two very similar ideas : First, the idea of rumor as a starting point of a prosecution. In the accusatory as well as in the inquisitory proceedings, when it was known that a felony has been committed, the judge could interpose, even though his action remained very limited in the accusatory proceeding. Then, the idea of reputation, that is to say the general feeling about the accused, the victim, or both, or even the witnesses. Thus, in both proceedings, the <em>fama</em> as public opinion about a person was considered in every phase of the process even until granting. Furthermore, the good or bad reputation of the parties was very often the key to the case. As a result of our study it appears that the concept of fama was very frequently used in criminal law. This may be explained by two factors : the growing interest of a more independant society on the one hand, a means of compensation for the relative weakness of criminal justice on the other.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Christiane KLAPISCH-ZUBER</em><br /><strong>The Honor of the Noble, the Fame of the Mighty. The Definition of the Italian Magnates (1280-1400)</strong><br />In Northern Italy and especially in Florence, during the last decades of the XIIIth century, some families among the urban nobility were distinguished from the others. They constituted a particular juridical and political group, the ""magnates"". In order to designate them and apply to them specific law procedures, Italian communes widely used the notion of ""fama publica"" ; an ambiguous notion, however, since in the case of the magnates it referred at the same time to their violent conduct and disturbance of the peace, as well as to their honour or other highly praised aristocratic values. Their subsequent reintegration into the political body during the late XIVth century could still be referred to their reputation - that of peaceful conduct and merchant honorability. Moreover, magnates reentering the class of the common people quite cleverly insinuated that their history during the past century had always been one of constant loyalty and knightly service to the Commune.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Nicole PONS</em><br /><strong>From the Renown of the Kingdom to the Honour of France</strong><br />In 1420, an anonymous author defied the appropriation of the kingdom of France by the English by invoking the ""honour of the crown of France "", for which the inhabitants of the kingdoms must be prepared to die if necessary. Praise celebrating the crown customarily included the following elements : the excellence of the royal lineage, the religious orthodoxy and virtues of its subjects, and the advantages provided by the geographical situations of the kingdom. In these conditions, honour, even though crucial, was only one attribute among others. However, as a new concept, the personification of France (together with its corollary, the personification of the crown) began evolving in the mid-fourteenth century : honour became the key value, associated not with the individual, but with the kingdom itself. In this manner, the notion of renown evolved almost imperceptibly into that of honour.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Marc CHATELAIN</em><br /><strong>The Political Framework of Fame from Erasmus to Lipsius (1530-1570)</strong><br />The <em>Respublica literaria</em> is considered in the 16th century as an ideal form of political organisation, similar to that of an ancient city. Thus a scholar's fame is linked to an idea of justice and a view to the common interest (<em>utilitas publica</em>). As is shown in Erasmus's correspondence, the great renown of the scholar depends on his degree of involvement in the common interest and the <em>concordia</em> in the <em>Respublica literaria</em> : this is what gives him the good reputation which might turn into glory, that of being called <em>Princeps in optimis litteris</em>. In Justus Lipsiu's works, this hierarchical representation from good reputation to glory does not apply only to the <em>Respublica literaria </em>but to the contemporary political society as well : the idea of <em>concordia</em>, which refers to Cicero, is used to assert the moral and political superiority of the prominent citizen's reputation over that of the great commander.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Nathalie BOULOUX</em><br /><strong>The Uses of Geography at the Plantagenet Court in the Second Half of the Twelfth Century</strong><br />The literary and historical works of the Plantagenet Court during the second half of the Twelfth century were largely influenced by geographical lore. There are three reasons for this. The cultural renaissance of the Twelfth century brought about the imitation of antiquity, notably through the use of geographical changes. The court offered writers an interested public, avid of knowledge about the <em>imago mundi</em> : romances gave a traditional view of its marvels, while legends circulating at court sometimes echoed more intellectual considerations. Finally, the expanding power of the Plantagenets offered scholars new subjects to write about - a description of Ireland, for instance, or maritime routes followed by the English fleet during the Third Crusade - and directed the attention of scholars towards the need to study space. For example, Gerald of Wales reflected on the nature of Ireland, whose remoteness made it a world apart. A better knowledge of geography also served to glorify royal power, as the use of the symbol of the <em>mappamundi</em> as a representation of the power of the prince, testifies. Thus, a cultural reconaissance and service to the Prince, within the framework of the court, account for a geographical progress remarkable for an exceptional number of works as well as for their importance.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Paul MIRONNEAU</em><br /><strong>Gaston Fébus and Fortune</strong><br />A short extract from the chronicle of Aymeric de Peyrac, abbot of Moissac (1377-1406), provides new insight into the life of Gaston Fébus, count of Foix. Although Froissart and most other historians described him as a noble and courteous man, Aymeric insisted on the avarice, selfishness and hypocrisy of the count. This negative and reproachful point of view attest to the fact that other writers also conjectured that certain deeds pay have benn imputable to the count. But in Aymeric's opinion there is no doubt whatsoever concerning the murder of Gaston Fébus's son, for instance, or the accusation of sorcery. Linked to the Armagnac clan, the writer's judgement was above all moral and political ; he expounded on Fortune and death on an elevated literary level, serving to promote the figure of King Charles VI as a model. Among princes, chivalrous nobles like the Black Prince, or Jean d'Armagnac, Fébus's rival, were set apart, despite their failures, from the cynical princes, who refused the counsel of the Church and neglected the peace and well-being of their subjects. <br /><br /></p>";408;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'objet de ce numéro est d'analyser le concept de renommée, d'en repérer les origines antiques et de voir comment il s'est adapté au nouveau contexte créé, au Moyen Age, par le développement de la culture chevaleresque et du monde des villes. La renommée vient ainsi rencontrer d'autres notions qui jouent un grand rôle dans la société médiévale : l'honneur, la gloire, la réputation.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 210;1;3;27;La voix et l'écriture;N°25/1993;;;"<p style=""text-align: justify;"">Entre Ve et IXe siècles, l'Occident invente de nouveaux moyens de communication par l'écrit et l'oral ; nos langues européennes ont là, en ce temps, leurs racines.</p>";"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Banniard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La voix et l'écriture : émergences médiévales</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Fontaine<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sulpice Sévère témoin de la communication orale en latin à la fin du IVe siècle gallo-romain</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Crépin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poétique latine et poétique vieil-anglaise : poèmes mêlant les deux langues</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Banniard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les deux vies de saint Riquier : du latin médiatique au latin hiératique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael Richter<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les langues en pays celtiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Wright<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sociolinguistique hispanique (VIIIe-XIe siècles)</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Angelika Gross<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'idée de la folie en texte et en image : Sebastian Brandt et l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">insipiens</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éric Berthon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sourire aux anges : enfance et spiritualité au Moyen Âge (XIIe au XVe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hilario Franco Jr<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le pouvoir de la parole : Adam et les animaux dans la tapisserie de Gérone</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Abstracts<br /> Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/1993;25;155x220;160;978-2-91038-161-5;978-2-91038-161-5;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_210.gif;;;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques FONTAINE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Sulpicius Severus, a Witness to Oral Communication in Latin at the Close of the Fourth Century in Roman Gaul »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The diversity of cultural levels shown by the protagonists in the writings of Sulpicius Severus on Saint Martin of Tours, makes these an exceptional document on communication in Latin just before the great invasion of 406 in Roman Gaul. A former soldier turned monk, the bishop of Tours practiced the concise, efficient and unadorned language of a man of action who has little use for flourishes. He is thus the exact opposite of his biographer, a native of Bordeaux and a lawyer steeped in literature. In the preface to his </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vie de Martin</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the latter depicts in an affected manner an ideal for a conversion of style, which he partially carrries out by imitating Sallust, whose compact style helped him draw doser to the ascetic simplicity of Saint Martin. Well-read Aquitanians whom Sulpicius's influence attracted toward Saint Martin's form of asceticism also strived to implement the same conversion, but in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dialogues</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> they are shown deriding a Gaul from the North, who pretends to be intimidated by them : this leads to an onslaught of comedy directed at the would-be illiterate. Sulpicius, despite bis literary transformations, suggests the existence of different levels of style rather than of language, and it is on the latter that asceticism acts as a revelator of latent conflicts between the literate and the illiterate : Gauls form the North and the South, aIl of them Latin-speakers.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André CRÉPIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Latin and English Poetics - Notes on Macaronic Texts »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Old English literature is one of the oldest vernacular literatures in Europe. Bede (d. 735), who wrote chiefly in Latin, felt no contempt for the English language King Alfred (d. 899) applied a systematie policy of translation into English Abbot Aelfric (ca. 1 000) considered Latin and English as being on nearly equal terms. The immense debts of Anglo-Saxon writers to Latin is well known. However, macaronic passages in Old English poetry have not been studied recently nor closely. The Latin segments borrowed from classical texts, rythmical hymns and prayers, or glossaries, and inserted into Old English poems throw light on the technique of composition of the poets. They underline the formulaic nature of the haif-lines and the metrie importance of the syllabic volume. They evidence a noteworthy awareness of the linguistic features of Latin. On the other hand, the small number of such segments shows that Latin and English are kept separate : each type of discourse has its own language.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel BANNIARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Two Lives of Saint Riquier : from Mediatic to Hieratic Latin »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">By applying the principles of retrospective sociolinguistie analysis to a specific example of narrative, in this case the rewriting of the Life of a Merovingian saint - Saint Riquier - during Carolingian times, this paper demonstrates how it resulted in the loss of its mediatorial character between the traditional (spoken and written) language of the learned and the language spo""ken by the illiterate. On this occasion it may be noted that the complicity existing between the narrator and his public, manifest in the 7 th century, had vanished in the 8 th. Thus what had been a popularizing (mediatic) narrative, came to be an aristocratizing (hieratie) narrative.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael RICHTER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Languages in Celtic-Speaking Countries »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">0f the Celting languages which survived into the Middle Ages (and beyond) in the British Isles, only two were used extensively in written form : lrish and British (ancestor of Welsh). Both were written in the Latin alphabet, British exclusively, Irish predominantly (with an early phase of</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ogam</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). It can be maintained that at the beginnings of writing these two languages occurred roughly at the same time, namely around A.D. 600 (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ogam</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> was written earlier). It is at first sight curious to find that lrish was written much more extensively than British even though the Irish and the Britisli shared a comparable cultural back""ground. In addition, British had existed for several centuries in Roman Britain amidst a Latin written culture. In this paper it is suggested as a hypothesis that writing British may, for this very reason, have been retarded, whereas in lreland, where alphabetic writing arrived late, the native language had long been cultivated by men of learning, and therefore no inhibition was felt to place the native language beside Latin, on the same level.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger WRIGHT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Hispanic Sociolinguistics (VlIlth-Xlth Centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This article traces the changes that took place in the sociolinguistics of the Iberian Peninsula between 700 and 1 100 A.D. In 700, apart from the Basques, the Peninsula was monolingually Early-Roman speaking. The relationship between Romance, Arabic, Berber languages and Hebrew in AI-Andalus are outlined, as the society gradually became generally bilingual (Arabic-Romance), with three alphabets (Arabic, Roman, Hebrew) and varying patterns of literacy (from mostly Roman/Latin to mostly Arabic). Mozarabie Romance was probably not distinguished then from Spanish Romance in general for Visigothic culture continued to the north of the religious divide as well. The pattern of Early Romance evolution is allied to the continuing attempts to write in the traditional way, with old-fashioned morphology and sometimes also) old-fashioned syntax. The manuscript of the earliest Romance glosses (eleventh century) also included the first attempts at writing Basque. Catalonia saw the arrival in the Peninsula of some Frankish linguistic habits, including the separately-conceived form of language we now call Medieval Latin. The sociolinguistic picture changed sharply at the end of this period, with the Christian capture of Toledo and the Europeanization of Spanish Christian culture.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Angelika GROSS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Idea of Folly in Text and Image : Sebastian Brant and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">insipiens</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The concept of folly underwent its most important evolution between the thirteenth and fifteenth centuries. When tracing an iconographic and literary course from Sebastian Brant's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Narrenschif</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">f to Psalm 52, by way of Notre Dame of Paris and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Psychomachia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the contradictions present in the idea of folly become evident. The term </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">insipiens</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> used in Psalm 52 was figuratively represented to illustrate the text, and gave rise to vanous iconographic interpretations. The representation generally took the form of a symbolic figure, and it is precisely the exceptions to this tradition which mark a step by step evolution leading to a portrait of the court jester. On the threshold of the l6th century, by a fusion of fiction and portrait, Sebastian Brant used the image of the court jester to present a new form of critique demonstrating the differences between each person's real or presumed role in life. Yet by applying the term ""folly"" to his personal vision of the world as well, Brant gave a new dimension to the dilemma set forth by the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">insipiens</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of Psalm 52.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Erie BERTHON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Smile of the Angels. Childhood aud Spirituality in the Middle Ages (XIIth-XVth Centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper explores the concept of the spirituality of childhood in the Middles Ages. The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">infans</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, - the child who does not yet speak - played a prominent role in medieval spirituality. The infant is often depicted in texts, literary and others, as the natural intermediate between man and God. Considered innocent, because it is free from sin of any kind, the child shares the virtues of the Son of God. Thus Christ returning to earth, as in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">exempla</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, is often portrayed as a child. Lastly, the image of the infant is used to represent the elect - angels and souls in medieval iconography - symbolically relating the child to paradise and salvation.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hilano FRANCO J.-R. : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Power of the Word : Adam and the AnimaIs in the Tapestry of Gerona »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A scene from the tapestry of Gerona (11th-I2th century) depicts Adam naming the animais creatcd by God. The author explores the significance of this scene and suggests three interpretations. The first pertains to the magie powers which were believed to be inherent in the Word, an ancient belief which was later adopted by Christian Theology and which in the case of Gerona, may be connected with the Myth of Orpueus. But the scene may also be interpreted as an allegory of society where each animal represents a social group. Lastly, the power to bestow naines attributed to Adam served to illustrate another, similar power, one which had a great influence in Gerona : that of the Gregorian Reform affecting the clerics.</span></p>";101;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro présente ce changement sur différents terrains : la Gaule (ou la France), la Péninsule ibérique chrétienne, juive et arabe, les îles britanniques. Cette histoire de la communication par les langues, conjointe à l'étude des images, devient un chaînon essentiel de l'histoire culturelle et politique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 211;1;3;27;Savoirs d'Anciens - La destinée médiévale des textes scientifiques latins de l'Antiquité;N°26/1994;;;"<p>Ce numéro s'intéresse à la destinée des textes scientifiques et techniques que l'Antiquité romaine a légués au Moyen Age.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Danielle Jacquart<br /> </span></strong><span>Vestiges romains dans la science médiévale</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bruno Laurioux<br /> </span></strong><span>Cuisiner à l'Antique : Apicius au Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Francine Mora<br /> </span></strong><span>Virgile le magicien et l'</span><em><span>Énéide</span></em><span> des Chartrains</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Louis Gaulin<br /> </span></strong><span>Économie monastique et savoir antique : les Cisterciens et le traité d'agriculture de Palladius</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marilyne Nicoud<br /> </span></strong><span>« <em>Che manza fichi, semina rogna</em> » : problèmes d'identification d'une dermatose au Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Ricardo Luisi<br /> </span></strong><span>Du château fort à la forteresse : une brève histoire de l'architecture militaire italienne du XIe au XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nora Berend<br /> </span></strong><span>La subversion invisible : la disparition de l'oblation des enfants</span></p>";;10/07/1994;26;155x220;160;978-2-91038-159-2;978-2-91038-159-2;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_211.gif;;;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno LAURIOUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The ancient way of cooking : Apicius in the Middle Ages »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">AssembIed in the late fourth century, the cookbook which tradition has attributed to Apicius had a predominantly medieval destiny. Serving as a practical and living text until the sixth century, it became known from that time onward as a purely literary and dead work. This was notably the case during the Carolingian Renaissance, when the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">scriptoria</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of Tours and of Fulda produced manuscripts of the cookbook and where, it seems, Loup de Ferrières, as well as alI those who were inspired by it, used Apicius'text. It was afterwards practically forgotten, until its rediscovery in the fifteenth century by the humanists. The credit for this is due not to Poggio, but to Enoch of Ascoli, who brought a manuscript back to Italy. The rediscovery, however, had only a limited influence, with the exception of the Roman Academy of Pomponio Leto, where Apicius was used notably by Platina to define his humanist gastronomy.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francine MORA :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Virgil the Magician and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aeneid of the Chartrains</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The medieval legend of Virgil, which imagined the poet as a science fiction magician endowed with incredible technical powers, took shape in the second half of the twelfth century. Probably springing from Neapolitan lore, the legend was nevertheless seriously recorded in learned texts written in Latin by clercs of English origin. The elaboration of the legend may welI have been due in a large measure to the interpretation of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aeneid</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> proposed by the masters of the school of Chartres, who likened the poem to a sort of scientific encyclopedia through which the soul traveled, striving to free itself from the prison of the body. At a time when reason was beginning to demarcate itself from faith, Virgil may well have been considered as the paradigm of the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> homo technicus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, possessor of a wisdom giving the power to prevail upon the world.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis GAULIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Ancient Agronomy and Medieval Elaboration : From Palladius to the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préceptes cisterciens d'économie rurale</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The paper presented here contributes to a fuller knowledge of the agronomic and economic culture of the Cistercian order in the twelfth and thirteenth centuries. It has been noted that Palladius'Opus agriculturae, an agronomic treatise written near the end of Antiquity, was present in the librairies of several Cistercian monasteries in the twelfth century. The White Monks also played an important role in the diffusion of the text in Italy during the thirteenth century. At Clairvaux, an anonymous author had completed a manuscript of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Opus agriculturae</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (Troyes, B. M. 1369) by recording four short </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préceptes cisterciens d'économie rurale.</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> This text (edited and translated in the annex) establishes the quantity of wool necessary for monastic habits, fixes the ration of oats for plough horses, gives advice on how to cultivate the gourd (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">cugurta</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), and enumerates the elementary rules for sheep raising. The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préceptes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> reveal judicous garden and breeding techniques well adapted to northern France. They also show concern for the efficient management of ressources. By way of hypothesis, we may ask whether the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Préceptes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - which constitute a sort of memoranda - were destined to help the masters of the grain storehouses, and, through them, the laymen. The interest for domestic economy thus took contrasting but complementary cour ses : a knowledge of ancient and partly antiquated agronomy, but nevertheless considered as indispensable, and an elaboration of empiric wisdom - of which we have found new evidence - arising from the accumulated experience of the Cistercian monasteries and storerooms.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marilyn NICOUD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Che manza fichi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">semina rogna</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Problems of ldentifying a Dermatosis in the Middle Ages »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The evolution of medical concepts and of nosology often render the identification of diseases difficult in medical Literature. This is notably the case with texts on dietetics, more concerned with suggesting rules for good health than with describing symptoms. Thus the mention of a specific affection, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">rogna</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Libreto de tutte le cosse che se magnano </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">by Michele Savonarola, raises doubts as to the identification of the disease. Is it a case of scabies or of some other dermatosis ? To answer the question, one must endeavor to define the meaning of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">rogna</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and of its Latin equivalent, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">scabies</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. To this effect, a list of classical and medieval authors who have mentioned this particular affection has been constituted, since in the Universities medical knowledge was founded upon the reading of, and commentating on, the authorities. This approach, however, does not lead to a definite conclusion as to the meaning implied by the term </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">rogna</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the etiology of scabies being obviously far from clear in the fifteenth century.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Riccardo LUISI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« From the Fortified Castle to the Fortress. A Short History of Italian Military Architecture from the XIth to the XVIth Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The evolution of military architecture is directly related to that of arms and military equipment. The fortified castle serving as stronghold, residence, and shelter for the population in times of danger, underwent a radical change when the invention of gunpowder and subsequently the artillery rendered it ineffectual. However, the change form medieval weapons to fire arms was graduaI, and for a time both were used. The progressive improvements of the efficacity of the artillery finally led, after a transitional period of fifty years, to the adoption of the garnisoned fortress and fortifications whose essential element was the bastion. This system of defense, perfected and adapted to the terrain but with non fundamental changes, stayed in use until the nineteenth century. This article also stresses the Italian contribution to military architecture and systems of defense, and its spread and influence through out Europe.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nora BEREND : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« An Invisible Subversion : The Disappearance of the Irrevocable oblation of Children in Canon Law »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Oblation, the offering of children to monasteries to become monks or nuns, was an essential institution in the early Middle Ages, but by the thirteenth century not only had the number of oblates diminished significantly, but the character of oblation had also changed. While in the early period canon law maintained that parental vows bind the child to the monastery forever, in the later Middle Ages it allowed the child to decide upon reaching the age of majority whether he wanted to stay in the monastery or return to the world. This article argues that the transformation of oblation in canon law occured gradually in the late twelfth century through a series of commentaries on Gratian, instead of being simply decreed by the pope The examination of these commentaries also indicates that through a process of interpretation and reinterpretation, authoritative texts could be invested with radically new meanings by their commentators. In this case a distinction between a fluid, easily changing oral tradition and a rigid text - based and authority - oriented society is not valid : textual authority was not a barrier to change.</span></p>";408;10.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les modalités de transmission des œuvres latines ainsi que leur utilisation dans les savoirs médiévaux sont étudiés à travers des cas révélateurs, mais souvent peu connus.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 212;1;3;27;Du bon usage de la souffrance;N°27/1994;;;"<p>Exploration des expressions, des représentations et les usages de la souffrance durant un long Moyen Age.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Piroska Zombory-Nagy et Véronique Frandon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">en collaboration avec</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> David El Kenz et Matthias Grässlin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une histoire de la souffrance : expressions, représentations, usages</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Kiening<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rhétorique de la perte. L'exemple de la mort d'Isabelle de Bourbon (1465)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Clouzot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Souffrir en musique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Piroska Zombory-Nagy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les larmes du Christ dans l'exégèse médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Autissier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sang des flagellants</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David El Kenz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'homme de la douleur protestant au temps des guerres de religion</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valentin Groebner<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La ville et le corps. La perception du corps blessé à Nuremberg à la fin du XVe siècle</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Beate Schuster<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'imaginaire de la prostitution et la société urbaine en Allemagne (XIIIe-XVIe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Boucheron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la cruauté comme principe de gouvernement. Les Princes « scélérats » de la Renaissance italienne au miroir du romantisme français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Mattke<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Verges et disciplines dans l'iconographie de l'enseignement</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Abstracts<br /> Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/1994;27;155x220;160;978-2-91038-112-7;978-2-91038-112-7;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_212.gif;"<p style=""text-align: justify;"">Patrick J. Geary, Richard Landes, Amy G. Remensnyder, Timothy Reuter, Barbara H. Rosenwein : <strong>« Qui a peur de l'an mil ? Un débat électronique aux approches de l'an 2000 »<br /> </strong>Un débat par courrier électronique entre quatre médiévistes anglophones. La discussion est principalement centrée sur l'interprétation de quatre textes-clés : une charte du cartulaire de Saint-Victor, un passage de l'Apologétique d'Abbon de Fleury, des fragments du Chronicon de Thietmar de Mersebourg et du De ortu et tempore Antichristi d'Adson de Montier-en-Der. Les discussions font apparaître des stratégies radicalement différentes dans la lecture et les interprétations de ces sources. Dans la partie finale du débat est posé le difficile problème de la généralisation : jusqu'à quel point est-il possible de généraliser, géographiquement, d'une région à l'autre et socialement, d'une classe à une autre ?</p><p style=""text-align: justify;"">Dominique Barthélemy : <strong>« Antichrist et blasphémateur »<br /> </strong>D'un seigneur revendiquant une propriété contre Sainte-Foy de Conques, Bernard d'Angers (I. 12) fait par l'invective un ""antichrist"". D'un vassal ardent à la défendre, il fait un ""blasphémateur"" pour que la vengeance divine soit plus expressive et plus méritée. De chroniques et d'hagiographies partiales et codées certains historiens font un ""an mil"" trop dramatique. Leurs illusions, encouragées par Michelet et par Duby, doivent céder la place à une histoire plus authentique.</p><p style=""text-align: justify;"">Guy LOBRICHON : <strong>« Jugement sur la terre comme au ciel. L'étrange cas de l'Apocalypse millénaire de Bamberg »<br /> </strong>L'illustration fameuse du Jugement dernier dans l'Apocalypse de Bamberg (Staatliche Bibliothek, Bibl. 140 (A. II.42) f° 53 r°), fréquemment évoquée par les historiens de l'art, n'a cependant pas fait couler beaucoup d'encre. On sait que le problème essentiel est celui de la datation du manuscrit, vers 1010-1020, ou vers 1000. Les propositions énumérées dans cet article mettent en cause directement le jeune empereur Otton III et son entourage.</p><p style=""text-align: justify;"">Pierre Bonnassie : <strong>« Les inconstances de l'An Mil »<br /> </strong>L'An Mil est une époque incertaine, un temps d'entre-deux âges où le vieux et le neuf se mêlent inextricablement. D'où des contradictions dans les sources qui offrent souvent des témoignages antithétiques. Loin de les accepter comme tels, c'est-à-dire comme la marque des contrastes de l'époque, trop d'historiens ont tendance aujourd'hui à les mettre en doute pour nous offrir de l'An Mil une image lisse, voire passéiste. Sans tomber dans les excès d'une histoire apocalyptique, il convient de conserver à l'An Mil sa passionnante originalité.</p><p style=""text-align: justify;"">Dominique IOGNA-PRAT : <strong>« Consistances et inconsistances de l'an Mil »<br /> </strong>En réponse au débat e-mail résumé dans ce numéro et sous un titre un tantinet provocateur, ce rapide article tente de prendre la mesure de nos inconséquences collectives face à un problème qui restera brumeux tant que nous ne nous donnerons pas sérieusement les moyens de le saisir par les deux bouts : comme une concrétion historique qu'il convient de saisir en contexte, mais aussi comme imaginaire d'un passé lentement sédimenté dont nous devons faire un objet d'étude propre pour pouvoir acquérir un peu d'autonomie de pensée.</p><p style=""text-align: justify;"">Stephen D. White : <strong>« Repenser la violence : de 2000 à 1000 »<br /> </strong>Cet article propose une nouvelle réflexion sur la violence vers l'an mil, à la lumière des débats théoriques actuels sur la violence à l'approche de 2000 et en prenant en considération non seulement la violence physique et publique des seigneurs laïcs et des chevaliers, mais aussi les différentes formes de violence monastique, dont celle verbale et rituelle, ainsi que la violence physique qu'étaient censés pratiquer les êtres surnaturels au profit des moines. En situant ces différentes formes de violence laïque et monastique dans le jeu de la faide culturellement structuré, où la violence, mais aussi la représentation de la violence supposée de l'ennemi, faisaient partie des manoeuvres acceptées, la question se pose : ce type de jeu politique et la culture de la faide qui le constituait ont-ils été créés juste au tournant du millénaire par les seigneurs laïcs et les chevaliers, soudain libérés du contrôle de l'État, ou ont-ils été élaborés plus lentement par les moines et par les laïcs, qui ont adapté progressivement des pratiques politiques plus anciennes et des catégories culturelles déjà existantes ?</p><p style=""text-align: justify;"">Sophia Boesch-Gajano : <strong>« Angoisses religieuses, angoisses existentielles au passage des millénaires »<br /> </strong>L'accent mis sur les années 1000 et 2000 conduit à s'interroger sur la conception du temps, sur l'importance de son contrôle et de sa mesure dans la civilisation chrétienne. Alors que le passage du premier au second millénaire avait été une construction post eventum de l'historiographie ecclésiastique, le passage du second au troisième est construit au présent, favorisé par les actuelles possibilités technologiques de mesure du temps, la dilatation planétaire de l'information. À l'intérieur de l'Église, Jean-Paul II organise le passage par le Jubilé, dans la continuité de la scansion séculaire inventée en 1300 (ensuite accélérée). Les deux passages sont des constructions culturelles à forte valeur symbolique : le premier construit par l'idéologie et l'historiographie, le second par l'idéologie et la technologie.</p><p style=""text-align: justify;"">Robert Delort : <strong>« Environnement et millénaires »<br /> </strong>L'environnement a changé en dix siècles, surtout selon nos critères scientifiques actuels, bien que notre sentiment de la nature porte maintes attitudes modelées au Moyen ge. L'environnement change sous ses facteurs géophysicochimiques (influence des galaxies, du soleil, du magnétisme, de la tectonique, du volcanisme, des séismes ; du climat, des glaciations, du niveau marin, des ondes de tempête) ou dans ses facteurs bioécologiques (végétation, faune, microfaune, démographie?). Mais les variations naturelles sont interprétées par les hommes et souvent modifiées dans leurs formes ou leurs conséquences par l'agriculture, les grands travaux, l'aménagement du territoire &emdash; et aussi par des pollutions, des maladies émergentes, de nouvelles attitudes.</p><p style=""text-align: justify;"">Jean-Christophe Cassard : <strong>« Clovis? Connais pas ! Un absent de marque dans l'historiographie bretonne médiévale »</strong><br /> Le personnage de Clovis n'apparaît qu'à la fin du Moyen ge, et encore fort timidement, dans l'historiographie bretonne. À cette discrétion il y a des raisons historiques objectives &emdash; son manque d'intérêt pour la péninsule &emdash;, mais surtout des causes politiques : dans leur effort commun pour sauvegarder les libertés du duché, ses historiens choisissent d'exalter la figure du roi Arthur des légendes, souverain breton et chrétien, conquérant prestigieux, au détriment d'un Clovis rejeté dans l'ombre avec ses Francs tard-venus en Gaule, comme pour assurer aux Bretons une sorte de prééminence fondée sur leur antériorité dans la foi et la gloire des armes.</p><p style=""text-align: justify;"">Étienne Anheim : <strong>« L'histoire intellectuelle du Moyen ge, entre pratiques sociales et débats doctrinaux »<br /> </strong>La collection Vestigia rassemble des études sur la pensée médiévale. Certains ouvrages sont des rééditions, ou des traductions de livres étrangers et de sources médiévales, mais on rencontre surtout beaucoup de textes originaux, tant des synthèses que des études thématiques. Le plus grand intérêt de l'ensemble réside dans le projet général de la collection, qui vise à rénover l'histoire intellectuelle dans le sens d'un plus grand dialogue entre histoire et philosophie, proposant finalement une méthode originale pour confronter enjeux sociaux ou politiques, et analyse doctrinale.</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Christian KIENING :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « The Rhetoric of Loss »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> The fifteenth century evidences, in a variety of diverse ways, to a growing interest in affective phenomenons and their literary and figurative representations. The author has chosen, from among the vast number of laments in which a veritable phenomenology of mourning is developped, three texts which refer to the same event : the death of Isabel of Bourbon (1465). These texts throw light on the relationship between historical fact and literary imagina-tion as well as on the (anthropological) tension between mourning and consolation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine CLOUZOT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Suffering to Music »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Although, in its relation to suffering, music is generally reputed for possessing therapeutic virtues, several iconographic and written sources dating from the thirteenth to the fifteenth centuries attribute a harmful influence to music. This ambivalence was based on the correlation between the intensity of suffering and that of the sonorous quality of musical instruments, which in the Middle Ages were divided into two great families in accordance to the sound volume they produced. Consequently it was according to their high and stri-dent or low and soft sonorities that the instruments were thought to act on suffering, either amplifying it or alleviating it.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Piroska ZOMBORY-NAGY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Tears of Christ in the Medieval Exegesis »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> According to the New Testament, Jesus wept three times during His lifetime, yet only once does the shedding of tears express His suffering. This paper purposes to examine the exegesis relating to these three occurrences in Christ's terrestrial life by exploring a corpus of texts reduced to their most important commentaries, which were widely diffused from patristic times to the thirteenth century. Two questions arise : what is the relationship between the suffering and the tears of Christ, and what significance did the tears of Christ hold for the man of the Middle Ages, who aspired to imitate Him ? Despite the growing systematization of exegetic methods, the interpretation of the shedding of the tears of Christ has changed little with time. The tears were con-sidered by the commentators as a sign of Christ's humanity as well as an expression of His virtues. As a metaphor of suffering, the tears of Christ also add to the effectiveness of the Passion. The tears and the blood of Christ have reciprocal roles, thus offering man the possibility of sparing suffering by shedding tears. The tears appear as a remedy to suffering, rather than as the expression of it.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne AUTISSIER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Blood of the Flagellants »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> In 1349, to avert the Black Death, penitents walked in procession while flagellating themselves to "" appease the wrath of God "", notably in the impe-rial countries near the Marches of the northeastern kingdom of France and in Flanders. They were condemned by the Church, who deemed that the fla-gellants were investing the blood they spilled with a miraculous significance. Surprisingly, the documents left by the penitents themselves do not mention this condemnation. Yet the Church constituted a dossier of proscription ren-dered effective by a papal bull which resulted in the disappearance of the flagellant movement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David EL KENZ :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « The Protestant Man of Suffering in the Times of the Wars of<br /> Religion »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the age of religious upheavals suffering was a recurrent theme in Reformed apologetics. Antoine de la Roche-Chandieu's treatise, published soon after the first War of Religion, expounds a discourse which justifies the trials endu-red by Protestants since 1557. His model is the Calvinist martyr, and the account of giving one's life for one's faith, from arrest to execution, is organized in correlation to the manifestation of Christ-God. This "" sacred theatre "" strives to disqualify royal justice, to attest to the divine presence at the side of the new Church, and to legitimize the first rebellions. Thus a Reformed culture of Christian suffering did indeed exist, whose axis was the divine union through faith.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valentin GROEBNER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Violence in the City : A Few Observations on the Perception of the Injured Body in Nuremberg at the End of the Fifteenth Century »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> The paper examines "" every-day "" violence in a large city during the late Middle Ages and how it was perceived in the chronicles, municipal ordinan-ces, and private contracts dealing with damages and compensation these last having been heretofore little known or explored. The compensations for injury and homicides represent considerable sums yet neither the chroniclers nor the municipal authorities seemed to consider violence as a threat to the city, and still less as the symptom of a "" crisis "". The perception of bodily injuries and homicide cases, and the laws regulating them fall within the system of signs representing social and political order which distinguishes "" just "" violence from "" unjust/false "" violence. This rule of proceeding results in the dissembling of physical violence and its consequences behind order, and it is only through the momentary disruption caused by the violent occur-rence itself that the wounded and suffering body becomes visible.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Beate SCHUSTER :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « The Representations of Prostitution and the Perception in the Urban Society in Germany (XIIIth-XVIth Centuries) »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> The image of the prostitute in German cities during the late Middle Ages was essentially inspired by ecclesiastical tradition, which used representations of such women to exemplify human fate. Prostitutes were considered as "" free "" and "" poor "" women deprived of protection, or as women seduced by the material world. Their weakness rendered the community responsible for their care. However, at the end of the Middle Ages, a new image born of a morality independent of religious tradition prevailed : the prostitute was considered as a whore, using her power to abuse men. This interpretation reflects a new anthropological and community conception in the cities, and one which justified the expulsion and the mutilation of women who did not comply with the ethics of urban morality.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick BOUCHERON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Of Cruelty as a Principle of Government. The ""Iniquitous"" Princes of the Italian Renaissance Reflected in the Mirror of French Romanticism »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> This paper proposes a study interrelating two subjects : the anthropological structure of the tyranny of the Italian princes at the close of the Middle Ages, and the fascination they inspired in several nineteenth-century French writers. Starting with Stendhal's works, the study endeavors to define the cruel energy exerted by the Italian princes, whose evil deeds were only equal to their debauchery. Striving solely toward their own pleasure, tyrannies worked toward their own ruin : the dreaded prince was thus a prisoner of his own power. Nor did the calculating prince of the fifteenth century cease to be cruel ; although he cast aside futile turpitudes, he still used cruelty for the good of the State. What fascinated Stendhal and Victor Hugo was the distant, abhorred power of the tyrants. In this they are the inheritors of the late Middle-Age French thinkers, who had already made the distinction bet-ween fear of the tyrant and love of the king.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane MATTKE :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Discipline and the Switch in the Iconography of Pedagogy »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> The switches shown in medieval images depicting education seem to indicate that corporal punishment was customary. By means of an iconographic analy-sis of the initial letters in the illuminated thirteenth century manuscripts of the Proverbs Bible, representing Solomon teaching his son, this study strives to demonstrate that the switches have the ambiguous significance of an object at once pratical and symbolic. This significance finds its equivalent in the notion of disciplina as elaborated by the medieval pedagogical thought from the twelfth century onwards.</span></p>";408;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Depuis la perte telle qu'elle s'exprime dans la rhétorique jusqu'à la violence qui se manifeste dans les villes allemandes, sont envisagées les différentes facettes de la douleur : du sang des flagellants aux larmes du Christ, en passant par les souffrances qu'engendrent certains instruments de musique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 213;1;3;27;Le choix de la solitude - Parcours érémitiques dans les pays d'Occident;N°28/1995;;;"<p style=""text-align: justify;""> Ce numéro, doté d'une bibliographie générale, tente de faire le point des recherches historiques sur l'érémitisme en Occident depuis les années 1960.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Odile Redon<br /> </span></strong><span>Parcours érémitiques</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sofia Boesch Gajano<br /> </span></strong><span>Terreurs et tourments. Formes d'érémitisme en Italie centrale entre le XIIe et le XIIIe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Catherine Santschi<br /> </span></strong><span>La solitude des ermites. Enquête en milieu alpin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Stéphane di Domenico<br /> </span></strong><span>Entre le désir de la montagne et les appels du village : Franco d'Assergi, ermite du Gran Sasso (XIIIe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mathieu Arnoux<br /> </span></strong><span>Un Vénitien au Mont-Saint-Michel : Anastase, moine, ermite et confesseur (Ý vers 1085)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Cécile Caby<br /> </span></strong><span>Érémitisme et « inurbamento » dans l'ordre camaldute à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lucie Gernez<br /> </span></strong><span>Reliques et images de saint Galgano à Sienne (XIIIe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sofia Boesch Gajano, Cécile Caby, Odile Redon<br /> </span></strong><span>Bibliographie (1963-1994)</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Élisabeth Halna-Klein<br /> </span></strong><span>Sur les traces du lynx</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Simone Roux<br /> </span></strong><span>Bornes et limites dans Paris à la fin du Moyen Âge</span></p><p> </p><p><span>Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";<p><br /><br /></p>;10/07/1995;28;155x220;160;978-2-91038-116-5;978-2-91038-116-5;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_213.gif;"<p><em>Sofia BOESCH GAJAN<br /></em><strong>Terreurs et tourments. Formes d'érémitisme en Italie centrale entre le XIIème et le XIIIème siècle</strong><em><br /> </em></p><p><em>Catherine SANTSCHI<br /></em><strong>La solitude des ermites. Enquête en milieu alpin</strong><em></em><br /><br /><em>Stephane DI DOMENICO<br /></em><strong>Entre le désir de la montagne et les appels du village : Franco d'Assergi, ermite du Gran Sasso (XIIIème siècle)</strong><br /><br /><em>Mathieu ARNOUX </em><br /><strong>Un Vénitien au Mont-Saint-Michel : Anastase, moine, ermite et confesseur (mort vers 1085)</strong><br /><br /><em>Cécile CABY<strong><br />Erémitisme</strong></em><strong> et ""inurbamento"" dans l'ordre camaldule à la fin du Moyen Age</strong><br /><br /><em>Lucie GERNEZ </em><br /><strong>Reliques et images de saint Galgano à Sienne (XIIIème-XVème sicèles)</strong></p><p><br /><em>Élizabeth HALNA-KLEIN<br /></em><strong>Sur les traces du lynx</strong><em><br /></em></p><p><br /><em>Simone ROUX<br /></em><strong>Bornes et limites dans Paris à la fin du Moyen Age</strong><em><br /></em></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Sofia BOESCH GAJANO</em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Terror and Torment. Forms of Hermitism in Central Italy Between the l2th and the l3th Century<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The article explores two expressions of hermitism, two experiences of the holy life in the Valley of Subiaco, sanctified by the radiating influence of the Monastery of Saint Benedict. In the late eleventh century a young girl named Chelidonia settled in a remote and rugged cavern in the Simbruini mountains on the slope opposite the monastery, where she had little contact with the monastic institution but was revered by the population for her saintliness during her lifetime and for centuries to come. In the thirteenth century, the more renowned Lorenzo Loricato also settled in a cavern, but near the Sacro Speco, where Saint Benedict once lived as a hermit. Chelidonia chose to brave alone, with the help of fast and prayer, the terrors and dangers of her natural environment, on the « margins » of the monastic institution. Lorenzo chose a « protected » form of hermitism : he severely mortified his body, but to do so required the constant assistance of the monks. The story of these two saintly hermits, a man and a woman who lived a century apart, illustrates the many-sided relationship of hermitism with the monastic institution, popular worship, and nature.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Catherine SANTSCHI</em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> The Solitude of the Hermits. An Investigation in the Alpine Regions <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Were hermits really alone ? To answer this question, the author examines the different significations given to the term </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">solitudo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in a number of hermitical and monastic rules and describes the alpine landscapes where the hermits lived, as depicted in hagiographic and other texts from the High Middle Ages to the fifteenth century. It may be deduced from this study that hermitism can best be defined by the characteristic choice of arid and inhospitable retreats rather than by the fact of living alone. For various reasons of a psychological order, monastic rules prohibited total isolation, considered as a source of egotism, pride, and acedia. Indeed, in practice, the hermits often had one, if not several companions, novices, or servants. Moreover, the truly saintly attracted so many visitors that meditation, silence, and prayer were disturbed and endangered. The choice of solitude thus implies a quest for an equitable balance between consecration to the service of God alone and charity toward one's neighbor.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Stephane DI DOMENICO</em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Pull of the Mountain, the Call of the Village Franco of Assergi, Hermit of Gran Sasso (l3th century)<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the late thirteenth century, Franco of Assergi chose the steep and craggy Abruzzi mountains as a retreat to attain his ideal of the solitary life. The Benedictine monk became a hermit, and the mountain became his desert. It was, in fact, a much visited desert, where the hermit's presence appears as a projection of the civilized world into a natural and wild expanse. After his death, the pioneer-hermit became the intercessor-saint of the village of Assergi, as well as its patron saint. AIl the anger and the anguish felt by the mountain populations transpire in the accounts of the miracles of Saint France. The popular paintings which decorate the altar dedicated to the saint and represent the different places which had been visited by him give an idea of the perception men had of these wild or civilized areas.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Mathieu ARNOUX</em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A Venetian in the Mont-Saint-Michiel : Anastasius, a Monk, a Hermit and a Confessor (Ý circa 1085) <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The career of the hermit Anastasius is known solely from a</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> vita</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> written in the early twelfth century, and which was generally not very highly thought of by historians However, a comparison with other sources has attested to its credibility and thrown light upon the life of this Venitian who settled in the Mont Saint-Michel around 1023 and then lived as a hermit on the islet of Tombelaine, from where he followed Hugh of Semur to Cluny before leaving for the Pyrenees, where he continued his hermitical life and where he died around 1085. Like other Italian clerics, and particularly Anselm who was his friend, he played an important rôle in the Norman church, and took part in the eucharistic controversy by writing a short treatise, his only extant work. His origins, his eventfuI existence, and his predisposition for the solitary life make him a true disciple of Saint Romuald, who had such a profound influence on the Venitian church. Anastasius's presence in Normandy, probably on William of Volpiano's instigation, and subsequently his commitment to the Clunisians, confirm the spreading influence of the hermetic and monastic movement beyond Italy, where it originated.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Cécile CABY </em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hermitism and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">inurbamento</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in the Camaldulensian Order in the Late Middle Ages <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Several Camaldulensian establishments founded in the thirteenth and fourteenth centuries put into practice the hermitical model of Camaldoli, thus creating a movement of observance. Although the Camaldulensian constitu-tions, elaborated in the twelfth century and completed in the last three decades of the thirteenth, expound a rule of life for the hermits, they give no clear indication as to the practical application of the observance. The abundant documentation preserved to us concerning the Florentine hermitage of Santa Maria degli Angeli offers an enlightening day-to-day picture of Camaldulensian hermitism. Founded toward the very end of the thirteenth century, this urban hermitage exemplified a form of open reclusion much in favor with Florentine society and especially with the chancellor Coluccio Salu tati. But the fragile compromise between hermitism and urban life became evident in the early years of the fifteenth century when the community split and the schismatic group founded a new hermitage : a sign that the return to observance in the Camaldulensian order continued to be perceived as a return to hermitism.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Lucie GERNEZ</em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Relics and Images of Saint Galgano in Siena (l3th-l4th centuries)<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the late twelfth century, thirty kilometers to the southwest of Siena, near the confines of the Maremma, Galgano Guidotti, a knight from Chiusdino, plunged his sword into the rock of Mount Siepi in the manner of a cross and chose to live as a hermit After his death Mount Siepi became a popular center of worship where the faithful came to venerate the relics of the saintly hermit. The newly-founded cuIt inspired artists and the iconographic cycle of the saint's life engraved on the reliquary enclosing his head was soon echoed in paintings by artists such as Andrea di Bartolo, Vecchietta, and Giovanni di Paolo. The images of the knight converted to hermitism also found favor with the ruling circles of the Commune of Siena, who conjugated its efforts with those of the Abbey of San Galgano to promote the cult of the saint and integrate him into the pantheon of the city's protectors.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Élizabeth HALNA-KLEIN</em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On the Traces of the Lynx<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Through the ages, the lynx lived in the forests and mountains of Europe, but its relationship to man remained ambiguous. Already present in Greek and Roman mythology and scientific treatises, during the Middle Ages the lynx was often perceived as an evil, diabolical and jealous animal, useless to its environment and to man. It inspired man's imagination and was thought for example to bury its urine in the carth, where it was transformed into carbuncles. Mysterious and misunderstood, its classification was uncertain and it was most often assimilated into the wolf family. Yet Gaston Phébus classes the lynx with the felids and Hildegard of Bingen considers it as a positive, independent and useful animal. Hunted and trapped for its fur, the lynx had aIl but disappeared from Europe by the end of the nineteenth century. Today the lynx is better known, but its reintroduction into its natural habitat in Western Europe stilI gives rise to contradiction and controversy.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><em>Simone ROUX</em><br /></span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Limits and Boundary Stones in Paris in the Later Middle Ages<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Among the boundaries which demarcated the various social areas inside the city walls of Paris in the later Middle Ages, those pertaining to seigniorial territories, called « censives », had a particularly important significance for most Parisians. These limits indicated by boundary stones and signs on houses, determined the geography of the system of the land administration and designated on which eminent Iandowner's property each building was situated. More than other limits, those of the « censives » have left evidence in the written records of the important part they played in the daily life of the capital.</span></p>";258;10.00;;"<p style=""text-align: justify;"">Dès les origines du christianisme, le retrait hors du monde dans les déserts et les forêts apparaît comme un moyen d'accéder à la contemplation de Dieu.</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 214;1;6;27;L'étoffe et le vêtement;N°29/1995;;;"<p>Objets de recherches pluridisciplinaires, l'étoffe et le vêtement participent de l'imaginaire et des systèmes de représentation des sociétés chrétiennes du Moyen Age.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Michel Pastoureau<br /> </span></strong><span>Pratiques et symboliques vestimentaires</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bruno Roy<br /> </span></strong><span>Quand les Pathelin achètent du drap</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Jourdan<br /> </span></strong><span>La lettre et l'étoffe. Étude sur les lettres dans le dispositif vestimentaire à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Pastourneau<br /> </span></strong><span>Jésus teinturier. Histoire symbolique et sociale d'un métier réprouvé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Odile Blanc<br /> </span></strong><span>Histoire du costume : l'objet introuvable</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nouvelle de Giovanni Sercambi, présentée par Odile Redon<br /> </span></strong><span>Suffiello de Montalto, voleur, ou le strip-tease contraint de la comtesse d'Artois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Gérard-Marchant<br /> </span></strong><span>Compter et nommer l'étoffe à Florence au Trescento (1343)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Bureau<br /> </span></strong><span>La « dispute pour la culotte ». Variations littéraires et iconographiques d'un thème profane (XIIIe-XVIe siècles)</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Peter Von Moos</span></strong><em><span><br />Occulta cordis</span></em><span>. Contrôle de soi et confession au Moyen Âge, I. Formes du silence</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span> </span></p><p><span>Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/1995;29;155x220;160;978-2-91038-126-4;978-2-91038-126-4;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_214.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span> </span></em><span>Bruno ROY : </span><strong><span>« Quand les Pathelin achètent du drap »<br /> </span></strong><span>Cette étude examine les passages concernant les tissus et les vêtements dans la </span><em><span>Farce de Maître Pathelin</span></em><span>. Basée sur l'hypothèse d'une origine angevine de la farce, elle analyse les archives concernant les vêtements de Triboulet, le fou du roi René d'Anjou, présumé auteur et acteur de cette farce.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Jean-Pierre JOURDAN : </span><strong><span>« La lettre et l'étoffe »<br /> </span></strong><span>La lettre est un symbole double dans sa représentation et son langage. Les équivoques de formes et de sens expriment cette dualité entre le signifiant et son signifié. La duplication de la lettre est plus qu'un simple souci d'ornementation. En redoublant ou dédoublant la lettre, cette duplication ajoute une charge symbolique. Le signifié des lettres procède d'une sédimentation d'emploi utilisant leurs propriétés morales, didactiques, christiques, cosmologiques et mantiques. La lettre dont la forme est comme ""habitée"" exprime un mystère de la présence. Ce mystère est aussi celui du nom que la lettre identifie et qu'on ne peut pourtant nommer. L'Amour est au coeur des lettres, l'âme du chiffre.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Michel PASTOUREAU : </span><strong><span>« Jésus teinturier. Histoire symbolique et sociale d'un métier réprouvé »<br /> </span></strong><span>Une légende ancienne, transmise par plusieurs évangiles apocryphes de l'enfance du Christ, raconte comment le jeune Jésus, placé en apprentissage chez un artisan teinturier, sème le trouble et le désordre en désobéissant à son maître et en se montrant incapable d'apprendre une telle profession. Toutefois, un ou deux miracles lui suffisent pour rétablir la situation et susciter l'admiration de son entourage.<br /> L'étude de cette légende permet d'attirer l'attention sur le métier de teinturier, longtemps mal considéré, sinon réprouvé, dans les sociétés occidentales. Parce qu'ils changent la couleur des draps, parce qu'ils transforment la matière, parce qu'ils semblent se livrer à des opérations diaboliques, les teinturiers - comme les forgerons - suscitent méfiance et peur. En outre, dans les villes drapières, ils sont en conflit permanent avec d'autres corps de métier et avec une partie de la population, qui leur reproche d'empuantir l'air et de salir les eaux de la rivière. Enfin, on leur fait grief d'enfreindre fréquemment les règlements et de tromper la clientèle en faisant passer pour denses et solides des couleurs légères et instables. Tant en latin que dans les langues vernaculaires, il y a synonymie entre teindre et feindre.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Odile BLANC : </span><strong><span>« Histoire du costume : l'objet introuvable »<br /> </span></strong><span>Cet article propose un examen critique des méthodes et des objets de l'histoire du costume afin d'en renouveler les perspectives. Depuis le manuel de Viollet-le-Duc, les sources privilégiées de cette discipline demeurent les inventaires de garde-robe et les oeuvres d'art contemporaines, dans une moindre mesure les chroniques, les textes relevant du domaine littéraire étant toujours suspectés de trahir la réalité. Or, les images contemporaines ne sont pas une photographie du réel ni les chroniques un récit documentaire, tout comme la riche terminologie des inventaires ne se présente pas sous la forme d'un dictionnaire. Vouée à la reconstitution, l'histoire du costume se prive des moyens de comprendre l'imaginaire à l'oeuvre dans ces documents. La mise à l'écart des textes littéraires est ici significative. En laissant de côté le mode discursif des différents propos sur le vêtement (leur statut de texte), on ignore la façon dont les contemporains rendaient compte de leur rapport au paraître et, par conséquent, les enjeux qui s'y investissent.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Laurence GÉRARD-MARCHANT : </span><strong><span>« Compter et nommer l'étoffe à Florence au Trecento (1343) »<br /> </span></strong><span>Un enregistrement notarial de 1343, connu sous le nom de Prammatica del Vestire et dont la saisie informatisée est en cours, fournit déjà, au terme de l'étude de son premier quart, des informations sur les garde-robes individuelles taxées comme luxueuses, mais aussi sur les tissus et les matières utilisés, la composition des tuniques et des guarnaches en mi-parti, les applications de rubans variés ou précieux (or, argent), les motifs textiles et leurs chromatismes. Les tissus qui prédominent sont les soieries, mais les lainages sont également détaillés, sans doute parce qu'ils comportent des fils de soie passés, des incrustations, ou bien qu'ils se trouvent juxtaposés à des tissus de soie. À côté des samits sont aussi mentionnés des velours.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Pierre BUREAU : </span><strong><span>« La ""dispute pour la culotte"". Variations littéraires et iconographiques d'un thème profane (XIIIe-XVIe siècles) »<br /> </span></strong><span>L'analyse du thème profane de la ""dispute pour la culotte"" nécessite de croiser les documents écrits et les documents figurés. Toute la portée symbolique du vêtement disputé entre les époux prend pleinement sa signification en confrontant les fabliaux, les croyances populaires et les miséricordes, les </span><em><span>marginalia</span></em><span> des manuscrits. À la croisée du texte et de l'image, il est possible d'appréhender d'une façon nouvelle les rapports socioculturels des laïcs et des clercs. Le vêtement est I'instrument d'un rapport de force entre époux, qui s'inscrit lui-même dans un contexte sacre où les fidèles ont leur mot à dire sur la question épineuse de la lutte pour le pouvoir.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Bruno ROY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« When the Pathelins purchased cloth »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This study is a commentary of the passages concerning clothes and fabrics in the Farce de Maître Pathelin. It assumes that the farce has been written in Angers, at the court of king René, and accordingly concentrates on the clothes of Triboulet, René's fool, as author and player in the farce.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre JOURDAN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The letter and the Fabric »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The letter is a double symbol in its representation and in its Ianguage. The ambiguity of forms and meanings expresses this dua-lity between the signified and its signifier. The duplication of the letter is not merely ornamental. Doubling or redoubling the letter gives more intensity to its symbolic import. The signification of the letters derives from the moral, didactic, religious, cosmological or mantic properties they were endowed with. The letter whose form is as if "" inhabited "" expresses a mystery of presence. The mystery is also contained in the name which the letter identifies but which cannot be designated "" Amour "" (love) is at the heart of the letters, the "" âme "" (soul) of the cipher.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel PASTOUREAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Jesus the Dyer »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An old legend, transmitted by several Apocryphal Gospels treating of Christ's childhood, tells how the young Jesus, placed as an apprentice to a dyer, spreads trouble and disorder by disobeying his master and proving himself incapable of learning such a profession. However, by performing a few miracles, Jesus brings the situation back to normal and arouses the admiration of his entourage. The study of this legend brings attention to the craft of the dyer, long looked upon with disapproval, if not with condemnation, in western societies. Because they change the color of fabrics, because they transform material, and because they seem to engage in diabolical operations, the dyers - like the blacksmiths - gave rise to distrust and fear. Moreover, in the textile towns, they were in constant conflict with other trades as well as with part of the population, which accused them of contaminating the air and soiling the river waters. Lastly, they were suspected of frequently breaking the rules and cheating the cus tomers by working with inferior and unstable dyes in place of fast and solid colors. In Latin as well as in the vernacular lan-guages, there is synonymity between </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">tingere</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">fingere</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (by a play on words in English, one could say that to dye means to lie).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile BLANC : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« History of Costume : The Undiscovered Object »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This article proposes a critical examination of the methods used and the objects treated by the history of costume, with a view to exploring new perspectives. Since Viollet-le-Duc's manual, the main sources for this discipline have been inventories of war-drobes and contemporary works of art, and in a lesser measure chronicles, while literary texts have always been suspected of betraying reality. Contemporary images, however, are not pho-tographs of reality, nor are chronicles documentary accounts, and as for the rich terminology of the inventories, it is not pre-sented in the form of a dictionary. The history of costume, by limiting itself to reconstitution, also deprives itself of a means of understanding the imaginative spirit at work in these docu-ments. The disregard of literary texts is, here, significant. By passing over the discursive mode of the different writings on attire (by refusing them their status as texts), one ignores how contemporary people perceived and expressed their relation to appearance, and consequently, the concerns that were there involved.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence GÉRARD-MARCHANT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Counting and Naming Fabrics in Florence in the Trecento (1343) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A notarial record of 1343 known as the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prammatica del Vestire</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, whose computerized transcription is now in process, has already yielded information not only on the bulk of individual wardrobes judged as luxurious and taxed, but also on the fabrics and materials used, the prevailing textures of tunics and particolored surcoats, the possible applications of different ribbons (including precious ones of gold and silver), and textile patterns and hues. The fabrics listed are predominantly silks, but woollens are also detailed, probably because they were stitched with silk threads, adorned with incrustations, or combined with silk. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Next </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">to the samites, velvets are also mentioned.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre BUREAU :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The ""dispute for the breeches"". Literary and Iconographic Variations on a Profane Theme (l3th-l6th centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">For an analysis of the profane theme of the "" dispute for the breeches "", a study of both written and figurative documents is necessary. Only when fabliaux, popular beliefs, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">exempla</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, misericord carvings, and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">marginalia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of manuscripts have been brought into comparison does the symbolic import of the garment for which husband and wife contend take on its full significance. As text and image cross, new light is thrown on the sociocultural relations between laymen and clerics. The garment is seen as an instrument in the power struggle between the husband and wife, a struggle which is itself placed in a sacred context where the faithful also have the possibility of expressing their opinion on the thorny question of prerogatives.</span></p>";0;12.96;"<p style=""text-align: justify;"">La production des textiles, comme celle du vêtement, demeurent toujours conditionnées par les contraintes morales et sociales. Sans ignorer les conditions techniques et les données archéologiques, l'étude des lois somptuaires, mais aussi des sources littéraires, de l'iconographie profane et religieuse, révèlent les pratiques et les symboliques vestimentaires.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 215;1;6;27;Trajectoires du sens;N°03/1983;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditorial</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sophie Castera<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La peau et sa pathologie : langage du corps et reflet de la pensée médiévale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mireille Demaules<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écriture et imaginaire du rêve dans le « Lancelot en prose »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'effet caméléon ». Contact entre phonétique et sémantique, traduction et transcription dans le lexique botanique d'Avicenne et Gérard de Crémone</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Dennery<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du mélos à la note : les notations musicales au Moyen Âge</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Irène Nunes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cantigas d'amigo et chansons de toile</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Gehanne<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le vocabulaire amoureux dans les tristans</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ghislaine Farout<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Du chaitivel ou des quatre dols »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle Ouerd<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Moyen Âge romanesques du XXe siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Orlando de Rudder<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une histoire de la lecture</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ÉDITION DE TEXTE<br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Michi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« De la nonain qui menja la fleur du chol ou li deables s'estoit mis, si qu'ele devint hors du sens »</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">NOTES DE LECTURE</span></p>";;10/01/1983;3;155x220;148;;;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_215.gif;;;;101;10.00;"<p>Le numéro propose plusieurs modes de lecture des textes médiévaux. Au-delà de la « mode Moyen Age », il s'agit de retrouver, par des approches qui ne soient plus seulement philologiques, les sens autres de la littérature médiévale.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 216;1;3;27;Les dépendances au travail;N°30/1996;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les historiens ont surtout centré leur attention sur le travail salarié des hommes. Or, pendant très longtemps, une grande partie de la production a été assurée grâce à l'embauche massive des femmes et des enfants non rémunérés par un salaire monétaire.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Alessendro Stella<br /> </span></strong><span>Les dépendances au travail</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Philippe Braunstein<br /> </span></strong><span>La peine des hommes est-elle objet d'histoire ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Antoni Furiò<br /> </span></strong><span>Entre la complémentarité et la dépendance : rôle économique et travail des femmes et des enfants dans le monde rural valencien au bas Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alessandro Stella<br /> </span></strong><span>Travail, famille, maison : formes et raisons du placement dans les sociétés traditionnelles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Cécile Béghin<br /> </span></strong><span>Entre ombre et lumière : quelques aspects du travail des femmes à Montpellier (1293-1408)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Philippe</span></strong><span> </span><strong><span>Bernardi<br /> </span></strong><span>Relations familiales et rapports professionnels chez les artisans du bâtiment en Provence à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Franco Franceschi<br /> </span></strong><span>Les enfants au travail dans la manufacture textile florentine des XIVe et XVe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Francine Michaud<br /> </span></strong><span>Exploités ou profiteurs ? Les apprentis marseillais avant la Peste noire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Katharina Simon-Muscheid<br /> </span></strong><span>Indispensable et caché. Le travail quotidien des enfants au bas Moyen Âge et à la Renaissance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Robert Paris<br /> </span></strong><span>Les « </span><em><span>ciompi</span></em><span> » : cadreurs, foulons, bâtards ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Peter Von Moos<br /> </span></strong><em><span>Occulta cordis</span></em><span>. Contrôle de soi et confession au Moyen Âge, II</span></p><p><span> </span></p><p><span>Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/07/1996;30;155x220;160;978-2-91038-133-2;978-2-91038-133-2;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_216.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span> </span></em><span>Philippe BRAUNSTEIN : </span><strong><span>« La peine des hommes est-elle objet d'histoire ? »<br /> </span></strong><span>L'uniformisation contemporaine des pratiques sociales et des statuts professionnels occulte sous le terme de salariat les dures réalités du travail qu'ont vécues les ouvriers du bâtiment et de l'industrie exposés à la dégradation physique et psychique et aux risques mortels. Rares sont les auteurs anciens qui en parlent en connaissance de cause comme Vanoccio Biringuccio, au milieu du XVIe siècle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Dominique CARDON : </span><strong><span>« Arachné ligotée : la fileuse du Moyen Âge face au drapier »<br /> </span></strong><span>De tous les travailleurs de la grande industrie qu'était la draperie en Europe occidentale au Moyen Âge, la fileuse fut à la fois la plus mythifiée et la plus mystifiée, la plus mise en scène - par l'iconographie contemporaine? et la plus escamotée? par la réglementation technique. Propriétaire de ses outils de travail, travaillant à son rythme, la fileuse libre pouvait paraître en position de force vis-à-vis du drapier. Cet article montre de quelle façon, en imposant un système de titrage de la laine d'après un poids fixe et d'échets standardisés, celui-ci a néanmoins réussi à insérer la fileuse, dans les conditions qui lui convenaient à lui, dans la vaste toile d'araignée que constitue le système de production de la draperie médiévale.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Antoni FURIO : </span><strong><span>« Entre la complémentarité et la dépendance : rôle économique et travail des femmes et des enfants dans le monde rural valencien au Bas Moyen Âge »<br /> </span></strong><span>L'article examine le rôle économique et le travail des femmes et des enfants dans le monde rural au Bas Moyen Âge, à partir du cas valencien (du Pays Valencien, dans l'est de l'Espagne) et à partir surtout des sources notariées et judiciaires. Un rôle économique et une contribution productive qui s'inscrivent dans le cadre de l'unité domestique, familiale, et se situent entre la complémentarité et la dépendance vis-à-vis du mari et du père-maître.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Alessandro STELLA : </span><strong><span>« Famille et maison : formes et raisons du placement dans les sociétés traditionnelles »<br /> </span></strong><span>Le placement des personnes, des enfants et jeunes gens en particulier, était une pratique très répandue dans les sociétés traditionnelles en Europe. L'auteur prend ici comme terrain d'observation la Bourgogne du Nord à la fin du Moyen Âge. Par-delà la diversité des formes et des contrats passes entre preneurs et donneurs de personnes, il ressort que c'est le travail fourni ou à fournir qui modèle les relations et qui est à la source des dépendances.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Cécile BÉGHIN : </span><strong><span>« Entre ombre et lumière : quelques aspects du travail des femmes à Montpellier (1293-1408) »<br /> </span></strong><span>Entre 1293 et 1408, un ensemble de sources montpelliéraines confirme l'existence d'une activité professionnelle féminine indispensable au dynamisme économique de la ville, en particulier dans les secteurs alimentaire et textile et dans le travail domestique. Mais ces travailleuses, quel que soit leur statut professionnel, voient leur labeur sous-estimé et, subordonnées, silencieuses, elles demeurent à jamais victimes du regard porté sur elles.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Philippe BERNARDI : </span><strong><span>« Relations familiales et rapports professionnels chez les artisans du bâtiment, en Provence, à la fin du Moyen Âge »<br /> </span></strong><span>L'étude de l'industrie du bâtiment en Provence nous permet d'aborder la question des interrelations entre famille et travail à la fin du Moyen Âge. L'analyse de la nature juridique et économique de l'entreprise, de son fonctionnement quotidien et de la carrière des artisans montre que toutes les relations professionnelles n'étaient pas régies par le mercantilisme et le salariat. Elle souligne l'implication, dans l'ombre du maître, du groupe qu'il dirige, à la maison comme sur le chantier.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Franco FRANCHESCHI : </span><strong><span>« Les enfants au travail dans l'industrie textile florentine des XIVe-XVe siècles »<br /> </span></strong><span>Les enfants au travail dans les manufactures textiles : une invention des temps modernes ? Dans les ateliers et les maisons où l'on effectuait le travail de la laine et de la soie, à Florence, au cours des derniers siècles du Moyen Âge, les enfants et les adolescents sont présents en grand nombre. Leur travail n'est souvent même pas masqué par une prétendue formation : ce sont des travailleurs en herbe.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Francine MICHAUD : </span><strong><span>« Exploités ou profiteurs ? Les apprentis marseillais avant la Peste noire »<br /> </span></strong><span>À la veille de la Peste noire les conditions de travail faites aux apprentis marseillais ont connu une amélioration sensible, malgré la conjoncture du temps. La crise démographique qui affecte la cité depuis le début du siècle pourrait avoir stimulé la hausse des salaires, ainsi qu'une participation plus active dans l'échoppe du maître. Mais pas uniquement car ces conditions d'emploi favorables semblent profiter surtout aux jeunes travailleurs en formation dans les arts du négoce et de la mer, activités qui connaissent alors une brève reprise.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Katharina SIMON-MUSCHEID : </span><strong><span>« Indispensable et caché. Le travail quotidien des enfants au bas Moyen Âge et à la Renaissance »<br /> </span></strong><span>Au bas Moyen Âge et à la Renaissance, le travail des enfants était commun et indispensable. Très tôt, les filles et les garçons contribuaient à l'économie familiale d'une manière ou d'autre. Mais ce travail quotidien, non payé, a laissé peu de traces, souvent il n'est mentionné que dans des circonstances extraordinaires comme, par exemple, des accident et des conflits.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Robert PARIS : </span><strong><span>« Les ""Ciompi"" : cardeurs, foulons, bâtards ? »<br /> </span></strong><span>Les tumultes florentins de 1378 ont pour protagonistes des travailleurs de la laine connus sous l'appellation péjorative de ""ciompi"". Daté de l' ""occupation française"" de 1342-1343, ce terme articule un groupe de métiers et un état social. Après avoir discuté les étymologies avancées jusqu'ici, on propose une nouvelle hypothèse : ""ciompi"" procéderait du français ""champi"", la bâtardise connotant l'obscurité de ces petites gens et le mépris où on les tient.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Peter VON MOOS : </span><strong><span>« </span><em><span>Occulta cordis</span></em><span>. Contrôle de soi et confession au Moyen Âge »<br /> </span></strong><span>Au Moyen Âge, il existait deux formes de silence, celle de l'ascèse monastique et celle de la prudence aristocratique. Derrière ce double silence se cache le secret individuel du coeur, réservé à la seule </span><em><span>scrutinatio</span></em><span> de Dieu. A l'herméneutique de ""l'homme extérieur"" répondait un art parallèle du contrôle de soi empêchant toute spontanéité communicative.<br /> Cette structure élémentaire du comportement social se complique sous la pression d'un autre impératif religieux : le devoir de s'examiner soi-même et de se confesser à Dieu en parfaite sincérité. Le tournant histonque du concile de Latran IV (1215), instituant la confession auriculaire obligatoire, mit l'accent sur l'aveu, sur la révélation des </span><em><span>occulta cordis</span></em><span>, dont dépendait le salut éternel. La recherche des péchés clandestins de la pensée induisait, comme corollaire logique à la confession, l'Inquisition qui, à l'image du regard central de Dieu, se proposait d'ouvrir de force les secrets du coeur. La transparence absolue, autrefois privilège exclusif de Dieu, devint le but de cette institution à la fois sacrée et politique, qui se disait son représentant sur terre.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno ROY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« When the Pathelins purchased cloth »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This study is a commentary of the passages concerning clothes and fabrics in the Farce de Maître Pathelin. It assumes that the farce has been written in Angers, at the court of king René, and accordingly concentrates on the clothes of Triboulet, René's fool, as author and player in the farce.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre JOURDAN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The letter and the Fabric »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The letter is a double symbol in its representation and in its Ianguage. The ambiguity of forms and meanings expresses this dua-lity between the signified and its signifier. The duplication of the letter is not merely ornamental. Doubling or redoubling the letter gives more intensity to its symbolic import. The signification of the letters derives from the moral, didactic, religious, cosmological or mantic properties they were endowed with. The letter whose form is as if "" inhabited "" expresses a mystery of presence. The mystery is also contained in the name which the letter identifies but which cannot be designated "" Amour "" (love) is at the heart of the letters, the "" âme "" (soul) of the cipher.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel PASTOUREAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Jesus the Dyer »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An old legend, transmitted by several Apocryphal Gospels treating of Christ's childhood, tells how the young Jesus, placed as an apprentice to a dyer, spreads trouble and disorder by disobeying his master and proving himself incapable of learning such a profession. However, by performing a few miracles, Jesus brings the situation back to normal and arouses the admiration of his entourage. The study of this legend brings attention to the craft of the dyer, long looked upon with disapproval, if not with condemnation, in western societies. Because they change the color of fabrics, because they transform material, and because they seem to engage in diabolical operations, the dyers - like the blacksmiths - gave rise to distrust and fear. Moreover, in the textile towns, they were in constant conflict with other trades as well as with part of the population, which accused them of contaminating the air and soiling the river waters. Lastly, they were suspected of frequently breaking the rules and cheating the cus tomers by working with inferior and unstable dyes in place of fast and solid colors. In Latin as well as in the vernacular lan-guages, there is synonymity between </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">tingere</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">fingere</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (by a play on words in English, one could say that to dye means to lie).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile BLANC : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« History of Costume : The Undiscovered Object »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This article proposes a critical examination of the methods used and the objects treated by the history of costume, with a view to exploring new perspectives. Since Viollet-le-Duc's manual, the main sources for this discipline have been inventories of war-drobes and contemporary works of art, and in a lesser measure chronicles, while literary texts have always been suspected of betraying reality. Contemporary images, however, are not pho-tographs of reality, nor are chronicles documentary accounts, and as for the rich terminology of the inventories, it is not pre-sented in the form of a dictionary. The history of costume, by limiting itself to reconstitution, also deprives itself of a means of understanding the imaginative spirit at work in these docu-ments. The disregard of literary texts is, here, significant. By passing over the discursive mode of the different writings on attire (by refusing them their status as texts), one ignores how contemporary people perceived and expressed their relation to appearance, and consequently, the concerns that were there involved.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence GÉRARD-MARCHANT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Counting and Naming Fabrics in Florence in the Trecento (1343) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A notarial record of 1343 known as the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prammatica del Vestire</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, whose computerized transcription is now in process, has already yielded information not only on the bulk of individual wardrobes judged as luxurious and taxed, but also on the fabrics and materials used, the prevailing textures of tunics and particolored surcoats, the possible applications of different ribbons (including precious ones of gold and silver), and textile patterns and hues. The fabrics listed are predominantly silks, but woollens are also detailed, probably because they were stitched with silk threads, adorned with incrustations, or combined with silk. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Next </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">to the samites, velvets are also mentioned.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre BUREAU :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The ""dispute for the breeches"". Literary and Iconographic Variations on a Profane Theme (l3th-l6th centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">For an analysis of the profane theme of the "" dispute for the breeches "", a study of both written and figurative documents is necessary. Only when fabliaux, popular beliefs, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">exempla</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, misericord carvings, and the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">marginalia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> of manuscripts have been brought into comparison does the symbolic import of the garment for which husband and wife contend take on its full significance. As text and image cross, new light is thrown on the sociocultural relations between laymen and clerics. The garment is seen as an instrument in the power struggle between the husband and wife, a struggle which is itself placed in a sacred context where the faithful also have the possibility of expressing their opinion on the thorny question of prerogatives.</span></p>";352;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro, en éclairant aussi bien la ville que la campagne du Bas Moyen Age en France, Espagne et Italie, invite à une réflexion sur cette autre forme de travail, beaucoup moins connue, qui crée un ensemble de dépendances complexes au sein d'entreprises qui se distinguent parfois mal de la structure familiale.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 217;1;3;27;La mort des grands (Ve-XIIe siècles);N°31/1996;;;"<p style=""text-align: justify;"">Et l'on tâche de comprendre comment et pourquoi Cluny est devenu, à partir du XIe siècle, le grand ordonnateur de la mémoire des morts.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Odile Redon<br /> </span></strong><span>À Jean Devisse</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Stéphane Lebecq<br /> </span></strong><span>La mort des grands dans le premier Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Ian Wood<br /> </span></strong><span>Sépultures ecclésiastiques et sénatoriales dans la vallée du Rhône (400-600)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Patrick Périn<br /> </span></strong><span>Saint-Germain-des-Prés, première nécropole des rois de France</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alain Dierkens<br /> </span></strong><span>La mort, les funérailles et la tombe du roi Pépin le Bref (768)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Janet L. Nelson<br /> </span></strong><span>La mort de Charles le Chauve</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Michel Lauwers<br /> </span></strong><span>Le « sépulcre des pères » et les « ancêtres ». Notes sur le culte des défunts à l'âge seigneurial</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Dominique Iogna-Prat<br /> </span></strong><span>Des morts très spéciaux aux morts ordinaires : la pastorale funéraire clunisienne (XIe-XIIe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Patrick Henriet<br /> </span></strong><span>Chronique de quelques morts annoncées : les saints abbés clunisiens (Xe-XIIe siècles)</span></p><p> </p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Rolet<br /> </span></strong><span>L'Arcadie chrétienne de Venance Fortunat. Un projet culturel, spirituel et social dans la Gaule mérovingienne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Sélamme<br /> </span></strong><span>« La pierre et la porte », une mésaventure ignorée : nouvelle approche des huitains XCV du Testament de Villon</span></p><p><span> </span></p><p><span>Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/1996;31;155x220;160;978-2-91038-134-9;9782910381349;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_217.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span> </span></em><span>Ian WOOD : </span><strong><span>« Sépultures ecclésiastiques et sénatoriales dans la vallée du Rhône (400-600) »<br /> </span></strong><span>Cet article veut éclairer les conditions de l'inhumation des élites chrétiennes dans le bassin du Rhône aux Ve-VIe siècles. Sont mises à contribution les sources épigraphiques, juridiques, narratives, iconographiques et archéologiques. Il ressort de leur analyse qu'en dépit de la christianisation, de sa possible influence sur la liturgie des funérailles et de la pratique de l'inhumation auprès des corps saints ou dans les églises, les coutumes funéraires des élites chrétiennes n'ont guère changé dans la Gaule du Sud-Est entre le IVe et le VIe siècle : même faste, même tendance à l'ostentation, même souci de la perpétuation du nom et du souvenir du défunt, même pratique de la sépulture luxueusement habillée et accompagnée d'offrandes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Patrick PÉRIN : </span><strong><span>« Saint-Germain-des-Prés, première nécropole des rois de France »<br /> </span></strong><span>Édifiés par Clovis et Clotilde au lendemain de la victoire de Vouillé (507), les Saints-Apôtres de Paris (devenus Sainte-Geneviève) n'eurent pas la destinée d'un mausolée dynastique. En revanche, la basilique Sainte-Croix-et-Saint-Vincent (devenue Saint-Germain-des-Prés), fondée à la génération suivante par Childebert 1er, s'imposa comme nécropole royale auprès de la plupart des Neustriens de 558 jusqu'en 675, tout en étant en partie relayée par Saint-Denis à partir de Dagobert (628-639). De leur côté, les rois austrasiens et burgondes ne semblent pas avoir disposé de lieux de sépulture dynastiques. Lieu de sépulture privilégié des rois mérovingiens, Saint-Germain-des-Prés a fait l'objet d'une série de découvertes archéologiques du XVIIe siècle à nos jours. Il est ainsi permis d'avoir une certaine connaissance de la nécropole royale et de son environnement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Alain DIERKENS : </span><strong><span>« La mort, les funérailles et la tombe du roi Pépin le Bref (768) »<br /> </span></strong><span>Dans cet article, on examine ce que l'on sait de la mort de Pépin le Bref le 24 septembre 768 et de la tombe de celui-ci à Saint-Denis. On s'interroge sur le choix de Saint-Denis comme lieu de sépulture, sur la signification d'un enterrement </span><em><span>ante limina</span></em><span> et les apports de l'archéologie en la matière, sur les raisons d'une inhumation face contre terre, sur la nature (et la date) de l'</span><em><span>augmentum</span></em><span> que Charlemagne fit construire sur la tombe de son père, sur le sort des restes du premier roi carolingien jusqu'au troisième quart du XVIIIe siècle. En conclusion, on insiste sur les implications idéologiques de l'humilité ostentatoire, voulue par Pépin et mise en évidence par ses fils.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Janet L. NELSON : </span><strong><span>« La mort de Charles le Chauve »<br /> </span></strong><span>Charles le Chauve mourut en 877 à 54 ans. Son souci de donner une image favorable de la royauté l'amena à prendre ses dispositions pour ses propres funérailles et les commémorations à Saint-Denis. Mais il mourut dans les Alpes françaises. Des chroniqueurs contemporains ont décrit l'état de putrescence prématurée et l'odeur insupportable de son cadavre. Après un embaumement manqué, les hommes de Charles, résolus à porter son corps jusqu'à Saint-Denis, furent forcés de l'enterrer à Nantua. Le texte des </span><em><span>Annales de Saint-Bertin</span></em><span> fait écho aux Macchabées Il ix, où le corps pourrissant à vif d'Antiochos Épiphane désigne le sort réservé au tyran. C'est ainsi qu'Hincmar, auteur des </span><em><span>Annales</span></em><span> et conseiller royal, exprime sa condamnation de la conduite de Charles. Mais Hincmar décrit aussi comment Charles sur son lit de mort transmit les insignes royaux à l'héritier. Le corps de Charles pourrissait : le royaume continuait de vivre.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Michel LAUREWS :</span><strong><span> « Le ""sépulcre des pères"" et les ""ancêtres"". Notes sur le culte des défunts à l'âge seigneurial »<br /> </span></strong><span>Bien que jugés inutiles au regard de la foi, les rites funéraires et la sépulture des défunts furent pris en charge par l'institution ecclésiale et insérés, en particulier à partir de l'époque carolingienne, dans un vaste complexe rituel fondé sur la ""mémoire"". Aux XIe et XIIe siècles, la rencontre entre des idées attestées tout à la fois dans la culture antique et dans la Bible, des usages propres aux sociétés coutumières et des pratiques liées à l'affirmation des pouvoirs seigneuriaux favorisa un véritable ""culte des ancêtres"", ainsi que la constitution de sépulcres familiaux. Indissociables de certaines formes d'échanges, les rites funéraires et commémoratifs de l'âge seigneurial témoignent de l'existence d'une sorte de ""pacte"" social entre les deux versants, laïc et ecclésiastique, de la classe dominante.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Dominique IOGNA-PRAT : </span><strong><span>« Des morts très spéciaux aux morts ordinaires : la pastorale funéraire clunisienne (XIe-XIIe siècles) »<br /> </span></strong><span>Tout au long des XIe-XIIe siècles, Cluny et ses dépendances offrent un espace funéraire de première importance, un asile que recherchent les laïcs en quête de réconciliation et d'un bon avoué - saint Pierre - à l'heure de la mort.</span><em><span> L'Ecclesia cluniacensis</span></em><span>, ses cimetières et ses nécrologes sont ainsi le lieu de constitution d'une ""fraternité"" où se mêlent moines et laïcs et où se réalise l'intrication de deux aristocraties. Cette étude consacrée à la pastorale funéraire à destination des grands tente d'explorer les tenants et les aboutissants du système clunisien d'exploitation seigneuriale de la mort.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Patrick HENRIET : </span><strong><span>« Chronique de quelques morts annoncées : les saints abbés clunisiens (Xe-XIIe siècles) »<br /> </span></strong><span>À Cluny, du milieu du Xe au milieu du XIIe siècle, l'hagiographie permet d'exprimer les grandes orientations ecclésiologiques. La scène de la mort devient à partir d'Odilon (1049) le passage-clé des diverses </span><em><span>vitae</span></em><span>. Le modèle qui nous est proposé se caractérise par le primat de la liturgie sur toute autre forme de communication, ce qui permet de différencier les textes étudiés d autres oeuvres hagiographiques pourtant contemporaines.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Anne ROLET : </span><strong><span>« L'Arcadie chrétienne de Venance Fortunat. Un projet culturel, spirituel et social dans la Gaule mérovingienne »<br /> </span></strong><span>Dans certaines de ses poésies, Venance Fortunal, poète latin de la Gaule mérovingienne du VIe siècle, s'attache à l'évocation de </span><em><span>loci amoeni </span></em><span>en conjuguant réminiscences virgiliennes et citations scripturaires Le jardin garde sa signification classique de lieu privilégié offrant à l'aristocrate une retraite à la méditation religieuse et morale, loin de la vie civile et politique, mais il évoque aussi le modèle chrétien de l'isolement monastique. Fortunat se sert des motifs arcadiens pour célébrer chez les évêques gallo-romains et les nobles francs non seulement leur perfection morale de chrétiens mais aussi le rôle social et financier traditionnel imposé par leur condition aristoratique : car, depuis Martin de Tours, vie active et vie contemplative sont réconciliées dans la carrière de l'évêque. Par l'intermédiaire du l</span><em><span>ocus amoenus</span></em><span> qui glorifie l'excellence de l'homme chrétien, Fortunat propose à l'aristocratie franque un modèle d'acculturation qui reprend les valeurs fondamentales de la romanité.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Pierre SÉLAMME : </span><strong><span>« ""La pierre et la porte"", une mésaventure ignorée : nouvelle approche des huitains XCV et XCVI du </span><em><span>Testament</span></em><span> de Villon »<br /> </span></strong><span>Cette nouvelle approche des 45e et 46e huitains du </span><em><span>Testament</span></em><span> de Villon se propose de suivre la double démarche vengeresse du poète. L'évocation d'un monde inversé de violence et la re/création du Chaos face au monde qui l'a rejeté.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ian WOOD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« EccIesiatical and Senatorial Burials in the Rhône Valley (400-600) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper proposes to throw Iight on the conditions of inhumation observed by the Christian nobility in the Rhône basin in the fifth and sixth centuries. Contributing sources include epigraphic, juridical, narrative, iconographic, and archaeological documents. Their analysis shows that despite Christianization and its possible influence on funerary Iiturgy, and the practice of entombment near saintly bodies or within churches, the funerary customs of the Christian nobility had barely changed in Southeast Gaul between the fourth and the sixth centuries : the same feasts, the same tendencies to ostentation, the same concern for the perpetuation of the name and the memory of the deceased, the same practice of the sumptuous adomment of graves accompanied by offerings.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick PÉRIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Saint-Germain-des-Prés, the First Necropolis of the Kings of France »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Erected by Clovis and Clotilda soon after the victory of Voui llé (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">507</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), the Saints-Apôtres of Paris (subsequently renamed Sainte-Geneviève) were not destined to become a dynastic mausoleum. It was rather the Parisian basilica of Sainte-Croix-et-Saint-Vincent (renamed Saint-Germain-des-Prés), founded in the following generation par Childebert I, which asserted itself as the royal necropolis of the Neustrians from 558 to 675 ; Saint-Denis became an alternative burial place from the time of Dagobert's reign (628-639). As for the Austrasian and the Burgundian kings, they do not seem to have disposed of speci fic dynastic burialgrounds. Saint-Germain-des-Prés, the place of burial favored by the Merovingian kings, has been the site of a series of archaeological finds from the seventeenth century to our times, thus providing additional knowledge of the royal necropolis and its environment.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain DIERKENS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Death, the Funeral, and the Tomb of King Pepin the Short (768) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In this paper, we examine what we know of Pepin the Short's death on september 24, 768, and of his tomb at Saint-Denis. We explore such subjects as : the choice of Saint-Denis for his burial place, the significance of an </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ante limina</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> burial and the archaeological contributions towards this question, the reasons why the body was buried face down, the nature (and the date) of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">augmentum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> which Charlemagne had ordered to be constructed on his father's tomb, and the fate of the first Carolingian king's remains up to the first quarter of the thirteenth century. In conclusion, we stress the importance of the ideological implications of the ostentatious humility which Pepin favored and which his sons consequently displayed.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Janet L. NELSON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The death of Charles the Bald »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles the Bald died at 54 in 877. Charles'interest in the representation of royalty extended to the careful planning of his own burial and commemoration at St. Denis. In the event, Charles died in a remote spot in the French Alps. Contemnporary chroniclers described the premature putrescence and unbearable stench of Charle's corpse. After a botched embalming, his followers, intent on carrying the body to St. Denis, had to bury it instead at Nantua. The</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Annals of St. Bertin's</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> wording echoed Il Maccabees ix, where the rotting body of the stil living Antiochus Epiphanes signalled the tyrant's fate. Thus Hincmar, author of the Annals and longtime royal counsellor, intimated his own criticism of Charles. Yet Hincmar also described Charles'death-bed transmission of the royal insignia to his heir. Charles'own body rotted : the body of the realm lived on.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel LAUWERS :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « The Sepulchre of the Fathers and the Ancestors. Notes on the Cult of the Dead in the Feudal Age »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Although judged useless as regards faith, funeral rites and the burials of the deceased were part of the Church office and became incorporated, especially since the Carolingian period, in an extensive and complex ritual founded on ""memory"". During the eleventh and twelfth centuries the converging of ideas asserted both in the ancient culture and in the Bible, uses particular to customary societies, and practices linked to the assertion of feudal powers gave rise to a veritable ""ncestors cuIt"", as well as the constitution of familial sepulchres. Indissociable from some forms of exchange, funeral and com memorative rites of the feudal age are testimonies to the existence of a kind of social ""covenant"" between the two sides lay and ecclesiastical - of the ruling class.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique IOGNA-PRAT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« From the Very Special to the Ordinary Dead : The Pastoral Funerary Observances at Cluny (Eleventh-Twelfth Centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Throughout the eleventh and twelfth centuries, Cluny and its dependencies offered a funerary space of the first importance, a haven much sought-after by laymen seeking reconciliation and a good avocate -Saint Peter - at the hour of death. The</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Ecclesia cluniacensis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, with its cemeteries and necrologies, thus favored the constitution of a ""Fraternity"" where monks and laymen were brought together and two aristocraties mixed. This study treating of the pastoral funerary func tions destined for the great attemps to explore in all its aspects the Clunisian system of seigneurial exploitation of death.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick HENRIET :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Chronicle of Several Announced Death : The Saint Abbots of Cluny (Tenth-Twelfth Centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">From the midtenth to the midtwelfth century, hagiography allows us to delineate the great ecclesiological orientations at Cluny. The death scene, from Odilon (1049) onwards, becomes a key passage of the various </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">vitae</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. The model proposed to us is one where characteristically liturgy takes precedence over aIl other forms of communication, thus enabling to differentiate the texts examined from other hagiographie, yet contemporary, works.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne ROLET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Venance Fortunat's Christian Arcadia. A Cultural, Spiritual, and Social Project in Merovingian Gaul »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In a certain number of his poems, Venance Fortunat, sixth century Latin poet of Merovingian Gaul, evokes </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">loci amoeni</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in an association of Virgilian reminiscences and scriptural citations. The garden retains its classical significance as a privileged place, offering the aristocrat a propitious haven for religions and moral meditation ; set apart from the political and civil life, but it also evokes the Christian model of monastic isolation. Fortunat uses Arcadian motives to celebrate not only the moral perfection as Christians of the GalloRoman bishops and the Frankish nobles, but also the traditional social and financial roles imposed upon them by their aristocratic condition : indeed, since Martin of Tours, the active life and the contemplative life have become reconciled in the episcopal career. By way of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">locus amoenus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> which glorifies the excellence of the Christian, Fortunat offers the Frankish aristocracy a model of acculturation which resumes the fundamental values of Romanity.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre SÉLAMME : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« ""The Stone and the Doorway"", an Unknown Misadventure : A New Approach to the 45 th and 46 th octets of Villon's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Testament</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The new approach to the 4Sth and 46 th octets of Villon's Testament proposes to follow the poet's vengeful double path, evoking the inverted world of violence and the recreation of Chaos confronting the World which bas rejected it.</span></p>";264;10.00;"<p>Malgré les prescriptions de saint Augustin, les Chrétiens n'ont jamais cessé d'accorder une grande importance à la sépulture et à la mémoire des défunts. Plus encore que les autres mortels, les grands laïques et ecclésiastiques ont su donner au moment de leur trépas, à leurs funérailles, à la commémoration de leur nom, une importance cruciale pour les vivants. Plusieurs aspects de ce souci de la mort et des morts durant le Haut Moyen Age sont ici étudiés.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 218;1;3;27;Voix et signes - Nouvelles musiques du XIIIe au XVe siècle;N°32/1997;;;"<p style=""text-align: justify;"">Études sur le grand tournant qu'est l'<em>ars nova</em>, sur l'évolution et l'esprit de la nouvelle musique, sur la manière de la penser et de l'écrire, sur ses correspondances avec les nouveaux courants philosophiques.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Olivier Mattéoni<br /> </span></strong><span>Nouvelles musiques du XIIIe au XVe siècle</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Étienne Anheim<br /> </span></strong><span>Du symbole au signe : remarques sur la parenté entre </span><em><span>Ars nova</span></em><span> et nominalisme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Olivier Cullin<br /> </span></strong><span>Penser la musique au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anna Maria Busse Berger<br /> </span></strong><span>Notation mensuraliste et autres systèmes de mesure au XIVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marielle Popin<br /> </span></strong><span>Subtilité et affaire de raison</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Nicoletta Guidobaldi<br /> </span></strong><span>La musique du prince : figures et thèmes musicaux dans l'imaginaire de cour au XVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Olivier Cullin<br /> </span></strong><span>Orientation discographique</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacques Dalarun<br /> </span></strong><span>François et Claire. Masculin/Féminin dans l'Assise du XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Claude Faucon<br /> </span></strong><span>La représentation de l'animal par Marco Polo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>André Peyronie<br /> </span></strong><span>Le mythe de Thésée pendant le Moyen Âge latin (500-1150)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span> </span></p><p><span>Notes de lecture<br /> Livres reçus<br /> Index des numéros 26 à 31 (1994-1996)</span></p>";;10/07/1997;32;155x220;160;978-2-91038-197-4;9782910381974;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_218.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em></em><span>Étienne ANHEIM : </span><strong><span>« Du symbole au signe : remarques sur la parenté entre </span><em><span>Ars nova</span></em><span> et nominalisme »<br /> </span></strong><span>Cet article cherche à trouver un fondement à l'hypothèse d'une parenté, dans la première moitié du XIVe siècle, entre un courant musical, l'</span><em><span>Ars nova</span></em><span>, et les doctrines philosophiques rassemblées sous le nom de nominalisme. L'étude comparée des écrits de Jean de Murs et de Guillaume d'Ockham permet d'aller au-delà de la comparaison formelle. Sur une question essentielle, le statut du signe (le mot pour Ockham, la note pour Jean de Murs), la réflexion semble s'orienter dans la même direction. En effet, contre le pape Jean XXII (1316-1334) défendant une vision du monde augustinienne, la formulation ockhamiste d'un signe délesté de son poids symbolique paraît trouver un écho dans la justification de la nouvelle écriture musicale que donne Jean de Murs.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Olivier CULLIN : </span><strong><span>« Penser la musique au XIIIe siècle »<br /> </span></strong><span>Dans les traités musicaux du XIIIe siècle, la </span><em><span>proportio</span></em><span> voisine entre la prise en compte des innovations techniques suscitées par la </span><em><span>musica mensurata</span></em><span> et les catégories traditionnelles manipulées depuis saint Augustin et Boèce. En étudiant ces traités - principalement, l'</span><em><span>Anonyme IV</span></em><span>, l'</span><em><span>Anonyme de Saint-Emmeram</span></em><span> et le </span><em><span>De mensurabili musica</span></em><span> de Jean de Garlande - dans le contexte universitaire, le présent article vise à cerner les processus d'analogie selon lesquels la scolastique devient une pensée de la musique à travers trois orientations principales : la langue et le vocabulaire utilisés, les procédés de documentation, les procédés de construction.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Anna Maria BUSSE BERGER :</span><strong><span> « Notation mensuraliste et autres systèmes de mesure au XIVe siècle »<br /> </span></strong><span>Au début du XIVe siècle, des compositeurs et des théoriciens élaborèrent un système de notation ""mesurée"" et la dotèrent de signes appropriés. Cette notation repose sur le système des fractions romaines (en usage pendant tout le Moyen Âge) et sur la méthode médiévale de mesurer le temps. En effet, les deux systèmes renvoient aux mêmes concepts : ils ont en commun une valeur centrale multipliée en valeurs plus grandes et divisée en valeurs plus petites ; un système hiérarchique des valeurs dont chacune est divisée en deux ou en trois parties ; et enfin - et ceci s'applique plus particulièrement à la notation italienne - une valeur centrale divisible en douze unités plus petites. Quant aux signes de mensuration, ils proviennent des symboles associés aux fractions romaines.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Marielle POPIN : </span><strong><span>« Subtilité est affaire de raison »<br /> </span></strong><span>Les études de P.-Y. Badel et de J. Cerquiglini ont souligné l'importance au XIVe siècle du concept de ""subtilité"". Dans le domaine de la théorie musicale, le terme latin s'est imposé dès le XIIIe siècle, avec la mise en place du système franconien. Mais c'est dans le </span><em><span>Speculum musicae</span></em><span> de Jacques de Liège qu'il est le plus fréquemment utilisé, pour stigmatiser les techniques de composition généralisées avec l'</span><em><span>ars nova</span></em><span>, qui opposent la </span><em><span>musica</span></em><span> speculativa à la </span><em><span>musica practica</span></em><span>. On a tenté ici un relevé des occurrences latines dans les traités et françaises dans la chanson polyphonique, un relevé qui permette d'apprécier le champ sémantique de la subtilité.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Nicoletta GUIDOBALDI : </span><strong><span>« La musique du prince : figures et thèmes musicaux dans l'imaginaire de cour au XVe siècle »<br /> </span></strong><span>Au XVe siècle, la représentation de la musique - qui avait toujours joué un rôle considérable dans l'imaginaire courtois - prend une place de plus en plus importante dans la décoration des palais seigneuriaux italiens. L'article propose un </span><em><span>excursus</span></em><span> sur ces décorations, qui reflètent les pratiques musicales ainsi que les changements marquants touchant à la fois l'organisation institutionnelle et les conceptions musicales de l'époque. On passe donc des fresques du début du siècle, où les thèmes musicaux se mêlent aux images de la vie de la cour, aux décorations des palais humanistes, où la musique est présentée comme la marque visible du bon gouvernement du prince. C'est notamment dans le </span><em><span>Studiolo</span></em><span> d'Urbino que le thème du ""prince musicien"" est transposé en images, dans le cadre d'un complexe programme iconographique ; le modèle d'Urbino reste bien reconnaissable dans les successives interprétations de Gubbio et de Mantoue.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Jacques DALARUN : </span><strong><span>« François et Claire. Masculin/Féminin dans l'Assise du XIIIe siècle »<br /> </span></strong><span>François et Claire n'ont nullement constitué un couple symétri que. Le Poverello n'a jamais formulé un projet spécifique pour les moniales de Saint-Damien. En fidélité à l'Évangile, il cherche un projet destiné à l'humanité dans son ensemble. Sa culture courtoise le pousse en revanche à s'adresser à des allégories féminines (Marie, l'Église, la Pauvreté, la Terre) qui résument l'essentiel de ses valeurs de prédilection ; et s'il lui arrive de ""faire la femme"", c'est pour indiquer quel doit être un gouvernement qui se situe aux antipodes du pouvoir. Claire, de son côté, ne se réfère pas de manière intempestive à François, mais uniquement lorsque l'essence de ses choix religieux est remise en cause par la papauté. Pour le reste, toute relation passe par son rapport au Christ. Pour François, il n'y a que des êtres humains, classés dans des catégories sexuelles, sociales, culturelles qu'il s'agit de subvertir. Pour Claire, il n'y a que des Christs, tous uns et tous uniques.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>André PEYRONIE : </span><strong><span>« Le mythe de Thésée pendant le Moyen Âge Latin (500-1150) »<br /> </span></strong><span>Cet article propose d'étudier le mythe de Thésée à la haute époque médiévale et de le mettre en perspective par rapport à la suite de son histoire. Il en décrit la présence dans les scolies aux poètes latins, analyse les mentions qui en sont faites dans diverses compilations et étudie les illustrations qu'on en trouve dans les manuscrits et les pavements (ou les murs) des églises. Si la connaissance du mythe est indubitable, il n'apparaît sous forme de récit qu'avec les </span><em><span>Mythographi Vaticani</span></em><span>. Les illustrations renforcent la prééminence de l'épisode central du labyrinthe. Au respect pour l'ancienneté des auteurs se superpose une grande liberté dans l'adaptation du mythe, liberté spécifique de l'état d'esprit de cette époque.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Jean-Claude FAUCON : </span><strong><span>« La représentation de l'animal par Marco Polo »<br /> </span></strong><span>Si Marco Polo a omis d'évoquer le thé ou les petits pieds des Chinoises, il ne pouvait éviter de parler à ses contemporains des animaux d'Extrême-Orient. Les Européens, si amateurs de bestiaires, s'attendaient à trouver dans un pareil récit l'animal exotique et merveilleux qu'ils croyaient connaître. Marco Polo en introduit donc un grand nombre, mais prend ses lecteurs à contre-pied. Loin du bestiaire chrétien et de son symbolisme moral, il leur présente des scènes de chasse vécues et démythifie les habituels monstres, tout en parant de merveille des animaux bien connus. L'imaginaire animalier cède du terrain à un réel étrange et multiple.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne ANHEIM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« From Symbol to Sign : On the Relationship Between </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ars nova</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and Nominalism »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper attempts to provide a basis for the hypothesis which relates the new mode of musical practice which appeared in the early fourteenth century, known as the Ars nova, to the philoso-phical doctrines assembled under the name of nominalism. The comparative study of the writings of Jean de Murs and of William of Ockham leads to an understanding which goes beyond the merely formal comparison. Reflection on an essential question -the status of the sign (the word for Ockham, the note for Jean de Murs) - orients the study in the same direction. In opposition to Pope John XXII's (1316-1334) defense of the Augustinian vision of the world, Ockham's formulation of a sign devoid of symbolic meaning does indeed find an echo in Jean de Murs'justification of the new mensural notation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier CULLIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Concept of Music in the Thirteenth Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In thirteenth-century musical treatises, proportio borders both upon the technical innovations arising from the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">musica mensurata</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and the traditional categories in use since Saint Augustine and Boethius. This paper, following a university-connected study of these treatises - particularly </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anonymous IV, Anonymous of Saint-Emmeram and De mensurabili musica</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by Jean de Garlande, endeavors to trace the analogical processes which led from scholasticism to musical thought by way of three main orientations language and vocabulary, documentary procedures, and constructive procedures.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anna Maria BUSSE BERGER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Relationship Between Mensural Notation and Other Measuring Systems in the Fourteenth Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the early fourteenth century composers and theorists developed a mensural system with appropriate signs. This system grew out of the system of Roman fractions (which was used throughout the Middle Ages) and medieval ways of reckoning time. Both systems share the same conceptual premisses : first, a central value multiplied into larger values and divided into smaller ones ; secon-dly, a hierarchical system of values, each of which is divided into two or three parts ; and thirdly (and this applies particularly to the Italian notational system), the divisibility of the central value into smaller units. Moreover, the mensuration signs derive from the symbols associated with Roman fractions.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marielle POPIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Subtility is a Matter of Reason »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Studies by P-Y. Badel and J. Cerquiglini concerning the four-teenth century focus on the concept of ""subtility"". The word appeared in Latin musical treatises as early as the thirteenth century, from Franco to Jacobus Leodiensis. It was however most frequently used in </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Speculum musicae</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, to stigmatize the new techniques of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ars nova</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, opposing </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">musica speculativa</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">musica practica</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. We have tried, by pointing out the occurrences of the word - in Latin in the treatises and in French in polyphonic song to define the semantic field of ""subtility"".</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicoletta GUIDOBALDI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Music of the Prince : Musical Figures and Themes in the Courtly Imagery of the Fifteenth Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the fifteenth century, the representation of music - which had always played an important role in courtly imagery - acquires an increasingly important place in the decoration of Italian princely palaces. This paper proposes an exploration of these decorations, which reflect the musical practices as well as the outstanding changes both in the institutional organization and in the musical conceptions of the times. Starting with the frescoes of the early fifteenth century, where musical themes mingle with illustrations of the courtly life, we move on to the decorations of the palaces of the humanists, where music is presented as the visible mark of the good government of the prince. It is notably in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Studiolo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> at Urbino that the theme of the ""musician prince"" is fully depicted, within a framework of a complex iconographic program. The Urbino model is apparent in the subsequent interpretations of Gubbio and Mantua.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques DALARUN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Francis and Clare. Masculine/Feminine in Thirteenth-century Assisi »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis and Clare did not form a symmetrical couple ; the Poverello never formulated a specific project for the nuns of Saint Damien. Faithful to the Gospel, Francis sought a guideline for humanity as a whole. His courtly upbringing prompted him however to invoke feminine allegories (as Mary, the Church, Poverty, the Earth) which represented the values he deemed most important ; and if he happened to ""act like a woman"", it was to convey the idea of a form of government in direct opposition to one wielding power. Clare, for her part, did not have constant or untimely recourse to Francis, but only when her fundamental religious options were called into question by the papacy. For the rest, she saw all relationship in reference to Christ. For Francis, mankind consisted of human beings classed according to sexual, social and cultural categories in need of redirection. For Clare, mankind consisted of Christs, all one and all unique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude FAUCON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Representation of the Animal by<br /> Marco Polo »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">If Marco Polo failed to mention tea or the tiny feet of Chinese women, he could not avoid telling his contemporaries about the animals of the Far East. The Europeans, so fond of bestiaries, expected to find in such a narrative the sort of exotic and marvellous animaIs they had heard about. Marco Polo mentions many of them, but he also takes his readers by surprise. Far from the image of the Christian bestiary and its moral symbolism, he describes real hunting scenes and shatters the myth of the usual monsters, while at the same time endowing with wonder familiar animals. Thus the imagery of animals gives way to a manifold and strange reality.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André PEYRONIE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Myth of Theseus During the Latin Middle Ages (500-1150) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper proposes an analysis of the myth of Theseus in the Early Middle Ages and a study of the interpretations it gave rise to. The myth was mentioned in the scholia of the Latin poets and appeared in various compilations, and illustrations of it are also to be found in manuscripts and on church pavements or walls. Although the story was known at the time, the first written account of it may be found in the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Mythographi Vaticani</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. In the illustrations of the myth, special attention was given to the central episode of the labyrinth. The new adaptation shows respect for the ancient authors, but also a novel spirit of liberty characteristic of the mentality of the times.</span></p>";101;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les voix nouvelles, malgré la condamnation du pape, s'imposent et changent radicalement le paysage sonore. La mélodie, rendue par des voix multiples, est plus complexe, plus sublime, affinée par le concept de « subtilité ». Pour transcrire ce langage musical, les théoriciens élaborent un nouveau système de notation et en définissent les signes. Au XVe siècle, la musique fait partie intégrante de la vie de cour et les instruments de musique sont représentés dans la décoration des palais seigneuriaux italiens. Une discographie allant du XIe au XVe siècle vient opportunément compléter cet ensemble.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 219;1;3;27;Cultures et nourritures de l'Occident musulman;N°33/1997;;;"<p style=""text-align: justify;"">Nous sommes au Maghreb et en Espagne, exactement en al-Andalus ; la perspective est à la fois historique et ethnographique, dans un long Moyen Age.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Bresc<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cultures et nourritures de l'Occident musulman</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuela Marin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cuisine d'Orient, cuisine d'Occident</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ana Maria Cabo Gonzalez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ibn al-Baytar et ses apports à la botanique et à la pharmacologie dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kitab al-Gami</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Expiracion Garcia Sanchez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La consommation des épices et des plantes aromatiques en al-Andalus</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rosa Kuhne Brabant<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sucre et le doux dans l'alimentation d'al-Andalus</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Halima Ferhat<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Frugalité soufie et banquets de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">zaouyas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : l'éclairage des sources hagiographiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent Lagardère<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cépages, raisin et vin en al-Andalus (Xe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mohamed Monkachi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'alimentation traditionnelle dans les campagnes du nord du Maroc</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Aubaile-Sallenave<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les nourritures de l'accouchée dans le monde de l'arabo-musulman méditerranéen</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tahar Mansouri<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Produits agricoles et commerce maritime en Ifriqiya aux XIIe-XVe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle Gaillard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'éphémère promotion d'un mausolée dynastique : la sépulture de Louis le Pieux à Saint -Arnoul de Metz</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernadette Mora<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Propositions de recherche en épigraphie médiévale : l'exemple français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cécile Auliard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les maréchaux à l'époque médiévale : forgerons ou vétérinaires ?</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/1997;33;155x220;192;978-2-84292-031-9;9782842920319;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_219.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span> </span></em><span>Manuela MARIN : </span><strong><span>« Cuisine d'Orient, cuisine d'Occident »</span></strong><span><br /> Cet article pose la question de l'existence d'une cuisine andalousienne originale et différente de la cuisine orientale. Pour répondre à cette question, on examine les deux traités culinaires d'origine andalouse/maghrébine (la </span><em><span>Fadalat al-hiwan</span></em><span> d'Ibn Razin al-Tugibi et l'anonyme </span><em><span>Kitab al-tahib</span></em><span>). Ces documents écrits fournissent des informations sur les recettes de cuisine que l'on qualifie d'andalousiennes, mais aussi sur la présence de noms de recettes d'origine hispanique. Avec cette donnée on a dressé une liste de plats qu'on peut considérer d'emblée comme typiquement andalousiens. En conclusion, on observe que cette cuisine possède un répertoire d'ingrédients plus limité que celui qu'on trouve dans la cuisine orientale. Mais les procédés de cuisson, les modalités de combinaison des différents éléments, le « ton » des recettes restent fondamentalement les mêmes que dans la cuisine orientale. La cuisine andalousienne serait donc une variation régionale de celle qui a été importée de l'Orient.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Ana Maria GABO GONZALEZ : </span><strong><span>« Ibn al-baytar et ses rapports à la botanique et à la pharmacologie dans le </span><em><span>Kitab al-Gami</span></em><span> »</span></strong><span><br /> Couronnement de la littérature botanique et pharmacologique arabe, le</span><em><span> Kitab al-Gami</span></em><span> fut composé par Ibn al-Baytar, originaire de Malaga et mort en 1248. Conservé dans plus de 80 manuscrits (dont la liste est donnée en annexe), ce dictionnaire alphabétique des aliments et des médicaments d'origine végétale, animale et minérale compile, de manière méthodologique et critique, des sources grecques, persanes et arabes, tout en intégrant la riche expérience pratique de l'auteur, qui parcourt tout le monde musulman et y a herborisé en compagnie des disciples. La richesse du matériau rassemblé par Ibn al-Baytar se révèle notamment dans les parties initiales de ses notices, qui sont ici longuement analysées.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Expiracion GARCIA SANCHEZ : </span><strong><span>« La consommation des épices et des plantes aromatiques en al-Andalus »</span></strong><span><br /> Les épices ont joué - et jouent encore de nos jours - un rôle très important dans l'alimentation des diverses cultures islamiques. L'analyse des textes agricoles et botaniques andalousiens, ainsi que des traités de </span><em><span>hisba</span></em><span>, c'est-à-dire ceux qui s'occupent de régler l'activité des souks, nous fournissent un grand nombre de renseignements en ce qui concerne la consommation réelle et le commerce de ces produits. La confrontation de ces données avec les pourcentages élaborés à partir de deux livres de cuisine témoignent du sens et du but que l'on assignait aux épices dans l'Espagne musulmane, ainsi que des possibles variations qui ont affecté les goûts alimentaires des Andalousiens.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Rosa KUHNE BRABANT : </span><strong><span>« Le sucre et le doux dans l'alimentation d'al-Andalus »</span></strong><span><br /> Contrairement à ce que l'on croit souvent, le goût des habitants d'al-Andalus pour tout ce qui était doux s'est vu limité par une série de facteurs socio-économiques, surtout en ce qui concerne l'usage du sucre industriel. L'édulcorant de base a toujours été le miel, et les différentes sortes de sucre, considérées comme substances médicinales, n'ont pénétré que dans les habitudes culinaires des classes les plus privilégiées.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Halima FERHAT : </span><strong><span>« Frugalité et banquets des </span><em><span>zaouyas</span></em><span> : l'éclairage des sources hagiographiques »</span></strong><span><br /> Les vastes corpus hagiographiques du VIIe au XVe siècle apportent une importante information sur l'alimentation des ascètes et par là sur l'alimentation populaire et rurale. Les premiers saints se caractérisent par une vie ascétique faite de jeûnes et de privations. Mais la formation des réseaux et l'apparition des </span><em><span>zaouyas</span></em><span> donnent de l'importance à l'offrande de nourriture, qui pousse les confréries à trouver des subsides puis à s'enrichir.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Vincent LAGARDÈRE : </span><strong><span>« Cépages, raisin et vin en al-Andalus (Xe-XVe siècles) »</span></strong><span><br /> La conquête musulmane d'al-Andalus n'a en rien porté atteinte à la culture de la vigne, à la consommation du raisin et du vin. Les agronomes andalous des XI, XII et XIIIe siècles consacrent un chapitre de leurs traités d'agronomie à la culture de la vigne. Seuls Abu-l-Hayr al-Isbili le Sévillan et Al-Tignari le Grenadin décrivent les divers cépages de manière à permettre de différencier les variétés héritées de l'époque romaine et wisigothique de celles qui provenaient du Moyen-Orient ou de Mésopotamie, acclimatées en al-Andalus lors de la révolution agraire du XIe siècle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Mohamed MONKACHI : </span><strong><span>« L'alimentation traditionnelle dans les campagnes du nord du Maroc »</span></strong><span><br /> Cet article est une contribution à la connaissance des pratiques alimentaires rurales dans le nord du Maroc au XIXe siècle, qui se place dans une perspective de continuité culturelle. Construite à partir d'une étude géographique, accompagnée de notes historiques, ethnographiques et sociologiques reccueillies sur le terrain, cette approche nous renseigne également sur les techniques de fabrication (extraction de l'huile, cuisson du pain, fabrication du vin) ainsi que sur les nourritures de substitution.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Françoise AUBAILESALLENAVE : </span><strong><span>« Les nourritures de l'accouchée dans le monde arabo-musulman méditerranéen »</span></strong><span><br /> À partir de sources anciennes remontant jusqu'au Xe siècle et de descriptions ethnographiques récentes, on peut mettre en évidence l'homogénéité des pratiques et des croyances entourant la nourriture de l'accouchée dans tout le monde musulman méditerranéen. Déjà vive durant la grossesse, l'attention portée à cette nourriture se renforce après l'accouchement, imposant une alimentation riche et copieuse à base de volaille, d'oeufs, d'épices et de tous les produits susceptibles d'améliorer la lactation. En contrepartie, l'accouchée doit se soumettre à certains interdits. Enfin, des plats spécifiques accompagnent les cérémonies et les fêtes accompagnant la naissance, l'octave de celle-ci et les relevailles du 40e jour.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Tahar MANSOURI : </span><strong><span>« Produits agricoles et commerce maritime en Ifriqiya aux XIIe-XVe siècles »</span></strong><span><br /> L'évolution de l'état économique de l'Ifriqiya ne peut être analysée uniquement à partir des sources littéraires arabes, qui, limitées en quantité, sont souvent des compilations qui donnent une image figée dans le temps. C'est pourquoi nous avons tenté d'éclairer la situation à la lumière de documents d'archives publiés. Ce qui nous a permis de suggérer une lecture différente. D'abord, l'économie Ifriqiyenne au Moyen Âge est rurale, et dans sa ruralité, elle est plus pastorale qu'agraire : les importations et les exportations l'attestent. Par ailleurs, l'Ifriqiya importaient des produits alimentaires des régions occidentales de l'Italie et en même temps, elle exportait des produits agricoles vers Venise, ce qui révèle non pas une production excédentaire en Ifriqiya mais, à travers l'Ifriqiya, un commerce de transit entre deux régions européennes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Michèle GAILLARD : </span><strong><span>« L'éphémère promotion d'un mausolée dynastique : la sépulture de Louis le Pieux à Saint-Arnoul de Metz »</span></strong><span><br /> La sépulture de Louis le Pieux à Saint-Arnoul de Metz a souvent été considérée comme conforme à la tradition familiale. En fait, Saint-Arnoul de Metz fut surtout un lieu de sépulture pour les femmes de la famille carolingienne : avant et après Louis le Pieux aucun roi carolingien n'y fut enterré. Il faut en réalité mettre en relation cette sépulture avec la volonté de l'archevêque Drogon de promouvoir sa ville de Metz comme le berceau de la famille carolingienne ; il a sans doute souhaité faire de Saint-Arnoul, dont le saint patron était l'ancêtre de la famille, le mausolée royal des Carolingiens.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Bernadette MORA : </span><strong><span>« Propositions de recherche de épigraphie médiévale : l'exemple français »</span></strong><span><br /> L'épigraphie médiévale française est une science relativement jeune. Les publications faites jusqu'à présent n'ont pas toujours été suffisamment ouvertes sur les disciplines complémentaires et voisines (histoire économique, sociale, toponymie, etc.), qui n'ont pas encore bénéficié de l'apport des inscriptions. Divers instruments de recherche ont été élaborés pour aider à exploiter les richesses diverses de la source épigraphique. Des exemples sont donnés pour montrer l'intérêt de celle-ci dans quelques domaines particuliers (métiers, événements guerriers, événements catastrophiques). C'est surtout à partir du XIIIe siècle qu'ils se situent.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Cécile AULIARD :</span><strong><span> « Les maréchaux-ferrants à l'époque médiévale : forgerons ou vétérinaires ? »</span></strong><span><br /> À la fin du Moyen Âge, le cheval est sans conteste un outil indispensable dans la société occidentale ; ainsi, de nombreux artisans ont une activité professionnelle directement liée à l'utilisation de cet animal. Parmi eux, le maréchal-ferrant occupe une place privilégiée ; il est non seulement celui qui forge et qui pose les fers à cheval, mais encore celui qui soigne les chevaux. Cet artisan est donc un personnage étonnant puisqu'il cumule des fonctions à priori incompatibles, celle de forgeron et celle de vétérinaire. Leur compétence professionnelle s'étend au-delà du monde du cheval ; certains maréchaux semblent avoir soigné d'autres animaux et même des hommes?</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuela MARIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Eastern Cooking, Western Cooking »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The question of the existence of an Adalousian cuisine, original and different from the Oriental Arab cuisine is raised in this article. To answer this question, the two extant cook-book of Andalousian-Maghribi origin are examined (the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fadalat al-hiwan</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Ibn Razin al-Tugibi and the anonymous</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Kitab al-tahib</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">). These texts offer information on recipes qualified as Andalousian and also on recipes'names of Hispanic origin. Combining with these data, a list of typically Andalousian dishes is presented in the article. As a conclusion, it appears that the general character of Andalousian cuisisne is that it has a more limited repertoire of ingedrients than the Oriental cuisine. But the cooking methods, the way of combining different food elements, the « tone » of the recipies, are all, basically, the same as those practised in the Eastern Arabe World. Andalousian cuisine is defined, therefore, as a regional variant of the imported Oriental.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ana Maria CABO GONZALEZ :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Ibn al-Baytar and his Contributions to Botany and Pharmacology in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kitab al-Gami</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> The crowing achievement of Arab botanical and pharmacological literature, the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kitab al-Gami</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> was composed by Ibn al-Baytar, a native of Malaga who died in 1248. Conserved in over 80 manuscripts (listed here in the annex), this alphabetical dictionary of foods and medicines of vegetables, mineral or animal origin, compiles, in a methodical and critical manner, Greek, Persian and Arab sources, and at the same time integrates the author's wealth of pratical experience. He travelled the entire Moslem word ang gathered herbs in the compagny of his followers. The wealth of material assembled by Ibn al-Baytar is revealed notably in the initial part of his entries, which are alayzed here at lenght.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Expiracion GARCIA SANCHEZ : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Uses of Spices et Aromatic Plants in al-Andalus »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Spices have played a prominent role - and still to today - in the diets of various Islamic cultures. The analysis of agricultural and botanical Andalousian texts, as well as of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">hisba</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> treatis (regulating the activities of souks), has thrown light on the actual consumption of spices and on commerce concerning the products. Collating these findings with the percentages drawn from two cookbooks has given an idea of the signifiance and the purpose assigned to spices in Moslem Spain, as well as of the possible variations which have influenced the tastes of the Andalousians.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rosa KUHNE BARBANT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Sugar and Sweets in the Food of al-Andalus »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Contrary to general belief, the Andalusians'taste for swets was restricted by a series of socio-economical factors, especially regarding the use of industrial sugar. The basic sweetener has always been honey, and the different sorts of sugar, which were considered as medicinal substances, became part of the culinary habits only of the most priviledged classes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Halima FERHAT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Soufie Frugality and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zaouyas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Banquets : Enlightment from Hagiographic Sources »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The vast hagiographic corpora spanning the seventh to thhe fifteenth centuries has yielded important on the diets of ascetics, and also on popular and rural eating habits. The first saints are characterized by an ascetic way of life consisting of fasting and privation. But the forming af networks, and the appearance of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">zaouyas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> accorded great importance to offering of food, which in turn prompted the brotherhood to seek subsidies and ultimately riches.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent LAGARDÈRE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Grapes, and Wine (Tenth to Fifeteenth Centuries) »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> The Moslem conquest of al-Andalus did not have any adverse effects on winegrowing, nor on the consuption of grapes or wine. Andalusian agronomists from the eleventh, twelfth and thirteenth centuries consecrated a chapter of their agronomic treatises to the culture of the grapevine. Amongst these, Abu-Hayr al-Isbili of Seville and Al-Tignari of Granada are the only ones who describe the wine in a way permitting to distinguish between the varieties of wine inherited from the Roman and Wisigothic eras and those which originally came from the Near East and Mesopotamia and were acclimated in al-Andalus during the agrarian revolution of the eleventh century.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mohamed MONKACHI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Traditional Food in the Rural Areas of Northern Morocco »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper contributes to a better knowledge of the rural alimentary practices in northern Morocco in the nineteenth century, considered from a perspective of cultural continuity. A geographical study, accompagnied by historical, ethnographc and sociological notes gathered from an investigation in the areas concerned, has yieled additional information on manufacturing techniques (oil extraction, breadbaking, winemaking) as well as on substitute foods.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise AUBAILLE-SALLENAVE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Food for the New Mother in the Arabic Moslem Mediterranean World »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A study of early sources going back on the tenth century and of recent ethnographic descriptions has brought to light the similar nature of Moslem practices and beliefs concerning the new mother's diet throughout the Moslem Mediterranean world. Much attention was givent to food during pregnancy, and even more so after childbirth, when a rich and copious diet was imposed consisting predominantly of poultry, eggs, spices and all other products susceptible of ameliorating lactation. In return, the new mother had to respect certain prohibitions. Lastly, specific dishes accompanied the ceremonies and feasts attending the day of the birth, the eigth day, and the fortyeth day after le birth.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tahar MANSOURI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Agricultural Production and Seaborne Trade in Ifriqiya in the Twelfth to Fifteenth Centuries »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The evolution of the economical situation in Ifriqiya cannot be analyzed from literary Arabic sources alone, which, limited in number, are often compilations offering an unchanging image in time. We have therefore tried to gain more knowledge by examining published archive document, a study which has opened a different perspective. First of all, the economy of Ifriqiya in the Middle Ages was a rural one, and as attested y trade practices, a predominatly pastoral one. Moreover, Ifriqiya imported foodstuffs from the western regions of Italy, and, at the same time, exported agricultural commodities to Venice. This, however, is not a sign of excess production in Ifriqiya, but rather an indication that Ifriqiya served as a center of transit for commerce between two European regions.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle GAILLARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The ephemeral Promotion of a dynastic Mausoleum : The Sepulchre of Louis the Pious in Saint-Arnoul of Metz »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The sepulchre of Louis the Pious in Saint-Arnoul of Metz has often been considered as representative of the family tradition. Bunt in fact Saint-Arnoul of Metz was primarily a burial place for the women of the Caroligian family : before or after Louis the Pious no Carolingian king was buried there. One should rather relate this sepulchre to the archbishop Drogo's ambition of elevating his city of Metz by making it the cradle of the Carolingian family : in all probability he wishd to establish Saint-Arnoul, whose patron saint was a family ancestor, as the royal mausoleum of the Carolingians.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernadette MORA :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Proposals for Research in Medival Epigraphy : the French Example »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">French medieval epigraphy is a relatively young science. Publications to date have not always given sufficient attention to complementary and relative disciplines (such as economic and social history, toponymy, etc.), which have yet to benefit from the study of inscriptions. Various instruments of research have recently been elaborated to help exploit the rich potential of epigraphic sources. Examples demonstratig the importance of these sources in some particular fields (trades, war events, catastrophies) are given, starting mainly with the twelfth century.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cécile AULIARD :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Farriers in the Middle Ages : Blacksmiths or Veterinarians ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the late Middle Ages, the horse was without doubt an indispensable tool in Western society : as a result many craftsmen's professional activity was directly related to this animal. Amongst these, the farrier plays a prominent role : not only does he forge the iron and shoe the horses, but he also treats the diseases of horses. This makes him a rather astonishing figure cumulating two functions a </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">priori</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> incompatible, that if a smith and that of a veterinarian. The farrier's profesional skills were not limited to horses and some of them seem to have treated other animals as well and even people.</span></p>";314;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Suivant les pistes tracées par Bernard Rosenberger, les auteurs cherchent les origines et les continuités dans les usages alimentaires, leurs justifications économiques, scientifiques ou religieuses. Le lecteur trouvera ici une avancée sur des thèmes familiers à <em>Médiévales</em>, et autrefois abordés sur d'autres terrains, dans le n° 5 « Nourritures » et le n° 16/17 « Plantes, mets et mots ».</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 220;1;3;27;Hommes de pouvoir - Individu et politique au temps de saint Louis;N°34/1998;;;<p>Entretien avec Jacques Le Goff : analyses de la conduite politique de saint Louis au regard de la culture et de l'opinion publique de son temps.</p>;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Changements à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Médiévales</span></em></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Boucheron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écrire autrement l'histoire politique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Chiffoleau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint Louis, Frédéric II et les constructions institutionnelles du XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Genet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint Louis : le roi politique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chiara Frugoni<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint Louis et saint François</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le père du bienheureux : Bonatacca Tacche, conseiller siennois et podestat impérial</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-philippe Genet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simon de Montfort : baron ou homme politique ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Boucheron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint Louis, comédien et martyr : l'écriture d'une vie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">William Chester Jordan<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Amen ! » Cinq fois « Amen ! ». Les chansons de la croisade égyptienne de Saint Louis, une source négligée d'opinion royaliste</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Propos recueillis par </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier et Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entretien avec Jacques Le Goff</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent Challet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La révolte des Tuchins : banditisme social ou socialité villageoise ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didier Lett<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les lieux périlleux de l'enfance d'après quelques récits de miracles des XIIe-XIIIe siècles</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Maurice<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le milieu social et familial des forgerons du Gévaudan à la fin du Moyen Âge</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/07/1998;34;155x220;160;978-2-84292-042-5;9782842920425;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_220.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span> </span></em><span>Jacques CHIFFOLEAU : </span><strong><span>« Saint Louis, Frédéric Il et les constructions institutionnelles du XIIIe siècle »</span></strong><span><br /> S'agissant des deux plus grands souverains du XIIIe siècle, on a pris l'habitude d'opposer un peu trop facilement le saint à l'antéchrist. Mais l'abondance des sources hagiographiques et exemplaires dans le cas de Saint Louis ne doit pas dissimuler l'importance des constructions proprement institutionnelles sous son règne, dont les racines et les moyens sont presque toujours romano-canoniques (quoi qu'en disent les tenants de la thèse d'une « relégation du droit romain » par la monarchie française) et dont on repère ici quelques manifestations évidentes. L'ouvrage de Jacques Le Goff, parce qu'il est centré sur la construction complexe de la personne du roi, individuelle et institutionnelle, et non à proprement parler sur sa « personnalité », n'est pas vraiment une biographie, mais bien un essai d'histoire politique très neuf qui éclaire la genèse de l'État moderne sans se contenter, comme on l'a fait souvent, de proposer une simple « histoire des idées politiques » au milieu du XIIIe siècle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Jean-Philippe GENET : </span><strong><span>« Saint Louis : le roi politique »</span></strong><span><br /> La lecture du </span><em><span>Saint Louis</span></em><span> de Jacques Le Goff en liaison avec la problématique de l'Etat moderne conduit à poser une série de questions qui n'ont pas toutes encore trouvé de réponses. Saint Louis est-il un roi moderne, ou un roi féodal ? Si Saint Louis apparaît bien comme un roi de paix, un roi « arbitre », et donc un roi féodal, il peut aussi être considéré comme un roi moderne, un roi de guerre, dans la mesure où il est avant toute chose un roi chrétien et un croisé. Une seconde question est liée au genre littéraire des Miroirs au Prince et à d'autres textes dominicains - dont le </span><em><span>De Regimine Principum</span></em><span> de Gilles de Rome - qui sont essentiels pour comprendre les fondements de l'idéologie royale médiévale : quelles relations peut-il exister entre ces textes et Saint Louis ? Enfin, qu'en est-il de Saint Louis et de ces grands nobles qui ont tous été à un moment ou à un autre ses compagnons ? Sa piété, sa culture, ses attitudes prendraient peut-être un tout autre relief Si ce groupe social pouvait être mieux dessiné : les parallélismes avec un Simon de Montfort sont par exemple particulièrement frappants.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Chiara FRUGONI : </span><strong><span>« Saint Louis et saint François »</span></strong><span><br /> En offrant une série d'exemples convergents, cet article examine les rapports entre la figure de saint François et celle de Saint Louis, considérés du point de vue de leurs biographes respectifs. Les biographes de Saint Louis ont manifestement surtout retenu l'image de saint François dessinée et réinventée par saint Bonaventure, qui a fortement souligné l'identification de François au Christ humain et souffrant sur la croix dans les écrits de François, en revanche, on perçoit clairement comment l'identification du saint se fait avec l'image bienveillante de Dieu le Père.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Odile REDON : </span><strong><span>« Le père du bienheureux : Bonatacca Tacche, conseiller siennois et podestat impérial »</span></strong><span><br /> Bonatacca Tacche (ca 1200-I 267) était le père du bienheureux Ambroise Sansedoni, de l'Ordre des Prêcheurs leur famille s'adonnait à la banque. Sa carrière illustre une manière de vie politique, dans le contexte d'une commune souveraine, en Italie au XIIIe siècle. Miles/chevalier, il participa peut-être à la 5e croisade vers 1220 ; souvent ensuite il conduisit les armées siennoises et il contribua au gouvernement de la commune en siégeant au Conseil. Plusieurs fois l'empereur Frédéric Il le désigna comme podestat (gibelin) dans d'autres villes d'Italie. De sa vie privée on ne saisit que des bribes grâce à la </span><em><span>Vita</span></em><span> de son fils ; son individualité reste inconnue.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Jean-Philippe GENET :</span><strong><span> « Simon de Montfort : baron ou homme politique ? »</span></strong><span><br /> L'article présente la biographie que John Maddicott a consacrée à Simon de Montfort en 1994. La carrière de ce cadet d'une grande famille française se déroule sur de multiples théâtres (Terre Sainte, Gascogne), mais il s'est enraciné en Angleterre, où il dispose d'un complexe de terres et de rentes. Les bases de cette fortune sont cependant fragiles, et Simon n'aura de cesse d'essayer de les consolider et d'accroître ses biens. L'opiniâtreté dont il fait preuve dans ce domaine contraste avec son engagement de croisé et sa piété, imprégnée de l'idéal franciscain, qui le rapproche de Saint Louis. Sa stature militaire et religieuse explique sans doute qu'il soit l'un des chefs du mouvement réformateur dès 1258. Avec la guerre civile, il apparaît comme le leader incontestable d'un mouvement qui repose sur la défense de véritables principes politiques, soutenu par une partie de l'élite. Cependant il poursuit toujours une course effrénée à l'acquisition de terres et de richesses. Sa défaite militaire est logique, et c'est le Lord Edward qui saura tirer les profits de cette première expérience « politique » (au sens moderne) dans un monde encore féodal.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Patrick BOUCHERON : </span><strong><span>« Saint Louis, comédien et martyr : l'écriture d'une vie »</span></strong><span><br /> On propose ici une analyse de la structure narrative </span><em><span>du Saint Louis</span></em><span> de Jacques Le Goff, de ses « trois drames » dont la succession (le troisième recomposant ce que le deuxième avait démonté du premier) crée l'effet de lecture. Celui-ci est, en particulier, animé par le retour des mêmes histoires, parfois des mêmes textes, sur lesquels l'historien exerce sa critique, patiemment et modestement, nous délivrant au passage une leçon de méthode. Peut-on lire un livre d'histoire comme un roman ? C'est la question que cet essai tente de poser, en même temps qu'il revient sur l'ambiguïté de son « personnage », Saint Louis qui fut peut-être, comme le Genet de Sartre, comédien et martyr.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>William Chester JORDAN :</span><strong><span> « ""Amen !"" Cinq fois ""Amen !"". Les chansons de la croisade égyptienne de Saint Louis, une source négligée d'opinion royaliste »</span></strong><span><br /> Trois chansons anonymes, dont la composition est contemporaine de la première croisade de Louis IX, apportent de précieux renseignements sur les sentiments royalistes à la veille de l'expédition égyptienne et après son échec en 1250. La connaissance de ces sentiments permet à l'historien de mieux comprendre l'idéologie royale au XIIIe siècle, et l'étude du cadre musical d'une des chansons aide de façon significative à apprécier l'impact qu'a eu l'échec de la croisade sur la personnalité et sur le gouvernement de Louis IX.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Vincent CHALLET : </span><strong><span>« La Révolte des Tuchins : banditisme social ou sociabilité villageoise ? »</span></strong><span><br /> Prenant le contre-pied de l'historiographie traditionnelle qui ne voit dans la révolte des Tuchins qu'un mouvement d'asociaux et de marginaux, cet article tente de montrer la parfaite intégration des Tuchins à la société languedocienne. A partir de l'exemple de Bagnols-Sur-Cèze, on s'aperçoit que le Tuchinat, très actif en Languedoc de 1380 à 1384, s'organise autour de réseaux de sociabilité tant urbains que ruraux puisque le recrutement se fait à la fois dans des communautés villageoises et les faubourgs des villes. Réaction de défense de la part d'individus et de communautés en lutte pour leur survie à la fois contre les ravages des routiers et les prélèvements fiscaux, la révolte des Tuchins n'est sans doute qu'une forme extrême de sociabilité.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Didier LETT : </span><strong><span>« Les lieux périlleux de l'enfance d'après quelques récits de miracles des XIIe-XIIIe siècles »</span></strong><span><br /> À partir de récits de miracles datant des XIIe et XIIIe siècles, on peut observer les espaces où vivent les enfants, particulièrement leurs lieux d'accident. Ces derniers se modifient nettement en fonction de l'âge de l'enfant. En effet, Si les nourrissons connaissent des accidents essentiellement à domicile (noyade ou suffocation), ceux qui sont âgés de trois à sept ans subissent des périls (très souvent liés aux jeux pour les garçons et à l'imitation des gestes maternels pour les petites filles) qui prennent place dans un espace péridomestique. Enfin, les enfants ayant dépassé l'âge de sept ans sont accidentés loin du domicile, de plus en plus loin à mesure que l'enfant et les garçons bien plus que les filles qui demeurent plus sédentaires. À travers l'étude des lieux et des types d'accident, on peut arriver à cerner les espaces de vie des premiers âges au cours du Moyen Âge classique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Philippe MAURICE : </span><strong><span>« Le milieu social et familial des forgerons du Gévaudan à la fin du Moyen Âge »</span></strong><span><br /> Les forgerons, souvent constitués en dynasties, se situent à l'intersection de deux couches de la société : celle des artisans, à laquelle ils appartiennent, et celle des négociants aisés. Par leurs alliances matrimoniales, ils tissent des liens avec les marchands et les officiers, sans rompre toutefois avec les autres catégories d'artisans moins favorisés. Malgré la modestie de leur condition, par rapport aux riches bourgeois des oligarchies régionales, l'honorabilité dont ils jouissent leur permet de s'associer aux pouvoirs locaux, grâce à la présence de fils placés au sein de l'Église et grâce à leur participation à l'administration des baiIliages et des communautés d'habitants.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques CHIFFOLEAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Saint Louis, Frederick Il, and the Institutional Constructions of the l3th Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">When reflecting upon the two greatest sovereigns of the thirteenth Century, we too easily tend to oppose the saint and the antichrist. But the abundance of hagiographic and exemplary sources in the case of Saint Louis should not overshadow the importance of the specifically institutional Constructions which became effective under his rule. These have their roots in, and draw their means from, the Roman canon (whatever the upholders of the theory of the ""relegation of Roman law"" by the French monarchy may say), as is in part evidenced here. Jacques le Goff's work, because it focuses on the complex construction of the individual and institutional person of the king rather than, strictly speaking, on his ""personality"", is not really a biography, but a very novel essay indeed on political history which illuminates the genesis of the modem State, instead of merely proposing, as has so often been done before, ""a history of political ideas"" in the mid thirteenth Century.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Philippe GENET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Saint Louis : The Political King »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">When we consider Jacques Le Goff's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint Louis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> in relation to the modem State, a number of questions arises to which the answers are yet to be found. Was Saint Louis a modern or a feudal king ? If he appears as a king of peace, an ""arbiter"", and thus a feudal king, he can also be considered as a modern one, a king of war, insofar as he was primarily a Christian king and a crusader. A second question concerns the literary genre of</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Miroirs au Prince</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> as well as other Dominican texts - above all </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De Regimine Principum</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by Gilles de Rome - which are essential to an understanding of the foundations of royal medieval ideology : How are these texts linked with Saint Louis ? Lastly considered is Saint Louis's relationship with the noblemen who were all at one time or another his companions. Saint Louis's piety, culture and attitudes would perhaps be thrown into new relief if this social group were better defined : particularly striking are the parallelisms between Saint Louis and Simon de Montfort.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chiara FRUGONI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Saint Louis and Saint Francis »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Offering a series of convergent examples, this paper examines the relationship between the figure of Saint Francis and that of Saint Louis, considered from the standpoint of their respective biographers. The biographers of Saint Louis have obviously above all retained the figure of Saint Francis as it was drawn and reinvented by Saint Bonaventura, who emphasized Francis's identification with the human Christ and his sufferings on the cross ; in Francis's own writings, on the contrary, one can clearly perceive how the saint identifies himself with the benevolent figure of God the Father.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile REDON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Father of the Blessed. Bonatacca Tacche, Sienese Councillor<br /> and Imperial Podestà »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bonatacca Tacche (circa 1200-1267) was the father of the Blessed Ambrosio Sansedoni of the Dominican Order ; the family was in the banking trade. His career exemplifies a political way of life in the context of a sovereign commune in thirteenth century Italy. A</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> miles</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">/knight, he may have participated in the fifth crusade about 1220 ; afterwards he often led the Sienese armies, and contributed to the communal government by sitting on the Council. The emperor Frederick Il appointed him podestà (Ghibelline) several times to other Italian cities. Only a few scraps of information pertaining to his private life have come down to us, thanks to his son's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vita</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ; about his individuality, we know nothing.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Philippe GENET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Simon de Montfort : A Baron or a Politician ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Presented here is the biography of Simon de Montfort (1994) by John Maddicott. The career of this younger son of a noble French family unfolds in diverse settings (Holy Land, Gascony), though he established himself in England where he disposed of property and income. To make his fortune secure Simon strived without cease to consolidate and expand it. This obstinate pursuit of riches was in contrast with his commitment to the crusade and his piety which, imbibed with the Franciscan ideal, drew him close to Saint Louis. Owing probably to his exceptional military and religious stature, he became one of the leaders of the reforming movement in 1258. With the civil war, he appears as the indisputable head of a movement based on the defense of veritable political principles, supported by a large section of the elite. At the same time, he continued in frantic pursuit of land and riches. His military defeat seems logical, and it was finally Lord Edward who reaped the profits of this first ""political"" (in the medern sense) experience in a world which was still a feudal one.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick BOUCHERON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Saint Louis, Comedian and Martyr : The Writing of a Life »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Proposed here is an analysis of the narrative structure of Jacques Le Goff's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint Louis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, of the « three dramas » which create, by their succession (the third drama recomposes what the second had deconstructed of the first), the effectiveness of its readability. This is particularly animated by the recurrence of the same stories sometimes of the same texts, to which the author applies his criticism, with patience and humility, delivering to us in the process a lesson in methodology. Can a history book be read like a novel ? That is the question which this essay addresses, at the same time as it reverts to the ambiguity of its « personage » - Saint Louis -, who was perhaps, like Sartre's Genet, a comedian and a martyr.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">William Chester JORDAN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Five times ""Amen"". The Songs of Saint Louis's Egyptian Crusade, A Neglected Source of Royalist Opinion »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Three anonymous songs, contemporary in their composition with the first crusade of Louis IX, provide valuable evidence of royalist sentiments on the eve of the expedition and after its failure in 1250. Recovery of these sentiments adds to histerians'understanding of royal ideology in the thirteenth century, and the musical setting of one of the songs contributes significantly to evaluating the impact of the failure of the crusade on the personality and subsequent rulership of Louis IX.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent CHALLET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Revolt of the Tuchins : Social Banditisin or Village Sociability ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traditional historiography looks upon the revolt of the Tuchins as a movement led by asocials and outcasts. Taking the opposite view, this article attempts to demonstrate that the Tuchins were on the contrary perfectly integrated into Languedocian society. From the example of Bagnols-sur-Cèze it appears that the Tuchin movement, very active in Languedoc between 1380 and 1384, was organized around the urban as well as the rural networks of sociability since recruits came at the same time from village communities as well as from town suburbs. The revolt of the Tuchins, a reaction of self defense by individuals and communities alike fighting for survival at once against the ravages of roving bands and against fiscal levies, was doubtlessly an extreme form of sociability.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didier LETT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Childhood's Dangerous Spaces as Depicted in Several Accounts of Miracles from the l2th and l3th Centuries »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Accounts of miracles dating from the twelfth and thirteenth centuries bring to light the spaces where children lived, and particularly those where accidents occurred. The latter spaces clearly change with the age of the child. If infants are victims of accidents primarily inside the home (by drowning or suffocation), children aged from three to seven are exposed to danger rather in peripheral domestic areas (boys very often because of the games they play and little girls because they imitate their mothers'gestures). Lastly, children ever seven meet with. accidents some distance away from home, which grows as they get older boys being more much more imperilled than girls, who tend to be more sedentary. From the study of the types of accidents and of the places where they occurred one may apprehend the living spaces of infancy and childhood during the classic Middle Ages.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe MAURICE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Social and Family Environment of the Blacksmiths of the Gévaudan in the Late Middle Ages »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Blacksmiths, often constituting dynasties, are situated at the intersection of two levels of society : that of craftsmen, to which level they belong, and that of prosperous tradesmen. By their marriage alliances they formed a network of ties with merchants and officers, without however cutting themselves off from the other, less favored, categories of craftsmen. Despite their modest condition when compared to the rich bourgeois belonging to the regional oligarchies, the respectability they enjoyed enabled them to share in the local powers, thanks mainly to the placing of their sons within the Church and to their participation in the administration of bailliages and communities of residents.</span></p>";262;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'élaboration du numéro a commencé par un débat autour de l'ouvrage de Jacques Le Goff, Saint Louis (éd. nrf Gallimard 1996) et s'achève par un « entretien avec Jacques Le Goff ». Le numéro confronte le saint roi capétien à ses contemporains : l'empereur Frédéric II, François d'Assise, le baron anglais Simon de Monfort et le podestat italien Bonatacca. Il présente des analyses de la conduite politique de saint Louis au regard de la culture et de l'opinion publique de son temps, et de la thématique historique actuelle de la mise en place de l'État moderne.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 221;1;3;27;L'adoption, droits et pratiques;N°35/1998;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'adoption disparaît-elle ou se modifie-t-elle au Moyen Âge ? Étude de la situation dans les chrétientés occidentales et orientales du début à la fin du Moen Âge; mise en perspective des nouvelles règles et enjeux de ce système de filiation.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didier Lett<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Droits et pratiques de l'adoption au Moyen Âge</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuelle Santinelli<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Continuité ou rupture ? L'adoption dans le droit mérovingien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Constantin G. Pitsakis<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'adoption dans le droit byzantin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anita Guerreau-Jalabert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce que l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">adoptio </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">dans la société chrétienne médiévale ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck Roumy<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Adoptio naturam imitatur</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : étendue et portée d'une maxime aristotélicienne dans la pensée juridique médiévale (XIIe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Juan Vicente Garcia Marsilla<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'adoption dans les textes juridiques espagnols du XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thomas Huehn<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'adoption à Florence à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Maurice<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Adoption et donation d'enfants en Gévaudan à la fin du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Bresc et Béatrice Pasciuta<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Actes de la pratique, I - L'adoption en Sicile (XIVe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Maurice<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Actes de la pratique, II - L'adoption dans le Gévaudan (XVe siècle)</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle Garreau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eustache et Guillaume ou les mutations littéraires d'une Vie et d'un roman</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Benveniste<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fierté, désespoir et mémoire : les récits juifs de la première croisade</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Foronda<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le roi se trouve un cousin : les lettres de Louis XI à Antoine de Chabannes</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/1998;35;155x220;160;978-2-84292-050-0;9782842920500;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_221.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span>Thomas KUEHN : </span><strong><span>« L'adoption à Florence à la fin du Moyen Âge »<br /> </span></strong><span>À la différence des formes lâches d'« adoption » notamment le placement (</span><em><span>fosterage</span></em><span>) des enfants trouvés - l'adoption légale et plénière fondée sur le droit civil romain et créant la </span><em><span>patria potestas</span></em><span> était un événement extrêmement rare à Florence à la fin du Moyen Âge. Les Florentins avaient sans doute un préjugé en faveur du sang et la conviction que la loi ne peut pas changer l'ordre naturel. Même dans le i</span><em><span>us commune</span></em><span> savant, les juristes avaient restreint le pouvoir légal permettant à l'adoption de récrire les « faits » de la naissance et du sang. Il n'y a aucune mention de personnes adoptées dans les statuts florentins et très peu apparaissent sur les registres, contrairement aux nombreux bâtards (donc du même sang) avec, parfois, la mention de leur légitimation comme héritiers.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Philippe MAURICE : </span><strong><span>« Adoption et donation d'enfants en Gévaudan à la fin du Moyen Âge »<br /> </span></strong><span>Dans le Gévaudan médiéval, un testateur sur cinq cents déclare avoir adopté un enfant. Si le processus de l'adoption des enfants légitimes par un étranger n'a jamais été découvert, celui de la donation et de la réception des bâtards atteste que les notaires gabalitains recourent au formulaire de la donation entre vifs, comme en Provence, et classent la réception du bâtard et l'adoption dans une même catégorie de faits sociaux.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Isabelle GARREAU : </span><strong><span>« Eustache et Guillaume ou les mutations littéraires d'une vie et d'un roman »<br /> </span></strong><span>Dans le cadre temporel du XIIe siècle finissant, cet article considère les contaminations réciproques des modes d'écriture existant entre l'hagiographie et le roman. Ces contaminations d'ordre littéraire et idéologique, sont les traces tangibles de conflits d'imaginaire entre l'Église et l'aristocratie laïque. À travers deux exemples la </span><em><span>Vie de saint Eustache</span></em><span> et le conte de Chrétien de Troyes </span><em><span>Guillaume d'Angleterre</span></em><span> les mécanismes de la mise en roman et de l'adaptation romanesque sont analysés ainsi que les relations complexes entre les figures du saint et du héros.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Henriette BENVENISTE : </span><strong><span>« Fierté, désespoir et mémoire : les récits juifs de la première croisade »<br /> </span></strong><span>L'étude des récits juifs de la première croisade, qui rapportent les massacres des communautés juives de Rhénanie en 1096, révèle quatre composantes thématiques le concept de l'épreuve qui éloigne tout soupçon de culpabilité ou de péché, c'est-à-dire d'une souffrance collective vécue comme perfectionnement intellectuel : la mémorisation des noms des morts qui canalise la mémoire collective l'image du Temple et du sacrifice, un sacrifice à Dieu et à la communauté symbolique la guerre rituelle, une guerre des récits et des injures. Ces récits, qui sont les fruits d'une longue tradition textuelle et d'une religiosité intense, témoignent d'une intolérance nouvelle et des nouveaux rapports des juifs à leur Dieu, placés sous les auspices de la fierté.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>François FORONDA : </span><strong><span>« Le roi se trouve un cousin : les lettres de Louis XI à Antoine de Chabannes »<br /> </span></strong><span>Les lettres adressées par Louis XI à Antoine de Chabannes permettent d'approcher la parenté fictive et les raisons qui commandent à cette manipulation du lien. Fondé sur le service se nourrissant de fidélité et de confiance, le cousinage accordé par Louis XI à son Grand Maître s'exprime aussi à travers les formules de désignation Les variations lexicales attestent une stratégie de la distinction qui tend à reproduire dans l'ordre du discours la véritable place occupée par le comte de Dammartin Tantôt approché des parents par le sang ou l'alliance, Chabannes se trouve parfois relégué dans le cercle des simples serviteurs. Le jeu des adjectifs et des adverbes traduit ainsi le fondement de la parenté fictive : un choix qui peut être temporaire.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Emmanuelle SANTINELLI : </span><strong><span>« Continuité ou rupture ? L'adoption dans le droit mérovingien »<br /> </span></strong><span>L'adoption est un phénomène essentiel et permanent dans toute l'histoire de l'antiquité romaine. Elle joue ensuite un rôle secondaire à l'époque mérovingienne, où le mariage constitue alors le meilleur support des alliances entre les familles. Le droit mérovingien ne l'envisage que sous la forme de l'</span><em><span>adoptio in hereditatem</span></em><span> ou affatomie, dont la pratique est attestée par les formulaires et les sources narratives. Mais étant donné le peu d'exemples concrets dont on dispose, le phénomène devait être marginal.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Constantin G. PITSAKIS : </span><strong><span>« L'adoption dans le droit byzantin »<br /> </span></strong><span>Dans le droit byzantin (Justinien et </span><em><span>Basiliques</span></em><span>) et dans la pratique on relève une présence continuelle de l'adoption En simplifiant, on pourrait dire que cette institution à Byzance correspond davantage à une adoption simple dans la doctrine occidentale qu'à une adoption plénière. Les innovations proprement byzantines sont l'extension du droit d'adopter à tous ceux qui n'ont pas d'enfants, y compris les femmes et les eunuques, et l'introduction d'une forme religieuse d'adoption même si celle-ci connaît une diffusion restreinte avant la domination ottomane.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Anita GUERREAU-JALABERT : </span><strong><span>« Qu'est-ce que l'</span><em><span>adoptio</span></em><span> dans la société chrétienne médiévale ? »<br /> </span></strong><span>L'analyse des contextes dans lesquels apparaissent les vocables de la famille d'adoptio montre qu'ils renvoient, en latin médiéval, à un ensemble de relations sociales différentes de celles que recouvrent leurs équivalents en latin classique et en français contemporain. Ces relations ont moins pour objet de créer un </span><em><span>analogon</span></em><span> du lien de filiation légitime que de mettre en oeuvre diverses modalités de la </span><em><span>caritas</span></em><span> et de la parenté spirituelle. Ce déplacement trouve sa logique sociale dans une évolution des structures de parenté propre à l'Occident, et sa logique idéelle dans la réflexion menée sur les caractères de la paternité divine à l'égard du Christ et des chrétiens.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Franck ROUMY : </span><strong><span>« </span><em><span>Adoptio naturam imitatur</span></em><span> : Étendue et portée d'une maxime aristotélicienne dans la pensée juridique médiévale (XIIe-XVe s.) »</span></strong><span><br /> À partir d'une maxime stigmatisant la nécessaire différence d'âge entre l'adoptant et l'adopté posée par le droit de Justinien, les juristes médiévaux sont parvenus, en quelques siècles, à reconstruire entièrement les règles juridiques relatives à la filiation adoptive. Si celle-ci à leurs yeux doit en tout point « imiter la nature. », c'est pour mieux se. conformer à un ordre divin de l'univers se matérialisant par une procréation légitime dans le mariage. Indirectement, il en résulte donc une exaltation des liens du sang qui conduit à reléguer au second plan la filiation adoptive désormais jugeé inférieure à la filiation naturelle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span>Juan Vicente GARCIA MARSILLA : </span><strong><span>« L'adoption dans les textes juridiques espagnols du XIIIe siècle »<br /> </span></strong><span>Inspirés du droit romain, les textes juridiques espagnols du XIIIe siècle. en particulier les </span><em><span>Partidas</span></em><span> du royaume de Castille et les </span><em><span>Furs</span></em><span> du royaume de Valence règlent de manière détaillée les modalités de l'adoption Malgré l'hostilité de l'Église qui considère l'adoption comme contraire à ses intérêts, la monarchie essaie d'étendre la pratique de l'adoption dans le but de garantir la stabilité et la continuité des familles nobles. Or la noblesse espagnole de la fin du Moyen Âge a eu plus volontiers recours à d'autres stratégies familiales et l'adoption n'a pas eu le succès escompté par les rois.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuelle SANTINELLI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Continuity or Fracture ? Adoption in Merovingian Law »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Adoption was an essential and permanent reality throughout the history of Roman antiquity. Later, during the Merovingian period, adoption came to play a secondary role as henceforth marriage constituted the main basis for constructing family alliances. Merovingian Iaw saw adoption in the form of adoptio in hereditatem or a ffatomie the practice of which is attested to by documents and narrative sources. However, considering the sparsity of concrete examples which have come down to us, the reality of adoption seems to have been a marginal one.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Constantin G. PITSAKIS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Adoption in Byzantine Law »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In Byzantine Law (Justinian and Basilica) as well as in practice, a constant presence of the institution of adoption has been noted. In short, it may be said that in Byzantium this institution resembles the form of simple adoption found in Western doctrine, rather than that of full adoption. Specifically Byzantine innovations are extensions of the right to adopt to aIl childless persons, including women and eunuchs, and the introduction of a religious form of adoption, the practice of which, however, was not widespread prior to the Ottoman domination.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annita GUERREAU-JALABERT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« What is the Meaning of adoptio in Medieval Christian Society ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The analysis of contexts where terms belonging to the adaptio family appear shows that, in medieval Latin, these terms referred to a, set of social relationships which change when these same terms are used in classical Latin or contemporary French. The aim of these relationships is not so much to create an anologon of the ties of legitimate filiation, as to implement various ways of ensuring caritas and spiritual parenthood. This shift in meaning finds its social logic in the evolution of the structures of kinship particular to the Christian West and its conceptual logic, in a reflection upon the nature of divine paternity regarding Christ and Christians.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck ROUMY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Adoptio naturam imitatur : The Scope and Consequences of an Aristotelian Maxim in Medieval Juridical Thought (l2th-l5th Centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Starting with a maxim set down by Justinian law which stigmatized the necessary difference of age between the adopter and the adoptee, medieval jurists succeded, within a few centuries in entirely reconstructing the legal rules pertaining to adoptive filiation If according to them the latter had to « imitate nature » in every way, it was to better conform to a divine order of the universe materialized by the legitimate procreation within marriage. An indirect result of this concept was the exalting of blood connections, which led to the relegation to the background of adoptive filiation henceforth judged inferior to natural filiation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Juan Vicente GARCIA MARSILLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Adoption in Spanish Legal Texts of the thirteenth Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The return to Roman law that took place in the thirteenth century has its expression in the Spanish Laws particularly in the Partidas of the Castilian king Alfonso el Sabio, and the Valencian Furs. Adoption had its place in these texts and was brought under specific regulations. Despite the clerical hostility that saw adoption as a negative practice opposed to their interests, the monarchy sought to introduce adoption to guarantee the stability and continuity of noble families. However, Hispanic medieval society had already developed other familiar strategies, and adoption did not have the success that the kings had expected.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thomas KUEHN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Adoption in Late Medieval Florence »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">As distinct from forms of informal adoption - most notably the fostering of foundlings - formal legal adoption based on the Roman civil law and which resulted in the creation of, patria potestas was an extremely rare event in late medieval Florence. The main reason seems to have been the Florentine prejudice toward blood or a sense that law could not change the real and natural. Even within the learned ius commune jurists had clearly limited the capacity of legal adoption, to rewrite the « facts » of birth and blood. The statutes of Florence did not mention adopted persons, and very few emerge in Florentine records, in comparison to the numbers of (stilI blood-related) bastards and their occasional legitimations as heirs.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe MAURICE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Adoption and Donation of Children in Gévaudan in the Late Middle Ages »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In medieval Gévaudan, one testator out of five hundred declares having adopted a child. If we know nothing of the process of the adoption of legitimate children by a stranger, that of the donation and reception of bastards reveals that the notaries of Gévaudan, like those of Provence, used a form of inter vivos donation, and placed the reception of bastards and adoption in a same category of social practices. </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle GARREAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Eustache and Guillaume or the Literary Mutations of a Life Story and of a Romance »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Within the temporal framework of the late twelfth century, this article examines the interchange of modes of writing that existed between hagiography and romance. These reciprocal infiltrations, of a literary and ideological nature are the tangible traces of the conflicts of the imaginary between the Church an the lay aristocracy. Two examples, the Vie de saint Eustache and Chrétien de Troyes'tale Guillaume d Angleterre, serve to analyze the mechanisms of novelistic construction and romantic adaptation as well as the complex relationships between the figure of the saint and that of the hero.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henriette BENVENISTE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Pride, Despair and Memory The Jewish Narratives of the First Crusade »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">from the study of the Jewish narratives of the first crusade, which recount the massacres of Jewish communities in the Rhineland in 1096, four thematic components emerge : the concept of trial which banishes all shadow of guilt or sin, that is to say, the idea of a collective suffering experienced as an intellectual perfecting ; the memorisation of the names of the dead, a means of channeling collective memory the image of the Temple and of sacrifice, a sacrifice to God and to the symbolic community ; and lastly, the ritual war, a war of narratives and of insults. These narratives, the fruit of a long literary tradition and an intense religiosity, evidence a new intolerance, and a new relationship between the Jews and their God, placed under the auspices of pride.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François FORONDA :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « The King Finds a Cousin : the Letters of Louis Xl to Antoine de Chabannes »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The letters addressed by Louis XI to Antoine de Chabannes help gain insight into fictive kinship and the reasons which govern its use and manipulation. founded on service, nurtured on loyalty and trust, the cousinship accorded by Louis XI to his « Grand Maître » is also expressed in the phrases of designation. These lexical variations betray a strategy of distinction which tends to reproduce within the order of the discourse the veritable position of the count of Dammartin. Sometimes considered as close of kin by blood and alliance he is at other times relegated to the circle of simple servants. The play on adjectives and adverbs thus reveals the foundation on which fictive kinship rests : a choice which can be subject to change.</span></p>";262;15.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 222;1;6;27;Le fleuve;N°36/1999;;;"<p style=""text-align: justify;"">Du Nil à la Meuse par le Tibre et l'Arno, le Rhône, la Loire et la Seine. Les fleuves au Moyen Age et depuis longtemps déjà s'imposent à l'homme en leurs rythmes et leurs crises et sont par lui domestiqués.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Odile Kammerer<br /> </span></strong><span>Le fleuve</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Julien Loiseau<br /> </span></strong><span>Les avatars du lit : divagations du Nil et morphologie des rives à hauteur du Caire (VIIe-XVIe s.)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Joëlle Burnouf et Nathalie Carcaud<br /> </span></strong><span>Le val de Loire en Anjou Touraine : un cours forcé par les sociétés riveraines</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Virginie Serna<br /> </span></strong><span>Le fleuve de papier. Visites de rivières et cartographies de fleuve (XIIIe-XVIIIe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Catherine Lonchambon<br /> </span></strong><span>De l'originalité des bacs de la Durance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Paul Bravard<br /> </span></strong><span>Le flottage du bois et le changement du paysage fluvial des montagnes françaises</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Simone Roux<br /> </span></strong><span>À Paris, au bord de l'eau</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Marc Suttor<br /> </span></strong><span>Le fleuve, un enjeu politique et juridique. Le cas de la Meuse, du Xe au XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Carla Frova<br /> </span></strong><span>Le traité De Fluminibus de Bartolo da Sassoferrato (1355)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurence Moulinier et Odile Redon<br /> </span></strong><span>L'inondation de 1333 à Florence. Récits et hypothèses de Giovanni Villani</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Corinne Beck<br /> </span></strong><span>Études récentes, 1. Bilan de dix ans de recherches fluviales</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Joëlle Burnouf et Nathalie Carcaud<br /> </span></strong><span>Études récentes, 2. Bibliographie sur le fleuve</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laura Galoppini<br /> </span></strong><span>Le commerce des pâtes alimentaires dans les Aduanas sardas</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Damien Boquet<br /> </span></strong><span>De l'enfant-Dieu à l'homme-enfant. Regards sur l'enfance et la psychologie de l'adulte chez Aelred de Rievaulx</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>An Smets<br /> </span></strong><span>Aux origines de la médecine vétérinaire, le traité d'autourserie de Grimaldus et sa pharmacopée</span></p>";;10/07/1999;36;155x220;184;978-2-84292-059-3;9782842920593;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_222.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Julien LOISEAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les avatars du lit : divagations du Nil et morphologie des rives à hauteur du Caire (VIIe-XVIe siècles) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tout au long du Moyen Âge, la morphologie des rives du Nil est affectée par les divagations du fleuve. Le phénomène est particulièrement perceptible à hauteur du Caire où, sur un temps long, le Nil s'est éloigné du site originel de l'agglomération. Or l'urbanisation progressive des terrains découverts par le fleuve a suscité les avatars successifs de son lit. C'est donc la topographie urbaine qui fournit les éléments de l'enquête. Elle témoigne des risques du ravinement et, plus encore, des effets de l'ensablement. Les grands travaux entrepris à l'époque médiévale se sont révélés impuissants à freiner cette décisive modification des contraintes géographiques.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie CARCAUD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le Val de Loire en Anjou Touraine : un cours forcé par les sociétés riveraines »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le programme de recherche sur la Loire associe, dans un travail interdisciplinaire, l'ensemble des chercheurs travaillant sur le bassin versant. Les études sont fondées sur des fenêtres d'observation où se situent des sites archéologiques à chronologie longue sur lesquels sont enregistrés les épisodes d'activités et des cours d'eau. À partir du XVe siècle, les sociétés essaient de modifier l'espace à leur profit dans les vallées, elles construisent les ""levées"" et tentent de forcer la confluence des affluents de la Loire.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Virginie SERNA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le fleuve de papier. Visites de rivière et cartographies de fleuve<br /> (XIIIe-XVIIIe siècles) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fleuves et rivières ont fait l'objet dès le Moyen Âge de visites organisées par le roi afin de mieux connaître les obstacles qui en gênaient la navigation. Ces visites de rivière ne cessèrent de se complexifier jusqu'à devenir de véritables expertises du cours d'eau, s'accompagnant, au XVIIIe siècle, de l'établissement d'un devis des travaux à effectuer et d'une carte très détaillée identifiant chaque aménagement de la rivière (moulins, bacs, ponts, gués, pêcheries et atterrissements). À suivre ainsi l'évolution de la représentation du cours d'eau, passant de la rivière-paysage à la rivière-machine, on peut identifier des manières de dessiner le fleuve qui révèlent des modifications de l'appréhension de l'espace fluvial.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine LONCHAMBON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« De l'originalité des bacs de la Durance »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Après avoir fait apparaître la nécessité d'établir des bacs pour traverser la Durance puique les caractéristiques hydrologiques et géomorphologiques de la rivière rendaient les ponts éphémères et les gués dangereux, sont étudiés les moyens mis en oeuvre pour le franchissement en bateau. Fondée sur l'exemple du bac de Barbentane, pour lequel les textes du Moyen Âge sont relativement explicites, confrontée à des renseignements relatifs à d'autres passages, l'analyse montre comment s'effectuait l'installation d'un bac et quels critères présidaient au choix de l'emplacement des passages, variables dans le temps. Elle met en lumière l'originalité du ""modèle"" durancien du point de vue des équipements comme de la localisation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Paul BRAVARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le flottage du bois et le changement du paysage fluvial des montagnes françaises »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le paysage fluvial des rivières montagnardes et de rivières issues de massifs anciens comme le Morvan a subi une longue transformation depuis le Moyen Âge en raison des besoins du flottage du bois vers les villes et vers les arsenaux maritimes. Des témoignages recueillis dans des documents modernes suggèrent la possibilité de reconstituer les travaux qui ont affecté la géométrie des lits fluviaux et l'hydrologie des rivières à l'amont des bassins versants. Ces recherches ont des implications très actuelles car elles peuvent aider à la restauration des cours d'eau dégradés.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone ROUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« À Paris, au bord de l'eau »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la fin du Moyen Âge, beaucoup de documents parisiens font référence à la Seine, aussi bien pour préciser la situation des maisons que pour signaler des activités liées au fleuve : transport par eau, métiers liés aux transports tels que le commerce du bois, ou à une grande consommation d'eau tels que les étuves, la teinturerie ou la tannerie, et bien sûr la pêche et la meunerie. Les usages du fleuve débordent souvent les limites posées par la loi ; ce sont en particulier les métiers polluants et les métiers de la construction qui pratiquent des décharges abusives dans la Seine. On observe une grande variété socio-professionnelle des ""gens du bord de l'eau"".</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc SUTTOR : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le fleuve, un enjeu politique et juridique.<br /> Le cas de la Meuse du Xe au XVIe siècle »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du Xe siècle à la fin du XVIe siècle, les efforts des souverains, des princes et des seigneurs pour dominer la Meuse et ses abords se révèlent sans discontinuer par la possession de châteaux puis de forteresses. L'exercice de la justice paraît essentiel, qui procure pouvoir et revenus. Lors de la constitution de leur principauté, le comte de Namur ou l'évêque de Liège préservent et précisent leurs droits en matière judiciaire vis-à-vis de leurs voisins, par la délimitation des juridictions aux ""frontières"", et ce notamment sur le fleuve. Le rôle joué par le cours d'eau au sein de l'espace se révèle difficile à définir avant le XIIIe siècle, lorsque les progrès du peuplement puis le renforcement des principautés entraînent une précision des limites, ""matérialisées"" par la pose de bornes. Certaines sections de la rivière peuvent alors servir de réfrence dans la délimitation des ""États"". L'espace fluvial s'avère très important, tant en matière économique que sur le plan politique ou juridique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carla FROVA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le traité De fluminibus de Bartolo da Sassoferrato (1355) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bartolo da Sassoferrato, le grand juriste et maître de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Studium</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, raconte avoir rédigé le traité </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De fluminibus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (ou </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tyberiadis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) pendant un séjour sur les collines des environs de Pérouse, en 1355. En observant le cours du Tibre, il réfléchit à un problème qu'il développe dans le traité, celui des droits de propriété sur les nouveaux terrains alluviaux qui se forment au fur et à mesure. Mais pour résoudre cette question juridique, il doit faire appel non seulement au droit, mais aussi à la géométrie et, plus particulièrement, aux aspects pratiques de la tradition euclidienne. Pour un juriste de culture enseignante, c'est une entreprise audacieuse et Bartolo l'affronte avec détermination, s'efforçant de la justifier du point de vue théorique et de la réaliser dans les différentes parties de son traité. Il va jusqu'à dessiner lui-même les figures qui accompagnent le texte et qui nous ont été transmises par la tradition manuscrite.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence MOULINIER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'inondation de 1333 à Florence : récit et hypothèses de<br /> Giovanni Villani »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'inondation catastrophique de Florence en novembre 1333, à la suite de violentes pluies et de la crue de l'Arno, est longuement décrite et commentée par le chroniqueur Giovanni Villani (ca. 1280-1348). Il situe l'événement dans la continuité de l'histoire de Florence et propose plusieurs systèmes d'explication issus de sa réflexion personnelle et des débats qui agitèrent la ville. Le problème est de comprendre, en reliant ce récit à toute une tradition ""chronistique"", quels savoirs du fleuve sont mis en jeu, quelles causalités sont proposées lorsque la ville blessée s'interroge sur la catastrophe ; le choix est principalement entre les conjonctions astrales et la volonté divine. Dieu a le dernier mot.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laura GALOPPINI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le commerce des pâtes alimentaires dans les Aduanas Sardas »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article traite du commerce des pâtes alimentaires au XIIe siècle, à la lumière des registres douaniers du port de Cagliari. La Sardaigne, grâce à sa production de blé dur, était l'un des centres les plus importants d'exportation de pâtes alimentaires au Moyen Âge. L'étude des registres de Cagliari, ainsi que d'autres sources, économiques et institutionnelles, a donné un nouvel aperçu de ce commerce, en grande partie indépendant de celui du froment. La demande de pâtes par les principales villes de la Méditerranée était constante, au point que, dans les périodes de pénurie de céréales, l'exportation des pâtes de Cagliari était soumise à une réglementation ou interdite. Les différents types de pâtes &endash; alatria, macarons et fideus &endash; étaient des produits de luxe consommés par les riches communautés italiennes et juives, et servis parfois aux banquets des souverains catalans.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Damien BOQUET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« De l'enfant-Dieu à l'homme-enfant : regards sur l'enfance et la psychologie de l'adulte chez Aelred de Rievaulx (1110-1167) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dans son enseignement ascétique et pastoral, le cistercien Aelred de Rievaulx (1110-1167) offre une image attentive et contrastée de l'enfant médiéval. Que ce soit au travers de ses méditations sur l'enfant Jésus, du souvenir de sa propre enfance ou de l'évocation furtive d'enfants anonymes, Aelred dresse des portraits d'êtres fragiles et innocents, avides de l'affection que leurs parents ne manquent pas de leur manifester. Ce qui n'empêche pas le cistercien de montrer une totale indifférence pour le destin d'un enfant né des amours d'une moniale et d'un chanoine. Surtout, en affirmant que l'enfant demeure entièrement dominé par ses pulsions, Aelred pose que l'identité affective de l'adulte résulte largement des expériences de l'enfance.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An SMETS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Aux origines de la médecine vétérinaire : le traité d'autourserie de Grimaldus et sa pharmacopée »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ce traité, généralement daté du XIe siècle, est, après ""l'Anonyme de Vercelli"", le second ouvrage cynégétique en latin médiéval. Il se compose d'une trentaine de recettes pour soigner des autours et se caractérise par la précision des remèdes et les nombreuses indications de mesure et de posologie. Dans les recettes, Grimaldus n'utilise pas moins de 95 substances différentes, surout des plantes, mais aussi des substances d'origine animale ou minérale et des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">preparata</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Julien LOISEAU : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Transformation of rhe Riverbed : The Shifting of the Nile and the Morphology of its Shores at Cairo (7th-16th Centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Throughout the Middle Ages, the shifting of the Nile has altered the morphology of its shores. This phenomenon is particularly perceptible at Cairo where, over a long period of time, the Nile has gradually moved away from the original site of the urban center. The progressive urbanization of the land uncovered by the river followed on the successive transformations of its riverbed. Thus elements for investigation may be furnished by the urban topography, giving evidence of the risks of gullying, and furthermore, of the effects of silting up. The great projects undertaken in medieval times have proven ineffective in checking the important modifications due to the geografical forces.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joëlle BURNOUF, Nathalie CARCAUD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Val de Loire in Anjou Touraine : A Watercourse Altered by Rivering Societies »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The ""Loire"" research project is firmly based on interdisciplinary approach to fluvial environments. Studied here are the alluvial archeological sites and the floodplain geomorphology and palaeoecology. The Loire Valley on the floodplain has been influenced by both physical and human activity. In the Middle Ages, especially from the XVth century onwards, societies have tried to build their own space in the floodplain, erected ""levées"" and tried to force the adjacent Indre and Cher rivers have to their junctions with the Loire River.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Virginie SERNA :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « The Paper River. Tours of Rivers and Cartographies of Waterways (13th-18th Centuries) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tours of rivers were organized by the king as early as the Middle Ages, with the aim of obtaining a better knowledge of the obstacles which hindered navigation. These tours became ever more complex with time, giving rise to veritable expertizations of waterways, and in the eigteenth century, to the drawing up of estimates for construction work and the drafting of precisely detailed maps identifying each specific project (mills, ferries, bridges, fords, fishing grounds, and landings). By following the evolution in the representation of waterways, from the river as landscape to the river as machine, one can identify the various ways of depicting rivers, which in turn reveal how the apprehension of riverine space has changed.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine LONCHAMBON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« On the originality of the Ferries of the Durance River »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">After having explained the need for setting up ferries to cross the Durance, as the hydrological and geomorphological characteristics of the river rendered bridges unstable and fords hazardous, this article proposes a study of the systems used for boat crossings. Founded on the relatively well-explained medieval example of the ferry of Barbentane and on comparisons with examples of other crossings, this analysis demonstrates how the installation of ferries was implemented and what criterions determined the choices of the crossing locations, which varied with time. Highlighted is the originality of the Durancian ""model"", by reason of its equipment and location.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Paul BRAVARD : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Floating of Timber and the Changes in the River Landscapes of the French Mountains »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The fluvial landscapes of mountains rivers and of rivers flowing out of ancient massifs such as the Morvan have undergone a long transformation since the Middle Ages owing to the necessity of floating timber to towns and naval dockyards. Evidence collected from modern documents suggests the possibility of reconstituting the works which have affected the geometry of riverbeds and of the hydrology of rivers above their basins. This research is particularly significant today as it may help in the restoration of damaged waterways.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone ROUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« In Paris, On the Waterfront »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Many Parisian documents from the late Middle Ages refer to the Seine, to specify the location of the houses as well as to indicate the river-related activities : transport by water, trades connected with transport, such as the commerce of wood, or those needing great quantities of water, such as for steam boiling, dying, or tanning, and of course fishing and miling. The uses of the river often passed the limits prescibed by law : this was particularly true of polluting trades and of building trades, which practised illegal dumping into the Seine. A great socioprofessional variety of ""waterfront people"" may be observed.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc SUTTOR : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The River, A Major Political and Juridical Stake. The Case of the Meuse from the 10th to the 16th Century »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">From the 10th to the late 16th century, the efforts of sovereigns, princes, and lords to gain dominance over the Meuse and its surroundings are continually in evidence, with the possession of castles and fortresses. The specific role played by the waterways in the region is hard to determine prior to the thirteenth century, when expanded settlement and the subsequent reinforcement of principalities bring about a definition of limits, ""materialized"" by the placing of boundary stones. Certain sections of the river may thus serve as references in delimitating ""States"". The river area proves very important, on the economic as welle as the political or juridical levels.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carla FROVA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Treatise De fluminibus by Bartolo da Sassoferrato (1355) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bartolo de Sassoferato, the great jurist and teacher, relates how he wrote the treatise De fluminibus (or Tyberiadis) during a sojourn in the hills surrounding Perugia, in 1355. While observing the course of the Tiber River, he reflects upon the problem, developed in his treatise, of the ownership of the additional land formed by the alluvium. But to resolve this juridical problem, he must have recourse not only to law, but also to geometry, and more particularly, to the practical aspects of the Euclidian tradition : for a scholastic jurist, the undertaking is culturally a bold one, and Bartolo confronts it with determination, striving to justify it from a theoretical standpoint and to carry it out in the various parts of his treatise, going so far as to draw the figures illustrating the text himself, and which have come down to us through the manuscript tradition.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence MOULINIER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The flood of the River Arno in 1333 : Giovanni's Narration and Hypotheses »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The disastrous flood of Florence in November 1333, resulting from violent rains and the overflowing of the Arno, is described and commented on at length by the chronicler Giovanni Villani (ca. 1280-1348). He places the event in the continuity of the history of Florence, and proposes several explanatory systems born of his personal reflections and of the debates which agitated the city. The problem is that of comprehending, having linked the narrative with the whole chronicling tradition, which knowledge of the river is in question, and which causalities are proposed when the damaged city wonders about the catastrophy : the choice is principally one between astral conjunction and divine will. God has the last word.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laura GALOPPINI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Pasta in the Aduanas Sardas »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper examines the trade of pasta in the thirteenth century, using the customs records of the port of Cagliari. Sardinia, during the Middle Ages, was one of the major export centers for pasta, thanks to its production of hard corn. The records of Cagliari harbor, in conjunction with other sources of an economical-institutional nature, have given new insight into this trade, which was almost independent from that of corn. The main cities of the Mediterranean constantly required pasta, to such an extent that, during periods of severe dearth of corn, the export of pasta from Cagliari was regulated or prohibited. There were several types of pasta : alatria, macarons and fideus, which were luxury products consumed by the rich Italian merchant communities, as well as by the Jewish, and were sometimes offered at banquets by the Catalan sovereigns.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Damien BOQUET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« From the Child-God to the Child-Man : On Childhood and the Psychology of Adulthood According to Aelred of Rievaulx (110-1167) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In his ascetic and pastoral teaching, the Cistercian Aelred of Rievaulx (1110-1167) offers an observant and contrasting picture of the medieval child. Whether seen in the light of his meditations on the child Jesus, of his own childhood memories or of the fleeting evocation of anonymous children, the images Aelred evokes are those of fragile and innocent beings, eager for the affection which their parents do not fail to bestow upon them. Yet the Cistercian shows a total lack of interest in the fate of a child born of the liaison between a nun and a canon. Above all, when he affirms that a child is entirely dominated by impulses, Aelred suggests that the affective identity of the adult largely stems from childhood experiences.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An SMETS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« At the beginning of veterinary medecine : the treatise of falconry of Grimaldus, and its pharmacopeia »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This text, generally dated to the XIth century, is after the ""Anonymous from Vercelli"", the second treatise on hunting in medieval Latin. It contains about thirty recipes to take care of hawks and is characterised by the detailed elaboration of the remedies and the great number of weights and measures and of indications of posology. In his recipes, Grimaldi uses 95 different ingredients, especially plants, but also animal and mineral substances and </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">preparata.</span></strong></p>";300;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ces constants échanges animent la vie des communautés humaines et modifient les cours d'eau, comme nous l'apprennent les chroniques médiévales, les traités de droit, les actes de la pratique et maintenant l'archéologie.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 223;1;6;27;L'an mil en 2000;N°37/1999;;;"<p style=""text-align: justify;"">Aux approches de l'an 2000, il est temps de conjurer les peurs de l'an mil.</p>";"<p>L'an mil en 2000<br /><strong>Barbara H.ROSENWEIN, Monique BOURIN</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Repères bibliographiques sur l'an mil<br /><strong>Barbara H.ROSENWEIN, Monique BOURIN</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Qui a peur de l'an mil ? Un débat électronique aux approches de l'an 2000<br /><strong>Patrick J.GEARY, Richard LANDES, Amy G.REMENSNYDER, Timothy REUTER</strong><br />Coordination :<strong> Barbara H.ROSENWEIN</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Antichrist et blasphémateur<br /><strong>Dominique BARTHELEMY</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Jugement sur la terre comme au ciel. L'étrange cas de l'Apocalypse millénaire de Bamberg<br /><strong>Guy LOBRICHON</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Les inconstances de l'An Mil<br /><strong>Pierre BONNASSIE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Consistances et inconsistances de l'an mil<br /><strong>Dominique IOGNA-PRAT</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Repenser la violence : de 2000 à 1000<br /><strong>Stephen D.WHITE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Angoisses religieuses, angoisses existentielles au passage des millénaires<br /><strong>Sofia BOESCH GAJANO</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Environnement et millénaires<br /><strong>Robert DELORT</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br /><br />Clovis...connais pas ! Un absent de marque dans l'historiographie bretonne médiévales<br /><strong>Jean-Christophe CASSARD</strong></p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">L'histoire intellectuelle du Moyen Age, entre pratiques sociales et débats doctrinaux. Revue critique de la collection <em>Vestigia</em> (éditions du Cerf)<br /><strong>Etienne ANHEIM</strong></p><p> </p><p>Notes de lecture<br />Livres reçus</p>";;10/12/1999;37;155x220;192;978-2-84292-068-5;9782842920685;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_223.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva;"">Patrick J. GEARY, Richard LANDES, Amy G. REMENSNYDER, Timothy REUTER, Barbara H. ROSENWEIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Qui a peur de l'an mil ? Un débat électronique aux approches de l'an 2000 »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Un débat par courrier électronique entre quatre médiévistes anglophones. La discussion est principalement centrée sur l'interprétation de quatre textes-clés : une charte du cartulaire de Saint-Victor, un passage de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Apologétique d'Abbon de Fleury</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">, des fragments du </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Chronicon</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> de Thietmar de Mersebourg et du </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">De ortu et tempore Antichristi</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> d'Adson de Montier-en-Der. Les discussions font apparaître des stratégies radicalement différentes dans la lecture et les interprétations de ces sources. Dans la partie finale du débat est posé le difficile problème de la généralisation : jusqu'à quel point est-il possible de généraliser, géographiquement, d'une région à l'autre et socialement, d'une classe à une autre ?</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Dominique BARTHÉLÉMY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Antichrist et blasphémateur »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> D'un seigneur revendiquant une propriété contre Sainte-Foy de Conques, Bernard d'Angers (I. 12) fait par l'invective un ""antichrist"". D'un vassal ardent à la défendre, il fait un ""blasphémateur"" pour que la vengeance divine soit plus expressive et plus méritée. De chroniques et d'hagiographies partiales et codées certains historiens font un ""an mil"" trop dramatique. Leurs illusions, encouragées par Michelet et par Duby, doivent céder la place à une histoire plus authentique.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Guy LOBRICHON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Jugement sur la terre comme au ciel. L'étrange cas de l'Apocalypse millénaire de Bamberg »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> L'illustration fameuse du Jugement dernier dans l'Apocalypse de Bamberg (Staatliche Bibliothek, Bibl. 140 (A. II.42) f° 53 r°), fréquemment évoquée par les historiens de l'art, n'a cependant pas fait couler beaucoup d'encre. On sait que le problème essentiel est celui de la datation du manuscrit, vers 1010-1020, ou vers 1000. Les propositions énumérées dans cet article mettent en cause directement le jeune empereur Otton III et son entourage.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Pierre BONNASSIÉ : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Les inconstances de l'An Mil »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> L'An Mil est une époque incertaine, un temps d'entre-deux âges où le vieux et le neuf se mêlent inextricablement. D'où des contradictions dans les sources qui offrent souvent des témoignages antithétiques. Loin de les accepter comme tels, c'est-à-dire comme la marque des contrastes de l'époque, trop d'historiens ont tendance aujourd'hui à les mettre en doute pour nous offrir de l'An Mil une image lisse, voire passéiste. Sans tomber dans les excès d'une histoire apocalyptique, il convient de conserver à l'An Mil sa passionnante originalité.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Dominique IOGNA-PRAT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Consistances et inconsistances de l'an Mil »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> En réponse au débat e-mail résumé dans ce numéro et sous un titre un tantinet provocateur, ce rapide article tente de prendre la mesure de nos inconséquences collectives face à un problème qui restera brumeux tant que nous ne nous donnerons pas sérieusement les moyens de le saisir par les deux bouts : comme une concrétion historique qu'il convient de saisir en contexte, mais aussi comme imaginaire d'un passé lentement sédimenté dont nous devons faire un objet d'étude propre pour pouvoir acquérir un peu d'autonomie de pensée.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Stephen D. WHITE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Repenser la violence : de 2000 à 1000 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Cet article propose une nouvelle réflexion sur la violence vers l'an mil, à la lumière des débats théoriques actuels sur la violence à l'approche de 2000 et en prenant en considération non seulement la violence physique et publique des seigneurs laïcs et des chevaliers, mais aussi les différentes formes de violence monastique, dont celle verbale et rituelle, ainsi que la violence physique qu'étaient censés pratiquer les êtres surnaturels au profit des moines. En situant ces différentes formes de violence laïque et monastique dans le jeu de la faide culturellement structuré, où la violence, mais aussi la représentation de la violence supposée de l'ennemi, faisaient partie des manoeuvres acceptées, la question se pose : ce type de jeu politique et la culture de la faide qui le constituait ont-ils été créés juste au tournant du millénaire par les seigneurs laïcs et les chevaliers, soudain libérés du contrôle de l'État, ou ont-ils été élaborés plus lentement par les moines et par les laïcs, qui ont adapté progressivement des pratiques politiques plus anciennes et des catégories culturelles déjà existantes ?</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Sophia BOESCH-GAJANO : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Angoisses religieuses, angoisses existentielles au passage des millénaires »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'accent mis sur les années 1000 et 2000 conduit à s'interroger sur la conception du temps, sur l'importance de son contrôle et de sa mesure dans la civilisation chrétienne. Alors que le passage du premier au second millénaire avait été une construction </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">post eventum</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> de l'historiographie ecclésiastique, le passage du second au troisième est construit au présent, favorisé par les actuelles possibilités technologiques de mesure du temps, la dilatation planétaire de l'information. À l'intérieur de l'Église, Jean-Paul II organise le passage par le Jubilé, dans la continuité de la scansion séculaire inventée en 1300 (ensuite accélérée). Les deux passages sont des constructions culturelles à forte valeur symbolique : le premier construit par l'idéologie et l'historiographie, le second par l'idéologie et la technologie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Robert DELORT :</span><strong><span style=""font-family: Geneva;""> « Environnement et millénaires »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'environnement a changé en dix siècles, surtout selon nos critères scientifiques actuels, bien que notre sentiment de la nature porte maintes attitudes modelées au Moyen Âge. L'environnement change sous ses facteurs géophysicochimiques (influence des galaxies, du soleil, du magnétisme, de la tectonique, du volcanisme, des séismes ; du climat, des glaciations, du niveau marin, des ondes de tempête) ou dans ses facteurs bioécologiques (végétation, faune, microfaune, démographie...). Mais les variations naturelles sont interprétées par les%</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Patrick J. GEARY, Richard LANDES, Amy G. REMENSNYDER, Timothy REUTER, Barbara H. ROSENWEIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Who's afraid of the Year 1000 ? An E-mail Debate at the Approach of 2000 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A debate conducted via e-mail among four Anglophone medievalists. The discussion focuses largely on the interpretation of four key texts : a charter from the cartulary of St.-Victor, a portion of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Apologeticus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by Abbo of Fleury ; passages from the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronicon</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by Thietmar of Merseburg and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De ortu et tempore Antichristi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> by Adso of Montier-en-Der. The discussants reveal radically different interpretative strategies in their reading and assessment of these sources. In the final portion of the debate, the participants address the complex issue of generalization : to what degree can we generalize geographically across regions and socially across classes ?</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique BARTHÉLEMY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Antichrist and Blasphemer »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard d'Angers (I. 12) uses the invective ""antichrist"" to designate a lord making a claim for property against Sainte-Foy of Conques. He terms ""blasphemer"" a vassal who staunchly defends the lord, thus making the divine vengence more expressive and deserved. Using sources such as biased and coded chronicles and hagiographies, some historians tend to render the year 1000 too dramatic. Their illusions, encouraged by Michelet and Duby, should henceforth give way to a more authentic history.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy LOBRICHON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Judgment on Earth as in Heaven. The Strange Case of the Millennial Apocalypse of Bamberg »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The famous illustration of the Last Judgment in the Apocalypse of Bamberg (Staatliche Bibliothek, Bibl. 140 (A. II.42) f° 53 r°), though frequently cited by art historians, has not been a subject much written about. The main problem, as we know, consists in the dating of the manuscript, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">circa</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> 1010-1020, or 1000. The propositions enumerated in this article directly implicate the young emperor Otto III and his entourage.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre BONNASSIE :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Les inconstances de l'An Mil »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The year 1000 is an uncertain age, an intervening period where the old and the new inextricably mix, giving rise to contradictions in the sources, which often present antithetical views. Far from accepting these as the signs of the contrasts of the times, too many historians today tend to doubt the evidence and to offer a smooth, even antiquated image of 1000. Without going so far as to paint an apocalyptic picture of the year 1000, its fascinating originality deserves to be preserved.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique IOGNA-PRAT :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Consistencies and Inconsistencies of the Year 1000 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In response to the e-mail debate summarized in this issue and under a slightly provocative title, this rapid survey attempts to take the measure of our collective inconsistencies in the face of a problem which will remain murky as long as we do not address it in its entirety : as a historical concretion which should be considered in the context, but also as the vision of a past shaped by slow stratification which deserves to be studied in its own right if we are to begin to acquire an autonomy of thought.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stephen D. WHITE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Rethinking Violence : From 2000 to 1000 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">For the purpose of re-thinking questions about violence at the turn of the first millennium in the light of theoretical debates about violence as we approach 2000, this paper briefly considers not only the public physical violence of lay lords and knights, but also various forms of monastic violence, including verbal and ritual violence supposedly used by supernatural beings to avenge injuries to monks. By situating these different forms of lay and monastic violence in a culturally constructed game of feuding, in which the use of violence and the representation of an enemy's alleged violence were both recognized moves, the paper poses the question of whether this kind of political game and the entire feuding culture constituting it could have been rapidly created at the turn of the first millennium by local lords and knights suddenly freed from state control or whether monks as well as lay people constructed them more slowly by gradually adapting older political practices and pre-existing cultural categories.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sophia BOESCH-GAJANO :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Religious Anguish and Existential Anguish At the Turn of the Millenniums »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The emphasis put on the years 1000 and 2000 leads to reflect upon the conception of time, upon the importance of controlling and measuring it in the Christian civilization. Whereas the passage from the first to the second millennium was a </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">post eventum </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">construction by an ecclesiastical historiography, the passage from the second to the third is constructed in the present, favored by the actual technological possibilities of measuring time and by the worldwide dissemination of information. In the Roman Catholic Church, John Paul II has marked the passage by proclaiming a Jubilee, in continuity with the centuries-old scansion invented in 1300 (later accelerated). Both passages are cultural constructions bearing a strong symbolic meaning : the first constructed by ideology and historiography, the second by ideology and technology.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert DELORT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Environment and Millenniums »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The environment has changed in ten centuries, particularly according to our modern scientific standards, yet our perception of nature in many respects is still influenced by attitudes shaped in the Middle Ages. The environmental changes are due to geophysical and chemical factors (the influence of the galaxies, the sun, magnetism, tectonics, volcanic activity, earthquakes ; the climate, glaciation, sea levels, storm waves), or to bio-ecological factors (vegetation, fauna, micro-fauna, demography...). But the natural variations are interpreted by mankind and often modified in their forms or their consequences by agriculture, great construction works and town and country planning - and also by pollution, emerging diseases, new attitudes.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Christophe CASSARD :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Clovis ? Who's he ? A Figure of Renown Missing from Breton Historiography »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The great figure of Clovis does not appear in Breton historiography until the later Middle Ages, and then only discreetly. The reasons for this neglect may be objective and historical - his lack of interest in the Peninsula - but above all political : in their common efforts to safeguard the liberties of the Duchy, its historians chose to exult the legendary figure of King Arthur - Breton sovereign, a Christian and a prestigious conqueror - instead of Clovis, cast into the shadows together with his Franks, latecomers to Gaul, as if to ensure a certain Breton pre-eminence founded on precedence in the faith and the glory of arms.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne ANHEIM : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Intellectual History of the Middle Ages, Between Social Practices and Doctrinal Debates »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The series </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vestigia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> offers a collection of studies on medieval thought. Some of the works included are re-issues or translations of books in foreign languages and from medieval sources, but many are original texts ; syntheses as well as thematic studies. The main interest of the collection resides in its general project which aims to revive intellectual history by encouraging the dialogue between history and philosophy, and finally proposes an original method of confrontation between social or political stakes and doctrinal analysis.</span></p>";310;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les peurs de l'an Mil sont revisitées lors d'un débat e-mail entre les meilleurs spécialistes américains. De ce côté-ci de l'Atlantique, des médiévistes leur répondent, scrutant les textes, interrogeant les termes et les images, repensant les évolutions d'un millénaire qui s'achève et impose ses propres attentes.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 224;1;6;27;Ordre et désordres;N°04/1983;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditorial</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Schmitt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Les modèles : le diable et le désert</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme Baschet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Images du désordre et ordre de l'image : représentations médiévales de l'enfer</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Lapostolle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ordre du désert et aire du désordre</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Les corps : la maladie et la folie</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pastoureau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Formes et couleurs du désordre : le jaune avec le vert</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François-Jérôme Beaussart<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Figures de la maladie dans les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Miracles de Nostre Dame</span></em></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Les lieux : le royaume et la ville</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Katharina Holzermayr<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La métamorphose du roi Guillaume</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Boureau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le prêcheur et les marchands. Ordre divin et désordres du siècle dans la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronique de Gênes </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Jacques de Voragine (1297)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joanna Pommian-Turquet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe de Mézières : carnaval romain ou révolte de Cola di Rienzo ?</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Le travail de l'historien : le texte et son traitement</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Anne Mercoyrol<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une utilisation de l'ordinateur en histoire médiévale : le traitement des textes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ilan Hirsch<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La patrenostre de Lombardie : désordre divin et désordre social</span></p>";;10/07/1983;4;155x220;168;978-2-84292-963-3;978-2-84292-963-3;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_224.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 225;1;6;27;Nourritures;N°05/1983;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Louis Flandrin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brouets, potages et bouillons</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Laurioux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'usage des épices dans l'alimentation médiévale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Sabban<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cuisine à la cour de l'empereur de Chine : les aspects culinaires du Yinshan Zhengyao de Hu Sihui</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Massimo Montanari<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valeurs, symboles, messages alimentaires durant le Haut Moyen Âge</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Regnier-Bohler<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Exil et retour : la nourriture des origines</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Christine Pouchelle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les appétits mélancoliques</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DOCUMENTS</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Herbeth<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les ustensiles de cuisine de Provence médiévale (XIIIe-XVe siècles)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maguelonne Toussaint-Samat<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une recette du XVe siècle</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ENTREMETS</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Huchet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les masques du clerc</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francois Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce que le Moyen Âge ?</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">FRIANDISES</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/12/1983;5;155x220;136;978-2-84292-964-0;978-2-84292-964-0;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_225.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 226;1;6;27;Au pays d'Arthur;N°06/1984;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Berthelot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du lac à la fontaine : Lancelot et le fée-amante</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeanne-Marie Boivin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La dame du Lac, Morgane et Galehaut ; symbolique de trois figures emblématiques de l'Autre Monde dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lancelot</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Helen Solterer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Bel Semblant. Faus semblant, Semblants Romanesques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Labia<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La naissance de la Bête Glatissante, d'après le ms B.N. 24400 (édition de texte)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Stanesco<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'expérience poétique du « pur neant » chez Guillaume II d'Aquitaine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Cazale<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Reggimento e costume di Donna </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Francesco da Barberino, un miroir truqué</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Christine Cassard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les premiers immigrés : Heurs et malheurs de quelques Bretons dans le Paris de Saint Louis</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Lalitte<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert le Diable au XIXe siècle</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/06/1984;6;155x220;124;978-2-84292-965-7;978-2-84292-965-7;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_226.gif;;;;408;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 227;1;6;27;Moyen Age, mode d'emploi;N°07/1984;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditorial</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme Baschet, Christine Lapostolle, Michel Pastoureau, Yvonne Regis-Cazal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Enquête</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Profession médiéviste<br /> Présentation du questionnaire<br /> Analyse des réponses<br /> Le chercheur, le ""je"" et l'objet</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ovidio Capitani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Moyen Âge : une mentalité du multiple</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Devisse<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Que faire du « Moyen Âge » ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine Peillon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Infantilisme et primitivité du Moyen Âge. À propos de quelques lieux communs d'une historiographie moderne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pastoureau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Côté vert, côté gris. S'asseoir à la Bibliothèque nationale, travailler, lire, écrire, dormir, rêver, se souvenir d'avoir aimé</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patricia Mulhouse<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeux</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/12/1984;7;155x220;124;978-2-84292-966-4;978-2-84292-966-4;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_227.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 228;1;6;27;Souci du corps (Le);N°08/1985;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Berlioz, Michel Sot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Sot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mépris du monde et résitance des corps aux XIe et XIIe siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Dalarun<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ève, Marie et Madeleine ? La dignité du corps féminin dans l'hagiographie médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Saint-Denis<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Soin du corps et médecine contre la souffrance à l'Hotel-Dieu de Laon au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique de Courcelles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le corps des saints dans les cantiques catalans de la fin du Moyen Âge.</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique de Courcelles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édition et traduction : « Los goixs del pare nostre sanc Domingo »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Russo<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le corps des saints ermites en Italie centrale aux XIVe et XVe siècles : étude d'iconographie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'argument d'Anselme et la génèse de la dialectique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Berthelot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La « Merveille » dans les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Enfances Lancelot </span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patricia Mulhouse<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeux : la marelle</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/07/1985;8;155x220;124;978-2-84292-967-1;978-2-84292-967-1;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_228.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 229;1;6;27;Langues;N°09/1985;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entrevue avec Robert Delort<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'histoire entre le Cosmos et le Hasard</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yvonne Regis-Cazal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La parole de l'autre</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Delbey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Expliquer, Justifier. Grammaire et poétique de la cause en ancien français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Frizza<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le lai de Doon, ou le fonctionnement de la brièveté</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Charles Huchet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L' « Amor de Lonh » du grammairien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Jacquesson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Darès, voyageur du temps ou : Comment revint le roman</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PROCÈS AURICULAIRE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Laure Le Bail<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le droit et l'image : sur un cas d'essorillage</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PROCÈS POSTHUME</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chiara Frugoni et Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Accusé Guido Riccio de Fogliano, défendez-vous !</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patricia Mulhouse</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Jeux</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture</span></p>";;10/12/1985;9;155x220;152;978-2-84292-968-8;978-2-84292-968-8;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_229.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 230;2;3;17;Chantiers révolutionnaires (Manuscrits de la Révolution II);Science, musique, architecture;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le statut du manuscrit change-t-il profondément pendant la Révolution ? Ce volume est le second d'une série de trois, qui veulent apporter des éléments de réponse.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Les manuscrits de Condorcet</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Chouillet, Pierre Crépel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les fonds</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Crépel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aperçu général des fonds</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Chassagne<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Bibliothèque de l'Institut </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michelle Chapront-Touzé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Bureau des Longitudes </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Chouillet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La correspondance </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Vinot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les lettres conservées à Laon </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Paul de Lagrave<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À propos de Sophie de Grouchy </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Les manuscrits scientifiques</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Gilain<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur les manuscrits de mathématiques pures</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Bru<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laplace et les manuscrits de Condorcet</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éric Brian<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le travail de Condorcet à l'Académie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louis Marquet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La métrologie</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Les manuscrits ""littéraires""</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marcel Dorigny, François Hincker<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les manuscrits de l'époque révolutionnaire à la Bibliothèque de l'Institut</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Coutel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Rapport sur l'Instruction Publique d'avril 1792</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuela Albertone<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur l'éducation avant la Révolution</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marie Darnis<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur les monnaies</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éléments de bibliographie</span></p></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Musique, Architecture</span></strong></p><p style=""padding-left: 60px;""> </p><p style=""padding-left: 60px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Massip<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'imprimé au manuscrit : manuscrits musicaux de la Bibliothèque nationale</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Brecy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quels sont les créateurs du Chant des Égaux ?</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Vendrix<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Opéras et opéras comiques, le cas Gréty</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Lauvernier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Musiques de scène pour la tragédie française</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Mongrédien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Création et édition musicales</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Françoise Christout<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gravures de fêtes et frontispices</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Madeleine Pinault<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un artiste partisan des Lumières : Jean Hoüel</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Laffitte Larnaudie<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Architecture et architectes : fonds des Archives de l'Institut de France</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Coustet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les manuscrits de Louis Combes</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Pinon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">D'architecte aux champs à écrivain en herbe : Pierre-Adrien Pâris</span></p><p style=""padding-left: 90px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Werner Szambien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'architecture privée</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";;10/11/1992;0;137x220;240;978-2-90398-180-8;978-2-90398-180-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_230.jpg;;;;310;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les études réunies ici montrent combien les conditions de composition et de conservation ont été transformées par l'événement, et à quel point les institutions ont eu une influence directe sur la production des manuscrits et sur la constitution des collections, dans tous les domaines. Ce volume présente parallèlement les fonds d'archives d'un homme de grande activité créatrice oeuvrant entre science, politique et littérature : Condorcet, et ceux de musiciens et d'architectes. Il s'attache de la sorte à la mobilité de l'invention, sur les pages des manuscrits, quand interfèrent textes, signes mathématiques, portées musicales, dessins.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 231;2;3;17;Diderot;Autographes, copies, éditions;;;"<p>Rares autographes, copies multiples, nombreuses différences entre les éditions, les textes de Diderot ont circulé, dès leur origine et jusqu'à maintenant, en se transformant, se déplaçant et se recomposant.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'étude des manuscrits</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La sphère des manuscrits</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Pomeau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouverture</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Vernière</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le choix du meilleur texte dans les éditions des oeuvres de Diderot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Angremy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les manuscrits de Diderot à la Bibliothèque nationale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Varloot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le problème Vandeul</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Dulac<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les manuscrits datés de Pétersbourg</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie et Jacques Chouillet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les manuscrits dramatiques de Diderot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roland Desné<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le travail de l'écrivain dans le manuscrit autographe de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réfutation d'Helvétius</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gianluigi Goggi</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les manuscrits des contributions à l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoire des deux Indes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et le choix d'un critère d'édition</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Benrekassa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le texte introuvable : les manuscrits 24938 et 32939 n.a. fr. des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Observations sur le Nakaz</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Delon</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La circulation de l'écriture dans les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lettres à Sophie</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Gilot</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Humour et rigueur dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques le Fataliste</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. Quelques enseignements du manuscrit de Leningrad</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote>";;10/04/1986;0;137x220;164;;;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;204;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> Le destin hasardeux de ces textes - des manuscrits épars aux collections patiemment réunies et miraculeusement sauvées, des éditions circonstancielles et polémiques aux éditions modernes dites complètes - ne fait-il pas partie de l'œuvre de Diderot, de son incessante activité ?</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3442 232;2;3;17;Éditer des manuscrits;Archives, complétude, lisibilité;;;"<p style=""text-align: justify;"">Trois champs d'étude à reconnaître pour étudier des ""manuscrits modernes"" : l'inventaire des archives, la configuration de l'oeuvre complète, le rendu lisible du travail textuel.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Archives</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mauricette Berne<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trois grands fonds du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Guibert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les archives de la Comédie-Française</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Madeleine Pinault-Sorensen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dessins et archives</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Œuvres complètes</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Pierrot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditer une correspondance, complétude et lisibilité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Ehrard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditer les manuscrits de Montesquieu, ou l'utopie de la fidélité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Bonnet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La « physionomie littéraire » de Louis Sébastien Mercier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy Rosa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hugo complet</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Représenter le manuscrit</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Benrekassa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit de travail de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Esprit des lois</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Krance<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une édition synoptique de l'oeuvre bilingue de Samuel Beckett</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérald Rannaud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éditer l'inachevé, note sur une édition du manuscrit de la</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Vie de Henry Brulard</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Stendhal</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre-Marc de Biasi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édition horizontale, édition verticale. Pour une typologie des éditions génétiques (le domaine français 1980-1995)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";;10/03/1996;0;137x220;208;978-2-91038-138-7;9782910381387;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_232.jpg;;;;282;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'intelligibilité des manuscrits modernes dépend de trois conditions, que ce volume examine. La configuration des archives : classement, ordre, ampleur des collections et présentation des inventaires conditionnent la connaissance des oeuvres. Des exemples considérables permettent d'en mesurer les effets. Quelles sont les limites et les formes de la complétude ? Les conceptions que l'auteur et ses éditeurs successifs ont de « l'oeuvre complète » ne coïncident pas : le cas des correspondances, celui de Louis-Sébastien Mercier, ou celui de Hugo, montrent ici cette tension qui fait l'histoire des « publications ». Quelle lisibilité peut être donnée du travail de l'écrivain ? Les « variations » du texte peuvent-elles être représentées dans l'uniformité de l'imprimé et les contraintes du livre ? Une réflexion d'ensemble sur l'édition critique et génétique est désormais engagée. La conjonction de ces trois champs d'étude n'est-elle pas le préalable à toute réflexion sur les « manuscrits modernes » ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3418 233;2;3;17;La fin de l'Ancien Régime (Manuscrits de la Révolution I);Sade, Rétif, Beaumarchais, Laclos;;;"<p style=""text-align: justify;"">Sade, Rétif, Beaumarchais, Laclos : quatre figures dont les écrits ont fait corps avec la fin de l'Ancien Régime. Écrire fut pour eux une action, un ensemble de stratégies complexes dans ou contre leur temps.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Introduction</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Sade</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Annie Angremy</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Les manuscrits de Sade à la Bibliothèque Nationale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Maurice Lever<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Papiers de famille et correspondance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Philippe Roger<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Note conjointe sur Sade épistolier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Georges Festa</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Le Voyage d'Italie</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> de Sade : genèse d'un matérialiste visionnaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jean-Jacques Pauvert</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Éditer Sade, histoire d'un combat de deux siècles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Michel Delon</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Sade dans la Bibliothèque de la Pléiade</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Rétif de la Bretonne</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pierre Testud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les manuscrits de Rétif, écrivain typographe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pierre Bourget<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva;"">À la recherche de l'Enclos</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> et les </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Oiseaux</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">. Le manuscrit inédit des </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Revies</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> retrouvé</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Beaumarchais</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Gunnar von Proschwitz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Une affaire politico-commerçante » : les manuscrits de Beaumarchais aux archives du Ministère des Affaires étrangères</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pierre Larthomas<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les manuscrits des oeuvres dramatiques de Beaumarchais</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Laclos</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Laurent Versini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le cas Laclos</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">René Pomeau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le manuscrit des</span><em><span style=""font-family: Geneva;""> Liaisons dangereuses</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Conclusions</span></p>";;10/02/1991;0;137x220;208;978-2-90398-170-9;978-2-90398-170-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_233.jpg;;;;274;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Diversité des pratiques d'écrivain, des relations avec l'édition, importance des correspondances, destins singuliers des manuscrits et des œuvres, histoire des fonds et des archives familiales, autant d'aspects qui assurent jusqu'à nous leur présence et leur action. Nous sommes, avec Sade et Rétif surtout, à un tournant des relations tissées entre l'écrit et l'imprimé, entre la création et l'édition. Ce livre est le premier de trois volumes consacrés aux manuscrits de la période révolutionnaire.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 234;2;6;17;Genèses des fins;De Balzac à Beckett, de Michelet à Ponge;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment et pourquoi faire une fin ? Balzac ou Beckett, Michelet et Ponge, Flaubert avec Sartre et Zola œuvrent ici pour cette étude des fins, qui relève de la génétique autant que de la poétique et de la sociocritique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Duchet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Fins, finition, finalité, infinitude</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Sans fin</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Lejeune<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le point final de l'autobiographie : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Mots </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">de Sartre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paule Petitier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michelet et les fins de l'Histoire</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Construire ?</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy Sagnes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Terminer Madame Bovary »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Leduc-Adine<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Fais dodo, ma belle ! ». Compétence et performance dans la dernière séquence de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> L'Assommoir</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Clément<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De bout en bout (la construction de la fin d'après les manuscrits de Beckett)</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Jouer, déjouer</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Beugnot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ponge et l'invention des effets de clôture</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle Tournier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac : à toutes fins inutiles</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Petit répertoire de formes clausulaires<br /> Bibliographie</span></p>";;10/09/1996;0;137x220;240;978-2-91038-142-4;9782910381424;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;322;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Finir, ne pas finir... le point final, le mot de la fin, comment et pourquoi faire une fin ? En ce lieu stratégique tout écrit met en jeu à la fois sa cohérence, son rapport au monde et sa lecture. Programmée ou non, assumée ou déniée, la fin est inéluctable, et la rhétorique en a fixé depuis toujours les protocoles et les <em>topoï</em>. Pourtant, chaque texte doit inventer sa fin, c'est-à-dire simultanément la construire et la déjouer, sans parler de ceux qui, par nature, ne sauraient avoir de fin. L'étude des fins, comme celle des incipit, relève de la génétique autant que de la poétique et de la sociocritique. <br />C'est en croisant ces trois approches qu'on explore ici cette problématique d'une écriture des fins, à partir des manuscrits et à travers quelques exemples majeurs empruntés à différents genres, de Balzac à Beckett, de Michelet à Ponge, de Flaubert à Zola et à Sartre.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 235;2;3;17;Hugo;de l'Écrit au Livre;;;"<p style=""text-align: justify;"">La vie interminable de l'œuvre Hugo, dans son devenir imprimé, dans la saisissante beauté de ses manuscrits, c'est ce que les études réunies ici proposent d'accompagner.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier, Jacques Neefs</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Pierrot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La constitution du fonds des Manuscrits de Victor Hugo à la Bibliothèque Nationale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Journet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Au-dessous du manuscrit, le brouillon</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Gaudon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les illusions de l'exhaustivité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Laforgue<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le Manuscrit de l'Évêque »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Leuilliot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le « reliquat » de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quatrevingt-treize</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Fizaine<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelques remarques sur le manuscrit de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Religions et religion</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Maurel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'invention de soi : à propos de la rédaction de la scène 4 de la 1</span><sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">re</span></sup><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> partie des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Burgraves</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle Fizaine</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Provisam rem </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">: les manuscrits des discours de 1848 à 1851</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy Rosa</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Génétique et obstétrique : l'édition de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Choses vues</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs et Claude Mouchard<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dieu</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, manuscrit</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poétique du manuscrit chez Hugo dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Fin de Satan</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre-Marc de Biasi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit spectaculaire. Réflexions sur l'esthétique hugolienne de la mise en page autographe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Herschberg-Pierrot</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Inventaire des manuscrits de Hugo à la Bibliothèque Nationale</span></p>";;10/01/1988;0;137x220;232;2-903981-41-8;;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_235.jpg;;;;332;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pour la réflexion sur les manuscrits modernes que nous proposons dans cette collection, le massif Hugo devait très vite s'imposer. Hugo est sans doute le premier créateur dans l'histoire à avoir fait de l'ensemble de ses manuscrits, par leur don à la Bibliothèque nationale (« tous mes manuscrits et tout ce qui serait trouvé écrit ou dessiné par moi... »), un monument pour le futur. Hugo, qui avait tant appelé à la diffusion du livre pour ouvrir l'avenir, tant lutté pour la libre circulation des idées et des pensées par l'imprimé, est aussi le premier à avoir affirmé hautement la singularité absolue de l'écrit dans le manuscrit.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 236;2;6;17;Manuscrits surréalistes;Aragon, Breton, Éluard, Leiris, Soupault;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'équipe des manuscrits modernes s'intéresse cette fois-ci à une autre révolution : la révolution surréaliste. Il s'agit de se demander dans quelle mesure une conception neuve de l'écriture et de la création appelle une transformation du manuscrit.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /></span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Écritures croisées, écritures greffées</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacqueline Chénieux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du bon usage des manuscrits surréalistes, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Immaculée conception</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1930)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Anis et Catherine Viollet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'automate et son double : Breton et Soupault, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Champs magnétiques</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Maubon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Forçat vertigineux ou du bon usage du Surréalisme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Dumas<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Commencer et finir : le manuscrit d'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aurora</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Mouvement perpétuel : Aragon</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lionel Follet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuscrits d'Aragon chez André Breton : description d'un dossier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie Limat-Letellier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les « Écritures automatiques » d'Aragon : du manuscrit à la publication</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Amy Smiley<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Déchirures et montage dans le manuscrit de la</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Défense de l'infini</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Apel-Muller</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span></em></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">D'Hippias mineur </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">et d'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alcibiade</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> au </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paysan de Paris</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Idées libres</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Leroy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Supplément au</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Voyage d'Horace Pirouelle</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Philippe Soupault : les lignes de fuite d'un manuscrit</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ágnes Kelevéz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Journal analytique et texte surréaliste </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Liste d'idées libres</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Attila Jószef</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniela Gallingani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuseppe Raimondi et Tristan Tzara, correspondances avant-gardistes</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p></blockquote><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annexe<br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Gonzalez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le fonds Paul Éluard du musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis</span></p>";;10/03/1995;0;137x220;272;978-2-91038-105-9;978-2-91038-105-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Ms-surrealistes.gif;;;;0;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Menée en collaboration avec diverses universités et avec le CNRS, la recherche a porté sur l'analyse de nombreux fonds français (manuscrits d'Éluard, Aragon, Roussel, Breton, Leiris, Soupault) et de quelques fonds européens (Hongrie et Italie). Les résultats conduisent à réviser l'assimilation traditionnelle de l'écriture surréaliste à l'écriture automatique. La spécificité du manuscrit surréaliste tient au rapport complexe qu'il entretient avec de multiples facteurs : insertion dans la vie même des écrivains, vitesse de l'écriture, exploitation de procédés techniques nouveaux.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 237;2;6;17;Penser, classer, écrire;De Pascal à Perec;;;"<p style=""text-align: justify;"">De Pascal à Benjamin et à Perec, de Leiris à Arno Schmidt, de Flaubert à Queneau, de Joyce à Claude Simon, de Zola à Guimarès Rosa, à travers ces dossiers d'œuvres, l'activité formelle apparaît toujours comme une tenace aventure de l'esprit.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier et Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Penser, classer, écrire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louis Marin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'écriture fragmentaire et l'ordre des Pensées de Pascal</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Debon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymond Queneau : naissance de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Morale élémentaire</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Rabaté<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le calcul du doute comme pensée de l'écriture chez Joyce</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stefan Gradmann<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Penser, situer, écrire : texte et configuration spatiale chez Arno Schmidt</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noter, classer, briser, montrer les dossiers de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bouvard et Pécuchet</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Mitterand<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Rêve d'Émile Zola : de l'annuaire des martyrs à une sémiotique de la sainteté...</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Espagne<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ce que taisent les manuscrits : les fiches de Walter Benjamin et le mythe des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Passages</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">W. Nogueira Galvão<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les listes de Guimarães Rosa</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucien Dällenbach<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Simon, ou le travail du texte comme bricolage analogique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Maubon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Leiris, le ficheur fiché</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ewa Pawlikowska<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Insertion, recomposition dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">W ou le souvenir d'enfance</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de George Perec</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Roubaud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes sur la Poétique des Listes chez Georges Perec</span></p>";;10/01/1990;0;137x220;212;978-2-90398-165-5;978-2-90398-165-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;18.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les écrivains sont nombreux à s'être donné l'espace de la fiche, du fragment, du classement, et à avoir cherché dans les possibilités combinatoires une démultiplication du sens, pour donner forme à leurs oeuvres. Répertorier ces configurations du travail préparatoire, comprendre l'activité à la fois intellectuelle et esthétique qui se prend aux jeux des listes, des notes, des bribes, des séries et des organisations arborescentes, pour produire ensemble du texte et de l'architecture, est le propos des études réunies dans cet ouvrage.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 238;2;3;17;Sand;Écriture du romantisme II;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le travail de George Sand dans ses manuscrits est beaucoup plus complexe que pouvait le laisser croire une certaine image de « facilité » associée souvent à ses œuvres.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'écriture multiple</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger Pierrot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le fonds des manuscrits de George Sand à la Bibliothèque Nationale</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Suffel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le fonds « George Sand » de la collection Spoelberch de Lovenjoul</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Lubin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Correspondance</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoire de ma vie</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicole Mozet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La place de Pauline dans l'évolution esthétique de George Sand</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone Vierne<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeanne</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de George Sand</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Van Rossum-Guyon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Meunier d'Angibault</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, découpages et réécritures</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Courrier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">George Sand raturière : le manuscrit du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marquis de Villemer</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une écriture à travers un siècle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">APPENDICE</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Herschberg-Pierrot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Répertoire des manuscrits de George Sand à la Bibliothèque Nationale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Liesse Petit-Housty<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Inventaire général des manuscrits de George Sand</span></p>";;10/02/1990;0;137x220;164;978-2-90398-154-9;978-2-90398-154-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_238.jpg;;;;218;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> Et peut-être le premier apport des études que nous réunissons ici est-il de montrer la diversité des manuscrits, ainsi que l'importance des corrections, des redistributions, et des recompositions qui les caractérisent. Ces écrits sont en effet vivants par les mouvements qui les ajustent sur le flux initial, par les systèmes de corrections infimes qui finissent par composer ensemble une perspective nouvelle, par les retenues et les réserves qu'ils comprennent. L'ensemble des manuscrits « George Sand », c'est bien aussi la foule des lettres, qui est la présence mobile de George Sand dans son temps. La correspondance fait partie de l'œuvre, ici, en ce qu'elle est participation inlassable, généreuse, à la composition d'une époque. Il y a continuité entre la multiplication des œuvres et la circulation des lettres.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 239;2;3;17;Sortir de la Révolution (Manuscrits de la Révolution III);Casanova, Chénier, Staël, Constant, Chateaubriand;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les études réunies ici éclairent certaines des relations nouvelles qui ont été inventées, dans le mouvement de la Révolution, entre l'écrit et sa publication.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Exposer sa vie</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Garnier et Jacques Guilhaumou<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les « Conduites politiques » en l'an II</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Buisson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les papiers d'André Chénier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édouard Guitton<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit et la genèse du texte : l'itinéraire des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bucoliques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'André Chénier</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Françoise Luna<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Genèse de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoire de ma vie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de G. Casanova: étude des manuscrits</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Construire de l'intelligible : Germaine de Staël</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone Balayé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les manuscrits de Madame de Staël</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucia Omacini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La genèse de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Delphine</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou l'« autre du texte »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mariella Vianello Bonifacio<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mémoire et fragments de mémoires : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dix années d'exil</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone Balayé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le dernier manuscrit des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Considérations sur la Révolution Française</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Mémoire en fragments : Benjamin Constant</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne Hofmann<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Benjamin Constant à son écritoire: la genèse de deux manuscrits politiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Fink<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les fragments d'une Constitution républicaine : un ouvrage abandonné</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrice Thompson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'éternel polythéisme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Delbouille<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les oeuvres narratives</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Le pluriel des écrits : Chateaubriand</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Riberette<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la recherche des manuscrits de Chateaubriand</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Berchet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les enseignements du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Journal de Jérusalem</span></em></p></blockquote>";;10/03/1994;0;137x220;264;978-2-90398-190-7;978-2-90398-190-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_239.jpg;;;;342;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les entrelacs de l'aveu et de la justification dans les « conduites politiques », les intrications historiques dans les écrits de Chénier, les détours et les ruses chez Casanova sont quelques-unes des modalités suivant lesquelles des vies se sont exposées. Mais c'est en considérant les œuvres dans leur ensemble que l'on mesure mieux comment se joue cet impératif : sortir de la Révolution. Les dispositifs multiples pour construire de l'intelligible chez Madame de Staël, la prolifération des « fragments » pour former une nouvelle mémoire chez Constant, le pluriel des retours et des réécritures chez Chateaubriand sont autant de figures de cette entrée dans le XIXe siècle. <br />Chaque étude comporte une mise au point sur les fonds manuscrits concernés. Ce volume est le dernier d'une série de trois, qui s'est attachée à étudier les « Manuscrits de la Révolution ».</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 240;2;3;17;Stendhal;Écriture du romantisme I;;;"<p style=""text-align: justify;"">Si Stendhal n'a pas conservé les manuscrits de ses œuvres imprimées, il a laissé une grande partie de son œuvre, textes autobiographiques, romans inachevés, à l'état de manuscrit.</p>";"<p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stendhal - Sand ?</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Pomeau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouverture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'imaginaire du manuscrit stendhalien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Victor Del Litto<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le manuscrit de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Lucien Leuwen</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucien Leuwen</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : le destinataire des manuscrits</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Keith Gordon Mc Watters<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quand l'édition critique se fait poche</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les manuscrit des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Souvenirs d'égotisme</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louis Marin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dessins et gravures dans le manuscrit de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vie de Henry Brulard</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérald Rannaud<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henry Brulard</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou le livre à venir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serge Serodes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le signe de la croix dans les manuscrits autobiographiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Bellemin-Noël<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brulard</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, III-IV, ou les mirages du premier jet</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Cerquiglini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La leçon des manuscrits</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">APPENDICE<br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Victor Del Litto<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Inventaire des manuscrits de Stendhal à la Bibliothèque de Grenoble</span></p>";;10/01/1989;0;137x220;224;978-2-90398-153-2;978-2-90398-153-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_240.jpg;;;;326;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ici le manuscrit est le texte. Ce texte se présente comme un champ d'écriture où s'ajoutent notations marginales et interlinéaires et même dessins, dans un mouvement de création suscité par l'espace manuscrit lui-même. Cernant les stratégies d'écriture de l'écrivain sur le vif, les auteurs ouvrent dans ce livre des perspectives neuves sur l'originalité de la démarche stendhalienne et sur la réflexion théorique concernant l'étude des manuscrits.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 241;2;6;18;La Guerre et les Philosophes. De la fin des années 20 aux années 50;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Peut-on tenir un discours sensé sur une expérience méthodique et réfléchie de l'insensé ? Adorno ou Arendt ? La question est toujours posée.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remerciements</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Soulez<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Philosophies et idéologies de l'Allemagne nazie</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Iring Fetscher<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La guerre totale et la conquête de l'espace vital </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeffrey Andrew Barrash<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La perspective de l'Être</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Reboul<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Philosophie de l'éducation » nazie</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. France : les philosophes acéphales</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Besnier<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Bataille : de la révolte au désespoir</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hélène Védrine<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sartre et la drôle de guerre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Gerbod<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La philosophie universitaire pendant la guerre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Soulez<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bergson : le « dernier européen »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ariane Chebel d'Appolonia<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymond Aron et la seconde guerre mondiale </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Igor Kravtchenko<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lire Clausewitz : la méthode de Raymond Aron</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Narcy<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone Weil ou la guerre pensée </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gerhard Heinzmann<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'engagement de Cavaillès : philosophie et résistance</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. La mondialisation</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Havet<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'UNESCO au service de la paix </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David Watson<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lippmann « philosophe » et La Cité libre </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonia Soulez<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La diaspora de Vienne : penser la paix </span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Passions et culpabilité</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Sauvagnat<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pulsion de mort et psychanalyse (1925-1945)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Otto Pfersmann<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philosopher sur les passions Klaus Dethloff</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Klaus Dethloff<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La philosophie du droit de Carl Schmitt </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jonathan Barnes<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mademoiselle Anscombe et monsieur Truman</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion : quelle problématique de l'horreur ?</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V.-A. Podaroga<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Auschwitz et l'expérience herméneutique d'Adorno</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne Tassin<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hannah Arendt : le cercle de la pensée et de l'action</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Post-scriptum :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Ce fut terrible, en effet</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">.</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brian McGuinness<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les paradoxes de Wittgenstein</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie<br />Liste des auteurs<br />Index des noms</span></p>";;10/01/1992;0;137x220;324;978-2-90398-182-2;978-2-90398-182-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">La Seconde Guerre mondiale est moins un événement qu'un processus qui commence dès la fin de la première et vient à peine de s'achever. Cela peut expliquer en partie la relative discrétion des philosophes de l'époque, soucieux d'éviter les excès verbaux de la guerre de 14, ou trop hantés par la fracture irréversible qu'elle avait provoquée. Ce volume rassemble, présente et ordonne des analyses concernant les attitudes individuelles ou collectives de philosophes - Aron, Bergson, Heidegger, Cavaillès, Lippmann, S. Weil, Neurath, Schmitt, Wittgenstein. Rares sont ceux qui ont été à la hauteur de la problématique de l'horreur que le nazisme nous contraint aujourd'hui encore à penser.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 242;2;3;18;L'Idée musicale;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Interroger l'Idée musicale, alors que la musique est soumise au défi des nouvelles technologies, c'est revenir au laboratoire de la création, dans sa puissance, ses écritures et ses transpositions.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Buci-Glucksmann, Danielle Cohen-Levinas, Michaël Levinas<br />Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Idée musicale/Idée poétique</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michaël Levinas<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Idée musicale</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Deguy<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Idée suave</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Betsy Jolas<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Images sonores et sens musical</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François-Bernard Mâche<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">KENGIR, ou la Voix captive</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fausto Romitelli<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résonances</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Richard<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Idée musicale ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Cohen<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ulysse et les sirènes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Borreil<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la transcription</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Idée musicale/ Idée philosophique</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Buci-Glucksmann<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le ton du Beau : une esthétique de l'Idée musicale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-François Lyotard<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Musique, mutique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danielle Cohen-Levinas<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la recherche de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Organon</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> perdu. Pour une idée de l'Opéra</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Idée et composition musicales : de la puissance</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eveline Andréani<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dans l'Idée musicale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michaël Levinas, Michel Rigoni<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'idée musicale dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kammerkonzert</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Alban Berg</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurent Melin<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'idée musicale dans la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Symphonie</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> opus 21 de Webern</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre-Albert Castanet<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Crumb : poétique et analyse musicales</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Helmut Lachenmann<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la composition</span></p></blockquote>";;10/03/1993;0;137x220;248;978-2-90398-186-0;978-2-90398-186-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_242.jpg;;;;354;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Réunissant de manière inédite poètes, philosophes et compositeurs, ce livre entrelace les différences et résonances des idées et de leurs imaginaires distincts. À travers la pluralité des approches, une même question s'élabore : en quoi consistent la pensée musicale et ses formes ? Ainsi orienté, le retour à la création contemporaine ne pouvait qu'emprunter un détour. <br />On trouvera donc ici les jalons d'une double histoire. Celle des philosophies de la musique, de Platon à Adorno, et celle de l'Idée musicale, de Beethoven à Schönberg, de Berg à Boulez et aux commentaires d'oeuvres contemporaines. <br />Mais on a cherché surtout à retrouver l'aura perdue du beau, voire du sublime - ce ton dont la réminiscence hante notre présent.</p>";"<p>Publié avec le concours de la SACEM</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3687 243;2;3;18;Pari sur l'impossible;Études fouriéristes;;;"<p style=""text-align: justify;"">Il est des utopies, politiques, qui ne sont plus pertinentes dans l'esprit du temps. Il n'en va pas de même pour ce que Charles Fourier a appelé le domestique, agencement du quotidien et mécanisme passionnel intégral.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pré-ambule</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />L'exigence Utopique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Le politique et l'utopie - La queue de Robespierre : sur le langage de la Terreur</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Utopies amoureuses</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - Le contrat du mariage<br />2 - L'amour et son destin</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Utopies esthétiques</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - L'esthétique passionnelle de Charles Fourier<br />2 - La chair de l'image : de l'utopique en peinture</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cahier d'illustrations</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Utopies enfantines</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - L'éléphant de la Bastille<br />2 - Le Berlin de Walter Benjamin : l'enfant et l'expérience<br />3 - Une enfance majeure</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Post-ambule</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />- L'utopie au quotidien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Envoi</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />- À la mémoire de Guy Hocquenghem : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Angelus novus</span></em></p>";;10/01/1989;0;137x220;224;978-2-90398-156-3;978-2-90398-156-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_243.jpg;;;;318;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les autres utopies supposent un homme modifié jusqu'à accepter librement la contrainte, un homme uniformisé. Spéculant sur des incompatibles, la vie sociétaire et le raffinement, la singularisation extrêmes, Fourier ne propose aucune transformation de l'homme ; il lui révèle comme possible ce à quoi il avait cru nécessaire de renoncer et le détourne du fatum. La lecture de ce qu'il nomme les attractions est indicatrice des destinées, indépendamment de toute estimation décevante du probable. L'utopie va de l'impossible au possible, en lui imposant la marque de l'exigence, ou du nécessaire.</p>";;05/07/2004 12:48;0;;3126 244;2;6;18;La pensée dans la langue;Humboldt et après;;;"<p style=""text-align: justify;"">La théorie du langage est encore à penser. Depuis Aristote, paradoxalement, il y a en elle plus d'inconnu que de connu.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. La pensée du langage : Herder et Humboldt</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Penser Humboldt aujourd'hui</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jürgen Trabant<br /></span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sprachsinn</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Le sens du langage, de la linguistique et de la philosophie du langage</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denise Modigliani<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Langage et anthropologie, une poétique de la différence</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Pénisson<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduction transplantation</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. La théorie ouverte : de Gehlen aux savants « fous »</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Poulain<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le temps philosophique du jugement ou l'implantation anthropobiologique du langage</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pierssens<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Savoir et vision : l'inconnu</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. La démocratie et le droit de faire</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Judith Schlanger<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aux sources de la démocratie intellectuelle</span></p>";;10/06/1995;0;137x220;192;978-2-91038-114-1;978-2-91038-114-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les savoirs contemporains n'ont fait que mettre à vif les problèmes, qu'ils cachaient autant qu'ils les montraient, des rapports entre langue et culture, langue et littérature, langage et démocratie. C'est pourquoi Humboldt reste aujourd'hui encore le penseur d'un inconnu du langage, posant à la philosophie, l'anthropologie et la psychanalyse, l'immense défi du langage dans la société et dans les sciences humaines. La théorie de la traduction est appelée à y jouer un rôle : ce que marque ici la place de Herder. L'histoire de la rationalité en apparaîtra plus solidaire qu'on ne savait de la poétique, et de la politique, de la modernité.</p>";;05/07/2004 12:48;0;;3147 245;2;3;18;Les Philosophes et la guerre de 14;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Quelle place les écrivains et les philosophes ont-ils tenu pendant la guerre de 14 ? Qu’ont-ils écrit ? Comment ont-ils agi ? Quels furent leurs engagements ? Un philosophe ne pouvait-il n'être qu'un intellectuel ?</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Soulez<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation : les philosophes devant la fracture de l'espace public européen</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Questions de méthode : le regard de deux historiens sur les philosophes?<br />et sur les historiens</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Ferro<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La grande guerre et ses effets sur la science historique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Gerbod<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les publications philosophiques françaises et la Première Guerre mondiale</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Le philosophe citoyen : dilemmes, paradoxes, ruptures</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Otto Pfersmann<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La guerre et le concept en Autriche-Hongrie</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Soulez<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les missions de Bergson ou les paradoxes du philosophe véridique et trompeur</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guiseppe Ferraro<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esthétique et récit d'une guerre pensée</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Reboul<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain et la guerre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Étienne Balibar<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le moment philosophique déterminé par la guerre dans la politique : Lénine 1914-1918</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Le destin de l'Europe entre les spécificités nationales<br />et les polémiques internationales</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Iring Fetscher<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ernst Troeltsch et la ""liberté allemande"" en 1914</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alan Ryan<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Russel en guerre avec la guerre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giovanni Cianci<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La guerre chez Marinetti, T. E. Hulme et D. H. Lawrence</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brian Holmes<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les publications de John Dewey dans la période 1914-1918</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">D.-J. Watson<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Idéalisme et militarisme : Josiah Royce et la première guerre mondiale</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Philosophe et juif</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Arno Munster<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les intellectuels (philosophes) Juifs-Allemands face à la guerre de 14</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle Starkier<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les philosophes juifs et la guerre de 14 : philosophes, juifs ou français ?</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. L'utopie, l'avant-garde et la mort</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonia Soulez<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La construction des utopies comme tâche de l'Ingénieur Social selon O. Neurath</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simonetta Marino<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sentiment de la guerre de l'avenir chez Gramsci</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Lafourcade<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wyndham Lewis ou les avatars d'un avant-guerre belliqueux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Sauvagnat<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">S. Freud, E. Jones et l'internationaliste : destins d'une illusion</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Soulez</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Conclusion : la guerre comme événement ou le retour du ""proche parent""</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index</span></p>";;10/12/1988;0;137x220;304;978-2-90398-150-1;978-2-90398-150-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_245.jpg;;;;434;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> Ils n'ont pas seulement écrit, ils ont agi, acceptant des missions (Bergson, Scheler), s'engageant contre la politique de leur gouvernement (Russel), ou préparant la révolution (Lénine). Certains qui n'y étaient pas tenu ont voulu combattre et se taire en même temps (Alain). D'autres se sont crus obligés de combattre par la plume et la propagande. L'action des philosophes, à son tour, s'est enregistrée dans des documents, des archives, des discours publics. Elle a produit un effet de sens sur l'orientation et le devenir de leur oeuvre, ne serait-ce qu'en l'interrompant pour quelques-uns. Il fallait prendre la mesure de cet ensemble d'idées, de pratiques, et de textes, dont la confrontation concerne aussi bien la philosophie de l'histoire que la mission du philosophe, et met en cause le lien de l'Europe et de la philosophie.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre et du Goethe-Institut</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 246;2;3;18;Qu'est-ce que la justice ?;Devant l'autel de l'histoire;;;"<p style=""text-align: justify;"">Dépassant les modèles de justice de Rawls et d'Habermas, est explorée ici la voie du troisième modèle : c'est le partage du jugement de vérité qui légitime et justifie toute autre justice.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques POULAIN<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Devant l'autel de l'histoire</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. L'idée moderne de la justice</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc SAGNOL<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Droit et justice chez Benjamin</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christoph MENKE<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Despotisme, individualisme, uniformisation. Liberté et égalité chez Tocqueville</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chantal MOUFFE<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Justice et rationalité : les impasses du libéralisme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques POULAIN<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'injustice capitaliste et la justice du jugement</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. La délimitation juridique de la justice<br />et les limites cognitives de la législation</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">José de SOUZA E BRITO<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le droit comme juste délimitation de la justice</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul RICOEUR<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une herméneutique juridique : interprétation et/ou argumentation</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Garbis KORTIAN<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Légalité, légitimité et justice : à propos d'une controverse sur la rationalité du droit naturel</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Le sacrifice du jugement d'autrui sur l'autel de l'histoire et ses effets:<br />la condamnation à mort et à l'oubli</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane DOUAILLER<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De ceux qui ne se connaissent pas eux-mêmes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Richard SHUSTERMAN<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le libéralisme pragmatique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicole PARFAIT<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'éthique fondamentale et/ou la négation des valeurs fondamentales de l'éthique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Suzana VILLAVICENCIO<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sans même un procès. L'impunité et les identités collectives</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Horacio GONZALEZ<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À qui ces morts appartiennent-ils ?</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. La justice du jugement<br />ou le partage politique de la vérité</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques RANCIÈRE<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le tort</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dick HOWARD<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre droit et justice : vers une politique du jugement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain BADIOU<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vérités et justice</span></p></blockquote>";;10/12/1996;0;137x220;288;978-2-91038-187-5;9782910381875;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_246.jpg;;;;402;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Face aux problèmes de justice provoqués par la disparition, à l'Est, du capitalisme d'État, l'analyse établit l'insuffisance du consensus politique pour fonder un jugement objectif sur l'harmonisation des droits, des devoirs et des biens. Prolongeant les découvertes contemporaines en anthropologie du langage, elle révèle l'impossibilité de réaliser l'idéal moderne d'une société juste en acceptant de sacrifier le partage du jugement de vérité sur l'autel de l'histoire. C'est en respectant le jugement de vérité d'autrui autant qu'on respecte le sien qu'on fait valoir une justice qui légitime et justifie toute autre justice. Les auteurs du volume se sont réunis à Dresde en 1993 pour explorer ces questions et faire valoir la justice inhérente à l'usage du langage.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 247;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°01/1972;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Pierre Attal<br /> </span></strong><em><span>Tout le monde n'est pas beau.</span></em><span> Essai sur les rapports sémantiques entre </span><em><span>tous</span></em><span> et </span><em><span>ne pas</span></em><strong><span> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Carlota Smith<br /> </span></strong><span>Paraphrase and performance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Benoît de Cornulier<br /> </span></strong><span>Littéralement</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>François Dell<br /> </span></strong><span>Une règle d'effacement de</span><em><span> i </span></em><span> en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Paul Hirschbühler<br /> </span></strong><span>Even : remarques sémantiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Suzanne Schyter<br /> </span></strong><span>Une hiérarchie d'adverbes en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Zribi<br /> </span></strong><span>Sur un cas de construction pseudo-prédicative</span></p>";;10/03/1972;1;150x210;170;978-2-84292-971-8;978-2-84292-971-8;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-1.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 248;1;3;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°10/1982;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Anscombre<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un essai de caractérisation de certaines locutions verbales</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck Bauer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Analyse des rapports de la forme et du sens dans une épigramme de Marot</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patric Sauzet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Autour des géminées : des filtres à une critique du segmentalisme</span></p>";;10/03/1982;10;155x220;126;978-2-84292-979-4;978-2-84292-979-4;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-10.gif;;;;101;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 249;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°11/1983;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Ruwet Nicolas<br /> </span></strong><span>Du bon usage des expressions idiomatiques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Angoujard<br /> </span></strong><span>Opacité et transparence prosodique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Benoît de Cornulier<br /> </span></strong><span>Sur le rythme des comptines</span></p>";;10/11/1983;11;155x220;174;978-2-84292-980-0;978-2-84292-980-0;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-11.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 250;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°12/1984;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Dominicy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur la notion d'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">e</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> féminin ou masculin en métrique et en phonologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne Zribi-Hertz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prépositions orphelines et pronoms nuls</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Loubana Mouchavew<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Et pour la première fois à l'écran : en faveur des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">small clauses</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Richard Renault<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Théorie des rôles thématiques et cas morphologique de l'objet en finnois</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rubrique Patalinguistique<br /> Sommaire des sommaires</span></p>";;10/06/1984;12;155x220;184;978-2-84292-981-7;978-2-84292-981-7;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-12.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 251;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°13/1985;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucien Kupferman<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Note sur </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">dont, de qui, de quoi, duquel</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul M. Postal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La dégradation de prédicat et un genre négligé de Montée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicolas Ruwet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes linguistiques sur Mallarmé</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Vandeloise<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les prépositions</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> avant/après et </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> l'ordre dans la rencontre potentielle</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rubrique Patalinguistique</span></strong></p>";;10/01/1985;13;155x220;136;978-2-84292-982-4;978-2-84292-982-4;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-13.gif;;;;200;9.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 252;1;6;28;Formes. Hommage à Mitsou Ronat;N°14-15/1986;;;;"<p><strong><span> Pierre Pica<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mitsou Ronat<br /> </span></strong><span>Métrico-phono-syntaxe : le vers français alexandrin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Tanya Reinhart<br /> </span></strong><span>Principes de perception des formes et organisation temporelle des textes narratifs</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Joseph Edmonds<br /> </span></strong><span>Les parties du discours en grammaire générative</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Gueron<br /> </span></strong><span>Le verbe </span><em><span>avoir</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sige-Yuki Kuroda<br /> </span></strong><span>D'accord ou pas d'accord : quelques idées générales concernant une grammaire comparative de l'anglais et du japonais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Pica<br /> </span></strong><span>Bibliographie résumée des travaux de Mitsou Ronat</span></p>";;10/01/1986;14;155x220;224;978-2-84292-983-1;978-2-84292-983-1;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_252.gif;;;;368;15.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 253;1;3;28;Mélanges linguistiques;N°16/1987;;;;"<p><strong><span> Pierre Pica<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mitsou Ronat<br /> </span></strong><span>Métrico-phono-syntaxe : le vers français alexandrin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Tanya Reinhart<br /> </span></strong><span>Principes de perception des formes et organisation temporelle des textes narratifs</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Joseph Edmonds<br /> </span></strong><span>Les parties du discours en grammaire générative</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Gueron<br /> </span></strong><span>Le verbe </span><em><span>avoir</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Sige-Yuki Kuroda<br /> </span></strong><span>D'accord ou pas d'accord : quelques idées générales concernant une grammaire comparative de l'anglais et du japonais</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Pierre Pica<br /> </span></strong><span>Bibliographie résumée des travaux de Mitsou Ronat</span></p>";;10/01/1987;16;155x220;168;;;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_253.gif;;;;290;11.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 254;1;6;28;Nouvelles phonologies;N°17/1988;;;;"<p><em><span> </span></em></p><p><strong><span>Manuela Ambar<br /> </span></strong><span>Gouvernement et inversion dans les interrogatives. Qu-en portugais</span></p><p><strong><span>Oswald Ducrot<br /> </span></strong><span>Sémantique et vérité : un deuxième type de rencontre</span></p><p><strong><span>Ximena Lois<br /> </span></strong><span>Les groupes nominaux sans déterminants en espagnol</span></p><p><strong><span>Georges E. Sarfati<br /> </span></strong><span>Quelques remarques sur la présentation et l'expression de la délocutivité dans le dictionnaire de langue</span></p><p><strong><span>Napoléon Jubas<br /> </span></strong><span>Patamétrique de l'énumération : situation de la patalinguistique</span></p>";;10/06/1988;17;155x220;208;;;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_254.gif;;;;0;10.67;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 255;1;6;28;Grammaire universelle et syntaxe comparative;N°18/1989;;;"<p>Comparaison de la syntaxe et la sémantique de plusieurs langues européennes.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Jacqueline Guéron<br /> </span></strong><span>Introduction</span></p><p><span><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Christiane Fellbaum et Anne Zribi-Hertz<br /> </span></strong><span>La construction moyenne en français et en anglais : étude de syntaxe et de sémantique comparées</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Aafke Hulk<br /> </span></strong><span>La construction impersonnelle et la structure de la phrase</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Avigail Azoulay-Vicente<br /> </span></strong><span>Cas partitif et quantification à distance</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Carl Vetters<br /> </span></strong><span>Grammaire générative et textuelle des temps verbaux</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique patalinguistique</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span>The Death of Lady S</span></em><span> William Shakesphere (édité par Norbert Rastreins)<br /> </span><em><span>Doux noirs tabacs</span></em><span> Amédée Kryse</span></p>";;10/05/1989;18;155x220;152;978-2-91038-175-2;978-2-91038-175-2;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_255.gif;;;;208;10.67;"<p style=""text-align: justify;"">La syntaxe comparative de plusieurs langues permet d'asseoir les base de la grammaire générative en tant qu'ensemble de règles et de principes qui engendrent toutes les phrases possibles d'une langue particulière (grammaire d'une langue) ou de toutes les langues (grammaire universelle). Sont comparées dans ce numéro la syntaxe et la sémantique du français, de l'anglais, de l'italien ou du hollandais.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 256;1;6;28;Linguistique et cognition : réponses à quelques critiques de la grammaire générative;N°19/1990;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le rapport de la linguistique à la cognition sert de fil conducteur aux auteurs de ce numéro pour répondre à toutes les critiques faites en France ces vingt dernières années à la grammaire générative.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Jean-Yves Pollock et Hans-Georg Obenauer<br /> </span></strong><span>Remerciements</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Yves Pollock et Hans-Georg Obenauer<br /> </span></strong><span>Le programme de recherches de la grammaire générative : mise en oeuvre et enjeux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Noam Chomsky<br /> </span></strong><span>Sur la nature, l'utilisation et l'acquisition du langage</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Hans-Georg Obenauer<br /> </span></strong><span>De quelques malentendus récurrents concernant la grammaire générative</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Yves Pollock<br /> </span></strong><span>Linguistique, biologie et spychologie : la linguistique peut-elle se définir comme une science cognitive ?</span></p>";;10/05/1990;19;155x220;128;978-2-91038-174-5;978-2-91038-174-5;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_256.gif;;;;0;10.67;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 257;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°02/1974;;;;"<p style=""padding-left: 30px;""><em><span> </span></em><strong><span>Pierre Duhem<br /> </span></strong><span>Essai de représentation pédagogique du système des temps du français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Giry-Schneider<br /> </span></strong><span>Formes passives à sujet sans déterminant-description</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Richard Kayne<br /> </span></strong><span>French relative </span><em><span>que</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Théodore M. Lightner<br /> </span></strong><span>Derivational morphology</span></p>";;10/03/1974;2;210x294;100;978-2-84292-972-5;978-2-84292-972-5;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;RLV-2.gif;;;;0;9.14;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 258;1;6;28;La créolisation. Théorie et applications;N°20/1991;;;"<p>Qu'est-ce qui justifie de faire des langues dites créoles un objet particulier d'étude linguistique ?</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Alain Kihm<br /> </span></strong><span>Présentation</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claire Lefebvre<br /> </span></strong><span>La distribution du déterminant et des complémenteurs en créole haïtien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>John S. Lumsden<br /> </span></strong><span>La distribution des modificateurs dans le syntagme nominal en haïtien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Elizabeth Ritter<br /> </span></strong><span>Déplacement de NP en haïtien : oui ou non ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Claire Lefebvre<br /> </span></strong><span>Prédicats transitoires et prédicats caractéristiques : quelques nouveaux faits en haïtien et en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne-Marie Brousseau<br /> </span></strong><span>Domaines et relations de gouvernement dans le processus tonals du fongbe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Amédée Kryze<br /> </span></strong><span>L'étonnante aventure d'Ottokar Szpätreizser</span></p>";;10/04/1991;20;155x220;124;978-2-91038-173-8;978-2-91038-173-8;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_258.gif;;;;0;10.67;"<p style=""text-align: justify;"">Les créoles, outre leurs spécificités historiques et sociolinguistiques ouvrent une voie d'accès prometteuse vers la solution des questions ultimes de la linguistique : qu'est-ce qu'acquérir et que connaître une langue naturelle ? C'est à ce point que la formation des langues créoles, que le fait même qu'elles se soient formées à date assez récente pour qu'on puisse espérer reconstituer cette formation, prend toute sa signification.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 259;1;6;28;Principes généraux et typologie;N°21/1992;;;"<p style=""text-align: justify;"">Interrogation sur l'articulation entre principes généraux et propriétés paramétrisables et sur la réalité linguistique de la notion traditionnelle de « type ».</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Alain Rouveret<br /> </span></strong><span>Principes généraux et typologie linguistique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Bernard Bortolussi<br /> </span></strong><span>Passif, agent et sujet en latin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Abdelkader Fassï Fehri<br /> </span></strong><span>Stratégies de légitimation et typologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lea Nash-Haran<br /> </span></strong><span>La catégorie AGR et l'accord en géorgien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Richard Renault<br /> </span></strong><span>Les phrases et les propositions du finnois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Luigi Rizzi<br /> </span></strong><span>Spéculations sur les phénomènes ""verbe second""</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Janig Stephens<br /> </span></strong><span>Structure du groupe nominal en breton</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurice Tuller<br /> </span></strong><span>Remarques sur la typologie des langues à pronom nul</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Traï Zattab<br /> </span></strong><span>Futuribles antérieurs</span></p>";;10/06/1992;21;155x220;196;978-2-91038-172-1;978-2-91038-172-1;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_259.gif;;;;284;11.00;"<p style=""text-align: justify;"">Sont rassemblées dans ce numéro sept contributions originales, portant sur des langues diverses - géorgien, arabe, latin, finnois, langues germaniques, breton, hausa -, mais partageant une visee commune : celle d'intégrer les acquis de la recherche typologique classique dans une approche formelle aux faits de langue.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 260;1;3;28;Francs-tireurs de la linguistique;N°22/1993;;;"<p style=""text-align: justify;""> « Francs-tireurs de la syntaxe »... des linguistes qui, travaillant ou non dans le cadre d'une théorie donnée, manifestent un esprit de liberté relativement rare dans la profession.</p>";"<p><em><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></em><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">René Coppieters<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La théorie conceptuelle de l'individu et son rôle dans l'analyse sémantique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Paul Hirschbühler et Marie Labelle<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le statut de (ne) pas en français contemporain</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jan Koster<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Langage et épistémologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">S.-Y. Kuroda<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La syntaxe du causatif japonais et l'organisation des trois composantes syntaxiques de la grammaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Nicolas Ruwet<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Les verbes dits psychologiques : trois théories et quelques questions</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Remarques et répliques</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jean-Louis Aroui<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Linguistique et sciences cognitives : Aristote ou Platon ? D'un adepte confronté à l'avocat du diable</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Article hors-thème</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Bong-Sup Shim<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le pronom coréen kî</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Rubrique 'patalinguistique'</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Minamoto no Nisho<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Lieux où souffre l'esplit : nouveaux haiku traduits du japonais</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">- Les perles de la secu. Petite anthologie du courrier adressé à la Sécurité Sociale.</span></p>";;10/06/1993;22;155x220;180;978-2-91038-171-4;978-2-91038-171-4;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_260.gif;;;;264;11.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les divers articles, tous sauf un sont dûs à des linguistes publiant en général en anglais, et dont certains sont relativement peu connus en France, touchent à la syntaxe (française, japonaise, coréenne, anglaise), à ses rapports avec la sémantique, la grammaire universelle, l'épistémologie, la phénoménologie.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 261;1;6;28;Syntaxe des langues africaines;N°23/1994;;;"<p style=""text-align: justify;"">Peut-on parler d'une syntaxe des langues africaines ? « Syntaxe » laisse présupposer l'idée d'une grammaire des langues africaines, or l'on sait la diversité des langues d'Afrique.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Lélia Picabia<br /> </span></strong><span>Introduction</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Alain Kihm<br /> </span></strong><span>Aspects de l'incorporation en wolof : essai comparé des approches minimaliste et autolexicale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jacqueline Lecarme<br /> </span></strong><span>Focus et effets « verbe second » en somali</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Lélia Picabia<br /> </span></strong><span>Le sujet locatif en comorien</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Mostafa Rechad<br /> </span></strong><span>Sur la syntaxe de la phrase nominale et la nature de PRON en arabe</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Laurice Tuller<br /> </span></strong><span>La syntaxe des verbes du « degré 2 » en haoussa : arguments pour une décomposition lexicale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anne Zribi-Hertz, Sidonie Bingaba-Ngaima<br /> </span></strong><span>Les pronoms topicaux du sango et la théorie du liage</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Article hors-thème</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jean-Pierre Angoujard<br /> </span></strong><span>Une analyse rythmique de la syllabe en japonais</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rurique 'patalinguistique'</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anna Faure, Norbert Rastreins<br /> </span></strong><span>Devoir de théologie à l'intention des linguistes</span></p>";;10/09/1994;23;155x220;184;;;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_261.gif;;;;268;11.00;"<p style=""text-align: justify;"">« langues africaines » connote aussi un concept d'une famille linguistique de langues coïncidant avec une aire géographique.<br />Les langues traitées dans ce volume sont d'une part le sango, le wolof, le comorien, langues ressortissant au concept de langues africaines. Sont par ailleurs abordés le haoussa et l'arabe marocain, permettant ainsi un élargissement vers les langues parlées en Afrique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 262;1;6;28;Grammaire universelle et acquisition du langage;N°24/1995;;;"<p style=""text-align: justify;"">Croisement entre la grammaire universelle et l'acquisition du langage chez l'enfant.</p>";"<p><em><span> </span></em><strong><span>Celia Jakubowicz<br /> </span></strong><span>Grammaire universelle et acquisition du langage</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Aafke Hulk<br /> </span></strong><span>L'acquisition du sujet en français</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Reiko Mazuka, Barbara Lust, Tatsuko Wakayama et Wendy Snyder<br /> </span></strong><span>« Null Subject Grammar » and Phrase Structure in early Syntax Acquisition : A Cross-linguistic Study of Japanese and English</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Cornelia Hamann, Luigi Rizzi et Uli Frauenfelder<br /> </span></strong><span>On the Acquisition of the Pronominal System in French</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Charlotte Koster<br /> </span></strong><span>Le destin de la Théorie du Liage reformulée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Jürgen Weissenborn, Thomas Roeper et Jill de Villiers<br /> </span></strong><span>Wh-features in French and German : Connections between Case, Wh-features, and Unique Triggers</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Helen Goodluck<br /> </span></strong><span>Trois hypothèses à propos des errreurs de contrôle des phrases adjointes chez les enfants</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Viviane Deprez<br /> </span></strong><span>Sous-spécifications, projections fonctionnelles et fixation des paramètres</span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Rubrique 'patalinguistique'</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span>Anna Faure, Minnie Malista, Sinomie My et Robert Rastreins<br /> </span></strong><span>Un tango en sango</span></p>";;10/05/1995;24;155x220;240;978-2-91038-117-2;978-2-91038-117-2;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_262.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Celia Jakubowicz : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Grammaire universelle et acquisition du langage »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article tente de montrer que c'est en s'appuyant sur une théorie linguistique que les recherches sur l'acquisition permettront de mieux comprendre à la fois la struc-ture des langues et les mécanismes de leur acquisition. Après avoir résumé dans leurs grandes lignes les relations entre la linguistique théorique et les recherches sur l'acquisition, nous nous attachons plus particulièrement à décrire l'influence sur ces dernières de la théorie des Principes et Paramètres proposée par N. Chomsky.Nous montrons que l'interaction de ces deux approches a été diverse et fructueuse quant aux sujets traités et aux problèmes théoriques soulevés.Trois points de vue différents sur l'acquisition du langage sont discutés : l'Hypothèse de la Continuité Stricte Forte, l'hypothèse de la Continuité Stricte Faible, et l'hypothèse de la Discontinuité. </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aafke Hulk : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'acquisition du sujet en français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nous soutenons que l'acquisition des sujets lexicaux, en français, présente diverses caractéristiques qui ne s'observent pas dans d'autres langues. Ceci est dû au fait que les pronoms sujets du français moderne n'ont pas le même statut que les NP sujets parce que ce sont des clitiques syntaxiques qui font partie du système d'accord AGRs. Reprenant l'idée de Ferdinand 1994, nous montrons que les clitiques sujets du français sont acquis de la même façon que les autres marques d'accord verbal. Qui plus est, ces clitiques font souvent l'objet d'une réduction phonologique chez les enfants, du fait qu'ils constituent la première syllabe inaccentuée de leur mot (clitique + verbe). La réduction phonologique complète du clitique sujet crée ainsi l'impression d'un sujet nul. En adoptant cette hypothèse, nous mettons implicitement en question l'idée, proposée dans la littérature, suivant laquelle l'acquisition des sujets lexicaux est, en français, directement reliée à celle de la projection CP</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Reiko Mazuka, Barbara Lust, Tatsuko wakayama, Wendy Shyder : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Null subject grammar' and phrase structure in early syntax acquisition : A cross-linguistic study of Japenese and English » </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Deux questions sont au centre du problème débattu dans cet article : (i) l'omission du sujet - que nous renommons ""omission préférentielle du sujet"" (OPS) - est-elle universellement observée ? (ii) Relève-t-elle d'une contrainte grammaticale? Le résultat d'une étude comparative des productions spontanées de jeunes enfants anglophones et japonophones permet de répondre négativement à ces questions. Nous suggérons que l'OPS (observée en anglais mais pas en japonais) résulte de l'interaction des facteurs grammaticaux (orientation de la récursitivé dans chaque langue) avec des facteurs de performance.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cornelia Hamann, Luigi Rizzi, Uli Frauenfelder : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« On the acquisition of the pronominal system in French »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article étudie l'acquisition du système des pronoms en français, par une analy-se quantitative d'un corpus de productions spontanées. Les trois principaux résultats sont les suivants : (i) dès l'âge de deux ans, l'enfant maîtrise les contraintes distributionnelles qui distinguent les formes clitiques des non-clitiques ; (ii) la classe des clitiques objets se manifeste plus tardivement que la série des clitiques sujets ; (iii) la classe des clitiques sujets tend à ne pas apparaître dans les infinitives indépendantes, tandis que la classe des clitiques objets n'est pas sensible à l'opposition entre proposition finie et proposition infinitive. Ces résultats sont interprétés dans l'optique des hypothèses récentes de la grammaire générative comparative.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charlotte Koster : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le destin de la Théorie du Liage Reformulée »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En général, les enfants maîtrisent la grammaire des pronoms réfléchis avant celle des pronoms non réfléchis, ce qui est difficile à expliquer dans le cadre de la théorie standard du liage. Une reformulation de cette théorie a été proposée, prenant pour critère l'interprétation variable des deux types de pronoms. Cet article montre que les bons résultats expérimentaux obtenus initialement avec la théorie reformulée du liage ne se sont pas confirmés : dans divers types de phrases, les enfants interprètent incorrectement les pronoms non réfléchis comme des réfléchis liés, montrant ainsi que leur connaissance du liage n'est pas mieux décrite par la théorie reformulée. La question reste ouverte de savoir pourquoi les enfants comprennent les réfléchis plus tôt que les non-réfléchis.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Helen Goodluck : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Trois hypoyhèses à propos des erreurs de Contrôle des phrases adjointes chez les enfants »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Plusieurs études ont montré que les enfants anglophones n'appliquent pas la règle adulte d'interprétation du sujet nul (PRO) dans les circonstancielles de temps et les autres propositions adjointes à IP. Par exemple, en s'appuyant sur une expérimentation fondée sur le jeu ('act-out), Goodluck (1981), et Hsu, Cairns et Fiengo (1985) ont trouvé que les enfants de six ans et plus, confrontés aux phrases comme (1), interprètent souvent le sujet de l'enchâssée comme l'objet de la principale (Jane), tandis que pour l'étude PRO doit référer au sujet (Sue).<br /> (1) Sue hugged Jane before [PRO leaving the party].<br /> "" Sue a embrassé Jane avant de quitter la soirée. "" Dans cet article je discute trois hypothèses concernant la difficulté qu'ont les enfants pour interpréter PRO dans ce type de phrase.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jürgen Weissenborn, Thomas Koeger, Jill de Villiers : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Wh-features in French and German : Connections between Case, Wh-features, Unique Triggers »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article présente les résultats d'une étude comparative de l'acquisition du déplacement-WH long, conduite avec des enfants germanophones et francophones agés de 3 à 6 ans. On montre que, dès le plus jeune âge considéré, les contraintes des "" barrières-WH "" sont partiellement observées dans les deux langues. Le fait qu'initialement, les enfants français et allemands acceptent l'extraction-WH hors de domaines qui l'excluent dans la langue adulte, est expliqué dans les termes suivants : (i) relation par défaut (ii) nature des correspondances entre la s-structure et la forme logique (iii) nature des chaînes dans la grammaire de l'enfant. Les résultats obtenus fournissent des arguments en faveur de la modularité des processus d'acquisition.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Viviane Déprez : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Sous-spécification, projections fonctionnelles et fixation des paramètres » </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Dans la grammaire en développement de l'enfant, on relève un parallèle surprenant entre certains déplacements de têtes et certains déplacements de projections maximales. D'une part, le déplacement de V à I et le mouvement-WR surviennent précocement dans l'acquisition et semblent obligatoires dès qu'ils se mettent en place. D'autre part, le déplacement de V à C et le déplacement de NP semblent 'retardés' et facultatifs. Après avoir passé en revue quelques hypothèses courantes, cet article esquisse une analyse qui relie le parallélisme observé à l'acquisition des projections fonctionnelles.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> Celia JAKUBOWICZ : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Grammaire universelle et acquisition du langage»<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">We argue that linguistic theory and language acquisition research can be connected in a fruitful way, one which contributes to a better understanding of what the prin-ciples of language and the possibilities of variation are, on the one hand, and what the mechanisms of language acquisition are, on the other hand. An overview of the relations between these two approaches over the last fifty years is presented, with particular emphasis on the impact of the Principles and Parameters theory on acqui-sition research. We show that the interaction between this theory and acquisition stu-dies has been diverse and productive, both with respect to the topics that have been investigated and to the theoretic questions that have been raised. Three different accounts of language acquisition are discussed : the Strong Continuity Hypothesis, the Weak Continuity Hypothesis, and the Discontinuity Hypothesis.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Aafke HULK : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« L'acquisition du sujet en français »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">We argue that the acquisition of lexical subjects in French presents a number of peculiarities which are not found in other languages. This is related to the fact that in today French, pronominal subjects do not have the same status as NP sujects, since they are syntactic clitics; more specifically, they are part of the agreement system AGRs. Following Ferdinand 1994, we show that French subject clitics are acquired in the same way as other verbal agreement markers. Moreover, children often reduce these clitics phonologically, since they constitute the first, unaccented syllable of the word (clitic + verb). Complete phonological reduction of the subject clitic thus creates the impression of a nulI subject. By adopting this hypothesis we implicitly question the idea that the acquisition of lexical subjects in French is directly related to the acquisition of the CP projection, as has been proposed in the li terature.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Reiko MAZUKA, Barbara LUST, Tatsuko WAKAYAMA, Wendy SHYDER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Null subject grammar' and phrase structure in early syntax acquisition : A cross-linguistic study of Japenese and English »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This paper addresses two main questions : (i) is the Preferential Subject Omission (PSO) phenomenon universally observed by young children? (ii) Does it involve a grammatical constraint ? Results from a comparative study of young English and Japanese-speaking children's spontaneous productions lead us to argue that neither (i) nor (ii) hold We suggest that the PSO (observed in English but not in Japanese) follows from the interaction between grammatical factors (e.g. the Principal Branching Direction Parameter) and performance factors.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Cornelia HAMANN, Luigi RIZZI, Uli FRAUENFELDER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« On the acquisition of the pronominal system in French »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In this paper, based on a quantitative analysis of a spontaneous-speech corpus, we study the acquisition of pronouns by one monolingual French-speaking child. The following three results are reported : (i) at age 2, the child masters the distributional constraints distinguishing clitics from nonclitics ; (ii) the acquisition of objet clitics is considerably delayed with respect to subject clitics ; (iii) subject clitics do not occur in root infinitivals, while object clitics occur in both finite and nonfinite clauses. These results are consistent with recent hypotheses regarding pronouns proposed within the generative framework.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Charlotte KOSTER : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Le destin de la Théorie du Liage Reformulée »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">In general chiIdren acquire the proper use of reflexives before pronominals, and this is difficult to explain within the framework of the traditional Binding Theory. A reformulation of this theory, based on bound variable interpretation of both anaphors and pronominals, has been proposed. This paper wilI demonstrate that the initial experimental success with this reformulated Binding Theory has not been upheld : in different sentence types, children do give incorrect reflexive bound variable interpretations to pronominals, showing that their knowledge of binding is not better described by the reformulated Binding Theory. The question as to why children understand reflexives earlier than pronominals is still open.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Jürgen WEISSENBORN, Thomas KOEGER, Jill DE VILLIERS : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Wh-features in French and <br /> German : Connections between Case, Wh-features, and Unique Triggers »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">This paper reports results from a comparative study on the acquisition of long WH-movement by German and French speaking children aged 3 to 6 years. We show that in both languages WH barrierhood constraints are partially observed from the earliest age considered. The fact that French and German speaking children first allow WH extraction out of domains from which it is blocked in adult language is explained in the following<br /> terms : (i) default relations (ii) types of s-structure/LF matchings (iii) the nature of chains in early grammar. We argue that our results support a modular view of the acquisition process.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Helen GOODLUCK : </span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">« Trois hypothèses à propos des erreurs de Contrôle des phrases adjointes chez les enfants »<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Several studies have shown that English speaking children do not apply the adult rule for interpreting the null subject (PRO) in temporal adjuncts and in other clauses adjoined to IP. For instance, using an act-out task, Goodluck (1981), and Hsu, Cairns & Fiengo (1995) foud that six-year olds and even older children, when presented with sentences such as (1), often interpret the subject of the embedded clause as the object of the matrix (Jane), whereas for the adult,PRO must refer to the subject (Sue).<br /> (1) Sue hugged Jane before (PRO leaving the party).<br /> In this paper, i discuss three accounts of why children find it difficult to interpret PRO in this type of sentences. </span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Viviane DÉPREZ :</span><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> «Sous-spécification, projections fonctionnelles et fixation des paramètres»<br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">An intriguing parallel is observed in the child's developing grammar between the realization of certain instances of X°-movement and of certain instances of XP-movement. On the one hand, both V-to-I and WH-movement appear early and seem obligatory as soon as they become relevant. On the other hand, both V-to-C and NP-movement seem to be 'delayed' and optional. After having reviewed some current proposaIs, this paper sketches an approach which relates the observed parallelism to the acquisition of functional projections.</span></p>";342;11.00;"<p style=""text-align: justify;"">Au carrefour de la linguistique générative, de la psychologie et de la biologie humaine : le point sur les progrès qui permettent de croiser les modèles chomskyens concernant la structure des langues naturelles et l'étude des capacités linguistiques précoces se manifestant dans le processus d'acquisition de la langue par l'enfant.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3147 38;2;6;14;L'Écoute filmique;Écho du son en image;;;"<p style=""text-align: justify;"">Une perspective nouvelle dans l'analyse du cinéma : en privilégiant l'entrée sonore, l'auteur montre comment la propagation des échos à travers l'espace filmique perturbe la réception spectatorielle des films, même des plus classiques.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'écoute filmique : une attitude esthétique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Effets d'écho</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Suivre les sons à la trace<br /> - Paroles d'une nymphe et sons de cinéma<br /> - Rappels impertinents<br /> - Échos préalables<br /> - Dislocations et contaminations</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Jeux d'espace</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Un mouvement qui déplace les lignes<br /> - Syncopes et décadrages<br /> - Circulation et désorientation </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Figures du dérangement</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Coalescence<br /> - Concurrence<br /> - Dispersion du sens<br /> - Distance multiple<br /> - Le spectateur en jeu </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écouter comme on danse...</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des films cités<br /> Textes de référence<br /> Crédits d'illustrations</span></p>";;10/02/1999;0;137x220;160;978-2-84292-053-1;9782842920531;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_38.jpg;;;;244;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Aucun son n'est jamais à l'image de quelque chose, mais toujours en marge d'une image dont il n'offre que des brouillons imparfaits. Dans le film, le sonore insinue sous le visible les évocations multiples auxquelles il fait écho. En organisant la déliaison du son et de l'image, le cinéma met en concurrence le regard, attentif au contour des figures, et l'écoute, sensible à leur devenir. Relançant une approche phénoménologique de la perception, ce livre propose une perspective nouvelle sur le rôle de l'écoute dans la réception d'un film. Le spectateur se trouve placé au centre d'une réflexion cinématographique dont l 'orientation privilégie désormais, avec l'entrée sonore, les résonances que les bruits et les voix propagent dans l'espace filmique et la perturbation qu'ils provoquent dans l'entente des films les plus classiques. Ce faisant, l'écoute s'attache à déplier, à travers l'entretien syncopé du son et de l'image, le champ des formes éphémères que chaque son fait surgir.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 39;2;3;14;Esthétique plurielle;;;;"<p style=""text-align: justify;"">On explore ici les paradoxes de l'idée esthétique, prise entre la singularité de l'œuvre - poétique, musicale ou plastique - et la recherche d'une règle elle-même paradoxale.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esthétique et subjectivité: approche critique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maurice Mourier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deux ou trois choses que je crois savoir d'elle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Bloch<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'imaginaire dans l'expérience esthétique de la lecture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Bayard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hélas, ou qu'est-ce qu'une oeuvre ratée ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Ivernel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le singulier pluriel du beau à l'épreuve de l'instant historique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Doumet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Toucher la musique avec des mots</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Sorlin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Combat avec l'Autre: essai sur les fondements du projet artistique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Rey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'oeuvre comme généalogie de l'esthétique</span></p>";;10/01/1996;0;137x220;160;978-2-91038-136-3;9782910381363;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_39.jpg;;;;242;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Il s'agit d'interroger la pluralité de l'esthétique sans la réduire à la variabilité des points de vue sur les oeuvres de l'art. C'est donc l'idée esthétique elle-même dont on entend ici évoquer les visées contraires. Pour cela, on a choisi d'engager une démarche qui serait elle-même plurielle : aborder le principe de création ou l'expérience de beauté selon un angle conceptuel à chaque fois différent, qui permette de croiser, autour du rapport à l'œuvre d'art, le rejet ou l'invocation de la subjectivité, la référence au possible ou à l'imaginaire, la mesure de l'échec ou la loi de l'exaltation, le suspens ou le réancrage de l'historicité : bref, la loi de l'œuvre et la recherche d'une règle. À travers Kant ou Valéry, entre Benjamin et Kafka, de l'idée musicale à l'expérience poétique, le paradoxe de l'art décline ainsi ses variantes. Il se prolonge dans la démarche d'une jeune artiste faisant courir, de texte en texte, la trace minimaliste d'un mode sériel d'exploration.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 40;2;3;14;Façons de voir;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Croisant philosophie et esthétique, anthropologie et psychanalyse, une réflexion originale sur les enjeux de la figuration et de la défiguration dans la peinture contemporaine (Boutibonnes, Dubuffet, Mathias Pérez, Desbouiges).</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Défigurations</span></strong></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Critique du privilège de la vue</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Platon et la connaissance comme vue pure et absolue<br /> - Les conséquences du privilège du visible en peinture</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Critique de l'image</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- D'une prétendue différence de l'homme<br /> - De l'image à la figuration</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Remarque sur l'image médiatique<br /> - Reprises et renvois</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Figurations</span></strong></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ressources anthropologiques</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les conditions d'apparition de l'anthropien<br /> - La schize de l'?il et du regard</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une logophénoménie de la vue</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le mouvement de la chair<br /> - L'expérience du corps de la peinture</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'expérience du corps au sens du monde</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La perception entre le conceptuel et l'élémentaire<br /> - De la ressemblance du monde</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Infigurable</span></strong></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Si la vue humaine ne se réduit pas à la vision physiologique, si un fond naturel ne suffit pas à expliquer nos mille et une façons de voir, comment saisir les façonnements qui favorisent le phénomène de la vue ? Cette question, je me la suis posée à partir de mon expérience de la fiction, littéraire et philosophique : or, s'il y a une fiction de la vue, où a-t-elle lieu, sinon dans l'expérience picturale ? La peinture nous fait voir autrement. En d'autres termes, comment apparaît l'esthésique (la perception, singulièrement visuelle) sinon par l'esthétique (le façonnement) ? Pour mettre à nu cette apparition, qui est formation et genèse, j'ai interrogé quelques savoirs (obligés, certes, de la philosophie, l'anthropologie ou la psychanalyse, mais d'autres aussi moins connus et marquants comme dans le cas de Max Loreau) et quelques oeuvres (classiques et modernes, certes, mais aussi de celles que j'ai pu rencontrer avec leurs créateurs, comme Philippe Boutibonnes et Mathias Pérez). De ce parcours, qu'ai-je retiré ? Sans hésiter, que notre vue mobilise, bien plus que les yeux, tout le corps avec tous ses langages - de gestes et de couleurs, de mots, d'images ou d'objets. Et surtout que ce regard met en jeu la figuration, mobile, active, oeuvrant entre défiguration des spectacles et affrontement à l'infigurable. Éric Clémens</p>";10/11/1999;0;137x220;160;978-2-84292-064-7;9782842920647;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_40.jpg;;;;244;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Chercher à saisir les lignes de force de la vision fait découvrir aussitôt les mille et une façons de voir : autrement dit, fait découvrir que la vision (physiologique) s'inscrit toujours dans la vue (son phénomène et sa fiction). L'expérience picturale ouvre bien sûr la voie à cette découverte : la peinture nous fait voir autrement. Que l'art puisse parfois sembler sans issue (mort, disait-on) relance aussi la question : comment apparaît l'esthésique (la perception) sinon par l'esthétique (le façonnement) ? Et la figuration, au sens actif du mot, entre défiguration et infigurable, n'est-elle pas le nom même de cette entre-vue du monde ? À partir de pensées convergentes de la peinture, de l'anthropologie, de la psychanalyse et de la philosophie, <em>Façons de voir</em> tente de donner un appui à nos perceptions esthétiques.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 41;2;3;14;Fictions en esthétique;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le pari de ce volume : réunir, selon une interrogation commune de l'art, des textes suscités par un projet d'écriture et des études à visée théorique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle Lagny, Marie-Claire Ropars, Pierre Sorlin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Esthétiques hors cadre</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fictions ?</span></em></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Le Bot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le torse d'un symbole</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maurice Mourier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Petite promenade au pied du mur</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Théo Lesoual'ch<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">... à un quelconque ange triste </span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ludovic Janvier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'inavouée</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mireille Calle-Gruber<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une esthétique de la corde raide ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Buisine<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De ce que j'ai cru voir...</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esthétique et son double</span></p>";;10/06/1993;0;137x220;184;978-2-90398-187-7;978-2-90398-187-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_41.jpg;;;;270;17.00;"<p style=""text-align: justify;""> Comment croiser en esthétique l'acte de la fiction et l'analyse de la réflexion ? C'est à faire jouer la multiplicité des rencontres possibles que s'emploie cet essai. Si la fiction appartient à l'art, c'est par les images qui la portent comme par la diction qui s'y dissimule ; mais si la pensée de l'art se fraie une nouvelle voie aujourd'hui, c'est peut-être dans la mesure où elle reconnaît l'exigence fictive qui l'entraîne. Le pluriel de l'art ne tient-il pas à ce qu'il participe simultanément de la recherche d'un principe et de l'abandon à l'événement ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 42;2;3;14;La forme en jeu;;;;"<p style=""text-align: justify;"">On explore ici les détours et les tensions qui gouvernent la mise en forme des œuvres, à travers la plasticité de la couleur, le rapport entre l'image et le rythme, l'effraction venue de la série, la duplicité des agencements textuels.</p>";"<blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Sorlin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La couleur est-elle une forme ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Laure Hurault<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La lisibilité de la forme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuelle André<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La forme secrète de Veronika Voss : la figure rythmique </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Bayard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le plan</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars-Wuilleumier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Forme et contreforme : l'invention du sérialisme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Rey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un concept introuvable</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Dessons<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La forme en peinture</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Rancière<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La forme et son esprit</span></p></blockquote></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">Des ombres, des taches et des contours, des idées et des ruptures : notre ouvrage est ponctué d'interventions figurales et traversé de questions. Où croise-t-on la forme ? Dans la clôture de chaque texte et le cadre de chaque dessin ou dans la suite que, toutes ensemble, ces pages constituent ? Est-ce l'oeuvre achevée qui nous donne l'idée même de la forme ? Ou bien l'oeuvre ne se forme-t-elle, n'a-t-elle de forme que dans le mouvement par lequel elle se rassemble ou se défait ? Est-ce le rythme, est-ce la conjonction d'éléments tous divers qui aboutissent dans la forme ? Ou la forme n'est-elle pas plutôt ce qui résiste à la prise, l'écart par lequel l'oeuvre fuit au delà de toute définition ? Nous avons voulu jouer avec la forme, la suivre dans l'esquisse à l'oeuvre achevée ou la saisir dans sa totalité ; elle nous a échappé, nous laissant, avec ses traces, les pistes croisées et les voix différentes qui sont notre livre. Les auteurs</p>";10/05/1998;0;137x220;160;978-2-84292-038-8;9782842920388;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_42.jpg;;;;242;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Peut-on délier la notion de forme des principes d'unité et d'accomplissement esthétique auxquels elle s'est trouvée associée ? La pensée de la forme ne se laisse pas réduire à l'achèvement de l'œuvre. Elle entraîne avec elle le mouvement d'une genèse, le retour sur soi d'un ensemble, l'impossible coïncidence entre visée et présence. On examine donc ici comment des forces contraires d'impulsion et de défiguration, de détournement ou de démultiplication des agencements contribuent tout à la fois à porter et à entraver le devenir formel d'une œuvre picturale, filmique, musicale, littéraire. La forme est-elle visible ou dicible, lisible ou inaudible ? L'informel est-il à l'opposé ou au cœur du processus formel ? Autant de questions pour une esthétique paradoxale qui ne laisse advenir l'approche d'une œuvre qu'en imposant la reconnaissance de ce par quoi elle ne serait pas œuvre.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 43;2;6;14;L'Idée d'image;;;;"<p style=""text-align: justify;"">De Giacometti à Proust, de Giorgione à Godard, ou de Beckett à Balzac : la dissimulation est au cœur même de l'image, omniprésente et sans être propre.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> Duplicité de l'image</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> L'image multiple</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Image ou mouvement ?<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une ligne. L'image-mouvement, non l'image-temps. Dans l'atelier de Balzac. Description ou genèse ? Fracture aux Folies-Bergères. Une citation filmique. Godard </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">contre</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Manet. Ligne brisée, ligne rectifiée : Klee selon Claude Simon. L'inalignable.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Figure(s)<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tête noire. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On appelle figure</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">... Le même en son autre.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. L'image-vision : un supplément d'oeil<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'oeil-Cézanne. Perspectives : point, tache, machines. Un regard double. Sécession de la vue.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Dissimulation</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Dissimulation, figuration<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'énigme de la figure. La figurabilité. L'absence de l'image, ou le principe d'infigurabilité. Le repli.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> L'image négative</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. Tombeau de l'écriture<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'être, un souvenir... Quant au livre à venir... Dans un tableau très en relief... Que le jour est lent à mourir... Les yeux fermés, visionnairement...</span></em></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI. L'image dans la parole<br /> </span></em></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">... la langue ressort... et les yeux que font les yeux...</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> Imaginaire, l'idée...</span></p>";;10/10/1995;0;137x220;176;978-2-91038-120-2;9782910381202;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_43.jpg;;;;260;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Empreinte ou écran, évidence et opacité, la duplicité caractérise l'image : doublant l'objet, elle se dédouble elle-même, faisant jouer l'écart à soi de la visibilité sans pour autant admettre quelque recours de l'invisible. C'est ce paradoxe de l'image, omniprésente et sans être propre, qu'on s'attache à cerner ici, de Giacometti à Proust, de Giorgione à Godard, ou de Beckett à Balzac. En reliant le texte au tableau, et le tableau au film, on mesure l'amplitude esthétique d'une même hypothèse : visuel ou langagier, l'effet d'image libère la part de l'ombre dans les figures comme dans les signes, les amenant au regard en dérobant leurs traits et brisant les représentations en contribuant à les former. Jamais présente à soi, l'image est imaginaire. Échappant ainsi au concept, peut-être nous parle-t-elle de l'idée : tel serait le tour ultime d'une dissimulation que l'on a voulu rendre ici constitutive de l'idée même d'image.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 44;2;3;14;L'Île joyeuse;Sept approches de la singularité musicale;;;"<p style=""text-align: justify;"">Sept approches pour une esthétique musicale qui privilégie l'écoute afin de mieux cerner le contour de ce site mythique où le temps aurait pour qualité la joie.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le silence des sirènes</span></em></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Écrire la musique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. La musique et la forme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Figure de l'interprète</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Du corps à la musique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. Musique et inconscient</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6. De quelques oreilles que la modernité prête à la musique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7. L'histoire dans la musique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Penser maintenant le silence</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie<br /> Index</span></p>";;10/11/1997;0;137x220;160;978-2-84292-026-5;9782842920265;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_44.jpg;;;;238;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">Singulière expérience que celle du musical. Chacun y succombe à l'enchantement de l'immédiat, mais la teneur de l'objet ne cesse de se dérober. C'est sans doute que l'œuvre musicale travaille le temps plus encore que le son : celui-ci reproductible à l'infini, celui-là, non. L'instant multiple de l'écoute nous fait rêver à ce que serait un temps à jamais ordonné, toujours rétrogradable et orienté pour notre seule jouissance. Ce temps aurait pour qualité la joie : cela signifie que, flux traversable en tous sens, il serait aussi la source intarissable de ce qu'appelle notre désir. Plutôt que de postuler ici une essence de la musique, on a préféré se laisser conduire par l'idée de singularité. L'enjeu revient à reconnaître la manière singulière dont le musical traite avec quelques-uns des champs d'expérience auxquels il touche : la forme, le corps, l'histoire, la modernité, l'inconscient, l'écriture, l'intelligibilité. Sept approches, donc, qui privilégient l'analyse des exemples afin de mieux cerner les contours de ce site mythique où nul n'abordera jamais et dont le nom est emprunté à l'une des pages les plus fulgurantes de Debussy :<em> L'Isle joyeuse</em>.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3687 45;2;3;14;L'Image-paysage;Iconologie et cinéma;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les hypothèses du fondateur de l'iconologie appliquées pour la première fois à l'analyse des images filmiques, celles des paysages du cinéma américain.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos<br /> Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Le cinéma et l'iconologie</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Poétique de l'énigme<br /> - La Sphinge indienne<br /> - Aby Warburg, la planche et le plan<br /> - Le plan iconologique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Le paysage et le cinéma</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Mélancolie énigmatique<br /> - Le fond de la scène<br /> - Bloc magique du plan</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> Le cinéma américain et le paysage</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Paysage, peinture et profondeur<br /> - Réserves de paysage<br /> - La ligne de fuite<br /> - Readmades et clichés<br /> - Fenêtres et portes<br /> - Composition après coup<br /> - Microthèmes et miniatures<br /> - Le paysage, le livre, l'hiéroglyphe</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> Table des illustrations</span></p>";;10/05/1996;0;137x220;160;978-2-91038-139-4;9782910381394;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_45.jpg;;;;242;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comme sur une planche d'Aby Warburg, les paysages du cinéma américain réveillent la mémoire d'autres images enfouies, picturales, énigmatiques. Superposant des fragments de westerns et des tableaux ou des clichés venus d'ailleurs, l'auteur traverse les couches géologiques d'une culture visuelle dont chaque plan de film recèle la trace. Ainsi toute image filmique, pour peu qu'elle soit remise dans son paysage iconologique, se donnerait à lire comme une page d'archives qui affleure à l'écran et laisse s'y former les hiéroglyphes d'une mémoire-cinéma.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3210 487;2;3;33;Danse contemporaine et théâtre indien, un nouvel art ?;;;;"<p>Six créateurs contemporains ont été choisis pour interroger les codes culturels, le politique et le religieux dans la danse indienne : Shantala Shivalingappa, Padmini Chettur, Bartabas, Pina Bausch, Carolyn Carlson et Ariane Mnouchkine.</p>";"<div><p><strong><em>Introduction</em></strong><strong><em> </em></strong></p><p>Une rencontre d'inter-textes <br /> Détourner la fonction théâtrale du geste-signe <br /> Danse ou théâtre ? : l'impossible choix <br /> Résister au parti-pris mimétique</p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong><br /> <strong>La danse indienne contemporaine de Padmini Chettur </strong></p><p><strong>Une histoire collée au corps </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> Une fracture douloureuse dans l'histoire <br /> Fabriquer un corps par la résistance</p><p><strong>Des modes dissonants </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br /> </strong>Une répétition de gestes <br /> Une grammaire des dissociations <br /> Des ressemblances apparentes <br /> Une alternance dans les corps <br /> Des mouvements percussifs <br /> Un nouveau genre de rituel ?</p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong><br /> <strong>Pourquoi l'animal sur la scène contemporaine ?</strong></p><p><strong>Un indien devient danseur au Théâtre Équestre de Zingaro</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> Danser le cheval : entretien avec Sreenivasan Edappurath <br /> La présence : une question de rythme <br /> L’art martial devient danse</p><p><strong>Jouer les animaux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br /> </strong>Acteur-danseur ou guerrier ? <br /> Des états de corps ?</p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong><br /> <strong><em>Bamboo Blues</em></strong><strong> de Pina Bausch : </strong><br /> <strong>la Danse-Théâtre entre l'Inde et l'Europe</strong></p><p><strong>L'illusion d'une continuité </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br /> </strong>Evolutions circulaires et répétitives<br /> Collages de cercles sans liens narratifs<br /> Jeu de cercles lumineux<br /> Briser les clichés culturels</p><p><strong>Les passages de l'élément Air : un jeu de signes</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> De l'air entre les cultures<br /> L'air déforme<br /> Variations rythmiques des rideaux de scène</p><p><strong></strong><br /> <strong>Entre la danse et la calligraphie : </strong><br /> <strong><em>Metaphore</em></strong><strong> de Carolyn Carlson</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Recherches de la gravité<br />Entretien avec Hassan Massoudy <br />Métaphore<br /> La caméra dans <em>Metaphore</em><em></em></p><p style=""text-align: center;""><strong></strong><br /> <strong>Réinventer la tradition ? </strong><br /> <strong>Le <em>Cycle des Atrides</em> d'Ariane Mnouchkine</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Rythmes selon une triple écoute<br />Une musicalité de l'émotion<br /> Une fabrique de tous petits gestes<br /> La pratique du frémissement par un acteur indien</p><p style=""text-align: center;""><strong></strong><br /> <strong>Un art peut en abstraire un autre</strong></p><p> </p><p>Conclusion<br /> <br /> <br /></p></div>";;10/03/2010;0;170X240;200;978-2-84292-244-3;9782842922443;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_487.jpg;;;;414;25.00;"<p>Partant de styles traditionnels de l’Inde, fondés sur l’idée d’un art total alliant musique, théâtre, poésie, danse, arts plastiques yoga, arts martiaux et arts numériques, plusieurs artistes font aujourd’hui le double choix du théâtre et de la danse contemporaines. Ainsi de Shantala Shivalingappa, Padmini Chettur, Bartabas, Pina Baush, ou encore de Carolyn Carlson et Ariane Mnouchkine. Six de leurs créations montrent ici comment un certain corpus littéraire indien se trouve détourné, fragmenté ou remplacé par des écritures éphémères avec projections d’images, calligraphies ou dessins tracés au sol. Elles témoignent aussi des interrogations que portent ces représentants du spectacle vivant sur les conditions d’émergence de leurs mouvements quotidiens et sur les limitations imposées en particulier au corps de la femme.</p>";;09/02/2010 12:03;1;Première édition;3668 12;2;3;21;Écrire;Pour Jean Levaillant;;;"<p style=""text-align: justify;"">Hommages faits à Jean Levaillant, avec des reproductions de pages de manuscrits d'Aragon, Flaubert et Valéry.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Bonnefoy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Au crépuscule des mots</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Pinget</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Redire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Mouchard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Dix minutes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Rey</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le souci de l'espèce</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel van Schendel</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Chant de la bombarde</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poèmes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Noël<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écrit sur la glace</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Vargaftig</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> À Jean Levaillant</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marie Glèze</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Cers</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Butor</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Devis sur factures</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Bonnefis</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Phil 267</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-François Lyotard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> À l'écrit bâté</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucette Finas</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Une mère à réparer</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Nichet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La soirée turque</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danièle Sallenave</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La villa bleue</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ludovic Janvier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Nouvelles des corps</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Roubaud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La concorde des deux langages, et cinq poèmes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Deguy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Encore une fois le vent se lève...</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dessins<br /> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Marc de Biasi</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Hommage à Jean Levaillant</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuscrits<br /> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aragon</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Mise à mort</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Flaubert</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bouvard et Pécuchet</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valéry</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> -</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La jeune Parque</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monsieur teste</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Nourrissier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Par peur d'être sentimental</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Levaillant<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Citations empruntées à différents textes critiques</span></p>";;10/01/1986;0;150x240;262;;;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_12.gif;;;;478;11.00;"<p style=""text-align: justify;"">Proses, poèmes, dessins témoignent dans ce recueil de divers chemins, écarts ou problèmes actuels de l'écriture. « Écrire » est aussi l'espace d'un livre composé page à page pour qu'y soit visible, à la lettre, la différence de chaque voix. Volume de recherche et d'aventure, né du travail des machines au service des créateurs.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3442 13;2;3;21;Écritures autobiographiques;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Du bon usage de l'autobiographie pour le combat politique ou la simulation de soi : avec quelques autobiographes italiens (Pellico, Frignani, Antonelli, Bontempelli ou Elisabeth Rasy...).</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuditta Isotti-Rosowsky</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Avant-propos</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'inscription historique</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gianfrancesco Borioni</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La follia, strategia di libertà :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le memorie </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">di Angelo Frignani (1802-1878)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gianfrancesco Borioni </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il libro di un pazzo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> di Giovanni Antonelli : un esempio di autobiografia popolare del xixe secolo</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurent Scotto</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le témoignage autobiographique. Deux exemples : Luchino Visconti et Giuseppe De Santis</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la simulation</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Bouchard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eva ultima</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, du roman à l'autobiographie fictive</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tatiana Puccianti</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Elisabetta Rasy entre autobiographie et autoanalyse</span></p>";;10/06/1997;0;150x240;144;978-2-91038-195-0;978-2-91038-195-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_13.gif;;;;232;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les XIXe et XXe siècles voient se transformer un genre dont les conventions semblaient sceller l'immutabilité. Mais, sous l'effet du contexte historique et culturel, simulations, dissimulations et fictions pénètrent la trame du discours autobiographique. Les données fondatrices du genre s'en trouvent subverties : de l'entrée en scène de la folie à la simulation, au stratagème dicté tantôt par l'histoire tantôt par les contingences d'une écriture existentielle.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 14;2;6;21;Faire Image;;;;"<p>Écrits sur le faire de l'image ou l'image du faire, sur l'image faite ou à faire, à peindre, à saisir, à calculer ou à écrire.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Borreil<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Faire image du faire et de l'être de la peinture et du peintre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Launay<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prélude aux estampes de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Nouvelle Héloïse</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Rouillé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'image-temps. Un photographe dans la guerre de Crimée</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Borreil<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Simon. Le légendaire comme métaphore</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvaine Dampierre, Bernard Gomez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Empreintes graphiques. Mémoire de pierre</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Séméniako<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronique d'images négociées</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franck Popper<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les images artistiques et la technoscience</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Boissier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'image-potentiel. Hypothèse du tableau chinois</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Edmond Couchot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Des images en quête d'auteur</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entretien avec Paul Virilio Le bloc-image<br /> Illustrations en couleur</span></p>";;10/06/1989;0;150x240;208;978-2-90398-157-0;978-2-90398-157-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;Faire-image.gif;;;;0;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les contributions qui composent ce recueil consacré à l'image ont trait aux processus, à la place des techniques (de la photographie aux « nouvelles images »). Il y est question, bien sûr, de l'art des images, éventuellement de l'esthétique du ""faire"", ou encore de comment une image peut « faire image ».</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 15;2;3;21;Le Langage comme défi;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Il s'agit de confronter les places et statuts que la philosophie et les sciences humaines assignent aujourd'hui à la littérature et au langage.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rencontre entre littérature, théorie du langage et sciences humaines</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Langage comme défi</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">J.-Cl. Chevalier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Utilité de la philologie et de la linguistique dans la recherche de la vérité, sans oublier la littérature</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Chiss<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le structuralisme face à la littérature et aux discours</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone Delesalle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Grammaire et rhétorique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Coquet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Temps ou aspect ? Le problème du devenir</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvain Auroux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La linguistique est une science normative</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Patrice Courtois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Propositions pour une poétique de la rationalité dans l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esprit des lois</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Deguy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Affaires de tons, en littérature, philosophie et sciences humaines (Notes et esquisses)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Ropars<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'image dans le langage (écriture filmique et théorie de la littérature)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christine Planté<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Livre Nouveau</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> des saint-simoniens : théorie du langage ou religion de la parole ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Lacoste<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Explorer le mot </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">explorateur</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gisèle Mathieu-Castellani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emblème, signe, communication</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Bellemin-Noël<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écouter des échos (depuis </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un Balcon en forêt</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Julien Gracq)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Arrivé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saussure et la littérature</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonia Soulez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Regards sur l'écriture sans style du philosophe (le parcours de L. Wittgenstein)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilles Gaston Granger<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La philosophie est-elle une critique du langage ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Soulez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bergson : Une prosodie de la philosophie ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jonathan Rée<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les mots des autres</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jürgen Trabant<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Habermas lecteur de Humboldt - Générer le monde ou résoudre des problèmes ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francine Demichel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur le présent dans le droit</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouverture</span></p>";;10/01/1992;0;150x240;296;978-2-90398-176-1;978-2-90398-176-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_15.gif;;;;508;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Chacun, du linguiste au littéraire, du philosophe au sociologue, de l'historien au psychanalyste, est placé par là devant la question du rôle de la théorie du langage (et du rapport entre théorie du langage et théorie du sujet, entre savoir et éthique), rapports masqués par la régionalisation des disciplines, qui entretient les dogmatismes et les conformismes. Une rencontre indispensable pour faire le point dans la pensée et les recherches actuelles, pour reconnaître de quoi est fait le paysage intellectuel et universitaire contemporain.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 16;2;3;21;Lieux et transformations de la philosophie;;;;<p>Nouveaux lieux, nouvelles formes, nouvelles oppositions de styles, tels sont les enjeux de ce Cahier.</p>;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation<br /> Ouverture</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans Georg Gadamer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Platon portraitiste</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Transformations post-épistémologiques de la philosophie</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Poulain<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La loi de vérité : les catastrophes pragmatiques de la parole et la révolution philosophique du jugement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Richard Rorty<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wittgenstein, Heidegger et l'hypostase du langage</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. La logique philosophique de la connaissance</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Donald Davidson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce qui est présent à l'esprit ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Badiou<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathématique et philosophie</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. La logique du jugement politique</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thomas Nagel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Libéralisme et raison pratique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Taylor<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quiproquos et malentendus : le débat communautaires-libéraux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. La logique de l'art</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Borreil<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'impossible retour à Ithaque</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Garbis Kortian<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'art et son enjeu philosophique</span></p>";;10/02/1991;0;150x240;240;978-2-90398-172-3;978-2-90398-172-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_16.gif;;;;418;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment une pragmatique est-elle possible si le consensus n'est pas espace de vérité ? Quel rapport peut s'établir entre mathématique et philosophie si nous sommes à la fin d'un mode romantique de la philosophie ? Comment penser la politique dans un monde dont le réalisme est l'utopie ? Peut-on construire un nouveau statut de la philosophie de l'art ?</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3126 17;2;3;21;Revue et recherche;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ephémère ou pérenne, d'équipe ou d'humeur, à thèmes ou anathème, la revue est objet de passion autant qu'outil de savoir.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Béatrice Didier et Marie-Claire Ropars<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Passage par la revue</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La revue en recherche</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Deguy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Revoir la revue</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maurice Mourier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En revenant de la revue</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Fernandez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre la recherche et la science, la revue scientifique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Boure<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De quelques aspects économiques des revues scientifiques en sciences sociales et humaines</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Inventions et histoires</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurence Moulinier, Odile Redon et Didier Lett<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Voies ou voix d'un temps passé et d'aujourd'hui: </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Médiévales</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Decottignies<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une revue au fil des ans: la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Revue des Sciences Humaines</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Corre<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre deux guerres : la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Revue musicale</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1920-1940)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Espagne et Jacques Le Rider<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La nouvelle </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Revue germanique internationale</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Aron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une sociologie des revues littéraires: le cas de la Belgique de langue française</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Gamarra<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes sur la revue </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Europe</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicole Savy<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quarante-huit/Quatorze</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : une revue au Musée d'Orsay</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Max Milner et Claude Duchet </span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une revue évolutive: </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Romantisme</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvain Auroux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La revue </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoire Épistémologie Langage</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Batt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Recherche en revue: </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Théorie Littérature Enseignement</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Transits</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Bayard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un espace transitionnel ? Revue et psychanalyse</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karine Chemla</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Revue et transversalité : l'émergence d'un champ</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">José-Luis Diaz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Être de la revue</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Inventaire</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Chevalier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Note sur les modalités d'institution et de transformation d'une revue de recherche</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Cécile Clare<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Inventaire des revues universitaires en sciences humaines et sociales</span></p>";;10/05/1994;0;150x240;208;978-2-90398-199-0;978-2-90398-199-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_17.gif;;;;354;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">Quel rapport cette forme singulière - à la fois hybride et codée - entretient-elle avec l'avancée de la recherche, la transformation d'un domaine scientifique ? Quel rôle respectif y tiennent la subjectivité des auteurs, la stratégie des institutions, la force conflictuelle des disciplines et des groupes ? Ces questions sont ici prises de front, elles s'éclairent aussi par la parole donnée à diverses revues, récentes ou d'âge respectable, dont les meneurs évoquent simultanément leurs projets au long cours et leur conduite à vue.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3080 18;2;3;21;Savoirs des lieux. Géographies en histoire;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Un voyage à travers le temps, à la recherche des rapports qui se sont noués dans les terres d'Europe entre les propositions de la nature et les demandes des sociétés humaines.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie Bouloux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Deux Vénitiens du XIVe siècle et la géographie : Paulin de Venise et Marino Sanudo</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile Redon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une géographie de la Toscane chez un chroniqueur au XIVe siècle, Giovanni Villani de Florence</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simone Roux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La rivière en ville au Moyen Âge, la Bièvre à Paris</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Gélis<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Procession enveloppante et fil de cire : une protection symbolique de l'espace urbain</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-France Auzépy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'empereur en la Ville</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Agnès Rogeret<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Espaces de représentation de l'enfance</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Puzelat<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La notion de pays, un parcours historiographique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Claire Robic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La notion de pays chez Paul Vidal de la Blache. Signification populaire et interprétation géographique</span></p></blockquote>";;10/06/1996;0;150x240;128;978-2-91038-140-0;978-2-91038-140-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_18.gif;;;;228;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume vous invite à un voyage à travers le temps, à la recherche des rapports qui se sont noués dans les terres d'Europe entre les propositions de la nature et les demandes des sociétés humaines : usages, savoirs, apprivoisements, résistances. Le parcours commence au IXe siècle à Constantinople ; il suit les fleuves, à Paris, en Toscane, fait le tour des remparts urbains, cherche les limites et observe les représentations. Il s'agit de comprendre, à partir de ces lieux d'observations, comment les sociétés humaines se construisent en relation avec des espaces qui les conditionnent et auxquels elles donnent sens.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 19;2;3;21;Violence ordinaire, violence imaginaire en Espagne;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Prenant comme objet un roman publié en 1910, <em>Doña Mesalina</em> de Lopez Pinillos, les auteurs s'attachent ici, par diverses approches conjuguées, à cerner la représentation de la violence.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brigitte Magnien</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Introduction<br /> Résumé de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Doña Mesalina</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danièle Bussy Genevois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le corps du délit</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Aline Barrachina<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Messaline, maîtresse d'école</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie Ludec<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le fait divers ou les badauds de la violence</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Víctor Bergasa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La violencia : una ética</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roselyne Mogin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre deux clichés : sage ou perverse</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Bouché<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écrire la violence</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brigitte Magnien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Délices de la violence</span></p></blockquote>";;10/09/1994;0;150x240;118;978-2-90398-198-3;978-2-90398-198-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_19.gif;;;;101;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">En opposition aux stéréotypes qui font de celle-ci un trait du « caractère » espagnol, les auteurs entendent montrer comment la violence est l'effet de déséquilibres dans les rapports de forces entre classes, pouvoirs et individus. Violence ordinaire étudiée à travers des cas concrets (la maîtresse d'école), des faits divers où s'exposent les conditions de la femme, les rapports entre les sexes et la pensée de l'anormalité sexuelle produite par le droit et la philosophie. Violence imaginaire en même temps, que le livre de Lopez Pinillos permet de réfléchir dans son mixte de figures, de formes et de procédés stylistiques outranciers ou séduisants. On s'interroge ainsi sur l'équivoque d'une représentation portée par le réel et transformable en plaisir partagé.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 20;2;3;13;À l'ombre de la statue de la Liberté;Immigrants et ouvriers dans la République américaine 1880-1920;In the shadow of the statue of liberty;Immigrants, workers and citizens in the American Republic 1880-1920;"<p style=""text-align: justify;"">Quelle image les immigrants avaient-ils de l'Amérique à la fin du XIXe siècle et comment a-t-elle évolué ? Quelle a été leur expérience vécue de la liberté une fois arrivés aux États-Unis ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marianne Debouzy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. The Image of the Model Republic and its Metamorphoses</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dirk Hoerder<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">German Immigrant Worker's Views of « America » in the 1880s</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rudolph Vecoli<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Free Country » : The American Republic viewed by the Italian Left, 1880-1920</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lars-Göran Tedebraud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">America in the Swedish Labor Press, 1880s to 1920s</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. The Immigrant Experience</span></strong></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Ellis Island : Experience at the Gate</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ivan Cizmic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Experience of South Slav Immigrants on Ellis Island and the Establishment of the Slavonic Immigrant Society in New York</span></p></blockquote><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Experience in the Factory</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Adam Walaszek<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« For in America Poles are like Cattle »: Polish Peasant Immigrants and Work in America, 1890-1891</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ferdinando Fasoe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Freedom in the Workplace ? Immigrants at the Scovill Manufac-turing Company, 1915-1921</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. The Transatlantic Perspective</span></strong></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Immigrant Radicalism : the European Connection</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Cartosio<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sicilian Radicals in Two Worlds</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Julianna Puskas<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hungarian Immigration and Socialism</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ronald Creagh<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Socialism in America : The French-Speaking Coal Miners</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hubert Perrier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Parti Ouvrier Socialiste d'Amérique du Nord jusqu'en 1886</span></p></blockquote><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. The Impact of American social events on European Social Movements</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Cordillot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les réactions européennes aux événements de Haymarket</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. A nation « intended for a race of free men »</span></strong></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Republicanism interpreted and reinterpreted</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Linda Schneider<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Republicanism Reinterpreted : American Ironworkers, 1860-1892</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nick Salvatore<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Some Thoughts on Class and Citizenship in America :</span></p></blockquote><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. The New Ideology of Citizenship</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Collomp<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les organisations ouvrières et la restriction de l'immigration aux États-Unis à la fin du dix-neuvième siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IIartmut Keil<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">An Ambivalent Identity : The Attitude of German Socialist Immigrants Toward American Political institutions and American Citizenship</span></p></blockquote><p> </p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Citizens' Rights Challenged</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Risa Lieherwita<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Use of Criminal Conspiracy Prosecutions to Restrict Freedom of Speech</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-France Toinet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Participation Politique des Ouvriers Américains à la fin du XIXe siècle</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Summaries/Résumés des articles<br /> Notes on Contributors</span></p>";;10/10/1988;0;137x220;318;978-2-90398-148-8;978-2-90398-148-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_20.jpg;;;;402;18.00;"<p style=""text-align: justify;""> Quel rôle certains groupes d'immigrants ont-ils joué dans la diffusion des idées socialistes et anarchistes ? Que signifiait la citoyenneté pour les immigrés et comment le mouvement ouvrier a-t-il contribué à la redéfinir à l'époque de l'immigration massive ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce volume, écrit par des spécialistes européens et américains de l'histoire de l'immigration aux États-Unis, tente de répondre. Les immigrants ne sont pas considérés uniquement comme des déracinés mais comme des traits d'union entre deux mondes, et leur expérience replacée dans un contexte international.</p>";"<p>Publié avec le concours du ministère de la Culture et de la Communication (Célébrations nationales)</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 21;2;3;13;Ce que l'on dit des Juifs en 1889;Antisémitisme et discours social;;;"<p>Étude de la diffusion d'énoncés hostiles aux Juifs dans une coupe temporelle - l'année 1889 - et en parcourant tous les secteurs, tous les genres et les discours établis.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Madeleine Rebérioux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Introduction</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Problématique<br /> 2. Corpus<br /> 3. Plan de l'étude<br /> 4. Les Juifs de France</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. les antisémites doctrinaires</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. L'éditeur Albert Savine<br /> 2. Edouard Drumont<br /> 3. D.Kimon<br /> 4. Georges Corneilhan<br /> 5. Le Péril Juif<br /> 6. Auguste Chirac<br /> 7. Augustin Hamon<br /> 8. Albert Regnard<br /> 9. Desportes et Jab<br /> 10. L'Abbé Lemann<br /> 11. Pierre Harispe<br /> 12. Russie et Liberté<br /> 13. L'affichage antisémite</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. traversée du discours social</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Synthèse préliminaire<br /> 1. La presse républicaine, la petite presse et la presse mondaine<br /> 2. La presse israélite<br /> 3. Les publications catholiques<br /> 4.La presse monarchiste et bonapartiste<br /> 5. La propagande boulangiste<br /> 6. Publications socialistes<br /> 7. Les genres littéraires<br /> 8. L'historiographie et les sciences de l'homme</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. synthèse et hypothèses</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le marquage généralisé de la différence : xénophobie<br /> 2. Une gnoséologie romanesque<br /> 3. La base topique : paradigme de la déterritorialisation</span></p></blockquote><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes<br /> Bibliographies<br /> 1. Corpus primaire<br /> 2. Bibliographie secondaire</span></p>";;10/10/1989;0;137x220;192;978-2-90398-159-4;978-2-90398-159-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_21.jpg;;;;250;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Presse des diverses tendances, propagandes politiques, littérature, disciplines scientifiques, sans négliger les formes vulgaires ou ignorées du discours social : roman pour la jeunesse, chanson de caf' conc', pornographie... On immerge en quelque sorte les écrits des antisémites professionnels dans cette dissémination générale de stéréotypes et de préjugés. Ce changement de perspective, joint à une méthodologie appuyée sur le concept de discours social, permet de contredire nombre de conclusions généralement admises. <br />En montrant l'antisémitisme comme inscrit dans la doxa d'il y a un siècle, et en suivant tous les avatars d'énoncés antijuifs, l'auteur aboutit à des propositions nouvelles sur la nature de l'hégémonie dans un état de culture.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3081 22;2;3;13;Châteaux de l'écriture;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le château, tel qu'il s'inscrit dans la littérature moderne, est lézardé. Château de l'écriture, toujours déjà pris dans des discours, des représentations, des récits ; et en même temps château politique, catalyseur des luttes nationales et des conflits de classes.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. La question des châteaux</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Actualité du château. Le château dans la littérature</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. « Renverser les bastilles... »</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Bastions vains :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Quatre-vingt-treize<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Défenses. Crises. Sabordage. Je suis ta fille</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Paysans</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou l'édifice parasité<br /> Château et complétude. Un édifice ébréché. Parasites. Flux. Démystifications</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">En rade </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ou un château contre le siècle<br /> Rade ratée. Un édifice noir ? Politiques. Un édifice double</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Liquider le château ?<br /> À propos du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Château des Carpathes</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Regards. Contre le château. Politiques. Un double ratage. L'espace du château. Forteresse charnière</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. « S'entêtant à survivre... »</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Un château en Espagne : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Espoir</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Cadets de l'Alcazar</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'Alcazar selon Malraux. De l'alcazar au </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Château</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et vice-versa. L'Alcazar selon Brassillach et Massis. Politique et esthétique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. L'édifice désapproprié : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Au château d'Argol</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Dépossessions. La politique en creux. Gracq et Kafka</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Paradoxes du château :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> D'un château l'autre</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Perméabilités. Une architecture biscornue. Déligitimations. Le double jeu</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Un château postmoderne ? À propos des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Géorgiques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Simon moderne. Matérialisations. Le château décentré. « Une obstination de pierre ». Simon postmoderne ?</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Château, bourgeoisie, modernité</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/04/1993;0;137x220;192;978-2-90398-185-3;978-2-90398-185-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_22.jpg;;;;280;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">À travers Hugo et Balzac, Céline ou Simon, Gracq, Verne, Huysmans..., on dresse ici le relevé de cette bâtisse impure, où se côtoient crise et restauration, modernité et réaction, effondrement et affirmation de soi. <br />Mais comment lire une architecture fuyante, point d'ancrage matériel pour des fictions dont le principe met en cause tout appui ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 23;2;3;13;La Comédie sociale;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment les hommes se représentent-ils le rire dans un milieu donné ? Quelles sont les représentations sociales engagées dans l'usage du rire ? Regard croisé de la société sur l'humour, et des humoristes sur la société.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nelly Feuerhahn et Françoise Sylvos<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. L'inscription sociale du comique</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Charles Chabanne<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réseau lexical de l'humour et du comique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dominique Bertrand<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le propre de l'homme » : évolution d'un cliché apologétique, ironique et ludique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Sarrazin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jésus n'a jamais ri. Histoire d'un lieu commun </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Barbara C. Bowen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le rire dans la littérature française du Moyen Âge à la Renaissance</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. L'humour, stratégies d'un dévoilement</span></strong></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stratégies langagières</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacek Plecinski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'étymologie plaisante ou railleuse : manifestation du ludisme métalinguistique </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ronald Landheer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le paradoxe, ou l'humour d'un illogisme </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roselyne Koren<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'ironie situationnelle : quand « toutes les apparences » du réel sont contre l'opinion publique </span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La société au miroir du rire : de la mise en scène à la mise en pièces</span></em></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marc Defays<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quand dire c'est faire... rire. À propos des monologuistes comiques</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Baudin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Soyez bref ! Humour et longueur</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Maslowski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La dérision comme manière de vivre, ou l'humour à la Gombrowicz</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Comique, humour et identité</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Chaulet-Achour<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Beurs en France : une autre présence, l'humour</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard-Vincent Martin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les comiques de l'immigration en communication exolingue</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Judith Stora-Sandor<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">D'Ève à la Princesse juive américaine. Représentation comique de la femme dans la littérature juive</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Florence Martin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">(Sous)rire de magiciennes : l'humour africain-américain au féminin</span></p></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">Rire, éclater de rire, pouffer, blaguer, plaisanter, pleurer de rire, se marrer, sourire... que de mots - et il y en aurait bien d'autres à convoquer - pour dire quelle réjouissance extraordinaire nous exprimons dans le rire. Les mots pour dire le rire ajoutent aux plaisirs, le raffinent, le précisent : il est précieux d'avoir de l'à-propos ou facilement le mot pour rire. Faire de l'esprit, avoir le sens de l'humour sont des qualités hautement recherchées. Apprécier les jeux de mots, les calembours, les histoires drôles ; faire le clown, le pitre, le pince-sans-rire, le bout-en-train, le loustic, le gai luron, toutes ces expressions désignent un vaste registre de rôles que nous adoptons sans y prendre garde dans la vie quotidienne. Les jeux de langues, les illogismes forcent la raison à avouer ses impasses et pourtant le rire ne veut rien dire s'il n'est pas parlé. Faire rire, c'est ouvrir une fenêtre sur une nouvelle perspective. faire rire c'est exercer un non-pouvoir, c'est aussi s'affirmer en renversant les évidences, c'est entraîner l'adhésion et la sympathie. Mais n'oublions pas que si le rire rafle la mise lorsqu'il est capable de conjurer la peur, mieux qu'Arlequin, dans le jeu social il peut servir tous les maîtres. Acteurs à notre insu d'une comédie sociale insoupçonnée, c'est un appel à la vigilance que nous adressent tous ces masques. Tel est le message surprenant de ce recueil de textes. Nelly Feuerhahn</p>";10/09/1997;0;137x220;192;978-2-84292-025-8;9782842920258;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_23.jpg;;;;288;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans la grande parade du quotidien, le rire et l'humour prennent acte des tensions, désignent les ridicules. Mais les stratégies dépendent des institutions, de leur hostilité ou de leur permissivité. Ainsi, le comique va-t-il cristalliser les représentations sociales attachées à certains groupes, tout en remodelant par le langage l'évidence de tels stéréotypes.<br />Il s'agit donc d'un double propos : relier les œuvres du rire à des acteurs sociaux, montrer comment la liberté créative de la langue s'égaie de multiples variantes qui débordent les frontières hexagonales et soutiennent des identités communautaires spécifiques, formant autant de contrepoids aux modèles culturels dominants. À travers ce braconnage identitaire, la culture propose à l'imagination de nouveaux masques, qu'on dévoile ici comme on lève les anciens, en croisant les regards de la société sur le rire et le regard des humoristes sur la société.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 24;2;3;13;De l'éloge à l'exclusion;Les femmes auteurs et leurs préfaciers au XIXe siècle;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment exclure les femmes écrivains en faisant l'éloge de leurs œuvres ? Exploré à travers l'étude d'un vaste ensemble de préfaces, ce paradoxe est éclairé par l'analyse du rôle du préfacier dans la réception et le succès d'un auteur, homme ou femme, du XIXe siècle.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I<br /> Les préfaciers comme stratèges : parrainage, fragmentation et parodie</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Origines<br /> - Stratégies cognitives<br /> - Stratégies discursives<br /> - La Muse et l'écrivain : deux préfaces de Théophile Gautier</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II<br /> Genre, écriture et institution</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Genre et écriture au XIXe siècle<br /> - L'institution du genre : procès, stratification et structure</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III<br /> De la réception à la survie : les stratégies discursives à l'oeuvre</span></strong></p><p> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les marqueurs<br /> - Biographie et rôles familiaux<br /> - Discours sur l'éducation<br /> - Réception, succès, survie</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV<br /> Cautions et sanctions</span></strong></p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Prédication<br /> - Délibération<br /> - Originalité et conformité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V<br /> L'ordre rhétorique du discours préfaciel (analyse comparative d'un corpus restreint)</span></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><blockquote><p style=""text-align: left;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La lexis<br /> - La taxis<br /> - Le dictum</span></p><p style=""text-align: left;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VI<br /> De l'éloge à l'exclusion : le paradoxe des préfaces allographes</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La formation du canon<br /> - Le préfacier comme lecteur<br /> - Procès et stratification<br /> - L'hypothèse du génie<br /> - L'exclusion</span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion - Pour une esthétique de la variation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Corpus<br /> Ouvrages cités<br /> Bibliographie complémentaire<br /> Index<br /> Liste des tableaux</span></p>";;10/02/2000;0;137x220;256;978-2-84292-070-8;9782842920708;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_24.jpg;;;;366;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Delphine de Girardin écrivait : « Une femme qui vit dans le monde ne doit pas écrire, puisqu'on ne lui permet de publier un livre qu'autant qu'il est parfaitement insignifiant. Heureusement celui-ci contient une lettre de M. de Chateaubriand - un billet de Béranger, - des vers de Lamartine ; - il a pour patron M. de Balzac : tout cela peut bien servir de pièces justificatives. » <br />Les préfaces allographes, dont il est question dans cet ouvrage, constituent à la fois des lettres de créance pour l'auteur préfacé, une tribune pour le préfacier et l'ébauche des rapports entre une œuvre et l'institution. Quel est leur rôle dans la réception, le succès et la survie d'un auteur, quand cet auteur est une femme et que le préfacier, bien de son siècle, véhicule un discours dominant qui nie aux femmes, non pas le droit d'écrire, mais celui d'exprimer leur individualité dans l'écriture ? <br />Comment se construit, dans les préfaces, l'opposition femme/auteur qui a contribué à exclure les femmes du canon, nous privant ainsi de leur regard sur le XIXe siècle ? Cette étude, qui s'inspire à la fois de l'analyse du discours et des théories de l'énonciation, s'appuie sur un corpus de deux cent onze préfaces rédigées pour des œuvres en grande majorité féminines. On a retenu exclusivement des préfaces allographes, dont ce livre propose ainsi une approche originale.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 25;2;6;13;De l'exil à la résistance;Réfugiés et immigrés d'Europe Centrale en France 1933-1945;;;"<p>Dans l'entre-deux-guerres, quand la France était devenue le premier pays d'immigration, l'Europe centrale était le principal espace de départ : aux immigrants s'adjoignent les réfugiés. France terre d'asile ?</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karen Bartosek, René Galissot et Denis Peschanski</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Introduction : De la célébration ancienne combattante à une histoire comparative</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Arrivées et accueil (1933-1939)</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Barbara Vormeier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La République française et les réfugiés et immigrés d'Europe Centrale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ralph Schor</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'opinion française et les réfugiés et immigrés d'Europe Centrale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rolande Trempé</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le Sud-Ouest, région d'immigration et de refuge</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Lévy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les Juifs d'Europe Centrale en France</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Nicault</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'accueil des Juifs d'Europe Centrale par la communauté juive française (1933-1939)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Bolle</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les réfugiés d'Europe Centrale et les protestants français (1933-1939)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rénée Bédaria</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les catholiques français et les réfugiés allemands et autrichiens (1933-1939)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - De la guerre d'Espagne à la Guerre mondiale</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Galissot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le brouillage des termes, le trouble de la nationalité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Émile Témime</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La guerre d'Espagne et les volontaires de l'Europe Centrale</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Crémieux-Brilhac</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Engagés volontaires et prestataires (1939-1940)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoni Podraza</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les communistes polonais en France dans les années 1938-1939</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine Marès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tchécoslovaquie : la guerre commence en mars 1939</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Peschanski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La France, terre des camps ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilbert Badia<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les camps d'internement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raya Adler-Cohen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le camp de Gurs ou l'échec du « monde de Genève »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Général Ljubomir Ilic</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Interbrigadistes dans les camps français</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - La résistance</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Peschanski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La singularité et l'intégration</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rolande Trempé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La résistance dans le Sud-Ouest</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Basil Serban<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les interbrigadistes roumains dans la résistance</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Janine Ponty<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La résistance polonaise : le POWN. Contribution à l'histoire de la résistance non communiste</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine Marès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Tchèques et les Slovaques. I. De la démobilisation à la Libération</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Fisera<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Tchèques et les Slovaques. II. Le Centre d'aide et la Maison d'accueil chrétienne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dieter Marc Schneider<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Allemands dans la Résistance</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Lévy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Résistance des Juifs</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annette Wieviorka</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Trois générations de communistes juifs</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Les destinées à la Libération</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karel Bartosek</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> À la croisée des chemins</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Félix Kreissler</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le cas des Autrichiens de la Résistance en France aux lendemains de la Libération</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Kriegel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résistance nationale, antifascisme, résistance juive : engagements et identités</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Adam Rayski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La MOI : spécificité de la résistance juive</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">René Galissot</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Antifascisme et patriotismes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Bédaria<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réflexions et perspectives de conclusion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Liste des auteurs<br /> Table des sigles<br /> Index</span></p>";;10/01/1989;0;137x220;288;978-2-90398-155-6;978-2-90398-155-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">De la guerre d'Espagne au temps de Vichy, la France devenait aussi terre des camps. Ces réfugiés et immigrés entrent en nombre dans le combat contre le nazisme et se trouvent souvent au premier rang de la Résistance. Plus que toute autre, cette expérience fait voir les contradictions et les convergences entre l'antifascisme et les engagements patriotiques, les conflits de nationalités et les transferts dans la patrie française. Dans la tourmente, n'est-ce pas la fin d'une Europe centrale ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 26;2;3;13;Différence des sexes et protection sociale;(XIXe-XXe siècles);;;"<p>Portant sur la législation protectrice en Angleterre, aux États-Unis et en France de 1830 à nos jours, cette étude est doublement comparatiste, puisqu'elle confronte plusieurs approches nationales et différentes perspectives disciplinaires.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Margairaz</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Avant-Propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Leora Auslander et Michelle Zancarini-Fournel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Penser la protection</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sonya O. Rose<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La réforme des usines en Grande-Bretagne au XIXe siècle : le genre, la classe et l'État libéral</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Noëlle-Thibault et Michèle Riot-Sarcey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La préhistoire de la protection : enquêtes et autres discours sur le travail des femmes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jane Lewis<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La législation protectrice du travail en Grande-Bretagne, fin du XIXe-début du XXe siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Causes et effets des lois protectrices : angoisses et réalités </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michelle Zancarini-Fournel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Archéologie de la loi de 1892 en France</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathilde Dubesset<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'application de la loi de 1892 dans le textile lyonnais</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ava Baron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Discours égalitaires, lois protectrices et politique du travail dans l'imprimerie aux États-Unis, 1850-1920</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wendy W. Williams<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De l'exclusion à l'intégration : législation protectrice et affirmative action</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Corps, reproduction, sexualité : occasions ou prétextes d'exclusion du travail </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nadine Lefaucheur<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article 9 de la loi de 1892 et la question de l'assistance aux femmes en couches</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cynthia R. Daniels<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le corps divisé : reproduction, législation du travail et droit du foetus aux États-Unis</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philip Fornaci<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sida et exclusion du lieu de travail : handicap et invisibilité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Charles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les personnes infectées par le VIH, les malades du sida et leurs droits de vivre dans l'entreprise</span></p>";;10/10/1995;0;137x220;240;978-2-91038-122-6;9782910381226;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_26.jpg;;;;342;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Outre l'histoire, sont convoqués la sociologie, les sciences politiques et le droit pour étudier un vaste champ de phénomènes, qui s'étend des lois censées protéger les femmes au XIXe siècle, en Angleterre puis en France, jusqu'aux actuels débats américains sur l'affirmative action et la protection contre les discriminations à l'égard des gens vivant avec le sida. Regards croisés et démarches complémentaires permettent ainsi d'appréhender, sur la longue durée, deux questions solidaires : l'intervention de l'État dans le lieux de travail, les rapports entre le processus d'exclusion/inclusion et le « genre », ou identité sexuelle des individus. L'histoire du rôle protecteur de l'État ne peut être écrite hors celle de la construction sociale des hommes et des femmes.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 27;2;3;13;La flamme et la cendre;Histoire d'une vie militante;;;"<p style=""text-align: justify;"">Homme de terrain et de réflexion, éternel minoritaire, révolutionnaire intransigeant, Victor Fay n'avait jamais prétendu aux premiers rôles ; ses responsabilités ne furent pourtant pas des moindres.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation<br /> Prologue</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1- L'engagement, 1917-1925</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2- L'étudiant, 1925-1929</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3- L'engrenage, 1929-1934</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4- La rupture, 1934-1936</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5- La réadaptation, 1936-1939</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cahier d'illustrations</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">6- La guerre, 1939-1944</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">7- Vers un neutralisme actif, 1944-1950</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">8- De </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">combat</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> à l'ORTF, 1950-1967</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">9- Retraite et réflexions, 1968-1980</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Épilogue<br /> Index des noms cités<br /> Table des sigles utilisés</span></p>";;10/12/1989;0;137x220;280;978-2-90398-160-0;978-2-90398-160-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_27.jpg;;;;398;19.00;"<p style=""text-align: justify;""> Il fut responsable de la formation des cadres dans le PC des années trente, dirigea les écoles du Parti, eut comme élèves Jeannette Vermeersch, Waldeck-Rochet et, plus tard, au PSU, Michel Rocard. « Victor » avait connu bien des gens, devenus plus ou moins célèbres, au Komintern, parmi les intellectuels du Front populaire, dans les syndicats, la Résistance, les journaux, les partis ou groupes de gauche. <br />Rencontres, amitiés, drames, ruptures revivent dans ces Mémoires qui retracent l'itinéraire, typique à beaucoup d'égards, d'un militant dans l'Europe du XXe siècle, depuis les Jeunesses Communistes à Varsovie dans les années vingt, jusqu'à la gauche (critique) du PS. Des cendres, certes, mais la flamme des convictions premières, la fidélité à un marxisme ouvert et à un socialisme vraiment démocratique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3391 28;2;3;13;Fortune du pauvre;Parcours et discours romanesques : 1848-1914;;;"<p>Saisir les discours sur la pauvreté dans son dialogue avec les écrits sociaux et philanthropiques auxquels il s'alimente, mais que parfois aussi il réfute, telle est l'ambition d'un ouvrage qui tente de cerner la mise en fiction d'une figure naissante du ""nouveau pauvre"".</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Prologue. Un discours d'autorité</span></p><blockquote><p> </p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Le personnel de la charité</span></strong><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bienfaiteurs</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les rôles de la bienfaisance<br /> - Le personnage comme actant<br /> - Action charitable et modalités</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pauvres</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Désignations<br /> - Portraits<br /> - Patients</span></p></blockquote><p> </p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Parcours et scénarios de la pauvreté</span></strong><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carrières de pauvres</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Histoires de vies<br /> - Mérites et démérites des pauvres</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hérédités</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- ... une simple question de milieu (Zola)<br /> - Jansénisme social et schéma narratif</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trajectoires de bienfaiteurs</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les voies de la bienfaisance<br /> - Prodiges de la bienfaisance</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avatars de la charité</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Exploiteurs<br /> - Usurpateurs<br /> - Engouements charitables</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Programmes de lecture</span></strong></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stratégies textuelles</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Apitoyer<br /> - Accuser<br /> - Convaincre</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Interférences de discours</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Hégémonies<br /> - Dialogues</span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br />Bibliographie sélective<br /> Index</span></p>";;10/03/1998;0;137x220;256;978-2-84292-035-7;9782842920357;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_28.jpg;;;;362;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">En 1864, les Goncourt proclament l'urgence de lever « l'interdit littéraire » qui pèse sur les « basses classes ». Pourtant, celles-ci étaient loin d'être absentes de la production écrite. Faute d'avoir accédé au roman sérieux, les pauvres faisaient l'objet d'une effervescence éditoriale effrénée : le traité sur la question sociale constitue le passage obligé d'une carrière politique ; le reportage sur les bas-fonds ou l'ouvrage « physiologique » sont des gages de succès éditoriaux toujours renouvelés. <br />En quoi le roman réaliste et naturaliste du XIXe siècle est-il redevable à ces discours d'autorité ? À quels stéréotypes a-t-il nourri son imagination, ses personnages et ses scénarios ? Saisir le discours sur la pauvreté dans son dialogue incessant avec les écrits sociaux et philanthropiques auxquels il s'alimente, mais que parfois aussi il réfute, telle est l'ambition d'un ouvrage qui tente de cerner, dans les parcours romanesques du siècle passé, la mise en fiction d'une figure naissante du « nouveau pauvre ».</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 29;2;6;13;Génération Thatcher;La culture politique de l'Angleterre;;;;"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos : Le fugace et le durable</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Constitution, traditions, élections</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les traditions<br /> - Le symbole monarchique<br /> - Représentation parlementaire et confusion des pouvoirs</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Les conservateurs</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Intérêt et capital<br /> - La société existe-t-elle ?<br /> - Le point en 1983 : bilan idéologique<br /> - Le point en 1986 : bilan économique<br /> - Fin de partie</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Entre la gauche et le centre</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le travaillisme en crise<br /> - Le syndicalisme en crise<br /> - Le centrisme excentrique ?</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion : Le point en 1992</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cartes et graphiques<br /> Bibliographie<br /> Repères chronologiques</span></p>";;10/01/1992;0;137x220;256;978-2-90398-179-2;978-2-90398-179-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_29.gif;;;;0;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le Royaume-Uni connaîtra en 1992 des élections législatives à l'issue incertaine. Les jeunes électeurs britanniques qui voteront pour la première fois n'avaient que cinq ans lorsque Margaret Thatcher accédait au pouvoir, ils naissaient au moment où elle fondait le<em> Center for Policy Studies</em>, grâce auquel elle allait inventer un discours politique nouveau et, très bientôt, prendre la tête du parti conservateur, tandis que grandissait cette génération, le paysage économique, social, culturel de la Grande-Bretagne changeait profondément. <br />Tout et tous recevaient la marque d'une culture politique différente de ce qu'on avait jusqu'alors connu outre-Manche, tandis que le personnel dirigeant et militant dans les partis ou les organisations professionnelles se renouvelait à peu près complètement. Explorer ces transformations dans les trois forces politiques principales de l'Angleterre (conservateurs, travaillistes, libéraux), leur rapport aux comportements nouveaux de l'électorat, aux catégories nouvelles de la population, telle est l'ambition de cet essai sur la génération Thatcher.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3283 30;2;3;13;Moyshe Broderzon. Un écrivain yiddish d'avant-garde;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Peu connu en France, Moyshe Broderzon fut un des pionniers de l'avant-garde dans la littérature yiddish en Europe orientale. Gilles Rozier le suit ici à Lodz, de 1918 à 1930, à travers le café-théâtre Ararat, la poésie ou la chanson. Il propose en même temps un choix de poèmes traduits pour la première fois en français.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Naissance d'une métropole : Lodz 1820-1920</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Presse et vie culturelle yiddish à Lodz</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Moscou-Lodz et retour : naissance d'un poète, Moyshe Broderzon</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Moyshe Broderzon et « Yung-yidish » à Lodz</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - La poésie de Moyshe Broderzon, 1919-1921</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VI</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Théâtre 1920-1921</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VII</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Le spectacle vivant</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Choix de poèmes<br /> Bibliographie<br /> Index </span></p></blockquote>";"<p style=""text-align: justify;"">C'était une drôle d'idée de me mettre à apprendre le yiddish à l'âge de vingt-deux ans. J'étais une bête curieuse, comme si, dans ce siècle finissant, il n'y avait plus eu de place pour cette langue qui avait parcouru les chemins de l'Europe dans la besace des colporteurs juifs tout au long du dernier millénaire. Le yiddish m'a fait aimer la littérature à la folie. Je me souviens du jour où j'ai assisté pour la première fois au séminaire de littérature yiddish de Rachel Ertel, à Paris VII, un jour béni. Rachel m'avait attiré à elle, pressentant qu'elle n'aurait aucun mal à m'envoûter. Ses sortilèges se nommaient Peretz Markish, Rokhl Korn, Uri-Tsvi Grinberg. Ils m'ont guidé jusqu'au doctorat. Moyshe Broderzon a déboulé sur la scène : une personnalité impétueuse et primesautière, un écrivain guilleret et joueur, un maître de la rime, façon moderniste. Peut-être aussi l'ai-je choisi parce qu'il avait vécu et créé à Lodz, la deuxième ville de Pologne. Ce Moyshe me renvoyait à un autre Moyshe, un grand-père, comédien amateur dans une bourgade des environs de Lodz, venu en France dans les années 1920 et assassiné en juillet 1942 dans une usine de mort de Haute-Silésie dont je ne veux même pas dire le nom. Dans ce livre il y a tout cela : un panorama de la vie culturelle juive à Lodz, avec des noms de rue, des halls de théâtre et des unes de journaux pour restituer la vie quotidienne de centaines de milliers de personnes ; la vie et l'œuvre d'un écrivain de premier plan, ses interrogations, les personnages de son Parnasse et, pour clore l'ouvrage, quarante pages de sa poésie, pour celui qui voudra plonger dans les eaux fraîches et tumultueuses de Moyshe Broderzon. Gilles Rozier</p>";10/09/1999;0;137x220;288;978-2-84292-061-6;9782842920616;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_30.jpg;;;;418;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">La culture yiddish connaît entre les deux guerres un âge d'or sans précédent, dont l'épicentre se situe en Pologne, à Varsovie mais aussi à Lodz, et dont Moyshe Broderzon constitue une figure emblématique. Revenu à Lodz en 1919, après avoir passé à Moscou les années de guerre, Moyshe Broderson devient rapidement l'une des personnalités dominantes des cercles littéraires yiddish de la ville. Poète, créateur de la revue d'avant-garde « Yung-yidish » en 1919 avec le peintre Yankl Adler et le sculpteur Marek Shvarts, il souhaite participer à la renaissance artistique yiddish en proposant des oeuvres profondément ancrées dans la tradition juive, mais qui la questionnent et la renouvellent par une forme neuve. En témoignent les poèmes analysés et traduits ici. Mais c'est surtout par le théâtre que Moyshe Broderzon, de 1920 à 1939, fera œuvre originale dans l'invention d'une avant-garde artistique. Auteur de pièces, et surtout créateur du café-théâtre Ararat, il expérimente une rencontre entre les différents arts - peinture, musique, poésie, théâtre, danse, chanson populaire - dont le présent volume explore la créativité et montre la résonance au sein des avant-gardes en Europe.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 31;2;3;13;Musil. Savoir et fiction;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Musil fut un des premiers écrivains à comprendre le bénéfice historique que le roman peut retirer de son ouverture aux sciences. Sans doute parce qu'il était venu tard à la littérature, après une formation d'ingénieur.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La crise moderne des valeurs. L'ingénieur, le philosophe et l'écrivain. De la science aux savoirs. Littérature et fiction. Quels savoirs ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - DU SUJET CLIVÉ À L'HOMME SANS QUALITÉS</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. La modernité viennoise</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le contexte sociopolitique. Des stratégies de substitution. La crise de l'individualisme.</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. De la crise de l'identité à une philosophie sans qualités</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La déconstruction du moi par Freud. Le «moi insauvable» de Mach. La réécriture musilienne des doctrines de Mach.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Faillite du sujet et usure du discours social</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Des personnages sans qualités. L'éclatement de l'expérience individuelle. La pensée à l'épreuve de la vie. La crise du personnage. Stéréotypie et usure du discours social. La fonction interdiscursive.</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - UNE AUTRE PHYSIQUE POUR UN AUTRE ÉTAT</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Mystique et rationalité scientifique<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Crise du langage, éthique et mystique. Pour un Secrétariat de l'Âme et de la Précision.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Fusion mystique et physique quantique<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La mystique mathématique. De l'infiniment petit à l'infiniment grand. L'autre état : un univers potentiel.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Un monde sans devenir<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le temps idéal de la relativité. Un monde idéal est un monde sans différences. Unité et esthétisation du réel. Le même et le différent dans la métaphore.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Vers une unité problématique<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'inséparabilité quantique. Les deux images du réel. La complémentarité: un nouveau modèle d'unité</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /></span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - LE TEMPS À L'ÈRE DE LA THERMODYNAMIQUE</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Science des objets ou physique des processus<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'énergie à l'ère industrielle. Une énergie en quête de travail. Morale et dépense entropique.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Le temps irréversible<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La reconquête du devenir. Le principe d'ordre de Boltzmann. La décadence comme phénomène entropique.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Une analyse probabiliste de l'Histoire<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La théorie cinétique de l'Histoire. De la nécessité historique aux hasards de l'Histoire. Le Principe de raison insuffisante. Vers une Histoire potentielle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Entre l'ordre et le désordre<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le sens du réel et la prolifération des ordres locaux. Systèmes instables et sens du possible. Indétermination et chaos : le monde du sentiment.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">5. La crise des raisons<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mach contre Boltzmann. Vers une rationalité hypothétique. L'exactitude et la précision. L'écriture du possible et ses impossibilités. La réévaluation de la raison. Histoire et histoires</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - POUR UNE ANALYSE LOGIQUE DU POSSIBLE</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Réel et mondes possibles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De Leibniz à la logistique. La ronde des utopies. De Wittgenstein au Cercle de Vienne. Le possible comme modalité épistémique. Le possible comme principe d'unité. L'utopie et l'impossible. Le possible et le contradictoire. Platon et la sphère des idéalités. Carnap et la question de la vérité. Musil et le second Wittgenstein.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Leibniz et Musil : Le meilleur des mondes possibles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Leibniz contre Musil. Nécessité et signification dans la vie motivée. Le meilleur des mondes est toujours celui qui reste à inventer.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. Fiction et mondes possibles<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aristote et Musil. Le fondement ontologique de la littérature. Univocité et signification. Objets fictifs et référence. Une esthétique du mélange.</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le dernier mot de la littérature</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> De l'expérience à l'expérimentation. Une logique de l'indétermination. Une esthétique de la ruine. Pour une analyse interdiscursive. Du savoir au non-savoir.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/04/1994;0;137x220;264;978-2-90398-196-9;978-2-90398-196-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_31.jpg;;;;376;24.00;"<p style=""text-align: justify;""><em>L'Homme sans qualités</em> est une expérience unique d'écriture, constamment irriguée d'apports conceptuels empruntés aux sciences. En prenant cette œuvre pour guide, on engage ici trois questions : sur les implications cognitives et culturelles des savoirs modernes ; sur les mécanismes qui assurent le transfert des représentations scientifiques à des fragments littéraires ; sur l'échange entre les « deux cultures », exemplaire de l'entreprise musilienne, qui conduit à une nouvelle intelligence de la modernité.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 32;2;3;13;Peuple, mouvement ouvrier, culture dans l'Espagne contemporaine;Cultures populaires, cultures ouvrières en Espagne de 1840 à 1936;Pueblo, movimeno obrero y cultura en la Espa;;"<p style=""text-align: justify;"">Approche anthropologique de la culture parmi les couches populaires urbaines saisies à travers les conjonctures révolutionnaires qui ont jalonné, de 1840 à 1936, un siècle de luttes pour la démocratie.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Maurice</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Présentation : Un nouveau regard</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Santiago Castillo<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De cómo un aprendiz de tipógrafo se hizo socialista. Juan José Morato (1864-1938)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Guereña<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les socialistes et la culture. La Casa del Pueblo de Madrid au début du XXe siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Víctor Fuentes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">El Proletariado militante : un clásico de la literatura proletaria española</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuel Morales Muñoz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">El discurso ideológico en una novela anarquista : Pensativo de Serrano Oteiza</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roselyne Mogin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les numéros didactiques de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La novela corta</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1916-1925) : quelle culture pour le peuple ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Brigitte Magnien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zugazagoitia. Les pièges de l'écriture du roman social</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Maurice<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un auteur de La novela ideal : Vicente Ballester</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serge Salaün<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">El Cuplé : une culture pour quel peuple ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Chastagnaret<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les divertissement dans les cités minières espagnoles à la fin du XIXe siècle et au début du XXe</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Casimir Martí<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cultura obrera en Cataluña : 1840-1843</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonio Elorza<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La cultura de la revuelta en el siglo XIX español</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuel Tuñón de Lara<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Actitudes socialistas ante la cultura</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">José Alvarez Junco<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cultura popular y protesta política</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Ralle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un « socialisme des métiers » ? Culture politique et ouvrière et « obreros de artes y oficios » (1870-1900)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Santos Juliá<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poder y revolucíon en la cultura política del militante obrero español</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie Laffranque et Lucienne Domergue<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dialogue et didactique anarchiste (Revista Blanca, 1ère époque, (1898-1905)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen Senabre LLabata<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Estética anarquista y La Revista Blanca</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carlos Serrano<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Lucha de Clases et le 1er mai (1896-1907)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louis Urrutia<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Unamuno et Lucha de Clases</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Brey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Appropriation du temps et loisir militant chez les travailleurs galiciens (1871-1911)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Danièle Bussy-Genevois<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les symboles de la République en 1931 et 1932</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marta Bizcarrondo<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notas sobre la « cultura socialista » en los años 30</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David Ruiz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Contra la amnesia de la clase y por la revolución social (1894-1936)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christopher H. Cobb<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La animación socio-cultural durante la II República española</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Manuel Aznar Soler</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">El Partido Communista de España y la literatura (1931-1936)</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Maurice<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Épilogue</span></p>";;10/04/1990;0;137x220;320;978-290398-164-8;9782903981648;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_32.jpg;;;;406;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Produits culturels, pratiques militantes, valeurs constitutives de comportements collectifs, modes d'intervention des artistes et des intellectuels : autant d'objets de recherche qui mettent en évidence les difficultés éprouvées par les avant-gardes à se défaire des modèles dominants.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3377 33;2;3;13;Pouvoir de l'infime;Variations sur le détail;;;"<p style=""text-align: justify;"">La dynamique de l'infime préside au pouvoir d'interpréter. On le vérifie - en littérature - par des approches croisées où la psychanalyse et la sociologie, l'esthétique et l'analyse textuelle suivent le détail à l'œuvre, dans ses tours et détours, son jeu du Rien qui se donne pour un (presque) Tout.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avertissement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luc Rasson, Franc Schuerewegen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le peu d'existence</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Le Tout et le (presque) Rien</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Bellemin-Noël<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Infiniment détail</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fernand Hallyn<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le détail dans tous ses états. Sur trois songes de Descartes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Dessons<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La stratégie du détail dans la critique d'art et la critique littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luc Rasson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La clef de l'univers. À propos des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thibault</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Le détail à l'oeuvre</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques-Philippe Saint-Gérand<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du détail en linguistique : aspects du signe et des choses chez Antoine Meillet</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Vachon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« On ne relit une oeuvre que pour ses détails »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Pelckmans<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La gloire de Holmes : pour une poétique de l'indice</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dirk Van der Cruysse<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le livret d'opéra, ou l'art de l'équilibre et du détail</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Goulet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La lecture comme enquête et déchiffrement : sur un chapitre de</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La Vie mode d'emploi</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Agrandissements</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Jacques<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Détail et esquive dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Éducation sentimentale</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Tritsmans<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoires de seiches/sèches. Remarques sur la poétique romanesque de P. Modiano</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Buisine<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un perroquet et des chiens. Du détail chez Giambattista Tiepolo</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Walter Geerts<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le temps détaillé : sur </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Voyageur</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Calvino</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Tours et détours</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maurice Delcroix<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balsamiques. Ou les douceurs du platonisme de Balzac à Yourcenar</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franc Schuerewegen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pieds de Félix</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Berg<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Hôpital Verlaine</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Louis Cornille<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Minutes apocryphes</span></p>";;10/11/1997;0;137x220;288;978-2-84292-029-6;9782842920296;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_33.jpg;;;;410;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Bien lire, c'est passer par le détail. Qui le contredira ? Voilà l'évidence, le point de départ. <br />Commencent alors les vraies questions, celles dont il sera débattu intensément, diversement. Car la problématique du détail méritait qu'on y revienne malgré, mais aussi grâce à ""la nouvelle aura culturelle"" (Piette) dont la notion est aujourd'hui entourée. Qu'est-ce qu'un détail ? Comment le reconnaissons-nous ? Et là où nous croyons le reconnaître, y a-t-il bien quelque chose, cette chose.. un détail ? Rien de plus simple quand le but est de serrer au plus près la lettre du texte. La dynamique de l'infime préside à l'art et au pouvoir d'interpréter : cette intuition qui rencontre depuis peu un écho dans des disciplines aussi diverses que la sociologie ou l'histoire de l'art, a fait de Raymond Mahieu un lecteur à l'écoute de son époque. Les textes qui suivent lui sont offerts en amical hommage.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 34;2;3;13;La Revue « Cinéma » et le néoréalisme italien;Autonomisation d'un champ esthétique;;;"<p style=""text-align: justify;"">Application d'une théorie de Bourdieu à l'analyse d'une trajectoire culturelle chaotique, celle de la revue <em>Cinema</em> dans les années 30 en Italie. Ainsi apparaît le rapport entre la naissance du néo-réalisme et l'autonomisation d'un champ artistique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pourquoi </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cinema</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ?</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CONSTITUTION DU CHAMP CINÉMATOGRAPHIQUE (1935-1938)</span></strong></p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I -</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'émergence du champ : conditions matérielles et symboliques</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le Centre Expérimental de Cinématographie : un pôle culturel<br /> 2. Les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">cineguf</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : « écoles secondaires » du cinéma</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Inscription de l'activité cinématographique dans l'espace social</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Archéologie de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cinema<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cinema</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, élément producteur du champ cinématographique<br /> 3. Rubriques de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cinema</span></em></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III - Le cinéma, enjeu du champ culturel</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Théorisation et popularisation du cinéma<br /> 2. L'incursion des hommes de lettres<br /> 3. Cinéma et champ culturel traditionnel</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote></blockquote></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">FONCTIONNEMENT AUTONOME DU CHAMP (1939-1943)</span></strong></p><blockquote><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Autonomisation du champ cinématographique</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Cinéma français et histoire du cinéma<br /> 2. « L'interrègne Visentini »<br /> 3. Jean Renoir, figure incarnée du créateur</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V - L'espace des possibles</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Le temps de tous les possibles<br /> 2. Le temps de l'engagement<br /> 3. La mise en oeuvre de l'esthétique réaliste</span></p></blockquote></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Retour sur la méthode </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie essentielle<br /> Index</span></p>";;10/03/1999;0;137x220;264;978-2-84292-054-8;9782842920548;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_34.jpg;;;;374;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">En 1945, <em>Rome, ville ouverte </em> inaugure la grande saison du néo-réalisme italien. Cette soudaine maturité esthétique est lue habituellement comme une éclosion spontanée qui aurait fleuri telle une herbe folle sur les ruines de la Guerre et de la Résistance. Quant à la revue <em>Cinema</em>, on salue son travail critique antifasciste qui préluda au renouveau du cinéma italien. En suivant la trajectoire chaotique de <em>Cinema</em> entre 1936 et 1943, cette étude cherche à lever le voile sur la fonction culturelle plus complexe que joua la revue au milieu des années 30 et à remettre en perspective la naissance du néo-réalisme dans un processus plus cohérent d'autonomisation de l'activité cinématographique en Italie. <br />La théorie des champs artistiques, empruntée au sociologue Pierre Bourdieu, se révèle alors un instrument d'analyse approprié et efficace. Une nouvelle périodisation de la revue se dessine et ses débuts désordonnés, toujours négligés, prennent sens dans la structuration d'un « espace de médiation » entre la production cinématographique et les événements socio-historiques. Au début des années 40, le projet révolutionnaire d'<em>Ossessione</em> se retrouve ainsi à la jonction d'une situation politique donnée et des possibilités esthétiques qu'offre désormais un champ cinématographique autonome.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3689 35;2;3;13;Les stress de l'environnement;De la perception au stress;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le « stress » est un concept d'une grande actualité, mais fort difficile à saisir en raison de la diversité des situations auxquelles il s'applique.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préface du professeur J.Dall'Ava-Santucci</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I - La perception de l'environnement</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le traitement des messages sensoriels<br /> - La relation homme-environnement<br /> - Le rôle de l'action<br /> - Le développement perceptif<br /> - Les cartes mentales<br /> - L'investissement affectif<br /> - Les besoins en matière d'environnement</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II - Les stress de l'environnement</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Quelques mots d'histoire<br /> - Approche physiologique<br /> - Approche psychologique<br /> - Les stratégies d'adaptation<br /> - Vers une nouvelle définition<br /> - Les réactions physiologiques<br /> - Les réponses comportementales<br /> - L'adaptation et son coût<br /> - De la perception au stress</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III - Aspects cognitifs des stress</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'appréhension psychologique<br /> - Facteurs individuels<br /> - Facteurs situationnels<br /> - Présentation d'un modèle</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV - Le bruit comme facteur de stress</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'exposition au bruit<br /> - Des sons aux bruits<br /> - Les troubles de la santé<br /> - Les activités des enfants altérées<br /> - Contexte théorique<br /> - Le travail perturbé<br /> - Bruit et climat social</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> Bibliographie</span></p>";;10/06/1989;0;137x220;192;978-2-90398-158-7;978-2-90398-158-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_35.jpg;;;;280;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'ouvrage d'Annie Moch s'attache à en donner une définition précise, à partir d'une enquête sur les causes et les effets du phénomène : il met l'accent sur sa dimension psychologique liée à notre perception de l'environnement. Sommes-nous tous égaux devant les agressions de la société moderne ? Jusqu'où peut aller notre adaptation ? Pourquoi le bruit peut-il être considéré comme la première source de nuisances et comme un redoutable facteur de stress ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3165 36;2;3;14;L'Art sans règles;Manet contre Flaubert;;;"<p style=""text-align: justify;"">S'attachant à décaper les discours tenus sur le peintre depuis 150 ans, le livre cherche à aborder ses toiles avec un œil libre, sans cacher le fait que pèsera toujours sur notre jugement ce qui a été dit, avant nous, de Manet.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> Manet </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">contre</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Flaubert</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Manet au XIXe siècle</span></strong></p><p> </p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I – Qu'est-ce que Manet ? </span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Meissonier ou Courbet<br /> - Une peinture sans nom<br /> - Ar(gen)t<br /> - « Je n'ai pas de traditions, moi ! »<br /> - « Une méthode expéditive et peu coûteuse »<br /> - L'indépendance de l'artiste<br /> - Les échelles du sociologue</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II – Un art sans règles</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- « Votre modèle, reconnaissant et reconnaissable »<br /> - Dévisagement<br /> - Autour d'une figure<br /> - Technique et expression<br /> - Jaune, l'incertain<br /> - L'empereur mort</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Manet aujourd'hui</span></strong></p><p> </p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III – Genèse d'un regard</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La logique des affaires<br /> - Manet valeur culturelle<br /> - Le roman d'un artiste<br /> - Le cercle des poètes<br /> - Toiles et plaques<br /> - Un siècle de peinture</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV – Cherchez le peintre</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les jeux du hasard<br /> - De l'attente au souvenir<br /> - Art et monde<br /> - Le nom, magie du nom<br /> - Au fil du temps</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V – L'œil en liberté</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Entre matière et représentation<br /> - Forme et figuration<br /> - Du portrait comme fiction<br /> - L'empreinte colorée<br /> - Voir</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";;10/01/1995;0;137x220;160;978-2-91038-103-5;9782910381035;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_36.jpg;;;;260;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Que mettons-nous en jeu quand nous partons à la rencontre d'une œuvre créatrice, qu'elle soit littéraire ou picturale ? La sociologie de la littérature s'attache à déborder ce savoir confus, souvent hagiographique, en montrant, à propos de Flaubert par exemple, comment l'effort que s'imposait le romancier sanctionnait tout en les bouleversant les règles de l'art admises par l'époque. Appliquée à un peintre comme Manet, cette démarche se révèle à la fois fructueuse et réductrice. Si elle aide à « situer » l'artiste, elle ne laisse pas apercevoir le renouvellement permanent grâce auquel un Manet se plaçait au-delà des règles.</p>";;05/07/2004 12:48;1;Première édition;3670 37;2;3;14;Art(s) et fiction;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La fiction peut-elle réfléchir, à travers l'acte de création, ce qu'il en est de l'idée esthétique ? En dépliant la réversibilité du rapport art/fiction, on s'intéresse ici à la feinte où l'art tout à la fois se fait et se pense.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Bessière<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La facticité de la fiction</span></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jusqu'au bout de la feinte<br /> Marie-Claire Ropars</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Arrouye<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Peinture et fiction</span></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aux visiteurs imaginaires<br /> Pierre Sorlin</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Giuliana Bruno<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Histoires de corps et espace de fiction</span></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Partout et nulle part<br /> Michèle Lagny</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymond Court<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La musique entre fiction et présence</span></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Au terme, l'imperfection<br /> Béatrice Bloch</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éliane Escoubas<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'idée esthétique : beauté ou vérité ?</span></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la limite de l'impossible<br /> Pierre Bayard</span></em></p><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Mouchard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poésie ? « Fiction » ? (fiction et effectuation en poésie)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Else Jongeneel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fiction et autonomie de l'art</span></p>";;10/05/1997;0;137x220;160;978-2-91038-193-6;9782910381936;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_37.jpg;;;;240;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">La fiction peut-elle qualifier l'art ? Cette question ambiguë suppose d'abord de faire jouer l'amplitude d'un terme, qui convoque à la fois l'imaginaire et le simulacre. Elle appelle ensuite à explorer la réversibilité du rapport impliqué entre art et fiction : la fiction donne à l'art la liberté de se déployer, l'art se réfléchit à travers l'idée de fiction. Pour filtrer l'idée d'art à travers le principe fictionnel, ce volume met en jeu deux démarches croisées. L'une déplie l'éventail de la feinte dans l'invention artistique - celle du poème ou de l'opéra, du tableau ou du film. L'autre tente de cerner l'horizon théorique d'une approche consacrée à des objets esthétiques : peut-on penser l'art sans passer par le détour de la fiction ? De texte en texte, de reprise en reprise, une hypothèse paradoxale se forme : le couple réversible art/fiction ne désignerait-il pas simultanément la force et la défaillance conceptuelle de l'esthétique, qui nourrit de fictions le processus de création et ne recueille de celui-ci qu'une image à son tour fictive ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 393;1;3;24;De la difficulté de juger;N°26/2004;;;"<p>L’intérêt de cet ensemble est de présenter d’autres modes du jugement que ceux que la tradition philosophique, littéraire et pratique a développés en Occident.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Feuillas<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La remarque critique</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Naissances du jugement littéraire</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François Martin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entre l'œuvre et l'homme : le discours littéraire chinois</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valérie Lavoix<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le dés(enchantement) critique : lecture du chapitre 48 de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Esprit de la littérature en dragon ciselé</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Liu Xie (ca 465-521)</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Contrastes critiques</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Romain Graziani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Combats d'animaux. Réflexions sur le bestiaire du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Feuillas</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Penser par contraste. Critique du bouddhisme et stratégies discursives dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhengmeng</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Zhang Zai (1020-1078)</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Classer/exclure</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuel Poisson<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la critique à la réforme de la bureaucratie dans le Vietnam classique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rainier Lanselle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'autre comme « imbécile » : le système clos de la critique comme opération d'inclusion /exclusion</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Regard extérieur</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François De Gandt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remarques critiques</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résumés en français<br /> English Summaries</span></em></strong></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Extrême-Orient Extrême-Occident met en lumière dans chacun de ses numéros les particularités théoriques de pratiques intellectuelles et sociales extrême-orientales en insistant sur les contrastes et les différences avec le contexte européen. Dans la vingt-sixième et dernière livraison, il m’a paru nécessaire avec les contributeurs d’interroger à nouveaux frais le champ et les fonctions du discours critique en Chine et dans une moindre mesure dans la pratique bureaucratique du Vietnam ancien. De cet usage du discours et de l’incertitude qui lui est en parte inhérente, les traditions extrêmes orientales sont d’autant plus coutumières qu’abondent dans tous les champs du savoir, textes et pratiques, des jugements, des remarques critiques. La littérature esthétique et pénale, pour ne citer que ces deux exemples, atteste d’une activité de discrimination minutieuse et intense, d’un souci des évaluations et des échelles de pertinence très détaillées. Traités, codes, collections de propos sur la poésie, notations, registres que le goût de l’archive et les devoirs de la recension ont très tôt encouragés et légitimés. Parallèlement, force est d’admettre l’absence d’une théorisation de cette modalité critique en tant que telle. Cette relative indifférence à la systématisation et à la constitution d’un esprit critique (en tant qu’il serait défini par les contours d’une faculté) n’esquive pas pour autant les difficultés propres à tout jugement. À des titres divers les différents articles de cette livraison semblent, bien au contraire, les mettre en scène. L’inconfort d’une position critique, le trouble parfois amer ? l’enthousiasme aussi ? dans la définition des critères sont directement affrontés. Sont lucidement et méthodiquement pris en compte des moments de "" crise de la culture "" (et on se souvient du lien essentiel qu’a dégagé notre tradition entre la crise et la critique) ; construites les formes que doit prendre une parole de rectification pour y faire face. Les ressorts de la sélection et de l’exclusion font l’objet de développements et de combinatoires complexes et jamais définitifs. Pour le dire brutalement, il nous a paru, en analysant des discours aussi divers que la critique littéraire, le propos de sagesse ou la littérature d’exclusion bureaucratique ou esthétique, que la critique n’avait d’autre but que de concourir, avec ses incertitudes et ses doutes, à configurer une notion prégnante dans les savoirs extrême-orientaux, à déterminer, moins des règles et des canons, que ce que peut être le naturel.</p>";10/10/2004;26;155x220;192;978-2-84292-154-5;9782842921545;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_393.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Jauger l'homme, juger l'œuvre »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article se propose de rappeler que la critique poétique en Chine est née d'une tradition de jugement des individus, dans un champ essentiellement moral et politique, mais qui avait eu en partie pour arrière-plan à sa naissance les échanges poétiques de l'Antiquité. Ainsi existèrent dès le début entre critique des individus et critique de la poésie des rappports très intriqués qui eurent, sur la genèse et le développement de la critique poétique, des effets à la fois fécondants et restrictifs.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valérie LAVOIX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le désenchantement de Liu Xie. Postures et devoirs du critique littéraire selon le chapitre ""Du connaisseur"" du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wenxin diaolong </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">»<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Plaidoyer pour la reconnaissance des oeuvres belles et pour l'autorité du critique littéraire, le texte dont on propose ici une lecture définit un ensemble de critères d'évaluation des oeuvres considérées tant dans leurs dimensions les plus formelles que d'un point de vue organique et normatif. L'évaluation n'est cependant que préliminaire à la perception de la disposition interne des oeuvres, cette dernière étant l'objectif ultime de leur appréciation, comme par empathie. Partant de l'amertume suscitée par la rareté des ""connaisseurs"" justes et véritables, comme par la difficulté du discernement en matière littéraire et par l'inéluctable partialité du critique, Liu Xie (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ca</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> 465-521) renverse l'amertume en enthousiasme, la difficulté en accessibilité, et redéfinit la posture du ""connaisseur"" comme celle d'un lecteur en sympathie avec l'auteur, capable de reconnaître et de savourer les oeuvres exceptionnelles, contribuant à leur beauté même et garant de leur fortune.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Romain GRAZIANI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Combats d'animaux. Réflexions sur le bestiaire du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Zhuangzi est le seul ouvrage de Chine ancienne à avoir accordé une place essentielle, c'est-à-dire proprement philosophique, à l'animal, et s'en être servi non pour consacrer mais pour contester le pouvoir et critiquer l'aliénation de l'homme au sein du système rituel et politique. Le territoire des animaux offre ainsi un poste d'observation privilégié pour suivre l'homme tel qu'il s'est construit, ou mutilé, au cours de son histoire, collective et personnelle. Cette mise en perspective permet de concevoir ce que serait une vie libérée des dressages de la conscience constituée. Loin de se réduire toutes à des illustrations transparentes de situations humaines, ces scènes du monde naturel livrent leur signification une fois mesuré leur écart par rapport aux histoires édifiantes sur les animaux qui circulent au cours de toute la période des Royaumes Combattants, lesquelles ont pour fonction d'illustrer de manière ostentatoire la naturalité et l'universalité des principes politiques de domination monarchique des hommes. Le détour par l'animal auquel se livre Zhuang Zhou apparaît en effet, au-delà de ses visées différenciées, comme une façon de démystifier l'idéologie d'État qui exploite à bon escient les thèmes de la domestication du sauvage, de la moralisation des animaux par le sage souverain, ou encore la quasi-bureaucratisation du monde naturel dans les spéculations cosmologico-administratives. Parmi les figures naturelles, hybrides ou fantastiques de l'abondant bestiaire du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, notre attention se concentre sur les anecdotes et fables groupées autour des tortues, des chevaux et des poissons, qui contribuent le mieux à la critique des institutions majeures du monde chinois, et plus fondamentalement, des valeurs de sa civilisation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane FEUILLAS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Penser par contraste. Critique du bouddhisme et stratégies discursives dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhengmeng</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Zhang Zai (1020-1078) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'objectif de cet article est de montrer comment la prégnance de l'idéologie et de la phraséologie bouddhiques au XIe siècle a conduit Zhang Zai, l'un des promoteurs du ""néoconfucianisme"" ou plutôt de l'""Étude de la voie"" (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daoxue</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), à développer des stratégies d'écriture originales pour redonner à lire le Canon confucéen. Prenant en compte la contamination de la réflexion sous les Song du Nord et ce à différents niveaux (social, familial, textuel) par la puissance spéculative du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">chan</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, il ne se contente pas de produire un discours critique ou polémique (qu'il juge en partie inefficace) contre tel ou tel point de doctrine, mais choisit de partir de l'aliénation des esprits dont ses contemporains sont, selon lui, victimes, de les libérer de proche en proche, par de subtils ajustements du lexique, de leur inconscience, et de mettre en place les conditions théoriques et discursives d'une possible réappropriation de la tradition. Ce faisant, il construit différentes procédures textuelles clairement dirigées contre la ""confusion"" et la ""traduction"" bouddhiques des termes les plus spéculatifs du confucianisme ancien, recourant à un usage massif de la citation et multipliant les couplages et les binômes. Il systématise ainsi une pensée du contraste où le sens se contextualise, où les notions se dissolvent au profit de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">dimensions</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et de champs à investir dans l'étude. Le discours critique ne doit dès lors plus être interprété localement selon tel ou tel parti pris, mais constitue le mode même de la lecture de son ouvrage principal, la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Discipline pour les débutants</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuel POISSON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« De la critique à la réforme de la bureaucratie dans le Viêt Nam classique »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur interroge les modalités de la critique des dysfonctionnements de l'État au Viêt Nam du XIe au XIXe siècles. Son caractère itératif, stéréotypé, traduit-il la sclérose de l'administration ? La formule est trop simple pour rendre compte de la vitalité de la bureaucratie vietnamienne. La critique procédait en fait par ajustements graduels : ajustement des conduites individuelles mais aussi perfectionnement progressif des institutions. L'administrateur était invité à mouler sa conduite sur les modèles ou contre-modèles vietnamiens ou chinois. Nulle transformation brutale, mais une réforme étayée sur un corpus de précédents dans un dialogue toujours renouvelé entre le souverain et les administrateurs.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rainier LANSELLE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'autre comme “imbécile”. Le système clos de la critique comme opération d'inclusion/exclusion »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'article étudie certains éléments du commentaire de Jin Shengtan (1610-1661) sur le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pavillon de l'ouest</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Xixiang ji</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) de Wang Shifu (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ca</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> 1250-1307). Dans ce commentaire, Jin Shengtan envoie de nombreuses piques à l'égard des lecteurs qui se méprendraient sur la supposée valeur réelle d'un texte auquel il voue une admiration sans borne, lecteurs fâcheux qu'il désigne systématiquement sous le nom d'""imbéciles"". Le rejet des ""imbéciles"" dans leur ineptie a pour contrecoup un désir de connivence de sujet à supposé sujet-pleinement-apparié-à-moi, qui fait système et donne le véritable objet, invisible, du discours, aux dépens de toute expression conceptuelle : autrement dit, ce qui compte dans le travail ""critique"" de Jin Shengtan, ce n'est pas tant la construction critique en tant que telle (elle n'est faite que d'une accumulation de notations </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ad hoc</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), mais ce qu'il met en scène de rapport d'hostilité/concorde. Jin Shengtan fait ainsi part, sans le savoir, de son désir d'un système clos où le binaire et ses ressources inépuisables d'inclusion/exclusion sont exploités par le sujet comme possibilité de jouir de la répétition sans avoir à rien connaître de la division de son discours, et où, au lieu d'avoir à juger, il s'en remettrait </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">in fine</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, tout en ayant l'air de le défier, au discours du maître, vraie figure de celui qui serait ""pleinement-apparié-à-moi"". Parfaitement univoque, son discours permettra au sujet de faire l'économie des ambiguïtés qui sont présentes non pas, assurément, dans celui des ""imbéciles"" - figure imaginaire - mais dans le sien propre : il y aura peut-être bien critique, alors, mais elle signera plutôt une position de volonté de non-savoir, celle-là même que le commentateur, qui décrit en virtuose l'art de l'indirect, nous présente comme un discours toujours chargé de sa propre moitié d'implicite, autrement dit d'inconnu.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François DE GANDT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le goût et les règles : les usages de la critique en Occident »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le présent article propose deux études de cas concernant les pratiques occidentales de la critique. La première se fonde sur un essai de Hume sur la norme du goût où est soutenu le paradoxe selon lequel les théories de la science et de la philosophie apparaissent moins stables et assurées que les beautés de l'art : le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">standard</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> des beaux-arts est plus certin que celui des sciences, du moins à l'échelle des siècles. Dans la seconde étude consacrée aux </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Topiques</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Aristote sont mises en évidence les procédures et les fonctions de la joute dialectique, véritable ""sport"" possédant ses règles du jeu propres et qui a servi à définir et à graduer des formes de discours critique (poétique, rhétorique, logique et démonstratif). Dans les deux cas se dégagent des critères de la vérité et de la valeur esthétique, avec des normes différentes selon les domaines et un effort constant pour élargir le champ de l'accord rationnel.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARTIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« To judge this Man, to judge that Work »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The aim of this paper is to recall to mind that poetic criticism in China was born from a tradition of judgment on the individuals, in a field mainly occupied by morals and politics, but with the poetical exchanges of the Chunqiu period for background. Thus were existing from the beginnings between individual criticism and poetic criticism intricated connections, with the result of generating particuliar conditions the effects of which were at the same time fecunding and restricting.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Valérie LAVOIX :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Liu Xie's Disenchantment. Attitudes and Duties of the Literary Critic as stated in the chapter “Connoisseur” of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wenxin diaolong</span></em></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">»<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">As a plea for the acknowledgement of belles-lettres and for the authority of the literary critic, the text whose reading we propose here, defines a range of criteria to evaluate works in terms of their formal, as well as their organic and normative aspects. The abovementioned evaluation is, however, merely preliminary to the perception of the internal disposition of the works, this being the ultimate objective in their appreciation, as if by empathy. Hence, given the bitterness created by the scarcity of just and true ""connoisseurs"", the difficulty of discernment in literary matters, and the inescapable partiality of the critic, Liu Xie sets out to transform the bitterness into enthusiasm, the difficulty into accessibility, and to redefine the position of the ""connoisseur"" as that of a reader sympathising with the author, capable of recognising exceptional works, thus contributing towards their beauty and standing surety for their good fortune.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Romain GRAZIANI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« A Byway through Fauna. Some thoughts on the Wildlife in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> » </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> is the only literary work from early China which ascribes a salient role to the animals, namely a philosophical one. Indeed, the animal serves not to consecrate the political power but to undermine its authority, and to denounce its alienation of men and the hidden violence within its hierarchial structure. The land of the animals thus offers a privileged standpoint from which to observe the history of men, starting with their emergence from the natural realm propelled by the ancient Sages, and culminating in their forced integration in a body political (the phrase ""body political"". Far from being mere transparent illustrations of human situations, the significance of the animal scenes in the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> can be much better appreciated when contrasted with the moralising stories about animals circulated by literati during the Warring States period, which were purported to illustrate the boundless authority and transforming force of the virtuous ruler. Among the natural, hybrid and fantastic animals with which the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhuangzi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> is replete, this article focuses on the anecdotes and episodes which feature turtles, horses and fishes. These three species make a decisive contribution to the critique of the major institutions in ancient China (divination, ritual, sacrifice and music) and, more radically, of the very values on which its civilization was ideologically founded.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane FEUILLAS : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Thinking through Contrasting. The Critic of Buddhism and the Textual Strategies in Zhang Zai's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhengmeng</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1020-1078) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The object of this article is to reveal how the pervasiveness of Buddhist phraseology in the 11th century led Zhang Zai, one of the promoters of ""Neo-confucianism"" to develop original strategies for a new reading of the Confucian Classics. Taking into account the contamination of Chan Buddhist reflection at every level (be it familial, social or textual), Zhang Zai not only produces a critical discourse (which he deems partly inefficient) against such and such a doctrine, but starts from his contemporaries'intellectual alienation in order to liberate them from their ignorance, and, through subtle lexical adjustments, prepares the theoretical and textual conditions for tradition to be re-appropriated. In so doing, Zhang Zai devises various textual procedures to counter the general confusion as well as the Buddhist appropriation of the main notions of early confucianism. He resorts to extensive quotations, binomes and parallelisms, thereby drawing a philosophical effect from the device of contrast. In this type of speech, meaning is radically contextualised and notions dissolved, becoming dimensions. This critical discourse should therefore not be intrerpreted locally according to a preconception against such and such a doctrine : it is a global mode of reading, which should be operative at all times when reading Zhang Zai's main work, ""Discipline for Beginners"" (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zhengmeng</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emmanuel POISSON : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« From Criticism to Reform of the Bureaucracy in Classical Vietnam »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In this article, the author adresses the question of the criticism of the State in Vietnam, from the 11th centrury down to the 19th century. Does its repetitive, stereotyped style reflect the paralysis of the administration ? This would be too simplistic a criticism, and would not account for the vitality of Vietnamese bureaucracy. In fact, the criticism of the State proceeded by way of gradual adjustments : by changing the behaviour of individuals as well by improving the institutions. The administrative officer was requested to draw his inspiration from Chinese or Vietnamese examples or counter-examples. Therefore no sudden transformation was advocated, but rather a gradual reform relying on a corpus of precedents, through a continually renewed dialogue between the ruler and the officials.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rainier LANSELLE : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Others as Fools : Criticism as Process of Exclusion »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper examines some elements of the Jin Shengtan's (1610-1661) commentary on Wang Shifu's (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ca</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> 1250-1307) </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Western Wing</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. In this commentary, Jin Shengtan repeatedly attacks what he considers poor readers of a text he admires, whom he calls ""fools"". The counter-effect of his stressing the so-called ""fools'"" inepty is that Jin Shengtan continuously seeks to establish an other image in their place : a subject who would be supposedly well-fitted-to-me. In so doing, the critic can ignore the division which lays inside his own discourse, setting his hope on a perfectly univocal discourse which would be embodied by a master's position. Remitting himself to this idealistic figure which frees him from the troublesome problems of ambiguity, the commentator does no real work of criticism : accumulating only small-scale but tirelessly repeated </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ad</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">hoc</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> notations, he can stay in a position in which he ignores his own willingness of ""not-knowing"" (the ""not-knowing"" position there being assumed by the imaginary persona of the ""fool""), as what would be to know would be nothing but eventually the division in his discourse, and of himself as a subject. Instead, the commentator concentrates all his efforts into something he knows well : the art of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">indirect</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">meaning</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, in which it is easy to recognize the possibility it gives to seal part of the discourse beneath its explicit statement - which is the perfect figure of a securely maintained unknown dimension.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François DE GANDT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Tastes and Rules : Manners of Western Criticism »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The aim of the article is to study two cases of Western practice in critical procedures. In the first one based on Hume's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Standard of Taste</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> a paradox is developed according to which theories of science and of philosophy are less steady than judgements on pieces of art : the standard of taste seems to be more certain than that of science, at least at the of centuries'continuity. In the second study dedicated to Aristotle's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Topics</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the procedures and functions of dialectical contest are taken into account, nemelya kind of ""game"" which possesser its own rules and is aimed to define and to classify various forms of critical discourse (poetical, rhetorical, logical and scientific). These two cases are occasions for a formulation of criteria of truth and of aesthetic value, with different norms in different fields, they also convey an enduring and strenuous effort to enlarge the frontiers of rational agreement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";270;15.00;"<p>L’intérêt de cet ensemble est de présenter d’autres modes du jugement que ceux que la tradition philosophique, littéraire et pratique a développés en Occident. On verra ainsi que, si l’on retrouve bien la triade classique : évaluer / classer / exclure, la pensée chinoise et la bureaucratie vietnamienne – qui, à de nombreux égards, représente une Chine à l’échelle réduite et pour cela mieux observable – ont privilégié des modes où le jugement ne se confond pas avec la décision, ni la critique avec le système ; la remarque discrète, visant l’Éveil, fine et indirecte, tient ici le rôle du parti pris et de la pétition de principe.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNRS et de l'UFR LCAO de l'Université Paris 7</p>";21/07/2004 15:09;0;Première édition;4036 496;2;3;33;Or, hors, oreilles;Entretiens sur le théâtre;;;"<p style=""text-align: justify;"">Artistes contemporains de cinéma et de théâtre donnent la réplique à Alain Astruc dans ce livre d’entretiens où se mêlent des extraits d’un ouvrage théorique inédit et des photographies d’Alain Astruc comédien.</p>";"<div><span style=""font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;""><p>Préface de Robert Abirached<br /> <em>Alors on y va!... (Comme au théâtre</em>, extrait)</p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong>I – Le corps de l’autre</strong></p><p><em>Le poète…</em> (<em>Le Regard et la Voie/x, </em>Quatrième Chant, extrait)<br /> Entretien du 14 avril avec Bernard Benech<br /> <em>Avant, jouer la comédie</em>… (Troisième Chant, extrait)<br /> Entretien du 21 avril 1993 avec Bernard Benech</p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong>II – Jouer avec l’impossible</strong></p><p><em>Alors voyez-vous</em>… (Troisième Chant, extrait)<br /> Entretien du 6 mai 1993 avec Bernard Benech</p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong> III – Le théâtre est le lieu de l’or</strong></p><p><em>Aujourd’hui les metteurs en scène</em>… (Quatrième Chant, extrait)<br /> Rencontre avec les étudiants de Paris 8, 1993<br /> <em>Si nous voulons ramasser</em>… (Cinquième Chant, extrait)</p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong>IV – Le souffle du public</strong></p><p><em>Hors-chant</em>, un texte de Marc Zammit<br /> Entretien avec Marc Zammit</p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong>V – La représentation d’or</strong></p><p><em>Et puis il y a autre chose</em>… (Deuxième Chant, extrait)<br /> <em>L’éducation de l’acteur</em>… (Troisième Chant, extrait)<br /> <em>Mais on ne peut pas</em>… (Quatrième Chant, extrait)<br /> Entretien avec Blaise Merlin<br /> <em>Faire comme</em>… (Quatrième Chant, extrait)<br /> <em>Prenons un exemple</em>… (Quatrième Chant, extrait)<br /> Entretien avec Claude Buchvald</p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong>VI – Avant le théâtre</strong></p><p><em>Je viens d’un pays</em>… (Troisième Chant, extrait)<br /> Entretien avec Claude Merlin<br /> <em>Le Saut de l’ange</em>, texte de Claude Merlin<strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong>VII – Traverser le miroir</strong></p><p><em>L’intériorité…</em> (Quatrième Chant, extrait)<br /> Discussion pendant une séance de travail<br /> <em>Avant la Seconde guerre mondiale</em>… (Troisième Chant, extrait)</p><p style=""text-align: center;""><br /> <strong>VIII – Dernier acte</strong></p><p>Entretien du 7 mars 1993 avec Bernard Benech<br /> <em>Ici l’improvisation</em>… (Quatrième Chant, extrait)<br /> <em>Et l’acteur redisparut</em>… (Cinquième Chant, extrait)</p><p> </p><p>Biographie<br /> Bibliographie</p></span></div><p><br /> <br /></p>";;10/09/2010;0;170X240;186;978-2-84292-258-0;9782842922580;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_496.jpg;;;;410;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> ""Alain Astruc est sans doute un novateur qui comptera dans l’histoire de notre théâtre contemporain. Il fait basculer, comme il le dit lui-même, la représentation d’un monde à l’autre, du monde de la vue au monde de la voie… Il inverse les rapports de l’écriture et de la parole. Lui, fait passer la parole en premier : c’est la parole qui fait l’écriture et non l’inverse…?"" Jean-Pierre FAYE<br />""Voilà, mesdames et messieurs, nous avons vécu jusqu’à présent le monde de la représentation. Ce monde est mort, vive le monde. Et on entre maintenant dans le monde de la présence, c’est tout. C’est difficile à faire, c’est sûr."" Alain ASTRUC</p>";;28/06/2010 11:48;1;Première édition;3690 395;1;3;27;Îles du Moyen Âge;N°47/2004;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les Îles, dans leur diversité, constituaient-elles un monde particulier au Moyen Âge ?</p>";"<p><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Antoine FRANZINI, Nathalie BOULOUX<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Nathalie BOULOUX, Odile REDON<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Boccace, « De Canarie et d'autres îles nouvellement découvertes dans l'Océan, au large de l'Espagne » : traduction et commentaire</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Pinuccia Franca SIMBULA<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Îles, corsaires et pirates dans la Méditerranée médiévale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Guillaume SAINT-GUILLAIN<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Seigneuries insulaires : les Cyclades au temps de la domination latine (XIIIe-XVe siècle)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Nathalie BOULOUX<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Les îles dans les descriptions géographiques et les cartes du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Antoine FRANZINI<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Un peuple libre, sauvage et vertueux : nature et politique dans la Corse du Quattrocento</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Mireille SÉGUY<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Récits d'îles. Espace insulaire et poétique du récit dans l'</span><em><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Estoire del Saint Graal</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Sébastien DOUCHET<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Les </span><em><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Ysles d'Ynde</span></em><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> ou le temps des hommes (Marco Polo-Ibn Battûta)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Frank LESTRINGANT<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">La voie des îles</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">POINT DE VUE</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Henri BRESC<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Îles et tissu « connectif » de la Méditerranée médiévale</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Fabrizio NEVOLA<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Le patronage architectural du pape Pie II Piccolomini à Sienne</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">RENCONTRE</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /></span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Entretien avec Guy Beaujouan. Un médiéviste historien des sciences<br /> </span><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Propos recueillis par Jean-Patrice BOUDET, Joël CHANDELIER et Nicolas WEILL-PAROT</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> </span></strong></p><p><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Notes de lecture<br /> Sommaires d'ouvrages collectifs<br /> Livres reçus</span></p><p><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> </span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Les îles, que ce soit au Moyen Âge ou à d'autres époques, sont-elles des lieux retirés, loin du monde, des lieux imaginaires ou mythiques, ou bien des étapes commerciales ou stratégiques au croisement des routes maritimes ? À l'écart du monde, entre les mondes, voici comment nous avons organisé ce numéro de la revue Médiévales consacré aux ""Îles du Moyen Âge"". Pour ouvrir le volume, une traduction inédite : la précieuse lettre réécrite par Boccace sur les Canaries, à partir d'un courrier de marchands florentins. Après, nous avons cherché à nous approcher des îles par plusieurs bords. D'un côté, voici les corsaires et les pirates. De l'autre, les seigneurs insulaires, à partir de l'exemple des Cyclades. Et puis encore, voici des textes et des documents, géographies et cartes médiévales, discours mettant en scène les Corses pour penser la nature des peuples, oeuvres littéraires enfin, l'"" Estoire del Saint-Graal "" ou les récits de voyages dans l'île de Ceylan, écrits par Marco Polo ou Ibn Battuta. Il restait à Frank Lestringant, l'auteur de l'excellent "" Livre des Îles "", habituellement plus familier des époques renaissantes, à dialoguer avec les médiévistes, et à Henri Bresc, à prendre de la hauteur en réfléchissant sur le tissu ""connectif"" d'une Méditerranée médiévale qu'il connaît si bien. Antoine Franzini</p>";10/12/2004;47;155x220;192;978-2-84292-157-6;9782842921576;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_395.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pinuccia Franca SIMBULA :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Îles, corsaires et pirates dans la Méditerranée médiévale »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les îles méditerranéennes ont souvent joué un rôle important dans l'organisation de la course et de la piraterie. Plus qu'une vocation, il s'agit d'un rôle imposé aux îles par leur condition de frontière maritime, par les conflits et la forme spécifique des guerres maritimes qui en font des lieux stratégiques de défense et de contrôle des routes commerciales et militaires. L'étude de quelques exemples permet de montrer comment la course et la piraterie se développent, dans les îles occidentales comme dans celles du Levant, dans un contexte de rivalités diffuses et de guerres ouvertes entre puissances chrétiennes et entre chrétiens et musulmans, qui les utilisent et les instrumentalisent. Consensus politiques ou incapacité des pouvoirs centraux à imposer des contrôles stricts des armements sont des facteurs déterminants dans la construction des espaces et des communautés insulaires qui se projettent avec agressivité sur la mer.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Îles - Course - Piraterie - Méditerranée - Moyen Âge</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guillaume SAINT-GUILLAIN :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Seigneuries insulaires : les Cyclades au temps de la domination latine (XIIIe-XVe siècle) »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Du XIIIe au XVe siècle, l'archipel des Cyclades, de peuplement grec et de culture byzantine, passa sous le contrôle d'une élite seigneuriale d'origine italienne qui maintint son identité latine et en fit un des signes de sa domination sociale. Contraintes géographiques et historiques ont donné dans cette région à la colonisation médiévale une forme originale, celle de la seigneurie insulaire. Celle-ci a d'abord pour effet de maintenir autant qu'il est possible une population que l'insularité expose plus qu'une autre aux pirates avides d'esclaves. C'est la seigneurie qui définit les formes de propriété, ordonne ces petites communautés en répartissant les populations entre libres et serfs dépendants et génère ainsi d'une part des revenus, d'autre part un encadrement de la force de travail. Elle se révèle donc un instrument efficace de mise en valeur des espaces insulaires, dont elle oriente les productions, en particulier agricoles, pour les insérer dans les circuits d'échange méditerranéens, tirant ainsi l'île de l'isolement. Peut-être en partie grâce à elle, les sociétés insulaires du sud-ouest de l'Égée, fragiles et fragmentées, n'en sont pas moins pratiquement les seules parmi celles nées du démembrement de l'Empire byzantin au début du XIIIe siècle à préserver leur forme d'organisation jusqu'au début de l'époque moderne.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cyclades (Grèce) - Insularité - Seigneurie - Colonisation médiévale - Contrôle social</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie BOULOUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les îles dans les descriptions géographiques et les cartes au Moyen Âge »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Espace essentiellement discontinu, les îles trouvent difficilement place dans les descriptions du monde, fondées depuis Orose sur la localisation des régions par leur contiguïté. Elles sont donc le plus souvent rassemblées sous la forme de catalogue à la fin des descriptions. Au XIIe siècle, leur caractère mouvant explique leur rôle dans l'essor du merveilleux et dans les réflexions conduites par les clercs sur le monde naturel. Nombreuses dans l'océan qui entoure le monde connu, elles accompagnent à partir du XIVe siècle l'inventaire du monde. Quant à leur représentation cartographique, elle suit les grandes lignes de l'évolution de la cartographie médiévale.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Îles - Espace - Représentation cartographique - Merveilleux - Découvertes</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine FRANZINI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Un peuple libre, sauvage et vertueux : nature et politique dans la Corse du Quattrocento »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dans la seconde moitié du Quattrocento, les discours tenus sur la Corse et les Corses se transforment. Un discours sur la nature des peuples apparaît, tandis que s'effacent progressivement les discours sur les origines mythiques et l'évocation du merveilleux. Appuyées l'une et l'autre sur l'idée fondamentale que ces peuples n'ont pas encore reçu l'empreinte de la civilisation, deux opinions dominantes semblent alors s'opposer dans quelques textes humanistes. Certes, elles s'opposent parfois sur la nature de ces peuples &endash; leur sauvagerie, leur perversité, ou au contraire leur vertu. Mais elles s'opposent surtout sur la façon dont il convient de penser leur gouvernement. Le présent article s'attache à la première de ces thèses, qui suggère que les Corses, soumis à la loi naturelle et d'une merveilleuse simplicité, témoignent certes de l'innocence de l'humanité primitive, mais surtout manquent de la sagesse que le philosophe ou le lettré pourrait seul leur apporter.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">État de nature - Humanisme - Âge d'or - Corse - Utopie</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mireille SÉGUY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Récits d'îles. Espace insulaire et poétique du récit dans l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Estoire del saint Graal </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Estoire del saint Graal</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> constitue le premier volet du cycle romanesque du Lancelot-Graal. En tant que tel, ce récit doit fixer les débuts de la trajectoire du Graal, ménager des liens entre l'Antiquité païenne et les temps arthuriens, mais aussi assurer autant que faire se peut la cohésion d'un immense ensemble constitué de massifs narratifs hétérogènes. Ce difficile "" cahier des charges "" est compliqué du fait que l'Estoire a certainement été composée après l'ensemble du cycle dont elle doit écrire les origines et inventer la cohérence. L'article teste l'hypothèse selon laquelle l'espace insulaire, espace largement privilégié par le roman, offre un certain nombre de solutions narratives permettant de réussir cette entreprise ambitieuse et paradoxale. Dans cette perspective, l'espace insulaire apparaît moins comme un espace référentiel ou symbolique que comme un espace poétique, c'est-à-dire comme un lieu d'expérimentation littéraire où le récit trouve à se construire selon les contraintes particulières qui lui sont imposées par sa situation et sa fonction au sein du cycle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><em><tt><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Estoire del saint Graal </span></tt></em><tt><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Espace insulaire - Poétique du récit - Roman en prose - Cycle</span></tt></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sébastien DOUCHET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ysles d'Ynde</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou le temps des hommes (Marco Polo &endash; Ibn Battûta) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'île médiévale, telle qu'elle est présentée dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Description du monde</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Marco Polo et la Rihla d'Ibn Battûta, ne se caractérise pas par sa situation géographique, mais par sa valeur herméneutique. Elle offre au récit un cadre coupé du temps du monde où l'imaginaire, sous la forme de la merveille et du monstrueux, questionne l'origine et les fondements de la nature humaine. Cet article analyse par quels procédés narratifs et quelles figures le récit fait des îles de l'Océan Indien un espace privilégié pour explorer les limites vacillantes de l'humanité. En ce sens l'île n'est pas un lieu de l'insularité, mais en est une figure, un signe au second degré.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marco Polo - Ibn Battûta - Insularité - Nature humaine - Temps</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Frank LESTRINGANT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La voie des îles »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du Moyen Âge à la Renaissance, les îles présentent quatre propriétés principales : le dynamisme, l'aptitude à l'encyclopédie, l'ouverture verticale et la miniaturisation. En premier lieu, le monde clos du Moyen Âge s'est ouvert par ses îles périphériques, des Canaries aux Moluques et aux Antilles. Réserves de savoir et magasins de singularités, les îles sont aussi des sas ouvrant sur d'autres mondes, sur l'au-delà et les espaces mouvants de la légende ou du mythe. Les îles, enfin, introduisent des trous dans le récit, favorisant la mise en abyme, la réflexivité et l'ironie. L'Utopie de Thomas More est la meilleure illustration de cette voie ironique des îles.</span></p><p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isolari</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Archipel - Atlas - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ekphrasis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Monde ouvert - Moyen Âge et Renaissance - Purgatoire - Utopie</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fabrizio NEVOLA :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Le patronage architectural du Pape Pie II Piccolomini à Sienne »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cet article traite du patronage architectural de Pie II Piccolomini à Sienne, sa ville natale. Le goût sophistiqué du Piccolomini en matière d'architecture est bien connu et est illustré en particulier par les interventions monumentales qu'il commanda hors de Sienne. Nous connaissons déjà beaucoup des commandes architecturales du pape pour le Vatican, telles que la « Loggia » de la Bénédiction attribuée à Francesco dal Borgo. De même, le complexe monumental de bâtiments par lequel Bernardo Rossellino remodela le petit village de Corsignano au sud de la Toscane, le transformant en la ville de Pie-Pienza, a été maintes fois étudié. À l'opposé nous savons peu des projets du Piccolomini pour la ville de Sienne, ce qui peut paraître surprenant, d'autant que par une sorte d'ironie, l'essentiel de la documentation qui étaye cet exposé est maintenant conservé au second étage (« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">piano nobile</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ») du palais Piccolomini, un bâtiment originellement conçu par le pape lui-même.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Architecture - Renaissance - Sienne - Pie II - Patronage</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pinuccia Franca SIMBULA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Islands, Privateers and Pirates in the Medieval Mediterranean »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mediterranean islands used to play an important part in the organisation of privateering and piracy. More than a vocation,this was a compulsory part imposed on the islands by their position of maritime borders, by conflicts and by the specific aspect of sea-wars that turned them into strategic places for defence and control over trade and military sea routes. The study of some examples show how privateering and piracy spread out in the western as in the Levant islands in a background of diffuse rivalry and open wars between Christian powers on the one hand and Christians and Muslims on the other hand, all of them using and manoeuvring them. Political consensus or the inability of central powers to establish strict control over weapons are determining factors in the construction of island spaces and communities that jutted out into the sea with aggressiveness.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Islands - Privateering - Piracy - Mediterranean - Middle Ages</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guillaume SAINT-GUILLAIN : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Insular Lordships : the Cyclades under Latin Rule (13th-15th Century) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">From the 13th to the 15th century, the Cyclades archipelago, of Greek population and Byzantine culture, was ruled by an elite of lords of Italian origin : this elite maintained its Latin identity and made it a marker of its social domination. Here, geographical and historical constraints gave medieval colonization an original form, the insular seigniory. Its primary purpose was to fix as much as possible a population whose insular situation exposed more than any other to the greed of enslaver pirates. The seigniory defined the forms of property, put the small communities in order by classifying the populations into dependent serfs and free people and consequently created income on the one hand, and on the other a managing frame for the labour force. It thus appears as an effective tool of development for the insular spaces, whose production, specially agricultural, it inserted into the Mediterranean trade network, drawing the islands out of seclusion. Partly thanks to it perhaps, the tenuous and parcelled insular societies of the south-west Aegean were practically the only ones among those born from the dismemberment of the Byzantine Empire at the beginning of the 13th century to preserve their form of organization until the eve of the modern era.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cyclades (Greece) - Insularity - Seigniory - Medieval colonialism - Social control</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie BOULOUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Islands in the Geographical Descriptions and Maps in the Middle Ages »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Since Orose the depictions of the world have been founded on the localization of the regions through their contiguity and therefore, being an essentially discontinuous space, it is hard to give islands a place in them. Actually, they are more often than not collected in a catalogue at the end of those depictions. In the 12th century, their part in the blossoming of the fantastic element and the reflection of the scholars about the natural world is explained by their changing characteristics. Being numerous in the ocean that surrounds the known world, they have been part of the world inventory since the 14th century. As for their geographic representation, it has followed the general evolution of the medieval cartography.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Islands - Space - Cartography - Marvelous - Discovery</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine FRANZINI : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« A Free, Wild and Virtuous People : Nature and Politics in 15th Century Corsica »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">During the second half of the 15th century, discourses concerning Corsica and the Corsican people underwent significant change. A new discourse about the nature of indigenous peoples was emerging, as those pertaining to the mythic origins and to the evocation of the fantastic began to disappear. Each based upon the fundamental idea that these populations have not yet been marked by civilization, two main opinions seem to oppose one another in certain humanist texts. Without a doubt, they differ at times with respect to the nature of these populations &endash; their savagery, their perversity or, on the contrary, their virtue. But above all, they differ in their manner of conceptualizing their government. The present article takes up the first of these two positions, suggesting that, under a law that is both natural and of a marvellous simplicity, the Corsicans do, indeed, demonstrate the innocence of primitive humanity but, more importantly, lack the wisdom that only a philosopher or a savant could afford them.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nature State - Humanism - Golden Age - Corsica - Utopia</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mireille SÉGUY : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Tales of the Isles. Insular Setting and the Poetics of Narrative in the</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Estoire del saint Graal</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Estoire del saint Graal </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">constitutes the first chapter of the romantic cycle Lancelot-Graal. As such this tale must not only set out the beginnings of the trajectory of the Grail and show the links between pagan antiquity and the Arthurian epoch, but also ensure as far as possible the cohesion of the enormous whole made up of a mass of heterogeneous narratives. This difficult schedule is complicated by the fact that the Estoire was certainly composed after the cycle whose origins and coherence it had to describe. This article tests the hypothesis whereby the insular setting, a setting particularly privileged by the story, offers a certain number of narrative solutions that favour the success of this ambitious and paradoxical enterprise. In this perspective the insular setting appears less as a referential or symbolic setting than as a poetic one, that is to say as a region of literary experimentation where the narrative is constructed according to the particular constraints that are imposed on it by its place and function within the cycle.</span></p><p style=""text-align: justify;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Estoire del saint Graal</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Insular setting - Poetics of narrative - Prose novel - Narrative cycle</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sébastien DOUCHET : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Ysles d'Ynde</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and the Human Time (Marco Polo &endash; Ibn Battûta) »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The medieval island, as treated in Marco Polo's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Description of the world</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and Ibn Battuta's Rihla, is not characterized by its geographical position, but its hermeneutic value. It gives the narrative a setting, cut off the worldly temporality, where imagination, as merveille and monstrousness, questions the origin and foundations of humankind. This paper analyzes the narrative devices and figures that make the Indian Ocean islands a specific space where the flickering shapes of humankind can be explored. In that way, the island is not a place but a figure, a second-degree sign of insularity.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marco Polo - Ibn Battûta - Insularity - Human nature - Time</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Frank LESTRINGANT : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Pathway of Islands »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">From the Middle Ages to the Renaissance, islands offered four main characteristics : dynamism, availability to encyclopaedic knowledge, vertical openess and a world in miniature. In the first place, the closed world of the Middle Ages opened itself to the islands located on its peripheries, the Canaries, the Moluccas and the West Indies. Warehouses of knowledge and stores of singularities, islands are also gateways to other worlds, the hereafter and the moving sands of myth and legend. Finally, islands introduce gaps in the narrative, thus favourising reflexivity and irony. Thomas More's Utopia is the best illustration of this ironic pathway of islands.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isolari - Archipelago - Atlases - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ekphrasis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - Open world - Middle Age and Renaissance - Purgatory - Utopia</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fabrizio NEVOLA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Architectural Patronage of Pius II Piccolomini in Siena »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper discusses the architectural patronage of Pius II Piccolomini in his hometown of Siena. Piccolomini's sophisticated taste in matters architectural is well known, particularly as documented in the monumental interventions he commissioned outside Siena. Much is already known of the pope's architectural commissions for the Vatican, and the monumental complex of buildings with which Bernardo Rossellino reshaped a small village in South Tuscany, transforming it into the city of Pius : Pienza. This makes it all the more surprising that we know so little about Piccolomini's projects for the city of Siena, where papal patronage prompted the construction of two monumental palaces and an "" all'antica "" loggia.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Architecture - Renaissance - Siena - Pie II -Patronage</span></p>";308;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Au Moyen Âge, le monde habité était lui-même conçu comme une île encerclée par l’océan. L’espace insulaire était propice à la manifestation de phénomènes merveilleux, résultats des fantaisies de la nature. Mais les îles, notamment en Méditerranée, avaient un rôle à jouer dans le jeu stratégique des grandes puissances. Certaines, comme la Sicile qui est passée de domination en domination, semblaient au cœur de l’histoire. Au contraire, la Corse, les lointaines Cyclades, ou encore la multitude de petites îles méditerranéennes, pouvaient paraître à l’écart du monde, comme des espaces marginaux et archaïques.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNL et du CNRS</p>";22/07/2004 12:00;0;Première édition;3386 397;1;6;29;Penser par le diagramme - de Gilles Deleuze à Gilles Châtelet;N°22/2004;;;"<p style=""text-align: justify;"">Exploration, sous le triple patronage de Foucault, Deleuze et Châtelet, des caractéristiques de la pensée diagrammatique, pour conduire des expériences dans le domaine des mathématiques, de la philosophie, de l'architecture et de la littérature.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Batt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'expérience diagrammatique : un nouveau régime de pensée</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexis de Saint-Ours<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les sourires de l'être</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alison James<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour un modèle diagrammatique de la contrainte : l'écriture oulipienne de Georges Perec</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Alunni<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diagrammes & Catégories comme prolégomènes à la question : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce que s'orienter diagrammatiquement dans la pensée ?</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La pensée impossible : le diagramme insulaire dans « The Merry Men » de Robert Louis Stevenson</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Philippe Narboux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diagramme, dimensions et synopsis</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Kenneth J.Knoespel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diagrammes, matérialité et cognition </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diagramme, histoire, devenir. Ou, quand Deleuze fait de l'histoire de l'art</span></p>";;10/11/2004;22;155X220;192;978-2-84292-158-3;9782842921583;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_397.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Batt :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « L'expérience diagrammatique : un nouveau régime de pensée »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Il s'agit ici de retracer le parcours, dans l'oeuvre de Gilles Deleuze, d'un concept "" in progress "" &endash; diagramme &endash;, élaboré à partir de trois sources : le sémioticien Charles S. Peirce commenté par le linguiste Roman Jakobson, le peintre Francis Bacon, le philosophe Michel Foucault, et de le confronter à la réflexion sur le concept du même nom, du philosophe-mathématicien Gilles Châtelet dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Enjeux du Mobile</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. De l'un, de l'autre et de leur confrontation, on déduira la possibilité de fonder un régime de pensée dit ""diagrammatique"" dont il restera à tester la productivité dans différents domaines de savoirs : littérature, arts, philosophie, sciences humaines en général.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexis de Saint-Ours : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Les sourires de l'être »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'objet de cet article est l'examen du rôle joué par les diagrammes en mathématiques et en physique. À travers l'étude de différents types de configurations diagrammatiques (diagrammes d'espace-temps en relativité, diagrammes d'Argand, diagrammes de Dynkin, etc.), l'accent est mis sur l'étonnante capacité des diagrammes à articuler visible et calculable.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alison James : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Pour un modèle diagrammatique de la contrainte : l'écriture oulipienne de Georges Perec »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Correspondant à un moment de la création artistique, le diagramme est pour Deleuze une "" catastrophe "" qui contient en même temps un germe d'ordre. Il est associé à la machine abstraite qui n'a ni forme ni substance, mais seulement des fonctions et des matières. Les contraintes de l'Oulipo visent précisément à tracer un ensemble de potentialités plus ou moins abstraites, qui peuvent ensuite être actualisées dans une oeuvre. Dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Vie mode d'emploi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Perec, les contraintes combinatoires sont des traits non formés qui représentent un principe d'organisation mais créent aussi, par leur complexité, des distributions imprévisibles. Dans le recueil de poèmes </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alphabets</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, la contrainte hétérogrammatique défait la syntaxe, mais risque de ne pas toujours refaire des configurations signifiantes. Dans le cas de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Disparition</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, la contrainte lipogrammatique permet d'échapper aux automatismes linguistiques. Comme modèle conceptuel, la notion de diagramme nous permet de dépasser l'idée courante que les contraintes oulipiennes soient forcément formelles ou syntaxiques. Enfin, cette discussion offre une nouvelle perspective sur le ""réalisme"" de Perec : les contraintes ouvrent de nouvelles voies à la perception et à la création, création qui peut désormais capter ""l'énergie considérable"" de la vie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Alunni : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Diagrammes & Catégories comme prolégomènes à la question : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce que s'orienter diagrammatiquement dans la pensée ?</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À partir de la remarque de Wittgenstein selon laquelle « Je pense avec ma plume », sont explorés les enjeux du raisonnement diagrammatique en physique et en mathématique contemporaines, plus particulièrement en théorie des Catégories. Est également mis en valeur l'aspect dynamique des diagrammes et ses conséquences sur des phénomènes tels que la compactification formelle et le transfert conceptuel.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « La pensée impossible : le diagramme insulaire dans ""The Merry Men"" de Robert Louis Stevenson »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chez Deleuze, le concept de diagramme sert non seulement à penser le processus d'actualisation, mais aussi à retrouver, en amont des formations particulières, qu'elles soient politiques, conceptuelles ou artistiques, la puissance immanente du virtuel. Le conte de Robert Louis Stevenson intitulé « The Merry Men » met en lumière cette réversibilité. Tout au long du récit, un dispositif panoptique travaille à rendre possible un rigoureux contrôle du visible, tandis que l'énonçable se trouve régi par des règles de parole inspirées du dogme religieux. Mais l'objet que se fixe la narration est moins de décrire ce modèle disciplinaire que de remonter jusqu'aux multiplicités dynamiques qui doublent chaque vision et chaque énoncé. L'écriture de Stevenson se fait ainsi expérience du dehors du langage, ou mieux : du langage comme dehors, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">experimentum linguae</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> qui non seulement éclaire la réflexion deleuzienne sur le virtuel, mais incite à la confronter à la pensée de Wittgenstein, quelque étrange que puisse paraître un tel rapprochement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Philippe Narboux : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Diagramme, dimensions et synopsis »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On se propose de montrer que le propre du diagramme est d'atteindre à une synopticité dynamique, opératoire, en restreignant, exhibant et corrélant celles des dimensions du symbolisé qu'il symbolise, qu'il s'agisse de dimensions à l'aune de quoi il prend la mesure de ce qu'il dénote (cas de ce que nous appellerons ici des diagrammes dénotatifs), ou bien de dimensions à l'aune de quoi il donne la mesure de ce qu'il exemplifie (cas des diagrammes exemplificatifs). En vertu de sa synopticité réglée, le diagramme est essentiellement manipulable. Sa manipulation fait émerger tantôt des relations externes entre coordonnées (cas des diagrammes dénotatifs) tantôt des relations internes entre dimensions (cas des diagrammes exemplificatifs). On argue d'un tournant pris par la pensée de Wittgenstein au sujet du lien qu'entretient la généralité avec la négation pour faire valoir cette solidarité entre synopsis et sélection de dimensions. Le confinement à certaines dimensions qui est au principe du diagramme cesse de frapper celui-ci d'indétermination ou d'incomplétude à partir du moment où l'état de choses cesse de se voir prêter des dimensions qui lui seraient intrinsèques, comme c'était encore le cas dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tractatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ; inversement, le caractère pleinement déterminé du sens du diagramme atteste que, loin de ressortir à un repérage exhaustif des dimensions selon lesquelles l'état de choses se déclinerait, la complétude ou la détermination du sens provient d'une monstration synoptique qui passe par la sélection de dimensions.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Diagramme, histoire, devenir. Ou, quand Deleuze fait de l'histoire de l'art »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Après avoir rappelé la place du concept de diagramme dans la pensée de Gilles Deleuze, en insistant sur ses rapports étroits avec les notions de force et de devenir, cet article s'intéresse à la manière dont le philosophe s'adonne à l'histoire de l'art dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis Bacon. Logique de la sensation</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, ouvrage dans lequel (suite à un premier travail sur Foucault et à quelques passages de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mille Plateaux</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) il fait un usage systématique du diagramme. Or, la philosophie deleuzienne range explicitement le diagramme du côté du devenir et du virtuel, non pas de l'histoire et des formes. Je relève que, dans sans son écriture d'un récit paradigmatique de l'acte de peindre comme dans son histoire de la figuration depuis l'Égypte ancienne jusqu'à Bacon (en passant par différentes moutures de la peinture abstraite), Deleuze a recours à un discours aussi dogmatique que conflictuel, voire guerrier. Découlant d'une fixation sur le cliché, cette tonalité conduit l'écriture deleuzienne loin du devenir et du virtuel. Si le discours historique schématique développé dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bacon</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> territorialise fortement les propos de Deleuze sur l'art, il n'en laisse cependant pas moins deviner une autre dynamique de la pratique picturale qui ne privilégierait pas nécessairement l'organicisme de la lutte de l'oeil et de la main et pourrait conduire à une tout autre approche de l'abstraction en peinture.</span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle Batt : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'expérience diagrammatique : un nouveau régime de pensée »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The purpose of the article is :<br /> 1-to trace down the evolution of a concept - that of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">diagramm</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - along the work of Gilles Deleuze, starting from three main sources : the semiotician Charles Sanders Peirce via the linguist Roman Jakobson, the painter Francis Bacon and the philosopher Michel Foucault ; 2-to confront it with the use of the same concept handed by Gilles Châtelet in his book : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Enjeux du Mobile</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">. To deduce from this confrontation the possibility of a new regime of thought : "" diagrammatics "", the productivity of which will be tested in different domains : literature, art, philosophy and the humanitie.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « La pensée impossible : le diagramme insulaire dans ""The Merry Men"" de Robert Louis Stevenson »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">As elaborated by Deleuze, the concept of diagram performs a double function : it accounts for the process of actualisation, and it testifies to the power of the virtual, which continues to underlie all the specific formations to which it gives rise, be they political, conceptual or artistic in nature. The dual role of the diagram is illustrated by Robert Louis Stevenson's tale entitled ""The Merry Men"". The narrative describes the regimentation of the visible in terms that bring to mind Foucault's version of the panopticon ; at the same time, discourse is subjected to a particularly rigorous form of surveillance in the name of religious dogmas. However, the text's aim is less to account for the workings of this disciplinary model than to highlight the dynamic multiplicities to which the narrator constantly correlates whatever is seen or spoken in the course of the tale. Thus, Stevenson invites his readers to experience the outer side of language, or rather to experience language itself as if from outside, thereby pointing out the importance of an </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">experimentum linguae</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> which not only sheds light on Deleuze's concept of the virtual, but also suggests a possible comparison with Wittgenstein's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tractatus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, odd though such a parallel may seem.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alison James : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Toward a Diagrammatic Model of the Constraint : Georges Perec's Oulipian Writing »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The diagram, for Deleuze, corresponds to a moment in artistic creation ; it is a ""catastrophe"" that also contains a seed of order. The diagram is also associated with the abstract machine, which has neither form nor substance, but only functions and matters. The Oulipo's constraints aim precisely to trace a set of abstract potentialities that can later be actualized in a literary work. In Perec's </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Vie mode d'emploi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Life A User's Manual</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) the combinatoric constraints are unformed traits that produce a set of possibilities. They represent an organizational principle but also create, through their complexity, unpredictable distributions. In the poem collection </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alphabets</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, the heterogrammatic constraint undoes normal syntax, but does not always succeed in recreating meaningful configurations. In the case of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Disparition</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A Void</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">), the lipogrammatic constraint allows the writer to escape from linguistic habits. As a conceptual model, the notion of the diagram enables us to move beyond the widespread idea that Oulipian constraints are necessarily formal or syntactic. Finally, this discussion offers a new perspective on Perec's ""realism"" : constraints open up new paths for perception and creation, helping writing to capture the ""considerable energy"" of life.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Philippe Narboux : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Diagramme, dimensions et synopsis »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This paper aims at showing that diagrams acquire operational perspicuity through restricting, exhibiting, and coordinating with each other those dimensions of what they symbolize that are being symbolized, whether these dimensions are standards according to which diagrams assess what they denote (this is true of ""denotative"" diagrams) or whether they are standards in terms of which they set the standards of what they exemplify (this is true of ""exemplificative"" diagrams). Due to their rule-governed perspicuity, diagrams can essentially be operated upon. Their manipulation brings to the fore, now external relations between coordinates (in the case of denotative diagrams), now internal relations between dimensions (in the case of exemplificative diagrams). We proceed to substantiate the claim that perspicuity and dimension-selection are closely linked, by inquiring into the significance of a shift in Wittgenstein's thought concerning the interweaving of generality and negation. It turns out that if each and every state of affairs possessed its own set of intrinsic dimensions, diagrams would indeed be bound to be indeterminate or incomplete, since they are confined by nature to a limited range of dimensions. On the other hand, the fact that diagrams are endowed with a fully determinate sense might suggest that it is to their perspicuity that diagrams owe the determinacy or completeness of their sense.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alexis de Saint-Ours : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Les sourires de l'être »</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> This article aims at looking into the part played by diagrams in mathematics and physics. Through the study of different types of diagrams configurations (space-time diagrams in relativity, Argand diagrams, Dynkin diagrams, etc.) the emphasis is placed on the bewildering capacity of diagrams to express the visible and the calculable.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Charles Alunni : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « Diagrammes & Catégories comme prolégomènes à la question : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce que s'orienter diagrammatiquement dans la pensée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Starting with Wittgenstein's remark ""I think with my pen"" I explore the issue of diagrammatic reasoning in contemporary physics and mathematics, particularly in the Category theory. I stress the dynamic aspect of diagrams and its bearing upon such phenomena as formal compactification and conceptual change.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves ABRIOUX : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Diagramme, histoire, devenir. Ou, quand Deleuze fait de l'histoire de l'art »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">My article begins by retracing the part played by the concept of the diagram in the philosophy of Gilles Deleuze. After insisting on the relations between diagrams, force and becoming, I examine the manner in which Deleuze turns to art history in Francis Bacon.</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> The Logic of Sensation</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, where (after first using the term in an article on Foucault and returning to it in certain passages of </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A Thousand Plateaus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">) he makes extensive use of the idea of the diagram. It should be noted that Deleuzian philosophy explicitly links diagrams to becoming and to the virtual, as opposed to history and form. When, in his book on Bacon, Deleuze sets about writing a generic narrative of the act of painting, as well as a short history of figurative art from Ancient Egypt to Francis Bacon (taking in various versions abstract painting on the way), his tone becomes strident, dogmatic and indeed warlike. Stemming from a strong hostility to the cliché, this style of writing leads Deleuze away from all that is implied by the notions of becoming and the virtual. However, if Deleuze's schematic history of art forcibly territorializes the act of painting, it also hints at a different dynamics of painterly practice - one which would not necessarily lay so much stress on the very organic struggle between hand and eye and might also lead to a different approach to the question of abstract painting.</span></p>";282;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Aux antipodes du schéma, de la figure ou de l’illustration, le diagramme, dans le geste qui le trace, convoque le virtuel et fait advenir la pensée. Retravaillant la notion introduite par Michel Foucault à propos du dispositif panoptique, Deleuze écrit : ""Le diagramme ne fonctionne jamais pour représenter un monde préexistant, il produit un nouveau type de réalité, un nouveau modèle de vérité. Il fait l’histoire en défaisant les réalités et les significations précédentes.[…] Il double l’histoire avec un devenir."" Gilles Châtelet, de son côté, parlait des diagrammes comme des ""sourires de l’être"". <br />Ce numéro propose d’explorer les ressources de la pensée diagrammatique, de tester les potentialités du diagramme et les expériences de pensée originales qu’il inaugure dans différents domaines. Le diagramme sera aussi confronté dialogiquement à d’autres notions, telle la contrainte oulipienne.</p>";"<p>Numéro publié avec le concours du Centre national du livre.</p>";20/10/2004 17:55;0;Première édition;3146 398;2;3;20;La Juste Mesure;Quantifier, évaluer, mesurer, entre Orient et Occident;;;"<p style=""text-align: justify;"">Croisement des approches historiques, des aires culturelles et des périodes autour de la question de la mesure, dans un large spectre de spécialités (histoire des techniques et des sciences, histoire politique) et dans une variété d'aires historiques (de Byzance et de l'Islam médiéval à l'expédition napoléonienne en passant par l'Amérique coloniale).</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> Laurence Moulinier, Line Sallmann, Catherine Verna, Nicolas Weill-Parot</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Pratique de la mesure</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Lefort<br /> Mesure fiscale de la terre à Byzance</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Bernardi<br /> Pierres réelles ou pierres de compte ? Notes sur la mesure d'un matériau de construction </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Yerasimos<br /> Mesures d'espace ottomanes</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Mesures et savoirs</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ahmed Djebbar<br /> Pratiques métrologiques arabes et savoirs mathématiques</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Lamassé<br /> Calcul et marchandises (XIVe-XVe siècles)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joëlle Ricordel<br /> Quantifier la force des médicaments composés. Des exemples en médecine arabo-musulmane</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Grégory Quenet<br /> Mesurer les catastrophes naturelles au siècle des Lumières</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Mesurer et gouverner</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serge Gruzinski<br /> Mesures espagnoles et mesures indiennes dans le Mexique du XVIe siècle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle Virol<br /> De l'usage politique de la mesure : l'exemple de la lieue carrée</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrice Bret<br /> Mesures et démesures d'ingénieurs. Coudée royale, canaux, cadastre et cartographie de l'Égypte (1798-1826)</span></p>";;10/01/2005;0;137X220;240;978-2-84292-159-0;9782842921590;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_398.jpg;;;;306;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Mesurer juste ou à peu près - l'acte peut avoir été dicté par des impératifs pratiques, des contingences matérielles ou encore des considérations politiques et avoir des incidences qui ne le sont pas moins. Ce sont les multiples relations qui se nouent autour de cet acte simple et quotidien, opéré dans les sphères les plus variées (médecine, travaux publics, commerce) à des époques et dans des espaces différents - de l'Europe latine au monde byzantin ; du monde musulman au Nouveau Monde - qui sont ici inventoriées, interrogées et discutées par des historiens qui en commentent les enjeux et en dégagent les implications épistémologiques.</p>";;20/10/2004 17:58;0;Première édition;3058 399;2;3;16;Ce beau français un peu individuel;Proust et la langue;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce livre examine en quels termes se posait la question du style au tournant du XIXe et du XXe siècle ; et d'abord, comment Proust y a répondu tant à travers ses articles et sa correspondance, que dans <em>À la Recherche du temps perdu</em>.</p>";"<p style=""text-align: left;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br />La question de la langue française</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Proust dans la mêlée</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La mêlée symboliste<br />- De la « défense » à l'« attaque », une évolution critique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. La Langue maîtrisée</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- « Parole » du roman<br />- Montrer la langue : la dimension métalinguistique<br />- L'arpenteur de la langue</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. La langue échappée </span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le génie de la « langue Françoise »<br />- Tirer la langue<br />- « Ce nom si français »</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. La langue attaquée</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les arts du temps</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br />Lois de sympathie</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></p>";;10/02/2005;0;137X220;256;978-2-84292-160-6;9782842921606;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_399.jpg;;;;384;22.00;"<p style=""text-align: justify;""><em>À la recherche du temps perdu</em> est une des grandes œuvres de langue française : ses techniques d'écriture suffiraient à poser une multiplicité de questions à la langue dont elle fait usage. Mais le roman présente aussi de nombreux signes d'une réflexion sur les rapports entre langue nationale et création littéraire, entre imaginaire de la langue et mise en oeuvre esthétique. Cette réflexion s'amorce en amont du roman, bien sûr. Elle évolue significativement, d'une ""néo-classique"" défense de la clarté qui oppose Proust à Mallarmé, à un ""révolutionnaire"" projet d'""attaquer"" le français. Mais par quels moyens romanesques ? Ce livre se propose de mettre à jour, par étapes - de la diversité des langages aux commentaires avertis du narrateur jusqu'à des mises en scène de la polysémie, de théories ou d'idéologies linguistiques - un idiologue proustien qui ferait pendant aux choix littéraires de son époque, de manière infiniment moins manichéenne et littérale, face à une ""crise du français"" entretenue par la poussée nationaliste, entre Sedan et 1914.</p>";;20/10/2004 17:59;0;Première édition;3435 400;2;3;31;L'Incertain. Lecture de Descartes;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Essai qui part des lectures les plus récentes de Descartes (Foucault, Deleuze, Derrida), et qui répond plus largement à ce qu’un lecteur actuel peu frotté de cartésianisme peut y entendre.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. SE DÉLIER</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Figure de l'Incertain</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le discours du maître<br />- Le monde immobile<br />- L'absence d'esprit<br />- Se faire incertain</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Dé-liaison</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- S'éloigner des livres<br />- Rupture du logis<br />- La dérive du dedans</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. DESCENDRE EN SOI</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La stupeur<br />- Traverser<br />- Défaillance du « je » et dédoublement<br />- Nommer<br />- D'où parler : oscillation entre l'Incertain et le sauvage</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. MARCHER</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Figure de l'Arpenteur<br />- Construire<br />- Statut du plan figuratif<br />- Marcher<br />- Pratique du plan figuratif</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion : le discours de la méthode comme épreuve de la temporalité</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/03/2005;0;137x220;136;978-2-84292-162-0;9782842921620;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_400.jpg;;;;194;19.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment s’acquiert la certitude cartésienne ? Par quelle suite d’exercices l’incertitude, l’ignorance, se changent-elles en un savoir assuré ? Descartes forge pour l’expliquer une « fable » reprise ici par l'auteur décidément au sérieux. Les tribulations, les atermoiements, dont font état le <em>Discours de la méthode</em> ou les <em>Méditations métaphysiques</em> sont imputés non à Descartes, mais à un narrateur nommé l’Incertain et dont est brossé le portrait philosophique, non sans conséquences pour la philosophie elle-même. Car l’incertitude caractérise aussi bien « l’espace littéraire ». <br />Cette lecture de Descartes, qui cite Blanchot, Deleuze, Foucault, mais fait aussi songer, quand l’Incertain se fait Barbare ou Arpenteur, au Michaux de Plume, ouvre à la pensée un champ illimité, vertigineux, dans lequel la neutralité, virtuellement universelle, est susceptible d’affecter des textes de tous ordres, sans souci d’aucune autorité. L’incertitude n’est pas seulement une hypothèse paradoxale formulée à propos du philosophe réputé le plus clair et le plus assuré ; elle est peut-être la condition de toute pensée.</p>";;24/01/2005 16:23;0;Première édition;3126 401;2;3;8;Flaubert. Voix de masque;;;;"<p>Flaubert met à l'épreuve dans sa prose, dès ses premiers écrits, une voix qui rivalise avec le silence et l'éclat des choses. Et chaque œuvre, <em>Madame Bovary</em>, <em>Salammbô</em>, <em>L'Éducation sentimentale</em>, module intensément cette présence qui ""raconte"".</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : la voix de Flaubert</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. La voix à l'épreuve</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Voix et écriture<br /> - Le travail des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">incipit</span></em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Apprentissages</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Flaubert, jeune conteur à l'école des chroniqueurs<br /> - L'oeil vivant, soleil frappant : Leçon des choses</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. <em>Persona</em> : masque de personne</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Effets de personne<br /> - Masquages</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Flaubert expressionniste</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Conter « à coups de poing » : Flaubert lecteur de Hugo romancier<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Salammbô</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Cris étranglés et grands « blancs » de la béance</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V. Vers une poétique de la béance : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trois Contes</span></em></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Une prose au fil « transcendant »<br />- Sur le mode de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint Julien</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Raconter l'histoire en médaillons<br />- À l'ouverture de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Trois Contes </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">: « La figure de Félicité »<br />- En fin de conte, résorption d'une voix, ostension d'un « grand soleil d'or »</span></p>";;10/05/2005;0;137x220;144;978-2-84292-163-7;9782842921637;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_401.jpg;;;;218;18.00;"<p style=""text-align: justify;""> La « Voix » narrative parle : dans le rythme de la prose, dans la typographie, dans les blancs même. C'est à l'écoute de cette Voix que s'attache la lecture intime, attentive, que propose l'auteur, pour rendre intelligible l'émotion profonde qui passe dans « l'impassibilité » revendiquée, et la protestation mate qui couve sous la parole de masque du narrateur. Voile et voix, du cri à la « voix blanche » : écouter la prose de Flaubert, c'est accueillir ce qui se plie dans l'écriture, c'est voir dans la typographie elle-même, rythmes, espaces, effets de résolution, « grands blancs barbares », le passage de la Voix qui conte… jusqu'à sa résorption, avec <em>Trois Contes</em>, dans la béance et le silence.</p>";;24/01/2005 16:40;0;Première édition;3435 402;2;3;22;Le théâtre au plus près;Pour André Veinstein;;;"<p style=""text-align: justify;"">Textes courts dont l’originalité est de croiser sur le fait théâtral les réflexions de théoriciens, le plus souvent enseignants-chercheurs intéressés par la transmission des savoirs, de praticiens engagés dans l’aventure de la scène, d’historiens et d’archivistes qui préservent la mémoire d’un art lié à l’éphémère.</p>";"<p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. ÉCRITURES EN SCÈNE</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel CORVIN<br /> Qui parle au théâtre ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre CHABERT<br /> L'auteur, l'auteur, où se trouve l'auteur ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques NICHET<br /> Une distribution</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean CHOLLET<br /> La scénographie aujourd'hui en France</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrice PAVIS<br /> Les écritures dramatiques contemporaines et les nouvelles technologies</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. HISTORICITÉS</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert ABIRACHED<br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Paravents</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, quarante ans après</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louis MONTILLET<br /> Théâtre populaire, grandeur et misère</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe ROUYER<br /> Jean Lagénie, un homme de théâtre en province</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marie PRADIER</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Le Rituel de Toulon</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> ou le péché de comédie</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. SAVOIRS ET TRANSMISSIONS</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Armand DELCAMPE<br /> Université et théâtre. Histoire d'une allergie ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine de ROUGEMONT<br /> Situation de l'iconographie théâtrale</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe HENRY<br /> Singularité socio-économiques des arts théâtraux</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Marie THOMASSEAU<br /> Les manuscrits préparatoires à la mise en scène. (le cas du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ruy Blas</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Brigitte Jaques)</span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. MÉMOIRE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michèle THOMAS<br /> Les prédécesseurs d'Auguste Rondel</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cécile GITEAU<br /> Une centrale documentaire au service des praticiens du théâtre et de la recherche</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-France CHRISTOUT<br /> Dimension patrimoniale des collections </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noëlle GUIBERT<br /> Radio-Télévision. Réflexions sur les archives des arts.</span></p>";;10/04/2005;0;187x230;304;978-2-84292-164-4;9782842921644;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_402.jpg;;;;101;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Au théâtre, le tracé des voies de la création n'est jamais rectiligne. Les trajectoires dévient, les destinations changent, d'autant plus que la nef court souvent contre le vent, au plus près, comme on dit. Autour de l'oeuvre d'André Veinstein, à laquelle il est ici rendu hommage, une équipe de chercheurs, de professeurs, de créateurs, d'archivistes, qui ont tenu à faire cohabiter théorie et pratique, témoignent du passage délicat de l'écriture à la scène, de la problématique restitution des contextes historiques, de l'acquisition des savoirs et de leur difficile transmission, de la mémoire des oeuvres et de leur pouvoir. Au terme de ce voyage, se dessinera, pour le lecteur, une nouvelle cartographie de la recherche et de la création théâtrales aujourd'hui.</p>";;24/01/2005 16:53;0;Première édition;3686 405;2;6;20;Jardins de pierre;Les Sassi de Matera et la civilisation méditéranéenne;;;"<p style=""text-align: justify;"">Analyse de l’architecture urbaine et de l’organisation de l’espace des <em>Sassi</em>, les quartiers d’habitations troglodytes de la ville de Matera en Italie du Sud, classées au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préambule</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Retour à Matera</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• À la recherche d'une ville invisible</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Le « patrimoine de l'humanité »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• La cité des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sassi</span></em></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Les âges de pierre</span></strong></p><p> </p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• La forêt primitive</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• La caverne du temps</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Le jardin d'Éden</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Les villages du Néolithique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Le signe du Labyrinthe</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. La civilisation rupestre</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><blockquote style=""padding-left: 30px;""><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Le système des gravine</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Les chercheurs de métal</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Mausolées solaires et temples de l'eau</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Organisation du territoire et origine du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">vicinato</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Les institutions de la civitas lucanienne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Les « rois pasteurs »</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Les saints ruraux</span></p></blockquote><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. Une cité de pierre, d'eau et de lumière</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• L'évolution typologique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Le miroir du ciel</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• La « honte nationale »</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Un patrimoine universel</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• Matera, maternelle, matérielle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie<br /> Glossaire </span></p>";;10/09/2005;0;137x220;176;978-2-84292-170-5;9782842921705;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_405.jpg;;;;270;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment identifier un « paysage culturel » fondé sur l’utilisation harmonieuse du soleil, de l’eau, de la roche ? C’est la question que cherche à résoudre ce livre, au travers de l’étude architecturale et urbanistique des Sassi - les habitations troglodytes - de Matera, en Basilicate italienne. L’histoire de cet ensemble urbain unique en son genre en Europe montre comment une mise en œuvre intelligente des ressources environnementales fit de Matera un modèle d’intégration urbaine au 17e siècle, et comment l’oubli et le non respect de ces données naturelles conduisirent à une dégradation inéluctable : au milieu du 20e siècle, les <em>Sassi</em> de Matera, évoqués par C. Levi dans L<em>e Christ s’est arrêté à Eboli</em>, étaient considérés comme une « honte nationale » en Italie, au point d’être évacués par décision gouvernementale dans les années 50. Depuis 1990, ce centre déserté est devenu un cas d’école d’architecture urbaine, un actif chantier de restauration et a été inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Les étapes de cette riche histoire sont retracées, dans un style clair et enthousiaste par P. Laureano.</p>";"<p>Ce livre est la reprise, en traduction française, de l’ouvrage italien <em> Giardini di pietra </em> publié en 1993 par les éditions Bollati Boringhieri et réimprimé à plusieurs reprises.</p>";31/05/2005 09:57;0;Première édition;3076 404;2;3;21;Recherche et bibliothèque;Pour Madeleine Jullien;;;"<p>Que peut-on savoir et penser, actuellement et pour demain, des liens entre la recherche et ses bibliothèques ?</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouverture<br /> Pierre LUNEL, Président de l'Université Paris 8</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François SOULAGES<br /> Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Les domaines documentaires</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roland PINTAT<br /> Chercheurs et bibliothèques : état des lieux d'une désaffection</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian JACOB<br /> Travailler en bibliothèque</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno VAN DOOREN<br /> Pour une analyse prospective des bibliothèques de recherche</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude JOLLY<br /> De la politique documentaire pour la recherche en sciences humaines</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Les pratiques des chercheurs</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gerhard SCHMEZER<br /> Bibliothèque et communauté des chercheurs</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean MONTENOT<br /> Y a-t-il un usage proprement philosophique de la bibliothèque ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sandra REY<br /> Les arts visuels comme terrain de recherche</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques MORIZOT<br /> Styles de recherche et lieux d'étude</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Les espaces contemporains de la recherche</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel RODES<br /> Le virtuel et sa conservation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier FRESSAR<br /> Si le numérique transforme le travail du chercheur</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie BERTRAND<br /> La bibliothèque et la ville</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Après-dire<br /> Francine DEMICHEL</span></p>";;10/01/2005;0;155x220;126;978-2-84292-161-3;978-2-84292-161-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_404.gif;;;;210;10.00;"<p style=""text-align: justify;"">Quant aux ""domaines documentaires : les auteurs soulignent le profond changement qui se manifeste dans les modalités d’accès à la documentation, et proposent quelques voies nouvelles, tant pour l’organisation générale des bibliothèques, en particulier par rapport au numérique et à l’édition électronique, que pour la formation à la recherche documentaire. <br />Quant aux ""pratiques des chercheurs"" : les styles de recherche, le cadre des lieux de recherche, varient selon les formes de savoir et d’interprétation. Il importe de définir comment se constitue une ""communauté de chercheurs"". Il s’agit en effet de repérer et comprendre les espaces de la lecture, les gestes intellectuels que permettent les technologies nouvelles, aussi bien que l’inscription de la bibliothèque dans son lieu, dans la ville. La Bibliothèque universitaire est un univers de savoir et de recherche particulièrement sensible ; elle se doit d’être ouverte, mobile, respectueuse des désirs nouveaux de science et de connaissance.</p><p style=""text-align: justify;"">Ce livre le montre, en hommage à Madeleine Jullien, qui a été directrice de la Bibliothèque universitaire de Paris 8, de 1979 à 2003.</p>";;08/02/2005 17:33;0;Première édition;3157 406;2;3;16;Ce que le poème dit du poème;Segalen, Baudelaire, Callimaque, Gauguin, Macé, Michaux, Saint-John Perse;;;"<p style=""text-align: justify;"">Au rebours de l’usage qui consiste à produire des discours critiques destinés à éclairer le poème de leur lumière singulière, il est ici question de puiser dans le poème lui-même l’énergie et la pensée de sa propre interprétation.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos<br />Anne Elisabeth HALPERN et Christian DOUMET</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dire et montrer dans l'esthétique des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stèles</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Daniel BOUGNOUX</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. Lieux, espaces</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le lieu par excellence<br />Jean-François JEANDILLOU</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Segalen, Michaux : pour approcher une poétique de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">exmatriation</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Anne-Élisabeth HALPERN</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traces, passages : le franchisssement du rapide dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Équipée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Marie DOLLÉ</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Segalen et Saint-John Perse, poètes chinois ?<br />Carla VAN DEN BERGH</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Plonger dans des abîmes de réflexion, « Perdre le midi quotidien »<br />Didier ALEXANDRE</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« L'habit d'emprunt » : la poésie de Gérard Macé et de Victor Segalen<br />Karine GROS</span> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Esthétiques</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pensée(s) de la pierre<br />Anne GOURIO</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Entrez dans la danse, voyez comme on danse, ou la ronde de la ronde</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> dans : « Ronde des Immortels » de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Peintures</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Sophie LABATUT</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La sculpture de Gauguin dans les écrits polynésiens de Segalen<br />Colette CAMELIN</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avatars et limites d'une volonté auratique dans le poème segalenien<br />Michael KELLY</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. Poétiques</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Baudelaire : systèmes, poèmes<br />Claude Pierre PEREZ</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Moment » : où le poème cela ceci<br />Martine COURTOIS</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'occasion perdue : Callimaque et Segalen, deux poètes en puissance<br />Maxime LAURENT</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À propos de « Stèle du chemin de l'âme »<br />Jean-François LOUETTE</span></p>";;10/06/2005;0;137x220;224;978-2-84292-168-2;9782842921682;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_406.jpg;;;;324;21.00;"<p style=""text-align: justify;""> Le pari n’est pas neuf, et en un sens, c’est celui que tiennent toujours les grands lecteurs de poésie. Mais à travers les détours rhétoriques dont il est capable, chaque poème offre également une vision plus vaste, touchant au fait poétique lui-même, à la compréhension duquel il entend nécessairement apporter son tribut. Ainsi en va-t-il tout particulièrement de l’œuvre de Segalen qu’on a prise ici comme un observatoire de la modernité poétique tentant de se connaître, pour ainsi dire, en acte. En amont, avec Callimaque et Baudelaire, comme en aval (Saint-John Perse, Henri Michaux, Gérard Macé), on rencontrera les poètes dans ce milieu où la pensée s’unit au mouvant, où, hors de toute intention théorique, elle retrempe au sensible le regard qu’elle porte sur ce qu’elle accomplit.</p>";;31/05/2005 11:08;0;Première édition;3435 407;1;3;28;L'architecture propositionnelle : la syntaxe de la périphérie gauche (L');N°33/2005;;;"<p style=""text-align: justify;""> Les questions de localisation droite/gauche qui interrogent les sciences de la nature et la neurobiologie mobilisent également les linguistes et les amènent à s'interroger sur leur incidence dans l'interprétation des phrases.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hans-Georg Obenauer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ricardo Etxepare et Miriam Uribe-Etxbarria<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In situ wh-phrases in Spanish: locality and quantification</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Günther Grewendorf<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The asymetry of short and long wh-extraction in German</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Javier Ormazabal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The syntactic distribution of factive complements</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Waltraud Paul<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Low IP area and left periphery in Mandarin Chinese</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cecilia Poletto et Jean-Yves Pollock<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On wh-clitics, wh-doubling and apparent wh-in-situ in French and some North Eastern Italian dialects</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VARIA</span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Ferrando<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">'Comparé à', 'par rapport à' : limites et excès de l'antonymie différentielle</span></p>";;10/07/2004;33;155x220;186;978-2-84292-167-5;9782842921675;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_407.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><span style=""font-family: Geneva;"">Ricardo ETXEPARE et Myriam URIBE-ETXEBARRIA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">In-situ wh</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">-phrases in Spanish : locality and quantification »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Cet article analyse les questions à syntagme-wh (qu-) in-situ en espagnol. Il montre que la position de surface de ces syntagmes est le résultat d'un mouvement visible vers une position focale dans la péripherie gauche. La position post-verbale dans laquelle les syntagmes-wh apparaissent résulte d'un mouvement postérieur par-dessus la position focale, dans l'esprit des propositions récentes de Kayne (1998, 2000). L'analyse défendue ici conduit à distinguer le phénomène in-situ en espagnol des phénomènes correspondants rencontrés dans les autres langues romanes, dont le français (Chang, 1997; Cheng et Rooryck, 2000; Boýkoviç, 2000). Il est ainsi démontré que les mécanismes syntaxiques supposés déterminer la distribution des syntagmes-wh-in-situ dans ces langues doivent être modifiés dans le cas de l'espagnol. Dans une perspective comparative, les données de l'espagnol étayent une approche 'pluraliste' des stratégies in-situ (Cheng et Rooryck, 2003), selon laquelle la notion descriptive de syntagme in-situ recouvre un domaine grammatical non homogène. D'un point de vue théorique, notre analyse appuie l'idée que beaucoup de phénomènes analysés comme mouvement abstrait (en Forme Logique) dans la tradition du Gouvernement-Liage doivent être réanalysés comme cas de mouvement visible (masqué).</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">MOTS-CLÉS : Focus contrastif, mouvement abstrait, mouvement résiduel, dislocation à droite, espagnol, wh-in-situ.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Günther GREWENDORF : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« The asymmetry of short and long </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">wh</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">-extraction in German »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">En cas d'extraction à courte distance, le mouvement-wh ne déclenche, en allemand, ni effet de croisement faible ni effet de supériorité. Cette situation change lorsque le mouvement-wh se fait à longue distance: des effets de croisement aussi bien que de supériorité sont alors observés. Cet article propose une analyse minimaliste des constructions-wh en allemand qui a pour but d'expliquer ces propriétés. En examinant différentes constructions qui mettent en jeu la périphérie gauche, et en utilisant des traits multiples associés aux éléments-wh, nous montrons que le mouvement court et le mouvement long visent des positions différentes dans la périphérie gauche.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">MOTS-CLÉS : Allemand, mouvement-wh long, mouvement-wh court, topicalisation, positions d'opérateur, supériorité, croisement faible.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Hans-Georg OBENAUER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« La syntaxe des questions non standard : Les questions de surprise-désapprobation en bellunese »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les interrogatives-wh, on le sait bien, peuvent avoir d'autres interprétations que celle de ""demande d'information"", c'est-à-dire de demande de spécifier la (ou les) valeur(s) de la variable liée par le quantifieur-wh. De telles interprétations correspondent-elles simplement à des ""utilisations non canoniques"" d'interrogatives ""normales"", dans des contextes linguistiques et/ou situations extralinguistiques particuliers, ou sont-elles associées à des structures distinctes et, par conséquent, basées sur la syntaxe ?<br /> Une réponse est fournie par le bellunese, dialecte de l'Italie du Nord-Est, qui distingue de façon visible les questions standard (où les wh nus occupent une position interne) et les questions non standard (où les wh nus apparaissent en position initiale). L'article montre qu'il existe (au moins) trois types de questions non standard et examine de façon détaillée la syntaxe d'un d'entre eux, les ""questions de surprise-désapprobation"" (QSD), pris comme cas exemplaire. L'étude de quatre propriétés distinctives &endash; la position initiale des wh nus, l'interdiction de che 'que/quoi' en position initiale, son ""remplacement"" par un autre élément, cossa, et le ""redoublement"" apparemment optionnel de cossa par che, un fait unique dans la syntaxe du bellunese &endash; conduisent aux résultats suivants.<br /> Les QSD ajoutent une couche fonctionnelle au-dessus de la structure dérivée dans les questions standard. Les quatre propriétés particulières des QSD peuvent toutes être reliées à l'exigence d'activer cette couche. Le che ""optionnel"" n'est pas optionnel, mais présent dans la structure même lorsqu'il n'est pas réalisé phonétiquement. La conclusion générale est que la Grammaire Universelle prévoit des moyens structuraux pour le codage syntaxique du sens des questions non standard, dans le cas présent, dans la périphérie gauche.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">MOTS-CLÉS : Bellunese (dialecte de l'Italie du Nord-Est), questions-wh, questions non standard, questions de surprise-désapprobation, CP éclaté, éléments ""optionnels"", redoublement-wh, codage structural de l'interprétation de question non standard.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Javier ORMAZABAL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« The Syntactic Distribution of Factive Complements »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Cet article analyse l'observation de Kiparsky et Kiparsky (1970), selon laquelle il existe une corrélation profonde entre la syntaxe et la sémantique des compléments factifs à la lumière d'un large ensemble de phénomènes déjà connus et nouveaux: l'incompatibilité des compléments à marquage de cas exceptionnel et sans complémenteur that avec les prédicats factifs, les effets d'îlots faibles, l'incompatibilité des compléments purement propositionnels avec les verbes contenant des préfixes aspectuels (RE-, DIS-), les restrictions sur la concordance des temps dans les contextes propositionnels. Je propose qu'il existe une différence structurale entre compléments propositionnels et factifs relative à la position syntaxique qu'ils occupent, différence qui rend compte des phénomènes syntaxiques discutés ici, et qui fournit en même temps une base solide pour l'expression de la différence sémantique &endash; présence vs absence d'une présupposition &endash; entre les types de compléments: les compléments factifs apparaissent, en FL, à l'extérieur de VP, tandis que les compléments propositionnels doivent occuper leur position ""de base"" à l'intérieur de VP.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">MOTS-CLÉS : Factive, précupposition, proposition, sélection du complémenteur, complémenteur zéro, affixation d'éléments zéro, interface syntaxe-sémantique, interactions entre temps et prédicats, concordance des temps.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Waltraud PAUL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Low IP area and left periphery in Mandarin Chinese »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'hypothèse de Belletti (2003), selon laquelle l'architecture fonctionnelle à l'intérieur d'IP reflète celle au-dessus d'IP, est examinée pour le mandarin. Tandis que le parallélisme entre CP et la partie basse d'IP se trouve confirmé, la hiérarchie obtenue pour le mandarin, 'CP (force) > TopP > FocusP 'même' > IP > TopP interne > FocusP 'même' > vP', ne correspond que partiellement à celle proposée par Rizzi (1997, 2002) et Belletti (2003), surtout en ce qui concerne l'ordre relatif entre topique et focus. En effet, en mandarin un TopP au-dessous de FocusP est exclu aussi bien dans CP que dans IP et il n'y a pas non plus de ModP dans la périphérie gauche, projection introduite par Rizzi (2002) pour abriter des adverbes déplacés. Ces différences s'expliquent partiellement par l'idée reçue que le topique véhicule toujours de l'ancienne information, idée clairement infirmée par le mandarin.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">MOTS-CLÉS : Mandarin, périphérie gauche, périphérie d'IP, topique, focus, antéposition d'objet.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Cecilia POLETTO, Jean-Yves POLLOCK : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« On </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Wh-</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">clitics, </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Wh</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">-doubling and Apparent</span><em><span style=""font-family: Geneva;""> Wh-in-situ</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> in French and some North Eastern Italian Dialects »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'objectif principal de cet article est de contribuer à la compréhension des questions à redoublement des mots-wh communes dans de nombreux dialectes de l'Italie du Nord, d'une part, et, d'autre part, de la syntaxe des questions en que du français que nous analysons comme un cas de redoublement caché. Notre thèse est que les deux types de construction mettent en jeu dans le domaine des déplacements A-barre la contrepartie du redoublement des clitiques pronominaux. La mise en oeuvre de ces idées repose sur une périphérie gauche hautement 'éclatée' et sur le déplacement résiduel de IP dans les différentes projections du domaine CP.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">MOTS-CLÉS : Clitiques, redoublement, mouvement-wh, CP éclaté, déplacement résiduel, dialectes de l'Italie du Nord, français.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Sylvie FERRANDO : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« 'Comparé à', 'par rapport à' : limites et excès de l'antonymie différentielle »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Dans le cadre de la sémantique de la comparaison et de la polarité, et à partir de l'antonymie différentielle (Kennedy, 2001), nous nous interrogerons sur les structures comparatives générant la polarité croisée pour proposer deux types de comparaison de déviation: l'un à valeur de référence unique, l'autre à double valeur de référence. Puis nous montrerons que certaines structures de la comparaison explicitée en 'comparé à', 'par rapport à', qui génèrent la polarité croisée, présentent une autre interprétation, la comparaison relative ordonnée converse, compatible ou non avec la comparaison de déviation, et nous contrasterons ces deux structures sur les plans sémantique et syntaxique pour montrer leur non-équivalence, et le statut intermédiaire de l'anglais 'compared to'.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">MOTS-CLÉS : Comparaison, polarité croisée, antonymie différentielle, relation converse. <br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Ricardo ETXEPARE et Myriam URIBE-ETXEBARRIA : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">In-situ wh</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">-phrases in Spanish : locality and quantification »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> This paper analyzes in-situ wh-questions in Spanish. It argues that in-situ wh-phrases in Spanish are actually overtly moved to a left peripheral focus position, their postverbal position being the result of subsequent remnant movement past the focus position. The analysis defended here sets apart the in-situ phenomena of Spanish from the in-situ phenomena occurring in other Romance languages, such as French (as analyzed by Chang, 1997; Boýkoviç, 2000; Cheng and Rooryck, 2000), and shows that the purported syntactic mechanisms underlying the distribution of in-situ wh-phrases in those languages are to be amended as far as Spanish is concerned. From a comparative perspective, the Spanish facts support a ""pluralistic"" approach to in situ strategies (Cheng and Rooryck, 2003), according to which the descriptive notion of in-situ phrase covers a heterogeneous grammatical domain. From a theoretical point of view, our analysis yields support for the idea that many of the phenomena analyzed in the GB tradition in terms of covert movement must be reanalyzed as instances of (masked) overt movement.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">KEYWORDS : Contrastive focus, covert movement, remnant movement, right dislocation, Spanish, wh-in-situ.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Günther GREWENDORF : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« The asymmetry of short and long </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">wh</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">-extraction in German »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> When subject to short extraction, wh-movement in German neither triggers a Weak Crossover effect nor does it show any Superiority effect. This situation changes if wh-movement undergoes long extraction. In this case, Weak Crossover effects as well as Superiority effects can be observed. This paper proposes a minimalist analysis of German wh-constructions which is designed to explain these properties. By exploring various constructions which involve the left periphery of the clause and making use of multiple features associated with wh-elements, it is shown that short extraction and long extraction target different positions in the left periphery.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">KEYWORDS : German, long wh-movement, short wh-movement, topicalization, operator positions, superiority, weak crossover.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Hans-Georg OBENAUER : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« La syntaxe des questions non standard : Les questions de surprise-désapprobation en bellunese »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Wh-interrogatives, as is well known, can have other interpretations than that of ""request for information"", that is, request to specify the value(s) of the variable bound by the wh-quantifier. Do such interpretations simply correspond to ""noncanonical uses"" of (standard) interrogatives in particular linguistic contexts and/or extralinguistic situations, or are they associated with distinct structures and thus syntactically based?<br /> An answer is provided by the North-Eastern Italian dialect Bellunese, which overtly distinguishes standard questions (with bare wh-phrases in noninitial position) and nonstandard questions (with bare wh-phrases in initial position). The article shows that (at least) three nonstandard question types exist, and examines in detail the syntax of one of them, ""surprise-disapproval questions"" (SDQs), taken as an exemplary case. The study of four distinctive properties &endash; the initial position of bare wh, the exclusion of the equivalent of what (che) in initial position, its ""replacement"" by another element, cossa, and the apparently optional ""doubling"" of cossa by che, a unique fact in Bellunese syntax &endash; leads to the following results.<br /> SDQs add a functional layer ""on top"" of the structure derived in standard questions. The four particular syntactic properties of SDQs can all be related to the need for activating this layer. ""Optional"" che is not optional, but structurally present even when phonetically unrealized. The general conclusion is that Universal Grammar makes structural means available for the syntactic encoding of nonstandard question meaning, in the case at hand, in the left periphery.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">KEYWORDS : Bellunese (Northern Italian dialect), wh-questions, nonstandard questions, surprise-disapproval questions, split CP, ""optional"" elements, wh-doubling, structural encoding of nonstandard question interpretation.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Javier ORMAZABAL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« The Syntactic Distribution of Factive Complements »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> This paper analyzes Kiparsky & Kiparsky's (1970) observation that there exists a deep correlation between the semantics and the syntax of factive complements in the light of a wide range of (old and new) phenomena: the incompatibility of ECM and that-less complements with factive predicates, weak island effects, the incompatibility of pure propositional complements with verbs that contain aspectual prefixes (RE-, DIS-), restricted sequences of tenses in propositional contexts. I then propose a structural difference between propositional and factive complements with respect to the syntactic position they occupy that accounts for the syntactic phenomena discussed here, while providing a solid basis to capture the semantic difference with regard to the presupposition associated with each complement type: factive complements are argued to appear outside the VP at LF, while propositional complements must occupy their base-generated position within VP.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">KEYWORDS : Factive, presupposition, proposition, complementizer selection, null complementizer, -affixation, syntax-semantics interface, Tense-predicate interactions, sequences of Tenses.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Waltraud PAUL : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« Low IP area and left periphery in Mandarin Chinese »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Belletti's proposal (2003) that the architecture of the domain below IP and above vP parallels that of the clause-external left periphery is applied to Mandarin Chinese. Though the hierarchy obtained, 'CP (force) > TopicP > 'even' FocusP > IP > inner TopicP > 'even' FocusP > vP' confirms the parallelism between CP and the low IP area, it corresponds only partially to the hierarchy postulated by Rizzi (1997, 2002), Belletti (2003), especially with respect to the relative order of topic and focus projections. For in Chinese, no TopicP is allowed below the projection of 'even'-focus (be it clause-externally or clause-internally), nor is ModP, introduced by Rizzi (2002) to host preposed adverbs. These differences are partly due to the identification of topic with old information, an equation not supported by the Chinese data.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">KEYWORDS : Mandarin Chinese, left periphery, low IP area, topic, focus, object preposing.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Cecilia POLETTO, Jean-Yves POLLOCK : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« On </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Wh-</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">clitics, </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Wh</span></em><span style=""font-family: Geneva;"">-doubling and Apparent</span><em><span style=""font-family: Geneva;""> Wh-in-situ</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> in French and some North Eastern Italian Dialects »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> This paper's main goal is to shed light on the doubling wh-structures that many North Eastern Italian dialects exhibit, on the one hand, and on the 'hidden' doubling at work in French que-questions, on the other. Both constructions we claim should be analysed as the A-bar counterparts of pronominal clitic doubling. The execution of these ideas rests on a highly split left periphery and Remnant movement to the different layers of the CP domain.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">KEYWORDS : Clitics, doubling, wh-movement, split CP, Remnant Movement, Northern Italian dialects, French.</span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">Sylvie FERRANDO : </span><strong><span style=""font-family: Geneva;"">« 'Comparé à', 'par rapport à' : limites et excès de l'antonymie différentielle »</span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> In the domain of semantics of comparison and adjectival polarity, and basing our analysis on Differential Antonymy (Kennedy, 2001), we will focus on comparative structures generating cross polarity in order to propose two types of Comparison of Deviation, one with a unique reference value, the other with two reference values. Then we will show that some structures of explicit comparison in 'comparé à', 'par rapport à', 'compared to', which generate cross polarity, bring out another interpretation, the Relative Ordered Converse Comparison, compatible or not with the Comparison of Deviation. In a last section, we will contrast the sentences containing the constituent 'comparé à' and the sentences containing the constituent 'par rapport à' on semantic and syntactic levels to show their non equivalence, and the intermediate status of the constituent 'compared to'.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;"">KEYWORDS : Comparison, Cross Polarity, Differential Antonymy, Converse Relation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva;""> </span></p>";276;14.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les auteurs de ce numéro s'interrogent sur le sens que peut avoir le placement, « à la périphérie gauche » de la phrase, d'éléments relevant de propositions complétives ou interrogatives, et cela dans une grande variété de langues : espagnol, allemand, français, chinois, ainsi que dans certains dialectes nord-italiens dont le bellunese parlé dans la province de Belluno au Nord-Est de l'Italie.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNRS</p>";31/05/2005 15:44;0;Première édition;3147 408;2;3;8;Où est la littérature mondiale ?;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Réflexion collective sur l'histoire de la notion de littérature mondiale (Weltliteratur, World Literature) et les enjeux de celle-ci, aujourd'hui, dans le monde ""globalisé"" qui est le nôtre.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christophe PRADEAU et Tiphaine SAMOYAULT<br /> Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. La notion de littérature mondiale : <br /> entre politique et histoire</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christophe PRADEAU<br /> Présentation de « Philologie de la littérature mondiale » d'Erich Auerbach</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Erich AUERBACH<br /> « Philologie de la littérature mondiale ». Texte inédit en français traduit de l'allemand par Diane Meur</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie EPELBOIN<br /> Littérature mondiale et Révolution </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lionel RUFFEL<br /> L'international, un paradigme esthétique contemporain</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christophe PRADEAU<br /> Un drakkar sur le lac Léman </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. Du bon usage de la littérature mondiale</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Judith SCHLANGER<br /> Les scènes littéraires </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Xavier GARNIER<br /> Conditions d'une ""critique mondiale""</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jérôme DAVID<br /> Propositions pour une macrohistoire de la littérature mondiale</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascale CASANOVA et Tiphaine SAMOYAULT<br /> Entretien sur La République mondiale des lettres</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Par cette question un peu provocatrice, nous avons voulu dire d’emblée que la littérature mondiale n’était pas l’ensemble cumulé des littératures publiées ou écrites un jour dans le monde mais l’ensemble des questions posées par leur réunion et leurs échanges. Pour sortir du provincialisme dans lequel on tient souvent les littératures en les maintenant dans leur culture, leur langue, leur nation, il nous semble important de les penser dans la bibliothèque universelle, qui est peut-être moins Babel qu’on le croit. C’est d’ailleurs le programme des oeuvres littéraires elles-mêmes de vouloir sortir de leurs déterminations premières, dans leur double postulation de s’adresser au monde et d’en proposer un autre. Penser les littératures ensemble, c’est aussi poser la question du lieu à partir duquel on les lit et on les compare ; et tenter, par la réflexion, de réaménager la cartographie des centres et des périphéries. Mais il y a derrière tout cela aussi le rêve inaccessible et glorieux d’avoir lu tous les livres et de se promener librement, enfin, dans la totalité du temps. Tiphaine Samoyault et Christophe Pradeau</p>";10/10/2005;0;137x220;160;978-2-84292-171-2;9782842921712;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_408.jpg;;;;240;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Où est la littérature mondiale ? Depuis qu'elle a été inventée par Goethe, qui faisait de l'Europe un centre pour la penser, la littérature mondiale s'est déplacée, étendue, reconfigurée. Elle a vu émerger d'autres centres et a dû réaménager la cartographie de ses périphéries. <br />Au coeur des <em>Cultural studies</em> dans les pays anglo-saxons, elle n'a jamais fait, en France, l'objet d'une synthèse globale : ce livre est le premier qui propose une réflexion collective sur l'histoire de la notion et sur ses enjeux, pour nous, aujourd'hui, dans le monde ""globalisé"" qui est le nôtre.<br />Reprise par Marx, la notion s'est chargée d'autres données, plus concrètes. Elle a ensuite été réactualisée par la philologie romane (notamment Auerbach, dont ce volume propose un important article, inédit en français) puis par Étiemble, par Edward Saïd et, plus récemment encore, par Franco Moretti et Pascale Casanova dont les travaux ont ouvert, de part et d'autre de l'Atlantique, un vaste espace de réflexion, souvent polémique. À quoi sert la notion de littérature mondiale ? À quelles conditions méthodologiques raisonnables l'histoire des idées, la littérature comparée peuvent-elles en faire un objet d'étude ?</p>";;06/09/2005 14:03;0;Première édition;3435 409;1;6;24;Y a-t-il une philosophie chinoise ?;Un état de la question - N°27/2005;;;"<p style=""text-align: justify;"">"" Y a-t-il une philosophie chinoise ? "". Cette question, issue de l'institution philosophique européenne du XIXe siècle, revient de manière plus ou moins implicite près de deux siècles plus tard dans ce qui se dit et se lit actuellement sur la Chine.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne CHENG<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Y a-t-il une philosophie chinoise? » : est-ce une bonne question ?</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I. LA PERSPECTIVE HISTORIQUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Lise DYCK<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Chine hors de la philosophie : essai de généalogie à partir des traditions sinologique et philosophique françaises au XIXe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II. LES ARGUMENTS EN PRÉSENCE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Heiner ROETZ<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philosophy in China ? Notes on a debate</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carine DEFOORT<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Existe-t-il une philosophie chinoise ? Typologie des arguments d'un débat largement implicite</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. L'ÉTAT ACTUEL DE LA QUESTION</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joël THORAVAL<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sur la transformation de la pensée néo-confucéenne en discours philosophique moderne. Réflexions sur quelques apories du néo-confucianisme contemporain</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ZHENG Jiadong</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> De l'écriture d'une « histoire de la philosophie chinoise ». La pensée classique à l'épreuve de la modernité</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Léon VANDERMEERSCH</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quid</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de la « philosophie chinoise » ?</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV. REGARDS EXTÉRIEURS</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Geoffrey LLOYD<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">“Philosophy” : what did the Greeks invent and is it relevant to China ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude ROMANO<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un étrange oubli</span></p>";;10/10/2005;27;155x220;176;978-2-84292-172-9;9782842921729;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_409.gif;"<p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Anne-Lise Dyck</span> : ""La Chine hors de la philosophie. Essai de généalogie à partir des traditions sinologique et philosophique françaises au XIXe siècle""<br />Au XVIIIe siècle, la tradition intellectuelle chinoise figure au rang des matériaux collectés pour reconstituer le passé de la philosophie. Aujourd’hui, elle en est presque toujours exclue. L’article revient sur les premières décennies du xixe siècle pour isoler les prémices de cette évolution : lorsque philosophie et sinologie s’instituent comme sciences et normalisent leurs contenus à fin d’enseignement, elles entreprennent pour la première fois de statuer sur la question d’une « philosophie chinoise » – exacte intersection des deux disciplines. L’hypothèse est que notre formulation actuelle du problème a peu évolué depuis, et que nous restons tributaires de déterminations manifestement dépassées – histoire et territoire, nature et valeur de la philosophie.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Heiner Roetz </span>: ""La philosophie en Chine ? Notes sur un débat""<br />La philosophie chinoise a été l’objet de nombreuses études fort savantes. Toutefois, on est allé jusqu’à se demander si un tel objet existe. Si l’on en croit bon nombre de philosophes occidentaux et de sinologues, la philosophie est une tradition exclusivement européenne inventée par les Grecs et seulement bien plus tard importée dans d’autres cultures. Pour ce qui est de la culture chinoise, il a été affirmé que la philosophie à proprement parler en est absente, pour des raisons linguistiques, mentales ou développementales. L’article passe en revue ces arguments en s’efforçant de montrer qu’ils sont fondés sur une mauvaise compréhension autant de la philosophie que de la tradition intellectuelle de la Chine ancienne.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Carine Defoort</span> : ""Existe-t-il une philosophie chinoise ? Typologie des arguments d’un débat largement implicite""<br />La question de savoir s’il existe ou non une « philosophie chinoise » est rarement formulée explicitement, mais les réponses implicites – bien que différentes en Chine et en Occident – se révèlent prépondérantes dans les décisions institutionnelles et académiques. Cet article ne fait pas qu’élaborer une typologie permettant d’identifier, de distinguer et d’évaluer les différentes réponses à la question, il en prend également en compte l’aspect émotionnel en proposant une comparaison avec l’attachement que l’on peut éprouver pour quelque chose d’aussi peu signifiant a priori qu’un nom de famille.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Joël Thoraval</span> : ""Sur la transformation de la pensée néo-confucéenne en discours philosophique moderne. Réflexions sur quelques apories du néo-confucianisme contemporain""<br />Un des multiples devenirs de la vaste tradition « confucéenne », au cours du xxe siècle, a été sa transformation rapide en discours philosophique moderne, en raison de l’hégémonie du modèle culturel européen. Le « néo-confucianisme contemporain » a ainsi représenté un puissant travail de réécriture en référence et en opposition à la philosophie occidentale, notamment allemande. Une des apories auxquelles se heurte ce mouvement consiste dans l’amnésie qui frappe désormais les conditions historiques particulières de sa propre émergence. À travers l’exemple de la philosophie de Mou Zongsan, on essaie de montrer que les difficultés que rencontre cette pensée ne sont pas de nature philosophique mais anthropologique : l’introduction d’une institution disciplinaire moderne (la philosophie universitaire) a simultanément signifié la destruction des conditions de possibilité de la pratique néo-confucéenne. Contrairement aux illusions d’un comparatisme binaire entre « philosophie chinoise » et « philosophie occidentale », on suggère la nécessité de réfléchir, dans des conditions modernes, aux rapports qu’entretiennent discours philosophique et pratiques symboliques, dans un espace intellectuel désormais « globalisé ».</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Zheng Jiadong</span> : ""De l’écriture d’une « histoire de la philosophie chinoise ». La pensée classique à l’épreuve de la modernité""<br />La pensée chinoise peut-elle être abordée à travers l’écriture d’une « histoire de la philosophie » ? L’utilisation de catégories et notions importées s’apparente-t-elle nécessai­re­ment à une inféodation, laquelle dévoierait alors l’intelligibilité même de la tradition ? Les réponses les plus variées furent apportées, tout au long du vingtième siècle, à ces questions. Zheng Jiadong dresse une vaste rétrospective de ces débats tout en mettant en lumière les tensions existantes entre pensée chinoise, philosophie et histoire. Il en conclut que plus aucune approche narrative de l’histoire de la philosophie chinoise ne peut désormais s’ériger en modèle unique.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Léon Vandermeersch</span> : ""Quid de la « philosophie chinoise » ?""<br />Zheng Jiadong et Joël Thoraval mettent en doute la légitimité du formatage de la pensée traditionnelle chinoise en « philosophie », ce qui n’est pas sans retentir sur le bien-fondé de cette forme particulière de réflexion sur le monde, typiquement occidentale. Ainsi la pensée chinoise et la pensée occidentale sont placées non plus en miroirs l’une de l’autre, mais en foyers de réflexion en prise l’un sur l’autre. Jusqu’ici, c’est le néo-confucianisme contemporain qui s’est plié au formalisme de la philosophie occidentale ; mais les critiques dont cette stratégie fait maintenant l’objet pourraient ouvrir la voie d’une sorte d’anti-philosophie désentravant la pensée chinoise de ce formalisme, et par contre-coup provoquant une prise de conscience de ce que la spéculation philosophique peut avoir de spécieux.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Geoffrey Lloyd </span>: ""« Philosophie » : qu’ont inventé les Grecs et est-ce pertinent pour la Chine ?""<br />Lorsque les Grecs inventèrent le mot philosophia et ses dérivés (philosophein, philosophos) au ve siècle avant l’ère chrétienne, ils les utilisèrent pour différents types d’activité ou mode de curiosité intellectuelle. En outre, ces termes n’étaient certes pas toujours employés dans un sens laudatif et les activités en question certes pas toujours menées dans des institutions d’éducation supérieure. Platon, puis Aristote, furent les premiers à s’approprier ces termes pour leurs concepts – au demeurant assez différents – de l’activité humaine la plus élevée, mais pas plus chez leurs contemporains que chez leurs successeurs, on ne trouve de consensus sur la définition ni sur le contenu de la philosophie. La tension ou rivalité entre différentes interprétations de la « philosophie » s’est poursuivie, et se poursuit encore en Europe de nos jours, comme le montrent amplement les différents centres d’intérêt de ce qui passe sous le vocable de philosophy dans diverses institutions en Grande-Bretagne et aux États-Unis, de philosophie en France et de Philosophie en Allemagne.<br /> La tâche première de l’historien de la pensée chinoise n’est pas de voir si les termes inventés ou introduits plus tard pour désigner des concepts européens peuvent s’appliquer aux études classiques chinoises. Il s’agit plutôt d’examiner la façon dont les penseurs chinois eux-mêmes ont interprété ce qu’ils faisaient, en recourant à leurs propres catégories en tant qu’acteurs, et non à des catégories plus tardives d’observateurs. La question de savoir si un quelconque terme apparu a posteriori peut ou doit s’appliquer à leur travail est donc secondaire, bien qu’elle puisse être politiquement sensible. Quoi qu’il en soit, la réponse dépendra du mode d’activité philosophique que l’on a à l’esprit. Mais les sources grecques peuvent nous rassurer au moins sur un point, à savoir que, depuis l’origine, personne n’a eu le monopole de ce que la « philosophie » devrait être.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Claude Romano </span>: ""Un étrange oubli""<br />Dans la tradition philosophique occidentale, nombreuses sont les figures de l’oubli : effacement, perte, déni, trouble, négligence, lapsus, distraction. Un regard jeté sur le Zhuangzi permet d’y déceler une forme d’oubli qui ne paraît guère avoir attiré l’attention en Occident. Cet oubli n’est pas un état passif, mais une ressource et une force agissante : c’est à son analyse qu’est consacré cet article.</p>";;"<p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Anne-Lise Dyck</span> : ""China out of philosophy. An attempted genealogy from the perspective of the French sinological and philosophical traditions in the 19th century""<br />During the 18th century, the intellectual tradition of China was listed among the materials collected to set up the past of philosophy. Nowadays, it has nearly disappeared altogether from this history. The article reviews the first decades of the French 19th century to focus on the beginnings of this evolution : when philosophy and sinology are instituted as sciences and standardize their contents as educational subjects, they settle for the first time the question of a “Chinese philosophy” at the crossroad of the two disciplines. The hypothesis is that the way we currently think out the problem has not evolved since then, and that we are still depending on notoriously outdated determinations, such as history and territory, nature and value of philosophy.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Heiner Roetz</span> : ""Philosophy in China ? Notes on a debate""<br />Chinese philosophy has been the subject of many learned studies. Yet, it has been called into question whether such a subject exists at all. According to the understanding of a considerable number of both Western philosophers and sinologists, philosophy is an exclusively Western tradition invented by the Greeks and only much later imported into other cultures. As far as China is concerned, it has been argued that philosophy proper was absent due to linguistic, mental or developmental reasons. The article gives an account of these arguments, trying to show that they are informed by misunderstanding of both philosophy and ancient Chinese intellectual culture.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Carine Defoort </span>: ""Is there such a thing as Chinese philosophy ? A typology of the arguments of a largely implicit debat""<br />The question of whether or not there is such a thing as “Chinese philosophy” is seldom explicitly stated, but the implicit answers to this question – although different in China and the West – dominate institutional and academic decisions. This paper does not only construct a typology to recognize, differentiate and evaluate various answers to this question, but it also takes the sensitivity of this matter seriously, by comparing it with one’s attachment to something as meaningless as a family name.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Joël Thoraval</span> : ""On the transformation of Neo-Confucian thought into a modern philosophical discourse. Reflections on a few aporiae of contemporary Neo-Confucianism""<br />One of the manifold destinies of the vast “Confucian” tradition in the course of the 20th century has been its rapid transformation into a modern philosophical discourse, due to the hegemony of the European cultural model. In this respect, “contemporary Neo-Confucianism” has represented a powerful work of re-writing in reference and in opposition to Western, notably German, philosophy. One of the aporiae which such a trend encounters is to be found in the amnesia which by now strikes the particular historical conditions of its own emergence. Through the example of the philosophy of Mou Zongsan, we have attempted to show that the difficulties encountered by this kind of thought are not of a philosophical but anthropological nature : the introduction of a modern disciplinary institution such as academic philosophy has meant simultaneously the destruction of the conditions of possibility of Neo-Confucian practice. In opposition to the illusions of a binary comparatism between “Chinese philosophy” and “Western philosophy”, we suggest the necessity of reflecting, in modern conditions, on the relationship between philosophical discourse and symbolical practices, within a newly “globalized” intellectual space.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Zheng Jiadong</span> : ""The writing of a “history of Chinese philosophy”. Classical Chinese thought confronted to modernity""<br />Does the “history of philosophy” constitute a relevant approach to achieve a proper understanding of Chinese thought ? To which extent may the usage of Western concepts and categories influence our appreciation of Chinese spiritual and intellectual tradition or even betray its core values ? Various answers have been provided to these questions during the 20th century. Zheng Jiadong presents us in this article with a broad retrospective on these debates and highlights, by the same token, the persistant tensions between Chinese thought, philosophy and history. He concludes that it is no longer possible for any narrative about the history of Chinese philosophy to hold itself up as the unique relevant model.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Léon Vandermeersch</span> : ""What about “Chinese philosophy” ?""<br />Zheng Jiadong and Joël Thoraval raise the question whether it is legitimate to interpret traditional Chinese thought in terms of “philosophy”, with some consequence on the legitimacy of that particular, typically Western, form of reflection on the world. By so doing, these two authors place Chinese thought and Western thought no longer as mirrors reflecting each other, but as interacting foci of reflection. It was contemporary Neo-Confucianism which had hitherto submitted to the formalism of Western philosophy, but the criticism raised nowadays by such a strategy might well open the way to a sort of anti-philosophy which would free Chinese thought from formalism and consequently bring us to become aware of the specious elements inherent in philosophical speculation.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Geoffrey Lloyd</span> : ""“Philosophy” : what did the Greeks invent and is it relevant to China ?""<br />When the Greeks first coined the term philosophia and cognates (philosophein, philosophos) in the fifth century BCE, they used them for different types of activity or modes of intellectual curiosity. Those terms were, moreover, certainly not always used with approval and the activities in question were certainly not carried on in institutions of higher education. First Plato and then Aristotle appropriated the terms for their – each rather different – concepts of the highest human activity, but neither among their contemporaries nor among later Greeks was there any consensus on either the definition or the contents of philosophy. The tension or rivalry between different interpretations of ‘philosophy’ continued, and continues in Europe to this day, as the different foci of interests of what passes as philosophy in different institutions in the UK and the USA, as philosophie in France, as Philosophie in Germany eloquently exhibit.<br /> The primary task of the historian of Chinese thought is not to see whether the later terms coined or introduced to express European concepts can be applied to classical Chinese studies. Rather it is to examine how the Chinese thinkers themselves construed what they were doing — using their, actors’, categories, not later, observers’, ones. The question of whether any given later term can or should be applied to their work is, then, a secondary one, though it may be a politically sensitive one. The answer will in any case depend on which mode of philosophising is in mind. But the Greek materials should be reassuring in one respect, namely that they show that, from the outset, no one had a monopoly of what “philosophy” should be.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Claude Romano</span> : ""A strange forgetfulnes""<br />In the Western philosophical tradition, numerous illustrations of forgetfulness may be found : deletion, loss, denial, upset, negligence, lapsus, absent-mindedness. If we look at the Zhuangzi, we may discover a form of forgetfulness which does not seem to have attracted much attention in the West and which, far from being a passive state, is a true resource and active force : this article is an attempt at analyzing it.</p>";101;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Il est donc temps d'en dresser un état des lieux.</p><p style=""text-align: justify;"">C'est elle qui a servi de fil rouge aux travaux, menés de manière collégiale et internationale depuis plusieurs années, qui constituent la matière de ce volume. Il s'agit ici d'un chantier qui s'est constitué dans un échange continu et vivant entre des auteurs français, mais aussi européens et chinois, qui leur a permis au fur et à mesure d'affiner leurs réflexions respectives. Le volume qui en résulte se présente donc sous la forme originale d'un réseau de renvois internes entre les différents textes. On obtient ainsi un effet de prisme qui a l'avantage de démultiplier les points de vue, sans jamais se départir d'une perspective critique ni verser dans des réponses dogmatiques ou réductrices qui sont encore trop souvent monnaie courante en la matière.</p>";;06/09/2005 14:33;0;Première édition;4036 410;1;3;27;Princes et princesses à la fin du Moyen Age;N°48/2005;;;"<p style=""text-align: justify;"">Nous assistons, depuis quelques années, à un vif engouement pour l’histoire des princes et des princesses au Moyen Âge. Loin d’une histoire des grands personnages ou des femmes d’exception, cette nouvelle histoire tient compte des apports les plus récents de l’historiographie.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Didier Lett et Olivier Mattéoni</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Princes et princesses à la fin du Moyen Âge</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Savy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Un début dans la vie : Sforza Secondo jusqu'en 1467</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Élodie Lequain</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La maison de Bourbon, « escolle de vertu et de perfection ». Anne de France, Suzanne de Bourbon et Pierre Martin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Hélène Allirot</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Isabelle de France, soeur de saint Louis : la vierge savante (une étude de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vie d'Isabelle de France</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> écrite par Agnès d'Harcourt suivie de l'édition intégrale du texte)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Olivier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le prince et l'histoire dans le comté de Holstein, au miroir du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronicon Holtzatiae auctore presbytero bremensi</span></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gisèle Besson</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Locus et conuentus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : un état des « lieux » franciscains chez Salimbene de Adam</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Depreux et Cécile Treffort</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La paroisse dans le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De ecclesiis et capellis</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Hincmar de Reims. L'énonciation d'une norme à partir de la pratique ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">POINT DE VUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mario Ascheri<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La cité-État italienne du Moyen Âge. Culture et liberté</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Notes de lecture<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain BOUREAU, Satan hérétique. Naissance de la démonologie dans l'Occident médiéval (1280-1330) (Martine OSTORERO) ; Sebastià GIRALT I SOLER, Arnau de Vilanova en la imprenta renaixentista (Nicolas WEILL-PAROT) ; STEPHANI DE BORBONE [Étienne de Bourbon], Tractatus de diversis materiis predicabilibus, Prologus, Prima Pars. De Dono timoris, éd. Jacques BERLIOZ et Jean-Luc EICHENLAUB ; et HUMBERT DE ROMANS, Le Don de crainte ou l'Abondance des exemples, traduit du latin et présenté par Christine BOYER, Postface de Jacques BERLIOZ (Christopher LUCKEN)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sommaires d'ouvrages collectifs<br /> Livres reçus<br /> Table des numéros 38 à 47</span></strong></p>";;10/06/2005;48;155x220;192;978-2-84292-169-9;978-2-84292-169-9;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_410.gif;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Savy : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Un début dans la vie : Sforza Secondo jusqu'en 1467 »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les âges ont une histoire : les bornes et le "" contenu "" de la jeunesse, en particulier, sont historiques. La jeunesse de Sforza Secondo (1435-1492 environ), fils naturel du duc de Milan Francesco Sforza, présente pourtant des caractères archétypaux souvent observés chez les jeunes aristocrates de la fin du Moyen Âge. Jusqu'à l'âge de trente-cinq ans environ, cet homme mène une vie libre et légère et entretient avec sa famille des rapports très conflictuels : il se révolte à deux reprises et ne cesse de se plaindre de sa condition. Mais, fils et frère de duc, il bénéficie d'une relative clémence : en d'autres termes, son appartenance sociale lui permet ces dérèglements. En même temps, l'exercice de cette liberté paraît contraint : il s'agit de la liberté paradoxale de n'accomplir rien d'autre que cette désobéissance, qui doit lui permettre d'améliorer sa position dans le système politique et familial de l'État milanais. Après 1467, la jeunesse de Sforza Secondo est finie : il se résigne à sa situation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Âges de la vie - jeunesse - Milan - révolte - Sforza</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Élodie Lequain : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La maison de Bourbon, ""escolle de vertu et de perfection"". Anne de France, Suzanne de Bourbon et Pierre Martin »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Au début du XVIe siècle, Suzanne de Bourbon reçoit les célèbres enseignements écrits par sa mère Anne de France peu de temps avant son mariage (1505), et un traité compilé par le frère prêcheur Pierre Martin à l'annonce de sa première grossesse (1517). Ces textes s'inscrivent dans une longue tradition didactique écrite pour la noblesse et ils coïncident avec une période délicate pour le puissant duché de Bourbon. Ils témoignent de l'importance accordée à l'éducation des enfants de la noblesse, un domaine dans lequel la maison ducale de Bourbon jouit d'une très bonne réputation. Suzanne se doit d'être à la fois une princesse exemplaire et une mère capable de transmettre correctement la vertu de noblesse à sa descendance.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne de France - Suzanne de Bourbon - Pierre Martin - éducation - femmes</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Hélène Allirot : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Isabelle de France, soeur de saint Louis : la vierge savante. Étude de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vie d'Isabelle de France</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> écrite par Agnès d'Harcourt »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle de France est la soeur de Louis IX et la fondatrice du monastère des Clarisses de Longchamp. Dans le contexte de la canonisation en cours du roi Louis IX, Charles d'Anjou commande à Agnès d'Harcourt, alors abbesse de Longchamp, une Vie d'Isabelle de France. Le texte est rédigé en prose et en langue vernaculaire vraisemblablement entre 1279 et 1281. La vie et les miracles d'Isabelle constituent un nouvel argumentaire en faveur de la sainteté dynastique capétienne. La princesse est présentée comme une vierge savante ; sa vie emprunte à la fois à un modèle féminin de sainteté proche de Claire d'Assise, et à un modèle royal et masculin, celui de saint Louis. Une édition de ce texte est proposée à la suite du commentaire.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle de France - Louis IX - Clarisses - sainteté féminine - Longchamp - dynastie capétienne</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Olivier : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Le prince et l'histoire dans le comté de Holstein, au miroir du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'auteur essaie de brosser le tableau de l'identité régionale dans le comté de Holstein au XVe siècle, à partir d'une source principale, la chronique dite ""du Presbyter Bremensis"", une oeuvre latine rédigée en 1448. Le « Chronicon Holtzatiae » s'inscrit tout d'abord, sur le court terme, dans une perspective de crise dynastique imminente, et paraît très nettement appuyer par le recours à l'histoire les visées du dernier comte de Holstein Schauenburg Adolphe VIII, soucieux de barrer la route à ses cousins Pinneberg pour la succession comtale. Mais au-delà de ce contexte immédiat, un examen attentif permet d'observer les mécanismes du discours historique dans un texte d'orientation nettement princière et dynastique : si la ""terre"" ne se confond pas totalement avec la dynastie régnante, la plume du chroniqueur consacre néanmoins le lien consubstantiel entre le Holstein et ses comtes, même si, paradoxalement, il semble que le texte du Presbyter Bremensis ait surtout connu un succès tardif au XVIe siècle aux mains d'une noblesse territoriale soucieuse de défendre l'identité propre du Holstein dans la nouvelle donne politique que constitue l'union dynastique avec la couronne danoise.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Schleswig et Holstein - historiographie au bas Moyen Âge - dynastie et conscience identitaire - droit et identité régionale</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gisèle Besson : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Locus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">conuentus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : un état des "" lieux "" franciscains chez Salimbene de Adam »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour désigner les endroits où ils s'installent, les franciscains utilisent en latin plusieurs termes, en particulier locus et conuentus. De ce dernier terme est issu entre autres le français « couvent » (souvent utilisé pour traduire le mot latin), qui désigne d'abord les bâtiments où des religieux vivent en commun, puis l'ensemble des religieux qui composent la communauté. L'analyse des emplois de conuentus dans la Chronique du franciscain Salimbene de Adam permet de préciser une étape de l'évolution sémantique de ce mot et montre l'émergence du sens matériel : en cette fin du XIIIe siècle, conuentus désigne encore majoritairement la communauté des frères, conformément à l'étymologie du terme, mais le chroniqueur, dans un petit nombre de cas, use du mot pour désigner les bâtiments, non sans être conscient de certaines connotations attachées au choix des mots locus et conuentus.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franciscains - Salimbene de Adam - locus - conuentus/couvent - évolution sémantique</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Depreux, Cécile Treffort : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« La paroisse dans le De ecclesiis et capellis d'Hincmar de Reims. L'énonciation d'une norme à partir de la pratique ? »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hincmar de Reims composa sa « collection relative aux églises et aux chapelles » en réponse à une consultation du roi Charles le Chauve sur les ""divisions"" de paroisses réalisées par certains évêques vers le milieu du IXe siècle. Pour dénoncer cette pratique, l'archevêque de Reims s'appuie sur les autorités scripturaires, patristiques et canoniques, auxquelles il joint une sorte de capitulaire épiscopal. La traduction de ce traité, actuellement en cours, fournit l'occasion d'en proposer une nouvelle analyse : seules quelques grandes lignes en sont exposées dans cet article qui montre que le souci principal d'Hincmar, préserver l'intégrité de la communauté ecclésiale et la qualité de l'encadrement pastoral, s'exprime aussi dans ses lettres et par son action en tant que seigneur foncier, évêque et métropolitain.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hincmar, archevêque de Reims - paroisse - patristique - Droit canon - haut Moyen Âge</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Savy :</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> « A start in the life : Sforza Secondo until 1467 </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">»<br /> Ages have a history. Lifecycle events and the passage of youth, in particular, are historic. The youth of Sforza Secondo (1435-ca 1492), the illegitimate son of the Duke of Milan, Francesco Sforza, has the typical characteristics that one finds in the biographies of young aristocrats at the end of the Middle Ages. Until the age of approximately 35, this man led a free and easy life and had a tenacious relationship with his family : he rebelled twice and never ceased to complain about his position. Nevertheless, as son and brother of dukes, he benefited from relative clemency ; in other words, his social identity made possible such a behaviour, that aimed at ameliorating his position in the political and familial system of the Milanese State. After 1467, Sforza Secondo's youth waned : he resigned himself to his situation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stages of life - youth - Milan - revolt - Sforza</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Élodie Lequain : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The House of Bourbon, ""school of virtue and perfection"". Anne of France, Suzanne of Bourbon and Pierre Martin »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">In the early 16th century, Suzanne of Bourbon received the famous teachings written by her mother Anne of France a short time before her wedding (1505) and a treatise compiled by the dominican Pierre Martin when the duchess was pregnant for the first time (1517). These texts took place in the long didactic tradition of texts written for the nobility and they coincided with a sensitive period for the powerful duchy of Bourbon. They attested the importance given to the education of the noble children, a field in which the house of Bourbon had a very good reputation. Suzanne had to be both an exemplary princess and a mother able to properly transmit the virtue of nobility to her descendants.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne of France- Suzanne of Bourbon - Pierre Martin - education - women</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Hélène Allirot : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Isabelle de France, Saint Louis' Sister : the Literate Virgin. A Study of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vie d'Isabelle de France</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> written by Agnes d'Harcourt »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle of France was king Louis IX of France's sister ; she established an abbey of Clarisses in Longchamp. When the king's canonization was in process, Charles d'Anjou asked Agnes d'Harcourt, abbess of Longchamp, for a Vie d'Isabelle de France. This text was written in prose and in vernacular language between 1279 and 1281. Isabelle's life and miracles provide new elements to support the idea of the whole capetian dynasty's sanctity. The princess appears as a literate virgin ; her life refers both to a model of feminine sanctity inspired of Claire d'Assise, and to a masculine and royal model, based on the hagiography of saint Louis. An edition of the text follows this study.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Isabelle of France - Louis IX - Clarisses - feminine sanctity - Longchamp - capetian dynasty</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Olivier : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Prince and History in the Mirror of the </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronicon Holtzatiae Auctore Presbytero Bremensi</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">This article deals with the issue of "" regional "" identity within the boundaries of a northern German principality in the late Middle Ages : the county of Holstein. The author, who draws upon his own MPhil dissertation, focuses himself on a quite ignored Latin chronicle from 1448, the so-called ""Chronicon Holtzatiae"" by an anonymous ""Presbyter Bremensis"". He shows that first and foremost the chronicler, under the guise of history writing, buttresses the ambitions of the old and childless count of Holstein Adolf VIII of Schauenburg relating to the foreseeable ""succession crisis"" by excluding from the landscape of Holstein history throughout the centuries serious pretendants, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">i.e.</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> the Schauenburg-Pinneberg. But, from a wider point of view, the "" Presbyter Bremensis"" also sketches a picture of ""regional identity"" which is typical of late medieval German dynastic historiography : the bond uniting the ""terra"" and the counts is depicted as a consubstantial one, constitutive of the very existence of the former, whereas other elements such as the regional law merely play a subordinate role.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">County of Holstein/Duchy of Schleswig - Late medieval historiography - dynastic Chronicles - Law and ""regional"" identity</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gisèle Besson : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Locus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> and </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conuentus</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Latin Vocabulary of Grey Friars Places by Salimbene de Adam » <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Several latin words are used by the grey friars to designate places where they dwell, among them locus and conuentus. From the latter comes the french word ""couvent"" (often used to translate the latin vocable), that designates the buildings where friars live together, and then the community of friars itself. A study of the term conuentus in the Chronicle of the grey friar Salimbene de Adam indicates a step in the semantic evolution of this word. At the end of 13th century, the word conuentus still designates essentially the community of the friars, according to the etymology, but Salimbene in some rare cases uses this word to designate the buildings. However, he remains aware of the backgrounds of both locus and conuentus.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franciscans - Salimbene de Adam - locus - conuentus/french ""couvent"" - semantic evolution</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Depreux, Cécile Treffort : </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« The Parish in the De ecclesiis et capellis of Hincmar of Rheims. The Definition of a Norm arising from Current Practice »<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hincmar of Rheims wrote his ""Collection concerning churches and chapels"" in reply to a consultation of King Charles the Bald concerning the ""divisions"" of parishes that had been instituted by certain bishops towards the middle of the 9th century. The denunciation of this practice by the Archbishop of Rheims was based on the scriptural, patristic and canonical authorities, to which he joined a sort of Episcopal ordinance. The translation of this treatise, which is currently under way, provides an occasion for a new analysis. This article presents only a few main points which demonstrate that the main concern of Hincmar - to preserve the integrity of the ecclesiastical community and the pastoral environment - is also expressed in his correspondence and by his actions as a landlord, bishop and metropolitain.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hincmar, Archbishop of Rheims - parish - patristic - Canon Law - high Middle Ages</span></p>";308;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Histoire des principautés, des élites, des cours, de la formation universitaire, des transferts patrimoniaux, de la mise en place des États modernes de la micro-histoire, de la prosopographie et de l’histoire des femmes. Les quatre contributions ici présentées montrent, dans des contextes géographiques différents, la richesse de ces nouvelles perspectives.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du CNL et du CNRS.</p>";06/09/2005 14:40;0;Première édition;3386 411;1;3;28;L'adjectif;N°34/2005;;;"<p style=""text-align: justify;"">Parmi les classes de mots, les adjectifs sont relativement moins bien étudiés que les noms et les verbes. Cependant, ils posent des problèmes particuliers, comme la sémantique de la scalarité (comparatifs et superlatifs), ainsi que la syntaxe des adjectifs au sein du groupe nominal.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patricia Cabredo Hofherr et Ora Matushansky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ora Matushansky<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les adjectifs : une introduction</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Judy Bernstein<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">On the morpho-syntax of possessive constructions</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Olivier Bonami et Gilles Boyé<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Construire le paradigme d'un adjectif</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hagit Borer et Isabelle Roy</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Le nom de l'adjectif</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Bouchard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sériation des adjectifs dans le SN et formation de Concepts</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patricia Cabredo Hofherr<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les séquences déterminant défini + adjectif en espagnol et en français : une comparaison </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Norbert Corver<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Double comparatives and the comparative criterion</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louise McNally</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Lexical representation and modification within the noun phrase</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roger</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Schwarzschild</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Measure Phrases as Modifiers of Adjectives</span></p>";;10/07/2005;34;155X220;176;978-2-84292-176-7;9782842921767;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_411.gif;"<p><span style=""font-weight: bold;"">Ora MATUSHANSKY :</span> ""LES ADJECTIFS – UNE INTRODUCTION""<br />Cet article représente une brève introduction au domaine des adjectifs, leur syntaxe, sémantique et morphologie, ainsi qu’à la typologie des adjectifs. Il discute quelques-uns des thèmes les plus souvent abordés de ce domaine, tels que l’emploi épithète et l’emploi prédicatif des adjectifs; la sémantique et la syntaxe de la dépendance contextuelle y compris la scalarité; la structure argumentale des adjectifs; la syntaxe du syntagme adjectival et son comportement à l’intérieur et à l’extérieur du syntagme nominal; l’existence d’une classe des adjectifs, distincte des noms et des verbes, et les propriétés des adjectifs à travers les langues; et les questions de la morphologie adjectivale (l’accord, les affixes dérivationnels, etc.).</p><div style=""text-align: justify;""><br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Judy B. BERNSTEIN</span> : ""ON THE MORPHO-SYNTAX OF POSSESSIVE CONSTRUCTIONS""<br />Les constructions possessives de l’anglais, de l’espagnol et du français se distinguent par plusieurs propriétés. Cet article examine les variations concernant l’ordre des mots, l’expression de l’accord ainsi que la présence ou absence d’une préposition. Cet article étend l’analyse proposée pour l’anglais par Bernstein & Tortora (2005) à l’espagnol et au français, reprenant en particulier l’idée que les possessifs prénominaux sont distincts des possessifs postnominaux. Dans les trois langues, on retrouve un possessif prénominal qui est incompatible avec l’article défini, ce qui constitue un argument en faveur de l’idée que les possessifs prénominaux occupent une position interne au DP. Les possessifs postnominaux ont des comportements hétérogènes à travers les langues. Le fait que of apparaisse en anglais est compatible avec l’idée (voir Kayne 1993) que le mouvement postulé est interne au DP. Ce raisonnement s’applique également aux constructions possessives avec des DP pleins en espagnol et en français, qui sont introduites par la préposition de. En espagnol, la préposition n’apparaît pas avec les pronoms possessifs postnominaux, qui se comportent comme des adjectifs prédicatifs. L’analyse proposée ici postule une structure de relative réduite avec un adjectif possessif et un complémenteur supprimé. En français, la préposition à apparaît avec un pronom non-possessif. Cependant, il existe des arguments en faveur de l’idée que la construction du français a la même structure que celle de l’anglais.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;""> </span></div><div style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Olivier BONAMI & Gilles BOYÉ</span> : ""CONSTUIRE LE PARADIGME D’UN ADJECTIF""<br />On suppose généralement que les adjectifs du français ont un paradigme à quatre cases, leur forme variant en fonction du genre et du nombre. Sur la base d’un examen détaillé des adjectifs irréguliers, nous proposons une structure paradigmatique différente. D’abord, une cinquième case est ajoutée pour la forme de liaison prénominale du masculin singulier, qui a parfois des propriétés qui ne peuvent être déduites de la connaissance du reste du paradigme. Ensuite, nous proposons qu’à chaque adjectif soit associé un ESPACE THÉMATIQUE en plus de son paradigme. L’espace thématique est une entité morphomique au sens d’Aronoff (1994) : un adjectif peut avoir deux thèmes distincts, mais ces thèmes n’expriment pas de propriétés morphosyntaxiques.<br /> Les formes fléchies sont construites à partir de l’espace thématique. Ceci nous permet de rendre compte de manière uniforme des régularités partielles dans la forme prise par le masculin singulier prénominal de liaison, qui ressemble parfois au masculin singulier ordinaire (par exemple sec, féminin sèche, forme de liaison sec), parfois au féminin singulier (par exemple vieux, féminin vieille, forme de liaison vieil). Pour finir, nous montrons comment cette analyse peut être combinée avec un traitement des consonnes latentes et un traitement de la morphologie dérivationnelle pour fournir un tableau complet de la flexion des adjectifs en français.<br /> <br /></div><div style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Hagit BORER & Isabelle ROY</span> : ""LE NOM DE L’ADJECTIF""<br />Nous nous intéressons dans cet article aux adjectifs (supposés) construits comme des expressions nominales. À partir de données de l’anglais, du français, de l’hébreu et de l’espagnol, nous montrerons que ceux-ci appartiennent à deux classes distinctes. Une classe restreinte est constituée de noms véritables homophones avec les adjectifs correspondants, mais dont le sens n’est, bien que relié, pas directement dérivé de celui de l’adjectif. La classe la plus ample et productive est constituée de véritables adjectifs épithètes modifiant un nom nul. La variation des interprétations que le N nul peut recevoir, ainsi que la variation à travers les langues, s’avéreront dépendre des conditions d’identification et de légitimation des noms nuls dans une langue et une structure données.<br /> <br /><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Denis BOUCHARD</span> : ""SÉRIATION DES ADJECTIFS DANS LE SN ET FORMATION DE CONCEPTS""<br /> En français, il y a un ordre préféré pour les adjectifs lorsqu’ils sont du même côté du Nom à l’intérieur du syntagme nominal. Ces adjectifs sont interprétés dans un emboîtement : l’adjectif immédiatement juxtaposé au nom modifie ce nom, l’adjectif juxtaposé à ce groupe le modifie, et ainsi de suite. Les sériations dépendent du sens des adjectifs et du contexte d’emploi : l’adjectif qui est le plus susceptible de former un concept avec le nom selon la situation d’emploi est celui qui se combine immédiatement avec le nom, qui est le plus enchâssé. Les sériations ne représentent que des préférences et non pas des contraintes rigides, et il est presque toujours possible d’intervertir l’ordre des adjectifs. Les combinaisons résultantes ne constituent pas des déviances syntaxiques, mais plutôt des combinaisons sémantiques moins attendues : les expressions sont acceptables si le nom et l’adjectif adjacent construisent un concept provisoire qui est approprié dans le contexte.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Patricia CABREDO HOFHERR</span> : ""LES SÉQUENCES DÉTERMINANT DÉFINI + ADJECTIF EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL: UNE COMPARAISON1""<br /> Les séquences déterminant défini + adjectif en espagnol, et plus généralement les groupes nominaux sans nom introduits par des articles définis, ont fait l’objet de nombreuses recherches en grammaire descriptive et théorique. Àpartir d’une comparaison avec le français, cet article propose une analyse selon laquelle les groupes nominaux sans nom contenant des adjectifs simples sont des ellipses du nom tandis que les groupes nominaux sans nom contenant des adjectifs avec complément, des GP ou des relatives sont des pronoms modifiés. Il est soutenu que l’élément lo, traditionnellement analysé comme un article défini neutre, est en effet un pronom dans toutes ses occurrences.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Norbert CORVER</span> : ""DOUBLE COMPARATIVES AND THE COMPARATIVE CRITERION*""<br /> Dans cet article, je (ré)examine des données relatives aux comparatifs et à des constructions apparentées discutées dans Corver (1997a,b). Je propose que les mots comparatifs comme more, ‘plus’, et less, ‘moins’ ne sont pas des têtes fonctionnelles mais des projections maximales XP qui se déplacent à l’intérieur du syntagme adjectival vers le spécifieur d’une tête fonctionnelle qui encode la comparaison. Dans l’esprit des analyses développées dans Rizzi (1991), je propose que cette position de spécifieur est régie par un critère, le Comparative Criterion. Cette proposition s’appuie sur des données empiriques concernant le redoublement des comparatifs, à savoir la co-occurrence d’un morphème comparatif avec un mot comparatif comme dans more safer ‘plus sure-er’.<br /> <br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Louise MCNALLY</span> : ""LEXICAL REPRESENTATION AND MODIFICATION WITHIN THE NOUN PHRASE""<br /> En sémantique formelle, l’information encodée dans les représentations lexicales et les règles de composition est traditionnellement relativement limitée; dans ce type d’approche, le contexte joue un rôle considérable dans l’interprétation. Ce type d’approche est justifié si l’on cherche à rendre compte seulement des implications strictes des énoncés. Cependant, une telle répartition des tâches implique une simplification des représentations lexicales, relégant un nombre important de problèmes à la «poubelle pragmatique». Dans cet article, je discute deux types de problèmes liés à la modification du GN qui montrent que des représentations lexicales plus riches, comparables à celles proposées par la théorie du Lexique Génératif (Pustejovsky, 1995), devraient être prises en compte en sémantique formelle.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Roger SCHWARZSCHILD</span> : ""MEASURE PHRASES AS MODIFIERS OF ADJECTIVES1""</div><div style=""text-align: justify;"">Dans certaines langues, les syntagmes de mesure peuvent apparaître avec des adjectifs non comparés (165 cm tall ‘haut de 165 cm’). Je traiterai trois questions concernant cette construction : (a) le syntagme de mesure est-il un argument de l’adjectif ou plutôt un adjoint ? (b) quel statut doit-on donner au fait que cette construction est lexicalement restreinte à certains adjectifs (*5 kg heavy ‘lourd de 5 kg’)? (c) pourquoi cette restriction lexicale disparaît-elle une fois que l’adjectif apparaît au comparatif (5 kg heavier ‘plus lourd de 5kg’)? Je propose que le syntagme de mesure est un adjoint qui modifie l’argument de degré des adjectifs, comparable aux adverbes modifiant l’argument d’événement du SV. L’argument de degré lui-même ne peut être saturé que par un élément fonctionnel. Le type sémantique des syntagmes de mesure n’est compatible avec une prédication directe d’un argument de degré que dans les comparatifs. Par conséquent, je propose un changement de type semblable à celui qui se produit dans les comparatifs. Cette règle est ici lexicalement conditionnée s’appliquant à tall mais non à heavy.<br /> <br /></div>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Ora MATUSHANSKY </span>: ""LES ADJECTIFS – UNE INTRODUCTION""<br /> This article is a short introduction into the domain of adjectival syntax, semantics, morphology and typology. Its goal is to briefly discuss such commonly addressed topics as attributive and predicative uses of adjectives; syntax and semantics of context-dependency, including scalarity; argument structure of various adjectival types, the internal syntax of the adjectival phrase and its behavior inside and outside noun phrases; the existence of the lexical class of adjectives across languages and cross-linguistic properties, and finally, the questions related to inflectional and derivational adjectival morphology.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Judy B. BERNSTEIN</span> : ""ON THE MORPHO-SYNTAX OF POSSESSIVE CONSTRUCTIONS""<br /> Possessive constructions in English, Spanish, and French differ in several ways. This article considers variation in word order, in the expression of agreement, and in the appearance of a preposition. The article generalizes to Spanish and French Bernstein & Tortora’s (2005) analysis of English possessive constructions, particularly the idea that the prenominal possessive constructions are distinct from the postnominal ones. All three languages display a prenominal possessive form that cannot co-occur with an article, supporting the idea that these forms must (eventually) occupy a DP-internal position. Postnominal possessive constructions display various patterns cross-linguistically. That of is required in English is consistent with the idea (see Kayne, 1993) that the movement assumed is DP internal. This also applies to Spanish and French possessive constructions with lexical DPs, which display de. In Spanish, no preposition appears with postnominal possessive pronouns, which display properties of predicative adjectives. The analysis assumes a reduced relative structure with a possessive adjective and suppressed C (not D). In French, à appears with a non-possessive pronoun. Nevertheless, there is some support for the idea that the French construction is derived parallel to the English one.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Olivier BONAMI & Gilles BOYÉ </span>: ""CONSTUIRE LE PARADIGME D’UN ADJECTIF""<br /> French adjectives are usually described as having a simple 2x2 paradigm, where inflection varies with gender and number. On the basis of a thorough examination of irregular adjectives, we propose a different paradigm structure. First, a fifth slot is introduced to account for prenominal masculine liaison forms, which in some cases have properties that cannot be derived from the rest of the paradigm. Second, we propose that each adjective be associated with a STEM SPACE in addition to its paradigm. The stem space is a morphomic entity (Aronoff 1994) : although an adjective may have two different stems, these stems do not express any morphosyntactic properties.<br /> Inflectional forms are then computed from the stem space. This allows us to account in a uniform way for partial regularities in the form taken by the masculine singular liaison form, which looks sometimes like the ordinary masculine singular (e.g. sec ‘dry’, fem. sèche, liaison form sec) sometimes like the feminine singular (e.g. vieux ‘old’, fem. vieille, liaison form vieil). Finally we show how our analysis interfaces with an account of latent consonants and an account of derivational morphology to provide a full picture of adjectival inflection in French.<br /> <br /> <br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Hagit BORER & Isabelle ROY</span> : ""LE NOM DE L’ADJECTIF""<br /> This paper is concerned with (apparent) adjectives which function as nominals. On the basis of data from English, French, Hebrew and Spanish, we will argue that they belong to two distinct classes. One small class consists of true nouns that are homophonous with adjectives, but whose meaning may be related but is not directly derived from that of the adjectives. The large and productive class is composed of true attribute adjectives which modify a null N. The range of interpretations that null N can receive, as well as cross-linguistic variation in its interpretation will turn out to depend on the conditions on the licensing and identification of null Ns in a given structure and in a given language.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Denis BOUCHARD</span> : ""SÉRIATION DES ADJECTIFS DANS LE SN ET FORMATION DE CONCEPTS1""<br /> In French, there is a preferred order for adjectives when they are on the same side of the Noun inside a noun phrase. These adjectives are interpreted as being stacked: the adjective immediately juxtaposed to the noun modifies this noun, the adjective juxtaposed to this constituent modifies it, and so on. The seriations depend on the meaning of the adjectives and the context of use: the adjective most likely to form a concept with the noun given the situation of use is the one which immediately combines with the noun, which is the most deeply embedded. The seriations only indicate preferences and are not rigid constraints, and it is almost always possible to invert the order of the adjectives. The resulting combinations are not syntactically deviant, but rather are less expected semantic combinations: the expressions are acceptable if the noun and adjective form a concept which is appropriate in the context.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Patricia CABREDO HOFHERR </span>: ""LES SÉQUENCES DÉTERMINANT DÉFINI + ADJECTIF EN FRANÇAIS ET EN ESPAGNOL: UNE COMPARAISON1""<br /> The noun-less DPs consisting of a definite determiner and an adjective, and more generally of noun-less DPs introduced by the definite determiner, have been extensively studied in Spanish grammar. Starting from a comparison with French, this article proposes that noun-less DPs containing simple adjectives are structurally distinct from noun-less DPs containing adjectives with complements, PPs and relative clauses. The former are analysed as cases of N-ellipsis while the latter are argued to be instances of modified pronouns. Furthermore, it is proposed that Spanish lo, traditionally analysed as a neuter definite article is in fact a neuter pronoun in all its occurrences.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Norbert CORVER</span> : ""DOUBLE COMPARATIVES AND THE COMPARATIVE CRITERION*""<br /> In this paper, I (re)consider a number of facets of adjectival comparative (and related) constructions as discussed in Corver (1997a,b). Rather than taking comparative words like more and less to be functional heads that head some Degree Projection, I claim that they are phrases (i.e. XPs) that undergo displacement within the adjective phrase to a Spec-position of a functional head that encodes ‘comparison’. In the spirit of Rizzi (1991), this Spec position is characterized as a criterial position. The empirical basis for my proposal is the phenomenon of Comparative Doubling, i.e. the co-occurrence of the bound comparative morpheme (-er) and the comparative word more in expressions like more safer.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Louise MCNALLY</span> : ""LEXICAL REPRESENTATION AND MODIFICATION WITHIN THE NOUN PHRASE""<br /> Formal semanticists of natural language have traditionally worked with relatively impoverished lexical representations and have generally been conservative in drawing the line between those aspects of interpretation which are determined by lexical information and composition rules, and those which are determined contextually, leaving a substantial amount of work to context. While this strategy is justifiable if one considers the job of the semanticist to account only for what is strictly entailed, it has also in some sense greatly simplified this job, resulting in rather impoverished lexical representations and relegating many problems to the so-called pragmatics wastebasket, if in a relatively orderly fashion.<br /> Nonetheless, in this paper I discuss two kinds of problems, both related to modification within the noun phrase, which show why richer lexical representations similar to those proposed in Generative Lexicon theory (Pustejovsky 1995) should be of interest to formal semanticists.<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Roger SCHWARZSCHILD</span> : ""MEASURE PHRASES AS MODIFIERS OF ADJECTIVES1""<br /> In some languages, measure phrases can appear with non-compared adjectives: 5 feet tall. I address three questions about this construction: (a) Is the measure phrase an argument of the adjective or an adjunct? (b) What are we to make of the markedness of this construction *142lbs heavy? (c) Why is it that the markedness disappears once the adjective is put in the comparative (2 inches taller alongside 2lbs heavier)?<br /> I claim that because degree arguments are ‘functional’, the measure phrase has to be an adjunct and not a syntactic argument of the adjective. Like event modifiers in extended NPs and in VPs, the measure phrase predicates of a degree argument of the adjective. But given the kind of meaning a measure phrase must have to do its job in comparatives and elsewhere, it is not of the right type to directly predicate of a degree argument. I propose a lexically governed type-shift which applies to some adjectives allowing them to combine with a measure phrase. <br /> <br /></p>";354;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume traite d'aspects aussi divers que la flexion des adjectifs en français, les principes régissant l'ordre relatif des adjectifs, les possessifs, les prédicats scalaires, la structure argumentale des adjectifs, le rôle des adjectifs dans les groupes nominaux sans nom. Ces analyses de la morphologie, de la sémantique et de la syntaxe des adjectifs, s'appliquent à différentes langues : anglais, néerlandais, allemand, hébreu moderne , langues romanes.</p>";;19/09/2005 15:43;0;Première édition;3147 412;1;3;29;Motif, motifs - Linguistique, littérature, philosophie;N°23/2005;;;"<p style=""text-align: justify;"">Examen des usages possibles de la notion de motif sur des corpus variés et dans le cadre d'approches disciplinaires différentes, simples ou croisées.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Abrioux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Présentation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves-Marie Visetti</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Notions de motif : du texte au morphème - généalogies et variantes</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonia Soulez<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dessins, schémas, gribouillis de et chez Wittgenstein : question de voir comme</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphanie Bonnefille<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">« Schèmes mentaux » et « dynamique des forces » : mise au jour de motifs phénoménologiques dans la grammaire anglaise</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Vanderhaegue</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The Universal Baseball Association</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Coover et la question du motif et du jeu</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire Larsonneur</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Du bon usage philosophique des « patrons »</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laurent Zimmermann</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La valeur opératoire du motif dans Le Tramway de Claude Simon </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathieu Duplay</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> « </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I see water and buildings</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> » : motifs et transmigration chez John Adams</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">YvesAbrioux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Du motif et de son actualisation. À partir de textes de Francis Ponge</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/11/2005;23;155x220;176;9,78284E+12;9782842921736;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_412.gif;;;;286;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le motif a une longue histoire qui le place résolument du côté du pictural et du musical, puis, ultérieurement, du littéraire et de l'anthropologique. Cadiot et Visetti, dans un travail de sémantique qui a fait date, ont proposé de modifier les fondements de la notion. Dans le sillage de leur travail et du déplacement conceptuel qu'ils ont opéré, ce numéro se propose de réexaminer les usages possibles de la notion de motif sur des corpus variés et dans le cadre d'approches disciplinaires différentes, simples ou croisées.</p>";;19/09/2005 16:32;0;Première édition;3146 413;2;3;19;Noms nus et généricité;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume porte sur un sujet central pour la théorie linguistique : l’expression linguistique de ce qu’on nomme la généricité, et plus précisément, la généricité nominale.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen DOBROVIE-SORIN<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Généricité et détermination nominale</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Définitude et référence aux espèces</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire BEYSSADE<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les définis génériques en français : noms d'espèces ou sommes maximales</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges KLEIBER <br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Des démonstratifs bien énigmatiques: les démonstratifs cataphoriques génériques</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henriette de SWART et Donka FARKAS <br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Groupes nominaux génériques définis et indéfinis</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p style=""text-align: center;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Noms nus, nombre et généricité</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> <strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen DOBROVIE-SORIN et Tonia BLEAM<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Noms nus, nombre et types d'incorporation</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Song-Nim KWON et Anne ZRIBI-HERTZ<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pluriel et généricité nominale : quelques enseignements du coréen</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain KIHM<br /></span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quelques notes à propos des groupes nominaux nus en kriyol (créole portugais de Guinée-Bissau)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bilan<br />Bibliographie<br />Index</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/12/2005;0;137x220;240;978-2-84292-175-0;9782842921750;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_413.jpg;;;;346;23.00;"<p style=""text-align: justify;""> Du fait que l’interprétation générique est corrélée en anglais à l’absence d’article, les recherches sur la généricité sont en partie solidaires de celles sur les noms nus. À travers un choix de textes portant sur des langues typologiquement différentes, précédés d’une présentation pédagogique qui permet au lecteur non spécialiste d’accéder aux finesses de la problématique abordée, le volume offre une image d’ensemble des résultats les plus récents dans le domaine de la généricité nominale et prolonge les différents débats en cours en introduisant plusieurs hypothèses originales. Sont privilégiées les généralisations empiriques, l’argumentation et la clarté conceptuelle, plutôt que le détail technique de la formalisation. Ce livre fournira à la fois un manuel de référence aux étudiants de linguistique et une lecture stimulante aux chercheurs confirmés.</p>";;19/09/2005 17:28;0;Première édition;3147 414;1;6;27;La paroisse - Genèse d'une forme territoriale;N°49/2005;;;"<p style=""text-align: justify;"">Regard sur l'émergence du territoire paroissial au Moyen ge, en liaison notamment avec le caractère sacré de l'espace entourant l'église.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Élisabeth ZADORA-RIO, Dominique IOGNA-PRAT<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Formation et transformations des territoires paroissiaux</span></p><p><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Michel LAUWERS</span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /> Paroisse, paroissiens et territoire. Remarques sur </span><em><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">parochia</span></em><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> dans les textes latins du Moyen Âge</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">John BLAIR<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Les recherches récentes sur la formation des paroisses en Angleterre : similitudes et différences avec la France</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Hélène NOIZET</span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /> De l'église au territoire : les paroisses à Tours (XIe-XIIIe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">François COMTE, Emmanuel GRELOIS<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">La formation des paroisses urbaines : les exemples d'Angers et Clermont (Xe-XIIIe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Florent HAUTEFEUILLE<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">La délimitation des territoires paroissiaux dans les pays de moyenne Garonne (Xe-XVe siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Samuel LETURCQ<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Territoires agraires et limites paroissiales</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Élisabeth ZADORA-RIO<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Territoires paroissiaux et construction de l'espace vernaculaire</span></p><p><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Piroska NAGY</span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /> La notion de </span><em><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">christianitas</span></em><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> et la spatialisation du sacré au Xe siècle : un sermon d'Abbon de Saint-Germain</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Bruno LAURIOUX<br /> </span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Le prince des cuisiniers et le cuisinier des princes : nouveaux documents sur Maestro Martino, </span><em><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">cocus secretus</span></em><span style=""font-family: Arial,Geneva;""> de Paul II et Sixte IV</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Julie SINGER</span></strong><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /> L'horlogerie et la mécanique de l'allégorie chez Jean Froissart</span></p><p><span style=""font-family: Arial,Geneva;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Arial,Geneva;"">Notes de lecture<br /> Sommaires des ouvrages collectifs<br /> Livres reçus</span></p>";;10/12/2005;49;155x220;192;978-2-84292-177-4;9782842921774;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_414.gif;"<p> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Michel LAUWERS</span> : « Paroisse, paroissiens et territoire. Remarques sur « parochia » dans les textes latins du Moyen Âge »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">L'étude lexicale proposée explore la dimension spatiale des usages du mot parochia. Dans un premier temps, parochia paraît avoir surtout désigné le populus, c'est-à-dire les fidèles d'une église, dont l'assemblée faisait et définissait la plebs. C'est alors l'autorité épiscopale exercée sur un certain nombre de plebes qui donnait consistance au diocèse. À partir du IX<sup>e</sup> siècle, l'idée s'imposa en outre qu'à tout lieu de culte devait correspondre une aire de prélèvement de la dîme (parfois qualifiée de parochia, souvent désignée par le mot terminum). Les fidèles dépendant d'une église – et s'inscrivant désormais au sein d'un espace plus ou moins circonscrit – furent à cette époque qualifiés de « paroissiens » (parochiani). Les attestations de parochia entre le IX<sup>e</sup> et le XII<sup>e</sup> siècle font apparaître que la « paroisse » fut alors progressivement comprise comme une structure spatiale assurant aux populations des lieux de culte de proximité.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Parochia – paroissien – territoire</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">John BLAIR</span> : « recherches récentes sur la formation des paroisses en Angleterre : similitudes et différences avec la France »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cet article compare la formation des paroisses en Angleterre et en France. Le modèle d'un système mis en place par l'autorité épiscopale – fondé essentiellement sur les textes des conciles et les sources concernant la Touraine – convient moins bien à l'Angleterre et au Nord de la France qu'aux régions situées au sud de la Loire : au cours des années 650-850, la culture essentiellement monastique de l'Angleterre la rapproche de la « Gaule monastique » de J.-F. Lemarignier. Les premières paroisses anglaises se sont formées autour des centres monastiques régionaux (minsters), en s'adaptant aux structures de domination foncière, d'imposition et d'identité communautaire. C'est seulement à partir de 900, et de la fragmentation des grands domaines fonciers, que ces « paroisses-mères » ont été subdivisées à leur tour et ont donné naissance à de nouvelles paroisses, d'origine seigneuriale : un processus qui est probablement plus proche qu'on ne le croyait de celui qui s'est produit dans certaines régions de la France du Nord. Cette nouvelle identité paroissiale s'est traduite par un contrôle accru des inhumations et la mise en place, autour des minsters comme des églises locales, de cimetières consacrés et délimités.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Paroisse – monastère – encadrement pastoral – sépulture</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Hélène NOIZET </span>: « De l'église au territoire : les paroisses à Tours (XI<sup>e</sup>-XIII<sup>e</sup> s.) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Entre les XIe et XIIIe siècles, plusieurs étapes de la formation des paroisses de la ville de Tours peuvent être reconstituées à partir des sources diplomatiques. À cette époque, les droits paroissiaux de baptême et de sépulture constituent le véritable enjeu disputé entre les institutions ecclésiastiques et les paroisses ne semblent pas conçues comme des territoires. Simplement certains points de l'espace urbain – les ecclesiae – émergent comme des pôles de regroupement des fidèles afin de constituer des revenus suffisants au desservant de la paroisse, la délimitation précise d'un espace paroissial n'intervenant qu'en cas de litige. À l'échelle de la ville, la mise en cohérence de ces quelques points, ainsi que la fonction paroissiale qui leur est nouvellement assignée, caractérise l'émergence d'une topographie paroissiale, qui ne se territorialise, dans la pratique, qu'à la fin du XIII<sup>e</sup> siècle.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Tours – paroisse urbaine – territoire – sépulture – baptême</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">François COMTE, Emmanuel GRELOIS</span> : « La formation des paroisses urbaines : les exemples d'Angers et de Clermont (X<sup>e</sup>-XIII<sup>e</sup> siècles) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Mal identifiées avant le XII<sup>e</sup> siècle à Angers et le XIII<sup>e</sup> à Clermont, les paroisses urbaines apparaissent autour des anciennes basiliques funéraires devenues monastères ou chapitres, selon une chronologie incertaine. Au XII<sup>e</sup> siècle, les nouvelles paroisses d'Angers sont mieux connues grâce aux mentions des desservants et à leurs délimitations territoriales ; les 16 paroisses, en tout, sont pour l'essentiel calquées sur les censives des établissements religieux. À Clermont, les chapitres et les établissements réguliers se partagent l'espace urbain et suburbain en 14 paroisses (18 avec Chamalières et Montferrand) de dimensions très inégales et peu modifiées par l'évolution du peuplement.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Angers – Clermont-Ferrand – paroisse urbaine – limites</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Florent HAUTEFEUILLE</span> : « La délimitation des territoires paroissiaux dans les pays de moyenne Garonne (X<sup>e</sup>-XV<sup>e</sup> siècles) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Dans l'aire de la confluence Tarn-Aveyron-Garonne, la documentation fait apparaître plusieurs types de paroisses, attachées à différents types d'églises, de l'église annexe au prieuré. Ces différences paraissent plus juridiques ou fiscales que réelles dans le fonctionnement quotidien de la paroisse des paroissiens. Par ailleurs, le processus de territorialisation des paroisses semble tardif et lent à se généraliser. Il s'explique par trois phénomènes qui se mêlent : l'influence de structures issues du passé, la contrainte géographique et les aléas de l'histoire contemporaine du processus de formation.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Quercy – prieuré – territoire – hiérarchie – dîmes</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Samuel LETURCQ</span> : « Territoires agraires et limites paroissiales »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le « terroir », territoire sur lequel une communauté paysanne exerce une compétence en matière agraire, est une réalité mal connue des campagnes médiévales et modernes. En l'absence de sources définissant précisément cette réalité spatiale, les historiens tendent volontiers à confondre territoire agraire et territoire paroissial. De nombreux exemples, répartis sur l'ensemble du territoire français, montrent toutefois que cette confusion doit être évitée ; le territoire agraire possède une cohérence assise sur une logique d'exploitation foncière étrangère aux préoccupations religieuses ou fiscales de la paroisse. Une paroisse peut être morcelée en plusieurs territoires agraires, ou alors être intégrée toute entière, ou en partie, dans un territoire dont l'existence juridique est fondée sur des ententes intercommunautaires.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Terroir – agriculture – communauté rurale – paroisse</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Élisabeth ZADORA-RIO</span> : « Territoires paroissiaux et construction de l'espace vernaculaire »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">La nouveauté radicale du réseau paroissial, par rapport aux découpages administratifs de l'Antiquité et du haut Moyen Âge, tient à son échelle : c'est le premier maillage administratif à l'échelle de l'espace vernaculaire dans lequel s'inscrivent les pratiques religieuses et sociales des populations locales. Si la volonté d'enraciner la communauté paroissiale dans un territoire cohérent et précisément circonscrit est bien attestée aux XII<sup>e</sup>-XIII<sup>e</sup> siècles, et si ses origines peuvent être tracées jusqu'au IX<sup>e</sup> siècle, sa mise en œuvre s'est heurtée à de nombreux obstacles, dus en particulier aux ressorts multiples des droits paroissiaux, qui n'étaient ni co-extensifs, ni précisément délimités. Les superpositions de territoires étaient nombreuses et ont pris fin seulement avec la cartographie moderne, lors de la création des communes en 1790.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Paroisse – territoire – limite – cospatialité</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Piroska NAGY</span> : « La notion de chistianitas et la spatialisation du sacré au X<sup>e</sup> siècle : un sermon d'Abbon de Saint-Germain »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Dans le cadre d'une recherche collective sur la spatialisation et la territorialisation du sacré, l'article s'intéresse à l'usage et aux sens de la notion de christianitas en France au début du X<sup>e</sup> siècle. Par rapport à l'idée originelle de l'Église, incarnant la communauté des croyants d'une religion qui se veut hors du monde, la spatialisation ou territorialisation de la chrétienté, en cours depuis les débuts de l'ancrage au sol de l'Église, représente une inversion. Or l'usage du terme « chrétienté » avec un sens social et spatial apparaît avec l'affirmation de l'Empire carolingien aux alentours de l'an 800, dans les milieux proches de l'empereur et du pape ; au moment de la disparition de l'Empire, il est relayé par le discours monastique. C'est ce discours qu'analyse l'article, tel qu'il se manifeste dans le sermon d'Abbon de Saint-Germain intitulé Du fondement et de l'accroissement de la chrétienté, rédigé probablement dans les années 920. On perçoit ici l'émergence d'un pouvoir ecclésial qui est en train de se profiler comme garant de l'ordre, en clamant la translatio de la christianitas en l'absence d'un imperium.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Abbon de Saint-Germain – chrétienté – spatialisation/territorialisation – Église</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Bruno LAURIOUX </span>: « Le prince des cuisiniers et le cuisinier des princes : nouveaux documents sur Maestro Martino, cocus secretus du Pape »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Bien connu pour avoir été l'inspirateur du versant culinaire du De honesta voluptate de Platina, Maestro Martino a vu son existence et sa carrière progressivement dévoilées au gré de la réapparition des manuscrits de son livre de recettes, le Libro de arte coquinaria. Les notations contenues dans les archives de la papauté, et notamment dans les comptes de menues dépenses de la maison pontificale, permettent de compléter son parcours avec un long séjour à Rome, au service des papes Paul II puis Sixte IV. Cuisinier secret engagé par le pape avant même la mort de son précédent patron (le patriarche d'Aquilée), Maestro Martino a joué un rôle de premier plan dans la préparation de la collation du carnaval de 1466, un des temps forts du pontificat de Paul II.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cuisiniers – papes – Paul II – comptes d'approvisionnement – humanisme</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Julie SINGER</span> : « L'horlogerie et la mécanique de l'allégorie chez Jean Froissart »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">L'Orloge amoureus de Jean Froissart, un poème narratif rédigé vers 1368, se construit à partir d'une comparaison simple : l'amant est comme une horloge, ou plus précisément, l'amant peut bien être comparé à l'horloge. Dans cet article nous proposons de résumer les innovations de l'horlogerie au XIV<sup>e</sup> siècle et de situer le poème de Froissart dans le contexte d'autres ouvrages contemporains traitant de l'horloge ou de l'horlogerie. L'élaboration de l'Orloge amoureus en trois « modes » de narration lui donne à la fois le caractère d'un traité de l'horlogerie, d'une description allégorique de la psychologie de l'amant, et d'un appel direct à la dame aimée. Alors que la composition du texte à partir d'un modèle mécanique met en relief les concepts fondamentaux de l'ordre et de la mesure, l'instabilité inhérente au rapport entre les trois modes expose et déconstruit le travail que fait le créateur d'une allégorie amoureuse.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Jean Froissart – Orloge amoureus – horlogerie – allégorie</p>";;"<p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Michel LAUWERS </span>: « Parish, parishioners and territories. Remarks on the word “parochia” in medieval Latin sources »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">This lexical study analyses the spatial implications of the word « parochia ». It was originally used to designate the populus, i.e. the faithful belonging to a church, the congregation of which constituted the plebs. The diocese was defined then only by the domination exercised by a bishop over a number of plebes. From the 9th century onwards, the idea that each church was entitled to a tithing area – sometimes designated by the word « parochia », but often by « terminum » – became widespread. The faithful belonging to a church, and dwelling within a more or less bounded space, were then called « parishioners » (parochiani). Evidence for the use of the word parochia, between the 9th and the 12<sup>th</sup> centuries, shows that it was then progressively understood as a spatial entity, which provided communities with churches within a convenient distance.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Parochia – parishioners – territory</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">John BLAIR</span> : « Recent work on parish formation in England : some comparisons and contrasts with France »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">This paper compares parish formation in England and France. The model of an episcopally-directed system – based primarily on Church councils and the sources for the Touraine – is less appropriate to England and northern France than to regions south of the Loire : in its primarily monastic ecclesiastical culture during c.650-850, England resembled J.-F. Lemarignier's « Gaule monastique ». The first English parishes developed around regional monastic centres (« minsters »), and reflected patterns of land-lordship, taxation and community identity. Only after 900, with the fragmentation of land-holding, did these « mother-parishes » fragment in turn into the local parishes of manorial churches : a process which may have been closer to parts of northern France than has been thought. One sign of this new parish identity is a more controlled burial practice, with the rise of consecrated and bounded graveyards at both minsters and local churches.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Parish – monastic – pastoral care – burial</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Hélène NOIZET</span> : « From church to territory : the parishes in Tours (11th-13th c.) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Various stages in the formation of urban parishes in Tours can be established from documentary sources between the 11<sup>th</sup> and 13<sup>th</sup> centuries. During that time, burial and baptismal rights were the main bone of contention between ecclesiastical institutions, and parishes were apparently not thought of as territories. The churches were used as gathering points for the faithful, in order to bring together sufficient income for the priest in charge, and the precise demarcation of parochial space occurred only in disputed cases. The connection of these churches within a parish network was not completed before the end of the 13<sup>th</sup> century. It is only then that the urban parishes in Tours were considered as territories.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Tours – urban parish – territory – burial – baptism</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">François COMTE</span> : « The development of parishes in two cities :</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Angers and Clermont (X<sup>th</sup>-XIII<sup>th</sup> centuries) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">It is hard to identify urban parishes before the XII<sup>th</sup> century in Angers and the XIII<sup>th</sup> in Clermont. They were established around the former extramural cemetery basilicas, transformed into monasteries and collegiate churches on a time-scale which remains unclear. In the XII<sup>th</sup> century the parishes in Angers are known through documentary references to their incumbents or to their boundaries. Most of the 16 parishes adopted the boundaries of seignorial estates belonging to religious institutions. In Clermont, the collegiate churches and monasteries divided the urban territory into 14 parishes (18 including Chamalières and Montferrand) of unequal size, which were not much modified in response to changes in population.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Angers – Clermont-Ferrand – urban parish – boundaries</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Florent HAUTEFEUILLE</span> : « The process of bounding parish territories in Quercy (10th-15th c.) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">In the confluence area of the Tarn, the Aveyron and the Garonne, documentary evidence shows a wide variety of parishes, attached to different kinds of churches (secondary church, monastic church...). These differences seem to bear more on legal or fiscal status than on the reality of the parish or on parishioners'practice. The process of bounding parish territories was late, and its completion was slow to come about. It was determined by three inter-related factors : the influence of patterns of the past, the topographical constraints, and incidental local circumstances.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Quercy – priory – territory – hierarchy – tithes</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Samuel LETURCQ</span> : « Agrarian territories and parish boundaries »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The territory over which a rural community has control (« terroir » in French) is a reality difficult to grasp in the medieval and post-medieval landscape. In the absence of documentary evidence allowing the reconstruction of these agrarian territories, historians tend to confuse them with parish territories. However, numerous examples from all over France show that this confusion should be avoided : agrarian territories take their coherence from a logic of land-use disconnected from the religious or fiscal purposes of the parish. A parish may be divided into several agrarian territories, or be fully – or partly – integrated into a territory the legal existence of which was based on intercommunity agreements.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Territory – agriculture – rural community – parish</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Élisabeth ZADORA-RIO</span> : « Parish territories and the construction of vernacular space »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The radical novelty of the parish network, as opposed to the administrative units of Antiquity and the early Middle Ages, lies in its scale : the parish network was the first administrative pattern on the scale of peasant communities, integrating the religious and social practices of local populations. If the will to anchor the parish community within a coherent and precisely delimited territory is clearly documented by the 12<sup>th</sup>-13<sup>th</sup> c., its enactment was fraught with obstacles, due in particular to the fact that the various forms of parochial jurisdiction were neither coterminous nor precisely defined geographically. Overlaps of territories were frequent and came to an end only with the birth of modern mapping and the delimitation of modern civil parishes in 1790.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Parish – territory – boundary</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Piroska NAGY</span> : « A sermo of Abbo of Saint Germain. The notion of christianitas, space and sacred in the 10th century »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">This article results from collectively conducted research on the notions of « spatialisation » of the holy. The author studies here the use and the meanings of the term christianitas in Francia at the beginning of the 10<sup>th</sup> century.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The primitive Christian Church embodied the community of the faithful who considered themselves belonging to a religion « outside the world ». Compared to this ideal present in the theological discourse, the reality of the medieval Church linked to the land represents an inversion. Parallel to this process, the use of the term « christianitas » with a social and spatial meaning appears around 800 in the imperial and pontifical circles. Once the Carolingian empire vanished, the idea was taken over by monastic circles. The article studies a sermon of Abbo of Saint-Germain dedicated to the notion of christianitas and written around 920. Through its use of the term, the sermon shows the emergence of a Church which wants to guarantee public order once the imperium failed in this mission.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Abbo of Saint-Germain – christianity – territory – Church</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Bruno LAURIOUX</span> : « The Prince of Cooks and the Cook of Princes : New Documents</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Concerning Maestro Martino, Cocus Secretus of the Pope »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Well known for having been the inspiration of the section on cooking in the De honesta voluptate of Platina, Maestro Martino's existence and career have been progressively revealed with the reappearance of the manuscripts of his book of recipes, the Libro de arte coquinaria. The notes contained in the archives of the papacy, notably the accounts of the pontifical household, allow us to complete what we know of his career by a prolonged stay in Rome in the service of Paul II and Sixtus IV. A secret cook, engaged even before the death of his previous patron, the patriarch of Aquilea, Maestro Martino played a leading role in the preparation of the collation for the carnival of 1466, a highlight of the pontificate of Paul II.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cooks – popes – Paul II – household accounts – humanism</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Julie SINGER</span> : « Clockmaking and the Mechanics of Allegory in Jean Froissart's Orloge amoureus »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Jean Froissart's Orloge amoureus, a narrative poem composed around 1368, is constructed upon a seemingly simple analogy : the lover is like a clock, or more precisely, a lover could well be compared to a clock. The present study proposes to summarize the innovations of fourteenth-century clockmaking and to situate Froissart's poem within the context of other late medieval texts employing the figure of the clock. The text's elaboration in three narrative « modes » make of it at once a treatise on clockmaking, an allegory of the psychology of love, and a direct appeal to the beloved lady. While the text's dependence on a mechanical model underlines the concepts of order and measure, the inherent instability of the relationship between the three modes lays bare and deconstructs the mechanisms of conventional love-allegory.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Jean Froissart – Orloge amoureus – clockmaking – allegory</p>";282;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les recherches les plus récentes ébranlent l'idée reçue d'une pérennité de la paroisse à travers l'histoire. À partir des sources écrites et archéologiques, les auteurs des contributions réunies ici proposent un nouveau regard sur l'émergence du territoire paroissial au Moyen ge, en liaison notamment avec le caractère sacré de l'espace entourant l'église. Attentives aux diversités régionales et aux différences entre villes et campagnes, ces études permettent aussi de mieux comprendre le passage de la paroisse à la commune, une entité toujours vivante dans la France d'aujourd'hui.</p>";;19/09/2005 17:43;0;Première édition;3386 415;2;3;20;Le Désir et le Goût;Une autre histoire (XIIIe-XVIIIe siècles);;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce livre, dédié à Jean-Louis Flandrin (1931-2001) – questionneur inlassable, chercheur avide et méthodique de ce qui semblait devenu inaccessible : les désirs et les goûts des hommes et des femmes du passé.</p>";"<p><strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></em></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Trente ans d'histoire des sensibilités</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Burguière</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Histoire et démographie. Dialogue avec Jean-Louis Flandrin </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Corbin</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les principales étapes de l'histoire du sexe en Occident </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Odile Redon, Bruno Laurioux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Histoire de l'alimentation entre Moyen ge et Temps modernes </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""color: #800000;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'invention des goûts</span></strong></span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bruno Laurioux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les voyageurs et la gastronomie en Europe au XVe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nathalie Héraud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Exotisme culinaire et représentations nationales dans les cuisines européennes de la Renaissance : le témoignage des livres de cuisine</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mary et Philip Hyman<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les associations de saveur dans les livres de cuisine français du XVIe siècle </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antoine Jacobsohn<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Techniques agricoles et goût des aliments à l'époque moderne : le froment et le pain en France au XVIIIe siècle </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""color: #800000;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Désirs sous contrôle</span></strong></span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Rosenberger<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Diététique et cuisine dans l'Espagne musulmane du XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marilyn Nicoud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les médecins à la cour de Francesco Sforza ou comment gouverner le prince (deuxième moitié du XVe siècle) </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sara Matthews Grieco<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La mouche au lait. Amour et luxure dans les livres d'emblèmes en France au XVIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cathy McClive<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Engendrer pendant les menstrues : devoir conjugal et interdit sexuel à l'époque moderne </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""color: #800000;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Drames intimes</span></strong></span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Didier Lett</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'habit ne fait pas le genre. Les travestissements de Frère Denise chez Rutebeuf (1262) </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christiane Klapisch</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Propager l'injure ? Les limites de l'intime dans l'écriture privée </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Dorothea Nolde<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Adultère et pouvoir marital (France, fin XVIe-début XVIIe s.) </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Steinberg</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Les enfants nés des amours ancillaires (France XVIe-XVIIe s.) </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie Perrier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les relations domestiques dans les familles « recomposées » de la France d'Ancien Régime</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""color: #800000;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'historien du sensible</span></strong></span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Massimo Montanari<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un historien gourmand </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Vigarello<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poursuivre l'oeuvre de Jean-Louis Flandrin</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie de Jean-Louis Flandrin </span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p></blockquote>";;10/11/2005;0;137x220;304;978-2-84292-174-3;9782842921743;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_415.jpg;;;;594;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Si Un Tel, un soir, en un temps en un lieu, se voit proposer à table un chapon rôti plutôt qu'une anguille en tourte, doit-on voir là un usage local, une affaire de tradition, de standing socio-économique ou la recherche d'un goût, d'un plaisir ? Dans l'intimité de la maison comment un couple légitime gouvernait-il sa sexualité et sa fécondité ? Que sait-on des couples qui n'étaient pas bénis par l'Eglise ? Que signifie la diversité des usages suivant les lieux ? Et leur évolution dans le temps ? <br /> Les lecteurs y trouveront ici un bilan scientifique en matière d'histoire de la famille et de la sexualité et d'histoire de l'alimentation. Ils retrouveront l'ambiance vive des débats historiographiques des dernières décennies et choisiront leur parcours à travers cette histoire inusuelle, proche des tensions et des émotions quotidiennes, dans le plaisir ou la souffrance. Ils reconnaîtront ou découvriront la figure de l'historien, de l'homme qui pratiqua avec passion cette histoire, à qui furent dédiés par des collègues qui lui étaient proches le colloque de 2003 et ce livre : Jean-Louis Flandrin, questionneur impénitent, chercheur avide et méthodique de ce qu'on pouvait croire introuvable : le désir et le goût des hommes et des femmes du passé.</p>";;22/09/2005 09:18;0;Première édition;3081 416;2;3;30;Le verbe. 3. Les subordonnées;Suite et fin;;;"<p style=""text-align: justify;"">Volume consacré au verbe, avec pour fil conducteur est, comme dans les deux volumes précédents, l’étude de la concurrence entre l’indicatif et le subjonctif.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Les subordonnées relatives</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1.Introduction<br />2. Les pronoms relatifs<br />3. L'indicatif prédominant<br />4. Le subjonctif prédominant<br />5. Indicatif et subjonctif<br />6. Interférences<br />7. Le conditionnel<br />8. Les relatives implicites<br />9. Absence du pronom relatif<br />10. Pronom relatif ?</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Les interrogatives indirectes</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">11. Introduction<br />12. Indicatif et subjoncti<br />13. Le conditionnel<br />14. L'infinitif<br />15. Plusieurs termes introductifs<br />16. Chissà<br />17. Tours elliptiques<br />18. Subordonnée antéposée</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Les hypothétiques</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">19. Introduction<br />20. Les conjonctions et locutions conjonctives<br />21. La place de la subordonnée<br />22. Se et l'indicatif<br />23. Se et le subjonctif<br />24. Se anche/ se pure (seppure)/se mai (semmai)<br />25. Autres conjonctions<br />26. Constructions particulières<br />27. Fantaisies</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - Les comparatives</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">28. Introduction<br />29. La comparaison d'égalité<br />30. La comparaison d'inégalité<br />31 . La comparaison de proportionnalité<br />32. Altrettanto<br />33. Les subordonnées comparatives-hypothétiques<br />34. Le superlatif relatif<br />35. Les comparatives implicites</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V – Les subordonnées de manière</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">36. Difficile définition<br />37. Exemples</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI - Les subordonnées causales</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">38. Les conjonctions<br />39. Le mode<br />40. Le simple che<br />41. Tours particuliers<br />42. Les subordonnées causales implicites</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VII - Les subordonnées finales</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">43. Les conjonctions<br />44. Exemples<br />45. Le simple che<br />46. Les finales implicites</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VIII - Les subordonnées concessives. </span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">47. Introduction<br />48. Indicatif et subjonctif<br />49. Le conditionnel<br />50. Les concessives implicites<br />51. L'absence de verbe</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IX - Les subordonnées consécutives</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">52. Introduction<br />53. Indicatif et subjonctif<br />54. Les consécutives implicites</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">X - Les subordonnées temporelles</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">55. Introduction<br />56. Quando<br />57. Come<br />58. Relations de contemporanéité<br />59. Relations d'antériorité<br />60. Relations de postériorité<br />61. Relations inchoatives<br />62. Relations graduelles<br />63. Relations itératives<br />64. Relations marquant un terme<br />65. La simple conjonction che<br />66. Conjonctions non répétées<br />67. Les temporelles implicites</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XI – Les subordonnées de lieu</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">68. Définitions<br />69. Exemples</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annexe<br />Liste des ouvrages cités<br />Index</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/05/2006;15;155x220;160;978-2-84292-183-5;9782842921835;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_416.jpg;;;;101;18.00;"<p style=""text-align: justify;""> L’emploi des modes et des temps dans les propositions complétives faisait l’objet du volume n° 14. Le présent volume répond au même propos en ce qui concerne les autres types de subordonnées. S’appuyant sur un ensemble de près de 1000 phrases relevées chez des auteurs presque exclusivement contemporains, l’analyse s’attache tout particulièrement à suivre les nombreuses fluctuations que révèle ce corpus dans le choix entre les modes, plus spécialement entre l’indicatif et le subjonctif.</p>";;24/02/2006 11:18;0;Première édition;3147 417;2;6;14;Antonioni. Personnage paysage;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Traversant l'œuvre d'Antonioni, Sandro Bernardi propose un itinéraire inédit à travers des films qu'on croyait connaître pour en révéler un versant caché : la présence d'une dimension mythique du monde. </p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le paysage comme forme symbolique</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Paysage et culture<br /> - Le spectateur comme sujet du regard<br /> - Regarder et voir<br /> - Pavese : la culture est une réflexion sur le mythe<br /> - Anthropologie et poésie<br /> - Esthétique et anthropologie<br /> - Typologies<br /> - "" Le panorama squelettique du monde ""<br /> - Le temps des jeux : la figure et le fond<br /> - Le temps des mythes : l'intégration entre paysage et récit<br /> - Ouverture sur les possibles<br /> - Le temps de la réflexion, La place du sujet</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La déstructuration de la séquence</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La fin des interprétations<br /> - Les deux questions<br /> - Que regardons-nous ?<br /> - Du lieu à l'espace et de l'espace au lieu<br /> - Qui regarde ? </span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les lieux et les histoires</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Projets et poétiques<br /> - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronique d'un amour</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, les lieux du mythe sans mythe<br /> - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Femmes entre elles</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, ou les non-rencontres<br /> - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le cri</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, une symphonie de regards manqués<br /> - Le début et la fin du film : le cycle<br /> - Multiplicité des points de vue</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La perte du paysage</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Un film à la manière de Cézanne, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Avventura</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> - L'ultime récupération du paysage</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paysages urbains et nouvelles identités </span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Une femme<br /> - Le regard tactile<br /> - La parodie du paysage, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Éclipse<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'hybridation entre cinéma et peinture<br /> - </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Désert rouge</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les mystères du parc</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Parcs romantiques et parcs moderne<br /> - La séquence égarée</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Regarder le vide</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Zabriskie point</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, Ou l'entrée dans le paysage<br /> - Profession reporter, apprendre a regarder<br /> - Identification d'un espace vide : le lieu</span></p>";;10/04/2006;0;137x220;160;978-284292-180-4;9782842921804;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_417.jpg;;;;238;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans le cinéma d'Antonioni, le paysage reste un horizon énigmatique et menaçant où vont se perdre ceux qui savent regarder. Des personnages indéfinissables, parfois inconsistants, ne font que guider le spectateur vers ce qui ne se voit plus dans un univers industrialisé : la nature, peut-être perdue, peut-être accessible à ceux qui veulent franchir les apparences. Traversant l'œuvre du réalisateur, Sandro Bernardi propose un itinéraire inédit à travers des films qu'on croyait connaître pour en révéler un versant caché : derrière la solitude, le vide, l'attente, la présence oubliée et fragile d'une dimension mythique du monde.<br />Films étudiés : <em>Blow up</em>, L'<em>Éclipse</em>, <em>Le Désert rouge</em>, <em>Le Cri</em>, <em>Femmes entre elles</em>, <em>Chronique d'un amour</em>,<em> L'Avventura</em>, <em>Zabriskie Point</em>.</p>";;24/02/2006 11:21;1;Première édition;3689 450;2;3;16;Les Grandes Disparitions;Essai sur la mémoire du roman;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet essai s'intéresse, à travers les œuvres de Cervantès, Flaubert, Tolstoï, Dostoïevski, Proust, Kafka, Gombrowicz, à la façon dont le roman moderne éclaire et explore le présent grâce à la mémoire qu'il a gardée de mondes disparus.</p>";"<p> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;"">1. LA CONSCIENCE DE CE QUI N'EST PLUS</p><p style=""font-family: Arial;"">- Le roman comme art de la perte<br />- Des rives d’Ithaque aux plaines de Castille<br />- Le personnage et sa mémoire<br />- La disparition de l’héroïsme<br />- Un tout nouveau territoire</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">2. LA RESISTANCE</p><p style=""font-family: Arial;"">- Comment sauver sa vie<br />- La mémoire raccourcie<br />- Des médiateurs aléatoires<br />- Habiter un monde sans comparaison<br />- À la recherche du temps disparu<br />- La fugacité de l’identité<br />- L’enchantement de l’oubli</p><p style=""font-family: Arial; text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">3. LA TRAVERSÉE</span></p><p style=""font-family: Arial;"">- « Quand est-ce que cela a commencé ? »<br />- Un monde de jeunesse<br />- La vitesse de dépassement<br />- La mémoire solitaire du roman<br />- La honte de l’oubli<br />- Une aventure inachevée</p>";;10/09/2008;0;137x220;136;978-2-84292-218-4;9782842922184;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_450.jpg;;;;204;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le roman n’est pas seulement, comme on le définit presque toujours, un art du présent et de la nouveauté. Il est aussi un art de la mémoire. En fait, c’est parce qu’il se souvient des mondes anciens et de leurs valeurs qu’il peut prendre acte de ce qui est nouveau. Cet essai s’intéresse à la façon dont le roman, depuis Cervantès, est le témoin des grandes disparitions qui hantent et façonnent la conscience moderne: la disparition du destin d’abord, dont les conséquences n’ont pas fini de s’épuiser, puis celle de l’héroïsme et, à partir du vingtième siècle, la disparition proprement vertigineuse du temps ordonné et de la mémoire elle-même. À partir des œuvres de Flaubert, Tolstoï, Dostoïevski, Proust, Kafka, Gombrowicz, ce livre montre comment le roman moderne, par la mémoire des mondes disparus qui est au coeur de son aventure, éclaire le présent comme aucun autre art n’y parvient.</p>";"<p>Isabelle Daunais enseigne la littérature française à l’université McGill (Montréal). Elle a publié plusieurs études sur le roman moderne, dont <em>Frontière du roman. Le personnage réaliste et ses fictions </em>(Presses universitaires de Vincennes et Presses de l’Université de Montréal).</p>";24/06/2008 10:38;0;Première édition;3643 418;2;3;31;Orror di femmina;La peur qu'inspirent les femmes;;;"<p style=""text-align: justify;"">Œuvre originale composée de deux parties : l'une sous forme de journal, réflexion sur le féminin et sur les théories psychanalytiques freudiennes, l'autre analysant quatre textes littéraires évoquant la fascination que le féminin peut susciter</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - JOURNAL DE RECHERCHE</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - LECTURES</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Triste histoire des jeunes mariées<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Penthésilée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Heinrich von Kleist<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carmen</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : le jeu du désir, de la liberté et de la mort<br />- </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Médée</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : selon Euripide et Christa Wolf, deux versions </span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";;10/05/2006;0;137x220;208;978-2-84292-182-8;9782842921828;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_418.jpg;;;;316;20.00;"<p style=""text-align: justify;""><em>Odor di femmina</em>, <em>orror di femmina</em>… Odeur de femme, horreur de femme… Sous le parfum qui séduit se cache le piège tendu à l’homme par la femme : le charme est censé y masquer le mal. C’est cette proximité que l’auteur explore ici, dans les textes fondateurs de la culture occidentale, du théâtre grec aux romans du XXe siècle ; ou tout simplement, sous la violence quotidienne exercée par les hommes sur les femmes. <br />Mais psychanalyste, elle en relève également les traces dans les théories freudiennes et lacaniennes de la sexualité comme dans sa propre pratique. La femme, nécessaire – jusqu’à présent du moins – pour mettre au monde les enfants, porte atteinte au voeu de suffire à la procréation, depuis toujours exprimé par les hommes. Sa “nécessité” même effraie. Mais aussi elle est l’objet du désir où l’homme risque, croit-il, de s’abîmer : du coup c’est elle qui, par projection, porte la faute et le danger, et en inspire la peur.<br />Peut-on désamorcer ce piège en mettant ses ressorts au jour ? Peut-on désunir le choeur dénonciateur du danger féminin en analysant les voix qui le composent ? Et, par là, donner place à une autre image de la femme ? C’est le pari que fait ce livre.</p>";;24/02/2006 11:25;0;Première édition;3643 419;2;3;13;Les mathématiques dans la cité;;;;"<p>Quelle part prennent les sciences et les techniques dans les événements qui façonnent une culture ? Comment, et avec quels effets les contingences de l’histoire atteignent-elles la sphère scientifique ?</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-José Durand-Richard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pascal Brioist et Alexandre Bruneau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le cas des ingénieurs de la Renaissance</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Irina Gouzévitch et Dmitri Gouzévitch<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'école des « 3B » ou les antécédents hispano-franco-écossais de l'école mécanico-mathématique russe dite d'Ostrogradsky (années 1810-1830)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie Décaillot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édouard Lucas (1842-1891) et l'Association Française pour l'Avancement des Sciences : une théorie des nombres non académique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Girolamo Ramunni<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'ordinateur entre continuité et rupture</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David Aubin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Institut des hautes études scientifiques, la théorie des catastrophes et le chaos déterministe : mathématiques, industrie et politique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Amy Dahan Dalmedico<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mathématiques, autorité et pensée critique</span></p>";;10/04/2006;0;137x220;160;978-2-84292-181-1;9782842921811;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_419.jpg;;;;262;20.00;"<p>L’enseignement en général, celui des sciences en particulier, ignore bien souvent ces questions. Elles sont ici posées à propos des mathématiques. Interroger leur place dans la cité, c’est observer la trame d’échanges, d’influences, de déterminations qui se tissent entre la science, la politique et l’économie. C’est mettre à jour le rôle médiateur du travail théorique. C’est enfin restituer à l’histoire des sciences une fonction d’intersection entre les différents champs de la culture, et entre ses acteurs.</p>";;24/02/2006 11:29;0;Première édition;3052 420;2;3;12;Les traces du spectateur;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Une pragmatique de la rencontre originelle entre une oeuvre et son public est-elle envisageable ? Est-il possible de saisir le présent enfui des représentations passées, de cerner la relation fondatrice et complexe du spectateur à l’œuvre ?</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos : <br />Françoise Decroisette : Inventer le spectateur du passé</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'inscription du spectateur dans le paratexte</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francesco D'ANTONIO<br />Interpellation et diffraction du public dans les prologues des comédies génoises au XVIIe siècle : un nouvel horizon de réception</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean François LATTARICO<br />« All'uso di Venezia » Présences du spectateur dans le paratexte des </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">libretti per musica </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">vénitiens (1637-1677) </span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La dramaturgie du voir</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luciana ZAMPOLLI<br />Les voyages du témoin : le « destinataire privilégié » de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Istoria di due amanti</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Luigi Da Porto à La Adriana de Luigi Groto (1578) </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Cécile BERGER<br />La « comédie du spectateur » dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le due comedie in comedia</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Giovan Battista Andreini (1623) : la réception mise en scène.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Eleonora VISCIGLIO <br />Deux ou trois jumeaux ? Modalités d'écriture, conditionnements et enjeux réceptifs dans </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Trois jumeaux vénitiens</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> (1773) d'Antonio Collalto, d'après Goldoni. </span></p><p> </p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Écrits de spectateurs</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marco CATUCCI et Françoise DECROISETTE <br />Les spectateurs à l'oeuvre :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Il Colombo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de l'Abbé Chiari (1754) à travers sa réception critique.</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claire VOVELLE-GUIDI<br />La spontanéité étudiée d'un spectateur anonyme au XVIIe siècle. <br />Analyse des annotations manuscrites sur un livret de G. C. Corradi, </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La divisione del mondo</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">, 1675</span></p>";;10/02/2006;0;137x220;192;978-284292-178-1;9782842921781;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_420.gif;;;;101;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Composante nécessaire de l’oeuvre et de sa représentation, le spectateur de l’oeuvre en est aussi la composante la plus secrète. Cette singularité silencieuse et éphémère de celui qui perçoit ne peut s’analyser qu’à travers les traces ou les restes, fragiles et subjectifs, laissés dans les œuvres soit par les auteurs eux-mêmes, soit par les critiques, plus rarement les spectateurs anonymes. Une pragmatique de la rencontre originelle entre une oeuvre et les spectateurs qui en ont construit l’existence est-elle envisageable ? Comment donc saisir, sinon de restituer, le présent enfui des représentations passées, cerner la relation fondatrice et complexe du spectateur à l’œuvre ? Les sept études rassemblées ici tentent de répondre à ces questions en prenant comme objet d’analyse des œuvres écrites et représentées en Italie au cours des deux siècles (XVIIe-XVIIIe).</p>";;24/02/2006 14:38;0;Première édition;3686 422;1;3;27;Sociétés nordiques en politique - XIIe-XVe siècles;N°50/2006;;;"<p style=""text-align: justify;"">Croisant les approches des histoires politique, culturelle et des genres, ce numéro réunit des historiens, français et scandinaves, autour d'une période négligée par la bibliographie française : la Scandinavie après les Vikings.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Elisabeth MORNET et Jean-Marie MAILLEFER<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Sociétés nordiques en politique XIIe-XVe siècles. État de la question</span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Stéphane COVIAUX<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Les évêques norvégiens et les idées politiques d'Occident au XIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Einar Már J""NSSON<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">aLa Saga de Thordur kakali : une œuvre de propagande ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Florent LENÈGRE<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Légitimer l'intégration à l'Occident chrétien : la politique matrimoniale des rois de Norvège au XIIIe siècle</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Corinne PÉNEAU<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Révélations et élections. Le corps du roi et la parole dans les </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Révélations</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> de sainte Brigitte </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Raphaëlle SCHOTT<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marguerite, ses officiers et la lettre d'instructions à Erik de Poméranie (1405)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jenny JOCHENS<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La richesse, la sexualité et l'incitation : outils politiques des femmes dans le Nord</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Béatrice DELAURENTI<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La fascination et l'action à distance : questions médiévales (1230-1370)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Germana SCHIASSI<br /> « </span></strong><span style=""font-family: Geneva;""> Aïmanz » : un chapitre de l' « encyclopédie lyrique » de Gautier d'Épinal</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">POINT DE VUE</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jenny JOCHENS<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Le millénaire de la conversion en Islande</span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Notes de lecture<br /> Sommaires d'ouvrages collectifs<br /> Livres reçus</span></p>";;10/06/2006;50;155x220;19;978-2-84292-186-6;9782842921866;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_422.gif;"<p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Stéphane COVIAUX</span> : « Les évêques norvégiens et les idées politiques d'Occident au XII<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cet article a pour ambition d'étudier l'image que les évêques de Norvège avaient de leur pouvoir dans la société du XII<sup>e</sup> siècle et comment cette image évolua à mesure que l'Église norvégienne, traditionnellement liée à l'Angleterre, se tournait vers le sud de l'Europe. Au cours de la première moitié du siècle, au contact des archevêques danois de Lund, ils se familiarisèrent avec les conceptions théocratiques issues de la réforme grégorienne. Après la fondation en 1152-1153 de la province de Nidaros, qui les mit directement au contact de la papauté, ils affichèrent clairement leur attachement à ces conceptions. En ce domaine, l'archevêque Eystein Erlendsson (1161-1188) prôna la modération, probablement inspiré par les idées du maître parisien Hugues de Saint-Victor. Son successeur Erik Ivarsson (1188-1205) opta en revanche pour une conception plus radicale de la théocratie, sous l'influence des papes Célestin III et Innocent III.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Évêques – Église et royauté – idées théocratiques – société norvégienne</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Einar Már JONSSON</span> : « La Saga de Thordur kakali : une œuvre de propagande ? »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Il est couramment admis que parmi les sources de la Sturlunga saga il y avait une « Saga de Thórdur kakali », dont le compilateur aurait coupé le début et la fin pour ne garder que la partie concernant les années 1242-1250. L'article propose une autre hypothèse sur ce texte : il ne serait pas un fragment d'une saga au sens courant de ce mot, mais un écrit politique de circonstance destiné à expliquer l'action de Thórdur, membre de la puissante famille des Sturlungar et à justifier sa domination sur l'Islande. Composé lorsque Thórdur était au sommet de sa puissance, cet écrit se serait arrêté avant son départ pour la Norvège en 1250, qui sonna le glas de ses ambitions politiques.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Aristocratie islandaise – conflits de pouvoir – saga – propagande politique</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Florent LENEGRE</span> : « Légitimer l'intégration à l'Occident chrétien : la politique matrimoniale des rois de Norvège au XIII<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Les rois de Norvège, à partir des années 1240, sous l'impulsion du roi Håkon Håkonsson, cherchent à intégrer durablement leur royaume, converti depuis à peine deux siècles, au sein de l'Occident chrétien. Entre autres stratégies, ils mettent en œuvre une politique matrimoniale visant à les faire entrer dans le vaste réseau familial des souverains occidentaux, et à profiter ainsi des systèmes d'alliances qui leur assureraient une place légitime dans le concert des royaumes occidentaux du XIII<sup>e</sup> siècle.<br /> Les efforts des rois de Norvège pour s'aligner sur le modèle des royaumes d'Occident aboutirent à leur reconnaissance sur la scène occidentale en 1247. À partir de là, ils entreprirent une politique matrimoniale ambitieuse dont les effets restèrent néanmoins discrets : après une tentative sans lendemain vers la Castille, le mariage d'Erik de Norvège avec Marguerite d'Écosse en 1281 leur permit d'intégrer le réseau familial du roi d'Angleterre. Mais on retient surtout l'échec du projet de mariage de Marguerite, fille unique d'Erik et Marguerite, avec le fils aîné du roi d'Angleterre en 1290, qui aurait pu rendre durable l'intégration de la Norvège dans les combinaisons diplomatiques et politiques des monarchies occidentales. À la suite de cet échec, la Norvège se tourna davantage vers l'est et ses voisins scandinaves, ce qui entraîna à terme son union avec la Suède.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Politique matrimoniale – alliance – royauté – Norvège et Occident – négociations</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Corinne PENEAU</span> : « Révélations et élections. Le corps du roi et la parole dans les Revelationes de sainte Brigitte »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Plusieurs Révélations de sainte Brigitte sont profondément ancrées dans la vie politique suédoise. Le but de cet article est de montrer comment le système électif suédois a pu mener Brigitte à considérer le roi comme une double incarnation de la parole divine et de la parole du peuple qui l'a élu. Brigitte considère le pouvoir en termes d'efficacité de la parole, ce qui la conduit à vouloir discipliner la parole du roi, mais aussi à user elle-même de ce pouvoir lorsqu'elle pense que le roi n'obéit plus à Dieu. Le pouvoir revient dès lors au peuple dont Brigitte fait entendre la voix dans une révélation qui constitue l'épitomé de sa pensée.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Suède – royauté – élection – Incarnation – sainte Brigitte</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Raphaëlle SCHOTT</span> : « Marguerite, ses officiers et la lettre d'instructions à Erik de Poméranie (1405) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">La lettre que la reine Marguerite adressa en 1405 à son petit-neveu Erik de Poméranie est conçue comme un dialogue entre le jeune roi et les officiers norvégiens. Elle donne un éclairage intéressant sur les relations de pouvoir qui existaient entre la Couronne et les officiers locaux. Elle montre d'une part les résistances de l'aristocratie norvégienne cherchant en priorité à sauvegarder leurs propres intérêts et d'autre part les réformes que la monarchie s'efforçait de promouvoir pour combattre les usurpations de terres et de revenus par cette aristocratie et réaffirmer la souveraineté royale. Cette lettre, qui peut s'apparenter aux manuels de « bon gouvernement », est représentative des stratégies politiques continûment poursuivies par la reine, caractérisées par une volonté de forte centralisation du pouvoir monarchique et par une forme d'autocratie.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Souveraineté – centralisation monarchique – domaine royal – aliénations abusives – personnel politique</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Jenny JOCHENS </span>: « La richesse, la sexualité et l'incitation : outils politiques des femmes dans le Nord»</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Dans la société norroise, les femmes, surtout dans les classes aisées, ont pu obtenir des richesses considérables provenant de leurs parents et de leur mari grâce à un système de succession bilatéral. Même les femmes pauvres ont pu arriver au sommet du pouvoir pourvu qu'elles fussent jeunes et belles en utilisant leur sexualité et leurs capacités reproductives. Pour s'imposer, beaucoup de femmes utilisèrent aussi leurs dons de persuasion ou, comme on dit plus souvent, d'incitation. Ces trois instruments ont pu donner aux femmes du pouvoir politique dans le domaine domestique comme dans les successions royales, notamment en Norvège.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Femmes norroises – inscription runiques – sagas islandaises – sexualité – succession royale</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Béatrice DELAURENTI</span> : « La fascination et l'action à distance : questions médiévales (1230-1370)»</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le terme fascinatio désignait à l'époque scolastique le pouvoir qu'un homme ou un animal pouvait exercer, à distance, par l'intermédiaire de son regard. Ce phénomène prodigieux a suscité les interrogations des auteurs médiévaux : dans quelle mesure la fascination pouvait-elle avoir une cause naturelle ? De 1230 à 1370, Guillaume d'Auvergne, Roger Bacon, Thomas d'Aquin puis Nicole Oresme ont intégré cette question dans leur réflexion philosophique sur les pouvoirs de la nature. Il s'agissait pour eux d'adapter les principes de la physique aristotélicienne, qui veut que toute action naturelle s'exerce par contact, à la question controversée de l'action à distance, sans contact. Leurs réflexions montrent comment la définition de l'action naturelle s'est construite et précisée au fil de ces débats : l'idée qu'une action à distance pouvait être une action naturelle a été soutenue d'abord en invoquant le rôle des impressions de l'âme, puis par un aménagement de plus en plus substantiel de la doctrine contestée d'Avicenne sur le pouvoir de l'âme en dehors du corps.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Fascination – Avicenne – Aristote – Naturalisme – Action à distance</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Germana SCHIASSI</span> : « Aïmanz » : un chapitre de l'« encyclopédie lyrique » de Gautier d'Épinal»</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cet article est une analyse de la première strophe de la chanson Tout autresi com l'aïmanz deçoit, de Gautier d'Épinal (XIIIe siècle), qui décrit le charme de la dame par le biais d'une comparaison avec l'aimant. Le choix des mots, des expressions et des renvois à d'autres passages à l'intérieur de la même chanson témoigne du renouvellement de la lyrique du XIIIe siècle dans ses figures au contact des savoirs scientifiques. En essayant de repérer les sources littéraires et scientifiques dans lesquelles Gautier aurait puisé et renouvelé son image, nous constatons que son apport trouve des correspondances très ponctuelles dans le milieu le plus expérimental de l'époque, celui de l'« École » poétique sicilienne de Frédéric II.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Gautier – Épinal – chanson – aimant – encyclopédie</p>";;"<p><span style=""font-weight: bold;"">Stéphane COVIAUX</span> : « Norwegian Bishops and Western Political Ideas in the XII<sup>th</sup> century”</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">This article deals with the picture Norwegian bishops had of their power in the society of the twelfth century and with its evolutions as the Norwegian Church, which was from the beginning linked to England, was turning towards Southern Europe. During the first half of the century, through their contacts with the Danish archbishops of Lund, they became acquainted with theocratic theories stemming from the Gregorian Reform. After the foundation of the province of Nidaros, they had frequent contact with the popes and affirmed their attachment to these theories. Archbishop Eystein Erlendsson (1161-1188), probably inspired by the ideas of the Parisian master Hugues of Saint-Victor, was in favour of a moderate theocracy. Through his acts, his follower Eric Ivarsson (1188-1205) developed a more radical idea of theocracy, under the influence of popes Celestin III and Innocent III.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Bishops – Church and kingship – theocracy – Norwegian society</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Einar Már JONSSON</span> : « Is the Thórdur kakali Saga a propaganda work ?”</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">This paper proposes a theory about the « Saga de Thórdur kakali » which is a part of the huge compilation Sturlunga saga. According to the author, this text, which the compilator follows for the years 1242-1250, was not a saga telling the whole life of its hero untill his death in 1256, but a political pamphlet written to explain the action of Thórdur and to justify his domination over Iceland. It was written when he was at the height of his power and stopped before his departure from Iceland in 1250, which put an end to his ambition.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Icelandic aristocracy – power conflicts – saga – political propaganda</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Florent LENEGRE</span> : « How to legitimate the integration into the Western Christendom : the wedding policy of the Kings of Norway in the XIIIth century »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Our purpose is to show how the kings of Norway, from the 1240ies on, in the wake of king Håkon Håkonsson, try to incorporate their newly converted kingdom into the Western Christendom. In this purpose, they build a wedding policy whose aim is to gain access to the western kings' large familial network, so that they can be considered as legitimate members of the XIII<sup>th</sup> century Western Christendom.<br /> The kings of Norway's efforts to shape their kingdom according to western standards get them official recognition from the western community in 1247. From there on, they develop an ambitious wedding policy. Its greatest success is, although it is not commonly thus considered, in 1281, the wedding between King Erik of Norway and Marguerite of Scotland, thanks to which the kings of Norway become members of the king of England's familial network. But what is mostly remembered from this period is the failure in 1290 of the wedding between Margaret, Erik and Margaret's only daughter, and Edvard, the English king's first-born son. This wedding would have guaranteed Norway's long term integration into the diplomatic and political combinations of the western kingdoms. After this failure, the kings of Norway start focusing much more on their Scandinavian neighbours, which brings the union between Norway and Sweden.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Corinne PENEAU</span> : « Revelations and Elections. The King's Body and the Word in saint Bridget's Revelationes »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Most of the Revelationes saint Bridget composed have deep roots in the Swedish political life. The aim of this article is to show how the Swedish elective law leads her to regard the Swedish king as an incarnation of both the divine Word and the speech act of the people that have elected him. Bridget links power with a capacity to utter effective words ; she tries consequently to control what the king says, but also to use this power herself when she thinks that the king no longer obeys God. In such a case, power goes back to the people whose voice can be heard in a revelation that summarizes Bridget's political thought.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Sweden – kingship – election – Incarnation – saint Bridget</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Raphaëlle SCHOTT</span> :</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">« Queen Margaret and her officials, and the letter she adressed to Erik of Pomerania in 1405 »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">In the letter Margaret adressed to her grand-nephew Erik of Pomerania in 1405, the Queen envisaged a dialogue between the young King and the Norwegian officials. This exchange gives an interesting glimpse into the relations of power which existed between the Crown and its local servants. On one hand, it is significant of the resistances build up by some aristocrats acting first of all to preserve their own interests, and on the other hand, it describes the reforms that the monarchy established in order to fight against the usurpation of land and revenue by the aristocracy and to reaffirm its sovereignity on the Kingdom. This letter, which could be linked to the manuals of « good government », is representative of Margaret's continuous political policies, characterised by strong monarchic centralisation and a form of autocracy, the basis of an absolute power.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Sovereignty – centralized monarchy – royal estate – illegal appropriations – political staff</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Jenny JOCHENS</span> : « Wealth, sexuality, and incitement : women's political tools in the North »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">In Old Norse society women in the leading classes of society obtained considerable wealth from their native family and from husbands. Even poor women might arrive at the top of society assuming they were young and pretty by utilizing their sexual and reproductive capabilities. Most women also used their persuasive powers, their nagging and incitement, to gain their way. By using these tools women could gain considerable political power, not only on the domestic scene but also on the royal succession in Norway.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Old Norse women – runic inscriptions – Icelandic sagas – sexuality – royal succession</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Béatrice DELAURENTI </span>: « Fascination and action at a distance : medieval questions (1230-1370) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">In medieval Europe, the latin term fascinatio indicated the power which a man or an animal could possess, at a distance, by its only glance. This extraordinary phenomenon induced some interrogations among medieval authors : up to what point could fascination have a natural cause ? From 1230 to 1370, William of Auvergne, Roger Bacon, Thomas Aquinas and then Nicole Oresme integrated this question in their philosophical reflexion about the powers of nature. The problem was to adapt the principles of the aristotelian physics, which states that any natural action is exerted by contact, with the possibility of an action at a distance, without any contact. Their reflexions show how the definition of the natural action was built and specified during these debates : the idea that an action at a distance could be a natural action was elaborated first by calling upon the role of the impressions of the soul, then by an increasingly substantial specification of the doctrine of Avicenne about the power of the soul outside the body.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Fascination – Avicenne – Aristote – Naturalism – Action at distance</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Germana SCHIASSI</span> : « “Aïmanz” : a Chapter of Gautier D'Épinal's “Lyrical Encyclopedia ” »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">This article is an analysis of the first stanza of Tout autresi com l'aïmanz deçoit, a lyric by Gautier d'Épinal (13th century), which describes the appeal of the dame through a comparison with the magnet. The choice of words, expressions and items which recall other passages within the same song stand for the renewal of poetic imagery in the 13th century, which was brought about thanks to the contact with scientific knowledge. In trying to find the literary and scientific sources, which resulted in Gautier's imagery, we have also noted that his contribution has many analogies with what was going on in the most experimental cultural setting of his day, Frederic II's poetic Sicilian « School ».</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Gautier – Épinal – song – magnet – encyclopedia</p>";314;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Sur l'ensemble de l'espace nordique (péninsule scandinave, Islande et Finlande), c'est toute la société politique qui est explorée : acteurs comme discours politiques, stratégies matrimoniales comme imaginaire du pouvoir. Avec une mise au point introductive et une bibliographie complète, ce numéro se présente comme l'instrument de travail sur les sociétés nordiques du Moyen Âge qui manquait en langue française. Il marque l'émergence d'une nouvelle génération d'historiennes et d'historiens de la Scandinavie médiévale.</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du livre et du CNRS.</p>";27/06/2006 11:36;0;Première édition;3386 423;2;3;16;Qu'est-ce qu'un espace littéraire ?;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La notion d’espace littéraire, proposée naguère par Maurice Blanchot, est reprise ici dans une perspective comparatiste et épistémologique, pour tenter une lecture géocritique de la production littéraire dans un monde en voie de globalisation.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Xavier GARNIER et Pierre ZOBERMAN </span></strong><span style=""font-family: Geneva;""><br /> Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Première partie<br /> Genèse textuelle de l'espace littéraire</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Xavier GARNIER<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">La littérature et son espace de vie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Paul Allen MILLER<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'espace littéraire, la pensée du dehors et l'objet sublime</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pierre PIRET<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">De l'exception. La fonction analytique du discours littéraire et sa condition esthétique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pascale HELLÉGOUARC'H<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">L'intertextualité, espace transversal : mémoire, culture et imitation</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Deuxième partie<br /> Espace littéraire et réalités sociales</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pierre ZOBERMAN<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Représentations du littéraire : divisions, révisions et répartitions</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">William J. SPURLIN<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Pour un nouveau tracé des frontières du littéraire et du politique : politique textuelle/sexuelle dans la ""nouvelle"" Afrique du Sud</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Jean-Baptiste VOISIN<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">De l'utopie à l'atopie : Jean Giono et le traitement de l'espace provençal</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Troisième partie<br /> Frontières de l'espace littéraire</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Valérie MAGDELAIN et ANDRIANJAFITRIMO<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Champs et espaces littéraires : le cas des romans francophones mauriciens contemporains</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Marc KOBER<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Un territoire littéraire en mutation : les romans japonais des années 1990-2000 </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">Maarten VAN DELDEN<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva;"">Aux confins des États-Unis et du Mexique : Traversée ou renforcement des frontières ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Ouverture en guise de postface<br /> Bibliographie</span></p>";;10/06/2006;0;137x220;216;978-2-84292-185-9;9782842921859;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_423.jpg;;;;322;21.00;"<p style=""text-align: justify;""> L’espace littéraire peut-il apporter une réponse au cloisonnement des espaces culturels d’une part et à la concurrence des champs littéraires d’autre part ? Le splendide isolement de l’espace littéraire, qui en constitue pour Blanchot l’un des aspects, est également une disponibilité totale à l’incessante rumeur du monde. Cette notion, parce qu’elle dégage la littérature de l’emprise de l’énonciation, ouvre des perspectives nouvelles aux études postcoloniales, si attentives à ce qui cherche à s’écrire à l’écart des discours dominants.</p>";;30/06/2006 16:52;0;Première édition;3435 454;2;3;20;Des forêts et des âmes;Espace et société dans la Toscane médiévale;;;"<p style=""text-align: justify;"">Equivalent occidental du désert d’Orient, les forêts qui entouraient Sienne au Moyen Âge étaient peuplées d’ermites dont l'historienne Odile Redon a suivi la trace.</p>";"<p style=""font-family: Arial; text-align: left;"">Avant-propos de Francis Joannès</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">LA FORÊT</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">Des maisons et des arbres, note sur la Montagnola siennoise entre XIII<sup>e</sup> et XIV<sup>e</sup> siècles</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> Une forêt urbaine : « la Selva del Lago »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> L’arbre et la forêt dans la Toscane méridionaleaux XIII<sup>e</sup> et XIV<sup>e</sup> siècles</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> Les bois de Belforte dans les Monts Métallifèresau XIV<sup>e</sup> siècle, des comtes à la commune</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-style: italic;"">Avec Pietro Piussi</span><br />Storia agraria e selvicoltura</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">L'ERMITE</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">Parcours érémitiques<br /> Les ermites des forêts siennoises ( XIII<sup>e</sup>-début XIV<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> Guillaume de Maleval ou Guillaume d’Aquitaine : introduction à la tradition hagiographique</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> À la recherche en Maremme du saint ermite Guillaume</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">LA FRONTIÈRE</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">Le contado de Sienne 1263-1270. Une frontière médiévale</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> Sur la perception des espaces politiquesdans l’Italie du XIII<sup>e</sup> siècle</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> Il Comune e le sue frontier</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> Une géographie de la Toscane chez un chroniqueurdu XIV<sup>e</sup> siècle, Giovanni Villani de Florence</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;"">Épilogue<br /> Il « particolare » nella storia</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-style: italic;"">Bibliographie d’Odile Redon</span></p>";;10/04/2008;0;137x220;296;978-2-84292-212-2;9782842922122;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_454.jpg;;;;418;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce recueil d’études réunies par Laurence Moulinier rassemble la pensée et la passion portées par Odile Redon tout au long de sa vie pour la Toscane médiévale. La question des origines et des limites, géographiques aussi bien que politiques, est un autre fil rouge des articles ici rassemblés. L’espace toscan a frappé très tôt Odile Redon, qui n’a cessé de l’arpenter, de l’investir, et de l’étudier, jusqu’à sa thèse qui l’a consacrée comme l’historienne d’une ville, Sienne. N’oubliant jamais qu’elle était aussi géographe, elle s’est attachée à l’histoire physique d’un territoire, comme à l’histoire économique, sociale et spirituelle des individus qui la peuplaient. La forêt était l’équivalent occidental du désert d’Orient pour les âmes en quête de solitude, et ces « déserts » qui entouraient Sienne au Moyen Age étaient, comme ailleurs en Europe, paradoxalement peuplés d’ermites, tel Guillaume de Maleval, sur lequel Odile Redon a mené une enquête sur de longues années, jusqu’à découvrir que ce bienheureux avait aussi donné son nom à une herbe médicinale, l’aigremoine.</p><p style=""text-align: justify;"">La forêt, l’ermite et la frontière, tels sont les trois grands axes autour desquels s'articulent les articles ici rassemblés et publiés entre 1975 et 2003, en France ou en Italie.</p>";;24/06/2008 16:06;0;Première édition;3386 425;2;3;13;Quel scandale !;;;;"<p>Récits de scandale si célèbres qu’ils sont parfois devenus de véritables légendes : la première représentation d'<em>Hernani</em>, du <em>Sacre du printemps</em>, de <em>Pélléas et Mélisande</em>, la première projection de <em>L’âge d’or</em> ou de <em>Salo</em>.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie DOLLÉ<br /> Préface</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">LE SCANDALE, SCÉNARIO ET LÉGENDES</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Agnès SPIQUEL</strong><br /> La légende de la bataille d'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Hernani</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Alain SCHAFFNER</strong><br /> Silhouettes du scandale : de Marcel Aymé à Céline</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Serge BISMUTH</strong><br /> Le scandale de la signature - Manet et Mallarmé</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Claudine GRAMMONT</strong><br /> L'avant-garde comme stratégie : l'exemple du scandale des Fauves</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Jeannine RICHARD-ZAPPELLA</strong><br /> Karl Kraus ou les paroles scnadaleuses</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IMAGES DU SCANDALE</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Myriam BOUCHARENC</strong><br /> L'acte gratuit, un scandale en deux temps trois mouvements</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Jean TOUZOT</strong><br /> Jean Cocteau, ou la preuve du génie par le scandale</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Claude LEROY</strong><br /> Le carnaval des impostures : le mythe de Tahiti selon Romain Gary</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Francis VANOYE</strong><br /> De quelques scandales cinématographiques et de la question de l'irreprésentable</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">NOTES DE SCANDALE</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Claude COSTE</strong><br /> Le scandale de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pélléas et Mélisande</span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Marie DOLLÉ</strong><br /> Un sacre mouvementé : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Sacre du printemps</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> d'Igor Stravinsky</span></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PEUT-ON ENCORE FAIRE SCANDALE AUJOURD'HUI ?</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Pierre JOURDE</strong><br /> Scandale, censure et procès dans le champ littéraire français contemporain</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><strong>Christian DOUMET</strong><br /> Le corps anesthésié de l'œuvre</span></p>";;10/11/2006;0;137x220;256;978-2-84292-189-7;9782842921897;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_425.jpg;;;;312;22.00;"<p>La parole de l’Évangile est sans appel : « Malheur à celui par qui le scandale arrive. » Et pourtant, le désordre que provoque le scandale s’accompagne souvent d’une intense jubilation. Quoi de plus amusant à vivre et à raconter ? Le scandale se trouve souvent associé à la jeunesse dont l’insolence bouscule les vieux cadres. L’histoire de la littérature, de la peinture, de la musique, du cinéma est jalonnée d’événements qui, en provoquant la colère, l’indignation du public, l’ont réveillé et l’ont amené à prendre conscience qu’une ère nouvelle avait commencé. Il existe, aujourd’hui encore, des sujets tabous. Mais n’est-il pas devenu bien difficile de faire scandale, tant le scandale est entré dans les catégories ordinaires de l’esthétique, tant les rhétoriques d’intégration se sont diversifiées ? Ce recueil présente, dans leur variété, des récits de scandale si fameux qu’ils sont parfois devenus de véritables légendes ; il invite également à une réflexion sur l’essence d’un phénomène dont la portée collective dépasse le plus souvent le seul champ de l’esthétique.</p>";;30/06/2006 16:58;0;Première édition;3670 426;1;3;24;Desseins de frontières;N°28/2006;;;"<p style=""text-align: justify;"">Est intérrogée la notion de frontières géographiques, stratégiques et politiques en Chine, loin de l'image d'une Chine culturellement homogène et immuable.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - DES TRACÉS ET DES BORNES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paola Calanca, François Wildt</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Les frontières : quelques termes-clés </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paola Calanca</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La notion de frontière dans l'aménagement du territoire à l'époque ancienne </span></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - ENJEUX FRONTALIERS</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christian Lamouroux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Militaires et bureaucrates aux confins du Gansu-Qinghai à la fin du XIe siècle </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elizabeth Allès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Usages de la frontière : le cas du Xinjiang (XIXe- XXe siècles)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - TENSIONS FRONTALIÈRES</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fabienne Jagou</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /> Vers une nouvelle définition de la frontière sino-tibétaine : la Conférence de Simla (1913-1914) et le projet de création de la province chinoise du Xikang </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sébastien Colin </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Chine-Corée : une frontière en suspens ? </span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV - REGARD EXTÉRIEUR</span></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Daniel Nordman</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Éclats de frontières </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résumés en français<br /> Résumés en anglais<br /> Résumés en chinois</span></p>";;10/10/2006;28;155x220;176;978-2-84292-190-3;9782842921903;0;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_426.gif;"<p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Paola CALANCA, François WILDT</span> : ""Les frontières : quelques termes-clés""<br /> La lecture des différentes sources, des ouvrages les plus anciens aux plus récents, démontre que si la notion de frontière peut se traduire par différents caractères (simples ou composés) et expressions, un certain nombre d’entre eux renvoient immédiatement à la frontière ou à ses attributs. Ce lexique détaille ces quelques termes de base, renvoyant qui au concept de frontière qui à leur usage dans l’administration des marches de l’empire.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Paola CALANCA</span> : ""L’aménagement du territoire et la notion de frontière à l’époque ancienne""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Les textes anciens établissent un lien étroit entre les fondements archaïques de l’ordre social et l’établissement de bornes, de bordures et de limites destinées à marquer et à dessiner les contours de l’espace social organisé et soumis à une même autorité. Cet article s’attache à rappeler l’importance de la notion de frontière dans la tradition politique chinoise à l’époque ancienne, dont la terminologie se retrouve déjà dans les inscriptions oraculaires des Shang et sur les bronzes des Zhou de l’Ouest. Les unités territoriales anciennes sont organisées autour de deux dispositifs : l’autel du sol au centre et les frontières à l’extrémité du territoire. L’autel du sol d’une localité est l’emblème d’une relation horizontale qui relie la communauté au grand carré des neuf provinces et d’un rapport vertical qui la place sous l’autorité de l’État, illustré par le talisman de Taiyi trouvé à Mawangdui. Quant au territoire de l’empire unifié, ses limites étaient vraisemblablement marquées par des signes visibles, même sur sa frontière méridionale qui ne nécessitait pas un dispositif aussi important que celui édifié au Nord.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Christian LAMOUROUX</span> : ""Militaires et bureaucrates aux confins du Gansu-Qinghai à la fin du XI<sup>e</sup> siècle""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Basé sur les études menées sur le mouvement d’assimilation des populations frontalières du Nord-Ouest qu’avait impulsé Wang Anshi (1021-1086), l’article analyse l’impact que cette politique a eu sur l’organisation bureaucratique au-delà de l’épisode des réformes. Le front pionnier ainsi ouvert devint l’enjeu de rivalités à la cour entre des groupes qui y voyaient un espace hors norme, dont la gestion pouvait favoriser les recompositions politiques au niveau même du pouvoir central. La gestion de la frontière pesa ainsi sur les alliances au sein du personnel dirigeant, en façonnant les orientations générales de la dynastie.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Élisabeth ALLÈS</span> : ""Usages de la frontière : le cas du Xinjiang (XIX<sup>e</sup>-XX<sup>e</sup> siècles)""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">D’une terre d’aventure, de commerce, de transhumance, l’espace entre le Turkestan oriental et le reste de l’Asie centrale a été transformé en frontière politique à compter du milieu du XVIIIe siècle. Zone tampon entre les empires russe et chinois, cette frontière a toujours constitué un espace poreux. Les populations locales ont su faire usage à leur profit de cette frontière qui leur a servi de refuge face aux États centraux respectifs.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Dans l’esprit des populations de langues turque et chinoise, de la région aujourd’hui nommée Région Autonome Ouighour du Xinjiang, la « frontière historique » avec la Chine reste symbolisée par les anciennes passes de la Grande Muraille. Le Xinjiang demeure un espace où il est toujours malaisé de dégager des principes d’identité commune ou une véri¬table forme d’unité. Toutefois, sous l’effet du temps, de la répression, des discriminations, des distorsions économiques et des migrations hors du Xinjiang, un sentiment d’appartenance à cette entité spécifique fait son chemin en ce tournant du XXIe siècle.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Fabienne JAGOU</span> : ""Vers une nouvelle définition de la frontière sino-tibétaine : la conférence de Simla et le projet de création de la province chinoise du Xikang""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cet article analyse le processus du passage d’une tentative de démarcation du tracé de la frontière à la reconnaissance d’une « région frontière » qui marque la frontière entre la Chine et le Tibet dans son ensemble au début du XX<sup>e</sup> siècle. Les volontés britanniques et russes de préserver leurs sphères d’influence respectives en Asie firent du Tibet un espace convoité et il devint urgent de définir les limites de son territoire. L’échec des négociations de la Convention de Simla en 1913-1914 et l’établissement progressif de la province chinoise du Xikang sur une province tibétaine permettent d’exposer les différentes étapes qui menèrent la Chine à administrer une zone périphérique dans le but de se protéger de ses deux puissants voisins.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Sébastien COLIN</span> : ""Chine-Corée : une frontière en suspens ?""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Établie sur les fleuves Yalu et Tumen à la fin du XIV<sup>e</sup> siècle, la frontière entre la Chine et la Corée fut l’objet de litiges entre les débuts du XVIII<sup>e</sup> et du XX<sup>e</sup> siècle. Malgré de nombreuses négociations, les deux parties n’aboutirent jamais à une délimitation complète de la frontière. Cette dernière ne fut réalisée que dans une seconde phase, une dizaine d’année après la fin de la Guerre de Corée, par la signature entre la Chine et la Corée du Nord d’un traité frontalier qui fut largement favorable à la partie nord-coréenne et qui resta secret pendant plusieurs décennies. Néanmoins, parce que ce traité n’a pas pris en compte la Corée du Sud, la frontière entre la Chine et la péninsule coréenne reste à bien des égards en suspens. Il ne fait en effet aucun doute qu’une éventuelle réunification coréenne à l’avantage de la Corée du Sud remettra à l’ordre du jour la question de la délimitation frontalière entre les deux pays, au moins dans l’objectif de mettre un point final à sa longue histoire. Des différends apparus ces derniers temps entre la Chine et la Corée du Sud tendent à raviver cette question frontalière et donnent un aperçu des éventuelles tensions qui pourraient en résulter.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Daniel NORDMAN</span> : ""Éclats de frontière""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le nombre de pays limitrophes d’un vaste pays comme la Chine est considérable. Les façons d’aborder ces frontières, par la géographie, l’histoire, l’anthropologie, la linguistique, l’économie, le droit, peuvent susciter des travaux démesurés. Chacune d’entre elles serait à saisir sous des échelles différentes. La seule étude des noms propres mériterait une longue étude systématique. Les possibilités – de l’étude des objets à celle des processus – sont alors infinies. Pourtant les comparaisons permettent d’échapper à l’esprit de système et de synthèse, de choisir le désordre plutôt que l’ordre, de recueillir des fragments, de préférer des éclats. Laisser la part aux similitudes fortuites, aux occurrences de rencontre, tel est le pari des pages qui suivent, à partir d’un détail, d’une notion, d’un mot proposés par des contributions traitant des frontières de la Chine.<br /> Sont successivement parcourus, à partir d’exemples variés – la France et l’Italie d’Ancien Régime, l’Algérie et le Maroc à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et au début du XX<sup>e</sup> siècle, les États-Unis du XIX<sup>e</sup> siècle – des espaces permettant d’évoquer la question du lexique de la frontière et de la limite, celle de la structure et de la consistance du territoire, les processus de l’aventure frontalière (frontière et administration, occupation et conquête, modèles de héros), la langue des noms propres, s’agissant des pays ou des cours d’eau. L’article s’achève par une présentation des relations entre frontière et capitale – en Chine et en France –, d’après des textes de Jules Verne et de Montesquieu.</p>";;"<p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Paola CALANCA, François WILDT</span> : ""Chinese Borders : some Keywords""<br />Examination of the various sources from the oldest works to the most recent shows that, if the notion of border can be translated by different characters (simple or composite) and expressions, a certain number of them refer immediately to the border or its attributes. This lexicon is organized around the basic terms referring to the concept of borders or to their uses in the administration of the confines of the Empire.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Paola CALANCA</span> : ""Territorial Planning and the Notion of Border in Ancient Times""<br />The ancient texts show the link between the archaic foundation of the social order and marks, lines, and boundaries drawing and fixing the outline of a social sphere organized and subject to a single authority. In this article, the author emphasizes the importance of the notion of border in Chinese political tradition in ancient times, the terminology of which is already to be found in Shang oracular inscriptions and Western Zhou bronzes. Ancient territorial units were organized around two devices : the Altar of the Earth in the center and the borders at the margins of the territory. The Altar of the Earth of a locality is the emblem of a horizontal relation that links the community with the great square of the nine provinces and of a vertical relation which places it under the authority of the State, illustrated by the Taiyi talisman found in Mawangdui. As for the territory of the unified Empire, its borders were most likely marked by visible signs, even on the southern border which did not require as considerable an organization as the one set up in the North.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Christian LAMOUROUX</span> : ""Military Personnel and Bureaucrats on the Gansu-Qinghai Border in the Late XI<sup>th</sup> century""<br />Based on several studies dealing with the policy of assimilation of the North-Western tribesmen implemented by Wang Anshi (1021-1086), this essay focuses, beyond the sole event of the reforms on the impact of this policy upon the bureaucratic organization. The pioneering front stirred rivalries between various cliques within the court, which viewed it as a special space, the management of which could provide opportunities for political restructuring at the central level. Hence, management of the frontier played a direct role in the bureaucratic alliances at the highest levels of government, and reshaped the overall orientations of the dynasty.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Élisabeth ALLÈS</span> : ""On Possible Uses of a Frontier : The Case of Xinjiang (XIX<sup>th</sup> – XX<sup>th</sup> centuries)""<br />From a land of adventure, trade and transhumance, the area between Oriental Turkestan and the rest of Central Asia transformed into a political frontier over the course of the XVIIIth century. As a buffer zone between the Russian and Chinese empires, this border has always been porous. Local populations knew how to avail of this frontier, where many a time they took refuge from their respective States.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">To the eyes of the Turkish and Chinese populations of this area now called « Xinjiang Uyghur Autonomous Region », the « historical border » with China is still embodied in the ancient pass of the Great Wall. Xinjiang is a space where it is difficult to forge a common identity. However, with time, repression, discrimination, economic distortion and migrations, the feeling of belonging to this specific entity is emerging at the turn of the 21th century.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Fabienne JAGOU</span> : ""Toward a New Definition of the Sino-Tibetan Border : the Simla Conference (1913-1914) and the Xikang Province Project""<br />This article analyses the process leading from an attempt to draw a border to the recognition of a « border zone » between China and Tibet at the beginning of the twentieth century. Tibet, located between the British and Russian spheres of influence in Asia, was highly coveted, and thus the need to define Tibetan territory borders became urgent. The failure of the Simla Conference in 1913-1914 and the gradual establishment of the Chinese province of Xikang over Tibetan territory demonstrate how China was able to control a ‘border zone’in order to protect its center from two powerful neighbours.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Sébastien COLIN</span> : ""China and the Korean Peninsula : a Suspended Border ?""<br />Traced along the course of the Yalu and Tumen Rivers at the end of the XIV<sup>th</sup> century, the border between China and Korea was later to become a cause of dispute from the early XVIII<sup>th</sup> into the XX<sup>th</sup> century. In spite of any number of negotiations, the two sides never achieved a complete definition of the border. This was not implemented until the second phase of negotiations which resulted in a border treaty signed some ten years after the end of the Korean War between China and North Korea. This treaty kept secret for several decades gave a substantial advantage to North Korea. Nevertheless, since it did not include South Korea in the negotiation process, the border between China and the Korean peninsula still remains to some extent an unresolved issue. There is indeed no doubt but that any reunification of the two Koreas advantageous to South Korea will place the issue of the border on the political agenda, at the very least with the objective of finally defining a clear-cut position. A certain number of historical disagreements over the past few years between China and South Korea also highlights a potential source of tension in the near future.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Daniel NORDMAN</span> : ""Border Splinters""<br />The number of countries bordering on a nation as large as China is considerable. The many ways of examining these borders, be it through geography, history, anthropology, linguistics, economy or law, would entail an enormous investment of work. Each of these fields would have to be investigated on varying scales of effort. For instance, the subject of proper names alone would deserve a long systematic study. The possible approaches – from study of object to that of processes – are nearly infinite. However, comparison enables us to escape from the limits of systems and syntheses, to have disorder prevail over order, to gather fragments, to favour splinters. The vision outlined in the following pages involves granting a large place to gratuitous similarities, to chance occurrences that may spring forth from a detail, a notion, a word proposed by the contributions dealing with Chinese borders. We shall survey a series of varied examples in space – France and Italy in the Ancien Regime, Algeria and Morocco in the late XIX<sup>th</sup>and early XXth centuries – that enable us to address the question of the lexical field regarding borders and limits, also the question of the structure and consistency of a territory, of the processes involved in the frontier adventure (border and administration, occupation and conquest, hero models), and last the question of proper names, be they referring to parts of the country or hydronyms. The article is rounded off by a presentation of the relations between borders and capitals – in China and in France – based on texts by Jules Verne and Montesquieu.</p>";338;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les recherches menées par les auteurs de ce numéro s’interrogent sur la notion de frontière. Ayant pour particularité d’utiliser le prisme de l’histoire, elles offrent par ailleurs une meilleure appréhension de la société chinoise. Ces recherches s’insèrent dans la tendance actuelle de la sinologie qui s’attache à analyser les frontières chinoises tant d’un point de vue géographique, politique, économique, social qu’ethnique.</p>";"<p>Revue publiée avec le concours du Centre national du livre et de l'Université Paris 7.</p>";30/06/2006 16:59;0;Première édition;4036 428;2;3;18;Balzac et la Comédie des signes;Essai sur une expérience de pensée;;;"<p style=""text-align: justify;"">L’ouvrage porte sur les usages faits par Balzac de la notion de signe. Le déchiffrement des signes permet au roman de conjoindre la représentation d’un monde, d’un monde sensible, et l’inscription d’un savoir.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva;"">Introduction</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">I. Le régime herméneutique </span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. I. Matrices. Comment se trame l'herméneutique</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Questions de structure<br />2. Scènes de la vie balzacienne<br />3. La thématique de l'observation</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. II. Dispositifs. L'expressivité dans le détail</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Vecteurs de la signification<br />2. Etudes de cas<br />3. Interpréter et catégoriser : l'institution du type</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">II. Une physique du sens : le matérialisme balzacien</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. III. Imaginaire de l'imprégnation</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Le bal des sceaux<br />2. Une société ridée<br />3. La sémiotique des corps</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. IV. Grammaire de l'imprégnation</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. « </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">In vino veritas</span></em><span style=""font-family: Geneva;""> » : l'effet-préposition<br />2. Sémantique verbale<br />3. Quand l'immanence force la langue</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. V. Un spinozisme en devenir</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Le matérialisme spinozien<br />2. Spinoza dans Balzac : « traduire » l'</span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Éthique</span></em><span style=""font-family: Geneva;""><br />3. Du texte comme « forme-sens »</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva;"">III. Superficialité, platitudes et empâtement dans la </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Comédie humaine</span></em></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. VI. L'émergence de la platitude. Incarnation et désincarnation</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Le point de désincarnation<br />2. Balzac photographe<br />3. L'horizon Flaubert</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. VII. Les formes de la platitude. Être petit-bourgeois</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Géométrie du petit-bourgeois<br />2. L'effet-collection<br />3. La question de la bêtise</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. VIII. L'empire des platitudes</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Platitude et « modernité »<br />2. Portraits de Balzac en petit-bourgeois<br />3. La narration contaminée</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">IV. Une esthétique de l'espacement</span></p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. IX. « Espèces d'espacement ». Quelques maquettes balzaciennes</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Organicités<br />2. Circulations<br />3. Harmonies<br />4. Balzac, Saint-Simon, Fourier</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. X. « Faire le pan ». Le sens subtilisé</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. Chez Fraisier et dans la vallée : la faune et la flore<br />2. En Esther : histoire de l'oeil<br />3. Sur la toile : </span><em><span style=""font-family: Geneva;"">Le Chef-d'oeuvre inconnu</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva;"">Chap. XI. D'une « communauté qui vient ». Le système des personnages</span></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva;"">1. La figure-</span><em><span style=""font-family: Geneva;"">clinamen</span></em><span style=""font-family: Geneva;""><br />2. Prises de contact<br />3. L'effet d'univers</span></p></blockquote><p> </p><p><span style=""font-family: Geneva;"">Conclusion<br />Bibliographie</span></p>";;10/09/2006;0;137x220;296;978-2-84292-188-0;9782842921880;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_428.jpg;;;;442;25.00;"<p style=""text-align: justify;""><em>La Comédie humaine </em> de Balzac dispense une connaissance – une connaissance incarnée, plongée au cœur du monde sensible. En elle, le roman pense. Et le sens prend corps. C’est à l’invention et aux métamorphoses de ce régime de savoir que le présent essai est consacré. Il étudie comment les relations entre la matière romanesque et le sens se constituent et s’altèrent, se forment et se transforment. <br />Le texte balzacien présente en effet un étonnant glissement, à l’horizon duquel se profile l’œuvre de Flaubert : le passage d’un régime herméneutique fondé sur l’interprétation des signes, à l’empire de la platitude et de la superficialité, affranchi de toute transcendance. <br />« Littérature et philosophie mêlées ? » Tel aurait pu être le sous-titre de cette vaste comédie des signes exposée, à même la prose, par Balzac.</p>";;30/06/2006 17:09;0;Première édition;3435 447;2;3;32;Edmond Jabès : l'éclosion des énigmes;;;;"<p style=""text-align: justify;""> Quels territoires Edmond Jabès occupe-t-il dans notre patrimoine littéraire et intellectuel ? Après la Shoah, que signifie pour un lecteur d’aujourd’hui une oeuvre engagée dans la réflexion sur l’existence, le sens de l’écriture ou sa possibilité ?</p>";"<p>Avant-propos</p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: small;""><em><strong> Historicité de l’œuvre</strong></em></span></p><p>Le remaniement <br /><strong>Steven Jaron</strong></p><p>L’écriture francophone et sa réception en Égypte entre 1900 et 1950<br /><strong>Irène Fenoglio </strong></p><p>Le destin poétique d’Edmond Jabès dans les désécritures de la décennie blanche<br /><strong> Daniel Lançon </strong></p><p>La notion d’« écrivain juif » chez Jabès et en France de 1957 à 1968 <br /><strong>René Kochmann </strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: small;""><em><strong>Judéité et exégèses </strong></em></span></p><p>La tension <em>mimèsis</em>/judéité dans <em>Le Livre des Questions </em><br /><strong>Georges-Elia Sarfati </strong></p><p>Edmond Jabès et la lettre hébraïque<br /> <strong>Ariane Kalfa</strong></p><p>L’œil de Dieu : Levinas lisant Jabès <br /><strong>Nathalie Debrauwere-Miller </strong></p><p>Edmond Jabès et le renouveau du religieux<br /><strong> Edward K. Kaplan </strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: small;""><strong><em>Parler en poète</em></strong></span></p><p>Configurations de l’exil. L’écriture nomade d’Edmond Jabès<br /><strong> Carola Erbetz </strong></p><p>Écrire la nuit. Le nocturne comme métaphore de l’écriture dans<em> Le Livre des Questions </em><br /><strong>Geoffrey Obin</strong></p><p>L’assomption du vocable dans la poésie d’Edmond Jabès<br /><strong> Catherine Mayaux </strong></p><p>La parole hospitalière de Jabès <br /><strong>Évelyne Lloze</strong></p><p>La mémoire et l’éveil : Edmond Jabès<br /><strong> Armelle Chitrit </strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: small;""><strong><em>Écriture et construction du sujet </em></strong></span></p><p>« De toi je prends congé… » : une poétique du deuil chez Edmond Jabès <br /><strong>Danièle Sabbah </strong></p><p>Le nom de Dieu comme vanité du langage au fond de tout mot selon Edmond Jabès<br /><strong> William Franke</strong></p><p>Le paradoxe jabésien à partir du <em>Livre des Questions </em><br /><strong>Abram Coen </strong></p><p>Désert d’écriture, survivance des visages. Avec Jabès dans le vent des vocables <br /><strong>Céline Masson </strong></p><p>Le temps du hors-temps, le lieu du non-lieu dans Cela a eu lieu<br /><strong>Gary D. Mole </strong></p><p>Comment je lis Edmond Jabès : la réponse du bibliographe <br /><strong>Roger E. Stoddard</strong></p>";;10/01/2008;0;137x220;320;978-2-84292-209-2;9782842922092;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_447.jpg;;;;454;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le sentiment d’être de nulle part hante la vie et l’oeuvre de Jabès. Marqué par les épreuves infligées aux juifs au cours du siècle, par l’exil loin des paysages d’Égypte qui ont formé son imaginaire, par l’antisémitisme de la France choisie comme terre d’accueil, ce poète ""hors genre"", à l’œuvre singulière et inclassable, a également connu l’exil au sein du champ littéraire de langue française.</p>";"<p>Ouvrage publié dans le cadre de la convention entre l'Université Paris 8 et l'Université de Cergy-Pontoise</p>";07/01/2008 15:06;0;Première édition;3643 429;2;3;8;La Transversalité du sens;Parcours sémiotiques;;;"<p style=""text-align: justify;"">Réinterrogation de l’une des ambitions fondamentales de la sémiotique : appréhender et de décrire l’unicité du sens à travers la diversité des langages, en postulant que le sens circule entre l’expérience sensible, les langages et les pratiques effectives du sens en situation.</p>";"<p>TDM TRANSVERSALITE</p><p style=""font-family: Arial;"">Présentation <br /> Pratique de la transversalité</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">I. LIEUX DE LA TRANSVERSALITÉ</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Jean-Claude Coquet</span><br /> Instances du discours et phénoménologie </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Noëlle Batt</span><br /> Les dispositifs formels et la question du sensible </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Claude Zilberberg</span><br /> Le double conditionnement – tensif et rhétorique – des structures élémentaires de la signification </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">II. PARCOURS DE TRANSVERSALISATION</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Herman Parret</span><br /> Les « transversales » (Proust) : le temps non spatialisable du sens </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Denis Bertrand</span><br /> L’expression rhétorique des matières </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Anne Beyaert-Geslin</span><br /> Modèles esthétiques et modèles tensifs<br /> Mosaïques, puzzles et autres fragments du XX<sup>e</sup> siècle </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Maria Pia Pozzato</span><br /> Les transformations des yeux comme figure de l’intersubjectivité dans La Coscienza di Zeno de I. Svevo </p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;"">III. LE FOYER DES INSTANCES</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Jean-François Bordron</span><br /> Transversalité du sens et sémiose discursive </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Sylvain Dambrine</span><br /> Politiques de l’instance corporelle<br /> L’exemple de l’association Act Up-Paris </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Michel Costantini</span><br /> L’instance et l’instant <span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial;""> </p><div style=""text-align: center; font-family: Arial;""><p><span style=""font-weight: bold;"">IV. INTERACTIONS ET FORMES DE VIE :<br /> VERS UN MODÈLE DE LA TRANSVERSALITÉ</span></p></div><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Éric Landowski</span><br /> Pratiques du sens, gestion du risque </p><p style=""font-family: Arial;"">Gianfranco Marrone<br /> Montalbano, héros médiatique </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Juan Alonso Aldama</span><br /> Les drogues comme forme de vie : pour une sémio-narcotique </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Jacques Fontanille</span><br /> Textes, objets, situations et formes de vie<br /> Les niveaux de pertinence de la sémiotique des cultures</p>";;10/01/2007;0;137x220;252;978-2-84292-191-0;9782842921910;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_429.jpg;;;;101;27.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dès l’origine, une des ambitions fondamentales et fondatrices de la sémiotique a été d’appréhender et de décrire l’unicité du sens à travers la diversité des langages, en postulant que, loin d’être cantonné en un lieu, le sens circule « transversalement », pour ainsi dire, et sans privilège d’un de ses modes d’expression. Les articles de ce volume soumettent les <em>sémioses</em> à de nouvelles interrogations où elles sont autant de chemins de traverse entre l’expérience sensible, les langages et les pratiques effectives du sens en situation.</p>";;22/11/2006 13:20;0;Première édition;3147 430;2;3;19;Grammaires créoles et grammaire comparative;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Neuf études originales sur la grammaire (morphosyntaxe) des langues créoles.</p>";"<p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;"">Karl Gadelii & Anne Zribi-Hertz<br />Présentation</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; font-weight: bold; text-align: center;"">PREMIÈRE PARTIE<br />L’influence des substrats dans la genèse des créoles</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Robert Chaudenson</span><br />Le substrat dans la créolisation : mythes et réalités</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Yves Moñino</span><br />Les rôles du substrat dans les créoles et les langues secrètes : le cas du palenquero, créole espagnol de Colombie</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Enoch Oladé Aboh</span><br />La genèse de la périphérie gauche du saramaka : un cas d’influence du substrat ?</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Gillette Staudacher-Valliamee</span><br />La genèse des créoles de l’océan Indien : l’éclairage des marqueurs TMA et du dimorphisme verbal en réunionnais</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; font-weight: bold; text-align: center;"">DEUXIÈME PARTIE<br />Grammaires créoles, universaux et typologie</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; font-weight: bold;"">Réciprocité et réflexivité</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Ekkehard König & Florian Haas</span><br />Typologie du réciproque et constructions réciproques dans les langues créoles</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Anne Zribi-Hertz & Herby Glaude</span><br />La réflexivité en haïtien : réexamen et comparaison</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; font-weight: bold;"">Phrases copulatives</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Marlyse Baptista</span><br />Étude comparative des phrases copulatives : facteurs de variation et ramifications typologiques</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Karl Gadelii</span><br />Les phrases copulatives dans les créoles français</p><p style=""padding-left: 30px; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Alain Kihm</span><br />« Être » créole : pourquoi la copule est-elle visible dans les langues créoles ?</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;"">Bilan<br />Glossaire<br />Références bibliographiques</p>";;10/02/2007;0;137x220;304;978-2-84292-192-7;9782842921927;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_430.jpg;;;;436;27.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume réunit neuf études originales sur la morphosyntaxe des langues créoles, précédées d’une introduction générale expliquant la position particulière du champ des études créoles dans la recherche linguistique et exposant les principales théories disponibles de la « créolisation » — le processus de changement linguistique conduisant à l’émergence d’un créole. Les neuf chapitres qui constituent le corps du livre sont organisés en deux parties, l’une centrée sur la discussion concernant la genèse des créoles, l’autre sur la description et l’analyse de leurs propriétés grammaticales, dans une optique comparative et typologique. Les données empiriques présentées proviennent de créoles divers, mais principalement romans. Un glossaire en fin de volume fournit une terminologie de base propre au champ des études créoles. Écrit dans un souci de précision et de simplicité, cet ouvrage s’adresse aux spécialistes des créoles, aux linguistes généralistes, diachroniciens et variationnistes, aux étudiants en sciences du langage, et même au public plus général s’intéressant aux questions linguistiques.</p>";;22/11/2006 13:58;0;Première édition;3147 431;1;3;27;L'Occident sur ses marges (VIe-Xe siècles);Formes et techniques de l'intégration - N°51/2006;;;"<p style=""text-align: justify;"">Sont abordées ici les modalités d’expansion et d’organisation du monde chrétien occidental dans le haut Moyen Age.</p>";"<p><span style=""font-weight: bold;"">Geneviève BÜHRER-THIERRY et Stéphane LEBECQ</span><br /> Introduction</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Céline MARTIN</span><br /> Montanus et les schismatiques : la reprise en main d’une périphérie hispanique au début du VIe siècle<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Yves-Mary VERHOVE</span><br /> Le royaume lombard et les duchés : formes et moyens d’une intégration progressive<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Alban GAUTIER</span><br /> Manger et boire à la mode étrangère : adoption, adaptation et rejet des pratiques festives continentales dans la Grande-Bretagne du VII<sup>e</sup> siècle<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Rodolphe DREILLART</span><br /> La fission du noyau : anciens et nouveaux centres dans l’espace alpin (fin vii-début xe siècles)<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Thomas LIENHARD</span><br /> À qui profitent les guerres en Orient ? Quelques observations à propos des conflits entre Slaves et Francs au IX<sup>e</sup> siècle<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Paul BERTRAND et Charles MÉRIAUX</span><br /> Cambrai-Magdebourg : les reliques des saints et l’intégration de la Lotharingie dans le royaume de Germanie au milieu du Xe siècle<br /> <br /> <br /></p><div style=""text-align: center; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><p><span style=""font-weight: bold;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></p></div><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">An SMETS</span><br /> « Poux, vers et vermine » : des parasites qui infectent les oiseaux rapaces<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Julien VÉRONÈSE</span><br /> La notion d’« auteur-magicien » à la fin du Moyen Âge : le cas de l’ermite Pelagius de Majorque († v.1480)<br /> <br /> <br /></p><div style=""text-align: center; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><p><span style=""font-weight: bold;"">POINT DE VUE</span></p></div><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Daniel RUSSO</span><br /> Réflexions sur les objets et sur les pratiques de l’histoire de l’art médiéval. À propos de L’Objet de l’histoire de l’art de Roland Recht<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Einar Már JONSSON</span><br /> Les « Miroirs aux princes » sont-ils un genre littéraire ?</p><p><br /> <br /> Notes de lecture<br /> Livres reçus</p>";;10/12/2006;51;155x220;192;978-2-84292-193-4;9782842921934;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_431.gif;"<p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Céline MARTIN</span> : « Montanus et les schismatiques : la reprise en main d'une périphérie hispanique au début du VIe siècle »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Une nouvelle lecture des lettres de Montanus de Tolède à Toribius et aux clercs de Palencia (v. 531) suggère que Toribius est un grand personnage devenu abbé qui appuie l'ancien évêque, déposé de son siège. En tant que métropolitain, Montanus tente de dénouer les solidarités traditionnelles de la région avec le reste de la province de Galice, aux mains des Suèves. Cette affirmation de la hiérarchie ecclésiastique sert le roi goth, qui peine à s'affirmer dans ces marges éloignées de Narbonne.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Espagne – Barbares – Pouvoir – Priscillianisme – Province</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Yves-Mary VERHOEVE</span> : « Le royaume lombard et les duchés : formes et moyens d'une intégration progressive »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">En 584, le territoire contrôlé par les Lombards est éclaté en de multiples duchés. Ceux-ci, autonomes, sans réelle cohésion entre eux risquaient d'être absorbés par leurs puissants voisins francs et byzantins. C'est dans ce contexte qu'il faut envisager la restauration de la royauté lombarde.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Tout au long des VIe, VIIe et VIIIe siècles les rois lombards se heurtent aux velléités autonomistes de leurs ducs, qui mettent en péril la cohésion du royaume. Ces derniers sont en perpétuelle compétition avec le pouvoir royal, dont ils refusent les tentatives de centralisation. Les rois lombards d'Authari à Liutprand tentent d'asseoir leur autorité sur le regnum, mais aussi d'établir leur primauté à la tête de celui-ci. Cette entreprise passe notamment par la prise de contrôle progressive des duchés les plus turbulents, en y installant des membres de leur parentèle ou des fidèles. Cependant, cette stratégie conduit à de nombreuses révoltes, qui fragilisent le pouvoir royal. Cette étude propose donc d'envisager la construction du royaume lombard sous l'angle de la lutte entre les duchés et le pouvoir royal, en mettant en lumière les réseaux de soutiens ou de contestations de la royauté, et la manière dont celle-ci parvient s'imposer face aux duchés.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Duché – Regnum – continuité dynastique – Bénévent – Agilolfing – Théodelinde – parenté efficace</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Alban GAUTIER</span> : « Manger et boire à la mode étrangère : adoption, adaptation et rejet des pratiques festives continentales dans la Grande-Bretagne du VII<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">L'étude de la vaisselle d'importation (verre et céramique) offre une fenêtre privilégiée sur la compréhension des phénomènes d'interaction culturelle, économique et parfois même politique. Entre les deux modèles anthropo-archéologiques couramment utilisés (interaction entre entités politiques de statut similaire et interaction entre un noyau et sa périphérie), l'étude de quatre régions de la Grande-Bretagne du VIIe siècle (Cornouailles, Dalriada, Kent, Est-Anglie) permet de mettre en évidence tout un « dégradé » de situations d'interaction, soit entre elles, soit avec le continent européen, de l'influence pure et simple à la quasi-autonomie culturelle et symbolique.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Échanges – importation – archéologie – modèles d'interaction – consommation – Grande-Bretagne – vaisselle – céramique – verre</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Rodolphe DREILLARD</span> : « La fission du noyau : anciens et nouveaux centres dans l'espace alpin (fin VII<sup>e</sup>-début X<sup>e</sup> siècles) »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Le problème de la réorganisation de l'ensemble politique carolingien après le traité de 843 a pu être étudié sous divers angles mettant en valeur ou bien la manière dont chaque royaume se structure ou bien la façon dont, sur les marges, naissent de nouvelles entités organisées autour d'identités culturelles antérieures à la conquête franque et historiquement inscrite dans ces espaces. Ces principautés périphériques sont le fruit d'une dialectique entre les anciens centres du pouvoir franc, entre Loire et Rhin, et les marges. Il s'agit ici d'étudier ce rapport et son évolution à travers un cas limite : l'arc alpin central et occidental, qui tout en étant au centre géographique de l'Europe carolingienne, et sur une voie de passage essentielle reliant le centre carolingien à Rome, se trouve en position de périphérie politique entre les royaumes nés du partage de 843 et de ceux qui suivent. Il s'agira donc de comprendre comment les aristocraties ont pu exploiter cette position spécifique pour y développer des réseaux, bases de la construction de pouvoirs autonomes à la fin du IXe siècle.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Carolingiens – centre/périphéries – Alpes – réseaux – Relations internationales</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Thomas LIENHARD</span> : « À qui profitent les guerres en Orient ? Quelques observations à propos des conflits entre Slaves et Francs au IX<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Pour expliquer les conflits qui opposèrent Slaves et Francs au IXe siècle, l'historiographie incrimina généralement le processus de consolidation des peuples d'Europe centrale, qui aurait amené ces derniers à rejeter l'influence franque avec une violence croissante. Or plusieurs éléments encouragent à proposer ici une autre hypothèse. En particulier, si l'on examine le rôle des délégués francs près des frontières, on s'aperçoit que, par le monopole d'information dont ils disposaient, ils étaient largement en mesure de définir comme rebelles des populations qui souhaitaient au contraire la préservation de l'échange ; or un tel discours correspondait par ailleurs aux intérêts de ces informateurs. C'est pourquoi on propose d'admettre que les conflits naquirent d'une opposition personnelle entre les Slaves et les seuls agents francs qui agissaient en périphérie, et non d'une opposition envers le monde carolingien ou d'une évolution ethnique dans ces secteurs.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Identité ethnique – Slaves – Carolingiens – Archéologie – Moravie – Information</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Paul BERTRAND, Charles MERIAUX</span> : « Cambrai-Magdebourg : les reliques des saints et l'intégration de la Lotharingie dans le royaume de Germanie au milieu du X<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">La documentation narrative, diplomatique et liturgique permet de mettre en évidence l'existence de plusieurs translations de reliques de Cambrai et de ses environs vers la Saxe à la fin des années 940 ; elles concernent les saints Aubert, Géry, Madelberte, Maxellende et peut-être aussi une énigmatique sainte Saturnine. Contrairement aux translations de reliques de l'époque carolingienne qui manifestaient l'intégration de la Saxe dans l'empire franc, les translations du Xe siècle sont révélatrices d'un mouvement inverse : l'ancrage très net de la Lotharingie dans l'espace politique ottonien.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Translations de reliques – Lotharingie – Cambrai – Saxe – Otton Ier</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">An SMETS</span> : « “Poux, vers et vermine” : étude sémantique sur les parasites des rapaces dans les traductions cynégétiques françaises »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">On connaît le rôle des traductions médiévales dans le développement du lexique scientifique, et l'article analyse ce phénomène pour les noms des parasites des rapaces à partir d'un corpus composé de 11 textes cynégétiques français ayant un modèle latin et traitant ce sujet. Ce choix s'explique par le fait que les parasites (ecto- ou endoparasites) sont les maux les plus fréquents dans ces traités. Dans le domaine latin, le vocabulaire se limite à tinea et pediculus pour les ectoparasites, et aux termes généraux vermis et lumbricus pour les endoparasites, complétés par quelques occurrences d'aculeus, acus et anguilla. La diversité lexicale est plus riche en français : surtout peoil et teigne pour les ectoparasites, mais aussi vermine, lente et migne, tout comme le maintien du latin, et ver, lombrice, filandre, esguille, ... pour les endoparasites. Les traducteurs utilisent surtout des termes déjà existants, mais le traducteur de Moamin semble être le premier à employer les noms ver et lombrice dans le sens de « ver ou lombric intestinal ». Enfin, il s'avère que certains termes, comme pediculus, sont toujours rendus correctement, alors que d'autres, comme anguilla, ne le sont jamais.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Lexique – traduction – médecine vétérinaire – littérature cynégétique – parasites – oiseaux rapaces</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Julien VERONESE</span> : « La notion d'“auteur-magicien ” à la fin du Moyen Âge : le cas de l'ermite Pelagius de Majorque († v. 1480) »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Pelagius de Majorque, ermite du XVe siècle, est un maillon important de l'histoire de la magie savante, à la croisée des traditions médiévale et renaissante, des mondes oriental et occidental. Cet article pose un premier jalon pour une étude plus poussée de la notion d'« auteur-magicien » forgée par Nicolas Weill-Parot. Si les magiciens les plus autonomes par rapport à la tradition sont souvent des spécialistes de la magie talismanique, le cas de Pelagius, situé dans son contexte, montre que la magie rituelle et la théurgie, bien que se définissant comme des savoirs révélés, ont été le théâtre d'un processus d'individualisation des invocateurs d'esprits. L'étude de l'Ars crucifixi, l'une des œuvres de Pelagius, montre toute la difficulté à situer ce curieux personnage dans une lignée clairement identifiée.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Pelagius de Majorque – auteur-magicien – théurgie – Ars crucifixi</p>";;"<p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Céline MARTIN </span>: « Montanus and the Schismatics : Retaking Control of a Hispanic Periphery at the Beginning of the 6<sup>th</sup> Century »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">A re-reading of the letters of Montanus of Toledo to Toribius and to the clergy of Palencia suggests that Toribius is an important personage who has become an abbot and who supports the previously deposed bishop. In his role of metropolitan bishop, Montanus tries to untangle the traditional solidarity of the region with the rest of the province of Galicia that is under the control of the Suebi. This affirmation of the ecclesiastical hierarchy serves the interests of the Gothic king, who has problems in imposing his authority in those borders, remote from Narbonne.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Spain – Barbarians – Power – Priscillianism – Province</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Yves-Mary VERHOEVE</span> : « The Kingdom of Lombardy and the Duchies : Forms and Methods of a Progressive Integration »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">In 584 the territory controlled by the Lombards was split up into several autonomous duchies. These lacked any real cohesion and were at risk of being absorbed by their powerful Frankish or Byzantine neighbours. It is in this context that the restoration of the Lombard royalty must be envisaged.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Throughout the VIth, VIIth and VIIIth centuries the Lombard kings struggled with the dukes desire for independence, who thus put the kingdom in peril. The latter were in perpetual conflict with the royal power, refusing their attempts at centralisation. The Lombard kings from Authari to Liutprand tried to base their authority on the regnum, but also to establish their position at its head. In particular they effected this enterprise through the progressive control of the most turbulent of the duchies by installing at their head the members of their family or their devoted followers. However, this strategy led to numerous rebellions that weakened the royal power. This study proposes therefore to view the construction of the Lombard kingdom from the point of view of the struggle between the duchies and the royal power, highlighting the network of support or contestation of the kingdom and the way in which the latter managed to impose itself in the face of the duchies.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Duchy – Regnum – dynastic continuity – Benevent – Agilofing – Theodelinde – blood relationship</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Alban GAUTIER</span> : « Adressing Foreign Food Habits : Adapting, Copying or Rejecting Continental Feasting Practices in 7th Century Britain »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">The study of imported tableware (both glass and ceramic) can allow us to understand more deeply some cases of cultural, economic and even political interaction, for which two archaeological/anthropological models have generally been used : peer-polity and core-periphery interaction. Four areas in 7<sup>th</sup> century Britain are here considered : Cornwall, Dalriada, Kent and East Anglia. This paper argues that these regions may be seen as belonging to a whole spectrum of interaction situations, between each other and with the European Continent, ranging from mere influence to cultural and symbolic autonomy.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Exchange – Imports – Archeology – Interaction – Consumption – Britain – Tableware – Pottery – Glass</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Rodolphe DREILLARD</span> : « The Nuclear Fission : Ancient and New Centers in the Alpine Region from the End to the 7<sup>th</sup> Century to the Beginning of the 10<sup>th</sup> Century »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">The new structure of the Carolingian kingdoms born from the Treaty of Verdun (843) was studied under various aspects, including the way they manage to create their own inner structures and the birth, on the borders, of new entities organised by cultural identities who precede the Frankish come over and were historically inscribed in these spaces. These peripheral principalities resulted from a dialectic process between the old centres of the Frankish power, between Loire and Rhine, and the borders. I intend to study this relationship and its evolution through a « border case » : the central and occidental Alps, which were situated geographically at the centre of Carolingian Europe, and on an essential way going from the Carolingian centre to Rome, but were indeed a politic border between the kingdoms resulting from the division of 843 and the following. I aim to understand how aristocracies exploited this particular situation in order to build nets that lead to autonomous powers at the end of the IXth century.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Carolingians – Center/border – Alps – Nets – Internationals Relationships</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Thomas LIENHARD</span> : « Who benefits from the Wars in Orient ? Some Observations about the Conflits between Slavs and Franks during the 9<sup>th</sup> Century »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">To explain the conflicts which opposed Slavs and Franks during the IXth Century, historiography generally accused the consolidation of Central Europe's ethnic groups, which would have led the latter to reject the Frankish influence with an increasing violence. However, several elements encourage to propose another hypothesis. In particular, if one looks at the role of the Frankish agents close to the borders, one realises that, through their monopoly of information, they were largely able to define as rebels some populations who wished on the contrary to keep an exchange ; and such a discourse corresponded to these informator's aims. This is why one proposes to admit that the conflicts were born from a personal opposition between the Slavs and some Frankish agents acting on the periphery, and not from an opposition towards the Carolingian world or from an ethnic evolution in these sectors.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Ethnic Identity – Slavs – Carolingians – Archaeology – Moravia – Information</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Paul BERTRAND, Charles MERIAUX</span> : « Cambrai-Magdebourg : The Relics of the Saints and the Integration of Lotharingia into the Kingdom of Germany in the Middle of the 10<sup>th</sup> Century »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">The narrative, diplomatic and liturgical documentation shows several transfers of relics from Cambrai and its neighbourhood towards Saxony at the end of the 940's ; they concern in particular the saints Aubert, Géry, Madelberte, Maxellende and perhaps also the enigmatic saint Saturnine. Contrary to the transfer of relics during the Carolingian period that showed the integration of Saxony into the Frankish empire, the transfers of the X<sup>th</sup> century reveal an opposite movement : the marked anchorage of Lotharingia in the Ottonian political region.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Relics transfer – Lotharingia – Cambrai – Saxony – Otto the Ist</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">An SMETS </span>: « “Lice, Worms and Vermin ” : a Semantical Study of the Names of the Birds of Prey's Parasites in Cynegetic Texts translated from Latin to French »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">This contribution proposes an analysis of the role played by translations in relationship to the development of scientific vocabulary in the Middle Ages. To be precise, it is a study of the names of the birds of prey's parasites, based on a corpus of the 11 texts in Old and Middle French which deal with this topic and have a Latin source text. The reason for this choice is that in hunting literature parasites (both endo- and ectoparasites) are the diseases with the highest frequency. The Latin vocabulary is limited to tinea and pediculus for the ectoparasites, and to the general terms vermis and lumbricus for the endoparasites, these being completed by a few occurrences of aculeus, acus and anguilla. The French vocabulary is more diversified : especially peoil and teigne for the ectoparasites, but also vermine, lente and migne, just as the Latin term, and ver, lombrice, filandre, esguille, ... for the endoparasites. The translators generally choose terms which already existed in French, but the translator of the Moamin seems to be the first one to use the names ver and lombrice with the meaning of « intestinal worm ». Finally, we observe that some terms, as pediculus, are always correctly translated, and others, like anguilla, never.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Vocabulary – translation – veterinary medecine – cynegetic literature – parasites – birds of prey</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Julien VERONESE</span> : « The Concept of “Author-magician” at the End of the Middle Ages : the Case of the Hermit Pelagius of Majorca (d. ca 1480) »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Pelagius of Majorca, a XV<sup>th</sup> century hermit, is an important link of the history of learned magic, between medieval and modern traditions, Eastern and Western worlds. This article is the beginning of a more complete study of the concept of « author-magician » exposed by Nicolas Weill-Parot. The most autonomous magicians compared to the tradition are often specialists in the talismanic magic ; nevertheless the case of Pelagius, situated in its context, shows that ritual magic and theurgy, although being defined as revealed knowledge, were the theatre of a process of individualization of spirits' invokers. The study of Ars crucifixi, one of the Pelagius'works, shows all the difficulty of locating this curious character in a clearly identified line.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Pelagius of Majorca – author-magician – theurgy – Ars crucifixi</p>";316;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Il se propose d’explorer les différentes méthodes utilisées par les autorités centrales pour englober les marges de leurs territoires.</p><p style=""text-align: justify;"">Quelles que soient les différentes techniques utilisées, ces marges gardent, la plupart du temps, des caractères propres qui leur permettent de conserver leur identité et de ne pas se dissoudre complètement dans un ensemble plus vaste. Parfois même ces espaces périphériques deviennent, par l’effet de changements géopolitiques, des espaces centraux. Le volume trouvera donc sa place à l’intersection des problématiques liées à l’intégration, aux stratégies géopolitiques et à l’histoire de l’expansion occidentale.</p>";"<p>Index général</p>";22/11/2006 14:30;0;Première édition;3386 432;2;3;31;Origine et horizon tragiques;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet essai se consacre à la question du rapport avec l'origine, tel que la tragédie grecque le met en scène mais aussi au problème de la réception du spectacle théâtral, dans le contexte de l'Antiquité comme dans l'optique des relectures modernes et contemporaines.</p>";"<p> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><strong>Avant-propos</strong></p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">1. La question de l’origine, entre théâtre et politique</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">2. Geschwister : sœurs et frères tragiques</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">3. Antigone et Niobé entre deux mondes</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">4. Les Suppliantes d’Eschyle : la caresse divine et le rapt masculin</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">5. L’effet tragique : Aristote et en deçà</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">6. La mimésis dans les Perses d’Eschyle</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">7. Tropismes de fuite, désirs de mort</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">8. Catharsis et réflexivité</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><strong>Bibliographie</strong></p>";;10/03/2007;0;137x220;232;978-2-84292-197-2;9782842921996;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_432.jpg;;;;284;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment les tragédies grecques, si lointaines, peuvent-elles continuer à nous émouvoir au fil de leurs métamorphoses ? Quels points communs entre l’écoute d’un public grec du Ve siècle avant notre ère, rassemblé sur les gradins du théâtre de Dyonisos à Athènes, et celle du spectateur d’aujourd’hui ou du simple lecteur qui s’invite à « l’intime gala pour soi » ? Telles sont les deux interrogations majeures qui fondent cette série d’essais et plaident pour la légitimité d’une lecture au présent des textes anciens.</p>";;24/02/2007 19:43;0;Première édition;3643 434;2;3;8;Le Roman du signe;Fiction et herméneutique au XIXe siècle;;;"<p style=""text-align: justify;"">Rapport entretenu entre le roman du XIXe siècle et la question herméneutique... Dans une société hantée par le spectre de l’opacité et de l’insignifiance, le déchiffrement et l’interprétation des signes offrent ainsi, en même temps qu’une traversée du réel, un accès véritable à la connaissance.</p>";"<p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Andrea Del Lungo</span><br /> Temps du signe, signes du temps. Quelques pistes pour l’étude du concept de signe dans le roman du xixe siècle</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">I. La littérature et son dehors</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Marie-Ève Thérenty</span><br /> Le journal dans le roman du XIX<sup>e</sup> siècle, ou l’icône renversée</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Pierre Chabot</span><br /> L’incertitude des signes de la mort : avatars romanesques d’une question médicale dans trois œuvres de F. Mastriani</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Marie De Gandt</span><br /> Le signe au XIX<sup>e</sup> siècle, entre littérature et écononomie</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Jérôme David</span><br /> Le sens pratique du détail</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">II. L’Indice. Formes et fonctions</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">François Vanoosthuyse</span><br /> Julien et les signes. Sur la sémiologie matérialiste de Stendhal</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Brigitte Louichon</span><br /> Personnages en larmes</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Carol Rifelj</span><br /> Le langage des coiffures</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Julie-Manon Doucet</span><br /> Poétique du signe alimentaire dans Madame Bovary</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Christèle Couleau</span><br /> « Stigmates ». Du signe symbolique au signal narratif</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Agathe Lechevalier et Nicolas Wanlin</span><br /> Scénario sémiotique et dialectique des signes dans Mademoiselle de Maupin de T. Gautier</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">III. Herméneutiques « fin de siècle »</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Noëlle Benhamou</span><br /> L’objet de culte détourné : la perversion du signe dans les contes et nouvelles de Maupassant</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Jean-Marie Samocki</span><br /> L’image impossible</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Jérôme Solal</span><br /> Huysmans en rade, ou la mort du signe</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Alice de Georges-Métral</span><br /> Construction de l’opacité du texte et déconvenues de l’herméneute : Le Bonheur dans le crime de Barbey d’Aurevilly</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Franc Schuerewegen</span><br /> Le berger est un monstre (Jules Verne, Le Château des Carpathes)</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Boris Lyon-Caen</span><br /> Synthèse des travaux</p>";;10/03/2007;0;137x220;288;978-2-84292-194-1;9782842921941;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_434.jpg;;;;414;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Indices, traces, symptômes... Qu’est-ce qui fait signe dans le roman ? Quel rapport le roman du XIXe siècle entretient-il avec la question herméneutique ? Dans une société hantée par le spectre de l’opacité et de l’insignifiance, le déchiffrement et l’interprétation des signes offrent, en même temps qu’une traversée du réel, un accès véritable à la connaissance. <br />Le présent ouvrage étudie les mille et une formes narratives prises au XIXe siècle par le « paradigme indiciaire » (Carlo Ginzburg), chez Stendhal comme chez Huysmans, chez Gautier comme chez Flaubert, dans la représentation des corps comme dans la conduite de l’intrigue.</p>";;26/02/2007 10:27;0;Première édition;3643 435;2;3;22;Surdité et langage;Prothèses, LPC et implants cochléaires;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le présent ouvrage aborde le thème de la communication chez les personnes sourdes, dont l’intégration linguistique est une question polémique et toujours d’actualité.</p>";"<p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;"">Introduction</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">Chapitre 1 : Implant cochléaire, plasticité cérébrale et développement du langage </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">I. L’implant cochléaire : historique, description et indications<br /> II. Plasticité cérébrale : rôle des cortex auditifset visuels dans la perception de la parole<br /> III. Effets de l’implant cochléaire sur la perception de la parole, le développement du langage et l’architecture cognitive<br /> IV. Conclusions</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">Chapitre 2 : Le développement de la communication parlée avec implant cochléaire </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">I. Communication parlée chez le normo-entendant<br /> II. Effets de différents facteurs sur le développement de la perception de la parole avec implant cochléaire </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">Chapitre 3 : Phonologie audiovisuelle : lecture, lecture labiale et lecture labiale complétée </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">I. Introduction<br /> II. La parole audiovisuelle<br /> III. Le Langage Parlé Complété : une prothèse visuelle destinée à réduire les ambiguïtés de la lecture labiale<br /> IV. Conclusions</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">Chapitre 4 : La remédiation prothétique des surdités cochléaires Apport des nouvelles technologies </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">I. Introduction<br />II. Éléments de physiologie<br />III. Conséquences des atteintes cochléaires<br />IV. Stratégies de remédiation par prothèses amplificatrices<br />V. Stratégies de remédiation par implant cochléaire <br />VI. Conclusions</p>";;10/03/2007;0;137x220;200;978-2-84292-195-8;9782842921958;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_435.jpg;;;;300;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pour des raisons historiques (congrès de Milan de 1880, lois Ferry sur l’utilisation du français), les positions se sont souvent radicalisées pour devenir parfois antagonistes suite à la répression qu’a subi la LSF (Langue des Signes Française). Écrit par des universitaires internationaement reconnus, ce livre propose les découvertes les plus récentes concernant les aspects neuro-physiologiques, technologiques et psycho-linguistiques liés à la surdité. Il rend également compte des apports du Langage Parlé Complété (LPC), des solutions technologiques, depuis les prothèses jusqu’aux Implants Cochléaires, et de leur influence dans le développement de l’individu. Il met ainsi à la portée des lecteurs francophones une littérature scientifique d'habitude essentiellement anglo-saxonne et s’adresse à toute personne concernée par la question de la surdité, ainsi qu’aux enseignants, chercheurs et étudiants qui s’intéressent à ce sujet.</p>";;26/02/2007 10:56;0;Première édition;3165 469;2;3;31;Essai sur l'origine de la mystification;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Traitant de Poinsinet, de Diderot, du baron d’Holbach, de Linguet et de Voltaire, cet essai s’adresse à un public s’intéressant à la littérature française du 18e siècle, à la philosophie et à l’anthropologie religieuse.</p>";"<div><p>Ouverture<br /> <br /> <strong>Origines de la mystification</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> L'originalité<br /> Imitation et sacrifice<br /> Dans le salon du baron d'Holbach <br /> Palissot et Poinsinet<br /> Poinsinet et Philidor <br /> <em>Ernelinde</em><br /> Facéties à la suite d'<em>Ernelinde</em><br /> De la fin de Poinsinet</p><p><br /> <strong>De la fin du mystère</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br /> </strong>Un nouvel évangile (Diderot)<br /> Critique du religieux et théorie du complot (le milieu encyclopédique)<em><br /> </em>L'ombre des rites (Voltaire)</p></div>";;10/06/2009;0;137x220;176;978-2-84292-233-7;9782842922337;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_469.jpg;;;;258;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le mot ""mystification"" a été inventé au milieu du XVIIIe siècle, en plein épanouissement de la philosophie des Lumières et de la critique du religieux qui lui est associée. Il désigne les initiations burlesques pratiquées dans les salons de cette époque aux dépens de personnes crédules. Présentée comme une forme de l’antiphilosophie, la mystification passe pour être en contradiction avec le mouvement des Lumières, alors qu’elle en est une des expressions les plus profondes. L’originalité de ce livre est de montrer en quoi la pensée des Lumières et la question de la mystification sont complémentaires.</p>";;26/03/2009 15:44;0;Première édition;3643 436;2;3;14;Esthétique du motif;cinéma musique peinture;;;"<p style=""text-align: justify;"">Souvent associé à la musique et à la peinture, le motif est ici envisagé comme une forme qui affecte d’autres champs esthétiques.</p>";"<p style=""font-family: Arial; text-align: left;"">Avant-propos<br />Motivations</p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;"">PARTIE I<br /> Du pictural au musical : l’arrachement du motif </p><p style=""font-family: Arial;"">- Analyses, analyse <br /> - Du motif au moment favori : l’écoute à l’œuvre <br /> - L’étoffe du motif. Moment (théorique) favori. Renoir, Hitchcock : l’idéal plastique ou la « motivation » de l’image autonome.<br /> - Ébranlement de la perception : figures <br /> - Tressage pictural et tissu musical (de Renoir à Boulez). L’image déclassée : procédures informelles (de Renoir à Bataille).</p><p style=""font-family: Arial; text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial; text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">PARTIE II</span><br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Motiver, défigurer : questions de rythme </span> </p><p style=""font-family: Arial;"">- Du motif vers le thème : déplacement musical <br /> - L’hypothèse-thème. Solution visuelle (Le Vent, 1927).<br /> - Le rythme : question d’image <br /> - Désordre cinématographique. Figure rythmique et dé-formation du corps. Traité sur l’image de cinéma : tradition picturale, tradition théâtrale.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-weight: bold;"">PARTIE III</span><br /> Du musical au pictural : quelle forme pour le motif ?</p><p style=""font-family: Arial;"">- Force migratoire du motif : du sonore au visuel <br /> - Motif, forme, idée : ouvertures <br /> - Schoenberg : l’idée en germe, la forme motivique. Wagner, Proust, Boulez : le temps dessaisi. Boucourechliev : le programme. Schoenberg/ Boulez : idée/Idée.<br /> - Forme motivique et perception musicale <br /> - Entrelacs motivique et composition sérielle. Lieux d’images, résonances visuelles. Écoute et analyse. Mémoire de l’art. La femme aux portraits.</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;"">Conclusion</p>";;10/06/2007;0;137x220;160;978-2-84292-203-0;9782842922030;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_436.jpg;;;;232;20.00;"<p style=""text-align: justify;""> À partir d’exemples tirés en particulier des films <em>Le Vent</em> (Sjöström, 1927), <em>La Nuit du carrefour</em> (Renoir, 1932) et <em>Gertrud</em> (Dreyer, 1964), Emmanuelle André montre la pertinence d’une notion pour une réflexion plus générale sur l’écoute et le visuel. Compris comme une entité plastique et dynamique, le motif se déploie et nous informe sur les circulations secrètes entre les arts.</p>";;04/06/2007 10:10;0;Première édition;3670 440;1;6;24;"De l'esprit aux Esprits ; Enquête sur la notion de shen";N°29/2007;Of Self and Spirits : Exploring shen in China;;"<!-- @font-face { font-family: ""Times New Roman""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }table.MsoNormalTable { font-size: 10pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --><p style=""text-align: justify;"">Qu'est-ce que le <em>Shen</em>, notion cardinale dans la civilisation chinoise rendant compte de nombreux phénomènes de tous ordres, religieux et physiologique, artistique, thérapeutique ou encore cosmologique ?</p>";"<p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Romain GRAZIANI</span><br /> « Quand l’esprit demeure tout seul »</p><p style=""font-weight: bold; font-family: Arial;""> </p><div style=""text-align: center; font-weight: bold; font-family: Arial;""><p>I. DIVINITÉS TRANSCENDANTES OU FORCES SOCIALES ?<br /> LES ESPRITS DANS LE RITUEL ET LA RELIGION</p></div><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Roel STERCKX</span><br /><em> Searching for Spirit : Shen and Sacrifice in Warring States and Han Philosophy and Ritual</em></p><p style=""font-family: Arial;""><em><br /></em></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Thierry MEYNARD</span><br /> Intellectuels chinois contemporains en débat avec les esprits : Le cas de Liang Shuming (1893-1988)</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""> </p><div style=""text-align: center; font-family: Arial;""><p><span style=""font-weight: bold;"">II. ÂMES DU CORPS OU ÂME DU MONDE?<br /> LES ESPRITS DANS LA MÉDECINE ET LES PRATIQUES DE SOI</span></p></div><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Catherine DESPEUX</span><br /> Âmes et animation du corps. La notion de shen dans la médecine chinoise antique</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Michael PUETT</span><br /> <em>Humans, Spirits, and Sages in Chinese Late Antiquity : Ge Hong’s</em><br /><em> Master Who Embraces Simplicity (Baopuzi)</em></p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""> </p><div style=""text-align: center; font-weight: bold; font-family: Arial;""><p>III. SAISIR LA MARCHE DES CHOSES.<br /> LES ESPRITS DANS LA MÉTAPHYSIQUE ET LA COSMOLOGIE</p></div><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Stéphane FEUILLAS</span><br /> L’accès à l’âme du monde. Définitions et approches à partir de l’oeuvre de Zhang Zai (1020-1078)</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Fabian HEUBEL</span><br /> Culture de soi et créativité. Réflexions sur la relation entre Mou Zongsan et le Confucianisme énergétique</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""> </p><div style=""text-align: center; font-weight: bold; font-family: Arial;""><p>IV. REGARD EXTÉRIEUR</p></div><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Bertrand MÉHEUST</span><br /> Le Prince et le pêcheur. Remarques sur un cas de divination dans le Tchouang-tseu</p>";;10/11/2007;29;155x220;208;978-2-84292-207-8;9782842922078;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_440.gif;"<p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Roel STERCKX</span> : <strong><em>“À la recherche des Esprits. La question du sacrifice dans le rituel et la philosophie à l’époque des Royaumes Combattants et des Han""</em></strong></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cet article situe et analyse la notion de shen dans le contexte rituel et les pratiques religieuses de Chine ancienne. On repère des parallèles entre le développement de cette notion dans le discours philosophique de l’Antiquité et sa transformation dans les pratiques religieuses, sacrificielles au premier chef. Après avoir passé en revue différentes attitudes-types des maîtres philosophes vis-à-vis du monde des Esprits, nous portons notre attention sur les modalités d’exécution du sacrifice, qui font apparaître ce dernier comme une sorte d’événement multimédia offrant une pluralité de voies pour accéder aux Esprits. Force est de constater que l’on ne s’adressait pas aux Esprits, mânes et divinités comme à des entités prédéfinies ordonnées en un panthéon : nous tentons de montrer au contraire que dans la religion chinoise ancienne, les sacrifices étaient conçus tout d’abord comme une quête et une enquête sur les Esprits par le truchement des procédures déployées à cette occasion. De telles procédures se donnaient pour fin d’établir un contact entre les participants de la cérémonie rituelle et les Esprits sollicités, par des voies multiples et toujours senties comme incertaines.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Thierry MEYNARD</span> : <strong><em>""Intellectuels chinois contemporains en débat avec les esprits : le cas de Liang Shuming (1893-1988)""</em></strong></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Au XX<sup>e</sup> siècle, les intellectuels chinois ont hérité d’une croyance traditionnelle aux esprits, qui fait partie du psychisme national. Si la plupart d’entre eux ont essayé de rejeter ces croyances jugées irrationnelles à l’ère moderne, d’autres ont essayé de réinterpréter un discours qui puisse rendre compte rationnellement de l’existence des esprits. Liang Shuming fait fond sur la double tradition du confucianisme et du bouddhisme pour présenter le rôle des esprits dans la constitution d’un univers moral qui garde toute sa pertinence pour le monde des humains.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><strong>Catherine DESPEUX : <em>""Âmes et animation du corps. La notion de shen dans la médecine chinoise antique""</em></strong></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le Canon interne de l’empereur Jaune, texte médical composite des Han, reflète plusieurs conceptions divergentes de la notion de shen dont le terme correspondant le plus adéquat en français nous semble être non pas esprit mais « âme », concept sur lequel les penseurs grecs et plus tard les philosophes français ont beaucoup débattu. Shen, dont les propriétés et les qualités sont souvent semblables à celles du qi « souffle/énergie », est un constituant essentiel de l’individu dont la perte mène à la mort, et qui doit être protégé comme le bien le plus précieux, ne devant pas s’échapper du corps ni être blessé par des attaques extérieures ou par l’aiguille du praticien, médecin du corps et de l’âme. Malgré l’importance du cœur en tant que siège du shen, il est aussi question du shen des cinq viscères ou du shen de diverses parties du corps ; il est alors difficile de savoir s’il s’agit d’une seule et même chose revêtant des fonctions et des aspects divers selon le lieu où elle se trouve, ou d’une pluralité d’éléments. Une caractéristique fondamentale du ou des shen est la circulation dans le corps, en corrélation avec le temps extérieur ; le renshen « âme du corps », parallèle à renqi « souffle du corps », se déplace selon la lune, l’âge de l’individu, les temps de l’année avec des systèmes divergents reflétant certainement une pluralité d’écoles. Le Canon interne, à deux reprises, avance l’idée d’un pôle de jade (yuji) autour duquel l’âme se meut sans cesse, selon un cours normal, telles les étoiles dans l’univers autour du Pôle. Le parcours de l’âme humaine dans le corps doit être rapproché de celui du souverain dans le Mingtang, un palais rituel du temps symbolisant le parcours de l’empereur dans son empire.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Michael PUETT</span> <strong><em>: ""Hommes, esprits et sages dans l’Antiquité tardive : Le Maître qui embrasse la simplicité (Baopuzi) de Ge Hong""</em></strong></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le présent article s’efforce de répondre à la question de savoir quelle pouvait être la visée de Ge Hong lorsqu’il composa le Baopuzi. Quelles idées y a-t-il avancé et comment les a-t-il défendues ? Enfin, qu’est-ce qui à la lumière de son époque donne à ses arguments un tour si particulier ? Nous soutenons dans ces pages qu’il y a une réelle cohérence argumentative et une vision d’ensemble dans le discours de Ge Hong sur les humains, les sages et les esprits. Cette ensemble d’idées innerve aussi bien les chapitres intérieurs qu’extérieurs de l’ouvrage.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><strong>Stéphane FEUILLAS : <em>""L’accès à l’âme du monde. Définitions et approches. À partir de l'oeuvre de Zhang Zai (1020-1078)""</em></strong></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le présent article est composé de deux parties. Dans la première, il propose de traduire le terme shen par « âme » en définissant un contexte de traduction. L’objectif est de sortir de l’antagonisme entre deux types de lecture de Zhang Zai, une matérialiste et une autre plus métaphysique, et de montrer comment le Zhengmeng [Discipline pour les jeunes obscurcis] peut s’inscrire dans une tradition philosophique et discursive européenne sur le changement et l’énergie. En rapprochant les textes de Zhang Zai de la pensée de Giordano Bruno (1548-1600), de Spinoza (1632-1677) et de Diderot (1713-1784), nous espérons lever un certain nombre d’ambiguïtés sur la conception de l’absolu tel qu’il se dégage dans une « énergétique » et indiquer comment une pensée de l’âme et du changement implique un discours spécifique, une assimilation entre énergie et sensibilité, une orientation éthique.<br />La seconde partie étudie, à partir de ces données, dans le Zhengmeng et le commentaire de Zhang Zai aux Mutations, une voie d’accès à cet absolu et la reconnaissance de l’âme. Les partis pris éthiques de Zhang Zai, l’accent qu’il met sur la pertinence de la conduite, sur la prudence et l’anticipation, sur les déclics (ji), permettent de décrire l’entrée dans l’âme des choses comme l’expérience personnelle, éprouvée dans un corps, d’un flux, d’une influence et d’une transformation conjointe de soi. Chez Zhang Zai, l’âme (shen) est ainsi le dynamisme pur, soustrait à ses déterminations, débarrassé des obstacles de la relation, et créateur d’usages dans les comportements comme dans les pratiques sociales.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><strong>Fabian HEUBEL : <em>""Culture de soi et créativité. Réflexions sur la relation entre Mou Zongsan et le confucianisme énergétique""</em></strong></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">L’histoire chinoise de la culture de soi (et tout particulièrement dans les doctrines des néo-confucéens des Song et des Ming), le spirituel s’est trouvé confronté à une tendance à la « dé-hiérarchisation » ontologique. En philosophie, ce mouvement s’est manifesté principalement dans l’évolution de la notion d’« énergie » (qi). Les relations entre l’esprit (shen) ou la structure régulatrice (li) d’une part, et l’énergie de l’autre constituent l’une des questions majeures de la philosophie confucéenne des Song et des Ming. Or, des Song du Nord aux Ming, cette notion d’énergie a occupé une place de plus en plus élevée. Depuis quelques dizaines d’années, la nature de cette évolution vers une théorie énergétique constitue un point essentiel dans les polémiques sur la pensée des Song et des Ming. Dans ce débat, Zhang Zai (1020-1078) et Wang Fuzhi (1619-1692) ont fait l’objet d’une attention particulière.<br /> Le problème est le suivant : dès lors que l’on abandonne la hiérarchie entre l’immanence et transcendance, entre le monde physique et le métaphysique, et que l’on se débarrasse du fondement métaphysique d’une culture de soi spirituelle, comment concevoir le rapport entre créativité, culture de soi et éthique ? Selon Mou Zongsan (1909-1995), les théories énergétiques et celles de la culture de soi sont à l’évidence dans un rapport d’opposition, l’effort moral consistant à limiter et contrôler le flux de l’énergie. Le problème est de savoir s’il est possible de créer ou non entre elles un rapport plus positif. L’idée de « la compénétration des constituants sans adhérence » (jianti wulei) comme pratique d’ascèse s’efforce d’abord de proposer un autre mode de relation entre éthique, esthétique et culture de soi.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><strong>Bertrand MÉHEUST : <em>""Le Prince et le pêcheur. Remarques sur un cas de divination dans le Tchouang-tseu""</em></strong></p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Jusqu’à présent, les parapsychologues qui étudient les pouvoirs extrasensoriels, et les universitaires qui travaillent sur la divination ont persisté à s’ ignorer. Mon article a pour but de montrer sur un exemple concret le type de dialogue qui pourrait s’instaurer entre ces deux domaines de recherche. Un apologue du Tchouang-tseu, où il est question d’un rêve divinatoire et d’une tortue sacrée, fournit l’occasion d’amorcer cet échange. À travers cet exemple, on voit s’esquisser le projet de travaux comparatifs féconds entre l’Orient et l’Occident, qui permettaient de transcender les habituels cloisonnements culturels</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><strong>Roel Sterckx : <em>« Searching for Spirit: Shen and Sacrifice in Warring States and Han Philosophy and Ritual »</em></strong><br /> This paper examines the notion of shen in the context of early Chinese ritual and religion in practice. In ancient China significant conceptual parallels exist between the ways in which abstract notions such as shen “spirit” are interpreted by a philosophical tradition on the one hand, and their transformation in ritual and religious practice on the other. Following a discussion of attitudes towards the spirit world among the masters of philosophy in Warring States China, we examine sacrificial performance as a multimedia event that offered multiple routes of access to the spirits. Rather than addressing spirits as embodiments of a pre-existing order or pantheon, we argue that in early Chinese religion, sacrificial procedure was conceived of primarily as a progressive search or quest for spirit presence through performance. The latter was aimed at establishing a sensory bond between the ritual participants and spirits addressed.<br /> <br /> <strong>Thierry Meynard : <em>« Contemporary Chinese Intellectuals in Discussion with the Spirits: the Case of Liang Shuming (1893-1988) »</em></strong><br /> In the twentieth century, Chinese intellectuals have inherited a traditional belief in spirits as a part of the national psyche. If most of them have discarded this belief, judged irrational in the modern age, others have attempted to integrate it in a discourse which may give a rational account of the existence of spirits. Liang Shuming draws from both Confucianism and Buddhism in order to present the role of the spirits in the constitution of a moral universe, a role which holds an essential value for the human world.<br /> <br /><strong> Catherine Despeux : <em>« Animation of the Body. The Notion of Shen in Early Chinese Medical Literature »</em></strong><br /> The Yellow Emperor’s Inner Canon, a medical compendium dating to the Han, presents various and sometimes conflicting notions of shen. Rather than being understood in the sense of “spirit”, they most adequately correspond to the notion of a “soul” (in French: âme), a concept much debated in Greek, and later, French philosophy. Shen bears characteristics resembling those associated with qi “breath/energy”, the loss of which leads to death. It is to be preserved as a precious property, and must be prevented from escaping the body or being harmed by external forces or the needle of the medical practitioner who acts as a physician of body and soul. Despite the importance of the heart as its seat, the text further speaks of shen associated with the five organs and of shen associated with various parts of the body, making it difficult to understand whether shen refers to a single entity that assumes several functions according to its location in the body, or whether it refers to a plurality of elements. A basic feature of shen, singular or plural, is that it circulates within the body according to climatic or seasonal changes. The renshen “body soul”, in keeping with the renqi “breath of the body”, moves according to the moon cycle, the age of the person and the time in the year. Different systems were used to calculate these movements, probably reflecting a plurality of views. The Inner Canon twice advances the idea of a jade axis around which the soul constantly moves following a regular course, like stars circling the Pole. The course followed by the human soul within the body was also enacted by the sovereign in the Bright Hall, a symbolic palace that replicated empire and cosmos. <br /> <br /><strong> Michael Puett : <em>« Humans, Spirits, and Sages in Chinese Late Antiquity: G Hong’s Master Who Embraces Simplicity (Baopuzi) »</em></strong><br /> This paper attempts to answer the questions: What was Ge Hong trying to do when he wrote the Baopuzi? What were his arguments? And why, within the context of the time, were these arguments significant? In answering these questions, the essay claims that there is a unified set of ideas concerning humans, sages, and the spirit world in the Baopuzi. Moreover, it is a set of ideas that underlies both the inner and outer portions of the text. <br /> <br /><strong> Stéphane Feuillas : <em>« “Entering the Soul of the World”. Defining and Approaching Shen in the Work of Zhang Zai (1020-1078) »</em></strong><br /> This article is organized in two parts. First, it argues that the term shen can be understood as “soul” within a specific frame of translation. We propose to set aside two antagonistic readings of the Zhengmeng [Discipline for the Young Dim-witted], one being materialistic and the other metaphysical, and to show that this work can be read following the European philosophical discourse on change and energy. By relating the thought of Zhang Zai to that of Giordano Bruno (1548-1600), Spinoza (1632-1677) and Diderot (1713-1784), we hope to remove some of the perceived ambiguity that surrounds his view of the absolute and seek to highlight a logic of soul, a fusing between energy and sensibility, as well as an ethical orientation.<br /> In the second part we examine the issue of the perception of this absolute and of the recognition of the soul. The ethical bias of Zhang Zai, his emphasis on the adequacy of conduct, on cautiousness and precaution, on the “trigger” of moral life (ji), help to describe the soul-becoming of man as a personal, physical experience of a flow, an influence parallel to a transformation of the self. “Soul” is seen as pure dynamism, freed from the hurdles of social relationship. This dynamism instills new powers and uses in human behavior and social practices.<br /> <br /><strong> Fabian Heubel : «<em> Self-Cultivation and Creativity: Reflections on Mou Zongsan’s Relationship with an Energetic Confucianism </em>»</strong><br /> Within the Chinese history of the self-cultivation (and particularly in Song and Ming Confucianism), the spiritual was confronted with a tendency of ontological “de-hierarchisation”. In philosophy, this movement appeared mainly in the evolution of the concept of “energy” (qi). The relation between the spirit (shen) or the regulating structure (li) on the one hand, and energy on the other constitutes one of the central questions of neo-confucian philosophy. From the northern Song up to the late Ming, the philosophical satus of the concept of qi-energy increasingly raised. During the last decades, scholarly debates on Confucianism in China have been very much influenced by the question whether the reevaluation of energy as a key-concept can provide new and critical perspectives for research into the Confucian tradition. In this debate, Zhang Zai (1020-1078) and Wang Fuzhi (1619-1692) as representatives of energetic Confucianism have been major objects of attention.<br /> With this development as a background, this paper deals with the following problem: if one abandons the value-hierarchy between immanence and transcendence, between the physical and the metaphysical world, and thus undermines the metaphysical basis of spiritual cultivation, how can the relationship between creativity, cultivation and ethics be critically reconceptualized? According to Mou Zongsan (1909-1995), energetics and cultivation obviously form an opposition, with the moral effort aiming at limitation and control of the flow of energy. Is it possible to think of a more positive relation between cultivation and energetics? The understanding of “the compenetration of the constituants without adherence” (jianti wulei) as an ascetic practice is thus part of a broader research into alternative modes of relation between ethics, aesthetics and self-cultivation.<br /> <br /><strong> Bertrand Méheust : « <em>The Prince and the Fisherman: reflections on a divination case in the Zhuangzi </em>»</strong><br /> Until today, parapsychologists studying the workings of the world beyond the human sensorium and academics researching divination have not been in dialogue. My paper aims to demonstrate, by means of a case study, the type<br /> of dialogue that could emerge between those two fields of research. An edifying story in Zhuangzi about a divinatory dream and a sacred tortoise offers a platform to facilitate this dialogue. This example will demonstrate the fructifying potential of such comparative work between East and West.</p>";302;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Enquête sur la notion de <em>shen</em> (diversement traduit par : l’âme, l’Âme du monde, les mânes des morts, le monde des Esprits, le divin ou le merveilleux). Les contributeurs de ce numéro croisent leurs approches, médicale, psychologique, religieuse ou philosophique, pour rendre compte des clivages singuliers et des continuités troublantes entre différents domaines de l'existence que les lettrés, médecins et artistes chinois ont su exprimer à partir de la notion de <em>shen</em>.</p>";;13/06/2007 14:53;0;Première édition;4036 438;2;3;16;L'Autre de l'œuvre;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les études ici réunies, consacrées à la littérature, au cinéma, à l’opéra, à la traduction, à l’adaptation, explorent, dans un dialogue entre chercheurs européens et japonais, les formes de cet « Autre de l'œuvre ».</p>";"<p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Yoshikazu NAKAJI</span><br />Avant-propos</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">I. L'ŒUVRE ET SON DEHORS</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Michel JEANNERET </span><br />La biographie d’auteur, ennemie ou solidaire de l’œuvre ?</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Olivia ROSENTHAL</span><br />L’œuvre et ses éditeurs au début du XVI<sup>e</sup> siècle <span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Tetsuya SHIOKAWA</span><br />Entre la pensée et l’œuvre : à propos de la critique valéryenne de Pascal <br /><span style=""font-weight: bold;""><br /></span><span style=""font-weight: bold;"">Pierre PÉNISSON</span> <br />L’œuvre d’auteur et son antitype dans l’Allemagne classique <br /><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Laurent JENNY</span><br />Hugo et la révolution par le mot <br /><span style=""font-weight: bold;""><br /></span><span style=""font-weight: bold;"">Patrizia LOMBARDO</span> <br />Baudelaire : le clair-obscur du vers</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Kan NOZAKI</span><br />Tanizaki et la tentation des langues étrangères : de L’Espion du Kaiser à Svastika <br /><br /><span style=""font-weight: bold;"">Claude MOUCHARD </span><br />Littérature et liens <br /><span style=""font-weight: bold;""><br />SHUICHIRO SHIOTSUKA</span> <br />Le réel dans Un cabinet d’amateur de Georges Perec <span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Ynhui PARK </span><br />L’autre du monde ou l’autre du mot <br /><span style=""font-weight: bold;""><br /></span><span style=""font-weight: bold;"">Kuang-Neng LIU</span> <br />Crouching Tiger, Hidden Dragon de Ang LeE au pays des cartésiens : <br />de la réception comparée à la culture comparée</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">II. L’ŒUVRE EN SON DEVENIR</span></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Françoise DECROISETTE </span><br />Fantômes goldoniens dans Capriccio de Richard Strauss <br /><span style=""font-weight: bold;""><br />Jean-Louis BOISSIER </span><br />Rousseau, moments interactifs</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Takeshi TAMURA</span><br />Les Chimères et les autres chimères : la poésie de Nerval et ses répercussions <br /><span style=""font-weight: bold;""><br /></span><span style=""font-weight: bold;"">Jacques NEEFS </span><br />En amont de l’œuvre, l’espace de la genèse</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Masanori TSUKAMOTO</span><br />« La main de Pascal » : Écriture et Détresse <span style=""font-weight: bold;""> </span> <br /><span style=""font-weight: bold;""><br />Ken’ichi SASAKI</span><br />Le courant sous-jacent : le cas de Jean Giraudoux</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;""> </span><span style=""font-weight: bold;"">Shiguéhiko HASUMI </span><br />L’identique et le différent : le remake au cinéma <br /><span style=""font-weight: bold;""><br />Masayuki NINOMIYA</span><br />Le statut de l’inachevé dans la culture du devenir : entre Kobayashi Hideo et André Gide</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Tiphaine SAMOYAULT</span><br />« Son nom est légion et nous sommes plusieurs » : Ulysses de James Joyce et la traduction collective</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;""><br /></span></p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Marianne SIMON-OIKAWA </span><br />Les poèmes franco-japonais de Pierre Garnier et Niikuni Seiichi : <br />le cas de Micropoèmes et Petits Poèmes mathématiques simplistes</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;""><br /></span></p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">III. L’AUTRE DANS L'ŒUVRE</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Katsumi FUJIWARA</span><br />Aspects de l’altérité dans Le Dit du Genji</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Katsumi FUKASAWA</span><br />L’acceptation et l’exclusion de l’autre dans l’histoire française moderne</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Yoshikazu NAKAJI</span><br />Recherche et rejet : l’autre dans Le Spleen de Paris</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Guy POITRY</span><br />Un souffle autre : le « nègre » dans les Petits Contes de Blaise Cendrars <br /><br /><span style=""font-weight: bold;"">Aymeric EROUART</span><br />Giuseppe Ungaretti et « l’indéfinissable aspiration » de la poésie. Sur quelques figures de L’Allegria, Sentimento del tempo et Il Dolore</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Hiroaki YAMADA</span><br />Psychanalyse et narration : lecture d’une nouvelle de Tanizaki</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Jinshan CHE</span><br />Le double malentendu : à partir de l’image de la Chine chez les théoriciens de Tel Quel</p>";;10/06/2007;0;137x220;368;978-2-84292-201-6;9782842922016;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_438.jpg;;;;514;28.00;"<p style=""text-align: justify;"">L’identité d’une œuvre, à supposer qu’elle existe, ne peut se concevoir que par rapport à ce qui lui est autre : altérité de ce qui entoure l’œuvre, dans sa création comme dans sa récep­tion, langues que celle-ci affronte, événements qui la suscitent, biographie qu’elle assume, liens qu’elle défait ou refait ; altérité qu’est le devenir de l’œuvre, avant elle comme après elle, moments de sa venue, temps de ses actualisations et de ses transfor­mations ; altérité enfin qui habite l’œuvre dans ses figures, dans son aspiration, dans son inépuisable actualité.</p>";;12/06/2007 13:23;0;Première édition;3643 439;1;3;24;Qu'était-ce qu'écrire une encyclopédie en Chine ?;Hors série 2007;;;"<p style=""text-align: justify;"">Qu'est-ce qu'écrire par compilation, par assemblage d'extraits ? Le volume pose la question en s'appuyant sur des matériaux qui nous viennent de l'histoire de Chine.</p>";"<p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">I. La question générale des « encyclopédies » en Chine</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Florence Bretelle-Establet, Karine Chemla</span><br /> Introduction</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Jean-Pierre Drège</span><br /> Des ouvrages classés par catégories : les encyclopédies chinoises</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">II. Des encyclopédies impériales aux Notes au fil du pinceau</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Johannes L. Kurz</span><br /> The Compilation and Publication of the Taiping yulan and the Cefu yuangui</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Hilde De Weerdt</span><br /> The Encyclopedia as Textbook : Selling Private Chinese Encyclopedias in the Twelfth and Thirteenth Centuries</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Fu Daiwie</span><br /> The Flourishing of Biji or Pen-Notes Texts and its Relations to History of Knowledge in Song China (960-1279)</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;"">III. Écrire par citation : significations politiques et philosophiques</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Benjamin Elman</span><br /> Collecting and Classifying : Ming Dynasty Compendia and Encyclopedias (Leishu)</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Chu Pingyi</span><br /> Archiving Knowledge : A Life History of the Calendrical Treatises of the Chongzhen Reign (Chongzhen lishu)</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">IV. Regards extérieurs</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Ann Blair</span><br /> Le florilège latin comme point de comparaison</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Roger Chartier</span><br /> La muraille et les livres</p>";;10/06/2007;0;155x220;176;978-2-84292-198-9;9782842921989;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_439.gif;"<p><strong>Jean-Pierre DRÈGE :</strong> ""Des ouvrages classés par catégories : les encyclopédies chinoises""</p><div style=""text-align: justify; font-family: Arial;""><p>Le terme chinois que l’on traduit généralement par « encyclopédie » (leishu) recouvre en réalité un type d’ouvrages aux contours flous que sont les recueils de citations classées par catégories. Leur prétention fréquente à couvrir la totalité des champs du savoir les éloigne des florilèges et des anthologies. Cette caractéristique du classement par sujets en fait un genre particulier, extraordinairement composite, puisque réunissant dans un même ensemble aussi bien des recueils d’anecdotes littéraires ou biographiques, que des documents administratifs ou des notions et des faits du bouddhisme ou du taoïsme. Proche d’un simple vademecum ou atteignant plusieurs milliers de chapitres, les encyclopédies chinoises vont, du même coup, de l’œuvre solitaire privée à l’entreprise d’État réunissant plusieurs milliers de collaborateurs dans des opérations de magnificence culturelle.</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">Johannes L. KURZ </span>: ""Compilation et publication du Taiping yulan et du Cefu yuangui""<br /> Cet article porte sur deux encyclopédies réalisées sur ordre impérial au début des Song du Nord. Écrites dans des contextes différents, elles montrent d’abord combien les compilateurs étaient libres de créer de nouvelles encyclopédies. Elles révèlent ensuite les conceptions différentes que les empereurs avaient de ces ouvrages et de leurs fonctions. La première, Ce qu’a examiné l’empereur pendant l’ère de la Grande paix, est générale, traitant de tous les phénomènes naturels et surnaturels du monde, tandis que les Modèles tirés des Archives, compilée seulement trente ans plus tard, est un manuel pour le gouvernement, et donc limité aux affaires administratives. Les deux encyclopédies reflètent pourtant bien le contrôle que ces deux empereurs ont eu sur leurs fonctionnaires et l’intérêt qu’ils eurent à recréer des traditions littéraires et érudites qui avaient été particulièrement mises à mal pendant la période chaotique précédant l’empire des Song en 960.</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">Hilde DE WEERDT </span>: ""L’encyclopédie comme manuel : vendre des encyclopédies privées chinoises aux XII<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> siècles""<br />Sur la base d’un petit échantillon d’encyclopédies chinoises pour les examens, compilées en privé et publiées par une imprimerie commerciale, cet article examine comment l’expansion de la culture d’examen et de l’imprimerie ont modelé la production et la circulation des encyclopédies aux XIIe et XIIIe siècles. Il analyse comment les encyclopédies en sont venues à être produites et utilisées comme des manuels et comment elles sont devenues de plus en plus des outils de référence. Il offre aussi une discussion sur les évolutions matérielles des encyclopédies, ainsi qu’une analyse des politiques intellectuelles à la source de leur production.</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">Fu DAIWIE</span> : ""La multiplication des Biji ou Notes au fil du pinceau et ses relations à l’histoire des savoirs dans la Chine des Song (960-1279)""<br />L’histoire de la Chine ancienne donne à voir nombre de possibilités d’organisation des connaissances, différentes de celles sanctionnées par la science moderne. Cet article se concentre sur les catégories de savoir que présentent les formes de biji (« Notes au fil du pinceau ») qui fleurirent au cours de la dynastie Song. On y compte quatre parties. Dans une première section, l’auteur suggère deux types de classement différents des notes au fil du pinceau des Song. Le premier repose sur leur structure tandis que le second prend en compte une dimension historique. Selon l’auteur, ce dernier classe¬ment reproduit l’opposition qui se manifeste en ce domaine entre les deux encyclopédies (leishu) que sont le Taiping yulan et le Taiping guangji. La seconde partie se penche sur l’impact du contexte historique de la dynastie Song, marqué par une diffusion importante de l’imprimerie par xylographie, sur la maturation du genre des « Notes au fil du pinceau ». Ce lien étroit entre développement nouveau de l’imprimerie et culture des biji est discuté par comparaison avec les leishu, qui manifestent le même phénomène. Dans une troisième section, l’auteur amorce une discussion des relations intertextuelles entre les biji. Il suggère que les auteurs Song de ces formes de texte commencèrent de fait progressivement à se lire les uns les autres, à se citer et à s’évaluer, formant ainsi une communauté imaginaire. L’article s’appuie sur l’exemple de Shen Gua discutant du sens de l’expression wugui d’un poème de Du Fu pour examiner comment la discussion se poursuit et s’amplifie dans une dizaine de biji des Song. La quatrième et dernière partie analyse des types différents de biji, comme des notes sur des sujets divers ou au contraire consacrées à un unique thème, ainsi que leur interaction pour apporter un éclairage à l’histoire des savoirs sous les Song.</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">Benjamin ELMAN</span> : ""Collecter et classer : anthologies et encyclopédies au cours de la dynastie Ming""<br />Les <em>leishu</em> et les encyclopédies à usage quotidien des XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> siècles se sont inspirés de collections de livres plus anciens, appréciés et utilisés par les lettrés chinois pour préparer les concours impériaux ou pour mener à bien leurs missions, grâce au matériau qui y était rassemblé. Depuis 1000, ces collections traditionnelles ont transmis une approche épistémologique spécifique pour explorer les choses, les événements et les phénomènes. Dès la moitié du XIII<sup>e</sup> siècle, sous l’empire Mongol, de nouveaux types d’encyclopédies se développèrent, dont certains, du fait de l’expansion de l’imprimerie, de l’alphabétisation et de la culture du livre imprimé, gagnèrent un lectorat plus important que jamais. Ces nouvelles encyclopédies couvraient, d’une part, un champ de savoir plus étendu, et, d’autre part, elles incarnèrent une forme de classicisme appréhendant les choses/évènements/phénomènes textuellement, c’est-à-dire, de façon lexicographique et étymologique. En utilisant la forme encyclopédique, les compilateurs appliquèrent l’idéal d’« explorer les choses et étendre la connaissance » au-delà du corpus classique. Cette approche textuelle des études naturelles et du savoir pratique culmina avec la création de trésors textuels comparables à des « musées textuels ».</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">CHU Pingyi</span> : ""Archives de savoir : l’histoire du Chongzhen lishu (Traités calendériques du règne de Chongzhen)""<br />Par une réflexion sur l’histoire des éditions des Traités calendériques du règne Chongzhen, l’article vise à repenser le concept d’« archive ». Il avance l’idée qu’on ne peut simplement considérer une archive comme de l’information ou un organe de conservation passive et de traitement de documents, mais qu’il faut la voir comme le nœud d’un réseau de pouvoir qui se transforme de par les usages qui en sont faits. L’histoire de l’astronomie chinoise aux XVIIe et XVIIIe siècles peut être considérée comme la compétition entre jésuites et astronomes chinois pour la construction d’archives. L’article décrit l’histoire des Traités calendériques du Règne Chongzhen et montre comment la vie de cette archive est imbriquée dans le réseau socio-politique qui en sous-tend l’existence, et comment toute évolution de ce réseau transforme le sens de l’archive. Les Traités calendériques du Règne Chongzhen sont une collection d’ouvrages réalisée sur ordre impérial et destinée à traduire les connaissances mathématiques et astronomiques venues d’Europe au XVIIe siècle. Cet article montre comment le processus de compilation de l’ensemble et les variantes des éditions ultérieures portent la marque de luttes entre les différents groupes sociaux qui ont été impliqués dans la production de la collection et qui ont tenté d’imposer un sens à ce corps de connaissance par le truchement du format concret qu’ils lui ont imprimé, en sorte qu’ils ont muni la matérialité même de l’ouvrage de significations précises. C’est par une analyse du processus de compilation et des usages de l’archive que l’auteur amorce ainsi le déchiffrage des relations de pouvoir qui la sous-tendent.</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">Ann BLAIR</span> : ""Le florilège latin comme point de comparaison""<br />L’examen des florilèges latins, innombrables en Europe du Moyen Âge au XVII<sup>e</sup> siècle, permet de mettre en évidence de nombreux parallèles avec les leishu chinois, et de suggérer tout le profit réciproque que pourraient en tirer les spécialistes de ces deux champs. L’article traite de problèmes de terminologie – en particulier la notion <br /> d’« encyclopédie » –, des contextes d’emploi et des méthodes de compilation des florilèges.</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">Roger CHARTIER</span> : ""La muraille et les livres""<br />Ce texte de conclusion replace les six études proposées dans ce numéro dans trois contextes : 1. la confrontation entre deux techniques de reproduction des textes : la xylographie en Chine et la typographie en Occident, 2. la comparaison entre les différents genres encyclopédiques à l’Est et à l’Ouest : notes de lecture, recueils de lieux communs, collections de textes et encyclopédies proprement dit, 3. la tension présente dans chaque culture entre la crainte de la perte et la peur de l’excès, la prolifération et la raréfaction des textes.</p><p> </p></div>";;"<p><span style=""font-weight: bold;"">Jean-Pierre DRÈGE</span> : ""Classified Books: Chinese encyclopedias""<br />Under the Chinese word leishu translated by “encyclopedia” rests a kind of books with nebulous limits. These classified collectanea of quotations very often cover all the fields of knowledge and cannot be assimilated with anthologies and florilegia. This is a particular and extremely compound kind of compilation. It can gather literary or biographical anecdotes as well as administrative documents or Buddhist or Daoist facts and ideas. Chinese encyclopedias are sometimes as short as an ordinary vademecum or include several thousands of chapters and can be compiled by only one scholar or by a few thousands of scholars employed in a State enterprise of cultural splendor.</p><div style=""text-align: justify; font-family: Arial;""><p><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p><span style=""font-weight: bold;"">Johannes L. KURZ</span> : ""The Compilation and Publication of the Taiping yulan and the Cefu yuangui""<br />The essay deals with two imperially sponsored encyclopedias of the early Northern Song. On the one hand, written under different premises, they show how flexible compilers were in creating new encyclopedias. On the other hand they also display the rather different understanding that emperors had of the function of these works. The first one, the Imperial Digest of the Reign of Great Tranquility (Taiping yulan), was a more general work, dealing with all natural and supernatural phenomena in the known world, whereas the Models from the Archives (Cefu yuangui), compiled just three decades later, was a handbook for government, and thus limited to administrative matters. Both encyclopedias reflect nevertheless the control the two emperors personally involved in the compilation of the two works had over their scholar-officials and the interest they had in recreating literary and scholarly traditions that had suffered in the chaotic period prior to the founding of the Song in 960.</p><p><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p><span style=""font-weight: bold;"">Hilde DE WEERDT</span> : ""The Encyclopedia as Textbook: Selling Private Chinese Encyclopedias in the Twelfth and Thirteenth Centuries""<br />This paper focuses on a small subset of privately compiled and commercially published Chinese examination encyclopedias and discusses how the expansion of examination culture and commercial printing shaped the production and circulation of encyclopedias in the twelfth and thirteenth centuries. It examines how encyclopedias came to be produced and used as textbooks and how they were increasingly used as reference tools. It combines the discussion of the changing material aspects of encyclopedias with an analysis of the intellectual politics of their production.</p><p><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p><span style=""font-weight: bold;"">FU Daiwie</span> : ""The Flourishing of Biji or Pen-Notes Texts and its Relations to History of Knowledge in Song China (960-1279)""<br />General knowledge and studies of myriad things (of heaven, earth, and human) in the history of knowledge were usually organized in patterns that do not readily fit into the conventional categories of “science” as we know them today. Sometimes, Chinese intellectuals or literati did form communities for studying subjects under categories easily recognized today. In most cases they did not form distinct communities for subject specific studies, nor did intellectuals always organize knowledge in patterns familiar to us today. This does not mean that studies written in “alternative forms” or organized in alternative patterns are irrelevant to the history of knowledge; on the contrary, many constitute an essential part of ancient Chinese knowledge. This paper outlines some general steps in understanding the body of texts today usually called biji (literally, “brush notes”, or “pen notes”), which flourished in Northern Song China. Further consideration of these texts and how they contributed to the history of knowledge in Song China will also be discussed. Through the examination of these texts and how their emerging patterns of studies are organized according to principles that differ from our own today, they stimulate and challenge our modern conceptions of knowledge and science.</p><p><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p><span style=""font-weight: bold;"">Benjamin ELMAN</span> : ""Collecting and Classifying : Ming Dynasty Compendia and Encyclopedias""<br />The mushrooming of reference (leishu) and daily-use encyclopedias (riyong leishu) in the sixteenth and seventeenth centuries drew on earlier book collections, which Chinese literati previously had valued as texts while preparing for civil examinations or for collecting source materials needed by officials to carry out their activities. Since 1000, these traditional collections transmitted a specific epistemological approach for investigating things, events, and phenomena. Beginning in the mid-thirteenth century under Mongol rule, new types of leishu developed, some of which, owing to the steady expansion of printing as well as literacy and the corresponding proliferation of a bookish print culture, reached a much wider readership than ever before. On the one hand, these new types of leishu covered a wider range of knowledge. On the other hand, they represented a form of classicism that approached things/events/phenomena textually, i.e., in a lexicographic and etymological way. Using the encyclopedic form, compilers increasingly applied the ideals for “investigating things and extending knowledge” (gewu zhizhi) beyond the classical corpus. This textual approach to natural studies and practical knowledge culminated in the creation of textual repositories simulating “textual museums.”</p><p><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p><span style=""font-weight: bold;"">CHU Pingyi </span>: ""Archiving Knowledge : A Life History of the Chongzhen lishu (Calendrical Treatises of the Chongzhen Reign)""</p><p>The history of Chinese astronomy in the seventeenth and eighteenth centuries can be considered as competitions in archive building between the Jesuits and Chinese astronomers. This paper describes the life history of the Calendrical Treatises of the Chongzhen Reign to demonstrate how the life of an archive is embedded in the socio-political network that sustains its existence, and how a shift of this network transforms the meaning of the archive. The Calendrical Treatises of the Chongzhen Reign is an imperially commissioned collectanea aiming at translating astronomical and mathematical knowledge transmitted from Europe in the seventeenth century. This paper illuminates how the compilation process of the Calendrical Treatises of the Chongzhen Reign and its variants bear the mark of struggle among interested social groups which attempted to stabilize the meaning of a body of knowledge by bestowing on it a corporeal format so as to inscribe meaning on the materiality of these books. An analysis of the compiling process and using of archives thus is the “commencement” to unravel the power relationship beneath the archive.</p><p><span style=""font-weight: bold;""> </span></p><p><span style=""font-weight: bold;"">Ann BLAIR</span> : ""The Latin Florilegium as a Point of Comparison""</p><p>By attending to the many parallels between Chinese leishu and Latin florilegia which were numerous in Europe from the middle ages through the 17th century, I suggest that the study of florilegia and that of leishu can fruitfully draw on one another. I consider briefly problems of terminology (especially the term “encyclopedia”), the contexts in which florilegia were used and the methods by which they were compiled.</p><p> </p><p><span style=""font-weight: bold;"">Roger CHARTIER</span> : ""The Wall and the Books""</p><p>This conclusion places the six essays presented in this issue in three contexts: 1. The differences between two techniques of reproducing texts: xylography in China and typography in the West, 2. The comparison between different encyclopedic genres in the East and the West: reading-notes, compilations of commonplaces, anthologies of works, and more particularly encyclopedias 3. The tension between the fear of loss and the fear of excess in each culture, the proliferation of texts, and their scarcity.</p><p> </p></div>";340;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro fait dialoguer à leur sujet des sinologues et des historiens de l'Europe spécialistes de ces genres.</p><p style=""text-align: justify;"">En Chine, l'art de compiler et de classer des extraits de textes ou des textes entiers pour faire de nouveaux livres est attesté à partir du IIIe siècle. Ces œuvres «encyclopédiques» se diversifient et se multiplient dès le Xe siècle. Les articles réunis dans ce numéro analysent ces formes d'écriture au fil des siècles, examinent les continuités et discontinuités de ce genre littéraire, se penchent sur les enjeux politiques à l'œuvre dans la production de ces ouvrages ainsi que sur les usages qui en furent faits au cours de l'histoire.</p>";;13/06/2007 14:09;0;Première édition;4036 441;1;3;29;Forces-figures - Faire sentir les forces insensibles;N°24/2006-2007;;;"<p style=""text-align: justify;"">La notion de « force » telle que Deleuze la reçoit de la tradition philosophique, et telle qu’il la transforme pour en faire un trait définitoire de l’art conçu comme « capture des forces ».</p>";"<p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Noëlle BATT</span><br /> Présentation </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Jean-Claude COQUET</span></p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;"">Paul Valéry : la force et la forme.<br />De la physique à la biologie et, ce faisant, à l’esthétique </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Alexis de SAINT-OURS</span><br /> Des forces aux champs :l’exemple de la gravitation </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Anne SAUVAGNARGUES</span><br /> L’art comme symptomatologie, capture de forces et image </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Sylvain DAMBRINE</span><br /> La notion de force en analyse du discours </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Guillaume DESAGULIER</span><br /> Figures et forces en linguistique cognitive :pour une redéfinition du concept de représentation dans une Grammaire de Constructions Floue </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Arnaud REGNAULD</span><br /> L’infigurable envers :le visage de Diane Williams </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Noëlle BATT</span><br /> La capture des forces dans le plan de composition esthétique :The Body Artist de Don DeLillo</p>";;10/11/2006;24;155 x 220;168;978-2-84292-197-2;9782842921972;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_441.gif;;;;254;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les auteurs ici rassemblés, tout en partageant cette connaissance du parti pris deleuzien, soumettent des hypothèses critiques sur ce que peut être une « pensée des forces » dans des champs disciplinaires divers : philosophie, histoire des sciences, critique et théorie littéraire, esthétique, sémiotique. Ils tentent aussi d’élucider si l’articulation privilégiée entre « figure » et « force » qui s’énonce à propos de la peinture abstraite peut être étendue à d’autres domaines.</p>";;25/07/2007 11:55;0;Première édition;3146 442;1;3;27;Le livre de science, du copiste à l'imprimeur;N°52/2007;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les sciences médiévales, comme la médecine, la science des astres, l'alchimie, nous sont connues par les manuscrits médiévaux et les premiers imprimés des XVe et XVIe siècles.</p>";"<p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">Laurence MOULIGNIER-BROGI, Nicolas WEILL-PAROT</span><br /> La sciences médiévale, du codex à l'imprimé</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Jean-Patrice BOUDET</span><br /> Charles V, Gervais Chrétien et les manuscrits scientifiques du collège de Maître Gervais</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Anne CALVET</span><br /> La tradition alchimique latine (XIII<sup>e</sup>-XV<sup>e</sup> siècle) et le corpus alchimique du pseudo-Arnaud de Ville neuve</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Mireille AUSÉCACHE</span><br /> Manuscrits d'antidotaires médiévaux : quelques exemples du fonds latin de la bibliothèque nationale de France</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Sebastià GIRALT</span><br /> La tradition médical d'Arnaud de Villeneuve, du manuscrit à l'imprimé</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Lluis CIFUENTES</span><br /> Textes scientifiques en catalan (XIII<sup>e</sup>-XVI<sup>e</sup> siècle) dans les bibliohèques de France</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Jon ARRIZABALAGA</span><br /> De la copie à l'édition : Francesc Argilagues et les manuscrits médicaux aux premiers temps de l'imprimerie</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; font-weight: bold; text-align: center;"">ESSAIS ET RECHERCHES</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Bruno DUMÉZIL</span><br /> L'affaire Agrestius de Luxeuil : hérésie et régionalisme dans la Burgondie du VII<sup>e</sup> siècle</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Olivier LINDER</span><br /> Aspect du discours norùatif dans le <span style=""font-style: italic;"">roman de Tristan</span> en prose (coutumes, codes sociaux, conversations)</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: center; font-weight: bold;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: center; font-weight: bold;"">POINTS DE VUE</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Pierre CHASANG</span><br /> La langue, l'écriture et l'histoire.<br /> La singulière catalogne de Michel Zimmermann</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Laurent MORELLE</span><br /> Michel Zimmermann : l'écriture documentaire comme théâtre d'expérimentation</p>";;10/06/2007;52;155x220;192;978-2-84292-202-3;9782842922023;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_442.gif;"<p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Jean-Patrice BOUDET</span> : « Charles V, Gervais Chrétien et les manuscrits scientifiques du collège de Maître Gervais »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Considéré par Simon de Phares et par certains historiens qui ont cru bon de lui faire confiance comme une institution axée principalement sur l’astrologie et la médecine, le collège fondé par le premier « physicien » de Charles V, Gervais Chrétien, en 1371, était en fait destiné en priorité, au départ, à des étudiants en théologie. Ce n’est qu’en 1377 qu’y furent instituées deux bourses de scholares regis, spécialisées dans « les sciences mathématiques licites », et deux bourses en médecine. Mais le rayonnement de l’activité de ces boursiers semble avoir été assez modeste et, autant qu’on puisse le savoir en consultant les sources subsistantes, notamment les manuscrits qui ont appartenu au collège de Maître Gervais et à certains de ses membres, cet établissement était voué bien davantage à l’étude de la théologie qu’à la médecine et au quadrivium.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Charles V – collège de Gervais Chrétien – astrologie – médecine – manuscrits scientifiques</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Antoine CALVET</span> : « La tradition alchimique latine (XIIIe siècle-XVe siècle)</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">et le corpus alchimique du pseudo-Arnaud de Villeneuve »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Un corpus alchimique médiéval, comme celui du pseudo-Arnaud de Villeneuve, est le plus souvent un ensemble de textes apocryphes. À la différence de l’œuvre authentique d’un auteur, sa formation n’obéit pas aux règles classiques de formation de textes livrant la pensée de ce dernier et mettant en évidence la logique d’un projet intellectuel. Ici, le corpus réunit des textes placés sous le patronage d’Arnaud de Villeneuve autour de doctrines et d’intentions divergentes, de textes composés à des époques différentes par des anonymes, rarement datés, des textes enfin dont le contenu peut considérablement varier d’une copie à l’autre. Notre propos est donc de fournir dans cet article une vision panoramique de ce corpus alchimique attribué au célèbre médecin en repérant les points communs (ou divergents) de tous ces textes et marquant leur évolution dans un contexte historique marqué par un christianisme prophétique de plus en plus accentué.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Alchimie – Arnaud de Villeneuve – Raymond Lulle – textes apocryphes</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Mireille AUSÉCACHE</span> : « Manuscrits d’antidotaires médiévaux : quelques exemples du fonds latin de la Bibliothèque nationale de France »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Les antidotaires, recueils de médicaments composés, sont de précieux témoins de l’évolution de la médecine médiévale, évolution marquée par le tournant des XIe-XIIe siècles, sous l’influence de Salerne. Généralement inédits, leur étude passe par l’examen des témoins manuscrits qui les conservent, tâche souvent rendue difficile par l’imprécision de la plupart des catalogues de bibliothèques et le faible nombre de répertoires spécialisés. Le fonds de la Bibliothèque nationale de France est riche en manuscrits médicaux contenant des antidotaires. Le type de recueil dans lequel ils figurent, les éventuelles traces d’utilisateurs ou de possesseurs sont autant d’indications sur la place occupée par ces textes dans la pratique médicale au Moyen Âge. L’étude porte principalement sur quatre antidotaires, trois ouvrages portant la marque de Salerne : l’Antidotarius magnus, le Liber iste attribué à Platearius, l’Antidotarius Nicolai et un recueil très différent des précédents, le Pomum ambre.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Antidotaires médiévaux – Salerne – Manuscrits médicaux – Antidotarius magnus – Liber iste – Antidotarium Nicolai – Pomum ambre</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Sebastià GIRALT</span> : « La tradition médicale d’Arnaud de Villeneuve du manuscrit à l’imprimé »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Les éditions générales d’Arnaud de Villeneuve publiées au XVI<sup>e</sup> siècle donnent l’occasion d’une réflexion autour de ses relations avec la tradition manuscrite. Apparemment, le travail de son éditeur scientifique, Tommaso Murchi, visa à compiler, essentiellement à partir de quelques manuscrits, toute l’œuvre ayant trait à la médecine qu’il pensait être écrite par Arnaud, mais avec un biais vers les arts occultes qui le conduisit à inclure quelques rares écrits alchimiques. De toute façon, les textes rassemblés ne proviennent pas tous de manuscrits, et au moins trois parmi les plus longs proviennent d’incunables. D’autre part, l’intervention éditoriale dans les textes se révèle inégale et peu systématique, ce qui rend nécessaire une évaluation particulière de leur utilité lorsque l’on entreprend l’édition critique de chacune des œuvres arnaldiennes. En définitive, les éditions arnaldiennes permettent de voir que le passage du manuscrit à l’imprimé n’a pas signifié une rupture immédiate, mais plutôt une évolution qui a affecté le travail autour du texte et les intérêts intellectuels qui lui étaient liés.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Manuscrit – débuts de l’imprimerie – Arnaud de Villeneuve – critique textuelle – écrits médicaux</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Lluís CIFUENTES</span> : « Textes scientifiques en catalan (XIII<sup>e</sup>-XVI<sup>e</sup> siècles) dans les bibliothèques de France »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le passage en langue vernaculaire ou vernacularisation de la science et de la technique est un champ d’étude pratiquement délaissé jusqu’à une date récente et peu pris en compte par la philologie. Des recherches récentes, essentiellement dans le monde anglo-saxon, germanique et ibérique permettent d’affirmer que son étude est susceptible de fournir de grandes sources d’information pour l’histoire sociale de la science, la transmission du savoir, l’histoire des métiers, l’histoire du langage scientifique ou la divulgation des connaissances scientifiques et techniques. Seule une étude d’ensemble, qui embrasse tous les champs de la connaissance diffusés dans chacune des langues vernaculaires, peut apporter cette richesse de données. Depuis 1993, mon champ d’investigation prioritaire est la vernacularisation de la science en langue catalane pendant le bas Moyen Âge et les débuts de la Renaissance. Ma recherche repose sur un travail étendu, l’élaboration d’un catalogue de manuscrits et imprimés, qui a commencé précisément en France et dans les bibliothèques de Paris. Ce travail-ci résume cette expérience, sa gestation, son développement présent et futur, et les origines des fonds scientifiques et techniques en catalan conservés en France, ainsi que leurs caractéristiques générales, avec un inventaire de leurs sources.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">science – technique – vernacularisation – Catalan – Moyen Âge – Renaissance – manuscrits – imprimés – catalogue – base de données</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Jon ARRIZABALAGA </span>: « De la copie à l’édition : Francesc Argilagues et les manuscrits médicaux aux premiers temps de l’imprimerie (fin XV<sup>e</sup>-début XVI<sup>e</sup> siècle) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">La biographie de Francesc Argilagues (fl. Sienne, ca 1470-Venise, 1508), médecin espagnol établi en Italie après des études universitaires à Sienne et Pise, illustre dans le domaine de la médecine universitaire la période de transition entre la copie de manuscrits et les premières éditions imprimées ; et elle reflète les débuts de la fonction d’éditeur scientifique, avec une attention particulière aux questions de nature technique ou idéologique auxquelles furent confrontés ceux qui s’adonnèrent à cette nouvelle occupation surgie de l’invention de Gutenberg.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Bruno DUMÉZIL</span> : « L’affaire Agrestius de Luxeuil : hérésie et régionalisme dans la Burgondie du VII<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Dans sa Vie de saint Colomban, Jonas de Bobbio rapporte comment un moine de Luxeuil, Agrestius, se révolta contre son abbé, puis contre la Règle et comment il déclencha l’ouverture d’un concile contre les usages colombaniens. Cette destinée individuelle peut servir de miroir aux tensions sociopolitiques décelables en Burgondie. Peu après l’unification du regnum par Clotaire II en 613, les membres des élites locales, laïques comme ecclésiastiques, s’opposèrent en effet au monachisme irlandais, dans lequel elles voyaient un instrument du centralisme voulu par la dynastie neustrienne. La révolte d’Agrestius met également en lumière le travail accompli à Luxeuil pour transformer le personnage historique de Colomban, dont l’orthodoxie restait incertaine, en une figure apaisée et acceptable pour tous. Le récit de la Vie de saint Colomban montre ainsi les ressources et les limites de l’écriture hagiographique : pour accomplir sa fonction de justification, elle doit parfois consciemment évoquer des sujets dérangeants.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Haut Moyen Âge – Monachisme – Hérésie – Identité régionale – Burgondie</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Olivier LINDER </span>: Aspects du discours normatif dans le Roman de Tristan en prose (coutumes, codes sociaux, conversation)</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le lecteur moderne du Tristan en prose est frappé par la fréquence des prescriptions relatives au code de conduite chevaleresque et courtois : le chevalier existe en tant que tel à la seule condition de “faire ce qu’il doit faire” et de ne pas déchoir. Le phénomène concerne essentiellement la sociabilité aristocratique, c’est-à-dire les normes qui régissent les rapports entre personnes de distinction. Ces normes, le plus souvent fictives, sont l’équivalent littéraire de normes sociales avérées (l’éthique chevaleresque, la politesse, les usages distingués...). Leur omniprésence les mue en principes narratifs, le récit se concentrant sur l’analyse des interactions entre les diverses normes mises en jeu par une situation donnée. On peut mesurer ainsi à quel point la vision aristocratique du monde, fondée sur l’idée de contrainte valorisante (“Noblesse oblige”), conditionne profondément l’écriture même du roman de chevalerie.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Aristocratie – Normes sociales – Distinction – Coutumes – Conversation</p>";;"<p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Jean-Patrice BOUDET </span>: « Charles V, Gervais Chrétien and the Scientific Manuscripts of Maître Gervais’ College »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Considered as an institution mainly devoted to astrology and medicine by Simon de Phares and some historians who believed that he was reliable, the college founded in 1371 by Charles V’s first physician, Gervais Chrétien, was actually primarily dedicated to theological students. It was not before 1377 that were created there two bursaries for scholares regis, specialised in « licit mathematical sciences », and two medical fellowships. Yet the influence of the activity of these fellows seems to ave been rather moderate and – as far as we can learn from the material still extant, notably from manuscripts that belonged to Maître Gervais’ College and to some of his members – this institution was devoted much more to theological studies than to medicine and quadrivium.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Charles V – Gervais Chrétien’s College – astrology – medicine – scientifical manuscripts</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Antoine CALVET</span> : « Latin Alchemical Tradition (13th-15th centuries) and the Alchemical Corpus Attributed to Arnau de Vilanova »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Most often, medieval alchemical corpuses, such as the one attributed to Arnau de Vilanova, are just collections of apocryphs. Unlike the authentical works of an author, their formation does not obey the usual rules for the composition of texts, which aim at revealing the mind of their author and at conveying the logic of a single intellectual project. The corpus which is studied here combines several texts placed under the patronage of Arnaud de Villeneuve, but their doctrines and intentions diverge, the texts themselves were written by anonymous authors at very different times, they are not often dated, and their content can vary considerably from one copy to another. Our purpose here is to give a panoramic vision of the alchemical corpus attributed to this famous physician, while noticing the common (or diverging) elements between those texts and showing their evolution within a historical context marked by the growth of a prophetic strand of Christianity.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Alchemy – Arnau de Vilanova – Ramon Llull – apocryphal texts</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Mireille AUSÉCACHE</span> : « Medieval Antidotaries Manuscripts : Some Examples from the “Bibliothèque nationale de France” Latin Fund »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Antidotaries, collections of compound medicines, are precious witnesses of medieval medicine evolution which is marked by the 11-12th turning-point which takes place under the influence of Salerno. Mostly unpublished, they must be studied by the way of their manuscripts, the difficulty coming from the imprecision of libraries catalogues and the small number of specialized indexes. The « Bibliothèque nationale de France » fund is rich in medical manuscripts inclosing antidotaries. The kind of collection where we find them, the possible readers or owners’marks are indications about their place in medical practice during the Middle Ages. Four antidotaries will be studied, three marked by Salerno : the Antidotarius magnus, the Liber iste ascribed to Platearius, the Antidotarius Nicolai and a very different one, the Pomum ambre.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Medieval antidotaries – Salerno – Medical manuscripts – Antidotarius magnus – Liber iste – Antidotarium Nicolai – Pomum ambre</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Sebastià GIRALT</span> : « The Medical Tradition of Arnau de Vilanova from Manuscript to Printed Book »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The general editions of Arnau de Vilanova published in the 16th century give us the opportunity to reflect about their relationship with the manuscript tradition. Apparently the work of their editor, Tommaso Murchi, was oriented to compiling, basically from some codices, the whole work of medical subject that he presumed to be written by Arnau, but with a bias towards the occult arts that led him to include a few alchemical writings. Anyway not all the texts collected in the general editions come from manuscripts but at least three of the longest stem from incunabula. On the other hand the editorial intervention in the texts was unequal and little systematic. Therefore a particular appraisal about their utility is needed as the critical edition of each Arnaldian work is undertaken. At last in the Arnaldian editions it is possible to see that the passage from the manuscript to the print did not mean an immediate breach but rather an evolution that affected the work about the text and the intellectual interests related to it.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> Manuscript – early press – Arnau de Vilanova – textual criticism – medical writings</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Lluís CIFUENTES</span> : « Catalan Scientific Texts (13th-16th century) in French libraries »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Until recently the vernacularization of science and technology was a field almost totally abandoned by the history of science, and little studied by philology. Recent research, particularly in the English-speaking, Germanic, and Iberian worlds, makes clear that its study can result in important contributions to our understanding of the social history of science, the transmission of knowledge, the history of crafts and trades, the history of scientific language, and the spread of scientific and technical knowledge. This wealth of information can only be conveyed, however, through projects that collect data across all the areas of knowledge within each vernacular language. Since 1993 my principal line of research has been the vernacularization of science in the Catalan language during the late Middle Ages and early Renaissance. The cornerstone of that project is a catalogue of manuscripts and early prints which I have produced on the basis of an extensive research that began precisely in France, in the libraries of Paris. This article summarizes that research, its precedents and its current and future development, as well as summarizing the origins and general characteristics of the collections of Catalan scientific and technical sources preserved in France, and providing an inventory of these sources.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">science – technology – vernacularization – Catalan – Middle Ages – Renaissance – manuscripts – imprints – catalogue – database</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Jon ARRIZABALAGA</span> : « From Copying to Editing : Francesc Argilagues and the Medical Manuscripts in the Times of the Early Printing Press, late 15th-early 16th century »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The activities of Francesc Argilagues (fl. Siena, ca 1470-Venice, 1508), a Spanish medical practitioner who settled in Italy after having studied at the universities of Siena and Pisa, illustrate in the area of university medicine, the transitional period between copying medical manuscripts and editing them for the early printing press ; and reflect the beginnings of the scientific editor’s job with particular attention to the technical and ideological questions faced by those scholars who were involved in this new occupation emerged as a result of Gutenberg’s invention.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Bruno DUMÉZIL</span> : « The Agrestius of Luxeuil’s Case : Heresy and Regionalism in Seventh Century Burgundy »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">In his Life of Saint Columbanus, Jonas of Bobbio tells the story of Agrestius, a monk of Luxeuil who rebelled first against his abbot, then against the Rule, and who initiated a council in order to condemn the columbanian uses. This individual adventure sheds a new light on the known factionalism of the Burgundian. Soon after the unification of the regnum by Clothar II in 613, members of the local lay and ecclesiastical elites struggled against the Irish monasticism, in which they saw an agent of the neustrian dynasty and of its centralism. Agrestius’revolt also throws light on the efforts of Luxeuil to transform the historical, and hardly orthodox, character of Columbanus into a peaceful and acceptable saint. The story of the Life of Saint Columbanus shows the possibilities and the limits of hagiography : if it wants to justify people and institutions, it sometimes had to allude consciously to disturbing subjects.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">High Middle Ages– Monachism – Heresy – Regional Identity – Burgundy</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Olivier LINDER</span> : « Some Aspects of the Normative Discourse in the Prose Tristan (customs, social codes, conversation) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">To the modern reader of the Prose Tristan, the frequence of instructions derived from the courtly and chivalric code is striking : the knight only exists as a knight as long as he “does what he must do” and does not fall from rank. This observation particularly applies to aristocratic sociability, that is the norms applied to relashionships between people of rank and distinction. These norms, often conveyed through fiction, are the literary equivalent of otherwise known social norms (chivalric ethics, courtliness, distinguished manners...). By being present everywhere, they become actual narrative elements – the narrative itself being narrowed to an analysis of the possible interactions between the various norms which may bear on a given situation. It can then be shown how much the aristocratic world vision, based on the idea of constraint as a self-enhancing value (“Noblesse oblige !”), deeply informs the very writing of the chivalric novel.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Aristocracy – Social Norm – Distinction – Manners – Conversation</p>";336;17.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les contributions rassemblées dans ce numéro s'attachent ainsi à mettre en relief les particularités de la transmission manuscrite de ces branches de la science médiévale selon trois axes principaux. À la fois supports et vecteurs du savoir scientifique, ils ont marqué de leur empreinte le contenu et la forme des textes qu'ils diffusaient.L'étude des manuscrits scientifiques permet d’abord de reconstituer des milieux intellectuels spécifiques, de comprendre la naissance de fausses attributions et de déjouer des mythes historiographiques durables. Elle permet aussi de cerner les états successifs de textes mouvants, comme les textes alchimiques ou les recueils de formules de médicaments (antidotaires). Enfin, le passage du Moyen Âge à la Renaissance, avec l’apparition et la diffusion de l’imprimerie, se traduit par un remodelage des textes, et une nouvelle hiérarchie des autorités scientifiques. L'étude comparée de la tradition manuscrite et des débuts de l'imprimerie s’avère ainsi riche d'enseignements, notamment sur la façon dont la Renaissance a biaisé notre perception de ce savoir trop longtemps resté dans l'ombre.</p>";;25/07/2007 14:34;0;Première édition;3386 443;2;3;18;Phusis et Logos;Une phénoménologie du langage;;;"<p style=""text-align: justify;"">Qui parle ? Qui écrit ? Quelles sont les instances énonçant ? Lire suppose que le lecteur a su articuler les deux univers, celui du monde sensible et celui du monde conceptuel.</p>";"<p style=""font-family: Arial;"">Avant-propos</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">I. Les instances énonçantes</p><p style=""font-family: Arial;"">Un paradigme : Pos, Benveniste, Merleau-Ponty<br />Le sujet : deux opérations distinctes, l’assertion et l’assomption</p><p style=""font-family: Arial;"">Le “ça pense” de l’immanence et les deux niveaux du principe de réalité : fuvsis et lovgos</p><p style=""font-family: Arial;"">Le rapport du langage à l’être<br />La production du discours</p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;"">II. Points de vue sur la phénoménologie du langage</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Linguistique de l’énonciation</span><br />1. La syntagmation d’Aristote à Benveniste<br />2. Benveniste et le discours de la passion<br />3. Le jeu des instances et des pronoms personnels dans l’analyse du discours<br />4. Quel peut être l’apport d’une phénoménologie du langage dans l’analyse du discours ?<br />5. L’étrangeté dans le langage</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">Sémiotique des instances</p><p style=""font-family: Arial;"">6. Deux paradigmes de la sémiotique européenne : la narrativité et la discursivité<br />7. La sémiotique et les fondements de la signification<br />8. « L’agaçante humanité du langage »<br />9. Du rôle des instances<br />10. Conte et culture</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">Phénoménologie et littérature</p><p style=""font-family: Arial;"">11. Il y a…<br />12. Jean Paulhan et le langage<br />13. Le discours de la passion<br />14. Corps écrit</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;"">Bibliographie<br />Index des auteurs</p>";;10/10/2007;0;137x220;296;978-2-84292-204-7;9782842922047;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_443.jpg;;;;414;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">« Comment ouvrir au langage les frontières de la réalité donnée où nous habitons ? », se demandait Levinas. La question première devrait être plutôt : est-ce que le langage peut s’ouvrir à la réalité donnée où nous habi­tons ? Et si oui, comment procède-t-il pour associer et dissocier ce qui appartient aux choses (à la <em>phusis</em>) et à l’« esprit » (au <em>logos</em>) ? On le sait, la pensée dominante privilégie la part du logos et méconnaît celle de la phusis. Adoptant la visée d’une phénoménologie du langage, l’auteur nous invite à ne pas craindre d’articuler le <em>logos </em>à la <em>phusis</em>.</p>";;25/07/2007 15:54;0;Première édition;3126 444;2;3;16;La terreur à l'oeuvre;Théorie, poétique et éthique chez Jean Paulhan;;;"<p style=""text-align: justify;"">La Terreur dans les lettres c’est, selon Jean Paulhan, une haine du langage responsable d’une crise de l’expression et de la pensée menant droit au silence, à la folie.</p>";"<p style=""font-family: Arial;"">Remerciements</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">Introduction</p><p style=""font-family: Arial;"">L’horizon du lieu commun<br /> Une allégorie brisée<br /> D’une terreur l’autre<br /> La terreur à l’œuvre</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">1. « C’est un peu sec. »<br /> Méthode, poésie et excès</p><p style=""font-family: Arial;"">Clef de la clef<br /> Nettoyage à sec<br /> <span style=""font-style: italic;"">Orpaillargues </span>: rites du texte et mythes de lecture<br /> Un événement dans le texte<br /> De la poudre (d’or) aux yeux<br /> Le malentendu<br /> La violence du référent</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">2. Patients travaux.<br /> Expérience et récit de l’événement</p><p style=""font-family: Arial;"">L’habitude de l’événement<br /> Le clair et l’obscur<br /> Prendre/Écrire l’événement « sur le fait »<br /> L’expérience du lieu commun<br /> Quelques bribes</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">3. Spectres de la peinture.<br /> Paulhan (et Ponge) face à Braque et Fautrier</p><p style=""font-family: Arial;"">Récit d’une rencontre<br /> Au-delà de la ressemblance : le spectre familier<br /> La hantise du commun<br /> Une revenante : la beauté<br /> Le temps de la reconnaissance</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">4. « Ceux qui se sont tus ».<br /> La littérature tenue au secret</p><p style=""font-family: Arial;"">Témoigner du secret<br /> « Je voudrais dire la vérité »<br /> La figure du secret ou le don des morts<br /> Au secret de l’histoire ?<br /> Épilogue</p><p style=""font-family: Arial;"">Bibliographie</p>";;10/09/2007;0;137x220;224;978-2-84292-205-4;9782842922054;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_444.jpg;;;;101;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Contre cette Terreur, il réaffirme sans illusion la nécessité d’un sens commun, prend le parti de la règle, du cliché, et embrasse les détours de la figure. Au moment de proposer une nouvelle lecture de l’œuvre secrète du légendaire directeur de la <em>Nouvelle Revue Française</em>, Éric Trudel renverse en quelque sorte la question pour examiner ce qui reste de terreur dans l’œuvre même de Paulhan, une terreur cette fois sans majuscule, tapie au cœur du texte, logée au fondement de l’expression.</p>";;25/07/2007 15:57;0;Première édition;3643 445;1;3;28;Le tournant inductif dans les sciences du langage;N°36/2007;;;"<p style=""text-align: justify;"">Illustration, défense ou critique, à partir de domaines différents de la linguistique, d'un tournant majeur opéré depuis une vingtaine d'années dans certains secteurs des sciences du langage en réaction avec la pensée chomskyenne.</p>";"<p>Introduction</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">John GOLDSMITH</span><br /> Towards a new empiricism</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Joaquim Brandão de CARVALHO et Sophie WAUQUIER</span><br /> Approches inductives et théorie phonologique : vrais et faux problèmes</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Jean-Elie BOLTANSKI,</span><br /> Masks : OT and the question of opacity</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Mario BARRA JOVER</span><br /> S'il ne restait que l'induction : corpus, hypothèses diachroniques et la nature de la description grammaticale</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Denis BECHET, Roberto BONATO, Alexandre DIKOVSKY, Annie FORET, Yannick LE NIR, Erwan MOREAU, Christian RÉTORÉ et Isabelle TELLIER</span><br /> Modèles algorithmiques de l'acquisition de la syntaxe : concepts et méthodes, résultats et problèmes</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Martin HAIDEN</span><br /> Sous-spécification et projection argumentale dans le Theta System</p>";;10/11/2007;36;155x220;192;978-2-84292-208-5;9782842922085;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_445.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>John GOLDSMITH</em><br /><strong>Vers un nouvel empirisme</strong><br />On abordera la pertinence et les avantages d'une approche néoempiriste pour la linguistique contemporaine qui rend compte des propriétés quantitatives d'un ensemble de données linguistiques. Le défi important pour une telle interprétation est de répondre à la question suivante : si la linguistique est une science, quel est son objet d'étude dans le monde réel ? Nous offrons une réponse à cette question basée sur les notions de complexité algorithmique et de grammaire probabiliste.<br />Empirisme, complexité algorithmique, grammaires probabilistes. <br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Joaquim BRANDAO DE CARVALHO et Sophie WAUQUIER</em><br /><strong>Approches inductives et théorie phonologique : vrais et faux problèmes </strong><br />Cet article traite de l'intérêt théorique des approches <em>usage-based</em> de la phonologie qui substituent aux représentation autonomes, symboliques et invariantes un listage d'""exemplaires"" encodant la variation à partir du calcul probabiliste opéré sur les données jusqu'à un niveau de ""détail phonétique fin"". Il montre que l'apport de ces modèles inductifs se situe essentiellement dans un registre psycholinguistique, où ils permettent une meilleure modélisation de certains phénomènes de traitement. Au regard de la phonologie, ces approches de par leur point de vue fondamentalement anti-SPE, conduisent, au mieux, à une reformulation inavouée de concepts structuralistes ; au pire, elles reproduisent les apories théoriques d'une conception linéaire des représentations qu'elles critiquent ailleurs. <br />Phonologie - modèles à exemplaires - fréquence - variation</p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Jean-Elie BOLTANSKI</em><br /><strong>Masques : OT et la question de l'opacité</strong><br />Pour tenter de résoudre le problème de l'opacité, tout en restant à l'intérieur du cadre optimaliste, deux solutions sont aujourd'hui proposées : la ""théorie de la sympathie"" et la ""théorie des correspondances disparates"". On soutient ici qu'elles sont, l'une et l'autre, inadéquates. S'il en est ainsi, nous voici ramenés à la case départ : OT (Classique) n'est pas en mesure de rendre compte des phénomènes d'opacité, pourtant si fréquemment attestés et qu'une approche sérialiste n'a aucune peine à traiter dans son format algorithmique. La question demeure donc entière : y -a-t-il un moyen de sortir de cette impasse, tout en préservant les intuitions fondamentales d'OT, c'est-à-dire les notions de conflit et de résolution de conflit ?<br />Opacité, Sympathie, Correspondace disparates, EVAL1, EVAL2, Défi yokuts, Énigme turque</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Mario BARRA JOVER</em><br /><strong>S'il ne restait que l'induction : corpus, hypothèses diachroniques et la nature de la description grammaticale</strong><br />L'énoncé : ""la séquence X appartient à la langue Y"" pose, faute de locuteurs compétents, de nombreuses difficultés lorsqu'il s'agit d'interpréter les données obtenues grâce à l'analyse d'un corpus diachronique. Dans cet article, ces difficultés sont formulées comme une conséquences du problème de Hume : il n'existe jamais d'un point de vue diachronique, la certitude logique qu'une occurrence (un énoncé ""historique"") puisse être promue au rand de représentation d'un nombre potentiellement infini d'occurences identiques. Une fois que les différents versants du problème de la représentativité ont été exposés, nous procédons à une présentation des solutions envisageables : hypertexte informatique, restriction de la portée de nos hypothèses à des traditions discursives, démarches justificationnistes ancrées dans des programmes de recherches indépendants de la recherche diachronique, projection des situations actuelles. Est proposée pour finir une solution méthodologique qui se borne à répondre à la question ""quelles conditions un locuteur X doit-il remplir pour produire la séquence Y?"", à formuler des conditionnel du type ""si X produit B (innovation triviale) il doit produire A (innovation non triviale) et à tester sur des idiolectes. Cette méthodologique a, d'ailleurs, des conséquences sur notre conception de la nature de la description grammaticale. <br />Corpus - représentativité - innovation triviale et non triviale - occurrence - représentation</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Denis BECHET, Roberto BONATO, Alexandre DIKOVSKY, Annie FORET, Yannick LE NIR, Erwan MOREAU</em><br /><strong>Modèles algorithmiques de l'acquisition de la syntaxe : concepts et méthodes, résultats et problèmes</strong><br />Dans cet article, nous présentons nos résultats récents concernant l'apprentissage de la syntaxe des langues naturelles, en adoptant le point de vue de l'inférence grammaticale symbolique. L'objectif est d'identifier à partir d'exemples de phrases, dans une classe de grammaires connues à l'avance, une grammaire particulière qui engendre lesdits exemples.Le modèle de Gold fixe les conditions et le critère de réussite d'une telle entreprise : quand un algorithme produisant une grammaire candidate existe-t-il ? quelles structures doivent contenir les exemples : suites de mots, suite de mots étiquetés, arbres d'analyse ? D'un point de vue théorique, nos résultats établissent l'apprenabilité ou la non-apprenabilité de certaines classes de grammaires catégorielles. En pratique, ils permettent aussi d'acquérir automatiquement des ressources syntaxiques à partir de données réelles. Au final, nous discutons de l'intérêt de cette approche pour modéliser l'acquisition de leur langue naturelle par les enfants ainsi que pour construire automatiquement des grammaires éléctroniques à partir de corpus.<br />Acquisition syntaxique - inférence grammaticale - grammaires catégorielles - modèle de Gold - ressources syntaxiques</p><p style=""text-align: justify;""><br /><br />Martin HAIDEN<br /><strong>Sous-spécification et projection argumentale dans le <em>theta system</em></strong><br />Cet article examine la sémantique lexicale et la structure argumentale syntaxique de certains verbes non causatifs de l'allemand qui assignent un rôle ""affecté"" à leur argument externe. Ces verbes posent un sérieux problème aux théories de la projection argumentale qui se fondent principalement sur la notion de causalité. Dans cet article, je propose une version légèrement modifiée du <em>Theta System</em> de Reinhart (2000, 2002), et je mets en évidence que, dans ce cadre, les verbes problématiques de l'allemand peuvent être analysés de façon simple. La théorie proposée s'applique également aux verbes monadiques, qui requièrent un traitement spécifique dans Reinhart (2002). Afin d'illustrer ce point, j'examine les verbes inergatifs d'émission de l'anglais.<br />Projection argumentale - inaccusativité - <em>Theta System -</em> allemand - anglais</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>John GOLDSMITH</em><br /> <strong>Towards a new empiricism</strong><br />I offer a case for empiricism in the scientific treatment of language. By this, I mean an approach to scientific analysis which is quantitative, which seeks to provide a scientific account of linguistic data in the world, and which does not assume that linguistics is a science about the biological structure of the human brain. I offer a specific and explicit way to do with, based on algorithmic complexity and probabilistic grammars, and suggest that this approach is actually quite similar to the original formulation of generative grammar as formulated in the Logical Structure of Linguistic Theory. <br />Empiricism - algorithmic complexity - probabilistic grammar</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Joaquim BRANDAO DE CARVALHO et Sophie WAUQUIER</em><br /><span id=""result_box"" lang=""en""><strong><span class=""hps"" title=""Cliquer ici pour voir d'autres traductions"">Inductive approaches</span> <span class=""hps"" title=""Cliquer ici pour voir d'autres traductions"">and</span> <span class=""hps"" title=""Cliquer ici pour voir d'autres traductions"">phonological theory </span><span title=""Cliquer ici pour voir d'autres traductions"">: true</span> <span class=""hps"" title=""Cliquer ici pour voir d'autres traductions"">and</span> <span class=""hps"" title=""Cliquer ici pour voir d'autres traductions"">false</span> </strong><span class=""hps"" title=""Cliquer ici pour voir d'autres traductions""><strong>problems</strong><br />In this paper, we attempt to evaluate the contribution of usages-based models to phonological theory. Is there any advantages to replacing the autonomous , symbolic and invariant representations assumed by phonological theory with stochastic storage of ""exemplars"" encoding any phonetic variation and ""fine phonetic detail""? Though exemplar models contribute to a better comprehension of some psycholinguistic issues, their theoretical contribution is much less relevant for phonology proper. At best, their radical opposition to SPE-based views leads them to unavowed reformulations of previous structuralist concepts ; at worst, they perpetuate some aporias from the linear views of phonology they reject nevertheless.<br />Phonology - exemplar theory - frequency - variation<br /><br /></span></span></p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Jean-Elie BOLTANSKI</em><br /><strong>Masks : OT and the question of opacity<br /></strong>To account for opacity within the framework of optimality theory, two solutions have been offered in the recent literature. ""Sympathy theory"" and the theory of ""disparate correspondences"". Here it is suggested that both of theses approaches are inadequate. We then seem to be back to our original problem : OT, viz OT-without-sympathy or without-disparate-correspondences, cannot cope with the pervasive phenomenon of opacity. This phenomenon itself, which a serialist approach can express easily in its algorithmic format, is further suggested to be fundamental trait of language. The yet unresolved challenge is to reconcile this fact with the basic insght of OT, viz its emphasis on conflict resolution, so as to give a realistic account of our competence. <br />Opacity - Sympathy - disparate correspondences - eval1 - eval2 - Yokuts challenge - Turkish puzzle</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Mario BARRA JOVER</em><br /><strong>S'il ne restait que l'induction : corpus, hypothèses diachroniques et la nature de la description grammaticale<br /></strong><span style=""font-size: x-small;"">For lack of native speakers, diachronical corpora make it difficult to decide whether a given sequence (</span><!-- @font-face { font-family: ""Cambria""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --><!-- @font-face { font-family: ""Cambria""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --><span style=""font-size: x-small; font-family: Helvetica;"">∑</span><span style=""font-size: 12pt; font-family: Helvetica;""> </span><span style=""font-size: x-small;"">) belongs to a given language (L). In this paper, the difficulties involved will be phrased in terms of Hume's problem : we can never be logically certain that a random instance can be regarded as representative of a potentially infinite set of identical instances. After having reviewed various aspects of this problem, we shall discuss some possible solutions : computerised hypertext, discursive traditions, justificationist approaches underlying research programs independent from diachronical research, projection of our knowledge of modern languages to historical issues. I propose one methodological solution which reduces the scope of our research to the following questions : ""what conditions must a speaker S satisfy when (s)he produces </span><!-- @font-face { font-family: ""Cambria""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --> <span style=""font-size: x-small; font-family: Helvetica;"">∑</span><span style=""font-size: x-small;"">"" ? Such a question can be reformulated as a conditional statement : ""if S produces B (a trivial innovation) "", which must be tested at an idiolectal level. The proposed methodology could have some bearing on our idea of the nature of grammatical description.<br />Corpora - representativeness - trivial and non trivial innovation - instance - representation.</span></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: x-small;""><br /></span></p><p style=""text-align: justify;""><em>Denis BECHET, Roberto BONATO, Alexandre DIKOVSKY, Annie FORET, Yannick LE NIR, Erwan MOREAU</em><br /><strong>Modèles algorithmiques de l'acquisition de la syntaxe : concepts et méthodes, résultats et problèmes</strong><br />In this paper, we present our recent results on the acquisition of the syntax of natural languages, from the point of view of the theory of grammatical inference. Given a class of possible grammars, the objective is to identify, from a set of positive examples, a grammar in the class which produces the examples. The Gold model formalises the learning process and gives stringent criteria of its success : when does there exist an algorithm producing a target grammar ? what kind of structures should the examples have (strings of words, strings of tagged words, tress) ? From a theoretical point of view, our result establish the learnability or the unlearnability of various classes of categorial grammars. From a practical perspective, these results enable the interest of this approach for modelling child language acquisition and for automated induction of grammars from corpora.<br />Syntax learning - grammatical inference - categorial grammars - Gold's model - syntactical resources.</p><p style=""text-align: justify;""><br /><br />Martin HAIDEN<br /><strong>Sous-spécification et projection argumentale dans le <em>theta system<br /></em></strong>This article examines the lexical semantics and syntactic argument structure of certain non-causative German verbs that assign an affected role to an external argument. This behavior constitutes a serious problem for theories of argument projection that rely primarily on the notion of causality. The article proposes a slightly modified version of Reinhart's (2000, 2002) <em>Theta System</em> that offers a straightforward account of the problematic German verbs. The proposed theory furthermore extends to monadic verbs, which required specific assumptions in Reinhart (2002). English unergative verbs of emission are discussed as an example. <br />Argument projection - unaccusativity - <em>Theta System</em> - German - English <br /><strong><em> </em></strong></p>";101;14.00;"<p style=""text-align: justify;"">Selon ces nouvelles approches, la source des régularités langagières serait à trouver non plus dans des principes constitutifs d'une ""grammaire universelle"" sous-tendant la faculté de langage, mais dans les données linguistiques elles-mêmes, dont le linguiste doit chercher les modélisations adéquates. Les domaines représentés dans ce volume vont de l'épistémologie de la linguistique à la syntaxe computationnelle en passant par la phonologie et la linguistique historique.</p>";;08/11/2007 13:56;0;Première édition;3147 446;1;3;28;L'acquisition phonologique - Du traitement précoce aux représentations;N°35/2006;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume traite de la construction des représentations phonologiques chez le tout jeune enfant et propose une modélisation réaliste du développement de son système phonologique.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sophie Wauquier-Gravelines<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du son au sens : acquérir ou apprendre la phonologie ? </span></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thierry Nazzi<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Spécificité phonétique : de la perception précoce à l'acquisition des premiers mots</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laura Bosch, Marta Ramon-Casas et Núria Sebastián-Gallés<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catégories phonologiques et représentation des mots dans le développement lexical de l'enfant bilingue </span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yvan Rose et Christophe dos Santos <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Contraintes prosodiques et articulatoires dans l'harmonie consonantique et la métathèse en acquisition du français langue première</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Heather Goad<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Are children's grammars rogue grammars ? Glide substitution in branching onsets</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marilyn Vihman et Sari Kunnari <br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">The sources of phonological knowledge : A cross-linguistic perspective</span></p>";;10/05/2006;35;155x220;192;978-2-84292-208-5;9782842922085;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_446.gif;"<p style=""font-family: Arial;""><strong>Sophie Wauquier </strong>: ""Du son au sens : acquérir ou apprendre la phonologie ? ""<br />Cet article d’introduction présente brièvement les principales questions poseés actuellement au domaine de l’acquisition par le développement des études en psycholinguistique du bébé ainsi que par les données de perception. L’article est centré sur les trois points suivants : l’interprétation des expériences de perception précoces au cours de la première année de vie et leur rôle sur l’acquisition phonologique ; le lien entre phonologie et lexique ; le poids des contraintes de la ou des langues cibles adultes et l’existence d’universaux innés sur lesquels s’appuie la mise en place des représentations.</p><div style=""text-align: justify;""><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Thierry Nazzi</span> : ""Spécificité phonétique: de la perception précoce à l’acquisition des premiers mots""<br />Dans ce chapitre, nous présentons des recherches portant sur la spécificité phonétique des premiers mots, utilisant soit des tâches de reconnaissance de mots connus, soit des tâches impliquant des processus d’acquisition de mots nouveaux. Cette discussion traitera du lien entre développement phonologique et acquisition lexicale. De nouvelles données seront présentées (Nazzi, 2005), montrant que des enfants de 20 mois peuvent acquérir simultanément deux mots nouveaux s’ils sont phonétiquement différents, ou s’ils se distinguent minimalement par une consonne (en position initiale de mot ou pas), mais pas s’ils ne diffèrent que par l’une de leur voyelle. Nous discuterons des implications de ces nouvelles données sur notre compréhension de la spécificité des premiers mots, et soulèverons la possibilité d’une contribution différente des voyelles et des consonnes à l’acquisition lexicale précoce.</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Laura Bosch, Marta Ramón-Casas, Núria Sebastián-Gallés</span> : ""Catégories phonologiques et représentation des mots dans le développement lexical de l’enfant bilingue""<br />Cet article analyse l’émergence des catégories contrastives dans le développement phonologique initial bilingue. On révise différents travaux qui, au cours de la première année de vie, ont évalué les capacités précoces de différentiation entre les langues de l’entourage, la discrimination des sons de la parole à l’étape pré-lexicale, la familiarité avec les patrons phonotactiques qui caractérisent la langue et la continuité entre toutes ces habilités précoces et leur utilisation dans la reconnaissance des premiers mots. La comparaison entre deux situations d’acquisition différentes, monolingue et bilingue, permet de constater le rôle de l’expérience perceptive dans l’organisation phonologique initiale. Les travaux analysés montrent que la capacité pour distinguer entre les deux langues de l’entourage, même quand elles ont des propriétés rythmiques très semblables, est possible dès l’age de 4 ½ mois. Le processus de réorganisation perceptive, qui a lieu vers la fin de la première année de vie et qui montre le début de l’organisation contrastive de sons, suit un développement différent chez le bilingue en montrant un petit « retard » quand on le compare avec le monolingue. La connaissance des patrons phonotactiques suggère une prédominance linguistique chez le bilingue qui favorise la langue qui est plus présente dans l’entourage. Finalement, les travaux qui ont analysé la reconnaissance des mots familiers et leur format de représentation dans la deuxième année de vie montrent aussi un décalage temporel en ce qui concerne la représentation d’un contraste vocalique qui appartient à une des deux langues familières. On constate la spécificité du développement phonologique initial chez le bilingue qui doit faire des adaptations précises pour faire face à la nature plus riche et complexe de son input linguistique.</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Yvan Rose</span> : ""Facteurs prosodiques et articulatoires dans l’harmonie consonantique et la Métathèse en acquisition du français langue première""<br />Dans cet article, nous analysons des processus d’harmonie consonantique et de métathèse observés dans les productions de deux apprenants du français. Nous adoptons un cadre d’analyse qui prend en considération des facteurs à la fois phonétiques (articulatoires) et phonologiques (représentationnels). Nous motivons ce cadre par le fait que la variété et la distribution des processus résultent de facteurs spécifiques qu’il est possible de motiver indépendamment. Dans certains cas, ces processus sont gouvernés par des contraintes prosodiques (p.ex. position de l’accent ; forme phonologique des mots). Dans d’autres cas, ces processus permettent d’éviter des séquences articulatoires problématiques pour l’enfant (p.ex. séquences impliquant la production de contrastes linguaux Coronal ~ Dorsal).<br /><br /></p><br /><span style=""font-size: x-small;""> <span style=""font-weight: bold;"">Heather Goad </span>: ""<span>Are Children’s Grammars Rogue Grammars ? Glide Substitution In Branching Onsets</span>""</span><br />Dans cet article nous traitons de l’existence d’un stade consonne + glide lors de l’acquisition des attaques doubles, quand le glide remplace systématiquement la liquide dans les clusters consonne + liquide. Il est généralement envisagé dans la littérature que ces productions consonne + glide sont des attaques branchantes alors que de telles syllabifications ne sont attestées dans les grammaires adultes que si l’on trouve simultanément consonne + liquide en attaque branchante. D’autres possibilités de syllabification du glide sont ici discutées et l’analyse proposée est que le glide n’a pas à ce stade d’ancrage prosodique. A partir de là, nous démontrons que le type de représentation proposée a des parallèles dans les grammaires adultes.<p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Marilyn May Vihman</span> : ""The sources of Phonological Knowledge : a Cross-linguistic Perspective""<br />Les données experimentales, obtenues pour des enfants apprenant des langues cibles différentes, se caractérisent par des similitudes et des différences. Elles montrent également une continuité entre la perception de la parole et les premières vocalisations. Ceci invite à considérer que la mise en relation précoce entre les formes du babillage et les formes des mots entendus est à la base des premières unités produites qui au départ sont structurellement très limitées mais relativement correctes. C’est cette conception que nous retenons pour rendre compte aussi bien des similarités que des différences dans la forme des premiers mots produits pour des langues cibles différentes. Des mesures de la durée de consonnes médiales dans la parole adulte et dans les mots des enfants dans des langues où la longueur consonantique a une valeur phonologique vs. phonétique différente permettent d’établir que la mise en place des représentations phonologiques repose sur (1) l’apprentissage direct de fréquences de distribution et (2) l’apprentissage du lexique, qui suffit à expliquer le développement des contrastes phonologiques pertinents pour chaque langue-cible. Selon nous, les systèmes complémentaires de mémoire implicite et explicite permettent de rendre compte des deux types d’apprentissage. Nous défendons donc le point de vue selon lequel une exposition régulière à l’environnement linguistique suffit pour expliquer la construction de la connaissance phonologique sans avoir recours à une connaissance linguistique innée ni de la Grammaire Universelle.</p></div>";;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Sophie Wauquier</span> : ""Du son au sens : acquérir ou apprendre la phonologie ? ""<br /> <br />In this paper I present an overview of some recent issues rising from the data and results that have been provided by the developement of babies’ and young children’s psycholinguistics. I will focus on the following points : the role of early perception in the emergence of phonology, the relationships between the acquisition of phonology and lexicon and finally the role of innate phonological universals supporting the emergence of phonological representations. <br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Thierry Nazzi</span> : ""Spécificité phonétique: de la perception précoce à l’acquisition des premiers mots""<br /> <br /> In this chapter, we review research, bearing on the issue of the phonetic specificity of early words, using either known word recognition tasks or tasks investigating the processes involved in the acquisition of new words. This review will address the issue of the link between phonological development and lexical acquisition. New findings will be presented (Nazzi, 2005), showing that 20-month-old infants can simultaneously learn two words if they are phonetically different or if they differ minimally by one of their consonants (whether or not in word-initial position), but not if they differ by one of their vowels. We will discuss the implications of these new findings for our understanding of the phonetic specificity of early words, and will discuss the possibility of a different contribution of vowels and consonants to early lexical acquisition.</p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Laura Bosch, Marta Ramón-Casas, Núria Sebastián-Gallés</span> : ""Catégories phonologiques et représentation des mots dans le développement lexical de l’enfant<br />bilingue""<br />This paper analyses the building of contrastive sound categories in bilingual’s early phonological development. Research focused on early capacity to differentiate between the languages in the environment, sound discrimination in the prelexical infant, the development of phonotactic sensitivities and the continuity between these early abilities and their use in familiar word recognition in the second year of life, are successively revised. The comparison between two different language acquisition situations, monolingual and bilingual, offers the possibility to analyse the role of linguistic exposure in early phonological organisation. Research results indicate that the ability to distinguish between the languages is at place by 4 ½ months of age, even for languages with similar rhythmic properties. Perceptual reorganization processes that take place by the end of the first year of life and that show the initial building of contrastive sound categories follow a different time-course in bilingual acquisition, when compared with monolingual data. Growing knowledge of phonotactic patterns even suggests the existence of language dominance, favouring the most frequent language in their environment. Finally, work dealing with familiar word recognition and format of representation by age two suggests a possible delay concerning the representation of a vowel contrast that belongs to one of the languages in the environment. Converging evidence from all the work revised supports the specificity of early phonological development in bilingual acquisition as a consequence of particular adaptations that take place in order to cope with the richer and more complex nature of their linguistic input. <br /> <br /></p><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Yvan Rose</span> : ""Facteurs prosodiques et articulatoires dans l’harmonie consonantique et la Métathèse en acquisition du français langue première""<br /> In this paper, we analyze processes of consonant harmony and metathesis observed in the speech productions of two French learners. We articulate our analysis in a framework that considers both phonetic (articulatory) and phonological (representational) factors. We motivate this framework through the variety and distribution of these processes, all of which result from specific factors that we can motivate independently. In some cases, the processes are governed by prosodic constraints (e.g. position of the stressed syllable; phonological shape of the words produced). In other cases, the processes enable the child to avoid articulatory sequences that are problematic (e.g. sequences involving the production of Coronal ~ Dorsal lingual contrasts). ""<br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Heather Goad </span>: ""<span style=""font-size: x-small;""><span>Are Children’s Grammars Rogue Grammars ? Glide Substitution In Branching Onsets</span></span>""<br /> This paper focuses on the consonant+glide (CG) stage in children’s realization of branching onsets, the point in development when the liquid in target CL clusters is realized as a glide. In works where the representation of derived CG clusters is discussed, it is assumed that they are branching onsets. The result, however, is that the only branching onsets in the child’s system are CG in shape and this type of system appears to be unattested in adult grammars. In light of this, several alternative syllabifications for how the glide is syllabified are considered. All are rejected in favour of the position that the glide is not prosodically affiliated at the CG stage. Formal parallels for this type of representation in adult grammars are provided. <br /> <br /> <br /><span style=""font-weight: bold;"">Marilyn May Vihman</span> : ""The sources of Phonological Knowledge : a Cross-linguistic Perspective""<br /> Early word production profiles for children learning different languages reflect both similarities and differences. Experimental evidence of a link between speech perception and vocal production supports the idea that a match between the child’s own babbling forms and input speech is the source of the constrained but relatively accurate first word forms, a point of similarity across language groups. Measurements of the duration of medial consonants in adult speech and in the early words of children exposed to languages differing in their phonetic and/or phonological treatment of consonantal length make it possible to distinguish between (1) direct learning of distributional frequencies and (2) lexical learning, which alone can account for the emergence of language-specific phonological contrasts and cross-linguistic differences in phonological patterning. It is argued that complementary implicit and explicit memory systems are sufficient to account for both of these kinds of learning, affecting the initial registering and later retrieval of phonological patterns and the establishment of lexical representations as well as the development of motoric routines and the matching of those routines to input speech. These learning mechanisms are thus able to account for the construction of phonological knowledge, given adequate exposure to an ambient language, with no need to posit innate linguistic knowledge or Universal Grammar.<br /> <br /></p>";268;14.00;"<p style=""text-align: justify;""> Ce numéro permet d’expliquer ce que le bébé apprend – quand, à partir de quoi et comment il le fait. Par ailleurs, les analyses réunies offrent des points de vue divergents sur l’existence et le rôle des « connaissances » universelles innées dans le développement d’un système phonologique.</p>";"<p>Numéro publié avec le concours du CNRS.</p>";08/11/2007 14:05;0;Première édition;3147 448;1;3;27;Frères et sœurs - Éthnographie d'un lien de parenté;N°54/2008;;;"<p style=""text-align: justify;"">L'importance de la relation adelphique à l’époque médiévale : étude, non pas de la position théorique ""frère-sœur"" dans les systèmes de parenté, mais de la relation entre frères et sœurs en pratique et dans l’interaction.</p>";"<p> </p><div style=""text-align: center; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><div style=""text-align: left;""><p><small><span style=""font-weight: bold;"">Didier LETT </span><br /> Les frères et les soeurs, « parents pauvres » de la parenté</small></p><p style=""padding-left: 30px;""><small><br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Chloé MAILLET </span><br /> Bernard de Clairvaux et la fratrie recomposée<sup><br /> <br /> <big><span style=""font-weight: bold;"">Laurence LELEU</span><br /> Frères et soeurs ennemis dans la Germanie du Xe siècle<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Didier LETT </span><br /> Liens adelphiques et endogamie géographique dans les Marches de la première moitié du XIVe siècle<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Caroline JEANNE</span><br /> Seules ou accompagnées ? Les veuves parisiennes et leurs fratries à la fin du Moyen Âge<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Aude-Marie CERTIN </span><br /> Relations professionnelles et relations fraternelles d’après le Journal de Lucas Rem, marchand d’Augsbourg (1481-1542)</big></sup></small></p><p> </p><p><small><sup><br /> </sup></small></p></div><p><sup><small><span style=""font-weight: bold;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></small></sup></p><div style=""text-align: left;""><p style=""padding-left: 30px;""><sup><span style=""font-weight: bold;"">Renato LUNGARINI</span><big><br /> </big>L’hôpital Santa Maria della Scala?: une institution siennoise<big><br /> <br /> </big><span style=""font-weight: bold;"">Sylvain PIRON</span><big><br /> </big>Un avis retrouvé de Jacques Fournier</sup></p><p> </p></div><p> </p><div style=""text-align: left;""><div style=""text-align: center; font-weight: bold;""><p><sup><small>POINT DE VUE</small><br /> </sup></p></div><p style=""padding-left: 30px;""><small style=""font-weight: bold;"">F</small><small style=""font-weight: bold;"">lorian Mazel </small><sup><br /> </sup><small>Pouvoir aristocratique et Église aux X<sup>e</sup>-XI<sup>e</sup> siècles. Retour sur la « révolution féodale » dans l'oeuvre de Georges Duby</small></p><p> </p><p><br /> <small>Notes de lecture <br /> Livres reçus</small></p></div><p> </p></div>";;10/06/2008;54;155x220;168;978-2-84292-217-7;9782842922177;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_448.gif;"<p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Chloé Maillet</span> : ""Bernard de Clairvaux et la fratrie recomposée""<br /> L’entrée en monachisme implique, selon l’idéal ascétique, d’abandonner sa fratrie biologique pour une nouvelle fratrie soudée par des liens spirituels. L’étude proposée convoque l’exemple de Bernard de Clairvaux (1090-1153), qui convertit l’ensemble de ses frères charnels (qui le suivirent à Clairvaux) et sa soeur (qui devint moniale au couvent bénédictin de Jully). Il nous présente ainsi un cas singulier dans lequel parenté charnelle et parenté spirituelle parviennent, au prix de conflits et de conversions fermement orchestrés par le futur saint, à se superposer exactement. Impliqué personnellement par le problème de définition du lien adelphique, il présente dans un sermon sur le Cantique des cantiques consacré à la mort de son frère Gérard une définition de la hiérarchie entre les liens de parenté. Le cas de saint Bernard, symptomatique de la réorganisation des représentations de la parenté au temps du monachisme réformé, devint exemplaire et fut la source d’images figurant la parenté spirituelle au XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> siècle.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Laurence Leleu</span> : ""Frères et sœurs ennemis dans la Germanie du X<sup>e</sup> siècle""<br /> Alors que les relations familiales sont largement idéalisées dans les sources narratives de l’époque ottonienne comme fondées sur l’entente, la solidarité et l’affection, de nombreux exemples témoignent néanmoins de rapports dans la réalité parfois tendus voire violents à l’intérieur même des fratries et surtout entre frères ou demi-frères, conflits plus ou moins graves et durables qui peuvent avoir des répercutions sur l’ensemble de la parenté. Ils s’expliquent en général par le sentiment d’injustice et de jalousie ressenti par un des membres de la fratrie qui considère ses intérêts comme lésés ou menacés, particulièrement à l’occasion d’un héritage ou de la revendication d’un honneur. La famille apparaît donc comme une réalité sociale complexe, comme le siège de compétitions et d’intérêts parfois divergents : c’est particulièrement le cas dans la famille royale ottonienne qui passe dans les années 930 à une nouvelle structure d’organisation, celle de la lignée, caractérisée notamment par l’instauration de la primogéniture et donc la relégation des cadets au second rang.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Didier Lett</span> : ""Liens adelphiques et endogamie géographique dans les Marches de la première moitié du XIV<sup>e</sup> siècle""<br /> La documentation marchésane du début du XIV<sup>e</sup> siècle (essentiellement le procès de canonisation de Nicolas de Tolentino daté de 1325) permet de mettre en évidence la fréquence du mariage virilocal (ou patrilocal). Elle autorise également à étudier les conséquences de l’éloignement géographique de la femme de sa famille de naissance sur les relations entre frères et soeurs.<br /> On observe que vivre sous le même toit ou appartenir à un même micro-espace entraîne des pratiques familiales et des interactions très différentes entre acteurs car les sentiments sont conditionnés par le partage quotidien d’expériences, des intérêts communs et des échanges. Dans les dépositions réalisées lors du procès de canonisation, on constate également la forte présence des frères et sœurs auprès du témoin et/ou du miraculé. Mais, à cause, de la prégnance du mariage virilocal, les frères et sœurs du mari sont davantage présents que ceux de l’épouse. Cependant, les liens adelphiques de la femme résistent, en partie à cause d’une délocalisation à faible distance.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Caroline Jeanne</span> : ""Les veuves parisiennes et leurs fratries""<br /> À la fin du Moyen Âge, à Paris, les veuves entretiennent avec leurs fratries des relations diverses. Les legs testamentaires ou les actes notariés montrent que les veuves, surtout dans les classes aisées, bénéficient de façon privilégiée d’une protection financière ou d’une entraide fraternelle. Cette assistance est principalement masculine. En même temps, les veuves ne sont pas évincées, du fait de la mort de leur mari, des affaires et décisions familiales : pleinement concernées, elles y participent de façon active. Le registre des causes civiles du Châtelet de Paris contient nombre d’affaires dans lesquelles les veuves s’opposent à leurs frères et soeurs devant les tribunaux. Les conflits surviennent surtout quand les veuves souhaitent entrer en possession de leur héritage, et particulièrement de leur douaire, ou décident de se remarier.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Aude-Marie Certin </span>: ""Relations professionnelles et relations fraternelles d’après le journal de Lucas Rem, marchand d’Augsbourg (1481-1542)""<br /> Dans l’espace germanique, les écrits privés (autobiographie, journaux ou livres de famille) se comptent en grand nombre. Si ces sources sont l’objet d’un fort regain d’intérêt en Allemagne depuis les années 1990, notamment dans le domaine de l’histoire de la famille, elles restent en revanche assez méconnues en France.<br /> L’étude des notes personnelles de Lucas Rem (1481-1542), marchand d’Augsbourg, permet d’étudier le poids de la fratrie dans la sphère du commerce. La société de commerce apparaît comme un prolongement de la famille étroite, légitimement dirigée par le fils aîné, promu chef de famille. Les frères cadets associés doivent manifester obéissance et respect à leur frère aîné, devenu en quelque sorte leur père et leur patron tout à la fois. Cependant l’analyse critique du discours du marchand permet d’observer que les frères cadets n’acceptent pas totalement cette confusion entre sphère familiale et sphère professionnelle.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Renato Lungarini </span>: ""L’hôpital Santa Maria della Scala?: une institution siennoise""<br /> L’hôpital Santa Maria della Scala naît comme un « xenodochio », attesté pour la première fois à la fin du XI<sup>e</sup> siècle, pour devenir par la suite l’une des institutions les plus importantes de l’Italie médiévale. Il fait actuellement l’objet de nombreuses études grâce à des archives presque intégralement conservées et eut un rôle considérable dans l’histoire religieuse, sociale et économique de la Commune de Sienne. Ce présent article permet de mettre en lumière les formes de production et de transmission des documents écrits et de reconstruire les structures institutionnelles de l’établissement, ainsi que ses fonctions, à travers l’analyse de sont principal organe de délibération?: le chapitre.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Sylvain Piron</span> : ""Un avis retrouvé de Jacques Fournier""<br /> Le manuscrit 1087 d’Avignon contient des fragments d’un long avis rendu en 1325 à Jean XXII, préparatoire à la condamnation du commentaire de l’Apocalypse de Pierre de Jean Olivi. Ce texte, qui englobe également dans sa critique les oeuvres authentiques de Joachim de Fiore, correspond à un écrit perdu de Jacques Fournier, autrefois conservé à la bibliothèque pontificale d’Avignon. Un autre volume perdu, comparable au célèbre registre d’inquisition de Jacques Fournier, contenait les enquêtes menées dans les mêmes années par l’évêque de Pamiers contre les béguins de son diocèse. La lutte, doctrinale et inquisitoriale, contre cette hérésie a donc constitué un volet important des activités du futur pape Benoît XII.</p>";;"<p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Chloé Maillet</span> : ""Bernard of Clairvaux and recomposed sibship""<br /> According to ascetic ideals, becoming a monk implies relinquishing one’s carnal brotherhood for a spiritual one. The present paper presents the example of Bernard of Clairvaux (1090-1153), who converted all his brothers (who followed him to Clairvaux) and his sister (who became a nun in the Benedictine monastery of Jully). The conversions were some time conflictual, but they allowed the future saint to make his carnal and spiritual kinship coincide. This even lead him to propose a definition of the hierarchy between the different bounds of kinship in a famous sermon on the Song of Songs, dedicated to his brother Gerard’s death. The example of Bernard can be read as a symptom of how the representation of kinship was reorganised in the time of Reformed monachism. It was also used as a model for images representing spiritual kinship in the XIV<sup>th</sup> and XV<sup>th</sup> centuries.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Laurence Leleu</span> : ""Brothers and sisters at war in Xth Century Germany""<br /> Whereas narrative sources from the Ottonian period often idealize family relationships as based upon understanding, solidarity and love, there are at the same time numerous instances of real strained or even violent connections within the sib, for the most between brothers or half-brothers. These more or less serious and persistent conflicting situations may have consequences for the kinship as a whole. They originate mostly in the injustice and jealousy felt by a sib member who thinks his interests are impaired or threatened, specially when an inheritance or an honour is at stake. So family appears to be a complex social reality, the seat of competition and of interests that might differ: this is particularly the case in the Ottonian royal family which in the 930’s becomes a lineage, through the adoption of primogeniture and so the younger brothers’relegation to the second rank.</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Didier Lett</span> <br /> The marchesan documentation of the beginning of xivth century (especially the Canonisation Process of Nicholas of Tolentino in 1325) allows us to highlight the frequency of the virilocal (or patrilocal) marriage. It allows us also to study the consequences of the woman’s geographical distance from her family of birth on the relations between brothers and sisters. One can notice that to live under the same roof or to belong to the same micro- environment involves very different family practices and interactions between actors because the feelings of the people are conditioned by the fact of sharing day after day experiences, common interests and relationships. In the depositions made in the canonisation process, one can also note the strong presence of brothers and sisters near the witness and/or the personn touched by a miracle. But, because of the importance of the virilocal marriage, the husbands’s brothers and sisters are more present than those of the wife. However, the woman’s adelphic links resist, in part because her displacement is usually limited to a short distance.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Caroline Jeanne</span> : ""The parisian widows and her sibship""<br /> At the end of the Middle Ages, in Paris, the ties between widows and their siblings are various. Wills and deeds show that the widows, especially in the leading classes of society, benefit from financial aid and support from their siblings. This is mainly a masculine assistance. Nevertheless, widows are not ousted from family affairs and decisions : they are fully concerned and play an active part. We find in the records of the Châtelet’s court in Paris examples of trials in wich widows were involved against their brothers or sisters. Conflicts often occur when widows want to come into their inheritance, particularly their dower, or decide to remarry.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Aude-Marie Certin</span> : ""Professionnal relations and fraternal relations according to Lucas Rem’s journal, merchent of Augsbourg 1481-1542)""<br /> In Germany, private documents (autobiography, journals, family book...) are numerous. Whereas they have been often studied in Germany since 1990, specially in the domain of family history, they globally remain unknown in France.<br /> In studying the personal notes of Lucas Rem (1481-1542), merchant of Augsbourg, we will see the importance of brotherhood in trade. The trading company appears as extension of the nuclear family. And this one seems to be run by the eldest brother, promoted to headman in the family. The youngest brothers have to be obedient and respectful to their eldest brother, who becomes at the same time their father and their manager. Nevertheless the analysis of the words of the merchant shows that the younger brothers do not agree this confusion between family and work.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Renato Lungarini</span> : ""The Santa Maria della Scala Hospital?: an institution of medieval Siena""<br /> The Santa Maria della Scala hospital was born as “xenodochio” whose first traces date back at the and of the XI<sup>th</sup> century, to later become one of the most important hospital institution of medioeval Italy. The hospital as been object of many researches due to an unalterated archive and had always a relevant role in the religious, social and economic history of the “Comune” of Siena. Today we can rebuild the articulate institutional structure of the hospital with its functions, thanks to the good care towards all forms of production and transmission of the written sources, administrated by the main managing body: the Chapter.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Sylvain Piron</span> : ""A lost tract of Jacques Fournier rediscovered""<br /> The codex Avignon 1087 contains fragments of a long advise, submitted to John XXII in 1325 as part of the trial against Peter John Olivi’s Lectura super Apocalipsim, that was finally condemned the following year. Interestingly, this document also includes a criticism of Joachim of Fiore. It is shown that this text corresponds to a lost tract of Jacques Fournier, formerly kept in the Avignon pontifical library. This ascription can be confirmed through the authors’s knowledge of the Languedoc Béguins. Fournier had prepared for himself a copy of their depositions in a lost inquisition register, and made use of them in another 1333 trial. The fight, both doctrinal and inquisitorial, against this heresy has thus been one of the main activities of the future pope Benedict XII, and a cause of his quick ascent in Avignon in the decade before his election.</p>";272;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le lecteur découvrira donc, tour à tour, la « drôle de fratrie » de saint Bernard, les violents conflits entre frères dans la Germanie du Xe siècle, la forte entraide des sœurs et des frères lors d’un accident, d’une maladie ou d’un décès dans l’Italie du XIVe siècle, la grande solidarité entourant les veuves parisiennes de la fin du Moyen Âge et l’expression des sentiments et des rivalités feutrées à l’intérieur d’une fratrie associée dans une même profession dans l’Allemagne du XVe siècle.</p>";;02/03/2008 15:17;0;Première édition;3386 449;1;3;27;La nature en partage;Connaître et exploiter les ressources naturelles - N°53/2007;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le rôle des ressources naturelles au Moyen Age, au croisement de l’histoire de la nature et de l’environnement, de l’histoire des techniques et de l’espace, du droit et de l’économie. </p>";"<p> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Philippe BERNARDI, Didier BOISSEUL</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Des ""prouffitz champestres"" à la gestion des ressources naturelles</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Nathalie BOULOUX</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Ressources naturelles et géographique : le cas de Barthélemy l'Anglais</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Valérie THEIS</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Histoires d'eau.Les conflits sur l'approvisionnement en eau de Carpentras (XIV</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;"">-XV</span><sup style=""font-family: Arial;"">e </sup><span style=""font-family: Arial;"">siècles)</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Daniel ISTRIA</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">L'utilisation de l'amiante en Corse du XIV</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;""> au XIX</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;""> siècle</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Dominique CARDON, Anthony PINTO</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Le redoul, herbe des tanneurs et des teinturiers. Collecte, commercialisation et utilisations d'une plante sauvage dans l'espace méridional (XII</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;"">-XIV</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;""> siècles)</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Charlotte BRITON, Lucie CHABAL, Gaspard PAGÈS, Laurent SCHNEIDER</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Approche interdisciplinaire d'un bois méditerranéen entre la fin de l'Antiquité et la fin du Moyen Âge : Saugras et Aniane, Valène et Montpellier</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Nicolas LEROY</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Réglementation et ressources naturelles : l'exemple de la forêt en Comtat Venaissin</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Corinne et Patrick BECK</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">L'exploitation et la gestion des ressources naturelles dans le domaine ducal bourguignon à la fin du XIV</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;""> siècle</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Andrea GIORGI, Stefano MOSCADELLI</span><span style=""font-family: Arial;"">, (traduit de l'italien par</span><span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;""> Nathalie BOULOUX </span><span style=""font-family: Arial;"">et</span><span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;""> Didier BOISSEL</span><span style=""font-family: Arial;"">)</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">La cathédrale comme ""produit du terroir"".</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Ressources naturelles et matières premières dans la construction de la cathédrale de Sienne : choix et approvisionnements (XIII</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;"">-XIV</span><sup style=""font-family: Arial;"">e</sup><span style=""font-family: Arial;""> siècles)</span></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><div style=""text-align: center; font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">ESSAIS ET RECHERCHES</span></div><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Bernard CARQUÉ</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">""Paris 1377-1378"". Un lieu de pouvoir et sa visibilité entre Moyen Âge et temps présent</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Olivier MARIN</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Miracle et apologétique : sur quelques </span><span style=""font-style: italic; font-family: Arial;"">exempla</span><span style=""font-family: Arial;""> anti-hussites dans le </span><span style=""font-style: italic; font-family: Arial;"">formicarius</span><span style=""font-family: Arial;""> de Jean Nider</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"" /></p><div style=""text-align: center; font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">POINT DE VUE</span></div><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-weight: bold; font-family: Arial;"">Étienne ANHEIM</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Le savoir et le gouvernement.</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">À propos du livre de Samentha Kelly, </span><span style=""font-style: italic; font-family: Arial;"">The New Solomon. Robert of Naples (1309-1343) and Fourteenth-Century Kingship,</span><span style=""font-family: Arial;""> Brill, Leiden-Boston, 2003</span></p><p><br style=""font-family: Arial;"" /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-style: italic; font-family: Arial;"">Notes de lecture</span><br style=""font-style: italic; font-family: Arial;"" /> <span style=""font-style: italic; font-family: Arial;"">Livres reçus</span></p>";;10/12/2007;53;155x220;192;978-2-84292-211-5;9782842922115;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_449.gif;"<p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Nathalie BOULOUX</span> : « Ressources naturelles et géographie : le cas de Barthélemy l’Anglais »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Les ressources naturelles (métaux, pierres précieuses, produits du sol...) sont le plus souvent signalées ponctuellement dans les textes géographiques comme des singularités d’une région. À cet égard, le livre 15 du De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais (vers 1240) qui décrit précisémement l’usage du plâtre à Paris ou de la tourbe en Flandres paraît original. Le De proprietatibus rerum, encyclopédie à visée pédagogique et utilitaire, repose sur un savoir fondamentalement livresque, sans souci d’actualisation des données. Le livre 15, consacré à la géographie, tranche par l’intérêt pour le détail concret dans la description des régions, sans pour autant transformer les méthodes de la géographie du XIII<sup>e</sup> siècle. Parmi les éléments qui permettent de décrire un lieu, les ressources naturelles, mentionnées à partir de la lecture de textes ou décrites avec précision constituent un recours plus fréquent.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Géographie – Ressources naturelles – Barthélemy l’Anglais – Encyclopédie</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Valérie THEIS</span> : « Histoires d’eau. Les conflits sur l’approvisionnement en eau de Carpentras (XIV<sup>e</sup>-XV<sup>e</sup> siècles) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">L’acquisition par le pape Clément V, en 1303, d’une source à Caromb dont l’eau, canalisée par des conduites, doit servir à l’approvisionnement de la ville de Carpentras, est le point de départ d’une série de conflits entre ces deux communautés. L’examen des conditions de la vente de cette source à la papauté et à la ville de Carpentras par les seigneurs de Caromb et l’étude de l’évolution des formes que prennent les conflits qui en découlent permettent de mettre en évidence les difficultés juridiques que pose la question de la propriété d’une source, et la manière dont les modes de négociation entre la papauté et les communautés du Comtat Venaissin se transforment du début du XIV<sup>e</sup> siècle au début du XV<sup>e</sup> siècle. Trois phases se succèdent au cours de ces conflits : débutant par la révolte des habitants de Caromb et la destruction partielle des canalisations, ils aboutissent à la rédaction de statuts définissant des conditions d’usage et d’entretien des conduites, statuts dont la rédaction est d’abord étroitement contrôlée par la papauté, avant d’être finalement prise en main par les communautés elles-mêmes avec l’aide de juristes travaillant à leur service.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Eau – papauté d’Avignon – Carpentras – Comtat Venaissin – règlement des conflits</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Daniel ISTRIA</span> : « L’utilisation de l’amiante en Corse du XIV<sup>e</sup> au XIX<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">À partir du XIV<sup>e</sup> siècle les potiers corses ont intégré dans leur production de céramique à usage culinaire des fibres d’amiante. L’utilisation de cette ressource naturelle originale peu ou pas exploitée par ailleurs avant le XIX<sup>e</sup> siècle, suscite de nombreuses interrogations. Au-delà des questions purement techniques, relatives à l’extraction de la roche et à sa transformation, ou encore sanitaires compte tenu de sa haute toxicité, on doit se demander quel a été l’impact sur la société ainsi que le « poids » économique de cette exploitation de la matière première. Mais, c’est surtout le choix, la sélection, de ce matériau qui doit retenir notre attention, car il s’agit bien ici d’une ressource naturelle « inventée » pour répondre à un besoin très particulier ; mais lequel ? Pourquoi les potiers ont-ils choisi d’utiliser des fibres d’amiante et comment ont-ils organisé l’exploitation ?<br /> Les travaux des ethnologues du siècle dernier ainsi que la recherche archéologique récente nous amènent à penser que l’association des fibres d’amiante et de la terre argileuse donnaient la possibilité de confectionner simplement des marmites de grande dimension aux parois très fines à la fois légères, résistantes et étanches. Il s’agit donc d’une solution permettant à l’artisan de répondre facilement à une demande tout en s’affranchissant des contraintes économiques et techniques inhérentes à une production plus conventionnelle.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Amiante – céramique – Corse</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Dominique CARDON</span> : « Le redoul, herbe des tanneurs et des teinturiers. Collecte, commercialisation et utilisations d’une plante sauvage dans l’espace méridional (XIII<sup>e</sup>-XV<sup>e</sup> siècles) »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le redoul ou corroyère, Coriaria myrtifolia L., arbuste indigène des forêts du nord-ouest méditerranéen, très riche en tannins mais toxique, est pris comme exemple de gestion des ressources de l’environnement naturel au Moyen Âge. Ses particularités botaniques et chimiques, indiquées en première partie, expliquent ses applications, durant des siècles, en tannage et en teinture. Les zones et méthodes de récolte mentionnées dans les documents médiévaux – principalement catalans – sont mentionnées, ainsi que les circuits commerciaux à l’échelle régionale et internationale qui organisaient l’exploitation de cette matière première végétale. Enfin, les données techniques sur son emploi en tannage et teinture sont discutées.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Gestion de l’environnement – histoire des techniques – ethnobotanique – tannins – teintures naturelles</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Charlotte BRITTON, Lucie CHABAL, Gaspard PAGES, Laurent SCHNEIDER</span> : « Approche interdisciplinaire d’un bois méditerranéen entre la fin de l’antiquité et la fin du Moyen Âge, Saugras et Aniane, Valène et Montpellier »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le développement économique que connaît la ville de Montpellier au XIII<sup>e</sup> siècle a souvent été associé à celui de l’espace littoral. Pourtant l’influence de la nouvelle métropole s’étend aussi dans son proche arrière-pays. Au seuil du XIII<sup>e</sup> siècle les consuls ont exploité les ressources forestières d’un espace de garrigue identifié sous le nom de « Bois de Valène ». Une récente enquête collective permet désormais de mieux saisir l’histoire de cet espace dans le temps long. La garrigue montpelliéraine n’était pas seulement vouée au pastoralisme. Entre le V<sup>e</sup> siècle de notre ère et le XVI<sup>e</sup> siècle, les secteurs du Bois de Valène et de Saugras ont été en effet exploités de manière multiforme. Métallurgie du fer, charbonnage, verreries rurales et officines de céramiques notamment montrent que ces zones dites de marge n’étaient pas des espaces immobiles. Découvertes archéologiques, textes et analyses de laboratoire offrent aujourd’hui des lectures croisées à même d’éclairer une partie de ces realia dont les traces demeurent le plus souvent bien fugaces.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Ressources forestières – métallurgie – ateliers de céramique – Bois de Valène – temps long – garrigue montpelliéraine – arrière-pays</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Nicolas LEROY</span> : « Réglementation et ressources naturelles : l’exemple de la forêt</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">en Comtat Venaissin »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">À travers l’exemple de la forêt dans le Comtat Venaissin et la Principauté d’Orange voisine, sont approchées les réglementations visant à assurer une gestion raisonnée de la ressource bois. À la fin du Moyen Âge, la prise de conscience de la raréfaction des forêts est incontestable dans la région. Plusieurs seigneurs et communautés élaborent alors des mesures visant à concilier conservation et exploitation indispensable aux villageois. Celles-ci vont de l’interdiction assez stricte d’accès et d’exploitation des bois (grâce à la mise en défens) aux droits d’usage, plus ou moins encadrés, pesant sur la forêt d’autrui. En partant de ces réglementations il a été possible de rechercher leurs causes. La forêt apparaît ainsi en premier lieu comme une terre de conflits entre de multiples acteurs. Les différentes réglementations sont les fruits de ces rivalités, elles en portent largement les marques. Elle est ensuite une richesse fragile qui doit être protégée. C’est à ce niveau que se retrouvent les conséquences des rivalités ayant la forêt pour objet. En fonction des résultats de celles-ci, les finalités des réglementations varient, de l’égoïsme seigneurial ou communautaire à une prise en compte de l’intérêt général associant parfois seigneurs et communautés. Elles font également apparaître les premières manifestations de la lutte entre l’individualisme et les contraintes communautaires qui caractérise la gestion des ressources rurales tout au long de l’Ancien régime.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Forêt – réglementations – droits d’usage – communautés rurales – Comtat Venaissin</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Corinne BECK, Patrice BECK </span>: « L’exploitation et la gestion des ressources naturelles</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">dans le domaine ducal bourguignon à la fin du XIV<sup>e</sup> siècle »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Les importantes séries comptables de l’administration ducale constituent d’excellents observatoires de la vie économique et sociale des domaines ducaux, notamment des usages et des modes de gestion de leurs ressources naturelles : de l’eau et du bois, de la pierre, de la terre et des minéraux qui s’y trouvent et y sont exploités. À partir de quelques exemples, il s’agit d’analyser le fonctionnement de ces domaines : à la fois avec leurs moyens propres et comme pôles d’une entreprise diversifiée organisée au niveau de l’État bourguignon.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Bourgogne – domaine ducal – fin XIV<sup>e</sup> siècle – matériaux de construction – ressources forestières</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Andrea GIORGI, Stefano MOSCADELLI</span> : “ cathédrale comme “ produit du terroir “. Ressources naturelles et matières premières dans la construction de la cathédrale de Sienne : choix et approvisionnements (XIII<sup>e</sup>-XIV<sup>e</sup> siècles)”</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Cette contribution entend révéler les liens étroits entre le chantier de la cathédrale de Sienne et les ressources naturelles ou les matières premières des espaces qui entourent la cité. À l’état brut ou semi-travaillé, la pierre, la chaux, le plâtre, l’argile, les marbres et le travertin, le sable, l’eau, le bois et différents métaux furent utilisés pour la réalisation d’un édifice monumental qui, sur le plan de la culture matérielle, peut apparaître comme « un produit du terroir ».</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Sienne – cathédrale – matériaux de construction – ressources naturelles</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Bernd CARQUE </span>: « “ Paris 1377-78 ”. Un lieu de pouvoir et sa visibilité entre Moyen Âge et temps présent »</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Les politiques de représentation visuelle du pouvoir à travers les monuments de Paris à la fin du Moyen Âge ont attiré l’attention des chercheurs dans les dernières décennies. La plupart des études se sont portées sur la simple apparence de constructions comme le Palais de la Cité ou encore le Château du Louvre. Leurs structures architecturales et leurs éléments formels ont été interprétés comme des expressions authentiques du pouvoir royal et comme des signes architectoniques permettant de rendre visible la royauté. Dans la mesure où les bâtiments pris en considération ont été détruits, ces interprétations iconographiques reposent sur des sources qui sont elles-mêmes problématiques. Comme le montre cet article, les représentations contemporaines des résidences royales comme celles qu’on trouve dans les miniatures des fameuses « Très Riches Heures du duc de Berry » sont une base douteuse pour reconstituer des monuments disparus et leur signification formelle, en raison de la variabilité et des discordances qu’elles présentent. À cet égard, elles sont aussi incertaines que les reconstructions modernes. Une solution qu’on imagine rarement pour résoudre ce problème de la disparition physique des bâtiments consiste à se demander de quelle manière les édifices royaux ont été utilisés, montrés et expliqués. C’est sous cet aspect que l’article réexamine la célèbre visite de l’empereur Charles IV à Paris en 1377-78. Un ouvrage récent s’est intéressé à la fois à l’aspect cérémoniel de la visite et à l’usage de signes éphémères comme les armoiries, les livrées ou les devises. En revanche, on ne sait presque rien du rôle que jouèrent les monuments durables dans le cadre de ces cérémonies. Le but de cet article est de montrer que la signification des bâtiments royaux a été établie et s’est concrétisée dans le cadre de situations de perception bien organisées.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Paris tardo-médiéval – lieux de pouvoir – Charles V – architecture – cérémonial – perception – édifices royaux</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Olivier MARIN</span> : Miracle et apologétique : sur quelques exempla anti-hussites dans le Formicarius de Jean Nider</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Le dominicain Jean Nider (1380-1438) participa activement au règlement de la question hussite à Bâle. Mais la réponse qu’il y apporta ne fut pas seulement diplomatique. Son traité de discernement des esprits, le Formicarius, vise entre autres à réduire le scandale que constituait aux yeux de beaucoup le succès, au moins partiel, de l’hérésie bohémienne. C’est ainsi que dans le dernier chapitre du troisième livre, Nider raconte quatre exempla censés prouver que Dieu n’a pas abandonné le peuple catholique en lutte contre les Hussites. L’étude cherche d’abord à en identifier les circonstances : les deux premiers récits se déroulent lors du siège de Kulmbach par les Orebites fin janvier 1430, le troisième a lieu à l’occasion de l’ambassade du concile à Prague à l’automne 1433, et le quatrième pendant le pillage du couvent dominicain de Frankenstein (Silésie) en 1428. On montre ensuite comment s’y déploient les ressources apologétiques du miraculeux et quelles en sont les incertitudes ; pris entre le souci de légitimer les autorités religieuses et la nécessité de faire une place à l’intervention sauvage du surnaturel, Nider se débat dans des contradictions non résolues. Le Formicarius illustre ainsi indirectement les difficultés auxquelles étaient confrontés les théologiens du XV<sup>e</sup> siècle pour redonner au présent de l’Église sa valeur d’histoire sainte.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Hussitisme – Miracles – Jean Nider – Exempla – Bohême</p>";;"<p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Nathalie BOULOUX</span> : ""Natural resources and geography : the case of Bartholomew the Englishman""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> Natural resources (metals, precious stones, products from the ground...) are most often punctually mentioned in geographical texts as peculiarities of one particular area. In that respect, book 15 of De proprietatibus rerum by Bartholomew the Englishman (around 1240), which precisely describes the use of plaster in Paris or of peat in Flanders, is original. De proprietatibus rerum, an encyclopaedia with an educational and utilitarian aim, is based on a fundamentally bookish knowledge, unconcerned about updating data. Book 15, which deals with geography, contrasts by the many concrete details it gives when describing different areas, although it doesn’t change the methods of XIIIth century geography. Among the elements used to describe a place, natural resources are more often mentioned, either after text reading or precisely described.<br /> <br /> Geography – Natural resources – Bartholomew the Englishman – encyclopaedia</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><br /> <span style=""font-weight: bold;"">Valérie THEIS</span> : ""Conflicts over Carpentras’ water supply (14th-15th centuries)""<br /> <br /> In 1303, Pope Clement V acquired a spring in Caromb in order to provide water supply, though a system of pipes, to the city of Carpentras. This sale marks the beginning of a series of conflicts between the two communities. By looking at the terms of the sale made by the lords of Caromb to the papacy and the city of Carpentras, and by studying how the forms of conflict evolved through the years, we can underscore the legal difficulties posed by property questions in the case of springs, and show how ways of negotiation between the papacy and the local communities of the Comtat Venaissin were transformed form the early fourteenth to the early fifteenth century. The conflicts fall into three phases : beginning with the revolt of the people of Caromb and the partial destruction of the pipes, they end with the writing of statutes defining the conditions of their use and upkeep. The redaction of these statutes, first closely controlled by the papacy, was eventually assumed by the communities themselves, with the help of hired lawyers.<br /> <br /> Water – Avignon papacy – Carpentras – Comtat Venaissin – conflict resolution</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Daniel ISTRIA </span>: The use of asbestos in Corsica from the 14<sup>th</sup> to the 19<sup>th</sup> century</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Beginning in the fourteenth century, the practice of adding asbestos fibre to cooking earthenware was common among Corsican potters. Many questions are raised by this use of an uncommon natural resource which was otherwise seldom used before the nineteenth century. Purely technical questions concern the quarrying of the rock and its transformation, and there are sanitary aspects to be considered due to its high level of toxicity ; we must also address the social impact and economic weight of the development of this raw material. But we must especially focus on the choice or selection of the material : it is indeed an « invented » natural resource, designed to answer a very particular need. But which need is this ? Why did potters choose to use asbestos fibre, and how did they run its exploitation ?<br /> The works of both ethnologists from the last century and today archaeologists indicate that the combination of clay and asbestos fibre makes it possible to prepare, with little difficulty, large and light cooking pots, with very thin surfaces, both resistant and waterproof. This technique enabled then the potter to answer demand without being constrained by the economic and technical difficulties which burdened more conventional productions.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Asbestos – pottery – Corsica</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Dominique CARDON</span> : ""Redoul, Coriaria myrtifolia L. a tanner’s and dyer’s plant. Collecting, trade and uses of a native plant of the Mediterranean ecosystems (13th-15th c. AD)""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Coriaria myrtifolia L. is a wild bush indigenous in the forests and scrublands of north-western Mediterranean countries that is very rich in tannins but toxic. It is here taken as an example of management of natural resources in the Middle Ages. Its botanical and chemical characteristics are described ; they explain its applications for tanning and dying during centuries in that part of the world. The mediaeval documents – mainly from Catalunya – mentioning the places where it was collected and the methods used are discussed, and so are the texts describing the trade at regional and even international scale that was gradually organised to fully exploit this vegetable resource. In a last part, we explain the technicalities of its use in tanning and dyeing processes as they can be inferred from the medieval and later documentation.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Environment management – history of techniques – ethnobotany – tannins – natural dyes</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Charlotte BRITTON, Lucie CHABAL, Gaspard PAGES, Laurent SCHNEIDER</span> : ""An interdisciplinary approach of a Mediterranean wood between the end of Antiquity and the end of the Middle Ages. Saugras and Aniane, Valène and Montpellier""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The economic development which happened in the town of Montpellier in the 13th century has often been associated with the development of its coastal area. Yet the influence of the new metropolis extends into its nearby hinterland. At the beginning of the 13th century the consuls of Montpellier exploited the forest resources of an area of Mediterranean scrubland named the « Bois de Valène ». A recent collective study now lets us into the history of this area through a long time-span. The scrubland around Montpellier wasn’t just restricted to pastoral uses. Between the 5th and 16th centuries A.D., the areas around the « Bois de Valène » and Saugras were exploited in many different ways. Ironworks, coal furnaces, rural glassworks and pottery kilns amongst others show that these areas, considered as marginal, weren’t motionless spaces. Archaeological discoveries, written records and laboratory analyses now offer cross-readings which let light into a part of these realia, more often than not known through extremely fleeting artefacts.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Forest materials – metal-work – pottery kilns – Bois de Valène – long time-span – Montpellier scrubland – hinterland</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Nicolas LEROY</span> : ""Regulations and natural resources : the example of the forest of Comtat Venaissin and Orange Principalty""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">In this article, the example of the forest of Comtat Venaissin and Orange Principality is used to present the rules which ensure planned management of wood. At the end of the Middle Ages, everyone in this area was already aware of forest’s rarefaction. That’s why many lords and communities drew up rules to conciliate both the conservation and the exploitation. These rules treated a large scale of aspects : strict ban of access and exploitation of the forest (thanks to the institution of défens), customs more or less restricted to others forests... Studying these regulations allowed us to seek after their origins. Forest appears first as a ground of complaint between many actors. The varied regulations are precisely the results of these rivalries. Forests are also a precarious resource that needs to be protected. Here reappears the consequences of the struggles on woods. Those conflicts inflected the aims of the regulations from seigniorial or community egoism down to aspiration of general interest associating lords and communities. Those regulations are also one of the first signs of the conflicts between the individualism and the community constraints, which will characterize during the Old Regime the natural resources management.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Forest – regulations – usage rights – rural communities – Comtat Venaissin</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Corinne BECK, Patrice BECK</span> :"" Uses and Management of Natural Resources into Ducal Properties in Burgundy (late 14<sup>th</sup> Century)""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The substantial accounts of the ducal administration accurately highlight the economic and social life of ducal properties, specially the management methods and the uses of their natural resources : water and wood, stone, soil and minerals which were exploited at that time. These properties need to be studied not only through their own entity yet also as various areas of an organized company at the Burgundian duchy level.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Burgundy – ducal property – late 14<sup>th</sup> century – building materials, forestry resources</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Andrea GIORGI, Stefano MOSCADELLI </span>: ""The cathedral as a « product from the terroir ». Natural resources and raw materials in the Siennese cathedral : choice and supply""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">This article discusses the close links that existed between the construction site of the cathedral of Sienna and the natural resources and raw materials out of the nearby countryside. Stone, lime, gypsum, clay, different kinds of marble, travertine, sand, water, wood and many metals were used as raw or half-worked material for the erection of a monumental edifice which, in terms of material culture, can be analysed as a « product from the terroir ».</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Sienna – Cathedrale – building materials – natural resources</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Bernd CARQUE</span> : ""Places of Power and the Problems of Visibility between the Middle Ages and Present Time""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The politics of visual representation through monuments in late medieval Paris have received the broadest scholarly attention during the last decades. Most of this art historical interest, however, has been directed towards the mere appearance of buildings such as the Palais de la Cité or the Château du Louvre. Their physical structures and formal elements have been interpreted as genuine expressions of royal power and as architectonic signs allowing a visualization of kingship. Insofar as the buildings under consideration have been destroyed, such iconographical interpretations are based on problematic sources. This article shows how contemporary representations of royal palaces such as the calendar miniatures in the famous « Très Riches Heures du duc de Berry » are a doubtful basis for the reconstruction of lost monuments and of their former signification because of their variability and discrepancies. In this respect they are as uncertain as modern reconstructions are. A hardly considered solution to the problem of missing physical evidence will be to ask in what ways royal buildings have been used, shown and explained. It is from that angle that this article re-examines the well known visit of the Holy Roman Emperor Charles IV in Paris 1377-78. Recent work has investigated both the ceremonial performance of the visit and the use of ephemeral signs such as armorial bearings, liveries or devices. By contrast, almost nothing is known about the part played by long-lasting monuments in connexion with the ceremonies. The purpose of this contribution is to demonstrate that the signification of royal buildings has been established and concretized in well organized situations of perception.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Late medieval Paris – Charles V – architecture – ceremonial – places of power – royal buildings – perception</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;""><span style=""font-weight: bold;"">Olivier MARIN</span> : ""Miracle and apologetics : four exempla in Johannes Nider’s Formicarius""</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">The Dominican Johannes Nider (1380-1438) played an active role in the settlement of the Hussite case in Basel. But the answer he gave was not only diplomatic. His treatise on the discernment of spirits, the Formicarius, aims among other things to subdue the scandal which had arisen from the partial success of Hussitism. For this reason, in the last chapter of the third book, Nider relates four stories (exempla) which are supposed to prove that God has not abandoned Catholics in their fight against the Hussites. The present paper tries first to provide the elements of the historical context : the first two stories occurr during the siege of Kulmbach by the Orebites at the end of January 1430, the third takes place when the conciliar legation stayed in Prague in the autumn of 1433 and the fourth during the plundering of the Dominican convent of Frankenstein in Silesia in 1428. These stories show how the miracle serves apologetic purposes and the uncertainties involved. Nider struggles with the contradictions, torn between his aim to legitimize religious authorities and the need to give a chance to the supernatural. In this respect, the Formicarius throws some light on the problems theologians were confronted with when they attempted to interpret their own times as Sacred History.</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif; text-align: justify;"">Hussitism – Miracle – Johannes Nider – Exempla – Bohemia</p>";308;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Alors qu’elles ont joué un rôle considérable dans le dévelop­pement des sociétés occidentales au Moyen Âge, les ressources naturelles n’ont pas jusqu’alors fait l’objet d’analyses spécifiques. Elles constituent cependant un objet d’études remarquable, au croisement de l’histoire de la nature et de l’environnement, de l’histoire des techniques et de l’espace, du droit et de l’économie. Ce numéro explore différentes approches de ce thème d’actualité, à l’heure où les sociétés contemporaines, dans un souci écologique, réfléchissent aux ressources qu’elles utilisent et au moyen de les économiser.</p>";;03/03/2008 10:25;0;Première édition;3386 452;1;3;29;Traduction(s) - confrontations, négociations, création;N°25/2008;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les sciences humaines utilisent la notion de traduction d’une manière insistante. Au-delà du passage d’une langue naturelle à une autre, ce numéro aborde la question des transferts d’un art, d'un domaine culturel à un autre.</p>";"<p><span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Yves Abrioux</span><br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Présentation</span></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <br style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">M. de Launay</span><br /> L’identité de l’original </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">J. Peslier</span><br /> Faust en ses oeuvres du traduire?: un corpus copiste ?</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">D. Follett</span><br /> Les « correspondances » baudelairiennes et l’intransitivité de la langue benjaminienne</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">M. Bousquet</span><br /> Beckett et l’«oeuvre bilingue » </span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">M. N. Karsky</span><br /> Négocier la place du corps dans les traductions de Shakespeare et Molière </span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">C. Fort</span><br /> Traduire à corps perdu </span><br /> <br style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">G. Cohen-Cheminet</span><br /> Traduction bilingue, traduction unilingue</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">V. Kislov</span> <br /> Conclusion à la translation</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">C. Swensen </span> <br /> Translating Timbre</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Y. Abrioux and N. Batt </span><br /> Cole Swensen interviewed</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">R. Nikolov et J.-Y. Dommergues</span><br /> Les modules d’un système d’aide à la traduction en rapport avec la théorie interprétative</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">F. Doro-Mégy</span><br /> Au-delà des choix stylistiques, les contraintes énonciatives </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">S. Genty</span><br /> Traduction audio-visuelle : contraintes et libertés<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">C. Bense Ferreira Alves</span><br /> La traduction de concepts sociologiques : une question de méthode et d’idéologie</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">L. Gervais-Linon</span><br /> Les gated communities américaines : entre rejet de la grande ville et fantasme de la petite ville, traduction de la peur de la ville ou utopie de la cité idéale</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">C. Cohen-Safir</span><br /> Traduire le genre : le poétique et le politique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">A. E. Berger</span><br /> Les Fins de la « Différence Sexuelle »</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">C. Cadot</span><br /> Fédéralisme et lèse-Nation, traduction et criminalisation du fédéralisme américain sous la Révolution française</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Y. Abrioux</span><br style=""font-weight: bold;"" /> <span style=""font-weight: bold;"">Les translations du Louvre</span></span><br /> <br style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">N. Batt</span><br /> Peter Welz interviewed</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">M. Duplay</span><br /> « Stressing a Variant »?: The Desert Music, de William Carlos Williams à Steve Reich</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">A.-L. Fortin-Tournès</span><br /> Poétiques de la danse, poétique du traduire</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">C. Marie</span><br /> Penser la danse en théâtre à la lumière des théories de la traduction ?</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">K.- J. Knoespel et J. Zhu</span><br /> Continuous Materiality Through a Hierarchy of Computational Codes</span></p>";;10/06/2008;25;155x220;256;978-2-84292-215-3;9782842922153;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_452.gif;;;;436;15.00;"<p style=""text-align: justify;""> Ce numéro s’interroge sur l’acte de traduire et sur ce qui, en lui, stimule l’imaginaire contemporain. Il explore les voies de passage ouvertes par la traduction mais analyse également les contraintes qui pèsent sur le traducteur. Il s’intéresse aux éditions bilingues, à l’informatisation, à la façon dont une vision élargie de la traduction permet à l’historien ou au sociologue de soulever de nouvelles questions, aux effets que les traductions provoquent dans le champ émergent des études sur le genre comme à ceux que la question du genre leur font subir en retour.</p>";;24/06/2008 14:39;0;Première édition;3146 453;2;3;30;Verbe 4. Modes et temps;;;;"<p style=""text-align: justify;""> Le présent volume s'intéresse encore au verbe (modes et temps, dans des propositions indépendantes) ainsi qu'aux quelques façons d’exprimer le temps (âge, date, heure, etc.).</p>";"<p>gram16</p><p><span style=""font-family: Arial;"">Avant-propos<br />Introduction</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br />Les modes et les temps</span></p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;"">A – LES MODES PERSONNELS</span></p><p> </p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">I – L’indicatif</span></span><br /><span style=""font-family: Arial;""> </span></div><p><span style=""font-family: Arial;"">1. L’indicatif présent<br />2. L’indicatif imparfait<br />3. Passato remoto et passato prossimo<br />4. Trapassato remoto et trapassato prossimo<br />5. Le futur simple<br />6. Le futur antérieur</span></p><p> </p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">II – Le subjonctif</span><br /><span style=""font-family: Arial;""> </span></div><p><span style=""font-family: Arial;"">7. Le subjonctif présent<br />8. Le subjonctif imparfait<br />9. Le subjonctif passé<br />10. Le subjonctif plus-que-parfait</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">III – Le conditionnel</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">11. Le conditionnel présent<br />12. Le conditionnel passé</span></p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">IV – L’impératif</span></span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">13. Remarques morphologiques<br />14. Les emplois les plus courants<br />15. Les pseudo-impératifs<br />16. L’impératif substantivé</span></p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;"">B – LES MODES IMPERSONNELS</span></p><p style=""font-weight: bold; text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;"">V – L’infinitif</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">17. Valeurs multiples<br />18. Tours particuliers<br />19. Vers la substantivation</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">VI – Le participe passé</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">20. Les verbes intransitif<br />21. Les verbes transitif<br />22. Les verbes à la forme réfléchie<br />23. Quelques cas particuliers<br />24. Le participe à valeur adjectivale<br />25. Les participes tronqués<br />26. Les participes passés substantivés</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">VII – Le participe présent</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">27. Le participe présent à valeur verbale<br />28. Le participe présent à valeur adjectivale<br />29. Le participe présent substantivé<br />30. Quelques cas particuliers</span></p><p style=""font-weight: bold; text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;"">VIII – Le gérondif</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">31. Introduction<br />32. Gérondif et verbe principal ont un même sujet<br />33. Gérondif et verbe principal ont des sujets différents<br />34. Déviations ?<br />35. Pure<br />36. La place du gérondif<br />37. Le gérondif répété<br />38. Expressions<br />39. Les tours périphrastiques<br />40. Le gérondif substantivé</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">DEUXIÈME PARTIE : L’EXPRESSION DU TEMPS</span></p><p style=""font-weight: bold; text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;"">IX – Le temps présent</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">41. Les adverbes de temps<br />42. L’immédiateté</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">X – Le temps passé</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">43. Adverbes et locutions temporelles<br />44. Adverbes postposés à un syntagme nominal<br />45. Fa<br />46. Le verbe essere<br />47. L’immédiateté</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">XI – Le temps à venir</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">48. Adverbes et locutions temporelles<br />49. Adverbes postposés à un syntagme nominal<br />50. Les prépositions tra/fra, a et per<br />51. L’immédiateté</span></p><p style=""font-weight: bold; text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;"">XII – Désignation d’un temps déterminé</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">52. Termes temporels et prépositions<br />53. Termes temporels sans préposition<br />54. Combinaisons<br />55. Autres façons d’exprimer le temps déterminé</span></p><p style=""font-weight: bold; text-align: center;""><span style=""font-family: Arial;"">XIII – La durée</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">56. Les prépositions<br />57. Le substantif seul<br />58. Stare<br />59. La durée dans son déroulement</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">XIV – Les limites de la durée</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">60. Le point de départ<br />61. Le point de départ vu par rapport à la suite<br />62. Le point d’arrivée<br />63. L’intervalle entre point de départ et point d’arrivée<br />64. Le temps-butoir</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">XV – La périodicité</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">65. Valeur distributive<br />66. Le temps intermittent</span></p><p style=""text-align: center; font-weight: bold;""><span style=""font-family: Arial;"">XVI – La date, l’heure et l’âge</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">67. La date<br />68. L’heure<br />69. L’âge</span></p><p><span style=""font-family: Arial;"">ANNEXE : EXPRESSIONS</span></p>";;10/02/2008;16;155 x 220;216;978-2-84292-210-8;9782842922108;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_453.jpg;;;;101;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le présent volume, qui clôt la série sur le verbe, s’attache à relever les particularités de la langue italienne dans l'emploi de quelques modes ou temps, vus non plus dans leurs rapports avec les propositions principales mais dans des propositions indépendantes. Il examine aussi quelques façons d’exprimer le temps : âge, date, heure. S’appuyant sur un ensemble de près de 1 800 phrases relevées chez des auteurs presque exclusivement con­tem­porains, cette étude s'emploie à montrer la spécificité de la langue italienne dans le domaine étudié ici, tout particulièrement lorsque la langue française ne présente pas d’équivalent exact.</p>";;24/06/2008 15:20;0;Première édition;3147 455;2;3;14;L'art sans sujet;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Approches philosophique, littéraire et esthétique autour de l'interrogation innovante et audacieuse de la notion fondamentale qu'est le sujet dans l'art.</p>";"<p style=""font-family: Arial; text-align: left;"">Prologue<br /> <br /> Avant-propos</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Pierre SORLIN</span><br /> L’œuvre a-t-elle un sujet?<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Gérard DESSONS</span><br /> L’art, l’esthétique, la manière<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Thierry de DUVE</span><br /> L’œuf et la poule. Remarques sur le supposé hypokeimenon de l’expérience esthétique<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Mauro CARBONE</span><br /> Proust aux limites de la philosophie<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Réda BENSMAÏA</span><br /> Le sujet de l’art chez Deleuze<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Michel COSTANTINI</span><br /> Un sujet sans images?<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Jérôme GAME</span><br /> Précarité du sujet poétique<br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Marie-Claire ROPARS</span><br /> Hors sujet ou : d’un objet enfin sans sujet...</p>";;10/05/2008;0;137x220;174;978-2-84292-206-1;9782842922061;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_455.jpg;;;;260;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">« Il n’y a pas de sujets. Il n’y a qu’un sujet : celui qui écrit. » Envisagées tant du point de vue de l’œuvre que du point de vue de l’artiste, ces questions nous rejettent aux limites de la pensée esthétique, sur ces marges où se font et se défont aussi bien la stabilité de l’œuvre que l’individuation du créateur. Or il est remarquable que ces marges soient les lieux qu’explorent par prédilection les artistes (Proust entre autres) et les philosophes (Kant, Deleuze... ). Ce volume emprunte les cheminements croisés de la littérature, de la philosophie et de l’esthétique pour mettre à l’épreuve l’idée d’un art sans sujet. Façons de cerner mieux la place et la nature de ce concept central et incertain, massif et fuyant, nécessaire et hasardeux : le sujet de l’art.</p>";;24/06/2008 16:31;0;Première édition;3670 456;2;3;13;Vacances sociologiques;Enseignement de la sociologie à l'Université;;;"<p style=""text-align: justify;""> Interrogeant l’absence de standards de correction, les pratiques coutumières, la valorisation de moyens d’expression acquis, scolaires et inappropriés, l'auteur pointe et critique des vacances de l'enseignement sociologique.</p>";"<p>tdm vacances</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;"">Introduction</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">I. Le point de vue du novice : faire cours?est une affaire personnelle (!)</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 1.</span><br /> L’apprentissage du métier</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 2.</span><br /> La division des tâches d’enseignement</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 3.</span><br /> Les résultats du travail pédagogique</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">II. Le point de vue du gestionnaire pédagogique : l’ordre sorti du chaos</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 1.</span><br /> Les descriptions administratives ordinaires</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 2.</span><br /> L’éclatement des classes et des « contenus » de cours</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 3.</span><br /> La concordance des évaluations</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 4.</span><br /> Le classement des diplômés : un ordonnancement conservateur</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">III. Le point de vue du correcteur candide : quels standards de correction ?</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 1.</span><br /> De la rhétorique à la logique du langage ordinaire</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 2.</span><br /> Les difficultés du Rapport pédagogique</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre 3.</span><br /> Éclaircir nos discours et expliquer nos standards de correction</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;"">Conclusion<br /> Annexes<br /> Bibliographie</p>";;10/04/2008;0;137x220;240;978-2-84292-213-9;9782842922139;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_456.jpg;;;;101;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les analyses sociologiques de l’université portent rarement sur l’activité de l’enseignant sociologue. L’auteur, maître de conférences depuis une dizaine d’années, décrit ici son apprentissage du métier et ses conditions de travail. Il s’intéresse ensuite aux manières d’évaluer et de s’exprimer dans la discipline. Interrogeant l’absence de standards de correction, les pratiques coutumières, la valorisation de moyens d’expression acquis, scolaires et inappropriés, il pointe et critique des vacances de l'enseignement sociologique. À partir de son expérience, en exposant ses réponses ou ses échecs, l'auteur parle de difficultés qu'il n'est pas coutume de rendre publiques.</p>";;24/06/2008 16:41;0;Première édition;3081 457;1;3;28;Aspects et pluralités d'événements;N°37/2008;;;"<p style=""text-align: justify;"">La notion de pluralité dans le domaine des évenances (pour rendre l’anglais <em>eventualities</em>, qui désigne à la fois les événements et les états) peut se décliner de plusieurs manières et s'exprimer par plusieurs moyens.</p>";"<p><span style=""font-family: Arial;"">Présentation</span></p><div style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Lucia M.TOVENA et Alain KIHM</span> </span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Event internal pluractional verbs in some Romance languages</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;""> </span></div><div style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">Leora BAR-EL</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Verbal number and aspect in Skwxwú7mesh</span><br /> <br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;""> </span></div><div style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">Abdelkader FASSI FEHRI et Marie-Thérèse VINET</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Verbal and nominal classes in Arabic and Chinese</span><br /> <br style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"" /> <span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;""> </span></div><div style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">Lucia M.TOVENA et Marta DONAZZAN </span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">On ways of repeating</span><br /> <br style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"" /> <span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;""> </span></div><div style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">Nora BONEH et Edit DORON </span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Deux concepts d’habitualité</span><br /> <br style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"" /> <span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;""> </span></div><div style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Arial; font-weight: bold;"">Jenny DOETJES</span><br style=""font-family: Arial;"" /> <span style=""font-family: Arial;"">Counting and degree modification</span></div>";;10/06/2008;37;155x220;172;978-2-84292-214-6;9782842922146;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_457.gif;"<p style=""text-align: justify;"">Tovena Lucia M. et Kihm Alain : <span style=""font-weight: bold;"">""Event internal pluractional verbs in some Romance </span><strong>languages</strong>""<br /> Dans cet article, on analyse les verbes italiens du type de mordicchiare ‘mordiller’ et les verbes français du type de chantonner comme des verbes pluriactionnels. Du point de vue morphologique, ces formes résultent d’un processus pseudo-dérivationnel, car elles ne se laissent pas segmenter en deux morphes, p.ex. /mord/ et /ikkj/ en italien et de même en français, qui contribueraient indépendamment à la signification de l’ensemble. Le pseudo-suffixe se voit donc attribuer le statut d’infra-morphe (submorph). Cette solution permet de rendre compte du fait que la terminaison /ikkj/ de mordicchiare – et autres du même genre – signale deux opérations de décomposition sémantique. L’une se fait au niveau de l’événement et indique la présence d’une pluralité de phases. L’autre s’applique à un participant de l’événement, dont elle indique qu’il en est partiellement affecté. Le résultat de la décomposition varie selon l’entrée lexicale en cause.<br /> <br /> <br /> Bar-el Leora : <span style=""font-weight: bold;"">""Verbal number and aspect in S<span style=""text-decoration: underline;"">k</span>w<span style=""text-decoration: underline;"">x</span>wú7mesh""</span><br /> Cet article examine deux structures de réduplication en S<span style=""text-decoration: underline;"">k</span>w<span style=""text-decoration: underline;"">x</span>wú7mesh (Squamish : langue salishienne), en explorant la relation entre l’aspect et le nombre verbal. Il montre que la réduplication CVC, qui s’attache aux noms aussi bien qu’aux verbes, est un marqueur de pluralité ; les valeurs aspectuelles observées (valeur d’habitude, itération non bornée) sont des interprétations saillantes associées aux événements pluriels. Il montre également que la réduplication CV, qui s’attache seulement aux verbes, est un marqueur aspectuel, c’est-à-dire, elle marque l’aspect progressif et pas une pluralité de sous événements. Cet article adopte l’analyse de la pluriactionnalité de Lasersohn (1995), mais suggère que la contrainte de distributivité n’est pas une condition nécessaire sur la pluralité en Squamish.<br /> <br /> <br /> Fassi Fehri Abdelkader et Vinet Marie-Thérèse : <span style=""font-weight: bold;"">""Verbal and nominal classes in Arabic and Chinese""</span><br /> Cet article propose un système de classification verbale et nominale basé sur des traits atomiques identifiant le tout et les parties des dénotations d’événements et d’objets. Nous y présentons un traitement quadripartite parallèle des classes verbales et nominales en arabe et en chinois, en utilisant leurs propriétés méréologiques. Ces traits interagissant avec le Nombre et l’Aspect sont réalisés par des classifieurs. Les classifieurs sont conçus comme des mécanismes grammaticaux formant des Individus à partir d’Espèces, ou servant à compter des unités événementielles ou des temps d’événements. <br /> <br /> <br /> Tovena Lucia M. et Donazzan Marta : <span style=""font-weight: bold;"">""On ways of repeating""</span><br /> Cet article fait l’hypothèse que la répétition d’événement en langue naturelle est une manifestation de l'additivité dans le domaine ordonné des événements. La discussion d'un éventail d'adverbes appartenant à des langues différentes (parmi lesquels le français 'encore', l'anglais 'again' ou 'zai' du chinois mandarin), permet de montrer que, suivant cette hypothèse, il est possible de définir une classe sémantique d'adverbes de répétition qui recoupe en partie les distinctions traditionnelles d'adverbes itératifs et aspectuels. Les adverbes de répétition sont ainsi définis comme des opérateurs qui déclenchent une présupposition dont la caractérisation dépend d'un côté des propriétés structurelles du prédicat et, de l'autre, de la position de l'adverbe à l'interface syntaxique. Le contenu de la présupposition est calculé au moyen d’une équation conditionnelle d'ordre supérieur, une solution qui permet de rendre compte de la variation dans la sélection du matériel presupposé, ainsi que des différences qui dérivent du choix d’adopter une stratégie d'accommodation ou de vérification dans le contexte.<br /> <br /> <br /> Boneh Nora et Doron Edit : ""Deux concepts d'habitualité""<br /> Dans cet article, il sera proposé que les langues naturelles expriment deux concepts d'habitualité. L'un est le concept gnomique de récurrence régulière d'événement, et l'autre est le concept aspectuel de récurrence d'événement comme point de vue sur des épisodes singuliers. Les deux concepts sont modelés comme deux opérateurs d'habitulalité distincts, HabMOD and HabASP, ayant en commun la récurrence d'événement sur une période de temps spécifiée comme contextuellement longue. Ils se distinguent par la position syntaxique qu'ils occupent, ainsi que par leur sémantique. HabMOD est un adverbe modifiant le VP, tandis que HabASP est une tête aspectuelle. Il sera démontré que l'anglais et l'hébreu moderne sont deux langues qui grammaticalisent ces deux concepts par deux formes verbales, l'une périphrastique, l'autre simple. L'article montre comment l'analyse proposée de la syntaxe et de la sémantique de ces opérateurs rend compte des propriétés des deux formes habituelles dans ces langues.<br /> <br /> <br /> Doetjes Jenny : <span style=""font-weight: bold;"">""Counting and degree modification""</span><br /> Dans cet article, nous défendons l’hypothèse selon laquelle le nombre et les classificateurs se comportent d’une manière fondamentalement différente dans les domaines nominal et verbal. L’emploi des numéraux dans une expression qui ‘compte’ une quantité d’individus ou d’événements est différent selon que la catégorie modifiée est nominale ou bien verbale (trois visites vs. visiter trois *(fois)). Par contre, les expressions de degré s’utilisent de manière similaire dans les domaines nominal et verbal (beaucoup de visites vs. beaucoup visiter). Cette différence semble trouver son origine dans l’interaction de ces deux types d’expressions de quantité avec le nombre et les classificateurs. Si, dans beaucoup de langues, les numéraux s’utilisent uniquement en combinaison avec la morphologie du nombre ou avec un classificateur, les expressions de degré se combinent plutôt avec des expressions à référence cumulative.</p>";;"<p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Tovena Lucia M. et Kihm Alain : <span style=""font-weight: bold;"">“Event internal pluractional verbs in some Romance languages”</span><br /> This paper analyses Italian verbs such as mordicchiare and French verbs such as chantonner as pluractional verbs. Morphologically, these forms are the result of a pseudo-derivational process and cannot be cut up into two morphs, /mord/ + /ikkj/ for Italian and similarly for French, each with its own, independent contribution. The pseudo suffix is attributed submorph status, a solution that captures the fact that /ikkj/ in mordicchiare, and akin submorphs, points to two operations of semantic decomposition. One decomposition step operates at the level of the event, and signals the presence of a plurality of phases, another on a participant to the event, and captures its partial affectedness. The output of the decomposition varies depending on the lexical entry.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> Bar-el Leora :<span style=""font-weight: bold;""> “Verbal number and aspect in S<span style=""text-decoration: underline;"">k</span>w<span style=""text-decoration: underline;"">x</span>wú7mesh”</span><br /> This paper examines two productive patterns of reduplication in S<span style=""text-decoration: underline;"">k</span>w<span style=""text-decoration: underline;"">x</span>wú7mesh (Squamish; Salish), exploring the relation between aspect and verbal number. The paper proposes that the CVC reduplicant, which attaches to both nouns and verbs, is a plural marker; the observed aspectual meanings (e.g., habitual, unbounded iteration) are the salient readings associated with plural events. This paper further proposes that the CV reduplicant, which attaches to verbs only, is an aspectual marker; i.e., it marks the progressive and not a plurality of sub-events. This paper adopts Lasersohn’s (1995) account of pluractionality, but proposes that the distributivity requirement is not a necessary condition for plurality in Squamish.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> Fassi Fehri Abdelkader et Vinet Marie-Thérèse : <span style=""font-weight: bold;"">“Verbal and nominal classes in Arabic and Chinese”</span><br /> The paper presents a system of verbal and nominal classification based on atomic features which qualify wholes and parts of events and objects denotations. It provides a quadripartite parallel treatment of verbal and nominal classes in Arabic and Chinese, based on their mereological properties. These classes which interact with Number and Aspect are marked by Classifiers. Classifiers are construed as grammatical devices for building Individuals out of Kinds, or counting event times or event units.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""><br /> Tovena Lucia M. et Donazzan Marta : <span style=""font-weight: bold;"">“On ways of repeating”</span><br /> The paper presents an analysis of event repetition as a manifestation of additivity in the ordered domain of events. A collection of iterative and aspectual adverbs belonging to different languages, such as English 'again', French 'encore' of Mandarin 'zai', can so receive a unified semantic analysis and be characterised as additive particles whose presupposition displays properties which are sensitive to the structural properties of the predicate, and which, in many cases, are predictable from the different syntactic positions where the adverbs occur. The content of the presupposition is computed via a conditional higher order equation. This solution makes room for two types of variation, i) in the heuristics a language may use for selecting material from the asserted clause, and ii) in the consequences of satisfying vs. accommodating a presupposition.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Boneh Nora et Doron Edit : <span style=""font-weight: bold;"">“Deux concepts d'habitualité”</span><br /> In this paper, it is proposed that natural languages express two concepts of habituality: a gnomic and an aspectual concept of regular event recurrence. The two concepts are modelled as distinct habituality operators, HabMOD and HabASP, sharing a semantic core of event recurrence over a contextually long interval. The operators differ syntactically and semantically. HabMOD is an adverb which modifies VP, whereas HabASP is an aspectual head. The paper shows first that English and Modern Hebrew grammaticalize these two concepts by two verbal forms, a periphrastic form and a simple form. Secondly, the paper shows how the proposed syntactic and semantic analysis of the operators accounts for the properties of the two habitual forms in these languages.</p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: justify;"">Doetjes Jenny : <span style=""font-weight: bold;"">“Counting and degree modification”</span><br /> This paper defends the hypothesis that number and classifiers behave differently in nominal and in verbal structures. When numerals are used in order to ‘count’ a number of objects or events, they interact differently with nouns and verbs (compare three visits with to visit three *(times)). Degree modifiers, on the other hand, behave rather similarly in the nominal and in the verbal domains (compare a lot of visits with to visit a lot). The paper discusses the source of this difference. In many languages, numerals require in many languages the presence of classifiers and/or number, while degree modifiers are sensitive to cumulative reference, a property shared by nominal and verbal structures. Given the hypothesis that nouns and verbs interact differently with number and classifiers, the different behaviour of numerals with nouns and verbs can be understood.</p>";258;14.00;"<p style=""text-align: justify;""> Certains de ces moyens, par exemple la réduplication d’une partie du mot, sont aussi employés comme marqueurs aspectuels affectant la constitution temporelle des évenances. Dans ce numéro les auteurs souhaitent offrir une vue générale de la question en sélectionnant un certain nombre de facettes. <br />Langues traitées : Le français, l’anglais, l’italien, l’hébreu, l’arabe, le chinois, le squamish (dialecte de Colombie britannique).</p>";;25/06/2008 10:36;0;Première édition;3147 458;1;3;24;"Du bon usage des images ; Autour des codes visuels en Chine et au Japon";N°30/2008;About Images en Visual Codes in China and Japan;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro s’intéresse à l’utilisation singulière des codes visuels dans les traditions iconographiques chinoise et japonaise.</p>";"<p><strong> Claire-Akiko Brisset </strong><br />Intoduction<br /><br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">I. Des images « lettrées » aux interprétations multiples</span><br /> <br /></div><p><span style=""font-weight: bold;"">Cédric Laurent </span><br /> Citations littéraires et interprétations philosophiques dans les peintures narratives du Récit de la Source aux fleurs de pêcher</p><p><em>Literary Quotations and Philosophical Interpretations in the Narrative Paintings of the Story of the Peach Flower Spring</em><br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Alfreda Murck</span><br /> Degrees of Clarity and Obscurity in Chinese Images</p><p><em>Degrés de clarté et d’obscurité dans les images chinoises</em><br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">II. Codes et espace politique</span><br /> <br /></div><p><span style=""font-weight: bold;"">Timon Screech</span><br /> Encoding “The Capital” in Edo</p><p><em>Encoder « la Capitale » à Edo</em><br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">III. Image et texte : du bon usage de la cryptographie</span><br /> <br /></div><p><span style=""font-weight: bold;"">Claire-Akiko Brisset</span><br /> Art bouddhique et cryptographie : le « Salut des femmes » dans le Japon duXIIe siècle</p><p><em>Buddhist Art and Cryptography : “Women’s Salvation” in 12th Century Japan</em><br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Marianne Simon-Oikawa</span><br /> Le temps codé : les calendriers en images (<em>egoyomi</em>) au Japon</p><p><em>Encoding Time : Picture Calendars (egoyomi) in Japan</em><br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">IV. Regards extérieurs</span><br /> <br /> <br /></div><p><span style=""font-weight: bold;"">Béatrice Fraenkel</span><br /> Comment ne s’adresser qu’à quelques-uns ? Remarques sur la cryptographie de tradition alphabétique</p><p><em>How to Address the “Happy Few”? Remarks about Cryptography in the Alphabetical Tradition</em><br /> <br /> <br /> <span style=""font-weight: bold;"">Michel Pastoureau</span><br /> Une écriture en images : les armoiries parlantes</p><p><br /> How to Write with Images? The Canting Arms<br /> <br /></p>";;10/10/2008;30;155 x 220;192;978-2-84292-220-7;9782842922207;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_458.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Cédric LAURENT<br /></em><strong>Citations littéraires et interprétations philosophiques dans les peintures narratives du <em>Récit de la Source aux fleurs de pêcher<br /></em></strong>Dans les illustrations narratives de la <em>Source aux fleurs de pêcher </em>des XVIème et XVIIème siècles, le développement de l'histoire sur plusieurs scènes donne lieu à une iconographie très riche, mal connue, qui trouve son origine dans les interprétations du récit. En effet, certains détails peints qui n'illustrent pas directement le texte sont loin d'être insignifiants ; ils convoquent d'autres textes autour des notions d'immortalité et de retraite. Entre autres motifs analysés ici, celui de la cascade peut être mis en relation avec une conception de l'immortalité nouvelle au XVIème siècle et pourrait trouver son origine dans des pratiques méditatives préconisées à l'époque.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Alfreda MURCK<br /></em><strong>Degrés de clarté et d'obscurité dans les images chinoises<br /></strong>Cet article a pour objet l'examen des relations entre des symboles visuels clairement visibles et délibérément cryptés. Reposant sur une base linguistique commune, l'éventail de ces codes visuels pourrait être comparé à une forme de comète, comportant en tête un amoncellement de messages émis sans contrainte, dans la partie médiane des jeux de mots et des allusions de plus en plus obscurs, les plus difficiles à saisir se trouvant dispersés dans la queue de la comète, voire tout à fait invisibles. Dans un contexte où les conséquences politiques pouvaient être sérieuses, une telle ambiguïté était tout à fait intentionnelle. Les contrastes entre les images lisibles et obscures sont examinés selon treize catégories : les destinataires, l'intention, la visibilité, le mode, la temporalité, la saison, les conséquences, le type d'exposition, les sources et les origines, l'oralité, le décorum, la quantité et la stabilité.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Timon SCREECH<br /></em><strong>Encoder ""la Capitale"" à Edo<br /></strong>Cet article se propose d'examiner la façon par laquelle Edo (l'actuelle Tôkyô) a été construite au sein de la plaine déserte de Musashi, et de quelle manière la capitale shôgunale est devenue le centre symbolique du pays au pont de Nihon-bashi. Nous montrerons également comment le plan d'Edo évoquait certains aspects cruciaux de l'ancienne capitale (Kyô ou Kyôto). Edo constituait une ville entièrement nouvelle et ses maîtres, les Tokugawa, pouvaient la façonner à leur guise. Dans la direction la plus importante, le secteur nord-est (la ""porte des démons"" ou <em>kimon</em>), ils choisirent de rassembler un certain nombre de bâtiments de façon à faire intentionnellement allusion à la capitale impériale. il s'agissait là d'""encoder"" de façon délibérée Kyôto au sein de la ville qui, après 1602, devint la capitale shôgunale. L'organisation d'Edo a déjà été considérablement étudie, mais les points examinés ici n'ont jamais fait l'objet d'une analyse systématique.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""><em>Claire-Akiko BRISSET<br /></em><strong>Art bouddhique et cryptographie : la ""Salut des femmes"" dans le Japon du XIIème siècle <br /></strong>Venue de Chine, la pratique rituelle de la copie des <em>sutra</em> bouddhiques connut une vogue extraordinaire au sein de la cour japonaise pendant les XIème et XIIème siècles. Avec le temps, ces copies devinrent de plus en plus luxueuses et se virent agrémentées de peintures chargées d'illustrer le contenu des textes sacrés. Appartenant à l'un des ensembles les mieux préservés du corpus, le Heike nôkyô (1164), une peinture présente des caractéristiques très intéressantes au regard de la problématique des codes visuels. Grâce à une stratégie cryptographique particulièrement complexe, elle propose une mise en images performative du dogme du ""Salut des femmes"" exposé dans le <em>sutra</em>. Cet article se propose de revenir sur cette oeuvre qui, bien que très connue, n'a pas encore bénéficié de toute l'attention nécessaire.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marianne SIMON-OIKAWA<br /></em><strong>Le temps codé : les calendriers en images (<em>egoyomi</em>) au Japon<br /></strong>En 1765, quelques amateurs fortunés se passionnèrent pour de petits calendriers (<em>koyomi</em>) d'un genre nouveau, qui indiquaient à l'aide d'images (<em>e</em>) la longueur et l'alternance des mois de l'année à venir. Les ""calendriers en images"" (egoyomi) étaient nés. Comme dans un code, les informations calendaires devaient être déduites de l'observation d'éléments cryptés, incessibles au plus grand nombre, mais parfaitement connus des amateurs. L'analyse se propose, à partir d'exemples choisis, de dégager quelques-unes des règles utilisées pour crypter les informations à transmettre, et des compétences mobilisées pour les déchiffrer. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""><em>Béatrice FRAENKEL<br /></em><strong>Comment ne s'adresser qu'à quelques-uns ? Remarques sur la cryptographie de tradition alphabétique<br /></strong>Cet article se propose d'examiner le concept de cryptographie dans la tradition alphabétique occidentale selon trois paradigmes : celui du chiffre selon les propositions de Leon Battista Alberti (1404-1472), qui implique tout autant la communication que le secret ; celui de l'échange épistolaire, selon la théorie élaborée par Georg Simmel (1858-1918) - le contenu de la lettre étant cette fois préservé par l'habitus moral de l'<em>ethos</em> lettré ; et celui de l'allusion discrète qui, dans un contexte politique dangereux, exige du lecteur une attention particulière et un habitus cognitif susceptible de lui permettre de lire entre les lignes, selon Leo Strauss (1899-1973). Ces trois modalités permettent de garantir à des degrés divers et dans des contextes différents la protection d'un contenu, et servent de cadre à une réflexion plus générale sur le code. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""><em>Michel PASTOUREAU<br /></em><strong>Une écritures en images : les armoiries parlantes <br /></strong>Dès les débuts de l'héraldique au XIIème siècle, les ""armoiries parlantes"" ont associé un signifiant iconique à un signifié onomastique (le nom de la lignée ou de l'individu) par une relation motivée, plus ou moins évidente à repérer et à interpréter. Cette relation d'ordre linguistique pouvait être de plusieurs natures : figurations littérales ou monosémiques, jeux de mots, jeux d'homophonie ou rébus, parétymologies, etc. Dans le cadre de ce recueil sur les codes visuels, cet article a pour objectif d'en présenter les principales modalités et d'attirer l'attention sur le problème posé par le repérage et l'interprétation de ce lien philologique, parfaitement intelligible pour les contemporains et parfois indétectable aujourd'hui. </p>";;"<div><p style=""text-align: justify;""><em>Cédric LAURENT<br /></em><strong>Literacy Quotations and Philosophical Interpretations in the Narrative Paintings of the <em>Story of the Peach Flower Spring<br /></em></strong>In the 16th and 17th centuries narrative illustrations of the <em>Peach Blossom Spring</em>, the unfolding of the narrative in several scenes offers a complex iconography drawing on various interpretations of the story : some detail do not direcly illustrate the text, but allude<em> to </em>other writings dealing with immortality and retirement. Among the patterns analysed in this paper, the waterfall could be referred to a 16th century-new conception of immortality, as well as to some meditation practices which were advocated at the time.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Alfreda MURCK<br /></em><strong>Degrees of Clarity and Obscurity in Chinese Images<br /></strong>This essay examines the relationship between clearly visible and deliberately concealed visual symbols. Sharing a linguistic basis, the range of visual code may be thought of a comet shaped, with freely broadcast messages clustering at the head, and increasingly obscure puns and allusions steaming along, with the most difficult to comprehend sprinkled at the tail end, or even invisible. In situations where political conequences were serious, ambiguity was purposeful and intentional. The contrast of reading clear and obscure imagery is considered via thirteen categories : audience, purpose, visuality, mood, temporality, seasonality, consequences, display, sources and origins, orality, decorum, quantity, and stability. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Timon SCREECH<br /></em><strong>Encoding ""The Capital"" in Edo<br /></strong>This paper investigates the way in which Edo (Tôkyô) was built in desolate Musashi Plain and how it was given a symbolic focus at the bridge of Nihon-bashi. Wa also reveal how Edo laid out to evoke, in certain crucial respects, the old capital of Kyô (Kyôto). Edo was a new city, and the Tokugawa could construct as they wished. In the crucial north-west sector (<em>kimon</em>), they chose to gather a group of buildings consciously reffering to Kyô. This was a deliberate ""encoding"" of Kyô within the city which, after 1602, became the shogunal capital. Edo city planning has been much studied before, but the aspects adressed here have never been concertedly examined. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Claire-Akiko BRISSET<br /></em><strong>Buddhist Art and Cryptography : ""Women's Salvation"" in 12th Century Japan <br /></strong>Originally coming from China, the ritual practice of hand-copying Buddhist <em>sutra</em> was in great vogue at the Japanese imperial court during the 11th and 12th centuries. Over the course of time, these copies, decorated with the utmost possible care, became increasingly lavish. They were adorned further by paintings placed before the text they were meant to illustrate. Belonging to one of the best preserved examples of the corpus, the <em>Heike nôkyô</em> monumental set (1164), one painting offers very interesting features form the perspective of visual codes. Thanks to a particularly complex cryptographic strategy, it offers the performative pictorialization of ""Women's Salvation"" dogma explained in the sutra. This paper focuses on this painting which, famous as it may be, has not yet been thoroughly explored.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marianne SIMON-OIKAWA<br /></em><strong>Encoding Time : Picture Calendars (<em>egoyumi</em>) in Japan</strong> <br />In 1765, a new type of calendars (koyomi), in which the order of the long and the short months of the year were indicated by the means of pictures (e), became extremely popular among well-to-do amateurs. These were called ""picture calendard"" (egoyomi). Like in a code, the length and order of the months had to be inferred from cryptic indications that could not be grasped by most people, but which were transparent to aficionados. Through the analysis of a few example, the paper discusses the encoding and deciphering process at work in picture calendars.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Béatrice FRAENKEL<br /></em><strong>How to Adress the ""Happy Few"" ? Remarks about Cryptography in the Alphabetical Tradition<br /></strong>This paper focuses on the concept of cryptography within the Western alphabetical tradition, and underscores three paradigms : the cipher, which, according to Leon Battista Alberti (1404-1472), implies communication as much as secrecy ; the epistolary genre according to Georg Simmel (1858-1918)'s theory, stating that the content of letter is protected by the literati's moral <em>habitus</em> ; and, thirdly, the veiled allusion wich, in a hostile political environment, requires from its readership the capacity to read between the lines, as shown by Leo Strauss (1899-1973). These three mmodalities of cryptography are meant to preserve the message from intruders, and may be seen as a framework for a broader reflection on codes.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Michel PASTOUREAU<br /></em><strong>How to Whrite with Images ? The Canting Arms<br /></strong>Since the very beginning of heraldry in the 12th century, ""cantings arms"" or ""punning arms"" associated an iconic signifiant (the coat of armsitself or ots elements) to an onomastic signifé (the name of a lineage or an individual) thanks to a meaningful relationshio, more or less esay to discover and explain. This linguistic relationship can take differents shapes : literal or monosemic representations, puns, homophony, or rebus-like games, pareticomologies or folk etymologies, etc. Within the framework offered by this book about visual codes, the purpose of this paper is to lay out these relationships, perfectly understandable for contemporaries and sometimes unseeable today, and to adress the problem of their interpretation.</p></div>";364;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Utilisation des codes au travers de divers procédés : jeux sur différents niveaux de signification, allusions multiples, cryptage délibéré de séquences graphiques ou détournement des conventions.</p><p style=""text-align: justify;"">Ce recueil offre à travers cinq études l’analyse d’un corpus représentatif de ces pratiques : peintures narratives, lettrées, art bouddhique, calendriers cryptés, ou encore mise en image de l’espace politique. Riche d’une ample matière au regard de la question des conventions, comme de celle de la communication, cette réflexion se verra confrontée au « regard extérieur » de deux spécialistes des codes visuels occidentaux (iconographiques, symboliques et graphiques).</p>";;25/06/2008 11:13;0;Première édition;4036 459;2;3;20;Des images dans l'histoire;;;;"<p style=""text-align: justify;"">De l’image du pouvoir au pouvoir de l’image, du Moyen-Âge au Siècle des Lumières.</p>";"<p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Marie-France Auzépy et Joël Cornette</span><br /> Introduction</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;"">I. Images du pouvoir, pouvoir de l’image</p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: center;""> </p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Dominique Alibert</span><br /> Du roi au saint (IX<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Ionna Rapti</span><br /> Image et monnaie dans le royaume arménien de Cilicie (XIII<sup>e</sup>-XIV<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Murielle Gaude-Ferragu</span><br /> La mort en images. Les funérailles des princesau bas Moyen Âge dans le royaume de France</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Nicolas Le Roux</span><br /> Aspects de la culture visuelle à la cour des derniers Valois</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Hélène Duccini</span><br /> Les trompettes de la Renommée pendant la Fronde : la bataille de Lens (1648)</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;"">II. Usages, circulation, appropriation des images</p><p style=""font-family: Arial; text-align: center; font-weight: bold;""> </p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Catherine Jolivet-Lévy</span><br /> Invocations peintes et graffiti dans les églises de Cappadoce (IX<sup>e</sup>-XIII<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Boris Bove</span><br /> L’image de soi dans le jeu des normes sociales : la bourgeoisie parisienne (XIII<sup>e</sup>-XIV<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Philippe Hamon</span><br /> Des hommes d’argent au pouvoir de la peinture(Pays-Bas, XVI<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Serge Gruzinski</span><br /> Images et mondialisation ibérique à l’époque de la monarchie catholique (1580-1640)</p><p style=""font-family: Arial; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Annie Duprat</span><br /> Symboles et allégories dans les caricatures américaines dans la guerre d’Indépendance (XVIII<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""font-family: Arial;""> </p><p style=""font-family: Arial; font-weight: bold; text-align: left;"">Bilan et perspectives</p><p style=""font-family: Arial;""><span style=""font-weight: bold;"">Marie-France Auzépy et Joël Cornette</span><br /> Entre Byzance et l’occident : quelques usages historiens de l’image</p>";;10/09/2008;0;137x220;304;978-2-84292-219-1;9782842922191;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_459.jpg;;;;438;27.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce livre témoigne de l’intérêt renouvelé des historiens pour un champ d’investigation longtemps laissé aux seuls historiens de l’art. Médiévistes et modernistes proposent une réflexion sur le statut de l’image, de la relation au texte, tout en s’intéres­sant aux processus de fabrication et à la réception des images, dans un parcours qui nous mène de l’image du pouvoir au pouvoir de l’image, du Moyen-Âge au Siècle des Lumières.</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Marie-France Auzépy, professeur émérite de l’Université Paris 8 est historienne spécialiste de la chrétienté orientale. Elle a notamment publié L’<em>Iconoclasme</em> (Puf), <em>Istanbul</em> (Citadelles et Mazenod), <em>Byzance retrouvée</em> (Publications de la Sorbonne-EHESS).</p><p style=""text-align: justify;"">Joël Cornette est professeur d'histoire moderne à l'Université Paris 8 et spécialiste de l'histoire politique au xviie siècle. Il a été lauréat en 2007 du Grand Prix d'histoire de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre et a publié récemment une <em>Histoire de la Bretagne française et des Bretons</em> (Seuil), <em> Louis XIV</em> (Le Chêne), <em>Versailles : le pouvoir de la pierre</em> (Tallandier).</p>";25/06/2008 11:34;0;Première édition;3377 460;2;3;19;Aperçus de morphologie du français;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment se fait-il que l’adjectif en -<em>esque </em>dérivé sur Ben Laden ou Récamier soit le plus souvent <em>benladesque </em>ou <em>récamiesque </em>au lieu des formes attendues <em>benladenesque</em> et ""<em>récamiéresque</em>, alors que <em>Aristophane </em>fait <em>aristophanesque </em>?</p>";"<div><p>Introduction <br />Bernard Fradin, Françoise kerleroux, Marc Plénat</p><p style=""padding-left: 30px;""><br />La morphologie extragrammaticale<br /><strong>Bernard Fradin, Fabio Montermini, Marc Plénat</strong><br /><br />Contraintes phonologiques et contraintes de taille <br /><strong>Marc Plénat</strong><br /><br />Echangisme suffixal et contraintes phonologiques<br /><strong>Stéphanie Lignon, Marc Plénat</strong><br /><br />L’identité lexémique<br /><strong>Françoise Kerleroux, Bernard Fradin</strong><br /><br />L'Allomorphie radicale et la relation flexion-construction <br /><strong>Gilles Boyé, Françoise Kerleroux, Olivier Bonami</strong><br /><br />Affixes et mots grammaticaux <br /><strong>Dany Amiot et Fabio Montermini</strong><br /><br />Les doubles suffixes <br /><strong>Michel Roché</strong><br /><br />Les composés VN <br /><strong>Florence Villoing</strong><br /><br />Morphologie et numéraux <br /><strong>Bernard Fradin, Sophie Saulnier</strong><br /><br />La morphologie évaluative <br /><strong>Bernard Fradin</strong><br /><br />Corpus et morphologie <br /><strong>Nabil Hahout, Fiammetta, Marc Plénat, Ludovic Tanguy</strong></p></div><p><br /><br /><br /></p>";;10/01/2009;0;137x220;320;978-2-84292-224-5;9782842922245;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_460.jpg;;;;450;27.00;"<p style=""text-align: justify;""> Pourquoi le terme de ""descendeur"" s'applique-t-il aux seuls spécialistes de la descente à skis, et non à toute personne qui descend ? Les études rassemblées ici sont jalonnées de questions de ce genre dans la problématique actuelle de la morphologie lexicale. Elles se font l’écho des recherches menées internationalement en morphologie. Ne visant pas à fournir un traitement exhaustif de la morphologie du français, objectif jugé hors de portée pour l’instant, cet ouvrage offre des aperçus sur ce qu’un tel traitement pourrait être.</p>";;08/09/2008 16:21;0;Première édition;3147 461;1;3;27;Usages de la Bible;Interprétations et lectures sociales - N°55/2008;;;"<p style=""text-align: justify;"">La fonction des <em>Écritures</em> au sein d'une société, ordonnée par une parole venant de l’au-delà. Lectures socio-politiques tirées de la Bible, modèle d’autorité, à une époque qui distingue mal l’auteur, de l’autorité qui le porte.</p>";"<div><p style=""padding-left: 30px;"">Introduction<br /> Usages de la Bible et institution du sens dans l’Occident médiéval<br /><strong> Michel LAUWERS</strong></p><p style=""padding-left: 60px;""><br /> <br /> Daniel et les visions politiques à l’époque carolingienne<br /><strong> Sumi SHIMAHARA</strong><br /> <br /></p><p style=""padding-left: 60px;"">Ananie et Saphire, ou la construction d’un contre-modèle cénobitique (IIe-Xe siècle)<br /><strong> Isabelle ROSÉ </strong><br /> <br /></p><p style=""padding-left: 60px;"">Les marchands chassés du temple, entre commentaires et usages sociaux<br /><strong> Emmanuel BAIN</strong><br /> <br /></p><p style=""padding-left: 60px;"">Aristote et la Bible : d’une autorité à l’autre<br /><strong> Bénédicte SÈRE</strong><br /> <br /></p><p style=""padding-left: 60px;"">Les commentaires latins et français aux <em>Prophetie Merlini</em> de Geoffroy de Monmouth<br /><strong> Géraldine VEYSSEYRE et Clara WILLE</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Des religieux en quête de grâce : Les suppliques adressées à la Pénitencerie apostolique par des clercs réguliers violents au XVe siècle<br /><strong> Elisabeth LUSSET</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em>D</em><em>on Quichotte</em> et « nuestro romance castellano »<em> </em>: un écho tardif du combat médiéval pour la langue romane<br /><strong> Pierrette PELLEN-BARDE</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Points de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’histoire culturelle du Moyen Age dans l’historiographie anglo-américaine<br /><strong> Aude MAIREYA</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">A propos de la mappemonde d’Ebstorf<br /><strong> Patrick GAUTIER-DALCHÉ</strong></p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/11/2008;55;137x220;192;978-2-84292-221-4;9782842922214;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_461.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Sumi SHIMAHARA</em><br /><strong>Daniel et les visions politiques à l’époque carolingienne</strong><br />L'époque carolingienne voit le renouveau de l'exégèse en général et de celle de Daniel en particulier. Le thème de la succession des empires, celui - qui lui est lié - de la caducité du pouvoir terrestre, ont rencontré un certain écho après l'éclatement de l'Empire, en 843. De même, la figure de ce prophète, médiateur choisi par Dieu et conseiller des rois, a servi de modèle à une époque durant laquelle le pouvoir est théorisé en termes de ministères complémentaires et dans la pratique duquel les liens personnels sont importants. On voit ainsi comment les carolingiens, exégètes, auteurs de miroirs ou rédacteurs de visions, ont utilisé la matrice biblique et patristique pour donner un sens à l'histoire qu'ils vivaient et légitimer certains actes politiques.<br />Exégèse - miroirs - visions - prophète<br /> <br /> <br /> <em>Isabelle ROSÉ </em><br /><strong>Ananie et Saphire, ou la construction d’un contre-modèle cénobitique (IIe-Xe siècle)</strong><br />Les Actes des Apôtres (5,1-11) relatent la punition, par Pierre, d'Ananie et de Saphire, un couple qui voulait rejoindre l'Église primitive, mais qui avait gardé secrètement une partie du prix qu'il avait reçu pour la vente de sa propriété, au lieu de mettre tous ses biens en commun. Or, dans les milieux réformateurs de la première moitié du Xème siècle, ce couple biblique apparaît comme un véritable contre-modèle cénobitique, au point qu'Ananie y est assimilé à un hérésiarque qui incarne le refus monastique d'abandonner ses biens propres. A travers l'analyse des diverses interprétations de cet épisode biblique, de l'époque patristique à l'âge proto-féodal, l'étude entend éclairer les différentes utilisations de la figure du couple, notamment dans la construction d'une conception particulière de l'existence monastique. D'abord envisagé comme une autorité dans la légitimation du pouvoir de sanction des clercs ou dans l'affirmation du dogme trinitaire, cet épisode biblique joue en effet un rôle majeur à la fois dans la définition de la vie communautaire et dans les modalités de la circulation des biens. Au terme de la période étudiée, les milieux monastiques réformateurs font converger ces deux dernières perspectives afin d'affirmer, à travers le contre-modèle d'Ananie et Saphire, leur aptitude à prendre en charge la société.<br />Monachisme - exégèse - hérésie - bien d'Église <br /> <br /> <br /> <em>Emmanuel BAIN</em><br /><strong>Les marchands chassés du temple, entre commentaires et usages sociaux</strong><br />Cet article étudie quelques utilisations de la péricope des marchands chassés du Temple entre le VIème et le XIIIème siècle. Il montre d'abord son rôle dans la constitution d'un discours valorisant le lieu de culte. Dans un second temps, il analyse l'évolution des utilisations de ce passage à l'époque de la réforme grégorienne : de la lutte contre la simonie à l'appel de la réforme de l'Église ou aux croisades. Enfin, il analyse l'émergence de la problématique des activités commerciales à partir du XIIème siècle. Le but de cet article est de comprendre la logique de la construction de ces différents usages de la Bible. Sa méthode consiste à distinguer commentaires bibliques et usages de la Bible. Il entend montrer la dépendance des usages par rapport aux commentaires.<br />Églises - simonie - marchands<br /><br /> <br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Bénédicte SÈRE</em><strong><br />Aristote et la Bible : d’une autorité à l’autre</strong><br />En parcourant la littérature philosophique des derniers siècles du Moyen Age, nous posons la question du transfert des pratiques exégétiques aux commentaires scolastiques d'Aristote : y a-t-il un emprunt des méthodes exégétiques de l'<em>auctoritas</em> biblique à l'<em>auctoritas</em> aristotélicienne ? Sur la base d'un échantillon (les livre VIII et IX de l'<em>Éthique à Nicomaque</em>), on envisage d'abord la manière dont la matrice biblique investit le champ philosophique, notamment aristotélicien, en repérant la présence des citations scripturaires dans l'arsenal argumentatif des commentaires d'Aristote. Dans un second temps, on essaie de montrer comment les mécanismes de l'exégèse aristotélicienne se lisent à la lumière des techniques exégétiques scripturaires pour y saisir les emprunts et les reprises.<br />Aristote - <em>auctoritas</em> - herméneutique<br /><br /> <br /> <em>Géraldine VEYSSEYRE et Clara WILLE </em><br /><strong>Les commentaires latins et français aux <em>Prophetie Merlini</em> de Geoffroy de Monmouth<br /></strong>Les prophéties de Merlin que Geoffroy de Monmouth a placées au sein de son <em>Historia regum Britannie</em> ont joui dès le XIIème siècle d'une grande autorité. Aussi, phénomène rare pour un texte séculaire, elles ont été rapidement commentées. Il s'agit ici de voir si les méthodes qu'emploient les auteurs de ces commentaires ont partie liée avec l'exégèse biblique. La présentation matérielle de ces prophéties glosées oppose versions latines et versions françaises : les premières, savantes, sont surtout consignées dans des manuscrits de travail et recourent parfois à une mise en page analogue à celle de la <em>glossa ordinaria</em>. Les copies vernaculaires sont plus luxueuses et le commentaire, parfois rubriqué, y est toujours intégré à la justification. L'examen des voies d'interprétation déployées face à la prophétie n°12 confirme d'abord ce partage des commentaires savants, apparentés à l'exégèse biblique, et des commentaires qui relèvent de la vulgarisation. Mais elle permet surtout de faire la part entre une tradition insulaire qui s'en tient à l'élucidation du sens littéral, donc à l'histoire britannique et anglaise, et une tradition continentale, qui va plus loin et se met en quête d'un sens métaphorique, souvent moral.<br />Merlin - prophétie - histoire nationale<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Elisabeth LUSSET</em><br /><strong>Des religieux en quête de grâce : Les suppliques adressées à la Pénitencerie apostolique par des clercs réguliers violents au XVe siècle<br /></strong>Les registres de la Pénitencerie apostolique de la seconde moitié du XVème siècle contiennent des suppliques rédigées par des religieux (moines, chanoines réguliers et frères mendiants ou moniales), impliqués dans des actes de violence à l'encontre d'un confrère ou d'un clerc. Ces clercs réguliers demandent l'absolution du crime commis, de l'excommunication encourue<em> ipso facto</em> et une dispense pour l'irrégularité contractée. L'étude de la législation canonique en matière de violence exercée par des religieux à l'encontre d'une personne ecclésiastique montre cependant que les clercs réguliers ne sont pas astreints à recourir à Rome. La papauté a, en effet, progressivement relégué ce pouvoir aux prélats réguliers et séculiers, tout en gardant un droit de réserve sur les excès difficiles et énormes. De nombreux religieux recourent pourtant à l'office pontifical pour des cas de violence assez ordinaires, tels que des coups échangés entre confrères, qui pourraient être absous par leur supérieur, leur évêque ou un légat pontifical. Il s'agit généralement de religieux désobéissants et souvent apostats, qui tentent d'échapper à la correction de leurs supérieurs en sollicitant le pardon pontifical. Les lettres d'absolution accordées par la Pénitencerie constituent en effet des pièces décisives susceptibles d'influer sur les décisions des juridictions locales qui, si elles sont compétentes en la matière, se montrent peut clémentes avec les religieux délinquants.<br />Pénitencerie apostolique - communautés - religieuses - violence - excommunication - absolution<br /><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><br /> <br /> <em>Pierrette PELLEN-BARDE</em><br /><strong><em>Don Quichotte</em> et « nuestro romance castellano »<em> </em>: un écho tardif du combat médiéval pour la langue romane<br /></strong>Ce article prend pour point de départ le fait que le Quichotte se rattache à une tradition répandue parmi les romans de chevalerie médiévaux, celle d'un présumé original dans une langue plus ancienne et plus prestigieuse que la langue romane. Mais Cervantès va plus loin. En réactivant à sa façon les circuits médiévaux de traduction - en s'interéssant aussi à la traduction contemporaine -, et en observant les spécificités des langues anciennes et modernes, il met en vedette la langue romane et la littérature dans cette langue. Sa langue maternelle s'était certes imposée depuis des siècles, mais par ses professions de foi en faveur des possibilités expressives de cette langue romane perçue comme en constance évolution, par sa méfiance envers certaine affectation latinisante, Cervantès semble vouloir souligner l'amour qu'il porte au castillan.<br />traduction - Don Quichotte - langue romane - Cervantès - langue romane castillane - roman de chevalerie<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong> </strong></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Sumi SHIMAHARA</em><br /><strong>Daniel and Political Visions in the Carolingian Era</strong><br />During the Carolingian era, biblical exegis, especially on the book of Daniel, underwent a revival. The topic of the succession of empires, the one - which is linked- of the deciduous nature of earthly power, met the concerns of the Carolingians after the break-up of the Empire in 843. The figure of the Prophet, mediator chosen by God and adviser of kings, is used as a model : during the period, the power is theorized in terms of completing <em>ministeria</em> and is practiced according to important personal relationship. We can appreciate thus how the Carolingian scholars - biblical commentators, authors of specula or uisiones - used the biblical and patristic matrix in order to give a meaning to historical events of their time, and to legitimate some political actions.<br />Exegesis - mirrors - visions - prophet</p><p style=""text-align: justify;""><br /> <strong> </strong><br /> <em>Isabelle ROSÉ<br /></em><strong>The Sin and Punishment of Ananias and Saphira and the Discursive Construction of an Antithetical Monastic Model (2nd-10th C.)</strong><em><br /></em>The Acts of the Apostles (Acts 5: 1-11) tell how Ananias and Sapphira, a married couple who wished to join the Apostolic Church, were punished by Peter for hiding a portion of the money they had made from the sale of their house, rather than completely sharing their wealth with the community. Focusing on commentaries of Acts 5: 1-11, from the Patristic era to the protofeudal ages, this paper analyses how the story of Ananias ans Shapphira was understood and employed through the centuries, especially in relation to monasticism. After being used to reaffirm the Dogma of the Trinity and to legitimize the priest's power to constrain, the biblical story played an important role in defining both the communal life and the circulation of goods. By insisting on these two later aspects in their writings, the monastic reformers of the 10th century made the damned couple an antithetical model for cenobitism (assimilating even the figure of Ananias to that of an heresiarch refusing to depart himself from his belongings). For the reformers, the story of Ananias and Sapphira thus argued in favour of the monks' ability to take charge of society.<br />Monasticism - exegesis - heresy - ecclesiastical property<br /><em><br /></em><br /> <br /> <em>Emmanuel BAIN<br /></em><strong>The Cleansing of the Temple : Commentaries and Social Uses<br /></strong>The article deals with the uses of the pericop of the cleansing of the Temple, between the 6th and the 13th century. It first shows the part it played in the development of a discourse which enhances the places of worship, then turning on to study how the use of this episode evolve at the period of the gregorian reform, from the fight against simony to the call for reform and crusades. What is then analysed is the emergence of the problem of commercial activities from the 12th century on. The aim of this essai is to understand the logic of the development of these different uses of the Bible. The method I used consists in distinguishing commentaries upon the Bible on the one hand and uses of the Bible on the over, in order to show how uses depend upon commentaries.<br />Churches - simony - merchants<br /><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""><br /> <strong> </strong><br /> <br /> <em>Bénédicte SÈRE</em><br /><strong>Medieval Authorities : Aristote and the Bible</strong><br />A reading of the philosophical literature of three last centuries of the Middle Ages raises the question of transference of exegetical practices to the Aristotelian scholastic commentaries (especially the <em>Nicomachean Ethics</em>). Is there any borrowing of exegetical methods from Biblical <em>auctoritas</em> towards Aristotelian <em>auctoritas</em> ? We will focus our observations on the category of Aristotelian commentaries,. First, we will show how the Bible approaches the philosophical domain, and especially Aristotelian philosophy, by locating Scriptural citations of the Bible in the philosophical discussion of the commentators. Then, we will examine how the Aristotelian exegesis is shaped by the technical scriptural exegesis.<br />Aristotle - authority - hermenetic</p><p style=""text-align: justify;""><br /> <strong> </strong><br /> <br /> <em>Géraldine VEYSSEYRE et Clara WILL<br /></em><strong>Latin and French Commentaries on Merlin's Prophecies (12th-15th century)</strong><em><br /></em>The prophecies of Merlin, which Geoffrey of Monmouth placed at the heart of his <em>Historia Regum Britannie</em>, had been highly esteemed ever since he published them around 1135. In fact, soon after their publication they were already commented upon, a rare phenomenon for a secular text. The focus of this paper is to examine whether the methods employed by the authors of the commentaries follow those of biblical exegesis. In their appearance in Latin and French manuscripts of the Prophecies of Merlin, including their commentaries, differ from each other : the former, which are learned, are found in work manuscripts and sometimes follow a similar layout as in the <em>glossa ordinaria.</em> The vernacular copies, on the other hand, are more luxurious, and the commentary, sometimes marked in red, is always integrated in the text. For example an examination of the methods of interpretation used the prophecy nr. 12 confirms this subdivision of the learned commentary being similar to biblical exegesis and the vernacular commentaries, revealing vulgarization. However, a comparison of the Latin and vernacular texts also allows us to distinguish between the insular tradition, which restricts itself to the literal meaning i.e. the Britannic and English history, and the continental tradition, which goes beyond in quest of metaphorical and often moral signification. Apart from thses differences, it remains to be said that biblical exegesis does not serve as the sole model for these commentaries : interestingly, they reveal an intellectual method which is clearly related to the one used in other authorised texts, be they philosophical, legal or classical.<br />Merlin - prophecy - national history</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Elisabeth LUSSET<br /></em><strong>Clerics Seeking Pardon : Petitions Brought before the Apostolic Penitentiary by Violent Regular Clerics in the Fifteenth Century<br /></strong>The registers of the Apostolic Penitentiary for the second half of the fifteenth century provide petitions from regular clerics (monks, canons, friars or nuns) who committed an act of violence (fight, assault, homicide) against another ecclesiastic. They asked for absolution for their crime and their <em>ipso facto</em> excommunication, and for dispensation from sacramental impediments. According to canon law, religious people who acted violently towards another ecclesiastic did not have to petition before the Penitentiary : abbots, priors, bishops and legates had indeed received power to grant absolution in these matters, the papal authority only reserving its power to absolve <em>difficilis et enormis </em>excesses. Nevertheless, many regular clerics kept submitting petitions for grace to the Penitentiary, despite the fact that it could be obtained locally, for instance in ordinary cases of violence such as fights between brothers or sisters. Such petitioners were often disobedient and apostate clerics, who tried to escape an abbot's punishment by seeking papal forgiveness. The letters granted by the Penitentiary carried enough power to pressure reluctant local jurisdictions to reintegrate the criminal clerics into their community.<br />Apostolic Penitentiary - Religious Orders - Violence - Excommunication - Absolution</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong> </strong><br /> <br /> <em>Pierrette PELLEN-BARDE</em><br /><strong><em>Don Quijote and ""Nuestro Romance Castellano"", a Belated Echo of the Medieval Fight for the Romance Language<br /></em></strong>This article as for starting point the fact that the Quijote is in keeping with a widespread tradition of medieval chivalric romance : the presumed original is presented as written in a language older and more prestigious than Romance. But Cervantes went further. By means of his own reactivation of the medieval channels of translation, of his interest in contemporary translation, and of his attention to the peculiarities of ancient and modern languages, Cervantes put the spotlight on Romance language and literature. His mother tongue had indeed compelled recognition for many centuries, but through his professions of faith in favour of the expressive possibilities of a Romance languages seen as in constant evolution, and through his suspicions about a certain kind of Latinizing affectedness, it seems that Cervantes aimed at underlining the love he had for the Castilian language<br /> Translation - Don Quijote - Romance language - Cervantes - Romance Castilian language - chivalric romance</p>";306;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro, alimenté par les travaux de tout jeunes historiens, se situe à la fois dans la logique des recherches sur l’exégèse animées par Gilbert Dahan et de ceux de Philippe Buc et de Guy Lobrichon sur les usages sociaux de la Bible. Le « plus » apporté par cet ensemble d’articles est probablement son ouverture au corpus philosophique d’Aristote (dans quelle mesure Aristote, le philosophe par excellence, est-il une autorité comparable à la Bible ?) et au domaine littéraire (le corpus des commentaires des prophéties de Merlin en latin et en langue vernaculaire).</p>";;08/09/2008 16:23;0;Première édition;3386 462;2;3;32;Écritures du chaos;Lecture des oeuvres de Frankétienne, Reinaldo Arenas, Joël Des Rosiers;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet essai met à l’épreuve de la littérature une réflexion lacanienne et tente de distinguer ce qui, dans l’écriture, travaille le symbolique, l’imaginaire et le réel, situant son interrogation au croisement de l’intime révélé par le texte et du collectif dans lequel il est inscrit.</p>";"<p>Introduction</p><p><strong>Frankétienne, Haïti<br /> </strong>L'<em>Oiseau schizophone</em> ; Défaillance du symbolique ; Théories du chaos ; Le chaos-livre ; Absence de repères logiques ; Une temporalité spiralique ; Une indifférenciation générale ; Un abîme d'images ; L'oiseau et l'hydrocèle : un couple schizophoique ; Dans le dédale métaphorique ; Le triomphe de l'imaginaire ; Dérision schizophonique : aux abords du non-sens ; Sur le versant de la création subversive ; Sur le versant de la destruction du sens ; Le massacre des mots, le sinthome ; Un monde totalitaire ; Epilogue ?</p><p><strong>Reinaldo Arenas, Cuba, exil (1943-1990)</strong><br /> Le bruit et la fureur ; Défaut de symbolique ; Répétition, perversion, symbolisation ; Le choix de l'inversion ; La figure du traître, pervers et saint ; Le langage contre le système totalitaire ; Granma ; La trahison originelle de l'écrivain ; La traversée des images ; Au royaume des morts, le Réel ; En lévitation grâce au pouvoir des mots ; S'abandonner, s'élancer dans le vide ; La lettre ; De l'imaginaire mélancolique au sinthome ; un signifiant fodamental : <em>""el mar"".</em></p><p><strong>Joël Des Rosiers, Haïti, Québec</strong><strong> </strong><br /> Un poète de l'abysse ; Qu'est ce qu'une ""théorie caraïbe"" ? ; Dans la langue, le désir du symbolique ; Dans les limbes : entre le manque et le trou ; Un lieu de médiation et de contradiction ; Lieux du désastre et de l'imaginaire ; Entre chair et signe ; Passage du milieu ; L'homme de lettres ; Une tribu exotique ; Du semblant à la lettre ; Le texte comme matière sonore et littérale ; Du signifiant au nom ; Naissance au monde symbolique ; Un unives de signifiants ; L'ambivalence, entre lettre et signifiant ; Un rhizome de signifiants ; Désir de symbolique ; Une historicisation ; Un saint homme ; Signifiances</p><p>Conclusion</p><p>Bibliographie</p>";;10/12/2008;0;137x220;256;978-2-84292-223-8;9782842922238;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_462.jpg;;;;364;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Face à la violence historique et à la dictature, trois auteurs de la Caraïbe, Franketienne (Haïti), Reinaldo Arenas (Cuba, Miami), Joël des Rosiers (Haïti, Québec), tentent d’inventer un symbole neuf. C’est du côté de l’Imaginaire que l’œuvre déploie ses miroirs et ses leurres. Mais quand la langue est usée jusqu’à la trame des signifiances, jusqu’au trou du texte, c’est dans le Réel de l’écriture, chaos ou vide, que l’œuvre essaie de faire renaître un son ou de sacrifier un reste : alors surgissent les plus belles surprises de ces écritures affolées et énigmatiques qu’une lecture au plus près des signifiants travaille à décrypter.</p>";;08/09/2008 16:25;0;Première édition;3643 463;2;3;31;L'Âge de la traduction;;;;"<p style=""text-align: justify;""> Le séminaire d'Antoine Berman que nous publions ici est un commentaire de l'article de Walter Benjamin « La Tâche du traducteur », un travail sur la lettre, proche lui-même de l’acte de traduire.</p>";"<div><p>OUVERTURE</p><p><strong>CAHIER I <br /> </strong>La métaphysique du langage<br /> Cinq caractéristiques de la pensée de benjamin<br /> Benjamin traducteur<br /> La tâche du traducteur : un prologue</p><p><strong>LE COMMENTAIRE</strong></p><p><strong>CAHIER II </strong></p><p><strong>CAHIER III </strong></p><p><strong>CAHIER IV </strong></p><p><strong>CAHIER V </strong></p><p><strong>CAHIER VI </strong></p><p><strong>CAHIER VII </strong></p><p><strong>CAHIER VIII </strong></p><p><strong>CAHIER IX </strong></p><p><strong>CAHIER X </strong></p></div>";;10/10/2008;0;137x220;224;978-2-84292-222-1;9782842922221;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_463.jpg;;;;280;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Antoine Berman (1942-1991) dispensa pendant plusieurs années au Collège International de Philosophie un enseignement sur les problèmes de la traduction. Le séminaire que nous publions ici est un commentaire de l’article de Walter Benjamin « La Tâche du traducteur », un travail sur la lettre, proche lui-même ceux – philosophes, linguistes, littéraires – que préoccupe le rapport entrede l’acte de traduire. Il souligne la puissance théorique de ce texte, en analyse le détail et montre les conséquences de cette pensée pour toute pratique de la traduction. L’œuvre d’Antoine Berman est aujourd’hui l’une des références majeures pour tous les langues.</p>";;08/09/2008 16:27;0;Deuxième édition;3147 464;2;3;22;Mélodramatiques;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Longtemps tenu à l’écart des manuels, réduit à l’image d’un genre populaire au pathétique outré mettant en scène des personnages improbables, le mélodrame ne correspond en rien à cette caricature.</p>";"<p>PROLOGUE<br />La dixième muse et le bâtard de Melpomène </p><p> <br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">I.- CLIO ET LE MÉLO </span></div><p><br /> L’histoire du Mélo ou Les vertus de l’excès <br /> Le Boulevard du Crime <br /> Le Mélo et l’histoire dans le temps des révolutions (1799-1848) <br /> Dame Censure et ses tranche-pièces sous le Premier Empire et la Restauration <br /> Les derniers feux du Mélo<br /> <br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">II.- MOTIFS ET PROFILS </span></div><p><br /> Le Mélo et la Bible <br /> <span style=""font-style: italic;"">L’Auberge des Adrets </span>(1823) et<span style=""font-style: italic;""> Robert Macaire</span> (1834) ou l’art des mélos à doubles- fonds. <br /> Renaissance et Romantisme ou Le bronze et l’ébauchoir<br /> <span style=""font-style: italic;"">La Cigale et la Fourmi</span>, le petit Greluche et le maître d’école. <br /> <span style=""font-style: italic;"">Schamyl</span> ou Comment dénoncer le crime et approuver la Crimée. <br /> <br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">III.- FORMES ET FINS DERNIÈRES</span></div><p><br /> Les formes du théâtre populaire au XIX<sup>e</sup> siècle <br /> Dialogues avec tableaux à ressorts ou <span style=""font-style: italic;"">Dago </span>et <span style=""font-style: italic;"">Hernani</span><br /> L’écriture du spectaculaire ou la grammaire didascalique des Mélos de Pixerécourt <br /> La dramaturgie « frénétique » de Joseph Bouchardy <br /> L’œil dans le cabinet noir ou Le roman vu des coulisses <br /> <br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">EPILOGUE </span></div><p><br /> L’héritage du bâtard ou la féconde lignée du Mélo d’Antoine à Vilar </p>";;10/03/2009;0;160X240;296;978-2-84292-227-6;9782842922276;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_464.jpg;;;;532;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Jusqu’à la fin du XIXe siècle, le mélodrame, genre populaire qui mêlait si intensément pathétique et spectaculaire, a souffert d’une discrimination qu’auteurs, critiques et historiens persistent, souvent encore, à relayer. <em>Mélodramatiques</em> redresse les perspectives et montre comment le mélodrame, qui a eu partie liée avec tous les soubresauts sociaux et politiques de l’époque, a été aussi d’un apport décisif dans la transformation des pratiques théâtrales, en particulier dans le jeu de l’acteur et l’art de la mise en scène, ainsi que l’ont reconnu, d’Antoine à Vilar, les rénovateurs du premier XXe siècle.</p>";;03/02/2009 17:32;0;Première édition;3690 475;1;3;29;Mémoire, savoir, innovation;N°26/2009;;;"<p style=""text-align: justify;"">Examen des rapports de la mémoire et de l'innovation dans un contexte marqué par d'importantes mutations technologiques et par l'émergence de nouvelles dynamiques mémorielles.</p>";"<div><p>Présentation<br /> <strong>Laurence Dahan-Gaida</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Michel Pierssens </strong><br /> Anamnèses </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Hugues Marchal</strong><br /> Des monuments d’impermanence : postériorité scientifique et vers reliques</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Juan Manuel Lopez Muňoz</strong><br /> La mémoire des « chansons de femme » : objets, lieux et agents. Bref aperçu diachronique des anthologies de poésie française médiévale</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Harold Bloom</strong><br /> Mentir contre le temps : Gnose, poésie, critique</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Yves Abrioux</strong><br /> La littérature contre les sciences humaines et sociales ? La poétique de Harold Bloom dans son rapport au religieux</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Judith Schlanger</strong><br /> Perdre, retrouver, délaisser et ne pas oublier</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Hervé-Pierre Lambert</strong><br /> Hypermnésie, neurologie et littérature</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Alison James</strong><br /> Paysages de la mémoire : Proust, Aragon, Perec</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p></div>";;10/06/2009;26;155x220;192;978-2-84292-231-3;9782842922313;0;0295-1843;Presses Universitaires de Vincennes;img_475.gif;;;;314;17.00;"<p style=""text-align: justify;""> Les études rassemblées ici s'attachent plus particulièrement au rôle de la littérature dans un processus où elle intervient à la fois comme conservatoire des savoirs et comme site privilégié de la productivité culturelle. Plus largement, elles s'interrogent sur les modalités de la transmission culturelle, sur les dispositifs de sens et ses régimes de temporalité. Elles s'intéressent aux modes de sélection du mémorable, aux conditions matérielles et techniques de la transmission, à ses acteurs et à ses aléas. Finalement, elles soulignent toutes les effets créateurs de l'oubli, les virtualités de la perte qui permet aux héritages négligés de revenir comme nouveauté.</p>";;29/01/2010 17:03;0;Première édition;3146 465;2;3;16;Henry Bauchau;Écrire pour habiter le monde;;;"<p style=""text-align: justify;"">Quelles sont les modalités selon lesquelles Henry Bauchau propose d’habiter le monde en dépassant les difficultés existentielles, le poids d’une société adonnée au consumérisme, comme les blessures infligées par l’histoire?</p>";"<div><p>Avant-propos, Catherine Mayaux et Myriam Watthee-Delmotte<br />Extraits du « Journal du présent », textes inédits d’Henry Bauchau<br />Cahier iconographique<br />Liste des abréviations</p><p><br /><strong>I -<span style=""text-decoration: underline;""> Laisser affleurer le sens<br /></span></strong>Jean Leclerc : « Du poème qui n’est pas de ce monde »<br />Aude Préta de Beaufort : « Henry Bauchau, poète herméneute : exégèse de soi, exégèse du monde »<br />Régis Lefort : « Habiter en déclivité »<br />Serge Martin : « Voisiner en poète : avec Henry Bauchau habité d’altérité »<br />Dominique Millet-Gérard : « <em>Gengis Khan</em> d’Henry Bauchau et <em>Tête d’Or </em>de Paul Claudel »<br /><br /><strong>II -<span style=""text-decoration: underline;""> Habiter son corps</span></strong><br />Isabelle Vanquaethem : « La corporisation croissante dans l’œuvre d’Henry Bauchau »<br />Marianne Froye : « Du corps du poète au corps poétique dans <em>Heureux les déliants</em> »<br />Geneviève Henrot : « Le Moi, le Groupe et la peau plurielle »<br />Chiara Elefante : « La voix du corps, la voix féminine dans l’œuvre narrative d’Henry Bauchau »<br />Audrey Pacini : « Faire corps avec le monde : l’entrée en matière chez Henry Bauchau »<br /><br /><strong>III - <span style=""text-decoration: underline;"">Se soigner par l’art et les mythes</span></strong><br />Teresa Lozano : « L’art de la sculpture dans <em>Œdipe sur la route </em>: un message d’espoir du “peuple des profondeurs” »<br />Sophie Lemaître : « “On a besoin d’un territoire” : l’artiste en recherche d’un monde dans <em>L’enfant bleu</em> »<br />Christiane Chaulet Achour : « Le personnage d’Antigone : une approche poétique de l’androgynie »<br /><br /><strong>IV <span style=""text-decoration: underline;"">- Opérer une dérive des continents</span></strong><br />Béatrice Bonhomme : « La Chine intérieure de Pierre Jean Jouve et d’Henry Bauchau »<br />Catherine Mayaux : « Habiter la Chine en poète selon Henry Bauchau »<br />Olivier Ammour-Mayeur : « “Alors comme un fruit mûr, le coup s’est détaché de vous” : Henry Bauchau et l’esthétique zen du tir à l’arc »<br />Anne Neuschäfer : « Henry Bauchau et l’Allemagne »<br />Okou Dagou : « La piste négro-africaine du totémisme dans <em>Diotime et les lions </em>»<br /><br /><strong>V - <span style=""text-decoration: underline;"">Récrire le monde</span></strong><br />Michele Mastroianni : « D’une poétique paradoxale autour d’un insaisissable Protée ? Henry Bauchau, écrivain dans le monde »<br />Isabelle Renaud-Chamska : « <em>Ma prière Antigone </em>»<br />Jean-Yves Carlier : « L’étoile Bauchau, de l’objection poétique à l’objection juridique »<br />Pierre Bartholomée : « Du roman à l’opéra : <em>Œdipe sur la route</em> »</p><p> </p></div><p><img src=""http://www.puv-univ-paris8.org/inter/fil_gris.gif"" alt="""" width=""235"" height=""1"" /><br /><br /><br /></p>";;10/02/2009;0;137x220;400;978-2-84292-225-2;9782842922252;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_465.jpg;;;;562;28.00;"<p style=""text-align: justify;"">L'œuvre d'Henry Bauchau, longtemps restée confidentielle, touche aujourd'hui un vaste public : osant dire les blessures du quotidien ou de l'histoire, elle convie obstinément à l'espoir, soutien la nécessité du rêve et du partage, et veut, ""dans le champ du malheur, planter une objection"". Les textes ici rassemblés examinent les différentes voies qu'invite à suivre Henry Bauchau pour rendre ce monde sinon heureux, du moins habitable, en faisant droit au corps, place aux mythes et à l'art, en acceptant les valeurs de la fragilité, de la lenteur et du doute.</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Ouvrage pulbié dans le cadre de la convention entre l'Université de Cergy-Pontoise et de l'Université Paris-8. Il a reçu le soutien de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, du Fonds Henry Bauchau de l'Université catholique de Louvain-la-Neuve et du Fonds National de la Recherche Scientifique belge.</p>";10/02/2009 12:06;0;Première édition;3643 466;2;3;18;Visions de l'au-delà et tables tournantes;Allemagne des 18e-19e siècles;;;"<p style=""text-align: justify;"">La vision de l’au-delà s’inscrit dans une mouvance ésotérique, par un recours à l’imagination créatrice censée pénétrer dans les arcanes inaccessibles de l’homme où se rencontrent deux mondes, le visible et l’invisible.</p>";"<div><p>Avant-propos<br /> Introduction</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Le monde des esprits <br /> </strong><strong>au XVIIIe siècle et jusqu'en 1850 </strong></p><p> </p><p><strong>E. Swedenborg (1688-1772) visionnaire de l'au-delà</strong> <br /> L'esprit et les esprits ; Un savant naturaliste connaisseur du monde invisible ; L'influence de Swedenborg sur les penseurs allemands</p><p> </p><p><strong>Johann Heinrich Jung-Stilling (1740-1817) et les esprits</strong> <br /> La métamorphose des esprits ; Du piétisme à la théosophie. Le parcours singulier d'un prophète de l'Apocalypse ; Les ""Scènes du Royaume des esprits"" (Szenen aus dem Geisterreich) ; La ""Théorie des esprits"" (Theorie der Geisterkunde) (1808-1809)</p><p> </p><p><strong>Le théosophe de Francfort</strong> <strong>Johann Friedrich von Meyer (1772-1849) </strong><strong> </strong><br /> <strong>et les phénomènes de voyance</strong> <br /> De l'esthétisme littéraire à la foi biblique ; Les manuscrits inédits consacrés aux phénomènes paranormaux ; Les articles publiés dans le <em>Journal de Prevorst</em><strong> </strong>et dans le<strong> </strong><em>Magikon</em> ; De la voyance au magnétisme animal ; Polarité magnétique des sexes ; Les ""Avertissements d'une voyante""(<em>Wahrnehmungen einer Seherin</em>)</p><p> </p><p><strong>Justinus Kerner (1786-1862) et la Voyante de Prevorst</strong><strong> </strong><br /> La voyante Friedrike Hauffe ; Le message ; Les amis de Kerner ; Le <em>Nervengeist</em> ; Le message de Franz von Baader ; Quelques philosophes, physiciens et autres médecins romantiques</p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II.</strong> <strong>Le spiritisme (1850-1900)</strong></p><p> </p><p><strong>Les débuts du spiritisme en Allemagne (1850-1860)</strong> <br /> Tables tournantes et esprits frappeurs</p><p> </p><p><strong>Un spiritisme à l'allemande (1875-1890) </strong> <br /> Une socialisation du spiritisme ; Matérialisme et spiritisme ; Un grand spirite conservateur: Karl Friedrich Zöllner ; Carl Du Prel et son ""esprit transcendantal"" ; Bernhard Cyriax et le spiritisme saxon</p><p> </p><p><strong>Déploiement et déclin du spiritisme allemand (1890-1900) </strong> <br /> Les multiples visages du spiritisme ; Irruption du divin ou folie humaine? La psychose de Schreber</p><p> </p><p>Conclusion : l'esprit allemand et les ""esprits"" en symbiose aux XVIIIe et XIXe siècles</p><p>Bibliographie<br />Annexes</p></div>";;10/04/2009;0;137X220;336;978-2-84292-228-3;9782842922283;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_466.jpg;;;;424;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment les Allemands ont-ils appréhendé les phénomènes de voyance, de magnétisme, d’apparitions d’esprits et de tout ce qui touche à un au-delà dont on cherche à percer les secrets ? Loin de la rationalité du siècle des Lumières, l’Allemagne conserve, jusqu’au milieu du XIXe siècle, une vision religieuse du monde et une croyance affirmée aux esprits que viendra ébranler l’essor de l’électricité, de l’électromagnétisme et de la psychanalyse. Aujourd’hui, malgré les avancées d’une science dont la physique quantique est en train de saper les certitudes rationnelles, des esprits sérieux, en Allemagne comme ailleurs, continuent de s’interroger sur cet au-delà de la mort qui ne cesse de hanter les hommes.</p>";;10/02/2009 17:15;0;Première édition;3365 467;2;3;22;L'asile aux fous;Un lieu d'oubli;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage, particulier, dirigé par un historien et par un sociologue, porte sur une réflexion sur la psychiatrie, autour de 32 clichés photographiques prises dans les années 50 par Roger Camar, alors jeune médecin dans deux hôpitaux psychiatriques, à Tunis et à Paris. “Mais il y a un problème” semblent-elles dire.</p>";"<div style=""text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Présentation<br /> </span>Des images en héritage / Philippe Artières</div><p><br /> <br /></p><div style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Archives photographiques / Roger Camar<br /> <br /> </span></div><p style=""padding-left: 30px;"">Enveloppe 1. « Perret-Vaucluse »</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> Enveloppe 2. « Tunis »<br /> <br /> <br /></p><div style=""text-align: center;""><span style=""font-weight: bold;"">Regards croisés<br /> <br /> </span></div><p style=""padding-left: 30px;"">Ouverture<br />L’ombre de l’asile<br /><strong> Philippe Artières & Jean-François Laé</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <br /> L’interdit photographique <br /><strong>Philippe Artières</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <br /> La psychiatrie postcoloniale : entre éthique et tragique <br /><strong>Jean-Christophe Coffin</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <br /> Témoignages : Mémoires de l’asile (1974)</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <br /> Le lit, dispositif de l’institution totale<br /><strong>Jean-François Laé</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <br /> En d’autres lieux : Gorizia, 1961 <br /><strong>Mario Colucci</strong></p>";;10/05/2009;0;290x100;136;978-2-84292-230-6;9782842922306;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_467.jpg;;;;580;18.00;"<p style=""text-align: justify;"">Prises dans les années 1950, dans deux hôpitaux psychiatriques, à Tunis et à Paris, par un jeune médecin découvrant les conditions d’exercice de son métier, les photographies de Roger Camar constituent à la fois un regard interrogeant l’institution, un témoignage rare dans l’histoire de la psychiatrie et un geste unique de résistance face à l’intolérable. Les textes qui les suivent n’ont pas pour vocation de les commenter, encore moins de les analyser, tout au plus de les accompagner dans leur exploration de ces étranges lieux frappés d’oubli. À l’heure où les asiles disparaissent des paysages urbains, où la politique de santé ne cesse de régresser, où la maladie mentale est assimilée à la délinquance, les images capturées par l’objectif d’un « montreur de fous » ont plus que jamais quelque chose à nous dire.</p>";;10/02/2009 17:28;1;Première édition;3173 468;2;3;14;Le temps d'une pensée;Du montage à l'esthétique plurielle;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ces études rassemblées par Sophie Charlin portent sur des objets très divers (textes littéraires ou théoriques, films, photographies, tableaux) et mettent en lumière la réflexion menée au cours de ces trente années par Marie-Claire Ropars.</p>";"<div><p><strong>Introduction<br /> </strong>Une méthode critique<br /> Sophie Charlin</p><p> </p><p><strong>Chapitre 1 : Écriture (1971-1982)</strong></p><p><em>Introduction</em><br /> Fonction du montage dans la constitution du récit au cinéma <br /> Narration et signification (sur <em>Citizen Kane</em> de Welles)<br /> Lire l’écriture (sur <em>Pierre et Jean</em> de Maupassant)<br /> L’instance graphique dans l’écriture du film <em>À bout de souffle</em>, ou l’alphabet erratique Le vol de l’écriture (sur <em>Pickpocket</em> de Bresson)</p><p> </p><p><strong>Chapitre 2 : Intervalle (1988-1991)</strong></p><p><br /> <em>Introduction</em><br /> Totalité et fragmentaire : la réécriture selon Godard <br /> Le cinéma lecteur de Gilles Deleuze<br /> Le cinéma au négatif <br /> Christian Metz et le mirage de l'énonciation<br /> Relire Eisenstein : le montage en expansion et la pensée du dehors<br /> Entre films et textes : retour sur la réécriture <br /> L’image-mémoire, ou l’écriture de l'oubli</p><p> </p><p><strong>Chapitre 3 : Oblitération (1991-1995)</strong></p><p><br /> <em>Introduction</em><br /> Les deux yeux de la chouette Note sur l’intervalle du cinéma et de la littérature chez Alain Robbe-Grillet <br /> Réécriture filmique et dissimulation picturale <br /> L’image dans le langage (Écriture filmique et théorie de la littérature)<br /> Sur le désœuvrement : l’image dans l’écrire selon Blanchot <br /> L’œil du cheval, ou la déroute de la vision dans l’écriture de Claude Simon </p><p> </p><p><strong>Chapitre 4 : Passage au dehors (1995-2007)</strong></p><p><br /> <em>Introduction</em><br /> Le tout contre la partie : une fêlure à réparer<br /> Forme et roman<br /> L’Image et temps, ou le temps de l’arrêt <br /> L’Âge du paysage (Réflexion esthétique et représentation paysagère)<br /> La« pensée du dehors » dans <em>L’Image-temps</em> (Deleuze et Blanchot)</p><p> </p><p>À l’insu du secret </p><p>Bibliographie</p><p>Bibliographie critique</p></div><p><br /> <br /></p>";;10/09/2009;0;137x220;440;978-2-84292-229-0;9782842922290;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_468.jpg;;;;608;28.00;"<p style=""text-align: justify;"">Sont explorés les rapports entre littérature et cinéma, et surtout la question de l’image présentée sous un double aspect, dans la littérature et dans les arts visuels, afin d’en mettre en lumière les paradoxes. Plus largement, on voit se construire la notion « d’esthétique plurielle », à la fois comme méthode d’approche des arts, par croisements et comparaisons, mais aussi comme définition d’une pluralité inhérente aux œuvres. Analyses très précises d’œuvres littéraires (Simon, Robbe-Grillet, Perec), picturales ou cinématographiques (Godard, Bresson, Welles) alternant avec des passages plus synthétiques et théoriques (mise en dialogue d’hypothèses avec celles de Deleuze, Blanchot, Eisenstein et Derrida).</p>";;10/02/2009 17:33;0;Première édition;3670 473;2;3;14;Baroque cinématographique;Essai sur le cinéma de Raoul Ruiz;;;"<p style=""text-align: justify;"">L’ouvrage propose une explication du terme baroque souvent utilisé pour qualifier le cinéma de Raoul Ruiz. Ce faisant, il livre aussi une étude esthétique de la sensibilité baroque.</p>";"<div><p>Introduction générale</p><p style=""text-align: center;""><strong>Première partie<br /> Spéculaire</strong></p><p>1. De la ""cinématographicité""<br /> Les ""marques"" de l'écriture cinématographique<br /> Le ""comportement"" spéculaire des objets<br /> L'hétéronomie du gros plan<br /> Baroque<br /> <br /> 2. Quelques considérations sur le ""style baroque""<br /> Un ""style"" baroque ?<br /> Les symptômes réfléxifs<br /> Une <em>poétique de la poïétique</em><br /> L'expressivité baroque<br /> Le monde est un théâtre</p><p>3. Une poétique du regard : <em>Mémoires des apparences</em> <br /> Un monde d'apparat<br /> ""Voir avec la vue de l'imagination""<br /> Le regard appareillé<br /> L'origine du regard</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Deuxième partie<br /> Ludique </strong></p><p>1. Le personnage comme entreprise ludique<br /> Le jeu des modèles<br /> Le geste de ""passage""<br /> Les détournements psychologiques</p><p>2. A la croisée des histoires<br /> Autour de trois couronnes danoises<br /> L'en-jeu<br /> Une symptomatologie baroque</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Troisième partie <br /> Baroque</strong></p><p>1. De l'esthétique baroque<br /> La conduite esthétique baroque<br /> L'expérience baroque<br /> <br /> 2. Le cinéma comme voyage clandestin<br /> L'esprit baroque<br /> L'image matrice<br /> <br /> 3. Les (re)compositions de l'univers<br /> <em>L'Hypothèse du tableau volé</em><br /> Esthétique du fragment<br /> Fiction de l'inédit</p><p> </p><p>Conclusion</p><p>Bibliographie</p></div>";;10/09/2009;0;137x220;152;978-2-84292-235-1;9782842922351;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_473.jpg;;;;224;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le cinéma de Raoul Ruiz est souvent qualifié de baroque sans que soit expliqué en quoi consiste le ""baroque cinématographique"". Récits labyrinthiques, décors en trompe-l'oeil, personnages excentriques, les films de Raoul Ruiz abondent en thèmes et figures dites baroques. On y découvre aussi un processus spéculaire et ludique spécifiquement cinématographique. L'analyse est ainsi entraînée au-delà de la simple recension générique. Des <em>Trois couronnes du matelot</em> à <em>Trois vies et une seule mort</em> en passant par <em>Généalogies d'un crime</em>, elle met au jour les symptômes d'une expressivité trans-historique et intermédiatique susceptible de s'incarner dans un langage conscient de ses propres possibilités et des limites inhérentes à la cohérence narrative.</p>";;30/11/2009 15:18;0;Première édition;3689 476;2;3;18;Archéologie du moi;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Textes littéraires, critiques et philosophiques, théories de l’intériorité psychique et expérience contemporaine de la transplantation sont analysés comme autant de témoins significatifs de notre aventure anthropologique.</p>";"<div><p style=""text-align: center;""><strong>I. Scènes du moi</strong></p><p><br /> Liliane PICCIOLA (Université Paris X-Nanterre)<br /> <em>La quête de soi sur la scène cornélienne : du </em>moi<em> éclatant au </em>moi <em>éclaté </em><br /> <br /> Sabine CHAOUCHE (Oxford Brookes University)<br /> <em>Cachez ce moi que je ne saurais voir… De la philosophie de l’art théâtral à la philosophie de l’esprit : la subjectivité de l’acteur chez Diderot</em> <br /> <br /> Frédéric LE BLAY (Université de Nantes)<br /> <em>Aux origines de l’individu : esquisses antiques</em><br /> <br /> Rudy LE MENTHEOUR (Université Paris V)<br /> <em>Rousseau, médecin du moi</em><br /> <br /> Etienne BEAULIEU (Université du Manitoba)<br /> <em>La souveraine indifférence de Benjamin Constant</em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Sciences humaines du moi</strong></p><p><br /> Anne DURAND (Université Paris I/Université de Münster)<br /> <em>La critique du Moi dans la philosophie de Ludwig Feuerbach</em> <br /> <br /> Sandra JANSSEN<br /> <em>Figures d’une subjectivité négative, 1850-1950</em> <br /> <br /> Madeleine MICHEAU<br /> <em>Le moi dans la théorie freudienne</em><br /> <br /> Daniel DERIVOIS, Min-Sung KIM, Ludovic ISSARTEL (Université Lyon II)<br /> <em>Vers un moi interculturel : trajectoires du moi en situation migratoire et interculturelle</em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Fictions du moi</strong></p><p><br /> Patrick POGNANT (Université Paris-V)<br /> Mon corps et moi<em> de René Crevel. Le roman d’une impossible conciliation</em><br /> <br /> Sylvain SANTI (Université d’Annecy)<br /> <em>Face au </em>Plume<em> de Michaux : penser son moi</em><br /> <br /> Sylvie DUCAS (Université Paris X-Nanterre)<br /> <em>Archéologie du moi et fable auctoriale dans les fictions contemporaines : un espace d’invention<br /> </em> <br /> Florian PENNANECH (Université du Havre)<br /> <em>L’œuvre-sujet chez Roland Barthes</em></p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/12/2009;0;137x220;233;978-2-84292-238-2;9782842922382;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_476.jpg;;;;356;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">« Quel est ce moi dont je m’occupe ? », se demande Figaro dans un long monologue du <em>Mariage</em> dont les vaticinations entre fondation du sujet bourgeois et errance métaphysique scellent, à bien des égards, l’acte de naissance du sujet moderne. <br />Se faisant l’écho de cette interrogation célèbre, en deçà et au-delà des Lumières, <em>Archéologie du moi</em> en étudie la résonance actuelle, à l’époque de l’individualisme contemporain qui est aussi celle de la déshérence du moi, de la désaffiliation des sujets, et du morcellement des identités. <br />En véritables archéologues, les auteurs du volume s’attachent à exhumer les contours de la figure labile mais persistante du moi. De l’Antiquité latine aux Lumières, des Lumières à la modernité et à la trop fameuse « mort de l’auteur », ce témoin singulier de notre aventure anthropologique apparaît ainsi comme la figure infiniment feuilletée du sujet.</p>";;01/02/2010 11:02;0;Première édition;3643 477;2;3;13;Romancières sentimentales (1789-1825);;;;"<p style=""text-align: justify;"">Très célèbres entre 1789 et 1820, avant que Stendhal, Balzac ou Hugo n’occupent le devant de la scène romanesque, les romancières sentimentales seront pourtant très vite oubliées.</p>";"<div><p>Introduction <br /> Avertissement</p><p><br /> <strong>Chapitre 1 : Romancières à succès<br /> </strong>Statut de la femme auteur<br /> Des romancières célèbres<br /> Des best-sellers ?</p><p><br /> <strong>Chapitre 2 : enchantements, désenchantements<br /> </strong>Un genre et un langage<br /> Images de Rousseau<br /> Sophie Cottin, lectrice de Rousseau<br /> Écrire avec et contre Rousseau<br /> Contes et romans<br /> Portraits de romancières en conteuses</p><p><br /> <strong>Chapitre 3 : Ouvertures<br /> </strong>Les espaces intermédiaires<br /> L’errance<br /> Lieux romanesques, lieux littéraires</p><p><br /> <strong>Chapitre 4 : Les voix à l’œuvre<br /> </strong>Les romans du « je »<br /> La forme par chapitres</p><p><br /> <strong>Chapitre 5 : Conjonctions et disjonctions romanesques<br /> </strong>Rencontre<br /> Conjonction<br /> Disjonctions<br /> La fin de l’histoire</p><p><br /> <strong>Chapitre 6 : Histoire de temps</strong><br /> Le temps immobile<br /> Le temps mobile<br /> Le passé</p><p><br /> <strong>Chapitre 7 : Le temps de l’Histoire<br /> </strong>Représentations<br /> Figurations<br /> Romans et discours historiques<br /> Nostalgies<br /> Une littérature du deuil</p><p><br /> <strong>Chapitre 8 : Une autre parole<br /> </strong>La parabole du muet<br /> Des romans de la parole<br /> Dénonciations<br /> Aspirations<br /> Adéquations</p><p><br /> <strong>Chapitre 9 : Lecture d’Armance<br /> </strong><em>Armance</em> et <em>Olivier</em><br /> Le narrateur d’<em>Armance</em><br /> Le secret d’<em>Armance</em></p><p>Conclusion<br /> Notices bio-bibliographiques<br /> Bibliographie<br /> Table des matières</p><p> </p></div><p><img src=""http://www.puv-univ-paris8.org/inter/fil_gris.gif"" alt="""" width=""235"" height=""1"" /><br /> <br /> <br /></p>";;10/01/2010;0;137x220;354;978-2-84292-239-9;978-2-84292-239-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_477.jpg;;"<div><p><span>Introduction</span></p><p><span>Il est bien connu que les études portant sur les tournants de siècles souffrent des ruptures consacrées par la chronologie et adoptées par l’université. La période post-révolutionnaire en pâtit sans doute encore plus que les autres, pour des raisons historiques et littéraires. Entre 1789 et 1830, la rupture historique et ses conséquences sont telles que l’analyse littéraire semble déserter le terrain au profit de l’analyse historique. De plus, cette période considérée du point de vue littéraire paraît assez pauvre au regard du siècle des Lumières auquel elle fait suite et du Romantisme qu’elle précède </span><span><a id=""footnote-1185-1-backlink"">1</a></span><span>. Elle est alors tenue, au mieux, comme une période de transition et, au pire, comme une époque de dégénérescence. Il est difficile, au vu de ces trois phénomènes­­­­ (rareté de l’analyse critique, importance de l’histoire politique et pauvreté supposée de la production littéraire) de démêler les causes des effets.</span></p><p><span>À cet égard, l’étude du genre romanesque semble particulièrement problématique. Entre Marivaux et Laclos, d’une part, ­Stendhal et Balzac, d’autre part, c’est comme si le roman disparaissait. Bien sûr, il y eut Chateaubriand, Senancour ou Benjamin Constant, mais on a quelques réticences à les qualifier de romanciers. Ils sont poètes ou autobiographes et </span><span>René</span><span>, </span><span>Obermann</span><span> ou </span><span>Adolphe </span><span>semblent plus participer d’une sensibilité que d’un genre. Les histoires du roman consacrent quelques pages au début du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle avant d’entrer dans le vif du sujet avec Stendhal et Balzac </span><span><a id=""footnote-1185-2-backlink"">2</a></span><span>. Pourtant, à parcourir ces quelques pages, on voit revenir fréquemment certains noms, des noms jusqu’alors peu connus, voire inconnus, mais qui finissent par devenir familiers.</span></p><p><span>Or ces noms sont des noms de femmes. Non que l’on en dise beaucoup, mais ces quelques lignes, toujours présentes sur les romancières, finissent par rendre curieux. Alors on cherche, on épuise les bibliographies et la récolte est maigre. À tourner autour de cette énigme, les noms reviennent, cités par les plus grands : Chateaubriand, Balzac, Sainte-Beuve… On décide finalement d’aller lire ces mystérieux romans et on ne les trouve pas, ou difficilement : ils sont perdus dans les fonds patrimoniaux de nos bibliothèques, peu d’entre eux ont été réédités depuis la fin du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle. Cependant, à consulter les dates de leurs rééditions durant la première partie du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle, on s’aperçoit qu’ils ont été beaucoup lus.</span></p><p><span>Il apparaît donc, de manière assez évidente, que le roman ­entre 1789 et 1825 a été marqué par un engouement certain du public pour les productions romanesques féminines. De fait, « jamais le nombre des romancières n’a été aussi élevé qu’aux alentours de 1800 </span><span><a id=""footnote-1185-3-backlink"">3</a></span><span> </span><span>». Il apparaît, de manière tout aussi évidente, que ces romans oubliés relèvent tous d’un genre (ou sous-genre) spécifique : le roman sentimental.</span></p><p><span>Ce vocable est en usage à l’époque puisqu’en 1791, paraît </span><span>Werthérie, roman sentimental</span><span>, un roman épistolaire de Pierre Perrin. En 1819, Pigoreau, dans son </span><span>Dictionnaire des romans anciens et modernes</span><span>,</span><span> </span><span>destiné aux tenanciers de cabinets de lecture, introduit la catégorie « romans sentimentaux ». C’est sans doute le premier exemple d’un usage taxinomique de l’expression. En 1908, Gustave ­Reygner consacre le premier ouvrage critique au genre avec </span><span>Le Roman sentimental avant</span><span> L’Astrée, qu’il définit comme un texte « dont le caractère distinctif est qu’il attache moins d’importance aux aventures, aux éléments extérieurs de l’action, qu’à l’analyse et à l’expression des sentiments </span><span><a id=""footnote-1185-4-backlink"">4</a></span><span>. » Pour autant, lorsque Henri Coulet reprend l’expression pour catégoriser certains romans du </span><span>xviii</span><span>e</span><span> siècle, il ne cache pas son caractère approximatif :</span></p><p><span>Sous cette dénomination, nous rangeons assez arbitrairement des romans qui diffèrent par le sujet et par la forme, mais qui ont pour objet la peinture et l’analyse des sentiments plutôt que la description des mœurs et de la société </span><span><a id=""footnote-1185-5-backlink"">5</a></span><span>.</span></p><p><span>Les travaux d’Ellen Constans permettent de mieux appréhender l’objet car elle en propose une analyse théorique. Elle définit trois invariants. D’abord, le roman sentimental développe une fable constituée d’une seule histoire d’amour. Cette condition discrimine, par exemple, roman libertin et roman sentimental. Corollairement, les deux protagonistes de cette fable sont désignés comme éléments d’un couple dès les premières pages et on retrouvera le même couple au dénouement. À ce titre, la scène prototypique de la première rencontre, étudiée par Jean Rousset </span><span><a id=""footnote-1185-6-backlink"">6</a></span><span>, est un signe fort d’appartenance générique. Par voie de conséquence, les autres personnages deviennent des utilités</span><span> </span><span>(au sens théâtral du terme). Le troisième invariant concerne le programme narratif tel qu’il se déroule à partir de la rencontre : disjonction (qui va occuper l’essentiel du volume) puis conjonction finale dans le malheur ou le bonheur </span><span><a id=""footnote-1185-7-backlink"">7</a></span><span>. Le genre est ainsi défini hors de toute exclusive formelle. Tout comme il n’impose nulle contrainte du point de vue de l’univers de référence. En revanche, cette définition structurelle présente conjointement un système axiologique : l’amour est l’objet du désir et, en conséquence, il est aussi la valeur suprême.</span></p><p><span>Ellen Constans propose ensuite une périodisation. Dans les chapitres consacrés à la période 1715-1830, qu’elle nomme « l’âge d’or du roman sentimental », elle choisit comme entrée certaines œuvres (</span><span>Les Lettres portugaises, Manon Lescaut, La Nouvelle Héloïse…</span><span>), certains auteurs (Mme de Villedieu, Mme de Lafayette, Richardson…), des phénomènes (« l’influence de Richardson ») ou des entrées plus chronologiques (« romans du tournant du siècle »). La dernière entrée concerne « le roman sentimental féminin » </span><span><a id=""footnote-1185-8-backlink"">8</a></span><span>. Il est consacré aux romancières de la fin du </span><span>xviii</span><span>e</span><span> siècle et du début du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle. De la même manière, à propos de ce qui s’écrivait et se lisait alors que Stendhal et Balzac fourbissaient leurs premières armes, Margaret Cohen parle de « </span><span>Sentimental works by women writers</span><span> </span><span>» </span><span><a id=""footnote-1185-9-backlink"">9</a></span><span>. L’expression « romancières sentimentales » tente de rendre compte de cette double dimension du phénomène littéraire posé ici en objet d’étude. La question du genre et celle du </span><span>gender</span><span> y sont, de fait, historiquement conjointes.</span></p><p><span>En 1802, paraît une nouvelle de Mme de Genlis, </span><span>La Femme auteur</span><span>,</span><span> </span><span>qui illustre le dilemme de l’héroïne, Natalie, condamnée à renoncer au bonheur privé parce qu’elle devient une femme bénéficiant d’une notoriété publique. La condamnation de ce personnage par la voix narrative y est pour le moins suspecte, lorsque cette dernière glorifie, à la fin, le bonheur de Dorothée, la sœur de Natalie :</span></p><p><span>Elle n’eut point de renommée ; ses aventures ne furent point romanesques ; elle n’inspira point de grande passion ; on l’aima sans emportement, mais avec constance ; son nom, inconnu dans les pays étrangers, ne fut jamais prononcé dans le sien qu’avec estime et vénération ; elle fut utile à ses amis, elle fit le bonheur de sa famille ; tout cela vaut bien un roman : et cette félicité si pure vaut bien la </span><span>célébrité</span><span> d’une femme auteur </span><span><a id=""footnote-1185-10-backlink"">10</a></span><span>.</span></p><p><span>Ce bonheur, qui n’est que l’envers du malheur de Natalie, et ne se décline qu’en termes négatifs, s’oppose aux pages dans lesquelles est évoqué le bonheur d’écrire de Natalie : « Écrire est pour moi une occupation délicieuse », affirme-t-elle, tandis que la voix narrative déclare : « Quand on écrit avec sincérité, qu’on ne cherche que dans son cœur les sentiments touchants qu’on veut exprimer, il y a dans cette occupation un tel charme, qu’elle peut facilement tenir lieu de bonheur </span><span><a id=""footnote-1185-11-backlink"">11</a></span><span> ». De fait, le discours du roman narre les aventures sentimentales de la femme auteur et la pose en héroïne. Quelles que soient les voix qui la condamnent (discours des personnages ou voix narrative) et quel que soit son destin, le lecteur éprouve de l’empathie pour Natalie. Si, au sein de la fiction, elle est le personnage socialement condamné, elle est, axiologiquement, la véritable héroïne. La voix narrative, souvent ambiguë ou ambivalente à l’égard du stéréotype négatif de la femme-auteur, ne saurait se confondre avec le discours du roman qui, condamnant l’héroïne au malheur et la plaçant au premier rang du personnel romanesque, condamne le stéréotype. De sorte que le discours du roman condamne le discours social institué par la fiction.</span></p><p><span>Est-ce à dire que Mme de Genlis s’inscrit en rupture avec son époque ? Certainement pas. En effet, la femme auteur posée en héroïne dans la nouvelle est une romancière du sentiment qui ne se résout à publier son œuvre que par charité, pour venir en aide à des malheureux, « pour faire une bonne action </span><span><a id=""footnote-1185-12-backlink"">12</a></span><span> ». Elle est cette femme auteur que l’époque autorise, apprécie et valorise même. Elle est une « romancière sentimentale » de fiction, qui doit beaucoup à Mme de Genlis elle-même </span><span><a id=""footnote-1185-13-backlink"">13</a></span><span>.</span></p><p><span>À propos des écrits des romancières entre 1789 et 1800, ­Huguette Krief affirme :</span></p><p><span>L’ampleur du champ littéraire abordé par certaines romancières de la décennie révolutionnaire, la grande disparité des tons et des formes, montrent la mobilité extrême de leur écriture et le plaisir qu’elles éprouvent à manier des esthétiques différentes </span><span><a id=""footnote-1185-14-backlink"">14</a></span><span>.</span></p><p><span>Très rapidement, le champ s’est réduit. Puisqu’on ne peut faire taire les femmes, on autorise et valorise la parole sentimentale féminine, ce qui est manière de la circonscrire strictement. En témoigne ce que Fontanes écrivait, en 1800, lors de la parution de l’ouvrage de Mme de Staël, </span><span>De la littérature</span><span> :</span></p><p><span>La littérature, quand elle est cultivée par des femmes, devrait toujours prendre un caractère doux et aimable comme elles. Il semble que leurs succès dans les arts, ainsi que leurs bonheurs dans la vie domestique, dépendent de leur respect pour certaines convenances. On veut, et c’est un hommage de plus qu’on rend à leur sexe, on veut en retrouver tout le charme dans leurs traits et dans leurs discours. À ce prix, leur gloire est assurée si elles montrent quelque talent ; et même après une tentative malheureuse, l’indulgence publique les excuse et les protège. Mais quand une femme paraît sur un théâtre qui n’est pas le sien, les spectateurs, choqués de ce contraste, jugent avec sévérité celle-là même qu’ils auraient environnée de faveurs et d’hommages, si elle n’avait point changé sa place et sa destination </span><span><a id=""footnote-1185-15-backlink"">15</a></span><span>.</span></p><p><span>Le discours de Fontanes rend parfaitement compte du statut de la femme de lettres au tournant du siècle. Celle-ci a toute latitude pour écrire tant qu’elle reste sur « le théâtre qui est le sien ». Ce théâtre, c’est le roman sentimental. Ghetto pour les unes, espace de liberté pour d’autres, il constitue le cadre dans lequel peut s’exercer et continuer à s’inventer une forme d’expression féminine. Si elle s’y cantonne, la femme auteur peut aussi y gagner une grande notoriété. La femme auteur de Mme de Genlis est une de ces femmes aimables, qui n’a « point changé sa place et sa destination ».</span></p><p><span>L’année suivante, Mme de Genlis écrira une autre nouvelle, </span><span>La Femme philosophe</span><span>,</span><span> </span><span>attaque en règle contre Mme de Staël et </span><span>Delphine</span><span>, paru l’année précédente et dont le succès était immense. Relayant les critiques violentes que le roman suscitait, la fiction de Mme de Genlis, intégrant des citations nombreuses de </span><span>Delphine </span><span>et des déformations parodiques de </span><span>De l’influence des passions</span><span>, fait de l’héroïne une caricature de femme savante </span><span><a id=""footnote-1185-16-backlink"">16</a></span><span>.</span></p><p><span>La « femme philosophe » est le négatif de la « femme auteur ». Ce faisant, Mme de Genlis, tout en surenchérissant sur la critique masculine, dénie à Mme de Staël la possibilité de s’inscrire, avec </span><span>Delphine</span><span>, dans le même registre que le sien, celui de la femme auteur acceptée. Elle cherche à l’exclure du champ littéraire auquel elle appartient, en faisant de Mme de Staël une « femme philo­sophe » et donc de </span><span>Delphine </span><span>autre chose qu’un roman sentimental, susceptible d’entrer en concurrence avec ses propres romans et nouvelles, au premier rang desquels on placera </span><span>Mademoiselle de Clermont</span><span>,</span><span> </span><span>parue la même année que </span><span>Delphine</span><span>, auréolée d’un immense succès et de louanges venues de tout bord.</span></p><p><span>La stratégie de Mme de Staël est différente. Dans la préface de </span><span>Delphine</span><span>,</span><span> </span><span>elle s’inscrit dans une histoire du genre dans laquelle le genre sentimental est au sommet de la hiérarchie : « Les romans que l’on ne cessera jamais d’admirer, </span><span>Clarisse</span><span>,</span><span> Clémentine</span><span>,</span><span> Tom Jones</span><span>,</span><span> La Nouvelle Héloïse</span><span>, </span><span>Werther</span><span>,</span><span> </span><span>etc., ont pour but de révéler ou de retracer une foule de sentiments </span><span><a id=""footnote-1185-17-backlink"">17</a></span><span> ». Inscrire </span><span>Delphine </span><span>dans cette continuité revient aussi à faire de son auteure l’égale des romanciers masculins cités : Richardson, Rousseau, Fielding ou Goethe. Dans le même temps, </span><span>Delphine</span><span>,</span><span> </span><span>inscrite dans une histoire générique,</span><span> </span><span>déserte ainsi l’espace contemporain dans lequel il prend effectivement place et que la préface ignore.</span></p><p><span>Lorsque Mme de Genlis fait l’éloge de la femme auteur et conspue la femme philosophe, lorsque Mme de Staël s’inscrit dans une histoire du genre relevant du masculin, elles définissent toutes deux, avec des tempéraments et des armes différents, chacune à sa manière, l’une en plein et l’autre en creux, un espace-temps de l’histoire littéraire auquel elles appartiennent, celui des roman­cières sentimentales, qui, on l’aura compris, ne faisaient pas toujours dans le sentiment !</span></p><p><span>Le présent ouvrage se propose de (re)visiter cet espace-temps en donnant à lire les textes qui le constituent et les discours qui l’instituent, en convoquant, comme dans les exemples proposés ici, le discours de la fiction, le discours préfaciel ou le discours critique de l’époque. Ces textes sont donc des romans sentimentaux de femmes, écrits entre 1794 et 1825 et ayant connu un succès remarquable. Mais on ajoutera un dernier élément de définition à l’objet. En effet, il convient de remarquer que ce succès est suivi d’un oubli très rapide et pratiquement total des œuvres et de leurs auteures. En témoigne, à titre d’exemple pris parmi tant d’autres, un article de Gaschon de Molènes, paru en 1842, dans </span><span>La Revue des deux Mondes</span><span>,</span><span> </span><span>évoquant </span><span>Mademoiselle Justine de Liron</span><span> (1832) de Jean- Étienne Delècluze :</span></p><p><span>Eh bien ! même dans cette histoire d’amour où auraient pu se glisser quelques rayons du jour enchanteur des bosquets de Clarens, de leur molle et mystérieuse clarté, on sent circuler l’air pénétrant et subtil qu’on respire dans </span><span>Adolphe</span><span> et dans </span><span>Obermann</span><span>.</span></p><p><span>Pour évoquer un roman sentimental qui, par de nombreux aspects, se rapproche de ceux dont il sera question dans cet ouvrage, sont convoqués Rousseau, Senancour et Benjamin Constant. Nulle mention de ces femmes auteurs, dont les « noms [sont] peu connus ou déjà oubliés, et hors de la grande route battue » comme l’écrivait Sainte-Beuve en 1839 </span><span><a id=""footnote-1185-18-backlink"">18</a></span><span>. La critique masculine d’un roman masculin convoque uniquement des références masculines </span><span><a id=""footnote-1185-19-backlink"">19</a></span><span>. Pour autant, l’explication phallocratique suffit-elle à comprendre l’oubli et le dédain dans lesquels la postérité a tenu les romancières et leurs ­œuvres ? Qu’y trouvaient leurs contemporains que nous n’y trouvons plus ? Quel sens le lecteur conférait-il à ces textes que l’histoire littéraire a si vite réputés illisibles ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles on tentera de répondre ici.</span></p><p><span>Dès lors, l’histoire littéraire à laquelle ce livre voudrait contribuer est tout autant une histoire des textes et des auteurs qu’une histoire des lecteurs et des lectures, une histoire qui s’intéresse au « lecteur ordinaire » :</span></p><p><span>Sans ces lecteurs-là, nous ne comprendrions pas, pour l’essentiel, l’histoire des genres littéraires, le destin de la « bonne » et de la « mauvaise littérature », la persistance ou le déclin de certains modèles ou paradigmes </span><span><a id=""footnote-1185-20-backlink"">20</a></span><span>.</span></p><p><span>Lorsque l’on considère « la littérature elle-même comme témoin principal des suggestions qu’elle a reçues de l’esprit public </span><span><a id=""footnote-1185-21-backlink"">21</a></span><span> », l’objet d’étude le plus approprié est indéniablement le livre à succès « qui exprime ce que le groupe attendait, qui révèle le groupe à lui-même </span><span><a id=""footnote-1185-22-backlink"">22</a></span><span> ». </span><span>Romancières sentimentales </span><span>s’intéresse ainsi à cet « esprit public », à ce que les romans sentimentaux féminins oubliés révèlent des lecteurs qui les ont dévorés et admirés. Dans cette perspective, il participe d’une histoire culturelle, d’une histoire des sensibilités et des mentalités </span><span><a id=""footnote-1185-23-backlink"">23</a></span><span> et il donne à lire les romans en essayant de reconstruire l’espace – essentiellement discursif – dans lequel les textes s’inscrivent.</span></p><p><span>Sophie Cottin était, à cette époque, une des plus célèbres et assurément la plus lue de ces romancières </span><span><a id=""footnote-1185-24-backlink"">24</a></span><span>. Alors qu’elle était en train d’écrire </span><span>Mathilde</span><span>,</span><span> </span><span>en 1805, elle affirme dans sa correspondance : « La religion ébranlée a besoin d’être prêchée dans toutes les langues, et celle du roman est aujourd’hui la plus générale </span><span><a id=""footnote-1185-25-backlink"">25</a></span><span> ». Cette « langue du roman » constitue l’objet de cette recherche, la langue du roman telle qu’elle s’écrivait et se comprenait, la langue oubliée d’une époque-charnière. Si le roman est une langue, alors le chercheur qui l’étudie est un linguiste. Aussi, et pour en terminer avec cette analogie, seront ici convoquées une linguistique de l’énoncé et une linguistique de l’énonciation. Autrement dit, cet ouvrage donne à lire les textes mais toujours en référence au contexte dans lesquels ils s’énoncent et qui les éclaire. C’est donc à une immersion dans le passé que le lecteur est ici convié, qui privilégie d’abord la mise en relation des textes et des discours de l’époque. Ce faisant, on tente de se dégager d’une lecture qu’informent massivement les codes réalistes </span><span><a id=""footnote-1185-26-backlink"">26</a></span><span>, on s’essaie à une réception de ces romans qui ignorerait la suite de l’histoire, à l’instar de celle des lecteurs de l’époque qui ont le sentiment que les possibilités offertes par le genre romanesque s’épuisent. Ainsi, dans « Les Promenades d’un fou », sorte de billet d’humeur qui paraît en 1800 dans </span><span>La Dé</span><span>cade Philosophique</span><span>,</span><span> </span><span>l’auteur dit à un jeune romancier : « Tout est épuisé : les actions de l’homme ont été recueillies ou devinées par les romanciers, ils ont raconté de leurs héros tout ce que vous raconterez des vôtres </span><span><a id=""footnote-1185-27-backlink"">27</a></span><span>. » Aux alentours de 1820, Sismondi écrit à Madame de Souza :</span></p><p><span>Il me semble […] que le genre même du roman commence à s’épuiser et en effet on doit s’étonner d’en voir si peu paraître aujourd’hui ; non seulement de bons, mais même de médiocres ou de mauvais. […] Chaque nouvel écrivain cherche à exploiter un filon nouveau et c’est bien l’indication que la mine principale est épuisée</span><span><a id=""footnote-1185-28-backlink"">28</a></span><span>.</span></p><p><span>Il s’agit donc de tenter de lire les romans que l’on lisait durant les premières décennies du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle, en faisant comme si Balzac et Stendhal n’avaient rien publié, en faisant comme si on ne savait pas tout ce que le roman serait au siècle naissant.</span></p><p><span>On comprendra donc que l’objectif de cet ouvrage n’est pas prioritairement de réhabiliter une littérature que l’on aurait injustement oubliée. Il s’agit d’abord de participer au comblement d’un vide relatif. Lorsque Michel Delon écrit, à propos des personnages créés par les romancières sentimentales : « Il faut donner leur juste place aux aspirations de Claire d’Albe et d’Adèle de Sénanges [</span><span>sic</span><span>] </span><span><a id=""footnote-1185-29-backlink"">29</a></span><span>, aux combats de Delphine et de Corinne. Elles ont contribué à faire le roman moderne et la société nouvelle </span><span><a id=""footnote-1185-30-backlink"">30</a></span><span> », la formule finale est forte. Pourtant, la « juste place » accordée aux personnages comme aux romancières tient, dans l’ouvrage cité, en une demi-page.</span></p><p><span>Il s’agit dans le même temps de contribuer à une nouvelle histoire littéraire, celle rêvée par Henri Mitterand :</span></p><p><span>On rêve d’une histoire de la littérature qui apporterait pour toute époque charnière […] une analyse globale de ce qui se disait, de ce qui s’écrivait, dans l’arrière-texte des grands textes. Ce serait là une véritable sociocritique, la sociocritique des totalités, ou du moins des intertextualités. Seule elle permettrait de saisir les corrélations qui donnent à chaque œuvre prise à part sa profondeur originale, et qui dessinent le paysage intellectuel d’un temps </span><span><a id=""footnote-1185-31-backlink"">31</a></span><span>.</span></p><p><span>En effet, on aimerait, au tournant des </span><span>xviii</span><span>e</span><span> </span><span>et </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècles, à l’aube de l’avènement du roman moderne réaliste, à l’époque où Balzac, Stendhal ou Hugo apparaissent, saisir une partie « de ce qui se disait, de ce qui s’écrivait », faire émerger ce qui participait d’une </span><span>doxa</span><span> littéraire, chercher à quelles « questions » les textes étudiés et lus avec ferveur apportaient des « réponses » suivant la terminologie de Jauss, tout en sachant que « les textes non canoniques sont des fragments de solutions égarées, ou des réponses à des questions que nous n’entendons plus </span><span><a id=""footnote-1185-32-backlink"">32</a></span><span> </span><span>», étudier « l’appel et la réponse [car] ce sont les passions des hommes vivant en société et des groupes qu’ils composent qui fournissent à la littérature ses tâches et son aliment </span><span><a id=""footnote-1185-33-backlink"">33</a></span><span> ».</span></p><p><span>S’inscrire dans cette « sociocritique des totalités », c’est proposer de l’analyse des œuvres réputées mineures une approche qui n’est plus seulement fondée sur une simple curiosité – au demeurant légitime et source de plaisirs vifs. L’objectif est sans doute plus ambitieux quant à ses enjeux, mais aussi peut-être plus modeste parce qu’il n’a réellement de sens qu’associé à d’autres travaux. Pierre Bourdieu a posé les bases et défini le sens de cette approche :</span></p><p><span>L’analyste qui ne connaît du passé que les auteurs que l’histoire littéraire a reconnus comme dignes d’être conservés se voue à une forme intrinsèquement vicieuse de compréhension et d’explication : il ne peut qu’enregistrer, à son insu, les effets que ces auteurs ignorés de lui ont exercés, selon la logique de l’action et de la réaction, sur les auteurs qu’il prétend interpréter et qui, par leur refus actif, ont contribué à leur disparition ; il s’interdit par là de comprendre vraiment tout ce qui, dans l’œuvre même des survivants, est, comme leur refus, le produit indirect de l’existence et de l’action des auteurs disparus </span><span><a id=""footnote-1185-34-backlink"">34</a></span><span>.</span></p><p><span>L’entreprise relève bien d’une lecture fortement inspirée par les théories ";;;;;;;;; 481;1;3;28;Pour une typologie diachronique et synchronique des langues romanes;N°38/2009;;;"<p>Les langues romanes puisent leur source dans le latin, et se situent ainsi dans un réseau complexe de connexions avec lui.</p>";"<div><p><strong>Michela Russo </strong><br /> Présentation</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong> Jean-Paul Chauveau</strong><br /> De la nécessité pour l'étymologie de reconstituer l'histoire des sens</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong> Martin Maiden</strong><br /> From Pure Phonology to Pure Morphology. The Reshaping of the Romance Verb<br /> <br /><strong> Haike Jacobs</strong><br /> La lénition romane : l'héritage martinétien et sa modélisation formelle<br /> <br /><strong> Mario Barra-Jover</strong><br /> Des variantes invisibles à la fragmentation des langues romanes<br /> <br /><strong> Éva Buchi</strong><br /> La dérivation en */de-/ et en */dis-/ en protoroman. Contribution à la morphologie constructionnelle de l'ancêtre commun des langues romanes<br /> <br /><strong> Michela russo & Fernando sánchez Miret</strong><br /> La diphtongaison romane et la métaphonie : le paradoxe du faible au fort</p></div>";;10/10/2009;38;155x220;216;978-2-84292-234-4;9782842922344;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_481.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Paul CHAUVEAU</em><br /><strong>De la nécessité pour l'étymologie de reconstituer l'histoire des sens<br /></strong>On reproche souvent à l'étymologie de retracer soigneusement l'évolution des signifiants et de se satisfaire d'approximations pour l'histoire du sémantisme. Cet article examine trois exemples récemment traités en étymologie galloromane où le classement des sens attestés et leur enchaînement à l'intérieur d'une reconstitution de l'histoire sémantique se relèvent décisifs pour déterminer précisément le point de départ de trois mots du français contemporain dont l'étymologie était peu claire, disputée ou inconnue. L'histoire des sens est aussi nécessaire que celle des formes. On atteint l'étymon au point de convergence de la reconstruction sémantique et de la reconstruction formelle, puisque l'étymologie est un signe linguistique, associant un signifiant et un signifié et usité dans une communauté linguistique à une période donnée de son histoire. <br />Lexicologie historique - étymologie - histoire du sens - gallo-roman <strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Martin MAIDEN</em><br /><strong>From Pure Phonology to Pure Morphology. The Reshaping of the Romance Verb</strong><br />L'article étudie une différence morphologique très importante entre le latin et les langues romanes. Celles-ci se distinguent du latin par l'abondance des alternances du radical, alternances qui se manifestent surtout dans la verbe, où elles sont sensibles à des combinaisons arbitraires de traits de personne, de nombre, de temps et de mode. Bien qu'elles résultent d'effets réguliers du changement phonologique, je soutiendrai que ces alternances ont rapidement perdu leur motivation phonologique, pour devenir ""morphomiques"" au sens d'Aronoff (1994); c'est-à-dire qu'elles manquent, sur le plan synchronique, de conditionnement soit phonologique soit morphosyntaxique. Ces alternances constituent en effet des schémas paradigmatiques abstraits, d'une importance remarquable pour l'histoire des langues romanes puisqu'elles constituent le modèle pour une série de changements ultérieurs au travers des langues romanes, dont le contenu phonologique se révèle souvent très hétérogène. Cependant, beaucoup de linguistes cherchent à en rendre compte en faisant appel à un conditionnement purement phonologique. Je passerai en revue quelques-unes de ces tentatives d'explication phonologique sur e plan synchronique : tout en défendant la nature ""morphomique"" des alternances en question, je reconnaîtrai que la frontière entre la ""morphomicité"" et le conditionnement phonologique est peut-être plus floue qu'on ne l'a reconnu jusqu'à présent<br />Phonologie - morphologie - langues romanes - latin - flexion verbale - diachronie - allomorphie - morphomes</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em> Haike JACOBS</em><strong><br />La lénition romane : l'héritage martinétien et sa modélisation formelle</strong><br />La lénition, tant sur le plan synchronique que sur le plan diachronique (Martinet, 1955 ; Bichakjian, 1977 ; Gurevich, 2004), montre une nette tendance à maintenir des contrastes. Dans cet article, nous allons passer en revue et critiquer des approches qui postulent des contraintes du type *NoMerge ou *Neut, des approches basées sur des contraintes localement conjointes ainsi qu'une analyse basée sur le marquage comparatif. Ensuite, nous allons illustrer comment les données synchroniques romanes peuvent être analysées dans la théorie de l'Optimalité avec des chaînes de candidats et nous montrons que les données romanes en question ne permettent pas à la phonologie de se passer des contraintes de marquage. <br />Lénition romane - contraintes de marquage - évaluation des dérivations (OT-CC)</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em> Mario BARRA-JOVER</em><br /> <strong>Des variantes invisibles à la fragmentation des langues romanes</strong><br />Cet article propose un modèle descriptif de l'émergence des changements phonémiques, morphosyntaxiques et lexico-sémantiques. Il s'agit d'un modèle alternatif dans la mesure où le principe d'économie et l'axiome ""deux formes deux fonctions"" sont mis en cause. L'alternative proposée (qui plaide pour le polymorphisme ainsi que pour l'indéterminisme des descriptions grammaticales) s'appuie sur la notion de variante invisible : un locuteur donné peut utiliser, pour une fonction donnée, des variantes non contrôlées et non perçues en tant que telles par l'allocutaire. Les variantes invisibles sont, dans cette démarche, considérées comme la source des changements qualitatifs dans l'histoire d'une langue ainsi que de la fragmentation ayant lieu dans un espace langagier donné. Les sauts qualitatifs (changement de grammaire) sont décrits comme l'intériorisation, par induction, de nouvelles règles par les locuteurs ; règles dont dérivent des variantes non reliées entre elles à l'origine. Ce modèle, illustré par quelques exemples concernant certains phonèmes, les clitiques, la subordination, les négatives et les interrogatives, permet de formuler des hypothèses falsifiables à propos des règles innovatrices.<br /> Changement linguistique - variante invisible/visible - saut qualitatif - émergence<br /> <br /></p><p style=""text-align: justify;""><br /><em> Éva BUCHI</em><br /> <strong>La dérivation en */de-/ et en */dis-/ en protoroman. Contribution à la morphologie constructionnelle de l'ancêtre commun des langues romanes<br /></strong>Cet article propose, sur la base des étymons à astérisque du <em>Romanishes Etymologisches Wörterbuch</em> (REW), une modélisation de la préfixation en *:de-:et en */dis-/ du protoroman : bases sélectionnées, classe grammaticale des dérivés, valeur sémantique. Les résultats convergent en partie avec ce que l'on sait de la morphologie constructionelle du latin classique, mais ils montrent aussi l'originalité de l'ancêtre commun des langues romanes au sein du latin global.<br />Morphologie constructionelle - grammaire comparée-reconstruction - protoroman<strong><br /><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><br /> <br /><em> Michela RUSSO & Fernando SANCHEZ MIRET</em><br /> <strong>La diphtongaison romane et la métaphonie : le paradoxe du faible au fort<br /></strong>Classiquement, la métaphonie consiste dans l'action de la voyelle désinentielle atone sur la voyelle tonique précédente. Les auteurs remettent en question cette vue et posent que les voyelles désinentielles hautes, -i et -u, ne provoquent pas la diphtongaison de la voyelle tonique dans les langues romanes. L'approche adoptée (phonologie particulaire) permet de montrer, par une ionisation phonologique, que cette évolution peut s'interpréter, de même que tout changement spontané, comme une modification de l'interprétation de la sous-spécification segmentale. Ce processus a suivi la déphonologisation de la quantité vocalique en latin tardif. Dans la méthaphonie, le nombre et le genre se réalisent parasitiquement sur la voyelle tonique. La marque morphologique interne peut être réduite à un élément, qui est interprété par combinaison avec d'autres matériaux vocaliques. Cet élément agit en bloquant une évolution spontanée (la diphtongaison) dans le vocalisme tonique. L'italoroman se situe donc entre deux types morphologiques : concaténatif et non concaténatif ; il se comporte comme les langues sémitiques à morphologies internes ou à ""interdigitation"". Cet article montre qe les divers types morphologiques attestés dans les langues peuvent n'être que des modalités de réalisation d'une même organisation sous-jacente. On s'interroge aussi sur les modalités de mise en relation entre une structure abstraite nécessaire (des têtes fonctionnelles ou catégorielles et leur compléments) et sa réalisation phonologique. La syllabation garantit une réalisation linéaire successive des éléments morphologiques, mis elle est en mesure aussi de provoquer leur co-réalisation, dans un format de fusion. de cette manière, le contenu phonique des morphèmes spécifie l'interprétation de la dépendance structurale.<br />Métaphonie - action du faible au fort - diphtongaison - marquage interne - ionisation phonologique - interdigitation<strong><br /></strong></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Paul CHAUVEAU</em><br /><strong>De la nécessité pour l'étymologie de reconstituer l'histoire des sens<br /></strong>Etymologists are often critized because, while meticulously retracing the evolution of the signifiers, they are content with approximations in the field of the history of meaning. This paper examines three recently developed example in Gallo-Romance etymology where classification of the attested meanings and their order of sequence in reconstructing semantic history are decisive for determining the precise point of departure of three contemporary French words of unknown or disputed origin. Semantic history is as important as the history of forms. As etyma are linguistic signs, associating a signifier and a signified, which are used by a linguistic community at a time of its history, they can only be reached at the point of convergence between formal <em>and</em> semantic reconstruction.<br />Historical lexicology - etymology - semantic history - Gallo-Romance<em><br /></em></p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Martin MAIDEN</em><br /> <strong>From Pure Phonology to Pure Morphology. The Reshaping of the Romance Verb</strong><br />This study deals with a significant morphological difference between Latin and Romance, namely that the latter has pervasive patterns of root-allomorphy absent from the former. Of particular interest here is the emergence of such allomorphy correlated with arbitrarily intersecting parameters of person, number, tense and mood in the verb. The alternations in question are, initially, the predictable consequences of regular sound changes. I argue that the phonological causation of this allomorphy is rapidly lost, and that the paradigmatic distribution of the resultant alternations is ""morphomic"" in the sense of Aronoff (1994), lacking both phonological and morphosyntactic conditioning. These patterns provide an abstract paradigmatic template for wide-ranging and formally heterogeneous subsequent morphological changes across the Romance languages. But many scholars seek to analyse the resultant alternations in synchronically phonological terms, and some of the arguments adduced are powerful. This study reviews attempts to analyse in terms of phonological conditioning what I believe to be ""morphomic"" alternations. While I defend the ""morphomicity"" of the phenomena at issue, I also admit that the boundary between ""morphomic"" and phonological phenomena may be less sharp than has usually been recognized.<br />Phonology - morphology - Romance - Latin - verbal inflection - diachrony - allomorphy - morphomes - morphomicity</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em> Haike JACOBS</em><strong><br />La lénition romane : l'héritage martinétien et sa modélisation formelle</strong><br />Both diachronically and synchronically, lenition shows a clear non-neutralizing tendency (Martinet, 1955 ; Bichakjian, 1977 ; Gurevich, 2004). In this article, we will critically review approaches based on constraints of the type *NoMerge ou *Neut, approaches based on local constraint conjunction and a recent analysis based on comparative markedness. After that, we will illustrate how the tomance facts can be analysed with OT-CC and argue the markedness constraints are a crucial ingredient of phonological theory.<br />Romance Lenition - markedness constraints - derivation/evaluation (OT-CC)</p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /> <br /><em> Mario BARRA-JOVER</em><br /><strong>Des variantes invisibles à la fragmentation des langues romanes<br /></strong>This article aims at proposing a framework which should describe the way how phonemic, morphosyntactic and lexical-semantic changes emerge. This proposal runs counter to several claims such as the principle of economy, or the axiom ""two forms - two functions "". It supports the view that grammatical descriptions contain a certain degree of polymorphism and indeterminism. It is based on the notion ""invisible variant"" : it is argued that speakers may use, for a given function, random variants which are not perceived as such, being fully well-formed according to the speakers' grammar. Invisible variants will be shown to be the source of qualitative changes in the history of languages, as well as of fragmentation of linguistic domains. Qualitative steps (i.e grammatical changes) take place when speakers, by induction, acquire new rules, creating new variants which were not previously related. On the basis of a large array of data, concerning phonemes, clitics, subordinates, negative and interrogative clauses, it will be seen how our proposal allows to make falsifiable hypotheses on these new rules.<br />Linguistic change - invisible/visible variants - qualitative step - emergence</p><p style=""text-align: justify;""><br /><em> </em><br /><em> Éva BUCHI<br /></em><strong>La dérivation en */de-/ et en */dis-/ en protoroman. Contribution à la morphologie constructionnelle de l'ancêtre commun des langues romanes<br /></strong>This paper aims to establishing the rules that govern derivation by *:de-:et en */dis-/ in Proto-Romance (selected bases, syntactical class of derivatives, meaning) on the basis of the etyma marked with an asterisk in Meyerlübke's <em>Romanishes Etymologisches Wörterbuch. </em>Its results converge partly with what is known about word formation in classical Latin, but they also assign some originality to the common ancestor of the Romance languages within global Latin.<br />Constructional morphology - Proto-Romance - Comparative Grammar - Reconstruction<br /><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /> <br /><em> Michela RUSSO & Fernando SANCHEZ MIRET</em><br /><strong>La diphtongaison romane et la métaphonie : le paradoxe du faible au fort</strong><br />Traditionally, metaphony is considered triggered by the inflexional unstressed high vowel with the adjustement of the tonic vowel towards the final vowel. The authors call into question this view and retain that the high inflexional vowels -i and -u do not cause the diphthongization of the tonic vowel in Romance languages. The particle phonology approach makes it possible to formulate through a phonological ionization that this evolution can be interpreted, just as any spontaneous change, as a modification of the segmental underspecification. This process took place following the dephonologisation of the vocalic quantity from Late Latin. In Classical Latin quantity was phonologically relevant. Subsequently quantity was automaticcaly determined by the structure of the syllable : the tonic vowels were long in open syllables and short in closed syllables. In the metaphony, the number and the gender are carried out by the tonic vowels and the grammatical marking ensured by the inflexional vowel determines its anticipation on the tonic vowel. In this operation with internal marking, the morphological value can be reduced to an element which lends itself to an interpretation by combination with other vocalic material. This element is active by blocking a spontaneous evolution (the diphthongization) in tonic vocalism. Italo-Romance is thus located between two morphological types : the concatenative type and the non-concatenative type ; it behaves like Semitic languages with internal morphologies (interdigitation). this article highlights that the various morphological types attested in the languages can only be the two-mode realization of the same subjacent organization. In this article one also asks the question about how to relate an abstract necessary structure (composed by functional heads or category heads and their complements) and its phonological realization. Syllabification guarantees a linear successive realization of the morphological elements, but it is also able to provoke their co-realization in a format of fusion. In this way, the phonic content of the morphemes specifies the interpretation of the structural dependence. <br />Metaphony - diphthongaison - internal marking - phonological ionization - interdigitation<br /><br /><em> </em></p>";342;17.00;"<p style=""text-align: justify;""> Parmi les domaines internes de la langue, la phonologie, la morphosyntaxe et la lexicologie trouvent toute leur place. Ce numéro entend fournir la synthèse critique de l'évolution des différents idiomes roman (histoire et variation) et déterminer les différents facteurs et mécanismes de génèse d'une langue.</p>";;01/02/2010 16:34;0;Première édition;3147 480;1;3;24;Regards sur le politique en Chine aujourd'hui;N°31/2009;;;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro traite à travers les contributions d'auteurs chinois renommés et représentatifs de courants intellectuels très différents de la question du politique en Chine aujourd'hui.</p>";"<div><p><strong>Sébastien Billioud et Joël Thoraval</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>La chine des années 2000 : regards nouveaux sur le politique</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>China in the 2000's : New Perspectives </em><em>on the Political </em><br /><br /></p><p><strong>Lee Ming-Huei</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Culture et démocratie : réfléxions à partir de la polémtique entre libéraux taiwanais et néo-confucéens contemporains<br /> <em> </em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Culture and Democracy. Reflections Based on the Debates between Taiwan's Liberals and Contemporary New Confucians </em><br /><br /></p><p><strong>Qin Hui</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La culture traditionnelle aujourd'hui : un devoir d'inventaire pour penser le politique</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Reexamining Traditional Culture in order to Reflect upon Political Today </em><br /><br /> <br /> <strong>Jiang Qing</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>Le confucianisme de la ""Voie royale"", direction pour le politique en Chine contemporaine</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Confucianism of the ""Kingly Way"", a Direction for the Political in Contemporary China</em><br /><br /></p><p><strong>Gan Yang </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Prendre en compte la continuité historique pour penser le politique aujourd'hui</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Taking Account of Historical Continuity in Addressing the Political Today</em><br /> <strong><br /></strong></p><p><strong>Liu Xiaofeng </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Leo Strauss et la Chine : une rencontre autour de l'<em>ethos </em>classique</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Leo Strauss and China : Discussing the Issue of a Classical Ethos</em><br /><strong><br /> </strong></p><p><strong>Wang Hui</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">""Politiques de dépolitisation"" et ""caractère public"" des médias de masse</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>""Depoliticized Politics"" and ""Public Character"" of the Mass Media</em><br /><br /></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Regard extérieur</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Emmanuel Terray</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">La démocratie et ces limites</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><em>Democracy and its Limits </em><br /><br /></p><p><br /> <br /></p></div>";;10/10/2009;31;155x220;184;978-2-84292-237-5;9782842922375;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_480.gif;"<p style=""text-align: justify;"">Lee Ming-huei : <strong>""Culture et démocratie. Réflexions à partir de la polémique entre libéraux taiwanais et néo-confucéens contemporains</strong>""<br />Dans les années 1950, une vive polémique opposa à Taiwan intellectuels libéraux et confucéens. Si les deux camps se rejoignaient dans leur opposition au communisme et leur promotion de la démocratie, ils divergeaient néanmoins dans leurs conceptions de la liberté et des idéaux moraux, de la relation entre l’individu et la communauté ou encore de la tradition. Le débat occidental entre libéralisme et communautarisme permet de remettre en perspective ces différences et de mieux comprendre la position des intellectuels confucéens ainsi que la contribution indirecte de leurs idées à la démocratie taiwanaise.</p><p style=""text-align: justify;"">Qin Hui : ""<strong>La culture traditionnelle aujourd’hui : un devoir d’inventaire pour penser le politique</strong>""<br />Après l’avènement de la dynastie des Qin (221-207), le confucianisme a d’abord servi, dans l’histoire chinoise, d’alibi à des politiques dictatoriales d’inspiration légiste ou à la mise en coupe réglée du pays par des intérêts privés. Les véritables idéaux confucéens, par nature anti-légistes, ne purent en réalité s’exprimer qu’à de très rares occasions. Ce fut notamment le cas à la fin de la dynastie des Qing (1644-1912) quand les lettrés qui les incarnaient embrassèrent largement « les études occidentales ». Paradoxalement, et pour un ensemble de raisons complexes, on en vint pourtant à opposer radicalement l’Occident et le confucianisme. En prenant ce dernier pour cible, les grands mouvements politiques ou intellectuels du xxe siècle, tant réformistes que révolutionnaires, ont donc largement manqué ce qui aurait dû être leur cible véritable : un pouvoir centralisé écrasant l’individu. Deux conditions seraient aujourd’hui nécessaires pour qu’un confucianisme authentique puisse offrir des ressources pour sortir du piège dans lequel l’histoire l’a enfermé : il devrait d’une part se rapprocher de l’Occident et de ses valeurs démocratiques ; et, d’autre part, être capable de sortir de sa tour d’ivoire pour proposer au pays des mesures concrètes et applicables.</p><p style=""text-align: justify;""><br />Jiang Qing : ""<strong>Le confucianisme de la « Voie royale », direction pour le politique en Chine contemporaine</strong>""<br />À travers ses différentes acceptions, la démocratie est devenue en Chine contemporaine l’horizon indépassable du politique. Pourtant, pour la tradition politique confucéenne dite de la « Voie royale », le peuple n’a jamais constitué qu’une source de légitimité du politique, à égalité avec le Ciel (c’est-à-dire un ordre supérieur et transcendant) et la Terre (c’est-à-dire l’histoire et la culture). L’auteur souligne qu’il importe aujourd’hui de rétablir cet équilibre pour permettre à la Chine de sortir de l’ornière dans laquelle elle est enfoncée depuis plus d’un siècle. Il accompagne sa réflexion sur le politique de propositions institutionnelles à travers lesquelles un nouvel équilibre des types de légitimité pourrait selon lui trouver une traduction concrète.</p><p style=""text-align: justify;""><br />Gan Yang<strong> : ""Prendre en compte la continuité historique pour penser le politique aujourd’hui</strong>""<br />Avec la promotion par le pouvoir d’une « société d’harmonie », un nouveau consensus est en train de voir aujourd’hui le jour en Chine. Ce consensus est pour l’auteur le fruit de trois traditions qui se répondent : la première correspond à la politique d’ouverture et de réformes conduite depuis la fin des années 1970 ; la seconde est l’héritage maoïste et ses idéaux de justice sociale ; la troisième est la tradition confucéenne et son idée centrale d’harmonie, qui diffère de la lutte des classes à laquelle le Parti a fait longtemps référence. En prenant véritablement en compte le continuum entre ces différentes expériences historiques, la Chine pourra emprunter sa propre voie, celle d’une République socialiste confucéenne. Pour cela, une réévaluation de l’histoire récente, et notamment des soixante années de la République populaire, est nécessaire. On ne peut en effet plus opposer, comme on le fit longtemps, les trente années du maoïsme aux trente années de l’ouverture.</p><p style=""text-align: justify;""><br />Liu Xiaofeng : <strong>""Leo Strauss et la Chine : une rencontre autour de l’ethos classique""</strong><br />Pour l’auteur, l’un des introducteurs de Leo Strauss en Chine, l’intérêt que suscite cette pensée dans son pays tient d’abord au fait qu’elle permet de se défaire d’un siècle de quête continue de différents « -ismes » enthousiastes et aveugles, venus de l’Occident. À travers Leo Strauss, c’est donc la perspective d’une rencontre véritable avec l’ethos classique, tant occidental que chinois, qui devient possible. L’enjeu sous-jacent n’est autre que le rejet du relativisme sur le plan des valeurs et la critique radicale d’une modernité héritée de l’esprit des Lumières.</p><p style=""text-align: justify;""><br />Wang Hui : <strong>""Politique de dépolitisation et « caractère public » des médias de masse""</strong><br />Un processus de dépolitisation est aujourd’hui à l’œuvre tant en Chine que dans le reste du monde. Il touche à la fois les rouages de l’État et ces grands acteurs du politique au xxe siècle que sont les partis politiques. États et partis semblent désormais se transformer en organismes neutralisés d’administration dont la tâche revient simplement à gérer des intérêts divergents. Mais cette apparente neutralité masque en réalité un processus de tractation entre le pouvoir politique et les intérêts financiers de groupes d’intérêts. Les médias, tant en Chine que dans les démocraties occidentales, illustrent bien cette logique. Leur caractère prétendument public et transparent ne sert qu’à masquer un processus de reféodalisation qui s’opère au détriment de toute justice sociale.</p><p style=""text-align: justify;""><br />Emmanuel Terray : <strong>""La démocratie et ses limites""</strong><br />L’auteur souligne combien, en dépit de la différence des contextes, les contributeurs chinois de ce numéro soulèvent, quant aux fondements et aux limites de la démocratie, des interrogations fort comparables à celles qui s’énoncent en Occident. Il entreprend de passer en revue quelques-unes d’entre elles : la question de la ou des libertés (liberté négative et positive, individualisme et communauté), le problème d’une exclusivité donnée à la légitimation par la souveraineté populaire (rôle de l’arrière-fond historique et éthico-religieux) et le débat sur les formes concrètes de participation politique, au delà du système représentatif. Il souligne aussi, dans un dialogue avec Qin Hui, la pertinence d’une prise en compte simultanée de la « grande » et de la « petite communauté » dans une vie politique démocratique.<br /><br /></p>";;"<p style=""text-align: justify;"">Lee Ming-huei : <strong>""Culture and Democracy. Reflections Based on the Debates between Taiwan’s Liberals and Contemporary New Confucians""</strong><br />During the 1950s, a fierce polemic erupted in Taiwan between Confucian and liberal intellectuals. Whereas both camps shared a common abhorrence for communism and a desire to promote democracy, they nevertheless shared different views on the relation between Confucian tradition and a democratic political system or on the relation between the individual and the community. The Western debate between liberalism and communitarianism makes it possible to put these differences into perspective and to better understand the stance of Confucian intellectuals as well as the indirect contribution of their ideas to democracy in Taiwan.</p><p style=""text-align: justify;"">Qin Hui :<strong> ""Reexamining Traditional Culture in order to Reflect upon the Political Today""</strong><br />Starting with the Qin (221-207) dynasty and throughout Chinese political history, Confucianism has been used widely to disguise legalism-inspired dictatorships or manoeuvres by private interests to plunder the country. True Confucian ideals (i.e anti-legalist ones) could only be expressed on rare occasions. One example is the end of the Qing dynasty (1644-1912) when their exponents widely embraced “Western teachings.” However, due to complex reasons and a series of misunderstandings, Confucianism ended up being systematically opposed to “the West” and came under fierce attack from most of the great political and intellectual movements of the 20th Century. These movements, be they reformist or revolutionary, in fact largely missed what should have been their true target: a centralized power oppressing the individual. Two conditions would be necessary for an authentic Confucianism to emerge today and escape from the traps it fell into in the past. Firstly, it should get closer to the West and its democratic values; Secondly, it should get out of its ivory tower in order to propose concrete and applicable measures.</p><p style=""text-align: justify;"">Jiang Qing : <strong>""Confucianism of the “Kingly Way”, a Direction for the Political in Contemporary China""</strong><br />Across its different meanings, democracy has become the unavoidable paradigm of thought on “the political” in contemporary China. However, from the Confucian perspective of the “Kingly Way”, the people never represented more than one source of legitimacy of the political, along with Heaven (i.e., a superior and transcendent order) and Earth (embodying history and culture). The author of the article underlines how important it is today to establish a new balance in order to make it possible for China to set itself free from the situation it has been bogged down in for more than one century. Alongside his discussion on the political, he makes concrete proposals for institutional changes through which a new balance of different types of political legitimacies could emerge.</p><p style=""text-align: justify;"">Gan Yang : <strong>""Taking Account of Historical Continuity in Addressing the Political Today""</strong><br />With the promotion by the authorities of a “harmonious society”, a new consensus is taking shape in China. This consensus stems from the fact that three traditions are echoing each other: the first tradition points to the policy of reform and opening carried out since the end of the 1970s; the second encompasses the Maoist heritage and its ideals of social justice; and the third corresponds to Confucianism and its pivotal idea of harmony that contrasts strikingly with the idea of class struggle. It is only by taking into account the continuum among these three traditions that China will be able to proceed ahead on its own path, i.e the construction of a Confucian socialist republic. Therefore, a re-evaluation of recent history – and especially of the PRC’s 60 years – is necessary. It is no longer possible to oppose, as has been done for a long time, the Maoist period and the thirty years of opening and reform.</p><p style=""text-align: justify;"">Liu Xiaofeng : <strong>""Leo Strauss and China: Discussing the Issue of a Classical Ethos""</strong><br />For the author who contributed to introducing in China the work of Leo Strauss, the interest the latter has aroused in his country lies in the fact that it has provided some insights about how to bid farewell to one century of continuous blind enthusiasms for all kinds of “-isms” and ideologies drawn from the West. Through the mediation of Leo Strauss it is the perspective of a true encounter with a “classical ethos,” be it Western or Chinese, that becomes possible. What is at stake is nothing else but, on the one hand, the rejection of relativism in the field of values and, on the other hand, a radical critique of a modernity inherited from the Enlightenment.</p><p style=""text-align: justify;"">Wang Hui: <strong>""“Depoliticized Politics” and “Public Character” of the Mass Media""</strong><br />A process of depoliticization has been taking place both in China and in the rest of the world. It involves the state apparatus as well as the political parties, those great actors of the “political” during the 20th century. It is as if the state and political parties had now turned into neutralized organisms of administration and management charged only with the task of balancing sets of conflicting interests. However, such an outside neutrality actually hides a negotiation process between the political power and financial benefits of vested interest groups. The media, both in China and in Western democracies provide good illustration of the mechanism at work: their supposedly public and transparent character serves as a façade hiding a process of refeudalization detrimental to social justice.</p><p style=""text-align: justify;"">Emmanuel Terray : <strong>""Democracy and its Limits""</strong><br />The author emphasizes that in spite of the totally different contexts, Chinese contributors to this issue raise a number of questions related to the foundations and the limits of democracy that echo debates in the West. He discusses a few of the issues: liberty (positive and negative, their link to individualism and community); the problem of popular sovereignty as the exclusive source of political legitimacy (role of history and of ethico-religious background) and the debate on the concrete forms of political participation, beyond a representative system. In a brief discussion with Qin Hui, he also stresses the relevance of taking into account both the «big» and the «small community» in a democratic political context.<br /><br /></p>";330;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">En mettant l'accent sur LE politique et non LA politique, l'objectif, consiste, au-delà des problèmes idéologiques ou institutionnels, de mieux comprendre comment la culture et l'histoire sont prises en compte dans la réflexion politique. La question posée en filigrane porte également sur la démocratie dans le contexte chinois.</p>";;01/02/2010 16:11;0;Première édition;4036 482;1;3;27;Pratiques de l'écrit (VIe-XIIIe siècles);N°56/2009;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les usages sociaux de l’écrit dans une société médiévale largement dominée par l’oralité, en particulier avant le moment de forte croissance documentaire de la fin du Moyen Âge.</p>";"<div><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Etienne Anheim et Pierre Chastang</strong><br /> Les pratiques de l’écrit dans les sociétés médiévales</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Alice Rio</strong><br /> Les formulaires et la pratique de l’écrit dans les actes de la vie quotidienne (VIe-Xe siècle)</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>François Bougard</strong><br /> Ecrire le procès. Le compte-rendu judiciaire entre le VIIIe et le XIe siècle </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Laurent Morelle</strong><br /> Instrumentation et travail de l'acte : quelques reflexions sur l'écrit diplomatique en milieu monastique au XIème siècle</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Paul Bertrand</strong><br /> A propos de la révolution de l’écrit (Xe-XIIIe siècle). Considérations inactuelles </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Entretien avec Roger Chartier </strong><br /> Les usages de l’écrit, du Moyen-Âge aux temps modernes</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Thomas Labbé</strong><br /> Tonitrus Hyemalis : météorologie et pronostics dans les chroniques de Matthieu Paris et John de Oxnead au XIIie siècle </p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Julie Claustre</strong><br /> Esquisse en vue d’une anthropologie de la confiscation royale. La dispersion des biens du cardinal Balue (1469)</p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Points de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Alban Gautier</strong><br /> « La chrétienté anglo-saxonne (VIIe-XIe siècle) : à propos de quelques publications récentes ».</p><p> </p><p>Comptes-rendus<br /> <br /></p></div>";;10/07/2009;56;155x220;192;978-2-84292-232-0;9782842922320;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_482.gif;"<p> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Alice RIO</em><br /> <strong>Les formulaires et la pratique de l’écrit dans les actes de la vie quotidienne (VIe-Xe siècle)<br /></strong>Il est difficile de juger de la portée de l'usage de l'écrit au haut Moyen Age parce que les transactions menées au bas de l'échelle sociale n'ont guère laissé de traces dans nos sources. Plusieurs historiens ont avancé l'hypothèse que l'usage de l'écrit était plus répandu qu'on ne pourrait s'y attendre à partir des documents d'archives qui nous sont parvenus, mais les limites imposées par les conditions de transmission des actes de la pratique rendent cette hypothèse pratiquement impossible à démontrer. Les formulaires, ou collections de modèles de documents, peuvent nous permettre d'évaluer plus précisément l'étendue des lacunes de ce corpus documentaire. Parce qu'ils étaient préservés en raison de leur utilité au jour le jour, et non selon leur capacité à protéger les intérêts d'établissements religieux dans le long terme, ils nous donnent une image plus représentative du genre de documents que les scribes s'attendaient à devoir écrire au cours de leur carrière, et constituent une source d'informationimportante sur l'usage de l'écrit par les laïcs, y compris ceux provenant de milieux sociaux moins élevés.<br />Formulaires - archives - <em>literacy</em> - usage de l'écrit - latin post-classique</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>François BOUGARD</em><br /> <strong>Ecrire le procès. Le compte-rendu judiciaire entre le VIIIe et le XIe siècle <br /></strong>Le règlement des conflits au haut Moyen Age a donné lieu à une production documentaire variée, dont l'éventail est bien plus large que celui du seul ""procès verbal"" des audiences de justice. Cependant, le seul examen des comptes rendus strictement judiciaires n'est pas privé d'intérêt. Une fois disparus les ""jugements"" royaux de la période mérovingienne et des débuts de l'époque carolingienne, la ""notice de plaid"" a régné en maître. Sa forme externe, là où la présence d'originaux la rend possible, mériterait une étude plus poussée qu'elle n'en a bénéficié jusqu'à présent. Le texte, lui, a longtemps répondu à un schéma commun au delà des vriantes régionales : présentation du collège judiciaire et des parties, dépôt de la plainte, échange des arguments, recherche et administration de la preuve s'il y a lieu, ""profession"" du perdant, sentence. Au Xème siècle, cette homogénéité relative fait place à des solutions divergentes. Tandis qu'en Germanie, la source judiciaire se fait de plus en plus rare, elle se coule dans le royaume d'Italie en de nouveaux formulaires, qui, d'un côté, permettent de rendre compte de nouvelles procédures ou développent certains aspects qui jusque-là ne donnaient pas matière à souvenir écrit, de l'autre, mettent l'historien face à des sources toujours plus standardisées. En France s'impose progressivement la notice ""narrative"", où le récit gagne en pittoresque ce qu'il perd en institutionnel, selon une évolution déjà bien étudiée, dans laquelle la responsabilité de l'écriture monastique jour le premier rôle. En dernier ressort, la singularité de la documentation judiciaire, ici et là tient moins à la justice, à ses responsables et à la manière dont elle est rendue qu'aux différences en matière de personnel notarial.<br />Haut Moyen Age - Justice - Production documentaire</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurent MORELLE</em><br /> <strong>Instrumentation et travail de l'acte : quelques reflexions sur l'écrit diplomatique en milieu monastique au XIème siècle</strong><br />L'article explore quelques implications de la ""maîtrise monastique"" sur l'écrit diplomatique du XIème siècle. L'instrumentalisation des actions juridiques dans les communautés monastiques relève d'une politique de mise par écrit au caractère local, sur laquelle pèse la diversité des fonctions internes (pédagogiques, identitaires, administratives) dévolues à l'écrit. Des exemples analysés, puisés surtout dans les chartriers de France septentrionale, il ressort que le souci d'une mémoire ""utile"" dès la conception de l'acte stimule l'invention de formes complexes et instables (actes continués, actes-dossiers, réécritures, notices, pancartes), qui témoignent aussi d'une conception de l'acte renouvelée ; l'original n'est plus intouchable, la relation traditionnelle original/copie est brouillée. Parallèlement, mais surtout dans la seconde moitié du XIème siècle, d'autres outils de la mémoire, tels que chirographes et cartulaires, témoignent de la volonté de stabiliser la teneur et le texte des références écrites, selon une économie de l'acte qui annonce l'évolution du XIIème siècle.<br />diplomatique - monastère- pancartes - chirographes - cartulaires - originaux - copies</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Paul BERTRAND</em><br /> <strong>A propos de la révolution de l’écrit (Xe-XIIIe siècle). Considérations inactuelles <br /></strong>Partant du premier panorama qu'a dressé Michael Clanchy en son temps avec son <em>From Memory to Written Record</em>, l'auteur a voulu ici étudier la révolution de l'écrit en mettant l'accent sur l'écrit diplomatique, les documents de la pratique. Il a cherché à préciser un grand nombre de questions que se posent les historiens : la croissance de l'écrit a-t-elle vraiment eu lieu, aux XII-XIVème siècles ? Comment qualifier le ""fonctionnalisme"" dont font preuve les chercheurs lorsqu'ils étudient le document ? Comment qualifier la part de l'oral et de l'écrit dans la culture de la fin du Moyen-Age ? Comment les laïques se mêlent-ils de l'écrit ? Pourquoi peut-on parler de ""mondialisation"" de l'écrit alors ?<br />histoire culturelle - pratiques de l'écrit - diplomatique - révolution de l'écrit - mémoire - oral et écrit - fonctions de l'écrit<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em> </em><strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Thomas LABBE</em><br /> <strong><em>Tonitrus Hyemalis</em> : météorologie et pronostics dans les chroniques de Matthieu Paris et John de Oxnead au XIIie siècle <br /></strong>Matthieu Paris et John de Oxnead, deux bénédictins anglais du XIIIème siècle, firent preuve dans leurs chroniques respectives d'un grand intérêt pour les phénomènes naturels, et parmi ceux-ci plus particulièrement pour l'un d'entre eux qu'ils ont clairement distingué et nommé ""<em>Tonitrus Hyemalis</em><strong><em>"" </em></strong>(tonnerre d'hiver). Ils traitèrent celui-ci en respectant une réflexion très cohérente, empruntant autant aux acquis de la science de leur époque qu'aux traditions divinatoires les plus en vogue dans l'Occident du XIIIème siècle. Ils montrent à cette occasion comment la pensée médiévale put lier entre eux des savoirs de natures différentes afin d'aboutir à une réflexion synthétique et originale concernant un phénomène naturel et comment l'historien moderne doit prendre en compte cet aspect composite de la culture afin d'obtenir une meilleure compréhension de la vision du monde des hommes et des femmes de cette époque. <br />Phénomène naturel - météorologie - divination - science - tonnerre - Matthieu Paris - John d'Oxnead</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Julie CLAUSTRE</em><br /> <strong>Esquisse en vue d’une anthropologie de la confiscation royale. La dispersion des biens du cardinal Balue (1469)<br /></strong>Cet article évoque l'une des manières dont circulent les choses à la fin du Moyen Age et dont se fixe leur valeur : la confiscation. Celle-ci n'a été étudiée que pour ses aspects juridiques et financiers. Une approche anthropologique, ici proposée, tente de cerner en quoi ce mode de circulation affecte la nature et la valeur des biens qui circulent. Parmi les multiples confiscations prononcées par Louis XI, celle qui a frappé le cardinal Jean Balue au printemps 1469 est passée à la postérité, grâce au récit du chroniqueur Jean de Roye d'abord et à la citation qu'en fit Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris. Le scandale a surtout laissé une ample documentation qui permet de suivre l'évaluation, les changements de main et ce que l'on peut considérer comme une conversion de certains biens de Balue. On a ainsi conservé le compte détaillé de la saisie des biens meubles établi par un notaire et secrétaire du roi, ainsi que les témoignages recueillis à la demande du frère et de la belle-soeur du cardinal qui revendiquaient la propriété de certains biens du cardinal, les tapisseries en particulier. Ils laissent entrevoir les pratiques de don et de sociabilité comme le jeu brutal de la faveur et de la disgrâce qui ordonnent le milieu élitaire parisien des grands offices royaux dans la deuxième moitié du XVème siècle.<br />Confiscation - anthropologie économique - circulation des objets - valeur des biens - élites urbaines - Paris - XVème siècle - Jean Balue - Louis Xi - faveur et disgrâce<strong> </strong></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Alice RIO<br /></em><strong>Formularies and the everyday use of the written word (6th-10th century)</strong><br />Judging the social impact of the use of the written word in the early middle ages is made difficult due to the dearth of surviving sources concerning transactions made by lower-status people. Several historians have put forward arguments that the written word was used more widely than the surviving archival evidence suggests, but the limits imposed by the conditions of transmission of documents make it almost impossible to be certain of this. Formularies, collections of models, offer a chance to gauge some of the gaps in this surviving archival evidence. Because they were preserved according to their day-to-day usefulness in drawing up new documents rather than according to the long-term interests of religious institutions, they give a more balanced view of what documents scribes expected they would need to write in the course of their career, and constitute important evidence for the use of the written word by lay people from a wide range of social backgrounds.<br />Formularies - archives - literacy - written word - post classical Latin<em> </em></p><p style=""text-align: justify;""><em><br /></em></p><p style=""text-align: justify;""><em> </em><em>François BOUGARD</em><br /><strong>Writing lawsuits : records of judgments between the eighth and the tenth century</strong><br />The settlement of disputes was recorded, during the Early Middle Ages, in many kinds of documents, the nature of which goes far beyond the mere minutes of judiciary hearings. Even though, the study of strictly judiciary records is not devoid of interest. After the royal ""judgments"" of the Merovingian and early Carolingian periods had come to an end, ""placitum notices"" became dominant. Whenever the presence of originals makes it possible, their external form should be the matter of further study, more detailed than has been done until now. As for the texts of these notices, they were for a long time drawn from a common design, surpassing regional variants : presentation of the judiciary college and its components, lodging of the complaint, exchange of arguments, search for and administration of proof (if necessary), ""profession"" of the losing party, sentence. In the tenth century, this relative homogeneity gave way to diverging developments. Whereas in Germany judiciary sources became ever rarer, in the kingdom of Italy they confirmed to new formularies that allow us to account for the emergence of new procedures or to understand the development of some aspects newly entrusted to writing, but that confront historians to more and more standardised sources. In France, the ""narrative notice"" progressively established itself, in which a more picturesque narrative meant less attention to institutional matters : this evolution, in which monastic writing played a leading role, has been well studied. Ultimately, the way judiciary documents were produced here and there is less a function of justice itself, of the people in charge of it, or of the way it was pronounced, that it was a consequence of differences in notarial personnel.<br />Early Middle Ages - Justice - Documentary production</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurent MORELLE</em><br /><strong>Instrumentation of legal actions and work on the charter : some reflections on diplomatic writing in monastic communities in the 11th century</strong><br />This article examines some effects of eleventh-century ""monastic leadership"" on diplomatic writing. The instrumentation of legal actions in monastic communities falls within a local written word policy which takes into account various offices allotted to documents (pedagogical, identity or administrative functions). Close analyses of example chosen in most cases among northern French charter collections show that the search for a profitable use of memory underlying the document's genesis stimulates complex and unstable formal inventions (""actes continues"", ""actes-dossiers"", rewritten texts, notices, pancartae). This also testifies to a renewed conception of the charter ; the original text is not ""untouchable"" anymore ; the traditional relationship between original and copy becomes hazy. At the same time, and even more so in the second half of the 11th century., other instruments of memory such as chirographs ans cartularies illustrate the desire to make both the text and the content of written references more stable. Such a conception of charters heralds the evolution to be followed in the 12th century.<br />diplomatic - monasteries - pancartae - chrigraphs - cartularies - original charters - copies<br /><br /><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Paul BERTRAND</em><br /><strong>About the Writing Revolution (10th-13th century), Untimely Meditations</strong><br />This paper intends to focus on the ""revolution of writing"" that historians attempt to study since several decades. Starting with Michael Clanchy's seminal book, the author wants to clarify some questions on the growth of writing, on a quantitative point of view, during the twelfth, the thirteenth and the fourteenth century ; this paper also stresses the problem of ""functionalism"" which is pregnant for scholars studying medieval writing practices, the globalization of writing on the European scene, the growing number of literate lay people, the ambiguous relations between orality and writing. Far from answering all questions, it aims to open minds to the very complex history of writing culture.<br />cultural history - writing practices - diplomatics - revolution of writing - memory - orality - literacy <br /><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em><br /></em></p><p style=""text-align: justify;""><em>Thomas LABBE</em><br /><strong><em>Tonitrus Hyemalis : studying and forecasting the weather in the thirteenth century chronicles of Matthew Paris and John of Oxnead<br /></em></strong>Matthew Paris and John of Oxnead, two English benedictines of the thirteenth century, demonstrated in their chronicles a wide interest for mantural phenomena, especially for the one they called ""<em>Tonitrus Hyemalis "" </em>(winter thunder). Their approach followed a coherent point of view, based on elements taken both from scientific knowledge and from the divinatory arts in fashion in that country. This shows how different kind of knowledge could be linked logether in the medieval mind, leading to a synthetic and original thought about a natural phenomenon. Modern historians must take into account this composite dimension of medieval culture in order to reach a better understanding of thirteenth-century worldviews.<br />Natural phenomena - weather - divination - science - thunder - Matthew Paris - John of Oxnead</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Julie CLAUSTRE</em><br /><strong>Towards an anthropology</strong><strong> of royal confiscation. The dispersion of Cardinal Balue's property (1469)<br /></strong><em> </em>This paper deals with confiscation, which was at the end of the Middle Ages one of various modes of circulation and valuation of things. Confiscation has hitherto been studied only for its legal and financial aspects. An anthropological approach is here at stake, attempting to show how this mode of circulation affected the nature and value of circulating goods. Among numerous seizures decided by Louis XI, the one that touched Cardinal Jean Balue in the spring of 1469 went down in history, thanks to Jean de Roye's chronicle and Victor Hugo's Hunchbach of Notre Dame. This scandal was the subject of an extensive documentation which allows us to follow up valuation, changes of hands and what can be seen as a conversion of Balue's goods : a detailed account of the seizure of Balue's movable goods has been preserved, along with testimonies collected at the request of Balue's brother, who claimed property of some of the Cardinal's goods, particularly tapestries. This material provides us with a window onto the gift-giving and sociability practices, as well as the rough play of favour and disgrace, that characterised the Parisian elite of great royal officers in the second half of the fifteenth century.<br />Confiscation - anthropology of economics - circulation of things - value of goods - Paris - fifteenth century - Jean Balue - Louis XI - favour and disfavour</p>";320;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">La culture de l’écrit au Moyen Âge fait partie des nouveaux champs ayant émergé dans l’historiographie internationale depuis les années 1970, en s’appuyant sur une tradition érudite bien plus ancienne, celle des sciences dites « auxiliaires » de l’histoire, paléographie, épigraphie, diplomatique. Ce numéro voudrait donc contribuer à rendre compte de ce mouvement majeur de l’historiographie récente du Moyen Âge. Il a été choisi de suivre comme fil conducteur la question de l’écriture, de la conservation des documents et de leur utilisation entre le VIe et le XIIIe siècle, en cherchant à saisir dans les pratiques des sociétés médiévales, la signification de la mise par écrit. En suivant le fil de ces écritures, il est montré l’unité d’une période médiévale caractérisée par un accroissement des usages de l’écrit, mais aussi mettre en évidence la manière dont l’écrit, comme médiation, a été au centre des transformations médiévales qui ont finalement donné le jour à la modernité occidentale.</p>";;01/02/2010 17:00;0;Première édition;3386 483;1;3;27;Langages politiques (XIIe-XVe siècles);N°57/2009;;;"<!-- @font-face { font-family: ""Times""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --><p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: 10pt; font-family: Times;"">Parler de langage politique au Moyen-Âge peut être considéré comme un anachronisme. Pourtant, le pouvoir et le gouvernement existent bel et bien.</span></p>";"<div><p>Introduction</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong> Aude Mairey</strong><br /> Les langages politiques au Moyen Âge (XIIe-XVe siècles)</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Xavier Storelli </strong><br /> Les harangues de la bataille de l'Étendard (1138)</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Catherine Daniel</strong><br /> L'audience des prophéties de Merlin : entre rumeurs populaires et textes savants</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Aude Mairey</strong><br /> Qu'est-ce que le peuple ? Quelques réflexions sur la littérature politique anglaise de la fin du Moyen Âge</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>François Foronda</strong><br /> Le conseil de Jéthro à Moïse : le rebond d'un fragment de théologie politique dans la rhétorique parlementaire castillane</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Massimo Della Misericordia</strong><br /> Principat, communauté et individu au bas Moyen Âge. Cultures politiques dans l'État de Milan</p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong> Séverine Lepape</strong><br /> L'Arbre de Jessé : une image de l'Immaculée Conception ?</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Lidia Amor</strong><br /> Droit canon et littérature chevaleresque: l'image du <em>rex inutilis</em> dans le roman de <em>Cleriadus et Meliadice</em> »</p><p> </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Point de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong> Etienne Anheim</strong><br /> Le nom Machiavel</p><p> </p><p><br /> Notes de lecture<br /> Livres reçus</p></div><p><br /> <br /></p>";;10/12/2009;57;155x220;180;978-2-84292-241-2;9782842922412;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_483.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em> </em><strong> </strong><em>Xavier STORELLI</em><br /> <strong>Les harangues de la bataille de l'Étendard (1138)<br /></strong>Deux Harangues ont été composées pour la bataille de l'Etendard (2 août 1138). Elles sont attribuées par Henri de Huntingdon, à Raoul Novel évêque des Orcades et, AEled de Rievaulx, à Gautier Espec,, seigneur de Helmsley. Il faut absolument y ajouter les propos de Toustain, archevêque d'York, que rapporte Richard d'Hexham. Même s'il serait absurde d'y recherche les retranscriptions exactes de paroles qui auraient été, effectivement, prononcées telles quelles, la voix des orateurs de chair paraît, pour une fois dans ce sous-genre historiographique des oraisons guerrières, imprégner celle des orateurs de papier. Mis en parallèle et associés au témoignage d'autres chroniques, ces discours nous autorisent à appréhender la mise en œuvre d'une prédication politico-militaire d'assez vaste ampleuret à large destination, puisqu'elle permit la mobilisation des nobles et des contingents plus populaires des paroisses.C'est tout une campagne de propagande qui se révèle, si l'on considère l'ensemble des mentions de prises de paroles. Elle joua un rôle déterminant dans la victoire anglo-normande finale, en masquant les tensions internes au groupe aristocratique anglo-normand et en présentant le camp écossais comme celui de la sauvagerie face au camp anglais de l'ordre et de l'Église. <strong><br /></strong>Bataille de L'Étendard - harangue - propagande -historiographie - chevalerie</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Catherine DANIEL</em><br /> <strong>L'audience des prophéties de Merlin : entre rumeurs populaires et textes savants<br /></strong>L'article étudie la réception des prophéties de Merlin en dehors des cercles de pouvoir et d'érudition pour comprendre comment une audience populaire pouvait appréhender des prédiction de nature complexe, volontairement obscures. La communication politique entre puissants et anonymes est assurée par la circulation de rumeurs prophétiques appuyées sur des versions écrites savantes qui fondent leur autorité.<br />Merlin - prophéties - propagande - rumeurs</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Aude MAIREY</em><br /> <strong>Qu'est-ce que le peuple ? Quelques réflexions sur la littérature politique anglaise de la fin du Moyen Âge<br /></strong>La société politique anglaise de la fin du Moyen Age a connu de profondes transformations. La constitution d'un langage politique en anglais, présent notamment dans la littérature contemporaine, en est à la fois un reflet et un moteur. Les incertitudes sur l'expression de catégories-clés, le peuple et la communauté, en témoignent. Leur analyse suggère une séparation accrue entre les sujets du royaume et ceux qui les représentaient, une hiérarchisation croissante, mais avec des hésitations et des tensions.<br />Littérature politique anglaise - langage politique - peuple - communauté</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>François FORONDA</em><br /> <strong>Le conseil de Jéthro à Moïse : le rebond d'un fragment de théologie politique dans la rhétorique parlementaire castillane<br /></strong>L'analyse du rebond du conseil de Jéthro à Moïse (Ex. 18, 13-27) dans la rhétorique parlementaire castillane entre 1385 et 1469 est l'occasion d'étudier un moment de la communication politique entre le roi et les villes. Leur maniement d'un même langage signale un processus d'alphabétisation politique et d'intégration gouvernementale. Ainsi, ce fragment de théologie politique se transforme-t-il en récit fondateur d'un gouvernement en partage.<br />Castille - communication politique - rhétorique parlementaire - récit fondateur - gouvernement partagé</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Massimo DELLA MISERICORDIA</em><br /> <strong>Principat, communauté et individu au bas Moyen Âge. Cultures politiques dans l'État de Milan<br /></strong>Dans la Lombardie de la fin du Moyen Age, un débat politique animé concernait la légitimité des corps territoriaux. La rhétorique de la principauté attaqua les valeurs de la tradition communale qui s'était développé dans la cité et la campagne depuis le XIIIème siècle : l'unité de la communauté, le profil institutionnel de ses structures et l'égalité idéale parmi ses membres. Les officiers ducaux critiquèrent la nature chaotique et les passions négatives de la vie publique locale. D'un autre côté, la distinction sociale et le rôle public des individus (particulièrement des leaders locaux) furent promus. A l'opposé, les corps territoriaux défendirent avec succès les pratiques et le modèle de la cohésion de la communauté, dans la décision politique et la représentation, et insistèrent sur l'identité collective de la population de la ville ou du village.<br />État de la Renaissance - communauté - identité politique collective - identité individuelle - distinction sociale - représentation politique<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em> Séverine LEPAPE</em><br /> <strong>L'Arbre de Jessé : une image de l'Immaculée Conception ?<br /></strong>L'arbre de Jessé, image de la parenté du Christ et de la Vierge, s'est parfois vu compter au nombre des candidats possibles pour représenter à la fin du fin Moyen Age la croyance complexe et contestée de l'Immaculée Conception de la Vierge. L'article se propose de revenir sur la validité d'une telle hypothèse. Jusqu'au XIVème siècle, la prophétie d'Isaïe, source de l'image de l'Arbre de Jessé, est utilisée par la plupart des théologiens comme un argument en défaveur de la fête et l'image elle-même ne montre aucun élément qui invite à une lecture immaculiste. Pourtant, à la fin du XIVème siècle, le contexte change : à la recherche d'éléments scripturaires prouvant la réalité du privilège marial, les Franciscains assignent aux préfigurations de la virginité de la Vierge, dont fait partie la <em>virga Jesse</em>, ce nouveau sens. Parallèlement, la représentation de la Vierge dans l'Arbre de Jessé français connaît une transformation radicale : elle est figurée à l'Enfant et adopte parfois les traits de la Femme de l'Apocalypse. Cette mutation iconographique semble découler des questionnements autour de la parenté de la Vierge que les débats sur la conception immaculée de la Vierge ont suscité.<br />Arbre de Jessé - Immaculée Conception de la Vierge - parenté divine - femme de l'Apocalypse - iconographie mariale<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Lidia AMOR</em><br /> <strong>Droit canon et littérature chevaleresque: l'image du rex inutilis dans le roman de Cleriadus et Meliadice »<br /></strong>Cleriadus et Meliadice, roman chevaleresque de la première moitié du XVème siècle, raconte la biographie de Cleriadus, fils du comte des Asturies, depuis sa jeunesse jusqu'à son mariage avec Meliadice, princesse héritière du royaume anglais. Si la thématique de l'oeuvre montre des rapports avec la littérature romanesque, il n'en reste pas moins qu'elle exprime une certaine appartenance du roman à la littérature édifiante, notamment en ce qui concerne les attributs et la conduite souhaités chez le prince idéal. Dans cet article, nous essayons de montrer que l'entrelacement de la fiction romanesque et de la littérature édifiante laisse percevoir une réflexion sur le <em>rex rex inutilis</em>, figure présente dans le droit canon. De telle sorte, la doctrine sur le mnémotechnique chez le lecteur où histoire, jurisprudence et littérature se rejoignent. <br /><em>Cleriadus et Meliadice</em> - roman de chevalerie - motif de la dame injustement inculpée - droit canon - <em>rex inutilis</em><strong> </strong></p>";;"<p style=""text-align: justify;"">Xavier STORELLI<strong><br />The harangues of the Battle of the Standard (1138)</strong><br />Henry of Huntungdon and AElred of Rievaulx wrote that, before the Battle of the Standard (August 1138) began, respectively Walter Espec, lord of Helmsley, and Ralph Novel, bishop of the Orkneys, exhorted the Anglo-Norman army ; and Richard of Hexham mentioned the speech Thurstan, archbishop of the Orkneys, exhorted the Anglo-Norman army ; and Richard of Hexham mentioned the speech Thurstan, archbishop of York, delivered in July, a few weeks before the battle. Of course, these orations are not verbatim reports of harangues as they were actually given, but these ones are nevertheless particular, as they are profoundly linked to the military and political background. Studying closely these battle orations and allusions to speeches, we can discover a real propaganda campaign, which was decisive in the English victory of the Standard. The mobilization of knights and of contingents sent by villages, each headed by their priest, was possible. In thses orations, Galwegians' savagery is denounced, whereas the Anglo-Norman army is said to fight for the Church and the peace. At that moment, this kind of arguments was the best way to prompt nobles and people to fight for King Stephen against King David, in the north of England<br />Battle of the Standard - oration - propaganda - historiography - knighthood</p><p style=""text-align: justify;""><em><br /></em></p><p style=""text-align: justify;""><em>Catherine DANIEL</em><br /><strong>The Audience of the Prophecies of Merlin : from popular Rumour to Scholarly Texts</strong><br />This article looks at the way Merlin's prophecies were perceived by those other than the powerful and learned, so as to understand how ordinary people could comprehend theses complex, deliberately obscure, predictions. Political communication between the powerful and the anonymous was ensured by the circulation of prophetic rumours deriving from learned written texts which gave them credibility.<br />Merlin - prophecies - propaganda - rumours</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Aude MAIREY</em><br /><strong>What Does People Mean ? Some Thoughts about the English Political Literature at the End of the Middle Ages</strong><br />At the end of the Middle Ages, English political society knew great transformations. The making of a political language in english, existing notably in contemporary literature, is a reflection as well as a motor of these transformations. The uncertainties about the expression of key categories, people and community, witness this. Their analysis suggests an increased separation between the kingdom's subjects and those who represented them, a society more hierarchised, but with tensions and hesitations. <br />English political literature - political language - people - community</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>François FORONDA<br /></em><strong>Mose's Advice to Jethro : Reviving a Fragment of Political Theology in Castilian Parliamentary Rhetoric</strong><em><br /></em>The nalysis of the use of the councilof Jethro to Moses ( Ex. 18 : 13-27) in the parliamentary rhetoric in Castile between 1385 and 1469, is an opportunity to study a moment of political communication between king and towns. Their use of a same language highlights a process of political alphabetisation and of governmental integration. Thus, this fragment of political theology is transforming in a foundational narrative of a shared government.<br />Castile - political communication - parliamentary rhetoric - foundational narrative - shared government</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Massimo DELLA MISERICORDIA</em><strong><br />Princedom, Community and the Individual in the Late Middle Ages, Political Cultures in the State of Milan</strong><br />In the Lombardy of the late middle ages an animate political debate concerned the legitimacy of territorial bodies. The rhetoric of principality attacked the values of the communal tradition that since the 13th century developed in the city and in the country : the unity of community, the institutional profile of its structures and the ideal equality among its members. Ducal officers criticized the chaotic nature and the negative passions of local public life. On the other hand, the social distinction and the public role of the individuals (particularly of local leaders) were promoted. On the contrary, territorial bodies defended with success the pratices and the model of community cohesion, in political decision and representation, and always stressed the collective identity of village or town population.<br />Renaissance state - community - collective political identity - individual identity - social distinction - political representation</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em> Séverine LEPAPE</em><br /><strong>The Jesse Tree : Image of Immaculate Conception ?</strong><br />The Jesse Tree, representation of the Christ and Virgin's kinship, has sometimes been considered as a possible image in the late Middle Age of the Immaculate Conception of the Virgin. We would like to question this idea. Until the 14th century, the Isaiah's prophecy, on which the Jesse tree is based, is used by most theologians as an argument to show the flimsiness of such a theory, and the image itself contains no element which could lead to an immaculist interpretation. Nonetheless, at the end of the 14th century, the situation is changing : in search of biblical arguments proving the truthfulness of the immaculate Conception, Franciscans use the Marian virginity foreshadowings, to which the virga Jesse belongs, as new evidences. Meanwhile, the representation of the Virgin in the Jesse Tree changes dramatically : she is showed with Jesus as a child and sometimes as the Woman of the Apocalypse. This iconographical transformation seems to be the result of the questionings on the Virgin's kinship, developed in the debate of the Immaculate Conception.<br />Tree of Jesse - Immaculate Conception of the Virgin Mary - divine ancestry - woman of the Apocalypse - iconography of the Virgin Mary<br /><em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Lidia AMOR</em><br /><strong>Canon Law and Chivalric Literature : the Image of the <em>Rex Inutilis</em> in the <em>Cleriadus et Meliadice</em> Romance</strong><br /><em>Cleriadus et Meliadice,</em> an early fifteenth-century chivalric, romance, recounts the life of Cleriadus, son the count of Asturias, from his youth to his marrying princess Meliadice, heir to the kingdom of England. If the work is thematically linked to the genre of romance, it is nevertheless akin to edifying literature, particularly as far as the bearing and attitudes expected from the ideal prince are concerned. In this article, we try to show how the interlacement of romantic fiction and edifying literature can disclose a reflection about the <em>rex inutilis</em>, a figure whose origins are to be found in canon law. The doctrine of the <em>rex inutilis </em>thus becomes the very material of fiction, creating in the reader's mind a mnemonic web where history, law and literature meet.<br /><em>Cleriadus et Meliadice </em>- chivalric romance - accused women motif - canon law - <em>rex inutilis</em><br /><br /><em> </em></p>";286;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les participants de ce numéro ont souhaité montrer comment (et pourquoi) ont pu se développer des langages politiques dans des milieux situés en périphérie des centres de pouvoir, par exemple dans la littérature, composée en dehors des lieux curiaux (cure - presbytère), afin de mieux saisir la diversité des expressions du politique, de mieux percevoir les tensions et les dynamiques à l’œuvre en la matière, mais aussi de tenter d’appréhender les voix de ceux qui ne participent pas forcément aux décisions, mais qui sont néanmoins des acteurs de la société politique au sens large du terme.</p>";;01/02/2010 17:20;0;Première édition;3386 499;2;3;16;Les infortunes de l'imagination;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Durant plusieurs siècles, en Europe, imagination a été le nom de la « faculté » à laquelle était attribuée l’invention des œuvres. Est-ce encore le cas ?</p>";"<div><p><em>Entrée :</em> <em>Imagination morte imaginez </em></p><p style=""text-align: center;""> <br /><strong>L’éloge et le soupçon</strong></p><p>1. L’imagination Baudelaire<br />2. <em>Changer la vue (Rimbaud)</em><br /><em> 2bis : note sur Flaubert</em><br />3. Les belles images (Schwob)<br /><em> </em><em>3bis : note sur Bréal</em><br />4. Hugo, mythe, mythologie</p><p> </p><blockquote><blockquote><div class=""bodyp"" style=""text-align: center;""><strong>Les mots pour la dire</strong></div></blockquote></blockquote><p>1. L’assomption de l’imaginaire<br />2. L’invention du symbolique<br />3. Le retour du phantasme<br />4. Remarques sur l’image</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Gestes imaginatifs</strong></p><p>1. Percevoir (Claudel, Breton)<br />2. Devenir (Claudel)<br /> <em>2bis : note sur Canetti</em><br />3. Intervenir (Michaux)<br /> <em>3bis : note sur le poème action</em><br />4. Modéliser (Beckett)</p><p><br /><em>Épilogue</em> : de l’imagination en régime post-industriel</p></div><p><br /><br /><br /></p>";;10/10/2010;0;137x220;328;978-284292-261-0;9782842922610;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_499.jpg;;;;480;26.00;"<p style=""text-align: justify;"">Peut-être. Pourtant, alors même que l’imagination est aujourd’hui l’objet d’une louange universelle, son nom a presque entièrement disparu de la théorie littéraire et de l’enseignement des lettres. Il ne s’affiche plus dans les titres. On ne le trouve plus dans les index. D’autres toutefois prennent sa place : l’imaginaire, le fantasme, le mythe, le symbolique, le Langage… À travers des études de cas et des chapitres synthétiques, le présent essai interroge cette configuration nouvelle, depuis Baudelaire jusqu’aux postmodernes.</p>";;24/08/2010 16:11;0;Première édition;3643 500;1;3;34;Valeur(s) de l'art contemporain : exposition, économie, usage;N°11/2010;;;"<p>Comment une valeur artistique, historique, financière, est-elle attribuée aux œuvres d’art ?</p>";"<div><p>Éditorial par <strong>Jérôme Glicenstein</strong><br /> <br /></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong> Valeur(s) de l'art contemporain. Exposition, économie, usage</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Nancy Shaver : <em>Retail</em>. Invention, valeur, art<br /><strong> Jean-Philippe Antoine</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">De la valeur de l’œuvre au prix du marché : Yves Klein à l’épreuve de la pensée économique<br /><strong> Sophie Cras</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Bon à jeter, donc inestimable ? Exposer le rebut en galerie dans les années 1960<br /><strong> Julie Verlaine</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Transvaluation et invaluation <br /><strong> Jacinto Lageira</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Valeur instrumentale et valeur résistante dans l’art contemporain du Nord de l’Angleterre <br /><strong> Gabriel Gee</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Construction et refus de la valeur : l’exemple du photographe tchèque Miroslav Tichý<br /><strong> Marc Lenot</strong><br /> <br /></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le Rôle de l’exposition dans la valorisation de la photographie, l’exemple du Printemps de Cahors et de la photographie plasticienne<br /><strong> Léo Martinez</strong><br /> <br /></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> <strong>Chloé Poizat, </strong>""Tragicosmique""<strong><br /></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretien</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Entretien avec Philippe Gronon. <br />Propos recueillis par <strong>Nathalie Desmet</strong></p><p> </p><p>Notes de lecture et comptes rendus d'expositions<br />Résumés français et anglais<br />Qualité des auteurs<br />Recommandations aux auteurs</p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/11/2010;11;155x220;192;978-2-84292-262-7;9782842922627;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_500.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Philippe ANTOINE</em><br /><strong>Nancy Shaver : <em>Retail</em>. Invention, valeur, art<br /></strong>Une récente exposition de l'artiste américaine Nancy Shaver, intitulée ""Retail"" (Vente au détail) juxtaposait à ses installations, assemblages et sculptures des objets en provenance du magasin de brocante qu'elle tient depuis plus d'une dizaine d'années, menant les différences de prix entre les objets proposés à la vente jusqu'au vertige. On s'attachera aux manières de construire la valeur que proposent ses oeuvres, leurs effets critiques sur les concepts publics de l'art et sur la circulation marchande des objets.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /><em>Sophie CRAS</em><br /><strong>De la valeur de l’œuvre au prix du marché : Yves Klein à l’épreuve de la pensée économique<br /></strong>Le 2 janvier 1957, à la galerie Apollinaire de Milan, Yves Klein inaugure l'exposition de onze monochromes bleus parfaitement identiques, qui, prétend-il plus tard, sont alors affichés et vendus à des prix différents. Qui cependant, de l'artiste ou du marché, est le plus arbitraire dans l'attribution des prix ? Deux réflexions s'entremêleront : l'une, théorique, sur le cas d'école que nous livre Klein en matière de valorisation et d'évaluation d'une oeuvre d'art multiple, à l'aune de la pensée économique sur la valeur ; l'autre, plus historique, examinera la destinée réservée par le marché à ces oeuvres en série. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Julie VERLAINE</em><br /><strong>Bon à jeter, donc inestimable ? Exposer le rebut en galerie dans les années 1960<br /></strong>L'étude des textes de catalogues d'expositions des Nouveaux Réalistes, écrits dans les années 1960 et 1970 par des critiques et des marchands, permet d'observer les arguments fondateurs de la valeur symbolique de ces oeuvres. En avançant la nécessité de créer de nouveaux critères d'appréciation de l'art, les critiques et marchands ont d'abord dissocié la valeur d'une oeuvre de la qualité de ses matériaux, pour ensuite souligner la démarche des artistes comme fondamentale dans la société industrielle et mercantile de ces années.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jacinto LAGEIRA</em><br /><strong>Transvaluation et invaluation <br /></strong>Le ""capitalisme esthétique"" et la ""révolution culturelle libérale"" prônent un relativisme de la valeur, un ""tout se vaut"" permettant de transformer toute oeuvre d'art en une marchandise qui s'échange selon un fonctionnement ""dérégulé"" du marché. Il est désormais nécessaire de penser une axiologie intégrant le concept de valeur dans une acception ouverte, i.e qui retrouve les liaisons entre devoir-être et fait. Il s'agira de poser la valeur de manière pratico-morale qui, tout en introduisant une valeur d'usage utilitaire, ne s'y réduit pas si elle maintient sa valeur immatérielle. Il ne peut y avoir de dichotomie des faits et des valeurs, car les significations que nous donnons aux faits et aux valeurs sont liées par la double entité du sémantique : à la fois matériel et immatériel. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Gabriel GEE</em><br /><strong>Valeur instrumentale et valeur résistante dans l’art contemporain du Nord de l’Angleterre<br /></strong>Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les grandes conurbations du Nord de l'Angleterre ont connu un déclin de leurs industries traditionnelles. Leur réactivation a été pensée par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher comme la mise en valeur de l'entreprenariat, de l'efficacité managériale et des lois du marché. Les pratiques des arts contemporains de ces régions ont été confrontées à ce processus de désindustrialisation et de redynamisation. En partant de l'arrivée des politiques ""noélibérales"" au début des années 1980, nous chercherons à relever les rapports entre des valeurs ""instrumentales"" et ""résistantes"" dans la production et la diffusion des arts du nord de l'Angleterre. Si les années 1990 sont marquées par une hégémonie de la valeur instrumentale sur une valeur résistante, ne peut-on néanmoins relever, l'émergence d'une exploitation plus autonome et régionale de cette valeur instrumentale ? </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marc LENOT</em><br /><strong>Construction et refus de la valeur : l’exemple du photographe tchèque Miroslav Tichý<br /></strong>Miroslav Tichý, d'abord considéré comme artiste outsider, est reconnu comme artiste contemporain depuis le début des années 2000. L'analyse des textes qui y font référence révèle six paramètres d'élaboration de la valeur de son travail : le personnage, son apprentissage expérimental, le contexte socio-politique de sa pratique, le sujet de ses photographies et son processus de production artistique. Ces six paramètres sont employés dans des propositions différentes, selon qu'il s'agit de situer l'artiste du côté de l'Art brut ou dans le champ de l'art contemporain.</p><p style=""text-align: justify;""> <br /><br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Léo MARTINEZ</em><br /><strong>Le Rôle de l’exposition dans la valorisation de la photographie, l’exemple du Printemps de Cahors et de la photographie plasticienne<br /></strong>Au début des années 1991 la photographie contemporaine est l'objet d'un regain d'intérêt qui se manifeste par la mise en place d'outil de diffusion, la multiplication et le succès d'expositions, comme le Printemps de Cahors à partir de 1991. Cet exemple permet d'examiner comment le processus d'exposition permet de légitimer et de valoriser non seulement des artistes, mais aussi un ensemble de pratiques, voire un médium. Afin de pouvoir appréhender la photographie plasticienne, il convient de l'historiciser, et donc relativiser le discours légitimant en rappelant qu'il n'a de sens que par référence à un état déterminé du monde de l'art. <br /><br /><br /></p>";;"<div><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Philippe ANTOINE</em><br /><strong>Nancy Shaver : Retail. Invention, value, art<br /></strong>A recent exhibition entitled ""retail"", by American artist Nancy Shaver, placed next to her installations, assemblages and sculptures, some objects taken from the thrift shop she's been running for more than a decade. This juxtaposition showed extravagant differences between the objects' selling prices. The ways through which the value of these artworks is constructed is to be considered in detail here, as well as their critical effects on the public concepts of art and on the commercial circulation of art.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong><br /><br /><em>Sophie CRAS</em><br /><strong>Form the value of the artwork to the market price : Yves Klein as seen through an economic analysis<br /></strong>On January 2nd 1957, at Apollinaire gallery of Milan, Yves Klein opens the exhibition of eleven perfectly identical blue monochromes that - was he to pretend later - are put up to sale at various prices. Wo is however, the most arbitrary in the fixation of prices between the artist and the market ? Two matters intermingle here : one theoretical is concerned by the scholarly case proposed by Klein and regards the valuation and evaluation of a ""multiple"" work of art as seen through economic thinking about the notion of value. The other in a more historical fashion will examine the fate of these series of works on the market.</p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Julie VERLAINE</em><br /><strong>Good to throw away, and as such priceless ? Exhibiting rubbish in art galleries in the sixties<br /></strong>By studying exhibition catalogues texts related to the Nouveaux Réalistes group - texts written in the sixties by critics and merchants - one notices founding arguments about the symbolic value of these works. While putting forward the necessity of finding new criteria for art appreciation, critics and merchants have at first separated the value of an artwork from the quality of its materials, in order to emphasize afterwards the practice of these artists as being particularly relevant to the context of the industrial and market-driven society of theses years. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jacinto LAGEIRA</em><br /><strong>Transvaluation and invaluation<br /></strong>""Aesthetic capitalism"" and the ""liberal cultural revolution"" put forward a relativism of value, an ""anything goes"" that allows the transformation of any work of art into a piece of merchandise likely to be exchanged according to the ""deregulated"" rules of the market. It is now necessary to think of an axiology that would make use of the concept of value in an open understanding, i.e. that would find again the connections between supposed-to-be and fact. One shall make use of the notion of value in a practical-moral way which - while introducing an utilitarian use value, cannot be reduced to it if it maintains its immaterial value. There can't be a dichotomy of facts ad values, because the meanings we give to facts and to values are linked together by semantics' double entity : material as well as immaterial. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><em>Gabriel GEE</em><br /><strong>Instrumental value and resistance value in Northern England contemporary art<br /></strong>Since the end of World War II, the great conurbations of Northern England have experienced the decline of their traditional industries. Their reactivation, according to the conservative government of Margaret Thatcher, was thought to be necessarily passing through a valuing of entrepreneurship, managerial efficiency and markets laws. Contemporary art practices of theses regions have been confronted to this process of deindustrialisation and redynamising. Starting with the arrival of ""neoliberal"" politics at the beginning of the eighties, we'll address the connections between ""instrumental"" and ""resisting"" values in the production and distribution of the arts of northern England. Of the nineties are marked by a hegemony of the intrumental value over a value of resistance is it not possible however to envision in this beginning of 21st century, the emergence of a more autonomous and regional exploitation of this instrumental value ? </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marc LENOT</em><br /><strong>Construction and denial of any value : the example of Czech photographer Miroslav <strong>Tichý<br /></strong></strong>Miroslav Tichý, at first considered an ""outsider"", has since the beginning of the new millennium been recognized as a contemporary artist. The analysis of texts that witness this reversal of fortune reveals six parameters in the valuation of his work : the character itself, his experimental apprenticeship, the sociopolitical context of his practice, the subject of his photographs and his process of artistic production. These six parameters are used in various proportions, whether the artist is to be considered against the background of ""art brut"" or within the field of contemporary art. <strong><br /><br /></strong><br /> <br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Léo MARTINEZ</em><br /><strong><span style=""font-weight: normal;""> </span>The role of the exhibition in the valuation of photography : The example of the Printemps de Cahors and ""photographie plasticienne""</strong><br />At the beginning of the nineties contemporary photography becoming successful again; a phenomenon that can be seen in the organization of a number of distribution means and in the burgeoning and success of exhibitions such as the Printemps de Cahors, after 1991. This example leads to an investigation about how the exibition process leads to a legitimization and increase of value, not only of certain artists, but also of a group of practices, even of a medium. In order to be able to grasp the idea of ""photographie plasticienne"", one needs to historicize it, which means minimizing its legitimizing discourse by pointing the fact it has meaning only in relation to a specific state of the art world. </p></div>";252;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Plusieurs auteurs de ce numéro observent la manière dont certains artistes ont pu jouer avec l’idée de valeur ; d’autres s’interrogent sur les processus de valorisation de l’art au sein de notre société. Les points de vue adoptés relèvent de l’histoire culturelle, de l’histoire de l’art ou de l’esthétique.</p>";;24/08/2010 16:33;1;Première édition;3675 501;1;3;28;Racine et radical;N°39/2010;;;"<p style=""text-align: justify;"">Résutats des recherches sur la structure des mots et références pédagogiques autour de la morphologie.</p>";"<div><p><strong>Mohamed Lahrouchi & Florence Villoing</strong><br /> Présentation</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Mohamed Lahrouchi & Philippe Ségéral</strong><br /> La racine consonantique : évidence dans deux langages secrets en berbère tachelhit</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Matthew A. Tucker</strong><br /> Roots and prosody: The Iraqi Arabic derivational verb</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Nora Arbaoui</strong><br /> La syntaxe de la forme II de l’arabe classique</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Michel Roché</strong><br /> Base, thème, radical</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Fabio Montermini</strong><br /> The lexical representation of nouns and adjectives in Romance languages</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Hors-Thème</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>David Nicolas</strong><br /> Towards a semantics for mass expressions derived from gradable expressions</p></div>";;10/01/2011;39;155x220;192;978-2-84292-264-1;9782842922641;0;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_501.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Mohamed Lahrouchi et Philippe Ségéral</em><br /><strong>La racine consonantique : évidence dans deux langages secrets en Berbère Tachelhit</strong><br />Dans cet article, nous argumentons en faveur d’une morphologie à base de racine et gabarit (« Root-and-Template »). Nous montrons que ces deux objets sont les unités de base manipulées dans deux langages secrets de femmes, taqjmit et tagnawt. Les locutrices sont capables d’isoler dans les formes-source tachelhit des suites consonantiques de niveau exclusivement radical, et les transforment ensuite par diverses opérations de déguisement. Dans les deux langages secrets, la racine apparaît comme fondamentalement trilitère ; l’épenthèse (en tagnawt) et la reconversion du matériel affixal en consonnes radicales (en taqjmit) permettent aux racines déficitaires bi- et monoconsonantiques héritées des formes tachelhit d’atteindre cette trilitéralité obligatoire. Quant aux gabarits, ils sont fixes, au nombre de deux, incluant des sites morphologiques prédéfinis, qui déterminent le type d’opérations observées dans les formes déguisées (gémination, réduplication, affixation, etc.). Deux contraintes particulières sont, par ailleurs, définies : répétition stricte en taqjmit et satisfaction du gabarit en entier en tagnawt. Ces contraintes permettent d’expliquer certaines différences formelles entre les deux langages, celles liées en particulier à la taille des formes (régulière en tagnawt mais variable en taqjmit) et au comportement de certaines formations quadriconsonantiques (substitution en tagnawt d’un schwa à une voyelle périphérique).<br />Mots-clés : Morphophonologie, racine consonantique, gabarits, langages secrets, berbère tachelhit, taqjmit, tagnawt.<br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Matthew A. Tucker</em><br /><strong>Roots and prosody: The Iraqi Arabic derivational verb<br /></strong>De récentes études en morphologie non-concaténative et gabaritique, dans le cadre de la Théorie de l’Optimalité, tels les systèmes verbaux de l’arabe et de l’hébreu, soutiennent que ce type de morphologie peut faire l’économie de la racine consonantique (Bat-El, 1994; Ussishkin, 1999, 2000, 2005; Buckley, 2003). Cet article propose une approche qui concilie racine consonantique et gabarit prosodique. Inspirée d’un travail de Kramer (2007), cette approche soutient que les propriétés liées traditionnellement à racine-et-schème (« Root-and-Pattern ») découlent de la satisfaction des contraintes de marque prosodiques, au détriment des contraintes de fidélité, notamment Contigüité et Intégrité. L’article montre en outre que les problèmes posés par les langues à morphologie non-concaténative et gabaritique trouvent des solutions dans le cadre de la Théorie du Gabarit Généralisé (« Generalized Template Theory », McCarthy & Prince, 1995) où l’économie est faite des correspondances Output-Output. Ce faisant, il argumente pour l’extension des contraintes de marque indexées (« indexed markedness constraint », Pater, à paraître) aux alternances prosodiques. En particulier, il est montré que l’augmentation prosodique résulte des hiérarchisations spécifiques de ces contraintes, évitant ainsi le recours au matériel prosodique dans l’input. <br />Mots-clés : Morphophonologie, morphologie gabaritique, racine consonantique, arabe.<br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Nora Arbaoui</em><br /><strong>La syntaxe de la forme II de l’arabe classique<br /></strong>La forme II de l’arabe classique gémine la deuxième consonne de la racine et dénote plusieurs significations : le causatif, l’intensif, l’estimatif et le dénominatif. L’analyse morphophonologique proposée par Guerssel & Lowenstamm (1990) montre l’existence d’une position (CV) dérivationnelle dans un gabarit de forme : CV (CV) CVCV, responsable de la réalisation de la géminée. Cependant, dans une telle analyse, les diverses interprétations qu’exprime cette forme ne trouvent pas d’explication.<br />Dans cet article, nous proposons une analyse syntaxique de la forme II de l’arabe classique, laquelle permet d’apporter une réponse quant à l’origine de ce (CV) dérivationnel et des positions CV du gabarit de base. De même, elle permet d’expliquer les différentes interprétations sémantiques que peut dénoter cette forme. La forme II est analysée de la même manière qu’un verbe causatif en français : elle renferme une structure englobant un VP, un vP en plus d’une projection √P. La racine est présentée non seulement comme étant une suite de trois consonnes mais aussi comme constituant un domaine où elle projette ses propres arguments.<br />Cet article montre l’intérêt de la considération de la racine et illustre la solution que peut apporter la syntaxe à des problèmes considérés comme étant d’ordre morphophonologique.<br />Mots-clés : Interface phonologie-syntaxe, arabe classique, forme II, structure de la racine, intensif, causatif, gabarit.<br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Michel Roché</em><br /><strong>Base, thème, radical<br /></strong>On se propose de montrer, à partir d’observations portant sur la morphologie constructionnelle du français, que la notion de thème (stem) – utilisée habituellement pour rendre compte de l’allomorphie radicale des lexèmes – est en fait ambiguë et correspond à deux objets distincts : l’un intrinsèque au lexème (l’une de ses formes phonologiques, antérieures à la flexion et à la dérivation), l’autre lié à la dérivation (la chaîne segmentale correspondant à la base dans le mot construit). On réservera au premier l’étiquette thème et l’on appellera le second radical. On abordera successivement les deux étapes de la formation du radical lors d’une opération constructionnelle : la sélection du thème dans l’espace thématique du lexème base ou son remplacement par un thème supplétif ; la modification éventuelle – par épenthèse, troncation, substitution, insertion d’un interfixe, etc. – du thème sélectionné pour satisfaire des contraintes phonologiques ou lexicales.<br />Mots-clés : Morphologie dérivationnelle, base, thème, radical, dérivation, allomorphie, français.<br /><br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Fabio Montermini</em><br /><strong>The lexical representation of nouns and adjectives in Romance languages</strong><br />Cet article traite de la manière dont les unités lexicales sont stockées dans la mémoire des locuteurs, de la manière dont la flexion et la dérivation interagissent, et de la définition de quelques notions morphologiques, comme thème, racine, mot-forme, etc. Plus largement, deux modèles concurrents de la compétence morphologique y sont discutés : un modèle à « unités plus règles » et un modèle global basé sur l’analogie. L’analyse est conduite en particulier sur trois langues romanes : français, catalan et italien. Les données sont analysées dans le cadre d’un modèle de morphologie basé sur les mots. Les mots-formes sont considérés comme les unités de base de la mémorisation lexicale d’un point de vue universel. Ces formes sont organisées en des unités plus larges et plus abstraites, les lexèmes, qui correspondent grosso modo aux entrées d’un dictionnaire. Il est soutenu que les autres unités traditionnellement identifiées dans l’analyse morphologique, comme les thèmes, les racines, etc., peuvent fonctionner comme des unités d’organisation dans certains cas, mais ne doivent pas être considérées comme des unités morphologiques sur une base universelle.<br />Mots-clés : Morphologie, lexique, allomorphie, paradigmes, italien, français, catalan.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>David Nicolas</em><br /><strong>Towards a semantics for mass expressions derived from gradable expressions</strong><br />Quelle est la sémantique des expressions massives comme sagesse et amour, qui sont dérivées d’expressions graduables (sage, aimer) ? Nous examinons d’abord comment ces expressions sont utilisées, puis comment elles sont interprétées dans leurs divers emplois. Nous montrons en particulier que, tout comme avec les noms massifs concrets ordinaires (vin, mobilier), les énoncés où elles figurent peuvent recevoir des interprétations distributives, collectives et intermédiaires. Nous proposons alors un modèle qui explique ces données, dans lequel les expressions massives dérivées dénotent des instances de propriétés. Le modèle est suffisamment général pour s’appliquer aussi bien aux noms massifs concrets qu’aux noms massifs dérivés. Ceci établit que les noms massifs ont une sémantique uniforme. Une autre caractéristique du modèle est que pour expliquer la graduabilité des expressions massives, il n’emploie degrés et fonctions de mesure que lorsque ceux-ci sont ouvertement exprimés, dans des expressions comme beaucoup de sagesse ou deux litres de vin.<br />Mots-clés : Noms massifs, nominalisation, propriétés, graduabilité, distributivité.</p>";"<div><p>Présentation</p><p>Un problème récurrent dans la théorie morphologique concerne le statut de la racine et son rôle dans la formation des mots. Le sens qu’on attribue à cette entité et la place qui lui est accordée dans la grammaire dépendent de la perspective théorique retenue et des langues considérées. Au sens classique du terme, hérité des travaux des comparatistes du xixe siècle qui lui ont attribué un statut théorique précis pour l’étude de l’évolution historique des langues indo-européennes (cf. Benveniste, 1935 <a id=""footnote-1728-1-backlink"">1.</a>, pour une synthèse), la racine est ce qui reste du « mot » après que tous les affixes lui ont été soustraits ; c’est l’unité porteuse de l’identité du mot, non autonome en syntaxe et que l’on peut retrouver dans d’autres mots constituant une famille morphologique. Dans les langues de type indo-européen, cette unité est alors définie comme monosyllabique, organisée autour d’un noyau vocalique qui peut être entouré de une à trois consonnes selon des schémas d’organisation limités. Les travaux ultérieurs en linguistique synchronique ont progressivement adapté la notion de racine, qui, bien que minimale, peut correspondre à des unités plurisyllabiques et autonomes en syntaxe (cf. Huot, 2005 <a id=""footnote-1728-2-backlink"">2.</a>, pour une application au français).</p><p>La racine est de fait souvent synonyme de radical ou de thème. On dira, par exemple, que rare, rareté, rarement, rarissime, raréfier, raréfaction, raréfiable partagent la racine rare tandis que devoir, devez, doit et dû partageraient, du moins à un certain niveau de l’analyse, la racine monoconsonantique d- (cf. Kilani-Schoch & Dressler 2005) <a id=""footnote-1728-3-backlink"">3.</a>.</p><p>Dans les langues afro-asiatiques, en particulier le sémitique, on admet que les mots reliés morphologiquement partagent une même racine, constituée entièrement de consonnes discontinues et véhiculant un sens général. Avec l’avènement dans les années soixante-dix de la phonologie autosegmentale, la racine consonantique acquiert un statut de morphème à part entière, exprimé à travers les représentations multilinéaires où l’on distingue le niveau de la racine des autres niveaux morphémiques (cf. McCarthy, 1979, 1981) <a id=""footnote-1728-4-backlink"">4.</a>.</p><p>Depuis, une littérature féconde s’est accumulée, établissant clairement une dichotomie typologique entre les langues afro-asiatiques, essentiellement sémitiques, dites à morphologie non-concaténative, et les autres langues où la morphologie concaténative prédomine.</p><p>Le développement de la morphologie lexématique (initialement « Word-based » chez Aronoff (1976) <a id=""footnote-1728-5-backlink"">5.</a>, puis « Lexeme-based » chez Anderson (1992) <a id=""footnote-1728-6-backlink"">6.</a> et seq.) et, avec elle, la définition du lexème comme unité d’input des règles morphologiques, ont remis en cause la notion classique de racine. En particulier, la représentation du lexème, qui traite forme et sens séparément, entre en contradiction avec la notion de racine qui ne dissocie pas ces deux propriétés définitoires. Ainsi, le stem (appelé « thème » ou « radical » dans la littérature française), domaine phonologique de réalisation des règles morphologiques, est dépourvu de sens. Sa qualité de pure forme sonore a notamment été mise au jour par Aronoff (1994 : chapitre 2) <a id=""footnote-1728-7-backlink"">7.</a>, dans l’étude de l’exemple le plus connu des « Priscianic formations » (Matthews, 1972) <a id=""footnote-1728-8-backlink"">8.</a> : la forme du participe actif futur du latin (laudāt-ūr- pour le verbe louer). Construit, non pas directement sur la racine du verbe (laudā-), mais sur le stem du participe parfait passif (laudāt-), le participe actif futur n’en hérite pour autant pas la valeur sémantique.</p><p>Outre ces exemples de verbes déponents du latin, la notion de racine achoppe à rendre compte des liens morphologiques entre unités construites dans les cas où les allomorphies des bases tendent vers une supplétion forte ou encore que les relations morphologiques ne sont pas marquées au moyen d’un affixe : comment reconnaître, par exemple, la racine de aigu dans acuité, de chaud dans chaleur ? Peut-on identifier une racine commune à beau et belle, œil et yeux, morphologiquement reliés sans affixation ?</p><p>Parallèlement, dans les langues sémitiques, domaine empirique couvert traditionnellement par les modèles morphologiques à base de racine et gabarit, la notion de racine consonantique est aussi remise en cause. De récentes études, principalement inspirées de la Théorie de l’Optimalité, proposent, à la place, de dériver les mots à partir d’autres mots existants. Les principaux arguments avancés contre ce morphème exclusivement consonantique concernent son caractère abstrait et son incapacité à rendre compte, le cas échéant, du transfert de propriétés prosodiques entre bases et dérivés : en arabe classique, par exemple, <span>ʒundub</span> (sg.)/<span>ʒanaadib</span> (pl.) ‘criquet’ affichent une voyelle finale brève, tandis que dans <span>sultˁaan</span> (sg.)/<span>salaatˁiin</span> (pl.) ‘sultan’ cette même voyelle apparaît comme longue. De même, en hébreu, les verbes dénominaux tels que flirtet ‘flirter’, fikses ‘faxer’ et trinsfer ‘transférer’ héritent de leurs bases flirt ‘flirt’, faks ‘fax’ et transfer ‘transfert’ des groupes consonantiques (voir Ussishkin 1999 ; Bat-El 1994) <a id=""footnote-1728-9-backlink"">9.</a>. La racine comme morphème exclusivement consonantique peine à rendre compte de ce type de propriétés.</p><p>Ce volume présente un ensemble d’articles qui met en évidence des arguments empiriques et théoriques en faveur de l’une ou l’autre des notions présentées ici (racine et radical/stem ) et des approches morphologiques qui les sous-tendent, contribuant à saisir les enjeux théoriques que les débats actuels en morphologie soulèvent.</p><p>Les trois premières contributions montrent, dans des cadres théoriques différents, la pertinence de la racine consonantique et son rôle dans l’analyse morphologique.</p><p>Dans l’article intitulé « La racine consonantique : évidence dans deux langages secrets », Mohamed Lahrouchi et Philippe Ségéral montrent à la lumière des données de deux langages secrets féminins en berbère tachelhit, tagnawt et taqjmit, que les locutrices sont capables d’isoler sans erreur dans les formes tachelhit les suites consonantiques de la racine et de les manipuler ensuite dans diverses opérations morphologiques. L’analyse proposée plaide clairement pour une morphologie à base de racine et gabarit (« Root-and-Template ») dans laquelle la racine consonantique est un morphème à part entière et le gabarit un objet construit, incluant des sites dérivationnels, sièges d’opérations morphologiques particulières.</p><p>Matthew Tucker examine, dans sa contribution, les formes verbales de l’arabe iraquien dans le cadre de la Théorie de l’Optimalité. L’approche adoptée, appelée Racine-et-Prosodie (« Root-and-Prosody »), réintègre la racine consonantique comme ingrédient principal dans la dérivation, là où la plupart des travaux « optimalistes » militent pour son abandon. Cette approche soutient que la base de la dérivation dans les langues à morphologie non-concaténative, dont l’arabe iraquien fait partie, consiste en une racine consonantique et un affixe vocalique. Quant aux gabarits, ils sont définis en termes d’unités authentiques de la prosodie et dérivés par une hiérarchisation des contraintes de marque prosodique (« prosodic markedness constraints »).</p><p>Dans la contribution de Nora Arbaoui, la racine consonantique est intégrée dans une analyse syntaxique de la forme II de l’arabe classique et en particulier ses différentes interprétations sémantiques (causative, intensive, déclarative, estimative, dénominative). La racine y est présentée comme un domaine √P où sont projetés des arguments, dominé par d’autres projections VP et vP.</p><p>Les deux contributions suivantes, à l’inverse, plaident pour une mor­pho­logie à base de lexèmes. L’article de Michel Roché, « Base, thème, radical », dessine les grandes lignes d’une description des allomorphies de la dérivation française dans le cadre théorique de la morphologique lexématique. Il renonce d’emblée à la notion de racine dans une approche synchronique de la morphologie, et interroge la notion de thème (stem dans la littérature anglosaxonne), en faisant apparaître la nécessité de distinguer, derrière cette notion, deux objets différents, le thème et le radical. Il montre en quoi le thème est propre au lexème (dont il est une des formes phonologiques), tandis que le radical est lié à la dérivation et se rapporte à la chaîne segmentale correspondant à la base dans le mot construit. La proposition de M. Roché se distingue par son originalité étant donné que la distinction qu’il opère entre thème et radical a été jusqu’à présent négligée dans la littérature. Alors que le radical est le plus souvent formellement identique à l’un des thèmes du lexème base, son article donne à voir d’autres situations où la formation du radical ne se limite justement pas à la sélection du thème. Il parvient ainsi à démontrer que toute l’allomorphie n’est pas inscrite dans le lexème.</p><p>L’article de Fabio Montermini, « The lexical representation of nouns and adjectives in Romance languages », traite de la forme exacte des représentations des unités stockées dans le lexique à partir de l’examen de la variation de formes dans la flexion des « nominaux » (noms et adjectifs) de trois langues, le français, l’italien et le catalan. Il examine les différentes théories qui permettent de rendre compte de ces données et présente une argumentation convaincante contre un modèle d’analyse morphologique basé sur les morphèmes et pour un modèle basé sur les mots (lexèmes), jugé cognitivement et typologiquement plus adéquat. En s’appuyant sur les modalités de l’analyse en « espaces thématiques », suivant, par exemple, les travaux de Pirrelli & Batista et Bonami & Boyé (cf. références dans l’article) et en examinant la manière dont flexion et dérivation interagissent, l’auteur montre que, si les notions de racine et de thème peuvent fonctionner comme des unités d’organisation dans certains cas, elles ne doivent pas être considérées comme des unités morphologiques sur une base universelle. Il conclut que les objets de la mémorisation lexicale par les locuteurs sont les formes de mots. Le lexème émerge comme une unité abstraite, un réseau de formes connectées par des fonctions spécifiques plutôt qu’une forme sous-jacente abstraite.</p><p>David Nicolas clôt le volume par un article hors thème où il examine les propriétés sémantiques des expressions massives de type wisdom ‘sagesse’ et love ‘amour’, dérivées d’expressions graduables wise ‘sage’ et to love ‘aimer’. Il propose un modèle général qui peut s’appliquer aussi bien aux noms massifs dérivés qu’aux noms massifs concrets.</p><p>Nous remercions les auteurs pour leurs contributions et les Presses Universitaires de Vincennes pour leur professionnalisme.</p><p>Florence Villoing & Mohamed Lahrouchi</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-1728-1"">1</a> Benveniste, Émile (1935). Origine de la formation des noms en indo-européen. Paris : Maisonneuve, chapitre 9 « Esquisse d’une théorie de la racine ».</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-2"">2</a> Huot, Hélène (2005). Morphologie. Forme et sens des mots du français. Paris : Armand Colin.</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-3"">3</a> Kilani-Schoch, Marianne ; Dressler, Wolfgang (2005). Morphologie naturelle et flexion du verbe français. Tübingen : Narr Verlag.</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-4"">4</a> McCarthy, John (1979). Formal Problems in Semitic Phonology and Morphology. Doctoral dissertation, MIT, Cambridge : MA. McCarthy, John (1981). A prosodic theory of nonconcatenative morphology. Linguistic Inquiry 12 : 373-418.</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-5"">5</a> Aronoff, Mark (1976). Word Formation in Generative Grammar. Cambridge : MIT Press.</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-6"">6</a> Anderson, Stephen R. (1992). A-Morphous Morphology. Cambridge : Cambridge University Press.</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-7"">7</a> Aronoff, Mark (1994). Morphology by itself. Cambridge : MIT Press.</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-8"">8</a> Matthews, Peter H. (1972). Inflectional Morphology. A Theoretical Study Based on Aspects of Latin Verb Conjugation. Cambridge : Cambridge University Press.</p></div><div><p><a id=""footnote-1728-9"">9</a> Bat El, Outi (1994). Stem modification and cluster transfer in Modern Hebrew. Natural Language and Linguistic Theory 12 : 571-596.</p><p>Ussishkin, Adam (1999). The inadequacy of the consonantal root : Modern Hebrew denominal verbs and the output-output correspondence. Phonology 16/3 : 401-442.</p></div></div></div>";"<!-- @font-face { font-family: ""Times-Roman""; }@font-face { font-family: ""Times-Italic""; }@font-face { font-family: ""DoulosSIL""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p.Rsum, li.Rsum, div.Rsum { margin: 0cm 0cm 7.1pt; text-align: justify; line-height: 12pt; font-size: 9pt; font-family: Times-Roman; color: black; }div.Section1 { page: Section1; } --><p style=""text-align: justify;""><span style=""color: #000000;""><em>Mohamed Lahrouchi et Philippe Ségéral</em></span><br /><span style=""color: #000000;""><strong>La racine consonantique : évidence dans deux langages secrets en Berbère Tachelhit</strong><span style=""font-size: x-small;""><br />This article offers supporting evidence for the Root-and-Template model of morphology. It is argued that the consonantal root and the template are the basic morphological units handled in <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Tagnawt </span></em>and <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Taqjmit</span></em> (two secret languages used by women in Tashlhiyt Berber). Speakers are able to extract from Tashlhiyt forms only root consonants, and then disguise them by means of various morphological operations. In both languages, the root appears as fundamentally triliteral; bi- and monoconsonantals resorting to epenthesis (in <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Tagnawt</span></em>) or incorporating affixes as root consonants (in <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Taqjmit</span></em>) in order to achieve the required triliterality. As for templates, each of these secret languages displays a fixed-shape template over which certain morphological operations are realized, including gemination, reduplication and affixation. In addition, two major constraints are set, namely strict repetition in <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Taqjmit</span></em> and template satisfaction in <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Tagnawt</span></em>. These constraints prove necessary in explaining the size variations in <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Taqjmit</span></em> forms, as well as the behaviour of certain quadriconsonantal forms in <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">Tagnawt</span></em>, where the medial vowel a is replaced with schwa [<span style=""font-family: DoulosSIL;"">ə</span>].</span></span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><!-- @font-face { font-family: ""Times-Roman""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p.Rsum, li.Rsum, div.Rsum { margin: 0cm 0cm 7.1pt; text-align: justify; line-height: 12pt; font-size: 9pt; font-family: Times-Roman; color: black; }div.Section1 { page: Section1; } --><p class=""Rsum"" style=""text-align: justify;""><span style=""color: #000000;""><em>Matthew A. Tucker</em></span><br /><span style=""color: #000000;""><strong>Roots and prosody: The Iraqi Arabic derivational verb</strong><span style=""font-size: x-small;""><br />A number of recent Optimality-Theoretic approaches to Nonconcatenative Templatic Morphologies (NTM) such as the verbal systems of Arabic and Hebrew have argued that NTMs do not require reification of the consonantal root (Bat-El, 1994; Ussishkin, 1999, 2000, 2005; Buckley, 2003). This article presents an approach to deriving NTMs which countenances both the morphemic status of the consonantal root and the emergent nature of the prosodic template. Based upon work in Kramer (2007) this “root-and-prosody’’ model claims that root-and-pattern behavior arises from the necessary satisfaction of prosodic markedness constraints at the expense of the faithfulness constraints <span style=""font-variant: small-caps;"">Contiguity </span>and <span style=""font-variant: small-caps;"">Integrity</span>. Additionally, this article shows that a solution exists to the problem of NTM languages within Generalized Template Theory (McCarthy & Prince, 1995) which does not need Output-Output Correspondence. In doing so, this work also argues for the extension of indexed markedness constraint (Pater, to appear) to prosodic alternations. Prosodic augmentation is shown to follow from particular rankings of such indexed prosodic markedness constraints, eliminating the need for prosodic material in the input.</span></span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><!-- @font-face { font-family: ""Times-Roman""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p.Rsum, li.Rsum, div.Rsum { margin: 0cm 0cm 7.1pt; text-align: justify; line-height: 12pt; font-size: 9pt; font-family: Times-Roman; color: black; }div.Section1 { page: Section1; } --><p class=""Rsum"" style=""text-align: justify;""><span style=""color: #000000;""><em>Nora Arbaoui</em><strong><br />La syntaxe de la forme II de l’arabe classique<br /></strong><span style=""font-size: x-small;"">Verbal measure II in Classical Arabic is characterized by geminated second consonant of the root. It vehicles different values: causative, intensive, estimative and denominative. Guerssel and Lowenstamm proposed a morphophonological analysis of this measure based on the existence of a derivational position (CV) in a template of the form : CV (CV) CVCV, which allows the realization of the geminate. However, the different interpretations conveyed by this measure did not find a satisfying explanation within the frame of such analysis. This paper is an attempt at offering a syntactically-based analysis of measure II in Classical Arabic, that provides an explicit elucidation not only of the origin of the derivational (CV) and the CV positions of the template, but also of the various semantic interpretations denoted by measure II. In the proposed analysis we demonstrate that the structure of verbal measure II includes VP, vP and a √P projection, just like French causative verb does. Furthermore, the root is not just considered as a sequence of three consonants, but as a domain that projects its own arguments. In this article, the value of the root existence is emphasized as well as the ability of syntax to offer solutions to problems long been considered morphophonological ones. </span></span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><!-- @font-face { font-family: ""Times-Roman""; }@font-face { font-family: ""Times-Italic""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p.Rsum, li.Rsum, div.Rsum { margin: 0cm 0cm 7.1pt; text-align: justify; line-height: 12pt; font-size: 9pt; font-family: Times-Roman; color: black; }div.Section1 { page: Section1; } --><p class=""Rsum"" style=""text-align: justify;""><span style=""color: #000000;""><em>Michel Roché</em><strong><br />Base, thème, radical<br /></strong><span style=""font-size: x-small;""><span lang=""EN-GB"">The</span> aim of this paper is to show that the notion of <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">stem,</span></em> used by morphologists to account for radical allomorphy of lexemes, is ambiguous. <span lang=""EN-GB"">In some contexts, it refers to the phonological forms of a lexeme, stored in the lexical memory of speakers regardless of their use in derivation; in others, to the sound form to which an affix is attached. We shall call </span><em><span style=""font-family: Times-Italic;"" lang=""EN-GB"">stem </span></em><span lang=""EN-GB"">(Fr. </span><em><span style=""font-family: Times-Italic;"" lang=""EN-GB"">thème</span></em><span lang=""EN-GB"">) the former, </span><em><span style=""font-family: Times-Italic;"" lang=""EN-GB"">radical </span></em><span lang=""EN-GB"">(Fr. </span><em><span style=""font-family: Times-Italic;"" lang=""EN-GB"">radical</span></em><span lang=""EN-GB"">) the latter. The making of the radical, in derivation, mainly consists in selecting one of the stems of the base or, possibly, a suppletive one – an operation which is not, therefore, always predictable. With evidence from derivation in French, we shall argue that this stem, under phonological or lexical constraints, may be further modified by epenthesis, deletion, substitution, interfixation, etc. to form the radical of derivatives.</span></span></span></p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /></p><!-- @font-face { font-family: ""Times-Roman""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p.Rsum, li.Rsum, div.Rsum { margin: 0cm 0cm 7.1pt; text-align: justify; line-height: 12pt; font-size: 9pt; font-family: Times-Roman; color: black; }div.Section1 { page: Section1; } --><p class=""Rsum"" style=""text-align: justify;""><span style=""color: #000000;""><em>Fabio Montermini</em><strong><br />The lexical representation of nouns and adjectives in Romance languages</strong><span style=""font-size: x-small;""><br />This paper discusses such issues as the format under which lexical units are stored in memory, the way in which inflection and derivation interact, and the definition of morphological units, such as stem, root, word form, etc. More largely, two competing models of morphological competence, a “units-plus-rules” model and a global model based on analogy, are discussed. The main focus is on nouns and adjectives in three Romance languages: French, Catalan and Italian. The data are analyzed within a word-based model of morphology. Word forms are considered to be the main units of lexical memorization universally. These forms are organized into larger, more abstract units, the lexemes, roughly corresponding to dictionary entries. It is claimed that the other units traditionally identified in morphological analyses, such as stems, roots, etc. may serve as organizing units in some cases, but should not be considered to be universal units of morphology cross-linguistically.</span></span></p><p style=""text-align: justify;""> </p><!-- @font-face { font-family: ""Times-Roman""; }@font-face { font-family: ""Times-Italic""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p.Rsum, li.Rsum, div.Rsum { margin: 0cm 0cm 7.1pt; text-align: justify; line-height: 12pt; font-size: 9pt; font-family: Times-Roman; color: black; }div.Section1 { page: Section1; } --><p class=""Rsum"" style=""text-align: justify;""><span style=""color: #000000;""><em>David Nicolas</em><strong><br />Towards a semantics for mass expressions derived from gradable expressions</strong><span style=""font-size: x-small;""><br />What semantics should we attribute to mass expressions like <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">wisdom</span></em> and <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">love</span></em>, which are derived from gradable expressions (<em><span style=""font-family: Times-Italic;"">wise</span></em>, <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">to love</span></em>)? We first examine how these expressions are used, then how they are interpreted in their various uses. We show in particular that, just like with ordinary concrete mass nouns (<em><span style=""font-family: Times-Italic;"">wine</span></em>, <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">furniture</span></em>), sentences where they appear are liable to distributive, collective, and intermediate construals. We then propose a model to account for these data, in which derived mass expressions denote instances of properties. The model is general enough to apply both to concrete and derived mass nouns. This establishes that mass nouns have a uniform semantics. Another feature of the account is that, to explain the gradability of mass expressions, it makes use of degrees and measure functions only when these are overtly expressed, in expressions like <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">a lot of wisdom</span></em> and <em><span style=""font-family: Times-Italic;"">two litres of wine</span></em>.</span></span></p>";330;17.00;"<p style=""text-align: justify; padding-left: 30px;"">L'intérêt de ce numéro est double : il s'agit d'abord de présenter des résultats de recherches sur la question de la structure des mots, dans diverses langues naturelles, typologiquement aussi éloignées que le sont le français et l'arabe, le berbère et l'italien. Il s'agit également de fournir quelques références pédagogiques aux étudiants intéressés par la linguistique, et plus particulièrement la morphologie.</p>";;24/08/2010 16:35;0;Première édition;3146 502;1;3;24;Faux et falsification en Chine, au Japon et au Viêt Nam;N°32/2010;;;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""font-size: 10pt; font-family: Times;"">Qu’est-ce qui rend possible la falsification et la circulation de faux en Chine, au Japon et au Viêt Nam ? <br /></span></p>";"<div><p><strong>Emmanuel Poisson</strong><br /> Faux, falsification, pouvoir et société</p><p><em>Fakes, Falsification, Power and Society</em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Faux et légitimation du pouvoir politique <br /> <em>Fakes and Legitimization of Political Power</em></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>François Martin</strong><br /> Des faux qui ne trompent personne - Les textes d’abdication sous les Six Dynasties</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Fakes That Do not Deceive – Abdication Writings of the Six Dynasties</em><br /> <br /> <strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>François Thierry</strong><br /> Fausses dates et vraies monnaies - Rites, information, propagande et histoire dans la numismatique chinoise</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>False Dates, Authentic Coins – Rites, Information, Propaganda and History in Chinese Numismatics</em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><em>II. Le faux entre demande sociale… <br /> Between the Social Need for Fakes…</em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <strong>Guillaume Carré</strong><br /> Par delà le premier ancêtre - Les généalogies truquées dans le Japon prémoderne (XVIe-XIXe siècles)</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Beyond the First Ancestor – Falsified Genealogies in Premodern Japan (16th – 19th Century)</em><br /> <br /> <strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean-Pierre Berthon</strong><br /> Production et utilisation d’apocryphes à caractère religieux dans le Japon du XXe siècle</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Production and Use of Religious Apocrypha in 20th Century Japan</em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>III. …et exigences éthiques </strong><br /><em><strong> …and Ethical Exigencies</strong></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /> <strong>Christian Lamouroux et Guillaume Carré</strong><br /> Faux produits et marchandises contrefaites dans la Chine et le Japon prémodernes. Réglementations, corps de métiers et contraintes éthiques</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Fake Products and Counterfeit Goods in Premodern China and Japan. Regulations, Guilds and Ethical Constraints </em><br /> <br /> <strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Ðinh Trọng Hiếu</strong><br /> Vraies et fausses vierges au Viêt Nam. La falsification corporelle en question</p><p style=""padding-left: 30px;"">Real and Fake Virgins in Vietnam – Questioning Body Falsification <br /> <br /> <strong>Arnaud Nanta</strong><br /> Comprendre l’affaire de falsification d’outils paléolithiques de 2000. Histoire de l’archéologie paléolithique et de l’homme fossile au Japon</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Understanding the Case of Paleolithic Tool Falsification in Japan at the Start of the New Century. A History of Paleolithic Archeology and Fossil Man in Japan</em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. Regard extérieur<br /> <em>Exterior View</em></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Laurent Feller </strong><br /> Du bon usage du faux</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>About the Proper Use of Fakes</em></p></div><p><br /> <br /> <br /></p>";;10/10/2010;32;155x220;244;978-2-84292-263-4;9782842922634;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_502.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>François MARTIN</em><br /><strong>Des faux qui ne trompent personne. Les textes d'abdication sous les Six Dynasties <br /></strong>Une des caractéristiques les plus frappantes du haut Moyen Age chinois (IIIème-VIème s.) est un mode original de succesion d'une dynastie à une autre : celui d'une abdication (on en compte quatorze en tout) reposant sur la fiction d'une cession volontaire du pouvoir au profit d'un usurpateur qui le détient déjà dans les faits. Le processus, censé inspiré par le précédent des sages empereurs mythiques Yao et Shun, avait en fait pour prototype l'abdication extorquée par Wang Mang à la maison des Han, bien que cette figure maudite ne soit jamais évoquée à leur propos. Un certain nombre de textes caractéritiques - panégyrique du futur souverain, acte d'abdication, brevet de transmission du sceau de l'Etat, etc.- jouaient dans le mécanisme de l'abdication un rôle fondamental. Tous ces textes, qui sont parfois des chefs-d'oeuvre d'art littéraire, et font appel en tous cas à une science rhétorique consommée, n'étaient pas de la main du souverain abdicataire, censé cependant en être l'auteur, mais étaient dus au pinceau d'auteurs de renom. Si ces écrits, qui faisaient massivement appel aux précédents historiques et à l'idéologie impériale (le mandat céleste en particulier) ne trompaient certainement personne, ils étaient nécessaires à la légitimation de l'abdication. la notion de faux se détache ici de son support matériel pour rejoindre les catégories morales. Bien que ces ""textes d'abdication"" ne puissent être confondus avec les ordres impériaux forgés à l'occasion de tel ou tel coup de force - des faux purs et simples dans tous les sens du mot - , ils méritent bien eux aussi, par leur intention de tromper la postérité - sinon les contemporains - et de falsifier l'Histoire, d'être qualifiés de faux. On a pris comme support de cette étude un cas concret : l'abdication du dernier souverain des Song de Liu au profit du fondateur des Qi méridionaux, en 479, et on a tenté de montrer que l'opinion était loin d'accepter sans ciller cette falsification portée à la hauteur d'une institution.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>François THIERRY</em><br /><strong>Fausses dates et vraies monnaies. Rites, information, propagande et histoire dans la numismatique chinoise</strong><br />Dans l'histoire monétaire de la Chine, le binôme du vrai et du faux ne pose pas seulement le problème de ce qui est authentique et ce qui ne l'est pas, mais la question de la nature de l'authenticité : est-ce celle de l'émetteur, celle du métal ou celle de l'inscription ? ce qui a retenu ici notre intérêt, ce sont les rapports entre l'inscription qui date une monnaie et la date réelle à laquelle cette monnaie a été émise. On constate en effet qu'à plusieurs reprises, en Chine, on a émis, volontairement ou non, de la monnaie portant des dates ne correspondant pas à la période d'émission. Les causes de cette inexactitude peuvent être multiples, mauvaise information, volonté de tromper sur la quantité du numéraire, respect d'un rituel ou propagande politique. Dans tous ces cas, la monnaie reste un témoignage authentique du processus de fonte monétaire et des pratiques politiques et sociales de la Chine anciennes.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Guillaume CARRE</em><br /><strong>Par delà le premier ancêtre. Les généalogies truquées dans le Japon prémoderne (XVIème-XIXème siècles)</strong><br />Le souci d'identifier ses ancêtres pour constituer un lignage dans lequel s'inscrit l'identité individuelle s'est progressivement répandu dans la population japonaise jusqu'à l'ère Meiji, au fur et à mesure que s'imposait à des catégories de plus en plus larges de la société le modèle familial de la famille-souche. A l'époque d'Edo, alors que les progrès de l'éducation homogénéisaient peu à peu la culture historique des élites sociales, l'établissement des généalogies familiales n'était pas un simple divertissement, ou un moyen de satisfaire des sentiments de vanité : il s'agissait toujours, d'une manière ou d'une autre, d'asseoir un statut et un rang dans une société d'ordres et de légitimer des positions. L'importance sociale, voire politique, accordée, aux origines familiales, poussait naturellement à l'élaboration de généalogies falsifiées ou truffées d'assertions douteuses. Dans cet article, qui porte principalement sur la période prémoderne (XVIème-XIXème siècles), nous montrons comment l'instauration d'un pouvoir guerrier fort sous les Tokygawa amena un renforcement du contrôle de l'autorité politique sur l'établissement des généalogies. Ces dispositifs visaient cependant moins la véracité historique que la stabilisation et pérennisation de la société d'ordres, ce qui explique qu'ils n'aient jamais découragé, bien au contraire, l'élaboration de généalogies truquées. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Pierre BERTHON</em><br /><strong>Production et utilisation d'apocryphes à caractères religieux dans le Japon du XXème siècle</strong><br />L'article présente, à travers l'exemple de plusieurs mouvements religieux qui sont apparus depuis l'époque Meiji (1868-1912), le rôle qu'ont joué les récits apocryphes dans les revendications identitaires et les visions du monde que ces nouvelles religions ont proposées à leurs disciples, à un moment où l'Etat japonais combattait les croyances et pratiques religieuses traditionnelles considérées comme autant de barrières à l'""ouverture à la civilisation"" (<em>bunmei kaika</em>). Face à ces religions d'essence millénaristes, l'Etat oppose une spiritualité nouvelle centrée autour de la figure de l'Empereur, représentant sur terre de la divinité ancestrale Amaterasu Omikami. Les récits apocryphes alimentent de fait une tension permanente entre la création de récits d'origine incompatibles avec les mythes nationaux, et un ultra nationalisme qui invente une histoire falsifiée et donne au Japon impérial un droit à gouverner le monde. Ils posent, plus largement, le problème d'un nationalisme culturel qui perdure parmi les nouvelles religions japonaises d'aujourd'hui, dont certaines jouent de ces ""traditions inventées"" pour revendiquer un universalisme conquérant.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Christian LAMOUROUX et Guillaume CARRE</em><br /><strong>Faux produits et marchandises contrefaites dans la Chine et le Japon prémodernes. Réglementations, corps de métiers et contraintes éthiques.</strong><br />L'article est consacré au problème des faux produits et des copies, abordé à partir de deux exemples, les soies et soieries dans la Chine des Song et les faux remèdes pharmaceutiques dans le Japon d'Edo, deux sociétés marquées par la croissance du secteur commercial entraînant de rapides changements sociaux. Notre approche s'est concentrée sur trois points : 1) le rôle des marchands et des intermédiaires dans la stabilité et le légalité des échanges ; 2) les négociations permanentes entre les organisations de marchands ou d'artisans et les autorités ; 3) les classifications des produits de différentes qualités faites par les usagers et les consommateurs, parmi lesquels on retrouve l'administration. Les premières conclusions indiquent que la qualité des produits dépendait principalement de deux facteurs : 1) la moralité des marchands et leur recherche de profits ; 2) les compromis issus des négociations, ce que nous avons appelé ""l'échange honnête"". Enfin, la découverte de la nécessité de lutter contre la contrefaçon apparaît aussi comme le corollaire du développement des sociétés d'échanges et donc de la concurrence dans les secteurs de la production et de la distribution. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Dinh Trong Hieu</em><br /><strong>Vraies et fausses vierges au Viêt Nam. La falsification corporelle en question</strong><br />L'étude de la virginité au Viêt Nam, parce qu'elle touche simultanément à l'intimité d'une femme et à sa réputation, a trop longtemps été envisagée sous l'angle de la morale. Rares, les travaux étaient, en outre, très restrictifs dans l'évocation du corps au sein d'une société empreinte du sceau du confucianisme. Sans doute l'irruption du sida dans les années 1990 a-t-elle conduit à la réalisation de multiples enquêtes sociologiques sur la virginité, dans le cadre général des recherches sur la sexualité. Toutefois, nombre d'études restent marquées par un biais moralisateur. L'article se propose de cerner plutôt pourquoi et comment on devient une fausse vierge. Sa problématique est centrée sur la falsification corporelle, dans le cadre socio-culturel d'un pays où la fluctuation entre le vrai et le faux est permanente. Une démarche globale a semblé la plus appropriée. Elle examine successivement l'éducation sexuelles dans la société vietnamienne, l'expérience de la défloration en dehors du mariage, la falsification de la virginité, volontaire ou contrainte, les motivations des acteurs sociaux, le cadre judiciaire quand il existe et, finalement, la répartition géographique d'un phénomène qui est loin d'être circonscrit au Viêt Nam.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Arnaud NANTA</em><br /><strong>Comprendre l'affaire de falsification d'outils paléolithiques de 2000. Histoire de l'archéologie paléolithique et de l'homme fossile au Japon</strong><br />Fin 2000, une affaire de faux archéologiques sans précédents éclata au Japon à propos du Paléolithique inférieur de l'archipel. Cette affaire de falsification remit en cause près de vingt-cinq années de travaux, ainsi que l'idée d'une présence humaine ""japonaise"" remontant à 600 000 ans dans le passé. L'enquête menée par l'Association japonaise d'archéologie montra que Fujimura Shin. ichi, vice-directeur du Centre de recherche sur la culture paléolithique du Tôhoku au moment des faits, avait réalisé des truffages systématiques depuis 1976, voire intégralement falsifié certains sites.<br />Pour autant, une analyse visant à comprendre les causes profondes, les motivations et la dynamique de cette affaire de faux ne pourrait se limiter à un seul homme. le présent article réfléchit tout d'abord sur la place et le rôle de ""l'archéologie nationale"" au sein des Etats-nations modernes, puis retrace l'histoire de la recherche paléolithique et de l'homme fossile dans le Japon du XXème siècle. La ""naissance"" du Paléolithique japonais après 1949 et le développement d'une recherche autonome dans le nord-est de l'archipel à partir des années 1960 sont ensuite présentés. Cette recherche du Nord-Est se développa de façon antagoniste avec le reste de l'archéologie japonaise, davantage portée sur la Protohistoire. Nous réfléchissons enfin au poids d'autres facteurs, tels que les financements de la recherche, la relation ambiguë que ce Centre entretenait avec la recherche paléolithique chinoise, ou encore le rôle des médias. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurent FELLER</em><br /><strong>Du bon usage du faux</strong><br />Le faux et la falsification atteignent, en Orient comme dans le reste du monde, l'ensemble des compartiments de la vie sociale. Ils posent des problèmes d'ordre éthique, ou de morale pratique, s'insèrent dans le débat idéologique ainsi que dans les pratiques familiales ou la vie économique. Les textes proposés dans ce volume et que ce papier commente, présentent, à travers des exemples et des situations assez divers dans le temps et concernant un espace très vaste, une gamme assez large des problèmes que pose la question du faux dans la vie sociale. La falsification est dans certains cas - hyménoplastie, reconstruction de généalogies - une manipulation effectuée avec des objectifs restreints pour des propos privés, relevant de la réussite sociale, individuelle et collective. Il s'agit de tricheries limitées visant à assurer la conformité d'une personne aux règles du jeu social. Dans d'autres cas -archéologie paléolithique, abdications impériales -, ces manipulations sont opérées non pour obtenir ce résultat, mais pour modifier le jeu lui-même. Enfin, au coeur de la vie économique, falsifications et faux posent la question du contrôle des institutions de l'Etat sur la production et les échanges, à la fois pour des raisons ayant trait à l'ordre social et à sa stabilité et, de façon très prosaïque aussi, pour des motifs fiscaux. La qualité des produits fabriqués, et donc la possibilité de les identifier de façon sûre, est également un point vital pour toute économie ayant cessé d'être une pure économie de subsistance et reposant autant sur l'échange que sur la production.</p>";;"<div><p style=""text-align: justify;""><em>François MARTIN</em><br /><strong>Fakes That Do not Deceive - Abdication Writings of the Six Dynasties<br /></strong>One of the most striking features of the early medieval period in China (3rd to 6th century) is an original mode of succession from one dynasty to the other : an abdication process (repeated 14 times altogether) based on the fiction of voluntary renunciation of power and benefiting a <em>de facto</em>, already empowered usurper. The process, supposedly inspired by the example of mythical sage-Kings Yao and Shunn, was modeled on the case of the abdication forced by Wang Mang on the House of Han, even though this accursed figure was never mentioned. A number of typical writings - panegyrics on the new sovereign, abdication acts, state seal transmission acts, etc. - played a fundamental role in the abdication process. All these texts, some of them literary masterpieces, reflected a subtle rhetorical art. They were not authored by the abdicating sovereign - although this was supposed to be the case - but were the work of famous writers. Whereas these writings, which extensively refer to historical precedents and to imperial ideology (in particular to the Heavenly Mandate), hardly deceived anyone, they were nevertheless necessary for legitimizing the abdication. Here, the conception of fake is disengaged form its material context and pressed into a moral category. Although it is true that these ""abdication writings"" cannot be confounded with imperial instructions fabricated during episodic coups - i. e, blatant fakes - it is legitimate to term them ""fakes"" as well, due to their underlying intention to deceive posterity (if not fellow contemporaries) and to manipulate history. The present contribution is based on a concrete case, the 479 A.D abdication of the last sovereign of the Liu Son dynasty in favor of the founder of the Southern Qi dynasty, and is an attempt to demonstrate that people were fat form accepting without a blink a falsification of such magnitude that affected such an august institution. </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>François THIERRY<br /></em><strong>False Dates, Authentic Coins - Rites, Information, Propaganda and History in Chinese Numismatics</strong><br />In the monetary history of ancient China, to put the question of the ""true"" and the ""fake"" is not only to question authenticity but questions the nature of the authenticity of the issuer, the metal, the inscription. This will engage our interest here : the relationship between an inscription that date coins and the actual date on which they were issued. Several times indeed, in China, authorities casted coins with inscriptions that, deliberately or not, did not correspond to the real date of issuance. Possible reasons for this inexactitude are multiple : bad information, will ti deceive about the weight of the metal, respect for ritual, or political propaganda. But what is true and genuine is that coin remains authentic testimony of the casting process and of political and social practices in ancient China.<br /><strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Guillaume CARRE<br /></em><strong>Beyond the First Ancestor - Falsified Genealogies in Premodern Japan (16th -19th Century)</strong><br />The practice of identifying one's ancestors in order to construct a linage expanded progressively in the Japanese population until the Meiji era, as increasingly larger segments of society adopted the stem family model. During the Edo era, while the progressive homogenization of education little by little brought about a historical culture of social elites, the construction of genealogies became more than simple entertainment or a means of satisfying sentiments of vanity : it was, in one way or another, a means of reinforcing one's status and rank in a hierarchically stratified society and legitimizing one's position. The social and even political importance ascribed to family origins provided the impetus for the elaboration of genealogies that were falsified or full of dubious assertions. In the present article, which mainly focuses on the pre-modern period (16th -19th Century), we demonstrate how the implementation of a strong warrior culture under Tokugawa rule reinforced the control of the political authority over the establishment of genealogies. However, this control was orientated less toward historical truth than toward the stabilization and perpetuation of an ordered society, which is why it never discouraged,, and on the contrary encouraged, the elaboration of faked genealogies.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Jean-Pierre BERTHON<br /></em><strong>Production and Use of Religious Apocrypha in 20th Century Japan</strong><em><br /></em>By exploring the case of several religious movements that appeared during the Meiji era (1868-1912), the article introduces the role played by apocryphal writings in shaping the claims about identity and world view that these new religions fostered among their disciples at a time when the Japanese state opposed traditional religious creeds and practices, considering them obstacles to ""an opening to civilization"" (<em>bunmei kaika</em>). Facing these intrinsically millenarian religions, the State propounded a new spirituality focused on the figure of the Emperor, who embodied the ancestral divinity Amaterasu Omikami on earth. Apocryphal writings in fact generated a permanent tension between the creation of origin narratives incompatible with national myths and a radical nationalism which produced a distorted version of history that gave Imperial Japan the right to rule the world. More generally, this poses the problem of a cultural nationalim among today's Japanese religions, some of which call on these ""invented traditions"" in order to promote universal conquest.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Christian LAMOUROUX et Guillaume CARRE<br /></em><strong>Fake Products and Counterfeit Goods in Premodern China and Japan - Regulations, Guilds and Ethical Constraints</strong><br />This paper is devoted to the problem of false product and copying, exemplified by substandard silk in Song China and false medicine in Edo Japan. These two societies are viewed as hallmarks of growing trade and social change. Our approach focuses on three points : 1) the impact of merchants and brokers on the stability and legality of commercial transactions ; 2) the everlasting negotiations between organizations of merchants or craftsmen and the authorities, whose main goal was to maintain public order ; 3) the classifications by the users and customers, including the administration, of the products meeting various quality standards. As a first conclusion, it appears that the quality of goods mainly depended on two factors : 1) merchant's ethics and their profit orientation ; 2) the compromises which emerged form the negotiations, or what we have called ""l'échange honnête"". Last but not least, it seems that a new concern regarding the ban on false products emerged from the development of merchant society and so was the result of economic competition in the two processes of production and circulation.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Dinh Trong Hieu</em><br /><strong>Real and Fake Virgins in Vietnam - Questioning Body Falsifications<br /></strong>The study of virginity in Vietnam, since it simultaneously affects the intimate being of a woman and her reputation, has long been addressed in terms of morality. The few studies on the topic focus on the body in the context of Confucian doctrine. While it is true that the emergence of AIDS in the 1990s led o multiple sociological surveys on virginity that were often addressed within the general context of sexuality, many of those studies were still formulated in terms of morality. The purpose of this article is to identify why and how a woman becomes a false virgin. Its central problem is the falsification of the body in a specific socio-cultural context, where the fluctuation between true and false is permanent. It is a successive examination of sex education in Vietnamese society, the experience of defloration outside of marriage, the falsification of virginity both voluntary and forced, the motivations of the social actors, the legal framework when it exists, and finally the geographical distribution oh this phenomenon which is far from confined to Vietnam.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Arnaud NANTA<br /></em><strong>Understanding the Case of Paleolithic Tool Falsification at the Start of the New Century - A History of Paleolithic Archaeology and Fossil Man In Japan</strong><br />At the end of 2000, an unprecedented story of archaeological fakes related to the archipelago's Lower Paleolithic era came out in Japan. It called into the question nearly 25 years of academic research as well as the idea that a ""Japanese presence"" could be nearly 600,000 years. The survey, carried out by the Japanese Archaeology Association, provided some evidence that Fujimura Shin. ichi, the deputy director of the Tôhoku Paleolithic Culture Research Center, had systematically - if not integrally - falsified some archaeological sites since 1976.<br />This being said, an analysis aiming at understanding the deep causes, the motivations, and the very dynamics of such a forgery cannot be limited to a single man. After an initial exploration of the status and the role of ""national archaeology"" within modern nation-states, the article provides an account of the history of paleolithic and fossil man research in Japan during the first part of the 20th century. The ""birth"" of a Japanese Paleolithic period after 1949 and the development, from the 1960s onwards, of independent research in the northeastern part of the archipelago are also introduced. Such research developed antagonistically to mainstream Japanese archaeology, which was also concerned with protohistory. Finally, the article considers the impact of other parameters, such as the funding of research, the ambiguous relationship between the afore-mentioned center, Chinese paleolithic research, and the role of the media.<br /><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurent FELLER</em><br /><strong>About the Proper Use of Fakes <br /></strong>Fakery and falsification, in the East as well as in the rest of the world, appear in all realms of social life, raising issues of ethics and practical morals that arise in ideological debates as well as a family practices and economic life. The articles published in this volume and discussed in the present paper various examples, diverse in time and covering a vast space, of a fairly wide range of problems posed by the issue of fakes in social life. In some cases the falsification concerns a private matter - hymenoplasty, the reconstitution of a genealogy - and is a manipulation associated with a private objectives of social success, individual or collective. Such deceits are limited and aimed at ensuring that a person conforms to the rules of social life. In other cases - Paleolithic archaeology, imperial abdication - the aim of the manipulation is to modify the rules themselves. Finally, at the very heart of economic life, falsification and fakes raise the question of State institutional control aver manufacture and business transactions, for reasons related social order and social stability and, more prosaically, for fiscal reasons. The quality of manufactured goods, and therefore the possibility of evaluating them, is vital in any economy that has left the purely subsistence stage to rely on production and exchange.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p></div>";402;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">La production de faux (faux textes d’abdication, apocryphes religieux, généalogies truquées, faux artefacts archéologiques, etc.) répond souvent à une demande de légitimation d’un groupe social donné. L’enjeu de ce volume n’est pas tant l’étude de la répression de la falsification que la mise en évidence des rapports de force entre les groupes sociaux impliqués.</p>";;24/08/2010 16:38;0;Première édition;4036 503;2;3;33;Le livret d'opéra, oeuvre littéraire ?;;;;"<p>Un livret d’opéra peut-il être étudié en excluant sa destination musicale et scénique ? Où se situe la frontière entre la littérature et la littérature-en-musique ?</p>";"<p class=""bodyp""> Le <em>libretto</em>, entre littérature et musique<br /> <strong><em>Françoise Decroisette</em></strong></p><p class=""bodyp""> </p><p class=""bodyp"" style=""text-align: center;""><strong>I. Du <em>libretto</em> au livre</strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">Paroles sans musique. À propos d’un livret inédit de Giovan Francesco Busenello. <em>Il viaggio d’Enea all’inferno</em> (1642 ?)<br /><strong><em> Jean François Lattarico</em></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">Les stratégies éditoriales d'un librettiste florentin de Giovan Andrea Moniglia, <em>poeta per musica</em> florentin, dans les <em>Poesie dramatiche </em>(1689 - 1698), entre obédience et auctorialité<br /><strong><em> Françoise Decroisette</em></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">Écriture, édition, traductions à lire et à chanter : les activités multiples de Manfredo Maggioni, <em>staff librettist </em>à Londres<br /> <strong><em>Céline Frigau</em></strong></p><p class=""bodyp""> </p><p class=""bodyp"" style=""text-align: center;""><strong>II. <em>Ridurre a libretto</em>’ : pratiques d’adaptation et de légitimation</strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">Personnages migrants de la littérature à l’opéra : les nourrices dans le <em>dramma per musica</em> vénitien au XVIIe siècle<br /> <strong><em>Ligiana Costa Arraujo</em></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;""> <em>L’Ariodante </em>(1655), un livret de Giovanni Andrea Spinola mis « au goût de Gênes »<br /> <strong><em>Francesco D’Antonio</em></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;""><em>Il mio amore è un malore da sanar col ciocolate</em>. Réflexion et expérimentation sur le livret dans <em>La Lucrina</em> de Carlo Maria Maggi (1666)<br /> <strong><em>Stéphane Miglierina</em></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">Carlo Goldoni et Carlo Gozzi sous la plume du librettiste vénitien Giuseppe Foppa<br /> <strong><em>Jérôme Chaty</em></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">Les librettistes italiens de la première moitié du XIXe siècle et la question du mélange du tragique et du comique. <em>Hernani</em> de Victor Hugo et <em>Gustave III</em> d’Eugène Scribe à l’épreuve de l’<em>opera seria</em> <br /> <strong><em>Giovanna Sparacello</em></strong></p><p class=""bodyp""> </p><p class=""bodyp"" style=""text-align: center;""><strong>III. Approcher le laboratoire des textes-en-musique<br /></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">La partition virtuelle du librettiste ou la « musique idéale » de la parole humaine dans les <em>drammi per musica</em> de Pietro Metastasio <br /> <strong><em>Cécile Berger</em></strong><br /> <br /> Arrigo Boito<em>,</em> librettiste <em>in fieri</em> dans <em>Re Orso </em>(1865)<br /><strong><em> Irina Possamai</em></strong></p><p class=""bodyp"" style=""padding-left: 30px;"">Les drames lyriques de Riccardo Zandonai : la plurivocalité dans le processus créatif<br /> <strong><em>Emmanuelle Bousquet</em></strong></p><p> </p><p> </p><p><br /> <br /></p>";;10/03/2011;0;170x240;320;978-284292-265-8;9782842922658;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_503.jpg;;;;626;25.00;"<p>Ce collectif répond à cette problématique en parcourant l'histoire du livret d'opéra italien, des origines jusqu'à l'aube du vingtième siècle. Est ainsi montré comment, soumis aux méthodes d'analyse des livres d'auteurs, les <em>libretti</em>, et avec eux les librettistes, peuvent s'affirmer dans le champ de la littérature.</p><p> </p><!-- @font-face { font-family: ""Times""; }@font-face { font-family: ""Cambria""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } -->";;24/08/2010 16:40;0;Première édition;3945 506;1;3;27;Théâtres du Moyen Âge - Textes, images et performances;N°59/2010;;;"<p style=""text-align: justify;"">Existe-t-il un théâtre français du Moyen Âge ? Pour qui ce théâtre est-il joué ? Qui en sont les acteurs ?</p><!-- @font-face { font-family: ""Courier New""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: ""Times New Roman""; }pre { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: ""Courier New""; }span.HTMLprformatCar { font-family: ""Courier New""; }div.Section1 { page: Section1; } -->";"<p>Un théâtre <em>français</em> du Moyen Age ?<br /><strong>Jelle KOOPMANS, Darwin SMITH<br /></strong></p><p><strong><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">De l'oral à l'oral : réflexions sur la transmission écrite des textes dramatiques<br /><strong>Taku KUROIWA, Xavier LEROUX, Darwin SMITH<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Editer les textes de théâtre en langue française : aperçu historique et perspectives <br /><strong>Gabriella PARUSSA</strong><br /><br />Vers une typologie des images du théâtre médiéval<br /><strong>Corneliu DRAGOMIRESCU</strong><br /><br />L'art et le théâtre au Moyen Age : jalons et perspectives<br /><strong>Rose-Marie FERRE <br /><br /></strong>Le théâtre dans la ville : pour une histoire sociale des représentations dramatiques <strong><br />Matthieu BONICEL, Katell LAVEANT<br /><br /></strong>Comment faire l'histoire de l'acteur au Moyen Age ? <strong><br />Marie BOUHAIK-GIRONES</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />Le notariat, pratique juridique et sociale : les lieux de souscription des actes à Cavaillon au début du XVème siècle <br /><strong>Maëlle RAMAGE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>Vivre une métaphore : écritures anglo-saxonnes du voyage en mer au VIIIème siècle<br /><strong>Guénolé RIDOUX</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>POINTS DE VUE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Arthur chez les historiens <br /> <strong>Michelle SZKILNIK</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>Les origines de la légende arthurienne : six théories <br /> <strong>Mark ADDERLEY, Alban GAUTIER<br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Notes de lecture<br />Sommaire d'ouvrage collectif <br />Livres reçus</p>";;10/12/2010;59;155x220;214;978-2-84292-267-2;9782842922672;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_506.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Taku KUROIWA, Xavier LEROUX, Darwin SMITH</em><br /><strong>De l'oral à l'oral : réflexions sur la transmission écrite des textes dramatiques</strong><br />Ce présent travail vise à analyser le processus d'enregistrement du texte dramatique à deux niveaux. Il consiste d'abord en la structuration mentale d'un discours syntaxiquement organisé, le <em>formatage</em>, à l'aide de diverses conventions d'écriture comme la versification. Il procède ensuite d'une notation ou d'une transcription à usage tant théâtral que non-théâtral, la formalisation, dont la logique de travail répond à chaque situation de réalisation matérielle, comme la performance théâtrale, la lecture, la méditation, l'enseignement, etc. Les témoins scriptuaires obtenus se laissent difficilement répartir dans les catégories utilisées jusqu'à présent. La prise en compte de la formalisation et du formatage nous amène à éclairer les irrégularités métriques ou rimiques, insertions et autres procédés d'élaboration comme autant de témoins de la vie performative (ou active) de la manière transmise. L'historiographie du théâtre médiéval s'est longtemps attachée à distinguer les bons des mauvais manuscrits sans tenir compte de la mouvance textuelle inhérente à la transmission des textes. Les critères d'analyse que nous avons tenté d'établir permettent de réévaluer les différents représentants d'une famille en termes, non de qualité, mais de nature et de fonction, afin d'aboutir à une conception globalisante des mécanismes de production mentale et écrite des textes dramatiques.</p><p style=""text-align: justify;"">Manuscrit - théâtre - oral - écrit - transmission - enregistrement - versification - performance<br /><br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Gabriella PARUSSA</em><br /><strong>Editer les textes de théâtre en langue française : aperçu historique et perspectives </strong><br />Cet article propose un aperçu rapide des techniques d'édition qui ont été adoptées pour rendre accessible aux lecteurs les textes du théâtre médiéval en langue française. Le but de cette enquête, menée sur les éditions parues depuis le XVIIIème siècle jusqu'à aujourd'hui, est de présenter et d'illustrer concrètement les principales orientations théoriques et leur application aux textes dramatiques. Les particularités de la transcription et de la transmission de textes liés à la performance vont de pair avec une configuration textuelle qui pose des problèmes spécifiques à l'éditeur ; ces spécificités permettent justement de mettre en évidence les faiblesses des méthodes traditionnelles. L'article se termine avec des considérations sur l'outil informatique et sur la mise en ligne de corpus textuels en particulier, dont on souligne les apports considérables à l'édition et à l'étude des textes. Une vraie réflexion sur les théories et les pratiques éditoriales est donc aujourd'hui plus que jamais nécessaire.</p><p style=""text-align: justify;"">Édition - ecdotique - critique textuelle - théâtre - mise en ligne- informatique - corpus<br /><br /><br /><em>Corneliu DRAGOMIRESCU</em><br /><strong>Vers une typologie des images du théâtre médiéval</strong><br />Les images associées au théâtre médiéval, et notamment celles des manuscrits des pièces de mystères, permettent de poser la question d'une iconographie théâtrale au Moyen Age. Comme les images se rapportent le plus souvent à l'histoire et non pas à la représentation en tant que spectacle, il semble plus juste de parler d'images <em>liées</em> au théâtre. En élargissant le corpus, nous distinguons trois catégories : images liées à un spectacle, image liées à un texte et images donnant une vision idéaliste du théâtre du point de vue de l'homme médiéval. Ces images entretiennent des relations intertextuelles et intervisuelles avec d'autres séries d'images, liées thématiquement, ainsi qu'avec les spectacles eux-mêmes, enrichissant l'acte de réception pour le lecteur/spectateur.</p><p style=""text-align: justify;""><br />Image - lecture - performance - mystère - manuscrit - intervisualité<br /><br /><br /><em>Rose-Marie FERRE </em><br /><strong>L'art et le théâtre au Moyen Age : jalons et perspectives</strong><br />Il revient à Emile Mâle d'avoir souligné les relations entre les arts figurés et le théâtre. Valorisant certes le document écrit et pensant la production artistique en termes d'ascendance ou de hiérarchie, ce grand penseur a cependant été attentif à l'évolution des idées et à leur transmission. Toutefois, il s'agit dorénavant de dépasser ces raisonnements traditionnels de l'influence de l'art dramatique sur les arts visuels et de favoriser une étude plus attentive des paramètres de la commande artistique. A ce titre, il paraît important de signaler les grandes étapes de la recherche sur ce sujet, longtemps resté problématique parmi les spécialistes. Mais, au-delà de ce bilan, il convient aussi de présenter les nouvelles démarches d'analyse de la création médiévale, davantage tournées vers la pluridisciplinarité et la prise en compte de la réciprocité des divers langages artistiques.</p><p style=""text-align: justify;"">Iconographie - arts - théâtre - historiographie - Emile Mâle<br /><br /><br /><em>Matthieu BONICEL, Katell LAVEANT</em><br /><strong>Le théâtre dans la ville : pour une histoire sociale des représentations dramatiques </strong></p><p style=""text-align: justify;"">Pour évaluer à sa juste mesure la place et l'influence du théâtre comme phénomène social à la fin du Moyen Age, il faut opérer un retour aux sources historiques, encore trop rarement étudiées pour cerner les cultures dramatiques. Quelles sources sont disponibles pour contribuer à l'histoire du théâtre, et comment les appréhender ? Nous proposons ici deux cas d'étude. D'abord, l'étude ciblée d'une zone géographique et de ses archives comptables, à travers l'exemple d'Avignon pour la période 1450-1550, permet de mettre en avant la matérialité de la représentation et l'importance du théâtre comme phénomène social dans l'espace municipal. Puis l'étude de la réception d'une représentation théâtre par son public, grâce à l'analyse d'archives judiciaire dans les provinces du Nord, pose la question du rôle du théâtre dans la formation d'une opinion publique pendant la Réforme. On peut ainsi saisir l'ensemble des questions matérielle touchant à la mise en place pratique du cadre de la représentation aussi bien qu'à l'impact symbolique du phénomène performatif dans l'espace urbain francophone des XVème et XVIème siècles, pour aboutir à une meilleure reconnaissance du théâtre médiéval et un nouveau regard sur la société qui en a fait un élément de son fonctionnement.</p><p style=""text-align: justify;"">Théâtre - comptabilité municipale - archives - justice - cérémonies publiques - Provence - Avignon - Nord de la France - Pays-bas<br /><br /><br /><em>Marie BOUHAIK-GIRONES</em><br /><strong>Comment faire l'histoire de l'acteur au Moyen Age ?</strong><br />L'article entend poser les fondements d'une histoire des pratique théâtrales affranchies des cadres de l'histoire littéraire et déliée des limites des problématiques textuelles, où l'acteur est au centre de l'attention. On avance que le silence historiographique sur l'acteur au Moyen Age trouve en partie ses raisons dans la sources de l'un des grands malentendus de l'histoire du théâtre : le paradigme de la naissance de l'acteur professionnel en Italie à la Renaissance. L'enquête en cours ici exposée sur l'organisation des activités théâtrales se déploie sur les fonds comptables, parlementaires et notariés, afin d'envisager l'acteur au travail et étudier les constructions sociales et juridiques de son activité et de son métier face aux pratiques du droit. A travers l'examen de contrats notariés d'association d'acteurs en France et en Italie, on revient notamment sur le statut de preuve que la critique a octroyé à ce type de documents pour appuyer la thèse évolutionniste du ""processus de professionnalisation de l'acteur"". L'abandon de la distinction traditionnelle ""amateur/professionnel"", catégories inefficaces qui échouent à saisr la grande diversité des pratiques théâtrales comme la discrimination des situations médiévales, s'accompagne d'une proposition de réfléxion sur les points de ruptures entre le théâtre ""médiéval"" et le théâtre ""classique"".</p><p style=""text-align: justify;""><br />Acteur - archives parisiennes - historiographie - Moyen Age et Renaissance - théâtre</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Maëlle RAMAGE</em><br /><strong>Le notariat, pratique juridique et sociale : les lieux de souscription des actes à Cavaillon au début du XVème siècle </strong><br />L'historiographie du notariat des vingt dernières années se caractérise par l'observation plus précise de la personne et de l'activité du notaire pour aller vers la compréhension de la société à laquelle il appartient. S'inscrivant dans cette évolution, cet article propose une analyse des déplacements effectués par quelques notaires de Cavaillon au début du XVème siècles dans le but d'instrumenter les actes. Le corpus de l'étude consiste en sept registres écrits par trois notaires entre 1414 et 1417. Il s'agit exclusivement de registres de brèves dans lesquels les notaires consignent au jour le jour tous les actes qu'ils instrumentent, ce qui nous permet de les suivre dans leur activité. Le notaire ne se contente pas, en effet, de donner une force probatoire aux actes en y inscrivant les formules de droit adaptées, mais précise les circonstances, les paroles prononcées et le lieu choisi pour cet échange. L'étude de ces éléments montre que la diversité des lieux de souscription ne découle pas seulement des règles de l'exercice notarial mais aussi de choix de la part des clients. Ici, les déplacements des notaires à la rencontre de leurs clients relèvent d'une logique sociale reposant sur le statut des contractants, sur la portée des actes et la valeur accordée aux lieux.</p><p style=""text-align: justify;"">Notariat - ville- espace urbain - Comtat Venaissin<br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""><em>Guénolé RIDOUX</em><strong><br />Vivre une métaphore : écritures anglo-saxonnes du voyage en mer au VIIIème siècle</strong><br />Revisitant la question des origines du pèlerinage, des publications récentes ont rappelé qu'aux yeux des contemporains les premiers voyages religieux relevaient plutôt de l'expression d'une forme particulière de monachisme que d'une pratique de dévotion caractérisée par des rites et un réseau de destinations fermement instituées. En examinant les sources du corpus ""Vies missionnaires"", nous nous efforçons ici de montrer que les voyageurs religieux anglo-saxons des VIIème et VIIIème siècles concevaient encore la <em>peregrinatio pro Deo</em> comme cette recherche d'un renoncement au monde matériel par le mouvement physique réel. La nécessité de justifier cette forme de dévotion, trop proche de l'errance des moins dénoncée par la Règle bénédictine, favorisa le recours au thème littéraire du voyage sur la mer, susceptible de décourager les critiques stigmatisant l'immortalité du genre de vie mené par les moines errants dans le monde séculier. L'aptitude du motif de la traversée maritime à se fondre dans la métaphore du chrétien-voyageur s'ajouta à une lecture ""missionaire"" de l'histoire du peuple des Angles pour faire d'un voyage maritime initial une condition nécessaire de ce qui pouvait être considéré comme une pérégrination légitime. Ce thème littéraire, délaissé par l'hagiographie continentale au siècle suivant, imprima pourtant sa marque sur l'historiographie, et peut-être aussi sur la littérature, de la Bretagne insulaire.</p><p style=""text-align: justify;"">Grande-Bretagne - Bède le Vénérable - hagiographie - <em>peregrinatio</em> - <em>mer</em> - mission<br /><strong><br /></strong></p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Taku KUROIWA, Xavier LEROUX, Darwin SMITH</em><br /><strong>From the oral to the oral : reflections on the written transmission of dramatic texts in the Middles Ages</strong><br />This work aims to analyse, at two levels, the process of recording dramatic texts. It initially examines the mental structuring of a syntactically organized speech, what may be called : <em>the layout</em>, which is achieved by means of various writing conventions, such as versification. It goes on to look at notation or transcription of theatrical and non-theatrical processes, which we call here :<em> the formalization</em>. This type of notation must respond to every situation of material realization, which may include, the theatrical performances, reading, meditation, teaching, and other activities around the text. The written examples or, more technically, the witnesses of these notation processes are difficult to ascribe to the current categories. The consideration of <em>formalization </em>and <em>layout </em>exposes the metric irregularities or rhythmic patterns and the other processes of elaboration which highlight the performative or active life of the material text. The Historiography of medieval theatre has attempted for a long time to distinguish between good and bad manuscripts without taking into account the shifts or textual tendencies inherent in the transmission of texts. The criteria of analysis that we try to establish here permit a re-evaluation of the terminology, not from a standpoint of quality, but of nature and function, with the aim of arriving at an all-embracing conception of the mechanisms of the mental and written production of dramatic texts.<br />manuscript - theatre - oral - paper - transmission - recording - versification - performance</p><p style=""text-align: justify;""><br /> <strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Gabriella PARUSSA</em><br /><strong>Editing French Medieval Theatre Texts - History and New Perspectives</strong><br />This article offers a brief overview of editorial techniques which have been adopted to make medieval theatre texts, written in French, accessible to readers. The aim of this research, which focuses on edition published from the eighteenth century until today, is to present the key theoretical areas examined and provide concrete examples of techniques applied to theatre texts. The peculiarities of the transcription and the transmission of texts is bound to their performance, which, in turn, raises problems specific to the production of scholarly editions of these texts ; these specific problems bring to light the weaknesses in the traditional methods. The article concludes by considering software tools and the on-line publishing of textual corpora in particular. This work underlines the considerable contributions it is making to the scholarly study of texts. It is time for a renewed reflection on transcription theories and on academic editorial practices.<br />edition - ecdotics - textual criticism - theatre - on-line publishing - textual corpora</p><p style=""text-align: justify;""><br /> <strong> </strong><br /><em>Corneliu DRAGOMIRESCU</em><br /><strong>Towards a Typology of Medieval Theatre Images</strong><br />The image associated with medieval drama, and in particular those of mystery play manuscripts, allow us to raise questions about a theatrical iconography in the Middle Ages. As the image most often refer to the story itself and not to past performances, it seems more accurate to speak of images <em>related </em>to theater than of <em>theater images</em>. By expanding the corpus we distinguish three categories : images related to a performance, image linked to a text and images depicting an idealized vision of theater from the medieval man's perspective. These images have intertextual and intervisual connections with other series of images, with which they are linked thematically, as well as with the shows themselves, thus enriching the act of reception for the reader/viewer.<br />image - reading - performance - mystery play - manuscript - intervisuality<br /><br /> <br /><br /><em>Rose-Marie FERRE<br /></em><strong>Art and Theatre in the Middle Ages - Pointers and Perspectives</strong><em><br /></em>It returns to Emile Mâle to have underlined the relation between the figurative arts and the theater. Highlighting certainly the written documents ad thinking the artistic production in term of ancestry or hierarchy, this great thinker was nevertheless attentive to the evolution of the ideas and to their transmission. However, it is now advisable to exceed these traditional reasonings of the influence of the dramatic art on the visual arts and to promote a more attentive study of the parameters of the artistic command. In this way, it seems important to indicate the big stages of the research on this subject, for a long time remained problematic among the specialists. But, beyond this assessment<em>, </em>it is also necessary t present the new initiatives of analysis of the medieval creation, more turned to the multidisciplinary and the <em> </em>consideration of the reciprocity of the diverse artistic languages.<br />Iconography - Arts - Drama - Historiography - Emile Mâle</p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /><em>Matthieu BONICEL, Katell LAVEANT<br /></em><strong>Drama in the City : toward a Social History of Theatrical Performances</strong><em><br /></em>In order to evaluate the role and influence of drama as a social phenomenon in the Late Middle Ages, one has to go back to the historical sources, that are still rarely studied to understand the theatrical cultures of the time. Which sources are available for the historian of drama, and how can we use them ? We prosed here two study cases. First, the study of a specific geographical area and its accounting records, with the example of the city of Avignon between 1450 and 1550, allows understanding the material aspects of the performance as well as the importance of drama in the municipal environment. Then, the study of the reception of a theatrical performance by its audience, thanks to juridical archives in the Southern Low Countries, shows the role of drama in the process of formation of a public opinion during the Reformation. One can thus comprehend all the material questions linked to organization of a performance as well as the symbolic impact of the performance in the francophone urban environment of the 15th and 16th centuries, in order to shed new lights of medieval drama as well as on the society that used it as an essential element of its functioning.<br />drama - municipal accounts - archives - justice - public ceremonies - Provence - Avignon - North of France - Low countries</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;"">Marie BOUHAIK-GIRONES<br /><strong>What Methodologies for a History of the Medieval Actor ?</strong><br />This paper intends to draw new foundations for a history of theatrical practices that would be emancipated from the traditional notions of the literary history. The silence of historians about the medieval actors is to be explained by one of the big misunderstandings of theatre history : the paradigm establishing the birth of professional actors in Italy in the Renaissance. Our current investigation on the organization of theatrical activities relies on book of account, archives of the Parliament of Paris and notarial acts, in order to consider the actor at work and to study the social and juridical constructions of their profession in the law system. Through a study of notarial document on associations of actors in France and in Italy, this paper discusses how theses documents were given a status of proof to consolidate an evolutionist approach that aimed to establish a ""process of professionalization of the actor"". We have to forget the traditional distinction between ""professional"" and ""amateur"" because theses categories are inefficient to describe the diversity of theatrical practices and fail to distinguish the medieval situations. We have also reconsider the so-called breaking point between ""medieval"" and ""classical"" drama.<br />actors - parisian archives - historiographie - Middle Ages and Renaissance - theatre <em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Maëlle RAMAGE<br /></em><strong>Social and legal Aspects of Notarial Pratice : Acting Places in the Early 15th century Cavaillon charters</strong><em><br /></em>In the past twenty years, medievalists have strived to focus more accurately than before on the personality and activity of notaries in order to get a better understanding of the society to which they belong. Following this logic, I propose to study the movements of three notaries of Cavaillon in the early 15th century through the pattern of places mentioned as the places where the deeds were acted. Seven registers dating between 1414 and 1417 were studied - registers of day to day recording what was de facto legally acted as well as the circumstances of the agreement, words spoken on the occasion and also the place where it took place. The study reveals that the notary often went to a place chosen by this clients, and that this logic was governed by the social status of the parties, the relative importance of the deed and the symbolics of space.<br />Notary - town/city - urban space - Comtat Venaissin</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Guénolé RIDOUX</em><strong><br />To Live a Metaphor : Anglo-Saxon Writings about See Travels in the 8th Century<br /></strong>While re-examining the questions of pilgrimage, recent publications suggested that contemporary observers considered the earliest religious travels more as another form of monasticism than as a religious practice characterized by a cluster of definite rituals and a network of distinct holy places. In this essay, using Ian Wood's work <strong><br /></strong>on missionary hagiography, we will argue the Anglo-Saxon religious travellers from the seventh and eighth centuries still considered the <em>peregrinatio pro Deo </em>as the pursuit of withdrawal from the material world through physical movement. In order to justify this particular kind of religious devotion, which was, to many extents, too close to the kind of wandering monasticism denounced by the Benedictine Rule, authors used and developed the literary theme of travel by water, which could discourage criticism of the corrupting way of life lived by wandering monks within the secular world. The matching travel of the sea travel theme with the metaphor of the Christian as a traveller added to a ""missionary"" conception of the <em>gens Anglorum</em>'s history in establishing initial maritime journey as a necessary pre-condition of what could be properly considered as a <em>peregrinatio </em>by contemporary authors. The topic of water travel was comparatively neglected by continental authors of later missionary Lives. Nonetheless, it stamped its mark on early medieval Britain's historiography, and also, maybe, on its literature. <br />Britain - Bede - hagiography - peregrinatio - sea - mission</p>";342;17.00;"<!-- @font-face { font-family: ""Cambria""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 12pt; font-family: ""Times New Roman""; }p.corps1, li.corps1, div.corps1 { margin: 0cm 0cm 6pt; text-indent: 14.2pt; font-size: 11pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --><p style=""text-align: justify;"">Au lieu d’isoler le théâtre comme un phénomène particulier, qui relèverait d’un concept anachronique, ce numéro entend mettre en perspective les témoins textuels et la documentation avec ce que l’on sait des pratiques et du statut de l’écrit, de sa transmission ou de sa mémorisation telles qu’elles étaient connues au Moyen Âge dans d’autres circuits et métiers (juridiques, pédagogiques, notariaux). L’originalité du numéro consiste à réunir autour de mêmes objets des intérêts intellectuels dispersés entre différentes disciplines et des chercheurs de formations et d’horizons divers. Deux articles sont consacrés aux images médiévales en relation avec le théâtre et sont illustrés de plusieurs reproductions.</p><!-- @font-face { font-family: ""Courier New""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: ""Times New Roman""; }pre { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: ""Courier New""; }span.HTMLprformatCar { font-family: ""Courier New""; }div.Section1 { page: Section1; } -->";;09/02/2011 16:14;0;Première édition;3386 507;1;6;34;Interdisciplinarité;N°04/2005;;;"<p>De l'interdisciplinarité en art... question considérée sous l'angle des rapports entre art et savoir.</p>";"<p>Éditorial</p><p>Introduction<strong><br />Claire Fagnart</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’art comme savoir ?<strong><br />Isabelle Hersant</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">L’interdiscipline à l’œuvre dans l’art<strong><br />Lorraine Verner</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""> La pratique du journal photographique comme questionnement des codes artistiques<strong><br />Colette Hinzelin</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Intervention d’artiste. Spéculation sur Valeur-Image (hypothèse de travail)<strong><br />Raphaële Bidault-Waddington</strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Esthétique de l’informe dans le Septième Art:émergence et invention d’un corps critique<strong><br />Selen Ansen-Lallemand</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Le retournement transcréateur<strong><br />Rachida Triki</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">La photographie et le politique. Slovaquie: 1968-1989<strong><br />Michaela Fiserova</strong></p><p> </p><p> </p><p>Notes de lecture, comptes rendus d’exposition, de spectacle<br />Résumés (français et anglais)<br />Générique</p>";;10/10/2005;4;155x220;124;978-2-84292-248-1;9782842922481;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_507.gif;;;;0;5.00;;;11/02/2011 17:43;1;Première édition;3675 508;1;6;34;La place de l'image dans le monde contemporain;N°03/2004;;;;;;10/11/2004;3;155x220;126;978-2-84292-247-4;9782842922474;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;5.00;;;11/02/2011 17:56;0;Première édition;3675 509;1;3;34;Marges 02-2004;N°02/2004;;;;;;10/04/2004;2;155x220;116;978-2-84292-246-7;9782842922467;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_509.gif;;;;0;5.00;;;11/02/2011 17:58;0;Première édition;3675 510;1;6;34;Marges;N°01/2003;;;;;;10/03/2003;1;155x220;112;978-2-84292-245-0;9782842922450;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;5.00;;;11/02/2011 17:59;0;Première édition;3675 511;1;3;29;Randonnées figurales - entre arbitraire et aléa;N°27/2010;;;"<p>C'est sous le signe de l'aléa qu'est placé ce numéro, consacré à la sémiotique, la linguistique, à des textes majeurs de la modernité littéraire et philosophique, ainsi qu'à l'expérimentation littéraire numérique.</p>";"<p><strong>Yves ABRIOUX</strong><br />Présentation</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong>Jonathan CULLER</strong><br />Saussure, Derrida et l'arbitraire du signe<br /><br /><strong>Gérard DESSONS</strong><br />Qu'est-ce qu'un vocabulaire ?<br /><br /><strong>Ronald SCHLEIFER</strong><br />Sémiotique de la spéculation, Greimas et l'exemple de la critique littéraire<br /><br /><strong>Yves ABRIOUX</strong><br />Itérations, involutions, aléatoire : Stéphane Mallarmé, ""Un spectacle interrompu""<br /><br /><strong>Antoine TRAISNEL</strong><br />Le montage aléatoire de l'histoire : Benjamin et l'allégorie<br /><br /><strong>Jean CLEMENT </strong><br />La littérature numérique : une littérature aléatoire ?<br /><br /><strong>Alexandra SAEMMER</strong><br />Face aux disparitions aléatoires de l'œuvre numérique. Réponses esthétiques et conséquences pour la préservation<br /><br /></p>";;10/11/2010;27;155x220;166;978-2-84292-266-5;9782842922665;0;1967-5968;Presses Universitaires de Vincennes;img_511.gif;;;;276;17.00;"<p>L'aléa joue un rôle important dans la science moderne et contemporaine, dans l'exploration de problématiques linguistiques, sémiotiques et littéraires. Revisitant des auteurs comme Mallarmé et Benjamin, le numéro traite aussi de l'expérimentation littéraire numérique. Discipline en plein essor mais dont l'analyse demeure confidentielle et essentiellement restreinte à une communauté d'initiés, elle témoigne de l'actualité de la création littéraire, tout en bénéficiant en retour des avancées scientifiques auxquelles travaillent les différents auteurs ici représentés.</p>";;24/02/2011 17:05;0;Première édition;3146 513;2;3;31;Antonin Artaud;« Foudre du tact personnel »;;;"<p>Comment penser le Moi dans l’œuvre d’Artaud, lorsque l’on connaît l’allure disparate de ses textes ? Un essai construit autour de l’évocation des énoncés d’Artaud et de leur prolongement.</p>";"<p><em>Avant-propos</em> par Jean-Michel REY<br /><br />Introduction<br /><br /><strong>1. Férule</strong><br /><br /><strong>2. Artaud l'insécable</strong><br /><br /><strong>3. Contre</strong><br /><br /><strong>4. Du débat-battement</strong><br /><br /></p>";;10/03/2011;0;137x220;112;978-2-84292-268-9;9782842922689;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_513.jpg;;"<div><p>Avant-propos</p><p>Dans ce que nous considérons comme notre modernité littéraire, aujourd’hui même, l’œuvre d’Antonin Artaud est sans aucun doute celle qui soulève le plus de difficultés. Tous ceux qui ont essayé de s’en approcher le savent, et en témoignent d’une façon ou d’une autre, le plus souvent à leur corps défendant. Car on est notamment confronté à des textes d’allure disparate qui n’entrent pas dans une perspective d’ensemble : véritable défi pour tout commentateur. Quel rapport, par exemple, peut-on établir entre les textes des années trente sur le fameux « théâtre de la cruauté » – qui sont les plus cités et les plus accessibles – et les milliers de pages des différents Cahiers d’après-guerre réputés illisibles par certains ? Il y a là, pour tout lecteur, une hétérogénéité de fait avec laquelle il doit forcément composer, dont il doit tenir le plus grand compte dans son approche. De là vient, pour celui qui se hasarde dans ces Cahiers, la nécessité de trouver un axe de lecture qui permette de circuler dans le foisonnement de l’œuvre et de se déplacer entre les différents moments de celle-ci, qui autorise aussi les rapprochements.</p><p>En mettant en évidence les risques pris ici par le com­mentaire, Patrick Wateau a choisi comme fil conducteur les différentes modalités de l’affirmation du « moi » par Antonin Artaud. Il parle fort bien du « moi de pensée conduisant au subjectivisme d’un principe supérieur » et montre par là l’importance des processus de subjectivation dans des contextes différents. C’est, je crois, une dimension de l’œuvre qui n’a pas été explorée comme telle par les commentateurs récents de l’œuvre d’Artaud. À ce titre d’abord, ce livre fait preuve d’originalité. Dans sa manière de procéder autant que dans les références philosophiques qu’il convoque pour cerner un propos de cette envergure – et d’une extrême importance –, on trouve une sorte de démonstration qui emporte la conviction.</p><p>Il y a également dans ce livre un autre aspect auquel il faut être attentif : le style même de lecture, la manière de se saisir des énoncés d’Artaud et de les prolonger, d’y faire écho. Ce que Patrick Wateau montre tout au long de ce livre, c’est, pourrait-on dire, qu’il est partie prenante de cette lecture et qu’il agit en l’occurrence en tant que poète, avec tous les risques inhérents à cette position – des risques qui sont assumés comme tels par l’auteur. « Pour que le seuil du dommage ne soit pas dépassé », dit-il avec précision. On trouvera donc ici peu de références à la littérature critique qui s’est occupée ces dernières décennies d’Artaud ; peu de discussions à ce propos, comme il est habituel dans les travaux universitaires. L’intérêt de ce livre est manifestement ailleurs.</p><p>Ici même, le lecteur qu’est Patrick Wateau avance en disant son embarras ; il procède en indiquant les obstacles qu’il rencontre du fait de sa démarche. Il ne passe pas sous silence les complications que suscite son entreprise. Chose essentielle ici à mes yeux : il montre à quel point certains textes d’Antonin Artaud résistent au commentaire ou à l’interprétation ; s’inter­roge donc sur ce qu’il est possible d’en faire et sur ce que signifie cette situation – sur les exigences qu’elle fait naître obligatoirement. Son souci majeur est d’éviter la violence du commentaire : pour des raisons d’esthétique autant que d’éthique. C’est, à mon sens, ce qui fait la rigueur de son propos ; ce qui en fait la force aussi et lui donne des chances supplémentaires d’être entendu. De cette démarche, on dira qu’elle se confronte à son objet – les Cahiers notamment – en adoptant des rythmes différents de lecture : parfois en déployant le propos par détours successifs, d’autres fois en condensant son argumentation. C’est, pour reprendre un énoncé de Mallarmé, « l’Intelligence du lecteur qui met les choses en scène, elle-même ».</p><p>S’il est vrai, comme je le crois, que l’œuvre d’Antonin Artaud est encore à lire en son entier, le travail accompli par Patrick Wateau dans ce livre peut nous aider dans cette tâche, nous accompagner. Il peut contribuer à faire de nous des lecteurs d’une des œuvres les plus énigmatiques du vingtième siècle.</p><p>Jean-Michel Rey</p></div>";;166;16.00;"<p>De ses premiers textes des années vingt aux Cahiers de l'après-guerre, on trouve sans cesse chez Antonin Artaud la manifestation d'un sujet d'écriture. Explorer les figures du Moi, parcourir ses frontières, sous les formes les plus variées, constituent l'un des aspects majeurs de ses écrits. Rendant compte de cette puissance d'affirmation, le livre de Patrick Wateau montre aussi les difficultés que rencontre toute lecture d'une des oeuvres les plus énigmatiques du vingtième siècle.</p>";;08/03/2011 15:53;0;Première édition;3643 514;2;3;18;Penser Spencer;;;;"<p>Réévaluer et <em>penser Spencer</em> dans sa diversité et dans son actualité, telle est la tâche que se sont fixée les auteurs, qui ont pour cela, fait appel aux meilleurs connaisseurs de son oeuvre.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Introduction<br />Daniel BECQUEMONT et Dominique OTTAVI</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""padding-left: 60px; text-align: center;""><strong>I. Le moment Spencer</strong></p><p style=""text-align: left;"">Spencer et la France<br />Dominique OTTAVI<br /><br />Prophète en son pays : Spencer dans le monde anglo-saxon <br />Daniel BECQUEMONT et Dominique OTTAVI</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""padding-left: 60px; text-align: center;""><strong>II. Une philosophie de la nature </strong></p><p style=""text-align: left;"">Spencer critique de Darwin : de l'intégration au rejet <br />Daniel BECQUEMONT<br /><br />Spencer : le ciel et la terre<br />Gabriel GOHAU<br /><br />Spencer et les origines de la vie. La double induction comme méthode<br />Stéphane TIRARD<br /><br /><em>Les Premiers Principes</em>, extrait<br /><strong><em>Herbert SPENCER</em></strong></p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""padding-left: 60px; text-align: center;""><strong>III. Intelligence et évolution</strong></p><p style=""text-align: left;"">Réflexe, instinct et intégration nerveuse chez Spencer<br />Jean-Claude DUPONT<br /><br />Évolutionnisme et médecine mentale en Italie à la fin du XIXème siècle. L'exemple d'Enrico Morselli<br />Jean-Christophe COFFIN</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""padding-left: 60px; text-align: center;""><strong>IV. Une éthique naturaliste</strong></p><p style=""text-align: left;"">Classer les émotions, hiérarchiser les hommes<br />Anne-Marie DROUIN-HANS<br /><br />L'enfant et le primitif chez Spencer <br />Élisabeth CHAPUIS<br /><br />Éducation et individu chez Spencer<br />Dominique OTTAVI<br /><br />""Quel est le savoir le plus utile ?"", extraits <br /><strong><em>Herbert SPENCER</em></strong><br /><br /><br /><em>Bibliographie</em><br /><br /><em>Présentation des auteurs</em><br /><br /></p>";;10/03/2011;0;137x220;232;978-2-84292-269-6;9782842922696;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_514.jpg;;;;300;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Herbert Spencer, longtemps négligé en France, n'a pourtant jamais cessé d'être lu et commenté dans les pays anglo-saxons. Précurseur de Darwin (il est le premier à utiliser le mot <em>évolution</em> dans son sens moderne), il développe une théorie de l'origine de la vie dont les conséquences touchent à la physiologie, à la psychologie, à l'éducation, à l'économie - toutes disciplines que son oeuvre secoue en profondeur.</p><p>Le lecteur trouvera par ailleurs dans ce volume deux textes importants de Spencer, devenus introuvables en France.</p>";;08/03/2011 16:01;0;Première édition;3111 515;1;3;34;Exposition sans artiste(s);N°12/2011;;;"<p>Les expositions sont de plus en plus autonomisées ; peuvent-elles pour autant se passer d’artistes ?</p>";"<p>-Éditorial : Jérôme Glicenstein</p><p>Dossier : « Exposition sans artiste(s) »</p><p>-Delphine Dori, « Exposer l’Art Brut et l’art contemporain : le rôle des commissaires d’exposition ».</p><p>-Claire Moeder, « Ugo Rondinone et l’actualité de l’artiste-commissaire ».</p><p>-Aurélie Champion, « Expositions des collections, turbulences dans les musées d’art moderne ».</p><p>-Colette Leinman, « Le catalogue d’art contemporain ».</p><p>-Géraldine Miquelot, « La programmation artistique en milieu scolaire : un cas avéré d’instrumentalisation de l’art ? ». <em></em></p><p>-Claire Lahuerta, « La scénographie plasticienne en question : l’art du conditionnement ». </p><p>Varia :</p><p>-Jean-Baptiste Mognetti, « Sisyphe de Camus à Palermo ».</p><p>-Dossier d’artiste : Nathalie Lecroc </p><p>-Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions</p><p>-Abstracts français et anglais</p>";;10/04/2011;12;155x220;192;978-2-84292-271-9;9782842922719;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_515.gif;"<p><strong>Aurélie Champion, « Expositions des collections, turbulences dans les musées d’art moderne »</strong></p><p>Depuis le début des années 1990, plusieurs musées d’art moderne et contemporain proposent de nouvelles formes d’exposition permanente pour la présentation de leur collection. Face à la multiplication et la pérennisation de ces expériences, cet article choisit d’observer le phénomène selon trois points de vue : la pratique de l’exposition permanente, les missions de l’institution muséale, les place et fonction des conservateurs et des artistes. Autant d’aspects qui témoignent des turbulences traversées par un musée d’art moderne en mutation.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Jean-Baptiste Mognetti, « Sisyphe de Camus à Palermo » </strong></p><p>Le mythe de Sisyphe peut être interprété comme une métaphore de la création artistique. C’est la lecture qu’en fait Joseph Beuys à partir de l’œuvre d’Albert Camus, dans une conférence prononcée en 1983 à Cambridge. Pour Beuys, Sisyphe incarne une « possibilité donnée en chaque homme ». Possibilité dont témoigne le travail de Blinky Palermo, qui fut son élève à la Kunstakademie de Düsseldorf. Palermo, en élargissant les limites de la peinture, place le spectateur au cœur d’une expérience esthétique fondamentalement liée à l’espace réel et à la couleur. La transmission beuysienne serait donc, dans le cas de Palermo, un héritage camusien.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Claire Lahuerta, « La scénographie plasticienne en question : l’art du conditionnement » </strong></p><p>Alors que l’heure est à la surmédiatisation de la figure du commissaire d’exposition, au point que l’on doit se demander s’il existe encore des œuvres et des artistes à exposer, il semble que certaines précisions terminologiques – et, de fait, sémantiques – s’imposent. Qu’en est-il du scénographe d’exposition, que signifie être « auteur » en termes scénographiques ; existe-t-il un marketing de l’exposition qui serait plus efficient que les actuels modèles muséographiques ? C’est à ces questions que le présent article tentera de répondre.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Delphine Dori, « Exposer l'Art Brut et l'art contemporain : le rôle des commissaires d'expositions »</strong></p><p>Les expériences d'intégration de l'Art Brut dans les institutions culturelles se sont multipliées ces dernières années. On constate certains effets liés à la juxtaposition de l'Art Brut et de l'art contemporain dans un même espace d'exposition. Si le processus du « cross-over » artistique peut parfois favoriser une individualisation des œuvres par leur esthétisation, au-delà des catégories auxquelles elles appartiennent, dans d’autres cas, le rôle croissant des commissaires d'exposition dans le discours et la mise en scène de ces expositions peut aboutir également à un phénomène paradoxal d'« exposition sans artistes ». Cette dissolution des frontières artistiques peut parfois aboutir à un effacement de l'identité des artistes brut et outsider.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Géraldine Miquelot, « La programmation artistique en milieu scolaire : un cas avéré d’instrumentalisation de l’art ? »</strong></p><p>Les collections publiques d’art contemporain, agents du monde de l’art contemporain au même titre que les centres d’art et les musées, travaillent énormément avec les établissements scolaires en y organisant expositions et résidences d’artistes. L’organisation d’événements artistiques dans un cadre visiblement pédagogique, qui se fait dans des modalités très variables, pose la question d’une possible instrumentalisation de l’art au profit de l’éducation. Toutefois, si « instrumentalisation » il y a, elle présente des avantages pour les deux parties en jeu.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Colette Leinman, « Le catalogue d’art contemporain »</strong></p><p>Cet article s’attache à présenter l’évolution d’un dispositif paratextuel interdisciplinaire, le catalogue muséal d’art contemporain (CMAC), qui rivalise avec l’exposition à laquelle il sert toutefois de médiation et de « lieu de mémoire ». Dans le cadre muséal, l’objectivité scientifique du musée structure un discours qui doit jouer le rôle de témoin révélateur de certains évènements, mais doit aussi leur donner sens en leur attribuant de nouvelles significations. Les nouveaux enjeux se manifestent dans trois domaines qui constituent les sujets des trois parties de cet article : la stratégie éditoriale, scientifique, pour les musées, l'éthos prédiscursif et discursif de l'auteur du catalogue et enfin, la représentation de l'artiste, certes mise en valeur, mais que lui-même ne gère pas.</p><p> </p><p> </p><p class=""texte""><strong>Claire Moeder, « Ugo Rondinone et l’actualité de l’artiste-commissaire »</strong></p><p>De nombreuses institutions invitent désormais des artistes à intervenir sur l’accrochage d’une collection permanente ou à concevoir des événements corollaires à la programmation. En 2007, le Palais de Tokyo donnait carte blanche à Ugo Rondinone. Avec l’exposition « The Third Mind », l’artiste décrivait un réseau de correspondances et d’affinités avec des œuvres qui faisaient référence à son univers artistique. En investissant le médium de l’exposition et en en déplaçant les exigences vers une formulation artistique, il modifiait son statut et imposait une nouvelle figure : celle de l’artiste-commissaire.</p>";;"<p><strong>Aurélie Champion, “Exhibitions of collections. </strong><strong>Turbulences in modern art museums” </strong></p><p>Since the beginning of the 1990’s, several museums of modern and contemporary art have introduced new kinds of permanent display to show their collections. Witnessing the increase of these experiments, this article chooses to observe this phenomenon according to three points of view: the curatorial practice of the permanent display, the museum’s missions, the place and function of curators and artists. Some of these aspects show a disturbance undergone by the mutating modern art museums. </p><p> </p><p> </p><p><strong>Jean-Baptiste Mognetti, “Sisyphus, from Camus to Palermo” </strong></p><p>The myth of Sisyphus can be interpreted as a metaphor of artistic creation. This is the reading Joseph Beuys gives us of Camus’ essay in a lecture delivered at Cambridge University in 1983. According to Beuys, Sisyphus embodies “a possibility any man is endowed with”. The work of Blinky Palermo, who was his student at the Kunstakademie in Düsseldorf, bears witness to such a possibility. Palermo, widening the limits of painting, sets up the spectator in the heart of an aesthetic experience related to real space and to the power of colour. Beuys’ transmission might be, in Palermo’s case, a camusian legacy.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Claire Lahuerta, “The visual art exhibition design in question”</strong></p><p>While media overexposure of exhibition curators is the present trend,­ to the point where one wonders if there are still works and artists left to show,­ it seems that certain terminological specifications, ­and indeed semantic,­ are called upon. What can be said of exhibition design; what does it mean to be an ‘author’ in terms of exhibition design; is there an exhibition ‘marketing’ that would be more effective than the museography models of our time? This article will attempt to answer these questions.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Delphine Dori, “Exhibiting Art Brut and contemporary art: the role of exhibition curators”</strong></p><p>The experiences of inclusion of Art Brut in cultural institutions have increased in recent years. One witnesses some effects related to the juxtaposition of Art Brut and contemporary art within the same exhibition spaces. If artistic “crossover” processes can sometimes foster an individualizing of artworks through their aestheticisation, beyond the categories they relate to, in other cases, the growing importance of exhibition curators within the discourse and setting of these exhibitions can also lead to a paradoxical case of “exhibitions without artists”. This dissolution of borders can lead to a disappearance of the Outsider and Art Brut artists.</p><p> </p><p> </p><p><strong>Géraldine Miquelot, “Artistic programming in a primary or secondary education context: is it a demonstrated case of an unfair exploitation of art?” </strong></p><p>Contemporary art public collections —agents of the contemporary art world as can be art centers and museums— tend to collaborate extensively with schools, organizing exhibitions there as well as artists’ residences. The organization of artistic events in an ostensibly pedagogical setting, which happens in such variable conditions, leads to the question of a possible unfair exploitation of art in favor of an education perspective. However, if an “exploitation” is concerned, it presents advantages for both sides concerned. </p><p> </p><p><strong>Colette Leinman, “Contemporary art catalogues” </strong></p><p>This article presents the evolution of an interdisciplinary ‘paratextual’ device, the contemporary art museum catalogue; a device that rivals an exhibition of which it serves as a means of mediation and “memory locus”. In the museum context, the scientific objectivity of the institution leads to a speech form that must play the part of a revealing witness of certain events, but must also give them some meaning while attributing them new significations. These new goals can be seen in the three areas that constitute the subjects of this article’s three parts: editorial (scientific) strategy for the museums, prediscursive as well as discursive ethos for the author of the catalogue and finally the artist representation which —although valued— he doesn’t himself master.</p><p> </p><p><strong>Claire Moeder, “Ugo Rondinone and the artist-curator today” </strong></p><p>Numerous institutions tend nowadays to invite artists to act upon the permanent displays of collections or to envision events related to their programming. In 2007, the Palais de Tokyo gave Ugo Rondinone such an opportunity. With “The Third Mind” exhibition, the artist described a web of correspondences and affinities with artworks relating to his artistic world. By making use of the exhibition as a medium and by displacing conditions towards a more artistic formula, he modified his own status and imposed a new one: that of artist-curator.</p>";250;12.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro s’inscrit dans une suite d’études menées par la revue <em>Marges</em> sur les conditions de la création en ce début de 21<sup>e</sup> siècle. Après avoir traité de « l’art à l’heure de la société de services », de « l’irresponsabilité de l’art », des « déplacements des pratiques artistiques » et des « valeurs de l’art contemporain », il est question cette fois-ci d’un point d’actualité : la prolifération des expositions et la vogue de la figure du curateur (commissaire/organisateur d’exposition)<strong>.</strong> Un nombre grandissant d'artistes, se plaint du manque de respect de certains curateurs pour leur travail. Certains commissaires ne se serviraient des œuvres que pour se mettre en avant, en oubliant totalement l'auteur.</p><p>Contrairement à d’autres numéros où les approches étaient volontiers transdisciplinaires, il s’agit ici de mettre en avant plus spécifiquement le point de vue d’historiens de l’art et d’esthéticiens sur cette question.</p>";;08/03/2011 16:22;1;Première édition;3675 516;1;3;27;La fitna - Le désordre politique dans l'Islam médiéval;N°60/2011;;;"<p style=""text-align: justify;"">Pour beaucoup d'historiens français, le désordre est créateur de sens. Il n'en est pas de même dans l'Islam traditionnel. Ce dernier rejette le désordre, la <em>fitna</em>, en arabe.</p>";"<p><br />Introduction à la <em>fitna </em>: une approche de la définition d’Ibn Khaldûn<br /><strong>Gabriel Martinez-Gros</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />La <em>fitna</em> andalouse du XIe siècle<br /><strong>Emmanuelle Tixier du Mesnil</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Aux origines de la <em>fitna</em>, l’affaire al-Mughîra : 
la mémoire refoulée d’un assassinat à la cour de Cordoue au Xe siècle<br /><strong>Sophie Makariou</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />L’impact de la <em>fitna</em> chez les lettrés andalous<br /><strong>Brigitte Foulon</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />La <em>fitna</em>, pierre de touche du califat de Cordoue (IIIe/iXe-IVe/Xe siècles) <br /><strong>Cyrille Aillet</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />À l’ombre de la <em>fitna</em>, l’émergence d’un discours du voyage. 
À propos du <em>Tartîb al-rihla</em> d’Abû Bakr ibn al-‘Arabî (m. 1148)<br /><strong>Yann Dejugnat</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />La <em>fitna</em> sicilienne : une fitna inachevée ?<br /><strong>Annliese Nef</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Schismes royaux dans l’Occident du XIIIe siècle : 
l’âge classique de la division politique ?<br /><strong>Gilles Lecuppre</strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Le poison et le sang dans la culture médiévale<br /><strong>Franck Collard</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Une hérésie d’État. Philippe le Bel, le procès des « perfides templiers » 
et la pontificalisation de la royauté française<br /><strong>Julien Théry</strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Point de vue</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />La richesse des franciscains. Autour du débat sur les rapports 
entre économie et religion au Moyen Âge<br /><strong>Valentina Toneatto</strong></p><p style=""text-align: left;""> <br />Notes de lecture<br />Livres reçus </p>";;10/07/2011;60;155x220;220;978-2-84292-273-3;978-2-84292-273-3;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_516.jpg;"<p class=""resume""><em>Gabriel Martinez-Gros</em></p><p class=""resume""><strong>Introduction à la fitna : une approche de la définition d’Ibn Khaldûn</strong></p><p class=""resume"">L’article s’efforce de définir le mot fitna chez Ibn Khaldûn. Partant d’une unique violence naturelle à tous les hommes et à tous les groupes, Ibn Khaldûn la divise en violence noble déployée pour la cause de la religion et de l’État, et en violence stérile des querelles familiales et tribales. La première (le jihâd pour la cause de la religion et de l’État) s’oppose à la seconde qui reçoit seule le nom de fitna. Toute guerre qui vise à créer ou à défendre un État est légitime. La violence est fitna avant et après l’apogée de l’État, quand la querelle reste tribale, ou lorsque le pouvoir ne défend plus que les intérêts étroits du harem et des généraux.</p><p class=""resumemotscles"">Ibn Khaldûn – guerre – État – jihâd – tribus – fitna.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Emmanuelle Tixier du Mesnil</em></p><p class=""titreresume""><strong>La <em>fitna</em> andalouse du XI<sup>e</sup> siècle</strong></p><p class=""resume"">Dans l’historiographie d’al-Andalus, le début du xie siècle est le temps de la fitna, celui de la guerre civile qui provoque l’effondrement du califat omeyyade de Cordoue. Perçue comme une rupture majeure, elle serait ce moment ténu où les équilibres s’inversent, où l’Espagne musulmane, désormais divisée et amoindrie, commence à reculer devant les débuts de la Reconquista chrétienne. Les contemporains comme les historiens ont porté un jugement extrêmement négatif sur cette période qui va de 1009 à 1031 et que prolonge le temps des Taïfas, les royaumes nés de la partition, ces enfants naturels de la fitna dont l’histoire occupe tout le reste du xie siècle. Il semblerait cependant que la rupture soit à relativiser : en amont de la fitna, alors que domine le puissant hadjîb al-Mansûr, les germes de la discorde sont déjà solidement plantés. En aval enfin, les brillants traits du reste du siècle ne plaident pas en faveur d’un commencement de la fin. Cette époque de division et de conflit est certainement l’un des ces moments essentiels où quelque chose de l’identité andalouse s’est joué, avant que la Péninsule ne soit sous la domination des Berbères almoravides.</p><p class=""resumemotscles"">Califat omeyyade de Cordoue – al-Mansûr – Amirides – Taïfas.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Sophie Makariou</em></p><p class=""titreresume""><strong>Aux origines de la fitna, l’affaire al-Mughîra : la mémoire refoulée d’un assassinat à la cour de Cordoue au Xe siècle</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesI {mso-style-name:TimesI; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman; mso-ansi-language:FR; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume"">Le prince al-Mughîra (950-976), dernier né du calife al-Nâsir (913-961), est connu par l’extraordinaire pyxide d’ivoire à son nom, conservée au musée du Louvre, et pour avoir été sommairement exécuté le jour même de la mort de son frère al-Hakam II (961-976) et de l’avènement de son neveu Hishâm II. Cet article fait le lien entre ces deux faits établis, en montrant qu’al-Mughîra était le véritable héritier désigné de son frère al-Hakam, avant d’être remplacé dans ce rôle par le fils encore mineur d’al-Hakam, contre les traditions de la dynastie et contre la loi de l’islam qui écartent l’idée d’un calife mineur. À la mort d’al-Hakam, un fort parti tente de rendre ses droits au prince Mughîra, d’où son exécution sommaire (puis celle de ses partisans) par les soins d’Ibn Abî ‘Âmir, le futur al-Mansûr, régent du califat (978-1002). Le souvenir de cet assassinat – et de ce coup d’État — jouera un rôle dans la révolte contre le fils d’al-Mansûr en 1009, et finalement dans le naufrage du califat. Inversement, la grandeur d’al-Mansûr, révérée par les historiens arabes comme les orientalistes, a contribué à avaliser le meurtre et à faire sombrer la mémoire d’al-Mughîra.</p><p class=""resumemotscles"">Califat – Cordoue – Esclavons (<span class=""TimesI"">fityân</span>) – poésie omeyyade – al-Mughîra.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Brigitte Foulon</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">L’impact de la </span><span class=""TimesBI"">fitna</span><span class=""TimesB""> chez les lettrés andalous</span></strong></p><p class=""resume"">L’analyse des œuvres littéraires produites en al-Andalus durant la fitna nous livre un témoignage primordial sur la crise du califat. Celle-ci désagrégea en effet brutalement un système qui exigeait des poètes qu’ils se tiennent au plus près du centre du pouvoir, et les jeta dans la plus grande précarité. Intermède douloureux, elle contient déjà néanmoins en germe le système décentralisé des Taïfas qui allait assurer à la poésie un nouvel âge d’or.</p><p class=""resume"">La littérature andalouse, bien plus qu’on ne l’a dit, colle à son contexte, et les textes du début du xie siècle résonnent du martèlement obsédant des motifs liés au départ et à l’exil. Pour autant, l’encodage rigoureux de la poésie en arabe classique ne laisse aux poètes qu’une marge de manœuvre très étroite, tant pour l’expression de leurs angoisses personnelles que pour l’évocation des crises collectives. Nous tenterons dans cette étude de déchiffrer l’écho de la fitna dans ces œuvres, et de comprendre comment leurs auteurs s’y prennent pour puiser dans la tradition poétique les matériaux susceptibles de rendre compte de leur expérience. Nous nous attacherons en particulier aux témoignages laissés par Ibn Darrāğ al-Qasṭallī, (958/347 h. – 1030/421 h.) et Ibn Šuhayd (992/382 h. – 1035/426 h.), qui procédèrent à une réactivation et à une instrumentalisation de deux thèmes majeurs de l’ode classique arabe :</p><p class=""resume"">– le raḥīl, ou thème du voyage, pour le premier, qui réussit par ce biais à infléchir le panégyrique, genre traditionnel s’il en est, de manière à en faire le réceptacle de ses émotions ;</p><p class=""resume"">– la thématique des vestiges de campements (aṭlāl), pour le second, qui ne trouva pas de moule plus efficace, pour couler ces mêmes émotions, que celui offert par les représentations bédouines. Ces thèmes et motifs acquirent, dans ce contexte, de nouvelles valeurs. Naturalisés, adaptés au contexte andalou, ils furent souvent en charge de traduire en mots les événements dysphoriques, dont la fitna est sans aucun doute l’exemple le plus représentatif.</p><p class=""resumemotscles"">Al-Andalus – fitna – Ibn Darrāğ al-Qasṭallī – Ibn Šuhayd – poésie arabe médiévale.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Cyrille Aillet</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.Exposant {mso-style-name:Exposant; mso-style-parent:""""; vertical-align:super;} span.petitecap {mso-style-name:""petite cap""; mso-style-parent:""""; font-variant:small-caps; mso-font-width:100%; mso-ansi-language:FR;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">La </span><em><span class=""TimesBI"">fitna</span></em><span class=""TimesB"">, pierre de touche du califat de Cordoue (</span><span class=""petitecap"">iii</span><span class=""Exposant"">e</span><span class=""TimesB"">/</span><span class=""petitecap"">ix</span><span class=""Exposant"">e</span><span class=""TimesB"">-</span><span class=""petitecap"">iv</span><span class=""Exposant"">e</span><span class=""TimesB"">/</span><span class=""petitecap"">x</span><span class=""Exposant"">e</span><span class=""TimesB""> siècle)</span></strong></p><p class=""resume"">Cet article examine la notion de fitna et sa transposition en al-Andalus, où elle apparaît comme la pierre de touche du califat de Cordoue, encadré par deux phases d’éclatement, la première fondatrice (iiie/ixe siècle), la seconde désintégratrice (ve/xie siècle). L’usage du lexique de la fitna à l’époque émirale permet de légitimer l’exercice de la violence d’État, mais aussi d’exprimer une vision hiérarchique de l’ordre social. En effet, les sources imputent principalement le désordre aux clivages ethniques qui divisent encore une société en transition, où l’intégration des convertis à l’élite « arabe » s’avère encore inachevée.</p><p class=""resumemotscles"">Émirat omeyyade de Cordoue – idéologie califale – catégorisation ethnique et religieuse – conversion à l’islam.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Yann Dejugnat</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong>À l’ombre de la <span class=""TimesBI"">fitna</span>, l’émergence d’un discours du voyage. À propos du Tartîb al-rihla d’Abû Bakr ibn al-‘Arabî (m. 1148)</strong></p><p class=""resume"">Le Tartîb al-rihla d’Abû Bakr ibn al-‘Arabî inaugure un genre littéraire nouveau dans la littérature arabe, la rihla (« récit de voyage »). L’objectif de cet article est de faire apparaître, par l’approche de ce récit comme un discours, la signification que les lettrés andalous ont assignée au traditionnel voyage en Orient en quête de science au xiie siècle. Articulant savoir et action, politique et mystique, celui-ci fut désormais conçu comme une réponse à la fitna déclenchée par la conquête d’al-Andalus par les Almoravides.</p><p class=""resumemotscles"">al-Andalus – fitna – voyage – savoir – pouvoir.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Annliese Nef</em></p><p class=""titreresume""><strong>La fitna sicilienne : une fitna inachevée ?</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesI {mso-style-name:TimesI; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman; mso-ansi-language:FR; font-style:italic;} span.Exposant {mso-style-name:Exposant; mso-style-parent:""""; vertical-align:super;} span.petitecap {mso-style-name:""petite cap""; mso-style-parent:""""; font-variant:small-caps; mso-font-width:100%; mso-ansi-language:FR;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume"">La Sicile islamique (<span class=""petitecap"">ix</span><span class=""Exposant"">e</span>-<span class=""petitecap"">xi</span><span class=""Exposant"">e</span> siècle) semble peu fertile en événements qualifiés de <span class=""TimesI"">fitna</span> dans les sources. Seules quatre occurrences du terme apparaissent au cours d’un peu plus de deux siècles de domination musulmane de l’île. Ou plus exactement, des épisodes semblables à d’autres qui seraient appelés de la sorte ailleurs ne le sont pas en Sicile et la qualification d’un événement en <span class=""TimesI"">fitna </span>n’est jamais unanime chez les auteurs consultés. Les raisons de cette absence sont difficiles à établir de manière certaine, mais cette dernière semble refléter l’intégration inachevée de la Sicile à l’ensemble politique islamique aux yeux des auteurs médiévaux.</p><p class=""resumemotscles"">Sicile islamique – vocabulaire politique – <span class=""TimesI"">fitna</span> – Fatimides – Aghlabides.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Gilles Lecuppre</em></p><p class=""titreresume""><strong>Schismes royaux dans l’Occident du XIIIe  siècle : l’âge classique de la division politique ?</strong></p><p class=""resume"">Il est communément admis que le xiiie siècle occidental correspond à un âge classique, qui a permis un cheminement tranquille vers l’équilibre, le progrès, ou tout au moins l’unité. Toutefois, le domaine politique présente des résultats plus contrastés. Les rois de France ont bien consolidé leur emprise sans connaître les affres de l’inquiétude, tandis que le reste de l’Europe a vécu de nombreux schismes royaux. En Germanie, division rime de toute évidence avec élection, mais la transmission dynastique du pouvoir n’a pas empêché les autres royaumes de sombrer de temps à autre dans des crises de cette nature. Bien sûr, les chroniqueurs ne disposent pas d’équivalents latins ou vernaculaires de la notion de fitna. Ils perçoivent néanmoins avec acuité les effets néfastes de ces duels au sommet, qui menacent de se terminer en anarchie pure et simple. La résolution de conflits si radicaux ne coule pas de source. Quand le recours à la voie de fait ou à l’autorité supérieure du pape ou du suzerain n’y suffit pas, barons et ligues urbaines pensent peu à peu avoir leur mot à dire sur le sujet. Ainsi, la discorde nous révèle-t-elle paradoxalement l’importance et la popularité acquises par la royauté.</p><p class=""resumemotscles"">xiiie siècle – compétition royale – guerre civile – royauté.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Franck Collard</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong>Le poison et le sang dans la culture médiévale</strong></p><p class=""resume"">Élus, somme toute récemment, au rang d̓objets d̓histoire, le poison et le sang entretiennent des relations complexes dans les représentations médiévales qui, tout à la fois, les opposent en matière juridique et criminelle mais pas toujours, les relient (venenum a vena) en matière médicale et les fusionnent même en matière proprement « vénénologique » comme le montrent les traités des poisons où la toxicité du sang animal et humain fait régulièrement l̓objet de développements.</p><p class=""resumemotscles"">sang – poison – crime – médecine.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Julien Théry</em></p><p class=""titreresume""><strong>Une hérésie d’État. Philippe le Bel, le procès des « perfides templiers » et la pontificalisation de la royauté française</strong></p><p class=""resume"">Après avoir rappelé les grandes lignes de l’affaire du Temple, l’article en esquisse une réinterprétation d’ensemble. L’analyse des sources émises par les instigateurs du procès, le roi de France Philippe le Bel et ses conseillers, est privilégiée. Une logique étrangère à l’histoire de l’ordre mais propre, en revanche, à celle de la monarchie capétienne présida aux événements. La « découverte » et la répression d’une « hérésie des templiers » furent la dernière étape d’un processus, commencé lors du conflit avec Boniface VIII, au cours duquel la royauté française s’appropria les fondements mystiques de la théocratie pontificale. Dans l’affaire du Temple, les légistes royaux achevèrent de sceller une nouvelle alliance entre Dieu et le Capétien. Défenseur suprême de la foi catholique, le roi était désormais investi d’une fonction christique. L’enjeu du procès des templiers fut la transfiguration du pouvoir royal.</p><p class=""resumemotscles"">Procès des templiers – Philippe le Bel – hérésie – théocratie pontificale – religion royale.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""titreresume""><strong><br /></strong></p>";"<div><p>Gabriel MARTINEZ-GROS <br />Emmanuelle TIXIER DU MESNIL</p><p><span>La </span><span>fitna</span><span> : le désordre politique <br />dans l’Islam médiéval</span></p><p>Pour la plupart des historiens français, héritiers des révolutions, le désordre est créateur de sens, annonciateur d’un ordre nouveau. Il n’en est pas de même dans l’Islam traditionnel : les chroniqueurs médiévaux tout comme les juristes ou les théologiens ne tiennent pour dignes d’histoire que les règnes glorieux et les sectes victorieuses. Ils rejettent le désordre, la <span>fitna</span> en arabe, dans le non-sens et se refusent même à l’expliquer de peur de le justifier. Selon un célèbre <span>hadith</span><span>, « </span>mieux vaut soixante ans d’injustice qu’un seul jour de désordre <span><a id=""footnote-580-1-backlink"">1.</a></span> ». À partir de la fin du <span>xix</span><span>e</span> siècle, les orientalistes, largement prisonniers de leurs sources, ont pérennisé cette approche. Parlant de la <span>fitna</span> andalouse du <span>xi</span><span>e</span> siècle qui met une fin brutale au califat omeyyade de Cordoue, Évariste Lévi-Provençal, grand découvreur et connaisseur des textes de l’Espagne musulmane, la qualifie d’histoire confuse et lamentable, et ce faisant, refuse d’en traiter.</p><p>Le contexte de l’hiver 2011 paraît démentir ces vues et remettre en cause ce que Aziz al-Azmeh nomme le « pessimisme anthropologique de l’Islam <span><a id=""footnote-580-2-backlink"">2.</a></span> », c’est-à-dire la fondamentale méfiance qu’il convient d’observer envers l’expression désordonnée de la liberté, et la conviction que le frein et la contrainte sont nécessaires à l’équilibre des sociétés. Il nous semble donc opportun de présenter aujourd’hui ce dossier sur la <span>fitna</span> et le désordre dans l’Islam médiéval, et ce d’autant plus que l’historiographie en est singulièrement pauvre <span><a id=""footnote-580-3-backlink"">3.</a></span>.</p><p>Spécialistes de l’Espagne musulmane, nous avons privilégié la part occidentale du monde islamique, d’al-Andalus au Maghreb et à la Sicile, entre le <span>ix</span><span>e</span> et le <span>xii</span><span>e</span> siècle.</p><p>Nous avons choisi d’ouvrir ce dossier avec le fameux historien du <span>xiv</span><span>e</span> siècle Ibn Khaldûn : l’analyse des occurrences du mot <span>fitna</span> dans sa grande chronique universelle, le <span>Kitâb al-’Ibar</span>, offre une grille de lecture générale du concept (Gabriel Martinez-Gros). Dans l’Islam occidental, ce sont les troubles que déchaîne la chute du califat omeyyade (1009-1031) qui ont mérité par excellence le nom de <span>fitna</span>. Trois contributions s’attachent à les analyser : Emmanuelle Tixier du Mesnil présente la complexité événementielle et les enjeux longtemps tenus pour ethniques d’une histoire fondamentalement politique. Sophie Makariou exhume un meurtre d’État dont la mémoire anime encore, une génération plus tard, les premiers acteurs de la <span>fitna</span>. Spécialiste de la littérature arabe andalouse, Brigitte Foulon évoque l’existence douloureuse de quelques grandes figures de poètes pris dans la tourmente et l’exil de la <span>fitna</span>. Cyrille Aillet rappelle cependant qu’un précédent temps des troubles avait traversé l’histoire omeyyade à la fin du <span>ix</span><span>e</span> siècle ; et il interroge une interprétation elle aussi restée longtemps ethnique. Dans l’Espagne musulmane du <span>xii</span><span>e</span> siècle, Yann Dejugnat explore la riche polysémie du terme en mettant en lumière les racines politiques de l’épreuve spirituelle (<span>fitna</span>) du mystique Abû Bakr Ibn al-‘Arabî. Par comparaison, la Sicile, étudiée par Annliese Nef, n’offre guère d’exemple abouti et documenté de <span>fitna</span>. Spécialistes de l’Islam, nous avons enfin trouvé notre exotisme dans l’analyse de l’Occident chrétien du <span>xiii</span><span>e</span> siècle. Là où l’historiographie traditionnelle voyait le temps de l’ordre et de l’équilibre des royautés féodales, Gilles Lecuppre repère les symptômes d’un désordre organique. Les deux mondes en ressortent plus proches dans leur complexité.</p><p><span>Gabriel </span><span>Martinez-Gros</span> – Université de Paris Ouest-Nanterre La Défense, EA 1587, Département d’histoire, 200 avenue de la République, F-92001 Nanterre cedex</p><p><span>Emmanuelle </span><span>Tixier du Mesnil</span><span> – </span>Université de Paris Ouest-Nanterre La Défense, EA 1587, Département d’histoire, 200 avenue de la République, F-92001 Nanterre cedex</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-580-1"">1</a> L’horreur du désordre et la recherche du consensus, chez les hommes de religion sunnites en particulier, prennent probablement leur source dans les plaies jamais refermées de la grande <span>fitna</span>, c’est-à-dire la guerre civile qui opposa Alî et Mu’awiya à la fin de la première génération de l’Islam (656-661), cf. H. <span>Djaït</span>, <span>La Grande Discorde</span>, Paris, 1990.</p></div><div><p><a id=""footnote-580-2"">2</a> A. <span>al-Azmeh</span>, <span>Power and the Sacred in Muslim, Christian and Pagan Polities</span>, Londres, 2001.</p></div><div><p><a id=""footnote-580-3"">3</a> Même dans les années soixante et soixante-dix, dans le contexte de la décolonisation et d’une historiographie marxisante, révoltes et révolutions dans l’Islam médiéval n’ont guerre suscité de travaux fondamentaux, à l’exception de l’ouvrage d’Alexandre <span>Popovic</span> (<span>La Révolte des esclaves en Iraq au </span><span>iii</span><span>e</span><span>/</span><span>ix</span><span>e</span><span> s.</span>, Paris, 1976) sur la révolte des esclaves africains du sud de l’Iraq soulevés contre le califat abbasside à la fin du <span>ix</span><span>e</span> siècle.</p></div></div></div>";"<p><em>Gabriel Martinez-Gros</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">An Introduction to the </span><span class=""TimesBI"">Fitna. </span><span class=""TimesB"">An Assessment on Ibn Khaldûn’s Definition of the Word</span></strong></p><p class=""resume"">The paper intends to define the fitna in Ibn Khaldûn’s historical work. In Ibn Khaldûn’s views, all the human beings have been endowed with a single general amount of violence. But he divides that universal violence into two kinds, according to the purpose it is aiming at : a noble violence outbursting for God’s sake and for the State interests ; and an evil violence unchained by petty tribal rivalries. Only the last one deserves to be called a fitna. Every war waged for creating or maintaining a State is considered legitimate. The fitna comes before or after the State : in the tribes when they have not yet been touched by the ambition of creating a State ; and at the twilight of the dynasties, when violence has already come down to personal strife among the members of the Court.</p><p class=""resumemotscles"">Ibn Khaldûn – war – state – jihâd – tribes – fitna.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Emmanuelle Tixier du Mesnil</em></p><p class=""titreresume""><strong>The Andalusian <em>Fitna</em> in the eleventh century</strong></p><p class=""resume"">In the historiography of al-Andalus, the early eleventh century is the time of the fitna, the time of the civil war which provoked the collapse of the Umayyad caliphate of Cordoba. Seen as a major breakup, it might be that tenuous moment when the balance is upset, when Muslim Spain, henceforth divided and weakened, begins to lose ground against the beginnings of the Christian Reconquista. The people of that period as well as the historians have formed an extremely negative judgment on this period which goes from 1009 to 1031 and is followed by the time of the Taïfas, the kingdoms grown from this division, heirs to the fitna which takes up the rest of the eleventh century. It seems, nonetheless, that this breakup should be moderated : prior to the fitna, at the time when hadjîb al-Mansûr ruled, the seeds of strife had already been deeply sown. Finally, posterior to it, the brilliant aspects of the rest of the century do not speak for the beginning of the end. This time of division and strife is no doubt one of these essential moments when a part of the Andalusian identity was shaped, before the Peninsula got ruled by the Almoravid Berbers.</p><p class=""resumemotscles"">Umayyad caliphate of Cordoba – al-Mansûr – Amirids – Taifas.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Sophie Makariou</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong>At the Source of the <span class=""TimesBI"">Fitna</span>, the al-Mughîra Case: the Repressed Memory of a Murder at the Court of Cordoue in the 10th Century</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesI {mso-style-name:TimesI; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman; mso-ansi-language:FR; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume"">The last son of the caliph al-Nâsir (913-961), Al-Mughîra’s name has been connected to the outstanding ivory pyxis carved for him and to his brutal execution on the very day of his nephew’s Hishâm ascent to the throne (976). This paper joins both facts. It proves that al-Mughîra was the rightful heir of his brother al-Hakam II (961-976) until a son was born to the aging Caliph. That son, Hishâm, displaced al-Mughîra as an heir apparent, in spite of being a child and against all the traditions of the dynasty and the Law of Islam, which both rule out the capacity of a child to hold the caliphate. On al-Hakam’s death, a strong party within the palace intends to give al-Mughîra his rights back. It fails. First al-Mughîra, and then his supporters, are slain by Ibn Abî ‘Âmir, who is to take over the power as al-Mansûr (978-1002). The memory of the murder plays its part in the 1009 upheaval against al-Mansûr’s son, and in the actual wreck of the caliphate. On the other side, al-Mughîra’s memory has been silenced by the Arab and the Western historians caught by al-Mansûr’s impressive glory.</p><p class=""resumemotscles"">Caliphate – Cordoba – slave servants (<span class=""TimesI"">fityân</span>) – Umayyad poetry – al-Mughîra<span style=""font-size: 10.0pt;"">.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Brigitte Foulon</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesBI"">Fitna</span><span class=""TimesB"">’s Impact on Andalusian Men of letters</span></strong></p><p class=""resume"">The analysis of literary works produced in al-Andalus during the Fitna supplies key information about the crisis of the caliphate. The latter brutally brought an end to a system which required of the poets to be near the very center of the power, and jeopardized their status. Though a painful interlude, it nonetheless bore the autonomous system of the Taifas which would lead to a new Golden age in poetry. The Andalusian literature fitted, much more than has been said, the context of its time, and the texts of the early eleventh century echoed the pounding and obsessive patterns tied to departure and exile. Yet, the strict encoding of this poetry into classical Arabic didn’t leave much ground for the poets to either express their personal feelings of anguish or to conjure up collective trouble. We will attempt to decipher in this study the echoes of the Fitna in these works and try to understand how their authors managed to draw from the tradition of poetry the materials which might convey their experience. We will especially focus on the testimonies left by Ibn Darrāğ al-Qasṭallī (958/347 h. – 1030/421 h.) and Ibn Šuhayd (992/382 h. – 1035/426 h.), who revived and exploited two major themes from the Arabic Classical ode :</p><p class=""resume"">– the raḥīl or theme of travelling for the first one, who managed by this means to alter the panegyric and turned it into a means of expressing his feelings ;</p><p class=""resume"">– the aṭlāl or theme of the remains of encampment, for the second one, who did not find a better mould to cast his emotions than the one pictured by the Bedouins.</p><p class=""resume"">These themes or patterns gained, in this context, new values. Adapted to the Andalusian context, they were in charge of putting into words the dysphorical events such as the Fitna which best represents them.</p><p class=""resumemotscles"">Al-Andalus – fitna – Ibn Darrāğ al-Qasṭallī – Ibn Šuhayd – Arabic poetry of Middle Ages.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Cyrille Aillet</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">The </span><em><span class=""TimesBI"">fitna</span></em><span class=""TimesB""> as a Touchstone for the Umayyad Caliphate of Cordoba (thirth/ninth – fourth/tenth c.)</span></strong></p><p class=""resume"">This paper focuses on the notion of fitna and its transferency to al-Andalus, where it was used as a touchstone for the Umayyad Caliphate of Cordoba. Actually, the Caliphate is framed with two periods of desintegration, a foundative one (thirth/ninth c.), and a destructive one (fifth/eleventh c.). During the Emirate, the lexical field of the fitna was used as a way of legitimizing State violence, and also as a tool for shaping a hierarchical vision of the social order. In the contemporary sources, political disorder is mainly attributed to ethnic divisions within the society, in a context characterized by the unachieved integration of Muslim converts to the « Arabic » elite.</p><p class=""resumemotscles"">Umayyad Emirate of Cordoba – Caliphal ideology – ethnical and religious categorization – conversion to islam.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Yann Dejugnat</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong>In the Shade of <span class=""TimesBI"">Fitna</span>, the Emergence of a Speech of the Travel. About the Tartîb al-rihla of Abû Bakr ibn al-‘Arabî (d. 1148)</strong></p><p class=""resume"">The Tartîb al-rihla of Abû Bakr ibn al-‘Arabî inaugurate a new literary genre in the Arabic literature, the rihla (« account of travel »). The objective of this article is to make appear, by the approach of this narrative as a speech, the meaning that the Andalusian scholars assigned to the traditional travel to the East in search for khowledge in the xiith century. Articulating knowledge and action, political and mystic, it was henceforth conceived as an answer to the fitna set off by the conquest of al-Andalus by Almoravides.</p><p class=""resumemotscles"">al-Andalus – fitna – travel – knowledge – power.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Annliese Nef</em></p><p class=""titreresume""><strong>The Sicilian Fitna : an Incomplete Fitna ?</strong></p><p class=""resume"">Islamic Sicily (ninth-eleventh century) did not give birth to many events qualified of fitna in the sources. Only four occurrences of the word have been found during the more than two centuries of muslim domination over the island. Or, more exactly, events similar to others which are called fitna/s elsewhere are not qualified as such in Sicily. Moreover, the designation of an event as a Sicilian fitna is never unanimous among the authors. The reasons of this absence are difficult to establish with certainty, but it could reflect the incomplete political integration of Sicily into the Islamic world in the eyes of the medieval authors.</p><p class=""resumemotscles"">Islamic Sicily – political vocabulary – fitna – Fatimids – Aghlabids.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Gilles Lecuppre</em></p><p class=""titreresume""><strong>Royal Splits in Thirteenth Century West : the Classical Age of Political Division ?</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesI {mso-style-name:TimesI; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman; mso-ansi-language:FR; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume"">The generally accepted view is that the Latin West reached during the thirteenth century its classical era and peacefully found its way towards equilibrium, progress or, at least, unity. However, political issues seem somewhat uneven. French kings consolidated their hold on their subjects without worrying in the slightest, whereas the rest of Europe experienced numerous royal splits. In Germany, there was an obvious link between division and election, but the dynastic transfer of power did not prevent other kingdoms from sinking, occasionally, into such crises. Of course, there is no Latin or vernacular word to express that native version of <span class=""TimesI"">fitna</span>. Chroniclers nevertheless had an acute awareness of the harmful effects of those summit duels which could potentially end in mere anarchy. Such radical conflicts were not easily resolved. When resorting to force or to the superior authority of popes or overlords was not enough, barons and urban leagues progressively thought they were entitled to have their say in the matter. Thus, discord paradoxically revealed how important and popular kingship had become.</p><p class=""resumemotscles"">Thirteenth century – royal competition – civil war – kingship.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Franck Collard</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; 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mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.tit";;;;;;;; 517;2;3;19;Quand passent les cigognes;Le sujet nominal postverbal en français moderne;;;"<p style=""text-align: justify;"">""En septembre apparaissent les grosses araignées..."", ""Éclate le conflit..."". Dans toutes ces phrases le sujet nominal apparaît à droite du verbe.</p>";"<p>Introduction générale</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 1</strong><br /><strong>L’inversion du sujet nominal en français : enjeux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />1. Introduction<br />2. Les descriptions globales de l’inversion : bref état de la question<br />3. Les propriétés fondamentales de l’inversion nominale en français<br />4. Structure de l’information : concepts utilisés dans cet ouvrage<br />5. Conception de cet ouvrage<br />6. Conclusion</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 2</strong><br /><strong>La distribution de VS dans les phrases simples</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />1. Introduction<br />2. Syntagme locatif ou temporel en position initiale de phrase : l’inversion locative (IL)<br />3. Phrases à position initiale vide : l’inversion dite « absolue » (IA)<br />4. Syntagme ou adverbe de manière en position initiale de phrase<br />5. Attribut du sujet en position initiale de phrase<br />6. Le verbe est précédé d’un pronom personnel<br />7. Syntagme de cause en position initiale de phrase<br />8. Adverbe de phrase en position initiale de phrase<br />9. Les adverbes de point de vue en position initiale de phrase<br />10. Conjonction de coordination en position initiale de phrase<br />11. VS dans les phrases simples et les principales : vue d’ensemble</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 3</strong><br /><strong>La distribution de VS dans les subordonnées</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />1. Introduction<br />2. L’inversion dans les subordonnées circonstancielles<br />3. L’inversion dans les complétives<br />4. VS dans les subordonnées : vue d’ensemble</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 4 </strong><br /><strong>Deux types de VS en français : syntaxe et sémantique</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />1. Introduction<br />2. Analyses syntaxiques antérieures<br />3. Deux constructions VS en français : propriétés<br />4. L’ordre SV et les deux types de VS : analyse structurale<br />5. Conclusion</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 5</strong><br /><strong>La distribution de VS : intéraction entre la structure 
informationnelle et la sémantique</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />1. Introduction<br />2. L’influence des propriétés inhérentes du contexte : Bailard (1981)<br />3. Le modèle d’Erteschik-Shir (1997) : interaction entre structure informationnelle et sémantique<br />4. Notre hypothèse et ses deux prédictions vérifiables<br />5. VS dans les phrases simples et les principales<br />6. VS dans les subordonnées<br />7. Conclusion</p><p><br />Conclusion générale</p><p><br />Bibliographie<br />Index des termes<br /><br /></p>";;10/06/2011;0;155x220;296;978-2-84292-274-0;9782842922740;0;0990-4565;Presses Universitaires de Vincennes;img_517.gif;;;;424;26.00;"<p style=""text-align: justify;"">C'est à ce phénomène, appelé inversion ou postposition du sujet nominal qu'est consacrée cette étude à travers laquelle l'auteure en dégage un modèle théorique.</p>";;26/04/2011 17:46;0;Première édition;3146 520;2;3;8;Lire de tout son inconscient;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment les apports de la psychanalyse peuvent-ils nous aider à apprécier les œuvres littéraires ?</p>";"<p>Présentation</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le rose sied à Électre<br />(Picasso, <em>La Jeune Fille à la chèvre</em>)</p><p style=""padding-left: 30px;"">Sur « La Nuit » de Maupassant</p><p style=""padding-left: 30px;"">Petit poème, grands effets<br />(Appolinaire, ""Chantre"", <em>Alcools</em>)</p><p style=""padding-left: 30px;"">Rêve, fantasme, fiction<br />(Balzac, <em>La Fille aux yeux d'or</em>)</p><p style=""padding-left: 30px;"">Avance à l'interprétation<br />(Balzac, <em>Mémoires de deux jeunes mariées</em>)</p><p style=""padding-left: 30px;"">Une ingénieuse libération ?<br />(Colette, <em>L'ingénue libertine</em>)</p><p style=""padding-left: 30px;"">La ronde de l'amour dans <em>Alphabet</em> de Valéry</p><p style=""padding-left: 30px;"">Du <em>sascinus</em> comme nouement<br />(Pascal Quignard, <em>Le Sexe et l'Effroi</em>)</p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Byeon-Gang-soe</em> et la tête de la méduse</p><p style=""padding-left: 30px;"">Quelques notes en guise de bilan</p>";;10/06/2011;0;137x220;280;978-2-84292-275-7;978-2-84292-275-7;0;1158-5587;Presses Universitaires de Vincennes;img_520.jpg;;"<div><p>Présentation</p><p>En faisant écho dans mon titre, avec un effet de décalage dont je ne renie assurément pas l’humour, à des expressions courantes comme « aimer de tout son cœur » et « travailler de toutes ses forces », j’ai souhaité souligner l’aspect d’enga­gement aussi total que possible qui, selon moi, doit marquer le recours à l’inconscient lorsqu’on lit en textanalyste, autrement dit quand on cherche à entendre le non-dit et même l’indicible des œuvres littéraires.</p><p>Mais du même coup, en passe de m’interroger sur l’accueil que je réserve aux textes dans ma pratique concrète, je souhaiterais que ceux qui liront le présent recueil avec la conviction ou le pressentiment qu’il y a là un mode d’approche de la littérature stimulant, perçoivent dans l’usage que je fais du verbe « lire » l’intention de mettre à jour des positions théoriques qui n’ont cessé d’évoluer au cours du développement de mon activité de critique.</p><p>Pour le résumer en peu de mots, mon projet serait de faire sentir comment une « lecture du texte avec l’inconscient » a pu, en quoi même elle a dû, succéder en toute légitimité, sinon en toute logique, à des formules que j’estime depuis longtemps dépassées, quoiqu’elles aient la vie dure, telles que « l’inconscient du texte » et « le travail inconscient du texte » <span><a id=""footnote-733-1-backlink"">1.</a></span>. Ces deux formules ont sacrifié en leur temps, dans les années 70 et durant les deux décennies suivantes, à l’effet de mode qui a conduit bon nombre de critiques, de linguistes et de philosophes à traiter le Texte comme un objet fétichique. Même si l’accent porté sur le produit afin d’évacuer le créateur – fidèle image d’un prétendu Créateur – répondait à un besoin réel, l’avantage recherché est devenu peu à peu une tare. Nous sommes loin aujourd’hui de réifier la chose textuelle, de lui accorder une autonomie qui apparaît de plus en plus difficile à penser sans la prise en compte des sujets dont l’un fabrique le texte tandis que l’autre le fait signifier, les deux étant coresponsables de la naissance et de l’épanouissement de cette œuvre d’art particulière qu’est un ouvrage littéraire.</p><p>On m’a fait récemment toucher du doigt – c’était à l’étranger mais je gage qu’il en irait de même chez nous – que mon avancée n’avait pas toujours été bien suivie par ceux qu’intéresse le principe de la démarche, à savoir se soustraire à l’em­prise de l’auteur, surtout à l’heure où les médias audiovisuels le portent au pinacle faute de pouvoir faire état des œuvres elles-mêmes. Cela allait au point, me disait-on, que la discrétion entourant ce renouvellement laissait imaginer que j’en étais resté aux efforts de théorisation qui justifiaient le choix même du mot textanalyse. Le portrait du lecteur en vampire que j’ai esquissé à la fin de mon dernier recueil <span><a id=""footnote-733-2-backlink"">2.</a></span> a, paraît-il, un peu surpris alors que le principe de méthode en avait été formulé clairement et en partie analysé à différentes reprises. J’ai depuis eu l’occasion de faire le point sur tout cela en donnant une version nouvelle et mise à jour de mon « Que sais-je ? » dans la synthèse intitulée psychanalyse et littérature <span><a id=""footnote-733-3-backlink"">3.</a></span>. Il ne me paraît pas inutile de revenir encore, sept ans après, sur ce qui, à mes yeux, fonde l’entreprise à laquelle je me consacre depuis si longtemps.</p><p>Autotransfert</p><p>La première occasion de pousser la réflexion théorique sur la lecture avec l’inconscient m’avait été fournie dès 1990 <span><a id=""footnote-733-4-backlink"">4.</a></span> lors d’un colloque organisé par un groupe de psychanalystes dont certains appartenaient au monde universitaire. Devant eux, j’ai essayé d’étayer sur leur notion d’autotransfert une théorie de l’élaboration artistique conforme aux enseignements du freudisme.</p><p>Cette notion, en effet, est familière aux praticiens. Pour eux, le transfert affectif entre l’analyste et le patient, reproduisant en quelque sorte celui qui a uni jadis le petit enfant à ses proches, est le mécanisme fondamental permettant la rencontre des inconscients et donc offrant une possibilité d’interpréter les formations insoupçonnées afin de mettre au jour et de faire assimiler (ils disent : perlaborer) des traumatismes très anciens. Au sortir de la cure, non seulement le patient mais l’ana­lyste, chacun de leur côté, prolongent à l’intérieur d’eux-mêmes le travail d’écoute qu’ils ont mis en œuvre ensemble, le maintenant toujours actif en vue d’une récupération plus large ou mieux assurée de leur passé refoulé. Il va de soi que ledit travail ne débouche pas à chaque instant ni nécessairement sur une interprétation en forme : tout se passe comme si chacun percevait à demi-mot, comme par allusion, l’affleurement de données pulsionnelles déjà plus ou moins identifiées ou localisées au cours des séances en commun. Cette poursuite du travail analytique, qui est proprement un travail d’analyse au sens où l’entendait Freud, présuppose qu’il existe alors, entre le Je et un Moi dont les racines plongent dans l’archaïque, une espèce de dialogue invisible qu’on peut qualifier d’autotransfert.</p><p>Mon hypothèse, donc, consistait à dire que, du point de vue de l’inconscient, l’œuvre d’art se présentait – du moins pouvait être représentée – comme le point de rencontre de deux autotransferts distincts, l’un chez l’artiste, l’autre chez l’amateur. Un objet d’art, c’est bien connu, n’est rien tant qu’il n’y a pas là quelqu’un qui le contemple, qui l’écoute, qui le lit ; quelqu’un qui au bout du compte le fait exister en tant que tel et qui, du même coup, justifie le travail et l’existence même de l’artiste. Dans la pratique, l’œuvre réalise, et même matérialise, la synthèse des deux opérations de mise au jour et de réception, qui entrent en résonance en la faisant exister et pour la faire exister comme œuvre.</p><p>Il va de soi que dans la situation ordinaire, ni l’un ni l’autre des opérateurs n’a conscience de ce qui est ici actualisé ou mis en question et qui relève de l’inconscient. On sait par ailleurs qu’en dehors des symptômes il n’existe pas d’autre phénomène inconscient saisissable que la combinaison singulière d’images décrites et de paroles citées (dans un rêve ou sur le divan) à travers laquelle se déguise une pulsion libidinale qui cherche à s’exprimer. Une combinaison dont l’énigme se trouvera résolue si un autre, voué et préparé à cette tâche, vient réagir, vient retentir à ce qui s’évoquait là, puis le renvoyer à celui qui en fut la source avant d’en devenir, peut-être, l’hôte un peu rassuré sinon réassuré.</p><p>Moins ordinaires, on le sait aussi, plus rares en tout cas sont les deux situations parallèles où, d’une part, l’artiste fait pour son compte une analyse et découvre à cette occasion ce que son imagination créatrice a coutume de mettre en jeu, et où, d’autre part, le lecteur – revenant spécifiquement à la sphère des activités artistiques qui nous préoccupe, je pense à un lecteur au courant de ce qui se passe en lui d’inconscient –, où un lecteur éclairé, donc, se met à l’écoute des ébranlements suscités au fond de lui par le contact avec le texte, c’est-à-dire avec les fantasmes inconsciemment déposés là par l’auteur.</p><p>Tout à fait exceptionnelle paraît alors la situation, dans laquelle nous place la textanalyse. Dans un premier temps, un critique entreprend de formaliser à l’usage d’autrui les données lacunaires qu’il croit percevoir en lui par autotransfert lorsqu’il s’investit dans une lecture ; ensuite, dans un second temps, il entreprend de partager avec d’autres, de communiquer au public ces lueurs qui ont surgi en lui pour l’occasion. Bien évidemment, c’est en offrant aux lecteurs cette dimension de sens supplémentaire susceptible d’enrichir le texte qu’il participe à l’effort global de la critique pour expliquer en quoi une œuvre peut être déclarée belle.</p><p>Interlecture</p><p>Envisagé sous un tel angle, le texte perd une large part de son statut de chose en soi. Il apparaît tout à la fois comme un terrain de rencontre entre deux sujets et comme un espace d’engendrement du sens en même temps ponctuel et indéfiniment renouvelable, avide de cohérence et toujours en fuite au-delà de lui-même – fantôme flottant dans une brume de significations plutôt que bloc de marbre sous le soleil du sens.</p><p>Mais une deuxième atteinte à sa prérogative lui a été infligée de manière oblique à propos de l’intertextualité. Celle-ci, quoique l’on n’ait pas tout de suite mesuré le scandale qu’elle représentait, était déjà le ver dans le fruit : que penser en effet d’un texte autonome, visé comme le « Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur » dont parle mallarmé, si son absoluité est grevée par un réseau de relations d’emblée relativisantes ? Il m’a paru qu’on ne pouvait se dispenser de contester un peu la régence que l’Intertexte cherchait à exercer auprès du jeune roi Texte, et pour cela j’ai proposé de substituer à l’expression consacrée celle d’interlecture <span><a id=""footnote-733-5-backlink"">5.</a></span>.</p><p>Elle aussi fait clairement appel au dehors du texte pour éclairer certaines de ses dimensions, mais elle ne feint plus de croire que ce dehors soit de part en part enfoui dans l’énoncé par l’effet d’on ne sait quelle magie. Les éclairages marginaux capables de susciter des reliefs à la façon d’une lumière rasante émanent de la subjectivité du lecteur, sans ignorer ni tenter de voiler qu’ils correspondent ou même répondent à la subjectivité de l’écrivain. Si de toute évidence les citations créent des effets d’intertextualité, l’allusion elle aussi relève de l’interlecture car, abandonnée par l’auteur à une réelle indétermination, elle n’est pas perçue ni indexée à tout coup, il arrive même assez souvent qu’elle ne soit point décelée ni relevée. La réception de l’écrit, toujours singulière, imprévue en qualité comme en quantité, si l’on ose dire, peut aller jusqu’à ignorer les sous-entendus et les non-dits sans pour autant perdre toute aptitude à faire sens. Elle sera simplement pauvre. Car si le texte est responsable de ses richesses, c’est le lecteur qui est responsable de son appauvrissement.</p><p>Un lecteur, en fait, qui se renouvelle à chacun des parcours qu’il effectue du texte, à chacune de ses lectures. Ce qui s’est substitué au texte-chose en soi, c’est la lecture-événement. Dans ces conditions, on n’a pas seulement changé de vocabulaire, on a, comme disent les scientifiques et les épistémologues, changé de paradigme.</p><p>Lecture versus texte</p><p>On peut donc estimer de bonne foi que cette transformation et pour tout dire cette radicalisation de certains de mes présupposés théoriques attendaient une plus large illustration et peut-être une mise au point touchant aux questions de fond. Commençons par ces dernières.</p><p>Parler de travail inconscient du texte, c’était en quelque sorte donner l’initiative de l’interprétation aux traits constitutifs de l’œuvre : signifiants, signifiés, structures génériques, charges intertextuelles, plis métatextuels, etc. L’interprète feignait d’être la voix du texte en train de s’autocommenter grâce aux forces déposées en lui par la cohérence interne de sa lettre et de son appareil d’imagerie – figures de rhétorique, représentations parlant à l’imaginaire, torsions de ce que Jean-François Lyotard appelait « le figural ». Forçons un peu les choses, même s’il est bien entendu qu’un pareil herméneute n’a jamais existé : comme tout interprète digne de ce nom, ce critique par délégation mais autoproclamé que voulait devenir aux yeux de tous le textanalyste s’efforçait de minimiser l’importance et la portée de sa propre subjectivité en assignant au Texte déifié, auquel faisait écran le texte réifié, la capacité de faire signe que les devins de l’Antiquité attribuaient à la volonté des dieux –, des dieux dont ils ne voulaient être que les porte-voix, à peine les porte-parole puisque leurs oracles étaient opaques à eux-mêmes comme à tout le monde.</p><p>Que signifie alors le projet et le souci d’accorder une place prépondérante au travail d’une lecture en forme d’écoute ? Cela revient à accroître encore chez le critique l’autonomie dont on pouvait penser qu’elle était déjà excessive à l’époque où la textanalyse fétichisait les œuvres. Il ne s’agit plus désormais, dira-t-on, de simplement séparer l’ouvrage de celui qui l’a écrit ; il n’est plus seulement question de donner au lecteur, fût-il une sorte de superlecteur ou d’« archilecteur » (Riffaterre), la possibilité exorbitante de substituer pour ainsi dire son inconscient à celui de l’auteur et à celui de tous les lecteurs virtuels – ne serait-on pas revenu aux pires travers de l’impressionnisme sous couleur d’une vague scientificité ? – voilà qu’on demande maintenant au public de faire confiance aux seules réactions hic et nunc d’un homme pour instaurer en modèle herméneutique la fermentation, les effervescences de son inconscient à un moment donné, au cours d’un parcours de lecture qu’il aura jugé exemplaire, entendons : susceptible d’être montré en exemple.</p><p>Le problème de fond est toujours le même : comment le lecteur d’une étude critique peut-il estimer valable une interprétation donnée pour exemplaire, donc un tant soit peu objective, sachant qu’elle résulte de l’engagement autotransférentiel d’un sujet qui, selon la formule consacrée, « ne s’autorise que de lui-même » pour affirmer (tout au moins laisser entendre) qu’il est un interprète qualifié ? Comment ne seraient pas partisanes (tout au moins partiales) des réactions que l’on peut deviner grevées par sa propre constitution inconsciente, déformées par la prépondérance en lui de certaines formations fantasmatiques qui le prédisposent, de façon permanente ou au cours de cette lecture-ci, à voir d’abord, à reconnaître surtout tel fantasme qui lui vient à l’esprit par association ?</p><p>La question est à la fois rationnelle et raisonnable. On notera tout de même qu’elle vaut pour tout travail critique, quelle que soit sa méthode d’investigation, laquelle rencontre très vite ses limites avec la problématique des preuves. Par exemple, l’historien de la littérature, censé être le mieux armé pour posséder toutes les garanties d’objectivité, est tributaire en premier lieu d’une connaissance de l’environnement historique qui ne peut jamais être exhaustive puisqu’elle baigne dans le devenir sans cesse mouvant de son historialité ; tributaire en deuxième instance d’une certaine perspective sur l’historicité qu’il a choisie parmi d’autres possibles ; tributaire à un troisième niveau du degré et du mode d’insertion dans l’Histoire de l’écrivain dont il s’occupe ; j’en passe, et peut-être de plus rédhibitoires. On en dirait autant a fortiori du sociocriticien, et même, à l’autre bout de l’éventail, de l’adepte d’un imaginaire anthropologique (Gilbert Durand) que l’on enracine dans des « structures » réputées universelles et transhistoriques.</p><p>D’un autre point de vue, quant au fond du problème de savoir quelle légitimité possède une interprétation faisant appel à l’inconscient, la situation n’est guère différente de celle qui prévaut dans la cure, sauf que la validité de celle-ci est en quelque sorte assurée parfois grâce au fait qu’il se produit des effets de vérité dont le patient tire bénéfice. La grande différence, de taille certes, est que les acteurs vivants peuvent vérifier concrètement que la vie du patient a été améliorée tandis que le lecteur ordinaire ne saura jamais ce qui en lui a contribué à lui faire trouver plus fascinante ou plus réussie l’œuvre qu’il a explorée en compagnie du textanalyste.</p><p>Il reste que ce dernier n’a lui-même aucune prise sur la réalité de ce qui se passe là. Et que, puisque seul l’inconscient peut se mettre à l’écoute de l’inconscient, un total subjectivisme est la condition même de son travail, il est condamné à n’être que lui-même, avec toutes ses capacités et toute son énergie. En revanche, ou au moins en compensation, il a la possibilité – et même il faut qu’il ait la volonté – d’écrire lui-même ce qu’il ressent, de telle façon et d’une façon telle qu’il se produise une relance de son interprétation dans l’âme secrète de mon lecteur <span><a id=""footnote-733-6-backlink"">6.</a></span>. Ce point est à mes yeux capital et c’est sur lui que j’insisterai tout à la fin de ce livre, lorsque les lecteurs auront pu se confronter avec quelques-unes de mes plus récentes études.</p><p>Lire versus appliquer</p><p>En somme, l’arrière-plan de ce projet auquel je m’accroche avec un entêtement que certains jugeront phobique ou obsessionnel comporte toujours les mêmes trois volets : aucun souci de « psychanalyser » l’auteur, impossibilité de mélanger les problèmes de la création et ceux de la lecture, confiance dans le surcroît d’éclairage enrichissant apporté à la critique littéraire par la psychanalyse, fût-elle dite « appliquée ».</p><p>Ce dernier adjectif, dans cet emploi, demande qu’on se livre à un petit tour d’horizon théorique. « Appliquée » a de nos jours mauvaise presse, et pas seulement chez ceux pour qui la psychanalyse se réduit à ce qu’en a formulé Jacques Lacan. Même si c’est Freud lui-même qui a accrédité ce terme, le projet d’une « psychanalyse hors cure » (comme on dit en général maintenant à la suite de Jean Laplanche) embarrasse certains analystes freudiens, qui veulent donner ou garder son plein sens au mot cure. Outre les réticences de ces puristes, qui à la décharge du Maître font tout de même valoir qu’il était à l’époque obligé de faire flèche de tout bois pour que la psychanalyse prît pied sur les scènes de la science et de la pensée mondiales, il me semble que l’expression de « psychanalyse appliquée » a été récemment victime de ce qu’on pourrait appeler, toute proportion gardée, des « dommages collatéraux ».</p><p>Je pense expressément à l’effet déformant qu’exerce la façon dont Pierre Bayard a résumé sa propre entreprise critique quand il l’a décrite et défendue sous le titre Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? <span><a id=""footnote-733-7-backlink"">7.</a></span>. Parler couramment de « littérature appliquée » en manière d’allusion humoristique (et amusante, il est vrai) référant à la formule consacrée par Freud, cela peut ressembler au bout du compte à une récusation, ou tout au moins à une péjoration, de la psychobiographie, de la psychocritique et de la textanalyse mises pêle-mêle dans le même sac. Bien que ce ne soit évidemment pas là l’intention première de l’auteur, cela revient à ne pas se préoccuper de ce que la prise en compte de l’inconscient apporte aux lecteurs quand ils redimensionnent la signification virtuelle des œuvres, à la façon dont Freud nous a jadis offert quelques magnifiques exemples.</p><p>Pierre Bayard cherche à lire dans les œuvres les visions du monde qu’elles impliquent en utilisant la grille interne qu’elles sont supposées posséder, afin de les déchiffrer selon leur logique propre – fût-ce contre l’écrivain, comme le montrent ses subtiles relectures de romans policiers d’Agatha Christie ou Conan Doyle et son enquête sur Hamlet : on peut lui demander si ce n’est pas là ce qu’ont toujours fait les critiques, de manière spontanée ou calculée, depuis Boileau jusqu’à La Harpe, depuis Sainte-Beuve jusqu’à Maurice Blanchot ou, de façon exemplaire, Georges Poulet ? Écrire comme il le fait que dans la pratique qu’il prône on va « clairement de la psychanalyse vers la littérature » (p. 29, P. B. souligne) est une formulation très approximative : en réalité, sa façon de lire va de la littérature à la littérature en passant peut-être ou parfois par la psychanalyse, comme d’autres passent communément par l’histoire, par la stylistique, par l’anthropologie, par la sociologie, etc.</p><p>Comment, d’ailleurs, faire autrement, si l’on reconnaît que la littérature n’est pas une doctrine, un outil de pensée ou un appareil à penser abstrait, mais seulement un art et un plaisir d’imaginer autrement notre monde quotidien ? Un tel projet aurait dû s’intituler : « Peut-on appliquer à la littérature une autre grille de lecture qu’elle-même ? » – mais on aurait alors été en droit de regretter que la pratique couverte par une telle formule ait l’air de mettre en cause la seule psychanalyse.</p><p>Soyons sérieux et honnête : qu’on la dise « appliquée » ne réduit pas ipso facto la psychanalyse à l’état d’une de ces grilles de décryptage que l’on pose sur une page qui serait spécialement préparée pour rendre ainsi lisibles certains mots ou signes à l’exclusion des autres, ajoutés sans doute en vue de constituer un énoncé trompeur, quand bien même il s’est rencontré ici ou là des travaux critiques dont les interprétations avaient l’air automatiques, décalquées à l’aide d’une teinture de freudisme vulgarisé ; le maître avait déjà averti en souriant qu’il arrive que le cigare qui figure dans un rêve ne soit rien d’autre qu’un cigare, introduit là par l’envie de fumer. En outre, le terme allemand utilisé, angewandt, comporte le mot Wand (mur, paroi) et suggère d’abord l’idée d’adosser contre, d’étayer sur : ainsi les mathématiques dont a besoin l’industrie s’appuient-elles sur les mathématiques pures pour faire fonctionner des machines, comme les sciences appliquées en général tirent profit des apports des sciences fondamentales. L’ennui, c’est qu’il n’existe rien comme une psychanalyse « pure » ou « fondamentale » : il n’y a que des utilisations à des fins diverses de la théorie de l’inconscient (parfois baptisée à la suite de Freud « métapsychologie »), dont la principale et la première en date fut consacrée à soulager par la parole la souffrance psychique.</p><p>Toute parole, c’est-à-dire tout énoncé adressé-et-reçu <span><a id=""footnote-733-8-backlink"">8.</a></span>, peut en principe recéler une certaine teneur inconsciente et donc être interprété sauvagement puisque l’on parle pour de telles interventions de « psychanalyse sauvage » – tout cigare apparaissant dans un rêve y sera ipso facto considéré comme la mise en cause du pénis. Il est de la responsabilité de celui qui « écoute » un texte de ne pas tomber dans un tel travers plus que ne fait celui qui, après avoir fait son analyse, se met professionnellement à l’écoute d’un patient. Leur meilleur garde-fou sinon le seul, répétons-le, est l’obligation qu’ils s’imposent de mettre en mots leur intuition aux fins de la communiquer soit à un analyste expérimenté (chargé de « contrôler » le suivi d’une analyse), soit dans un « récit de cas » mis à la disposition du public, soit enfin, pour ce qui nous concerne directement, dans l’exposé en forme d’une textanalyse.</p><p>Illustration</p><p>L’illustration de ces principes sera constituée d’un choix d’études relativement récentes – la plus ancienne a été publiée au dernier trimestre de 1999 – où sont réunis des articles parfois difficiles à se procurer. La plupart ont en effet paru dans une revue de « psychanalyse appliquée » domiciliée à l’étranger (Gradiva, Lisbonne), les autres dans des revues de sciences humaines (Semen, Besançon et la Revue des Sciences Humaines, Lille), dans une revue spécialisée (bulletin des études valéryennes) et dans une revue carrément exotique (études francophones, Séoul) ; une seule est à ce jour inédite. La republication m’a permis, bien entendu, de leur apporter quelques aménagements de détail.</p><p>J’ai choisi ces articles en essayant à la fois de faire le tour des champs d’intervention possibles et d’honorer la fiction romanesque, qui sera majoritaire ici comme elle l’est dans l’édition : trois romans, une nouvelle en même temps poétique et fantastique et un récit étranger dont l’intérêt ici sera avant tout doctrinal. Et puis un poème, une œuvre picturale et deux essais dus à des écrivains consacrés. Il semble que cela constitue un tour d’horizon quasi exhaustif. Ces études sont classées dans un ordre que j’ai voulu significatif de l’ouverture en direction de l’inconscient de la lecture, et qui soit doté par sa progression de quelques vertus pédagogiques.</p><p>Pourquoi placer comme effrontément un tableau de Picasso à la tête d’un recueil en principe consacré à la critique littéraire ? Parce que La Jeune fille à la chèvre est pour moi une occasion inappréciable de faire pénétrer les lecteurs dans mon laboratoire secret. Souhaitant rendre compte de ma pratique de la façon la plus concrète, la plus sensible, la plus immédiate possible, je me suis aperçu que j’étais plus libre de rêver devant un tableau que devant un texte littéraire ; probablement parce que l’écrit, à cause du pouvoir de la lettre, contraint davantage, bride et peut-être brime l’imagination, en tout cas la mienne. Les lecteurs jugeront mieux sur pièce comment dans mon travail – ma rêverie &ndas";;;;;;;;; 521;2;3;17;Robert Pinget;Matériau, Marges, Écriture;;;"<p style=""text-align: justify;"">« Pinget, c’est de l’orfèvrerie », déclarait Samuel Beckett. Cet inlassable inventeur de formes d’écriture a suscité l’admiration des plus grands de ses contemporains.</p>";"<p>Martin MÉGEVAND et Nathalie PIÉGAY-GROS<br />Avant-propos</p><p style=""text-align: center;""><br /><br /><strong>Textes retrouvés</strong></p><p><br />Robert PINGET<br />Extraits de Psychophonie, roman abandonné<br /><br />Anne HERSCHBERG PIERROT et Martin MÉGEVAND <br />Brûler n’est pas jeter : sur <em>Psychophonie</em>, roman abandonné de Robert Pinget<br /><br />Clothilde ROULLIER<br />Pinget traqué : trouvailles et bizarreries du repérage archivistique<br /><br /></p><p style=""text-align: center;""><strong>Exploitation et renouvellement des genres</strong></p><p><br />Éric EIGENMANN<br />Pinget ou le matériau : pour une performance textuelle<br /><br />Aline MARCHAND<br />Une poésie en exil<br /><br />Cécile YAPAUDJIAN-LABAT<br />Pour une éthique de la formule dans les carnets de Robert Pinget</p><p style=""text-align: center;""><br /><br /><strong>L’écriture et les marges</strong></p><p><br />Nathalie PIÉGAY-GROS<br />Domesticité et subalternes<br /><br />Eugenia LEAL<br />La parole et l’humour comme conjuration de la mort chez Pinget<br /><br />Fabienne CARAY<br />L’héritage en question ou l’impossible filiation</p><p style=""text-align: center;""><br /><br /><strong>Robert Pinget en contexte</strong></p><p><br />Jean-Pierre MARTIN<br />Un autre Pinget ?<br /><br />Sjef HOUPPERMANS<br />Pinget et Beckett senestrorsum<br /><br />David RUFFEL<br />Pinget <em>queer</em> <br /><br /><strong>TABLES RONDES</strong><br />- Dominique Noguez, Emmanuel Moses, 
Jean-Patrice Courtois<br /> - Christine Montalbetti, 
Claude Rutault, Johan Faerber<br /><br />Présentation des auteurs<br /><br /></p>";;10/06/2011;0;137x220;236;978-2-84292-276-4;9782842922764;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_521.jpg;;;;250;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Au moment où les délicieux <em>Carnets de Monsieur Songe</em> reparaissent en Poche Minuit, et après la publication de <em>Mahu reparle </em>aux éditions des Cendres, les auteurs de ce volume révèlent un Robert Pinget dont l'écriture inquiète bouscule les contraintes, se renouvelle sans cesse et échappe aux cadres convenus de l'histoire littéraire.</p>";;17/05/2011 15:34;0;Première édition;3643 526;1;3;24;Religion, éducation et politique en Chine moderne;N°33/2011;;;"<p>Les rapports du religieux et de l’éducatif en Chine de la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, dans la complexité et la pluralité religieuse chinoise (données historiques et anthropologiques).</p>";"<p><strong>JI Zhe</strong><br />Le jiao recomposé. L'éducation entre religion et politique dans la modernité chinoise</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>I - Temple et école</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Vincent GOSSAERT</strong><br />Détruire les temples pour construire les écoles : reconstitution d'un objet historique</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>LIU Xun</strong><br />Proliferating Learning : Quanzhen Daoist Activism and Modern Education Reforms in Nanyang (1880s-1940s)</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II - Croyance et connaissance</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean-Paul WIEST</strong><br />Catholic Elementary and Secondary Schools and China's Drive toward a Modern Educational System, 1850-1950</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>GAN Chunsong</strong><br />Entre connaissance et croyance : Kang Youwei et le destin moderne du confucianisme</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>MAO Yufeng</strong><br />Muslim Educational Reform en 20th-Century China : The Case of the Chengda Teachers Academy</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>III - Culte et culture</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Guillaume DUTOURNIER</strong><br />Les « écoles familiales » en Chine continentale et à Taiwan : triple regard sur le traditionnalisme éducatif</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sébastien BILLIOUD</strong><br />Le rôle de l'éducation dans le projet salvateur de Yiguandao</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong>IV - Regard extérieur</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Peter VAN DER VEER</strong><br />Religion and Education in the Secular Age : A Comparative Perspective</p><p><br />Résumés<br />Abstracts<br />Présentation des contributeurs</p>";;10/11/2011;33;155x220;255;978-2-84292-334-1;9782842923341;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_526.gif;"<p>Vincent Goossaert</p><p><strong>Détruire les temples pour construire les écoles : reconstitution d'un objet historique</strong></p><p>« Construire les écoles avec les biens des temples », <em>miaochan banxue</em> est un objet historique curieux. Il désigne un ensemble d’idées et de pratiques liées tant à l’introduction d’un système éducatif moderne en Chine au début du xx<sup>e</sup> siècle, qu’à des campagnes de réforme religieuse d’inspiration très diverses. L’article fait le point sur l’historiographie du <em>miaochan banxue</em>, et propose de l’analyser globalement sous quatre perspectives différentes : comme processus politique, partie importante des réformes visant à moderniser l’Etat et la société chinoise ; comme moteur du changement socio-religieux, en évaluant son impact sur la vie des villages et des quartiers ; comme expérience des acteurs historiques, en essayant de comprendre les motivations et les effets des participants, et comme objet intellectuel chez les historiens.</p><p> </p><p> </p><p>Liu Xun</p><p><strong>Une promotion taoïste de l’éducation moderne : l’activisme Quanzhen dans la réforme éducative à Nanyang (1880s-1940s)</strong></p><p>Fondé sur le cas du monastère taoïste Xuanmiao, cet article entreprend la reconstitution et l’analyse de l’activisme du taoïsme Quanzhen dans la promotion d’une éducation populaire moderne dans la ville de Nanyang, de la fin des Qing à l’époque républicaine. Contrairement à la vision traditionnelle d’un taoïsme assimilé à un obstacle à la modernité, ou à une simple victime de ce processus, cette étude montre que le monastère Quanzhen et son clergé jouèrent dans la ville, du début du siècle jusqu’aux années 1940, un rôle non seulement actif mais déterminant dans l’établissement et le fonctionnement de nombreuses nouvelles écoles primaires, d’un orphelinat, ainsi que d’un atelier de formation professionnelle. La thèse est que cet activisme ne doit pas être simplement et exclusivement perçu comme l’anticipation contrainte et cynique des menaces d’expropriation étatique, mais bien davantage comme le prolongement d’une collaboration prolongée avec l’État en faveur de la communauté locale, qui commença avec la reconstruction de Nanyang peu après l’invasion mandchoue, et se poursuivit jusqu’à la défense de la ville contre la révolte des Taiping dans les années 1860.</p><p> </p><p> </p><p>Jean-Paul Wiest</p><p><strong>Les écoles catholiques primaires et secondaires face aux réformes de l’enseignement en Chine entre 1850 à 1950</strong></p><p>En Chine, durant toute cette période, les enseignants catholiques soutiennent toute réforme qui bénéficie les classes sociales les plus démunies. Par contre ils s’opposent à toute mesure qui pourrait contrecarrer leur mission, celle de maintenir la foi parmi les catholiques chinois et de convertir les non chrétiens. Les écoles catholiques primaires et secondaires ont trois importantes caractéristiques. L’enseignement met la priorité sur l’éducation des populations rurales pauvres. Il est aussi porteur de modernisation parce qu’il introduit des pratiques comme l’instauration de meilleures conditions d’hygiène. Et enfin il joue un rôle crucial dans le développement de l’éducation en milieu féminin. La seconde partie de cet essai se concentre sur les moyens déployés par l’Eglise de Chine pour s’assurer que ses éducateurs reçoivent les renseignements et les consignes nécessaires à la survie et au succès de leurs institutions. Les publications issues par différents offices et commissions et leur contenu, comme la situation des écoles catholiques en différents endroits et les directives du gouvernement chinois, se révèlent être une riche source d’informations.</p><p> </p><p>Gan Chunsong</p><p><strong>Différencier les connaissances et les croyances : le débat sur la transformation du confucianisme en religion ou en système de savoirs en Chine moderne </strong></p><p>Réformateur « radical » de la Chine du XIX<sup>e</sup> siècle, Kang Youwei tente d’adapter le confucianisme aux bouleversements de la fin de l’empire afin d’assurer sa survie sous une forme renouvelée. D’une part, il propose, sur le modèle du christianisme, d’établir une « Eglise » confucianiste en l’instituant comme religion d’Etat ; d’autre part, il critique les examens mandarinaux et promeut la réforme éducative, tout en espérant pouvoir combiner l’esprit de l’enseignement traditionnel et l’éducation moderne. Ces tentatives se soldent par un échec : le confucianisme n'est pas transformé en une religion de style chrétien, et la construction de l’éducation moderne lui fait perdre son statut central parmi les valeurs chinoises. L’ambition déçue de Kang Youwei est symptomatique des difficultés que rencontre le confucianisme dans la modernité.</p><p> </p><p> </p><p>Mao Yufeng</p><p><strong>La réforme éducative musulmane et les relations État-Musulmans au 20<sup>e</sup> siècle en Chine : le cas de l’École Chengda</strong></p><p>À partir de l’étude du cas de l’École normale de Chengda, cet article étudie le contenu, le développement et l’influence de la réforme musulmane de l’éducation en Chine à la fin du 19<sup>e</sup> siècle et dans la première moitié du 20<sup>e</sup> siècle. La réforme mise en œuvre exerça un rôle moteur dans le renforcement de l’ethnicité Hui, tout en favorisant l’intégration sociale, économique et politique des Musulmans, notamment par le développement de l’apprentissage du mandarin et la coloration patriotique des enseignements. Le succès de l’entreprise résultat notamment du soutien de hauts fonctionnaires Hui dans le gouvernement nationaliste, et passa également par la diffusion du magazine <em>Yuehua</em> et par d’autres publications, qui firent rayonner les idées d’intégration de l’école et exercèrent une forte influence sur la transformation des Musulmans en Chine en « Musulmans chinois ». </p><p> </p><p> </p><p>Guillaume Dutournier</p><p><strong>Les « écoles familiales » en Chine et à Taiwan : triple regard sur un traditionalisme éducatif </strong></p><p>Depuis les années 2000, à Taiwan comme en Chine populaire, une petite minorité de parents d’élèves soustraient plus ou moins légalement leurs enfants à l’obligation scolaire, soit pour se charger eux-mêmes de leur entière éducation, soit pour les confier contre rémunération à des particuliers partisans de la même démarche. Pour des motifs tant identitaires qu’éducatifs, ces pédagogues autoproclamés se détournent de l’institution scolaire, tentant ainsi de renouer, par-delà les ruptures modernistes du 20<sup>e</sup> siècle, avec une éducation familiale associant le développement de l’enfant à la mémorisation des Classiques confucéens. Expression radicale du « mouvement pour la lecture des Classiques par les enfants », ce phénomène porte la marque de l’universitaire taiwanais Wang Caigui, qui promeut à travers cette forme d’éducation alternative un projet élitiste, mais privé pour l’heure d’une véritable validation institutionnelle. Basé sur un ensemble de cas continentaux et taiwanais, cette étude mesure la cohérence tant idéologique qu’organisationnelle des « écoles familiales », tout en montrant l’impact du double contexte socio-politique sur leurs dynamiques et leurs modes de légitimation. La délimitation de trois domaines d’effectivité sociale, qui ressortissent à trois perspectives distinctes, permet de prendre en compte l’idiosyncrasie du phénomène sans ignorer sa dimension générique.</p><p> </p><p> </p><p>Sébastien Billoud</p><p><strong>Le rôle de l’éducation dans le projet salvateur du Yiguandao </strong></p><p>Troisième religion de Taiwan alors qu’il reste interdit en Chine continentale, le Yiguandao (Voie de l’unité reliant toutes choses), souvent considéré comme un « nouveau mouvement religieux », se développe aujourd’hui rapidement dans toute l’Asie. À partir d’une étude ethnographique conduite à Hong Kong, on s’attachera ici à comprendre le rôle que joue l’éducation dans son expansion. On analysera notamment son entreprise de promotion dans la société de textes classiques majoritairement confucéens et l’importance attribuée à la formation des adeptes. Enfin, on montrera que la valorisation de l’éducation/transformation (<em>jiaohua</em>) constitue aussi pour le Yiguandao un moyen de se légitimer vis-à-vis des autorités politiques, que ce soit à Taiwan ou, plus récemment, en Chine continentale.</p><p> </p><p><strong> </strong></p><p>Peter van der Veer</p><p><strong>Religion et éducation dans un âge séculaire : une perspective comparatiste</strong></p><p>L’éducation est un élément central de la religion, tant il est vrai que pour être capable d’envoyer, de recevoir, d’interpréter le message religieux, il est nécessaire d’être éduqué. Mais l’éducation est également un aspect fondamental de l’État-nation moderne et laïque, lequel exige de ses sujets de se plier à la discipline d’un programme d’éducation nationale. Ce programme contient les notions élémentaires de la science moderne – requis pour l’éducation d’une main d’œuvre adéquate – mais aussi les fondements de la culture nationale tels que la langue et l’histoire. Cet article envisage le sécularisme et la religion comme mutuellement constitutifs, de sorte que ce qui est séculaire est modelé par ce qui est religieux, et réciproquement. Il analyse cette relation dans une perspective comparatiste en se concentrant sur la Chine et l’Inde. Une attention spéciale est accordée à l’enseignement de la science et de la morale nationale, de même qu’à l’importance de la langue tant dans la religion que dans le nationalisme.</p>";;"<p>Vincent Goossaert</p><p><strong>Destroy temples to build schools: constructing an historical object</strong></p><p>“Build Schools with temple property”, <em>miaochan banxue</em> is a curious historical object. The term refers to a vast array of ideas and practices linked to the introduction of a modern educational system in China at the turn of the twentieth century, and to campaigns for religious reform of various inspirations. This article sketches a state of the field of current historiography, and proposes to analyze <em>miaochan banxue</em> as a whole under four perspectives: as political process, being part and parcel of a series of reforms aiming at building a modern state and a modern Chinese society; as a motor of social and religious change, by gauging its impact on social life in villages and neighborhoods; as experience lived by participants, whose individual motivations and affects needs to be explored; and, finally, as an intellectual object among historians.</p><p> </p><p> </p><p>Liu Xun</p><p><strong>Proliferating Learning: Quanzhen Daoist Activism and Modern Education Reforms in Nanyang: 1880s-1940s </strong></p><p>Using the Daoist Xuanmiao Monastery as a case, this study reconstructs and investigates the Quanzhen Daoist monastic activism in promoting modern popular education in Nanyang from late Qing to early Republican period. Contrary to the conventional wisdom which tends to see Daoism as either an obstacle, or a victim to the processes of modernity, this study shows that the Quanzhen monastery and its clerics played an active and even leading role in establishing and running the several new primary schools, an orphanage, and a vocational workshop in the city from the early 1900s to the late 1940s. It argues that such Daoist activism should not be narrowly or exclusively interpreted as a state-coerced cynical monastic preemption of the threat of expropriation. Rather, the Daoist activism of the late Qing and early Republican era follows a much longer pattern of the Quanzhen monastery’s sustained collaboration with the state and its commitments to local community which began with the Quanzhen Daoist reconstruction of Nanyang shortly after the Manchu conquest, and lasted all the way through the Daoist defense of the city during the anti-Taiping uprising in the 1860s.</p><p> </p><p> </p><p>Jean-Paul Wiest</p><p><strong>Catholic Elementary and Secondary Schools and China’s Drive toward a Modern Educational System, 1850-1950 </strong><strong> </strong></p><p>During the 100 years under study, Catholic educators were in a continuous balancing act. On the one hand, they aimed at contributing to the national educational effort with schools of all levels and for all kinds of people. On the other hand, they viewed their schools as a means for preserving the faith of Catholics and a tool for the evangelization of non-Christians. Catholic elementary and secondary schools displayed three other striking features. First, these schools focused on people’s needs, giving priority to the poor uneducated rural population. Second, they contributed to the modernization of rural China by introducing ideas that had already been accepted in big cities, including basic practices such as hygiene. Third, they countered China’s traditional attitudes toward females by giving a new status and role to Chinese women. This essay also shed light on the means the Catholic Church in China developed to ensure that its educators be updated on three matters crucial to the viability and success of Catholic schools: statements from the Holy See, changes in the Chinese government educational policies, and conditions of Catholic schools in different locations.</p><p> </p><p> </p><p>Gan Chunsong</p><p><strong>Differentiating knowledge and faith: the debate on the transformation of Confucianism into a religion or into a knowledge system in modern China</strong></p><p>As a “radical” reformer in China of the XIX<sup>th</sup> century, Kang Youwei sought to make innovations within Confucianism so as to adapt this tradition to the sweeping changes of the end of the imperial period. On the one hand, he tried to create a Confucian “Church” by following the Christian model and suggested establishing Confucianism as a State religion; on the other hand, he criticized the imperial civil examinations and promoted educational reform, while hoping to be able to combine traditional teaching with modern education. Those attempts ended in failure: Confucianism was not transformed into a religion of Christian style, and the building of Chinese modern education made it lose its central status among Chinese values. Kang Youwei's unsuccessful attempts shed light on Confucianism’s predicament in modern China. </p><p> </p><p> </p><p>Mao Yufeng</p><p><strong>Muslim Educational Reform and State-Muslim Relations in 20th Century China: The Case of Chengda Teachers School </strong><strong> </strong></p><p>Through the case study of Chengda Teachers School, this article discusses the content, development, and influence of Muslim educational reform in China in late 19th century and the first half of the twentieth century. The ethnic nature of Hui Muslim communities led to a strong emphasis on integrating Muslims in China socially, economically and politically. Thus, the content of the educational reform in turn emphasized the learning of Chinese language and patriotism education. Chengda’s overall success resulted largely from the support it received from Muslim officials in the Nationalist government. Through the Yuehua magazine and other publications, Chengda’s visions for Muslim communities’ integration in China played an influential role in turning Muslims in China into “Chinese Muslims.”</p><p> </p><p> </p><p>Guillaume Dutournier</p><p><strong>« Family Schools</strong><strong> » in China and Taiwan: three perspectives on a traditionalist education</strong></p><p>During the last few years in the PRC and in Taiwan, a small minority of parents have illegally removed their children from compulsory school attendance in order to oversee their children's education themselves or to entrust them to private individuals. Focusing in both countries on the Confucian Classics as the sole textbooks, those involved believe themselves to be the inheritors of the “traditional education”, which they re-appropriate as an alternative to the official school system, due to their perception of deficiencies in state education. Just as the wider “children’s Classics reading movement”, of which they are a radical group, the sino-taiwanese “family schools” owe their origin and their principal characteristics to a Taiwanese professor, Wang Caigui, who, after having been a disciple of Mou Zongsan, has evolved from his neoconfucianist academic background and become a strong promoter of “Classics reading”, and also, though in a more discreet way, “family schools” as a kind of paradoxical elitism. Based on fieldwork study in about ten “<em>sishu</em>” in mainland China and in six Taiwanese “<em>dujingban</em>”, this article takes into account both the similarities and differences of Chinese and Taiwanese socio-political contexts, not neglecting the evident homologies with western “homeschooling” practices. It tries to articulate both the generic and the specific approaches by combining three perspectives on the dynamics and issues at stake in this double education network. </p><p> </p><p> </p><p>Sébastien Billoud</p><p><strong>The Role of Education in Yiguandao's Salvationist Project</strong></p><p>Taiwan’s third religion but still a forbidden organization in the People’s Republic of China, often considered a « New Religious Movement », the Yiguandao (Way of Pervading Unity) is currently expanding quickly all over Asia. Based on fieldwork mainly carried out in Hong Kong in 2010, the article explores the role of education in this expansion process by focusing both on the promotion in society of Confucianism-inspired texts and on the organization of training sessions for the adepts. It also suggests that the emphasis the Yiguandao puts on <em>jiaohua</em> (education/transformation) constitutes a useful legitimization strategy vis-à-vis political authorities, be it in Taiwan or, more recently, in Mainland China. </p><p> </p><p> </p><p>Peter van der Veer</p><p><strong>Religion and Education in a Secular Age: A Comparative Perspective</strong></p><p>Education is central to religion. To be able to send, receive, and interpret the religious message one needs to be educated. Education is also central to the secular nation-state. The modern nation-state demands its subjects to be disciplined and educated in a national curriculum. That curriculum contains the basic elements of modern science, required for educating an adequate workforce, but also basic elements of national culture, such as language and history. This paper regards the secular and the religious as mutually constitutive, so that what is secular is shaped by the religious and what is religious is shaped by secularism. It explores this relationship comparatively with a focus on China and India. Special attention is given to the teaching of science and of national morality as well as to the importance of language in both religion and nationalism.</p>";436;17.00;"<p>La recherche se focalise sur l’imbrication et la différenciation entre la religion et l’éducation, la laïcité et la sécularisation en Chine aujourd’hui. Il est question de la recomposition de la religion, de l’éducation et du politique sous l’impact des bouleversements touchant à la tradition, l’histoire, la moralité et l’État.</p>";<p><br /><br /></p>;31/05/2011 11:47;0;Première édition;4036 522;2;3;13;Chocs de langues et de cultures ?;Un discours de la méthode;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les contacts culturels ont toujours été la norme et non l’exception, d'où l’aptitude humaine à s’y adapter.</p>";"<p><strong>Introduction</strong><br /><br />Interdisciplinarité <br />Les traditions d’études du contact : échanges théoriques et méthodologiques</p><p style=""text-align: center;""><br /> <br /><strong>Études de cas</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />De l’identité dans la langue à l’identification d’équivalences interlinguistiques en situation de contact. 
Les processus et les limites de l’emprunt en Judéo-Espagnol (Turquie) <br /><strong>Marie-Christine Bornes Varol</strong><br /><br />Processus d’identification dans l’apprentissage d’un nouveau système d’écriture <br /><strong>Amandine Bergère</strong><br /><br />Psychopathologie dans la migration et processus identificatoire <br /><strong>Zaki Strougo</strong><br /><br />Chicano : la quête d’un nom. Les formes anthropologiques et linguistiques d’une représentation <br /><strong>Marta López Izquierdo</strong><br /><br />Les transformations de l’identité créole au Pérou : enjeux sociaux et jeux d’identification <br /><strong>Denys Cuche</strong><br /><br />Enjeux de classement et réversibilité des identifications chez les catégories d’origine servile <em>Haalpulaar</em>’ en (Mauritanie) <br /><strong>Olivier Leservoisier</strong><br /><br />L’emprunt d’un rituel <br /><strong>Susanne Fürniss</strong><br /><br />Variation sémantique du <em>Nkukuma</em> (« chef »).État initial, renversement et réinvestissement d’une notion, sous impact étranger, chez les Beti du Cameroun <br /><strong>Philippe Laburthe-Tolra</strong><br /><br />La construction d’un « Yéménite Israélien » par la danse <br /><strong>Marie-Pierre Gibert</strong><br /><br />Identification musicale des Maale d’Éthiopie Méridionale <br /><strong>Hugo Ferran</strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><br /><strong>Une méthode pour l’étude 
des situations de contact</strong></p><p><br />Marie-Christine Bornes Varol & Susanne Fürniss</p><p><br />Bibliographie générale <br />Index <br /><br /></p>";;10/11/2011;0;137x220;400;978-2-84292-277-1;9782842922771;0;0993-6416;Presses Universitaires de Vincennes;img_522.jpg;;;;754;31.00;"<p style=""text-align: justify;"">Conclusions de 5 années de réflexion commune de spécialistes de disciplines différentes sur les questions de contacts interculturels et sur leur dynamisme :</p><p style=""text-align: justify;"">S‘appuyant sur les recherches de terrain et sur leur expérience, les auteurs retracent les étapes et décrivent les processus discrets, complexes et nuancés par lesquels les individus s’articulent en permanence aux autres, fabriquent du même avec de l’autre ou parviennent à rester eux-mêmes tout en devenant l’autre.</p>";;27/05/2011 16:37;0;Première édition;3081 523;2;3;35;Les producteurs de télévision;Socio-économie d'une profession;;;"<p style=""text-align: justify;""><em></em>Un livre de sociologie contemporaine qui dévoile les mécanismes à l’œuvre dans l’avènement des programmes de télévision. Approche inédite d’un terrain peu exploré en France par les sciences sociales.</p>";"<p>Avant-propos</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Première partie -</strong><br /><strong>L'émergence du méier de producteur, naissance d'un espace professinnnel</strong></p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: x-small;""><strong> </strong></span></p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""text-align: left;""><strong><em>Chapitre 1 : Le contexte socio-économique de l’émergence d’un métier</em></strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">- Le développement de la télévision de masse<br />- Évolution des conditions techniques de tournage et transformation esthétique des programmes<br />- L’esprit des lois, l’effet des règles : le recours à la production privée comme choix idéologique et stratégie politique</p><p style=""text-align: left;""><strong><em>Chapitre 2 : L’Autonomisation d’une profession</em></strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />- Des hommes à la recherche d’un avenir<br />- Exister comme “communauté de d’intérêt” en profitant des réformes (1964-1974)<br />- Du face à face avec la S.F.P. à la stabilisation d’un métier (1975-1985)</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Deuxième partie -</strong><br /> <strong>Le métier de producteurs et ses pratiques</strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: left;""><strong><em>Chapitre 3 : Les Modèles de la pratique</em></strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />- Le producteur et l’entreprise de production<br />- Le producteur et la création de valeur</p><p style=""text-align: left;""><br /><strong>Chapitre 4 : Les ressources du producteur et leurs principes de mobilisation</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />- L’accès à l’antenne : une richesse immatérielle fondatrice<br />- Les ressources financières<br />- Les “ressources créatives”</p><p style=""text-align: center;""><strong>Troisième partie -</strong><br /> <strong>Sociologie des producteurs de télévision et le choix des images</strong><span style=""font-size: x-small;""><strong> </strong></span></p><p style=""text-align: left;""><br /><strong>Chapitre 5 : Coordination des échanges économiques : le réseau social et le champ</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />- Réseau social et champ des producteurs de télévision<br />- Effets de réseau, stratégies des agents</p><p style=""text-align: left;""><br /><strong>Chapitre 6 : Typologie des producteurs et spécialisation économique</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />- Premiers aspects statistiques<br />- Par ce que je suis et parce que je sais<br />- Autonomie et profits</p><p style=""text-align: left;""><br /><strong>Chapitre 7 : Destins de producteurs et choix de l’image</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />- Un lieu d’ascension sociale et de rétablissement de trajectoires interrompues.<br />- Un nouvel espace économique et culturel où peuvent se prolonger les stratégies de reproduction sociale de certaines élites<br />- Rivalité des positions, concurrence des programmes<br /><br /></p>";;10/09/2011;0;170x240;372;978-2-84292-331-0;9782842923310;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_523.jpg;"<p>Le producteur de télévision est un entrepreneur bien singulier. En négociation permanente avec les chaînes pour une place à l'antenne, confronté sur chaque projet aux problèmes de financement que posent des biens à la valeur toujours aléatoire, il doit de surcroît s'assurer de la collaboration récurrente d'artistes et d'auteurs divers dont les intérêts sont souvent opposés aux siens.</p><p>Dans une analyse neuve, menée à partir d'enquêtes de terrain approfondies, Nicolas Brigaud-Robert met en exergue l'originalité des pratiques d'un tel métier à l'exacte frontière de la culture et du marché. Son approche historique, sa sociographie des professionnels du secteur et son travail d'investigation permettent de mieux comprendre le processus de création de valeur à l'œuvre dans l'industrie de la télévision, d'établir les liens que les producteurs de télévision entretiennent dans un réseau socail qui leur est propre et les principes de concurrence qui peuvent exister entre eux dans un champ professionnel si particulier.</p><p>Aussi ce livre participe-t-il à une réflexion sur le modèle économique propre aux industries culturelles - ou spécifique à l'univers des transactions incertaines - dont la production de télévision est une illustration exemplaire.</p><p> </p><p><em>Sociologue, Nicolas Brigaud-Robert travaille depuis vingt ans dans l'industrie audiovisuelle. Parallèlement à son activité de recherche et d'enseignement comme professeur associé à l'université Paris 8, il a occupé divers postes de responsabilité dans des entreprises cinématographiques et groupes médias.</em></p>";;;700;26.00;"<p style=""text-align: justify;"">Une approche historique, une sociographie des professionnels du secteur et un travail d'investigation de l'auteur permettent de mieux comprendre le processus de création de valeur à l'oeuvre dans l'industrie de la télévision, d'établir les liens que les producteurs de télévision entretiennent dans un réseau social qui leur est propre et les principes de concurrence qui peuvent exister entre eux dans ce champ professionnel si particulier.<br />Aussi ce livre participe-t-il à une réflexion sur le modèle économique propre aux industries culturelles - ou spécifique à l'univers des transactions incertaines - dont la production de télévision est une illustration exemplaire.</p>";;27/05/2011 17:36;0;Première édition;3652 524;2;3;30;Les prépositions;;;;"<p style=""text-align: justify;"">La grammaire critique de l'italien s'attache à montrer la fréquente inadéquation existant entre les règles énoncées dans les grammaires de l'italien et l'usage réel qui en est fait dans les textes littéraires contemporains.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Avant-propos</p><p style=""text-align: left;"">Introduction</p><p style=""text-align: center;""><br /><br /><strong>PREMIÈRE PARTIE :<br /> LES PRÉPOSITIONS PRINCIPALES</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />1. A<br />2. Di<br />3. Da<br />4. Con<br />5. Per<br />6. In</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br /><br /><strong>DEUXIÈME PARTIE :<br />AUTRES PREPOSITIONS</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />7. Attraverso<br />8. Contro<br />9. Dietro<br />10. Dinanzi<br />11. Dopo<br />12. Oltre<br />13. Rasente<br />14. Senza<br />15. Sotto<br />16. Verso</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br /><br /><strong>TROISIÈME PARTIE :<br /> LES “PAIRES”</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><br />17. Avanti et davanti<br />18. Dentro et entro<br />19. Su et sopra<br />20. Tra et fra</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br /><br /><strong>QUATRIÈME PARTIE : <br />PRÉPOSITIONS EN CONCURRENCE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><br />21. Lieu<br />22. Temps<br />23. But<br />24. Cause<br />25. Moyen<br />26. Manière<br />27. Caractéristique<br />28. Matière<br />29. Valeur/Prix<br />30. Valeur distributive<br />31. La préposition entre deux verbes (ou locutions verbales)<br />32. La préposition entre un verbe et un syntagme nominal<br />33. La préposition entre un participe passé à valeur adjectivale et un SN<br />34. La préposition avec un adjectif<br />35. Dans quelques expressions<br />36. Syntaxe</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br /><br /><strong>CINQUIÈME PARTIE : <br />LOCUTIONS PRÉPOSITIVES EN CONCURRENCE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><br />37. Fuori di/da<br />38. Insieme (assieme) a/con<br />39. Lontano di/da<br />40. Préposition + substantif + préposition<br />41. Préposition + adverbe + préposition</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br /><br /><strong>SIXIÈME PARTIE : <br />LA CONCURRENCE DEVANT UN ADVERBE</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br /><br />42. Di/da dove<br />43. Di/da fuori<br />44. Di/da lontano<br />45. Avec des adverbes de lieu (ou de temps)<br /><br /></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>SEPTIÈME PARTIE : <br />LES PRÉPOSITIONS ENTRE ELLES</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />46. Juxtaposition<br />47. Corrélation</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><br />• ANNEXE 1<br />Rencontre de quelques prépositions avec un article défini<br /><br />• ANNEXE 2<br />À propos de l’adjectif stesso<br /><br />LISTE DES OUVRAGES CITES<br /><br />INDEX<br /><br /></p>";;10/09/2011;17;155x220;512;978-2-84292-332-7;9782842923327;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_524.gif;;"<p><span>Avant-propos</span></p><p><span>Le travail présenté ici est le fruit de recherches menées, comme pour les volumes précédents, dans le cadre de cours universitaires. Le « nous » utilisé ci-dessous et dans le corps du volume n’est donc pas un « nous de modestie », il reflète la réalité d’un travail en grande partie collectif, au moins en ce qui concerne l’élaboration du corpus et son analyse, auxquelles étaient consacrés les cours.</span></p><p><span>Nous n’avions pas imaginé, en abordant l’étude des prépositions italiennes, que nous allions rencontrer autant de problèmes : problèmes que posent les prépositions elles-mêmes, souvent mouvantes ; problèmes que rencontrent les locuteurs français (et sans doute, de façon plus générale, tout locuteur étranger), qui disposent de prépositions souvent fort différentes des prépositions italiennes, même lorsque des ressemblances formelles semblent inviter à conclure à de simples équivalences ; problèmes, enfin, au moment de la rédaction, qu’ont soulevés le classement d’innombrables fiches relevées par les étudiants et par moi-même, et la répartition de cette ample documentation en chapitres.</span></p><p><span>Le point de départ de ce travail a été, comme à l’habitude, l’examen des chapitres que consacrent à ce sujet quelques grammaires françaises de l’italien et quelques grammaires italiennes (citées à la fin du volume) et de dictionnaires unilingues. Nous avons eu ponctuellement recours à plusieurs ouvrages spécialisés, en particulier la </span><span>Grande Grammatica di consultazione</span><span>, sous la direction de Lorenzo Renzi, et l’étude sur </span><span>La sintassi dell’infinito in italiano moderno</span><span>, de Gunver Skytte. Mais il ne s’est agi que de brèves incursions, ces ouvrages dépassant largement le cadre qui a été le nôtre. Nos réflexions ont été surtout d’ordre sémantique, avec ce qu’elles comportent d’incertitude et de subjectivité et les insuffisances que nous dénonçons souvent nous-mêmes. Nous nous sommes bornés, dans l’analyse de nos phrases, à tenter de déceler, de deviner (souvent sans succès…) les raisons pour lesquelles, dans des situations très voisines, des auteurs (voire un même auteur) optaient pour une préposition plutôt que pour une autre.</span></p><p><span>Nous nous sommes plus particulièrement attardés sur tel ou tel aspect de la question en raison des difficultés que peut rencontrer le locuteur français : ainsi l’existence de </span><span>di</span><span> et de </span><span>da</span><span> face à l’unique </span><span>de</span><span> français, la difficulté de distinguer les deux prépositions voisines </span><span>tra</span><span> et </span><span>fra</span><span>, les possibilités, fréquentes, d’introduire un même complément par des prépositions différentes. Nous avons, dans quelques cas, fait figurer une grande partie, voire la totalité des exemples dont nous disposions, pour offrir une large gamme de phrases en situation, susceptibles, nous l’espérons, d’aider à pénétrer un peu plus avant dans une réalité souvent complexe.</span></p><p><span>Rappelons que les principes théoriques, méthodologiques et pratiques qui nous ont guidés ont été décrits et justifiés – positivement et négativement – dans l’</span><span>Introduction générale</span><span> </span><span>de l’ouvrage qui figure dans le premier volume (décembre 1978, p. I à XXV). Nous y renvoyons donc. Rappelons simplement que la perspective choisie est descriptive et critique. Elle est </span><span>descriptive</span><span> </span><span>en ce sens que notre travail s’appuie sur un corpus. Ce corpus, par définition non exhaustif, mais non arbitraire, est constitué de phrases extraites de romans, d’ouvrages théoriques et critiques, de manuels, de journaux ou de magazines (de quel droit, en effet, nous interdirions-nous l’usage de certains supports « contestables », puisque, sans sacraliser l’usage, nous refusons énergiquement toute « normativité » par essence a-linguistique ?), mais il ne concerne toujours que la langue écrite. Elle est corrélativement </span><span>critique</span><span>, en ce sens qu’elle s’efforce de démontrer ce qui, dans la formulation des « règles » posées par les grammaires normatives, est insuffisant, parfois arbitraire, souvent incohérent, voire contradictoire d’une grammaire à l’autre.</span></p><p><span>*</span></p><p><span>Nous avons souvent consulté des italophones de notre entourage, auxquels nous soumettions nos « vraies » phrases et, en parallèle, d’autres dans lesquelles nous avions introduit d’autres prépositions. Nous les avons appelés, tout au long de ce travail, nos « interlocuteurs », nos « consultants », nos « correspondants ». Quel que soit le nom que nous leur avons donné, nous les remercions pour leur patience et leur grande disponibilité.</span></p>";;860;28.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce volume, dernier de la série, est consacré aux prépositions (difficultés liées aux sens multiples, concurrence que se livrent les prépositions) ; l’accent est également mis sur les difficultés que rencontre le locuteur français, embarrassé par quelques apparents doublets (<em>da</em> et <em>di</em>, <em>tra</em> et <em>fra</em> et <em>sopra</em> et <em>su</em>) et pris au piège par les ressemblances formelles entre les prépositions françaises et italiennes.</p>";"<p><!-- @font-face { font-family: ""MetaPlus-Normal""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --> </p>";30/05/2011 15:14;0;Première édition;3146 525;2;6;22;Un mythe à détruire ?;Origines et destin du Centre universitaire expérimental de Vincennes;;;"<p style=""text-align: justify;"">Vincennes, une université singulière ; cet enfant terrible de Mai 68, est sans doute une des universités françaises les plus connues, tant en France qu’à l’étranger.</p>";"<p>Présentation des auteurs <br />Remerciements <br /><br />Réinventer l’histoire des universités<br /><strong> Christophe Charle </strong><br /><br />Présentation générale<br /><strong>Charles Soulié </strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>I - Les prodromes de Vincennes</strong></p><p><br />La recomposition des facultés, disciplines dans l’université française des années soixante<br /><strong>Charles Soulié</strong><br /><br />Mai-juin 1968 : acmé d’un contexte de crise universitaire<br /><strong>Christelle Dormoy</strong><br /><br /><br /><strong></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>II - Des rêves aux réalités</strong></p><p><br />La division du travail d’institution<br /><strong>Christelle Dormoy </strong><br /><br />Le recrutement des premiers enseignants de Vincennes<br /><strong> Christelle Dormoy</strong><br /><br />L’irruption de la dynamique étudiante<br /><strong>Charles Soulié</strong><br /><br />De la politisation des questions pédagogiques<br /><strong>Charles Soulié</strong><br /><br />Des humanités aux « humanités modernes »<br /><strong>Charles Soulié </strong><br /><br />Jeux d’échelle entre les premiers pouvoirs universitaires vincennois : 1968-197<br /><strong> Jean-Philippe Legois</strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><br /><strong>III - Perspectives disciplinaires et monographiques</strong></p><p><br />L’anglais de la Sorbonne à Vincennes<br /><strong> Marie-Pierre Pouly </strong><br /><br />La sociologie à Vincennes : une discipline dispersée<br /><strong>Frédéric Carin, Lucie Letinturier, Javier Rujas, Charles Soulié </strong><br /><br />Un soubresaut de 1968, la parenthèse critique de l’économie politique à Vincennes<br /><strong>Brice Le Gall </strong><br /><br />Voyage en terre d’asile académique<br />Éléments pour une histoire sociale des étudiants étrangers de Paris VIII et d’ailleurs<br /><strong>Brice Le Gall, Charles Soulié</strong><br /><br />Poursuivre<br /><strong>Charles Soulié</strong><br /><br />Bibliographie <br />Annexes <br />Table des illustrations<br />Liste des tableaux, graphiques<br /><br /></p>";;10/03/2012;0;207x268;488;978-2-84292-334-1;9782842923334;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_525.jpg;;;;1275;29.00;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage se livre à une histoire des premiers pas de cette institution hautement paradoxale, car foncièrement anti institutionnelle. C’est donc à une véritable exploration de l’inconscient académique qu’invite ce livre qui, rompant avec la vision politique ordinairement de mise quand on pense l’histoire de l’université française d’après 68, dévoile quelques-uns des enjeux académiques, intellectuels et pédagogiques sous-jacents à cette formidable expérience collective.</p>";;30/05/2011 18:30;1;Première édition;3377 527;1;3;34;Langage(s) de l'œuvre de l'art;N°13/2011;;;"<p>Points de vue théoriques sur le fondement de l'art comme discours, et du discours de l'art. Il s'agit ici de mettre en avant plus spécifiquement le point de vue d'historiens de l'art et d'ésthéticiens sur cette question.</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sophie Schvalberg</strong><br />Paroles d’artistes et discours savants : trois procès en légitimité aux 18e et 19e siècles</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Giovanni Parenzan</strong><br />Le discours captieux. Expériences de la sculpture et querelles de la critique dans l’art des années 1960</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Laurence Corbel</strong><br />Jeux de langage dans l'art des années 1960 : les paradoxes de la description</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Pauline Chevalier</strong><br />Script et performance dans l'art américain de la fin des années 60 et des années 70</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Ophélie Naessens</strong><br />Le don de la parole : exemples d’usage du langage verbal dans les arts plastiques</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Claire Fagnart</strong><br />Discours critiques et conception de l'art</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Yaël Kreplak</strong><br />Façons de parler : l’anecdote comme approche de l’œuvre</p><p style=""text-align: center;""><strong> PORTFOLIO</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Charlotte Cardonne : 30, rue Quetigny</em></p><p> </p><p>Comptes rendus de lecture et d’expositions<br />Abstracts français et anglais</p>";;10/10/2011;13;155x220;192;978-2-84292-330-3;9782842923303;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_527.jpg;"<p style=""text-align: justify;""><em>Sophie Schvalberg</em><em> : « </em><strong>Paroles d’artistes et discours savants</strong><strong> </strong><strong>: trois procès en légitimité aux 18<sup>e</sup> et 19<sup>e</sup> siècles</strong><strong> »</strong><br />Trois « affaires » exemplaires opposent des artistes à des critiques ou théoriciens de l’art à l’aube de la modernité : celles qui opposent Falconet à Diderot (1765-1766), Giraud à Éméric-David (1805), Whistler à Ruskin (1878). La comparaison des trois corpus épistolaires et judiciaires de ces affaires fait apparaître des constantes discursives et affectives, très éclairantes sur les revendications des artistes : démystification des autorités antiques, assimilation de l’expertise artistique à un savoir scientifique, légitimité exclusive du discours adossé à une praxis.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Giovanni Parenzan</em> : <em> «</em><strong> Le discours captieux. Expérience de la sculpture et querelles de la critique dans l’art des années 1960 »</strong><br />Paradoxalement, la polémique qui a opposé moderniste et minimalisme s’est déroulée, dans toute sa virulence, à l’intérieur d’un champ unique, celui de la phénoménologie : en effet, les écrits de Merleau-Ponty exercèrent une influence décisive aussi bien sur Michael Fried que sur Robert Morris et Rosalind Krauss. On essayera de « déconstruire » la divergence qui sépare les protagonistes de cette querelle pour montrer que leurs lectures phénoménologiques respectives ne font que proposer des articulations différentes d’un même compromis entre formalisme et corporalité. On comprendra ainsi qu’une tension structurelle entre gestualité corporelle et syntaxe abstraite, entre « perception » du poids et « connaissance » de la forme, sous-tend le domaine sculptural des années 1960 et que seul le discours « captieux » de la phénoménologie – dans son ambition « contradictoire » (Fried) d’unir corps et syntaxe – se révèle à mesure de la <em>comprendre</em>.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurence Corbel</em><em> </em>:<strong> «Jeux de langage dans l’art des années 1960</strong><strong> </strong><strong>: les paradoxes de la description »</strong><br />Parmi les textes que les artistes publient à partir des années 1960, on compte de nombreuses descriptions qui prennent des formes inédites : destinées à accompagner la réception des œuvres, elles sont portées par la conception que se font les artistes des rapports entre l’art et le langage et la réflexion qu’ils mènent sur les pouvoirs et les limites de celui-ci. Elles soulèvent aussi des problèmes théoriques et épistémologiques et engagent une nouvelle pragmatique du discours.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Pauline Chevalier</em> : <strong>« Script et performance dans l’art américain de la fin des années 1960 et des années 1970</strong><strong> »</strong><br />Si certains artistes comme Vito Acconci ont affirmé la relation du mot au geste, du texte à la performance, comme essence de leur pratique à partir de la fin des années 1960, d’autres ont joué du script et du récit comme lieux d’expérimentation marginaux et pourtant fondamentaux dans le renouvellement de la partition et de l’écriture en tant que représentations du mouvement et de ses potentialités. La page, le verbe, la grammaire et la syntaxe, tantôt déformés, tantôt heurtés ou remodelés grâce à certaines influences littéraires et musicales, rassemblent les expériences radicales de nombreux artistes, danseurs et <em>performers</em>, qui exercent alors une influence majeure sur le discours et le vocabulaire critiques, tels qu’on peut notamment les observer dans le magazine <em>Avalanche</em>.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Ophélie Naessens</em> : <strong> « Le don de la parole</strong><strong> </strong><strong>: exemple d’usage du langage verbal dans les arts plastiques »</strong><br />Cet article prend pour objet des œuvres de vidéastes contemporains dans lesquelles l’artiste a donné la parole à un autre, a filmé cette parole et en a donné une représentation. Nous nous intéresserons à ce qui se passe dans la création, du don d’une parole supposée « authentique » à la construction d’une représentation. L’analyse de ces pratiques nous conduira à nous interroger sur la manière dont la mise œuvre artistique questionne les modalités de restitution d’une « parole donnée », remettant en cause la conception d’une transmission directe.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Claire Fagnart : « </em><strong>Discours critique et conceptions de l’art »</strong><br />Cet article vise à préciser les liens entre catégories de discours critiques et conceptions de l’art, entre formes de discours et doxa. Cette entreprise repose sur l’idée que les façons de concevoir et de construire les commentaires sur les œuvres sont surdéterminées par les conceptions plus ou moins conscientes qu’ont, de l’art, ceux qui écrivent. Elle requiert donc une typologie des discours : les productions métatextuelles sont ici classées en deux groupes et quatre sous-groupes : les commentaires restreints (endogènes ou exogènes) et les commentaires étendus (historico-contextuels ou pragmatico-contextuels).</p><p style=""text-align: justify;""><em>Yaël Kreplak : </em><strong>« Façons de parler</strong><strong> </strong><strong>: l’anecdote comme approche de l’œuvre »</strong><br />Conformément au double héritage de la linguistique interactionnelle et de l’esthétique pragmatiste, et en prenant appui sur des extraits vidéo, on définira l’anecdote comme pratique socialisée, faisant émerger une version contextuelle de l’œuvre, adaptée à la situation d’interaction. Ces réflexions linguistiques nous permettront de mettre en perspective un projet d’exposition consacré à ces récits ordinaires, qui en questionne spécifiquement les modalités de recueil, d’exposition et de circulation.</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Sophie Schvalberg</em><em> : </em><strong>« The Artist’s Account Versus the Scholar’s Speech: Three Controversies about Legitimacy (18th and 20th Century) »</strong><br />This paper deals with three remarkable controversies opposing distinguished artists and art critics or theoricians, and preparing modern times: the ones confronting Falconet and Diderot (1765-1766), Giraud and Éméric-David (1805), Whistler and Ruskin (1878). By comparing series of litterary or judicial documents that were involved, one is struck by some repetitive themes in the artists’ claims: denunciation of ancient authors, parallel between artistic appraisal and scientific knowledge, defence of the sole legitimacy of comments based on practical experience.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Giovanni Parenzan</em><em> : </em><strong>« A Captious Speech. The Experience of Sculpture and Critics’ Arguments in 1960’s Art »</strong><br />Paradoxically, in spite of its virulence, the polemics between modernism and minimalism took place within the same field, the field of phenomenology: indeed, Merleau-Ponty’s writings decisively influenced Robert Morris and Rosalind Krauss as well as Michael Fried. This essay will try to deconstruct the divergence between the protagonists of this <em>querelle</em> in order to show that their phenomenological interpretations are but different articulations of the same compromise between modernist formalism and minimalist corporality. It will then be possible to say that a tension between bodily gesture and abstract syntax, “perception” of weight and “knowledge” of form, structured the expanded field of ’60 sculpture and that only the discourse of phenomenology, in its “contradictory” (Fried) ambition to join body and syntax, was able to <em>capture</em> it</p><p style=""text-align: justify;""><em>Laurence Corbel</em><em> : </em><strong>« Language Games in the Art of the Sixties: The Paradoxes of Description »</strong><br />Amongst the texts artists have written since the sixties, they are numerous descriptions: meant for art’s reception, they are underlay by reflection artists have about relation between art and language and about language’s power and limits. They raise also theoretical and epistemological problems and outline a new discourse pragmatic.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Pauline Chevalier :</em><strong> « Script and Performance in American Art of the End of the Sixties and Seventies »</strong><strong></strong><br />Whereas some artists at the end of the Sixties, like Vito Acconci, focused their practice on the relationship between word and gesture, between text and performance, others played on the script and the narrative as marginal and yet fundamental sites for experimentation, in the renewal of the score and writing, as representations of movement. The page, verb, grammar and syntax, sometimes distorted, sometimes jostled or remodeled through literary or musical influences are common features of radical experiences from many artists, dancers and performers who had then a major influence over critical discourse and vocabulary, as one can observe in a magazine such as <em>Avalanche</em>.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Ophélie Naessens</em><em> : </em><strong>« The Word as a Gift: An Example of the Use of Verbal Language in Fine Arts</strong><strong> »</strong><br />This article is about the works of contemporary video makers in which the artist allows another to express himself or herself, films this expression then gives a representation of it. We will examine what is happening in this creation, from the transfer of a supposedly authentic expression to the construction of a representation. The analysis of these practices will lead us to ask ourselves about the way in which the artwork questions the modalities of the restitution of a “given word”, challenging the conception of a direct transmission.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Claire Fagnart</em><em> : </em><strong>« Critical Discourse and Art Conceptions »</strong><br />This article aims to clarify the links between different categories of critical commentaries and conceptions of art, or between forms of critical language and artistic ideology. This undertaking is based on the idea that the ways of conceiving and constructing commentaries on works of art are predetermined by the writers’ more or less conscious conceptions of art. It is thus necessary to establish a typology of critical language: critical commentary is classified here into two groups and four sub-groups: restricted commentaries (endogenous and exogenous) and expanded commentaries (historically-contextualized and pragmatically-contextualized).</p><p style=""text-align: justify;""><em>Yaël Kreplak</em><em> : </em><strong>« Ways of Talking: the Anecdote as a Way of Approaching the Artwork »</strong><br />Drawing on interactional linguistics and pragmatist aesthetics, and using video data, we’ll define anecdote as a social practice, through which emerges a contextual version of an artwork responding to the interactional needs of the situation. These linguistic considerations will allow us to introduce the theoretical context of an ongoing exhibition project, devoted to these ordinary stories, and specifically addressing the issue of their collection, exhibition and circulation.</p>";250;12.00;"<p>Quel est le rôle des différents agents (artistes, curateur, conservateur, galeriste, critique, théoricien, spectateur, etc.) dans le fonctionnement discursif de l'art ? Il s'agit ici d'envisager les effets réciproques, les coopérations, les conflits entre les modalités du discours de l'œuvre et du discours sur l'art.</p>";;12/09/2011 16:34;1;Première édition;3675 528;1;3;27;La chair des émotions;N°61/2011;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les émotions ont une histoire... Les textes réunis dans ce dossier interrogent la nature des liens entre émotion et corps au Moyen Âge, leurs modalités d’expression, de mise en scène et de signification.</p>";"<p>Une histoire des émotions incarnée<strong><br />Damien Boquet et Piroska Nagy</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Prêcher les émotions incarnées. évêques, mendiants et leurs publics dans l'Antiquité tardive<strong> <br />Dionysos Stathakopoulos</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong><em>Lapsus corporis </em>et performatif : fonctions des gestes somatiques dans l’expression des émotions dans la littérature altimédiévale<strong> <br />Nira Pancer</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong>Les communautés émotionnelles et le corps<strong> <br />Barbara H. Rosenwein </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong>Évaluation émotionnelle d’un crime d’honneur au couvent gilbertin de Watton (v. 1165)<strong> <br />Damien Boquet</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong>La narration des émotions et la réactivité du destinataire dans les <em>Contes de Canterbury</em> de Geoffrey Chaucer<strong> <br />Guillemette Bolens</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong><em>Vultus velatus</em> ou la figuration positive de la tristesse dans l'iconographie de la fin du Moyen Âge<strong> <br />Robert Marcoux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Toucher et être touché : gestes de conciliation et émotions dans les batailles judiciaires<strong><br />Klaus Oschema</strong></p>";;10/12/2011;61;155x220;224;978-2-84292-337-2;9782842923372;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_528.gif;"<p><em>Dionysios Stathakopoulos</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p><strong><span class=""TimesB"">Prêcher les émotions incarnées. Évêques, mendiants et leurs publics dans l’Antiquité tardive</span></strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesR {mso-style-name:""Times R""; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman;} span.petitecap {mso-style-name:""petite cap""; mso-style-parent:""""; font-variant:small-caps; mso-font-width:100%; mso-ansi-language:FR;} span.Exposant {mso-style-name:Exposant; mso-style-parent:""""; vertical-align:super;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume""><span class=""TimesR"">Cette étude d’un corpus de sermons écrits par des évêques du </span><span class=""petitecap"">iv</span><span class=""Exposant"">e</span><span class=""TimesR""> siècle de l’Orient méditerranéen porte sur les regards posés sur les mendiants souffrant de la lèpre. À cette époque, avant les fondations charitables, les lépreux étaient encore très visibles dans la cité. L’article explore les stratégies utilisées par les auteurs dans la description des mendiants lépreux, la manière dont ils attirent l’attention sur leurs corps mutilés, et incitent l’assemblée à la compassion et à la charité en construisant une proximité ou une relation fictive entre les mendiants et leur auditoire, et en identifiant les mendiants avec le Christ, ce qui permettait d’encourager les membres de l’assemblée à l’aumône dans la société chrétienne. Les émotions, surtout celles exprimées par le corps, sont centrales dans ces textes.</span></p><p class=""resumemotscles""><span class=""TimesR"">Lépreux – mendiants – charité – pauvreté – sermons.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Barbara H. Rosenwein</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">Les communautés émotionnelles et le corps</span></strong></p><p class=""resume"">Il y a longtemps Alain de Lille affirmait que les gestes et les expressions faciales des émotions étaient des fenêtres ouvertes sur la « disposition intérieure » d’une personne, tandis que de nos jours Paul Ekman soutient que certaines expressions faciales constituent des « émotions basiques ». Cependant, comme cet article le montre, en réalité le lien entre le corps et les émotions est (et demeure) extrêmement divers. L’article aborde les émotions dans le contexte des « communautés émotionnelles » – des groupes sociaux à l’intérieur desquels les individus sont animés par des intérêts, des valeurs et des styles émotionnels communs ou semblables. Les communautés émotionnelles intègrent (ou n’in­tègrent pas) le corps dans l’expression de l’émotion de différentes manières. Ce constat est illustré par trois exemples médiévaux. À la cour mérovingienne de Neustrie au viie siècle, les émotions étaient rarement incarnées. Au contraire, pour Thomas d’Aquin et ses disciples au xiiie siècle, les émotions étaient explicitement associées au corps et aux changements somatiques. Mais cependant, pour ce groupe de dominicains, les émotions pouvaient, si elles étaient orientées de façon appropriée, transcender le corps. Enfin, Margery Kempe et ses semblables usaient de leur corps en manifestant leurs émotions de façon dramatique, par des hurlements, des larmes ou des contorsions de douleur. L’article se clôt en suggérant que ces variations dans les modalités d’incorporation permettent de questionner la conception d’émotions « universelles ».</p><p class=""resumemotscles"">Communautés émotionnelles – Margery Kempe – Mérovingiens – Neustrie – Thomas d’Aquin.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Nira Pancer</em></p><p class=""titreresume""><strong>Entre lapsus corporis et performance : fonctions des gestes somatiques dans l’expression des émotions dans la littérature altimédiévale</strong></p><p class=""resume"">La littérature des premiers siècles médiévaux (vi-viiie siècle) attache peu d’attention aux émotions, et a fortiori aux gestes somatiques qui les traduisent. Cependant, malgré leur relative rareté dans les textes, ces derniers n’en jouent pas moins un rôle capital dans la fabrique des relations sociales et dans les négociations de pouvoir. C’est la triple fonction de ces gestes proprement émotionnels qui sera examinée ici. Certains, tels que le rougissement, sont des lapsus corporis qui, échappant à toute maîtrise, viennent révéler une intériorité inavouable. D’autres encore, ritualisés et normés, relèvent de la « performance émotionnelle » dans le sens goffmanien du terme. En dernier lieu, certains sourires ou larmes possèdent une dimension performative. Ils ont alors la capacité d’affecter les liens sociaux et d’instaurer de nouveaux rapports de force entre les interlocuteurs.</p><p class=""resumemotscles"">Émotions – gestes somatiques – performance – performatif – Mérovingiens.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Klaus Oschema</em></p><p class=""titreresume""><strong>Toucher et être touché : gestes de conciliation et émotions dans les duels judiciaires</strong></p><p class=""resume"">Afin de compléter les discussions théoriques concernant les paramètres d’une histoire des émotions, la présente contribution analyse un détail du cérémoniel des « gages de bataille » bas-médiévaux qui ne peut pas être expliqué de manière satisfaisante au moyen des approches classiques de l’histoire du droit ou de la « com­mu­nication symbolique ». Une stratégie analytique qui inclut la dimension affective des actions ritualisées montre que le geste effectué par les adversaires, qui se tiennent par la main lors du dernier des serments qu’ils prononcent avant la bataille, s’harmonise bien avec les tendances contemporaines à éviter, dans la mesure du possible, la violence du combat. Dans cette perspective, les adversaires exécutent un geste de pacification (ou de réconciliation) potentiel qui pourrait les amener à ne pas en venir à la confrontation armée : de manière analogue, les historiographes de l’époque se réfèrent à plusieurs reprises au motif de la réconciliation spontanée qui résulte d’un contact physique, même accidentel. Même si le succès réel de cette pratique semble avoir été plutôt restreint, l’orga­nisation rituelle visait à modifier la disposition affective des acteurs par le biais de moyens dont l’efficacité potentielle a pu être montrée par la recherche en psychologie sociale moderne.</p><p class=""resumemotscles"">Gage de bataille – émotion – gestes – rituel – France – xive et xve siècles.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Robert Marcoux</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; 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Si cela favorise l’invention de différents types d’expressions faciales, on observe au cours du </span><span class=""petitecap"">xv</span><span class=""Exposant"">e</span><span class=""TimesR""> siècle l’apparition d’un motif qui va à contresens en dissimulant complètement le visage sous une étoffe. À travers l’étude de deux iconographies, celle des funérailles et celle de la dérision du Christ, nous démontrerons qu’en admettant d’une part les limites du représentable, et en évitant d’autre part la défiguration des personnages, ce motif arrive à exprimer une tristesse positive qui se démarque nettement de celle des figures désespérées comme les vierges folles et les damnés.</span></p><p class=""resumemotscles""><span class=""TimesR"">Iconographie – tristesse – funérailles – Christ aux outrages – visage voilé.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Marie-Thérèse Lorcin</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.Exposant {mso-style-name:Exposant; mso-style-parent:""""; vertical-align:super;} span.Ptitcapbold {mso-style-name:Ptitcapbold; font-variant:small-caps; mso-font-width:100%; mso-ansi-language:FR; font-weight:bold;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">Du vilain au paysan sur la scène littéraire du </span><span class=""Ptitcapbold"">xiii</span><span class=""Exposant"">e</span><span class=""TimesB""> siècle</span></strong></p><p class=""resume"">Le stéréotype du vilain, incarnation de la bassesse, ne disparaît pas, perpétué par les proverbes et les textes comiques qui illustrent aussi les stéréotypes de la femme et du prêtre. Mais apparaît un autre personnage, un paysan réhabilité, humanisé, même s’il est encore parfois appelé « vilain », le mot « païsant » étant encore très rare. Les poètes, dont beaucoup sont sans doute d’origine rurale, le montrent hospitalier, patient, voire instruit. Il n’est pas l’objet comme l’est le prêtre de la vindicte publique, ni ne subit de châtiment dégradant. Il exploite ses terres et gère son domaine normalement. En tant que chef de feu ayant ses responsabilités et son autonomie, il occupe une place déterminée dans la société, tout comme l’artisan, le commerçant et le seigneur. À côté du Caliban médiéval existe le paysan, celui dont le poids et parfois le vocabulaire apparaissent à la même époque dans les chartes de franchises.</p><p class=""resumemotscles"">France – paysan – littérature – vocabulaire – Rutebeuf – fabliaux – chef de feu.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Damien Boquet</em></p><p class=""titreresume""><strong>Amours, castration et miracle au couvent de Watton : évaluation émotion­nelle d’un crime d’honneur monastique (v. 1165)</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesR {mso-style-name:""Times R""; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume""><span class=""TimesR"">Vers 1165, le couvent de Watton dans le Yorkshire, fondé par Gilbert de Sempringham, est frappé par un double scandale. Une jeune moniale, qui a noué une idylle avec un chanoine du monastère, tombe enceinte. Furieuses, les sœurs se font livrer le coupable et forcent la future mère à émasculer son amant. L’événement, qui se clôt par une péripétie miraculeuse, prend place au moment où la congrégation gilbertine connaît une crise grave. Il est relaté par l’abbé anglais Aelred de Rievaulx qui intervient à la demande de Gilbert. Le propos de cet article est de montrer comment Aelred s’appuie dans son récit sur la rationalité morale des émotions de la communauté pour légitimer un acte d’une violence inouïe dans un lieu conventuel. Ainsi, les émotions narrativisées, loin d’être l’écume bouillonnante d’un règlement de comptes impulsif, posent les conditions mêmes d’une restauration de l’honneur de la communauté.</span></p><p class=""resumemotscles""><span class=""TimesR"">Émotions – castration – honneur – Aelred de Rievaulx – Watton.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Guillemette Bolens</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">La narration des émotions et la réactivité du destinataire dans </span><em><span class=""TimesBI"">Les</span><span class=""TimesB""> </span><span class=""TimesBI"">Contes de Canterbury</span></em><span class=""TimesB""> de Geoffrey Chaucer</span></strong></p><p class=""resume"">Dans Les Contes de Canterbury, Chaucer met en évidence les rapports de force complexes qui s’actualisent à travers l’expression verbale et corporelle des émotions. Ces rapports de force sont manifestes entre les personnages des Contes de Canterbury, mais ils impliquent également les destinataires du texte. L’écrivain Chaucer, quand il met en récit l’expression corporelle d’une émotion, lance un défi interprétatif à ses destinataires. Mon objectif est ainsi de chercher à comprendre ce que le texte signale de nos modalités d’accès à un sens émotionnel permis par une narration des signes corporels.</p><p class=""resumemotscles"">Chaucer – Les Contes de Canterbury – « Le Conte de l’Écuyer » – « L’Introduction et le Prologue de l’Homme de loi » – Canacé – amour courtois – style kinésique.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em><br /></em></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em><br /></em></p>";;"<p><em>Dionysios Stathakopoulos</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">Preaching embodied Emotions. Bishops, Beggars and their Audience in Late Antiquity</span></strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesR {mso-style-name:""Times R""; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume""><span class=""TimesR"">This is a study of a corpus of sermons by fourth-century bishops centred on beggars suffering from leprosy. The period in question was a time when such individuals were not yet institutionalized and as such were highly visible. The article explores the strategies employed by the authors in describing the leper beggars and focusing on their disfigured bodies in an effort to move their congregation to compassion and charity by constructing a fictive relatedness between the beggars and their audience as well as by stressing the identification of the beggars with Christ and thus their entitlement within a Christian society. Emotions, especially those expressed by the body, are central in these texts.</span></p><p class=""resumemotscles""><span class=""TimesR"">Beggars – lepers – charity – poverty – sermons.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Barbara H. Rosenwein</em></p><p class=""titreresume""><strong>Emotional Communities and the Body</strong></p><p class=""resume"">Alain de Lille long ago proclaimed that gestures and facial expressions were windows onto a person’s « internal disposition », while today Paul Ekman claims that certain facial expressions represent « basic emotions ». However, as this paper argues, in fact the association between the body and emotion is (and remains) highly variable. The paper treats emotions within the context of « emotional communities » – social groups within which people are animated by common or similar interests, values, and emotional styles. Emotional communities have different ways of incorporating (or not) the body in emotional expression. This point is exemplified by three medieval examples. At the seventh-century Merovingian court in Neustria, emotions were rarely embodied. By contrast, for Thomas Aquinas and his disciples in the thirteenth century, emotions were clearly associated with the body and somatic changes. Even so, for this group of Dominicans, emotions could, if properly directed, transcend the body. Finally, Margery Kempe and others of her ilk employed their bodies in dramatic expressions of feeling via roars, tears, and writhing. The paper ends by suggesting that these variations in embodiment help challenge the view of « universal » emotions.</p><p class=""resumemotscles"">Emotional communities – Margery Kempe – Merovingians – Neustria – Thomas Aquinas.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Nira Pancer</em></p><p class=""titreresume""><strong>Between lapsus corporis and performance : the functions of somatic gestures in the expression of emotions in the early Middle Ages literature</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesR {mso-style-name:""Times R""; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman;} span.TimesI {mso-style-name:TimesI; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman; mso-ansi-language:FR; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume""><span class=""TimesR"">Early medieval literature shows little interest in emotions, let alone in the somatic signs translating them. Nevertheless, despite their relative scarcity in the texts, these somatic gestures do play a major part in the making of social relationships and in power negotiations. This article will examine their threefold function. Some of them, escaping control, such as blushing, are </span><span class=""TimesI"">lapsus</span><span class=""TimesR""> </span><span class=""TimesI"">corporis</span><span class=""TimesR"">, revealing a shameful inwardness. Others, ritualized and normative, are similar to emotional performance in the Goffmanian tradition. At last, certain smiles or tears possess a performative effect changing social relationships and establishing a new balance of power between speakers.</span></p><p class=""resumemotscles""><span class=""TimesR"">Emotions – somatic gestures – performance – performative – Merovingians.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Klaus Oschema</em></p><p class=""titreresume""><strong>To touch and to be touched : gestures of conciliation and emotions in trial by combat</strong></p><p class=""resume"">In order to complement the current theoretical debates on the parameters of a « History of Emotions », the present contribution analyses a ceremonial detail of late medieval trials by combat which cannot be explained satisfactorily within the classical approaches of Legal History or « symbolic communication ». An analytical strategy that includes the affective dimension of ritualised action shows that the gesture executed by the adversaries, who held each other by the hand during the last sermon they had to swear before their battle, coincided with contemporary tendencies to avoid, if possible, the violence of combat. In that sense, the adversaries were forced to perform a potential gesture of pacification (or reconciliation) which could prompt them to avoid armed confrontation. This can be compared to a motif that the historiographers of the period refer to repeatedly, i.e. the idea of spontaneous reconciliation resulting from (even accidental) physical contact. Although the real success of such a practice seems to have been quite limited, the organisation of the ritual intended to modify the actors’affective state by means that have been shown to be potentially efficient in modern socio-psychological research.</p><p class=""resumemotscles"">Trial by combat – emotions – gestures – ritual – France – 14th and 15th centuries.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Robert Marcoux</em></p><p class=""titreresume""><strong><em>Vultus velatus </em>: Positive figuration of sadness in the iconography of the end of the Middle Ages</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesR {mso-style-name:""Times R""; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume""><span class=""TimesR"">From the 1220’s on, at the same time when medical and theological traditions are penetrated by the concepts of hylemorphism and of physiognomony, western artists are more and more interested in figuring the face in order to express emotion and character of persons. While this movement encourages the invention of different types of facial expressions, one can observe in the 15th century the advent of a motif going in the opposite direction, dissimulating totally the face by a veil. Studying two iconographic themes, that of funerals and that of derision of the Christ, this article intends to show that the motif of the veiled face – which admits on the one hand the limits of representability and avoids on the other to disfigure persons – manages to express a positive sadness which can well be distinguished from that of desperate figures like the damned or the foolish virgins.</span></p><p class=""resumemotscles""><span class=""TimesR"">Iconography – sadness – funerals – derision of Christ – veiled face.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Marie-Thérèse Lorcin</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.Ptitcapbold {mso-style-name:Ptitcapbold; font-variant:small-caps; mso-font-width:100%; mso-ansi-language:FR; font-weight:bold;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">From Villein to Peasant in the Literature of the </span><span class=""Ptitcapbold"">13</span><span class=""TimesB"">th Century</span></strong></p><p class=""resume"">The stereotype of the churl (« vilain » or « villanus »), embodiment of baseness, does not disappear in the thirteenth century : on the contrary, it is immortalized by the proverbs and the comic literature which also illustrate the stereotypes of the woman and the priest. But another character appears, a rehabilitated and humanized farmer, even if he is still called sometimes villanus, the word « païsant » (peasant) being yet very rare. The poets, among whom many were doubtless of rural origin, picture him as hospitable, patient, even educated. Unlike the priest, he his not the object of public condemnation and undergoes no degrading punishment. He runs his lands and manages his farm normally. As head of the household (« chef de feu »), with his responsibilities and his autonomy, he occupies a specific position in the society, much as the craftsman, the merchant and the lord. Besides the medieval Caliban, the farmer does have a real existence, and contemporary charters of emancipation are the witnesses of his strength and sometimes of his own language.</p><p class=""resumemotscles"">France – peasant – literature – vocabulary – Rutebeuf – fabliaux – household.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Damien Boquet</em></p><p class=""titreresume""><strong>Love, castration and miracle in the convent of Watton : emotional evaluation of a monastic honor crime (ca 1165)</strong></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Roman; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.resume, li.resume, div.resume {mso-style-name:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} p.resumemotscles, li.resumemotscles, div.resumemotscles {mso-style-name:""resume mots cles""; mso-style-parent:resume; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:17.0pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Roman; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Roman; color:black;} span.TimesR {mso-style-name:""Times R""; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Roman; mso-ascii-font-family:Times-Roman; mso-hansi-font-family:Times-Roman; mso-bidi-font-family:Times-Roman;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""resume""><span class=""TimesR"">Around 1165, the convent of Watton founded by Gilbert of Sempringham in the Yorkshire was stricken by a double scandal. A young nun, living a love affaire with a canon of the monastery, becomes pregnant. The sisters, furious, get the culprit delivered to them and force the future mother to emasculate her lover. The whole story, which closes by a miraculous incident, takes place when the Gilbertine congregation goes through a serious crisis. We know it by the English abbot Aelred of Rievaulx who intervenes in the affair on request of Gilbert. The aim of this article is to study the way Aelred uses the moral rationality of the emotions of the community in order to legitimize an unprecedented act of violence in a conventual context. Far from being the foam of an impulsive settling of scores, the narrativized emotions recreate the conditions helping to restore the honour of the community.</span></p><p class=""resumemotscles""><span class=""TimesR"">Emotions – castration – honour – Aelred of Rievaulx – Watton.</span></p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em>Guillemette Bolens</em></p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 0 16778247 0 131072 0;} @font-face {font-family:Times-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:Times-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Times; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.titreresume, li.titreresume, div.titreresume {mso-style-name:""titre resume""; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:1.0cm; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; line-height:12.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:9.0pt; font-family:Times-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:Times-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.TimesB {mso-style-name:TimesB; mso-style-parent:""""; font-family:Times-Bold; mso-ascii-font-family:Times-Bold; mso-hansi-font-family:Times-Bold; mso-bidi-font-family:Times-Bold; font-weight:bold;} span.TimesBI {mso-style-name:TimesBI; mso-style-parent:""""; font-family:Times-BoldItalic; mso-ascii-font-family:Times-BoldItalic; mso-hansi-font-family:Times-BoldItalic; mso-bidi-font-family:Times-BoldItalic; font-weight:bold; font-style:italic;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --><p class=""titreresume""><strong><span class=""TimesB"">The Narration of Emotions and the Reader’s Reactions in Geoffrey Chaucer’s </span><span class=""TimesBI"">Canterbury Tales</span></strong></p><p class=""resume"">In The Canterbury Tales, Chaucer highlights the complex power relationships that are enacted through the verbal and corporeal expression of emotions. These power relationships are manifest between all protagonists of the narrative, but they also involve the readers. When Chaucer narrates the corporeal expression of an emotion, he wittingly challenges the interpretive acumen of his readers. My purpose in this essay is to analyze the way in which Chaucer calls attention to our modes of access to emotional meanings elicited by the narration of corporeal signs.</p><p class=""resumemotscles"">Chaucer – The Canterbury Tales – « The Squire’s Tale » – « The Man of Law’s Introduction and Prologue » – Canacee – courtly love – kinesic style.</p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""> </p><p class=""resumemotscles""><em><br /></em></p>";358;17.00;"<p>Tous le font en intégrant les réflexions qui rendent possible aujourd’hui une histoire des émotions. Il peut s’agir de restituer les émotions éprouvées par les lépreux ou celles que suscitait leur spectacle, ou de cerner des gestes somatiques entre le corps trahissant l’émotion. On peut aussi s’attacher à comprendre un discours tentant de rationaliser d’un point de vue moral les émotions d’une communauté de nonnes pour légitimer un acte d’une violence inouïe. Il peut aussi être question de saisir les multiples représentations iconographiques de la tristesse. L’historien peut être amené à analyser les gestes de toucher apportant la conciliation dans le duel judiciaire.</p><p>Cette pluralité d’approches donne une idée suggestive de la manière d’appréhender l’affectivité dans l’histoire.</p><p>Ce numéro de <em>Médiévales</em> offre un panorama varié d’un courant historiographique international en plein renouvellement : l’histoire des émotions, ou encore de l’affectivité.</p>";;13/09/2011 15:12;0;Première édition;3386 529;1;3;28;Nominalizations;N°40/2011;;;"<p>La nominalisation est un moyen grammatical mettant en valeur l’usage du nom. Il est particulièrement utile à l’écrit, car il permet de donner en peu de temps, une grande quantité d’informations.</p>";"<p><strong>Isabelle Roy et Elena Soare</strong><br />Présentation</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Isabelle Roy, Elena Soare</strong><br />Nominalization : new insights and theoretical implications.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Artemis Alexiadou</strong><br />Statives and Nominalization</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Boban Arsenijevic</strong><br />Semantic ontology of deadjectival Nominalizations</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Bernard Fradin</strong><br />State-denoting Nominalizations</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Richard Huyghes</strong><br />Atelicity and the mass/count distinction : the case of French activity nominalizations</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marie-Laurence Knittel</strong><br />French Event Nominals and number-inflection</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Florian Schäfer</strong><br />Naturally atomic ER-nominalizations</p>";;10/01/2012;40;155x220;192;978-2-84292-335-8;9782842923358;2;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_529.gif;"<p style=""text-align: justify;""><strong>Artemis Alexiadou, ""Statives and Nominalization“</strong><br />Dans cet article, j’examine les propriétés morpho-syntaxiques des verbes statifs et des nominalisations correspondantes. Je distingue, tout d’abord, deux classes de verbes statifs en grec: (i) les verbes ambigus entre une interprétation stative et une interprétation événementielle, et (ii) les verbes qui se prêtent, sans ambiguïté, à une interprétation uniquement stative. J’entreprends ensuite un examen des nominalisations formées à partir de ces deux classes de verbes. En prenant comme critère le type de modification qu’elles admettent, je montre que les nominalisations de statifs reposent sur une structure interne dépourvue du noeud exprimant la Quantité, responsable de l’héritage de la structure argumentale des verbes correspondants. Pour finir, je propose une structure articulée pour rendre compte à la fois des propriétés verbes statifs et de celles des nominalisations statives.<br /><br /><strong>Boban Arsenijevic, “Semantic ontology of deadjectival Nominalizations”</strong><br />Cet article présente trois types de nominalisations désadjectivales en Serbo-Croate, qui présentent chacun des propriétés sémantiques differentes, confirmant les distinctions faites dans la littérature entre propriétés, tropes et qualités (Moltmann 2004a, Villalba 2009). Après avoir présenté les différences grammaticales et sémantiques entre les trois types de nominalisations, je remets en question la pertinence linguistique des types ontologiques comme les tropes et les qualités. Je montre tout d’abord qu’il est possible de formuler des analyses viables dans lesquelles les interprétations correspondant aux tropes et aux qualités découlent du statut de propriété en combinaison avec des outils théoriques introduits pour des raisons indépendantes. La conclusion à laquelle j’aboutis est qu’une ontologie plus simple est à la fois plus économique d’un point de vue méthodologique, et plus explicite concernant les relations entre les différents types d’interprétations, qui restent mystérieuses dans une approche où les différences sont encodées en termes de classes ontologiques introduites comme des primitifs de la théorie.<br /><br /><strong>Bernard Fradin, “State-denoting Nominalizations”</strong><br />Certaines nominalisations, formées morphologiquement sur la base de verbes non-statifs comme emprisonner, sont régulièrement associées à une lecture stative lorsqu’elles apparaissent dans le contexte d’un modifieur ou d’un prédicat de durée. Cet article montre que les nominalisations en question sont toutes construites sur des verbes dont la semantique comporte une relation spatiale. Les autres facteurs entrant en ligne de compte pour déterminer le caractère statif de l’interprétation sont la scalarité et la stativité du verbe. En général, les lexèmes verbaux ayant une échelle fermée dont le standard correspond au maximum ne peuvent pas avoir de nominalisation présentant une lecture stative comme traduction. Néanmoins, les nominalisations étudiées ici, par exemple immersion, occupation sont coonstruites précisément sur des léxèmes verbaux présentant ce type de propriété. L’article se propose d’éclaircir ce mystère et montre comment on peut y arriver dans le cadre qu’il se donne.</p><p style=""text-align: justify;""><br /><strong>Richard Huyghes, “Atelicity and the mass/count distinction : the case of French activity nominalizations”</strong><br />De nombreux linguistes font un parallèle entre la distinction massif/comptable dans le domaine nominal et la catégorisation aspectuelle dans le domaine verbal. Ce parallèle est établi entre les prédicats verbaux atéliques et les noms massifs d’une part, et les prédicats verbaux téliques et les noms comptables d’autre part, en vertu d’une forme de quantification commune et de la (non-)délimitation référentielle des expressions considérées (cf. Jackendoff 1991). Pour mettre en évidence une telle analogie, certains auteurs comparent les prédications verbales et leurs nominalisations, postulant l’existence d’une correspondance sémantique directe entre elles (cf. Mourelatos 1978). Dans ce travail, je propose un examen plus détaillé de la question de l’héritage aspectuel des nominalisations, et de la corrélation entre le trait massif/comptable et l’(a)télicité. Je me concentre ici sur les noms français dérivés de verbes d’activité (NA), car ceux-ci semblent constituer un cas d’héritage non systématique de l’aspect verbal. J’essaierai de montrer que (i) certains NA sont comptables, alors que d’autres sont massifs ; (ii) tous les NA du français héritent des propriétés aspectuelles de leurs bases verbales ; (iii) la distinction massif/comptable n’est pas corrélée avec l’(a)télicité, mais plutôt avec la description d’occurrences, c’est-à-dire d’entités individuelles dynamiques (événements). La délimitation dans le domaine nominal ne correspond à aucune forme de délimitation verbale, et l’Aktionsart n’a pas la même structure pour les verbes et les noms : des ensembles distincts de traits aspectuels s’appliquent à chaque catégorie, déterminés par leurs spécificités grammaticales respectives.</p><p style=""text-align: justify;""><br /><strong>Marie-Laurence Knittel, “French Event Nominals and number-inflection”</strong><br />Cet article traite de la distribution du pluriel des noms événementiels complexes en français. Nous montrons en premier lieu que les VP tant téliques qu’atéliques donnent lieu à des nominalisations invariables en nombre, ce qui indique qu’il n’existe pas de corrélation systématique entre l’aspect interne et la pluralisation. Parallèlement, les noms événementiels variables en nombre résultent de la nominalisation de prédicats verbaux aspectuellement vagues ou ambigus. Pour rendre compte de cette dichotomie, nous supposons que les nominalisations non ambigües disposent d’une projection de l’Aspect interne, alors que celles qui sont ambigües ne se caractérisent que par une projection du Nombre. Seules les nominalisations de verbes inaccusatifs disposent de ces deux projections.<br />Comparant les nominalisations inaccusatives avec les nominalisations de verbes d’activité, nous montrons que la variabilité en nombre est liée à la perfectivité, ce qui révèle que la projection du Nombre introduit l’aspect perfectif dans le domaine nominal.</p><p style=""text-align: justify;""><br /><strong>Florian Schäfer, “ Naturally atomic ER-nominalizations”</strong><br />Les nominalisations en er- en allemand, tout comme leur correspondant dans d’autres langues, dénotent de façon productive l’argument externe du verbe sur lequel elles sont formées. Je montre, dans cet article, que l’allemand a un type supplémentaire de nominalisations en er- qui ne dénotent pas des entités mais des événements. Ces nominalisations en er- événementielles s’avèrent être restreintes à un type spécifique de base verbale, à savoir les semelfactifs qui ont été caractérisés dans la littérature comme exprimant des événement ‘naturellement atomiques’. De façon cruciale, dans la classe des semelfactifs, la dérivation des nominalisations en er- événementielle est tout à fait productive. Le but de cet article est double: d’une part, de présenter le cas peu connu de ces nominalisations événementielles en er-de l’allemand, et, d’autre part, d’examiner la relation entre le morphème er- qui construit les nominalisations dénotant l’’argument externe et le morphème en er- qui construit des nominalisations événementielles.</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><br /><strong>Isabelle Roy</strong> and <strong>Elena Soare</strong> present an introduction to the volume, in which they offer not only a state of the art in the study of Nominalizations, but a presentation of new insights, recent developments and theoretical implications in this domain. Particular topics are: the notion of events inside nominals; the relationship of nominalisation to aspect; aspect and the expression of plurality; nominalisations derived from stative nominals; deadjectival nominals. Articles in this volume address a variety of languages: French, German, Greek, English and Serbo-Croatian.<br /><br /><strong>Artemis Alexiadou</strong>’s paper examines the morpho-syntax of stative verbs and their corresponding nominalizations. It first offers a discussion of two different classes of stative verbs in Greek: verbs that are ambiguous between a stative and an eventive reading, and verbs that are unambiguously stative. It then investigates the nominalizations of these two classes of stative verbs. On the basis of modification criteria, it is shown that a non-quantity structure is present in stative nominalizations that preserve the argument structure of their corresponding verbs. Finally, it proceeds to offer an articulated structure of stative verbs and stative nominalizations.<br /><br /><strong>Boban Arsenijević’</strong>s contribution presents three types of deadjectival nominalizations in Serbo-Croatian, each with different semantic properties, corresponding to what has been referred to in the literature as properties, tropes and qualities (Moltmann 2004a, Villalba 2009). After presenting the grammatical and semantic differences between the three types of nominalizations, the author tackles the question of justification of the introduction of the ontological types like tropes and qualities. It is first shown that viable analyses can be formulated presenting the meanings referred to as tropes and qualities as derived from properties in combination with theoretical handles that are introduced for independent reasons. As a conclusion, the author claims that a simpler ontology is not only more methodologically economical, but also is explicit about certain relations between different related types of meanings, which are obscured when the differences are captured in terms of primitive ontological classes.<br /><br /><strong>Bernard Fradin</strong>’s contribution deals with cases of nominalizations, morphologically formed on non-stative verbs e.g. emprisonner ‘to jail’, which are regularly associated with a stative reading when occurring in a duration context. This article shows that the nominalizations in question are all constructed on verbs whose semantics involves a spatial relation. The other dimensions that will prove to be crucial in determining the occurrence of the stative interpretation are scalarity and agentivity. Normally verbal lexemes associated with a closed scale with maximal standard cannot be correlated with a nominalization exhibiting a stative reading e.g. traduction. However, the nominalizations studied here e.g. immersion ‘immersion’, occupation ‘occupation’ are precisely based on verbal lexemes that share these properties. The article addresses this puzzle and shows how it can be handled within the framework adopted here. <br /><br /><strong>Richard Huyghes</strong>’s contribution addresses the putative correspondence between the mass-count distinction in the nominal domain and the aspectual classification in the verbal domain. An analogy is made between atelic verbal predicates and mass nouns on the one hand, and telic verbal predicates and count nouns on the other hand, based upon the form of quantification and the (un)boundedness of the denotation (cf. Jackendoff 1991). To draw such a parallel between the verbal and nominal domains, verbal predications are related to their nominalizations, assuming that there is a direct semantic correspondence between them (cf. Mourelatos 1978). In this study, Richard Huyghes further investigates the issue of aspectual inheritance in nominalizations, and the correlation between the mass-count nominal feature and (a)telicity, focusing on French nouns derived from activity verbs (ANs), as they seem to be a case of non-systematic preservation of aspect. He argues that (i) some French ANs are count nouns, while others are mass nouns; (ii) all French ANs inherit the aspectual properties of their base verbs; (iii) the mass-count distinction does not correlate with (a)telicity, but rather with the description of occurrences, i.e. of dynamic particulars. So nominal boundedness does not parallel verbal boundedness, and nominal and verbal Aktionsarten are not isomorphous: different sets of aspectual features apply to each category. The grammatical specificities of the V and N categories determine the aspectual features that are relevant for each category.<br /><br /><strong>Marie-Laurence Knitte</strong>l’s article deals with the pluralisation of complex event nominals in French. It first examines the properties of both inflected and uninflected French ENs and show that there is no systematic correlation between inner aspect and number inflection, since uninflected nominals may arise from both telic and atelic VPs, whereas number inflected nominals are either aspectually vague or ambiguous. For this reason, Knittel hypothesizes that unambiguous nominalizations are characterized by an inner Aspect projection, while ambiguous ENs display only a Number Projection. Nominals derived from unaccusative verbs illustrate a case where both projections are present. By comparing the behaviour of this class of inflected perfective ENs with that of activity nominals, for which number marking depends on perfectivity, Knittel shows that number variation is in fact linked to perfective aspect and, consequently, suggests that Number introduces perfectivity in the nominal domain. <br /><br />In his contribution, <strong>Florian Schäfer</strong> discusses German er-nominalizations, which, as er-nominalizations in other languages, productively denote the external argument of the underlying verb, but also has one further type of er-nominalizations which does not denote entities but events. These event-denoting er-nominalizations turn out to be restricted to one specific type of verbal base, namely semelfactives which have been characterized in the literature as expressing ‘naturally atomic’ events. Crucially, within the class of semelfactives, the derivation of event-denoting er-nominalizations is fully productive. The goal of the paper is twofold ; on the one hand, it presents the relatively unknown case of event-denoting er-nominalizations in German and, on the other hand, it investigates the relation between the er-morpheme building external argument denoting nominalizations and the er-morpheme building event-denoting nominalizations. Specifically, it explores the semantic and syntactic consequences of the hypothesis that the two types of er-nominalizations involve one and the same nominalizer albeit in different syntactic contexts.<br /><br /><br /></p>";300;17.00;"<p>Ce numéro est consacré à des aspects morpho-syntaxiques et sémantiques de la nominalisation (à savoir, les noms dérivés de verbes ou adjectifs) à travers les langues.</p><p>La recherche actuelle dans ce domaine fait preuve d'une dynamique particulièrement intéressante. Entre 2008 et 2010, des études se situant à l'interface entre syntaxe et sémantique, ont avancé des hypothèses précises sur la syntaxe et l'interprétation de ces formes à travers les langues.</p><p>Les articles réunis dans ce numéro remettent en question ou vérifient certaines de ces hypothèses. Ils sont issus du travail d'un jeune groupe de recherche international (Paris 8 – Lille – Nancy – Stuttgart – Tromsoe) se concentrant sur la nominalisation comme phénomène situé aux interfaces de la faculté de langage.</p><p>Ce numéro est donc un incontournable pour les spécialistes de la question. Il suscite l'intérêt de tous les spécialistes de linguistique générale (lexique, syntaxe, morphologie et sémantique) ainsi que les philosophes.</p>";;13/09/2011 15:41;0;Première édition;3147 530;2;3;14;Le récit aujourd'hui;Art, littérature;;;"<p style=""text-align: justify;""><!-- @font-face { font-family: ""Cambria""; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: 115%; font-size: 11pt; font-family: ""Times New Roman""; }div.Section1 { page: Section1; } --> Qu’est-ce que raconter aujourd’hui en littérature et dans les arts, avec les moyens et matériaux de l’art ? Et quel est le statut de ce qui est ainsi raconté : histoire, récit, énoncé, dispositif, agencement, installation ?</p>";"<p><strong>Jérôme Game</strong><br />D’un art de la syntaxe</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Lionel Ruffel</strong><br />Narrations documentaires : un art contemporain de la syntaxe littéraire</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Éric Suchère</strong><br />La peinture ou, d’une grammaire des surfaces</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Pierre Sorlin</strong><br />Entre syntaxe et créativité : ordre et liberté du montage</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Christian Doumet</strong><br />La musique, comment dire</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Véronique Fabbri</strong><br />Syntaxe de la danse</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Eric Vautrin</strong><br />De la représentation théâtrale comme texture ou, comment la syntaxe serait un nouvel art du discontinu</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Joseph Mouton</strong><br />Remarques autour de la narration Beuyssienne</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Christine Ross</strong><strong> </strong><br />Répétition et longue durée ou, la syntaxe de l'installation vidéo chez Stan Douglas</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Aliocha Wald Lasowski</strong><br />Tempo-Barthes : quand la syntaxe saisit la pensée</p><p><strong> <br /></strong></p><p><em>Notes sur les auteurs</em></p>";;10/12/2011;0;137x220;176;978-2-84292-336-5;9782842923365;0;1248-4679;Presses Universitaires de Vincennes;img_530.jpg;"<p>Qu'est-ce que raconter, aujourd'hui, dans les lettres et les arts ? Comment penser la capacité de certaines oeuvres à déployer un récit, avec les moyens et les matériaux de l'art, dans des domaines aussi différents que la peinture, le cinéma, la danse, le théâtre, la vidéo, la performance, ou encore la littérature .</p><p>Telles sont les questions dont s'emparent avec inventivité les auteurs du présent volume. Diversifiant les approches méthodologiques, ils proposent, à chaque fois, une nouvelle boîte à outils conceptuels en même temps que l'analyse d'oeuvres singulières.</p>";;;270;19.00;;;16/09/2011 17:44;0;Première édition;3668 531;1;3;34;Au-delà du Land Art;N°14/2012;;;"<p>il est question ici d’encourager les points de vue critiques sur une mouvance artistique emblématique des années 1960-70, le Land Art, dont il s’agit d’interroger l’héritage.</p>";"<p>Éditorial</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : « Au-delà du Land Art »</strong></p><p><strong>Hiromi Matsugi</strong><br />Les “<em>earthworks</em>” d’Isamu Noguchi : anticipation du Land Art et question identitaire</p><p><strong>Serge Paul</strong><br /> Michael Heizer et les risques du sublime technologique<em> </em></p><p><strong>Anaël Marion</strong><br />L'immersion dans les ruines de Passaic : le rôle créateur de la fiction dans la perception des monuments</p><p><strong>Anne-Françoise Penders</strong><br />(a) filiations</p><p><strong>Christine Vial-Kayser</strong><br />La marche comme méditation sur le paysage : le cas de Andy Golsdworthy au Yorkshire Sculpture Park</p><p><strong>Patrick Barrès</strong><br />Pratiques du site, écologie du lieu</p><p><strong>Emeline Eudes</strong><br /> De l’inscription sur le paysage à l’effacement de la trace : trajectoire d’une écologie artistique</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia<br /></strong></p><p><strong>Maxence Alcalde</strong><br /> L’imaginaire science-fictif de Robert Smithson</p><p><strong>Dossier d’artiste :</strong> Christine Taunay</p><p><strong>Entretien</strong> : Vincent-Victor Jouffe, artiste</p><p>Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions<br />Abstracts français et anglais</p>";;10/04/2012;14;155x220;192;978-2-84292-343-3;9782842923433;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_531.jpg;"<p><strong>Les « earthwork » d’Isamu Noguchi : anticipation du Land Art et question identitaire</strong><br />Hiromi Matsugi</p><p style=""text-align: justify;"">L’article propose une étude sur l’œuvre environnementale d’Isamu Noguchi, artiste américano-japonais considéré parfois comme précurseur du Land Art. Ses projets non réalisés dans un contexte de conflit géo-polique, et ses œuvres créées dans la reconstruction de l’après-guerre dévoilent la dimension identitaire que peut avoir l’aspiration à la terre chez un artiste, un des aspects ignorés par le discours dominant du Land Art.</p><p><strong>Michael Heizer et les risques du sublime technologique</strong><br />Serge Paul</p><p style=""text-align: justify;"">Dans le désert du Nevada, Michael Heizer travaille depuis 40 ans à la réalisation de <em>City</em>, une sculpture de terre monumentale inspirée d’architectures précolombiennes. Sa pratique interventionniste nécessite des moyens industriels. En 2004, le gouvernement Bush a programmé la construction d’une voie ferrée passant à deux pas de <em>City</em>. Tous les déchets nucléaires des États-Unis convergeraient vers un unique site d’enfouissement de la région. Cette situation a-t-elle modifié la conscience écologique de l’artiste et sa vision de la suprématie technologique américaine ?</p><p><strong>L’immersion dans les ruines de Passaic : le rôle créateur de la fiction dans la perception des monuments</strong><br />Anaël Marion</p><p style=""text-align: justify;"">Dans cet article, Smithson nous narre son voyage dans le New Jersey à la découverte des nombreux monuments. Comprendre leur définition, consistera à démêler les différents fils d’une expérience perceptive du paysage où se mêlent lecture et écriture. Car ces monuments ne peuvent prendre sens que sur le fond d’une fiction projective qui vient nourrir la perception. Ils dessinent ainsi à même le sol la carte d’un futur à (re)construire.</p><p><strong>(a) filiations</strong><br />Anne-Françoise Penders</p><p style=""text-align: justify;"">Robert Smithson / Till Roeskens. Conférences, errances urbaines, limites de l’absurde et du politique. Importance de l’écrit dans le processus créateur, dans le développement d’une pensée – de l’écart, de l’espace –, dans l’approche du territoire lui-même comme dans l’interrogation des frontières qu’elle suppose. Exploration continue des marges. Comment mettre en parallèle des pratiques similaires, des cartographies aussi subjectives, qui disent ne rien lui devoir (en ligne directe) ?</p><p><strong>La marche comme méditation sur le paysage : le cas de Andy Golsdworthy au Yorkshire Sculpture Park</strong><br />Christine Vial-Kayser</p><p>L’artiste Britannique Andy Goldsworthy avait réalisé une intervention spécifique au sein du Yorkshire Sculpture Park en 2007-2008. Le projet consistait principalement à installer ses œuvres le long d’un parcours que le visiteur devait suivre afin de faire l’expérience des phases de création de l’artiste. Tout en décrivant minutieusement ce parcours, l’auteure en montre également les implications sociopolitiques.</p><p><strong>Pratiques du </strong><strong>site, écologie du lieu</strong><br />Patrick Barrès</p><p style=""text-align: justify;"">Les pratiques actuelles de l’in situ, dans la continuité des réalisations du Land Art des années 1960-70, rejoignent un projet de mise en chantier du site. Le projet d’une écologie du lieu se manifeste par un processus de déconstruction et de construction, suivant une tension dialectique entre une culture du milieu et un milieu de culture. A terme, le site modelé ou redéfini donne la possibilité à celui qui en fait usage de réaliser ou de renouveler l’expérience d’un lieu/milieu de vie.</p><p> </p><p><strong>De l’inscription sur le paysage à l’effacement de la trace : trajectoire d’une écologie artistique</strong><br />Emeline Eudes</p><p style=""text-align: justify;"">Par le biais de comparaisons successives entre œuvres emblématiques du Land art et œuvres contemporaines ayant trait à l’environnement, l’article a pour but de montrer comment l’évolution de la définition des termes nature et environnement ont influencé ces pratiques artistiques. Ce sera aussi l’occasion de revenir sur une filiation possible entre ces œuvres des années 1970, qui inaugurèrent une rencontre entre art et territoire, et des travaux récents impliqués dans le domaine de l’écologie.</p>";;"<p><strong>Isamu Noguchi’s “earthwork”: an Anticipation of Land Art and an Identity Question</strong><br />Hiromi Matsugi</p><p style=""text-align: justify;"">The article offers a study about the environmental work of Isamu Noguchi, a japanese-american artist sometimes presented as a forerunner of Land Art. His unrealized projects, in the context of a geo-political conflict, and the projects he created in the after-war reconstruction period reveal the identity dimension that the yearning for earth can present for an artist, one of the aspects that has been ignored by the dominant speech about Land Art.</p><p> </p><p><strong>Michael Heizer and the Vagaries of the Technological Sublime</strong><br />Serge Paul</p><p style=""text-align: justify;"">Michael Heizer has spent the past 40 years in the Nevada desert building <em>City</em>, a monumental earth sculpture inspired by pre-Columbian architecture. His interventionist practice requires industrial tools. In 2004, the Bush administration planned the construction of a railroad line bordering <em>City</em>. The nuclear waste from all over the United States would be collected and transported to a single neighboring repository. Has this situation altered the artist’s environmental consciousness and his vision of American technological supremacy ?</p><p> </p><p><strong>An Immersion in the Ruins of Passaic: the Creative Role of Fiction in the Perception of Monuments</strong><strong> </strong><br />Anaël Marion</p><p style=""text-align: justify;"">By this article, Smithson takes us on a tour of the monuments of New Jersey. In order to understand their definition, we need to explain different aspects of the perceptual experience of the landscape that combines reading and writing. Because these monuments can’t have a meaning without the ground of projective fiction which feeds the perception. Finally, they draw on the floor a map of a futur to be (re)constructed.</p><p> </p><p><strong>(a) filiations</strong><br />Anne-Françoise Penders</p><p style=""text-align: justify;"">Robert Smithson / Till Roeskens. Lectures, urban wanderings, limits of the absurd, borders of the politic. Importance of writing in the creative process, in the development of thought, in the approach of territory itself as much as in questioning boundaries or margins. In the absence of direct filation, could we consider those similar practices as unconsious legacy ?</p><p> </p><p><strong>Walking as a Meditation on Landscape: Andy Golsdworthy at the Yorkshire Sculpture Park </strong><strong> </strong><br />Christine Vial-Kayser</p><p style=""text-align: justify;"">Andy Goldsworthy, a British artist conceived a site specific intervention in the context of the Yorkshire Sculpture Park where an exhibition of his artworks was organized in 2007-2008. This project largely consisted in the placement of his pieces along à walk that the visitors had to follow in order to experience the very moment when the artist had conceived his pieces. While minutely describing the journey, the author also points its sociopolitical implications</p><p> </p><p><strong>Practices of the Site; An Ecology of the Place</strong><br />Patrick Barrès</p><p style=""text-align: justify;"">Today in situ ecological artistic interventions share common traits with the practice of the Land Art of the 60s and 70s. Constructed spaces and invented landscapes are characterized by a dialectical tension between the site itself and its cultural environment, the model and what is modified. This active dialectic relates to an artistic and aesthetical line which gives hommage to deconstruction, fragmentation and heterogeneity, allowing tensions with a constituted whole. Users are involved in these constructed spaces and add their own personal experience to the site.</p><p> </p><p><strong>From the Inscription on the Landscape to the Effacing of a Trace: an Itinerary in Artistic Ecology</strong><br />Emeline Eudes</p><p style=""text-align: justify;"">Through successive comparisons between characteristic works of Land Art and contemporary works that deal with environment, this article aims at showing how the evolving definition of nature and environment influenced artistic practices. Moreover, on that occasion, we will consider a possible filiation between these artworks from the 70s, which initiated an encounter between art and territory, and some more current ones involved in the field of ecology.</p>";298;15.00;"<p>Comme la plupart des mouvements nés dans les années 1960, le Land Art cherchait à lier l'art et la vie, à arrêter de produire des œuvres destinées à être seulement admirées dans des musées.</p><p>Dans le contexte contemporain où les notions de territoires, frontières, migrations, voire de développement durable, donnent lieu à des préoccupations communes aux artistes et aux responsables politiques, il s’agit de revenir sur ce que l’on pourrait considérer comme un legs du Land Art dans les pratiques et conceptions de la création artistique propres à notre époque.</p>";;04/01/2012 14:53;1;Première édition;3675 532;1;3;24;Père institué, père questionné;Hors série 2012;;;"<p>Poutre faîtière du système familial en Chine et au Japon, lequel fournit à son tour le modèle de l’autorité politique, le père n’en est pas moins exposé au soupçon et à la critique, parfois jusqu’à hanter ses descendants.</p>";"<p><strong>Romain Graziani</strong><br />Founding Fathers, Foundering Fathers.</p><p> </p><p style=""padding-left: 90px;""><strong>I. Le père comme nom et comme fonction — The father as a name and a function</strong></p><p class=""berschrift1"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Robert Gassman</strong><br />“Fathers” Galore: comments on A Suffix in ancient Chinese names</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean Levi<br /> </strong>Le père insuffisant. Remarques sur la phraséologie politique en Chine ancienne. </p><p class=""sous-section1"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Rainier Lanselle<br /> </strong>La marque du père. Sur une notation de Pu Songling à propos de sa naissance</p><p class=""sous-section1""> </p><p style=""padding-left: 120px;""><strong>II. Le père de la loi — The father of the law</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Keith Knapp<br /></strong>Sympathy and Severity : The Father-Son Relationship in Early Medieval China</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>John Lagerwey</strong><br />Dieu-Père/Dao-Mère : dualismes occidentaux et chinois</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Keith McMahon<br /></strong>Polygyny, Bound Feet, and Perversion</p><p> </p><p style=""padding-left: 120px;""><strong>III. Le père en famille — Father vs. Parent</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Emmanuel Lozerand</strong><br />Des patriarches aux pieds d’argile. Notes sur les pères japonais modernes</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Nicolas Zufferey</strong><br />La figure du père dans les romans de Jin Yong et la littérature populaire contemporaine chinoise</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Mark Edward Lewis<br /> </strong>Mothers and Sons in Early Imperial China</p><p style=""padding-left: 120px;""><br /><strong>IV. Tuer le père — Killing the father</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Brigitte Baptandier</strong><br />Du meurtre symbolique du père et de l’aspect insaisissable du présent.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jérôme Bourgon</strong><br />Lapsus de Laïus. Entre régicide et parricide, l’introuvable meurtre du père</p><p> </p><p style=""padding-left: 120px;""><strong>Regard extérieur</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Philippe Porret</strong><br />Une structure passante ?</p><p> </p><p>Résumés des contributions en français, anglais et chinois<br />Renseignements bio-bibliographiques<strong> </strong></p>";;10/09/2012;0;155x220;368;978-2-84292-344-0;978-2-84292-344-0;1;;Presses Universitaires de Vincennes;img_532.jpg;"<p class=""Resume"">Keith Knapp<strong><br />Sympathie et sévérité. La relation père-fils dans la Chine médiévale</strong></p><p class=""Resume"">Ces dernières années, des savants du Japon, de Taiwan et des États-Unis ont produit une recherche de qualité pour évaluer l’importance émotionnelle, sociale et symbolique du lien mère-fils dans la Chine ancienne et médiévale. Cependant, ces études ont tendance à tenir pour acquises les caractéristiques de la relation père-fils, et à sous-estimer sa signification émotionnelle. En examinant de près les histoires de piété filiale et leurs représentations iconographiques, le présent article soutient l’idée que durant le haut Moyen Âge (100-600 apr. J.-C.) le lien père-fils était d'une importance sentimentale considérable.</p><p class=""Resume"">Cette contribution prend en compte trois types d’histoires axées sur le père : des histoires dans lesquelles le fils prodigue une attention respectueuse au père, mettant en œuvre une diligence qui exalte le statut du récipiendaire ; des histoires dans lesquelles le fils « régurgite » la nourriture, autrement dit retourne ce dont il a bénéficié étant enfant ; des histoires dans lesquelles un « mauvais » père persécute son fils. Les contes des deux premiers types montrent des fils porteurs d’une dette importante à l’égard de pères pour les soins reçus dans l’enfance. Ces histoires laissent entendre que ces pères ont été des nourrisseurs actifs de leurs jeunes fils. Et dès lors que les « mauvais » pères se tournent en bons quand ils s’aperçoivent que leurs fils ont été calomniés, on peut dire que ces contes montrent que les hommes du haut Moyen Âge considéraient la relation père-fils comme naturellement bonne – les fils ne s’aliénant les pères que par suite de manigances féminines.</p><p class=""Resume"">Ceci nous montre que si les mères savaient toucher les sentiments des fils, les pères n’avaient pas moins de droits à l’affection de ces derniers. Bien que les mères aient apporté aux fils des nutriments pour leur bien-être émotionnel, les pères leur donnaient les moyens de s’établir comme hommes.</p><p class=""Resume""><br />John Lagerwey<strong><br />Dieu-Père/Dao-Mère</strong><strong> </strong><strong>: dualismes occidentaux et chinois</strong></p><p class=""Resume"">Cet essai comporte trois parties, correspondant à trois thèses : 1) le dualisme est à la fois universel et particulier (culturel) ; 2) l’opposition Dieu-Père/Dao-Mère résume au mieux les différences entre dualismes occidentaux et chinois ; 3) l’Histoire peut se comprendre comme une rationalisation patriarcale aux contours déterminés par le « pli » particulier à une culture donnée. En contraste avec les <em>a priori</em> temporels de la pensée occidentale (l’Idée platonicienne comme le Dieu des Hébreux sont éternels), le parti pris spatial de la Chine – et là les plis sont au moins en partie déterminés par les systèmes d’écriture respectifs – l’a conduite à concevoir la dualité corps/esprit comme esprit <em>dans</em> le corps, et à donner ainsi une priorité religieuse aux « techniques du corps » (par opposition au salut de l’âme), au rituel (<em>vs</em> le discours) et au féminin. En raison de la négativité platonicienne à l’égard du corps et du féminin, laquelle contraste avec la complémentarité masculin/féminin présentée par le judaïsme, toute entreprise d’appréhension de la culture chinoise en termes qui nous soient familiers doit commencer avec les catégories bibliques, et non avec celles de Platon. De là la nécessité de comparer Dieu le Père avec Dao la Mère.</p><p class=""Resume""><br />Keith McMahon<strong><br />Polygamie, pieds bandés et perversion</strong></p><p class=""Resume"">Aujourd’hui éteintes, les anciennes pratiques chinoises de polygynie et de bandage des pieds étaient sous-tendues par une même structure perverse. Dans les œuvres romanesques d’époque Qing, l’homme peut être dit pervers quand il agit comme si le fait de posséder des femmes multiples n’était pas quelque chose qu’il avait désiré ou initié, mais apparaissait comme lui étant échu par suite de conditions extérieures. Pour prendre un aspect précis, les femmes, loin d’en être des protagonistes passives, étaient les agents du mariage polygamique, qui encourageaient l’homme à prendre d’autres épouses. Nous appellons ce type de mariage polygynie passive, en ce qu’il s’agit de situations où le mari accepte passivement la situation polygamique. Le lien sous-jacent allant de la polygynie passive au bandage des pieds s’explique par l’existence d’une même logique où, d’un cas à l’autre, le sujet dominateur paraît remettre le contrôle de la situation à celles mêmes qui sont dominées – voire mutilées dans le second cas. Les femmes se mutilaient elles-mêmes, ainsi que leurs filles, et le faisaient de leur propre gré, appliquant leurs propres méthodes, et selon une temporalité qui était la leur. Des Song à la République, les familles chinoises abritaient ces pratiques où les mères intitiaient et géraient le bandage des pieds de leurs filles. Moyennant de légers aménagements, la définition psychanalytique de la perversion est à même de rendre compte de la structure profonde de la polygynie comme de celle du bandage des pieds. Elle le fait même avec une puissance théorique qui a de quoi emporter l’adhésion, mais n’a jamais encore jusqu’à ce jour été mise clairement en évidence dans ces pratiques.</p><p class=""Resume""><br />Emmanuel Lozerand<strong><br />Des patriarches aux pieds d’argile. Notes sur les pères japonais modernes</strong></p><p class=""Resume"">Le nouvel État-nation japonais a tenté d’instituer à partir des années 1890 une idéologie officielle visant à faire du chef et père de famille la source et le modèle du pouvoir politique.</p><p class=""Resume"">Pourtant, si l’on quitte les discours officiels pour s’engager dans les méandres du code civil de 1898 par exemple, ou plus encore pour prêter l’oreille à ce qu’expriment les écrivains de l’époque, on sera surpris de rencontrer, bien loin de l’idéal figé du patriarche imposant, d’autres pères, souvent tendres et fragiles, quand ils ne sont pas totalement défaillants.</p><p class=""Resume"">La véhémence de l’affirmation patriarcale dans le Japon moderne doit-elle être lue comme l’expression naturelle d’une caractéristique sociale ou culturelle, ou au contraire comme un effort, à certains égards vain et pathétique, pour essayer d’instituer une autorité paternelle qui n’a cessé en réalité de lui faire défaut ?</p><p class=""Resume""><br />Nicolas Zufferey<strong><br />La figure du père dans les romans de Jin Yong et la littérature populaire contemporaine chinoise</strong></p><p class=""Resume"">La piété filiale, rejetée comme archétypique de l’oppression « féodale » ancienne par les réformateurs du Mouvement pour la Nouvelle Culture (<em>cf</em>. par exemple le roman <em>Famille</em> de Ba Jin), n’a jamais tout à fait disparu du paysage chinois, et ce même aux périodes les plus iconoclastes comme la Révolution culturelle. Elle est très présente dans les romans d’arts martiaux, que ce soit à Hong Kong dans l’œuvre de Jin Yong, ou dans le renouveau de cette littérature en Chine populaire aujourd’hui ; elle est également très présente, sous diverses formes, dans d’autres romans « populaires ». L’article se concentrera sur ce type de littérature, en tentant un lien avec la réhabilitation du confucianisme et les efforts pour réconcilier confucianisme et modernité dans les discours récents, notamment en RPC.</p><p class=""Resume""><br />Mark Edward Lewis<strong><br />Mère et fils dans la Chine ancienne</strong></p><p class=""Resume"">À partir de certaines preuves, cet article fait le constat d’un déplacement du centre de gravité du pouvoir dans la famille, puis dans le lignage, par lequel s’est réalisée une relative montée en puissance de la mère – ou plutôt <em>des</em> mères, la plupart des grandes maisons ayant des concubines susceptibles d’influer sur leur politique. On montrera ainsi que l’élévation du statut et du pouvoir maternels correspond à une importance accrue de la famille comme « communauté émotionnelle ». Dans celle-ci, les relations et la hiérarchie sont déterminées au moins autant, sinon davantage, par les attaches émotionnelles entre individus que par les relations hiérarchiques commandées par les liens formels constitutifs du lignage. Cette évolution peut être observée à travers les sources textuelles à partir du ii<sup>e</sup> siècle apr. J.-C., et jusqu’au v<sup>e</sup> siècle. Elle constitue non seulement une importante étape dans le développement de la cellule familiale en Chine, mais elle est aussi un moment significatif de l’histoire chinoise des sentiments.</p><p class=""Resume""><br />Brigitte Baptandier<strong><br />Du meurtre symbolique du père et de l’aspect insaisissable du présent</strong></p><p class=""Resume"">À partir des règles canoniques anciennes de la Chine quant à la parenté et au deuil, nous nous interrogerons sur la place du père et de son nom dans l’espace rituel des générations, telle qu’elle est conçue, aujourd’hui encore, dans le contexte de la société moderne. Nous exposerons la crainte manifeste qu’un réseau féminin antigénéalogique ne mette en danger l’arborescence patrilinéaire, prédominante dans les règles de la parenté chinoise. Nous aborderons le thème du destin particulier d’un enfant mettant son père en danger de mort par la position astrologique du temps de sa naissance. Nous en viendrons aux procédés de sublimation et aux « remèdes empoisonnés » qui sont alors employés. Nous conclurons sur la génération actuelle et sur la situation nouvelle qui lui est imposée de n’engendrer qu’un seul enfant pour prendre en charge, en dépit de tout, l’ancestralité.</p><p class=""Resume""><br />Jérôme Bourgon<strong><br />Lapsus de Laïus. Entre régicide et parricide, l’introuvable meurtre du père</strong></p><p class=""Resume"">Ayant à traduire le terme « complexe d’Œdipe », les psychanalystes chinois ont oublié le meurtre du père pour ne conserver que le désir pour la mère. Ce lapsus pourrait être l’indice de ce que le meurtre du père n’a jamais eu en Chine l’importance qu’il revêt dans la tradition occidentale. La comparaison des doctrines du droit romain et du confucianisme en matière de parricide montre qu’en Chine, le meurtre du père disparaît derrière celui du souverain, le parricide n’étant considéré que comme régicide ; ou bien, dans les lois pénales en vigueur depuis les Tang jusqu’à la fin des Qing, le meurtre du père n’est pas considéré comme plus grave, ou n’est pas plus gravement puni, que le meurtre d’autres membres de la famille lorsque ces derniers étaient plus âgés que le coupable. De là découlent certaines considérations sur la nature de la parenté et de l’autorité dans la civilisation chinoise.</p>";;"<p class=""Resume"">Keith Knapp<strong><br />Sympathy and Severity: The Father-Son Relationship in Early Medieval China</strong></p><p class=""Resume"">In recent years, scholars from Japan, Taiwan, and the United States have produced first rate scholarship that delineates the emotional, social, and symbolic importance of the mother-son tie in early and medieval China. Nevertheless, these studies often take for granted the contours of the father-son relationship and slight its emotional significance. By closely examining filial piety stories and their pictorial representations, this paper argues that during the early medieval era (A.D. 100-600) the father-son tie was of tremendous sentimental importance.</p><p class=""Resume"">In this paper I look at three types of stories that focus on fathers: ones in which sons provide reverent care, i.e. nurturing that exalts the recipient’s status; ones in which sons “return regurgitation;” that is they pay back the care they received as children; and ones in which “bad” fathers persecute their sons. Tales with the first two motifs indicate that sons felt strongly indebted to their fathers for the care they received from them as children. These stories also suggest that fathers were active nurturers of their young sons. Since “bad” fathers turn into good ones once they realize their sons have been slandered, these tales demonstrate that early medieval men assumed that the father-son relationship was naturally good: sons only became alienated from fathers because of conniving women.</p><p class=""Resume"">Consequently, even though mothers pulled at the heartstrings of their sons, fathers too laid a significant claim on sons’ affections. Although mothers nourished their sons’ emotional well-being, fathers gave their sons the means to establish themselves as men.</p><p class=""Resume""><br />John Lagerwey<strong><br />God the Father and Dao the Mother: Western and Chinese Dualisms</strong></p><p class=""Resume"">This essay is composed of three parts, corresponding to three theses: 1) dualism is at once universal and particular (cultural); 2) the opposition between God the Father and Dao the Mother is the most apt rendering of the differences between Western and Chinese dualisms; 3) History may be understood as an ongoing patriarchal rationalization whose contours are determined by the particular “bent” of a given culture. By contrast with the temporal preconceptions of Western thought (Plato’s Ideas and the Hebrew God are both “eternal”), China’s spatial bias – both “bents” are at least partly determined by respective writing systems – led it to conceive the body/soul duality as souls within the body, and so to give religious priority to “body technology” (as opposed to salvation of souls), ritual (as opposed to discourse), and the feminine. Because of Platonic negativity with regard to the body and the feminine, by contrast with male/female complementarity in Judaism, our attempt to understand Chinese culture in terms which are familiar to us must begin with Biblical, not Platonic categories – whence the necessity of comparing God the Father and Dao the Mother.</p><p class=""Resume""><br />Keith McMahon<strong><br />Polygyny, Bound Feet, and Perversion</strong></p><p class=""Resume"">The practices of polygyny and bound feet, now extinct in China, once held in common an underlying structure of perversion. In novels of the Qing dynasty, the man was perverse when he acted as if having multiple wives was not something he desired or initiated, but was something that arrived to him because of external conditions. In particular, women were the agents of polygynous marriage, not the passive participants, because they allowed and encouraged the man to take other wives. I call this form of marriage passive polygyny, where the man passively accepts polygyny. The underlying link between passive polygyny and bound feet has to do with the same logic by which the dominant subject appears to hand the production of a situation – polygyny or bound feet – to the ones who are dominated or, in the case of bound feet, mutilated. Women mutilated themselves and their daughters, but they did so of their own will, by their own methods, and on their own schedule. In households across China from the Song dynasty to the early Republic, mothers initiated and managed the binding of their daughters’ feet. With a bit of modification, the psychoanalytic definition of perversion describes the deep structure of both polygyny and footbinding, and does so in powerful and compelling terms that no one has yet begun to unravel.</p><p class=""Resume""><br />Emmanuel Lozerand<strong><br />Clay-footed Patriarchs. Remarks on Fathers in Modern Japan</strong></p><p class=""Resume"">The new Japanese Nation-state tried to establish from 1890s an official ideology to make of the head of family the source and the model of the political power.</p><p class=""Resume"">Nevertheless, if we put aside the official speech and follow the meanders of the Civil code of 1898 for example, or listen to what is expressed by writers of the period, we will be surprised to meet, far from the motionless ideal of the commanding patriarch, different fathers, often soft and fragile, if not totally deficient.</p><p class=""Resume"">Should the the patriarchal vindication in modern Japan be understood as the natural expression of a social or cultural characteristic? Or on the contrary as an effort, in some respects vain and poignant, to try and establish a paternal authority which never ceased to be lacking?</p><p class=""Resume""><br />Nicolas Zufferey<strong><br />Figures of the Father in Jin Yong and Contemporary Chinese Folk Literature</strong></p><p class=""Resume"">Filial piety, rejected as the archetype of archaic “feudal” oppression by the reformers of the New Culture Movement (<em>cf</em>. the novel Family of Ba Jin), never quite disappeared from the Chinese landscape, even in the most iconoclastic periods of the Cultural Revolution. It is very much present in martial arts novels, whether it be in Hong Kong in the work of Jin Yong or in the renewal of that literature in China today. It is also present, in diverse forms, in other “popular” novels. This article will focus on such literature, trying to establish a link between the rehabilitation of Confucianism and the attemps to reconcile Confucianism and modernity in recent discourse, especially in the PRC.</p><p class=""Resume""><br />Mark Edward Lewis<strong><br />Mothers and Sons in Early Imperial China</strong></p><p class=""Resume"">This article will focus on evidence of a shifting balance of power within the household, and secondarily within the lineage, that entailed a relative rise in the position of the mother (or rather mothers, as most elite households had concubines who could play an important role in the politics of the household). As I will elaborate, this rise of maternal status and power took the form of an increasing emphasis on the household as an “emotional community,” in which relations and hierarchy were determined equally or more by the emotional bonds between individuals than by their hierarchical relations as stipulated in the formal ties that constituted the lineage. This development, which can be textually discerned from the second half of the second century A.D. through the fifth century, marked not only an important step in the development of the family unit in China, but also a significant stage in China’s history of emotions.</p><p class=""Resume""><br />Brigitte Baptandier<strong><br />About the Symbolic Murder of the Father and the Elusive Aspect of the Present</strong></p><p class=""Resume"">Starting from the ancient canonical Chinese rules about kinship and mourning, we examine the place of the father and of his name in the ritual space of generations, as it is yet conceived today, in modern society. We shall introduce the manifest fear that a female anti-genealogical network should jeopardise the patrilineal arborescence, prevailing in the Chinese kinship rules. We shall get onto the theme of the particular destiny of a child to put his (her) father’s life at risk because of the time of his (her) birth. We shall expose the sublimation process and the “poisonous remedies” that are used then. We shall conclude on the present generation and on the new situation imposed on it to give birth to a single child and to assume, all the same, it’s duties towards ancestors.</p><p class=""Resume""><br />Jérôme Bourgon<strong><br />Lapsus of Laïus. Either Regicide or Parricide, the Indefinable “Murder of the Father” </strong></p><p class=""Resume"">In their translation of the term “Œdipus complex”, Chinese psychoanalysts overlooked the murder of the father to focus only on the desire for the mother. This lapsus may serve as an insight for the fact that the killing of one’s own father in China was conferred a different meaning than in the West. The comparison of Roman law and the Confucianism in the matter of parricide shows that in ancient China the murder of the father was viewed in close connection with the murder of the sovereign, the significance of parricide being eclipsed by that of the regicide. In Chinese laws in force from the Tang through the late Qing, killing one’s father was considered to be no more serious a crime, and the child no more grievously punished, than the killing of another member of the clan as long as the victim was older than the perpetrator. This leads to some inferences upon the nature of kinship and authority in Chinese civilization.</p><p> </p><p class=""Resume"">Robert Gassmann<br />眾父——對一個古代中國名詞后綴的幾點看法</p><p class=""Resume"">眾多中國古典文獻中含有以“父”字結尾的名詞,如“逢丑父”、“ 管周父”等(見《左傳》),有時也作“正考父”、“正考甫”(第一種形式見《左傳》,第二種形式見《孔子家語》)。它們可能是春秋戰國時期用來指代顯貴人物的慣用語。雖然詞典中它們的定義是“用于高位者的敬語”(如Axel Schuessler, ABC Etymological Dictionary of Old Chinese, p. 243),我們對這些詞的用法還是不甚了解。這種后綴的主要形式是“父”字,其本意為父親,所以父親在此后綴的使用中應該扮演了重要的角色,然而我們還不太清楚這種借用的依據。文本研究了以這些后綴為名的多位人物的歷史、社會和譜系學資料,并由此理出了一系列獲得這一敬稱的原則和標準。我們看到這類后綴不僅是一種榮譽頭銜,而且也對應了某種官銜,并與一定的官職聯系在一起。這里我們無意展開這一官職的具體描述,因為這需要對上述人物的生平作進一步的研究。</p><p class=""Resume""><br />Jean Levi<br />不够充分的父親<strong>——</strong>古代中國政治用語發微</p><p class=""Resume"">把人君稱為天下“父母”的政治隱喻是本文的研究對象,我們可以把這一現象定義為“不够充分的父親”。從春秋時代起,文人用語已在君臣/父子之間建立了嚴格的一一對應,而為什么戰國和兩漢的儒家文獻却都把人君不僅稱為“父”也稱為“母”呢?在人與事的治理中,單一的父系德操似乎在這些文本的作者們眼中顯得匱乏無力。</p><p class=""Resume""><br />Rainier Lanselle<br />父親的烙印<strong>——</strong>關于蒲松齡出生的注釋</p><p class=""Resume"">在精神分析理論中,父親不僅僅是一個真實存在的人,而且首先是向主題開啟象征之門的某種位置和功能。作為語言領域關鍵的操作者,他指定并引入主觀和性的“大它”。父之名關系到母親的欲望以及主體回應這一欲望的方式,主題的這種回應是通過其想象對象的喪失過程——閹割來實現的。由于父親代表著缺失,他的存在便不易被識別出來,因為這種存在盡管很有效,但卻屬于意符范疇,而非實際存在。蒲松齡(1640-1715)的《聊齋志異》一書處處表現出父之名的衰竭和失效,因為此書描述了他對“陽具型”強悍女人的種種幻想,以及她們帶來的那種無以名狀的恐懼。由于沒有意識到上述的隱含層面,書中的不少故事令人費解。這一層面的嵌入并非我們的后現代想象,而是蒲松齡自己的刻意之作,他身體力行地向我們展示了父親缺失的烙印。</p><p class=""Resume""><br />Keith Knapp<br />從孝子傳看魏晉南北朝父子闗係</p><p class=""Resume"">南愷時</p><p class=""Resume"">美國南卡羅萊納州立塞特多大學歷史系</p><p class=""Resume"">近年來有許多日本、美國、以及台湾地區的學者都在研究中古時期中國母子闗係的親密性問題。這些學者都認為父子之間的闗係相對來說比較正式而冷漠,他們之間的感情似乎比較浅薄。事實真是如此嗎?魏晉南北朝時,孝子傳很受文人重視。這些故事描寫了父母對兒子將來盡孝的期望,但同時也流露出他們可能遭兒子遺棄的恐惧。在孝子傳中我們看到,兒子們很疼惜母親——母親想要的東西,兒子一定會去設法獲得。但是從孝子傳和孝子圖中,我們意識到父子的闗係其實也是很深厚的。最令人感動的孝子圖描繪了兒子對父親的愛惜,譬如在種田時,董永回頭看著他父親坐在鹿車時的畫面,或是邢渠喂他那牙齒落盡的老父吃飯時的情景。這類故事在孝子傳中不勝枚舉,可見雖然父子之間的闗係表面上嚴肅,但兒子們内心卻還是對他們的父親滿懷深情的。</p><p class=""Resume""><br />John Lagerwey<br />神-父/道-母:中西二元論</p><p class=""Resume"">本文分為三部分,分別對應以下三個論題:1)二元論既普遍存在又具有(文化)特殊性;2)神-父/道-母的對立很好地概括了中西二元論的差異;3)歷史可以被理解為一種父系制度下的理性化過程,這一過程在不同的文化背景下呈現出不同的特征。與西方思想中的時間性先驗(如柏拉圖的“理”和希伯萊神祇的永恒性)不同,中國的空間性先驗把肉體/精神的對立改寫成肉體與精神的融合,并把宗教優先賦予了“肉體技術”(而非靈魂救贖)、儀式(而非話語)及女性。這種中西間的差異一部分是由各自的書寫體系所決定的。柏拉圖對肉體和女性持消極態度,而猶太教卻宣揚男女互補性,因此想要以我們熟悉的方式去理解中國文化,就要從圣經而不是從柏拉圖的范疇著手。所以我們認為有必要把神-父與道-母二者作比較。</p><p class=""Resume""><br />Keith McMahon<br />簡介:〈一夫多妻, 纏足, 與 倒錯“Perversion”〉</p><p class=""Resume"">納妾與纏足兩習俗早已絕跡, 但曾具有共同的潛在邏輯與結構. 心理分析理論的倒錯概念(perversion )可用來形容此邏輯。許多清代小說中,倒錯的男人使人覺得多娶小妾似乎並非自己所愿,而是情勢所迫。尤其特別的是,婦人成為多妻婚姻的主動促成者,而非被動參與者,因為她們允許甚至鼓勵丈夫納妾。這種婚姻可稱為被動的一夫多妻,即男人被動接受一夫多妻。被動的一夫多妻與纏足的共同點表現為這種行為的實際主導者——男人似乎將主導權交給了被支配者或受折磨者——女人。女人們出于自己的意志并以自己的方法及進度來為自己與她們的女兒們進行纏足。心理分析理論中的倒錯概念只要稍經改動,就能用來詮釋一夫多妻與纏足二者的深層結構。本文試圖首次用這種令人信服的理論進行這一領域的探索研究。</p><p class=""Resume""><br />Emmanuel Lozerand<br />外強中干的父輩——現代日本父親研究</p><p class=""Resume"">明治時代的日本以其僵硬的父系體制(家父長制)而著稱,這一制度在1945年日本戰敗后有所動搖,并在二十世紀末的人口危機中被徹底粉碎。本文想要弄清在其政治領導人推行的意識形態和權力下父親的真實地位,因為這個問題并不如想象中的那樣顯而易見。同時,我們也想從大批同時代的作家身上理出父親形象全面去勢的一些主要特征。父系制度是否真的體現了現代日本的特性呢?</p><p class=""Resume""><br />Nicolas Zufferey<br />金庸筆下的父親形象與中國當代通俗文學</p><p class=""Resume"">盡管孝道被新文化運動的改良主義者們(如巴金的《家》)斥為封建壓迫典型而遭摒棄,它卻從未真正退出過中國的歷史舞臺,而且就是在最具反傳統精神的文化大革命時期亦然。無論是在香港金庸的作品中,還是在今天大陸地區復蘇的武俠文學中都可以看到它的身影。同時,其他類型的“通俗”小說也以不同的形式展現了這一主題。本文把此類文學與儒教復興、以及近年來尤其是大陸方面試圖融合儒教與現代性的言論放在一起研究。</p><p class=""Resume""><br />Mark Edward Lewis<br />中國古代的母子</p><p class=""Resume"">許多大戶人家都有一些能決定家族命運的妻妾,本文從事實出發,記述了這些母親們勢力的增長,以及家庭和門族中權力中心的轉移。我們認為,這種母系地位和權力的上升是與家庭作為“情感群體”的重要性相聯系的。在一個“情感群體”中,人際關系和社會等級的確立不僅取決于組成家族的形式化譜系,而且更依賴于個體之間的情感依附。這一轉變可以從公元二到五世紀的文獻中觀察到。它不僅是中國家庭基本組成發展中的重要一環,也是中國情感史上的關鍵一刻。</p><p class=""Resume""><br />Brigitte Baptandier<br />象征性弒父與當下游離</p><p class=""Resume"">以中國古代正統的親屬關系和服喪制度為背景,我們研究了今日現代社會中父親及父之名在世代交替的儀式中所占的位置。我們注意到,一種女性反家族譜系關系網的存在威脅到中國親屬關系中占主導地位的父系樹狀繁衍,因而引起擔憂。之后,我們特別提到了一個因生辰八字而將其父親置之死地的孩子的特殊命運,并討論了其中涉及到的升華過程和“毒解藥”問題。最后,我們分析了這一代獨生子女家庭的新環境:他們不得不在只有一個孩子的情況下肩負起傳宗接代的使命。</p><p class=""Resume""><br />Jérôme Bourgon<br />弒父——匿跡于弒君與弒Š";;;;;;;; 533;2;3;18;Flaubert, éthique et esthétique;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Hors des compromis qui assujettissent l’écriture littéraire à la toute puissance de la presse, Flaubert construit, avec <em>Emma Bovary</em>, la nouvelle image d’une éthique de l’écriture fondée sur un travail intransigeant de la prose.</p>";"<p><strong>Avant-propos</strong></p><p><strong>Anne Herschberg Pierrot</strong><br />Flaubert, une éthique de l’écriture</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>NOUVEAUX ENJEUX DE LA LITTERATURE</strong></p><p><strong>Pierre Bergounioux</strong><br />La littérature comme lutte à mort des consciences</p><p><strong>Jacques Rancière</strong><br />Puissances de l’infime</p><p><strong>Agnès Bouvier</strong><br />Éthique et esthétique de la traduction dans <em>Salammbô</em></p><p><em><br /></em></p><p style=""text-align: center;""><strong>EMMA BOVARY ET LE BOVARYSME</strong></p><p><strong>Françoise Gaillard</strong><br />Qui a tué Madame Bovary ?</p><p><strong>Delphine Jayot</strong><br />Portrait(s) d'Emma : d'une « femme écrite » aux femmes décrites</p><p><strong>Per Buvik</strong><br />Enjeux éthiques et esthétiques de la pensée de Jules de Gaultier sur le bovarysme</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ENJEUX ETHIQUES DE L’ART</strong></p><p><strong>Loïc Windels</strong><br />Une esthétique usée pour une éthique nouvelle ou l’inverse. Aspects du discours mélancolique chez Flaubert et Baudelaire</p><p><strong>Deborah Boltz</strong><br />Gustave Flaubert et John Ruskin : l’émergence d’une référence. Transcription des notes de Flaubert sur John Milsand</p><p><strong>ANNEXE</strong> : transcription des notes de Flaubert sur Joseph-Antoine Milsand, <em>L'Esthétique anglaise. Étude sur John Ruskin</em>, suivie de la reprocution du manuscrit autographe</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ÉTHIQUE ET ESTHETIQUE</strong></p><p><strong>Jean-Michel Rey</strong><br />Nietzsche contre Flaubert</p><p><strong>Pierre-Marc de Biasi</strong><br /> Flaubert <em>avec </em>Sade</p><p><strong>Florence Pellegrini</strong><br />Avatars flaubertiens de l’objet sadique</p>";;10/01/2012;0;137x220;240;978-2-84292-339-6;9782842923396;0;0993-7188;Presses Universitaires de Vincennes;img_533.jpg;;"<div><p><span>Avant-propos<br />Flaubert : une éthique de l’écriture</span></p><p><span> </span></p><p><span>Dès sa première publication, alors qu’il écrit depuis vingt ans pour lui seul et pour quelques amis, Flaubert fait l’expérience de la censure. Accusé pour </span><span>Madame Bovary </span><span>d’outrage « à la morale publique et religieuse ou aux bonnes mœurs », selon une loi de 1819 toujours en vigueur sous le Second Empire, il est acquitté, en grande partie grâce à la notoriété de la famille Flaubert. Peu de temps après, le poète des </span><span>Fleurs du mal</span><span> est condamné pour « offense à la morale publique et aux bonnes mœurs ». La situation ne s’arrange pas sous la République, qui érige le Sacré-Cœur en expiation de la Commune et organise des pèlerinages sulpiciens. L’ordre moral triomphe. Le </span><span>Dictionnaire des idées reçues </span><span>s’en fait l’écho : « </span>Bases de la société. <span>Id est</span><span> : la propriété, la famille, la religion – le respect des autorités./En parler avec colère si on les attaque. »</span></p><p><span>Pour Flaubert, les critères de la moralité et de l’immoralité sont ailleurs. Au moment du procès de </span><span>Madame Bovary</span><span>, il explique à son frère Achille : « On voulait à toute force en finir avec la </span><span>Revue de Paris</span><span>, et il était très malin de la supprimer pour délit d’immoralité et d’irréligion ; malheureusement mon livre n’est ni immoral ni irréligieux » (le 6 janvier 1857</span><span><a id=""footnote-838-1-backlink"">1</a></span><span>). « Il y a de l’immoralité à bien écrire », dit-il encore à Edma Roger des Genettes, le 20 janvier 1857</span><span><a id=""footnote-838-2-backlink"">2</a></span><span>. C’est en fait la nouveauté du style de </span><span>Madame Bovary</span><span> qui bouleverse les idées reçues, en particulier une forme d’impersonnalité fondée sur la polyphonie et le discours indirect libre.</span></p><p><span>Flaubert retourne l’accusation d’immoralité contre ses censeurs : l’immoralité, c’est la bêtise même. « Voilà la vraie immoralité : l’ignorance et la Bêtise ! Le Diable n’est pas autre chose. Il se nomme Légion. » (12 janvier 1877, à Caroline</span><span><a id=""footnote-838-3-backlink"">3</a></span><span>). L’écrivain relève les sottises critiques publiées sur </span><span>Madame Bovary</span><span> pour en constituer un dossier, dans un geste que prolongera le sottisier de </span><span>Bouvard et Pécuchet.</span></p><p><span>L’immoralité est aussi du côté de la critique littéraire qui méconnaît l’esthétique de « l’œuvre </span><span>en soi</span><span> », sa « poétique </span><span>insciente</span><span> » : « Ce qui m’indigne tous les jours, c’est de voir mettre sur le même rang un chef-d’œuvre et une turpitude. On exalte les petits et on rabaisse les grands ; rien n’est plus bête ni plus immoral »</span><span><a id=""footnote-838-4-backlink"">4</a></span><span>. L’immoralité ou l’obscénité, pour un écrivain, c’est de manquer à l’éthique de l’écriture</span><span><a id=""footnote-838-5-backlink"">5</a></span><span>. Le débat amical qui oppose Flaubert à George Sand est très éclairant. Il engage tout à la fois une éthique de l’écriture et une poétique de la lecture. Pour George Sand, l’échec de </span><span>L’Éducation sentimentale</span><span> est dû à l’absence de l’intervention de l’auteur :</span></p><p><span>L’Éducation sentimentale </span><span>a été un livre incompris, je te l’ai dit avec insistance, tu ne m’as pas écoutée. Il fallait ou une courte préface ou, dans l’occasion, une expression de blâme, ne fût-ce qu’une épithète heureusement trouvée pour condamner le mal, caractériser la défaillance, signaler l’effort. […] J’ai déjà combattu ton hérésie favorite, qui est que l’on écrit pour vingt personnes intelligentes et qu’on se fiche du reste. […] Il faut écrire pour tous ceux qui ont soif de lire et qui peuvent profiter d’une bonne lecture. Donc, il faut aller tout droit à la moralité la plus élevée qu’on ait en soi-même et ne pas faire mystère du sens moral et profitable de son œuvre</span><span><a id=""footnote-838-6-backlink"">6</a></span><span>.</span></p><p><span>Flaubert lui répond :</span></p><p><span>Quant à laisser voir mon opinion personnelle sur les gens que je mets en scène, non, non ! mille fois non ! Je ne m’en reconnais </span><span>pas le droit</span><span>. Si le lecteur ne tire pas d’un livre la moralité qui doit s’y trouver, c’est que le lecteur est un imbécile ou que le livre est </span><span>faux</span><span> au point de vue de l’exactitude. Car, du moment qu’une chose est Vraie, elle est bonne. Les livres obscènes ne sont même immoraux que parce qu’ils manquent de vérité. Ça ne se passe pas « comme ça » dans la vie.</span></p><p><span>Et notez que j’exècre ce qu’on est convenu d’appeler le </span><span>réalisme</span><span>, bien qu’on m’en fasse un des pontifes</span><span><a id=""footnote-838-7-backlink"">7</a></span><span>.</span></p><p><span>L’esthétique de l’impersonnalité (« ne pas s’écrire ») est une éthique en ce qu’elle refuse de transformer l’œuvre en réceptacle de l’opinion de son auteur : « Je ne crois même pas que le romancier doive exprimer </span><span>son</span><span> opinion sur les choses de ce monde. Il peut la communiquer, mais je n’aime pas à ce qu’il la dise. (Cela fait partie de ma poétique, à moi.) » (À George Sand, 10 août 1868</span><span><a id=""footnote-838-8-backlink"">8</a></span><span>). Cette poétique revient à substituer au point de vue monologique de l’auteur celui des personnages, à fondre les voix dans l’indirect libre et la polyphonie des discours. Cette poétique, qui se met en place dans </span><span>Madame Bovary</span><span> et se radicalise de </span><span>Salammbô</span><span> à </span><span>Bouvard et Pécuchet</span><span>, se construit en contrepoint du sentimentalisme romantique : « Les Romantiques auront de beaux comptes à rendre avec leur sentimentalité immorale</span><span><a id=""footnote-838-9-backlink"">9</a></span><span> ». Emma Bovary, ses clichés, ou Frédéric Moreau sont à leur manière des « célibataires de l’art », fermés à la création artistique. D’où, selon Jacques Rancière, le meurtre esthétique d’Emma</span><span><a id=""footnote-838-10-backlink"">10</a></span><span>.</span></p><p><span>Pour Flaubert, l’éthique de l’écriture se fonde sur l’impératif moral de l’œuvre exclusivement (« L’homme n’est rien, l’œuvre tout</span><span><a id=""footnote-838-11-backlink"">11</a></span><span> ») et sur la coïncidence du vrai, du bon et du beau. « Ce qui est beau est moral, voilà tout, et rien de plus », écrit-il dans une lettre ouverte adressée à Maupassant « prévenu “pour outrage aux mœurs et à la morale publique” » pour son poème « Au bord de l’eau », et publiée dans </span><span>Le Gaulois </span><span>du 21 février 1880</span><span><a id=""footnote-838-12-backlink"">12</a></span><span>.</span></p><p><span>Cette éthique de l’art s’ancre dans l’esthétique allemande de la fin du </span>xviii<span>e</span><span> siècle, qui affirme l’autonomie de l’art, sa finalité sans fin, son désintéressement de toute finalité utilitaire – de tout service d’une cause politique ou morale. Ceci n’exclut pas une moralité dérivant de l’œuvre. Ainsi des conclusions que la bourgeoisie aurait pu tirer au moment de la Commune du tableau politique de </span><span>L’Éducation sentimentale</span><span>. Le livre « sur rien », le style comme « manière absolue de voir les choses » ne signifient pas un formalisme vide, mais, comme l’a montré Jacques Rancière, une déliaison des codes rhétoriques, des systèmes préimposés de valeurs préalables à l’œuvre, avec lesquels et contre lesquels l’écriture travaille</span><span><a id=""footnote-838-13-backlink"">13</a></span><span>.</span></p><p><span>Cette esthétique est encore une éthique en ce que le rapport du vrai et du bien (un vrai que l’art doit recréer par la projection imaginative alliée de la recherche documentaire) se double d’une équation du vrai et du juste, fondée sur le rapport du son, du rythme et du sens. « Plus une idée est belle, plus la phrase est sonore ; soyez-en sûre. La précision de la pensée fait (et est elle-même) celle du mot », affirme-t-il en 1857 à M</span><span>lle</span><span> Leroyer de Chantepie</span><span><a id=""footnote-838-14-backlink"">14</a></span><span>. « Pourquoi y a-t-il un rapport nécessaire entre le mot juste et le mot musical ? » s’interroge-t-il quelque vingt ans plus tard, comparant l’esthétique de l’œuvre à la précision d’assemblage d’un mur de l’Acropole : « Eh bien, je me demande si un livre, indépendamment de ce qu’il dit, ne peut pas produire le même effet ? Dans la précision des assemblages, la rareté des éléments, le pli de la surface, l’harmonie de l’ensemble, n’y a-t-il pas une Vertu intrinsèque, une espèce de force divine, quelque chose d’éternel – comme un principe ? (Je parle en platonicien)</span><span><a id=""footnote-838-15-backlink"">15</a></span><span>. »</span></p><p><span>Ce travail singulier du style accompagne une valorisation de l’écriture comme absolu de l’œuvre, à l’encontre de la littérature industrielle, du journal, de la diffusion en nombre des stéréotypes dans le texte imprimé et les images, et de l’opinion des majorités. « Qui sait s’il n’y aurait pas moyen de retrouver pour l’esthétique ce que le stoïcisme avait inventé pour la morale ? » (À Louise Colet, 24 avril 1852.) « Comme je ne suis pas de ceux qui peuvent se faire un public et que ce public n’est pas fait pour moi, je m’en passerai. “Si tu cherches à plaire, te voilà déchu” dit Épictète. Je ne déchoirai pas ». L’« homme-plume » écrit pour lui une littérature qu’il juge « im-payable » par ses contemporains. Elle est destinée aux lecteurs exigeants de l’avenir à qui s’adresse ce style elliptique : « Car j’écris (je parle d’un auteur qui se respecte) non pour le lecteur d’aujourd’hui mais pour tous les lecteurs qui pourront se présenter, tant que la langue vivra</span><span><a id=""footnote-838-16-backlink"">16</a></span><span> ».</span></p><p><span>Dans son très bel article sur </span><span>Madame Bovary</span><span>, Baudelaire avait pris d’emblée la défense de l’œuvre en appelant au travail du lecteur :</span></p><p><span>Plusieurs critiques avaient dit : cette œuvre, vraiment belle par la minutie et la vivacité des descriptions, ne contient pas un seul personnage qui représente la morale, qui parle la conscience de l’auteur. […]</span></p><p><span>Absurdité ! Éternelle et incorrigible confusion des fonctions et des genres ! – Une véritable œuvre d’art n’a pas besoin de réquisitoire. La logique de l’œuvre suffit à toutes les postulations de la morale, et c’est au lecteur à tirer les conclusions de la conclusion</span><span><a id=""footnote-838-17-backlink"">17</a></span><span>.</span></p><p><span>Ce volume croise des textes de philosophes et de littéraires qui explorent quelques aspects de ce rapport entre éthique et esthétique chez Flaubert : les nouveaux enjeux de la littérature, les implications du bovarysme, les enjeux éthiques de l’art à travers la confrontation de Flaubert à d’autres artistes et penseurs de la modernité, de Baudelaire à Ruskin, la présence de Flaubert chez Nietzsche, et de Sade chez Flaubert, en des liens subtils et complexes.</span></p><p><span>Dans la première partie du livre, Pierre Bergounioux souligne le nouveau dessein de l’écriture flaubertienne à partir des écrits de jeunesse, qui n’est pas moins qu’une mise à mort de son lecteur. À partir d’une confrontation avec le lyrisme de Whitman, Jacques Rancière définit l’éthique de l’écriture flaubertienne, dans </span><span>Madame Bovary</span><span>, ou </span><span>Bouvard et Pécuchet</span><span>, sous le point de vue du pouvoir de l’infime, dans ces moments d’épiphanie de la sensation, qui relèvent d’une morale panthéistique de l’impersonnel, à distance du lyrisme et du sentimentalisme. Agnès Bouvier s’attache aux liens de la création littéraire et de la traduction dans </span><span>Salammbô</span><span>. Elle y étudie l’invention par Flaubert d’une langue « barbare », fondée sur les choix de traduction de la Bible de Samuel Cahen, et interroge les enjeux éthiques et esthétiques du traduire.</span></p><p><span>Emma Bovary et le bovarysme sont au centre de la seconde partie. En dialogue avec la perspective de Jacques Rancière dans </span><span>Politique de la littérature</span><span>, Françoise Gaillard reprend la question du meurtre esthétique d’Emma Bovary</span><span>.</span><span> Delphine Jayot étudie la variation de ses représentations dans la critique des </span>xix<span>e</span><span> et </span>xx<span>e</span><span> siècles, qui est emblématique de l’intrication de l’éthique et de l’esthétique. Per Buvik s’attache ensuite au devenir du bovarysme dans la philosophie de Jules de Gaultier, et à la réception de Flaubert, fortement marquée d’un esthétisme nietzschéen.</span></p><p><span>Dans la troisième partie, Loïc Windels confronte les enjeux éthiques et esthétiques divergents du discours mélancolique chez ces deux écrivains jumeaux par leur année de naissance, tous deux sensibles au cliché, Baudelaire et Flaubert. Déborah Boltz présente l’état d’une question jusqu’ici mal connue : la référence, dans les notes et manuscrits de Flaubert, au critique d’art John Ruskin. Elle transcrit en annexe les notes inédites de Flaubert sur </span><span>L’Esthétique anglaise</span><span> (1864) de Joseph-Antoine Milsand, un auteur qui a joué un grand rôle dans la diffusion de Ruskin en France dans la seconde moitié du </span>xix<span>e </span><span>siècle, et que Flaubert a lu pour </span><span>L’Éducation sentimentale</span><span>.</span></p><p><span>Dans la quatrième partie, parodiant un titre de Nietzsche (« Nietzsche contre Flaubert ? »), Jean-Michel Rey s’interroge sur la présence complexe et critique de Flaubert dans la pensée du dernier Nietzsche. Pierre-Marc de Biasi et Florence Pellegrini reviennent sur l’ombre de Sade chez Flaubert, dont on savait l’importance majeure pour Flaubert et ses amis, mais dont les repères étaient peu définis. Pierre-Marc de Biasi reprend à neuf les relations de Flaubert avec les textes du Divin Marquis et « la légende noire qui les entoure ». Il met au jour le Sade que Flaubert a pu lire en son temps, fait le point sur l’ensemble des références flaubertiennes, et souligne l’extrême complexité du binôme « Flaubert </span><span>avec</span><span> Sade », une compagnie à distance variable. Florence Pellegrini ouvre des perspectives sur cette présence de Sade dans l’œuvre flaubertienne par une étude des scénarios de </span><span>Madame Bovary</span><span> et un parcours du réseau des objets sadiens dans le texte et les manuscrits de Flaubert.</span></p><p><span>Anne Herschberg Pierrot</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-838-1""> 1</a><span>. </span><span>Gustave Flaubert, </span><span>Correspondance</span><span>, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1980, t. II, p. 652. Toutes les références dans ce livre à la correspondance de Flaubert renvoient à l’édition de la « Bibliothèque de la Pléiade » établie par Jean Bruneau, et par Yvan Leclerc pour le dernier volume (t. I, 1973 ; t. II, 1980 ; t. III, 1991 ; t. IV, 1998 ; t. V, 2007).</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-2""> 2</a><span>. </span><span>Ibid.</span><span>, t. II, p. 669.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-3""> 3</a><span>. </span><span>Ibid.</span><span>, t. V, p. 169.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-4""> 4</a><span>. </span><span>À George Sand, 2 février 1869, </span><span>ibid.</span><span>, t. IV, p. 15 </span><span>sq.</span><span> Flaubert vise dans ce contexte l’approche historienne de Sainte-Beuve et celle de Taine.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-5""> 5</a><span>. </span><span>Voir, sur ce sujet, Gisèle Séginger, </span><span>Flaubert, une éthique de l’art pur</span><span>, Paris, SEDES, 2000.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-6""> 6</a><span>. Lettre de George Sand à Flaubert, 12 janvier 1876, </span><span>Correspondance</span><span>, </span><span>op. cit.</span><span>, t. V, p. 7 </span><span>sq.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-7""> 7</a><span>. </span><span>Lettre du 6 février 1876, </span><span>ibid.</span><span>, t. V, p. 12.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-8""> 8</a><span>. </span><span>Ibid.</span><span>, t. III, p. 786.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-9""> 9</a><span>. </span><span>À George Sand, 12 octobre 1871, </span><span>ibid.</span><span>, t. IV, p. 393.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-10""> 10</a><span>. </span><span>Jacques Rancière, « La mise à mort d’Emma », dans </span><span>Politique de la littérature</span><span>,</span><span> </span><span>Paris, Galilée, 2007, p. 69.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-11""> 11</a><span>. </span><span>À George Sand, fin décembre 1875, </span><span>Correspondance</span><span>, </span><span>op. cit.</span><span>, </span><span>t. IV, p. 1000.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-12""> 12</a><span>. </span><span>À Maupassant, 19 [16] février 1880, </span><span>ibid.</span><span>, t. V, p. 839.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-13""> 13</a><span>. </span><span>Jacques Rancière, </span><span>La Parole muette. Essai sur les contradictions de la littérature</span><span>, Paris, Hachette Littérature, « Pluriel », 1998, p. 107, et </span><span>Politique de la littérature</span><span>,</span><span> op. cit.</span><span>, p. 19.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-14""> 14</a><span>. </span><span>Lettre du 12 décembre 1857, </span><span>Correspondance</span><span>, </span><span>op. cit.</span><span>, </span><span>t. V, p. 785.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-15""> 15</a><span>. </span><span>À George Sand, 3 avril 1876, </span><span>ibid.</span><span>, t. V, p. 31.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-16""> 16</a><span>. À George Sand, 4 décembre 1872, </span><span>ibid.</span><span>, t. IV, p. 619.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-838-17""> 17</a><span>. </span><span>Charles Baudelaire, « </span><span>Madame Bovary </span><span>», </span><span>L’Artiste</span><span>, 18 octobre 1857, dans </span><span>Curiosités esthétiques. L’art romantique</span><span>, Paris, Garnier, 1962,</span><span> </span><span>p. 647.</span></p></div></div></div>";;356;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les auteurs, écrivains, critiques littéraires et philosophes croisent leurs réflexions pour revisiter ce rapport fondamental entre éthique et esthétique chez Flaubert.<br />Le présent ouvrage confronte aussi le point de vue de Flaubert à celui d'autres penseurs de la modernité, de Baudelaire à Nietzsche et s'interroge sur la force et la complexité des liens multiples qui unissent Flaubert à Sade. </p><p style=""text-align: justify;""><strong>ANNEXE</strong> : transcription des notes de Flaubert sur Joseph-Antoine Milsand, <em>L'Esthétique anglaise. Étude sur John Ruskin</em>, suivie de la reproduction du manuscrit autographe.</p>";;11/01/2012 14:31;0;Première édition;3643 534;2;3;19;Études de linguistique gallo-romane;;;;"<p style=""text-align: justify;""><em>Etudes linguistiques sur les langues romanes portant sur la syntaxe, la sémantique, la phonologie et le lexique. </em></p>";"<p><strong>Mario Barra-Jover, Guylaine Brun-Trigaud, Philippe Dalbera, Patrick Sauzet, Tobias Scheer</strong><br />Dialectologie, diachronie et linguistique théorique : un dialogue possible et nécessaire </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Concepts, démarches et problèmes méthodologiques</strong></p><p><strong>Thomas Field</strong><br />Variation et diachronie : le témoignage du corpus électronique gascon </p><p><strong>Gabriele Giannini</strong><br />Évolution diachronique de l’occitan et textes littéraires médiévaux : problèmes et méthodes pour une analyse linguistique fiable</p><p><strong>Walter Meliga</strong><br />L’étude des graphies des anciens textes littéraires gallo-romans</p><p><strong>Stefania Roullet, Jean-Pierre Lai</strong><br />Interférences entre substrat et superstrat en domaine francoprovençal (le cas du Val d’Aoste)</p><p><strong>Jean Sibille</strong><br />Parentés génétiques, affinités aréales et évolutions spécifiques dans les parlés occitans des vallées d’Oulx et du Haut-Cluson (Italie)</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Phonologie</strong></p><p><strong>Julie Auger, Anne-José Villeneuve</strong><br />L’épenthèse vocalique en picard et en français</p><p><strong>Jean-Paul Chauveau</strong><br />Graphies médiévales et données dialectales modernes : le graphème parisien pour</p><p><strong>Yves Charles Morin</strong><br />Sources et évolution des distinctions de durée vocalique : l’éclairage du gallo-roman</p><p><strong>Daniela Müller, Sidney Martín</strong><br />A preliminary acoustic study of the Occitan Vowel system</p><p><strong>Patrick Sauzet, Guylaine Brun-Trigaud</strong><br />Structure syllabique et évolutions phonologiques en occitan</p><p><strong>Tobias Scheer, Guylaine Brun-Trigaud</strong><br />La lénition des attaques branchantes en français et dans les dialectes de l’<em>ALF</em></p><p><em><br /></em></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Morphosyntaxe</strong></p><p><strong>Mario Barra-Jover (avec la collaboration de Patrick Sauzet)</strong><br />L’évolution des marques du pluriel nominal roman à la lumière de l’occitan</p><p><strong>Heather Burnett, Mireille Tremblay</strong><br />Directionalité et aspect en ancien français : l’apport du système prépositionnel</p><p><strong>Werner Forner</strong><br />Menton, ou essai d’explication variationnelle des marques de pluriel romanes</p><p><strong>Marc-Olivier Hinzelin, George A. Kaiser</strong><br />Le paramètre du sujet nul dans les variétés dialectales de l’occitan et du francoprovençal</p><p> <strong>Jean-Baptiste Martín</strong><br />Le cycle désorganisation-réorganisation en morphologie verbale</p><p><strong>Benjamin Massot</strong><br />Deux faits de morphologie de nombre dans le domaine nominal en poyaudin (et un peu en français)</p><p><strong>Lydia A. Stanovaïa</strong><br />Deux types de normes scripturales dans la représentation graphique de la déclinaison nominale de l’ancien français</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. Étymologie, lexique et sémantique</strong></p><p><strong>Éva Buchi</strong><em><br />Réel</em>, <em>irréel</em>, <em>inréel </em>: depuis quand le français connaît-il deux préfixes négatifs <em>IN-</em> ?</p><p><strong>Jean-Philippe Dalbera</strong><br />En amont de la phonologie diachronique du gallo-roman : nouvelles approches de l’étymologie et du changement lexical</p><p>Bibliographie</p>";;10/04/2012;0;137x220;400;978-2-84292-342-6;9782842923426;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_534.jpg;;;;568;28.00;"<p>Ces langues et ces dialectes, déployés sur un vaste espace géographique, sont issus d'un socle commun, le latin, et illustrent dans leur variété toute une gamme de possibilités évolutives et typologiques.<br />Les auteurs, éminents spécialistes de ces langues, posent ici les bases d’une linguistique complète des langues romanes. L'ouvrage est destiné à devenir la référence dans ce domaine.</p><p>Langues romanes étudiées : le français et les dialectes d'oïl notamment le picard, l'occitan dans ses différentes variétés : gascon, provencal..., le francoprovençal.</p>";;20/01/2012 15:28;0;Première édition;3147 535;2;3;13;Écrire les hommes;Personnages masculins et masculinité dans les œuvres des écrivaines de la Belle Époque;;;"<p style=""text-align: justify;"">Pour une romancière à la Belle Époque, écrire fut souvent une gageure ; écrire les hommes un défi.</p>";"<p>France Grenaudier-KLIJN, Elisabeth-Christine MUELSCH, Jean ANDERSON<br />Belle Époque, femmes de lettres et hommes de papier</p><p> </p><p><strong>Chapitre 1</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Christine KLEIN-LATAUD<br />Nouvelle Ève cherche Nouvel Adam : la représentation des hommes dans les roman de Louise-Marie Compain<strong><br /></strong></p><p><strong>Chapitre 2</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Jean ANDERSON<br />La famille au cœur de tout : les relations homme-femme dans l’œuvre de Thérèse Bentzon</p><p><strong>Chapitre 3</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Jean-Paul SOCARD<br />Le masculin dans tous ses états : portraits d’hommes dans les romans de Georges de Peyrebrune</p><p><strong>Chapitre 4</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Diana HOLMES<br />Écrire les hommes : la masculinité dans les romans de Daniel Lesueur</p><p><strong>Chapitre 5</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Patrick BERGERON<br />Rachilde, la comédie des sexes et la virilité déchue </p><p><strong>Chapitre 6</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">France GRENAUDIER-KLIJN<br />L’Homme tinayrien, ce faux héros : le personnage masculin dans trois œuvres de Marcelle Tinayre</p><p><strong>Chapitre 7</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Elisabeth-Christine MUELSCH<br />Trouver les hommes qu'il nous faut : représentation de la masculinité dans <em>La Rebelle</em> et <em>La Veillée des armes </em></p><p><strong>Chapitre 8</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Brigitte JANDEY<br />Colette : une impression de masculin</p><p><strong>Chapitre 9</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Nelly SANCHEZ<br />Rachilde et Colette : une nouvelle image pour l’Homme ?</p><p><em> </em><strong>Chapitre 10</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Mélanie COLLADO<br />De quoi sont-ils si fiers ? La défaillance masculine dans les premiers romans de Lucie Delarue-Mardrus</p><p><strong>Chapitre 11</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Vassiliki LALAGIANNI<br />La condition masculine dans les romans d’Anna de Noailles</p><p> </p><p>Conclusion<br />France GRANAUDIER-KLIJN, Élisabeth-Christine MUELSCH, Jean ANDERSON</p><p>Postface : Écrire l<em>’hétéros</em><br />Nicolas White</p><p>Chronologie au féminin<br />Bibliographie <br />Index des noms propres<br />Index des thèmes principaux</p>";;10/05/2012;0;137x220;312;978-2-84292-345-7;9782842923457;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_535.jpg;;;;470;24.00;"<p> </p><p>Neuf d’entre elles le relevèrent et laissent à la postérité un éventail de figures masculines qui en dit long sur leurs attentes, leurs reproches, leurs fantasmes et leurs constats.</p><p>Ce volume pose un nouveau regard sur ces « hommes de papier » et nous invite à revisiter l’œuvre de Colette, Louise-Marie Compain, Thérèse Bentzon, Georges de Peyrebrune, Daniel Lesueur, Rachilde, Marcelle Tinayre, Colette, Lucie Delarue-Mardrus et Anna de Noailles.</p>";;20/01/2012 17:18;1;Première édition;3643 536;2;3;32;À l'aube des Mille et Une Nuits;Études comparatistes;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les <em>Mille et Une Nuits</em>, source d'inspiration littéraire, modèle de construction textuelle ou mythe de l'image du féminin avec le personnage de Schéhérazade.</p>";"<p style=""padding-left: 30px;"">Introduction<strong><br />Christiane CHAULET ACHOUR</strong><br /><br />Ce que les femmes racontent ? Lecture croisée d’une situation énonciative récurrente dans <em>L’Âne d’or d’Apulée</em> et <em>Les Mille et Une nuits </em><br /><strong>Carole BOIDIN</strong><br /><br />Le Barbier de Saragosse : <em>Les Mille et Une nuits</em> et le <em>Manuscrit trouvé à Saragosse</em><br /><strong>Olivier BESUCHET</strong><br /><br />Le prestige de l’éducation contre le plaisir du conte ? Réception et réécriture des <em>Mille et Une Nuits</em> au XVIIIe siècle en Russie<br /><strong>Victoire FEUILLEBOIS</strong><br /><br />Jules Verne et la mille et deuxième nuit<br /><strong>Evanghélia STEAD</strong><br /><br />Pour un autre mythe littéraire de Schéhérazade : lectures et propositions à partir de l’article « Schéhérazade » du <em>Dictionnaire des mythes féminins </em><br /><strong>Cyrille FRANÇOIS</strong><br /><br />Des écrivaines contemporaines et Les <em>Mille et Une Nuits </em><br /><strong>Christiane CHAULET ACHOUR</strong></p><p><br />Bibliographie générale<br />Contributrices, contributeurs</p>";;10/02/2012;0;137x220;166;978-2-84292-340-2;978-2-84292-340-2;0;1962-1728;Presses Universitaires de Vincennes;img_536.jpg;;"<div><p><span>Introduction</span></p><p><span>Christiane Chaulet Achour</span></p><p><span>Quand Shahrazade se tait à l’aube, <br />les chercheurs prennent la parole…</span></p><p><span>Paul Hazard constatait en 1935, à propos des effets de l’édition d’Antoine Galland en Europe</span><span> : « </span><span>Quand Schéhérazade commença ses récits nocturnes et se mit à déployer, infatigable, les ressources infinies de son imagination, nourrie de tous les songes de l’Arabie, de la Syrie, de l’immense Levant </span><span>[</span><span>…</span><span>]</span><span> toute l’Europe fut avide de l’entendre », car ses récits nourrissaient « l’exigence humaine, qui veut des contes après des contes, des rêves après des rêves, éternellement</span><span><a id=""footnote-571-1-backlink"">1</a></span><span> ». Les contes de la sultane ont-ils toujours ces effets sur les lecteurs et créateurs aujourd’hui ? La réponse ne peut être que réservée ; mais ce qui ne fait pas de doute, c’est que, depuis les années 1980</span><span><a id=""footnote-571-2-backlink"">2</a></span><span>, le relais de la fascination pour les contes arabes semble pris par les analyses et études des critiques littéraires et des universitaires. Leurs décryptages portent sur les nombreuses résurgences des </span><span>Mille et Une Nuits</span><span> dans la littérature occidentale depuis le début du </span><span>xviii</span><span>e</span><span> siècle et de plus en plus sur ces résurgences dans les pays arabes et d’autres régions du monde.</span></p><p><span>Même lorsqu’il apparaît souvent que l’Occident se parle à lui-même dans ces nouvelles créations ou analyses, la transmission ne se fait pas en circuit fermé – prendre et ne plus se soucier de la source –, mais s’inscrit dans des ailleurs multiples, depuis l’Antiquité – et il y a alors nécessairement d’autres sources que les traductions européennes – ou, plus près de nous, à partir du </span><span>xviii</span><span>e</span><span> siècle</span><span>. Les échanges sont parfois superficiels, le plus souvent profonds ou même essentiels, l’Orient des </span><span>Nuits</span><span> ayant réorienté les schémas narratifs et discursifs.</span></p><p><span>Cette « avidité » critique que nous évoquons et à laquelle nous participons par cet ouvrage s’est traduite par de nombreux séminaires autour de ce sujet plein d’arborescences, avec plus ou moins de dialogues entre chercheurs arabisants travaillant sur les textes arabes et chercheurs des sciences humaines et de différentes langues sondant, à partir de telle ou telle traduction-adaptation dans une langue européenne, des œuvres héritières, pour le meilleur et pour le pire.</span></p><p><span>Il est utile de citer tout d’abord, pour situer l’apport du présent volume, les collectifs qui l’ont précédé, de celui d’Edgard Weber en 1995</span><span><a id=""footnote-571-3-backlink"">3</a></span><span> aux volumes les plus récents. Il faut auparavant rappeler qu’entre les années 1980 et le début du </span><span>xxi</span><span>e</span><span> siècle, les publications de Jamel-Eddine Bencheikh, Claude Brémond et André Miquel</span><span><a id=""footnote-571-4-backlink"">4</a></span><span> et la nouvelle traduction que deux d’entre eux ont éditée, d’abord de façon incomplète en Folio-Gallimard</span><span><a id=""footnote-571-5-backlink"">5</a></span><span> puis en version exhaustive dans la prestigieuse collection de la Pléiade</span><span><a id=""footnote-571-6-backlink"">6</a></span><span>, le séminaire de Gilbert Grandguillaume et de François Villa</span><span><a id=""footnote-571-7-backlink"">7</a></span><span>, la réédition avec introductions des </span><span>Mille et Une N</span><span>uits</span><span> d’Antoine Galland par Aboubakr Chraïbi et Jean-Paul Sermain</span><span><a id=""footnote-571-8-backlink"">8</a></span><span>, ont été des appuis majeurs et des incitateurs pour de nombreux chercheurs. Les fruits de cet intérêt renouvelé ont été comptabilisés, pour en rester à l’édition française, en 2004, par notre premier collectif, </span><span>Les 1 001</span><span> </span><span>Nuits et l’imaginaire du </span><span>xx</span><span>e</span><span> siècle </span><span><a id=""footnote-571-9-backlink"">9</a></span><span> et celui coordonné par Aboubakr Chraïbi, </span><span>Les Mille et Une Nuits en partage</span><span><a id=""footnote-571-10-backlink"">10</a></span><span> ; notre second collectif en 2006 sous le titre </span><span>Les Mille et Une Nuits des enfants</span><span> ; en 2008</span><span><a id=""footnote-571-11-backlink"">11</a></span><span>, un nouveau collectif coordonné par Cyrille François, </span><span>Le Don de Shahrazad. La mémoire des Mille et Une Nuits</span><span><a id=""footnote-571-12-backlink"">12</a></span><span> ; en 2009 enfin, coordonné par Aboubakr Chraïbi et Carmen Ramirez, </span><span>Les Mille et Une </span><span>Nuits et le récit oriental en Espagne et en Occident</span><span><a id=""footnote-571-13-backlink"">13</a></span><span>. De son côté, Dominique Jullien, qui avait déjà étudié la place et la fonction des </span><span>Mille et Une Nuits</span><span> dans la somme proustienne, offrait, en 2009, </span><span>Les Amoureux de Schéhérazade</span><span><a id=""footnote-571-14-backlink"">14</a></span><span>, titre suggestif entre tous pour qualifier cette aimantation de tant de recherches vers ce monument littéraire universel. Il faudrait citer d’autres critiques – on en trouvera certains dans notre bibliographie générale – qui ont consacré des ouvrages personnels à cet espace de création composé des contes et de leurs prolongements. D’autres colloques ont eu lieu, en particulier en Tunisie et au Maroc. On citera, sous l’impulsion d’Abdelfattah Kilito, </span><span>Les Mille et Une Nuits :</span><span> </span><span>du texte au mythe</span><span>, édité en 2005, fruit d’un colloque de 2002</span><span><a id=""footnote-571-15-backlink"">15</a></span><span>, et le volume qui doit être publié en 2011 du colloque international de Fès, </span><span>« </span><span>Les</span><span> </span><span>Mille et Une Nuits</span><span> et la créativité littéraire</span><span> »</span><span><a id=""footnote-571-16-backlink"">16</a></span><span>.</span></p><p><span>Ce nouvel ouvrage se place modestement dans cette lignée d’une communauté de chercheurs en langue française – loin d’être complète puisque nous n’avons pris en considération que certains pays de la Méditerranée –, riche d’une centaine de noms de tous horizons qui continuent à creuser les « sillons » dessinés par les</span><span> Nuits </span><span>arabes et leurs efflorescences.</span></p><p><span>Il se place dans la perspective d’une mise en relation des études littéraires en France – françaises, francophones et traduites –, sous l’influence de la traduction d’Antoine Galland, pour rendre visibles les multiples « ponts » qui peuvent être franchis grâce à cet espace commun de recherche. Les chercheurs, invités à y intervenir, ont confirmé par leurs travaux l’intérêt fort qu’ils portent aux </span><span>Mille et Une Nuits</span><span>. L’ensemble de la rencontre a bénéficié de l’expertise dans le domaine d’Aboubakr Chraïbi, par sa présence active tout au long de l’atelier de travail qui a permis l’élaboration de notre ouvrage. Il a en particulier éclairé le débat en cernant l’environnement du « père » français des </span><span>Mille et Une Nuits</span><span>, Antoine Galland, en complétant les silences de l’histoire littéraire et en accentuant la notion d’échange qui est au cœur de toute incursion dans </span><span>Les Mille et Une Nuits</span><span>, notion d’échange entre les langues et les cultures, chère aux comparatistes :</span></p><p><span>E</span><span>n ce qui concerne la présentation des </span><span>Nuits</span><span> et le rôle de Galland, il y a un commentaire qui s’impose d’emblée, côté arabe, car il existe des informations nouvelles qui modifient quelque peu notre perception des </span><span>Nuits </span><span>avant Galland et qui pourraient même modifier la perspective d’ensemble, qui cesserait d’être strictement française, pour devenir plus partagée, plus cosmopolite</span><span><a id=""footnote-571-17-backlink"">17</a></span><span>.</span></p><p><span>Aboubakr Chraïbi montre que les contes n’étaient pas assoupis dans les pays arabes au moment de la traduction de Galland puisque plusieurs faits attestent de la vitalité de leur transmission : « À cela, on peut ajouter que Galland lui-même n’était pas un arabisant isolé à Paris, mais qu’il était entouré de plusieurs savants d’origine syrienne, de la ville d’Alep, et que c’est l’un d’eux qui lui a procuré plusieurs manuscrits des </span><span>Nuits.</span><span> » Ces précisions permettent de faire apparaître une symétrie d’échanges culturels dès cette époque qui ne peut que mieux faire comprendre la qualité des textes que Galland parvient à offrir dans les champs littéraires occidentaux. Elles redonnent une dimension cosmopolite à la transmission des contes arabes sans rien enlever de son offensive sans précédent à l’arabisant français dans son rapport à une autre culture. C’est cette position centrale qui sert de référence à la majorité des contributions de cet ouvrage ; à une exception près, celle de la mise en relation de </span><span>L’Âne d’or</span><span> d’Apulée avec les </span><span>Nuits</span><span>, comme précurseurs, l’un et l’autre, de la fiction narrative. Le motif choisi est celui d’une narratrice : l’interprétation avancée à partir du contexte culturel de l’époque met en questionnement l’appréciation moderne de Shahrazade</span><span><a id=""footnote-571-18-backlink"">18</a></span><span>. Les </span><span>xviii</span><span>e</span><span> et </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècles sont visités à partir de deux écrivains majeurs, l’un par l’œuvre qui a fait sa renommée, Jean Potocki et son </span><span>Manuscrit trouvé à Saragosse</span><span>, et l’autre, Jules Verne, par un livret d’opéra peu connu. Ils sont visités aussi en Russie pour montrer l’impact que la traduction de Galland a eu sur l’autonomisation de la fiction narrative. Les </span><span>xx</span><span>e</span><span> et </span><span>xxi</span><span>e</span><span> siècles sont abordés sous l’angle du féminin, par une lecture critique d’un article de dictionnaire, article bilan dans le champ littéraire français, et par l’examen d’un grand nombre d’écrivaines qui ont engagé une relation ludique, contestatrice ou décentrée avec le modèle pesant de la sultane. Présentons plus précisément ces contributions.</span></p><p><span>Les études réunies ici apportent de nouveaux éclairages par rapport aux </span><span>ouvrages </span><span>antérieurs, par des prolongements quand l’œuvre avait été déjà étudiée, ou par des mises à jour nouvelles de dialogues avec les </span><span>Nuits</span><span>.</span></p><p><span>Carole Boidin se propose de comparer </span><span>Les</span><span> </span><span>Mille et Une Nuits</span><span> à un autre ancêtre supposé de la fiction narrative, </span><span>L</span><span>’Âne d’or</span><span>. Ces deux recueils représentent l’énonciation des histoires par le biais de personnages conteurs, ce qui donne un accès figuré aux valeurs associées à ces récits dans leurs cultures d’origine. Si les auteurs de contes de fées y ont vu des préfigurations étranges de leurs « contes de nourrice », il n’est pas sûr que la féminité de Schéhérazade ou de la vieille qui raconte l’histoire de Psyché soit univoque. Elle n’est que l’un des éléments combinés pour construire des figures d’énonciation qui correspondent, dans chaque œuvre, aux effets recherchés par le discours. La vieille de </span><span>L’Âne d’or</span><span> peut ainsi être perçue à la fois comme une énonciatrice à l’autorité déconstruite, porteuse de </span><span>fabulæ</span><span>, et comme une défiguration de l’autorité philosophique. La construction de Schéhérazade correspond sans doute à une tout autre logique, à la fois de l’ordre de la variation folklorique et du jeu sur un imaginaire plus lettré. Notre ensemble s’ouvre donc par cette interrogation sur les formes narratives anciennes bien avant que, selon la formule consacrée, les </span><span>Nuits</span><span> soient « offertes » au monde occidental par Antoine Galland. Ce regard oblige à un redimensionnement de nos appréciations.</span></p><p><span>Olivier Besuchet, quant à lui, s’intéresse à Jean Potocki, cet écrivain polonais de langue française du </span><span>xviii</span><span>e</span><span> siècle. « Le Barbier de Saragosse » propose une étude de cas centrée sur la comparaison de deux séquences narratives analogues : l’une dans </span><span>Les Mille et Une Nuits</span><span>, dans la traduction d’Antoine Galland, l’autre dans le </span><span>Manuscrit trouvé à Saragosse</span><span> (version de 1810)</span><span> </span><span>de Jean Potocki. Olivier Besuchet met en évidence la reprise par Potocki d’un personnage des </span><span>Nuits</span><span>, le barbier dans l’« Histoire que raconta le tailleur » (CLVII</span><span>e</span><span> nuit), mais aussi de sa fonction diégétique – le récit du barbier retient son malheureux interlocuteur – et d’une de ses caractéristiques – sa présence à plusieurs niveaux narratifs (dans le récit enchâssé aussi bien que dans le récit enchâssant). Or, la description des attributs structurels de ce personnage déborde le cadre d’une stricte analyse des formes. Elle ouvre à une interprétation, d’une part, du regard que porte Jean Potocki sur l’espace qui a vu naître </span><span>Les Mille et Une Nuits</span><span> et, d’autre part, des figurations de cet espace au sein du </span><span>Manuscrit trouvé à Saragosse</span><span>. Dans le roman de Potocki, les structures, les séquences, les personnages orientaux sont transposés dans un cadre occidental et reliés à une tradition européenne. Interrogeant les frontières entre l’Orient et l’Occident, le </span><span>Manuscrit trouvé à Saragosse</span><span> met en évidence l’interpénétration de ces deux cultures.</span></p><p><span>Victoire Feuillebois interroge le succès rencontré par la traduction d’Antoine Galland et son devenir. En effet, </span><span>Les Mille et Une N</span><span>uits</span><span> ont eu un succès considérable dès le </span><span>xviii</span><span>e</span><span> siècle en Russie : diffusé dans le pays dès la traduction Galland de 1704, le texte est lu, repris et réécrit par plusieurs générations d’écrivains russes, qui profitent du succès de la fiction arabe à une époque où une vraie littérature russe moderne commence à peine à se former. Pourtant, cet héritage des </span><span>Mille et Une Nuits</span><span> en Russie a été largement minoré dans la seconde moitié du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle, et surtout au </span><span>xx</span><span>e</span><span> siècle : pour des raisons idéologiques, les critiques ont souvent nié l’importance de ce texte apparemment frivole dans la consolidation du canon littéraire. Dans le champ intellectuel soviétique par exemple, on étudie uniquement les fictions orientales qui présentent un message politique ou philosophique visant à critiquer le pouvoir en place ou à éduquer le lecteur, tandis que les mêmes critiques rejettent les autres réécritures des </span><span>Nuits </span><span>comme des fantaisies indignes de l’attention des lecteurs d’hier et d’aujourd’hui. L’objet de cette étude est donc de souligner que, contrairement à ce qui est parfois soutenu, les différents auteurs qui reprennent </span><span>Les</span><span> </span><span>Mille et U</span><span>ne Nuits</span><span> se rejoignent sur l’usage qui peut être fait de l’œuvre comme un moyen d’affirmer, contre l’exigence didactique, la nécessité de la fiction plaisante et donc de justifier leur statut d’auteurs d’histoires inventées.</span></p><p><span>Évanghélia Stead indique tout d’abord brièvement l’intérêt de la tradition littéraire de </span><span>La Mille et Deuxième Nuit</span><span> comme moyen de confrontation entre le vaste cycle des contes orientaux et la fiction occidentale qui se donne l’ambition de l’égaler en s’en inspirant. Puis elle attire l’attention sur l’inventivité du livret de Jules Verne, </span><span>La Mille et Deuxième Nuit</span><span>, conçu sur une musique d’Aristide Hignard</span><span>, aujourd’hui perdue, en en proposant une étude articulée autour de plusieurs points : * le livret confirme l’analyse psychanalytique du récit-cadre des </span><span>Nuits</span><span> par Bettelheim mais l’infirme aussi ; en mettant à nu le mal d’un sultan toujours non guéri de son trauma à la fin des </span><span>Nuits</span><span>, Verne transfère subtilement le débat sur les rapports entre fiction et réalité et le problème de la création, auquel se confrontent Schahriar et Schéhérazade, deux personnages également malades et amnésiques ; *le dénouement insiste sur la polysémie du langage ; la question de la création de la fiction est au premier plan ; * il émane enfin de ce livret un portrait complexe et précoce de Schéhérazade, auteur dans la modernité par sa mainmise sur la réalité, sa science subtile de l’amour et du désir, son maniement du paradoxe. Verne utilise aussi symboliquement le jeu des échecs pour transposer la confrontation amoureuse, une scène que l’industrie cinématographique du </span><span>xx</span><span>e</span><span> siècle privilégiera</span><span>. L’auteur évalue en dernier lieu les dettes de Verne à l’égard de Gautier, son emprunt du titre, l’étrange suspension temporelle dans laquelle il installe l’opérette (</span><span>Nuits</span><span> closes et ouvertes à la fois), et le motif du livre des </span><span>Nuits</span><span> apporté au sultan, unique semble-t-il dans la tradition française à l’époque de cette petite création, assurément d’un intérêt particulier dans le corpus de </span><span>La Mille et Deuxième Nuit</span><span>.</span></p><p><span>Cyrille François tente d’embrasser « le mythe de Schéhérazade » tel qu’il est présenté dans le </span><span>Dictionnaire des mythes féminins</span><span> de 2002, entrée remarquée de la sultane dans une entreprise de ce type et légitimation de son existence littéraire. L’article commence par ébaucher les contours du mythe littéraire de Schéhérazade à partir d’une approche critique de l’article « Schéhérazade » signé par Marie-France Rouart dans ce </span><span>Dictionnaire</span><span>,</span><span> </span><span>et fait apparaître la sollicitation importante de l’ouvrage de Hiam Aboul-Hussein et Charles Pellat, </span><span>Chéhérazade, personnage littéraire</span><span>, et les interprétations qu’elle entraîne. À partir de la lecture de ces deux études, l’article propose de se démarquer d’une lecture féministe trop systématique et de pointer les problèmes épistémologiques liés à la délimitation du corpus et à l’absence de distinction entre les différents types de réécritures.</span></p><p><span>C’est aussi dans cette perspective « féminine » et/ou « féministe » que Christiane Chaulet Achour conclut cet ensemble en privilégiant un corpus de quatorze écrivaines contemporaines françaises, francophones ou traduites en français (cinq romancières algériennes, une Chilienne, une Égyptienne, quatre Françaises, une Italienne, une Syrienne et une Tunisienne), avec comme objectif d’interroger le « féminisme » affirmé de l’œuvre en le confrontant aux relations que ces écrivaines entretiennent avec le texte même, du devenir de la Sultane à l’emprunt de telle ou telle stratégie narrative et tel ou tel motif. Ce choix exclusif d’écrivaines tente de croiser le critère du genre avec des modalités de réécriture pour poursuivre une classification des modes de prolongement des </span><span>Nuits</span><span>, par clins d’œil, citations, reprises et transformations. Ces clins d’œil ou réécritures sont fortement indexés à l’actualité personnelle ou collective de l’écrivaine.</span></p><p><span>Ces différents articles qui sollicitent des corpus très divers à partir d’une source commune manifestent trois convergences, chacun d’eux en illustrant au moins deux.</span></p><p><span>La première est l’intérêt porté à l’œuvre d’Antoine Galland et la capacité qui fut la sienne de faire sortir les contes de leurs espaces privilégiés, indo-perso-arabes, et de permettre qu’ils influencent les créations en Occident. Seule la première contribution s’en démarque puisqu’elle travaille à une comparaison de </span><span>L’</span><span>Â</span><span>ne d’or</span><span> d’Apulée et de versions arabes anciennes.</span></p><p><span>La seconde convergence est l’interrogation de la figure de la sultane comme représentative de la féminité. Le travail sur les textes anciens vient ici s’inscrire en contradiction avec l’interprétation très prisée depuis le </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle du « féminisme » de Shahrazade. Les </span><span>xx</span><span>e</span><span> et </span><span>xxi</span><span>e</span><span> siècles semblent, eux aussi, nuancer cette lecture dominante. Ainsi son féminisme est apprécié avec distance critique : parmi les « ruses » des femmes, elle apparaîtrait comme la plus rusée ; parmi les motifs des </span><span>Nuits</span><span>, elle ne pourrait être isolée de son époux, de sa sœur et de toutes les histoires dont elle est la mémoire et la voix ; elle est un élément d’un ensemble qui ne peut être dissocié des autres, sous peine de perdre tout pouvoir d’influence.</span></p><p><span>La dernière convergence est, enfin, celle de l’extraordinaire renouvel­lement des arcanes de la narration que les contes arabes ont développé chez les auteurs postérieurs à Galland : cette capacité de solliciter les imaginaires est, sans aucun doute, une des raisons de leur succès si pérenne. </span><span>Les Mille et </span><span>Une Nuits</span><span> et les reprises légères ou profondes qui en sont faites disent le refus du renoncement à la fin de l’écriture : découvertes, lues, renaissantes et réécrites, elles continuent à être une figure forte de l’indissociabilité de la lecture et de l’écriture et des rapports féconds qu’entretiennent les cultures et les œuvres, en transgressant les frontières des ensembles littéraires « nationaux ».</span></p><p><span>Abdelfattah Kilito, s’interrogeant sur l’art du récit que les Occidentaux attribuent aux Arabes, expose son expérience personnelle de retour aux </span><span>Mille et Une Nuits</span><span>. Il découvre alors que les médiateurs de ces relectures ne sont pas arabes mais français. Ce sont les écrivains de </span><span>Zadig</span><span>, </span><span>Jacques le fataliste</span><span>, </span><span>Le Sopha</span><span>, </span><span>À </span><span>la recherche du temps perdu</span><span> ; ainsi que, durant les années </span><span>soixante, l’explosion des analyses textuelles où le corpus des contes</span><span><a id=""footnote-571-19-backlink"">19</a></span><span> s’empare du corpus des </span><span>Mille et Une Nuits</span><span><a id=""footnote-571-20-backlink"">20</a></span><span>. Il constate aussi que l’autre part, arabe, de sa culture, n’est pas pour grand-chose dans cet intérêt. S’interrogeant donc sur cette fascination de l’Europe pour ce qu’elle considère comme le monument de la culture arabe, il prend conscience qu’il s’insère en réalité « dans une tradition européenne qui avait commencé avec Galland ; autrement dit, je me suis placé en dehors de la littérature arabe ». Et poussant plus loin ce qui apparaît comme un paradoxe, il pose une question qui prête à débat</span><span> : « </span><span>[</span><span>…</span><span>]</span><span> </span><span>Les Nuits</span><span> font-elles partie de cette littérature ? Il me semble qu’elle peut s’en passer, et en r</span><span>éalité elle s’en est bien passé</span><span><a id=""footnote-571-21-backlink"">21</a></span><span>. »</span></p><p><span>Le changement d’attitude vis-à-vis des </span><span>Nuits</span><span> date d’un peu plus d’un siècle mais sans qu’il y ait véritablement désignation d’un modèle qui provoquerait le renouvellement des formes littéraires : « Grâce aux Européens, les Arabes se sont un beau jour brusquement aperçus qu’ils possédaient un trésor dont ils ignoraient la valeur</span><span><a id=""footnote-571-22-backlink"">22</a></span><span>. » Il affirme alors que la force des </span><span>Nuits</span><span> ne s’est pas encore véritablement </span><span>exercée sur les auteurs arabes qui n’entretiennent pas avec le monument la même complicité qu’un Borgès ou qu’un Proust : « Force est de dire que ce livre a eu un impact bien plus grand en Europe que dans le monde arabe. Pourtant il est (ou devrait être) l’une des principales fiertés des Arabes. »</span></p><p><span>Nos contributions corroborent en partie ces constats mais apportent un début de démenti à la superficialité que le monde arabe entretient aujourd’hui avec cette œuvre du passé.</span></p><p><span>Christiane Chaulet Achour</span></p><a id=""Ancrage""> </a><div class=""footnotes""><a id=""Ancrage""> </a><div><a id=""Ancrage""> </a><p><a id=""footnote-571-1""> 1</a><span>. Paul Hazard, </span><span>La</span><span> </span><span>Crise de la conscience européenne (1680-1715)</span><span>, Paris, Boivin, 1935, 3 vol., t. II, p. 179 </span><span>sq.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-571-2""> 2</a><span>. Les </span><span>Nuits </span><span>sont inscrites au programme de l’agrégation de Lettres modernes, en littérature comparée, à la fin des années 1980.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-571-3""> 3</a><span>. Edgard Weber (dir.),</span><span> Les Mille et Une Nuits, contes sans frontière</span><span>, Toulouse, Amam, 1995, actes du colloque de Toulouse de novembre 1993.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-571-4""> 4</a><span>. Jamel-Eddine</span><span> B</span><span>encheikh, </span><span>Les Mille et Une Nuits ou la Parole prisonnière</span><span>, Paris, Gallimard/NRF, 1988 ; Jamel-Eddine Bencheikh, Claude</span><span> B</span><span>rémond et André</span><span> M</span><span>iquel, </span><span>Mille et un contes de la nuit</span><span>, Paris, Gallimard/NRF, « Bibliothèque des idées », 1991.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-571-5""> 5</a><span>. </span><span>Les Mille et Une Nuits. Contes choisis</span><span>, édition de Jamel-</span><span>E</span><span>ddine </span><span>B</span><span>encheikh et André </span><span>M</span><span>iquel, Paris, Folio-Gallimard, 199";;;;;;;;; 537;1;3;27;Réforme(s) et hagiographie en occident du VIe au XIIIe siècle;N°62/2012;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les meilleurs spécialistes français et étrangers abordent les rapports complexes, entre les idéaux réformateurs à l'œuvre dans l'église médiévale, et l'écriture hagiographique, entre le VIe et le XIIIe siècle.</p>";"<p><br />Avant-propos<br /><strong>Stéphane Gioanni et Charles Mériaux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><br />Les <em>Dialogues</em> de Grégoire le Grand et leur postérité : une certaine idée de la réforme ?<br /><strong>Bruno Dumézil et Sylvie Joye</strong><br /><br />Hagiographie et réformes monastiques dans le monde franc du VIIe siècle<br /><strong>Anne-Marie Helvétius</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Réformer la vie monastique ou réformer l’Empire ? <em>La Vie d’Eigil de Fulda</em> par Brun Candidus (vers 840)<br /><strong>Klaus Krönert</strong><br /><br />Hagiographie et réforme en Bavière au tournant des VIIIe-IXe siècles<br /><strong>Maximilian Diesenberger</strong><br /><br />L’hagiographie contre la réforme dans l’Église de Lyon au IXe siècle<br /><strong>Marie-Céline Isaia</strong><br /><br />Les trois voies de la réforme dans l’hagiographie érémitique du XIIe siècle. Enquête sur la <em>Vita Bernardi Tironensis</em> (BHL 1251)<br /><strong>Patrick Henriet</strong><br /><br />Célébrer l’église, réformer la personne : la fête de la dédicace d’église dans <em>La Légende dorée</em> de Jacques de Voragine<br /><strong>Dominique Iogna-Prat</strong></p><p style=""text-align: center; padding-left: 30px;""><br /><br /><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Pillages et butins dans la représentation du pouvoir à l'époque carolingienne<br /><strong>Rodolphe Keller</strong><br /><br />Stratégies spatiales et temporelles dans la composition poétique et musicale des <em>conductus</em> parisiens au début du XIIIe siècle<br /><strong>Anne-Zoé Rillon-Marne</strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><br /><strong>POINT DE VUE</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Rome au Moyen Âge<br /><strong>Sylvain Parent</strong><br /><br /></p><p>Notes de lecture<br />Livres reçus</p>";;10/05/2012;62;155x220;196;978-2-84292-346-4;9782842923464;;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_537.gif;"<p><em>Maximilian Diesenberger</em></p><p><strong>Hagiographie et réforme en Bavière à la fin du VIIIe siècle</strong><em><br /></em></p><p>Les textes hagiographiques trouvent de nouvelles significations lors des périodes de grandes transformations sociales et politiques comme la Bavière en a connues dans les dernières décennies du viii<sup>e</sup> siècle. Après la chute du duc Tassilon III en 788 et l’avènement d’une période d’instabilité juridique dans la principauté, la <em>Vie</em> de saint Rupert a été remaniée à Salzbourg afin d’accompagner la confirmation des titres de propriété de l’église cathédrale. L’érection de Salzbourg comme siège métropolitain en 798 entraîna la composition d’un nouveau texte destiné à cimenter l’unité de la province autour de son nouvel archevêque, Arn. Au même moment, une collection de <em>Vies</em> d’évêques gaulois et francs a été rassemblée pour modeler les comportements des suffragants dans le sens de la réforme voulue par Arn. Dans les premières décennies du ix<sup>e</sup> siècle, une sélection d’<em>Actes</em> de martyrs fut aussi introduite dans un sermonnaire afin de diffuser de nouveaux modèles sociaux et politiques à destination cette fois-ci d’un public de grands aristocrates laïcs.</p><p> </p><p><em>Bruno Dumézil et Sylvie Joye</em></p><p><strong>Les Dialogues de Grégoire le Grand et leur postérité : une certaine idée de la réforme ?</strong></p><p>La réforme selon Grégoire le Grand, à la frontière entre l’Antiquité et le Moyen Âge, correspond à une volonté d’organisation et de correction, de remise en ordre, sans référence explicite ou régulière à un retour à une forme de communauté primitive idéale. Il s’agit davantage d’une remise en ordre morale du monde laïc, sur le modèle de ce monde monastique qui est, lui, le modèle très actuel dans lequel Grégoire s’est épanoui. L’hagiographie est bien propre à traiter ces aspirations, dont la radicalité est exprimée par la multiplicité et l’importance des miracles. Alors que leur abondance a longtemps jeté un doute sur la valeur des Dialogues, il conviendrait de considérer ces miracles plutôt comme les armes de Grégoire pour réformer les communautés chrétiennes. Le succès des Dialogues est d’emblée immense. Par l’étude de trois textes qui s’inspirent directement de ceux-ci (les Vies des Pères de Mérida, la Passion de Praejectus) ou traitent sur un mode hagiographique de la figure de Grégoire (la première Vie de Grégoire le Grand), on peut voir comment ces aspirations à une réforme sont reprises, ou non, dans l’hagiographie du siècle suivant.</p><p> </p><p><em>Anne-Marie Helvétius</em></p><p><strong>Hagiographie et réformes monastiques dans le monde franc au VIe siècle</strong><em><br /></em></p><p>Tandis que cohabitent diverses formes de monachisme dans le monde franc du vii<sup>e</sup> siècle, le rôle politique des monastères ne cesse de croître grâce au soutien des rois et de l’aristocratie. Une série de récits hagiographiques témoignent du lien étroit qui s’établit entre réforme monastique et unification politique. Dans cette perspective, la réforme acquiert parfois une dimension universelle : au-delà de la vie commune des moines, ce sont les valeurs chrétiennes et donc le comportement de tous les chrétiens que les hagiographes cherchent à corriger. La diversité des modèles présentés dans ces sources reflète celle des intérêts variés que ces textes servaient à défendre, y compris sous la plume d’un même auteur, comme en témoigne le cas de Jonas de Suse.</p><p> </p><p><em>Marie-Céline Isaïa</em></p><p><strong>L'hagiographie contre la réforme dans l'église de Lyon au IXe siècle</strong><em><br /></em></p><p>L'hagiographie, qui devient avec la fin du ix<sup>e</sup> siècle un discours normatif et le moyen d'inciter à la réforme monastique (Hincmar, Adon), n'est pas utilisée de la même façon par les réformateurs carolingiensde la première moitié du ix<sup>e</sup> siècle. Elle traduit plutôt la réticence de certaines communautés face à cette réforme permise par l'appesantissement de l'autorité épiscopale : l'attachement des chanoines de Saint-Just par exemple à des cultes anciens (saint Galmier, saint Just) et aux textes archaïques qui les mentionnent, peut témoigner d'une forme de résistance passive face à une réforme voulue par Leidrade et Charlemagne.</p><p> </p><p><em>Patrick Henriet</em></p><p><strong>Les trois voies de la réforme dans l'hagiographie érémitique du XIIe siècle : enquête sur la Vita Bernardi Tironensis (BHL 1251)</strong><em><br /></em></p><p>Cet article étudie le concept de réforme dans la <em>Vita Bernardi Tironensis</em> (<em>BHL</em> 1251), un texte consacré au fondateur de l’abbaye de Tiron (région du Perche), Bernard d’Abbeville († 1116 ou 1117), et rédigé par le moine Geoffroy le Gros entre 1137 et 1149. On a voulu ici prolonger une réflexion entamée ailleurs sur le concept de réforme en contexte « grégorien ». La <em>Vita Bernardi</em>, consacrée à l’un des plus célèbres <em>Wanderprediger</em> actifs au tournant des xi<sup>e</sup> et xii<sup>e</sup> siècle, célèbre en particulier pour ses interventions contre le mariage des prêtres, développe-t-elle le concept d’une <em>reformatio</em> de l’Église universelle, ou privilégie-t-elle un cadre local et une conception plus traditionnelle de la <em>re-formatio</em> comme conversion individuelle et retour à Dieu ? Dans cette optique, on étudie successivement la réforme intérieure, celle des institutions particulières (les monastères), et enfin celle de l’Église dans son ensemble. Sans minorer l’originalité de cette remarquable <em>Vita</em>, à bien des égards très différente de celles que produisaient, par exemple, les milieux clunisiens quelques décennies plus tôt, on insiste pour terminer sur le fait qu’il convient sans doute de parler ici, au moins autant que d’une hagiographique au service de la réforme, d’une certaine instrumentalisation de l’idéal réformateur, mis au service d’une construction mémoriale locale.</p><p> </p><p><em>Dominique Iogna-Prat</em></p><p><strong>Célébrer l'église, réformer la personne : la fête de la dédicace d'église dans La Légende dorée de Jacques de Voragine</strong><em><br /></em></p><p>La sainteté dont il est question dans cette étude est largement paradoxale dans la mesure où la tradition chrétienne a fait d’un objet (l’église, honorée comme un saint à l’occasion de l’anniversaire de la fête de dédicace) un véritable sujet. En célébrant, comme le fait Jacques de Voragine dans la <em>Légende dorée</em>, une église « anthropisée » c’est la personne même du fidèle qu’il s’agit de réformer.</p><p> </p><p><em>Klaus Krönert</em></p><p><strong>Réformer la vie monastique ou réformer l'Empire ? La Vie d'Eigil de Fulda par Brun Candidus (vers 840)</strong><em><br /></em></p><p>Quelle fonction la <em>Vie</em> d’Eigil de Fulda rédigée vers 840 par Brun Candidus pouvait-elle avoir dans la société de l’époque ? Le texte (<em>BHL</em> 2440-2441) relate de manière détaillée, en prose et en vers avec de surcroît une série d’enluminures, la situation critique que la communauté de Fulda a connue lors des réformes de 816/817 sous l’abbatiat de Ratgar, la destitution de ce dernier par Louis le Pieux, l’élection du nouvel abbé, Eigil, ainsi que son abbatiat qui parvint à sortir la communauté de la crise. Eigil est décrit comme un abbé qui a dirigé ses moines avec amour, sagesse et fermeté, qui a été à l’écoute des frères et qui a parfaitement répondu aux exigences de l’empereur, de sorte qu’il fît régner la paix et la concorde. Ce n’est cependant pas la crise de 816/817 qui préoccupait Brun Candidus lors qu’il écrivit cette <em>Vie</em>, mais les crises dans lesquelles la communauté de Fulda et l’Empire se trouvaient plongés dans les années 830 : les conflits liés aux thèses hérétiques du moine Gottschalk et la guerre civile entre Louis le Pieux et ses fils. À tous les acteurs de cette nouvelle période sombre, l’hagiographe proposait un modèle de bonne gouvernance, fondée sur la concorde, la charité, la sagesse, mais aussi sur la pratique de la correction et la recherche du consensus.</p><p> </p><p><strong> </strong></p><p><strong><br /></strong></p>";;"<p><em>Maximilian Diesenberger</em></p><p><strong>Hagiography and reform in 8th and 9th century Bavaria</strong></p><p>Hagiographical texts are finding new meaning in times of great social and political changes. That was the case of Bavaria in the last decades of the 8th century. After the fall of duke Tassilo III in 788 and the advent of a period of legal instability, the <em>Life</em> of Saint Rupert in Salzburg has been rewroten to confirm the properties of the cathedral. The erection of Salzburg as a metropolitan see in 798 led to the composition of a new text to cement the unity of the province around its new archbishop, Arn. At the same time, a collection of <em>Lives</em> of gallic and frankish bishops was collected to model the behavior of the bavarian bishops in the direction of the reform desired by Arn. In the first decades of the 9th century, a selection of <em>Acts</em> of martyrs was also introduced into a sermon collection to disseminate new models of social and political practices into an audience of lay aristocrats.</p><p> </p><p><em>Bruno Dumézil and Sylvie Joye</em></p><p><strong>Gregory the Great’s <em>Dialogues</em> and their legacy : something like reform ?</strong></p><p>Reform, according to Gregory the Great, between Antiquity and Middle Ages, must be understood as a will of organization and correction, of restructuration, without a strong reference to the apostolic golden age of an ideal primitive community. It deals much more with a moral reform of the lay world, based on the model of monastic world. That was indeed the very model in which Gregory found his full bloom earlier. Hagiography is a very appropriate genre to express these aspirations, as the multiplicity and the importance of the miracles is a proper way to show their radicality. The <em>Dialogues’</em> authenticity was questioned for long because of the many miracles, nevertheless these should better be understood as Gregory’s arms to reform christian communities. The <em>Dialogues’</em> success is huge at once. A study about three texts either directly inspired by the <em>Dialogues</em> (<em>Vitae sanctorum patrum Emeretensium, Vita Praeiecti</em>) or dealing with Gregory’ life itself (<em>Vita Gregorii</em>) allows us to see whether hagiography of the next century resumed the aspirations to reform or not.</p><p> </p><p><em>Anne-Marie Helvétius</em></p><p><strong>Hagiography and monastic reforms in the seventh century Frankish world</strong></p><p>During the 7th century, the Frankish world hosted various forms of monasticism; meanwhile, as kings and the aristocracy supported the monasteries, their political role continuously grew up. A range of hagiographic narrative stresses out the close link between monastic reform and political unification. In this prospect, monastic reform sometimes aimed a larger audience: beyond the monastic way of life, the hagiographers define a system of Christian virtues that would be able to correct the behaviour of every faithful. In this matter, hagiographical sources offer a wide diversity of conceptions as they supported various peculiar interests; this seems obvious when we read an author like Jonas of Susa.</p><p> </p><p><em>Marie-Céline Isaïa</em></p><p><strong>Hagiography and resistance to reform in the Bishopric of Lyon (9th century)</strong></p><p>Hagiography becomes with the late ninth century a normative discourse and the means of monastic reform (Hincmar, Adon): curiously, during the first half of the ninth century, it is not used on the same way by Carolingian reformers. On the opposite, it may reflect the reluctance of some communities against this reform imposed by the episcopal authority: for example, the attachment of the canons of Saint-Just to their ancient patrons (St. Galmier, St. Just) and to their archaic Vitae may reflect a form of passive resistance against the reform desired by Charlemagne and Leidrade</p><p> </p><p><em>Patrick Henriet</em></p><p><strong>The three ways of reform in eremitic hagiography of the 12th century. Some reflections about the <em>Vita Bernardi Tironensis</em> (<em>BHL</em> 1251).</strong></p><p>This paper deals with the concept of reform in the <em>Vita Bernardi Tironensis</em> (<em>BHL</em> 1251), a text about the founder of Tiron’s abbey, Bernard of Abbeville(† 1116 or 1117) written by the monk Geoffroy “the Fat” between 1137 and 1149. I tried here to follow some reflections that I begun elsewhere about the concept of reform in the « gregorian context ». We try to see if the Vita Bernardi, devoted to one of the most famous Wanderprediger of the 11-12th centuries, a man renowned for his fight against married priests, develops the concept of a <em>reformatio</em> of the universal Church, or if at the contrary it favors a local framework and a more traditional conception of the <em>re-formatio</em>, understood as an individual conversion and a return to God. With this in mind, I study successively interior reform, reform of the monasteries and at last reform of the whole Church. Without reducing the originality of this most remarkable <em>Vita</em>, in many ways quiet different of “cluniac” hagiography, I insist in the ending on the fact that it is accurate to speak not so much of an hagiography serving the Reform, but at the contrary of a kind of instrumentalization of the Reform ideal, used to serve a memorial and local purpose. </p><p> </p><p><em>Dominique Iogna-Prat</em></p><p><strong>Celebrating the church, reforming the person. The feast of the dedication of a church in the<em> Golden Legend</em> of Jacques de Voragine</strong></p><p>The sort of sanctity that this study addresses is paradoxical in that the Christian tradition makes of an object (a church, honored as if a saint on the occasion of the anniversary of the feast of its dedication) a veritable subject. As Jacques de Voragine did in his Golden Legend by celebrating an “anthropomorphized” church, the reform implied by the dedication is of the very person of the church’s faithful.</p><p> </p><p><em>Klaus Krönert</em></p><p><strong>Reforming monastic life or reforming Empire ? The <em>Life</em> of Eigil of Fulda by Brun Candidus (c. 840)</strong></p><p>The <em>Life</em> of Eigil of Fulda written by Brun Candidus (about 840) – is focused on the function that this <em>Life</em>, which is devoted to the fourth abbot of Fulda, had in the society of that time. The text (<em>BHL</em> 2440-2441) relates, with many details, in prose and in verses and illustrated by a series of miniatures, the critical situation which the community of Fulda had experienced during the reform of 816/817 under abbot Ratger, his deposition by Louis the Pious, the election of a new abbot, Eigil, and how the latter succeeded in guiding his community out of the crisis. Eigil is described as an abbot who was leading his monks with love, wisdom and firmness, who was listening to his brothers and who came up the expectations of the emperor, so that he restored peace and concord. However, it was not the crisis of 816/817 that was worrying Brun Candidus, when he was writing this <em>Life</em>, but new crises in which the community of Fulda and the Empire were involved in the third decade of the 9th century: the conflict concerning the heretic positions of the monk Gottschalk and the civil war among Louis the Pious, his sons and their allies. The hagiographer proposed to all these actors of this new dark period a model of a good government, founded on concord, charity, wisdom, the practice of correction and the quest for consensus.</p>";326;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les vagues successives de réforme de l’église se sont accompagnées, tant au sein des institutions ecclésiastiques, que pour l’ensemble des fidèles, d’un renouveau du culte des saints et de la production hagiographique. <br />Inversement, et paradoxalement, les hagiographes se sont saisis de l’occasion pour transmettre et, dans certains cas, élaborer les idéaux réformateurs de leur temps. <br />Ce dossier montre que la perception et les représentations des nouveaux modèles de sainteté demeurent un enjeu crucial pour tous les types de réformes. En raison même de sa diversité et de son caractère parfois insaisissable, le discours hagiographique constitue donc un laboratoire idéal pour observer les multiples façons dont se construit la légitimité d’une réforme, entre le VIe et le XIIIe siècle. <br /><br /></p>";;06/02/2012 15:05;0;Première édition; 538;2;3;22;Abécédaire, de Vincennes à Saint-Denis;;;;"<p>De A à Z un abécédaire illustré déclinant certains mots qui ont compté dans l’histoire de l’Université de Paris 8 au temps où elle s’appelait Vincennes.</p>";;;10/06/2012;0;195x185;84;978-2-84292-270-2;9782842922702;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_538.jpg;;;;242;9.00;"<p>Ceci n'est pas une histoire de Vincennes. Rien qu'un évident clin d'oeil à l'un de ses acteurs de premier plan à la faveur duquel on s'est essayé à décliner quelques-uns des mots de Vincennes.<br />Certains sont à ce point datés qu'ils pourront paraître opaques à qui les découvrira ici. D'autres, au contraire, constituent des enjeux perpétués, au prix il est vrai de possibles perversions du sens.<br />D'autres, encore, demeurent des mots de Paris 8 devenu Vincennes à Saint-Denis. Des mots que l'université s'honore aujourd'hui d'arborer pour hautement signifier ce qui la distingue.</p>";;10/04/2012 16:50;1;Première édition;3377 539;2;3;14;Rohmer, ou le Jeu des variations;;;;"<p>Évocation des incessants allers et retours d’Eric Rohmer entre théorie et pratique, dans son œuvre ainsi que dans nombre de ses écrits.</p>";"<p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>VUE D'ENSEMBLE</strong></p><p class=""Tdmarticle""><em><strong>Patrick Louguet</strong></em><br />L’œuvre de Rohmer :une politique cinématographique qui tient parole</p><p class=""Tdmarticle""><strong><em>Didier Coureau</em></strong><br />Petite anthologie de l’ontologie rohmérienne <br /> (<em>Variations sur l’être de l’art, du cinéma et du monde</em>) </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>FLÂNERIES</strong></p><p class=""Tdmarticle""><em><strong>Suzanne Liandrat-Guigues</strong></em><br />Une moderne flânerie (Le Signe du Lion)</p><p class=""Tdmarticle""><em><strong>Alban Pichon</strong></em><br />Flâneries désaccordées (Les Rendez-vous de Paris) </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>INTERMITTENCES</strong></p><p class=""Tdmarticle""><em><strong>Claire Mercier</strong></em><br />L’action et le geste . (Le Genou de Claire) </p><p class=""Tdmarticle""><em><strong>Robert Bonamy</strong></em><br />Accords affectifs : variations chromatiques et mise en série des espaces périphériques (L’Ami de mon amie) </p><p class=""Tdmarticle""><strong><em>Frédéric Sabouraud</em></strong><br />Suspense et mise à l’épreuve des croyances <br /> (<em>Les Nuits de la pleine lune</em> – <em>Le Rayon vert</em> – <em>Pauline à la plage</em>) </p><p class=""Tdmarticle""><em><strong>Patrick Louguet</strong></em><br />Automobile vs cyclomoteur : poursuite urbaine et course terminale <br /> (<em>Ma nuit chez Maud</em>) </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>TEMPS ANCIENS</strong></p><p class=""Tdmarticle""><strong><em>Esra Aykin</em></strong><br />Une danse d’ombre et de lumière au bord du gouffre <br /> (<em>La Marquise d’O</em>…) </p><p class=""Tdmarticle""><strong><em>Pierre-Éric Jel</em></strong><br />D’exquises manières pour de délicieuses sensations <br /> (<em>Les Amours d’Astrée et de Céladon</em>) </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>LA FABRIQUE<br /></strong></p><p class=""Tdmarticle""><strong><em>Prosper Hillairet</em></strong><br />Répétitions et circularités rohmériennes <br /> (<em>Place de l’Étoile</em>, <em>La Boulangère de Monceau</em>) </p><p class=""Tdmarticle""><strong><em>Jean-Paul Fargier</em></strong><br />Le pari de la mise en scène (Ma nuit chez Maud) </p><p class=""Tdmarticle"">La fabrique d’Éric Rohmer <br /> Entretien de Paul Lacoste avec Renato Berta, chef-opérateur des <em>Nuits de la pleine lune</em></p><p> </p><p>Bibliographie <br />Filmographie <br />À propos des auteurs </p>";;10/09/2012;0;137X220;292;978-2-84292-347-1;9782842923471;0;248-4679;Presses Universitaires de Vincennes;img_539.jpg;"<p>On doit à Rohmer d'avoir scandé notre époque par des séries bien connues : Contes moraux, Comédies et proberbes, Contes des quatre saisons. Dans les films qui les composent, il se plut à capter l'air du temps, en fin observateur des comportements sociaux. S'attachant à la jeunesse, il parcourut aussi toute la gamme du sentiment amoureux.</p><p>Rohmer réalisateur eut, parallèlement, une activité d'écrivain et de critique, et il nous a laissé nombre d'écrits sur l'art du cinéma, parfois contradictoires en apparence.</p><p>Revenant sur le sens de son oeuvre-ses textes donc, mais aussi ses films-, les auteurs ont fait un pari: qu'à l'intérieur même des créations rhomériennes il existe des variations sérielles aux significations multiples. Ce sont elles que le lecteur est invité à découvrir.</p>";;;416;23.00;"<!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Times; panose-1:2 0 5 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536870145 1791491579 18 0 131231 0;} @font-face {font-family:Verdana; panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-1593833729 1073750107 16 0 415 0;} @font-face {font-family:""Cambria Math""; panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;} @font-face {font-family:Cambria; panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536870145 1073743103 0 0 415 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family:Cambria; mso-ascii-font-family:Cambria; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-hansi-font-family:Cambria; mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;} p {mso-style-noshow:yes; mso-style-priority:99; mso-margin-top-alt:auto; margin-right:0cm; mso-margin-bottom-alt:auto; margin-left:0cm; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:Times; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} .MsoChpDefault {mso-style-type:export-only; mso-default-props:yes; font-family:Cambria; mso-ascii-font-family:Cambria; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-hansi-font-family:Cambria; mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-theme-font:minor-bidi;} @page WordSection1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.WordSection1 {page:WordSection1;} --><p><span style=""font-family: Verdana;"">Reproductions couleur tirées de <em><span style=""font-family: Verdana;"">Reinette et Mirabelle</span></em>, <em><span style=""font-family: Verdana;"">Les Amours d’Astrée et Céladon</span></em>, <em><span style=""font-family: Verdana;"">Pauline à la plage</span></em>, <em><span style=""font-family: Verdana;"">Les Rendez-vous de Paris </span></em>(entre autres). Entretiens de quatre des auteurs, artistes, réalisateurs de films ou d’art vidéo autour de l’œuvre du cinéaste.</span></p>";;10/04/2012 17:32;1;Première édition;3689 540;2;3;16;Là où je ne suis pas;Récits de dévoyage;;;"<p>Réflexion sur l’effritement du récit et de la raison du voyage dans la littérature moderne.</p>";"<p class=""Tdmtitre""><strong>Prologue. </strong>Et ce voyage, mais où est il, ce voyage ? </p><p class=""Tdmtitre"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 1. <br /> Du voyage. Trouble du récit</strong></p><p class=""Tdminter"">« Incroyance » : la lettre du voyageur </p><p class=""Tdminter"">La nausée du voyage </p><p class=""Tdminter"">Le récit de voyage manqué </p><p class=""Tdminter"">Paysage défait </p><p class=""Tdmtitre"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 2. <br /> De l’autre côté du miroir. Le non-lieu</strong></p><p class=""Tdminter"">Là où je ne suis pas </p><p class=""Tdminter"">Mort à Sfax </p><p class=""Tdminter"">De l’autre côté du miroir </p><p class=""Tdmtitre"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 3. </strong><strong>Terra cognita</strong><strong>. <br /> Figures du voyageur absolu</strong></p><p class=""Tdminter"">Le tour du monde, « mathématiquement » </p><p class=""Tdminter""><em>Imago mundi</em> </p><p class=""Tdminter"">Omnivoyance </p><p class=""Tdminter"">Jour fantôme</p><p class=""Tdmtitre"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 4<br /> Le voyageur traducteur. Topographies mélancoliques</strong></p><p class=""Tdminter"">La loi de Babel </p><p class=""Tdminter""><em>Barbarus hic ego</em> </p><p class=""Tdminter"">Exotisme, mélancolie du dictionnaire </p><p class=""Tdminter"">Expatriation </p><p class=""Tdmtitre"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 5<br /> De l’autre. Espèces et espaces</strong></p><p class=""Tdminter"">Être autre : de l’étranger à l’étrange </p><p class=""Tdminter"">Lieux de vertige : l’animal </p><p class=""Tdminter"">Le regard du chat </p><p class=""Tdminter"">Où sont les hippopotames ? </p><p class=""Tdminter"">Les mots, les animaux </p><p class=""Tdmtitre"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 6<br /> Utopies, dystopies, atopies. Lieux de mémoire et d’oubli</strong></p><p class=""Tdminter"">Cartes postales pour Valène </p><p class=""Tdminter"">L’utopie impossible </p><p class=""Tdminter"">L’arrière des villes </p><p class=""Tdminter"">Zones blanches, zones aveugles </p><p class=""Tdminter"">Épilogue <br /> La carte du Colisée, ou l’autre du voyage </p><p class=""Tdminter""><em> </em></p><p class=""Tdminter""><em>Bibliographie </em></p>";;10/09/2012;0;137x220;310;978-2-84292-348-8;9782842923488;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_540.gif;"<p>""Et ce voyage, mais où est-il ce voyage ?"" Reprenant la question obsédente du narrateur dans <em>Ecuador</em>, l'auteur s'interroge sur le devenir du voyage, comme récit et comme relation à l'Autre, dans la littérature moderne. Puisqu'il n'y aurait plus de <em>terrae incognitae</em>, plus ces ""coffrets magiques aux promesses rêveuses"", où éprouver désormais la réalité de l'ailleurs, et comment en rendre compte ?</p><p>Tour à tour, Verne, Freud, Michaux, Sartre, Perec, Toussaint, Chevillard, Rolin et d'autres encore sont convoqués et revisités. Sous leur plume, ce ne sont que temps improductif, départs sans arrivées, espaces incompris et paysages défaits.</p><p>Un genre nouveau est bel et bien né: le récit de dévoyage conduisant à la quête d'un soi, maigre, inquiet et fantomatique. Le présent ouvrage en témoigne avec finesse.</p>";;;444;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Le propos se construit autant autour d’une relecture de certains textes canoniques (<em>Le Tour du monde en 80 jours</em><em></em>,<em> La Nausée</em>,<em> La Vie mode d’emploi</em>) qu’autour d’un corpus encore peu étudié (une lettre de Freud, certains textes de Michaux, un récit posthume de Sartre). Est également abordée une écriture “extrême-contemporaine”, avec des auteurs comme Jean-Philippe Toussaint, Éric Chevillard, Olivier Rolin, François Bon, Philippe Vasset.</p>";;10/04/2012 17:59;0;Première édition;3643 541;1;3;28;New perspectives of genericity at the interfaces;N°41/2012;;;"<p>Le numéro recueille des recherches récentes sur la généricité, à l'interface entre sémantique, pragmatique et cognition.</p>";"<p><strong>Alda Mari</strong></p><p>Présentation</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>James Hampton</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Generics as reflecting conceptual knowledge</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sarah-Jane Leslie </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Generics articulate default generalizations</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sandeep Prasada</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Mechanisms for characterizing kinds and classes</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Ariel Cohen</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Generics as modals</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Christian Retoré</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Variable types for meaning assembly: a logical syntax for generic nouns phrases introduced by <em>most</em></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Alice ter Meulen</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Generic in information structure</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Olga Borik and Teresa Espinal</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">On definite kinds</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Alda Mari</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">A note on generic quantification and the ontology of <em>twins</em> and <em>bikinis</em></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> Yael Greenberg</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Genericity and (non)accidentalness</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> Svetlana Vogeleer</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Habituals with indefinite singular objects: aspect and modality</p>";;10/10/2012;41;155x220;192;978-2-84292-350-1;9782842923501;2;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_541.gif;"<p><em>James Hampton</em></p><p><strong>Generics as reflecting conceptual knowledge</strong></p><p>Nous proposons que les génériques reflètent la nature du système conceptuel, qui, par ses structures prototypiques et ses frontières vagues, déstabilise les traitements logiques traditionnels. Les représentations conceptuelles contiennent les informations que l’on considère pertinentes et appropriées pour comprendre et se familiariser avec le concept en question. Ces informations incluent des traits fondamentaux et ontologiques, ainsi que des informations sur la forme ordinaire ou typique que peuvent prendre les exemplaires du concept, et tout autre information qu’il est important de connaître. Nous utilisons des exemples de la littérature de psychologie pour illustrer la relation qui existe entre les génériques et les erreurs de raisonnement qui peuvent se produire à cause de la dépendance des concepts liés à la notion de similitude. Afin de comprendre la logique des génériques, nous devrions donc nous intéresser aux processus par lesquels les information s’attachent et s’intègrent à la représentation d’un concept.</p><p> </p><p><em>Sarah-Jane Leslie </em></p><p><strong>Generics articulate default generalizations</strong></p><p>Les phrases génériques expriment des généralisations sur les espèces, comme « <em>les tigres ont des rayures</em> », « <em>les canards pondent des œufs</em> », « <em>les tiques transmettent la borréliose</em> ». Je présente et examine de nouvelles données d’adultes et d’enfants qui suggèrent que les génériques expriment des généralisations cognitivement par défaut – c’est-à-dire qu’ils expriment sur les espèces des généralisations basiques et précoces du point de vue du développement. Au contraire, les énoncés quantifiés expriment des généralisations cognitivement plus élaborées et ardues. D’autres données suggèrent que les généralisations génériques ne dépendent pas uniquement de la prévalence. Ces généralisations fondamentales sont plutôt sensibles à un certain nombre de facteurs liés au contenu, comme la possibilité que la propriété en question soit dangereuse ou bien surprenante, ou qu’elle est une propriété essentielle et caractéristique de l’espèce. Cela suggère que notre moyen le plus basique de former des généralisation inductives est sensible à des facteurs sémantiques riches.</p><p> </p><p><em>Sandeep Prasada</em></p><p><strong>Mechanisms for characterizing kinds and classes</strong></p><p>Cet article examine brièvement les recherches récentes relatives aux mécanismes conceptuels qui nous permettent de représenter les connaissances génériques qui sous-tendent et contraignent le langage générique. Il apparaît que nos systèmes conceptuels fournissent du manière formellement distinctes de représenter les multiplicités – en tant qu’espèces et en tant que classes. Les espèces s’expriment via des catégories nominales alors que les classes s’expriment via des syntagmes nominaux. Par ailleurs, alors que les espèces peuvent être caractérisées par des connexions de sens, des connexions statistiques et des connexions causales, les classes peut être caractérisées seulement par ces deux dernières. Nous proposons que les espèces sont représentées via un mécanisme génératif qui est, en principe, capable de générer une infinité dénombrable de représentations. Nous proposons également que la distinction entre espèces et classes rend compte des phénomènes que l’on analyse habituellement en termes d’espèces bien établies ou non.</p><p> </p><p><em>Ariel Cohen</em></p><p><strong>Generics as modals</strong></p><p>Une conception courante des génériques est qu’ils expriment une quantification universelle sur des individus normaux. Je réfute cette approche et démontre que la quantification n’est ni universelle ni sur des individus normaux.</p><p>Concernant l’universalité, les génériques ne répondent pas aux tests standards de la quantification universelle. Je propose, comme alternative, que les génériques expriment des mesures de haute probabilité. Je formalise cette notion au moyen d’une extension modale de la logique probabiliste du premier ordre, et montre comment ce système peut rendre compte des génériques enchâssés et des inférences sur des génériques.</p><p>Quant à la normalité, je la mets en contraste avec une autre notion, celle d’uniformité : les génériques sont évalués par rapport à des mondes dont leur futur ressemble à leur passé. En utilisant les tests standards de substitution pour l’intensionnalité, je démontre que les génériques sont évalués par rapport à des mondes uniformes plutôt que normaux.</p><p>Le résultat final est qu’un générique comme Birds fly (les oiseaux volent) ne signifie pas « tous les oiseaux normaux volent » ; il signifie plutôt que la probabilité pour qu’un oiseau pris au hasard vole est élevée, et qu’il est attendu que cette tendance perdure.</p><p> </p><p><em>Christian Retoré</em><strong> </strong></p><p><strong>Variable types for meaning assembly: a logical syntax for generic nouns phrases introduced by <em>most</em></strong></p><p>Nous proposons une manière de calculer le sens des phrases qui comportent des syntagmes nominaux génériques correspondant au quantificateur généralisé « la plupart » (<em>most</em>). Nous nommons ces génériques des « spécimens » ; ils s’apparentent aux stéréotypes et prototypes de la sémantique lexicale. Les sens sont conçus comme des formules logiques qui, par la suite, peuvent être interprétées dans votre modèle préféré. A cet effet, nous nous écartons de la vision frégéenne avec un seul univers non typé, et non adoptons une théorie des types qui emprunte au ε-calcul de Hilbert et la philosophie médiévale. Notre analyse en théorie des types ressemble quelque peu aux travaux actuels en sémantique lexical d’Asher, du Luo et de nous-même. Notre modèle s’applique aux exemples classiques mettant en jeu une classe, ou une élément générique de cette classe, qui n’est pas prononcée mais donnée par le contexte. Ainsi, dans le cadre minimaliste- contextualiste notre conception en théorie des types est que les termes encodent le contenu purement sémantique alors que les types sont déterminés pragmatiquement.</p><p> </p><p><em>Alice ter Meulen </em></p><p><strong>Generic in information structure</strong><em> </em></p><p>Pourquoi nous accrochons-nous aux croyances génériques qui nous servent à expliquer et comprendre le monde, même lorsqu’elles vont à l’encontre de faits ou d’observations évidentes avec lesquelles elles sont contradictoires ? Il est souvent rationnel de <em>ne pas</em> corriger ses croyances, même si les contre-exemples abondent, en reléguant ces derniers au statut d’exceptions anodines qui n’infirmeront pas les faits. L’étude de la structure focus/arrière-plan qui résulte de l’interaction entre les adverbes aspectuels, le temps et les pluriels nus nécessite une interface de tous les modules de la grammaire – la Structure Informationnelle – dans laquelle le contenu des énoncés avec pluriels nus peut être déterminé en contexte, et dans laquelle sont expliquées les différences épistémologiques entre exceptions et contre-exemples. Les informations génériques persistent dans les situations récalcitrantes parce que leur force explicative est « immunisée » contre les preuves contraires. Cette « immunisation » de l’information est un nouveau concept sémantique théorique dont nous précisons le contenu dans une sémantique des génériques qui emprunte à l’épistémologie.<em> </em></p><p> </p><p><em>Olga Borik and Teresa Espinal</em><strong> </strong></p><p><strong>On definite kinds</strong></p><p>Dans cet article, nous défendons trois hypothèses. Premièrement, toutes les langues qui possèdent des déterminants (nuls ou manifestes) ont des termes d’espèces définis, une possibilité qui n’empêche pas les langues de recourir à d’autres moyens pour faire référence aux espèces. Deuxièmement, les espèces sont dénotées par des DPs définis sans Nombre. Troisièmement, l’interprétation de sous-espèces se fait sur Nombre. Nous soutiendrons empiriquement ces hypothèses en nous appuyant sur l’analyse contrastive de deux langues qui mettent en œuvre des stratégies opposées pour marquer la définitude : l’espagnol, une langue romane avec articles, et le russe, une langue slave sans article. Nous faisons la prédiction que les termes d’espèces définis ne peuvent pas se combiner avec des prédicats qui encode la pluralité, ne peuvent pas déclencher une interprétation générique avec des prédicats <em>s-level</em>, et ont une interprétation différente de celle associée aux définis pluriels.</p><p> </p><p><em>Alda Mari</em></p><p><strong>A note on generic quantification and the ontology of <em>twins</em> and <em>bikinis</em></strong></p><p>Les phrase génériques avec indéfinis pluriels en français ont une distribution très limitée. En particulier, en l’absence de modifieurs nominaux, de modaux ou de prosodie contrastive, l’ensemble des prédicats nominaux qui peuvent apparaître en position sujet ne comprend que les prédicats dits intrinsèquement pluriels comme <em>jumeaux</em>. Les prédicats « sortaux » pluriels comme <em>carrés</em> sont exclus, sauf s’ils sont modifiés. Cet article renforce l’hypothèse que les énoncés génériques indéfinis sont quantificationnels (contrairement aux énoncés définis pluriels en français) et que la quantification nécessite une « individuation ». Il s’efforce d’expliquer pourquoi <em>jumeaux</em> dénote un individu pluriel alors que ce n’est pas le cas de <em>carrés</em>. Il examine différentes approches qui utilisent des outils extensionnels pour définir l’ontologie des entités dénotées par les prédicats intrinsèquement pluriels, et propose une explication fondée sur la notion intensionnelle de <em>tout coordonné</em>. La perspective ontologique proposée ici complète la perspective syntaxique qui conçoit <em>jumeaux</em> comme un prédicat réciproque.<em> </em></p><p> </p><p><em>Yael Greenberg</em><strong> </strong></p><p><strong>Genericity and (non)accidentalness</strong></p><p>Cet article entreprend de clarifier la nature de la « <em>law-likness</em> » ou « non-accidentalité » qu’ expriment, selon l’opinon courante, les phrases génériques. Pour ce faire, il examine les interactions des ces phrases génériques avec une construction qui semble exprimer « l’accidentalité », à savoir la construction en <em>happens to</em> (comme dans <em>John happens not to see well</em>, fr. <em>il se trouve que John ne voit pas bien</em>). En particulier, il s’avère que les génériques avec un sujet pluriel nu (génériques BP, comme <em>Dogs have four legs</em>, fr. <em>les chiens ont quatre pattes</em>), mais pas les génériques avec un sujet indéfini singulier (génériques IS, comme <em>A dog has four legs</em>, fr. <em>un chien a quattre pattes</em>), sont compatibles avec cette construction (cf. <em>Dogs happen to have four legs</em> vs. <em>#A dog happens to have four legs</em>). J’analyse <em>happens to</em> comme un opérateur de nécessité à domaine vague, c’est-à-dire un quantificateur universel sur les mondes dont la restriction (le domaine de mondes sur lequel opère la quantification) est systématiquement vague. A la suite de Greenberg (2003, 2008), je propose qu’un certain nombre de différences distributionnelles et interprétatives entre les génériques IS et BP peuvent être attribuées au fait que bien que les deux ont la même structure semantique quantificationnelle modale de base, la restriction des mondes est nécessairement précise dans le premier type de génériques, alors qu’elle peut être vague dans le second. La compatibilité des génériques BP avec <em>happens to</em> est ainsi analysée comme un cas de concordance modale.</p><p> </p><p><em>Svetlana Vogeleer</em></p><p><strong>Habituals with indefinite singular objects: aspect and modality</strong></p><p>Cette étude porte sur les habituels nus avec objets indéfinis singuliers. Le terme d’<em>habituels nus</em> désigne ces habituels qui ne contiennent pas d’adverbes de quantification. A partir des ces phrases, nous défendons l’idée que la classe des habituels se compose de groupes différents : les habituels quantificationnels et les habituels non quantificationnels. L’article explique ce qui distingue ces deux types, au niveau extensionnel en termes de leur interaction avec le point de vue aspectuel, et au niveau intensionnel en termes de leur composant modal respectif à l’origine de la généralisation.</p><p> </p><p> </p><p> </p><p> </p><p><strong> </strong></p>";"<div><p><span>Introduction</span></p><p><span>Genericity has recently become a central topic of debate in both linguistics and cognitive science.</span></p><p><span>The set of questions addressed in the two disciplines stems from the foundational work in </span><span>The Generic Book</span><span> (Carlson and Pelletier, 1995), most notably from the idea that generic sentences involve a generic quantifier GEN.</span></p><p><span>This hypothesis, which has led the research on generics across languages for thirty years, is now being reconsidered, and linguists have attempted to locate the root of genericity by considering the sources of the generic interpretation of the sentences. A recent publication in the domain (Mari, Beyssade, Del Prete, 2012), dedicated to discussion about the sources of generic interpretation, has identified three of these sources, in the subject phrase, in the verb phrase, and at the sentence level. The question of the interface between the cognitive and linguistic aspects of the interpretation of generic sentences is nonetheless not addressed.</span></p><p><span>In the meanwhile, cognitive scientists have also been considering in detail the cognitive foundations of the generic quantifier GEN. Like linguists, they have reached the conclusion that there is no such quantifier and that generic statements are in fact not quantificational. They propose a variety of arguments against treating generic statements along the lines of universal quantification. A volume about the cognitive aspects of genericity is also to appear (Leslie, forthcoming).</span></p><p><span>The present issue of the Recherches Linguistiques de Vincennes tries to establish a dialogue between linguists and cognitive scientists on the subject of genericity. The question that is addressed across the variety of papers in this volume is what are the mechanisms that are at play in the generic interpretation of the sentences, on the assumption that genericity and quantification obey different, although related, mechanisms.</span></p><p><span>A whole new discussion emerges from this </span><span>rencontre</span><span> and develops across the papers in this issue, which addresses the question of genericity at the interface with cognition, ontology, logic, and the lexicon. This issue is organized in four parts, in which genericity is studied from various perspectives.</span></p><p><span>Genericity and cognition</span></p><p><span>James Hampton.</span><span> “Generics as reflecting conceptual knowledge”. Hampton proposes that generics reflect the nature of the conceptual system, whose prototype structure and vague boundaries make traditional treatments of truth and logic problematic. Examples of empirical evidence from the literature on concepts and reasoning are used to illustrate the argument.</span></p><p><span>Sarah-Jane Leslie.</span><span> “Generics articulate default generalizations”. Leslie’s paper argues that generics articulate cognitively fundamental, default generalizations. Quantifiers, in contrast, articulate more sophisticated and taxing generalizations. This suggests that our most basic way of forming general judgments is not driven solely by quantitative, prevalence-based information.</span></p><p><span>Sandeep Prasada.</span><span> “Mechanisms for characterizing kinds and classes”. Prasada’s paper briefly reviews recent research that proposes that our conceptual systems formally distinguish kinds and classes which are given voice via lexical nominals and phrasal nominals, respectively. These two ways of representing multiplicities are shown to afford different ways of representing and characterizing generic knowledge. Formal characteristics of the mechanisms needed to represent kinds and classes are discussed and shown to play a role in explaining a number of phenomena concerning generic language.</span></p><p><span>Genericity and logic</span></p><p><span>Ariel Cohen.</span><span> “Generics as modals”. Cohen argues, on both empirical and theoretical grounds, that a generic such as </span><span>Birds fly</span><span> does not mean that all normal birds fly, but rather that the probability for a randomly chosen bird to fly is high, and this tendency is expected to continue.</span></p><p><span>Christian Retoré.</span><span> “Variable types for meaning assembly: a logical syntax for generic nouns phrases introduced by </span><span>most</span><span>”. Retoré proposes a model that computes semantic representations viewed as formulae of higher order multisorted logic by assembling them in type theory (second order lambda calculus), in particular for sentences involving generics introduced by “</span><span>most</span><span>”.</span></p><p><span>Alice ter Meulen.</span><span> “Generic in information structure. Exceptions </span><span>vs</span><span> counterexamples”. Ter Meulen’s paper shows that generic information is persistent in recalcitrant situations, as it is immunized against counterevidence. This model theoretic account provides a new formal semantics of its information structure in an epistemologically flavored semantics of generics.</span></p><p><span>Genericity and ontology</span></p><p><span>Olga Borik and Teresa Espinal.</span><span> “On definite kinds”. The authors challenge the standard assumption that the generic or kind reading for NPs is modeled over pluralities. Instead, they defend the hypothesis that kinds are referred to by definite DPs with no Number projection.</span></p><p><span>Alda Mari.</span><span> “A note on generic quantification and the ontology of </span><span>twins</span><span> and </span><span>bikinis</span><span>”. Mari’s paper acknowledges that the only type of nominals that can appear unmodified in “</span><span>des</span><span>” generic sentences in French are “inherently plural predicates” like </span><span>twins</span><span>. On the assumption that quantification requires individuation, the author explains how these predicates denote a plural “individual”, resorting to an intensional notion of “coordinated whole”.</span></p><p><span>Genericity and the lexicon</span></p><p><span>Yael Greenberg.</span><span> “Genericity and (non) accidentalness”. Greenberg’s paper looks at the interaction between generics with indefinite singular and bare plural subjects (</span><span>Dogs have 4 legs </span><span>and </span><span>A dog has 4 legs</span><span>), which are traditionally claimed to express “nonaccidentalness”, and a construction which seems to express “accidentalness”, namely </span><span>happens to</span><span> (as in </span><span>John happens not to see well</span><span>).</span></p><p><span>Svetlana Vogeleer.</span><span> “Habituals with indefinite singular objects: aspect and modality”. Vogeleer argues that the class of habituals with no quantificational adverbials consists of two different groups. The differences between these groups are accounted for in terms of their interaction with viewpoint aspect and in terms of their respective modal component responsible for the generalization.</span></p><p><span>The papers gathered in the present issue have been presented either as invited or as contributed talks at the conference GENIUS 3. This conference belongs to the series that has been initiated within the ANR project 08-JCJC-0069-01 led by Alda Mari.</span></p><p><span>We would like to thank all the people that have participated in the project and have contributed to making it a great success: Nicholas Asher, Claire Beyssade, Francis Corblin, Fabio Del Prete, Carmen Dobrovie-Sorin, Brenda Laca, David Nicolas, Christopher Piñón, Isidora Stoyanovic and Susan Schweitzer. We would also like to thank all the authors, who have contributed their papers in record time making this issue one of the most original and thus important collections in the study of genericity. Finally, we would like to thank Léa Nash and Laurent Roussarie for kindly offering us the opportunity to publish these works.</span></p><p><span> </span></p><p><span>References</span></p><p><span>Carlson</span><span>, Greg N.; </span><span>Pelletier</span><span>, Francis Jeffry (eds.) (1995). </span><span>The Generic Book</span><span>. Chicago: Chicago University Press.</span></p><p><span>Mari</span><span>, Alda; </span><span>Beyssade</span><span>, Claire; </span><span>Del Prete</span><span>, Fabio (eds.) (2012). </span><span>Genericity</span><span>. Oxford: Oxford University Press.</span></p><p><span>Leslie</span><span>, Sarah-Jane (Forthcoming). </span><span>Generics and Generalization</span><span>. Oxford: Oxford University Press.</span></p></div>";"<p><em>James Hampton</em><strong> </strong></p><p><strong>Generics as reflecting conceptual knowledge</strong></p><p>Generics are proposed to reflect the nature of the conceptual system, whose prototype structure and vague boundaries make an unreliable basis for traditional treatments of truth and logic. Conceptual representations contain information that is considered germane and relevant to an understanding and familiarity with that concept. Such information includes fundamental or ontological features as well as information about the common or typical form that exemplars of the concept may take, and any other information that it is important for someone to know. Examples from the psychological literature are used to illustrate the relation between generics and the reasoning fallacies that can arise from dependence on similarity‐based concepts. To understand the logic of generics, we should therefore look to the processes by which information becomes attached to, and a part of, the representation of a concept.</p><p> </p><p><em>Sarah-Jane Leslie </em></p><p><strong>Generics articulate default generalizations</strong></p><p>Generic sentences express generalizations about kinds, such as “<em>tigers are striped</em>”, “<em>ducks lay eggs</em>”, and “<em>ticks carry Lyme disease</em>”. I present and review emerging evidence from adults and children that suggests that generics articulate cognitively default generalizations -- i.e., they express basic, early-developing generalizations concerning kinds. In contrast, quantified statements articulate cognitively more sophisticated and taxing generalizations. Further evidence suggests that generic generalizations don't depend solely on information about prevalence. Instead, these fundamental generalizations are sensitive to a number of content-based factors, such as whether the property in question is dangerous or otherwise striking, or is an essential or characteristic property of the kind. This suggests that our most basic means of forming inductive generalizations is sensitive to rich, content-based factors.</p><p> </p><p><em>Sandeep Prasada</em></p><p><strong>Mechanisms for characterizing kinds and classes</strong></p><p>This paper briefly reviews recent research that bears on the conceptual mechanisms that allow us to represent generic knowledge which underlies and constrains generic language. It appears that our conceptual systems provide two formally distinct ways of representing multiplicities—as kinds and as classes. Kinds are given voice via lexical nominals, whereas classes are given voice via phrasal nominals. Furthermore, whereas kinds may be characterized via principled connections, statistical connections, and causal connections, classes may be characterized only via the latter two. It is proposed that kinds are represented via a generative mechanism that is, in principle, capable of generating a discrete infinity of representations. The distinction between kinds and classes is also proposed to capture the phenomena which are usually accounted for via the distinction between well-established and non well-established kinds. </p><p> </p><p><em>Ariel Cohen</em></p><p><strong>Generics as modals</strong></p><p>A common view of generics is that they express universal quantification over normal individuals. I argue against this approach, and provide evidence that the quantification is neither universal nor over normal individuals.</p><p>Regarding universality, generics fail standard tests for universal quantification. As an alternative, I propose that generics express measures of high probability. I formalize this notion using a modal extension of first order probability logic, and demonstrate how this system can account for embedded generics and inference with generics.</p><p>As for normality, I contrast it with another notion, that of uniformity: generics are evaluated with respect to worlds whose future resembles their past. Using standard substitution intensionality tests, I demonstrate that generics are evaluated with respect to uniform, rather than normal worlds.</p><p>The end result is that a generic such as Birds fly does not mean “all normal birds fly”; rather, it means that the probability for a randomly chosen bird to fly is high, and this tendency is expected to continue.</p><p> </p><p><em>Christian Retoré</em></p><p><strong>Variable types for meaning assembly: a logical syntax for generic nouns phrases introduced by <em>most</em></strong></p><p>We propose a way to compute the meanings associated with sentences with generic noun phrases corresponding to the generalized quantifier “<em>most</em>”. We call these generics “specimens” and they resemble stereotypes or prototypes in lexical semantics. The meanings are viewed as logical formulae that can thereafter be interpreted in your favourite models. To do so, we depart from the Fregean view with a single untyped universe and we adopt a type theory with some hints from Hilbert ε-calculus and from medieval philosophy. Our type theoretic analysis bears some resemblance with ongoing work in lexical semantics by Asher, Luo and us. Our model applies to classical examples involving a class, or a generic element of this class, which is not uttered but provided by the context. Thus, in the minimalism-contextualism our type theoretical view is that terms encode the purely semantic meaning while types are pragmatically determined.</p><p> </p><p><em>Alice ter Meulen </em></p><p><strong>Generic in information structure</strong><em> </em></p><p>Why do we hold on to generic beliefs that serve explanations and our way of understanding the world, even if they run counter to facts or observational evidence with which they are incompatible? It often makes rational sense NOT to revise one’s belief, even if counterexamples abound, relegating them to the harmless status of exceptions, rather than disconfirming facts. Investigating the focus/background structure arising from the interaction between aspectual adverbs, tense and bare plurals requires an interface of all modules of grammar - the Information Structure - at which the content of statements with bare plurals in discourse can be determined in context and epistemological differences between exceptions and counterexamples are accounted for. Generic information is persistent in recalcitrant situations, because its explanatory force is “immunized” against counterevidence. “Immunization” of information against counterevidence is a new theoretical semantic concept given precise content in an epistemologically flavored semantics of generics.<em> </em></p><p> </p><p><em>Olga Borik and Teresa Espinal</em></p><p><strong>On definite kinds</strong></p><p>In this paper we defend three hypotheses. First, all languages that have Determiners (null or overt) have definite kinds, a possibility which does not prevent languages from using other means to refer to kinds. Second, kinds are referred to by definite DPs with no Number involved. Third, the subkind interpretation is built on Number.<strong> </strong>We will provide empirical support for these hypotheses based on a contrastive analysis of two languages that show opposite strategies for marking definiteness: Spanish, a Romance language with articles, and Russian, a Slavic language with no article. We predict that definite kinds cannot combine with predicates that encode plurality, cannot trigger a generic interpretation with s-level predicates, and have an interpretation that differs from the one associated to definite plurals.</p><p> </p><p><em>Alda Mari</em></p><p><strong>A note on generic quantification and the ontology of <em>twins</em> and <em>bikinis</em></strong></p><p>Indefinite plural generic sentences in French have very limited distributions. In particular, in the absence of nominal modifiers, modals or constrastive prosody, the set of nominal predicates that can appear in subject position includes only so-called “inherently plural predicates” like <em>twins</em>. Pluralized sortal predicates like <em>squares</em> are banned unless modified. The paper builds on the assumption that generic indefinite statements are quantificational (contrary to plural definite statements in French) and that quantification requires “individuation”. It strives to explain why <em>twins</em> denotes a plural individual whereas <em>squares</em> does not. It considers various views that have used extensional tools to account for the ontology of the entity denoted by inherently plural predicates, and proposes an explanation based on the intensional notion of <em>coordinated whole</em>. The ontological view that is proposed complements the syntactic view that <em>twins</em> is a reciprocal predicate.</p><p> </p><p><em>Yael Greenberg</em></p><p><strong>Genericity and (non)accidentalness</strong></p><p>This paper attempts to clarify nature of the “law-likness” or “nonaccidentalness” that generic sentences are usually claimed to express. It does so by examining the interactions of such generic sentences with a construction which seems to express “accidentalness”, namely the <em>happens to</em> construction (as in <em>John happens not to see well</em>). In particular, it turns out that generics with bare plural subjects (BP generics, like <em>Dogs have four legs</em>), but not generics with indefinite singular subjects (IS generics, like <em>A dog has four legs</em>) are compatible with this construction (compare <em>Dogs happen to have four legs</em> vs. <em>#A dog happens to have four legs</em>). I analyze <em>happens to </em>as a domain vague necessity operator, i.e. a universal quantifier over worlds, whose restriction (the domain of worlds quantified over) is systematically vague. Following Greenberg (2003, 2008) I propose that a number of distributional and interpretational differences between IS and BP generics can be attributed to the fact that although both have the same basic modal quantificational semantic structure the restriction over worlds is necessarily precise in the former kind of generics but is allowed to be vague in the latter. The compatibility of BP generics with <em>happens to </em>is thus analyzed as a case of modal concord. </p><p> </p><p><em>Svetlana Vogeleer</em></p><p><strong>Habituals with indefinite singular objects: aspect and modality</strong></p><p>The object of this study is bare habituals with indefinite singular objects. The term <em>bare habituals</em> denotes those habituals that do not contain adverbials of quantification. On the basis of these sentences, it will be argued that the class of habituals consists of two different groups: quantificational habituals and non-quantificational habituals. The paper accounts for the differences between these two types at the extensional level in terms of their interaction with viewpoint aspect, and at the intensional level in terms of their respective modal component responsible for the generalization.</p>";258;20.00;"<p>En réunissant des communications provenant de disciplines variées (sémantique et syntaxe formelles, psychologie cognitive, logique...) ce numéro de RLV jette un éclairage neuf et original sur cette question en établissant un dialogue entre les champs de la linguistique et des sciences cognitives.</p>";;06/07/2012 12:23;0;Première édition; 552;2;3;14;Le travail du cinéma I;;;;"<p>Le travail du cinéma, ou le travail concret des cinéastes mais aussi le cinéma se travaillant à partir de ce qui est enfoui, comme le sourire d’un personnage qu’on arrive pas à saisir.</p>";"<p><strong>Dominique Villain</strong></p><p>Présentation</p><p> <strong>I. Pedro Costa</strong></p><p> Petite caméra, grand film</p><p> <strong>II. Dominique Auvray</strong></p><p> Du côté du montage</p><p> <strong>III. Jean-Marie Straub</strong></p><p> Inventer un autre monde</p><p> <strong>IV. Jean-Charles Fitoussi</strong></p><p> Le cher hasard</p><p> <strong> V. Andrei Schtakleff et Alexandra Mélot</strong></p><p> En avant jeunesse</p><p> </p><p>Documents</p><p>Bibliographie</p><p>Filmographies</p><p>Références et crédits photographiques</p><p>Remerciements</p>";"<p>Depuis toujours, j’ai appris et enseigné le cinéma auprès des films et de ceux qui les font. Cette série de quatre livres (dont trois sont en préparation) est la transcription de rencontres avec des cinéastes exigeants dont j’aime le travail. Ils en parlent avec intelligence, concrètement, en s’appuyant chacun sur quelques exemples de leur parcours singulier. Par mon intermédiaire, ils s’adressent à des étudiants, qui incarnent ainsi les lecteurs désireux d’en savoir plus sur la création cinématographique à l’ère du numérique, le récit, les acteurs ou non-acteurs, les caméras petites ou grandes, le montage, etc.</p>";10/11/2012;0;137X220;160;978-2-84292-351-8;9782842923518;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_552.jpg;"<p>Quatre cinéastes - Pedro Costa, Jean-Marie Straub, Jean-Charles Fitoussi, Andrei Schtakleff - et deux monteuses - Dominique Auvray et Alexandra Mélot, également parfois réalisatrices. Tels sont les interlocuteurs choisis ici par Dominique Villain pour éclairer son enquête cinématographique.</p><p>Tous ont une démarche singulière et une cohérence dans leur choix qui les rendent exemplaires. Au fil des pages se précisent pour le lecteur les multiples variations d'une intelligence concrète et vivante du cinématographe à l'ère du numérique.</p><p>Ce volume est le premier d'une série qui en comportera trois autres.</p><p><em>Dominique Villain est Maître de conférences au département cinéma de l'université Paris 8. Après son passage à l'IDHEC, elle est monteuse de cinéma et de télévision. Ses connaissances pratiques et théoriques sont déjà à l'origine de ses deux précédents essais, </em>l'Œil à la caméra (1984) <em>et</em> Le Montage au cinéma (1991).</p>";"<div><p><span>« Le résultat du travail, <br />c’est du travail, si je peux dire »</span></p><p><span class=""char-style-override-1"">C</span>ette phrase<span><a id=""footnote-9004-1-backlink"">1</a></span> un peu absurde de Pedro Costa – l’un des cinéastes rencontrés dans le cadre du cours « Le travail du cinéma », où les propos recueillis dans ce livre ont été tenus – exprime d’emblée une conception matérialiste de la création cinématographique.</p><p>« En travaillant, on apprend que le travail se révèle travail, il ne se révèle pas art », précisait-il.</p><p>C’est aussi par le biais le plus matériel, concret – le <span>comment</span> plutôt que le <span>pourquoi </span>– que nous avons voulu en savoir plus sur ce domaine attirant et mystérieux tel qu’il se pratique aujourd’hui, lors de ces entretiens avec quatre réalisateurs – outre Pedro Costa, Jean-Marie Straub, Jean-Charles Fitoussi et Andrei Schtakleff – et deux monteuses, également parfois réalisatrices – Dominique Auvray et Alexandra Mélot – qui ont eu lieu en 2010.</p><p>Ils en parlent chacun à leur façon.</p><p>On peut en effet considérer un film comme le résultat de trans­formations entre forme et matière, tout au long d’un processus difficile à définir autrement que par trois opérations : penser, tourner, monter, qu’il s’agit de superposer et non de séparer. Comme le formulait Godard au début des années soixante, dans la lignée vertovienne<span><a id=""footnote-9004-2-backlink"">2</a></span> du <span>montage ininterrompu</span>.</p><p>Processus à chaque fois différent, renouvelé, même si l’on observe des constantes dans les partis pris d’un auteur de films, des similitudes dans les démarches de certains d’entre eux, et des affinités, parmi ceux réunis ici par exemple.</p><p>Depuis le point de départ – une idée, un sentiment, une vision, un rêve, un texte, un lieu, une personne, etc. – jusqu’au film terminé, chacun reconnaît qu’il y a beaucoup de travail, et ajoute : beaucoup d’attente aussi, ce qui pourrait sembler contradictoire.</p><p>En quoi consiste donc ce <span>travail </span>si particulier, qui se nourrit d’attentes et joue avec les hasards ?</p><p>À oublier les intentions, à tous les niveaux. Savoir attendre l’inattendu.</p><p>Se donner plusieurs « coups de dés ». Se donner du temps, et cela est plus facile aujourd’hui grâce aux nouvelles technologies, qui per­mettent d’affranchir ce cinéma de la domination de l’argent.</p><p>La patience, la rigueur, sans oublier le plaisir, apparaissent au fil de ces pages, qui nous apprennent surtout peut-être à <span>mal faire des films,</span> selon l’expression d’Henri Langlois dans ses <span>anti-cours</span>, à propos de la liberté de Warhol et de Godard<span>.</span></p><p>Les premiers à avoir eu l’idée d’enregistrer et de publier les paroles des cinéastes qu’ils admiraient et sur lesquels parallèlement ils écrivaient des textes critiques, furent les rédacteurs des <span>Cahiers du cinéma</span>, et le meilleur exemple de cette approche en est aujourd’hui encore le célèbre entretien Hitchcock/Truffaut.</p><p>À une époque où déjà ils étaient souvent oubliés, François Truffaut particulièrement voulait que les « secrets » des maîtres du cinéma muet ne soient pas perdus, et sentait la nécessité qu’au contraire ils irriguent le nouveau cinéma.</p><p>« Secrets perdus<span><a id=""footnote-9004-3-backlink"">3</a></span> » aujourd’hui du travail avec la pellicule argentique, en cette nouvelle ère du numérique que chacun, quelle que soit la génération à laquelle il appartient, aborde à sa manière.</p><p>Dominique Auvray et Jean-Charles Fitoussi évoquent, par exemple, le temps désormais presque révolu du montage avant le <span>virtuel.</span></p><p>Dans ces rencontres, il est souvent question du montage, et plusieurs fois du documentaire – intitulé <span>Où gît votre sourire enfoui ? </span>–<span> </span>que Pedro Costa a réalisé sur deux cinéastes, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, en train de monter, en pellicule 35 millimètres, leur film <span>Sicilia !</span></p><p>L’importance du montage dans l’écriture cinématographique n’est plus à démontrer.</p><p>Tout le monde fait les films au montage, aime à dire Jean-Marie Straub, citant Cézanne :</p><p>« Le tout est de mettre le plus de rapports possible. »</p><p>« Le Travail du cinéma », titre inspiré par les théories de Freud sur le travail du rêve, en plus de vouloir dire le travail concret des cinéastes et de leurs collaborateurs, voudrait sous-entendre le fait que le cinéma (se) travaille aussi, à partir de ce qui est, en effet, « enfoui ».</p><p>Enfoui comme le sourire d’un personnage qu’on n’arrive pas à attraper.</p><p><span>Dominique Villain</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-9004-1""> 1</a>. Conversation de Pedro Costa avec Cyril Neyrat, dvd Dans la Chambre de Vanda, Paris, Capricci, 2008, p. 148.</p></div><div><p><a id=""footnote-9004-2""> 2</a>. Dziga Vertov, <span>Articles, journaux, projets</span>, Paris, Cahiers du cinéma/UGE, « 10/18 », 1972.</p></div><div><p><a id=""footnote-9004-3""> 3</a>. « C’est un secret perdu, lui dis-je. Vous le retrouverez pour le perdre à votre tour et d’autres le transmettront après vous… » (<span>Journal d’un curé de campagne</span> de Georges Bernanos, repris par Robert Bresson dans son adaptation de ce roman.)</p></div></div></div>";;240;18.00;"<p>Avec Pedro Costa, Jean-Marie Straub, Jeean-Charles Fitoussi, Alexandra Mélot, Andréi Schtakleff et Dominique Auvray, pour une mise à plat des pratiques du cinéma en marge de son industrie.</p>";;24/07/2012 15:10;1;Première édition; 553;1;3;29;La vérité en fiction;N°28/2011;;;"<p>L'extension progressive de la « fiction » sur les rayons consacrés à la littérature, et l'usage exponentiel de la notion de « fiction » en sciences humaines, font se reposer la question de sa valeur de vérité ?</p>";"<p><strong>Anne Laure Tissut et Sylvie Bauer</strong><br />« Présentation. »</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Michel Feith</strong><br />« Trick or Truth : Gerald Vizenor’s Trickster Poetics and the Problem of Truth.”</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Bruno Montfort</strong><br />« Sans les mains : vérité achéiropoiète chez Poe. »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Julien Nègre</strong><br />« Des tropes sous les tropiques. »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Flora Valadié</strong><br />« “A person should never represent anything that they aren’t willing to have come true ”: la vérité par l’image dans <em>Plowing the Dark</em> de Richard Powers. »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Gwen Le Cor</strong><br />« “We will not stop looking ”, parcours visuels et narratif dans <em>Extremely Loud & Incredibly Close </em>de Jonathan Safran Foer. »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Nathalie Cochoy</strong><br />« La vérité dans <em>Dangerous Laughter</em>, de Steven Millhauser : une touche d’insignifiance. »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Noëlle Batt</strong><br />« Fiction, Narration, Composition esthétique. Où chercher la vérité de l’œuvre littéraire ? <em>Point Omega</em> de Don DeLillo. »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Arnauld Regnauld</strong><br />« Livres de sable et parcours incertains. Exploration de trois cyberfictions : A<em>fternoon, a story</em> (1987) de Michael Joyce, <em>Patchwork Girl</em> (1995) de Shelley Jackson, <em>Grammatron </em> (1993-1997) de Mark Amerika. »</p>";;10/12/2012;28;155x220;192;978-2-84292-355-6;9782842923556;0;1967-5968;Presses Universitaires de Vincennes;img_553.gif;;"<div><p><span>Sylvie Bauer et Anne-Laure Tissut</span></p><p><span>la vérité en fiction</span></p><p><span>Est-ce là un paradoxe ? Tout dépend de la définition de la vérité, notion éminemment difficile à cerner : « La vérité, comme si quelqu’un au monde savait cexé », nous dirait Gabriel s’il pouvait laisser Zazie dans le métro pour venir se joindre au présent débat. Or, justement, la fiction interroge la définition de la vérité. Loin d’être exclusives l’une de l’autre, les deux notions entretiennent un questionnement mutuel, redéfinissant les limites de chacune, et sont amenées à se chevaucher ou à s’écarter radicalement, selon les enjeux de l’opération de définition, sa source, ses priorités ou ses choix d’accentuation.</span></p><p><span>La vérité en fiction n’est plus celle d’un discours attestant l’existence de faits qui se sont effectivement produits, ou d’objets présents dans le monde. Il y est bien toujours question de concordance entre un discours et des données, mais ces dernières sont d’ordre général et non particulier. Le romancier qui décrit une fleur peut bien offrir une représentation exacte d’une fleur unique et singulière, existant dans son environnement habituel ou ponctuel, le lecteur ne peut vérifier la vérité de sa description. En revanche, il peut être sensible à la vérité du discours de fiction sur la fleur en général, par rapport à ce qu’il en sait. De même, pour les personnages, leur nature fictive ne permet pas l’accès à une vérité consistant dans la correspondance ponctuelle entre un portrait verbal et une personne de chair et d’os existant dans le monde. Cela dit, il est une vérité possible de la perception de traits psychologiques, dont une image convaincante peut être offerte par la fiction ; une vérité possible aussi dans le rendu des rapports humains. Par comparaison avec sa connaissance et avec son expérience, le lecteur voit ces dernières confirmées ou au contraire remises en question et déviées. La fiction, les arts en général, sont source de vérité.</span></p><p><span>Les sciences aussi, depuis toujours, se sont tournées vers la fiction : en atteste la fine analyse proposée par Frédérique Aït-Touati dans </span><span>Contes de la lune. Essai sur la fiction et la science modernes</span><span> (Gallimard, 2011).</span><span> </span><span>La psychanalyse, quant à elle, puise dans la littérature de nombreuses illustrations de ses thèses. Pierre Bayard va plus loin, dans </span><span>Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ?</span><span> (Éditions de Minuit, 2004), en suggérant de chercher d’autres modèles de la vie psychique à travers ses représentations singulières dans les œuvres, et de prendre au sérieux la vision de l’humain que la fiction met en forme. Alain Badiou nous rappelle, en exergue à son </span><span>Petit manuel d’inesthétique </span><span>(Éditions du Seuil, 1998), que « l’art est par lui-même producteur de vérités », justifiant par là l’invention d’une discipline nouvelle, l’inesthétique, qui « décrit les effets strictement intraphilosophiques produits par l’existence indépendante de quelques œuvres d’art ».</span></p><p><span>Plus largement, la fiction apprend à vivre : Jean-Marie Schaeffer apporte la démonstration que la fiction « est l’un des lieux privilégiés où [la] relation [de l’individu au monde] ne cesse d’être renégociée, réparée, réadaptée, réé­qui­librée » (</span><span>Pourquoi la fiction </span><span>?</span><span>, Éditions du Seuil, 1999, p. 327). Marielle Macé, quant à elle, centre son analyse sur les vertus de la lecture, dans </span><span>Façons de lire, manières d’être</span><span> (Gallimard, 2011), pour montrer qu’entrer en lecture, « [c]’est s’apprêter à changer de style » (p. 87) : « […] lorsqu’un individu fait l’expérience d’une œuvre, c’est bien un style qui en regarde un autre, qui s’y éprouve et peut s’y redisposer ; si le livre lu apparaît comme un accès, et pas seulement comme un écran […], c’est qu’il permet au lecteur d’ouvrir en lui-même cet espace de schématisations et de refiguration. » (p. 86-87) À travers ces opérations qui accompagnent l’immersion du lecteur dans la fiction, est rendu pos­sible « un accès » à une vérité de l’œuvre, à partir de celle de l’expérience de lecture.</span></p><p><span>Ce florilège ne prétend pas, à grand renfort de références, garantir le sérieux de notre propos, mais plutôt illustrer l’effervescence d’intérêt suscitée aujourd’hui par la question des rapports entre deux grandes orientations dans l’approche de la vérité et leurs nécessaires recoupements : l’une rationnelle et scientifique, l’autre imaginaire et créative.</span></p><p><span>Quelles sont donc les modalités d’accès à la vérité par la fiction ? En propo­sant une multiplicité de points de vue, et qui plus est, de points de vue inventés, la fiction permet une complication du jeu des distances et des perspectives susceptible d’ouvrir à une vérité plus riche, et peut-être plus proche de la complexité du réel. On touche là à l’une des raisons du soupçon suscité par l’association des termes de notre titre : fiction et vérité. Il règne une confusion ambiante entre « réel » et « vrai », ou « réalité » et « vérité », qui tend à refuser à la fiction la qualité de vérité, en même temps que celle de réalité. Or, fiction et réel s’opposent-ils vraiment ? La fiction existe dans le monde, sous forme d’objets-livres, ou de documents enregistrés dans une mémoire d’ordinateur. En outre, la fiction est réelle dans ses effets, et la réalité de l’expérience de lecture est indéniable. Les articles réunis dans ce recueil</span><span><a id=""footnote-1711-1-backlink"">1</a></span><span> l’analysent en détail, dans ses rapports multiples à la vérité.</span></p><p><span>S’appuyant sur les écrits tant théoriques que fictionnels de Gerald Vizenor, Michel Feith analyse les rapports entre pouvoir et savoir. Prise qu’elle est dans la volonté d’asseoir les discours dominants, la notion de vérité doit alors être confrontée à son adéquation avec la réalité, mais aussi à la valeur pragmatique du discours et à ce qui relève, dans toute énonciation, du désir qui s’exprime par ou en dépit des mots. Au pouvoir qu’a la culture dominante de définir les cultures indiennes sous couvert de discours scientifique, s’oppose l’idée que toute science est un mythe dans la mesure où elle prétend s’extraire des jeux de langage qui régissent la voix discursive. Le discours scientifique, loin d’établir une quelconque vérité, justifie les hiérarchies sociales et façonne le monde plus qu’il ne le décrit, dans un geste performatif qui s’affranchit de tout rapport avec le réel. À l’opposé, la figure du « </span><span>trickster</span><span> », récurrente dans l’œuvre de Vizenor, introduit non seulement le geste de fabulation créatrice, mais aussi, en s’inscrivant dans une tradition orale, l’interaction hasardeuse des acteurs du récit : l’auteur, le narrateur, les personnages et les auditeurs. La vérité n’est plus alors un absolu, mais plutôt un jeu de résonances symboliques changeant au gré du temps dans lequel se fait le récit. C’est alors le mythe qui prend valeur de vérité, dans l’élaboration de récits ancrés dans les mythes indiens dont le pouvoir réside dans la libération de l’imagination, d’une libre association, seule à même, peut-être, de rompre le monopole de l’association savoir/pouvoir. Mais, la vérité ne serait pas relative pour autant et Michel Feith propose une troisième voie, celle de la vérité comme exigence et non fin, comme fil directeur méthodique et éthique susceptible de réconcilier le soupçon postmoderne avec la notion de vérité.</span></p><p><span>Prenant le contrepied de l’idée simple que la vérité serait coextensive de la résolution d’une énigme et donc dans le cas du roman policier de la découverte du coupable, l’article de Bruno Monfort, prenant appui sur le conte de Poe intitulé « Murders in the Rue Morgue », nous entraîne sur une autre voie où la recherche de la vérité ne se mène plus de manière frontale à coups de « qui » ou de « quoi » mais de manière oblique en articulant des questionnements plus subtils. Le fait que le meurtre dans ce conte soit commis non par un homme mais par un singe va faire dévier tout le processus de lecture, de supputations et de cheminement vers une vérité. Entreprenant de redonner aux récits de Poe une historicité souvent occultée, Bruno Monfort considère par exemple de quelle manière l’invention du daguerréotype, qui a précédé de peu l’écriture de la nouvelle, a pu inspirer Poe. En effet la diffraction du réel dans l’image photographique peut être comparée à ce qui arrive dans le texte lorsque la logique animale diffracte la logique humaine que l’on s’attend à trouver dans la diégèse du conte et que la vérité n’est plus là où on l’attendait, dans la révélation du « qui », mais dans la manière totalement déroutante d’un « comment » que n’induit plus aucune cause première susceptible d’être anticipée.</span></p><p><span>C’est le cheminement de Melville et celui de la condition littéraire de la vérité que traque Julien Nègre entre deux textes de Melville relevant de genres différents : un article critique, « Hawthorne and his Mosses » (1850), et un recueil de nouvelles, </span><span>The Encantadas</span><span> (1856). Alors que Melville en position de critique prônait le dévoilement de la vérité par l’expression rhétorique, l’écrivain qu’il est dans les contes déploie un tel fourmillement d’images que la nature représentée est un défi permanent à celle qui lui a servi de modèle. Le narrateur des </span><span>Îles Enchantées</span><span> semble se comporter en double malin de Charles Darwin qui visite au même moment que Melville les îles Galápagos, puisque loin de proposer de systématiques descriptions, il pousse au contraire devant lui des portraits d’animaux qui prolifèrent de métamorphose en métamorphose ; il fomente une nature qui ne se laisse plus reconnaître dans ses identifiants. Foisonnante et baroque, c’est au moment où l’écriture se rebelle contre les îles et les force à l’illisibilité qu’émane d’elle une nouvelle vérité.</span></p><p><span>Dans l’œuvre de Powers qu’étudie Flora Valadié, langue du roman et fiction semblent aussi se démarquer l’une de l’autre alors même que la fiction occupe une position de force avec sa double diégèse, ses deux histoires qui se répondent et se combattent. Mais l’introduction d’images produites dans des lieux clos, images qui semblent n’être pas étrangères à celles produites dans les CAVEs (</span><span>Cave Automatic Virtual Environment</span><span>) américaines des années 1990, images de guerre, images de rêve, images de synthèse, vient complexifier le jeu. Et finalement, loin du code limpide rêvé par les artistes de la Caverne originelle comme pouvant dire la vérité du monde, la langue des lieux clos, taraudés par l’histoire, opacifie le réel au lieu de le clarifier. L’enjeu du travail de la langue avec les ombres dans cet autre lieu clos qu’est le roman est peut-être encore et toujours la vérité, mais si elle n’en assume plus ni le nom ni les apparences.</span></p><p><span>Démarche plus que fin, la vérité ne se laisse pas facilement saisir, surtout quand le langage fait défaut et ne permet pas de rendre compte de l’événement. Gwen Le Cor propose de lier la vérité à la question du sens, à partir d’une lecture de </span><span>Extremely Loud & Incredibly Close</span><span>, de Jonathan Safran Foer. Les attentats du 11 septembre, d’abord livrés dans la répétition silencieuse des images diffusées en boucle à la télévision, fournissent la dynamique du roman : événement brut, ils ouvrent une faille dans le sens et rendent impossible toute tentative d’interprétation. Il revient alors au personnage principal, au lecteur et aux signes sur la page de donner forme à l’informe, afin de tenter de parvenir à la vérité de l’événement. Lorsque l’événement contraint à l’expérience de la perte de tout appareil conceptuel, sémantique, herméneutique, alors c’est peut-être depuis la faille, l’écart et le non-sens que peut s’amorcer l’accès à la vérité, présentée ici comme ce qui est indicible. L’événement en lui-même et la perte du langage forcent alors à déplacer les paradigmes de la vérité pour la chercher dans les régimes d’instabilité du texte plus que dans des concepts et des visées anéantis par le réel.</span></p><p><span>Nathalie Cochoy s’intéresse elle aussi aux subtils mouvements du texte, dans une analyse de </span><span>Dangerous Laughter</span><span>, de Steven Millhauser. L’accès à la vérité semble ici se faire de manière asymptotique, lorsque, dans l’écart, s’esquisse « l’approche respectueuse entre les mots et le monde ». Placée sous le signe de l’hésitation et l’oscillation, l’écriture de Millhauser, consciente des limites des mots, est tout à la fois un art de l’affleurement et un art de la contingence qui donne à ressentir, dans la texture et la structure des phrases, la densité tactile du langage, à travers l’insignifiant, le banal, tout ce dont le langage peine à rendre compte. Et pourtant, c’est l’écriture, en particulier lorsqu’elle s’interroge sur son propre rapport au monde, qui semble toucher à la vérité, « tendre vers le monde et [se] laisser impressionner par les contours saillants et les surfaces affleurantes de la réalité sensible ».</span></p><p><span>Avant d’étudier le rapport de l’œuvre d’art à la vérité à travers l’exemple précis de </span><span>Point Omega</span><span>, dernier roman de Don DeLillo, Noëlle Batt procède à une nécessaire mise au point sur « la nature des dispositifs narratif et fictionnel hors l’œuvre d’art et dans l’œuvre d’art, et sur la part prise dans l’œuvre d’art par chacune de ces trois composantes : fiction, narration et composition esthétique ». Le « sens » de l’œuvre, ou sa </span><span>diagrammatique</span><span>, selon le terme choisi par l’auteur, naît du réseau de résonances tissé par l’opération de composition esthétique entre fiction, narration et propriétés de la langue. C’est dans les zones « interstitielles » et « transitionnelles » ouvertes par les interactions et forces animant ce réseau d’échos que la vérité de l’œuvre d’art est à chercher. Dans </span><span>Point Omega</span><span>, une vérité de l’expérience du temps est proposée au lecteur, et ce en particulier à travers le rapport spécifique à la langue qui s’instaure, forme d’empathie propre au texte littéraire, vérité de l’être humain qui est de part en part langage.</span></p><p><span>Arnaud Regnauld, quant à lui, part du constat que « le fantasme du livre infini, livre de sable aux marges mouvantes et au contenu infiniment changeant, hante l’imaginaire de la textualité numérique ». Partant de l’étude d’œuvres de Shelley Jackson, de Mark Amerika et de Michael Joyce, l’auteur montre que la vérité de la fiction n’est plus à chercher dans une cohérence interne de l’œuvre, mais dans une « expérience de </span><span>lecture en suspens</span><span> ». La « surcharge cognitive » induite chez le lecteur des textes numériques considérés « suspend la signification en interrompant les discours et les représentations existantes, contraignant le lecteur/utilisateur à se brancher sur de nouveaux flux machiniques qui recomposent et redistribuent sa subjectivité ». Loin du surgissement transcendantal de la vérité, dans un « geste de suspens du sens », « l’art ouvre un monde, en limite du sens et toujours en excès ».</span></p><p><span>Sous des formes changeantes, la vérité surgit, lors d’une révélation à laquelle le lecteur participe, souvent d’une manière d’autant plus active que le texte ne livre pas directement ses clés ni n’assène de vérité de façon péremptoire. C’est là, peut-être, que la vérité est au plus fort : non quand le lecteur s’y re­trouve ou s’y reconnaît, mais dans l’effet de déroute produit par ces fictions en décalage, qui désorientent et inquiètent, pour mieux ouvrir le lecteur à la confrontation et l’expérience de la vérité. Au régime absolu du singulier défini, « </span><span>la</span><span> vérité en fiction », préférons le « moment de vérité », plus relatif et nuancé, qu’évoque David Zerbib à propos de « l’art </span><span>performantiel </span><span>». Cet art n’est pas à penser dans le cadre d’une dualité art/non-art, matière/idée, comme passage ou transformation de l’un à l’autre, mais comme « </span><span>variation modale</span><span> des mises en œuvre » : « La vérité de l’œuvre (son essence artistique) apparaît en effet comme une entrée en matière moins pertinente que sa mise à l’épreuve, son moment de vérité si l’on veut. » (p.</span><span> 739) À travers la performance de la lecture, la fiction offre ses moments de vérité, dont les variations infinies recomposent la palette du tableau-monde.</span></p><p><span>Université Paris Ouest-Nanterre et Université de Rouen</span></p><p><span>Références bibliographiques</span></p><p><span>Ait-Touati</span><span>, Frédérique</span></p><p><span>2011 </span><span>Contes de la lune. Essai sur la fiction et la science modernes</span><span>, Paris, Gallimard.</span></p><p><span>Badiou</span><span>, Alain</span></p><p><span>1998 </span><span>Petit manuel d’inesthétique</span><span>,</span><span> </span><span>Paris, Éditions du Seuil.</span></p><p><span>Bayard</span><span>, Pierre</span></p><p><span>2004 </span><span>Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ?</span><span>,</span><span> </span><span>Paris, Éditions de Minuit.</span></p><p><span>Macé</span><span>, Marielle</span></p><p><span>2011 </span><span>Façons de lire, manières d’être</span><span>,</span><span> </span><span>Paris, Gallimard.</span></p><p><span>Schaeffer</span><span>, Jean-Marie</span></p><p><span>1999 </span><span>Pourquoi la fiction ?</span><span>, Paris, Éditions du Seuil.</span></p><p><span>Zerbib</span><span>, David</span></p><p><span>2010 « Une “théorie-saumon” de la performance », </span><span>Critique</span><span>, août-septembre, n</span><span>os</span><span> 759-760, « À quoi pense l’art contemporain ? ».</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-1711-1""> 1</a><span>. Ces articles sont issus de communications prononcées lors du congrès de l’AFEA qui s’est tenu à Brest en mai 2001 et dont le thème était « la vérité ».</span></p></div></div></div>";;340;17.00;"<p>Plus que dans les zones franches et clairement délimitées, plus que dans les grands blocs monologiques, la vérité se laisse capter dans le feuilletage des genres, des discours, des médias et des moyens techniques. Quelle vérité disent les romans qui se sont écrits après le 11 septembre, ceux qui s’écrivent avec les nouvelles technologies ou qui jouent l’image avec et contre le texte ? Et comment décrypte-t-on aujourd’hui la vérité des textes de Melville et de Poe ? A propos d’œuvres américaines d’époque et de style très différents, les articles rassemblés dans ce numéro tentent de poser les questions qui plus que leurs réponses ont une chance de cerner ce que peut être <em>la vérité en fiction.</em></p>";;25/07/2012 12:18;0;Première édition;3146 554;1;3;34;Démocratiser l'art (contemporain);N°15/2012;;;"<p>La question de la démocratisation de l’art, et en particulier de l’art contemporain, se pose avec beaucoup d’acuité à notre époque.</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong><em>Dossier : Démocratiser l’art [contemporain]<br /></em></strong></p><p><strong>Julien Péquignot</strong><br />Le clip au musée : Démocratisation de l’art ou légitimation d’une pratique populaire ?</p><p><strong>Safia Belmenouar</strong><br />La photographie d’édition, quels enjeux pour quels publics ?</p><p><strong>Sonia Vidal</strong><br />Entre distance et proximité : réflexion sur le passage de la démocratisation à la socialisation culturelle à partir de l'étude des « Maisons Folies » lilloise</p><p><strong>Gloria Romanello</strong><br />« Merci pour votre collaboration.» Quelques réflexions sur les modalités d’approche des publics dans les institutions d’art contemporain</p><p><strong>Samuel Coavoux</strong><br />Qu’est-ce que la compétence artistique ? Réception de l’art et démocratisation</p><p><strong>Sylvain Martet</strong><br />La transmission familiale du goût de l’art : un obstacle insurmontable au processus de démocratisation de la culture ?</p><p style=""text-align: center;""><em><strong>Varia</strong></em></p><p><strong>Célia Sauvage</strong><br />Co-dépendance et recyclage hollywoodien de l’<em>Indie Spirit </em>: une redéfinition problématique du cinéma indépendant américain contemporain</p><p><strong>Rémi Parcollet et Léa-Catherine Szacka</strong><br /> Histoire des expositions du Centre Pompidou. Réflexions sur la constitution d’un catalogue raisonné</p><p><strong>Cindy Théodore</strong><br />Entretien avec Mami Kiyoshi</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><em>Dossier d’artiste<br /></em></strong></p><p><strong>Clément de Gaulejac</strong><br />Téléphone arabe</p><p>- Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions<br />- Abstracts français et anglais</p>";;10/11/2012;15;155x220;180;978-2-84292-354-9;9782842923549;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_554.jpg;"<p><strong>Le clip au musée : Démocratisation de l’art ou légitimation d’une pratique populaire ?</strong></p><p>Julien Péquignot</p><p>En 2007, le clip fit l’objet d’une exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Cette exposition s’accompagnait d’un catalogue réunissant de nombreux discours, ainsi que d’articles dans la presse. A travers l’analyse de ces discours, le but est de mettre à jour le statut symbolique du clip, dans le cadre de l’exposition mais au-delà dans les sphères légitimes du champ social. Ceci est d’autant possible que la rencontre d’un objet usuellement attaché à la culture de masse dans ce quelle est censée avoir de plus mercantile et délétère avec une institution artistique reconnue amène les discours à ce situer dans ce système d’oppositions.</p><p> </p><p><strong>La photographie d’édition, quels enjeux pour quels publics ? </strong></p><p>Safia Belmenouar</p><p>Un nouveau type de galeries dites ""galeries d'éditions"" ont vu le jour au cours de cette dernière décennie. Ces galeries ont pour projet commun de « démocratiser la photographie », en proposant des tirages éditées en grand nombre, à des prix dit « abordables ». Il conviendra alors d’examiner les enjeux économiques et culturels que recouvre ce nouveau segment du marché de la photographie : d'une part, au regard des publics auxquels elles s'adressent et d'autre part, en questionnant la nature des ""œuvres"" photographiques qu'elles mettent en circulation.</p><p> </p><p><strong>Entre distance et proximité : réflexion sur le passage de la démocratisation à la socialisation culturelle à partir de l'étude des ""Maisons Folies"" lilloise.</strong></p><p class=""Standard"">Sonia Vidal</p><p class=""Standard"">Cette étude questionne les fondements politiques, pratiques et théoriques de la « démocratisation culturelle » à partir de l’action des Maisons Folie. Un retour sur la conjoncture qui les a vues naître permet de saisir l’ambivalence des logiques qui coexistent en leur sein avant d’étudier les instruments actuels mobilisés pour en améliorer l’accessibilité et la complexité des phénomènes susceptibles d’agir sur les goûts et pratiques. Elle se clôt par une réflexion sur les enjeux dissimulés sous une notion en perte de substance.</p><p class=""Standard""> </p><p><strong>« Merci pour votre collaboration ». Quelques réflexions sur les modalités d’approche des publics dans les institutions d’art contemporain.</strong></p><p>Gloria Romanello</p><p>Les études sur les publics ont retenues l’attention aussi bien des sciences sociales que du monde de la gestion de la culture. Mais s’agit-il vraiment d’une réponse aux impératifs de la démocratisation culturelle ? Cette contribution veut considérer l’usage des enquêtes de publics à travers les comportements des institutions culturelles. Le barycentre de l’observation se déplace des publics aux intentions de ceux qui prétendent, par cette voie, mieux les connaître.</p>";"<div><p><span>La question de la démocratisation de l’art est ancienne. Elle avait notamment été mise en avant par André Malraux dès la création du Ministère des affaires culturelles en 1959. Pour autant – et bien que cette question serve d’arrière-plan à nombre de décisions politiques dans le domaine culturel en France – elle est loin d’être complètement résolue à ce jour. D’ailleurs, qu’entend-on exactement par démocratisation de l’art (ou de la culture) ? Qu’en est-il de cette « mission de rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français » ? S’agit-il de la promotion d’un art « élitaire pour tous », pour paraphraser Antoine Vitez ? Est-il question de participer à l’émancipation des citoyens ou au contraire de contribuer à leur assujettissement au nom d’une culture normative ? Est-ce autre chose qu’un slogan ou un vœu pieu ? </span></p><p><span>De nombreuses expériences ont été tentées depuis cinquante ans et en premier lieu en suivant le point de vue de l’offre et des moyens à accorder à la diffusion culturelle. Elles ont fait appel au développement d’initiatives en tout genre : création de structures alternatives (friches culturelles), de nouveaux modes de production des œuvres (résidences d’artistes – y compris dans des quartiers dits sensibles), de nouveaux modes de diffusion (développement des services des publics, des ateliers pour enfants ou adolescents, des artothèques, des sites spécialisés…). D’autres expériences sont parties du point de vue opposé ; à savoir les moyens à développer afin de permettre au plus grand nombre d’accéder à la création (quitte à remettre en cause constamment ce que cette notion recouvre). Dans ce cas, cela a pu concerner la revalorisation des « pratiques amateures » ou de formes longtemps considérées comme mineures (bande dessinée, musique rock, arts du cirque), voire la remise en cause de la centralité des institutions traditionnelles ou dominantes (musées, scènes nationales, centres d’art labellisés…). L’objet de ce numéro est de produire une réflexion sur ces questions en mêlant études de cas et réflexions plus générales. </span></p><p><span>Les trois premiers articles peuvent ainsi être vus comme des études spécifiques qui appliqueraient les questions évoquées plus haut à des exemples concrets. Julien Péquignot s’interroge sur le sens à accorder à la présentation récente de clips vidéo au Musée d’art moderne de la ville de Paris. Ce type de présentation pose différents problèmes et en premier lieu celui de la revalorisation d’une pratique non-légitime. Pourtant, l’approche retenue par ce musée conserve une certaine ambivalence, interdisant sans doute que l’on se limite à y voir une opération de démocratisation culturelle. </span></p><p><span>Dans un registre très différent, celui des galeries d’édition, Safia Belmenouar montre que la question de la démocratisation de l’art est plus complexe que celle qui consiste uniquement à valoriser des objets illégitimes. D’ailleurs, les objets dont elle traite – des photographies d’art – ont déjà de fait une certaine légitimité. C’est plutôt leur usage – leur transformation en produit commercial – qui pose problème, suggérant un processus de démocratisation qui passerait uniquement par le biais d’un élargissement de la diffusion – y compris en faisant appel à des techniques de marketing – sans pour autant interroger le rapport aux œuvres en tant que tel. </span></p><p><span>Le troisième cas, étudié par Sonia Vidal, ne concerne pas non plus directement les œuvres mais plutôt là aussi les circuits de diffusion. Les exemples dont elle traite – les Maisons Folie de Lille – sont en effet nés de l’idée selon laquelle la démocratisation ne pourrait passer que par une attention soutenue aux situations et réseaux locaux. Ici, l’initiative ne part pas des œuvres ou des opérateurs culturels mais de la municipalité, ce qui pose la question des enjeux politiques, sociaux, économiques, de ce type d’intervention. </span></p><p><span>La deuxième partie du numéro peut être vue comme une prise de recul par rapport aux mêmes questions. C’est le cas avec l’article de Gloria Romanello à propos des enquêtes de public et de leur impact sur la programmation des lieux d’art contemporain. Au départ, explique-t-elle, ces enquêtes promues par certains sociologues avaient pour objectif de mettre en évidence les inégalités d’accès à la culture ; aujourd’hui il se pourrait bien que les institutions de l’art aient abandonné ce genre d’objectif et recyclent ces enquêtes au profit du marketing et d’une démarche davantage gestionnaire. </span></p><p><span>Pourtant, les enquêtes ont au moins eu le mérite de montrer qu’il ne suffit pas de rendre physiquement accessible les œuvres capitales de l’humanité pour les rendre compréhensibles au plus grand nombre – contrairement à ce que croyaient les promoteurs de la démocratisation culturelle des années 1960. Ainsi que le rappelle Samuel Coavoux, Pierre Bourdieu avait insisté à de nombreuses reprises sur le fait que l’accès à l’art n’était pas également réparti et qu’il supposait la maîtrise de codes interprétatifs complexes – ce que les instances culturelles font souvent mine d’ignorer. Des questions du même ordre se retrouvent à propos de la transmission familiale du goût pour l’art, ainsi que le montre le texte de Sylvain Martet, au moyen d’une enquête réalisée auprès d’adolescents au Québec. </span></p><p><span>Les deux textes que nous proposons en varia s’éloignent de ces questions, tout en y faisant écho. C’est le cas avec l’article de Célia Sauvage sur « l’indie spirit », une forme d’engagements réputé alternatif que les </span><span>majors</span><span> du cinéma américain tentent de récupérer à leur profit ces dernières années. C’est le cas également, avec les réflexions de Rémi Parcollet et Léa-Catherine Szacka à propos du catalogue raisonné des expositions du Centre Pompidou – un projet de constitution d’archive de la totalité des expositions ayant eu lieu dans cette institution depuis son ouverture en 1977. Dans ces deux cas il ne s’agit pas de démocratisation de l’art mais plutôt d’un regard sur ses instances de production et de diffusion – ce qui permet à l’occasion de retrouver certains aspects des questions de démocratisation évoquées précédemment. </span></p><p><span>Le numéro ne serait pas complet sans une intervention d’artiste, cette fois-ci sous la forme d’un portfolio consacré à un travail de Clément de Gaulejac et sans quelques comptes rendus.</span></p><p><span> </span></p><p><span>Jérôme Glicenstein, octobre 2012</span></p></div>";"<p><strong>Video Clips in the Museum. Is it a Democratization of Art or the Legitimization of a Popular Form? </strong></p><p>Julien Péquignot</p><p>In 2007 an exhibition of music videos took place at the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Came along with this exhibition a catalog gathering a number of discourses and some press articles. By means of the analysis of these discourses, the intent is to reveal the symbolic status of music video, in this exhibition but, beyond, in legitimate areas of social field. This is all the more possible that the meeting between an object usually seen as mass culture in the most mercantile and deleterious way and a well established artistic institution brings discourses to take side in this kind of opposition.</p><p><strong> </strong> </p><p><strong>Widely Produced Photographs. What Goals for What Public?</strong></p><p>Safia Belmenouar</p><p>A new type of gallery called “edition galleries” appeared during the last century. These galleries are sharing a common project, which is to “democratize photography” by offering large edition prints at “affordable” prices. We will be looking into economic and cultural issues relating to this new segment of the photography market: On one hand from the public’s point of view, on the other hand by questioning the nature of such photographic “artworks” once they are in circulation.</p><p> </p><p class=""Standard""><strong>Between Distance and Proximity. Reflections upon the Transition from Democratization to Cultural Socialization: the Case of the “Maisons Folies” of Lille. </strong></p><p class=""Standard"">Sonia Vidal</p><p class=""Standard"">This work questions the political, practical and theoretical background of the «cultural democratization» policy and is based on the Meson Folie’s action. A flashback on the context in which they appeared gives us keys to understand the ambivalent logics that coexist in it before we analyze the effective tools used for improving its accessibility as well as the phenomena likely to impact on cultural tastes and practicals. It ends with the reflexion on the stakes dissimulated under a concept in loss of substance.</p><p> </p><p><strong>“Thanks for Your Collaboration”. Reflections upon the Ways the Public is Approached in Contemporary Art Institutions. </strong></p><p>Gloria Romanello</p><p>Visitor studies have been a focus of attention for both social sciences and culture management. Yet, do they really provide a condition for the fulfillment of cultural democratization? This paper critically examines cultural institutions’ aims and ends in applying surveys to their visitors. The focus of observation shifts from audiences to the responsables working in the cultural institutions who, by this way, express theirs perception and opinion on public-oriented cultural politics.</p>";274;15.00;"<p>Diverses initiatives vont dans le sens de l’accès du plus grand nombre à la création émergente la plus exigeante. Ces initiatives recouvrent toutes sortes d’objectifs sur lesquels il convient de revenir dans ce numéro.<br /> <em>Démocratiser l’art (contemporain)</em> s’inscrit dans une suite d’études menées par la revue <em>Marges</em> sur les conditions de la création en ce début de 21e siècle. Après <em>Déplacements des pratiques artistiques</em>, <em>Valeurs de l’art contemporain</em>, <em>Expositions sans artistes</em>, <em>Langages de l’œuvre et de l’art</em> et <em>Au-delà du Land Art</em>, il est question cette fois-ci d’encourager les points de vue critiques sur la question des relations entre création contemporaine et espace public. </p>";;25/07/2012 12:29;1;Première édition;3675 555;1;3;24;Political rhetoric in early China;N°34/2012;;;"<p>L’art de la persuasion politique en Chine ancienne. Les auteurs explorent les stratégies de prise de parole, analysent le développement de procédés stylistiques dans le contexte de l’idéologie monarchiste et impériale.</p>";"<p>Introduction: Political Rhetoric in Early China<strong><br />Paul van Els & Elisa Sabattini </strong></p> <p class=""Sommaireinter""><strong>I. Difficulties and Dangers of Political Persuasion</strong></p><p class=""Tdmauteur"">Sly Mouths and Silver Tongues: the Dynamics of Psychological Persuasion in Ancient China<strong><br />Albert Galvany </strong> </p><p>Rhetoric that Kills, Rhetoric that Heals<strong><br />Romain Graziani </strong></p><p class=""Tdmauteur""> </p><p class=""Sommaireinter""><strong>II. Overt and Covert Rhetoric against Ruling Elites</strong></p><p>Alienating Rhetoric in the Book of Lord Shang and its moderation<strong><br />Yuri Pines </strong></p><p>“Waiting for the Sages of Later Generations”: Is there a Rhetoric of Treason in the Shiji?<strong><br />Dorothee Schaab-Hanke </strong></p><p class=""Tdmauteur""> </p><p class=""Sommaireinter""><strong>III. Stories and Slogans as Rhetorical Tool</strong></p><p class=""Tdmauteur"">Tilting Vessels and Collapsing Walls—On the Rhetorical Function of Anecdotes in Early Chinese Texts<strong><br />Paul van Els </strong></p><p>“People as Root” (min ben) Rhetoric in the New Writings by Jia Yi (200-168)<strong><br />Elisa Sabattini </strong></p><p class=""Tdmauteur""> </p><p class=""Sommaireinter""><strong>IV.Regards extérieurs</strong></p><p class=""Tdmauteur"">Political Rhetoric in China and in Imperial Rome : the Persuader, the Ruler, the Audience<strong><br />Alexander Yakobson </strong> </p><p>Just Words, Right Words<strong><br />Gabrielle Radica </strong></p> <p class=""Sommaireauteur""> </p><p>Abstracts<br />提要</p><p>Bio-bibliographical notes</p>";;10/12/2012;34;155x220;220;978-2-84292-352-5;978-2-84292-352-5;2;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_555.gif;"<p><strong>Voir Abstract : les articles de ce numéro sont entièrement rédigés en anglais.</strong></p>";"<div><p><span>Introduction: Political Rhetoric in Early China</span></p><p><span>Paul van Els & Elisa Sabattini</span></p><p><span>Introduction</span></p><p><span>Early Chinese thought enjoys a wide appeal, in the scholarly world as much as elsewhere, as people are keen on learning about the ideas of Confucius, Mencius, and other thinkers whose views have shaped traditional Chinese culture. In the study of early Chinese thought, emphasis has long been on </span><span>what </span><span>thinkers said, not on </span><span>how </span><span>they proffered their views. Even studies that do consider the </span><span>how</span><span>, tend to focus on logic and argumentation, rather than rhetoric. Fortunately, in the past few decades growing attention has been paid to Chinese rhetoric which has led to an impressive number of publications. This issue of </span><span>Extrême-Orient, Extrême-Occident </span><span>feeds into the current debate on Chinese rhetoric by exploring facets that have hitherto been underemphasized, if explored at all. In this introduction, brief outlines of rhetoric in the West and in China are followed by synopses of the six articles in this issue.</span></p><p><span>1. Rhetoric in the West</span></p><p><span>Rhetoric, from the Greek word </span><span>rhēt</span><span>ōrikē </span><span>(</span><span>ῥητορική</span><span>), traditionally denotes the civic art of speaking in law courts and other formal and political occasions, especially in the democracies of Syracuse and Athens. Rhetoric is often said to have been “invented” in the city-state of Syracuse in the fifth century </span><span>bce</span><span>. After the expulsion in 467 </span><span>bce</span><span> of two tyrant kings, Gelon and Hieron I, citizens were instructed in the art of speech in order to reclaim property seized during the heyday of the two tyrants.</span><span><a id=""footnote-18482-1-backlink"">1</a></span><span> This is when, allegedly, the first rhetorical handbooks were composed.</span><span><a id=""footnote-18482-2-backlink"">2</a></span><span> The democracy of Athens inherited the Syracusian teaching of rhetoric. In Athens, citizens were part of the penal courts. Those who took it upon themselves to accuse or defend a suspect, delivered a public speech in order to convince the jury, which was also made up of citizens. An extensive technical vocabulary and refined techniques were required in order to polish one’s argument, arrangement, style, and delivery for persuading the jury. In Syracuse and Athens, the first attempts were made to describe features of a persuasive speech and to teach people how to plan and deliver one. From then on, the study of rhetoric gradually became a regular part of the formal education of young men, and it pervaded not only debate in law courts, where it was born, but also in other activities, such as the literary production of poetry and prose.</span></p><p><span>At the risk of oversimplifying, three kinds of rhetoric can be discerned in the West, at least according to Chaïm Perelman: ancient rhetoric, classical rhetoric, and new rhetoric.</span><span><a id=""footnote-18482-3-backlink"">3</a></span></p><p><span>Ancient rhetoric refers to rhetorical theories developed and practiced in ancient Greece and the Roman world. Important representatives include Aristotle (384-322 </span><span>bce</span><span>), Cicero (106-143 </span><span>bce</span><span>), and Quintilianus (</span><span>ca</span><span> 35-100 </span><span>ce</span><span>). Aristotle, the great theoretician of rhetoric, famously identified three kinds of persuasive speech (political, legal, ceremonial) and three ways in which persuasion is accomplished (</span><span>ethos</span><span>, </span><span>pathos</span><span>, </span><span>logos</span><span>). Cicero, the great practitioner of rhetoric, emphasized the importance of various forms of appeal in oratory, and stressed that orators must be knowledgeable not just about specific cases of argumentation, but about all areas of human life and culture. Quintilianus, the great teacher of rhetoric, formalized rhetorical training.</span></p><p><span>Classical rhetoric, as understood by Perelman, started in the sixteenth century with Pierre de La Ramée (1515-1572), who rejected many aspects of ancient rhetorical argumentation, except for elocution (the study of the ornate style). His friend Omer Talon (</span><span>ca</span><span> 1510-1562) was responsible for the first book dedicated exclusively to rhetorical figures (ornate style). Perelman associates the death of ancient rhetoric and the birth of classical rhetoric with these two men. From the mid-sixteenth century to the mid-twentieth century, rhetoric was mostly confined to the study of stylistic devices, such as metaphors. This identification of rhetoric with style is often considered a limitation of the discipline of rhetoric as understood and taught in antiquity, where rhetoric was thought to cover much more than just style. Classical rhetoric is hence seen by Perelman as a pale shadow of ancient rhetoric, and Kennedy likewise defines it as “secondary” rhetoric.</span><span><a id=""footnote-18482-4-backlink"">4</a></span></p><p><span>New rhetoric gradually came about through the works of Burke, Perelman, and others, from the 1950s and particularly the 1970s onwards.</span><span><a id=""footnote-18482-5-backlink"">5</a></span><span> It goes back to ancient rhetoric, but its audience has grown. Whereas ancient rhetoric was devised to persuade a group of people in the presence of the speaker, in new rhetoric the audience can range from one person (an internal monologue) to mankind at large. In addition, new rhetoric does not limit persuasion to speech or writing, but also considers other forms of communication. The general idea is that there is no such thing as a non-rhetorical discourse. Rather, rhetoric is that quality in discourse by which agents (speakers, writers, and so on) seek to persuade (or convince, seduce, mesmerize, and so on) their audience. Hence, using Kennedy’s words, in “speaking, writing, hearing, and reading, we are better off if we understand the process” of rhetoric.</span><span><a id=""footnote-18482-6-backlink"">6</a></span></p><p><span>2. Rhetoric in China</span></p><p><span>Traditionally, the study of rhetoric in the West did not concern itself with non-Western forms of rhetoric. Scholars who did look beyond the geographical boundaries of their field faced severe obstacles, such as the language barrier, as they relied on available translations. Their studies are naturally hampered by the limited number of translated texts, where the quality of the translation may have left something to be desired.</span><span><a id=""footnote-18482-7-backlink"">7</a></span><span> Fortunately, the situation has gradually improved in the last century, particularly during the last few decades.</span></p><p><span>For Chinese rhetoric, pioneering studies include Crump and Dreher’s short papers “Peripatetic Rhetors of the Warring Kingdoms” and “Pre-Han Persuasion” from the early 1950s. These have been followed by a steady flow of books and articles from the 1960s all the way to the present day. Underlying most of these publications appears to be a desire to explore other forms of rhetoric, or to counterbalance the perceived Western monopoly of rhetoric. In recent years a more pragmatic motivation for studying Chinese rhetoric has arisen, as teachers in the West are increasingly exposed to students from different rhetorical traditions. This led to a special issue of the journal </span><span>College English </span><span>(March 2010) and to Kirkpatrick and Xu’s book </span><span>Chinese Rhetoric and Writing: An Introduction for Language Teachers </span><span>(2012).</span></p><p><span>Questions pervading publications on Chinese rhetoric include: What is Chinese rhetoric? Where do we find it? How does it correspond to, or differ from, rhetoric in the West? Answers to these questions vary, depending on the chosen approach. Let us look at a few influential approaches.</span></p><p><span>One way to study Chinese rhetoric is to select Greek rhetorical figures and show examples of their use in Chinese literature, as Unger does in his </span><span>Rhetorik des klassischen Chinesisch</span><span>. Offering Chinese examples for a plethora of Greek rhetorical figures—such as </span><span>anaphora</span><span>, </span><span>ellipsis</span><span>, and </span><span>chiasmus</span><span>—Unger shows that Chinese writers were perfectly capable of using such figures. Still, despite its obvious merits, Unger’s approach is not without problems. For instance, a Greek rhetorical figure may be successfully identified in a Chinese text, but that still does not mean it was “applied consistently and deliberately” by Chinese writers.</span><span><a id=""footnote-18482-8-backlink"">8</a></span><span> Moreover, in some cases it takes a rather liberal translation or subjective interpretation of a Chinese passage to make it correspond to a Greek rhetorical figure. For example, Unger uses the saying “the grace of a woman is boundless, the rancor of a wife knows no end” to show that synonyms were used to avoid repetition of words.</span><span><a id=""footnote-18482-9-backlink"">9</a></span><span> However, the words “woman” (</span><span>nü</span><span>) and “wife” (</span><span>fu</span><span>) in this saying are not used merely for variation, but as references to different types of females (unmarried </span><span>vs</span><span> married).</span><span><a id=""footnote-18482-10-backlink"">10</a></span><span> This leads to a more fundamental problem of the approach, namely that it analyzes the Chinese situation through the lens of Greek rhetoric, which inevitably involves some amount of fitting square blocks into round holes. Through the Greek prism, with its well-defined understanding of rhetoric, any non-Western type likely falls short, much in the same way that the ancient Greeks and Romans may not pass if Chinese forms of rhetoric were to be used as a yard stick.</span><span><a id=""footnote-18482-11-backlink"">11</a></span></p><p><span>In full recognition of these difficulties, several scholars, including Oliver and Garrett, emphasize the importance of examining the Chinese rhetorical tradition in its own terms.</span><span><a id=""footnote-18482-12-backlink"">12</a></span><span> Taking this advice to heart, a number of studies have appeared focusing on technical vocabulary used in early Chinese disputation, such as </span><span>bian </span><span>“dispute, debate,” </span><span>shui </span><span>“discuss, persuade,” and </span><span>shuo </span><span>“argue, explain.”</span><span><a id=""footnote-18482-13-backlink"">13</a></span><span> The studies show that Chinese contemporaries of the ancient Greeks not only used rhetorical strategies, but discussed them at a meta-level with a highly developed technical vocabulary. Regrettably, while these meta-discussions throve in the Warring States period, they seem to have ceased as soon as the First Emperor unified these states under the Qin dynasty, which will be grist to the mill of those who maintain that China’s rhetorical tradition pales in comparison to that of the West.</span></p><p><span>The practice of disputation in China may have been relatively short-lived, but China does have a tradition of writing that goes back several thousand years. Most if not all written texts, such as contemplations by thinkers or petitions by ministers, are aimed at persuading the reader and hence involve rhetoric. Not surprisingly, China has a long tradition of reflections, remarks, and comments on rhetoric in writing. A famous early example is </span><span>The Literary Mind and the Carving of Dragons </span><span>(</span><span>Wenxin diaolong</span><span>) by Liu Xie (</span><span>ca</span><span> 467-522) which, among others, recognizes “metaphor” (</span><span>bi</span><span>) and “allegory” (</span><span>xing</span><span>) in other texts.</span><span><a id=""footnote-18482-14-backlink"">14</a></span><span> Incidentally his book also contains several mentions of “ornate use of words” (</span><span>xiuci</span><span>), the term that now translates “rhetoric” in China. </span><span>Rules of Writing </span><span>(</span><span>Wenze</span><span>) by Chen Kui (1128-1203) examines rhetorical devices used in various early Chinese texts, and is generally considered to be the first systematic account of Chinese rhetoric.</span><span><a id=""footnote-18482-15-backlink"">15</a></span><span> Chen’s work was followed by many other books on the topic, such as </span><span>A Guide to Composition </span><span>(</span><span>Wenzhang zhinan</span><span>) edited by Gui Youguang (1506-1571).</span><span><a id=""footnote-18482-16-backlink"">16</a></span><span> This tradition fully matured in the early twentieth century, when rhetoric in China became a recognized branch of learning. Chinese scholars started studying Western works of rhetoric and compiling inventories of rhetoric Chinese style. This led to hundreds of monographs, such as Zheng Dian and Tan Quanji’s </span><span>A Compendium of Reference Materials for Ancient Chinese Rhetoric </span><span>(</span><span>Gu Hanyu xiucixue ziliao huibian</span><span>); to monthly academic journals, such as </span><span>Studying Rhetoric </span><span>(</span><span>Xiuci xuexi</span><span>); to academic centers for the study of rhetoric, for instance at Fudan University in Shanghai; and to a national association and several regional and provincial organizations for the discipline.</span><span><a id=""footnote-18482-17-backlink"">17</a></span><span> Scholars such as Liu Yameng elaborate on this long history of rhetorical reflections to show that it is easily as rich and diverse as that of the West.</span><span><a id=""footnote-18482-18-backlink"">18</a></span><span> One problem with this approach is that all the sources under discussion (</span><span>e.g.</span><span> </span><span>The Rules of Writing</span><span>, </span><span>A Guide to Composition</span><span>) deal with writing. This is at odds with Western rhetoric which since its inception has focused on the spoken word. This has led to a view that Chinese narrowly limit rhetoric to stylistic devices in writing, perhaps not unlike de La Ram</span><span>ée, Talon, and other proponents of “secondary” rhetoric in the West. An interesting study by Wu Hui shows how Chinese students in the late nineteenth and early twentieth centuries first encountered Western rhetoric when they studied in Japan, where terms such as </span><span>xiuci </span><span>(“ornate use of words”) were used to translate </span><span>rhetoric</span><span>.</span><span><a id=""footnote-18482-19-backlink"">19</a></span><span> Given that </span><span>xiuci </span><span>is traditionally associated with the written word, it is no wonder that Chinese scholars in the past century came to develop an understanding of rhetoric that differs markedly from that in the Western world.</span></p><p><span>3. Rhetoric in Early China</span></p><p><span>Our goals in this issue of </span><span>Extrême-Orient, Extrême-Occident </span><span>are modest. We are not striving to find counterparts for Greek rhetorical figures in China, nor do we expect to lay bare a rich Chinese tradition of theorizing about rhetoric. Instead, we take rhetoric in its broad definition as a tool to inform, persuade, or motivate particular audiences, as we examine how this tool is discussed and employed in early Chinese texts. Through close reading of textual passages from the Warring States period to the Former Han dynasty (roughly the first five centuries </span><span>bce</span><span>) we explore methods or means of persuasion, such as “alienating rhetoric,” “rhetoric of treason,” or the rhetorical use of anecdotes—forms of rhetoric that are not necessarily congruous with Western rhetorical figures. In this way we hope to show how the masters of early China found unique ways of winning others to their views.</span></p><p><span>The first two papers analyze the difficulties and dangers of political persuasion in early China. While influential thinkers such as Confucius tried to subjugate discourse to an ethical code and to certify a strict and appropriate relationship between words and deeds, they could not prevent the increasing intellectual and political influence of a new class of orators who, stripped of any moral attachment, consider persuasion from a purely strategic perspective. In the first paper, Albert Galvany shows the essential dynamics of the rhetorical techniques they use, as well as some of the most relevant attempts to neutralize and evade the persuasive capacity of orators, diplomats and counsellors. The latter indicates that game of political persuasion in early China was highly risky and often deadly. This is the topic of the next paper, by Romain Graziani, who identifies and evaluates contrasting attitudes among persuaders, ranging from cognitive optimism to moral pessimism, regarding the capacity of language to convince and influence the listener or improve his moral behavior.</span></p><p><span>The next two articles deal with overt and covert rhetoric aimed at specific rulers and the ruling elites at large. One of the most overt (and absurd) forms of rhetoric in early China can be found in </span><span>The Book of Lord Shang </span><span>(</span><span>Shangjunshu</span><span>) by Shang Yang (d. 338 </span><span>bce</span><span>) and his disciples. That book at times adopts a radically alienating rhetoric, attacking ideas and values that were overwhelmingly respected by members of the educated elite. Several chapters deride fundamental moral norms, such as benevolence, righteousness, filiality, fraternal duty, trustworthiness, and honesty; they call for establishing a regime in which “scoundrels rule the good”; and they advocate military victory by performing “whatever the enemy is ashamed of.” In the third paper, Yuri Pines argues that the peculiar rhetoric and abusive language might have been designed so as to strengthen Shang Yang’s image as a daring and innovative thinker. An apposite example of covert rhetoric can be found in </span><span>Records of the Historian </span><span>(</span><span>Shiji</span><span>). In some passages of that book, the historian discusses aspects related to the rule of a sage. All aspects he mentions are related to measures taken by the contemporary ruler, Emperor Wu of the Han dynasty (r. 141-87 </span><span>bce</span><span>), thus implying that this emperor could scarcely be regarded as a sage ruler. Moreover, in these passages he even addresses later sages as his expected readers. This address to later sages has a parallel in an earlier text, </span><span>The Gongyang Commentary </span><span>(</span><span>Gongyang zhuan</span><span>), in a context that can be characterized as “inevitable treason.” By alluding to such “treasonous” rhetoric, Schaab-Hanke argues in the fourth paper, the author of </span><span>Records of the Historian </span><span>incurred the risk of being charged with high treason.</span></p><p><span>The last two articles describe the use of historical anecdotes and political slogans as rhetorical tools. Early Chinese argumentative texts are full of historical anecdotes. These short accounts of events in Chinese history enhance the appeal of the text, but they also have an important rhetorical function in helping the reader understand, accept, and remember the arguments propounded in the text. The fifth paper examines the rhetorical function of historical anecdotes in two argumentative texts of the Western Han dynasty (202 </span><span>bce</span><span>-9 </span><span>ce</span><span>): </span><span>Han’s Illustrations of the Odes for Outsiders </span><span>(</span><span>Han shi waizhuan</span><span>) and </span><span>The Master of Huainan </span><span>(</span><span>Huainanzi</span><span>). These two texts found creative use for anecdotes, namely as illustrations of quotations from canonical sources. Through case studies of several combinations of anecdotes and quotations, the paper argues that the combinations serve to present the creators of these texts as beacons of knowledge with profound understanding of historical events and canonical literature, and with the necessary skills to fruitfully combine the two. The final paper focuses on the rhetorical expression “people as root” (</span><span>min ben</span><span>) in </span><span>New Writings </span><span>(</span><span>Xin shu</span><span>) ascribed to Jia Yi, a young prodigy active at the court of Emperor Wen (r. 179-157 </span><span>bce</span><span>). The paper shows that in </span><span>New Writings </span><span>the appeal to the people is due to its emotive connotation rather than signifying a concrete set of people-oriented policies. Here the term “people” becomes an instrument used to reassess the young Han imperial interests. The expression “people as root” is thus part of the strategy of Jia Yi’s political persuasion.</span></p><p><span>Bibliography</span></p><p><span>Bischoff</span><span>, Friedrich Alexander (1976). </span><span>Interpreting the fu: A Study in Chinese Literary Rhetoric</span><span>. Wiesbaden, Franz Steiner Verlag.</span></p><p><span>Burke</span><span>, Kenneth (1950). </span><span>A Rhetoric of Motives</span><span>. New York, Prentice-Hall.</span></p><p><span>Burke</span><span>, Kenneth (1951). “Rhetoric-Old and New.” </span><span>The Journal of General Education</span><span>,</span><span> </span><span>no. 5.3: 202-209.</span></p><p><span>Cai</span><span>, Zong-Qi (ed.) (2001). </span><span>A Chinese Literary Mind: Culture, Creativity, and Rhetoric in </span><span>Wenxin diaolong. Stanford, Stanford University Press.</span></p><p><span>Crump</span><span>, James (1964). </span><span>Intrigues of the Warring States: Studies of the Chan-kuo Ts’e</span><span>. Ann Arbor, University of Michigan Press.</span></p><p><span>Crump</span><span>, James (1998). </span><span>Legends of the Warring States: Persuasions, Romances, and Stories from Chan-kuo Ts’e</span><span>. Ann Arbor, The University of Michigan Center for Chinese Studies.</span></p><p><span>Crump</span><span>, James and </span><span>Dreher, </span><span>John (1951). “Peripatetic Rhetors of the Warring Kingdoms.” </span><span>Central States Speech Journal</span><span>,</span><span> </span><span>no. 2: 15-17.</span></p><p><span>Dance</span><span>, Frank (1981). “The Tao of Speech.” </span><span>Central States Speech Journal</span><span>,</span><span> </span><span>no. 32: 207-211.</span></p><p><span>Defoort</span><span>, Carine (2000). “Review of Xing Lu’s </span><span>Rhetoric in Ancient China, Fifth to Third Century </span><span>bce</span><span>—A Comparison with Greek Rhetoric </span><span>(Columbia, SC: University of South Carolina Press, 1998).” </span><span>The Journal of Asian Studies</span><span>,</span><span> </span><span>no. 59.3: 709-710.</span></p><p><span>Defoort</span><span>, Carine (2001). “Is there such a thing as Chinese philosophy? 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Albany, State University of New York Press: 115-130.</span></p><p><span>Glossary</span></p><p><span>bi </span><span>比</span></p><p><span>bian </span><span>辯</span></p><p><span>Chen Kui </span><span>陳騤</span></p><p><span>fu </span><span>婦</span></p><p><span>Gongyang zhuan</span><span> </span><span>公羊傳</span></p><p><span>Gui Youguang </span><span>歸有光</span></p><p><span>Han Feizi</span><span> </span><span>韓非子</span></p><p><span>Han shi waizhuan</span><span> </span><span>韓詩外傳</span></p><p><span>Huainanzi</span><span> </span><span>淮南子</span></p><p><span>Jia Yi </span><span>賈誼</span></p><p><span>Liu Xie </span><span>劉勰</span></p><p><span>min ben </span><span>民本</s";;;;;;;;; 556;1;3;27;Philosophies morales - L'éthique à la croisée des savoirs (XIIIe-XIVe siècles);N°63/2012;;;"<p>Ce numéro est l’occasion d’accueillir pour la première fois dans la revue un dossier consacré à la philosophie médiévale.</p>";"<p>Reconfigurations du discours éthique à la fin du Moyen Âge<strong><br />Iacopo Costa et Aurélien Robert</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Tératologie de la morale, ou de l’éthique au Moyen Âge<strong><br />Emanuele Coccia </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’idée de logique morale aux xiii<sup>e</sup> et xiv<sup>e</sup> siècles<strong> <br />Aurélien Robert </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La vulgarisation de l’<em>Éthique</em> d’Aristote en Italie aux xiii<sup>e</sup> et xiv<sup>e</sup> siècles : enjeux littéraires et philosophiques<strong> <br />Sonia Gentili </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les complexions vertueuses : la physiologie des vertus dans l’anthropologie médicale de Pietro d’Abano<strong> <br />Matthew Klemm </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le théologien et l’<em>Éthique à Nicomaque</em>. Sur les usages théologiques de la morale aristotélicienne au xiv<sup>e</sup> siècle<strong> <br />Iacopo Costa </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Que signifie « être libre » ? Le cas Henri de Gand<strong> <br />Martin Pickavé </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Dieu, les autres et moi: La hiérarchie des dilections à la fin du Moyen Âge<strong> <br />Christophe Grellard</strong> .</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p>Campagnes et stratégies des armées anglo-saxonnes pendant l’époque viking<strong> <br />Ryan Lavelle</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>POINT DE VUE</strong><em> </em></p><p style=""text-align: left;""><em>Habemus sanctam</em> ? La vie sans fin d’Hildegarde de Bingen<strong> <br />Laurence Moulinier</strong></p><p> </p><p><em>Notes de lecture</em></p><p>Carla Meyer, <em>Die Stadt als Thema. Nürnbergs Entdeckung in Texten um 1500 </em>(Joseph Morsel); Stéphane Péquignot, <em>Au nom du roi. Pratique diplomatique et pouvoir durant le règne de Jacques II d’Aragon (1291-1327)</em> (Armand Jamme) ; Sébastien Legros, <em>Moines et seigneurs dans le Bas-Maine. Les prieurés bénédictins du x<sup>e</sup> au xiii<sup>e</sup> siècle </em>(Anne Lunven) ; Amy Livingstone, <em>Out of love for my Kin. Aristocratic family Life in the Lands of the Loire, 1000-1200 </em>(Claire Lamy); André Chédeville et Daniel Pichot (dir.), <em>Des villes à l’ombre des châteaux, naissance et essor des agglomérations castrales en France au Moyen Âge </em>(Cédric Quertier); Sébastien Nadot, <em>Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Âge</em> (Loïc Cazaux) ; François Foronda, Christine Barralis, Bénédicte Sère (dir.), <em>Violences souveraines au Moyen Âge. Travaux d’une école historique </em>(Christelle Balouzat-Loubet) ; Patricia Eichel-Lojkine (dir.), <em>Claude de Seyssel, Écrire l’histoire, penser le politique en France, à l’aube des temps modernes</em> (Xavier Pindard) ; Denise Angers<em> </em>éd. <em>Le terrier de Philippe d’Harcourt et Jeanne de Tilly, seigneurs de Tilly-sur-Seulles (1375-1415) </em>(Juliette Dumasy) ; Pierre Monnet et Jean-Claude Schmitt éd. et trad<em>.,Vie de Charles IV de Luxembourg</em> (Éloïse Adde-VomÁČkovÁ)</p><p><em>Livres reçus</em></p>";;10/01/2013;63;155x220;192;978-2-84292-353-2;9782842923532;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_556.gif;"<p><em>Emanuele Coccia (EHESS)</em> <strong><br />Tératologie de la morale, ou de l’éthique au Moyen Âge </strong></p><p>L'article se concentre sur le statut épistémologique de la vérité morale: contrairement à d’autres formes de vérité, la vérité morale existe toujours dans des endroits autres que le lieu de sa formalisation dans des enseignements universitaires, car elle n'est jamais unique. Les identités morales d'une époque font l’objet de différentes sciences (droit, l'éthique, la rhétorique etc.), s’incarnent dans des figures et des contextes sociaux très différents et existent souvent dans des formes contradictoires. Toute tentative d'écrire une histoire de la pensée morale au Moyen Âge devraient donc dépasser l’analyse des commentaires sur l'<em>Éthique</em> ou de la production académique. Après une discussion générale de la question, l'article se concentre sur trois aspects: la relation entre vérité morale et vérité juridique a partir du problème des « prologues de la loi »; la façon dont le Nouveau Testament présente l’existence de la vérité morale dans le corps même du Christ, et, enfin, la façon dont certains théologiens pensèrent la relation entre l'unité de la vérité morale et la pluralité ethniques et politiques des formes de vie.</p><p> </p><p><em>Aurélien Robert (CNRS-CESR)</em><strong><br />L’idée de logique morale aux xiii<sup>e</sup> et xiv<sup>e</sup> siècles</strong></p><p>Comment l’homme raisonne-t-il dans le domaine moral ? À cette question, Aristote fournit un premier élément de réponse qui consiste à indiquer le caractère non scientifique de la logique à l’œuvre en contexte moral. Reprenant une idée développée dans le monde arabe, plusieurs penseurs latins des xiii<sup>e</sup> et xiv<sup>e</sup><strong> </strong>siècles ont considéré que la rhétorique et éventuellement la poétique – prises comme des parties de la logique – constituent l’argumentation non scientifique propre au domaine moral. À partir de quelques témoignages, nous montrons que, d’une même idée, sont nées trois conceptions de l’éthique fort différentes. Albert le Grand défend ce que nous appellerions aujourd’hui « une éthique de la vertu », où l’idée d’une logique propre au domaine moral sert à montrer la nécessité d’un raisonnement pratique et non scientifique dans l’action. Au contraire, Roger Bacon défend une éthique de l’obligation au sein de laquelle la rhétorique morale ne sert qu’à convaincre ceux qui n’adhèrent pas déjà aux normes morales imposées par les Écritures saintes. Enfin, Jean Buridan propose une lecture intellectualiste du raisonnement moral. Pour lui, le domaine de l’action est contingent et ne saurait être réduit à un discours scientifique, raison pour laquelle il faut accepter l’idée d’une logique morale. Mais à la différence d’Albert le Grand, le caractère moral et la connaissance pratique perdent de leur importance.</p><p> </p><p><em>Sonia Gentili (Università di Roma - La Sapienza)</em><strong><br />La vulgarisation de l’<em>Éthique</em> d’Aristote en Italie aux xiii<sup>e</sup> et xiv<sup>e</sup> siècles : enjeux littéraires et philosophiques</strong></p><p>Cet article tente de décrire un phénomène majeur et constitutif de la littérature italienne au Moyen Âge, à savoir l’entrelacement entre parole philosophique et parole littéraire. Pour cela, l’<em>Etica in volgare</em> de Taddeo Alderotti, une version en langue vulgaire de la <em>Summa Alexandrinorum</em> (abrégé de <em>l’Éthique à Nicomaque </em>d’Aristote), est analysée dans ses traits principaux – l’utilisation des images, la tension entre l’homme politique d’Aristote et l’homme ascétique des chrétiens, et les citoyens identifiés aux « <em>artifices</em> » – et dans sa diffusion chez Guittone d’Arezzo et Dante.</p><p> </p><p><em>Matthew Klemm (Ithaca College – New York)</em><strong><br />Les complexions vertueuses : la physiologie des vertus dans l’anthropologie médicale de Pietro d’Abano</strong></p><p>Cet article étudie la théorie physiologique de Pietro d’Abano, influent physicien de Padoue. Ses intérêts pour la physiologie étaient de nature aussi bien morale que médicale. En particulier, Pietro était optimiste et pensait que la physiologie du corps – à savoir la combinaison des qualités connue comme « la complexion » – pouvait influencer la morale et la vertu intellectuelle. Il espérait que la physiologie humaine et les facteurs environnementaux qui l’affectaient pouvaient être correctement compris, et que la théorie de la complexion permettrait de fournir une nouvelle approche médicale de la vertu et une compréhension d’ensemble de la nature humaine. Pour cela, Pietro d’Abano s’inspira de la pensée de Galien, qui avait posé lui aussi l’articulation entre complexion et morale. La pensée de Galien en ce domaine était perçue avec suspicion, ce qui conduisit Pietro d’Abano à montrer que l’utilisation de la théorie de la complexion par Aristote était pour l’essentiel en accord avec celle de Galien. Cette lecture d’Aristote nécessita de la part de Pietro une créativité considérable.</p><p> </p><p><em>Iacopo Costa (CESCM – Poitiers)</em><br /><strong>Le théologien et l’<em>Éthique à Nicomaque</em>. Sur les usages théologiques de la morale aristotélicienne au xiv<sup>e</sup> siècle</strong></p><p>L’étude prend en considération trois importants commentaires de l’<em>Éthique à Nicomaque</em> du début du xiv<sup>e</sup> siècle (les commentaires de Raoul le Breton, Gui Terrena de Perpignan et Guiral Ot), afin de monter comment, à cette époque, le principal traité aristotélicien sur la philosophie morale donne aux maîtres l’occasion d’analyser un certain nombre de questions théologiques : par exemple, la nature de la vision béatifique, les rapports existant entre charité et grâce, et le péché d’usure.</p><p> </p><p><em>Martin Pickavé (University of Toronto)</em><br /><strong>Que signifie « être libre » ? Le cas Henri de Gand</strong></p><p>Le débat sur la nature de l’action humaine qui éclata entre la fin du xiii<sup>e</sup> et le début du xiv<sup>e</sup> siècle est l’un des sujets les plus étudiés de la philosophie médiévale. Mais, malgré l’abondance de la littérature critique à ce sujet, la nature exacte du désaccord entre les « intellectualistes » et les volontaristes demeure peu claire. Les parties prenantes du débat ont-elles simplement divergé quant à la fondation psychologique de l’action libre de l’homme ? Ou sont-elles au contraire en désaccord sur ce que signifie « être libre » ? Autrement dit : le débat porte-t-il sur le meilleur moyen de rendre compte du fait que les êtres humains sont des agents libres ou existe-t-il un désaccord plus profond sur l’objet même du débat ? Cette brève contribution analyse la position d’Henri de Gand, l’un des champions du parti volontariste, sur la nature de la liberté (<em>ratio libertatis</em>). En examinant la question 5 du Quodlibet XIV d’Henri, cet article désire jeter les bases d’une meilleure compréhension de la notion (ou des notions) de liberté au centre des débats du Moyen Âge tardif.</p><p> </p><p><em>Christophe Grellard (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)</em><br /><strong>Dieu, les autres et moi : La hiérarchie des dilections à la fin du Moyen Âge</strong></p><p>Cette étude examine, à partir de l’analyse de l’amour de soi par Jean Buridan (ca. 1300-1361) et Nicole Oresme (ca. 1320-1380), comment un même texte d’Aristote peut conduire, à travers l’exercice scolaire du commentaire, à la mise en place de deux types d’éthique différents, ancrées dans des contextes différents. Jean Buridan est solidaire du développement d’une forme d’individualisme fondé sur l’accomplissement de soi, tandis que Nicole Oresme insiste davantage sur la dimension politique de l’éthique, en défendant le primat du prince et de la communauté sur l’individu.</p><p> </p><p><em>Ryan Lavelle (History Department, Winchester)</em><br /><strong>Campagnes et stratégies des armées anglo-saxonnes pendant l’époque viking</strong></p><p>L’article évalue le fonctionnement des campagnes militaires dans l’Angleterre anglo-saxonne entre le ix<sup>e</sup> et le xi<sup>e</sup> siècle. Un modèle théorique est d’abord élaboré, qui permet de rendre compte de l’organisation des forces employées lors des campagnes ; puis l’accent est mis sur la portée du commandement et de la répartition des troupes au cours de campagnes dont les stratégies pouvaient être offensives ou défensives, principalement sous les règnes d’Alfred le Grand (871-899) et d’Æthelstan (924-939). Enfin, en se penchant sur la logistique concrète de la guerre à l’époque anglo-saxonne, l’article montre combien les campagnes pouvaient, y compris à ces dates précoces, faire l’objet d’une organisation minutieuse.</p>";;"<p><em>Emanuele Coccia (EHESS)</em><strong><br />Teratology of morality or ethics in Middle Ages</strong></p><p>The article focuses on the peculiar epistemological status of moral truth: unlike other kinds of truth, <em>moral </em>truth does always exist in other places than the place of its formalization in academic teachings, and is never unique. The various moral identities of a specific period are the objects of different sciences (in the past: law, ethics, rhetoric etc.; nowadays anthropology, sociology, ethics etc.); they also express themselves in different contexts and do exist in contradictory forms. Every attempt of writing a history of moral thought in Middle Ages should consider the epistemological and empirical plurality of moral truth and stop concentrating itself on the analysis of the commentaries on <em>Ethics </em>or on the academic production. After a general discussion of the problem the article focuses on three questions: the relationship between moral truth and juridical truth as exemplified in the prologues of the law; the way moral truth exists in the very body of Christ following the Gospels; and finally the way some theologians thought the relationship between the unity of moral truth and the ethnic and political plurality of human ways of life.</p><p> </p><p><em>Aurélien Robert (CNRS-CESR)</em><strong><br />The Idea of Moral Logic in the thirteenth and fourteenth Century</strong></p><p>How does mankind think according to reason in the field of morals? Aristotle gave a first element of a reply that consists in pointing out the non-scientific character of logic operating in the field of morals. Taking over an idea developed in the Arabic world, several Latin philosophers of the thirteenth and fourteenth centuries considered that rhetoric, and perhaps also poetics (as a part of logic), constituted a non-scientific argument appropriate for the field of morals. On the evidence of different texts, we show that from the same idea were born three very different conceptions of ethics. Albertus Magnus supported what we would call today an ""ethics of virtue"", where the idea of a logic appropriate to the field of morals serves to reveal the necessity of a practical and non-scientific rationality in action. Roger Bacon on the other hand maintained that there is an ethic of obligation within which moral rhetoric only serves to convince those who do not already adhere to the standards imposed by the Holy Scriptures. Finally Jean Buridan proposes an intellectual interpretation of moral reasoning. For him, the field of action is contingent and cannot be reduced to a scientific discourse, so that the idea of moral logic must be accepted. But, differently from Albertus Magnus, moral character and practical knowledge lose their importance.</p><p> </p><p><em>Sonia Gentili (Università di Roma - La Sapienza)</em><strong><br />The Vernacularization of Aristotle’s <em>Ethics</em> in 13th and 14th-Century Italy : Literary and Philosophical Issues</strong></p><p>This paper deals with one of the most important phenomenon in mediaeval Italian literature : the interlacing of philosophy and literature. In order to do this, Taddeo Alderotti’s<em> Etica in volgare</em>, a vernacular version of the <em>Summa Alexandrinorum</em> (a summary of Aristotle’s<em> Nicomachean Ethics</em>) is analysed through the main themes occurring in it – the presence of images, the tension between the Aristotelian man as a political animal and the ascetic man from the christian tradition, and the citizens depicted as « artifices » – and through its influence on Guittone d’Arezzo and Dante.</p><p> </p><p><em>Matthew Klemm (Ithaca College – New York)</em><strong><br />Virtuous Complexions : The physiology of the Virtues in Pietro d'Abano's Medical Anthropology</strong></p><p>This paper examines the physiological theory of the influential Paduan physician Pietro d’Abano. It argues that Pietro’s physiological interests were driven by concerns that were as much moral as medical. In particular, Pietro was optimistic that the body’s physiology — namely the combination of the qualities known as “complexion” — could help cause moral and intellectual virtue. He hoped that if human physiology and all the environmental factors affecting it could be properly understood, complexion theory could provide a new, medical, approach to virtue and to our overall conception of human nature. To make his case, Pietro revives the thought of Galen, who had also argued the connection between complexion and morals. Because Galen’s thoughts on this matter were viewed with suspicion, Pietro argues that Aristotle’s use of complexion theory is in essential agreement with Galen, a reading of Aristotle that requires considerable creativity on Pietro’s part.</p><p> </p><p><em>Iacopo Costa (CESCM – Poitiers)</em><strong><br />The Theologian and the <em>Nicomachean Ethics</em>. The Theological Use of Aristotelian Ethics in the fourteenth Century</strong></p><p>The present study deals with three important commentaries on the <em>Nicomachean Ethics</em> from the beginning of the fourteenth century (by Raoul le Breton, Gui Terrena de Perpignan and Guiral Ot), in order to show how, at this period, the principal Aristotelian treatise on moral philosophy allows the masters to treat theological problems, such as the beatifical vision, the relationship between charity and grace, and the sin of usury.</p><p> </p><p><em>Martin Pickavé (University of Toronto)</em><strong><br />What Does it Mean to be Free? The Case of Henry of Ghent.</strong></p><p>The debate about the nature of human agency that erupted at the end of the 13<sup>th</sup> and the beginning of the 14<sup>th</sup> centuries is one of the most studied topics in medieval philosophy. But despite the exuberant secondary literature the scope of the disagreement between the so-called intellectualist and voluntarists remains unclear. Do the opposing parties merely disagree about the psychological foundation of human free agency? Or do they also disagree more fundamentaly about what it means to be free? This short contribution examines what Henry of Ghent, of one of the champions of the voluntarist cause, thought about the nature of freedom (<em>ratio libertatis</em>). By examining q. 5 of Henry’s Quodlibet XIV, the paper hopes to set the stage for a more profound understanding of the notion(s) of freedom underlying the late medieval debates over human free agency.<em> </em></p><p> </p><p><em>Christophe Grellard (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)</em><strong><br />God, Others and I : The Hierarchy of the Dilections in the Later Middle Ages</strong></p><p>By analysing the case of self love in John Buridan’s and Nicole Oresme’s philosophy, this study examines how the same text of Aristotle’s <em>Ethics</em> can generate two different kinds of ethics belonging to two different contexts. John Buridan favours the development of a certain type of individualism, whereas Nicole Oresme insists on the political dimension of ethics and on the primacy of the prince and the community.<em> </em></p><p> </p><p><em>Ryan Lavelle (History Department, Winchester)</em><strong><br />Campaigns and Strategies of the Anglo-Saxon Armies during the Viking Period</strong></p><p>This article assesses the practice of campaigning in Anglo-Saxon England during the ninth to eleventh centuries. Proposing a theoretical model for the organisation of forces on campaign, the paper attempts to address the significance of leadership and group composition in campaigns using defensive and offensive strategies, specifically during the reign of Alfred the Great (871-899) and Æthelstan (924-939). Also addressing the practical logistics of Anglo-Saxon warfare, the paper shows the attention given to the organisation of campaigning in early England.</p>";310;20.00;"<p>Le numéro 63 s’intéresse à la question de la construction de théories éthiques dans la pensée médiévale. La recherche porte à la fois sur la réflexion éthique par les philosophes et sur le transfert culturel de ces notions vers d’autres disciplines. Il s’agira donc d’étudier à la fois la construction d’une <em>logica moralis</em> dans la philosophie médiévale, ses relations avec la réflexion sur la liberté d’agir des hommes et l’usage de ces notions philosophiques dans d’autres milieux culturels : la réception de l’<em>Ethique</em> d’Aristote en Italie et ses influences dans la construction de la littérature italienne ; les rapports entre éthique et médecine ; l’influence de la morale dans la culture juridique ; l’usage de l’éthique dans les comportements sociaux.</p><p class=""corps1"">Le thème abordé dans ce numéro, l’éthique en philosophie dans ses rapports à d’autres disciplines, est actuellement l’objet d’une réévaluation par les spécialistes de la philosophie médiévale.</p><p class=""corps1"">Les auteurs, tout en produisant des articles de grande qualité scientifique, ont veillé à rendre accessible ce premier numéro consacré à la philosophie médiévale.</p>";;25/07/2012 12:49;0;Première édition;3386 557;2;3;8;Lire contre l'auteur;;;;"<p>Qui mieux qu’un auteur sait ce qu’il a voulu dire dans son œuvre ? Notion critique inédite et indocile, la lecture « contrauctoriale » vient ébranler cette certitude et fait planer sur nos lectures un vent de liberté.</p>";"<p><strong>Sophie R</strong><strong>abau</strong><strong> </strong></p><p>Introduction : pour (ou contre) une lecture contrauctoriale ?</p><p> </p><p> <strong>Lectures contrauctoriales</strong></p><p><strong>Marc E</strong><strong>scola</strong><strong> </strong></p><p>Penser contre « Pascal ». Jansénisme ou révolution</p><p> </p><p><strong>Arnaud W</strong><strong>elfringer</strong><strong> </strong></p><p>La Fontaine à contre-courant ? Essai de critique judiciaire</p><p> </p><p><strong>Laure D</strong><strong>epretto</strong><strong> </strong></p><p>« Qui m’aime me contredise ! »</p><p> </p><p style=""text-align: left;""> <strong> Théories de l’auteur/Théories de la lecture</strong></p><p><strong>Laurent Z</strong><strong>immermann</strong><strong> </strong></p><p>Le Désauteur</p><p> </p><p><strong>Matthieu V</strong><strong>ernet</strong><strong> </strong></p><p>L’auteur en soupçon : déjouer la fiction d’autorité</p><p> </p><p><strong>Sophie R</strong><strong>abau</strong><strong> </strong></p><p>Lire contre l’auteur (le lecteur)</p><p> </p><p><strong>Florian P</strong><strong>ennanech</strong><strong> </strong></p><p>Poétique de la démotivation</p><p> </p><p> <strong>Écritures contrauctoriales</strong></p><p><strong>Caroline R</strong><strong>aulet</strong><strong>-m</strong><strong>arcel</strong><strong> </strong></p><p>Le jeu des romanciers romantiques avec la lecture biographique</p><p> </p><p><strong>Oana P</strong><strong>anaïté</strong><strong> </strong></p><p>Le retour du contrauteur</p><p> </p><p><strong>Julia P</strong><strong>eslier</strong><strong> </strong></p><p>Auteur contre Auteur. Des appareillages critiques</p><p> </p><p>Bibliographie</p>";;10/09/2012;0;137X220;215;978-2-84292-349-5;9782842923495;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_557.gif;"<p>Le tuer ? C'est fait...Le ressusciter ? C'est en cours et assez bien porté...Le servir, recueillir la mondre bribe de son intention et, subjugué par son autorité, s'en parer comme d'un droit à écrire ou parler ? On ne fait que cela depuis des siècles. L'inventer? Pourquoi pas, pourvu que sa figure remodelée accompagne et conforte notre lecture.</p><p>Mais attaquer l'auteur de front au moment où on le lit, prendre le propos auctorial à rebrousse-page et trouver l'assurance de bien lire ou de lire, en tout cas, de manière acceptable, voilà qui peut sembler des plus incongru, et même impossible. ""On ne peut pas dire ça"", ""Tu ne peux pas écrire ça"" se voient parfois opposer interprètes et critiques littéraires par trop audacieux.</p><p>Partageant la conviction qu'aucun interdit ne vas de soi et que, pour chacun, en interroger les présupposés, voire le bien-fondé, relève d'une bonne hygiène mentale, les auteurs prennent ici le parti de demander des comptes à la lecture ""en faveur de l'auteur"", en scrutant son envers non sans jubilation, avec une curiosité manifeste et infiniment de talent.</p>";;;324;22.00;"<p>Et si en lisant, non plus avec ou pour, mais bien contre l’auteur, tout lecteur était appelé à devenir soi-même un auteur ?</p>";;29/08/2012 15:45;0;Première édition;3643 559;2;3;35;Creative economy, creative industries;Des notions à traduire;;;"<p>Synthèse en français des recherches internationales faites ces dix dernières années sur la question des industries créatives, leurs enjeux et leurs réalités.</p>";"<p><strong>Introduction</strong></p><p><strong>Philippe Bouquillion</strong></p><p>Les industries et l’économie créatives, un nouveau grand projet ?</p><p> </p><ol><li><strong>1. </strong><strong>Perspectives théoriques</strong></li></ol><p>Chapitre 1.</p><p><strong>Éric George</strong></p><p>Pour une critique de la notion d’industries créatives : perspectives canadiennes sur les industries de l’information</p><p>Chapitre 2.</p><p><strong>Florence Toussaint</strong></p><p>Approche des industries créatives : origine et définition de la notion</p><p>Chapitre 3.</p><p><strong>Yann Nicolas</strong></p><p>Définir un champ des industries culturelles ou créatives</p><p>Chapitre 4.</p><p><strong>Catherine Vénica</strong></p><p>Stratégies de marques créatives : contradictions entre les industries communes et culturelles</p><p> </p><ol><li><strong>2. </strong><strong>Les territoires créatifs</strong></li></ol><p>Chapitre 1.</p><p><strong>Jean-Baptiste Le Corf</strong></p><p>Le management de la créativité et de l’innovation sociale dans les services publics numériques : une conception spécifique de la « ville créative »</p><p>Chapitre 2.</p><p><strong>Philippe Béraud, Franck Cormerais</strong></p><p>Nantes et les industries créatives : entre métropolisation et quartier de la création</p><p> </p><ol><li><strong>3. </strong><strong>L’éducation, une industrie créative ?</strong></li></ol><p>Chapitre 1.</p><p><strong>Oumar Kane</strong></p><p>Les universités et les territoires à l’épreuve des industries créatives</p><p>Chapitre 2.</p><p><strong>Yolande Combès, Pierre Moeglin, Laurent Petit</strong></p><p>Industries créatives : le tournant créatif ?</p><p>Chapitre 3.</p><p><strong>Xavier Levoin, Claire Oger</strong></p><p>Des industries créatives aux politiques éducatives : la créativité en contexte</p><p> </p><ol><li><strong>4. </strong><strong>Les questions de politique publique</strong></li></ol><p>Chapitre 1.</p><p><strong>Pierre Moeglin, Gaëtan Tremblay</strong></p><p>Industries culturelles, politiques de la créativité et régime de propriété intellectuelle</p><p>Chapitre 2.</p><p><strong>Julie Peghini</strong></p><p>Les industries créatives à l’île Maurice : vers un renouvellement des initiatives publiques et privées ?</p><p>Chapitre 3.</p><p><strong>Philippe Bouquillion</strong></p><p>Les industries et l’économie créatives : des transformations radicales des politiques publiques culturelles ?</p><p> </p><p>Conclusion</p><p><strong>Bernard Miège</strong></p><p>La question des industries créatives : des matériaux pour un premier bilan</p><p> </p><p>Les auteurs</p><p>Bibliographie</p>";;10/11/2012;0;170X240;256;978-2-84292-358-7;9782842923587;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_559.jpg;"<p>Les industries créatives et l'économie créative sont désormais au cœur des politiques culturelles et économiques de grandes institutions internationales, de gouvernements nationaux à travers le monde ainsi que de collectivités territoriales.</p><p>Des activités aussi différentes que le cinéma, l'audiovisuel, la musique enregistrée, la presse, le livre, les jeux vidéo, les services et contenus numériques mais aussi la mode, l'artisanat d'art, le design, la gastronomie, sont envisagées conjointement et sont décrites comme la solution pour résoudre les problèmes de développement économique, social, culturel, politique et même individuel sous toutes les latitudes, tant au Nord qu'au Sud. Avec de telles notions la culture se trouve placée à une position inédite dans les agendas internationaux.</p><p>L'objectif central de cet ouvrage, l'un des premiers en langue française, est d'établir un premier bilan plus d'une décennie après l'apparition de ces problématiques. Différents spécialistes français, canadiens, mexicains font part de leurs analyses critiques sur les origines de ces notions, les questions théoriques qu'elles soulèvent et les enjeux liés aux territoires, à l'éducation et aux politiques publiques et culturelles.</p><p><br /><em>L'ouvrage est dirigé par Philippe Bouquillion, Professeur de sciences de l'information et de la communication à l'université Paris 13. Chercheur à la MSH Paris Nord et au LabSic, ses travaux portent sur les industries culturelles et créatives et sur l'économie politique de la communication.</em></p>";;;680;26.00;"<p>Un regard critique sur les origines de ces notions, sur les questions théoriques qu’elles soulèvent mais aussi sur leurs enjeux pour les territoires, pour l’éducation et pour les politiques publiques, tout particulièrement les politiques culturelles.</p>";;11/10/2012 10:35;0;Première édition;3652 560;2;3;17;Composer, rassembler, penser les « œuvres complètes »;;;;"<p><span>Une réflexion nouvelle et inédite sur la notion d'oeuvre complète en littérature, mais également dans d'autres domaines artistiques, comme la peinture, la sculpture, la musique et le cinéma.</span></p>";"<p style=""text-align: center;""><strong>Introduction </strong></p><p><strong>Stéphane Rolet</strong><br />Composer, rassembler, penser les « œuvres complètes », 
de l’Antiquité au xxi<sup>e</sup> siècle</p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Théorie et méthode</strong></p><p><strong>Stéphane Rolet</strong><br />Les « œuvres complètes » dans l’Antiquité : 
une réalité sans mots pour la dire ?</p><p><strong>Marion Muller-Dufeu</strong><br />Comment et pourquoi faire le catalogue 
des œuvres complètes d’un sculpteur de l’Antiquité ?</p><p><strong>Christopher Lucken</strong><br />Le corpus ovidien au Moyen Âge en quête de complétude</p><p><strong>Nelly Labère</strong><br />L’œuvre complète au Moyen Âge</p><p><strong>Mathilde Bombart</strong><br />Pratiques et politiques de l’œuvre complète 
au xvii<sup>e</sup> siècle : geste éditorial et institution littéraire</p><p><strong>Frank Lafond</strong><br />Comment parler d’œuvres complètes au cinéma : 
le cas de Jacques Tourneur</p><p><strong>Pierre Rosenberg</strong><br />De l’utilité et de la nécessité des catalogues raisonnés</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II. De l’auteur à l’œuvre</strong></p><p><strong>Laurence Moulinier-Brogi</strong><br />Œuvres complètes et œuvres qu’on prête : 
à propos des <em>Opera omnia</em> de Hildegarde de Bingen (1098-1179)</p><p><strong>Alain Legros</strong><br />Éditer « tout » Montaigne ? L’épineuse question du contenu</p><p><strong>Alain Cantillon</strong><br />Les « œuvres complètes » de Pascal au xviii<sup>e</sup> siècle</p><p><strong>Claire Barel-Moisan</strong><em><br />La Comédie humaine</em> : 
les œuvres complètes comme totalisation infinie</p><p><strong>Fred E. Schrader</strong><br />Comment éditer Karl Marx ? 
Le long chemin de la <em>Marx-Engels-Gesamtausgabe</em></p><p><strong>Denis Pernot</strong><br />Les œuvres complètes de Charles Du Bos</p><p><strong>Bruno Clément</strong><br />Beckett : bilingue – ou rien</p><p><strong>Bruno Clément</strong><br />For a bilingual edition of Beckett’s works</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Éditer aujourd’hui</strong></p><p><strong>Nicholas Cronk</strong><br />Les œuvres (in)complètes de Voltaire</p><p><strong>Madeleine Pinault Sørensen</strong><br />Comment établir le catalogue de l’œuvre d’un artiste-écrivain ? 
Le cas de Jean Pierre Laurent Louis Hoüel (1735-1813)</p><p><strong>Béatrice Didier</strong><br />Peut-on éditer les œuvres complètes de Stendhal ?</p><p><strong>Pierre Maréchaux</strong><br />Des <em>Opera selecta</em> à l’intégrale décentralisée - 
Réflexions sur l’édition lisztienne moderne</p><p>Index des noms propres<em><br />Présentation des auteurs</em></p>";;10/11/2012;0;137X220;404;978-2-84292-357-0;9782842923570;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_560.jpg;"<p style=""text-align: justify;"">Que veut-on dire lorsque l’on évoque « tout(e) l’œuvre », l’ « œuvre complète», ou, plus couramment dit, les « œuvres complètes » d’un auteur ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que la définition même de l’ « œuvre » est problématique ; et avec d’autant plus d’urgence que la notion d’« œuvres complètes » n’a guère été théorisée.</p><p style=""text-align: justify;"">De manière neuve, le présent volume puise les réponses qu’il fournit à un vaste champ chronologique (de l’Antiquité gréco-romaine à nos jours), dans les limites du monde occidental. Accordant une large place à la littérature, à travers des figures, des époques, des genres et des courants variés, il ouvre aussi la réflexion sur d’autres domaines artistiques, comme la peinture, la sculpture, la musique ou le cinéma.</p><p>Là résident sa force, sa richesse et son intérêt.</p><p> </p><p><em>Les trois directeurs de ce volume enseignent ou ont enseigné la littérature à l’Université Paris 8 ainsi que dans d’autres prestigieuses institutions. Si Béatrice Didier est spécialiste de la littérature de la fin du xviii<sup>e</sup> siècle et du début du xix<sup>e</sup>, Jacques Neefs s’intéresse tant aux écrivains des xix<sup>e </sup>et xx<sup>e</sup> siècles qu’à la critique textuelle. Stéphane Rolet, quant à lui, étudie plus particulièrement l’emblème littéraire et la réception des symboles antiques, de la Renaissance à l’époque moderne.</em></p>";;;750;28.00;;;11/10/2012 11:20;0;Première édition;3643 561;2;3;13;Penser la guerre au XVIIe siècle;;;;"<p>Pourquoi les philosophes du XVIIe siècle ont-ils exclu la guerre de leur champ de théorisation alors qu'elle apparaît dans les écrits philosophiques de l'époque ?</p>";"<p><strong>Ninon Grangé</strong><br />Introduction</p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie I. À l’origine</strong></p><p><strong>Alain Brossat</strong><br />L’hétérotopie Coxinga</p><p><strong>Jacqueline Lagrée</strong><br />Anthropologie et guerre dans le néostoïcisme</p><p><strong>Nicolas Israël</strong><br />La guerre parmi les populations au xvii<sup>e</sup> siècle</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie II. En droit</strong></p><p><strong>Catherine Larrère</strong><br />Grotius et la distinction entre guerre privée et guerre publique</p><p><strong>Jean Terrel</strong><br />La guerre chez Hobbes : Rousseau lecteur de Hobbes</p><p><strong>Jérémie Duhamel</strong><br />Fondements et statut des vertus guerrières chez Thomas Hobbes</p><p><strong>Jean-Vincent Holeindre</strong><br />Ruse de guerre et perfidie dans le droit naturel moderne : Grotius et Pufendorf</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie III . Nouvelle guerre, nouveau paradigme </strong></p><p><strong>Hélène Bouchilloux</strong><br />Pascal : une dialectique des figures de la guerre</p><p><strong>Cécile Nicco</strong><br />La guerre chez Spinoza : une réalité à rationaliser ?</p><p><strong>María Luisa de la Cámara</strong><br />La mémoire de Bartolomé de las Casas chez Quevedo : déplacements des enjeux de la guerre juste</p><p><strong>Pierre-François Moreau</strong><br />Conclusion</p><p> </p><p style=""text-align: left;"">Bibliographie<br />Index des noms propres<br />Index notionnel<br />Présentation des auteurs</p>";;10/12/2012;0;137X220;248;978-2-84292-356-3;9782842923563;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_561.jpg;;;;352;21.00;"<p>Il est vrai que ceux qui vivent les malheurs de la guerre ne sont pas toujours ceux qui en font la théorie. Ni Pascal, ni Hobbes, ni Spinoza, ni Las Casas, ni Leibniz n'ont fait la guerre ou ne l'ont subie directement. Mais alors, d'où la connaissent-ils ?</p><p>Les auteurs de ce volume ont tenté d'éclairer la place et le statut de la notion de guerre dans la pensée du XVIIe siècle, dans de nombreux espaces thématiques (le droit, la dialectique) comme géographiques: Grande-Bretagne, Espagne, Les Provinces-Unies, Taiwan.</p>";;11/10/2012 12:06;0;Première édition;3126 562;2;3;14;Tourner le dos;Sur l'envers du personnage au cinéma;;;"<p>De nombreux plans de cinéma s’attardent sur le dos d’un personnage, mais ces images singulières n'ont pas fait l'objet de publications récentes. Ce livre original et inédit se propose de réparer cet oubli.</p>";"<p><strong>Benjamin Thomas</strong><br />Introduction<em><strong></strong></em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Daniel Serceau</strong><br />Au commencement, le dos</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Maxime Scheinfeigel</strong><br />Le Dos (n’) est (pas) un visage</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Philippe Roger</strong><br />Faire l’écran</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean-Michel Durafour</strong><br />Laura – Voir l’image au dos du film</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Benjamin Thomas</strong><br />Une fêlure dans le cristal – Les Ténèbres d'une âme féminine d'Evgueni Bauer</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Delphine Robic-Diaz</strong><br />L’histoire coloniale à revers</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Frédéric Astruc</strong><br />Toute l’essence du Film Noir</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>David Vasse</strong><br />Le Dos et le sol – De quelques dos dans le cinéma de Huillet et Straub</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Philippe Ragel</strong><br />Lady Chatterley – L’harmonie du dos retrouvée</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Fabien Gris</strong><br />Dos paysans – Tourner le dos à la caméra de Depardon</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Vincent Amiel</strong><br />Des roseaux pensants – Les chorégraphies de dos chez Ozu</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Benjamin Thomas</strong><br />Vitti verso</p>";;10/03/2013;0;137X220;192;978-2-84292-360-0;978-2-84292-360-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_562.jpg;"<p>Au début des années 1910, une société de production américaine invitait expressément ses acteurs à tourner le dos à la caméra. Il s’agissait d’en finir avec les regards dans l’objectif et d’appliquer au cinéma les préconisations de Diderot pour le théâtre : jouer en faisant mine que le spectateur n’existe pas, proscrire l’adresse au public.</p><p>Mais même alors, les dos devaient rester discrets, les vues de dos ne pas trop durer. À moins d’être la promesse d’un retournement. Les affiches des <em>blockbusters</em> en font aujourd’hui un tel usage : ce que l’affiche refuse, le film l’offrira, et plus rien ne se dérobera à la vue du spectateur. Les dos des personnages doivent se faire oublier, encore et toujours. Abbas Kiarostami raconta un jour qu’à sa grande déconvenue, son chef opérateur mettait fin aux prises dès qu’un acteur tournait le dos trop longtemps : alors que le cinéaste trouvait intéressant de continuer à tourner « malgré » le dos, son collaborateur ne voyait pas l’intérêt de s’attarder sur des profils perdus.</p><p>Que se passe-t-il, au cinéma, lorsqu’un dos se fait pure présence, attire l’œil, se donne, pour un instant, plus ou moins bref mais intense, comme le tout de l’image ? Des plans troublants ont suscité cette question lancinante. Surgis de films de Hitchcock, Mizoguchi, Antonioni, Bauer, Depardon, Preminger, Huillet et Straub, Claire Denis, Tarkovski, Ozu ou encore Pascale Ferran, ils ont été les moments de vacillement d’où sont nées les études réunies ici.</p>";"<div><p><span>Benjamin </span><span>Thomas</span></p><p><span>Introduction</span></p><p><span>Lorsque, au début des années 1910, une société de production cinématographique américaine ou un critique de film invitaient expressément les acteurs à </span><span>tourner le dos à la caméra</span><span><a id=""footnote-35657-1-backlink"">1</a></span><span>, il s’agissait bien sûr d’en finir avec les regards dans l’objectif. On ne voulait plus voir les œillades de l’actrice qui appuyait ainsi son geste tout en donnant l’impression de chercher l’approbation du metteur en scène habitant le hors-cadre, comme dans </span><span>A Little Girl Who Did Not Believe in Santa Claus</span><span> (1907) d’Edwin S. Porter. Le temps n’était plus aux clins d’œil de Georges Méliès, magicien dont l’art requérait un lien de connivence avec son auditoire, quand bien même il serait rassemblé devant lui en son absence. On ne souffrirait plus longtemps les apartés – pas nécessairement accompagnés d’un regard à la caméra, du reste – par lesquels Mazamette (Marcel Levesque), dans </span><span>Les Vampires</span><span> (1915) de Louis Feuillade, faisait le point sur l’action passée ou à venir, vers le public, au service de sa totale compréhension des détails ou des enjeux de chaque scène. Tout cela devait être oublié.</span></p><p><span>À son rythme propre, le cinéma semblait ainsi découvrir l’impériosité des préconisations de Diderot pour le théâtre et la peinture, formulées près d’un siècle et demi auparavant : prétendre que le spectateur n’existe pas, proscrire l’adresse au public, comble du « mauvais goût »</span><span><a id=""footnote-35657-2-backlink"">2</a></span><span>. Le philosophe réclamait en effet aux peintres et aux comédiens des personnages se comportant comme s’ils ne savaient pas qu’ils étaient regardés, fussent-ils ou non absorbés dans quelque action. Il ne s’agissait pas, bien entendu, de provoquer ainsi une mise à distance définitive et littérale du public, mais, par un paradoxe qui définit toujours l’être-spectateur culturellement dominant, une mise à distance qui garantit en fait un sentiment prégnant d’immersion dans la fiction. C’est bien ce dont témoignent déjà les écrits de Diderot dans lesquels, face à une œuvre répondant à ses critères, le philosophe se raconte comme s’il vivait à l’intérieur du tableau</span><span><a id=""footnote-35657-3-backlink"">3</a></span><span>. Diderot voulait qu’on fît mine de dédaigner le spectateur, non pas dans un geste moderniste avant l’heure nourrissant le projet d’ébranler l’idée même de repré­sentation, mais bel et bien pour décupler la puissance de son regard, qui, s’exerçant désormais « à l’insu » du monde représenté, pouvait en jouir pleinement, à discrétion. Et c’est pour les mêmes raisons que le cinéma au fil de la première décennie du </span>xx<span>e</span><span> siècle se met à réclamer des dos : pour réapprendre l’humilité aux visages, pour rétablir un équilibre des figures par lequel le film ferait enfin </span><span>comme si</span><span> son existence n’était pas déterminée, justifiée par un regard.</span></p><p><span>Des dos qui n’auraient pas l’outrecuidance de devenir des présences autonomes, donc. Il en va ainsi des dos et nuques, innombrables, des personnages en amorce dans pléthore de champs-contrechamps, qui ont pour seule fonction de donner limpidement à lire la situation (dramatique et spatiale) tout en lui donnant les atours de la vraisemblance et de l’évidence. Mais les dos demeurent tout aussi « inaperçus », car « fonctionnels », dans bien d’autres types de plans. Qui – outre l’observateur traquant déraisonnablement le motif – prête attention aux dos de deux jeunes femmes, en bordure d’un plan de </span><span>La Marseillaise</span><span> (1938) de Jean Renoir, silhouettes dont on ne doit pas voir les visages, puisqu’il leur revient d’incarner le peuple indivis, et donc de se « désister » afin que l’œil s’attarde sur les faces réjouies des héros partant la fleur au fusil ? Ces dos doivent être perçus furtivement, ne frapper l’œil qu’à l’oblique, pour laisser cette impression diffuse d’une masse populaire (admirative) dont se sont détachés Bomier, Arnaud et leurs compagnons.</span></p><p><span>Il en va de même des dos « palimpsestes », chargés d’ap­prendre au spectateur quelque chose de l’histoire et du personnage – chez Fritz Lang, celui de Peter Lorre, dans </span><span>M le maudit</span><span> (1931), qui laisse voir la marque portée par le protagoniste à son insu, ou celui de Jeremy Fox dans </span><span>Les Contrebandiers du Moonfleet </span><span>(1955), marqué, scarifié, donnant à lire les traces que la société a laissées sur la peau, dans la chair de l’individu ; elles disent l’histoire sans le recours au visage, à la voix, qui peuvent toujours tromper ou feindre. De ces dos, le spectateur voit surtout ce dont ils sont les supports.</span></p><p><span>De même, quand le dos, sans être palimpseste, est au service total de la narration, il convient qu’il demeure « imperceptible ». On en prend toute la mesure face à certains plans dans lesquels l’action simple d’un personnage </span><span>doit</span><span> être l’unique donnée transmise, lorsqu’elle est la seule information d’importance au regard du récit. Si cette action s’y prête, c’est alors de dos que le personnage se fera oublier afin que ce qui l’occupe se donne à lire sans partage et sans équivoque. Dans </span><span>La Marseillaise</span><span>, encore, lorsqu’il faut faire part simplement et clairement de la multiplication des pamphlets à l’encontre du pouvoir, le plan d’un imprimeur anonyme de dos survient, qui prend bien soin de ne pas durer outre mesure et laisse place à plusieurs inserts rapides sur divers journaux et libelles. Mais il en va ainsi dans d’autres types de scènes, moins spécifiques. Par exemple : quoi de moins troublant que le dos d’un personnage pris en filature ? En effet, à moins qu’il s’agisse d’une certaine Madeleine (</span><span>Vertigo</span><span>, Alfred Hitchcock, 1958), l’enjeu de la scène sera sans doute le trajet du personnage, les lieux fréquentés, ses actes observés à la dérobée, peut-être son identité, mais pas son dos en tant que pure présence.</span></p><p><span>Enfin, le motif n’est pas plus perceptible en tant que tel lorsqu’un film le mobilise pour s’assurer la captation du spectateur, non pas encore par l’intrigue, mais « simplement » par la diégèse, c’est-à-dire par un monde de fiction pas encore informé et rythmé par les raisons ordonnatrices d’une histoire. Souvent, les films procèdent ainsi en recourant à une forme d’empathie perceptive que peut générer la représentation d’un dos et que Christian Doumet a très bien analysée en ces termes : « Voir de dos, ce n’est pas voir l’autre, c’est voir ce que l’autre voit ; accompagner son regard ; entrer dans sa vue</span><span><a id=""footnote-35657-4-backlink"">4</a></span><span>. » Il s’agit alors, dès l’ouverture du film ou d’une scène, avant que les péripéties n’aient tout à fait requis le personnage et l’attention du spectateur, de « coller » le second « aux talons » du premier, dans un plan rehaussé d’un mouvement d’appareil plus ou moins sophistiqué. Et ce que relève Doumet y est tout à fait opérant : le regard n’achoppe pas sur ce dos qui, de concert avec la caméra mobile, invite le spectateur à s’intéresser avant tout à ce qui se présente, à la face occultée du personnage, aux lieux – et bientôt aux événements – dans lesquels il pénètre. Autrement dit, si ce parti pris rend la forme cinématographique plus sensible, il n’en garantit pas moins, phénoménologiquement, l’immersion du spectateur dans la fiction et l’histoire, projet central de la forme dominante du récit cinématographique, de la période hollywoodienne classique à aujourd’hui. Le procédé, en effet, décuple la puissance d’identification au personnage (à l’aide du dos qui fait « entrer dans la vue de l’autre »), mais il vise aussi à exalter le sentiment d’une entrée dans le monde diégétique (avec le secours du mouvement d’appareil accompagnant ce dos ou suscité par lui, qui assure une autre forme d’identification, plus fondamentale : l’identification à la caméra, par laquelle, ainsi que l’a montré Christian Metz, le spectateur tient le rôle de sujet « tout-percevant</span><span><a id=""footnote-35657-5-backlink"">5</a></span><span> », la fiction faisant mine de se donner sans réticences à son regard, comme si elle se mettait à exister par lui et pour lui). Le cinéma hollywoodien classique n’était pas rétif au procédé, mais la forme dominante du film de fiction, aujourd’hui, semble en faire un usage plus systématique, toujours avec une certaine mesure. C’est, par exemple, le cas de </span><span>Two Lovers</span><span> (2008) de James Gray, </span><span>Narc</span><span> (2003) de Joe Carnahan, </span><span>L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford</span><span> (2007) de Dominik Andrew, ou encore </span><span>The Wrestler</span><span> (2009) de Darren Aronofsky. Et là encore, le dos n’a droit de cité qu’en tant qu’il demeure discret, secondaire, soutient les effets escomptés et ne remet pas en cause les attentes spectatorielles forgées par la conception dominante du film narratif de fiction.</span></p><p><span>Mais il arrive que ces prescriptions, ces usages normatifs du dos jusqu’ici évoqués ne soient pas observés.</span></p><p><span>Cela peut résulter d’une altération, d’un petit </span><span>dérèglement</span><span>. Si l’on en reste à l’utilisation du dos pour aiguillonner le sentiment d’immersion dans la fiction, il suffit ainsi d’une quelconque atteinte à ce que l’usage a imposé comme le point d’équilibre du dispositif, sa forme « acceptable ». Il suffit, par exemple, que le monde fictionnel et ce qui s’y trame s’obstinent à se donner comme un réel incertain, rétif à une mise en intrigue intelligible, pour que le dos, soudain, soit </span><span>là</span><span>. Ainsi, incapable de s’installer confortablement dans la vue du personnage – dont la clarté des desseins est alors elle aussi mise à mal par la nature même de ce monde insaisissable –, le spectateur est forcé de </span><span>considérer</span><span> ce dos. En d’autres termes, on ne suit pas le dos de Mickey Rourke dans </span><span>The Wrestler</span><span> comme on suit celui de Lars Rudolph dans </span><span>Les Harmonies Werckmeister</span><span> (</span><span>Werckmeister Harmóniák</span><span>, 2000) de Béla Tarr.</span></p><p><span>Dans </span><span>Elephant</span><span> (2003) de Gus Van Sant, l’intrigue, qui s’ins­pire d’un fait-divers, est connue d’emblée par le spectateur, à moins qu’il ne se fût prémuni contre le bruit médiatique, les recensions ou, plus tard, les résumés qui figureront sur les jaquettes des vidéogrammes. Il sait donc que les couloirs du lycée dans lesquels s’enfoncent les divers protagonistes, que l’on suit très souvent de dos, sont voués à être les lieux d’une tuerie gratuite. Le dos, ici, se met donc à exister pour d’autres raisons. En effet, Van Sant accorde aux vues de dos une durée « trop » longue. « Trop » selon les pratiques normatives, bien sûr. Jean Mitry a montré que la fugacité ou l’étirement du temps sont ressentis au cinéma dès lors qu’est octroyée à un plan une durée trop courte ou trop longue par rapport à la durée de l’événement représenté</span><span><a id=""footnote-35657-6-backlink"">6</a></span><span>. Or, il semble que le seuil d’« impatience » du spectateur soit bas lorsqu’il s’agit d’un personnage marchant, de dos, et que tarde à survenir telle ou telle péripétie. On peut ajouter que Van Sant décuple l’effet du jeu sur la durée, d’abord par la récurrence de ces dos ainsi autonomisés en tant que motifs et, ensuite, en intégrant au film des images d’un type de jeux vidéo dans lequel le joueur dirige un personnage vu de dos. En effet, par un contraste vivace, lorsque les images de Van Sant viennent s’opposer à ces images-là, le spectateur fait pleinement l’expérience de ce qui différencie les unes des autres : il ressent alors avec force que, contrairement au joueur face à son écran, il n’a aucun pouvoir sur ces dos de cinéma.</span></p><p><span>C’est sur la durée que joue également Takeshi Kitano pour pervertir l’usage de ce que l’on appelait plus tôt le dos « palimpseste ». Dans </span><span>L’</span>é<span>té de Kikujirô</span><span> (1999), dans </span><span>Aniki, mon frère </span><span>(2000), le cinéaste recourt à de lents travellings sur l’échine de ses personnages, anciens yakuzas, dépris ou bannis de leur clan, mais dont le dos est encore orné du tatouage indélébile qui clamait cette appartenance. Métonymie complexe de la société japonaise, dans les films de Kitano, le clan yakuza a imprimé sa marque sur ce corps. Il le réclame, d’une certaine manière. Mais, le temps accordé à cette image invite à considérer le dos sous le tatouage et le corps dont il est la face visible. Alors, l’image dit bien plus que l’appartenance passée au clan, qu’aurait montrée un plan plus rapide sur le tatouage. Alors, on sent presque peser l’encre. On remarque le dos se courbant sous le poids des désillusions suscitées par la croyance déçue en la cohérence, l’assise et les liens que les personnages esseulés pensaient trouver dans cette famille de substitution. Ces plans agissent comme des aspérités dans l’écou­lement fluide des images, ils outrepassent leur fonction, mais c’est pour mieux donner à percevoir, sur un mode purement sensible, l’un des thèmes majeurs travaillant le cinéma kitanien.</span></p><p><span>Dans </span><span>Dolls</span><span> (2002), Kitano va plus loin et semble même refuser l’assignation d’un sens aussi prégnant au motif. Il lui reconnaît en somme une indocilité réelle. Ainsi une scène d’errance du couple central, deux amoureux qui se sont volontairement retirés du monde, s’ouvre-t-elle sur les deux personnages se tenant dos à la caméra, tout à fait immobiles. La posture devient « anti-cinématographique », en ce qu’elle vient redoubler, rendre plus sensibles encore les moments de vide narratif que met en place le cinéaste, friand de ces instants où les images échappent à toute finalité, à toute fonction illustrative. Mais alors, ce refus d’un assujettissement momentané de l’image à l’intrigue, ce refus passager du sens est lui-même un geste qui fait sens, d’une certaine manière, puisqu’il </span><span>situe</span><span> le cinéma de Kitano. Il l’inscrit dans une histoire japonaise des formes cinématographiques et plus spécifiquement dans une des tendances dont se compose cette cinématographie, et qui vise à se servir du médium suivant des préceptes esthétiques japonais différents de ceux que la pratique dominante (occidentale) lui a associés durablement</span><span><a id=""footnote-35657-7-backlink"">7</a></span><span>.</span></p><p><span>Pour autant, tous ces exemples, de Tarr à Kitano, outre qu’ils ne sont pas exhaustifs quant à la manière dont le motif se rend soudain sensible en tant que tel, ne doivent pas laisser penser que le dos s’« émancipe » plastiquement au cinéma sur le seul mode de la transgression ou de la subversion des conventions. Il y a en effet davantage à en dire.</span></p><p><span>Le cinéma d’horreur, par exemple, fait un usage assez fréquent de la vue de dos, notamment quand il convoque ses monstres et autres personnages « timériques</span><span><a id=""footnote-35657-8-backlink"">8</a></span><span> ». Ne citons qu’un film, par lequel un célèbre cinéaste aurait renouvelé le genre : </span><span>Psychose</span><span> (</span><span>Psycho</span><span>, 1960). Distillant l’inquiétude, une scène montre Lila Crane découvrant M</span><span>me</span><span> Bates de dos, assise dans le sous-sol de la maison ; la jeune femme hésitante s’approche lentement afin d’amener la vieille dame à se retourner, pour découvrir enfin un cadavre momifié. Mais avant cette acmé, ce dos inquiétant a bel et bien existé en tant que pure présence, il ne s’est pas résumé à une phase transitoire vers un retournement. Dans le cinéma horrifique, montrer le dos d’un personnage, c’est susciter la peur d’une autre façon qu’en le mettant en scène frontalement. C’est préparer à l’émergence de la peur sans l’amoindrir pour autant. Que l’on pense alors être à la parfaite intersection de la monstration et de la suggestion, ou que l’on considère avoir affaire à d’autres catégories – une science de la peur qui se fonderait sur le dévoilement et s’opposerait à une conception de la terreur basée sur le surgissement –, il n’en demeure pas moins qu’un constat s’impose : loin de remettre en cause les effets escomptés par la fiction, le motif du dos, ici, y participe pleinement.</span></p><p><span>Autre cinéaste, autre dos, qui n’existe pas dans un plan proprement transgressif, mais n’en est pas moins littéralement considérable, riche de plusieurs lectures possibles : Jean Renoir, et </span><span>La Marseillaise</span><span>, encore. Lorsque Bomier, d’abord sensible à ses devoirs de fils, renonce à s’enrôler avec ses camarades, une scène le montre chez sa mère. L’élan qui pousse ses amis à rejoindre la lutte et à monter vers Paris le tiraille toujours. Ne tenant plus en place, il se lève et se dirige vers la fenêtre. C’est alors qu’un plan rapproché d’une quinzaine de secondes nous présente le dos de Bomier, tandis qu’il ouvre la fenêtre et met en mots l’attrait de cet Ailleurs vers lequel s’apprêtent à partir ses compagnons. À un premier niveau, ce dos sert sagement le récit : il lui revient de figurer l’immobilité subie de Bomier et l’appel de l’action, hors champ, qui en devient irrésistible et auquel il cédera bien vite. Et cela fonctionne : l’extérieur est à ce point occulté par ce dos que l’on partage avec plus d’urgence encore le désir du personnage d’aller y voir. Mais le motif dit ici bien d’autres choses, (même) si l’on s’extrait du simple plan narratif. Esthétiquement, il est un des moments où se donne à voir limpidement un parti pris qui travaille le film dans sa totalité et trouve à s’exprimer en bien d’autres plans : la volonté de Renoir d’interdire que l’on oublie la présence du hors-champ. Dans ce plan, loin de n’être qu’une obstruction de la vue, le motif du dos – dont il n’importe plus alors qu’il fût celui d’un personnage nommé Bomier – fait exister l’au-delà du cadre. Autrement dit, en faisant mine de toucher aux limites de la représentation, Renoir en libère de singuliers pouvoirs : elle rend tout à fait prégnante la présence de ce qui la déborde, elle pointe avec insistance vers ce qu’elle ne peut pas (ou ne veut pas) montrer, mais dont le spectateur n’aurait pas même conscience si, précisément, elle ne mettait pas en scène sa propre incapacité de le montrer. Ce qui recouvre un autre propos, au croisement de l’esthétique et de l’éthique, sur la manière de se saisir de l’Histoire au cinéma. En effet : ne jamais permettre que l’expérience sensible du film se rapporte au seul espace du cadre, c’est rappeler sans cesse que, mettant l’Histoire en images, on ne prétendra pas tout en dire, qu’elle n’est pas réductible aux découpages auxquels la soumet le cinéma.</span></p><p><span>Ravivée par tous les plans évoqués jusqu’ici, la question dont est né le présent ouvrage pourrait se formuler ainsi : qu’en est-il lorsque la proposition « tourner le dos à la caméra » est prise à la lettre ? Que nous disent les plans sciemment composés pour cadrer ce que l’on pourrait appeler « l’envers du personnage » et en faire leur motif central, parfois à l’exclusion de tout autre ? On tente de formuler la question, donc, mais, aussi et surtout, face à la variété des exemples sur lesquels il a semblé impérieux de s’attarder pour lui donner consistance, on est invité à l’humilité. Car si le point commun de toutes les images convoquées ici est que le dos y atteint le statut de pure présence, on voit bien qu’il peut servir à stimuler des sensations qui enrichiront l’expérience narrative proposée par le film, qu’il peut y soutenir ou y inquiéter des postures esthétiques, qu’il peut consolider, étoffer, ordonner ou au contraire faire vaciller le sens. En même temps qu’il révèle sa puissance, le motif engage donc celui qui entreprend de l’étudier à se prémunir contre l’outrecuidance de croire qu’il pourra le cerner tout à fait.</span></p><p><span>Avec </span><span>L’Homme de dos</span><span>, Georges Banu livrait, il y a dix ans, une étude du motif dans le théâtre et la peinture. Il rencontrait, dans les tableaux et sur les planches, d’entêtantes apparitions de dos, sous des formes multiples et variées, qui décourageaient salutairement toute prétention à leur assigner à coup sûr tel ou tel sens, telle ou telle fonction. Ainsi, avec Hans Blumenberg, Banu pense-t-il le motif comme une métaphore, c’est-à-dire une figure qui demeure toujours amarrée « à un réel dont les charges d’incertitude restent intactes</span><span><a id=""footnote-35657-9-backlink"">9</a></span><span> », quoi qu’on veuille lui faire dire. En outre, au détour d’un paragraphe, effleurant la question du dos au cinéma, Banu formule un vœu : « un essai mériterait de lui être consacré</span><span> <a id=""footnote-35657-10-backlink"">10</a></span><span> ». C’est en écoutant la fascination suscitée par le motif, par l’impossibilité même d’en dresser une typologie, que le présent ouvrage aimerait répondre à l’invitation de Georges Banu. L’indocilité de la vue de dos n’est donc pas ici un constat fait après coup, elle fait office de prémisses. Sur celles-ci se déploient donc les douze chapitres qui composent le présent ouvrage. Tous s’emparent de questions similaires à celles qu’ont fait affleurer les plans cités jusqu’ici, quand ils n’en formulent pas d’autres, parmi celles, latentes et inépuisables, que contient le motif.</span></p><p><span>Les vues de dos qui ont provoqué le vacillement de la rencontre dont naît le besoin d’écrire sont de celles qui ouvrent des brèches, inquiètent, invitent à des détours. Et emprunter les détours que propose la vue de dos, c’est poser des questions au cinéma ; des questions que le motif figure, cristallise, sur ce qu’implique le fait de regarder, sur la place du spectateur, sur les présences inédites que peut susciter l’image cinématographique, sur les tensions qui la constituent, entre donner à voir et conter. Mais c’est aussi interroger la polysémie du motif, dont des genres et des cinéastes inventent et réinventent les usages.</span></p><p><span>Le cheminement que propose l’ouvrage aimerait rendre compte de cette capacité du motif à négliger les ornières d’une route rectiligne. Les cinq premières études partent d’un film, d’une image, pour très vite interroger le cinéma lui-même, ou tracer des chemins de traverse entre des œuvres dont le rapprochement est parfois inattendu, mais que la « vue de dos » unifie. Les sept chapitres suivants, au contraire, s’attachent plutôt à l’usage du motif dans les limites d’un genre, de la filmographie d’un cinéaste, voire d’un film. Ils impliquent ainsi que leurs conclusions ne sont opérantes que dans un corpus ou une œuvre. Mais, ce faisant, ils n’en pointent pas moins, eux aussi, la variabilité du motif, c’est-à-dire sa stimulante insoumission, sa richesse inouïe.</span></p><p><span>Daniel Serceau repère, chez des cinéastes aussi différents que Christine Pascal, Alfred Hitchcock et Kenji Mizoguchi, un attachement certain au caractère équivoque de la vue de dos. Dans leurs films, le motif signale un usage de la forme cinématographique rétif aux stricts devoirs illustratifs envers le récit, mais qui, loin d’en menacer la cohésion, l’enrichit en le rehaussant d’un faisceau cohérent de possibles. Et l’enjeu n’est pas qu’une certaine idée du film narratif de fiction, c’est aussi une conception du rôle du spectateur.</span></p><p><span>Maxime Scheinfeigel s’attache quant à elle à l’expressivité de ce qu’il convient d’appeler la figure du dos à l’écran. Chez Hitchcock et Minnelli, d’une part, chez Murnau et Hitchcock, d’autre part, elle distingue deux manières d’user de cette expres­sivité au cinéma : en conteur ou en plasticien. Mais toujours, dit-elle, le motif inquiète, qu’il « repousse les limites figuratives des images » ou semble « comploter contre le cours ordinaire des récits filmiques ».</span></p><p><span>Repousser les limites de l’image, « agrandir le monde », pour citer Jean Grémillon, c’est l’idée qui est au centre du chapitre suivant, signé par Philippe Roger. De </span><span>Vertigo</span><span> à Manoel de Oliveira, en passant par Grémillon, Ophuls et Tourneur, Philippe Roger s’attache tout particulièrement à ces moments où, faisant écran, le dos </span><span>fait l’écran</span><span>. C’est-à-dire ces plans dans lesquels, loin d’être une obstruction, le motif donne à voir de singulière façon, ouvre l’image vers ce qui la creuse, l’entoure, la dépasse.</span></p><p><span>Pour Jean-Michel Durafour, le dos fait plus que l’écran, il fait le cinéma. Il met en exergue, en tout cas, l’un des pouvoirs du médium cinématographique. En effet, le cinéma, nous dit l’auteur, malgré ou grâce à ses qualités photoréalistes, a cette particularité : il peut mettre à mal l’attente qui consiste à vouloir que les choses ressemblent à leurs images. Edward Yang évoquait cette idée dans son film </span><span>Yiyi</span><span> (2000), par une facétieuse mise en abyme, à l’aide du motif du dos déjà, lorsqu’un personnage, déconcerté, découvrait une photo de cette face cachée de lui-même prise à son insu. Pour Jean-Michel Durafour, c’est face à l’apparition du dos de Laura, héroïne éponyme du film d’Otto Preminger (1944), que l’on prend réellement toute la mesure de cette capacité du cinéma à rendre sensibles « d’inédites présences »";;;;;;;;; 563;2;3;22;L'Œil du vivant;Recherche et création ~Danse et photographie;;;"<p>Rencontres entre chorégraphes et photographes, pour un abécédaire et une réflexion autour de la création.</p>";"<p class=""Paragraphestandard""><br /><strong>A</strong>ccent/Angoisse</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>B</strong>leib</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>C</strong>ontact/Corporéité</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>D</strong>éplacement/Décloisonnement</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>E</strong>space/Enregistrement</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>F</strong>ixation</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>G</strong>énérique(s)</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>H</strong>auteur</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>I</strong>mage/Intervalle</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>J</strong>eu</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>K</strong>inésphère</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>L</strong>ol</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>M</strong>écanique</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>N</strong>arration</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>O</strong>ccupation</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>P</strong>ause/Peau</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>Q</strong>uestionnements</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>R</strong>espiration</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>S</strong>urface/Sensation</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>T</strong>emps</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>U</strong>topie</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>V</strong>itesse</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>W</strong>orkshop</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>X</strong> L’inconnu</p><p class=""Paragraphestandard""><strong>Y</strong>oga</p><p class=""Paragraphestandard"">Degré <strong>Z</strong>éro</p>";;10/03/2013;0;150x210;124;978-2-84292-361-7;9782842923617;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_563.jpg;"<p>Une douzaine de jeunes photographes se tiennent sur le qui-vive de la danse. Ils en importent les figures qui influencent toutes sortes d’expériences issues du quotidien. Quatre chorégraphes, Christian Rizzo, Myriam Gourfink, Michel Schweizer et Laurent Goldring, donnent la mesure scénique de cette recherche où le corps prend l’œil aux mots. L’image contribue à un abécédaire fluctuant de ces multiples rencontres du vivant et de ses avatars en création.</p>";;;294;18.00;"<p>Ouvrage articulé autour de la photographie et de la danse. Il permet de se confronter à la démarche artistique de quatre chorégraphes contemporains reconnus : Christian Rizzo, Myriam Gourfink, Michel Schweizer, Laurent Goldring et de douze photographes. Expérience singulière et universitaire réunissant chorégraphes, photographes et étudiants dont le travail et le regard ont permis la naissance de cet abécédaire esthétique, entre textes et plus de cinquante photographies.</p>";;05/12/2012 10:39;1;Première édition; 564;2;3;32;Haïti;Enjeux d'écriture;;;"<p>Qu’est-ce que la littérature haïtienne contemporaine ? Quel rapport entretient-elle avec sa langue, aux multiples facettes ? Quel poids de l’histoire continue-t-elle de porter ? Quelle place laisse-t-elle aux femmes ?</p>";"<p style=""text-align: left;"">Présentation</p><p><strong>Sylvie Brodziak et Christiane Chaulet Achour<br /><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;"">Entre créole et français : des écritures poétiques</p><p style=""padding-left: 30px;"">Remarques sur l’évolution du rapport Langues/littérature dans une situation de contact de langues : Haïti <br /><strong>Dominique FATTIER</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Lang nousouse nan sous</em>, une expérience d’écriture poétique en créole haïtien : esquisse réflexive<br /><strong>Jean Durosier DESRIVIÈRES</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Frankétienne ou « la brèche voluptueuse des mains polyglottes »<br /><strong>Violaine HOUDART-MEROT</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">René Depestre, l’homme banian ou les tribulations du « Tout en un »<br /><strong>Corinne BLANCHAUD<br /></strong></p><p style=""text-align: center;"">Fictions et poids de l’histoire</p><p style=""padding-left: 30px;"">« Un spectre oublié » : Toussaint Louverture et les enjeux de la représentation transculturelle<br /><strong>Charles FORSDICK</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Dessalines ou la déception<br /><strong>Guy POITRY</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Bicentenaire </em>ou le <em>Meurtre pour mémoire</em> de Lyonel Trouillot<br /><strong>Sylvie BRODZIAK<br /></strong></p><p style=""text-align: center;"">Une littérature migrante</p><p style=""padding-left: 30px;"">Ecriture migrante, transculture et haïtianité<br /><strong>Fulvio CACCIA</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Emile Ollivier : l’élaboration d’une œuvre<br /><strong>Lise GAUVIN</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">De l’obstacle à la transparence : <em>L’énigme du retour</em> de Dany Laferrière ou la réponse limpide de l’écriture vibrante<br /><strong>Antony SORON<br /></strong></p><p style=""text-align: center;"">Emergence des femmes et ambivalence de la réception</p><p style=""padding-left: 30px;"">Marie-Célie Agnant : Haïti et l’image de la mauvaise mère<br /><strong>Nicole MICHEL-GREPAT</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Terre de femmes – 150 ans de poésie féminine<br /><strong>Bruno DOUCEY</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Prix Littéraires et réception de la littérature haïtienne<br /><strong>Christiane CHAULET ACHOUR</strong></p><p> </p><p>Bibliographie</p><p>Présentation contributrices, contributeurs</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Dans un pays soumis à la folie de la nature et aux inconséquences des hommes, la littérature haïtienne demeure luxuriante et revigorante. Dans cet ouvrage, j’ai invité des chercheurs, des poètes et des éditeurs à chanter la force de l’écriture et de la langue. Avec enthousiasme et passion , tous et toutes ont repéré, en Haïti ou dans la diaspora, l’écrivain ou l’écrivaine qui lui semblait le plus à même de prouver que la littérature panse les blessures de l’histoire et des mémoires ; que seule la poésie est capable de s’élever au-dessus des cris et des pleurs. </p><p>Sylvie Brodziak</p>";10/03/2013;0;137X220;224;978-2-84292-359-4;9782842923594;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_564.jpg;"<p>La littérature haïtienne contemporaine, particulièrement dense et diverse, occupe une place majeure dans les littératures francophones. Régulièrement consacrée par des prix littéraires prestigieux, elle présente de multiples visages.</p><p>Face à ce foisonnement et à cette luxuriance, le critique devient promeneur et comme le botaniste herborise à la découverte de ce qui est rare ou précieux. Ainsi, les auteurs du présent ouvrage sont devenus randonneurs et proposent des avancées différenciées pour une connaissance approfondie de la littérature haïtienne.</p><p> </p><p>Le rapport entre langues et littérature est la première étape du parcours. Dominique Fattier ouvre la réflexion sur l’évolution du rapport entre langues et littérature. Jean Durosier Desrivières poursuit en s’intéressant à l’usage bruissant et métissé de la langue. Violaine Houdart-Merot s’attaque à l’œuvre déroutante de Franketienne, célébré aujourd’hui comme « le » poète haïtien. Corinne Blanchaud laisse la parole à René Depestre qui explique « ses emprunts au créole ».</p><p>La seconde halte intitulée « Fictions et poids de l’Histoire » présente le traitement littéraire de quelques figures ou moments historiques d’Haïti. Charles Forsdick revient sur la figure patrimoniale de Toussaint Louverture. En revanche, dans son roman « Dessalines<em> </em>ou de la déception », Guy Poitry, écrivain suisse, n’a pas souhaité aller du côté de Toussaint Louverture, personnage trop sollicité à son goût par les historiens et les écrivains. Revenant sur l’histoire immédiate, Sylvie Brodziak propose la lecture d’un roman « mémoriel » de Lyonel Trouillot, autre écrivain contemporain essentiel.</p><p>Dans un troisième temps, née des ruptures de l’Histoire et des blessures de la mémoire, la littérature haïtienne est parcourue en tant que littérature de l’exil et de l’émigration. Fulvio Caccia retrace la genèse du concept de « littérature migrante » forgé à la fin des années 1980 dans les deux espaces conjoints Montréal/Haïti. Lise Gauvin revient d’une manière fort originale sur le concept d’écriture de l’exil en présentant le Fonds «Émile Ollivier » de l’Université de Montréal. Antony Soron centre son propos sur la lecture du Prix Médicis 2009, <em>L’énigme du retour </em>de Dany Laferrière et rappelle qu’avec cette œuvre, D. Laferrière se place dans une « tradition » : celle du retour des partants.</p><p>Enfin la dernière étape s’intéresse aux écrivaines haïtiennes oubliées ou encore méconnues. Nicole Michel-Grepat rend hommage à l’œuvre insolente de Marie-Célie Agnant. Bruno Doucey fait une présentation particulièrement séduisante et efficace de l’Anthologie de la poésie féminine haïtienne qu’il a éditée en 2010.</p><p>Christiane Chaulet Achour conclut<strong> </strong>sur les vicissitudes de la réception<strong> </strong>en interrogeant une partie de celle-ci à travers l’attribution des Prix Littéraires</p><p> </p><p>Ces auteurs-promeneurs, en empruntant des voies d’approche multiples et très personnelles, permettent de dessiner de façon originale les points forts d’une littérature haïtienne en pleine effervescence.</p>";;;324;20.00;"<p>L’originalité de cet ouvrage réside dans la diversité de ses auteurs. Ecrivains, poètes, universitaires, éditeur français, haïtiens, européens ou américains, tous ont une relation amoureuse avec la littérature haïtienne contemporaine. La pluralité de leur approche permet non seulement de cerner l’originalité et le foisonnement de la littérature haïtienne mais aussi d’analyser des écritures récentes encore peu étudiées.</p><p>L'ouvrage s'intéresse à des oeuvres littéraires récentes, expressions et représentations de l’actuel Haïti.</p><p>Auteurs étudiés : René Depestre, Frankétienne, Lyonel Trouillot, Emile Ollivier, Dany Laferrière, Marie-Célie Agnant</p>";;05/12/2012 10:52;0;Première édition;3643 565;1;3;24;Les astres et le destin;Astrologie et divination en Asie orientale. N°35/2013;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les civilisations de l’Inde et de l’Asie Orientale terrain de réflexion et d'investigation autour des deux facettes de la transmission des techniques divinatoires : tradition et innovation.</p>";"<p>Introduction<strong><br />Jean-Noël ROBERT</strong></p><p> </p><p>La relation de maître à disciple en question : transmissions orales et écrites des savoirs divinatoires en Chine et à Taiwan<strong><br />Stéphanie HOMOLA</strong></p><p> </p><p>Astrologues et devins du Koryŏ (918-1392) : réseaux humains et transmission des savoirs<strong><br />Yannick BRUNETON </strong></p><p> </p><p>Les manuels de divination japonais au début de l’époque d’Edo (xvii<sup>e</sup> siècle) : décloisonnement, compilation, et vulgarisation<br /><strong>Matthias HAYEK</strong></p><p> </p><p>Astrology and hemerology in traditional Vietnam<strong><br />Alexei VOLKOV</strong></p><p> </p><p>Faculté de prévoir : l’astrologie dans les universités indiennes<br /><strong>Caterina GUENZI </strong></p><p> </p><p>L’horoscope perdu des devins du Cambodge<br /><strong>François BIZOT </strong></p><p> </p><p>The Assimilation of astrology in the Tibetan Bon religion<br /><strong>Charles RAMBLE </strong></p><p> </p><p>By the Power of Eternal Heaven : The Primacy of Astral Allegory to the Government of the Pre-Buddhist Mongols<br /><strong>Brian BAUMANN </strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong>REGARD EXTÉRIEUR</strong></p><p style=""text-align: left;"">Les traditions astrologiques et divinatoires en Asie de l'Est (et du Sud) vues de l'Ouest<br /><strong>Charles BURNETT</strong></p>";;10/05/2013;35;155x220;303;978-2-84292-367-9;9782842923679;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_565.gif;"<p>Stéphanie HOMOLA<br /><strong>La relation de maître à disciple en question : transmissions orales et écrites des savoirs divinatoires en Chine et à Taiwan<br /></strong></p><p>Cet article explore deux modes contrastés de transmission des savoirs divinatoires à Taïwan et en Chine populaire à l’époque contemporaine, l’un forgé sur le modèle universitaire et qui privilégie la transmission écrite, l’autre forgé sur le modèle de la relation de maître à disciple et qui privilégie la transmission orale. A Taïwan, en réaction à la dégradation de la qualité de la transmission et à la multiplication des écoles de pensée, des spécialistes des arts divinatoires ont entrepris de réformer les savoirs mantiques et leurs modes de transmission pour les adapter aux exigences scientifiques de la société contemporaine. Ils poursuivent en cela une entreprise de rationalisation qui a été initiée en Chine continentale à l’époque républicaine et qui se traduit, à Taïwan, par un essor des manuels de vulgarisation et une relative standardisation de la formation. Je propose ensuite de nuancer cette évolution par une étude de cas menée en Chine continentale qui met au contraire en évidence l’importance de la relation personnelle et de l’oralité dans la transmission des savoirs divinatoires. L’enseignement des techniques s’accomplit alors sur le mode de l’« affinité prédestinée », du voyage initiatique et de la transmission orale des légendes et des savoir-faire.</p><p>Mots-clés : transmission orale, transmission écrite, divination, relation maître-disciple.</p><p> </p><p>Yannick BRUNETON <br /><strong>Astrologues et devins du Koryŏ (918-1392) : réseaux humains et transmission des savoirs<br /></strong></p><p>L’analyse de l’histoire officielle du Koryŏ (918-1392), principale source d’informations sur les matières divinatoires, permet de caractériser la culture divinatoire de la Corée médiévale. En s’appuyant d’abord sur la description du cadre institutionnel (formation, recrutement, carrières, bureaux spécialisés) ainsi que sur le recensement des traités de référence, sont mises en évidence l’influence prépondérante des théories et des institutions des Tang et des Song, mais aussi l’existence d’une école autochtone (l’école du moine Tosŏn). Ensuite, l’étude catégorise les acteurs de la divination en fonction de leur lien à l’État (statut administratif et enjeux politiques). Au Koryŏ, la divination était placée au cœur du système politique et ritualiste de la cour, impliquant la participation des moines bouddhistes, et expliquant la prégnance de la géomancie pour la gestion du territoire (capitales et monastères).</p><p> </p><p>Matthias HAYEK<br /><strong>Les manuels de divination japonais au début de l’époque d’Edo (xvii<sup>e</sup> siècle) : décloisonnement, compilation, et vulgarisation</strong></p><p>Dans cet article, nous nous proposons d’étudier l’évolution des modes de diffusion des techniques divinatoires durant la première partie de l’époque d’Edo (1603-1868). Plus précisément, nous observerons comment, entre la fin du xvi<sup>e</sup> et le début du xviii<sup>e</sup> siècle, les connaissances mantiques, jusque là transmises « secrètement » au sein de groupes restreints, en sont venues à être diffusées dans des manuels imprimés destinés à un public plus large.</p><p>Nous verrons ainsi comment les premiers livres de divination sont apparus au début du xvii<sup>e</sup> siècle en tant que substituts améliorés d’outils jusqu’alors manuscrits. Puis, nous tenterons de mettre en lumière le développement de commentaires, c’est-à-dire de véritables guides destinés à être utilisés conjointement avec lesdits outils. Enfin, nous observerons les transformations subies par les manuels à partir de la fin du xvii<sup>e</sup> siècle, et comment ces changements ont été rendus possibles par l’émergence progressive d’auteurs/compilateurs s’affirmant comme diffuseurs et correcteurs du savoir.</p><p>En retraçant l’évolution des manuels de divination, il s’agit avant tout pour nous de replacer les art mantiques au sein d’une dynamique plus globale, d’ « exotérisation », compilation, et ré-ordonnancement critique des savoirs qui caractérise ce que l’on pourrait qualifier d’humanisme japonais.</p><p> </p><p>Alexei VOLKOV<br /><strong>Astrology and hemerology in traditional Vietnam<br /></strong></p><p>L’article se concentre sur l’astrologie (c’est-à-dire, sur les prédictions faites a partir des observations des positions des corps célestes, et, en particulier, celles qui résultent en éclipses solaires) ainsi que l’hémérologie (c’est-à-dire, les prédictions basées sur le calendrier) au Viêt-Nam traditionnel. L’auteur offre un historique des organismes concernes avec les observations astronomiques, leurs interprétations astrologiques, et présente brièvement les traites astrologiques vietnamiens.</p><p>Mots-clés: astrologie, hémérologie, astronomie, divination, calendriers, Viêt-Nam, Chine</p><p> </p><p>Caterina GUENZI <br /><strong>Faculté de prévoir : l’astrologie dans les universités indiennes <br /></strong></p><p>Le <em>jyoti</em><em>ṣ</em><em>a</em> – savoir comprenant à la fois l’astronomie, l’astrologie et la divination – est une discipline enseignée aujourd’hui dans plusieurs universités indiennes. En conjuguant l’analyse de sources textuelles, de documents coloniaux et de matériaux ethnographiques, cette contribution interroge le processus de transmission de ce savoir à partir du cas des universités de Bénarès. Elle examine les modalités d’adaptations d’un savoir brahmanique qui pendant des siècles avait été transmis dans le cadre de la relation personnelle entre maître (<em>guru</em>) et disciple (<em>ś</em><em>i</em><em>ṣ</em><em>ya</em>) aux institutions académiques, ainsi que les politiques gouvernementales et les enjeux idéologiques liés à la transmission de l’astrologie dans l’Inde contemporaine. Tout en examinant le rapport entre innovation et tradition dans la pratique et la transmission du <em>jyoti</em><em>ṣ</em><em>a</em>, cette étude s’attache à montrer que la science astrale sanskrite, par son statut épistémologique, par son rôle social et par son rapport à l’orthodoxie brahmanique, a fait l’objet de processus de transmission originaux, qui la distinguent fortement d’autres savoirs de la tradition sanskrite.</p><p> </p><p>François BIZOT <br /><strong>L’horoscope perdu des devins du Cambodge</strong></p><p class=""Formatlibre"">Au Cambodge, le royaume est perçu comme un lieu sacré où le mont Meru se dresse au centre du zodiaque. Le monde n’est jamais qu’un vaste amphithéâtre; le combat des forces du bien et du mal s’y exerce par le biais des planètes avec lesquelles ces forces se trouvent en relation. Dans ce scénario, les devins ont colporté jusqu’à nous les restes d'un horoscope qui se fonde sur des épisodes archétypes du Ræmæya◊a indien, parce que les héros de la célèbre épopée, à la suite d’un transfert entre leurs exploits et les choses, sont sensés influer sur le destin des hommes. Contrairement à ce qu’on pouvait attendre, je montre que le système des signes et des aphorismes utilisés ne restitue pas la version adaptée aux traditions du bouddhisme local, connue sous le nom de Rāmaker, mais qu’il se réfère au poème indien en partant de sa composition primitive, d’origine perdue, préservé en tant que système divinatoire.</p><p class=""Formatlibre""> </p><p>Charles RAMBLE<br /><strong>The Assimilation of astrology in the Tibetan Bon religion</strong></p><p>Les sciences englobées dans la catégorie tibétaine <em>tsi</em> (<em>rtsis</em>), ‘le calcul’, comprennent la lecture du calendrier et l’astrologie et, de façon secondaire, la divination. La première est essentiellement basée sur le Kālacakra, un tantra tardif qui venant de l’Inde fut introduit au 12<sup>ème</sup> siècle, et la seconde repose sur des précédents chinois. Bien que la littérature savante concernant l’assimilation par les Tibétains de ces sciences se soit beaucoup développée, il n’y a pas encore eu d’étude sur la façon dont elles ont été intégrées à la religion bon. En utilisant l’exemple du curriculum en usage dans un monastère bonpo en Inde, cet article explore le contexte pédagogique dans lequel l’astrologie et (dans une moindre mesure) des la divination selon les éléments sont enseignés aux jeunes moines. Un certain nombre de travaux didactiques sont examinés dans la perspective d’identifier leurs caractéristiques clairement bonpo.</p><p> </p><p>Brian BAUMANN <br /><strong>By the Power of Eternal Heaven : The Primacy of Astral Allegory to the Government of the Pre-Buddhist Mongols</strong></p><p>Cet essai porte sur la signification du ciel (<em>tenggeri</em>) pour le gouvernement de l’Empire Mongol avant la conversion de Qubilai au bouddhisme en 1264. Ce n’est pas le premier article à traiter ce sujet. Cependant, à la différence des travaux précédents, qui traitent le tenggeri mongol comme un concept religieux ou politique, cet essai envisage la question à partir de la réalité empirique comme elle est donnée par la science du moment. L’essai se compose de deux parties. La première traite des premiers principes de l’orientation céleste et de l’histoire du rôle du ciel dans le gouvernement. La seconde, applique ces principes au cas des Mongols. La réflexion décrit la nature fondamentale du ciel pour le gouvernement des Mongols et démontre cette nature par un bon nombre d’exemples. Cette étude ne se veut pas exhaustive. L’essai montre que le fait d’invoquer la voûte céleste pour gouverner la terre engendre une symétrie entre le ciel et la terre qui doit être exprimée par un langage figuré, l’allégorie. Cette symétrie entre le ciel et la terre donne à l’allégorie céleste une place centrale dans le gouvernement mongol et lui fait imprégner tous les aspects de leur culture.</p>";"<p><span>Introduction</span></p><p><span>Jean-Noël Robert</span></p><p><span>Au tout début, il avait été envisagé de consacrer ce recueil à une question plus générale : les méthodes de transmission du savoir traditionnel en Extrême-Orient considérées dans leur aspect transculturel. Les « trois doctrines » semblaient constituer en l’espèce une excellente matière ; le bouddhisme aurait permis de montrer comment un ensemble de pensée, de croyances et de pratiques passant de la Chine au Japon, extérieurement dans une même langue – le chinois classique – s’était trouvé engagé, en raison</span><span> même de cette identité de surface, en un remaniemen</span><span>t en profondeur qui lui assura une implantation peut-être plus solide dans l’ensemble de la société et de la culture japonaises qu’en Chine même ; comment le maintien d’une ferme distinction des traditions d’enseignement en écoles séparées, lesquelles finirent par fusionner entre elles en Chine, obligeait l’historien des doctrines bouddhiques à chercher dans l’archipel la suite de l’histoire doctrinale qui avait pris son essor sur le continent ; comment s’est maintenu, voire élaboré, au Japon, à partir de précédents chinois qui échappent à l’historien dans le détail, le procédé de la dispute scolastique, distinguée de la controverse entre sectes, écoles ou religions, selon des formes dont on ne trouve guère qu’au Tibet de frappantes analogies. De la même façon, la diffusion du confucianisme à travers le système des examens au Viêtnam et, pendant une période relativement brève, dans le Japon médiéval, ou</span><span> encore à travers son intégration dans l’enseignement monastique bouddhique, puis dans le réseau des « académies » </span><span>(juku)</span><span> d’Edo, avant de faire partie du curriculum universitaire occidentalisé, aurait constitué un excellent sujet comparatif. Le taoïsme, enfin, aurait apporté le contraste très intéressant, si nous nous en tenons toujours à l’exemple japonais, d’une diffusion moins manifeste dans ses cheminements mais d’autant plus remarquable puisque, ne pouvant jouir dans la même mesure que le bouddhisme et le confucianisme </span><span>des soutiens monastiques et académiques, il semble s’être propagé avant tout à la faveur du shintô, dont nombre de pratiques y feraient écho, mais aussi dans les traditions médicales. On aurait très certainement trouvé dans les autres pays sinisés des faits parallèles qui auraient permis l’élaboration d’un panorama général où l’on aurait aussi insisté sur les questions de l’enseignement de la langue chinoise classique et de son incorporation dans les différentes langues « locales ».</span></p><p><span>Certaines circonstances ont cependant amené à changer assez rapidement l’orientation de départ. Bien qu’il ne fût pas question, à l’origine, d’accorder une attention particulière à l’astrologie ou à la divination, il est cependant vite apparu, lorsque l’on commença à passer en revue les possibles contributeurs à un recueil sur les méthodes d’enseignement traditionnel, qu’un assez grand nombre de chercheurs se consacraient à ces domaines dans une perspective voisine des thèmes qui étaient envisagés dans le contexte décrit plus haut. Bien mieux, de telles recherches étaient menées non seulement dans le monde sinisé, mais plus généralement dans l’ensemble du domaine asiatique qui s’étend de la Haute-Asie à l’Asie du Sud-Est, de la Mongolie au Cambodge, en passant par les aires culturelles indienne et tibétaine. Il apparut donc </span><span>souhaitable de restreindre le thème tout en élargissant le périmètre concerné. Il faut bien évidemment prendre avec un grain de sel l’idée de « restreindre » le thème à l’astrologie et à la divination (avec en plus la science calendérique, inévitable compagne des deux arts), mais on comprendra aisément que le sujet ainsi redéfini paraisse plus abordable que la transmission des enseignements dans les trois doctrines. Un projet fut donc élaboré sous le titre provisoire virgilo-manilien </span><span>Conscia fati sidera</span><span> (« Les étoiles, qui connaissent le destin » ou « complices du destin »), et les points suivants proposés aux éventuels collaborateurs :</span></p><p><span>– L’existence de centres distincts pour l’étude de l’astrologie, du calendrier ou de la divination.</span></p><p><span>– L’inclusion de ces centres au sein d’institutions politiques ou religieuses plus vastes, ou leur indépendance de telles institutions.</span></p><p><span>– Le statut de l’enseignement de ces arts : spécialisé ou inséré dans un curriculum plus large.</span></p><p><span>– La langue de l’enseignement : existe-t-il une rivalité entre les langues d’enseignement (par exemple tibétain/mongol ou chinois/japonais), ou bien une gradation selon le niveau d’enseignement ?</span></p><p><span>– L’existence de corpus écrits ou oraux et leur transmission.</span></p><p><span>– La coexistence ou la concurrence de traditions différentes (tibétaine ou chinoise en Mongolie par exemple, ou bouddhiste et taoïste).</span></p><p><span>– La diffusion de ces arts hors des institutions spécialisées : est-elle orale ou écrite, existe-t-il des corpus populaires ? Rôle des moines errants et des devins professionnels.</span></p><p><span>– Les stratégies de survie et de transmission de ces savoirs traditionnels dans les sociétés modernes.</span></p><p><span>Alors qu’il était prévu d’accepter un maximum de six articles, pas moins de huit spécialistes acceptèrent de contribuer au recueil selon les thèmes proposés, et lorsque les articles arrivèrent, ce fut sans doute cette même joie qui avait jadis envahi Porphyre à la découverte de la structure parfaite des six fois neuf traités de son maître Plotin qui ravit cette fois les rédacteurs en découvrant que ces huit textes non seulement couvraient la plupart des grandes aires culturelles de l’Inde et de l’Asie Orientale, mais tissaient entre eux, pour la plupart, un réseau d’analogies qui devraient stimuler d’autres recherches. Partant du monde chinois, continental et insulaire, l’enquête se poursuit en effet dans la péninsule coréenne, au Japon et au Viêtnam, avant d’aborder l’autre foyer primordial, l’Inde, et l’un des plus anciens royaumes « hindouisés » de l’Asie du Sud-Est, le Cambodge, puis un dernier centre de rayonnement culturel, le Tibet, en finissant par le domaine mongol, qui a reçu du Tibet le bouddhisme et les arts indiens de l’astrologie et de la divination.</span></p><p><span>Presque tous les auteurs ont accepté de traiter un certain nombre des thèmes proposés dans la présentation d’origine et donnent ainsi au lecteur quelques repères qui pourront être utiles dans le foisonnement de faits nouveaux qu’il trouvera ici, en même temps que des perspectives tout aussi innovantes. On devrait s’apercevoir aussi que, malgré sa diversité, ce recueil trouve une cohérence qui devrait en faire un livre de référence en plusieurs domaines encore peu explorés. L’une des impressions d’ensemble qui ressort de sa lecture est le caractère singulièrement bigarré de la plupart des traditions abordées, même celles qui se réclament de la plus grande antiquité et de la plus stricte orthodoxie de lignage. Que ce soit en Chine, en Inde, au Japon, au Tibet, l’éclectisme est de mise ; les spécialistes de ces arts n’hésitent pas à incorporer dans leurs pratiques et leurs enseignements des éléments extérieurs, étrangers, ou tout simplement inventés par eux-mêmes, leur conférant une unité de surface, un lissé que leur prête une tradition réinventée</span><span>. Ici plus qu’ailleurs, il serait justifié de parler de « bricolage ». En même temps, ces arts traditionnels font preuve d’une étonnante faculté d’adaptation et de facilité à changer de registre, passant d’une transmission présentée comme immémoriale et exécutée sous le sceau de l’ésotérisme à la diffusion par l’enseignement universitaire moderne. Présentées comme matières scientifiques ou historiques et philologiques, l’astrologie et la divination regagnent ainsi le prestige qu’elles risquaient de perdre dans des milieux valorisant l’éducation moderne, tout en maintenant leur statut dans les croyances populaires. Ces arts ont donc su habilement user de la modernité pour déjouer les obstacles qu’elle devait leur poser. Le résultat est manifeste : en Inde comme en Chine, les arts divinatoires en général comptent sans doute plus de pratiquants professionnels et de clients fidèles que jamais auparavant dans l’histoire. L’Internet a de plus, comme chacun sait, donné à ces pratiques une diffusion et une audience inimaginables il y a une génération, mais c’est une question qu’il est peut-être encore prématuré d’aborder de façon globale. Il ne s’agit pas cependant </span><span>d’une simple question de nombre ; nous voyons aussi changer et s’adapter le discours de ces arts, accentuant soit leur scientificité, soit leur antiquité.</span></p><p><span>Le premier article de ce recueil, celui de Stéphanie Homola, consacré comme de juste à l’exemple chinois, illustre au mieux la complexité des négociations qui s’opèrent au sein d’une même culture, stimulées par une influence extérieure que les acteurs les plus engagés s’efforceront d’oublier. Le cas de Taïwan, considéré dans la première partie, est très révélateur des détours que peut prendre la reconstitution d’une tradition : alors que le Guomindang avait combattu les « superstitions » sur le continent et que les autorités coloniales japonaises avaient fait de même sur l’île, après 1949 se constitua peu à peu et se répandit une technique divinatoire fortement inspirée des modèles japonais, qui avaient eux-mêmes évolué à partir d’anciennes transmissions chinoises. Alors que la transmission privée de type ésotérique a connu un essor important, les efforts pour transformer l’horoscopie en discipline universitaire à l’instar de la médecine traditionnelle chinoise révèlent la recherche d’une légitimité conforme au monde moderne. En contraste, l’enquête de terrain menée par l’auteur en Chine continentale montre la créativité qui peut se déployer pour former une pseudo-tradition fondée sur le secret de la transmission.</span></p><p><span>Yannick Bruneton présente un tableau d’ensemble de la divination en Corée à l’époque de Koryŏ (</span><span>x</span><span>e</span><span>-</span><span>xiv</span><span>e</span><span> s.), malgré la difficulté d’en recueillir les éléments dispersés dans les sources. On voit se constituer l’« école de Tosŏn », dont l’influence se fera sentir jusqu’à l’époque contemporaine. Les japonisants seront très intéressés d’apprendre l’apparition, au </span><span>xiii</span><span>e</span><span> siècle, d’idées sur la Corée comme lieu de séjour des bouddhas et bodhisattvas, et singulièrement de Mahâvairocana, phénomène qui doit inciter à rechercher de possibles connexions avec les idées voisines développées au Japon.</span></p><p><span>Matthias Hayek donne une description détaillée de l’essor des sciences divinatoires dans le Japon d’Edo, époque de la</span><span> généralisation commerciale du livre, et montre ici aussi la constitution d’un nouveau savoir à partir du « recyclage » de procédés plus anciens, chinois et japonisés, l’innovation étant légitimée en soulignant l’accord avec les sources chinoises anciennes tout en s’appuyant sur la diffusion en langue japonaise.</span></p><p><span>On doit à Alexei Volkov ce qui est sans doute la première présentation systématique des sources vietnamiennes sur l’astrologie et l’hémérologie ; elles sont constituées de textes chinois ou rédigés en chinois, mais aussi en vietnamien « démotique » </span><span>(nôm), </span><span>ce qui montre leur propagation au-delà des cercles lettrés officiels.</span></p><p><span>Caterina Guenzi brosse un panorama particulièrement éloquent de la fortune indienne de l’astrologie et montre comment cette science aux origines fort diverses, reconstruite à partir de traditions grecques et arabo-persanes, se trouva enchâssée dans une tradition censée remonter aux Védas. Cette nouvelle tradition, convenablement indianisée, fait à présent l’objet d’un enseignement universitaire qui entend se plier à la méthode scientifique.</span></p><p><span>François Bizot illustre par le cas cambodgien un autre exemple singulier de synthèse culturelle, où les douze animaux du « zodiaque » chinois sont mis en relation avec un système de divination fondé sur la version khmère, bouddhisée, du Râmâyana. On a ici un nouvel exemple de divination par le livre, analogue aux </span><span>sortes </span><span>virgilianae</span><span>, aux poèmes de Hâfiz, au </span><span>Kim Van Kieu</span><span>, qui appelle d’urgence une étude d’ensemble de ce phénomène.</span></p><p><span>Charles Ramble apporte une autre illustration de l’importance de l’astrologie comme marqueur d’élaboration identitaire avec l’incorporation du système d’astrologie bouddhique Kâlacakra dans la religion </span><span>bon</span><span>, elle-même extraordinaire mosaïque d’éléments provenant des aires circum-tibétaines, y compris la chinoise.</span></p><p><span>Brian Baumann, enfin, dont l’important ouvrage </span><span>Divine Knowledge</span><span> sur l’astrologie mongole avait contribué à suggérer le thème de ce recueil, a choisi ici de se propulser hors des limites de la sphère des étoiles fixes pour aborder directement la vision allégorique du Ciel dans les conceptions politiques mongoles.</span></p><p><span>À la lecture de ces riches études, on découvrira que les arts divinatoires, que les pratiquants sont toujours soucieux de présenter comme remontant en toute pureté de tradition à d’immémoriales origines, sont l’un des lieux intellectuels les plus propices à l’emprunt, au recyclage, au démarquage, et que les étudier revient à reconstituer le cheminement de l’appropriation d’enseignements divers et de l’élaboration plus ou moins stable de ces derniers en systèmes se voulant à la fois traditionnels et originaux, mis en œuvre par des adeptes aspirant au statut de maître.</span></p><p><span>Il reste le plaisant devoir de remercier tout d’abord les contributeurs, qui ont eu le courage de relever le défi, les anonymes relecteurs qui n’ont ménagé ni leur peine ni leur temps, et, pour avoir bien voulu apporter à ce recueil l’éclairage enrichissant d’un « regard extérieur », le professeur Charles Burnett. Enfin, la plus élémentaire justice exige que soit pleinement reconnu ici le rôle fondamental de Pierre Marsone, à qui est due la totalité du travail rédactionnel proprement dit, c’est-à-dire celui qui commença aussitôt après qu’une première idée, toute virtuelle, eut été lancée. C’est à lui que revient l’entier mérite de la réalisation de ce numéro.</span></p>";"<p>Stéphanie HOMOLA<br /><strong>La relation de maître à disciple en question : transmissions orales et écrites des savoirs divinatoires en Chine et à Taiwan</strong></p><p style=""text-align: justify;"">This paper explores two contrasting modes of transmission of divinatory knowledge in contemporary Taiwan and Mainland China. One is built on the academic model which emphasizes written communication and the other one on the teacher to student relationship which favors oral transmission. In Taiwan, faced with the declining quality of teaching and the multiplication of schools of thought, divinatory arts specialists tried to reform their knowledge and teaching methods to make them fit with the scientific requirements of contemporary society. This endeavor which had already been launched in Mainland China in the Republican era, resulted in Taiwan in a boom of popular handbooks and a standardization of training. Then, I qualify this evolution through a case study conducted in Mainland China which, on the contrary, highlights the importance of personal relationship and orality in the transfer of mantic techniques. In this context, methods and know-how are taught through predestined affinities, initiatory journeys and legends.</p><p>Key words : oral transmission, written transmission, divination, teacher-student relationship.</p><p> </p><p>Yannick BRUNETON <br /><strong>Astrologues et devins du Koryŏ (918-1392) : réseaux humains et transmission des savoirs</strong></p><p style=""text-align: justify;"">The article analyzes the <em>Kory</em><em>ŏ</em><em>sa</em>, the History of Koryŏ Dynasty (918-1392), the main source of information on divination matters. It allows us to characterize the culture of medieval Korea divination, firstly by a description of the institutional framework (training, recruitment, careers, specialized offices) and the inventory of treaties used by specialists. It highlights the preponderant influence of the Tang and Song’s theories and institutions, but also the existence of a native school (the School of Tosŏn). Secondly, the study categorizes actors of divination based on their relationship to the state (administrative status and political issues). The Koryŏ Dynasty divination was at the heart of the political and ritualistic system of the court involving a necessary collaboration of Buddhist monks, explaining also the significance of geomancy for land management under the influence of the Tosŏn’s School.</p><p> </p><p>Matthias HAYEK<br /><strong>Les manuels de divination japonais au début de l’époque d’Edo (xvii<sup>e</sup> siècle) : décloisonnement, compilation, et vulgarisation</strong></p><p style=""text-align: justify;"">In this paper, I attempt to study how the diffusion of divination techniques evolved during the first part of the Edo period (1603-1868). More specifically, I will focus on the critical changes met by the ways such techniques were transmitted: from a « secret » transmission among selected circles to the production of printed manuals targeted at a broader audience.<br />Thus, we will see how divination books first appeared at the beginning of the 17<sup>th</sup> century as a replacement or upgrade of already existing tools, which until then used to circulate in manuscript form. Then, I will try to shed light on the development of commentaries and guides to be used along with said tools. Finally, we will observe what kind of transformations manuals went through from the end of the 17<sup>th</sup> century, and how they relate to the apparition of a new literati class presenting itself willing to provide a “corrected” knowledge to readers.<br />Through this study, my goal is to replace mantic arts within a broader dynamic of unveiling, compiling and reordering knowledge, which appears as a characteristic feature of what we may call “Japanese humanism”.</p><p> </p><p>Alexei VOLKOV<br /><strong>Astrology and hemerology in traditional Vietnam</strong></p><p style=""text-align: justify;"">The paper is focused on astrology (that is, observations and mantic interpretations of positions of celestial bodies, in particular, those resulting in solar eclipses) and hemerology (predictions made on the basis of calendar) in traditional Vietnam. The author provides a short description of the history of institutions dealing with astronomical observations and with their astrological interpretations, and discusses the extant Vietnamese materials relevant to the topic.</p><p>Keywords: astrology, hemerology, astronomy, divination, calendars, Vietnam, China</p><p> </p><p>Caterina GUENZI <br /><strong>Faculté de prévoir : l’astrologie dans les universités indiennes </strong></p><p style=""text-align: justify;"">Several contemporary universities in India teach <em>jyoti</em><em>ṣ</em><em>a</em>, a Sanskrit knowledge system that includes astronomy, astrology and divination. Drawing on case studies from universities in Banaras and combining analyses of astrological literature, colonial documents and ethnographic materials, this contribution interrogates the processes through which <em>jyoti</em><em>ṣ</em><em>a </em>has been transmitted. It examines the modalities used to adapt Brahmanical knowledge, which for centuries was conveyed through the intimate relationship of a <em>guru</em> and pupil, to the academic institution. Furthermore, it probes the role of governmental policies and the ideological stakes involved in the transmission of <em>jyoti</em><em>ṣ</em><em>a</em> in contemporary India. By exploring the relationship between innovation and tradition in the practice and transmission of <em>jyoti</em><em>ṣ</em><em>a</em>, this study attempts to show that due to its epistemological status, social function, and relation to Brahmanical orthodoxy, Sanskrit astral science has undergone distinct processes of transmission that differentiate it from other Sanskrit learned traditions.</p><p> </p><p>François BIZOT <br /><strong>L’horoscope perdu des devins du Cambodge</strong></p><p class=""Formatlibre"" style=""text-align: justify;"">In Cambodia, the kingdom is conceptualized as a sacred space where Mount Meru rises from the centre of the Zodiac. The world is but an enormous stage for the battle between the forces of good and evil, through the intermediary of the planets with which they are aligned. In this scenario, astrologers have handed down the vestiges of a horoscope based on the archetypical episodes of the Indian Ræmæya◊a. This is because the heroes of that celebrated epic, owing to the imprint of their exploits on the material world, are thought to influence the destiny of men. The present article shows that, unexpectedly, the system of signs and aphorism employed here does not derive from the adaptation of the epic by the local Buddhist tradition, known as Raemaker; rather, the original Indian poem, whose composition is lost in the mists of time, provided the frame of reference for this system of divination.</p><p class=""Formatlibre""> </p><p class=""Formatlibre"">Charles RAMBLE<br /><strong>The Assimilation of astrology in the Tibetan Bon religion</strong></p><p style=""text-align: justify;"">The sciences subsumed within the Tibetan category <em>tsi</em> (<em>rtsis</em>), “calculation,” include calendrical reckoning and astrology (<em>kartsi; dkar rtsis</em>) and, secondly, elemental divination (<em>naktsi; nag rtsis</em>). The former is essentially based on the Kālacakra, a late tantra that was introduced from India in the twelfth century, and the latter on Chinese precedents. Although scholarly literature concerning the Tibetans’ assimilation of these sciences is steadily growing, there has so far been almost no discussion of the way in which they have been adopted into the Bon religion. Using the example of the educational curriculum of a Bonpo monastery in India, this article explores the pedagogical context within which astrology and (to a lesser extent) elemental divination are taught to young monks. A number of didactic works are then examined with a view to discerning their distinctively Bonpo features. </p><p> </p><p>Brian BAUMANN <br /><strong>By the Power of Eternal Heaven : The Primacy of Astral Allegory to the Government of the Pre-Buddhist Mongols</strong></p><p style=""text-align: justify;"">This essay discusses the meaning of heaven (<em>tenggeri</em>) to the government of the Mongol Empire prior to Qubilai khan’s conversion to Buddhism in 1264. It is not the first to do so. However, unlike previous works, which treat Mongolian <em>tenggeri</em> as an abstract religious or political concept, this essay approaches the question from the empirical reality of heaven as given by the science of the day. The essay falls into two parts. The first part discusses first principles of celestial orientation and the history of heaven’s role in government. The second part applies these principles to the case of the Mongols. The discussion describes the fundamental nature of heaven to the government of the Mongols and demonstrates this nature through a number of examples. It is not intended to be a comprehensive study. The essay shows that reliance on the vault of heaven to govern earth begets symmetry between heaven and earth that needs be expressed through figurative language, allegory. This symmetry between heaven and earth makes heavenly allegory central to the Mongols’ government and pervasive in all aspects of their culture.</p>";462;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Alors que l’on ne tient compte d’ordinaire, en matière d’astrologie et d’arts divinatoires que d’une seule aire culturelle, ce numéro aborde à la fois la Chine et les cultures sinisées que sont la Corée, le Japon et le Viêtnam, l’Inde et le Cambodge indianisé, le Tibet, héritier de l’Inde, et la Mongolie, largement dépendante du Tibet culturellement. Cette diversification des angles permet de mettre en évidence de multiples transferts culturels : le Cambodge indianisé reprend des traditions calendériques chinoises, tout comme le Tibet, tandis que la Mongolie se forge une identité à partir des éléments qu’il reçoit du Tibet et de la Chine, sur la base de concepts propres plus anciens. On découvre l’usage politique de la divination, notamment par la fondation d’institutions officielles, ainsi que les surprenantes stratégies d’adaptation des arts divinatoires à l’époque moderne, que ce soit par le déguisement scientifique ou par le retour à l’identité nationale.</p><p><big> </big></p><p><big><span style=""font-family: Arial Narrow;""> </span></big> <big><span style=""font-family: Arial Narrow;""> </span></big></p><div><big> </big></div><p><span style=""font-family: Arial Narrow;""><big> </big></span></p>";;14/01/2013 15:23;0;Première édition;4036 566;1;3;34;Art contemporain et Cultural studies;N°16/2013;;;"<p style=""text-align: justify;"">Les <em>Cultural studies</em> recouvrent des domaines et perspectives d’investigation extrêmement variés. La revue <em>Marges</em> a choisi de se pencher sur les relations que ce champ de recherche entretient avec le domaine de l’art contemporain.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>« Art contemporain et <em>Cultural Studies</em> »</strong></p><p><strong>Maxence Alcalde</strong><br />« Jimmy Durham critique de l’artiste autochtone »</p><p> </p><p><strong>Christine Vial-Kayser</strong><br />« Anish Kapoor est-il un artiste occidental ou Indien ».</p><p> </p><p><strong>Shiyan Li</strong><br />« Huang Yong Ping face à l’art contemporain ».</p><p> </p><p><strong>Mariem Guellouz</strong><br />« De la danse contemporaine au Maghreb à une danse contemporaine maghrébine ».</p><p> </p><p><strong>Annie Bourdié</strong><br />« Art chorégraphique contemporain d'Afrique, enjeux d'une reconnaissance ».</p><p> </p><p><strong>Emilie Landais</strong><br />« Les Porn Studies dans l’art contemporain, mise en spectacle et émancipation du corps pornographié ».</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Séverine Marguin</strong><br />« L’engagement dans un collectif de plasticiens : entre idéalisme et marketing ».</p><p><strong>Deniz Erbas</strong><br />« Entretiens avec Beral Madra, Yekhan Pinarligil et Stephan Bauer »</p><p> </p><p>Dossier d’artiste : Charlotte Hardy</p><p> </p><p>Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions<br />Abstracts français et anglais</p>";;10/04/2013;16;155x220;152;978-2-84292-366-2;9782842923662;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_566.jpg;"<p style=""text-align: justify;""><strong>Jimmy Durham critique de l’artiste autochtone</strong><br />Maxence Alcalde</p><p style=""text-align: justify;"">On a pour coutume de lier les <em>cultural studies</em> à la remise en question des grands récits pour la plupart hérités de la tradition philosophique moderne. Cette articulation entre moderniste et postmodernité a fait l’objet de nombreux débats dans l’art contemporain. Nous allons tenter de voir la manière dont un artiste comme Jimmie Durham — qui revendique à la fois une identité amérindienne et une participation au monde de l’art globalisé — parvient à combiner ces deux paradigmes à priori antinomiques.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong>Anish Kapoor vu par Homi Bhabha : herméneutique d’une critique d’art</strong></p><p style=""text-align: justify;"">L’analyse de la bibliographie publiée sur Anish Kapoor fait apparaître une lecture principalement eurocentriste de l’œuvre de cet artiste rattaché par la critique (essentiellement occidentale) à l’expressionisme abstrait, au minimalisme et à la Nouvelle sculpture anglaise. Son interprétation fait appel aux concepts du sublime, du néant, de l’angoisse psychanalytique face à « l’étrange ».</p><p style=""text-align: justify;"">À partir de 1998, il choisit comme interprète privilégié de son travail, l’universitaire indien Homi Bhabha, théoricien majeur du post-colonialisme. Dans la lecture souvent poétique et métaphorique de l’œuvre développée par Bhabha on trouve les marqueurs de sa pensée exprimée notamment dans son ouvrage majeur <em>The Location culture</em> (Routledge 1994). Cette contribution analyse cette interprétation de Kapoor à la lumière de ce texte et vise à mettre en évidence les concepts de la pensée subalterne dans l’analyse de Bhabha.<em> </em><strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Huang Yong Ping face à l’art contemporain</strong><br />Shiyan Li</p><p style=""text-align: justify;"">La pensée chinoise antique est au cœur de l’art des lettrés. Les artistes contemporains chinois ont reçu l’influence de l’art moderne occidental et, depuis une trentaine d’années de l’art contemporain ; certains d’entre eux ont su interroger cette matière nouvelle à l’aide d’une pensée clairement nourrie par la tradition. La démarche de Huang Yong Ping rejoint une acceptation d’un réel lui-même soumis à la respiration du monde. L'artiste offre un exemple d’une approche où la question de l’identité et du dialogue avec l’Occident trouve son dépassement dans une stratégie récusant le dualisme qui prévaut habituellement dans ce genre de débat.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>De la danse contemporaine au Maghreb à une danse contemporaine maghrébine</strong><br />Mariem Guellouz</p><p style=""text-align: justify;"">La mondialisation accélère les flux culturels en oscillant entre les deux pôles de l’homogénéisation et de l’hétérogénéisation. Ces notions, empruntées à Appadurai (Appadurai, 1996), proposent d’échapper à la stigmatisation d’une période encore post-coloniale, capitalistique et impérialiste. Elles tentent de dire que la globalisation est un processus présent et concret, ni bon ni mauvais en soi, qui transforme profondément nos subjectivités, bouleversent les pensées et les corps. La danse contemporaine s’y trouve incluse. Elle interroge le corps et son rapport aux nouvelles technologies, à la nudité, à la maladie, au genre et à la sexualité. Elle veut repousser les limites physiques, morales, spatiales, transgresser des interdits, des codes. De telles stratégies politiques du corps sont-elles possibles sur la scène maghrébine ? Quels moyens mettre en œuvre pour adapter la danse contemporaine à une conception plus spécifiquement maghrébine du corps, sertie dans les imaginaires culturels de ces pays de l’Afrique du Nord ? Depuis quelques décennies des tentatives plus ou moins réussies pour faire exister la danse contemporaine au Maghreb se multiplient. Des chorégraphes et des danseurs tentent de donner à cette pratique sa légitimité. Il est alors possible d’observer deux mouvements. Un premier regroupe des chorégraphes qui se situent dans le sillage des techniques corporelles occidentales qu’ils adoptent, retravaillent et transmettent. Le second concerne les chorégraphes qui dans un travail de déconstruction, font émerger des formes nouvelles et contemporaines du mouvement traditionnel<strong>.</strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Création chorégraphique contemporaine, enjeux d’une reconnaissance en contexte postcolonial</strong><br />Annie Bourdié</p><p style=""text-align: justify;"">Au début des années quatre-vingt, la France fut le foyer d’émergence d’une nouvelle danse qui allait se répandre internationalement. Aujourd’hui la danse contemporaine est un style reconnu internationalement tout en faisant partie du patrimoine culturel français. Dix ans plus tard, dans un monde en proie à de grands bouleversements la France commençait à repenser sa politique de coopération vis-à-vis de l’Afrique en s’investissant dans le domaine de la promotion des arts contemporains sur le continent. Les arts chorégraphiques envisagés dans une perspective contemporaine étaient alors peu développés sur place. Dans un contexte postcolonial il est intéressant de se demander comment et pourquoi ils sont apparus jusqu’à devenir aujourd’hui une des formes d’expression contemporaine les plus développées et les mieux soutenues par la France. La question est de savoir comment les artistes arrivent à composer avec cette situation et s’ils parviennent à trouver une expression artistique qui leur est propre.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Les Porn Studies dans l’art contemporain, mise en spectacle et émancipation du corps pornographié</strong><br />Émilie Landais</p><p style=""text-align: justify;"">L’étude de l’émergence des Porn Studies, qui ont pour pierres angulaires les revendications féministes et les cultural studies américaines, est essentiellement menée dans le champ de l’art contemporain, à travers quatre étude de cas, qui se proposent ainsi d’analyser l’évolution et la continuité d’une forme de pornographie encore peu connue en France, la post-pornographie féministe.</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><strong>Jimmy Durham, Critic of the Native Artist</strong><br />Maxence Alcalde</p><p style=""text-align: justify;"">We use to link cultural studies to challenge the “grand récits” mostly inherited from the modern philosophical tradition. This link between modernism and postmodernism has been the subject of many debates in contemporary art. We will try to see how an artist like Jimmie Durham - claiming both an Indian identity and participation in the globalized world of art - manages to combine these two paradigms in principle contradictory.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Anish Kapoor’s Works seen by Homi Bhabha : hermeneutic of an interpretation</strong></p><p style=""text-align: justify;"">The critical analysis of the bibliography of Anish Kapoor’s work reveals a eurocentrist reading of an artist associated by Western critics with Abstract Expressionism, Minimalism and New British Sculpture.</p><p style=""text-align: justify;"">The interpretations call in the concept of the Sublime, Nothingness and of the uncanny. After 1998, the post-colonial academic Homi Bhabha becomes Kapoor’s preferred interpreter. Bhabha mostly poetic and metaphorical writing implicitly call in the concepts he has developped in his Landmark book <em>The Location of Culture </em>(Routledge 1994). This essay purports to reveals the concepts associated with subaltern studies in Bhabha’s reading of Kapoor’s works.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Huang Yong Ping and Contemporary Art</strong><br />Shiyan Li</p><p style=""text-align: justify;"">The old chinese thought is at the heart of the art of scholars. Contemporary Chinese artists have been influenced by Western modern art and, for the last thirty years, by contemporary art. Some of these artists have succeeded in using thought nourished by tradition in order to examine this new field. The processes of Huang Yong Ping corresponds to an acceptance of a reality itself subordinated to the breathing of the world. Huang Yong Ping provides one example of an approach in which the questions of identity and of dialogue with the West find its overcoming in a strategy disclaiming the dualism which usually prevails in this kind of debate.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Création chorégraphique contemporaine, enjeux d’une reconnaissance en contexte postcolonial</strong><br />Annie Bourdié</p><p style=""text-align: justify;"">Au début des années quatre-vingt, la France fut le foyer d’émergence d’une nouvelle danse qui allait se répandre internationalement. Aujourd’hui la danse contemporaine est un style reconnu internationalement tout en faisant partie du patrimoine culturel français. Dix ans plus tard, dans un monde en proie à de grands bouleversements la France commençait à repenser sa politique de coopération vis-à-vis de l’Afrique en s’investissant dans le domaine de la promotion des arts contemporains sur le continent. Les arts chorégraphiques envisagés dans une perspective contemporaine étaient alors peu développés sur place. Dans un contexte postcolonial il est intéressant de se demander comment et pourquoi ils sont apparus jusqu’à devenir aujourd’hui une des formes d’expression contemporaine les plus développées et les mieux soutenues par la France. La question est de savoir comment les artistes arrivent à composer avec cette situation et s’ils parviennent à trouver une expression artistique qui leur est propre.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Les Porn Studies dans l’art contemporain, mise en spectacle et émancipation du corps pornographié</strong><br />Émilie Landais</p><p style=""text-align: justify;"">L’étude de l’émergence des Porn Studies, qui ont pour pierres angulaires les revendications féministes et les cultural studies américaines, est essentiellement menée dans le champ de l’art contemporain, à travers quatre étude de cas, qui se proposent ainsi d’analyser l’évolution et la continuité d’une forme de pornographie encore peu connue en France, la post-pornographie féministe.</p>";232;15.00;"<p style=""text-align: justify;""><strong></strong>La démarche se focalise à la fois sur des démarches singulières d’artistes et sur des questions plus larges (le statut de la danse contemporaine dans les pays du tiers monde ou les pratiques artistiques féministes et/ou pornographiques).« Art contemporain et <em>Cultural Studies</em> »<strong> </strong>s’inscrit dans une suite d’études menées par la revue <em>Marges</em> sur les conditions de la création en ce début de 21<sup>e</sup> siècle. Après « Valeurs de l’art contemporain », « Expositions sans artistes », « Langages de l’œuvre et de l’art », « Au-delà du Land Art » et « Démocratiser l’art [contemporain] », il est question cette fois-ci de poser le problème des limites entre art (contemporain) et pratiques culturelles (légitimes et illégitimes). </p>";;14/01/2013 15:43;1;Première édition;3675 568;2;3;13;L'impressionnisme littéraire;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Analyse de la période impressionniste, en littérature comme en peinture, où comment les peintres influencent les auteurs, et réciproquement.</p>";"<div><p><br />Prélude</p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie I. Portrait des artistes en écrivains<br /></strong></p><p>Préambule autour du portrait d'écrivain</p><p>1876, ou l'impressionnisme entre Manet et Degas</p><p> </p><p><strong>Chapitre 1. Manet en précurseur</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong><br />- Du café Tortoni au Café Guerbois</p><p style=""padding-left: 30px;"">- Manet, « a jeune génértation<span> »</span> d'Astruc</p><p style=""padding-left: 30px;"">- Manet, « la peau vraie<span> »</span> de Zola</p><p style=""padding-left: 30px;"">- Manet, le « déplacé<span> »</span> de Mallarmé</p><p> </p><p><strong>Chapitre 2. Degas ""au delà""</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">- Degas paradoxal : l'intransigeant « classique<span> »</span></p><p style=""padding-left: 30px;"">- Degas, le « peintre-écrivain<span> »</span> de Duranty</p><p style=""padding-left: 30px;"">- Degas, le « néologiste<span> »</span> de Huysmans</p><p style=""padding-left: 30px;"">- Degas, le « fugace ami<span> »</span> de Mallarmé</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie II. Capturer l'insaisissable : La main et l'oeil<br /></strong></p><p><strong> </strong>Excursion lépidoptériste</p><p> </p><p><strong>Chapitre 1. La mainmise du style</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">- Du style en ses habits d'« isme<span> »</span></p><p style=""padding-left: 30px;"">- Naissance critique de l'impressionnisme littéraire</p><p style=""padding-left: 30px;"">- « Alchimie du bleu<span> »</span> : de l'écriture artiste à l'impressionnisme littéraire</p><p style=""padding-left: 30px;"">- Entre « écrivains d'idées<span> »</span> et « écrivains d'images<span> »</span> : perspectives romanesques</p><p style=""padding-left: 30px;"">- <em>Ut pictura, poesis ?</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">- Le monologue intérieur, ou la musique de l'impressionnisme littéraire</p><p> </p><p><strong>Chapitre 2. Impression oeil lisant</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">- Entre la main et l'oeil : techniques</p><p style=""padding-left: 30px;"">- La Tour Eiffel et l'impressionnisme : structures</p><p style=""padding-left: 30px;"">- D'un oeil impressionniste : autour de Laforgue</p><p style=""padding-left: 30px;"">- Cadres, perception, promenade : de Bourget à Simmel</p><p style=""padding-left: 30px;"">- De Mallarmé à Van Gogh</p><p> </p><p>Coda<br />Bibliographie<br />Index<br />Références iconographiques</p><p> </p><p> </p><p> </p></div>";;10/04/2013;0;137X220;350;978-2-84292-365-5;9782842923655;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_568.jpg;"<p style=""text-align: justify;"">À l’origine de ce livre, il y a un silence : pourquoi les manuels littéraires scolaires ne mentionnent-ils pas, entre naturalisme et symbolisme, cet impressionnisme littéraire qu’avaient analysé Ferdinand Brunetière et Gustave Lanson ?</p><p style=""text-align: justify;"">Formule évidente qui pourtant fait obstacle aux approches critiques, l’impressionnisme littéraire ne peut se définir qu’à la fois et quasi simultanément dans son rapport à la peinture et selon sa facette stylistique. L’enjeu consiste alors à revenir à la question de <em>Zeitgeist</em> sans pour autant faire correspondre des toiles impressionnistes avec des passages de romans de la même époque. Faisant l’hypothèse que c’est à partir de ses marges et des créations d’Édouard Manet et d’ Edgar Degas que le courant impressionniste pictural se définit, Virginie Pouzet-Duzer montrera que le rapprochement des portraits que ces peintres firent de leurs amis écrivains et des textes critiques que ces derniers consacrèrent à leurs toiles, permet de mieux comprendre ce paradigme qu’est l’impressionnisme littéraire.</p><p>Afin de rendre compte, à travers les hésitations des artistes et les fluctuations continuelles du style impressionniste, de la fragmentation esthétique de toute une époque, cet essai propose des approches et des types de textes multiples, juxtapose des micro-lectures à des réflexions picturales et sociologiques et repense la dialectique de l’œil et de la main.</p>";"<div><p><span>prélude</span></p><p><span>Le texte ne « commente » pas les images. Les images n’« illustrent » pas le texte : chacune a été seulement pour moi le départ d’une sorte de vacillement visuel analogue peut-être à cette </span><span>perte de sens</span><span> que le Zen appelle un </span><span>satori </span><span>; texte et images, dans leurs entrelacs, veulent assurer la circulation, l’échange de ces signifiants : le corps, le visage, l’écriture, et y lire le recul des signes. </span></p><p><span>Roland </span><span>Barthes</span><span><a id=""footnote-919-1-backlink"">1</a></span></p><p><span>C’est par une négation que tout débute. Nul auteur, nul poète, nul romancier ne saurait être dit impressionniste. Ou plutôt, lorsque l’on tente d’écrire sur l’impressionnisme littéraire, l’on devient d’autant moins capable de répondre à la question pourtant visiblement évidente de facilité pour celui qui la pose : « Mais qui serait donc l’impressionniste littéraire par excellence ? » Tout comme Socrate qui dans le </span><span>Phèdre</span><span> de </span><span>Platon se désavoue pour donner plus de poids à son argument, cette palinodie initiale est voulue et rhétorique car il faut passer outre la négation, la nier presque pour avancer intellectuellement. Aucun homme de plume contemporain des artistes impressionnistes ne peut être dit impressionniste </span><span>stricto sensu</span><span>. Mais les peintres eux-mêmes ne le sont pas parfaitement : exposant ensemble, partageant certains concepts esthétiques, les avant-gardistes de la peinture moderne ne possèdent pas d’unité plastique et l’impressionniste parfait n’est qu’une fiction critique, qu’une création idéalisée inventée par quelques amateurs d’art lettrés tels Théodore </span><span>Duret ou Edmond </span><span>Duranty. Et l’on saisit alors que l’impressionnisme littéraire serait un art de la fuite, une manière stylistique de résister aux classifications.</span></p><p><span>Le constat de l’étonnant oubli de cet impressionnisme littéraire fut l’élément déclencheur de notre étude. « Literary impressionism » du champ anglo-saxon, « Impressionismus » allemand n’ont guère, dans les manuels littéraires scolaires et universitaires, d’équivalent français, alors que c’est en France que naquit le courant pictural. Un tel décalage relèverait-il du symptôme culturel ? Dans le pays du plan parfait en trois parties, de l’esprit cartésien et du classicisme des jardins à la française, le vague d’une notion née elle-même du flou d’une peinture ferait ainsi nécessairement long feu</span><span><a id=""footnote-919-2-backlink"">2</a></span><span>. Ce qui ne se conçoit pas clairement ne pouvant tout simplement « être », cette étrange catégorie serait rapidement passée à la trappe de l’histoire – et l’effacement se fit par dégradations sémantiques successives, par extensions dépréciatives, tant et si bien que l’adjectif « impressionniste » en est venu à qualifier désormais ces approches trop subjectives, qui manquent de rigueur</span><span><a id=""footnote-919-3-backlink"">3</a></span><span>.</span></p><p><span>À la poursuite d’une négation initiée dès l’épigraphe barthienne, il nous faut préciser ici ce que ce livre n’entend pas être. Ce livre n’est pas un recueil de textes qu’accompagneraient, telles des illustrations, des reproductions de toiles. Ce livre n’est pas non plus une collection de peintures impressionnistes choisies qui seraient poétiquement ponctuées, fort esthétiquement, d’un spicilège de miroitantes citations. Ce livre n’est pas davantage un ouvrage de stylistique consacré à la seule prose de quelques auteurs célèbres de l’époque impressionniste. Ce livre est encore moins un traité d’histoire de l’art analysant les techniques picturales des célèbres impressionnistes. Ce livre ne présentera pas, au bout du compte, une histoire critique linéaire de l’impressionnisme littéraire ; et surtout, ce livre n’offrira guère à ses lecteurs la mirifique obole de ces cartons à chaussures où ils auraient pu utilement ranger, à l’abri de la poussière, les peintres et les écrivains de la fin du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle. L’impressionnisme littéraire nous intéresse justement parce qu’il est un paradigme qui contrarie le concept même de catégorie. Et pour répondre au titre quelque peu ironique d’un récent article de Bernard </span><span>Vouilloux, ce livre n’en finira pas, enfin, avec l’impressionnisme littéraire</span><span><a id=""footnote-919-4-backlink"">4</a></span><span>. Car ce livre est écrit, bien au contraire, pour (re)commencer</span><span><a id=""footnote-919-5-backlink"">5</a></span><span>.</span></p><p><span>Ferdinand </span><span>Brunetière puis Gustave </span><span>Lanson, s’intéressant à l’écriture artiste, à la picturalité du texte, inventèrent l’idée d’un impressionnisme littéraire à la fin des années 1870</span><span><a id=""footnote-919-6-backlink"">6</a></span><span>. Au lendemain de la guerre franco-prussienne et à l’aube des années folles, l’impressionnisme littéraire est donc né avec « ce quelque chose qu’on nous permettra d’appeler la </span><span>modernité </span><span>; car il ne se présente pas de meilleur mot pour exprimer l’idée en question</span><span><a id=""footnote-919-7-backlink"">7</a></span><span> </span><span>» ; modernité d’une époque où les styles littéraires foisonnent. Courant qui, contrairement au réalisme, au naturalisme, au symbolisme, ne demeura qu’à l’état de trace, il s’agirait là d’un style plus ponctuel que d’époque, qu’il conviendrait d’entendre d’une manière transversale. Car certes, aucun romancier – qu’il ait revendiqué le qualificatif à la manière d’Émile </span><span>Zola ou de Marcel </span><span>Schwob, ou que la critique soit prompte à le qualifier tel, comme ce fut le cas pour </span><span>Daudet lu par </span><span>Brunetière – n’est à proprement parler « impressionniste », mais ils le furent presque tous, par phases, et quasi en pointillé, entre 1870 et 1914. Pour parvenir à dégager les traits les plus saillants de l’impressionnisme littéraire, il faudra alors avant tout se refuser à plaquer sur notre champ des étiquettes préétablies. Plutôt que de commencer par des textes sur lesquels une analyse stylistique serait forcée, nous entendons circonvenir notre objet d’étude par le biais de la critique d’art : c’est en s’appuyant sur les toiles, mais aussi sur les discours qui les entourèrent, que l’on peut comprendre qu’une catégorie semblant initialement plastique soit devenue littéraire.</span></p><p><span>Comme le souligne l’alliance de termes, le nom « impression­nisme », originellement utilisé pour la peinture, fut appliqué à la littérature. Notons que, lorsque pour la première fois en 1874 l’adjectif « impressionniste » avait été utilisé pour qualifier un groupe de peintres, le terme suggérait déjà une tension entre le pictural et le textuel. L’« impression » dont Claude </span><span>Monet avait choisi d’orner le titre de sa toile était sans aucun doute malicieuse, et détournait l’idée même d’intitulé en embuant de flou une expression des plus claires et lumineuses</span><span><a id=""footnote-919-8-backlink"">8</a></span><span>. Ce n’est bien entendu pas le langage qui suffit à l’effet « impressionniste » du tableau de </span><span>Monet – reste que l’ajout d’un seul mot accorde titre et toile à la perfection. Il s’avère laborieux, tant </span><span>Impression, soleil levant </span><span>a acquis un statut quasiment mythique, de parvenir à savoir si l’équivalence esthétique est réellement aussi idéale qu’elle le paraît – ou si tout ceci n’est pas qu’une sorte d’illusion mentale, née d’habitudes culturelles, de récurrences aussi de cette toile et de ce titre jusque dans certaines affiches publicitaires des couloirs du métro parisien. Mais nous choisissons néanmoins d’accepter le titre de la toile de </span><span>Monet comme représentant l’exemple le plus extrême – mais aussi le plus parfait – d’impressionnisme littéraire.</span></p><p><span>À la croisée des questions d’écriture, de peinture, de saisie de l’espace, du mouvement et de la lumière, l’impressionnisme est un concept esthétique éminemment moderne, qui fait s’entrelacer et se confronter toutes les questions de représentation. Force est pourtant de constater que ce n’est quasiment que sous la forme brève d’articles que l’impressionnisme littéraire a été pris en compte au cours des deux dernières décennies. Lorsque l’on sait combien le domaine du </span><span>texte/image</span><span> est à la mode, lorsque l’on a conscience également du nombre sans cesse croissant de publications consacrées chaque année à l’impressionnisme pictural, il est d’autant plus surprenant que nul livre dédié à ce seul thème n’ait encore paru en France. Aussi une réflexion de long format sur l’impressionnisme littéraire s’imposait-elle</span><span><a id=""footnote-919-9-backlink"">9</a></span><span>.</span></p><p><span>Transculturel selon Peter Stowell, quasi transhistorique pour Fredric Jameson, l’impressionnisme littéraire qui traverserait époques et continents ne peut donc être redéfini que si l’on interroge ses limites. Sera-t-il question du fond </span><span>versus</span><span> la forme ? Des couleurs </span><span>versus</span><span> le trait ? Oui, parfois, et d’autant plus que les rapports entre images et textes seront au cœur de notre réflexion. Dépassement dialectique de ces entre-deux, cet essai se propose de partir tout à la fois des définitions de l’impressionnisme littéraire de </span><span>Brunetière et </span><span>Lanson et de la mise en contact de peintures et d’extraits de textes choisis. Nous voulons ainsi poursuivre ce que suggérait Bernard </span><span>Vouilloux dans un des premiers articles qu’il a consacrés à l’impressionnisme littéraire, et montrer combien art et littérature se mêlent jusqu’à la confusion, combien l’impressionnisme est mutation, « à chercher du côté non du mimétique, mais du sémiotique</span><span><a id=""footnote-919-10-backlink"">10</a></span><span> ». De fait le corpus s’est-il constitué tout d’abord </span><span>via</span><span> une collecte d’archives, de peintures impressionnistes, de citations, de choix de passages narratifs et poétiques où l’impression affleurait, de remarques également d’écrivains et de critiques. Pour éviter l’écueil des simples évocations du style « impressionniste » de tel ou tel auteur, il convient de choisir un point de vue d’ensemble rendant compte de la question d’impressionnisme littéraire, et nous n’avons donc limité ni notre corpus, ni nos méthodes critiques. Toutefois, les auteurs vraiment analysés furent surtout ces « phares » de l’histoire littéraire qui, tels </span><span>Zola, </span><span>Huysmans ou </span><span>Mallarmé, ont écrit des critiques d’art. Soulignons qu’un certain perspectivisme nous semble à même de rendre lisible l’éparpillement des subjectivités qui marqua la fin du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle. Et c’est pourquoi nous avons choisi une approche éclectique teintée de phénoménologie, apte à révéler ce concept transversal et mouvant qu’est l’impressionnisme littéraire</span><span><a id=""footnote-919-11-backlink"">11</a></span><span>.</span></p><p><span>Afin de comprendre le paradoxe d’une catégorie fuyant les définitions, la structure de cet essai se veut tout autant logique qu’organique, jouant de métaphoriques lacets soyeux qui se lieraient et s’entrelaceraient en une tresse tricolore. Le premier lien, tissé de jaune, irait du contexte au texte, de l’histoire de l’art à l’histoire littéraire. La première partie est en effet du côté de l’air du temps et des échanges artistiques autour de la question de représentation de l’impression, tandis que la seconde précise, en délaissant les toiles pour les textes, la dialectique entre l’œil et la main que sous-tend l’impressionnisme littéraire. C’est également la problématique du tout et des parties inscrite au cœur du concept d’impressionnisme qui articule notre livre, et le deuxième ruban enjolive de son bleu une avancée allant du tout vers son morcellement, en synecdoque. L’écrivain impressionniste évoqué dans toute sa corporalité, ses échanges et amitiés dans la première partie est fragmenté dans la deuxième, qui ne voit plus de lui que la main qui écrit, que son œil, qui déchiffre le monde qui l’entoure – œil qui est aussi celui du lecteur. Car le troisième et dernier cordon tramant notre problématique n’est autre que ce ruban blanc allant de la peinture à l’écriture pour finir sur la lecture, construisant de manière picturale la figure de l’écrivain impressionniste, avant que de constater l’effacement symbolique de ce dernier.</span></p><p><span>L’argument principal qui permet à nos trois liens de se superposer, de se tisser en trame colorée sans jamais s’emmêler est donc le suivant : l’impressionnisme littéraire ne peut se définir qu’à la fois et quasi simultanément dans son rapport à la peinture et dans sa facette stylistique. Au point de départ de notre étude, il y a l’habituel désaccord méthodologique entre les chercheurs s’intéressant à l’impressionnisme littéraire : certains n’en étudient que le pendant pictural, prônant un passage par la peinture pour mieux révéler l’écriture ; d’autres se contentent d’en évoquer le style, en se concentrant sur l’analyse du texte</span><span><a id=""footnote-919-12-backlink"">12</a></span><span>. Nous optons quant à nous pour une forme de troisième voie, où textes et images auraient une semblable importance. Aussi, sous un même galon de jaune, de bleu et de blanc, tandis que la première partie de notre travail constituera une présentation de l’époque et des relations entre peintres et écrivains, mettant l’accent sur les liens entre écriture et peinture, la seconde traitera du style.</span></p><p><span>Intitulée « Portrait des artistes en écrivains », la première partie est consacrée au </span><span>Zeitgeist</span><span> de cette époque. Dans le but de montrer que peintres et écrivains partagèrent alors les mêmes concepts cognitifs et les mêmes principes de représentation – et que de tels partages brouillent les pistes de toute étude de l’impressionnisme littéraire –, portraits et textes sont considérés en parallèle. Constatant qu’en 1876, </span><span>Mallarmé fit l’éloge de </span><span>Manet tandis que </span><span>Duranty encensait </span><span>Degas, </span><span>Manet et </span><span>Degas, tous deux à la fois partie prenante et marginaux de l’impressionnisme pictural, constituent les deux pivots de notre étude. Nous évoquons dans un premier chapitre les échanges et amitiés entre </span><span>Manet et </span><span>Baudelaire, puis </span><span>Astruc, puis </span><span>Zola et enfin </span><span>Mallarmé, nous arrêtant à la fois sur les portraits peints par </span><span>Manet et les textes de ces écrivains et poètes. Puis, avec le deuxième chapitre, vient le tour de </span><span>Degas qui peignit un portrait de </span><span>Duranty qui s’apparente curieusement, ainsi que nous le montrons, à la description par </span><span>Brunetière d’un </span><span>Daudet impressionniste. Autour de l’amitié et des échanges entre </span><span>Degas, </span><span>Valéry et </span><span>Mallarmé, le caractère pictural – voire impressionniste – de certaines photographies est également pris en compte.</span></p><p><span>« Capturer l’insaisissable : la main et l’œil », deuxième partie de l’étude, constitue un retour vers les textes. Le premier chapitre, « La mainmise du style », évoque les diverses frontières en </span><span>isme</span><span> de l’impressionnisme littéraire et considère également des questions génériques, telle la possibilité d’une poésie voire d’une musique impressionniste. Prenant pour point de départ les définitions que </span><span>Brunetière puis </span><span>Lanson firent de l’impressionnisme littéraire, nous comparons tout d’abord, en microlecture, le style des </span><span>Goncourt et de </span><span>Daudet. La distinction entre impressionnisme littéraire et écriture artiste ayant été établie, s’esquisse une étude de la question d’écriture à quatre mains. Puis, passant du réalisme au naturalisme, nous comparons le travail de recherche fragmentaire et possiblement impressionniste des </span><span>Goncourt et de </span><span>Zola, ainsi que leurs styles respectifs et la question de roman expérimental telle qu’ils l’énoncèrent dans certaines de leurs préfaces. C’est ensuite l’idée d’une poésie impressionniste qui est interrogée, </span><span>via</span><span> des marines de </span><span>Verlaine et </span><span>Rimbaud, considérées de manière comparative. Ce premier chapitre touche à sa fin avec les questions de monologue intérieur et de musique – soit en un rapprochement du symbolisme et de l’impressionnisme littéraire. Le second chapitre dont le titre est « Impression, œil lisant » est consacré à la superficialité lisible du style impressionniste, ainsi qu’à la question de lecture des impressions, au fil d’une flânerie citadine voire d’un texte. À partir de l’analyse structuraliste que </span><span>Barthes fait de la tour Eiffel, le Paris des impressionnistes est présenté comme un livre déchiffrable du regard. Ce regard qui saisit, nous en trouvons une définition possible chez </span><span>Laforgue, et étudions la dynamique picturale et stylistique de l’œil et de la main. Revenant sur le Paris « visible » du flâneur, nous nous arrêtons sur les fragmentations urbaines qu’étudia Simmel, et qui se seraient inscrites dans le style impressionniste lui-même. Et c’est avec la question de la lecture, </span><span>via</span><span> </span><span>Mallarmé et </span><span>Van Gogh que se clôt cet ultime chapitre.</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-919-1""> 1</a><span>. </span><span>Roland </span><span>Barthes, </span><span>L’Empire des signes</span><span>, Genève, Albert Skira éditeur, 1970, p. 1.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-2""> 2</a><span>. L’évolution historique des publications critiques autour de la question d’impressionnisme littéraire corrobore notre hypothèse, et ce d’autant plus que l’essentiel des publications consacrées à la question est publié aujourd’hui au Royaume-Uni ou aux États-Unis. En 2000, Tamar Katz s’est tournée exclusivement vers la littérature britannique pour analyser la postmodernité de textes littéraires impressionnistes. Selon elle, l’impressionnisme pictural autant que littéraire rendrait possible un détachement voire un effacement des contextes historiques et sexuels, et libérerait des subjectivités plus féminines que masculines. En 2001, Jesse Matz a présenté l’impressionnisme littéraire comme un produit du poststructuralisme, qui tisserait l’étoffe des fictions de la postmodernité. Dans son ouvrage de 2010, Max Saunders s’est quant à lui arrêté sur l’impressionnisme littéraire d’auteurs tels qu’Henry James, Joseph Conrad et Madox Ford. Saunders propose deux chronologies possibles de l’impressionnisme littéraire. Il s’agirait soit d’un courant situé entre celui du réalisme et du modernisme, et correspondant à la fois à la temporalité de l’impressionnisme pictural, ainsi qu’à l’origine de la phénoménologie ; soit d’un retour sur la notion même d’impression, trouvant ses sources philosophiques dans l’empirisme et le scepticisme anglais (particulièrement les travaux de Locke, de Hume et de Berkeley), et allant en littérature du réalisme psychologique du milieu du </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle jusqu’au modernisme. C’est enfin surtout à la question du tout et des parties que s’est intéressé Adam Parkes dans son livre de 2011, où il soutient que l’impressionnisme littéraire constitue un ensemble de pratiques formelles et stylistiques ayant découlé d’interactions dynamiques entre des facteurs esthétiques et historiques. Et qu’il ne peut donc être entendu que si l’on resitue historiquement les événements et les moments de son évocation.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-3""> 3</a><span>. Péjoratif, l’impressionnisme l’est hélas aujourd’hui jusqu’au bout du cliché. Nicole Savy est revenue sur cette question d’un oxymore étonnant qui confère du « flou » à une notion initialement fondée sur l’analyse visuelle : « Ce quelque chose mal défini, comme une tache ou une ombre, voilà ce que désigne aujourd’hui couramment l’adjectif </span><span>impressionniste</span><span>, retrouvant sa première valeur péjorative (approximatif, mal fait) mais appliqué à tout autre chose que la peinture et même que la littérature. La langue vulgaire, celle des clichés de la presse et de la vie quotidienne, l’applique à vrai dire à n’importe quoi : elle utilise l’épithète pour désigner sa propre imprécision. » (Nicole Savy, « Un flou impressionniste. Sur un malentendu sémantique et iconographique », </span><span>Romantisme</span><span>, n</span><span>o </span><span>110, 2000, p. 29.)</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-4""> 4</a><span>. Bernard </span><span>Vouilloux, « Pour en finir avec l’impressionnisme littéraire. Un essai de métastylistique », </span><span>Questions de style</span><span>, n</span><span>o</span><span> 9, 2012, p. 1-25.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-5""> 5</a><span>. Peut-être l’impressionnisme littéraire est-il bel et bien en train de retrouver ses jalons dans le champ de la critique littéraire ? Le début du </span><span>xxi</span><span>e</span><span> siècle a en effet été marqué par un sursaut d’intérêt pour cette thématique outre-Atlantique. Preuve en serait également le colloque « Impressionnisme et littérature » organisé début juin 2010 par le CÉRÉdI dans le cadre du festival « Normandie impressionniste », et dont certaines communications avaient trait à l’impressionnisme littéraire. Et Camilla Storskog a publié en 2011 un intéressant précis sur le cas particulier de la Finlande.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-6""> 6</a><span>. Notons qu’après deux décennies où la plupart des écrits sur l’impressionnisme littéraire étaient dans le droit fil des écrits de Ferdinand </span><span>Brunetière et de Gustave </span><span>Lanson, ce furent surtout les universités allemandes puis d’Amérique du Sud qui suivirent Charles Bally avec des travaux de thèse et des ouvrages où s’ébauchaient des théories essentiellement stylistiques, syntaxiques et saussuriennes de l’impressionnisme littéraire. En 1952, à l’ouvrage de Ruth Moser consacré à l’impressionnisme français dans les domaines de la peinture, de la littérature et de la musique, semblait répondre celui d’Helmut Harzfeld, proposant une approche artistique de la littérature française. Mais dès 1968, le « Symposium on Literary Impressionism » annonçait la mort de l’impressionnisme littéraire, catégorie considérée comme trop confuse.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-7""> 7</a><span>. Charles </span><span>Baudelaire, </span><span>Œuvres complètes</span><span>, Paris, Gallimard, 1976, t. 2, p. 694.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-8""> 8</a><span>. John House rappelle que dès 1865, les critiques avaient nommé Charles-François Daubigny – du fait de son goût pour les motifs révélant les effets flous des atmosphères – chef de file de « l’école de l’</span><span>impression</span><span> ». (</span><span>Cf.</span><span> John House, </span><span>Impressionism Paint and Politics</span><span>, New Haven/Londres, Yale University Press, 2004, p. 46.) Il est également possible que </span><span>Monet soit allé chercher chez ce spécialiste des atmosphères une telle terminologie. Meyer </span><span>Schapiro considère que, loin de ces influences artistiques, le caractère littéraire serait premier puisque </span><span>Monet aurait plutôt opté pour un terme découvert dans la littérature de voyage (Meyer </span><span>Schapiro, </span><span>Impressionism : Reflections and Perceptions</span><span>, New York, Georges Braziller, 1997, p. 23). Les deux théories ne nous paraissent pas contradictoires, étant donné que les impressions paysagères des toiles de Daubigny sont celles de la promenade, sinon du voyage.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-9""> 9</a><span>. Notre entreprise s’appuie sur les travaux de Bernard </span><span>Vouilloux qui, par le biais métacritique et métastylistique, est parvenu, en deux articles publiés en 2000 et 2012, à expliciter les thèses désuètes et fallacieuses qui sous-tendent habituellement les études consacrées à l’impressionnisme littéraire.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-10""> 10</a><span>. Bernard </span><span>Vouilloux, « L’“impressionnisme littéraire” : une révision », </span><span>Poétique</span><span>, n</span><span>o</span><span> 212, février 2000, p. 85.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-11""> 11</a><span>. Notre point de vue s’accorde avec celui de Charles Lalo, prônant une « philo­sophie de la critique d’art », ainsi qu’une méthode phénoménologiste qui ferait converger travaux d’historiens, de critiques et d’esthéticiens : « De l’impressionnisme elle retient ce fait certain, qu’il n’y a au monde que des opinions individuelles. Du dogmatisme elle consacre cette conviction féconde, que dans le domaine du beau comme partout il y a, il ne peut pas ne pas y avoir des lois nécessaires, donc généralisables. Mais elle prétend tirer ces lois générales de ces faits individuels ; et en cela elle refuse d’être un dogmatisme absolu, elle devient véritablement scientifique, c’est-à-dire relativiste. » (Charles Lalo, </span><span>Introduction à l’esthétique</span><span>, Paris, Armand Colin, 1912, p. 326.)</span></p></div><div><p><a id=""footnote-919-12""> 12</a><span>. Notons qu’il n’est pas impossible que ces deux méthodes aient partie liée avec des différends culturels car, si l’on généralise, le point de vue universitaire français serait texto-centriste tandis que ce serait l’image qui primerait outre-Atlantique.</span></p></div></div></div>";;520;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Depuis les années cinquante, il n’y a pas eu d’ouvrage publié en France qui soit consacré à la seule question de l’impressionnisme littéraire. Ce livre se veut le pionnier d’un champ d’études encore aujourd’hui relativement inexploré, tandis que les publications transatlantiques autour de la question de <em>literary impressionnism</em> sont assez nombreuses depuis le début du XXIe siècle.</p><p style=""text-align: justify;"">L’approche choisie est volontairement éclectique et phénoménologique : l’époque impressionniste est au cœur de l’analyse. Ainsi les échanges artistiques entre peintres et écrivains constituent-ils une manière de saisir ce qui, au point de contact entre texte et image, permit la naissance de l’idée même d’impressionnisme littéraire. Du côté de la peinture, Manet et Degas ont la part belle, tandis que tous les genres littéraires de l’époque sont considérés, par le biais d’auteurs aussi différents que Zola, Mallarmé, les Goncourt, Verlaine, Bourget, Huysmans, Rimbaud et Daudet.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;"">A propos de l'auteur :<br />Virginie Pouzet-Duzer est professeur de littérature à Pomona College en Californie et s'intéresse particulièrement à l'esthétique et à la poétique des relations entre textes et images dans les avant-gardes. Elle a travaillé sur l'impressionnisme littéraire ainsi que sur le mythe de Salomé. Ses recherches les plus récentes ont trait à l’histoire littéraire, artistique et culturelle de la couleur jaune.</p>";;24/01/2013 17:59;1;Première édition;3643 569;2;3;22;Plan Alpage-Vasserot - Paris au début du XIXe siècle;Petit format (A2) - en couleur-sur papier couché satiné blanc - Expédié sous tube cartonné;;;;;;10/04/2013;0;420x594;0;978-2-84292-363-1;9782842923631;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_569.jpg;;;;0;19.00;"<p>Le plan proposé ici est original et inédit. Il permet de reconstituer le plus ancien plan parcellaire de Paris à l'échelle de la ville entière. Il offre une reconstitution et l'assemblage des 910 îlots du plan Vasserot. En effet, si chacun des îlots figurés a bien été dessiné entre 1810 et 1836, sous la direction de Philibert Vasserot, l'assemblage des 910 plans d'îlots a été réalisé entre 2006 et 2009 dans le cadre d'une recherche scientifique, le projet ALPAGE.<br />Les plans d'îlots originaux, dessinés sur des feuilles à l'origine indépendantes, forment actuellement une collection de 24 volumes reliés, conservés aux Archives nationales.</p><p><strong>Également disponible dans la même collection : </strong><br />- <em>le plan Alpage-Vasserot - Paris au début du XIXe siècle</em> - format A1 (594x841mm) - 29,00€<br />- l'ouvrage, «<em> Paris de parcelles en pixels, analyse géomatique de l'espace parisien médiéval et moderne</em> »- 45,00€<strong><br /></strong></p><p><strong><br /></strong></p>";;07/03/2013 08:47;0;Première édition;3377 570;2;3;22;Plan Alpage-Vasserot - Paris au début du XIXe siècle;Grand format (A1) - en couleur-sur papier couché satiné blanc - Expédié sous tube cartonné;;;"<p>Le plan Vasserot constitue l'inventaire graphique le plus fin, le plus complet et le plus ancien du vieux Paris que le second empire transforma par la suite profondément.</p>";;;10/04/2013;0;594x841;0;978-2-84292-362-4;9782842923624;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_570.jpg;;;;0;29.00;"<p>Le plan proposé ici est original et inédit. Il permet de reconstituer le plus ancien plan parcellaire de Paris à l'échelle de la ville entière. Il offre une reconstitution et l'assemblage des 910 îlots du plan Vasserot. En effet, si chacun des îlots figurés a bien été dessiné entre 1810 et 1836, sous la direction de Philibert Vasserot, l'assemblage des 910 plans d'îlots a été réalisé entre 2006 et 2009 dans le cadre d'une recherche scientifique, le projet ALPAGE.<br />Les plans d'îlots originaux, dessinés sur des feuilles à l'origine indépendantes, forment actuellement une collection de 24 volumes reliés, conservés aux Archives nationales.</p><p><strong>Également disponible dans la même collection : </strong></p><p>- <em>le plan Alpage-Vasserot - Paris au début du XIXe siècle -</em> format A2 (420x594 mm) - 19,00€<br />- l'ouvrage, <em>« Paris de parcelles en pixels, analyse géomatique de l'espace parisien médiéval et moderne</em> » - 45,00€</p>";;15/03/2013 11:31;0;Première édition;3377 571;2;3;14;Tàpies, Saura, Millares;L'art informel en Espagne;;;"<p>L'art informel (1945-1970) n'est pas un courant à l'essor limité, mais il est un style qui perdure.</p>";"<p class=""Tdm""><strong>Introduction <br /><br /></strong></p><p class=""Tdm"" style=""text-align: center;""><strong>PREMIÈRE PARTIE<br /></strong><strong>Les modalités de la peinture informelle en Espagne</strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Un contexte différent : les années quarante</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">L’impact de Dau al Set</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Antoni Tàpies : vers l’informel</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Le développement de l’art informel dans le contexte des années cinquante</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Le groupe El Paso (1957-1960)</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Millares et Saura</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Individualisation du parcours informel</p><p class=""Tdm"" style=""text-align: center;""><strong><br />DEUXIÈME PARTIE<br /></strong><strong>Le processus de création</strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;""><strong>La matière </strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">La matière pour elle-même : un nouveau point de vue</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Principe commun : la couleur comme matière</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Antoni Tàpies : de la pesanteur à la transparence</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Manolo Millares : le débordement de la matière</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Le geste </strong><strong> </strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Le geste comme travail</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Antonio Saura : le geste image ou la manipulation de la figure</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">La trace du geste</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;""><strong>La relation de l’homme et de la matière </strong><strong> </strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">La dialectique du <em>contre</em> et du <em>dans</em></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">La destruction</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">La fusion</p><p class=""Tdm"" style=""text-align: center;""><strong><br />TROISIÈME PARTIE<br /></strong><strong>La création comme expérience</strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;""><strong>La création</strong><strong> : </strong><strong>un faire et une recherche </strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Le rapport au temps </strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Le présent historique</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Le présent de l’acte créateur</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">Le poids du passé</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Le rapport à l’espace </strong></p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">L’espace du tableau</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 30px;"">L’espace du peintre</p><p class=""Tdm"" style=""padding-left: 60px;""> </p><p class=""Tdm""><strong>Conclusion </strong></p><p class=""Tdm"">Bibliographie sélective <br />Références et crédits iconographiques </p>";;10/09/2013;0;137X220;176;978-2-84292-370-9;9782842923709;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_571.jpg;"<p class=""texte""><strong>C</strong>e livre met en évidence les spécificités des pratiques artistiques d’Antoni Tàpies, Antonio Saura et Manolo Millares, au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans le cadre d’une démarche commune que l’auteur propose d’analyser comme « l’art informel » dans son versant espagnol.</p><p class=""texte""><strong>C</strong>es peintres choisissent de donner à voir les matériaux utilisés plutôt que de créer des images identifiables. S’agit-il de vider la toile de toute image ? Peut-on dire que « l’art informel » repose sur un vide de la représentation ?</p><p class=""texte""><strong>L</strong>’espace pictural s’affirme, pour chacun de ces artistes, comme le lieu d’une expérience singulière l’engageant dans un questionnement sur la matière – à la fois contact et action – qui renvoie autant à lui-même qu’au monde extérieur.</p><p class=""Paragraphestandard""><em><br />Professeur agrégée d’espagnol en classes préparatoires, Martine Heredia est chercheur au Centre de Recherches Interdisciplinaires sur les Mondes Ibériques Contemporains de l’université Paris-Sorbonne. Elle est l’auteur d’une thèse de doctorat sur l’art informel en Espagne.</em><em> </em></p><p class=""Paragraphestandard""><em> </em></p><p><em> </em><em></em></p>";;;210;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">La réflexion engagée dans ce livre vise à repousser les limites historiques habituellement assignées à l'art informel (1945-1970) et à le considérer comme un style qui perdure. Il est montré ici que la question de l'informel a encore toute son actualité, car comment comprendre aujourd'hui l'art de Tàpies ou celui de Soulages ? L'analyse s'est nourrie de l'étude conjointe des œuvres et des écrits des trois artistes espagnols dont l'abondance prouve, tout d'abord, que les peintres ont réfléchi à leur art et à leur pratique, et que peindre, c'est aussi interroger. Elle s'est appuyée également sur les travaux des critiques d'art à l'origine de la question de l'informel (Michel Tapié, Juan Eduardo Cirlot, Jean Paulhan).</p>";;15/04/2013 15:14;1;Première édition;3667 572;1;3;27;Temporalités de l'Égypte;N°64/2013;;;"<p>Ce numéro interroge les périodisations de l'histoire de l'Égypte médiévale depuis la conquête arabe jusqu'à la l'époque ottomane.</p>";"<p>Introduction<br /><strong>Cyril Aillet et Abbès Zouache</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Du pagarque au cadi : ruptures et continuités dans l’administration judiciaire de la Haute-Égypte (I<sup>er</sup>-III<sup>e</sup>-VII<sup>e</sup>-IX<sup>e</sup> siècle)<strong><br /> Mathieu Tillier</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: justify;"">Les <em>aḥbās </em>de Fusṭāṭ aux deux premiers siècles de l’hégire : entre pratiques socio-économiques et normalisation juridique<br /><strong>Sobhi Bouderbala</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Une culture en partage : la <em>furūsiyya </em>à l’épreuve du temps<br /><strong>Abbès Zouache</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le passage des anciennes à de nouvelles <em>Mille et Une Nuits </em>au XV<sup>e</sup> siècle<br /><strong>Jean-Claude Garcin</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les Banū Ḥinnā à Fusṭāṭ-Miṣr. Pouvoir et implantation urbaine d'une famille de notables à l'époque mamelouke<br /><strong>Mathieu Eychenne</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Les événements de l’année 806. Ou comment al-Maqrīzī a pensé une rupture majeure dans l’histoire de l’Égypte<strong><br />Julien Loiseau<br /></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> <br /> ESSAIS ET RECHERCHES<br /><br /></strong>L’écriture de l’amitié spirituelle dans l’œuvre hagiographique de Thomas de Cantimpré (1200 - <em>ca</em>. 1265/1270)<br /><strong>Anne-Laure Méril-Bellini Delle Stelle</strong><br /><br /><br /> <strong>POINT DE VUE<br /></strong><br />Les relations entre Italie méridionale, Sicile et Maghreb au Moyen Âge : autour de trois ouvrages récents<br /><strong>Dominique Valérian</strong></p><p><br /> <em>- Notes de lecture <br /> - Livres reçus<br /> - Iconographie : </em>Manuscrits (noir et blanc) :<br /> - Paris, Bnf, ms. Ar. 2834, folio 1.<br /> - Le Caire, IFAO, ms. Ar. 106, folio 1.<br /> - Le Caire, ms. Maktabat al-Azhar, n°42799, folio 1</p><p>Cartes<br />Généalogie</p>";;10/09/2013;64;155x220;220;978-2-84292-371-6;978-2-84292-371-6;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_572.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Mathieu Tillier</em><strong><br />Du pagarque au cadi : ruptures et continuités dans l’administration judiciaire de la Haute-Égypte (I<sup>er</sup>-III<sup>e</sup>-VII<sup>e</sup>-IX<sup>e</sup> siècle).</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Selon les sources littéraires de l’histoire égyptienne, dont la rédaction remonte, pour les plus anciennes, au III<sup>e</sup>-IX<sup>e</sup> siècle, l’institution du cadi serait apparue en Égypte dès les lendemains de la conquête. Des historiens comme Émile Tyan ont à l’inverse présenté le cadi comme le successeur des juges byzantins. La documentation papyrologique permet de nuancer ces deux approches. Fondé sur un corpus de papyrus judiciaires relatifs à la Haute-Égypte du VII<sup>e</sup> au IX<sup>e</sup> siècle, cet article suit l’évolution de la justice depuis son administration par des pagarques chrétiens jusqu’à l’apparition des cadis à l’époque abbasside. Il met en évidence le progressif remodelage des procédures héritées de Byzance et la lente islamisation de la justice dans les campagnes égyptiennes. Il apparaît que la dynamique historique complexe de cette évolution suivit un rythme bien différent des périodisations dynastiques traditionnelles.<em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Sobhi Bouderbala<br /></em><strong>Les <em>aḥbās </em>de Fusṭāṭ aux deux premiers siècles de l’hégire : entre pratiques socio-économiques et normalisation juridique.</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Cette étude porte sur les pratiques sociales en matière de biens inaliénables, le <em>ḥubs</em> (pl. <em>aḥbās</em>), au début l’Islam et leur rapport avec les théories juridiques naissantes en se fondant sur une documentation exclusivement égyptienne. Dans un premier temps, nous examinons les spécimens des actes de ces biens parvenus jusqu’à nous, conservés dans la littérature pré-fatimide de Fusṭāṭ, en mettant l’accent sur les pratiques sociales en vigueur à Fusṭāṭ dès la fin du I<sup>er</sup>-VII<sup>e</sup> siècle et les spécificités des clauses composant ces actes. Ensuite, l’accent est mis sur l’intervention du corps judiciaire et juridiques (cadis et jurisconsultes) dans la réglementation et la résolution de ces biens à partir du milieu du II<sup>e</sup>-VIII<sup>e</sup> siècle, en se fondant sur quelques documents papyrologiques des trois premiers siècles de l’hégire. Cette enquête permet de mieux apprécier l’évolution de l’institution des biens inaliénables en Egypte dans une dynamique de transition qui aboutit, à terme, à normaliser les pratiques sociales en la matière. Elle montre accessoirement aussi les tentatives des fondateurs de ces biens pour pérenniser leur patrimoine et contourner certaines règles rigides d’héritage.<em> </em></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p class=""Titre1"" style=""text-align: justify;""><em>Jean-Claude Garcin</em><strong><br />Le passage des anciennes à de nouvelles <em>Mille et Une Nuits </em>au XV<sup>e</sup> siècle.</strong><br /><br />L’analyse historique du texte arabe des <em>Contes des Mille et Une Nuits</em> permet de comprendre la cohérence du recueil imprimé pour la première fois en Égypte, à Būlāq, en 1835. La collecte des contes de Būlāq a été réalisée dans un but moralisant, voire religieux, par un cheikh égyptien dont nous ignorons le nom, peu après 1750. L’historien peut replacer ces textes dans le temps en analysant les « indices contextuels ». Il est conduit à identifier ceux qui sont des contes médiévaux et d’époque mamelouke (44% seulement du texte arabe imprimé), et à constater qu’une rupture dans les thèmes des contes a commencé en Égypte dans le premier quart du XV<sup>e</sup> siècle : adjonction à de vieilles anecdotes sur les califes abbasides des ix<sup>e</sup>-x<sup>e</sup> siècles et leur cour, de contes faisant preuve de plus d’esprit critique (le « Sindbād le Marin » que nous connaissons), voire des interrogations plus graves sur les famines et les pestes. La rupture véritable se produit en Syrie affectée par les invasions mongoles (Tamerlan déporte à Samarkand de nombreux habitants de Damas en 1401), lorsqu’un auteur damascène écrit de « <em>Nouvelles Mille et Une Nuits</em> », sans doute entre 1421 et 1436. La famille abbasside (en particulier Harūn al-Rashīd) est tournée en ridicule ; les anecdotes purement historiques sont bannies ; l’auteur, qui apparaît comme un « moraliste », s’intéresse surtout à l’étude des caractères et des passions, sans référence à la loi islamique. Cette rupture coïncide avec un changement dans la production littéraire en Égypte, au moment où se consolide au Caire le régime politique des mamelouks « circassiens ». À partir du XVI<sup>e</sup> siècle, les auteurs de contes se placeront dans la continuité formelle de l’auteur damascène du XV<sup>e</sup> siècle, qui a fourni le modèle de « <em>Mille et Une Nuits modernes</em> », avant qu’au XVIII<sup>e</sup> siècle une affirmation nouvelle du religieux et du « convenable » conduise à une rupture finale et à la moralisation des contes par celui qui a composé le recueil de Būlāq.<em> </em></p><p class=""Titre1""> </p><p><em>Mathieu Eychenne<br /></em><strong>Les Banū Ḥinnā à Fusṭāṭ-Miṣr. Pouvoir et implantation urbaine d'une famille de notables à l'époque mamelouke</strong>.<br /><br />Cet article se propose de reconstruire l'histoire d'une famille de notables égyptiens, originaire de Fusṭāṭ-Miṣr, les Banū Ḥinnā, à partir des informations contenues dans les sources historiques de l'époque mamelouke (1250-1517). En prenant comme exemple cette famille d'origine copte, islamisée au tournant des XII<sup>e </sup>et XIII<sup>e</sup> siècles, il s'agira dans un premier temps, d'illustrer la façon dont certaines familles de notables égyptiens ont pu prospérer à l'avènement du nouveau pouvoir en investissant massivement l'administration de l'État mamelouk. La seconde partie de cette étude met en lumière l'ancrage social et spatial de la famille à Fusṭāṭ-Miṣr et la façon dont son importante activité édilitaire et ses investissements dans la ville a pu contribuer à façonner l'espace urbain et à laisser une trace dans la mémoire des contemporains.<em> </em></p><p> </p><p><em>Julien Loiseau</em><strong><br />Les événements de l’année 806. Ou comment al-Maqrīzī a pensé une rupture majeure dans l’histoire de l’Égypte.</strong><br /><br />La crise qui frappa l’Égypte à la fin du Moyen Âge, et qui connut son paroxysme dans les premières années du XV<sup>e</sup> siècle, a laissé une empreinte durable dans l’histoire du pays et de sa capitale. Avant d’attirer l’attention des historiens, elle a marqué l’esprit des contemporains et modifié en profondeur le regard qu’ils portaient sur leur histoire. De tous ceux qui tentèrent alors de comprendre la brutalité du temps présent à la lumière du passé de l’Égypte, Taqīy al-Dīn Aḥmad al-Maqrīzī (1364-1442) se distingue par l’importance de son œuvre historique et son souci d’apporter un diagnostic et un remède à la maladie de son époque.</p><p>La réflexion d’al-Maqrīzī, littéralement obsédé par les « événements » intervenus au cours de l’année 806 de l’Hégire (1403-1404) dont le pays ruiné portait la trace funeste, a cependant évolué au fil du temps. L’analyse à chaud, qu’il expose dès 1405 dans l’<em>Iġāṯat al-umma</em>, propose de voir dans les malheurs du temps, en les comparant aux épreuves du passé, les effets d’une cherté qui se maintient anormalement au lieu de se résorber deux saisons après les désastres naturels qui l’ont provoquée. Dans la suite de son œuvre, et tout particulièrement dans ses fameuses <em>Ḫiṭaṭ</em>, le concept de cherté (<em>ġalā’</em>) est abandonné au profit de celui de ruine (<em>ḫarāb</em>). L’Égypte n’est pas seulement malade du mauvais gouvernement des Mamelouks. L’arbitraire de l’État, et sa fiscalité prédatrice, ont précipité le pays sur une pente dont il ne se relèvera pas. Le profond pessimisme d’al-Maqrīzī, démenti par le redressement de l’État mamelouk, n’enlève rien cependant à la force de son constat et à la finesse de ses analyses.<em> </em></p><p> </p><p><em>Anne-Laure Méril-Bellini Delle Stelle</em><strong><br /></strong><strong>L’écriture de l’amitié spirituelle dans l’œuvre hagiographique de Thomas de Cantimpré (1200 - ca. 1265-1270)</strong>.<br /><br />Les <em>mulieres religiosae</em> des Pays Bas méridionaux du XIII<sup>e</sup> siècle ont été le centre de réseaux sociaux animés par un sentiment d’amitié spirituelle. De nombreuses <em>vitae</em> en témoignent, particulièrement celles de Thomas de Cantimpré. Pour comprendre l’importance de l’amitié spirituelle, celles-ci offrent un champ d’études exceptionnel et permettent de saisir, à travers l’écriture de ce sentiment, la nature de celui-ci et son rôle dans le milieu dévot. L’analyse du vocabulaire mis en œuvre, ainsi que la comparaison de deux manuscrits de la <em>Vie de Lutgarde d’Aywières</em> permettent de répondre en partie à ces questions. Enfin, l’examen des bénéficiaires de cette mise en scène littéraire de l’amitié spirituelle rend plus clair le rôle de la <em>vita</em> en tant que texte et en tant qu’objet, dans les réseaux de relations et notamment dans les liens d’amitié.<em> </em></p><p> </p><p><em>Pierre Courroux</em><strong><br />Godefroid Kurth et Jean d’Outremeuse : un historien du xx<sup>e</sup> siècle face à l’invention historique.<br /></strong><br />Godefroid Kurth, historien méthodique rigoureux du début du XX<sup>e </sup>siècle, et Jean d’Outremeuse, chroniqueur prolixe mais brouillon du XIV<sup>e</sup> siècle, partagent <em>a priori</em> le même « métier », celui d’historien. Pourtant, entre ces deux personnages se dresse un gouffre abyssal, celui de deux visions de l’histoire entièrement opposées. Pour l’un, l’histoire est constituée d’événements assurés, reconstruits par une minutieuse étude des sources. Pour l’autre, l’histoire est un puits d’anecdotes propres à intéresser un public, elle est construite à coup de légendes, d’inventions personnelles qui visent à la vraisemblance aussi bien qu’à créer un véritable <em>récit</em> historique. Lorsque Godefroid Kurth a publié en 1910 son étude critique sur Jean d’Outremeuse, celui-ci n’était plus à même de se défendre. Il fut en conséquence lentement oublié, et sa vision de l’histoire vouée aux gémonies. Quel regard l’historien actuel doit-il porter à cette querelle ? L’évolution de l’historiographie moderne, en particulier le <em>linguistic turn</em>, qui a insisté sur l’aspect narratif de toute histoire, doit-il le porter à réhabiliter le chroniqueur ? Ne faudrait-il pas tout autant comprendre la démarche de l’un et de l’autre des protagonistes pour les voir tous deux, malgré leur statut d’écrivains de l’histoire, comme des sujets, des témoins de l’histoire et de leur époque ?</p>";"<div><p><span>Abbès </span><span>Zouache</span></p><p><span>ruptures, transitions, continuités <br />dans l’histoire de l’égypte médiévale</span></p><p><span>Depuis peu, l’histoire de l’Égypte médiévale est « en chantier »</span><span><a id=""footnote-61228-1-backlink"">1</a></span><span>. Cela peut s’expliquer diversement : les fouilles archéologiques (bien que peu nombreuses) ont livré une documentation qui commence à être prise en compte par les chercheurs ; ces derniers sont enfin touchés par le « retour critique » qui a essaimé, plus tôt, dans d’autres champs de la recherche ; un dialogue s’est engagé entre des disciplines (archéologie, histoire, philologie, linguistique, entre autres) jusque-là très cloisonnées</span><span><a id=""footnote-61228-2-backlink"">2</a></span><span>.</span></p><p><span>L’ambition de ce dossier est d’illustrer le renouvellement en cours – d’où le bref état des lieux historiographique qui suit – et de contribuer à la réflexion sur les découpages chronologiques communément adoptés par les historiens de l’Égypte médiévale. Comme leurs pairs spécialistes d’autres aires culturelles, ils doivent procéder à des choix difficiles. Se démarquer des choix effectués par leurs prédécesseurs n’est pas chose aisée, même lorsqu’une documentation nouvelle apparaît. Tout discours savant est marqué par des déterminations dont Pierre Bourdieu a montré qu’il est souvent illusoire de vouloir s’en détacher</span><span><a id=""footnote-61228-3-backlink"">3</a></span><span>. Les chercheurs découpent le monde et son histoire, le décrivent et l’interprètent en fonction de « schèmes cognitifs » qui les imprègnent « avec une telle profondeur » qu’ils en deviennent « invisibles »</span><span><a id=""footnote-61228-4-backlink"">4</a></span><span>.</span></p><p><span>Ces déterminations pèsent probablement d’autant plus que les chercheurs sont peu nombreux et que leur discipline est fortement marquée du sceau de la tradition philologique, comme dans le cas de l’histoire de l’Orient musulman médiéval. Après la seconde guerre mondiale, les critiques qu’a subies l’orientalisme, du fait de ses liens avec la colonisation</span><span><a id=""footnote-61228-5-backlink"">5</a></span><span>, ont conduit nombre de ses praticiens à réaffirmer leur ancrage philologique, et certains d’entre eux à adopter les objets et les méthodes des sciences sociales. L’un des objectifs affichés était d’atteindre une scientificité détachée des présupposés idéologiques et de rejeter les approches par trop généralistes au profit d’une histoire économique et sociale jusque-là largement délaissée</span><span><a id=""footnote-61228-6-backlink"">6</a></span><span>. L’historiographie de l’Égypte médiévale n’a bénéficié que très progressivement de cette réorientation</span><span><a id=""footnote-61228-7-backlink"">7</a></span><span>, avant donc de connaître un profond renouvellement, depuis quelques années.</span></p><p><span>L’effort d’édition et de traduction des sources orientales</span></p><p><span>La question des sources est fondamentale pour les historiens de l’Orient musulman, et notamment pour ceux qui s’attachent prioritairement à l’Égypte et au Bilād al-Šām</span><span><a id=""footnote-61228-8-backlink"">8</a></span><span>, qui forment un couple rarement dissocié tout au long du Moyen Âge. L’effort d’édition et de traduction de sources inédites ou éditées de façon insuffisamment critique a été impulsé, en Europe, par des figures telles que Claude Cahen, décédé en 1991 après avoir été à l’origine de maintes entreprises individuelles ou collectives</span><span><a id=""footnote-61228-9-backlink"">9</a></span><span>. Certaines de ces entreprises ont également été le fait de chercheurs arabes soucieux de se réapproprier un patrimoine dont ils estimaient en avoir été par trop dépossédés par les orientalistes</span><span><a id=""footnote-61228-10-backlink"">10</a></span><span>. Beyrouth et Le Caire, qui concentrent l’essentiel des maisons d’édition arabes, jouent aujourd’hui un rôle moteur en matière éditoriale.</span></p><p><span>Cet effort a largement porté ses fruits. Cependant, la tâche est encore ample. L’on estime parfois (certes sans beaucoup de garanties) à trois millions le nombre de manuscrits m</span><span>édiévaux préservés dans l’ensemble de l’aire islamique</span><span><a id=""footnote-61228-11-backlink"">11</a></span><span>. Certains textes, tels que les innombrables manuscrits de </span><span>furū</span><span>siyya</span><span><a id=""footnote-61228-12-backlink"">12</a></span><span> </span><span>répertoriés dans les catalogues de bibliothèques, dont un bon nombre a été produit en Égypte, sont encore dé</span><span>laissés par les chercheurs, sans doute parce qu’ils sont écrits dans une langue technique et difficile d’accès même pour des arabisants confirmés</span><span><a id=""footnote-61228-13-backlink"">13</a></span><span>.</span></p><p><span>Une « école historique » égyptienne</span></p><p><span>Les résultats les plus probants concernent les sources narratives (chroniques, dictionnaires biographiques), et en particulier celles de l’</span><span>époque mamelouke (1250-1517). Nul historien de l’Égypte ne peut aujourd’hui en faire l’économie, même ceux qui tentent de réécrire l’histoire des débuts de l’islam : les chroniqueurs et les auteurs de dictionnaires biographiques d’époque mamelouke conservent souvent une documentation plus ancienne et aujourd’hui disparue</span><span><a id=""footnote-61228-14-backlink"">14</a></span><span>. Les œuvres d’époque mamelouke les plus importantes sont d</span><span>ésormais plus accessibles, et des synthèses fiables permettant de démêler les liens à première vue inextricables qui les unissent sont disponibles</span><span><a id=""footnote-61228-15-backlink"">15</a></span><span>. La première de ces œuvres, les fameuses </span><span>Ḫiṭa</span><span>ṭ</span><span> d’al-Maqrīzī, a récemment été rééditée par Aymā</span><span>n Fu’ād Sayyid</span><span><a id=""footnote-61228-16-backlink"">16</a></span><span>. Cette « autopsie de la ruine</span><span><a id=""footnote-61228-17-backlink"">17</a></span><span> », qui témoigne de la fascination d’al-Maqrīzī pour le pass</span><span>é égyptien et plus particulièrement pour celui de sa capitale Fusṭāṭ-Le Caire, est considérée comme le chef-d’œuvre d’un genre litté</span><span>raire, « l’histoire topographique</span><span><a id=""footnote-61228-18-backlink"">18</a></span><span> ». Les </span><span>Ḫiṭaṭ</span><span> permettent de dessiner les contours d’une « école historique </span><span>égyptienne</span><span><a id=""footnote-61228-19-backlink"">19</a></span><span> » au caractère « national » marqué</span><span><a id=""footnote-61228-20-backlink"">20</a></span><span>, attachée à </span><span>l’histoire d’un territoire autant qu’à celle des hommes qui y vivent, un territoire à l’identité si affirmée que ces hommes et les dynasties qui s’y succ</span><span>èdent doivent s’y incarner</span><span><a id=""footnote-61228-21-backlink"">21</a></span><span>.</span></p><p><span>Comme ses pairs, al-Maqrīzī peut encore s’appuyer, à l’époque où il é</span><span>crit, sur les traces multiples laissées par ses prédécesseurs – documents administratifs et privés, monnaies, etc. – que l’Égypte mé</span><span>diévale a laissées en nombre, notamment grâce à des conditions climatiques propices à leur conservation</span><span><a id=""footnote-61228-22-backlink"">22</a></span><span>. Concernant les « handwritten documents</span><span><a id=""footnote-61228-23-backlink"">23</a></span><span> </span><span>», </span><span>papyri</span><span> et autres supports, ils sont plus nombreux qu’on l’a longtemps cru</span><span><a id=""footnote-61228-24-backlink"">24</a></span><span> et font désormais l’objet d’une attention soutenue des chercheurs</span><span><a id=""footnote-61228-25-backlink"">25</a></span><span>, après avoir été </span><span>ignorés ou simplement appréhendés comme des sources d’information secondaires. Désormais, l’on s’attache plus systématiquement – ainsi Sobhi Bouderbala et Mathieu Tillier dans ce dossier – à </span><span>reconstituer les liens entre la documentation papyrologique et les sources narratives.</span></p><p><span>Les débats autour de la révélation muḥammadienne : l’histoire de l’Égypte quelque peu délaissée</span></p><p><span>Une telle documentation s’avère précieuse pour qui souhaite sortir de « l’impasse méthodologique</span><span><a id=""footnote-61228-26-backlink"">26</a></span><span> » dans laquelle le courant « sceptique</span><span><a id=""footnote-61228-27-backlink"">27</a></span><span> » a plongé les spécialistes de l’histoire des débuts de l’islam à partir des années 1970. Ce courant a remis en cause de manière radicale la fiabilité des sources islamiques narratives de l’histoire des premiers musulmans. Ces sources, qui ont été rédigées pour l’essentiel dans l’Iraq abbasside à partir du </span><span>iii</span><span>e</span><span>/</span><span>ix</span><span>e</span><span> siècle, ne feraient que mettre en scène la révélation muḥammadienne ; elles présenteraient une vision orientée et déformée des débuts de l’islam, correspondant aux attentes des musul­mans qui vivaient à l’époque de leur rédaction.</span></p><p><span>Cette remise en cause a eu l’avantage de dynamiser la recherche. Différentes voies sont désormais explorées pour sortir de cette impasse méthodologique</span><span><a id=""footnote-61228-28-backlink"">28</a></span><span>. Les uns privilégient le recours aux sources non musulmanes, notamment syriaques, qui posent également des problèmes d’interprétation</span><span><a id=""footnote-61228-29-backlink"">29</a></span><span> ; les autres s’attachent à reconstituer « la genèse, l’élaboration et la canonisation de la tradition et de l’histoire islamique</span><span><a id=""footnote-61228-30-backlink"">30</a></span><span> » par un patient travail d’archéologie des textes</span><span><a id=""footnote-61228-31-backlink"">31</a></span><span>. Leurs travaux, qui provoquent parfois des réactions de rejet dans les pays musulmans, ont eu l’inconvénient de centrer l’analyse sur les sources narratives irako-syriennes, au détriment parfois de la documentation issue d’autres territoires conquis par les musulmans, comme l’Égypte</span><span><a id=""footnote-61228-32-backlink"">32</a></span><span>.</span></p><p><span>Les sceptiques ont parfois mobilisé l’archéologie pour étayer leurs thèses</span><span><a id=""footnote-61228-33-backlink"">33</a></span><span>. J. Koren et Y. Nevo ont nié l’existence de Muḥammad, en s’appuyant surtout sur la numismatique et l’épigraphie : il est absent des graffitis les plus anciens du Neguev mais aussi d’Arabie</span><span><a id=""footnote-61228-34-backlink"">34</a></span><span>. Ils ont soutenu l’idée que l’islam n’apparaissait qu’à partir de la fin du </span><span>vii</span><span>e</span><span> siècle, la conquête et la création d’un État arabe ayant précédé la naissance de la religion</span><span><a id=""footnote-61228-35-backlink"">35</a></span><span>. Leurs travaux, qui sont remis en cause</span><span><a id=""footnote-61228-36-backlink"">36</a></span><span>, tiennent plus d’une « archéologie de la religion » (D. Northedge) que d’une archéologie s’attachant à la diffusion de pratiques culturelles dans différentes sociétés, dans différents espaces</span><span><a id=""footnote-61228-37-backlink"">37</a></span><span>.</span></p><p><span>Celle-ci est pourtant assez active</span><span><a id=""footnote-61228-38-backlink"">38</a></span><span> – surtout dans les pays qui appartenaient, au Moyen Âge, au Bilād al-Šām (Syrie, Jordanie, Liban, Israël et territoires palestiniens, frontière syro-turque)</span><span><a id=""footnote-61228-39-backlink"">39</a></span><span> – et ne suscite pas de controverses aussi passionnées</span><span>. En Égypte, elle est encore insuffisamment développée – et utilisée par les historiens –, peut-être du fait de la fascination qu’a toujours exercée son patrimoine archéologique antique</span><span><a id=""footnote-61228-40-backlink"">40</a></span><span>. Les fouilles qui ont été menées à terme et publiées sont peu nombreuses</span><span><a id=""footnote-61228-41-backlink"">41</a></span><span>. Celles du plateau d’Istabl ‘Antar, au sud de Fusṭāṭ (le Vieux-Caire actuel), la première capitale de l’Égypte islamique, sont en passe de l’être</span><span><a id=""footnote-61228-42-backlink"">42</a></span><span>. Dirigées par Roland Pierre-Gayraud de 1985 à 2003, elles illustrent à merveille la « problématique des continuités, de l’innovation et des croisements culturels</span><span><a id=""footnote-61228-43-backlink"">43</a></span><span> », qui est désormais privilégiée par les spécialistes de l’Égypte.</span></p><p><span>Transition linguistique, transition religieuse</span></p><p><span>Ces fouilles confirment ce que la documentation papyrologique ou les études toponymiques, en plein renouveau, montrent par ailleurs</span><span><a id=""footnote-61228-44-backlink"">44</a></span><span> : la conquête arabe n’a pas provoqué, en Égypte, les changements abrupts et définitifs que les historiographes musulmans se plaisent souvent à décrire. L’arabisation</span><span><a id=""footnote-61228-45-backlink"">45</a></span><span> et l’islamisation ont été des phénomènes lents, non concomitants</span><span><a id=""footnote-61228-46-backlink"">46</a></span><span>. Au </span><span>i</span><span>er</span><span>/</span><span>vii</span><span>e</span><span> siècle, une nouvelle langue est introduite par les conquérants arabes. Après leur victoire et leur installation dans le pays, ils doivent longtemps faire traduire les actes administratifs pour que les agents de l’administration puissent les faire appliquer</span><span><a id=""footnote-61228-47-backlink"">47</a></span><span>. L’arabe semble s’être définitivement imposé comme langue de communication écrite dès la fin du </span><span>iii</span><span>e</span><span>/</span><span>ix</span><span>e</span><span> siècle, du fait sans doute des progrès de l’islamisation, mais aussi parce que cette langue était devenue une langue de savoir incontournable pour les lettrés.</span></p><p><span>Que la « transition linguistique » n’ait pas été rapide ne fait donc aucun doute. L’on parle d’ailleurs, à propos des trois siècles qui suivent la conquête arabe, « d’expérience multilingue</span><span><a id=""footnote-61228-48-backlink"">48</a></span><span> ». Ont cohabité en Égypte le grec, le copte et l’arabe, en sus du judéo-arabique présent dans les documents de la Geniza du Caire</span><span><a id=""footnote-61228-49-backlink"">49</a></span><span>. Concernant les périodes les plus tardives, la réflexion sur le multilinguisme est entamée : sous les Mamelouks, l’élite militaire pratique le turc et/ou le kiptchak, sans cependant ignorer l’arabe, et promeut la langue turque, dont la pratique est un signe de distinction</span><span><a id=""footnote-61228-50-backlink"">50</a></span><span>. Cependant, on en sait peu sur la communication orale. Par exemple, la généralisation de l’arabe dans l’administration et dans la littérature (chrétienne ou musulmane) ne présume en rien de sa pratique en tant que langue de communication orale, notamment dans les milieux ruraux, où semble également avoir longtemps perduré une onomastique copte traditionnelle.</span></p><p><span>Sans doute les rythmes d’arabisation diffèrent-ils d’une région à une autre</span><span><a id=""footnote-61228-51-backlink"">51</a></span><span>. Il en va de même de l’islamisation, en Égypte comme ailleurs</span><span><a id=""footnote-61228-52-backlink"">52</a></span><span>. Dans le village de Damūyah, dans le Fayyūm, à une centaine de kilomètres du Caire, des archives analysées par Jean-Michel Mouton laissent penser que l’arabe s’est imposé à la fin du </span><span>iii</span><span>e</span><span>/</span><span>ix</span><span>e</span><span> siècle comme langue de communication écrite dans les actes notariés comme dans les correspondances privées ; mais la population demeure très majoritairement copte</span><span><a id=""footnote-61228-53-backlink"">53</a></span><span>. Ces archives confirment que périodiser le processus d’islamisation (qui peut s’expliquer par la conversion mais aussi par la démographie) n’est pas chose aisée. D’ailleurs, depuis une quarantaine d’années, les chercheurs ont proposé plusieurs périodisations. Deux possibilités ont été privilégiées : pour les uns, les Égyptiens deviennent majoritairement musulmans dès le </span><span>iii</span><span>e</span><span>/</span><span>ix</span><span>e</span><span> siècle ; pour les autres, cela n’est vrai qu’à une période plus tardive – à partir du </span><span>viii</span><span>e</span><span>/xiv</span><span>e</span><span> siècle pour Jean-Claude Garcin</span><span><a id=""footnote-61228-54-backlink"">54</a></span><span>. Récemment, Shaun O’Sullivan et Tamer el-Leithy ont à nouveau plaidé l’un pour la période haute, l’autre pour la période basse</span><span><a id=""footnote-61228-55-backlink"">55</a></span><span>.</span></p><p><span>En fait, la question qui doit se poser n’est pas seulement celle du nombre, mais également celle du poids et du dynamisme culturel de chacun des groupes socio-linguistiques. La communauté copte, par exemple, est sans doute moins nombreuse au </span><span>vii</span><span>e</span><span>/</span><span>xiii</span><span>e</span><span> siècle que quatre siècles auparavant, alors qu’elle était culturellement en transition, mais elle n’en est pas moins dynamique. Tout au long de l’histoire égyptienne, l’installation de nouveaux maîtres (Arabes, puis Turcs) provoque des croisements culturels que l’on met désormais plus souvent en lumière. L’archéologie est à cet égard riche d’enseignements. À Fusṭāṭ, les reliefs floraux des plaquettes en os mises au jour sont de tradition alexandrine et antique ; ils n’en révèlent pas moins l’importation de nouveaux modèles venus d’Iraq qui semblent ensuite à leur tour essaimer à Alexandrie. La « continuité technique » est évidente ; en revanche, en matière artistique, ces objets dénotent une transition marquée par l’importation de motifs s’accordant avec la culture des musulmans</span><span><a id=""footnote-61228-56-backlink"">56</a></span><span>. Plus tard, à la fin du </span><span>vi</span><span>e</span><span>/</span><span>xii</span><span>e</span><span> siècle, la construction de la muraille du Caire semble donner lieu à une « architecture de transition » entre une architecture fatimide très raffinée et l’architecture ayyoubide plus monumentale, plus à même de représenter les nouveaux « sultans militaires » qui se sont imposés en Égypte à la fin des années 1160, et plus adaptée aux évolutions de la guerre de siège provoquées par l’installation des Croisés en Syrie</span><span><a id=""footnote-61228-57-backlink"">57</a></span><span>.</span></p><p><span>Inscrire la réflexion dans le temps long</span></p><p><span>Ces croisements apparaissent clairement dans les textes de </span><span>furūsiyya</span><span> </span><span>que j’envisage dans ce dossier, ou dans les différents manuscrits des </span><span>Mille et Une Nuits</span><span> étudiés par Jean-Claude Garcin. Ils participent d’une double dynamique : celle de l’importation d’une culture du centre irako-syrien et celle du lent renouvellement local de cette culture, renouvellement qui prend des formes diverses, selon les hommes qui l’impulsent. En Égypte, où un </span><span>« sentiment national » perdure tout au long du Moyen Âge, il a une coloration typiquement égyptienne et se tourne vers une « conformation à la norme religieuse ».</span></p><p><span>Doit-on s’étonner de cette double dynamique et des temporalités multiples dans lesquelles tout renouvellement s’opère </span><span>? La recherche récente tend à montrer la nécessité d’inscrire la réflexion sur l’histoire égyptienne dans le temps long, de se garder donc de toute « rupture » entendue comme une coupure brutale, de se contenter de découpages plus l</span><span>âches, et de penser cette histoire en termes de « transitions », des transitions entendues comme des temps de passage d’un mode de fonctionnement à un autre</span><span><a id=""footnote-61228-58-backlink"">58</a></span><span>. Mathieu Tillier souligne d’ailleurs, dans sa contribution, que l’institution judiciaire ne se transforme que lentement, après la conquête arabe. Les procédures héritées perdurent longtemps, se remod</span><span>èlent progressivement et s’étendent sur tout le territoire égyptien selon un rythme différent des périodisations dynastiques traditionnelles. Sobhi Bouderbala n’écrit rien de différent dans son étude sur les pratiques sociales en matiè</span><span>re de biens inaliénables (</span><span>ḥubs</span><span>, pl. </span><span>aḥbās</span><span>). Malgré les efforts des pouvoirs publics soucieux de rompre avec le </span><span>‘urf </span><span>(droit coutumier), </span><span>la normalisation de ces pratiques est lente et sans doute encore incomplète, deux siècles après que les musulmans se sont installés en Égypte.</span></p><p><span>Cette normalisation dépend d’autres facteurs que la seule injonction des puissants, et notamment de la volonté des hommes d’occuper une place éminente dans la société et des stratégies qu’ils mettent en place pour y parvenir. Après la conquête arabe, la conversion à l’islam devient progressivement l’une des conditions de l’ascension sociale. Les Banū Ḥinnā s’y résolvent au tournant des </span><span>xii</span><span>e</span><span> et </span><span>xiii</span><span>e</span><span> siècles. Mathieu Eychenne ne peut reconstituer leur histoire que partiellement : les sources à sa disposition ne disent rien de certaines étapes de leur parcours. De ces silences, qui peuvent ou non faire sens, il s’accommode sans peine. Porté par sa documentation, il a accès, en retraçant la destinée de cette famille, au temps long, celui d’un pays et d’une ville, Fusṭāṭ-Miṣr, qui, dès sa fondation et pour longtemps, se mue en un lieu de mémoire pour ses habitants.</span></p><p><span>Un historiographe aussi brillant qu’al-Maqrīzī a également pris la pré­caution d’inscrire sa réflexion dans le temps long, ainsi que le rappelle Julien Loiseau. Non pas systématiquement : il réagit aussi parfois « à chaud », par exemple à propos d’une crise qui touche l’Égypte en 806/1403-1404</span><span><a id=""footnote-61228-59-backlink"">59</a></span><span>. Il conçoit primitivement cette crise comme une rupture majeure dans l’histoire du pays et de la ville (Fusṭāṭ-Le Caire) qu’il chérit tant. Puis sa réflexion évolue au fil de son œuvre, et il offre une interprétation au long cours des mutations auxquelles l’Égypte est confrontée depuis la conquête arabe.</span></p><p><span>Quelle périodisation adopter ?</span></p><p><span>Le temps long est donc bien en passe, comme l’écrit Julien Loiseau, de devenir la « prédilection des historiens de l’Islam</span><span><a id=""footnote-61228-60-backlink"">60</a></span><span> », et plus particulièrement de ceux, plus nombreux aujourd’hui qu’</span><span>hier, qui se penchent sur l’histoire de l’Égypte médiévale. Cela les conduit, en s’appuyant sur d’autres disciplines que l’histoire (notamment la littérature et l’archéologie) à remettre en cause la périodisation adoptée par leurs devanciers, qui ont souvent suivi les pé</span><span>riodisations dynastiques traditionnelles nonobstant le fait que chaque champ (politique, social, économique, intellectuel, technique, etc.) évolue selon son rythme propre et son échelle de déclinaison (locale, régionale, nationale)</span><span><a id=""footnote-61228-61-backlink"">61</a></span><span>. « Les milieux, les hommes et les objets évoluent dans des ‘‘temporalit</span><span>és’’ aux rythmes différents »</span><span><a id=""footnote-61228-62-backlink"">62</a></span><span> ; le choix d’une périodisation dépend du champ que l’historien choisit d’étudier</span><span><a id=""footnote-61228-63-backlink"">63</a></span><span>.</span></p><p><span>Pour peu que l’on s’astreigne tout de même à proposer une périodisation simple de l’histoire de l’Égypte médiévale en tenant compte tout à la fois des apports de l’histoire, de l’archéologie et des autres disciplines que l’historien est amené à pratiquer, l’on peut s’appuyer sur les réflexions de Konrad Hirschler sur l’ensemble de l’aire islamique. Faire débuter le Moyen Âge lors de la conquête arabe et le faire s’achever au début du </span><span>x</span><span>e</span><span>/</span><span>xvi</span><span>e</span><span> siècle, ainsi qu’il l’écrit, « n’est pas très utile, même si [une telle périodisation] reflète, dans une large mesure, les schèmes choisis par les historiens arabes médiévaux eux-mêmes</span><span><a id=""footnote-61228-64-backlink"">64</a></span><span> ». Ne faut-il pas plutôt parler d’une longue phase de transition qui serait rattachée à l’Antiquité tardive et qui s’écoulerait jusqu’à la fin du </span><span>iii</span><span>e</span><span>/</span><span>ix</span><span>e</span><span> siècle ou le début du </span><span>iv</span><span>e</span><span>/</span><span>x</span><span>e</span><span> </span><span>siècle, la langue arabe et l’islam s’étant enfin largement imposés en Égypte et les traits caractéristiques de la société islamique s’y étant nettement dessinés</span><span><a id=""footnote-61228-65-backlink"">65</a></span><span> ? Et faire débuter au </span><span>x</span><span>e</span><span>/</span><span>xvi</span><span>e</span><span> siècle un « Moyen Âge finissant » (dont les contours chronologiques restent à préciser</span><span><a id=""footnote-61228-66-backlink"">66</a></span><span>), marqué par la provincialisation et l’ottomanisation progressives du pays</span><span><a id=""footnote-61228-67-backlink"">67</a></span><span> ?</span></p><p><span>En tout état de cause, quelle que soit la périodisation adoptée par les chercheurs, il est difficile de faire l’économie des représentations des hommes du passé, fussent-elles connues à travers des sources partielles et partiales. Ainsi, lorsqu’il fait de l’année 755/1354, qui voit se multiplier en Égypte les violences et les mesures antichrétiennes, une année cruciale dans l’histoire égyptienne – une « rupture », au sens propre du";;;;;;;;; 573;2;3;13;Les enfants de Don Quichotte;Sociologie d'une improbable mobilisation nationale;;;"<p style=""text-align: justify;"">Le mouvement des Enfants de Don Quichotte a eu un retentissement national. Qui a oublié les tentes de SDF le long du canal Saint Martin ? </p>";"<p class=""Tdmchap"">Introduction<br />Patrick Bruneteaux</p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>C</strong><strong>hapitre 1</strong><br />L’improbable succès des Enfants de Don Quichotte<br />Patrick Bruneteaux</p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 2</strong><br />De l’absence de ressources organisationnelles à la fabrication de soutiens<br />Patrick Bruneteaux</p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 3</strong><br />L’efficacité symbolique du campement de SDF au bord du canal Saint-Martin<br />Patrick Bruneteaux </p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 4</strong><br />La maîtrise corporelle du « bon pauvre » médiatique : entre mobilisation et disqualification<br />Lucas Graeff</p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 5</strong><br />La sainte famille. De l’engagement familial à la naissance d’un nouvel acteur charismatique<br />Lucas Graeff</p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 6</strong><br />L’usage social et politique des « tentes » dans le campement du canal Saint-Martin : du village solidaire aux tensions locales<br />Aurélien Caillaux </p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 7</strong><br />La passation des pouvoirs :de la vie militante des SDF citoyens à la prise en charge sociale soumise de l’assisté<br />Patrick Bruneteaux</p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 8</strong><br />« Sortir des tentes » ou clore un mouvement social ? Les enjeux politiques d’une réappropriation institutionnelle du campement sur le canal Saint-Martin<br />Olivier Louail </p><p class=""Tdmchap"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 9</strong><br />Le dispositif de « sortie de crise » : la dépolitisation paradoxale du campement<br />Olivier Louail</p><p class=""Tdmchap"">Conclusion<br />Patrick Bruneteaux</p><p class=""Tdmchap""><br />Bibliographie générale<br />Présentation des auteurs</p>";;10/06/2013;0;137X220;232;978-2-84292-369-3;9782842923693;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_573.gif;"<p style=""text-align: justify;"">Le mouvement des Enfants de Don Quichotte a eu un retentissement national. Qui a oublié les tentes de SDF le long du canal Saint-Martin et les campements qui se sont élevés dans les grandes villes de France ? 
Le président de la République a lancé l’idée de la loi pour le logement opposable, bousculant ainsi plusieurs siècles d’immobilisme.</p><p style=""text-align: justify;"">À ce jour, aucune enquête sociologique n’avait encore rendu compte de cet événement majeur de la lutte en faveur des sans-abri. C’est chose faite avec le recueil à chaud des témoignages des campeurs et des militants et de nombreux portraits des principaux leaders, à commencer par la famille Legrand dont le fils Augustin a été comparé à l’abbé Pierre. L’ensemble des phases de cette action collective est disséqué selon une multiplicité de points de vue qui surprendra le lecteur. Les images véhicu­lées par les médias et les riverains enthousiastes se révèlent en décalage avec les jeux de pouvoir, selon des logiques d’associations dont les accents rebelles scéniques ont si bien cadré avec la mémoire collective projetée sur les acteurs de terrain.<strong></strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Dirigé par Patrick Bruneteaux, chercheur au CNRS et spécialiste des questions de pauvreté, cet ouvrage est le fruit d’une collaboration pluridisciplinaire. Depuis 2007, les contributeurs ont travaillé sur le terrain puis poursuivi ensemble une enquête plus réflexive, dont ils livrent ici pour la première fois le résultat final.</em></p>";;;345;21.00;"<p style=""text-align: justify;""><span style=""color: #000000;"">À ce jour, aucune enquête sociologique n'avait encore rendu compte de cet événement majeur de la lutte des sans-abri. C'est maintenant chose faite avec le recueil à chaud des témoignages des campeurs et des militants, et de portraits des principaux leaders, à commencer par la famille Legrand dont le fils Augustin a été comparé à l'abbé Pierre. L'ensemble des phases de cette action collective est disséquée en fonction d'une multiplicité de points de vue qui surprendra le lecteur tant les images véhiculées par les médias ou les riverains enthousiastes se trouvent en décalage avec les jeux de pouvoir, logiques d'associations dont les accents rebelles scéniques auront pourtant si bien cadré avec une mémoire collective projetée sur les <em>acteurs </em>du canal.</span></p>";;15/04/2013 15:56;0;Première édition;3081 574;1;3;29;La fiction, agent double;N°29/2012;;;<p>Quels sont les usages de la fiction dans le domaine des sciences humaines et sociales ?</p>;"<p style=""text-align: left;""><strong><em>Introduction</em></strong><br />Je fictionne, tu fictionnes… ils fictionnent<br /><strong>Noëlle Batt<br /></strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Témoignage, histoire, fiction<br /><strong>Jean-Marie Schaeffer</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Projections fictionnelles et textualités d’un duel au XVIIe siècle<strong><br />Eric Méchoulan</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Un monde à soi : Margaret Cavendish ou l’empire de la fiction<strong><br />Frédérique Aït Touati</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’effet de différence. L’altérité culturelle dans <em>Indian Tango</em> d’Ananda Devi<strong><br />Lorenzo Bonoli & Samuel Thevoz </strong> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Norbert Wiener et l’usine automatique <strong><br />Pierre Cassou-Noguès</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Entretien<strong><br />Lionel Naccache</strong></p>";;10/10/2013;29;155x220;192;978-2-84292-391-4;9782842923914;0;1967-5968;Presses Universitaires de Vincennes;img_574.gif;;;;250;17.00;"<p style=""text-align: justify;"">Depuis plusieurs années, sous la pression de l’inter– ou de la transdisciplinarité, ou simplement d’exigences disciplinaires nouvelles, des philosophes et des anthropologues (Lorenzo Bonoli, Vincent Debaene), des historiens (Carlo Ginzburg, Pierre Nora, Mona Ozouf, Alain Corbin, Patrick Boucheron), des spécialistes d’histoire des sciences (Frédérique Aït Touati) ou de philosophie morale (Martha Nussbaum) conduisent un débat sur l’importance stratégique qu’ont pu avoir, pour leurs propres disciplines et pour les Sciences Humaines et Sociales en général, l’emprunt de certaines notions qui, sans qu’elles y suffisent, sont essentielles à la définition de la littérature romanesque, en l’occurrence les notions de <em>fiction</em> (création, par l’imagination, d’un monde possible) et de <em>narration</em> (présentation de ce monde possible en un continuum verbal focalisé et temporellement organisé en direction d’un lecteur ou d’un auditeur ). Il s’agira donc, dans ce numéro, d’expliciter la nature et la fonction de la fiction pour les différentes disciplines qui y ont recours.</p>";;18/06/2013 09:45;0;Première édition;3146 581;1;3;28;Weak definites across languages : theoretical and experimental investigations;N°42/2013;;;"<p>Un point complet sur les usages dits « faibles » de l'article défini.</p>";"<p><strong>Claire Beyssade & Roberta Pires De Oliveira</strong><br />Introduction : weak and strong definites across languages</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Greg Carlson, Natalie Klein, Whitney Gegg-Harrison & Michael Tanenhaus</strong><br /> Weak definites as a form of definiteness: experimental investigations</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Ana Aguilar-Guevara & Joost Zwarts</strong><br />Weak definites refer to kinds</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marta Donozzan</strong><br />Familiarity constraints on weak definite DPs</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Francis Corblin</strong><br />Weak definites as bound relational definites</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Claire Beyssade</strong><br />Back to uniqueness presupposition</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Edit Doron & Irit Meir</strong><br />Amount definites</p>";;10/03/2014;42;155x220;175;978-2-84292-397-6;9782842923976;2;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_581.jpg;"<p><strong> </strong><em><br />Greg Carlson, Natalie Klein, Whitney Gegg-Harrison & Michael Tanenhaus</em><strong><br />Weak definites as a form of definiteness: experimental investigations </strong></p><p>De façon typique, les groupes nominaux définis réfèrent à une entité identifiable et unique, appartenant au <em>Common Ground</em> du locuteur et de l’interlocuteur. Cependant, il y a des groupes nominaux définis (comme<em> l’hôpital</em> dans <em>Marie est allée à l’hôpital et Jean aussi) </em>qui semblent violer la contrainte d’unicité. Nous présentons une série d’expériences qui portent sur cette classe de définis. Nous considérons très attentivement l’hypothèse selon laquelle les interprétations « faibles » apparaissent dans des constructions implicitement « incorporés » et nous tentons de donner un début d’explication pour motiver cette hypothèse et mesurer ses conséquences. Nos expériences montrent que, comparés aux définis standard, les définis faibles n’ont pas besoin de référer de façon unique et sont très facilement associés à une lecture enrichie sémantiquement qui entre en concurrence avec les inférences normales qu’on pourrait tirer d’une telle phrase. Le résultat sans doute le plus surprenant de nos expériences est que les noms qui peuvent donner lieu à des lectures faibles semblent conserver certaines des propriétés caractéristiques des lectures faibles même quand ils sont utilisés dans des groupes nominaux indéfinis. Nous essayons d’expliquer cela en termes d’incorporation.<strong> </strong></p><p> </p><p><em>Ana Aguilar-Guevara & Joost Zwarts</em><br /><strong>Weak definites refer to kinds</strong></p><p>Cet article présente une analyse des définis faibles (comme<em> répondre<strong> au téléphone</strong></em>) introduits par Carlson et Sussman (2005). On y défend l’idée que les définis faibles font référence à des espèces, qui s’instancient dans des individus ordinaires quand ils se combinent avec des prédicats de type <em>object-level</em>. Cette composition est rendue possible par une règle lexicale qui change les prédicats de type <em>object-level</em> en prédicats de type<em> kind-level</em> et qui incorpore à leur dénotation un prédicat qui reflète les usages stéréotypiques de ces espèces. Cette analyse permet de rendre compte de la plupart des propriétés caractéristiques des définis faibles.<strong> </strong></p><p> </p><p><em>Marta Donozzan</em><br /><strong>Familiarity constraints on weak definite DPs</strong></p><p>Les GN définis ‘faibles’ ont été décrits comme étant déficients par rapport à la présupposition d’unicité du déterminant défini, et comme subissant des restrictions lexicales quant au type lexical du GN argument du verbe et à la ‘prototypicalité’ de l’activité dénotée par le GV. Dans ce travail, nous nous concentrons sur cette dernière caractéristique et nous faisons l’hypothèse que le déterminant défini déclenche toujours une présupposition d’unicité et de familiarité dans un contexte conversationnel élargi, ce qui nous permet d’expliquer les contraintes de prototypicalité en faisant appel à la notion de familiarité faible (Roberts 2003).<strong> </strong></p><p> </p><p><em>Francis Corblin</em><br /><strong>Weak definites as bound relational definites</strong></p><p>Cet article introduit une proposition nouvelle pour intégrer les définis faibles (Carlson et Sussman 2005) dans une théorie globale de la définitude. Les définis faibles sont analysés comme définis relationnels, et comparés aux autres membres de ce paradigme : les définis « associatifs » (Hawkins 1978) et les définis relationnels complets à génitif (Barker 1993). La thèse principale de l’article est que les définis faibles ont un contenu relationnel intégrant des variables liées à l’intérieur de leur domaine propositionnel. Cette thèse conçoit la définitude faible comme une signification <em>constructionnelle </em>impliquant la proposition dans son ensemble et déclenchant un enrichissement du sens qui repose sur le <em>quale </em>télique (Pustejovsky 1995) du nom-tête.<strong> </strong></p><p> </p><p><em>Claire Beyssade</em><br /><strong>Back to uniqueness presupposition</strong></p><p>Alors qu’on dit en général que les descriptions définies présupposent l’existence et l’unicité de leur référent, il existe un nombre important de contre-exemples, pour lesquels soit l’existence, soit l’unicité du référent n’est pas présupposée. C’est le cas en particulier des définis faibles, dont on montre qu’ils se divisent en deux classes : les courts comme dans <em>prendre le train</em> et les longs comme dans <em>Cela vient de l’étudiant d’un linguiste</em>. Nous proposons une analyse unifiée de ces deux classes de définis faibles qui repose sur l’idée que le nom réfère à un type et que le déterminant défini ne déclenche qu’une présupposition d’unicité faible, où l’unicité du référent est conditionnée à son existence.<strong> </strong></p><p> </p><p><em>Edit Doron & Irit Meir</em><br /><strong>Amount definites</strong><strong> </strong></p><p>Cet article a un double but. Il présente d’une part une analyse générale des définis faibles et d’autre part une analyse de la flexion en sémitique et de son rôle dans la détermination de la définitude faible ou forte. Nous introduisons un nouveau type de définis faibles que nous appelons les définis de quantité (‘amount definites’). En nous appuyant sur une caractérisation de la définitude et de l’indéfinitude en termes de fonction de choix, nous analysons les définis faibles comme résultant de l’application d’un déterminant défini monté en type à un nom relationnel. Cette application fait suite à la réinterprétation du nom relationnel en nom fonctionnel. Quand cette fonction s’applique à un possesseur, la définitude du résultat est fonction de la définitude du possesseur. En hébreu, les définis faibles prennent souvent la forme de syntagmes nominaux avec pour tête un nom à l’état construit ; l’article discute l’interprétation de tous les noms à l’état construit comme des noms relationnels. En hébreu parlé, le défini monté en type utilisé dans la formation des définis faibles peut prendre la forme d’un numéral (ou d’un autre nom de quantité) marqué par une flexion à l’état emphatique. Nous appelons définis de quantité (‘amount definites’) les définis faibles dont la tête est un nom de quantité marqué par une flexion à l’état emphatique et nous comparons les propriétés des définis de quantité aux propriétés des syntagmes nominaux dont la tête est un nom de quantité à l’état construit, ces derniers étant des définis forts.</p>";;"<p> </p><p><em>Greg Carlson, Natalie Klein, Whitney Gegg-Harrison & Michael Tanenhaus</em><strong><br />Weak definites as a form of definiteness: experimental investigations </strong></p><p>Definite noun phrases typically refer to entities that are uniquely identifiable in the speaker and addressee’s common ground. However, some definite noun phrases (e.g. <em>the hospital</em> in <em>Mary had to go the hospital and John did too</em>) seem to violate uniqueness. We discuss a series of experiments that seek to understand some of the properties of this class of definites. We consider most carefully the hypothesis that these “weak definite” interpretations arise in implicitly “incorporated” constructions, attempting to provide a sketch of this hypothesis’ motivation and potential consequences. In our experiments we found that compared to regular definites, the weak definites need not refer uniquely, and readily trigger semantically enriched readings that compete effectively with normal inferences one might draw from a sentence. Perhaps the most surprising finding in the experiments is that nouns that could occur as weak definites, also seemed to retain some of these “weak” properties even when expressed as indefinites. We try and make sense of this within the “incorporation” framework.<em> </em></p><p> </p><p><em>Ana Aguilar-Guevara & Joost Zwarts</em><strong><br />Weak definites refer to kinds</strong></p><p>This paper presents an analysis of weak definites (e.g. <em>to answer <strong>the phone</strong></em>) as introduced by Carlson and Sussman (2005). The proposal is that these definites refer to kinds, which are instantiated by ordinary individuals when they combine with object-level predicates. This combination is made possible by a lexical rule that lifts object-level predicates to kind-level predicates, and incorporates into their denotation a predicate that represents the stereotypical usages of the kinds. This analysis accounts for most of the peculiar properties of weak definites.<em> </em></p><p> </p><p><em>Marta Donozzan</em><strong><br />Familiarity constraints on weak definite DPs</strong></p><p>Weak definite DPs have been characterized as definite DPs lacking the uniqueness presupposition usually associated with the definite determiner and suffering distributional restrictions that depend on the lexical information conveyed by the NP and on the prototypicality of the activity denoted by the VP. This paper tackles the latter issue. We propose a unified analysis of the definite determiner, by which the determiner conveys a presupposition of uniqueness and of familiarity also in weak DPs. Appealing to the notion of weak familiarity (Roberts 2003), we can thus account for prototypicality restrictions, which turn out to depend on the accessibility of familiar situations in a conversational or conventional background. <em> </em></p><p> </p><p><em>Francis Corblin</em><strong><br />Weak definites as bound relational definites</strong></p><p>This paper introduces a new proposal for accommodating “weak definites” (Carlson and Sussman 2005) within a comprehensive theory of definiteness. Weak definites are analyzed as relational definites and compared to other members of this paradigm: associative (or “bridging”) definites (Hawkins 1978), and full relational definites (Barker 1993). The main claim is that weak definites are based on a relational meaning containing free variables which are bound within their own clause. The proposal defines weak definiteness as a <em>constructional</em> meaning involving the whole host clause and triggering a meaning enrichment based on the telic <em>quale</em> (Pustejovsky 1995) of the head noun.<em> </em></p><p> </p><p><em>Claire Beyssade</em><strong><br />Back to uniqueness presupposition</strong></p><p>While it is usually assumed that definite descriptions presuppose the existence and the uniqueness for their referent, there are lots of counter-examples, in which either the existence or the uniqueness isn’t presupposed. Among them are weak definites, which can be divided into two classes: (i) the short weak definites such as<em> the train </em>in the VP <em>take the train</em> and (ii) the long weak definites such as <em>the student of a linguist</em> in the sentence <em>this data comes from the student of a linguist</em>. A unified analysis of these two classes is proposed, based on the claim that nouns in weak definite descriptions refer to types and that the definite determiner triggers only a weak uniqueness presupposition, in wich the uniqueness depends on the existence.<em> </em></p><p> </p><p><em>Edit Doron & Irit Meir</em><strong><br />Amount definites</strong></p><p>Our project in the paper is twofold. First, we present an analysis of weak definites in general. Second, we present an analysis of the Semitic state inflection and its role in determining strong and weak definiteness, and introduce a novel type of weak definites which we call amount definites. Adopting the choice-function analysis of (in)definiteness, we analyse weak definiteness as the application of a type-shifted definite determiner to a relational noun. This application results in the reinterpretation of the relational noun as functional. When this function is in turn applied to the possessor, the definiteness of the result depends on the definiteness of the possessor. In Hebrew, weak definites often take the form of noun phrases headed by a noun marked with construct-state inflection; the paper discusses the interpretation of all construct-state nouns as relational. In colloquial Hebrew, the type-shifted definite determiner used in the formation of weak definites may take the form of a numeral (or other amount nouns) marked with emphatic-state inflection. We name weak definites headed by emphatic-state amount nouns amount definites, and compare the properties of amount definites to those of definite noun phrases where the amount noun is marked with construct-state inflection, which are strong definites.</p>";282;20.00;"<p>Pourquoi est-il plus naturel de dire « Jean écoute la radio » plutôt que « Jean écoute une radio », ou « Jean attend sur le bord de la route » plutôt que « Jean attend sur un bord de la route », et ce, non seulement en français, mais dans des langues aussi différentes typologiquement que le français, l’anglais ou l’hébreu ?</p><p>Sont étudiés ici les usages dits « faibles » de l’article défini, les contextes dans lesquels ce dernier est préféré à l’article indéfini. Ce dossier réunit des études de linguistes, de philosophes et de psycholinguistes, et s’adresse à la fois aux chercheurs et aux étudiants qui travaillent sur la comparaison des langues.</p>";;30/10/2013 16:23;0;Première édition;3147 575;2;3;14;Cinéma muséum;Le musée d'après le cinéma;;;"<p>Essai autour des rapports qu’entretiennent et que nourrissent le cinéma et le musée.</p>";"<p class=""Tdmarticle""><strong>Barbara Le Maître et Jennifer Verraes</strong><br />Préambule</p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><br />PATRIMOINE IMAGINAIRE</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Barbara Le Maître</strong><br />Invincible dialogue des résurrections. <br /> <em>Cinema Museum</em> (Mark Lewis, 2008)</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Teresa Castro</strong><br />Anatomie de l’œil-caméra. Autour de <em>Cinema Museum </em><br /> (Mark Lewis, 2008)</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Evgenia Giannouri</strong><br />D’architecture et de montage. <br /> Le nouveau musée de l’Acropole</p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""> </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;"">LA MISE EN SCENE DE L'ART : A REBOURS</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Jennifer Verraes</strong><br />Le musée mis à nu par le cinéma, même (JLG)</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Bruno Nassim Aboudrar</strong><br />Vidéo : un art archaïque</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Clara Schulmann</strong><em><br />Back to black</em>. Mark Rothko, Tony Smith : nocturnes</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Clotilde Simond</strong><br />Le <em>ready-made </em>et le mur<br /> <em>Shortstories</em> (Dominique Gonzalez-Foerster, 2000-2008) <br /> <br /></p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;"">AGORA : MEDIATION, SUBVERSION</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Mathias Lavin</strong><br />Le cinéma en visite. Le motif de la visite guidée au cinéma </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Térésa Faucon</strong><br />Un <em>MacGuffin</em> à la Tate. <em>Things That Mean Things </em><em>and Things That Look Like They Mean Things</em><br /> (Ryan Gander, 2008)</p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Ken Slock</strong><br />Choc des temporalités et flânerie guidée.<br /> <em>This Progress</em> (Tino Sehgal, 2010) </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Entretien avec Fabrice Lauterjung<br />« À ce moment-là, pour moi aussi, le film a déjà commencé »</p><p class=""Tdmarticle""> </p><p class=""Tdmarticle""><em>Bibliographie sélective</em></p><p class=""Tdmarticle""><em>Les auteurs</em></p><p class=""Tdmarticle""><em>Références et crédits iconographiques</em></p>";;10/09/2013;0;137X220;200;978-2-84292-372-3;9782842923723;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_575.jpg;"<p>Les œuvres de Brian De Palma, Ryan Gander, Jean-Luc Godard, Dominique Gonzalez-Foerster, Fabrice Lauterjung, Mark Lewis, Chris Marker et Tony Smith invitent à méditer le caractère imaginaire du patrimoine cinématographique, et du musée aussi bien. Il s’agit de se demander ce que le cinéma <em>fait</em> au musée, c’est-à-dire ce qu’il y fait et ce qu’il lui fait – et, réciproquement, ce que le musée <em>fait</em> au cinéma.</p><p><em>Barbara Le Maître et Jennifer Verraes sont toutes deux maîtres de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles (université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis).</em></p>";"<div><p><span>Barbara </span><span>Le Maître</span><span> et Jennifer </span><span>Verraes</span></p><p><span>Préambule</span></p><p><span>Ceci n’est pas (tout à fait) un livre sur les rapports entre le cinéma et les arts plastiques, ou entre le cinéma et l’art contemporain. Devant les écrans qui prolifè</span><span>rent sur les cimaises, il tente en effet de prendre un peu de recul pour demander tout simplement ce que le cinéma </span><span>fait</span><span> au musée, c’est-à-dire ce qu’il y fait et ce qu’il lui fait – et, réciproquement, ce que le musé</span><span>e </span><span>fait </span><span>au cinéma. En somme, aux interrogations coutumières concernant l’exposition du cinéma au musée, nous avons choisi de substituer une double interrogation portant sur la muséalité</span><span> propre au cinéma et sur la cinématographicité (ou le cinématisme) propre au musée. « Cinéma » n’</span><span>est donc plus uniquement le nom d’un objet dont le musée aura pu se saisir pour l’exposer, mais le nom d’œuvres et d’expériences dans lesquelles le musée trouve à être repensé</span><span>.« Musée », dans le même ordre d’idées, qualifie moins un lieu qu’un ensemble de fonctions et d’opérations, susceptibles de s’effectuer ailleurs que dans les espaces, au demeurant variés, ré</span><span>pondant au nom de « musée ». Pour le dire encore autrement, c’est à un double déplacement que cet ouvrage entend se livrer : concevoir le cinéma comme puissance muséale aussi bien que réflexion sur le mus</span><span>ée, et non simple objet muséalisé ; en retour, concevoir le musée comme série d’opérations à</span><span> l’œuvre dans le cinéma, et non simple cadre architectural.</span></p><p><span>Muséographie/Muséologie</span></p><p><span>Depuis une vingtaine d’ann</span><span>ées, l’introduction d’images filmiques dans les musées d’art moderne et d’art contemporain a donné lieu à une ample réflexion sur les modalités de leur exposition en tant qu</span><span>’elles relaient ou modifient le dispositif de la salle de cinéma. Cette réflexion n’était pas sans faire écho à des questions simultanément soulevées dans le champ de l’art en gén</span><span>éral et touchant au régime de l’exposition en particulier : tandis que le cinéma s’inventait une place au musée, les expositions temporaires se multipliaient, les accrochages des grands musées étaient systématiquement repens</span><span>és, la figure du commissaire d’exposition indépendant émergeait et l’installation assimilait de plus en plus l’œuvre à sa propre scénographie. Le cinéma et l</span><span>’exposition se réinventant de concert, ces domaines d’investigation </span><span>a priori</span><span> distincts se sont réciproquement enrichis à la manière de vases communicants : la transformation des conditions matérielles de l’expé</span><span>rience cinématographique aiguillonnait un nouvel imaginaire plastique et théorique au contact de notions et de formes ressortissant traditionnellement aux arts plastiques – assemblage, tableau, ready-made, médium ou dispositif, par exemple ; en retour, « l’art de l’exposition » empruntait à</span><span> l’imaginaire et à la grammaire cinématographiques du montage et de la mise en scène, tout en aspirant à des effets d’auteurisation. Cette coïncidence a sans doute contribué au privilège que la ré</span><span>flexion sur le cinéma élargi a jusqu’à présent accordé aux considérations d’ordre muséographique</span><span>, c’est-à-dire liées aux pratiques et aux techniques de l’exposition, aux dépens de questions d’ordre muséologique, lesquelles touchent à l’</span><span>ensemble des fonctions muséales. C’est précisément sur cette dimension de la présence du cinéma au musée, étendue à la totalité</span><span> de ses activités et de ses missions – non seulement l’exposition, mais aussi la collection, la conservation, l’élaboration de savoirs et de discours sur l’art ou encore la médiation –, que cet ouvrage voudrait attirer l’attention ; ré</span><span>fléchissant ainsi à ce qui circule entre le cinéma et le musée, l’ouvrage conçoit tout autant ce dernier comme un lieu de reconfiguration du dispositif cinématographique que, plus largement, comme une institution dont les logiques culturelles et le pouvoir symbolique sont susceptibles d’être captés, transformé</span><span>s, réinventés, voire détournés par le cinéma.</span></p><p><span>Avant de présenter les différents chapitres, précisons ceci, pour é</span><span>viter tout malentendu : « cinéma » est pour nous le nom d’un médium envisagé moins en tant qu’articulation entre un support matériel et un régime de plasticit</span><span>é que comme site d’une triple expérience. Plus précisément, « cinéma » qualifiera tour à tour, au long de ces pages, un objet </span><span>et</span><span> une pensée du patrimoine, un objet </span><span>et </span><span>un moyen de l’histoire de l’art, un objet </span><span>et</span><span> un instrument de médiation : chaque fois donc, dans le même temps, une fonction esthétique </span><span>et</span><span> une fonction culturelle. D</span><span>’aucuns estimeront peut-être qu’un autre nom conviendrait mieux pour ces objets qui ne sont pas toujours des films et ces expériences régulièrement conduites hors de la salle de projection. Nous pensons que le cinéma, sous son acception commune, constitue bien quelque chose comme le plan de pertinence du discours ici développé – en d</span><span>’autres termes, le cinéma reste ce dont cet ouvrage traite fondamentalement.</span></p><p><span>Le cinéma au lieu du patrimoine</span></p><p><span>Une première piste explorée par l’ouvrage, à partir du film </span><span>Cinema Museum </span><span>de Mark Lewis auquel deux textes sont consacr</span><span>és, est en l’occurrence celle du film comme espace muséal et, en particulier, comme lieu où se pose la question du patrimoine cinématographique. Ou mieux, du film comme lieu où se construit, où s’invente m</span><span>ême, un patrimoine non réductible à des bobines, des machines, des documents d’archives – mais bien sûr, aucun patrimoine ne saurait se réduire à cela : la chose patrimoniale est tout sauf un </span><span>ready-made</span><span>. L</span><span>’hypothèse, à cet endroit, est que le patrimoine cinématographique est une question aussi bien qu’une construction formelle, d’une part, soit une forme susceptible d’être inventée dans les termes ou selon les moyens plastiques du cinéma. D’autre part, second versant de l</span><span>’hypothèse, le patrimoine cinématographique serait fondamentalement un patrimoine imaginaire – et à tout prendre, cela n’est jamais qu’une manière de tirer la leçon de cette définition du m</span><span>édium autrefois formulée par Christian Metz</span><span><a id=""footnote-47045-1-backlink"">1</a></span><span> : à signifiant imaginaire, patrimoine imaginaire ? Cette dernière proposition implique évidemment de revenir sur André Malraux et son Musée Imaginaire. Dans un tout autre contexte, la relation entre ciné</span><span>ma, imaginaire et patrimoine est interrogée à la faveur d’une analyse des partis pris qui ont prévalu à la conception du nouveau musée de l’Acropole, site patrimonial s’il en est. Prenant acte de la nature particuliè</span><span>re de son objet – un ensemble architectural apparenté à un « schéma de montage de vues » figurant, selon les mots de Sergueï Eisenstein, « le modèle le plus parfait d’</span><span>un des films les plus anciens » (voir p. 39) –, le musée de l’Acropole mobilise en effet des tropes cinématographiques de façon extrêmement originale : des </span><span>inserts</span><span> ouvrant notamment sur des fouilles arché</span><span>ologiques en cours « sous » le musée ; des </span><span>ellipses</span><span> marquant la place des panneaux manquants de la frise des Panathénées conservés au British Museum et formulant ainsi « en dur </span><span>» une revendication patrimoniale.</span></p><p><span>Cinéma et expérience de l’art au musée : <br />une histoire alternative</span></p><p><span>Le second volet de cet ouvrage s’intéresse aux incursions du film ou de son dispositif au mus</span><span>ée en tant qu’elles offrent des prolongements originaux à la critique de l’institution dans sa fonction de prescription d’une expérience unifiée de l’art. S’invitant parmi les autres arts, le cinéma a pris en marche le train de la r</span><span>évolution duchampienne : si les musées d’art moderne et contemporain exposent moins des œuvres d’art que la question, les critères et la valeur de l’art, le cinéma est éminemment susceptible d</span><span>’en bousculer encore davantage les coordonnées. Les textes rassemblés dans cette partie envisagent donc le musée comme un lieu exposé au risque de la réinvention permanente des contours de l’expérience esthétique. Un premier texte montre ainsi comment, dans l’exposition qu</span><span>’il a conçue pour le Centre Pompidou en 2006 (</span><span>Voyage(s) en utopie</span><span>), Jean-Luc Godard mettait à nu la politique du goût pratiquée par l’institution. En convertissant l’invisible plan d’équivalence instaurant la communauté des objets rassembl</span><span>és au musée en plan de montage voué au contraire à les renvoyer dos à dos (champ et contrechamp), il réinscrivait en effet la question du jugement de goût au cœur de l’espace du musé</span><span>e. Au « contrechamp » godardien, le second texte de cette partie ajoute un « contretemps » fort à propos : de quoi – demande-<br />t-il – les images en mouvement de l’art contemporain sont-elles contemporaines ? En redonnant une actualité </span><span>à des aspects de l’expérience esthétique qu’on eût pu croire en voie d’extinction au musée – le temps comme astreinte, luxe et dimension du mystère de l’</span><span>œuvre, mais aussi les embarras du spectacle comme forme de socialisation forcée –, il se pourrait que la présence intempestive du cinéma y soit paradoxalement des plus opportunes. En porte-à-faux avec l’esthétique dominante du </span><span>white cube</span><span>, c’</span><span>est encore en contrebande que le cinéma introduit le noir au musée comme nouvelle condition de visibilité de l’œuvre exposée. Le troisiè</span><span>me texte de cette partie propose à ce sujet une hypothèse inattendue en faisant du minimalisme de Tony Smith une préfiguration de la « tendance scénique » des </span><span>black boxes</span><span> qui réinventent aujourd’hui les structures fantasmagoriques de r</span><span>éception de l’art. Enfin, à travers la trilogie </span><span>Shortstories</span><span> de Dominique Gonzalez-Foerster, le dernier texte statue sur l’impact du cinéma sur les arts plastiques et l’architecture – et réciproquement. Partant de l’hypoth</span><span>èse que le cinéma serait à l’origine à la fois du « </span><span>ready-made</span><span> » (privilégiant le choix sur la </span><span>fabrication) et du « plan libre » (défonctionnalisant le mur), l’auteur y décrit un « contrecoup » inopiné </span><span>: « à faire » au musée, le cinéma régresse ici au rang de repérage rétrospectif et rematérialise des murs de projection là</span><span> où la salle traditionnelle les faisait disparaître.</span></p><p><span>Transmission, ou comment le cinéma désoriente <br />la visite guidée</span></p><p><span>La troisième partie de cet ouvrage est consacrée à</span><span> l’une des orientations majeures des politiques muséales – l’importance accordée aujourd’hui à ces questions ne faisant que relayer d’anciennes préoccupations –</span><span>, soit le souci de la transmission aux publics et la réflexion sur la médiation</span><span><a id=""footnote-47045-2-backlink"">2</a></span><span>. Ce faisant, les trois textes de ce dernier volet contribuent à penser les modalités et les limites d’une assignation de l’art à sa vocation édifiante. S’</span><span>appuyant sur l’analyse d’une série de films mettant (plus ou moins) en scène des « visites guidées » – déclin</span><span>ées en visites didactiques, programmatiques et métaphoriques –, le texte inaugurant cette dernière partie interroge la fonction de commentaire inhérente au dispositif muséal et montre comment le cinéma a pu produire les formes critiques de la le</span><span>çon dispensée au musée. De la critique à la subversion, il n’y a qu’un pas, franchi entre le premier et le second des textes ici agencés. Démêlant l’écheveau complexe d</span><span>’un film de Ryan Gander, ce second texte fait valoir les puissances de la fable cinématographique en regard des « discours qui font autorité dans le système institutionnalisé de la réception des œuvres d’art </span><span>». Passé la lecture de ce texte, on songera peut-être que l’œuvre de Gander, au-delà de son ironie subtile (et de cette ruse que nous ne révélerons pas), pourrait bien avoir pris acte, à sa façon, de certaines conclusions magistrales formulées par Pierre Legendre </span><span>à l’endroit de la transmission (dans un contexte toutefois bien éloigné du contexte muséal) : « […] une transmission ne se fonde pas sur un contenu, mais avant tout sur l’acte de transmettre, c’est-à</span><span>-dire en définitive sur les montages de fiction qui rendent possible qu’un tel acte soit posé</span><span><a id=""footnote-47045-3-backlink"">3</a></span><span> […]. » Les mots de Legendre fournissent par ailleurs un synopsis idéal autant qu’inattendu à l’œuvre de Tino Sehgal analys</span><span>ée dans le dernier texte, qui prend pour objet la visite guidée, transformée en performance, d’un musée vidé de ses œuvres, et examine diverses conséquences induites par ce retournement radical, au moyen d’une relecture des propositions formulées par Dominique Pa</span><span>ïni à propos du cinéma, du musée et de la flânerie. Nous ne dévoilerons à peu près rien de l’entretien avec Fabrice Lauterjung</span><span><a id=""footnote-47045-4-backlink"">4</a></span><span> sur lequel s</span><span>’achève l’ouvrage – présenter un entretien c’est, déjà, gâcher le plaisir de sa découverte </span><span>– sinon qu’il a bénéficié, comme l’ensemble des contributions à cet ouvrage, de l’amitié sans laquelle l’échange n</span><span>’est pas tout à fait le même.</span></p><p><span>Délocalisations</span></p><p><span>À trouver la question du « cinéma au musée »</span><span> ainsi réinscrite dans le cadre élargi de la muséologie, nous espérons que le lecteur retrouvera la faculté de s’étonner de cet étrange chassé-croisé historique </span><span>: comment expliquer en effet que les images en mouvement commercent de si bon gré avec le musée quand les avant-gardes artistiques se sont si assidûment employées à échapper aux contraintes qu’il pouvait incarner (pensons à la performance, au </span><span>land art</span><span> ou encore à</span><span> l’art conceptuel…) ? Infiltrant le musée, le cinéma aurait-il le don de le déconstruire ou de le délocaliser de l’int</span><span>érieur ? L’ensemble des textes ici rassemblés voudrait en témoigner. La perspective muséologique que nous avons choisi d’adopter a par ailleurs la vertu de respécifier un territoire que la plupart des écrits sur le cinéma d’exposition</span><span> ont globalement ignoré : les cinémathèques. S’il n’est que tacitement question de ces « maisons du cinéma » dans cet ouvrage –</span><span> évoquées un peu partout mais jamais frontalement –, c’est que nous sommes paradoxalement convaincues que l’un des principaux défis que ces institutions ont aujourd’hui à relever, à côté et non à l’encontre de toute entreprise muséologique, est précisément de nature muséographique : </span><span>à l’heure des cinémathèques personnelles et conservées sur disques durs, la question de l’exposition est devenue un domaine d’expérimentation crucial pour ces institutions. Le présent ouvrage forme donc en quelque sorte le contrechamp de cet autre chantier décisif.</span></p><p><span>Barbara Le Maître et Jennier Verraes</span></p><p><span>Remerciements :</span></p><p><span>Gilles Amalvi, Solène Guillier, Florent Lahache, Isabelle et Jean-Conrad Lemaître, Mark Lewis, Kim O’Neill et Thierry Tissot ont contribué, chacun à sa façon, à la réalisation de cet ouvrage : qu’ils en soient ici chaleureusement remerciés. Nous tenons également à remercier le Conseil scientifique de l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, ainsi que l’IRCAV (Institut de recherche sur le cinéma et l’audiovisuel, Paris 3) et Laurent Creton pour avoir soutenu le projet de recherche dont cet ouvrage est issu.</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-47045-1""> 1</a><span>. Christian Metz, </span><span>Le Signifiant imaginaire </span><span>[UGE, 1977], Paris, Christian Bourgois, 1984.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-47045-2""> 2</a><span>. Rappelons que, dès l’invention des musées, la transmission de savoirs importe autant, sinon plus, que la constitution de collections. Roland Schaer rapporte ainsi ces propos tenus en Angleterre à la fin du </span><span>xvii</span><span>e</span><span> siècle</span><span>, au moment où l’université d’Oxford inaugure le bâtiment qu’elle a fait construire pour accueillir le Musaeum Ashmolianum : « […</span><span>] le nouvel établissement consacre l’expérience sensible comme source essentielle de connaissance et d’instruction ; et le musée est la forme organisée de l’expérience. </span><span>» Voir </span><span>L’Invention des musées</span><span>, Paris, Gallimard, 1993, p. 33.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-47045-3""> 3</a><span>. Pierre Legendre, </span><span>L’Inestimable Objet de la transmission. Étude sur le principe généalogique en Occident</span><span>, Paris, Fayard, 1985, p. 50.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-47045-4""> 4</a><span>. Cinéaste lorsque ses films sont projetés en salle, et artiste lorsqu’ils peuplent les espaces muséaux…</span></p></div></div></div>";;306;21.00;"<p>Que fait le cinéma au musée ? Quelle place y occupe-t-il ? Et réciproquement, que fait le musée au cinéma ?<br />Cette question théorique est abordée à la fois autour de films de cinéastes, mais également autour d’espaces de musée, comme le nouveau musée de l’Acropole, de créations artistiques.</p><p> </p><p>Cinéastes et artistes traités : Alain Resnais, Jean-Luc Godard, Mark Lewis, Mark Rothko, Brian De Palma, Tony Smith, Chris Marker, Bernard Tschumi, Ryan Gander, Tino Sehgal, Fabrice Lauterjung</p>";;18/06/2013 12:16;1;Première édition;3689 576;1;3;34;Remake, reprise, répétition;N°17/2013;;;"<p>L'idée de <em>remake</em> est-elle transposable à toutes les formes de l'art, en particulier dans le domaine des arts plastiques ?</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""> <strong>Dossier : « Remake, Reprise, Répétition »</strong></p><p><strong>Laurence Corbel</strong><br />« Archéologie d’un scandale : <em>RoS Indexical</em> d’Yvonne Rainer ou <em>Le Sacre du printemps</em> rejoué ».</p><p><strong>Stéphane Reboul</strong><br />« Typologie de la reprise des livres d’artiste d’Ed Ruscha ».</p><p><strong>Hélène Trespeuch</strong><br />« Sherrie Levine : de l’appropriationnisme au simulationnisme ».</p><p class=""Default""><strong>Nicolas Fourgeaud</strong><br />« De Marina Abramović à Philip Auslander : reprise, répétition et impasses dans deux théories contemporaines sur la performance ».</p><p><strong>Aline Caillet</strong><br />« Le re-enactment : Refaire, rejouer ou répéter l’histoire ? ».</p><p><strong>Mickaël Pierson</strong><br />« Le remake comme pratique communautaire ? ».</p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia </strong></p><p><strong>Déborah Lévy</strong><br />« Pour une anthologie de l’histoire de l’art occidental : entre <em>remakes</em> japonais et mitate, vers un nouveau statut de l’image répétitive dans l’œuvre de Morimura Yasumasa ».</p><p><strong>Marie-Hélène Breuil</strong><br />« Replace or remake ? Considérations sur la notion de « remake » en conservation-restauration »</p><p style=""text-align: center;""> <strong>Dossier d’artiste </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Michalis Pichler </strong></p><p>Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions<br />Abstracts français et anglais</p>";;10/11/2013;17;155x220;152;978-2-84292-394-5;9782842923945;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_576.jpg;"<p><strong>Replace or remake ? Considérations sur la notion de « remake » en conservation-restauration</strong><br />Marie-Hélène Breuil</p><p>Le terme <em>remake</em> n’est utilisé que depuis très peu de temps dans les débats sur la conservation-restauration des œuvres contemporaines. Le statut de l’œuvre « refaite » ne semble pas toujours très clair, oscillant entre la copie d’exposition, la duplication et la reconstitution, et dépend de son auteur et du contexte de re-production. Cet article porte sur l’occurrence de ces termes dans les textes fondamentaux de la discipline et sur une étude de cas – la possibilité d’un <em>remake</em> d’une œuvre de Richard Long, <em>White Rock Line</em> – que nous menons au sein du Département conservation-restauration des œuvres sculptées de l’Esba TALM Site de Tours et en partenariat avec le Capc Musée d’art contemporain de Bordeaux.</p><p> </p><p><strong>Le <em>re-enactment</em> : Refaire, rejouer ou répéter l’histoire ?</strong><br />Aline Caillet</p><p>Reconstitution grandeur nature d’événements de l’histoire, le <em>re-enactment</em> est une pratique amateur dont les artistes s’emparent depuis une dizaine d’années pour interroger l’écriture de l’histoire et ses résonances dans le temps vivant. Mais que signifie au juste rejouer l’histoire ? Quel est le modèle dont le <em>re-enactment</em> est la copie ? Entre répétition compulsive et exutoire, le <em>re-enactment</em> s’avance-t-il comme un outil au service de l’histoire ou le symptôme de son impuissance ?</p><p> </p><p><strong>Archéologie d’un scandale : RoS Indexical d’Yvonne Rainer ou Le Sacre du printemps rejoué.</strong><br />Laurence Corbel</p><p>Parmi les nombreuses reprises du Sacre du Printemps, celle que présente Yvonne Rainer en 2007 sous le titre RoS Indexical (Rite of Spring Indexical), est un hommage iconoclaste original. La pièce de Rainer est une chorégraphie palimpseste composée de différentes strates temporelles qui sont autant des jalons de la reconstitution de la mémoire de ce spectacle que des éléments destinés à contextualiser cette pièce. La reprise de Rainer met au jour l’archéologie de ce ballet en reprenant le principe de stratification caractéristique de la mémoire collective. Cet article se propose de montrer comment Rainer, tout en perpétuant la mémoire du Sacre du printemps, tente de réactiver la dimension subversive de cette pièce que l’histoire a quelque peu effacée par le renversement progressif du scandale en mythe.</p><p> </p><p><strong>De Marina Abramović à Philip Auslander : impasses de la répétition dans deux théories contemporaines de la performance</strong><br />Nicolas Fourgeaud</p><p>L’artiste Marina Abramović et le théoricien des médias Philip Auslander considèrent tous deux que la performance est un art inscriptible, que ce soit par la notation ou par le document. Mais ils font reposer leurs démarches respectives sur deux épistémologies apparemment incompatibles : l’artiste, si elle défend le fait de reprendre des œuvres anciennes, favorise la performance en direct, et essaye de neutraliser autant que possible la documentation produite sur son travail ; le théoricien conteste toute spécificité à la performance en direct, et fait du document l’outil principal de constitution d’une action en œuvre de performance. On montre ici comment ces deux positions apparemment incompatibles partagent en fait de nombreux présupposés théoriques.</p><p> </p><p><strong>Pour une anthologie de l’histoire de l’art occidental : entre <em>remakes</em> japonais et mitate, vers un nouveau statut de l’image répétitive dans l’œuvre de Morimura Yasumasa</strong><br />Déborah Lévy</p><p>De l’histoire de l’art européen à la réalisation des autoportraits de Morimura Yasumasa, il n’y a qu’un pas entre ce que nous appelons communément citation et pastiche. Néanmoins, la production de l’artiste chemine entre les concepts du <em>mitate</em> et du <em>remake</em> à partir d’images appartenant à la mémoire collective. Cette approche de l’œuvre de Morimura donne lieu à une nouvelle version de l’image répétée à travers le corps travesti de l’artiste, vecteur d’une japonisation sous-entendue.</p><p> </p><p><strong>Le remake comme pratique communautaire ?</strong><br />Mickaël Pierson</p><p>Le remake est devenu un mode opératoire commun de l’art contemporain. Les artistes réinterprètent souvent le film original avec des acteurs amateurs dans le contexte du quotidien. Plaçant l’amateur au centre du dispositif et faisant se rencontrer des personnes qui n’ont rien en commun, les artistes mettent en avant le caractère communautaire du cinéma. L’essentiel n’est peut-être plus dans le résultat (le film, l’objet d’art), mais tout autant dans les moments d’expérimentation en commun.</p><p> </p><p><strong>Une typologie pragmatique de la reprise des livres d’artiste d’Ed Ruscha</strong><br />Stéphane Reboul</p><p>Nous proposons une typologie des reprises des publications artistiques d’Ed Ruscha à partir des conséquences de leur procès référentiel sur leur fonctionnement et leur usage. Notre hypothèse est que la notion d’exemplification de Nelson Goodman permet d’affiner les différentes directions d’ajustement entre le <em>remake</em> et l’œuvre reprise. Selon le degré de présence ou d’absence de l’œuvre reprise dans le <em>remake</em>, nous envisageons trois entrées principales : son <em>omniprésence</em>, son <em>effacement</em> <em>partiel</em> et sa <em>disparition</em>. Il s’agira de préciser si la reprise est une <em>private joke </em>sur et pour<em> </em>le monde de l’art, qui prolonge son fonctionnement autotélique ; ou bien si elle permet de reconsidérer les rôles du contexte matériel et humain d’une œuvre pour son fonctionnement.</p><p> </p><p><strong>Sherrie Levine : de l’appropriationnisme au simulationnisme</strong><br />Hélène Trespeuch</p><p>En 1977, Sherrie Levine participe à l’exposition fondatrice de l’appropriationnisme qu’organise le critique Douglas Crimp à la galerie Artists Space : « Pictures ». Toutefois, en 1985, l’artiste semble avoir renié ses premières ambitions et elle est bientôt associée à une autre tendance, alors en pleine gloire médiatique, le simulationnisme. Est-ce parce qu’elle a renoué avec la peinture ? Que s’est-il passé ?</p>";;;262;15.00;"<p>Dans ce numéro, <em>Marges</em> aborde la tendance contemporaine visant à mettre en question la tradition d’innovation propre à l’art moderne, au nom des variations infinies qu’offrent remake, reprise et répétition. <br />Ces dernières années, de nombreuses pratiques artistiques ont en effet eu recours à la réitération d’œuvres passées. Il peut s’agir de refaire une œuvre déjà faite (parfois par un autre artiste), de reprendre et poursuivre une œuvre inachevée, de la transposer dans un autre contexte, de la décliner en différentes versions, etc. La revue <em>Marges</em> aborde cette question au travers de cas et situations précis.</p>";;16/07/2013 09:27;1;Première édition;3675 577;2;3;33;L'appareil scénique dans les spectacles de l'Antiquité;;;;"<p>Un propos original et inédit sur la question du théâtre antique.</p>";"<p class=""Somfoliopagestexte"">Liste des contributeurs<br />Liste des illustration<br />Liste des abréviations bibliographiques et conventions</p><p class=""Somauteurpagestexte""><br />L’appareil scénique dans les spectacles de l’Antiquité :<br />d’hier à aujourd’hui<br /><strong>Brigitte Le Guen et Silvia Milanezi</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte""><strong><br /></strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""text-align: center;""><strong>I. l’appareil scénique en ses divers éléments : théorie et typologie</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />Théâtre grec, outils comparatifs et analyse des objets scéniques<br /><strong>Martin Revermann</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Typologie des masques et caractérisation des personnages dans la Comédie Moyenne. Étude de quelques masques de vieillards (A, L, M et G)<br /><strong>Alexa Piqueux</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong> </strong>La palliata de Plaute et les masques de Pollux<strong><br />Isabelle David</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Le masque d’Astyanax et le livret de pantomime<strong><br />Edward John Jory</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Machines et deus ex machina dans les spectacles comiques<br /><strong>Leonardo Fiorentini</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong> </strong>Ce que les papyrus disent des spectacles antiques<br /><strong>Serena Perrone</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte""><strong><br /></strong></p><p class=""Sompartiepagestexte"" style=""text-align: center;""><strong>II. l’appareil scénique en action</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong><br />Le vêtement-piège et les Atrides : métamorphoses d’un objet protéen<br /><strong>Anne-Sophie Noel</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>Accessoires et para-tragédie dans les Skeuai de Platon et l’<em>Électre</em> d’Euripide<br /><strong>Sarah Miles</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>Le voisin de droite. Topologie des pièces plautiniennes avec leno<br /><strong>Jean Christian Dumont</strong></p><p class=""Somauteurpagestexte"" style=""padding-left: 30px;""><strong><br /></strong></p><p><strong> </strong>Bibliographie<br />Index des sources archéologiques, littéraires, épigraphiques et papyrologiques<br />Index des noms propres<br />Index thématique</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Avec nous, partez à la recherche de ce qui contribuait à la réussite - et à la beauté - des spectacles produits dans l’Antiquité. Participez à nos enquêtes sur la double vie des accessoires et acquérez la conviction qu’un tapis, une statue, une épée n’étaient pas de simples éléments de décor ou de costume dans les tragédies, comédies, mimes et pantomimes produits autrefois : personnages à part entière, ils étaient indissociables de l’action et avaient une histoire à nous raconter. Apprenez aussi comment les poètes dramatiques se jouaient des masques et vêtements portés par les acteurs et comment ils dénouaient des situations inextricables ou exhibaient l’intérieur d’un édifice (palais comme maison particulière), à l’aide d’ingénieuses machines.<br />Bref, découvrez dans nos pas un monde où les mots prononcés sur la scène, tout autant que les choses exposées sur le plateau, procuraient les plus grands frissons, mais aussi les plus grands plaisirs au public de jadis.</p><p style=""text-align: justify;"">Brigitte Le Guen</p>";10/10/2013;0;170X240;250;978-2-84292-392-1;9782842923921;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_577.jpg;"<p style=""text-align: justify;"">Donner vie aux décors comme aux costumes, animer les objets présents sur le plateau ou convoqués dans le discours des personnages, et les doter d’un rôle dramatique autre que purement décoratif… les auteurs des spectacles de jadis étaient passés maîtres dans l’art de le faire.</p><p style=""text-align: justify;"">Si les études ici rassemblées le montrent à l’envi, elles tendent également à combler une lacune bibliographique. Aucun ouvrage de synthèse n’avait encore envisagé sous l’angle de leur appareil scénique les comédies, tragédies, mimes et pantomimes produits durant toute l’Antiquité grecque et romaine.</p><p style=""text-align: justify;""><em>Professeurs d’histoire grecque, Brigitte Le Guen (Université Paris 8) et Silvia Milanezi (Université Paris Est-Créteil) consacrent l’essentiel de leurs recherches au théâtre grec. Tandis que la seconde privilégie l’étude d’Aristophane et de la comédie de l’époque classique, la première s’intéresse plus particulièrement à l’activité drama-tique des trois derniers siècles avant notre ère.</em></p>";;;510;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Comment objets et autres éléments relevant de la mise en scène participent-ils pleinement à l’action dramatique dans le théâtre de l’Antiquité gréco-romaine ?</p><p style=""text-align: justify;"">En traitant de masques connus ou inédits, en s’intéressant de près aux vêtements-pièges, machines, cruches à eau, instruments de barbier, ou encore aux portes utilisés dans la tragédie, la comédie, le mime et la pantomime, les auteurs de ce volume collectif contribuent à porter un regard nouveau sur la scénographie des tragédies et comédies gréco-romaines.</p><p>Auteurs étudiés : Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Platon, Plaute.</p>";;24/07/2013 10:49;1;Première édition;3385 578;1;3;27;Le couple dans le monde franc (Ve-XIIe siècles);N°65/2013;;;"<p>L’objectif du numéro est de préciser ce que représente le couple au haut Moyen Âge (VI<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle).</p>";"<p>Le couple : une définition difficile, des réalités multiples<strong><br />Sylvie JOYE et Emmanuelle SANTINELLI-­FOLTZ </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Du couple et des couples à l’époque carolingienne <br /><strong>Janet NELSON </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le couple aristocratique au haut Moyen Âge<strong><br />Régine LE JAN </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les couples chastes à la fin de l’Antiquité et au haut Moyen Âge <br /><strong>Sylvie JOYE </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Un homme, une femme et des enfants : autour du couple dans quelques images du haut Moyen Âge <br /><strong>Dominique ALIBERT </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le couple dans les stratégies compétitives de la Francie occidentale du XIe siècle <br /><strong>Emmanuelle SANTINELLI-­FOLTZ </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le couple en droit : autour de l’<em>affectio maritalis </em>et des échanges patrimoniaux <br /><strong>Agathe BAROIN </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le couple, stratégie d’identité et de perpétuation des lignages (Provence, Xe­XIIe siècles). Réflexions à partir de l’exemple des Agoult <br /><strong>Laure VERDON </strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES </strong></p><p> </p><p>Éclipse ou Apocalypse, remarques autour du nœud du dragon, dans les miniatures des <em>Commentaires de l’Apocalypse </em>de <em>Beatus</em> de Liebana<br /><strong>Anna CAIOZZO </strong></p><p><em>Causa unionis, fidei, reformationis : </em>les pratiques judiciaires et la définition de l’autorité du Concile de Constance (1414-­1418)<br /><strong>Sebastián PROVVIDENTE </strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>POINT DE VUE </strong></p><p>Innocent III. Un pape de papier<br /><strong>Arnaud FOSSIER</strong> </p><p> </p><p><em>- Notes de lecture <br />- Livres reçus<br /> <br /> </em></p>";;10/12/2013;65;155x220;220;978-2-84292-396-9;978-2-84292-396-9;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_578.gif;"<p style=""text-align: justify;""><em>Janet Nelson</em><strong><br />Du couple et des couples à l’époque carolingienne</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Le couple a souvent été considéré par les médiévistes occidentaux à la fois comme une donnée de l’organisation d’une société civilisée et comme une invention de la période carolingienne. Eileen Power, une sociologue intéressée par le Moyen Âge, a proposé une vision bucolique du couple tel qu’il apparaît dans les polyptyques. Le présent article propose de nuancer ce tableau. Il réexamine la typologie des groupes familiaux, les unions hyper- et hypogamiques, et la pertinence de la notion de « compagnonnage du mariage ». Les sources légales éclairent la <em>collaboratio</em> au sein des couples. Le couple ne vient qu’en second, après la mariée, dans les plus anciens textes liturgiques occidentaux. Il démontre que trois exemples de couples bien connus, souvent vus comme représentatifs, peuvent en réalité être considérés comme curieux à divers égards. Enfin, c’est de la cour de Charlemagne que nous vient un aperçu d’une discussion étonnamment empathique au sujet des relations homme-femme.</p><p style=""text-align: justify;""><em><br />Régine Le Jan</em><strong><br />Le couple aristocratique au haut Moyen Âge</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Le couple conjugal n’est pas une donnée sociale invariable et intangible, mais une construction soumise au changement. Au haut Moyen Âge, le système de parenté cognatique et la faiblesse des structures étatiques placent le mariage au centre des échanges qui assurent l’équilibre social et qui régulent la compétition entre les groupes aristocratiques, mais il faut distinguer mariage et couple. Au début de la période, les tendances polygyniques affaiblissent la visibilité du couple, si le rapport de forces ne permet pas à une épouse de s’imposer. À terme cependant, la sédentarisation et la christianisation ont joué en faveur du mariage légal en promouvant la conjugalité et la monogamie. Dès le vii<sup>e</sup> siècle, des couples développent ensemble des stratégies patrimoniales et politiques, ce qui permet aux évêques de promouvoir, au ix<sup>e</sup> siècle, une idéologie sociale fondée sur le modèle conjugal. Cependant, c’est seulement à la fin du IXe siècle qu’interviennent des changements profonds qui conduisent à associer directement l’épouse aristocratique à la gestion du pouvoir et à mettre en scène le couple en tant qu’acteur social et politique.<em> </em></p><p style=""text-align: justify;""><em><br />Sylvie Joye</em><strong><br />Couples chastes à la fin de l’Antiquité et au haut Moyen Âge</strong></p><p style=""text-align: justify;"">L’article évoque pour commencer la figure du couple resté vierge après le mariage dans l’hagiographie du très haut Moyen Âge. Il rappelle les paradoxes de la valorisation simultanée de l’ascétisme et de l’amour conjugal à la fin de l’Antiquité. L’article analyse ensuite plus précisément la mise en scène de ces couples vierges, en particulier dans la <em>Vie d’Amâtre</em> et dans les œuvres de Grégoire de Tours. Le récit du déroulement de la nuit des noces, des preuves de la virginité des époux, de la mise au tombeau permettent d’entrevoir à la fois l’idéal du mariage et celui de l’ascétisme, qui deviennent de plus en plus inconciliables. À partir de l’époque carolingienne et même dès le vii<sup>e</sup> siècle, ce modèle disparaît quasiment, ou ne subsiste que sous une forme bien aseptisée, qui gomme toute l’intimité de la cohabitation.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Dominique Alibert</em><strong><br />Un homme, une femme et des enfants : autour du couple dans quelques images du Haut Moyen Âge</strong></p><p style=""text-align: justify;"">À partir d’un corpus iconographique relativement réduit présentant des couples extraordinaires, David et Bethsabée, Charles le Chauve et Richilde, mais aussi des époux ordinaires, l’étude s’attache à définir la place que l’iconographie carolingienne entend attribuer au couple. Si la fonction parentale et la condamnation de l’adultère sont mis en avant, ce n’est pas exclusivement pour des questions morales mais aussi parce que la dynastie carolingienne a la mission de conduire le peuple franc, nouveau peuple élu, vers ses destinées finales.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Emmanuelle Santinelli-Foltz</em><strong><br />Le couple dans les stratégies compétitives de la Francie occidentale du xi<sup>e</sup> siècle</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Comment le couple intervient-il dans les stratégies compétitives ou du moins quel témoignage en donnent les sources ? Si les époux forment une nouvelle unité de de vie, marquée au xi<sup>e</sup> siècle par l’association plus étroite de l’épouse, ils continuent néanmoins à appartenir à leur famille respective. Il s’agit donc d’analyser les relations non seulement au sein du couple mais aussi entre celui-ci et les groupes familiaux dans lesquels il s’insère. Pour cela, trois cas de figure seront successivement envisagés : d’abord celui où le couple apparait solidaire ; ensuite, celui où les conjoints, tout en étant liés, se trouvent investis différemment dans la compétition ; enfin, celui où ils sont en compétition l’un contre l’autre.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Agathe Baroin</em><strong><br />Le couple en droit au haut Moyen Âge : autour de l'<em>affectio maritalis</em> et des relations patrimoniales</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Héritière de traditions juridiques romaines et chrétiennes, mais fortement influencée par des coutumes encore très vivaces dans le domaine du droit privé, la société franque constitue un excellent laboratoire pour l’étude du couple. La comparaison des sources normatives et narratives avec la norme religieuse énoncée dans les canons des conciles va permettre d’expliquer comment l’Église a progressivement investi le champ matrimonial laissé vacant par le pouvoir royal, jusqu’à encadrer entièrement les relations de couple à partir de l’époque carolingienne. Sur une période allant de la fin du v<sup>e</sup> siècle jusqu’au x<sup>e</sup> siècle, l’article explore deux thèmes qui permettent de montrer les spécificités du couple alti-médiéval du point de vue du droit : les relations personnelles et les rapports patrimoniaux du couple.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Laure Verdon</em><br /><strong>Le couple, stratégie d’identité et de perpétuation des lignages</strong> (<strong>Provence, x<sup>e</sup>-xii<sup>e</sup> siècle</strong><strong>). Réflexions à partir de l’exemple des Agoult</strong></p><p style=""text-align: justify;"">La mise en place des structures lignagères s’opère, en Provence, entre la fin du x<sup>e</sup> siècle et la première moitié du xii<sup>e </sup>siècle. Dans ce processus, qui par certains aspects peut apparaître comme incomplet, en particulier parce que les règles de transmission du patrimoine demeurent égalitaires, la part prise par le couple et les stratégies qu’il déploie dans la gestion du patrimoine familial apparaissent prégnantes. La femme, en sa qualité d’épouse et de mère, se place au cœur des relations privilégiées que le lignage entretient avec certains établissements ecclésiastiques, tout comme sa dot sert le jeu des alliances féodales.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Anna Caiozzo</em><strong><br />Éclipse ou Apocalypse, remarques autour du nœud du dragon, dans les miniatures des <em>Commentaires de l’Apocalypse </em>de <em>Beatus</em> de Liebana</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Les dragons des plus anciennes miniatures mozarabes des <em>Commentaires de l’Apocalypse </em>du moine <em>Beatus</em> de Liebana s’ornent d’un étrange dragon au nœud en forme de cœur, une forme que l’on retrouve déjà dans les sceaux-cylindres du Proche-Orient archaïque. Ce nœud est devenu le symbole des éclipses en astrologie, et plus généralement celui de la huitième planète, dite le Dragon (al-Jawzahar), à l’époque islamique, un héritage indien et iranien que les miniaturistes chrétiens ont utilisé, peut-être fortuitement, pour leurs dragons apocalyptiques.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /></p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><br /><br /></p>";"<div><p><span>Sylvie </span><span>JOYE </span><span>et Emmanuelle </span><span>SANTINELLI-FOLTZ</span></p><p><span>LE COUPLE : UNE DÉFINITION DIFFICILE, <br />DES RÉALITÉS MULTIPLES</span></p><p><span>Si on a beaucoup parlé de la crise de la famille</span><span><a id=""footnote-66630-1-backlink"">1</a></span><span>, et si les polémiques sur le genre ont agité non seulement le monde universitaire mais aussi les médias en France il y a un ou deux ans</span><span><a id=""footnote-66630-2-backlink"">2</a></span><span>, c’est sur la définition du couple que se concentrent les débats depuis quelque temps</span><span>, en particulier </span><span>à l’occasion de la discussion autour du mariage des homosexuels en </span><span>France et alors que la législation à ce sujet est aussi en pleine mutation dans une partie de l’Europe et de l’Amérique</span><span><a id=""footnote-66630-3-backlink"">3</a></span><span>. Si les enjeux de ces débats sont propres à nos sociétés contemporaines, certaines périodes passées ont déjà vu la réflexion sur le mariage, le couple et la famille prendre une grande importance et susciter difficultés et résistances. C’est en particulier le cas de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, où le couple est devenu un enjeu essentiel de la réflexion sociale et morale. Après avoir replacé la question</span><span> du couple dans les débats anthropologiques, l’analyse d’un extrait des </span><span>Histoires</span><span> de Richer permettra ici de préciser les problématiques pour le haut Moyen Âge, où la notion de couple et l’affirmation de sa place comme « structure portante » de la société connaissent des évolutions considérables.</span></p><p><span>Questionnements anthropologiques</span></p><p><span>Quelle définition du couple </span><span>?</span></p><p><span>Les grandes figures des sciences humaines et de l’histoire, réagissant aux débats contemporains, se sont intéressées ces dernières années à la question du couple. Ainsi, Maurice Godelier, figure tutélaire de l’anthropologie de la parenté, a </span><span>donné à l’occasion du récent débat sur le mariage un entretien au journal </span><span>Le Monde</span><span> le 17 novembre 2012 où il revient sur les liens entre mariage, famille et couple, s’interrogeant sur la place du couple dans la formation de l’individu. Paul Veyne avait déjà été l’un des premiers signataires d’un texte, paru dans le même journal en 1996 sous sa plume et celle de P. Bourdieu, J. Derrida, D. Eribon, M. Perrot et P. Vidal-Naquet, qui s’interrogeait sur la définition du couple : les premières discussions étaient alors engagées au sujet de la possibilité d’un contrat formant un couple pour les homosexuels aussi bien que pour les hétérosexuels. À l’époque, la jurisprudence disait clairement qu’un couple devait être composé d’un homme et d’une femme</span><span><a id=""footnote-66630-4-backlink"">4</a></span><span>.</span></p><p><span>Le couple est défini actuellement, et cette définition peut également valoir pour notre étude sur le haut Moyen Âge, par le partage entre deux personnes d’une sexualité reconnue socialement et accompagné</span><span>e, mais ce n’est pas toujours le cas, de la cohabitation</span><span><a id=""footnote-66630-5-backlink"">5</a></span><span>. Le couple se trouve aussi à la conjonction de deux notions fondamentales, la famille et la parenté. Objet de toutes les attentions de la part des sociologues</span><span><a id=""footnote-66630-6-backlink"">6</a></span><span>, la notion de couple ne semble en revanche pas avoir tenu un rôle central dans les écrits anthropologiques français</span><span><a id=""footnote-66630-7-backlink"">7</a></span><span> jusqu’à ces dernières années</span><span><a id=""footnote-66630-8-backlink"">8</a></span><span>, peut-être parce que l’idée de l’échange des femmes par l’alliance et celle de filiation se trouvent finalement en deçà et au-delà du couple. On vit, il est vrai, en couple, mais</span><span> cette notion n’est que très partiellement institutionnelle et la répartition des rôles, les relations et la constitution du couple ne se réduisent pas aux lois du mariage, pour ne citer que cet aspect. Les études de terrain, l’ethnologie et les réflexions de type plus culturaliste ont, de ce fait, centré davantage leur approche sur le couple. Le discours sur les liens entre public et privé, deux notions qu’on répugne à distinguer pour le haut Moyen Âge, et entre l’intime et le social, constitue un élément essentiel lorsque est abordée la notion de couple : celle-ci met l’accent sur la relation entre deux individus et pas seulement sur leur unité. Elle pointe en particulier la répartition des rôles et celle des attributs masculins et féminins entre homme et femme au sein du couple. Nous n’envisagerons en effet ici que des couples formés par un homme et une femme : les couples de même sexe apparaissent peu dans les sources et leur union ne semble pas bénéficier d’une réelle reconnaissance sociale</span><span><a id=""footnote-66630-9-backlink"">9</a></span><span>. La question d’une éventuelle existence de la polygynie, de son statut et des répercussions qu’elle peut avoir sur les relations entre les individus impliqués, est abordée</span><span> par Régine Le Jan dans l’article qu’elle donne dans ce numéro de </span><span>Médiévales</span><span>. Si le mariage est l’objet d’un soin de plus en plus important au fil de la période, les couples qui existent en dehors du mariage ne peuvent être négligés</span><span><a id=""footnote-66630-10-backlink"">10</a></span><span>.</span></p><p><span>Évolution du couple et transformations sociales et politiques</span></p><p><span>Le discours et le personnel religieux jouent à la fin de l’Antiquité et durant le haut Moyen Âge un grand rôle, mais le christianisme n’est pas l’élément fondateur de l’idéologie du couple. Paul Veyne, dans son fameux article de 1978, a bien réfuté le lien classiquement établi entre moralisation de la famille et influence chrétienne. Il présente le nouveau statut du mariage, du couple et de l’idée d’amour conjugal comme le résultat d’une mutation intervenue durant les deux premiers siècles de notre ère et généralisée à l’époque des Sévère. La stabilité du couple et l’idée d’amour conjugal paraissent alors devenir la norme, et ce avant qu’ait pu s’exercer toute influence chrétienne, et sans que l’on puisse par ailleurs imputer ce changement à une prétendue morale stoïcienne, parfois conçue comme le terreau de cette mutation</span><span><a id=""footnote-66630-11-backlink"">11</a></span><span>. Mais le couple n’est qu’un épiphénomène de</span><span> « l’histoire sexuelle romaine » (en fait l’histoire du discours sur la sexualité), qui constitue d’ailleurs, d’après Paul Veyne lui-même, l’objet réel de son article</span><span><a id=""footnote-66630-12-backlink"">12</a></span><span>. Pour lui, l’émergence du mariage, de la famille et de l’amour conjugal était avant tout une conséquence du changement d’attitude face à la sexualité, changement engagé durant les deux premiers siècles de notre ère qu’il liait à un</span><span>e mutation politique : soit le passage d’une « aristocratie concurrentielle », qui allait de pair avec un couple écrasé par la domination masculine et qui n’avait pas à se justifier par les sentiments, à une « aristocratie de service », qui « s’invente une morale conjugale et sexuelle, afin que la discipline lui vienne de nouveau de l’extérieur ». Cette fois encore, cependant, il faut prendre en compte les effets qu’entraîne le recours aux sources et les propositions de Paul Veyne</span><span> ont pu être contestées par des auteurs qui y sont retournés</span><span><a id=""footnote-66630-13-backlink"">13</a></span><span>. Il n’en demeure pas moins qu’il faut sans doute lier l’attention nouvelle portée au couple à des transformations sociales et politiques, et qu’il faut surtout se garder de la rattacher uniquement à la christianisation de l’Occident.</span></p><p><span>Un lien aussi direct entre évolution du couple et évolution sociale et politique n’a pas été mis en lumière par les médiévistes, même s’il faut noter les recherches récentes que Tiziana Lazzari a consacrées à des modèles de couples dont la condamnation,</span><span> par les lois et les conciles, semble impliquer le refus de certains modes de fonctionnement économiques et communautaires dans l’Espagne wisigothique et l’Italie lombarde</span><span><a id=""footnote-66630-14-backlink"">14</a></span><span>. La valorisation du couple à la période carolingienne a cependant été bien soulignée par Pierre Toubert</span><span><a id=""footnote-66630-15-backlink"">15</a></span><span> et Régine Le Jan</span><span><a id=""footnote-66630-16-backlink"">16</a></span><span>. Le couple est un sujet qui revêt </span><span>alors une grande importance pour les autorités (diverses), en ce qu’il est conçu à la fois comme l’atome essentiel de la société et le modèle des bonnes relations entre individus dans tous les domaines : image alors bien mise en avant, mais qui n’est sans doute pas caractéristique uniquement de l’époque carolingienne, où les sources théo­riques sur le sujet se multiplient. En ce domaine, il faut surtout faire la part des constructions idéologiques et des</span><span> réalités, et s’interroger sur les relations existant entre les unes et les autres.</span></p><p><span>Si le modèle du couple peut être transféré du haut de la société vers le bas (ou inversement des strates les plus modestes aux plus élevées), il faut se garder de trop généraliser nos observations à tous les niveaux de la société ou à tous les types d’organisation ou d’habitat. Même dans un milieu précis, les données et les évolutions sont complexes : ainsi Kate Cooper a bien montré le paradoxe, du point de vue des femmes, de ce que signifia la promotion du cou</span><span>ple et de l’idéal conjugal au </span><span>iv</span><span>e</span><span> siècle, notamment parce qu’il fut contemporain d’une très grande valorisation de l’ascétisme chez les dames de l’aristocratie romaine. L’influence morale de la femme dans le couple et la famille devient du même coup, cependant, un thème majeur à partir de cette époque</span><span><a id=""footnote-66630-17-backlink"">17</a></span><span>.</span></p><p><span>Même si les études réunies dans ce volume traitent surtout des dames de l’aristocratie et </span><span>de la théorie du couple idéal, les auteurs ont cherché à y faire apparaître, autant que possible, les traces des relations, bonnes ou mauvaises, qu’entretenaient les individus vivant en couple, et pas seulement leurs rôles tout constitués. Une grande place est faite au partage (des biens certes, mais aussi des sentiments ou du travail) pour discerner un couple qui vit au rythme de cycles et de reconfigurations.</span></p><p><span>Le mariage raté de Louis V et Adélaïde, d’après Richer</span></p><p><span>Si certains questionnements sont universels (ce qui ne signifie pas qu’ils se posent de la même manière à toutes les époques)</span><span>, d’autres sont propres au haut Moyen Âge, à sa société et aux sources qui l’éclairent. L’analyse du récit que fait Richer, à la fin du </span><span>x</span><span>e</span><span> siècle, du mariage raté du jeune roi Louis V au début des années 980, permettra de soulever les problèmes de la documentation, de faire le point sur les données fournies par les travaux récents sur les premiers siècles médiévaux, les femmes ou le genre, et de proposer des questionnements sur la thématique du couple entre les </span><span>vi</span><span>e</span><span> et </span><span>xii</span><span>e</span><span> siècles. Selon le moine de Saint-Remi de Reims :</span></p><p><span>Comme le roi</span><span> [Lothaire] voulait que son fils Louis lui succédât sur le trône […] Louis fut proclamé roi (c. 91).</span></p><p><span>[…] De rusés personnages […] allèrent trouver la reine Emma […].</span><span> Ils lui dirent que ce serait une excellente chose que de faire épouser, au roi Louis, Adélaïde, épouse (</span><span>uxor</span><span>) de Raimond, duc des Goths, mort récemment. Du fait de ce mariage</span><span>, […] sa capacité d’exercer le pouvoir en serait accrue […] il lui serait possible de soumettre à sa domination tout à la fois l’ensemble de l’Aquitaine et la Gothie, après avoir transféré les places les plus fortifiées du droit de sa nouvelle épouse (</span><span>ex jure ductae uxoris</span><span>) au sien ; de plus […] le père et le fils, installés</span><span>, l’un en deçà et l’autre au-delà, pourraient sans relâche menacer le duc [Hugues Capet] et le reste de leurs ennemis ainsi encerclés au milieu (c. 92).</span></p><p><span>[…] Le projet qui avait été suggéré au roi, fut adopté en présence du comte Geoffroi [d’Anjou]. […] Les deux rois partirent pour l’Aquitaine […]</span><span> (c. 93).</span></p><p><span>Adélaïde les reçut avec grand apparat. […] Le roi Louis l’épousa (</span><span>eam sibi uxorem copulavit</span><span>) et l’éleva à la royauté en </span><span>la faisant couronner par les évêques. […] L’amour conjugal (</span><span>amor conjugalis</span><span>) était chez eux presque nul. Comme lui était tout juste pubère (</span><span>adhuc pubesceret</span><span>) et elle déjà une vieille femme (</span><span>anus foret</span><span>), ils ne s’entendaient pas du fait de leurs caractères contraires (</span><span>contrariis moribus dissentiebant</span><span>). Ils refusaient de faire lit commun (</span><span>cubiculum commune</span><span>) et pour se reposer, ils rejoignaient des toits différents (</span><span>divertiis hospitiis potiebant</span><span>). Lorsqu’ils avaient à s’entretenir, ils le faisaient dans un lieu en plein air. Leur conversation se bornait à quelques paroles très brèves. Ceci dura entre eux près de deux ans ; puis leur désaccord devint tel qu’un divorce (</span><span>divortium</span><span>) ne tarda pas à s’en suivre (c. 94).</span></p><p><span>[…] La reine […] se rendit auprès de Guillaume d’Arles et l’épousa. Son divorce devint ainsi un adultère public (</span><span>adulterium publicum</span><span>) (c. 95)</span><span><a id=""footnote-66630-18-backlink"">18</a></span><span>.</span></p><p><span>Repérer les couples dans les sources</span></p><p><span>Le récit évoque deux couples : </span><span>d’une part, celui formé par le roi Lothaire (954-986) et la reine Emma ; d’autre part, celui constitué par leur fils Louis V et Adélaïde</span><span><a id=""footnote-66630-19-backlink"">19</a></span><span>. Il s’agit de couples, au sens de l’union d’un homme et d’une femme qui présente une certaine stabilité, notamment du fait de la conclusion d’un mariage, mais </span><span>que l’auteur ne présente pas agissant conjointement ou se comportant véritablement comme maris et femmes. En ce qui concerne le premier, Richer ne parle que du roi et de la reine, sans préciser qu’ils sont mariés – ni avoir évoqué dans les chapitres précédents leur mariage ou les avoir montrés</span><span> ensemble : il évoque tantôt l’un, tantôt l’autre, même si l’on suppose que « les rusés personnages » s’adressent à la reine avant de se tourner vers le roi, dans l’espoir qu’elle intervienne pour convaincre ce dernier, ce qui implique des discussions entre époux. Si l’auteur ne mentionne pas la reine aux côtés du roi lorsque le projet de mariage est adopté</span><span>, puis lorsque Lothaire conduit son fils pour le marier en Aquitaine, cela ne signifie pas qu’elle n’était pas présente, compte tenu de son rôle par ailleurs attesté</span><span><a id=""footnote-66630-20-backlink"">20</a></span><span>, mais Richer se focalise sur les hommes. Quant au second couple, celui formé par Louis V et Adélaïde, </span><span>on sait qu’il en est un, puisque Richer évoque le mariage, mais celui-ci montre ensuite que les deux époux ne se comportent pas comme tel.</span></p><p><span>Les extraits posent donc la question du repérage des couples dans les sources. Ceux-ci sont identifiés par déduction : comme ici, parce que l’auteur évoque un mariage ou parce qu’il mentionne deux individus de sexes différents de même statut (royal), dont l’union est confirmée par un autre passage ou une autre source ; plus souvent, </span><span>parce que la documentation – narrative, mais aussi diplomatique, nécrologique, voire administrative avec les polyptyques – met en scène des hommes et/avec leur femme (</span><span>uxor, conjux</span><span>), voire plus rarement des femmes et/avec leur mari (</span><span>maritus, coniux</span><span>), ou encore parce qu’elle évoque le père et la mère d’un individu. Le pluriel (</span><span>conjuges</span><span>) n’est que rarement utilisé pour désigner les époux. Quant au terme </span><span>parentes</span><span>, s’il désigne </span><span>parfois le père et la mère envisagés ensemble, il renvoie plus souvent aux membres de la parenté et, même dans le premier sens, il désigne le couple, non dans le rapport qui existe entre conjoints, mais dans sa relation aux enfants. Quelques moralistes carolingiens considèrent certes que </span><span>les époux forment un </span><span>consortium</span><span><a id=""footnote-66630-21-backlink"">21</a></span><span>, ce qui montre qu’ils envisagent l’homme et la femme mariés comme une entité propre. Mais, en dehors de cet usage, il faut attendre le milieu du </span><span>xii</span><span>e</span><span> siècle pour que soit utilisé le terme spécifique de « couple » (</span><span>copula </span><span>; </span><span>cuple</span><span>) pour désigner l’union d’un homme et d’une femme</span><span><a id=""footnote-66630-22-backlink"">22</a></span><span>. Si le terme de couple n’existe pas au haut Moyen Âge, en revanche, les sources mentionnent parfois l’adjectif « conjugal » (</span><span>conjugalis</span><span>), à l’image de « l’amour conjugal » évoqué par Richer.</span></p><p><span>L’usage de l’adjectif, ainsi que la mention de certaines pratiques, montrent que l’absence d’un substantif spécifique n’exclut pas la réalité du couple ni une certaine conscience de son existence. Le manque de vocabulaire distinctif entraîne néanmoins des difficultés de repérage (</span><span>outre les périphrases qui excluent le recours aux index, il faut parfois croiser plusieurs extraits, voire plusieurs sources, pour identifier les couples). Il invite, en outre, à s’interroger sur la perception du couple : si certains moralistes le considèrent comme une communauté de vie et d’affection, qu’en est-il du reste de la population, tant des autres élites pensantes que des hommes et femmes mariés ? Ce </span><span>consortium</span><span> proposé en modèle aux</span><span> époux est-il un idéal pour tous ? Et trouve-t-il des échos dans la société ? Ces questions méritent d’autant plus d’être posées que, si certaines sources évoquent côte à côte des époux ou des parents qui forment, à nos yeux du moins, des couples, elles mentionnent beaucoup plus souvent des hommes – et plus rarement des femmes –</span><span> agissant seuls, du moins sans conjoint, ce qui ne signifie pas qu’il n’y en ait pas, ni même que celui-ci soit absent.</span></p><p><span>Couples et groupes familiaux</span></p><p><span>Dans les extraits sélectionnés, il est d’abord question du mariage </span><span>de Louis V et d’Adélaïde, acte créateur du couple. Richer met alors en lumière deux idées : d’une part, le mariage de Louis est lié à l’association de celui-ci à la royauté (879), consécutive à son passage à l’âge adulte ; d’autre part, il s’inscrit dans les stratégies familiales. Élevé à la royauté par son père alors qu’il est « tout juste pubère </span><span>»</span><span><a id=""footnote-66630-23-backlink"">23</a></span><span>, Louis V est établi : il reçoit donc à ce titre un royaume (l’Aquitaine) et une épouse (Adélaïde). Le choix de celle-ci ne revient pas à Louis V, mais à ses parents, et n’est pas guidé par les qualités particulières d’Adélaïde, même si certaines ont pu entrer en ligne de compte, mais par les stratégies familiales. Le projet est négocié, non par les intéressés, mais</span><span>, conformément aux pratiques d’alors, par le roi Lothaire, père du futur marié, et par le comte Geoffroi Grisegonelle d’Anjou, frère d’Adélaïde, qui exerce l’autorité sur le groupe familial de la promise – et notamment les enfants, les filles non mariées et les femmes devenues veuves – depuis que son père Foulques II le Bon (960) est mort. Richer semble en faire une initiative des Angevins, si l’on considère que les rusés personnages qui vont trouver la reine Emma sont des fidèles du comte d’Anjou : le mariage de sa sœur avec le roi doit lui per</span><span>mettre de renforcer son alliance avec les Carolingiens et de s’élever dans la hiérarchie princière, ce qui le favorise sur l’échiquier des forces aux dépens de ses voisins et rivaux, Hugues Capet et Guillaume IV d’Aquitaine. Richer insiste cependant sur les avantages en termes de pouvoir que la royauté peu</span><span>t retirer de ce mariage.</span></p><p><span>La formation du couple – par le biais du mariage –, avec son rôle dans les stratégies familiales, mais aussi ses étapes et les transferts de biens, voire de pouvoir, auxquels elle donne lieu, est aujourd’hui mieux connue</span><span><a id=""footnote-66630-24-backlink"">24</a></span><span>, même si l’on mesure mal la conscience qu’en avaient les individus : estimait-on que l’union légitime d’un homme et d’une femme aboutissait à la construction d’une entité </span><span>se pensant et agissant solidairement ? Il n’en demeure pas moins que Louis V est conduit à sa femme et reste en Aquitaine : même si le couple se trouve inséré dans des groupements plus larges dont il sert les intérêts, il vit au quotidien de manière autonome. Régine Le Jan a montré en outre </span><span>que les interdits de parenté, durcis à partir de l’époque carolingienne par les autorités religieuses, avaient contribué, en luttant « contre les pratiques qui sous-tendaient les solidarités familiales », à promouvoir le couple conjugal</span><span><a id=""footnote-66630-25-backlink"">25</a></span><span>. Pour autant, il reste à préciser comment s’est traduite concrètement la promotion du couple.</span></p><p><span>Quel couple ?</span></p><p><span>Richer précise qu’Adélaïde, donnée en mariage à Louis, est veuve de Raimond de Toulouse – épousé après la mort d’un premier mari</span><span>, Étienne de Brioude. En outre, après avoir divorcé de Louis V, Adélaïde se remarie avec Guillaume de Provence (qui était veuf)</span><span><a id=""footnote-66630-26-backlink"">26</a></span><span>. La forte mortalité – masculine (activités guerrières, écart d’âge au mariage),</span><span> mais aussi féminine (procréation), même si celle-ci est un peu moindre</span><span><a id=""footnote-66630-27-backlink"">27</a></span><span> – et, plus rarement, les séparations conduisent à multiplier les unions successives et, par conséquent, à faire partie de plusieurs couples : quatre pour Adélaïde, ce qui n’est pas exceptionnel, même si les remariages d’un individu – pratique des plus courantes, pour les hommes comme pour les femmes</span><span><a id=""footnote-66630-28-backlink"">28</a></span><span> – sont généralement moins nombreux. Cela pose la question de savoir comment sont appréhendés ces différents couples auxquels un même individu peut </span><span>avoir appartenu et comment le souvenir de ces couples successifs est entretenu. Il n’est pas inintéressant de noter que Richer présente Adélaïde comme « épouse » (</span><span>uxor</span><span>) d’un mari récemment décédé, et non comme veuve (</span><span>vidua</span><span> ou </span><span>relicta</span><span>) </span><span>de celui-ci : peut-être du fait des droits auxquels celle-ci peut prétendre comme (ex-)épouse du défunt</span><span><a id=""footnote-66630-29-backlink"">29</a></span><span>. En revanche, Richer occulte le premier mariage d’Adélaïde, et donc son premier couple – connu par d’autres sources –, parce que cela n’entre pas dans son propos.</span></p><p><span>Plus généralement, les sources montrent que les contemporains sont attentifs au souvenir des différents couples auquel un même individu a pu participer, du moins en certaines occasions : c’est </span><span>notamment le cas lorsqu’il est question des enfants et de la </span><span>memoria</span><span>. Les enfants sont, en effet, régulièrement présentés comme fils ou filles d’un tel et d’une telle, donc comme enfant</span><span>s d’un duo de parents, même si l’objectif n’est pas tant de conserver le souvenir du couple que des droits, matériels et immatériels, auxquels l’individu peut prétendre du fait de sa mère et de son père. Lorsqu’un homme ou une femme a eu des enfants de plusieurs partenaires successifs, il arrive aussi régulièrement que soit précisé de quelle union ceux-ci sont nés. Le souvenir du couple, voire des différents couples, dont un individu a pu faire partie est aussi </span><span>entretenu par le biais de la </span><span>memoria</span><span> (mémoire liturgique, par le biais de prières dites en faveur de l’âme des défunts), dont la pratique se développe à l’époque carolingienne. Les chartes enregistrent ainsi des donations réalisées, à charge pour les religieux bénéficiaires de prier pour les père et mère du donateur, voire pour un conjoint décédé. Malgré le caractère temporaire des couples, lié aux aléas de la vie, ces derniers peuvent garder</span><span> par ce moyen une certaine pérennité au-delà de leur dissolution : il convient néanmoins de préciser la fréquence de cette pratique, ses formes et les évolutions observables.</span></p><p><span>La dernière précision donnée par Richer dans les extraits cités, concernant le remariage d’Adélaïde, pose en outre la question de la définition du couple et des différentes façons de l’envisager : à une époque où l’Église cherche à imposer plus fermement l’indissolubilité du mariage</span><span><a id=""footnote-66630-30-backlink"">30</a></span><span>, l’union d’Adélaïde qui s</span><span>uit son divorce avec Louis V est qualifiée « d’adultère public » par l’auteur, qui considère comme plusieurs de ses contemporains ecclésiastiques qu’Adélaïde ne peut se remarier tant que Louis V est vivant. </span><span>Cette nouvelle union n’en est pas moins considérée comme légitime par la majorité des &eac";;;;;;;;; 580;2;3;14;Le travail du cinéma II;;;;"<p>Entretiens avec André S.Labarthe, Alain Cavalier, Claire Denis et Albert Serra.</p>";"<p><strong>Dominique Villain</strong></p><p>Présentation</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>I. André S. Labarthe</strong> <br /><em>Cinéaste de notre temps</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>II. Alain Cavalier<br /></strong><em>Filmeur</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>III. Claire Denis</strong><br /><em>Regista</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>IV. Albert Serra</strong><br /><em>Torero</em></p><p> </p><p>Documents</p><p>Bibliographie</p><p>Filmographies</p><p>Références photographiques</p><p>Remerciements</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Depuis toujours, j’ai appris et enseigné le cinéma auprès des films et de ceux qui les font. Cette série de quatre livres (dont deux sont en préparation) est la transcription de rencontres avec des cinéastes exigeants dont j’aime le travail. Ils en parlent avec intelligence, concrètement, en s’appuyant chacun sur quelques exemples de leur parcours singulier. Par mon intermédiaire, ils s’adressent à des étudiants, qui incarnent ainsi les lecteurs désireux d’en savoir plus sur la création cinématographique à l’ère du numérique, le récit, les acteurs ou non-acteurs, les caméras petites ou grandes, le montage, etc.<br />Dans ce deuxième volume, André S. Labarthe expose ses pièges pour attraper du réel, Alain Cavalier sa vie de <em>filmeur</em>, Claire Denis son amour du <em>beau travail</em>, et Albert Serra se voit en <em>torero</em>. <br />Et puis, j’ai pris beaucoup de plaisir à mettre certaines de leurs images en face de leurs paroles.</p>";10/10/2013;0;137X220;202;978-2-84292-393-8;9782842923938;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_580.jpg;"<p>Dans ce deuxième volume du <em>Travail du cinéma,</em> Dominique Villain poursuit son enquête sur la création cinématographique auprès de quatre cinéastes qui évoquent très concrètement des instants de leurs trajectoires singulières.</p><p>Connu pour ses portraits non conventionnels de la série « Cinéastes de notre temps », André S.Labarthe s'est dédoublé pour être à son tour l'un d'entre eux.<br />Alain Cavalier est aujourd'hui devenu le « filmeur » qu'il rêvait d'être.<br />Claire Denis précise son amour du « Beau Travail ».<br />Albert Serra défend des théories paradoxales sur le travail et l’amusement, le cinéma et la tauromachie.</p><p><em>Dominique Villain est Maître de conférences au département cinéma de l'université Paris 8. Après son passage à l'IDHEC, elle est monteuse de cinéma et de télévision. Ses connaissances pratiques et théoriques sont déjà à l'origine de ses deux précédents essais, </em>l'Œil à la caméra (1984) <em>et</em> Le Montage au cinéma (1991).</p>";"<div><p><span>Quatre cinéastes</span></p><p><span class=""char-style-override-1"">P</span><span>our ce deuxième volume sur la cr</span><span>éation cinématographique, nous avons poursuivi les entretiens menés dans le cadre du </span><span>master</span><span> « réalisation-création » de Paris 8, qui permettent d’observer les ressemblances et les différences, les correspondances, entre ceux que l’on pourrait appeler des personnages parlants. Ils se lancent chacun à </span><span>sa façon et très librement dans un monologue, s’appuyant concrètement sur des exemples dans leurs films, et répondant plus ou moins directement aux questions des étudiants. Où l’on constate que chacun, même si beaucoup d’aspects du </span><span>travail du cinéma </span><span>sont à </span><span>chaque fois abordés, tourne autour d’une idée fixe, vitale, étayant ainsi cette expression décalquée du </span><span>travail du rêve</span><span> freudien.</span></p><p><span>Nous avons rencontré André S. Labarthe, dont on connaît l’habileté à faire parler des cinéastes de leur travail dans ses portraits filmés pour la télévision, alors qu’il venait de franchir une nouvelle étape grâce au film</span><span><a id=""footnote-39427-1-backlink"">1</a></span><span> qu’Estelle Fredet avait réalisé sur et avec lui, expérimentant une véritable mise à nu, une traversée des apparences, pour tenter de montrer ce qu’il peut y avoir derrière un cinéaste qui se dédouble.</span></p><p><span>Nous avons fait n</span><span>ôtre son questionnement : « Quel genre de pensée circule – silencieusement – derrière celles qui nous accompagnent tout au long de la vie et qui ne sont, pour la plupart, que des stéréotypes de pens</span><span>ées, des masques ?</span><span><a id=""footnote-39427-2-backlink"">2</a></span><span> »</span></p><p><span>Nous nous sommes ensuite adressée à Alain Cavalier, dont la réflexion s’inscrit dans le droit fil de celle qu’il menait en 1995 dans le film de la série </span><span>Cinéastes de notre temps</span><span><a id=""footnote-39427-3-backlink"">3</a></span><span> qui lui é</span><span>tait consacré. Puis, c’est avec Claire Denis qui, elle, avait filmé au début de sa vie de réalisatrice</span><span><a id=""footnote-39427-4-backlink"">4</a></span><span> </span><span>Jacques Rivette</span><span> </span><span>le veilleur,</span><span> que nous avons prolongé notre enquête</span><span>.</span><span> Enfin, Albert Serra, notre quatrième interlocuteur, avait plus récemment, lui aussi, un projet de film sur un cinéaste –… d’un autre temps ? – qui n’a finalement pas abouti.</span></p><p><span>Au cours de ces rencontres, la question s’est posé</span><span>e de savoir comment nommer, aujourd’hui, ceux qui sans relâche travaillent le cinéma et sont travaillés par lui, portés par leurs films, emportés dans une spirale – d’où l’idée fixe – </span><span>qui leur interdit de s’arrêter. Depuis que nous l’avons rencontré</span><span><a id=""footnote-39427-5-backlink"">5</a></span><span>, même Albert Serra semble s’y être fait prendre à son tour. Le travail a pris le pas sur l’amusement qu’il revendiquait alors.</span></p><p><span>« Cinéaste » peut sembler flou, « metteur en scène » trop marqué par le théâtre, et que « réalisent »-ils vraiment ? Déjà, Robert Bresson suggérait à sa manière :</span></p><p><span>« NI METTEUR EN SCÈNE, NI CINÉASTE. OUBLIE QUE TU FAIS UN FILM. »</span></p><p><span>« Metteur en scène ou </span><span>director.</span><span> </span><span>Il ne s’agit pas de diriger quelqu’un, mais de se diriger soi-même</span><span><a id=""footnote-39427-6-backlink"">6</a></span><span>. »</span></p><p><span>Sans s’être donné le mot, chacun a cherché – derrière les masques et les silences –</span><span> à formuler des instants de sa trajectoire et à définir son travail au plus près de sa singularité :</span></p><p><span>Où l’on verra André S. Labarthe, </span><span>cinéaste de notre temps,</span><span> peaufiner ses pièges, Alain Cavalier, homme-caméra réconcilié, se réjouir d’être le </span><span>filmeur</span><span> </span><span>qu’il avait toujours rêvé d’être, Claire Denis se dire avant tout </span><span>regista,</span><span> mais heureuse de quelques greffes réussies au montage, enfin</span><span> </span><span>Albert Serra nous convaincra en</span><span> torero.</span></p><p><span>Fragments de leurs métamorphoses, retracés ici.</span></p><p><span>Dominique Villain</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-39427-1""> 1</a><span>. </span><span>Il était une fois André S. Labarthe.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-39427-2""> 2</a><span>. André S. Labarthe, « Dédoublement », </span><span>Cinergon</span><span>,</span><span> </span><span>n° 20, 2010.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-39427-3""> 3</a><span>. Réalisé par Jean-Pierre Limosin, intitulé </span><span>7 chapitres, 5 jours, 2 pièces-cuisine.</span></p><p><span> Dans </span><span>Le Travail du cinéma I, </span><span>il é</span><span>tait beaucoup question du film réalisé dans cette même série par Pedro Costa sur Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, monté par Dominique Auvray.</span></p><p><span> Nous retrouverons dans le volume IV deux « cinéastes de notre temps » : Otar Iosseliani et Jacques Nolot.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-39427-4""> 4</a><span>. En 1990. Jacques Rivette avait auparavant filmé </span><span>Jean Renoir, le patron</span><span>.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-39427-5""> 5</a><span>. Ces rencontres ont eu lieu au printemps 2011.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-39427-6""> 6</a><span>. Robert Bresson, </span><span>Notes sur le cinématographe, </span><span>Paris, Gallimard, 1975.</span></p></div></div></div>";;308;18.00;"<p>Entamé dans son précédent volume (<em>Travail du cinéma (Le)</em> - vol.1), Dominique Villain continue son travail de réflexion et d'investigation à l'occasion d'entretiens avec André S.Labarthe, Alain Cavalier, Claire Denis et Albert Serra.</p>";;12/09/2013 11:38;1;Première édition;3689 582;1;3;34;La critique d'art en question;Numéro hors-série 2014;;;"<p><em>Marges</em> entame une réflexion sur la critique d'art aujourd’hui, ses définitions, ses fonctions, ses formes, ses supports, ses acteurs, etc.</p>";"<p>Éditorial : <strong>Claire Fagnart</strong></p><p><strong>Claire Fagnart</strong><br />La critique d'art : définitions, indéfinitions, non-définitions</p><p><strong>Satenik Bagdasarova</strong><br />Penser la critique d'art depuis Émile Benveniste</p><p><strong>Francesco Peri</strong><br />De la condition langagière de toute critique. L'œuvre d'art musicale et le discours</p><p><strong>Umut Ungan</strong><br /> “<em>The American Tornado</em>” ou la critique sous influence : le cas de Germano Celant</p><p><strong>Jérôme Glicenstein</strong><br />Qu'est-ce que la critique d'exposition ?</p><p><strong>Susanna Muston</strong><br /><em>The Exhibitionist</em> : l'art compris à partir de la critique et de l'analyse d'exposition</p><p><strong>Karine Bouchard, Érika Wicky</strong><br />Description et olfaction de l'art contemporain : les mutations de la critique d'art</p><p><strong>Maxence Alcalde </strong><br />Critique d'art sur internet : tentative de typologie d'une blogosphère spécifique</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""text-align: left;""><em>Une critique parle de critique :</em></p><p><strong>Diane Scott</strong><br />Critique : historiciser la notion</p>";;10/04/2014;0;155x220;126;978-2-84292-399-0;9782842923990;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_582.jpg;"<p style=""text-align: justify;""><strong>La critique d'art : définitions, indéfinitions, non-définitions »<br /></strong>Claire Fagnart<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">Il s’agit dans cet article de montrer la cohérence entre les types (méthodes) de définition et les contenus des définitions. Les perspectives positives cherchent à construire une définition à partir des caractéristiques de la critique tantôt comme notion, tantôt comme concept. La critique comme notion renvoie à l’usage du mot, la critique comme concept renvoie à la mise en évidence d’une communauté de caractères définitionnels. Mais ces approches positives nous confrontent à une irréductible indéfinition de la critique, rendant nécessaire une autre modalité de définition, différencielle. Cette dernière interroge la différence entre la critique d’art comme champ d’action et champ d’étude et certains de ses territoires voisins (théorie de l’art, histoire de l’art, littérature critique, etc.).</p><p style=""text-align: justify;""><strong>Penser la critique d'art depuis Émile Benveniste<br /></strong>Satenik Bagdasarova<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">Dans « Sémiologie de la langue » (<em>Problèmes de linguistique générale II</em>, 1974), Benveniste a formulé un concept fondamental à propos de l'art : « sémantique sans sémiotique ». Nous essayons de montrer ici en quoi ce concept est indispensable pour une approche critique des conditions de théorisation de l'art par la médiation du langage. L'article ouvre sur une perspective que Benveniste a rendue possible sans pour autant en former une implication théorique explicite : la poétique de l'art.</p><p style=""text-align: justify;""><strong>De la condition langagière de toute critique. L'œuvre d'art musicale et le discours<br /></strong>Francesco Peri<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">La critique d’art est-elle un commentaire redondant, ou bien elle participe à l’existence historique, sociale et culturelle des œuvres d’art d’une manière constitutive qu’on pourrait appeler « performative » ? S’inspirant d’un riche éventail d’options théorétiques, l’auteur s’efforce de poser quelques jalons vers une épistémologie de la critique musicale et une description philosophiquement aguerrie de ce que la critique « fait ».</p><p style=""text-align: justify;""><strong> “The <em>American Tornado</em>” ou la critique sous influence : le cas de Germano Celant<br /></strong>Umut Ungan<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">L'analyse propose d'observer la mise en place d'un nouveau <em>territoire critique</em> sur l'art et les oeuvres par Germano Celant en Italie à la fin des années soixante au contact des oeuvres américaines de la même période et s'inscrit dans une volonté de saisir l'évolution discursive dans son mouvement même.</p><p style=""text-align: justify;""><strong>Qu'est-ce que la critique d'exposition ?<br /></strong>Jérôme Glicenstein<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">L’origine de la critique d’exposition peut être retracée dans les comptes rendus des Salons. À la fin du 19<sup>e</sup> siècle, en raison de l’essor de l’art moderne et des discours autoréférentiels à son sujet, la critique change de nature et se concentre sur les œuvres. Pourtant, depuis une quarantaine d’années, on assiste à une réémergence de la critique d’exposition ; cette fois-ci en raison de l’importance prise par l’exposition dans la compréhension de l’art contemporain.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><em>The Exhibitionist</em> : l'art compris à partir de la critique et de l'analyse d'exposition<br /></strong>Susanna Muston<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">La question d’une nouvelle forme de critique d’art est abordée à travers l’analyse de la revue <em>The Exhibitionist</em>. Partant de l’impossibilité d’une critique ontologique de l’œuvre, la revue se tourne vers le travail fait <em>avec</em> l’œuvre par son exposition et sa présentation « en contexte ». L’analyse des expositions est l’occasion d’une réflexion sur le rôle (critique) du commissaire, la construction d’un nouveau domaine d’études, l’histoire des expositions et sur la « pratique d’exposition », ses enjeux et sa transmission.</p><p style=""text-align: justify;""><strong>Description et olfaction de l'art contemporain : les mutations de la critique d'art<br /></strong>Karine Bouchard, Érika Wicky<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">La critique d’art actuelle fait l’objet de nombreuses mutations nées des transformations subies par ses objets, mais aussi par ses moyens de diffusion à l’ère numérique. Afin d’appréhender ces mutations et d’en mesurer les enjeux, il s’agira d’observer la critique d’art lorsque l’art olfactif la confronte à sa propre subjectivité, à ses <em>habitus</em> perceptuels ainsi qu’à ses frontières avec la science et l’industrie.</p><p style=""text-align: justify;""><strong>Critique d'art sur internet : tentative de typologie d'une blogosphère spécifique<br /></strong>Maxence Alcalde<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Une critique parle de critique :<strong><br />Critique : historiciser la notion</strong></em><br />Diane Scott<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;"">Faire montre d’un discours critique, « subversif », « radical » est une posture fréquente dans le théâtre public actuel et payante institutionnellement. Cela correspond pourtant à une séquence historique de grand calme en termes de réception publique. La prétention au scandale fait vendre mais le scandale réel a bel et bien disparu. Ce paradoxe nous invite à interroger non seulement ce que l’on entend par « critique » mais surtout quelles sont les conditions de possibilité historiques de la réalité à laquelle ce mot renvoie.</p><p style=""text-align: justify;""><strong> </strong></p>";;"<p><strong><strong> La critique d'art : définitions, indéfinitions, non-définitions<br /></strong></strong>Claire Fagnart</p><p>Our purpose in this article is to show the coherence between types (methods) of definitions and the content of these definitions. Multiple definitions emerge from this undertaking, which treat art criticism in several ways : as an idea and as a concept. Criticism as an idea refers to terms; criticism as a concept refers to the highlighting of a community of defining characters. But these two approaches confront us with the difficulty of defining art criticism, requiring another approach, one that is differential and is founded on the differences between art criticism and the disciplines closest to it (art’s theory, art’s history, etc.).</p><p> <strong>Penser la critique d'art depuis Émile Benveniste<br /></strong>Satenik Bagdasarova</p><p>In his <em>Semiology of Language</em> (<em>Problems in General Linguistics II</em>, 1974), Benveniste formulates a fundamental concept regarding art : « semantics without semiotics ». We are attempting to show why this concept is indispensable for a critical approach to the possibility of theorizing art by means of language. The article takes up a perspective which Benveniste made possible without, however, providing it with an explicit theoretic basis : that of the poetics of art.</p><p><strong>De la condition langagière de toute critique. L'œuvre d'art musicale et le discours<br /></strong>Francesco Peri</p><p>Is art criticism a mere afterword or does it contribute to the historical, social, and cultural existence of artworks in fundamental ways that could be termed “performative”? Drawing on a variety of theoretical sources, the author outlines some key issues towards an epistemology of music criticism and a philosophically savvy description of what criticism “does”.</p><p><strong> “<em>The American Tornado</em>” ou la critique sous influence : le cas de Germano Celant<br /></strong>Umut Ungan</p><p>The present study observes the implementation of a new critical territory on art and artworks by Germano Celant in Italy at late sixties with the contact of the American art of the same period, and willing to seize the discursive evolution in its movement.</p><p><strong>Qu'est-ce que la critique d'exposition ?<br /></strong>Jérôme Glicenstein</p><p>The origins of an exhibition critique can be retraced to early Salon reviews. Towards the end of 19<sup>th</sup> century, the raise of modern art and of its self referential discourses has an effect on the practice of criticizing, which evolves in order to concentrate itself on the works of art. However, in the past forty years one has been witness to a new surfacing of an exhibition critique. This event could be explained by the importance taken by exhibitions in the understanding of contemporary art.</p><p><strong><em>The Exhibitionist</em> : l'art compris à partir de la critique et de l'analyse d'exposition<br /></strong>Susanna Muston</p><p>The question of a new form of art critic is approached through the analysis of <em>The Exhibitionist </em>journal. Assuming as impossible an ontological critic of the artwork, the journal turns to the work realized <em>with</em> the artwork through its exhibition. The exhibitions’ analysis becomes the occasion for a reflexion on the (critical) role of curators, the construction of a new field of studies, exhibitions’ history and on the “practice of curating”, its stakes and its transmission.</p><p><strong>Description et olfaction de l'art contemporain : les mutations de la critique d'art<br /></strong>Karine Bouchard, Érika Wicky</p><p>Currently, the art criticism encounters changes that come from the transformation of its objects and of its broadcast mediums in the digital age. To understand these changes and to evaluate the issues, we will examine the art criticism through the lense of olfactory art to show how this very specific art brings out the subjectivity, the perceptual <em>habitus</em> as well as the scientific and industrial limits of the art criticism.</p><p><strong>Critique d'art sur internet : tentative de typologie d'une blogosphère spécifique<br /></strong>Maxence Alcalde</p><p><em>Une critique parle de critique :</em><strong><br />Critique : historiciser la notion</strong><br />Diane Scott</p><p>Demonstrate a critical discourse, ""subversive"", ""radical"" is a common posture in the present public theater. Yet it is a historical sequence of calm in terms of public reception. Pretending to criticize pays dividends but the real scandal is indeed gone. This paradox invites us to question not only what is meant by ""critical"" but also what are the historical conditions of possibility for the reality to which the word refers.<strong> </strong></p>";196;15.00;"<p>Depuis son émergence au 18e siècle, les perspectives de l'écriture critique n'ont eu de cesse de varier.</p><p style=""text-align: justify;"">Ce hors série qui explore la critique contemporaine de l’art a pour ambition de générer des échanges entre le monde universitaire et le monde de l'art. Comment définir la critique et sa pluralité ? On constatera que, plutôt que d’aboutir à quelque réponse, les contributions conduisent à une « redéfinition » de la critique de l’art contemporain par rapport à la critique de l’art moderne.</p>";;29/11/2013 10:23;1;Première édition;3675 583;2;3;13;Fellini et Casanova;;;;"<p>La rencontre de deux mythes italiens : Giacomo Casanova et Federico Fellini à travers l’analyse du film <em>Le Casanova de Fellini</em> (1976).</p><div class=""copy-paste-block""><span> </span></div>";"<p><strong>Introduction <br /> <br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. 
Giacomo Casanova, de l’homme au mythe. 
 Les scénarios du <em>Casanova de Fellini <br /></em></strong></p><p><strong><br />Chapitre 1.</strong> Le scénario inédit, 
ou l’<em>Histoire de ma vie</em> au prisme fellinien </p><p style=""padding-left: 60px;"">Lignes directrices de l’écriture<br />Des thèmes revisités : curieux soupers et duels de pacotille<br />Portraits de personnages</p><p><strong>Chapitre 2. </strong>Le scénario Einaudi, ou la tentation du mythe </p><p style=""padding-left: 60px;"">Coupes à double sens<br />Des fantasmes matérialisés<br />Métaphorisations felliniennes.</p><p style=""text-align: center;""><strong><br />II.
Le mythe casanovien conduit à ses extrêmes.
 Le tournage du <em>Casanova de Fellini <br /></em></strong></p><p><strong><br />Chapitre 1.</strong> Les séquences supprimées, 
ou l’emprise de l’image mythique </p><p style=""padding-left: 60px;"">Un personnage redéfini<br />Des égarements censurés<br />Amours jugées trop vertes… ou trop mûres</p><p><strong>Chapitre 2.</strong> Les séquences modifiées, ou la boursouflure du mythe </p><p style=""padding-left: 60px;"">Un « sur-mythe » très fellinien<br />L’uniformisation des personnages secondaires<br />Le sens du tragique.</p><p style=""text-align: center;""><strong><br />III.
Du mythe casanovien au type fellinien. 
 La postproduction du <em>Casanova de Fellini <br /></em></strong></p><p><strong><br />Chapitre 1.</strong> Le montage, ou l’implosion du mythe </p><p style=""padding-left: 60px;"">Un film kaléidoscopique<br />Le mythe malmené : « de l’amour à la besogne »<br /><em>Cuts</em> anticipés</p><p><strong>Chapitre 2.</strong> La postsynchronisation 
et le mixage, ou l’éclosion d’un type </p><p style=""padding-left: 60px;"">L’étouffement du personnage par le narrateur<br />Types vocaux et linguistiques<br />Musiques d’écran ou mélodies intérieures<br /><br /></p><p>Conclusion<br />Bibliographie<br />Filmographie<br />Annexe<strong> </strong><br />Crédits photographiques</p>";"<p style=""text-align: justify;"">« Mais comment peut-on vivre avec un con pareil ? », s’interroge Fellini à la lecture des <em>Mémoires</em> de Casanova. Et le libertin vénitien de répondre, magnanime… mais menaçant : « Je vous montrerai mon respect en vous pardonnant vos bêtises (…). En tant que Chevalier, je ne peux toutefois vous cacher que dans ma vie j’ai par cinq fois fait verser le sang de ceux qui m’ont cru lâche ». Dès la préparation du <em>Casanova de Fellini</em>, les rapports entre créateur et créature s’annoncent donc complexes… Cet ouvrage se veut l’impartial arbitre de ce mémorable combat entre deux « monuments phalliques » italiens. Et qui d’autre mieux qu’une femme, telle que moi, pour compter les points de cette joute virile ?</p><p>Emmanuelle Meunier</p>";10/02/2014;0;137X220;256;978-2-84292-398-3;9782842923983;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_583.jpg;"<p style=""text-align: justify;"">À partir d’une étude approfondie des trois étapes principales de la réalisation du film <strong><em>Le Casanova</em></strong><em> de Fellini</em> (adaptation du scénario, tournage et post-production), Emmanuelle Meunier dégage de grands axes de réflexions autour de la relation conflictuelle qui unit deux mythes italiens celui de Casanova et celui de Fellini.</p><p style=""text-align: justify;"">Le réalisateur italien trouve dans Casanova un personnage complexe, entre mythe et personnage historique, et n’a de cesse de manipuler cette image typique en la confrontant à ses propres préoccupations de créateurs.</p><p><em>Emmanuelle Meunier est professeur en BTS.<br /></em></p>";;;452;22.00;"<p>À partir d’une étude approfondie des trois étapes principales de la réalisation du film <em>Le Casanova de Fellini</em> (adaptation du scénario, tournage et post-production), Emmanuelle Meunier dégage de grands axes de réflexions autour de la relation conflictuelle qui unit deux mythes italiens celui de Casanova et celui de Fellini.</p><p>Emmanuelle Meunier réhabilite ce film mal reconnu dans l’œuvre du cinéaste à partir d’un très important travail de documentation sur le parcours accidenté de l’élaboration du projet.</p><div class=""copy-paste-block""><strong><span class=""tv10-fiche-diff-date""> </span></strong><span> </span></div>";;29/11/2013 10:25;1;Première édition;3689 584;2;3;22;Rodin et la danse de Çiva;;;;"<p>Les relations entre la sculpture et la chorégraphie à partir d’un texte d’Auguste Rodin inspiré par des photographies de sculptures représentant le dieu indien Çiva dansant.</p>";"<p>Introduction<br /><strong>Katia Légeret </strong> </p><p><br /><em>La Danse de Çiva</em> – texte intégral de Rodin <br /><br />Les sources d’inspiration du texte de Rodin<br /><strong>Katia Légeret </strong><br /><br />Vivante immobilité, une collection de gestes antiques<br /><strong>Bénédicte Garnier </strong><br /><br />Création chorégraphique en <em>κūṭιψāṭṭαμ </em>avec le texte d’Auguste Rodin<br /><strong>Viviane Sotier-Dardeau </strong> <br /><br /><em>La Danse de Çiva</em> de Rodin chorégraphiée par le maître M. Selvam : 
les étapes de la création d’une danse contemporaine du <em>βηαρατα−νāṭψαμ</em><br /><strong>Nancy Boissel-Cormier </strong><br /><br />Langages de l’art entre la France et l’Inde : 
une rencontre entre Çiva, Rodin et la danse <em>odissi</em><br /><strong>Laurence Le Bail Simon </strong> <br /><br />Par les yeux l’un de l’autre : Rodin et Çiva <em>ναṭαρāϕα</em><br /><strong>H. S. Shiva Prakash </strong> <br /><br />Conversation entre le Dieu de la danse et le poète<br /><strong>Philippe Tancelin </strong><br /><br />Postface <br />À propos des auteurs <br />Références et crédits photographiques </p>";"<p style=""text-align: justify;"">Le désir de vous faire découvrir ce texte de Rodin <em>La danse de Çiva </em>remonte à mes 19 ans, lorsque je pratiquais à Paris le Bharata-natyam, théâtre dansé de l’Inde du Sud, fondé sur cette figure complexe et mythique du<em> Çiva, </em>pour laquelle Rodin avait trouvé des mots et des images si justes, loin de toute symbolique religieuse et de présupposés ethnocentriques<em>. </em>Plus récemment, en travaillant aux archives du musée Rodin, j’ai souhaité partager avec vous mon enthousiasme devant les résonances entre cette figure du <em>Çiva</em> <em>naţarāja </em>et certaines des œuvres de Rodin : dans ses sculptures, ses dessins et ses collages, surtout de corps féminins, acrobatiques, souvent nus, il suggère en même temps leur inachèvement ou leur métamorphose, et s'intéresse en particulier à la forme androgyne de ce dieu danseur cosmique. Vous verrez que les questions soulevées sur la vie de Rodin sont nombreuses : comment un sculpteur d'une telle notoriété peut devenir le poète d'une danse qui lui est inconnue ? Pourquoi donne-t-il autant d’importance dans ses dernières années à cette relation particulière entre la danse, la sculpture et la poésie ? Que nous apprend ce texte sur la manière dont Rodin associe et cultive à la fois la mémoire nostalgique des œuvres antiques et des rencontres éphémères avec ses modèles féminins ? J'ai choisi de rendre l’étude théorique de ce texte inséparable de sa mise en scène en France et en Inde, avec des artistes et des chercheurs qui en témoignent dans cet ouvrage. En effet, un siècle après son écriture, comment ce texte de Rodin est-il reçu en Inde par les artistes et par le conservateur du musée de Chennai où se trouve le bronze qui l'a inspiré ? Vous découvrirez une étonnante réception actuelle de ce texte de Rodin tant au niveau esthétique, culturel que politique. Mais surtout, puisse cet ouvrage vous inviter à un nouveau regard sur l’œuvre de Rodin !</p>";10/02/2014;0;188x225;240;978-2-84292-395-2;9782842923952;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_584.jpg;"<p>En 1913, Auguste Rodin écrit <em>La Danse de Çiva</em>, après avoir contemplé des photographies de sculptures représentant le <em>nataraja</em>, « Roi des acteurs-danseurs ». Ce texte, réédité ici, exprime les liens puissants tissés par Rodin entre le monde de la danse extra-européenne, ses célèbres <em>Mouvements de danse</em> de 1910, et les Vénus, les Bouddha ou les bois indiens qu'il collectionnait.<br /><br />Avec la figure androgyne de Çiva danseur cosmique, Rodin invite à un regard nouveau tant sur son oeuvre personnelle que sur les théâtres dansés de l'Inde. La richesse des interférences qu'il suggère entre sculpture, poésie, danse, théâtre, musique, photographie ou architecture, résonne avec un éclat particulier dans l'art d'aujourd'hui. Cet ouvrage met en dialogue des recherches d'historiens de l'art, de poètes et d'artistes français ou indiens qui ont traduit et mis en scène <em>La Danse de Çiva</em> en plusieurs langues indiennes et dans leurs langages corporels.</p><p><em><br />Katia Légeret, professeur au département théâtre de l'université Paris 8, mène sous le nom de Manochhaya une carrière internationale dans le style bharata-natyam, théâtre dansé de l'Inde.</em><br /><br /></p>";"<div><p><span class=""char-style-override-1"">K</span><span>atia Légeret </span></p><p><span> </span></p><p><span>Introduction</span></p><p><span class=""char-style-override-2"">E</span><span>n 1911, à l’apogée de sa célébrité, Rodin reçoit vingt-sept photographies de sculptures en bronze, prises en Inde du Sud, au musée de Chennai. Il s’agit du dieu de la danse Çiva sous sa forme de</span><span> naṭarāja</span><span>, « Roi des danseurs et des acteurs ». Ces clichés viennent de Victor Goloubeff </span><a id=""footnote-213-1-backlink"">1</a><span>, un archéologue russe, qui dirige la revue </span><span>Ars Asiatica</span><span> à Paris. Il demande à Rodin d’écrire un texte sur ces bronzes. Rodin rédige alors quelques pages, sous la forme de fragments poétiques.</span><span> Ils seront publiés après sa mort en 1921 sous le titre </span><span>La Danse de Çiva </span><a id=""footnote-213-2-backlink"">2</a><span>, dans le troisième numéro d’</span><span>Ars Asiatica </span><a id=""footnote-213-3-backlink"">3</a><span>. La découverte et la connaissance de ces fragments par les lecteurs français se révéleront comme suspendues dans le temps – plus que délaissées – alors qu’il s’agit de l’un des rares textes de Rodin sur la danse : ces bronzes indiens l’intéressent en ce qu’ils expriment la danse. La réédition tardive de ce texte en 1998 s’est faite très discrètement, sans les photographies des sculptures du Çiva</span><span> </span><a id=""footnote-213-4-backlink"">4</a><span>.</span></p><p><span>L’originalité de l’écriture de ce texte tient au fait qu’elle se fonde sur deux arts que Rodin ne connaît pas, puisqu’il n’a jamais vu en réalité ni ces sculptures indiennes, ni les chorégraphies qu’elles suggèrent aux Hindous depuis des siècles. Cette posture de danse du dieu Çiva est intégrée dans les répertoires traditionnels des acteurs-danseurs indiens avec cent huit variations différentes (les </span><span>karaṇ</span><span>a</span><span>) et plus particulièrement dans les compositions qui mettent en scène les mythes cosmogoniques. Auguste Rodin n’a pu les découvrir puisque le premier spectacle de style traditionnel présenté par une troupe de l’Inde a lieu en 1938 à Paris, dans le style </span><span>bharata-nāṭyam</span><span>, sous la direction du célèbre danseur Ram Gopal. Comment un sculpteur d’une telle notoriété peut-il devenir le poète d’une danse qui lui est inconnue ? Pourquoi donne-t-il autant d’importance à la fin de sa vie à cette relation particulière entre la danse, la sculpture et la poésie ?</span></p><p><span>Cultivant sans cesse son intérêt pour la danse, Rodin a eu l’occasion de découvrir à Paris deux styles d’Extrême-Orient, profondément ins­pirés des théâtres dansés de l’Inde : celui des danseuses javanaises en 1889 à l’Exposition universelle, puis un spectacle du Cambodge en 1906, également présenté à l’Exposition coloniale de Marseille. Les Javanaises étaient des danseuses officielles attachées à la cour de leur pays, interprétant le répertoire propre au corps de ballet du sultan de Solo </span><a id=""footnote-213-5-backlink"">5</a><span>. Rodin les dessine très peu. Il fait en revanche cent cinquante dessins des Cambodgiennes qui étaient des artistes de la cour du roi Sisowath et s’exclame : « Elles sont au-delà de la beauté que nous pouvons, ou que j’ai pu saisir </span><a id=""footnote-213-6-backlink"">6</a><span>. » À part cet authentique spectacle, Rodin se fera plus tard une certaine idée « exotique » de la danse indienne par ses relations avec la danseuse Dourga dite « l’Hindoue ». Cette artiste est, dans le milieu du music-hall français, l’une des rares à être originaire d’Extrême-Orient et à conduire une carrière aussi fulgurante.</span></p><p><span>Quelles relations Rodin tisse-t-il entre ces danses dites exotiques, la sculpture indienne et sa propre sculpture ? En quoi cette idée d’une danse cosmique que l’acteur-danseur incarne </span><a id=""footnote-213-7-backlink"">7</a><span> se rapproche-t-elle de la place qu’il donnera dans son art à la vie, « cette chose qui vous pénètre en tous sens » et à la nature, « ravissement perpétuel, enivrement éperdu » </span><a id=""footnote-213-8-backlink"">8</a><span> ?</span></p><p><span>Sa vision poétique repose sur des photographies du dieu sculpté et non sur la présence de danseurs. L’art photographique est limité car il fige en un quarantième de seconde un geste en pleine action, au lieu de dérouler ou de suggérer, comme le fait sa sculpture, ses trajets successifs possibles dans l’espace. Rodin montre par exemple comment les clichés de son </span><span>Saint Jean-Baptiste </span><span>(1878)</span><span> </span><span>font croire à un homme sautant à cloche-pied, alors qu’il a sculpté la mobilité continue de la marche, le « mouvement en tant que transition d’une attitude à une autre », glissement insensible entre « une partie de ce qui fut » et la découverte partielle de « ce qui va être » </span><a id=""footnote-213-9-backlink"">9</a><span>. Comment de ce fait peut-il analyser le corps dansant du dieu Çiva</span><span> </span><span>à partir de simples reproduc</span><span>tions photographiques ?</span></p><p><span>Une clé nous sera donnée dans son texte sur Çiva, lorsqu’il compare un geste de ce bronze avec celui de la </span><span>Vénus de Médicis</span><span>, dont il possède une copie dans son atelier. Il ne s’agit pas d’établir une correspondance entre deux statues antiques mais de mentionner la méthode d’observation qu’il renouvelle chaque fois qu’il cherche une inspiration. En effet, dans ses entretiens avec Paul Gsell, il précise que l’action de promener longuement le faisceau d’une lampe électrique sur tous les détails d’un corps sculpté semble transformer le minéral en chair vivante et fait surgir les formes comme « des saillies des volumes intérieurs ». Grâce à cette « prodigieuse symphonie en blanc et noir », un mouvement dansant est créé par la main de Rodin tandis qu’il tient la source d’éclairage. Celle-ci donne à voir des « passages si finement estompés qu’ils semblent se dissoudre dans l’air ». La danse paraît devenir inhérente à la sculpture. Elle se définit par un agencement de plusieurs genres de déplacements, de corps, de matériaux et de micromouvements. Elle inclut également la réception d’un spectateur-acteur qui participe à la « performance » par la mobilité de son regard extérieur et par le mode d’éclairage qu’il choisit. Rodin pense-t-il à Loïe Fuller, l’une des grandes danseuses qu’il fréquenta ? Dès 1892, revêtue de dizaines de mètres de tissu blanc qu’elle fait tournoyer sur les scènes parisiennes, elle invente une scénographie où l’éclairage électrique devient un élément esthétique essentiel. Des machinistes, placés à différents endroits de la salle, dirigent sur elle la lumière d’un projecteur qu’ils tiennent de la main gauche, pendant que de la droite, ils font tourner un disque de verre divisé en secteurs de couleurs variées, démultipliant ainsi son image à l’infini </span><a id=""footnote-213-10-backlink"">10</a><span>.</span></p><p><span>Nous verrons ainsi comment </span><span>La Danse de Çiva</span><span> présuppose une mise en scène inventée par Rodin, comme si ce bronze devenait un modèle, non plus à reproduire en tant que sculpture, mais à mettre en mouvement dans une écriture poétique. Le lecteur s’y laisse prendre, tant la mobilité suggérée par les mots efface la vision figée en une myriade d’images de ce dieu de la danse cosmique. Il va jusqu’à oublier la série de photographies qui morcellent son corps en se concentrant sur un pied, une main ou sur un détail du visage. Rodin lui-même se plaira </span><span>à mélanger dans ses descriptions les profils de ces statues indiennes. Pour compenser cette double immobilité d’une posture dans le bronze et sur le papier, Rodin élabore dans son écriture une conception poétique originale du rythme, voyant dans ce corps sculpté un instant privilégié où s’affrontent des forces multiples. Çiva en devient le modèle. De plus, nous retrouverons dans un certain nombre des dessins de Rodin des attitudes dansées analogues à celles que le </span><span>Nāṭya-śāstra</span><span>, traité millénaire et majeur sur le théâtre et la danse de l’Inde, répertorie dans ses</span><span> karaṇa</span><span>, poses qui ont aussi inspiré les danses du Cambodge et de Java </span><a id=""footnote-213-11-backlink"">11</a><span>.</span></p><p><span>Un groupe de jeunes chercheurs et artistes du laboratoire « Scènes et savoirs » de Paris 8 formés en Inde aux théâtres dansés – </span><span>kūtiyāttam</span><span>, </span><span>bharata-nāṭyam</span><span> et </span><span>odissi</span><span> – présente dans cet ouvrage une étude sur cette prose poétique d’Auguste Rodin, à partir de sa transposition dans le langage non verbal de leur art. Pourquoi s’intéresser, un siècle plus tard, au Rodin de </span><span>La Danse de Çiva</span><span>, après un renouveau postcolonialiste de ces arts de la scène qui a été inséparable d’un phénomène complexe de transculturation ? Quels sont les enjeux esthétiques, linguistiques, politiques et transculturels d’une traduction de ce texte de Rodin dans plusieurs langues indiennes et de son adaptation scénique en France et en Inde ?</span></p><p><span>Actuellement, quelles formes prennent la réception de ce texte par les artistes, les chercheurs et les publics à la fois français et indiens ? Sachant que les acteurs-danseurs indiens traduisent un texte en le transposant dans les gestuelles savantes (</span><span>mudrā</span><span> et </span><span>hasta</span><span>) qui alternent sans cesse des mouvements rythmiques de la danse avec des poses sculpturales, en quoi ce langage non verbal contribue-t-il à la compréhension du texte de Rodin ? Ces jeux </span><span>inter</span><span>- et </span><span>intra</span><span>-sémiotiques d’une traduction à la fois poétique et artistique de </span><span>La </span><span>Danse de Çiva </span><span>proposent-ils une forme particulière de résistance à une langue dominante ou à un modèle ethnocentriste ? Peuvent-ils contribuer à enrichir ou à transformer certains éléments des langages savants propres à l’artiste indien contemporain, dans la mesure où certains mots choisis par Rodin pour décrire le Çiva sont pratiquement intraduisibles ? Peut-on parler d’actualité des interfaces entre les catégories artistiques – sculpture, poésie, danse, théâtre, musique, photographie, architecture – suggérées par ce texte de Rodin ? Grâce à cette importance particulière qu’il donne à la fin de sa vie aux relations entre ces différents arts, nous verrons comment l’écriture poétique lui permet de relier la sculpture et la danse de façon à ce que jamais l’une n’illustre l’autre, ni l’occulte et encore moins ne risque de l’effacer.</span></p><p><span>Rodin a cherché à comprendre la signification essentielle du jeu rythmique entre équilibres/déséquilibres/points de tension caractérisant cette posture de danse du Çiva sans s’attacher à ses ornements symboliques et mythologiques. Présente-t-elle des résonances avec certaines de ses œuvres lorsqu’il dessine ou sculpte des successions de formes acrobatiques en suggérant en même temps leur inachèvement ou leur disparition ? Que nous apprend ce texte sur la manière dont Rodin cultive à la fois la mémoire de l’antique et le désir d’un événement original et éphémère ? Dans cette rencontre inédite entre la sculpture antique, la danse de l’Inde et leur mise en scène imaginaire par le langage poétique, Rodin invite le lecteur contemporain que nous sommes à la fois à un regard nouveau sur son œuvre et à un regard </span><span>autre</span><span> sur ces différents arts. Il nous transmet dans ce texte une alliance originale entre interprétation et invention, reconstruction du passé et agencement de nouvelles figures.</span></p><p><span>Le premier exemple de mise en scène du texte de Rodin, qui a été fait en Inde pour l’occasion et à l’université Kalamandalam du Kerala, fait l’objet de l’article écrit par Viviane Sotier-Dardeau qui y séjourne régulièrement : elle nous présente une création chorégraphique et théâtrale en </span><span>kūtiyāttam</span><span>. À partir de la traduction anglaise du texte de Rodin et de l’aide précieuse de Kalamandalam Sajith, percussionniste de </span><span>kūtiyāttam</span><span>, quelques phrases et quelques images poétiques suffirent au maître </span><span>Kalamandalam Shylaja pour élaborer une chorégraphie mêlant la vie du sculpteur et sa vision occidentale du </span><span>na</span><span>ṭ</span><span>arāja</span><span>. Le </span><span>kūtiyāttam</span><span> étant un théâtre joué également en sanskrit, une traduction de certaines phrases de Rodin a été faite dans cette langue afin de les psalmodier sur des mélodies précises. Sri Sundaresan, docteur en langue sanskrite, a contribué au processus de création. Pour le spectacle </span><span>Shiva Rodin</span><span>, il composa en sanskrit deux quatrains inspirés du texte original d’Auguste Rodin. Ces vers appelés des </span><span>śloka</span><span> sont parlés-chantés au cours du spectacle par Viviane Sotier-Dardeau jouant le personnage du sculpteur lorsqu’il travaille avec ses modèles danseurs.</span></p><p><span>Puis Nancy Boissel-Cormier, qui vit à Chennai, ouvre un dialogue entre le texte de Rodin et son maître de </span><span>bharata-nāṭyam</span><span> Kalaimamani Kuttalam M. Selvam, l’un des derniers héritiers de la lignée des </span><span>natuvānār</span><span> du style Pandanallur. Les mots de Rodin sont traduits en Inde et interprétés, au-delà de la description de cette sculpture, en tant qu’ode à la symbolique intrinsèque du dieu Çiva. Comme le sculpteur qui a façonné ce bronze et Kalaimamani Kuttalam M. Selvam se retrouvent autour de symboles universels le temps d’une danse, dont sont décrites dans l’article les trois étapes du processus de création : la traduction du texte en tamoul, sa mise en musique et la chorégraphie dans le style </span><span>bharata-nāṭyam</span><span>. Ainsi, ce texte inspira récemment en Inde une pièce dansée originale qui traduit le dialogue de deux « sculpteurs » de mots à sept siècles d’écart, à travers la représentation du </span><span>naṭarāja</span><span>, le dieu de la danse.</span></p><p><span>L’article de Laurence Le Bail Simon analyse la mise en scène de plusieurs extraits du texte de Rodin dans le style </span><span>odissi</span><span>, théâtre dansé de l’Orissa, au Nord-Est de l’Inde. La relation étroite entre verbe, danse et sculpture incite à penser la relation entre forme, idée et mouvement, tandis que les dé-contextualisations et re-contextualisations successives mettent en question l’efficacité de l’œuvre plastique hors de son contexte esthétique natif. L’analyse de la lecture de Rodin et du processus de création chorégraphique met en évidence une éloquence plastique certaine, mais révèle aussi ses limites. Se dessine alors un partage possible entre un travail propre à chaque culture et une éloquence poétique fondée sur l’expérience sensible commune, et sur la capacité de l’art – transcendant la diversité de ses catégories – à saisir le mouvement du désir qui fait signe, à le restituer comme élan, dans sa temporalité spécifique : durée à la fois ouverte et rassemblée d’un présent toujours renouvelé dans l’élan que l’œuvre perpétue.</span></p><p><span>Le texte intégral de Rodin suit cette introduction : c’est sa seconde réédition, la première ayant eu lieu en 1998. À la fin de ce livre, il est mis en résonance avec un autre texte poétique, « Conversation entre le Dieu de la danse et le poète », écrit pour l’occasion par le poète Philippe Tancelin. À notre étude sur les sources qui ont inspiré Rodin s’ajoutent deux regards indiens sur la figure du </span><span>Çiva </span><span>naṭarāja </span><span>contemplée par Rodin : celui de R. Balasubramanian, conservateur au musée gouvernemental de Chennai, où les deux bronzes ayant inspiré Rodin sont toujours exposés, puis celui de H. S. Shiva Prakash, poète, dramaturge et professeur en esthétique à l’université JNU de New Delhi.</span></p><p><span>Bénédicte Garnier, responsable scientifique de la collection d’antiques de Rodin, relate la passion de Rodin pour un autre genre de sculptures antiques influencées par l’Inde, celles de l’Asie du Sud-Est. Il s’agit de l’art du Cambodge, mais aussi de l’art de l’Indonésie, qu’il découvrit à l’Exposition universelle de 1900, dans le Pavillon des Indes néerlandaises, avec les moulages des sculptures du temple de Borobudur. Passionné et collectionneur, le sculpteur hérita de cinq de ces moulages représentant les cinq Bouddhas en méditation dont il orna sa maison, la villa des Brillants à Meudon. Le Bouddha </span><span>amitābha</span><span>, posé en exergue dans le jardin, focalisa tous les regards. Cette image fut réinterprétée par l’artiste et par ses contemporains, et symbolisa son aspiration au recueillement et sa quête de plénitude. Objet d’expérimentation, parmi les antiques grecs et romains, la figure de Bouddha participa à la recherche de l’artiste sur la simplification de formes, lui dévoilant les secrets de sa vivante immobilité.</span></p><p><span>Cet ouvrage constitue les actes de la journée d’études du 17 octobre 2012 qui a eu lieu au musée Rodin, co-organisée par l’université Paris 8 (EA 1573 « Scènes et savoirs ») et par le musée ; il rassemble aussi certains éléments de la création </span><span>Shiva Rodin</span><span>, mise en scène du texte d’Auguste Rodin </span><span>La Danse de Çiva</span><span> réalisée par Katia Légeret, </span><span>présentée quelques jours plus tard au théâtre parisien de la Reine Blanche.</span></p><p><span>notes</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-213-1"">1</a>. <span>Ayant participé à une exploration en Inde des grottes d’Ajanta, Victor Goloubeff entreprend une carrière comme membre de l’École française d’Extrême-Orient après s’être fait naturaliser français. Il sympathise avec Rodin, qui réalise entre 1905 et 1906 un buste en marbre de sa femme.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-2"">2</a>. <span>En sanskrit, la première lettre du mot </span><span>Çiva</span><span> se transcrit avec un « s » comprenant un signe diacritique placé au-dessus – un accent aigu – et elle se prononce comme le « ch » en français. La transcription se fait avec un « ç » ou plus communément avec un « sh ». Nous avons gardé dans ce texte le choix de transcription du texte de Rodin, qui est aussi celui de la revue </span><span>Ars Asiatica III</span><span>.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-3"">3</a>. <span>Ars Asiatica III. Études et documents publiés sous la direction de Victor Goloubeff. Sculptures çivaïtes par Auguste Rodin, Ananda Coomaraswamy, E. B. Havell et V. Goloubeff</span><span>, Bruxelles/Paris, Librairie nationale d’art et d’histoire/Gérard Van Oest et C</span><span>ie</span><span>, 1921. Dans son avant-propos, Victor Goloubeff précise qu’à partir du présent volume, la collection </span><span>Ars Asiatica</span><span> est publiée sous le patronage de l’École française d’Extrême-Orient dont le siège de la rédaction est au musée Guimet. Il indique que Claude Maître, directeur de cette école, s’est chargé pendant l’absence de Victor </span><span>Goloubeff « de relire les épreuves et de suivre l’impression du volume ». Ce troisième volume a été tiré en héliotypie par Léon Marotte à Paris et en quinze exemplaires de grand luxe, le texte et les planches sur papier Impérial du Japon. Sur la couverture cartonnée marron, le titre est imprimé en lettres dorées, ainsi qu’un dessin simplifié de la sculpture en bronze du dieu Çiva </span><span>naṭarāja.</span><span> Outre l’exemplaire conservé au musée Rodin, il en existe à Paris trois autres, au musée Guimet, à la bibliothèque centrale du Louvre et à celle du musée d’Orsay (n° inv. 14330). Le fond photographique du musée Guimet possède 33 négatifs 24 x 30 de bronzes du</span><span> </span><span>Çiva</span><span> naṭarāja</span><span>, qui ont été vendus à la Maison Van Oest puis rachetés par le musée Guimet entre 1920 et 1934. Bien que les documents manquent à ce sujet, il est vraisemblable que Victor Goloubeff soit le photographe de ces bronzes et de ceux de la revue </span><span>Ars Asiatica</span><span> de mars 1921. Le nombre très important de clichés de grand format, pris sur les principaux sites archéologiques de l’Inde et de Java où il voyagea – et qu’il déposa au musée Guimet –, constitua le premier fonds homogène des archives photographiques de ce musée.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-4"">4</a>. <span>Ce texte a été réédité pour la première fois en 1998 dans un ouvrage comprenant d’autres écrits du même auteur : Auguste Rodin, </span><span>Éclairs de pensée, écrits et entretiens</span><span>, Paris, Olbia, 1998, p. 73-79. Mais les clichés photographiques ayant inspiré ce texte d’Auguste Rodin et parus dans </span><span>Ars Asiatica III</span><span> n’ont pas été réédités dans cette publication, ni dans sa réédition en décembre 2008 aux éditions Sandre.</span></p><p><span> À l’occasion d’une exposition sur les bronzes de la dynastie Chola organisée à Londres par la Royal Academy du 11 novembre 2006 au 25 février 2007, le catalogue de l’exposition a publié la photographie du Çiva</span><span> naṭarāja</span><span> de Velangani présente dans la revue </span><span>Ars Asiatica III</span><span> ainsi que la traduction en anglais du texte </span><span>La Danse de Çiva</span><span> d’Auguste Rodin.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-5"">5</a>. <span>Rodin et les danseuses cambodgiennes</span><span>, Paris, musée Rodin, 2006, p. 61. Cet ouvrage collectif a été édité à l’occasion de l’exposition « Rodin et les danseuses cambodgiennes. Sa dernière passion » qui a eu lieu au musée Rodin du 16 juin au 17 septembre 2006. Le commissaire de l’exposition était Jacques Vilain, conservateur général du patrimoine.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-6"">6</a>. <span>Lettre à Rainer Maria Rilke du 8 novembre 1907, dans Alain Beausire, Hélène Pinet, Florence Cadouot et Frédérique Vincent (dir.), </span><span>Correspondance de Rodin – 1860-1917</span><span>,</span><span> </span><span>Paris, musée Rodin, 1985-1992, vol. I-IV.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-7"">7</a>. <span>« Sa gestuelle est l’univers, sa parole tout ce qui se profère/Sa parure, la lune et les étoiles./Hommage à Çiva, le sâttvique ».</span><span> </span><span>Appris par cœur par tous les acteurs-danseurs indiens, ce poème, antérieur au </span><span>vi</span><span>e</span><span> siècle, est tiré de </span><span>Abhinaya-darpana</span><span> de Nandikeshvara. La première traduction en anglais de cet ouvrage a été réalisée par Ananda Coomaraswamy en 1917, sous le titre </span><span>The Mirror of Gesture</span><span>, Cambridge, Harward </span><span>University Press.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-8"">8</a>. <span>Auguste Rodin, </span><span>Éclairs de pensée, écrits et entretiens</span><span>, </span><span>op. cit.</span><span>, p. 57 et Auguste Rodin, </span><span>L’Art, entretiens réunis par Paul Gsell</span><span>, Paris, Grasset, « Les Cahiers Rouges », 1911, p. 41.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-9"">9</a>. <span>Auguste Rodin, </span><span>L’Art, entretiens réunis par Paul Gsell</span><span>, </span><span>op. cit.</span><span>, p. 57 et 58, puis p. 50 et 51. Malgré cette critique énoncée sur le plan théorique, Rodin a été novateur, parmi les sculpteurs, dans son utilisation très variée de la photographie : en tant que modèle pour réaliser une gravure, un dessin, un croquis documentaire ou encore un aide-mémoire pour corriger une sculpture. Sur la majorité des clichés réalisés par Eugène Druet, il faisait figurer sa signature à côté de celle du photographe, puisqu’il participait activement aux prises de vues sur son œuvre. Il demandait à Jacques-Ernest Bulloz de photographier ses sculptures sous un grand nombre d’angles pour que le spectateur ait l’impression de se promener autour d’elle et d’en faire le tour : à ce sujet, consulter l’ouvrage d’Hélène Pinet</span><span>, Rodin sculpteur et les photographes de son temps</span><span>, Paris, Philippe Sers, 1985.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-10"">10</a>. <span>Giovanni Lista, </span><span>Loïe Fuller. Danseuse de la Belle Époque</span><span>, Paris, Stock, 1994, p. 154-160. La forme humaine est effacée par les voiles de ce corps lumineux tandis que sa dimension organique et physique est transcendée dans une expérience visuelle onirique, le public voyant se succéder fleurs, flammes ou papillons. Contrairement à Rodin qui ne parvint à sculpter cette artiste alors admirée par le peintre Henri de Toulouse-Lautrec et le poète Mallarmé, Pierre Roche réalisa plusieurs œuvres d’elle dès 1894 et en 1900, dont une grande statue pour le théâtre Loïe Fuller, construit par Henri Sauvage, à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-213-11"">11</a>. <span>Au Cambodge, dans les temples çivaïtes du </span><span>x</span><span>e</span><span> au </span><span>xii</span><span>e</span><span> siècle, des poses dansantes de Çiva sont sculptées par exemple aux frontons de Vat Ek et de Vat Baset. La tradition javanaise comprend également ce vocabulaire indien : c</span><span>f. </span><span>Alessandra Iyer, « Nrittakaraṇa-s in ancient Java », dans Lyne Bansat-Boudon (dir.), </span><span>Théâtres indiens</span><span>, Paris, EHESS, 1998, p. 137-153.</span></p></div></div></div>";;752;25.00;"<p style=""text-align: justify;""><em>La Danse de Çiva</em> texte écrit par Rodin en 1913, exprime les liens tissés par Rodin entre le monde de la danse extra-européenne, ses propres sculptures et les Vénus, les Bouddha ou les bois indiens qu’il collectionnait.
La richesse des interférences qu’il suggère entre sculpture, poésie, danse, théâtre, musique et photographie 
résonne avec un éclat particulier dans l’art d’aujourd’hui. Cet ouvrage met en dialogue des recherches d’historiens de l’art, de poètes et d’artistes français ou indiens qui ont traduit et mis en scène <em>La Danse de Çiva</em> en plusieurs langues indiennes et dans leurs langages corporels.</p>";;29/11/2013 10:29;1;Première édition;3678 585;2;3;33;Valère Novarina;En scène;;;"<p>Exploration passionnée de l’univers de Valère Novarina à travers le retour sur le travail de mise en scène de quatre de ses pièces.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Avant-propos rétrospectif</p><p style=""text-align: left;""><strong></strong><strong></strong>Approches sensibles</p><p style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 1 
<em><br />Vous qui habitez le temps</em><br /></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>De la page à la scène</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong>Au cœur des répétitions<strong></strong><br />Corps à corps<em><br />Avril 1994</em><em> ; Avancée</em><em> ; Novembre-décembre 1994 </em><em>; Filage 1</em><em> ; Filage 2 </em><em>; Avancée.</em><br />Musique chaotique<strong></strong></p><p><strong>La dynamique de l’espace, scénographie</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La lumière nuit<strong></strong><br />Adaptation à d’autres lieux<strong></strong><br />L’écoute de la parole dansée, décentrée<strong></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 2
<em><br />Le Repas</em></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Parcours</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong>À table : tous à la scène !<strong></strong><br />Fabrication<strong></strong><br />Amorces<strong></strong><br />Progression<strong> </strong></p><p><strong>De l’improvisation pour avancer</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Comptines<strong></strong><br />Entrée dans la matière<strong></strong><br />De la frontalité<strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 3
<em><br />L’Opérette imaginaire</em></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong><em>Du Repas</em></strong><strong> à <em>L’Opérette imaginaire</em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong>Repères dramaturgiques pour <em>L’Opérette imaginaire</em><strong><em></em></strong><br />Auto sacramental<em> et sacralisation de l’acteur.</em><br />Les sources classiques : pour une dramaturgie en éclats<strong></strong><br />L’acte nuptial suivi de l’acte en solitude, l’acte épars<strong></strong><br />Le théâtre épique <strong></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>La mise en scène</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong></strong>Accessoires<strong></strong><br />Musicalité, rythme, espace<strong></strong><br />Couleurs et oripeaux<strong></strong><br />Topographie<strong></strong><br />L’imaginaire<strong></strong><br />Travaux d’approche et répétitions<strong></strong><br />Péripéties par bribes, à travers la pièce<strong></strong><br />Les répétitions<strong></strong></p><p><strong><em> L’Opérette imaginaire</em></strong><strong> en «</strong><strong> </strong><strong>éclats de rire</strong><strong> </strong><strong>» sanglants</strong><strong> </strong><strong></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le rire salvateur <strong></strong><br />Le clown <strong></strong><br />Le clown en majesté<br />L’envers du décor</p><p style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 4
<em><br />L’Avant-dernier des hommes</em></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Genèse de l’écriture </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>L’acteur, figure pauvre</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Paroles croisées entre Claude Buchvald 
 et Claude Merlin</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Bribes et choses<strong></strong>Didascalies en poème<strong></strong><br />Le monologue démultiplié : l’un et le nombre<strong></strong><em><br />L’Avant-dernier des hommes</em> en onze acteurs<br /><strong></strong>Le choc des langues : <em>L’Avant-dernier des hommes</em> en Estonie<strong></strong><br />Répétitions<br />Présentation au public<strong></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Épilogue </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> Annexes </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Claude Merlin</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Le danger et la grâce<strong></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Un long compagnonnage musical avec Christian Paccoud</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong></strong>Entretien de Claude Buchvald avec Christian Paccoud<strong></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Le choc des langues</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong></strong>Langues croisées, langues actives<strong></strong><br />Réception de <em>L’Avant-dernier des hommes</em> en Estonie<br />La première apparition de Valère Novarina<br />Suites<strong></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> </strong></p><p><em>Bibliographie<br />Références et crédits photographiques</em></p>";"<p>Il fallait absolument que quelques traces flamboyantes demeurent de cette longue pérégrination à travers les écrits de Valère Novarina, dans le corps vivant d’une parole sans cesse en action. Dans ce livre fabriqué pas à pas, souffle à souffle, je suis retournée avec les acteurs, par les voies les plus diverses, là où la langue se forme sur les planches de la scène, là où les paroles s’emparent des corps et éclatent en tous <em>sens</em>. Et de toute évidence, ils sont ici présents, au fil des pages, à travers les 74 photos prises sur le vif. L’<em>Opérette imaginaire</em> écrite spécialement pour nous a été le point culminant de notre envolée, et a fertilisé une multitude de voies et voix nouvelles, avec une joie indéfectible et turbulente, là où le chant tonitrue à tous les vents…<br />Ce livre est tout pétri d’amour, de larmes, et du désir que le théâtre continue d’agir là où on l’attend le moins et le plus. </p><p>Une vivifiante alerte !</p>";10/02/2014;0;170X240;288;978-2-84292-400-3;9782842924003;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_585.jpg;"<p>Ce livre explore l'écriture singulière de Valère Novarina, à partir de l'expérience de metteur en scène de Claude Buchvald. Il raconte l'histoire de cette plongée dans un univers textuel novateur et exigeant, en explorant avec les acteurs, pas à pas, son avènement sur la scène.<br />Écrit en un style résolument personnel et accompagné de photographies originales souvent inédites, ce livre est un acte de foi en la puissance visionnaire du théâtre.</p><p><em>Claude Buchvald, metteur en scène, comédienne, est maître de conférences à l'université Paris 8. Elle a mis en scène de nombreuses pièces de Valère Novarina, en France et à l'étranger, dont</em> Vous qui habitez le temps, Le Repas, L'Avant-dernier des hommes, L'Opérette imaginaire, Falstafe, L'Acteur sacrifiant.</p>";;;684;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce livre explore l’écriture singulière de Valère Novarina, à partir de l’expérience de metteur en scène et de comédienne de Claude Buchvald. Il relate cette plongée dans un univers textuel novateur et exigeant, en explorant avec les acteurs, pas à pas, son avènement sur la scène. Ecrit en un style résolument personnel et accompagné de photographies originales souvent inédites, ce livre est un acte de foi en la puissance visionnaire du théâtre.</p><p> </p><p>L'ouvrage illustré, bénéficie d'une iconographie importante, prise sur les plateaux et sur scène.</p>";;29/11/2013 10:33;1;Première édition;3690 586;1;6;28;Recherches linguistiques de Vincennes;N°05/06;;;;;;10/11/1978;0;;0;978-2-84292-975-6;978-2-84292-975-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;;;;;0;0.00;;;11/02/2014 17:36;0;Première édition;3147 587;2;3;17;Une calligraphie des ombres;Les manuscrits d'Alejandra Pizarnik;;;"<p>Ponctué de larges iconographies en couleur, voici un ouvrage tout à fait inédit sur le travail d’écriture et de création de la poète argentine Alejandra Pizarnik.</p>";"<p><strong>Avant-propos </strong></p><p><strong>Ralentir : travaux </strong></p><p>L’œuvre imprimée<br />Ce qui est resté dans les tiroir<br />Pizarnik et les lettres françaises<br />Le fonds Alejandra Pizarnik</p><div><p style=""text-align: center;""><strong><br />Le chantier de l’œuvre</strong><strong></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Précis de (dé)composition </strong></p></div><p>Un cabinet d’amateur<br />La musique successive des jours<br />Cahiers de tout et de rien<br />Le Palais du vocabulaire<br />La texture grammaticale<br />Lettres et correspondances<br />Un musée imaginaire</p><div><p style=""text-align: center;""><strong><br />L’écriture à l’œuvre</strong></p></div><p><strong>De la pratique avant toute chose</strong></p><p>La mécanique de l’écriture<br />L’orchestration des mots<br />Notes de régie</p><p><span style=""text-decoration: underline;"">Dossier génétique</span> : La fabrication de l’œuvre : « Fragments pour dominer le silence »</p><p><strong>Voir pour écrir</strong></p><p>L’encadrement<br />L’œil : objet écrit<br />Les yeux du texte </p><p><span style=""text-decoration: underline;"">Dossier génétique</span> : La construction d’un regard : « Jeu tabou »</p><p><strong>Petite anatomie de l’écriture</strong></p><p>Couper<br />Coller<br />Effacer</p><p><span style=""text-decoration: underline;"">Dossier génétique</span> : La « petite machine sadienne ». Pizarnik et le travail de correction</p><div><p style=""text-align: center;""><strong><br />Les mots sur l’œuvre</strong></p></div><p><strong>Les discours sur la méthode</strong><br /><br />Machine à écrire ou machine à coudre ?<br />Corps poétiques<strong></strong></p><p><br />Bibliographie<em></em></p><p>Repères bio-bibliographiques</p>";;10/05/2014;0;137X220;368;978-2-84292-402-7;9782842924027;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_587.jpg;"<p>Premier ouvrage publié en français sur Alejandra Pizarnik (1936-1972), ce livre s'attache aux manuscrits de cette poète argentine, qui sont objets à voir autant qu'à lire. L'auteur les analyse comme le lieu où se révèlent les rapports particulièrement complexes que l'écrivain entretient avec le langage en tant que matériau, que ce soit dans le choix des instruments d'écriture, dans la matérialité des supports, dans l'agencement du texte sur la page blanche ou dans les pratiques de composition.</p><p>Les «papiers de travail » de Pizarnik dessinent une « calligraphie des ombres », qui s'acorde à l'opacité d'une voix singulière, toujours fuyante, pour interroger la prétendue transparence des signes et des lettres. <em>« Toute la nuit je fais la nuit. Toute la nuit j'écris. Mot à mot j'écris la nuit. »</em><br /><br /></p><p><em>Mariana Di Ció est Maître de conférences en littérature latino-américaine à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle. Elle travaille sur la littérature argentine (en particulier la poésie) et la genèse des œuvres, et participe au projet d’édition du fonds de l’écrivain Juan José Saer.</em></p>";;;522;26.00;"<p>Dans ce premier ouvrage en français consacré à Alejandra Pizarnik, l’auteur s’empare d’une <em>terra incognita </em>: la genèse d’une œuvre. Ces fragments clairsemés que sont les manuscrits de la poète argentine permettent de retracer les repentirs, les contradictions, les détours et les zones obscures de son projet littéraire.</p><p>Appuyé par une large iconographie en couleur, le livre révèle ces « textes sans lettres » qui sont délimités par la matérialité des supports, par des ratures, par les traces nombreuses de gestes et de mécanismes impliqués dans l’acte de création.</p>";;12/02/2014 11:15;1;Première édition;3435 588;2;3;18;Aux confins du récit;;;;"<p>Réflexion autour de la définition du récit, qui dépasse les frontières de la littérature et de la fiction pour interroger le cinéma, l’histoire, la philosophie, la peinture ou la musique.</p>";"<p>Avant-propos<br /> <strong>Clemens-Carl Härle</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie I</strong></p><p><strong>Jean-Luc Nancy</strong><br />Récit, récitation, récitatif</p><p><strong>Bruno Clément</strong><br />La pensée fabuleuse</p><p><strong>Alexander Garcia Dütmann</strong><br />La littérature, par exemple</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie II</strong></p><p><strong>Omar Calabrese</strong><br />La bataille sacrée</p><p><strong>Patrick Vauday</strong><br />Écrire la peinture, peindre la littérature : à propos de l’esthétique sans frontières de Jacques Rancière.</p><p><strong>Talia Pecker Berio</strong><br />Musique et narrativité : apostilles en marge d’un débat trentenaire</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie III</strong></p><p><strong>Clemens-Carl Härle</strong><br />Le récit, probablement</p><p><strong>Pierre Drogi</strong><br />Limites et secret du récit</p><p><strong>Catherine Maubon</strong><br />Michel Leiris aux limites du récit autobiographique</p><p><strong>Françoise Asso</strong><strong> </strong><br />Silences du récit, rumeur des histoires</p><p><strong>Élisabeth de Fontenay</strong><br />Une enquête aux confins</p><p><strong>Guido Mazzoni<br /></strong>Littérature narrative et jeux de vérité</p>";;10/05/2014;0;137X220;208;978-2-84292-403-4;9782842924034;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_588.jpg;"<p><em>Un genre Indéfini</em>. Ce que Marthe Robert disait du roman se dirait aussi bien du récit, dont on ne saurait proposer une définition qui vaille toujours, ou pour tous. C'est cette question des frontières, des limites, des bords et lisières du récit que reprend, sur de nouvelles bases, le recueil que voici. Les auteurs n'évoluent pas tous dans l'univers de la littérature, que la pratique du récit déborde de fait largemement. Le cinéma, l'histoire, la mythologie ne peuvent se concevoir sans récit. Et la philosophie, la peinture, la théologie ou la musique n'ont pas davantage recours au récit comme à un simple ornement ; le récit les informe de part en part, voire les conditionne.</p><p>Cette promenade aux confins du récit invite à considérer la littérature dans sa relation essentielle avec les autres domaines du savoir qui partagent avec elle cette condition, humaine par excellence, qu'est le besoin de raconter.<em> </em></p><p> </p><p><em>Bruno Clément, professeur à l'Université Paris 8, a présidé le Collège international de philosophie. Il a notamment publié</em> Le Récit de la méthode (<em>Seuil, 2005</em>), La Voix verticale (<em>Belin, 2013</em>).<em><br />Clemens-Carl Härle, professeur à l'Università degli Studi de Sienne, a dirigé, avec Giorgio Agamben et Barbara Chitussi</em>, Walter Benjamin, Beaudelaire (<em>La fabrique, 2013</em>)</p>";"<div><p>Avant-propos</p><p><span>Clemens-Carl Härle</span></p><p>On peut, sur le récit, formuler deux hypothèses. La première suggère que le récit constitue, plus que toute autre forme linguistique, un mode d’accomplissement du désir. Le fait de pouvoir dire un événement, le soustraire à l’oubli et le doter d’un sens possible procure non moins de plaisir que l’écoute ou la lecture. Il y a dans tout récit comme un pli qui joint un sens, tant présent que caché, et une adresse à l’intention d’un destinataire. C’est à ce pli, presque imperceptible, que semble due la satisfaction suscitée par la fabulation ou le fait d’entendre des récits. Cela ne veut pas dire que le désir est intrinsèquement lié à la forme-récit ; il est bien trop malléable, bien trop retors pour s’attacher, pour ainsi dire <span>a priori</span>, à une forme d’expression déterminée ou à un support aussi singulier que la voix. Mais en suggérant que c’est bien le désir qui s’accomplit dans les rêves comme dans les cauchemars, Freud insiste puissamment sur les forces qui lient le désir au récit, même si la nature de ce lien et du sens qui s’y livre ou s’y soustrait risque d’échapper au rêveur ; même si, du fait de la complexité linguistique inhérente au récit, l’<span>infans </span>une fois réveillé peine à nommer le secret dont les choses qui lui arrivent semblent imprégnées.</p><p>La seconde hypothèse, qui ne s’oppose pas à la première, mais en déplace la perspective, insiste sur la nature polymorphe du récit, sur la diversité de ses supports. Inventer et transmettre des récits, cela ne relève ou ne relevait pas seulement de la vie quotidienne, à en croire Benjamin lorsqu’il constate, dans son célèbre essai sur le narrateur, que « l’art de conter est en train de se perdre<span><a id=""footnote-341-1-backlink"">1</a></span> ». La littérature ne cesse de renouveler les formes de la narration et de les pousser jusqu’à leur extrême limite, parfois jusqu’à leur épuisement. Et au-delà même du langage, en peinture, au cinéma et en musique, des formes d’agencement empruntées à la narration prolifèrent, comme si le récit pouvait « coloniser » les couleurs, les images, les sons, les blocs d’espace/temps. Les formes narratives vont jusqu’à investir des discours qui, comme l’historiographie ou la philosophie, ne peuvent que difficilement s’affranchir de la vérité (son autorité, sa valeur) envers laquelle le récit semble plutôt faire preuve d’indifférence voire de désinvolture.</p><p>Si l’opposition du <span>mythos </span>et du <span>logos </span>est au fondement de la conscience que l’Occident a ou a eue de lui-même et qu’il a sans grands scrupules imposée au reste du monde, c’est bien parce que le <span>logos</span> a écarté les fables au profit d’un savoir fondé sur l’argumentation et sur la démonstration. Fixer les axiomes qui doivent régler la formation et la connexion des propositions, géométriser les rapports spatiaux, affirmer la convertibilité mathématique de l’être : on pourrait difficilement imaginer de pires ennemis pour l’affabulation, voire pour la dialectique. Euclide et Pythagore – et plus tard Spinoza, qui pensait pouvoir épuiser <span>more geometrico </span>la sphère de l’imagination en la circonscrivant au premier genre de connaissance – sont les champions d’une volonté de savoir pour laquelle la « narration véritable et rigoureuse » que constituait le mythe aux yeux de Vico n’est qu’une fable pour enfants. Mais, comme le montre l’exemple de la métempsycose chère aux pythagoriciens, le récit – sans parler du désir lui-même – n’a pas longtemps attendu pour préparer sa revanche. Pauvre <span>logos</span> qui a dû se plier à la formalisation du pensable pour se libérer de la narration et s’armer contre ses sortilèges ; qui a risqué de s’amputer de ce qui constitue plus que toute autre chose la force véritable de la pensée : le rapport intime et inaliénable entre intuition et concept ; et qui, au moment où il s’efforçait d’affronter l’énigme des origines, des commencements et des disparitions, de la fin et des fins, a dû admettre qu’il avait en lui des résidus de narration.</p><p>Le <span>logos</span> ne représente cependant que l’une des frontières du récit, bien que ce soit sans doute la plus visible. La narration est loin d’être un fait compact ou univoque, et pas seulement en raison de la variété de ses formes.</p><p>À l’extérieur du récit, tout au long de sa frontière avec les autres genres du discours, mais aussi à l’intérieur de lui-même – et c’est là, en un certain sens, une troisième hypothèse – une ligne de fracture sépare la forme narrative de sa réalisation « pragmatique ». Le récit lui-même, surtout si l’on en parle comme Benjamin, tend à dissimuler cette fracture. En voyant dans le récit une « faculté qui nous semblait inaliénable, la plus assurée entre toutes : la faculté d’échanger des expériences<span><a id=""footnote-341-2-backlink"">2</a></span> », Benjamin tient pour acquis le lien ou la quasi-coïncidence entre deux des dimensions ou aspects du récit : sa forme, c’est-à-dire la manière dont il exprime la signification d’un événement ou d’une suite d’événements, et l’acte de raconter au sens strict du terme, à savoir le mode spécifique de sa transmission de bouche en bouche ou de bouche à oreille. C’est ce mode spécifique de transmission où le destinataire, en re-racontant le récit, peut et doit devenir à son tour destinateur – pour Benjamin, la figure du conteur naît justement dans et en vertu de cette inversion – qui fait défaut aux autres formes narratives, non seulement dans le champ strictement littéraire, mais surtout en peinture, au cinéma ou encore dans les formes para-narratives que l’on peut rencontrer en philosophie, dans l’historiographie ou dans les religions. Toutes ces formes se sont affranchies de la tradition orale comme mode de réalisation du récit si tant est qu’elles aient jamais entretenu de rapport avec elle, puisqu’elles ne dépendent pas d’une voix qui parle ou qui récite, mais d’un support matériel qui fonctionne comme surface d’inscription ou d’écriture au sens propre du terme. Dans chacun de ces cas – et c’est la grande majorité – le qualificatif « narratif » ne renvoie qu’à un mode spécifique d’attribution d’un sens possible à un événement ou à un ensemble de figures. Ni la conservation ni la transmission du récit ne reposent plus sur la communication entre un destinateur et un destinataire « réels », mais sur la persistance du support matériel et de ses équivalents institutionnels. Le narrateur, qui est à l’« origine » de ces récits, est structurellement absent, et la rencontre avec un destinataire, lecteur ou auditeur, tout à fait contingente.</p><p>En se détachant de la tradition orale, les formes narratives se sont sans doute trouvées encouragées à proliférer et à se diversifier, accentuant ainsi une polymorphie qui condamne toute tentative de les classer ou de les concevoir comme rejetons d’un modèle unique, d’une <span>Urerzählung</span> ou d’un proto-récit. Il est vrai que, malgré la distance prise à l’égard de la tradition orale, une voix narrante continue d’opérer, surtout en littérature et parfois au cinéma, sous forme de voix <span>off</span>. « La voix du conteur anonyme, antérieur à toute écriture », pour citer une nouvelle fois Benjamin, continue de nous parvenir comme un écho lointain<span><a id=""footnote-341-3-backlink"">3</a></span>. Sous les formes les plus diverses, la littérature évoque, simule ou répète le scénario et les gestes du discours oral. Mais il est également vrai qu’une infinité d’autres modes de narration – dont le modèle le plus emblématique est le monologue intérieur, où le locuteur est en même temps l’« unique » destinataire de son propre discours – sont rendus possibles par la fixation même, dans l’écriture, du soliloque, du murmure ou du délire. Conséquence : l’altérité à laquelle s’adresse toute allocution, voire toute apostrophe, ne se fait désormais entendre qu’à partir d’une voix disjointe d’elle-même, au sein d’un « je » dédoublé.</p><p>Pourtant, c’est surtout une autre facette de la forme-récit qui s’éclaire lorsque nous sommes confrontés à sa reproductibilité matérielle et à l’effacement de l’oralité. Deleuze a insisté sur le fait qu’il ne faut considérer les formes narratives au cinéma – presque évidentes de prime abord – que comme une sorte d’épiphénomène, et que le cinéma tire surtout sa force des dynamismes internes aux images cinématographiques elles-mêmes, des rapports variables entre le temps et le mouvement qui s’instaurent en elles. Un automate spirituel prend la place du narrateur, en produisant à partir d’une « matière signalétique » et des « traits d’expression non-langagiers » des percepts et des affects indépendants des structures narratives<span><a id=""footnote-341-4-backlink"">4</a></span>. L’hypothèse mérite d’être élargie. Avec ses plis et ses secrets, son jeu entre dit et non-dit, sans doute le récit repose-t-il essentiellement sur le langage articulé. Mais il est aussi une forme susceptible, sous certaines conditions, d’être produite ou simulée à travers d’autres supports matériels. Couleurs, lignes, sons, volumes, blocs de mouvements/durée peuvent s’agencer de telle sorte qu’au fil de leurs configurations, une histoire petite ou grande semble se raconter comme d’elle-même, et en l’absence de tout narrateur. Les matières non linguistiquement formées peuvent certes accueillir le récit, mais elles peuvent en même temps – si même elles ne le requièrent pas – être organisées d’une façon tout à fait différente, autonome, éloignée de toute narrativité, sans pour autant perdre leur pouvoir expressif, bien au contraire. Nous ne saurons jamais si le peintre anonyme de la préhistoire entendait raconter quelque chose quand il juxtaposait des formes d’animaux sur les parois de la grotte, ou s’il voulait attirer ailleurs notre attention. Bref, une autre frontière du récit, parfois imperceptible, traverse la région où les couleurs et les lignes, les sons et les volumes, bien qu’ajointés de façon presque narrative, n’en échappent pas moins à la narration au sens strict du terme, au profit d’autres formes ou d’une dissolution des formes dont Manet, en peinture, est peut-être le premier grand exemple. Au sein même du langage articulé, un phénomène analogue subsiste lorsque le récit se trouve interrompu au beau milieu de l’intrigue par un cri, un bredouillement ou un simple silence.</p><p>J’ajoute une dernière considération. Le récit est, de toutes les formes de discours, celle qui est le plus sensible à ce qui arrive, à l’événement. Il peut le présenter tel quel dans sa nudité, ou pris dans un enchevêtrement d’autres occurrences, mais toujours à une seule condition : comme quelque chose qui arrive à quelqu’un. Il n’y a pas d’événement dans le récit sans que soient mentionnés celui, celle ou ceux à qui arrive ou est arrivé quelque chose. Quelqu’un (A) subit une modification suite à un événement et ne peut que montrer ou faire entendre – raconter – cette modification et l’événement qui l’a suscitée à quelqu’un d’autre (B), qui subit alors à son tour une altération de son état dont il doit rendre compte à quelqu’un d’autre encore (C) ou à celui qui lui a fait subir cette modification (A). Dans la majorité des cas, à ce « quelqu’un » correspondent des êtres humains, quelquefois des animaux ou des figures divines. Mais il se peut que la narrativité franchisse les frontières de la figuration littéraire et s’introduise dans des discours où la prosopopée occupe une position marginale, comme en philosophie ou en historiographie. Tout se passe comme si un événement pouvait arriver non seulement à des êtres animés, mais aussi aux concepts, aux formes de pensée – aux formes discursives en général –, et peut-être même aux formations non-discursives, aux formations sociales ou de pouvoir, et pourquoi pas, aux formations matérielles, biologiques, telluriques, nucléaires… C’est ce que laisse entendre le terme d’« histoire naturelle », synonyme de science naturelle au <span>xviii</span><span>e</span> siècle. Faut-il dire que le savant se change alors en une sorte de narrateur virtuel qui doit pourtant, à la différence du conteur, se limiter au critère de vérité, du moins jusqu’à un certain point ? Ou faut-il dire que ces formes, dans la mesure où elles sont susceptibles d’être affectées par l’événement, risquent de se transformer en pseudo-sujets ? Il semble que la pensée puisse difficilement se passer des formes para-narratives quand elle ne se contente pas d’établir de simples relations causales entre ses objets, mais elle paraît aussi quelque peu embarrassée lorsqu’il s’agit d’en mesurer ou d’en justifier les conséquences.</p><p>Le récit est un schème temporel, ou plus précisément un schème de relations infra-temporelles ; le plus puissant, peut-être, dont nous disposions. Mais qu’arrive-t-il au récit lorsque, cessant d’être seulement la forme de ce qui apparaît, le temps lui-même advient ou s’évanouit ? Ou lorsqu’on se trouve confronté à une autre limite séparant le temps du non-temps, de l’« éternité » ? Le temps est une instance et pas seulement un instant ou une suite d’instants. Une instance qui peut s’annoncer, insister ou se retirer en tant que telle, comme dans la peinture non-figurative – Lyotard l’a montré à propos de l’œuvre de Barnett Newman<span><a id=""footnote-341-5-backlink"">5</a></span> –, en musique ou au cinéma : Deleuze parle d’une image-temps directe. Le cas de la musique est peut-être emblématique de l’ambiguïté du rapport entre temps et récit. Bien que perceptible comme une individualité distincte, un motif musical n’est pas un personnage au sens strict du terme. Si une séquence musicale peut cependant évoquer quelque chose qui ressemble à une histoire, c’est grâce à des rapports quasi interlocutoires qui peuvent éventuellement s’instaurer et se cumuler dans la suite des figures. En même temps que les sons, fait irruption une figure ou une suite de figures reconnaissables qui tendent – comme chez Mahler –, à transformer le temps musical en une sorte d’équivalent du récit. Mais rien n’impose que l’irruption des sons se dédouble de cette façon. Il y a des musiques informelles où ce qui se donne à entendre dans l’irruption des sons ou plus encore dans le silence qui isole les sons les uns des autres, c’est plutôt le temps lui-même, dans son insistance ou dans son retrait – comme chez Webern. Les limites entre la narration musicale infra-temporelle, la présentation d’une image du temps ou d’un temps musical au sens strict du terme et le temps en tant que tel se trouvent donc singulièrement brouillées et souvent à peine audibles, d’une façon qui ne vaut peut-être pas que pour la musique.</p><p>Les articles réunis dans ce volume examinent ces hypothèses et – fort heureusement – bien d’autres encore. Ils ont été présentés en mai 2008 lors d’un colloque intitulé <span>Limiti del racconto</span>, organisé à l’Université de Sienne en partenariat avec le Collège international de philosophie de Paris, et dont les actes ont été publiés en italien sous le titre <span>Confini del racconto</span> (Macerata, Quodlibet, 2009).</p><p>Je remercie Bruno Clément d’avoir rendu possible l’édition française de ce volume dans la collection « La Philosophie hors de soi » aux Presses Universitaires de Vincennes, ainsi que les traducteurs des textes italiens et allemands. Et je remercie Antonella Moscati pour l’aide précieuse qu’elle a apportée à la relecture et à la composition de l’ouvrage, dès sa version italienne.</p><p>(Traduction de Céline Frigau)</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-341-1""> 1</a>. Walter Benjamin, <span>Le Conteur. Réflexions sur l’œuvre de Nicolas Leskov</span>, dans<span> Œuvres</span>, t. 3, traduction Maurice de Gandillac, Rainer Rochlitz et Pierre Rusch, Paris, Gallimard, [1936] 2000, p. 114-151, voir notamment p. 115.</p></div><div><p><a id=""footnote-341-2""> 2</a>. <span>Ibid.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-341-3""> 3</a>. <span>Ibid.</span>, p. 148.</p></div><div><p><a id=""footnote-341-4""> 4</a>. Gilles Deleuze,<span> L’Image-temps. Cinéma 2</span>, Paris, Minuit, 1985, p. 44.</p></div><div><p><a id=""footnote-341-5""> 5</a>. Jean-François Lyotard, « L’instant, Newman », dans <span>L’Inhumain. Causeries sur le temps</span>, Paris, Galilée, 1988, p. 89-100.</p></div></div></div>";;334;23.00;"<p>Cette promenade aux confins du récit n’a donc pas pour seule vertu d’éclairer la littérature mais de l’envisager dans sa relation essentielle avec tous les autres domaines du savoir qui partagent avec elle cette condition, humaine par excellence, qu’est le besoin de raconter.</p>";;12/02/2014 11:25;0;Première édition;3435 589;1;3;34;Rematérialiser l'art contemporain;N°18/2014;;;"<p>L'intérêt croissant pour la matière et la matérialité au sein de la création contemporaine existe, sans que l’on en sache encore les raisons ou la portée.<em> <br /></em></p>";"<p>Éditorial</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : « Rematérialiser l'art contemporain »</strong></p><p><strong>Camille Paulhan </strong><br />« De Dieter Roth à Michel Blazy, le protocole en question »</p><p><strong>Fred Guzda </strong><br />« L’Art conceptuel n’existe pas »</p><p><strong>Pamela Bianchi </strong><br />« La solidification du vide de Rachel Whiteread : l’invisible se matérialise »</p><p><strong>Claire Davril </strong><br />« La pensée rematérialisée du projet en design. Normal Studio, Martin Szekely, Konstantin Grcic »</p><p><strong>Anna Longo </strong><br />« Bioart et néo-matérialisme »</p><p><em> </em><strong>Aurélie Michel </strong><br />« L'Architecture organique de la <em>Gue(ho)st House </em>»</p><p><strong>Laura Vazquez </strong><br />« La rematérialisation de la performance poétique, une conception de l’équilibre dans l’appréhension de l’œuvre d’art »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretiens</strong></p><p><strong>Anaël Marion </strong><br />« Entretien avec Lara Almarcegui »</p><p><strong>Michèle Atchadé </strong><br />« Marianne Lanavère : Matières à paysage - Champs d'imaginaires »</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p><strong>Marie Quiblier</strong><br />« La reprise en danse : repenser les modes de circulation, les processus de fabrication et les instances de légitimation de l’œuvre chorégraphique ».</p><p> <br />Dossier d’artiste :<br />Ets Decoux </p><p>Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions<br />Abstracts français et anglais</p>";;10/05/2014;18;155x220;170;978-2-84292-408-9;9782842924089;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_589.jpg;"<p style=""text-align: justify;""><strong>Marianne Lanavère</strong> : <strong>Matières à paysage - Champs d'imaginaires</strong><br />Michèle Atchadé</p><p style=""text-align: justify;"">À travers un entretien, Marianne Lanavère, aujourd'hui directrice du centre d'art et du paysage de Vassivière, analyse la place du paysage issu du Romantisme, dans le champ élargi de la sculpture et de l'installation contemporaines. Dans ses choix curatoriaux, au croisement de l'art conceptuel, processuel et des œuvres à protocole, le paysage donne matières à certaines pratiques artistiques. Dans leur production, leur échelle, et leur devenir, les œuvres sont autant de cosmogonies ; matérialistes en un certain sens, conscientes de leur inscription dans les cycles de la terre.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />La solidification du vide de Rachel Whiteread : l’invisible se matérialise</strong><br />Pamela Bianchi</p><p style=""text-align: justify;"">À travers une relecture multidisciplinaire de l’œuvre de Rachel Whiteread, cet article s'attache à présenter la valeur objectuelle de l'espace. Ses sculptures, en justifiant l'absence avec une présence, dévoilent matériellement la solidification du vide. La comparaison avec Daniel Libeskind et Peter Eisenman enrichie la réflexion : si dans les années 1960 nous avons assisté à la « dématérialisation » de l'art, maintenant nous faisons face à la matérialisation de l'invisible, ce n'est pas l'art qui se rend invisible, mais c'est l’invisible qui devient art, en prenant forme.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />La pensée rematérialisée du projet en design. </strong><strong>Normal Studio, Martin Szekely, Konstantin Grcic</strong><br />Claire Davril</p><p style=""text-align: justify;"">Discipline de la conception, le design semble par définition attaché à un type de pensée en amont de la production. Cet article vise à remettre en question la nature purement idéale du projet, et à questionner la hierarchie, l’ordre, mais aussi la netteté de limites entre moments conceptuels et moments de « mise en matière ». Par le travail emblématique de 3 studios de design, mais aussi par les écrits de François Dagognet, c’est la possibilité d’une part objectivable et « collaborante » de la matière et d’une « pensée par la matière » qui s’esquisse.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />L’Art conceptuel n’existe pas</strong><br />Fred Guzda</p><p style=""text-align: justify;"">Sous le titre — légèrement provocateur — <em>L’Art conceptuel n’existe pas</em>, on posera la question de la matérialité de l’œuvre à partir de ce qui, pratiquement aussi bien que théoriquement, est censé s’y opposer : les œuvres et les textes associés à l’art et aux artistes conceptuels, dont Joseph Kosuth au premier chef. Face à la hiérarchie qui relègue l’œuvre au rang d’une détermination secondaire au profit de sa dimension spéculative supposée autonome et prioritaire, on opposera le rôle majeur de son exposition, afin d’avancer l’hypothèse qu’au lieu d’écarter toute donnée matérielle au profit du concept, de telles œuvres ont plutôt contribué à lui ménager un accès au sensible, dont elles ont corrélativement élargi le territoire.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />Bioart et néo-matérialisme</strong><br />Anna Longo</p><p style=""text-align: justify;"">La dématérialisons de l’art est un phénomène qui partage avec la philosophie des sciences de matrice analytique certaines assomption théoriques concernant le langage et la connaissance du réel. En partant des œuvres de bioart d’Eduardo Kac, <em>Genesis</em> et <em>The eighthday</em>, je souhaite questionner le rapport entre la rematérialisation de l’art et le récent approche scientifique néo-matérialiste qui peut être considéré une solution originale du rapport entre causalité et liberté.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />L'Architecture organique de la <em>Gue(ho)st House</em></strong><br />Aurélie Michel</p><p style=""text-align: justify;"">L’attention portée à la matière va de pair avec le développement de techniques qui singularisent les formes de l’art contemporain. Le traitement du matériau comme une chair vivante, malléable, effectue de fait, des connexions entre la substance de l’œuvre et la dimension physique du corps. La commande publique réalisée par Christophe Berdaguer & Marie Péjus sur le site du centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme utilise le vocabulaire organique comme affirmation de la singularité d’un lieu. À partir d’une architecture existante, les artistes élaborent une entité dont la membrane blanche épaisse et dégoulinante produit un impact considérable sur l’environnement.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />De Dieter Roth à Michel Blazy, le protocole en question</strong><br />Camille Paulhan</p><p style=""text-align: justify;"">Cet article propose de reconsidérer le travail de Michel Blazy à la lumière de celui de son aîné Dieter Roth, en historicisant la production de l’artiste contemporain à travers les expérimentations de Roth dans les années 1970. La matérialité des œuvres organiques de Blazy sera ainsi discutée à partir de la question du protocole et du rapport que les institutions entretiennent avec de telles créations.</p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />Ce que la reprise fait à l’œuvre chorégraphique / Invention et subversion de la reprise en danse contemporaine.</strong><br />Marie Quiblier</p><p class=""Default"" style=""text-align: justify;"">Si l’année 1993 correspond à un moment décisif où les projets du Quatuor Knust et des Carnets Bagouet mettent en exergue la problématique de la reprise dans le champ chorégraphique français, les années 2000 sont marquées par la recrudescence et le polymorphisme des pratiques citationnelles. De la citation à la reconstitution, en passant par la variation, la recréation et l’hommage, la reprise est récurrente, prolifique et composite. Ni genre, ni style, ni attitude, la reprise est un geste qui offre des résolutions multiples. En revanche, au-delà de sa disparité, elle actualise une mutation substantielle des pratiques dans le champ chorégraphique des années 2000, en termes de création et de diffusion de l’œuvre chorégraphique.<strong> </strong></p><p style=""text-align: justify;""><strong><br />La rematérialisation de la performance poétique, une conception de l’équilibre dans l’appréhension de l’œuvre d’art</strong><br />Laura Vazquez</p><p style=""text-align: justify;"">La poésie performative permet le dessaisissement de la matière livresque sur la poéticité et incorpore la matérialité consciente du corps et de ses substrats implicites. Au regard de l’œuvre des poètes performers Henri Chopin et Serge Pey, nous rendrons compte d’un retour au matériau primitif dans une approche empirique de l’action poétique. La mise en relation des réflexions de Christian Prigent et d’Henri Dagognet nous conduiront à penser la conception d’un équilibre dans la performance et son dispositif expérientiel.</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><strong>Marianne Lanavère</strong> : <strong>Landscape Matter – Fields of imaginings</strong><br />Michèle Atchadé</p><p style=""text-align: justify;"">In this interview, Marianne Lanavère, now Director of the International Center of Art and Landscape on Vassivière Island, analyses the role of landscape from Romanticism into the wider field of contemporary sculpture and installation art. In her choices as a curator, which combine conceptual and process art and protocols artworks, the landscape materialises certain artistic thinking and practices. In their production, scale, and destiny, the artworks are as cosmogonies; materialist in a certain sense, with an awareness of their place of the earth’s cycles.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Rachel Whiteread's Solidification of the void</strong><em><br /></em>Pamela Bianchi</p><p style=""text-align: justify;"">Through a multidisciplinary reading of the works of Rachel Whiteread, this article seeks to present the objectual value of space. Her sculptures, justifying the absence with a presence, reveal materially the solidification of the empty. A comparison with Daniel Libeskind and Peter Eisenman enriches the reflection: if in 1960 we saw the ""dematerialisation"" of art, now we are faced at the materialization of the invisible, is not the art that makes himself invisible, but it's the invisible that becomes art, taking shape.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Conceptual Art does not exist</strong><br />Fred Guzda</p><p style=""text-align: justify;"">Under the slightly provoking title ""Conceptual Art does not exist"" we’ll raise the issue of the materiality of the work of art but from what is supposed to oppose it, be it factually or theoretically: works and writings related to conceptual art and artists among which Joseph Kosuth in the first place. Facing the hierarchy that assigns a subordinate role to the work itself and promotes its supposed autonomous and leading intellectual dimension, we will insist on the importance of the exhibition process to suggest that such works do not exclude visual or perceptible data in favour of concept as much as they contribute to lead this one to a new and expanded area of perception.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>Bioart and neo-materialism</strong><br />Anna Longo</p><p style=""text-align: justify;"">The dematerialization of art is based on some assumptions about the relation sheep between language, knowledge and reality which we can find in analytic philosophy of sciences. We are going to consider Eduardo Kac’s bioart works <em>Genesis</em> and <em>The eighth day </em>in order to understand if these examples of rematerialization of the art have any theoretical base in common with the recent new-materialism, which can be seen as an original solution of the issue of causality and freedom.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>The Organic architecture of the Gue(ho)st House</strong><br />Aurélie Michel</p><p style=""text-align: justify;"">Greater attention for the material seems to be very much in pace with technical developments, which characterize contemporary art forms. The treatment of the material as a living, malleable flesh connects work of art’s substance and physical dimension of the body. The public procurement made by Christophe Berdaguer and Marie Péjus on contemporary arts Centre La Synagogue de Delme uses organic vocabulary to assert the uniqueness of the place. From an existing architecture, artists brainstorm an entity, which the thickness white and dripping membrane has a major impact on the environment.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>From Dieter Roth to Michel Blazy : questions about protocol</strong><br />Camille Paulhan</p><p style=""text-align: justify;"">With this article, I offer to reconsider Michel Blazy’s work in light of his elder’s, Dieter Roth, and by historicizing his production through Roth’s experimentations in the 1970s. I will discuss the materiality of Blazy’s organic works trough the issue of the protocol, and the relation the institutions have with such creations.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>What the reenactment does to the choreographic work / Invention and subversion of the reenactment in contemporary dance</strong><br />Marie Quiblier</p><p style=""text-align: justify;"">If the year 1993 is related to a decisive moment when the projects of the Quatuor Knust and the Carnets Bagouet highlight the re-enactment issue in the french choreographic field, the 2000s are marked by the renewed outbreak and polymorphism of quotational practices. From quotation, to reconstruction, turning to variation, re-stating and tribute, re-enactment is recurrent, prolific and composite. Neither a type, a style, nor an attitude, re-enactment is a gesture that offers multiple resolutions. On the other hand, beyond its disparity, it updates a substantial change of the practises in the choreographic field of the 2000s, in terms of creation and circulation of the choreographic work.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><strong>The poetic performance re-materialization, a conception of balance in work of art perception</strong><br />Laura Vazquez</p><p style=""text-align: justify;"">The performance poetry enables the dispossession of book material upon poeticity and incorporates conscious materiality of the body and its implicit substrates. Regarding the work of the perfoming poets Henri Chopin and Serge Pey, we will assess a come back to primitive material in an empiric approach of the poetic action. The connection between Christian Prigent and Henri Dagognet's reflexions will lead us to imagine the conception of a balance in the performance and its experiential process.</p>";254;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Si l’on peut parler de « rematérialisation », c’est précisément parce que ce retour de la matière vient après une période ayant eu tendance à faire oublier ou à mettre au ban la matière en privilégiant un certain idéalisme. L'enjeu de ce numéro <em></em>est de comprendre la portée et les modalités de ce retournement du regard visant à insister sur les qualités matérielles des œuvres à partir d’analyse de cas et situations précis.<br /><br />Artistes entrant dans le questionnement : Michel Blazy, Urs Fischer, Milène Guermont, Dewar et Giquel, Tadashi Kawamata, Shigeru Ban, Lara Almarcegui, Paul Pouvreau, Vincent Ganivet…</p>";;14/02/2014 09:56;1;Première édition;3675 590;2;3;22;Berlin légendes, ou la mémoire des décombres;Une capitale littéraire en rêveries et en conversations;;;"<p>Déambulation littéraire dans la légende berlinoise de l’aube du XX<sup>e</sup> siècle aux désorientations de l’après-1989.</p>";"<p><em>Avertissement</em></p><p>Introduction<strong><br />L’emprise d’une ville sans <em>prise</em></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>1. Première partie<br />Des années vingt au présent</strong></p><p>Enfance berlinoise : un enfant benjaminien des années vingt<br />Entretien avec Stéphane Hessel</p><p>Éternels retours à Berlin : 1932-1999<br />Entretien avec George Tabori</p><p style=""text-align: center;""><strong>2. Deuxième partie<br />La possibilité de l’impossible. 1933-1945</strong></p><p>Cachée dans le Berlin secret (I)<br />Entretien avec Inge Deutschkron</p><p>Cachée dans le Berlin secret (II)<br />Entretien avec Ilse Rewald</p><p style=""text-align: center;""><strong>3. Troisième partie<br />Orientations, désorientations. 1989 et au-delà</strong></p><p>Vents d’Est<br />Entretien avec Wladimir Kaminer</p><p><em>Orientations</em> berlinoises<br />Entretien avec Zafer Şenocak</p><p>Zones d’ombres<br />Entretien avec Inka Parei</p><p style=""text-align: center;""><strong>Épilogue<br />La littérature allemande face à son histoire</strong><strong> </strong></p><p>« Devenir un pays normal »<br />Entretien avec Martin Walser</p><p>La littérature et l’impensé historique<br />Entretien avec Christoph Hein</p><p> </p><p><em>Bibliographie</em><em><br />Index des noms<br />Index des lieux</em></p><p><strong> </strong></p>";;10/04/2014;0;270x200;230;978-2-84292-401-0;9782842924010;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_590.jpg;"<p>En trois parcours et un épilogue, ce recueil propose une déambulation dans les méandres de la légende berlinoise : de l’enfance du siècle, avec Stéphane Hessel, au seuil du nazisme, avec le grand écrivain et dramaturge George Tabori, jusqu’aux désorientations de l’après-1989, avec les jeunes écrivains-frontières Wladimir Kaminer, Inka Parei et Zafer Senocak.</p><p>À l’autre extrémité du Berlin secret de Franz Hessel (le père de Stéphane, qui hante ce livre), le Berlin du nazisme nous arrive aussi par la voix de deux messagères d’une histoire encore mal connue et longtemps sous-estimée : entre solidarités improbables et risques incommensurables, les deux Berlinoises de confession juive, Inge Deutschkron et Ilse Rewald, ont réussi à échapper à la déportation en se cachant dans la ville entre 1933 à 1945.</p><p>Figures incontournables de la littérature d’après-guerre, Martin Walser et Christoph Hein complètent le parcours par une réflexion sur l’Allemagne en tant que « nouvelle » nation et sur le poids de son histoire.</p><p> </p><p><em>Olivier Morel enseigne la littérature et le cinéma à l’université de Notre-Dame (Indiana, États-Unis). <br />Il est réalisateur de films documentaires : L’Âme en sang, arte/Zadig, 2011, D’ailleurs et d’Allemagne, L’Europe des écrivains, arte/Seconde Vague, 2013.</em></p>";;;566;28.00;"<p>Ce volume, ponctué de nombreuses photographies de l’auteur, propose une déambulation dans la légende berlinoise de l’aube du XX<sup>e</sup> siècle aux désorientations de l’après-1989, en une série de conversations avec les écrivains comme Stéphane Hessel, George Tabori, Wladimir Kaminer, Inka Parei et Zafer Şenocak, sans oublier Inge Deutschkron et Ilse Rewald, Martin Walser et Christoph Hein.</p>";;14/02/2014 10:22;1;Première édition;3667 591;2;3;24;Mobilité humaine et circulation des savoirs techniques (XVII-XIXe siècles);N°36/2013;;;"<p style=""text-align: justify;"">Quel est le rôle de la mobilité humaine dans la dynamique des savoirs en Asie ? Un éclairage nouveau sur la circulation des savoirs au sein de l'espace impérial chinois.</p>";"<p style=""text-align: center;""><strong>I. Itinéraires dans l’espace chinois </strong></p><p>La carrière de Mei Wending (1633-1721) et le statut des sciences mathématiques dans le savoir lettré<em><br /> </em><strong>Catherine Jami</strong></p><p>Les traductions de F.-X. Dentrecolles (1664-1741), missionnaire en Chine : localisation et circulation des savoirs <br /> <strong>Wu Huiyi </strong><em><br /> <br /> </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Relations diplomatiques et circulation des livres</strong></p><p>Journey of the Modest Astronomers: Korean Astronomers’ Mission to Beijing in the Seventeenth and Eighteenth Centuries<em><br /> </em><strong>Lim Jongtae </strong></p><p>Commerce des livres et diplomatie : la transmission de Chine et de Corée vers le Japon des savoirs médicaux liés à la pratique de l’acuponcture et de la moxibustion (1603-1868)<em><br /> </em><strong>Mathias Vigouroux</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Industrialisation et innovation</strong></p><p>Shimomura Kôtarô (1863-1937) and the Circulation of Technical Knowledge Between the United States, Japan, and Belgium <br /> <strong>Aleksandra Majstorac Kobiljski</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. Regards extérieurs</strong></p><p>Revisiting the Social Theory and History of Science in Early Modern South Asia and Colonial India<strong><br />Dhruv Raina</strong></p><p>La loupe et le miroir<br /><strong>Christian Jacob</strong></p>";;10/06/2014;36;155x220;220;978-2-84292-404-1;978-2-84292-404-1;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_591.jpg;"<p>Catherine Jami<br /> <strong>La carrière de Mei Wending (1633-1721) et le statut des sciences mathématiques dans le savoir lettré</strong></p><p>Cet article montre qu’il y eut quatre grandes étapes déterminantes dans l’itinéraire et la carrière de Mei Wending, spécialiste de sciences mathématiques, et analyse ce que ces étapes doivent à certains traits de l’État et de la société des Qing : le système des examens de recrutement, le patronage impérial des savoirs, reproduit par les hauts fonctionnaires et la mobilité géographique de ces derniers. Les liens entre certaines caractéristiques des lieux de savoir où a séjourné Mei et son œuvre— l’écriture et la circulation des ses nombreux traités sont mis en lumière afin de montrer comment il finit par être reconnu comme « un grand mathématicien et astronome » alors même que les disciplines dans lesquelles il se spécialise acquièrent le statut de savoirs lettrés.</p><p> </p><p>Wu Huiyi<em><br /></em><strong>Les traductions de F.-X. Dentrecolles (1664-1741), missionnaire en Chine : localisation et circulation des savoirs</strong></p><p>Cet article propose d’examiner les contributions savantes du jésuite français François-Xavier Dentrecolles – l’un des missionnaires les plus prolifiques et éclectiques qui aient travaillé en Chine dans la première moitié du XVIII<sup>e</sup> siècle – en rapport avec son itinéraire géographique. Formé dans la Province jésuite de Lyon, après son arrivée en Chine il travailla pendant vingt ans dans les provinces du Fujian et du Jiangxi, puis pendant vingt ans à Pékin. Son œuvre a la caractéristique d’être essentiellement traduite des sources chinoises, et son itinéraire, celle de n’être jamais passé par la cour impériale. La mise en regard de ces deux éléments permet de réfléchir sur les conditions de production et de circulation des savoirs sur la Chine dans le contexte de la mission catholique, ainsi que les limites de cette circulation.</p><p><strong> </strong></p><p>Lim Jongtae<em><br /></em><strong>Le voyage des astronomes modestes : la mission des astronomes coréens à Pékin aux xvii<sup>e</sup> et xviii<sup>e</sup> siècles</strong></p><p>Cet article s’intéresse aux astronomes de cour coréens qui se sont rendus à Pékin aux xvii<sup>e</sup> et xviii<sup>e</sup> siècles. Conditionnés par la hiérarchie politique et épistémique entre les deux pays, les astronomes coréens allaient à Pékin pour y acquérir les secrets des calculs astronomiques détenus par le Bureau de l’astronomie des Qing. Ces voyages, riches en opportunités et en déception, devinrent un élément central dans la construction par les astronomes coréens de leur propre image. Ils se représentaient modestement comme les astronomes d’un « État marginal » qui ne pouvaient être compétents dans leur domaine sans effectuer des pèlerinages à la métropole impériale. Cette rhétorique de modestie reflète la position conflictuelle des astronomes officiels coréens, qui ne pouvaient promouvoir leurs intérêts socio-culturels qu’en niant leur capacité à être compétents par eux-mêmes dans leur domaine.</p><p> </p><p>Mathias Vigouroux<em><br /></em><strong>Commerce des livres et diplomatie : la transmission de Chine et de Corée vers le Japon des savoirs médicaux liés à la pratique de l’acuponcture et de la moxibustion (1603-1868)</strong></p><p>Les archives des entrepôts de Nagasaki et la transcription des conversations entre médecins chinois et coréens d’une part et médecins japonais d’autre part mettent en lumière les différents canaux par lesquels le savoir médical circula de la Chine et la Corée vers le Japon à l’époque d’Edo (1603-1868). Les textes plus que les hommes jouèrent un rôle important dans la transmission des savoirs liés à la pratique de l’acuponcture. Les médecins chinois ou coréens qui se rendirent au Japon ne contribuèrent pas directement à la diffusion de l’acuponcture. Peu de questions portent sur le sujet dans leurs entretiens avec les médecins japonais et leurs réponses font surtout apparaître des divergences sur la manière d’interpréter les classiques chinois ou sur l’emploi des aiguilles d’acuponcture. Plusieurs conservations révèlent néanmoins que certains savoir-faire, tels que la prise des pouls ou certaines techniques de poncture, furent transmis oralement plutôt que par les textes.</p><p> </p><p>Aleksandra Majstorac Kobiljski<em><br /></em><strong>Shimomura Kôtarô (1863-1937) et la circulation des savoirs techniques entre les États-Unis, le Japon et la Belgique</strong></p><p>À travers la carrière du chimiste et ingénieur Shimomura Kôtarô, cet article explore l’intersection entre un itinéraire individuel et les début de la cokéfaction avec récupération des sous-produits au Japon au tournant du XX<sup>e</sup> siècle. Formé au Japon puis aux États-Unis, Shimomura a adapté au traitement du charbon japonais, à haute teneur volatile, des fours importés de Belgique, conçus pour traiter les charbons extraits en Europe. En analysant la manière dont les savoirs et l’expertise liés à la production du coke ont circulé, on peut montrer que dans ce cas précis le mouvement des techniques s’est accompagné d’une part significative d’innovation. Sur la base d’archives récemment découvertes et inexploitées, cet article s’interroge également sur le rôle des ingénieurs et de l’innovation dans l’industrialisation de l’époque Meiji (1868-1912).</p><p> </p><p>Dhruv Raina<em><br /></em><strong>Retour sur la théorie sociale et l’histoire des sciences dans l’Asie du Sud de la première modernité et l’Inde coloniale</strong></p><p>Les historiographies des sciences en Asie ont connu un changement majeur au cours des trois dernières décennies, changement inspiré par ceux de la théorie sociale des sciences, par un fort contextualisme et par le développement des recherches en histoire locale. Ce changement résulte aussi des interactions entre théorie sociale et pratique historique. En réponse à la question du rôle des « itinérants » —lettrés, missionnaires, fonctionnaires ou savants—, dans la circulation et la transmission des savoirs en Asie orientale, cet essai se tourne vers l’Asie du Sud, et tente d’en esquisser le paysage de la circulation des savoirs dans cette région au cours de la première modernité et de la période coloniale. Dans une seconde partie, la traduction des mathématiques modernes dans l’Inde coloniale est prise comme exemple pour illustrer les différentes stratégies de légitimation de nouveaux savoirs dans différents contextes culturels et nationaux.</p><p> </p><p>Christian Jacob<em><br /></em><strong>La loupe et le miroir</strong></p><p>L'histoire des savoirs est une discipline neuve, qui se développe au carrefour des humanités et des sciences sociales. Aux grandes généralisations et aux paysages diachroniques, elle préfère les études de cas, focalisées sur des lieux, des personnages, des moments particuliers. Les études de cas permettent cependant de réfléchir sur les objets même de l'histoire des savoirs, sur ses enjeux, sur ses formes de problématisation. Ces notes tentent de formuler quelques unes des questions théoriques découlant des textes réunis dans ce numéro d'<em>Extrême-Orient, Extrême-Occident </em>et d'en souligner les apports pour un historien des savoirs travaillant sur d'autres aires culturelles.</p>";"<div><p>Extrême-Orient, Extrême-Occident, 36 – 2013</p></div><div><p>Introduction</p><p>Catherine Jami<a id=""footnote-994-1-backlink"">1</a></p><p>L’étude de l’histoire des sciences, des techniques et de la médecine en Asie orientale reste marquée par l’œuvre fondatrice de Joseph Needham (1900-1995) consacrée à la Chine<a id=""footnote-994-2-backlink"">2</a>. Empruntant une métaphore à la chimie, Needham s’est proposé de travailler à un « titrage » des civilisations, autrement dit une évaluation des contributions de chacune d’entre elles au patrimoine des savoirs scientifiques et techniques de l’humanité<a id=""footnote-994-3-backlink"">3</a>. Non seulement il a ainsi montré la richesse de l’histoire chinoise dans ce domaine, mais il a réfuté l’idée, dominante au milieu du <span>xx</span><span>e</span> siècle, que la science ait jamais été une caractéristique ou un monopole de la seule Europe. Les conclusions de Needham sur ce dernier point sont aujourd’hui considérées comme un acquis sur la base duquel la recherche continue à avancer. Quant à l’évaluation de « la contribution chinoise » aux sciences, qui prend souvent la forme d’un inventaire de priorités dans la découverte, elle entre dans le cadre d’une historiographie « nationale », voire nationaliste. À cet égard il faut rappeler une évidence : c’est en Chine que travaillent la très grande majorité des historiens des sciences chinoises. Ces dernières années pourtant, le domaine a suivi l’évolution de l’histoire des sciences en général : visant à se situer en dehors de toute querelle de priorité et d’évaluation comparée des nations ou des civilisations, certains historiens ont choisi de concentrer leur attention sur la circulation des savoirs plutôt que sur les découvertes et les inventions. C’est l’un des choix qui président à l’élaboration du présent numéro d’<span>Extrême-Orient Extrême-Occident</span>.</p><p>Needham a utilisé une autre métaphore, empruntée cette fois à l’embryologie, raisonnant en termes de facteurs qui ont favorisé ou inhibé le développement des sciences en Chine<a id=""footnote-994-4-backlink"">4</a> ; il lui semblait en effet nécessaire d’expliquer pourquoi la science moderne ne s’était pas développée de manière endogène en Chine, alors que, selon lui, les connaissances scientifiques et techniques y avaient connu un essor sans parallèle pendant plus d’un millénaire. Cette dernière question a fait couler beaucoup d’encre, surtout en Chine même<a id=""footnote-994-5-backlink"">5</a> ; aujourd’hui on pourrait la considérer plus comme un « catalyseur » de l’œuvre de Needham – pour emprunter un autre terme à la chimie – que comme un problème auquel il existe une solution pouvant faire l’objet d’un consensus. Cependant, la manière dont la société et la culture chinoises ont, à divers moments de leur histoire, influencé la formation et la circulation des savoirs reste un objet d’étude pertinent. Needham avait notamment suggéré que la structure de la société chinoise, qu’il a caractérisée comme « bureaucratico-féodale », et l’idéologie confucéenne qui aurait dominé celle-ci auraient « favorisé dans un premier temps le développement de la connaissance de la nature », mais par la suite « empêché l’apparition du capitalisme et de la science moderne »<a id=""footnote-994-6-backlink"">6</a>. Sans reprendre ni les termes ni le jugement négatif contenus dans cet énoncé, il reste pertinent de s’interroger sur le rôle qu’a joué la fonction publique dans l’histoire des savoirs scientifiques et techniques, sinon tout au long de la période impériale (221 AEC-1911 EC), du moins dans la forme sous laquelle cette fonction publique s’est constituée à partir de la dynastie Song (960-1279)<a id=""footnote-994-7-backlink"">7</a>. Il est en effet aujourd’hui admis que c’est sous cette dynastie que la bureaucratie a acquis un rôle prépondérant dans l’État chinois. Cette restriction temporelle – qui nous laisse tout de même face à une période d’un millénaire – illustre le fait que l’on hésite aujourd’hui davantage qu’à l’époque de Needham à raisonner en des termes si généraux qu’ils amèneraient à traiter la période impériale chinoise comme un tout homogène.</p><p>Au cours des deux dernières décennies, l’échelle spatiale de l’analyse historique a elle aussi changé : les études « locales » se multiplient, et les comparaisons se font entre des entités plus petites que des continents ou des empires. Par exemple, lorsque Kenneth Pomeranz cherche à expliquer la « grande divergence » entre diverses parties de l’Eurasie que représente à ses yeux le développement industriel que connaît l’Europe du Nord-ouest au <span>xix</span><span>e</span> siècle, il compare notamment l’Angleterre et le bassin inférieur du Yangzi<a id=""footnote-994-8-backlink"">8</a>. Son projet d’une histoire mondiale construite à partir d’entités régionales s’appuie sur un grand nombre de travaux d’histoire locale économique portant sur telle ou telle région de Chine. L’échelle locale, qui occupe une importance croissante pour les historiens, a été encore peu explorée par les historiens des sciences travaillant sur l’Asie orientale, en dehors de certaines études portant sur la médecine<a id=""footnote-994-9-backlink"">9</a>. Pour les autres domaines, notamment celui des sciences mathématiques, les comparaisons entre diverses régions du monde s’appuient encore rarement sur une localisation géographique fine des sources. Pour la période ancienne, la langue dans laquelle sont écrites les sources issues de la tradition textuelle (chinois classique, sanskrit, arabe classique, grec ancien, latin…) est souvent prise comme caractérisation de leur provenance ; et dans bien des cas, c’est en effet le meilleur, voire le seul indice disponible en la matière<a id=""footnote-994-10-backlink"">10</a>. Pour les quatre derniers siècles, en revanche, l’abondance des sources se rapportant à des localités particulières permet de situer de manière beaucoup plus précise la production et la circulation des savoirs. L’enjeu de cette localisation n’est pas seulement affaire de coordonnées cartographiques : la structuration de l’espace est politique, culturelle et sociale.</p><p>Prenant acte de ces évolutions historiographiques, et s’inspirant de la réflexion sur la géographie des savoirs menée dans le premier volume des <span>Lieux de savoir</span><a id=""footnote-994-11-backlink"">11</a>, le projet « Itinéraires individuels et circulation des savoirs scientifiques et techniques en Chine moderne (<span>xvi</span><span>e</span><span>-xx</span><span>e</span> siècles)<a id=""footnote-994-12-backlink"">12</a> » s’est donné pour objectif d’étudier le lien entre les parcours de divers acteurs et la circulation des savoirs. En effet, à partir d’une réflexion sur le rôle de la bureaucratie dans la circulation des savoirs techniques s’est imposé le constat d’une mobilité spécifique des élites, liée au système de recrutement et de nomination des fonctionnaires impériaux : ceux-ci se rendaient d’abord au chef-lieu de leur district natal, puis à la capitale de leur province, et enfin à Pékin pour les examens successifs ; il étaient ensuite nommés à des postes dans d’autres provinces que celle dont ils étaient originaires, et changeaient en principe d’affectation tous les trois ans. Le rôle de ces fonctionnaires dans la diffusion de certaines connaissances, notamment dans le domaine de l’agriculture, est bien connu<a id=""footnote-994-13-backlink"">13</a>. Cependant, dans les derniers siècles de l’empire, ils ne représentaient qu’une minorité des élites lettrées, lesquelles n’étaient d’ailleurs pas les seules porteuses de savoir. Il a donc paru pertinent, et même nécessaire, d’étendre l’étude au-delà du seul groupe des fonctionnaires, l’élite la plus « visible » à travers les sources historiques, à plusieurs groupes socio-professionnels. Cela devait permettre à la fois d’éviter l’écueil d’une histoire des savoirs qui ne prendrait en compte que cette élite et de donner une place plus large à certains savoirs dont la dynamique spatiale pouvait obéir à des logiques différentes de celle des carrières des fonctionnaires impériaux.</p><p>Portant sur une période au cours de laquelle certaines personnes et certaines connaissances ont circulé à une échelle intercontinentale, laissant de nombreuses traces dans les sources historiques, le projet s’est d’abord centré sur des acteurs dont l’itinéraire est situé au moins en partie dans l’espace impérial chinois<a id=""footnote-994-14-backlink"">14</a>. Au cours du travail, il est cependant apparu que la problématique méritait d’être étendue à l’Asie orientale, pour deux raisons : d’une part, deux autres pays de la région, la Corée et le Vietnam, possédaient des administrations modelées sur celle de la Chine ; d’autre part, la mobilité à l’échelle régionale doit logiquement être prise en compte entre les échelles locale et globale. Les articles rassemblés dans le présent numéro d’<span>Extrême-Orient Extrême-Occident</span> donnent ainsi à voir des acteurs ou des connaissances qui ont circulé à travers des frontières politiques et linguistiques. Le pari est ainsi de construire, à partir d’un trait qui caractérise non seulement la Chine impériale tardive mais aussi certains de ses voisins, une problématique qui puisse être pertinente à des échelles multiples. Cela permettrait notamment d’intégrer, à partir du terrain familier aux spécialistes de l’Asie orientale, l’étude des échanges régionaux et celle des contacts suivis qui s’établissent entre celle-ci et l’Europe à partir du <span>xvi</span><span>e</span> siècle, notamment par l’entremise des missionnaires jésuites. Envisageant ces contacts sur tout le spectre qui va des croyances religieuses aux connaissances techniques en passant par les représentations du monde et les arts, les historiens ont longtemps pensé ceux-ci à la même échelle que les études comparées évoquées plus haut. Beaucoup d’entre eux ont ainsi décrit une rencontre, une confrontation entre deux entités (l’Europe et la Chine, ou l’Europe et le Japon, voire l’Orient et l’Occident) supposées présenter une homogénéité forte chacune de son côté, et se différencier l’une de l’autre par des incompatibilités fondamentales<a id=""footnote-994-15-backlink"">15</a>. Ici encore, l’apport de cette historiographie est indéniable, mais il convient aujourd’hui d’aller plus loin : peut-on construire une histoire mondiale des savoirs à l’époque qui nous intéresse, qui ne soit pas calquée sur le récit de l’expansion maritime européenne et des « découvertes » qui l’accompagnent, mais qui s’ancre plutôt dans l’expérience historique d’une autre région du monde ? L’objectif qu’on peut se fixer n’est pas de substituer une narration à une autre, mais d’assumer la multiplicité des narrations. Tout en reconnaissant le caractère expérimental d’une telle démarche, il nous semble qu’elle vaut la peine d’être tentée. C’est là l’une des motivations de l’approche mise en œuvre ici. Mais cette approche passe aussi par la lecture minutieuse de nos sources, y compris dans ce qu’elles ont de plus technique. Les lecteurs trouveront donc dans les pages qui suivent des éléments pouvant servir à la construction d’une nouvelle historiographie, plutôt qu’un édifice livré clés en main.</p><p>L’ordre et la structure suivant lesquels sont agencés les articles de ce numéro portant sur l’Asie orientale reflètent la démarche et les préoccupations qui viennent d’être évoquées. Ils sont répartis selon trois thèmes. Dans un premier temps, deux études sont consacrées à des personnages dont la carrière savante s’est déroulée dans l’espace chinois, l’une parfaitement représentative de la mobilité des lettrés, l’autre obéissant à la logique bien différente de la mission catholique. Dans un deuxième temps, nous suivons les itinéraires de savoirs astronomiques dans un cas, médicaux dans l’autre, véhiculés tant par des livres que par des spécialistes à travers les frontières entre les pays de l’Asie orientale. Enfin, la trajectoire d’un chimiste devenu ingénieur permet d’aborder la mobilité intercontinentale qui se développe tout à la fin de la période qui nous intéresse.</p><p>Les lieux successifs où se déroule la vie savante de Mei Wending (1633-1721), candidat malheureux à l’examen provincial à plusieurs reprises et spécialiste de sciences mathématiques, auraient pu servir de cadre à la carrière d’un haut fonctionnaire. Mais pour lui, Nankin, d’abord centre de l’examen provincial triennal, devient un lieu de résidence prolongée et de rencontre avec d’autres savants partageant son intérêt pour ces sciences. Il se rend ensuite à Pékin en lien non pas avec l’examen métropolitain, mais avec un projet éditorial impérial : il y contribue à la compilation des chapitres de l’<span>Histoire des Ming</span> (<span>Mingshi</span>) consacrés au système astronomique <span>Datong</span>, sur la base duquel était calculé le calendrier sous cette dynastie. C’est ainsi un projet éditorial commandité par l’empereur Kangxi (r. 1662-1722), et dont ce dernier s’est servi pour faire entrer à son service de brillants lettrés, qui occasionne le séjour de Mei à la capitale. Sa renommée parmi les hauts fonctionnaires ne suffit pourtant pas à le faire entrer au service de l’empereur. Ce dernier, fort des connaissances scientifiques qu’il a acquises auprès des jésuites, porte sur la compétence de Mei un jugement sévère. C’est en qualité d’hôte du Gouverneur du Zhili, chez lequel il enseigne les mathématiques, que Mei poursuit sa carrière. La reconnaissance impériale lui est finalement accordée sous la forme d’une audience avec Kangxi, qui avait révisé son opinion après avoir lu un traité de Mei. Si ce dernier a entrepris d’autres voyages que ceux qui marquent les étapes de sa carrière, il précise lui-même que c’était dans le but de rencontrer des savants versés comme lui en sciences mathématiques et d’avoir accès, par leur intermédiaire, à certains traités. Lorsqu’il se retire enfin, sa renommée dans ces domaines est telle que de nombreux lettrés viennent le consulter. Ainsi sa résidence, située en milieu rural, est-elle instituée en lieu de savoir – qui ne durera que jusqu’à sa mort ; c’est la marque non seulement de sa consécration, mais aussi de la reconnaissance croissante des sciences mathématiques comme relevant des savoirs lettrés.</p><p>Si l’itinéraire de François-Xavier Dentrecolles (1664-1741), entré dans la Compagnie de Jésus en 1682, commence en France, dès lors qu’il arrive Chine en 1699, ce sont exclusivement les besoins de la mission qui guident ses pas. Jusqu’ici, les historiens des sciences qui ont étudié cette mission et les échanges de savoirs entre l’Europe et la Chine qu’elle a portés se sont surtout intéressés à l’activité savante de la petite minorité de jésuites qui ont travaillé à Pékin en tant qu’astronomes, savants et artistes de cour. Or la mobilité de ceux-ci répondait davantage aux besoins impériaux qu’à ceux de la mission<a id=""footnote-994-16-backlink"">16</a> ; la majorité des jésuites, censés se consacrer exclusivement à l’évangélisation, sont étudiés surtout en tant qu’acteurs de l’histoire du christianisme en Chine. La manière dont les savoirs européens sur la Chine se sont construits sur le terrain de la mission reste donc assez peu connue ; c’est cette lacune que contribue à combler l’étude proposée par Wu Huiyi. Dentrecolles a travaillé au Jiangxi pendant vingt ans, notamment à Jingdezhen ; cette situation géographique a fait de lui l’informateur privilégié de l’Europe au sujet de la technique de la porcelaine. Il entreprend aussi de traduire certains passages d’un manuel à l’usage des fonctionnaires, donnant ainsi à connaître aux lecteurs européens le fonctionnement des écoles en Chine. À partir de 1719, Dentrecolles réside à Pékin, sans toutefois travailler à la cour. C’est l’accès à des périodiques européens conservés à la résidence jésuite, plutôt qu’aux ouvrages chinois disponibles dans la capitale, qui détermine une réorientation de son activité savante : sa lettre sur l’inoculation de la variole comme sa traduction d’un « dialogue philosophique » chinois s’inscrivent ainsi dans des débats européens. L’analyse de Wu Huiyi montre aussi que la proximité géographique, loin de garantir la circulation, s’y oppose parfois ; à l’inverse, les informateurs de Dentrecolles en Chine sont trop éloignés de ses lecteurs européens pour que les premiers aient à redouter la concurrence des seconds.</p><p>La trajectoire du spécialiste chinois de sciences mathématiques et celle du missionnaire jésuite étudiées ici ont ceci de commun qu’elles se situent entre les provinces chinoises et la capitale de l’empire Qing, tout en restant extérieures à la cour impériale ; ce, à une époque où la politique de patronage savant et les grands projets éditoriaux de l’empereur Kangxi et ses successeurs font de cette cour un haut lieu des savoirs lettrés comme des savoirs techniques. La ville appartient ainsi à – au moins – deux réseaux savants distincts. L’un, qui couvre le territoire chinois, relie entre eux fonctionnaires et savants spécialistes de domaines techniques, les premiers utilisant les seconds pour mieux servir l’empereur. L’autre, centré à Paris, inclut les missionnaires jésuites en tant qu’informateurs grâce auxquels la Chine est intégrée à un monde de plus en plus systématiquement exploré par les Européens<a id=""footnote-994-17-backlink"">17</a>.</p><p>L’étude de Lim Jongtae nous donne à voir un troisième réseau ; celui-ci met en contact les fonctionnaires du Bureau de l’astronomie (Qintianjian) avec leurs homologues coréens qui font partie des ambassades régulièrement envoyées de Séoul à Pékin. Aux <span>xvii</span><span>e</span> et <span>xviii</span><span>e</span> siècles, les astronomes coréens travaillent à s’approprier les méthodes calendaires introduites par les jésuites, qui sont mises en œuvre en Chine depuis l’avènement des Qing. Tributaire de ceux-ci, la Corée reçoit en principe leur calendrier chaque année. Mais il s’avère néanmoins nécessaire au bon fonctionnement des relations diplomatiques que les astronomes coréens soient capables d’effectuer eux-mêmes les calculs permettant à l’État qu’ils servent de disposer de son propre calendrier, et que ce calendrier s’accorde avec celui des Qing. Les obstacles à l’appropriation sont pourtant multiples : aux difficultés techniques et linguistiques s’ajoute un accès très restreint aux astronomes impériaux ; consultés à titre privé, ceux-ci aident parfois à l’achat des ouvrages qui expliquent leurs méthodes. Après avoir étudié ces ouvrages à Séoul, les astronomes coréens peuvent tenter de s’en faire expliquer certaines difficultés à l’occasion d’une ambassade ultérieure. Pékin apparaît ici comme une capitale des savoirs non plus seulement à l’échelle de l’empire, mais à l’échelle régionale, au-delà des frontières linguistiques et politiques. Ce statut de métropole détermine une hiérarchie épistémique qui se reflète dans le statut des astronomes royaux coréens, et dans la représentation ambivalente qu’ils donnent d’eux-mêmes : leur compétence, sur laquelle repose leur statut, ne peut s’acquérir dans l’autonomie, sans référence à un centre de savoir qui n’est pas la capitale de l’État qu’ils servent. Comme le souligne Lim Jongtae, le rôle de la mobilité géographique dans la construction des savoirs astronomiques à Séoul, située à la périphérie de l’Empire Qing, est inversé par rapport au rôle qu’elle joue pour la plupart des astronomes de l’époque. En effet, ce n’est pas la collecte d’observations et leur intégration à un système de savoir qui motivent le voyage des astronomes coréens, mais la mise en cohérence de leur propre système de savoir avec celui de la métropole dans laquelle ils se rendent.</p><p>Dans les domaines techniques comme dans les études classiques, ce ne sont pas les personnes mais les textes qui constituent le principal véhicule de circulation. Prenant pour objet d’étude non plus un acteur ou plusieurs acteurs, mais un domaine du savoir médical, Mathias Vigouroux analyse l’importation au Japon des connaissances liées à l’acuponcture et à la moxibustion à l’époque d’Edo (1603-1868). Ces pratiques connaissent alors un renouveau au Japon, tandis que l’entrée des livres et des personnes y est strictement limitée. L’étude quantitative des ouvrages importés montre que leur choix est déterminé non par le prestige dont ils jouissent en Chine, mais par les besoins et intérêts des médecins japonais ; ceux-ci sont également à l’origine d’éditions augmentées des textes importés. La Corée joue surtout ici un rôle d’intermédiaire dans la transmission des savoirs chinois. Comme ce fut le cas en Chine pour les astronomes, les relations diplomatiques établies entre la Corée et le Japon permirent l’envoi de médecins coréens, qui traitaient des patients et échangeaient avec leurs collègues japonais ; mais ici les envoyés jouaient souvent le rôle d’informateurs. Ils évitaient pourtant de répondre à certaines questions, notamment concernant l’acuponcture, qu’ils ne pratiquaient pas tous. Certains aspects de cette thérapie, qui sont objets d’apprentissage plutôt que d’étude, ne se transmettent que par une rencontre entre spécialistes ; ces rencontres semblent avoir joué ici un rôle de complément occasionnel de la diffusion des savoirs par l’écrit.</p><p>Ces quatre contributions confirment avant tout le rôle primordial des livres dans la transmission des savoirs scientifiques, techniques et médicaux. Cependant, qu’ils circulent à titre commercial ou soient copiés dans une bibliothèque d’accès malaisé, les livres ne suffisent pas tout à fait à assurer cette transmission ; en revanche, ils ont parfois motivé la mobilité humaine. La lecture – activité que l’on imagine sédentaire par excellence, et indifférente au lieu où elle se pratique – peut être le but d’un déplacement, ou bien en faire sentir la nécessité ; elle peut aussi être un préalable nécessaire à ce déplacement. La complexité des connaissances techniques et les limites de leur mise par écrit, fût-ce à l’aide d’illustrations, tiennent aux savoirs implicites qu’elles mettent en jeu, de deux manières. D’une part, certains des objets qu’elles utilisent – matériaux servant à la fabrication de la porcelaine, aiguilles d’acuponcture – n’y sont pas décrits de manière assez exhaustive pour permettre leur identification ou leur reproduction en tous lieux. D’autre part, certains segments des procédures décrites dans les textes – détails d’un calcul, geste de poncture – s’acquièrent non par l’étude, mais plutôt par l’apprentissage. Celui-ci nécessite à son tour soit la mobilité des détenteurs du savoir technique, soit celle des apprenants. Les frontières politiques et linguistiques limitent cette mobilité ; cela amène dans certains cas une explicitation de la part non textuelle inhérente aux savoirs techniques. Est ainsi éclairé l’un des éléments qui différencient les savoirs techniques des savoirs classiques, dont le prestige était bien plus grand en Asie orientale : les conditions du partage des savoirs implicites qui sous-tendent les uns et les autres. La maîtrise du chinois classique – la Chine restant le lieu de savoir de référence –, préalable évident à la circulation des savoirs par le véhicule des livres, était ainsi commune aux élites de tous les pays de la région. Pour les spécialistes techniques, répartis sur la même aire géographique, mais en nombre beaucoup plus restreint, la constitution de savoirs implicites communs était plus précaire, ce qui rend peut-être ceux-ci plus visibles pour les historiens. Si l’on retient cette idée, il conviendrait de s’interroger plus généralement sur le rôle de la mobilité humaine dans la construction et la circulation des savoirs lettrés en Asie orientale : cela permettrait de nuancer l’image largement répandue d’une culture toute livresque, dans laquelle l’activité savante se réduirait essentiellement à des compilations successives de textes<a id=""footnote-994-18-backlink"">18</a>.</p><p>Si la Chine est alors perçue en Asie orientale comme le centre des savoirs, et la Corée comme une périphérie ou un simple intermédiaire, l’Europe se situe à la limite du champ de vision. Seuls de rares Européens sont présents à Pékin ; Mei Wending et certains astronomes coréens en mission les y ont rencontrés. Mais chacun connaît la provenance européenne des savoirs impériaux en sciences mathématiques. C’est Pékin, on l’a vu, et non Canton, grand port de commerce international, qui est le lieu privilégié d’accès aux savoirs étrangers. Au Japon en revanche, Nagasaki, port par lequel entrent les livres et autres produits commerciaux chinois, joue un rôle important comme lieu de savoir médical : si les ambassades coréennes se rendent jusqu’à Edo, un certain nombre de médecins chinois séjournent et travaillent à Nagasaki. C’est aussi là que les médecins japonais viennent, à partir du <span>xviii</span><span>e</span> siècle, s’informer et se former auprès des médecins européens qui travaillent pour le comptoir hollandais de Dejima<a id=""footnote-994-19-backlink"">19</a>. Il semble ainsi que les savoirs européens empruntent en Asie orientale les mêmes canaux par lesquels circulent les savoirs à l’échelle régionale.<";;;;;;;;; 592;2;3;31;Faut voir !;Contre-images;;;"<p>Qu'est-ce que l'image dans l'art contemporain ? Réponses à partir de 18 petites études consacrées à des artistes contemporains de toute pratique : photographie, vidéo, films, peinture, installation, etc.</p>";"<p><strong><br />Prologue : Ce que les images montrent des images <br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Stigmates<br /> </strong>(Sophie Ristelhueber, photographies) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>L’image et le lieu <br /></strong>(Claude Lévêque, installations) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Le spectre de la machine</strong><br /> (Rodney Graham, film, installation) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sous les drapeaux</strong><br />(Fayçal Baghriche, Martin Le Chevallier, Burak Delier, installations, photographie) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>À la dérobée</strong> <br />(Katarzyna Kozyra, vidéo) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Rêver le musée</strong><br /> (Ange Leccia, triptyque filmique) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sabordage<br /></strong> (Michel Foucault, Jacques Tati, philosophie, cinéma) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>L’ombre de l’égalité</strong><br /> (Maurice Matieu, peintures) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Le grain du réel</strong> <br />(Bernd et Hilla Becher, Thomas Ruff, photographies) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Explosante fixe</strong> <br />(Maria Bovo, photographies, vidéo) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>L’éclat du silence</strong> <br />(Claudio Parmiggiani, installation) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Au détail près</strong> <br />(Manoel de Oliveira, cinéma) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Éclater l’image</strong><br />(Ernesto Neto, installation) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Joyeux palimpseste</strong> <br />(Jacques Villeglé, affiches lacérées) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Prises de vues </strong><br />(Tadashi Kawamata, installation) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Postures <br /></strong>(Philippe Ramette, photographies) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Travellings<br /> </strong>(Abbas Kiarostami, photographies) </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Éloquence de l’image</strong><br /> (Nicène Kossentini, photographies)</p>";;10/07/2014;0;137X220;176;978-2-84292-410-2;9782842924102;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_592.jpg;"<p>Il y a beaucoup moins d'images qu'on ne le dit généralement si l'on veut bien admettre qu'une image est moins ce qu'on perçoit que ce qui fait voir et donne à penser. Les œuvres mises en constellation, plutôt qu'en série, dans ce livre n'ont rien d'autre en commun que d'intriguer le regard par un détail singulier qui en signe l'exception. D'une mise au point troublante ou d'une focalisation étrange naît une contrariété visible ou audible qui conduit à interroger ce que l'on voit ou entend. Aucune des œuvres présentées n'est équivalente à une autre, chacune est approchée dans son exemplarité et sous un angle particulier qui tente d'en enregistrer l'opération propre. Le nom commun et le titre associés à chacune d'entre elles n'entend pas les définir et en finir avec elles, ils leur font écho et en prolongent les effets.</p><p><em>Patrick Vauday est professeur de philosophie à l'université Paris 8. Il a publié plusieurs ouvrages dont La Décolonisation du tableau en 2006 et Gauguin, Voyage au bout de la peinture en 2011.</em></p>";"<div><p>Ce que les images montrent des images</p><p>Prologue</p><p><span class=""char-style-override-1"">B</span>ien des artistes et des œuvres ne se seraient jamais rencontrés sans la passion et la curiosité d’un collectionneur. La collection qui rassemble des œuvres au gré d’un goût singulier obéit peu ou prou à l’un ou l’autre de ces deux principes : la systématicité ou la disparité. Sous le premier principe, elle opère en fonction d’une règle explicite – artiste, école, style ou période – qui lui donne unité et identité. Sous le second principe, elle se constitue au cas par cas, non sans doute à l’aveugle mais sans fil directeur apparent, en quelque sorte par sauts et bifurcations, d’où un aspect plus disparate. Systématique, la collection pratique la variation sur un même thème en se fermant à tout ce qui déroge à son principe ; disparate, elle cultive la variété en s’ouvrant à l’avenant. Variété plutôt que variation ne veut pas dire pour autant arbitraire, seulement que l’unité se fait au fur et à mesure qu’elle se défait avec l’extension de la collection. À défaut de règle, son unité lui vient des affinités qui naissent du rassemblement même des œuvres et des circulations aléatoires qu’il favorise ; c’est qu’en effet les affinités ne sont pas de principe, par variation continue et réglée ou par dérivation, mais de rencontre, au coup par coup, sur le mode discret des résonances. Mais quel qu’en soit le principe, variation ou variété, la collection se traduit par une double opération dont la première consiste en sélection, puisqu’elle exclut, et la seconde en disposition où s’organise une circulation entre les œuvres retenues. D’où un changement de regard qui vient à s’exercer, en premier lieu, sur ces bords, à son envers en quelque sorte, en direction de ce qu’elle laisse hors de son champ mais qu’elle n’en éclaire pas moins autrement du seul fait de se constituer en point de vue, en second lieu, à son endroit, entre les œuvres qui d’être mises en vis-à-vis ou côte à côte se regardent et s’interrogent les unes les autres. Double regard de la collection qui fonctionne tantôt sur le principe du panorama, tantôt sur celui du diorama.</p><p>Si l’on veut bien admettre que ce qui vaut pour la collection puisse également valoir pour une esthétique soucieuse de penser avec les créations contemporaines, on aura un assez juste aperçu du mode de rassemblement des textes qui composent le présent recueil. Au lieu d’une série virtuellement close dans l’unité d’un concept, on y verra se former une constellation aux contours aussi mobiles qu’incertains ; chacune des œuvres qui la constituent y est mise sous tension d’un mot susceptible d’en éclairer l’opération selon le principe : une œuvre, un artiste, une notion. Autrement dit, une expérience sensible, la pointe d’un style et d’une pensée, des effets de sens, du suspens à sa prolifération.</p><p>Dans le désordre, on pourra lire des textes suscités par des œuvres aussi disparates quant au style et au médium que celles, parmi d’autres, de Sophie Ristelhueber, Claude Lévêque, Manoel de Oliveira, Tadashi Kawamata, Maria Bovo, Philippe Ramette, Claudio Parmeggiani, Michel Foucault et Jacques Tati, Abbas Kiarostami, Maurice Matieu, Ernesto Neto, Ange Leccia, et de quelques autres. De l’exploration des œuvres et des échos qu’elles se renvoient a progressivement émergé le concept le mieux à même de nommer la collection ouverte ainsi constituée, celui de contre-image.</p><p>Sous l’appellation générique de contre-image et à partir d’œuvres contemporaines (photographies, vidéos, installations, films, peintures), ce livre pluriel entend s’exposer à leurs puissances de contrariété pour en développer quelques avatars ; éloquence, ombre, trace, obscénité, spectre, projection, détail, déformation, exposition etc., en sont, entre autres, les noms d’usage et de circonstances. La prolifération des clichés faits pour rassurer et gratifier le regard au point d’en émousser la curiosité et la pointe critique suscitent des images contrariantes qui, à l’inverse, l’irritent, l’aiguisent ou le déplacent. Contrariété n’est pas exactement contradiction. Autant la seconde est franche et tranchante, en un mot frontale comme la négation, autant la première joue du détail qui cloche, de l’écart qui fausse la perspective, du trouble qui fausse la netteté. Force et forme d’opposition, la contradiction relève de la logique du langage et de l’idée tenant tête à une autre ; perturbation et insinuation, la contrariété est plutôt du registre de la <span>psyché</span> et le fait des images. Dans un cas, affrontement et rivalité entre thèses qui se nient, dans l’autre, destitution d’une prétention à la souveraineté dans l’aire du visible et du sensible, <span>blow up</span>, comme dans le film d’Antonioni, agrandissement et exagération du détail qui met l’image en abyme et en doute.</p><p>Une contre-image est encore une image. Freud le remarque dans <span>L’Interprétation des rêves</span>, les images n’en sont pas à une contradiction près puisqu’elles échappent, de nature, à cette logique élémentaire du langage, du moins du langage policé de la raison, qui exclut que deux propositions contraires puissent être vraies en même temps. Que l’image ne soit pas si regardante, Freud en veut pour preuve la fameuse <span>École d’Athènes </span>de Raphaël (1511)<a id=""footnote-426-1-backlink"">1</a> qui montre, réunies dans un même temps et dans le même espace monumental, les grandes figures dont l’humanisme renaissant se fait l’héritier, négligeant les différences d’époques et de lieux qui les séparent. À cette image transhistorique il y a d’autant moins à objecter qu’elle réussit l’admirable tour de force de rendre évidente à la vue et convaincante pour l’esprit l’invraisemblance même. Ignorant superbement le malaise archéologique qui, plus tard, saisira Freud devant les ruines de Rome, elle donne consistance visuelle à l’article de foi humaniste de la continuité d’une tradition intellectuelle. Inexacte, elle n’en est pas moins vraie<a id=""footnote-426-2-backlink"">2</a>. Rien à redire, rien à repeindre, le chef-d’œuvre se clôt sur lui-même non sans inclure dans un groupe situé à l’extrême droite de la fresque l’artiste lui-même prêtant ses traits à la figure d’Apelle et, détail qui a son importance, l’un des deux seuls personnages de cette illustre et nombreuse assemblée dont le regard s’échappe de la scène représentée pour aller à la rencontre du spectateur. La contre-image de cette scène magistrale où s’expose le programme intellectuel de la Renaissance n’existe sans doute pas mais il n’est pas impossible d’imaginer, sur le modèle des reprises d’œuvres anciennes par des artistes modernes, ce qu’elle pourrait être à partir de quelques détails susceptibles de la nourrir. Son contexte surtout, la Chambre de la Signature du Vatican où se tenait le tribunal du Saint-Siège avant de devenir le cabinet de travail et la bibliothèque du pape. L’annexion par la papauté de l’héritage grec ne va pas sans soulever quelques problèmes dont le moindre n’est pas la présence dans la fresque de Raphaël d’une figure discutée, celle du personnage vêtu d’une tunique blanche à gauche de Parménide, identifiée tantôt comme la philosophe néoplatonicienne et mathématicienne alexandrine Hypatie, lapidée à mort puis démembrée par des fanatiques chrétiens, tantôt comme Maria I della Rovere, duc d’Urbino, dont Raphaël a peint le portrait alors que le duc était âgé de 14 ans et présentait encore un visage quelque peu efféminé (<span>Portrait du jeune homme à la pomme</span>, 1504) contrastant avec le portrait beaucoup plus viril du condottiere en armure réalisé beaucoup tard par Titien (<span>Francisco Maria della Rovere en armure</span>, 1538). Une anecdote non prouvée veut que dans son esquisse du tableau Raphaël aurait d’abord représenté la figure d’Hypatie mais, après avoir été censurée par un cardinal parce que païenne et probablement aussi parce que martyrisée par l’Église, et par là même peu propice à la célébration des noces de la chrétienté et de l’humanisme, elle aurait été remplacée par la figure du condottiere qui en aurait gardé la trace dans ses traits efféminés<a id=""footnote-426-3-backlink"">3</a>. Or, comment ne pas être frappé du fait que cette figure troublante est celle qui, d’un même regard direct vers le spectateur, fait pendant à celle de Raphaël dans le rôle d’Apelle à droite de la fresque ? Si ces détails énigmatiques, comme absorbés ou effacés par la grandeur de la scène, ne contredisent pas à proprement parler le programme politique mûrement pensé et pesé que l’œuvre avait pour mission de rendre vraisemblable, ce sont néanmoins de petits accrocs dans la trame de la représentation par où s’instille le doute sur la consistance de la fable qu’elle figure, discrets témoins de ce qu’il faut oublier du christianisme pour croire à sa vocation humaniste. C’est, parmi d’autres, le genre de détail dont une contre-image trouve à s’animer.</p><p>Ce détour par quelques détails d’un chef-d’œuvre de la Renaissance, loin de nous éloigner des œuvres contemporaines, nous y ramène au contraire et permet d’en préciser l’approche. Le choix des œuvres mises en constellation, plutôt qu’en série, dans les textes qui suivent s’explique en effet, en partie et pour partie d’entre elles, par leur mise en scène, explicite ou non, d’un détail singulier qui loin de contribuer à l’unité d’un récit ou d’une composition en fausse la perspective convenue ou attendue. Du détail soustrait à l’ensemble, d’une mise au point troublée ou d’une focalisation étrange naît une contrariété visible et/ou audible qui conduit à interroger ce que l’on voit et/ou entend. Aucune des œuvres présentées n’est équivalente à une autre, chacune est approchée dans son exemplarité et sous un angle particulier qui tente d’en enregistrer l’opération propre. Le nom commun et le titre associés à chacune d’entre elles n’entendent pas les définir et en finir avec elles, ils leur font écho et les prolongent. Il y a beaucoup moins d’images qu’on ne le dit généralement, mais du visuel sans aucun doute, si l’on veut bien admettre qu’une image est moins ce qui se voit et se reçoit passivement que ce qui fait voir au risque de décevoir. Une contre-image n’est rien d’autre finalement qu’une image qui pense.</p><p>Dans la circulation et l’entre-tissage permanents des images et des mots dont elle est partie prenante, la création artistique risque, au double sens du terme, une partition singulière qui consiste pour une part à faire trembler les lignes de partage de l’expérience sensible, les catégorisations paralysantes, l’articulation instituée des registres de l’affect, du percept et du concept, pour une autre part à faire voir et entendre d’autres accords et de nouveaux modes de composition. S’il est temps de faire le deuil de l’idée romantique d’une affectation, d’un rôle et d’une mission de l’art dans une perspective salvatrice, ce n’est pas que l’art soit mort et enterré et ne survivrait plus que dans les figures parodiques et spectrales du grand <span>remake</span> postmoderne, c’est tout au contraire qu’il trouve dans ce dés-assujettissement les circonstances et les risques de sa réinvention. C’est que sa ressource ne lui vient pas de ce qui est et de ce qu’il tient mais de ce qui est à venir imprévisiblement avec la nécessité de créer. Ici, comme toujours, la liberté épouse la nécessité : créer pour ne pas mourir, ne serait-ce que d’ennui, créer pour respirer. L’art ne naît que d’une impossibilité de vivre et qu’au risque d’un mourir. Il se tient sur la ligne de bord d’un effondrement et d’un vide créateur. Il tire sa force de sa faiblesse et de sa pauvreté en moyens d’inspiration. Dès qu’il ne s’agit plus de continuer mais d’interrompre une modalité d’existence exténuée, il ne sert à rien de faire avec ce qu’on a et il ne reste plus qu’à compter avec ce qu’on n’a pas et à occuper la place qui n’est pas la sienne, autrement dit à trouver autre chose et se déplacer.</p><p>Cette partition mobile de l’art, Kant a été le premier à la thématiser. Que dit-il en effet ? Que l’art ne nous réconcilie pas avec nous-mêmes et entre nous sans par ailleurs nous diviser. Le « chacun ses goûts et ses couleurs » n’a jamais dérangé personne puisqu’au contraire, c’est le principe de tout arrangement et de tout ordre qui met chacun à sa place dans un monde et une société bien ordonnés. Avoir des prétentions, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit avec le jugement esthétique kantien, prétention à juger librement et à la place de quiconque, sans titre ni qualité autres que celles d’un « sens commun » esthétique, n’est-ce pas d’emblée attenter à l’inégale égalité de tous les goûts qui veut que chacun ne juge bien qu’à sa place et dans sa sphère d’existence, le crapaud de sa crapaude, pour reprendre Voltaire, et le roi de sa reine ? Déranger l’ordre, sortir de sa sphère ou de sa condition, en jugeant publiquement de tout, loin d’arranger les choses produit au contraire le dissensus qui restait contenu par le « chacun chez soi ». La leçon de Kant est que l’égalité fait désordre dans la mesure où elle révèle qu’il n’y a pas d’autre critère de jugement en matière esthétique que l’exercice sans fin du jugement dans l’espace public ; à condition de rappeler que le public ne consiste pas dans le nombre mais dans l’égalité de toutes les voix et l’adresse au commun. Le jugement esthétique ne peut être que critique, au sens où il est toujours en discussion et en crise, et soumet le public à l’épreuve de sa propre division. Ce désordre qui déstabilise et brouille les places est révélateur et créateur : révélateur des hiérarchies discrètes qui fixent les frontières entre les genres, les pratiques et les normes socioculturelles, créateur de nouveaux modes de perception de l’espace, de nouveaux alliages sensibles et de nouvelles manières de penser le monde.</p><p>Avec la dimension spectaculaire qui est la sienne, le Festival de Cannes pousse jusqu’à la caricature cette partition de l’art en jouant régulièrement la scène du différend entre le public et la critique. Par sa fréquentation et ses modes de consommation privée (télévision, internet et DVD), le cinéma est de tous les arts indiscutablement le plus démocratique, et tout spectateur s’en prétend juge autant qu’un autre ou que le critique spécialisé. Cette division du sensible n’est pas un partage entre les « goûts et les couleurs » d’une masse ignorante et d’une élite éclairée, elle est à interpréter dans son effet qui est, à l’occasion d’un film-événement, de porter au cœur de l’espace public le dissensus qui le constitue. Les scandales de <span>L’Avventura</span> d’Antonioni ou de <span>Sous le Soleil de Satan</span> de Pialat n’auront fait que spectaculairement mettre au jour la séparation de la communauté d’avec elle-même.</p><p>Dans le milieu contemporain des images, la création artistique prend le caractère d’une intervention, au sens étymologique d’une venue ou survenue « entre », qui interrompt la continuité d’une séquence, d’une syntaxe apprise ou d’un phrasé solidifié par l’introduction d’un temps et d’un espace hétérogènes. Ce n’est pas une soudure ou une médiation réparatrice mais une coupure qui retourne une image ou un énoncé contre eux-mêmes, les détourne de leur signification et de leur fonction première ou les ajourne pour ouvrir un temps et un espace autres. La mise en abyme ironique du même par la répétition, le collage heurté des disparates, l’enrayement d’un processus habituel par l’intrusion d’un élément d’étrangeté, la distraction qui suspend le sens d’une scène, sont, parmi d’autres, autant de modalités de la coupure opérée par les arts. Sa valeur tient moins à sa nouveauté, toujours relative dans la mesure où elle prend son point de repère du passé, qu’à son déplacement sur un autre bord ouvrant à une expérience et à un point de vue différents. La différence joue moins par conséquent sur le versant temporel que spatial. Regarder d’ailleurs l’ici qui prescrit les formes de l’expérience et de la pensée revient à inclure l’ailleurs dans le champ d’attention qui l’excluait et en même temps à en reconfigurer la topographie et les limites. Si l’art n’a pas d’affectation, sauf d’époque et de circonstances, il n’est pas sans affect ; leur effet est de rendre sensible à l’insensible en dérangeant les formes et les arrangements convenus de la sensibilité. La division de la sensibilité par le sensible est l’opération propre de l’art.</p><p>Faut voir ! Ce n’est pas un commandement, pas davantage un impératif, c’est éventuellement une ironie moqueuse à l’encontre des trompe-l’œil, des fausses fenêtres et des pseudo-révélations, l’exercice salutaire d’une sagacité critique déjouant fausses prétentions et prises d’otage émotionnelle, mais c’est surtout à entendre comme un moment de suspens et une invite à douter, examiner, explorer ; bref, à aller y voir de plus près en s’exposant au travail et aux effets des œuvres.</p><p>Les textes qui suivent prennent le parti de ne montrer les images que par et dans les mots. Il ne s’agit pas, ce faisant, de traduction, moins encore de capture, mais d’une mise à l’épreuve du langage par les images qui l’impressionnent, le travaillent et le forcent hors de lui-même. L’écriture des images en vérifie en retour la fécondité.</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-426-1""> 1</a>. <span>Sigmund Freud, </span><span>L’Interprétation des rêves, </span><span>Paris, Presses Universitaires de France, 1973, chapitre VI, III : « Les procédés de figuration du rêve », p. 271.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-426-2""> 2</a>. <span>Daniel Arasse note que : « </span><span>L’École d’Athènes </span><span>et le classicisme romain de Raphaël montrent une confiance dans l’accord entre culture et pouvoir… », mais remarque juste après « qu’en quelques années Raphaël va défaire lui-même ce système », </span><span>Histoires de peintures</span><span>, Paris, France Culture/Denoël, 2004, p. 88-89.</span></p></div><div><p><a id=""footnote-426-3""> 3</a>. <span>Sur la vie, l’œuvre et la légende d’Hypatie, voir John Thorp, « À la recherche d’Hypatie », conférence prononcée à l’Association cana­dienne de philosophie, Université du Manitoba, Winnipeg, 30 mai 2004.</span></p></div></div></div>";;246;15.00;"<p style=""text-align: justify;"">Les images sont trop souvent exclusivement traitées comme le mauvais génie de nos sociétés au service du règne consumériste de la marchandise, du culte des émotions immédiates et de l’addiction aux flux médiatiques. À partir d’analyses précises d’œuvres contemporaines, diverses autant par leur médium (photographie, installation, film, peinture) que par leur style, il s’agit de montrer comment des artistes créent des images qui loin d’anesthésier la pensée la réveillent et la mettent au travail.</p>";;14/03/2014 17:57;0;Première édition;3691 593;2;3;32;Le postcolonial comparé;Anglophonie, francophonie;;;"<p style=""text-align: left;"">Cet ouvrage prend le transfert difficile des <em>« Postcolonial studies</em> anglophones » en France comme point de départ pour une réflexion sur l’histoire connectée des empires britannique et français.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Avant-propos</p><p style=""text-align: left;""><strong>Émilienne Baneth-Nouailhetas et Claire Joubert</strong></p><p style=""text-align: left;""> <br /> Le « postcolonial » à la différence des langues : 
culture, politique et enjeu de monde<br /> <strong> Claire Joubert </strong></p><p style=""text-align: center;""><br />1. Les <em>Postcolonial studies </em>et l’épreuve comparatiste</p><p style=""text-align: left;""> Littérature anglaise ou littératures en langue anglaise ?<br /> <strong> Robert J.C. Young</strong><br /> Traduction française d’Hélène Quiniou</p><p> Quel est l’impact de la notion de whiteness sur les études littéraires postcoloniales ? <br /> Genèse du concept et étude du cas de la critique littéraire canadienne<br /> <strong> Christine Lorre-Johnston </strong></p><p> Critique francophone du postcolonial et critique postcoloniale de la francophonie<br /> <strong>Jean-Marc Moura </strong></p><p> L’argument civilisateur dans la doctrine coloniale 
de la langue française<br /> <strong>Alice Goheneix-Polanski </strong></p><p> Edward W. Said, Frantz Fanon et Aimé Césaire<br /> <strong>Dominique Combe</strong></p><p style=""text-align: left;""> Théâtre, terreur et mémoire en contexte postcolonial<br /> <strong>Martin Mégevand<br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><br />2. Les Caraïbes : lieu critique du postcolonial </p><p> L’institution de la littérature caribéenne anglophone<br /> <strong> Dillon Brown </strong><br /> Traduction française d’Hélène Quiniou</p><p> Hybridité heureuse ou tragédie féconde : le lieu, l’espace et l’archipel caraïbe<br /> <strong>J. Michael Dash </strong></p><p><sup> </sup>Nancy Morejón, la parole des « lieux ouverts » : « nous sommes le golfe pour toujours »<br /> <strong>Sandra Monet-Descombey Hernández </strong></p><p style=""text-align: left;""> « In search of the Talented Tenth » : Léon-Gontran Damas et Albert Helman face à <br /> l’Amérind’ « cambriolée »<br /> <strong>Kathleen Gyssels</strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""> José Marti en Amérique : fascination latino-américaine pour le modèle nord-américain <br /> et prémices d'une critique postcoloniale<strong></strong><br /> <strong>Claire Hennequet</strong></p><p><sup> </sup>Joséphine Baker et Mayotte Capécia : race et genre dans les biographies transcoloniales<br /> <strong>Myriam Cottias et Madeleine Dobie </strong></p><p style=""text-align: left;""> <br /> Les auteurs</p><p style=""text-align: left;""> Bibliographie</p><p style=""text-align: left;""> Index</p>";;10/06/2014;0;137X220;288;978-2-84292-407-2;9782842924072;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_593.jpg;"<p>Importée du monde anglophone, la notion de « postcolonial » a d’abord reçu un accueil réticent en France, avant de devenir un sujet clé des débats publics et universitaires. Ce transfert difficile des Postcolonial studies en France sert de point de départ à une réflexion sur l’histoire connectée des empires britannique et français, qui est aussi une histoire comparée des pensées et des idéologies de la différence culturelle.<br />En rassemblant des auteurs souvent séparés par les cloisonnements nationaux, linguistiques et disciplinaires, et en s’ouvrant aux histoires et aux littératures coloniales anglaises et françaises mais aussi espagnoles et néerlandaises, ce livre fraye de nouvelles pistes pour la compréhension des rapports entre littérature et politique dans la mondialisation actuelle.<br /><br /><em>Claire Joubert, professeur à l’université Paris 8, et Émilienne Baneth-Nouilhetas, professeur à l’université de Rennes 2, attachée à l’ambassade de France aux États-Unis, outre leurs nombreux travaux conduits séparément, ont publié ensemble Comparer l’étranger. Enjeux du comparatisme en littérature (Presses Universitaires de Rennes, 2006).</em><br /><br /></p>";;;422;20.00;"<p>En rassemblant des auteurs et des perspectives trop souvent maintenus séparés par les cloisonnements nationaux, linguistiques et disciplinaires, et en ouvrant le champ des croisements aux histoires et aux littératures coloniales anglaises, françaises mais aussi espagnoles et néerlandaises, cet ouvrage fraye de nouvelles pistes pour la compréhension des rapports entre littérature et politique. C’est la force critique de la traduction qu’il fait jouer pour éclairer le rapport du savoir au pouvoir, qui continue à structurer le présent dans la Mondialisation.</p>";;04/04/2014 12:16;0;Première édition;4028 594;2;3;14;Pour un cinéma contemporain soustractif;;;;"<p>Cet ouvrage veut réaffirmer les spécificités d’un art de la mise en scène, de l’espace et du temps.</p>";"<p style=""text-align: left;""><strong>Introduction </strong> <br /><br /></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 1<br />Remise en cause du récit </strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Questions de récit <br />Retour sur le scénario <br />À la limite du maniérisme </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 2</strong><br /><strong>Personnages reclus du monde</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’autarcie au risque de la marginalisation <br />L’espace comme refuge <br />Présence des corps </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 3<br />Esthétiques « pauvres » </strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Repli esthétique, esthétiques du chaos <br />Cadre géométrique <br />Cadre physique </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 4</strong><br /><strong>L’autoportrait, expiation ou exutoire ? </strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Fragments d’intimités <br />Présence/absence des corps et des voix <br />Des « lieux, dépositaires d’images-souvenirs » </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 5<br />Dramaturgies régénérées </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La fable sinon rien <br />Parole contre mutisme <br />Travail des genres </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 6</strong><br /><strong>Questions d’adaptation et de réflexivité<br /> </strong> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Recours à la littérature <br />Recours au cinéma </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 7</strong><br /><strong>Un cinéma de la cruauté </strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Des mondes originaires <br />Pulsions élémentaires <br />Chemins de croix</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 8</strong><br /><strong>Suggérer le passé : l’histoire tout de même <br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Histoires de camps <br />Colonisation, décolonisation <br />La chute du communisme </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Chapitre 9</strong><br /><strong>Observer les mutations du monde<br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Poésie politique <br />Vers un primitivisme anthropologique</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><strong><br />Conclusion</strong><em><br /><br />Filmographie <br />Bibliographie<br />Index des films <br />Références et crédits photographiques <br /> </em></p>";;10/06/2014;0;137X220;210;978-2-84292-406-5;9782842924065;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_594.jpg;"<p>Depuis le début du XXIe siècle, on observe l'apparition régulière de films minimalistes manifestant une réticence marquée envers le scénario, le récit, la parole, la musique et la psychologie. Qu'ils relèvent de la fiction, du documentaire, ou des deux à la fois, les films de quinze cinéastes du monde entier (Lisandro Alonso, Wang Bing, Alain Cavalier, Pedro Costa, Darejan Omirbaev, Béla Tarr, entre autres) sont ici analysés d'un point de vue esthétique et dramaturgique pour mieux mettre en évidence un geste soustractif.<br /><br />Moins d'histoire, moins de dialogues, moins de décors, ces caractéristiques manifestent une belle foi en l'art du cinéma et en sa capacité de suggestion.</p><p><em>Antony Fiant, professeur en études cinématographiques à l'université Rennes 2, écrit dans plusieurs revues de cinéma, notamment Trafic et Images documentaires. Il est l'auteur de deux essais monographiques : (Et) Le cinéma d'Otar losseliani (fut) (2002, l'Âge d'Homme) et Le cinéma de Jia Zhang-ke. No future (made) in China (2009, Presses Universitaires de Rennes).</em></p>";;;346;22.00;"<p>Force est de constater la présence dans le cinéma le plus contemporain (ici envisagé entre 2000 et 2013) de nombreux cinéastes rechignant à se glisser dans des modèles esthétiques et dramaturgiques bien rodés, en faisant en quelque sorte vœu d’abstinence (tant esthétique que dramaturgique). En plébiscitant le cinéma contemporain soustractif, ce livre voudrait – à un moment où la singularité du cinéma semble bien menacée par le tout-venant numérique – réaffirmer les spécificités d’un art de la mise en scène, de l’espace et du temps.</p><p>Cinéastes traités : Wang Bing, Alain Cavalier, Aki Kaurismaki, Carols Reygadas, Bela Tarr, Pedro Costa</p>";;04/04/2014 12:36;1;Première édition;3689 595;1;3;27;Harmonie Disharmonie;N°66/2014;;;"<p>La notion d’harmonie dans la pensée et les œuvres artistiques et littéraires du Moyen Âge, confrontée en particulier avec son contraire, la notion de disharmonie.</p>";"<p>Introduction<strong><br /> Ludivine Jaquiery et Christopher Lucken<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« <em>Concordia discors</em>. L’harmonie de l’écriture médiévale »<br /><strong>Amy Heneveld</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« Figures de l’<em>Harmonia Mundi</em> dans les manuscrits et les stalles gothiques en France. Le roi David accordant sa harpe et les anges musiciens »<br /><strong>Welleda Muller</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« L’harmonie des sphères et la danse dans le contexte clérical au Moyen Âge »<br /><strong>Philip Knäble</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« “<em>Ad imaginem et similitudinem Dei</em>” ? Les personnages qui entourent le Christ mort à l’épreuve de l’harmonie avec le divin »<br /><strong>Amélie Bernazzani</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« Esthétique de l’entremêlement dans les portraits du jeune Lancelot et de Claudas de la Terre Déserte dans le <em>Lancelot </em>en prose »<br /><strong>Ludivine Jaquiery</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« Le nain, une figure dé-mesurée, dans les enluminures des manuscrits profanes des XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> siècles en France »<br /><strong>Pascale Tiévant</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« Guillaume Crétin et la <em>Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem</em> : les chœurs, les cœurs et la poésie »<br /><strong>Thibaut Radomme</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> <br />ESSAIS ET RECHERCHES<br /></strong></p><p><strong>« </strong><em>Signata de mea marcha </em>: les marques de marchands dans les comptes du péage de Chambéry (xv<sup>e</sup> siècle) »<br /><strong>Marjorie Burghart</strong></p><p class=""Body1"">« L’“économie morale” carolingienne (fin VIII<sup>e</sup>-début IX<sup>e</sup> siècle) »<br /><strong>Marcelo Cândido da Silva</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> POINT DE VUE<br /></strong></p><p>« De l’usage de l’archéogéographie »<br /><strong>Hélène Noizet</strong></p><p> </p><p>- <em>Notes de lecture<br />- Livres reçus</em></p>";;10/07/2014;66;160X240;220;978-2-84292-405-8;9782842924058;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_595.jpg;"<p style=""text-align: justify;""><em>Amy Heneveld</em><strong><em><br />Concordia discors </em></strong><strong>: L’harmonie de l’écriture médiévale</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Cet article trace l’importance du concept de <em>concordia discors</em>, ou de <em>discordia concors</em>, pour l’esthétique littéraire médiévale. La figure d’Harmonie dans le <em>De Nuptiis Philologiae et Mercurii</em> de Martianus Capella enjoint à penser une unité musicale et littéraire qui offre à la fois plaisir et savoir, sous la forme d’une beauté complexe. Les mots <em>concordia</em> et <em>discordia</em>, des figures allégoriques qu’ils représentent à leur diverses manifestations conjointes, offrent une voie à suivre qui mène de l’antiquité jusqu’à la <em>conjointure</em> médiévale, d’Empédocle à Alain de Lille, Geoffroy de Vinsauf et Chrétien de Troyes.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Welleda Muller</em><strong><br />Figures de l’<em>Harmonia Mundi </em>dans les manuscrits et les stalles gothiques en France. Le roi David accordant sa harpe et les anges musiciens</strong></p><p style=""text-align: justify;"">L’<em>Harmonia mundi </em>est une donnée essentielle de la culture normée du Moyen Âge. L’idée que le monde est régi par un ordre divin et que la rotation des sphères produit un son harmonique inaudible aux oreilles humaines est présente à tous les niveaux de la société et chez la majorité des intellectuels ; mais cette idée n’est pas uniquement débattue dans des textes par les théoriciens, elle est aussi représentée en images. Ainsi, la multitude d’anges musiciens jouant majoritairement d’instruments à cordes, est certainement l’image de la musique des sphères, en particulier dans les stalles et les manuscrits, deux supports artistiques étroitement liés avec le chant liturgique dont la pratique permet de retrouver l’harmonie divine de la Création. À côté des anges musiciens, images de l’<em>Harmonia mundi</em>, un modèle est présenté pour encourager les fidèles dans leur propre recherche de l’harmonie : il s’agit du roi David accordant sa harpe, mettant ainsi en lumière la nécessité de réglage de l’ordre du monde. Toutefois, les xv<sup>e</sup> et xvi<sup>e</sup> siècles sont une période charnière qui va voir évoluer les conceptions du monde, ce qui transparaît dans les images. Les anges musiciens disparaissent en effet progressivement de la sculpture des stalles et de la peinture des manuscrits, remplacés par des <em>putti</em> de chair n’ayant plus de fonction, en même temps que les cieux se vident des substances spirituelles qui permettaient aux orbes de se mouvoir dans les conceptions médiévales du monde.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Philip Knäble</em><strong><br />L’harmonie des sphères et la danse dans le contexte clérical au Moyen Âge</strong></p><p style=""text-align: justify;"">L’Église, et surtout l’Église médiévale, est considérée comme une institution complètement opposée à la danse. Pourtant il y avait des églises cathédrales, par exemple celle d’Auxerre, où les chanoines eux mêmes dansaient dans l’église pendant les fêtes religieuses. L’article discute ces pratiques de danse en relation avec la réception de la philosophie néoplatonicienne et son concept de l’harmonie des sphères dans les écoles cathédrales. En considérant la danse comme une mise en scène de l’harmonie des sphères, les chanoines l’intégrèrent dans leurs pratiques de dévotion.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Amélie Bernazzani</em><strong><em><br />“Ad imaginem et similitudinem Dei</em>”<em> </em>? Les personnages qui entourent le Christ mort à l’épreuve de l’harmonie avec le divin</strong></p><p style=""text-align: justify;"">C’est grâce à l’Incarnation que Dieu donne une chance aux hommes de retourner à l’ère de la ressemblance divine. À travers le Christ, il prend en effet l’apparence charnelle des hommes – des pécheurs – et se rend imitable. Ressembler au Christ, c’est donc retrouver un peu de l’harmonie qui régnait au jardin d’Éden. L’imitation du Christ est par conséquent la condition <em>sine qua non</em> du salut : obtenir la Rédemption est impossible sans se conformer au Christ par les actes et, surtout, par la pensée : « Je suis crucifié avec le Christ [déclare Paul aux Galates], et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi.» (Gal 2, 19-20). Nous proposons de montrer que, dans les images, cette association entre la laideur et le péché est fréquente. Ainsi, comparés au Christ, les bourreaux et le mauvais larron sont laids et difformes : les uns doivent servir de modèles au spectateur et les autres de « contre-figures ».</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Ludivine Jaquiery</em><strong><br />Esthétique de l’entremêlement dans les portraits du jeune Lancelot et de Claudas de la Terre Déserte dans le <em>Lancelot</em> en prose</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Les modèles préconisés par les Arts poétiques pour la description des personnes laissent à ceux qui se livrent à l’exercice du portrait la possibilité de renouveler le modèle théorique. Cette étude propose une analyse des portraits, en regard l’un de l’autre, du jeune Lancelot et de Claudas de la Terre Déserte tels qu’ils apparaissent dans le <em>Lancelot</em> en prose. Le rédacteur de ce roman développe les portraits autour des notions d’« entremêlement » des composantes des deux personnages et de « mesure » dans leurs proportions. Si la mesure est d’ordinaire source d’harmonie, le traitement réservé à ces deux personnages prouve plutôt le contraire. Quant à l’« entremêlement », il présente un résultat différent selon que l’on considère Claudas ou Lancelot. Le premier reste ambivalent, double, tandis que le second dépasse les éléments contradictoires qui le composent en les intégrant : ces derniers fusionnent en se valorisant l’un l’autre.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Pascale Tiévant</em><strong><br />Le nain, une figure dé-mesurée, dans les enluminures des manuscrits profanes des XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> siècles en France</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Les nains représentés dans les enluminures des manuscrits profanes des XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> siècles en France sont caractérisés par leur dé-mesure. Au delà de celle de leur taille, les images proposent une figure de l’altérité qui n’a pas toujours recours à la disharmonie que suggère la lecture de bon nombre des textes. Bien entendu nous trouvons quelques images de naines fort disgracieuses au service de l’allégorie de vices ou des pygmées belliqueux de l’Antiquité. Ce n’est pourtant pas le cas pour l’ensemble des enluminures, recueillies pour l’essentiel dans les manuscrits de la Matière de Bretagne et de France, qui mettent en scène des petits personnages parfois ombrageux ou vindicatifs, mais révèlent, après analyse, une figure plutôt positive, ayant ses valeurs propres et sa place dans l’harmonie du monde.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Thibaut Radomme</em><strong><br />Guillaume Crétin et la <em>Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem </em>: les chœurs, les cœurs et la poésie</strong></p><p style=""text-align: justify;"">Cet article propose une étude du poème <em>Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem</em>, écrit par Guillaume Crétin à l’extrême-fin du XV<sup>e</sup> siècle, selon deux axes de lecture principaux : la représentation de l’harmonie des chœurs et de la disharmonie des cœurs d’une part, et la problématisation du topos d’humilité de l’auteur d’autre part. Après une brève introduction contextuelle consacrée aux concepts d’harmonie et de disharmonie ainsi qu’à une perspective générale sur le poème, la première partie de l’article traite du premier axe de lecture : il y est montré que, si la beauté des chants (harmonie des chœurs) semble a priori contraster avec le trouble des sentiments (disharmonie des cœurs), les frontières sont en fait brouillées et les chœurs sont gagnés par le désordre des cœurs, traduisant le rejet de la gaieté qui caractérise le chant funèbre. La seconde partie de l’article entend questionner la position d’infériorité dans laquelle se place Guillaume Crétin en tant qu’auteur : après s’être affirmé incapable d’écrire le poème qu’on lui enjoint de composer, après en avoir appelé à ses illustres prédécesseurs et contemporains et avoir reconnu la supériorité de la musique sur la poésie, l’auteur semble en effet prendre à revers les attentes du lecteur et, par un habile jeu de mise en abyme et une exploitation de la valeur performative du poème, se couronner comme le prince des poètes.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marjorie Burghart<br /></em><strong><em>Signata de mea marcha </em>: Les marques de marchands dans les comptes du péage de Chambéry (XV<sup>e</sup> siècle) </strong></p><p style=""text-align: justify;"">Au début du XV<sup>e</sup> siècle, les comptes du péage de Chambéry (Savoie, France), particulièrement détaillés, comportent parfois le dessin des marques dessinées sur les balles pour justifier leur exemption. Ce corpus d’une soixantaine de marques différentes permet une approche de la typologie formelle des marques de marchands (la croix, son support et les lettres de l’alphabet en sont les principaux éléments graphiques récurrents), mais aussi de leur éventuelle évolution, voire dans un cas exceptionnel la proximité graphique d’une marque avec une autre forme d’identification, la signature de son possesseur. Une série de lettres de demande d’exemption, associées aux comptes, vient compléter le large panorama de l’usage pratique des marques.</p> <p style=""text-align: justify;""><em>Marcelo Cândido da Silva</em><strong><br />L’ « économie morale » carolingienne (fin VIII<sup>e</sup>-début IX<sup>e</sup> siècle)</strong></p><p class=""Body1"" style=""text-align: justify;"">Dans trois capitulaires publiés par Charlemagne entre la fin<sup> du VIIIe </sup>et le début du IX<sup>e</sup> siècle − le <em>Capitulare Episcoporum</em> (v.779), le capitulaire de Francfort (794) et le capitulaire de Nimègue (806) − on trouve des mesures prises par les princes carolingiens pour faire face aux crises alimentaires. À première vue très disparates, les mesures prévues par ces textes n’ont pas fait, jusqu'à présent, l'objet d'une analyse d’ensemble. Une telle analyse peut nous aider à aller au-delà du constat de « désespoir » qui aurait inspiré ces mesures, et aussi à réfléchir sur l'existence d’une ligne directrice commune dans le traitement du problème de la famine sous les Carolingiens.</p>";;"<p style=""text-align: justify;""><em>Amy Heneveld</em><strong><em><br />Concordia Discors </em></strong><strong>: The Harmony of Medieval Writing</strong></p><p style=""text-align: justify;"">This paper examines the importance of the expression <em>concors discordia</em>, or <em>discordia concors</em>, to medieval literary aesthetics. Harmony, the last allegorical figure to speak in Martianus Capella’s <em>De Nuptiis Philologiea et Mercurii</em>, offers a model of musical and literary unity which is at once pleasing and instructive, beautifully complex. The words <em>concordia </em>and <em>discordia</em>, from their allegorical figurations to their various entwined appearances, suggest a path to follow from antiquity to medieval <em>conjointure</em>, from Empedocles to Alain of Lille, Geoffroy of Vinsauf and Chrétien de Troyes.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Welleda Muller</em><strong><br />Representations of the <em>Harmonia Mundi</em> in gothic manuscripts and choir stalls in France. King David tuning his harp and angel musicians</strong></p><p style=""text-align: justify;""><em>Harmonia Mundi </em>is an essential notion in traditional medieval culture. The dual idea that the world is governed by a divine order and that the rotation of the spheres produces a harmonic sound inaudible to human ears is present throughout medieval society and for the intellectuals in particular. This idea is not only discussed in texts by scholars, but it is also represented in pictures. Thus, the multitude of angelic musicians mainly playing stringed instruments, is certainly the image of the music of the spheres, especially in the choir stalls and manuscripts, two artistic media linked to the liturgical chant whose practice allows find the divine harmony of Creation. Besides the angel musicians, images of <em>Harmonia Mundi</em>, a model is presented to encourage the faithful in their own quest for harmony: it is King David tuning his harp, thus highlighting the need for adjustment the word order. However, the fifteenth and sixteenth centuries were a turning point that saw a change in worldviews, which is reflected in the imagery. The angelic musicians disappeared gradually from the carved choir stalls and painted manuscripts to be replaced by putti who have no function; at the same time, the heavens were empty of spiritual substances which allowed orbs to move in medieval conceptions of the world.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Philip Knäble</em><strong><br />Dance and The Harmony of the Spheres in the Medieval Clerical Context</strong></p><p style=""text-align: justify;"">The Church, especially the medieval Church, is known as an institution completely opposed to dancing. Nevertheless there existed some cathedral churches, for example at Auxerre, where even the canons danced in the church during religious feasts. This article discusses the ecclesiastical dances in relation to the reception of Neo-Platonist philosophy and its concept of the harmony of the spheres at the cathedral schools. Viewing the dance as a performative expression of the harmony of the spheres the canons incorporate the dance as a practice of devotion.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Amélie Bernazzani</em><strong><br />“<em>Ad imaginem et similitudinem Dei</em>”<em> </em>? The characters that surround the dead Christ in harmony with the divine</strong><strong> ?</strong></p><p style=""text-align: justify;"">It is through the Incarnation that God gives men a chance to return to the era of the divine likeness. Through Christ, he is indeed the appearance of carnal men – sinners – and goes imitable. Like Christ, so it regains some of the harmony that reigned in the Garden of Eden. The imitation of Christ is therefore the <em>sine</em><em> qua non</em> of salvation obtain redemption is impossible without complying with Christ through acts and, especially, by the thought : ""I am crucified with Christ [Paul says to the Galatians 2, 19-20] and it is no longer I who live, but Christ who lives in me"". We propose to show that in the pictures, this association between ugliness and sin is common. Thus, compared to Christ, executioners and the bad thief are ugly and deformed : one should serve as models for the spectator, and the other as “contre-figures”.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Ludivine Jaquiery</em><strong><br />The aesthetic of </strong><strong>“</strong><strong>entanglement</strong><strong>”</strong><strong> in the portraits of the young Lancelot and of Claudas de la Terre Déserte in the prose <em>Lancelot</em></strong></p><p style=""text-align: justify;"">The Poetic Arts have recommended models for describing characters. However, these models are not fixed and allow anyone who wishes to portray a character to renew them. This study offers a comparative portrait analysis of the young Lancelot and Claudas de la Terre Déserte<em> </em>as they appear in <em>Lancelot </em><em>en prose</em>. The author of this novel develops the portraits through notions of « <em>entremêlement</em> » [entanglement] of the components of the two characters and of « <em>mesure</em> » [measure] of their proportions. If measure is usually a source of harmony, the manner of describing the two characters proves rather the opposite. The results differ for Claudas or Lancelot when « <em>entremêlement</em> » [entanglement] is considered. The former is ambivalent, double, whilst the latter transcends the contradictory elements that compose him by integrating them. Their merger increases the value of each another.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Pascale Tiévant</em><strong><br />The Dwarf, a Disproportionate Figure in Profane Manuscript’s Illuminations of XIV<sup>th</sup> and XV<sup>th</sup> Century France</strong></p><p style=""text-align: justify;"">The dwarfs, represented in the illuminations of the secular manuscripts of the fourteenth and fifteenth centuries in France, are characterized by their disproportionate “hugeness”. Beyond the fact of their height, the images project a figure of “otherness” which does not always rely on the disharmony that a number of texts would suggest. Of course, we do find some pictures of truly uncouth dwarfs, serving the cause of the allegory of vices and those of the warlike pygmies of Antiquity. However, this is not the case for all of the illuminations, collected in the main from the manuscripts of “Matière de Bretagne” and of France, that portray sometimes tetchy or vindictive little personages, but nonetheless ones which on analysis, reveal rather positive figures, with values and a place in the world’s harmony.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Thibaut Radomme</em><strong><br />Guillaume Crétin and the <em>Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem </em>: Choruses, Hearts and Poetry</strong></p><p style=""text-align: justify;"">This article offers a study of the poem <em>Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem</em>, written by Guillaume Crétin at the extreme end of the fifteenth century, in a double perspective : the representation of choruses’ harmony and hearts’ disharmony on one hand, and the problematisation of the <em>topos</em> of author’s humility on the other hand. After a brief introduction, in which I give a contextual background about the concepts of harmony and disharmony as well as a general overview of the poem, the first part of the article deals with the first perspective of reading : if choruses’ harmony seems at first sight to contrast with hearts’ disharmony, borders are in fact blurred and choruses are contaminated by the disorder of feelings, which results in the rejection of happiness that characterizes funeral singing. In the second part of the article, I want to examine the position of inferiority in which Guillaume Crétin puts himself as an author. Indeed, whilst he claims to be unable to write the poem that he has been asked to compose and calls for the help of his illustrious predecessors and famous contemporaries, he recognizes the superiority of music over poetry. However, the author seems to deceive the expectations of the reader and, through an ingenious <em>mise en abyme</em> and by exploiting the performative dimension of the poem, to crown himself as the prince of the poets.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marjorie Burghart</em><strong><em><br />Signata de mea marcha </em></strong><strong>: Merchants’ Marks in the Chambéry Toll Accounts (fifteenth century) </strong></p><p style=""text-align: justify;"">At the beginning of the fifteenth century, the especially detailed accounts of the Chambéry toll (Savoy, France) sometimes bear a sketch of the merchants’ marks that were drawn on the balls, to justify their exemption from the toll rights. This corpus of about sixty different marks offers an insight into their formal typology (the cross, its support, and letters of the alphabet are the main recurring graphical elements), but also their evolution, and even in one exceptional case the similar graphical features of a merchant's mark and another identification device, his signature. A series of letters, linked to the accounts and requesting exemption from the toll rights, sheds further light on the wide range of practical uses of the merchants’ marks.</p><p style=""text-align: justify;""> </p><p style=""text-align: justify;""><em>Marcelo Cândido da Silva</em><strong><br />The “Moral Economy” under the Carolingians (end 8<sup>th</sup>-9<sup>th</sup> c.)</strong></p><p style=""text-align: justify;"">The object of this article are the measures taken by the Carolingian princes to confront the alimentary crises, as found in three capitularies published by Charlemagne between the end of the 8<sup>th</sup> and the beginning of the 9<sup>th</sup> century: the Capitulare Episcoporum (c.779), the Capitulaire de Francfort (794) and the Capitulaire de Nimègue (806). At first glance very disparate, the measures anticipated by these texts were not, up until now, object of an analysis as a single group. Through this group viewpoint, we will attempt to go beyond the acknowledgment of the “despair” that would have inspired them, and ponder on whether or not there could have been a common guideline in the treatment of the problem of famine under the Carolingians.</p>";414;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce numéro se penche sur la notion d’harmonie dans la pensée et les œuvres artistiques et littéraires du Moyen Âge, confrontée en particulier avec son contraire, la notion de disharmonie. Il s’agit de souligner ainsi que l’harmonie, au lieu de se rapporter simplement à des éléments identiques, s’applique généralement à des éléments dissemblables qu’elle est chargée de réunir en un seul et même ensemble.</p><p><em><strong> Ce numéro inaugure la nouvelle maquette de Médiévales </strong></em></p><p><strong> </strong></p>";;09/04/2014 11:24;1;Première édition;3386 596;1;3;24;Penser les épidémies depuis la Chine, le Japon et la Corée;N°37/2014;;;"<p>L’épidémie véhicule bien plus que l’idée d’une surmorbidité ou d’une surmortalité ; quelle que soit la période considérée, elle est une menace pour l’ordre politique, social, économique.</p>";"<p>Introduction : « Les épidémies, entre ‘Occident’ et ‘Orient’ »<br /><strong>Frédéric Keck et Florence Bretelle-Establet</strong>.</p><ol> </ol><p style=""text-align: center;""><strong>I.</strong><strong>Imaginaires des foyers</strong></p><ol> </ol><p>« Les épidémies en Chine à la croisée des savoirs et des imaginaires : le Grand Sud aux XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècles » <br /><strong>Florence Bretelle-Establet </strong></p><p>“Jean-Jacques Matignon’s Legacy on Russian Plague Research in North-East China and Inner Asia (1898-1910)”<br /><strong>Christos Lynteris <br /></strong></p><ol> </ol><p style=""text-align: center;""><strong>II.</strong><strong>Epreuves de souveraineté</strong></p><ol> </ol><p>“Measures against the Measles during Late 18<sup>th</sup> Century Korea: Reformation or Restoration?""<br /><strong>Shin Dongwon </strong></p><p>“Epidemic control and wars in Republican China (1935-1955)”<br /><strong>Michael Shiyung Liu </strong></p><p>“Framing SARS and H5N1 as an Issue of National Security in Taiwan: Process, motivations and consequences”<br /><strong>Vincent Rollet <br /></strong></p><ol> </ol><p style=""text-align: center;""><strong>III.</strong><strong>Incertitudes du collectif</strong><strong></strong></p><ol> </ol><p>“The Shifting Epistemological Foundations of Cholera Control in Japan, 1822 to 1900”<br /><strong>William Johnston </strong></p><p>“Epidemic Cerebrospinal Meningitis during the Cultural Revolution”<br /><strong>Fan Ka wai<br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Regards extérieurs: </strong></p><p>« Quand la terre s’arrondit. L’horizon convergent des épidémies d’Orient et d’Occident »<br /><strong>Anne-Marie Moulin</strong></p><p>« Le retour des dispositifs de protection anciens dans la gestion politique des épidémies »<br /><strong>Patrice Bourdelais </strong></p>";;10/09/2014;37;155x220;258;978-2-84292-411-9;978-2-84292-411-9;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_596.jpg;"<p>Florence Bretelle-Establet<strong><br />« Les épidémies en Chine à la croisée des savoirs et des imaginaires : le Grand Sud aux XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècles » </strong></p><p>Cet article esquisse la carte des savoirs et des pratiques qui sous-tendent la notion d’épidémie en Chine, à la veille de la mise en place d’institutions chargées de les surveiller, les contrôler et les combattre, sur la base des connaissances médicales, acquises au sein du laboratoire. Il prend comme cadre d’investigation l’extrême sud de la Chine qui devint, à partir du XVIIIe siècle, le siège d’épidémies récurrentes rapportées par les observateurs chinois puis par les observateurs étrangers. En étudiant les initiatives individuelles ou politiquement orchestrées, en scrutant la littérature médicale contemporaine de cette vague épidémique et produite dans cet espace particulier, nous mettrons en lumière les manières dont les épidémies sont alors comprises et combattues.</p><p> </p><p>Christos Lynteris<br /><strong>“Jean-Jacques Matignon’s Legacy on Russian Plague Research in North-East China and Inner Asia (1898-1910)”</strong></p><p>Cet article analyse les retombées de l’Expédition de la Vallée de Selenga menée par le médecin français Jean-Jacques Matignon en 1896 sur les recherches russes autour de la peste bubonique dans la décennie précédant la grande peste de Mandchourie de 1910-1911. En nous attachant tout particulièrement à l’expédition de Danilo Kirilovich Zabolotny à Weichang (1898) et à celle d’Ivan Stepanovich Dudchenko-Kolbashenko en Mongolie et en Transbaikalia (1907-1908), nous examinerons comment l’hypothèse exposée par Matignon selon laquelle la peste n’était pas endémique dans la région mais importée depuis le sud de la Chine par le biais des « coolies » s’est trouvée imbriquée dans l’hypothèse russe d’une origine zoonotique de la peste, centrée sur les marmottes sibériennes (tarbagan), vectrices endémique de la maladie dans l’Asie mineure. Cet article explore comment l’éthnographie médicale russe réussit à forger une hybridation entre ces deux hypothèses, mettant le Lamaïsme au cœur du modèle transrégional de la peste bubonique. Hybridation basée sur l’hypothèse erronée que les marmottes se nourrissent des cadavres des pèlerins et des commerçants exposés à l’air libre, qui propose que ce sont les humains qui infectent les marmottent et non l’inverse.</p><p> </p><p>Shin Dongwon<strong><br /> “Measures against the Measles during Late 18<sup>th</sup> Century Korea: Reformation or Restoration?""</strong></p><p>Au cours du règne du roi Jeongjo (1777-1800), de nombreux changements surviennent au sein du gouvernement Joseon en rapport avec les épidémies, non seulement du point de vue des traitements médicaux qui sont dispensés mais aussi du point de vue des rituels religieux. Quand « une épidémie rouge » apparut en 1786, le roi Jeongjo donna l’ordre aux autorités médicales de mettre en place des lois médicales très strictes, proches de mesures modernes telles que le recensement des malades, les visites médicales, l’approvisionnement en médicaments, la collecte de prescriptions efficaces et la diffusion des connaissances. En même temps, le roi donna l’ordre au Ministère des Rites de restaurer les rituels religieux contre les épidémiques qui n’avaient plus été pratiqués depuis longtemps. Ces actions sont-elles à interpréter comme une innovation des réponses médicale et rituelles face aux épidémies, ou la restauration de la vieille philosophe du « bon gouvernement » confucéen ?</p><p> </p><p>Michael Shiyung Liu<br /><strong>“Epidemic control and wars in Republican China (1935-1955)”</strong></p><p>Après la seconde guerre mondiale, Taiwan remet sur pieds les infrastructures de santé publique fortement endommagées pendant la guerre, grâce aux aides américaines et celles de l’Organisation Mondiale de Santé. La reconstruction de la santé publique de Taiwan dans les années cinquante bénéficie de l’expérience acquise pendant la guerre sino-japonaise dans le domaine de la médecine militaire et de la prévention contre les épidémies. Cet article établit le lien entre la reconstruction de la santé publique dans le Taiwan des années cinquante et les travaux de santé publique menés antérieurement par le gouvernement nationaliste en période de guerre en même temps qu’il révèle l’importance de l’influence politique de la Guerre Froide en Asie orientale.</p><p> </p><p>Vincent Rollet<br /><strong>“Framing SARS and H5N1 as an Issue of National Security in Taiwan: Process, motivations and consequences”</strong></p><p>Considérer les épidémies comme un enjeu de sécurité est devenu une approche utilisée par un certain nombre de pays et d’institutions internationales afin de traiter des questions de santé publique et de leur apporter une réponse ciblée. Ce fut notamment le cas du Sras et du H5N1 à Taiwan qui furent tous deux déclarées questions de « sécurité nationale » en 2003 et en 2005. Après une présentation d’une part de la dynamique mondiale qui tend à octroyer à un certain nombre de maladies infectieuses le statut d’enjeux de sécurité, puis du débat académique sur ces processus, cet article se propose d’examiner le cas de Taiwan en s’intéressant plus particulièrement aux initiateurs d’une telle dynamique, aux discours de ces derniers sur les épidémies ainsi qu’à la matérialisation concrète d’une telle approche. Il se penche ensuite sur les facteurs qui ont pu faciliter la sécurisation du Sras et du H5N1 dans ce pays afin de mettre en évidence les raisons du succès d’un tel phénomène, pour enfin mentionner certaines de ses principales conséquences.</p><p> </p><p>William Johnston<br /><strong>“The Shifting Epistemological Foundations of Cholera Control in Japan, 1822 to 1900”</strong></p><p>Cet article, qui s’appuie sur des sources japonaises du dix-neuvième siècle, explore les manières dont le choléra est alors compris au Japon. Les membres de la communauté médicale japonaise utilisent les théories médicales chinoises et européennes jusqu’à ce que les idées occidentales, à partir des années 1870, dominent le discours sur le choléra. Néanmoins le choléra, d’abord perçu comme un mal endémique dans les années 1870, est par la suite assimilé à un envahisseur étranger. Ces représentations du choléra ne reposent alors ni sur des statistiques ni sur aucune preuve scientifique mais sur l’association, culturelle et politique, du choléra à une maladie de l’immondice.</p><p> </p><p>Fan Ka wai<br /><strong>“Epidemic Cerebrospinal Meningitis during the Cultural Revolution”</strong></p><p>Cet article analyse l’épidémie de méningite cérébrospinale qui se développa dans la première phase de la Révolution Culturelle (1966-1976). S’appuyant sur des sources diverses incluant archives et chroniques locales, monographies de santé publique et manuels de médecine, cette contribution retrace l’histoire de cette épidémie et met en lumière les différents facteurs qui contribuèrent à l’expansion de la maladie depuis Pékin et les grands lieux de la révolution vers l’intérieur des campagnes.</p><p> </p><p><em>Numéro publié avec le soutien de l'association Nippon Koten Kenkyukai.</em></p>";"<div><p>Extrême-Orient, Extrême-Occident, 37 – 2014</p></div><div><p>Les épidémies entre « Occident » et « Orient »</p><p>Florence Bretelle-Establet et Frédéric Keck<a id=""footnote-994-1-backlink"">1</a></p><p>L’histoire des épidémies est révélatrice des « peurs en Occident »<a id=""footnote-994-2-backlink"">2</a>. Parmi l’ensemble des menaces diffuses qui pèsent sur l’individu, l’épidémie tranche par son caractère soudain, brutal et collectif : elle se manifeste comme une catastrophe dans la vie quotidienne. On distingue alors de la maladie chronique, qui peut fragiliser l’individu, la maladie infectieuse qui semble affecter le groupe social de l’extérieur<a id=""footnote-994-3-backlink"">3</a>. Sa capacité à passer de corps en corps met au défi les conceptions établies de la société, dont elle révèle les vulnérabilités. Lorsque le mal s’empare d’un corps, nul ne sait jusqu’où il s’étendra : les barrières du village ou de la ville ne suffisent pas, les collectifs déjà en place sont débordés. Si l’émotion soulevée par l’épidémie s’apaise d’abord en désignant un coupable du mal pour l’expulser et le détruire, l’enquête vise ensuite à cerner le lieu d’où il part pour le contrôler et l’étudier. L’épidémie est alors l’occasion de cartographier les espaces et les corps qui s’y inscrivent. Aussi la séquence des grandes épidémies raconte-t-elle, pour un historien de l’environnement, les étapes de la transformation de l’Occident : guerres civiles (peste, typhus), conquête du Nouveau Monde (variole), révolution industrielle (choléra, syphilis, tuberculose)<a id=""footnote-994-4-backlink"">4</a>.</p><p>Le savoir sur les épidémies produit par les sociétés occidentales a été décrit comme marquant le passage de la peur à la maîtrise, de la faute à la maladie, du peuple, affecté uniformément, à la population, considérée dans ses variabilités<a id=""footnote-994-5-backlink"">5</a>. La révolution microbiologique du <span>xix</span><span>e</span> siècle a découvert sous l’ampleur des contagions collectives les régularités des relations entre les hommes et les microbes. Il n’y avait plus besoin d’invoquer les démons du lieu ou les miasmes de l’environnement, puisqu’on pouvait manipuler les bactéries puis les virus dans un laboratoire<a id=""footnote-994-6-backlink"">6</a>. En expliquant l’épidémie par les cassures dans la co-évolution des hommes et des microbes, la microbiologie, à la fin du <span>xix</span><span>e</span> siècle, ajoutait ainsi un troisième niveau aux deux autres aspects de la réflexion épidémiologique. Alors que celle-ci décrivait jusque-là l’épidémie comme une crise de surmorbidité (niveau phénoménologique) ou comme une propagation démographique et économique (niveau sociologique), ce troisième niveau ontologique apparut déterminant en dernière instance et clé de la maîtrise des épidémies.</p><p>Au milieu du <span>xx</span><span>e</span> siècle, des années 1950 au début des années 1980, on pouvait penser que l’arsenal thérapeutique alors disponible était capable de résoudre la question des épidémies, la découverte, à partir des années 1980, de virus très pathogènes et potentiellement pandémiques (VIH/SIDA, Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), virus Ebola, H5N1) a mis un terme à cette courte période d’optimisme : « Une nouvelle maladie infectieuse fait son apparition chaque année dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et tous les cinq ans, l’humanité subit une crise majeure due à l’émergence ou à la réémergence d’un virus », pouvait écrire une journaliste en décembre 2012<a id=""footnote-994-7-backlink"">7</a>.</p><p>La redécouverte de la menace épidémique, à la fin du <span>xx</span><span>e</span> siècle, a mis essentiellement l’Asie au cœur de ce diagnostic pessimiste, du fait de son écologie, de sa démographie et de son interdépendance croissante avec le reste du monde. L’Asie orientale, et plus particulièrement la Chine du Sud, fut montrée du doigt lors de l’épidémie de SRAS (2002-2003) qui, avant de se diffuser dans le reste de l’Asie jusqu’au Canada, avec une létalité de 10 %, fut qualifiée par un journaliste de <span>Time Asia</span> de « syndrome chinois<a id=""footnote-994-8-backlink"">8</a> »<span>. </span>La grippe pandémique, dont on rappelle souvent qu’elle a fait plus de victimes que la guerre en 1918, est décrite comme une menace permanente dont « l’épicentre » est situé dans le Sud de la Chine<a id=""footnote-994-9-backlink"">9</a> où les oiseaux et les cochons, constituant le « réservoir » pour les mutations des virus Influenza, sont abattus en cas de nouvelle épidémie et mis sous étroite surveillance en temps ordinaire<a id=""footnote-994-10-backlink"">10</a>.<span> Si «</span> la menace épidémique nouvelle est présente dans notre quotidien d’une façon disproportionnée au regard de sa rareté statistique et du faible nombre de victimes qu’elle entraîne<a id=""footnote-994-11-backlink"">11</a> », c’est donc qu’elle révèle l’imaginaire d’une globalisation dans laquelle l’Asie joue un rôle essentiel.</p><p>Alors que l’Asie orientale, en particulier la Chine, et les pays d’Asie du Sud-Est constituent aujourd’hui les foyers les plus menaçants pour un monde occidental inséré dans un mouvement intense d’échange, les peurs que cette partie du monde suscite sont plus anciennes : au <span>xviii</span><span>e</span> siècle déjà, la variole est soupçonnée par certains médecins européens d’être une maladie asiatique arrivée en Occident<a id=""footnote-994-12-backlink"">12</a>. La peste qui éclate à Canton et à Hongkong en 1894 apparaît comme une menace majeure pour la communauté occidentale, et induit par exemple le gouvernement français à renforcer sa présence médicale en Chine du Sud pour éviter que la maladie ne se propage dans la colonie indochinoise, voire en métropole<a id=""footnote-994-13-backlink"">13</a>. C’est cette même inquiétude qui conduit les puissances européennes et américaines, au travers d’un Dudgeon (<span>The Diseases of China.</span> <span>Causes, Conditions, and Prevalence, Contrasted with those of Europe</span>, 1877), d’un Maxwell ou d’un Jefferys (<span>The Diseases of China, Including Formosa, and Korea</span>, 1910 et 1929) pour la Chine, d’un Angier pour le Cambodge (<span>Le Cambodge. Géographie médicale</span>, 1901), d’un Rouffiandis pour le Laos (<span>Géographie médicale du Moyen Laos</span>, 1902) ou d’un Gaide pour l’Indochine, à inventorier et cartographier les maladies potentiellement épidémiques de l’Asie, alors en grande partie colonisée par les puissances européennes<a id=""footnote-994-14-backlink"">14</a>. Au tournant du <span>xx</span><span>e</span> siècle, comme aujourd’hui, l’Asie fournit également le cadre idéal pour la recherche des causes et des mécanismes de transmission et la mise au point de thérapeutiques. Les expériences menées par Alexandre Yersin sur la peste bubonique sont bien connues. Mais les investigations s’étendent bien au-delà du seul cas de la peste et sont intimement liées au contexte de colonisation. Dans cette époque de grande interrogation médicale, le territoire colonisé en général, et l’Asie en particulier, fournit un cadre de choix à la recherche sur les maladies infectieuses en même temps qu’un terrain d’expérience et d’expérimentation.</p><p>En somme, il y a une certaine continuité dans la manière dont le regard occidental appréhende la source des épidémies : l’Asie en est souvent le foyer, qu’il s’agisse de résurgence de maladies épidémiques connues comme la peste ou le choléra, au tournant du <span>xx</span><span>e</span> siècle, ou qu’il s’agisse de maladies émergentes, comme le SRAS au début du <span>xxi</span><span>e</span> siècle. La continuité est aussi visible dans la manière de juger l’approche qu’en font les autorités locales. Les Européens et Américains qui arrivent en Chine à la fin du <span>xix</span><span>e</span> siècle expriment généralement leur consternation devant l’absence de mesures gouvernementales dans la gestion des épidémies, eux qui ont vu, depuis la seconde moitié du <span>xix</span><span>e</span> siècle, l’essor d’un mouvement médical où la puissance publique s’est donné le droit et même le devoir d’imposer aux individus des règles d’hygiène pour le bien de la collectivité<a id=""footnote-994-15-backlink"">15</a>. Aujourd’hui encore, l’épidémie de VIH/Sida, qui ralentit en Occident alors qu’elle progresse en Asie et en Afrique, suscite des discussions sur la résistance des populations et des États à suivre les traitements prescrits par les organisations internationales de santé<a id=""footnote-994-16-backlink"">16</a>. Le cas de la pandémie de grippe H1N1 en 2009 montre bien la complexité des relations entre Chine et Occident dans le contrôle des épidémies : après que la directrice de l’Organisation Mondiale de la Santé, Margaret Chan, qui fut directrice de la Santé à Hong Kong entre 1994 et 2003, lança l’alerte sur un nouveau virus, les autorités chinoises, accusées d’avoir sous-estimé le danger du SRAS en 2003, furent accusées par les observateurs occidentaux d’avoir imposé des mesures de quarantaine trop fortes contre le H1N1<a id=""footnote-994-17-backlink"">17</a>. Il faut donc renoncer à partir d’un centre de savoir détenteur de la rationalité sur les épidémies pour voir comment celles-ci sont pensées ailleurs.</p><p>L’histoire des concepts relatifs aux épidémies et des réponses – politiques, religieuses, médicales – qu’elles suscitent est mieux connue pour l’Europe qu’elle ne l’est pour l’Asie orientale. Ce volume réunit sept contributions traitant d’épidémies qui frappèrent, à différentes époques, la Chine, le Japon et la Corée. Il ne se donne par pour objectif de faire une histoire des épidémies dans cette partie du monde ; en étudiant les pratiques politiques, religieuses, économiques que ces épisodes épidémiques suscitent, en scrutant les discours qui les évoquent, tenus dans les milieux médicaux, administratifs ou religieux, il entend plutôt apporter un éclairage sur les manières dont le phénomène épidémique est identifié, compris et combattu dans ce qui est aujourd’hui considéré comme un des principaux foyers d’épidémies.</p><p>Les épidémies en Chine, au Japon et en Corée : <br />problèmes de définition</p><p>Mettre au jour les notions qui sous-tendent le phénomène épidémique en différentes parties de l’Asie orientale et le type de réponses qu’il suscite nécessite tout d’abord d’identifier les termes mêmes qui le traduisent. Certes cette question ne se pose pas avec la même acuité pour les différentes époques, pré-moderne et moderne, que ce volume recouvre. S’il semble y avoir un consensus sur les manières dont le phénomène épidémique est compris au <span>xxi</span><span>e</span> siècle, notamment parce qu’il fait l’objet d’une réglementation internationalement reconnue, en revanche la définition des épidémies pose des difficultés plus grandes pour les périodes antérieures.</p><p>En Chine, de nombreux termes ont été utilisés dans l’histoire pour désigner des maladies frappant collectivement et de manière spectaculaire<a id=""footnote-994-18-backlink"">18</a>. Le caractère <span>yi</span> (qui contient la clé de la maladie et le caractère pour « frapper », et que certains dictionnaires interprètent comme une maladie qui se répand, <span>liuxing</span>) semble le plus couramment utilisé en Chine, en Corée ou au Japon, dans les textes administratifs mais aussi médicaux. Comme le rappelle Marta Hanson dans son étude sur l’évolution du discours médical relatif aux épidémies en Chine, il y a, au <span>xvii</span><span>e</span> siècle, une intersection entre le concept « d’épidémies fébriles <span>wenyi </span>» et celui des « maladies chaudes <span>wenbing</span> », ce dernier étant, depuis le <span>xii</span><span>e</span> siècle, associé au sud géographique. Du milieu du <span>xvii</span><span>e</span> jusqu’à la fin du <span>xix</span><span>e</span> siècle, les concepts de « maladies chaudes » et « d’épidémies fébriles » sont donc souvent associés, parfois utilisés l’un pour l’autre, et au centre d’un nouveau discours médical sur l’épidémie : ce discours rejette notamment l’explication classique fondée sur l’idée d’une cosmologie déterminante et lie davantage le phénomène à une anomalie de l’environnement, lui-même perçu comme intrinsèquement lié à une géographie complexe du territoire, capable de produire des corporalités distinctes. En somme, le terme d’épidémie connaît une généalogie singulière en Chine, à partir du <span>xvii</span><span>e</span> siècle : il renvoie moins au peuple (<span>demos</span>) unifié par le mal qu’à l’anomalie d’un environnement avec laquelle celui-ci est désormais unifié<a id=""footnote-994-19-backlink"">19</a>. Pourtant, les phénomènes rassemblés sous ce terme ne semblent pas faire l’objet d’un accord unanime. Florence Bretelle-Establet montre dans ce volume que les caractères y<span>i, wenyi, wenbing </span>utilisés dans les sources administratives pour signaler une maladie exceptionnelle et dont les « morts sont innombrables » (<span>sizhe wusuan</span>) donnent lieu à des descriptions de maladies qui, dans les sources médicales, ne sont pas toujours nécessairement liées à des phénomènes collectifs.</p><p>Comment les acteurs, qu’ils soient médecins, administratifs ou simples malades, identifient les épidémies est donc une question qui parcourt l’ensemble des contributions de ce volume. Parfois le phénomène épidémique est mis en relation avec une entité nosologique précise – « épidémie rouge », « effondrement en trois jours », « désorganisation soudaine » – en sorte que se pose le problème, classique pour tout historien des maladies, de parvenir à identifier dans une nomenclature biomédicale les termes anciens<a id=""footnote-994-20-backlink"">20</a>. À quelle pathologie spécifique rattacher « l’épidémie rouge », décrite ici par Shin Dongwon, qui s’abat sur la Corée à la fin <span>xviii</span><span>e</span> siècle et à laquelle le roi Jeongjo (r. 1776-1800) répond par des mesures sans précédent ? À quel type de pathologies peut-on associer les « désorganisations soudaines » (<span>huoluan</span>), qui peuvent être à l’origine de crises de morbidité ? Si on peut suivre la traduction en Chine du concept de microbe par celui de <span>chong</span> ou vermine<a id=""footnote-994-21-backlink"">21</a>, les descriptions symptomatiques, les explications physiopathologiques d’une affection ou encore les ingrédients thérapeutiques prescrits dans les traités médicaux pré-modernes ne sont pas d’un grand secours pour tenter une adéquation avec les entités nosologiques bio-médicales : le regard et le discours médical pré-moderne s’articulent autour de déviances qui ne sont pas toujours significatives aux yeux d’un médecin moderne.</p><p>Si tenter un diagnostic <span>a posteriori,</span> sans les examens de laboratoire ou les traces paléo-pathologiques, reste toujours très hasardeux et, à ce titre, ne constitue pas la finalité des recherches de ce volume, il est possible en revanche de suivre la façon dont les phénomènes épidémiques sont perçus, éprouvés, catégorisés, jusqu’à faire l’objet de mesures que l’on qualifierait inadéquatement de « santé publique ». En évitant ainsi de projeter les catégories de la santé publique sur des épidémies nettement identifiées, les articles qui suivent retracent le sens du phénomène épidémique à partir des discours et des pratiques des acteurs qui les rencontrent. On retrouve ainsi la dimension imaginaire des épidémies, non comme un obstacle à leur identification précise, mais comme le moteur de leur prise en charge collective.</p><p>Les imaginaires de la menace</p><p>L’épidémie est d’abord une menace pour l’ordre public, qu’elle trouble de ses différents bords. En fragilisant l’ordre social et économique, une maladie entre en corrélation avec d’autres « fièvres », qui peuvent venir de l’intérieur ou de l’extérieur de la société. Cette menace, les contributions de ce volume la présentent sous différents traits.</p><p>Si l’histoire européenne fournit de multiples exemples d’épidémies mises sur le compte de l’étranger, les articles de William Johnston ou de Vincent Rollet montrent que le même raisonnement était à l’œuvre dans les sociétés asiatiques. Comme l’épidémie de choléra qui atteint le Japon au <span>xix</span><span>e</span> siècle est liée à l’arrivée des vaisseaux européens, les médecins japonais trouvent dans ces mêmes vaisseaux les traités médicaux pour décrire les symptômes : une telle corrélation autorise William Johnston à dire que c’est bien du même choléra que parlent les deux nations en présence. Le choléra, hautement contagieux, est dans un premier temps perçu comme une invasion de l’extérieur, en provenance de Java et de Chine, notamment ; au fil du temps, et à mesure que la maladie s’implante au Japon, elle devient aussi une maladie du lieu :<span> fūdobyō</span>. La gestion du SRAS à Taiwan, décrite par Vincent Rollet, illustre également cette peur de l’invasion étrangère. Le SRAS fut construit par les autorités taiwanaises comme un problème de sécurité nationale parce qu’il mettait en question les infrastructures vitales de la société, mais aussi parce qu’il arrivait du continent chinois : il fallait se préparer à une nouvelle épidémie comme on se prépare à une attaque militaire. Le SRAS fut décrit par les autorités chinoises comme une pneumonie atypique (<span>feidian</span>), mais sa désignation par l’OMS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) a pu être associée, dans les articles de République Populaire de Chine, à l’acronyme de la Région Administrative Spéciale de Hong Kong (SAR, Special Administrative Region) et ainsi laisser penser à une épidémie d’origine étrangère.</p><p>La menace épidémique peut aussi être mise sur le compte de la désorganisation sociale ou de la décadence des mœurs. Ainsi, Shin Dongwon montre que, dans la Corée du <span>xviii</span><span>e</span> siècle, le non-respect de certains tabous par la population, comme le déménagement des tombes à des moments non propices de l’année, est perçu par le peuple comme la principale cause de l’épidémie rouge <span>hongyeok </span>qui frappe alors le pays. C’est en creux que Florence Bretelle-Establet retrouve cette notion : en mangeant de façon équilibrée, en modérant ses passions et son style de vie, on se met à l’abri des miasmes tant redoutés de l’extrême sud de la Chine. Les mouvements de population à l’intérieur du territoire sont également perçus comme des troubles du corps social et des facteurs de propagation des épidémies : en dépit du silence politique des autorités centrales communistes, au cours de la Révolution culturelle étudiée par Fan Ka wai, quelques autorités locales mettent en rapport la flambée de méningite et les déplacements des étudiants venus écouter Mao Zedong à Pékin et honorer les lieux sacrés de l’histoire communiste.</p><p>Enfin, l’environnement peut aussi constituer la source de l’épidémie. Florence Bretelle-Establet montre que, pour les médecins chinois de la fin de l’empire travaillant dans les régions de l’extrême sud, l’épidémie provient presque toujours d’un environnement pollué dont émane un <span>qi</span> putride et ubiquitaire affectant la collectivité. L’épidémie s’explique parfois par les changements dans l’environnement, et notamment dans les relations entre les hommes et les animaux. Christos Lynteris analyse les débats entre médecins occidentaux sur la peste bubonique en Mandchourie et la synthèse qu’en produit Wu Liande (Wu Lien-teh), médecin chinois formé en Angleterre. En montrant que la peste bubonique est transmise aux humains par les marmottes, ces médecins ne se contentent pas de reprendre un imaginaire de la saleté commune aux hommes et aux animaux, mais posent la question des origines de l’épidémie : pourquoi les chasseurs de marmottes ne sont-ils pas infectés ? Pourquoi les coolies qui les tuent pour le marché européen de la fourrure le sont-ils ? Y a-t-il un savoir local qui protège de la transmission de l’épidémie par les marmottes ? Les spéculations des médecins européens sur le rôle des animaux dans la transmission des épidémies ouvrent de nouvelles possibilités de combinaison, car on peut aussi bien imaginer que les marmottes soient infectées par les cadavres humains qu’elles dévoreraient.</p><p>Maladies générées par un cosmos déréglé, des environnements pollués, des divinités courroucées ou encore des envahisseurs étrangers, les épidémies ne laissent pas indifférentes les populations qui en subissent les assauts ni les administrateurs gouvernementaux.</p><p>Réponses apportées aux épidémies</p><p>Les réponses à la menace permettent de mesurer l’épreuve que constitue l’épidémie pour une société. En Asie orientale comme ailleurs, la société et ses élites peuvent d’abord recourir au large éventail des pratiques religieuses, visant à restaurer l’ordre bouleversé par l’épidémie. Les fonctionnaires chinois étudiés par Florence Bretelle-Establet ne se contentent pas d’adresser des prières aux divinités orthodoxes des fonctionnaires, les Dieux des Murs et des Fossés, pour éloigner les épidémies meurtrières qui ébranlent le Yunnan au <span>xix</span><span>e</span> siècle, mais ils soutiennent aussi les processions populaires destinées à émouvoir les dieux des épidémies. « L’épidémie rouge » analysée par Shin Dongwon dans la Corée de la fin du <span>xviii</span><span>e</span> siècle incite le roi Jeongjo à rétablir, dans le moindre de leurs détails, les rituels aux dieux des épidémies définis en 1403 mais rarement respectés depuis. Enfin, l’utilisation d’amulettes bouddhistes est préconisée dans le Japon du milieu du <span>xix</span><span>e</span> siècle pour chasser les démons locaux capables de semer le choléra. À travers ces actions de repentir, ces sacrifices rituels ou ces pratiques apotropaïques violentes, on entre donc en relation, sous différentes modalités, avec les « dieux des épidémies » et leurs acolytes, subalternes, les « démons épidémiques », perçus comme jouant un rôle majeur en Chine, en Corée ou au Japon, dans la propagation des épidémies<a id=""footnote-994-22-backlink"">22</a>. La religion n’est pas non plus éloignée du discours des médecins occidentaux du début du <span>xx</span><span>e</span> siècle, même si elle opère à un autre niveau. Les médecins occidentaux analysés par Christos Lynteris spéculent ainsi sur le rôle des pratiques lamaïstes dans la transmission de la peste bubonique. Alors que certains supposent que l’exposition religieuse des cadavres à ciel ouvert favorise la transmission de l’épidémie des humains aux marmottes, d’autres affirment au contraire que l’interdiction de consommer les marmottes limite la propagation – où l’on voit que le religieux est conçu comme une connaissance imparfaite ou tacite de l’environnement.</p><p>Si les imaginaires religieux permettent de décrire les réactions populaires aux épidémies, il est difficile de les analyser indépendamment de la mise en scène qui en est donnée par le pouvoir politique. L’épidémie constitue en effet toujours une épreuve pour la souveraineté du pouvoir, mis au défi d’instaurer des mesures visant à redéfinir l’espace sur lequel il s’exerce avec légitimité. La quarantaine, l’isolement, le confinement sont des façons d’exclure l’individu suspect, et ainsi de rétablir une frontière entre le sain et le malade. Comme l’ont montré différents chercheurs, la lèpre ou la variole ont, dans l’histoire chinoise, fait l’objet de telles mesures d’exclusion : dès le <span>xvi</span><span>e</span> siècle, pour la première, et dès la fin du <span>xvii</span><span>e</span>, pour la seconde<a id=""footnote-994-23-backlink"">23</a>. Dans la seconde partie du <span>xix</span><span>e</span> siècle, l’établissement des concessions étrangères et des ports ouverts a précipité et élargi ces pratiques dans le contexte plus large d’une « hygiène moderne<a id=""footnote-994-24-backlink"">24</a> ». La santé publique apparaît alors comme une façon pour le pouvoir d’affirmer sa souveraineté sur un territoire. Dans ce volume, l’article de Michael Shiyung Liu révèle combien la construction de la santé publique à Taiwan après 1949 ne peut se comprendre sans le contexte de la guerre sino-japonaise, qui a déterminé l’aide américaine apportée au gouvernement nationaliste, à travers un ensemble d’associations philanthropiques et caritatives. Lutter contre le paludisme à Taiwan dans les années 1950 dans le cadre des institutions de santé mises en place avec les États-Unis, c’est encore faire la guerre à un ennemi, comme l’illustre l’affiche alors en vogue à Taiwan et présentée dans l’article. Vincent Rollet montre combien la « sécuritisation des épidémies » en 2003-2005 permet au gouvernement taiwanais nouvellement élu de gagner en légitimité auprès de son peuple, mais aussi auprès des instances internationales, en se distinguant ostensiblement du gouvernement de la République Populaire de Chine, l’un communiquant ses cas, l’autre les occul";;;;;;;;; 597;2;3;20;Genre et utopie;Avec Michèle Riot-Sarcey;;;"<p>Des « questions vives » de notre société (le genre, les utopies politiques, la démocratie, l’engagement…) pour mieux penser les enjeux politiques du présent.</p>";"<p class=""tdmtitre"">Avant-propos </p><p class=""tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>I. Genre</strong></p><p>Une notable libérale sous la Restauration. Lise Daniels, comtesse Foy (1790-1868)<strong><br />Jean-Claude Caron</strong></p><p>L’amour en 1848<strong><br />Louis Hincker </strong></p><p>Judith Shakespeare, ou la fiction comme histoire des <em>outsiders</em><em><strong> </strong></em><strong><br />Christine Planté </strong></p><p>Femmes et communistes : un engagement dans la guerre civile en Ukraine (1918-1919)<strong><br />Éric Aunoble </strong></p><p>Un parcours entrecroisé<strong><br />Nicole Edelman </strong></p><p class=""tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>II. Utopies et discontinuités</strong></p><p>L’inachevé de l’histoire. Sur quelques notes tardives de Walter Benjamin<strong><br />Irving Wohlfarth </strong></p><p>La langue des signes : perpétuelle « utopie » des sourds (xviiie-xxe siècle)<strong><br />Florence Encrevé </strong></p><p class=""tdmtitre"">Du corps faussé au corps funambule : l’enfance, <em>réel de l’utopie</em><br /><strong>Florent Perrier, René Schérer </strong> </p><p>Pierre Leroux et <em>La Grève de Samarez</em>. Fragments d’un rêve oublié<strong><br />Maurizio Gribaudi </strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong>III. Révolution, république et démocratie</strong></p><p>Entre <em>caritas</em> et <em>commons</em>. De l’historicité du bien commun<strong><br />E. Igor Mineo </strong></p><p>Entre le réel et l’utopie : République démocratique et sociale, Association, commune, Commune<strong><br />Jacques Rougerie </strong></p><p style=""text-align: left;"">Paris, octobre 1909… Passages et traverses socialistes<strong><br />Gilles Candar </strong></p><p><em>Protesters</em> de tous les pays…<strong><br />Danielle Tartakowsky </strong></p><p>Cheminements de la critique<strong><br />Claudia Moatti </strong></p><p class=""tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>IV. Se situer dans son propre présent</strong></p><p>Le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire. Courte histoire contemporaine d’une pratique d’engagement (2005-2007)<strong><br />Nicolas Offenstadt </strong></p><p>Élites politiques et enseignement supérieur, sociologie historique d’un divorce et d’un échec (1968-2011)<strong><br />Christophe Charle </strong></p><p>Portrait de Michèle en apprenante<strong><br />Timothée Nay </strong></p><p>Le réel d’Augustine. Entretien avec Michèle Riot-Sarcey<strong><br />Laurent Colantonio </strong></p><p class=""tdmauteur"" style=""padding-left: 30px;""> </p><p class=""tdmtitre"">Bibliographie sélective de Michèle Riot-Sarcey </p><p class=""tdmtitre"">Les auteurs </p><p class=""tdmtitre"">Les coordinateurs </p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:AGaramondPro-Italic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Cambria; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:AGaramondPro-BoldItalic; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Cambria; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:""Microsoft Sans Serif""; panose-1:2 11 6 4 2 2 2 2 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:AGaramondPro-Bold; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Cambria; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} @font-face {font-family:AGaramondPro-Regular; panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0; mso-font-alt:Cambria; mso-font-charset:77; mso-generic-font-family:auto; mso-font-format:other; mso-font-pitch:auto; mso-font-signature:3 0 0 0 1 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:""Times New Roman"";} p.Tdmtitre, li.Tdmtitre, div.Tdmtitre {mso-style-name:Tdm_titre; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; line-height:13.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; tab-stops:right 282.0pt; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:11.0pt; font-family:AGaramondPro-Regular; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:AGaramondPro-Regular; color:black;} p.Tdmpartie, li.Tdmpartie, div.Tdmpartie {mso-style-name:Tdm_partie; margin-top:12.75pt; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:0cm; text-align:center; line-height:13.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:12.0pt; font-family:AGaramondPro-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:AGaramondPro-Bold; color:black; font-weight:bold;} p.Tdmauteur, li.Tdmauteur, div.Tdmauteur {mso-style-name:Tdm_auteur; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:7.1pt; margin-left:0cm; text-align:justify; line-height:13.0pt; mso-pagination:none; mso-hyphenate:none; tab-stops:right 282.0pt; mso-layout-grid-align:none; text-autospace:none; font-size:11.0pt; font-family:AGaramondPro-Bold; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-font-family:AGaramondPro-Bold; color:black; font-weight:bold;} span.typofolio {mso-style-name:typo_folio; mso-style-parent:""""; mso-ansi-font-size:10.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt;} span.typoItalique {mso-style-name:typo_Italique; mso-style-parent:"""";} span.typoSC {mso-style-name:typo_SC; mso-style-parent:""""; font-variant:small-caps;} span.typoExposant {mso-style-name:typo_Exposant; mso-style-parent:""""; vertical-align:super;} span.typogras {mso-style-name:typo_gras; mso-style-parent:"""";} @page Section1 {size:388.35pt 623.6pt; margin:3.0cm 48.2pt 2.0cm 48.2pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} -->";"<p>Ce livre est né du sentiment que notre actualité politique nécessite plus que jamais d’être questionnée grâce aux outils de l’histoire et de la pensée critique. Il postule que l’exhumation des utopies oubliées du XIXe siècle nous permet de mieux comprendre les impasses de notre présent. De même, alors que les études de genre ont suscité récemment de grandes incompréhensions et mésinterprétations, il nous a semblé pertinent de rappeler que le genre n’est pas une « théorie » mais bien un concept permettant de dévoiler l’histoire des processus de domination entre les sexes qui sont toujours à l’œuvre dans notre société.</p>";10/09/2014;0;137X220;406;978-2-84292-412-6;9782842924126;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_597.jpg;"<p>Ces essais mettent en valeur les facettes principales de l'œuvre historique de Michèle Riot-Sarcey, qui a conduit des recherches foisonnantes sur l'histoire du XIXe siècle et formé à l'Université Paris 8 des générations d'étudiants. Dans une perspective résolument critique et transdisciplinaire, Michèle Riot-Sarcey s'est attachée à déconstruire la continuité du temps historique pour faire ressurgir les traces d'un passé occulté. Ce volume est structuré en quatre axes, qui correspondent aux centres d'intérêt essentiels de ses ouvrages et de son parcours d'intellectuelle militante : <em>Genre, Utopies et discontinuités, Révolution, république et démocratie</em> et <em>Se situer dans son propre présent</em>.</p><p> </p><p><em>Parmi les ouvrages majeurs de Michèle Riot-Sarcey</em>: Dictionnaire des utopies, avec <em>Thomas Bouchet et Antoine Picon</em>, <em>Larousse </em>; 1848 La révolution oubliée, avec <em>Maurizio Gribaudi, La Découverte</em> ; De la différence des sexes. Le genre en histoire, <em>Larousse</em>.</p>";"<div><p>Avant-propos</p><p>Ce volume réunit des textes de collègues et d’anciens étudiants de Michèle Riot-Sarcey, en hommage amical et scientifique à ses travaux. Il représente incontestablement un témoignage de la richesse et de la diversité du cheminement intellectuel de Michèle Riot-Sarcey durant toute sa carrière. Chercheurs en histoire, en philosophie, en littérature… les contributeurs ont tous en commun d’avoir souhaité apporter un éclairage inédit sur un ou plusieurs aspects de son travail, comme autant d’échos à ses réflexions, ses interrogations, ses thèmes de prédilection ou même à son parcours professionnel, indissociable de ses engagements personnels. Engagée, Michèle Riot-Sarcey l’est indubitablement, dans son temps, dans sa recherche, mais aussi dans son enseignement. Quel étudiant ne se souvient pas de ses corrections, détaillées, exigeantes, parfois arides, toujours constructives ? La passion qui l’animait – et qui l’anime toujours – lors de ses séminaires, notamment celui dit « de l’Arsenal », est contagieuse et a durablement marqué les jeunes chercheurs qui y ont aiguisé leur esprit critique et développé leur pensée historique par-delà les frontières de la discipline. La « rencontre » avec Michèle Riot-Sarcey n’est jamais anodine, c’est une expérience de vie, qui laisse des « traces », qui au départ n’est pas forcément aisée. Une difficulté, ressentie par certains, pour établir le premier contact avec sa pensée complexe, souvent elliptique, pour comprendre vers où elle se déploie. Mais l’effort pour surmonter l’obstacle vaut la peine d’être consenti.</p><p>« L’image vraie du passé passe <span>en un éclair</span><span><a id=""footnote-409-1-backlink"">1</a></span> », écrit Walter Benjamin. C’est cet « éclair » du passé que Michèle Riot-Sarcey tente de percevoir en explorant inlassablement les archives du <span>xix</span><span>e</span> siècle à la recherche des voix dissonantes, des expériences singulières et des traces d’utopies oubliées, effacées. Car l’enjeu est bien d’offrir un autre regard sur le <span>xix</span><span>e</span> siècle. Présenté généralement comme le siècle du progrès, de la révolution industrielle et de l’avè­nement de la démocratie, il devient sous la plume de Michèle Riot-Sarcey un temps éclaté où s’élaborent les sens multiples et conflictuels des concepts de notre « modernité » : Souveraineté, Liberté, République… Attachés à comprendre l’historicité de ces concepts, ses travaux s’emploient à déceler les espoirs enfouis sous les décombres du progrès.</p><p>Ce projet suppose de renoncer à une histoire progressiste et linéaire qui, à trop vouloir créer une continuité et une unité aux processus politiques, finit par reproduire les discours des vainqueurs de l’instant et empêche de penser les autres voies possibles ouvertes par l’événement. Dans <span>1848. La révolution oubliée</span><span><a id=""footnote-409-2-backlink"">2</a></span>, Michèle Riot-Sarcey et Maurizio Gribaudi ont ainsi souligné à quel point la « République démocratique et sociale » défendue au lendemain de la révolution par les associations ouvrières – qui revendiquent le droit d’exercer leur souveraineté à l’atelier comme dans la rue – est différente du régime républicain tel qu’il s’est durablement imposé. Or, pour Michèle Riot-Sarcey, ce sont bien ces significations oubliées et refoulées qui sont nécessaires aujourd’hui pour comprendre les impasses de notre démocratie et imaginer des voies alternatives.</p><p>Cette histoire au plus près de l’événement implique de s’intéresser, non plus seulement aux acteurs censés être « représentatifs » de leurs contemporains, mais aussi aux individus <span>en décalage</span> avec leur temps. Étudiant les utopistes du premier <span>xix</span><span>e</span> siècle (saint-simoniens, fouriéristes, etc.)<span><a id=""footnote-409-3-backlink"">3</a></span> ou encore les femmes révolutionnaires de 1848<span><a id=""footnote-409-4-backlink"">4</a></span>, Michèle Riot-Sarcey a en effet bien montré combien ces points de vue à contre-courant pouvaient être révélateurs des impensés d’une époque et des rapports de pouvoir, parfois invisibles, qui la fondent. Ses travaux pionniers sur l’histoire du genre se sont attachés à comprendre ces rapports de pouvoir qui construisent et façonnent les identités sexuées. Nourris par les écrits de Michel Foucault, ils ont interrogé la construction du sujet qui « est à chaque instant fondé et refondé par l’histoire<span><a id=""footnote-409-5-backlink"">5</a></span> ». Si Michèle Riot-Sarcey a insisté sur les multiples assujettissements qui ont empêché les femmes de devenir de véritables sujets de l’histoire, l’historienne a aussi mis au jour leurs pratiques de résistance. Celles notamment de militantes qui, à l’image de Jeanne Deroin ou Pauline Roland, ont subverti les normes contraignantes de l’identité féminine pour mieux dénoncer l’oppression sous toutes ses formes. Mais ces résistances, expériences concrètes de la contestation, ne se livrent à l’historienne que par traces fugitives, « étincelles » d’autant plus précieuses qu’elles seules permettent d’appréhender <span>le réel de l’utopie</span>.</p><p>Ce livre propose, non seulement une lecture singulière du <span>xix</span><span>e </span>siècle, mais aussi une réflexion sur l’écriture de l’histoire conçue dans une relation nécessaire aux enjeux du présent. Genre et féminisme ouvrent ces études. Jean-Claude Caron s’intéresse au parcours de Lise Daniels (1790-1868), épouse du général Foy. Cette notable libérale, tout en respectant les normes de féminité du <span>xix</span><span>e</span> siècle, joue un rôle politique au service de l’ascension sociale de son époux, puis de ses fils. La contribution de Louis Hincker apporte des jalons pour écrire l’histoire de l’amour en 1848 en croisant une analyse de l’érotique flaubertienne avec l’étude des débats sur le divorce et des pratiques sexuelles, conjugales et amoureuses dans les milieux populaires. Christine Planté, proposant une réflexion sur les liens entre écriture de l’histoire et fiction littéraire, montre comment Virginia Woolf, à travers son récit imaginaire de la vie de Judith Shakespeare, ouvre des voies pour penser une histoire des <span>outsiders. </span>Éric Aunoble étudie l’itinéraire de femmes communistes dans la guerre civile en Ukraine. Leur engagement éclaire la complexité des processus révolutionnaires et les rapports de pouvoir entre les sexes qui les traversent. Enfin, Nicole Edelman évoque sa rencontre et son amitié avec Michèle Riot-Sarcey qui débute par un intérêt commun pour l’histoire du genre, domaine de recherche alors pionnier en France. Leurs discussions se poursuivent grâce aux séminaires de l’Arsenal sur l’utopie, la littérature et l’histoire…</p><p>La seconde partie de l’ouvrage est précisément consacrée à la question des utopies et des discontinuités en histoire, concept que Michèle Riot-Sarcey a forgé à partir de ses lectures de Walter Benjamin. La pensée de l’auteur des thèses « sur le concept d’histoire » est donc logiquement l’objet de la première contribution. Irving Wohlfarth analyse la réflexion benjaminienne sur l’inachèvement de l’histoire et la nécessité de la maintenir ouverte sur notre présent. Florence Encrevé montre comment la pratique de la langue des signes, du <span>xviii</span><span>e</span> au <span>xx</span><span>e</span> siècle, a pu devenir un acte de résistance des sourds et constituer une utopie à contre-courant de la marche du progrès. Florent Perrier et René Schérer nouent un dialogue sur l’enfance conçue comme le réel de l’utopie fouriériste. Pour clore cette thématique, Maurizio Gribaudi offre une lecture de la pensée de Pierre Leroux à travers l’analyse de <span>La Grève de Samarez</span>, son « poème philosophique » entamé en exil à Jersey et qui interroge le sens de la République de 1848. Par bien des aspects, la philosophie utopiste de Leroux préfigure celle de Benjamin.</p><p>La troisième partie de ce volume interroge les concepts de révolution, de république et de démocratie, ainsi que les rhétoriques qui y sont attachées. En ouverture de cette réflexion, Igor Mineo revient sur l’historicité du « bien commun » et sur la relativité sémantique de cette locution selon les époques. À partir du cas des villes communales du centre-nord italien des <span>xiii</span><span>e</span> et <span>xiv</span><span>e</span> siècles, il présente les liens entre « charité », « bien commun » et république. Jacques Rougerie propose de réfléchir autour des termes de république, d’association, de commune et de Commune, en quête des possibles qu’ils recouvrent pour les insurgés de 1848 et de 1871. Pour sa part, Gilles Candar étudie en détail les manifestations françaises d’octobre 1909 en réaction à l’exécution de Francisco Ferrer en Espagne, en mettant notamment en lumière les mécanismes de la construction du discours socialiste, alors à la fois dans l’opposition et dans la République. De son côté, Danielle Tartakowsky analyse les formes actuelles de la contestation collective dans le monde à travers la déconstruction de la définition réductrice et individualiste qu’en fournit le magazine <span>Time</span> en 2011<span>.</span> Enfin, guidée par leur complicité intellectuelle et leur travail commun sur la république, Claudia Moatti nous invite à parcourir les différentes étapes de l’élaboration de la pensée critique de Michèle Riot-Sarcey autour des grands concepts qui les jalonnent.</p><p>La dernière partie de ce livre porte sur l’engagement dans son propre temps. Nicolas Offenstadt retrace la genèse et les premières années du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH), fondé en 2005 par Michèle Riot-Sarcey, Gérard Noiriel et lui-même. À partir d’un autre angle de vue, Christophe Charle analyse les raisons de la fracture qui s’est creusée depuis 1968 entre les élites politiques chargées de réformer l’enseignement supérieur et les universitaires, notamment militants. Étudiant en philosophie ayant suivi les enseignements de Michèle Riot-Sarcey, Timothée Nay livre ce qui pour lui a été le plus marquant au cours de cette expérience où l’apprenant n’est pas forcément celui qu’on croit. En clôture de ce volume, l’entretien avec Michèle Riot-Sarcey, mené par Laurent Colantonio, revient sur de nombreux aspects – passés, présents et à venir – de son travail et de sa vie.</p><p>La réalisation de ce livre est le fruit d’un travail éditorial collectif mené par Éric Aunoble, Estelle Berthereau, Laurent Colantonio, Florence Encrevé, Caroline Fayolle et Alice Primi.</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-409-1""> 1</a>. Walter Benjamin, « Sur le concept d’histoire », dans <span>Œuvres</span>, Paris, Gallimard, 2000, vol. III, p. 430.</p></div><div><p><a id=""footnote-409-2""> 2</a>. Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarcey, <span>1848. La révolution oubliée</span>, Paris, La Découverte, 2008.</p></div><div><p><a id=""footnote-409-3""> 3</a>. Michèle Riot-Sarcey, <span>Le Réel de l’utopie.</span> <span>Essai sur le politique au </span><span>xix</span><span>e</span><span> siècle</span>, Paris, Albin Michel, 1998.</p></div><div><p><a id=""footnote-409-4""> 4</a>. Id., <span>La Démocratie à l’épreuve des femmes. Trois figures critiques du pouvoir, 1830-1848</span>, Paris, Albin Michel, 1994.</p></div><div><p><a id=""footnote-409-5""> 5</a>. Michel Foucault, <span>Dits et écrits, 1954-1988</span>, Paris, Gallimard, 1994, vol. II, p. 540.</p></div></div></div>";;584;27.00;"<p><em>Genre et utopie</em> rassemble les contributions de collègues et d’anciens étudiants désireux de rendre hommage au travail de Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris 8. Ce livre est né du sentiment que notre actualité politique nécessite plus que jamais d’être questionnée grâce aux outils de l’histoire et de la pensée critique. Il postule que l’exhumation des utopies oubliées du XIXe siècle nous permet de mieux comprendre les impasses de notre présent. <br /> De même, alors que les études de genre ont suscité récemment de grandes incompréhensions et mésinterprétations, il semble pertinent de rappeler que le genre n’est pas une « théorie » mais bien un concept permettant de dévoiler l’histoire des processus de domination entre les sexes qui sont toujours à l’œuvre dans notre société.</p>";;16/06/2014 14:22;0;Première édition;3378 598;2;3;16;Toni Morrison;"Au-delà du visible ordinaire ; Beyond the Ordinary Visible";;;"<p>Interrogation de l’œuvre à partir de ce que l'écrivaine nomme les « petits mécanismes qui régissent la vie quotidienne », du détail ordinaire, de ce presque rien qui en dit long sur les choses subies et tues.</p>";"<p><strong>Prémisses / Beginnings</strong></p><p>Andrée-Anne KEKEH-DIKA (Université Paris 8)<br />La vérité sans apprêt ou les pouvoirs de l’ordinaire</p><p>Maryemma GRAHAM (University of Kansas, Lawrence)<br /> “From the Village to the World: Morrison’s Critical Geography”</p><p style=""text-align: center;""><strong><br />I. Dans le creux des mots… </strong><strong><em>A Mercy</em></strong><strong> </strong></p><p><strong><br />Textual Inventions: Reading A Mercy</strong></p><p>Emmanuelle ANDRES (Université de La Rochelle)<em><br />A Mercy </em>: les lettres-paroles de Florens, ou la prose du monde ordinaire</p><p>Herman BEAVERS (University of Pennsylavania)<br />Across Distances Without Recognition: Susceptibility, Immunity, and the Dilemma of Speculative Agency in <em>A Mercy</em></p><p>Claudine RAYNAUD (Université Paul Valéry Montpellier 3)<br />Paroles de pierre : Lire <em>A Mercy</em> (avec Derrida) </p><p style=""text-align: center;""><strong><br />II. Les voies de l’objet : figuration, circulation, savoirs</strong></p><p><strong><br />Objects: Figuration, Significations and the Circulation of Knowledge </strong></p><p>Claude LE FUSTEC (Université Rennes 2)<br />Au-delà du Destin Manifeste, une idée du paradis dans la vie, non dans l’après-vie ou l’art d’apprendre à y voir sans images </p><p>Annie-Paule MIELLE DE PRINSAC (Université de Bourgogne)<br />Des choses et des mots: l’ancrage sensuel d’une philosophie.</p><p>Dana MIHĂILESCU (University of Bucharest)<br />Photography and Prose Pictures in <em>Beloved</em>: The Frames of Emotional Memory</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Ramifications</strong></p><p><strong><br />Transformation Beyond the Ordinary</strong></p><p>Greg THOMAS (Syracuse University)<br />“Neo-slave Narratives” and Literacies of <em>Maroonage</em>: Rereading Morrison with Dionne Brand, -- George Jackson, and Assata Shakur</p><p>Janis A.MAYES (Syracuse University)<br /> “Interior Designs: Re-introducing Morrison/Translation as Black Literary Passaging—Beyond the Ordinary Visible”</p>";"<p>« Ce n’est pas si compliqué, ne vous cassez pas la tête ! » tonne une voix au-dessus de ma tête. Regard goguenard, un voyageur regarde par-dessus mon épaule. Je suis dans le métro, <em>Love</em>, le huitième roman de Toni Morrison, à la main et je prends frénétiquement des notes. Je suis bien obligée de perdre mon sérieux. Oui, en effet l’œuvre de Toni Morrison aborde des choses ordinaires, quotidiennes (la famille, l’amour, la violence, la haine, la guerre, l’autre) ; vues de haut, les choses peuvent paraître simples, vues de près les certitudes s’effritent lorsque l’œil s’efforce de saisir ce qui, fugace, fait signe au-delà du visible ordinaire : ce que Toni Morrison nomme l’envers du visage et des mots du mot, « the face behind the face […] the words hiding behind talk » (<em>Love</em>). En suivant le monde des objets et les à-côtés de la langue ordinaire et des récits imposés, cet ouvrage, <em>Toni Morrison, au-delà du visible ordinaire, Toni Morrison, Beyond the Ordinary Visible</em>, a tenté de montrer comment l’ordinaire des choses pouvait aussi puissamment rendre compte de la complexité et de la force de l’univers de Toni Morrison et du monde.</p>";15/01/2015;0;137X220;288;978-2-84292-413-3;9782842924133;1;;Presses Universitaires de Vincennes;img_598.jpg;"<p>« Qui pouvait se méprendre sur un signe aussi évident » ? / « Who could mistake a sign that clear ? », telle est la question que formule l’instance narrative de <em>Home</em>, dixième roman de Toni Morrison paru en 2012. Est posée dans cet ouvrage la question de l’évidence du visible ordinaire, des certitudes de l’œil et de la lettre de ceux et celles qui croient voir, savoir ou immobiliser le monde dans l’enclos de la langue ou de l’histoire.</p><p>A partir de leurs langues respectives (le français, l’anglais, le roumain empruntant le détour de l’anglais), les contributeurs de ce livre ont pris cette question à bras-le-corps, concrètement, et tenté d’arpenter l’univers fictionnel et discursif de Toni Morrison. Du premier roman ,<em>The Bluest Eye</em> (1970), à <em>Home</em> en passant par les essais et les entretiens de l’écrivaine, ils se sont attachés à suivre les « petits mécanismes qui régissent la vie quotidienne » et de saisir ce qui s’entre aperçoit au-delà de la surface du monde ou du mot ordinaire.</p><p>Il s’est agi aussi dans ces lectures croisées sur l’œuvre de Toni Morrison de mettre en perspective les pratiques de lectures des uns et des autres, leur bien-fondé et leurs présupposés ainsi que la nature de la « vérité de la fiction » dans ses imbrications avec le littéraire, l’historique et l’économique.</p><p><em>« Stones » et « Shelter » sont les titres de deux poèmes de Toni Morrison accompagnés d’une traduction inédite que cet ouvrage est heureux d’accueillir.</em></p>";;;432;21.00;"<p>La question du regard et du visible se pose, manifeste, dérangeante, au seuil de l’œuvre de Toni Morrison. Cet ouvrage novateur réunit des voix contrastées, divergentes, polémiques qui ont tentées d’être à l’écoute d’une partie de l’imaginaire de l’écrivaine et de rendre perceptibles, tangibles les nuances d’une œuvre exceptionnelle.</p><p>Du premier roman, <em>The Bluest Eye</em> (1970) à <em>Home</em> (2012), en passant par les essais et les entretiens de l’écrivaine, l’ouvrage retrace l’instabilité du monde et les leçons de vie et d’écriture que propose la demeure « Morrison ».</p>";;16/06/2014 14:26;0;Première édition;4033 599;1;3;24;La guerre en perspective : Histoire et culture militaire en Chine;N°38/2014;;;"<p>Les armées de l’empire chinois se sont illustrées par leur inefficacité, leurs effectifs pléthoriques et leur défaite quasi constante face aux offensives de l’étranger.</p>";"<p>Introduction: Polémiques polémologiques <br /><strong>Romain Graziani & Albert Galvany</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>1. La guerre assiégée: la place de l'histoire militaire</strong></p><p>“Discovering War in Chinese History” <br /><strong>Peter Lorge</strong></p><p>“Brain Over Brawn: Shared Beliefs and Presumptions in Chinese and Western <em>Strategemata</em>” <br /><strong>David Graff<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>2. Stratégie et idéologie: les fondements militaires de la culture classique</strong></p><p>« Le stratège comme maître des signes : art de la guerre et art sémiotique en Chine ancienne »<br /><strong>Albert Galvany</strong></p><p>« Morale de la stratégie, stratégie de la morale: le débat chinois sur la guerre juste »<br /><strong>Jean Levi<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>3. Dans les tranchées de la modernité: guerre, histoire et identité</strong></p><p>“The Samurai Next Door: Chinese Examinations of the Japanese Martial Spirit” <br /><strong>Oleg Benesch</strong></p><p>« Écrire l'histoire vis-à-vis de la guerre: postures historiennes, conceptions et récits de l'histoire <br />sous la République de Chine (1912-1949)<strong> »<br />Damien Morier-Genoud<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>4. Regards extérieurs</strong></p><p>Béatrice Heuser & Patrick Porter</p><p>Makram Abbes</p>";;10/01/2015;38;155x220;246;978-2-84292-414-0;978-2-84292-414-0;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_599.jpg;"<p>Damien Morier-Genoud<strong><br />« Écrire l’histoire vis-à-vis de la guerre : postures historiennes, conceptions et récits <br />de l’histoire sous la République de Chine »</strong></p><p>Dans sa visée générale, cet article se propose d’explorer le travail d’écriture de l’histoire en temps de guerre, ou plutôt la posture que les historiens adoptent vis-à-vis de la guerre, à la fois celle qu’ils étudient <em>a posteriori</em> et celle qu’ils vivent dans le moment du présent. En jetant l’éclairage sur le parcours et l’œuvre de certains historiens de l’ère républicaine en Chine (1912-1949), un moment de l’histoire chinoise dont le conflit sino-japonais (1937-1945) nous rappelle combien il fut violent, nous tentons d’examiner la manière dont la guerre infléchit la pratique historienne et les possibles mises en récit de l’expérience humaine qui lui sont sous-jacentes. Dans un regard inverse, il s’agit ici aussi de voir comment, dans le déploiement de la guerre, l’histoire peut, à sa manière, être enrôlée comme instrument de mobilisation sociale, comme récit de positionnement individuel et collectif, ou encore comme outil de légitimation de l’action politique dans le présent.</p><p> </p><p>Peter Lorge (Vanderbilt University)<strong><br />Discovering War in Chinese History</strong></p><p>La perspective actuelle sur la Chine donne presque l’illusion que la guerre n’a joué aucun rôle significatif dans l’histoire chinoise. Cet article s’emploie à redonner à la guerre sa juste place dans l’histoire chinoise en replaçant les études consacrées à l’histoire militaire chinoise dans le contexte des débats actuels sur l’histoire chinoise d’une part, sur l’histoire militaire de l’autre. La faiblesse de la Chine d’un point de vue politique, économique, technique et militaire aux XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles a été comme rétro-projetée sur toutes les périodes antérieures de l’histoire chinoise et son retard sur ces deux derniers aspects en particulier a été compris par les historiens comme un aspect constitutif de sa culture. Si le savant Joseph Needham a réalisé un travail pionnier dès le milieu du siècle dernier en explorant le riche passé scientifique et technique de la civilisation chinoise, l’histoire militaire de la Chine en revanche n’a quant à elle mobilisé l’attention des chercheur que plus tardivement, à partir des années 90.</p><p> </p><p>David A. Graff (Kansas State University)<strong><br />Brain over Brawn: Shared Beliefs and Presumptions in Chinese and Western Strategemata</strong></p><p>Selon une idée répandue la « Voie de la guerre » en occident aurait quelque chose d’unique et d’exclusif, qui la distinguerait fondamentalement des théories et pratiques militaires de la Chine ou d’autres sociétés non occidentales. A cette opinion, prépondérante parmi les membres de l’élite militaire aux Etats-Unis, semblent répondre en écho les déclarations de nombreux intellectuels chinois qui affirment haut et fort la supériorité et le caractère absolument unique de leur tradition militaire et stratégique. Un examen rigoureux des arguments avancés ne manque toutefois pas de révéler le caractère très exagéré de ces déclarations sur le clivage radical qui opposerait les traditions occidentale et orientale. Le présent article se concentre sur un aspect particulier de cette problématique en procédant à une comparaison entre la tradition des stratagèmes, tels qu’ils sont répertoriés et discutés pour l’essentiel dans les œuvres de Frontin, Onasandre et Polyen (1<sup>er</sup> et 2<sup>nd</sup> siècles de notre ère), en prenant pour vis-à-vis dans la tradition chinoise les anciens traités militaires, les premières histoires dynastiques et d’importantes œuvres encyclopédiques telles que le <em>Tongdian</em> de Du You. De cette comparaison critique on peut déduire que l’efficacité des stratagèmes n’est en aucune façon universelle, mais est au contraire fonction de structures institutionnelles et sociales qui elles-mêmes n’ont rien de permanent. En fin de compte il appert que la distinction primordiale à opérer entre les différents conceptions militaires tient moins à la spécificité des cultures qu’à la différence des époques envisagées.</p><p> </p><p>Jean Levi<strong><br />Morale de la stratégie, stratégie de la morale, le débat chinois sur la guerre juste<br /></strong></p><p>Pour beaucoup de peuples la guerre est avant tout une fête, cruelle certes, mais fête tout de même. En Chine même, à l’époque des Shang et sous les Zhou occidentaux, la guerre constituait, avec la chasse, la principale activité de l’élite de la société. Pourtant, tous les traités militaires de l’époque ultérieure ont à cœur de stigmatiser la guerre : il faut écouter le concert de lamentations des généraux et stratèges sur le caractère néfaste de leur activité. Le caractère jugé néfaste de la guerre est l’expression, sur le plan de la pensée, de la mutation de la nature de la guerre et du statut du guerrier. Il témoigne du passage d’une société guerrière, ayant développé une mentalité héroïque, à un ordre militarisé véhiculant des valeurs civiles, lesquelles ne pouvaient coexister avec lui qu’en en travestissant sa véritable nature par le discours, alors même que toutes les institutions étaient conçues pour soutenir l’effort de guerre.</p><p>Si la guerre traduit une défaillance de la vertu civilisatrice du chef, elle s’avère aussi être l’unique moyen d’assurer le retour à l’ordre et de garantir la justice. C’est ainsi que l’on voit s’esquisser dans les écrits politico-militaires une légitimation de la guerre juste (<em>yi bing</em>), qui, précisons, se doit de l’être doublement, dans ses buts comme dans ses moyens. Cette notion de guerre juste devient elle-même polémique quand les penseurs en précisent les modalités et les moyens. A compter qu’il existe une guerre juste et des objectifs justifiant le recours aux armes, on peut se demander si les moyens que celle-ci doit mettre en œuvre pour emporter la victoire, dans une certaine pratique stratégique élaborée à partir de l’expérience historique des V<sup>e</sup>-III<sup>e</sup> siècles av. J.-C. n’en sapent pas d’entrée de jeu la légitimité.</p>";"<div><p>Extrême-Orient, Extrême-Occident, 38 – 2014</p></div><div><p>Polémiques polémologiques</p><p>Albert Galvany et Romain Graziani</p><p>Les nouvelles conquêtes de l’histoire militaire au <span>xx</span><span>e</span> siècle</p><p>Il paraît aujourd’hui légitime, voire justifié, d’entreprendre une enquête historique sur les déplacements massifs de populations civiles consécutifs à un conflit armé, d’analyser la participation des femmes aux préparatifs et à la conduite d’opérations militaires, de traiter de l’impact d’une action belliqueuse sur le fonctionnement des institutions ou de tout autre sujet touchant aux dimensions sociale, symbolique, culturelle, économique ou encore psychologique de la guerre. De telles orientations de l’esprit de connaissance sont pourtant le résultat d’une transformation récente, quoique profonde, dans notre manière de concevoir et d’écrire l’histoire. En Occident, les études consacrées à la guerre sont longtemps restées tributaires d’un intérêt prépondérant pour un nombre restreint de thèmes tels que la tactique, la logistique, la technologie ou encore l’armement utilisé au cours des campagnes militaires. Parallèlement à ces analyses, avaient le vent en poupe les biographies des grands généraux et stratèges dont l’histoire a fait des protagonistes de premier choix, liés de façon inextricable au destin de la nation<a id=""footnote-994-1-backlink"">1</a>.</p><p>Au cours de la première moitié du <span>xx</span><span>e</span> siècle, ce type d’histoire traditionnelle se maintenait encore, certes comme une survivance obsolète – sinon suspecte – à la marge des grands courants de pensée qui étaient en train de renouveler en profondeur l’historiographie, au premier chef l’école marxiste et celle des <span>Annales</span>. L’intérêt pour les batailles et les guerres commençait alors à être perçu, et cela de manière croissante et irrémédiable, comme le signe d’une mentalité antiquaire, pour être finalement relégué au rang de divertissement pour amateurs enthousiastes dépourvus de la plus élémentaire formation scientifique<a id=""footnote-994-2-backlink"">2</a>.</p><p>À la base de grands récits descriptifs, que maints historiens modernes imputent soit à la ferveur nationaliste soit à une inspiration exclusivement belliciste tout en en dénonçant le caractère répétitif et vide de sens, cette approche traditionnelle de la guerre exerça son influence jusqu’à la fin des années 1960. Encore au début des années 1970, l’historien Gordon A. Craig déplorait l’absence de recherches fiables et rigoureuses sur la guerre dans l’historiographie contemporaine<a id=""footnote-994-3-backlink"">3</a>, et cela en dépit d’une amorce de changement dès cette époque. C’est à ce moment en effet qu’apparaissent les premiers indices d’une attitude qui, en quelques années, finira par opérer une révision radicale de l’historiographie traditionnelle et le rejet total des préjugés qui entachaient jusque-là les historiens de profession. Ici et là se détectent les signes précurseurs d’un renouveau des études sur la guerre et d’un élargissement des perspectives adoptées. Citons parmi d’autres l’exemple du livre de Georges Duby, <span>Le Dimanche de Bouvines</span>, publié en 1973, ou le cours que Michel Foucault dispense au Collège de France en 1975-1976, qui propose une analyse critique du rôle joué par la guerre et la pensée militaire dans la formation des États modernes, ou encore les deux volumes que, cette même année, Raymond Aron consacre à l’œuvre de Clausewitz<a id=""footnote-994-4-backlink"">4</a>. À partir de 1980, l’ostracisme académique dont étaient victimes les études sur la guerre cesse progressivement de s’exercer sous l’effet de perspectives, de méthodologies et d’enjeux inédits pour ouvrir la voie à ce que le monde anglo-saxon baptise la <span>Nouvelle histoire militaire</span> (<span>New Military History</span>)<a id=""footnote-994-5-backlink"">5</a>. Précisant la portée de ce nouveau regard sur la guerre à l’occasion d’un discours devant la <span>Society of Military History</span>, le 23 mars 1991, Peter Paret en mentionne l’un des traits distinctifs : l’expansion de l’objet même de ce type d’histoire. Après s’être occupée des caractéristiques propres à l’organisation et à l’action militaires, cette discipline rénovée en est venue, en effet, à élargir son champ de vision pour traiter des implications sociales et culturelles des conflits armés <a id=""footnote-994-6-backlink"">6</a>. Force est donc de constater que ce n’est qu’au cours des dernières décennies du <span>xx</span><span>e</span> siècle que la science historique en Occident a cessé d’aborder la guerre exclusivement à partir des modèles traditionnels, ceux que désignent encore aujourd’hui les termes dépréciatifs de « tambours et clairons » (<span>drums and trumpets</span>). L’intégration de ce champ de recherches aux sciences historiques et l’adoption d’une multitude de perspectives sur le phénomène de la guerre sont, comme on le voit, une conquête des plus récentes. L’une des conséquences les plus sensibles de cette rupture épistémologique dans l’approche de la guerre, construite comme objet culturel, phénomène économique ou encore enjeu symbolique, fut de revitaliser l’histoire militaire en lui proposant de nouvelles pistes de questionnement, en diversifiant ses méthodes et en modernisant son appareillage optique si l’on peut dire. Or, une telle rupture s’est produite, étrangement, au moment même où la guerre, comprise comme conflit armé, public et inscrit dans un cadre juridique, semble dépérir, voire même entièrement disparaître<a id=""footnote-994-7-backlink"">7</a>.</p><p>D’un préjugé tenace sur la civilisation chinoise</p><p>Bien que longtemps repliée sur des paradigmes datés et des méthodes anciennes, la sinologie s’est assez vite acclimatée à ces nouveaux courants historiographiques : signalons dès 1974 l’une des premières tentatives d’approche de la question de la guerre dans une perspective historique large avec la publication d’un volume collectif dirigé par Frank Kierman et John Fairbank, <span>Des Voies de la guerre en Chine</span> (<span>China’s ways in warfare</span>)<a id=""footnote-994-8-backlink"">8</a>. Les sinologues avaient devant eux un large chantier, étant donné la riche tradition de traités militaires et de réflexions tactiques et stratégiques, inaugurée dès l’aube du <span>v</span><span>e</span> siècle avant notre ère et dont la vitalité spéculative s’était maintenue depuis lors sans interruption<a id=""footnote-994-9-backlink"">9</a>. Le renouvellement du champ d’investigation que résume le nom de « guerre» fut pourtant ralenti, dans le cas présent, par un préjugé tenace, qui tient à l’image que la Chine s’est forgée de sa propre culture et de ses institutions, tout au moins à partir de la dynastie Song (960-1279).</p><p>Selon l’interprétation avancée par Alastair Iain Johnston, il faudrait en effet distinguer, à partir du second millénaire, deux attitudes fondamentales face à la guerre et à la culture militaire : d’un côté, ce que l’historien canadien appelle le paradigme « confuciano-mencien », c’est-à-dire hérité directement de la pensée de Confucius puis de l’oeuvre écrite de son sectateur Mencius (380-289 av. J.-C) ; de l’autre, ce qu’il baptise le paradigme <span>parabellum</span>. Selon le premier, toute forme de violence ou de coercition doit être rejetée au profit d’une attitude morale de la part du gouvernement, supposément suffisante pour déjouer les menaces contre la sécurité intérieure, tout en ayant recours, s’agissant de sécurité extérieure, aux manœuvres diplomatiques, aux alliances, aux tributs et aux relations commerciales. Le paradigme <span>parabellum</span>, au contraire, intègre l’affrontement armé comme élément constant des rapports entre États et, par conséquent, accepte le principe de la violence légale comme moyen le plus efficace de gérer les conflits. Selon ce second paradigme, la sécurité intérieure, reposerait, autant que la sécurité extérieure, sur la force militaire, seule susceptible d’assurer la défaite, voire l’anéantissement, de toute ennemi<a id=""footnote-994-10-backlink"">10</a>. Pour Johnston, comme pour d’autres auteurs<a id=""footnote-994-11-backlink"">11</a>, l’opinion prévalant tant en Chine qu’en Occident<a id=""footnote-994-12-backlink"">12</a> tient la civilisation chinoise pour réfractaire à toute forme de militarisme et adhérant pleinement aux valeurs essentielles du confucianisme. Nimbé par l’aura de la figure tutélaire de Confucius, modelé sur la conduite du sage opposé à l’usage de la violence, travaillé par la doctrine impériale d’un Etat se voulant lui-même confucéen et prônant sans relâche l’étude des textes classiques contribuant à l’édification morale de chacun, le pacifisme l’aurait emporté sur toute forme de culture martiale dans l’histoire chinoise, et ce de manière croissante depuis le début du second millénaire. C’est ainsi que la sphère civile serait parvenue à s’imposer au domaine militaire pendant une grande partie de l’histoire impériale chinoise<a id=""footnote-994-13-backlink"">13</a>. Cette image pérenne se retrouve dans les textes et discours officiels des dirigeants chinois d’aujourd’hui – militaires ou non – où se rappelle constamment la prégnance de cette tradition pacifiste plongeant ses racines dans le terreau du confucianisme antique. Les exemples sont légion, mentionnons parmi tant d’autres Li Jijun, lieutenant-général de l’Académie des sciences militaires (<span>Junshi kexueyuan</span>), qui considère que la culture militaire chinoise est fondamentalement de caractère défensif. Ou encore l’ancien Premier ministre Wen Jiabao, lequel soulignait au cours d’une conférence donnée en 2003 à l’université Harvard le penchant de la nation chinoise pour la paix et le caractère défensif de sa politique internationale depuis des siècles<a id=""footnote-994-14-backlink"">14</a>.</p><p>Confucius bellicosus ?</p><p>La fréquentation familière des textes anciens et leur recoupement critique permet toutefois de mesurer combien ce paradigme pacifiste confuciano-mencien proposé par l’historien Alastair Iain Johnston relève en vérité d’un mélange indécidable d’ignorance et de mauvaise foi. La conduite et la carrière de Confucius, si elles n’en font pas un stratège ou un partisan de la force armée, montrent néanmoins de façon indiscutable le caractère martial de ses décisions et la préférence nette qu’il pouvait accorder aux châtiments punitifs au détriment de l’éducation correctrice en certaines occasions.</p><p>Observons d’emblée que l’image répandue d’un Confucius explicitement opposé à toute forme d’agression ou de violence n’est fondée la plupart du temps que sur l’interprétation d’un nombre très modique de fragments provenant presque invariablement des <span>Entretiens</span><a id=""footnote-994-15-backlink"">15</a>. Dans de nombreux textes qui s’étendent de la période pré-impériale jusqu’aux Han, le portrait de Confucius et son rapport à la violence d’Etat s’avèrent beaucoup plus ambigus. On trouve par exemple dans le compendium des rites intitulé <span>Da Dai Liji</span> un passage qui traite de l’émergence de la violence et de l’invention des armes dans lequel Confucius justifie leur usage : « Le Duc demanda : “L’usage des armes procède-t-il de l’infortune ?” À quoi le Maître répondit : “Comment pourrait-il procéder de l’infortune ? Les sages ont utilisé les armes pour proscrire la cruauté et mettre fin à l’oppression dans le monde entier <a id=""footnote-994-16-backlink"">16</a>”. » Dans un autre passage appartenant aux <span>Propos de l’école de Confucius</span> (<span>Kongzi jiayu</span>), un disciple de Confucius, Ran You (connu également sous le nom de Ziyou) s’apprête à offrir ses services au puissant lignage Ji dans le pays de Lu face à la menace imminente d’une agression, et démontrer ainsi son expertise en matière de stratégie militaire. Son supérieur, Jisun, étonné de voir qu’un disciple direct de Confucius ait pu cultiver de telles compétences lui demande comment, se réclamant du maître, il a bien pu étudier la stratégie militaire. À quoi Ran You répond : « Précisément, j’ai appris cela de Confucius. Confucius est un grand sage et, comme tel, rien n’est hors de la portée de son discernement<a id=""footnote-994-17-backlink"">17</a>. »</p><p>Parmi les disciples les plus proches, on trouve également Zilu, un ancien guerrier de carrière à la nature belliqueuse et qui aimait à ferrailler ; son caractère hautain et intransigeant le prédisposait à des saillies de violence que son Maître avait bien de la peine à contenir ou modérer. Sa male mort scella ce destin guerrier : <span>Le Mémoire sur les rites</span> (<span>Liji</span>) rapporte en effet par la bouche d’un messager s’adressant à Confucius : « Avec sa chair ils ont fait du pâté au vinaigre<a id=""footnote-994-18-backlink"">18</a> ». Citons encore cet autre disciple du nom de Gongliang Ru, connu aussi sous celui de Zizheng, qui selon l’historien des Han Sima Qian disposait de cinq chars de guerre et alliait une extrême bravoure à une grande vigueur physique, qui lui servit à combattre, en compagnie du Maître, les gens de Pu au moment d’une révolte<a id=""footnote-994-19-backlink"">19</a>. Confucius n’hésite pas pour sa part à faire l’éloge de personnages guerriers et de leurs faits militaires, comme lorsqu’il loue Meng Zhifan dans un passage des <span>Entretiens</span> (<span>Lunyu </span>VI.13). D’autres sources<a id=""footnote-994-20-backlink"">20</a>rapportent qu’il mena lui-même des opérations militaires, notamment lorsque les habitants de Bi attaquèrent la capitale de Lu en 497 avant notre ère.</p><p>La considération de ces passages comme de tant d’autres relatant des moments de la vie de Confucius laisse penser que ce dernier était loin d’être étranger au paradigme que Johnston baptise <span>parabellum</span>. Le pacifisme du Maître est en effet comme inquiété par d’autres épisodes de sa vie politique, qui montrent qu’il se rangeait sans réserve du côté de la méthode forte, aux antipodes du portrait du saint construit par l’idéologie impériale, opposé à la violence, prêchant la bonté et la justice. Mentionnons pour preuve, ce n’est pas le lieu ici de commenter en longueur ces épisodes, la fameuse entrevue diplomatique de Jiagu entre le duc de Lu, que servait Confucius, et le puissant duc de Qi. Après s’être senti menacé par une troupe de danseurs martiaux dans les gestes desquels il flairait un attentat possible et qu’il écarta en invoquant la correction rituelle, Confucius fit dépecer une troupe de nains<a id=""footnote-994-21-backlink"">21</a>, danseuses et bouffons au motif qu’il était contraire aux rites de les faire parader sur scène. C’était là un fin coup de diplomate et de stratège pour faire plier le duc de Qi et obtenir des avantages matériels en se récriminant haut et fort sur l’entorse de ce dernier au protocole d’entrevue. Autant pour la bonté et la droiture légendaire du maître, ici éclipsées au profit d’une superbe leçon de cynisme politique. L’ascendant moral de Confucius allié à la mâle énergie qu’il manifeste et qui lui permet de faire déférer un puissant duc au nom des convenances, confirme la citation de son disciple Ran You reproduite plus haut : en lui convergent les valeurs martiales et militaires, le pinceau et le fouet, la natte et le char. Un second épisode achève le trait de ce portrait martial. Nommé aux fonctions de ministre dans l’Etat de Lu, sa première décision fut de faire exécuter un dissident, du nom de Shao Zhengmao, au motif que ce dernier abusait de la crédulité du peuple par ses raisonnements spécieux et ne cessait de gagner en popularité<a id=""footnote-994-22-backlink"">22</a>.</p><p>De tels événements, que corroborent les sources historiques et que les auteurs anciens mettent à l’honneur de Confucius, ne manquent pas d’invalider l’idée si répandue à propos de la Chine d’une tradition pacifiste, gouvernée par la doctrine confucéenne et imprégnée par l’esprit des lettres. Sous l’impulsion des confucéens tout autant que des légistes, et peu importent ici les désignations d’école, les méthodes martiales conçues dans le contexte d’une guerre intestine ou inter-étatique se sont introduites dans l’administration du corps politique sans solution de continuité et ont permis de renforcer l’arsenal déjà sophistiqué des règles et prohibitions qui gouvernaient les relations hiérarchiques. Au demeurant, Confucius et ses sectateurs, en dépit de quelques déclarations tirées des <span>Entretiens</span> hâtivement brandies pour « sauver » le pédagogue humaniste et prouver que leur seul recours était l’exemple moral, ne se sont en réalité jamais dans leurs actes ni leur carrière opposés aux châtiments qui établissent une continuité entre discipline martiale et éthique sociale.</p><p><span>Confucius bellicus</span> ou <span>Confucius bellicosus </span>? C’est en tout cas le Confucius historique lui-même que dans sa posture de chef martial viennent louer ses héritiers puis les historiens de l’ère impériale. Le premier des maîtres semble avoir fait sien ce précepte que devait énoncer haut et fort le penseur de l’autoritarisme politique Han Fei quelques trois siècles plus tard : « Entre un souverain et ses sujets, ce sont cent batailles par jour à livrer ». La politique est la gestion des guerres quotidiennes qui sévissent dans la société, contre les envieux, les vicieux et les séditieux, que l’on se situe sur le champ de bataille ou dans l’arène du politique</p><p>En finir avec le mythe d’un « Art de la guerre » <br />essentiellement chinois</p><p>Ce volume s’attaque de manière frontale et massive à un autre préjugé qui a longtemps abusé les esprits à propos de la Chine. De nombreux sinologues ont bâti leurs succès de librairie, en Europe comme aux États-Unis, sur un brillant exposé des grandes différences qui opposent la civilisation occidentale à la Chine, en tirant de quelques idées fausses dès le départ un schéma général d’interprétation de leur développement. Alors que les Grecs de l’antiquité – dont nous sommes forcément les héritiers en ligne directe – auraient opté pour un combat frontal en bataille rangée, les Chinois auraient choisi la ruse, l’approche indirecte et le travail de sape de l’adversaire en amont de tout combat. La quintessence de quelques pages du livre de Sunzi, <span>L’Art de la guerre</span> – écrit au <span>iv</span><span>e</span> siècle avant notre ère – recèlerait ainsi les clefs de la « mentalité chinoise ». Au risque d’occulter l’immense littérature stratégique et militaire contemporaine ou postérieure au <span>Sunzi</span>. Au risque aussi de confondre « guerre sur papier » (<span>zhi shang tan bing</span>) et histoire réelle des pratiques militaires en Chine. Or, la chronique des batailles, guerres et invasions qui ont marqué de façon si constante l’empire chinois pendant plus de deux millénaires, dément lourdement cette merveilleuse efficacité de la « stratégie indirecte » des Chinois.</p><p>La polarité Chine-Occident, construite à partir de deux attitudes stratégiques opposées dès l’antiquité, a parfois servi de modèle global pour caractériser deux façons typiques et opposées de penser et de s’exprimer : en Occident de façon argumentée, directe, chaque parole étant comme un brave hoplite bataillant contre la légion des arguments du camp adverse ; en Chine, de façon allusive, détournée – donc bien plus efficace – à la manière d’un général prenant l’ennemi à revers, ou en embuscade, sans se montrer, en évitant le corps-à-corps. Dans leurs travaux minutieux d’historiens des pratiques guerrières en Occident, Beatrice Heuser et Patrick Porter<a id=""footnote-994-23-backlink"">23</a> suggèrent que cette dualité de fond entre la civilisation chinoise et la civilisation occidentale reprend des thèses très anciennes, non dénuées de racisme, qui opposaient un Occident loyal, franc, honnête dans ses façons de combattre, à un Orient recourant à des expédients et des ruses moralement condamnables. L’extension de ce paradigme de la « stratégie à la chinoise » à la « pensée asiatique » en général se veut aujourd’hui, dans ses formes les plus sophistiquées, indemne bien sûr de ce préjugé raciste et neutre sur le plan des valeurs. Il n’en demeure pas moins qu’il conforte à son corps défendant le préjugé d’une mentalité chinoise encline à se montrer fourbe et sournoise. Le public mal informé des réalités de l’histoire chinoise en tire facilement la conclusion que les lettrés en Chine, qui étaient aussi les serviteurs du pouvoir impérial, ont toujours évité la <span>polémique</span>, le débat d’idées, la courageuse remontrance au souverain au risque de sa propre vie, au profit de formules ambiguës, savamment construites de manières à « passer » tout en suggérant de loin, et sans en avoir l’air, une critique ou un blâme. De même que le public, sous l’emprise de ce séduisant face-à-face entre la Chine et l’Occident qu’il s’imagine enfin déchiffrer, en vient à croire que les meilleurs généraux chinois ont su, contrairement à leurs homologues occidentaux, éviter le choc frontal et destructeur d’armées en campagne au profit de victoires obtenues sans avoir à livrer le combat. Ces lubies, tirées d’un texte antique aussi fascinant qu’idéaliste, et qui a longtemps servi de paravent occultant la vision lucide de ce que fut la guerre au quotidien dans l’empire chinois, – ces lubies ont joué un rôle prépondérant dans l’image contemporaine de la Chine, comme dans celle que, par différence, nous sommes amenés à construire de nous-mêmes. Si parmi les objectifs de ce numéro il s’agit de terrasser le préjugé d’une Chine confucéenne condamnant ou escamotant la violence militaire, les différents auteurs sont également unis par la volonté de creuser une sape pour faire s’écrouler la construction de cette grande fresque binaire retraçant d’un côté l’épopée de la civilisation occidentale, marquée par les guerres héroïques et les batailles décisives, de l’autre une Chine astucieuse et rusée qui machine et manigance pour gagner le combat en appliquant la méthode du non-agir.</p><p>Cette entreprise, dont il s’avère dès lors redondant de souligner le caractère engagé, est inaugurée par un article de Peter Lorge, intitulé « Discovering War in Chinese History », qui développe pour partie les idées que nous venons d’introduire. Son texte se propose d’offrir au lecteur une réflexion de nature critique sur le rôle que la guerre et l’étude historique de cette dernière auraient joué en Chine selon la sinologie occidentale. Selon Lorge, les sinologues auraient accordé une attention bien plus grande à la pensée militaire qu’à l’histoire militaire. Dans le droit fil de cette argumentation, il retrace la genèse de ce qui semble avoir constitué un obstacle majeur à la juste compréhension du rôle joué par la guerre dans l’histoire chinoise : l’idée, étrangère à tout sens historique, selon laquelle il y aurait une manière essentiellement chinoise de conduire la guerre et les affaires militaire. En fonction de cette perspective essentialiste, l’attitude des intellectuels chinois a été rangée aux antipodes du bellicisme, tandis que, en parfait accord avec cette opinion, les stratèges et plus largement les penseurs en Chine qui se sont intéressés à la guerre auraient avant tout conçu et formulé une série de stratagèmes et de moyens contournés pour emporter la victoire. Lorge montre dans quelles conditions historiques et idéologiques le texte militaire traditionnellement attribué à Sunzi est devenu le paradigme de la pensée stratégique, et cela grâce sans doute à une lecture arbitraire qui a marginalisé la très riche et diverse tradition de commentaires de <span>L’Art de la guerre</span>, une mise à l’écart qui ne fit que se durcir sous l’effet d’une tendance prononcée à établir des comparaisons – dont on ne dira jamais assez le caractère biaisé – avec l’œuvre de Clausewitz. Incapables qu’elles sont de discerner correctement la dimension rhétorique des écrits militaires, Lorge considère que la plupart de ces interprétations influentes postulent de manière consciente ou non une parfaite continuité entre la littérature militaire et les pratiques guerrières, de sorte que les traités théoriques sur la guerre ne seraient que le parfait reflet de ces dernières, ce qui, comme on le pressent, constitue une hypothèse des plus problématiques. L’étude de Lorge montre à cet égard que l’instauration d’une distance critique par rapport à cette attitude essentialiste, comme par rapport aux notions qu’elle met en jeu, permettrait non seulement de revitaliser un champ d’études de première importance pour comprendre la Chine à travers l’histoire, mais aussi de reconsidérer l’intégralité de l’histoire militaire en Occident.</p><p>La contribution de David A. Graff, « Brain over Brawn : Shared Beliefs and Presumptions in Chinese and Western Strategemata », reprend et prolonge en quelque sorte les thèses avancées par Peter Lorge, en se proposant notamment d’invalider, à partir d’un exercice comparatif, un certain nombre d’idées reçues sur l’histoire militaire de la Chine. Comme on vient de le signaler, <span>L’Art de la Guerre</span> de Sunzi sert le plus souvent à caractériser la tradition militaire chinoise, dominée qu’elle serait par les manœuvres indirectes et l’emploi de la ruse, en contraste avec la manière occidentale de faire la guerre, incarnée dans l’œuvre de Clausewitz et définie par des attaques directes et frontales. Afin de saper les fondements de cette croyance aussi répandue que tenace, l’article de Graff prend pour objet d’étude les précis classiques de Frontin, Onasandre et Polyen (<span>i</span><span>er</span> et <span>ii</span><span>e</span> siècles de notre ère) ainsi que quelques traités milita";;;;;;;;; 600;1;3;34;Les temps de l'art;N°19/2014;;;"<p><em>Marges </em>aborde la question des différentes temporalités à l'œuvre au sein des pratiques artistiques contemporaines.<br /><br /></p>";"<p style=""text-align: left;"">Éditorial <br /><br /> <strong>Dossier : « Les temps de l’art »</strong><br /><br /><strong>Stéphane Reboul et Umut Ungan</strong><br />« Pour introduire les temps de l’art » <br />« Temps comme modèle : Deux questions à Hans Belting »<br /><br /><strong>Justin S. Wadlow</strong> <br />« Run, Run, Run : Les temps suspendus du cinéma de la Factory ».<br /><br /><strong>Francis Gauvin</strong> <br />« Quand l’image condense le temps ; le cas de L’arche russe d’Alexandre Sokourov »<br /><br /><strong>Guillaume Baychelier</strong> <br />« Le parcours à l’œuvre. Temps, espace et déplacement dans l’œuvre de - Matthew Barney »<br /><br /><strong>Déborah Laks</strong> <br />« La Vittoria racontée par Tinguely : histoire de la cohabitation d’une œuvre et de sa recréation imaginaire »<br /><br /><strong>Violeta Nigro Giunta</strong><br />« Vexations x8, musique et politique à Buenos Aires »<br /><br /><strong>Noémi Joly</strong><br />« Le silence-après d'Yves Klein »<br /><br /><strong>Marie Rebecchi</strong>, <br />« Le temps du remontage : entre cinéma et installation, The Clock de Christian Marclay »<br /><br /><strong>Claire Labastie</strong></p><p style=""text-align: left;"">« Horloges au présent : présences de l’horloge dans l’art contemporain »</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""text-align: left;""> <strong>Varia </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Marie Boivent</strong><br />« Accélérations, rétrospections, anticipations : le temps en jeu dans les revues d’artistes ».<br /><br />Portfolio : Johan Gustavsson <br /><br />Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions <br />Abstracts français et anglais <br /><br /></p>";;10/11/2014;19;155x220;170;978-2-84292-415-7;9782842924157;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_600.jpg;"<p><strong>« Le parcours à l’œuvre. Temps, espace et déplacement dans l’œuvre de Matthew Barney »</strong><br />Guillaume Baychelier<br />On examinera en quoi la pratique de M. Barney est ouverte à des temporalités multiples. Nous analyserons comment ses œuvres reposent sur une approche temporelle processuelle inspirée du biologique. Nous verrons comment processus de développement corporel et processus poïétiques viennent à se confondre, impliquant dans l’œuvre de Barney une création par la contrainte, dans la résistance. Enfin, nous verrons comment la création, la performance et même la présentation de ces œuvres ont à voir avec le parcours, véritable exercice de création dans le temps et l’espace.<br /><br /><strong>« Accélérations, rétrospections, anticipations : le temps en jeu dans les revues d’artistes ».</strong><br />Marie Boivent,<br />Cet article propose, par l’analyse d’une série d’exemples de revues d’artistes depuis les années 1960, de saisir les tensions à l’œuvre dans l’appréhension du facteur temps par les artistes. Il s’agit de repérer de quelles manières la contrainte temporelle peut devenir un paramètre déterminant pour leurs publications – même lorsque les artistes tentent de faire signe vers une autre temporalité, indépendante des contraintes du calendrier – et d’examiner les enjeux qui accompagnent les différentes stratégies mises en œuvre.<br /><br />Mots clés : revue d’artiste, magazine, périodique, périodicité, ponctualité, anticipation, lecture, contrainte, quotidien, presse, numérotation.<br /><br /><strong>« La Vittoria racontée par Tinguely : histoire de la cohabitation d’une œuvre et de sa recréation imaginaire »</strong><br />Déborah Laks<br />Lors d’un entretien de 1971 avec Alfred Pacquement et Éric Michaud, Jean Tinguely est revenu sur l’histoire de la Vittoria, son œuvre éphémère créée pour le festival du Nouveau Réalisme à Milan en 1970. Le récit et les dessins qu’il fait rétrospectivement de la Vittoria deviennent des extensions de l’œuvre et des repères pour son historicisation. Nous proposons de considérer que ces deux sources produisent une œuvre supplémentaire, imaginaire ou conceptuelle, dont le fonctionnement diégétique repose sur une multiplicité de temporalités imbriquées.<br /><br />Mots clés : archives orales, récit, imagination, analyse linguistique, style épique, dessin, Tinguely, Nouveau Réalisme, éphémère. <br /><br /><strong>« Quand l’image condense le temps ; le cas de <em>L’arche russe</em> d’Alexandre Sokourov »</strong><br />Francis Gauvin<br />L’analyse des différentes temporalités dans le film L’Arche russe (Sokourov, 2002) montre que le dédoublement entre le présent et le passé, propre à l’image cinématographique, permet au plan‑ séquence de simuler le regard vécu d’un être qui, en explorant le musée de l’Ermitage, rencontre par le fait même l’histoire dans laquelle il s’enracine; et que ce dédoublement serait au cœur des processus sémiotiques par lesquels on entre en relation avec le monde.<br /><br />Mots-clés : Sémiotique, temporalité, Sokourov, historicité, être-au-monde, regard vécu, Deleuze, contemporanéité.<br /><br /><strong>« <em>Vexations x8</em>, musique et politique à Buenos Aires »</strong><br />Violeta Nigro Giunta<br />Vexations est un motif pour piano composé par Erik Satie en 1893. Sa singularité réside dans le fait que le compositeur français ait indiqué de le répéter 840 fois. La première édition de Vexations (en 1949) et sa première interprétation intégrale (1963) viennent de la main de John Cage et font figure de véritable manifeste esthétique. En 2001, le IUNA (Institut Universitaire National des Arts) de Buenos Aires donnera Vexations durant une semaine afin de réagir contre des réformes politiques du système éducatif. Cet article analyse plusieurs interprétations de l’œuvre et s’interroge sur les différentes temporalités de la musique. <br /><br /><strong>« Le <em>silence-après</em> d'Yves Klein »</strong><br />Noémi Joly<br />Le corpus sonore et musical de l’œuvre d’Yves Klein se résume à sa célèbre Symphonie Monoton et à son paratexte. Cette œuvre convoque différentes temporalités, dans les strates de son élaboration, dans son immanence même, mais aussi et surtout dans le jeu d’échanges, immédiats ou temporisés, qui se tissent avec la pensée de ses contemporains. L’article se propose d’examiner le déploiement de ce projet dans le temps, de son invention conceptuelle, à ses prémices autour de la création d’un son unique et électronique avec Pierre Henry et à la réflexion autour d’un continuum spatial et sonore avec Karlheinz Stockhausen. Tardivement renommée Symphonie monoton-silence, la pièce accuse la réception différée du silence de John Cage par son ultime caractérisation, celle du « silence-après ».<br />Summary:<br /><br />Mots-clés : Yves Klein, Pierre Henry, Karlheinz Stockhausen, John Cage, Symphonie Monoton, musique concrète, silence.<br /><br /><strong>« Horloges au présent : présences de l’horloge dans l’art contemporain »</strong><br />Claire Labastie<br />Pourquoi l’horloge, désertant les intérieurs bourgeois à la fin des années 60, a fait son entrée dans les œuvres d’art ? Après avoir été un motif peint tendu entre fixité et mouvement dans la modernité, elle devient un matériau banal dans la sculpture contemporaine. Résistance au temps de travail aliénant ou volonté de le promouvoir, temps collectif ou individuel, mesure et démesure : les œuvres à horloge offrent aux artistes un champ d’expression démultiplié pour inventer de nouvelles approches et des perceptions inédites du Temps. <br /><br /><br /><strong>« Le temps du remontage : entre cinéma et installation, The Clock de Christian Marclay »</strong><br />Marie Rebecchi<br />Si on s'interroge sur la dimension hybride de l'œuvre d'art cinématographique à l'époque de la vidéo installation, et sur les rapports entre le temps vécu par le spectateur et celui de l'œuvre, il semble intéressant d'interroger aussi la question de la temporalité par rapport à l'acte du remontage. Quel est donc le modèle de temps d'une œuvre de remploi des images-temps différentes, projetée dans un musée d'art contemporaine, comme The Clock de Christian Marclay, où le temps virtuel de l'œuvre est à la fois remonté et greffé sur le temps réel vécu par les visiteurs-spectateurs ?<br /><br />Mots clés : Montage, remontage, The Clock, Christian Marclay, cinéma, installation, cinéma d'exposition images-temps, temps exposé, Nachleben.<br /><br /><strong>« <em>Run, Run, Run</em> : Les temps suspendus du cinéma de la Factory ».</strong><br />Justin S. Wadlow<br />D’une manière extrêmement radicale, Andy Warhol cherche à démembrer le cinéma en le vidant de toute substance narrative et pose la question de l’expérience du temps en tant que tel. Un temps en quelque sorte premier, immobilisé et pris au piège de la pellicule. En refusant toute forme d’action Andy Warhol accueille et matérialise la présence envahissante du plan, que celui-ci soit un homme qui dort ou un gratte-ciel. Le temps est ainsi l’unique sujet des films de la Factory, et leur absence de montage nous plonge au cœur de l’écoulement lui-même, développant une temporalité, très différente de celle de ses œuvres visuelles, abordant ainsi une zone floue entre image animée et image fixe, se situant dans un espace incertain entre le temps du cinéma et celui de la peinture. Là où Andy Warhol travaille les images de façon totalement immobile et comme hors du temps, Jonas Mekas travaille à l’inverse sur la prolifération incessante des évènements et des temporalités ; là où Andy Warhol dénude le cinéma et la narration jusqu’à l’abstraction, Jonas Mekas cherche la profusion des images, des formes et des histoires. Toute la temporalité du cinéma de Jonas Mekas tient donc dans la circularité et le retour des souvenirs. Que ce soit a New-York ou lors de ses nombreux voyages, Jonas Mekas est donc confronté à l’extrême fragmentation du temps et des images qui l’entourent, ainsi qu’à leur incessante mobilité. D’où finalement la seule forme cinématographique adoptée par Jonas Mekas à travers toute son œuvre du film-journal. Ainsi, un questionnement commun relie profondément la démarche d’Andy Warhol et de Jonas Mekas : la notion de flux temporel, mais les réponses sont diamétralement opposées. Et chaque tentative prolonge ainsi, à sa manière, l’un des aspects des films de la Factory : l’immobilisme ou la fragmentation.<br /><br /><br /><br /></p>";;"<p><strong>“The itinerary at work : time, space and displacement in the work of Matthew Barney”</strong><br />Guillaume Baychelier<br />We will see how M. Barney’s art is opened to multiple temporalities. We will analyse how his artworks are grounded on a biologically inspired processual time approach. We will see how growing processes and poietic processes tend to merge, involving in Barney’s artworks the idea of creating under restraint, through resistance. Finally, we will see how the creation, performance and even the exhibition of these artworks are connected to the concept of path/travel as a genuine exercice of creation through time and space.<br /><br /><strong>“The ‘Vittoria’ narrated by Tinguely : a history of the copresence of an artwork and its imaginary recreation”</strong><br />Déborah Laks<br />During an interview held in 1971 by Alfred Pacquement and Éric Michaud, Jean Tinguely told the story of la Vittoria, his ephemeral artwork created for the Nouveau Réalisme festival of Milan in 1970. The story and the drawings that he did afterwards of la Vittoria become extensions of the artwork itself as well as points of reference for its historicization. We suggest that these primary sources produce and additionnal artwork, of imaginary or conceptual nature, whose diegetic working is based on a multiplicity of interlinked temporalities. <br /><br /><strong>“When an image condenses time : <em>the case of the Russian</em> ark by Alexander Sokurov”</strong><br />Francis Gauvin <br />The analysis of the different temporalities which can be found in the film Russian Ark (Sokurov, 2002) shows that the division of the cinematic image into past and present allows the long shot to represent the experience of a being who, while exploring the Hermitage museum, faces the history he inherited; and that this division actually originates in the semiotic processes by which one enters into the world.<br /><br /><strong>“<em>Vexations x8</em> : Music and politics in Buenos Aires”</strong><br />Violeta Nigro Giunta<br />Vexations is a motive for piano written by Erik Satie in 1893. Its singularity resides on the fact that the French composer instructed for it to be repeated 840 times. Both the first editions of Vexations (in 1949) and its first complete interpretation (1963) were the initiative of John Cage and have become an esthetic manifesto. In 2001, the IUNA (Instituto Universitario Nacional de Artes) of Buenos Aires will organize a performance of Vexations that will last an entire week as a form of manifestation against political changes in the educational system. This article will analyze diverse interpretations of the work to question the different notions of time in music.<br /><br /><strong>“The <em>silence-after</em> of Yves Klein”</strong><br />Noémi Joly<br />Yves Klein’s sound and musical corpus amounts to his famous Symphonie Monoton and to its paratext. The work convenes different temporalities, either considered in its elaboration, in its immanence and, above all, in the exchanges, whether immediate or delayed, between Klein and few of his contemporaries. The article sets out the deployment over time of Klein’s sound project, from its conceptual inception to its beginnings, around the creation of a sole electronic sound with Pierre Henry, and to the reflection on a sound and space continuum with Karlheinz Stockhausen. The belatedly renamed Symphonie monoton-silence ultimately acknowledges John Cage’s silence through its latest characterization: its “after-silence”.<br /><br /><strong>“Clocks in the present: about the use of clocks in contemporary art”</strong><br />Claire Labastie<br />Why did the clock, leaving the middle-class homes at the end of the sixties, have entered in the works of art at this moment ? After having been a painted pattern stretched out between fixedness and motion in the modernity, it becomes a commonplace artistic material in the contemporary sculpture. Resistance against the alienating working time or desire of promote it, collective or individual time, measure and immoderation : works of art with clocks give the artists a miscellaneous ground of expression to invent new aproaches and original perceptions of the Time.<br /><br /><strong>“The time of editing anew: between cinema and installation: the Clock by Christian Marclay”</strong><br />Marie Rebecchi<br />This essay analyzes both the hybrid dimension of the cinematographic work of art in the age of video installation and the relationship between the time experienced by the spectator and that one of the work of art. It focuses especially on ""temporality"" in its relationship to the act of re-montage. Considering The Clock by Christian Marclay, the essay investigates on the role of a work of montage projected in a museum of contemporary art, where the virtual time of the work is geared to the real time experienced by visitors-spectators.<br /><br /><strong>“<em>Run, Run, Run</em>: the suspended times of the Factory’s cinema”</strong><br />Justin S. Wadlow<br />Using very radical techniques, Andy Warhol looks to tear apart cinema as such, and especially by getting rid of the narrative form questions our experience of time as such. By refusing any form of storytelling, Andy Warhol manages to leave wide open a space which only time can occupy: whether this takes the form of a man sleeping for six hours or night endlessly falling on a sky-scrapper. Time therefore becomes the only issue of the various films produced at The Factory, and their total lack of editing forces us to experiment time as it goes by both on the screen and in our lives, in a very different way from the other pictorial developments of Andy Warhol’s work, inventing in the process form which is neither quite a movie nor a painting as such. Where Andy Warhol tends towards both a motionless and timeless form of art, Jonas Mekas on the opposite is always looking to capture the many changing aspects of our daily life, concentrating on light and the role of nature. Whereas Andy Warhol aims towards abstraction Jonas Mekas finds innovative ways to embody the profusion of stories which surrounds him at any moment, often using the shape of a circle to develop the many possibilities of memory. In NYC or during his many travels, Jonas Mekas is thus always aware of the inherent instability of the world around him, hence the only form adopted by him: the diary-film. The concept of time therefore appears to be the theme linking profoundly these two works, although the answers given maybe very different: from stillness to fragmentation.<br /><br /><br /></p>";252;15.00;"<p>L'enjeu<em> </em>est d’interroger les modalités singulières de la temporalité artistique et plus particulièrement celle contemporaine. Il s’agira de questionner les rapports temporels - de synchronie ou de diachronie - entre la conception, la production et la réception des différentes pratiques de ces dernières décennies. Cette temporalité plurielle d’une œuvre d’art permet-elle d’envisager de nouvelles coopérations entre les arts dits du temps et ceux dits de l’espace ?</p>";;04/07/2014 16:56;1;Première édition;3675 601;2;3;33;L'aparté dans le théâtre antique;Un procédé dramatique à redécouvrir;;;"<p>L’aparté dans le théâtre antique existe-t-il ? Bien qu’il ait été relativement ignoré jusqu’à présent, ce livre répond par l’affirmative, tente d’en cerner les contours et d’en définir les formes et les fonctions.</p>";"<p><em>Liste des contributeurs</em><strong> </strong><em><br />Remerciements<br /></em></p><p>À la recherche de l’aparté dans le théâtre antique <br /><em><strong>Pascale Paré-Rey</strong></em></p><p style=""text-align: center;""><strong><br />I. les conditions d’émergence de l’aparté. 
théorie classique et pratiques antiques</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’aparté dans la poétique et le théâtre classiques 
en France (xvii<sup>e</sup> siècle)<br /><em><strong>Nathalie Fournier</strong></em></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’aparté existe-t-il dans le théâtre grec du v<sup>e</sup> siècle ?<em><strong><br />Christine Mauduit</strong></em><strong> </strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II. apartés tragiques</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les apartés dans le théâtre de Sénèque : mode de sélection et corpus<br /><em><strong>Jean-Pierre Aygon </strong></em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Dramaturgie de l’aparté dans les tragédies de sénèque<br /><em><strong>Pascale Paré-Rey </strong></em></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>III. apartés comiques</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Usages de l’aparté dans quelques comédies de Ménandre<br /><em><strong>Christophe Cusset et Nathalie Lhostis </strong></em></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les apartés chez Plaute : définition et corpus critique<br /><em><strong>Christina Filoche </strong></em></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’aparté chez Plaute, à propos d’un passage d’<em>Amphitryon </em>(v. 153-340)<em><strong><br />Isabelle David</strong></em><strong> </strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. l’aparté dans les commentaires antiques 
et les éditions modernes</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><em> </em></strong><em>Hoc enim apud se</em> :<strong> </strong>la conscience de l’aparté et de ses potentialités comiques chez Donat commentateur de térence<br /><em><strong>Bruno Bureau et Christian Nicolas </strong></em></p><p style=""padding-left: 30px;"">La notation des apartés dans les éditions modernes et contemporaines de Plaute : un piège herméneutique<br /><em><strong>Pierre Letessier <br /></strong></em></p><p style=""text-align: center;""><strong>V. du texte à la scène</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les coulisses de l’aparté – mettre en scène les apartés du théâtre antique : problèmes et tentatives<br /><em><strong>Estelle Baudou </strong></em>avec la collaboration des comédiens : 
Fanny Bloc, Maxime Peyron et Baptiste Vérine</p><p style=""text-align: center;""><strong><br />VI. bilan et perspectives</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’aparté : un « petit écueil semé 
sur la route théâtrale » ou un « laboratoire théâtral » ?<br /><em><strong>Pascale Paré-Rey </strong></em></p><p><em><br /><br />Annexes<br /></em><em>Références bibliographiques<br />Index locorum</em></p>";;10/01/2015;0;170X240;360;978-2-84292-419-5;9782842924195;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_601.jpg;"<p>L’aparté dans le théâtre antique existe-t-il ? Les manuscrits l’ignorent, les contraintes matérielles et les conventions de ce théâtre (de plein air, le plus souvent masqué semblent proscrire son usage. Pourtant, certains passages exigent un jeu de l’acteur qui marque un tel décrochage énonciatif. Mais ce jeu étant mal connu, nous abordons les apartés en cherchant en priorité dans le texte les bornes, formes et fonctions de leurs occurrences possibles, sans nous interdire une réflexion sur leur mise en scène : l’épreuve du plateau fait l’objet d’un enregistrement présentant diverses solutions pour des extraits choisis<br /><br /><em>Pascale Paré-Rey, maître de conférences en langue et littérature latines à l’Université Lyon 3 (UMR HiSoMA), est spécialiste des tragédies de Sénèque. Elle leur a consacré l’étude Flores et acumina. Les sententiae dans les tragédies de Sénèque (CEROR, 2012).</em></p><p> </p><p><em> </em></p>";;;700;26.00;"<p>Ayant constaté que la critique ne s’est pas intéressée à l’aparté dans le théâtre antique alors que le procédé y existe bel et bien, l’ouvrage tente d’en comprendre les conditions d’émergence. Sont étudiés sa place, ses formes et ses fonctions dans la tragédie et la comédie, en Grèce et à Rome. La principale difficulté résidant dans la constitution de corpus d’apartés, à partir de critères de définition et de sélection tout aussi complexes à établir, des commentateurs antiques ont été sollicités, et quelques pratiques éditoriales ont été étudiées afin de comprendre quelles lectures des pièces ont été proposées de ce point de vue.</p><p> </p><p><em>Des solutions de mise en scène de quelques passages discutés dans les contributions sont envisagées, solutions présentées dans l'enregistrement ci-dessous.</em></p>";;21/07/2014 09:01;0;Première édition;3622 602;1;3;29;Relectures;N°30/2013;;;"<p>Qui fait l’actualité<em> </em>d’une pensée philosophique, d’un texte littéraire aujourd'hui ? TLE étudie la question centrale de la relecture « actualisante », qui (re)donne un sens, une valeur inédite à un texte, une pensée, déjà connue.</p>";"<p>Présentation<br /><strong>Yves Abrioux et Brigitte Félix</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Nodes for a Posthuman Reading<strong><br />Steve Tomasula</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Amour, sexe et bonheur dans <em>Brave New World </em>d’Aldous Huxley<strong><br />Sylvie Allouche</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Wittgenstein and Performative Writing<strong><br />Ralph M. Berry</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Words/Whorls/Worlds in Flux : Lucretius/Serres/Johnson<strong><br />Paul A. Harris</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">From Oppen’s Thematics : What Are Poets For ?<strong><br />Michael Heller</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Quand le philosophe relit le théâtre, et comble le vide du masque par l’infini du mouvement réel<strong><br />Anne-Laure Fortin-Tournès</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Deleuze as Educator, or, On the Uses and Abuses of Forgetting for Life<strong><br />Anthony Larson</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Quelque chose de Spinoza…<strong><br />Charles Ramond</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Shadows on the Hegelian Stage<strong><br />Kenneth J. Knoespel</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Capitalisme et capture : Actualités d’un concept chez Deleuze et Guattari et Agamben<strong><br />Antoine Traisnel</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La lecture relâchée : Socrate, Federer et l’éthique du care<strong><br />Éric Méchoulan</strong></p>";;10/12/2014;30;155x220;192;978-2-84292-418-8;9782842924188;0;1967-5968;Presses Universitaires de Vincennes;img_602.jpg;;"<p>Yves Abrioux et Brigitte Félix</p><p>PRÉSENTATION</p><p> </p><p>Au début de la conférence qu’il <strong>prononça </strong>en 1971 à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Paul Valéry <a id=""footnote-667-1-backlink"">1</a>, Jacques Derrida s’interrogeait sur ce « retour aux sources » que les circonstances de la célébration lui imposaient et qui passait par une expérience de relecture :</p><p>Je n’avais pas relu Valéry depuis longtemps. […] Mais, reprenant des textes que je croyais connaître, en découvrant d’autres, je me suis naturellement demandé en quoi un certain rapport s’était changé. Où s’était opéré ce déplacement qui m’empêchait en quelque sorte de reconnaître les lieux ? […] Que doit être un texte s’il peut, de lui-même en quelque sorte, se tourner pour briller encore, après une éclipse, d’une lumière différente, dans un temps qui n’est plus celui de sa source productive (en fut-il jamais contemporain ?) […]. (p. 331.)</p><p>Dans un geste caractéristique, Derrida, après Valéry, nomme cette capacité de résurgence « écriture » : la « possibilité pour un texte de (se) donner plusieurs temps et plusieurs vies » (p. 331). Le « texte » dont il s’agit ici semblerait presque inquiétant dans sa persistance autonome, et les questions qui lui sont adressées paraissent avoir pour fonction de situer en lui le lieu paradoxalement reconnaissable de la différence, mieux, de la « différance », à distance d’un « je » qui ne veut, ou ne peut pas encore tout à fait prendre la mesure de l’inévitable décalage, de l’impossible retour à une « origine ». C’est ainsi que peu à peu, avançant dans l’espace ouvert, par la relecture, de la non-coïncidence et de la non-ressemblance, le philosophe peut mettre en œuvre la réflexion théorique.</p><p>S’il faut voir là une « méthode », ce serait pour en faire non pas un modèle à copier, mais, en reprenant l’étymologie du mot (composé de meta, qui signifie « vers », et -hodos, « voie qui va vers un but »), une proposition de cheminement, théorique et critique, à l’image de celles qui figurent dans les contributions rassemblées dans ce numéro de TLE, que nous avons voulu d’une facture différente. En effet, il n’est pas consacré à une pensée, un concept ou une notion spécifiques – philosophique, scientifique ou littéraire – comme cela a pu être le cas dans de précédentes livraisons de la revue, mais il cherche à faire un état des lieux théoriques pluriels dont les différentes contributions dressent la carte intensive.</p><p> </p><p>Les auteurs publiés ici ont été invités à réfléchir à la recherche théorique que chacun poursuit dans ses lectures et ses relectures, éventuellement les plus récentes. On trouvera donc trace de la dimension personnelle de certains parcours intellectuels, comme le disent assez explicitement plusieurs auteurs de ce numéro <a id=""footnote-667-2-backlink"">2</a>. Les diverses contributions se présentent, peut-être plus librement que de coutume, sous la forme d’essais ou d’interventions critiques de longueur et de composition variables : invitation des lecteurs à la « relecture » – de celles qui impliquent un regard critique – sur les protocoles rhétoriques des articles universitaires.</p><p>Pourquoi et comment lit-on tel ouvrage théorique publié dernièrement, et pourquoi apparaît-il important de le lire dans le contexte critique, épisté­mo­logique contemporain ? C’est ce à quoi Kenneth J. Knoespel s’attache dans sa lecture de l’ouvrage de Michael Nass, Miracle and Machine, consacré à une relecture de Foi et savoir de Jacques Derrida. De la même manière, pourquoi et comment relit-on ? Les textes rassemblés dans ce volume montrent la diversité des réponses, c’est-à-dire des relectures possibles. Relire, comme l’explique Anne-Laure Fortin-Tournès, à la manière dont Deleuze dans Différence et répétition relit Nietzsche et Kierkegaard, afin de créer des concepts susceptibles de penser le mouvement. Prolonger, encore et toujours, la tradition du close reading dont on sait quel a été son rôle dans les études littéraires anglophones. Michael Heller s’y applique, dans des analyses au plus près du grain du texte de la poésie de George Oppen, lui-même grand relecteur de ses propres textes où il puisait fréquemment la matière nécessaire à l’écriture de ses nouveaux poèmes. Enfin, relire, pour prendre un dernier exemple, ainsi que Ralph M. Berry l’envisage, c’est trouver le contretemps, mettre en évidence une non-lecture, celle que John Langshaw Austin semble ne pas avoir faite de Wittgenstein, dont les Philosophical Investigations contiennent une réflexion sur le langage et l’action qui relance la question du rapport entre représentation et performance dans la fiction.</p><p>Certes, s’agissant de textes littéraires, il semble que l’exigence de la relecture soit parfois inscrite au cœur même de l’écriture : on ne lit certaines œuvres une première fois que pour se préparer à les relire, écrit William H. Gass dans un de ses essais – ce qui serait aussi l’apanage du « texte contemporain » :</p><p>[…] the contemporary text is not made for a reading, for one does not read Count Julian or Terra Nostra or Paradiso or The Lime Works or The Passion Artist or Invisible Cities or The Green House or JR or The Tin Drum or The Autumn of the Patriarch (to cite only a few significant contemporary novels) ; one does not read The Public Burning, Degrees or A Bad Man the first time to read it, but to ready oneself to read it. (Habitations of the Word, 1985, p. 157.)</p><p>Il se trame donc dans la relecture quelque chose qui a aussi à voir avec « le contemporain », ou, peut-être même, qui est de nature à le susciter, mais il faut alors entendre la contemporanéité dans le sens rappelé par Éric Méchoulan de ce qui n’est pas réduit à une pure co-présence temporelle. À l’inverse, le partage du présent permet à Steve Tomasula de se livrer à une relecture de la description du bouclier d’Achille dans L’Iliade transposable dans les formes contemporaines du diagramme et du réseau, qui prennent en retour un sens inédit à partir de leur investissement dans la représentation du texte épique d’Homère.</p><p>Par « relectures », il faut également entendre le geste critique et théorique qui consiste à reprendre une pensée parce qu’elle semble pertinente pour le temps présent. Comme le rappelle Charles Ramond au début de son article, « la question de “l’actualité” des pensées du passé se pose de façon aiguë aux philosophes, qui sont toujours d’abord, par formation, des historiens de la philosophie ». Pourquoi retourne-t-on vers des approches théoriques, vers des œuvres, qui ne sont pas contemporaines, au sens strictement temporel, mais qui paraissent présenter un intérêt actuel ? Comment fonctionne l’actualisation d’une pensée, à supposer qu’il y ait un tel processus à l’œuvre ? La relecture ainsi comprise serait le moyen de prendre la distance nécessaire qui permet de rejoindre le présent par le détour de l’« inactuel », pour citer les termes de Giorgio Agamben dans son commentaire sur le contemporain à partir de Barthes et de Nietzsche : « La contemporanéité est donc une singulière relation avec son propre temps, auquel on adhère tout en prenant ses distances » (p. 40). En quoi le retour critique vers une pensée (ré)actualisée est-il le signe fort d’une « interrogation théorique du présent » ?</p><p>Ainsi, Paul A. Harris fait la démonstration de la puissance de pensée en acte de la poésie, attestée par la manière de Ronald Johnson dans ARK de faire dialoguer « à distance » les contemporains que sont Lucrèce, Michel Serres et la physique subnucléaire contemporaine, tout comme Homère est « actualisé », relu et l’épopée décentralisée dans la lecture de Steve Tomasula. Quant à la théorisation du « posthumain », elle n’aurait pu « prendre corps » sans l’appui de l’imaginaire fécond des romans de science-fiction, comme Brave New World, sur lequel revient Sylvie Allouche, pour souligner les aspects moins connus et plus pertinents aujourd’hui de la vision techno-anthropologique d’Aldous Huxley.</p><p>Plusieurs contributions relèvent la contemporanéité de la philosophie française aux États-Unis où, loin de prendre l’aspect d’une « (French) theory » à appliquer sans discernement, elle sert à un travail de pensée articulée à des problématiques d’actualité, par exemple sur la puissance des technologies de la communication et leur indissociabilité d’avec le religieux (Knoespel), sur la conceptualisation rigoureuse des « animal studies » dans la lecture que propose Antoine Traisnel de Mille plateaux « contre » Agamben et son usage de la notion de dispositif comme d’un devenir suspendu, dans la seule attente d’une « profanation apocalyptique » et non plus, comme chez Deleuze et Guattari, dans l’élan vers le « devenir-autre ».</p><p>La forte présence, l’actualité « inactuelle » de Deleuze, qui, dans la contri­bution d’Anthony Larson, contribuent à délimiter les contours d’une éthique de la relecture, en écho à la « poétique de la relecture » proposée par Michael Heller à partir de George Oppen, n’impliquent pas que d’autres références ne puissent entrer en jeu dans le champ théorique et critique contemporain (on songe ici à Wittgenstein, chez Berry), ni qu’une référence classique ne puisse se montrer d’une égale pertinence pour réfléchir l’actualité, comme la pensée de Spinoza dans la réflexion menée par Charles Ramond sur la démocratie. Spinoza, Wittgenstein, Derrida, Deleuze ne constituent-ils pas une belle constellation, que leur « intempestivité<a id=""footnote-667-3-backlink"">3</a> » partagée rend hautement contemporaine ? Associant hardiment Roger Federer à Socrate, Éric Méchoulan ne lance-t-il pas une possible dynamique de la lecture, susceptible de rendre compte de ce qui est en jeu ici ? N’oublions pas que Deleuze voyait dans le tennis un jeu privilégiant les flux et leur interception… Les onze relectures réunies dans ce numéro pourraient alors être considérées comme un nouvel agencement, divers et mouvant, de ces « flux » contemporains de pensées théoriques que la revue TLE s’est donné pour objectif d’intercepter.</p><p>Références bibliographiques</p><p>Agamben, Giorgio</p><p>2008 Qu’est-ce que le contemporain ?, trad. Maxime Rovere, Paris, Payot & Rivages.</p><p>Derrida, Jacques</p><p>1972 « Qual Quelle », dans Marges de la philosophie, Paris, Éditions de Minuit, p. 325-363.</p><p>Gass, William H.</p><p>1985 Habitations of the Word, New York, Simon & Schuster.</p><p>Grossman, Evelyne et Paola, Marrati</p><p>2008 « Qu’est-ce qu’une une pensée intempestive ? (De Deleuze à Lynch) », Rue Descartes, 1, n° 59, p. 2-5.</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-667-1""> 1</a>. Publiée ensuite dans Marges de la philosophie (1972).</p></div><div><p><a id=""footnote-667-2""> 2</a>. Par exemple, Sylvie Allouche, Michael Heller, Anthony Larson, Charles Ramond.</p></div><div><p><a id=""footnote-667-3""> 3</a>. Voir la définition que donnent Grossman et Marrati (2008) : « “Intempestif” : du latin intem­pestivus, hors de saison ; qui est fait à contretemps, se produit mal à propos ou appa­raît comme inconvenant (déplacé, inopportun, malvenu). Tous ces termes, justement, conviennent à Deleuze et à sa philosophie. Ce désajointement, il le revendiquait. En ce sens, il n’y a pas d’actualité de Deleuze, pas d’application immédiatement possible de sa philosophie y compris et surtout dans les champs qu’il a si souvent explorés : la littérature, le cinéma, la peinture, la philosophie politique, etc. Ce qui signifie aussi, et ce n’est pas le moindre paradoxe auquel il nous invite, que des usages singuliers de sa pensée peuvent et doivent constamment être proposés, réinventés » (p. 2).</p></div></div>";;266;20.00;"<p>Pourquoi et comment lit-on ou relit-on certains textes et certains auteurs aujourd’hui ? Quelle est la pertinence de la relecture, tant pour l’activité critique et théorique que pour la création littéraire et l’écriture ? Les articles réunis ici traitent tous de cette double question qui lie la pratique de la relecture et la réflexion sur l’<em>actualité</em> d’une pensée, au sens assigné par Gilles Deleuze à l’« actuel » comme ce qui est nouveau et représente non pas la fixité d’un instant présent, mais notre « devenir-autre ».</p><p>Le volume comprend onze contributions d’écrivains (romanciers, poètes) et de chercheurs (philosophes, spécialistes de théorie littéraire et de littérature contemporaine) qui entrecroisent, dans leur réflexion propre sur notre rapport à la contemporanéité, textes littéraires, et textes philosophiques de Homère, Aldous Huxley et George Oppen à Ronald Johnson et David Foster Wallace, de Socrate, Lucrèce, Spinoza et Hegel à Michel Serres, Gilles Deleuze et Giorgio Agamben.</p><p><strong>Il s'agit du dernier numéro paru de la revue. Cette dernière a cessée définitivement de paraître fin 2014.</strong><em><br /></em></p>";;15/09/2014 16:08;0;Première édition;4028 603;2;3;14;Le travail du cinéma III;Entretiens sur la création;;;"<p>Un technicien peut-il être créateur ? Troisième volume sur quatre composés exclusivement d’entretiens sur la création cinématographique.</p>";"<p><strong>Dominique Villain</strong><br />Présentation</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>I. Mia Hansen-</strong><strong>Løve</strong><br />Portraitiste</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>II. René Féret</strong><br />Auteur-réalisateur-producteur</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>III. Richard Dindo</strong><em><br /></em>Biographe</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>IV. Claudio Pazienza</strong><em><br /></em>Essayiste</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>V. Emmanuel Crozet</strong><em><br /></em>Technicien du son<em><br /></em></p><p><em> </em></p><p>Bibliographie</p><p>Filmographies</p><p>Références et crédits photographiques</p><p>Remerciements</p>";;10/11/2014;0;137X220;176;978-2-84292-420-1;9782842924201;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_603.jpg;"<p>Dans ce troisième volume, Dominique Villain poursuit son enquète sur la création cinématographique et aborde une question centrale : un technicien peut-il être créateur ? Quatre cinéastes et un technicien du son, Emmanuel Croset, mixeur, donnent leur point de vue à partir de leur pratique personnelle.</p><p>Mia Hansen-Løve, portraitiste, et René Féret, auteur-producteur-réalisateur, se situent du côté de la fiction. Richard Dindo, biographe d'artistes du passé, est documentariste. Pour Claudio Pazienza, essayiste surréaliste, la distinction entre ces deux grands domaines du cinéma ne semble pas opératoire.</p><p><em>Dominique Villain est Maître de conférences au département cinéma de l'Université Paris 8. Après son passage à l'IDHEC, elle a été monteuse de cinéma et de télévision. Ses connaissances pratiques et théoriques sont déjà à l'origine de ses deux précédents essais, L’Œil à la caméra (1984) et le Montage au cinéma (1991).</em></p>";"<div><p>La « chose »</p><p><span class=""char-style-override-1"">C</span>e troisième volume de notre enquête sur la création cinématographique part à la rencontre de quatre cinéastes et un technicien, pour aborder une question qui préoccupe de façon récurrente les étudiants présents lors de ces entretiens<span><a id=""footnote-492-1-backlink"">1</a></span> : un technicien peut-il être créateur ?</p><p>Et si le rôle des techniciens ressemblait – de l’autre côté des machines – à celui, plus largement connu, des comédiens ? Sont-ils, eux aussi, à leur manière, les indispensables interprètes des cinéastes ?</p><p>C’est l’hypothèse avancée par Emmanuel Croset, <span>technicien du son</span> et plus précisément du mixage – dernière étape où il s’agit aussi de parer à l’angoisse de terminer le film.</p><p>Qu’en pensent les cinéastes ? En quoi ont-ils une place spécifique dans le travail collectif du cinéma ? Tel est le fil, déjà tissé précédemment, qui relie nos interlocuteurs à travers la diversité de leurs expériences.</p><p>Mia Hansen-LØve et René Féret se situent du côté de la fiction, Richard Dindo et Claudio Pazienza sont des documentaristes, mais les frontières entre ces deux grands domaines sont poreuses. Nous avons cherché à les définir plus exactement :</p><p>Mia Hansen-LØve se dit <span>portraitiste</span> (parfois autoportraitiste). René Féret est l’<span>auteur-réalisateur-producteur</span> de tous ses films (parfois producteur d’autres réalisateurs), il nous donne sa vision croisée de l’acte de création et des arcanes de la production. Richard Dindo, <span>biographe</span>, fait revivre des artistes du passé à partir de leurs écrits. Claudio Pazienza, qui est aussi producteur de ses propres films, est <span>essayiste. </span>Ses films gravitent autour de la question de la disparition, du rapport du cinéma à la « sauvagerie du réel ». D’emblée, il se voit en <span>taxidermiste</span>.</p><p>Chacun, ici, à son tour, enrichit le propos qui, de rencontre en rencontre, tente de cerner cette spécificité, et parle à sa façon de la « chose » présente en soi, qu’il-elle transpose dans des personnages, à la recherche de la vérité la plus intime.</p><p>État second, fébrilité joyeuse, don de voyance, nécessité d’inspiration pour pénétrer dans le labyrinthe intérieur d’un passé toujours présent, où ils se risquent sans protection.</p><p><span>Dominique Villain</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-492-1""> 1</a>. Ces rencontres se sont déroulées dans notre cours du Master « Réalisation-Création » du département cinéma de l’Université Paris 8, au premier semestre 2011-12.</p></div></div></div><div><img src=""file:///Volumes/Share/POSTPROD/Intro_html/Travail_cinema_3_intro-web-resources/image/"" alt=""intro.tif"" /></div>";;284;18.00;"<p>Quatre cinéastes et un technicien du son, <strong>Emmanuel Croset</strong>, mixeur, donnent leur point de vue à partir de leur pratique personnelle.<br />Au fil des pages se précise une intelligence concrète et vivante du cinématographe à l’ère du numérique.</p><p><strong>Mia Hansen-Løve</strong>, portraitiste, et <strong>René Féret</strong>, auteur-producteur-réalisateur de tous ses films, se situent du côté de la fiction. <strong>Richard Dindo</strong>, biographe d’artistes du passé est fier d’être documentariste. Pour <strong>Claudio Pazienza</strong>, essayiste surréaliste, la distinction entre ces deux grands domaines du cinéma ne semble pas opératoire.</p><p>Tous se rejoignent pour creuser les méandres de leur labyrinthe intérieur.</p>";;15/09/2014 16:23;1;Première édition;3689 604;1;3;28;Constructing Aspect: Syntactic Reflections on Aspectual Distinctions;N°43/2014;;;"<p><em>L’aspect, lexical et grammatical</em>, dans la variété de ses réalisations à travers diverses langues.</p>";"<p><strong>Jacqueline Guéron, Bridget Copley</strong><br />Introduction</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Bibhuti Bhusan Mahapatra</strong><br />The Parameters of Aspect for Odia</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marie Laurence Knittel</strong><br />Preverbs, aspect and Nominalization in Hungarian</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Monika Schulz</strong><br />Causer, recipient and possessor: the grammatical subject of get and the context-sensitivity of P<sub>HAVE</sub></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Eric Corre</strong><br />Preverbs in Russian: situation or viewpoint aspect ?</p>";;10/01/2015;43;155x220;208;978-2-84292-417-1;9782842924171;1;0986-6124;Presses Universitaires de Vincennes;img_604.jpg;"<div class=""Section1"" style=""text-align: left;""><p><em>Bibhuti Bhusan Mahapatra</em><strong><br />The Parameters of Aspect for Oḍia</strong></p><p>On suppose généralement que les aspects situationnels (les aktionsarts) sont marqués lexicalement sur le prédicat. En Oḍia, pourtant, ils peuvent être exprimés grammaticalement au moyen d’un ensemble fermé d’auxiliaires. Concernant les aspects marqués grammaticalement (les aspects de point de vue), l’Oḍia possède un marqueur progressif mais n’a pas de marqueur perfectif ou imperfectif visible. Le marqueur habituellement appelé « perfectif », qui sert aussi de marqueur de « participe conjonctif », reçoit ici une analyse unifiée comme marqueur de linéarisation verbale. Notre analyse montre également qu’en Oḍia, la perfectivité prend la forme d’une séquence qui consiste en un verbe événementiel plus un auxiliaire copule, c’est-à-dire un événement suivi d’un état. Nous faisons remarquer qu’à travers les langues, le morphème progressif ne peut pas recevoir d’interprétation en l’absence de traits de temps et de monde. Au contraire, le morphème imperfectif efface ces traits. En somme, ce travail propose que « l’imperfectif » et « le présent simple » sont des structures alternatives paramétrées qui ne valident pas les traits de temps et de monde. Bien que la forme progressive porte invariablement un temps grammatical, sa valeur aspectuelle varie selon les langues. En Oḍia, sa valeur est [+Dynamique] mais en anglais sa valeur est [–Télique]. Les valeurs [+Dynamique] ou [–Télique] constituent un choix paramétrique des langues.</p><p>Mots clés : Aspect, dynamique, imperfectif, irrealis, linéariser, paramètre, perfectif, progressif, realis, type de situation, télique, point de vue.</p><p> <strong> </strong></p><em>Marie Laurence Knittel</em><strong><br />Preverbs, aspect and Nominalization in Hungarian</strong><em> </em><p class=""Style1"">Cet article examine la distribution et le rôle des préverbes vis-à-vis des verbes et des noms d'événements qui en sont dérivés en hongrois. Nous montrons que les préverbes marquent le caractère borné d'un procès. Le préverbe rend télique un verbe originellement atélique. Si l'environnement dans lequel il apparaît est déjà télique, le préverbe est alors interprété comme un marqueur de perfectivité. Ces valeurs sont maintenues lorsque le verbe est nominalisé, ce qui révèle que l'aspect grammatical est bien une catégorie valide pour les noms en hongrois, comme c'est aussi le cas dans d'autres langues. Nous développons également une approche syntaxique du phénomène, proposant une représentation parallèle des projections aspectuelles dans les domaines verbaux et nominaux, tout en rendant compte de la détachabilité des préverbes d'avec les verbes, qui n'est pas observée avec les noms.</p>Mots-clés : hongrois, préverbes, aspect télicité, perfectivité, nominalisation.<p> </p><p><em>Monika Schulz</em><strong><br />Causer, recipient and possessor : the grammatical subject of get and the context-sensitivity of P<sub>HAVE</sub></strong></p><p>Cet article défend l’idée que le possessif HAVE GOT dérive du <em>present perfect</em> HAVE <em>got(ten)</em> (exprimant la « prise de possession ») via la conventionnalisation ou sémanticisation de l’implicature conversationnelle « <em>stative possession </em>» (Traugott & König 1991, Traugott & Dasher 2003). Les différences structurelles entre ces deux expressions sont définies dans les cadres théoriques du Programme Minimaliste et la Morphologie Distribuée (Chomsky 1995, Halle & Marantz 1993). Le processus de conventionnalisation produit plusieurs changements dont : un décalage de la référence temporelle du pré-présent au présent, une disparition du statut participial de <em>got(ten)</em>, une disparition du composant événementiel dans GET et un passage du rôle thématique du sujet de récipiendaire à possesseur. HAVE GOT reçoit une analyse hybride qui réunit des traits structurels d’expressions au <em>present perfect</em> et au présent.</p><p>Mots-clés : possession, possessif HAVE, auxiliaire HAVE, present perfect, conventionnalisation d’implicatures conversationnelles, sémanticisation, décomposition lexicale.</p><p> </p><p><em>Eric Corre<strong> </strong></em><strong><br />Preverbs in Russian : situation or viewpoint aspect ?</strong></p></div><p class=""Texteprformat"">L’article poursuit deux objectifs: présenter les données complexes de la préfixation verbale (préverbation) en russe, et interroger la validité de la distinction entre aspect lexical (<em>Situation aspect</em>) et aspect grammatical (<em>Viewpoint aspect</em>) établie par Smith (1991), et en particulier la thèse selon laquelle tous les préverbes sont des marqueurs de télicité (Borer 2005). En premier lieu, des arguments sont avancés pour montrer que la classification en trois types de préverbes de la littérature (modifieurs, « superlexicaux » et perfectivisants purs) ne tient pas face aux données : tous les verbes préverbés sont systématiquement perfectifs (pf) quel qu’en soit le type ; tous sont sujets à des restrictions lexicales. Une conclusion préliminaire est que tous les préverbes marquent la télicité, contre Filip (2005, 2008) pour qui le préverbe est pré-fonctionnel (lexical). En second lieu, cela pose la question de la nature exacte de la télicité : dans la littérature (Dowty 1979, Krifka 1998), la télicité finale est testée au moyen des adverbiaux de type « en x temps ». Une version plus lâche de la télicité est proposée, à la suite de Borer (2005) et Lakorczyk (2010) : il suffit qu’un événement soit non divisible ou non homogène pour qu’il soit télique. Ce concept est proche de celui de « terminativité » défendu par Paducheva & Pentus (2008) : la fonction du préverbe est de clore l’événement. Ceci permet de rendre compte du comportement des verbes munis du préverbe délimitatif <em>po-</em>, qui résistent aux tests de télicité finale. De nouveau dans ce cas, les données montrent que ces hypothèses ne sont pas exactes : les verbes en <em>po-</em> connaissent une extension fonctionnelle de leur emploi en russe contemporain et de plus en plus, sont des partenaires pf normaux du verbe impf correspondant ; ils n’indiquent pas nécessairement une durée courte, et sont également soumis à des restrictions lexicales (Dickey 2006). Enfin, le rôle du préverbe vis-à-vis de l’aspect grammatical est évalué : il est normal d’utiliser un verbe impf pour dénoter un événement borné, c'est-à-dire ayant le <em>viewpoint</em> pf. Dans l’imperfectivisation seconde (IS), utilisant le suffixe <em>-iva</em>/<em>-yva</em>, le préverbe reste présent ; et dans les nominalisations, aucun effet temporel n’est induit de par la présence du suffixe de IS : sa seule fonction systématique consiste à marquer l’atélicité. La conclusion est que c’est l’aspect lexical (<em>Situation aspect</em>) qui est grammaticalisé en russe au moyen des préverbes, et non l’aspect grammatical (<em>Viewpoint aspect</em>), qui est dérivé au moyen de simples corrélations.</p><p>Mots-clés : russe, aspect grammatical, aspect lexical, telicité, perfectivité</p>";;"<div class=""Section1""><p><em>Bibhuti Bhusan Mahapatra</em><strong><br />The Parameters of Aspect for Oḍia</strong></p>It is a standard assumption that situation-type aspects (aktionsarts) are lexically marked on the predicate. However, in Oḍia, they can be grammatically expressed with a closed set of auxiliaries. As for the grammatically marked (viewpoint) aspects, Oḍia has a progressive marker but no overt perfective or imperfective. The so called ‘perfective marker’, which is also the ‘conjunctive participle’ marker, is given a unified analysis as a verb linearizer. The present analysis shows that the perfectivity in Oḍia is marked by the sequence of an eventive verb and a copular auxiliary; that is, when an event is followed by a state.<p>It is observed that the progressive morpheme, across languages, remains uninterpretable without world-time features; in contrasts, the imperfective morpheme drops them. In fact, the paper proposes the ‘imperfective’ and the “simple present” as parametrically alternative constructions which do not check world-time features.</p><p>Although the progressive is invariably tensed its aspectual value varies for different languages. While its value is [+Dynamic] for Oḍia, for English its value is [−Telic].Whether the progressive has the aspectual value [+Dynamic] or [−Telic] is a parametric choice for the language.</p>Key words : Aspect, dynamic, imperfective, irealis, linearize, parameter, perfective, progressive, realis, situation type, telic, viewpoint.<p> </p><p><em>Marie Laurence Knittel</em><strong><br />Preverbs, aspect and Nominalization in Hungarian</strong><strong> </strong></p><p class=""Style1"">This paper examines the realization of aspect in Hungarian eventive nominalizations. In the verbal domain, aspect is expressed by preverbs, which act as boundedness markers; they indicate telicity, and, when occurring in telic environments, perfectivity. Eventive nominals morphologically derived from verbs can also be associated with preverbs. In this case, the preverbs maintain the same values as with verbs. This leads to the conclusion that, in Hungarian, grammatical aspect is valid category in the nominal domain, as has recently been shown for various other languages. The paper also provides a syntactic approach of the organization of the aspectual projections with verbs and deverbal nominals, which accounts for the fact that preverbs cannot be separated from nominals, whereas they can when occurring with verbs.</p><p class=""Style1"">Keywords : Hungarian, preverbs, aspect, telicity, perfectivity, verbs, event nominals</p><p> </p><p><em>Monika Schulz</em><strong><br />Causer, recipient and possessor : the grammatical subject of get and the context-sensitivity of P<sub>HAVE</sub></strong></p><p>The present paper argues that possessive HAVE GOT develops out of present perfect HAVE <em>got(ten)</em> ‘onset of possession’ via the conventionalization or semanticization of the conversational implicature ‘stative possession’ (Traugott & König 1991, Traugott & Dasher 2003). Structural differences between the two expressions are operationalized within the frameworks of Minimalism and Distributed Morphology (Chomsky 1995, Halle & Marantz 1993). The changes brought about by the conventionalization process include a switch of temporal reference from the pre-present to the present, a loss of the participial status of <em>got(ten),</em> a loss of the eventive component in GET, and a change of the thematic role of the subject from recipient to possessor. HAVE GOT is analyzed as a hybrid of a present perfect and a present tense expressions, incorporating structural features of both.</p><p>Keywords : possession, possessive HAVE, auxiliary HAVE, present perfect, conventionalization of conversational implicatures, semanticization, lexical decomposition</p><p> </p><p><em>Eric Corre<strong> </strong></em><strong><br />Preverbs in Russian : situation or viewpoint aspect ?</strong></p></div><p class=""Texteprformat"">The present paper has two goals: to present the complex data of verbal prefixation of Russian, and assess the validity of the Situation Aspect-Viewpoint Aspect (Smith 1991) distinction for the preverbs, in particular the thesis that all preverbs are telicity-markers (Borer 2005). First, arguments are introduced to show that the classification into three types of preverbs recognized in the literature (“meaning-modifying”, “superlexical”, “purely perfectivizing”, Svenonius 2004, Janda 2007) breaks down when one looks at the data: all prefixed verbs are automatically perfective (pf), regardless of the type; all are subject to lexical restrictions. A preliminary conclusion is that all preverbs are telicity markers, contra Filip (2005, 2008), for whom the preverb is pre-functional (lexical). In turn, this raises the question of the exact nature of telicity: in the literature (Dowty 1979, Krifka 1998), final telicity is tested by means of <em>in x time</em> frame adverbials. A more relaxed version of telicity is proposed in the paper, following Borer (2005) & Lakorczyk (2010): suffice it for an event to be either non divisive or non homogeneous to be telic. The concept is akin to Paducheva & Pentus’ (2008) terminativity: the function of the preverb is to seal off the event. This accounts for the behavior of <em>po-</em>delimitative verbs, which resist telicity-as-finality tests. Here again, the data show that some assumptions are not correct: <em>po-</em>delim verbs are currently extending their functional scope in Russian and often act as pf partners to impf verbs, they do not necessarily indicate short duration, and are subject to lexical restrictions (Dickey 2006). Finally, the role of the preverb with respect to Viewpoint Aspect is assessed: it is normal to use an impf verb to denote a bounded, i.e. viewpoint-perfective, situation; in secondary imperfectivization, with <em>-iva</em>/<em>-yva</em> suffixation, the preverb remains; and in nominals, no temporal effect is introduced; the only systematic function of the SI suffix is that of marking atelicity. The conclusion is that it is Situation Aspect that is grammaticized in Russian by means of the preverbs, and not Viewpoint Aspect, which is derived by means of correlations.</p><p>Keywords : Russian, viewpoint aspect, situation aspect, telicity, perfectivity</p>";218;20.00;"<p>Ce numéro propose une vue comparative des phénomènes aspectuels à travers diverses langues (hongrois, russe, odia, anglais), en présentant des données nouvelles et des analyses originales sur la manière dont l’aspect se construit dans les langues.</p><p>L’aspect est ce qui, dans la langue, assure la mise en scène des événements que l’on raconte. L’aspect lexical (l’Aktionsart) décrit la « forme » des événements et l’aspect grammatical marque le point de vue du locuteur sur leur déroulement temporel. Il est communément admis que le premier est l’affaire de la sémantique lexicale et le second celle de la syntaxe et la morphologie. Mais les choses ne sont pas toujours si simples. Les articles de ce numéro, en offrant des descriptions syntaxiques détaillées dans diverses langues (hongrois, russe, odia, anglais), contribuent à montrer comment l’aspect se structure aux différents niveaux de l’analyse linguistique et comment les théories syntaxique et sémantique s’enrichissent mutuellement par les travaux menés à leur interface.</p><p><em>Bridget Copley est chercheur au CNRS et à l'Université Paris 8.<br />Jacqueline Guéron est Professeur Émérite à l'Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle.</em><em> </em></p><p><em><br /></em></p><p><strong>Il s'agit du dernier numéro paru de la revue. Cette dernière a cessée définitivement de paraître fin 2014.</strong><em><br /></em></p>";;15/09/2014 16:28;0;Première édition;3147 605;2;3;17;Balzac, l'éternelle genèse;;;;"<p>L’ensemble de La Comédie Humaine est le résultat d’un immense travail de révisions et de transformations s’étalant de 1829 à 1855. De façon nouvelle et diversifiée, cet ouvrage aborde ce travail.</p>";"<p style=""text-align: left; padding-left: 150px;""><strong>Introduction</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Jacques Neefs</strong>, <br />« Éternelle Genèse » <br /> <br /><strong> </strong></p><p style=""padding-left: 150px;""><strong>I « Les chantiers de l'œuvre » </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Roger Pierrot</strong>,<br />« La genèse de l'œuvre d'après la Correspondance » <strong> </strong><strong> </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Isabelle Tournier</strong>, <br />« Balzac, sous bénéfice d'inventaire » <br /><br /><strong>Jacques Neefs</strong>, <br />« L'œuvre comme mobile » </p><p style=""padding-left: 150px;""><strong> </strong><strong>II « Architectures » </strong> </p><p style=""text-align: left;""><br /><strong>Claire Barel-Moisan</strong>, <br />« Une architecture instable ? Les déplacements d'œuvres dans La Comédie humaine » <br /><br /><strong>Michel Lichtlé</strong>, <br />« La gestion balzacienne des épreuves » <br /><br /><strong>Andrea Del Lungo</strong>, <br />« La répétition du commencement. Interruptions, faux départs, réouvertures » </p><p style=""text-align: left; padding-left: 150px;""> <strong><br />III « Genèses singulières » </strong> </p><p><strong> </strong><strong>Eric Bordas</strong>, <br />« Les avant-scènes du théâtre » <br /><br /><strong>Susi Pietri</strong>, <br />« La genèse et son double dans Le Chef-d'œuvre inconnu » <br /><br /><strong>Anne Herschberg Pierrot</strong>, <br />« Genèse de La fille aux yeux d'or » </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: left;"">Les auteurs <br />Table des matières <br /><br /></p>";;10/02/2015;0;137X220;232;978-2-84292-421-8;9782842924218;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_605.jpg;"<p>Hugo célébra, lors des funérailles de Balzac, l'unité de l'œuvre de celui-ci, comme l'effet d'une « spendide et souveraine intelligence » : « Tous ses livres ne forment qu'un livre, livre vivant, lumineux, profond, où l'on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d'effaré et de terrible mêlé au réel, toute notre civilisation contemporaine ».<br />Cette œuvre faite d'œuvres nombreuses, a conquis son unité dans le temps de sa composition progressive et de sa publication.</p><p>Les études réunies ici s’attachent à quelques aspects spécifiques de cette « éternelle genèse » et analysent le travail incessant, toujours repris, dans la construction de l’ensemble : l’importance de la correspondance et des manuscrits eux-mêmes ; le sens des changements de structures, et d’ouvertures, le jeu si singulier des « épreuves » ; la théorie de l’œuvre qui se conçoit en figure, dans l’invention d’un style, comme une dramaturgie de l’écriture.</p><p> </p><p><em>Claire Barel-Moisan, Éric Bordas, 
Andrea Del Lungo, Anne Herschberg Pierrot, 
Michel Lichtlé, Jacques Neefs, 
Roger Pierrot, Susi Pietri, Isabelle Tournier</em></p>";"<div><p>Jacques Neefs</p><p>Éternelle genèse</p><p>« Je vois que je ne peux compter que sur une seule ressource : la création perpétuelle qui sort de mon encrier ! »</p><p>Balzac, <span>à Madame Hanska</span><a id=""footnote-346-1-backlink"">1</a>.</p><p>Hugo célébra, lors des funérailles de Balzac, l’unité de l’œuvre de celui-ci comme l’effet d’une « splendide et souveraine intelligence » : « Tous ses livres ne forment qu’un livre, livre vivant, lumineux, profond, où l’on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d’effaré et de terrible mêlé au réel, toute notre civilisation contemporaine<a id=""footnote-346-2-backlink"">2</a>. » Il faudrait en effet pouvoir, de manière sans doute effarante, percevoir ensemble la totalité de l’œuvre, de ses lieux, de ses drames, car la démultiplication des entrées, des univers, des niveaux vaut toujours, en chaque point, en chaque « histoire », par une même force intense de recherche, d’expression, de lucidité : force infiniment « exposante ».</p><p>Pourtant, cette œuvre faite d’œuvres nombreuses, qui a littéralement conquis sa propre durée dans le temps de sa publication, et de sa composition progressive, a de ce fait un étrange rapport à sa propre virtualité. Proust faisait de <span>La Comédie humaine</span> l’une de ces œuvres qui « participent à ce caractère d’être – bien que merveilleusement – toujours incomplètes, qui est le caractère de toutes les grandes œuvres du <span>xix</span><span>e </span>siècle<a id=""footnote-346-3-backlink"">3</a> ». Ce rapport interminable, épuisant, à la complétude est l’envers même de la nature du projet et de sa construction, par l’idée d’une réécriture des œuvres déjà écrites pour leur réunion dans l’architecture d’un édifice à dessiner encore. Proust imagine « l’ivresse » de Balzac (qu’il prête également à Wagner) « quand celui-ci, jetant sur ses ouvrages le regard à la fois d’un étranger et d’un père, trouvant à celui-ci la pureté de Raphaël, à cet autre la simplicité de l’Évangile, s’avisa brusquement en projetant sur eux une illumination rétrospective qu’ils seraient plus beaux réunis en un cycle où les mêmes personnages reviendraient et ajouta à son œuvre, en ce raccord, un coup de pinceau, le dernier et le plus sublime. Unité ultérieure, non factice<a id=""footnote-346-4-backlink"">4</a> ».</p><p>On sait que le « coup de pinceau » en question fut en fait le travail colossal des projets successifs de « réunion » des textes, celui des <span>Études sociales</span> à partir de 1837, et celui de <span>La Comédie humaine</span>, à partir de 1840. Il s’agissait toujours, à la fois, de réécrire les textes déjà publiés et de produire les textes encore manquants pour compléter la figure, pour atteindre à l’architecture d’ensemble : « Je consacre le jour à mes nouveaux travaux, et la nuit à perfectionner les anciens<a id=""footnote-346-5-backlink"">5</a>. » Stéphane Vachon a montré dans son « beau livre », <span>Les Travaux et les jours d’Honoré de Balzac</span><a id=""footnote-346-6-backlink"">6</a>, le détail de ces stratégies, à la fois scripturales et éditoriales – et vitales, dans le temps complexe de l’élaboration et de la construction progressive du « monument » : « À l’aube des années 1840, Balzac plonge dans une gigantesque entreprise de réécriture et d’écriture complémentaire, qu’il n’achèvera, au bout de 16 volumes (“8 687 pages” et “543 feuilles d’impression compactes” [selon l’évaluation de Roger Pierrot]) qu’en novembre 1846<a id=""footnote-346-7-backlink"">7</a>. » Les publications successives sont alors accompagnées des « catalogues » de ce qui est « à venir ». C’est en effet en 1846 que Balzac semble concevoir qu’il est délivré de la révision « rétrospective » de <span>La Comédie humaine</span>, pour se lancer dans des créations nouvelles : « Depuis six ans, j’étais absorbé par les corrections de <span>La Comédie humaine</span> qui me prenait la moitié de mon temps. Maintenant que je puis consacrer tout mon temps à la production littéraire, ce sera tout à fait extraordinaire. Je ferai vingt volumes par an, et deux ou trois pièces<a id=""footnote-346-8-backlink"">8</a>. » Le geste génial de la réunion rétrospective ouvre enfin l’œuvre vers l’idée de sa complétude : « Je me suis mis à considérer ce que j’avais encore à écrire pour donner à <span>La Comédie humaine</span> un sens raisonnable et ne pas laisser ce monument dans un état inexplicable<a id=""footnote-346-9-backlink"">9</a>. » L’œuvre est ainsi suspendue aux catalogues successifs qui marquent son éternelle genèse, pendant sa création, comme, pour nous, depuis sa dernière publication du vivant de Balzac.</p><p>Les études réunies ici s’attachent à quelques aspects spécifiques du mouvement de cette éternelle genèse, sans cependant prétendre « expliquer » le monument. Le propos a été de s’engager à nouveau, par approches singulières, dans cet espace génétique polymorphe que représente <span>La Comédie humaine</span><a id=""footnote-346-10-backlink"">10</a>. Claude Duchet avait tôt indiqué comment la genèse balzacienne représente « un exemple massif de l’inachèvement créateur, qui relance l’écriture et redistribue l’économie des textes, comme s’il s’agissait d’en concrétiser successivement tous les possibles dans un mouvement de totalisation sans totalité<a id=""footnote-346-11-backlink"">11</a> ».</p><p>Dans « Les chantiers de l’œuvre », Roger Pierrot revient, avec toute la précision de sa connaissance parfaite des écrits balzaciens – tous les écrits, correspondance, textes divers, manuscrits des œuvres, éditions successives –, sur l’importance de la correspondance pour mieux comprendre la genèse des œuvres, tandis qu’Isabelle Tournier propose un regard nouveau sur l’histoire complexe de l’inventaire des manuscrits balzaciens, en rapport avec « ce qu’il faut appeler l’<span>écrire</span>-<span>Balzac</span>, producteur à jet continu d’une matière génétique proprement <span>inclassable</span>. » Jacques Neefs s’attache aux conséquences formelles, dans la conception et le travail de l’œuvre, du passage à un projet « politique » et esthétique global, pour créer un ensemble qui soit « comme un monde », et apporter des modalités nouvelles d’intelligibilité du monde moderne conçu comme « mobilité » nouvelle.</p><p>Dans « Architectures », Claire Barel-Moisan étudie en détail comment « les déplacements d’œuvres dans <span>La Comédie humaine</span> », déplacements au sein d’une série, ou déplacements entre étages de <span>La Comédie humaine</span>, montrent la relative fragilité de l’architecture balzacienne et conduit à l’idée d’une « architecture plurielle », mobilisable pour de multiples possibles. La gestion minutieuse des « épreuves » – si remarquablement complexe – telle que Michel Lichtlé l’analyse, est à la fois une modalité fabuleusement féconde d’invention, en même temps qu’un danger pour les fins de l’œuvre : l’écrivain et l’éditeur ne jouant pas le même jeu. Enfin, Andrea Del Lungo montre comment les stratégies complexes, et réversibles, d’ouvertures relèvent moins d’un monde à décrire que d’une écriture qui cherche son énergie propre, son cours particulier, sa compétence singulière.</p><p>Nous avons choisi de présenter en fin trois « Genèses singulières » pour relever les détails de l’invention qui caractérisent le travail de l’écriture, dans son mot à mot, pour demeurer au plus près du travail de l’invention. Éric Bordas présente la « dramaturgie de l’écriture » balzacienne, telle qu’elle s’exerce dans « les avant-scènes du théâtre », et décèle ainsi une singulièrement féconde tension entre écriture du roman et écriture pour le théâtre. Susi Pietri montre comment le très remarquable et énigmatique texte du <span>Chef-d’œuvre inconnu</span> problématise dans sa fiction même les dédoublements et redoublements de la genèse d’une œuvre, comment le conte porte, en sa conception et en sa réalisation, « le combat des écritures qui se combattent l’une l’autre ». Enfin, Anne Herschberg Pierrot, étudiant le dossier de genèse de l’étonnant texte de <span>La Fille aux yeux d’or</span>, montre, dans le détail, l’art balzacien de l’amplification, de la mise en relations des choses observées, des aspects de la vie commune, dans le cadre d’une référence majeure à la <span>Divine Comédie</span>, selon des modalités rhétoriques qui font la force d’une conception imaginaire particulièrement lucide, saisissante, et éclairante, des mondes sociaux, le « travail du style se confondant avec le travail de l’œuvre ».</p><p>L’idée du « monument » réside en effet dans chaque instant de sa conception.</p><p><span>Page suivante :</span> <span>Modeste Mignon</span>, épreuves et placards avec additions et corrections auto­graphes (<span>Lov.</span> A 151, f. 35 r<span>o</span>) © Fonds Lovenjoul, Bibliothèque de l’Institut, Paris. Photo © RMN/Grand Palais (Institut de France), Mathieu Rabeau. Voir ci-après l’article de Michel Lichtlé, « La gestion balzacienne des épreuves », p. 126</p><div><img src=""file:///Volumes/Share/POSTPROD/Intro_html/Balzac_intro-web-resources/image/Intro_fmt.png"" alt=""Intro.tif"" /></div><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-346-1""> 1</a>. Lettre à Madame Hanska, 25 décembre 1843, <span>Lettres à Madame Hanska</span>, éd. Roger Pierrot, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1990, t. I, p. 759.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-2""> 2</a>. Allocution prononcée aux obsèques d’Honoré de Balzac ; <span>L’Événement</span>, jeudi 22 août 1850, recueilli dans <span>Actes et Paroles. I. Avant l’exil</span> (Michel Lévy, 1875), et repris dans <span>Balzac</span>, préface et notices de Stéphane Vachon, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, « Mémoire de la Critique », 1999, p. 149.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-3""> 3</a>. Marcel Proust, <span>La Prisonnière</span>, <span>À la recherche du temps perdu</span>, éd. Jean-Yves Tadié, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1988, t. III, p. 666.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-4""> 4</a>. <span>Ibid.</span>, p. 666-667.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-5""> 5</a>. Lettre à Madame Hanska [fin janvier 1833], dans <span>Lettres à Madame Hanska</span>, éd. Roger Pierrot, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 1990, t. I, p. 23.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-6""> 6</a>. Stéphane Vachon, <span>Les Travaux et les Jours d’Honoré de Balzac</span>. <span>Chronologie de la création balzacienne</span>, Paris/Saint-Denis/Montréal, Presses du CNRS/Presses Universitaires de Vincennes/Les Presses de l’Université de Montréal, 1992. « Le beau livre » de Stéphane Vachon : l’expression est de Roger Pierrot dans la « Préface » qu’il donne à ce livre.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-7""> 7</a>. <span>Ibid.</span>, p. 35. Stéphane Vachon cite en note ce « calibrage » de Champfleury, donné dans le feuilleton du <span>Pays</span>, le 14 avril 1852, dans son compte rendu de <span>Les Physionomies littéraires de ce temps</span>, d’Armand Baschet, publié en 1852 chez Giraud et Dagneau, qui montre que les contemporains étaient tout à fait conscients de l’immensité de la tâche de réécriture et d’ajouts de l’œuvre de Balzac : « 25 volumes immenses et compactes qui ont 40 feuilles, 16 pages à la feuille, 39 lignes à la page, 50 lettres à la ligne, ont été écrits à peu près quatre fois par l’auteur avant d’arriver à l’impression définitive, ce qui forme un total de travail matériel de 100 volumes. »</p></div><div><p><a id=""footnote-346-8""> 8</a>. À Madame Hanska, 16 novembre 1846.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-9""> 9</a>. À Madame Hanska<span>,</span> 17 juillet 1846.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-10""> 10</a>. Voir, à propos d’une récente approche « génétique » du travail balzacien, <span>Balzac </span>et alii<span>, génétiques croisées, histoires d’éditions</span>, études réunies par Takayuki Kamada et Jacques Neefs. [En ligne]</p></div><div><p><a id=""footnote-346-11""> 11</a>. Claude Duchet, « Notes inachevées sur l’inachèvement », dans Almuth Grésillon et Michaël Werner (dir.), <span>Leçons d’écriture. Ce que disent les manuscrits</span>, Paris, Minard, « Lettres Modernes », 1985, p. 245-246.</p></div></div></div>";;362;19.00;"<p>Les études qui y sont réunies abordent des questions jusqu'alors peu étudiées : le rôle de la correspondance de Balzac pour une compréhension plus complète du projet et du travail de l'auteur, l'importance de l'archive manuscrite pour la compréhension de l'entreprise balzacienne, le jeu infiniment complexe et riche du travail sur les manuscrits de théâtre, les déplacements d'œuvres d'édition à édition.<br />Enfin, l'étude précise de la genèse d'œuvres singulières, particulièrement significatives, permet de suivre l'invention d'une forme moderne de représentation du monde social, ainsi que d'un style narratif particulièrement fécond pour l'avenir du roman.</p>";"<p><span style=""font-size: 10.000000pt; font-family: 'TimesNewRomanPSMT';""> </span></p>";20/11/2014 16:12;0;Première édition;3440 606;2;3;33;Étranges artistes sur la scène des Folies-Bergère, 1871-1936;;;;"<p>Les Folies-Bergère est « le symbole » de la <em>vie parisienne</em>. L'étrangeté des corps, l’exhibition de « curiosités » créent l’engouement du public.</p>";"<p>Introduction<br /><br />Circassiens<br />Comiques<br />Exhibitions et curiosités<br />Chanteurs<br />Danseurs<br />Conclusion<br /><br />Annexes<br />Bibliographie<br />Références et crédits photographiques<br />Index</p>";;10/01/2015;0;170X240;288;978-2-84292-416-4;9782842924164;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_606.jpg;"<p>De 1871 à 1936, des débuts de la IIIe République au Front populaire en passant par la « Belle Époque » et les « Années folles », les Folies-Bergère dominent le monde du music-hall parisien. Elles exploitent l’engouement pour les diversités anthropologiques, en mettant l’accent sur l’étrangeté et sur l’anormalité. On peut y applaudir des exhibitions de curiosités, telles que les femmes-canons, les hercules ou les géants, y découvrir des numéros « circassiens » ou redécouvrir la tradition des fêtes foraines avec la présence de femmes à barbe, de contorsionnistes et d’hommes-troncs. Les danseurs, qui deviennent une partie essentielle du spectacle à partir du début du xxe siècle, apportent 
à leur tour des pratiques nouvelles, étranges tout autant qu’étrangères.<br />Dans ce couple antinomique de fascination et de dégoût se construit l’immense succès des Folies-Bergère et de leur revue à grand spectacle, que l’auteur analyse au prisme de l’attitude de la population vis-à-vis des formes variées de l’étrangeté.</p><p><em>Nathalie Coutelet enseigne au département théâtre de l’université Paris 8. Spécialiste du spectacle populaire, elle a notamment publié « Démocratisation du spectacle et idéal républicain (2011) » et 
travaille sur l’histoire du spectacle et de la mise en scène au tournant du XIXe et du XXe siècle.</em></p>";;;780;22.00;"<p>Les Folies-Bergère « plus grand music-hall parisien », constitue un miroir intéressant de l’époque. Lieu mythique, il est le modèle de ses concurrents comme le Casino de Paris ou l’Olympia. Il est l’endroit où l’étrangeté des corps, et l’exhibition de « curiosités » créent l’engouement du public. Femmes-canon, hercules ou géants, dompteurs noirs, acrobates chinois, danseuses orientales ont connu une gloire souvent éphémère en proposant un numéro exceptionnel ou exotique, avec ce sentiment d’étrangeté qui en émane.</p>";;20/11/2014 16:32;1;Première édition;3626 607;1;3;27;Histoires de Bohême;Nouveaux regards sur les sources (XIVe-XVe siècles) - N°67/2014;;;"<p>Des sources politiques et littéraires de l'histoire de la Bohême inédites, montrant leurs liens avec le contexte général de l'histoire européenne, en particulier la question de « La nation et des nations au Moyen Âge »</p>";"<p>La Bohême au XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> siècles<strong><br />Martin Nejedlý et Jaroslav Svátek</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Entre idéal et polémique. La littérature politique dans la Bohême des Luxembourg<br /><strong>Jan Vojtíšek et Václav Žůrek </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Figures des reines dans les chroniques tchèques du XIV<sup>e </sup>siècle : idéal, pouvoir, transgressions<strong><br />Věra Vejrychová</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Représentations de l’intimité dans le roman arthurien tchèque<br /><strong>Martin Šorm</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« Oyez, fidèles, la ruse diabolique ! » La ruse et la trahison dans la chanson polémique de l’époque hussite<br /><strong>Sara Vybiralova </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’art militaire dans les ordonnances tchèques du XV<sup>e </sup>siècle et ses réceptions : doctrine comme résultat de la pratique<br /><strong>Jan Biederman</strong></p><p class=""Standard"" style=""padding-left: 30px;"">Les récits de voyage médiévaux originaires de Bohême : produits d’une société confessionnalisée ?<br /><strong>Vojtěch Bažant et Jaroslav Svátek<br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><br />ESSAIS ET RECHERCHES<br /><br /></strong></p><p>Arthur et ses barons rebelles. La fin remaniée et abrégée de la <em>Suite Vulgate </em>du <em>Merlin</em> dans le manuscrit du cycle du Graal, Paris, BnF, fr. 344 (circa 1295)<br /><strong>Irène Fabry-Tehranchi</strong></p><p><em>Miroir historial </em>de Jacques d’Armagnac : un monument bibliophilique pour un prince ambitieux <br /><strong>Cécile Ranvier</strong></p><p>Mariages clandestins dans la Suède médiévale. Le témoignage des statuts synodaux<br /><strong>C. Christensen-Nugues</strong></p><p> </p><p><em>-Notes de lectures</em><br /><em>-Livres reçus</em></p>";;10/02/2015;67;160X240;214;978-2-84292-422-5;9782842924225;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_607.jpg;"<p><em>Jan Vojtíšek et Václav Žůrek</em><strong><br />Entre idéal et polémique. La littérature politique dans la Bohême des Luxembourg</strong></p><p>Au cours du xiv<sup>e</sup> siècle, la littérature politique connaît en Bohême une croissance importante : comme partout ailleurs en Europe occidentale, se développe une littérature engagée en langue vernaculaire. Cette tendance est ici analysée à travers le genre des miroirs des princes selon deux lignes de questionnement. La première partie traite du rôle que joue l’image du roi sage (<em>rex sapiens</em>) dans l’idéologie et la représentation de l’empereur Charles IV de Luxembourg. La seconde partie s’intéresse à la société politique en Bohême telle qu’elle est reflétée dans le poème <em>Nouveau conseil</em> de Smil Flaška de Pardubice, qui se prononce de façon polémique sur le règne de son fils Venceslas IV.</p><p> </p><p><em>Věra Vejrychová</em><strong><br />Figures des reines dans les chroniques tchèques du xiv<sup>e </sup>siècle : idéal, pouvoir, transgressions</strong></p><p>Cet article étudie l’image des reines dans les chroniques tchèques du xiv<sup>e </sup>siècle, en se concentrant sur la figure d’Élisabeth de Bohême, située au point de transition dynastique entre les Přemyslide et les Luxembourg. Les récits divergents de sa vie et de ses différentes étapes, nécessairement déterminées par son mariage, permettent d’analyser à quel point la mise en narration tient compte des tensions entre les comportements idéalisés et genrés, définis par la littérature prescriptive, et la « réalité historique », appréhendée en fonction des buts particuliers de chaque historiographe médiéval. Enfin, grâce aux mises en parallèle avec d’autres reines, son parcours se dégage comme un phénomène inscrit dans un système de valeurs, relevant de l’idéal de l’office de la reine.</p><p> </p><p><em>Martin Šorm</em><strong><br />Représentations de l’intimité dans le roman arthurien tchèque</strong></p><p>Les deux romans arthuriens tchèques de la fin du xiv<sup>e</sup> siècle (<em>Tandariáš a Floribella </em>et <em>Tristram a Izalda</em>) sont présentés comme des sources historiques pour les chercheurs sur la culture courtoise. Les auteurs médiévaux ont conçu les représentations littéraires de l’intime comme des moyens pour cultiver leur public et pour raffiner leur sensibilité. Les scènes où le chevalier Tandariáš s’oublie lui-même et se blesse peuvent être comparées avec des motifs introduits par Chrétien de Troyes. L’intime se trouve aussi entre l’isolement dans l’espace privé et la performance sociale. Par exemple, le lit royal est présenté par l’auteur de <em>Tristram a Izalda</em> comme l’attribut du pouvoir. Il manifeste comment l’intime a pu être considéré comme un élément concernant l’ensemble de la société.</p><p> </p><p><em>Sara Vybiralova</em><strong><br />« Oyez, fidèles, la ruse diabolique ! » La ruse et la trahison dans la chanson polémique de l’époque hussite</strong></p><p>C’est à l’époque des guerres hussites que les chansons polémiques connurent, en Bohême, un premier essor en tant qu’outil publicitaire. Dans ce cadre textuel, le motif de la ruse et de la traitrise, formant déjà un <em>topos</em> dans la littérature tchèque plus ancienne, devient un des traits constants de l’ennemi. Opposée de manière radicale à la fidélité et à la vérité, une telle accusation implique une certaine paranoïa et s’adresse aux émotions : dans l’argumentation, le <em>pathos</em> l’emporte au détriment du <em>logos</em>.</p><p> </p><p><em>Jan Biederman</em><strong><br />L’art militaire dans les ordonnances tchèques du xv<sup>e </sup>siècle et ses réceptions : doctrine comme </strong><strong>résultat de la pratique</strong></p><p>Au cours du xv<sup>e</sup> siècle, la position dominante de la cavalerie lourde fut définitivement ébranlée par le développement de la tactique de l’infanterie dans diverses parties de l’Europe. Ce fut le cas notamment dans les pays tchèques de l’époque des guerres hussites, où les événements ont donné naissance à la tactique du <em>Wagenburg</em> et, en rapport avec elle, aux ordonnances militaires, une source importante pour la connaissance de l’histoire militaire de l’Europe du bas Moyen Âge.</p><p> </p><p><em>Vojtěch Bažant et Jaroslav Svátek</em><strong> – </strong>Centrum medievistických studií AV ČR, Prague<strong><br />Les récits de voyage médiévaux originaires de Bohême : produits d’une société confessionnalisée ?</strong></p><p>Cette étude analyse la question de l’identité confessionnelle dans la littérature de voyage au xv<sup>e</sup> siècle en Bohême. Les clivages entre les différentes religions influencèrent ces textes et ceux-ci devinrent un <em>medium</em> pour commenter la question confessionnelle. Malgré la similarité des perceptions religieuses du monde entre les catholiques, les utraquistes et les membres de l’Unité des Frères (ainsi que de ceux dont l’identité confessionnelle n’est pas claire), les textes analysés reflètent des polémiques visant les autres groupes confessionnels.</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p><strong> </strong></p><p><em>Irène Fabry-Tehranchi</em><strong><br />Arthur et ses barons rebelles. La fin remaniée et abrégée de la <em>Suite Vulgate </em>du <em>Merlin</em> dans le manuscrit du cycle du Graal, Paris, BnF, fr. 344 (circa 1295)</strong></p><p>Le ms. Paris, BnF, fr. 344, est un manuscrit lorrain de la fin du xiii<sup>e</sup> siècle conservant l’intégralité du cycle du Graal qui présente une version abrégée de la fin de la <em>Suite Vulgate </em>du <em>Merlin</em>. Le remaniement de la fin de la continuation met entre parenthèses les épisodes plus romanesques de la version commune et construit la cohérence de l’œuvre autour de la figure d’Arthur, souverain légitime et habile chef de guerre, confronté à la dissidence de ses barons. De la fin du f<sup>o</sup> 182 au f<sup>o</sup> 184v sont évoqués le départ des rois Ban et Bohort pour le continent, l’ambassade du roi Loth et de ses fils, et la lutte contre les Saxons de la coalition chrétienne rassemblée à Logres pour la fête de la sainte Croix. Cet article montre comment l’abrègement et l’illustration de la fin du texte dans le fr. 344 témoignent d’une forte inflexion idéologique, exaltant la souveraineté d’Arthur en insistant sur le ralliement puis la contrition et la soumission de ses vassaux révoltés.</p><p> </p><p><em>Cécile Ranvier</em><strong><br />Le <em>Miroir historial </em>de Jacques d’Armagnac : un monument bibliophilique pour un prince ambitieux</strong></p><p>Lorsque Jacques d’Armagnac commande la première pièce de sa future bibliothèque, un monumental <em>Miroir historial</em> de près de 1350 feuillets, il est alors au sommet de sa carrière politique, soutenu par le roi Louis XI qui a fait de lui l’un des seigneurs les plus puissants de son époque. Plus qu’un simple témoignage de son pouvoir, ce triple manuscrit nous éclaire sur la vie et les aspirations de ce personnage malmené par l’histoire. Le luxe ostentatoire de cet ouvrage se développe à travers les quelques cinq cents miniatures qui l’agrémentent. Réalisées par des enlumineurs particulièrement productifs au cours du xv<sup>e</sup> siècle, les images du <em>Miroir historial</em> illustrent, par leur relative banalité iconographique, les méthodes de travail des ateliers de l’époque. Elles donnent cependant de précieux indices sur l’identité des différents historieurs qui y ont travaillé et relance, une fois encore, le débat sur l’attribution des images de cet immense manuscrit, un débat qui dure maintenant depuis plus d’un siècle.</p><p> </p><p><em>C. Christensen-Nugues</em><strong><br />Mariages clandestins dans la Suède médiévale. Le témoignage des statuts synodaux</strong><em> </em></p><p>Selon le droit canonique médiéval, le consentement mutuel était le seul acte nécessaire pour créer un mariage valide ; un mariage contracté secrètement pouvait donc lui aussi être parfaitement valide. De tels mariages, dits clandestins, présentaient néanmoins des difficultés pratiques majeures lors de l'application de la législation matrimoniale de l'Église. Ceci était particulièrement apparent au niveau diocésain et presque tous les statuts synodaux européens traitent de ces mariages. Dans ce contexte, les statuts synodaux suédois se distinguent par la place relativement modeste accordée à ce problème. <br />Dans cet article, nous comparons les références aux mariages clandestins dans les statuts synodaux suédois et français et nous explorons les raisons possibles de leurs différences dans la tradition légale suédoise. La législation séculière de la Suède médiévale comportait des règles détaillées pour la formation du mariage. Elles avaient comme conséquence de lui assurer une certaine publicité. Ceci faisait que les mariages clandestins, dans le sens de mariages secrets et sans témoins, étaient relativement rares. Les statuts synodaux suédois reflètent cette situation et mettent en lumière l'influence de traditions matrimoniales antérieures et la manière dont le droit commun s'en est accommodé.</p>";"<div class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""Paragraphe-standard para-style-override-1""><span class=""char-style-override-1"">Médiévales 6</span><span class=""char-style-override-1"">7</span><span class=""char-style-override-2"">, automne 2014, p. 5-10</span></p></div><div class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""auteur"">Martin Nejedlý et Jaroslav Svátek</p><p class=""T-3-Article"">La Bohême aux <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> et <span class=""typo-SC"">xv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e </span>siècles</p><p class=""txt-Normal"">L’idée de composer un numéro thématique sur l’histoire de la Bohême est le fruit de la collaboration des médiévistes français et de leurs homologues tchèques. L’initiative fut lancée notamment lors du Congrès de la Société des Historiens Médiévistes de l’Enseignement Supérieur Public (SHMESP) qui s’est tenu à Prague en mai 2013, et qui avait pour thème « La nation et les nations au Moyen Âge ». Présenter la Bohême médiévale par le biais des sources du <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e</span> et du <span class=""typo-SC"">xv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e </span>siècle, surtout celles écrites en vieux tchèque, et montrer les interconnexions avec le contexte littéraire et social de l’Europe, en devinrent les principaux mobiles. Cette région, quoique située dans le centre géographique de l’Europe, reste dans l’ensemble plutôt inconnue d’une recherche francophone qui s’oriente davantage vers les territoires géographiquement plus proches (Péninsule ibérique, Italie, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas) ou plus éloignés, quoique importantes dans le contexte du monde médiéval (Byzance, monde arabo-islamique). Les pays de la couronne de Bohême, constitués aussi de la Moravie, plus tard de la Silésie ainsi que de la Haute et Basse Lusace, restent, malgré l’étendue de leur territoire et leur importance pendant certaines phases du bas Moyen Âge, dans l’ombre de cet intérêt.</p><p class=""txt-Normal"">Depuis le <span class=""typo-SC"">x</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e </span>siècle, les pays tchèques font cependant partie de la sphère culturelle de la chrétienté occidentale<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-1-backlink"" class=""footnote-link"">1</a></span>. À cette époque, ils ont été progressivement christianisés, entre autres grâce au culte de saint Venceslas, l’un des premiers ducs de Bohême, assassiné en 935. Pendant son règne, l’État tchèque devint aussi partie intégrante de l’ensemble du Saint-Empire. À la fin du <span class=""typo-SC"">xii</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e </span>siècle, les ducs de Bohême accèdent au titre de rois héréditaires ; peu après, ils trouvent également place parmi les sept électeurs de l’Empire. Le <span class=""typo-SC"">xiii</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e </span>siècle fut une période d’expansion territoriale et de renforcement du rôle politique des pays tchèques, notamment sous le règne du roi Přemysl Otakar II (1253-1278). En outre, l’extraction des minerais d’argent a assuré des revenus importants à l’État. Depuis cette époque, après la colonisation des régions jusqu’alors moins peuplées, les Allemands forment une minorité importante dont le poids économique se fait sentir dans les villes nouvellement fondées<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-2-backlink"" class=""footnote-link"">2</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">La fin de la longue période du règne des Přemyslides – première dynastie ducale et royale de la Bohême – au début du <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e </span>siècle provoqua des changements considérables aussi bien dans les domaines politique et social que culturel. Après la mort violente de Venceslas III en 1306, assassiné sans héritier mâle, une solution pour le trône vacant fut finalement trouvée en 1310 dans le mariage de sa sœur cadette Élisabeth avec Jean, fils d’Henri de Luxembourg, roi des Romains. Cette alliance assura la continuité dynastique et inaugura la domination des Luxembourg dans le royaume de Bohême. Le règne de Jean de Luxembourg (1310-1346) (dit « l’Aveugle » en milieu francophone) connut de nombreuses difficultés. D’un côté, le nouveau souverain se heurta aux exigences politiques de l’aristocratie locale qui demandait l’élimination des sphères du pouvoir des étrangers au sein de l’État tchèque. De l’autre, sa position fut considérablement compliquée par sa mésentente avec son épouse, soutenue par une partie de la noblesse de Bohême<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-3-backlink"" class=""footnote-link"">3</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">Le roi, quoique mal aimé dans le pays, prépara néanmoins le terrain, par ses vastes activités diplomatiques, pour l’apogée de sa dynastie sous le règne de son fils, Charles IV de Luxembourg (1346-1378). Devenu roi des Romains (1346) et empereur (1356), Charles réussit à transférer temporairement le centre politique et culturel de l’Empire à Prague où l’Université, première institution de ce type au nord des Alpes et à l’est du Rhin, fut fondée en 1348. Le souverain encouragea aussi une vaste production d’œuvres historiographiques, didactiques et juridiques, qui contribuèrent au rayonnement de sa cour dans toute l’Europe. C’est une des raisons pour lesquelles il est surnommé jusqu’à aujourd’hui le « père de la patrie » (<span class=""typo-Italique char-style-override-6"">pater patriae</span>), une dénomination utilisée pour la première fois par Adalbert Ranconis de Ericinio, recteur de la Sorbonne, dans le sermon funèbre de l’empereur prononcé à Prague en 1378<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-4-backlink"" class=""footnote-link"">4</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">Le règne de son fils Venceslas IV (1378-1419) fut marqué par la continuité de cette activité culturelle et artistique, mais aussi par de graves secousses politiques et sociales. D’un côté, il fut confronté au problème du schisme qui avait éclaté au début de son règne ; d’un autre, en tant que roi des Romains, il ne parvenait pas à gérer la situation dans l’Empire. En 1400, Venceslas fut déposé par la majorité des princes électeurs, qui trouvaient son gouvernement négligent et lui reprochaient de devenir « trop tchèque ». Les difficultés rencontrées au sein de son royaume se caractérisèrent par les revendications accrues de la noblesse ainsi que par les débuts des controverses théologiques dans le milieu ecclésiastique et universitaire<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-5-backlink"" class=""footnote-link"">5</a></span>. Parmi les personnalités qui tentèrent de réformer l’Église, Jean Hus (1370-1415) apparut rapidement comme le plus influent<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-6-backlink"" class=""footnote-link"">6</a></span>. Inspiré par l’œuvre du réformateur anglais John Wycliff, il entra en conflit avec l’archevêque de Prague. Son procès avec l’institution ecclésiastique devint une affaire d’État : Hus fut d’abord soutenu par le roi, mais son excommunication en 1411 et ses protestations contre la vente des indulgences isolèrent le réformateur tchèque de son bienfaiteur couronné. Invité au Concile de Constance, il y fut condamné à mort le 6 juillet 1415.</p><p class=""txt-Normal"">La nouvelle de l’exécution de Jean Hus suscita beaucoup d’émotions parmi d’assez larges couches de la société en Bohême. Ses partisans, connus plus tard par le nom d’« utraquistes » – car ils commençaient à revendiquer la communion sous les deux espèces (<span class=""typo-Italique char-style-override-6"">sub utraque specie</span>) pour les laïcs – se radicalisèrent au point de déclencher une véritable révolution en 1419<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-7-backlink"" class=""footnote-link"">7</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">La période des guerres hussites (1419-1434) vit l’échec cuisant de la tentative du demi-frère du roi Venceslas, Sigismond de Luxembourg (1419-1437), de reprendre son héritage, avec le concours de plusieurs invasions des croisés en Bohême<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-8-backlink"" class=""footnote-link"">8</a></span>. Les conflits aboutirent en 1432-1434 à la négociation d’un compromis, les <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">compactata</span>, au concile de Bâle. Ces accords assuraient la double foi légale en Bohême, chaque habitant du pays pouvant choisir entre la religion catholique et celle des utraquistes. Ce fut dans cette atmosphère que le premier roi « hussite », Georges de Poděbrady (1458-1471), put plus tard accéder au trône. Se heurtant à l’intransigeance du pape Pie II, qui avait annulé les <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">compactata</span> en 1462, il déploya une activité diplomatique intense pour effacer l’image du royaume de Bohême en tant que pays hérétique. Dans ce même but, le roi Georges, même s’il avait des fils, ne voulut pas fonder sa propre dynastie. En revanche, il assura le développement pacifique des pays tchèques à travers les accords conclus avec la dynastie catholique d’origine polono-lituanienne des Jagellon, qui allaient régner pendant la période suivante (1471-1526). La coexistence pacifique des deux confessions, que les accords de Kutná Hora en 1485 assuraient pour les décennies suivantes, caractérise les pays tchèques au seuil de l’époque moderne.</p><p class=""txt-Normal para-style-override-2"">Les pays tchèques aux <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e</span> et <span class=""typo-SC"">xv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e</span> siècles virent bien évidemment le développement d’une littérature en latin<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-9-backlink"" class=""footnote-link"">9</a></span>, notamment dans le milieu ecclésiastique, mais aussi, dans une moindre mesure, une production des textes littéraires en langue allemande. Le but de ce numéro thématique est de présenter de façon raisonnée un ensemble de sources essentiellement en langue tchèque, parce qu’elles sont difficilement accessibles au public francophone. Ces sources reflètent le contexte politique et social esquissé dans le tableau ci-dessus. Depuis le début du <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e</span> siècle, la noblesse tchèque a vu ses prérogatives et son pouvoir s’accroître ; à l’instar de la cour royale, elle a encouragé la production d’œuvres littéraires en langue vernaculaire. À partir de cette époque, la culture écrite en langue tchèque s’est ainsi enrichie, seule parmi les langues slaves, d’une diversité extraordinaire de genres littéraires connus par ailleurs en Europe occidentale (chronique rimée, roman courtois, poésie héroïque, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">exempla</span>, œuvres didactiques et satyriques, etc.). L’influence de Jean Hus se manifesta également dans ce domaine : une partie de son œuvre est d’ailleurs écrite dans cette langue vernaculaire, et il est aussi probable qu’à côté de la réforme de l’Église, il participa à la réforme de l’orthographe du tchèque<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-10-backlink"" class=""footnote-link"">10</a></span>. De surcroît, grâce à son évolution spécifique sur le plan politique et social, le milieu tchèque vit naître, notamment à l’époque hussite, de nouveaux types de textes (chanson polémique, ordonnances de guerre), sans équivalents précis ailleurs en Europe.</p><p class=""txt-Normal"">Tous les auteurs de ce numéro thématique appartiennent à une génération de jeunes chercheurs et doctorants francophones et sont issus du Séminaire historique franco-tchèque de l’Université Charles de Prague<span class=""char-style-override-5""><a id=""footnote-407-11-backlink"" class=""footnote-link"">11</a></span>. Étant données les relations privilégiées qu’entretenait Jacques Le Goff depuis ses études universitaires avec les pays tchèques, nous dédions ce numéro spécial à sa mémoire.</p><p class=""titre-figure para-style-override-3""><span> </span></p><p class=""titre-figure"">Le royaume de Bohême au temps du roi Jean de Bohême.</p><p class=""titre-figure para-style-override-4"">Carte extraite de M. <span class=""typo-SC"">Margue</span> éd., <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Un itinéraire européen. Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême, 1296-1346</span>, Bruxelles, 1996, p. 121.</p><div class=""footnotes""><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-1"" class=""footnote-anchor""> 1</a>. Pour une histoire sommaire des pays tchèques, voir les synthèses de J. <span class=""typo-SC"">Hoensch</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Histoire de la Bohême</span>, Paris, 1995 ; A. <span class=""typo-SC"">Marès</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Histoire des Pays tchèques et slovaque</span>, Paris, 1995 ; P. <span class=""typo-SC"">Čornej</span>, P. <span class=""typo-SC"">Bělina</span> et J. <span class=""typo-SC"">Pokorný</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Histoire des pays tchèques jusqu'à l'an 2000 en abrégé</span>, Prague, 2000.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-2"" class=""footnote-anchor""> 2</a>. M. <span class=""typo-SC"">Nejedlý</span>, « Le concept de nation en Bohême au <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-7"">e</span> et au début du <span class=""typo-SC"">xv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-7"">e</span> siècle », dans <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Nation et nations au Moyen Âge. Actes du XLIV</span><span class=""typo-Exposant-Italic char-style-override-7"">e</span> <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Congrès de la SHMESP</span>, Paris, 2014, p. 229-241.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-3"" class=""footnote-anchor""> 3</a>. M. <span class=""typo-SC"">Nejedlý,</span> « Roi étranger ou roi diplomate ? Jean l’Aveugle au miroir des sources tchèques », <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Prague Papers on the History of International Relations</span>, 8 (2012), p. 11-36 ; P. <span class=""typo-SC"">Péporté</span>, « When “Jan Lucemburský” meets “Jean l’Aveugle” : A Comparison of King John of Bohemia’s Representation in the Czech Lands and Luxembourg », <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Husitský Tábor</span>, 17 (2012), p. 27-49.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-4"" class=""footnote-anchor""> 4</a>. <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Cf. Sermo factus per dominum Adalbertum Ranconis de Ericinio post mortem imperatoris Caroli IV</span>, éd. F. <span class=""typo-SC"">Tadra</span>, dans <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Fontes rerum Bohemicarum III</span>, Prague, 1882, p. 433-441. Voir aussi M. <span class=""typo-SC"">Nejedlý</span>, « “Comme les orties dans le jardin, comme les aigremoines dans la crinière des chevaux…”. Les conflits entre Tchèques et Allemands en Bohême au <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-7"">e</span> et au début du <span class=""typo-SC"">xv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-7"">e</span> siècle », <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">West Bohemian Historical Review</span>, 1 (2012), p. 41-71.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-5"" class=""footnote-anchor""> 5</a>. Sur les débuts de la réforme de l’Église dans les pays tchèques, voir O. <span class=""typo-SC"">Marin</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">L’Archevêque, le maître et le dévot. Genèses du mouvement réformateur pragois. Années 1360-1419</span>, Paris, 2005.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-6"" class=""footnote-anchor""> 6</a>. P. <span class=""typo-SC"">de Vooght</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">L’Hérésie de Jean Huss</span>, Louvain, 1975.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-7"" class=""footnote-anchor""> 7</a>. H. <span class=""typo-SC"">Kaminsky</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">A History of the Hussite Revolution</span>, Berkeley-Los Angeles, 1967 ; F. <span class=""typo-SC"">Šmahel</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">La Révolution hussite, une anomalie historique</span>, Paris, 1985 ; <span class=""typo-SC"">Id.</span>, <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Die Hussitische Revolution</span>, Hanovre, 2002 (3 vol.).</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-8"" class=""footnote-anchor""> 8</a>. Certains aspects des croisades anti-hussites sont traités dans l’ouvrage collectif de M. <span class=""typo-SC"">Nejedlý</span> et J. <span class=""typo-SC"">Svátek</span> éd., <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">La Noblesse et la croisade à la fin du Moyen Âge (France, Bourgogne, Bohême)</span>, Toulouse, 2009.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-9"" class=""footnote-anchor""> 9</a>. De nombreuses sources ont été éditées à la fin du <span class=""typo-SC"">xix</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-7"">e</span> siècle dans la série <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Fontes rerum Bohemicarum</span> [désormais <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">FRB</span>]. Leur consultation en ligne est assurée grâce au site du Centre d’études médiévales de Prague http://cms.flu.cas.cz/cz/badatele/sources-on-line.html. Les manuscrits médiévaux conservés dans les bibliothèques de la République tchèque sont accessibles sur la base de données « Manuscriptorium » : www.manuscriptorium.com.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-10"" class=""footnote-anchor""> 10</a>. Voir « Jean Hus », dans J. <span class=""typo-SC"">Le Goff</span> éd., <span class=""typo-Italique char-style-override-6"">Hommes et femmes du Moyen Âge</span>, Paris, 2012, p. 341-344.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-407-11"" class=""footnote-anchor""> 11</a>. http://seminaire.ff.cuni.cz.</p></div></div></div><div class=""frame-2""><img class=""frame-1"" src=""file:///Volumes/Share/POSTPROD/Intro_html/Med67_introduction-web-resources/image/CarteIntro_fmt.png"" alt=""CarteIntro.tif"" /></div>";"<p><em>Jan Vojtíšek et Václav Žůrek</em><strong><em><br /></em>Between Ideal and Polemic. Political Literature in Luxembourg Bohemia</strong></p><p>Political literature flowered and progressed considerably in Fourteenth-century Bohemia : as well as in the rest of Western Europe, this literature reflected political engagement and was written in vernacular. This tendency is analysed on the basis of the genre of the mirrors for princes in two main directions. The first part deals with the role played by the image of the wise king (<em>rex sapiens</em>) in the ideology and self-presentation of the Emperor Charles IV of Luxembourg. The second part focuses on the political society of Bohemia reflected in the poem <em>New Council</em> by Smil Flaška of Pardubice, which is highly polemical and critical of the reign of his son Wenceslaus IV.</p><p> </p><p><em>Věra Vejrychová</em><strong><em><br /></em>Figures of Queens in Czech chronicles in the Fourteenth Century : Ideal, Power, Transgressions</strong></p><p>This paper deals with the image of queens in Czech chronicles from the fourteenth century, focusing especially on Elizabeth of Bohemia, situated at the dynastical transition between the Premyslids and the Luxembourgs. Thanks to divergent accounts of her life and its different moments, necessarily determined by her marriage, it is possible to analyse how the narrative reflects the tensions between idealized gendered behaviour, defined by prescriptive literature, and “historical reality”, described according to the objectives of each medieval historian. Elizabeth’s life, examined in parallel with those of other queens, appears ultimately as a phenomenon inscribed in a particular system of value, revealing the ideal of queenship.</p><p> </p><p><em>Martin Šorm</em><strong><br />Representations of Intimacy in the Czech Arthurian Romance</strong></p><p>Two Czech Arthurian romances from the end of 14<sup>th</sup> century – <em>Tandariáš a Floribella </em>and <em>Tristram and Izalda</em> – are presented as a historical source for students of courtly culture. Literary representations of intimacy were used by the authors to cultivate and refine the manners and thoughts of their aristocratic audience. For example, the scenes where the knight <em>Tandariáš</em> forgets and wounds himself can be in this regard compared to some motifs introduced by Chrétien de Troyes. On the other hand, intimacy lies on the border between isolated privacy and social performance. For example the royal bed, used by the author of <em>Tristram and Izalda</em> as an attribute of power, demonstrates how intimacy is considered as a general interest of whole society.</p><p> </p><p><strong> </strong></p><p><em>Sara Vybiralova</em><strong><br />“Listen, you faithful, the evil ploy !”. Ploy and Betrayal in Polemic Songs of the Hussite period</strong></p><p>During the period of the Hussite riots, the polemic songs were frequently used in medieval Bohemia as a means of propaganda. The ploy and betrayal motif, already a literary <em>topos</em> in older Czech literature, becomes in this specific context one of the main characteristics of the enemy. Utterly opposed to fidelity and truth, the accusation of treason implies a kind of paranoia and favors an argumentation addressing the emotions : <em>pathos</em> overcomes <em>logos</em>.</p><p> </p><p><em>Jan Biederman</em><strong><br />Military Art contained in battle orders of late medieval Bohemia and their reflection: doctrine as a result of practice</strong></p><p>In the fifteenth century, the dominant position of heavy cavalry on the battlefield was definitively undermined by the development of infantry tactics in several parts of Europe. This was notably the case in the kingdom of Bohemia of the Hussite wars period, when events gave birth to the new tactics of wagon fort and to a unique type of source – battle orders relating to this tactic, which give additional information on the military history of Europe in the late Middle Ages.</p><p> </p><p><em>Vojtěch Bažant et Jaroslav Svátek</em><strong> – </strong>Centrum medievistických studií AV ČR, Prague<strong><br />Medieval travelogues from Bohemia : products of a society characterized by its different religious communities ?</strong></p><p>This paper analyses the question of confessional identity in the Fifteenth century Bohemian travel literature. The religious division influenced these texts and they became a <em>medium </em>for their authors to comment on this question. Despite the similar religious perception of the world among the Catholics, the Utraquists or the members of the Unity of Brethren (and those of unclear religious identity), the texts we analyse reflect the polemics aimed at the other religious communities.</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p><strong> </strong></p><p><em>Irène Fabry-Tehranchi</em><strong><br />Arthur and his rebel barons. The abridgment and <em>remaniement</em> of the end of the <em>Vulgate Sequel</em> to <em>Merlin</em> in the <em>Lancelot-Grail</em> manuscript, Paris, BnF, fr. 344 (<em>ca</em> 1295)</strong></p><p>The ms. Paris, BnF, fr. 344, is a manuscript produced in Lorraine at the end of the thirteenth century containing the whole Grail cycle. It presents an abridged version of the end of the <em>Vulgate Sequel </em>to <em>Merlin</em>. The rewriting of the end of the sequel glosses over the romantic episodes of the common version and focuses on the figure of Arthur, a legitimate sovereign and skilful war leader confronted by his barons’ dissidence. From the end of f° 182 to f° 184v, BnF, fr. 344, narrates the departure of Kings Ban and Bohort for the Continent, the embassy of King Loth and his sons, and the fight against the Saxons of the Christian coalition gathered at Logres for the feast of the Holy Cross. This article shows the ideological implications of the abridgement and the illustration at the end of the <em>Vulgate Sequel</em> in ms. fr. 344, as it exalts Arthur’s kingship and insists on the rallying, penance and submission of his rebelled vassals.</p><p> </p><p><em>Cécile Ranvier</em><strong><br />Le <em>Miroir historial </em>de Jacques d’Armagnac : un monument bibliophilique pour un prince ambitieux</strong></p><p> </p><p>When Jacques d’Armagnac ordered the first piece of his coming library – a monumental <em>Miroir historial</em> composed of almost 1350 folios – he is at the summit of his political carrer, supported by King Louis the XI<sup>th</sup> who turned him into the most powerful lords of his time. This triple manuscript is far more than the expression of his power; it enlightens us as to the life and the figure, so manhandled by history, he has aspired to be. The luxury of this work is developed through five hundreds miniatures which enliven it. Made during the fifteenth century by particulary productive illuminators, pictures of this <em>Miroir historial</em> illustrate with some kind of banality the working method of the workshops from that time. Nevertheless, it gives important clues on the identity of the illuminators who worked on this great manuscript and reopens again the debate on the attribution of this pictures, an ongoing debate for more than a century.</p><p> </p><p><em>C. </em><em>Christensen-Nugues</em><strong><br />Clandestine Marriages in the Synodal Statutes of Medieval Sweden</strong></p><p>According to medieval canon law, mutual consent was sufficient to create a valid marriage. A marriage contracted secretly could thus be perfectly valid. Such marriages, i.e. clandestine marriages, did however entail major practical difficulties when the Church's marriage legislation was applied. This was particularly apparent at the local level, and practically all synodal statutes in medieval Europe contained multiple prohibitions against such marriages. In this context, Swedish synodal statutes constitute an exception by the relatively modest place accorded to this problem.</p><p>This article compares the references to clandestine marriages in Swedish and French synodal statutes, analyzes their differences and explores the Swedish legal tradition to determine possible explanations for them. Swedish secular laws contained detailed rules for the formation of marriage that guaranteed a certain publicity. This made clandestine marriages, in the sense of marriages contracted secretly without witnesses, relatively scarce. Swedish synodal statutes reflect this situation, shows the implications of the Swedish matrimonial tradition, and how canon law was adapted to the Swedish context.</p>";398;20.00;"<p>L’histoire de la Bohême des XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> siècles est évoquée à travers plusieurs sources essentiellement en vieux tchèque : miroirs des princes, chroniques, romans arthuriens témoignent entre autres de la richesse de la culture écrite dont la production a été encouragée par la noblesse tchèque et qui permettent d’étudier ici l’image de plusieurs figures du pouvoir : <br />l’empereur Charles IV de Luxembourg (1346-1378), son fils Venceslas IV (1378-1419), ou encore la reine Élisabeth de Bohême. <br />Les récits de voyage qui apparaissent au XV<sup>e</sup> siècle révèlent les tensions religieuses de la société tchèque, entre catholiques et utraquistes. Les guerres hussites (1419-1434), au cours desquelles apparaît la tactique du <em>Wagenburg ( </em><em>littéralement « forteresse de wagons »)</em>, voient la naissance de genres littéraires sans équivalent dans le reste de l’Europe, comme la chanson polémique dans laquelle le motif de la ruse et de la traîtrise est un <em>classique</em> utilisé par l’ennemi.</p>";;04/12/2014 11:03;1;Première édition;3386 641;1;3;27;Conflits et concurrence de normes;N°71/2016;;;"<div class=""page"" title=""Page 1"">Les sociétés médiévales établissaient un grand nombre de normes et de règlements, ce qui générait ponctuellement des conflits et des crises entre les différentes autorités qui en étaient responsables.</div>";"<p style=""text-align: left;"">Introduction<br /><br /><strong>Véronique Beaulande-Barraud, 
Elsa Marmursztejn</strong><br />Conflits et concurrence 
de normes</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br /><strong>Capucine Nemo-Pekelman</strong><br />Le statut du judaïsme dans le droit romain à la lumière du contentieux des conflits de lois (IVe-Ve siècle)<br /><br /><strong>Elsa Marmursztejn</strong><br />Conflits de normes 
dans le débat scolastique sur le baptême forcé 
des enfants juifs 
(XIIIe-XIVe siècle)<br /><br /><strong>Youna Masset</strong><br />Juger les juifs catalans 
au début du xive siècle, 
une compétence disputée<br /><br /><strong>Carole Avignon</strong><br />Les mariages clandestins : impasse disciplinaire, scandale ou moteur de la réflexion doctrinale ?


<br /><br /><strong>Véronique 
Beaulande-Barraud</strong><br />Le traitement des « cas réservés » au XIIIe siècle, entre cura animarum, juridiction épiscopale et plenitudo potestatis pontificale</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p><br /><strong>Julie Grenon-Morin</strong><br />Le Roman d’Aubéron. Une lecture texte/images<br /><br /><strong>Maxence Bidu</strong><br />Alcuin, Charlemagne 
et le droit d’asile<br /><br /><strong>Hélène Leuwers</strong><br />Construire la norme des métiers de santé au Parlement de Paris 
(XIVe-début du XVIe siècle)</p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>POINT DE VUE</strong></p><p><br /><strong>Didier Lett</strong><br />Les voix du peuple 
à la fin du Moyen Âge</p><p><br /><em>- Notes de lecture</em><br /><em>- Livres reçus</em></p>";;10/11/2016;71;160x240;202;978-2-84292-565-9;9782842925659;0;0751-2708 (I;Presses Universitaires de Vincennes;img_641.jpg;"<p><em>Capucine Nemo-Pekelman – Université Paris-Ouest – EA CHAD</em><br /><strong>Le statut du judaïsme dans le droit romain à la lumière du contentieux des conflits de lois (IVe-Ve siècles)</strong><br />Aux IVe et Ve siècles, les populations juives réparties en foyers de peuplement dans de nombreuses provinces orientales et occidentales de l’Empire romain fournissent un exemple type d’entités diasporiques ne fonctionnant pas selon un modèle civique. Ceci n’empêcha pas le pouvoir romain de qualifier leurs règles, construites autour des prescriptions de la Torah, de leges ou de consuetudines, ce qui prouve qu’il leur reconnut la qualité de véritables sources du droit. Néanmoins, les lois impériales qui conservent la trace de litiges relatifs à des conflits de lois ou de juridictions suggèrent que, du point de vue romain, les lois juives étaient revêtues d’une auctoritas que l’empereur, souverain en matière législative, pouvait admettre ou rejeter. En outre, quand elles étaient formellement autorisées, c’était en qualité de simples privilèges. Les tribunaux juifs quant à eux (principalement les cours communautaires des synagogues et des villages) ne reçurent pas d’autonomie juridictionnelle mais furent assimilés, par fiction juridique, à des cours d’arbitrage romaines. L’étude entend aussi débrouiller les différents raisonnements qui présidèrent aux choix, en apparence anarchiques, des divers vocables – us, mos, consuetudo, lex, religio, superstitio – utilisés dans les lois impériales pour désigner le judaïsme.<br />Droit romain – droit juif – conflit de lois – conflit de juridictions – Empire romain tardif</p><p> </p><p><em>Elsa Marmursztejn – Université de Reims – CERHIC EA 2616</em><br /><strong>Conflits de normes dans le débat scolastique sur le baptême forcé des enfants juifs (XIIIe-XIVe siècle)</strong><br />Successivement traitée, entre 1269 et 1340, par Thomas d’Aquin, Richard de Mediavilla, Jean Duns Scot, Durand de Saint-Pourçain, Pierre de la Palud et Guido Terreni, la question du baptême forcé des enfants juifs révèle la pertinence et la productivité des conflits de normes dans le champ du débat théologique. La discussion ne s’est pas portée sur le terrain « légal » de l’opposition entre christianisme et judaïsme, mais sur le terrain politique et juridique du conflit entre droits du prince chrétien et droits des juifs comme parents, comme sujets et comme esclaves, dans un contexte où les politiques de conversion contribuent à la définition des monarchies occidentales comme monarchies chrétiennes et où la revendication royale d’une juridiction exclusive sur les juifs participe de l’affirmation générale de la souveraineté. Les liens de filiation naturelle sont ainsi mis à l’épreuve dans le cadre d’une réflexion plus large sur l’étendue et les limites de la domination chrétienne.<br />Scolastique – baptême forcé – enfants juifs – sujétion – servitude des juifs</p><p> </p><p><em>Youna Masset – Université de Nantes – CRHIA</em><br /><strong>Juger les juifs catalans au début du XIVe siècle, une compétence disputée</strong><br />La juridiction sur les juifs catalans fut l’objet de nombreux conflits de compétence qui opposèrent le roi aux seigneurs laïcs et ecclésiastiques, ainsi qu’aux autorités juives, au début du xive siècle. La délimitation et la répartition de ces compétences donnèrent lieu à une législation abondante, dont l’enjeu était important, car l’exercice de cette prérogative assurait un prestige et une source de revenus confortables. Le souverain Jacques II, dans sa politique d’affermissement du pouvoir royal, fit une priorité de la maîtrise de la compétence judiciaire sur ses terres.<br />Compétence – juridiction – Catalogne – juifs – Jacques II</p><p> </p><p><em>Carole Avignon – Université d’Angers – CERHIO UMR 6258</em><br /><strong>Les mariages clandestins : impasse disciplinaire, scandale ou moteur de la réflexion doctrinale ? </strong><br />L’histoire de la formalisation du droit du mariage dans l’Occident médiéval latin s’apparente à une succession de tensions normatives. Quoique les conflits de normes ne s’y limitent pas, les controverses théologiques et juridiques présentent l’intérêt d’avoir suscité l’expression de normes parfois contradictoires, suivant le for considéré. C’est spécialement le cas lorsqu’il s’agit de résoudre les difficultés judiciaires et morales liées à la hiérarchisation entre un mariage clandestin et un mariage public ou entre un mariage « présumé » dans l’« accouplement charnel suivi de paroles de futur » et un mariage par « paroles de présent ». Lequel de ces processus fait-il le « vrai » mariage ? Et selon quel référent normatif ? La diversité des solutions formulées par la doctrine canonique, la théologie, les manuels à l’usage des desservants de paroisse ou des confesseurs, ou encore les statuts synodaux, permet d’apprécier les différences d’objectifs des clercs concernés par la matière matrimoniale. L’enjeu importe, car il y va du salut des laïcs et de l’équilibre de la société tout entière. Ces tensions normatives ont parfois débouché sur des évolutions conceptuelles et lexicales, mais elles ont aussi donné lieu à des formes de concurrences susceptibles de déstabiliser les modes de régulation sociale, ce dont les acteurs du jeu matrimonial ont parfois su tirer profit.<br />Mariages clandestins – for de la confession – for judiciaire – affectus conjugalis – mariage présumé</p><p> </p><p><em>Véronique Beaulande-Barraud – Université de Reims – CERHIC EA 2616</em><br /><strong>Le traitement des « cas réservés », entre cura animarum, juridiction épiscopale et plenitudo potestatis pontificale</strong><br />Les cas réservés naissent, dans la doctrine canonique et dans la pratique pénitentielle, dans la deuxième moitié du xiie siècle. Causes d’excommunication dont l’absolution est réservée au pape ou péchés graves dont l’absolution est réservée aux évêques, ces cas semblent traduire et affirmer la hiérarchisation de la juridiction dans l’Église. La construction de normes de l’absolution, de la censure ou du péché, a cependant eu lieu de manière complexe, parfois tendue, entre des principes contradictoires à concilier. Les cas réservés ont paru atteindre les prérogatives tant des évêques (qui ne peuvent plus « délier » tous leurs diocésains) que des prêtres de paroisse (plus maîtres de toute la « cure des âmes » qui caractérise leur office). De plus, ce principe de la réserve est plus ou moins fragilisé par la nécessité constamment rappelée d’offrir à chaque pécheur la possibilité d’obtenir son pardon auprès d’un détenteur du « pouvoir des clefs ». Norme juridictionnelle et norme pastorale se heurtent alors.<br />Pénitence – excommunication – pape – évêque – curé</p><p> </p><p><em>Julie Grenon-Morin – Département des études littéraires – Université du Québec à Montréal</em><br /><strong>Le Roman d’Aubéron. Une lecture texte/images</strong><br />Le manuscrit du Roman d’Aubéron, écrit entre 1260 et 1311 (et connu comme étant le prologue au cycle de Huon de Bordeaux), contient trois miniatures et des enluminures qui nourrissent son texte. Il est conservé dans un imposant volume, à Turin, qui a partiellement brûlé en 1904. Néanmoins, les images demeurent visibles et signifiantes. La première est une composition en trois volets où se mêlent des faits militaires, la nature et un certain côté mystique. La deuxième est une scène de bataille esthétiquement très bien réussie et conservée où Jules César connaît le triomphe. La troisième représente la scène de la naissance des jumeaux Aubéron et Georges, alors que trois fées sont occupées à leur octroyer des vœux. Nous rendons ici compte de l’état des miniatures et des particularités des illustrations en lien avec le texte, afin de les décoder et de parfaire la compréhension de ce roman dont l’édition critique a été réalisée par Jean Subrenat en 1973.<br />Aubéron – féerie – manuscrit – marges – miniatures</p><p> </p><p><em>Maxence Bidu – Université Paris-Ouest Nanterre La Défense – UMR 7041, ED 395</em><strong><br />Alcuin, Charlemagne et le droit d’asile</strong><br />Entre 801 et 802, une profonde querelle vient opposer Charlemagne et Alcuin au sujet d’un clerc d’Orléans réfugié dans l’abbaye Saint-Martin de Tours. L’empereur réclame que le fugitif soit livré à l’évêque Théodulfe, mais Alcuin s’y refuse, invoquant le droit d’asile. La dispute est l’occasion d’un intense échange épistolaire au cours duquel les deux parties exposent longuement leurs argumentaires, fondés chacun sur une recension détaillée des normes canoniques et séculières applicables. Le dossier juridique constitué par Alcuin revêt une importance particulière pour l’histoire du droit d’asile à l’époque carolingienne, car il permet d’identifier les sources disponibles au début du ixe siècle pour résoudre cette question, et illustre le processus de sélection des textes mis en œuvre par l’abbé. Cet article se propose d’analyser, dans le détail, les positions des deux principaux protagonistes et, ce faisant, de mettre en lumière le rapport ambivalent qui les lie. Malgré la relation privilégiée que partagent Charlemagne et Alcuin, il s’instaure à cette occasion un rapport de force et la question du droit d’asile, savamment défendu par l’abbé, disparaît alors derrière la démonstration d’autorité de l’empereur.<br />Alcuin – Charlemagne – droit canonique – droit d’asile – Saint-Martin de Tours</p><p> </p><p><em>Hélène Leuwers – Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense – EA 1587</em><br /><strong>Construire la norme des métiers de santé au Parlement de Paris (XIVe-début du XVIe siècle)</strong><br />Comment les procès engagés à la fin du Moyen Âge par les médecins, les chirurgiens et les barbiers parisiens contre des thérapeutes sans reconnaissance officielle transforment-ils l’ordre social des mondes de santé et renforcent-ils les métiers en formation ? Croiser l’étude des sources de la pratique judiciaire du Parlement de Paris et celle des sources normatives permet de dégager quelques pistes d’analyse. À l’occasion des procédures engagées devant le Parlement, les praticiens réguliers sont mis à l’épreuve par les avocats de leurs adversaires qui développent un discours alternatif sur les normes sociales de santé, et défendent une interprétation du droit qui leur est favorable. Confrontés aux irréguliers et à leurs revendications, les praticiens réguliers profitent de l’arène judiciaire pour renforcer leur autorité par un travail de communication sur la discipline des pratiques de santé et sur la loi du roi ; ils contribuent aussi au renforcement de leur contrôle des pratiques en mobilisant les potentialités réglementaires du Parlement. Le processus de dispute est dès lors un moment crucial d’élaboration des normes de comportement et d’ajustement de la norme juridique aux demandes sociales des communautés « professionnelles » en formation.<br />Praticien illicite – santé – médecine – métiers – Parlement – norme</p>";;"<p><em>Capucine Nemo-Pekelman – Université Paris-Ouest – EA CHAD</em><br /><strong>The Status of Judaism in Roman Law According to Legal Disputes Related to Conflicts of Laws (Fourth-Fifth Century)</strong><br />During the fourth and the fifth centuries, Jewish populations were scattered over settlements in many Eastern and Western provinces of the Roman Empire. All together, they formed a diasporic entity deprived of any civic organization – a sub-political community. That did not prevent the Roman legislator from qualifying their norms, based on the prescriptions of the Torah, as leges or consuetudines. This shows that they were officially recognized as legal sources. But Imperial laws, which kept track of legal disputes relating to conflicts of laws or jurisdictions, suggest that, from the Roman point of view, Jewish Laws carried an auctoritas that the Roman emperor, as a sovereign legislator, could admit or reject. Besides, when they were formally accepted, it was only as privileges. Jewish courts (mainly the communal courts in villages and synagogues) were not given any judicial autonomy. Quite to the contrary, through legal fiction, they were regarded as Roman courts of arbitration. The article also aims at disentangling what in Imperial Laws is seemingly a chaotic choice of vocabulary used as refer to Judaism (us, mos, consuetudo, lex, religio, and superstitio).<br />Roman Law – Jewish Law – Conflict of Laws – Conflict of jurisdictions – Late Roman Empire</p><p> </p><p><em>Elsa Marmursztejn – Université de Reims – CERHIC EA 2616</em><br /><strong>Conflicts of Norms in Scholastic Debates on Forced Baptism of Jewish Children (Thirteenth-Fourteenth Century)</strong><br />Between 1269 and 1340, Thomas Aquinas, Richard of Mediavilla, John Duns Scotus, Durandus of Saint-Pourçain, Pierre de la Palud, and Guido Terreni successively dealt with the question of the forced baptism of Jewish children, which shows the relevance and the productivity of conflicts of norms in the field of theological debate. The discussion has not been brought to the « legal » ground of the opposition between Christinanity and Judaism, but to the political and juridical ground of a conflict between the rights of the Christian ruler and those of the Jews as parents, as subjects, and as slaves, in a context in which the conversionist policies contributed to the definition of Western monarchies as Christian monarchies, and in which the royal claim to an exclusive jurisdiction over the Jews participates in the global affirmation of sovereignty. Thus, the links of natural filiation are put to trial within the frame of a larger reflexion about the extension and the limits of Christian rulership.<br />Scholasticism – forced baptism – Jewish children – subjection – Jewish serfdom</p><p> </p><p><em>Youna Masset – Université de Nantes – CRHIA</em><br /><strong>Judging Jewish Catalans in the Beginning of the Fourteenth Century, 
a Contested Competence</strong><br />Jurisdiction over Catalan Jews was the subject of numerous conflicts of authority that brought the king into opposition with lay and ecclesiastical lords, as well as Jewish authorities, in the early fourteenth century. The delimitation and distribution of these legal powers gave rise to abundant legislation, the stakes of which were high because the exercise of this prerogative ensured prestige and a source of ample income. In his policy of consolidating royal power, the sovereign James II made a priority of controlling jurisdiction in his territories.<br />Competence – jurisdiction – Catalonia – Jews – James II</p><p> </p><p><em>Carole Avignon – Université d’Angers – CERHIO UMR 6258</em><br /><strong>Clandestine marriages : disciplinary deadlock, scandal, or impulse for doctrinal thinking ?</strong><br />The history of the formalization of marriage law in the Latin medieval West is very much like a series of normative tensions. Although the conflicts of norms cannot be restricted to theological and legal controversies, their interest lies in the fact that they sometimes gave rise to the expression of contradictory norms, depending on the forum at stake. It was more particularly the case when it came to the question of settling the moral and judiciary issues in connexion with the hierarchical status of clandestine marriages and that of public ones, or the one of a « sexual intercourse followed by words of future » and that of a marriage contracted by « words of present ». Which of these processes guaranteed a « true » marriage ? And according to which normative references ? The different solutions provided by canonical doctrine, theology, the manuals for parish priests and confessors or even synodal statutes enable us to assess the different goals of the clerics concerned by matrimonial issues. Much is at stake, because what is concerned is the salvation of the laity and the balance of the whole society. These normative tensions sometimes led to conceptual and lexical evolutions, but they also entailed certain forms of competition that could undermine the usual means of social regulation, which the actors of matrimonial could sometimes take advantage of.<br />Clandestine marriage – confessional forum – legal forum – affectus conjugalis – presumed marriage</p><p> </p><p><em>Véronique Beaulande-Barraud – Université de Reims – CERHIC EA 2616</em><br /><strong>Treatment of « Reserved Cases », between cura animarum, Episcopal Jurisdiction and Pontifical plenitudo potestatis </strong><br />Reserved cases arose in the canonical doctrine and the penitential practice during the second half of the twelfth century. Either they were causes of an excommunication which could only be absolved by the pope, or they were serious sins the absolution of which was reserved to bishops. They thus seemed to confirm the hierarchy of jurisdiction inside the Church. However, the building of norms concerning absolution was a complex process, particularly when conflicting principles had to be combined. Not only did reserved cases jeopardize both the episcopal prerogatives (as some diocesan faithful could not be absolved by their bishops) and the functions of parish priests in terms of cure of souls, but the forgiveness of sins by the holders of « the power of the keys » – which was regularly underlined as a moral and legal priority – could prevail on the doctrine of reserve itself, so that clashes between legal standards and pastoral norms could not always be avoided.<br />Penance – excommunication – pope – bishop – priest</p><p> </p><p><em>Julie Grenon-Morin – Département des études littéraires – Université du Québec à Montréal</em><br /><strong>The Roman d’Aubéron : A Text/Image Reading</strong><br />The manuscript of the Roman d’Aubéron, written between 1260 and 1311 (and known as the prologue to the Huon de Bordeaux cycle), contains three miniatures and some illuminations that nourish the text. It is kept in imposing volume, in Torino, which partially burned in 1904. Nevertheless, the images stay visible and significant. The first one is a composition in three parts where are mixed military acts, nature and a certain mystical side. The second one is a battle scene aesthetically very well executed and preserved where Julius Caesar triumphs. The third one represents the birth scene of the twins Aubéron and Georges, while the three fairies are busy to grant them with wishes. We give here an account of the miniature’s condition and their particularities linked with the text, so we can decode them and perfect the understanding of this novel edited by Jean Subrenat in 1973.<br />Auberon – fairy-tale – manuscript – marginalia – miniatures</p><p> </p><p><em>Maxence Bidu – Université Paris-Ouest Nanterre La Défense – UMR 7041, ED 395</em><br /><strong>Alcuin, Charlemagne and Sanctuary</strong><br />Circa 801-802, a violent dispute regarding a cleric from Orléans seeking sanctuary in the basilica of St Martin in Tours opposed Charlemagne to Alcuin. The emperor demanded the cleric to be handed over to Bishop Theodulf. But Alcuin resisted this claim, pleading the respect of the right of sanctuary. The quarrel led to an important exchange of letters, an occasion for each part to present a developed argumentation, based on a thorough inventory of canonical and secular norms. Alcuin’s plea appears to be a particularly significant material to study the history of Carolingian sanctuary, as it allows us to identify the sources related to this ecclesiastical privilege available at the beginning of the ninth Century. The approach adopted in this article is to provide a substantial analysis of each protagonist’s stance on this matter, thus shedding some light on the nature of their relationship. Although they shared this special bond, this event caused a rather curt confrontation, which shaded the lying legal matter. The erudite defence of asylum produced by the abbot vanished when confronted to the emperor’s display of authority.<br />Alcuin – asylum – basilica of St Martin – canon law – Charlemagne – sanctuary – Tours</p><p> </p><p><em>Hélène Leuwers – Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense – EA 1587</em><br /><strong>Constructing the Norm within the Health Professions at the Paris Parlement (Fourteenth-to Early Sixteenth-Century)</strong><br />How did legal proceedings brought by Parisian physicians, surgeons and barbers against unrecognised healers at the end of the Middle Ages change the field of health practices and reinforce the developing « professional » communities ? The study of judicial sources, the registers of the Paris Parlement, combined with the study of normative sources enables us to single out avenues of reflection. On the occasion of proceedings at the Parlement, the lawyers of the unauthorized practitioners elaborate alternative discourses about health-related social norms and advocate for an interpretation of the law that may be beneficial to them. In these ordeals, recognised practitioners take the opportunity of the judicial arena to strengthen their authority by imposing their discipline in the field of health and the king’s law. They contribute to the reinforcement of their control of the practices by using the regulatory power of the Parlement. The disputing process provides key moments to promote standards of behaviour and to adapt legal norm to the social demands from « professional » communities in the process of defining themselves.<br />Unlicenced practitioner – health – medicine – guilds – Parlement – norm<br /><br /></p>";384;20.00;"<p>Les cinq études réunies ici veulent observer les processus d’élaboration des normes sous l’angle de la tension, de la concurrence ou de l’affrontement entre différents types d’instances normatives, mais aussi entre des systèmes de références qui n’avaient habituellement pas besoin d’être spécifiés et que ces moments de crise révèlent ou éclairent, de même qu’ils permettent d’observer les techniques à l’œuvre et les tactiques déployées. Deux champs sont particulièrement observés, celui du gouvernement de l’Église d’une part – à travers la question du mariage et de la confession - ; celui des relations entre juifs et chrétiens, d’autre part, sous les angles juridiques, judiciaires et théologiques.</p>";;28/09/2016 09:28;1;Première édition;3386 608;2;3;32;Les Français en Égypte;De l'Orient romantique aux modernités arabes;;;"<p>Cet ouvrage d'histoire littéraire et culturelle donne une idée précise de l'ampleur des déplacements et installations en Égypte, d'intellectuels français, connus ou méconnus, de Gérard de Nerval à Michel Butor, entre le XVIIIe et le XXe siècle.</p>";"<p><strong>Introduction</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p><strong>I.<em> Des pratiques de l’Ailleurs romantique à l’irruption des premières modernités arabes<br /></em></strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br />LE VOYAGE DES ROMANTIQUES</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>1</strong>. Vers une reconnaissance des altérités : Savary et Volney en héritage</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Positions en tension – 2. Débats passionnés de réception – 3. Traduire le livre sacré pour l’Europe – 4. Des postérités contrastées.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>2</strong>. Gérard de Nerval et Jean-Jacques Ampère en Égypte : mise à l’épreuve des savoirs et rencontres d’altérité</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Miroirs alexandrins et pharaoniques - 2. Miroirs arabes anciens - 3. Miroirs des altérités arabes contemporaines.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>3</strong>. Le Voyage égyptien des Français : fragile entreprise de mémoire vive</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Une quête des origines lointaines - 2. Imagination, mémoire vive et destin littéraire - 3. Les difficiles chemins vers l’altérité.</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;"">AVENTUREUX UTOPISTES</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>4</strong>. Le destin du lettré Nicolas Perron, passeur des cultures arabes</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Un traducteur au cœur de l’invention antéislamique française – 2. L’ambivalente réception française d’un <em>Voyage</em> arabe - 3. Refuge dans un Ailleurs définitif.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>5</strong>. L’Égyptophilie de Prisse d’Avennes : une mémoire des altérités</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Entre sentiment national et mémoire des Ailleurs - 2. Recueils, albums, revues : lieux d’une aménité orientale perdue - 3. Combattant de la mémoire vive</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>6</strong>. Louis Pierre Mouillard, aviateur utopiste au Caire et autres considérations aériennes</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. De la conversation aux oiseaux à une fraternité universelle - 2. Un aviateur cloué au sol - 3. Mémorial pour un romantique utopiste – 4 D’un imaginaire aérien.</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""> VOIX DE FEMMES</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>7</strong>. Le harem des voyageuses et des résidentes : un Ailleurs radical</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Voix féminines et silences éloquents - 2. Grande famille », violences et métissages - 3. Des « sorties en ville » à la fin du système.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>8</strong>. Le Voyage de Blanche Lee Childe ou les conservatismes à l’épreuve des altérités</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Une timide prise de conscience de la condition féminine - 2. L’acquiescement à l’esclavage féminin et masculin - 3. La fascination pour les conduites extatiques. </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;"">L’ORIENT FACE AUX EMPIRES</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>9</strong>. Les Voyageurs contre le tourisme et les résidents entre l’Orient rêvé et l’Égypte moderne (1882-1914)</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Débats autour du tourisme et de l’occidentalisation du pays - 2. Les choix des résidents lettrés : Jehan d’Ivray, Émile Bernard, Henri Thuile.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>10</strong>. Fondations d’une influence culturelle avant 1914 et discours des écrivains-voyageurs</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Contrer la perfide Albion grâce aux arts et aux Lettres : d’une influence éducative et morale - 2. Discours des voyageurs sur l’omniprésence des résidents européens - 3. Devant le nationalisme Jeune-Égypte.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>11</strong>. L’Égypte chrétienne dans le miroir des lettrés français </p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Une terre biblique et christique - 2. Créateurs et historiens devant les gnoses - 3. Les Coptes, nos frères ? - 4. Une terre de mission.</p><p> </p><p><strong>II.<em> Dans une Égypte plusieurs fois révolutionnée<br /></em></strong></p><p style=""text-align: center;""> <br /> L’ÉGYPTE DES SPIRITUALITÉS</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>1</strong>. L’Égyptologie littéraire des voyageurs et ses avatars <em>égyptosophiques</em> (1880-1970)</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Vers les remises en cause de l’<em>Itinéraire</em> - 2. Origines et continuité des époques : une rêverie raciologique - 3. Des rêveries fin-de-siècle à une é<em>gyptosophie</em> louxorienne en plein vingtième siècle.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>2</strong>. Valentine de Saint-Point, égérie de l’Orient arabe et musulman</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>3</strong>. René Guénon, <em>diaphane</em> au Caire</p><p style=""padding-left: 30px;""> 1. Une vie dans les marges urbaines - 2. Culte des morts et hagiographie - 3. La tragédie des cosmopolites.</p><p style=""text-align: center;""> CRITIQUES ET PROFESSEURS EN <em>MISSION</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><em> </em><strong>4</strong>. Voyageurs et résidents au service du « rayonnement » culturel français </p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Missions universitaires et culture en français - 2. Quelle survie pour la France littéraire ? Entre illusion lyrique et décolonisation culturelle.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>5</strong>. Une controverse littéraire d’époque : François Bonjean et Ahmed Deif dans l’entre-deux guerres</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Querelle de littérarité – 2 L’improbable autobiographie – 3. Émois dans le monde francophone du Caire.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>6</strong>. Étiemble et <em>Valeurs </em>à Alexandrie : l’Égypte et la France à la recherche d’elles-mêmes </p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Le combat culturel d’une <em>one-man</em> revue - 2. D’une réception contrastée - 3. Années de tension pour les « colonies étrangères » (1947-1948) - 4. Retours d’Égypte.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>7</strong>. « La Condition itinérante de l’homme dans le siècle » : les années égyptiennes de Gabriel Bounoure</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Porte-parole de la France littéraire dans un pays transformé - 2. La poésie au cœur dans l’Ailleurs incarné - 3. Intercesseurs poétiques d’Orient et d’Occident.</p><p style=""text-align: center;""> <em> VOYAGE </em>ET SÉJOURS : L’ENJEU DU CONTEMPORAIN</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>8.</strong><em> Voyage en Égypte</em> (1920-1958) : derniers feux</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Espaces investis et désinvestis : quelle Égypte ? - 2. Destins de la bohème et écriture des marges : Francis Carco, Panaït Istrati - 3. Contre-discours des résidents et écriture de l’histoire du <em>Voyage</em> 3. Vers un soutien politique : de Maurice Pernot à Roger Vailland - 4. Michel Butor ou la naissance par le génie du lieu égyptien.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>9</strong>. Se reparler après Suez : écrivains et intellectuels dans l’Égypte contemporaine</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Les années de fer (1956-1965) - 2. L’oiseau de Minerve et la mémoire - 3. Au défi des nouvelles modernités.</p><p> </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Destins des intermédiaires culturels : l’Égypte des Français, les Français d’Égypte</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><em>Bibliographie critique</em><br /><em>Index</em></p>";;10/03/2015;0;137X220;360;978-2-84292-425-6;9782842924256;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_608.jpg;"<p>De Volney à Simone de Beauvoir en passant par Gérard de Nerval, Valentine de Saint-Point, René Guénon, Étiemble, Michel Butor ou Roger Vailland, les voyages et les séjours des Français ont été nombreux dans l'Égypte libérale et plurilingue de la fin du XVIIIe siècle aux années 1960. Qu'ils aient été écrivains de vocation, jeunes professeurs, artistes, ingénieurs ou médecins, qu'ils aient voyagé comme expatriés institutionnels, émigrés, réfugiés ou exilés, leurs expériences ont transformé leur existance et leurs destins interculturels ont été souvent aventureux et riches de surprises.</p><p>Ces confrontations entre l'Orient contemporain et l'utopie rêvée d'un Ailleurs originel ont suscité des écrits aux formes multiples, qui constituent aujourd'hui un territoire nouveau et passionnant pour l'histoire littéraire française et francophone.</p><p> </p><p><em>Daniel Lançon est professeur de littérature à l’Université de Grenoble. Ses recherches portent sur les études francophones, les orientalismes littéraires, la poésie française contemporaine et littérature des voyages.</em></p>";;;542;22.00;"<p>Les études sont réalisées à partir des écrits d'écrivains-voyageurs, résidents français en Égypte.<br />Parmi ces acteurs, on trouve tour à tour des écrivains de vocation, de jeunes professeurs et penseurs, des artistes, des diplomates érudits, des ingénieurs, des médecins.<br />Si certains ont tenu le discours du « rayonnement » culturel de leur pays d’origine, d’autres ont joué un rôle non négligeable dans un champ intellectuel et artistique plurilingue, en lien avec des acteurs égyptiens. L’Orient, l’Égypte et ses mystères ont bien souvent motivé ces résidents, qui se sont retrouvés dans des positions d’intermédiaires culturels aux issues incertaines.</p>";;22/01/2015 14:15;0;Première édition;3640 609;2;3;13;Agir sur les vulnérabilités sociales;Les interventions de première ligne entre routines, expérimentation et travail à la marge;;;"<p>Grâce à des enquètes menées non pas sur, mais avec des travailleurs sociaux, cet ouvrage donne à voir très concrètement comment les vulnérabilités sociales circulent, se renforcent ou s'atténuent.</p>";"<p><strong>Introduction</strong></p><p> </p><p><strong>Partie I. Vulnérabilités en contexte</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">I.1. Agir sur les vulnérabilités sociales</p><p style=""padding-left: 30px;"">I.1.1. Enjeux de définition</p><p style=""padding-left: 30px;"">I.1.2. Risques, autonomie et vulnérabilité : les transformations de l’Etat social</p><p style=""padding-left: 30px;"">I.1.3. Les « premières lignes » à l’épreuve des reconfigurations de l’intervention sociale</p><p style=""padding-left: 30px;"">I.1.4. Pertinence d’une recherche située</p><p style=""padding-left: 30px;"">I.2. Voyages sur les terrains : contextes variés, enjeux communs</p><p style=""padding-left: 30px;"">I.2.1. Du questionnement au terrain</p><p style=""padding-left: 30px;"">I. 2.2. Objectiver les expériences : terrains et récits de pratiques</p><p style=""padding-left: 30px;"">I. 2.3. Travailler avec l’expression des intervenants : la méthodologie participative</p><p style=""padding-left: 30px;"">I. 2.4. Faciliter les échanges ? Malentendus, feedbacks et restitutions</p><p><strong> </strong></p><p><strong>Partie II. Figures et arcanes de l’intervention sur les vulnérabilités</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">II.1. Contexte</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.2. Routines</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.2.1. Qualifier les publics entre institution et expérience</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.2.2. Faire avec des catégories instables et surplombantes : précarité énergétique et renouvellement urbain</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.2.3. Pratiques et styles de communication</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.3. Expérimentation : des proximités revisitées</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.3.1. Postures décalées pour assurer une proximité de coopération</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.3.2. Une action intégrée au sein de la communauté</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.3.3. Une proximité relationnelle négociée sur l’espace public</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.4. Clivages et contradictions</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.4.1. Proximités « instrumentales »</p><p style=""padding-left: 30px;"">II. 4.2. Forces et faiblesses de l’hospitalité</p><p style=""padding-left: 30px;"">II.4.3. Des systèmes d’action sous tension</p><p><strong> <br /></strong></p><p><strong>Partie III. La vulnérabilité comme métaphore</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">III. 1. La nature circulatoire des vulnérabilités</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.1.1. Publics vulnérables, acteurs faibles</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.1.2. Précarisation des statuts et épuisement des intervenants</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.1.3. L’effet miroir</p><p style=""padding-left: 30px;"">III. 2. Les valeurs comme enjeux de luttes</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.2.1. Postures morales engagées en première ligne</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.2.2. Un système de valeurs orienté vers la reconnaissance des personnes et la recherche de justice</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.2.3. Enjeux éthiques, tactiques et paradoxes</p><p style=""padding-left: 30px;"">III. 3. Vulnérabilités, capacité d’agir et résistance : des relations dialectiques</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.3.1. Partage des incertitudes et reconnaissance mutuelle</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.3.2. Résistances et alliances citoyennes</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.3.3. Solidarisation et communauté</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.3.4. Création d’espaces intermédiaires</p><p style=""padding-left: 30px;"">III.3.5. La lutte pour la reconnaissance comme mobilisation</p><p> </p><p><strong>Partie IV. Les politiques sociales à l’épreuve des vulnérabilités</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.1 Re-conceptualiser les « vulnérabilités sociales »</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.1.1.Vulnérabilités d’hier et d’aujourd’hui</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.1.2. La requalification des vulnérabilités sociales</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.2 Une méthodologie multi-dimensionelle et innovante</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.3 Les nouvelles configurations de l’intervention sociale</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.3.1. Le défi de l’instabilité des cadres de l’agir</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.3.2. La conjugaison des vulnérabilités</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.3.3. Quand agir, c’est tenir</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.4 Les politiques sociales à l’épreuve de la vulnérabilité</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.4.1. Au loin, l’Etat</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.4.2. Les figures de la solidarisation</p><p style=""padding-left: 30px;"">IV.4.3. Activation, protections, accueil d’autrui : pour une éthique du lien social</p><p> </p><p><strong>Conclusion</strong><br /><br /> Bibliographie<br /> Index</p>";;10/03/2015;0;137X220;364;978-2-84292-423-2;9782842924232;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_609.jpg;"<p>Qu'est-ce qu'agir sur les vulnérabilités sociales ? Quelles stratégies, quelles valeurs, quelles alliances sont fabriquées, négociées ou rejetées ? Ce questionnement sociologique est mis à l'épreuve de sept terrains en France et en Autriche où sont engagées des interventions novatrices.</p><p>L'ouvrage écrit à plusieurs mains, se place au plus près du travail des « premières lignes » et analyse les contradictions d'un milieu où la volonté de bien faire se trouve confrontée aux injonctions du <em>new public management</em> et à la montée des insécurités sociales. L'élaboration d'espaces intermédiaires, l'ouverture de lieux communs de réflexion, l'engagement de luttes et d'expériences de solidarisation s'imposent comme autant de vois prometteuses pour dépasser les limites de politiques sociales rigides, tendant à se replier sur des impératifs gestionnaires.</p><p> </p><p><em>Michel Joubert est professeur émerite de sociologie à l'université Paris 8. Il est engagé dans des travaux de recherche-action sur la santé et sur les politiques de prévention des conduites à risque.</em><br /><em>Claire Lévy-Vroelant est professeure de sociologie à l'université Paris 8, où elle dirige le département de sociologie anthropologique.</em><br /><em> Christoph Reinprecht est professeur de sociologie à l'université de Vienne, et spécialiste des politiques sociales.<br /></em></p>";"<div><p><span>Introduction</span></p><p>Éclairer l’intervention sociale au prisme des vulnérabilités : le présent ouvrage rend compte d’une aventure dont l’ambition est apparue pleinement au fil de son déroulement. En prenant la vulnérabilité comme analyseur des interfaces ouvertes par l’intervention sociale, nous savions qu’il nous faudrait démontrer la pertinence d’une notion passablement décriée, tant par ceux qui la considèrent comme une manière d’euphémiser les inégalités et les logiques de domination que par ceux qui défendent une conception normative et administrée du travail social. Or, il est vite apparu que la plasticité même de la notion constituait un atout pour décrypter ce qui prenait place dans l’interface entre les intervenants que nous avons appelés les « premières lignes<span><a id=""footnote-311-1-backlink"">1</a></span> », et les personnes accompagnées. Parallèlement aux catégories renvoyant au ressenti des personnes perçues comme vulnérables, comme le mal-être, la souffrance psychique, le déficit d’estime de soi, de nouvelles lectures des enjeux de ces interventions sont apparues à ceux-là mêmes qui les conduisaient, avec la promotion de la reconnaissance et du respect, voire de l’<span>empowerment</span>, du<span> care</span>, des<span> capabilités. </span>L’usage commun de ces termes recouvrait cependant des acceptions très différentes, voire opposées, imposant un incessant travail de décryptage qui, à son tour, introduisait des significations nouvelles. Il est apparu finalement qu’à condition de la prendre dans son acception complète et double, de l’ouverture-blessure, marquant négativement l’expérience, à l’accueil d’autrui (Gaille et Laugier 2013), témoignant de l’acceptation de l’interdépendance, la notion de vulnérabilité permettait de dépasser les impasses générées par l’illusion de l’autonomie, et d’entrer de plain-pied dans la compréhension des enjeux et contradictions des relations d’intervention et d’accompagnement. Elle permettait aussi de ne pas isoler les personnes « vulnérables » des contextes dans lesquels la vulnérabilité se produisait et se manifestait. Elle permettait, enfin, de parler de l’agir dans ses aspects les plus ordinaires.</p><p>Car loin de se présenter comme un attribut fixe, ou de ne servir qu’à identifier des groupes cibles de l’action publique, la vulnérabilité s’est rapidement manifestée comme un élément de la situation d’interaction, obligeant à déplacer l’analyse vers les modalités concrètes de sa circulation entre les personnes. Dès lors, l’enjeu était de déchiffrer les processus et les ressorts de la production sociale des vulnérabilités en même temps que l’on identifiait, avec les intervenants eux-mêmes, et à partir de leur appréhension, les ressources mobilisées pour y faire face sur des scènes emblématiques. Adolescents et jeunes adultes évoluant dans des conjonctures sociales et économiques incertaines, et plus particulièrement exposés ou engagés dans des conduites dites à risque, sur des territoires précarisés, ces « quartiers prioritaires » de la politique de la ville ; personnes confrontées à des problèmes de logement, qu’il s’agisse de personnes à la rue, d’usagers de drogues, de personnes et ménages touchés par la « précarité énergétique<span><a id=""footnote-311-2-backlink"">2</a></span> » ou de ceux affectés par des opérations de relogement ; les personnes âgées isolées susceptibles de connaître des formes d’insécurité multiformes et destinataires de mesures spécifiques d’accompagnement : sur les sept terrains urbains étudiés, des formes de vulnérabilité à la fois sociale, environnementale et sanitaire faisaient l’objet d’interventions spécifiques qui supposaient un travail de décodage, de construction et d’appropriation de connaissances. Si nous avons centré l’observation et l’analyse sur les routines difficiles à verbaliser et à transmettre, sur les expérimentations sur le tas, sur les manières de faire en marge des guichets de protections généralistes, c’est parce qu’elles nous semblaient de nature à éclairer l’état du social dans ses transactions ordinaires. Enfin, sans naïveté face aux frustrations d’intervenants souvent empêchés de bien faire leur travail, voire eux-mêmes objets de maltraitance, et sans illusions quant aux causes structurelles de la pauvreté et de la privation économique, nous avons pris le parti d’identifier les leviers et les formes de capacitation des personnes, ainsi que les incidences de ces évolutions sur les compétences et les identités professionnelles.</p><p>Depuis deux décennies au moins, en effet, l’individualisation des logiques sociales et la généralisation des approches en termes de <span>new public management</span> appliquées au social transforment et remettent en cause les cadres et les instruments qui assuraient jusqu’ici la protection des plus défavorisés en termes de droits, de services, et plus généralement de solidarité. La place prise par les relations intersubjectives a crû tandis que la vulnérabilité et le besoin afférant de protection devenaient la trame commune de la condition d’un nombre grandissant d’individus. Dans le même temps, le développement et la diversification des proces­sus de vulnérabilisation et des situations de vulnérabilité ont placé les politiques publiques face à un triple défi : d’abord, la nécessité de prendre en compte de nouvelles problématiques sanitaires, territoriales et sociales, souvent transversales aux « publics cibles<span><a id=""footnote-311-3-backlink"">3</a></span> » ; ensuite, celle de promouvoir de nouvelles manières d’agir en révisant les catégories utilisées ; enfin, celle de reconsidérer la cohérence de leurs champs d’action, car si certains groupes identifiés et requalifiés de « vulnérables » font l’objet d’interventions explicites, d’autres demeurent invisibles ou oscillent d’un cadre de référence à l’autre. La sortie des dispositifs de protection touche aujourd’hui un nombre croissant de personnes, générant de nouvelles sources de précarisation. Aussi, tandis que les protections traditionnelles sont soumises à des impératifs d’adaptation, les conditions de la prévention et du maintien de l’inclusion sociale tendent de plus en plus à prendre forme en dehors des institutions ou du moins sur ses marges.</p><p>Ciblant ceux qui se trouvent confrontés en premier lieu et d’une manière très concrète à ces changements, la recherche a donc privilégié ces espaces-là, avec les acteurs de première ligne qui y agissent au quotidien. C’est ainsi que nous avons abordé des contextes urbains et institutionnels très différents, avec des dégradés d’intervention publique, du service de droit commun à l’associatif diffus de quartier. L’appréhension de la dimension territoriale est plus qu’une question de terrain. Il s’agissait à chaque fois de prendre la mesure de l’espace social et politique de référence des interventions engagées, de leur mode de prise en compte des contextes locaux, au-delà des vulnérabilités spécifiques à des individus ou à des groupes, et des interactions qui pouvaient s’engager avec d’autres acteurs du quartier ou de l’extérieur. Par ailleurs, la comparaison entre les terrains français prend tout son sens dans le contexte des inégalités territoriales, mais aussi dans la mise en évidence des convergences et des évolutions. C’est tout l’intérêt également du cas viennois montrant, au-delà des différences, des convergences avec les terrains français : on y voit précisément comment développement social et privatisation des services sociaux marchent de pair, avec des effets sur l’accompagnement des personnes et sur le confort au travail des intervenants.</p><p>Sur tous les terrains nous avons identifié et choisi des « scènes de vulnérabilité » contrastées faisant varier les types d’acteurs (intervenants, publics visés), les lieux institués (accueil au guichet, lieux dédiés, réunions d’équipes), les espaces publics (intervention dans la rue, au cœur de la communauté de vie) ou privés (visites à domicile). Les configurations d’intervention variaient également en fonction des stratégies et des finalités qui s’y trouvaient engagées, dont les plus significatives étaient la prévention, la réduction des risques et le soutien moral et social associé, dans des proportions variables, aux injonctions au changement.</p><p>Du point de vue méthodologique, l’originalité de la démarche a résidé dans l’association de disciplines différentes : sociologie, psychosociologie, anthropologie, urbanisme, mais aussi et surtout dans l’association, à tous les stades, des intervenants eux-mêmes dans une démarche collaborative. La seconde ambition de cette recherche a été, en effet, de relever le pari de la co-construction des connaissances par la circulation des expériences et la confrontation des idées<span><a id=""footnote-311-4-backlink"">4</a></span>. Une fois les partenariats acquis, l’enjeu était de créer les conditions d’une approche transversale, et d’éviter l’écueil des discours détachés des pratiques quotidiennes. Deux agencements de travail ont été mis en place : des ateliers de photo-langage permettant d’ouvrir des espaces d’énonciation, et un film doublant la recherche, à la fois comme moyen de restitution et comme outil d’échange<span><a id=""footnote-311-5-backlink"">5</a></span>. L’objet même de la recherche commandait une telle approche. En effet, les transformations de l’action publique concernent très directement les intervenants qui connaissent des problèmes de professionnalité et de cadrage de leur champ d’action. Parmi les valeurs qui leur servent de référence, certaines sont en voie d’épuisement tandis que d’autres émergent ou se renouvellent. Soutenues par ces valeurs, les méthodes d’intervention se trouvent également bousculées. Certains <span>credo</span> sont remis en cause : on débat sur l’empathie, les émotions, les seuils d’accès, les alliances, la communauté. Plus largement, on réinterroge la proximité, condition pour renouer des liens appropriés avec les personnes vulnérables éloignées des institutions, tandis que la montée des tendances gestionnaires, nées de la raréfaction des moyens et des influences néo-libérales<span><a id=""footnote-311-6-backlink"">6</a></span>, impose paradoxalement un ordre managérial servant une culture de l’évaluation et du résultat.</p><p>La recherche a organisé le débat, avec les acteurs, sur le sens qu’ils donnaient à leur travail, et sur leurs manières tant de composer avec des impératifs paradoxaux que d’ouvrir des alliances et des perspectives de changement. Elle a fait apparaître des constantes et des variations significatives qui permettent d’appréhender les tendances et les contradictions de l’action publique, sur le plan des valeurs mobilisées comme sur celui des luttes de position dans lesquelles les acteurs sont engagés. Elle s’inscrit dans une période particulière, la fin de la première décennie du <span>xxi</span><span>e</span> siècle qui a fait entrer les politiques sociales dans une ère nouvelle. La réforme des retraites, la reprise du système RMI puis sa conversion en RSA et, plus généralement, avec la révision générale des politiques publiques, l’accélération des lois de décentralisation et des logiques de délégation de missions de service public à des organismes de droit privé, sans compter les arbitrages supranationaux, ont profondément modifié la donne. Les stades par lesquels l’intervention sociale passe restent caractéristiques de la reconfiguration du champ d’action relatif au traitement des vulnérabilités sociales, et contribuent à clarifier la portée des changements engagés.</p><p>Quatre années se sont écoulées depuis les premières investigations, mais les résultats présentés sont plus que jamais au cœur de l’actualité. La nature circulatoire des vulnérabilités, le rôle des valeurs comme enjeux de luttes, éclairent la dynamique entre vulnérabilité, capacité d’agir et résistance. Rien ne permet de conclure à une issue stabilisée de cette dynamique, qui renvoie au contraire à une conjonction préoccupante et paradoxale articulant l’extension des vulnérabilités sociales à de nouvelles couches sociales avec l’exacerbation des difficultés vécues par les plus précaires. Qu’il s’agisse des personnes et des groupes soutenus, ou des intervenants eux-mêmes, une série de recompositions traversent, encore discrètement, le champ social. Tout indique qu’il faut aller voir de près ce qui se trame dans ces interfaces emblématiques des changements en cours et, ce faisant, contribuer à la réflexion sur la reconfiguration des politiques de prévention et de protection, ainsi que sur les processus ordinaires de réduction des vulnérabilités.</p><p>C’est ce que nous avons essayé de faire dans les pages qui suivent.</p><p>La première partie de l’ouvrage s’intéresse aux enjeux de définition qui ont traversé toute la recherche et justifient le choix de mobiliser la notion de vulnérabilité moyennant explicitation de ses contextes d’usage. L’analyse des stratégies d’action mises en œuvre sur les différents terrains fait l’objet de la seconde partie, avec la mise en évidence de trois formes principales traçant les grandes tendances de l’agir : les routines, les expérimentations, les agencements hybrides et conflictuels. Les points forts résultant de ces analyses sont repris dans la troisième partie, où l’on voit tout l’avantage d’avoir identifié la nature circulatoire des vulnérabilités : remettant au centre la relation, enjeu des engage­ments et des solidarisations, l’analyse du travail des premières lignes dévoile ainsi, à travers le décryptage de nouvelles configu­rations de l’intervention sociale, le caractère éminemment politique de l’agir sur les vulnérabilités. La nécessité d’ouvrir des espaces intermédiaires y est défendue dans un contexte fortement fragilisé par l’instabilité des cadres de l’agir. Une meilleure intelligibilité des limites de politiques sociales à la fois trop rigides et faiblement solidaires, n’en est que plus nécessaire. Cet ouvrage tente d’y contribuer.</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-311-1""> 1</a>. Parce qu’elle nous semble propre à indiquer l’exposition des acteurs concer­nés, nous ferons dans la suite du texte un usage sans guillemets de cette expression.</p></div><div><p><a id=""footnote-311-2""> 2</a>. La « précarité énergétique » fait partie de ces notions dont l’usage pose problème, dans la mesure où elles doivent leur existence à des politiques publiques qui les construisent comme catégorie d’action. La catégorie « préca­rité énergétique » ne répond pas nécessairement à une expérience identifiée comme telle, ni par les publics, ni par les travailleurs sociaux en charge de son traitement. Dans sa thèse intitulée <span>Ethnographier la précarité énergétique : au-delà de l’action publique, des mises à l’épreuve de l’habiter</span> soutenue le 12 septembre 2014 à l’EHESS (Marseille), Johanna Lees explique combien il a été difficile de se départir de ces guillemets de précaution. Néanmoins, comme pour d’autres termes dont la construction répond à des logiques similaires (voir note de bas de page suivante), nous en ferons autant dans la suite de l’ouvrage.</p></div><div><p><a id=""footnote-311-3""> 3</a>. La question du et des public(s) est depuis longtemps travaillée par les sociologues. Dans une acception courante, le terme de publics, au pluriel, désigne d’abord les destinataires de productions à caractère culturel. Dans le langage administratif et du travail social, il s’emploie pour circonscrire un groupe destinataire d’une mesure particulière. Nous le reprenons par la suite sans guillemets pour ne pas alourdir le texte, y compris dans les expressions telles que « publics en difficulté », sans toutefois souscrire aux généralisations qu’il opère. Voir pages suivantes, et le point « II.1.1 ».</p></div><div><p><a id=""footnote-311-4""> 4</a>. Le dernier livre de Patricia Paperman, Care<span> et sentiments</span>, insiste sur la place de cette dimension dans le renouvellement de la « manière de produire des connaissances qui intègrent des protagonistes qui en seraient normalement absents, qui élargit son public, lui rend des comptes et revendique son caractère politique » (Paperman 2013 : 58).</p></div><div><p><a id=""footnote-311-5""> 5</a>. L’équipe des chercheurs a été formée à la technique des ateliers de photo-langage (ou <span>workshops</span> plus loin dans le texte) par SHM-Londres. En bref, les personnes sont amenées à réagir, individuellement ou collectivement, sur la base d’une série d’images et d’une question associée. Les énoncés sont recueillis le plus précisément possible par les chercheurs et soumis à une séquence d’analyse ultérieure, collaborative ou non. <span>Paroles d’intervenants</span> est le film de 22 minutes réalisé en parallèle de la recherche par Nicolas Spengler de l’Atelier Mémoires Images et Sons (PAL, 2011). Sa portée est à la fois documentaire et épistémologique : la recherche, et tout particulièrement les moments d’échange que constituaient les ateliers de photo-langage, ayant été filmés, des <span>rushes</span> sélectionnés servaient de support aux discussions organisés avec les intervenants.</p></div><div><p><a id=""footnote-311-6""> 6</a>. Nous ne sommes pas sans savoir que ce terme devenu polysémique est l’objet de controverses. Nous l’utiliserons ici et dans la suite de l’ouvrage dans une acception assez commune, pour laquelle le néo-libéralisme, privilégiant un principe de liberté indifférent aux inégalités, est une manière de faire primer les logiques marchandes sur la justice sociale.</p></div></div></div>";;530;21.00;"<p>Critiqué pour son appui qu’il apporterait à l’ordre social, ou au contraire loué pour l’attention qu’il donne aux plus démunis, le travail social est souvent l’objet d’approches qui ne rendent pas compte de sa réalité quotidienne. Se placer au plus près du travail des « premières lignes » permet de saisir ses ombres et ses lumières.</p><p>Cet ouvrage contribue à rendre intelligibles les paradoxes et contradictions d’un milieu où la volonté de bien faire son travail se trouve confrontée aux injonctions du <em>new public management</em> (améliorer le rapport coût/efficacité du service) et à la montée des insécurités sociales. Il pointe également l’extraordinaire richesse de certaines des expériences engagées qui portent en germe de nouvelles manières d’intervenir dans le champ social.</p>";;22/01/2015 14:20;0;Première édition;3104 610;1;3;34;Dispositif(s) dans l'art contemporain;N°20/2015;;;"<p>Exposition, publications, sites web, etc., <em>Marges</em> s'interroge sur ces nouveaux formats de présentation et sur leur capacité à affecter le spectateur.</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : « Dispositif(s) dans l’art contemporain » </strong></p><p><strong>Angélica Gonzalez</strong><br /> « Le dispositif : pour une ntroduction »</p><p><strong>Umut Ungan</strong><strong><br /> </strong>« Le dispositif pictural selon Jean-François Lyotard. Conditions d'une analogie »</p><p><strong>Anaël Lejeune</strong><strong><br /> </strong><em>« In the Realm of the Carceral</em>. Robert Morris et le pouvoir disciplinaire<strong> »</strong></p><p><strong>Emeline Jaret</strong><br /> « Les dispositif à l’œuvre chez Philippe Thomas : l’exemple de <em>AB</em> (1978-1980) »</p><p><strong>Svitlana Kovalova</strong><br /> « Êtres vivants, dispositifs et sujets : rôle et la place du spectateur dans les œuvres de Rafael Lozano-Hemmer » </p><p> <strong>Julien Verhaeghe</strong><strong><br /> </strong>« De l’appareil contemporain au dispositif cartographique »</p><p><strong>Clémence Imbert</strong><br /> « Un dispositif dans le dispositif. Les expositions de design graphique contemporain »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p><strong>Sophie Lapalu</strong><strong><br /> </strong><em>« Following Piece</em> : l'a posteriori du dispositif indiciel »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretien</strong></p><p><strong>Angelica Gonzalez</strong><br /> « Edgar Guzmanruiz : <em>Germania</em>, le fantôme d'un héritage inconfortable »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> Edgar Guzmanruiz</strong></p><p> </p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p>";;10/04/2015;20;155X220;192;978-2-84292-424-9;9782842924249;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_610.jpg;"<p> </p><p><strong>« Le dispositif dans la peinture selon Jean-François Lyotard. Conditions d’une analogie »</strong><br />Umut Ungan</p><p>L’article analyse le dispositif pictural tel qu’il a été élaboré par Jean-François Lyotard dans sa communication en 1972, « La peinture comme dispositif libidinal » et décrit les mécanismes de l’objetivation de la psychanalyse pour sa pensé concernant la peinture.<strong><em> </em><em> </em><em> </em><em><br /><br />« In the Realm of the Carceral</em></strong>. <strong>Robert Morris et le pouvoir disciplinaire »</strong><br />Anaël Lejeune<br />L’intérêt de Robert Morris pour la pensée de Michel Foucault remonte au début des années 1970. Il trouve l’une de ses expressions les plus manifestes dans sa série de dessins, <em>In the Realm of the Carceral</em> (1978), inspirée par la lecture de <em>Surveiller et Punir</em>. Nous souhaitons suggérer comment la fréquentation des écrits du philosophe français au cours de cette décade a conduit Morris à renégocier un certain nombre de thèmes liés à la question du corps, enjeu majeur de sa première production minimaliste et à leur donner une inflexion politique.<strong><br /><br />« Following Piece : l’a posteriori du dispositif indiciel »</strong><br />Sophie Lapalu<br />Une fois par jour, durant vingt-trois jours, Vito Acconci choisit au hasard une personne dans la rue pour la suivre jusqu’à ce qu’elle entre dans un lieu privé. Mais quelle invitation fut faite aux spectateurs ? Following Piece (1969), irréductible à l’appréhension traditionnelle d’une œuvre, ne fut pas perçue par un public lors de son accomplissement. <br />Nous nommons « dispositif indiciel » l’ensemble hétérogène de lettres, photos, panneaux produit par l’artiste afin de rendre publique l’action privée. Nous nous référerons à la sémiotique de Charles Senders Peirce pour saisir le fonctionnement de ce dispositif, inscrit dans une double relation : avec ce qu’il (re)présente d’une part, et ses récepteurs d’autre part.<strong><br /><br />« Les dispositifs à l’œuvre chez Philippe Thomas : l’exemple de AB (1978-1980) »</strong><br />Émeline Jaret<br />L’appropriation du terme de « dispositif » par le milieu artistique, récurrente à partir de la fin des années 1970, coïncide avec la formulation de sa définition par Michel Foucault, reprise et commentée de nombreuses fois par la suite. Cette étude se propose d’interroger son utilisation par l’un de ces artistes : Philippe Thomas (1951-1995), figure symptomatique d’une génération d’artistes français qui émerge à la fin des années 1970. L’exemple choisi est celui d’AB, œuvre protéiforme développée entre 1978 et 1980 par Philippe Thomas, qu’il qualifie précisément de dispositif dans ses notes. À partir de cette œuvre et d’un pointage systématique des occurrences de ce terme dans les archives de l’artiste pour la période de 1977 à 1980, cette étude propose de confronter les utilisations de la notion de dispositif par Philippe Thomas avec sa définition historique et ses prolongements théoriques. Cela, afin de comprendre dans quelles mesures, chez Philippe Thomas, cette notion participe à l’élaboration d’un discours théorique sur l’art dont elle sert d’appui. <br /><br /><strong>« Les êtres vivants, les dispositifs et les sujets : le rôle et la place du spectateur dans les œuvres de Rafael Lozano-Hemmer » </strong><br />Svitlana Kovalova<br />Alpha Blend. Shadow Box 7 et Autopoiesis de Rafael Lozano-Hemmer mettent en question le rôle du dispositif dans l’art contemporain. Ces œuvres se font avec et pour le spectateur : il est à la fois leur sujet, une partie de leur dispositif et un être vivant. Le dialogue « homme-machine» s’y transforme en un dialogue du spectateur avec sa propre image, qui lui est renvoyée par la machine, ce qui fait que l’analyse du dispositif en termes de pouvoir passe au second plan.<br /><br /><strong>« De l’appareil contemporain au dispositif cartographique »</strong><br />Julien Verhaeghe<br />De quelle façon un dispositif artistique se réfère-t-il au monde contemporain ? Quel lien tisser entre les dispositifs d’exposition et les dispositifs « structurels » énoncés par Michel Foucault ? Nous constatons dans nombre de pratiques artistiques contemporaines la volonté non tant de se porter sur le terrain de l’œuvre-objet mais sur celui des lectures stratifiées, complexes et multidimensionnelles. En nous appuyant en particulier sur les installations de Harun Farocki et de Thomas Hirschhorn, il s’agit alors d’envisager une logique de représentation qualifiée de cartographique. Celle-ci ne décrit pas seulement l’utilisation par les artistes de la carte, elle renvoie davantage à un mode de fonctionnement. Ces « dispositifs cartographiques », dans leur faculté à incarner les structures complexes de nos sociétés réticulaires, sont sans doute ce qui permet de figurer au mieux les aspérités du monde dans lequel nous vivons. <br /><br /><strong>« Un dispositif dans le dispositif. Les expositions de design graphique contemporain »</strong><br />Clémence Imbert<br />Que se passe-t-il lorsque le design graphique est exposé ? A partir de l’exemple offert par les expositions des avant-gardes (Bayer, Moholy-Nagy) et par les toutes dernières expositions de graphisme présentées en France l’an dernier, nous analyserons, à la lumière de la notion de dispositif, les différentes configurations que peut prendre la relation du design graphique et de son exposition. <br /><br /><br /><br /></p>";"<div><p><span>Ce numéro de </span><span>Marges</span><span> est l’occasion d’interroger le fonctionnement des dispositifs dans le champ de l’art contemporain, leur opérativité stratégique et les effets qu’ils induisent dans la manière dont sont perçues et interprétées les œuvres. Ces questions se posent d’autant plus à l’heure où les dispositifs d’exposition prolongent les dispositifs plastiques jusqu’à adopter des formes inédites. Les modalités de présentation cherchent alors à faire vivre au spectateur une expérience esthétique renouvelée. Les dispositifs mis en œuvre, de même que leur capacité à affecter le spectateur, conduisent de fait à un grand nombre d’interrogations. Peut-on dire que les dispositifs expositionnels trahissent les œuvres ? Uniformisent-ils leur présentation ? Imposent-ils une norme artistique ou bien sont-ils un nouvel outil créatif pour les artistes ? Ces dispositifs sont-ils atemporels ou bien correspondent-ils à des périodes particulières de l’histoire ? Comment les institutions tirent-elles parti de tels dispositifs pour promouvoir leurs expositions ? Et d’ailleurs, s’en servent-elles uniquement comme d’outils de médiation ? La médiation, au sens général, peut-elle être vue comme un ensemble de dispositifs de capture du spectateur ? L’utilisation des dispositifs technologiques déforme-t-elle le regard du spectateur par rapport à l’œuvre ? L’introduction que nous livre Angelica Gonzalez permet de revenir sur ces points et les textes que nous publions dans la suite du numéro cherchent à répondre à ces questions à partir d’exemples spécifiques.</span></p><p><span>Le premier texte, dû à Umut Ungan, s’intéresse au traitement du dispositif pictural chez Jean-François Lyotard et à la manière dont cet auteur le conçoit comme une combinaison d’éléments sélectionnés. Les positions de Lyotard sont mises en relation avec celles de théoriciens de sa génération.</span></p><p><span>Anaël Lejeune, retrace quant à lui l’influence de la question du dispositif, propre à Michel Foucault, dans le travail des années 1970 de Robert Morris, en particulier dans la série de dessins </span><span>In the Realm of the Carceral</span><span>. Cette influence conduit Morris à reconsidérer la place du corps au sein de ses œuvres en y ajoutant une dimension politique.</span></p><p><span>Le texte suivant, d’Émeline Jaret, part d’</span><span>AB</span><span>, l’une des premières séries produites par Philippe Thomas, un artiste ayant beaucoup fait appel à des dispositifs dans son travail. La question du dispositif apparaît d’abord de manière assez littérale, au travers d’interventions spatiales où l’œuvre ne peut être vue sans un lien à des formes de médiation (implicites ou explicites) ; ensuite en considérant l’ensemble de sa pratique comme relevant de fictions déclinées dans des dispositifs complexes mêlant création, monstration, collection et mettant en doute les positions traditionnelles au sein du système de l’art.</span></p><p><span>Le quatrième texte de Svitlana Kovalova aborde la question du dispositif dans sa dimension plus technique, voire technologique, à travers l’exemple de trois œuvres de Rafael Lozano-Hemmer : </span><span>Alpha Blend</span><span>, </span><span>Shadow Box 7</span><span> et </span><span>Autopoiesis</span><span>. Les œuvres de cet artiste mettent en effet constamment l’accent sur la relation entre l’œuvre et le spectateur, cherchant à « piéger » celui-ci dans le moment même de sa rencontre : le dialogue « homme-machine » s’y transformant en un dialogue du spectateur avec sa propre image.</span></p><p><span>Le texte suivant concerne les pratiques de Thomas Hirschhorn et d’Harun Farocki. Julien Verhaeghe revient sur une œuvre de ce dernier qui avait fait sensation à la Documenta en 2007, </span><span>Deep Play</span><span>, où l’artiste avait créé un dispositif de présentation faisant écho aux dispositifs de saisie utilisés pour filmer et analyser un match de football. En s’intéressant aux installations d’Harun Farocki et de Thomas Hirschhorn, il s’agit d’envisager une logique de représentation qualifiée de cartographique — laquelle ne décrit pas seulement l’utilisation par les artistes de la carte comme motif, mais renvoie davantage à un mode de fonctionnement.</span></p><p><span>Le dernier texte de ce dossier adopte une perspective plus générale. Clémence Imbert aborde la question de l’exposition du design graphique en mettant en lumière la complexité d’une telle opération, laquelle met en jeu une grande variété de dispositifs scénographiques. Les expositions des avant-gardes (Bayer, Moholy-Nagy) y sont évoquées, ainsi que les toutes dernières expositions de graphisme présentées en France en 2013-2014.</span></p><p><span>Un texte en varia, dû à Sophie Lapalu, s’interroge sur </span><span>Following Piece</span><span> — l’une des œuvres les plus célèbres de Vito Acconci — et la manière dont cette œuvre a fait l’objet d’une reprise sous la forme de documentation dans le contexte muséal. Les frontières parfois floues entre œuvre et document ou entre expérience et récit d’expérience font l’objet de son étude, au travers de la notion de « dispositif indiciel » — lequel désigne l’ensemble hétérogène des lettres, photos, panneaux produits par l’artiste afin de rendre publique son action.</span></p><p><span>Nous présentons également un entretien d’Angelica Gonzalez avec Edgar Guzmanruiz, un artiste et architecte ayant travaillé à partir du projet Germania mené par Adolf Hitler et Albert Speer dans le Berlin des années de guerre. Un portfolio de ses œuvres est également présenté. Quelques comptes rendus d’expositions complètent enfin ce numéro.</span></p><p><span> </span></p><p><span>Jérôme Glicenstein - avril 2015</span></p></div>";"<p><strong>""The “dispositif ” in painting according to Jean-Fra</strong>nç<strong>ois Lyotard. Conditions of an analogy""</strong><br />Umut Ungan<br />The article analyses the pictorial dispositif developed by Jean-François Lyotard in his communication in 1972, “Painting as a libidinal dispositif” and describes the objectification mechanisms of the psychoanalysis for his thinking about painting.<strong><em><br /><br />""In the Realm of the Carceral</em>. Robert Morris and disciplinary power""</strong><br />Anaël Lejeune<br />As soon as 1970, American artist Robert Morris showed a keen interest in Michel Foucault’s thinking. One of its most vivid expressions lies in his series of drawings, <em>In the Realm of the Carceral </em>(1978), inspired by the reading of <em>Discipline and Punish</em>. I would like to suggest how the reading of Foucault’s writing during this decade helped Morris to renegotiate a number of issues related to the body, a theme deeply at stake in his early minimalist works, and to give them a political turn.<strong><br /><br />“Following Piece: the Afterthought of an Indiciary Device”</strong><br />Sophie Lapalu<br />Once a day, during twenty three days, Vito Acconci chooses at random a person in the street to follow her until she enters into a private place. But what invitation was made to the spectators? Following Piece ( 1969 ), irreducible to the traditional apprehension of an art work, was not perceived by a public during its fulfillment. 
The heterogeneous group of letters, photos, panels produced by the artist in order to make public the private action is named an “index device”. We will refer at the Charles Senders Peirce’s semiotics to try to seize the functioning of this device, which is in a double relation: with what he ( re )presents on one hand, and his receivers on the other hand.<strong><br /><br />« Devices at work in Philippe Thomas’ Work : the Example of AB (1978-1980) »</strong><br />Émeline Jaret<br />From the end of the 1970s, artistic circles' recurrent appropriation of the term “dispositif” coincided with the definition formulated by Michel Foucault, repeated and discussed on numerous occasions thereafter. This study sets out to question it's use by one of these artists: Philippe Thomas (1951 – 1995), an emblematic figure of a generation of French artists emerging at the end of the 1970s. The example chosen is AB, a protean work developed between 1978 and 1980 by Philippe Thomas, which he precisely defines as a dispositif in his notes. From this work and a systematic survey of the occurrences of the term in the artist's archive between 1977 and 1980, this study aims to confront Philippe Thomas' uses of the notion of a dispositif with its historical definition and theoretical repercussions. The study will aim to understand to what extent this notion is involved in elaborating a theoretical discourse on the art that it supports. <br /><br /><strong>“The living beings, the devices and the subjects: the role and the place of the spectator in Rafael Lozano-Hemmer's works”</strong><br />Svitlana Kovalova<br />Alpha Blend. Shadow Box 7 and Autopoiesis by Rafael Lozano-Hemmer change the perception of the device in contemporary art. These works are made with and for the spectator: he is at the same time their subject, a part of their device and a human being. The « human-machine » dialogue is transformed into a dialogue of the spectator with a picture of himself which is sent back by the machine. Studying this device just in terms of power is therefore no longer topical.<br /><br /><strong>« From Contemporary Apparatus to a Cartographic Device » </strong><br />Julien Verhaeghe<br />How an artistic device refers to the contemporary world? What relationship develops between the exhibition devices and the ""structural"" devices stated by Michel Foucault? We see in many contemporary artistic practices the will not to stand on the ground of works seen as an item, but on the stratified, complex and multidimensional readings. In particular, focusing on the installations of Harun Farocki and Thomas Hirschhorn, we can consider a mode of representation that can be said cartographic. It not only describes the use by artists of the maps, it refers more to a mode of operation. These ""map devices"" in their ability to embody the complex structures of our reticular societies, are probably allowing us to figure the world in which we live in.<br /><br /><strong>“A Device within the Device. About Exhibitions of Contemporary Graphic Design” </strong><br />Clémence Imbert<br />What happens to graphic design when it is exhibited ? Looking up at some examples of exhibitions by the avant-gardes (Bayer, Moholy-Nagy) and the latest graphic design exhibitions held in France last year, we will address the concept of « dispositif » (apparatus) in relation to graphic design and its exhibition. <br /><br /></p>";290;15.00;"<p>Aujourd’hui, on assiste à une transformation considérable des formats de présentations des œuvres - exposition, publications, sites web etc. Par exemple, l’aspect du <em>design</em> d’exposition est de plus en plus important, au point que le contenu semble presque passer en arrière-plan. Si pendant la période moderne les éléments muséographiques semblaient, en apparence, transparents et neutres ; aujourd’hui, les dispositifs d’exposition prennent des formes inattendues et plus spectaculaires. Ces aspects visuels cherchent à faire ressentir au spectateur une véritable expérience esthétique. <em>Marges</em> a décidé de s'interesser à ces nouveaux dispositifs de présentation de l’œuvre [nouvelles formes de chorégraphie spatiale ou de décor de théâtre] et sur leur capacité à affecter le spectateur.</p>";;22/01/2015 14:30;1;Première édition;3675 611;2;3;33;À bas l'égoïsme, vive la mutualité;Histoire de la Mutuelle des Artistes et des Professionnels du Spectacle (1865-2011);;;"<p>Premier ouvrage consacré à la Mutuelle des Artistes et Professionnels du Spectacle (MAPS), créée en 1865.</p>";"<p><em>Préface par Jean-Claude Yon<br />Avant-propos – </em>Pierrot a le droit d’être fier</p><p> </p><p><strong><em>Introduction</em> – La maps : une des pièces manquantes du puzzle de l’histoire de la protection sociale des artistes </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les différentes organisations collectives des artistes interprètes <br /> La pièce manquante du puzzle de l’histoire des organisations collectives <br />Une organisation résolument différente des autres </p><p style=""text-align: center;""> <br /> <strong>La longue lutte des artistes de café-concert pour la respectabilité artistique et la dignité sociale de leur métier</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’imprévisible réussite de l’Association des artistes dramatiques <br />Une adhésion réservée aux théâtres et aux genres distingués<br /> Grands théâtres, spectacles de curiosités et genres inférieurs <br />Du café chantant au café-concert : la professionnalisation des chanteurs <br />Beuglants, bouis-bouis et autres établissements de basse catégorie et de prostitution <br />Le combat de Charles Joseph Alozar Lorge pour la liberté artistique et la respectabilité du café-concert </p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""> <strong> La création d’une association de prévoyance des artistes de café-concert</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">1865 : la création de l’Union des artistes lyriques des cafés-concerts, un premier acte d’insertion sociale <br />Jules Pacra, portrait du président fondateur <br />21 mars 1881 : le printemps de l’Association de prévoyance des artistes lyriques <br />Le parrainage de Victor Hugo <br />1890 : la création de la Société de secours mutuels des artistes lyriques <br />La création de l’Union syndicale des artistes lyriques <br />Mutuelle et syndicat : des chemins qui se séparent progressivement </p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Les maisons de retraite des artistes interprètes : la vie de château pour les anciens</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La maison de retraite de Pont-aux-Dames : un château pour les vieux comédiens <br />Le combat de Dranem <br />La vie de château pour les « chemineaux de la chanson » </p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Le poids d’un héritage</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Rester fidèle aux valeurs fondamentales tout en évoluant avec son temps <br />Café-concert, music-hall, variétés : la mutuelle accompagne l’évolution des genres artistiques <br />1945-1960 : les années de la reconstruction<br /> Les années 1970 : valoriser l’idée de « famille du spectacle » <br />1970-1980 : le poids du château <br />Confier la gestion de la maison de retraite à un organisme spécialisé <br />Vendre le château sans perdre l’âme de la mutuelle <br /><br /><br /></p><p><strong><em>Conclusion</em> – L’histoire de la maps : l’histoire d’un entêtement 
 à exister</strong></p><p><em>Postface par Jean-Jacques Hocquard</em><br />Inscrire les valeurs fondamentales dans la durée</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le temps des regroupements et de la professionnalisation des mutuelles du spectacle vivant <br />Préserver l’identité de mutuelle professionnelle de la culture <br /><br /></p><p><em>Annexes</em><em><br />La MAPS en image</em><em><br />Bibliographie</em><em><br />Références et crédits photographiques<br />Index</em></p>";;10/09/2015;0;170X240;192;978-2-84292-428-7;9782842924287;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_611.jpg;"<p>La Société de secours mutuel des artistes lyriques a été créée en 1881 pour venir en aide aux artistes ou professionnels du spectacle qui n’étaient ni comédiens de théâtre ni chanteurs d’opéra. Son histoire n’avait jamais encore été écrite et révèle les exclusions, les cloisonnements et les rivalités du monde du spectacle pendant plus d’un siècle. Cette organisation nouvelle, devenue en 1992 Mutuelle des artistes et professionnels du spectacle, a œuvré à la reconnaissance sociale des artistes des cafés-concerts, souvent méprisés comme simples fantaisistes, et a apporté des réponses concrètes à leurs besoins. Elle a contribué, plus largement, à faire avancer la lutte pour la dignité et la protection sociale de l’ensemble des professionnels des salles de spectacle.<br /><br /></p><p><em><strong>Marie-Ange Rauch</strong><strong> </strong>est maître de conférence et codirectrice du département Théâtre à l’Université Paris 8, Vincennes-St-Denis</em></p>";;;534;20.00;"<p>L’histoire de la Mutuelle des artistes et professionnels du spectacle – n’avait jamais encore été écrite. En effet, elle bouscule la représentation quelque peu mythifiée que les milieux artistiques ont d’eux-mêmes, qui voudrait que toutes les parties s’entendent au sein d’une grande famille dont les membres seraient différents, mais toujours solidaires. Marie-Ange Rauch montre comment l’émergence d’une nouvelle mutuelle est révélatrice d’une exclusion, des disparités, des rivalités et des cloisonnements du monde du spectacle. Il s’agit d’expliquer en quoi cette organisation nouvelle, apportant des réponses concrètes aux artistes des cafés concerts, a contribue à faire avancer la lutte pour la reconnaissance, la dignité et la protection sociale de l’ensemble des artistes interprètes.</p>";;19/02/2015 09:32;1;Première édition;3089 612;2;3;18;Éclats de temps;Musique, danse, peinture, poésie;;;"<p>Les temps de la création et de la réception des œuvres d'art ne coïncide jamais avec celle du quotidien. Le plaisir, le questionnement, l'émerveillement, tient à une expérience singulière d'instants marquants.</p>";"<p><strong>Christian Doumet</strong><br />« Pire qu’un événement »</p><p class=""tdmpartie"" style=""text-align: center;"">I. Temporalités bouleversées</p><p><strong>Jean-Michel Rey</strong><br />Un certain retard</p><p><strong>Laurent Zimmermann</strong><br />La littérature comme fantôme</p><p class=""tdmpartie"" style=""text-align: center;"">II. Le jeu des œuvres</p><p><strong>Jérôme Game</strong><br />Hubert Lucot ou l’écriture de la durée</p><p><strong>Martine Créac’h</strong><br />Franck Venaille dans les souterrains d’Allemonde : questions de temps</p><p class=""tdmpartie"" style=""text-align: center;"">III. Les temps des œuvres</p><p><strong>Christian Doumet</strong><br />En partant d’une fausse citation de Pierre Jean Jouve sur Wozzeck<strong></strong></p><p><strong>Estelle Jacoby</strong><br />Le temps feuilleté de la danse</p><p class=""tdmpartie"" style=""text-align: center;"">IV. Un temps après le temps</p><p><strong>Laure Coret</strong><br />Écrire après</p><p><strong>Françoise Davoine</strong><br />La folie d’Aby Warburg, une recherche : de la forme survivante à l’art de la survie</p><p class=""tdmauteur""><br />Notices</p>";;10/05/2015;0;137X220;130;978-2-84292-429-4;9782842924294;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_612.jpg;"<p>Certaines œuvres - de Van Gogh, de Rimbaud, d'Antonin Artaud, de Lucinda Childs - font irruption dans l'histoire à la manière d'un coup de tonnerre, ou d'un <em>éclat de temps</em>. Il s'agit à chaque fois de rompre avec un monde constitué pour en créer d'inconnus, et le mot d'« esthétique » ne suffit pas à rendre compte de ce qui soudain affecte l'ordre du temps. Il faut s'attacher alors à considérer cette rupture elle-même, sa puissance de diffraction, de démultiplication, ses éclats.</p><p>Partant de Pierre Reverdy, de Pierre Jean Jouve, de Franck Venaille ou d'Aby Warburg, les analyses ici rassemblées explorent cette substance complexe, striée, somme toute insaisissable qui nous constitue pour un temps : celui de la lecture, de la contemplation, de l'audition. Et si nous reconnaissons volontiers dans cette substance une part enfouie de notre essence, c'est qu'elle renoue en profondeur avec la discontinuité même de notre être-au-monde.</p><p><em><br />Christian Doumet, professeur de littérature française à l'université Paris 8 et membre de l'Institut universitaire de France, a publié des fictions, des livres de poèmes, des essais sur la musique et sur la poésie.</em><br /><em>Laurent Zimmermann, maître de conférences à l'université Paris 7 Denis-Diderot, directeur de la revue</em> Textuel <em>et membre du comité de rédaction de la revue</em> Po&sie, <em>est spécialiste de poésie et de théorie littéraire.</em></p>";"<div><p>« Pire qu’un événement »</p><p>Christian Doumet</p><p>Dans une longue et admirable analyse partagée entre philosophie et mathématiques, Jean-Toussaint Desanti tenta un jour de rendre compte d’un événement décisif à maints égards dans le cours de sa vie : l’arrestation des enfants juifs, à laquelle il lui fut donné d’assister un matin de juillet 1942, place du Panthéon à Paris. « Ce jour-là j’avoue avoir entendu cette voix lointaine que je croyais enterrée : c’était un désir de meurtre ; tuer, tuer, non pour punir, ni pour venger mais afin seulement que cela se sache que tout n’est pas permis contre des innocents<span><a id=""footnote-341-1-backlink"">1</a></span>. » Entendre une voix est peut-être le signe. L’un des signes possibles. Mais peu importe, au fond, la manière dont on est soudain saisi : seule compte la violence d’un coup porté à la consistance du sujet, et de cet <span>arrêt</span> qui vient fendre le temps. Les réflexions auxquelles aboutit, chez Desanti, l’analyse engagée par un tel saisissement concernent les ruptures et les discontinuités temporelles dans leur plus grande généralité. Et c’est en quoi elles nous importent, au seuil d’un ensemble d’études qui ont pour thème le temps non linéaire.</p><p>Le problème que pose Desanti tient à la cohabitation apparemment pacifique de deux temporalités incompatibles : celle de la durée continue, et celle de l’acte projeté (celui du meurtre), destiné à la rompre. Nulle lacune, en effet, dans le cours du temps, pour celui qui assiste à la rafle des enfants. Aucune rupture objective dans son existence : tout pourrait continuer <span>comme si de rien n’était</span>. « Il reste cependant que “quelque chose”, qui se passe dans le monde et selon son cours, inscrit le sujet dans le présent avec cette marque d’absolue discontinuité qui le rend, pour ainsi dire, absent du cours usuel de sa propre histoire<span><a id=""footnote-341-2-backlink"">2</a></span>. » Le temps n’est tout simplement <span>plus donné</span>, et la force d’une telle expérience suffit à la signaler comme un révélateur existentiel : d’un même mouvement se dissipent en effet l’évidence du continu et la paisible consistance du sujet, sa simple aptitude à dire « je ».</p><p>On retrouvera, dans les essais qui suivent, plus d’une relation établie entre les violences de l’histoire et des œuvres (notamment à propos de la guerre d’Algérie vécue par Franck Venaille). C’est que l’art, en tant qu’il participe de ce que Desanti nomme encore « le symbolico-charnel », est le domaine par excellence où s’éprouvent les discontinuités du temps. Peut-être les œuvres ne sont-elles, d’un certain point de vue, que des projections, ou des reflets, dans l’ordre symbolique et charnel qui leur est propre, de ces discontinuités qui tranchent le cours de l’histoire. Cependant, lorsque Artaud écrit que « chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement<span><a id=""footnote-341-3-backlink"">3</a></span> », il va plus loin encore, situant dans l’espace du tableau le lieu même de la rupture temporelle dont l’énigme d’un <span>pire</span> indique au moins la radicalité. On touche là aux limites d’une logique dont apparaît aisément le caractère aventureux : n’y a-t-il pas quelque abus de langage à identifier le temps des œuvres à celui des tragédies de l’histoire ? Et le mot de « discontinuité » n’est-il pas, dans un tel rapprochement, l’objet d’une confusion où nous induit le temps commun ?</p><p>Assurément, certaines œuvres (celle de Van Gogh, par exemple) paraissent faire irruption dans l’histoire à la manière d’un coup de tonnerre ou d’un éclat dans le temps – comparaisons fréquemment utilisées pour décrire ce singulier absolu dont elles portent parmi nous la trace. Mais s’il en est ainsi, justement, s’il est vrai qu’il s’agit chaque fois de rompre vraiment avec un monde constitué pour en créer d’inconnus, le mot d’<span>esthétique</span>, dans ses acceptions fixées par l’usage depuis le <span>xviii</span><span>e</span> siècle, ne suffit plus à rendre compte de ce qui soudain affecte l’ordre du temps. « <span>Pire</span> qu’un événement », le coup de pinceau du peintre ? La seule façon d’entendre l’expression serait de l’élargir à tout ce par quoi l’œuvre déborde l’événementialité, ouvre d’autres territoires de représentation dans l’ordre de la pensée et de la sensation, comme de l’éthique ou de la politique.</p><p>Dans le <span>pire-qu’un-événement</span> des œuvres ou, plus largement, des dispositifs artistiques, il importera donc de voir autre chose que le remous événementiel du temps. Des ruptures d’un autre ordre qui invitent à reconsidérer, au cœur de l’expérience temporelle, des teneurs, des textures et des qualités plus que des formes. Des polyphonies et des entrelacements plus que des linéarités. C’est à quoi s’attachent les études qu’on va lire. Partant de Reverdy, de Jouve, de Venaille ou de Warburg, entre autres, elles explorent cette substance complexe, striée, somme toute insaisissable qui, <span>pour un temps</span>, nous constitue. Et cette substance, si nous sommes si bien disposés à l’accueillir, si nous y reconnaissons volontiers une part enfouie de notre essence, et comme un peu notre terroir temporel, c’est que sans doute, loin de rompre, elle renoue au contraire en profondeur avec la discontinuité même de notre être-au-monde.</p><p>Je suis parti d’un événement historique et de l’analyse qu’en donna Desanti. J’y reviens sans perdre de vue les œuvres : c’est qu’à lire <span>Un destin philosophique</span>, on comprend de quelle nature fut l’ébranlement, ce matin de juillet 1942 où un philosophe assista, impuissant, à la scène de l’insoutenable. Affectif, certes, et éthique, et politique tout à la fois. Mais ces retentissements-là resteraient limités à l’espace d’un <span>destin</span> personnel, justement, s’ils ne convergeaient pas dans l’œuvre que nous lisons, et qui, du simple fait que nous en soyons les destinataires, prend valeur d’exemplarité. Un livre, un tableau (Van Gogh), un opéra (<span>Wozzeck</span>) sont des convergences. Les temps dont ils sont tissés restent divisés en leur sein (rien de plus étranger au monde de l’art que la concordance des temps) et par là, exemplaires de l’inachevable vérité des choses. Absentés soudain « du cours usuel de [notre] propre histoire », nous n’entrons certes pas dans le chaos et l’indifférenciation, mais dans un temps critique (le grec <span>krinein</span> signifie « rompre, couper ») dont peu à peu se révéleront les valeurs sensibles. Pire qu’un événement, oui, cet accès à l’instable où la vérité ne tient plus à des formulations objectivantes, mais à l’effet durable d’une tension, au climat d’une aventure.</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-341-1""> 1</a>. Jean-Toussaint Desanti, <span>Un destin philosophique</span>, Paris, Hachette Littératures, « Pluriel », 2008, p. 152.</p></div><div><p><a id=""footnote-341-2""> 2</a>. <span>Ibid</span>., p. 181.</p></div><div><p><a id=""footnote-341-3""> 3</a>. Antonin Artaud, <span>Van Gogh le Suicidé de la société</span>, dans <span>Œuvres complètes</span>, tome XIII, Paris, Gallimard, 1974, p. 45.</p></div></div></div>";;204;17.00;;;12/03/2015 16:34;0;Première édition;3668 613;2;3;16;Pascal Quignard;La littérature à son Orient;;;"<p>On sait la place que tiennent, à des titres divers, la Chine et le Japon dans l’œuvre de P.Quignard, et notamment leurs écritures et leurs littératures. C'est le premier ouvrage qui aborde cette question.</p>";"<p>Le plus profond, le plus lointain<br /><em>Christian Doumet </em></p><p><em> </em>Le mot littérature est sans origine<br /><em>Pascal Quignard </em></p><p><em> <br /> </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. L’ordre du texte</strong></p><p>L’ode de Pascal Quignard<br /><em>Midori Ogawa </em></p><p><em> </em>La fascination de l’incompréhensibl<em>e<br />Christian Doumet <br /> </em><br />Pascal Quignard et Lycophron : l’art d’un traduire paradoxal<em><br />Bénédicte Gorrillot </em></p><p><em> </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. L’ordre de l’art </strong></p><p>La (dé)figure de l’artiste<em><br />Keling Wei <br /> </em></p><p>Réécriture du conte ? Ou de la latence du genre<br /><em>Eberhard Gruber </em></p><p>Écrire avec les mots des morts<br /><em>Mireille Calle-Gruber </em></p><p><em> <br /> </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. La part des êtres et des choses</strong></p><p>La part du chien :<br />des esprits animaux dans l’œuvre de Pascal Quignard<em><br />Michaël Ferrier </em></p><p>L’homme et l’animal dans l’imaginaire de Pascal Quignard<em><br />Yann Mével </em></p><p><em> </em>Pascal Quignard et la liste des commissions <br /> <em>Thierry Maré </em></p><p>La cueillette du sens<em><br />Vincent Giraud </em></p><p>Récit-récital : <em>Femme disant adieu<br />Récit : Pascal Quignard ; piano : Kaoru Hakata </em></p><p><em> <br /></em></p><p>Présentation des auteurs</p><p>Bibliographie chronologique<br /> des œuvres de Pascal Quignard</p>";;10/06/2015;0;137X220;224;978-2-84292-427-0;9782842924270;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_613.jpg;"<p>L’œuvre de Pascal Quignard est traversée par le sentiment d’un essentiel dépaysement. Associant des textes extrêmement éloignés, rapprochant des formes de pensée étrangères les unes aux autres, elle réveille et révèle « la violence décontextualisante du langage ». L’Orient extrême y est une constante discrète, fondée principalement sur un goût pour les écritures idéographiques, et tout ce qu’elles impliquent dans l’ordre de la connaissance et de la pensée : l’obscurité du sens, la densité de l’expression, une sagesse et un art de vivre, indissociablement unis, chez ce grand vivant, dans la saveur de l’instant, le sens de la minutie, du silence des choses autant que des royaumes fabuleux et de leurs récits épiques.<br />Lorsque Pascal Quignard s’embarque en direction du soleil levant, c’est avec l’œil neuf, érudit et inventif à la fois qu’il emploie à parcourir tous les textes. La Chine, le Japon ne sont pour lui rien d’autre que des pages couvertes de signes indéchiffrables, beaux comme des jardins.</p><p> </p><p><em>Christian Doumet est écrivain et professeur de littérature française à l’université Paris IV, membre de l’Institut universitaire de France. <br />Midori Ogawa est professeur de littérature française et comparée à l’université de Tsukuba (Japon).</em></p>";;;292;19.00;;;12/03/2015 16:45;0;Première édition;4027 614;1;3;27;Langues d'Angleterre;Au delà du bilinguisme - N°68/2015;;;"<p>L'Angleterre était au Moyen Âge une terre de multilinguisme, et l'anglais y coexistait avec bien d'autres langues : avant tout le latin et le français, mais aussi l'hébreu ou les langues celtiques et scandinaves.</p>";"<p>Introduction<strong><br /><br /></strong>Les langues de l’Angleterre médiévale : au-delà du bilinguisme<br /><strong>Alban Gautier et Jean-Pascal Pouzet <br /><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le beau français d’Angleterre. Altérité de l’anglo-normand et invention du bon usage<br /><strong>Christopher Lucken </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Peut-on parler de judéo-anglo-normand ? Textes anglo-normands en écriture hébraïque<br /><strong>David Trotter</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">John Gower ou le multilinguisme en action<br /><strong>Aude Mairey </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le déclin du multilinguisme dans <em>The Boke of Noblesse</em> et son Codicille de William Worcester<strong><br />Catherine Nall et Daniel Wakelin</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p><strong> </strong></p><p><em>Les livres de Jean Durand († 1416), « physicien » et astrologue</em><em> </em><em><br /></em><strong>Donatella Nebbiai</strong></p><p>En prévision des vieux jours : les personnes âgées à Montpellier à la fin du Moyen Âge<br /><strong>Lucie Laumonier</strong><em> </em></p><p><em> </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>POINT DE VUE</strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><p>Procès politiques : une manie française ?<strong><br />François Foronda</strong></p><p>Monnaie, valeur et cotoyenneté chez Olivi et Eiximenis : « moralisation de l'économie » ou « économie politique » médiévale ?<strong><br />Clément Lenoble<br /></strong></p><p><strong> </strong></p><p><em>-Notes de lecture</em></p><p>Paolo Piva (dir.), <em>Art médiéval. Les voies de l’espace liturgique</em> (Pierre-Olivier Dittmar) ; Franck Thénard-Duvivier, <em>Images sculptées au seuil des cathédrales. Les portails de Rouen, Lyon et Avignon (XIII<sup>e</sup>-XIV<sup>e</sup> siècles) </em>(Iliana Kasarska) ; Valentina Toneatto, <em>Les Banquiers du Seigneur. Évêques et moines face à la richesse (IV<sup>e</sup>-début du IX<sup>e</sup> siècle)</em> (Vito Loré) ; Léonard Dauphant, <em>Le Royaume des quatre rivières. L’espace politique français (1380-1515) </em>(Boris Bove) ; Bruno Dumézil, <em>Servir l’État barbare dans la Gaule franque. Du fonctionnariat antique à la noblesse médiévale (IV<sup>e</sup>-IX<sup>e</sup> siècle)</em> (Martin Gravel) ; Jacques Dalarun, <em>Bérard des Marses (1080-1130), un évêque exemplaire. Avec la traduction française introduite et commentée de sa Vie et de ses miracles </em>(Grégory Combalbert) ; Emmanuelle Vagnon, <em>Cartographie et Représentations de l’Orient méditerranéen en Occident (du milieu du XIII<sup>e</sup> à la fin du XV<sup>e</sup> siècle) </em>(Alfred Hiatt) ; Patrick Gautier-Dalché (dir.), <em>La Terre. Connaissance, représentations, mesure au Moyen Âge </em>(Hélène Noizet) ; Martin Nejedlý, <em>Středověký mýtus o Meluzíně a rodová pověst Lucemburků</em> [<em>Le mythe médiéval de Mélusine et la légende familiale des Luxembourg</em>] (Nicolas Richard)</p><p><em>-Livres reçus</em></p>";;10/06/2015;68;160X240;220;978-2-84292-430-0;9782842924300;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_614.jpg;"<p><em>David Trotter</em><strong><br />Peut-on parler de judéo-anglo-normand ? Textes anglo-normands en écriture hébraïque</strong></p><p>L’article passe en revue les témoignages (limités) d’écrits liés à la communauté juive d’Angleterre entre la Conquête normande et l’expulsion de 1290. Les textes sont de trois types : 1. Des <em>starrs</em>, documents juridiques rédigés en anglo-normand et qui ne présentent que très peu de différences avec les textes comparables de caractère administratif et juridique rédigés en anglo-normand en dehors de la communauté juive ; 2. des gloses, en alphabet latin, sur des textes hébreux et 3. des textes anglo-normands (qui sont aussi des gloses) en caractères hébraïques : seuls ces derniers correspondent à ce que l’on entend aujourd’hui par « judéo-français ». La documentation anglo-normande est très limitée mais elle fournit néanmoins des renseignements sur les contacts entre juifs et chrétiens. Les documents anglo-normands sont ainsi à la fois une pièce à ajouter au puzzle des textes romans en écriture hébraïque, et un élément du paysage plurilingue de l’Angleterre médiévale.</p><p> </p><p><em>Christopher Lucken</em><strong><br />Le beau français d’Angleterre. Altérité de l’anglo-normand et invention du bon usage</strong></p><p>Il existe un topos dans les textes français et anglais du Moyen Âge : le français parlé en Angleterre serait un « faux français », une langue de mauvaise qualité par rapport au français de France. La critique moderne a suivi ce stéréotype : l’anglo-normand a longtemps été vu comme un dialecte déficient et artificiel. C’est pourtant en Angleterre qu’apparaissent les premiers textes grammaticaux décrivant une norme de la langue française, sur le modèle des grammaires latines. Les protestations topiques des auteurs anglo-normands concernant la rudesse de leur langue coexistent du même coup avec l’enseignement normé du français dans les écoles anglaises : alors que l’anglais semble réservé aux <em>laboratores </em>et se « popularise », un français réputé « de France » y devient un équivalent du latin, langue normée et policée. C’est à la constitution de ce « beau français » au sein du contexte trilingue de l’Angleterre qu’est consacrée cette étude.</p><p> </p><p><em>Aude Mairey</em><strong><br />John Gower ou le multilinguisme en action</strong></p><p>John Gower (v. 1330-1408) est le seul poète anglais de la fin du Moyen Âge dont on peut être certain qu’il ait composé son œuvre dans les trois langues principales alors en usage en Angleterre – le français, l’anglais et le latin – de manière tout à fait consciente, comme en témoignent ses trois principaux poèmes, la <em>Vox Clamantis </em>(latin), le <em>Mirour de l’Omme</em> (français) et la <em>Confessio Amantis</em> (anglais). Ainsi est-il le représentant exceptionnel d’une période où une réflexion à visée réformatrice s’exprime dans le cadre d’un système de communication encore caractérisé par son multilinguisme.</p><p> </p><p><em>Catherine Nall et Daniel Wakelin</em><strong><br />Le déclin du multilinguisme dans <em>The Boke of Noblesse</em> et son Codicille de William Worcester</strong></p><p>Le traité politique en prose de William Worcester, <em>The Boke of Noblesse</em>, achevé en 1475, est accompagné d’un « codicille » réunissant des informations et des documents historiques. Dans le Codicille, le <em>code-switching</em> entre le latin, le français et l’anglais reflète certes les langues documentaires et la pratique ordinaire, mais il suggère aussi un certain nombre de difficultés face à cette forme commune de multilinguisme au milieu du xv<sup>e</sup> siècle. Quant au traité en prose, il met en évidence ses sources latines mais refuse de citer ses sources françaises dans la langue originale, révélant une certaine malaise à l’égard du français comme langue productrice d’écriture dans l’Angleterre de la fin du xv<sup>e</sup> siècle. Alors que le français et le latin étaient d’un usage courant dans l’administration des territoires anglais de France au cours la Guerre de Cent Ans, et bien que des livres dans les deux langues aient continué à être lus par des anglophones tout au long du xv<sup>e</sup> siècle (et même plus tard), l’œuvre de Worcester révèle des tensions sous-jacentes au cœur du multilinguisme, laissant présager la préférence croissante pour l’anglais comme langue d’écriture dans les années suivantes.</p><p> </p><p><strong>Essais et recherches<br /><br /></strong></p><p><em>Donatella Nebbiai</em><strong><br />Les livres de Jean Durand (<strong>† </strong>1416), « physicien » et astronome</strong></p><p>Jean Durand, chanoine de Notre-Dame, fut médecin et astronome. Titulaire de la première bourse pour l’enseignement de l’astrologie à Paris sous Charles V, il fut le « physicien » de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Un inventaire après décès de ses biens, découvert aux Archives nationales (S 851 B, n° 4), permet de reconstituer sa biographie et son cadre de vie. La liste des livres ouvre la perspective d’un milieu raffiné, qui au-delà des intérêts professionnels, cultive la littérature en langue vernaculaire et apprécie la culture historique.</p><p><em><br />Lucie Laumonier</em><strong><br />En prévision des vieux jours : les personnes âgées à Montpellier à la fin du Moyen Âge</strong></p><p>L’histoire de la vieillesse et des personnes âgées à la fin du Moyen Âge s’appuie surtout sur l’analyse des textes et constitue encore principalement une histoire de leurs représentations, plus qu’une étude de leur place dans la société. À travers les nombreuses sources de la ville de Montpellier, cette recherche vise à définir la vieillesse au regard des archives de la pratique, d’y saisir et d’y évaluer la présence des personnes âgées, de comprendre quelles alternatives leur sont offertes pour prévoir leurs vieux jours et d’identifier les obstacles qu’elles rencontrent éventuellement au cours de ce processus. Deux variables principales semblent peser sur l’organisation de la fin de vie : la présence ou l’absence d’une parenté sur laquelle se reposer et le niveau de richesse de l’individu. De la personne âgée aisée et entourée à l’individu pauvre et isolé se déclinent de multiples situations, témoignage des différentes de manières de vieillir dans un centre urbain méridional à la fin du Moyen Âge.</p><p> </p><p><strong>Points de vue<br /><br /></strong></p><p><em>François Foronda</em><strong><br />Procès politiques : une manie française ?</strong></p><p><em>Clément Lenoble</em><br /><strong>Les discours sur la monnaie et la valeur d’Olivi et Eiximenis : « moralisation de l’économie » ou « économie politique » médiévale ?</strong></p>";;"<p><em>David Trotter</em><strong><br />Is there such a Thing as Judeo-Anglo-Norman ? Anglo-Norman Texts in Hebrew Script</strong></p><p>The article reviews the limited evidence for writings associated with the Jewish community in England between the Conquest and the expulsion of the Jews in 1290. The texts are of three types : 1. <em>starrs </em>or legal documents, written in Anglo-Norman and displaying very limited divergence from other comparable administrative/legal documents in Anglo-Norman ; 2. Romanalphabet glosses to Hebrew texts and 3. Anglo-Norman texts (in fact, glosses) in Hebrew characters. Only the last conform to the definition now generally accepted of « Judeo-French ». The Anglo-Norman textual evidence is very limited but it nevertheless provides information about Jewish-Christian contact. The Anglo-Norman documents are thus at once a piece in the jigsaw of Romance texts in the Hebrew alphabet, and an element in the multilingual landscape of medieval England.</p><p> </p><p><em>Christopher Lucken</em><strong> </strong><br /><strong>The Beautiful French of England. Otherness of Anglo-Norman and Invention of the “bon usage”</strong></p><p>There is a recurrent topic in medieval French and English texts : that the French spoken in England is a “false French”, a language of poor quality compared to the French of France. Modern criticism has followed this stereotype : Anglo-Norman is seen as an artificial and deficient dialect. It was however in England that the first grammatical texts appeared that described a standard version of the French language based on the model of Latin grammars. The protestations of Anglo-Norman authors concerning the primitive nature of their language co-existed with the teaching of a standard version of French in English schools. Thus while English seemed to be reserved for the <em>laboratores</em> and was more and more “popular”, a version of French reputed to be “of France” became the equivalent of Latin, a standardized and controlled language. The constitution of this “beautiful French” in the context of trilingual England is the subject of this study.</p><p> </p><p><em>Aude Mairey</em><br /><strong>John Gower or Multilingualism in Action</strong></p><p>John Gower (c. 1330-1408) is the only English poet of the late Middle Ages who may be known for certain to have composed his works in the three main languages then used in England – French, English and Latin – in a very conscious way, as testified by his three major poems, <em>Vox Clamantis</em> (in Latin), <em>Mirour de l’Omme</em> (in French) and <em>Confessio Amantis</em> (in English). This makes him an exceptional representative of a period in which reforming ideas were expressed within the frame of a communication system still characterized by its multilingualism.</p><p> </p><p><em>Catherine Nall et Daniel Wakelin</em><strong><br />The Decline of Multilingualism in <em>The Boke of Noblesse</em> and its Codicil by William Worcester</strong></p><p>This essay considers William Worcester's prose political treatise <em>The Boke of Noblesse</em> and its accompanying codicil of historical information and documents. It argues that the codeswitching in the codicil between Latin, French and English on the one hand reflects documentary languages and their ordinary usage but on the other hand suggests that there were difficulties with this common kind of multilingualism by the mid-fifteenth century. Next, the essay argues that the prose treatise, which makes clear its Latin sources but refuses to cite its French sources in the original language, bears witness to unease about French as a language for active composition by the late fifteenth century. Although French and Latin were in active use for the administration of French territories during the Hundred Years War, and although books in these languages continued to be read by English-speaking people throughout the fifteenth century (as later), Worcester’s work reveals underlying tensions in multilingualism, which foreshadow the growing preference for English as the language of writing in the years to come.</p><p> </p><p><strong>Essais et recherches</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p><em>Donatella Nebbiai</em><strong><br />Jean Durand’s books (<strong>† 1416), physician and astronomer</strong></strong><strong> </strong></p><p>Jean Durand, canon of Notre-Dame, was a physician and an astronomer. Physician of Philippe le Hardi, duke of Burgundy, he was also the first recipient of a fellowship dedicated to the teaching of astrology by Charles the Fifth in Paris. A post-mortem inventory of his personal belongings recently discovered at the Archives nationales (S 851 B, n°4), permits to reconstitute his biography and living environment. Beyond the professional interests, his list of books does open the perspective of the sophisticated environment of the King’s court, promoting the literature in vernacular language and historical culture.</p><p><em><br />Lucie Laumonier</em><strong><br />Preparing for Old Age : The Elderly in Montpellier at the End of the Middle Ages</strong><strong> </strong></p><p>Late medieval history of old age and of the elderly relays mainly on texts analysis and remains a history of their representations, more than a study of their place within the society. Based on many sources from the city of Montpellier, this paper aim to define old age in the archival document, to evaluate the presence of the elderly, to understand in which ways they can plan their old days, and to identify the limitations they face in this process. Two elements seem to influence the organization of old days: having or not family members to relay on, and the socioeconomic background of each individual. From the rich elderly surrounded by family, to the poor and lonely ones, many situations can be declined that all evocate the different ways of ageing in city at the end of the Middle Ages.</p><p> </p><p><strong>Points de vue</strong></p><p><strong><br /></strong></p><p><em>François Foronda</em><strong><br />Procès politiques : une manie française ?</strong></p><p><em>Clément Lenoble</em><br /><strong>Les discours sur la monnaie et la valeur d’Olivi et Eiximenis :« moralisation de l’économie » ou « économie politique » médiévale ?</strong></p>";376;20.00;;;12/03/2015 17:06;0;Première édition;3386 619;1;3;34;Manifestes;N°21/2015;;;"<p><em></em>« Nous déclarons qu’il faut mépriser toutes les formes d’imitation et glorifier toutes les formes d’originalité »<br /> (<em>Manifeste des peintres futuristes</em>, 11 avril 1910)</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : « Manifestes »</strong></p><p><strong>Raphaël Jaudon</strong><br />« Comprendre les manifestes du cinéma moderne : Vers une définition contemporaine du politique »</p><p><strong>Carlos Tello</strong><br />« Quand l’écran manifeste. La Nouvelle vague et Dogme95 »</p><p><strong>Ewelina Chwiejda</strong><br />« Et l’Europe sera étonnée… de Yael Bartana — entre manifeste esthétique et esthétique du manifeste »</p><p><strong>Anne Le Tallec</strong><br />« Quand l’exégèse d’un texte lui confère un statut manifeste »</p><p><strong>Viviana Birolli</strong><br />« Manifestes à la carte : Serpentine Gallery Manifesto Marathon (2008) »</p><p><strong>Vincent Prieur</strong><br />« Le squat d’artistes comme manifeste social et artistique »</p><p style=""text-align: center;""> <strong>Varia</strong></p><p> <strong>Eric Lynch</strong><br />« Nathalie Quintane : “Nous”, le peuple »</p><p><strong>Sophie Lapalu</strong><br />Entretien avec Daniel Foucard</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p><strong>g.u.i. </strong></p><p> </p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p>";;10/10/2015;21;155X220;192;978-2-84292-441-6;9782842924416;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_619.jpg;"<p><strong>« Comprendre les manifestes du cinéma moderne : vers une définition contemporaine du politique »</strong><br />Raphaël Jaudon<br />Si les films modernes sont pour la plupart demeurés à l'écart de l'engagement politique, ce n'est pas le cas des nombreux manifestes qui les ont accompagnés. Il faut lire dans cet écart la marque d'une politisation détournée, inadéquate aux catégories de la pensée partisane de l'époque. À partir de cette situation inédite, cet article propose trois pistes d'analyse, qui sont autant de modalités d'identification du politique au cinéma.<br /><br /><strong>« Le manifeste à l’écran : entre la Nouvelle Vague et Dogme 95 »</strong><br />Carlos Tello <br />En s’intéressant à La Nouvelle Vague et à Dogme 95, cet article dresse les portraits de deux différents manifestes cinématographiques. Le concept de manifeste est conçu sous une acception élargie et polymorphe, et comprend non seulement la déclaration écrite, pour Dogme 95 ; mais aussi des cas atypiques comme un article de presse et un film, pour la Nouvelle Vague. En soutenant l’idée selon laquelle le manifeste constitue le cœur de ces mouvements, nous y proposons une analyse de ces deux façons d’interpréter le métier de réalisateur et leur contexte historique, mais aussi de réagir.<br /><br /><strong>« Quand l’exégèse d’un texte lui confère un statut manifeste »</strong><br />Anne Le Tallec<br />Allan Sekula, Martha Rosler, Fred Lonidier et Phel Steinmetz constituent un groupe de photographes actifs à San Diego de 1969 à 1977. Échappant à toute codification, ce groupe s’envisage comme un groupe de travail plutôt que comme un collectif artistique. Pourtant, Sekula rédige en 1976 un texte aux airs de manifeste qu’une analyse contemporaine de l’historien de l’art confirme comme le manifeste d’un groupe l’autorisant à intégrer l’Histoire de l’art sous le nom de Nouveau Documentaire Social. <br /><br /><strong>« Et l’Europe sera étonnée… de Yael Bartana — entre manifeste esthétique et esthétique du manifeste » </strong><br />Ewelina Chwiejda <br />L’article se focalise sur le projet socio-artistique de Yael Bartana Et l’Europe sera étonnée… comme une sorte de manifeste artistique et politique particulier. L’œuvre de l’artiste israélienne, abordant la question complexe des relations judéo-polonaises d’après-guerre, constitue un mélange très original d’esthétique du manifeste, d’esthétique totalitaire et de kitsch. Le mouvement constant de significations et l’ambiguïté inscrits dans chaque partie de ce projet, qui ont beaucoup contribué à la grande popularité de l’œuvre, mais aussi incité des critiques ardentes, seront également l’objet de cette étude. <br /><br /><strong>« Manifestes à la carte : Serpentine Gallery Manifesto Marathon (2008) »</strong><br />Viviana Birolli<br />Organisé en 2008 par Hans Ulrich Obrist et Julia Peyton-Jones, le Serpentine Gallery Manifesto Marathon voit soixante-dix personnages du monde de la culture se confronter avec l’idée d’un manifeste pour le XXIème siècle. L’article s’interroge à la fois sur le statut de cette manifestation et sur les cinquante-deux manifestes lancés dans l’espace de dix-huit heures, proposant quelques axes critiques pour aborder les évolutions récentes du manifeste artistique – entre performance et réflexion, action et rétroaction.<br /><br /><strong> « Les squats d’artistes comme manifeste social et artistique »</strong><br />Vincent Prieur <br />Le mouvement des squats d’artistes, qui se développe depuis le début des années 80 dans le contexte du foncier rare et cher des grandes métropoles françaises, prend la forme d’un manifeste social et artistique en multipliant discours et actions revendicatives. A l’écart des réseaux marchands, c’est avec peu de moyens que les artistes-squatters installent et gèrent des espaces de vie, de création et de diffusion artistiques, ouverts à l’expérimentation. Le succès de ces lieux alternatifs suscite l’intérêt des institutions culturelles qui légalisent les occupations temporaires de certains collectifs.<br /><br /><strong>« Nathalie Quintane : “Nous”, le peuple »</strong><br />Eric Lynch <br />Dans ses livres Tomates (2010) et Les années 10 (2014), Nathalie Quintane aborde la thématique de la politique et emploie une forme littéraire proche de l’essai. Ceci marque un tournant chez une poète qui a témoigné à une certaine ambivalence envers la théorie et l’écriture explicitement politique. Nous nous interrogeons sur les modes critiques employés par Quintane et ses débats avec Jean-Luc Nancy autour de la notion de la communauté et Jean-Paul Curnier autour de la question du peuple. <br /><br /><br /><br /></p>";;"<p><strong>“Understanding modern cinema manifestos: towards a contemporary definition of the political”</strong><br />Raphaël Jaudon<br />If modern cinema largely kept clear of political commitment, this neutrality does not apply to the manifestoes that came with it. Such a gap should be read as the sign of a distorted politicization, which does not match the categories of thought of partisan politics. The present article thus aims at answering this unprecedented situation with three hypotheses, which are also three modalities of identification of a political discourse in cinema.<br /><br /><strong>“The manifesto on the screen : between The New Wave and Dogma 95”</strong><br />Carlos Tello<br />By focusing on The New Wave and Dogma 95, this article presents the portraits of two different cinematographic manifestos. The concept of manifesto is designed as a broad and multifaceted sense, and includes not only the written statement, for Dogma 95; but also atypical cases such as a newspaper article and a film, for The New Wave. By supporting the idea that the manifesto is the heart of these movements, we will offer an analysis of these two ways of interpreting the director’s work and their historical context, but also to react. <br /><br /><strong>“When the exegesis of a text confers upon it the status of a manifesto”</strong><br />Anne Le Tallec<br />Allan Sekula, Martha Rosler, Fred Lonidier and Phel Steinmetz form an active group of photographers in San Diego from 1969 to 1977. Escaping any codification, this group considered himself as a working group rather than an artistic collective. Yet Sekula wrote in 1976 a text that sounds like a manifesto that the today’s analysis of the art historian confirmed as an artistic manifesto. This intervention authorizes the group to enter into the History of Art under the name of New Social Documentary. <br /><br /><strong>“And Europe will be astonished… of Yael Bartana —between an esthetic manifesto and a manifesto esthetics” </strong><br />Ewelina Chwiejda<br />This article focuses on the socio-artistic project of Yael Bartana And Europe will be stunned... as a kind of particular artistic and political manifesto. The work of the Israeli artist, addressing the complicated issue of Jewish-Polish relations after World War II, is a very original blend of the aesthetic of the manifesto, totalitarian aesthetic and kitsch, which differentiates it from other contemporary art manifestos and makes it worthy of deeper analysis. The constant movement of meanings and ambiguity written into each part of this project (that have contributed much to the popularity of the work but also prompted ardent critiques), will also become a part of the author’s analysis. <br /><br /><strong>“Manifestos à la carte : Serpentine Gallery Manifesto Marathon (2008)”</strong><br />Viviana Birolli<br />Organized in 2008 by Hans Ulrich Obrist and Julia Peyton-Jones, the Serpentine Gallery Manifesto Marathon invited seventy cultural figures from around the world to consider the idea of a new manifesto for the 21st Century. The article questions both the status of the Marathon as a public event and the nature of the fifty-two manifestos launched in the space of eighteen hours. Some critical perspectives are then offered to address the recent evolutions of the artistic manifesto, a genre torn between performance and reflection, action and feedback.<br /><br /><strong>“Artists’ squats seen as a social and artistic manifesto”</strong><br />Vincent Prieur<br />The artistic squatting movement developed in the early 80s in the context of scarce and expensive real estate in major French cities. By multiplying speech and protest actions, the mouvement takes the form of a social and artistic manifest. It is with limited ressources that artist-squatters install and manage spaces for life, artistic work and events, open to experimentation and unfettered from commercial networks. The success of these alternative spaces interests cultural institutions who legalize some collectives' temporary occupations.<br /><br /><strong>“Nathalie Quintane : ‘We’, the people”</strong><br />Eric Lynch<br />In her works Tomates (2010) and Les années 10 (2014), Nathalie Quintane takes up the theme of politics and employs a literary form close to the essay. This marks a departure in the work of a poet who has expressed a certain ambivalence with respect to theory and explicitly political writing. This essay interrogates both the critical modes employed by Quintane as well as her debates with Jean-Luc Nancy on the notion of community and Jean-Paul Curnier on the question of the people. <br /><br /></p>";236;15.00;"<p><em>Le manifeste</em><strong><em>,</em></strong> pratique commune à de nombreuses formes d’engagement social ou politique aux 19<sup>e</sup> et 20<sup>e</sup> siècles, a également fait l’objet d’un nombre considérable d’utilisations par les artistes de toutes disciplines. Qu’en reste-t-il à notre époque, où les transformations politiques et sociales sont plus souvent redoutées qu’espérées ? Ce numéro de <em>Marges</em> observe la manière dont la scène artistique contemporaine traite de cette question.</p>";;16/07/2015 14:45;1;Première édition;3675 615;2;3;39;L'art face à la guerre;;;;"<p>Cet ouvrage traite de façon inédite de l'art et des artistes face à la guerre, sur le temps long de l'histoire ; l'artiste face à la guerre, l'art et la propagande, l'esthétique de la guerre, guerre et mémoire.</p>";"<p>Introduction</p><p> </p><p style=""text-align: center;"">L’artiste pris dans la guerre</p><p style=""padding-left: 30px;"">Des artistes sur le champ de bataille</p><p style=""padding-left: 30px;"">Peinture d’histoire et peinture militaire</p><p style=""padding-left: 30px;"">Prémonitions de la guerre</p><p style=""padding-left: 30px;"">Images de la violence ? L’exemple de 14-18</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le réalisme photographique</p><p style=""padding-left: 30px;"">L’image qui dérange : l’esthétique de la mort</p><p style=""padding-left: 30px;"">La guerre par procuration : création et médias</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;"">L’art au service de la guerre</p><p style=""padding-left: 30px;"">L’image-culte du chef de guerre</p><p style=""padding-left: 30px;"">L’héroïsme guerrier</p><p style=""padding-left: 30px;"">L’art moderne et la guerre : le futurisme (1909-1942)</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le camouflage </p><p style=""padding-left: 30px;"">Des artistes utiles à la propagande</p><p style=""padding-left: 30px;"">Une architecture de guerre ?</p><p> </p><p style=""text-align: center;"">Quand l’art dénonce la guerre</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>Les désastres humains</p><p style=""padding-left: 30px;"">Des messages pour la paix</p><p style=""padding-left: 30px;"">Dénoncer le totalitarisme et le colonialisme</p><p style=""padding-left: 30px;"">Résister : A Paris sous l’occupation allemande</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;"">De la mémoire de la guerre</p><p style=""padding-left: 30px;"">Ruines</p><p style=""padding-left: 30px;"">Cicatrices</p><p style=""padding-left: 30px;"">Mémoire et fictions</p><p style=""padding-left: 30px;"">Monuments</p><p style=""padding-left: 30px;"">Montrer la guerre : du spectacle au musée</p><p> </p><p>Conclusion<br />Bibliographie<br />Index</p>";;10/09/2015;0;120X180;172;978-2-84292-431-7;9782842924317;0;En cours;Presses Universitaires de Vincennes;img_615.jpg;"<p class=""vol-couv-txt4e"">Prévert s’écrie « Quelle connerie la guerre ! » dans son célèbre poème <em>Barbara</em>. Mais la guerre, nourrie par la pulsion de mort qu’a théorisée Freud, est aussi ce « fait social total » analysé par Marcel Mauss, qui bouleverse et stimule tous les plans de la société, y compris la création artistique. Cet ouvrage vise à analyser les quatre réponses principales de l’art et des artistes à la guerre, à travers les temps : la représentation de la guerre en tant qu’événement historique, l’usage des arts dans la guerre à des fins de propagande ou de protection, l’art comme expression marquante du refus ou de la dénonciation de la guerre, et, enfin, la création d’une mémoire artistique de la guerre pour les périodes de paix. </p><p class=""vol-couv-txt4e""> </p><p class=""vol-couv-txt4e""><em>Claire Maingon est maitre de conférences en histoire de l'art contemporain à l'Université de Rouen.</em></p>";;;176;10.00;;;21/05/2015 16:59;0;Première édition;3669 616;2;3;39;Roland Barthes;;;;"<p>La vie et la pensée de Roland Barthes (1915-1980), critique littéraire et sémiologue, protagoniste essentiel du structuralisme.</p>";"<p>Introduction</p><p>Préface de la présente édition</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Chapitre 1 <br />L’homme des phases</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 2 <br />L’historien de la littérature</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 3 <br />Le mythologue</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 4 <br /> Le critique</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 5 <br />Le polémiste</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 6 <br />Le sémiologue</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 7 <br />Le structuraliste</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 8 <br />L’hédoniste</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 9 <br />L’écrivain</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 10 <br />L’homme de lettres</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 11 <br />Barthes après Barthes</p><p> </p><p>Conclusion<br />Bibliographie<br />Index</p>";;10/09/2015;0;120X180;174;978-2-84292-432-4;9782842924324;0;2430-7629;Presses Universitaires de Vincennes;img_616.jpg;"<p>Roland Barthes (1915-1980) a occupé une place éminente dans le milieu de la culture, de la sémiologie et de la critique littéraire. De <em>Mythologie</em>s en 1954 à son dernier ouvrage sur la photographie, <em>La chambre claire,</em> il est devenu l’éminence grise d’une avant-garde qui, avec le structuralisme, a radicalement transformé les humanités en général et les lettres en particulier. Comment évaluer aujourd’hui la résonance du sémiologue ? Comment définir le type de penseur ou d’intellectuel qu’était Roland Barthes ?<br />Jonathan Culler présente avec une très grande clarté les traits essentiels de l’invention théorique et du travail critique de Roland Barthes et signe une des meilleures introductions à l’œuvre foisonnante de ce théoricien de la littérature et de la culture.<br /><em><strong><br /></strong></em></p><p><em>Jonathan Culler est professeur de littérature à Cornell University (Etats-Unis). Il est une figure majeure du courant structuraliste de la critique littéraire aux États-Unis, et a enseigné à Oxford et Harvard.</em></p><p> </p><p><em><em>Ouvrage traduit de l'anglais par Sophie Campbell</em></em></p>";;;176;10.00;"<p>Comment définir le type de penseur ou d’intellectuel qu’était Roland Barthes ?<br />Jonathan Culler présente avec une très grande clarté les traits majeurs de l’invention théorique et du travail critique de Roland Barthes, en offrant au lecteur une des meilleures introductions à l’œuvre foisonnante de ce théoricien de la littérature et de la culture que nous lisons maintenant comme un véritable auteur.</p><p> </p><p>Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Campbell</p>";;21/05/2015 17:10;0;Première édition;4024 617;2;3;39;Clemenceau;;;;"<p><span id=""ctl00_mainBody_ResumeLabel"">Portrait de Georges Clemenceau (1841-1929). É</span>tudiant opposant à l’Empire, il a mené tous ses combats pour fonder, organiser et défendre la République.</p>";"<p>Introduction</p><p> </p><p style=""text-align: center;"">La fabrique du grand homme</p><p style=""padding-left: 30px;"">Né « bleu » en Vendée</p><p style=""padding-left: 30px;"">Premiers apprentissages : une « affaire de femmes ».</p><p style=""padding-left: 30px;"">Pension et lycée, « les humanités ».</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le garçon, un cheval et des livres</p><p style=""padding-left: 30px;"">A<strong> l</strong>a faculté : Nantes, Paris<strong> </strong></p><p style=""text-align: center;"">Installer la République</p><p style=""padding-left: 30px;"">Fin d’Empire, écrire pour résister</p><p style=""padding-left: 30px;"">Prisons</p><p style=""padding-left: 30px;"">L’expérience de la démocratie américaine</p><p style=""padding-left: 30px;"">L’entrée en politique, 1870 et la Commune de Paris</p><p style=""padding-left: 30px;"">Premier mandat : conseiller municipal</p><p style=""text-align: center;"">Construire La République</p><p style=""padding-left: 30px;"">En finir avec Gambetta et les opportunistes.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Un journal pour combattre</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le « Républicain de bataille » </p><p style=""text-align: center;"">Tempêtes dans la République</p><p style=""padding-left: 30px;"">Général Boulanger et scandale de Panama.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Traversée du désert et littérature. </p><p style=""padding-left: 30px;"">L’Affaire Dreyfus.</p><p style=""text-align: center;"">Conduire la République</p><p style=""padding-left: 30px;"">Ministre de l’Intérieur</p><p style=""padding-left: 30px;"">Président du Conseil </p><p style=""padding-left: 30px;"">Chef de guerre</p><p> </p><p style=""text-align: center;"">Léguer et transmettre la République</p><p style=""padding-left: 30px;"">Voyages</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Testament littéraire</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""> </p><p style=""text-align: left;"">Conclusion<br />Bibliographie<br />Index</p>";;10/09/2015;0;120X180;188;978-2-84292-435-5;9782842924355;0;2430-7629;Presses Universitaires de Vincennes;img_617.jpg;"<p>Etudiant opposant à l’Empire, Georges Clemenceau a mené tous ses combats pour fonder, organiser et défendre la République. Sans relâche, avec passion et ténacité, il a voulu la construire plus juste et plus libre. Avec un journal, des alliés ou des ennemis, des coups de gueule et des coups de cœur, il a participé à tous les grands moments fondateurs de la Troisième République : 1870, la Commune de Paris, les lois constitutionnelles, l’Affaire Dreyfus, Séparation de l’Eglise et de l’Etat, la Première guerre mondiale …. Homme étonnamment pluriel, tour à tour conseiller municipal député, sénateur, ministre, président du Conseil, esthète et voyageur, il a choisi la République pour unique destin. </p><p> </p><p><em>Sylvie Brodziak est Maître de conférences en Littérature et Histoire des idées à l’Université de Cergy-Pontoise, Docteure en histoire et Docteure en Langue et Littérature Françaises, écrivain, et spécialiste de Georges Clemenceau.</em></p>";;;176;10.00;;;21/05/2015 17:16;0;Première édition;3379 618;2;3;39;Les études culturelles;;;;"<p>Éclairage sur trois grandes formations scientifiques interdisciplinaires : les <em>Cultural Studies</em>, les <em>Kulturwissenschaften</em>, et les études culturelles en France. <br /> <br /></p>";"<p>Introduction <strong><br /></strong></p><p style=""text-align: center;"">Cultural studies </p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Définition(s).</p><p style=""padding-left: 30px;"">1.1. Dénominateurs communs.</p><p style=""padding-left: 30px;"">1.2. Champs d’investigation </p><p style=""padding-left: 30px;"">1.3. Méthodes d’investigation </p><p style=""padding-left: 30px;"">2. Généalogie.</p><p style=""padding-left: 30px;"">2.1. Les pères fondateurs.</p><p style=""padding-left: 30px;"">2.2. Le déploiement international </p><p style=""padding-left: 30px;"">2.3. Les <em>turns</em> ou tournants </p><p style=""padding-left: 30px;"">3. Statut institutionnel et scientifique </p><p style=""padding-left: 30px;"">3.1. Ubiquité et légitimité.</p><p style=""padding-left: 30px;"">3.2. Le temps des « comptes » </p><p style=""text-align: center;"">Kulturwissenschaften</p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Définition(s) </p><p style=""padding-left: 30px;"">1.1. Dénominateurs communs </p><p style=""padding-left: 30px;"">1.2. L’ouverture thématique </p><p style=""padding-left: 30px;"">1.3. L’ouverture théorique et méthodologique </p><p style=""padding-left: 30px;"">2. Généalogie.</p><p style=""padding-left: 30px;"">2.1. Les origines </p><p style=""padding-left: 30px;"">2.2. Au lendemain de la période nazie </p><p style=""padding-left: 30px;"">2.3. Le grand « tournant culturel » des années soixante-dix / quatre-vingt </p><p style=""padding-left: 30px;"">2.4. <em>Quid</em> du dialogue <em>Cultural Studies </em>/ <em>Kulturwissenschaften</em> ? </p><p style=""padding-left: 30px;"">3. Statut institutionnel et scientifique </p><p style=""padding-left: 30px;"">3.1. <em>Kulturwissenschaften</em> en Allemagne </p><p style=""padding-left: 30px;"">3.2. <em>Kulturwissenschaften</em> en Autriche </p><p style=""padding-left: 30px;"">3.3. <em>Kulturwissenschaften</em> en Europe </p><p style=""text-align: center;"">Études culturelles<strong><br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Définition(s)</p><p style=""padding-left: 30px;"">1.1. Du « non » au « nom »</p><p style=""padding-left: 30px;"">1.2. Le dépassement des réserves thématiques </p><p style=""padding-left: 30px;"">1.3. Le dépassement des préjugés méthodologiques </p><p style=""padding-left: 30px;"">2. Généalogie.</p><p style=""padding-left: 30px;"">2.1. Les inspirateurs des <em>Cultural Studies</em> et précurseurs des études culturelles à la française </p><p style=""padding-left: 30px;"">2.2. La réception différée des <em>Cultural Studies</em> </p><p style=""padding-left: 30px;"">3. Statut institutionnel et scientifique </p><p style=""padding-left: 30px;"">3.1. Les institutions universitaires </p><p style=""padding-left: 30px;"">3.2. Les institutions extra-universitaires </p><p style=""padding-left: 30px;"">3.3. Dans le « droit » chemin ou sur les chemins de traverse ? </p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p>Conclusion<br />Bibliographie<br />Index</p>";;10/09/2015;0;120X180;160;978-2-84292-438-6;9782842924386;0;2430-7629;Presses Universitaires de Vincennes;img_618.jpg;"<p>Parentes mais différentes, prolifiques et provocatrices, les études culturelles en France, les <em>Kulturwissenschaften</em> dans le monde germanique et les <em>Cultural Studies</em> de par le monde, sont trois domaines de recherche extrêmement dynamiques et composites. Ces formations donnent des clés de compréhension du monde passé et contemporain. Ce livre décrit et compare ces trois domaines de recherche. Il rend également compte de leurs apports théoriques et méthodologiques pour l’enseignement en sciences humaines.<br /> Originalité du propos : les ouvrages qui entendent donner des repères sur les <em>Cultural Studies</em> portent principalement sur ces dernières (pays anglophones). Ils abordent parfois les études culturelles en France, mais ne traitent pas des <em>Kulturwissenschaften</em> (monde germanique). L’ouvrage de M.Fillaudeau comble cette lacune.</p><p> </p><p><em>Anne Chalard-Fillaudeau est Normalienne, Agrégée, Docteure en Etudes germaniques, et Maître de Conférences à l’Université Paris 8.</em></p>";;;176;10.00;"<p>Parentes mais différentes, ces formations donnent des clés de compréhension du monde passé et contemporain. L’ouvrage d’Anne Chalard-Fillaudeau rend compte de leurs apports théoriques et méthodologiques pour les sciences humaines.</p>";;21/05/2015 17:27;0;Première édition;3081 620;2;3;13;Aux frontières de l'école;Institutions, acteurs et objets;;;"<p>Une école moins monolithique et close sur elle-même que jadis, mais générant encore des « frontières » pour les élèves.</p>";"<p><strong>Patrick Rayou</strong><br />Introduction<strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie I.
 Des frontières à l’épreuve</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Françoise Robin <br /></strong>Chapitre 1<strong>. </strong>Les devoirs du soir et la vie des familles, 
des étrangers dans la cuisine </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Stéphanie Rubi<br /></strong>Chapitre 2<strong>. </strong>Des seuils sous les frontières : 
l’entrée en classe de 6<sup>e </sup></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Pierre Périer<br /></strong>Chapitre 3. Petits « arrangements » entre mondes 
dans la classe. L’expérience des professeurs débutants </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Benjamin Moignard et Myriam Ouafki<br /></strong>Chapitre 4<strong>. </strong>Des élèves à la porte. Les nouvelles frontières 
de la prise en charge des élèves « perturbateurs » </p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie II. Des lignes qui bougent</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Patrick Rayou<br /></strong>Chapitre 1. Les frontières de l’excellence. 
Les internats, seuils, enclaves et passerelles</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Filippo Pirone <br /></strong>Chapitre 2. Les « intermédiaires scolaires ». 
Micro-lycées et nouvelles frontières </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Anne-Claudine Oller <br /></strong>Chapitre 3. Le coaching scolaire. Un espace intermédiaire <em>contre</em> l’école et la famille </p><p style=""text-align: center;""><strong><br />Partie III. Des objets et des pratiques nomades<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Claire Lemêtre <br /></strong>Chapitre 1. Enseigner le théâtre. 
Entre travail et jeu, l’espace des malentendus </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Stéphane Bonnéry <br /></strong>Chapitre 2<strong>. </strong>Des livres pour enfants. 
De la table de chevet au coin lecture </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Julien Netter <br /></strong>Chapitre 3. La circulation des cartables. 
Entre école et familles, l’étape de l’étude </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><br />Patrick Rayou </strong><br />Conclusion</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Présentation des auteurs</em> <br /> <em>Bibliographie</em> </p>";;10/11/2015;0;137X220;264;978-2-84292-450-8;9782842924508;0;0993-6416;Presses Universitaires de Vincennes;img_620.jpg;"<p>Ce livre collectif fait le point sur la place et le rôle de l'école dans la société française d'aujourd'hui. En raison de la massification et de l'allongement des études, les cultures de la jeunesse ont pénétré le monde scolaire et la diffusion des savoirs passe aujourd'hui par bien des canaux extérieurs de l'institution. L'école reste-t-elle aussi centrale qu'à l'époque où la IIIe République l'installait au cœur des villages ou montrait sa puissance dans l'architecture monumentale des lycées ?<br />Les enquètes rassemblées, issues de travaux de recherche universitaires pluridisciplinaires, montrent l'image d'une école moins monolithique et close sur elle-même, mais dont l'emprise sur la destinée de la jeunesse d'accroît. Ce d'autant plus que l'inégale maîtrise par les différentes populations d'élèves des codes qui l'organisent crée entre eux de profondes et durables lignes de démarcation.</p><p><em>Patrick Rayou, professeur en sciences de l'éducation à l'Université Paris 8, a dirigé cet ensemble de recherches au sein du réseau interdisciplinaire Reseida. Il a notamment publié « Faire ses devoirs. Enjeux cognitifs et sociaux d'une pratique ordinaire » (2009) et avec Élisabeth Bautier, « Les inégalités d'apprentissage. Programmes, pratiques et malentendus scolaires » (2009).</em></p>";;;384;20.00;;;10/09/2015 11:08;0;Première édition;3081 621;1;3;24;Corps souffrants dans les littératures de la Chine et du Japon au XXe siècle;N°39/2015;;;"<p>Les œuvres littéraires présentées ici, montrent comment, en Chine et au Japon, la mise en scène du corps participe au grand débat sur le modernité.</p>";"<p>Les épreuves du corps en littérature. Les cas de la Chine et du Japon<br />On Body Trials in Literature. China and Japan As Case-Studies<strong><br />Cécile Sakai, Gérard Siary et Victor Vuilleumier <br /></strong></p><p>Corps, maladie, écriture chez trois auteurs japonais du début 
du xx<sup>e</sup> siècle : Nakae Chômin, Masaoka Shiki, Natsume Sôseki<br />Body, Illness, and Writing by Three Japanese Authors at the Start 
of the 20th Century: Nakae Chômin, Masaoka Shiki, and Natsume Sôseki<strong><br />Emmanuel Lozerand <br /></strong></p><p>Le corps souffrant chez Lu Xun : allégorie muette de l’obstacle 
et appropriation de la modernité<br />The Suffering Body by Lu Xun as a Silent Allegory of Constraint and 
Appropriation of Modernity<strong><br />Victor Vuilleumier <br /></strong></p><p>Cadavre vivant et pantin désarticulé : souffrance et reconfiguration 
des corps dans l’œuvre d’Edogawa Ranpo<br />Living Corpse and Broken Puppet: Bodily Suffering and Reconfiguration 
in Edogawa Ranpo’s Work<strong><br />Gérald Peloux <br /></strong></p><p>Corps fort et corps blessé chez Jin Yong et dans quelques romans 
d’arts martiaux chinois contemporains<br />Strong Body and Wounded Body in Jin Yong’s and Other Contemporary 
Chinese Martial Arts Novels<strong><br />Nicolas Zufferey <br /></strong></p><p>Le corps souffrant dans la littérature chinoise 
depuis la Nouvelle période (1979-2015)<br />Suffering Bodies in Chinese Literature Since the Reform and Opening (1979-2015)<strong><br />Xu Shuang, Ariadna de Oliveira Gomes <br /></strong></p><p>Corps sensible et corps pratico-inerte : femme frustrée et 
kamikaze mutique dans une nouvelle de Kôno Taeko, 
« Tetsu no uo » (« Poisson de fer »)<br />Sensitive Body and Practico-Inert Body: Frustrated Woman and 
Mute Suicide Bomber in Kôno Taeko’s “Tetsu no uo” (“Iron Fish”)<strong><br />Gérard Siary <br /></strong></p><p> </p><p><strong>Regard extérieur</strong></p><p>Quelques aperçus comparatistes sur les représentations 
du corps souffrant en France et en Chine<br />Suffering Bodies in France and China: Some Comparative Approaches<strong><br />Yvan Daniel <br /></strong></p><p><strong> </strong></p><p>Résumés </p><p>Abstracts </p><p>Contributeurs </p><p>Bio-bibliographical Notes </p>";;10/12/2015;39;155X220;226;978-2-84292-447-8;978-2-84292-447-8;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_621.jpg;"<p>Emmanuel Lozerand <br /><strong>(« Corps, maladie, écriture chez trois auteurs japonais du début du XX<sup>e</sup> siècle - Nakae Chômin, Masaoka Shiki, Natsume Sôseki »)<br /><br /> </strong>L’étude s’attache à trois œuvres singulières publiées entre 1901 et 1911, élaborées à partir d’une situation de maladie. Nakae Chômin, atteint d’une tumeur cancéreuse à la gorge, se lance en toute hâte dans <em>Un an et demi</em>, la durée même du temps que les médecins lui accordent à vivre ; Masaoka Shiki, souffrant d’une tuberculose osseuse douloureuse et invalidante, donne jour après jour au quotidien <em>Nihon</em> <em>Une goutte d’encre</em> depuis son <em>Lit de malade de six pieds de long </em>; Natsume Sôseki, rescapé d’une hémorragie gastrique, publie en feuilleton, dans le journal <em>Asahi,</em> <em>Choses dont je me souviens</em> pour garder la mémoire des sensations complexes qui furent les siennes dans les semaines écoulées. Tous trois refusent la métaphorisation de la douleur, qu’elle soit stigmatisation ou esthétisation, et inventent des écritures quasi humorales, pour ouvrir depuis leurs corps malades des fenêtres sur le monde.</p><p> </p><p>Victor Vuilleumier<strong><br /> (« Le corps souffrant chez Lu Xun : allégorie muette de l’obstacle et appropriation de la modernité »)</strong><br /><br />Le corps chez Lu Xun est peu décrit. Cette absence permet de dire indirectement une souffrance multiple : la honte ressentie devant la crise historique de la Chine dont la nature nationale est tenue pour responsable ; la mélancolie existentielle. Par contre, le corps est allégorisé comme signe de la tradition, qui fait obstacle à l’émancipation de l’individu. Libérer la voix de la nation chinoise impose de détruire symboliquement le corps reçu en héritage, de subvertir l’esthétique et les paradigmes scientistes de la corporalité et de la puissance élaborés par la modernité chinoise mondialisée. Le vrai médecin agit par l’écrit sur l’esprit, non sur le corps ou la civilisation matérielle. Accorder la primauté au cœur sur le corps permet de fonder un projet de modernité, en métaphorisant la médecine importée.</p><p> </p><p><strong> </strong>Gérald Peloux <strong><br />(« Cadavre vivant et pantin désarticulé : souffrance et reconfiguration des corps dans l’œuvre d’Edogawa Ranpo »)<br /><br /></strong>Les récits policiers d’Edogawa Ranpo sont caractérisés par une abondance de corps, surtout féminins, démembrés, reconfigurés, s’appropriant certains canons esthétiques des années vingt et trente basés sur le grotesque, l’érotisme et l’absurde. Malgré la violence qui traverse ses histoires, la description du corps souffrant y est étonnamment absente, trait qui signale le désir auctorial de détourner les techniques et stéréotypes du genre policier pour proposer, là même où l’on attendrait une souffrance exhibée, une approche originale, quasi interactive, du rapport entre auteur, texte et lecteur – comme le montre l’examen de <em>La chenille </em>(1929), clé d’une œuvre ambivalente au regard de la souffrance physique.</p><p> </p><p>Nicolas Zufferey <strong><br />(</strong><strong>« Corps fort et corps blessé chez Jin Yong et dans quelques romans d’arts martiaux chinois contemporains »)<br /><br /></strong>La littérature d’arts martiaux met naturellement en avant le corps fort, nécessaire au héros pour triompher. Le célèbre romancier Jin Yong, cependant, thématise dans certaines de ses œuvres le corps faible et blessé. C’est le cas du corps de Linghu Chong dans <em>Aventurier fier et souriant (Xiao’ao jianghu) </em>: dans ce roman, le corps malade du héros est un champ de bataille symbolisant les conflits entre écoles martiales rivales. Et comme ce roman peut se lire comme une critique de la Révolution culturelle, il est tentant de voir dans le corps de Linghu Chong une métaphore pour la Chine en proie aux divisions politiques et au chaos.</p><p> </p><p>Shuang Xu, Ariadna de Oliveira Gomez <strong><br />« Le corps souffrant dans la littérature chinoise depuis la Nouvelle période (1979-2015) »<br /><br /></strong>Cette étude analyse la représentation du corps dans la littérature chinoise depuis 1979. Au lendemain des années Mao, le sujet se découvre un corps brisé, impuissant, menacé. Cette image, loin de s’atténuer avec la prospérité économique du XXI<sup>e</sup> siècle, s’y révèle persistante. La clef de cette continuité est à chercher dans les rapports complexes qui unissent et déchirent corps individuel et corps social, inscrits dans l’imaginaire comme la source d’une souffrance durable.</p><p> </p><p>Gérard Siary <strong><br />(« Corps sensible et corps pratico-inerte : femme frustrée et kamikaze mutique dans une nouvelle de Kôno Taeko, <em>Tetsu no uo</em> (Poisson de fer) »)<br /><br /></strong><em>Poisson de fer</em> / <em>Tetsu no uo</em> (1976), nouvelle de l'écrivaine Kôno Taeko, raconte l'histoire d'un veuve de guerre qui se fait enfermer la nuit dans le musée (le sanctuaire Yasukuni) où son mari est vénéré comme un dieu, et dans le poisson ou torpille sous-marine où il a trouvé la mort. Dans le processus de réappropriation de ce mari kamikazé, qu'elle n'a presque pas connu et qui ne lui a pas laissé la parole, la souffrance alterne avec la jouissance. Le poisson symbolise ici le traumatisme de guerre perçu au féminin et subvertit l'historiographie masculine officielle au profit de la souffrance privée et muette de la femme.</p><p> </p><p> <em>Numéro publié avec le soutien du Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale (CRCAO-Université Paris Diderot)</em></p>";"<div><p>Les épreuves du corps en littérature<br />Les cas de la Chine et du Japon</p><p>Cécile Sakai, Gérard Siary et <span>Victor Vuilleumier</span></p><p>« Le corps humain référent des descriptions devient métonymie ou métaphore de l’ordre du monde. Le corps, métaphore de l’ordre rêvé, est dans ses défaillances métaphore de tous les désordres<a id=""footnote-994-1-backlink"">1</a>. »</p><p>Le présent numéro d’<span>Extrême-Orient Extrême-Occident</span>, « Corps souf­frants dans les littératures de la Chine et du Japon au <span>xx</span><span>e</span> siècle », s’inscrit dans le prolongement du programme transversal 2014-2018 du Centre de recherches sur les civilisations de l’Asie orientale (en partenariat privilégié avec l’Université de Genève) : « Imaginaires du corps et des identités dans les littératures de l’Asie orientale au <span>xx</span><span>e</span> siècle<a id=""footnote-994-2-backlink"">2</a> ».</p><p>Si la problématique du corps est devenue depuis les années soixante-dix un fort enjeu de la recherche transdisciplinaire en Occident, elle s’est développée plus tard en Asie orientale, ces toutes vingt dernières années, dans le sens de l’interrogation sur l’existence d’un « corps asiatique » spécifique, et ce selon quatre directions : les études foucaldiennes, féministes et culturelles ; l’anthropologie médicale ; les recherches sur la pensée néo-confucéenne et identitaire ; les développements du concept de <span>body culture</span>/culture du corps<a id=""footnote-994-3-backlink"">3</a>. Du côté de la science de la littérature, les travaux sur la représentation du corps ont montré combien l’objet est aussi présent que mouvant, voire fuyant et difficile à cerner car il n’est souvent, sous son enveloppe apparente, que « signe renvoyant à autre chose que lui-même<a id=""footnote-994-4-backlink"">4</a> », et « toujours disséminé dans un tissu de relations qui le dépassent ou le sous-tendent<a id=""footnote-994-5-backlink"">5</a> », relié à l’affirmation de quelque identité, ethnique, sociale, culturelle, intime.</p><p>Comme la problématique générale du corps en Asie orientale sous-tend le travail présenté ici sur le corps souffrant à travers les littératures locales, la question se formule en termes de mouvement et d’expression des corps dans un espace-temps pertinent, à savoir le Japon et la Chine continentale, que le choc de l’intrusion de l’Occident amène, voire oblige, à se réformer. Il s’agit, en l’occurrence, d’une modernisation entre tradition et modèles occidentaux, adhésion volontaire et résistance nationale, groupe et sujet émergent, qui cherche à adapter et adopter les savoirs, les pratiques, les idéologies et les technologies d’importation qui touchent à ce corps. Autant qu’une autre forme de discours, l’art de la littérature, lui-même soumis à mutation – ne serait-ce que de langue –, rend compte du devenir du corps et des corps à maints niveaux, de l’anatomique au métaphysique en passant par le national.</p><p>À l’orée du <span>xx</span><span>e</span> siècle, avec l’expansion ultra-marine de l’Occident, l’Asie orientale subit le choc des forces et des connaissances qui bouleversent ses repères et l’obligent à opter pour une mutation conçue comme salutaire. Le corps est au carrefour des stimuli qui le balisent, le verbalisent, l’enlisent aussi parfois. De ce corps qui devient enjeu à l’échelle de la nation et bientôt de l’individu, de ce corps qui s’impose peu à peu face au sujet, la littérature, elle aussi soumise à mutations – notamment avec la modernisation de la langue : <span>baihua</span> chinois, <span>genbun.itchi</span> japonais –, s’attache à rendre compte, autant que d’autres discours, au fil d’une histoire à rebondissements et reconfigurations multiples.</p><p>Pour aborder le corps souffrant, l’approche littéraire recourt à une philologie renouvelée, qui lui fournit la première base d’acception du sens syntagmatique, sans rien anticiper de son irisation textuelle et de la multiplicité des interprétations possibles. Elle recourt aussi aux sciences humaines, la philosophie et la sociologie au premier chef, l’histoire et la géographie culturelle ensuite, en tant qu’elles peuvent lui apporter le contexte et un substrat conceptuel, qui viennent renforcer l’analyse littéraire proprement dite, fondée sur la microlecture socio-poétique des textes.</p><p>Bien que l’expression linguistique du corps varie selon l’aire culturelle et au sein d’une même aire, bien que des concurrences puissent apparaître entre corps chinois et corps japonais, le corps sino-japonais peut corroborer sans mal, <span>mutatis mutandis</span>, le postulat global d’un « corps asiatique », réductible à nul autre, et notamment opposable au corps occidental. Cela dit, non sans paradoxe, la mondialisation est inhérente à ce « corps asiatique » qui, amené à se réinventer, doit parfois composer jusque dans sa chair avec l’Autre occidental. Il importe de préciser que si, comme nous le rappellent les études postcoloniales, l’expression de ce « corps asiatique » s’est bien déployée dans l’imagination exotique occidentale, ici notre lecture se construit à partir des textes eux-mêmes et des auteurs qui nous racontent une certaine histoire du corps, écrite depuis l’autre rive. C’est bien leurs propositions que nous analysons, sans déterminisme culturel ni rémanence orientaliste.</p><p>Plus précisément, pour dire le corps, le chinois ancien offre des termes voisins qui recoupent ce que les langues européennes – pour en rester à ce parallèle – entendent par corps : « <span>xing</span> signifie plutôt la forme actualisée, <span>shen</span> plutôt l’entité personnelle, le moi individuel, et <span>ti</span> plutôt l’être constitutif. Aucun de ces termes ne coïncide tout à fait avec la notion européenne parce qu’ils répondent eux-mêmes à des termes divers et parce que, fonctionnant en binôme, ils s’éclairent également à partir de leur vis-à-vis<a id=""footnote-994-6-backlink"">6</a> ». L’ensemble s’entend en rapport (à la fois d’opposition et de complémentarité) avec la dimension transcendante-animante (<span>shen</span>) précédant toute actualisation ; « l’entité personnelle » va de pair avec la fonction de conscience morale et la connaissance du cœur-esprit (<span>xin</span>), qui la régit ; « “l’être constitutif” a pour partenaire le souffle-énergie (<span>qi</span>) dont il est la matérialisation par condensation-concrétion<a id=""footnote-994-7-backlink"">7</a> ». À l’époque moderne, le terme évolue en fonction des enjeux sociaux de la période considérée, notamment le binôme « corps-personne » (<span>shen</span>) et « cœur-esprit » (<span>xin</span>)<a id=""footnote-994-8-backlink"">8</a>. Les termes <span>xing</span>, <span>ti</span>, et <span>shen</span> tendent à désigner le « corps » comme expression extériorisée de la personne et selon qu’il est plus ou moins perçu sous l’angle de l’objectivation ou du corps propre<a id=""footnote-994-9-backlink"">9</a>. Le champ lexical du corps humain est très riche sur les rapports avec la personne (<span>shen</span>), avec sa matérialité et sa corporalité (<span>tipo</span>, <span>tige</span>, <span>tili</span>), ou sa carnalité, voire sa sensualité (<span>routi</span>), ainsi que pour la vie intérieure et les émotions du sujet. Ce lexique s’accroît dès la fin du <span>xix</span><span>e</span> siècle de l’apport de xénismes, de termes étrangers, ainsi que de termes anciens resémantisés à la faveur de l’apparition de nouveaux phénomènes. Au tournant du <span>xx</span><span>e</span> siècle se développe aussi l’idée du corps comme une « carcasse » (<span>qu</span>,<span> quke</span>), inerte et dépersonnalisée, qui fait obstacle à l’émancipation des citoyens d’une nouvelle nation à construire, comme chez le réformiste Liang Qichao (1873-1929), et qu’il convient donc de dresser ; cette représentation dualiste ne restera pas étrangère à la littérature des années 1920.</p><p>Quant à la souffrance, le terme japonais de <span>kumon</span>, souci, ennui ou morosité à l’origine, passe ou plutôt revient en chinois avec le sens nouveau de souffrance romantique existentielle, en même temps que le lexique clinique des maladies nerveuses, telle la « neurasthénie » (<span>shenjing</span><span>shuairuo</span>). Parmi les troubles intérieurs, un mot comme <span>fannao</span> est plus que fréquent dans la littérature chinoise des années 1920, avec le sens de « tourments » et une nuance werthérienne. Les composés formés de <span>teng</span> ou <span>tong</span> peuvent déployer, eux, des connotations autant physiques que morales, bien que le sens premier soit corporel. Certains mots sont composés à partir de <span>ji</span>, « maladie », qui exprime par dérivation la souffrance ou le mal — tel <span>jiku</span>, « souffrances, malheurs », avec « <span>ku </span>» pour ce qui est « pénible » car « amer » (voir la transcription moderne de <span>kuli</span> pour « coolie »). Le lexique de la blessure ou cicatrice (<span>hen</span>, <span>shanghen</span>), de la faiblesse (<span>ruo</span>, <span>shuai</span>), de la maladie (<span>bing</span>, <span>ji</span>) complète cet inventaire qui, en littérature chinoise moderne, exhibe une souffrance avant tout spirituelle, psychologique et mentale.</p><p>La langue japonaise, qui hérite du chinois – tout en ayant conservé son propre fond lexical –, dispose d’au moins quatre mots : <span>shintai</span> (sino-japonais), le corps au sens froidement objectif ; <span>shin</span> (sino-japonais)/<span>mi</span> (japonais), ou soi-même, avec une distance réflexive et une connotation corporelle et physique, mais non psychosomatique ; <span>karada</span> (japonais), ou corps organique ; <span>sei</span> (sino-japonais), qui peut traduire l’idée de nature en tant qu’état inné et originaire des choses, ainsi que le sexe<a id=""footnote-994-10-backlink"">10</a>. Le préfixe <span>kara</span> de <span>karada</span> se réfère à l’enveloppe, à la coquille, voire au vide, par opposition à <span>mi</span>, qui dénote le contenu – qu’on pense au jaune ou au blanc d’œuf : <span>kimi</span> et <span>shiromi</span>. <span>Karada</span>, utilisé jusqu’au <span>xvii</span><span>e</span> siècle au moins pour désigner le cadavre, produit un effet visuel à la lecture selon qu’il est écrit en <span>kanji</span> ou en <span>hiragana</span>, donnant une impression beaucoup plus sensible dans le syllabaire. À ces quatre vocables peuvent s’ajouter d’autres termes, en sino-japonais ou en japonais, tels <span>nikutai</span>, pour l’expression du corps purement charnel, et les réfléchis, <span>jibun</span>, pour dire « soi(-même) », et <span>jishin</span>, qui inclut le caractère <span>shin</span> (corps). Pour la souffrance, les termes de base sont surtout <span>nayami</span> et <span>kurushimi </span>; <span>kunô</span> et <span>kumon</span> sont aussi fréquents pour signifier plutôt la souffrance intellectualisée, avec une gradation de <span>nayami</span> à <span>kunô</span> puis à <span>kumon</span> ; <span>kutsû</span> existe également, mais se rapporte davantage à la douleur.</p><p>Il n’est ainsi que de constater l’étendue lexicale des termes liés au corps et à la souffrance, un champ de surcroît amplifié par la transdisciplinarité associée à l’approche littéraire. L’examen philologique informe le sens du mot, mais ne préjuge pas de sa production de sens en langage, objet de la praxématique<a id=""footnote-994-11-backlink"">11</a>, seule à même de régler le mot en contexte, de lui donner sa portée en tant que construction sociale et vision du monde. Et c’est à la littérature et à la linguistique qu’il revient de déterminer le réglage du praxème.</p><p>La philosophie est d’un apport précieux en ce qu’elle aide à dépasser, dans l’approche du corps, la polarité classique, voire stéréotypée, qui oppose au corps-esprit de l’Asie orientale la division cartésienne du corps et de l’esprit en Occident. Opposition toute relative, d’ailleurs, qui tend à s’estomper avec le processus d’alignement sur ses propres normes et modèles que ledit Occident, dans la seconde moitié du <span>xix</span><span>e</span> siècle, impose plus ou moins à la Chine et au Japon, mais aussi avec l’orientalisation de l’Occident plus présente qu’en apparence<a id=""footnote-994-12-backlink"">12</a>. Une opposition toutefois assez forte ici ou là pour informer les représentations immanentes aux textes.</p><p>Et c’est à la phénoménologie qu’il revient, surmontant le clivage corps-esprit, d’opposer la théorie du corps subjectif à celle de la subjectivité pure et désincarnée de Kant et de lier le corps-effet au moi-cause sans remonter discursivement de l’effet extérieur à la cause intérieure. Le philosophe Michel Henry définit le corps subjectif comme un mouvement subjectif qui n’est pas intermédiaire entre l’<span>ego</span> et le monde car il est intentionnalité ou volonté intentionnelle : « <span>Ego</span>, corps, mouvement, […] ne font qu’une et même chose<a id=""footnote-994-13-backlink"">13</a>. » Il n’y a pas d’en-soi du corps. En ce sens, la parole, qui remanie les émotions, peut être une bénédiction autant qu’une malédiction, et la violence verbale, devenir un mode de l’intersubjectivité des corps. Ici, le mouvement subjectif unifiant, qui deviendra la chair dans la philosophie tardive de Michel Henry, s’accorde avec la nature historiquement mouvante d’un objet comme le corps, qui se décline aussi dans et par la progression du récit.</p><p>La philosophie apporte encore d’autres arguments non négligeables pour définir le corps souffrant. Paul Ricœur distingue ainsi douleur physique et souffrance psychique, en déclinant le souffrir selon deux axes : l’axe soi-autrui, où le corps, par degrés, se perçoit à vif, endure la douleur physique, peine à la communiquer, la subit de la part d’autrui et finit par se sentir élu par elle ; l’axe agir-pâtir, où le corps se trouve dans l’incapacité de dire, de se dire, d’agir, est donc diminué, mais c’est en parvenant à cet état de crispation que le sujet se met en état de décharger la parole qui peut le libérer. De même que le sujet se dit et s’affirme identitairement par l’expression de sa souffrance – en psychanalyse –, de même en littérature, mais à une nuance près, l’écriture est celle du non-dit, voire du silence sur la douleur éprouvée : d’où le recours à la litote, l’allégorie ou la métaphore. Les modes ou niveaux de construction textuelle du corps vont de la sensation sensori-motrice intersubjective à l’incorporation textuelle au moyen de quelque symbole. En fin de course, dans la régie littéraire du corps souffrant entre dire, vouloir dire, ne pas pouvoir dire et ne pas vouloir dire, c’est bien à la littérature qu’il revient de négocier cette tentative de verbalisation et, par là, de dire autre chose, entre quête de vérité et accomplissement esthétique – plutôt que ce qu’en disent les autres voies et disciplines du savoir et de la création.</p><p>De ces éléments définitionnels, d’ordre historique et philosophique, la critique littéraire peut tenir compte ou pas. Certes, elle ne peut pas ne pas croiser les sciences humaines et la philosophie, elle peut même adopter certains de leurs points de vue, mais elle peut aussi procéder par induction, interroger le tissu textuel avec ses propres outils. Par exemple, le style kinésique, repérable dans le texte à la dénotation d’un geste ou d’une mimique du personnage, expression parfois difficile à imaginer pour le lecteur mais significative, peut être rapporté à l’un des enjeux, voire à l’enjeu principal d’une œuvre<a id=""footnote-994-14-backlink"">14</a>. Le caractère intentionnel du mouvement implique, à partir du réflexe sensori-moteur, palpable par autrui, une dynamique intersubjective, inscrite dans la trame textuelle, repérable dans l’enchaînement des actions.</p><p>Ce qu’apportent les sciences humaines ne saurait infléchir, sauf à enfermer le texte littéraire dans une grille, la capacité de l’imagination poétique à renouveler l’approche du corps souffrant et à ouvrir – ne serait-ce qu’à partir d’un hapax apparent – des pistes inexploitées et donc à sonder. C’est sans doute l’originalité de la littérature que d’embrasser le réel autrement que par pur reportage, de le dépasser pour le subvertir, pour l’anticiper, pour ajouter du monde au monde. Par là, elle touche à des zones inouïes, pertinentes ou moins pertinentes, mais qui ouvrent d’autres possibilités d’approche de ce réel. Mais si l’analyse littéraire est susceptible, travaillant sur un matériau autre que le document historique ou sociologique, de déboucher sur des résultats inédits, il convient de les comparer, à terme, avec ceux des autres disciplines. Ainsi parviendra-t-on à une approche plus substantielle de l’histoire du corps souffrant dans tous ses états…</p><p>L’originalité du projet tient à son approche en étendue : la Chine, le Japon, et en corpus : canonique et populaire. Voilà deux aires, deux littératures nationales qui, après avoir vécu sur une image sensiblement identique du corps, voire du corps malade, affrontent, non sans un décalage socio-économique, le cortège des nouvelles empiricités, et expérimentent d’autres modes du corps, entre recompositions des anatomies (mannequins, etc.) et constructions de corps robotisés (cyborgs, androïdes, clones) ou virtuels, qui se confrontent aussi avec l’émergence de la notion de sujet.</p><p>L’enjeu de cette recherche concerne autant la spécificité de la représentation du corps souffrant en Asie Orientale que celle de chacune des littératures visées, de Chine et du Japon. Dans quelle mesure leurs représentations littéraires de la corporéité en souffrance – entre le dedans et le dehors, le physique et le mental, la nature et la culture, le réel et le virtuel – se rejoignent-elles, et pour­quoi ? Comment articulent-elles l’incorporation lettrée du corps en mal de lui-même avec le corps du texte inscrit dans un corps social en proie à d’autres malaises, certes, mais aussi en quête d’équilibre ou d’une certaine esthétique ? Le processus d’hybridation et de métabolisation socio-culturelle, suscité par la réponse à l’étranger, est-il de la même nature sur la scène littéraire chinoise et japonaise, mais aussi sur d’autres ailleurs littéraires à l’heure de la mondia­lisation ? L’hypothèse de travail est qu’on passe d’une extériorisation du corps, produit d’importation, à son intériorisation subjective, mais que la pression des <span>stimuli</span> extérieurs – de la biopolitique en particulier – induit une tendance oscillant entre normalisation et esthétisation des corps en régime de souffrance…</p><p>Le même mouvement de spectacularisation du corps souffrant se retrouve partout. Entre pure et simple dénotation du corps et sa constitution en forme-sens (métaphore, allégorie, prosopopée, etc.), on passe, degré par degré, d’un corps absent ou présent en creux à un corps présent et pressant, qui compromet le sentiment qu’a le sujet (ou le groupe, pour le corps national) de son intégrité, de ce qui le constitue en tant que tel, et l’amène à réagir à la douleur et à la souffrance, c’est-à-dire à leur faire obstacle ou à les exploiter, toujours avec un ou des sens à la clé. Le rapport entre le genre littéraire et le mode d’écriture du corps importe à l’affaire. Alors que le corps est le plus souvent implicite au récit et n’a pas à être dit – il va de soi que la personne, l’actant si l’on veut, dispose d’un corps, faute de quoi pas de récit et pas d’identification possible du lecteur au personnage –, il est des genres axés sur la spectacularisation du corps, sur l’effet dramaturgique en somme – avec primat de l’hypotypose –, et ce à plus forte raison quand ce corps est en souffrance. C’est le cas du roman policier et du roman de cape et d’épée, ainsi que du théâtre, où le montreur, le corps exhibé et le public voyeur font bon ménage. Mais ce spectacle ne cesse d’osciller entre vérité et esthétique.</p><p>Du point de vue de l’évolution historique, le corps réagit d’abord comme il peut au choc de l’intrusion de la machine occidentale. Le malaise du corps se fait alors symptôme d’un mal de civilisation. Lu Xun pâtit du spectacle du corps démembré de ses compatriotes. Nagai Kafū (1879-1959) affecte d’une fièvre typhoïde le jeune héros de <span>La Sumida</span> (1911), dont le corps ne peut pas plus se plier aux exercices de gymnastique imposés par l’État de Meiji qu’à la mort annoncée de ce lieu des traditions qu’est la ville basse – <span>shitamachi</span> – à Tôkyô.</p><p>Mais la littérature se renouvelle aussi par l’exploitation proprement dramaturgique des nouvelles facettes du corps introduites en partie par la science occidentale, la <span>scientia sexualis</span>, sans renoncer pour autant à <span>l’ars erotica</span>. Ici, le récit de cape et d’épée de la Chine exhibe à souhait la souffrance de corps soumis au supplice, de corps dont la douleur physique est à hauteur de la noirceur morale du personnage qui la subit. Là, le polar japonais joue à découper les corps et à les recomposer à des fins d’esthétique, et, de la sorte, à susciter par empathie un mélange de souffrance et de jouissance auprès du public, et ce non sans quelque lien avec le cadavre exquis des surréalistes ou certaines techniques locales de composition poétique à plusieurs.</p><p>Il est vrai que, dans le cas japonais, la pathologie et même la psychopathologie de l’Occident sont passées par là et que le sadomasochisme trouve un terreau, qui lui permet de prendre du champ. Tout l’œuvre de Tanizaki Jun.ichirô (1886-1965) en prend acte. De même l’émergence du sujet à l’occidentale, avec l’amour dit romantique à la clé, est-elle à prendre en compte, car le naturalisme japonais, choisissant l’introversion plutôt que le discours social, exploite la dissection de ses tourments et place la chose sexuelle au centre de ses préoccupations.</p><p>La même insistance sur la maladie romantique, la subjectivité maladive et rongée de névroses dues à la frustration, notamment sexuelle, est développée par des auteurs chinois à partir du début des années 1920, en particulier Yu Dafu (1896-1945) ou Guo Moruo (1892-1978), qui ont découvert au Japon « roman du moi » et fantaisies macabres, ainsi que la théorie de Kuriyagawa Hakuson (1880-1923) sur la création comme expression symbolique de la frustration et de la mélancolie, thème qui sera au centre de la vie littéraire chinoise jusqu’à la moitié des années 1920. Quant à la thématique « décadente » d’un Tanizaki, elle continue occasionnellement à nourrir l’imaginaire littéraire chinois jusque dans les années 1940. Ces thématiques d’importation sont assimilées par les auteurs chinois, qui trouvent ainsi matière à exprimer leur propre discours de contestation de la famille, de la tradition, mais aussi de recherche d’affirmation nationale, et le thème libidinal se double alors ici de celui de la frustration en particulier face au Japon et à sa modernité.</p><p>À ce stade, il semblerait que la littérature de Chine ait pour enjeu le corps national plutôt que le corps individuel en souffrance ou, du moins, qu’elle ait eu souvent des difficultés à les dissocier l’un de l’autre et, de fait, elle évolue dans le sens d’un réalisme socialiste au service du peuple avant de céder le pas à une littérature des cicatrices, qui dresse le bilan effrayant de la Révolution culturelle. Mais la littérature du Japon, sensible aussi aux idéologies d’importation, produit une prose prolétaire <span>sui generis</span>, où le corps ploie jusqu’à la mort sous l’exploitation capitaliste, comme dans <span>Le Bateau-usine</span> (1929) de Kobayashi Takiji (1903-1933).</p><p>De la période de la République (1911-1949) jusqu’à nos jours, la Nouvelle littérature chinoise est en quête de l’expression qui rend sa voix à l’individu, au peuple, à la nation, aux victimes des violences politiques et historiques du <span>xx</span><span>e</span> siècle : ainsi, un Mo Yan (1955-) cherche à démonter ou subvertir les récits officiels par la parole locale, un Han Shaogong (1953-) à réinventer une parole primitiviste. La littérature, républicaine en particulier, s’inspire autant de la pièce du dramaturge soviétique Sergueï Mikhaïlovitch Tretiakov (1889-1937), <span>Hurle Chine ! </span>(1926)<a id=""footnote-994-15-backlink"">15</a>, que de la gravure expressionniste de Munch ou du jeu « biomécanique » de Meyerhold pour produire le cri de l’éveil<a id=""footnote-994-16-backlink"">16</a>. D’ailleurs, dès les années 1900, <span>via</span> les étudiants chinois au Japon, le théâtre moderne rejette la gestuelle et le chant codifiés et stéréotypés de l’opéra traditionnel au profit du « théâtre parlé » sur le modèle occidental : c’est la parole et la langue nationale nouvelle contre le corps hiératique du passé. L’élite aux idées modernes rejettera ensemble l’opéra classique « barbare » ; le grand acteur d’opéra Mei Lanfang (1894-1961) sera accusé par un révolutionnaire comme Chen Duxiu (1879-1942, l’un des fondateurs du PCC) de se complaire à jouer des rôles féminins devant les spectateurs japonais. Cette affirmation obsessionnelle du rôle masculin pour redonner une voix virile à la Chine affaiblie s’exprime par exemple dans le roman populaire <span>best-seller</span> de 1941, <span>Bégonia</span> (<span>Qiuhaitang</span>) de Qin Shou’ou (1908-1993), plusieurs fois adapté au cinéma, en théâtre, en série TV jusque dans les années 2000 : un jeune acteur de l’opéra chin";;;;;;;;; 622;2;3;13;Les écrans de l'intégration;L'immigration maghrébine dans le cinéma français;;;"<p>Exploration du cinéma de la diaspora maghrébine depuis son émergence dans les années 80.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Remerciements <strong><br /><br />Sylvie Durmelat et Vinay Swamy</strong><br />Introduction</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""> <br /><strong>Alec G. Hargreaves</strong><br />Hors des « ghettos », ouverts sur le monde. Situer les réalisateurs français-maghrébins<br /> <br /><strong>Michel Cadé</strong><br />L’islam caché. La part du religieux dans le cinéma <em>beur</em> et « de banlieue » <br /><br /><strong>Will Higbee</strong><br />Circulations, ancrages et mythe du retour dans les films 
de voyage français-maghrébins <br /><br /><strong>Hakim Abderrezak</strong><br />L’intégration sens dessus dessous. <em>Il était une fois 
dans l’Oued</em> de Djamel Bensalah <br /> <br /><strong>Sylvie Durmelat</strong><br />Re-voir la guerre d’indépendance algérienne. La mémoire 
des immigrants algériens dans le cinéma français <br /><br /><strong>Mireille Rosello</strong><br /><em>Indigènes </em>de Rachid Bouchareb. Moments de mémoire 
et événements de mémoire <br /> <br /><strong>Carrie Tarr</strong><br />Rapports de classe. Éducation, genre et intégration 
dans le cinéma français récent <br /><br /><strong>Geneviève Sellier</strong><br /><em>La Journée de la jupe</em> de Jean-Paul Lilienfeld 
ou le féminisme instrumentalisé par l’islamophobie <br /><br /><strong>Patricia Geesey</strong><br />Un espace à elles ? Les femmes dans le cinéma 
français-maghrébin <br /><br /><strong>Darren Waldron</strong><br />Travestissement, identité queer et masculinité 
dans <em>Change-moi ma vie</em> de Liria Bégéja 
et Un fils d’Amal Bedjaoui <br /><br /><strong>Murray Pratt et Denis M. Provencher</strong><br />Sami Bouajila : les mille et une incarnations 
du Français <em>beur</em> <br /><br /><strong>Vinay Swamy</strong><br />Re-présenter les banlieues. 
La Trilogie urbaine de <em>Malik Chibane</em> <br /><br /><strong>Sylvie Durmelat et Vinay Swamy </strong><br />Postface </p><p style=""text-align: left;""><br />Bibliographie <br />Filmographie <br />Présentation des auteurs <br />Références et crédits iconographique <br /><br /></p>";;10/11/2015;0;137X220;340;978-2-84292-453-9;9782842924539;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_622.jpg;"<p>Les immigrants maghrébins et leurs descendants, relégués autrefois dans les marges sociales et culturelles, font depuis vingt ans pleinement partie de la vie nationale d'une france devenue multiculturelle. Au cinéma, ils ont acquis le reconnaissance du grand public en tant qu'acteurs et cinéastes ou comme sujets de nombreux films. Ce livre, qui réunit des chercheurs dans le domaine des études postcoloniales francophones, est le premier volume collectif à présenter un examen critique de ce cinéma multiple. Les auteurs de l'ouvrage mettent particulièrement en évidence les visions de l'intégration que les films de la diaspora maghrébine contribuent à faire émerger.<br />Le bilan de cette production très diverse permet d'analyser dans toute leur complexité les changements sociaux dont ces films témoignent et qu'ils ont contribué à développer.</p><p><em>Sylvie Durmelat enseigne la littérature, le cinéma et la culture francophones à l'université de Georgetown (Washington DC) et Vinay Swamy la littérature et le cinéma francophones à Vassar College à Poughkeepsie (État de New York).<br /><br />Ouvrage publié avec l'aide financière de Vasar College et Georgetown University</em></p>";;;484;20.00;;;10/09/2015 11:22;1;Première édition;3655 623;1;3;27;Travailler à Paris (XIIIe-XVIe siècle);N°69/2015;;;"<p class=""Standard"">Paris et les statuts de ses corporations ont longtemps servi de modèle pour penser l’économie urbaine médiévale.</p>";"<p>Introduction<strong><br /><br />Christine Jéhanno</strong><br />Le travail au Moyen Âge, à Paris et ailleurs : retour sur l’histoire d’un modèle</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>Caroline Bourlet</strong><br />Le Livre des métiers dit d’Étienne Boileau et la lente mise en place 
d’une législation écrite du travail à Paris (fin xiiie-début xive siècle)<br /><br /><strong>Marion Bernard</strong><br />L’organisation du travail des armuriers parisiens, entre réglementation 
et réalité(s) de terrain (xiiie-xve siècle)<br /><br /><strong>Sharon Farmer</strong><br />Privilèges des métiers, l’intégration verticale et l’organisation de la production des textiles de soie à Paris aux xiiie et xive siècles<br /><br /><strong>Patrick Rambourg</strong><br />Pratiques alimentaires, savoir-faire et professionnalisme dans les métiers 
de bouche parisiens (fin du Moyen Âge et Renaissance)<br /><br /><strong>Boris Bove</strong><br />Une sombre affaire de teinturerie : organisation corporative et territoires 
de production à Saint-Denis à la fin du xive siècle<br /><br /><strong>Maxime L’Héritier</strong><br />Le chantier de l’abbaye de Saint-Denis à l’époque gothique</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>Marilyn Nicoud</strong><br />L’alimentation, un risque pour la santé ? Discours médical et pratiques alimentaires au Moyen Âge<br /><br /><strong>Gian Luca Borghese</strong><br />Les registres de la chancellerie angevine de Naples. Un exemple de destruction et reconstitution de sources archivistiques à travers les siècles</p><p style=""text-align: center;""><strong>POINT DE VUE</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong><br />Vincent Corriol</strong><br />Des paysans au Moyen Âge. Réflexions autour de trois ouvrages récents<br /><br /><br /></p><p style=""text-align: left;""><em>-Notes de lecture</em><br /><br />Laurent Feller, Le Meurtre de Charles le Bon, comte de Flandres (2 mars 1127) (Valérie Toureille) ; Alexis Wilkin et Jean-Louis Kupper (dir.), Évêque et prince. Notger et la Basse-Lotharingie aux alentours de l’an Mil (Tristan Martine) ; Laurent Feller et Ana Rodríguez (dir.), Objets sous contraintes. Circulation des richesses et valeur des choses au Moyen Âge (Simone Balossino) ; Leonie V. Hicks and Elma Brenner éd., Society and Culture in Medieval Rouen 911-1300 (Élisabeth Lalou) ; Pierre Chastang, La Ville, le gouvernement et l’écrit à Montpellier (XIIe-XIVe siècle). Essai d’histoire sociale (Véronique Lamazou-Duplan) ; Nathanaël Nimmegeers, Évêques entre Bourgogne et Provence. La province ecclésiastique de Vienne au haut Moyen Âge (Ve-XIe siècle) (Fernand Peloux) ; Étienne Anheim, Clément VI au travail. Lire, écrire, prêcher au XIVe siècle (Aude Mairey) ; Debby Banham et Rosamond Faith, Anglo-Saxon Farms and Farming (Alban Gautier) ; Véronique Lamazou-Duplan (dir.), Signé Fébus, comte de Foix, prince de Béarn. Marques personnelles, écrits et pouvoir autour de Gaston Fébus (Marie-Lise Fieyre))</p><p style=""text-align: left;""><em>-Livres reçus</em><br /><br /></p>";;10/12/2015;69;160X240;228;978-2-84292-444-7;978-2-84292-444-7;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_623.jpg;"<p><em>Caroline Bourlet</em><br /><strong>Le<em> Livre des métiers</em> dit d’Étienne Boileau et la lente mise en place d’une législation écrite du travail à Paris (fin XIIIe-début XIVe siècle) </strong></p><p>La première mise par écrit de la réglementation des métiers à Paris, connue sous le nom de <em>Livre des métiers</em> compilée par Étienne Boileau dans les années 1260, a fait l’objet, au xix<sup>e</sup> siècle de plusieurs publications qui, en attribuant à ce prévôt la paternité de 101 réglementations, ajoutaient une page à son hagiographie et figeaient une forme canonique de son œuvre dont se sont emparés tous les historiens depuis ce temps. L’étude codicologique de trois manuscrits désignés sous le nom de <em>Livre des métiers</em>, tous vraisemblablement compilés au Châtelet de Paris, permet de les dater plus précisément qu’ils ne l’avaient été antérieurement. Associée à une étude de quelques caractères formels des textes de la réglementation datés et non datés antérieurs à 1328, elle permet de présenter un tableau plus complet et chronologiquement plus nuancé de la mise en place de la législation des métiers : si Étienne Boileau est bien l’initiateur du mouvement de rédaction des réglementations de métier, ce fut une entreprise de longue haleine poursuivie jusqu’en 1328 par ses successeurs.</p><p>Codicologie – corporations – Étienne Boileau – <em>Livre des métiers </em>– Paris</p><p><em><br />Marion Bernard</em><strong><br />L’organisation du travail des armuriers parisiens, entre réglementation et réalité(s) de terrain (XIIIe-XVe siècle) </strong></p><p>Les armuriers formaient une communauté importante du Paris médiéval, dont la relative prospérité était assurée par la présence de la cour royale et des nobles. Leur organisation puisait ses sources dans les statuts de métier, dont les premiers figurent dans le célèbre <em>Livre des métiers</em> d’Étienne Boileau, remplacé ensuite par les livres de couleur et de bannière du Châtelet de Paris. Ces statuts, destinés à réglementer l’organisation et la pratique professionnelles, laissent deviner un métier caractérisé par une tripartition hiérarchique entre maîtres, valets et apprentis, la présence de gardes et jurés représentant la communauté, l’existence d’une confrérie, réceptacle de la piété collective des armuriers, et le respect de règles encadrant la production de pièces d’armure. Or, une confrontation de ces textes normatifs et stéréotypés, aussi bien dans le fond que dans la forme, avec d’autres sources donne à voir une réalité plus nuancée, faite d’une adaptation aux contraintes du marché, étroitement dépendant du contexte politique et économique, et aux évolutions technologiques affectant l’industrie armurière de la fin du Moyen Âge.</p><p>Armuriers – métier – Paris – réglementation – sources</p><p> </p><p><em>Sharon Farmer</em><br /><strong>Les privilèges des métiers, l’intégration verticale et l’organisation de la production des textiles de soie à Paris aux XIIIe et XIVe siècles </strong></p><p>L’industrie de la soie dans le Paris médiéval a deux hiérarchies : celle des privilèges corporatifs, qui accorde aux merciers la plus grande autonomie dans l’administration du métier et aux fileuses le moins d’autonomie, et la hiérarchie de l’organisation de la production, qui donne aux merciers le contrôle vertical de la filière sur les fileuses et les femmes qui tissent des couvre-chefs, mais pas sur les teinturiers, les hommes fabricant des tissus en soie et faisant de petits articles de mercerie. Néanmoins, en dépit de l’indépendance de beaucoup de métiers de la soie, le prévôt de Paris accorda en 1324 aux merciers la police sur l’ensemble de la filière.</p><p>Fileuses – merciers – Paris – soie – teinturiers – tisserands</p><p> </p><p><em>Patrick Rambourg</em><br /><strong>Pratiques alimentaires, savoir-faire et professionnalisme dans les métiers de bouche parisiens (fin du Moyen Âge et Renaissance) </strong></p><p>À partir de textes réglementaires, cet article montre comment les métiers de bouche se sont affirmés dans le Paris de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Il insiste plus précisément sur les spécialistes du « prêt-à-manger » qui, au fil du temps, ont conforté leurs savoir-faire, leurs compétences techniques et les contours de leurs spécialisations, pour construire leurs identités professionnelles.</p><p>Alimentation – métier de bouche – Paris – prêt-à-manger – savoir-fair </p><p> </p><p><em>Boris Bove</em><br /><strong>Une sombre affaire de teinturerie : organisation corporative et territoires de production à Saint-Denis à la fin du XIV<sup>e</sup> siècle </strong></p><p>La documentation relative aux métiers du drap à Saint-Denis contient deux textes qui, bien que contemporains et émanant de la même autorité seigneuriale, sont contradictoires. L’un est une ordonnance de métier de 1374 autorisant la teinture des draps à partir de racine de noyer ; l’autre est une enquête de 1383 montrant que cette technique a toujours été prohibée à Saint-Denis. Il ressort de la confrontation que les deux textes s’accordent pour dessiner un territoire productif de Saint-Denis, non polarisé par Paris, associant villes et campagnes entre Seine, Oise et Marne, qui pourrait bien être un district industriel. L’organisation du travail qui prévaut à Saint-Denis a de fortes affinités avec celle des villes de Normandie, avec une division du travail limitée, une organisation supra-corporative et une association villes/campagnes. Il y a donc un troisième modèle d’organisation professionnelle, entre la sophistication corporative des grands centres industriels et l’absence de règlement dans les campagnes. La contradiction entre ces deux pièces met aussi en évidence la fragilité de la norme corporative au Moyen Âge : faute d’une légitimité technique, le seigneur ecclésiastique enregistre, impuissant, le bras de fer entre teinturiers partisans et adversaires de la teinture de noyer.</p><p>District industriel – Saint-Denis – statuts de métier – teinture – travail</p><p> </p><p><em>Maxime L’Héritier</em><br /><strong>Le chantier de l’abbaye de Saint-Denis à l’époque gothique </strong></p><p>Cette enquête vise à documenter le chantier de construction de l’abbaye du milieu du XII<sup>e</sup> à la fin du XV<sup>e</sup> siècle, en s’intéressant davantage aux ouvriers et artisans et à leur travail qu’à l’œuvre architecturale. La combinaison des sources archéologiques et historiques permet d’estimer les effectifs des maçons et des ouvriers qui travaillaient sur le chantier de Suger et de proposer la reconstitution d’un chantier exceptionnel par sa taille pour l’époque. Pour le XIIIe siècle, ces sources montrent également une spécialisation des tâches, notamment dans le travail de la pierre, conforme à celle des chantiers contemporains. Enfin, dès la fin du XIIIe siècle, les comptes de la Commanderie montrent les spécificités de ce grand chantier monastique quant à la main-d’œuvre employée, sa rémunération et l’organisation du travail. Elles mettent notamment en évidence l’existence d’une main-d’œuvre issue de la communauté de l’abbaye à côté de maîtres artisans souvent gagés à l’année. Une tendance à la sécularisation du travail semble s’opérer dans le courant des XIVe et XVe siècles. Parmi ces maîtres, l’existence d’un office de maître verrier attaché à l’entretien des vitraux de la basilique pendant toute la période, depuis sa création par Suger au XIIe siècle, constitue une véritable spécificité dionysienne.</p><p>Architecture gothique – chantier de construction – comptabilités – main-d’œuvre – Saint-Denis – verriers</p><p> </p><p><em>Marilyn Nicoud</em><br /><strong>L’alimentation, un risque pour la santé ? Discours médical et pratiques alimentaires au Moyen Âge </strong></p><p>Pourquoi s’interroger sur l’existence d’une notion de risque alimentaire dans le discours des médecins du Moyen Âge tardif ? Si la documentation archivistique communale ne fournit pas de trace véritable d’expertise médicale en matière de sécurité alimentaire, alors que les autorités publiques ont tenté de mettre en place des mesures de précaution et de contrôle, les ouvrages médicaux et principalement diététiques fournissent cependant le témoignage d’une réflexion sur les dangers causés par l’alimentation à une échelle individuelle. À travers des traités aussi bien savants que de vulgarisation, les médecins distinguent les aliments des médicaments et des aliments-médicaments et s’efforcent de sensibiliser leurs patients à la nécessité de réguler leurs consommations et de connaître les qualités des aliments : élément essentiel à la vie, utilisée aussi bien pour conserver la santé que dans un cadre thérapeutique, l’alimentation est en effet aussi potentiellement un facteur de risque sanitaire qu’il convient de circonscrire.</p><p>Alimentation – corps – diététique – médecine – risques – santé</p><p> </p><p><em>Gian Luca Borghese</em><br /><strong>Les registres de la chancellerie angevine de Naples : un exemple de destruction et reconstitution de sources archivistiques à travers les siècles </strong></p><p>La destruction en 1943 des registres des Archives angevines de Naples est souvent considérée comme un exemple spectaculaire d’appauvrissement irrémédiable des sources d’un grand secteur de l’histoire médiévale. À un « avant » de l’abondance s’oppose emblématiquement un « après » de l’absence, changeant radicalement les conditions de la recherche historique. Une reconstitution détaillée de l’histoire de ces sources dans la longue durée permet montre une réalité plus nuancée. À un processus de destructuration-recomposition progressive, à l’époque médiévale et moderne, succède une première exploitation scientifique polycentrique, interrompue par la catastrophe de 1943. Les tentatives de récupération de cet héritage textuel de 1945 à nos jours à partir de matériaux divers (transcriptions, autres fonds d’archives) sont également caractérisés par une multiplicité de stratégies. Cette histoire textuelle n’est donc pas seulement celle d’une destruction : elle peut apprendre beaucoup sur les conditions paradoxales de la recherche historique.</p><p>Chancellerie de Naples – diplomatique – histoire textuelle – registres – Italie angevine</p>";"<div><p>Christine Jéhanno</p><p>Le travail au Moyen Âge, à Paris et ailleurs : <br />retour sur l’histoire d’un modèle</p><p>Si Jacques Le Goff, récemment disparu, affirmait que « le travail n’est pas un bon sujet pour le Moyen Âge<a id=""footnote-407-1-backlink"">1</a> », c’était à l’évidence, de la part de ce spécialiste, pour mettre en garde contre la difficulté à saisir une réalité médiévale qui n’avait pas de mot pour se dire et non pour dissuader de s’y intéresser<a id=""footnote-407-2-backlink"">2</a>. De fait, son avertissement n’a pas découragé les médiévistes, loin s’en faut. En un temps de crise économique et de chômage, la question du travail n’a du reste pas manqué d’être investie par l’ensemble des sciences humaines. Les historiens étaient ainsi appelés, en 2001, à apporter leur contribution à l’effort de réflexion commun dans un dossier des <span>Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique</span> qui titrait « Comment les historiens parlent-ils du travail ? », dans une perspective trans-périodique. Catherine Verna et Philippe Bernardi y répondaient pour les médiévistes dans un article intitulé « Travail et Moyen-Âge : un renouveau historiographique », dans lequel ils dressaient non seulement un bilan, mais indiquaient aussi les pistes alors dégagées par la recherche historique en la matière, et concluaient à une « effervescence<a id=""footnote-407-3-backlink"">3</a> ».</p><p>Il y a peu, étaient ainsi menés plusieurs projets autour du sujet. Parmi ceux-ci, le programme « Salaire et salariat au Moyen Âge (<span>xi</span><span>e</span>-<span>xvi</span><span>e</span> s.) », coordonné par Laurent Feller de 2006 à 2008<a id=""footnote-407-4-backlink"">4</a>, s’est intéressé aux rapports de travail dans l’ensemble de l’Europe médiévale. La question était ensuite largement abordée en 2011-2013 dans le cadre du séminaire de François Menant à l’ENS-Ulm consacré aux milieux populaires urbains de la fin du Moyen Âge<a id=""footnote-407-5-backlink"">5</a>, puis lors du colloque « Clivages sociaux et modes de domination dans les villes européennes des <span>xiii</span><span>e</span>-<span>xv</span><span>e</span> siècles » tenu à Paris les 20 et 21 juin 2013. Parallèlement, à l’Université de Paris 8-Saint-Denis, Catherine Verna choisissait pour thème de son séminaire de recherche « Le travail au Moyen Âge : techniques, production, marchés ». C’est dans cette convergence que le groupe de travail sur Paris au Moyen Âge de l’IRHT a souhaité s’inscrire. Il semblait en effet important à ses membres d’y insérer Paris, dont le cas, longtemps sur le devant de la scène en ce domaine, puis quelque peu délaissé, méritait de trouver place<a id=""footnote-407-6-backlink"">6</a>. Ils sont heureux que la revue <span>Médiévales </span>ait accepté la publication de quelques-unes des interventions, parmi celles consacrées à Paris et ses environs, extraites de la trentaine d’un séminaire poursuivi de 2012 à 2014, qui avait volontairement élargi ses investigations à d’autres espaces, afin de multiplier les points de comparaison, tout en restant centré sur le travail urbain pris dans sa dimension productive.</p><p>Même ainsi circonscrit, le champ d’étude affiche un bilan historiographique des plus riches et chaque nouvelle publication s’ouvre sur une remarque relative à l’abondance de la bibliographie<a id=""footnote-407-7-backlink"">7</a>, fournissant une liste de références ou, plus souvent encore, renvoyant faute de place à une synthèse, en général ancienne, ou à un bilan historiographique récent<a id=""footnote-407-8-backlink"">8</a>. La situation n’est pas propre au Moyen Âge car le champ de recherche est exploré pour toutes les périodes historiques et, à l’intérieur de chacune d’elles, pour l’ensemble des siècles<a id=""footnote-407-9-backlink"">9</a>. Du reste, nombre d’ouvrages s’affranchissent des barrières chronologiques académiques, ambitionnant pour certains une histoire au long cours « des origines à nos jours », englobant en tout cas couramment la période des <span>xiii</span><span>e</span>-<span>xvi</span><span>e</span> siècles, voire Moyen Âge et Temps modernes<a id=""footnote-407-10-backlink"">10</a>. Le propos n’est pas dans cette introduction de faire à nouveau l’historiographie du travail mais, en la brossant à gros traits, de pointer la place singulière que tient le Paris du Moyen Âge dans une recherche commencée dès le <span>xix</span><span>e</span> siècle, et qui s’est poursuivie sans réelle interruption depuis, même à bas bruit et même si le sujet occupe rarement le devant de la scène<a id=""footnote-407-11-backlink"">11</a>.</p><p>Les bases de l’étude du travail au Moyen Âge sont posées en 1840, avec l’<span>Essai sur l’état des corporations industrielles au Moyen-Âge</span> d’Henri de Formeville. Le <span>xix</span><span>e</span> siècle et le début du <span>xx</span><span>e</span> siècle sont, toutes périodes historiques confondues, un moment d’intense production sur le sujet puisque, en 1885, Hippolyte Blanc juge bon de publier une <span>Bibliographie des corporations ouvrières</span><a id=""footnote-407-12-backlink"">12</a>, dans laquelle il recense déjà près de mille titres. Parmi ceux-ci figurent quelques amples vues d’ensemble comme, en 1859, l’<span>Histoire des classes ouvrières en France de Jules César à la Révolution </span>d’<span>é</span>mile Levasseur, alors qu’en 1899, Henri Hauser s’en tient à un cadre chronologique plus restreint dans <span>Ouvriers du temps passé (</span><span>xv</span><span>e</span><span>-xvi</span><span>e</span><span> siècle)</span>. Au début du <span>xx</span><span>e</span> siècle vient le temps des premières grandes synthèses, notamment l’<span>Histoire universelle du travail</span>, sous la direction de Georges Renard, dont le tome consacré au Moyen Âge, <span>Le Travail dans l’Europe chrétienne au Moyen Âge : </span><span>v</span><span>e</span><span>-</span><span>xv</span><span>e</span><span> siècle</span>, paraît en 1921 sous la plume de Prosper Boissonnade. Or les ouvrages de ce temps, bien que censés rendre compte d’une réalité générale, sont largement inspirés de l’exemple parisien. À cela, une raison simple : les sources parisiennes de l’histoire du travail ont été parmi les premières éditées. Le <span>Livre des métiers</span> d’Étienne Boileau est publié d’abord par Georges-Bernard Depping dès 1837<a id=""footnote-407-13-backlink"">13</a>, puis par François Bonnardot et René de Lespinasse en 1879, avec une solide introduction<a id=""footnote-407-14-backlink"">14</a>. C’est ensuite le tour des ordonnances rassemblées en trois tomes par René de Lespinasse<a id=""footnote-407-15-backlink"">15</a>, puis des <span>Livres de couleur</span> et des <span>Livres de bannières</span> du Châtelet de Paris par Alexandre Tuetey au tournant du <span>xx</span><span>e</span> siècle<a id=""footnote-407-16-backlink"">16</a>. Le corpus mis ainsi à disposition est considérable et semble à même de révéler la situation parisienne. Après une série d’articles entre 1868 et 1874<a id=""footnote-407-17-backlink"">17</a>, Gustave Fagniez présente la synthèse de ses travaux sous le titre Études sur l’industrie et la classe industrielle à Paris, au <span>xiii</span><span>e</span> et au <span>xiv</span><span>e</span> siècle<span>, en 1877</span><a id=""footnote-407-18-backlink"">18</a>. Le titre choisi témoigne de la largeur de vue de l’ouvrage. Mais, compte tenu des sources parisiennes, il est malgré tout axé sur les métiers, tant le métier – on emploie alors plutôt le terme de « corporation » – constitue le centre d’intérêt premier, la voie d’accès privilégiée à l’histoire du travail. Dans la décennie suivante, Alfred Franklin publie ainsi Les Corporations ouvrières de Paris, du <span>xii</span><span>e</span> au <span>xviii</span><span>e</span> siècle, puis plusieurs livraisons de la collection <span>La Vie privée d'autrefois</span>, consacrées aux métiers en général ou à certains d’entre eux<a id=""footnote-407-19-backlink"">19</a>, et enfin, en point d’orgue, au tout début du <span>xx</span><span>e</span> siècle, son Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés à Paris depuis le <span>xiii</span><span>e</span> siècle jusqu’au <span>xviii</span><span>e</span> siècle<a id=""footnote-407-20-backlink"">20</a>. D’autres études sont menées sur certains métiers ou groupes de métiers parisiens tels les ménestriers, les boulangers, les tailleurs, les bouchers et les artisans du textile<a id=""footnote-407-21-backlink"">21</a>.</p><p>Dans les ouvrages généraux, de façon explicite ou non, Paris est érigé en modèle à partir duquel est extrapolée la situation du royaume tout entier. En 1941, Émile Coornaert dresse un vaste panorama des <span>Corporations en France avant 1789</span> après s’être intéressé à celles de Paris à partir du <span>Livre des métiers</span><a id=""footnote-407-22-backlink"">22</a>. Il est du reste conscient de ce que cette démarche peut avoir de simplificateur et appelle d’autres à corriger dès que possible sa « vue cavalière ».</p><p>De manière générale, l’accent est mis sur les formes d’organisation professionnelle, les structures. Influencés par la situation documentaire parisienne, les historiens du travail se tournent pour l’essentiel vers des textes normatifs, facilement accessibles et qui alors paraissent transparents. Cela conduit à faire du travail une histoire très institutionnelle. La recherche est fortement marquée en outre par une grille de lecture juridique, qu’elle soit ou non le fait de juristes, notamment de chartistes, très imprégnés alors d’histoire des institutions<a id=""footnote-407-23-backlink"">23</a>. De cette époque date la distinction, qui va devenir traditionnelle, entre métiers jurés (s’organisant eux-mêmes, sur le modèle parisien) et métiers réglés (organisés par les pouvoirs publics, à l’exemple de la Flandre ou du Languedoc). Le recours à des sources normatives conduit par ailleurs à construire une vision idéalisée des corporations. Ainsi les historiens du <span>xix</span><span>e</span> siècle créent-ils à partir des métiers, montrés par les statuts comme modèles d’équilibre et éléments de stabilité, la fiction d’une concorde sociale, très recherchée dans un monde industriel alors en plein bouleversement du fait des formes nouvelles prises par le capitalisme mais aussi des revendications ouvrières. Cette idée rencontre du reste celle du catholicisme social qui émerge au moment même de la redécouverte du Moyen Âge, où l’on va puiser un modèle d’organisation de la production, idéalisé, que Paris est à même de fournir.</p><p>Cette instrumentalisation du travail médiéval se reproduit avec l’instauration du corporatisme comme doctrine d’<span>é</span>tat par les régimes d’inspiration fasciste en Europe. L’historiographie des années 1930 et 1940 se cristallise autour de ce problème<a id=""footnote-407-24-backlink"">24</a>. La fin de la guerre qui emporte la plupart de ces régimes, et en France le régime de Vichy, signe le discrédit du corporatisme et oblige des auteurs, qui s’en étaient fait les chantres, à réviser leur point de vue de façon significative. Ainsi Maurice Bouvier-Ajam, qui a publié en 1941 <span>La Doctrine corporative</span>, écrit en 1957 une <span>Histoire du travail en France des origines à la Révolution</span>. L’<span>Histoire du travail</span> d’<span>é</span>douard Dolléans, sortie en 1944, est totalement revue par le nouveau co-auteur Gérard Dehove et reparaît en 1953 sous le titre <span>Histoire du travail en France. Mouvement ouvrier et législation sociale</span>, qui en dit long sur le tournant pris. Dans les décennies qui suivent, une approche nouvelle de la question du travail se fait jour, désormais dominée par la question du mouvement ouvrier et de la lutte des classes<a id=""footnote-407-25-backlink"">25</a>. Le travailleur y occupe une place plus centrale, mais est surtout vu comme membre d’un collectif<a id=""footnote-407-26-backlink"">26</a>. Le Moyen Âge n’y trouve plus la place éminente d’autrefois, sauf envisagé au prisme des révoltes, pas spécifiquement urbaines au demeurant, par Philippe Wolff<a id=""footnote-407-27-backlink"">27</a>. Paris n’apparaît plus guère au premier plan dans les ouvrages généraux, et les recherches sur l’artisanat de la capitale se réduisent. Pourtant, l’ouvrage de Bronislaw Geremek sur le salariat de l’artisanat parisien, rapidement traduit en plusieurs langues, <span>replace Paris</span> dans la lumière. Son retentissement est considérable tant il vieillit les ouvrages antérieurs, renouvelle les problématiques, et ce, bien au-delà de l’histoire du travail parisien<a id=""footnote-407-28-backlink"">28</a>.</p><p>L’éclipse est plus générale encore dans les années 1970 et 1980, en dépit de quelques notables exceptions<a id=""footnote-407-29-backlink"">29</a>. En dehors de la réflexion sur la notion même de travail initiée par Jacques Le Goff<a id=""footnote-407-30-backlink"">30</a>, la focale se déplace sur le commerce et les échanges, et l’histoire des salaires est combinée à celle des prix<a id=""footnote-407-31-backlink"">31</a>. La recherche en histoire urbaine s’étoffant, la question du travail est désormais intégrée aux monographies de villes, en vogue à l’époque<a id=""footnote-407-32-backlink"">32</a>. Les deux volumes de la <span>Nouvelle Histoire de Paris</span> consacrés au Moyen Âge par Raymond Cazelles et Jean Favier en 1972 et 1974 font eux aussi une place à l’artisanat<a id=""footnote-407-33-backlink"">33</a>. Dans tous sont évoqués les métiers, et l’étalon parisien, même fortement nuancé, y sert encore de référence implicite tant il a forgé le cadre d’analyse de la réflexion sur l’organisation de la production. Mais d’autres approches émergent, en particulier spatiales : sont notamment examinés les lieux du travail, leur place dans la topographie des villes.</p><p>Les années 1990 marquent le renouveau de la question. En 1991, Michel Hébert constatait : « on a assez peu étudié les questions relatives au travail et à l’artisanat urbain depuis plusieurs décennies » et concluait : « Il n’est donc pas inopportun de reprendre l’enquête<a id=""footnote-407-34-backlink"">34</a> ». Dix ans plus tard, Anne Jollet partait du même « constat de la faiblesse de la curiosité des historiens », toutes périodes confondues, d’une « relative indifférence », mais pour le nuancer aussitôt en pointant, derrière une atonie apparente – largement imputable à l’absence de nouvelle grande synthèse<a id=""footnote-407-35-backlink"">35</a> –, la reformulation des questions et le déplacement des centres d’intérêt en réalité déjà à l’œuvre<a id=""footnote-407-36-backlink"">36</a>. La recherche remet en effet en cause certaines idées qui prévalaient dans l’historiographie passée et emprunte désormais d’autres pistes, qu’il faut se résoudre à n’évoquer que succinctement ici. Alors que le métier avait été la voie d’accès privilégiée à l’histoire du travail, il apparaît désormais comme un écran, qui masque la réalité davantage qu’il ne l’éclaire. Au mieux, le métier est désormais considéré comme un mode, parmi d’autres, de l’organisation artisanale, et pas celui qui reflète le mieux les situations réelles ; parfois même, il est regardé comme une construction artificielle, sans rapport avec la réalité<a id=""footnote-407-37-backlink"">37</a>. C’est que les sources normatives sont reconsidérées au filtre d’une critique plus poussée qui amène à discuter ce que l’on peut véritablement en tirer, y compris de certains « monuments » – jusqu’au <span>Livre des métiers</span> d’<span>é</span>tienne Boileau ! – utilisés jusque-là sans suffisamment de recul. Jean-Pierre Sosson résume la position désormais commune : « Faute d’une intégration systématique des acquis de l’histoire économique et sociale et d’une utilisation des matériaux prosopographiques disponibles, les textes, pour l’essentiel de nature normative, ne peuvent donner que des images statiques, désincarnées sinon lénifiantes des métiers<a id=""footnote-407-38-backlink"">38</a>. » Le modèle parisien est réfuté<a id=""footnote-407-39-backlink"">39</a> ou en tout cas nuancé dès lors que les études de cas montrent qu’il ne s’applique ni à toutes les régions, ni à tous les métiers d’un même lieu, ni à tous les travailleurs (non qualifiés, femmes, enfants, esclaves éventuels). La distinction traditionnelle entre métiers réglés et métiers jurés est jugée plus formelle que probante<a id=""footnote-407-40-backlink"">40</a>. L’approche institutionnelle est de manière générale contestée, car jugée trop rigide. Une attention plus fine à la chronologie révèle une situation mouvante, loin du tableau figé dressé autrefois à partir du seul <span>xiii</span><span>e</span> siècle<a id=""footnote-407-41-backlink"">41</a>.</p><p>La méfiance par rapport à la structure corporative s’étendant aux textes réglementaires, des sources nouvelles sont sollicitées, autant fiscales, que judiciaires, notariales, littéraires ou iconographiques, susceptibles de laisser percevoir davantage d’aspects que les sources réglementaires et de donner mieux accès à la réalité. Surtout, elles sont systématiquement croisées, les unes venant en contrepoint des autres pour cerner un même objet. <span>à</span> ces documents sont appliquées des méthodes mises au point dans d’autres champs de la recherche historique, notamment la prosopographie grâce à laquelle on suit un groupe de manière très fine et dans toute la complexité de son existence, voire la micro-analyse (réhabilitée après une période marquée par l’histoire quantitative) qui fait sa place à l’individu. Est désormais privilégiée l’étude interdisciplinaire ainsi que l’annonce le colloque tenu à Louvain-la-Neuve en 1987, <span>Le Travail au Moyen Âge. Une approche interdisciplinaire</span><a id=""footnote-407-42-backlink"">42</a>. Les historiens nourrissent leur réflexion auprès d’autres disciplines comme la sociologie<a id=""footnote-407-43-backlink"">43</a>, l’anthropologie et plus encore l’archéologie. Cette dernière, en apportant une documentation radicalement différente, fait faire de grands progrès. Elle rencontre les préoccupations d’historiens marqués par l’histoire de la civilisation matérielle. L’histoire des techniques connaît alors un développement considérable<a id=""footnote-407-44-backlink"">44</a>, balisant un champ de recherche qui s’avère extrêmement fécond et produit des avancées majeures pour ce qui est de l’histoire du travail, axée davantage sur la matérialité, les outils, mais aussi sur la dimension humaine : l’homme au travail en tant qu’individu, ses gestes, son corps, ses souffrances, et ses relations de travail<a id=""footnote-407-45-backlink"">45</a>.</p><p>D’un autre côté, l’histoire du genre, impulsée dans le monde anglo­phone, amène l’école historique française à considérer différemment la question du travail des femmes<a id=""footnote-407-46-backlink"">46</a>. Celui des enfants est à son tour examiné<a id=""footnote-407-47-backlink"">47</a>, ce qui réintroduit les problèmes de la situation de l’apprenti, de l’apprentissage, mais aussi de la transmission des savoirs<a id=""footnote-407-48-backlink"">48</a>. Ce dernier thème amène à une interrogation sur l’innovation, spécialement au sens technique, très en vogue aujourd’hui<a id=""footnote-407-49-backlink"">49</a>.</p><p>Des pistes déjà abordées sont poursuivies, telle la réflexion sur la notion de travail et la valeur accordée au travail, y compris manuel ou « mécanique », celle sur la qualification d’industrie ou proto-industrie appliquée à l’artisanat médiéval<a id=""footnote-407-50-backlink"">50</a>, celle enfin de l’identité professionnelle et de la place du métier dans la désignation des individus<a id=""footnote-407-51-backlink"">51</a>. L’intérêt porté depuis longtemps à la production drapière demeure, et la connaissance en est renouvelée par l’histoire des techniques<a id=""footnote-407-52-backlink"">52</a>. Passe cependant au premier plan l’étude des métiers de la construction, qui donne lieu à de nombreuses publications importantes<a id=""footnote-407-53-backlink"">53</a>. Le métier n’apparaissant plus comme un cadre d’analyse satisfaisant, le regard se porte sur d’autres formes d’organisation du travail qui apparaissent comme au moins complémentaires sinon plus pertinentes : l’atelier, le chantier<a id=""footnote-407-54-backlink"">54</a>, la filière. L’artisanat n’est plus cantonné au cadre étroit d’une ville mais analysé au sein d’ensembles plus vastes : la ville et ses périphéries, la région voire l’espace interrégional<a id=""footnote-407-55-backlink"">55</a>. Une démarche nouvelle et porteuse de résultats très prometteurs consiste à mener l’étude à partir d’un produit : fer ou métal en général<a id=""footnote-407-56-backlink"">56</a>, pierre<a id=""footnote-407-57-backlink"">57</a>, laine, verre<a id=""footnote-407-58-backlink"">58</a>, céramique<a id=""footnote-407-59-backlink"">59</a>, etc.</p><p>On le constate : il s’agit bien d’une « effervescence » qui se lit dans les nombreux colloques, tables rondes et autres séminaires tenus sur le sujet<a id=""footnote-407-60-backlink"">60</a>, occasions pour les historiens de fructueux échanges, et dont la publication fournit un matériel aussi précieux que fractionné, qu’on espère prélude à de futures synthèses. Dans ce tableau d’ensemble, la place de Paris semble faible, ce qui s’explique par le rejet dont fait l’objet l’archétype des métiers parisiens. Les recherches actuelles sur Paris s’inscrivent pourtant dans le mouvement général et ont profité des études menées sur d’autres espaces qui ont en quelque sorte tendu un miroir à la capitale. Sur le plan des méthodes, les sources normatives parisiennes ont été soumises à une critique plus rigoureuse. Les sources fiscales, notamment les rôles de taille, même si elles n’ont pas la précision des documents italiens, ont été aussi mises à contribution après une soigneuse analyse<a id=""footnote-407-61-backlink"">61</a>. D’autres sources encore, autant textuelles<a id=""footnote-407-62-backlink"">62</a> qu’archéologiques, sont mobilisées et confrontées les unes aux autres. Les thématiques sont à l’unisson de la recherche. Le travail des Parisiennes a ainsi fait l’objet de nombreuses recherches<a id=""footnote-407-63-backlink"">63</a>, de même que la construction<a id=""footnote-407-64-backlink"">64</a>. L’étude des techniques et des matériaux n’est pas en reste<a id=""footnote-407-65-backlink"">65</a>. Paris conserve malgré tout quelques spécificités parmi lesquelles la place faite à l’artisanat du livre<a id=""footnote-407-66-backlink"">66</a>.</p><p>À cela, il faut ajouter les articles de ce volume qui, chacun à sa manière, reflètent aussi les tendances actuelles de la recherche, appliquée à la capitale et à ses abords.</p><p>Caroline Bourlet reprend le dossier de la réglementation du travail dans la capitale à partir d’une critique renouvelée de ces textes, s’attachant à en prendre l’exacte mesure, à les replacer aussi dans leur contexte et à les suivre dans leur chronologie. Marion Bernard, dépassant les études par métier, s’intéresse à un groupe de professionnels aux activités voisines (même si l’on peut difficilement parler ici d’une filière) et confronte les sources réglementaires à d’autres pour tenter de démêler image et réalité du métier, en plus de s’efforcer d’atteindre les travailleurs eux-mêmes par le recours à la prosopographie. L’article de Patrick Rambourg éclaire quant à lui un secteur rarement étudié mais combien présent dans les villes en général, et dans Paris en particulier, celui des métiers de bouche. Sharon Farmer et Boris Bove traitent des activités du textile, mais à travers des aspects particuliers et sous deux angles différents : alors que Sharon Farmer se penche sur une branche spécifique de la production, celle de la soie, à Paris, Boris Bove examine la question d’un espace régional de la draperie à travers un cas de conflit relatif à la teinturerie à Saint-Denis. Le parti a en effet été pris d’étendre le terrain d’investigation en retenant ici des contributions portant sur cette localité voisine, considérée dès les origines comme un satellite de Paris et étudiée comme telle par les historiens, y compris au plan économique<a id=""footnote-407-67-backlink"">67</a>. Cette étroite dépendance a privé la ville de Saint-Denis d’une historiographie propre et l’histoire de l’artisanat y reste largement à faire. En outre, le cas de Saint-Denis permet d’aborder le système productif parisien du point de vue de son intégration à l’échelle d’une région, en interrogeant les relations de complémentarité, d’influence, de concurrence et de domination de la ville-centre sur ses périphéries. L’abbaye de Saint-Denis fournit aussi l’occasion à Maxime L’Héritier d’étudier le chantier comme modèle d’organisation du travail distinct de l’atelier, et lève le voile sur la situation de la construction à proximité immédiate de la capitale.</p><p>Tous ensemble, les travaux présentés témoignent de l’activité de la recherche sur le travail à Paris à la fin du Moyen Âge.</p><p>Christine Jéhanno – Université du Littoral Côte d’Opale</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-407-1""> 1</a>. J. <span>Le Goff</span>, « Discours de clôture », dans <span>Le Travail au Moyen Âge. Une approche interdisciplinaire</span>, Actes du colloque international de Louvain-la-Neuve, mai 1987, Louvain-la-Neuve, 1990, p. 424.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-2""> 2</a>. Ce propos reprenait l’idée déjà formulée au colloque de Spolète en 1970 par J. <span>Le Goff</span>, « Travail, techniques et artisans da";;;;;;;;; 624;2;3;32;Pour la poésie;Poètes de langue française (XXe-XXIe siècle);;;"<p>Un état des lieux de la poésie de langue française aujourd’hui.</p>";"<p class=""Corps"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Avant-propos<br /><strong>Corinne Blanchaud</strong></p><p class=""Corps"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Introduction<br /><strong>Cyrille François</strong></p><p class=""Corps"" style=""text-align: center;""> </p><p class=""Corps"" style=""text-align: center;""><strong>Première partie : Partages poétiques<br /></strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 60px;"">Chapitre 1. Des filiations</p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 30px;"">La poésie,une parole d'archipel entre solitude et fraternité (en hommage à Tahar Djaout)<strong><br />Daniel Maximin</strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 30px;"">Le commencement dans la poésie d’Anne Hébert<strong><br />François Dumont</strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 30px;"">« Ya’Sin » (1996), un hommage poétique de Jamel Eddine Bencheikh à Kateb Yacine<strong><br />Christiane Chaulet-Achour</strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 30px;"">« Les espaces poétiques mitoyens de Robert Choquette et Rosaire Dion-Lévesque. »<strong><br />Delphine Rumeau<br /><br /></strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 60px;"">Chapitre 2. Singularités poétiques</p><p style=""padding-left: 30px;"">Paysages de Nimrod dans <em>Babel, Babylone</em> : de la boue et de l’or<strong><br />Yaya Mountapmbémé P. Njoya</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Au centre de nulle part : poésie de Mimy Kenet<strong><br />Pierre-Yves Soucy</strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 30px;"">Un guetteur sur la ligne de crête : Claude Esteban<br /><strong>Corinne Blanchaud<br /><br /></strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 60px;"">Chapitre 3. Œuvre et création</p><p style=""padding-left: 30px;"">Formuler, figurer. Le livre en dialogues, chiasme et déplacement<strong><br />Claude Ber et Pierre Dubrunquez</strong>,</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le travail de la baleine<strong><br />Jean Portante </strong></p><p class=""Corps""> </p><p class=""Corps"" style=""text-align: center;""><strong>Deuxième partie : La poésie en situation<br /></strong></p><p class=""Documentbase"" style=""padding-left: 60px;"">Chapitre 1. La poésie face aux événements</p><p style=""padding-left: 30px;"">De la guerre civile au conflit de 2006 : une chronique poétique libanaise ?<br /><strong>Blandine Valfort</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">« Speak white » de Michèle Lalonde. Gestes, postures et devenir d’une prise de parole. »<strong><br />Arnaud Maïsetti</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Oralité et « désir de la voix vive » chez Gaston Miron et Gherasim Luca<strong><br />Violaine Houdart-Mérot</strong>,</p><p style=""padding-left: 30px;"">Georges Henein : une poésie engagée dans l'Histoire<strong><br />Marc Kober</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Hymne national, discordances politiques et résonances communautaires au Cameroun<strong><br />Bana Barka<br /><br /></strong></p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 60px;"">Chapitre 2. La poésie objet d’une affirmation identitaire</p><p style=""padding-left: 30px;"">Poésie africaine et écriture de l’Histoire<br /><strong>Raphaël Ngwe</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Quelques réflexions sur les propositions d’Aimé Césaire pour un nouvel art poétique nègre<br /><strong>Marie Frémin</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La poésie calédonienne, entre performances et recherche de solidarités<br /><strong>Dominique Jouve</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Écrire pour prendre la parole : situation de la poésie amérindienne francophone<strong><br />Jonathan Lamy-Beaupré</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Poésie et édition au Cameroun : pour un regard ethnostylistique<strong><br />Jean-Marcel Essiene</strong></p><p class=""Corps""> </p><p class=""Corps"" style=""text-align: center;""><strong>Troisième partie : Modalités de diffusion et de réception</strong></p><p class=""Documentbase"" style=""padding-left: 60px;""><br />Chapitre 1. De l’édition professionnelle au journal étudiant et lycéen</p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 30px;"">L’image institutionnelle des Écrits des Forges<strong><br />Jacques Paquin</strong></p><p class=""Footnote"" style=""padding-left: 30px;"">Poésie, vidéo et nouveaux modes de diffusion chez les poètes contemporains du Québec : les éditions de l’Écrou face aux nouvelles technologies<strong><br />Paul Fraisse</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong>La diffusion de la poésie estudiantine en France sous le regard des pratiques universitaires américaines<strong><br />Anne-Marie Petitjean</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le journal lycéen, un espace d’expression poétique<strong><br />Olivier Belin<br /></strong></p><p style=""padding-left: 60px;"">Chapitre 2. De l’anthologie</p><p class=""Corps"" style=""padding-left: 30px;"">Brièveté, anthologie et francophonie <strong><br />Nelson Charest</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le surréalisme en anthologie: un chant du cygne ?<strong><br />Pierre-Henri Kleiber<br /></strong></p><p style=""padding-left: 60px;"">Chapitre 3. La poésie dans l’espace</p><p style=""padding-left: 30px;"">Entretien avec Anne Slalik pour le site littéraire <em>Encres vagabondes</em>, juillet 2012<br /><strong>Brigitte Aubonnet</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Poésie et espace public : lectures des mots, lectures des lieux<strong><br />Marc-André Bouillette</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Bibliographie</em><br /><em>Index nominum et rerum</em><br /><em>Présentation des auteurs</em><strong><br /></strong></p>";;10/02/2016;0;137X220;484;978-2-84292-456-0;978-2-84292-456-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_624.jpg;"<p>Cet ouvrage répond à une problématique ambitieuse et rarement traitée : il confronte des œuvres poétiques contemporaines issues d’aires géographiques très diverses (Europe, Québec, Antilles, Algérie, Afrique subsaharienne), questionnant le partage de la langue française devenue langue poé- tique inspirée par des cultures et des réalités quotidiennes différentes. Il permet ainsi de rompre avec une vision trop souvent restrictive et purement hexagonale de la poésie de langue française. De plus, mettant au jour des poètes parfois peu connus, il tente de comprendre la vitalité et la force de résistance de la poésie dans un monde qui la marginalise.</p><p> </p><p><em>Corinne Blanchaud est maître de conférences à l’Université de Cergy-Pontoise, et spécialiste de littérature de langue française.<br />Cyrille François est enseignant de littérature et langue française à l’Université de Cergy-Pontoise. Ses travaux portent en particulier sur les francophonies littéraires.</em></p>";"<div><p>Introduction</p><p>Cyrille François</p><p>La découverte de la variété des littératures francophones hors des grands centres a été suivie d’un effort de rapprochement des productions de poètes d’origines sociales et culturelles différentes mais partageant une même langue, que ce soit par choix ou par monolinguisme. Or le genre poétique a été essentiel dans la représentation de l’hospitalité linguistique, peut-être parce que, plus que dans les autres genres, il existe un rapport étroit, hypersensible, du poète à la – sa – langue et à la façon de la travailler, de la faire sonner, de la faire signifier ; parce que, dans ce genre, la conscience persiste des représentations produites par un usage de la langue et que s’y pose avec le plus d’acuité la question de la justesse du dire et d’une recherche du vivre et de l’être dans les profondeurs mystérieuses du langage.</p><p>Mais c’est aussi parce que l’anthologie de poésie a été un médium majeur de la reconnaissance des poètes francophones et, d’abord, de ceux issus des colonies. Les anthologies de Blaise Cendrars<span><a id=""footnote-13293-1-backlink"">1</a></span> en 1921, de Léon-Gontran Damas<span><a id=""footnote-13293-2-backlink"">2</a></span> en 1947 et de Léopold Sédar Senghor<span><a id=""footnote-13293-3-backlink"">3</a></span> en 1948 ont ainsi été pionnières dans la valorisation des auteurs ultramarins. Si l’anthologie de Senghor a connu un plus grand succès grâce à l’aval de Sartre et sa situation au cœur de la négritude, celle de Damas accomplissait une communion inouïe entre poètes français et ultramarins, rendant possible une coexistence, donc, une égalité de statut entre eux. Avant eux, en 1903, Iwan Fonsny et Jean-Joseph Van Dooren<span><a id=""footnote-13293-4-backlink"">4</a></span> avaient déjà colligé des poèmes francophones venus d’horizons différents ; mais dans leur anthologie, l’assimilation au paradigme français était prégnante.</p><p>Des années 1980 à aujourd’hui, la perspective internationale des anthologies s’est poursuivie – sans pour autant être majoritaire<span><a id=""footnote-13293-5-backlink"">5</a></span>. Attentives en particulier à la poésie publiée à partir de la deuxième moitié du <span>xx</span><span>e</span> siècle, elles ont élargi la place accordée aux poètes hors de la sphère nationale, en particulier hexagonale. Grâce à elles, des écrivains de « nationalités » différentes se côtoient et offrent au lecteur habitué à la tradition patrimoniale une bibliothèque plus ouverte à des littératures et des productions considérées comme « mineures » du point de vue des centres éditoriaux et des scènes majeures où se joue la fortune des œuvres, quelles que soient leurs origines culturelles et géographiques.</p><p>Par ailleurs, la circulation des anthologies axées sur un corpus « régional » n’est pas non plus à négliger, car elles sont les meilleurs ambassadeurs de certaines littératures en déficit de visibilité<span><a id=""footnote-13293-6-backlink"">6</a></span>. Du côté des ouvrages universitaires, les approches synthétiques ou comparatistes et les dictionnaires restent peu nombreux, en raison peut-être de la faveur accordée aux auteurs reconnus, légitimés par la tradition académique et l’institution littéraire dans son ensemble<span><a id=""footnote-13293-7-backlink"">7</a></span>. Certaines synthèses, comme celle réalisée par Bernard Lecherbonnier pour le surréalisme<span><a id=""footnote-13293-8-backlink"">8</a></span>, amènent à reconsidérer l’histoire littéraire nationale et la centralité monolithique de la norme française. Les anthologies et les études concourent elles aussi à la reconnaissance de la pluralité francophone, au même titre que les déclarations d’écrivains. Ils conduisent de la sorte à une même reconfiguration de l’équivalence langue-espace.</p><p>Cette internationalisation francophone des anthologies et des études universitaires manifeste la résistance à l’équivalence langue-culture-nation. La place accordée aux littératures non hexagonales tend à rendre compte de l’affranchissement du mimétisme exotique et de ses canons, qui a marqué la colonisation, sans pour autant que le fil soit coupé. Selon les cas, on observera comment l’émancipation s’est réalisée historiquement. Dans ce partage d’une langue, de nouvelles directions d’influence s’avouent à rebours des grands modèles et des centres traditionnels, des filiations hétérogènes se nouent et complexifient l’idée d’appartenance littéraire.</p><p>Cette communion au sein de la langue française « hospitalière » a cependant pour inconvénient de dissimuler des tensions créatrices relatives à l’idéologie de la langue et à ses implications culturelles et politiques, dans la mesure où, comme le rappelle Pascale Casanova, « [l]es rapports de force littéraires passent ainsi, pour une part, à travers des rapports de force politiques<span><a id=""footnote-13293-9-backlink"">9</a></span>. » Dans bien des cas, le choix ou la contrainte d’une langue d’écriture ne sont pas gratuites, tout comme la genèse d’un style dès lors qu’on ne le ramène pas seulement à l’expression singulière, originale, du Moi. « [C]omme la langue n’est pas un outil littérairement autonome, mais un instrument toujours déjà politique, c’est, paradoxalement, par la langue que l’univers littéraire reste soumis à des dépendances politiques. C’est pourquoi les formes de domination, en quelque sorte “emboîtées” les unes dans les autres, tendent à se superposer, se mêler, se cacher les unes avec les autres. Les espaces dominés littérairement peuvent aussi l’être, et de façon inséparable, linguistiquement et politiquement<span><a id=""footnote-13293-10-backlink"">10</a></span>. » De plus, ces tensions de l’univers littéraire recouvrent les différences de représentations, de connotations, de codes, donc de réception liées à l’usage de la langue française et de ses « variantes », auquel est confronté tout poète.</p><p>C’est pourquoi les contributions de cet ouvrage tracent plusieurs situations de la poésie, aux coordonnées variables, déterminées, on l’a dit, par le rapport à la langue, les conditions de production et de réception, l’implication sociale ou la marginalisation, la culture investie, les modèles choisis, la quête engagée. Ce faisant, elles nous font voir une politique de la poésie, nécessaire à la vie en communauté, elle-même construite par des solidarités d’écriture et de lecture dans le partage de la langue française et de ses inflexions.</p><p>Partages poétiques</p><p>Pour commencer, Daniel Maximin, prenant l’exemple des ren­contres intellectuelles et artistiques à la librairie-éditeur Présence Africaine dans les années 1960 à Paris, fait valoir l’ouverture aux « voix » et « chemins » du monde que chaque poète mène pour participer aux luttes communes ou être solidaire de la condition des autres poètes et des autres hommes. Pour les poètes issus des Antilles et d’Afrique, la culture, c’est-à-dire en l’occurrence la poésie, était le viatique essentiel à la libération des individus et des peuples. Quand les rencontres entre les poètes ne sont pas possibles, c’est l’anthologie qui fédère, met en partage et en dialogue. Maximin prend en exemple les anthologies pionnières de Léon Gontran Damas et de Léopold Sédar Senghor pour montrer comment la libération politique passe par la libération des modèles imposés, l’affirmation de soi, de son intégrité, par l’appropriation d’éléments culturels divers. Dans la mesure où le poète est celui qui veut échapper à tout enfermement et se bat pour la liberté, la rencontre de l’autre lui est essentielle car elle est la condition de l’enrichissement linguistique, culturel, humain et de l’abolition des barrières.</p><p>Plusieurs contributions traitent de la position du poète « solitaire et solidaire » par rapport à une conscience collective, prin­cipalement au Québec et en Afrique.</p><p>L’œuvre poétique d’Anne Hébert, que présente François Dumont, donne un exemple du surgissement d’une voix indépendante à partir de l’accomplissement d’une conscience collective. Pour la poétesse, il s’agit d’interroger par la poésie le commencement puis d’envisager les fins. Elle épouse le mouvement de plusieurs poètes québécois des années 1960, unissant un « nous » au pays tout en s’en émancipant au travers d’une voix singulière, consciente de son humilité, et mettant en doute l’idéal mythique des débuts. Son passage d’une poésie puisant au sacré de l’ascétisme prosodique ou du verset vers la fiction narrative épouse, là encore, l’évolution de la littérature québécoise de l’invention d’un commencement vers celle des devenirs.</p><p>Assumant des filiations hétérogènes, certains poètes, comme Jamel-Eddine Bencheikh, réinventent des modèles en marge des canons des grandes littératures qu’ils côtoient – la française et l’arabe dans le cas cité. Dans le poème en hommage à Kateb Yacine qu’étudie Christiane Chaulet Achour, la menace que représente la libération des dogmes par la poésie, s’applique à la relecture du Coran mis en dialogue par les poèmes de Kateb et le verset de Bencheikh. Entre légitimité et perturbation des discours, intimité et étrangeté, les versets de Bencheikh relient une relecture du Coran et celle de l’ « aîné » ou de l’ « ancêtre » littéraire profane qu’il s’est choisi. À travers la proximité entre les deux poètes et le Coran, comme les deux branches sacrée et profane, arabophone et francophone, de la culture algérienne, la poésie de Bencheikh affronte la violence exercée dans la langue et par le terrorisme pour penser le présent et le devenir de l’Algérie divisée par la guerre.</p><p>Autre émancipation encore dans un autre contexte : au moment où, au <span>xix</span><span>e</span> siècle, la littérature canadienne française réfléchissait à ses conditions d’existence et d’autonomie par rapport à la littérature française, deux écrivains canadiens, Robert Choquette et Rosaire Dion-Lévêque, que compare Delphine Rumeau, ont mélangé les modèles génériques, formels et thématiques américains et français. Le premier s’est émancipé de la tradition française par l’influence de Walt Whitman dont il escamote pourtant la dimension américaine pour en faire un prophète. Sa poétique manifeste une ouverture au pays passant par l’emploi d’un vers libéré puis par un repli vers des formes et thématiques françaises ou apparentées. Le second, Dion-Lévesque, emprunte la direction inverse, d’une inspiration catholique vers l’américanité et une écriture plus libre.</p><p>Mountapmbémé P. Njoya, s’attachant à l’étude du recueil <span>Babel, Babylone</span> de Nimrod publié en 2010, montre la singularité d’une poésie qui actualise un pays doublement métissé au niveau temporel et géographique. Temporel, parce que le poète convoque parallèlement, dans ce recueil, l’horreur du paysage urbain au Tchad – dans la capitale N’djamena – et la beauté du village d’enfance et de ses environs. Géographique, parce qu’à cette évocation du pays natal répond celle du Nord, du pays picard où le poète en exil a trouvé refuge. L’actualisation du paysage intérieur consiste à inscrire dans la dynamique valorisante du paysage rêvé tout pays, y compris la capitale souillée, dans l’espoir d’une métamorphose.</p><p>Par la création poétique d’un dialogue ou d’une géographie littéraires, le poète concilie différents lieux – de parole, d’être – géographiques, culturels et politiques. La situation du poète épouse un itinéraire à travers les frontières idéologiques, géographiques et imaginaires.</p><p>Pierre-Yves Soucy dresse un bilan de l’œuvre de Mimy Kinet, qui fait partie des poètes méconnus malgré une œuvre impressionnante, non par l’accumulation des recueils publiés mais par la délicatesse et l’engagement d’existence dans l’écriture. Cette œuvre, de « plain-pied » dans son temps, constitue un témoignage des terres restées inexplorées des productions littéraires de langue française. C’est une œuvre excédant les frontières d’un champ litté­raire artificiel, détachée des modes, des bornes institutionnelles et des débats identitaires, avec le monde pour seul horizon.</p><p>En écho, Corinne Blanchaud présente « l’expérience trans­cendante du langage » de Claude Esteban. Le poète, né d’un père espagnol et d’une mère française, initie son expérience poétique à Tanger par un retour « aux choses » afin de se désaliéner de l’érudition scolaire et universitaire. Ce retour rend aux mots la consistance des corps, à la matière la sensualité.</p><p>Pour clore cette première partie, trois créateurs témoignent de leurs partages poétiques au travers des langages et des langues : entre la poésie et les arts plastiques pour les voix croisées de Claude Ber et Pierre Dubrunquez, entre les langues pour Jean Portante.</p><p>La poésie en situation</p><p>L’engagement politique de la poésie peut tenir d’abord à sa volonté de nommer la violence. Faisant le point sur l’écriture, par les poètes libanais, des trente-cinq jours de conflit armé que le Liban a connu en 2006, Blandine Valfort repère et analyse les modalités de la prise en charge de l’événement et son empiètement sur le quotidien. Par un réalisme trivial ou, au contraire, la non-adhésion au réalisme, par le croisement des temporalités et les jeux de mots, une parole concentrée à faire voir une humanité qui dure se fait poésie et déjoue au moyen de ses ressources propres les cris et la destruction imposées par la guerre.</p><p>Au travers des conflits politiques et culturels est en jeu l’existence d’une parole individuelle et collective et, à travers elle, celle de la langue. Lors de la Révolution tranquille, la lutte pour la langue française est un lieu central du combat pour l’identité collective des Canadiens français. L’écriture poétique défend la langue inhérente à l’histoire d’un peuple dominé, « colonisé » et en manque de parole et d’audience ; elle s’engage pour la désaliénation culturelle. Présenté par Arnaud Maïsetti, le poème « Speak White » de Michèle Lalonde, écrit en 1968, est devenu l’un des emblèmes de cette lutte contre l’aliénation sociale et culturelle. Il condense la parole d’une collectivité en mal de langue et d’être qu’il amène à reconnaissance, jusqu’au moment où ce militantisme entraîne la défiance d’écrivains des générations ultérieures, attachés à redéfinir la langue québécoise.</p><p>Les relectures de « Speak White » sont révélatrices de l’engage­ment de la langue poétique dans la formulation et la transformation d’une conscience collective ou, au contraire, dans la rupture avec celle-ci. Violaine Houdart-Merot illustre cette fonction politique de la profération en mettant face à face deux poètes dont les œuvres écrites se réalisent dans un rapport dialectique avec l’oralité : Gaston Miron, qui, à la tête de l’Hexagone, œuvre à repoétiser la langue pour donner une voix au pays et au peuple québécois ; et Ghérasim Luca, dont la parole proférée bouleverse les mécaniques de la langue et exprime la position d’apatride du poète. En démantelant la langue depuis une extériorité et une solitude radicales, il évite la difficile conciliation de la transformation poétique et de l’action politique éprouvée par Miron et, d’une autre manière, par Georges Henein. À travers la confrontation de ces deux poètes performeurs, l’auteure tente également de dégager les contours et les enjeux de cette notion ambiguë d’oralité poétique, qui prend une importance accrue dans la poésie contemporaine.</p><p>Georges Henein, présenté par Marc Kober, défendit un temps des idéaux révolutionnaires sans néanmoins faire de sa poésie un moyen de propagande. Entre les deux guerres mondiales, il sut s’impliquer poétiquement dans le champ politique et idéologique tout en refusant une écriture partisane. Son allégeance au surréalisme puis son choix d’un « hermétisme rebelle » correspondent tout à fait à cette position consacrant l’indépendance de l’art mais se donnant pour mission de critiquer la société bourgeoise et de par­ticiper « au drame collectif ».</p><p>À l’opposé de la valorisation de la poésie conçue comme parole libre et subversive, il arrive que le poète la rende partisane, au service de l’institution politique. C’est ce qu’expose Bana Barka à travers les polémiques relatives à la réception de l’hymne national camerounais. Il montre combien un poème peut être, dès sa genèse et en raison de sa destination, déterminé politiquement au point de se trouver au cœur de tensions nationales et érigé en objet patrimonial et patriotique en fonction des situations politiques et culturelles. Cet exemple nous donne à réfléchir sur ce que peut être l’intention poétique. Dans ces conditions, le poète cherche un consensus entre l’écriture dans la langue de l’ancien colonisateur, avec ses avantages de visibilité, et l’acquisition d’éléments cul­turels, l’appropriation de références endogènes, voire la recherche d’authenticité, tout aussi nécessaire à la « vérité » de la poésie et à la légitimité de l’auteur et de son œuvre.</p><p>La poésie objet d’une affirmation identitaire</p><p>Au Cameroun toujours, les exemples choisis par Raphaël Ngwe témoignent du rôle de la poésie en tant qu’arme d’émancipation et d’affirmation d’abord, puis de critique des régimes politiques. La poésie d’Afrique subsaharienne s’est déployée sous l’influence des idéologies apparues d’abord chez les poètes de la Harlem-renaissance puis du mouvement de la négritude. De Senghor et Césaire à leurs épigones, elle s’est développée selon une trajectoire de résistance à la mainmise du monde occidental d’abord, puis, aujourd’hui, à la corruption politique de la démocratie.</p><p>Transformer la langue pour transformer le monde, c’est-à-dire d’abord son monde (national, culturel, social), suppose l’adé­quation d’une poétique et d’une expérience culturelle définie par le rapport à l’Autre. En ce sens, Marie Frémin fait le point sur la réflexion d’Aimé Césaire concernant un art poétique nègre, en dialogue avec René Depestre et en réaction aux propositions de Louis Aragon sur l’art poétique français. Cet art poétique prend ses distances tant par rapport au surréalisme qu’à une poésie à vocation nationale revendiquée par Louis Aragon sur les bases de l’héritage formel des siècles antérieurs. Aimé Césaire, en provoquant le débat et prônant la liberté formelle qu’il inscrit dans l’histoire de la libération de l’esclavage, a permis aux poètes antillais et caribéens – parallèlement aux propositions faites par ailleurs en Haïti pour le roman autour de Jacques Stephen Alexis – de penser et tracer une voie de création en adéquation avec leur identité.</p><p>La réappropriation de traditions culturelles régionales, ou fortement identitaires, fait de la langue française un moyen de diffusion transnational et un lieu de partage culturel. Les panoramas dressés par Dominique Jouve et Jonathan Lamy-Beaupré, respectivement pour la Nouvelle-Calédonie et les Amérindiens, mettent tous deux en évidence le rôle de la performance pour la survivance ou la reconnaissance de ce que François Paré nomme une « littérature de l’exiguïté<span><a id=""footnote-13293-11-backlink"">11</a></span> ». En Nouvelle-Calédonie, la poésie-performance, associant danses traditionnelle et contemporaine, textes chantés et déclamés, assure une visibilité au poète : le spec­tacle accomplit l’accord et la fusion de l’oralité traditionnelle endogène et de l’oralité contemporaine pour un public qui n’irait pas nécessairement à la rencontre des textes. Pour la constitution récente d’une littérature amérindienne en langue française, l’inté­rêt, similaire, est encore plus grand : la performance fait entendre la voix d’une culture silencieuse et menacée par l’oubli au moyen d’une langue de communication qui pallie le déficit de locuteurs de la langue ancestrale.</p><p>De la Nouvelle-Calédonie au Canada, les formes du poème évoluent pour servir une même cause : la revendication d’une langue et d’une culture, la voix d’un peuple. Accompagnée ou non de musique et de danse, la performance dévoile la portée politique de la poésie. Sa présence sur scène la rend audible en tant que création et en tant qu’expression identitaire d’un groupe social et/ou culturel.</p><p>Cette évolution générale s’applique tout à fait à la poésie camerounaise. Jean-Marcel Essiene y observe, d’une part, l’influence de la colonisation puis de la négritude et, d’autre part, les relations entre enjeux esthétiques et éditoriaux. Passée l’indépendance, l’émancipation du modèle français conduit les poètes à intégrer la culture « autochtone » et, progressivement, à participer à un projet nationaliste avant que, dans les années 1990, la diversification des thèmes et le lyrisme ne reprennent de l’importance.</p><p>Par-delà les étapes schématiques, on aperçoit l’oscillation complexe du discours poétique entre engagement nationaliste, démarcation critique et autonomie artistique, entre recherche d’une utopique « authenticité culturelle » et métissage des influences, qui a prévalu tout au long de la seconde moitié du <span>xx</span><span>e</span> siècle en Afrique, dans le monde arabophone et aux Amériques.</p><p>Modalités de diffusion et de réception</p><p>Marginalisée, se sentant souvent menacée, la création poétique est confrontée à l’institution, économique, académique, scolaire, par rapport à laquelle elle se positionne, tantôt profitant des moyens de diffusion et de consécration disponibles, tout coûteux soient-ils, tantôt se tenant à distance, ou même se plaçant en porte-à-faux. Les stratégies institutionnelles ne sont pas du seul ressort des auteurs, loin de là. Elles relèvent d’abord du choix des éditeurs et, donc, des <span>politiques</span> éditoriales, définissant quelles voix interviendront dans l’espace public et comment.</p><p>Les Écrits des Forges, maison d’édition présentée par Jacques Paquin, illustrent sur une large période le travail d’édition en marge des grandes instances de consécration, en raison du manque de soutien et du choix d’une ligne éditoriale éloignée de l’attrait des noms et frayant avec la contre-culture. Malgré une réception inégale, parfois défiante, la maison a su gagner une place importante dans le milieu éditorial.</p><p>Quant aux éditions de l’Écrou, « mineures » dans le champ littéraire, elles profitent pleinement des ressources offertes par les nouvelles technologies afin de valoriser les auteurs, répondre à une esthétique liée à la contre-culture et élargir les possibilités poétiques, en associant à l’ouvrage papier l’incitation à la performance et sa capture pour diffusion. Selon la présentation de Paul Fraisse, la vidéo, dans le cas des performances, sert à « faire parler des œuvres autrement » et devient un média à part entière de diffusion du poème. Sans faire disparaître le livre ni la poésie, les supports sur vidéo et internet permettent la démocratisation du support numérique en attirant de nouveaux lecteurs et en s’adaptant aux attentes du public. En outre, ses « virtualités » créatrices ne sont pas ignorées par les créateurs et acteurs du champ littéraire.</p><p>Dans les lieux institutionnels que sont l’école et l’université se côtoient la défiance envers l’académisme et l’adhésion naïve aux normes. Des pratiques créatrices, amatrices, tentent ici et là d’émerger à travers les journaux de classe ou d’établissement, lieux de diffusion pour les élèves et les étudiants qui découvrent l’écriture poétique. Or, c’est là qu’un des devenirs de la poésie se décide et là aussi que se pose d’emblée la question de la relation entre les acteurs du milieu littéraire et l’institution scolaire et universitaire.</p><p>Afin de mettre en perspective cette relation, l’enquête d’AMarie Petitjean confronte les deux modèles américain et français et laisse entrevoir des conséquences toutes différentes. Aux États-Unis, comme au Canada, la formation universitaire entretient un lien étroit entre l’institution universitaire et la création. Outre la sensibilisation et l’impulsion créatrice, les cours de <span>creative writing</span> permettent l’intégration à un réseau, la participation à des prix littéraires et aux revues littéraires présentes sur les campus. À l’inverse, en France, l’université n’a pas pour mission de former à l’écriture et manque donc de formation spécialisée. Seuls les ateliers d’écriture instaurent au sein de l’institution un";;;;;;;;; 626;2;3;14;Filmer les frontières;;;;"<p>Deux discours contradictoires mais coexistant sous-tendent les politiques frontalières : l’un vise à une mondialisation accrue des échanges ; l’autre prône un renforcement des mesures sécuritaires pour maîtriser les flux migratoires.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Remerciements</p><p style=""text-align: left;""><strong>Corinne Maury et Philippe Rages</strong><br />Introduction<br /><br /></p><p style=""text-align: center;"">Partie I. Histoires de murs, images de fracture</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Guillaume Sibertin-Blanc </strong><br />Audiographie de la frontière vécue.
<em><br />Vidéocartographies Aïda, Palestine</em>, de Till Roeskens <br /> <br /><strong>Corinne Maury et Ángel Quintana </strong><br /><em>De l’autre côté</em>, de Chantal Akerman. 
La peur de l’autre <br /> <br /><strong>Diane Barbe </strong><br />Le mur de Berlin. 
<br />De la fiction à l’image d’archives </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""> </p><p style=""text-align: center;"">Partie II. Géoesthétique des frontières</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Camille Gendrault </strong><br />Des frontières à échelle multiple. 
<br /><em>Gomorra </em>et <em>Les Toilettes du pape </em> </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Frédéric Monvoisin</strong><br />Déterritorialisation-reterritorialisation 
de la frontière dans le cinéma sud-coréen </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Amandine D’Azevedo </strong><br />Pomme de discorde.<br /> Le Cachemire dans le cinéma populaire hindi </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Alberto Elena et Alejandra Val Cubero </strong><br />La frontière espagnole au nord de l’Afrique. <br /> Des regards croisés </p><p style=""text-align: center;""><br />Partie III. Espaces d’attente et lieux de survie</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Leïla Ennaili </strong><br /><em>La Blessure</em> de Nicolas Klotz, 
ou la face cachée de la frontière </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Patrick Barrès </strong><br />Les topographies de la frontière 
dans <em>Qu’ils reposent en révolte</em> (Sylvain George).
<br />Une poétique des « lieux mêlés » </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Tristan Grünberg </strong><br />Le pays de nulle part.<br />Frontières aéroportuaires dans le cinéma d’Atom Egoyan </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><br />Partie IV. Si loin, si proche</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong>Alain Bergala </strong><br />Godard frontalier.
<br />La syncope et le siphon </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Antony Fiant </strong><br />Les frontières abstraites dans le cinéma de Tariq Teguia </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Mathias Lavin </strong><br />Ici comme ailleurs ? 
Intériorisation des frontières 
dans <em>Là-bas</em> de Chantal Akerman </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Sylvie Rollet </strong> <br />Les portes d’Hadès et l’expérience de l’aporie </p><p style=""text-align: left;""><em>Les auteurs </em><br /><em>Références et crédits iconographiques </em> <br /><br /></p>";;10/02/2016;0;137X220;208;978-2-84292-459-1;9782842924591;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_626.jpg;"<p><br />Des cinéastes aussi importants que Théo Angelopoulos, Chantal Akerman, Jean-Luc Godard, Atom Egoyan, Tariq Teguia, Sylvain George ou Park Chan-wook ont filmé les lignes frontalières afin d’en montrer les usages, les tensions, les drames. Dans ces récits d’exil et de passage, aux esthétiques fragmentaires et aux dispositifs radicaux, la frontière n’a rien d’un alibi thématique ou d’un arrière-fond scénique. Elle s’impose comme une réalité particulière qui dialectise les tensions entre les états, dans laquelle se révèlent en creux les échanges socioéconomiques et les mouvements migratoires du monde.<br /><br />Cet ouvrage se place sous le signe d’une logique à la fois esthétique et politique. Les auteurs analysent la frontière comme un motif en soi, un pivot imageant qui fait fonctionner le récit cinématographique, et le déstabilise pourtant.</p><p><em>Corinne Maury et Philippe Ragel sont respectivement maître de conférences et professeur d’histoire et d’esthétique du cinéma à l’Université Toulouse – Jean Jaurès.</em><br /><br /></p>";;;332;21.00;"<p style=""text-align: left;"">Des cinéastes tels que Théo Angelopoulos, Chantal Akerman, Jean-Luc Godard, Atom Egoyan, Tariq Teguia, Sylvain George ou encore Park Chan wook ont filmé les lignes frontalières afin d'en montrer les usages, les tensions et les drames.</p>";;08/12/2015 17:06;1;Première édition;3655 627;2;3;33;Robert Carsen, l'opéra charnel;;;;"<p>Exploration du travail du célèbre metteur en scène canadien, de l'importance de son apport dans l’histoire de la mise en scène lyrique.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Avant-propos de Lambert Wilson<br />Préface de Ian Burton<br /><br />Introduction</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">I. Principes d’un imaginaire<br />Trajectoire  – Contexte  – Inspirateurs  – Artisanat  – Éthique <br /><br />II. Les reflets de l’art<br />Innutrition  – Peinture, photographie, art contemporain  – Cinéma <br /><br />III. Accompagner le regard<br />Fixer les yeux  – Les images séminales – Les gammes de la palette  – Espace, lignes et formes <br /><br />IV. Esthétique de la matière<br />Nature et éléments  – L’espace corporel  – La célébration du corps <br /><br />V. Une anthropologie sensible<br />Le temps et la mort  – La vie psychique – De l’initiation à l’harmonie collective<br /><br />VI. Le théâtre du désir<br />Le matériau enchanté  – La psyché mise en scène  – Le spectateur-acteur </p><p><em><br /></em>Conclusion<br /><br /><em>Liste des productions lyriques</em><br /><em>Bibliographie</em><br /><em>Table des illustrations</em><br /><em>Crédits photographiques</em><br /><em>Index</em><br /><br /></p>";;10/02/2016;0;170x240;280;978-2-84292-462-1;9782842924621;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_627.jpg;"<p>Depuis plus de vingt-cinq ans, les propositions scéniques de Robert Carsen font de lui une des figures de proue de la mise en scène lyrique qu’il a contribué à doter d’une force théâtrale adaptée à notre modernité. Ses lectures, d’une constante originalité, marquent les œuvres de leur empreinte grâce à une approche fondée sur l’examen attentif de leur poétique dramatique et musicale. Du réseau de sens formé par l’alliance du verbe et de la musique sont déduites des images qui éclairent la complexité de la condition humaine.<br /><br />Ce livre richement illustré de photographies de mises en scène d’opéra constitue la première synthèse sur l’ensemble des créations de ce metteur en scène et scénographe d’exposition canadien.<br /><br /><em>Agrégé et docteur en littératures française et comparée, Thierry Santurenne a publié L’Opéra des romanciers (2007) et collabore régulièrement à L’Avant-Scène Opéra.</em><br /><br /><em>Avant-propos de Lambert Wilson</em><br /><em>Préface de Ian Burton</em><br /><br /></p>";;;0;22.00;"<p>Il est un des metteurs en scène d’opéra les plus actifs aujourd’hui, dont les œuvres sont présentées partout dans le monde (Opéra de Paris notamment). Son répertoire s’étend du baroque à Bernstein, et de Wagner à Fénelon, en passant par Offenbach et Verdi, et permet de traverser quasiment toute l’histoire de l’opéra. <br /> <br /> Thierry Santurenne, dans un style clair, consacre son ouvrage richement illustré (80 photos), à la mise en scène d’opéra, en brassant beaucoup de références, de fables, de style, d’époques, sans jamais pour autant égarer le lecteur.</p><p><em>Avant-propos de Lambert Wilson</em><br /><em>Préface de Ian Burton</em></p>";;08/12/2015 17:10;1;Première édition;3945 628;2;3;17;Carnets de lecture;Généalogie d'une pratique littéraire;;;"<p>Le carnet de lecture, de citation, intrigue souvent, mais reste est un outil intellectuel encore trop peu étudié<br /> <br /></p>";"<p><strong>Introduction </strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Première partie. 
<br />Le carnet : objet matériel, objet épistémologique<br /></strong></p><p style=""text-align: left;"">Chapitre 1.
Le carnet de lecture <br /> <br />Chapitre 2. 
La note-citation </p><p style=""text-align: center;""><strong>Deuxième partie. 
<br />Petite histoire du carnet de lecture<br /></strong></p><p style=""text-align: left;"">Chapitre 1. 
L’âge d’or d’une pratique <br /><br />Chapitre 2. 
Survivance d’un art et d’une méthode <br /> <br />Chapitre 3. 
La lecture citationnelle 
ou l’ars legendi comme ars excerpendi <br /> <br />Chapitre 4. 
La critique des beautés <br /><br />Chapitre 5. 
Le triomphe de la fiche <br /> <br />Chapitre 6. 
Histoire du carnet, histoire du livre <br /><br /></p><p style=""text-align: center;""><strong>Troisième partie. <br />Pratiques modernes du carnet de lecture : 
de Paul Valéry à Enrique Vila-Mata<br /></strong></p><p style=""text-align: left;"">Introduction </p><p style=""text-align: left;"">Chapitre 1. 
Penser par soi-même (Paul Valéry) <br /><br />Chapitre 2. 
Lire avec patriotisme 
(José Ortega y Gasset et Constantin Noica) <br /><br />Chapitre 3. 
« Tomber sur une phrase » (Emil Cioran) <br /><br />Chapitre 4. 
« Lire comme une concierge » (Emil Cioran) <br /><br />Chapitre 5. 
Lire et vivre (Mihail Sebastian) <br /><br />Chapitre 6. 
Être malade de littérature (Enrique Vila-Matas) </p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""text-align: left;""><strong>Conclusion </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong>Bibliographie </strong><br /><br /></p>";;10/02/2016;0;137X220;352;978-2-84292-526-0;9782842925260;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_628.jpg;"<p>Ce livre propose une généalogie du carnet de lecture. Il s’intéresse à la note-citation, la phrase recopiée fidèlement dans un carnet dédié à cet effet, sans être accompagnée d’aucun commentaire.<br /><br />Il considère le carnet de lecture comme objet théorique, comme geste et pratique, dans une histoire qui le rattache à la littérature de compilation et à l’art de l’extrait. L’analyse se fonde sur les Cahiers de Paul Valéry, les fiches de lecture de José Ortega y Gasset, le journal de lecture de Constantin Noica, les Cahiers d’Emil Cioran, le journal intime de Mihail Sebastian et le carnet d’Enrique Vila-Matas.<br /><br />Situé au croisement de la littérature comparée, de la génétique textuelle, de l’histoire de l’éducation, et de la sociologie de la culture et de la vie lettrée, ce livre s’attache à des traits singuliers de la passion de la littérature.<br /><br /><em>Andrei Minzetanu, ancien élève de l’École normale supérieure et docteur en littérature comparée, est pensionnaire de la Fondation Thiers (CNRS, EHESS).</em><br /><br /></p>";"<div><p>Introduction</p><p>Dans un livre récent, <span>L’Ordre matériel du savoir. Comment les savants travaillent</span><a id=""footnote-346-1-backlink"">1</a>, Françoise Waquet se propose de rendre visibles les techniques intellectuelles très complexes dont disposent les chercheurs, les lettrés et les savants dans leur travail (plus concrètement, « les outils employés pour repérer et traiter l’infor­mation, pour produire et transmettre le savoir, outils qui réfèrent à l’écrit, à l’imprimé, à l’image, au numérique<a id=""footnote-346-2-backlink"">2</a> ») et de contribuer ainsi à une « histoire matérielle de la culture savante » et à une « archéologie des techniques intellectuelles ». Mon objectif est similaire puisque je souhaiterais proposer ici une théorie de la lecture qui, contrairement à la plupart des théories proposées depuis les années 1970, repose davantage sur les traces concrètes et matérielles de la lecture ; cette théorie correspond plus exactement à une analyse historique et littéraire du carnet de lecture. Tout au long de ce livre le carnet sera envisagé simultanément ou alternativement : comme un <span>objet</span> très important dans la vie des lettrés, comme un <span>support</span> de la lecture qui peut prendre la forme concrète d’un cahier ou d’une fiche, comme une <span>trace</span> ou une note de lecture, comme un <span>geste</span> (un geste particulier de lecture<a id=""footnote-346-3-backlink"">3</a> : celui qu’effectue le lecteur qui lit un texte et qui s’arrête, à un moment donné, parce qu’une certaine phrase l’intéresse ou le bouleverse, et qu’il a envie de la prélever et de la recopier dans un carnet ; c’est le geste de l’extrait), comme une <span>disposition</span> qui insiste plus particulièrement sur le rôle que joue l’institution scolaire dans l’utilisation et la transmission de cet objet intellectuel, comme une <span>pratique</span> qui renvoie à un ensemble de gestes de lecture et, plus généralement, à un comportement de lecteur, comme une <span>représentation</span> parce que les lettrés travaillent également avec l’image qu’ils se font du travail et des œuvres de leurs confères, soit enfin comme une <span>posture</span> puisque le carnet, surtout quand il est écrit en vue de la publication, est un instrument essentiel de la construction d’une image auctoriale et d’une autobiographique intellectuelle. Le carnet est donc envisagé ici tantôt comme un objet matériel, tantôt comme un objet mental ou comme l’effet d’une <span>construction </span>littéraire très complexe qui peut être le résultat de l’écrivain lui-même (quand celui-ci écrit le carnet comme une œuvre lisible et publiable) ou de l’éditeur (qui choisit et construit un objet « littéraire » publiable à partir de l’objet matériel).</p><p>La première partie du livre, « Le carnet : objet matériel, objet épistémologique », propose justement une analyse du rapport entre la matérialité du carnet et sa construction littéraire ; le fil conducteur de l’analyse et le principal point de comparaison entre ces deux dimen­sions essentielles du carnet renvoient à ce que j’appelle la « note-citation » : la phrase recopiée fidèlement dans un carnet dédié spécifiquement à cet effet, une phrase prélevée sur le vif, au cours de la lecture, et qui n’est accompagnée la plupart du temps d’aucune forme de commentaire ; cette notion me conduit vers un régime particulier de lecture (la « lecture citationnelle ») et vers un type particulier de lecteur appelé le <span>lettré excerpteur</span>.</p><p>La deuxième partie du livre, « Petite histoire du carnet de lecture », propose une brève histoire du carnet de lecture à travers une définition historique de la « note-citation », laquelle nous ramène au lieu commun (la note-citation est proche du lieu commun non seulement parce qu’elle peut connaître le même traitement, en étant rangée dans des catégories et des cases spéci­fiques du carnet de lecture, mais aussi parce qu’elle contribue, d’une manière essentielle, à la créativité, à l’invention intellectuelle et littéraire, et enfin à une version moderne de la dialectique et de la topique), au carnet de citations, à la littérature compilatoire et, enfin, à un art particulier de lecture : l’art de l’extrait. Cette histoire traite également le carnet comme un objet matériel et comme une construction littéraire et comprend une analyse détaillée de plusieurs traités de quelques illustres pédagogues humanistes qui ont contribué à l’institutionnalisation du carnet de lecture sous la forme de l’<span>ars excerpendi</span> (dans ce cadre, le carnet est non seulement un moyen d’acquisition de la culture lettrée, mais aussi un instrument scolaire et un instrument de « civilité »), une analyse de l’influence jésuite sur la survie et la formalisation de la pratique du carnet (ici, le carnet renvoie, au-delà de l’objet, à ce qui est digne d’être connu et reproduit, à ce qui est moralement permis et encouragé, à un excellent instrument de normalisation scolaire de la mémoire individuelle et collective, donc, plus généralement, à un instrument de contrôle), mais aussi une analyse de la survie de cette technique intellectuelle du carnet dans un univers épistémologique qui lui est de plus en plus hostile, à partir de Descartes, et dans le contexte plus général de la contestation de la rhétorique (dans ce nouveau cadre, le carnet n’est plus un recueil de lieux communs à proprement parler mais plutôt « un cahier d’élégance », un calepin, un carnet des bons livres, un « cahier d’expressions choisies », un « cahiers de pensées choisies », un « recueil d’expressions choisies », un journal ou une fiche de lecture).</p><p>La dernière partie du livre essaiera, quant à elle, de comprendre, en prenant en considération les acquis théoriques et historiques des deux premières parties, six pratiques singulières du carnet de lecture : les <span>Cahiers </span>de Paul Valéry, les fiches de lecture d’Ortega y Gasset, le <span>Journal d’idées </span>[<span>Jurnal de idei</span>] du philosophe roumain Constantin Noica, les <span>Cahiers </span>d’Emil Cioran, les journaux intimes de Mihail Sebastian, et enfin le carnet [<span>Dietario voluble</span>] de l’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas. Ces pratiques permettent, par leur diversité géographique, linguistique et par leur extension historique, non seulement de voir quel est le destin concret du carnet de lecture et de l’art de l’extrait en Europe, après l’apparition des États-nations, mais de comprendre aussi une opposition fondamentale entre deux figures essentielles d’écrivains-lecteurs : les anti-excerpteurs (Valéry, Ortega et Noica), qui mettent en question, chacun à sa manière et à travers des mythes intellectuels très différents, l’intérêt et la pertinence de l’art de l’extrait, et les excerpteurs eux-mêmes (Cioran, Sebastian et Vila-Matas) qui sont directement responsables, par leurs pratiques du carnet et plus généralement par leurs œuvres littéraires, de la survie et de la relégitimation moderne du geste de l’extrait. Dans ce cadre, le carnet sera un objet matériel, mais aussi un monument littéraire, un rapport au savoir et à autrui, une partie importante d’une philosophie du savoir, une dimension patrimoniale et politique de la littérature ou bien un objet de fiction.</p><p>Si l’on réussit ainsi, à travers l’histoire de cette pratique culturelle et par les très nombreux témoignages sur lesquels on aura l’occasion de s’attarder ici, à mieux saisir la matérialité du carnet de lecture et sa construction littéraire à partir du geste de l’extrait, on sera assuré de pouvoir mieux comprendre le fonctionnement mental et social de la lecture, mais aussi une des réalités culturelles les plus mystérieuses et les plus difficiles à analyser : l’extraordinaire plaisir de lire<a id=""footnote-346-4-backlink"">4</a>.</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-346-1""> 1</a>. Françoise Waquet, <span>L’Ordre matériel du savoir. Comment les savants travaillent </span><span>xvi</span><span>e</span><span>-</span><span>xxi</span><span>e</span><span> siècles</span>, Paris, CNRS Éditions, 2015.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-2""> 2</a>. <span>Ibid.</span>, p. 8.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-3""> 3</a>. Pour une tentative de formalisation du « geste », voir Yves Citton, <span>Gestes d’humanités : anthropologie sauvage de nos expériences esthétiques</span>, Paris, Armand Colin, 2012, p. 27-58.</p></div><div><p><a id=""footnote-346-4""> 4</a>. Ce livre n’aurait pas pu exister sans l’aide précieuse de quelques personnes que je tiens à remercier très chaleureusement. J’ai une pensée toute particulière pour mon directeur de thèse, William Marx, qui a fait preuve de beaucoup de patience et de compréhension à mon égard ; je lui en suis très reconnaissant. Je pense également à Roger Chartier, Marielle Macé, Thomas Hunkeler, Jérôme David, Déborah Lévy Bertherat, Michel Charles, Philippe Roger, Judith Schlanger, Jacques Schlanger, Alexandra Cuniţă, Răzvan Samoilescu et à Cristina Şerbănescu. Je remercie Anne Herschberg Pierrot et Jacques Neefs pour leur relecture attentive et pour leurs conseils. Et tout spécialement Gary Oger pour sa magnifique générosité pendant la rédaction, parfois difficile et angoissante, de ce travail.</p></div></div></div>";;552;25.00;"<p>Cet ouvrage propose une définition, une problématique et un historique du carnet de lecture. <br />Il étudie sept exemples d’écrivains du XXe siècle qui pratiquent des carnets de lecture, dans une perspective de poétique comparée; chez Paul Valéry, dans la littérature et la philosophie roumaine (Emil Cioran, Constantin Noica, Mihail Sebastian), espagnole (José Ortega y Gasset, Enrique Vila-Matas), et la littérature italienne (Cesare Pavese). <br /> <br /></p>";;08/12/2015 17:21;0;Première édition;4027 629;2;3;16;Mallarmé, Valéry et Claudel traducteurs;;;;"<p>Ouvrage consacré au discours de la traduction chez trois grands noms de la poésie française.</p>";"<p>Introduction</p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Mallarmé traducteur :</strong><br />« Traduire ! Le silence »</p><p>Genèse d'une œuvre de traducteur<br />Pensée de la langue, pratique de la traduction<br />Solitude et altérité</p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Passage I</strong></p><p>Mallarmé-Valéry</p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Valéry traducteur :</strong><br />« C'est là devoir danser étant chargé de chaînes »</p><p>Valéry, traducteur ?<br />Traduire, malgré tout<br />Fonction de la traduction : entre rêverie et pragmatisme</p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. Passage II</strong></p><p>Claudel-Mallarmé</p><p style=""text-align: center;""><strong>V. Claudel traducteur :</strong><br />« Moi debout sur le char d'Élie qui traduis la foudre à coups de tonnerre ! »</p><p>D'Eschyle aux poètes t'ang : un corpus hétéroclite<br />La traduction selon Claudel : discours et fantasme<br />Parlez-vous le polclodel ? La traduction claudélienne, un dialogue de sourds<br />En guise de conclusion...</p><p> </p><p>Annexe<br />Bibliographie</p>";;10/03/2016;0;137X220;320;978-2-84292-532-1;9782842925321;0;0986-5152;Presses Universitaires de Vincennes;img_629.jpg;"<p>Nombreux sont les poètes qui, comme Stéphane Mallarmé, Paul Valéry et Paul Claudel à l'aube de la modernité, se sont prêtés au jeu de la traduction. Cet ouvrage s'intéresse à leurs travaux de traducteurs, dont il fait apparaître l'importance théorique et les liens essentiels avec la pensée et l'invention poétique de ces écrivains.</p><p>Toute traduction implique en effet la mise en œuvre d'une poétique. La dévoiler, comme le fait ici Pauline Galli-Andreani, c'est proposer une réflexion qui dépasse les trois auteurs en question pour décrire un moment particulièrement intense de la pensée du langage et de la poésie moderne.</p><p><br /><em>Pauline Galli-Andreani, professeur agrégée de lettres, a soutenu sa thèse de doctorat en littérature française, « Au défaut des langues : poésie et traduction chez Stéphane Mallarmé, Paul Valéry et Paul Claudel », en 2012 à l'université Paris 8. Elle a publié plusieurs articles sur la poésie moderne.<br /></em></p>";;;794;22.00;"<p>Il ne s’agit pas ici de l’analyse des traductions, mais du discours sur la traduction, ou la théorie de la traduction de chacun des trois grands noms de la poésie française au tournant des XIXe et XXe siècles : Stéphane Mallarmé, Paul Valéry et Paul Claudel.<br /> <br /> L’ouvrage très documenté, non seulement sur les études de traduction, mais aussi sur l’œuvre et sur la bibliographie critique de chacun des trois auteurs, révèle la portée poétique de la traduction chez ces trois auteurs.</p>";;09/12/2015 09:59;1;Première édition;3147 630;2;3;22;Faire des films. entretiens;Travail du cinéma-IV-(Le);;;"<p>18 entretiens, avec des cinéastes, mais aussi des techniciens, d’horizons et de générations variés, sur la création cinématographique sous tous ses aspects concrets aujourd’hui, à l’ère du numérique.</p>";"<p>Avant-Propos</p><p>Une poïétique dialoguée<br /><strong>Préface de Jacques Bontemps </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Dominique Auvray</strong><br />Du côté du montage</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Penelope Bortoluzzi </strong><br />Liberté du documentaire</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Alain Cavalier </strong><br />Filmer/vivre</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Pedro Costa </strong><br />Petite caméra, grand film</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Emmanuel Croset</strong><br />Technicien du son</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Claire Denis </strong><br />Croire au cinéma</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Richard Dindo </strong><br />Cinéaste de la mémoire</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>René Féret</strong><br />Auteur-réalisateur-producteur</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean-Charles Fitoussi </strong><br />Ce cher hasard</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Mia Hansen-Love </strong><br />A la recherche du « vrai »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Otar Iosseliani </strong><br />Notes sur le langage</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>André S. Labarthe </strong><br />Cinéaste de notre temps</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jacques Nolot </strong><br />Une caméra à la place des yeux</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Claudio Pazienza </strong><br />Réel et surréel</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Andrei Schtakleff et Alexandra Mélot </strong><br />En avant jeunesse</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Albert Serra </strong><br />L'imprévisible</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean-Marie Straub</strong><br />Inventer un autre monde</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Tariq Teguia</strong><br />Un engagement constant</p><p> </p><p>Penser sous les sunlights<br /><strong>Postface Jean Paul Civeyrac</strong><br /> <br /></p><p>Bibliographie</p><p>Filmographies</p><p>Éditions DVD</p><p>Références et crédits photographiques</p><p>Remerciements</p>";;10/04/2016;0;160x230;464;978-2-84292-535-2;9782842925352;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_630.jpg;"<p>Ce volume réunit dix-huit entretiens menés par Dominique Villain entre 2010 et 2012 avec des cinéastes, des monteuses et un technicien du son, autour de la fabrication des films sous tous ses aspects concrets.</p><p>Depuis le point de départ jusqu'à la diffusion, en passant par l'écriture, la production, la mise en scène, le jeu de l'acteur, la prise de vue et de son, le montage et le mixage, ces hommes et femmes de cinéma questionnent, provoquent, et nous font partager, chacun à sa façon, leur expérience singulière.</p><p> <em><br /><em>Dominique Villain a été monteuse de cinéma et de télévision, et maître de conférences au département Cinéma de l'Université Paris 8. Ses livres articulent théorie et pratique du cinéma.</em><em></em></em></p>";"<div><p>Préface</p><p>une poïétique dialoguée</p><p><span class=""char-style-override-1"">U</span>niversité Paris 8, département Cinéma, 2010-2012. Des hommes et des femmes de métier sont venus parler de ce qu’ils font à des étudiants désireux de s’instruire pour, à leur tour, savoir faire. Et voilà que ceux-ci s’entendent dire qu’un cinéaste « devrait faire des films et surtout ne pas en parler » et que « le cinéma ne s’enseigne pas » (Straub). Situation paradoxale ? En apparence seulement. Car tout dépend de ce que parler veut dire et de ce qu’on entend par enseigner.</p><p>Les paroles ici recueillies tranchent, en effet, non seulement avec celles de ces interviews formatées qu’il arrive à des cinéastes d’accorder de gré ou de force (promotion oblige), mais aussi avec celles de ces entretiens où l’on contraint à la glose un auteur qui devrait pourtant n’être (pour paraphraser Valéry) que son premier spectateur.</p><p>Au reste, ce n’est pas auprès des seuls auteurs de films que Dominique Villain et ses étudiants ont mené leur enquête. Une œuvre cinématographique résultant toujours d’une coopération, c’est parmi ceux qui exercent différents métiers du cinéma qu’ont été choisis les intervenants. Sont ainsi abordés, sous des angles différents : les genres qu’il est convenu de distinguer (fiction, documentaire, essai), les phases successives de la réalisation d’un film (production, écriture d’un scénario, traitement d’une œuvre littéraire, échange avec les acteurs, filmage, prise de son, montage, mixage) et les modalités actuelles de l’accès au public.</p><p>La scène est bien, en un sens, celle de l’enseignement. Mais il ne s’agit ni de ce qu’on nomme aujourd’hui, non sans abus, <span>master class</span> (quoi de commun entre le témoignage d’un cinéaste et l’écoute, suivie de conseils, d’un instrumentiste virtuose ?) ou « leçon de cinéma » (alors que manquent l’atelier et, la plupart du temps, un maître). Dominique Villain interroge. Elle le fait en suivant le précepte d’Antonio Machado : « Pour dialoguer, questionne d’abord ; ensuite… écoute », et, comme on dit chez Renoir, « ça devient rare ! ». S’instaure alors, entre ses invités, ses étudiants et elle, un vrai dialogue qui, comme tel, vise moins à transmettre des connaissances utilisables (les cours reprendront et viendra, si ce n’est déjà fait, le temps de la pratique) qu’à susciter le récit d’expériences chaque fois singulières et, sur celles-ci, l’instructif retour réflexif qui sera effectué en commun.</p><p>Du fait des âges différents des intervenants, les expériences dont il s’agit couvrent tantôt plusieurs décennies (un demi-siècle dans quelques cas), tantôt une durée plus courte et parfois même très brève. Ce qui conduit, opportunément, à prendre en compte la profonde évolution des moyens techniques advenue au cours de ces dernières années et à évaluer (les critères variant avec les âges) les pertes et les profits qui en ont résulté.</p><p>On pourrait donc s’attendre à ce que ces dix-huit témoignages demeurent, aussi riches soient-ils, très disparates. Or ce qui frappe à les lire, c’est, malgré la diversité des activités, des parcours et des personnalités, une réelle affinité entre les propos tenus par ceux et celles auxquels Dominique Villain a fait appel. L’un d’entre eux (Iosseliani) en évoquant, par opposition au tout venant de la production cinématographique, « le cinéma que <span>nous</span> aimons », emploie d’ailleurs le pronom correspondant à la <span>sunousia</span> du dialogue, à cet être-ensemble qui suppose l’estime mutuelle et le partage. Celui, en l’occurrence, d’une certaine idée du cinéma.</p><p>Qu’en vertu de celle-ci la fabrique du film soit conçue comme l’affaire d’une équipe, cela, l’entreprise de Dominique Villain le présupposait. Mais menée à terme, elle fait plus que le confirmer. Lorsque sont évoqués : « le collectif qui désinhibe » (Denis), « l’énergie collective » par laquelle on se sent porté (Hansen-Løve), « la joie de faire des films avec les amis » (Teguia), le tournage – cette sorte de « vie de colonie de vacances » (Auvray) – comme « moment le plus heureux de la fabrication d’un film » (Fitoussi), c’est toujours cet aspect singulier de la création cinématographique qui est retenu comme une donnée essentielle.</p><p>Il y a bien assurément un maître d’œuvre, un « chef de chantier » (Cavalier) ou « une sorte de capitaine » (Fitoussi). Mais comment le/la nommer ? Jean-Claude Biette, qui s’était posé la question, admettait les trois termes concurrents (réalisateur, metteur en scène, cinéaste) à condition de désigner par chacun d’eux des entreprises sensiblement différentes. Réfractaire, elle, à deux de ces termes (cinéaste, réalisateur/trice) et se refusant à féminiser le troisième (« metteuse en scène » !), Claire Denis a judicieusement recours à la langue italienne pour lui emprunter<span> regista, </span>un substantif qui a le mérite d’admettre les deux genres et qui, au masculin (<span>un regista</span>), sonne encore féminin, comme pour marquer une dualité qui est aussi en chacun et chacune.</p><p>Mais si une tâche, diversement effectuée, incombe en propre à celui ou celle que l’on nomme ainsi (ou de quelque autre nom), quelle est-elle au juste ? C’est André S. Labarthe qui, coutumier du fait, établit les analogies éclairantes quand il conçoit l’activité du cinéaste selon les modèles contrastés du chasseur et du piégeur. L’un, dans la lignée de Marey, armé de son fusil photographique, suit son gibier (tel Rouch) tandis que l’autre, dans la lignée de Lumière, attend le sien (tel Hitchcock). Deux lignées bien distinctes, donc. Mais néanmoins un objectif commun : celui de la prise, qui s’entend ici (limite de l’analogie) comme saisie du vif, c’est-à-dire de ce qui, selon une définition célèbre, résiste à la mort – toujours au travail.</p><p>Or cette prise-là étant prise <span>de vue</span> et <span>de son</span>, s’y exercer c’est « apprendre à voir et à entendre » (Fitoussi) pour parvenir à tirer parti, tant au montage qu’au tournage, de ce qui, quel qu’ait été le degré, variable, de préméditation, est advenu sans crier gare, comme le font « les plus beaux cadeaux » (Straub). Aussi, qui pratique le cinéma en vigie ou « veilleur » (Denis), attentif, dans le film de fiction comme dans le documentaire – inséparables sous cet angle (Labarthe, Nolot) –, « à la réalité qu’on a sous les yeux et non dans sa tête » (Fitoussi), qui le pratique ainsi se doit de « travailler avec le hasard » (Mélot). L’un (Fitoussi) évoque, citant <span>Le Gai Savoir </span>de Nietzsche, « le cher hasard » (<span>der liebe Zufall</span>), un autre (Labarthe) l’imprévisible de la rencontre telle que Breton la concevait dans <span>Nadja</span>, et c’est Straub, le patron, qui enfonce le clou : « Le grand art vient du hasard, il ne vient pas des intentions. » Mais il en vient, précise-t-il, « par surcroît », sur la base d’« un travail impitoyable avec soi-même et avec la matière ».</p><p>Car si la pratique du cinéma comporte une dimension ludique sur laquelle certains (Serra, Cavalier) insistent plus que d’autres, c’est néanmoins essen­tiellement un travail puisqu’il s’agit d’informer une matière par une activité qui, loin d’effacer ses résultats comme le jeu, les inscrit dans ladite matière ; une activité non déductible d’un savoir théorique, un art ou métier (<span>téchnè</span>) qui ne s’acquiert qu’ « en faisant » (Auvray, Hansen-Løve) à l’instar de celui du « simple artisan » (Straub). D’où il résulte que, comme le dit un jour Agnès Varda : « C’est en tournant qu’on devient tourneron. »</p><p>Le titre retenu, <span>Faire des films</span>, nomme donc très exactement ce dont il s’agit : un <span>poïein</span>, un « faire ». Un travail qu’il faut concevoir, si l’on se réfère à une distinction de Locke reprise par Arendt, non pas comme « travail de notre corps » (<span>labor</span>) mais comme « œuvre de nos mains » (<span>work</span>), selon une comparaison que faisait explicitement Robert Bresson dans ses <span>Notes sur le cinématographe</span> : « Ton film, qu’on y sente l’âme et le cœur, mais qu’il soit fait comme un travail des mains. »</p><p>Il est même arrivé à Straub d’aller plus loin en comparant (c’est Dominique Auvray qui s’en souvient) « la matière cinématographique au bloc de marbre » choisi par le sculpteur, qui « va devoir faire avec les nœuds du marbre. » Dans le bloc de marbre rapporté de Carrare, Michel-Ange trouvait en effet l’appui bien réel sans lequel l’imagination serait demeurée errante, privée d’un objet sur lequel se fixer. Il y trouvait, en ce sens, son premier modèle : celui qui naît de la matière elle-même. Tout comme le cinéaste, qui n’imagine fructueusement qu’en faisant, en pensant et faisant le film « en même temps » (Costa). Raison pour laquelle « c’est le film qui commande » (Cavalier), et pour laquelle aussi celui qui le fait se sent « inférieur » à lui (Serra). Pedro Costa rappelle à ce propos l’avertissement que donne Danièle Huillet dans <span>Où gît votre sourire enfoui ?</span> : « Les plans sont comme des pierres. Si on fait un mur, il faut chercher et trouver la place juste des pierres pour que ça ne tombe pas. Il y a une façon et une seule pour faire tenir ce mur. »</p><p>Qu’un cinéaste puisse néanmoins faire son travail « comme un jeu » (Teguia) tiendrait alors à ceci qu’« œuvre de nos mains » et jeu supposent tous deux liberté et règle. Mais une règle qui, dans le travail du cinéma, est toujours à découvrir puisqu’elle réside d’une part dans la vocation formelle des matières et, d’autre part, dans « un sentiment ou une émotion » (Hansen-Løve), dans « les profondeurs » du « cœur », comme le disait Rilke à Kappus, le jeune poète auquel il ne consentait à donner que ce seul conseil : « plongez en vous-même ». On peut en rapprocher celui que Straub (reprenant Cocteau ou, déjà, Malraux) donna à Alexandra Mélot (qui le rappelle) : « Cultivez ce qu’on vous reproche. »</p><p>Ce sont là deux aspects différents de « la nécessité » d’où, comme on le lit également dans les <span>Lettres à un jeune poète</span>, « surgit » une œuvre d’art quand elle est « bonne ». Mais cette nécessité, pas plus qu’elle n’exclut la liberté n’abolit le hasard, en lequel Breton voyait d’ailleurs, dans <span>L’Amour fou</span>, « la forme de manifestation de la nécessité qui se fraie un chemin dans l’inconscient humain. »</p><p>On connaît la coutume universitaire consistant, lorsqu’un professeur devient « émérite », à lui offrir des « Mélanges » où sont rassemblés des écrits dont, en la circonstance, lui font hommage collègues et anciens élèves. C’est aussi dans cette perspective-là que j’ai, pour ma part, lu ces dialogues : en y voyant l’hommage que cinéastes, monteuses, technicien du son et, parmi eux, d’anciens étudiants, ont rendu à Dominique ViIlain en répondant à son invitation avant qu’elle ne quitte l’Université de Saint-Denis, ex-Vincennes.</p><p>Mais si les « Mélanges » s’écartent souvent du domaine de recherche de leur dédicataire ce n’est nullement le cas de ces entretiens sur le cinéma. Ils s’inscrivent, eux, constamment dans le champ qu’explorait déjà, dans <span>Le Montage au cinéma</span> et <span>L’Œil à la caméra</span>, celle qui les a conçus et conduits. Sans doute est-ce aussi cela qui explique l’impression d’unité donnée par cette somme de témoignages pourtant très différents les uns des autres. Du coup, me sont revenus à l’esprit, au terme de ma lecture, les mots de Mallarmé que Jean-Marie Straub et Danièle Huillet firent jadis prononcer à Dominique, assise en robe rose sur une pelouse du Père-Lachaise dans <span>Toute révolution est un coup de dés</span> (1977) : « évidence de la somme pour peu qu’une ».</p><p>Jacques Bontemps</p></div>";;1060;25.00;"<p>Certains, ont été publiés dans « Le Travail du cinéma I, II et III». <br /> Quatre cinéastes de générations et d’horizons variés viennent à leur tour joindre leurs réflexions dans cette enquête sur une pratique vivante et exigeante.</p><p>Penelope Bortoluzzi avec fougue, Otar Iosseliani avec humour, Jacques Nolot avec précision et Tariq Teguia avec conviction entraînent le lecteur dans les tenants et aboutissants de leurs films. <br /> Depuis l'idée de départ jusqu'à la diffusion, en passant par l'écriture, la production, la mise en scène, le jeu de l'acteur, le montage, <em>etc</em>. ils questionnent, ils provoquent, ils parlent, chacun à leur façon, d’expérience.</p>";;09/12/2015 10:04;1;Première édition;3689 637;2;3;39;La sculpture contemporaine;;;;"<p>Histoire et analyse des bouleversements de la sculpture contemporaine de 1945 à nos jours, de Brancusi et Giacometti à Jeff Koons en passant par Christo, Tinguely et Robert Smithson.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Introduction </p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Chapitre 1
<br />Sculpture moderne, contemporaine <br /><br />Chapitre 2
<br />Empreinte, moulage <br /><br />Chapitre 3<br /> Espace, temps, mouvement <br /><br />Chapitre 4
<br />Hors limites <br /><br />Chapitre 5
<br />Monumentalité <br /><br />Chapitre 6
<br />Sculpture actuelle <br /><br /></p><p>Conclusion <br /><br />Les mots de la sculpture contemporaine <br /><br />Les lieux de la sculpture contemporaine cités <br /><br />Bibliographie <br />Index <br /><br /></p>";;10/10/2016;0;120x180;168;978-2-84292-553-6;9782842925536;0;2430-7629;Presses Universitaires de Vincennes;img_637.jpg;"<p class=""Corps"">Qu'est-ce que la sculpture contemporaine ? Répondre à cette question, c'est dresser une histoire de l'art du volume qui s'étend de l'assemblage à l'installation, de l'art de l'objet au Land Art. Les sept décennies de 1945 à aujourd'hui ont vu - avec Brancusi, Giacometti, Carl Andre, Louise Bourgeois, Robert Smithson, Tinguely, Richard Serra - le champ élargi de la sculpture se redéfinir comme l'art public par excellence qui anime l'espace et métamorphose le site où il prend place. La prise en compte de l'œuvre dans sa matérialité et dans son environnement conduit surtout à faire de la sculpture le lieu des interrogations métaphysiques et existentielles, la manifestation de l'énergie de l'homme contemporain dans sa multiplicité inventive.</p><p class=""Corps""> </p><p class=""Corps""><em>Paul-Louis Rinuy a dirigé la Revue de l'art, et écrit et organisé des expositions sur de nombreux sculpteurs des XXe et XXIe siècles, Brancusi, Giacometti, Zadkine, Étienne-Martin, Dodeigne, Jean-Pierre Raynaud, Penone ou Alain Kirili. Commissaire d'exposition, critique d'art et universitaire, il a notamment publié : avec Thierry Dufrêne, De la sculpture au XXe siècle, Presses Universitaires de Grenoble, 2001; Dodeigne, Adam Biro, 2002; Épreuves du mystère, Ereme, 2008; Patrimoine sacré (XXe-XXIe siècles). Les lieux de culte en France depuis 1905, Éditions du Patrimoine, 2014; Le Corps de la sulpture, Beaux-Arts éditions, 2016.</em></p>";"<p>Introduction</p><p>•</p><p>« Pourquoi la sculpture plutôt que rien ? », s’interrogeait l’artiste Emmanuel Saulnier en l’an 2000 (Dufrêne, Rinuy 2001 : 85). Cette question, dont l’ironie révèle la position difficile de « La sculpture à l’âge du soupçon » (Mc Evilley 1999), n’a cessé depuis plusieurs décennies de tourmenter les historiens de l’art, les artistes, les commanditaires, inquiets de s’attacher à un art qui risque de passer pour démodé, voire inutile, en cette période où s’achève l’art contemporain comme cause à défendre ou simplement comme période. Ce livre entend répondre à cette interrogation en dressant une histoire de la sculpture contemporaine, de l’art du volume, de la forme tridimensionnelle, qui s’étend de l’assemblage à l’installation, de l’art de l’objet au Land Art, durant les sept décennies qui vont de 1945 à nos jours. Cette histoire est le fruit de mon expérience personnelle en tant qu’enseignant, critique, commissaire d’exposition. Et si ma vision se révèle différente d’autres synthèses, peu nombreuses au demeurant, conçues selon des logiques intellectuelles et dans des formats différents (Causey 1998 ; Goldberg Monnin 2004 ; Dufrêne 2005 ; Goldberg 2015), c’est que chaque historien construit sur son objet d’analyse un regard singulier.</p><p>Qu’est-ce que <br />la sculpture <br />contemporaine ?</p><p>•</p><p>Depuis l’exposition cardinale <span>What is Modern Sculpture ?</span>, organisée au Museum of Modern Art en 1970 par l’historien d’art Robert Goldwater – qui était depuis 1937 le mari de la grande sculpteur franco-américaine Louise Bourgeois (1911-2010) –, la question de la définition de la sculpture revient autant chez les artistes que chez les historiens et critiques. Car il ne suffit pas de répondre au cas par cas ni de se demander, œuvre après œuvre et créateur après créateur, qui entre ou n’entre pas dans cette histoire de la sculpture moderne, contemporaine. L’interrogation est essentielle, conceptuelle : peut-on encore parler de sculp­ture après la célèbre et radicale affirmation du pionnier du Minimal Art Donald Judd (1928-1994) – « La moitié ou plus des œuvres nouvelles les meilleures de ces dernières années, proclame-t-il dès l’ouverture de son manifeste <span>Specific Objects </span>en 1965, ne sont ni de la peinture ni de la sculpture » (<span>Qu’est-ce que la sculpture moderne ?</span> 1986 : 384) ? Cette affirmation correspond au grand bouleversement dans la définition des pratiques artistiques qui marque les années 1960, notamment aux États-Unis, mais s’inscrit dans toute une suite de déclarations qui commencent avec <span>La Sculpture langue morte </span>(<span>La scultura lingua morta</span>) du sculpteur italien Arturo Martini (1889-1947), publié en 1945 :</p><p>La sculpture reste ce qu’elle est : une langue morte qui n’a pas trouvé sa langue vulgaire, et jamais elle ne sera parole spontanée entre les hommes. […]</p><p>Au milieu des carrefours, la statue entrave la circulation, dans les expositions elle sert à séparer, comme une cloison, un ensemble de tableaux, dans les maisons modernes, elle est un non-sens. Quant au portrait, on dirait un avant-goût du cimetière. Cela ne sert à rien de défendre la sculpture avec emphase, au nom de la « noble antiquité », ni de taxer le public d’ignorance à cause de son manque d’intérêt. Rien ne justifie la survivance de la sculpture dans le monde moderne. (Martini 1991 : 46.)</p><p>Mais la sculpture au sens élargi du terme, incluant l’art de l’environnement et de l’installation, résiste, se réinvente, se réaffirme dans les matériaux les plus divers qui vont du néon dont s’orne l’<span>Igloo</span><span>de Giap</span> de Mario Merz (1925-2003) à la substance périssable en passant par toutes les gammes des matières solides, liquides, gazeuses, minérales ou organiques. Et la sculpture contemporaine entretient surtout des liens avec les autres arts qui produisent des métissages aussi féconds que multiples, du cinéma-sculpture à l’archi-sculpture en passant par la vidéo-sculpture, la sculpture sonore, la photographie comme sculpture, l’installation, la danse, la performance, les <span>furniture sculptures</span>. La question revient donc avec insistance à l’aube du <span>xxi</span><span>e</span> siècle : qu’est-ce que la sculpture ? La sculpture n’est-elle que <span>« </span>ce sur quoi l’on bute lorsqu’on se recule pour regarder la peinture », selon la célèbre boutade du peintre Ad Reinhardt (« Sculpture is something you bump into when you back up to look at a painting ») ? Et dans quelle mesure cette catégorie « héritée » fait-elle sens dans une époque où, comme le soulignait René Char en un aphorisme mêlant fierté et inquiétude, « notre héritage n’est précédé d’aucun testament » (Char 2001 : 190) ? Un artiste actuel peut bien recourir à cette catégorie pour désigner sa récente installation au palais de Tokyo <span>Flamme éternelle</span>, comprise comme « une sculpture dédiée à ce qui est actif et ne s’arrête jamais : <span>la pensée</span> » (Hirschhorn 2016), tel autre employer le mot pour désigner un ensemble de tissus accrochés au vent, visibles à travers des longues-vues disposées au dernier étage du Centre Pompidou (Daniel Buren, <span>Les Couleurs : Sculptures</span>, 1975-1977, quinze pièces différentes et de trois fois cinq couleurs différentes, 3 longues vues, Musée national d’art moderne, Paris) ; quels critères précis permettent de limiter aujourd’hui le champ de la sculpture, une fois qu’une définition simplement technique n’est plus acceptable ?</p><p>L’invention du ready-made par Marcel Duchamp (1887-1968), avec la <span>Roue de bicyclette </span>en 1913 puis surtout le <span>Porte-bouteilles</span> de 1914, a radicalement bouleversé le monde de l’art en général et a eu des incidences particulières sur la sculpture, puisqu’un objet manufacturé quelconque peut accéder à un statut artistique, sans être modifié techni­quement ou esthétiquement<span>. Fountain </span>(<span>La Fontaine</span>) de 1917, simple urinoir de porcelaine blanche renversé, signé du pseudonyme R. Mutt, daté et nommé, est refusé à l’exposition de la Society of Independent Artists de 1917 : « Elle a été simplement supprimée. J’étais dans le jury, explique Marcel Duchamp dans ses entretiens avec Pierre Cabannes en 1966, mais je n’ai pas été consulté parce que les officiels ne savaient pas que c’était moi qui l’avais envoyée ; j’avais inscrit le nom de Mutt justement pour éviter des rapports avec des choses personnelles. <span>La Fontaine </span>a simplement été placée derrière une cloison et, pendant toute la durée de l’exposition, je n’ai pas su où elle était » (Duchamp 1995 : 67). Et le comité directeur a justifié sa décision dès le lendemain du vernissage : « <span>La Fontaine </span>est peut-être un objet très utile à sa place, mais sa place n’est pas dans une exposition d’art et ce n’est pas une œuvre d’art, selon quelque définition que ce soit » (Partouche 1991 : 55)<span>. </span>Duchamp, quant à lui, n’a véritablement théorisé son invention qu’<span>a posteriori</span>, à l’époque où s’est développé l’art de l’objet dans la sculpture contemporaine et où le ready-made, jusque-là absent des histoires de la sculpture (par exemple, <span>Dictionnaire</span> 1960) commence à y apparaître, notamment grâce à l’ouvrage pionnier de Seuphor (Seuphor 1959). Mais, dès 1917, l’artiste a tout de même précisé son geste :</p><p>Que M. Mutt, explique-t-il dans la revue <span>Blindman</span>, ait fait <span>La Fontaine</span> de ses propres mains ou non, n’a pas d’importance. Il l’a choisie. Il a pris un article courant, l’a placé de telle sorte que sa signification utilitaire disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue – il a créé pour cet objet une nouvelle idée. (Partouche 1991 : 55.)</p><p>Le champ de la sculpture contemporaine comprend, outre les sculptures fabriquées au sens traditionnel du terme, les ready-mades et objets, ainsi que les installations, qui sont apparues dans les années 1950 et sont la mise en espace d’objets, de sculptures, d’éléments hétérogènes assemblés dans un lieu spécifique. Dans une époque où s’expérimente le refus de limiter chaque art à un ensemble de techniques bien précises, ce qu’on peut nommer la « dé-définition » de l’art (Rosenberg 1992), il nous paraît juste d’adopter un point de vue ouvert, qui embrasse la totalité des créations artistiques, voire artisanales, en trois dimensions qui ne ressortissent pas de l’architecture. La sculpture contemporaine se caractérise par l’hétérogénéité de ses procédés de réalisation, dont un artiste comme Piero Manzoni (1933-1963), pionnier italien de l’ <span>Arte </span><span>Povera</span>, incarne de nombreuses manifestations, lui qui signa des corps humains pour les transformer en « sculptures vivantes », commercialisa sa <span>Merde d’artiste</span> (1961), nomma <span>Sculpture dans l’espace</span> un ballon pneumatique maintenu dans l’air par un jet d’eau et fabriqua le <span>Socle du monde </span>(<span>Hommage à Galilée</span>, cube de fer et bronze, au titre gravé, jardin du Kunstmuseum Herning, Danemark), troisième de sa série de <span>Socles magiques</span>, qui métamorphosent l’ensemble de l’univers en œuvre d’art (Celant 2004). Sans compter que certaines œuvres, telles les <span>One minute sculptures</span> d’Erwin Wurm ou des inventions de l’art conceptuel, sont des sculptures mentales ou corporelles dépourvues de réalité technique durable. Je songe notamment à l’ <span>Itinéraire d’un rouge-gorge, sculpture</span>, de l’artiste néerlandais Jan Dibbets (né en 1941) en 1969, qui est à la fois une opération étalée sur plusieurs jours et un livre présentant le compte rendu de ce projet auquel l’artiste s’est livré de mars à juin 1969 dans un parc d’Amsterdam ; il s’agissait de modifier le parcours de vol d’un rouge-gorge, puis d’inviter le lecteur-spectateur à reconstruire mentalement cet espace qui devient ainsi sculpture éphémère d’un ordre quasi immatériel.</p><p>Parcours</p><p>•</p><p>La distinction entre l’art moderne et l’art contemporain n’est pas aisée, car les deux adjectifs renvoient plus à des appréciations esthétiques qu’à des déterminations simplement chronologiques, qui ont cependant leur impor­tance. On appelle généralement l’art moderne – Modern Art en anglais – l’art des grands maîtres avant-gardistes, de Rodin à Picasso, Matisse ou Brancusi. Et l’art contemporain est compris comme celui qui se développe depuis les années 1960, et qui est très différent des avant-gardes historiques des années 1910, 1920, 1930. La position adoptée ici est différente : notre analyse commence à la Reconstruction, à cette époque qui suit la Seconde Guerre mondiale et clôt la période des ébranlements révolutionnaires des avant-gardes, depuis les années 1910, voire le début du <span>xx</span><span>e</span> siècle. Les deux guerres mondiales, séparées par deux seules décennies, marquent l’unité d’un temps qui a vu des logiques traditionnelles héritées de la Renaissance coexister avec des langages plastiques modernes, dont les grands maîtres connaissent un succès mondial à partir de 1945. Les années 1950 et 1960 voient, quant à elles, apparaître des constructions plastiques radicalement nouvelles, avec le Nouveau Réalisme, le Minimal Art ou le Conceptual Art, qui proposent l’exploration d’un art de l’objet et de la forme réduite à sa seule visibilité. Tous ces bouleversements font l’objet de notre premier chapitre, « Sculpture moderne, sculpture contemporaine ».</p><p>Le deuxième chapitre est, pour sa part, consacré aux procédés de moulage et d’empreinte qui permettent d’inventer de nouveaux rapports au corps et à sa figuration, allant de l’hyperréalisme américain à la suggestion de la forme par la trace et le vide.</p><p>Mais loin d’être uniquement à classer comme un art de l’espace, selon la distinction de Lessing dans son ouvrage <span>Laocoon</span> en 1766, la sculpture contemporaine est aussi un art du temps, proposant au spectateur des expériences temporelles spécifiques, dont le rapport au mouvement est le marqueur le plus notable. Cette question est traitée dans le troisième chapitre, qui se poursuit avec le quatrième, consacré à la sculpture hors limites, au champ de la sculpture contemporaine dans ses liens et ses hybridations avec la peinture, la photographie, la musique et, plus largement, le monde de la performance.</p><p>Le cinquième chapitre traite, enfin, du rapport au passé et à la mémoire, qui est au cœur de l’invention sculpturale contemporaine, centrée sur une conception du monumental renouvelée au point de donner naissance aux concepts d’anti-monument ou de contre-monument. Enfin, le sixième chapitre présente un panorama critique des deux dernières décennies de la sculpture actuelle, depuis les années 1990-2000. Dans l’espace de l’art contemporain mondialisé, la sculpture se réaffirme, de manière ouverte, comme l’art public par excellence, qui joue du rapport avec le public et anime l’espace de nos cités. La sculpture actuelle se comprend aussi comme une variation sur les principes de la statuaire et de la sérialité, comme l’art, enfin de l’objet dans sa matérialité première et dans son environnement, ce qui nous conduit aux jeux ambitieux des installations mêlant architecture et utopie.</p>";;192;10.00;"<p>« Pourquoi la sculpture plutôt que rien ? » s'interrogeait le sculpteur Emmanuel Saulnier en l'an 2000. A cette question répond, de manière décalée, le succès sans précédent de la rétrospective Jeff Koons à Beaubourg en 2015. Nourrie d'ambition et d'inquiétude, la position de la sculpture à l'époque contemporaine ne cesse de tourmenter les artistes, les critiques, les commanditaires.</p>";;26/05/2016 18:07;0;Première édition;3678 676;1;3;27;Traductions du Moyen Âge;N°75/2018;;;"<p>On a beaucoup traduit au Moyen Âge. <em>Médiévales </em>réunit ici historiens et littéraires autour d’un problème qui se pose à eux avec la même force : comment traduisait-on au Moyen Âge ? et comment traduire le Moyen Âge aujourd'hui ?</p>";"<p><strong>Laurence Moulinier-Brogi</strong><strong><br /></strong>Traduire au Moyen Âge, traduire le Moyen Âge <br /> <br /> <br /></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean-Louis Gaulin<br /></strong>Latin et vernaculaire dans les écritures administratives de la principauté de Savoie. L’exemple des comptes généraux du XIV<sup>e</sup> siècle</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Alexis Charansonnet</strong><strong><br /></strong>Traduire en français la souveraineté royale. Autour de documents latin-français du Trésor des Chartes sur le rattachement de Lyon au royaume</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jérémie Rabiot<br />« </strong><em>Fatta fedelmente volgarizzare</em> ». Les documents traduits et insérés dans la <em>Nuova cronica</em> de Giovanni Villani (Florence, XIV<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Carlos Heusch</strong><strong><br /></strong>Traduction et re-création : le cas des premiers romans d’aventures castillans, traduits du français (XIII<sup>e</sup>-XIV<sup>e </sup>s.)</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marylène Possamai Perez</strong><strong></strong><strong> </strong><br />Traduire Ovide au XIV<sup>e</sup> siècle : les amours de Mars et Vénus au livre IV des <em>Métamorphoses </em>et de l’<em>Ovide moralisé</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Irene Salvo Garcia<br />« </strong>Que l'en seult balaine clamer ». Traduction et commentaire linguistique au Moyen Âge</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Laurence Moulinier-Brogi</strong><strong><br /></strong>Y a-t-il de l’intraduisible ? Quelques exemples de résistances dans les écrits scientifiques du Moyen Âge</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marie-Pascale Halary</strong><strong><br /></strong>Sur une traduction médiévale de la <em>Lettre aux frères du Mont-Dieu</em>. Le témoignage ancien d’un vernaculaire savant</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Corinne Pierreville<br /></strong>Le choix des mots. Traduire les textes érotiques du Moyen Âge</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Christopher Lucken</strong><strong><br /></strong>Traduire la <em>chanson</em> de Roland</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>Arnaud Lestremau</strong><br /><em>Basileus Anglorum</em>. La prétention impériale dans les titulatures royales à la fin de la période anglo-saxonne</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Point de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>Sylvie Duval</strong><br />La littéracie des femmes à la fin du Moyen Âge. Questions sur l’histoire 
de la culture, de la lecture et de l’écriture à travers des travaux récents.<strong></strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Notes de lecture</strong><br /><br />Marion Pouspin, Publier la nouvelle. Les pièces gothiques. Histoire d’un nouveau média, XVe-XVIe siècles (Alexandra Velissariou) ; Nacima Baron, Stéphane Boissellier, François Clément, Flocel Sabaté (dir.), Limites et frontières (Giovanni Stranieri) ; Arnau de Vilanova, Regiment de sanitat per al rei d’Aragó. Aforismes de la memòria (Marilyn Nicoud) ; Élisabeth Lusset, Crime, châtiments et grâce dans les monastères au Moyen Âge, XIIe-XVe siècle, (Megan Cassidy-Welch) ; Emmanuelle Vagnon et Éric Vallet (dir.), La Fabrique de l’océan Indien. Cartes d’Orient et d’Occident, Antiquité-xvie siècle (Bruno Judic) ; Léonard Dauphant, Géographies. Ce qu’ils savaient de la France, 1100-1600 (Adrien Carbonnet)</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Livres reçus</strong></p>";;17/01/2019;0;160x240;272;978-2-84292-861-2;978-2-84292-861-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_676.jpg;"<p><em>Jean-Louis Gaulin - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Latin et vernaculaire dans les écritures administratives de la principauté de Savoie. L’exemple des comptes généraux du XIVe siècle</strong></p><p>La principauté de Savoie a maintenu l’usage du latin comme langue d’administration jusqu’à la crise provoquée par l’occupation française des années 1536-1559. Pourtant, l’exploration de la série des comptes rendus par les trésoriers généraux au xive siècle montre que des documents annexes rédigés en vernaculaire – un moyen français avec des traits franco-provençaux – pouvaient, selon un schéma administratif très contrôlé, trouver sa place dans cette comptabilité majeure. Les écritures comptables de la Maison de Savoie offrent ainsi un terrain d’enquête particulièrement propice à l’étude du bilinguisme qui caractérisait les officiers du prince dans leur travail quotidien.<br />Mots clés : administration, bilinguisme, écritures comptables, franco-provençal, latin, Savoie, vernaculaire</p><p> </p><p><em>Alexis Charansonnet - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Traduire en français la souveraineté royale. Autour de documents latin-français du Trésor des Chartes sur le rattachement de Lyon au royaume<br /></strong><br />Dans un contexte (seconde moitié de 1297) de propagande effrénée des officiers français en faveur du rattachement de Lyon, évêché impérial, à la royauté capétienne, la comparaison d’un court mémoire anonyme en latin des Archives nationales avec sa version en français révèle en quoi peut consister parfois la « traduction » : abréger, simplifier, diffuser plus largement l’argumentaire royal par l’intermédiaire de ses serviteurs locaux. Pour une démonstration simple mais majeure : prouver « que Lyons est du royaume de France et li premiers sieges d’archevesque qui sont el roiaume de France ».<br />Mots clés : archevêque, Empire, Lyon, mémoire administratif, officiers royaux, propagande, roman national, traduction</p><p> </p><p><em>Jérémie Rabiot - Gymnase de Münchenstein (Bâle, Suisse), UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>« Fatta fedelmente volgarizzare ». Documents traduits et insérés dans la Nuova cronica de Giovanni Villani (Florence, XIVe siècle)<br /></strong><br />Cet article étudie la traduction en vulgaire et la retranscription de documents latins dans la Nuova cronica, une histoire du monde et de la ville de Florence rédigée au XIVe siècle par Giovanni Villani, chroniqueur-marchand. Partant de l’étude des objectifs et des principes de traduction mis en œuvre, il souligne les enjeux politiques et sociaux qui amènent l’auteur à rechercher, traduire et recopier des documents officiels (bulle pontificale, échanges de chancellerie ou traité d’alliance). Il s’efforce ainsi de rapprocher ces caractéristiques de l’essor des vulgarisations de statuts communaux, dans un contexte d’intensification de la communication politique en vulgaire dans les cités communales d’Italie.<br />Mots clés : Florence, Giovanni Villani, Italie, Nuova cronica, traduction, vulgaire</p><p> </p><p><em>Carlos Heusch - École normale supérieure de Lyon, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Traduction et re-création : du didactisme d’Alphonse X aux premiers romans d’aventures castillans</strong><br />L’article recense les principales traductions réalisées en Castille au XIIIe siècle dans l’entourage du pouvoir (Ferdinand III, Alphonse X et Sanche IV) en insistant sur leur caractère programmatique : la primauté donnée au didactisme oriental tient aux implications politiques de ce genre littéraire. L’auteur précise également quel est le modus operandi de ces traductions, notamment celles qui ont été faites sous l’égide d’Alphonse X. Avec Sanche IV, la Castille s’ouvre à une nouvelle vague de traductions tournées vers la très spiritualiste « matière de France ». Mais cela constitue le point de départ de récits d’aventures chevaleresques traduits du français qui vont donner les premières œuvres castillanes aux accents arthuriens comme le Chevalier Zifar ou le premier Amadis de Gaule.<br />Mots clés : Alphonse X, Amadis, didactisme, politique, roman de chevalerie, Sanche IV, traduction, Zifar</p><p> </p><p><em>Marylène Possamaï-Perez - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Traduire Ovide au XIV siècle : les amours de Mars et de Vénus au livre IV des Métamorphoses et de l’Ovide moralisé<br /></strong><br />Cette étude recherche les sources de l’auteur anonyme qui, au début du xive siècle, livre la première traduction complète en langue vernaculaire des Métamorphoses d’Ovide, avant d’en donner une deuxième « traduction », une transposition axiologique, qui lève le voile de la fable pour en révéler le sens allégorique. Pour la traduction du latin au roman, le translateur, qui connaît le latin et peut le traduire fidèlement, choisit parfois les mots en s’aidant des gloses interlinéaires du manuscrit médiéval des Métamorphoses qu’il utilise. Mais il peut s’appuyer sur d’autres textes antiques (pour la légende de Mars, Vénus et Vulcain, il s’agit de l’Ars amatoria d’Ovide) et dispose aussi de versions romanes antérieures de la fable (en l’occurrence, celle qu’on lit dans le Roman d’Eneas). Il amplifie le texte des Métamorphoses grâce à ces mêmes textes, ou grâce aux mythographes qui l’ont précédé. Mais dès cette version romane de la fable, il fait preuve d’originalité et certains détails ne se lisent dans aucun autre texte. Cependant, c’est dans la deuxième transposition, celle de l’interprétation, qu’il se détache le plus de ses sources : les deux interprétations « concrètes » se distinguent des mythographes ou des récits romanesques antérieurs par leur ampleur et leur ton. Mais c’est surtout l’« allégorie » tropologique qui se révèle d’une originalité irréductible, notamment par le ton passionné caractéristique de cet ouvrage sans doute en lien avec l’homilétique de son temps.<br />Mots clés : allégorie, fable, latin, Ovide moralisé, prédication, roman, traduction</p><p> </p><p><em>Irene Salvo García - Centre for Medieval Literature, Syddansk Universitet (Danemark)</em><br /><strong>« Que l’en seult balaine clamer ». Commentaire linguistique et traduction au Moyen Âge (XIIIe-XIVe siècles, Espagne, France)<br /></strong><br />Dès la fin du XIIIe siècle apparaissent les premières traductions des Métamorphoses d’Ovide en castillan et en français. Ces versions, héritées d’une exégèse commune de provenance française, sont insérées dans des œuvres bien plus longues à caractère historiographique et chrétien : la General estoria (1270-1284) d’Alphonse X, qui occupe 6 000 pages dans son édition moderne, et l’Ovide moralisé (vers 1320), qui contient plus de 72 000 vers. La réception de la glose interprétative longue n’empêche pas, néanmoins, que les deux traductions soient remarquablement littérales, ce qui permet de comparer assez précisément l’original aux versions vernaculaires. Ainsi, nous observons que la glose latine brève de caractère linguistique, une partie fondamentale des commentaires latins d’Ovide, est également connue des traducteurs. Dans ce travail, nous nous concentrons sur la traduction du lexique relatif à la mythologie et aux noms de plantes, de fleurs et d’animaux si présents dans les Métamorphoses d’Ovide et nous étudions à quel point les solutions romanes peuvent être expliquées par la glose conservée ou reliées à elle. Les exemples soulignent les difficultés rencontrées par les traducteurs, non seulement pour comprendre le latin avec précision, mais aussi pour trouver un équivalent en langue romane qui rende le terme original latin. La comparaison des deux traductions contribue de plus aux histoires littéraires et linguistiques de la langue d’oïl et du castillan entre la fin du XIIIe siècle et le début du XIVe siècle.<br />Mots clés : faune, flore, General estoria, gloses, lexiques, Métamorphoses, Ovide, Ovide moralisé, traduction</p><p> </p><p><em>Laurence Moulinier-Brogi - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Y a-t-il de l’intraduisible ? Quelques exemples de résistances dans les écrits scientifiques du Moyen Âge<br /></strong><br />L’histoire des traductions en vulgaire de la littérature technique ou scientifique, appelée Fachliteratur en allemand, est riche en problèmes de terminologie, et souvent aussi de philologie, des erreurs de copie parfois perpétuées par des éditions ayant pu offrir des obstacles durables à l’identification correcte de tel ou tel objet. L’article donne un rapide panorama des difficultés inhérentes aux translations d’écrits scientifiques ou techniques en s’intéressant aux écueils liés à la traduction de noms d’espèces locales, notamment végétales, par la transmission fidèle des noms de couleurs d’une aire linguistique à une autre, ou encore par l’adoption de nouveaux termes introduits par les traductions arabo-latines en matière de science des astres à partir du XIIe siècle. Ces sondages dans différents champs de la science médiévale révèlent des résistances en matière d’identification, de transposition du particulier à l’universel, ou d’intégration dans une langue cible. Il rappelle au passage combien le gisement textuel constitué par les glossaires, les listes de synonymes ou autres lexiques, encore à défricher malgré de récentes avancées, a pu être d’un précieux secours pour les lecteurs du Moyen Âge, et peut l’être encore pour les modernes.<br />Mots clés : écrits scientifiques, Fachliteratur, Hagin le Juif, Hildegarde de Bingen, Liber subtilitatum, noms de couleurs, noms de plantes, science des astres, traduction, uroscopie, vernacularisation</p><p> </p><p><em>Marie-Pascale Halary - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Sur une traduction médiévale de la Lettre aux frères du Mont-Dieu. Le témoignage ancien d’un vernaculaire savant<br /></strong><br />Cette étude porte sur une traduction ancienne (deuxième moitié du xiie siècle), en dialecte lorrain, de la Lettre aux frères du Mont-Dieu de Guillaume de Saint-Thierry. Après avoir rappelé les principales caractéristiques des translations monastiques contemporaines, elle examine les modalités de la mise en roman de ce texte spirituel en se concentrant, notamment, sur la traduction du binôme de substantifs anima/animus. L’enjeu est de montrer l’existence à date ancienne d’une scripturalité vernaculaire savante, qui n’était peut-être pas destinée à un public laïque.<br />Mots clés : animus/anima, Epistola ad fratres de Monte Dei, Guillaume de Saint-Thierry, littérature spirituelle, traductions monastiques, vernaculaire savant</p><p> </p><p><em>Corinne Pierreville - Université Jean Moulin-Lyon 3, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Le choix des mots. Traduire les textes érotiques du Moyen Âge<br /></strong><br />La traduction est, comme chacun sait, un exercice condamnant le traducteur à une forme de frustration : il est impossible de restituer parfaitement toutes les nuances d’un texte, les connotations d’un mot, le rythme, les sonorités, les suggestions phoniques et sémantiques, le style d’un auteur. Les difficultés de cette entreprise s’accroissent quand le texte source relève d’une littérature s’attachant à l’évocation du désir et du plaisir sexuel. Lors de la constitution d’une anthologie de la littérature érotique médiévale, la nécessité de la traduction s’est imposée afin d’éviter de surcharger les textes de notes sémantiques, tant la langue du Moyen Âge est devenue étrangère au lecteur contemporain. Traduire était nécessaire pour éviter au lecteur des erreurs de compréhension et lui donner les clés du sens. Mais comment traduire ? Quels termes existant en français moderne fallait-il conserver ? Quels étaient les mots exigeant d’être traduits ? Des exemples précis nous permettent de justifier les choix qui ont été les nôtres tout en évoquant les résistances que nous avons rencontrées et, en particulier, les jeux de syllepse et de double-sens que nous avons échoué à traduire.<br />Mots clés : comique, érotisme, obscénité, traduction, transgression</p><p> </p><p><em>Christopher Lucken - Université Paris 8 (Vincennes/Saint-Denis), EA 7322/Université de Genève</em><br /><strong>Traduire la chanson de Roland<br /></strong><br />Cette étude présente et analyse pour l’essentiel les nombreuses traductions rythmées ou versifiées de la Chanson de Roland réalisées entre la publication du manuscrit d’Oxford en 1837 et la fin de la Première Guerre mondiale, traductions qui s’efforcèrent de répondre au titre qui avait été donné à cette chanson de geste, d’en restituer d’une manière ou d’une autre le caractère lyrique et de maintenir ainsi le lien que l’on avait établi entre elle et la cantilena Rolandi qui aurait été chantée lors de la bataille de Hastings afin d’encourager les soldats à se battre. Après avoir cherché à préciser ce qui a amené ses premiers traducteurs à en conserver le chant (dans un contexte dominé principalement par la défaite de 1870 et un désir de revanche), elle présente également les arguments avancés en 1922 par Joseph Bédier pour la traduire en prose, plutôt qu’en vers, et s’efforce d’expliquer les motivations et les enjeux d’une telle décision.<br />Mots clés : cantilena Rolandi, chanson de geste, Chanson de Roland, Joseph Bédier, nationalisme, poésie épique, prose, traduction, vers</p><p> </p><p><em>Arnaud Lestremau - Collège Pablo Picasso (Garges-lès-Gonesse)/LAMOP (UMR 8589 – Paris 1 Panthéon-Sorbonne/CNRS)</em><br /><strong>Basileus Anglorum. La prétention impériale dans les titulatures royales à la fin de la période anglo-saxonne<br /></strong><br />Les titulatures reflètent l’étendue du pouvoir d’un roi, mais renvoient aussi l’image qu’il entend donner de lui-même. Dans une période de mutation politique rapide dans le monde insulaire, il est donc logique que ces titulatures évoluent elles aussi, pour mettre en lumière les conquêtes ou les annexions, tout en signalant les revendications territoriales. Au début du ixe siècle, l’hégémonie mercienne se traduisait par l’utilisation de titres impériaux ; à compter de la fin du siècle, les victoires décisives remportées par le Wessex permettent à ses rois d’assumer une titulature de plus en plus audacieuse. Rendant d’abord compte de l’incorporation dans un même royaume d’Angles et de Saxons, le roi Alfred se présente comme roi d’un nouveau royaume, celui des « Anglo-Saxons ». Reprenant ensuite l’étiquette ethnique unificatrice et salvatrice créée par Bède, lui et ses successeurs se présentent progressivement comme les rois des Anglais. Cette capacité à dominer plusieurs royaumes que tout séparait quelques décennies plus tôt, l’efficacité de la lutte contre les Vikings, les conquêtes réalisées et l’influence croissante du roi en dehors de son royaume lui permettent progressivement de passer une nouvelle étape, en adoptant des titres plus clinquants. Si l’on en croit la communication politique du Wessex aux xe-xie siècles, le royaume est devenu un empire, a minima pendant le règne des souverains les plus puissants, comme Æthelstan, Edgar ou Cnut.<br />Mots clés : Angleterre anglo-saxonne, chartes, communication politique, prétentions impériales, titulature</p><p> </p><p><em>Sylvie Duval - Fondation Thiers/CIHAM</em><br /><strong>culture, écriture, femmes, genre, latin, lecture, littéracie</strong></p>";"<p>Introduction</p><p>Laurence Moulinier-Brogi<br /><em>Traduire au Moyen Âge, traduire le Moyen Âge</em></p><p>La pratique de la traduction au Moyen Âge, en particulier en langues vernaculaires, est l’objet dans toute l’Europe d’un intérêt croissant, qui a largement dépassé le premier cercle des seuls linguistes. Il ne s’agira pas ici de présenter un état de la recherche et des initiatives (colloques, publications, bases de données, projets ANR, etc.) à ce sujet, tant ce champ est foisonnant. On trouvera d’un article à l’autre ici réunis des informations bibliographiques suffisantes pour le lecteur désireux d’en savoir toujours plus. Pour ne pas alourdir un recueil déjà riche, on se contentera de rappeler que cette livraison de <em>Médiévales</em> est le fruit d’une journée d’études, tenue à Lyon le 12 janvier 2018 dans les locaux du CIHAM (UMR 5648), qui s’était donné un double objectif : réunir autour d’un même objet de réflexion littéraires et historiens, dont les champs respectifs sont souvent perçus comme des vases non communicants, et aborder la vaste question des traductions sous un double angle d’attaque, en diachronie et en synchronie. Ainsi s’explique à la fois la variété des documents abordés, des actes de la pratique à la chanson de geste en passant par les traités d’uroscopie, mais aussi la variété des langues considérées : plutôt qu’entrer à nouveau dans le débat entre diglossie et bilinguisme pour qualifier la civilisation de l’Occident médiéval, on a préféré mettre en lumière l’interlinguisme du Moyen Âge.</p><p>Jean-Louis Gaulin nous introduit à la documentation comptable des états de Savoir, dont la langue administrative fut longtemps le latin. Or, dans cette région à la situation étonnante d’un point de vue linguistique, tiraillée entre franco-provençal au Nord et piémontais au Sud, l’examen de documents comptables inédits dans lequel la langue vulgaire fait irruption lui permet d’apporter une importance retouche à l’idée reçue selon laquelle le latin aurait été la seule langue d’expression du pouvoir savoyard. En s’attachant à comparer un court mémoire anonyme en latin conservé aux Archives nationales avec sa version en français, Alexis Charansonnet révèle pour sa part en quoi peut consister parfois la « traduction » : en l’occurrence, en 1297, dans un contexte de propagande des officiers français en faveur du rattachement de Lyon, évêché impérial, à la royauté capétienne, la traduction de ce document relaie la diffusion de l’autorité royale en assurant une démonstration aussi simple que capitale : prouver « que Lyons est du royaume de France et li premiers sieges d’archevesque qui sont el roiaume de France. »</p><p>Jérémie Rabiot, quant à lui, étudie la traduction en vulgaire et la retranscription de documents latins dans la <em>Nuova cronica</em> du chroniqueur-marchand Giovanni Villani (†1348), dont une des particularités est l’insertion de documents exogènes (un peu à la manière de Joinville incorporant le texte de l’ordonnance de 1254 à sa <em>Vie de saint Louis</em>). Par l'étude des objectifs et des principes de traduction mis en œuvre, cet article met en lumière les enjeux politiques et sociaux qui ont pu amener Villani à rechercher, (faire) traduire et recopier des documents officiels (bulle pontificale, échanges de chancellerie ou traité d'alliance). L’époque est alors à l'intensification de la communication politique en vulgaire dans les cités communales d'Italie, et les particularités de l’œuvre de Villani sont à mettre en perspective avec l'essor contemporain des vulgarisations de statuts communaux.</p><p>Les implications politiques ne sont pas non plus absentes des traductions réalisées en Castille au xiii<sup>e</sup> siècle dans l’entourage du pouvoir (Ferdinand III, Alphonse X et Sanche IV) qu’étudie Carlos Heusch, caractérisées par leur caractère programmatique et la primauté donnée au didactisme d’inspiration orientale. L’auteur analyse le <em>modus operandi</em> de ces translations, notamment celles qui ont été faites sous l’égide d’Alphonse X, avant de montrer entre autres qu’avec Sanche IV la Castille s’ouvre à une nouvelle vague de traductions tournées vers la « matière de France », qui produira les premières œuvres castillanes aux accents arthuriens comme le <em>Chevalier Zifar</em><em> </em>ou le premier <em>Amadis de Gaule</em>.</p><p>Outre les contextes, il convient aussi de s’interroger sur les méthodes et les écueils des traducteurs. Marylène Possamaï Perez recherche pour sa part les sources de l’auteur anonyme qui, au début du xiv<sup>e</sup> siècle, a livré la première traduction complète en langue vernaculaire des <em>Métamorphoses</em> d’Ovide : elle montre qu’il connaissait assez le latin pour le traduire fidèlement, en s’aidant parfois, pour choisir ses mots, des gloses interlinéaires du manuscrit médiéval des <em>Métamorphoses</em> qu’il utilisait. Il pouvait aussi s’appuyer sur d’autres textes antiques et disposait de versions romanes antérieures de la fable — autant d’écrits lui permettant d’amplifier le texte d’Ovide —, ce qui ne l’empêchait pas de faire preuve d’originalité par rapport à ses sources.</p><p>Plus encore que celle des sources, c’est la question des ressources des traducteurs qu’abordent plusieurs articles, incidemment ou non. Les gloses latines de caractère linguistique, par exemple, élément fondamental des commentaires d’Ovide au Moyen Âge, ont sans doute également joué un rôle dans les traductions auxquelles s’intéresse Irene Salvo Garcia, celles des <em>Métamorphoses</em> en langue d’oïl et en castillan, apparues dès la fin du xiii<sup>e</sup> siècle et insérées dans des œuvres bien plus amples à caractère historiographique et chrétien, telles la <em>General estoria</em> (1270-1284) d’Alphonse X et l’<em>Ovide moralisé</em>. Ces traductions n’en sont pas moins très littérales, et une bonne illustration en est fournie ici par la traduction du lexique relatif à la mythologie et aux noms de plantes, qui a pu poser aux traducteurs des problèmes de compréhension mais aussi de recherches d’équivalents.</p><p>De tels problèmes de terminologie traversent l’histoire de la littérature technique ou scientifique en langue vulgaire, et Laurence Moulinier-Brogi procède par sondages dans le vaste champ appelé <em>Fachliteratur</em> en allemand, en s’intéressant aux difficultés soulevées posées par la traduction de noms d’espèces locales, notamment végétales, ou disparues, par la transmission fidèle des noms de couleurs d’une aire linguistique à une autre, ou encore par l’adoption de nouveaux substantifs introduits par les traductions arabo-latines en matière de science des astres à partir du XII<sup>e</sup> siècle. Elle rappelle au passage combien le gisement textuel constitué par les glossaires, les listes de synonymes ou autres lexiques, encore à défricher malgré de récentes avancées, a pu être d’un précieux secours pour les lecteurs du Moyen Âge, et peut l’être encore pour les modernes. En complément des questions liées à la transposition du particulier à une échelle plus large, générale, voire universelle, celle de la capacité du vulgaire à se faire langue de science et secréter un lexique savant est également abordée ici par Marie-Pascale Halary, à partir d’un second observatoire offert par la littérature spirituelle du Moyen Âge. Son étude porte sur une traduction de la deuxième moitié du xii<sup>e</sup> siècle, en dialecte lorrain, de la <em>Lettre aux frères du Mont-Dieu</em> du cistercien Guillaume de Saint-Thierry (†1148). Après avoir rappelé les principales caractéristiques des translations monastiques de l’époque, elle examine les modalités de la mise en roman de ce texte spirituel et se concentre sur la traduction du binôme de substantifs <em>anima/animus</em>, pour démontrer l’existence, à une<strong> </strong>date ancienne, d’une scripturalité vernaculaire savante qui n’était peut-être pas destinée à un public laïque : elle confirme ainsi à son tour que l’essor des langues vulgaires à partir du xii<sup>e</sup> siècle ne saurait s’expliquer seulement par l’ignorance du latin, et combien, depuis le haut Moyen Âge, ont pu subir de torsions les équivalences établies entre, d’une part, clerc et <em>litteratus</em> et, d’autre part, laïc et <em>illiteratus</em><a href=""#_ftn1"">[1]</a>.</p><p>Poésie, botanique, zoologie, médecine ou astronomie et astrologie médiévales ont donc pu poser avec force des questions d’interprétation en synchronie, qu’elles continuent de poser en diachronie. Car traduire n’est pas seulement risquer de trahir : c’est avant tout « trans-dire », c’est-à-dire tenter de franchir d’une part des frontières linguistiques, en forçant des serrures syntaxiques ou en forgeant un lexique recevable par le lectorat visé, mais aussi de traverser l’épaisseur des siècles. Sur cette dernière question bien évidemment inépuisable dans ce volume et inépuisable tout court, deux éclairages sont apportés à partir de matériaux littéraires très différents, d’un côté un gisement de textes longtemps minorés ou tenus pour anecdotiques, à savoir la littérature obscène ou érotique<a href=""#_ftn2"">[2]</a>, et un monument comme la célèbre <em>Chanson de Roland</em>.</p><p>La difficile question du nom de la chose trouve une illustration originale avec l’article de Corinne Pierreville, qui montre que la plupart des difficultés inhérentes à toute entreprise de traduction s’accroissent quand le texte-source relève d’une littérature s’attachant à l’évocation du désir et du plaisir sexuel, et du sexe tout court<a href=""#_ftn3"">[3]</a>. Pour constituer une anthologie de la littérature érotique — pour ne pas dire parfois égrillarde, voire obscène — du Moyen Âge, la nécessité de la traduction s’est imposée à l’auteure afin d’éviter de surcharger les textes de notes sémantiques, tant la langue médiévale est devenue étrangère au lecteur contemporain. Mais comment traduire ? Quels termes existant en français moderne fallait-il garder ? Quels étaient les mots exigeant d’être traduits ? Des exemples précis lui permettent de justifier les choix qui ont été les siens tout en évoquant les obstacles qu’elle a rencontrés et, en particulier, des doubles sens résistant à toute tentative satisfaisante de traduction.</p><p>Pour finir, l’importante étude de Christopher Lucken présente les nombreuses traductions rythmées ou versifiées de la <em>Chanson de Roland</em> réalisées entre la publication du texte par Franscique Michel en 1837<a href=""#_ftn4"">[4]</a> et la fin de la Première Guerre mondiale, autant de versions qui tâchèrent de répondre au titre qui avait été donné à cette chanson de geste<a href=""#_ftn5"">[5]</a>, et d’en rendre d’une manière ou d’une autre le caractère supposément lyrique. Après avoir tenté de préciser ce qui avait amené ses premiers traducteurs à en conserver la dimension chantée (dans un contexte dominé par la défaite de 1870 et un désir de revanche), l’article rappelle les arguments avancés par Bédier pour la traduire en prose plutôt qu’en vers, et s’efforce d’expliquer les motivations et les enjeux de sa décision : si Bédier conservait le titre<a href=""#_ftn6"">[6]</a>, il brisait le lien que l’on avait établi entre la <em>Chanson de Roland</em> et la <em>Cantilena Rolandi</em> que, selon un chroniqueur du xii<sup>e</sup> siècle, un jongleur aurait entonnée lors de la bataille d’Hastings pour galvaniser les soldats — en 1066, soit près de 3 siècles après Roncevaux ! Avec Bédier, tout ne finit pas par des chansons… Quoi qu’il en soit, dans le cas de la <em>Chanson de Roland</em>, la question de la transposition d’une œuvre se double de celle du changement de forme d’un texte, autre moment de risque de perte de substance, mais c’est bien une même interrogation qui sous-tend les contributions rassemblées ici, par-delà la diversité délibérée des types de textes et des langues cible envisagées : comment traduire, voire « traduire ou ne pas traduire »<a href=""#_ftn7"">[7]</a>, telle est la question</p><p> </p><p> </p><div><div><p><a href=""#_ftnref1"">[1]</a> Voir notamment H. Grundmann, « <em>Litteratus</em>-<em>illiteratus</em>. Der Wandel einer Bildungsnorm vom Altertum zum Mittelalter », <em>Archiv für Kulturgeschichte,</em> 40 (1958), p. 1-63.</p></div><div><p><a href=""#_ftnref2"">[2]</a> Saluons de ce point de vue le caractère pionnier de l’œuvre de Pierre Bec, <em>Burlesque et obscénité chez les troubadours : </em><em>pour une approche du contre texte médiéval</em>, Paris, 1984, et, dans une perspective tout à fait différente, de celui de D. Jacquart et Cl. Thomasset, <em>Sexualité et savoir médical au Moyen Âge</em>, Paris, 1985.</p></div><div><p><a href=""#_ftnref3"">[3]</a> Voir à ce sujet le court et stimulant article erotico-philologique de Th. Städtler, « Du vit et la coille », <em>Revue de linguistique romane</em>, 59 (1995), p. 131-135.</p></div><div><p><a href=""#_ftnref4"">[4]</a> Ms. Oxford, Bodleian Library, Digby 23, f. 1r-72r (2<sup>e</sup> ¼ du XII<sup>e</sup> s.) ; voir <em>La chanson de Roland ou de Roncevaux du XII<sup>e</sup> siècle, publiée pour la première fois d’après le manuscrit de la Bibliothèque bodléienne à Oxford par Francisque Michel</em>, Paris, 1837.</p></div><div><p><a href=""#_ftnref5"">[5]</a> Rappelons qu’aucun des manuscrits connus ne porte ce titre, mais que la version dite de Lyon se termine par : « Ci fenit li chançons des douez combatant / Explicit la desconfite de Roncevaux (ms. Lyon, Bibl. Mun., 743, f. 1r-60r).</p></div><div><p><a href=""#_ftnref6"">[6]</a> Voir <em>La chanson de Roland commentée, </em>éd. J. Bédier, Paris, 1927.<em> </em></p></div><div><p><a href=""#_ftnref7"">[7]</a> On ne résiste pas ici à l’envie de parodier Shakespeare, sur les traces d’A. Corbellari, « Traduire ou ne pas traduire: le dilemme de Bédier. À propos de la traduction de la <em>Chanson de Roland</em> », <em>Vox romanica</em>, 56, 1997, p. 63-82.</p></div></div>";"<p><em>Jean-Louis Gaulin - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)<br /></em><strong>Latin and vernacular in the administrative writings of the Principality of Savoy. The example of the general book accounts of the fourteenth-century<br /></strong><br />The Principality of Savoy continued to use Latin as its language of administration up until the crisis caused by the French occupation during the years 1536-1559. However, the examination of a series of book accounts compiled by financial officers in the fourteenth century shows that accompanying documents written in vernacular—a middle French with Franco-Provençal features—could, as part of a highly regulated administrative procedure, have had a place in this accounting process. The records of the House of Savoy therefore offer a field of inquiry that is particularly useful for studying the bilingualism of the Prince’s officers in their daily work.<br />Keywords : administration, bilingualism, book account, Franco-Provencal, House of Savoy, Latin, vernacular<br /><br /></p><p><em>Alexis Charansonnet - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)<br /></em><strong>Translating royal sovereignty into French. Latin-French documents of the Trésor des Chartes on the attachment of Lyon to the kingdom<br /></strong><br />In the second half of 1297 in a context of unbridled propaganda by French officers in favor of Lyon (an imperial bishopric) becoming attached to the Capetian kingdom, comparing a short anonymous Latin memoir from the National Archives with its French version reveals what “translation” can sometimes consist of: shortening, simplifying, and more widely disseminating the royal argument through its local servants. A simple but significant example of this can be seen with the phrase: “that Lyons is of the kingdom of France and the first archbishop seat of the French Kingdom” [“que Lyons est du royaume de France et li premiers sieges d’archevesque qui sont el roiaume de France”].<br />Keywords : administrative brief, archbishop, empire, Lyon, propaganda, “roman national,” royal officers, translation<br /><br /></p><p><em>Jérémie Rabiot - Gymnase de Münchenstein (Bâle, Suisse), UMR 5648 (CIHAM)<br /></em><strong>“Fatta fedelmente volgarizzare.” Translated and inserted documents in Giovanni Villani’s Nuova Cronica (Florence, fourteenth century)<br /></strong><br />This paper focuses on the translation into vernacular and the transcription of Latin documents in the Nuova Cronica, a history of the world and of the city of Florence written in the fourteenth century by the chronicler and merchant Giovanni Villani. It studies the objectives and principles of translation adopted here, and highlights the political and social issues that led the author to receive, translate, and copy official documents (papal bull, exchanges of Chancery, or alliance treaty). It therefore aims to link these facts with the increase of vulgarizations of communal statutes, at a time when political communication in vernacular was becoming more widespread in the communes of Italy.<br />Keywords : Florence, Italy, Giovanni Villani, Nuova Cronica, translation, vernacular<br /><br /></p><p><em>Carlos Heusch - École normale supérieure de Lyon, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Translation and re-creation: From Alfonso X’s didacticism to the first Castilian novels<br /></strong><br />The author lists the main translations undertaken in thirteenth century Castile within the circle of power (Kings Fernando III, Alfonso X, and Sancho IV), focusing on the programmatic character of these translations. The author shows that the superiority given to the oriental didacticism is due to the political implications of this literary genre. He also details the modus operandi of these translations, in particular those that were made under the authority of King Alfonso X. With the next monarch, Sancho IV, Castile opened itself up to a new wave of translations focused on the highly spiritualist “matière de France.” This was the starting point for narratives about chivalric adventures translated from French such as The Book of the Knight Zifar or the earliest Amadis de Gaula, which were to give the first Castilian works an Arthurian dimension.<br />Keywords : Alfonso X, Amadis, chivalric romance, didacticism, politics, Sancho IV, translation, Zifar<br /><br /></p><p><em>Marylène Possamaï-Perez - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Translating Ovid in the fourteenth century: The love of Mars and Venus in Book IV of the Metamorphoses and the Ovide moralisé</strong><br /><br />This article examines the sources of the anonymous author who, at the beginning of the fourteenth century, produced the first complete translation in the vernacular language of Ovid’s Metamorphoses, before providing a second “translation,” a thematic transposition, that lifted the veil of the fable to reveal its allegorical meaning. For the translation of the fable, the translator, who knew Latin well and could translate it faithfully, sometimes chose the words by using interlinear glosses of the medieval manuscript of the Metamorphoses he had at his disposal. However, he was also able to use other earlier texts for guidance (Ovid’s Ars amatoria for the story of Mars, Venus, and Vulcan) as well as the previous Romanic versions of the fable (in this particular case, the one in the Roman d’Enéas). Thanks to these texts, or thanks to the mythographers who preceded him, the translator enhanced the text of the Metamorphoses. In this French version of the fable, he displays originality and includes certain details that are not present in any other text. However, it is in the second transposition, that of the interpretation, that he really departs from his sources: both “concrete” interpretations distinguish themselves from the writings of mythographers or from previous romantic narratives in their scale and their tone. But it is the tropological “allegory” in particular that displays an unyielding originality, in particular through the zealous tone that is characteristic of this work, which can certainly be related to the preaching of the translator’s time.<br />Keywords : allegory, fable, Latin, Ovide moralisé, preaching, Romanic, translation</p><p> </p><p><em>Irene Salvo García - Centre for Medieval Literature, Syddansk Universitet (Danemark)<br /></em><strong>« Que l’en seult balaine clamer. » Linguistic commentary and translation in the Middle Ages (ca thirteenth to fourteenth centuries, Spain and France)</strong><br /><br />The first translations of Ovid’s Metamorphoses in Castilian and in French date from the end of the thirteenth century. These versions, the product of a common exegetic tradition of French origin, are part of a much wider historiographical and Christian body of works : the General estoria (1270-1284) of King Alfonso X, the modern edition of which has more than 6,000 pages, and the Ovide moralisé (ca 1320), which contains 72,000 verses. Despite having extensive interpretative glosses at their disposal, both translations are remarkably literal, which allows us to compare the original text to the vernacular version quite precisely. Thus, we observe that the translators were also aware of the short Latin gloss, which is of a linguistic character and is a fundamental part of Latin commentaries on Ovid. In this article, we focus on the translation of the lexicon of plants, flowers, and animals, which are mentioned frequently in Ovid’s Metamorphoses, and we study the extent to which the vernacular solutions can be explained by or linked to the previous commentaries. The examples highlight the difficulties the translators had to contend with, which included not only having to understand Latin precisely, but also finding Romance language equivalents to capture the original Latin term. The comparison between both translations contributes to the literary and linguistic histories of Old French and Castilian between the end of the thirteenth century and the beginning of the fourteenth century.<br />Keywords : fauna, flora, General estoria, gloss, lexicons, Metamorphoses, Ovid, Ovide moralisé, translation</p><p> </p><p><em>Laurence Moulinier-Brogi - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)</em><br /><strong>Are some things untranslatable ? Certain cases of resistance in the scientific writings of the Middle Ages</strong><br /><br />The history of the vernacular translations of the scientific or technical literature of the Middle Ages, the so-called Fachliteratur in German, presents many terminological and philological problems : these texts sometimes contain copy errors carried over into subsequent editions, and misreading is often the primary reason why specific objects are incorrectly identified. This article aims to provide a sample of the difficulties encountered in the translation of scientific or technical writing. It considers the translation of names of different species, in particular botanical ones, which are often very locally specific and sometimes even extinct. It also looks at the issue of accurately transmitting the names of colors from one linguistic area to another, and, lastly, the adoption of new terms introduced from the twelfth century onward into the medieval Western world by the Latin translations from Arabic about the science of the stars. This brief overview of various different fields of medieval science reveals that there was some resistance when it came to identifying and transposing the peculiar to the universal, or integrating new words into a target language. It also briefly touches upon the significance of medieval glossaries, lists of synonyms, and lexicons, which were very useful for medieval readers and can still be of great help for modern readers or translators.<br />Keywords : color names, Fachliteratur, Hagin the Jew, Hildegard of Bingen, Liber subtilitatum, names of plants, science of celestial bodies, scientific writing, translation, uroscopy, vernacularization</p><p> </p><p><em>Marie-Pascale Halary - Université Lumière-Lyon 2, UMR 5648 (CIHAM)<br /></em><strong>A medieval translation of William of Saint-Thierry’s Letter to the Brothers of Mont-Dieu. Early evidence of a learned vernacular<br /></strong><br />This study looks at an early translation (second half of the twelfth century), in the Lorraine dialect, of the Letter to the Brothers of Mont-Dieu by William of Saint-Thierry. After outlining the main characteristics of contemporary monastic translations, it examines how this spiritual text was transposed into this Romance language by focusing in particular on the translation of the pair of nouns « anima/animus. » It aims to demonstrate the existence, at an early date, of a scholarly vernacular scripturality, which may not have been intended for a secular audience.<br />Keywords : animus/anima, Epistola ad fratres de Monte Dei, Letter to the Brothers of Mont-Dieu, monastic translations, spiritual literature, vernacular scripturality, William of Saint-Thierry</p><p> </p><p><em>Corinne Pierreville - Université Jean Moulin-Lyon 3, UMR 5648 (CIHAM)<br /></em><strong>A choice of words ? Translating the erotic texts of the Middle Ages<br /></strong><br />As everyone knows, translation is an exercise that can lead the translator to become frustrated, since it is not possible to perfectly restore all the various nuances of a text, the connotations of a word, the rhythm, the tones, the phonic and semantic suggestions, and the style of an author. These difficulties increase when the writing deals with sexual desire and pleasure. In order to provide an anthology of medieval erotic literature, translation is essential, since the contemporary reader would be unable to understand the language of the Middle Ages, and the original text would have to be heavily annotated with notes on meaning. Translation is necessary for enabling the reader’s understanding of the text, and for providing keys to its meaning. But how should we translate ? What terms that exist in modern French should we keep ? What words should we change ? In this article, we use specific examples to justify our choices, as well as discussing what we failed to translate.<br />Keywords : comedy, eroticism, obscenity, transgression, translation</p><p> </p><p><em>Christopher Lucken - Université Paris 8 (Vincennes/Saint-Denis), EA 7322/Université de Genève</em><br /><strong>Translating The Song of Roland<br /></strong><br />This study presents and analyzes the many versified or rhythmic translations of The Song of Roland produced between the publication of the Oxford manuscript in 1837 and the end of the First World War. These translations attempted to keep in mind the title that had been given to this chanson de geste, preserving in one way or another its lyrical character and thus maintaining the link that had been established with the Cantilena Rolandi that was said to have been sung during the Battle of Hastings to encourage soldiers to fight. After having specified what led its first translators to retain the song element of this poem (in a context dominated mainly by the defeat of 1870 and a desire for revenge), it presents the arguments made in 1922 by Joseph Bédier to translate it into prose, rather than verse, and attempts to explain the motives and issues of such a decision.<br />Keywords : Cantilena Rolandi, chanson de geste, epic poetry, Joseph Bédier, nationalism, prose, Song of Roland, translation, verse</p><p> </p><p><em>Arnaud Lestremau - Collège Pablo Picasso (Garges-lès-Gonesse)/LAMOP (UMR 8589 – Paris 1 Panthéon-Sorbonne/CNRS)<br /></em><strong>Basileus Anglorum. Imperial claims in regnal styles at the end of the Anglo-Saxon period<br /></strong><br />Regnal styles reflect the extent of a king’s power, but they also show the image that he wants to project. During a period of intense political change in the British Isles, it was only logical that the regnal styles would change too, in order to highlight conquests and annexations and assert territorial claims. At the beginning of the ninth century, the Mercian hegemony was manifested by the use of imperial titles, and at the end of that century, the crucial victories of Wessex allowed their kings to assume increasingly audacious styles. As he had incorporated Angles into a Saxon kingdom, King Alfred presented himself as the king of a new kingdom, the kingdom of the Anglo-Saxons. He and his successors then took up a unifying and redeeming ethnic label forged by the Venerable Bede, and they progressively became the Kings of the English. Because they were able to rule several kingdoms that had been divided only a few decades earlier, and because of their ability to successfully fight against the Vikings, achieve conquests, and have a growing influence outside the kingdom, the kings chose even more daring and showy regnal styles. If one believes the political communication of Wessex during the tenth and eleventh centuries, the kingdom had become an empire, at the very least during the reign of its most powerful rulers, such as Athelstan, Edgar, or Cnut.<br />Keywords : charters, imperial claims, late Anglo-Saxon England, political communication, regnal style</p><p> </p><p><em>Sylvie Duval - Fondation Thiers/CIHAM</em><br /><strong>gender studies, Latin, literacy, reading, women, writing</strong></p>";492;20.00;"<p>Histoire et littérature sont parfois pensées comme deux domaines étanches. Or deux occupations leur sont aussi communes qu’essentielles, à savoir l’édition et la traduction, puisque sans texte scientifiquement établi il n’est ni reconstitution du passé ni herméneutique solide possible, et que sans traduction, il n’est pas non plus de compréhension assurée des témoignages venus des mondes anciens. L’originalité de ce numéro coordonné par une chercheuse ayant reçu une double formation en Lettres et en Histoire est donc de faire dialoguer des spécialistes de littérature et d’histoire du Moyen Âge autour d’un même objet : la traduction.<br /><br />Ouvrage publié avec le soutien de l'université Lumière Lyon 2 et du CIHAM (UMR 5648)</p>";;05/10/2018 09:33;0;Première édition;3386 631;1;3;34;L'artiste-théoricien;N°22/2016;;;"<p>La théorie, qu’elle soit produite par les artistes ou importée au sein de leurs activités, soutient-elle nécessairement leur pratique ?</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : « L’Artiste-théoricien »</strong></p><p><strong>Gabriel Zacarias</strong><br />« Le paradoxe situationniste : la fonction de la théorie dans l’art de Guy Debord »</p><p><strong>Denis Laoureux</strong><br />« De l'usage de Wittgenstein dans la théorie de l'art et la pratique de l'exposition (Kosuth et Broodthaers) »</p><p><strong>Nina Léger</strong><br />« <em>Misunderstandings</em> et “Babels illusoires” : penser avec Mel Bochner et Robert Smithson »</p><p><strong>Nicolas Heimendinger</strong><br />« Le Grand récit de la critique institutionnelle »</p><p><strong>Giuseppe Burighel</strong><br />« Le Danseur <em>performer</em> et la conférence-spectacle »</p><p><strong>Jérémie Vandenbunde</strong><br />« Savoirs théoriques et production de discours dans les écoles supérieures d’art »</p><p><strong>Evangelos Athanassopoulos</strong><br />« L’Art comme production de connaissance : entre théorie et pratique »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p><strong>Geneviève Chevalier</strong><br />« “Raid the Icebox 1 with Andy Warhol” et critique institutionnelle : les origines de la carte blanche »</p><p><strong>Sarah Heussaff</strong><br />Entretien avec Kamil Guenatri (La Terrasse)</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p><strong>Noémie Goudal</strong>, <em>Les Observatoires</em></p>";;10/04/2016;22;155x220;192;978-2-84292-529-1;9782842925291;0;1767-7114;Presses Universitaires de Vincennes;img_631.jpg;"<p><strong>Le paradoxe situationniste: la fonction de la théorie dans l’art de Guy Debord<em> </em></strong><br />Gabriel Ferreira Zacarias<br />Dans cet article j’étudierai la fonction de la théorie dans l’élaboration des propositions artistiques de dérive et de situation construite, formulées par Guy Debord. En me servant des fiches de lectures inédites de l’auteur, j’examinerai comment ces deux notions ont évolué en dialogue avec différents ouvrages théoriques. Qui plus est, je tenterai de montrer comment la théorie acquiert progressivement une fonction spécifique dans la pratique artistique de Debord, occupant la place laissée vide par l’abandon situationniste de l’œuvre d’art.</p><p><strong>De l'usage de Wittgenstein dans la théorie de l'art et la pratique de l'exposition (Broodthaers et Kosuth)<em><br /></em></strong>Denis Laoureux<strong> </strong><br />Cette contribution s'intéresse à la (re)lecture du <em>Tractatus logico-philosophicus </em>dans les années 1970 et 1980. Elle se centre sur deux artistes s'étant référés à l'essai de Ludwig Wittgenstein dans leur réflexion sur le langage et dans leur pratique curatoriale : Marcel Broodthaers et Joseph Kosuth. Le travail mené par ces artistes autour de Wittgenstein permet d'observer ce qui ressort de la théorie de l'art quand celle-ci se soumet à l'épreuve de l'exposition.</p><p><strong>Misunderstandings et « Babels illusoires » : penser avec Mel Bochner et Robert Smithson</strong><br />Nina Leger<strong> </strong><br />Les années 1960-1970 sont un moment d’intense activité théorique pour une jeune génération d’artistes états-uniens. Si leur premier élan fut de fonder les bases d’un art neuf, le moment qui s’ouvrit à partir du milieu des <em>sixties </em>chercha, au contraire, à défaire les définitions trop rapidement adoptées et simplifiées. À cette fin, plusieurs artistes reconfigurèrent les formes et les lieux de leur discours. Le terme de théorie peut-il s’appliquer à ces formes sans en gommer la spécificité ? Et ce terme est-il fidèle à la conception qu’avaient ces artistes de l’activité spéculative ? Considérant les travaux de Mel Bochner et de Robert Smithson, cet article se propose de problématiser ce qui, dans l’application du terme d’« artiste-théoricien », semblait aller de soi</p><p><strong>Le grand récit de la critique institutionnelle</strong><br />Nicolas Heimendinger<br />La critique institutionnelle offre le paradoxe d’un mouvement créé <em>a posteriori</em> par des critiques d’art proches de la revue <em>October</em>, puis réapproprié par des artistes qui ont été présentés vers 1990 comme sa « seconde génération ». Élaborée d’abord comme une « anti-esthétique » postmoderniste, la critique institutionnelle est devenue au cours des années 1980 l’instrument d’une résistance au <em>cultural turn</em>. Sous son aura de radicalité politique transparaît le constat mélancolique de la dissolution des avant-gardes et de l’espace public oppositionnel.</p><p><strong>Le danseur performer et la conférence-spectacle. Xavier Le Roy, Jérôme Bel, Claudia Triozzi</strong><br />Giuseppe Burighel<strong> </strong><br />Qu'est-ce que danser ? Par le détournement de l'outil de la conférence, Le Roy, Bel et Triozzi s'inscrivent dans le débat chorégraphique contemporain qui vise à la danse comme art autonome, à travers une attitude performative qui met en avant leurs présences – formations, expériences de vie – en faveur de la cause artistique. Ils deviennent également des théoriciens <em>performers </em>de la scène, c'est-à-dire des artistes capables d'entamer un processus ouvert d'action critique au sujet de leur art.</p><p><strong>L'art comme production de connaissance : entre théorie et pratique<br /></strong>Evangelos Athanassopoulos<strong> </strong><br />Cet article cherche à se situer au croisement de trois approches différentes de l'art – esthétique, sociologique, et historique – dans l'objectif d'interroger le rapport qui existe entre, d'une part, le statut et la fonction du discours dans l'art contemporain et, d'autre part, les politiques culturelles, les réformes éducatives et les reconfigurations institutionnelles grâce auxquelles l'activité créative est en train de faire son entrée dans le marché de la connaissance.</p><p><strong>Savoirs théoriques et production de discours dans les écoles supérieures d’art<em><br /></em></strong><em></em>Jérémie Vandebunder<em></em><strong><em></em></strong><br />Cet article considère le statut des enseignements théoriques dans les écoles d'art et la façon dont ceux-ci interviennent dans les mécanismes de la socialisation professionnelle. Il met en lumière la façon dont les étudiants en art découvrent les représentations du groupe professionnel et comment celles-ci introduisent un rapport particulier avec le discours théorique. Il introduit également la question du processus de Bologne et les débats que celui-ci a pu susciter dans les écoles d'art. </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""text-decoration: underline;"">VARIA</span></strong></p><p><strong>« Raid the Icebox 1, with Andy Warhol » et critique institutionnelle : les origines de la carte blanche<em><br /></em></strong><em></em>Geneviève Chevalier<em></em><strong><em></em></strong><br />Cet essai examine les origines de la carte blanche lancée aux artistes par les musées, particulièrement lorsqu’elle s’incarne dans une nouvelle exposition des objets de la collection permanente. À travers l’étude du cas d’espèce que constitue l’exposition « Raid the Icebox 1, with Andy Warhol » et l’évocation des premières interventions associées au mouvement de la Critique institutionnelle, l’auteur se penche sur l’émergence d’une pratique qui est aujourd’hui l’apanage des artistes, des commissaires et des musées.</p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""text-decoration: underline;"">ENTRETIEN</span></strong></p><p><strong>Entretien Kamil Guenatri<em><br /></em></strong><em></em>Sarah Heussaff<em></em><strong><em></em></strong><br />Kamil Guenatri (La Terrasse) puise ses influences dans la littérature, la poésie et la philosophie transposés, sans compromis, au domaine des arts visuels. Cet entretien questionne la construction de la démarche artistique de l’artiste : du « mythe de la terrasse » à l’acte performatif dans lequel l’engagement du corps est plein et franc. Tout en prenant le temps du du quotidien et du détail, cette discussion amorce des questionnements plus larges et engagés relatifs aux recherches dans les Disability Studies et les Disability Arts.</p>";"<div><p><span>Selon un schéma hérité de la Renaissance – en un lointain souvenir de Léonard de Vinci ou de Leon Battista Alberti – les artistes se font à l’occasion théoriciens de leur propre pratique. Leurs écrits revêtent alors des formes très variées : essais, critiques, mémoires, notes, carnets, romans… suivant un modèle qui a été repris et accentué à l’époque des avant-gardes historiques. Dans certains cas, l’artiste en vient même à élaborer des programmes théoriques qui ne se limitent pas au champ de l’art (de Seurat au Futurisme, en passant par le Bauhaus ou le constructivisme). Plus près de nous, au milieu des années 1960, le modèle de l’artiste comme théoricien est repensé : l’art conceptuel, en établissant une équivalence entre art et discours sur l’art, donne alors pour objectif à la création de se définir par elle-même et des artistes comme Daniel Buren déclarent que la théorie est indissociable de leur pratique. Ces artistes entendent alors revendiquer une position de résistance face à l’hégémonie des discours institutionnels, tout en s’opposant aux catégorisations qu’ils imposent.</span><span> </span></p><p><span>Depuis la fin des années 1970, ce modèle semble être en perte de vitesse. En revanche, d’autres figures d’artistes apparaissent qui empruntent des éléments théoriques et méthodologiques à une grande diversité de champs disciplinaires : artiste-ethnographe, artiste-archiviste ou documentaliste, artiste-producteur, artiste-narrateur, artiste-cartographe, artiste-scientifique… Dans ces nouvelles postures, l’artiste s’intéresse davantage à des connaissances appliquées qu’à des élaborations spéculatives et laisse de côté l’idée d’une maîtrise complète de savoirs abstraits au profit de connaissances plus pratiques. Cette nouvelle situation suscite des questions. La théorie, produite ou importée par les artistes, soutient-elle nécessairement leur pratique ? Quelle est la nature de cette théorie, quelles formes prend-elle et comment en juger ? L’objet de ce numéro est d’interroger les différentes facettes et enjeux que recouvre l’activité théoricienne pour un artiste, les conséquences sur sa pratique ou sur son statut d’artiste.</span></p><p><span>Le premier texte conserve une certaine ambiguïté, ne serait-ce que parce que l’artiste dont il est question a eu d’autres activités que strictement artistiques. Gabriel Ferreira Zacarias revient ainsi sur le paradoxe apparent qui tient souvent Guy Debord pour un théoricien, alors que l’ensemble de son œuvre n’a eu de cesse de fonder un art « basé sur l’expérience », qui ne se contenterait pas d’illustrer passivement des théories esthétiques. Face à ce genre de position, c’est un peu un mouvement inverse qui conduit Marcel Broodthaers et Joseph Kosuth à s’inspirer du </span><span>Tractatus logico-philosophicus</span><span> de Ludwig Wittgenstein. Pour ces deux artistes, ainsi que le montre Denis Laoureux, la référence très marquée à un texte théorique permet de s’interroger sur l’autonomie de l’expérience – même si ce texte n’est pas lu ou illustré littéralement.</span></p><p><span>L’idée d’un rapport détaché à l’élaboration théorique se retrouve dans le texte de Nina Leger qui s’intéresse, elle, aux élaborations théoriques de Robert Smithson et Mel Bochner, des artistes emblématiques du mouvement de théorisation des pratiques artistiques aux États-Unis dans les années 1960. Ces artistes, explique-t-elle, entretiennent une relation très singulière à la théorie, s’en servant plus comme d’un moyen (un outil parmi d’autres) que comme d’une fin en soi.</span></p><p><span>Nicolas Heimendinger s’interroge quant à lui sur le bien fondé d’une dénomination telle que « critique institutionnelle » – laquelle a souvent été utilisée pour qualifier les pratiques d’artistes des années 1960-70 – et sur la manière dont cette notion a été construite rétrospectivement par des artistes et théoriciens des années 1980-90, dans le but sans doute de redonner vigueur à des mouvances en perte de vitesse. Ici, les artistes ne sont pas seuls : ils font partie d’un ensemble plus large et sont pris pour objets de débats théoriques qui ne les concernent pas nécessairement. La pratique des artistes de ces dernières années conduit de fait à reconsidérer la notion d’artiste-théoricien. </span></p><p><span>De nouvelles formes, telles que la conférence-performance, engagent en effet à inclure la dimension théorique d’une œuvre dans sa réalisation pratique. Les danseurs dont parle Giuseppe Burighel – Xavier Le Roy, Jérôme Bel, Claudia Triozzi – entretiennent ainsi avec leur pratique une relation qui n’est pas purement de l’ordre de l’élaboration théorique, même si elle joue d’une prise de distance métadiscursive, ce dont témoigne par exemple l’usage de narrations autobiographiques dans les conférences-spectacles.</span></p><p><span>Les deux textes suivants s’interrogent quant à eux sur l’importance accordée à la constitution d’un discours théorique lors de la formation des artistes. </span><span>Cette question est en effet un enjeu de la normalisation des écoles d’art, depuis l’entrée en vigueur du processus de Bologne (1999). Jérémie Vandenbunder traite de cette question sous un angle sociologique – à travers une enquête menée au sein des écoles d’art – alors qu’Evangelos Athanassopoulos s’interroge quant à lui sur ses implications multiples, avec le passage de la figure de l’artiste-théoricien à celle de l’artiste-chercheur au service de la production de nouvelles formes de valeur. </span></p><p><span>Dans les varias de ce numéro nous publions un article de Geneviève Chevalier sur les origines des cartes blanches proposées aux artistes afin de réaccrocher les collections permanentes de certains musées. L’auteure s’appuie en particulier sur le cas d’Andy Warhol et de son exposition « Raid the Icebox 1 » (1969-1970). Nous publions également un entretien mené par Sarah Heussaff avec Kamil Guenatri (La Terrasse), un artiste performeur dont la condition physique lui impose d’être constamment assisté – ce qui crée une relation ambivalente avec ses assistants de vie, également vecteurs de réalisation des performances. </span></p><p><span>Selon une tradition désormais bien ancrée, nous présentons deux interventions d’artiste : un portfolio de Noémie Goudal, Les </span><span>Observatoires</span><span> et une proposition textuelle de Sébastien Rémy, ainsi que quelques comptes rendus d’ouvrages et d’expositions récents. </span></p><p> </p><p><span>Jérôme Glicenstein </span></p><p><span>avril 2016</span></p></div>";"<p><strong>The situationist paradox: the function of theory in the art of Guy Debord<em><br /></em></strong><em></em>Gabriel Ferreira Zacarias<em> </em><strong><em> </em></strong><br />In this article I’ll study the function of theory in the elaboration of Guy Debord’s two main artistic proposals, those of drift and constructed situation. With the aid of the author’s unpublished reading notes, I’ll examine how these two notions have evolved in dialogue with different theoretical works. Moreover, I’ll try to show how the theoretical discourse progressively gains a more specific function inside Debord’s artistic practice, occupying the empty space of the art work, which was proscribed by situationists. </p><p><strong>The use of Wittgenstein in the theory of art and curatorial practice (Broodthaers and Kosuth)</strong><br />Denis Laoureux<strong><em> </em></strong><br />This contribution is devoted to the reading of <em>Tractatus logico-catalogicus </em>in the 1970s and 1980s of the 20th century. Our analysis is focused on two artists who are referred to the Wittgenstein's book in their theoretical thought on language and practice of art exhibition : Marcel Broodthaers and Joseph Kosuth. The artistic research made by these artists regarding Wittgenstein is an angle throughout we can observe what the theory of art become when she is submitted to the reality of exhibition.</p><p><strong>Misunderstandings and ""illusory Babels"" : Thinking with Mel Bochner and Robert Smithson<br /></strong>Nina Leger<strong><em> </em></strong><br />In the 1960s-1970s, some young American artists engaged into prolific theoretical activity. They first aimed at the foundation of a new art. But in the mid-sixties, the mood changed and so did the aim: artists began to write to deconstruct the definitions that had been too quickly endorsed and simplified (as was the case with Minimalism). Consequently, artists chose to re-define the forms and sites of their discourses. Was it still theory that they were producing? One might suggest the use of the term obliterate the very specificity of the writing that was produced at the time. Besides, does the term “theory” suit the way these artists perceived speculative thinking? Tackling the works of Mel Bochner (b. 1940) and Robert Smithson (1938-1970), this essay aims at problematizing the seemingly obvious notion of the artist as theoretician.</p><p><strong>The Grand Narrative of Institutional Critique</strong><br />Nicolas Heimendinger<strong><em> </em></strong><br />The Institutional Critique offers the paradox of an art movement created in retrospect by art critics close to the <em>October</em> journal and then extended by artists which were labelled around 1990 as a “second generation”. Emerging at first as a postmodernist “anti-aesthetic”, Institutional Critique became in the 1980s an instrument of resistance against the “cultural turn”. Behind its aura of political radicalism appears the melancholic experience of the dissolution of the avant-garde and the vanishing of the oppositional public sphere.</p><p><strong>The dancer performer and the conference-spectacle. Xavier Le Roy, Jerome Bel, Claudia Triozzi</strong><br />Giuseppe Burighel<strong><em> </em></strong><br />What is dance? Thorugh appropriation of the tool of conference, Le Roy, Bel and Triozzi engage in the contemporary choreography debate which focuses on dance as an indipendent form of art. They do so through a performative approach which puts their own presences first – training, life experiences – in favor of the artistic cause. They become theorists/performers of the scene, i.e. artists capable of initiating an open process of critical action about their own art.</p><p><strong>Art as knowledge production: between theory and practice</strong><br />Evangelos Athanassopoulos<strong><em> </em></strong><br />This article seeks to come across three different approches of art - aesthetic, historical, and sociological - in order to question the relation between the status and the function of discourse in contemporary art, on the one hand, and the cultural politics, educational reforms and institutional reorganisations, on the other hand, through which creativity is currently in the process of making its entrance in the market of knowledge.</p><p><strong>Theoretical knowledge and speechmaking in art schools<br /></strong>Jérémie Vandenbunder<strong><em></em></strong><br />This article considers the status of theoretical teaching in art schools and how they are involved in the mechanisms of professional socialization. It highlights how art students discover the representations of the professional group and how these introduce a special relationship with the theoretical discourse. It also introduces the issue of the Bologna process and the debates that it may have caused in the art schools.</p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""text-decoration: underline;"">VARIA</span></strong></p><p><strong>“Raid the Icebox 1, with Andy Warhol” and Institutional Critique: the origins of museum interventions</strong><br />Geneviève Chevalier<strong><em></em></strong><br />This essay focuses on the origins of museum interventions initiated by museums who invited artists to create a new exhibition using objects and artworks taken from their permanent collection. In analyzing the singular case of the « “Raid the Icebox 1, with Andy Warhol” (1969-1970) exhibition and revisiting the first interventions associated with the Institutional Critique movement, the author examines the emergence of a practice that is now the preserve of artists, curators and museums.</p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""text-decoration: underline;"">ENTRETIEN</span></strong></p><p><strong>Interview Kamil Guenatri</strong><br />Sarah Heussaff<strong><em></em></strong><br />Kamil Guenatri (La Terrasse) draws his inspiration from literature, poetry and philosophy, which are transposed into the domain of visual arts. This interview addresses the artist’s artistic process: from the “mythe de la terrasse” to the final performing act, in which the body is engaged fully and genuinely. While this interview focuses on details of everyday life, it also addresses broader questions related to the research in Disability Studies and Disability Arts.</p>";288;15.00;"<p>Dans ce numéro, Marges s’interroge particulièrement sur l’importance accordée à la constitution d’un discours théorique lors de la formation des artistes. Cette question est en effet un enjeu de la normalisation des écoles d’art, depuis l’entrée en vigueur du processus de Bologne (<em>processus de rapprochement des systèmes d'enseignement supérieur européens, débuté en 1999</em>). Cet aspect est notamment traité sous un angle sociologique – à travers une enquête menée au sein des écoles d’art – mais aussi sur ses implications multiples, avec le passage de la figure de l’artiste-théoricien (années 60-70) à celle de l’artiste-chercheur au service de la production de nouvelles formes de valeur.</p>";;11/02/2016 12:26;1;Première édition;3675 632;2;3;39;Simone de Beauvoir;;;;"<p>Connaît-on vraiment Simone de Beauvoir ? Si elle a parfois pu paraître scandaleuse, c’est peut-être l’adjectif révolutionnaire qui lui siérait le mieux.</p>";"<p>Introduction</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 1<br />1908-1986 : une traversée du siècle</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 2<br />La constellation beauvoirienne</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 3<br />L'écriture : une activité de longue date</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 4<br />L'aventure romanesque</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 5<br />L'écriture de soi</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 6<br />Une femme en mouvement</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 7<br />Une pensée à l'œuvre</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 8<br />La condition féminine et le féminisme</p><p>Conclusion<br />Bibliographie</p>";;10/04/2016;0;120x180;178;978-2-84292-541-3;9782842925413;0;2430-7629;Presses Universitaires de Vincennes;img_632.jpg;"<p>Connaît-on vraiment Simone de Beauvoir ? Si cette figure du XXe siècle a pu être qualifiée de « scandaleuse », c'est certainement l'adjectif « révolutionnaire » qui la désigne le mieux. Révolutionnaire parce qu'elle ne cesse de décentrer les certitudes et envisage le monde avec un regard neuf, affranchi du poids des constructions préexistantes : un regard en mouvement, curieux et réflexif. Révolutionnaire, aussi, pour ce goût de la liberté qui est, comme elle le souligne, « une source inépuisable d'inventions ». Révolutionnaire, enfin, pour ce désir d'ouverture sans concession et cette propension toujours renouvelée au partage qu'elle place au cœur de la pensée, de l'écriture et, fondamentalement, de la vie.</p><p><em>Pierre-Louis Fort est maître de conférences à l'Université de Cergy-Pontoise et spécialiste de la littérature française des XXe et XXIe siècles.</em></p>";"<p>Introduction</p><p>•</p><p>Difficile de faire le portrait de celle qui fut vraisem­blablement l’une des plus importantes personnalités du <span>xx</span><span>e</span> siècle et qui, selon la formule de Josyane Savigneau, était une « femme plurielle ». (Savigneau 2011 : 91) Simone de Beauvoir elle-même, dans <span>La Fo</span><span>rce des choses</span>, se moquant des images qu’on avait pu forger d’elle, allant de l’« excentrique » à la « folle », écrivait que l’essentiel était qu’on la présente comme « anormale » (FCII, 495) et qu’on pouvait tout aussi bien être une « dévergondée cérébrale » qu’« une dame patronnesse vicelarde ».</p><p>Si Beauvoir se présente de façon provocatrice comme « anormale », c’est qu’elle est effectivement hors norme et difficilement réductible aux schémas figés et sclérosants. Loin de se laisser enfermer dans des catégories rigides, ce vif-argent s’invente continuellement en traversant un siècle qu’elle bouscule pour mieux l’enrichir. Cette passionnée qui « veu[t] tout de la vie » (LNA, 43) est une « héroïne » (Zelensky, in Kristeva, Fautrier, Fort et Strasser 2008 : 335) qui a « transcendé son destin », une aventurière qui s’est avancée « sur les terres inconnues », « explora[nt] ce que le monde offre au-delà des évidences » (Bras, Kail 2011 : 15), une femme qui « a montré à ses lectrices qu’elles pouvaient elles aussi tenter d’ouvrir la cage des préjugés qui les tenaient enfermées ». (Badinter, in Jeannelle et Lecarme-Tabone 2012 : 13) Il ne faut donc pas s’arrêter à sa « frêle apparence d’intellectuelle au turban » mais se fier à « la vivacité de sa plume et à la violente solidité de son esprit qui a ouvert une nouvelle ère ». (Kristeva, in Kristeva, Fautrier, Fort et Strasser 2008 : 12)</p><p>C’est cette figure à la fois atypique et mythique que ce petit livre se propose de présenter. Nous allons explorer « le phénomène Beauvoir » (Kandel 2002 : 94) pour essayer d’en comprendre le fonctionnement, en nous plongeant dans cette « configuration tout à fait unique, où chacune des facettes de l’œuvre et de la personne tant publique que privée sont liées, où chacune ne prend son sens que dans sa relation à toutes les autres ».</p><p>Simone de Beauvoir, cette infatigable travailleuse qui ne voit dans les vacances qu’une manière de « travailler ailleurs », s’est révélée une véritable <span>passionaria</span> de l’écriture, multipliant les publications, brèves ou longues, sous toutes les formes possibles. Tour à tour philosophe, écrivain, essayiste, militante, celle qu’on appelle le Castor n’a eu de cesse de se mettre à sa table de travail et de rédiger, encore et encore. Elle offre ainsi à la pensée contemporaine certaines de ses plus stimulantes assises. Elle offre également à tous ceux qui veulent se plonger dans son entreprise d’écriture à la première personne une somme mémoriale incomparable, témoin qu’elle fut d’un siècle parcouru quasiment de fond en comble, spatialement mais aussi géographiquement. Elle offre enfin à ses lecteurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain, de belles pages de littérature qui ne demandent qu’à être redécouvertes.</p><p>Avant de partir à la conquête de l’œuvre beauvoirienne, le premier chapitre de ce volume propose une rapide bio­graphie de l’auteur, tant « on ne peut […] parler de Simone de Beauvoir sans donner des dates », le Castor « ayant toujours été obsédée du temps réel. Le temps du journal, le temps de nos artères, le temps des injustices et des révoltes, le temps des catastrophes et des espoirs, le temps des amours, des voyages et des cicatrices, le temps qui ne s’arrête jamais qui passe, ne passe pas, s’accélère et vous laisse au tapis, fourbue et flouée ». (Brisac, in Kristeva, Fautrier, Fort et Strasser 2008 : 58) Dans le deuxième chapitre, certaines personnes clés de la « constellation beauvoirienne », brièvement croisées dans le parcours biographique, sont présentées de façon plus approfondie. Après ce tour d’horizon biographique et humain, le chapitre suivant se concentre davantage sur l’œuvre en montrant à quel point l’activité scripturale est ancienne chez Beauvoir et s’ancre en elle dès l’enfance. Les deux sections suivantes permettent alors d’entrer de plain-pied dans les écrits du Castor : romanesques tout d’abord, autobiographiques ensuite, chacun des chapitres prenant en charge une de ces dimensions. À mi-chemin entre l’écriture de soi et l’essai, les écrits de voyages sont au cœur du chapitre suivant qui permet de faire la transition vers les écrits plus théoriques. Ceux-ci sont ainsi abordés dans l’avant-dernier chapitre, centré sur la pensée critique de l’auteur (que ce soit sous la forme de l’article, de la préface ou de l’essai). L’essai le plus connu, <span>Le Deuxième Sexe</span>, est analysé dans le dernier chapitre qui examine également le rôle de Beauvoir dans le féminisme et ses liens avec les féministes.</p><p>Le parti pris de cet ouvrage a été de faire entendre la voix de Simone de Beauvoir en la citant fréquemment pour la faire résonner dans un texte d’accompagnement analytique qui tout à la fois la mette en situation, l’explique et la fasse connaître. Cet ouvrage, s’il s’appuie sur la critique beauvoirienne récente (qui n’a cessé de s’enrichir grâce aux colloques et publications du centenaire de la naissance, aux numéros spéciaux de revues et par l’effort soutenu d’associations comme la Simone de Beauvoir Society de Yolanda Patterson), a surtout pour ambition de faire entrer dans la ronde beauvoirienne de nouveaux lecteurs : toutes celles et tous ceux qui veulent découvrir le monde, la force de réflexion et la puissance d’écriture d’une femme engagée qui nous « aide à vivre » (Adler 2008 : 145) en nous offrant sa vie et sa pensée.</p>";;188;10.00;"<p>Si Simone de Beauvoir est connue pour être l’emblématique auteur du <em>Deuxième sexe</em>, la compagne de Sartre ou l’écrivain qui publia des romans comme <em>Les Mandarins </em>ou des autobiographies comme les <em>Mémoires d’une jeune fille rangée</em>, elle est bien plus encore ! Trente ans après sa disparition, il est temps de redécouvrir non seulement une figure essentielle mais aussi une œuvre majeure du XX<sup>e </sup>siècle.</p>";;11/02/2016 12:41;0;Première édition;3662 633;2;3;39;Théorie littéraire;;;;"<p>Qu’est-ce que la littérature ? Quels sont les facteurs qui contribuent à la production du sens ? Comment penser la formation de l’identité personnelle ?</p>";"<p>Préface de la présente édition</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Chapitre 1<br />Qu'est-ce que la théorie ?</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 2<br />Qu'est-ce que la littérature ? Et doit-on s'en soucier ?</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 3<br />Littérature et études culturelles</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 4<br />Langage, sens et interprétation</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 5<br />Rhétorique, poétique et poésie</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 6<br />Le récit</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 7<br />Le langage performatif</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 8<br />Sujet, identité et identification</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 9<br />Éthique et esthétique</p><p>Annexe</p><p>Bibliographie</p>";;10/04/2016;0;120x180;210;978-2-84292-538-3;9782842925383;0;2430-7629;Presses Universitaires de Vincennes;img_633.jpg;"<p>On appelle « théorie » dans le domaine des études littéraires un corpus qui remonte au XIXe siècle et regroupe, depuis les années 1960, des travaux dus à des disciplines extérieures aux études littéraires mais qui ont été adoptés par les spécialistes de littérature parce que leurs analyses du langage, de l'esprit, de l'histoire, ou de la culture offrent de nouvelles perspectives convaincantes sur des questions textuelles et culturelles. Ce livre propose une initiation critique à ce nouveau domaine et présente une étude panoramique des textes fondamentaux et des nouveaux courants qui le caractérisent.</p><p><em>Jonathan Culler est professeur de littérature à Cornell University (Etats-Unis). Il est une figure majeure du courant structuraliste de la critique littéraire aux États-Unis, et a enseigné à Oxford et Harvard.</em></p><p><em>Traduit de l'anglais par Anne Birien.</em></p>";;;216;10.00;"<p>Ce guide indispensable aux débats actuels de la théorie littéraire, écrit par un théoricien très renommé pour la clarté de son exposition, a déjà été traduit en 26 langues. Expliquant la portée d’une pensée en partie française, il fait le point sur ce qu’il faut savoir sur la théorie aujourd’hui.</p><p> </p><p>Traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Birien</p>";;11/02/2016 12:55;0;Première édition;4053 634;1;3;27;Lieux d'hygiène et lieux d'aisance en terre d'Islam;N°70/2016;;;"<p>Réflexions d'historiens et d'archéologues sur une question largement ignorée de l’historiographie habituelle : celle des latrines, lieux d’aisances et autres commodités.</p>";"<p>Introduction <strong><br /><br />Patrice Cressier, Sophie Gilotte, Marie-Odile Rousset<br /></strong>Lieux d'hygiène et lieux d'aisance au Moyen Âge en terre d'Islam<strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Yassir Benhima</strong><br />Usages de bienséance et règles de pureté dans la littérature juridique de l’Occident musulman médiéval »</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Laurence Moulinier-Brogi</strong><br />L’examen des urines dans la médecine médiévale en terre d’Islam et en Occident. Un aperçu</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Louise Blanke</strong><br />Trois latrines publiques dans la Jerash de l’Antiquité tardive, en Jordanie</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Ieva Reklaityte</strong><br />Les latrines en al-Andalus : leurs principales caractéristiques et les conditions sanitaires urbaines</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Antonio Vallejo Triano</strong><br />Les latrines califales de Madīnat al-Zahrā’ : aspects techniques et ornementaux, hiérarchie sociale</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Claire Déléry</strong><br />Piletas et bacines : des vases pour les ablutions ?</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marie-Odile Rousset</strong><br />Latrines et espaces d'ablution dans les mosquées du Proche-Orient médiéval : l'enseignement des fouilles de Tyr</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Füsun Tülek</strong><br />Les latrines des monuments seldjoukides et mamelouks de Cilicie<strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Cyril Yovitchitch</strong><br />Soulagement au château : les lieux d’aisances dans les fortifications du Proche-Orient médiéval</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Elena Pezzini</strong><br />Les latrines dans l’architecture domestique et palatiale de Palerme, un marqueur social ?</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jean-Pierre Van Staëvel, Marie-Pierre Ruas, Ahmed S. Ettahiri, et Abdallah Fili</strong><br />Lieux d’aisances et de toilette en milieu rural dans le Maroc médiéval : l’exemple des latrines du site d’Igîlîz et leurs restes archéobotaniques</p><p style=""text-align: center;""><strong>ESSAIS ET RECHERCHES<br /><br /></strong></p><p><strong>Raoul Fievet</strong><br />L’ambivalence de l’honneur dans l’Angleterre de la fin du Moyen Âge : une force compétitive ou modératrice ?</p><p><strong>Yoan Boudès</strong><br />Hildegarde de Bingen et l’encyclopédisme médiéval. Le cas des livres animaliers de la Physica</p><p style=""text-align: center;""><strong>POINT DE VUE<br /><br /></strong></p><p><strong>Julian Führer, Marie-Laure Pain et Amélie Sagasser</strong><br />Charlemagne, 814-2014 : bilan historiographique d’une année de commémorations</p><p> </p><p><em>- Notes de lecture<br />- Livres reçus</em></p>";;10/06/2016;70;160x240;284;978-2-84292-544-4;978-2-84292-544-4;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_634.jpg;"<p><em>Yassir Benhima – Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle/UMR 5648-CIHAM</em><br /><strong>Usages de bienséance et règles de pureté dans la littérature juridique de l’Occident musulman médiéval</strong><br />Cet article étudie les règles de bienséance, leur codification et leur signification dans la tradition juridique de l’Occident musulman médiéval. Préconisées préalablement au rituel canonique des ablutions, ces normes explicitent le comportement recommandé, notamment lors de la fréquentation des latrines. N’ayant pas un caractère obligatoire, ces règles s’imposent néanmoins parallèlement à la naissance d’une société urbanisée et répondent au souci permanent de la pureté qui préoccupe les juristes.<br />excréments – islam – pureté/impureté – purification rituelle</p><p> </p><p><em>Laurence Moulinier-Brogi – Université Lumière-Lyon 2/UMR 5648 – CIHAM</em><br /><strong>L’examen des urines dans la médecine médiévale en terre d’Islam et en Occident. Un aperçu</strong><br />Cet article a pour objet non pas tant des lieux d’aisance que le produit d’une évacuation corporelle, à savoir l’urine, et son importance dans la médecine du Moyen Âge en terre d’Islam et en Occident. Le diagnostic comme le pronostic médical se fondaient en effet sur l’inspection de ce fluide recueilli dans un flacon particulier, l’urinal. Mais l’examen des urines n’avait pas toujours eu une telle importance dans la sémiologie : la part croissante de l’uroscopie dans l’examen clinique est liée à l’œuvre du Byzantin Théophile, dont le Peri ouron influença dans un premier temps la médecine byzantine et la médecine arabe : dès le xe siècle, le médecin Isaac Israëli (Ishāq al‑Isrā’īlī) consacra aux urines la première monographie en arabe sur le sujet. Puis, après que les traités de Théophile et d’Isaac eurent été traduits en latin au xie siècle, la médecine occidentale fit sien leur enseignement en la matière. Après avoir rappelé les fondements de l’uroscopie dans la médecine occidentale et dans celle dite arabe, et en se fondant sur les apports textuels, mais aussi iconographiques, on tente ici de comparer l’importance de l’inspection des urines dans ces deux espaces, et les brèches que les modalités d’un tel examen pouvaient ouvrir dans la relation entre malades et praticiens.<br />Diagnostic – examen clinique – Isaac – Israeli – médecine – médecine arabe – pronostic – sémiologie médicale –Théophile – protospathaire – urines – urinal – uroscopie</p><p> </p><p><em>Louise Blanke – Classical Studies, Aarhus Universitet, Danemark</em><br /><strong>Trois latrines publiques dans la Jérash de l’Antiquité tardive (Jordanie)</strong><br />Cette étude présente trois latrines publiques fouillées à Jérash. Elle examine leur emplacement dans la ville, leur plan ainsi que les systèmes d’adduction et d’évacuation des eaux. Des comparaisons avec des installations trouvées dans d’autres régions du Proche-Orient permettent d’évaluer le nombre d’utilisateurs. L’article met l’accent sur des latrines qui ont été fouillées entre 2008 et 2010 dans le cadre du projet jordano-danois Islamic Jerash Project. Intégrées dans les bains centraux de Jérash, les latrines ont été fréquentées du ive à la fin du viie siècle. Elles ont été construites pour l’usage des clients de l’établissement balnéaire, mais pouvaient aussi être utilisées par des non-baigneurs, qui accédaient alors gratuitement à cette installation. Le mobilier retrouvé dans le comblement de l’égout offre non seulement un aperçu rare des activités ayant lieu dans les bains publics, mais donne aussi une idée de la manière dont l’élimination des déchets pouvait avoir été organisée dans le centre-ville de Jérash.<br />Antiquité tardive – approvisionnement en eau – bains – Jérash – Jordanie, latrines</p><p> </p><p><em>Ieva Reklaityte – URBS, Saragosse</em><br /><strong>Les latrines en al‑Andalus : leurs principales caractéristiques et les conditions sanitaires urbaines</strong><br />Les données archéologiques montrent combien l’intimité à l’intérieur des latrines était un aspect clé de la maison d’al‑Andalus. Outre des rideaux ou des portes, le cabinet était souvent occulté par une cloison qui créait une entrée coudée et empêchait de voir, depuis l’extérieur, l’usager qui s’y trouvait. Ce réduit, habituellement très exigu, présentait un dispositif souvent légèrement surhaussé et de dimensions variables, fait en brique ou en pierre, et plus exceptionnellement en marbre, avec une fente étroite en son centre. Une petite ouverture était sûrement percée en haut des murs pour en assurer l’aération, elle-même facilitée par la circulation de l’air entre le patio et la rue. L’accès aux latrines s’effectuait généralement depuis le patio ou le vestibule. Même si certaines villes comme Murcie, par exemple, possédaient un ample réseau d’égouts, la solution la plus fréquemment adoptée pour l’évacuation était celle de puits perdus, tel que cela a été documenté dans de nombreuses agglomérations urbaines ainsi que dans la plupart des faubourgs califaux de Cordoue et dans des établissements de moyenne importance comme Siyāsa (Cieza, Murcie) ou Shaltish/Saltés (Huelva).<br />Al‑Andalus – égouts – gestion de l’eau – latrines – puisards</p><p> </p><p><em>Antonio Vallejo Triano – Museo de Bellas Artes, Cordoue</em><br /><strong>Aménagements hydrauliques et ornementation architecturale des latrines de Madīnat al‑Zahrā’ : un indicateur de hiérarchie sociale en contexte palatial</strong><br />À partir du modèle omeyyade, la latrine, introduite en al‑Andalus durant l’émirat, acquiert sa configuration définitive au cours du xe siècle, restant inchangée jusqu’à l’époque nasride. Dans ce contexte de continuité typologique, les latrines de Madīnat al‑Zahrā’, la capitale du califat, présentent une série de progrès techniques et de singularités : adduction d’eau courante et, en conséquence, apparition d’un riche mobilier associé, destiné au contrôle du débit et à l’hygiène corporelle. La multiplicité des latrines dans la zone du qaṣr et leur diversité, au sein de laquelle peuvent se distinguer trois types différents, sont à l’image de l’organisation et de la hiérarchisation du palais et de la société califale en général.<br />Califat – décoration architecturale – hiérarchisation sociale – hygiène – latrines – Madīnat al‑Zahrā’ – Omeyyades</p><p> </p><p><em>Claire Déléry – Musée du Louvre, Paris</em><br /><strong>Piletas et bacines, des vases pour les ablutions ?</strong><br />La découverte in situ, d’un vase cylindrique dans une niche pratiquée dans le mur d’une latrine a permis d’éclairer les pratiques hygiéniques et celles éventuellement liées au rituel des ablutions qui ont pu se dérouler dans les espaces intimes – publics et privés – de l’occident du monde islamique. Nous donnons à connaître d’autres vases similaires découverts dans des contextes différents et élargissons notre horizon au mobilier impliqué dans des pratiques connexes.<br />Ablutions – céramiques – cuerda seca – latrines – mosquées</p><p> </p><p><em>Marie-Odile Rousset – CNRS, Archéorient-UMR 5133, MOM</em><br /><strong>Latrines et espaces d’ablution dans les mosquées du Proche-Orient médiéval : l’enseignement des fouilles de Tyr</strong><br />Pour le croyant, la pratique de la prière est conditionnée par la nécessité de se trouver en état de pureté. Si cette question est souvent évoquée par les sources écrites – notamment les textes juridiques médiévaux –, les sources archéologiques, en revanche, n’ont livré que peu d’informations sur les pratiques liées à la purification rituelle dans le monde islamique. Cet article dresse un état des connaissances sur les espaces d’ablutions et les lieux d’aisance associés aux édifices religieux musulmans en Orient. Il présente en détail la salle d’ablution de la mosquée fatimide de Tyr/Sour (Liban), attribuable au xie siècle. Cet essai de synthèse montre une conception ou une mise en œuvre différente des notions d’hygiène et de purification et de leur traduction architecturale, selon les périodes et les régions. Ces différences anthropologiques pourraient-elles être liées aux appartenances dogmatiques ?<br />Ablution – latrines – Liban – mosquée – Sour – Tyr</p><p> </p><p><em>Füsun Tülek – Département d’archéologie de l’Université de Kocaeli, Turquie</em><br /><strong>Les latrines des monuments seldjoukides et mamelouks de Cilicie</strong><br />L’architecture seldjoukide d’Anatolie témoigne d’installations sanitaires bien établies, ainsi que de systèmes d’égouts et d’adduction d’eau. Les exemples fournis ne concernent pas uniquement les constructions domestiques et publiques mais aussi les édifices militaires. Les fouilles de Kubad Abad ont mis en évidence un système hydraulique planifié et organisé ainsi que des installations sanitaires datées du début du xiiie siècle. La conception et l’aménagement d’un complexe résidentiel et palatial pourraient avoir été hérités de la tradition de l’architecture précédente, turque et musulmane, telle celle de la résidence royale ghaznavide de Lashkar‑i Bazar (Afghanistan) datée du xie siècle. Il n’est pas surprenant que les militaires musulmans, nés dans un environnement qui comportait des installations sanitaires assez généralisées, aient inclus des commodités dans leurs forteresses. Les édifices militaires d’Anatolie comportent ainsi de nombreux exemples de latrines et de bains, comme dans la Tour Rouge d’Alanya d’époque seldjoukide ou à Toprakkale (province d’Osmaniye) mamelouke.<br />Architecture militaire – Cilicie – époque mamelouke – latrines –Toprakkale</p><p> </p><p><em>Cyril Yovitchitch – UMR 8167 Islam médiéval</em><br /><strong>Soulagement au château : les lieux d’aisance dans les fortifications du Proche-Orient médiéval</strong><br />Cet article propose une brève immersion dans les latrines des forteresses médiévales proche-orientales à partir d’exemples issus du Bilād al‑Shām et de l’Égypte. Dans les forteresses, les lieux d’aisance se devaient de répondre à deux impératifs : remplir la fonction impérieuse de soulagement des militaires, ne pas fragiliser le dispositif défensif pour autant. Il fallait qu’elles soient situées dans des endroits rapidement accessibles, aussi bien depuis les lieux de vie que de combat. Néanmoins, cette proximité ne devait pas poser de problèmes d’hygiène ni de pollution visuelle ou olfactive, l’encasernement ne rimant pas nécessairement avec rusticité. D’ailleurs, parfois, les latrines témoignaient du raffinement du cadre de vie du maître des lieux.<br />Croisé – forteresses – Islam – latrines – Proche-Orient</p><p> </p><p><em>Elena Pezzini – Museo Archeologico Regionale di Palermo « A. Salinas »</em><br /><strong>Les latrines dans l’architecture domestique et palatiale de Palerme, un marqueur social ?</strong><br />Le peu d’informations disponibles sur l’architecture domestique de Palerme islamique ne permet pas de comprendre si le nombre très réduit d’attestations de latrines est dû à une véritable absence de celles-ci ou à la difficulté à en reconnaître les vestiges. Quelques indices semblent confirmer toutefois leur existence, montrant de plus qu’elles étaient associées à des fosses. Quant aux sources textuelles, elles suggèrent que le tissu urbain n’était pas homogène et que les résidences des élites, plus sûrement dotées d’installations sanitaires, étaient concentrées dans des quartiers que nous connaissons peu, car les données archéologiques publiées sont rares et leur interprétation reste difficile. Pour l’époque normande, en revanche, le palais de la Zisa conserve un remarquable ensemble de latrines qui doivent être rapprochées de celles connues dans l’architecture palatiale islamique. Mais le caractère exceptionnel de ce palais, construit dans la seconde moitié du xiie siècle, interdit de généraliser ces observations à l’architecture domestique palermitaine antérieure ou contemporaine. Le lien entre lieux d’aisance et résidences des élites est réaffirmé par la redécouverte de latrines tant au château de Ségeste que dans l’édifice inférieur du palais fortifié d’Entella – ville que les sources islamiques considèrent comme le siège du prétendu « émirat des Montagnes ». Des études récentes, enfin, ont mis en relation les latrines extrêmement raffinées des châteaux fédériciens (Castel Maniace à Syracuse, Castello di Augusta) avec certains exemples de l’architecture résidentielle islamique.<br />Architecture palatiale normande – latrines – Palerme islamique – puits perdus</p><p> </p><p><em>Jean-Pierre Van Staëvel – Université de Paris-Sorbonne – UMR 8167
<br />Marie-Pierre Ruas – UMR 7209, CNRS
<br />Ahmed S. Ettahiri – Insap, Rabat
<br />Abdallah Fili – Université Chouaib Doukkali, El Jadida</em><br /><strong>Lieux d’aisance et de toilette en milieu rural dans le Maroc médiéval : l’exemple des latrines du site d’Igīlīz et les déchets des plantes consommées</strong><br />Les fouilles menées sur la montagne d’Igīlīz (Maroc), épicentre des débuts de la révolution almohade au début des années 1120, a livré jusqu’à présent six structures identifiées comme des latrines. Cet article présente une première synthèse des données archéologiques et archéobotaniques disponibles pour ces lieux d’aisance.<br />Alimentation et consommation – archéobotanique – latrines – Maroc médiéval – période almohade</p><p> </p><p><em>Raoul Fievet – Docteur en histoire et archéologie des mondes anciens et médiévaux de l’Université de Nice</em><br /><strong>L’ambivalence de l’honneur dans l’Angleterre de la fin du Moyen Âge : une force compétitive ou modératrice ?</strong><br />Cet article met en lumière le lien complexe entre honneur et violence dans le contexte de l’Angleterre de la fin du Moyen Âge. Il montre que si la culture de l’honneur, en particulier celle du monde aristocratique, pouvait légitimer et exacerber dans une certaine mesure le recours à la violence, elle pouvait également la freiner. Dans un contexte où la loyauté personnelle constituait la valeur primordiale dans l’éthique de comportement des nobles et gentlemen, personne ne pouvait laisser passer le moindre affront affectant sa valeur sociale, mais personne ne pouvait aller au-delà d’un certain seuil dans l’usage de la force sous peine d’affecter sa réputation. Un tel homme représentait en effet une menace potentielle pour tous ses alliés présents et futurs.<br />Angleterre – féodalité bâtarde – gentry – honneur – noblesse – violence</p><p> </p><p><em>Yoan Boudès – Université Paris IV-Sorbonne – UFR de Langue française</em><br /><strong>Hildegarde de Bingen et l’encyclopédisme médiéval. Le cas des livres animaliers de la Physica</strong><br />Hildegarde de Bingen, nonne allemande du xiie siècle, n’est pas seulement connue pour ses écrits mystiques, sa lingua ignota ou son œuvre de musicienne : elle est également l’auteur d’un Liber subtilitatum que sa complexe tradition manuscrite nous fait aujourd’hui connaître en partie sous le nom de Physica, dû à son premier éditeur, Jean Schott, qui le met sous presse en 1533 à Strasbourg. L’ouvrage présente une recension générale des éléments du Créé en huit livres, qui se présentent comme des successions de notices particulières. Malgré cette division livresque et le sujet traité, les relations entre la Physica hildegardienne et la tendance encyclopédique médiévale apparaissent comme incertaines et la critique n’a que très peu considérée l’œuvre à la lumière des problématiques posées par ce genre médiéval qui se développe principalement aux xiie et xiiie siècles en latin mais aussi en langues vernaculaires. Les livres animaliers de l’œuvre vont donc nous fournir une nouvelle occasion d’observer le texte comme œuvre de philosophie naturelle, éclairage nouveau sur les modalités de mise en écriture du savoir à l’époque médiévale. Comment l’œuvre parvient-elle alors à ordonner, classifier et nommer le vivant zoologique dans la partie qu’elle lui consacre ?<br />Animaux – encyclopédisme – Hildegarde de Bingen – pharmacie – science</p><p> </p><p><em>Julian Führer – Historisches Seminar (Zürich)</em><br /><em>Marie-Laure Pain – Deutsches Historisches Institut (Paris)</em><br /><em>Amélie Sagasser – Hochschule für jüdische Studien (Heidelberg)</em><br /><strong>Charlemagne, 814-2014 : bilan historiographique d’une année de commémoration</strong><br />Cette étude se propose de dresser un panorama de la production historiographique de « l’année Charlemagne » 2014, mille deux cents ans après la mort du souverain. Sans prétendre à l’exhaustivité, les auteurs inscrivent les publications récentes dans le cadre des traditions historiographiques du xixe-xxe siècle des deux côtés du Rhin. Sont ensuite passées en revue les diverses manifestations scientifiques, expositions et parutions qui ont marqué cette année. Cet examen a révélé deux tendances : plusieurs nouvelles biographies ont vu le jour en Allemagne, alors qu’en France, le personnage a été commémoré différemment. Un courant historiographique très actif dans plusieurs pays s’intéresse à la création de l’empire uni dans la foi chrétienne et à la création et l’implantation de cette foi, à travers des réflexions théologiques mises en application sur le terrain.<br />Charlemagne – empire – haut Moyen Âge – historiographie – théologie<br /><br /></p>";"<div><p>Médiévales 70, printemps 2016, p. 5-12</p></div><div><p>Patrice Cressier, Sophie Gilotte et Marie-Odile Rousset</p><p>Lieux d’hygiène et lieux d’aisance <br />au Moyen Âge en terre d’Islam</p><p>Ce dossier est issu dans un premier temps d’une journée d’étude consacrée aux <span>Lieux d’hygiène et lieux d’aisance au Moyen Âge en terre d’Islam</span>, organisée à Lyon le 18 mars 2014 par le Centre Interuniversitaire d’Histoire et d’Archéologie Médiévales (CIHAM)<a id=""footnote-407-1-backlink"">1</a> et le Groupe de Recherches et d’Études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO)<a id=""footnote-407-2-backlink"">2</a>. Pour compléter le bilan alors établi, nous avons fait appel à trois autres chercheurs dont les contributions sont venues renforcer le volet proche-oriental de cet apport.</p><p>Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’historiens et d’archéologues ayant eu l’occasion, au cours de leurs propres recherches, de s’interroger sur une question largement ignorée de l’historiographie habituelle : celle des latrines, lieux d’aisance et autres commodités. L’exposé des résultats de réflexions et de travaux de terrain menés dans des perspectives disciplinaires très différentes les unes des autres met en évidence l’intérêt historique de cet objet d’étude particulier et permet d’aborder également des aspects aussi méconnus que révélateurs de la société islamique médiévale.</p><p>Dans l’immédiat, le recours à des exemples contemporains fera, paradoxalement, mieux saisir l’importance sociale des latrines dans la vie privée et collective. En effet, aujourd’hui comme hier, on perçoit bien que, lorsque les institutions d’État négligent leurs obligations contractuelles dans ce domaine, c’est à la société civile de s’impliquer et de trouver des solutions aux problèmes de santé publique qui se posent alors, au respect des obligations rituelles de la population ou, tout simplement, au maintien d’un certain bien-être de celle-ci.</p><p>Ainsi, il y a quelques années, deux campagnes complémentaires de restauration ont eu lieu simultanément à Fès (Maroc) : l’une sur les grands sanctuaires de la ville, entreprise par le ministère des Habous et des Affaires Islamiques, et l’autre sur les latrines historiques qui leur étaient associées, menée par l’Agence pour le Développement et la Réhabilitation de la Médina. Ces édifices, remis en valeur après avoir été longtemps délaissés, doivent s’adapter dorénavant à une triple nécessité : leur conservation comme exemples d’architecture historique, leur rôle dans la pratique religieuse au quotidien, celui de simples toilettes publiques devenues nécessaires dans une médina arpentée par des milliers de visiteurs extérieurs à la ville et au pays.</p><p>En France et dans le monde, plusieurs ONG – parmi lesquelles TDM. Toilettes du Monde et la World Toilet Organization – travaillent avec parfois une excessive discrétion à améliorer les conditions de l’hygiène collective, particulièrement en milieu urbain, en mettant en œuvre de grands projets d’installation de latrines, en Afrique surtout, mais aussi en Asie et en Amérique du Sud. Dans ces pays en voie de développement, la croissance extrêmement rapide des villes, souvent spontanée et donc incontrôlée, se produit en effet en négligeant les besoins les plus élémentaires en hygiène et en salubrité, avec les conséquences que l’on imagine sur la santé publique. L’ONU, à travers une de ses agences, l’OMS, a d’ailleurs instauré une « Journée mondiale des toilettes », fixée au 19 novembre.</p><p>Dans la sphère du privé, on ne s’étonnera pas non plus que les nombreux sites internet de consultation religieuse (islamique) soient très fréquemment sollicités pour des conseils relatifs aux pratiques intimes et aux rites qu’il convient de respecter dans les toilettes. La hantise que manifestent les consultants est le risque d’offenser Dieu dans des lieux particulièrement exposés à la pollution et aux souillures.</p><p>Purification du corps et purification de l’esprit sont indissociables dans la plupart des cultures. Dans l’Islam, la pratique des ablutions est quotidienne et constitue l’une des réponses à cette exigence d’hygiène personnelle et collective. Les travaux sur le bain (<span>ḥammām</span>) se sont multipliés dans les dernières décennies et ses caractéristiques architecturales et fonctionnelles sont aujourd’hui bien connues<a id=""footnote-407-3-backlink"">3</a>. Il n’en est pas de même de ces autres types d’installations, publiques ou privées elles aussi, que sont les latrines et pour lesquelles un grand nombre de questions sont encore sans réponse, faute souvent d’avoir été posées. Ce désintérêt, qui n’est pas aussi marqué chez les historiens et les archéologues du monde occidental chrétien, peut être compris dans notre champ d’étude comme une réticence face au caractère incommode (pour ne pas dire tabou) d’un sujet perçu, de plus – et sans aucun doute à tort –, comme marginal.</p><p>Il existe, pour le monde occidental, des synthèses sur les latrines à une époque concrète et dans une région définie<a id=""footnote-407-4-backlink"">4</a>, ainsi que des ouvrages généraux retraçant de façon plus ou moins sérieuse l’histoire des lieux d’aisance sur la longue durée<a id=""footnote-407-5-backlink"">5</a>. Nous ne disposons de rien de tel pour le Moyen Âge islamique. Les informations existent, mais sont extrêmement morcelées et dispersées.</p><p>Quoique l’usage des latrines relève de la plus grande intimité, leur étude rejoint celle de l’ensemble des règles régissant la collectivité. C’est pourquoi, en milieu urbain surtout, cette question s’inscrit dans une perspective plus vaste, celle de l’assainissement et de la gestion coordonnée du domaine public et du privé. À ce propos, les traités de <span>ḥisba</span> ont peut-être encore été trop peu sollicités<a id=""footnote-407-6-backlink"">6</a>, et leur apport devrait être systématiquement croisé tant avec ceux d’autres sources de nature juridique (ouvrages de réglementation de la construction, recueils de jurisprudence<a id=""footnote-407-7-backlink"">7</a>, livres de <span>waqf</span>/<span>ḥabus</span>, etc.) qu’avec les données fournies par l’archéologie.</p><p>Ces données, issues principalement de fouilles d’urgence et donc pratiquement limitées à la péninsule Ibérique, sont de plus en plus nombreuses, même si seules celles de quelques villes ont fait l’objet d’une analyse un tant soit peu systématique (Cordoue, Saragosse, etc.). À cet égard, la synthèse pionnière réalisée par Ieva Reklaityte ne connaît pas d’équivalent<a id=""footnote-407-8-backlink"">8</a>. Elle en reprend certains points dans sa contribution.</p><p>En milieu rural, et plus encore périurbain – car le problème posé dans les villes par leur évacuation est particulièrement délicat –, une rentabilité est trouvée aux produits de vidange des latrines par leur utilisation comme engrais. Un marché local est ainsi généré, assez peu évoqué par les sources textuelles. On signalera qu’il est des cas où cette pratique peut marquer le paysage, comme dans le Mzab post-médiéval, en Algérie, où les personnes circulant dans les oasis sont en quelque sorte sollicitées par l’implantation d’édicules soigneusement construits, dont les résidus seront utilisés pour l’engraissement des parcelles voisines. Parmi d’autres, les fouilles de la Fusṭāṭ (Le Caire, Égypte) des <span>vii</span><span>e</span>-<span>ix</span><span>e</span> siècles ou celles de la bourgade proto-urbaine de Siyāsa (<span>xii</span><span>e</span>-<span>xiii</span><span>e</span> siècle, Murcie) ont montré la systématisation des puits perdus, toujours creusés à l’extérieur des maisons, en bordure des rues pour en faciliter les travaux de vidange<a id=""footnote-407-9-backlink"">9</a>.</p><p>Fonctions rituelles et hygiéniques se confondent dans les latrines publiques, dont le nombre des fidèles fréquentant les mosquées rend la construction indispensable. Certaines d’entre elles, fondations étatiques ou pieuses par le biais des <span>ḥabus</span>/<span>waqf</span>, font partie des monuments majeurs de l’architecture islamique<a id=""footnote-407-10-backlink"">10</a>. De rares études de cas leur ont été consacrées. Pour al-Andalus et le Maghreb, on citera la <span>miḍa’a</span> de la grande mosquée de Cordoue (<span>x</span><span>e</span> siècle)<a id=""footnote-407-11-backlink"">11</a>, la <span>qubba</span> aujourd’hui seul vestige de la grande mosquée almoravide de Marrakech qui recouvrait un bassin d’ablution et était entourée des logettes des latrines elles-mêmes (<span>xii</span><span>e</span> siècle)<a id=""footnote-407-12-backlink"">12</a>, la <span>miḍa’a</span> de la grande mosquée almohade de Séville (fin <span>xii</span><span>e</span> siècle) découverte il y a quelques années<a id=""footnote-407-13-backlink"">13</a>, ou celle, magnifiquement conservée, de la mosquée Zaytuna à Tunis, commande du sultan hafside Abū ‘Amr ‘U<span>th</span>mān (fin <span>xv</span><span>e</span> siècle)<a id=""footnote-407-14-backlink"">14</a>. Le caractère somptueux des cas qui viennent d’être énumérés peut surprendre si l’on considère la nature des monuments qui en ont bénéficié. Ce serait ignorer l’importance donnée en terre d’Islam à la purification du corps. Sur cette méprise se sont sans doute fondés les tenants de certaines théories récentes faisant de la <span>qubba</span> de Marrakech un pavillon palatial<a id=""footnote-407-15-backlink"">15</a>…</p><p>Par ailleurs, il est vrai que cette nécessité n’est pas vécue avec la même intensité selon les appartenances dogmatiques et selon les régions du <span>Dār al-Islām</span>. Ainsi dans le Mzab ibādite, la prière doit être précédée d’ablutions complètes, ce qui suppose aujourd’hui l’installation de douches chaudes dans les mosquées, tandis que la convocation fréquente de grandes assemblées dans les <span>musalla</span>-s et les mosquées de nécropoles hors la ville a imposé la multiplication des <span>miḍa’a</span>-s auprès ou au cœur de ces cimetières, associées à des bassins ou des citernes. Si, pour le monde islamique d’Occident, peu de progrès ont été faits pour appréhender la question des <span>miḍa’a</span>-s dans sa globalité, Marie-Odile Rousset présente ici le cas particulièrement significatif de la salle d’ablution et des latrines de la mosquée de Tyr, récemment fouillée, dans le cadre d’une réflexion qui s’étend plus largement au Proche-Orient.</p><p>Si les latrines collectives sont plutôt l’apanage des établissements antiques, celles-ci ont pu avoir une influence, au moins architecturale, sur le plan des latrines publiques du début de l’époque islamique, comme l’évoque Louise Blanke à propos de Jérash (Jordanie), mais un seul exemple d’installation à usage collectif nous est connu, dans les bains omeyyades de Qaṣr al-Hayr al-<span>Sh</span>arqī (Syrie)<a id=""footnote-407-16-backlink"">16</a>.</p><p>On se gardera d’oublier que, dans un lieu public comme dans un espace privé, l’accomplissement des besoins physiologiques s’accompagne d’une série de comportements codifiés (gestes, invocations) et d’interdits, parfois propres à l’une ou l’autre des grandes écoles juridiques, dont on sait qu’elles s’attachent à prendre en considération tous les aspects de la vie du croyant.</p><p>Mais toilette du corps et purification rituelle ne peuvent être complètement confondues. Dans sa contribution, Yassir Benhima propose une analyse très éclairante des notions de pur et d’impur appliquée à la question des excréments et des excrétions corporelles en général.</p><p>Sur ce point évidemment, l’archéologie est à peu près muette. L’iden­tification même des objets liés à ces pratiques faisant problème, la question principale est de savoir si l’on a affaire à des récipients liés aux ablutions rituelles ou à la toilette et/ou aux besoins naturels, les deux fonctions n’étant pas vraiment interchangeables. Si la réponse est à peu près certaine pour les petites cuvettes rectangulaires qui se généralisent en Occident à partir de l’époque almohade, elle est beaucoup moins sûre pour les hauts vases cylindriques que l’on désigne en espagnol sous le nom de <span>bacines</span> et qui perdurent après la « Reconquête » chrétienne. Claire Déléry fait le point sur cette production céramique généralement porteuse d’une ornementation soignée.</p><p>On ne s’étonnera pas que, au sein de l’architecture domestique, les latrines constituent un élément de différenciation sociale entre groupes ou individus d’origine et de capacité économique diverses : par leur présence ou leur absence tout d’abord, par leur monumentalité et la qualité des décors qu’elles reçoivent ensuite, mais aussi par le mode et la fréquence de leur approvisionnement en eau. On signalera tout d’abord que, au <span>x</span><span>e </span>siècle, toutes les maisons des immenses faubourgs de Cordoue sont dotées de toilettes, ne différant pas dans leur principe de celles de Madīnat al-Zahrā’, le siège du pouvoir, sauf peut-être dans la continuité de l’approvisionnement en eau. Dans la frange sub-saharienne marocaine et plus précisément dans le bassin de l’oued Nūn, en revanche, une étude du peuplement médiéval laisse entendre – sous réserve d’inventaire – que seules les maisons d’un établissement fondé par l’État almohade, et occupé par une population probablement exogène, auraient disposé d’un tel aménagement<a id=""footnote-407-17-backlink"">17</a>.</p><p>La généralisation de l’usage des latrines est-elle propre à la culture islamique ? On peut se le demander à la lumière de trois faits ponctuels. En Palestine, des latrines n’ont été identifiées que dans une poignée de maisons franques<a id=""footnote-407-18-backlink"">18</a>. À l’issue de la « Reconquête » chrétienne au <span>xiii</span><span>e</span> siècle, la grande mosquée de Cordoue est convertie en cathédrale, mais sa <span>miḍa’a</span> est abandonnée et transformée plus tard en lavoir public. Les fouilleurs de la ville mérinide de Qaṣr al-Ṣa<span>gh</span>īr, sur la côte sud du détroit de Gibraltar, laissent entendre que, parmi les conséquences de sa conquête par les Portugais au début du <span>xvi</span><span>e</span> siècle, les latrines sont abandonnées et que c’est alors le vase de nuit qui s’impose. En revanche, si les lieux d’aisance sont bien attestés dans les fortifications médiévales, aussi bien en Occident chrétien<a id=""footnote-407-19-backlink"">19</a> qu’au Proche-Orient<a id=""footnote-407-20-backlink"">20</a>, c’est parce qu’ils sont indispensables aux impératifs de défense, comme le montrent Füsun Tülek et Cyril Yovitchitch.</p><p>Les palais islamiques, qu’il s’agisse des ensembles résidentiels ou des bâtiments à fonction administrative, jouissent évidemment d’aménagements privilégiés. Elena Pezzini nous livre une première synthèse sur cette question dans la Palerme islamique. La lecture des espaces à partir de la distribution des latrines contribue aussi à la compréhension du fonctionnement de la zone palatiale (<span>qaṣr</span>) de la ville califale omeyyade de Madīnat al-Zahrā’, et amène à y distinguer les zones à caractère privé de celles vouées aux activités administratives, comme le montre Antonio Vallejo Triano.</p><p>Les résidences omeyyades du Proche-Orient sont composées d’une juxtaposition de plusieurs appartements qui possèdent chacun ses propres latrines. Celles-ci témoignent d’aménagements variés, comme à ‘Umm al-Walid, où elles étaient conçues pour un usage assis, tandis qu’à Qaṣr al-Hayr al-<span>Sh</span>arqī, dans le bâtiment E, elles étaient partie intégrante d’une salle de bains, accessible directement depuis la salle de réception dont elles n’étaient séparées que par un simple rideau. Dans ce même bâtiment, une même pièce associe deux usages différents, comme cuisine et comme salle d’eau/latrines<a id=""footnote-407-21-backlink"">21</a>. Si les latrines quasi monumentales de Madīnat al-Zahrā’ n’ont fait l’objet de quelque attention que plusieurs décennies après avoir été mises au jour, celles des résidences omeyyades d’Orient ont fait l’objet de fouilles prêtant attention à la fois à leurs caractéristiques techniques et architecturales, mais aussi à leur contenu.</p><p>La richesse de l’information obtenue à partir des analyses pratiquées sur les résidus des latrines est connue depuis longtemps et ces méthodes ont été appliquées tôt au siècle dernier en archéologie médiévale des pays d’Europe du Nord. Elles permettent en particulier d’accéder à une connaissance objective des pratiques alimentaires des populations concernées.</p><p>Là encore l’archéologie islamique fait preuve d’un certain retard, pour le domaine occidental du moins, et les résultats que nous présentent Marie-Pierre Ruas et Jean-Pierre Van Staëvel sont donc pionniers dans ce domaine. Ils ont été obtenus dans le cadre du programme mené à bien sur le <span>ribāṭ</span> du fondateur du mouvement almohade dans l’Anti-Atlas marocain. Nous ne sommes pas sûrs que la vie d’un personnage aussi important de l’histoire du Maghreb n’ait jamais été abordée de façon aussi pragmatique…</p><p>Des analyses similaires sur le contenu des latrines peuvent nous renseigner également sur certaines pathologies, parasitoses surtout, de leurs usagers. Si l’un des rares chercheurs s’y consacrant, Piers Mitchell, travaille bien au Moyen-Orient, c’est sur des établissements militaires chrétiens, croisés, qu’il a centré son intérêt<a id=""footnote-407-22-backlink"">22</a>.</p><p>Pour rester dans le domaine des pathologies et de la médecine, rappelons cependant que toutes les humeurs du corps humain ne finissent pas dans les latrines… Durant tout le Moyen Âge, chrétien (surtout ?) mais aussi musulman, la lecture des urines a joué un rôle essentiel dans l’établissement de diagnostics. Elle a généré ainsi une ample littérature scientifique<a id=""footnote-407-23-backlink"">23</a>. C’est donc principalement à partir des sources écrites, complétées ponctuellement par l’iconographie, mais dans un souci de comparatisme entre deux mondes, que Laurence Moulinier évoque l’uroscopie.</p><p>On voit que, si le domaine de recherche qui commence ainsi à être défriché impose de recourir à des disciplines variées et complémentaires (anthropologie, histoire des textes, etc.), l’archéologie offre aujourd’hui des perspectives particulièrement fructueuses et novatrices. Cette publication se propose d’en présenter quelques exemples, choisis dans diverses régions du <span>Dār al-Islām</span> et portant chacun sur un aspect jugé spécifique.</p><p>Patrice Cressier – UMR 5648-CIHAM, Lyon</p><p>Sophie Gilotte – UMR 5648-CIHAM, Lyon</p><p>Marie-Odile Rousset – CNRS, Archéorient-UMR 5133, MOM</p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-407-1""> 1</a>. UMR 5648, désormais : « Histoire, Archéologie, Littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux ».</p></div><div><p><a id=""footnote-407-2""> 2</a>. Ce dossier a pu être publié grâce à un financement complémentaire du GREMMO et du programme ERC IGAMWI (Imperial Government and Authority in Medieval Western Islam 2010-2016, ERC StG-2010 n° 263361) dirigé par Pascal Burési (CNRS) que nous remercions.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-3""> 3</a>. Pour al-Andalus, on peut citer, entre de nombreux exemples, les ouvrages suivants : <span>Baños árabes en el País Valenciano</span>, Valence, 1989 ; B. <span>Pavón Maldonado</span>, <span>Tratado de arquitectura hispanomusulmana. I. El agua</span>, Madrid, 1991 ; M. <span>Acién Almansa</span>, P. <span>Aguayo de Hoyos</span>, J. M. <span>Castaño Aguilar</span>, <span>Baños árabes. Arqueología y restauración. I Jornadas de Patrimonio Histórico en Ronda</span>, Ronda, 1999 ; C. <span>Vílchez Vílchez</span>, <span>Baños árabes</span>, Grenade, 2001 ;<span> Baños árabes en Toledo</span>, Tolède, 2006 ; J. <span>Navarro Palazón</span>, P. <span>Jiménez Castillo</span>, « Arqueología del baño andalusí : notas para su comprensión y estudio », dans J. M. <span>Iglesias Gil</span> éd., <span>Cursos sobre el </span><span>Patrimonio histórico 13 : Actas de los</span> <span>XIX cursos monográficos sobre el Patrimonio histórico</span>, Santander/Reinosa, 2009, p. 71-113 ; ainsi que C. <span>Fournier</span>, <span>Les Bains d’al-Andalus. </span><span>viii</span><span>e</span><span>-</span><span>xv</span><span>e</span><span> siècles</span>, Rennes, 2016. Cette abondante bibliographie n’a pas d’équivalent, hélas, pour le Maghreb. On verra cependant : N. <span>Chérif-Seffadj</span>, <span>Les Bains d’Alger durant la période ottomane (</span><span>xvi</span><span>e</span><span>-</span><span>xix</span><span>e </span><span>siècles),</span> Paris, 2008. Pour le Proche-Orient, il est indispensable de consulter : M.-F. <span>Boussac</span>, S. <span>Denoix</span>, T. <span>Fournet</span> et B. <span>Redon</span> éd., <span>25 siècles de bain collectif en Orient, Proche-Orient, Égypte et péninsule Arabique</span>, Actes du colloque Balnéorient, Damas 2009, Le Caire/Beyrouth, 2014.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-4""> 4</a>. Par exemple : A. <span>Bouet</span>, <span>Les Latrines dans les provinces gauloises, germaniques et alpines</span>,<span> 59</span><span>e</span><span> supplément à Gallia</span>, Paris, 2009 ; C. G. <span>Jansen</span>, A. O. <span>Koloski-Ostrow</span> et E. M. <span>Moormann</span> éd., <span>Roman Toilets : Their Archaeology and Cultural History</span>, Babesch Supplement 19, Louvain, 2011 ; B. <span>Hobson</span>, <span>Latrinae et Foricae : Toilets in the Roman World</span>, Londres, 2009 ; H. M<span>olotch</span> et L. N<span>orén</span> éd., <span>Toilets : Public Restrooms and the Politics of Sharing</span>, New York, 2010 ; etc.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-5""> 5</a>. R.-H. <span>Guerrand</span>, <span>Les Lieux. Histoire des commodités</span>, Paris, 1997 ; S. <span>Bourgey</span>, A. <span>Schneider</span>, <span>Le Grand Livre du petit coin</span>, Paris, 2007 ; etc.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-6""> 6</a>. Un des exemples les mieux connus (sans doute parce que traduit) est celui d’Ibn ‘Abdūn (<span>xi</span><span>e</span>-<span>xii</span><span>e</span> siècle) : É. <span>Lévi-Provençal</span>, <span>Séville musulmane au début du </span><span>xii</span><span>e </span><span>siècle. Le traité d’Ibn ‘Abdūn sur la vie urbaine et les corps de métiers</span>, Paris, 2001 (réédition de l’original paru dans le <span>Journal asiatique</span> de 1934). On doit voir aussi G. S. <span>Colin</span> et É. <span>Lévi-Provençal</span> éd., <span>Un manuel hispanique de ḥisba : traité</span> <span>d’Abū ‘Abdallāh Muḥammad b. Abī Muḥammad as-Sakaṭī sur la surveillance des corporations et la répression des fraudes en Espagne musulmane. I</span>, texte arabe, introduction, notes linguistiques et glossaire, Paris, 1931, ainsi que <span>Al-Saqaṭī al-Mālaqī</span>, <span>El buen gobierno del zoco</span>, éd. P. <span>Chalmeta </span>et F. <span>Corriente</span>, Almería, 2014.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-7""> 7</a>. Voir l’échantillon qu’en propose F. <span>Vidal Castro</span>, « Agua y urbanismo : evacuación de aguas en <span>fatwà</span>-s de al-Andalus y el Norte de África », dans P. <span>Cressier,</span> M. <span>Fierro</span> et J.-P. <span>Van Staëvel </span>éd., <span>L’Urbanisme dans l’Occident</span> <span>musulman au Moyen Âge. Aspects juridiques</span>, Madrid, 2000, p. 101-123.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-8""> 8</a>. I. <span>Reklaityte, </span><span>Vivir en una ciudad de al-Ándalus : hidráulica, saneamiento y condiciones de vida</span>, Saragosse, 2012.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-9""> 9</a>. R.-P. <span>Gayraud</span>, « Fostat : évolution d’une capitale arabe du <span>vii</span><span>e</span> au <span>xii</span><span>e </span>siècle d’après les fouilles d’Istabl ‘Antar », dans <span>Id</span>. éd., <span>Colloque international d’archéologie islamique</span>, Le Caire, 1998, p. 435-460 ; J. <span>Navarro Palazón</span>, P. <span>Jiménez Castillo</span>, <span>Siyāsa. Estudio arqueológico del despoblado andalusí (siglos </span><span>xi-xiii</span><span>)</span>, Murcie, 2007.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-10""> 10</a>. M. <span>Meinecke</span>, <span>Die mamlukische Architektur in Ägypten und Syrien (648/1250 bis 923/1517)</span>, Glückstadt, 1992, donne la liste des fondations/constructions de l’époque mamelouke d’après les mentions textuelles et les inscriptions, en Égypte, Syrie, Jordanie, Liban, Palestine, Israël.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-11""> 11</a>. A. J. <span>Montejo Córdoba</span>, « El pabellón de abluciones oriental de la mezquita aljama de Córdoba correspondiente a la ampliación de Almanzor », <span>Cuadernos de Madinat al-Zahra’</span>, 4 (1999), p. 209-231 ; <span>Id</span>., « 2. 7. Pabellón de abluciones oriental de la mezquita aljama de Córdoba edificada por Almanzor », et R. <span>Pinilla</span> <span>Melguizo</span>, « 1. 2. Notas sobre las referencias textuales al pabellón de abluciones de Almanzor hallado recientemente en la mezquita de Córdoba », dans C. <span>Álvarez de Morales</span>, P. <span>Marfil Ruiz</span> et M<span>a</span> J. <span>Viguera Molins</span> éd., « Crónica de al-Andalus », <span>Qurtuba</span>, 3 (1998), p. 225-276.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-12""> 12</a>. J. <span>Meunié</span>, H. <span>Terrasse</span>, G. <span>Deverdun</span>, <span>Nouvelles recherches archéologiques à Marrakech</span>, Paris, 1957.</p></div><div><p><a id=""footnote-407-13""> 13</a>. M. <span>Vera Reina</span>, « La mida de la aljama almohade de Sevilla », dans M. <span>Valor Piechotta</span> éd., <span>El último </span><span>siglo de la Sevilla islá";;;;;;;;; 638;2;3;14;Écrits et entretiens sur l'art et l'animation (1926-1981);Texte établi, présenté et annoté par Dominique Willoughby;;;"<p>Première édition critique des textes et entretiens <em>d’Alexandre Alexeïeff</em>.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Présentation<br /> <strong>Dominique Willoughby </strong> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Perspectives critiques</strong></p><p style=""text-align: left;"">Alexandre Alexeïeff virtuose du virtuel, 
ou le cinéma comme cosa mentale <strong><br />Guy Fihman </strong> <br /> <br />Le cinéma épinglé ou le « Cinépinglé », 
l’avènement d’une sensation
<br /><strong>Claudine Eizykman </strong> <br /><br />La synthèse cinématographique, des ombres aux nombres
<br /><strong>Dominique Willoughby </strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Textes et entretiens 
d’Alexandre Alexeïeff (1926-1981)</strong></p><p style=""text-align: left;"">Note relative à l’établissement de la présente édition </p><p style=""text-align: center;""><strong>Années 1920 et 1930</strong></p><p style=""text-align: left;"">La technique moderne de la gravure sur bois debout (1926) <br />De l’importance du procédé (1929) <br />Révélation du dessin animé lyrique (1933) </p><p style=""text-align: center;""> <strong>Années 1950<br /></strong></p><p>La continuité (1952) <br /> La continuité [deuxième version] (date inconnue)<br />L’autre moitié du film (1953) <br />McLaren (1953) <br />De la peinture au cinéma (1954) <br />Négatif – positif (1955) <br />Circuit fermé ! (1957) <br />L’écran d’épingles (1957) <br />Analyse de Anna Karenina (1958) <br />Réponse à un questionnaire (1958) <br />Des solides en mouvement (1959) </p><p style=""text-align: center;""><strong>Années 1960</strong></p><p>Enquête (1962) <br />À propos de ma carrière (1962) <br />Enquête sur l’animation en 1963 <br />Alexeïeff nez à nez. (Pierre Philippe) (1963) <br />Entretiens avec Alexeïeff (Jean-Jacques Péché) (1964) <br />Reflections on motion picture animation (1956-1964) <br /> Réflexions sur l’animation [traduction de Dominique Willoughby]<br /> Reflections on motion picture animation [deuxième version] (1963)<br /> Réflexions sur l’animation [deuxième version, traduction 
de Dominique Willoughby]<br />Animation de peintre (1961-1964) <br />Pour et contre 24 phases par seconde (1965) <br /> Pour ou contre 24 im/s. Ou les énigmes de la synthèse cinématographique (1967)<br /> L’autre moitié du film (1967)<br />La synthèse cinématographique des mouvements 
artificiels (1966) <br />De la peinture instrumentale (1967) <br />De l’illustration de livres et du film d’animation (1967) <br />Reflections on the illustration of books (1967) <br /> Réflexions à propos de l’illustration des livres [traduction de Dominique Willoughby]<br />La fin de la culture du livre ? (1968) <br />À propos de Berthold Bartosch (1969) </p><p style=""text-align: center;""><strong>Années 1970 et 1980</strong></p><p style=""text-align: left;"">Lettre à Martha (1972) <br />Le chant d’ombre et de lumière de 1 250 000 épingles. <br /> « Tableaux d’une exposition » d’Alexeïeff et Claire Parker (1973) <br />Le phénomène cinématographique (1974) <br />Les solides illusoires dans la synthèse cinématographique 
(circa 1975) <br />Quelques mots sur l’illustration en général (1975) <br />Éloge du film d’animation (1978) <br />Entretien avec Alexandre Alexeïeff et Claire Parker. <br /> 
Propos recueillis par Nicole Salomon et Jackie Just (1979) <br /><em>Tableaux d’une exposition</em>, découpage technique (1981) <br /><br /><br /><em>Notes </em><br /><em>Bibliographie </em><br /><em>Notices biographiques des auteurs </em><br /><em>Index </em><br /><em>Crédits iconographiques </em><br /><br /><br /></p>";;10/10/2016;0;137x220;438;978-2-84292-559-8;9782842925598;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_638.jpg;"<p>Cette première édition critique des textes et entretiens d’Alexandre Alexeïeff (1901-1982), inédits ou devenus inaccessibles, rassemble l'essentiel de ses réflexions et contributions théoriques. Elle révèle à quel point l'aventure singulière de cet artiste, décorateur, illustrateur, graveur, cinéaste inventeur de techniques nouvelles, s'est fondée sur une pensée originale du cinéma, de l'animation et des arts comme la gravure, la musique, la poésie, la pantomime, la danse.</p><p>Pendant plus de cinquante ans, des avant-gardes des années 1920 aux débuts du numérique, Alexeïeff n'a cessé d'innover dans le domaine de l'image, du livre au film, réalisant plusieurs chefs-d'œuvre animés sur l'écran d'épingles de son invention, ou travaillant pour la publicité.</p><p><em><br />Dominique Willoughby est cinéaste et professeur à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Il a récemment publié Le Cinéma graphique (Textuel, 2009) et dirigé l'édition DVD intégrale des films d'Alexeïeff (Cinédoc-Paris Films Coop, 2005)</em></p>";;;704;23.00;"<p>Cet ouvrage restitue enfin les contributions théoriques essentielles d’un graveur, illustrateur, cinéaste d’animation et inventeur parmi les plus originaux du XX° siècle, de l’illustration à l’animation, du livre au film, en passant par la technique de l’écran d’épingles.</p><p>Texte établi, présenté et annoté par Dominique Willoughby</p>";;26/05/2016 18:12;1;Première édition;3682 635;2;3;35;Industrialiser l'éducation;Anthologie commentée (1913-2012);;;"<p>Pour mieux comprendre les mutations des organisations, ressources et pratiques éducatives.</p>";"<p class=""tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Introduction</p><p style=""padding-left: 30px;"">La question de l’industrialisation de l’éducation <strong><br />Pierre Mœglin</strong></p><p class=""tdmpartie""><strong>1. Le temps des pionniers </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 1.</p><p style=""padding-left: 30px;"">John Franklin Bobbitt.<br />Taylor à l’école <br /><strong>Pierre Mœglin avec la collaboration d’Alain Chaptal </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 2.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Joseph Wilbois.<br />Mysticisme social et science de l’éducation <br /><strong>Françoise Thibault, Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 3.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Burrhus F. Skinner.<br />Le précepteur mécanique <br /><strong>Jean-Marie Ball, Claude Debon, Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 4.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Lê Thành Khôi.<br />Productivité éducative et progrès social <br /><strong>Judith Barna, Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmpartie""><strong>2. Le temps des critiques </strong> </p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 5.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Harold A. Innis.<br />Un doyen contre les dérives de l’industrialisation <br /><strong>Gaëtan Tremblay, Didier Paquelin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 6.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Jacques Piveteau.<br />Comme la production industrielle,<br />le système scolaire ? <br /><strong>Pierre Mœglin, Laurent Petit </strong></p><p class=""tdmpartie""><strong>3. Le temps des ingénieurs </strong> </p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 7.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Philip Hall Coombs.<br />Améliorer le rendement <br /><strong>Pierre Landry, Mohamed Sidir </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 8.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Guy Berger.<br />Problématique alliance entre technologues<br />et pédagogues <br /><strong>Éric Auziol, Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 9.</p><p class=""tdmauteur"" style=""padding-left: 30px;"">Jacques Perriault.<br />L’éducation, « industrie de la connaissance » <br /><strong>Laurent Petit avec la collaboration</strong><br /><strong>de Monique Commandré et Roxana Ologeanu</strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 10.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Geneviève Jacquinot.<br />Penser la dimension industrielle<br />de la technologisation <br /><strong>Élisabeth Fichez, Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 11.</p><p class=""tdmauteur"" style=""padding-left: 30px;"">Gilbert Paquette.<br />Systémisme et idéologie de la « Société du savoir » <br /><strong>Monique Commandré avec la collaboration</strong><br /><strong>de Yolande Combès, Patrick Guillemet et Pierre Mœglin</strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 12.</p><p class=""tdmauteur"" style=""padding-left: 30px;"">Monique Linard.<br />Ingénierie sans industrialisation ? <br /><strong>Claude Debon, Pierre Mœglin</strong><br /><strong>avec la collaboration d’Élisabeth Fichez</strong></p><p class=""tdmpartie""><strong>4. Le temps des analyses </strong> </p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 13.<br /><br />Jean Gadrey.<br />Contradiction dans les termes ? <br /><strong>Jean-Luc Metzger, Didier Paquelin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 14.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Jean-Louis Derouet.<br />Logique industrielle et compromis d’établissements <br /><strong>Nathalie Boucher-Petrovic, Yolande Combès </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 15.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Luc Carton.<br />Industrialisation, mot-valise ? <br /><strong>Yolande Combès, Pierre Mœglin, Alain Payeur (†) </strong></p><p class=""tdmpartie""><strong>5. Le temps des renouvellements </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 16.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Otto Peters.<br />Les révolutions industrielles<br />de l’enseignement à distance <br /><strong>Judith Barna, Patrick Guillemet, Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 17.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Tony Bates.<br />Postfordisme ou néo-fordisme ? <br /><strong>Jean-Luc Metzger avec la contribution de Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 18.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Christine Musselin.<br />Vers un capitalisme académique ? <br /><strong>Françoise Thibault </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 19.</p><p style=""padding-left: 30px;"">George Ritzer.<br />McDonald’s et après <br /><strong>Marie-José Barbot, Pierre Mœglin, Alain Payeur (†) </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 20.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Bjørn Stensaker.<br />Politique des marques <br /><strong>Bernard Miège, Pierre Mœglin </strong></p><p class=""tdmchapitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 21.</p><p style=""padding-left: 30px;"">Tony Waters.<br />Retour à la bureaucratie ? <br /><strong>Pierre Mœglin </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Pourquoi industrialiser ? Remarques conclusives <br /><strong>Pierre Mœglin <br /></strong></p><p>Références bibliographiques <br />Index nominum <br />Index notionum <br />Les auteurs </p>";;10/09/2016;0;170x240;388;978-2-84292-547-5;978-2-84292-547-5;0;2119-8608;Presses Universitaires de Vincennes;img_635.jpg;"<p>Un spectre hante la recherche en éducation : le spectre de l’industrialisation. Depuis le début du XX<sup>e</sup> siècle en Amérique du nord et en Europe, le recours à des méthodes et moyens industriels pour enseigner, apprendre et administrer le système éducatif suscite autant d’enthousiasme que d’anathèmes. Les expériences font l’objet d’un nombre croissant d’études et de recherches. Mais leurs acquis se perdent au fur et à mesure. Le but de cette anthologie est d’en restituer l’essentiel. Il apparaît notamment qu’un fil rouge court depuis le taylorisme scolaire des années 1910 jusqu’aux réalisations actuelles du capitalisme académique.</p><p>Vingt-et-un extraits couvrant un siècle de controverses scientifiques sont présentés et commentés par une équipe internationale formée des meilleurs spécialistes de la question. Issu des travaux du Séminaire Industrialisation de la Formation que Pierre Mœglin anime depuis sa création en 1991, cet ouvrage aide à comprendre les mutations des organisations, ressources et pratiques éducatives.<br /><br /><em><br />Pierre Mœglin est professeur de sciences de l'information et de la communication à l'université Paris XIII. Il a fondé et dirigé le LabSic, ainsi que la Maison des sciences de l'Homme Paris Nord. Il est membre senior de l'Institut Universitaire de France.</em><strong> </strong></p>";"<p>introduction</p><p>La question de l’industrialisation <br />de l’éducation</p><p>Pierre Mœglin</p><p>À l’origine de cette anthologie, un constat : celui de l’ignorance de la question de l’industrialisation éducative par la plupart des spécia­listes. Surprenante est en effet leur surprise lorsqu’ils découvrent que les termes « industrialisation » et « éducation » peuvent être accolés ! Plus surprenant encore serait leur étonnement de s’apercevoir que la formule « industrialisation de l’éducation » – qu’à tort ils tiennent pour un oxymore récent – se rencontre en fait, il y a plus de cent ans, sous la plume de penseurs comme J. F. Bobbitt<span>*</span><a id=""footnote-242-1-backlink"">1</a> aux États-Unis et J. Wilbois<span>*</span> en France ! Qu’elle se retrouve également, à la même époque, chez un activiste comme H. S. Pritchett, président du Massachusetts Institute of Technology (MIT) de 1900 à 1906 et, par ailleurs, président-fondateur de la National Society for the Promotion of Industrial Education, laquelle, à sa création à New York en 1906-1907, ouvre des bureaux dans trente-huit États de l’Union<a id=""footnote-242-2-backlink"">2</a>. Et que cette formule figure également dans un essai que publie en 1904<a id=""footnote-242-3-backlink"">3</a> J. P. Monroe, chef d’entreprise, successeur de H. S. Pritchett à la tête de la National Society for the Promotion of Industrial Education et responsable de la Commission sur l’éducation de la Chambre de commerce de Boston. C’est d’ailleurs lui que l’historien R. E. Callahan qualifie d’« <span>industrialist educator</span><a id=""footnote-242-4-backlink"">4</a> ». La formule n’est pas moins présente chez W. H. Allen, directeur du Bureau of Municipal Research de New York, dont un chapitre entier de son livre <span>Efficient Democracy</span>, paru en 1907, est consacré à la nécessité de recourir à des « <span>educational engineers</span> » pour réduire les coûts de fonctionnement des établissements d’enseignement et en calquer l’organisation sur celle des usines<a id=""footnote-242-5-backlink"">5</a>.</p><p>Ce n’est pas tout. Dès les dernières années du <span>xix</span><span>e</span> siècle, la référence à l’industrialisation éducative fait également son apparition chez des sociologues tels que M. Weber en Allemagne et T. Veblen aux États-Unis. S’ils évoquent en effet le tournant industriel que connaît l’enseignement, c’est bien sûr parce qu’à l’université et dans les lycées sont mises à l’honneur des matières utiles à l’économie et à l’industrie. Mais c’est aussi et surtout parce que, pour reprendre une formule de T. Veblen, se fait jour « une certaine tendance à remplacer le prêtre par le capitaine d’industrie » à la tête des établissements et que, si partiel soit-il encore, commence à s’opérer le « remplacement de l’efficacité sacerdotale par l’efficacité pécuniaire »<a id=""footnote-242-6-backlink"">6</a>. De son côté, M. Weber observe que « pour le moment le travailleur de [sa] spécialité est encore dans une large mesure son propre maître à l’instar de l’artisan d’autrefois dans le cadre de son métier ». Mais, ajoute-t-il, « l’évolution se fait à grand pas<a id=""footnote-242-7-backlink"">7</a> », et l’université connaît une « évolution comme dans n’importe quelle entreprise ayant à la fois les caractères capitaliste et bureaucratique<a id=""footnote-242-8-backlink"">8</a> ».</p><p>Quel ne serait pas <span>a fortiori</span> l’étonnement des spécialistes s’ils venaient à apprendre que cette référence à l’industrialisation éducative est plus ancienne encore ! Et par exemple qu’en 1798, au début du <span>Conflit des facultés</span>, le philosophe E. Kant<a id=""footnote-242-9-backlink"">9</a> préconise déjà « de traiter l’ensemble tout entier du savoir (à proprement parler les cerveaux qui y contribuent) de façon pour ainsi dire industrielle [<span>gleichsam fabrikenmäßig</span>], par la division des travaux… ». Il s’agirait, selon Kant, de « recruter autant de maîtres publics, de professeurs qu’il y aurait de branches de la science […] et d’en faire les dépositaires de celle-ci, afin qu’ils forment collectivement quelque chose comme un État scientifique, appelé université (ou école supérieure) ».</p><p>Dans son commentaire de ce passage, le philosophe P. Macherey souligne que Kant propose en l’occurrence que l’enseignement « se consacre, avec un maximum d’efficacité, à la production et à la transmission des savoirs » ; il indique aussi que le « principe de la division rationnelle du travail dans l’industrie […] a en fait été théorisé quelques années auparavant par les philosophes écossais créateurs de l’économie politique »<a id=""footnote-242-10-backlink"">10</a>. Et ce, ajouterons-nous, quand bien même aucun de ces économistes, à commencer par A. Smith, n’envisage encore de soumettre l’éducation au principe de cette division rationnelle.</p><p>Maximum d’efficacité certes, mais aussi – et la précision est indis­pensable – maximum d’autonomie. Car le « savant corporatif » cher à Kant, censé n’obéir qu’à la Raison souveraine et être régi par ce que M. Freitag nomme « une normativité interne autonome<a id=""footnote-242-11-backlink"">11</a> », n’a de comptes à rendre à personne. P. Bourdieu explique d’ailleurs que la figure de ce savant autonome est « l’expression des intérêts sublimés de l’intelligentsia bourgeoise<a id=""footnote-242-12-backlink"">12</a> ». Le fait est qu’elle annonce le professeur de l’« Université inconditionnelle<a id=""footnote-242-13-backlink"">13</a> », tel que J. Derrida le pose en idéal, et qu’elle se situe donc aux antipodes de l’image de l’enseignant tout imprégné d’esprit d’entreprise que les industrialistes du début du <span>xx</span><span>e</span> siècle appellent de leurs vœux.</p><p>Cette remarque importante ne permet pas seulement de relativiser l’industrialisme éducatif de Kant ; elle anticipe un point qui reviendra en <span>leitmotiv</span> tout au long de cet ouvrage : la référence à l’industrialisation désigne des réalités trop disparates et souvent trop contradictoires pour que l’on puisse se contenter d’en donner une définition unique. Autrement dit, pour que l’on puisse faire l’économie d’une analyse différenciée des acceptions qu’elle revêt en fonction des époques et selon les auteurs.</p><p>Commençons au préalable par écarter deux erreurs terminologiques courantes : la première, sur « université » ; la seconde, sur « industrie ».</p><p>Ce qui, après Kant, est nommé « université » correspond à un ensemble bien plus large que ce que lui-même désigne par ce vocable, à savoir les trois facultés supérieures de droit, de théologie et de médecine, ainsi que la faculté inférieure, qui regroupe les autres enseignements, dont celui de philosophie. De fait la définition de l’université qu’adopte le <span>xix</span><span>e</span> siècle, telle qu’elle apparaît par exemple dans le décret de Napoléon de 1808 sur « l’organisation générale de l’université », recouvre l’ensemble de tous les ordres d’enseignement public (article 1), depuis les petites écoles jusqu’aux facultés (article 5)<a id=""footnote-242-14-backlink"">14</a>. Il s’agit donc peu ou prou de ce qui est désigné dans les extraits ci-dessous, lesquels datent des <span>xx</span><span>e</span> et <span>xxi</span><span>e</span> siècles, par des mots et expressions tels qu’« école », « enseignement », « appareil de formation », « éducation », « système éducatif ». Comme « université, ceux-ci désignent en fait la totalité des activités éducatives instituées.</p><p>Cette précision, indiquons-le dès maintenant, ne dispensera pas de marquer, chaque fois que nécessaire, les singularités propres au type et niveau d’en­seignement du pays et de l’époque considérés. Comme cela se confirmera en effet plus bas, l’industrialisation dans laquelle l’université française s’engage aujourd’hui n’a pas grand chose à voir avec celle que connaît l’enseignement primaire et secondaire dans les années 1920 aux États-Unis. Et celle-ci n’a pas non plus grand chose à voir avec l’industiralisation de la formation professionnelle continue, telle qu’elle intervient avant et <span>a fortiori</span> après l’invention du <span>e-learning</span>, au cours des années 1990.</p><p>Quant au mot « <span>industry</span> », il s’agit d’un faux ami qui, en anglais, définit toute activité, industrielle ou non, de transformation de matières premières en produits finis. Ainsi par exemple quand, dans les extraits ci-dessous, P. H. Coombs* évoque l’éducation comme une « <span>artisanal </span><span>industry</span><a id=""footnote-242-15-backlink"">15</a> », ne veut-il aucunement associer deux termes incompatibles. Ce qu’il dit seulement, c’est que le système éducatif états-unien utilise, selon les termes qu’il emploie, des méthodes artisanales pour « transformer » de jeunes enfants en adultes. Quelques lignes plus bas, il exprime toutefois le vœu que ces méthodes artisanales cèdent la place à une industrie de l’enseignement. Cette fois, il parle d’« <span>industry</span> » au sens actuel d’industrie<a id=""footnote-242-16-backlink"">16</a>.</p><p>C’est ce sens qui fait son apparition en Allemagne et en France au milieu du <span>xviii</span><span>e</span> siècle. Par exemple, c’est lui qui, chez Kant, qualifie les secteurs où prévalent les méthodes dites « industrielles ». Et c’est lui qui convient à l’organisation de l’éducation qui, plus tard, opèrera effectivement selon une certaine division scientifique du travail, une concentration des ressources et la production de prestations éducatives en série et à grande échelle. C’est également ce sens, élargi à toutes les formes d’industrialisation qui se rencontreront ci-dessous – archéo-taylorienne, taylorienne, néo-taylorienne, post-taylorienne, liée au « capitalisme financiarisé », « cognitif » ou « académique » –, qui sera attribué à l’expression « industrialisation éducative ».</p><p>Ces deux précisions terminologiques apportées, revenons au constat de départ : celui de l’oubli actuel des anciennes tendances industrielles en éducation, oubli lui-même assorti d’une surévaluation corrélative des tendances nouvelles. En découle <span>a contrario</span> l’objectif assigné à cette anthologie : penser la notion d’industrialisation éducative en vue d’en faire une catégorie de pensée. Autrement dit, examiner à quelles conditions et dans quelle mesure l’on peut conférer une valeur heuristique à cette notion, éventuellement l’ériger en un concept opératoire pour appréhender les évolutions et métamorphoses du système éducatif.</p><p>Pour ce faire, cette anthologie vise à identifier et étudier les temps forts de l’élaboration du paradigme industriel en éducation et de son déploiement en Amérique du Nord et en France plus particulièrement. Cinq d’entre eux retiendront notre attention : le temps des <span>pionniers</span>, favorables au taylorisme éducatif ; celui des <span>critiques</span>, pourfendeurs de l’indus­trialisme éducatif ; celui des <span>ingénieurs</span>, attachés à formuler des modalités industrielles adaptées aux spécificités éducatives ; celui des <span>analyses</span>, portant sur les enjeux de ce qu’il y a d’industriel dans les systèmes éducatifs ; enfin celui des <span>renouvellements</span>, quand ces systèmes se mettent à devenir des composantes de l’industrie du savoir et de la « Société de la connaissance ». Cependant, à travers la succession de ces temps forts – sur lesquels nous reviendrons plus bas –, il s’agira essentiellement de rendre sensible la dynamique de ce projet industriel éducatif sur le long terme, depuis ses premières formalisations, au début du <span>xx</span><span>e</span> siècle, jusqu’à aujourd’hui.</p><p>Ainsi voudrions-nous introduire le lecteur à une approche compréhensive et critique de ce que, dans de courts extraits choisis et commentés par nous, différents experts, penseurs et chercheurs ont écrit à différentes époques et dans différents contextes à propos des transformations ou tentatives de transformation industrielle du système éducatif. Par là, ce lecteur observera de quelle manière la référence à ce projet éducatif industriel se construit, circule et se renouvelle en permanence à la faveur de ce que l’on peut appeler une « histoire connectée » ou, mieux encore, une « genèse connectée », d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre.</p><p>Une entreprise si ambitieuse exigeait une démarche collective et inter­disciplinaire. Le Séminaire Industrialisation de la Formation (Sif) s’y est prêté d’autant mieux que lui-même est le fruit et le vecteur d’une étroite collaboration entre des chercheurs qui se connaissent bien et depuis de nombreuses années, se réunissent régulièrement, appartiennent à des courants et à des disciplines différentes, mais ont l’habitude de travailler ensemble sur de mêmes objets et dans des perspectives convergentes. Cette anthologie vient d’ailleurs clore le cycle de travaux qu’ils ont ouvert au sein de ce Séminaire, il y a plus de vingt ans, et dont l’ouverture a été sanctionnée par la publication d’un ouvrage collectif<a id=""footnote-242-17-backlink"">17</a>. À ce premier ouvrage celui-ci fait donc en quelque sorte le pendant.</p><p>Celui de 1998 posait la question de l’utilité heuristique de la notion d’indus­trialisation appliquée à la formation. À l’époque, l’objectif était d’insister de manière extensive sur l’intérêt d’une notion à laquelle, dans leur immense majorité, chercheurs, experts et professionnels de l’éducation refusaient tout droit de cité. Aujourd’hui, la situation est, pour ainsi dire, inversée. De fait, l’importance de la notion est admise, du bout des lèvres et, plus souvent, avec un enthousiasme ou une aversion aussi excessifs l’un que l’autre. Le but de cette anthologie est donc d’écarter autant que possible généralisations abusives, approximations douteuses et acceptions erronées. Il s’agit par conséquent d’examiner de manière restrictive dans quelle mesure et à quelles conditions la référence industrielle peut être utile à la compréhension des mutations actuelles des régimes de savoir et de connaissance. Autrement dit, alors que, dans les années 1990, le propos était d’envisager tous les états de la notion d’industrialisation éducative et d’en identifier le plus grand nombre d’usages possibles, celui d’aujourd’hui est au contraire de cerner au plus près le périmètre de cette notion, de manière à en prévenir les utilisations inexactes ou simplement floues et métaphoriques.</p><p>Tel est le sens de la réflexion méthodologique et épistémologique qui s’engage ici et dont cette introduction s’attachera à retracer les prémisses. Divisée en deux volets, elle en présentera successivement principes et orientations. Pour ce faire, elle reconstituera rétrospectivement la cohérence d’une analyse dont, pour être conçues, élaborées et appliquées de manière efficace, les règles auront eu besoin du collectif formé par les vingt-deux chercheurs impliqués dans l’entreprise. Ainsi, espérons-le, cette introduction donnera-t-elle au lecteur les clés d’un projet dont, grâce à ce <span>vade mecum</span>, il pourra plus aisément suivre le déploiement de chapitre en chapitre.</p><p>Sous le titre « le poids des préjugés », le premier de ces deux volets passera en revue cinq idées faisant obstacle à une appréhension claire de la question de l’industrialisation éducative.</p><p>Ces idées couvrent le spectre qui se déploie à partir du postulat de l’incom­patibilité <span>a priori </span>entre organisation industrielle et institution éducative, passe par la sous-évaluation systématique des réalités industrielles de l’éducation, inclut le refus de considérer ces réalités dans leur pluralité au nom de la représentation d’une industrialisation supposée s’imposer d’emblée sans rencontrer aucune résistance, avant d’aboutir au postulat (inverse du premier, mais tout aussi discutable) de l’inéluctabilité (souhaitée ou redoutée) d’une rupture industrielle radicale des manières d’enseigner, d’apprendre et d’orga­niser l’enseignement. Ainsi, depuis la croyance en l’impossibilité de toute industrialisation éducative jusqu’à la certitude de son omniprésence, cinq idées reçues – dont nous essaierons de montrer que ce sont cinq idées fausses – seront-elles successivement soumises au crible de la neutralité axiologique à laquelle les contributeurs de cette anthologie aspirent.</p><p>Consacré aux dispositions méthodologiques guidant la sélection et l’interprétation des vingt et un extraits retenus, le second volet de cette introduction (« les conditions d’une anthologie ») traitera du <span>modus operandi</span>.</p><p>Il y sera question de la grille de lecture à appliquer à ces extraits et des trois traits distinctifs (et interdépendants) du projet industriel éducatif sur lesquels ils mettent l’accent : technologisation, rationalisation, idéologisation. Évidemment, s’il fallait analyser les manifestations réelles de ce projet, ses applications <span>in medias res</span> et ne pas se contenter de ce que ces textes en disent, ces traits seraient probablement des marqueurs insuffisants ; il en faudrait d’autres, plus fins et opérationnels, rendant mieux compte des réalités industrielles et modalités pratiques propres à chaque situation. Cependant, l’analyse des faits réels n’est pas ici à l’ordre du jour. Pour prendre la mesure des points de vue en lice et de l’éventail qu’ils forment, les trois marqueurs mentionnés seront suffisants.</p><p>Éventail en effet, car il apparaîtra qu’aucun de ces extraits n’est à lui seul porteur de la totalité de la pensée industrielle de l’éducation : au mieux chacun en reflète-t-il un moment ou un mouvement. Pour autant, leur recueil ne vise ni la cohérence d’un corpus ni la linéarité – inévitablement artificielle – d’une histoire des idées sur la question des relations entre industrie et éducation. Il constitue encore moins un florilège de textes choisis pour leur qualité littéraire ou pour la réputation de leurs auteurs ; il ne propose pas davantage les résultats d’une enquête au sein de la communauté des penseurs, spécialistes et experts concernés, par exemple pour y suivre d’un point de vue sociologique la manière dont telle idée naît chez l’un, est reprise plus ou moins fidèlement par d’autres, et est finalement peu ou prou rejetée ou adoptée par tous.</p><p>Cet éventail déplié a un but différent : donner à voir la plus grande diversité possible des manières de penser l’industrialisation éducative. Plus exactement, la réunion de ces textes vise à sensibiliser le lecteur aux raisons pour lesquelles, en dépit des censures, anathèmes, exagérations et malentendus dont elle est victime de longue date, la référence industrielle refait régulièrement surface, chargée d’enjeux éducatifs et sociétaux renouvelés en permanence, mais conservant sur un siècle la même utilité pour aider à comprendre les mutations de la connaissance, de sa production et de sa transmission. Toute la difficulté est évidemment de savoir de quoi cette utilité est faite exactement.</p><p>Le poids des préjugés</p><p>L’ignorance des spécialistes n’est jamais plus flagrante que lorsqu’ils croient être les premiers à constater que l’éducation s’industrialise ou qu’elle est sur le point de le faire. N. Thrift, président et vice-chancelier de l’université britannique de Warwick, est de ceux-là lorsqu’il prédit que « quoi qu’il arrive, nous assisterons dans beaucoup de pays à une industrialisation de l’enseignement supérieur<a id=""footnote-242-18-backlink"">18</a> ». Il ajoute que « comme toute révolution industrielle, celle-ci aura ses bons et ses mauvais côtés, mais elle se produira. De cela je suis absolument sûr<a id=""footnote-242-19-backlink"">19</a> ».</p><p>Au moment où il écrit ces lignes, N. Thrift ignore très certainement qu’en 1963 – soit exactement cinquante ans avant lui – le président d’une autre université, plus prestigieuse encore, l’Université Berkeley en Californie, soutient déjà, en un ouvrage qui connaît un certain succès, que l’enseignement et la recherche relèvent de « l’industrie du savoir<a id=""footnote-242-20-backlink"">20</a> ». Et l’esprit industriel, ajoute le président C. Kerr, gagne si bien l’université que « celle-ci et certains secteurs de l’industrie se ressemblent de plus en plus. L’université se lie au monde du travail, et le professeur, au moins pour les sciences de la nature et quelques-unes des sciences sociales, prend le type de l’entrepreneur industriel<a id=""footnote-242-21-backlink"">21</a> ». Certes, la conjonction des deux univers ne va par de soi. De fait, comme le reconnaît C. Kerr : « l’industrie, avec les savants et techniciens qu’elle emploie, a dû s’initier laborieusement à la liberté universitaire<a id=""footnote-242-22-backlink"">22</a> » ; de son côté, l’université a dû « se mettre au service d’une croissance explosive des connaissances comme de sa population<a id=""footnote-242-23-backlink"">23</a> ». Mais l’industrialisation de l’enseignement est en route, conclut néanmoins C. Kerr.</p><p>L’amnésie d’aujourd’hui serait-elle due à la rareté et à l’inconsistance des tentatives du siècle précédent ? Et celles-ci seraient-elles trop anciennes pour que l’on s’en souvienne aujourd’hui ? Il faudrait pour cela que ces tentatives aient été négligeables et sans portée, ce dont font douter la profusion et la richesse des extraits ici réunis et celles des textes auxquels ces extraits renvoient et qui leur font cortège.</p><p>D’une part en effet, le renouvellement régulier, depuis un siècle, des travaux théoriques et jugements critiques sur ce projet industriel éducatif indique qu’il n’a rien perdu de son aptitude à susciter analyses, polémiques, controverses et débats. D’autre part, les pratiques et politiques éducatives actuelles, notamment celles marquées par le « pragmatisme social-libéral<a id=""footnote-242-24-backlink"">24</a> » de la Stratégie européenne de Lisbonne, en 2000, prolongent ces tentatives et, ce faisant, confirment <span>a posteriori</span>, s’il en est besoin, qu’elles n’ont pas été des coups pour rien. Quand bien même elles ne se sont pas toutes soldées par de francs succès.</p><p>Telle est donc, dans le monde des idées (et – insistons sur ce point – indépendamment du monde des faits), l’intention qui anime les auteurs de cet ouvrage : prendre au sérieux la question de l’industrialisation édu­cative, en suivre dans la durée l’élaboration à l’échelle internationale, les appropriations et formulations successives, en se gardant soigneusement de privilégier la dernière en date. Et, par là, démonter les préjugés qui en hypothèquent l’intelligibilité. Autrement dit, rompre avec l’enfermement amnésique dont, à l’instar de N. Thrift, nombre de spécialistes ignorants sont les victimes consentantes ou involontaires.</p><p>Incompatibilité ?</p><p>Le premier de ces préjugés est celui de l’incompatibilité des mondes respectifs de l’industrie et de l’école. L’économiste J. Gadrey*<a id=""footnote-242-25-backlink"">25</a> n’est pas le seul à se faire l’avocat de cette thèse de l’incompatibilité. Toutefois, l’opinion qu’il défend est l’une des plus radicales : l’éducation ne possèderait selon lui aucun des traits propres à un secteur industriel ou simplement industrialisable.</p><p>Les biens qu’elle produit (à supposer que l’on puisse parler de production) consisteraient en effet en des compétences acquises, des savoir-faire transmis, une culture partagée, une meilleure ouverture au monde. Mais ces biens ne sont ni tangibles ni, bien évidemment, produits en série. Par ailleurs, l’activité enseignante échappe aux principes de la division scientifique du travail, personne ne pouvant exiger des professeurs ou des élèves et étudiants une quelconque standardisation poussée des tâches, ni les astreindre à des contrôles menés par des « fonctionnels » spécialisés. Il ne serait pas davantage envisageable d’imposer aux établissements une logique de calcul et des critères de productivité afin d’augmenter la quantité en diminuant les coûts et en utilisant pour cela des systèmes automatisés permettant de remplacer les professeurs. Autant d’impossibilités conduisant P. Grevet – qui, plusieurs années durant, défend au sein du Sif des positions proches de celles de J. Gadrey* – à soutenir à son tour que <span>de facto </span>l’industrialisation de l’éducation est « impraticable<a id=""footnote-242-26-backlink"">26</a> ».</p><p>Sans anticiper la discussion des arguments de J. Gadrey* dans le chapitre qui lui sera consacré, l’on observera dès maintenant qu’en réalité, des modes de fonctionnement de type industriel sont d’ores et déjà, sinon appliqués, du moins proposés à (presque) tous les ordres d’enseignement. Et qu’à tout le moins, lois, textes réglementaires et consignes diverses poussent les universités, les lycées et, plus r&";;;;;;;;; 636;2;3;39;Les francophonies littéraires;;;;"<p>Synthèse des littératures francophones des pays du Sud, d’Haïti à l’Algérie, de l’Afrique sub-saharienne à l’Asie en passant par les îles.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Introduction</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""text-align: center;"">Francophonie, francophonies
 et écrivains francophones</p><p style=""text-align: left;"">Qu’est-ce que la « Francophonie » ? <br />Le français, langue universelle<br />Qu’est-ce qu’un écrivain francophone ?</p><p style=""text-align: center;"">La littérature française, 
de la période coloniale
 à ses expressions postcoloniales</p><p style=""text-align: left;"">La plantation, son système esclavagiste et ses échos littéraires<br />XIXe siècle, la diversification coloniale : Orient, voyages, possessions en Afrique et en Asie<br />Métropole et colonies : proximité et débat aux XIXe et XXe siècles<br />La littérature française postcoloniale</p><p style=""text-align: center;"">Écrivains sous colonisation. 
Écrivains en postcolonies</p><p style=""text-align: left;"">Premières percées « francophones »<br />Une littérature libérée dans le mouvement de décolonisation<br />Les lendemains des indépendances : soleil et nuit<br />L’instrument de l’écriture</p><p style=""text-align: center;"">Aperçus d’ensembles 
francophones des Suds</p><p style=""text-align: left;"">La littérature haïtienne de langue française<br />La littérature algérienne de langue française<br />La francophonie littéraire vietnamienne<br />D’une littérature insulaire : la littérature mauricienne 
de langue française</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""text-align: left;"">Perspectives<br />Bibliographie<br />Index des écrivains cités</p>";;10/10/2016;0;120x180;183;978-2-84292-550-5;9782842925505;0;2430-7629;Presses Universitaires de Vincennes;img_636.jpg;"<p>Ce livre présente une synthèse des littératures francophones des pays du Sud, qui ont émergé durant la colonisation et dont la production s’est poursuivie depuis les indépendances. Ces littératures demeurent trop peu visibles en France malgré la renommée d’un Léopold Sédar Senghor ou d’un Aimé Césaire, et sont l’occasion de découvrir des univers culturels fascinants, tant dans leur dimension esthétique que dans leur portée anthropologique. Mais il faut, avant tout, distinguer la Francophonie en soi et les francophonies littéraires au pluriel, dans les anciens espaces coloniaux et dans leurs réalités géographiques et sociales d’aujourd’hui.</p><p> </p><p><em>Christiane Chaulet Achour, professeure de littérature générale et comparée à l'Université de Cergy-Pontoise, est une spécialiste des littératures francophones des pays du Sud. Elle a récemment publié : À l'aube des Mille et une nuits. Lectures comparatistes, 2012 ; La France et l'Algérie en 1962. De l'Histoire aux représentations textuelles d'une fin de guerre, avec Pierre-Louis Fort, 2013 ; Jeux de dames. Postures et positionnements des écrivaines francophones (collectif), 2014 ; Esclavages et Littérature. Représentations francophones, 2016.</em><br /><br /></p>";;;196;10.00;"<p>Pour traiter d’un sujet aussi vaste et aussi riche, des choix ont dû être faits. Ainsi l’ouvrage traite exclusivement de ce qu’on nomme aujourd’hui les francophonies littéraires des Suds, c’est-à-dire l’ensemble des œuvres qui ont émergé durant la colonisation et dont la production s’est poursuivie après les indépendances, d’Haïti à l’Algérie, de l’Afrique sub-saharienne à l’Asie en passant par les îles.<br /> Quasiment absents de l’enseignement en France, sans reconnaissance académique pérenne, ces ensembles littéraires, surgissent dans les médias qu’à la faveur d’événements particuliers : la guerre civile en Algérie, le séisme en Haïti, la mort de Césaire.</p>";;12/05/2016 14:05;0;Première édition;4024 639;1;3;34;Globalismes;N°23/2016;;;"<p>Art contemporain synonyme de « global art » ? <em>marges</em> relaie les tensions existentes entre revendications d'une spécificité nationale et aspiration à une intégration à la scène globale de l'art.</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong> Dossier : Globalismes</strong></p><p> <strong>Vinicius Spricigo</strong><br />« Anthropophagisme et historiographie »</p><p><strong>Camila Bechelany</strong><br />« L’exposition “Modernidade, art brésilien du 20<sup>e</sup>siècle” (Paris, 1987) : dislocation et assimilation à l’aube de la globalisation de l’art »</p><p><strong>Cecilia Braschi</strong><br />« Ecritures locales, lectures globales. L’art et l’architecture brésiliens dans les revues spécialisées internationales (1943-1964) »</p><p><strong>Shiyan Li</strong><br />« De l’Occident en Chine, l’étude de l’expression “art abstrait” dans son contexte global »</p><p> <strong>Annie Lazarus</strong><br />« Une critique d’art d’un “autre genre” : une réponse de la critique d’art chinoise à la mondialisation »</p><p> <strong>Katja Gentric</strong><br />« Traduire comme pratique artistique. Cinq propositions-interfaces Afrique du Sud / monde »</p><p> <strong>Jovan Mrvaljevic</strong><br />« Réminiscences contemporaines de l’art “est-européen” »</p><p style=""text-align: left;""><strong> Portfolio<br /></strong><br />Fabien Mérelle</p><p style=""text-align: left;""><strong>Interview </strong><br />Pedro Pablo Gomez, « Esthétique décoloniale ».</p><p><strong>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</strong></p>";;10/10/2016;23;155x220;158;978-2-84292-562-8;9782842925628;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_639.jpg;"<p><strong>« Anthropophagisme et historiographie <br /></strong>Vinicius Spricigo<br />L’article aborde la réception internationale de la XXIV<sup>e</sup> Biennale de São Paulo et se propose d’analyser l’amplification de la notion d’Anthropophagisme ainsi que ses effets et ses limites sur la réception de l’art latino-américain, et brésilien en particulier, dans le contexte des débats autour de l’art global. Pour ce faire, l’article analyse comment l’exposition s’insère dans une généalogie des expositions d’art contemporain et en particulier des biennales qui se sont multipliées partout dans le monde dans les années 1990, et présente des tentatives encore peu connues de reformulation du modèle des représentations nationales et de réorganisation de la Biennale de São Paulo qui précèdent ce que l’on appelle le “tournant global” de l’art contemporain.</p><p><strong>« L’exposition “Modernidade, art brésilien du 20esiècle” (Paris, 1987) : dislocation et assimilation à l’aube de la globalisation de l’art <br /></strong>Camila Bechelany<br />Partant d'une analyse du récit curatorial de l’exposition « Modernidade, art brésilien du 20<sup>e </sup>siècle » (Paris, 1987-88) et de la réception critique de celle-ci en France et au Brésil, nous souhaitons réfléchir sur les possibilités et les limites d’un « modernisme brésilien » à l’aube de la globalisation de l’art. Cette réflexion pourrait donner lieu à une lecture de l’histoire internationale de l’art qui soit ouverte à la dislocation et à la compréhension du système international de l’art comme un champ symbolique multipolaire.</p><p><strong>Ecritures locales, lectures globales. L’art et l’architecture brésiliens dans les revues spécialisées internationales (1943-1964<br /></strong>Cecilia Braschi<br />A la lecture des revues spécialisées françaises, anglaises et brésiliennes des années 1940 à 1960, l’historiographie de l’architecture et de l’art brésiliens apparaît comme une construction complexe, issue du dialogue entre multiples récits locaux. Etroitement liés à chaque contexte politique et culturel dont ils sont issus, ces récits trouvent dans les revues d’art et d’architecture des plateformes pour tester leur validité sur le plan national et régional, puis pour obtenir l’aval et la légitimation internationaux.</p><p><strong> </strong><strong>« De l’Occident en Chine, étude de l’expression “art abstrait” dans son contexte global <br /></strong>Shiyan Li<br />Cet article traite essentiellement de la manière dont la notion d’art abstrait venu d’Occident est reprise par la critique d’art en Chine. Trois critiques sont étudiés ici : Feng Zikai, Wu Guanzhong et Gao Minglu, qui représentent chronologiquement trois cheminements différents dans l’appropriation de l’art abstrait venu d’Occident à trois moments significatifs de l’histoire de l’art en Chine : les années 1930, les années qui suivent la Révolution culturelle et le tournant du millénaire. Dans ces quelques pages, on rencontra : l’exposé de la problématique de la traduction de la notion d’art abstrait et des différentes expressions qui lui sont associées ; la description de l’effort de compréhension nourri cependant par certains malentendus et erreurs d’interprétation sur lequel s’appuie une volonté de dialogue entre l’Occident et la Chine ; un repérage de l’emploi de néologismes « transfusés » par la pensée occidentale dès la seconde moitié du 19<sup>e</sup> siècle chez les critiques modernes et contemporains chinois ; une ouverture sur l’une des problématiques des <em>Global Studies</em> faisant face à l’uniformité de l’usage de certains concepts occidentaux (devenus désormais mondiaux) dans des pays non occidentaux, dont la Chine.</p><p><strong>« Une critique d’art d’un « autre genre » : une réponse de la critique d’art chinoise à la mondialisation <br /></strong>Annie Lazarus<br />Avec la percée des artistes dans les grandes expositions internationales au début des années 1990, la mondialisation n’a pas épargné les milieux de la critique d’art chinoise. Relativement peu nombreux, les textes consacrés à cette nouvelle situation proposent dans l’ensemble une vision optimiste, encouragent au dialogue et dénoncent l’opposition Est/Ouest non productive. Cependant la mondialisation a sensiblement modifié le travail des critiques. Dans un contexte où l’emprise de l’idéologie (mise en avant de la culture nationale, encouragement du nationalisme) est très forte, les auteurs ont d’une part proposé un vocabulaire propre à la Chine pour analyser l’art chinois, et d’autre part questionné la question de la sinéité ou nature chinoise. La démarche de Gao Minglu est emblématique. Défenseur des théories occidentales dès les années 1980, il propose en 2009 une théorie en réactivant les concepts de l’Antiquité, reniant ainsi ces engagements et s’attirant les sarcasmes de ses pairs.</p><p><strong> </strong><strong>« Traduire comme pratique artistique. Cinq propositions-interfaces Afrique du Sud / monde <br /></strong>Katja Gentric<br />En Afrique du Sud la coexistence de multiples langues trouve un écho dans les pratiques d’artistes qui se situent comme une membrane d'interface à la surface de contact entre deux milieux : Lerato Shadi, Willem Boshoff, Moshekwa Langa, le duo Dorothée Kreutzfeldt / Bettina Malcomess et le collectif « Center for Historical Reenactments ». Nourri de la critique de la situation post-apartheid, ce travail prend la forme de fictions personnelles, de performances proche des arts vivants ou d’actions furtives réalisées par un artiste-enquêteur dans sa relation à l’historicité des phénomènes linguistiques et sociales liées au langage.</p><p><strong>« Réminiscences contemporaines de l’art “est-européen” »<br /></strong>Jovan Mrvaljevic<br />Ce texte tente de cerner les mutations dans la perception de l’art dit est-européen à travers trois périodes historiques: l’époque communiste, post-communiste et la période récente. Ce faisant on constate des « réminiscences contemporaines » de l’expérience de l’art est-européen. Il s’agit de parallèles qui s’imposent entre cette expérience et les phénomènes contemporains, et cela notamment dans les débats sur la position de l’artiste dans le contexte actuel, sur les tendances collectives, sur les questions de l’instrumentalisation de l’art ainsi que sur son contenu politique.</p>";"<div><p>Le constat d’un « Art global » offre, depuis la fin des années 1980, une importante source de réflexions aux théoriciens et historiens de l’art, ainsi qu’aux commissaires d’exposition et professionnels des musées. Selon le spécialiste des Global Studies, Hans Belting, l’art contemporain peut être appréhendé aujourd’hui comme synonyme de global art ; le « globalisme » étant selon lui l’antithèse de l’universalisme, dans la mesure où il décentre une vision du monde unifiée, tout en s’orientant vers des modernités multiples. Un grand nombre de colloques, séminaires, publications, programmes de recherche, accrochages de musées et d’expositions, font écho à ces questions. La littérature produite sous l’étiquette de Global Studies met généralement en avant deux approches : la première relie l’art contemporain à l’évolution du musée, des biennales, des foires, etc., à la lumière de la globalisation économique ; la deuxième dénonce les inégalités dans les modalités d’accès au monde de l’art contemporain et considère que le processus d’institutionnalisation ne fonctionne pas de la même manière pour tous.</p><p>La première approche traduit assez bien les évolutions récentes des institutions artistiques et notamment la volonté de plus en plus affichée de repenser la programmation des musées ou leur politique d’acquisition en incluant des zones géographiques auparavant marginalisées. La deuxième approche souhaite quant à elle élaborer des paradigmes critiques et historiographiques capables de prendre en compte les apports des études postcoloniales, des études culturelles et, plus récemment, de la géographie critique. Au cours des vingt dernières années, un grand nombre de questions et de catégories d’interprétation nouvelles ont ainsi été mobilisées, introduisant des notions inédites dans l’historiographie de l’art, telles que métissage, exclusion, décentrement, hybridation, etc. En empruntant des termes et approches autres que ceux de l’histoire de l’art, ces nouvelles lectures promettent une réorganisation des discours sur l’art qui prenne en compte des récits multiples et fragmentaires, réfractaires aux catégories du canon moderniste occidental.</p><p>Vingt ans de débats sur l’émergence d’un monde global ont néanmoins principalement conduit à la production de nouvelles « étiquettes », lesquelles se réfèrent à la géographie (art africain, art latino-américain…) au médium (photographie, performance) et aux courants canoniques occidentaux (surréalisme, figuration/abstraction, conceptualisme…). Ces étiquettes semblent remettre au goût du jour des catégories éprouvées, tout en réduisant la production des pays extra-occidentaux à des concepts facilement exploitables, voire vendables. L’Art global serait-il en train de se transformer en un nouveau canon contemporain ? Quelles possibilités concrètes y a-t-il de refuser un tel canon et de créer de nouveaux outils pour penser de nouvelles perspectives pour l’art de notre temps ? Si ce numéro s’intéresse à la question de l’Art global, ce n’est pas du point de vue d’une unification des pratiques artistiques à l’échelle mondiale, mais bien plus en prenant en compte les effets de la globalisation sur des <br />pratiques locales.</p><p>La première partie s’intéresse à l’art brésilien ; un cas paradigmatique sans doute en ce que la scène artistique de ce pays a vu cohabiter à la fois des pratiques modernistes occidentalisées, des pratiques visant à définir une modernité spécifiquement brésilienne et d’autres types de positionnements encore, plus difficiles à qualifier, entre rituels d’origine africaine, art religieux et traditions populaires. La question de la définition d’une spécificité artistique brésilienne est au cœur de l’article de Vinicius Spricigo. Son étude se centre sur le réinvestissement contemporain de la notion d’anthropophagisme : une notion propre à la modernité des années 1920 (Oswaldo de Andrade) et qui a été utilisée à nouveau dans les années 1990 pour qualifier la XXIVe biennale de São Paulo. En un sens, il s’agissait bien là de confronter la réalité de la scène brésilienne aux représentations dont elle fait l’objet à l’extérieur du pays.</p><p>Camila Bechelany traite d’une situation presque opposée : la présentation de la modernité brésilienne à l’étranger, au travers de l’exposition « Modernidade, art brésilien du 20e siècle » au Musée d’art moderne de la ville de Paris en 1987. Cette exposition, ainsi que l’important catalogue qui l’accompagnait, avait en partie été produite par des institutions brésiliennes. Elle avait pour ambition de donner à voir une autre image de l’histoire de l’art au Brésil, tout en présentant une image différente de l’idée même de modernité.</p><p>Le texte de Cecilia Braschi s’intéresse enfin à des questions proches de celles des deux articles précédents, mais dans une perspective plus historique, observant la manière dont l’architecture brésilienne des années 1940-1960 a été perçue hors de ce pays dans des revues européennes et nord-américaines. À lire ces revues, la modernité occidentale semble en effet se refléter à distance dans les productions sud-américaines ; et même si cette représentation est fausse, la réalité des partis pris locaux se retrouve prisonnière de représentations reproduites de revues en <br />revues au cours du temps.</p><p>Dans un contexte très différent, on retrouve le même type de tension entre revendication d’une spécificité nationale et aspiration à une intégration à la scène globale de l’art dans les ambivalences de la scène chinoise de l’art contemporain, ce dont témoignent les textes de Shiyan Li et Anny Lazarus. Shiyan Li prend pour prétexte la difficulté qu’il y a à traduire l’idée même d’art abstrait en chinois. Cette difficulté se lit dans les différentes tentatives menées par plusieurs générations d’artistes et de théoriciens pour transposer cette notion dans le contexte chinois. La phase la plus récente de cette histoire correspond aux tentatives du critique et théoricien Gao Minglu visant à définir une abstraction spécifiquement chinoise, au travers de l’idée de « Maximalisme », puis avec l’École de l’intentionnalité. Anny Lazarus reprend pour partie les mêmes questions, mais en se limitant aux discussions les plus contemporaines entourant l’idée selon laquelle il existerait une critique d’art spécifiquement chinoise. Les positions de Gao Minglu, bien que centrales dans les débats contemporains, sont semble-t-il remises en cause actuellement ; l’idée de spécificité chinoise étant vue comme un avatar de la politique nationaliste du moment.</p><p>Le texte de Katja Gentric change de perspective en partant des pratiques d’un ensemble d’artistes sud-africains. À travers ces pratiques, l’auteure livre une étude du contexte artistique de l’Afrique du Sud post-apartheid, un contexte où de nombreux artistes sont confrontés à des situations d’affirmation identitaire. La question des langues et des traductions est au centre de la pratique des artistes dont il est question, lesquels ne se préoccupent pas tant de confrontations globales que de lignes de fracture beaucoup plus locales.</p><p>Jovan Mrvaljevic s’interroge enfin sur l’intégration de la scène de l’art d’Europe de l’Est au sein du système de l’art contemporain globalisé. Comme le constate l’auteur, la situation a complètement changé depuis la chute du Mur de Berlin ; cette partie du monde étant de moins en moins considérée comme un « bloc » et de plus en plus comme un ensemble de scènes distinctes, où le rapport à la globalisation se joue différemment entre les artistes. En somme, si la globalisation est présente, c’est davantage en filigrane, en tant que désir de reconnaissance des artistes en Occident.</p><p>Un entretien réalisé avec Pedro Pablo Gómez à propos de la « décolonisation » complète ce dossier. Enfin, nous accueillons un portfolio d’œuvres de Fabien Mérelle, ainsi qu’un certain nombre de comptes rendus d’ouvrages et d’expositions.</p><p>Jérôme Glicenstein</p><p>octobre 2016</p></div>";"<p><strong>« Antropophagism and historiography <br /></strong>Vinicius Spricigo<br />This article discusses the international reception of the 24th São Paulo Biennial and it aims to analyse the amplification of the notion of Anthropophagy, as well as its limits and effects for the reception of Latin American Art, especially in Brazil, within the narratives surrounding Global Art. For this purpose, it analyses the way in which this edition of the São Paulo Biennial was included in a genealogy of international exhibitions of contemporary art and biennials that emerged in the 1990s. The article presents some attempts to reformulate the national representation model and to reorganize the São Paulo Biennial, attempts that preceded the so-called ""global turn""of the contemporary art.</p><p><strong> “The exhibition </strong><strong>‘Modernidade, art brésilien du 20e siècle’ (Paris, 1987) : dislocation and assimilation at the dawn of art’s globalization”<br /></strong>Camila Bechelany<strong> </strong><br />Starting from an analysis of the curatorial narrative used for the exhibtion ""Modernidade, art brésilien du 20<sup>e</sup> siècle"" (Paris, 1987-88) and from the critical reception it received, we intend to consider the possibilities and limits of a ""Brazilian Modernism"" at the dawn of the globalization of art. Such reflections could result in a reading of the international history of art that would be open to dislocation and to an understanding of the international art system as a pluricentralized symbolic field.</p><p><strong>Local writings, global readings. Brazilian art and architecture in specialist reviews (1943-1964<br /></strong>Cecilia Braschi<br />Reading the French, English and Brazilian specialized reviews of the 1940, 1950 and 1960, the historiography of Brazilian architecture and art appears as a complex construction from multiple and dialectical local stories. Art and architectural review offers to those stories, related to each political and cultural context, a platform to test their local and regional validity, then to obtain an international approval and legitimacy.</p><p><strong> “From the West to China, a study of the expression “abstract art” in its global context<br /></strong>Shiyan Li<br />This article mainly discusses how the western concept of abstract art is taken over by art criticism in China. Three art critics are examined here: Feng Zikai, Wu Guanzhong and Gao Minglu. They represent chronologically three different paths in the appropriation of abstract art at three significant moments ot China’s history of art: the 1930’s, the years following the Cultural Revolution and the turn of the millennium. In these limited pages we deal with an overview of translation problems for the concept of abstract art and the various expressions associated with it; a description of the effort to understand it, with sometimes misunderstandings and misinterpretations, which bears witness to a desire for dialogue between the West and China; a tracking of the use of neologisms “transfused” by Western thought since the second half of 19<sup>th</sup> century in modern and contemporary Chinese criticism; an opening on one of the issues of Global Studies facing the uniformity of the use of certain Western concepts (now globalized) in non-Western countries, including China.</p><p><strong>« Another kind » art criticism : a response of Chinese art criticism to globalizatio<br /></strong>Annie Lazarus<br />Alongside the rise of Chinese artists in major international exhibitions in the early 1990’s, globalization has not spared the circles of Chinese art criticism. On the whole, the relatively few texts devoted to this new situation offer an optimistic outlook, encouraging dialogue and dismissing the East/West opposition, deemed unproductive. Yet, globalization has significantly affected the work of critics. In a context where the weight of an ideology promoting national culture and spurring nationalism is very heavy, authors proposed a vocabulary specific to China to analyze Chinese art and, on the other hand, questionned Chineseness or Chinese nature. Gao Minglu approach is emblematic. After having praised Western theories in the 1980’s, in 2009 he proposed a theory reactivating concepts from antiquity, thus denying his former commitments and attracting sarcasm from his peers.</p><p><strong>“Translating as an artistic practice. Five propositions at the interface South Africa / World<br /></strong>Katja Gentric<br />In South Africa the coexistence of multiple languages is felt in the artistic practices, who become like an interface between epistemological spaces. It is the case in the practices of Lerato Shadi, Willem Boshoff, Moshekwa Langa, the duo Dorothée Kreutzfeldt / Bettina Malcomess and the collective ‘The Center for Historical Reenactments’. Nourished by post apartheid critique these works take on the form of a personal fiction, performance close to actionism or ""actions furtives"" performed by an artist-researcher in his relationship with the historicity of linguistic and social phenomena linked to language.</p><p><strong>« Contemporary reminiscences of “east-european art <br /></strong>Jovan Mrvaljevic<br />This paper attempts to identify the mutations in the perception of the art known as “East-European art” through three historical periods : communist era, the post-communist one and recent times. In doing so we can observe “contemporary reminiscences”; of the experience of East-European art. There are necessary parallels between this experience and contemporary phenomena especially in the debates on the artist’s position in the current context, on collective trends, on the issues of the exploitation of art and of its political content.</p>";234;15.00;"<p>Le constat d'un « art global » offre, depuis la fin des années 1980, une riche matière de réflexion aux théoriciens et aux historiens de l'art, ainsi qu'aux commissaires d'exposition et aux professionnels des musées. Pour ce numéro de la revue <em>Marges</em>, il s'agit d'interroger les commentaires récents qui entendent l'art contemporain comme synonyme de <em>global art</em>, le « globalisme » étant vue comme une antithèse de l'universalisme, dans la mesure où il s’agit de décentrer une vision du monde unifiée tout en s'orientant vers des modernités multiples.</p>";;26/05/2016 18:30;1;Première édition;3675 640;1;3;24;Les lieux de la loi en Chine impériale;N°40/2016;;;"<p>Comment l’empire Qing (1644-1911), a-t-il réussi à combiner de vastes régions en un ensemble cohérent et durable qui structure encore l'espace chinois ?</p>";"<p>Une dogmatique de l’espace
. Les lieux de la loi en Chine impériale<br />A Dogmatics of Space. Legalizing Space in Imperial China<strong><br />Jérome Bourgon </strong></p><p><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Pénaliser l’espace – Penalizing Space</strong></p><p>Punir par l’espace : la peine d’exil dans la Chine impériale<br />Punishing Through Space: The Punishment of Exile in China<strong><br />Frédéric Constant </strong><strong> </strong></p><p>The Law and the “Law”: Two Kinds of Legal Space in Late-Qing China<br />La Loi et la « loi » : deux genres d’espace juridique dans la Chine des Qing<strong> </strong><strong><br />Eric Schluessel </strong><strong> </strong></p><p>Military Operations, Law and Late Imperial Space: 
The Spread of Militarized Adjudication<br />Procédure criminelle militarisée contre procédure criminelle de routine 
en fonction du temps et de l’espace<strong> </strong><strong><br />E. John Gregory </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p>Entre « loi des Miao » et loi sur les Miao : 
le cas du trafic d’êtres humains dans le Guizhou au XVIII<sup>e</sup> siècle<br />Between « Miaoli » and Codified Laws on the Miao: 
The Trafficking in Human Beings in 18th-century Guizhou<strong><br />Zhang Ning (Laure) </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Réglementer l’espace – Regulating Space</strong></p><p>Les lois spéciales à caractère régional dans le code des Qing<br />On Regional Special Sub-Statutes in the Qing Dynasty<strong> </strong><strong><br />Wang Zhiqiang </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p>Lieux de la loi, lieux du savoir : 
maîtriser le temps et l’espace des autopsies sous les Qing<br />Spatializing Law, Spatializing Knowledge: Governing Time 
and Space in Qing China’s Forensic Practice<strong> </strong><strong><br />Xie Xin-zhe </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p>A “Dog-eat-dog” World: Qing Jurispractices 
and the Legal Inscription of Piety in Amdo<br />Un monde de conflits féroces : pratique judiciaire et réglementation légale de la religion en Amdo sous les Qing<strong><br />Max Oidtmann </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p>Space and Place in Administrative Military Regulations 
of Qing China: An Evaluation of the Legal Type of <em>Zeli</em><br />L’espace et le lieu dans les réglementations de l’administration militaire 
à l’époque des Qing : une évaluation des <em>zeli</em> comme genre juridique<strong> </strong><strong><br />Ulrich Theobald </strong></p><p><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Regard extérieur</strong></p><p>Spatializing Law in a Comparative Perspective of Legal History<br />Spacialiser le droit dans une perspective d’histoire juridique comparée<strong> </strong><strong><br />Jean-Louis Halpérin </strong></p><p><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p>Résumés <br />Abstracts <br />٤#-n </p><p> </p><p>Contributeurs <br />Bio-bibliographical Notes </p>";;10/11/2016;40;155x220;234;978-2-84292-556-7;9782842925567;1;0754-5010;Presses Universitaires de Vincennes;img_640.jpg;"<p>Frédéric Constant<strong><br />Punir par l’espace : la peine d’exil dans la Chine impériale<br /></strong><br />L’exil était fondé en Chine sur des représentations de l’espace politique héritées de l’antiquité au terme desquelles le territoire était constitué de zones concentriques s’éloignant progressivement du centre de la civilisation figuré par le domaine royal. Les dynasties suivantes furent confrontées à la nécessité de retranscrire cet espace virtuel dans la réalité d’un territoire politique qui avait évolué depuis l’unification impériale. Les Qing tentèrent les premiers de prendre des mesures en vue d’établir une géographie précise des lieux d’exil. À travers la cartographie de ces lieux d’exil, nous souhaitons mettre en évidence les principes aux termes desquels le territoire impérial devînt un espace pénal de relégation des criminels.</p><p> </p><p>Eric Schluessel<strong><br />La Loi et la </strong><strong>‘</strong><strong>loi’: deux genres d’espace juridique dans la Chine des Qing<br /></strong><strong> </strong><br />Cet article expose la conceptualisation et la mise en œuvre d’un nouvel imaginaire juridique et géographique dans la Chine du 19<sup>e</sup>siècle. Dans la première moitié du 19<sup>e</sup> siècle, des membres de l’école de pensée dite des « sciences de l’État » (<em>jingshi</em>) adopta une conception de la « loi » qui mettait en opposition le droit codifié et ce qu’ils concevaient comme des normes socio-morales naturelles. Cette dichotomie expliquait selon eux la contraction géographique de la société chinoise, l’émergence des dynasties d’Asie Centrale, et la possibilité d’une nouvelle expansion chinoise. La guerre des Taiping offrit l’occasion à des membres de ce groupe de mettre ces idées en pratique en suspendant stratégiquement le droit impérial en faveur d’un activisme administratif de manière à faire avancer leur idéal de relations sociales. À partir des années 1870, ce groupe travailla à transformer le territoire du Xinjiang d’Asie centrale en province de l’empire. Ce procès fait apparaître les contradictions dans la conception que l’école des « sciences de l’État » se faisait du droit.</p><p> </p><p>E. John Gregory<strong><br />Procédure criminelle militarisée contre procédure criminelle de routine en fonction du temps et de l’espace<br /></strong><br />Cet essai décrit la procédure militarisée (<em>yi junfa congshi</em>) sous les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912) et sa relation avec les exécutions sommaires (ou quasi-sommaires) sous l’étendard impérial (<em>gongqing wangming</em>) au dix-huitième siècle. Il montre que sous ces dynasties, des jugements militarisés de nature sommaire, essentiellement, se sont produits le long d’un gradient spatio-temporel en fonction de la proximité et l’intensité des opérations militaires actives. Il démontre aussi que, jusqu’au dix-huitième siècle, la justice militarisée répondait à un paradigme différent de la procédure de routine (<em>zhuanshen</em>, <em>heshen</em>, <em>qingzhi</em>) associée au code des Qing (<em>DaQing Lüli</em>). Lorsque un acte violant la norme se produisait au plus près du champ de bataille, et au cours de celle-ci, il était d’autant plus probable que le délinquant serait sommairement jugé selon la procédure militarisée. Les exécutions sommaires sous l’étendard impérial développées à partir de la pratique de cette procédure sont un phénomène essentiellement du dix-huitième siècle. L’article s’appuie sur des intellectuels de la période Ming-Qing, comme Wang Yangming, ainsi que sur des cas pénaux afin distinguer les deux paradigmes différents, la procédure militarisée d’une part, et la procédure de routine de l’autre. Il démontre le changement au fil du temps dans la relation entre l’adjudication militarisée, l’adjudication pénale de routine, et le gradient des opérations militaires.</p><p> </p><p>Zhang Ni<br /><strong>Entre « loi des Miao » et loi sur les Miao : Le cas du trafic d’êtres humains dans le Guizhou au 18<sup>ème</sup> siècle<br /></strong><br />Cette étude considère essentiellement le cas des Miao de la province du Guizhou en examinant deux aspects de la conquête des territoires des Miao par les mandchous au 18<sup>ème</sup> siècle. Le premier concerne le statut des « Miaoli » ou des lois sur les Miao » au sein de l’architecture d’ensemble des lois éditées par l’Etat mandchou pour assurer le contrôle de ces populations allogènes, soit une tension entre la nécessaire reconnaissance des pratiques indigènes et la volonté de les réduire progressivement au régime commun de la loi impériale. Le second concerne la lutte contre les trafiquants Han pénétrant dans le Guizhou pour se livrer au trafic d’êtres humains : on y perçoit une tension d’une autre nature, celle qui oppose la volonté de réprimer une criminalité à grande échelle et la nécessité de tolérer, voire de légaliser, certains de ces agissements. La complexité des lois sur l’esclavage et la vente d’êtres humains autant que la prise en compte d’un cycle de rébellions et de répressions militaires imposaient au pouvoir mandchou une approche pragmatique.</p><p><strong> </strong></p><p>Wang Zhiqiang<strong><br />Les lois spéciales à caractère régional dans le code des Qing</strong><strong> <br /></strong><br />Les lois spéciales à caractère régional étaient des lois édictées par le gouvernement central vis-à-vis d’une situation particulière à une région donnée, et dont l’emploi se limitait à cette région. Sous les Qing, ces lois visaient les crimes les plus graves, elles étaient distribuées par le gouvernement central, principalement sur l’aire métropolitaine de Pékin et sur les régions frontières. Expressions du mécanisme de centralisation du pouvoir, leur production s’accompagnait de l’insertion systématique d’articles additionnels au sein du code des Qing. En ce qu’ils représentaient une adaptation ou un compromis avec les réalités locales et maintenaient la sécurité publique, ces articles additionnels avaient un rôle positif, mais du fait des défauts du système législatif et du manque de technicité de leur codification, des défauts apparurent d’emblée et s’accrurent avec le temps.</p><p> </p><p>Xie Xin-zhe<strong><br />Lieux de la loi, lieux du savoir : Maîtriser le temps et l’espace des autopsies sous les Qing<br /></strong><br />Sous l’article 412 du Code des Qing régissant les autopsies, il existe un groupe spécifique des articles additionnels qui résultent des soucis en relation à la fois avec le temps et l’espace. En raison de l’insurmontable vulnérabilité d’un cadavre, l’anxiété devant l’écoulement du temps est d’autant plus flagrante que l’autopsie est en jeu. De plus, l’impératif de réaliser toute autopsie <em>in situ</em> rend cette course contre la montre encore plus laborieuse. En outre, le Code stipule que seuls les magistrats locaux sont habilités à superviser une autopsie. Par conséquent, le défi posé par le temps et l’espace, conjugué avec l’habilitation exclusive du magistrat, donne lieu à un casse-tête caractérisé par le temps rallongé pour un magistrat habilité d’arriver sur la scène de l’autopsie. Sur la base des mémoires du palais jusqu’ici inédits, l’article retrace comment les législateurs des Qing tentèrent de résoudre un tel casse-tête en mettant progressivement en place des mesures accommodantes ainsi que des limites à leur utilisation. Ce faisant, l’article éclaire une conception particulière de l’expertise, qui met l’accent plus sur la fiabilité morale que sur la connaissance technique.</p><p> </p><p>Max Oidtmann<strong><br />Un monde de conflits féroces : Pratique judiciaire et réglementation légale de la religion en Amdo sous les Qing<br /></strong><br />Les historiens du Tibet ont largement ignoré les conséquences du contexte colonial du développement de la société tibétaine sous les Qing. Exploitant des archives jusqu’ici inaccessibles en Tibétain et en Mandchou du Qinghai et du Gansu, cet article examine les influences du gouvernement des Qing sur le développement de la culture juridique de l’Amdo. L’arrivée de magistrats des Qing en Amdo à la fin du 18<sup>e</sup> siècle offrit de nouvelles occasions aux justiciables tibétains de régler leurs litiges. Tout d’abord réticents à être impliqués dans ces poursuites judiciaires, les fonctionnaires des Qing se trouvèrent bientôt attirés dans une grade variété d’affaires allant des disputes sur les ressources naturelles entre laïcs tibétains à des affrontements de large échelle entre monastères sur des problèmes tels que la désignation des abbés, les pèlerinage, et les droits sur des propriété tant animées qu’inanimées, appartenant aux domaines de lamas réincarnés. Cet ensemble de litiges ne donna pas seulement naissance à un code « tibétain » dérivé des lois mongoles et d’autres pratiques indigènes, mais produisit un vaste corpus de décisions et d’agréments, rédigé tant en tibétain qu’en chinois, qui structura en profondeur la société indigène de l’Amdo. Ces nouvelles traditions de « pratiques judiciaires » (jurispractices) modifièrent profondément les structures politiques et religieuses de la société locale et aboutirent à des restrictions légales et à une réglementation des activités religieuses.</p><p> </p><p>Ulrich Theobald<strong><br />L’espace et le lieu dans les </strong><strong>réglementations de l’administration militaire à l’époque des Qing: </strong><strong>une évaluation des <em>zeli </em>comme genre juridique</strong><strong> <br /></strong><br />Cet article analyse trois ensembles de réglementations de l’administration militaire lors de l’apogée des Qing. Ils appartiennent au genre <em>zeli</em>, un genre de règlements qui a été négligé par les historiens récents. La première partie de cet article est donc une définition du genre et une description de ses caractéristiques. Une seconde partie étudie les <em>Règlements sur les fournitures et dépenses de guerre </em>(<em>Junxu zeli</em>) et une troisième étudie les <em>Règlements sur les armes et l’équipement militaire</em> (<em>Junqi zeli</em>) du ministère de la Guerre et du ministère des Travaux Publics. Il y est démontré que chacun de ces règlements fournissait en principe des règles claires et détaillées dans une large gamme d’aspects de l’administration militaire. L’espace et le lieu jouaient un rôle important dans ces instructions (par ex., la destination des mouvements de troupe, ou la localisation des garnisons). Pourtant, en pratique, ils offraient une marge de manœuvre suffisante pour permettre une adaptation aux conditions locales et une bonne part d’autonomie. Cela est dû au fait que ces codes visaient tous les trois à réduire les dépenses, et non à unifier les armements et les équipements. L’échec à unifier les équipements et à moderniser les règlements au début du 19<sup>e</sup> siècle devait avoir des conséquences fatales.</p>";"<div><p><strong>Une dogmatique de l’espace.</strong><br /><strong>Les lieux de la loi en Chine impériale</strong></p><p><em>Jérome Bourgon</em></p><p>« Territorium est universitas agrorum infra fines cujusque civitatis, quod ab eo dictum quidam aiunt, quod magistratus ejus loci intra eos fines terrendi, id est summovendi jus habent. »</p><p>[Un territoire est l’ensemble des terres situées dans les limites d’une cité, dont certains disent qu’il est ainsi nommé parce que le magistrat de ce lieu a dans ces limites le droit de terroriser, c’est-à-dire d’exclure.]<br />Pomponius, <span>Digeste</span>, 50, 16, 239, 8.</p><p>Qu’on nous pardonne de commencer par un <span>quizz</span> sans rapport avec la Chine : se souvient-on de la teneur de l’article Premier du Code civil de 1804, dit « Code Napoléon », ce monument du droit moderne auquel se rattachent encore de nombreux systèmes juridiques nationaux du monde actuel ? Il ne ressemble à rien de ce que nos conceptions courantes du droit laisseraient attendre. Le voici :</p><p><span>Article Premier</span></p><p>Les lois sont exécutoires dans tout le territoire français en vertu de la promulgation qui en est faite par le Premier Consul.<span> </span></p><p>Elles seront exécutées dans chaque partie de la République, du moment où la promulgation pourra être connue.</p><p>La promulgation faite par le Premier Consul sera réputée connue dans le département où siègera le Gouvernement, un jour après celui de la promulgation ; et dans chacun des autres départements, après l’expiration du même délai, augmenté d’autant de jours qu’il y aura dix myriamètres (environ vingt lieues anciennes) entre la ville où la promulgation en aura été faite, et le chef-lieu de chaque département<a id=""footnote-994-1-backlink"">1</a>.</p><p>Pas de solennelle proclamation de droits individuels ou de principes éternels, juste la mise en place d’un dispositif de diffusion à partir d’un centre de pouvoir. Pour n’être pas qu’un « art simple et tout d’exécution », comme Napoléon le disait de la guerre, le droit n’en a pas moins sa logistique. Durant l’essentiel des temps historiques, la loi s’est déplacée d’un relais de poste à l’autre à la vitesse d’un cheval au galop : quatre-vingt à cent kilomètres par jour en moyenne, sous Napoléon comme sous ses contemporains Qianlong et Jiaqing. Le législateur avisé sait que l’expression de sa volonté doit prendre le temps de la transmission, et compter avec les divers obstacles que la matérialité de l’espace lui oppose.</p><p>C’est dans cet esprit que nous avons entrepris d’étudier l’empire chinois comme espace modulé par le droit. « Régir l’espace chinois : la structuration du territoire de la Chine impériale par un système juridique hiérarchisé », tel était le titre du projet financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui s’est conclu par le colloque sur « Les lieux de la loi » dont les communications ont servi de point de départ à la constitution de ce numéro d’<span>Extrême-Orient, Extrême-Occident</span><a id=""footnote-994-2-backlink"">2</a>. L’empire des Qing se présente en effet comme un agencement de territoires obéissant à des normes originellement très diverses – code pénal et ordonnances réglementaires pour la Chine des dix-huit provinces héritées des Ming, lois et coutumes spécifiques aux régions mongoles, tibétaines, ouighoures, ou à d’autres moins étendues comme celle des populations Miao, etc. Comment cet agrégat inconstitué de peuples désunis s’est-il trouvé graduellement intégré, sinon unifié, en un même système juridique ? Certes, l’empire chinois n’a jamais atteint le degré de centralisation et d’homogénéité de la France post-révolutionnaire. Son système juridique est resté composite, ou « pluraliste » comme l’était l’administration dans son ensemble. La tendance était pourtant bien à l’unification sous une même loi, comme le montrent les divers articles réunis ici. Tout leur mérite et, espérons-le, leur intérêt, sont d’exposer savamment les modes d’opération visant à convertir des espaces conquis en territoires soumis, au prix des nombreuses variations imposées par les diversités locales.</p><p>Il nous a paru commode de distinguer les modes d’opération tendant à « Pénaliser l’espace » et à « Réglementer l’espace ».</p><p>Les articles rassemblés sous le premier thème paraissent autant d’illustrations de l’extrait de Pomponius cité en exergue. Selon une étymologie douteuse mais bien établie sous l’autorité des commentateurs du code Justinien, base romaine des droits européens, le mot <span>terr</span>itoire désigne un lieu dans les limites duquel le magistrat a tout droit de « <span>terr</span>oriser »<a id=""footnote-994-3-backlink"">3</a>. C’est bien le genre de pouvoir dont il s’agit dans l’article qu’Eric Schluessel consacre aux « exécutions sur le champ » en territoire ouighour, qui dérogeaient aux procédures légales de vérification et de révision des peines capitales. Le régime d’exception d’un pouvoir colonial s’exerçant en territoire « indigène » musulman au nom d’une mission civilisatrice mettait le rite, instrument présumé de la civilisation et mobile très noble de la terreur, au-dessus des lois. C’est bien ce même arbitraire qui caractérisait la « justice militarisée » (<span>militarized adjudication</span>) étudiée par John Gregory. Son symbole est la bannière portant les caractères <span>gong qing wang ming </span>(dans l’attente respectueuse d’un ordre souverain) qui flottait sur les lieux d’exécutions sommaires, en hommage ironique et sinistre à la procédure exigeant que toute peine capitale fût expressément autorisée par rescrit impérial. Gregory montre que le recours à cette sorte de justice expéditive était déterminé par la situation géographique du condamné, et avait toute chance de prévaloir dans les « zones de combat » et les régions frontières.</p><p>C’est un autre genre de pénalisation de l’espace que décrit Frédéric Constant, comme pour éclairer l’étymologie de Pomponius sous son autre face : un territoire est un lieu où le magistrat peut terroriser, <span>c’est-à-dire exclure</span>. De fait, les diverses formes d’exil et de déportation pratiquées depuis l’Antiquité apparurent d’abord comme substitut de la peine capitale, ce qui permettait de joindre les attraits de la clémence aux avantages de l’exclusion sociale et aux profits du travail forcé. Rien là de bien original, mais ce qui distingue la Chine, c’est d’avoir systématisé cette utilisation pénale de l’espace en la liant étroitement à l’échelle de peines légales qui était au fondement de son système juridique codifié. L’exil, qui formait le quatrième étage de l’ensemble des Cinq peines légales (<span>Wuxing</span>), fut ainsi subdivisé en une série de gradations fondées sur l’éloignement et la nocivité des lieux. Constant montre comment les Ming et, surtout, les Qing s’astreignirent à rendre effective sur le terrain cette gamme d’aggravations au moyen de tableaux complexes calculant les distances de la préfecture de départ à la préfecture d’arrivée, et tenant compte de la qualité des lieux « insalubres », « frontaliers », ou habités par des populations farouches. Les dimensions et les qualités du territoire deviennent alors autant de moyens de moduler la peine d’exil et de « punir par l’espace ».</p><p>Il est un autre aspect sur lequel cet article très riche attire notre attention : c’est l’infrastructure dogmatique qui fonde l’ensemble de ces opérations complexes. Ce qui passerait aisément pour une succession de mesures pratiques visant à adapter un vieux système aux nécessités du temps apparaît à meilleur examen comme le déploiement d’une conception de l’espace qui embrasse l’ensemble des institutions. C’est ainsi que la gradation des exils répond au schéma dit des <span>Wufu</span>, soit Cinq phases de dégradation progressive au fur et à mesure qu’on s’éloigne du centre civilisé vers les marges barbares. Que ces cinq <span>fu </span>spatiaux soient désignés du même caractère, renvoyant au même concept, que les cinq <span>fu</span> qui désignent les degrés de deuil structurant l’espace familial est un de ces raccourcis fulgurants qui font l’efficacité des procédés dogmatiques<a id=""footnote-994-4-backlink"">4</a>. Nous avons affaire au développement spatial d’un ensemble dogmatique coulant dans un même bronze l’échelle des peines, la gradation des lieux d’exil, la hiérarchie des rangs familiaux, et l’empire comme espace de civilisation rayonnant à partir d’un centre. C’est cette structure d’ensemble que les savants philologues ou les experts juristes savaient mobiliser le moment venu, chacun dans son domaine et selon ses nécessités propres. Ce qui peut paraître un exercice de style ou un jeu de fictions est une clé de la pérennité des institutions impériales.</p><p>Le cas des populations Miao, étudié par Zhang Ning, montre le lien intime entre pénalisation du crime et intégration au territoire. Tant que le territoire des Miao fut jugé difficilement assimilable car peuplé de Barbares « crus » selon la typologie chinoise, ceux-ci purent conserver leurs mœurs comme autant de « règles coutumières » appliquées par des chefs locaux reconnus par les Qing. Sitôt décidée l’intégration à l’empire, des lois furent codifiées pour criminaliser lesdites « règles coutumières », à savoir les vendettas entre lignages ou entre villages, les enlèvements contre rançon, et le trafic de personnes, principalement de femmes et d’enfants en direction du Sichuan. Alors qu’avaient été admises les pratiques consistant à racheter les homicides commis lors des vendettas par des compensations en bétail ou en numéraire, les Miao furent graduellement soumis aux procédures et aux peines réprimant le meurtre. La vieille pratique de l’enlèvement contre rançon fut poursuivie en liaison avec les opérations ciblant le trafic d’êtres humains par des bandes de criminels Han. C’est donc d’un même mouvement que le « territoire des Miao » fut intégré à l’empire et que certaines de leurs pratiques entrèrent dans le code des Qing comme autant de crimes à punir.</p><p>Le cas des Miao offre une bonne transition vers notre second thème : « Réglementer l’espace », ou, dans sa formulation anglaise, <span>Legalizing Space</span>. Il s’agit de la mise en forme du territoire par une législation différenciée, supposément adaptée aux nécessités du lieu.</p><p>L’article de Wang Zhiqiang donne un aperçu général de la question. Les « lois spéciales à caractère régional » qu’il a étudiées ne sont pas des règles locales, pas même des « règles coutumières » qui auraient été reconnues par les Qing puis intégrées à leurs codes. C’étaient des lois édictées par l’autorité centrale en considération des particularités d’un endroit donné, particularités qui étaient souvent signalées par, ou négociées avec, la bureaucratie territoriale en charge de ces régions. Décrétées par les autorités centrales aux fins de défense de la capitale, de contrôle du territoire et de protection des frontières, ces lois spéciales furent intégrées au code des Qing sous forme d’articles additionnels. C’étaient autant d’exceptions locales à la loi générale, qui assouplissaient ou allégeaient parfois, mais le plus souvent aggravaient les peines prévues pour certains types de crimes jugés sensibles dans la région concernée. Il s’agit, pour simplifier, d’un coefficient d’aggravation des peines dans les zones stratégiques, qui permet de cartographier assez précisément la manière dont les Qing concevaient le contrôle de leur territoire.</p><p>La réglementation de l’espace visait aussi à organiser les tâches ordinaires de l’administration en fonction des contraintes géographiques. C’est ainsi que les règles extrêmement pointilleuses régissant les autopsies durent être modifiées et, en fin de compte, assouplies, dans des régions montagneuses et chaudes de la Chine du Sud, où les cadavres risquaient de se décomposer avant que le magistrat flanqué de son agent légiste parvienne sur les lieux du crime. Xie Xin-zhe analyse tout un réseau de mesures complémentaires visant à concilier trois données : 1. les précautions légales entourant l’autopsie, source de possibles erreurs judiciaires, exigeant qu’elle soit faite par l’autorité compétente selon une procédure et dans des délais strictement définis ; 2. les contraintes de l’espace (éloignement, escarpement, climat tropical, etc.) ; 3. la rareté des magistrats et des experts qualifiés sur le terrain. Ces contraintes trouvent leur moyen terme dans la délégation du pouvoir d’autopsier à des personnels subalternes sous certaines conditions définies par une série d’articles additionnels dans le code des Qing. Autant de « lois spéciales à caractère régional », qui sont d’ailleurs brièvement mentionnées dans l’article de Wang Zhiqiang.</p><p>C’est un autre type de difficultés que posait l’Amdo, région de peuplement majoritairement tibétain dont Max Oidtmann nous montre comment elle fut graduellement intégrée à la province chinoise du Gansu. L’absorption se fit par la voie légale, non par la criminalisation des pratiques comme dans le cas des Miao, mais par le développement d’une jurisprudence de cas mixtes jugés par les cours de justice des Qing. Seule l’activité judiciaire, consistant en un ensemble cohérent de « pratiques judiciaires » (<span>jurispractices</span>), pouvait répondre au défi d’une pluralité qui était à la fois ethnique (Tibétains, Mongols, Han, etc.), religieuse (les bouddhistes tibétains de différentes obédiences se disputant temples et bénéfices), et même juridique, puisque la région restait encore régie par des vestiges de législations mongoles. Une telle marqueterie exigeait une certaine dextérité dans le traitement des cas <span>fan</span> (indigènes), que les juges des Qing entreprirent même de consolider en « lois pénales <span>fan</span> » (<span>fan statutes</span>/<span>fan lii</span>), créant ainsi une sorte de zone juridique tampon où l’autonomie des autorités religieuses était garantie dans la mesure où celles-ci reconnaissaient la légitimité des juridictions mises en place par les Qing pour régler leurs conflits.</p><p>C’est la logistique des fournitures aux armées et la répartition des armes de guerre qu’Ulrich Theobald étudie dans un article basé sur des recueils de règlements jusqu’ici négligés par la recherche. L’enjeu est ici de dégager de la simple routine réglementaire ceux des « règlements » ou « précédents », ou « exemples » qui représentaient une réelle amélioration en terme d’adaptation du système aux nécessités des temps et des lieux. S’agissant de la logistique militaire, il fallait à la fois assurer une présence assez constante sur l’ensemble du territoire, et rester prêt à parer à toute éventualité en concentrant des forces dans les endroits menacés. L’effort de standardisation des équipements et des fonctionnements se heurte ici à la nature composite des armées des Qing – les bataillons verts des Han étaient par leur mode d’organisation et de commandement profondément différents des Bannières, qui différaient elles-mêmes selon qu’elles étaient issues d’unités mandchoues ou mongoles – ainsi qu’à une gestion très décentralisée des forces armées. L’innovation réglementaire joua finalement en faveur de l’autonomie locale plutôt que du progrès technologique d’ensemble, avec les résultats que l’on sait lors des guerres de l’opium.</p><p>Qu’un empire aussi vaste ait dû affronter des problèmes si divers n’est pas surprenant. Ce qui l’est en revanche, c’est qu’il ait pu les traiter, sinon les résoudre, avec une assez remarquable constance et avec un certain succès durant deux siècles, ou même deux fois deux siècles si l’on inclut dans le raisonnement la dynastie des Ming. En prenant davantage de recul encore, le plus étonnant est que les mêmes institutions aient pu résister et évoluer sur environ six siècles, de l’avènement des Ming (1368) aux grandes réformes du début du <span>xx</span><span>e</span> siècle, par-delà la transition inter-dynastique particulièrement brutale du milieu du <span>xvii</span><span>e</span> siècle. C’est à une telle réflexion de longue durée que nous invite le « regard extérieur » de Jean-Louis Halpérin. À la différence d’autres civilisations tout aussi respectables, mais à l’instar de l’empire romain, l’empire chinois était fondé sur un système juridique qui connut une évolution millénaire. Il faut entendre par là non un système de normes fondamentales, si sophistiquées ou sacrées fussent-elles, mais le fait que ces normes primaires aient été elles-mêmes soumises à trois genres de « règles secondaires », ou « procédurales ». La première détermine quelles sont les règles impératives (en promulguant un code de lois, par exemple), la deuxième indique qui a le pouvoir de les changer et comment (en ajoutant des articles additionnels dans le code), la troisième désigne qui a le pouvoir de les appliquer dans des jugements (en nommant pour cela des magistrats). Seul un système comportant ces deux étages bien différenciés et savamment articulés peut être qualifié de « juridique », nous indique Jean-Louis Halperin, s’inspirant des thèses de Herbert Hart. Le dynamisme propre à ce genre de systèmes leur permet non seulement de répondre par des mesures appropriées à la grande variété de situations imprévues propre à tout vaste empire, mais aussi de conserver à l’ensemble une cohérence doctrinale indispensable à sa pérennisation, ou à sa reconstitution en cas d’effondrement. Une telle cohérence inspire aux élites dirigeantes le sentiment qu’elles œuvrent au triomphe de principes de justice universels, dont la diffusion exige de normaliser un espace toujours grandissant autour du centre civilisateur.</p><p>Ce sont donc quelques aspects spatiaux de cet ensemble dogmatique que nous présentons ici, et nous en remercions la revue <span>Extrême-Orient, Extrême-Occident</span>.</p><p>Bibliographie</p><p><span>Code civil des Français</span>. Paris : Imprimerie de la République, 1804.</p><p><span>Gaffiot,</span> Félix (1934). <span>Dictionnaire latin-français</span>. Paris : Hachette.</p><p><span>Legendre,</span> Pierre (2009). <span>Leçon IX. L’autre Bible de l’Occident</span><span> </span><span>: le Monument romano-canonique. Étude sur l’architecture dogmatique des sociétés</span>. Paris : Fayard.</p><p>Glossaire</p><p><span>fan </span><span>番</span></p><p>Gansu <span>甘肅</span></p><p><span>gong qing wang ming </span><span>恭請王命</span></p><p>Han <span>漢</span></p><p>Jiaqing <span>嘉慶</span></p><p><span>li </span><span>例</span></p><p>Miao <span>苗</span></p><p><span>Miaoli </span><span>苗例</span></p><p>Ming <span>明</span></p><p>Qianlong <span>乾隆</span></p><p>Qing <span>清</span></p><p><span>tiaoli </span><span>條例</span></p><p><span>Wufu </span><span>五服</span></p><p><span>Wuxing </span><span>五刑</span></p><p><span>zeli </span><span>則例</span></p><div class=""footnotes""><div><p><a id=""footnote-994-1""> 1</a>. <span>Code civil des Français</span>, Titre préliminaire, 1804. Édition originale téléchargeable sur [http://www.legilux.public.lu/leg/a/archives/1804/0005/a005.pdf].</p></div><div><p><a id=""footnote-994-2""> 2</a>. Les objectifs, les membres et les réalisations de ce projet sont consultables sur [http://lsc.chineselegalculture.org].</p></div><div><p><a id=""footnote-994-3""> 3</a>. La citation de Pomponius n’est que la plus explicite parmi d’autres fondées sur cette étymologie, qui semble confirmée par des dérivés comme l’adjectif <span>territor</span>, « qui répand la terreur (épithète de Jupiter) ». Voir Gaffiot 1934 : 1561.</p></div><div><p><a id=""footnote-994-4""> 4</a>. Dogmatique s’entend ici au sens donné par Pierre Legendre, qui peut se résumer à « une architecture de significations ordonnées pour renvoyer aux origines dès qu’est en question la légitimité du pouvoir ». Voir Legendre 2009 : 51.</p></div></div></div>";"<p>Frédéric Constant<strong><br />Punishing Through Space: The Punishment of Exile in China</strong><strong> </strong><strong> <br /></strong><br />In China, exile grounds on representations of the political space inherited from the antiquity according to which territory was constituted in concentric zones which progressively moved away from the center of the civilization symbolized by the royal kingdom. Further dynasties faced the requirement to faithfully adapt this virtual space into the new reality of a political territory which had evolved since imperial unification. The Qing launched the first endeavor to implement measures to set up an accurate geography of exile’s places. Relying on the mapping of exile’s places, I would like to evidence principles according to which the imperial territory became a penal space for the transportation of criminals.</p><p> </p><p>Eric Schluessel<strong><br />The Law and the ‘Law’: Two Kinds of Legal Space in Late-Qing China<br /></strong><br />This article concerns the conceptualization and implementation of a new imaginary of law and geography in nineteenth-century China. In the first half of the nineteenth century, members of the statecraft (<em>jingshi</em>) school of thought adopted an idea of “law” that contrasted codified law with what they conceived of as natural socio-moral norms. That dichotomy explained for them the geographical contraction of Chinese society, the rise of Inner Asian dynasties, and the potential for China to expand once again. The Taiping war provided an opportunity for members of this group to put these ideas into practice by strategically suspending imperial law in favor of official activism in order to bring about more ideal social conditions. From the 1870s onward, this group worked to transform the Inner Asian territory of Xinjiang into a province. That process illustrates the contradictions in this statecraft conception of law.</p><p> </p><p>E. John Gregory<strong><br />Militarized versus Routine Criminal Adjudication as a Function of Time and Space</strong><strong> <br /></strong><br />This paper describes the late imperial militarized mode of adjudication (<em>yi junfa congshi</em>) and its relationship to eighteenth-century cases of summarized execution under the imperial standard (<em>gongqing wangming</em>). It shows that during the Ming and Qing, militarized adjudications, which were essentially summary in nature, occurred along a spatial-temporal gradient of military operations which was a function of proximity to and intensity of active military operations. The paper also demonstrates that prior to the eighteenth century, militarized adjudications was a different mode of adjudication from the routine adjudicative system (<em>zhuanshen</em>, <em>heshen</em>, <em>qingzhi</em>) associated with the Qing Code (<em>DaQing lüli</em>). When norm-violating behavior occurred closest to the battlefield at the time of battle, it was more likely that the offender would be summarily adjudicated under modal <em>junfa</em>. This relationship changed over time. Imperial standard executions (<em>gongqing wangming jixing zhengfa</em>), primarily an eighteenth-century phenomenon, developed out of the practice of militarized adjudications. The paper relies on writings of Wang Yangming, and criminal cases to delineate the two different paradigms of modal <em>junfa</em> and the routine adjudicative process. It demonstrates the change in time in the relationship between militarized adjudication, routine adjudication, and the military operations gradient.</p><p> </p><p>Zhang Ning<strong><br />Between « Miaoli » and </strong><strong>codified laws on</strong> <strong>the Miao: The traf</strong><strong>f</strong><strong>icking in human beings in 18th</strong><strong>-century</strong><strong> Guizhou<br /></strong><br />The article focuses on the case of the Miao of Guizhou province by examining two aspects of the conquest of the Miao territories by the Manchu in the 18th century. The first question concerns 18th-century laws related to the Miao, comparing and contrasting the regulations set forth in codified laws of the Qing dynasty (the laws about the Miao) and the regulations established by the Miao themselves (the “law of the Miao”). Through this comparison, the author tries to illustrate the tension between recognizing the importance of indigenous practices and synchronizing indigenous practices with the legal and political goals of the Manchus concerning the borderlands. The second question concerns human trafficking by the Miao of Guizhou and the battle between those who wanted to criminalize the behavior and those who wanted to tolerate, or even legalize the behavior. The debate between the two sides takes into account two factors: (1) the complexity of Qing regulations concerning slavery and the sale of humans and (2) the need to adopt a pragmatic approach to controlling local practices by the Manchu authorities.</p><p> </p><p>Wang Zhiqiang<strong><br />On Regional Special Sub-Statutes in the Qing Dynasty<br /></strong><br />Special law with a regional character were laws promulgated by central rulers on consideration of situations particular to a certain region, and that were to be enforced on this area only. In the Qing period, these laws targeted the harshest crimes, and they were distributed by the central government mainly on the metropolitan area of Beijing and border regions. As a product of the centralization of power process, these laws came with a mechanical insertion of new sub-statutes within the Qing code. Intended as means to adapt and strike a balance with local realities, and as a mean to maintain public order, these sub-statutes had positive effects, but due to the inherent flaws of law issuance and the poor technical quality, shortcomings appeared at the outset and increased with time.</p><p> </p><p>Xie Xin-zhe<strong><br />Spatializing Law, Spatializing Knowledge : Governing Time and Space in Qing China’s Forensic Practice<br /></strong><br />Under Article 412 of the Qing Code, dealing with forensic practice, a group of specific sub-statutes reflects a combination of concerns related to both time and space. Due to the insurmountable decay of a body, anxiety in the face of time is all the more perceptible when forensic examination is at stake. At the same time, the requirement that any autopsy should be performed <em>in situ</em>, where the crime occurred, makes the race against time even tougher. Moreover, in accordance with the Qing Code, only local magistrates are entitled to supervise an autopsy. The sum of these elements leads to a serious conundrum whereby it can take considerable time for the commissioned magistrate to arrive at the autopsy site. Based on a survey of several hitherto unpublished palace memorials, this article examines how Qing lawmakers attempted to resolve this problem by gradually implementing flexible measures, as well as conditions with regard to their use. By doing so, this article sheds light on a particular way of conceiving expertise, which puts much more emphasis on moral reliability than technical knowledge.</p><p> </p><p>Max Oidtmann<strong><br />A “Dog-eat-dog” World: Qing Jurispractices and the Legal Inscription of Piety in Amdo <br /></strong><br />Historians of Tibet have largely ignored the influence of the Qing colonial context on the development of Tibetan society. Using previously inaccessible Chinese, Tibetan, and Manchu-language archives from Qinghai and Gansu, this essay examines the ramifications of Qing rule on the development of legal culture in the Amdo region. In the late 18th century, the arrival of Qing magistrates in Amdo presented new opportunities for Tibetan litigants to resolve conflicts. Although reluctant to get involved lawsuits, Qing officials soon found themselves dragged into a variety of matters ranging from natural resource disputes among Tibetan laypeople to large scale feuding between monasteries over issues such as the appointment of abbots, pilgrimage, and rights over property—both animate and inanimate, belonging to the estates of reincarnate lamas. This litigation not only resulted in the creation of a new “Tibetan” code derived from Mongol law and other indigenous practices, but also generated a large body of decisions and compacts, composed in both Tibetan and Chinese, that profoundly shaped the organization of indigenous society in Amdo. These new traditions of “jurispractice” fundamentally re-shaped the political and religious structures of local society and resulted in legal restrictions and regulations of religious activities.</p><p> </p><p>Ulrich Theobald<strong><br />Space and Place in Administrative Military Regulations of Qing China:</strong><strong> </strong><strong>An Evaluation of the Legal Type of <em>zeli<br /></em></strong><br />The present article analyses three sets of regulations for military administration during the high Qing period. They belong to the jurisdictional genre of <em>zeli</em>, a type of regulations largely neglected by modern scholars. The first part of this paper therefore defines the genre and describes its features. In the second part, the <em>War Supplies and Expenditure Regulations</em> (<em>Junxu zeli</em>) are discussed, and in the third the <em>Weapons and Military Equipment Regulations </em>(<em>Junqi zeli</em>) of the Ministry of War and that of the Ministry of Works. It will be shown that superficially all three provided clear and detailed rules for a wide range of aspects of military administration and organization. Space and place played important roles in the instructions (e.g. where troops were marching to, or where a garrison was located). Yet in practice, they allowed sufficient leeway to adapt to local conditions and permitted a great measure of autonomy. The reason was that all three codes mainly aimed at cutting expenditure, not at unifying the armament or equipment. The failure of unifying the equipment and modernizing the regulations in the early 19<sup>th</sup> century had fatal consequences.</p>";392;20.00;"<p>Durant l’essentiel des temps historiques, la loi s’est déplacée d’un relais de poste à l’autre à la vitesse d’un cheval au galop, sous Napoléon comme sous ses contemporains en Chine. Ce pays se présente aujourd’hui comme un territoire homogène, dont tous les habitants vivent à l'heure de Pékin. EOEO « ressuscite » un temps où les régions de cet immense ensemble avaient encore une forte identité. Autant de lieux divers que l’empire Qing (1644-1911), dernière dynastie impériale à avoir régné sur la Chine, a su combiner en un même espace juridique.</p>";;21/09/2016 10:42;0;Première édition;4036 642;2;3;35;Île rêvée, île réelle. Le multiculturalisme à l'île Maurice;;;;"<p>On la nomme île arc-en-ciel, île-écriture et c’est une île-carrefour, car elle réunit l’Afrique, l’Europe et l’Asie.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Préface <br /> <br />Introduction </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br /><strong>1. Genèse du multiculturalisme mauricien : 
éléments d’histoire </strong><br /> • Une construction nationale contrariée (1930-1968) <br /> • Développement économique et appartenance nationale <br /> • L’importance de la division ethnolinguistique </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>2. Les entraves à la créolisation </strong><br /> • Les usages du terme créole et créolisation en contexte mauricien <br /> • Créolisation et multiculturalisme en tension <br /> • L’impossible renouvellement des modèles culturels <br /> (circa 1968-1983) </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>3. Une politique culturelle du « do not touch » </strong><br /> • Un immobilisme institué par le politique <br /> • La justice distributive ou le dogme de la représentativité <br /> • Du rapport privé/public dans les arts </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>4. Île rêvée, île réelle : d’une île l’autre </strong><br /> • La mise en scène d’un passé colonial pacifié <br /> • Conflits patrimoniaux <br /> • Malaise dans les mémoires </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>5. Les artistes en première ligne </strong> <br /> • Les précurseurs : Malcom de Chazal et Hervé Masson <br /> • L’évolution du mauricianisme <br /> • Portraits d’artistes en lutte </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>6. Des situations de rupture ? </strong><br /> • Contestation emblématique de l’État : l’affaire Kaya <br /> et la relance de la question nationale <br /> • Des sujets en marge : entre indianité et créolité <br /> • Émergence d’un clivage générationnel </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>7. La littérature mauricienne dans tous ses états </strong> <br /> • Variations littéraires sur le thème des différences <br /> • L’impossible dépassement des frontières sociales instituées <br /> • Imaginaires de libération </p><p style=""text-align: left;""><br />Conclusion <br /><br />Postface <br /> <br />Références sur l’île Maurice <br /><br /></p>";;10/11/2016;0;170x240;297;978-2-84292-568-0;9782842925680;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_642.jpg;"<p>Ce livre porte sur les modes particuliers du vivre-ensemble dans l’île Maurice et sur le multiculturalisme, réel, rêvé ou utopique. Alors que le multiculturalisme n’a jamais vraiment été défini en termes d’action publique, un soupçon, celui qui pèse sur les appartenances communautaires et le rattachement à une origine, fantasmée ou réelle, traverse cette analyse du « système de communication » mauricien, du vaste et hétérogène ensemble que forment les arts, le patrimoine et les industries culturelles et médiatiques. L’auteur montre notamment comment les artistes, très en vue ou anonymes, sont au cœur de ce mouvement dans leurs écritures et récits de l’île, qu’il s’agisse de répondre à l’injonction de participer au développement économique ou de promouvoir des imaginaires différenciés pour construire de nouveaux rapports politiques.</p><p><br /><em>Julie Peghini est anthropologue et maître de conférences à l’Université Paris 8, 
au département culture et communication, et chercheuse au CEMTI (Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation).</em></p><p><br />«  Il y a un récit dans chaque île, “à partir d’elle tout recommence (…) car elle est imaginaire et non réelle” (Deleuze). C’est à ce récit de l’île Maurice, rêvé et réel, tissé par la littérature de ses nombreux écrivains, soumis à tous les vents et marées des marchés et capitaux, traversé par une tension forte entre créolisation et multiculturalisme, que nous invite Julie Peghini dans cet ouvrage, une incursion en terre mauricienne pour tenter de saisir contradictions et possibilités de l’île, avec ses artistes en première ligne. »</p><p style=""padding-left: 540px;"">Barlen Pyamootoo, écrivain</p>";;;680;21.00;"<p>Très souvent vantée et célébrée comme un paradis multiculturel, l’île Maurice, de par sa situation géographique, son passé colonial et sa construction nationale spécifiques, a développé un multiculturalisme singulier. Il est inspiré du modèle indien de « l’unité dans la diversité » et se démarque de celui d’îles créoles comme la Réunion. Il est nourri d’utopies tout autant que porteur de tensions étudiées ici à travers l’histoire, les arts, la littérature, la politique culturelle, le tourisme et les industries culturelles.</p>";;28/09/2016 17:04;1;Première édition;3116 645;2;3;13;Le duel introuvable;;;;"<p>La fascination du duel dans la littérature du XIXe siècle.<br /> <br /></p>";"<p style=""text-align: left;"">Avant-propos </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><br />Coup d’envoi <br />Chatauvillard <br />Duels sous cape <br />Contretemps <br />Évanescences <br />Vaches et parapluie <br />Dérèglements <br />Solitudes <br />Le duelliste et son ombre <br />Entre textes et terrains <br />Conrad </p><p style=""text-align: left;""><br /><em>Bibliographie </em> <br /><em>Index des noms </em> <br /><br /></p>";;02/02/2017;0;137x220;184;978-2-84292-580-2;9782842925802;0;0993-6416;Presses Universitaires de Vincennes;img_645.jpg;"<p>Curieuse fascination que celle du XIXe siècle pour le duel. S'il est l’objet d’un nombre extraordinaire d’ouvrages et d’articles, sa réalité quantitative sur le terrain est bien plus incertaine. De même, constamment évoqués dans la littérature, les duels, une fois annoncés ou commencés, disparaissent souvent de la page et restent avortés, interrompus. Dans l’univers socioculturel du XIXe siècle, le duel semble à la fois omniprésent et essentiellement absent.</p><p>Ce paradoxe est l'objet du présent essai. Une lecture attentive des textes y mène à sa première conclusion : une incompatibilité formelle entre la logique du récit réaliste et le duel tel qu'on le conçoit au XIXe siècle. Cette problématique déborde la littérature et éclaire d'un jour nouveau la place <em>a priori </em>étonnante prise par ce rituel archaïque dans l'imaginaire de la société industrielle naissante. La fascination du XIXe siècle pour le duel s'expliquerait avant tout par l'impossibilité de le raconter.</p><p> </p><table border=""0"" cellspacing=""0"" cellpadding=""0"" width=""570"" height=""98""><tbody><tr><td width=""468"" valign=""top""><p><em><strong><br /></strong>Uri Eisenzweig est professeur de littérature française et comparée à l’université de Rutgers (Etats-Unis). </em><br /><em> Auteur de plusieurs travaux sur l’interaction du littéraire et du politique, il a notamment publié </em>Fictions sur l'anarchisme <em>(Christian Bourgois, 2001) et </em>Naissance littéraire du fascisme<em> (Seuil, 2013).</em><br /> <br /></p><p> </p></td></tr></tbody></table>";;;276;15.00;"<p>Uri Eisenzweig analyse les raisons pour lesquelles le duel a tant occupé les esprits au XIXe siècle avant d'en disparaître brutalement à la veille de 1914. En un langage simple et clair, <em>Le duel introuvable </em>réfléchit sur ce phénomène et ce qu'il dit de l'imaginaire et de la littérature de l'époque (près de 40 auteurs sont convoqués, dont Pouchkine, Conrad, Balzac, Gautier, Collins, Dumas, Lermontov). Comment la fascination pour ce rituel archaïque recoupe la hantise très moderne d'une réalité qui échapperait à tout récit. Hantise à l'horizon de laquelle se profile une violence nouvelle, collective et effectivement inimaginable : celle de la Grande guerre. Fin du duel, et fin d'un certain XIXe siècle.</p>";;02/11/2016 13:32;0;Première édition;3440 643;2;3;14;Un Film peut en cacher un autre;;;;"<p>La révélation des images au cinéma, à propos des films (entre autres) de Orson Welles, Leos Carax, Raul Ruiz, les frères Larrieu, Nuri Bige Ceylan, Olivier Assayas, Lasse Hallström, Billy Wilder, Jean-Luc Godard et André Téchiné.</p>";"<p><strong>La révélation des images</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>1. Des revenants</strong></p><p>1.1. Une histoire à dormir debout</p><p>1.2. Palimpseste : <em>La Dame</em> (n’est pas) <em>de Shangaï</em></p><p>1.3. Une mythographie<strong></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>2. Figures de style</strong></p><p>2.1. <em>Les Harmonies Werkmeister</em></p><p>2.2. De <em>Mr Arkadin</em> aux <em>Harmonies Werkmeister</em></p><p>2.3. Des légendes et des monstres</p><p>2.4. <em>L’Homme de Londres</em></p><p>2.5. Bela Tarr, Sergueï Eisenstein , Orson Welles</p><p style=""text-align: center;""><strong>3. Pensées d’images</strong></p><p>3.1. Au-delà du mouvement : <em>Holy Motors </em>et <em>L’Homme à la caméra</em></p><p>3.2. Au-delà du temps : <em>La Nuit d’en face</em> et <em>Le Temps retrouvé</em></p><p>3.3. « Les grandes fonctions de l’esprit » du cinéma</p><p style=""text-align: center;""><strong>4. Figures d’images</strong></p><p>4.1. De la blancheur</p><p> •<em> </em>La neige<em>: L’Amour est un crime parfait</em> et <em>Un Roi sans divertissement</em></p><p> • Le lait :<em> La Maison du Docteur Edwardes</em></p><p> •<em> </em>Neige et nuage <em> : Winter Sleep</em>, <em>Sils Maria </em>et<em> L’Hypnotiseur</em></p><p>4.2. Du vide</p><p> • Destruction : <em>Under the Skin</em></p><p> •<em> </em>Sidération :<em> Take this Waltz, M, Sunset Boulevard</em></p><p> •<em> </em>Disparition :<em> L’Homme qu’on aimait trop</em></p><p><em> </em></p><p><em>Bibliographie</em></p><p><em>Index des noms propres<br />Index des films<br /></em></p>";;10/01/2017;0;137x220;176;978-2-84292-571-0;978-2-84292-571-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_643.jpg;"<p>Ce livre analyse des images réunies selon des associations libres, que provoque la vision de certains films. Au delà de l'observation et de la mémoire d'images déjà vues autrement et ailleurs, le spectateur devenu analyste repère tout un réseau de figures, mises au travail par le cinéma et qui forment la trame de l'ouvrage : le palimpseste, l'absence, le vide.</p><p>Orson Welles et Béla Tarr, Leos Carax, Dziga Vertov et Raul Ruiz, les frères Larrieu et François Leterrier, Nuri Bige Ceylan, Olivier Assayas, Jonathan Glazer et Lasse Hallström, Billy Wilder, Jean-Luc Godard et André Téchiné ont tissé ces figures qui se saisissent comme des empreintes, se laissent décrypter comme des pensées de rêve.<em> </em></p><p><em><br />Maxime Scheinfeigel est professeure en esthétique et histoire du cinéma à l'Université Paul-Valéry-Montpellier 3. Elle a notamment publié Les Âges du cinéma. Trois parcours dans l'évolution des représentations filmiques (L'Harmattan, 2002), Visions de nuit (Cinergon, 2003), Jean Rouch (CNRS, 2008), Magie et cinéma (Armand Colin, 2008), Rêves et cauchemars au cinéma (Armand Colin, 2012).</em></p>";"<div class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T-3-Article para-style-override-1"">La révélation des images</p><p class=""txt-Epigraphe para-style-override-2"">« […] ces pages représentent moins le souvenir des films que leurs traces, car seules ces traces, une fois reconstituées, permettent de remonter à l’origine du souvenir, – celui, quel qu’il soit, qui parlait dans une œuvre. »</p><p class=""txt-Epigraphe para-style-override-3"">Marie-Claire Ropars-Wuilleumier, <span class=""typo-Italique"">L’Écran de la mémoire. Essais de lecture cinématographique</span> (Seuil, 1970).</p><p class=""premierPara"">Mai 2014 : je vais voir dans une salle de cinéma un film qui m’intéresse mais ne me séduit pas vraiment. Il ne m’emporte pas complètement dans la réalité de sa fiction, il m’ennuie un peu, sa forme, ses formes me semblent belles mais elles sont trop visibles, trop léchées en tout cas pour que je me laisse agréable­ment couler dans le fleuve des images. Et soudain quelque chose arrive, un mouvement intempestif perturbe le flux plutôt calme de mes émotions. C’est une image toute blanche, elle dure quelques secondes et je sais immédiatement quel signal elle m’envoie : « Attention, danger. » Le film s’appelle <span class=""typo-Italique"">L’amour est un crime parfait</span> et il est l’avant-dernière réalisation d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu. On y reviendra.</p><p class=""txt-Normal"">Cette sorte d’émotion met en prise directe la perception d’une image et l’idée d’un ailleurs, les superposant dans une coïncidence si exacte qu’elles se fondent l’une dans l’autre. Elle peut surgir à la faveur d’un travail de la mémoire qui sédimente les souvenirs en strates variées et spécifiques. La cinéphilie aura été une des formes vives et quasiment institutionnalisée de ce travail mémoriel qui a eu un écho intense et durable. Elle n’est plus de mise désormais. En effet, à quoi bon garder dans le coffre-fort de son seul cerveau des images qui sont disponibles pour n’importe quelle forme de reproductibilité collective et personnelle ? Les cinémathèques sont devenues chez les particuliers des vidéothèques en VHS puis en DVD, et à présent elles sont comprimées dans des disques durs dont la capacité d’emmagasinement d’images est virtuellement interminable. Pourtant, le travail de la mémoire continue à exercer son empire sur les spectateurs restés curieux du cinéma autant que des films. Et le temps aidant, la cinémathèque idéale de chacun ne cesse de se constituer, en partie selon la volonté de tous, en partie selon celle des films dont des images s’impriment dans la mémoire des spectateurs qui y consentent, parfois sans le savoir. Cette cinémathèque est mentale, elle est comme un pays singulier parce qu’il est construit par un seul maître d’œuvre et il en est le seul à arpenter les paysages, les routes principales, les sentiers dérobés, les lieux familiers, les lieux plus lointains, plus étranges. Or en ce lieu où se trouvent des images isolées, des séquences d’images, des titres de films, des noms de cinéastes, d’acteurs, d’actrices, de scénaristes, de monteurs, de monteuses, des dates, des appellations de studios, de courants esthétiques, d’écoles, de genres, etc., l’espace est construit par la mémoire. Elle est sélective parce que dans nos synapses les traces de faits perçus ou ressentis se conservent d’autant plus et d’autant mieux quand ils sont marquants, laissant ainsi une empreinte plus durable dans les neurones.</p><p class=""txt-Normal"">En matière de cinéma, comme de toute autre forme d’expérience de l’art, l’émotion esthétique est un moteur puissant et c’est bien notre mémoire du plaisir ou déplaisir esthétique qui donne la mesure du travail qu’elle accomplit à l’intérieur de nos pensées pour que des images s’y forment comme autant d’analogons plus ou moins fidèles de celles qui ont été vues sur un écran et ont provoqué un affect. Ainsi se souvient-on autant des films bien ou mal aimés que des films pas aimés dès lors que les uns et les autres ont exercé par endroits un pouvoir d’attraction suffisant pour que les fragments concernés se gravent dans notre mémoire. Et l’inventaire de tout ce qui s’y trouve comme ordonné dans une construction temporelle révèle quel pays de cinéma chacun habite. Car, au-delà de la simple mémoration, vient d’emblée la nécessité de la parole qui sert à décrire les objets mémorisés. Se souvenir d’un film ou d’une séquence amène immanquablement à les décrire, et donc à déjà en faire la critique, voire l’analyse, la mémoire étant un des outils qui aide à la constitution de ce que l’on peut alors appeler un « corpus ». Il s’agit bien d’un ensemble dans lequel se rangent des objets appariés selon les choix que notre mémoire a opérés. Certes, c’est une affaire de goût, d’inclination pour telle ou telle cinématographie, mais les émotions cumulées de chaque spectateur devant tous les films qu’il voit provoquent une parole réflexive et sont ainsi les leviers d’un accès à une forme de connaissance du cinéma. Cinéphilique ou non, savante ou profane, cette connaissance liée à une émotion esthétique d’empathie ou, au contraire, de désaffection est expérimentale et elle ouvre la possibilité d’une rencontre plus approfondie avec le cinéma. Elle permet notamment de repérer des communautés de films dont les affects de chaque spectateur ont débusqué des traits, ceux que son travail mémoriel, aiguisé par ses émotions, fait justement monter à la lumière d’un savoir conscient.</p><p class=""txt-Normal"">Corollairement, un deuxième fait, essentiel lui aussi, est à prendre en compte : désormais les films sont visibles ailleurs et au­trement que dans les salles obscures. On les regardait assis dans la pénombre obligée d’une salle <span class=""typo-Italique"">ad hoc</span> et puis avec les magnétoscopes, les téléviseurs et les cassettes vidéo, on s’est mis à les visionner sur des petits écrans, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, n’importe où, chez soi ou dans des espaces publics. À partir de ce changement technologique majeur, qui a radicalisé la transformation de la vision des films, les spectateurs ont eux aussi changé et nul n’y a échappé. Les cinéphiles d’antan et les actuels manipulateurs de téléphones portables, de tablettes et de consoles en tous genres se retrouvent pareillement en position de maître du dispositif spectaculaire. Cela ne les empêche pourtant pas d’être comme leurs prédécesseurs des salles obscures dans les mêmes dispositions de croyance volontaire dans la réalité des récits filmiques. L’industrie du cinéma n’a pas cessé de viser cette disposition pour ainsi dire congénitale des spectateurs. Ils allaient au cinéma pour faire semblant de croire que, oui, le monde projeté était bien réel mais cette réalité avait ses limites, celles de la durée de la projection. Rien n’a changé à cet égard, les studios continuent à fabriquer des films qui créent des mondes dont la réalité est pure illusion et qui racontent des histoires dont la véracité est pure construction. Pour le spectateur cinéphile, ou critique ou théoricien de cinéma, un saut qualitatif s’est quand même accompli. En France, deux livres notoires en ont rendu compte ou, plutôt, en sont des symptômes parfaitement convaincants. En 1979, Raymond Bellour publie <span class=""typo-Italique"">L’Analyse du film</span> et, en 1988, Jacques Aumont et Michel Marie écrivent ensemble <span class=""typo-Italique"">L’Analyse des films</span><span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-1-backlink"" class=""footnote-link"">1</a></span>. Les deux ouvrages laissent clairement apparaître comment le visionnement des films désormais possible plan par plan a été l’outil idéal d’un moment crucial dans l’histoire de la théorie du cinéma et des procédures d’analyse des films. C’est en effet la pensée de Christian Metz, demandant à chacun de dépasser la vision critique des films par une observation méthodologique, qui nourrit les fondements de ces deux ouvrages. La méthodologie en question est celle de la sémiologie et pour y parvenir il faut en passer par l’analyse la plus littérale qui soit, la plus exigeante aussi, comme une science exacte – découper le tout du film en la moindre de ses parties –, et le magnétoscope comme sa télécommande se sont alors mis au service d’un tel projet d’exhaustivité analytique.</p><p class=""txt-Normal"">Ce n’est pas tout. La méthode d’approche du cinéma par l’analyse sémiologique des films n’est pas une fin en soi. Surtout, elle est nourrie par un dehors du cinéma. Sur son versant esthétique, tous les arts et techniques de la représentation figurative, tous les modèles de récits la concernent. Sur son versant expressif, certaines sciences humaines sont présentes. La sémiologie metzienne, autant traversée par la linguistique de Ferdinand de Saussure et Roland Barthes que par la psychanalyse de Sigmund Freud et Jacques Lacan, en est un bon exemple. Mais par ailleurs, l’anthropologie de Claude Lévi-Strauss, la sociologie d’Edgar Morin, l’histoire de l’art de Rudolf Arnheim, Ernst Gombrich ou Erwin Panofsky, la psychologie de Hugo Münsterberg, la philosophie de Platon et celle de Gilles Deleuze, et aussi la sociologie, l’histoire, l’économie, etc., sont venues irriguer ce que l’on considère comme la théorie du cinéma. Chacune de ces sciences, elles-mêmes liées à des contextes idéologiques variables (exemples notables du struc­turalisme en sciences humaines dans les années 1950/1960 ou du règne des neurosciences aujourd’hui) lui ont en effet apporté des idées, des concepts, des savoirs sur des contextes différents, ainsi que des cadres méthodologiques spécifiques. C’est pourquoi l’évolution des approches théoriques du cinéma en passe aussi par l’évolution des méthodes de l’analyse des films. L’analyse sémiotique, initiée par Christian Metz à la lumière de la linguistique structurale et appliquée à un horizon de dévoilement des forces cachées agissant dans le for intérieur des protagonistes des récits filmiques, s’est peu à peu laissée glisser vers d’autres rivages de la pensée du cinéma. L’analyse selon Christian Metz était notamment fondée sur le concept freudien de « figurabilité ». Puis, regardant du côté de Jean-François Lyotard, l’analyse s’est assumée comme « figurale », s’aventurant ainsi plus avant dans ce que Luc Vancheri appelle « la voie d’une anthropologie figurative<span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-2-backlink"" class=""footnote-link"">2</a></span> ». La conjonction des deux termes renvoie à l’histoire des images depuis leur surgissement figuratif dans les lointaines contrées du néolithique jusqu’à leur métamorphose technologique qui agrandit à l’infini le champ des possibles. Elle renvoie aussi à toutes les informations sur l’humain, ou l’humanité, que la moindre image laisse transparaître. L’anthropologie, il ne faut pas l’oublier, examine toutes les apparences des êtres, celles que la nature a imprimées sur le corps de chaque indi­vidu et aussi celles qui les font ressembler à d’autres individus, qui les lient à ces autres dans un espace-temps donné, qu’on l’appelle une civilisation ou une société. L’anthropologie s’intéresse aussi à ce qui n’est pas visible mais laisse pourtant des traces dans les profondeurs indicibles des individus et des sociétés. C’est ainsi par exemple qu’un même homme, Georges Devereux, a pu être à la fois un psychiatre et un ethnologue et qu’il fut l’un des fondateurs d’une nouvelle science humaine surgie dans les années 1960, l’ethnopsychiatrie. Le cinéma est allé à sa rencontre puisqu’en 2013, Arnaud Despleschin a adapté un de ses écrits, <span class=""typo-Italique"">Psychothérapie d’un </span><span class=""typo-Italique"">Indien</span><span class=""typo-Italique""> des plaines : réalités et rêve</span><span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-3-backlink"" class=""footnote-link"">3</a></span>, récit d’une analyse qu’un Indien pieds-noirs des États-Unis entreprit avec Georges Devereux.</p><p class=""txt-Normal"">Il n’est alors plus impossible de se retourner sur l’analyse filmique elle-même. En la considérant pour ce qu’elle est substantiellement – un outil méthodologique servant à l’élaboration et à l’exploration d’une « science » du cinéma –, elle est prise dans le courant de l’épistémologie qui traverse et détermine tous les savoirs. Le mot « analyse » et la sorte d’opé­rations intellectuelles qu’il désigne concernent tout le champ des sciences dites « humaines » et des sciences dites « dures » ou « exactes ». Ainsi est-il riche d’une polysémie qui peut entraîner des variables dans la posture analytique. L’une d’entre elles, parfaitement bien symbolisée par la rencontre que l’on vient d’évoquer entre ethnopsychiatrie et cinéma, fait cristalliser la double nature de l’opération de l’analyse. Devant son écran, l’analyste de film observe et décrit les images en fonction des paramètres filmiques qui les constituent en objets de cinéma. Dans son cabinet de travail, l’analyste écoute et ordonne la parole de ses patients en un tissu qui raconte des récits insoupçonnés de ces derniers. Par-delà l’apparence des images, l’analyste de films rend compte du travail de la caméra, du montage, des acteurs, etc. Au-delà des mots articulés par ses patients, l’analyste rend explicite le travail de bascule entre le conscient et l’inconscient de ces derniers. Il « interprète » leurs paroles pour autant qu’il les engage dans l’auto-analyse. Il n’est pas impossible, ou pas interdit, d’analyser les films en conjuguant les deux postures, encore faut-il prendre quelques précautions à la fois sur la méthode et sur l’objet.</p><p class=""txt-Normal"">On entre ici, en effet, dans le domaine d’une analyse filmique dont on peut dire qu’elle sera « interprétative », plutôt que « sémantique » ou « sémiotique ». La psychopathologie connaît l’analyse interprétative. Elle est liée à une approche phénoménologique des patients. Leurs récits apportent au thérapeute une matière subjective à son écoute qui est elle aussi subjective, et l’interactivité entre les deux est le moteur agissant d’une construction analytique commune : pour les patients, les processus selon lesquels ils mènent l’analyse avec leur thérapeute deviennent conscients car ils contribuent à les élaborer au fil de la cure<span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-4-backlink"" class=""footnote-link"">4</a></span>. Mais avant la moderne psychopathologie, il y eut Sigmund Freud et sa « technique psychanalytique ». On peut lire dans un article homonyme ce conseil qu’il donne à de futurs analysants : « Dites tout ce qui vous passe par l'esprit. Comportez-vous à la manière d'un voyageur qui, assis près de la fenêtre de son compartiment, décrirait le paysage tel qu'il se déroule à une personne placée derrière lui<span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-5-backlink"" class=""footnote-link"">5</a></span>. » Ne croirait-on pas voir dans un tel propos une annonce du premier chapitre de <span class=""typo-Italique"">L’Œil interminable</span> dans lequel Jacques Aumont compare le spectateur du cinéma au voyageur du train ? Mais aussi bien, dans <span class=""typo-Italique"">Le Vocabulaire de la psychanalyse</span> de Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, on trouve déjà un écho saisissant de la phrase de Sigmund Freud quand les auteurs donnent leur définition d’un processus utilisé dans la cure psychanalytique, l’association libre :</p><p class=""txt-Citation"">Association libre : méthode qui consiste à exprimer sans dis­crimination toutes les pensées qui viennent à l'esprit, soit à partir d'un élément donné (mot, nombre, image d'un rêve, représentation quelconque), soit de façon spontanée<span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-6-backlink"" class=""footnote-link"">6</a></span>.</p><p class=""txt-Normal-sa"">L’association libre autorise en effet que l’on dise, comme Sigmund Freud le préconisait, « tout ce qui [nous] passe par l’esprit » et le train qui emmène le voyageur sur des rails invisibles, qui enroule le paysage tout au long d’une ligne à la fois discontinue et ininterrompue, est une machine à créer à partir d’un paysage bien réel de l’illusion, de l’inattendu, de l’intempestif. Si un voyageur se prend à dire ce qu’il voit, il y a de fortes chances pour que son récit soit celui d’une fiction vécue par lui, et lui seul. On peut évaluer un film comme un voyageur le fait d’un paysage traversé par un train. C’est un objet déformé par la vue et l’écoute que l’on en a. C’est un objet paradoxalement subjectif. En fait, il est singulier.</p><p class=""txt-Normal"">Qu’est-ce à dire ?</p><p class=""txt-Normal"">Le protocole d’analyse des films, du moins de ceux qui sont conçus pour être vus sur les grands écrans des salles de cinéma, est déplacé, à la fois dans l’espace-temps et dans ses modalités. L’analyse interprétative se met en place en effet dès lors que la projection commence. Les images se font voir, se font entendre, les péripéties s’organisent en récits, les protagonistes se construisent en personnages, se devinent en acteurs, le film suit sa pente naturelle jusqu’à la fin qui elle-même s’abîme dans le courant plus ou moins abondant d’informations en tous genres sur ce qui, dans le hors-cadre, s’est trouvé derrière les caméras pour que celles-ci puisse fabriquer les images de tout ce qui a été posé devant elles. Soit. Mais, incluses dans ce même espace-temps du spectacle filmique, d’autres péripéties – voire d’autres évènements – peuvent advenir. Chaque spectateur en son lieu est concerné. Il est bien sûr « le spectateur tout-percevant » de la sémiologie metzienne, une instance collective. Il est aussi une singularité, et l’histoire que chacun voit et entend n’est peut-être pas tout à fait la même que celle perçue par son voisin assis dans un fauteuil semblable au sien, mais lui aussi installé en son lieu propre. Le constat est certes banal. Pourtant, il faut encore se dire que les images des films, quoiqu’offrant une apparence univoque pour tous les spectateurs d’une même projection, sont elles aussi des singularités. S’inscrivant sur l’écran collectif, extérieur, elles viennent dans le même temps s’imprimer sur l’écran intérieur de chacun, dans la boîte noire du cerveau qui est lui-même une fabrique d’images et de récits, par exemple quand la mémoire travaille ou quand des rêves se forment. L’analyse interprétative s’engendre à cet endroit précis de la rencontre entre deux mondes d’images, deux modalités de leur mode d’existence. Pour le dire autrement, les images venues du dehors à la rencontre de leurs spectateurs peuvent faire se lever dans leur cerveau des images qui y sont peut-être déjà, ou qui n’attendent que de naître pour venir former une nouvelle cohorte d’images que les films ne montrent pas mais dont ils provoquent le surgissement dans l’imaginaire – ou l’imagier – intime de chacun.</p><p class=""txt-Normal"">C’est à cet endroit que le processus de l’association libre est susceptible de jouer un rôle dans l’analyse de film. On peut en effet se servir des images ainsi révélées – à tous les sens du terme – pour revenir vers les films et les interroger à la lumière de l’éclairage qu’elles leur apportent. On entre alors dans le monde de l’interprétation puisque les films analysés sont abordés comme on aborderait un rêve. Les images qu’ils disposent devant nous et qui s’ordonnent dans des histoires souvent archétypales renvoient à d’autres images, qui elles ont une existence purement virtuelle et ne font leur preuve que sous le mode de la projection mentale. Or n’est-ce pas ainsi que Sigmund Freud avait conçu le statut des « images latentes » servant de matériau de base aux images de rêves, les faisant cristalliser en constructions oniriques plus ou moins mystérieuses et déchiffrables après coup ? Et l’on sait que les neurosciences contemporaines, pourtant très critiques par rapport à la psychanalyse classique, admettent que la méthode freudienne d’exploration permet bien d’accéder au contenu latent des rêves<span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-7-backlink"" class=""footnote-link"">7</a></span>. Quand les films sont considérés par leur analyste comme le tenant-lieu de rêves, le rêveur dont il s’agit est lui-même, mais c’est un autre moi, un <span class=""typo-Italique"">alter ego</span>, à savoir le spectateur qu’il aura été pendant un certain temps, immergé dans une parenthèse spatio-temporelle dont on a déjà si souvent souligné qu’elle était nocturne ou pseudo-nocturne, qu’elle faisait de chacun un être clivé, passif et content de l’être. Après coup, revenant vers les films, l’analyste est éveillé, il l’est doublement. En tant qu’outil d’une connaissance spécialisée, le regard analytique porté sur les films prend en compte tout ce qui fait d’eux des objets cinématographiques offerts à l’étude et que l’on peut répertorier comme tels. Dans le même ordre d’idées, chaque film est un élément dans un réseau qui peut être esthétique, historique, commercial, sociologique, etc. Et enfin, chaque film parle une langue, celle du réalisateur, au sens large (cinéaste, équipe technique, acteurs, actrices, studios, producteur, pays, etc.). L’analyse sémiologique parlerait aussi de « l’énonciateur », elle évoquerait les modalités d’organisation de la « diégèse » par le « récit ». Avec l’analyse interprétative un autre niveau de déchiffrement intervient en parallèle à ce premier niveau. Considérant que les films énoncent ce qu’ils disent et qu’ils figurent aussi bien ce qu’ils ne disent pas, surgit la question si répandue de l’auteur (au sens large là encore), de ses intentions. Elles n’importent pas à l’analyse interprétative puisque celle-ci, à partir de la perception synchrone des images vues et des images cachées, déchiffre les faits filmiques comme des symptômes, des traces d’un discours adressé à son déchiffrement à travers des signes visuels et sonores qui en sont les manifestations déguisées. C’est ainsi que certains films peuvent être pour l’analyste le tenant-lieu de rêves qu’il n’a pas faits. Ils semblent bel et bien porteurs d’images, de sons, de figures, de récits qui sont disposés – pour tel ou tel spectateur isolé dans sa <span class=""typo-Italique"">libido analysandis</span> – comme autant de formations de rêves. C’est en ce sens qu’il y a interprétation puisque l’analyste construit un va-et-vient descriptif et discursif entre les images réellement perçues par lui lors de la projection et celles qui, par le jeu d’associations à l’origine incontrôlées, se sont levées dans sa vision intérieure.</p><p class=""txt-Normal"">Et l’analyste peut bien savoir que s’il interprète tel film plutôt que tel autre, c’est parce que le film choisi vient justement à lui comme un morceau de rêve. Sorti du rêve, il peut faire comme le patient sur le divan du psychanalyste, il peut continuer à pratiquer le jeu des associations libres. Cette fois, il s’agit pour lui de construire un réseau d’images à partir de celui éclos lors de la projection, qui en sera ainsi le fondement génétique. On ne vise pas la seule intertextualité cinématographique et ses nombreuses déclinaisons<span class=""char-style-override-1""><a id=""footnote-237-8-backlink"" class=""footnote-link"">8</a></span>. En effet, l’intertextualité ici mise en œuvre est plutôt du côté de l’analyste, de sa mémoire des effets que des images ont produits sur lui. Elle est corrélée à une approche des films par l’analyste qui n’est pas seulement fondée sur sa culture du cinéma mais sur une pensée plus large. S’il est « tout-percevant », il est aussi « tout-pensant » selon un dispositif dont les avancées technologiques successives n’ont fait que renforcer la possibilité. En effet, ce dispositif de la projection est maintenant domestiqué et le spectateur innocent du cinéma en salles n’existe plus. Il n’y a alors plus de premier degré du spectacle cinématographique. C’est à cet endroit que le spectateur tout-pensant peut souhaiter récupérer ce trésor peut-être perdu. Comment faire ? Telle est la question de l’analyse interprétative, celle qui demande aux spectateurs d’être très attentifs aux effets de la projection. Et quand ils entrent après cela dans le territoire de l’analyse, ils peuvent asseoir le visionnement des images étudiées sur ce matériau. Geste banal mais, à travers lui, on peut aller au-delà du déchiffrement des signes que les images projetées ont émis à l’intention de leurs spectateurs. Ces derniers se lancent des signes à eux-mêmes et c’est la rencontre des deux, leur reflet mutuel dans un miroir déformant, qui donnent le cadre à l’intérieur duquel chaque analyse peut se déployer.</p><p class=""txt-Normal"">C’est ce que l’on a fait ici. On a été attentive aux coïncidences concrètes et pourtant immatérielles, abstraites entre quelques images, quelques séquences, quelques films qui ont déclenché le travail de l’analyse, comme on le dit du travail du rêve. On est alors parti à la recherche du cinéma perdu dans les tréfonds de la mémoire afin de construire un réseau d’images par lequel se manifeste une histoire de certaines formes du cinéma. Elle en passe par des films <span class=""typo-Italique"">a priori</span> éloignés. C’est qu’à partir des quelques films visés par l’analyse, d’autres ont surgi après coup. Les films premiers, <span class=""typo-Italique"">La Dame de Shanghaï</span>, <span class=""typo-Italique"">Les </span><span class=""typo-Italique"">Harmonies Werkmeister</span>,<span class=""typo-Italique""> Holy Motors</span>,<span class=""typo-";;;;;;;;; 644;2;3;20;La mort des rois;De Sigismond (523) à Louis XIV (1715);;;"<p>L’histoire du pouvoir royal et de ses représentations.</p>";"<p>Introduction </p><p style=""text-align: center;"">Première partie : <strong>Aux origines</strong></p><p>Sutton Hoo et le roi Readwald<br /><strong>Stéphane Lebecq</strong><em> </em></p><p>De l’assassinat au martyre : la mort de Sigismond, roi des Burgondes (523)<br /><strong>Anne-Marie Helvétius</strong><em> </em></p><p style=""text-align: center;"">Deuxième partie : <strong>Questionnements</strong></p><p><em>Le roi assassiné</em></p><p>Mobilisation religieuse et engagement partisan : chronique d’un régicide annoncé (1589)<br /><strong>Nicolas Le Roux</strong></p><p class=""Default"">La réception d’un événement extraordinaire en Provence : l’assassinat d’Henri IV<br /><strong>Anne-Marie Cheny</strong><em> <br /></em></p><p class=""Default""><em>Pratiques funéraires</em></p><p>La belle mort de Charles V<br /><strong>Alexandre Bande</strong></p><p>La mort de Catherine de Médicis : l’histoire curieuse d’une reine qui fut enterrée cinq fois (1589-1817)<br /><strong>Caroline Zum Kolk et Jacqueline Vons<br /></strong></p><p><em>Régence</em></p><p class=""Default"">Le roi est mort, vive la reine ! Des derniers instants de Louis XIII à la régence d'Anne d'Autriche<br /><strong>Sophie Vergnes</strong></p><p style=""text-align: center;"">Troisième partie : <strong>Le modèle Louis XIV</strong></p><p>La mort-spectacle de Louis XIV<br /><strong>Joël Cornette</strong><em> </em></p><p>Ébruiter la mort du Grand Roi<br /><strong>Isaure Boitel</strong><em> </em></p><p>La dernière gloire du Roi Soleil : Les Écuries du château de Versailles et l’organisation des funérailles<br /><strong>Camille Clair</strong><em> </em></p><p>Le premier tombeau d’un roi : l’anti-Louis XIV en images<em><br /></em><strong>Annie Duprat</strong><em> </em></p><p> </p><p>Conclusion</p>";;10/01/2017;0;137x220;272;978-2-84292-577-2;9782842925772;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_644.jpg;"<p>L’histoire de la royauté ne peut s’écrire et s’inscrire que dans la longue durée. Du début du Moyen Âge jusqu’au « Siècle de Louis XIV », l’État ne cesse de s’identifier à la personne physique du prince. La mort d’un souverain est donc synonyme, le plus souvent, de traumatisme, car elle met en question la survie même du pouvoir qu’il incarne.</p><p>Les onze études réunies dans ce livre abordent de nombreuses problématiques d’une histoire politique et culturelle renouvelée : le corps du prince, dans sa double dimension de « simple corps » et de corps souverain ; les apports de l’archéologie et de la culture matérielle ; le cérémonial complexe des funérailles et les apparats souvent spectaculaires qui les accompagnent et leur donnent sens ; la « médiatisation » de la mort du souverain à travers la circulation de l’information, par les textes mais aussi par l’image et la caricature ; la commémoration du souverain après sa mort ; sans oublier les bouleversements politiques multiples provoqués par la disparition du souverain.</p><p> </p><p><em>Joël Cornette est professeur d’histoire moderne à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Il est spécialiste de l’histoire de la monarchie d’Ancien Régime. Il a publié, notamment, « La mort de Louis XIV. Apogée et crépuscule de la monarchie », Paris, Gallimard, col. « Les journées qui ont fait la France », 2015</em><br /><em>Anne-Marie Helvétius est professeure d’histoire médiévale à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Spécialiste de l’histoire du haut Moyen Âge, elle a notamment publié « Église et société au Moyen Âge », Hachette Supérieur, 2<sup>e</sup> éd. 2014 (avec Jean-Michel Matz).</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction</p><p class=""auteur"">Joël Cornette et Anne-Marie Helvétius</p><p class=""txt_Normal"">Depuis les années 1970, avec les travaux de Philippe Ariès, de François Lebrun, de Pierre Chaunu, de Jacques Chiffoleau et de Michel Vovelle, les études sur la mort se sont largement développées, tout en acquérant une dimension comparative et pluridisciplinaire<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. L’histoire dite des mentalités et des sensibilités, des attitudes et des comportements collectifs, qui triomphait ces années-là, a permis d’aborder frontalement et sans tabous le thème de la mort, au même titre que d’autres sujets voisins tels que l’histoire de la famille ou de la sexualité. Depuis lors, les études portant sur la mort au Moyen Âge se sont multipliées : tandis que ses dimensions spirituelles et sociales retenaient l’attention de Jean-Claude Schmitt ou de Patrick Geary, d’autres chercheurs, comme Cécile Treffort ou Michel Lauwers, se sont concentrés sur la question des rites funéraires et de l’organisation matérielle des cimetières<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. Parallèlement à ces recherches de portée générale, la mort des souverains et leurs lieux de sépulture ont spécialement retenu l’attention des médiévistes. Les travaux pionniers de Karl Heinrich Krüger et d’Alain Erlande-Brandenburg ont ainsi marqué des générations d’historiens, tout en les incitant à prendre en considération les aspects matériels de la mort des rois<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Mort des rois, mort des princes, mort des grands : ces questions continuent à passionner les médiévistes, comme en témoignent de nombreux colloques et ouvrages récents<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. Cependant, paradoxalement, dans cette redécouverte du trépas comme objet et sujet d’histoire à part entière, la mort des rois a longtemps semblé marginale, voire délaissée par les historiens modernistes : ainsi, la grande étude de Michel Vovelle s’attache plus aux mentalités collectives qu’à la disparition des souverains, singulièrement absente de son analyse. Des exceptions pourtant : durant ces années fécondes en inventions thématiques, quelques historiens ont exploré la mort des princes, tel Ralph Giesey (1923-2011), disciple d’Ernst Kantorowicz (1895-1963). Il fut son étudiant à Berkeley, devint son assistant à Princeton en 1953 et orienta ses recherches sur les funérailles royales dans le cadre d’une thèse soutenue en 1954 à l’Université de Californie, publiée en 1960 et traduite en français sous le titre : <span class=""typo_Italique"">Le Roi ne meurt jamais</span> (Paris, Flammarion, 1987).</p><p class=""txt_Normal"">Dans cette étude fondatrice à plus d’un titre, centrée sur les obsèques royales dans le royaume de France, Ralph Giesey, dont les travaux s’intègrent à ceux de l’« école cérémonialiste américaine » publiés au même moment, montre que les « deux corps du roi », chers à son maître Kantorowicz<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>, apparaissent clairement au moment des funérailles du corps mortel du souverain qui vient de décéder, dans la mesure où une effigie (<span class=""typo_Italique"">corpus mysticum</span>) du roi est présente de 1422 (funérailles de Charles VI) à 1610. En effet, jusqu’aux funérailles d’Henri IV, dès que le roi meurt, un mannequin est fabriqué, doté d’une tête en cire, les yeux ouverts comme s’il était vivant, de la façon la plus réaliste possible, et tout un rituel est organisé autour de lui (les repas, par exemple, servis avec cérémonie aux heures habituelles). Au <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-1"">e</span> siècle, alors que triomphait la Réforme catholique, ce simulacre du roi vivant apparut comme la manifestation déplacée d’un culte païen.</p><p class=""txt_Normal"">Giesey a soutenu que cette effigie, revêtue des habits royaux – ceux que le roi portait lors de son sacre –, représentait l’immortalité du souverain décédé, la partie immortelle du prince, en quelque sorte (à l’image du chancelier, homme de la justice, qui ne revêt pas de vêtements de deuil). Ainsi, par exemple, confectionné par François Clouet, le mannequin de François I<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"">er</span>, exposé dans la salle d’honneur à Saint-Cloud du 24 avril au 5 mai 1547, a été conçu avec deux paires de mains amovibles : l’une des paires figure des mains jointes, et l’autre des mains dans une position capable de saisir un objet ; la mécanique prévoit la superposition du symbole chrétien de l’immortalité du roi en prière et celui de l’immortalité de la monarchie, par l’attribut du sceptre, tenu par le souverain. « Le roi est mort », crie le héraut d’arme dans la crypte de la basilique Saint-Denis, en abaissant la bannière royale sur le cercueil descendu dans le caveau, avant de la relever au cri de « Vive le roi » : ce second cri triomphal s’adresse au roi vivant comme principe monarchique, comme incarnation d’une monarchie qui ne meurt jamais<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">En partie contestée, l’étude de Ralf Giesey a eu le mérite de susciter des recherches et des analyses neuves, de multiplier des monographies centrées sur le trépas des souverains<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. D’autant que, sur la mort des détenteurs du pouvoir, nous disposons de sources variées et abondantes : elles ont inspiré de nombreuses études et synthèses récentes<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>. Ainsi, trois colloques internationaux, organisés par le Centre de recherche du château de Versailles (à Cracovie en 2007, à Madrid et à l’Escorial en 2008, à Versailles en 2009), ont proposé une lecture tout à la fois neuve et comparatiste des rituels funéraires à l’échelle de l’Europe : il s’agissait d’identifier des modèles et d’étudier leur circulation, afin de tenir compte des spécificités institutionnelles, politiques et confessionnelles<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>. Quant au tricentenaire de la mort de Louis XIV, il a suscité une floraison d’études originales centrées sur l’agonie et les funérailles du Grand Roi : ce fut une forme d’opéra funèbre, une œuvre d’art total qui se déploya durant presque deux mois, de l’instant même du trépas, le 1<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"">er</span> septembre 1715, jusqu’à la grandiose cérémonie terminale à l’abbaye de Saint-Denis le 23 octobre, quand la dépouille du Grand Roi, embaumée dans son double cercueil de bois et de plomb, rejoignit ses ancêtres dans la sombre crypte du lieu de mémoire de la monarchie<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>.</p><p class=""txt_separateur ParaOverride-1"">*</p><p class=""txt_Normal"">En 1996, un numéro de la revue <span class=""typo_Italique"">Médiévales </span>publiée par les Presses Universitaires de Vincennes en hommage à Jean Devisse avait été consacré à « La mort des grands<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span> ». Dans une perspective quelque peu différente, justifiée par l’inscription de l’Université Paris 8 sur le territoire de l’abbatiale de Saint-Denis, le sanctuaire et le panthéon du sang royal, là où reposaient presque tous les souverains des quatre lignées de la monarchie – Mérovingiens, Capétiens, Valois, Bourbons –, et les restes de l’apôtre des Gaules, premier évêque de Paris et saint protecteur du royaume, il nous a paru opportun de rassembler à nouveau des chercheurs, médiévistes et modernistes, avec la volonté de croiser des problématiques aussi variées que fécondes, afin de rendre compte des résultats de leurs travaux et des recherches en cours sur la mort des détenteurs du pouvoir, envisagée à l’aide de perspectives ouvertes et plurielles. En effet, s’attacher aujourd’hui à comprendre ce qui entoure la mort des rois, c’est aussi une manière de réfléchir sur de nombreuses problématiques d’une histoire politique et culturelle renouvelée et repensée : le corps du prince dans sa double dimension de « simple corps » et de corps souverain ; les apports de l’archéologie et de la culture matérielle ; le cérémonial complexe des funérailles et les apparats éphémères qui les accompagnent, rituel souvent spectaculaire dès qu’il s’agit d’un prince ; la « médiatisation » de la mort du souverain à travers la circulation de l’information (orale, écrite, graphique) révélée par la diffusion de la nouvelle et la publicité des obsèques ; la commémoration du souverain après sa mort ; sans oublier la mort des rois par l’image et la caricature et les bouleversements politiques multiples provoqués par la disparition du souverain.</p><p class=""txt_Normal"">Car nous sommes en un temps où l’État est encore pleinement identifié à la personne physique du prince : même si Louis XIV n’a jamais prononcé l’apocryphe « L’État c’est moi », cette phrase résume assez bien la personnalisation extrême d’une « royauté d’incarnation » que le Roi Soleil a pleinement assumée tout au long de son règne, et jusqu’à sa mort publique<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>. « J’ai vécu parmi les gens de ma cour ; je veux mourir parmi eux. Ils ont suivi tout le cours de ma vie ; il est juste qu’ils me voient finir<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>. » Cette identification de la personne du roi à la constitution même de l’État permet de mesurer à quel point sa disparition est presque toujours synonyme de traumatisme, souvent violent : voyez les oppositions et les malcontentements lors des périodes de minorité (guerres de Religion après le trépas brutal de Henri II en 1559, révoltes aristocratiques au temps de la Régence de Marie de Médicis au lendemain de l’assassinat d’Henri IV, « guerres domestiques » de la Fronde au temps de Louis XIV enfant) ; voyez encore le refus de bien des communautés rurales de payer la taille à l’annonce de la disparition du roi, comme ce fut le cas dans plusieurs provinces en 1643 à l’annonce de la mort de Louis XIII, car beaucoup pensaient que l’impôt était lié aux besoins personnels du souverain. Le prince, en tant que prince, écrit Bossuet dans sa <span class=""typo_Italique"">Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte</span>, n’est pas regardé comme un homme particulier, « c’est un personnage public, tout l’État est en lui ; la volonté de tout le peuple est renfermée dans la sienne » (Livre V, art. 4, 1<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"">re</span> proposition). Tant il est vrai que la notion abstraite de souveraineté, indépendante de celui qui en est tout à la fois la figure et l’incarnation, ne concerne encore que des milieux limités, officiers royaux, magistrats et juristes nourris de droit romain. On peut ainsi comprendre l’importance toute particulière de cet « espace-temps » particulier provoqué par la mort du prince : vacance et transmission du pouvoir, mais aussi concurrence et enjeux de souveraineté. Les funérailles du roi défunt et l’intronisation de son successeur constituent de ce fait un ensemble rituel et cérémoniel de la plus haute importance : au-delà de la disparition du simple corps du souverain, son enjeu est la survie et la pérennité du pouvoir.</p><p class=""txt_Normal"">C’est donc une temporalité événementielle exceptionnelle qu’aborde ce livre : « l’entre-deux » de deux règnes, une histoire lestée de multiples implications et enjeux, une histoire pleinement politique aussi, puisque c’est l’essence et le fonctionnement mêmes du pouvoir qui se jouent et se nouent au moment de la mort parfois tragique (Sigismond, Henri II, Henri III, Henri IV) de celui qui incarne et exerce la souveraineté.</p><p class=""txt_separateur"">*</p><p class=""txt_Normal"">Les différents chapitres de ce volume sont organisés en trois parties. La première, intitulée « Aux origines », nous rappelle que l’histoire de la royauté ne peut s’écrire que sur un temps long. Cette institution qui, en France, a survécu durant quatorze siècles, trouve en effet ses fondements dans le très haut Moyen Âge, une période pour laquelle les sources posent de délicats problèmes d’interprétation. L’exemple des funérailles du roi Raedwald d’Est-Anglie, inhumé au début du <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle à Sutton-Hoo, illustre la manière dont les découvertes archéologiques peuvent suppléer l’absence de textes, tandis qu’une série de récits contradictoires viennent documenter le cas de Sigismond de Burgondie, assassiné en 523 et aussitôt vénéré en tant que martyr. Dans des perspectives très différentes, ces deux premiers chapitres révèlent le caractère exceptionnel que revêtait déjà la mort des rois aux premiers siècles du Moyen Âge. En insistant sur le lien indissociable que la royauté entretient avec le sacré, ils permettent d’introduire une série de thématiques que nous retrouverons dans la suite du volume : dès l’origine, la mort d’un roi, violente ou non, représentait un événement hors norme, qui s’accompagnait de rites spécifiques et entraînait dans son sillage la question de la succession, assortie de rumeurs et de soupçons portés contre la reine ou contre l’entourage du défunt.</p><p class=""txt_Normal"">La deuxième partie, intitulée « Questionnements », vise à éclairer différents aspects particuliers de la mort des rois à partir de cinq études de cas regroupées en trois thèmes : le roi assassiné, les pratiques funéraires, la régence. Dans le prolongement du cas de Sigismond, deux chapitres sont tout d’abord consacrés aux rois assassinés dans des contextes très troublés : entre pamphlets polémiques et déplorations, comment les contemporains ont-ils réagi à la nouvelle de la mort tragique d’Henri III ? comment l’annonce de l’assassinat d’Henri IV a-t-elle été soigneusement contrôlée afin d’assurer la stabilité politique du royaume ? Consacrés à des morts plus sereines, les deux chapitres suivants analysent la question des pratiques funéraires, depuis la « belle mort » soigneusement anticipée de Charles V à l’embaumement de Catherine de Médicis et aux transferts successifs de son corps. Enfin, le dernier chapitre de cette partie montre comment l’organisation de la régence a pris une ampleur exceptionnelle à la mort de Louis XIII, au point même d’éclipser l’événement des funérailles royales.</p><p class=""txt_Normal"">Dans la troisième partie, « Le modèle Louis XIV », de nouvelles perspectives éclairent différents aspects de la disparition du Roi Soleil : une mort spectacle, assumée comme telle par le souverain lui-même, des funérailles grandioses, les dernières de l’Ancien Régime, préparées notamment par l’institution méconnue des Écuries royales, une mort anticipée aussi, par des pamphlets et des images fabriquées par les puissances étrangères, déconstruction méthodique du roi de gloire.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-012"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Philippe Ariès, <span class=""typo_Italique"">Essais sur l’histoire de la mort en Occident du Moyen Âge à nos jours</span>, Paris, Seuil, 1975 et <span class=""typo_Italique"">L’Homme devant la mort</span>, Paris, Seuil, 1977 ; François Lebrun, <span class=""typo_Italique"">Les Hommes et la mort en Anjou aux 17</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique""> et 18</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique""> siècles</span>, Paris, Mouton, 1971 ; Pierre Chaunu, <span class=""typo_Italique"">La Mort à Paris, </span><span class=""typo_SC_italic"">xvi</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique"">, </span><span class=""typo_SC_italic"">xvii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique"">, </span><span class=""typo_SC_italic"">xviii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_SC_italic""> </span><span class=""typo_Italique"">siècles</span>, Paris, Fayard, 1978 ; Jacques Chiffoleau, <span class=""typo_Italique"">La Comptabilité de l’au-delà. Les hommes, la mort et la religion dans la région d’Avignon à la fin du Moyen Âge</span>, Rome, École française de Rome, 1980 ; Michel Vovelle, <span class=""typo_Italique"">La Mort et l’Occident de 1300 à nos jours</span>, Paris, Gallimard, 1983 ; Michel Vovelle, « Encore la mort : un peu plus qu’une mode ? », <span class=""typo_Italique"">Annales ESC</span>, 37<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> année, 1982 (2), p. 276-287.</p></div><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Jean-Claude Schmitt, <span class=""typo_Italique"">Les Revenants. Les vivants et les morts dans la société médiévale</span>, Paris, Gallimard, 1994 ; Patrick J. Geary, <span class=""typo_Italique"">Leaving with the Dead in the Middle Ages</span>, Ithaca/New York, Cornell University Press, 1994 ; Cécile Treffort, <span class=""typo_Italique"">L’Église carolingienne et la mort. Christianisme, rites funéraires et pratiques commémoratives</span>, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1996 ; Michel Lauwers, <span class=""typo_Italique"">Naissance du cimetière. Lieux sacrés et terres des morts dans l’Occident médiéval</span>, Paris, Aubier, 2005.</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Karl Heinrich Krüger, <span class=""typo_Italique"">Königsgrabkirchen der Franken, Angelsachsen und Langobarden bis zur Mitte des 8 .Jahrhunderts. Ein historischer Katalog</span>, Munich, Wilhelm Fink, 1971 ; Alain Erlande-Brandenburg, <span class=""typo_Italique"">Le Roi est mort. Étude sur les funérailles, les sépultures et les tombeaux des rois de France jusqu’à la fin du </span><span class=""typo_SC_italic"">xiii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique""> siècle</span>, Genève, Droz, 1975.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Par exemple Murielle Gaude-Ferragu, <span class=""typo_Italique"">D’or et de cendres. La mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Âge</span>, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2005 ; Brigitte Boissavit-Camus, François Chausson et Hervé Inglebert (dir.), <span class=""typo_Italique"">La Mort du souverain (entre Antiquité et haut Moyen Âge)</span>, Paris, Picard, 2006 ; Michel Margue (dir.), <span class=""typo_Italique"">Sépultures, mort et représentation du pouvoir au Moyen Âge</span>, Luxembourg, Publications de la section historique de l’Institut Grand-Ducal de Luxembourg, 2006, vol. 118.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Ernst Kantorowicz, [<span class=""typo_Italique"">The King’s Two Bodies : A Study in Mediaeval Political Theology</span>, 1957], <span class=""typo_Italique"">Les Deux corps du roi : essai sur la théologie politique au Moyen Âge</span>, Paris, Gallimard, 1989.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Ralph Giesey, <span class=""typo_Italique"">Le Roi ne meurt jamais. Les obsèques royales dans la France de la Renaissance</span>, Paris, Flammarion, 1987, p. 267-290.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Alain Boureau, <span class=""typo_Italique"">Le Simple corps du roi : l’impossible sacralité des souverains français, </span><span class=""typo_SC_italic"">xv</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique"">-</span><span class=""typo_SC_italic"">xviii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique""> siècle</span>, Paris, Éditions de Paris, 1988.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. À titre d’exemple, signalons la parution de Jérémie Foa, Élisabeth Malamut, Charles Zaremba (dir.), <span class=""typo_Italique"">La Mort du prince. De l’Antiquité à nos jours</span>, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2016.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Juliusz A. Chroscicki, Mark Hengerer et Gérard Sabatier (dir.), <span class=""typo_Italique"">Les Funérailles princières en Europe (</span><span class=""typo_SC_italic"">xvi</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique"">-</span><span class=""typo_SC_italic"">xviii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique""> siècle)</span>, vol. 1 : <span class=""typo_Italique"">Le grand théâtre de la mort</span>, Versailles/Rennes, Centre de recherche du château de Versailles/Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2012 ; vol. 2 : <span class=""typo_Italique"">Apothéoses monumentales</span>, Versailles/Rennes, Centre de recherche du château de Versailles/Presses Universitaires de Rennes, 2013 ; vol. 3 : <span class=""typo_Italique"">Le deuil, la mémoire, la politique</span>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Notamment, Alexandre Maral, <span class=""typo_Italique"">Les Derniers Jours de Louis XIV</span>, Paris, Perrin, 204 ; Joël Cornette, <span class=""typo_Italique"">La Mort de Louis XIV. Apogée et crépuscule de la royauté</span>, Paris, Gallimard, 2015 ; Gérard Sabatier (dir.), <span class=""typo_Italique"">Le Roi est mort : Louis XIV-1715</span>, Paris, Tallandier, 2015.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. <span class=""typo_Italique"">Médiévales. Langue, textes, histoire</span>, n° 31, « La mort des grands. Hommage à Jean Devisse », 1996.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">12</a>. Arlette Jouanna, <span class=""typo_Italique"">Le Prince absolu. Apogée et déclin de l’imaginaire monarchique</span>, Paris, Gallimard, 2014. C’est un historien du début du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, P. E. Lémontey qui a attribué, à tort, la paternité de cette fameuse formule : « Enfin le Coran de la France fut contenu dans quatre syllabes et Louis XIV prononça un jour : “L’État c’est moi” » (P. E. Lémontey, <span class=""typo_Italique"">Essai sur l’établissement monarchique de Louis XIV</span>, Paris, 1818, p. 327).</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">13</a>. Paroles de Louis XIV, rapportées par Jean Buvat, <span class=""typo_Italique"">Journal de la Régence (1715-1723)</span>, Paris, 1865, p. 37.</p></div></div></div>";;456;21.00;"<p>Du début du Moyen Âge jusqu’au « Siècle de Louis XIV », l’État ne cesse de s’identifier à la personne physique du prince. La mort d’un souverain est donc synonyme, le plus souvent, de traumatisme, car elle met en question la survie même du pouvoir qu’il incarne.<br />Cet « espace-temps » particulier : « l’entre-deux » règnes ; ses implications, ses conséquences sur la pérennité du pouvoir sont précisémment étudiées. Avec une dernière partie consacrée à Louis XIV très documentée (4 chapitres lui sont consacrés), l’ouvrage présente toutes les phases de la mort royale : de l’agonie aux funérailles, des funérailles à la sépulture, de l’annonce de la mort à la mémoire de la mort.</p>";;02/11/2016 13:19;1;Première édition;3378 646;2;3;20;Matière à écrire;Les échanges de correspondance du XVIe au XIXe siècle;;;"<p>À l’heure des préoccupations relatives à la sécurité de nos communications, l’ouvrage traite des enjeux de la dimension matérielle de ces dernières.</p>";"<p>Matériel <em>versus</em> idéel<br />Une autre dimension de l’épistolarité aux âges 
moderne et contemporain<br /><strong>Olivier Poncet </strong> </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>I.
« Je vous écris » : écrire, signer, 
sceller, timbrer les lettres</strong></p><p style=""text-align: left;"">Le « tremblé » des correspondances<br />Information, préparation et projection des décisions politiques 
dans les « bureaux » des secrétaires d’État sous le règne d’Henri III<br /><strong>Jérémie Ferrer-Bartomeu <br /> </strong><br />Sous le pli du secret<br />L’apparition des « cachets » de gomme laque 
dans les correspondances diplomatiques (1560-1580)<br /><strong>Solène de la Forest d’Armaillé </strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>II. 
Transporter l'information, 
transporter les biens</strong></p><p style=""text-align: left;"">L’infiltration d’un <em>lobby </em>politico-religieux au cœur 
des lieux de pouvoir<br />Circuits postaux et transport de la correspondance janséniste dans l’Europe méditerranéenne au second XVIIIe siècle (<em>ca</em> 1760-1780)<br /><strong>Emmanuel Lacam </strong> <br /><br /><em>Cahier iconographique </em></p><p style=""text-align: left;"">Transposer pour mieux transporter<br />Pratiques du chiffre dans les correspondances diplomatiques 
du premier XVIIe siècle<strong><br />Camille Desenclos </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. 
Garder, archiver, transformer</strong></p><p style=""text-align: left;"">Écrire, dessiner, toucher, compiler<br />Le <em>Journal</em> d’Henri Lebert entre lettres, 
esquisses et échantillons (1794-1862)<br /><strong>Audrey Millet <br /></strong><br />La correspondance marchande, un vecteur éphémère ?<br />Des us et coutumes mercantiles (fin XVIe- début XVIIe siècle)<br /><strong>Anne Lambert </strong> <br /><br />Plus vrai que nature : conversion de l’information 
scientifique en objets, conversion des objets en informations 
dans les correspondances en sciences naturelles<br />(XVIIIe-XIXe siècle, mondes britanniques et français)<br /><strong>Thérèse Bru <br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. 
Table ronde : 
la matérialité de la correspondance 
à l’épreuve de la méthodologie<br /></strong></p><p style=""text-align: left;"">La correspondance est-elle une source fiable 
pour l’historien ?<br />Le cas de l’économiste Josiah Tucker (1713-1799)<br /><strong>Karim Ghorbal </strong><br /><br /> <br />Conclusion<br /><strong>Pierre-Yves Beaurepaire </strong><br /><br /><br />Les auteurs <br /><br /></p>";;27/04/2017;0;137x220;240;978-2-84292-583-3;978-2-84292-583-3;0;0993-4367;Presses Universitaires de Vincennes;img_646.jpg;"<p class=""TextBody"">Rien de plus simple, semble-t-il, qu’écrire une lettre, la recevoir, la lire, l’attendre même. Pour autant, les gestes les plus simples doivent-ils être exclus des horizons de l’historien ? Quelles méthodes adopter face à cette matérialité de l’écrit, qui ne se livre qu’en demi-ton ? Telles sont les réflexions qui ont mené les doctorants et jeunes docteurs de l’Université Paris 8 et de l’École nationale des chartes à s’associer pour croiser leur regard sur la matière épistolaire. Les contributions ici rassemblées se penchent tour à tour sur les gestuelles de la correspondance de l’époque moderne, du transport de lettres à l’acheminement d’échantillons scientifiques, du chiffrement à la clôture, de la préservation de la matière à la sécurisation du sens, à travers les méandres des protocoles d'échanhe et des chemins de la réception.</p><p class=""TextBody""><em>Normalienne et agrégée d'histoire, Thérèse Bru consacre sa thèse aux circulations de données dans les correspondances scientifiques de l'ère moderne. Solène de la Forest d'Armaillé a coordonné le projet de recherche sur la restauration, conservation et valorisation des actes scellés de la Bibliothèque nationale de France (2013-2015)</em></p>";"<div class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T-3-Article para-style-override-1"">Introduction<br /><br /></p><p class=""T-3-Article para-style-override-1"">Matériel <span class=""typo-Italique char-style-override-1"">versus</span> idéel</p><p class=""T-SousTitre"">Une autre dimension de l’épistolarité <br />aux âges moderne et contemporain</p><p class=""auteur"">Olivier <span class=""typo-SC"">P</span>oncet</p><p class=""epigraphe"">« L’histoire se fait avec des documents écrits, sans doute. Quand il y en a. Mais elle peut se faire, elle doit se faire, sans documents écrits s’il n’en existe point. Avec tout ce que l’ingéniosité de l’historien peut lui permettre d’utiliser pour fabriquer son miel, à défaut des fleurs usuelles. Donc avec des mots. Des signes. Des paysages et des tuiles. Des formes de champ et des mauvaises herbes. Des éclipses de lune et des colliers d’attelage. Des expertises de pierres par des géologues et des analyses d’épées en métal par des chimistes. En un mot, avec tout ce qui, étant à l’homme, dépend de l’homme, sert à l’homme, exprime l’homme, signifie la présence, l’activité, les goûts et les façons d’être de l’homme. »</p><p class=""epigraphe para-style-override-2"">Lucien Febvre, 1949<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-1-backlink"" class=""footnote-link"">1</a></span>.</p><p class=""premierPara"">Les correspondances par les réseaux qu’elles fabriquent et qu’elles portent sont un sujet inépuisable de l’historiographie des périodes moderne et contemporaine, pour lesquelles les archives de cette nature deviennent abondantes, voire surabondantes. De l’école méthodique au <span class=""typo-Italique"">linguistic turn</span> en passant par l’École des Annales, il n’est pas de grand courant d’écriture de l’histoire qui n’ait porté une attention spécifique et volontariste à cette source singulière, ce matériau privilégié de l’historien.</p><p class=""txt-Normal"">Matériau : le mot est lâché. La citation de Lucien Febvre placée en exergue de ce texte rappelle qu’il fut un temps pas si lointain où, pour les tenants d’une histoire renouvelée, la matérialité et son potentiel apport au discours historique étaient nécessairement extérieurs à l’écrit. En dehors de rares travaux d’épigraphistes, de paléographes ou de diplomatistes, cantonnés pour l’essentiel aux périodes antique et médiévale, les éléments concrets du discours épistolaire étaient au pire ignorés, au mieux négligés ou maltraités par les spécialistes des époques les plus récentes. Qu’il s’agisse du support, des dimensions, de la mise en page, de la structuration en chemises, liasses ou registres, tous ces éléments d’appréciation qualitative de l’épistolarité n’étaient et ne sont encore guère pris en compte par les historiens. Tout au plus la signature, ce lien si particulier entre le contenu et le contenant, entre le scripteur et l’individu, entre l’information et la validation, a-t-elle retenu une attention peut-être moins motivée par le questionnement sur l’individuation moderne et l’acculturation à l’écrit que par la fascination exercée par la présence d’une trace censément peu suspecte d’une autographie synonyme de proximité avec l’homme ou la femme surgie du passée<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-2-backlink"" class=""footnote-link"">2</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">Depuis une trentaine d’années, l’historiographie doute. L’épuisement épistémologique des grandes théories explicatives – marxisme, structuralisme – a conduit l’histoire au bord de la falaise, pour reprendre l’expression de Roger Chartier<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-3-backlink"" class=""footnote-link"">3</a></span>. Dans un moment où l’histoire se cherche entre mémoire et science et où elle est tiraillée plus que jamais par des enjeux communautaires, religieux ou géo-politiques, quoi de plus rassurant finalement que d’effectuer un retour aux sources et de se livrer à une « nouvelle érudition<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-4-backlink"" class=""footnote-link"">4</a></span> » ? Si les archives et leur fabrique ont une histoire<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-5-backlink"" class=""footnote-link"">5</a></span>, les sources écrites en tant que telles ne sont pas qu’un agencement de mots, de lexiques, de syntagmes ou de phrases. Roger Chartier précisément a ainsi mis l’accent, après d’autres dont Henri-Jean Martin<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-6-backlink"" class=""footnote-link"">6</a></span>, sur la fabrication matérielle du discours littéraire, sur les aspects concrets de la production des livres, sur les contraintes humaines et techniques qui pèsent sur la composition intellectuelle des ouvrages et dont toute analyse scientifique doit tenir compte pour porter un jugement adéquat sur l’expression d’une pensée portée par ce moyen de communication spécial qu’est le livre imprimé<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-7-backlink"" class=""footnote-link"">7</a></span>.</p><p class=""txt-Normal""><span>Inversant ici la proposition de l’anthropologue Maurice Godelier</span><span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-8-backlink"" class=""footnote-link"">8</a></span><span>, </span>l’historien est ainsi sommé de faire la part du matériel dans l’idéel, et singulièrement dans ses sources écrites. Si le livre peut aisément être perçu comme un artefact, obéissant à des lois industrielles ou commerciales car il est aussi un objet d’une économie propre<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-9-backlink"" class=""footnote-link"">9</a></span>, il n’en va pas de même d’une correspondance manuscrite. Destinée à être échangée – en dehors de certaines situations tenant davantage de l’introspection personnelle ou de l’exercice littéraire –, la correspondance n’est pas objet de commerce, au moins pas de commerce possédant un marché propre et identifié avant l’apparition des ventes d’autographes au <span class=""typo-SC"">xix</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-10-backlink"" class=""footnote-link"">10</a></span>. Pourtant à l’image d’autres documents d’archives où s’épanouit l’initiative individuelle, comme les livres de raison et autres écrits dits du for privé<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-11-backlink"" class=""footnote-link"">11</a></span>, les correspondances de toute nature n’échappent pas à l’emprise de contraintes matérielles entendues ici au sens large.</p><p class=""txt-Normal"">Le support lui-même est un premier élément non négligeable. S’agissant des lettres, depuis le <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle, le papier règne en maître quasi absolu, si l’on veut bien exclure les supports extraordinaires rencontrés çà et là au fil de l’histoire, comme cette doublure de pourpoint adressée en trois exemplaires (et donc trois porteurs) et portant les instructions de Gaspard de Coligny aux réformés assiégés dans Rouen par les troupes catholiques au début de la première Guerre de religion le 25 septembre 1562<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-12-backlink"" class=""footnote-link"">12</a></span>. Que l’on en dispose ou pas, qu’on en dispose en abondance ou en faibles quantités, qu’il soit bon marché grâce à une mécanisation croissante ou rendu onéreux par une fiscalité <span class=""typo-Italique"">ad hoc</span>, l’accès au papier est une contrainte qui pèse sur la régularité d’une correspondance, sur la longueur des dépêches, sur la taille des caractères, sur les espaces laissés en blanc, etc. La raréfaction de papier, ou l’absence de production papetière locale peut même amener à une connaissance sensuelle de ce précieux support, comme ces imprimeurs anglais du <span class=""typo-SC"">xvi</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle qui pouvaient « nommer les types de papier selon leur lieu d’origine, comme on le fait pour des variétés de fromage »<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-13-backlink"" class=""footnote-link"">13</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">Afin de satisfaire aux contraintes de la mobilité qu’implique la transmission à distance (y compris courte), le scripteur (ou son assistant) modifie lui-même la forme de son support pour l’adresser plié à son destinataire. S’il peut arriver que l’on réduise le format d’autres documents d’archives pour des raisons diverses (lettres closes de chancellerie, brefs pontificaux, sacs de procès, etc.), la lettre missive l’est en revanche systématiquement. Les pliures sont elles-mêmes un sujet d’interrogation et un indice des méthodes de transport : format standard pour être joint à un paquet de lettres similaires ou taille réduite à l’extrême pour tenir dans une ceinture ou une couture de vêtement et échapper aux inspections trop inquisitrices. À l’occasion, l’expéditeur peut joindre divers objets à son envoi épistolaire, objets précieux – les autorités y sont régulièrement opposées – ou non, comme ces échantillons de tissu (« rayeures des siamoises bleues ») que transmettaient des marchands à leur correspondant de Vabre à la fin du <span class=""typo-SC"">xviii</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-14-backlink"" class=""footnote-link"">14</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">En outre, il est rare que la lettre missive soit remise directement à son destinataire. Ce dernier peut éventuellement faire attendre une réponse à sa propre lettre qu’il aura fait porter par un messager exprès. Toutefois, la règle générale est de confier son pli à un tiers, qu’il soit de confiance (le fameux « porteur »), ou qu’il s’agisse d’un voyageur de passage, marchand ou autre, qui accepte de se charger d’une lettre supplémentaire pour la joindre à un paquet déjà confectionné. Surtout, la multiplication des pratiques épistolaires a suscité la mise en place de réseaux postaux dès le <span class=""typo-SC"">xiv</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle, d’abord à l’usage des pouvoirs politiques et universitaires mais très vite également pour les besoins d’un plus large public. Cette institution postale suscita en retour l’apposition de mentions de destinataire plus détaillées et la présence de signes d’affranchissement de toutes sortes, jusqu’à nos modernes timbres-poste lorsque le port devint standard et fut progressivement, à partir de 1839, à la charge de l’expéditeur, provoquant une hausse considérable du nombre de lettres expédiées et l’explosion du nombre des boîtes à lettres<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-15-backlink"" class=""footnote-link"">15</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">L’espace et le temps dans lequel se meuvent les lettres missives entraînent des pratiques d’écriture qui influent sur leur présentation matérielle. Qu’il s’agisse des écritures codées, du recours à des supports incongrus (<span class=""typo-Italique"">cf.</span> <span class=""typo-Italique"">supra</span>), de l’obligation parfois de redoubler, voire de tripler l’exemplaire de la lettre en question, quand on n’a pas affaire à une combinaison de plusieurs de ces précautions (une lettre chiffrée envoyée en duplicata par exemple), la lettre missive exprime dans sa matérialité les sentiments de son auteur, de l’angoisse et de la peur de sa perte possible, ou à l’inverse de l’extrême confiance dans les moyens utilisés pour la conjurer.</p><p class=""txt-Normal"">On n’oubliera pas enfin de revenir sur les questions de mise en page et du rapport du texte à l’image, laquelle n’est toutefois pas en soi autre chose qu’un discours. Passons sur ces prouesses artistiques que constituent les calligrammes ou les lettres-miroirs, comme cette longue lettre de 21 pages du peintre Charles Giraud écrite à Papeete du 15 septembre au 9 octobre 1846 à son ami Harduin à qui il raconte sa vie à Tahiti en illustrant son envoi de sept aquarelles qui rehaussent le texte au fur et à mesure du récit épistolaire<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-16-backlink"" class=""footnote-link"">16</a></span>. Dans l’immense majorité des cas, l’écriture des lettres missives obéit à des habitudes d’écriture qui s’affranchissent progressivement des actes diplomatiques pour s’autonomiser dès le <span class=""typo-SC"">xvi</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle, sous l’influence de manuels, de formulaires de lettres mais aussi de recommandations administratives qui acclimatent une complexification des apostrophes et des formules de politesse, une conquête de l’autographie dont l’usage peut avoir valeur de message politique<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-17-backlink"" class=""footnote-link"">17</a></span> et un usage de plus en plus maîtrisé des alinéas, de l’ajout post-scriptum et des espaces laissés en blanc par les scripteurs. En dépit de ce moule épistolaire partagé, qui s’impose à l’échelle de l’Europe occidentale, la responsabilité et la liberté de chaque auteur demeure qui lui permet de donner à l’aspect de sa lettre un tour plus ou moins personnel. On connaît l’aphorisme exprimé par Blaise Pascal dans sa XVI<span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> <span class=""typo-Italique"">Provinciale</span> qui milite en faveur d’une écriture maîtrisée : « Je n’ai fait celle-ci plus longue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte. » L’occupation maximale de l’espace, marge et en-tête compris, le dispute ainsi à la recherche d’effet et à la subtile composition où le blanc et le vide l’emportent sur un texte ainsi davantage rehaussé, à l’image des rapports complexes qui règnent entre un tableau et son cadre.</p><p class=""txt-Normal"">Les textes que l’on va lire, d’excellente venue, sont l’œuvre de doctorants de l’École nationale des chartes et de l’Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis qui se sont réunis le 10 mars 2015 autour du thème de la matérialité de l’échange dans les réseaux de correspondance<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-18-backlink"" class=""footnote-link"">18</a></span>. Ces jeunes historiens, issus de cette génération d’« enfants du numérique », pour reprendre la terminologie officielle française<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-19-backlink"" class=""footnote-link"">19</a></span>, sont engagés dans la préparation de thèses de doctorat. Ils ont fait le choix courageux de s’intéresser prioritairement aux aspects les plus concrets des sources écrites auxquelles ils demandent ordinairement les éléments indispensables à leur démonstration. Ce choix est moins paradoxal qu’il y paraît, on l’aura compris, d’autant que leurs établissements d’appartenance y sont éminemment favorables.</p><p class=""txt-Normal"">Depuis ses origines, l’École des chartes promeut une approche aussi concrète qu’intellectuelle des sources du passé, qu’elles soient d’abord écrites ou qu’elles touchent à d’autres expressions de l’activité humaine. Installée pendant longtemps au cœur même des institutions de conservation – Bibliothèque royale, puis Archives impériales ou nationales –, l’École y a puisé une proximité essentielle avec le document original, en confectionnant dans les temps héroïques de la Restauration des recueils d’originaux <span class=""typo-Italique"">ad hoc</span> tirés de fonds des Archives nationales<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-20-backlink"" class=""footnote-link"">20</a></span>. Lorsqu’il s’est agi de faciliter l’apprentissage d’une paléographie fondée sur des exemples issus de l’ensemble des ressources archivistiques françaises, qu’il n’était évidemment pas imaginable de faire venir en original à Paris, une vaste entreprise de reproductions sous forme de planches lithographiées, puis héliographiées fut mise en chantier entre la Monarchie de Juillet et la Troisième République<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-21-backlink"" class=""footnote-link"">21</a></span>. Cet outil pédagogique unique n’empêchait pas les professeurs eux-mêmes d’acquérir pour les besoins de leur enseignement des documents anciens sur le marché de l’antiquariat<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-22-backlink"" class=""footnote-link"">22</a></span>, les dernières grandes vagues d’acquisitions ayant eu lieu dans le dernier quart du <span class=""typo-SC"">xx</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle à l’initiative de Henri-Jean Martin, professeur d’histoire du livre soucieux de faire mieux comprendre les nuances d’une gravure ancienne<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-23-backlink"" class=""footnote-link"">23</a></span>.</p><p class=""txt-Normal"">Il était d’une certaine manière attendu que les doctorants de l’École soient tout aussi sensibles à cette facette matérielle de la documentation historique, quoique le doctorat y soit une création toute récente. Si le Centre universitaire expérimental de Vincennes, où l’interdisciplinarité fut érigée avec volontarisme en moteur de science et d’enseignement, ne fut pas doté à sa création le 1<span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">er</span> janvier 1969 de la capacité doctorale, sa rapide transformation en 1971 en université de plein exercice sous l’appellation d’Université Paris 8-Vincennes (puis Vincennes-Saint-Denis après son démé­nagement en 1980) lui conféra l’habilitation à délivrer tous les diplômes universitaires, dont le doctorat. Quoique beaucoup plus ancienne (1821), l’École nationale des chartes a longtemps tenté de tenir à égale distance formation initiale et formation professionnelle, tant et si bien qu’elle est restée longtemps en marge des standards académiques alors que le sénateur Guillaume Bodinier, ancien auditeur libre des cours de l’École, n’hésitait pas à affirmer en 1904 à la tribune du Sénat que « le diplôme d’archiviste paléographe est en quelque sorte un véritable doctorat d’histoire de France<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-24-backlink"" class=""footnote-link"">24</a></span> ». Il a fallu attendre le tout début du <span class=""typo-SC"">xxi</span><span class=""typo-Exposant char-style-override-3"">e</span> siècle pour que s’opère une relative normalisation dans ce domaine<span class=""char-style-override-2""><a id=""footnote-311-25-backlink"" class=""footnote-link"">25</a></span>, qui sans rien lui faire perdre de son originalité l’intègre encore plus nettement dans l’espace universitaire français, ce dont témoigne avec bonheur cette première publication d’actes de ses doctorants.</p><p class=""txt-Normal"">Les Chartes et Vincennes. L’ancien et le nouveau. Le matériel et l’idéel. La lettre et l’esprit. Comment mieux dire que l’historien s’efforce de briser tous les sortilèges et d’évacuer tous les faux semblants qui divisent et éloignent de l’ambition exprimée par Lucien Febvre au sortir de l’après-guerre, ambition un peu folle, certes, mais plus que jamais d’actualité : comprendre l’homme dans toutes ses dimensions.</p><div class=""footnotes""><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-1"" class=""footnote-anchor"">1</a>. Lucien Febvre, « Vers une autre histoire », dans <span class=""typo-Italique"">Revue de métaphysique et de morale</span>, t. 58, n. 3-4, 1949, p. 225-247, réimpr. dans Id., <span class=""typo-Italique"">Combats pour l’histoire</span> (1<span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">re</span> éd. 1953), réimpr. dans <span class=""typo-Italique"">Lucien Febvre. Vivre l’histoire</span>, Brigitte Mazon (éd.), Paris, « Bouquins », 2009, p. 357-374 à la p. 365.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-2"" class=""footnote-anchor"">2</a>. Béatrice Fraenkel, <span class=""typo-Italique"">La Signature. Genèse d’un signe</span>, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 1992 ; <span class=""typo-Italique"">La signature</span>, dossier spécial de <span class=""typo-Italique"">Hypothèses</span>, 9, 2005, p. 297-390 ; Claude Jeay, <span class=""typo-Italique"">Signature et pouvoir au Moyen Âge</span>, Paris, École des chartes, « Mémoires et documents de l’École des chartes », 99, 2015.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-3"" class=""footnote-anchor"">3</a>. Roger Chartier, <span class=""typo-Italique"">Au bord de la falaise. L’histoire entre certitudes et inquiétude</span>, 2<span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e</span> éd., Paris, Albin Michel, « Bibliothèque de l’Évolution de l’humanité », 54, 2009. La première édition de ce recueil d’articles publiés entre 1980 et 1994 date de 1997.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-4"" class=""footnote-anchor"">4</a>. Nicolas Offenstadt, « Archives, documents, sources », dans Christian Delacroix, François Dosse, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt (dir.),<span class=""typo-Italique""> Historiographies. Concepts et débats</span>, 2 vol., Paris, Gallimard, « Folio Histoire », 179, 2010, t. I, p. 68-78. Significativement, cependant, cet ouvrage collectif ne consacre pas d’autres entrée à la question des sources, indice que le mouvement de retour aux sources n’est pas nécessairement univoque.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-5"" class=""footnote-anchor"">5</a>. Étienne Anheim et Olivier Poncet (dir.), « Fabrique des archives, fabrique de l’histoire », numéro spécial de la <span class=""typo-Italique"">Revue de Synthèse</span>, 5<span class=""typo-Exposant char-style-override-4"">e</span> s., t. 125, p. 1-195. L’<span class=""typo-Italique"">archival turn</span> auquel nous assistons aujourd’hui relève de la même logique d’un retour aux sources. Anticipé par des esprits ingénieux chez les médiévistes où le sujet n’a jamais cessé d’être interrogé – Michael Clanchy, <span class=""typo-Italique"">From Memory to Written Record England, 1066-1307</span>, Londres, E. Arnold, 1979 ; Paolo Cammarosano, <span class=""typo-Italique"">Italia medievale. Struttura e geografia delle fonti scritte</span>, Rome, NIS, « Studi superiori NIS », 109, 1991 –, il suscite depuis quelques années l’appétit mondial des modernistes. On verra, à titre illustratif : <span class=""typo-Italique"">Chūkinsei ākaibuzu no takokukan hikaku </span>[<span class=""typo-Italique"">Comparaison multilatérale des archives médiévales et modernes</span>, en japonais], éd. Koichi Watanabe, Tokyo, Kokubungaku Kenkyū Shiryōkan, 2009 ; « Archival Knowledge Culture in Europe 1400-1900 », numéro spécial de <span class=""typo-Italique"">Archival Scienc</span>e, 10, 3, 2010 ; Markus Friedrich, <span class=""typo-Italique"">Die Geburt des Archivs. Eine Wissensgeschichte</span>, Munich, Oldenbourg, 2013 ; Randolph Head, « Documents, archives and proof around 1700 », <span class=""typo-Italique"">The Historical Journal</span>, 56, 4, 2013, p. 909-930 (en attendant son livre-synthèse sur la question) ; <span class=""typo-Italique"">Archivi e archivisti in Italia tra medioevo ed età moderna</span>, éd. Filippo de Vivo, Andrea Guidi et Alessandro Silvestri, Rome, Viella, « I libri di Viella », 203, 2015).</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-6"" class=""footnote-anchor"">6</a>. Les intuitions formulées dès l’ouvrage écrit avec Lucien Febvre (<span class=""typo-Italique"">L’Apparition du livre</span>, Paris, Albin Michel, « L’Évolution de l’humanité », 30, 1958) ont été développées et synthétisées dans <span class=""typo-Italique"">La Naissance du livre moderne (</span><span class=""typo-SC-italic"">xiv</span><span class=""typo-Exposant-Italic char-style-override-4"">e</span><span class=""typo-Italique"">-</span><span class=""typo-SC-italic"">xvii</span><span class=""typo-Exposant-Italic char-style-override-4"">e</span><span class=""typo-Italique""> siècle). Mise en page et mise en texte du livre français</span>, Paris, Cercle de la librairie, 2000.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-7"" class=""footnote-anchor"">7</a>. Roger Chartier, « Histoire et littérature », dans <span class=""typo-Italique"">Au bord de la falaise...</span>, p. 321-342 ; il s’agit du seul texte inédit de ce recueil. Voir aussi les exemplaires travaux d’Alain Riffaud, <span class=""typo-Italique"">La Ponctuation du théâtre imprimé au </span><span class=""typo-SC-italic"">xvii</span><span class=""typo-Exposant-Italic char-style-override-4"">e</span><span class=""typo-Italique""> siècle</span>, Genève, Droz, « Travaux du Grand Siècle », 30, 2007, et Id., <span class=""typo-Italique"">Une archéologie du livre français moderne</span>, Genève, « Travaux du Grand Siècle », 39, 2011.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-8"" class=""footnote-anchor"">8</a>. Maurice Godelier, <span class=""typo-Italique"">L’Idéel et le matériel. Pensée, économies, sociétés</span>, Paris, Fayard, 1984.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-9"" class=""footnote-anchor"">9</a>. L. Febvre et H.-J. Martin y consacrent principalement deux chapitres dans <span class=""typo-Italique"">L’Apparition du livre... </span>(chapitre IV, « Le livre, cette marchandise » et chapitre VII, « Le commerce du livre »), mais c’est tardivement, semble-t-il, qu’une monographie en langue française associe dans son titre les mots « économie » et « livre » : Frédéric Barbier,<span class=""typo-Italique""> Livre, économie et société industrielles en Allemagne et en France au </span><span class=""typo-SC-italic"">xix</span><span class=""typo-Exposant-Italic char-style-override-4"">e</span><span class=""typo-Italique""> siècle, 1840-1914</span>, thèse de doctorat d’histoire de l’Université Paris IV, 1988 ; notons cependant que le terme « économie » disparaît lors de la publication qui en est tirée : <span class=""typo-Italique"">L’Empire du livre. Le livre imprimé et la construction de l’Allemagne contemporaine, 1815-1914</span>, Paris, Le Cerf, « Bibliothèque franco-allemande », 1995.</p></div><div class=""footnote""><p class=""txt-Note""><a id=""footnote-311-10"" class=""footnote-anchor"">10</a>. Les achats et rachats d’ensemble épistolaires pour des questions d’érudition ou de politique à l’époque moderne (Olivier Poncet, « Archiviare, trasmettere e pubblicare le corrispondenze reali e governative del";;;;;;;;; 647;2;3;20;Science et technique au Moyen Âge;(XIIe-XVe siècles);;;"<p>La question de l’articulation entre sciences et techniques est abordée ici pour la première fois par des historiens des sciences et des techniques.</p>";"<p>Introduction<br /><strong>Joël Chandelier, Catherine Verna, Nicolas Weill-Parot</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Penser le croisement</strong></p><p>Guy Beaujouan et l’histoire des relations entre science et technique au Moyen Âge<br /><strong>Danielle Jacquart</strong><em><br /> </em></p><p>Science, art et prudence à la fin du Moyen Âge (XIIIe-XIVe siècle)<br /><strong>Aurélien Robert</strong><em> </em></p><p>Tensions et transformations dans la classification des sciences et des arts au XVe siècle<em><br /></em><strong>Jean-Marc Mandosio</strong></p><p>Théorie et pratique de l’hydraulique chez Konrad Grüter, clerc et technicien allemand en Italie (1393-1424)<strong><em><br /></em><strong>Dietrich Lohrmann</strong></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Mise en forme du concret</strong></p><p>Le manuel de teinturerie de Joanot Valero (Valence, XVe siècle). Technique et médecine à l’usage du teinturier<br /><strong>Lluís Cifuentes i Comamala</strong></p><p>L'Ymage de vie : un <em>vade mecum</em> pour réaliser la « perfection des imparfaiz »<br /><strong>Geneviève Dumas</strong></p><p>L’alliage des métaux précieux en Espagne au Moyen Âge : entre science arithmétique et technique métallurgique<br /><strong>Ricardo Cordoba de la Llave<br /></strong></p><p>Techniques de construction et transmission des savoirs. Pour une approche archéologique (archéologie du bâti)<br /><strong>Nicolas Reveyron</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Représentation et mesure du monde</strong></p><p>Construire un instrument astronomique au XIVe siècle : le second équatoire de Jean de Lignières<br /><strong>Matthieu Husson</strong></p><p>Bertrand Boysset, un homme et une oeuvre à la croisée de la science et de la technique : bilan historiographique<br /><strong>Pierre Portet</strong></p><p>Science et technique de la cartographie et de la navigation en Méditerranée au Moyen Âge<br /><strong>Piero Falchetta</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. Raison de l’opération médicale</strong></p><p>De la <em>practica</em> à la pratique médicale effective à la fin du Moyen Âge<br /><strong>Danielle Jacquart</strong></p><p>Pharmacie pratique et théorie médicale à la fin du XIIIe siècle<strong><br />Michael McVaugh</strong></p><p><strong> </strong>Entre discours médical et pratiques alimentaires. Les fruits au Moyen Âge : un alicament avant la lettre ?<br /><strong>Marilyn Nicoud</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>V. Savoirs et pratiques du vitriol et du mercure</strong></p><p>La production de vitriol à la fin du Moyen Âge : l’exemple toscan<br /><strong>Didier Boisseuil</strong></p><p>Productions et usages métallurgiques du mercure à la fin du Moyen Âge<br /><strong>Florian Téreygeol</strong></p><p>Le mercure dans les écrits vénénologiques, fin XIIIe-fin XVe siècle<br /><strong>Franck Collard</strong></p><p>Le mercure dans l'alchimie des XIVe et XVe siècles : La <em>Defloratio philosophorum</em> du pseudo-Arnaud de Villeneuve, un cas exemplaire<br /><strong>Antoine Calvet</strong></p><p> </p><p><em>Index des noms de personnes<br />Présentation des auteurs</em><br /><em>Table des illustrations et tableaux</em></p>";;30/03/2017;0;137x220;444;978-2-84292-586-4;978-2-84292-586-4;0;0993-4367;Presses Universitaires de Vincennes;img_647.jpg;"<p>L’intersection entre science et technique est-elle, pour le Moyen Âge, scientifiquement pertinente ? Quels rapports établir entre pensée technique et pensée scientifique, qui sont souvent étudiées indépendamment l’une de l’autre ou, au mieux, selon un modèle historiographique hérité du XIX<sup>e</sup> siècle faisant de la technique une simple application de la science ?</p><p>Ce volume, réunissant les recherches d’historiens des techniques et d'historiens des sciences, d'archéologues et de philosophes, propose un examen attentif des modalités de ce croisement à travers des contextes et des démarches spécifiques. L'ouvrage embrasse le domaine de la médecine et celui de la construction, la production des draps, des métaux, des alliages métalliques et l'alchimie, la mesure des champs et celle du monde, l'élaboration des instruments scientifiques et celle des machines hydrauliques.<br /><br /><br /></p><p><em>Catherine Verna est professeur en histoire médiévale à l’Université Paris 8. <br /><em>Joël Chandelier est maître de conférences d'histoire médiévale à l’Université Paris 8. </em><br />Nicolas Weill-Parot est professeur à l’École Pratique des Hautes Études.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article ParaOverride-1"">Introduction</p><p class=""auteur"">Joël Chandelier, <br />Catherine Verna, <br />Nicolas Weill-Parot</p><p class=""txt_Normal"">Ceux qui osent articuler la science et la technique au Moyen Âge risquent fort de se trouver accusés de succomber au péché d’anachronisme. La portée technique de la science n’est-elle pas une préoccupation récente, puisqu’elle ne remonte même pas à ladite « Révolution scientifique » du <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, mais trouve plutôt son origine dans la très discutée « Révolution industrielle » du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span>? La science médiévale n’est-elle pas pure spéculation ? Qu’elle se pose comme héritière des arts libéraux ou qu’elle se coule, à partir du <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, dans la philosophie naturelle aristotélicienne, son regard n’est-il pas tout entier tourné vers la connaissance pure et désintéressée ? Et socialement, quel rapport imaginer entre les <span class=""typo_Italique"">litterati</span> de l’université qui jonglent avec des concepts et les <span class=""typo_Italique"">illitterati</span> qui usent de leurs mains pour transformer la matière ?</p><p class=""txt_Normal"">Si le lien entre l’histoire des sciences et celle des techniques est affiché dans nombre de sociétés et d’institutions, il faut reconnaître que bien souvent les croisements entre les deux domaines sont envisagés seulement pour les périodes moderne et, plus encore, contemporaine<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. Les historiens médiévistes des sciences et des techniques ont peu d’occasions de travailler conjointement : les premiers peuvent tendre vers la philosophie, les seconds vers l’archéologie, et l’histoire sociale ne leur offre guère d’objets communs. Si la démarche d’un Guy Beaujouan a beaucoup fait progresser la compréhension de la question à travers le prisme des relations entre théorie et pratique au Moyen Âge étudiées du point de vue de l’histoire des sciences (même s’il déplorait de ne pouvoir tirer des sources écrites un plus grand nombre de témoignages), elle demeure cependant relativement isolée, et peu d’historiens se sont attelés après lui à ce sujet délicat.</p><p class=""txt_Normal"">La relation de la science et de la technique n’est pas privilégiée par les historiens des sciences en raison des différentes perspectives qu’ils ont adoptées dans leur domaine propre de recherches. N’étant pas au cœur de la préoccupation de la science médiévale, la technique n’est guère abordée dans les études tournées vers l’examen interne des conceptions scientifiques et de leur contexte intellectuel. Ainsi, les études classiques d’Edward Grant sur la physique médiévale, qui ne perdent pourtant pas de vue l’horizon de la science moderne, ne privilégient pas cette question<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. De plus, lorsque la science est envisagée dans son rapport avec une autre discipline, c’est généralement la théologie qui est prise comme point de référence, et ce, au moins depuis Pierre Duhem<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. Quant aux approches sociologiques ou « externalistes » de la science, elles ne sont pas mieux placées pour cerner les rapports entre science et technique, car une telle question exige de pénétrer en profondeur les processus intellectuels à l’œuvre dans l’un et l’autre champs, ce que par définition de telles démarches ne valorisent guère.</p><p class=""txt_Normal"">Est-ce à dire que la question<span class=""typo_gras""> </span>n’est jamais abordée<span class=""typo_gras""> </span>par aucun historien des sciences ? Ce n’est évidemment pas le cas ; cependant, la technique est souvent envisagée<span class=""typo_gras""> </span>indirectement à travers des problèmes connexes, comme celui de la « science expérimentale ». Depuis les travaux de Lynn Thorndike sur les relations entre cette dernière et la magie, depuis les réflexions de Alister C. Crombie autour de Robert Grosseteste ou les études s’attachant à cerner cette <span class=""typo_Italique"">scientia experimentalis</span> théorisée par Roger Bacon, la question de l’expérimentation a donné lieu, de fait, à des analyses précises qui mettent en jeu la relation de la théorie pure avec la maîtrise du monde sensible<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Les interrogations des historiens des sciences dans le domaine de la technique proprement dit ont donc souvent été orientées par deux questions symétriques : l’application du savoir scientifique dans le monde technique et inversement l’éventuelle intégration de nouveaux savoirs techniques dans la réflexion scientifique. Si la première de ces deux questions a habité un historien des sciences comme Guy Beaujouan, c’est la seconde qui a été le plus facilement explorée. Mais qu’il s’agisse de l’éventuelle intégration de nouvelles techniques dans les classifications des savoirs, ou des échos possibles de la nouvelle polyphonie du <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle dans la théorie musicale pour ne citer que quelques exemples, l’historien doit se montrer prudent : faire la part du savoir livresque hérité d’une tradition et des réelles intégrations de données nouvelles reste toujours délicat<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Du côté des techniques, on peut s’interroger sur les choix des historiens des techniques médiévales, ou du moins de ceux qui ont travaillé sur le Moyen Âge car l’histoire des techniques ne suit pas forcément la périodisation traditionnelle du fait du décloisonnement disciplinaire dont elle procède. Malgré l’éclosion de l’histoire des techniques et son affirmation dans le champ historique au cours des années 1930<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>, aucun historien des techniques n’a réellement approfondi la question des relations entre science et technique, sans doute parce qu’il y avait à rassembler et consolider des connaissances dans le domaine des techniques anciennes avant de s’aventurer vers la science et ses rapports aux arts. Pourtant, l’intérêt d’un tel sujet, tout comme sa complexité, avaient été clairement pointés par Lucien Febvre dans son éditorial du numéro spécial des <span class=""typo_Italique"">Annales </span>de 1935 consacré à l’histoire des techniques, éditorial intitulé « Réflexions sur l’histoire des techniques ». Le rapport entre science et technique au Moyen Âge peut être résumé en deux claires interrogations formulées par Lucien Febvre, qui sont comme deux propositions de recherche dans le contexte de cette introduction programmatique : « Voilà deux aspects distincts, également considérables, du problème des rapports de la science et de la technique. Part de la science dans l’invention technique. Insertion de la technique dans la série des faits scientifiques<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. » Ces interrogations – qui entrent en résonance avec la double question déjà évoquée pour l’histoire des sciences elle-même – n’ont évidemment pas trouvé immédiatement de réponse, tant elles supposaient un considérable travail de recherche ; et en parcourant l’historiographie de l’histoire des techniques à partir des années 1930, on peut rassembler des tentatives, des curiosités partagées mais peu de démarches fermement consolidées<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">C’est sans doute le cas de l’œuvre de Bertrand Gille. Guy Beaujouan et Bertrand Gille se connaissaient. Tous les deux chartistes et professeurs à l’École pratique des hautes études, ils s’appréciaient. S’ils réfléchissaient l’un et l’autre aux rapports entre science et technique, leurs travaux expriment clairement la diversité de leur démarche née, il nous semble, de la construction de l’histoire des techniques sur un socle pluridisciplinaire (archéologie, bien sûr, mais également ethnologie et anthropologie) au contraire de l’histoire des sciences médiévales. Pourtant, il suffit de rappeler les ouvrages de Bertrand Gille consacrés aux <span class=""typo_Italique"">Ingénieurs de la Renaissance</span> ou aux <span class=""typo_Italique"">Mécaniciens grecs </span>(son dernier livre) pour saisir en quoi sa recherche se plaît à aborder les techniciens qui, par leurs réalisations et leurs savoirs, établissent un lien entre science et technique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>. Pour sa contribution dans ce domaine à l’histoire du Moyen Âge, il convient de se tourner vers d’autres de ses travaux. Les années 1970 étaient propices aux synthèses. Leur rédaction résultait autant d’une volonté de revendication académique, adressée en particulier aux historiens des sciences, qu’à l’accès à un palier de connaissances disponibles. Cependant, Bertrand Gille, dans la grande fresque d’histoire des techniques qu’il a portée en solitaire, dépasse le modèle courant en organisant les acquis de la recherche autour du concept qu’il avait lui-même élaboré : celui de « système technique ». Ce dernier permet d’approcher les liens entre la technique et la science associées dans un même « système », liens qui font également l’objet d’un chapitre particulier dans le volume. Toutefois, la spécificité du Moyen Âge ne retient pas Bertrand Gille<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>. Sa réflexion sur l’innovation technique au Moyen Âge, un thème qui lui tenait à cœur, offre également peu de place aux savoirs théoriques et codifiés, à la circulation et à l’hybridation des savoirs dont l’innovation aurait pu procéder.</p><p class=""txt_Normal"">De même, les rapports entre science et technique ont modérément suscité l’intérêt de Lynn White Jr. dans ses écrits les plus connus consacrés à l’innovation technique et aux transformations sociales : tout au plus établit-il au cours de ces pages une relation entre « l’apparition de la boussole » et l’impulsion donnée aux « recherches sur le magnétisme »<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. Dans un article à forte audience, où l’historien américain réfléchit aux origines de la crise écologique contemporaine qu’il pense inscrites dans la croissance de l’Occident chrétien, il insiste, certes, sur le développement vigoureux des techniques et de la science occidentales dès le Moyen Âge, mais son propos ne va pas jusqu’à examiner les rapports entre science et technique ; l’historien des techniques a finalement préféré explorer les liens entre religion et techniques médiévales, et faire ponctuellement intervenir la science dans cette confrontation<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>. On peut ajouter à ces constatations que, malgré son titre évocateur (<span class=""typo_Italique"">On Pre-Modern Technology and Science</span>), le volume que ses élèves et collègues lui ont offert évoque plus qu’il ne traite les rapports entre science et technique, tandis que les dossiers exposés reprennent des cas explorés par Guy Beaujouan (Guido da Vigevano et les « médecins ingénieurs », par exemple) ou correspondent à une chronologie basse, de la seconde moitié du <span class=""typo_SC"">xvi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle à la Révolution scientifique, sans offrir de dossier inédit pour le Moyen Âge<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Il est toutefois possible de trouver une réflexion plus proche de celle de Guy Beaujouan chez les technologues. Cette constatation est étonnante et mérite d’être explicitée. Au-delà, en effet, d’une interrogation sur les liens entre technique et science « institutionnelle », la réflexion engagée plus largement sur les relations entre science et technique médiévales permet de valoriser le savoir des techniques, c’est-à-dire la pensée rationnelle en œuvre dans le geste technique. Il convient ici de rappeler le sens premier de « technologie », terme largement galvaudé aujourd’hui du fait de l’usage du néologisme « technologie » calqué sur le terme anglais « technology ». La notion de technologie, telle qu’élaborée par Johann Beckmann à la fin du <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle à Göttingen, est une théorie de l’action intentionnelle, toute technique étant définie comme une action finalisée et efficace qui suppose une réflexion rapportée à un objectif, un projet<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>. Cette lecture de la technique a été reprise par André-Georges Haudricourt dans son ouvrage intitulé <span class=""typo_Italique"">Technologie, science humaine</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span>. La technologie est un outil contre l’interprétation routinière de la technique : même pour les techniques élémentaires, le geste technique le plus simple repose sur une pensée analogique et systémique – ce qui revient, en fait, à une authentique pensée du concret<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>. Les fondements et les objectifs scientifiques des technologues sont, certes, différents de ceux de Guy Beaujouan ; mais les deux ont en commun la volonté de rétablir la part du savoir dans les techniques médiévales.</p><p class=""txt_Normal"">L’ensemble de ces perspectives permet au présent ouvrage de s’appuyer sur des traditions diverses, mais complémentaires, pour tenter d’explorer les chemins que l’œuvre de Guy Beaujouan a ouverts, ou bien se risquer sur d’autres sentiers encore en friche et associant étroitement les historiens des sciences et les historiens des techniques. Cette rencontre est effectivement au fondement de notre démarche et s’articule autour de trois thèmes qui nous paraissent essentiels.</p><p class=""txt_Normal"">1. <span class=""typo_Italique"">Le geste technique</span>. L’histoire des techniques propose un angle d’approche de la technique comme procédant du savoir médiéval. En suivant la réflexion féconde des technologues, il est possible, en effet, de rendre au geste technique son statut rationnel et de le penser comme un élément essentiel de la science – ce que les historiens des sciences à visée pratique, par exemple la médecine, ont eux aussi depuis longtemps intégré à la compréhension de leur domaine de recherches. Le geste de l’homme de l’art comme celui de l’homme de science entre dans la constitution d’une pensée rationnelle. L’étude des contacts entre science et technique suppose donc la prise en considération de ces multiples cheminements : de la pensée au geste, du geste à la pensée, mais aussi de la pensée qu’implique le geste jusqu’à la pensée qui entend appréhender ce geste. Le problème réside, bien évidemment, dans la façon de reconstituer des savoirs techniques le plus couramment tacites c’est-à-dire, comme les avait définis Michael Polanyi, des savoirs non écrits qui se transmettent par la parole mais surtout par le geste, par la personne physique qui les a comme incorporés<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span>. La prise en compte des savoirs tacites est donc fondamentale pour qui souhaite étudier les techniques médiévales et les ignorer aboutirait à une grave cécité scientifique, en rejetant arbitrairement la technique sans écrits hors du domaine du savoir et donc sans relation possible avec la science. Cependant, comment opérer pour retrouver ces savoirs tacites, les reconstituer quand ils n’ont pas été codifiés, même tardivement, en particulier au cours de la Renaissance ? Si l’écrit fait défaut, il faut ouvrir d’autres chemins et expérimenter d’autres procédures scientifiques. Questionner la matière comme s’applique à le faire aujourd’hui l’archéométrie est une voie enrichissante quand elle est suivie en commun par les historiens des textes, les archéologues et les archéométres. Elle permet de lire dans la matière élaborée les opérations et les gestes techniques qui correspondent à des choix réitérés et rationnels – en un mot, à des savoirs techniques<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span>. Une autre voie part de textes souvent peu diserts qui sont lus à la lumière d’autres disciplines. C’est ainsi qu’a été comprise la production d’acier par fragmentation ; le texte (une ordonnance des métiers des rasoriers de Toulouse) répétitif et peu précis a révélé tout son sens technique à partir d’une reconstitution des pratiques traditionnelles des métallurgistes japonais, pratiques toujours vivantes et enregistrées par les ethnologues<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal""><span class=""typo_Italique"">2. La scolastique, ses limites et ses contraintes.</span><span class=""typo_gras""> </span>Du côté de la science, la scolastique n’a pas bonne presse dans l’opinion commune : on l’accuse d’avoir égaré les savants dans de purs raisonnements sophistiques et stériles, sans ancrage dans la pratique. Pourtant, la richesse des apports de la logique médiévale, de ses raisonnements « selon l’imagination », sa capacité à élaborer des solutions rationnelles pour les questions les plus complexes sont des acquis des recherches plus ou moins récentes des historiens de la philosophie et des sciences. L’apport de la scolastique théologique, philosophique et scientifique à la raison est aujourd’hui largement démontré, et il n’est plus guère possible non plus de mettre en avant un carcan qui aurait emprisonné les penseurs en les privant de toute marge de manœuvre intellectuelle. Plus qu’une prison intellectuelle, le cadre constitué par les autorités est davantage un modèle de référence, avec lequel les maîtres universitaires ont pu jouer presque à leur guise<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span>. Reste cependant l’accusation portant sur l’absence d’efficience pratique et, ce faisant, technique, de la science scolastique. Ce grief, même Guy Beaujouan le formulait plus ou moins explicitement. Les innovations scientifiques qu’il mettait en évidence dans les années 1260 n’avaient-elles pas été effectuées sinon en marge, du moins à côté de l’institution universitaire<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span> ? S’il se montrait prudent sur ce point, il avait exprimé à plusieurs reprises une certaine distance vis-à-vis de la scolastique perçue parfois comme éloignant l’homme du Moyen Âge de l’efficience pratique. S’il ne s’agit pas pour nous de faire de la philosophie et de la science scolastiques des disciplines orientées prioritairement vers des réalisations techniques, quatre observations amènent néanmoins à nuancer le constat apparent d’une coupure totale entre science scolastique et technique. En premier lieu, la pensée scolastique a bel et bien abordé la question de la technique, sans manifester nécessairement une forme de mépris à son égard – cet intérêt n’étant pas limité aux rêves techniques d’un Roger Bacon, promoteur d’une <span class=""typo_Italique"">scientia experimentalis</span> entendant rompre avec le savoir universitaire. En second lieu, la science scolastique est fréquemment sollicitée par des défis venant du monde de la pratique : que l’on pense, par exemple, à l’argumentation autour de l’horreur du vide née de dispositifs comme la chantepleure (certes transmis de manière livresque). En troisième lieu, il arrive qu’un maître, aguerri à la pensée scolastique, soit aussi un homme versé dans des techniques très concrètes, comme c’est le cas de certains spécialistes de disciplines <span class=""typo_Italique"">a priori</span> fort abstraites mais faisant preuve d’un intérêt très sensible pour les pratiques techniques, comme un Albert le Grand. Enfin, certaines sciences relèvent d’un double statut : entre <span class=""typo_Italique"">ars</span> et<span class=""typo_Italique""> scientia</span>. C’est le cas de la médecine, discipline pour laquelle l’ensemble des auteurs scolastiques sont également des praticiens, passant sans solution de continuité de discussions théoriques sur la physiologie à l’application de soins effectifs à des patients – soins que nous donnent notamment à voir leurs <span class=""typo_Italique"">consilia</span>, ces consultations mises par écrit dont les premiers exemples datent de l’Italie du tournant des <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles, avec les figures de Taddeo Alderotti (m. 1295) ou Gentile da Foligno (m. 1348), par ailleurs auteurs de longs commentaires scolastiques.</p><p class=""txt_Normal"">3. <span class=""typo_Italique"">La question des sources</span>. Reste la question des sources. Il n’existe évidemment guère de sources spécifiques où se lirait le lien entre science et technique médiévales. Poser la question de la technique risque d’exposer le chercheur en histoire des sciences à privilégier des exemples célèbres mais isolés, comme celui de Pierre de Maricourt et de ses boussoles. Or ces exemples, Guy Beaujouan en a souligné à la fois l’importance et la relative marginalité par rapport à la science universitaire, c’est-à-dire par rapport à ce que Thomas Kuhn aurait appelé la « science normale », le déploiement du travail scientifique ordinaire dans un cadre donné<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span>. Toutefois, au sein des textes livrés par cette « science normale », certaines questions et certains genres offrent davantage que d’autres.</p><p class=""txt_Normal"">La base du travail intellectuel de l’université demeure la leçon (<span class=""typo_Italique"">lectio</span>), c’est-à-dire le commentaire (sous forme de paraphrase, de gloses, de commentaires linéaires ou de questions) des textes faisant autorité. Cette pratique, commune à toutes les disciplines universitaires, se retrouve pour les savoirs scientifiques comme la philosophie naturelle (que l’on pense aux commentaires sur la <span class=""typo_Italique"">Physique</span>) ou la médecine (les commentaires aux ouvrages de Galien ou d’Avicenne). Ces commentaires deviennent cependant parfois sélectifs et des traités spécifiques sur tel ou tel sujet se sont aussi développés dans ce cadre. Ce travail scientifique, qui forme le cœur de la « science normale », est <span class=""typo_Italique"">a priori</span> le corpus le plus éloigné d’une pratique. Les interférences avec le monde de la technique doivent être guettées avec d’autant plus d’attention. La philosophie naturelle est, par essence, avare de liens avec la pratique, et les allusions à des techniques y sont le plus souvent incidentes. Par exemple, les expériences et les boussoles présentées dans la <span class=""typo_Italique"">Lettre sur l’aimant</span> de Pierre de Maricourt trouvent peu d’échos dans les discussions autour de l’attraction magnétique dans les commentaires à la <span class=""typo_Italique"">Physique</span> et, dans l’un des commentaires parisiens de la fin du <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, l’allusion à la technique des marins consistant à frotter le fer avec l’aimant pour renforcer son attraction est une élaboration confuse à partir de deux références livresques (Alexandre Neckam et Pierre de Maricourt)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Cependant, ces sources souvent issues de l’enseignement universitaire sont loin d’être les seules à rendre compte de l’activité scientifique des savants du Moyen Âge. D’autres entretiennent un rapport plus étroit avec la pratique concrète : en médecine, on a déjà évoqué les <span class=""typo_Italique"">consilia </span>et autres récits de cas, mais on peut citer également la masse imposante de la littérature pharmacologique qui connaît un succès continu pendant toute la période, et y ajouter l’exemple de l’astronomie, avec la réalisation de tables toujours plus précises ou les écrits autour des instruments de calculs astronomiques et des horloges planétaires étudiés notamment par Emmanuel Poulle<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span>. Cependant, l’intérêt de toutes ces sources à visée pratique est ailleurs : il provient ici d";;;;;;;;; 649;2;3;14;Pasolini, <i>pastiche</i> et mélange;;;;"<p>Poète, romancier, essayiste, polémiste et cinéaste, Pasolini témoignait volontiers dans ses entretiens de « sa vocation pour le pastiche ».</p>";"<p style=""text-align: left;""><em>Introduction </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>partie I. </strong><br /><strong>Du pastiche au discours indirect libre, plasticité d’une notion</strong></p><p style=""text-align: left;"">Du <em>pasticcio</em> au discours indirect <br />Le pastiche, outil critique et théorique <br />Entre linguistique et poétique </p><p style=""text-align: center;""><strong>partie II. </strong><br /><strong>Pasolini et la pratique du pastiche</strong></p><p style=""text-align: left;"">Pasolini et la pratique du pastiche <br />Caractéristiques du <em>pastiche</em> pasolinien </p><p style=""text-align: center;""><strong>partie III. </strong><br /><strong>La <em>ricotta</em> : pastiche du pastiche</strong></p><p style=""text-align: left;""><em>La ricotta</em> : <em>pastiche</em> du <em>pastiche </em> <br />L’art du raccourci <br />L’objectivation de l’énonciation, un processus réflexif <br />Mécanique du vivant </p><p style=""text-align: center;""><br />cahier iconographique<br />les tableaux vivants – les raccourcis – la nature morte</p><p style=""text-align: left;""><em>Conclusion </em><br /><em>Bibliographie </em><br /><em>Filmographie </em> <br /><br /></p>";;20/04/2017;0;137x220;180;978-2-84292-600-7;9782842926007;0;1248-4679;Presses Universitaires de Vincennes;img_649.jpg;"<p>Pier Paolo Pasolini (1922-1975), écrivain, cinéaste et théoricien du cinéma a pratiqué et théorisé pendant toute sa carrière le pastiche comme un véritable procédé esthétique qui structure une partie essentielle de son œuvre. Cécile Sorin analyse la richesse et la complexité de cette notion de manière générale, en commençant par en livrer une étude historique et esthétique. Elle propose de faire du pastiche, avec Bakhtine, Genette ou Auerbach, une catégorie esthétique à part entière, de valeur réellement positive. Le livre présente ensuite une réflexion sur le pastiche à l'œuvre dans la pensée et la pratique créatrice de Pasolini, et s'achève avec une interprétation renouvelée du film La ricotta (1963).<em></em></p><p><em><br />Cécile Sorin, professeur au département cinéma de l'Université Paris 8, a notamment publié Pratique de la parodie et du pastiche au cinéma (Paris, 2010).</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article""><span class=""CharOverride-1"">Introduction</span></p><p class=""txt_Normal"">Objet pluridisciplinaire longtemps méprisé, le pastiche a marqué les œuvres qu’il désignait de l’opprobre des critiques d’art jusqu’à ce que Proust<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> réhabilite cette notion en affirmant son utilité pédagogique et son intérêt littéraire. <span class=""typo_Italique"">Pastiches et mélanges</span> constituait un premier pas vers la reconnaissance publique du pastiche tout en marquant de façon claire la césure entre ces jeux stylistiques et le reste de l’œuvre du romancier.</p><p class=""txt_Normal"">Régulièrement éclipsé par la parodie<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>, chargé des lourds soupçons de vacuité des emprunts postmodernes<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>, le pastiche est confronté, durant le <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">e</span> siècle, à la contradiction d’être une pratique artistique récurrente sans bénéficier pour autant d’une franche reconnaissance de ses qualités. Rares sont les textes de référence, comme ceux de Roland Mortier, Margaret Rose ou encore Gérard Genette envisageant le pastiche de façon productive et positive.</p><p class=""txt_Normal"">Dans ce contexte théorique, l’usage que Pier Paolo Pasolini fait de cette notion ne peut que surprendre. Il marque cette singularité par l’emploi d’italiques et favorise la consonance française bien que d’origine italienne, du terme qui se pare d’une singularité immédiatement plurilingue<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. Pasolini n’hésite pas à qualifier ses œuvres de pastiche et à utiliser cette notion de façon extrêmement constructive pour décrire les jeux de mixité stylistiques et linguistiques qu’il retrouve chez d’autres artistes.</p><p class=""txt_Normal"">Si l’œuvre de Pasolini a été, et continue d’être abondamment étudiée, on ne peut que déplorer l’absence de recherches sur le pastiche pasolinien. Le pastiche pasolinien n’est pas analysé, ni même cité, dans les nombreux ouvrages consacrés au pastiche littéraire, aux pratiques hypertextuelles, intertextuelles ou poétiques. On n’en trouve aucune trace ni mention qu’il s’agisse de textes de référence<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>, de récentes approches pluridisciplinaires<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>, ou d’ouvrages collectifs représentatifs de l’état de la recherche<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. Il semble difficile d’invoquer l’écueil linguistique puisqu’en Italie aussi la théorie littéraire semble méconnaitre cette spécificité du pastiche pasolinien, y compris dans des domaines où on serait en droit de l’attendre, à l’instar des études gaddiennes. La théorie du cinéma n’est pas plus prolixe sur le sujet du pastiche pasolinien, qu’il s’agisse des travaux consacrés aux références filmiques ou à la réflexivité cinématographique.</p><p class=""txt_Normal"">Du côté des études pasoliniennes, le pastiche est régulièrement mentionné comme pratique créative de l’artiste tout en étant associé à d’autres figures rhétoriques, telles que la <span class=""typo_Italique"">sineciosi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span> ou l’oxymore, et ce sans réelles distinctions. Généralement intégré aux différentes pratiques d’emprunts et formes stylistiques pasoliniennes, le pastiche est rarement traité dans sa spécificité dans la mesure où ces textes peinent à mettre en relation ces pratiques créatives et l’usage critique et théorique qu’en fait Pasolini. D’une manière générale, le pastiche comme objet artistique y est curieusement dissocié de toute réflexion poétique sur le pastiche, et le pastiche comme objet théorique est lui-même éclipsé par des notions plus fameuses, qu’il s’agisse de la mimèsis ou du discours indirect libre. En bout de chaîne, le pastiche pasolinien est littéralement minoré.</p><p class=""txt_Normal"">Il semblerait précisément que ce soit l’absence d’étude sur les caractéristiques du pastiche pasolinien qui freine sa prise en considération théorique puisque ce dernier, fort distinct des définitions de la <span class=""typo_Italique"">doxa</span> ou de la poétique, échappe, par son originalité même aux principales approches théoriques du pastiche.</p><p class=""txt_Normal"">Le pastiche offre donc un point d’entrée à partir duquel il devient possible de recomposer une poétique pasolinienne, c’est-à-dire un espace dans lequel les figures et concepts pasolinien peuvent faire sens en interaction les uns avec les autres dans des contextes théoriques distincts.</p><p class=""txt_Normal"">Le pastiche est au cœur de la réflexion comme de la pratique artistique pasolinienne, le poète témoignait volontiers dans ses entretiens de « sa vocation pour le pastiche<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span> », mettant ainsi désir et destin d’artiste sous les auspices de cette forme. Il n’est pas jusqu’aux oxymores<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> qui lui étaient chers, la preuve de l’importance esthétique et politique de cette forme carnavalesque mélangeant les contraires. Une connaissance fine de l’usage qu’il faisait de cette notion renouvelle la lecture que l’on peut avoir de son œuvre et ouvre des pistes pour comprendre certaines notions plus connues comme le discours indirect libre (DIL) et la subjective indirecte libre (SIL) dont il serait l’ancêtre dans une généalogie des concepts pasoliniens. Sa plasticité même prédestinait le pastiche à se fondre dans d’autres notions, pour autant, il demeure au cœur du travail d’artiste de Pasolini, et ce jusqu’à la fin de sa vie.</p><p class=""txt_Normal"">Il s’agira donc de suivre au plus près le parcours de cette notion dans l’œuvre du poète, critique et cinéaste afin d’en révéler à la fois les spécificités, les nuances et évolutions.</p><p class=""txt_Normal"">Au-delà de l’intérêt théorique pour une notion à même d’éclairer la généalogie de termes dont les interprétations demeurent partielles ou contradictoires, le pastiche pasolinien, parce qu’il se présente dans un premier temps comme une forme d’imitation des langages très particulière, offre un outil théorique nouveau pour aborder la question de l’imitation dans les dialogues.</p><p class=""txt_Normal"">S’interroger sur les processus d’écriture des dialogues afin de pouvoir en saisir les enjeux esthétiques permet également, par un jeu de ricochet poétique, d’envisager différents modes de fonctionnement des dialogues dans leur interaction entre l’univers diégétique et le spectateur, mais également dans une dimension intertextuelle plus large avec le langage sous toutes ses formes (oral ou écrit, érudit ou familier…).</p><p class=""txt_Normal"">Il ne s’agit donc pas d’observer comment, en imitant le réel<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>, les dialogues produisent de la fiction<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>, bien que ce sujet mériterait que l’on s’y attarde d’un point de vue proprement cinématographique un peu plus que cela n’a été fait. Notre objet, tel que Pasolini l’a construit, valorise la dimension proprement intertextuelle et polyphonique du langage, et le pastiche, à travers les processus mimétiques sur lesquels il repose, permet de mettre en lumière le cœur du travail de création.</p><p class=""txt_Normal"">En premier lieu poétique et critique, le pastiche pasolinien nécessite, pour être saisi dans son développement chronologique et théorique, de nombreuses incursions dans le domaine littéraire avant de pouvoir être envisagé comme forme cinématographique.</p><p class=""txt_Normal"">Poète jusque dans ses écrits théoriques, Pasolini exige des concepts qu’il mobilise une plasticité n’en rendant pas la compréhension toujours aisée. Pour cette raison, une généalogie de cette notion sera proposée en première partie.</p><p class=""txt_Normal"">Il s’agit donc de confronter dans les deux premières parties les spécificités du pastiche pasolinien, à l’aune du DIL mais également d’autres conceptions du pastiche, de son parcours étymologique et des figures stylistiques qui lui sont connexes. Nous pourrons alors situer le pastiche pasolinien dans son rapport aux différentes pratiques référentielles ainsi qu’à l’appareil théorique les accompagnant. Enfin, le dernier chapitre consacré à l’analyse de <span class=""typo_Italique"">La ricotta</span> permet ainsi de mettre en lumière l’importance structurante et réflexive du pastiche dans les processus créatifs de Pasolini.</p><p class=""txt_Normal"">Rendu à la linguistique, à la poétique, à l’histoire de l’art, le pastiche pasolinien peut révéler les tensions esthétiques et idéologiques qu’il porte en raison de sa nature même, jouant des contrastes stylistiques comme de la contradiction polyphonique de la pluralité des œuvres qui le composent.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Marcel Proust, <span class=""typo_Italique"">Pastiches et mélanges </span>[1919], Paris, Gallimard, 1992.</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. L’intégration par Bakhtine du pastiche à la parodie (Mikhaïl Bakhtine, <span class=""typo_Italique"">Esthétique et théorie du roman</span>, Paris, Gallimard, 1978), pour des raisons en partie linguistiques, ne sera pas sans conséquence sur la théorie contemporaine, notamment sur les travaux de Linda Hutcheon (Linda Hutcheon, <span class=""typo_Italique"">A Theory of Parody. The Teaching of Twentieth Century Art Forms</span>, Urbana & Chicago, University of Illinois Press, 2000)</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Fredric Jameson, « Postmodernism, or the Cultural Logic of Late Capitalism », <span class=""typo_Italique"">New Left Review</span>, n° 146, 1984, p. 53-92.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Bien que d’origine italienne, le mot « pastiche » ne relève pas du vocabulaire courant italien et a quasiment disparu des dictionnaires d’italien du début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle tandis que le polysémique « pasticcio » se caractérise par un usage constant.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Gérard Genette, <span class=""typo_Italique"">Palimpsestes. La littérature au second degré</span>, Paris, Seuil, 1982, ou Margaret A. Rose, « Post-modern pastiche », <span class=""typo_Italique"">British Journal of Aesthetics</span> vol. 31, n° 1, 1991, p. 26- 38.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Richard Dyer, <span class=""typo_Italique"">Pastiche</span>, Oxon, Routledge, 2007.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Catherine Dousteyssier-Khoze et Floriane Place-Verghnes (dir.), <span class=""typo_Italique"">Poétiques de la parodie et du pastiche de 1850 à nos jours</span>, Oxford, P. Lang, 2006.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Ce mot, qui n’a pas d’équivalent en français, désigne une figure jouant sur la présence d’éléments contradictoires.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. « […] la mia vocazione per il <span class=""typo_Italique"">pastiche</span> […] » : Pier Paolo Pasolini, « Una visione del mondo epico-religiosa », <span class=""typo_Italique"">Bianco e nero</span> n° 6, juin 1964. Édition consultée : Pier Paolo Pasolini, <span class=""typo_Italique"">Per il cinema</span>, Milan, Mondadori, 2001, p. 286.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. René Schérer, « Avertissement », dans René Scherer et Giorgio Passerone, <span class=""typo_Italique"">Passages pasoliniens</span>, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2006, p. 10.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Erich Auerbarch, <span class=""typo_Italique"">Mimésis. La représentation de la réalité dans la littérature occidentale</span>, Paris, Gallimard, 1968.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">12</a>. Jean-Marie Schaeffer, <span class=""typo_Italique"">Pourquoi la fiction ?</span>, Paris, Seuil, 1999.</p></div></div></div>";;306;18.00;"<p>En plongeant aux origines critiques et poétiques du pastiche pasolinien, Cécile Sorin propose une clé d’analyse de la création pasolinienne et éclaire des notions aussi complexes que fameuses que sont le « cinéma de poésie » ou « la subjective libre ». L’ouvrage est composé de deux parties. La première tisse des liens conceptuels entre la notion de pastiche et le concept du discours indirect libre forgé par Pasolini, tandis que la seconde propose des analyses plastiques et esthétiques, en s’appuyant plus particulièrement sur le film, <em>La Ricotta.</em></p><p> </p>";;05/01/2017 14:45;1;Première édition;3655 650;1;3;34;L'expérience dans l'art;N°24/2017;;;"<p>L’œuvre d’art est de plus en plus incertaine, fluctuante, éphémère, immatérielle.</p>";"<p>Éditorial</p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : L’expérience dans l’art </strong></p><p><strong>Jérôme Glicenstein</strong><br />« Introduction »</p><p><strong>Benjamin Riado</strong><br />« L’artiste comme spectateur <em>princeps</em> »</p><p><strong>Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt</strong><br />« Le jeu vidéo, expérience-limite du sujet »</p><p><strong>Elisabeth Pouilly</strong><br />« Le théâtre de la guérison : l’expérience psychomagique d’Alexandro Jodorowsky. »</p><p><strong>Elena Lespes Munoz</strong><br />« Expériences et expérimentations dans les pratiques du Collectif d’art sociologique »</p><p><strong>Vincent Romagny</strong><br />« Quel est le modèle de <em>The Model </em>de Palle Nielsen ? »</p><p><strong>Maria Concetta La Rocca</strong><br />« <em>Medea</em> de Pascal Quignard. La danse butō et le spectateur : perspectives neuro-esthétiques »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia </strong></p><p><strong>Nicolas Fourgeaud</strong><br />« “Performance in Postmodern Culture”, 1976 : enjeux et réceptions »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio </strong></p><p><strong>Stéphane Bérard</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretien</strong><strong>(s)<br /></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> </strong>Marianne Massin avec <strong>Umut Ungan<br /></strong>« deux mille quinze ». Mark Geffriaud avec<strong> Umut Ungan</strong></p><p> </p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p><p>Abstracts français et anglais</p>";;20/04/2017;24;155x220;174;978-2-84292-574-1;9782842925741;0;0751-2708;Presses Universitaires de Vincennes;img_650.jpg;"<p><strong>« L’artiste comme spectateur <em>princeps</em> »</strong><br />Benjamin Riado<br />À partir du célèbre récit de Tony Smith sur son expérience de la fin de l’art durant un trajet en voiture, cet article développe l’hypothèse selon laquelle certains artistes adoptent face à leurs œuvres une attitude de spectateur et non de créateur. Ils sont en quelque sorte les spectateurs <em>princeps</em> d’un art qu’ils sont les premiers et les seuls à recevoir comme tel sur le moment. Il s’agit alors de prendre la mesure des formes auxquelles cette paradoxale expérience de l’art donne naissance.</p><p><strong>« Le jeu vidéo, expérience-limite du sujet »</strong><br />Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt<br />Le jeu-vidéo est le support d’une expérience esthétique qui se démarque par son interactivité. Ce trait implique une reconsidération radicale des rapports établis entre une œuvre, son créateur et son récepteur. Le présent travail se propose de développer une esthétique propre au jeu-vidéo, qui dissout l’identité reconnue à l’œuvre et celle du ou des créateurs. L’expérience du spectateur y devient celle d’un individu éprouvant les limites de sa propre subjectivité.</p><p><strong>« Le théâtre de la guérison : l’expérience psychomagique d’Alexandro Jodorowsky. »<br /></strong>Elisabeth Pouilly<br />Alexandro Jodorowsky, auteur notamment de théâtre et de cinéma, a également développé en parallèle ce qu’il nomme « la psychomagie ». Cet article reviendra sur son parcours, depuis les « actes poétiques » en passant par ses happenings, afin de mieux définir cette pratique se référant à la psychologie et à la magie, mais aussi avant tout au théâtre. Elle passe par des actes théâtralisés personnalisés, en vue d’une guérison</p><p><strong>« Expériences et expérimentations dans les pratiques du Collectif d’art sociologique »</strong><br />Elena Lespes Munoz<br />En octobre 1974, le Collectif d’Art Sociologique, constitué des artistes Hervé Fischer, Fred Forest et Jean-Paul Thénot, publie son premier manifeste. Cette parution marque la création d’une structure de travail dédiée à l’étude de l’art et de ses mécanismes, ainsi qu’à l’analyse critique de la société. Nourries des sciences sociales, les pratiques du collectif se caractérisent par l’enquête, l’animation et la pédagogie et cultivent un art de la provocation et de la subversion. À travers l’analyse de certaines des actions menées par les membres du Collectif, il s’agira de présenter les méthodologies mises en œuvre pour convier le public à une expérience réflexive sur la société.</p><p><strong>« Quel est le modèle de <em>The Model </em>de Palle Nielsen ? »</strong><br />Vincent Romagny<br />En 1968, dans le sillage des mouvements contestataires de l’époque, Palle Nielsen installait dans le grand hall du <em>Moderna Museet</em> de Stockholm une aire de jeux. Loin de donner à celle-ci le statut d’une œuvre d’art, elle devait permettre de déterminer, par l’analyse du jeu des enfants, le « modèle d’une société qualitative ». Comment comprendre qu’elle soit devenue, à l’occasion de sa redécouverte au début des années 2000, une œuvre d’art à part entière ?</p><p><strong>« <em>Medea</em> de Pascal Quignard. La danse butō et le spectateur : perspectives neuro-esthétiques <br /></strong>Maria Concetta La Rocc<br />Dans notre étude, nous voulons prendre en examen <em>Medea</em> de Pascal Quignard, un spectacle de butō que l’écrivain met en scène avec la danseuse Carlotta Ikeda. Il s’agit d’une pièce théâtrale qui voit sur scène un solo de danse et, en plus, la présence de l’écrivain qui lit son texte sur un côté de la scène. Le résultat est une représentation artistique insolite, qui surprend et émeut les spectateurs.Pour analyser le rôle du public et de son implication émotive, nous adoptons des approches neuro-esthétiques. D’une manière plus spécifique, nous nous servirons des théories de simulation incarnée et de la sémantique incarnée pour investiguer le lien empathique entre auteur-danseuse-spectateur.</p><p><strong>«""Performance in Postmodern Culture”, 1976 : enjeux et réceptions »</strong><strong> </strong><br />Nicolas Fourgeaud<br />On propose dans cet article d’analyser la manière dont le colloque <em>Performance in Postmodern Culture </em>(1976) s’est attaqué à l’idée (dominante dans les années 1970) selon laquelle la performance aurait été un art de la pure présence ayant abandonné la distinction entre spectateur et acteur. On donne aussi un aperçu de la réception erronée des thèses majeures du colloque, et ce, notamment pour ce qui concerne le début des années 1980.</p><p><strong> </strong></p>";"<p>Introduction</p><p>Une idée court depuis les années 1960, celle de l’émancipation du spectateur vis-à-vis des codes traditionnels de l’expérience esthétique. L’art moderne avait déjà étendu cette expérience à des objets de plus en plus hétérogènes et difficiles à caractériser, mais les dernières décennies ont encore accentué le même phénomène, au point où l’œuvre – si l’on peut encore utiliser ce mot – a pu devenir simple trace ou prétexte pour une expérience de plus en plus indépendante. Où se situe la question de l’art au moment où l’attention du récepteur est sollicitée selon des modalités très diverses, sans que le cadre de la réception soit toujours clairement défini et sans que l’on puisse toujours situer l’œuvre ? </p><p>Les projets des artistes jouent souvent de ce genre d’incertitude. Si l’exposition traditionnelle reste la voie d’accès privilégiée pour la plupart des œuvres – celles-ci continuant à être présentées dans des musées, galeries, espaces d’expositions et à être reproduites dans des revues ou des catalogues... – de nombreux artistes conçoivent désormais leurs projets sous la forme d’une documentation, de protocoles, parfois sur des supports immatériels ou temporaires qui n’aboutissent pas nécessairement à la production d’un objet aisément identifiable. La différence entre une œuvre, son mode de présentation, de reproduction et de réception devient alors incertaine, particulièrement lorsqu’elle est éphémère, processuelle, négociée, énoncée et qu’elle relève d’un dispositif relationnel, interactif, dialogique, etc.</p><p>Une étendue infinie de modalités de l’expérience semble s’offrir à nous, selon des termes qui peuvent considérablement varier. Quelles sont leurs limites ? Peut-on encore parler d’expérience esthétique ou d’expérience de l’art ? À qui s’adressent-elles (et comment) ? L’ambition de ce numéro de <em>Marges</em> n’est pas de donner des réponses définitives, mais plutôt de donner à lire des points de vue distincts sur ces questions. Différents partis pris s’affrontent. Les premiers textes cherchent à étendre les catégories traditionnelles de l’expérience esthétique en direction de nouveaux types d’objets ; ceux qui suivent s’intéressent tout autant à la question de l’expérience, mais en envisageant de sortir des questions strictement artistiques au sens le plus courant du terme.</p><p>L’article de Benjamin Riado participe du premier point de vue ; il s’agit de rappeler la genèse d’un célèbre texte du sculpteur américain Tony Smith, où celui-ci fait état de son expérience de conduite sur une autoroute en construction. Riado le montre bien, l’artiste entend se servir de cette histoire afin de mettre en doute les catégories habituelles de la perception esthétique et c’est dans ce rôle d’explorateur qu’il apparaît comme un « spectateur <em>princeps</em> ». Simultanément, et bien que l’artiste se place comme spectateur, il se conforme tout de même à ce que l’histoire de l’art avait tenu, depuis le Romantisme, pour sa fonction : être un « phare », un pionnier, celui qui donne à voir quelque chose de nouveau qui n’est pas encore compris par tout un chacun.</p><p>Ce point de vue sur l’extension des catégories esthétiques est assez largement partagé par Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt, bien qu’il n’y soit pas question des artistes. Le texte qu’ils consacrent au jeu vidéo s’écarte de la plupart des positions sur ce type de sujet : il n’est pas question de faire apparaître de nouveaux concepts susceptibles d’être mieux adaptés au type d’expérience que proposent les jeux vidéos. Bien au contraire, ainsi qu’ils le montrent, il est tout aussi envisageable de penser une esthétique propre aux jeux vidéos tout en se basant sur des principes philosophiques éprouvés par ailleurs.</p><p>Les trois textes suivants offrent un autre point de vue sur la question de l’expérience, point de vue qui reflète les bouleversements sociopolitiques de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Dans ce contexte, l’art autant que l’expérience esthétique, sont mis en cause par des pratiques où le social, la politique et la recherche scientifique se mêlent, refusant tout privilège aux pratiques artistiques traditionnelles. C’est le cas notamment avec les idées de « théâtre de la guérison » et d’expérience psychomagique proposées par Alexandro Jodorowsky, lesquelles jouent sur l’idée d’un élargissement de l’expérience esthétique. Simultanément, selon Elisabeth Pouilly, Jodorowsky ne cherche pas à innover au sens de l’invention d’un nouveau rapport aux choses ; il se situe bien plus dans la reprise de postures et de compréhension des œuvres d’art – ou du rôle de l’art – tels qu’ils avaient pu être proposés dans des sociétés anciennes ou archaïques.</p><p>Les actions du Collectif d’art sociologique ne sont pas étrangères non plus à la situation particulière propre au début des années 1970. Les pratiques des artistes concernés se nourrissent d’enquêtes, d’animation et de pédagogie et ne craignent pas de se confronter aux structures en place afin de faire réfléchir sur la société. L’expérience, comme le montre Elena Lespes Munoz, ne peut plus alors se limiter au cadre des institutions de l’art, ce qui a de nombreuses conséquences pour les pratiques et pour la place des personnes qui y sont confrontées.</p><p>L’exemple de <em>The Model</em> de Palle Nielsen va dans le même sens. Selon Vincent Romagny, les catégories artistiques habituelles ne suffisent plus pour décrire l’ampleur de ce type de projet, ses enjeux, ses visées. C’est ce qui explique la sortie du monde de l’art de Nielsen et ses difficultés à faire valoir un point de vue non artistique au travers de son « modèle d’une société qualitative » ; et ce, même si plus récemment en un virage assez brusque, son travail a pu refaire une apparition au sein des institutions de l’art.</p><p>Le dernier texte du dossier, peut-être le plus complexe, nous permet d’opérer un retour à la question de l’expérience <em>dans</em> le contexte de l’art. Maria Concetta La Rocca y évoque la représentation de <em>Medea</em> de Pascal Quignard, par la danseuse de butô Carlotta Ikeda et de l’expérience complexe qui s’en dégage. L’article traite à la fois de l’écriture de Quignard, de sa transposition sur scène et de l’appropriation singulière qu’en fait la danseuse. Simultanément, à l’occasion de l’analyse neuroscientifique qui est faite de l’expérience des spectateurs – avec la question des neurones miroirs – c’est l’occasion de voir réapparaître au cœur de notre modernité la question ancienne de l’empathie devant un spectacle, en un lointain écho de la <em>catharsis</em> aristotélicienne.</p><p>Nous publions, par ailleurs un entretien sur la question de l’expérience avec Marianne Massin et, en varia, un texte de Nicolas Fourgeaud qui ne traite pas directement de la thématique du numéro mais qui y fait néanmoins écho par certains côtés. Il s’agit ici de revenir sur un colloque de 1976 consacré à la performance ; colloque largement oublié et où pour la première fois la question de la pure présence du performer avait été mise en cause.</p><p>Ce numéro ne serait pas complet sans une intervention d’artiste, un portfolio de Stéphane Bérard qui, en accord avec la thématique du numéro, joue sur la question contemporaine de l’engagement politique et sur les limites de ce qui est reconnu ou non comme artistique. Nous publions également quelques comptes rendus d’ouvrages et d’expositions récents.</p><p> </p><p><strong>Jérôme Glicenstein </strong></p><p>mars 2017</p>";"<p><strong>The artist as primary spectator</strong><br />Benjamin Riado<br />From Tony Smith's famous story about his experience of the end of art during a drive, this article develops the hypothesis according to which certain artists consider themselves as a spectator rather than a creator of their own work. They are in a way the primary spectators of an art which they are the first and the only ones to recognize as such at the moment. It is then a question of understanding the forms to which this paradoxical experience of art gives rise.</p><p><strong>« Video game : a borderline-experiment for the subject »</strong><br />Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt<br />Video-game is the basis for an aesthetic experience remarkable for its interactivity. This implies a radical reshaping of the usual relations between the opus, its maker and its viewer. The present work strives to develop a field of aesthetics that would be unique to video-games, a field in which the acknowledged identity of the opus and the one of its maker(s) are dissolved. What was once the experience of a viewer would now become one of an individual testing the limits of their own subjectivity.</p><p><strong> </strong><strong>“The </strong><strong>theatrical curation</strong><strong>: the psychomagic experience of Alexandro Jodorowsky.”</strong><strong> </strong><br />Elisabeth Pouilly<br />Alexandro Jodorowsky, author in particular of theatre and cinema, also developed in parallel what he names « the psychomagic ». This article will return on his pursuit, since the « poetic acts » via his happenings, to define better this practice referring to the psychology and to the magic, but also above all to the theatre. It passes by personalized theatralized acts, aiming to cure.</p><p><strong>« Experiences and experimentations in the art practice of the Collectif d’art sociologique »</strong><br />Elena Lespes Munoz<br />In October 1974, the Collective of Sociological Art, made of artists Hervé Fischer, Fred Forest and Jean-Paul Thénot, published their first manifesto. The release marks the creation of a working structure dedicated to the study of the mechanisms of art and society. Inspired by social sciences, the collective practices are characterized by the investigation, the animation and a pedagogical goal. Through the analysis of some of the actions of the members of the Collective, this article will present the methodologies developed by these artists to invite the public to a reflective experience on society.</p><p><strong>« What is the model of <em>The Model </em>by Palle Nielsen? »</strong><br />Vincent Romagny<br />In 1968, after the opposition movements, Palle Nielsen installed a playground in the main hall of the Moderna Museet in Stockholm. Far from identifying it to an artwork, this playground was supposed to establish the « model of a qualitative society », after analyzing the children’s games. How can we understand the fact that « The Model », after its rediscovery in the early 2000’s, is understood as an artwork?</p><p><strong>« <em>Medea</em> by Pascal Quignard. Butō dance and the spectator: a neuroesthetic perspective »</strong><br />Maria Concetta La Rocca<br />In our study, we intend to examine Pascal Quignard’s <em>Medea</em>, a spectacle of butō that the writer represents to the theatre with the dancer Carlotta Ikeda. It deals with a solo play: a dancer on the stage and the author in a side of it. Indeed, while Ikeda dances, Quignard reads hit text. The result is an unusual artistic representation, which surprises and moves the spectators.</p><p>In order to analyse the role of the public and its emotive implication, we adopt some neuro-aesthetical approaches. More specifically, we use the theories of embodied simulation and embodied semantics, to investigate the empathic link between author-dancer-public.</p><p><strong>« “Performance in Postmodern Culture”, 1976 : goals and receptions »</strong><strong> </strong><br />Nicolas Fourgeaud<br />This paper analyses how the participants to the symposium <em>Performance in Postmodern Culture</em> (1976) criticized the dominant idea (in the 1970’s) that performance was an art of presence that reliquinshes the distinction between spectator and actor. It also considers how the major positions defended in this symposium were misapprehended, most notably at the beginning of the 1980’s.</p>";256;15.00;"<p>L’œuvre d’art est de plus en plus incertaine, fluctuante, éphémère, immatérielle. Et les expériences qu’en fait le spectateur se révèlent multiples et souvent difficiles à analyser en détail.<em> marges</em> revient dans ce numéro sur une thématique qui court tout au long de l’art moderne : la volonté de remettre l’art au sein de la vie quotidienne. La période récente permet de reformuler cette ambition, à un moment où l’expérience esthétique en vient à se fixer sur de nouveaux types d’objets.</p>";;05/01/2017 14:53;1;Première édition;3675 652;2;3;19;Sous le sens;Pour une sémantique multidimensionnelle;;;"<p>À côté de ce qui est explicitement dit, il y a les sous-entendus, les présupposés…qui servent à dire...sans le dire, qui font tout le charme, la cohérence et le ciment d’un discours.</p>";"<p><strong>Remerciements<br /></strong><strong>Avant-propos</strong><br /><br /><strong>Introduction</strong></p><p><strong>Chapitre 1
 - Différentes façons de dire : l’implicite et l’explicite</strong><br />1. Le sens logique, littéral, explicite<br />2. Les différentes formes d’implicite<br />3. Trois types d’inférence</p><p><br /><strong>Chapitre 2
 - Les présuppositions</strong><br />1. Caractérisation intuitive<br />2. Usages de la présupposition<br />3. Liste des items présuppositionnels<br />4. Propriétés formelles</p><p><br /><strong>Chapitre 3 - 
Les implicatures conversationnelles</strong><br />1. Les implicatures conversationnelles<br />2. Les implicatures associées à des antiprésupppositions</p><p><br /><strong>Chapitre 4 - 
Les implicatures conventionnelles</strong><br />1. Les implicatures conventionnelles de Grice<br />2. Les objections de Bach<br />3. Nouvelles données de Potts<br />4. Implicatures conventionnelles et présuppositions<br />5. Une sémantique multidimensionnelle</p><p><br /><strong>Chapitre 5
 - Sens et interaction : le focus</strong><br />1. Sémantique des actes de langage<br />2. Le sens de l’intonation</p><p><br /><strong>Chapitre 6 - 
Sens et intonation : accent initial et stratégies discursives</strong><br />1. Autres <em>pitch accents</em> en anglais<br />2. Analyse du français</p><p><br /><strong>Chapitre 7 - 
L’association avec le focus. Le cas de <em>seulement</em></strong><br />1. L’association avec le focus : état de l’art<br />2. <em>Seulement </em>et son associé : études expérimentales<br />3. Le sens de <em>seulement</em> en français</p><p> </p><p><strong>Conclusion</strong><br /><strong>Bibliographie</strong><br /><br /></p>";;29/06/2017;0;137x220;260;978-2-84292-589-5;978-2-84292-589-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_652.jpg;"<p>Qu'est-ce que le sens d'un propos ? À côté de ce qui est explicitement dit, il y a toujours, dans la parole écrite ou orale, des sous-entendus, des présupposés, de l'implicite. <br />- <em>Même un enfant de dix ans aurait compris !</em><br /><em>Sous le sens </em>s'intéresse à la façon dont l'implicite est construit et propose une typologie des implicites, qui trouvent leur source dans les mots, dans les usages conversationnels ou même dans de simples intonations.<br />Présentant l'état actuel des recherches sur les implicatures et les présuppositions étudiées à la fois par les philosophes, les linguistes et les psychologues, cet ouvrage informera directement l'étudiant, le chercheur travaillant sur le langage, mais aussi l'enseignant de français intéressé par l'analyse de texte et le français langue seconde (FLS).<br />À ce jour, aucun livre sur ces questions n'est disponible dans notre langue, malgré une littérature foisonnante et en plein renouveau dans le monde anglo-saxon.</p><p> </p><p><em>Claire Beyssade est professeur de sciences du langage à l'Université Paris 8. Sous le sens est son quatrième livre.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction</p><p class=""premierPara"">Il existe de nombreuses façons d’aborder la question du sens. La diversité des adjectifs choisis par les sémanticiens et accolés au nom <span class=""typo_Italique"">sémantique</span> en témoigne : sémantique dénotationnelle, sémantique référentielle, sémantique instructionnelle, sémantique inférentielle, sémantique argumentative… Pour notre part, nous inscrivons notre travail dans ce qu’on appelle depuis les années 1980 le courant de la sémantique dynamique. Quelles en sont les particularités ? La sémantique dynamique se distingue de la sémantique dite statique, dominant jusque vers la fin des années 1970 et issue des travaux de Tarski en particulier, selon lequel connaître le sens d’une phrase, c’est pouvoir dire dans quelles circonstances cette phrase est vraie et dans quelles circonstances elle est fausse. La sémantique statique identifie donc le sens d’une phrase avec ses conditions de vérité. Les tenants de la sémantique dynamique affirment que si l’on veut rendre compte du sens des phrases telles qu’elles sont utilisées dans les langues naturelles, il faut opter pour une conception plus fine du sens. Ils proposent alors de voir le sens d’une phrase comme un ensemble d’instructions qui spécifient comment mettre à jour le contexte dans lequel cette phrase est produite. Ce qu’ils résument par le slogan : le sens d’une phrase, c’est son potentiel de changement de contexte. Ce renversement de point de vue a plusieurs conséquences.</p><p class=""txt_Normal"">D’une part, les approches dynamiques du sens se distinguent des approches statiques en ce qu’elles ne manipulent pas seulement des mondes ou des ensembles de propositions, mais des contextes. Le sens d’une phrase, ce n’est plus l’ensemble des mondes dans lesquels elle est vraie, mais la fonction qui prend en entrée un contexte et précise de quelle façon ce contexte est modifié quand la phrase est vraie. Ce qui oblige les sémanticiens à élaborer la notion de contexte. Un contexte, c’est un ensemble de référents de discours (au sens de Karttunen<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span>) et un ensemble de propositions portant sur ces référents de discours. Pour caractériser le contexte, Heim<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span> utilise la métaphore du dossier (<span class=""typo_Italique"">file </span>en anglais) dans lequel se trouve un ensemble de fiches. Ces fiches permettent de recueillir en les regroupant les informations que le discours véhicule. Selon Heim, le sens d’une phrase peut être identifié à la fonction qui permet de mettre à jour un dossier en introduisant de nouvelles fiches et en complétant les fiches existantes. Il y a autant de fiches que de référents de discours. La question importante est donc de savoir quand une phrase introduit un référent de discours nouveau (et donc une nouvelle fiche) et quand elle introduit des informations nouvelles sur un référent de discours déjà existant (informations qui viennent alors s’ajouter sur une fiche déjà établie). En manipulant des fiches et non pas seulement des mondes et des propositions, Heim se donne le moyen de dissocier ce dont le discours parle et ce qui a une référence dans le monde. On peut très bien introduire une fiche pour parler d’un objet qui n’existe pas, qui n’a pas de référence dans le monde. Quant à Kamp<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span>, il distingue dans les structures qu’il utilise pour représenter les discours (qu’il appelle des DRS, pour <span class=""typo_Italique"">Discourse Representation Structure</span>) un ensemble de référents de discours (qu’il appelle l’univers du discours) et l’ensemble des conditions qui portent sur ces référents de discours. Une des nouveautés des approches dynamiques, c’est donc d’avoir recours à ces référents de discours pour représenter les individus, objets et événements mentionnés explicitement dans un texte, dont le texte parle et qui vont jouer un rôle essentiel dans la gestion des reprises anaphoriques.</p><p class=""txt_Normal"">Un des arguments avancés pour défendre une approche dyna­mique concerne en effet le traitement des pronoms. Kamp a soutenu que pour rendre compte du sens des énoncés de la langue naturelle, il faut pouvoir dire comment une phrase modifie le contexte dans lequel elle est prononcée, en vertu de sa seule forme linguistique. Et il a montré qu’on ne peut pas, pour ce faire, se contenter de connaître l’ensemble des mondes dans lesquels elle est vraie. En effet, si on identifie une phrase à l’ensemble des mondes dans lesquels elle est vraie, alors il est impossible de différencier les phrases (ia) et (ib). Et pourtant, (ia) et (ib) n’ont pas la même capacité à changer le contexte, puisque les discours (i’a) et (i’b) ne sont pas également acceptables.</p><p class=""txt_Citation_debut""><span class=""CharOverride-1"">(i) a. Jean a fait une faute.</span></p><p class=""txt_Citation_suite""><span class=""CharOverride-1""> b. Il est faux que Jean n’ait fait aucune faute.</span></p><p class=""txt_Citation_debut""><span class=""CharOverride-1"">(i’) a. Jean a fait une faute. Le maître l’a corrigée.</span></p><p class=""txt_Citation_fin""><span class=""CharOverride-1""> b. #Il est faux que Jean n’ait fait aucune faute. Le maître l’a corrigée.</span></p><p class=""txt_Normal"">Le très fameux exemple des billes, dû à Partee, est du même type. Il montre que les reprises pronominales sont contraintes par le matériel linguistique utilisé dans le discours précédent et que si l’on assimile le sens d’une phrase à un ensemble de mondes, on ne peut pas rendre compte du contraste illustré en (ii) ni des contraintes qui pèsent sur l’usage des pronoms en général.</p><p class=""txt_Citation_debut_2""><span class=""CharOverride-1"">(ii) a. J’ai retrouvé mes dix billes, sauf une. Elle doit avoir glissé sous le sofa.</span></p><p class=""txt_Citation_fin_2""><span class=""CharOverride-1"">b. #J’ai retrouvé neuf de mes dix billes. Elle doit avoir glissé sous le sofa.</span></p><p class=""txt_Normal"">Kamp s’appuie sur ce genre d’exemples pour soutenir qu’on a besoin d’un niveau de représentation intermédiaire entre la langue et les modèles du monde, dans lequel la notion de référent de discours joue un rôle central. Il soutient par ailleurs que ce niveau de représentation intermédiaire est justifié cognitivement et rend compte d’un moment dans le processus interprétatif. Nous ne voulons pas ouvrir ici ce débat, mais seulement souligner que le choix d’une sémantique dynamique a permis de renouveler largement les recherches sur les contraintes qui pèsent sur l’emploi des pronoms.</p><p class=""txt_Normal"">Certains ont discuté la pertinence des contrastes (i’) et (ii) et ont soutenu que la seule chose qu’ils mettaient en évidence, c’était qu’un pronom ne pouvait être utilisé que s’il trouvait dans le contexte un antécédent partageant les mêmes traits de genre et de nombre que lui. En d’autres termes que les contraintes pesant sur l’emploi des pronoms étaient de nature morpho-syntaxique et non sémantique. Les exemples suivants infirment cette idée. En (iiia), on a un pronom pluriel, <span class=""typo_Italique"">ils</span>, qui réfère à Jean et Marie, alors même que cette expression n’est pas présente dans le discours. On a donc besoin d’une opération sémantique qui construise, à partir des référents de discours associés respectivement à Jean et à Marie, un référent pluriel. De façon analogue, en (iiib), le pronom pluriel <span class=""typo_Italique"">elles</span> ne trouve pas dans le discours d’antécédent partageant le même trait de nombre. Il est utilisé pour faire référence aux Toyota en général, à la classe ou à l’espèce des Toyota, et c’est bien une opération sémantique qui permet de passer d’une instance particulière de l’espèce, à l’espèce elle-même.</p><p class=""txt_Citation_debut_2""><span class=""CharOverride-1"">(iii) a. Pierre a rencontré Marie. Ils ont discuté pendant une heure.</span></p><p class=""txt_Citation_fin_2""><span class=""CharOverride-1"">b. J’ai acheté une Toyota. Elles sont vraiment bon marché en ce moment.</span></p><p class=""txt_Normal"">Une seconde particularité des approches dynamiques est que pour rendre compte de façon compositionnelle du sens d’une phrase complexe, elles doivent définir deux notions de contextes : le contexte global dans lequel un énoncé prend place et est évalué, et un contexte local, qui permet de rendre compte des mises à jour intermédiaires effectuées par les différentes propositions constituant cette phrase complexe (comme l’antécédent dans une phrase conditionnelle, ou la première proposition dans une conjonction de propositions). C’est au travers de cette notion de contexte local, et non pas par leur condition de vérité, qu’on parvient à caractériser le sens des connecteurs dans les approches dynamiques. Par exemple, les deux propositions (P<span class=""CharOverride-2"">˅</span>Q) et (Q<span class=""CharOverride-2"">˅</span>P) ont bien les mêmes conditions de vérité, mais, chacune conduit à accommoder un contexte local différent : interpréter (P<span class=""CharOverride-2"">˅</span>Q), c’est interpréter d’abord P, puis interpréter Q, dans le cas où P est faux ; en revanche, interpréter (Q<span class=""CharOverride-2"">˅</span>P), c’est interpréter d’abord Q, puis interpréter P, dans le cas où Q est faux. En sémantique dynamique, (P<span class=""CharOverride-2"">˅</span>Q) et (Q<span class=""CharOverride-2"">˅</span>P) ne sont donc pas équivalents, parce que (P<span class=""CharOverride-2"">˅</span>Q) conduit à interpréter Q dans le contexte local où P est faux, alors que (Q<span class=""CharOverride-2"">˅</span>P) conduit à interpréter P dans le contexte local où Q est faux. De la même manière, (P<span class=""CharOverride-2"">˄</span>Q) est différencié de (Q<span class=""CharOverride-2"">˄</span>P) et rapproché de (P<span class=""CharOverride-2"">˄</span>(P<span class=""CharOverride-2"">→</span>Q)). Et (P<span class=""CharOverride-2"">→</span>Q) est rapproché de (P<span class=""CharOverride-2"">→</span>(P<span class=""CharOverride-2"">˄</span>Q)). L’asymétrie ou plus précisément la non commutativité de la conjonction et de la disjonction en sémantique dynamique suit donc de l’accommodation du contexte local. Une particularité des sémantiques dynamiques, c’est, en généralisant des mécanismes d’accommodation locale, de redéfinir le sens des connecteurs logiques. Même si ces redéfinitions n’ont pas d’incidence sur les conditions de vérité des phrases, elles ont un impact important sur les possibilités d’anaphore par exemple. Et c’est un des atouts de la sémantique dynamique que de pouvoir prédire les continuations possibles d’un discours (notamment en ce qui concerne l’utilisation des pronoms).</p><p class=""txt_Normal"">Enfin, une troisième particularité des approches dynamiques est d’avoir contribué à déplacer la frontière entre sémantique et pragmatique. Alors que la tradition cantonnait la sémantique aux phrases hors contexte et à l’étude de leur sens littéral et confiait à la pragmatique l’étude des énoncés et de leurs effets en et sur le contexte, la sémantique dynamique a pris pour objet, non pas les phrases, mais les discours et a étudié les contraintes pesant sur l’enchâssement des phrases en discours. Elle a ainsi fait rentrer dans son champ d’investigation des questions relevant, jusqu’alors, du domaine de la pragmatique, comme la question de l’interprétation des pronoms ou de la projection des présuppositions.</p><p class=""txt_Normal"">En choisissant d’analyser le sens en termes de potentiel de changement de contexte, nous inscrivons clairement notre démarche dans la sémantique dynamique. Cependant, notre objectif est de montrer qu’il est important, pour parvenir à une bonne description des phénomènes discursifs et proposer des règles de bonne et de mauvaise formation des discours, de distinguer dans l’information véhiculée des éléments de nature différente. Le sens communiqué ne se limite pas au sens littéral attaché à une phrase, vu comme un assemblage de mots, ni même à un sens enrichi par l’interprétation de variables contextuelles permettant d’ancrer une phrase dans son contexte d’énonciation. À côté (ou en plus) de ce qui est explicitement dit, il y a ce que le locuteur laisse entendre ; à côté du sens littéral, il y a ce qu’on pourrait appeler, reprenant l’expression au titre d’un livre de Cornulier<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span>, les effets de sens d’un énoncé ; et à côté de l’information qu’un énoncé donne sur le monde, il y a toutes les informations que l’énonciation en elle-même donne sur l’état épistémique des différents participants à la conversation. C’est la variété de ces contenus sémantiques, leur caractérisation ainsi que l’étude de leurs interactions qui va retenir notre attention dans ce livre, consacré à ce qu’on pourrait appeler les épaisseurs du sens.</p><p class=""txt_Normal"">Pour procéder à l’analyse des contenus sémantiques, nous verrons qu’il est souvent utile de prendre en considération des énoncés non assertifs, parce que pour déterminer le statut d’une information, le plus simple est quelquefois de se demander comment ce contenu d’information résiste à un changement de force illocutoire. Ainsi par exemple, pour déterminer si un contenu sémantique est asserté ou présupposé, on peut bien sûr utiliser le test de la négation, souvent présenté comme un papier de tournesol pour les présuppositions. Cependant, la mise en question d’un contenu informationnel fournit un test au moins aussi efficace et souvent plus opératoire pour repérer les présuppositions.</p><p class=""txt_Normal"">Dans ce livre, nous faisons donc le choix d’une sémantique multidimensionnelle, telle qu’elle est mise en œuvre en particulier par Potts<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span>, mais qui nous semble s’inscrire aussi dans le prolongement des travaux de van der Sandt<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span> ou de Geurts et Maier<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span> sur les présuppositions en DRT, ainsi que dans ceux de Rooth<span class=""Note_exp _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span>, sur le focus et la distinction de deux valeurs sémantiques, la valeur sémantique ordinaire et la valeur sémantique focale. En distinguant des types d’informations différentes, nous proposons donc de réfléchir à la structuration du contexte et à la façon dont cette structuration permet de repenser un grand nombre de questions sémantiques. L’ambition de la sémantique multidimensionnelle, c’est de montrer que les approches vériconditionnelle et inférentielle se complètent plus qu’elles ne s’opposent, et de réfléchir à la façon d’articuler les différentes informations associées à un discours, pour arriver à une représentation enrichie du sens, qui permette de prédire si et quand certains enchaînements discursifs seront malformés. Au fil des chapitres, nous essaierons de caractériser les différents types d’informations véhiculées par un énoncé et associées à l’emploi d’un mot ou d’une construction, qu’elle soit syntaxique, discursive ou même prosodique. Nous montrerons pourquoi il est utile de les distinguer et comment ils interagissent les uns avec les autres, et nous mettrons en évidence quelques contraintes générales qui portent sur la mise à jour des contextes et qui rendent compte de ce qu’on pourrait appeler des malformations ou des anomalies discursives.</p><p class=""txt_Normal"">Ce livre se présente donc un peu comme une défense et illus­tration de la sémantique multidimensionnelle. Sans aborder de front la question de la délimitation des champs respectifs de la sémantique et de la pragmatique, nous pouvons dire néanmoins que le travail présenté ici relève plus de la sémantique que de la pragmatique. En effet, même si nous prenons en compte la dimension contextuelle dans nos analyses, nous ne considérons pas que le contexte soit premier et nous voulons rester, autant que faire se peut, à l’intérieur d’un cadre compositionnel où le sens de la phrase se construit de bas en haut. Nous voulons chercher en premier lieu ce que les mots signifient pour montrer ensuite comment les différents contenus informationnels attachés aux mots interagissent en contexte. Notre démarche va donc du mot au texte et non du texte au mot. Notre idée est que le sens des mots est fait d’éléments de nature différente et que la variété des contenus d’information propres à chaque mot se révèle quand on place ce mot en contexte. Toute bonne description du sens d’un mot devrait donc contenir l’ensemble des informations qui peuvent, en contexte, faire surface et permettre de prédire les effets de sens de ce mot en contexte. Nous cherchons à décrire le sens des mots, comme cela se fait pour le sens des phrases, en analysant ses multiples dimensions. Nous voyons le lexique comme une matrice de sens : selon le contexte d’apparition et de réception, une même suite de mots fera ou ne fera pas sens, et pourra donner naissance à des sens différents.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Karttunen 1976.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Heim 1992.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Kamp 1981.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Cornulier 1985.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Potts 2005.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Van der Sandt 1992.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Geurts et Maier 2003.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Rooth 1992.</p></div></div></div>";;368;23.00;"<p><em>Sous le sens</em> porte sur un sujet central tant pour la théorie linguistique que pour l’enseignement du français : la façon dont le sens se construit et ce dont il est fait, de l’explicite à l’implicite. Il présente l’état actuel des recherches sur les implicatures et les présuppositions, étudiées à la fois par les philosophes, les linguistes et les psychologues . L’ouvrage synthétise et discute en français une littérature foisonnante mais souvent peu abordable, car présentée en anglais et de façon technique, par des spécialistes, pour des spécialistes.</p>";;03/03/2017 15:31;1;Première édition;3147 669;2;3;14;Archives en acte. Arts plastiques, danse, performance;;;;"<p>Comment réaliser des œuvres nouvelles, ou des œuvres rejouées, avec des œuvres anciennes connues uniquement par des archives ? Comment le « replay » fait de la nouveauté et non de la simple répétition ou reprise.<br /> <br /></p>";"<p>Archives, disparition, recréation : jeu et rejeu dans les arts <br /><strong>Jérôme Glicenstein, Yann Potin, Paul-Louis Rinuy et Clothilde Roullier</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Première partie : Rejouer, reprendre<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Archives et création, nouvelles perspectives sur l’archivistique <strong><br />Anne Klein </strong>et <strong>Yvon Lemay</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’œuvre ouverte. Une lecture pragmatique des dossiers d’œuvres <em> </em><strong><br />Yaël Kreplak</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les archives chorégraphiques entre mémoire et création <strong><br />Patrice Marcilloux</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le versant imaginaire des archives <strong><br />Raphaël Faon</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> </strong><strong><em>CHANTIERS</em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Archives : un repas gratuit ?<strong><em> <br /></em>Franck Leibovici</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Témoignages autour de Tino Sehgal <strong><br />Philippe Artières et Arnaud Esquerre</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><br /> Deuxième partie : Démonter, remonter<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’apport des archives dans la reconstruction d’un édifice détruit <br /><strong>Jean-Michel Leniaud</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><em>« Should they stay or should they go ? » </em><em>Le démantèlement des sculptures soviétiques</em> <strong><br />Claire Kueny </strong>et<strong> Deimantas Narkevičius</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Rejouer Danse dans la neige <strong><br />Anne Bénichou</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><em>CHANTIERS</em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La production de l’espace chez Lucinda Childs, 1963-1974 <br /><strong>Lou Forster</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><em>Nous chanterons ce que nous n’aurions pas voulu chanter </em><strong><br />Marcela Santander Corvalán </strong>et<strong> Bettina Blanc-Penther</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Troisième partie : Combler, restituer<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Les archives d’art contemporain au musée du Luxembourg au tournant du XXe siècle<em> </em><strong><br />Julien Bastoen</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">La restitution des monuments publics détruits, Etienne Dolet de Robert Couturier <br /><strong>Xavier-Philippe Guiochon</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><em>CHANTIERS</em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Une danse ancienne<strong> <em> </em><br />Rémy Héritier</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">À propos de L’inventaire des destructions <em> </em><strong><br />Éric Watier</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Sampler le passé <em> </em><strong><br />Camille Zéhenne</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><br /> Quatrième partie : Exposer, recréer<br /></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">À propos de l’exposition « Un musée révolutionnaire : le musée des Monuments français d’Alexandre Lenoir » (2016) <strong><br />Béatrice De Chancel-Bardelot</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">L’exposition comme performance : An Immaterial Retrospective of the Venice Biennale <strong><br />Jérôme Glicenstein</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><em>CHANTIER</em></strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Atelier Boronali pour la préservation de l’art-action <strong><br />Stéphanie Elarbi </strong>et<strong> Laurent Prexl</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><strong>Perspectives</strong> : <em>L’archive au corps à corps : le corpus Replay</em><strong> <br />Milena Páez-Barbat</strong></p><p> </p><p>Bibliographie</p><p>Tables des illustrations<br />Les auteurs</p>";;05/07/2018;0;160x220;302;978-2-84292-829-2;978-2-84292-829-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_669.jpg;"<p>Et si, du socle vide des places municipales, les statues disparues sous l'Occupation ressurgissaient du néant dans lequel l'histoire les a plongées ? Et si « des archives mortes, on pouvait tirer du sang chaud », pour reprendre les termes de Lucien Febvre évoquant la puissance des documents ? Les lieux et fonds d'archives sont, depuis Jules Michelet, irrigués par le pouvoir de résurrection du passé. Historiens, historiens de l'art, sociologues, conservateurs du patrimoine et artistes s'en saisissent et livrent ici leur pratique et interprétation du <em>replay </em>dans les arts – plastiques, chorégraphiques et de performance. La question de la recréation des œuvres perdues ou immatérielles se situe à la rencontre des mondes de la création et du patrimoine. L’art contemporain, dans notre époque post-moderne, est d’autant plus créatif et inventif qu’il est moins amnésique.</p>";"<p class=""western"" style=""text-align: left;"">Introduction</p><div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""txt_auteur ParaOverride-1"">Jérôme <span class=""CharOverride-1"">Glicenstein</span> et Paul-Louis <span class=""CharOverride-1"">Rinuy,</span> <span class=""CharOverride-2"">historiens de l’art</span><br />Yann <span class=""CharOverride-1"">Potin</span> et Clothilde <span class=""CharOverride-1"">Roullier</span>, <span class=""CharOverride-2"">archivistes</span></p><p class=""T_3_Article""><strong>Archives, disparition, recréation : jeu et rejeu dans les arts<br /><br /></strong></p><p class=""txt_Epigraphe"">« Art : Ça mène à l’hôpital. À quoi ça sert ? puis­qu’on le remplace par <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">les archives</span> qui font “mieux et plus <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">lentement</span>”.<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>» [d’après Gustave Flaubert<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span>]</p><p class=""premierPara"">La relation passionnée de l’art contemporain à/aux ­<br />(l’)archive(s) procéderait-elle des <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">idées reçues </span>du moment ?<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>La définition amusée de l’art, donnée par Flaubert dans son fameux dictionnaire, pourrait sans aucun doute servir de viatique, si l’on substitue à la « vitesse » de la mécanique la « lenteur » des archives. L’analogie n’a pas qu’une valeur <span class=""typo_lien_internet"">distrayante</span> ou ironique. L’art contemporain de Flaubert est « réaliste » et tente de résoudre, à l’âge de la propagation de la photographie, le défi de la représentation. Tout se passe comme si, à l’ère de la dématérialisation des œuvres, dans l’espace comme dans le temps, la création artistique tentait aujourd’hui de résoudre un autre défi, celui de la « représence ». Cette capacité à rejouer et faire rejouer l’acte créatif, qu’il relève de la performance ou de l’installation, ne peut se penser sans une tension, parfois radicale, entre l’œuvre et son archive. Au point que la dernière tend à se substituer à la première, lorsqu’il s’agit d’enregistrer, d’échantillonner, de collectionner, et pour tout dire de constituer les archives de l’art en train de se faire. Cette disposition de la production artistique actuelle, sous toutes ses formes et à travers tous les supports possibles, à remettre en présence les œuvres immatérielles ou corporelles rejoint, de manière sourde et discrète, une faculté bien répertoriée de mobilisation imaginaire du passé dans le présent <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">par </span>les archives. En tant que matérialité différée d’une souveraineté passée, en tant que traces d’une parole encapsulée par le pouvoir d’enregistrer et de contraindre, les archives ont été en effet instituées, au <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, comme les sources possibles d’une démarche de reconstitution des actes, au fondement même de l’écriture de l’histoire. Jules Michelet, avec d’autres, a sa part dans l’invention d’une poétique savante qui vise à la « résurrection intégrale du passé<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span> ». Cette modalité du jeu et rejeu de la réalité, par la fiction d’archives en acte, a partie liée avec les conditions de la production artistique contemporaine. Un genre d’<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">art-chives</span> se propage donc aujourd’hui, avec plus ou moins de bonheur<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span>. Ce néologisme est assurément promis à un succès certain, d’autant plus fragile qu’il est d’ores et déjà galvaudé. Par-delà l’exploration de ce moment « archive » de l’art contemporain, le volume qui suit se propose d’examiner les tensions fécondes qui animent deux univers professionnels et culturels antinomiques en apparence. La dénivelée entre le monde des artistes contemporains et celui des historiens, de l’art contemporain ou des archives, est ainsi autant une donnée première de cette recherche que le fondement même de son existence et de sa vitalité. On la trouve à l’œuvre, en acte, dans les variations marquées de format, de ton, de voix entre les différents articles ; la plupart des textes d’artistes se retrouvent dans la rubrique « Chantiers », puisqu’ils correspondent à des instantanés sur des travaux en cours, qui ont vocation à se prolonger sous des formes autres que l’écrit.</p><p class=""T_a"">Art et archives, gare de triage généralisée</p><p class=""txt_Normal"">Dans son texte « Fonction de l’atelier » (1971), Daniel Buren expose un certain nombre de principes qui rappellent étonnamment la fonction du dépôt d’archives. L’œuvre, écrit-il, « parce que produite en atelier, ne peut être conçue qu’en tant qu’objet <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">manipulable</span> à l’infini et par <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">quiconque</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span> ». À une date presque miroir, en 1790, la souveraineté nationale, constituée en Assemblée nationale, donne à ses titres et procès-verbaux le nom d’Archives nationales<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span>, et par la loi du 7 messidor an II [25 juin 1794] est institué le libre accès aux documents : « Tout citoyen pourra demander dans tous les dépôts, aux jours et heures qui seront fixés, communication des pièces qu’ils renferment » (article 37). Venant encore renforcer ce fondement, la loi n° 2008-696 du 15 juillet 2008 a introduit le principe de la libre communicabilité sans délai des archives. C’est dire que la manipulation « à l’infini et par quiconque » des archives publiques est au principe même de leur organisation et que les archivistes ont pour fonction d’y œuvrer.</p><p class=""txt_Normal"">Ce rapprochement opéré, force est de constater que l’atelier de l’artiste et le dépôt d’archives se situent pourtant à deux extrémités du processus de production : tandis que l’œuvre d’art « se trouve à <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">sa place</span> », pour reprendre les mots de Buren, dans l’atelier, le dossier administratif ne parvient au dépôt qu’une fois soustrait à son lieu d’origine. Si, « dès sa production en atelier, l’œuvre se trouve isolée du monde réel », comme l’écrit encore Buren, le dossier d’archives est bien davantage dans le monde réel, c’est-à-dire dans son contexte d’origine remplissant sa fonction première, dans le bureau où il a été produit, que lorsqu’il atterrit dans le dépôt d’archives et est compulsé par des mains étrangères, généralement attirées par son intérêt dit secondaire, dépassant son inscription dans le processus administratif de l’affaire qui fut sa raison d’être.</p><p class=""txt_Normal"">Mais ce décalage dans les trajectoires finit en réalité par se résorber, sur deux points essentiels au moins. En premier lieu, le déplacement même subi par l’œuvre d’art et le dossier d’archives, aussi bien du point de vue physique qu’intellectuel, est assez similaire. C’est au moment de sa production en atelier, écrit Buren, que l’œuvre « est le plus proche de sa propre réalité. Réalité dont elle n’arrêtera pas ensuite de s’éloigner pour parfois même en emprunter une autre que personne, pas même celui qui l’a créée, n’a pu imaginer […]. D’où une contradiction mortelle pour l’œuvre d’art, et dont elle ne se remettra jamais, puisque sa fin implique un <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">déplacement </span>dévitalisant quant à sa réalité propre, quant à son origine ». Le transport des fonds d’archives vers les institutions patrimoniales qui les accueillent, les modalités du déracinement, font aujourd’hui l’objet d’une attention scientifique et réflexive beaucoup plus grande qu’auparavant<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span>, mais il est bien évident que cet arrachement est constitutif de tout carton d’archives consultable en salle de lecture.</p><p class=""txt_Normal"">En second lieu, l’atelier, pour Buren, « premier cadre de l’œuvre », est en fait un filtre qui va servir à une double sélection, celle faite par l’artiste d’abord, hors du regard d’autrui, et celle faite par les organisateurs d’expositions et les marchands d’art ensuite pour le regard des autres ». Il n’en va pas fondamentalement autrement du processus de sélection dans les documents produits par l’administration : une partie de la production est supprimée au fur et à mesure du travail en cours par les agents à l’origine des dossiers (en particulier les doubles, les brouillons…), au moment où les archives sont dites « courantes<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span> », puis les archivistes procèdent, à leur tour, à un tri respectant les prescriptions émises par les Archives de France<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span>. Le métier d’archiviste est en effet le seul métier du domaine patrimonial où l’on détruit plus ou autant que l’on ne conserve<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">9</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Là encore, les temporalités se croisent. Tandis que Buren parle de l’atelier comme d’une « gare de triage », de « lieu de production d’une part, de lieu d’attente d’autre part, et enfin – si tout va bien –, de diffusion », les opérations de tri (après le passage du temps<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">10</a></span></span>…), puis de mise à disposition du public n’ont pas forcément lieu dans le même bâtiment. Il est intéressant de ce point de vue de noter que les archives, en français, désignent aussi bien l’ensemble des documents conservés que le bâtiment qui les abrite. Le tri des archives – la gare de triage – ne s’effectue pas nécessairement aux Archives<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">11</a></span></span>, mais parfois sur le lieu de production (l’équivalent de l’atelier) ou dans un tiers lieu de stockage, désigné par la profession comme « intermédiaire ». Les archives elles-mêmes sont alors, à ce stade, qualifiées d’« intermédiaires », avant de devenir, pour une partie d’entre elles seulement, celles qui sont élues, « définitives » ou « historiques<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">12</a></span></span> ». À l’intensité – voire à l’incandescence – des enjeux présents dans l’atelier, les archives empruntent ainsi nombre de caractéristiques, en les diffractant simultanément en plusieurs lieux. D’une certaine manière, avec les archives, l’atelier est partout.</p><p class=""T_a"">L’art contemporain et l’archive, une histoire en cours</p><p class=""txt_Normal"">Les archives, ou l’archive plutôt, telle que la théorise au singulier Michel Foucault dès la fin des années 1960, sont définies rigoureusement comme « un système d’énoncés » qui « instaure les énoncés comme des événements (ayant leurs conditions et leur domaine d’apparition) et des choses (comportant leur possibilité et leur champ d’utilisation)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">13</a></span></span> ». Jacques Derrida publie, au début des années 1990, son célèbre essai <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Mal d’archive : une impression freudienne</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">14</a></span></span>,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>dans lequel il pointe ce qu’il est un des premiers à nommer l’<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">archive fever</span>, titre qu’il donne à la publication en anglais de la conférence qu’il a tenue en juin 1994 devant les membres de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">15</a></span></span>. Le philosophe accorde surtout à l’archive une importance renouvelée en fondant son analyse sur l’étymologie même du mot dont il rappelle le sens originairement double, puisque le nom grec <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">arkhè</span> signifie à la fois le « commencement » et le « commandement », voire le « lieu du pouvoir ». Ces considérations paraissent à première vue éloignées de la sphère artistique en elle-même, qui se préoccupe de mettre en évidence plus que d’interpréter l’accumulation des archives dans la création contemporaine, comme dans l’exposition <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Deep Storage. Collecting, Storing and Archiving in Art</span> qui voyagea de Munich à New York <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">via</span> Seattle<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">16</a></span></span>. Et c’est au début du <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, une fois réellement closes l’aventure moderniste et la croyance en une compréhension univoque possible de l’avènement de l’art contemporain, qu’apparut une véritable effervescence des analyses sur les usages de l’archive ou des archives dans la création artistique contemporaine, telles que le colloque organisé par les Archives de la critique d’art en 2001, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Les Artistes contemporains et l’archive</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">17</a></span></span>, l’ouvrage synthétique d’Anne Bénichou, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Un imaginaire institutionnel : musées, collections et archives d’artistes</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">18</a></span></span>,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>ainsi que l’article cardinal d’Hal Foster, « An Archival Impulse<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">19</a></span></span> », qui fait de l’archive, au sens très large du mot, et précisément de la pulsion d’archive, un outil essentiel pour comprendre l’art post-moderne. Plus récemment, Hal Foster est revenu sur cette analyse dans son ouvrage <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Bad New Days : Art, Criticism, Emergency</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">20</a></span></span>,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>où il fait de la catégorie de « l’archive », à côté de celle de « l’abject » ou du « post-critique », un des cinq concepts clés pour comprendre l’art depuis les années 1990<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">21</a></span></span>. Et, dans ces années 2010, on ne compte plus les ouvrages qui analysent le rôle central joué par les archives dans l’inventivité artistique contemporaine : citons, pour la danse et les arts vivants, le panorama très complet <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">L’Archive dans les arts vivants</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">22</a></span></span>,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>ou, dernièrement,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>sur les pratiques contemporaines de l’archive, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Archives au présent</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">23</a></span></span>,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>ou encore<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> Un art documentaire. Enjeux esthétiques, politiques et éthiques</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">24</a></span></span><span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>et la revue <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Intermédialités</span>, avec son numéro intitulé <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Refaire/redoing</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">25</a></span></span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">.</span></p><p class=""txt_Normal"">Les ouvrages parus au sujet de la relation entre archives et art contemporain abordent un champ large et hétérogène, d’autant plus que nombre d’artistes ont mis la question des archives au centre de leur pratique. Certains d’entre eux se contentent d’évoquer la forme des boîtes d’archive dans leurs œuvres, voire restituent l’ambiance des couloirs poussiéreux où celles-ci sont censées être stockées. C’est le cas de nombre d’œuvres de Christian Boltanski, où des alignements de boîtes de biscuit figurent des sortes d’archives imaginaires mêlant histoire personnelle et images d’actualité<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">26</a></span></span>, exhibant parfois des portraits flous, violemment éclairés qui évoquent à demi-mot les victimes de la Shoah. De tels ensembles renvoient librement à une mémoire à la fois systématiquement encadrée et impossible à cerner parfaitement. D’autres artistes prennent la question de l’archive de manière plus littérale, figurant des meubles de rangement inspirés des méthodes archivistiques en choisissant de mettre davantage en valeur leur fonction documentaire. On pense aux immenses fichiers produits par le groupe anglais Art and Language à l’occasion de la <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documenta 5</span> en 1972<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">27</a></span></span> ou plus récemment à <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">The File Room</span> (1994) d’Antoni Muntadas. Dans le premier cas, il s’agissait de rendre compte des activités du groupe, sachant que celui-ci ne produisait pas tant des œuvres, au sens traditionnel, que des textes en forme de protocoles, de processus ou de discussions : les fichiers contenus dans des grands meubles à tiroirs contenaient des documents rendant compte de la constitution des mêmes fichiers. On est ici au cœur d’un processus tautologique propre à l’art conceptuel, sur le modèle de la <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Card File</span> de Robert Morris (1962), un ensemble de fiches descriptives liées entre elles et qui présentent toutes des informations à propos de l’œuvre elle-même. Pour ce qui est de Muntadas, le projet est plus ambitieux, puisqu’il s’agit de mettre sur pied une base de données évolutive des cas de censure de toutes les époques et de tous les pays, pouvant être enrichie et consultée par tous lors d’expositions, puis sur Internet, lorsque ce médium de diffusion s’est développé<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">28</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Les « archives » qui viennent d’être évoquées ne sont évidemment pas des archives au sens des pratiques insti­tu­tionnelles, mais plutôt des représentations artistiques de ce que peuvent être ou signifier les archives. Ni Art and Langage ni Antoni Muntadas ne livrent au public les protocoles ayant présidé à la constitution des archives qu’ils exposent ; quant à Boltanski, il se contente de montrer des boîtes, à la manière dont Hanne Darboven multipliait des feuilles d’écriture abstraites, alignées telle une documentation scientifique, sans que leur contenu soit accessible.</p><p class=""txt_Normal"">Les artistes constituent d’autres archives, même si elles ne sont généralement pas exposées en tant que telles. Elles contiennent des documents personnels (correspondance, photo­graphies intimes, souvenirs) et d’autres qui sont davantage liés à leur activité professionnelle (devis de fournisseurs, contrats de production, liste de collectionneurs, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">curriculum vitae</span>, docu­mentation liée aux œuvres ou à leur exposition, etc.). Ces archives ne sont pas produites de la même manière que pour ce qui est des institutions publiques et il est donc difficile d’en rendre compte systématiquement. De fait, traiter de la relation des artistes aux archives peut sembler une tâche impossible, tant les situations sont hétérogènes, ne serait-ce que parce que la constitution d’une archive accompagne constamment le mouvement même de la création (et parfois s’y mêle). Certains artistes conservent absolument tout ce qu’on leur a donné, toute leur correspondance et toutes leurs factures et classent l’ensemble de manière assez personnelle<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">29</a></span></span> ; d’autres ne conservent rien du tout, ce qui complique le travail des historiens de l’art. Ceux-ci sont d’ailleurs les premiers concernés par l’existence ou non de ces « archives réelles », puisqu’elles leur permettent d’obtenir nombre d’informations sur les artistes qui les ont constituées.</p><p class=""txt_Normal"">Dans certains cas, les archives d’artistes décédés peuvent aussi faire l’objet d’un double travail de constitution et de dépouillement par des chercheurs. C’était le cas récemment avec le travail d’inventaire du fonds Philippe Thomas, au sein de la bibliothèque Kandinsky, par Émeline Jaret, dans le cadre du doctorat qu’elle consacrait à cet artiste. Bien entendu, cette archive n’a pas été voulue par l’artiste (décédé en 1995) ; elle permet néanmoins de présenter aussi fidèlement que possible tous les documents qu’il a accumulés au fil des ans et qui ont trait à sa pratique, par-delà leur dispersion <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">post mortem</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Mais le sujet de notre livre est tout différent, puisqu’il se définit par l’analyse des différentes modalités de recréation d’œuvres contemporaines par le <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">replay</span> ou le rejeu plus exactement – pour employer un mot français ordinairement utilisé en géographie physique ou en musicologie – d’archives réelles, conservées institutionnellement.</p><p class=""T_a"">Genèse de notre projet « <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Replay</span>, restitution, recréation... Pour une typologie de la reprise <br />des archives<span class=""CharOverride-6""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">30</a></span></span> »</p><p class=""txt_Normal"">Les observations qui ont présidé à la mise en œuvre de notre projet de recherche ont reposé, dans un premier temps, sur le constat d’une étrange et inattendue symétrie de situation et de fonctionnement entre les Archives nationales et le Centre national des arts plastiques (Cnap) : il s’agit dans les deux cas d’institutions qui n’ont pas toujours été libres de leurs acquisitions ou enrichissements, recueillant au plus large les traces de l’activité de l’État d’une part, et celles de la création contemporaine d’autre part. À l’inverse des musées, elles ne font pas collection, mais collectent des fonds pour constituer un ensemble représentatif, sinon systématique. Le mélange des genres ne doit pas effrayer : les commandes publiques et acquisitions qui relèvent de la responsabilité du Cnap ont d’abord été réalisées pour soutenir la création artistique, mais ont également parfois pour fonction d’incarner et décorer l’État administratif, dont par ailleurs le principal produit subsistant est constitué par les fonds d’archives qui forment les quelque deux cents kilomètres d’archives de l’État central conservés aux Archives nationales depuis la Révolution française. Ajoutons que le bureau des Travaux d’art, dont procède le Cnap actuel, est l’héritier de la troisième division du ministère de l’Intérieur, créée en 1793 – dans ces mêmes années où les Archives nationales se structurent –, chargée des « sciences, arts, académies et spectacles », ainsi que des « encouragements aux artistes<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">31</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Le Cnap et les Archives nationales souhaitaient ausculter la manière dont la démarche rétrospective se situait au cœur de leurs missions et conditionnait l’existence d’un patrimoine, dont ces deux institutions sont les dépositaires et les gardiennes. Le Cnap s’est engagé, depuis 1997, dans une vaste opération de récolement visant à identifier et à localiser les multiples œuvres mises en dépôt, depuis 1791, dans de nombreuses administrations publiques et dans des musées sur l’ensemble du territoire français, ainsi que dans les représentations diplomatiques à travers le monde. Ce travail de récolement nécessite une immersion dans les fonds conservés aux Archives nationales, en particulier dans les archives du bureau des Travaux d’art, actif de 1800 à 1965. Il a conduit, dans certains cas, à constater l’existence d’œuvres relevant de la commande publique, mais ne possédant pas de numéro d’inventaire, et partant, de statut juridico-administratif. Le Cnap a ainsi procédé à l’inventaire rétrospectif de près de 10 000 œuvres grâce à une fouille dans les fonds d’archives qui a révélé l’existence ";;;;;;;;; 651;2;3;39;La critique d'art;;;;"<p>L’œuvre d’art et ses discours critiques. Les relations entre la critique et les codes et conventions artistiques.</p>";"<p>Introduction</p><p style=""padding-left: 30px;""><em></em>Chapitre 1<br />Les critiques fondationnalistes</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 2<br />Les critiques perspectivistes</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 3<br />Les critiques constructionnistes</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 4<br />La critique postulat</p><p>Conclusion<br /><br />Bibliographie</p>";;27/04/2017;0;120x180;175;978-2-84292-593-2;978-2-84292-593-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_651.jpg;"<p>Ce livre est une approche théorique, principalement philosophique, de l'écriture critique. Il est pensé comme une boîte à outils devant permettre à un rédacteur ou à un lecteur de situer les textes critiques relativement aux conceptions de l’œuvre d'art et aux conceptions du discours. Il explore les liens entre la critique d'art et les convictions philosophiques, esthétiques et épistémologiques - parfois implicites - depuis la révolution de l'art moderne à la charnière des XIXe / XXe siècles jusqu'à aujourd'hui, à partir des questions suivantes : quels types de savoirs les critiques proposent-elles ? En fonction de quelles attentes ? Ce livre s'interroge aussi sur les relations entre la critique et les codes et conventions artistiques. De manière générale, on peut donc considérer qu'il s'intéresse aux liens entre la critique et les croyances au XXe et XXIe siècles.</p><p><em>Spécialiste du discours sur l'art</em><em> et de la critique, Claire Fagnart est maïtre de conférences au Département d'arts plastiques de l'Université Paris 8 (Saint-Denis). Elle a contribué à la revue « Marges » à plusieurs reprises depuis sa création.<br /></em></p>";"<p>Introduction</p><p>L’ensemble de ce travail pose la question des liens entre écriture critique et croyances philosophiques et artistiques. En écrivant ce livre, je n’ai pas cherché à rédiger un pamphlet accusant la critique d’art actuelle, ni énoncer des règles ou des principes garantissant, à mes yeux, la rédaction d’une “bonne” critique, j’ai simplement voulu élaborer un outil théorique devant aider les praticiens de la critique et ses lecteurs à se situer. Cet ouvrage n’est donc ni une invective, ni une méthode. Mon objectif principal est de fournir aux rédacteurs les outils théoriques nécessaires à une approche réflexive.</p><p>L’irréductible spécificité de chaque expérience esthé­tique, sensible, cognitive, face à une œuvre d’art, l’indomptable particularité de chaque œuvre y reste un <span>a priori</span> non discuté. Parce qu’elle est un texte, la force rhétorique d’une critique, son aptitude à amplifier une œuvre est liée à la qualité de son écriture. En m’intéressant aux croyances sous-jacentes à la pratique de la critique, j’ai fait le choix de rester à la périphérie des œuvres dans leur singularité et des critiques dans leur particularité, pour aborder, le plus rationnellement possible la question des arrière-plans sur lesquels s’est construite cette pratique depuis le début du <span>xx</span><span>e</span> siècle (sur les questions de vocabulaire, voir <span>infra</span>).</p><p>Les facteurs qui conduisent à certaines positions critiques plutôt qu’à d’autres sont innombrables – individuels, psychologiques, sociologiques, politiques… Un petit nombre de ces facteurs – principalement philosophiques – sont examinés dans cet ouvrage qui cherche donc à approfondir comment les textes critiques (fonctions, critères de jugement, méthodes) sont déterminés par les positionnements philo­sophiques et esthétiques des rédacteurs. Il en est de même de l’autorité accordée à la critique : le pouvoir de la critique dépend aussi des croyances et des attentes de son lecteur. L’objectif de ce livre est d’analyser les liens entre les discours critiques et les positionnements philosophiques. Les diverses <span>définitions </span>de l’art, les conceptions de l’œuvre, les philosophies générales et les conceptions des discours engagent divers types de critique. Trois groupes ont émergé de cette réflexion : les critiques fondationnalistes, les critiques perspectivistes et les critiques constructionnistes. J’ai rattaché chacun de ces groupes aux orientations théoriques qui les conditionnent, afin d’en saisir la cohérence idéologique. Si l’espace de ce livre avait permis de développer ces questions dans un cadre historique plus large, par exemple à partir de l’émergence de la critique comme genre littéraire au <span>xviii</span><span>e</span> siècle, la typologie eût été différente du fait de l’évidente historicité des divers types de critique.</p><p>Le classement des types de critique a été complexe à élaborer dans la mesure où j’ai voulu articuler une approche esthétique concernant l’œuvre d’art et une approche épisté­mologique concernant le discours sur l’œuvre. Le classement finalement présenté est fondé sur la conception du discours : les trois types de critique correspondent à trois approches épistémologiques ici dénommées réalisme épistémique, relativité épistémique et design épistémique. Mais j’aurais pu imaginer un classement mettant au premier plan les conceptions esthétiques de l’œuvre d’art. En auraient résulté trois autres groupes de critiques correspondant à trois conceptions de l’œuvre 1. strictement ontologique, 2. modérément ontologique et 3. rejetant toute vision onto­logique. Ces deux classements, élaborés à partir de deux perspectives – épistémologique ou esthétique – n’auraient pas été strictement superposables alors même que ce travail établit de très forts liens entre les déterminants esthétiques et les déterminants épistémologiques de la critique.</p><p>L’enjeu de ce travail est de comprendre en quoi les textes critiques (objectifs, vocabulaire, place accordée à la subjectivité, forme du jugement, etc.) sont déterminés par les conceptions de l’œuvre d’art de leurs rédacteurs et par le type de savoir qu’ils cherchent à générer. Un exemple simple et évident de cette surdétermination se trouve chez Clive Bell et R. G. Collingwood quand ceux-ci s’appuient sur leur définition de l’art pour « défendre le néo-impressionnisme et le modernisme littéraire de leur temps (Joyce, Stein…) […] » (exemple emprunté à Pouivet 2001). Les critiques mettent en jeu des conceptions de l’art ou des approches philosophiques préexistantes. Conjointement, elles parti­cipent au renforcement de ces conceptions et approches philosophiques.</p><p><span>Critiques fondationnalistes</span></p><p>La littérature critique <span>fondationnaliste </span>à laquelle nous allons consacrer le premier chapitre est une <span>critique-correspondance</span>, expression calquée sur celle de vérité-correspondance. Elle est déterminée par à une approche traditionnelle – ontologique – de l’œuvre d’art et un réalisme épistémique des discours.</p><p><span>Critiques perspectivistes</span></p><p>Les critiques perspectiviste sont des <span>critiques-interprétations</span> marquées par une ontologie modérée des œuvres d’art et une relativité épistémique des discours. Les perspectives individuelles conduisent à la critique de goût et la critique phénoménologique ; les perspectives disciplinaires conduisent à une herméneutique déterminée par une recherche de cohérence.</p><p><span>Critiques constructionnistes</span></p><p>Décomposé en <span>critique-postulat</span> et <span>critique-fiction</span> ce troisième groupe de littératures critiques est marqué par un anti-réalisme philosophique modéré ou un anti-réalisme radical, et un design épistémique.</p><p>La typologie des discours critiques constitue un outil théorique auquel la réalité des pratiques, toujours plus complexe, ne peut strictement correspondre. C’est par souci d’efficacité pédagogique que l’accent est mis sur des catégories franchement identifiées. Mais il ne faudrait pas perdre de vue que ces catégories peuvent se superposer, se chevaucher ou s’additionner de multiples façons. Outre celles proposées dans ce travail, d’autres possibilités de rapprochement ou d’alliance entre conceptions de l’œuvre d’art, conceptions des discours et approches critiques peuvent être pensées par les critiques et leurs lecteurs dès lors que ceux-ci sont en possession de ces quelques outils théoriques.</p><p>Les positionnements esthétiques et épistémologiques préalables des rédacteurs sont considérés ici comme des croyances philosophiques pour la raison qu’ils ne sont généralement pas explicites, parfois même pas conscients. Ils constituent un arrière-fond idéologique décisif. Certes poser la question de cet arrière-fond philosophique et esthétique en termes de croyances et d’idéologie n’est pas neutre. C’est une manière d’interroger les limites de la rationalité de tous les discours critiques. En effet, dès l’instant où l’on considère que les discours – même rationnels – sont conditionnés par des croyances, on est inévitablement confronté aux limites de leur rationalité.</p><p>La volonté de rendre les croyances explicites n’im­plique pas que l’on échappe aux croyances. Si la position réflexive du commentateur qui énonce explicitement le lien entre sa critique et ses croyances, attentes, positionnements préalables… est fondée sur un « criticisme démystificateur » (Mitchell 1986 : 27), cela ne signifie pas qu’il se situe <span>hors croyance</span> mais plutôt qu’il a conscience de certains de ses <span>a priori</span>. Il ne s’agit pas de prétendre échapper aux déter­minations, il s’agit d’être capable de situer ses propres positions.</p><p>Quand les positionnements philosophiques et esthé­tiques situés en arrière-plan de la critique sont partagés, les discussions à propos des œuvres sont toujours possibles, même en cas de désaccord ; quand au contraire les conceptions situées en arrière-plan sont opposées, on ne peut constater qu’infructueuses querelles à propos des œuvres, à moins évidemment d’orienter les débats vers ces divergences d’<span>a priori</span>. Il pourrait être intéressant de réexaminer les positions critiques qui avaient donné lieu à la fameuse « querelle de l’art contemporain » dans les années 1990, en les mettant en relation avec les conceptions de l’art des différents protagonistes de la polémique. Les arrière-fonds idéologiques qui déterminent les relations aux œuvres et à la critique sont aussi des marqueurs historiques, générationnels, sociaux, culturels…</p><p>Questions <br />de vocabulaire</p><p>•</p><p>À quoi réfèrent les notions d’objet (TEXTE), paratexte, proposition artistique ou œuvre accomplie ? Qu’est-ce qu’une œuvre inaugurale ? Qu’est-ce que le monde de l’art et le système de l’art ? Qu’appelle-t-on interprétation ? Toutes ces notions, très présentes dans ce travail, seront explicitées le moment venu. D’ores et déjà deux mots nécessitent une mise au point : critique d’art et idéologie.</p><p>La <span>critique d’art</span> doit y être entendue comme :</p><p>– un texte <span>écrit.</span> Il y a maintes façon de faire connaître des œuvres d’art : une photographie ou un film pourraient être vus comme des commentaires d’œuvres et considérés comme des formes de critique. Cet ouvrage s’intéresse à la littérature critique ;</p><p>– un texte dont l’<span>enjeu</span> est <span>singulier</span> et non pas général : l’examen d’œuvres<span> spécifiques </span>ou d’événements <span>ponctuels</span> en vue de les décrire, de décrypter ou de construire leurs significations « directes ou implicites », parfois de les juger. L’enjeu (la <span>visée</span>) d’une critique d’art n’est ni l’histoire, ni la théorie de l’art. Autrement dit, la littérature critique « a la critique pour objet ». La littérature critique doit être distinguée des « énoncés critiques » (Vouilloux 2012 : 389) – propos sur les œuvres d’art dans des contextes variés d’historiographie ou de théorie – qui ont toujours existé. Le terme de critique d’art réfère à un <span>genre littéraire</span> particulier ;</p><p>– la critique concerne l’<span>actualité</span>. Les œuvres ou les événements particuliers dont parle le rédacteur appartiennent au monde dont il est le contemporain : le critique participe à l’histoire mais ne la rédige pas. La critique est écrite sans le recul historique de l’histoire ;</p><p>– la critique est un texte <span>adressé</span>. Il y a dans la critique une volonté <span>explicite</span> de transmission, de partage – d’une émotion, d’une intelligence, d’un point de vue. C’est pourquoi elle est parfois confondue avec l’information ou avec la médiation ;</p><p>– l’auteur de la critique n’est pas l’auteur de l’œuvre. Cette <span>altérité</span> est une première condition de la distance nécessaire à la critique. Il y a une distinction entre les écrits des artistes sur leur propre travail et la critique ;</p><p>– la critique est un texte fait pour être lu <span>in absentia</span> : c’est en cela qu’elle diverge de la médiation. Le moment de la lecture de la critique est généralement décalé par rapport à celui de celui de la confrontation avec l’œuvre. Cette absence de l’œuvre instaure une distance qui situe la critique entre médiation – pratique de discours <span>en présence</span> des œuvres – et histoire.</p><p>Ce livre s’intéresse à la critique d’art en faisant de temps à autre – rarement – le détour par des énoncés critiques. La <span>définition</span> proposée semble laisser ouvertes toutes les formes de critique. On peut, pour la discuter, la rapporter à celle qu’en donne Albert Dresdner : « […] la critique d’art [est] un genre littéraire autonome qui a pour objet d’examiner, d’évaluer et d’influencer l’art qui lui est contemporain » (Dresdner 1915 : 31). Remarquable par sa clarté, cette définition néanmoins est datée sur plusieurs points : la présente étude de la critique relèvera l’historicité de l’« autonomie » de la critique et s’interrogera sur ses socles idéologiques. Elle mettra en évidence le caractère principalement conceptuel (interprétatif, cognitif, constructif) de la critique actuelle ainsi qu’un glissement de l’évaluation de l’œuvre vers sa valorisation, et réservera la question de l’évaluation au jugement du système plutôt qu’à celui des œuvres. Enfin, la question – qui réfère à la fonction de la critique – de « l’influence » de la critique sur l’art en train de se faire est discutable. Certains auteurs peuvent considérer que seul l’examen de la scène émergeante participe de la critique. Cette conception introduit une ambition <span>prosélyte</span> dans la notion de critique. C’est par exemple le point de vue de Bernard Vouilloux (2012) pour lequel un texte actuel sur une œuvre reconnue – même contemporaine – ne relève pas de la critique. Selon son point de vue, la critique ne peut donc pas non plus être réécriture de l’histoire à l’occasion d’une exposition. De façon indirecte, la problématique de l’influence des critiques sur l’art en train de se faire renvoie aussi à l’histoire des relations de pouvoir entre écrivains, critiques, artistes et institutions, question qui n’est pas développée dans ce travail. La distinction entre critique instituante et critique d’œuvres déjà reconnues, introduite dans la quatrième partie de cet ouvrage, se base sur une approche plus ouverte de la critique. La critique n’y est pas limitée à un examen de l’art en train de se faire. Par le biais de l’événement, elle y est étendue à la critique d’exposition d’œuvres instituées. Mais cet élargissement du propos est aussi dû au fait que l’objectif de ce livre étant l’examen des relations entre discours et croyances, la question du pouvoir de la critique reste en arrière-plan. C’est aussi la raison pour laquelle il pourra arriver qu’on se réfère à des « énoncés critiques » empruntés à des textes ne relevant pas de la critique comme genre littéraire, tels des textes de poètes – Jacques Dupin et Yves Bonnefoy – ou de philosophes – que l’on pense à Lyotard, Danto, ou bien d’autres.</p><p>Dans ce travail, le mot de <span>croyance </span>renvoie princi­palement aux diverses représentations de ce qu’est une œuvre d’art et de ce que font les discours… Il est intéressant de le situer par rapport à la notion d’<span>idéologie</span>. Dans un sens marxiste, l’idéologie est une « fausse conscience » (Mitchell 1986 : 37), une conscience manipulée. La construction de l’idéologie comme fausse conscience est basée sur un « mensonge organisé » (Arendt 1954 : 296) collectivement et publiquement. Les discours et représentations qui en résultent cherchent et parviennent à dissimuler les mécanismes de domination sous les figures du naturel et de l’universel et visent donc à maintenir cette domination. Cette approche de la notion d’idéologie présuppose que l’on puisse y échapper en s’interrogeant sur l’origine des discours.</p><p>Mais le vocable est aussi utilisé pour désigner un ensemble d’idées, de valeurs, d’intérêts partagés par la majorité. L’idéologie désigne alors un ensemble d’idées collectives. Elle constitue un contexte d’autant plus inex­plicite (non conscient) qu’évident. Ici le caractère sciemment manipulateur et coercitif de l’idéologie a disparu. Le mot réfère plutôt à un ensemble de croyances collectives. Comme la précédente, cette acception de la notion d’idéologie semble sous-entendre que l’on puisse, en s’extrayant de la pensée majoritaire, échapper à l’idéologie.</p><p>Un troisième usage du mot consiste à l’employer pour désigner un ensemble d’idées, de valeurs, d’intérêts partagés par un groupe social caractérisé par une communauté de pensée. Ce groupe social n’est pas nécessairement majoritaire. Cette troisième acception sous-entend que – de la même manière qu’il n’y a pas de position sans croyance préalable – il n’existe aucune « posture en dehors de l’idéologie » (Mitchell 1986 : 37) même quand celle-ci est minoritaire. C’est à cette acception, la plus large et la plus inévitable (personne n’échappe à l’idéologie ainsi définie) que je me réfère dans cette étude. Ainsi appréhendée, la notion présuppose l’existence d’une pluralité d’idéologies qui désignent diverses conceptions silencieuses, intégrées par diverses collectivités et qui peuvent être plus ou moins poreuses. Elles constituent divers fonds de pensées. Dans la perspective adoptée ici, ces idéologies constituent des « environnements philosophiques et esthétiques » et recouvrent la notion de croyance.</p><p>Questions <br />de contexte</p><p>•</p><p>Les conditions d’apparition de la critique permettent de comprendre pourquoi la critique fut évaluative au début de son histoire.</p><p>La critique comme genre littéraire est apparue au <span>xviii</span><span>e</span> siècle, parallèlement à l’autonomisation de la pratique artistique et à l’apparition du concept général d’art (Gottold Ephraïm Lessing notamment). Gagnant en indépendance en se déliant de la commande et en s’émancipant progres­sivement des institutions politiques et religieuses, l’œuvre d’art acquiert fonction et valeur artistiques spécifiques qui justifient que la critique commence à se développer comme genre à part commentant les œuvres d’art <span>en tant que telles</span>. En France particulièrement, mais aussi en Allemagne, l’autonomisation de la pratique artistique conduit la critique, l’histoire de l’art et l’esthétique à se constituer explicitement comme des disciplines séparées, mettant en jeu des acteurs spécialisés : Diderot est écrivain, Winckelmann archéologue, Kant philosophe.</p><p>À cette époque, la reconnaissance de l’importance de la sensibilité individuelle, dans l’esthétique kantienne notamment, favorise les discussions sur le goût amorcées au <span>xvii</span><span>e</span> siècle en rendant légitimes les points de vue individuels et personnels. L’esthétique kantienne pose la question du jugement de l’œuvre d’art en tenant compte de la subjectivité de la relation du spectateur à l’œuvre. Cette époque correspond à un moment où, en Europe, l’existence de normes du beau (mais aussi du bien et du vrai) sur lesquelles tout le monde s’accordait auparavant, sont mises en question. L’effondrement de la croyance dans des règles collectives et partagées sans discussion pour le jugement des œuvres donne sa raison d’être à la critique. Pour Diderot, si le génie est un sujet capable de transgresser le goût institutionnel et de créer ses propres lois, le jugement du spectateur n’est pas, lui non plus, déterminé par des règles qui existeraient ailleurs et indépendamment de lui. Dubos écrit en 1719 : « […] c’est qu’un ouvrage peut être mauvais sans qu’il y ait des fautes contre les règles, comme un ouvrage plein de fautes contre les règles peut être un ouvrage excellent » (Dubos 1719 : 305). C’est parce qu’il n’existe plus de règles permettant de décider de la “beauté” ou de la “réussite” d’une œuvre que l’écriture critique devient une nécessité. L’incertitude sur la validité des critères communs de jugement précipite le besoin d’une critique principalement évaluative. L’évaluation est une discussion de critères.</p><p>L’autonomisation de la pratique artistique a eu une autre incidence : favoriser le développement du marché de l’art. L’œuvre, valant en tant que telle, est convoitée pour elle-même et peut être acquise pour être possédée. Il se développe un lien entre marché et valeur qui cherche une légitimation par les discours. Ceci favorise le développement d’écrits critiques évaluatifs qui visent à guider de potentiels acheteurs dans leurs choix (Diderot).</p><p>D’un point de vue social, avec la démocratisation de la société, les notions d’espace public et de public émergent et se développent. Par l’intermédiaire des salons, des salles de concert et des théâtres, l’art s’ouvre de plus en plus à un public nouveau qui ne se constitue plus de façon exclusive de commanditaires et d’amateurs éclairés. « C’est […] à l’institution des expositions publiques officielles […], dites Salons, qu’on lie l’apparition d’un discours [critique…] » (Becq 1984 : 91). L’organisation d’expositions publiques permet la confrontation des œuvres à un public hétérogène de <span>citoyens</span> venant de toutes les couches sociales. Dans ces expositions ouvertes à tous, « les vêtements fatigués voisinent avec les tenues chamarrées des gens de cour et les costumes sombres des gens de plume » (Delon 2008 : 8). Ceci bien sûr ne se fait pas sans mal. Un critique de l’époque, réprouvant cette ouverture des salons, parle de « profanation » de l’art commise par cette « vile populace », cette « cour des miracles » : « Ce sont des boiteux, des aveugles, des sourds, des muets, des manchots qui sont les juges des arts et des proportions de la belle nature » (Fréron, cité par Becq 1984 : 94). Aux spectateurs – profanes, anonymes, occasionnels – est octroyée la liberté de juger les œuvres en leur nom personnel, indépendamment de toute considération des canons académiques. La demande de critique vient de ce public élargi qui « cherche à s’éduquer » (Becq 1984 : 102) et se fie à la critique pour évaluer ces œuvres <span>contemporaines</span>.</p><p>Cette critique <span>moderne</span>, en tant que commentaire de l’art en train de se faire, n’a pu émerger qu’à partir du moment où la notion de contemporain a été valorisée. Ce qui favorisera le développement, au <span>xix</span><span>e</span> siècle, d’une conception de l’art comme création du nouveau.</p><p>Les artistes aussi ont de plus en plus besoin de cette critique. Dès la fin du <span>xviii</span><span>e</span> siècle, le titre d’académicien ne leur garantit plus la reconnaissance de leur talent. « Nous avons beaucoup d’académiciens et peu de peintres », lit-on en 1787 (Becq 1984 : 99). En cette fin de siècle, le besoin de critiques qu’ont les peintres répond à une tactique de reconnaissance liée au fait qu’ils sont désormais dans « l’obligation constante de faire la preuve de [leur] excellence » (Becq 1984 : 99). La dissolution de l’Académie royale en 1792 attise encore ce besoin.</p><p>La critique de cette première époque, qui s’étend approximativement de 1760 à 1870, manifeste une forte visée évaluative, outre bien sûr sa fonction descriptive (Diderot) ou son objectif expressif (Baudelaire). Diderot écrit pour la <span>Correspondance littéraire</span>, revue destinée à des abonnés éloignés de Paris, aristocrates européens pour la plupart, auxquels ses textes cherchent à rendre visibles les œuvres. L’invention de la photographie a sur l’histoire de la critique un fort impact, rendant sa fonction descriptive assez inutile. Baudelaire ne cherche plus tant à décrire qu’à ancrer son évaluation dans son vécu face à l’œuvre d’art. Dans l’ensemble, jusqu’aux années 1870, les textes critiques sans exception opèrent un tissage de la perception visuelle à la compréhension linguistique de manière transitive. Le critique dit ce qu’il voit, il dit ce que raconte la peinture qu’il a sous les yeux, il dit ce qu’il ressent, il parle et juge <span>au nom du public </span>qui lui est gré de remplir ce rôle. Son point de vue devant une œuvre est celui d’un « observateur bien éduqué » (Groys [1997] 2008 : 62) et à distance, qui fait part de son jugement. Mais, nous dit Boris Groys, à la fin du <span>xix</span><span>e</span> siècle et au début du <span>xx</span><span>e</span>, la position et le rôle du critique dans le triangle œuvre-critique-public se modifient. L’art moderne non mimétique exige du spectateur qu’il soit « capable de saisir la signification cachée de la forme et de la couleur pure » (Kandinsky cité par Groys [1997] 2008 : 62), capable de « soumettre [son] imagination […] à la loi de la stricte géométrie », capable de « reconnaître un urinoir comme une œuvre d’art »… (Groys [1997] 2008 : 62). Les œuvres modernes, abstraites ou conceptuelles ont besoin de critiques plus théoriques, rompant du même coup avec une certaine évidence de la critique traditionnelle de jugement. La critique jusqu’alors descriptive, sensible et évaluative devient plus explicative et interprétative. Le critique est amené à ne plus se penser comme la « voix du public » mais comme quelqu’un qui « sait », qui est capable de saisir les significations cachées des œuvres. Il devient un intermédiaire savant ent";;;;;;;;; 653;2;3;33;Traduire le théâtre;Une communauté d'expérience;;;"<p>« Les textes des traducteurs ne respirent pas », regrettait Jean Vilar. Quelles sont les particularités et les enjeux de la traduction théâtrale ?</p>";"<p><em>Introduction</em>. Traduire le théâtre. Une communauté d’expérience<br /> <strong>Céline Frigau Manning et Marie Nadia Karsky<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. le traducteur à l’écoute 
du texte de théâtre</strong></p><p style=""text-align: left;"">« Uh, che mai ha detto ! » Traduire la langue-corps du théâtre<br /><strong>Françoise Decroisette</strong><br /> Traduction et corporalité : le cas de La Boîte de Pandore, 
une tragédie-monstre (1894) de Frank Wedekind<br /><strong>Florence Baillet</strong><br />« Holy cabooses ! » / « Charlie Popette ! » 
Retraduire The Matchmaker de Thornton Wilder (1954)<br /><strong>Julie Vatain-Corfdir</strong><br />Témoignage. Traduire, adapter, sous-titrer, réécrire : 
les différents rôles du traducteur d’Arthur Schnitzler<br /><strong>Heinz Schwarzinger<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. le traducteur, partie prenante 
d’une dynamique collaborative</strong></p><p style=""text-align: left;"">De la page à la scène et à l’édition : retour sur une expérience pédagogique de traduction en Italie<br /><strong>Ida Porfido</strong><br />Le collectif comme espace de déplacement du traducteur 
au théâtre : l’expérience de La Langue du bourricot<br /><strong>Paolo Bellomo</strong><br />Témoignage. Quand acteurs et metteurs en scène abordent 
la traduction. L’exemple pratique du festival Traduire / Transmettre<br /><strong>Laurence Campet et René Loyon <br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. le traducteur dans la communauté : 
instabilité ou reconnaissance institutionnelle ?</strong></p><p style=""text-align: left;"">Translations de statut. Le/la traducteur/traductrice américain/e de théâtre, la relation ancillaire et l’autonomie<strong><br />Celia Bense Ferreira Alves</strong><br />Traduction, droits d’auteur, mise en scène : l’affaire Dario Fo<br /><strong>Laetitia Dumont-Lewi</strong><br />Témoignage. Une traductrice de théâtre face aux éditeurs, 
hier et aujourd’hui<br /><strong>Huguette Hatem</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> </strong><br /><em> Présentation des auteurs</em><br /><em> Index des personnalités citées</em><br /><em> Index des ouvrages cités</em></p>";;08/06/2017;0;170x240;202;978-2-84292-604-5;978-2-84292-604-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_653.jpg;"<p>Traduire le théâtre, c’est se projeter sur une scène, dans le corps des acteurs. C’est aussi partir de son propre corps pour trouver les mots qui créeront du jeu, et faire l’expérience de sa place, parfois instable, dans une communauté. <br /><br />Au fil de témoignages, de réflexions théoriques et pratiques, cet ouvrage collectif s’attache aux rôles multiples des traducteurs au théâtre. Il analyse la mission de celles et ceux qui, par leur travail solitaire ou collaboratif, à la table ou en répétition, donnent sa première matérialité au texte ; il questionne les faisceaux de relations qu’ils entretiennent, tant avec des auteurs, metteurs en scène, acteurs, qu’avec des producteurs ou des éditeurs.<br /><br />Se trouve ainsi interrogée la place même du traducteur, au croisement de perceptions divergentes, voire conflictuelles, dans la communauté d’expérience que représente le théâtre.<br /><br /><br /><em>Céline Frigau Manning est maître de conférences en études théâtrales et italiennes à l’université Paris 8, membre de l’Institut universitaire de France.</em><br /><em>Marie Nadia Karsky est maître de conférences en études anglophones à l’université Paris 8.</em><br /><br /></p>";"<p>Introduction</p><p> </p><p class=""TEI_auteur ParaOverride-1"">Céline Frigau Manning<span class=""CharOverride-2""><br /></span>Marie Nadia Karsky</p><p class=""TEI_txt_Normal ParaOverride-2"">L<span class=""CharOverride-2"">a question</span> de la traduction théâtrale fait l’objet, depuis les années 1970 au moins, de nombreuses études concentrées sur la spécificité d’une mission à l’interface entre le texte et la scène, entre les temps du traduire et du jouer. La dimension physique et matérielle du texte entre alors tout particulièrement en jeu, incarnée par l’acteur après avoir été sondée par le traducteur, dont le corps – voix, souffle, gestes ou encore déplacements – sert de premier vecteur à la matérialité du texte. « Projection dans l’utopie de la représentation<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> », selon les mots d’Éloi Recoing, la traduction théâtrale est un appel à se projeter dans la bouche et le corps des acteurs. Cet élan vers le corps de l’autre que constituent la pratique traductive et la réflexion qui l’accompagne ne doit certes pas occulter le corps du traducteur, car traduire, c’est bien engager son propre corps face au corps du texte :</p><p class=""TEI_txt_citation ParaOverride-3"">Déjà tu t’engages à lire le texte à haute voix. Comprendre, entendre la tessiture d’une voix. Ne faut-il pas que le texte soit ouï ? Parole en acte que celle du théâtre. Tu voudrais que ton corps garde mémoire du rythme de l’écriture. Car tu pressens que c’est le rythme qui rend la forme visible. Ainsi commence le corps à corps avec l’écriture de l’Autre. [...]</p><p class=""TEI_txt_citation ParaOverride-4"">Tu remets tes pas dans les pas d’un autre, tu reconnais dans l’écriture étrangère la trace d’un corps écrit, tu respires au rythme de l’Autre ou du moins tu le crois<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Une telle expérience suppose bien sûr de s’attacher à l’« oralité » du texte à traduire et du texte traduit, à condition que cette notion soit entendue dans toute sa complexité : le traducteur est à l’écoute de voix en puissance, anticipant les voix d’autrui, soucieux de dire avant de traduire, de dire pour traduire. Or trop souvent, l’accent est mis sur la <span class=""typo_Italique"">performability </span>: concept anglophone réputé difficile à traduire, généralement désigné en français sous le terme de « jouabilité<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span> », il est régulièrement réduit à celui de <span class=""typo_Italique"">speakability</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>comme le regrette notamment David Johnston<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. Se demander, selon les expressions courantes, si le texte traduit « sonne bien » ou « juste », ou encore s’il « passe bien à l’oral », reste en effet limité. Patrice Pavis a justement souligné combien la traduction théâtrale résiste à toute catégorisation <span class=""typo_Italique"">a priori </span>: « la traduction théâtrale n’est jamais là où on l’attend : non pas dans les mots, mais dans les gestes, non pas dans la lettre, mais dans l’esprit d’une culture, ineffable mais omniprésente<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span> ».</p><p class=""TEI_txt_Normal"">La dimension corporelle, étroitement liée à une culture comme expérience partagée, n’intervient pas que dans un second temps, dans le passage du texte de la page à la scène, dans le transfert vers le corps de l’acteur : elle est au fondement même du geste de traduire. Respirant le corps de la pièce qu’il a face à lui, le traducteur ne s’efforce pas seulement de respirer au rythme de celle-ci, mais encore de lui donner le souffle qui, pour un Vilar, ferait justement défaut aux textes traduits<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. C’est là un travail corporel et spirituel à la fois, véritable « corps à corps avec l’écriture de l’Autre<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span> ». Le titre du présent volume affirme le projet qui nous a réunis : interroger, y compris dans sa corporalité, la dimension plurielle de la traduction pour le théâtre, communauté d’expérience.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Tel est le parti pris qui anime les auteurs de cet ouvrage. Notre première partie, interrogeant la nature multiple et les mutations du texte théâtral, est consacrée à l’écoute du traducteur. Françoise Decroisette plonge ainsi le lecteur dans la matière verbale d’une réplique de <span class=""typo_Italique"">La locandiera</span>, pour la suivre au plus près de la langue et de la scène, d’un mot, d’une interjection : ce <span class=""typo_Italique"">Uh ! </span>dont elle observe l’inscription dans l’économie dramaturgique de la situation et de la pièce, avant d’en retracer le parcours, passant de la loupe à la longue-vue, à l’échelle de tout le théâtre de Goldoni et même au fil de siècles d’incarnations sur scène. L’attention aux interjections et plus généralement à la corporalité anime aussi l’étude que Florence Baillet propose de <span class=""typo_Italique"">La Boîte de Pandore</span> de Frank Wedekind : elle y montre combien le texte relève davantage d’un « faire » que d’un « dire », appelant le traducteur à user de son propre corps comme d’un foyer d’expérience sensorielle. Caisse de résonance pour Julie Vatain-Corfdir également, le traducteur réalise un travail d’intériorisation par lequel il redéfinit sa place nécessairement subjective vis-à-vis du texte ; une réflexion qui s’inscrit dans l’analyse des enjeux d’une retraduction, celle de <span class=""typo_Italique"">The Matchmaker</span> de Thornton Wilder. Cette écoute est alors le gage de la création d’une pluralité de niveaux textuels et de rôles pour le traducteur. Heinz Schwarzinger (Henri Christophe) en témoigne lorsqu’il revient sur la relation qu’il entretient avec Arthur Schnitzler qu’il a traduit, adapté, sous-titré, réécrit.</p><p class=""TEI_txt_Normal ParaOverride-5"">« Peut-être est-ce seulement dans la salle de répétition, suggère David Johnston, que le traducteur prend pleinement conscience des potentialités de représentation – pour le meilleur ou pour le pire – que renferme son texte<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>. » Si ce partage du vécu peut se produire entre traducteurs, dramaturges, acteurs et metteurs en scène, lors du travail à la table ou des répétitions, les traducteurs ne pénètrent pas toujours dans la salle où se préparent les pièces qu’ils ont traduites. Ils font alors du lieu où ils travaillent une salle de répétition virtuelle, rêvée, démultipliée au gré des imaginaires lorsque la traduction est collective.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Le texte façonné à plusieurs mains et tendu vers une multiplicité d’interprétations et de formes de jeu est ici considéré tant comme un produit que sous l’angle de son élaboration en amont. Partant d’une communauté d’expérience, résultant d’échanges avec diverses instances et agents en jeu, la traduction théâtrale doit être interrogée dans sa dimension collaborative.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">« Mon corps est fait du bruit des autres<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span> », lit-on dans un poème d’Antoine Vitez. Ce bruit qui traverse physiquement l’acteur aussi bien que le traducteur se déploie ainsi à l’échelle d’une communauté lors d’un travail collectif de traduction. La pluralité n’est plus alors uniquement textuelle, elle n’est plus seulement caractéristique des rôles démultipliés d’un traducteur. Elle est la réalité concrète de celles et ceux qui traduisent en présence les uns des autres.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Nombre d’études soulignent « le réseau complexe de processus collaboratifs engagés dans la traduction, la production et la représentation de pièces traduites<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> ». Elles s’attachent souvent au rôle du traducteur comme cosujet de la représentation, et aux cas où celle-ci, tout autant que la traduction elle-même, est le fruit d’un effort de collaboration entre traducteur, metteur en scène, dramaturge et acteurs<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. Cependant les travaux portant sur la coopération entre traducteurs ne sont pas pléthore<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>. De ce point de vue, il nous a semblé crucial d’explorer non seulement les rapports entre texte et scène, traducteurs et praticiens, mais la question de la traduction collective au théâtre. Le fonctionnement des équipes de traducteurs de théâtre surprend par sa complexité et celle des réflexions qu’elles peuvent susciter, les faisceaux relationnels de ces équipes se démultipliant par l’inscription dans un tissu social lui-même complexe et collaboratif, et par la transformation de ces groupes en communautés. Loin de se limiter à reprendre le présupposé d’après lequel le théâtre serait, par essence, l’une des activités les plus collaboratives qui soient, il nous importait d’éclairer des expériences de laboratoires où la traduction suscite des pratiques profondément innovantes, et humaines.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">C’est à ce titre que les deux expériences distinctes dont il est fait état dans la deuxième section du présent ouvrage s’arrachent à leur cadre universitaire d’origine. Rendant compte de l’atelier qu’elle anime à Paris-Sorbonne, Lucie Comparini a noté que « la tâche pédagogique est encore plus importante lorsqu’on travaille avec des étudiants néo-traducteurs et des acteurs amateurs d’un atelier théâtral, mais [que], d’une certaine façon, elle est facilitée par le fait que ces derniers se trouvent dans un processus de formation<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span> ». Sans doute ces deux expériences l’attestent-elles aussi. Mais l’une est relatée du point de vue de la coordinatrice du groupe d’étudiants de Bari, Ida Porfido ; l’autre, du point de vue de Paolo Bellomo, l’un des participants de l’atelier de Paris 8 d’où est né le collectif de La Langue du bourricot. Et ce dédoublement de perspectives suffirait à montrer qu’il ne s’agit pas là que de pédagogie, mais de communautés d’expérience. Chacune, réunie autour de son projet précis, cherche et invente son <span class=""typo_Italique"">modus operandi</span>, ses approches du texte, du traduire et de l’être ensemble. Le contexte chaque fois si particulier, les réalisations de qualité professionnelle et les débouchés éditoriaux qui en découlent prouvent que le cadre universitaire est largement débordé – ou, pour le dire autrement, que celui-ci est propice à l’élan vers l’extérieur.</p><p class=""TEI_txt_Normal ParaOverride-6"">Le laboratoire en effet n’est pas clos sur lui-même ; si le processus de la traduction collective débouche sur la création d’une communauté, celle-ci s’engage pleinement dans les relations aux institutions, aux théâtres, aux actions et festivals qui célèbrent ou valorisent leur travail. Ainsi, c’est précisément le festival Face à face. Paroles de France pour scènes d’Italie, porté par l’Ambassade de France à Rome, qui a suscité, de 2005 à 2011, le projet Tradurre per la scena<span class=""typo_Italique""> </span>analysé par Ida Porfido, tandis que le festival Universcènes ou les Vitrines du Labex Arts-H2H<span class=""typo_Italique""> </span>ont accueilli la création scénique de La Langue du bourricot en 2015. D’autres événements naissent de la volonté spécifique de diffuser des œuvres théâtrales et leurs traductions. C’est le cas, à Paris, des Journées du théâtre autrichien fondées en 1990 par Heinz Schwarzinger, ou du plus jeune festival Traduire/Transmettre, rencontres autour de la traduction théâtrale, créé en 2010 par la Compagnie RL, avec la Compagnie Agathe Alexis et le théâtre de l’Atalante, et soutenu par la Maison Antoine Vitez et le Centre national du théâtre.<span class=""typo_Italique""> </span>René Loyon, directeur de la Compagnie RL, témoigne ici aux côtés de Laurence Campet de cette expérience tournée vers l’échange avec le public. Celui-ci n’est pas, dans un tel cadre, une entité abstraite qui exercerait des contraintes extérieures sur le traducteur, une communauté virtuelle à partir de laquelle on pourrait anticiper ou juger des choix de traduction.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">L’attention portée aux communautés de traducteurs, aux regroupements et festivals que suscite la traduction ancre celle-ci dans le fait social. Le processus de traduction ne peut dès lors être appréhendé hors de la dimension de la réception. Analysant le profil idéologique de la traduction théâtrale au Québec, Annie Brisset pose que « la fonction translative est liée à tout ce qui organise le discours de la société réceptrice, à savoir le cadre institutionnel et plus précisément l’appareil idéologique dans lequel ce discours est inscrit<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span> ». Pour elle, « le sujet traduisant apparaît comme un sujet collectif, porte-parole d’une société qui s’est forgé un système de représentations », et d’où découle « ce qu’on pourrait appeler des matrices de traduction<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span> ». Une approche sociologique des conditions de production et de diffusion du travail du traducteur s’avère cruciale. Elle est propice à l’étude des déséquilibres et dysfonctionnements pouvant parfois mettre en péril la vision dorée d’une communauté sociale qui ne serait que communion. Les multiples possibilités de négociation et de redéfinition du statut du traducteur de théâtre et de ses traductions vont alors bien au-delà du rapport au texte et à sa représentation.</p><p class=""TEI_txt_Normal ParaOverride-6"">C’est ce qu’illustrent les deux études sociologiques et le témoignage composant la dernière section de ce volume. Celia Bense Ferreira Alves analyse le travail de développement de pièces françaises aux États-Unis, ainsi que les interactions que celui-ci nourrit entre les traducteurs et tout un ensemble de participants autres que les auteurs (qu’il s’agisse de metteurs en scène, d’acteurs ou de techniciens). Émergent ainsi les « translations » qui s’opèrent dans le statut du traducteur. Quant à « l’affaire Dario Fo » dont Laetitia Dumont-Lewi révèle finement les rouages, elle touche à la délicate question des droits d’auteur. Si traduire, c’est avant tout préserver les droits de l’auteur, comme le rappelle Margaret Tomarchio<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>, qu’advient-il lorsque ce dernier retire cette mission à la personne qui s’en est historiquement chargée ? L’auteur peut en effet cesser d’autoriser à la représentation une traduction largement publiée et diffusée, au profit d’autres traducteurs – surtout lorsque ces derniers revendiquent une exclusivité pour des textes qui ne seront pas forcément publiés. Sur le traducteur de théâtre convergent alors des questions de conflits entre droits du traducteur et droits de l’auteur, droits de représentation et droits d’édition ; la traduction est le point névralgique où se trouve mise en péril toute une communauté. Huguette Hatem clôture ce parcours de construction et de remise en question d’une communauté. Elle témoigne de cinquante-quatre années d’engagement au service de la traduction théâtrale – traduisant, jouant, diffusant auprès de metteurs en scène et d’éditeurs les textes traduits.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">En 2007, Patrice Pavis regrettait le manque de collaboration entre universités et compagnies théâtrales, déplorant une division qui persistait entre deux univers qui auraient pu se rapprocher par un travail interdisciplinaire : « La difficulté […] est de faire vraiment se rencontrer la recherche universitaire et la profession théâtrale, chacune allant pour l’instant dans des directions séparées, ignorant l’autre<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span>. » De récents ouvrages collectifs, tels que <span class=""typo_Italique"">Staging and Performing Translation</span> dirigé par Roger Baines, Cristina Marinetti et Manuela Perteghella, privilégient une approche qui fait dialoguer professionnels du théâtre et chercheurs, soulignant ainsi la dimension collaborative du processus de création et de production dramatiques, et montrant combien la situation a évolué. C’est dans cette lignée que nous nous situons : les auteurs ici réunis sont tous des praticiens de la traduction interrogeant leurs pratiques<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span>.</p><p class=""TEI_txt_Normal _idGenParaOverride-1"">Sont ainsi rassemblés une diversité de points de vue et d’approches sur des problématiques liées à la traduction théâtrale habituellement traitées séparément. Quelle est la place du traducteur au théâtre ? Quel est son statut actuel, en tant qu’individu ou partie prenante d’un collectif, dans son rapport aux institutions avec lesquelles il est amené à travailler – théâtres, maisons d’édition, auteurs ou agents ? Comment travailler en collectif influe-t-il sur le traducteur de théâtre, créant ou non une communauté d’expérience ? Les études et témoignages qui suivent sont autant d’occasions d’explorer, entre instabilité et reconnaissance, la place artistique et sociale des traducteurs de théâtre.</p><p class=""TEI_T_1"">Bibliographie</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Aaltonen, Sirkku (2013). « Theatre Translation <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">as </span><span class=""typo_Italique"">performance</span> ». <span class=""typo_Italique"">Target</span>, vol. 25, n° 3, « Translation in the Theatre » (dir. Marinetti, Cristina) : 385-406.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Baines, Roger, Marinetti, Cristina et Perteghella, Manuela (dir.) (2011).<span class=""typo_Italique""> Staging and Performing Translation : Text and Theatre Practice</span>. New York, Palgrave Macmillan.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Bigliazzi, Silvia, Ambrosi, Paola, Kofler, Peter (dir.) (2013). <span class=""typo_Italique"">Theatre Translation in Performance</span>. Londres, Routledge.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Brisset, Annie (1988). « Le public et son traducteur : Profil idéologique de la traduction théâtrale au Québec ». <span class=""typo_Italique"">TTR : traduction, terminologie, rédaction</span>, vol. 1, n° 2 : 11-18, [en ligne] : http://id.erudit.org/iderudit/037013ar [consulté le 3 mars 2016].</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Capra, Antonella et Mazellier-Lajarrige, Catherine (dir.) (2017). <span class=""typo_Italique"">La Main de Thôt</span>, n° 4, « Traduire ensemble pour le théâtre »,<span class=""typo_Italique""> </span>[en ligne] : <a href=""http://e-revues.pum.univ-tlse2.fr/sdx2/la-main-de-thot/index.xsp"">http://e-revues.pum.univ-tlse2.fr/sdx2/la-main-de-thot/index.xsp</a> [consulté le 23 février 2017].</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Comparini, Lucie (2013). « Goldoni aujourd’hui en France. Expériences de traduction et d’atelier théâtral universitaire ». <span class=""typo_Italique"">Cahiers d’études italiennes</span>, n° 17, « Traduire »<span class=""typo_Italique""> </span>: 167-188, [en ligne] : http://cei.revues.org/1420 [consulté le 13 février 2016].</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Cordingley, Anthony et Frigau Manning, Céline (dir.) (2016).<span class=""typo_Italique""> Collaborative Translation. From the Renaissance to the Digital Age</span>. Londres, Bloomsbury.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Decroisette, Françoise (2016). « An Example of “Shared” Translation : the Translation of Forty Comedies by Goldoni in France (1993-1994) ». In Cordingley, Anthony et Frigau Manning, Céline (dir.), <span class=""typo_Italique"">Collaborative Translation. From the Renaissance to the Digital Age</span>. Londres, Bloomsbury : 49-67.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Déprats, Jean-Michel (2002). « Traduire Shakespeare ». In Shakespeare, William, <span class=""typo_Italique"">Tragédies</span>. Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », vol. I : lxxxix-cxxi.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Gregory, William (2010). « Jouabilité : un concept indéfinissable, incontournable… traduisible ou intraduisible ? ». <span class=""typo_Italique"">Traduire</span>, n° 222, « Traduire pour le théâtre »<span class=""typo_Italique""> </span>: 7-21, [en ligne] : https://traduire.revues.org/433 [consulté le 3 mars 2016].</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Johnston, David (2004). « Securing the Performability of the Play in Translation ». In Coelsch-Foisner, Sabine et Klein, Holger (dir.), <span class=""typo_Italique"">Drama Translation and Theatre Practice</span>. Berne, Peter Lang : 25-38.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">London, John (2010). « Text, Lies, and Linguistic Rape : Rewriting Theatre History in the Light of Dramatic Translations ». <span class=""typo_Italique"">Quaderns de Filologia. Estudis literaris</span>, vol. XV : 195-218.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Pavis, Patrice (1989). « Problems of Translation for the Stage : Interculturalism and Post-Modern Theatre ». In Scolnicov, Hanna et Holland, Peter, <span class=""typo_Italique"">The Play out of Context, Transferring Plays from Culture to Cultur</span>e. Cambridge, Cambridge University Press : 25-44.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Pavis, Patrice (2007). <span class=""typo_Italique"">Vers une théorie de la pratique théâtrale. Voix et images de la scène </span>(1982). Villeneuve d’Asq, Presses Universitaires du Septentrion, 4<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> édition.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Recoing, <span class=""CharOverride-5"">é</span>loi (2010). « Poétique de la traduction théâtrale ». <span class=""typo_Italique"">Traduire</span>, n° 222, « Traduire pour le théâtre »<span class=""typo_Italique""> </span>: 103-124, [en ligne] : https://traduire.revues.org/450 [consulté le 3 mars 2016].</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Tomarchio, Margaret (1990). « Le théâtre en traduction : quelques réflexions sur le rôle du traducteur (Beckett, Pinter) ». <span class=""typo_Italique"">Palimpsestes</span>, n° 3, « Traduction / Adaptation »<span class=""typo_Italique""> </span>: 79-87.</p><p class=""TEI_txt_bibliographie"">Vitez, Antoine (1997). <span class=""typo_Italique"">Poèmes</span>. Paris, P.O.L.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-017"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Recoing 2010.</p></div><div id=""footnote-016"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Recoing 2010.</p></div><div id=""footnote-015"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. <span class=""typo_Italique"">Cf</span>. Gregory 2010.</p></div><div id=""footnote-014"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Johnston 2004 : 34.</p></div><div id=""footnote-013"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Pavis 1989 : 42.</p></div><div id=""footnote-012"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. « Les bons textes dramatiques sont marqués par un rythme. Les traducteurs sont en général incapables de retrouver ce rythme et de le rendre sensible dans leurs traductions. J’aime à être porté par la respiration d'un texte. Les textes des traducteurs ne respirent pas » : Jean Vilar, cité par Déprats 2002 : civ-cv.</p></div><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Recoing 2010<span class=""typo_Italique"">.</span></p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Johnston 2004 : 34 (notre traduction).</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Vitez 1997 : 391, cité par Recoing 2010.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Baines, Marinetti et Perteghella 2011 : 2 (notre traduction).</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Voir notamment Bigliazzi, Ambrosi, Kofler 2013.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">12</a>. Sur la traduction collaborative, voir Cordingley, Frigau Manning 2016, en particulier Decroisette 2016. Sur la traduction théâtrale collective, voir Capra et Mazellier-Lajarrige 2017.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">13</a>. Comparini 2013.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">14</a>. Brisset 1988 : 11.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">15</a>. Brisset 1988 : 14.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""TEI_txt_note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">16</a>. Tomarchio 1990 : 87.";;;;;;;;; 654;1;3;27;Roman du Genji et société aristocratique au Japon;N°72/2017;;;"<p>Le <em>Roman du Genji</em> de la dame de cour Murasaki Shikibu, est un des plus grands romans de la littérature mondiale et un témoignage saisissant sur la vie de la société aristocratique qui l’a vu naître.</p>";"<p>Introduction</p><p><strong>Daniel Struve et Terada Sumie</strong><br />Le <em>Roman du Genji </em>et la société aristocratique du Japon ancien</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Charlotte von Verschuer</strong><br />Le ministre Fujiwara no Michinaga (966-1027) : politique matrimoniale, apparat et liens de clientèle à l’époque du <em>Roman du Genji</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Ivo Smits</strong><br />La dynamique sino-japonaise (<em>wakan</em>) à l'époque Heian</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Fukutô Sanae</strong><br />L'éducation de filles dans la société aristocratique de l'époque Heian</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Michel Vieillard-Baron</strong><br />Les concours de poèmes comme rituels de cour — Autour du « Concours de poèmes tenu au palais impérial la quatrième année de l’ère Tentoku [960] » (<em>Tentoku yonen dairi uta awase</em>)</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Estelle Leggeri-Bauer</strong><br />Des images pour émouvoir, des images pour le pouvoir : les concours de peintures du <em>Genji monogatari</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Terada Sumie</strong><br />La fonction narrative de la poésie dans le Japon ancien : le cheminement vers le <em>Roman du Genji</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Daniel Struve</strong><br />Le livre « Arbre-mirage » et la réflexion sur les romans dans le <em>Roman du Genji </em>(XIe siècle)</p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Anne Bayard-Sakai</strong><br />Lire et écrire le <em>Genji</em> aujourd’hui</p><p style=""text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Mattia Cipriani</strong><br />Un exemple de l’encyclopédisme de Thomas de Cantimpré : la section <em>De lapidibus pretiosis</em> du <em>Liber de natura rerum</em></p><p style=""text-align: center;""><strong>Point de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Anna Caiozzo</strong><br />Entre Orient et Occident, les légendes médiévales d’Alexandre le Grand dans l’historiographie récente</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p><em>- Notes de lecture</em><br /><em>- Livres reçus </em></p>";;22/06/2017;72;160x240;218;978-2-84292-612-0;978-2-84292-612-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_654.jpg;"<p><em>Charlotte von Verschuer – École Pratique des Hautes Études (Paris)</em><strong><br />Le ministre Fujiwara no Michinaga (966-1027) : </strong><strong>politique matrimoniale, apparat et liens de clientèle à l’époque du <em>Roman du Genji</em></strong><strong> </strong><br />Fujiwara no Michinaga, premier personnage de la cour à l’époque du <em>Roman du Genji</em>, mit en œuvre une politique matrimoniale qui a assuré à sa famille le pouvoir impérial pour trois générations. Il mit en scène des cérémonies qui exaltent son prestige et employait sa clientèle pour s’assurer les ressources financières nécessaires mettre réaliser ses ambitions. Il en résulta une mutation de la structure du pouvoir pour les générations à venir.<br />Japon, cour impériale, clientèle, cérémonial, prestige, pouvoir</p><p> </p><p><em>Ivo Smits – Université de Leyde</em><strong><br />La dynamique sino-japonaise (<em>wakan</em>) à l’époque de Heian</strong><br />Cet essai explore la dynamique de la « japonité » (<em>wa</em>) et de la « sinité » (<em>kan</em>) au sein de la culture textuelle de la cour japonaise de Heian (794-1185). Il considère que cette culture littéraire est constituée de textes aussi bien japonais que chinois et sino-japonais, et envisage l’ensemble de ce corpus littéraire comme un tout organique. Le contexte culturel de cette œuvre classique de la littérature japonaise qu’est le <em>Roman du Genji </em>apparaît donc comme bilingue.<br />Japon, Bai Juyi, Sei Shônagon, Genji, japonité, Heian, sinité, littérature sino-japonaise</p><p> </p><p><em>Fukutô Sanae – Université Saitama gakuen (Tôkyô)</em><strong><br />L’éducation des filles dans la société aristocratique de l’époque Heian</strong><br />Cet article cherche à restituer la réalité de l’éducation dispensée aux filles de la noblesse du x<sup>e</sup> au xi<sup>e</sup> siècle à l’aide de documents historiques et de textes littéraires de l’époque. On constate des différences de traitement entre les garçons et les filles dès leur naissance : si les premiers bénéficient, dans un cadre officiel ou public, de l’apprentissage des textes en chinois, dont la maîtrise est nécessaires aux fonctions administratives ou politiques, les secondes en sont exclues, du moins officiellement, et sont éduquées dans la sphère familiale. À côté des apprentissages comme la couture, nécessaires pour la vie et dont la maîtrise est fortement appréciée, elles bénéficiaient pour ce qui concerne leur culture, d’une éducation à la poésie japonaise, à la musique et à la calligraphie. Mais, malgré le discours officiel, les femmes de cette époque apprennent aussi les lettres chinoises. Cette double culture sino-japonaise permet un épanouissement de la littérature féminine sans précédent, ce qui ne sera plus le cas vers la fin de l’époque de Heian, où ce discours officiel (excluant les femmes de la maîtrise des lettres chinoises) devient réalité.<br />Japon ; époque Heian ; éducation des filles ; éducation des garçons ; genre ; matières enseignées</p><p> </p><p><em>Michel Vieillard-Baron – CEJ/INALCO</em><strong><br />Les concours de poèmes comme rituels de cour. Autour du « Concours de poèmes tenu au palais impérial la quatrième année de l’ère Tentoku [960] » (<em>Tentoku yonen dairi uta awase</em>)</strong><br />Les concours de poèmes furent pratiqués au Japon dès le ix<sup>e </sup>siècle. Afin de déterminer les caractéristiques et la fonction de ces manifestations — notamment les plus officielles, celles qui se déroulaient au palais impérial — nous examinons un exemple particulièrement significatif, le « Concours de poèmes tenu au palais impérial la quatrième année de l’ère Tentoku [960] » (<em>Tentoku yonen dairi uta awase</em>) organisé en 960 par l’empereur Murakami (926-967), et considéré comme un modèle du genre. Nous présentons tout d’abord le compte rendu de la manifestation rédigé par l’empereur Murakami en personne, puis, dans un second temps, les règles pour ce type de manifestation telles que les a consignées le poète et poéticien Fujiwara no Kiyosuke (1104-1177) dans son important traité intitulé <em>Fukurozôshi</em>, le <em>Sac [aux savoirs poétiques]</em> texte compilé vers 1157. La confrontation de ces textes nous permettra de saisir comment se déroulaient ces rituels de cour et quelle était leur fonction.<br />Japon, Concours de poèmes (<em>uta awase</em>), Rituels de cour, Fujiwara no Kiyosuke (1104-1177), <em>Fukurozôshi</em> (<em>Sac [aux savoirs poétiques]</em>)</p><p> </p><p><em>Estelle Leggeri-Bauer – Inalco-CEJ</em><strong><br />Des images pour émouvoir, des images pour le pouvoir. Les concours de peintures du <em>Genji monogatari</em></strong><br />La conquête du pouvoir, l’un des thèmes majeurs du <em>Roman du Genji</em>, est traité par Murasaki Shikibu en maniant les codes de la narration romanesque. Dans le livre « Les concours de peintures », le prince Genji et son rival se disputent la suprématie sur la cour à travers un divertissement mettant en scène des peintures. Murasaki Shikibu exalte la figure du Genji de deux manières : en le faisant gagner le concours grâce à un <em>Journal de voyage en images</em> qu’il a tenu lors de son exil, dans lequel il déploie une sensibilité hors du commun ; par sa capacité à poser des précédents — ici inventer un nouveau type de concours — qui transforme le règne impérial en âge d’or.<br />Epoque de Heian ; <em>Genji monogatari</em> ; discours sur la peinture ; art et politique</p><p> </p><p><em>Terada Sumie – Inalco-CEJ</em><strong><br />La fonction narrative de la poésie dans le Japon ancien : cheminement vers le <em>Roman du Genji</em></strong><br />Cet article examine le rapport de complémentarité que le <em>waka </em>(poésie japonaise)<em> </em>entretient avec la partie en prose des récits en langue vernaculaire dès son stade de balbutiement à la période antique (viii<sup>e</sup> siècle). La codification du <em>waka </em>focalisée sur le choix des mots et leurs combinaisons, d’une part, et l’accentuation de son caractère lyrique, d’autre part, préparent l’écriture narrative du <em>Roman du Genji</em>, réalisée au milieu de l’époque de Heian (xi<sup>e</sup> siècle). Cette écriture s’organise sur deux niveaux : des passages statiques proches de scènes de tableaux où les personnages expriment leurs émotions à l’aide de <em>waka</em> et les réseaux de renvoi que l’auteur établit en exploitant ces poèmes et qui se situent en deçà du développement diégétique et indépendants à celui-ci, mais qui aident à dégager les principaux thèmes.<br />Japon ; époque de Heian ; <em>Roman du Genji </em>; <em>Genji monogatari </em>;<em> </em>Murasaki Shikibu ; prose vernaculaire ; poésie ; <em>waka </em>; citation des poèmes ; <em>hikiuta </em>; <em>Mémoire d’une Éphémère </em>; <em>Kagerô no nikki</em></p><p> </p><p><em>Daniel Struve – Université Paris-Diderot ; Centre de Recherche sur les Civilisations d’Asie Orientale (CRCAO)</em><strong><br />Le livre « Arbre-mirage » et la réflexion sur les romans dans le</strong><strong> <em>Roman du Genji</em></strong><strong><em> </em></strong><strong>(xi<sup>e</sup> siècle)</strong><br />Au Japon, le x<sup>e</sup> siècle est marqué par l’émergence d’une littérature de fiction en langue vernaculaire, qui se développe dans les milieux de la cour et de l’aristocratie en marge de la culture de langue chinoise et de la poésie en japonais, jouissant toutes deux d’une reconnaissance officielle. Genre marginal et méprisé, le roman ou <em>monogatari</em>, critiqué pour son caractère frivole et son lien avec le mensonge, s’affirme néanmoins comme une activité de distraction, propre notamment à meubler les moments d’ennui et d’oisiveté (<em>tsurezure</em>), comme ceux qu’imposent les pluies du 5<sup>e</sup> mois. Le <em>Roman du Genji</em>, chef d’œuvre du genre, rédigé au début du xi<sup>e</sup> siècle par la dame de cour Murasaki Shikibu, présente une remarquable réflexion sur la fiction romanesque, que ce soit dans le « débat sur les roman » du livre « Lucioles » ou dans la « discussion par une nuit de pluie sur les catégories de femmes » qui ouvre le second livre « Arbre-Mirage » et que nous lisons ici comme une mise en scène métaphorique de l’activité romanesque.<br />Japon, roman, <em>Le Roman du Genji</em>, ennui, langue vernaculaire, aristocratie de cour</p><p> </p><p><em>Anne Bayard-Sakai – Centre d’Etudes Japonaises (Inalco) ; Institut Universitaire de France</em><strong><br />Lire et écrire le <em>Genji</em> aujourd’hui</strong><br />Si les lecteurs japonais d’aujourd’hui ne peuvent lire les textes classiques en version originale, ils y ont accès à travers des œuvres dérivées, rédigées en langue moderne, parmi lesquelles, en premier lieu, les traductions. De nouveaux projets éditoriaux systématisent ce mode de diffusion des textes classiques, proposant des traductions dues à des écrivains reconnus. Dans le cas du <em>Genji monogatari</em>, ces traductions intra-langagières ne sont qu’un des aspects de la prolifération de textes dérivés, réécritures, parodies, transpositions de toutes sortes, dont on analyse ici quelques caractéristiques, afin de déterminer comment un texte du passé, canonique, peut exister dans le Japon d’aujourd’hui.<br />Japon, Littérature Japonaise, Intertextualité, hypertexte, traduction, canonisation.</p><p> </p><p><em>Mattia Cipriani – IRHT-EPHE-LabeEx HASTEC</em><strong><br />Un aspect de l’encyclopédisme de Thomas de Cantimpré : la section <em>De lapidibus pretiosis</em> du <em>Liber de natura rerum</em></strong><br />Bien que tous les encyclopédistes du xiii<sup>e</sup> siècle utilisent un <em>corpus</em> commun de sources, chacun d’eux a une manière personnelle de choisir, « découper » et disposer les contenus tirés de ces <em>auctoritates</em>. Ces <em>modi scribendi </em>attentifs et distinctifs ne reflètent pas seulement les différentes <em>formae mentis </em>et fins à la base d’une encyclopédie médiévale, mais permettent également à un <em>compilateur</em> (qui recueille les prestigieux matériaux d’autrui) de devenir <em>auteur</em> (qui est prestigieux en soi). Grâce à l’analyse de la structure, des sources et des contenus du <em>De lapidibus pretiosis – </em>le quatorzième livre du <em>Liber de natura rerum</em>, une célèbre encyclopédie écrite entre 1242/1247 et 1260 par le Dominicain flamand Thomas de Cantimpré (1201-1270/1271) –, cet article veut mettre en lumière le « style encyclopédique » exclusif et attentif et les buts précis de son auteur.<em><br />Liber de natura rerum </em>– Thomas de Cantimpré – <em>De lapidibus pretiosis</em> – Encyclopédisme médiéval – Sources de l’encyclopédisme médiéval</p>";"<p>Introduction</p><div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""auteur ParaOverride-2"">Daniel Struve<br />Terada Sumie</p><p class=""T_3_Article"">Le <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Roman du Genji </span>et la société aristocratique <br />du Japon ancien</p><p class=""txt_Normal _idGenParaOverride-1"">Au début du <span class=""typo_SC"">xi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, à l’heure où Murasaki Shikibu prenait le pinceau pour rédiger le <span class=""typo_Italique"">Roman du Genji</span>, le Japon était soumis à l’autorité d’une cour impériale dominée par quelques familles aristocratiques. Selon certaines estimations, l’archipel aurait compté alors une population de sept à huit millions d’habitants<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>, dont 100 000 environ étaient rassemblés dans la capitale du pays, Heian-kyô, l’actuelle ville de Kyôto (fig. 1). Parmi eux, un millier environ constituait la noblesse de cour (du 1<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">er</span> au 5<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> rang), familles comprises, dont la plus haute sphère (du 1<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">er</span> au 3<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> rang) ne comptait guère qu’une centaine de personnes<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. Une culture d’un très grand raffinement avait pu naître et s’épanouir en assimilant les apports du continent venus de la grande civilisation de la Chine des Tang, dans un contexte où pouvoir et richesse étaient concentrés dans les mains d’une poignée d’hommes placés à la tête d’une organisation administrative centralisée couvrant l’ensemble du territoire. Nous nous proposons, dans cette introduction, de présenter un aperçu de cette société en nous limitant aux éléments indispensables pour situer et comprendre le <span class=""typo_Italique"">Roman du Genji</span>.</p><p class=""T_a"">Le cadre historique</p><p class=""txt_Normal"">C’est au <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle de l’ère chrétienne qu’à la suite de l’introduction du bouddhisme et de l’écriture chinoise, le Japon adopta un système de gouvernement imité de la Chine impériale, ce qui lui permettait d’entrer de plain-pied dans la culture continentale. Sur le modèle chinois, un code administratif et un code pénal furent rédigés à la fin du <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et au début du <span class=""typo_SC"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, fixant les moindres aspects du gouvernement et de l’administration de la cour et du pays. L’État fondé sur les codes institués au début du <span class=""typo_SC"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle se maintient tout au long de l’époque de Nara (<span class=""typo_SC"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle), puis de celle de Heian (<span class=""typo_SC"">ix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles), même si une partie des codes cesse d’être appliquée à partir du <span class=""typo_SC"">x</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Autour de l’empereur, une aristocratie de cour domine le pays. En 794, la capitale est transférée de Nara à Heian-kyô, l’actuelle Kyôto, située dans la partie centrale du Japon au croisement des principales voies de communication. Une grande partie des richesses des provinces est acheminée dans cette capitale, favorisant l’essor d’une brillante culture.</p><p class=""txt_Normal"">Une famille occupe dans ce système une place prépondérante : celle des Fujiwara, descendants de Nakatomi no Kamatari (614-659) et de son fils Fuhito (659-720), qui ont joué un rôle déterminant dans l’élaboration des codes. À partir du milieu du <span class=""typo_SC"">ix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, la branche dite du Nord de cette famille prend le contrôle de la cour grâce à une politique d’alliance matrimoniale avec la famille impériale qui permet aux dignitaires Fujiwara de faire monter sur le trône leurs propres petits-fils, nés de leurs filles, dont ils deviennent les régents. Le pouvoir des Fujiwara se maintiendra jusqu’en 1086, tant que les régents auront des filles qu’ils pourront donner pour épouses aux empereurs. Maîtres des promotions grâce au droit de regard qu’ils obtiennent sur toutes les décisions impériales, les régents Fujiwara accroissent leurs domaines et nouent des liens de clientèle avec les gouverneurs de province qui assurent leur prospérité. La figure de Fujiwara no Michinaga (966-1027), le plus brillant et le plus puissant des régents Fujiwara, dont il est question dans l’article de Charlotte von Verschuer qui ouvre ce dossier, marque l’apogée de la civilisation de cour de l’époque de Heian. C’est dans son entourage que naît le chef-d’œuvre reconnu de la littérature japonaise, le <span class=""typo_Italique"">Roman du Genji</span>.</p><p class=""txt_Normal"">En même temps que les régents Fujiwara s’imposaient en étroite liaison avec la famille impériale comme le pouvoir dominant à la cour, les provinces connaissaient aussi une évolution qui, à terme, allait miner l’emprise de la cour sur le pays. Le système de redistribution des rizières, adopté conformément aux codes, est progressivement abandonné et devient obsolète à partir du début du <span class=""typo_SC"">x</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Les gouverneurs de province, issus des familles de fonctionnaires de rang moyen, s’appuient sur les notables locaux et le personnel qu’ils emmènent avec eux depuis la capitale. Ils gèrent les provinces d’une manière de plus en plus autonome, à charge pour eux d’acheminer à la cour les redevances attendues. La cour jouit d’un prestige qui lui permet de rester source de légitimité et arbitre des conflits. Cependant, le rapport des forces évolue en faveur des provinces. Une noblesse locale, faite de descendants de familles aristocratiques n’ayant pas trouvé d’emploi à la capitale ou de notables locaux, s’affirme et se militarise afin d’assurer un ordre que la cour ne peut plus garantir à elle seule<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Cette déliquescence de l’État fondé sur les codes prend une tournure dramatique au milieu du <span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle quand les guerriers se trouvent en position d’arbitrer les conflits à la cour. Ce tournant marque le début de l’âge des guerriers et de la longue période allant jusqu’au milieu du <span class=""typo_SC"">xvi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, désignée au Japon comme le « Moyen Âge » (<span class=""typo_Italique"">chûsei</span>). La période allant du <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> au <span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle avec la gestation, puis la mise en place de l’État fondé sur les codes (époques d’Asuka et de Nara), puis l’établissement de la capitale à Heian-kyô et la montée en puissance de la famille Fujiwara, remplacée à partir de 1086 par la maison des Empereurs retirés, est, elle, désignée comme l’« Âge ancien » ou l’« Antiquité » (<span class=""typo_Italique"">kodai</span>)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. On observe donc un décalage entre la périodisation japonaise et la périodisation occidentale. Ensemble, l’« Âge ancien » (<span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles) et le « Moyen Âge » japonais correspondent à peu près à la période médiévale occidentale. En littérature, l’époque d’Asuka et de Nara (<span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et <span class=""typo_SC"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles) est connue comme l’époque antique (<span class=""typo_Italique"">jôdai</span>). L’époque de Heian correspond, elle, à l’âge classique et connaît, outre la floraison des lettres chinoises, l’émergence d’une riche littérature en langue vernaculaire, au sein de laquelle un rôle éminent est joué par les femmes.</p><p class=""T_a"">Les grands traits de la culture de l’époque de Heian</p><p class=""txt_Normal"">La généralisation progressive de l’écriture et de la culture conti­nentale, au cours du <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, se traduit par la formation d’une culture de cour qui rayonne dans l’ensemble du pays grâce à l’établissement de capitales provinciales et d’un réseau d’institutions monastiques. La poésie en chinois de caractère cérémoniel se développe dans l’entourage de l’empereur Tenji (626-672, qui régna de 668 à 672), à la cour d’Ômi sur le lac Biwa. Elle fleurit aussi dans la première moitié du <span class=""typo_SC"">ix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle à la cour de l’empereur lettré et calligraphe Saga (786-842, qui régna de 809 à 823), et connaît son apogée avec l’œuvre du poète en chinois et homme d’État Sugawara no Michizane, issu d’une vieille famille de lettrés liée à l’Office des Études supérieures ou Université (<span class=""typo_Italique"">Daigakuryô</span>)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>. Les familles de la grande aristocratie, qui n’envoient pas leurs enfants à l’Université, les forment dans leurs propres institutions, comme celle de la famille Fujiwara, dotée d’une riche bibliothèque. Plus encore que la connaissance des classiques du confucianisme, est prisée à la cour l’habileté à composer en poésie et en prose chinoises, ce qui explique le prestige dont jouit entre toutes la Voie des Lettres.</p><p class=""txt_Normal"">Les autres formes d’expression artistiques ne sont pas moins fleurissantes dans une société où les rites et les cérémonies, publiques ou privées, jouent un rôle prédominant. La vie du palais et de la capitale est rythmée par les différents événements annuels (<span class=""typo_Italique"">nenjû gyôji</span>), dont le déroulement est réglé dans les moindres détails et qui font l’objet de minutieuses descriptions dans les notes journalières des courtisans afin de servir de précédents pour la postérité. La musique instrumentale est omniprésente dans les cérémonies et les distractions de la cour ou dans les demeures aristocratiques. La peinture d’inspiration chinoise (<span class=""typo_Italique"">karae</span>) ou japonaise (<span class=""typo_Italique"">yamatoe</span>) décore les paravents et les portes coulissantes du palais impérial et des résidences aristocratiques. Les diverses fonctions de la peinture sont analysées ici par Estelle Leggeri-Bauer, notamment la dimension de faste cérémoniel que met en valeur le livre « Les Concours de peintures » du <span class=""typo_Italique"">Roman du Genji</span>. La poésie en chinois et en japonais donne lieu, elle aussi, à des rassemblements de caractère cérémoniel, comme ceux qu’évoque, dans son étude, Michel Vieillard-Baron.</p><p class=""txt_Normal"">La prose en chinois joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’État bureaucratique calqué sur le modèle chinois depuis ses débuts. Les généalogies et les mythes nationaux ou locaux, transmis jusqu’alors par voie orale, ont été compilés et couchés par écrit par Ô no Yasumaro dans les <span class=""typo_Italique"">Récits des temps anciens</span> (<span class=""typo_Italique"">Kojiki</span>, 708). Avec les <span class=""typo_Italique"">Chroniques du Japon</span> (<span class=""typo_Italique"">Nihon shoki</span>, 721), suivies par cinq autres histoires réalisées entre 797 et 901, le Japon se dote d’une histoire officielle, à la manière chinoise. Après cette date, la compilation d’historiographies officielles est abandonnée, de même, du reste, que l’envoi d’ambassades en Chine.</p><p class=""txt_Normal"">Il convient enfin de signaler que la connaissance du chinois comprenait aussi l’étude des écritures bouddhiques, enseignées dans des monastères qui entretenaient des liens étroits avec la cour et l’aristocratie. Les enseignements qui y étaient dispensés ont exercé une profonde influence sur la culture de cour. On peut ainsi citer la figure du moine Kûkai (774-835), introducteur au Japon de l’école ésotérique Shingon, mais aussi auteur d’un premier traité de poétique chinoise. Ou celle, plus tardive, du lettré et fonctionnaire dévot Yoshishige no Yasutane (933-1002), proche du régent Fujiwara no Michinaga, qui fut un des initiateurs des réunions du <span class=""typo_Italique"">Kangakukai</span> (<span class=""typo_Italique"">Assemblée pour la promotion de l’étude</span>), où moines et laïcs se réunissaient afin de réciter conjointement le Sûtra du Lotus et composer des poèmes en chinois dont l’inspiration bouddhique rejoignait celle du poète chinois Bai Juyi (772-846).</p><p class=""txt_Normal"">Pensée et croyances bouddhiques imprègnent toute la culture de l’époque de Heian et l’attrait pour la retraite religieuse, fondé sur une prise de conscience de la vanité de la vie dans le monde, est un thème qui traverse de part en part le<span class=""typo_Italique""> Roman du Genji</span>. Pratiqué au sein du Tendai, l’amidisme ou croyance en la Terre pure du bodhisattva Amitabha (Amida en japonais), qui a fait le vœu de sauver tous les êtres invoquant son nom, se répandit dans les milieux aristocratiques, notamment sous l’influence de l’ouvrage du moine Genshin (942-1017), le <span class=""typo_Italique"">Compendium pour la renaissance dans la Terre pure</span> (<span class=""typo_Italique"">Ôjô yôshû,</span> 985)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. Le monde était censé entrer prochainement dans la période de la « fin de la Loi » (<span class=""typo_Italique"">mappô</span>), dans laquelle la prédication de la Loi apportée par le Bouddha historique était si dégradée que le salut n’y était plus guère possible que par la « force d’autrui », en l’occurrence celle du vœu d’Amida. Fujiwara no Michinaga fait construire pour sa retraite le temple Hôjôji, dédié au culte d’Amida, et y meurt avec l’espérance de renaître dans la Terre pure.</p><p class=""txt_Normal"">Si nous avons insisté sur l’importance de l’élément chinois, c’est qu’il constitue le cœur de la culture de l’époque classique. Il ne s’agit pas pour autant d’exclure la littérature d’expression japonaise. Dès le <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle se développe au Japon à côté des lettres chinoises une poésie en langue vernaculaire, le <span class=""typo_Italique"">waka</span> (ou <span class=""typo_Italique"">yamato-uta</span>, littéralement « chant japonais »). Une partie importante de cette production a été recueillie dans l’<span class=""typo_Italique"">Anthologie des </span><span class=""typo_Italique"">Dix mille feuilles</span> (<span class=""typo_Italique"">Man.yôshû</span>), dont la dernière compilation date d’environ 780. Dès cette époque, la poésie en japonais, contrairement à la culture chinoise, faisait la part belle aux femmes. Le poète de cour et fonctionnaire Ki no Tsurayuki (866 ?-945 ?) acheva de donner à la poésie japonaise sa forme classique et assura définitivement sa place parmi les activités officielles de la cour, en participant à la compilation de la première anthologie impériale de poésie japonaise, le <span class=""typo_Italique"">Recueil des poèmes anciens et modernes </span>(<span class=""typo_Italique"">Kokin wakashû</span>). Il en rédigea également la préface en japonais, posant ainsi le début de la réflexion poétique proprement japonaise. La forme longue (<span class=""typo_Italique"">chôka</span>), qui avait fleuri au <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span>et <span class=""typo_SC"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, ne se maintient alors qu’à titre d’archaïsme, laissant toute sa place à la forme courte de 31 syllabes (<span class=""typo_Italique"">tanka</span>)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>, fortement codifiée tant du point de vue du vocabulaire que des thèmes traités : saisons, amour, voyage, deuil, séparation, célébrations. Cette poésie en langue vernaculaire remplit une fonction sociale aussi bien que cérémonielle.</p><p class=""txt_Normal"">Au début du <span class=""typo_SC"">xi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, au côté de nombreuses figures féminines, dont beaucoup s’illustrent également en prose, mérite d’être mentionné le nom du poète et poéticien Fujiwara no Kintô (966-1041), auteur de nombreux traités et compilateur du recueil <span class=""typo_Italique"">Poèmes japonais et chinois à réciter</span> (<span class=""typo_Italique"">Wakan rôeishû</span>), où sont appariés poèmes japonais et fragments de poèmes chinois. Ce recueil, qui devait connaître un immense succès, consacre le double caractère chinois et japonais de la culture de cour, analysé dans l’article d’Ivo Smith. Fukutô Sanae aborde, elle, la part jouée dans la culture féminine par cette double culture poétique.</p><p class=""txt_Normal"">Malgré sa brièveté, la poésie en japonais (<span class=""typo_Italique"">waka</span>), et tout particulièrement la poésie amoureuse, possède également une dimension narrative. Tout poème d’amour – et <span class=""typo_Italique"">a fortiori</span> tout échange poétique entre amants – s’inscrit au moins virtuellement dans une histoire, souvent évoquée dans les brèves introductions en prose (<span class=""typo_Italique"">kotobagaki</span>) qui précèdent de nombreux poèmes. Cette dimension, déjà présente dans le <span class=""typo_Italique"">Man.yôshû</span>, est héritée par les recueils de poésie <span class=""typo_Italique"">waka</span> de l’âge classique. Elle est à l’origine de la forme mixte, mélangeant poésie et prose, que sont les récits à poèmes (<span class=""typo_Italique"">uta monogatari</span>), dont le plus fameux est le recueil intitulé <span class=""typo_Italique"">Contes d’Ise</span>, regroupant de courts récits intégrant un ou plusieurs poèmes. Ce recueil se serait constitué progressivement, sans doute au <span class=""typo_SC"">x</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, autour des poèmes et de la figure du poète Ariwara no Narihira (825-880), parangon de raffinement et d’élégance et un des modèles du héros du <span class=""typo_Italique"">Roman du Genji</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Au début du <span class=""typo_SC"">x</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle naît le récit de fiction ou <span class=""typo_Italique"">monogatari</span>. Tout en incluant de nombreux éléments merveilleux, il est consacré à la peinture du milieu aristocratique et fait la part belle aux intrigues politiques et amoureuses. Mais, contrairement à la poésie japonaise, il ne possède aucun caractère officiel. Si une trentaine de titres sont connus, très peu d’œuvres ont été conservées. Outre le <span class=""typo_Italique"">Conte du Coupeur de bambou</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>, qui comprend encore de nombreux traits hérités du conte, deux œuvres romanesques de la fin du <span class=""typo_SC"">x</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle nous sont parvenues, Le <span class=""typo_Italique"">Roman de l’arbre creux </span>(Utsuho monogatari) et le <span class=""typo_Italique"">Roman de la chambre basse </span>(Ochikubo monogatari), qui témoignent du haut degré d’élaboration qu’avait alors acquis le genre romanesque. Le roman est considéré avant tout comme un pur divertissement. Mais, dans la mesure où il intègre la description d’événements de la cour (<span class=""typo_Italique"">Roman de l’arbre creux</span>) ou des mœurs domestiques des grandes familles (<span class=""typo_Italique"">Roman de l’arbre creux</span>, <span class=""typo_Italique"">Roman de la chambre basse</span>)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>, il acquiert le caractère d’une chronique parallèle, ouvrant sur une réflexion politique et morale.</p><p class=""txt_Normal"">On ne saurait enfin comprendre l’apparition du roman de cour sans mentionner deux autres développements importants : les <span class=""typo_Italique"">Mémoires d’une Éphémère</span> (<span class=""typo_Italique"">Kagerô no nikki</span>), autobiographie d’une épouse du régent Fujiwara no Kaneie, connue comme la Mère de Michitsuna (936 ?-995), et les <span class=""typo_Italique"">Notes de chevet</span>, rédigées par la dame du palais Sei Shônagon (966 ?-1024 ?). Ces deux œuvres marquent le début de la prédominance des femmes dans la littérature vernaculaire. Dans une société aristocratique où les alliances matrimoniales jouent un rôle décisif pour l’acquisition du pouvoir et des richesses, l’éducation des filles, décrite dans l’article de Fukutô Sanae, devient une nécessité. Dans l’entourage des impératrices ou des grandes dames de l’aristocratie se constituent de brillantes sociétés féminines qu’on a pu qualifier de « salons », où la maîtrise de la poésie japonaise et des arts d’agrément sont indispensables. Les <span class=""typo_Italique"">Mémoires d’une Éphémère</span>, dont l’auteur évoque sa liaison de vingt ans avec un des plus hauts personnages du temps, innovent par leur écriture aux longues phrases allusives qui mettent au premier plan les impressions plutôt que les faits et qui utilisent toutes les ressources de la syntaxe japonaise. Les <span class=""typo_Italique"">Notes de chevet</span>, suite de notations variées sans ordre ni plan, sont célèbres par les listes d’éléments hétéroclites qu’affectionne Sei Shônagon, mais aussi par l’acuité de l’observation et la liberté de jugement dont elle fait preuve dans la peinture de la société de cour de son temps.</p><p class=""T_a"">Le <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Roman du Genji</span></p><p class=""txt_Normal"">Considéré comme un des sommets de la littérature japonaise, le <span class=""typo_Italique"">Roman du Genji</span> naît à la confluence de toutes ses influences à un moment qui correspond à l’apogée de la puissance de la cour et des régents Fujiwara, dans l’entourage immédiat du plus puissant d’entre eux, Fujiwara no Michinaga. Constitué de cinquante-quatre livres, il évoque l’enfance puis les aventures amoureuses et la carrière brillante du Genji, prince impérial réduit à l’état de sujet quoiqu’il présente tous les signes d’une vocation royale, qui sera néanmoins conduit par son talent au sommet de la fortune terrestre en parvenant à faire de sa fille unique une impératrice et en devenant ainsi l’aïeul d’un empereur. Cette brillante réussite politique est doublée d’une trame secrète. Fils d’une favorite impériale prématurément disparue, le Genji a été élevé au palais auprès de son père et de la nouvelle favorite de celui-ci, la dame Fujitsubo, dont il s’éprend. De cet amour interdit et malheureux naîtra un enfant qui montera sur le trône et qui participera à la fortune du héros, tout en lui rappelant sa faute. Comme par rétribution, le Genji vieillissant sera à son tour victime d’un adultère, et deviendra le père putatif d’un enfant qui, en réalité, n’est pas le sien. Cependant, autant qu’homme d’État, le Genji est un amateur de galanterie. Il collectionne les aventures amoureuses tout en restant fidèle à l’image de la femme idéale qu’il a trouvée en la personne de l’inaccessible Fujistubo, et qu’il retrouve encore en celle de dame Murasaki, une parente de cette dernière, qu’il enlève encore jeune et élève auprès de lui pour en faire son épouse. Il finit par l’installer dans un quartier de la somptueuse demeure qu’il fait construire sur la Sixième Avenue pour y réunir ses diverses épouses. Comme elle ne lui donne pas d’enfant, il la charge d’élever sa fille, née d’une liaison qu’il a eue pendant son exil et qui deviendra impératrice. La mort du Genji intervient peu après celle de Murasaki, au 41<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> livre dont le texte n’a pas été écrit et dont il n’existe que le titre : « L’Occultation dans les nuages ». Le roman se prolonge alors dans les livres dits d’Uji, qui relatent les aventures amoureuses, le plus souvent contrariées, du fils putatif du Genji, Kaoru (le Parfumé), ainsi que de son royal petit-fils le prince Niou (l’Embaumant), et les tourments que leur rivalité inflige à trois sœurs installées dans une résidence à l’écart de la capitale sur la rivière Uji. La troisième, Ukifune (Barque flottante), partagée entre les deux jeunes gens, se jette dans la rivière puis, sauvée des eaux, décide d’entrer en religion et refuse tout contact avec Kaoru, qui cherche à la rencontrer après avoir retrouvé sa trace.</p><p class=""txt_Normal"">Ce bref résumé du roman ne donne qu’une faible idée de la multipli­cité des intrigues et des personnages, rassemblés dans une trame d’une parfaite maîtrise et d’une cohérence sans commune mesure avec les romans précédents, qui permet à l’auteur d’intégrer dans le temps de l’histoire, marqué par la succession des règnes, la multitude des temporalités individuelles. On distingue général";;;;;;;;; 655;2;3;32;Écrire le monde en langue française;;;;"<p>Comment appréhender, pour les textes écrits en langue française, leur dimension « mondiale» dans les études littéraires ?</p>";"<p>Écrire le monde en langue française : 
problématiques et perspectives<br /><strong>Lisbeth Verstraete-Hansen et Mads Anders Baggesgaard<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>I • Approches théoriques</strong></p><p>La rhétorique pour les études francophones : 
enjeux de catégorisation et d’institutionnalisation<strong><br />François Provenzano</strong></p><p><strong> </strong>La notion d’« échelle » dans les études francophones. Le cas de la littérature « romande »<br /><strong>Anne-Frédérique Schläpfer</strong></p><p><strong> </strong>Nous autres dans ce monde qui est le nôtre<strong><br />Micha Krzykawski</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>II • Circulations</strong></p><p>Paradoxes de la francophonie littéraire. Entre pluralité et centralité<br /><strong>Emmanuel Fraisse</strong></p><p><strong> </strong>Paratextes et circulation dans la littérature contemporaine franco-américaine<br /><strong>Peggy Pacini</strong></p><p><strong> </strong>L’enseignement des littératures de langue française 
hors espace francophone<br /><strong>Véronique Magaud</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong><strong>III • Vers un imaginaire glocal</strong></p><p>Relire l’archive coloniale : 
Ahmadou Kourouma contre-écrit<br /><strong>Yves Clavaron</strong></p><p><strong> </strong>Réinvestir l’imaginaire régional : 
Arvida de Samuel Archibald<br /><strong>Jimmy Thibeault</strong></p><p><strong> </strong>Poétiques du local et du global : 
Blais, Aquin et Ducharme juxtaposés<br /><strong>Vincent Gélinas-Lemaire</strong></p><p><strong> </strong>Une mondialisation ironique et ludique : 
l’œuvre d’Emmanuelle Pireyre<br /><strong>José Domingues de Almeida</strong></p><p> </p><p><em>Références bibliographiques</em><br /><em>Notices bio-bibliographiques</em><br /><br /></p>";;21/09/2017;0;137x220;188;978-2-84292-608-3;978-2-84292-608-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_655.jpg;"<p>Le récent tournant mondial des sciences humaines et sociales a profondément transformé le regard porté sur la France, le français et les littératures écrites dans cette langue. Cet ouvrage cherche à se détacher de la notion de francophonie et de son héritage postcolonial pour aborder les littératures écrites en français dans une perspective sans <em>a priori </em>sur la nature des relations interculturelles entre les textes, les institutions et les auteurs étudiés. À partir d’analyses relevant de différentes perspectives disciplinaires, les auteurs proposent des lectures d’écrivains de langue française extra-hexagonaux aussi bien qu’hexagonaux, tout en questionnant la pertinence de certains concepts – parmi lesquels celui même de « mondial ».<br /><br /><em>Mads Anders BAGGESGAARD est professeur associé à l’Université d’Aarhus (Danemark) et Lisbeth VERSTRAETE-HANSEN professeure associée à l’Université de Copenhague (Danemark).<br /></em></p><p>Ouvrage publié avec le soutien du Conseil national danois de la recherche (FKK)</p>";"<p>Introduction</p><p class=""auteur ParaOverride-2"">Écrire le monde en langue française : problématiques et perspectives<br />Lisbeth Verstraete-Hansen<br />Mads Anders Baggesgaard</p><div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""auteur""> </p><p class=""txt_Normal"">Le tournant mondial des sciences humaines et sociales, caractérisé par l’attention accrue portée au caractère dynamique et transnational des phénomènes culturels, a profondément modifié le regard porté sur la France, le français et les littératures écrites dans cette langue dont de nombreuses voix ont revendiqué la « dénationalisation<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Ce changement de regard invite chercheurs et enseignants à s’interroger sur les concepts et les catégories qui sous-tendent et structurent leur approche du littéraire : découpages spatiaux, périodisations, hiérarchies de valeur, processus de canonisation et lectures consacrées. Mais à quel niveau faut-il situer le « mondial » dans le domaine des études littéraires ? S’agit-il d’une perspective de recherche, d’une dynamique d’échanges ou, plutôt, du monde considéré comme référent ou thématique littéraire ? Impossible, pensons-nous, de dissocier ces trois niveaux, les frontières n’étant pas étanches entre eux. Tel est le point de départ de cet ouvrage, né d’un colloque tenu à l’Université d’Aarhus au Danemark où des chercheurs venus de disciplines et d’horizons divers ont confronté leurs analyses et leurs lectures des dynamiques mondiales à l’œuvre dans l’historicisation, la circulation et la production de la littérature écrite en français.</p><p class=""txt_Normal"">Il est difficile de juxtaposer les mots « littérature », « monde » et « français » sans rappeler le débat particulièrement vif qui s’est joué autour du « Manifeste pour une littérature-monde en français » publié dans <span class=""typo_Italique"">Le Monde des livres </span>en mars 2007. Prenant appui à la fois sur des textes de fiction d’auteurs réputés nomades, migrants ou cosmopolites et sur des idées inspirées par les débats sur la <span class=""typo_Italique"">world literature</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>comme l’hybridité, la créolisation et la mobilité, le manifeste s’inscrivait clairement dans le tournant mondial évoqué plus haut pour annoncer la fin de la francophonie et l’avènement d’une littérature-monde en français.</p><p class=""txt_Normal"">Le manifeste a fait l’objet d’une réception abondante et mitigée, allant d’éloges inconditionnels à des critiques acerbes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. C’est toutefois moins les positions dans le débat qui nous intéressent ici que le fait que le manifeste illustre, de manière exemplaire, à quel point se mêlent sur ces questions discours académique, critique et proprement créateur, soulignant la pertinence d’aborder textes littéraires et métalittéraires dans un même ouvrage.</p><p class=""txt_Normal"">Si le manifeste a indiscutablement dynamisé le débat académique sur les présupposés et les méthodes à partir desquels s’élabore un discours savant sur la littérature, en revanche, son analyse du fonctionnement de l’espace littéraire francophone n’a pas vraiment apporté du nouveau ni sur le plan institutionnel ni sur le plan littéraire : les instances de consécration – les jurys des prix littéraires – sur lesquelles s’appuyaient les postulats du manifeste étaient parisiennes, donc centrales, et les auteurs évoqués ou convoqués à titre de signataires bénéficiaient déjà d’une large reconnaissance. Rappelons qu’un signataire comme Édouard Glissant s’était vu décerner le prix Renaudot un demi-siècle auparavant, en 1958, année où, par ailleurs, deux autres écrivains francophones avant la lettre – belges, en l’occurrence – étaient également récompensés : Francis Walder par le prix Goncourt et Françoise Mallet-Joris par le prix Femina. Enfin, l’idée phare du manifeste selon laquelle un basculement de la hiérarchie littéraire avait privé Paris de son statut de centre littéraire incontesté n’est pas tout à fait étrangère à l’idée que l’on voit germer dès 1976 dans la préface à une anthologie didactique mise en chantier par le bureau de la Fédération internationale des professeurs de français. Bien que prudemment placée entre guillemets, l’assemblage « francophonie littéraire » commence à émerger comme manière de parler des littératures écrites en français hors de France :</p><p class=""txt_Citation"">Si, pendant longtemps, Paris et France ont servi de modèles aux écrivains de langue française, si, de nos jours encore, pas mal d’écrivains et d’artistes de toutes nationalités quittent leur patrie d’origine pour y trouver l’univers mental et le climat stimulant qui leur sont indispensables, il faut néanmoins se rendre compte que le Discours de Rivarol n’est plus de saison […]. En trois générations à peine, l’espace de la langue et de la littérature françaises s’est singulièrement transformé : il s’est surtout élargi et diversifié ; alors que jadis le bassin parisien et les régions romanes de la Suisse et de la Belgique constituaient les principaux carrefours de la création et de la diffusion, à présent, en Afrique comme au Québec, aux Antilles comme au Maghreb, au Liban comme au Vietnam, des écrivains et des éditeurs se sont groupés et produisent des œuvres qui nous dépaysent et nous surprennent autant par leur authenticité que par leur nouveauté<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Cette préface est parmi les premiers<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span> textes en français à évoquer une « francophonie » littéraire – comprenant la Belgique et la Suisse aussi bien que le Québec et les pays décolonisés – susceptible de remettre en question la hiérarchie culturelle dominante pour « partage[r] avec la France la responsabilité de l’avenir international du français<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Dans les années suivantes, l’évolution annoncée par la préface de l’anthologie se confirme à travers l’usage de plus en plus fréquent des qualificatifs « francophone » et, à partir des années 1990, « postcolonial », qui, chacun à leur manière, ont permis de dépasser le compartimentage national des études littéraires françaises, soit en élargissant le corpus sur lequel travaillaient critiques et historiens, soit en procédant à des relectures d’œuvres déjà canonisées pour mettre à jour de nouvelles significations.</p><p class=""txt_Normal"">Ce renouveau des études littéraires françaises s’est fait aussi bien dans les universités européennes – francophones et non francophones – que dans le monde académique anglophone. Cependant, derrière des notions identiques et des interrogations à première vue communes se cachent des compréhensions parfois divergentes des objets d’études concernés. Comme l’a bien montré Pierre Bourdieu dans son étude sur les conditions sociales de la circulation internationale des idées, celles-ci circulent sans leur contexte de départ et se transforment au rythme des appropriations culturelles successives dont elles font l’objet<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. Aussi n’est-il pas étonnant que les études francophones et postcoloniales soient conçues différemment dans chaque pays en raison des traditions nationales et de leur organisation du savoir.</p><p class=""txt_Normal"">Si la manière dont le paradigme postcolonial a été importé et appliqué en France a fait l’objet de nombre d’études ces dernières années<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>, on s’est peut-être un peu moins intéressé, dans une perspective comparatiste, aux éventuels glissements sémantiques et variations référentielles du terme « francophone<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span> ». La raison en est sans doute que la genèse et le contexte de départ du terme « francophonie » en tant que concept scientifique est moins facilement localisable que l’origine de la pensée postcoloniale, aussi éclatée soit-elle. Or, nous pensons que le débat sur la mondialité des littératures en français gagne à tenir compte du fait que, dans les universités anglophones, « études postcoloniales » et « études francophones » semblent plus ou moins interchangeables<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>, alors que cette adéquation est moins fréquente dans les débats théoriques en français qui souvent englobent aussi bien la francophonie du Nord que celle du Sud<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>. Le corpus à partir duquel s’élaborent théorisations et canonisations dans le domaine des études littéraires francophones peut donc varier selon le contexte linguistique ou national.</p><p class=""txt_Normal"">Si leur corpus peut varier, les études francophones et postcoloniales ont toutefois en commun d’être parties d’une pensée binaire structurant l’espace à explorer en un pôle dominant (centre ou métropole) et un pôle dominé (périphérie ou colonie). Ce binarisme paraît aujourd’hui dépassé, et c’est à partir de là que la notion de mondialité prend tout son intérêt puisqu’elle ne véhicule aucune hypothèse <span class=""typo_Italique"">a priori </span>sur la nature des relations interculturelles entre les textes, les institutions et les auteurs étudiés. Dès lors, ne pourrait-on pas penser que le temps est venu de reprendre le débat à nouveaux frais et que les études littéraires francophones, postcoloniales, puis globales sont à considérer comme autant d’étapes dans un processus de décloisonnement de l’objet « littérature en français » qui, petit à petit, voit s’estomper les frontières entre auteurs français et auteurs francophones ? Deux propositions récentes vont clairement dans ce sens.</p><p class=""txt_Normal"">Pour Michel Beniamino, qui en appelle explicitement à un renouvellement des études francophones, le lien entre le phénomène colonial et la francophonie littéraire est inopérant pour, au moins, deux raisons : premièrement, des écrivains francophones publient depuis longtemps dans des pays qui n’ont jamais été une colonie française, et deuxièmement, l’insécurité linguistique dont un certain courant théorique a fait le signe de reconnaissance de l’écrivain francophone, est observable dans de nombreux textes bien en amont de l’apparition du mot « francophone » sous la plume d’Onésime Reclus à la fin du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Pour Beniamino,</p><p class=""txt_Citation"">[…] ce que nous appelons « francophonie » ne peut être pensé sans s’inscrire dans une histoire sociopolitique de la langue française et de la littérature qui se produit à l’intérieur de ce système de contraintes, une histoire liée à l’expansion de la langue française et dont fait intégralement partie la « francisation » de la France<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Par rapport aux études francophones de la première heure, Beniamino propose donc de tenir compte de la réalité historique de la France, même en remontant jusqu’au Moyen Âge où l’on trouve, déjà, des instances veillant sur le bon usage de la langue, ce qui amène à la prise de conscience d’un écart entre un usage légitime et illégitime de la langue. Cet écart peut provoquer un sentiment d’altérité, terme très présent dans le vocabulaire critique des études postcoloniales et francophones, mais qui serait donc également efficace pour étudier la littérature en français dans la longue durée.</p><p class=""txt_Normal"">Le concept d’altérité occupe également une place centrale dans l’ouvrage <span class=""typo_Italique"">French Global. A New Approach to Literary History </span>rédigé par Christie McDonald et Susan Rubin Suleiman et portant sur les « literary traditions in French, inside and outside the country known today as France <span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span> ». Pour les deux rédactrices, un des défis posés par cette nouvelle manière de concevoir l’histoire littéraire consiste « to read these works in relation to the globe: as world, as sphere, as a space of encounter with others and with the very idea of otherness<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span> ». Le global serait donc ici à considérer comme le contraire du « national » et serait lisible à travers les courants culturels du monde qui traverse la littérature française à partir du Moyen Âge. Par conséquent – à l’instar de Beniamino – le volume fait voler en éclats le cadre temporel qui limitait l’étude des dynamiques « francophones » à la période postcoloniale – au sens chronologique du terme. Le cadre spatial semble toutefois toujours modelé sur l’empire colonial français ce qui exclut d’emblée la francophonie européenne extra-hexagonale de l’espace des rencontres en français. Et ce n’est pas la seule tâche aveugle de l’approche comme le fait remarquer Corinne Blanchaud. Cette dernière considère que l’absence d’attention pour ce qui, dans la configuration littéraire interne, est structurellement comparable aux dynamiques décrites sur le plan global, aboutit à une perspective biaisée qui passe à côté de ce qui constitue la diversité et l’altérité des textes littéraires écrits sur le sol français :</p><p class=""txt_Citation"">[…] une nouvelle histoire littéraire française devrait également prendre en compte les langues et les cultures des campagnes volontairement étouffées […] par l’État jacobin puis par le monde moderne, et dont la survie – comme, du reste, l’intérêt porté aux littératures francophones – relève de l’exotisme<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">On est ici devant des conceptions différentes du sens même de francophonie – le monde où l’on parle français – qui ont une profonde influence sur la perception de ce qui constitue la contextualisation pertinente d’une œuvre littéraire et aussi, par conséquent, sur le discours historique sur la ou les littérature(s) en français.</p><p class=""txt_Normal"">Le présent ouvrage prend acte de ces positions dans la mesure où, dans son questionnement sur la mondialité de la littérature en français, il considère comme digne d’intérêt tout écrivain écrivant en français et dont l’œuvre permet de questionner des relations entre un niveau local et les niveaux supra-locaux auxquels elle s’articule – sans aucun <span class=""typo_Italique"">a priori</span> sur ce que représente l’un ou l’autre niveau, les unités pertinentes devant, à chaque fois, être décidées par l’analyse.</p><p class=""txt_Normal"">Reste à savoir ce qu’il faut entendre, dans une telle perspective, par le mot « monde » et ses dérivés « mondialisation » et « mondialité » ? Dans <span class=""typo_Italique"">La Création du monde ou la mondialisation </span>de 2002, le philosophe Jean-Luc Nancy souligne la supériorité du concept français de mondialisation sur le terme anglais de globalisation jugé trop abstrait pour permettre d’évoquer l’idée d’un monde situé et habité, un monde comme « totalité de sens » : « Comment penser, précisément, un monde là où nous ne trouvons plus que globe, univers astral ou terre sans ciel (ou bien, pour citer Rimbaud en le retournant, mer non mêlée au soleil)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span> ? » Pour Nancy, le concept de mondialisation signifie à la fois que le procès historique est complexe et multiple et qu’il participe de plusieurs mondes différents ou même contradictoires qui se construisent principalement à travers l’art qui en fournit « les exemples les plus parlants<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>. » Ainsi, la mondialité de la littérature en français pose certes la question du contexte ou de la circulation des œuvres dans le monde, mais aussi la question de la manière dont celles-ci reflètent et représentent le monde et leur monde. C’est pour mieux rendre compte de cet aspect de la mondialisation qui se réfère à l’art, que nous avons opté pour la notion de mondialité<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">C’est à partir de ces différentes perspectives, souvent entrelacées, que le lecteur trouvera ici des études sur des textes écrits par des auteurs suisses, ivoiriens, franco-américains ou québécois, tout comme il verra la réflexion s’engager en direction d’écrivains hexagonaux. Mais la diversité des dix articles qui constituent le présent ouvrage n’est pas uniquement liée au choix des textes, elle tient aussi aux approches mobilisées relevant de différentes branches des sciences humaines et sociales, comme la rhétorique, la microhistoire, la philosophie et les études subalternistes. En somme, l’ouvrage propose une approche inductive et méthodologique du paysage des études littéraires francophones afin de saisir une évolution en cours.</p><p class=""txt_Normal"">Sous le titre « Approches théoriques », la première partie est composée de trois articles qui discutent des défis soulevés par la formation, la structure ou la délimitation de l’espace littéraire francophone comme objet de recherche. Dans le premier article, François Provenzano se propose d’illustrer la pertinence, pour les études littéraires francophones, de concepts et de cadres méthodologiques inspirés de l’analyse rhétorique des discours. Évoquant le cas particulier du discours de l’historien de la littérature suisse romande, Gonzague de Reynold, François Provenzano montre comment la « littérature francophone » est un objet qui se dégage pour l’essentiel des grandes topiques selon lesquelles s’organisent les discours qu’on porte à son endroit. La « mondialité », qui fait partie de ces topiques, met l’accent sur son caractère problématique et l’inscrit dans une longue tradition rhétorique et la vaste cartographie par laquelle s’appréhende la chose littéraire.</p><p class=""txt_Normal"">Anne-Frédérique Schläpfer prend acte de la relativisation des cadres d’analyse traditionnels reposant principalement sur les frontières nationales et linguistiques pour introduire la notion d’échelle dans le débat. En s’appuyant sur les travaux des microhistoriens et anthropologues de la culture, l’article discute la question de la contextualisation pertinente de l’œuvre : comment, en effet, étudier une œuvre dans une perspective mondialisée sans pour autant l’arracher au contexte local ou abandonner l’attention fine au langage ? À travers l’étude du parcours de la romancière romande Catherine Colomb dont les inspirations littéraires ne sont pas exclusivement locales, Anne-Frédérique Schläpfer montre comment une contextualisation « multiple », attentive à la fois aux pratiques littéraires locales et à la circulation internationale de textes et d’écrivains, rend possible une autre histoire des formes et des échanges littéraires.</p><p class=""txt_Normal"">Après l’illustration de ce que peuvent la rhétorique, l’anthropologie et la microhistoire pour les études francophones, Michał Krzykawski introduit une voix strictement philosophique dans le débat. Précisant d’entrée de jeu qu’il ne s’agit ni de réaffirmer la francophonie comme espace hétérogène spontanément défini comme tel, ni de la critiquer comme un avatar du colonialisme, il se propose de l’appréhender comme un concept qui mérite une interrogation sérieuse sur ses fondements ontologiques. Si Michał Krzykawski prend son point de départ dans le <span class=""typo_Italique"">Manifeste pour une littérature-monde</span>, c’est pour mieux récuser son discours sur la diversité, la pluralité, l’hybridité ou la créolité et ainsi ouvrir une interrogation sur les possibilités d’être ensemble dans la langue française afin de voir sous quelle condition et selon quelle loi nous pouvons habiter un(e) <span class=""typo_Italique"">oïkos</span> francophone dont la nature est purement langagière.</p><p class=""txt_Normal"">La deuxième partie intitulée « Circulations » regarde de plus près quelques-unes des institutions et des pratiques qui permettent à la littérature en français de circuler. Emmanuel Fraisse évoque les différents paradoxes qui structurent les « francophonies littéraires » considérées comme un espace linguistique tiraillé entre centralité et pluralité, entre norme et variation, monolinguisme et plurilinguisme. Pareille hétérogénéité affecte la diffusion comme la production littéraire écrite en français ce que l’article met en évidence à travers l’exemple de l’édition qui illustre un des paradoxes liés à la circulation des textes littéraires en français : elle est mondialisée mais se doit, dans l’écrasante majorité des cas, de passer par Paris qui fournit toujours la masse critique et le dispositif éditorial et critique nécessaire au succès à grande échelle.</p><p class=""txt_Normal"">Nombre des paradoxes ici mis en lumière serviraient à décrire les conditions d’existence de la littérature franco-américaine d’expression française, espace diglossique et « invisible à l’intérieur de la République mondiale des lettres », selon l’expression de Peggy Pacini qui s’intéresse aux paratextes mis en œuvre par deux écrivains franco-américains francophones, Grégoire Chabot et Normand Beaupré. Afin d’analyser les différents types de paratextes comme autant d’invitations à réfléchir sur la transmission de la mémoire culturelle et l’avènement d’une littérature propre, l’article revient sur la construction de l’histoire littéraire discontinue et marginale de la littérature franco-américaine et sur la nécessité de l’usage et de l’enjeu stratégique du paratexte comme lieu d’échange et espace de transaction littéraire et culturel.</p><p class=""txt_Normal"">La circulation par la littérature – en tant qu’objet culturel – est aussi au centre de l’article suivant où Véronique Magaud se penche sur la place de la littérature dans l’enseignement supérieur hors contexte francophone. Calqués sur ceux de l’Hexagone, les contenus des cours se concentrent souvent sur les œuvres qui participent de la définition d’une identité collective française sans tenir compte des contextes locaux aux enjeux éducatifs différents. L’article propose d’envisager la littérature comme objet culturel/civilisationnel et avance l’argument selon lequel elle a un rôle à jouer comme mode de médiation entre allophones et natifs. <span class=""typo_Italique"">La Place</span> d’Annie Ernaux, témoignage des représentations autour de la langue minorée et de la langue dominante dans le contexte français de centralisation linguistique, sert à mettre en évidence cette dynamique de la littérature à travers ses dimensions politiques.</p><p class=""txt_Normal"">Dans la première partie de l’ouvrage, la mondialité est considérée comme un mode d’étude des objets littéraires dont différentes formes de circulations sont étudiées dans la deuxième partie. La troisième partie intitulée « Vers un imaginaire glocal » envisage la mondialité plutôt comme objet d’étude dans les textes littéraires mêmes.</p><p class=""txt_Normal"">La relation entre fiction et histoire, discours littéraire et discours historiographique fait l’objet d’une analyse inspirée par les études subalternistes mobilisées par Yves Clavaron pour montrer comment Ahmadou Kourouma, face au « vol de l’histoire » par les puissances coloniales, tente de la relire à partir de points de vue alternatifs pour dévoiler une autre histoire de l’Afrique, qui la replace dans une perspective mondiale et antihégémonique. Dans son roman <span class=""typo_Italique"">Monnè, outrages et défis</span> (1990), Kourouma provincialise l’histoire européenne par l’instauration d’un point de vue africain, en s’efforçant de déconstruire les paradigmes de l’historiographie occidentale et en affirmant une histoire africaine par ";;;;;;;;; 656;2;3;39;Mitterrand, un homme de paroles;;;;"<p>A partir de sources inédites, cet ouvrage retrace l'adaptation de François Mitterrand, homme de lettres, aux médias et aux techniques de communication modernes.</p>";"<p><strong>Introduction<br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie I: L'apprentissage (de la communication)<br /></strong></p><p><em>Chapitre 1: Un orateur né</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) L'influence d'une éducation classique<br />II) Les premiers pas en politique</p><p><em>Chapitre 2 : Le tribun</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) La conquête de son territoire<br />II) Un orateur parlementaire spectaculaire</p><p><em>Chapitre 3: Un « jeune premier » au pouvoir</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) Le plus jeune ministre de la République<br />II) La découverte des rouages des médias comme ministre de l'information</p><p><em>Chapitre 4 : Le premier opposant de France</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) L'ostracisation médiatique après l'Observatoire<br />II) La renaissance du phénix<br />III) La dure adaptation à la télévision</p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie II: La construction du chef<br /></strong></p><p><em>Chapitre 1 : Conquérir le Parti socialiste</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) Le PS en quête d'un chef<br />II) Une victoire à la hussarde</p><p><em>Chapitre 2: Le chantre du socialisme</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) S'imposer comme le « Président » du PS<br />II) S'adapter à la télévision</p><p><em>Chapitre 3: La conquête du pouvoir</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) Les claudiquements de 1974<br />II) La campagne de 1981</p><p style=""text-align: center;""><strong>Partie III: La victoire du mythe</strong></p><p><em>Chapitre 1: La recherche du modèle</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) Le triomphe du Panthéon<br />II) La fin de l'Etat de grâce</p><p><em>Chapitre 2: L'invention de « Dieu »</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) La réorganisation de la communication élyséenne<br />II) La sacralisation de la parole présidentielle<br />III) La victoire de 1988</p><p><em>Chapitre 3: Le crépuscule d'un Dieu</em></p><p style=""padding-left: 30px;"">I) La multiplication des « affaires »<br />II) Les révélations</p><p> </p><p><strong>Conclusion</strong></p>";;28/09/2017;0;120x180;188;978-2-84292-727-1;978-2-84292-727-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_656.jpg;"<p>Depuis une trentaine d'années, la communication politique s'est imposée comme un des éléments importants de la vie politique française. François Mitterrand reste encore aujourd'hui l'un des principaux modèles de communication tant pour les candidats à l'élection présidentielle que pour les présidents en exercice. Pourtant, à ses débuts, rien ne semblait acquis, le principal opposant au Général de Gaulle, bien qu'orateur de talent, avait du mal à briller à la télévision. Cet ouvrage, en s'appuyant sur des sources inédites (Archives de François Mitterrand, entretiens avec ses proches et avec des journalistes, Archives de l'Institut National de l'Audiovisuel) étudie l'adaptation de l'ancien Premier secrétaire du PS aux médias et l'utilisation qu'il en fit pour forger son image de gouvernant. </p><p> </p><p><em>Spécialiste de l'histoire politique et des médias, Pierre-Emmanuel Guigo est maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université Paris-Est Créteil. Il est l'auteur de deux autres livres : Le Chantre de l'Opinion ? La communication de Michel Rocard de 1974 à 1981 (INA Éditions, 2013) ; Com et politique. Les liaisons dangereuses ? 10 questions pour comprendre la communication politique (Arkhê, 2017).</em></p>";"<p class=""TITRE-CHAPITRE"">Introduction</p><p class=""Vol_epigraphe"">« Mon rôle est incommunicable. »<br />(François Mitterrand, <span class=""typo_Italique"">Europe 1</span>, le 9 décembre 1985.)</p><p class=""txt_Normal"">En forte baisse dans les sondages, Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste et d’Europe Écologie les Verts à l’élection présidentielle de 2017, après sa victoire aux primaires de la Belle Alliance populaire, écrit une « lettre à tous les Français », le 11 avril 2017. Pour relancer une campagne présidentielle en demi-teinte,le député des Yvelines, pourtant venu du rocardisme, choisit donc de se tourner vers une recette inaugurée par François Mitterrand pour l’élection présidentielle de 1988.</p><p class=""txt_Normal"">Au-delà du seul cas de Benoît Hamon, François Mitterrand reste pour la plupart des professionnels de la politique une référence en ce qui concerne la communication. Jean-Luc Mélenchon cherche lui aussi dans sa campagne à s’inspirer de celui qu’il appelle « le vieux ». Comme lui, il sait tenir la tribune d’un meeting tout en jouant d’un lyrisme appuyé. Déjà, lors du précédent scrutin, en 2012, François Hollande avait cherché à imiter le père fondateur du Parti Socialiste moderne, notamment dans son éloquence en meeting.</p><p class=""txt_Normal"">La référence au style communicationnel de François Mitterrand ne se limite pas aux campagnes électorales. Durant son quinquennat 2012-2017, et en particulier dans les phases de grande difficulté, François Hollande n’a cessé de se tourner vers le modèle Mitterrand. Il renoue avec les grandes conférences de presse tant appréciées de son mentor, pourtant rejetées par Nicolas Sarkozy. Il tente également de s’inspirer des shows télévisuels mitterrandistes pour ses propres émissions. On ne s’étonne pas qu’il ait engagé pour s’occuper successivement de sa communication deux fervents thuriféraires de François Mitterrand, Claude Sérillon d’abord, qui avait d’ailleurs côtoyé Jacques Pilhan, le conseiller en communication de François Mitterrand, puis Gaspard Gantzer<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. Emmanuel Macron, pour sa part, s’inspire explicitement de la cérémonie du Panthéon lors de l’investiture de François Mitterrand en 1981 pour célébrer son élection, le 7 mai 2017 au soir. Sa déambulation dans la cour du Louvre, symbole des grands travaux mitterrandistes s’il en est, entend renouer avec la sacralité présidentielle si chère à celui qui a souvent été surnommé le sphinx.</p><p class=""txt_Normal"">Plus surprenant encore, le modèle François Mitterrand inspire même la communication des politiques de l’autre bord de l’échiquier. Ainsi, Jacques Chirac, pour succéder à François Mitterrand en 1995, lui emprunte son conseiller en communication, le susnommé Jacques Pilhan. Nicolas Sarkozy, lors de l’élection présidentielle de 2012, fait réaliser une affiche de campagne assez similaire à celle de François Mitterrand en 1988. Le candidat est de profil, tourné vers la droite et devant un fond bleu (l’horizon pour François Mitterrand, la mer pour Nicolas Sarkozy). Dans les deux cas, il s’agit de montrer un chef de l’État souverain, visionnaire et aux commandes. Même à 30 ans de distance, François Mitterrand continue donc d’apparaître comme le modèle par excellence de communication sous la V<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> République.</p><p class=""T_a"">La communication <br />politique : une invention <br />moderne</p><p class=""T_a"">•</p><p class=""txt_Normal"">Depuis les années 1960, en raison de la médiatisation accrue de la vie politique et des évolutions institutionnelles qui ont mis la figure présidentielle au premier plan, la construction et la gestion de l’image des candidats à la présidence, puis des présidents en exercice, a pris beaucoup d’importance. Le désalignement électoral – c’est-à-dire l’au­tonomisation des électeurs à l’égard du vote traditionnel, familial ou professionnel – a contribué à amplifier la person­nalisation de la vie politique. Selon Bernard Manin, nous serions passés de la « démocratie des partis » à celle du « public », où l’image du candidat, sa capacité à se saisir des médias pour influer sur les électeurs et à attirer à lui les bons sondages compteraient bien plus que les programmes politiques, ou l’affiliation à un parti politique (Manin 2008). Émerge alors ce que l’on appelle la communication politique, comme ensemble de techniques en vue de la conquête et de la gestion du pouvoir. Les candidats font appel, depuis les années 1960, à des conseillers en communication et à des techniques empruntées à la publicité et au marketing pour séduire les électeurs. Ils s’appuient sur les sondages pour orienter leurs prises de position et essayer de s’imposer face aux prétendants mieux pourvus en ressources partisanes ou ministérielles.</p><p class=""txt_Normal"">La télévision joue un rôle essentiel dans l’institution­nalisation de cette communication politique. Elle démultiplie la portée de la parole politique sans commune mesure. Elle ajoute au son, déjà largement diffusé par la radio, l’image et implique ainsi des adaptations de la part des candidats. Pour des politiques plus habitués aux tribunes de meeting, à la presse écrite ou la radio, s’adapter à la télévision est un défi. Ce doute explique que beaucoup s’en remettent aux conseils de communicants et notamment de publicitaires, plus habitués au format télévisuel.</p><p class=""txt_Normal"">À l’échelle de l’histoire, la chronologie de la commu­nication politique est donc peu étendue, tout au plus une cinquantaine d’années. Face à l’incertitude inhérente à la politique, regarder en arrière, chercher l’inspiration dans le passé est souvent un recours salvateur. Politiques comme communicants sont ainsi souvent obnubilés par l’histoire. Si l’histoire ancienne ou moderne était bien connue des générations politiques précédentes, les dirigeants actuels semblent plus fixés sur l’histoire contemporaine, ce que les historiens appellent l’histoire du temps présent.</p><p class=""txt_Normal"">Leur formation – Sciences Po et l’ENA, les facultés de droit ou de science politique – accorde d’ailleurs à cette histoire des trente, quarante dernières années une grande importance. Face au défi de la communication à l’attention des citoyens, c’est donc souvent vers ce passé immédiat que les politiques se tournent, y cherchant des modèles qui semblent avoir fait leurs preuves. Parmi tous les présidents de la V<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> République, François Mitterrand est clairement celui qui s’impose le plus comme modèle.</p><p class=""T_a"">Mitterrand, un modèle <br />de communication <br />présidentielle</p><p class=""T_a"">•</p><p class=""txt_Normal"">Face à lui, la concurrence était pourtant rude parmi les chefs d’État qui l’ont précédé ou suivi. Charles de Gaulle – Président de 1958 à 1969 – a marqué les esprits, notamment par ses émissions télévisées, semblables à de véritables spectacles. Mais pour ses successeurs, il est un modèle difficile à imiter. Son style, tout en emphase, est très marqué par son temps, celui d’une télévision aux mains du pouvoir où l’autonomie journalistique est faible dans l’audiovisuel. En outre, il est difficile pour des candidats contemporains qui n’ont pas été confrontés à des périodes d’histoire aussi intenses que la Seconde Guerre mondiale et la Résistance, de s’inspirer d’un modèle de communication qui repose avant tout sur cette action du grand homme pendant la guerre.</p><p class=""txt_Normal"">Georges Pompidou, par la brièveté de son mandat de 1969 à 1974 n’a guère imprégné la communication politique française. Au contraire, Valéry Giscard d’Estaing s’est voulu un vrai transformateur de 1974 à 1981. Il a rompu avec la pompe gaulliste et cherché à moderniser la communication présidentielle. Parmi les premiers, il a utilisé ce que l’on n’appelait pas encore la <span class=""typo_Italique"">peopolisation</span> pour rompre avec son image de froideur. Mais son échec en 1981 limite la portée de son style.</p><p class=""txt_Normal"">François Mitterrand va au contraire allier innovation, adaptation aux évolutions médiatiques et saura se faire réélire en 1988. Avec quatorze années à la présidence de la République, soit deux septennats, il a eu la plus importante longévité en place de la V<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> République. Pour tout candidat ou président élu, il incarne donc un repère, et un exemple victorieux.</p><p class=""txt_Normal"">Le phénomène générationnel doit sans doute être aussi pour beaucoup dans cette postérité. La plupart des professionnels de la politique en activité actuellement, ont grandi ou connu leurs débuts en politique alors que François Mitterrand était à l’Élysée.</p><p class=""txt_Normal"">La pérennité de la communication de François Mitter­rand s’explique également par sa maîtrise de l’outil télévisuel. Les années 1980 marquent en effet l’apogée de la télévision en France. Plus de 90 % des ménages en sont équipés et les Français lui consacrent en moyenne 2h30 par jour (Gaillard 2006). Malgré l’essor d’internet depuis, nous vivons toujours sous une nette domination de la télévision dans les modes d’information et de communication politique. Près de 80 % des citoyens utilisent d’abord la petite lucarne pour suivre l’actualité, contre 38 % utilisant les réseaux sociaux<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Les principales dynamiques à l’œuvre en communi­cation politique, comme la <span class=""typo_Italique"">peopolisation</span> – utilisation de la vie privée pour améliorer son image – et l’<span class=""typo_Italique"">infotainment</span> – mélange entre l’information et le divertissement – débutent dès cette époque (Fradin 2010).</p><p class=""txt_Normal"">Enfin, l’attrait du modèle de communication mitter­randiste chez les communicants et les politiques s’explique peut-être aussi par une certaine nostalgie. Nostalgie pour une époque où les journalistes étaient moins vindicatifs à l’égard des politiques. Pour une époque où la télévision accordait encore une grande place aux émissions politiques – <span class=""typo_Italique"">7 sur 7</span>, <span class=""typo_Italique"">L’Heure de vérité</span>. Où le financement des campagnes électorales n’était guère réglementé, permettant des dépenses de campagne faramineuses et des audaces impossibles aujourd’hui.</p><p class=""T_a"">La recette du modèle <br />de communication <br />mitterrandiste</p><p class=""T_a"">•</p><p class=""txt_Normal"">Nous avons jusque-là beaucoup évoqué ce que nous considérons comme le modèle de communication mitter­randiste, sans véritablement en livrer le contenu. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion à plusieurs reprises de montrer que ce modèle repose aussi sur une relecture d’une histoire en fait plus complexe qu’il n’y paraît.</p><p class=""txt_Normal"">Voyons maintenant les principaux éléments qui font le succès encore aujourd’hui de la communication de François Mitterrand. Tout d’abord, le « succès » de l’ancien maire de Château-Chinon tient à sa capacité à allier, dans son image, la sacralité nécessaire à la fonction présidentielle, que lui a insufflée de Gaulle, avec la proximité, désormais attendue des politiques (Le Bart, Lefebvre 2005). Le chef de l’État contemporain est donc pris dans une tension entre le besoin de grandeur inhérent à la fonction et la quête d’un lien plus direct avec les électeurs, comme le soulignent Philippe Portier et Catherine Colliot-Thélène :</p><p class=""txt_Citation_fin"">On attend de lui qu’il évite la puissance : ni père, ni maître, il se satisferait d’énoncer un projet histo­rique autour duquel puisse se rassembler, dans une adhésion volontaire des subjectivités, le moi collectif. On attend de lui, également, qu’il partage le pouvoir : l’attente d’un chef se fait dans le cadre d’une philosophie démocratique qui permettrait, à côté du charisme individuel, l’expression du charisme collectif. (Colliot-Thélène, Portier 2014 : 29.)</p><p class=""txt_Normal"">François Mitterrand n’a cessé d’apparaître comme un souverain triomphant, parfois même moqué – « Dieu », selon le <span class=""typo_Italique"">Bébête Show</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span><span class=""typo_Italique""> –</span>, de la cérémonie au Panthéon en mai 1981, jusqu’au pèlerinage annuel sur sa tombe à Jarnac. Mais il a également su coupler ce corps immortel avec une image de proximité. Sa longévité à la tête du PS lui a permis d’incarner aux yeux de beaucoup la cause du peuple de gauche. À l’Élysée, malgré les ors de la République, il a à plusieurs reprises rappelé aux Français qu’il ne les oubliait pas. Ses apparitions en <span class=""typo_Italique"">gentleman farmer </span>dans sa maison de Latché, ou encore dans sa terre électorale de la Nièvre, ainsi qu’à la table de paysans en 1984, étaient là pour rappeler que bien que prince, François Mitterrand restait abordable.</p><p class=""txt_Normal"">Une autre force du « modèle » de communication mitterrandiste, c’est la capacité de l’ancien député de la Nièvre à s’adapter aux mutations médiatiques. Homme de l’écrit plutôt que de l’image, François Mitterrand va néanmoins apprivoiser la télévision et la faire sienne. Une fois président, sa maîtrise de l’outil explose aux yeux des téléspectateurs. Il est un débatteur virulent face à Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac ou Philippe Séguin. Il se montre jupitérien dans ses allocutions télévisées, et sait même manier l’<span class=""typo_Italique"">infotainment</span> aux côtés du présentateur vedette du <span class=""typo_Italique"">20 heures</span> de TF1 dans les années 1980 : Yves Mourousi.</p><p class=""txt_Normal"">Le dernier point qui fonde le modèle de communication mitterrandien c’est la capacité de celui-ci à toujours rebondir. Même quand on le croit au plus bas, comme en décembre 1984 où il atteint seulement 36 % d’opinions favorables, il parvient à renouer avec l’opinion et à être réélu en 1988. Cette capacité-là, qui est aussi du aux circonstances et notamment celles de la cohabitation, beaucoup de ses successeurs la désirent.</p><p class=""T_a"">Comprendre</p><p class=""T_a"">la construction</p><p class=""T_a"">du modèle</p><p class=""T_a"">•</p><p class=""txt_Normal"">Si la communication de François Mitterrand s’est imposée comme une référence pour les politiques contem­porains, cela n’allait pas de soi. Dans les années 1970, François Mitterrand est loin d’apparaître comme l’un des plus brillants communicants de la vie politique française. Son image est alors celle d’un « homme du passé », selon la formule de Valéry Giscard d’Estaing, trop impliqué aux yeux de tous dans le jeu politicien. Face au président Giscard, il apparaît clairement dépassé et même concurrencé en interne par la jeune génération de socialistes comme Michel Rocard qui le défie en 1980.</p><p class=""txt_Normal"">Par ses deux défaites à l’élection présidentielle (en 1965 et surtout en 1974), le Premier secrétaire du Parti socialiste apparaît incapable de se hisser jusqu’à la fonction suprême. À la télévision, nouveau média de masse, François Mitterrand n’est clairement pas le meilleur. Il est souvent à contretemps, maladroit, trop emphatique. Ses interventions naviguent entre ridicule et agressivité. Notre but est de comprendre comment François Mitterrand s’est adapté aux nouveaux modes de communication au point de devenir une référence.</p><p class=""T_a"">Méthodologie</p><p class=""T_a"">•</p><p class=""txt_Normal"">Notre recherche se situe à l’intersection entre les diffé­rentes disciplines qui étudient la communication politique. Nous nous appuierons principalement sur l’histoire qui fonde notre démarche depuis nos débuts dans le monde de la recherche. L’approche historique nous permettra de recontextualiser la communication mitterrandiste et, par un travail sur les sources, de reconstruire ce passé à peine disparu. Les sciences de l’information et de la com­munication nous seront aussi utiles pour questionner nos sources en accordant de l’importance à la dimension visuelle et langagière de la communication politique. Comprendre les modes d’expression de François Mitterrand, ce n’est pas uniquement décrire des pratiques et des entourages, mais aussi appréhender l’image et l’imaginaire de la com­mu­ni­cation du leader socialiste.</p><p class=""txt_Normal"">Pour ce travail à la lisière de notre temps, nous avons la chance d’accéder à des sources déjà riches. Les dernières années et en particulier 2016, année de commémoration du centenaire de François Mitterrand, mais aussi des vingt ans de sa mort, ont fourni une vaste littérature au sein de laquelle on peut citer les biographies de Michel Winock, Philip Short, Éric Roussel.</p><p class=""txt_Normal"">Nous avons également réalisé des entretiens semi-directifs avec les principaux acteurs de la communication de François Mitterrand (Jacques Séguéla, Gérard Colé, Joseph Daniel, Nathalie Duhamel, Mary Sills). Ces entretiens, s’ils doivent être croisés avec des sources écrites pour palier les éventuelles omissions, n’en sont pas moins une mine d’informations et aussi un moyen d’appréhender le discours de ces acteurs.</p><p class=""txt_Normal"">Une plongée dans la presse et notamment les dossiers de presse de Sciences Po a également été utile pour replonger dans le contexte et tenter de saisir au plus près l’esprit de l’époque.</p><p class=""txt_Normal"">Grâce aux archives de l’Ina, nous avons aussi pu avoir accès à une large partie des interventions audiovisuelles de François Mitterrand, des années 1950 jusqu’à sa mort.</p><p class=""txt_Normal"">Nous nous sommes concentré sur les principales émissions (<span class=""typo_Italique"">À Armes égales</span>, <span class=""typo_Italique"">Cartes sur table</span>,<span class=""typo_Italique""> L’Heure de vérité</span>, <span class=""typo_Italique"">7 sur 7</span>, <span class=""typo_Italique"">Questions à domicile</span>,<span class=""typo_Italique""> Ça nous intéresse, M. le Président</span>, <span class=""typo_Italique"">Apostrophes</span>), ses spots de campagne officielle (1965, 1967, 1968, 1973, 1974, 1978, 1979, 1981, 1988), les débats télévisés (avec Alexandre Sanguinetti, Valéry Giscard d’Estaing, Raymond Barre, Jacques Chirac, Philippe Séguin), les conférences de presse présidentielles. Nous nous sommes aussi intéressés à son image dans les journaux d’actualité en sélectionnant les dates les plus importantes de sa carrière.</p><p class=""txt_Normal"">Mais l’originalité de ce travail tient surtout aux sources écrites auxquelles nous avons eu accès. Les archives présidentielles de François Mitterrand (fonds AG/5 des Archives nationales) font l’objet d’une autorisation que nous avons obtenue sur une partie des documents portant sur la communication. Nous avons plus particulièrement consulté les dossiers d’Élisabeth Guigou, de Jean-Louis Bianco, de Nathalie Duhamel, Charles Salzmann. Nous avons également pu classer et étudier les archives de Gérard Colé, conseiller en communication de François Mitterrand, d’abord au PS dans les années 1970, puis à l’Élysée entre 1984 et 1991. Sur la période au Parti socialiste, le fonds du secrétariat national à la propagande, puis propagande-communication a également été précieux.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Entretien avec Gaspard Gantzer, 22 septembre 2015.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. <span class=""typo_Italique"">Le Figaro</span>, 26 mars 2016 [http://tvmag.lefigaro.fr/le-scan-tele/actu-tele/2016/03/26/28001-20160326ARTFIG00051-80-des-francais-s-informent-grace-aux-jt-52-grace-aux-chaines-d-info-en-continu.php].</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. <span class=""typo_Italique"">Le Bébête Show</span> est un programme de satyre politique diffusé sur TF1 en première partie de soirée. Les personnalités politiques y étaient caricaturées sous la forme d’animaux. Kermitterrand la grenouille était ainsi la marionnette dédiée à François Mitterrand. Sa mégalomanie présumée se traduisait par le surnom de « Dieu » qui lui était accolé.</p></div></div>";;0;10.00;"<!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Verdana; panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-1593833729 1073750107 16 0 415 0;} @font-face {font-family:""Cambria Math""; panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""Times New Roman"";} h1 {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-link:""Titre 1 Car""; mso-style-next:Normal; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; text-align:center; mso-pagination:widow-orphan; page-break-after:avoid; mso-outline-level:1; font-size:12.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-font-kerning:0pt; mso-bidi-font-weight:normal;} span.Titre1Car {mso-style-name:""Titre 1 Car""; mso-style-unhide:no; mso-style-locked:yes; mso-style-link:""Titre 1""; mso-ansi-font-size:12.0pt; font-weight:bold; mso-bidi-font-weight:normal;} .MsoChpDefault {mso-style-type:export-only; mso-default-props:yes; font-size:10.0pt; mso-ansi-font-size:10.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt;} @page WordSection1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.WordSection1 {page:WordSection1;} --><p>À partir de sources inédites, cet ouvrage retrace l’adaptation aux médias et aux techniques de communication modernes, de François Mitterrand, qui fut homme de lettres avant d’être personnage politique. Dieu pour le Bébête Show, Tonton pour Renaud, et le Président pour la plupart des militants socialistes, François Mitterrand s’est forgé au fil du temps une stature sans commune mesure dans la vie politique française. Et il reste aujourd’hui un modèle pour son art consommé de la communication politique, notamment à la télévision.</p>";;06/06/2017 15:03;0;Première édition;3377 657;2;3;39;La guerre de Cent ans;;;;"<p>Synthèse sur cet épisode des relations entre l'Angleterre et la France, fondée sur une histoire comparée des deux royaumes.</p>";"<p><strong>Introduction</strong></p><p style=""text-align: center;""> Une guerre de Cent ans ?</p><p>Y a-t-il eu une guerre de Cent ans ?<br />De la féodalité à la souveraineté<br />Le déroulement de la guerre de Cent ans</p><p style=""text-align: center;""> Vers une guerre moderne ?<strong><br /> </strong></p><p>Les acteurs de la guerre<br />Guerre et technique<br />Stratégies</p><p style=""text-align: center;""> L’impact de la guerre<strong><br /> </strong></p><p>Combattants et non combattants<br />Guerre et développement de l’État<br />Des constructions « nationales » ?<br />Cultures de guerre</p><p> </p><p>Conclusion<br />Bibliographiie<br />Index</p><h2> </h2>";;28/09/2017;0;120x180;184;978-2-84292-731-8;978-2-84292-731-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_657.jpg;"<p>Le Brexit, voté le 24 juin 2016, rappelle avec fracas l’existence d’une méfiance continue des Anglais face à l’Europe continentale en général et à la France en particulier, malgré des liens étroits depuis l’Antiquité. La guerre de Cent ans est un des épisodes les plus spectaculaires de ces rivalités et même si la pertinence de cette expression est de plus en plus contestée, elle reste profondément ancrée dans notre imaginaire contemporain. Sans prétendre à l’exhaustivité, cet ouvrage entend établir une véritable histoire comparée des deux royaumes sur quelques thématiques fondamentales, notamment la question de la « modernité » de la guerre à la fin du Moyen Âge, le développement des États monarchiques, la naissance d’un sentiment « national », ou encore les interactions de la guerre avec des transformations socio-économiques et culturelles majeures.<br /><br /></p><p><em><strong>Aude Mairey</strong>, agrégée et docteur en histoire, est chargée de recherche au CNRS et membre du laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (LAMOP). Elle est spécialiste d'histoire culturelle et politique de l'Angleterre à la fin du Moyen Âge et a notamment publié Une Angleterre entre rêve et réalité. Littérature et société en Angleterre au XIVe siècle (2007), une biographie de Richard III (2011), ainsi que Le Moyen Âge dans le texte (2016), en collaboration avec Benoît Grévin.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""CHAPITRES_essai-titre-chapitre ParaOverride-1"">Introduction</p><p class=""epihraphe ParaOverride-2""><span class=""CharOverride-1"">Il fut un temps où les haines nationales, fruit des guerres continuelles, étaient parvenues à un tel degré d’animosité entre la France et l’Angleterre que les archers anglais, en enseignant à leurs enfants à tirer à l’arc, leur disaient : </span><span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Disce, puer, ferire Gallum</span><span class=""CharOverride-1""> : « Apprends, mon fils, à percer un Français ». Nous voudrions leur apprendre au contraire, et apprendre à toutes les nations, à s’aimer et à se servir mutuellement ; à substituer les communications vivifiantes du commerce aux défiances jalouses de la politique, aux fureurs destructives de la guerre ; à s’occuper un peu plus du bonheur, et un peu moins de ce qu’elles ont jusqu’à présent appelé la gloire et l’intérêt. La gloire est d’être juste et sage, l’intérêt est d’être heureux ; la paix seule peut remplir ce double objet</span><span class=""CharOverride-2""> (Gaillard 1818 : 5).</span></p><p class=""txt_Normal"">Le 24 juin 2016, le Royaume-Uni – ou plus exactement l’Angleterre et le pays de Galles – a voté la sortie de l’Union européenne dans la droite ligne de la doctrine de la « splendide insularité ». Le Brexit rappelle douloureusement l’existence d’une méfiance continue des Anglais envers l’Europe continentale. Pourtant, les liens de l’Angleterre et du continent ont toujours été étroits, malgré de nombreuses guerres, et ont profondément façonné leur histoire. Au Moyen Âge, les dynasties régnantes (Normands, Angevins, Plantagenêt) ont, entre 1154 et 1558, toujours possédé des territoires sur le continent par héritage, mariage ou conquête. Nombre d’entre eux se trouvant dans le royaume de France, cela a nourri des rivalités séculaires entre « Anglais » et « Français ». Encore aujourd’hui, des sentiments anglophobes et francophobes réapparaissent régulièrement, surtout quand il s’agit de rugby…</p><p class=""txt_Normal"">La « Guerre de Cent ans » est un des épisodes les plus spectaculaires de cette rivalité, d’autant qu’elle s’inscrit dans le développement des États monarchiques et de la naissance d’une forme de sentiment « national » sur fond de transformations socio-économiques et culturelles. Ce petit livre ne prétend en rien à l’exhaustivité – la littérature critique sur la « Guerre de Cent ans » est un puits sans fond. Il a pour objet d’établir une comparaison sur quelques thématiques cruciales, dans la mesure où il n’existe finalement que peu d’études véritablement comparatives – et dans ce cas, elles sont pour l’essentiel anglaises (par exemple Allmand 1989 [1988] ; Vale 2007 ; Green 2015 ; mais voir aussi pour une tentative d’histoire comparée beaucoup plus large, Fletcher, Genet et Watts 2015). La synthèse de référence de Philippe Contamine sur <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">La Guerre au Moyen Âge</span> concerne pour sa part l’ensemble du Moyen Âge (Contamine 2003).</p><p class=""txt_Normal"">Avant d’en venir à ces comparaisons, une première partie s’attachera, après un chapitre historiographique, à dérouler le fil des principaux événements, nécessaire à la compréhension des transformations liées à la guerre à la fin du Moyen Âge. Dans une deuxième partie sera posée la question de la « modernité » de la guerre de Cent ans, sur le plan des acteurs, des techniques et des stratégies militaires. La troisième partie sera consacrée à l’impact de la guerre sur les sociétés françaises et anglaises, aux niveaux sociaux et économiques mais aussi (et surtout, dans la mesure où je suis spécialiste de ces domaines) politiques et culturels.</p><p class=""txt_Normal"">J’ai par ailleurs constitué sur le site Ménestrel (<a href=""http://www.menestrel.fr/""><span class=""typo_souligne"">www.menestrel.fr</span></a>), dans la rubrique « Histoire de la guerre » (module « Thèmes et disciplines »), un dossier complémentaire. Il comprend une bibliographie (forcément sélective) assortie de quelques commentaires avec les liens vers les articles en libre accès, y compris sur des thématiques non traitées dans cet ouvrage, telles la logistique, la marine, les guerres privées ou la diplomatie. Elle sera régulièrement mise à jour. On y trouvera également une chronologie illustrée et d’autres éléments (cartographie, généalogies…) qui permettront, je l’espère, de contribuer à une meilleure compréhension de cette période tumultueuse mais cruciale.</p></div>";;0;10.00;"<p>Le Brexit, voté le 24 juin 2016, rappelle avec fracas l’existence d’une méfiance continue des Anglais face à l’Europe continentale en général et à la France en particulier, malgré des liens étroits depuis l’Antiquité. La guerre de Cent ans en est un des épisodes les plus spectaculaires, que l’histoire comparée des deux royaumes entre le XIVe et le XVe siècle permet de mieux analyser . Sans prétendre à l’exhaustivité, cet ouvrage entend, sur quelques thématiques fondamentales, établir une histoire renouvelée des relations franco-anglaises, qui explique bien des difficultés de l’Europe d’aujourd’hui.</p>";;06/06/2017 15:12;0;Première édition;3386 658;2;3;39;Les études visuelles;;;;"<p>Première synthèse française retraçant les débats d’idées consacrés à une discipline très populaire aux Etats-Unis et dans le monde anglo-saxon.</p>";"<p><strong>Introduction</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><br /> Trajectoires</strong></p><p><strong><br /> </strong>Chapitre 1<br />Histoire, controverses, disciplinarité<strong><br /> </strong>Chapitre 2<br />Francfort, Birmingham, Vincennes<strong><br /> </strong>Chapitre 3<br /> Art, culture, populisme<strong><br /> <br /> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Concepts</strong></p><p><strong><br /> </strong>Chapitre 4<br />Image, vision, visualité <strong><br /> </strong>Chapitre 5<br />Spectacle, observation, reconnaissance<strong><br /> </strong>Chapitre 6<br />Signification, pouvoir, désir<strong><br /> <br /> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Horizons</strong></p><p><strong><br /> </strong>Chapitre 7<br />Idolâtrie, <strong></strong>fétichisme, <strong></strong>totémisme<strong><br /> </strong>Chapitre 8<br />Iconologie, représentations, dominé-e-s<strong><br /> </strong>Chapitre 9<br /> Médias, attention, transversalités<strong><br /> <br /> </strong><br /> Conclusion<br />Bibliographie<strong></strong></p>";;28/09/2017;0;120x180;188;978-2-84292-735-6;978-2-84292-735-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_658.jpg;"<p>Apparues aux États-Unis durant les années 1990, les <em>Visual Studies</em> sont nées d’un déplacement des études culturelles anglo-saxonnes vers les questions visuelles. Elles résultent également d’un décloisonnement de l’histoire de l’art. Les contours de ces savoirs universitaires, artistiques et militants, nourris de nombreuses influences françaises, demeurent pourtant mal connus. Si les notions d’« études visuelles » et de « culture visuelle » sont désormais de plus en plus mobilisées par la recherche francophone sur l’image, ce livre montre qu’elles n’ont rien de convenu. Il en retrace les origines avant de présenter les principaux concepts permettant de penser la place prépondérante désormais occupée par le regard et l’imagerie dans la vie quotidienne. Plus qu’une simple introduction raisonnée, <em>Les études visuelles </em>applique les préceptes des <em>Visual Studies</em> à leur propre histoire, tout en méditant sur les nouvelles visibilités populaires et politiques.</p><p> </p><p><em><strong>Maxime Boidy</strong> est chercheur au sein des Universités Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et Paris Ouest Nanterre. Ses recherches portent sur l'histoire intellectuelle des savoirs visuels et sur les esthétiques de la représentation politique. Traducteur de plusieurs ouvrages du théoricien étasunien des Visual Studies W.J.T. Mitchell, parmi lesquels Iconologie : image, texte, idéologie (Les Prairies ordinaires, 2009), il a récemment coordonné et préfacé la réédition de Techniques de l'observateur. Vision et modernité au XIXe siècle de Jonathan Crary (Éditions Dehors, 2016)</em></p>";"<p class=""TITRE-CHAPITRE ParaOverride-1"">Introduction</p><p class=""txt_Normal"">Les notions d’« études visuelles » et de « culture visuelle » sont en vogue dans le monde francophone depuis quelques années, aussi bien dans les milieux artistiques qu’au sein de la recherche académique. Colloques, thèses, programmes scientifiques, publications diverses s’en réclament, et pourtant ce qu’elles désignent reste flou, ou pour le moins paradoxal. Ces étiquettes apparaissent fédératrices dans la mesure où certaines unités de recherche universitaires rassemblent désormais derrière elles différents champs disciplinaires, traditionnellement hermétiques. Néanmoins, elles demeurent étrangement exclusives : de grands noms de la pensée visuelle française contemporaine, tel Jacques Rancière, ne se revendiquent ni de l’une, ni de l’autre dans leurs écrits.</p><p class=""txt_Normal"">Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que les études visuelles et la culture visuelle ont une histoire, qui trouve son origine principale dans le monde académique anglo-américain. L’essor francophone de ces notions ne représente qu’une portion infime et tardive de leurs trajectoires intellectuelles. Infime, mais révélatrice, car l’universalité est aussi un leurre aux États-Unis, où ces idées ont fait l’objet de vifs débats lorsqu’elles sont apparues au cours des années 1990. « I hate Visual Culture », a ainsi pu déclarer la théoricienne américaine Rosalind Krauss au cours d’un entretien (Krauss 1997). « Je hais la culture visuelle » : confession étonnante qu’il s’agit de décrypter. Par ces mots, Krauss n’entendait nullement avouer un iconoclasme viscéral ou une défiance devant l’image, qui serait bien curieuse de la part d’une figure majeure de l’historiographie de l’art moderne et contemporain. Le fond de sa déclaration était tout autre : « Je hais <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">ce nouveau champ intellectuel appelé culture visuelle</span> ». L’objet de sa critique n’était pas le visible en général, mais une certaine manière de l’appréhender – historiquement, institutionnellement, politiquement.</p><p class=""txt_Normal"">D’autres auteurs surprennent davantage encore en adoptant de singulières postures de compromis. Dans son maître ouvrage <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Suspensions of Perception</span>, l’historien de l’art américain Jonathan Crary a proposé une historiographie approfondie de la notion d’« attention », qui fait également l’objet d’un intérêt considérable en France à l’heure actuelle. Tout en affirmant étudier la « culture visuelle du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle », Crary a pris ses distances avec les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Studies</span>, coupables d’opérer, selon lui, une réduction sur le visible pouvant amener à négliger d’autres formes de sensorialité (Crary 1999 : 2-3). Pour sa part, le théoricien britannique Nicholas Mirzoeff a produit l’une des plus stimulantes introductions à la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Culture</span> en se défiant des études visuelles, jugées trop enclines à restreindre au monde universitaire des problèmes qui concernent n’importe qui (Mirzoeff 2009). Selon Mirzoeff, l’enjeu central de la culture visuelle est une démocratie du visible et par le visible, dont l’effectivité ne peut résulter de connaissances élitistes. Au contraire, il s’agit de privilégier un « activisme visuel » articulant la théorie à la pratique politique (Mirzoeff 2015a : 287-298). Du reste, cet activisme intéresse une large frange de la recherche visuelle anglo-américaine contemporaine, comme en témoigne une récente livraison du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Journal of Visual Culture</span> (Bryan-Wilson <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">et</span> <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">al</span>. 2016), la principale revue d’études visuelles anglophone, fondée en 2002.</p><p class=""txt_Normal"">Ce faisant, Jonathan Crary et Nicholas Mirzoeff ont tracé des lignes de fracture entre les « études visuelles » et la « culture visuelle », pour des raisons différentes, mais indubitablement fondées sur des politiques du savoir. Charge à nous d’éclairer ces politiques afin de mettre en évidence la pertinence de leurs écrits, et, au-delà, ce que signifie penser le visible aujourd’hui. Aussi ce livre ne propose-t-il pas une introduction à la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Culture</span> à proprement parler – les ouvrages de Mirzoeff et bien d’autres sont des références en la matière qu’il est plus urgent de traduire ou de recenser que de piller ou d’accaparer. Il ne s’agit pas non plus de donner à lire un énième <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">vade-mecum</span> décontextualisé sur les théories classiques ou contemporaines de l’image, rassemblées pour l’occasion sous la bannière des « études visuelles ». Cet ouvrage souhaite offrir autre chose : d’une part, un espace de discussion historico-théorique (partie 1) et conceptuel (partie 2) autrement plus ambitieux que celui dont ont bénéficié les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Studies</span> jusqu’à présent dans le monde francophone ; d’autre part, des horizons d’investigation que ces savoirs anglo-américains hybrides, ou certains faits d’actualité récents, dessinent dorénavant devant nos yeux (partie 3).</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-2"">×</p><p class=""txt_Normal"">Commençons par une définition riche de sens : <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">la culture visuelle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images</span>. Les lecteurs férus de l’Internationale situationniste et de la pensée de Guy Debord auront reconnu au premier coup d’œil l’une des maximes-clés de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Société du spectacle</span> (Debord [1967] 1992 : 16). Ils se réjouiront peut-être de voir la notion de spectacle perdurer, ainsi détournée – il est plus probable qu’ils se méfieront d’une appropriation académique douteuse. Cette définition comporte pourtant plusieurs ingrédients théoriques et pragmatiques précieux dans notre situation : une historicité complexe ; une politisation incontournable ; une puissance intellectuelle et sensible ; une énonciation à la fois déjà vue et inédite, détachée de toute définition anglophone canonique bien que fidèle <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">en traduction</span>. La notion de spectacle est en effet l’un des fondements de la culture visuelle telle que l’entend Jonathan Crary (2016). À l’appui d’une telle définition, l’iconographie ne constitue pas une priorité. L’enjeu n’est pas dans l’imagerie elle-même, mais dans les formes sociales et politiques qu’elle visualise, qu’elle contribue à produire, et que l’on peut saisir à travers elle. Ce premier cadrage trouvera à s’affiner tout au long du livre, en densifiant la sémantique du rapport social, de la médiatisation et, bien évidemment, de l’image.</p><p class=""txt_Normal"">Les problèmes de représentation, de production et de perception concernent, au même titre, les trajectoires intellectuelles passées, l’outillage conceptuel présent et les horizons d’étude futurs de la culture visuelle. C’est la raison pour laquelle nous avons organisé ce livre en neuf chapitres brefs répartis en trois parties distinctes. L’absence complète d’iconographie, aussi surprenante soit-elle dans un ouvrage sur le visible, est volontaire. Si ce choix éloigne la forme du propos de certaines références majeures de la littérature discutée, qui ont relevé le défi de l’essai visuel dépourvu de mots (Berger 2014), il prolonge d’autres partis pris d’écriture sans illustrations (Mitchell 2009). Certes, la culture visuelle est un rapport social entre des personnes médiatisé par des images, mais ses implications sociopolitiques concernent aussi un rapport esthétique qui, de longue date, oppose le visible aux mots qui le verbalisent – qui « parlent à sa place ». C’est là tout le sens de l’iconologie revisitée par W.J.T. Mitchell depuis les années 1980, et plus spécifiquement de la croix qui sépare le texte et l’image (« Image X Text ») dans le titre du chapitre consacré à cette question dans son dernier livre, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Image Science</span> (Mitchell 2015 : 39-47).</p><p class=""txt_Normal"">La première partie, intitulée « Trajectoires », entend décrire et relire les débats parfois houleux qui ont émaillé l’essor des études visuelles aux États-Unis. Le chapitre 1 explore leur préhistoire, telle que la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">New Art History</span> dans le champ de l’histoire de l’art, et quelques références bibliographiques majeures des années 1970 et 1980. Il vise à documenter certaines controverses induites par le découpage des savoirs en « <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Studies</span> ». Le chapitre 2 s’intéresse aux apports provenant de diverses traditions critiques européennes : les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Cultural Studies</span> britanniques, la Théorie critique de l’École de Francfort et la pensée structuraliste et poststructuraliste française, couramment appelée « <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">French Theory</span> » aux États-Unis. Le chapitre 3 aborde les problématiques relatives à l’art ou à la culture qui ont accompagné la formation des études visuelles. Il cherche en outre à clarifier certaines de leurs spécificités sur le plan des politiques du savoir.</p><p class=""txt_Normal"">La deuxième partie, intitulée « Concepts », porte sur l’appareil théorique développé au sein des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Studies</span>. Elle ouvre l’histoire des idées vers la boîte à outils que les études visuelles fournissent pour penser les visibilités. Outre les principales théories de l’image et de la vision, le chapitre 4 décode la « visualité », concept aussi incontournable que polysémique. Le chapitre 5 porte sur le rapport au visuel ; il passe successivement en revue diverses approches contemporaines du spectacle et de l’observation avant de traiter la « reconnaissance » du visible, qui cristallise certaines antinomies du regard. Le chapitre 6 conclut cette approche conceptuelle en se concentrant non plus sur l’action du regardeur, mais sur les capacités de l’image elle-même, à travers les thématiques du pouvoir, du désir et de la signification.</p><p class=""txt_Normal"">La dernière partie, intitulée « Horizons », entend remettre en perspective ces trajectoires intellectuelles et cet appareil conceptuel à partir de travaux d’ores et déjà en cours dans le champ francophone, ou qui restent à initier. Le chapitre 7 explore la riche actualité du totémisme, du fétichisme et de l’idolâtrie, la triade qui gouverne depuis quatre décennies les investigations iconologiques de W.J.T. Mitchell (2014 : 123-206). Le chapitre 8 déploie certaines réflexions récentes sur les représentations et les visibilités politiques. Le chapitre 9 revient sur deux champs de recherche en plein essor dans le monde académique français. L’« archéologie des médias » ou l’« économie de l’attention » médiatisent, directement ou indirectement, certains questionnements initialement développés au sein ou à la marge des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Studies</span>. Ce chapitre propose une ouverture nécessaire étant donné que les concepts de « médium » et d’« attention » concernent les visibilités sans pour autant être centrés sur le visible <span class=""CharOverride-2"">–</span> ou « occulocentrés », pour reprendre une terminologie un temps en vogue dans les études visuelles (Jay 1993).</p><p class=""txt_Normal"">La conclusion revient sur le « tournant pictorial » (<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">pictorial turn</span>) diagnostiqué par W.J.T. Mitchell (1994 : 11-34) il y a un quart de siècle. La définition et la validité de cette notion, dérivée entretemps en divers tournants « visuel » ou « iconique » (Boehm et Mitchell 2009 ; Moxey 2008), ne peuvent être correctement jugées qu’au terme d’une telle investigation – les lecteurs impatients ont toute latitude de commencer par la fin. Sont aussi discutées en conclusion certaines acceptions du « populaire », du « populisme » ou du « peuple » abordées au fil du propos, notamment en fins de chapitres. Il s’agit d’une sorte d’hypertexte confrontant tour à tour les études visuelles à leurs politiques savantes, à leurs objets d’étude ou aux discours de leurs détracteurs. Employées tantôt positivement, tantôt péjorativement, ces notions polysémiques peuvent permettre d’éclairer non seulement les ambitions et les lignes de fracture des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Studies</span>, mais aussi l’émergence de nouvelles visibilités sociopolitiques contemporaines de l’essor de ce champ depuis les années 1990. Les visibilités du « peuple » concernent des contributions anglo-américaines qui excèdent toute définition restrictive des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Studies </span>(Butler 2013). En retour, elles donnent accès à certaines réflexions visuelles germanophones (Bredekamp [2005] 2008) ou francophones (Didi-Huberman 2016) aujourd’hui essentielles. En somme, elles dessinent l’ouverture irréductible d’un champ dans le geste même consistant à tracer ses contours.</p><p class=""txt_Normal"">Ce livre se double d’une grille thématique susceptible d’intéresser les lecteurs connaisseurs de ces débats d’idées. De format modeste, il n’a nulle prétention à l’exhaustivité. S’il n’ambitionne pas de remplacer les introductions existantes à la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Visual Culture </span>(Elkins 2003 ; Mirzoeff 2009 ; Mitchell 2014), il peut encore moins être l’équivalent des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">readers</span>, c’est-à-dire des anthologies de textes dans lesquelles figurent les pierres angulaires de ce champ, ainsi que de nombreuses références historiques qui ont jalonné sa construction (Evans et Hall 1999 ; Mirzoeff 2002 ; Jones 2003). Cela est tout particulièrement vrai sur le plan des pensées féministes, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">queer</span>, postcoloniales et décoloniales, et de l’étude des rapports sociaux de genre ou de race, dont on ne saurait trop insister sur le caractère central dans les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Cultural Studies</span> anglo-américaines en général (Cervulle et Quemener 2015).</p><p class=""txt_Normal"">De nombreuses idées reprises dans ce livre ont fait l’objet de développements antérieurs dans des interventions et des publications. Que celles et ceux qui, par leurs critiques, leurs conseils et leurs efforts, ont contribué à leurs matérialisations soient anonymement remercié-e-s. Seules les références bibliographiques personnelles où figurent des analyses complémentaires seront mentionnées. Dans le même souci, un certain nombre de thèses à la marge des études visuelles seront présentées succinctement, sans référence directe vers des lectures annexes. Ce choix vise à restreindre l’appareil de notes de manière à constituer une bibliographie de travail synthétique, transversale et féconde.</p>";;0;10.00;"<p>Cet ouvrage écrit dans un langage très clair est la première synthèse française retraçant les débats d’idées consacrés à une discipline très populaire aux États-Unis et dans le monde anglo-saxon. À la confluence de l’histoire de l’art, de l’esthétique, de la théorie littéraire et des Cultural Studies, les Visual Studies sont un important champ de réflexion universitaire, artistique et militant. L’ouvrage présente les principaux auteurs en confrontant leurs thèses, de manière accessible, aux nouvelles formes d’images et de visibilité.</p>";;06/06/2017 15:35;0;Première édition;3668 659;1;3;34;Archives;N°25/2017;;;"<p>De l’importance prise par les archives dans l’art contemporain, aussi bien dans la création que dans l’écriture de l’histoire de l’art ou encore dans les activités et les expositions des institutions artistiques.</p>";"<p>Editorial</p><p style=""text-align: center;""> <strong>Dossier : Archives</strong></p><p><strong>Gabriel Ferreira Zacarias</strong><br />« Introduction »</p><p><strong>Yann Potin et Clothilde Roullier</strong><br />« Des œuvres au dossier ? Une contribution des a/Archives au geste de l’art »</p><p><strong>Paul Bernard-Nouraud</strong><br />« L’image archivée. Sur quelques-unes des formes de l’art contemporain »</p><p><strong> Maria Tyl</strong><br />« ARCHIVE VIVANTE – ARCHIVE CRITIQUE. La galerie comme archive en Pologne dans les années 1970 : l’exemple de la galerie Foksal. »</p><p><strong> Elena Lespes Munoz</strong><br />« Les archives du MAC-USP – entre exposition et activation »</p><p><strong> Guillaume Sintès</strong><br />« Pratiques de l’archive en danse : l’exemple du <em>Projet Waehner 2015-2018</em> »</p><p><strong> Nina Mansion-Prud’homme</strong><br />« Vers une définition épistémologique de l’archive en histoire de l’architecture contemporaine »</p><p><strong> Roberta Agnese</strong><br />« Éparpiller l’archive, thématiser l’archive : deux études de cas photographiques. Evidence de Larry Sultan et Mike Mandel et Archiv de Peter Piller »</p><p><strong> Marlon Miguel</strong><br />« Un monde d’archives : Fernand Deligny et les pratiques du langage expositif »</p><p style=""text-align: center;""><strong> Entretiens<br /> </strong><br /><strong> </strong></p><p>Entretien de Gabriel Ferreira Zacarias avec Hal Foster, collaboration et traduction de Nicolas Heimendinger</p><p>Entretien de Frédéric Curien et Don Foresta réalisé par Jean-Marie Dallet, « Le traitement de l’archive Vasulka par le SLIDERS_lab : entre conservation et activation »</p><p style=""text-align: center;""><strong> Portfolio </strong></p><p>Mabe Bethonico</p><p style=""text-align: center;""><strong> Varia</strong></p><p>Marlène Lespes<br />« Les usages de l'art colonial dans les expositions coloniales : le cas du pavillon marocain »</p><p><strong> </strong></p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p><p>Abstracts français et anglais</p>";;26/10/2017;25;155x220;226;978-2-84292-723-3;978-2-84292-723-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_659.jpg;"<p><strong>« Des œuvres au dossier ? Une contribution des a/Archives au geste de l’art <br /></strong>Yann Potin et Clothilde Roullier<br />Le point de vue proposé ici est celui de deux archivistes concernant les renversements et appropriations opérés par les artistes, philosophes et historiens de l’art à propos de l’archive (le « reste ») et des archives (système de traces organisé et réglementé juridiquement). Il s’agit par exemple de savoir qui, de l’artiste ou de l’administration archiveuse, produit des installations artistiques, et de se demander quelle part de l’œuvre d’art publique vit toujours dans son dossier de commande. </p><p><strong>L’image archivée. Sur quelques-unes des formes de l’art contemporain<br /></strong>Paul Bernard-Nouraud<br />A la question de savoir dans quelle mesure les archives informent les œuvres d’art contemporain, on répondra qu’elles le font littéralement et profondément. On considère en effet le réemploi d’images d’archives dans ces œuvres comme un signal davantage que comme une fin ; comme si l’artiste signalait plus ou moins explicitement sa source, ce qui justifie qu’on la recherche, mais orientait finalement le regard vers les formes que le temps lui a données et qui ont en quelque manière « contaminé » sa propre image. En d’autres termes, on porte moins ici attention à la façon dont les images utilisent des archives qu’aux voies par lesquelles les œuvres contemporaines sont marquées par leur matérialité au point que l’on entend par « image archivée » une image qui aurait emprunté ses formes à l’archive.</p><p><strong>ARCHIVE VIVANTE – ARCHIVE CRITIQUE. La galerie comme archive en Pologne dans les années 1970 : l’exemple de la galerie Foksa<br /></strong>Maria Tyl<br />L’art conceptuel polonais des années 1960-70 se traduisait, entre autres, par la création des galeries conceptuelles documentant des activités artistiques éphémères. En 1971-72 la Galerie Foksal publie deux textes de programme, Archive vivante et Documentation qui proposent une réflexion critique sur cette tendance. L’article porte sur leur contenu, la mise en pratique et le destin du projet face au danger d'institutionnalisation et de récupération par la politique culturelle officielle.</p><p><strong>Les archives du MAC-USP – entre exposition et activation</strong><br />Elena Lespes Munoz<br />Au Brésil, durant la dictature, le MAC-USP, Musée d’Art Contemporain de l’Université de São Paulo, fut un lieu d’expérimentation artistique à la liberté rare sous la direction de Walter Zanini. Les pratiques artistiques d’alors – fondamentalement tournées vers l’expérience à la fois individuelle et collective – et les expositions qui les ont réunies ont laissé une quantité de matériaux et de documents dont le statut et la nature ne sont pas toujours évidents à définir. Le partage de ces expériences à travers l’exposition de leurs traces soulève aujourd’hui de nombreuses questions.</p><p><strong> « Pratique de l’archive en danse : l’exemple du Projet Waehner 2015-2018 <br /></strong>Guillaume Sintès<br />À partir du fonds de la chorégraphe et pédagogue Karin Waehner, il s’agit de révéler une triple pratique de l’archive en danse : partagée entre le projet archivistique d’une artiste (poursuivi après sa mort), sa mise en écho au sein de deux collections (celles de la Bibliothèque nationale de France à Paris et de l’Akademie der Künste de Berlin), et enfin de sa performance et de son exposition dans le cadre d’une recherche-création.</p><p><strong> « Vers une définition épistémologique de l’archive en histoire de l’architecture contemporaine <br /></strong>Nina Mansion-Prud’homme<br />Cet article entend définir la notion d’archive dans le champ de l’histoire de l’architecture. Les archives des architectes sont des objets identifiés et familiers des historiens de l’architecture français, notamment depuis que l’Institut Français d’Architecture s’est donné pour mission, à partir de 1981, de les collecter. Cependant, leur rôle dans la fabrication de l’histoire de l’architecture, en tant que champ de la recherche et discipline scientifique, n’a été que peu développé. Ici, nous interrogeons la notion d’ « archive » au singulier, telle qu’elle a été définie par quelques philosophes de l’histoire, à la recherche d’éléments permettant de définir les apports de ces archives à la construction disciplinaire de l’histoire de l’architecture.</p><p><strong>« Éparpiller l’archive, thématiser l’archive : deux études de cas photographiques. Evidence de Larry Sultan et Mike Mandel et Archiv de Peter Pille<br /></strong>Roberta Agnese<br />Dans le vaste panorama des pratiques artistiques contemporaines qui s’appuient sur un travail d’archive, cet article se focalise sur le cas spécifique de la photographie. Les deux œuvres étudiées, Evidence de Sultan et Mandel et l’Archiv Peter Piller, opèrent de manière complémentaire d’une part à éparpiller et de l’autre à thématiser les images photographiques d’archive, pour dévoiler l’ambiguïté de la photographie, comme étant à la fois document et objet esthétique, tout en réfléchissant à la complexité de notre culture visuelle contemporaine. </p><p><strong>« Un monde d’archives : Fernand Deligny et les pratiques du langage expositif <br /></strong>Marlon Miguel<br />En 1967, Fernand Deligny s’installe dans les Cévennes et établit un réseau de lieux de vie accueillant des enfants autistes mutiques. Cette « tentative » très particulière va se structurer sur trois grandes pratiques : l’écriture, la cartographie et l’usage de la caméra. Le but de ces pratiques est non pas de représenter les enfants autistes, mais bien plutôt de les exposer. Il y a dans chacun des dispositifs une recherche pour créer des langages qui document les enfants sans pour autant les absorber dans un langage assimilateur. Cet article vise à mettre en lumière le fait que la tentative cévenole n’a cessé de produire une archive vivante et collective – des cartes des déplacements, gestes et attitudes des enfants dans le territoire, des photos, des films, des enregistrements sonores, des journaux et des textes de documentation.</p><p><strong>« Les usages de l'art colonial dans les expositions coloniales : le cas du pavillon marocain <br /></strong>Marlène Lespes<br />Cet article a pour objectif de montrer comment l'art colonial, ici dans le sens de l'art plastique réalisé par des artistes occidentaux d'après leur voyage dans les colonies, est utilisé par les commissaires des expositions coloniales. À travers l'exemple du pavillon marocain des expositions marseillaise de 1922 et parisienne de 1931, nous verrons que les organisateurs ont recours aux toiles, dioramas et panoramas pour leur caractère informatif, distrayant et illusionniste.</p>";"<p>Introduction <br /><br />Les archives jouent un rôle grandissant dans l’art contemporain, tant dans la pratique des artistes que dans celle des chercheurs. Le critique Hal Foster parle de « pulsion d’archive » [<em>archive impulse</em>], à propos d’artistes qui se servent d’archives comme d’un matériau pour leurs œuvres et de fait, de nombreux artistes mettent en œuvre un travail « archivistique » de rangement ou d’accumulation qui interroge les normes régissant les rapports sociaux aux objets du passé. Simultanément, l’évolution des pratiques artistiques rend les archives de plus en plus nécessaires : l’art contemporain, fréquemment conçu dans des formes éphémères, ne s’appréhende bien souvent que par ses traces et réminiscences (photographies, récits, enregistrements...). C’est de plus en plus grâce à la documentation conservée dans les archives d’artistes et d’institutions que l’étude de l’art devient possible. Cela pose alors la question de savoir qui constitue ces archives et dans quel cadre elles sont conservées. Toute opération d’archivage comporte en effet des sélections et des exclusions qui conditionnent les reconstructions historiques : celles-ci varient aussi à la suite des circonstances dans lesquelles les archives sont constituées et conservées.</p><p>L’évolution récente du concept d’archive, de son statut et de ses différentes fonctions sociales invite à la réflexion. Loin d’être un dispositif neutre, la condition de l’archive, comme le note Derrida, est celle d’être un <em>lieu d’autorité</em>. L’archive peut être un instrument de pouvoir, imposant des récits idéologiques et des identités figées, mais elle peut aussi permettre de reconstruire à rebours l’histoire des « hommes infâmes » dont parle Foucault. Réfléchir au fonctionnement de l’archive permet ainsi de mettre en question non seulement les modes de fonctionnement, mais aussi la fragilité des institutions chargées de la conservation archivistique, révélant par là l’instabilité de la mémoire sociale.</p><p>Enfin, la réflexion critique sur le dispositif archivistique se fait d’autant plus nécessaire aujourd’hui qu’on assiste à une progressive fétichisation des archives : on les expose de plus en plus et leur prix monte sur le marché. Cette actuelle valorisation des archives peut sans doute être vue aussi comme un symptôme de leur disparition, au moins sous leur forme matérielle habituelle. Avec le développement de l’informatique, les archives personnelles disparaissent progressivement et les artistes comme les institutions se lancent dans un processus infini de numérisation des ressources disponibles. Les auteurs de ce numéro — archivistes, artistes et théoriciens de l’art — réfléchissent tous à leur manière à ces questions.</p><p>Le premier texte, dû à Clothilde Roullier et Yann Potin des Archives nationales permet de revenir sur l’histoire de la relation des artistes aux archives et à l’archivage, dans le contexte français. Les auteurs distinguent parmi les documents qui entourent les œuvres ceux qui sont produits par leurs auteurs et ceux qui émanent de l’administration, remarquant que des choix ont constamment été faits, qui orientent le regard des chercheurs — particulièrement depuis la création du Bureau des travaux d’art, puis du Ministère des affaires culturelles.</p><p>Le texte de Paul Bernard-Nouraud s’intéresse quant à lui à l’usage que certains artistes font des documents d’archive. Les exemples d’Édouard Manet, Paul Klee, Gerhard Richter et quelques autres sont convoqués afin de montrer la plasticité de l’usage que font ces auteurs de documents tirés de l’actualité et versés au sein de « leur » archive. Maria Tyl prend, quant à elle, le parti inverse et s’attache davantage à l’étude de la construction collective d’une archive par des artistes. L’exemple qu’elle choisit, la galerie polonaise Foksal, lui permet de montrer que « l’archive vivante » peut être un ciment qui unit des artistes, voire un moyen de résister collectivement à un contexte défavorable à la création. Une situation similaire fait l’objet de l’enquête d’Elena Lespes-Munoz à propos des archives du Musée d’art contemporain de São Paulo (MAC-USP). Là aussi, en pleine dictature, les artistes et acteurs du musée inventent une forme de résistance qui passe par la production de documents en tout genre et notamment par la promotion de l’art postal et de formes documentaires pauvres. Les objets produits ne sont pas des œuvres au sens traditionnel et comme ils ne rentrent pas dans les catégories de la conservation, ils peuvent circuler plus librement. Les archives sont alors le lieu de la conservation de toutes ces activités : un lieu de liberté pour l’art.</p><p>Les quatre textes suivants partent de questions beaucoup plus spécifiques. Guillaume Sintès s’intéresse à la pratique de l’archive en danse, au travers du projet Waehner, et notamment aux problèmes posés par la recréation d’un projet chorégraphique déjà ancien. Les archives jouent évidemment un rôle central dans une telle configuration, permettant la reprise-transposition des œuvres dans le contexte contemporain.</p><p>La question posée par le texte de Nina Mansion est assez différente, bien que les problèmes rencontrés soient tout aussi importants. La question de l’archive de l’architecture contemporaine y est présentée comme complexe, puisqu’elle est « ce qui règle la production de discours en et sur l’histoire de l’architecture ». Une nouvelle fois, en un prolongement de la réflexion de Clothilde Roullier et Yann Potin, les archives produites par les architectes eux-mêmes s’opposent et leur mise en ordre par des institutions spécialisées.</p><p>Le texte de Roberta Agnese prolonge les mêmes questions, à partir du travail de trois photographes : d’un côté Larry Sultan et Mike Mandel — qui collectent et mettent en ordre des images trouvées comme des « preuves » de quelque chose qui n’apparaît pas — et de l’autre, Peter Piller, un artiste qui regroupe des images trouvées dans des catégories à première vue absurde. </p><p>Le dernier texte du dossier, dû à Marlon Miguel, revient sur la pratique d’archivage de Fernand Deligny. Son célèbre projet s’accompagne en effet de toute une activité d’écriture, de documentation et de tournage de films, lesquels ont une destination qui n’est pas toujours explicite, mais permet d’asseoir le projet dans son ensemble.</p><p>Nous publions aussi deux entretiens sur le sujet. Le premier, réalisé avec le critique d’art américain Hal Foster, revient sur « The Archival Impulse », un article de 2004 qu’il avait consacré aux pratiques artistiques contemporaines faisant appel aux archives. Le second, qui réunit Don Foresta, Jean-Marie Dallet et Frédéric Curien, fait état de leur travail collectif autour des archives des pionniers de l’art vidéo Woody et Steina Vasulka (et de la manière dont ces archives sont réinvesties dans des démarches artistiques contemporaines).</p><p>Dans les varias de ce numéro nous publions un article de Marlène Lespes consacré aux pavillons marocains dans les Expositions coloniales en France avant la Seconde Guerre mondiale. Il est précédé d’un portfolio de Mabe Bethoni — lequel est pour la première fois dans l’histoire de <em>Marges</em> — est en couleur.</p><p> </p><p><strong>Jérôme Glicenstein </strong></p><p>Octobre 2017</p>";"<p><strong>About works of art in and out of a file. A contribution of the a/Archives to art gestur<br /></strong>Yann Potin and Clothilde Roullie<br />The point of view proposed here is that of two archivists concerning the reversals and appropriations made by artists, philosophers and art historians about the archive (the ""leftover"") and the archives (organized and regulated traces system). For example, it is a matter of knowing who, from the artist or archive administration, produces artistic installations, and to wonder what part of the public work of art still lives in its purchase-order file.</p><p><strong>The Archived Image: On Some Shapes of Contemporary Ar<br /></strong>Paul Bernard-Nourau<br />To the question to know to what extent archives do inform the contemporary works of art, we answer that they do so literally and deeply. Indeed, this article consider that reusing archive images is more a signal than a goal; like if the artist were more or less explicitly signalling his source, which justifies that we look to it, but eventually orientates to the shapes time gave to it and which in a way “contaminated” its own image. In other words, we pay less attention here to the way images use archives than to the ways through which contemporary works of art are marked by their materiality, to such an extent that by “archived image” we understand an image which would have taken its shapes from the archive.</p><p><strong>LIVING ARCHIVE - CRITICAL ARCHIVE. The gallery as an archive in Poland of the 1970s: the example of the Foksal galler<br /></strong>Maria Ty<br />The Polish conceptual art of the 1960’s and 70’s resulted mainly in the creation of conceptual art galleries that documented the ephemeral activities of art at that time. Between 1971 and 1972 the Foksal Gallery published two manifestos: the “Living Archives” and the “Documentation”, which were a critical reflection on these activities. The article focuses on the manifestos’ content, use and the fate of the project, endangered by institutionalization and the takeover by the goverment's cultural politics.</p><p><strong>MAC USP’s archives – between exhibition and activatio<br /></strong>Elena Lespes Muno<br />In Brazil, under the management of Walter Zanini, the MAC-USP, the Museum of Contemporary Art of the University of São Paulo has been a very interesting experimental place with an uncommon liberty considering the dictatorship’s context. The artistic practices and the exhibitions presented then - basically oriented towards both individual and collective experience - have left a number of materials and documents whose status and nature appear difficult to define. The sharing of these experiences through the exhibition of their traces raises many questions today.</p><p><strong> </strong><strong>« Pratice of Dance Archives : the French-German Waehner Project (2015/2018) <br /></strong>Guillaume Sintè<br />The archival fonds of choreographer and dance educator Karin Waehner reveals a triple practice of dance archives shared between the institutionnal memory projet of the artist (on her own initiative and continued after her death), its echo within two collections (opening up a dialogue between the Bibliothèque nationale de France in Paris and the Akademie der Künste in Berlin), its performance and exhibition as part of a research-creation.</p><p><strong> </strong><strong>« Towards an epistemological definition of « archive » in architectural history. <br /></strong>Nina Mansion-Prud’homm<br />This paper aims at defining the notion of « archive » in the field of architectural history. Architects’ archives have been known and identified by French architectural historians, especially since the Institut Français d’Architecture started collecting them in 1981. However, their role in the making of architectural history as a field of research and a scientific discipline has not been explained and analysed thoroughly. Therefore, this paper will question the notion of « archive » in its singular form, as conceptualised by some historians and philosophers, in order to bring to light various elements which can help defining the contribution of these archives to the disciplinary making of architectural histor</p><p><strong>Scattering the archive, thematizing the archive: two photographic case studies. Evidence by Larry Sultan & Mike Mandel and Archiv by Peter Piller</strong><br />Roberta Agnes<br />In order to consider the role of the archive within contemporary art practices, this article focuses on the specific case of photography. The two works that are here analyzed, Evidence by Sultan and Mandel and the Archiv Peter Piller, act in a complementary way by scattering and by thematizing archive’s photographic images. They thus reveal the ambiguity of photography, as being at the same time document and aesthetic object, by pointing at the complexity of our contemporary visual culture.</p><p><strong>A world of archives: Fernand Deligny's practices on expository language<br /></strong>Marlon Migue<br />In 1967, Fernand Deligny establishes, in the Cevennes, a network of living areas receiving autistic mute children. This very particular “attempt” structures itself around three main practices: the writing, the cartography and the use of cameras. The purpose of these practices is not to represent the children, but rather to expose them. The research of each of these practices is focused on creating languages capable of documenting the children without absorbing them into an assimilative language. This article aims to shed a light on the fact that the attempt has ceaselessly created an alive and collective archive – of maps of trajectories, gestures and attitudes of the children in the territory, of photos, films, sounds, journals and documentation texts.</p><p><strong>“The different Uses of Colonial Art in Colonial Exhibitions: The Case of the Moroccan Pavilion”</strong><br />Marlène Lespes<br />The purpose of this article is to explain how curators of colonial exhibitions used colonial art, understood here as plastic art made by Western artists who travelled to the colonies. Through the Moroccan Pavilion at the Expositions coloniales in Marseille, 1922, and in Paris, 1931, it will be seen that canvas, dioramas and panoramic paintings, because of their informative and entertaining role, were used by curators.</p>";332;15.00;"<p>L’importance prise par les archives dans l’art contemporain est aujourd’hui considérable, aussi bien dans la création que dans l’écriture de l’histoire de l’art ou encore dans les activités et les expositions des institutions artistiques. Ce numéro revient sur des points saillants de cette « fièvre d’archive » qui fait de l’archive comme une catégorie en soi dans le monde de l’art contemporain.</p>";;22/06/2017 14:06;1;Première édition;3675 660;1;3;24;Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siècles);N°41/2017;;;"<p>On associe au monde asiatique pré-moderne des sociétés d’ordres figées, où hommes et femmes sont condamnés de par leur statut à des parcours de vie uniformes. Or ces dernier pouvaient se négocier et des identités nouvelles sont apparues.</p>";"<!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Arial; panose-1:2 11 6 4 2 2 2 2 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536859905 -1073711037 9 0 511 0;} @font-face {font-family:""MS 明朝""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 134676480 16 0 131072 0;} @font-face {font-family:""MS ゴシック""; mso-font-charset:78; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:1 134676480 16 0 131072 0;} @font-face {font-family:Century; panose-1:2 4 6 4 5 5 5 2 3 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:647 0 0 0 159 0;} @font-face {font-family:""Cambria Math""; panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; text-align:justify; text-justify:inter-ideograph; mso-pagination:none; font-size:12.0pt; font-family:Century; mso-ascii-font-family:Century; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-hansi-font-family:Century; mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-font-kerning:1.0pt; mso-ansi-language:FR-CA; mso-fareast-language:JA;} h1 {mso-style-priority:9; mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-link:""Titre 1 Car""; mso-style-next:Normal; margin-top:12.0pt; margin-right:0cm; margin-bottom:0cm; margin-left:0cm; margin-bottom:.0001pt; line-height:107%; mso-pagination:widow-orphan lines-together; page-break-after:avoid; mso-outline-level:1; font-size:16.0pt; font-family:Arial; mso-ascii-font-family:Arial; mso-ascii-theme-font:major-latin; mso-fareast-font-family:""MS ゴシック""; mso-fareast-theme-font:major-fareast; mso-hansi-font-family:Arial; mso-hansi-theme-font:major-latin; mso-bidi-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-theme-font:major-bidi; color:#365F91; mso-themecolor:accent1; mso-themeshade:191; mso-font-kerning:0pt; mso-fareast-language:ZH-CN; font-weight:normal;} span.Titre1Car {mso-style-name:""Titre 1 Car""; mso-style-priority:9; mso-style-unhide:no; mso-style-locked:yes; mso-style-link:""Titre 1""; mso-ansi-font-size:16.0pt; mso-bidi-font-size:16.0pt; font-family:Arial; mso-ascii-font-family:Arial; mso-ascii-theme-font:major-latin; mso-fareast-font-family:""MS ゴシック""; mso-fareast-theme-font:major-fareast; mso-hansi-font-family:Arial; mso-hansi-theme-font:major-latin; mso-bidi-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-theme-font:major-bidi; color:#365F91; mso-themecolor:accent1; mso-themeshade:191; mso-font-kerning:0pt; mso-ansi-language:FR; mso-fareast-language:ZH-CN;} .MsoChpDefault {mso-style-type:export-only; mso-default-props:yes; font-family:Century; mso-ascii-font-family:Century; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-fareast-font-family:""MS 明朝""; mso-fareast-theme-font:minor-fareast; mso-hansi-font-family:Century; mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:""Times New Roman""; mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-font-kerning:1.0pt; mso-ansi-language:FR-CA; mso-fareast-language:JA;} @page WordSection1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.WordSection1 {page:WordSection1;} --><p>Introduction</p><p>Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siècle)<br /><strong>Annick Horiuchi </strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong>I. Où l’identité s’affirme</strong></p><p>La gloire d’un marchand : Enomoto Yazaemon,<em> </em>négociant en sel dans le Japon du XVII<sup>e</sup> siècle <em></em><br /><strong>Guillaume Carré </strong></p><p>Identité sociale et identité nationale dans <em>Chōnin bukuro</em> et <em>Hyakushō bukuro</em> de Nishikawa Joken <br /><strong>Daniel Struve </strong></p><p style=""text-align: center;""><em> </em><strong>II. Où le statut fluctue<br /></strong></p><p>Prêtre shintō à l'époque d'Edo: un statut, des réalités<br /><strong>Yannick Bardy </strong></p><p>Asservir pour punir : la nature pénale du statut d’esclave dans la Chine des Ming (1368-1644)<br /><strong>Claude Chevaleyre</strong></p><p>Le couple dans la famille guerrière durant la seconde moitié de l’époque Edo (XVIII<sup>e</sup>-XIX<sup>e</sup> siècle) : La question du mariage et du concubinage<br /><strong>Segawa Yūta</strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong>III. Où l’identité prend corps <br /></strong></p><p>Une identité religieuse dans la tourmente : les catholiques face à la politique de proscription des Tokugawa (XVII<sup>e</sup> siècle)<br /><strong>Martin Nogueira Ramos </strong></p><p>Les « gens du milieu » en quête d’une identité dans la société du Chosŏn au XIX<sup>e</sup> siècle <br /><strong>Kim Daeyeol</strong></p><p>Domination et dépendance : l’évolution du statut des chefs aïnous en Asie orientale (XVII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècle)<br /><strong>Noémi Godefroy</strong></p><p style=""text-align: center;""> <strong>IV. Regard extérieur </strong></p><p style=""text-align: left;"">De l'Extrême-Orient à l'Extrême-Occident, et retour. L'étude comparée des sociétés de la France d'Ancien Régime et de l'Asie de l'époque moderne<strong><br />François-Joseph Ruggiu</strong></p>";;23/11/2017;41;155x220;276;978-2-84292-739-4;978-2-84292-739-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_660.jpg;"<p>Yannick Bardy<br /><strong>Prêtre shintō à l’époque d’Edo : un statut, des réalités</strong><br /><br />Qu’est-ce qu’un « prêtre shintō » pendant la période d’Edo (1600-1868), dans un contexte de syncrétisme shintō-bouddhique ? Pour en discuter, nous montrerons d’abord la diversité des sanctuaires shintō et de leurs prêtres au sein d’un village. Puis nous discuterons de la nature des différents types de prêtres rencontrés et de leur place au sein du sanctuaire et des villages. Enfin, nous traiterons du système de contrôle et d’organisation des prêtres mis en place par le shogunat et de ses limites.<br /><br /><br />Guillaume Carré<br /><strong>La gloire d’un marchand : Enomoto Yazaemon, négociant en sel 
dans le Japon du XVIIe siècle</strong><br /><br />Les écrits autobiographiques du négociant en sel Enomoto Yazaemon sont des documents précieux pour connaître l’existence des marchands japonais dans le Kantō au début de la période d’Edo. Ces archives nous dépeignent un bourgeois qui bataille pour établir sa réputation et son autorité à la tête de sa « maison », une structure familiale au cœur de ses représentations du statut social et des valeurs des commerçants. Son témoignage nous livre le tableau d’une condition marchande en pleine ascension, et qui élabore son propre système de valeurs, dans un climat économique porteur, et grâce à la protection des dirigeants guerriers.<br /><br /><br />Claude Chevaleyre <br /><strong>Asservir pour punir : la nature pénale du statut d’esclave 
dans la Chine des Ming (1368-1644)</strong><br /><br />« Châtier pour punir » se propose d’explorer l’identité des « esclaves » en Chine impériale tardive. En s’appuyant sur les sources juridiques et institutionnelles d’époque Ming (1368-1644), cet article examine les caractéristiques intrinsèques du statut d’esclave et s’attache en particulier à mettre en évidence l’existence d’un lien conceptuel fort (et très ancien) entre asservissement et châtiment. Ce faisant, cet article entend contribuer au renouveau des études concernant l’histoire du fait servile en Chine impériale, sujet trop peu étudié par les études chinoises occidentales et dont les aspects conceptuels, pourtant fondamentaux, ont été négligés par les historiens chinois.<br /><br /><br />Noémi Godefroy<br /><strong>Domination et dépendance : l’évolution du statut des chefs aïnous 
en Asie orientale (XVIIe-XVIIIe siècle)</strong><br /><br />À partir du XVIIe siècle, l’île d’Ezo (actuelle Hokkaido) devient une zone-frontière entre les populations japonaise, aïnoue et russe. Les rapports intra- et interethniques dans cette « zone médiane » (middle-ground) s’insèrent dans un système complexe de dépendances croisées économiques et politiques entre les différents acteurs régionaux. Ces rapports d’interdépendance sont matérialisés par la création de ce que Fredrick Barth appelle des « statuts ethniques dichotomisés », des distinctions ethniques figées sous-tendant une altérité irréductible, garants du maintien de relations stables, et par la mise en place de protocoles de légitimation mutuelle, de plus en plus codifiés, lors de cérémonies de remise de tribut.
 À travers l’étude de ces cérémonies, organisées par les Japonais, en territoire domanial (uimam) et en territoire aïnou (umsa), on observera l’évolution du statut des chefs aïnous à l’intérieur de cette société pluriethnique, et on verra dans quel sens cette évolution reflète les changements dans l’équilibre des pouvoirs régionaux au XVIIIe siècle.<br /><br /><br />Kim Daeyeol 旄”皵<br /><strong>Les « gens du milieu » en quête d’une identité dans la société du Chosŏn au XIXe siècle</strong><br /><br />Les chungin apparaissent comme une couche sociale dans la société du Chosŏn vers le XVIe siècle, à la suite de leur discrimination par les lettrés fonctionnaires « nobles ». Cette couche sociale est limitée dans son recrutement et sa promotion au sein de la bureaucratie. Parmi eux se trouvent les fonctionnaires aux postes techniques ou spécialisés. Leurs métiers deviennent ainsi quasi héréditaires. Ils jouissent pourtant de la même culture avec la classe supérieure. Cette contradiction est l’une des origines principales de leur sentiment de frustration. Au milieu du XIXe siècle, dans une nouvelle donne sociopolitique de la société coréenne, ils développent divers mouvements sociaux pour défendre leur intérêt commun et rétablir leur identité sociale.<br /><br /><br />Martin Nogueira Ramos<br /><strong>Une identité religieuse dans la tourmente : les catholiques face à la politique 
de proscription des Tokugawa (XVIIe siècle)</strong></p><p>Cet article s’inscrit dans les débats actuels en histoire du Japon sur la perception du catholicisme et le façonnement des identités religieuses au début de l’époque d’Edo. J’apporte d’abord des éléments de réponse aux deux questions suivantes : les Japonais de la première moitié du XVIIe siècle perçoivent-ils le catholicisme comme une religion étrangère ? Établissent-ils des liens entre la pratique religieuse et l’idée qu’ils se font du Japon ? Des recherches récentes, qui se fondent essentiellement sur des textes écrits par les guerriers, tendent à montrer que le catholicisme était souvent assimilé à la figure de l’altérité absolue, voire à ce que l’on pourrait appeler l’ « anti-Japon ». J’estime que ce point de vue doit être nuancé, notamment en ce qui concerne les roturiers. Mon propos porte ensuite sur l’attitude des catholiques face à la répression et aux critiques qui leur étaient adressées par le pouvoir. En m’appuyant sur des documents rédigés par les participants à la révolte de Shimabara-Amakusa (1637-1638), je défends l’idée d’une radicalisation de leur identité religieuse qui repose en grande partie sur leur rejet des dieux et des bouddhas.<br /><br /><br />Segawa Yūta 世川祐多<br /><strong>Le couple dans la famille guerrière durant la seconde moitié de l’époque d’Edo (XVIIIe-XIXe siècle) : la question du mariage et du concubinage</strong><br /><br />À l’époque Edo, deux formes d’union entre homme et femme coexistent dans la société guerrière : d’un côté le mariage, liant deux époux dans une relation officielle et agréée par les autorités, et de l’autre le concubinage, unissant un maître et une concubine dans une relation strictement privée. Les concubines étant généralement issues d’une classe inférieure, le concubinage constituait dès lors une union qui dépasse les statuts. Cette union résulte d’une intention particulière des deux parties, en lien avec le désir, l’amour, ou l’argent… Nous analysons le couple dans la famille guerrière en lien avec la question du statut social.<br /><br /><br />Daniel Struve<br /><strong>Identité sociale et identité nationale dans Chōnin bukuro et Hyakushō bukuro de Nishikawa Joken</strong><br /><br />Nishikawa Joken (1648-1724), savant confucéen, moraliste, géographe et astronome de condition marchande de Nagasaki, est, entre autres, l’auteur de deux ouvrages didactiques Chōnin bukuro (« Sac des marchands », 1692, publié en 1717) et Hyakushō bukuro (« Sac des paysans » 1721, publié en 1731), où il définit la place de chacun de ces statuts dans la société de son temps et les règles de comportement qui en découlent. Ces deux recueils de réflexions sans plan déterminé qu’on peut situer dans la riche tradition inspirée par le succès des Heures oisives tout au long du XVIIe siècle, sont une source de première importance sur les représentations sociales dans le Japon de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle. À travers une analyse du contenu de ces deux ouvrages, nous cherchons à préciser le lien qui s’y dessine entre les valeurs constitutives assignées à chaque état, celui des bourgeois (chōnin) et des paysans, mais aussi des guerriers, et une réflexion plus générale sur l’histoire du Japon et la place de celui-ci dans le monde.<br /><br /><br /></p>";"<p class=""auteur""><strong>Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siècle)</strong><em><br /><br />Annick Horiuchi<br /></em></p><p class=""txt_Normal"">Les études consacrées à l’histoire sociale de l’Asie orientale à l’époque prémoderne<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> n’ont pas été très nombreuses en France ni d’ailleurs dans aucun pays occidental, à l’exception de ces dernières années. Derrière ce manque d’intérêt, il y a sans doute l’idée persistante que les structures sociales dans ces pays, puissamment dominés par l’idéologie confucéenne, ne pouvaient guère évoluer, et qu’en dehors des moments de rébellion, il n’existait guère d’espace où des identités sociales puissent s’affirmer.</p><p class=""txt_Normal"">On ne s’étonnera donc pas que l’attention des chercheurs, pour le cas du Japon, se soit portée plus particulièrement sur les révoltes paysannes<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span> ou encore sur les mouvements religieux qui ont précédé les événements de Meiji<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. L’élite guerrière, dans la mesure où elle occupait la position de pouvoir, a fait l’objet de plus d’attention, mais la dimension politique, économique ou culturelle a été privilégiée au détriment de la dimension humaine ou sociale. Le fait que cette classe n’était pas homogène et qu’il existait en son sein différents statuts, déterminant de manière essentielle leur conduite et leurs ressources, n’a pas été perçu comme suffisamment significatif pour être observé de près<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. L’attention s’est portée surtout sur les classes élevées ou les intellectuels d’exception. Quant aux marchands, ce sont évidemment en tant qu’acteurs de l’industrialisation du Japon qu’ils ont attiré l’attention, mais il semble qu’il reste encore beaucoup à faire pour éclairer leur rôle de bourgeois dans la société urbaine<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>. Enfin, les études sur la société villageoise sont demeurées elles aussi assez réduites<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>, si l’on exclut celles consacrées aux révoltes ou celles qui voient dans le développement économique des régions rurales le fondement de l’industrialisation du Japon, mais on reconnaîtra la grande qualité des travaux existants<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. Quant aux études sur les femmes, elles ont été longtemps basées sur la littérature écrite par des hommes. Ce n’est que récemment que des sources judiciaires ont été mises à contribution pour apporter un éclairage sur le monde de la prostitution<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Le biais que l’on perçoit dans l’approche de la société japonaise est aussi lié à la forte coloration marxiste des travaux japonais eux-mêmes. Mais cette dernière s’est beaucoup estompée depuis les années 1990, notamment sous l’effet des nombreuses études qui ont vu le jour au Japon même, notamment sous l’étiquette des « marges statutaires » (<span class=""typo_Italique"">mibunteki sh</span><span class=""typo_Italique"">ū</span><span class=""typo_Italique"">en</span>). On ne reviendra pas ici sur les séries d’ouvrages collectifs publiés sous ce titre, à l’instigation d’historiens réunis autour de Yoshida Nobuyuki et Tsukada Takashi, car elles sont désormais bien connues du public français<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>. Ce courant d’études a été d’une grande fécondité mais il n’était pas dépourvu lui-même de biais ou d’angles morts. Ces derniers ont été récemment épinglés par les historiens d’un autre courant, réunis autour de Fukaya Katsumi et Ōhashi Yukihiro. Ces derniers veulent pour leur part redonner une place centrale aux ressorts de l’individu. En ce faisant, des questions nouvelles sont apparues comme : le désir d’ascension sociale, le rôle des femmes, le statut des populations « étrangères », la diversité des profils du « paysan » ou encore la question de l’identité régionale<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>. Les articles réunis dans le présent numéro sont plus proches de ces orientations.</p><p class=""txt_Normal"">Si l’on se tourne vers les autres pays que sont la Chine et la Corée, on peut percevoir la même empreinte de l’historiographie marxiste, les mêmes tendances à privilégier le politique ou l’économique aux dépens du « social », en entendant par ce terme les valeurs et les pratiques qui structurent le quotidien des couches les plus humbles. L’attention des chercheurs s’est très nettement portée sur la bureaucratie impériale, supposée absorber les forces vives du pays et dotée d’un pouvoir symbolique sans égal. Si les historiens, et plus particulièrement les historiens occidentaux, n’ont que timidement cherché à étudier les couches plus modestes voire invisibles de la société, cela tient aussi à la difficulté de les saisir autrement que par des sources produites par cette bureaucratie ou par la littérature<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. Il convient cependant de souligner que le développement des <span class=""typo_Italique"">gender studies</span> et les facilités d’accès aux sources juridiques et aux archives judiciaires ont suscité dernièrement des études d’un nouveau type, appliquées notamment à l’étude de la sexualité et de la famille<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Le présent numéro réunit huit articles, issus pour sept d’entre eux d’une journée d’étude organisée en novembre 2015 à l’Université Paris Diderot sur le thème des « Statuts et identités dans les sociétés prémodernes en Asie ». La journée visait d’une part à montrer que la société japonaise sous les Tokugawa ne pouvait se résumer aux fameux quatre statuts (<span class=""typo_Italique"">mibun</span>)<span class=""typo_Italique""> shi-nō-kō-shō</span> (guerrier-paysan-artisan-marchand) mis en exergue par le discours confucéen et qu’il existait d’autres conditions, périphériques ou intermédiaires, qui méritaient attention. Il paraissait d’autre part important de souligner que le statut n’expliquait pas à lui seul la conduite d’un individu. Un individu pouvait être mû par des valeurs et des identités acquises ou cultivées incidemment au cours de sa vie : identité religieuse, identité régionale, identité nationale, identité de lettré, valeurs guerrières, etc. Cela permettait de sortir des déterminismes de classes et des explications reposant uniquement sur des arguments économiques ou politiques.</p><p class=""txt_Normal"">Ce projet s’accompagnait dès le départ d’une volonté de ne pas se limiter aux frontières du Japon, même si l’accumulation des recherches sur les statuts sociaux semble être un phénomène propre à l’historiographie japonaise des vingt-trente dernières années. C’est donc volontairement que le présent numéro n’est pas uniquement axé sur le Japon, mais qu’il comporte aussi un article sur l’élite intermédiaire en Corée et un article sur la population servile en Chine. La diversité des pays considérés aurait pu faire craindre un éclatement, mais force est de constater qu’il n’en est rien. Il existe en effet une grande proximité entre les sociétés de ces trois pays d’Asie orientale qui ont cheminé côte à côte, tout en suivant des voies différentes. Si bien que les questions soulevées pour un pays conservent de leur pertinence pour les autres. S’il existe une différence notable entre ces trois pays, elle réside dans le type de sources conservées, celui-ci étant déterminées bien souvent par le régime politique. Le seul défaut sérieux que l’on pourrait trouver au numéro serait le déséquilibre entre le format restreint d’un numéro de revue, et l’immense champ d’étude que représente l’histoire sociale de l’Asie prémoderne. Il convient de voir ce numéro comme le premier d’une série.</p><p class=""txt_Normal"">Les articles ont été regroupés en trois parties. Dans la première, on abordera, par deux voies distinctes, la mentalité des marchands au <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Guillaume Carré nous conduit tout d’abord au cœur des réflexions d’un marchand de Kawagoe, une ville castrale moyenne située au nord de la capitale shogunale, en s’appuyant sur deux documents à caractère autobiographique, laissés par un marchand du nom d’Enomoto Yazaemon. Si ces documents n’ont pas vocation à révéler tous les ressorts de sa psychologie, ils nous en apprennent néanmoins beaucoup sur la mentalité d’une bourgeoisie au faîte de son ascension. On découvre ainsi comment son identité de bourgeois (<span class=""typo_Italique"">chōnin</span>) se nourrit de manière essentielle du succès de son négoce, de l’estime de ses pairs, de la reconnaissance par ses proches de sa stature de chef de maisonnée, ainsi que des relations de proximité qu’il entretient avec les puissants (le seigneur). On note que l’élite bourgeoise, dont Enomoto est un représentant, tend déjà à intégrer dans son discours des valeurs telles que l’ardeur au travail et la frugalité, qui constitueront par la suite le credo de la classe marchande. L’article de Carré nous apprend aussi au passage que la même élite était parfois investie par les guerriers de la mission d’édifier le peuple.</p><p class=""txt_Normal"">L’article de Daniel Struve qui lui succède offre une parfaite illustration de la manière dont certains marchands, pénétrés d’idéologie confucéenne, se sont acquittés de cette mission de précepteur. À travers deux essais au fil du pinceau de Nishikawa Joken, <span class=""typo_Italique"">La Besace du bourgeois</span> et <span class=""typo_Italique"">La Besace du paysan</span>, respectivement imprimés en 1719 et 1731, Struve examine le regard à la fois critique et confiant qu’un marchand de Nagasaki porte sur le peuple de son époque, alors que l’essor de l’économie modifie profondément son mode de vie et le rapport qu’il entretient avec les puissants. Il s’adresse d’un côté aux bourgeois (<span class=""typo_Italique"">chōnin</span>), les habitants des quartiers urbains, qu’il cherche à ramener vers la voie de la frugalité, de la mesure et de l’étude. Quant aux paysans (<span class=""typo_Italique"">hyakushō</span>), il les met en garde contre les risques auxquels ils s’exposent en suivant l’exemple des bourgeois. Fort de l’objectivité que lui confère sa naissance à Nagasaki, unique ville ouverte au monde extérieur, il prône les vertus de la simplicité, une qualité du peuple japonais fortement idéalisée, qu’il fait remonter au temps des Dieux.</p><p class=""txt_Normal"">Dans la seconde partie, se trouvent rassemblés trois articles portant sur des catégories de populations que l’on pourrait qualifier d’invisibles, dans la mesure où elles ont rarement été étudiées par les historiens. Il s’agit d’une part des prêtres shintō dans les villages de l’époque d’Edo, des esclaves dans la Chine des Ming, et enfin, des femmes dans les familles guerrières. Ces trois populations n’ont évidemment rien de commun, si ce n’est qu’elles sont difficiles à saisir au moyen des sources connues.</p><p class=""txt_Normal"">Les prêtres shintō décrits par Yannick Bardy sont des personnages définis <span class=""typo_Italique"">a minima</span> comme les desservants de sanctuaires de villages. Leur habit de religieux pourrait donner à penser qu’ils jouissent d’une distinction comparable à celle des moines bouddhistes. Mais il n’en est rien. Loin de leur conférer un statut, Bardy constate que la fonction de desservant n’assure <span class=""typo_Italique"">a priori</span> aucun capital symbolique ni matériel. Preuve que la pérennité de la fonction n’était pas garantie pour tous, certains ont cherché à se procurer des patentes auprès de maisons anciennement attachées à la cour impériale, telles que les Yoshida ou les Shirakawa. On voit ainsi qu’une population, sans grande qualification, a pu, au fil du temps, gagner quelque prestige et reconnaissance auprès de la communauté villageoise, en faisant appel à une source d’autorité extérieure et en s’insérant dans un réseau national.</p><p class=""txt_Normal"">Si l’on se tourne à présent vers l’état d’esclave dans la Chine des Ming décrit par Claude Chevaleyre, la situation est sensiblement différente dans la mesure où la population ici ne peut être définie que négativement, par des droits qui lui font défaut, et qu’aucune fonction ne lui est spécifiquement attachée. L’auteur se propose de la cerner ici à travers les documents institutionnels édités sous les Ming. L’un des constats auxquels il aboutit est le lien indissociable qui lie la servitude au châtiment. Le Code des Ming n’y recourt que dans les cas où l’on veut épargner la mort à des proches (enfants ou épouses) de grands criminels. Il ne s’agit pas pour autant de créer une caste, puisque l’État est soucieux d’ôter ce fardeau à ceux qui le portent depuis longtemps. Cette réflexion, qui lève le voile sur un phénomène jusque là peu étudié, a également le mérite d’interroger sur l’existence d’un lien comparable dans les autres pays d’Asie, ainsi que sur la possibilité que cette population ait pu dans d’autres contextes être à l’origine d’une discrimination de plus longue durée.</p><p class=""txt_Normal"">On a déjà évoqué le fait que les femmes avaient été oubliées dans la première vague d’études consacrées aux statuts sociaux. Il n’y a là rien d’étonnant, dans la mesure où statut et fonction sont indissociablement liés à cette époque et qu’à quelques exceptions près les hommes étaient les seuls héritiers de la fonction (<span class=""typo_Italique"">shoku</span>) attachée à une maison. Faut-il en déduire que les femmes n’avaient pas de statut ? C’est la question posée ici par Yūta Segawa, qui se penche sur le régime du mariage et du concubinat au sein des familles guerrières de l’époque d’Edo. Si le mariage répondait à des normes précises, obligeant notamment l’épouse à être de naissance guerrière et à verser une dot, le choix de la concubine était beaucoup plus libre, dans la mesure où rien ne la distinguait d’une domestique. Segawa fait l’hypothèse que le concubinat, dans les familles guerrières, répondait à plusieurs préoccupations de l’époque comme la nécessité de perpétuer la lignée, le désir d’échapper à la misère et de jouir des plaisirs de la vie.</p><p class=""txt_Normal"">Nous avons regroupé dans une troisième partie des articles mettant en jeu des identités ou des statuts émergents. Comme c’est souvent le cas, l’identité ne se manifeste ou ne s’affirme que quand elle est confrontée à un refus de reconnaissance.</p><p class=""txt_Normal"">C’est le cas des catholiques japonais dont nous parle Martin Nogueira Ramos. On connaît le succès foudroyant que cette religion a connu sur la terre japonaise à partir du milieu du <span class=""typo_SC"">xvi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, après l’arrivée des premiers missionnaires dans l’Archipel. La répression violente qui s’ensuivit a fait l’objet de nombreuses études. On connaît moins bien, cependant, la perception que les Japonais ordinaires pouvaient avoir de cette pratique religieuse, ainsi que la manière dont les convertis se représentaient leur propre religion. La voyaient-ils comme une religion étrangère ? La pratique de cette religion portait-elle atteinte à leur japonité ? Ce sont des questions auxquelles Nogueira Ramos tente de répondre ici en s’appuyant notamment sur des lettres échangées entre les camps opposés, lors de la fameuse révolte chrétienne de Shimabara (1637-38).</p><p class=""txt_Normal"">L’article de Noémi Godefroy s’intéresse pour sa part à l’évolution que le statut des chefs aïnous a pu connaître, avec l’intégration croissante de cette population dans l’économie japonaise de l’île de Hokkaidō. Aux yeux des Tokugawa, la population aïnou est une population étrangère, avec laquelle ils communiquent et échangent des biens, par l’intermédiaire du fief de Matsumae dont c’est la prérogative principale. Si la mentalité de ces chefs ne se laisse pas aisément saisir, il apparaît, à travers l’iconographie ou les rapports établis par des émissaires du bakufu sur l’île, que leur aura reposait de manière essentielle sur des « trésors » acquis grâce au commerce régional. Godefroy nous montre que, avec la multiplication des sites de production proto-industrielle dans le Hokkaidō, où les Aïnous étaient utilisés comme main-d’œuvre servile, ces chefs seront de plus en plus exposés aux tensions intra-ethniques et aux compromissions avec les Japonais.</p><p class=""txt_Normal"">Cette partie s’achève par l’étude de Kim Daeyeol sur les <span class=""typo_Italique"">chungin</span> ou gens intermédiaires, une catégorie sociale composée d’hommes qui, bien qu’issus de familles nobles, font l’objet d’une discrimination les empêchant d’accéder à des fonctions autres que celles, techniques, de médecin, comptable, interprète, astronome, légiste, dessinateur… Kim évoque les parcours de ces individus et leur ressentiment à l’égard d’un système qui ne reconnaît pas leurs mérites. Il montre aussi que ces <span class=""typo_Italique"">chungin</span> n’ont pas toujours choisi de se mettre en retrait, et qu’ils ont contribué, de par leur idéologie confucéenne et leur niveau d’éducation, à jouer le rôle de passeur entre l’aristocratie et le peuple.</p><p class=""txt_Normal"">François-Joseph Ruggiu, dans le regard extérieur, nous invite dans un premier temps à un exercice de comparaison avec l’historiographie française ou européenne, pointant à la fois des convergences tant dans les objets étudiés que dans les démarches adoptées pour les analyser. Il montre à travers de nombreux exemples que la comparaison peut ouvrir de nouveaux champs d’investigation à l’historien des sociétés asiatiques en même temps qu’offrir des instruments d’analyse insoupçonnés. Dans la seconde partie, Ruggiu revient sur les débats et les travaux auxquels les notions d’identité et de statut ont donné lieu dans l’historiographie occidentale. Il fait l’hypothèse que la richesse de l’historiographie japonaise sur la question du statut pourrait bien à son tour inspirer de nouvelles manières de penser la société française de l’Ancien Régime.</p><p class=""T_d_BibGlos"">Bibliographie</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Chevaleyre</span> Claude (2012). « Acting as Master and Bondservant. Considerations on Status, Identities and the Nature of “Bond-servitude” in Late Ming China ». In Stanziani, Alessandro (dir.), <span class=""typo_Italique"">Labor, Coercion, and Economic Growth in Eurasia, 17th-20th Centuries. </span>Leyde, Brill : 237-272.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Ikegami</span> Eiko (1995). <span class=""typo_Italique"">The Taming of the Samurai, Honorific Individualism and the Making of Modern Japan</span>. Cambridge (Mas.), Harvard University Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Kalland</span> Arne (1995). <span class=""typo_Italique"">Fishing Villages in Tokugawa Japan</span>. Honolulu, University of Hawaii Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Kouamé</span> Nathalie (2001). <span class=""typo_Italique"">Pèlerinage et société dans le Japon des Tokugawa. Le pèlerinage de Shikoku entre 1598 et 1868</span>. Paris, École française d’Extrême-Orient.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Ooms</span> Herman (1996). <span class=""typo_Italique"">Tokugawa Village Practice : Class, Status, Power, Law</span>. Berkeley, University of California Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Smith</span> Thomas C. (1959). <span class=""typo_Italique"">The Agrarian Origins of Modern Japan</span>. Stanford, Stanford University Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Smith</span> Thomas C. (1977). <span class=""typo_Italique"">Nakahara Family Farming and Population in a Japanese Village. 1717-1830</span>. Standford, Stanford University Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Sommer</span> Matthew Harvey (2000). <span class=""typo_Italique"">Sex, Law, and Society in Late Imperial China</span>. Stanford, Stanford University Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Sommer</span> Matthew Harbey (2015). <span class=""typo_Italique"">Polyandry and Wife-Selling in Qing Dynasty China : Survival Strategies and Judicial Interventions</span>. Oakland, University of California Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Stanley</span> Amy (2012). <span class=""typo_Italique"">Selling Women : Prostitution, Markets, and the Household in Early Modern Japan</span>. Berkeley, University of California Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Vlastos</span> Stephen (1990). <span class=""typo_Italique"">Peasant Protests and Uprisings in Tokugawa Japan</span>. Berkeley, University of Califronia Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Walthall</span> Anne (1991). <span class=""typo_Italique"">Peasant Uprisings in Japan : A Critical Anthology of Peasant Histories</span>. Chicago/Londres, University of Chicago Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Walthall</span> Anne (1998). <span class=""typo_Italique"">The Weak Body of a Useless Woman : Matsuo Taseko and the Meiji Restoration</span>. Chicago, University of Chicago Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Zöllner</span> Reinhardt (2003). <span class=""typo_Italique"">Japans Karneval der Krise : Ejanaika und die Meiji Renovation</span>. Munich, Ludicium.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. On emploiera ici le terme « prémoderne » au sens d’<span class=""typo_Italique"">early modern</span>, pour désigner la période allant grosso modo du début du <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> au milieu du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, période où les quatre pays d’Asie orientale que sont la Chine, le Vietnam, la Corée et le Japon connaissent une relative stabilité politique.</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Voir par exemple les travaux d’Anne Walthall mentionnés plus loin, ou Stephen Vlastos (Vlastos 1990).</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Voir les travaux de Reinhard Zöllner, par exemple Zöllner 2003.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Il s’agit là d’une appréciation approximative. On ne peut en effet négliger l’apport que représentent des études comme celle d’Eiko Ikegami sur la mentalité guerrière (Ikegami 1995).</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Voir les travaux de Smith mentionnés plus loin. En France, c’est incontestablement à Guillaume Carré que l’on doit les travaux les plus pointus sur les bourgeois à l’époque Tokugawa.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. À noter cependant quelques exceptions importantes comme tous les travaux d’Anne Walthall, doublement intéressants du fait de sa sensibilité aux questions du genre et au monde rural. Voir Walthall 1998, et Walthall 1991. Voir également Ooms 1996 et Kouamé 2001.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Il faut en effet mentionner les travaux de Thomas C. Smith, qui s’est intéressé très tôt à la situation des campagnes : Smith 1959 et Smith 1977, ainsi que les travaux de A. Kalland (Kalland 1995).</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Stanley 2012.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Voir les dossiers coordonnés par Guillaume Carré et ses collaborateurs japonais dans des revues : Guillaume Carré, Yoshida Nobuyuki, Tsukada Takashi <span class=""typo_Italique"">et al.</span>, « Les statuts sociaux au Japon (<span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles) », <span class=""typo_Italique"">Annales, Histoire et Sciences sociales</span> (octobre-décembre 2011), ainsi que le dossier « <span class=""typo_Italique"">Mibun</span>. Penser les statuts sociaux du Japon prémoderne (<span class=""typo_SC"">xvi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles) », <span class=""typo_Italique"">Histoire, Économie & Société</span> (juin 2017).</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Voir notamment la série <span class=""typo_Italique"">Edo no hito to mibun</span> (Personnes et statuts à l’époque d’Edo) en six volumes, publiée par l’éditeur Yoshikawa Kōbunkan, 2010.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Il s’agi";;;;;;;;; 661;2;3;14;Archives au présent;;;;"<p>La fièvre archivistique qui s’empare des arts contemporains interroge les acteurs et les observateurs de ces pratiques. L’ « archive » est-elle en passe de devenir un nouveau genre artistique ?</p>";"<p style=""text-align: left;""><strong>Patrick Nardin, Catherine Perret, 
Soko Phay et Anna Seiderer</strong><br />L’archive : quelle adresse ? </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;""><strong>Catherine Gousseff, Pascal Dubourg Glatigny</strong><br />Tout témoignage matériel du passé fait-il archive ?
<br />De la mise en archives et de son usage <br /><br /><strong>Christa Blümlinger</strong><br />La question de la visibilité selon Harun Farocki <br /><br /><strong>Patrick Nardin</strong><br />L’archive indigne <br /><br /><strong>Catherine Perret et Alexander Schellow</strong><br />SIE/SIE : une biographie <br /> <br /><strong>SIE-archive</strong><br />Alexander Schellow <br /><br /><strong>Jean-Philippe Antoine</strong><br />Justgottaletthisthing
<br />Composer les sons de <em>Gowanus Broadside </em> <br /><br /><strong>Mikael Levin</strong><br /><em>Gowanus Broadside </em> <br /><br /><strong>Anna Seiderer </strong> <br />Ruminer l’archive <br /> <br /><strong>Elisabeth Caillet</strong><br />Le monument d’Alger et Landowski <br /><br /><strong>Amina Menia</strong><br />Les martyrs reviennent cette semaine <br /><br /><strong>Corinne Diserens </strong><br />De l’absence (une histoire) <br /> <br /><strong>Soko Phay</strong><br />Les archives manquantes du génocide cambodgien <br /><br /><strong>Lotte Arndt</strong><br /><em>Trace Évidence </em><br />Une balade spéculative à mains assemblées 
à partir d’une exposition collective conduite 
par Kapwani Kiwanga <br /><br /><strong>Christophe Domino et Jean-Marie Dallet</strong><br />Une archive active pour l’<em>Institut pour l’abolition 
de la guerre</em>. Principes pour une collaboration <br /><br /><strong>Olivier Lussac</strong><br />Une archive de la performance <br /><br /><strong>Centre d’art contemporain Faux Mouvement</strong><br />Exposition <em>Travail d’archives </em> <br /><br /></p><p style=""text-align: left;""><br />Bibliographie <br />Table des illustrations <br />Contributeurs </p>";;26/10/2017;0;137x220;270;978-2-84292-743-1;978-2-84292-743-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_661.jpg;"<p>Ce recueil rassemble des essais, des analyses et des propositions visuelles qui montrent l’actualité et l’hétéro-généité des débats qui se cristallisent autour des pratiques contemporaines de l’archive. Les pratiques d’archives relèvent aujourd’hui d’une inquiétude face à l’enregistrement historicisant des objets artistiques, et de la volonté des artistes de s’affirmer comme tels face à l’archivage de leurs œuvres par les institutions académiques et muséographiques. Il s’agit pour eux d’anticiper sur l’archivage à venir de leurs travaux et de proposer d’autres manières d’écrire l’histoire non seulement de leurs œuvres, mais plus généralement de l’art. Dans cette perspective, les artistes interposent entre l’enregistrement matériel des choses et l’institution symbolique des œuvres des dispositifs d’inscription qui excluent que l’un vaille pour l’autre, qu’enregistrement vaille institution. Ils restituent à ce qu’ils font le statut d’archives au sens historien du terme : d’archives non encore validées.<br /><br /><br /><em>Jean-Philippe Antoine • Lotte Arndt • Christa Blümlinger • Centre d’art contemporain Faux Mouvement • Elisabeth Caillet • Jean-Marie Dallet • Corinne Diserens • Christophe Domino • Pascal Dubourg Glatigny • Catherine Gousseff • Mikael Levin • Olivier Lussac • Amina Ménia • Patrick Nardin • Catherine Perret • Soko Phay • Alexander Schellow • Anna Seiderer</em><br /><br /></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""txt_auteur ParaOverride-1"">Introduction</p><p class=""txt_auteur ParaOverride-1"">Patrick <span class=""CharOverride-1"">Nardin</span>, Catherine <span class=""CharOverride-1"">Perret</span>, <br />Soko <span class=""CharOverride-1"">Phay</span> et Anna <span class=""CharOverride-1"">Seiderer</span></p><p class=""T_3_Article""><span class=""CharOverride-1"">L’archive : quelle adresse ?</span></p><p class=""txt_Normal"">Dans les derniers passages de son film <span class=""typo_Italique"">Level five</span> (1997) Chris Marker évoque le suicide collectif de la population d’Okinawa à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il réalise une sorte de dérive à partir de l’exposition du mémorial édifié sur l’île d’Okinawa pour commémorer la mémoire d’infirmières sacrifiées par les troupes japonaises lors de leur reddition. Le premier moment de l’extrait présente des portraits de ces jeunes filles exterminées. Le second est constitué par des images d’animation retravaillées à partir d’images de guerre dont nous ne connaissons pas la provenance. Le troisième moment est un film sur les femmes qui ont survécu à ces massacres que Marker retrouve un demi-siècle plus tard au marché d’Okinawa. Tout le long de l’extrait, on entend la voix de Marker méditant sur l’impossibilité d’« imaginer » ce qui fut.</p><p class=""txt_Normal"">Ces trois moments à savoir : les fragments d’images d’archives, les images d’animation retravaillées et enfin les témoins vivants du drame sont reliés par la voix <span class=""typo_Italique"">off </span>par laquelle Marker décolle la perception du continuum filmique et souligne les difficultés auxquelles se confronte toute forme de représentation de l’histoire qui n’assume pas sa propre historicité. Il ouvre ainsi l’archive à la question de l’adresse, autrement dit au fait que l’archive est avant tout un lieu de consignation. L’archive est l’adresse de la mémoire collective. Derrida, dans <span class=""typo_Italique"">Mal d’archive</span>, développe ce point en rappelant qu’elle est à comprendre à la fois comme commencement et commandement, origine et pouvoir :</p><p class=""txt_Citation"">D’une certaine façon, le vocable renvoie bien, comme on a raison de le croire, à l’<span class=""typo_Italique"">arkhé </span>dans le sens <span class=""typo_Italique"">physique, historique ou ontologique, </span>c’est-à-dire à l’originaire, au premier, au principiel, au primitif, bref au commencement. Mais plus encore et <span class=""typo_Italique"">plus tôt</span>, « archive » renvoie à l’<span class=""typo_Italique"">arkhé </span>dans le sens nomologique, à l’<span class=""typo_Italique"">arkhé </span>du commandement<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Mais l’adresse désigne aussi la transmissibilité de l’archive, comme le précise Benjamin dans une lettre à Gershom Scholem où il affirme au sujet de Kafka « [qu’]il renonça à la vérité pour ne pas lâcher la transmissibilité<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span> ». La notion benjaminienne de « noyau temporel » de la vérité est à comprendre à partir de la distinction entre l’hypothèse d’une transmission intégrale et sans reste de la vérité qui serait assimilée à l’Idée, et le travail consistant à rendre cette vérité transmissible en image à partir de ses apparitions historiques et contingentes. L’objet de l’écriture n’est donc pas nécessairement, comme le montre l’exemple de Kafka, de transmettre un contenu qui aurait un quelconque fondement originel, ni d’employer l’histoire pour « révéler » des vérités intemporelles, mais de garantir la transmissibilité, c’est-à-dire d’élaborer une expérience partageable de la temporalité. C’est en ce sens que Marker appréhende l’archive dans son film. Il montre qu’elle ne se rapporte pas à une illusoire vérité historique ou une charge mémorielle inhérente au document mais qu’elle est à penser à partir de sa transmissibilité, c’est-à-dire à partir des formes et procédés de réécritures contemporaines. Il s’agit pour cela de rompre avec une dichotomie récurrente qui consiste à faire de l’archive une relique du passé et à l’opposer à une immédiateté du présent. Cette opposition se réfère à un mode d’historicisation de l’expérience : ce qui reste <span class=""typo_Italique"">versus</span> ce qui passe, qui, à l’heure de la synchronisation de l’information, a perdu le peu de crédibilité qui lui restait. La suspension virtuelle des images et des discours liée au développement des technologies d’information et de communication, autrement dit à la nature des supports de la mémoire, suspend aujourd’hui le régime de l’expérience à la construction de temporalités expérimentales dont l’enjeu n’est ni la permanence ni l’éphémère, puisque tout fait trace, mais l’effacement et la réécriture.</p><p class=""txt_Normal"">Si le lieu, c’est-à-dire l’institution qui conserve et commande les archives, marque de son sceau le donné en le transformant et en l’ordonnant en archives ; atteste sa propriété par le copyright ; la signifie par l’apposition d’un logo et légifère sur l’accessibilité de ces archives ; ces dernières ne peuvent pour autant être réduites à l’institution qui les conserve et les interprète. Ces archives voyagent avec leurs supports et suivant la transmissibilité autorisée par ces supports vers des destinataires toujours nouveaux. Foucault nous rappelle ainsi que l’objet archivé est, en tant qu’énoncé lié à la fois à un lieu, et à des pratiques, en constants réaménagements, devenu « événement » :</p><p class=""txt_Citation"">Au lieu de voir s’aligner, sur le grand livre mythique de l’histoire, des mots qui traduisent en caractères visibles des pensées constituées avant et ailleurs, on a, dans l’épaisseur des pratiques discursives, des systèmes qui instaurent les énoncés comme des événements (ayant leurs conditions et leur domaine d’apparition) et des choses (comportant leur possibilité et leur champ d’utilisation). Ce sont tous ces systèmes d’énoncés (événements pour une part, et choses pour une autre) que je propose d’appeler archive<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">La mise en système de tous les événements de discours et des choses de valeurs conservées par une culture donnée comme documents de son propre passé ne crée entre eux aucune équivalence. Chacun participe de l’élaboration de cette culture. Ensemble, ils en constituent le support d’impression et de transmission. D’où l’intérêt de l’archive pour les historiens et les artistes.</p><p class=""txt_Normal"">L’archive, ce n’est pas ce qui sauvegarde, malgré sa fuite immédiate, l’événement de l’énoncé et conserve, pour les mémoires futures, son état civil d’évadé ; c’est ce qui, à la racine même de l’énoncé-événement, et dans le corps où il se donne, définit d’entrée de jeu le système de son énonçabilité<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">L’archive est donc à penser du point de vue de la <span class=""typo_Italique"">techné</span>, elle définit le système. Ainsi, l’acception foucaldienne de l’archive nous permet de rompre avec une conception fétichiste selon laquelle l’archive cristalliserait un événement passé qui pourrait être révélé par un travail heuristique ou artistique. Au contraire, il est en ce sens crucial pour penser l’archive de réarticuler la question de la conservation et celle de l’exposition, c’est-à-dire d’accorder toute son attention aux tâches de l’enregistrement. Les archives ne sont pas des reliques du passé, elles ont été cataloguées, conceptualisées, elles sont transformées en trace de présence. Les archives qui sont « fantômatisées » par leur enregistrement et le passé nous parlent non pas en dépit de cette survie mais grâce à cette survie, grâce à cet enregistrement. La difficulté est naturellement que le discours de l’enregistrement et du catalogage qui résonne en elles ne s’adresse proprement à personne. C’est un discours anonyme, qui parce qu’il s’adresse à tous ne s’adresse à aucun. Il est par conséquent nécessaire de se demander comment cet archivage inaugural qui est déjà un mode d’adressage, puisqu’il définit la nature de l’archive et en détermine la destination, peut être réadressé, et parvenir non pas anonymement, sous l’enrobage du concept, mais <span class=""typo_Italique"">hic et nunc</span>, à quelqu’un. Comment réouvrir cette première adresse ? Comment la faire jouer ?</p><p class=""txt_Normal"">Pour avancer dans cette question, il est intéressant d’analyser les pratiques de l’art contemporain, de cet art qui ne se pense pas en dehors de la question de son exposabilité et qui en ce sens a intégré la question de la trace dès lors qu’il est au musée. Il est notable en effet que parallèlement à cette intériorisation de sa condition d’art exposé, la question des archives soit revenue au cœur des problématiques de l’art. Ce qui est directement en jeu, ce n’est pas la question des archives comme forme instituée du pouvoir dont le musée serait une métonymie possible, c’est la question d’une part de l’art comme archive parmi les archives, et d’autre part de la réécriture de cette archive. Que l’on songe à Marcel Duchamp (la<span class=""typo_Italique""> Boîte-en-valise</span>), à Marcel Broodthaers (le département des Aigles), ou à Gerhardt Richter (<span class=""typo_Italique"">Atlas</span>), il est manifeste que les pratiques d’archives dans l’art moderne relèvent d’une inquiétude face à l’enregistrement historicisant des objets artistiques, et de la volonté des artistes de s’affirmer « comme artistes » face à l’archivage de leurs œuvres par les institutions académiques et muséographiques. Il s’agit pour eux d’anticiper sur l’archivage à venir de leurs travaux et de proposer d’autres manières d’écrire l’histoire non seulement de leurs œuvres, mais plus généralement de l’art. Dans cette perspective, ces artistes interposent entre l’enregistrement matériel des choses et l’institution symbolique des œuvres des dispositifs d’inscription qui excluent que l’un vaille pour l’autre, qu’enregistrement vaille institution. Ils restituent à ce qu’ils font le statut d’archives au sens historien du terme : d’archives non encore validées.</p><p class=""txt_Normal"">Ces tentatives se poursuivent jusqu’à aujourd’hui tant dans le champ de l’art que dans celui de la recherche historienne. Elles prolongent la polémique suscitée en 2001 par l’exposition <span class=""typo_Italique"">Mémoire des Camps</span><span class=""exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span><span class=""typo_Italique"">. </span>Claude Lanzmann y rejetait violemment l’approche historiographique de photographies de camps élaborée par l’historien de la photographie Clément Chéroux. Il s’y opposait non moins radicalement au théoricien et historien de l’art Georges Didi-Huberman, en déclarant avoir réalisé <span class=""typo_Italique"">Shoah</span> « contre toute archive<span class=""exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span> ». Dans ce débat, le cinéaste distinguait une vision dynamique de sa démarche créatrice à l’utilisation statique du document d’archive<span class=""exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. Le projet d’exposition de photographies d’archives mené par Clément Chéroux visait pourtant à travailler contre la force symbolique et visuelle de ces images – inlassablement reproduites pour « illustrer » la barbarie nazie, pour les inscrire à nouveau dans le registre de l’expérience. Se référant à Sartre, Didi-Huberman répondit, quant à lui, en revendiquant la thèse suivant laquelle les images sont des actes. Il reprenait ainsi à son compte la critique de la condamnation platonicienne des images comme pâles reflets d’une réalité inaccessible<span class=""exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>. Il la développait sous la forme d’une théorie performantielle de l’image s’autorisant de la tradition ouverte par Aby Warburg et son école. Cette approche anthropologique des images d’archive décolle la vérité de sa facture matérielle, non pour la renvoyer à une forme idéale, mais au contraire, pour la délester de toute substantialité. La vérité n’est dès lors plus à penser en termes de preuve, élaborée à partir de l’objectivité des faits incarnés par les images, mais comme une empreinte, comme l’enveloppe de ce qui demeure indélébile en « nous »<span class=""exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>. L’objectification de l’archive contre laquelle s’insurgeait alors Lanzmann ne relève en effet pas d’un champ disciplinaire mais, comme l’atteste l’ouvrage collectif que nous proposons ici, de pratiques esthétiques et historiques spécifiques.</p><p class=""txt_Normal"">Ainsi, ce recueil rassemble des essais, des analyses et des propositions visuelles montrant l’actualité et l’hétérogénéité de ce débat qui se cristallise aujourd’hui autour des pratiques contemporaines de l’archive. Les textes proposés reflètent une diversité de points de vue et constituent à ce titre une perspective sur les discussions qui ont été menées pendant deux ans, par notre équipe de recherche et ses invités, aux Archives nationales de Paris et au Centre Pompidou de Metz<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">L’essai de Catherine Gousseff et de Pascal Dubourg Glatigny propose une définition de l’archive qui tranche avec les usages courants de la notion. À l’appui de leurs pratiques, ils montrent que le contrôle politique des archives contraint le travail de l’historien et l’incite à ruser pour déjouer le conditionnement heuristique de la surveillance institutionnelle. Travailler l’archive consiste à décoller la trace de son support de conservation et d’impression, non pour la faire exister <span class=""typo_Italique"">ex-nihilo</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>mais pour souligner, <span class=""typo_Italique"">par</span> ou <span class=""typo_Italique"">à travers</span> son conditionnement structurel, son inscription du temps.</p><p class=""txt_Normal"">Ce rapport critique et paradoxal à l’archive envisagée comme témoin et non comme preuve, et très souvent comme témoin de l’oubli plus que trace de la mémoire, est un des fils rouges de notre recueil. C’est ce qu’explorent précisément Christa Blümlinger à partir du travail d’Harun Farocki, et Patrick Nardin avec les rebuts du cinéma, des anti-archives tels que les <span class=""typo_Italique"">paper prints</span> ou des bobines délaissées, abimées, réinvesties par des artistes contemporains. Mais également Catherine Perret et Alexander Schellow qui travaillent l’archive à partir des scansions de l’oubli. Les gestes artistiques analysés dans leur texte évident progressivement la mémoire par la lente succession d’images animées<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. L’exploration de l’archive comme lieu de mémoire problématique est par ailleurs abordée à partir de la composition sonore <span class=""typo_Italique"">Justgottaletthisthing</span> que Jean-Philippe Antoine a réalisé pour le film <span class=""typo_Italique"">Gowanus Broadside</span> de Mikael Levin. Dans ce projet, le réalisateur et le compositeur développent des procédés leur permettant d’enregistrer la transformation d’un quartier et d’en faire un monument, non d’une histoire réifiée par l’image et le son, mais de l’oubli. Les techniques filmiques de l’artiste orchestrent une extrême lenteur qui empêche toute forme d’identification et de projection du passé. Anna Seiderer explore également cette mise en œuvre de l’oubli dans un film que Levin a réalisé avec des cartes postales de la <span class=""typo_Italique"">Guinée portugaise.</span> Il intervient en contrepoint d’une proposition artistique, qui, sous couvert d’une transmissibilité du passé le sature et le fige. Amina Ménia débusque, quant à elle, l’orchestration de l’oubli par l’effacement de la trace et sa réécriture dans l’espace urbain d’Alger. Son travail artistique porte sur un monument réalisé par Paul Landowski, recouvert par l’artiste Issiakhem après l’indépendance de l’Algérie et désormais en « travaux ». Elisabeth Caillet ajoute à ce texte la chronique d’un projet artistique qui s’inscrit dans la brèche d’une histoire condamnée.</p><p class=""txt_Normal"">Dans une perspective plus directement politique, un peu différente, la proposition de Corinne Diserens souligne les imbrications complexes de la ville moderne sujette à la guerre et à la destruction à travers les gestes engagés par les artistes contemporains s’emparant de Beyrouth à la fois comme site et comme objet. Le foisonnement des propositions artistiques évoquées dans ce texte ponctuent et impriment l’absence programmée par le lissage capitaliste de la ville contemporaine. Le texte de Soko Phay rapporte l’archive à un devoir de mémoire entravé par son contrôle politique. L’oubli est ici appréhendé comme une forme de déni qui empêche le travail de deuil du génocide cambodgien et le jugement de ses acteurs. Son texte explore les réponses et les stratégies élaborées par des artistes contemporains pour contourner le contrôle politique de l’écriture de l’histoire et faire émerger de nouveaux récits. C’est dans une démarche analogue que Lotte Arndt revient sur l’expérience d’un <span class=""typo_Italique"">workshop</span> qui a donné lieu à l’exposition <span class=""typo_Italique"">Trace </span><span class=""typo_Italique CharOverride-1"">é</span><span class=""typo_Italique"">vidence</span> de Kapwani Kiwanga présenté à la Bourse du travail de Valence.</p><p class=""txt_Normal"">La question de l’adresse de l’archive développée ici par le travail artistique, qui s’empare de documents historiques pour questionner leurs mise en récits, est redoublée/reformulée par le récit de son exposition. La contribution de Jean-Marie Dallet et de Christophe Domino prend la forme d’un diptyque où l’artiste et le théoricien de l’art dialoguent indirectement à partir de l’œuvre de l’artiste Krzysztof Wodiczko. Le texte présente les premières ébauches d’un projet en cours où sont mises en présence des conceptions antinomiques de l’archive. La dernière contribution du recueil est une réflexion critique sur la constitution d’une archive numérique de l’art de la performance à laquelle se consacre l’auteur depuis 2008. Olivier Lussac situe ce projet dans le débat contemporain sur l’art de la performance et les liens complexes que ce medium entretient avec ses supports d’enregistrement et son devenir archive.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Jacques Derrida, <span class=""typo_Italique"">Mal d’archive, une impression freudienne</span>, Paris, Galilée, 1995, p.12.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Walter Benjamin, <span class=""typo_Italique"">Correspondance</span>, t. 2, 1929-1940, Paris, Aubier-Montaigne, 1979. p. 251.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Michel Foucault, <span class=""typo_Italique"">L’Archéologie du savoir</span>, Paris, Gallimard, 1969, p. 169.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. <span class=""CharOverride-3"">Ibid</span>., p. 170.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Clément Chéroux (dir.), <span class=""typo_Italique"">Mémoire des Camps. Photographies des camps de concentration et d’extermination nazis, 1933-1999</span>, Paris, Marval, 2001.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Claude Lanzmann, « Le monument contre l'archive? Entretien avec Claude Lanzmann », <span class=""typo_Italique"">Les Cahiers de médiologie</span>, n° 11.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Henriette Asséo, « Clément Chéroux (dir.), <span class=""typo_Italique"">Mémoire des Camps. Photographies des camps de concentration et d’extermination nazis, 1933-1999</span>, Paris, Marval, 2001 », <span class=""typo_Italique"">Études photographiques</span>, n° 11, mai 2002.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Georges Didi-Huberman, <span class=""typo_Italique"">Images malgré tout</span>, Paris, Minuit, 2004.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Catherine Perret, « Les deux corps de l’archive », <span class=""typo_Italique"">Le Genre humain</span>, n° 55, « Les artistes font des histoires », éd. J.-P. Antoine et C. Perret, 2015, p. 22.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Projets Labex Arts-H2H, <span class=""typo_Italique"">Transmission et musées</span> (2012-2013) et <span class=""typo_Italique"">Archives au présent</span> (2013-2014).</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Le texte a fait l’objet d’une première publication dans « Les artistes font des histoires », éd. J.-P. Antoine et C. Perret, <span class=""typo_Italique"">op. cit</span>., Il est ici accompagné de la proposition visuelle de l’artiste <span class=""typo_Italique"">Maria Stuart</span> (2016).</p></div></div></div>";;466;20.00;"<p>La fièvre archivistique qui s’est emparée des arts contemporains depuis les années 1990 est un phénomène sans précédent. Au point que l’« archive » est en passe de devenir un nouveau genre artistique, qui traverse tous les mediums. Ce livre collectif confronte les points de vue des historiens d’art, des spécialistes d’esthétique et des artistes. Il rassemble des essais, des analyses et des propositions visuelles qui montrent l’actualité et l’hétérogénéité du débat actuel autour des pratiques contemporaines de l’archive, en photographie, en cinéma et en arts plastiques.</p>";;22/06/2017 14:48;1;Première édition;3670 662;1;3;27;Le texte à l'épreuve du numérique;N°73/2017;;;"<p>Les humanités numériques sont omniprésentes dans les études médiévales. Ce numéro réunit des études de cas inédits favorisant les échanges autour de ces derniers et des dispositifs mis en place.</p>";"<p>Introduction</p><p><strong>Anne Rochebouet</strong><br /> Le texte à l’épreuve du numérique<br /> <br /> <br /></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Frédéric Duval</strong><br />Pour des éditions critiques numériques. L'exemple des textes français</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Graziella Pastore</strong><br />L’édition numérique du <em>Livre de jostice et de plet</em> (<em>ELEC</em>), point de départ de la constitution d’une base prosopographique (Omeka),</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sergio Torres Aguilar</strong><br />La reconnaissance des entités nommées dans les bases numériques de chartes médiévales en latin : le cas du <em>Corpus Burgundiae Medii Aevi </em>(X<sup>e</sup>- XIII<sup>e</sup> siècles)</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Dominique Stutzmann, Jean-François Moufflet, Sébastien Hamel</strong><br />La recherche en plein texte dans les sources manuscrites médiévales : enjeux et perspectives du projet HIMANIS pour l'édition électronique</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Xavier-Laurent Salvador</strong><br />ISILEX, un serveur et gestionnaire de contenus collaboratifs REST XQuery au service des Humanités Numériques : l’exemple de la <em>Bible historiale</em></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Thibault Clérice</strong> <br /> Les outils CapiTainS, l’édition numérique et l’exploitation des textes</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Anne Salamon</strong><br /> « H(histoires) U(universelles) 15 » : un portail numérique pour textes en mal d’édition</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Davide Gherdevich <br /> </strong>Polimawiki : un site contributif pour l’étude du pouvoir des listes au Moyen Âge</p><p style=""text-align: center;""> <strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Eloïse Adde</strong><br />Environnement textuel et réception du texte médiéval. La deuxième vie de la <em>Chronique de Dalimil</em>,</p><p style=""text-align: center;""> <strong>Point de vue<br /> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong> Julien Véronèse</strong><br /> L’historien et ses démons. Autour de quelques travaux récents sur la démonologie médiévale,</p><p> </p><p><em>- Notes de lecture<br />- Livres reçus</em></p>";;25/01/2018;73;160x240;254;978-2-84292-801-8;978-2-84292-801-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_662.jpg;"<p><em>Frédéric Duval</em><strong><br />Pour des éditions numériques critiques. L’exemple des textes français</strong></p><p>Trente ans après les débuts de l’édition numérique de textes médiévaux en français, le bilan est maigre et les méthodes éditoriales privilégient les éditions documentaires, dans la tradition anglo-saxonne du <em>scholarly documentary editing</em>. Cette contribution voudrait sensibiliser les médiévistes francisants à l’intensité actuelle des débats théoriques consacrés à l’édition numérique et à la place que peut y trouver l’édition critique. Après une mise au point terminologique, elle revient sur les raisons qui expliquent le triomphe des éditions numériques orientées vers le document, avant de rappeler que le numérique ne modifie pas l’ontologie des textes et ne disqualifie pas l’approche de la critique textuelle. Au contraire, une complémentarité est à trouver entre éditions documentaires et éditions auctoriales.<strong><br /></strong>Mots-clés : édition numérique, humanités numériques, littérature française, texte (édition).</p><p> </p><p><em>Graziella Pastore</em><strong><br />L’édition numérique du <em>Livre de jostice et de plet</em> (Élec), point de départ de la constitution d’une base prosopographique (Omeka)</strong></p><p>La solution décrite dans cette contribution permet de combiner exigences académiques et difficultés pratiques : un outil de gestion de fichiers qui permet de gérer des fichiers d’autorité, d’en visualiser les données comme de s’assurer de leur interopérabilité, sans pour autant nécessiter une formation ardue et tout en s’adaptant à des corpus et des projets variés. Les fichiers d’autorité ont été balisés en XML en suivant le format EAC-CPF (<em>Encoded Archival Context – Corporate Bodies, Persons and Families</em>) ; la visualisation des données est gérée par le système de gestion de contenus (CMS) Omeka. Le corpus d’autorité est basé sur les officiers et jurisconsultes cités dans le <em>Livre de jostice et de plet</em>, compilation juridique rédigée en ancien français au xiii<sup>e</sup> siècle et récemment éditée en ligne sur Élec (Éditions en ligne de l’École des chartes).<strong><br /></strong>Mots-clés : édition numérique, humaniés numériques, <em>Livre de jostice et de plet</em> , prosopographie, Omeka.</p><p> </p><p><em>Sergio Torres Aguilar</em><strong><strong><br /></strong>La reconnaissance des entités nommées dans les bases numériques de chartes médiévales en latin : le cas du <em>Corpus Burgundiae Medii Aevi</em> (Xe-XIIIe siècle)</strong></p><p>La disponibilité d’une quantité phénoménale de manuscrits médiévaux numérisés nous oblige à chercher des méthodes efficaces pour en réaliser une exploitation à grande échelle. Mais ce travail ne peut être réalisé que dans des bases de données structurées où les propriétés textuelles ont été explicitées et formalisées. Une telle structuration, lorsqu’elle est effectuée à la main, est coûteuse en termes de temps et d’effort, ce qui a conduit à chercher des manières de l’automatiser. Nous en présentons ici un exemple : la création d’un modèle de reconnaissance des entités nommées, qui sont un agent structurant primaire, puisque y sont identifiés tous les sujets et objets qui adoptent des noms spécifiques. Nous détaillons la création et la mise en œuvre du modèle créé à partir des chartes de Bourgogne (<em>Corpus Burgundiae Medii Aevi</em>), produites entre le X<sup>e</sup> et le XIII<sup>e</sup> siècle ainsi que diverses expériences de validation pour en tester la robustesse sur un large éventail de sources, tout en soumettant les résultats à une discussion qui tente d’exposer les divers avantages et défis qu’offre un corpus de manuscrits médiévaux pour ce type de technique.<strong><br /></strong>Mots-clés <em>:</em> bases de données, chartes, <em>Corpus Burgundiae Medii Aevi</em>, humanités numériques, latin, reconnaissance des entités nommées.</p><p> </p><p><em>Dominique Stutzmann, Jean-François Moufflet, Sébastien Hamel</em><strong><strong><br /></strong>La recherche en plein texte dans les sources manuscrites médiévales : enjeux et perspectives du projet HIMANIS pour l’édition électronique</strong></p><p>HIMANIS (Historical MANuscript Indexing for user-controlled Search) est un projet de recherche européen, associant, sous le pilotage de l’IRHT (CNRS, France), la société innovante A2iA (France), la Rijksuniversiteit Groningen (Pays-Bas) et l’Universitat Politècnica de València (Espagne). Il vise à l’indexation du texte des registres de la chancellerie royale française des années 1302-1483, conservés aux Archives nationales sous les cotes JJ35 à JJ211, à partir des images produites par leur numérisation. Les enjeux de recherche d’information (données massives et bruitées) permettent de conjoindre les enjeux technologiques (reconnaissance de l’écriture manuscrite) et historiques (analyses paléographiques et diplomatiques, recherche sur les institutions, le fonctionnement de la monarchie, la naissance de l’État-nation).<br />La présente contribution propose un modèle d’accès à l’information dans un corpus de données massives, d’un point de vue tant ergonomique qu’herméneutique. À cette fin, après une présentation du corpus, des outils actuels pour accéder à l’information qu’ils contiennent et de leur formalisation en TEI, elle problématise l’édition électronique comme « vérité terrain » et « terrain d’apprentissage », en renversant l’approche classique de l’édition critique comme finalité. Enfin, elle décrit le modèle d’accès proposé, à la fois pour une approche par « indexation » (et non par transcription) et pour une granularité par acte.<strong> </strong><strong> </strong><br />Mots-clés <strong>:</strong> Archives nationales, chancellerie royale, édition électronique, HIMANIS, humanités numériques, recherche en plein texte.</p><p> </p><p><em>Xavier-Laurent Salvador</em><strong><br />Isilex, un serveur et gestionnaire de contenus collaboratifs REST XQuery au service des humanités numériques : l’exemple de la <em>Bible historiale</em></strong></p><p>Isilex, un serveur et gestionnaire de contenus collaboratifs REST XQuery au service des humanités numériques : l’exemple de la <em>Bible historiale<br /> </em>Dans le contexte des humanités numériques, il est désormais possible de développer de nouveaux moyens de représentations des données textuelles affranchies de la logique documentaire. Isilex <<a href=""http://www.isilex.fr"">http://www.isilex.fr</a>> est un gestionnaire de contenus XML en même temps qu’un serveur Web basé sur la philosophie innovante du Web intitulée REST et basée sur les possibilités de programmation offertes par la bibliothèque Full-Text d’XQuery. Il permet de penser de nouveaux moyens pour la mise en ligne immédiate d’encyclopédies et de corpus.<strong><br /></strong>Mots-clés <strong>:</strong> <em>Bible historiale</em>, humanités numériques, Isilex.</p><p> </p><p><em>Thibault Clérice</em><strong><br />Les outils CapiTainS, l’édition numérique et l’exploitation des textes</strong></p><p>Issu de la collaboration de membres des équipes de Perseids et Perseus à Tufts et de la Humboldt Chair of Digital Humanities de l’Université de Leipzig, le projet CapiTainS voudrait proposer des solutions <em>open source</em>, réexploitables et extensibles visant à simplifier le développement et la valorisation de publications et éditions numériques. Cet ensemble d’outils permet aux chercheurs d’inscrire leur projet dans un réseau de données ouvertes et pleinement réutilisables, réduisant ainsi le coût nécessaire à la ré-exploitation de données produites.<strong><br /></strong>Mots-clés : édition numérique, CapiTainS, humanités numériques.</p><p> </p><p><em>Anne Salamon</em><strong><br />H(istoires) U(niverselles) 15 : un portail numérique pour textes en mal d’édition</strong></p><p>Cet article présente le portail numérique H(istoires) U(niverselles) 15, développé dans le cadre d’une subvention « Développement Savoir » du CRSH (Canada), qui a pour objectif de faciliter l’accès au texte de quelques histoires universelles du xv<sup>e</sup> siècle ainsi que d’approfondir les connaissances sur ces textes encore inédits. Dans un parcours du théorique au pratique, cet article part d’une réflexion médiatique sur la nature de l’édition de texte, en particulier autour de la notion de <em>remediation,</em> développée par Jay D. Bolter et Richard Grusin. Il explore ensuite comment cette réflexion sur le médium et le choix du numérique ont orienté les décisions éditoriales, et contribué à définir la structure d’un projet voulu comme un cadre d’expérimentation pour réfléchir aux possibilités de l’édition numérique.<strong><br /></strong>Mots-clés<strong> : </strong>édition numérique, histoires universelles, humanités numériques.</p><p> </p><p><em>Davide Gherdevich</em><strong><br />PolimaWiki : un site contributif pour l’étude du pouvoir des listes au Moyen Âge</strong></p><p>L’un des premiers objectifs du projet ANR Polima (POuvoir des LIstes au Moyen Âge), débuté en 2015 à l’Université de Versailles Saint-Quentin, a été de créer un moyen de partager entre chercheurs reproductions d’objets et de documents comme éditions de textes médiévaux contenant des listes. Grâce au logiciel Mediawiki, et à l’extension Semantic Mediawiki, les données sont intégrées à un site internet collaboratif, qui en facilitera le partage et l’échange par la communauté des chercheurs.<strong><br /></strong>Mots-clés : bases de données, humanités numériques, listes, PolimaWiki.</p><p> </p><p><em>Éloïse Adde</em><strong><br />Environnement textuel et réception du texte médiéval. La deuxième vie de la <em>Chronique de Dalimil</em></strong></p><p>Cette analyse propose d’apporter un éclairage nouveau sur la réception de la <em>Chronique de Dalimil</em> grâce à l’analyse des « assemblages textuels » constitutifs des <em>codices</em> qui la renferment. Si l’enquête nous surprend dans un premier temps par l’importance des textes de divertissement au sein du corpus et le recul de la portée politique du texte, ce constat est néanmoins en conformité avec les transformations de la société qui avaient rendu caduc le message de Dalimil. L’écrasante majorité des textes en tchèque rend compte des progrès de la vernacularisation ainsi que du rôle des « transferts culturels » dans l’élaboration de la littérature nationale. La composition des différents <em>codices</em> se fait en outre le reflet de la nouvelle place prise par la littérature dans la société, dans le contexte de l’apparition des « nouveaux publics », tout en illustrant les destinées que pouvait suivre le texte, indépendamment des visées premières de son auteur. Enfin, elle montre que le processus de canonisation de l’œuvre, capable de faire le poids à côté des « hits » de la littérature européenne, était déjà largement engagé à l’orée du XV<sup>e</sup> siècle.<strong><br /></strong>Mots-clés : Bohême, <em>Chronique de</em> <em>Dalimil</em>, littérature politique, morale, littérature de divertissement, vernacularisation.</p><p> </p><p><em>Guillaume Mora-Dieu</em><strong><br />Les corporations et la défense d’une ville : l’exemple de Liège</strong></p><p>Dès l’aube du XIV<sup>e</sup> siècle, l’incroyable essor des corporations de métiers à Liège a laissé son empreinte dans la défense de la cité. Celles-ci fournissent de nouveaux contingents pour la sauvegarde des murs de la ville. La capacité militaire des métiers s’accroît aussi avec l’extension des droits de bourgeoisie à la banlieue en 1343 et 1429, fournissant aux corporations un nouveau vivier de membres potentiels. à l’origine, les bras armés de ces corporations semblent plutôt être une émanation de l’ancien ost urbain, qui se répartissait par vinâves (quartiers). Mais contrairement à cet ost, demeuré bien obscur, on connaît un peu mieux leurs prérogatives militaires et leurs atours. Au fil du temps, les métiers liégeois montrent leurs limites dans l’exercice de leur fonction protectrice. Pour y remédier, les deux derniers tiers du xv<sup>e</sup> siècle voient ainsi la mise au premier plan d’autres corps de défense. Présentant une puissance similaire à celles des plus grandes villes de Flandre de la même époque, les métiers de Liège et leurs milices semblent avoir suivi une destinée… tout aussi équivalente.<strong><br /></strong>Mots-clés<strong> :</strong> métiers, Liège (Belgique), guerre, maintien de l’ordre, défense urbaine, compagnies militaires.</p><p> </p><p><em>Julien Véronèse</em><strong><br />L’historien et ses démons<br /></strong></p><p>Autour de quelques travaux récents sur la démonologie médiévale</p>";"<p>Introduction</p><p>Anne Rochebouet<br /><em>Le texte médiéval à l'épreuve du numérique<br /></em></p><p>Depuis les travaux de Roberto Busa qui commença à utiliser, à partir de 1949, le traitement automatique des données pour réaliser entre autres des concordances pour l'œuvre de Thomas d'Aquin<sup>1</sup>, les humanités seraient désormais devenues, du moins en partie, numériques. Si l'omniprésence du syntagme, ou de son équivalent anglo-saxon <em>digital humanities</em>, dans les projets de recherche comme dans le champ institutionnel de l'enseignement supérieur et de la recherche atteste autant d'une réalité des pratiques que d'un effet de mode, voire d'un certain opportunisme dans un contexte où toute la société est présentée comme en pleine et nécessaire mue numérique, il est indéniable que les dix dernières années ont vu fondamentalement changer le mode d'accès et d'exploitation des données de la recherche. Les études médiévales, quelle que soit leur discipline, ne font pas exception<sup>2</sup> et les projets mettant en jeu des outils numériques se sont multipliés, comme les publications sur le sujet.</p><p>Face à ce champ en plein essor, l'objectif de la journée d'études qui a eu lieu en juin 2016 à l'Université de Versailles-Saint-Quentin, en partenariat avec l'Université Laval à Québec et avec le labex Patrima, était double. Il s'agissait d'une part de s'inscrire résolument dans une logique pragmatique et technique, en présentant des dispositifs numériques à partir des contraintes et objectifs ayant guidé leur élaboration, de l'autre de se situer dans un dialogue entre les disciplines, mais aussi entre chercheurs et professionnels de la conservation et de l'information. En effet, l'omniprésence aujourd'hui des outils et du <em>medium</em> numériques, tout comme les fortes incitations à les utiliser qui pèsent sur les chercheurs, rendent indispensables l'échange et les retours d'expérience sur les dispositifs techniques adoptés ou mis en place par les uns ou les autres, et ce afin de favoriser leur réutilisation, comme celle des données produites, dans le cadre d'autres projets. Cela est d'autant plus nécessaire que les chercheurs comme leurs équipes ne disposent pas toujours des moyens techniques, humains et/ou financiers pour élaborer de tels outils<sup>3</sup>.</p><p>Pérennité et interopérabilité se veulent donc ici autant techniques (prise en compte et réflexion sur les normes, qui visent à assurer la compatibilité des différents formats et protocoles, mais aussi à garantir l'accès, sur un temps long, aux données produites face à l'évolution des machines et des langages<sup>4</sup>) que disciplinaires : il s'agit alors pour chacun, dans la mesure du possible, de penser l'exploitation numérique de son objet d'étude de manière à ce qu'il puisse également être utilisé dans le cadre de recherches menées avec des méthodes et des objectifs différents. Les professionnels de la conservation et de l'information qui travaillent dans le monde des archives, des musées et des bibliothèques ont également développé une grande expertise dans ces domaines, qui touchent directement un certain nombre de leurs missions (accès aux collections et aux fonds, valorisation par le développement d'outils de signalement et de recherche, conservation, notamment par la création de supports de substitution). Ils sont ainsi partie prenante de nombreux projets et groupes de réflexion (en particulier sur la constitution de normes internationales), dans une perspective de mise à disposition des collections et d'archivage des données qui n'est pas celle des chercheurs, mais dont ces derniers bénéficient.</p><p>C'est ainsi en s'appuyant avant tout sur des études de cas variées, par les corpus étudiés (du point du vue chronologique, géographique, linguistique comme quantitatif), par les méthodes et champs disciplinaires sollicités (histoire, philologie, linguistique, paléographie, littérature, etc.) et enfin par les moyens humains, techniques et financiers mis en œuvre, que ce dossier voudrait croiser les différentes utilisations, pour l'étude et l'exploitation des textes médiévaux, du support numérique comme des outils développés grâce au traitement automatique des données.</p><p>Les huit contributions qui vont suivre ont également comme point commun d'être centrées sur l'analyse de données textuelles. Cette limitation au texte, soit à toute « chaîne linguistique [ici] écrite formant une unité communicationnelle »<sup>5</sup>, explique l'absence de projets relevant du traitement du matériau linguistique pour lui-même (par exemple ceux menés dans le cadre de recherches lexicographiques au sens strict) : c'est ici l'unité textuelle et les analyses qui portent sur cette dernière qui sont mises en jeu, et non l'exploitation de segments linguistiques, utilisés indépendamment de l'ensemble dans lequel ils ont été puisés.</p><p>Le choix de se limiter à l'exploitation des textes n'implique pas en revanche que seul le contenu sémantique transmis par ce dernier soit celui envisagé ; la forme et l'inscription du texte sur son support semblent également faire partie, même si c'est souvent de manière secondaire comme nous le verrons, d'une partie des dispositifs présentés, et au-delà de bon nombre de projets en cours. Ce lien entre le texte et sa matérialité pourrait paraître paradoxal, la numérisation étant par essence une dématérialisation. Force est de constater cependant que la plupart des projets de recherche impliquant un recours au numérique associent textes et images, contenu sémantique et visualisation ou prise en compte du ou des support(s) qui le conserve(nt) et qui l'informe(nt) : il est par exemple rare aujourd'hui de trouver une édition électronique de texte qui ne comporterait pas de renvois aux reproductions numérisées du ou des manuscrit(s) ou document(s) utilisés ; de même, dans le langage XML-TEI<sup>6</sup>, l'un des plus utilisés actuellement par la communauté scientifique pour les éditions et publications en ligne, les balises servant à décrire la mise en page et la forme du support sont parmi les plus développées<sup>7</sup>. La présence de l'image ou de la mémoire de la forme originelle du texte doit cependant être diversement interprétée<sup>8</sup> : elle est notamment en partie significative de la façon dont le support numérique brouille, pour le lecteur qu'est le chercheur, les différents statuts du texte. En cela, ce support met à l'épreuve notre notion du texte comme les questions que nous lui posons, tout en étant un formidable révélateur de nos choix méthodologiques comme de nos paradigmes épistémologiques, et c'est sur cette labilité, exposée et renforcée par le numérique, que je voudrais m'arrêter ici.</p><p>Il n'est pas inutile de rappeler que l'emploi que nous faisons du terme numérique le place à la fois du côté de l'outil (il renvoie alors au traitement automatique, par la machine, de données<sup>9</sup>) et du côté du <em>medium</em> (moyen d'accès et, <em>via</em> l'écran, d'appréhension et de mise en forme des données). Le <em>Digital Turn</em> ou la « conversion numérique »<sup>10</sup> implique ainsi toujours une migration des données qui, avec le développement de l'Internet, s'accompagne très souvent d'une publication, c'est-à-dire de leur mise à disposition, en accès libre ou restreint, sur le Web. Le travail de publication et d'édition en ligne qui en résulte consiste ainsi à traduire le texte, augmenté ou non d'un autre type de contenu, en du code informatique « destiné à être interprété par des systèmes techniques sur lesquels l'éditeur n'a pas de maîtrise »<sup>11</sup> ; parmi ce code informatique doivent également figurer des métadonnées, qui identifient et décrivent, pour la machine, ce qui a été codé. Le producteur de texte ainsi numérisé, que ce dernier soit ensuite destiné à une lecture linéaire ou à une consultation par l'intermédiaire d'une base de données, est donc aussi et avant tout un méta-éditeur, c'est-à-dire qu'il ne fixe plus la forme du texte<sup>12</sup> qu'il publie ou établit, mais lui donne une place dans un système de référencement en programmant les outils informatiques qui lui donneront forme à sa place. Cela est d'autant plus vrai à l'heure du Web sémantique, parfois appelé Web 3.0, où le lien est fait directement entre les données, et non plus entre les pages.</p><p>Dans le cas des textes médiévaux, les données de départ qui sont ainsi converties ont des statuts très différents, qu'uniformisent cependant une fois sur l'écran à la fois le manque de métadonnées (ou l'inadéquation de certains champs communément utilisés) et la mise en forme, souvent standardisée, appliquée par les logiciels, et notamment les logiciels de gestion de contenu<sup>13</sup>. Une édition critique de la seconde moitié du xix<sup>e</sup> siècle, tombée dans le domaine public et accessible <em>via</em> de grandes plate-formes de numérisation comme archive.org, n'obéit pas aux mêmes objectifs ni à la même méthodologie que la transcription directement effectuée sur un seul témoin dans le cadre d'un projet de recherche (ou d'une opération de <em>crowdsourcing</em><sup>14</sup>), ou encore que l'océrisation<sup>15</sup> d'une édition imprimée du xvi<sup>e</sup> ou du xviii<sup>e</sup> siècle, numérisée en mode image et disponible sur Gallica. Le numérique brouille ainsi, bien davantage que la publication papier, la distinction entre transcription de travail, fac-similé et édition critique - quels que soient les critères méthodologiques qui guident cette dernière.</p><p>Mais cette labilité de statut du texte numérique ne relève pas d'une simple problématique de critique des sources, bien connue par ailleurs des médiévistes<sup>16</sup>. L'inventaire rapide, dressé plus haut, des différentes opérations que nécessite l'utilisation de données textuelles numériques (et qui conditionnent en partie l'exploitation qui peut en être faite) permet de voir que la difficulté est renforcée par les spécificités du <em>medium</em> numérique. Notre appréhension des textes y est en effet guidée par une double illusion mimétique, celle de l'écran et celle de la machine. Comme le soulignent nombre de travaux des sciences de l'information et de la communication, l'écran, notamment par l'usage extensif qu'il fait désormais de l'image<sup>17</sup>, est considéré implicitement comme garantissant un accès direct, non médié, entre l'utilisateur et les données, par exemple ici le manuscrit ; la machine quant à elle est perçue comme gage d'une « objectivité computationnelle »<sup>18</sup> : instrument mécanique, elle apparaît comme un moyen d'appréhension neutre et objectif de ces mêmes données. Or toute migration de support implique une opération de transposition, qui ne peut être blanche, mais s'appuie au contraire sur une série de choix, et donc d'interprétations.</p><p>À ces illusions mimétiques, largement impensées, s'ajoute le poids des pratiques, qu'il ne faut pas négliger, car elles encouragent des usages en créant des horizons d'attente formels comme intellectuels. C'est ainsi d'abord comme formidable démultiplicateur d'accès libre et ouvert aux collections, aux fonds, et donc aux documents et aux objets qu'a été et qu'est toujours utilisé le numérique par les institutions de conservation : elles ont ainsi particulièrement développé, dans la dernière décennie notamment<sup>19</sup>, la numérisation de leurs collections (entendue ici comme la migration vers un support numérique permettant une visualisation en mode image, accompagnée d'un référencement et/ou d'un balisage plus ou moins fin). C'est en partie dans la suite de ce mouvement que les projets utilisant le numérique intègrent très souvent dans leurs objectifs premiers de donner accès aux document « primaires » sur lesquels sont basées leurs recherches. Cette problématique d'accès aux documents et aux sources entraîne un recours massif, mais finalement peu interrogé, à des types de traitement et de présentation perçus comme descriptifs ou documentaires, et à une appréhension du numérique et de l'Internet comme lieu de dépôt de données qui seraient, comme on l'a vu, non médiées. C'est ainsi une sorte de culture, visuelle et intellectuelle, du fac-similé qui est pour l'instant prégnante dans les projets numériques aux dépens de la réflexion sur les différents statuts du texte par rapport au document ou l'objet qui le contient. En s'appuyant ainsi sur l'idée que le passage au numérique est une opération neutre, favorisée par une forme de mimétisme technique (la reprise sans l'interroger du protocole technique proposé par un autre projet), c'est alors l'importance des choix effectués par tout transcripteur ou éditeur qu'on risque de gommer, comme la différence entre le texte, l'œuvre et le (ou les) documents.</p><p>C'est entre autres ce que souligne Frédéric Duval dans sa synthèse sur les pratiques actuelles de l'édition de textes numérique, qui ouvre le dossier. Dans le cas des éditions de textes médiévaux français, auxquels il se limite ici, il montre ainsi que c'est l'édition de type documentaire, celle qui veut donner accès à un témoin (<em>document</em>) et non au texte ou à l'œuvre (<em>work</em>), qui est pour l'instant largement répandue.</p><p>Les sept contributions qui suivent présentent des retours d'expérience sur des projets en cours ainsi que sur les outils informatiques développés ou adoptés dans leur cadre, comme sur les perspectives offertes par ces derniers. Du côté des outils conçus à partir d'éditions de texte nativement numériques ou de textes numérisés, c'est d'abord la gestion des données prosopographiques qui retient Graziella Pastore : à partir d'un corpus restreint, tiré de l'édition électronique d'une compilation juridique en français médiéval, le <em>Livre de jostice et de plet</em>, elle détaille comment constituer une base de données avec le logiciel libre Omeka. C'est également sur les entités nommées (personnages, institutions, lieux) que porte le travail de Sergio Torres Aguilar, qui, par l'automatisation de leur identification à l'intérieur des chartes latines préalablement numérisées au sein du <em>Corpus Burgundiae Medii Aevi</em>, vise à créer un outil d'interrogation, et au-delà de structuration de telles bases, tout en prenant en compte la spécificité des documents médiévaux et des questionnements qui leur sont appliqués. La confrontation de la machine aux manuscrits médiévaux est de même au centre du projet HIMANIS (HIstorical MANuscript Indexing for user-controlled Search) présenté ici par Dominique Stutzmann, Sébastien Hamel et Jean-François Moufflet ; l'objectif en est d'indexer les registres de la chancellerie royale française (1302-1483) conservés aux Archives nationales à partir des images numérisées des manuscrits, mais aussi des index et éditions imprimées existantes. Il s'agit autant de réfléchir à la manière pour la machine d'« apprendre » à déchiffrer des manuscrits qu'à la façon de donner accès aux données produites en fonction d'un modèle interprétatif pertinent. La gestion des données massives, les <em>big datas</em>, sont ainsi la toile de fond de ces différents projets.</p><p>Les contributions de Xavier-Laurent Salvador et Thibault Clerice présentent quant à elles deux types différents de gestionnaires de contenu numérique, en s'interrogeant notamment sur la modélisation et la structuration, permises par ce biais, des données textuelles. À partir de l'exemple de la <em>Bible historiale</em> de Guyart des Moulins, première traduction intégrale commentée en prose française médiévale, Xavier-Laurent Salvador décrit le principe de fonctionnement d'Isilex, outil de saisie et de mise en ligne de corpus automatisés couplant XML et logique REST XQuery. Thibault Clerice expose de son côté les différentes fonctionnalités de CapiTainS, outil qui fournit un ensemble de service et d'interfaces pour l'exploitation des publications numériques et de leurs données.</p><p>Les projets présentés peuvent enfin entrer dans la logique cumulative et collaborative de la plate-forme ou du portail dont l'objectif est de structurer des informations de statut et de types variés, réunies petit à petit, pour mieux appréhender les corpus d'études ainsi constitués. Anne Salamon fait la genèse de la mise au point du portail H(istoires) U(niverselles) 15, qui doit permettre d'étudier les histoires universelles du xv<sup>e</sup> siècle, corpus historique de langue française particulièrement difficile d'accès du fait de sa taille mais aussi du caractère inédit et mal connu de la plupart des textes concernés. Davide Gherdevich expose de son côté le fonctionnement du site collaboratif POLIMA (POuvoirs de la LIste au Moyen Âge), basé sur MediaWiki et Semantic MediaWiki, qui vise à la fois à créer un corpus de travail et un moyen d'interroger, dans une perspective interdisciplinaire, ce dernier.</p><p>Tous ces projets interrogent les possibilités et les contraintes générées par le traitement numérique des données textuelles médiévales. Au-delà de l'intérêt spécifique de chaque étude de cas, leur réunion dans ce dossier thématique a enfin pour objectif de dépasser la simple revue des pratiques pour appréhender ce que le numérique fait au texte médiéval, ou, pour le dire autrement, comment les usages numériques actuels guident et influencent notre appréhension de ces textes comme de leurs supports, et informent donc en partie les questions que nous leur posons par le biais de ces dispositifs numériques.</p>";"<p><br /><em>Frédéric Duval</em><strong><br /><strong>For Critical Scholarly Digital Editions. The Example of Medieval French Texts</strong></strong></p><p>Thirty years after the first digital edition projects for texts in Old and Middle French, the results are meager and editorial methods favor documentary editions, in the Anglo-Saxon tradition of <em>scholarly documentary editing</em>. This contribution aims to sensitize the medievalists interested in French texts and documentation to the current intensity of the theoretical debates devoted to the digital edition and the place that the critical edition can find there. After a terminological refinement, it returns to the reasons for the triumph of digital editions oriented towards the document, before recalling that the digital does not modify the ontology of texts and does not disqualify the approach of textual criticism. On the contrary, a complementarity is to be found between documentary editions and critical editions.<strong><br /></strong>Keywords<strong> :</strong> Digital Edition, Digital Humanities, French Literature, Text (Edition).</p><p> </p><p><em>Graziella Pastore</em><strong><br /><strong>The Scholarly Digital Edition of the <em>Livre de jostice et de plet</em> (Élec): A Starting Point for Creating a Prosopographical Database with Omeka CMS</strong></strong></p><p>The solution described is the result of a combination of research and practical experience: a file management tool for authority files, with publishing and interoperable capabilities that can be handled without a steep learning curve, and that can adapt themselves to variation or different cases. The authority records were delineated in XML markup following EAC-CPF (<em>Encoded Archival Context—Corporate Bodies, Persons and Families</em>) convention; the dataflow was managed by the Omeka Content Management System. The corpus of authority files is based on officials and jurisconsults cited in the <em>Livre de jostice et de plet</em>, a legal compilation written in Old French around 1260, recently edited online on Élec (Éditions en ligne de l’École des chartes).<strong><br /></strong>Keywords<strong> :</strong> Digital Edition, Digital Humanities, <em>Livre de jostice et de plet</em>, Prosopography, Omeka.</p><p> </p><p><em>Sergio Torres Aguilar</em><strong><strong><br /></strong><strong>Named Entities Recognition for Digital Bases of Medieval Latin Charters. The Case of the <em>Corpus Burgundiae Medii Aevi</em> (Tenth-Thirteenth Centuries)</strong><br /></strong></p><p>The availability of a vast amount of digitized medieval manuscripts requires to import effective methods for large-scale exploitation. But this work can only be done in structured databases where the textual properties are explicit and formalized. This type of handmade structuring is highly time-consuming, which has led to the search for ways to it. We present an example of this: the creation of a named entities recognition model, which are a primary structuring agent, since it corresponds to all the subjects and objects adopting specific names. We detail the creation and implementation of the model formed from Burgundian charters (<em>Corpus Burgundiae Medii Aevi</em>), produced from the tenth to the thirteenth centuries; also, we describe various validation experiments in order to test its robustness on a wide range of sources and at the same time we submit all the results to a discussion that shows the various benefits and challenges of this type of technique on a medieval manuscripts’ corpus.<strong><br /></strong>Keywords<strong> :</strong> <em>Corpus Burgundiae Medii Aevi</em>, Charters, Digital Bases, Digital Humanities, Latin, Named Entities Recognition.</p><p> </p><p><em>Dominique Stutzmann, Jean-François Moufflet, Sébastien Hamel</em><strong><strong><br /></strong><strong>Full Text Search in Medieval Manuscripts: Issues and Perspectives of the HIMANIS Project for Electronic Publishing</strong></strong></p><p>HIMANIS (Historical MANuscript Indexing for usercontrolled Search) is a European research project involving the innovative A2iA company (France), the Rijksuniversiteit Groningen (the Netherlands) and the Universitat Politècnica de València (Spain). It aims at indexing the full manuscript text of the Royal French Chancery registers from their digital images from 1302 to 1483, kept in the National Archives under the call numbers JJ35 to JJ211. The challenges for information retrieval in these registers (massive and noisy data) combine both technological (recognition of handwriting) and historical issues (paleographic and diplomatic analyzes, research on institutions, the functioning of the monarchy, national state genesis) issues.<br />This paper proposes a model for accessing information in a massive body of data, both from an ergonomic point of view and from an hermeneutic one. To this end, after presenting the corpus, the current tools for accessing information contained in the corpus and their formalization in TEI format, it challenges electronic publishing as a “ground truth” and as “training data”, by aiming to reverse the classical approach of critical editions. Finally, it describes the proposed access model, both for an “indexing” approach (which is not a transcription) and for a granularity per act.<strong> </strong><strong> </strong><br />Keywords<strong> :</strong> Digital Edition, Digital Humanities, Full Text Search, HIMANIS, National Archives (France), Royal French Chancery.</p><p> </p><p><em>Xavier-Laurent Salvador</em><strong><br /><em><strong>Isilex, a Collaborative REST XQuery CMS for Digital Literacies: About the <em>Bible Historiale</em></strong></em></strong></p><p>Digital literacies offer a new and comprehensive way of thinking and building new objects of science, cross-linking new data-building tools and, most of all, textual ressources. Isilex <<a href=""http://www.isilex.fr"">http://www.isilex.fr</a>> is an XML CMS server based upon the Web philosophy of REST and is Full-Text XQuery oriented. It facilitates the creation of new means of immediately publishing corpora and encyclopedias online.<strong><br /></strong>Keywords : <em>Bible historiale</em>, Digital Humanities, Isilex.</p><p> </p><p><em>Thibault Clérice</em><strong> </strong><br /><strong>CapiTainS Toolkit, Digital Editing and Data Reuse</strong></p><p>CapiTainS Toolkit, Digital Editing and Data Reuse Collaboratively founded by members of the Perseids and Perseus staff at Tufts and of the Humboldt Chair of Digital Humanities at the University of Leipzig, the CapiTainS project aims to offer open source, reusable and extensible software solutions to simplify the development and promotion of digital editions and publications. This toolkit enables researchers to insert their project into a network of open and reusable data, and helps reduce costs in mining them.<strong><br /></strong>Keywords<strong> :</strong> CapiTainS, Digital Editing, Digital Humanities.</p><p> </p><p><em>Anne Salamon</em><strong><br />H(istoires) U(niverselles) 15: A Digital Website for Unedited Texts</strong></p><p>This article presents the H(istoires) U(niverselles) 15 digital portal, developed as part of a SSHRC “Insight Development” Grant (Canada), which aims to facilitate access to the text of several universal chronicles from the Fifteenth century and to deepen the knowledge on these still unedited texts. From the theoretical to the practical, this article starts with a media reflection on the nature of text editing, especially around the notion of <em>remediation</em> as developed by Jay D. Bolter and Richard Grusin. It then explores how these considerations on the medium and the choice of a digital medium have oriented the editorial decisions and helped to define the structure of a project conceived as a framework of experimentation to reflect on the possibilities of digital editing.<strong><br /></strong>Keywords<strong> :</strong> Digital Editing, Digital Humanities, Remediation, Universal Chronicles.</p><p> </p><p><em>Davide Gherdevich</em><strong> </strong><br /><strong>PolimaWiki : a Semantic Wiki for Collaborative Studies about the Powers of the List in the Middle Ages</strong></p><p>One of the first objectives of the ANR project Polima (Power of the lists in the Middle Ages), begun in 2015 at the University of Versailles Saint-Quentin, was to create a means of sharing reproductions of objects and documents, among researchers as well as editions of medieval texts containing lists. Using Mediawiki software and the Semantic Mediawiki extension, the data has been integrated into a collaborative website, which facilitates sharing and exchange by the research community.<strong><br /></strong>Keywords<strong> :</strong> Digital Bases, Digital Humanities, List, PolimaWiki.</p><p> </p><p><em>Éloïse Adde</em><strong> </strong><br /><strong>Textual Environment and Reception of a Medieval Text. The Second Life of the <em>Chronicle of Dalimil</em></strong></p><p>This analysis proposes to shed new light on the reception of the <em>Chronicle of Dalimil</em> through the analysis of the “textual collections” constituted by the codices that contain it. While we were initially surprised by the importance of texts made for entertainment within the corpus and the decline in the political scope of the text, this observation is nonetheless in conformity with the transformations of society which had rendered obsolete the message of Dalimil. The overwhelming majority of the Czech texts reflect the progress of vernacularization and the role of “cultural transfers” in the development of national literature. The composition of the different codices is also a reflection of the new place taken by literature in society, in the context of the appearance of the “new publics”, while illustrating the different fates that might befall the text, independently of the aims of its author. Finally, it shows that the process of canonization of the work, capable of competing with the “hits” of European literature, was already very much under way at the beginning of the fifteenth century.<strong><br /></strong>Keywords : Bohemia, <em>Chronicle of Dalimil</em>, Entertainment Literature, Morals, Political Literature, Vernacularization.</p><p> </p><p><em>Guillaume Mora-Dieu</em><strong> </strong><br /><strong>Guilds and Urban Defence : the Example of Liege</strong></p><p>From the beginning of the fourteenth century, the extraordinary growth of the craftsmen guilds from the city of Liège had a knock-on effect on urban defense : guilds provided new troops for the town’s safety. This new military capacity continued to increase with the extension of the <em>bourgeoisie</em>’s<em> </em>rights to the suburbs in 1343 and 1429, giving the guilds another large pool of potential members. Originally, the armed men of the guilds seem to have been drafted from the old urban ost<em>, </em>which was divided into wards. But unlike these first barely known urban troops, we know a little more about their military privileges and their attire. Over time, the serious shortcomings of the craftsmen guilds with respect to their defensive duties began to reveal themselves, and to remedy this, other defense forces were placed at the forefront during the last two thirds of the fifteenth century. With a manpower equivalent to that of the guilds of the largest cities in Flanders at this time, the guilds of Liège and their militias seem to have met a similar fate to their counterparts in these areas.<strong><br /></strong>Keywords<strong> :</strong> Craftsmen Guilds, Liège (Belgium), War, Policing, Urban Defense, Military Fellowships.</p><p> </p><p><em>Julien Véronèse</em><strong><br />The Historian and His Demons</strong></p><p>On Several Recent Works on Medieval Demonology</p>";460;20.00;"<p>À l’heure où les humanités numériques sont omniprésentes dans les études médiévales, ce numéro réunit un ensemble interdisciplinaire d’études de cas inédits. L’édition des textes en format numérique ouvre des possibilités qui modifient en profondeur les pratiques et les méthodes des historiens. Le recours à ce nouveau mode d’accès et d’exploitation des données textuelles se révèle particulièrement fécond dans bien des domaines des études médiévales, comme le prouve le nombre de projets de recherche lancés depuis dix ans et dont on recueille ici les premiers fruits.</p><p><strong>Avec le soutien du Laboratoire DYPAC</strong> – Université Versailles Saint-Quentin (Paris-Saclay)</p>";;28/09/2017 10:28;0;Première édition;3386 663;2;3;35;Une télévision allumée;Les arts dans le noir et blanc du tube cathodique;;;"<p>Loin d’être simplement un média de masse conformiste et commercial, la télévision a aussi proposé différentes formes d’expérimentation artistique à ses premières années.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Remerciements <br /><br />Introduction : quand la télévision était allumée <br /><strong>Viva Paci</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>1. La télévision, une histoire 
intermédiale </strong><br /><em>Chapitre 1</em>.<br />La télévision et les arts. Au-delà de la traduction 
et de la transmission <br /><strong>William Uricchio</strong><br /><em>Chapitre 2.</em><br />Les arts de la scène et le propre de la télévision <br /><strong>Gilles Delavaud</strong><br /><em>Chapitre 3.</em><br />Quand la télévision libère le cinéma <br /><strong>Martin Bonnard</strong><br /><br /><strong>2. La télévision, une histoire 
de créateurs entre les arts </strong><br /><em>Chapitre 4.</em><br />Les leçons de télévision de Marcel l’Herbier <br /><strong>Marie-France Chambat-Houillon</strong><br /><em>Chapitre 5.</em> <br />Nicolas Schöffer, le service de la recherche 
ou l’art vidéographique au sein 
de la télévision française (1950-1970) <br /><strong>Grégoire Quenault</strong><br /><em>Chapitre 6.</em><br />Glenn Gould, interprète audio-visuel. 
Studio de télévision et dédoublement 
de la performativité musicale <br /><strong>Serge Cardinal</strong><br /><em>Chapitre 7.</em><br />L’humaniste cathodique. Io e… au croisement 
des arts dans la paléo-télévision italienne <br /><strong>Marco Bertozzi</strong><br /><br /><strong>3. La télévision, une histoire d’enseignement </strong><br /><em>Chapitre 8.</em><br />Voyager avec le Sandmännchen. 
L’imaginaire international à la télévision 
pour les enfants est-allemands <br /><strong>Toni Pape</strong><br /><em>Chapitre 9.</em><br />Les arts à la télévision en Grande-Bretagne 
dans les années 1950 et 1960 <br /><strong>Thomas Elsaesser</strong><br /><em>Chapitre 10.</em><br />Le téléroman, ou la télévision italienne humaniste 
et pédagogique des origines <br /><strong>Elena Dagrada</strong><br /><em>Chapitre 11.</em><br />Bleu comme une orange d’André S. Labarthe (1968).
Un film en couleurs, des arts en noir et blanc <br /><strong>Sylvain Dreyer</strong><br /><br /><strong>4. La télévision, une histoire 
de résistance </strong><br /><em>Chapitre 12.</em><br />Un écrivain-cinéaste dans la télévision de Franco.
Censure et autocensure dans les films sur l’art 
de Jesús Fernández Santos <br /><strong>Guillermo G. Peydró</strong><br /><em>Chapitre 13.</em><br />La vidéo n’est pas la télé <br /><strong>Deirdre Boyle</strong><br /><em>Chapitre 14.</em><br />Open Circuits : la télévision des nouveaux artistes <br /><strong>Milo Adami<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: left;"">Bibliographie sélective. 
Les arts à la télévision, origines et permanence <br /><strong>Stéfany Boisvert</strong><br /><br /></p><p style=""text-align: left;"">Index des œuvres audiovisuelles <br /><br />Les auteurs <br /><br /></p>";;25/01/2018;0;170x240;272;978-2-84292-813-1;978-2-84292-813-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_663.jpg;"<p><em>Allumée</em>, instructive, indomptable a été la télévision à ses premières années. Ce volume permet de découvrir des moments clés de l’histoire de ce média de masse. Entre Europe et Amériques, les chapitres de ce livre reconstruisent des récits documentés qui sont d’autant plus précieux à connaître aujourd’hui, alors que les possibilités de production et de diffusion de la télé sur le Web décloisonnent tous confins. <em>Une télévision allumée</em>, se concentrant sur cette période durant laquelle le <em>noir et blanc </em>et le <em>tube cathodique </em>étaient monnaie courante, surprendra le lecteur, ou rallumera une certaine nostalgie, en dessinant les contours d’une télévision qui réinventait l’<em>histoire des arts</em>, ficelait une nouvelle <em>pédagogie </em>et – histoire souterraine et moins connue – construisait une <em>résistance </em>utopique au conformisme social et médiatique.</p><p> </p><p><em>Viva Paci est professeure à l'Université du Québec à Montréal.</em><br /><em>Stéfany Boisvert est chercheuse postdoctorale à l'Université McGill.</em></p>";;;520;25.00;"<p>En 1951 à leur création<em>, </em>les<em> « Cahiers du Cinéma »</em> se nommaient plus exactement <em>« Cahiers du cinéma et du télécinéma ».</em><em><br /> </em>La télévision a été, à une période donnée, un formidable outil artistique. Cet objet « de la masse, pour la masse et de masse », parfois déclassé car participant de la société de consommation – est ici valorisé dans sa capacité démocratique et technique, sociale et culturelle, mais aussi intellectuelle, dans sa capacité à « réinventer l’histoire des arts ».<br />Ce livre collectif fait la « préhistoire » de la télévision actuelle dans son rapport à l’art contemporain et au patrimoine dans les différents pays d’Europe et aux Etats-Unis. Cette télévision proposait une pédagogie nouvelle et se montrait un instrument de résistance utopique au conformisme social et médiatique est aujourd’hui à découvrir, ou à réinventer en prenant ce livre comme programme d’action.</p>";;28/09/2017 10:41;1;Première édition;3652 664;2;3;19;Grammaire du SMS;;;;"<p>En quoi est-ce que la grammaire des SMS diffère-t-elle du français « standard » ?</p>";"<p><strong>Introduction</strong>. À quoi bon étudier le sujet dans les SMS ? <br /><br /><br /><strong>Chapitre 1. État de l’art </strong><br />1.1 Introduction <br />1.2 Les SMS dans le cadre de la linguistique variationnelle <br />1.3 La notion de sujet <br />1.4 L’omission du sujet <br />1.5 Vers une hypothèse : les sujets référentiels omis comme topic-drop <br /><br /><br /><strong>Chapitre 2. Résumé intermédiaire et hypothèses <br /></strong><br /><br /><strong>Chapitre 3. Données et méthodologie </strong><br />3.1 Introduction <br />3.2 Le corpus <br />3.3 L’annotation des données <br />3.4 Les outils pour l’analyse des données <br /><br /><br /><strong>Chapitre 4. Résultats </strong><br />4.1 Introduction <br />4.2 Aperçu général <br />4.3 Clitique ou marqueur d’accord ? <br />4.4 L’omission du sujet <br /><br /><br /><strong>Chapitre 5. Analyse syntaxique du sujet omis </strong><br />5.1 Introduction <br />5.2 Le sujet référentiel omis : topic-drop <br />5.3 Le sujet explétif omis <br />5.4 Résumé <br /><br /><br />Résumé et conclusions <br />Annexe <br />Tableaux correspondant aux graphiques 
des résultats non intégrés dans le texte <br />Bibliographie <br /><br /></p>";;22/02/2018;0;137x220;370;978-2-84292-809-4;978-2-84292-809-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_664.jpg;"<p>«Suis dispo ce soir» : dans les SMS, en français, le sujet est souvent omis. L’ouvrage propose une analyse syntaxique détaillée de ce phénomène d’omission en combinant l’analyse de données établies à partir du corpus sms4science.ch avec une modélisation en syntaxe générative récente. L’étude s’inscrit dans la tradition de la linguistique variationnelle, qui prend en compte l’influence de facteurs extralinguistiques sur la forme concrète de la production langagière. Mais l’analyse se place aussi dans le cadre de la recherche sur les registres abrégés écrits, tels les notes ou les journaux intimes. Une fois analysée, la grammaire du SMS se comprend dans le cadre de l’étude des langues naturelles.<br /><br /></p><p><em>Après des études de linguistique romane comparée, de science des médias et de la communication à l’université de Zurich (Suisse), Aurélia Robert-Tissot a travaillé comme assistante scientifique à la chaire de linguistique française de l’université de Zurich. Elle travaille actuellement au sein des services du parlement de la Confédération suisse à Berne.</em></p>";"<p>Introduction</p><p class=""txt_Normal"">La communication par SMS (<span class=""typo_Italique"">Short Message Service</span>) est bien ancrée dans notre société, même si actuellement, les applications de messagerie instantanée, en particulier WhatsApp, ont pris le dessus surtout chez les jeunes utilisateurs. Néanmoins, dans les années 2009 et 2010, l’Office fédéral de la communication suisse (OFCOM) a enregistré environ 6 milliards d’échanges de SMS en Suisse (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>Brambilla 2013 : 42). Le fait que cette technologie est très répandue et employée au quotidien la rend intéressante pour beaucoup de secteurs de l’économie, mais également pour des études scientifiques. Ainsi, les possibilités d’utilisation de la messagerie par SMS et son impact sur la société ont été analysés dans divers contextes scientifiques dès les années 2000 : en médecine, en commerce et marketing, en communication politique, dans les sciences des médias ou encore en psychologie (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>Thurlow et Poff 2013 : 165).</p><p class=""txt_Normal"">La linguistique s’est également penchée sur les données SMS. Une des premières études à grande échelle a été réalisée dans le cadre du projet <span class=""typo_Italique"">sms4science</span>, lancé en 2004 à l’Université de Louvain en Belgique (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>notamment Fairon, Klein et Paumier 2006 et Cougnon 2008). Depuis, plusieurs pays se sont ralliés à l’initiative et différents projets <span class=""typo_Italique"">sms4science</span> nationaux se sont formés. Des collectes de SMS ont été effectuées en Belgique (2004), sur l’île de La Réunion (2008), en Suisse (2009-2010), au Québec (2010) et dans certaines régions de la France (Hautes-Alpes et Isère 2010). De plus, le projet international coopère avec des universités en Grèce, en Italie, en Espagne et au Pays basque, en Italie, en Grande-Bretagne et en Roumanie. Des collectes de SMS dans ces pays et régions sont prévues ou déjà en cours (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>www.sms4science.org). Le présent travail a été réalisé dans le cadre du projet <span class=""typo_Italique"">sms4science</span> suisse<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> dont les données ont été collectées durant les années 2009 et 2010, donc en pleine période d’apogée des SMS (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>www.sms4science.ch).</p><p class=""txt_Normal"">Jusqu’à présent, les études en linguistique portant sur des SMS se sont surtout concentrées sur des aspects relevant de la sociolinguistique ou de l’analyse discursive, tandis que les analyses morphosyntaxiques sont encore relativement rares (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>Dürscheid et Stark 2011, Thurlow et Poff 2013), alors que les SMS offrent de précieux renseignements sur cet aspect. Car, en tant que moyen de communication souvent utilisé dans des contextes informels, les SMS ne sont pas <span class=""typo_Italique"">a priori</span> soumis à une norme prescriptive : tandis que la variété standard d’une langue suit obligatoirement une convention socioculturelle<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span> (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>Thurlow et Poff 2013 : 177), les SMS, de leur côté, en sont libérés dans une certaine mesure. Par conséquent, ils montrent souvent des déviances par rapport à la variété standard – des déviances qui sont instructives au vu du système linguistique proprement dit : « […] beaucoup de pratiques typographiques de la messagerie offrent des représentations <span class=""typo_Italique"">plus </span>‘correctes’, <span class=""typo_Italique"">plus</span> ‘authentiques’ du langage<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span> » (Thurlow et Poff 2013 : 177). Ces « représentations authentiques du langage » constituent l’intérêt de recherche principal de notre étude. Ainsi, les déviances, en particulier syntaxiques, par rapport au standard ne sont pas arbitraires, mais suivent des principes fondamentaux des langues naturelles. Précisons que par des déviances syntaxiques nous entendons des déviances dans la structure de la phrase, c’est-à-dire par rapport à la présence ou l’ordre linéaire des constituants. Cette délimitation est importante, car contrairement au choix lexical ou aux effets prosodiques, qui sont souvent utilisés à des fins stylistiques (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>Ravid et Tolchinsky 2002 : 431), la syntaxe ne peut pas être manipulée de manière consciente. La créativité en syntaxe est restreinte par un noyau syntaxique constitutif du système linguistique, ce qui permet par exemple aux locuteurs natifs de se prononcer sur la grammaticalité d’une phrase dans leur variété sans pour autant pouvoir motiver leur jugement. À notre avis, les SMS nous aident donc à accéder à cette syntaxe fondamentale.</p><p class=""txt_Normal"">De plus, l’analyse de SMS peut également révéler des change-ments linguistiques en cours. Ces changements se manifestent d’abord à l’oral et ne sont pas (encore) tolérés par les normes diffusées par les institutions de référence. Les SMS, bien que relevant du code graphique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>, sont susceptibles de refléter dans leur graphie des changements en cours à l’oral. Les procédés typographiques créatifs ou, selon Béguelin (2012a : 53), les « tentatives de ‘réappropriation spontanée’ de la graphie par les sujets », ouvrent la possibilité d’imiter le code phonique (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Anis 2007, Stark 2013). Or, une critique souvent émise par rapport à l’étude d’un corpus graphique est que ce dernier ne peut que partiellement refléter les tendances du français phonique. Ceci est vrai, mais notre étude ne se concentre pas sur le français phonique. Notre but est de décrire de manière détaillée les données du corpus et, dans une deuxième étape, nous pourrons formuler des conclusions relatives au français contemporain. D’ailleurs, Androutsopoulos (2007) remarque, à juste titre, que l’emploi de la langue dans la communication médiée par ordinateur (CMC) ne peut pas simplement être caractérisé comme une forme hybride se situant entre l’écrit et l’oral, car « ceci présente le risque de méconnaître le potentiel de l’écriture, [un potentiel, ART] indépendant de la phonie, que nous offre la représentation spatio-visuelle de la langue<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span> » (Androutsopoulos 2007 : 73). Les résultats obtenus à partir d’un corpus en code graphique sont donc tout autant valables que les résultats obtenus à partir de corpus oraux. Il ne s’agit, certes, pas du même objet d’étude, mais les deux sont légitimes.</p><p class=""txt_Normal"">Pour notre étude, nous avons choisi de nous concentrer sur un aspect morphosyntaxique de l’écrit SMS, à savoir la réalisation du sujet. En raison de la divergence constatée dans l’emploi des sujets entre le français standard et le français spontané, les propriétés morphosyntaxiques des sujets sont invoquées dans plusieurs approches de la variation en français. Ainsi, d’après le modèle de Koch et Oesterreicher (2001, 2011), les propriétés du sujet sont un indicateur pour la conception de la communication d’un énoncé.</p><p class=""txt_Normal"">Selon une autre approche, les sujets clitiques du français non standard n’ont pas le même statut que ceux du français standard : tandis que dans le premier cas il s’agit de vrais arguments sujets, dans les variétés plus familières les clitiques constitueraient plutôt des marqueurs d’accord sur le verbe (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Culbertson 2010, Kaiser 1992, Auger 1995, Fonseca-Greber et Waugh 2003, Berrendonner 2007, et déjà Darmesteter 1877 <span class=""typo_Italique"">contra</span> p. ex. De Cat 2005, Rizzi 1986, Belletti 1999, Meisenburg 2000). Certains voient ici un changement en cours, un changement susceptible d’avoir des reflets dans un corpus de français écrit spontané. En effet, notre étude s’inscrit d’une part dans le cadre de la linguistique variationnelle puisque nous aimerions comprendre quels facteurs intra- et extralinguistiques déterminent la forme du sujet dans les SMS.</p><p class=""txt_Normal"">D’autre part, dans la littérature à propos de la CMC, il a souvent été affirmé que les ellipses sont typiques de ce genre de communication (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Panckhurst 2009, Ledegen 2011). Notamment, Fairon, Klein et Paumier (2006 : 43) citent les exemples (1) et (2) avec des omissions de sujets comme représentants de leur catégorie « omission de mots grammaticaux » :</p><p class=""txt_Citation ParaOverride-2"">(1) Ai fait de la physique</p><p class=""txt_Citation ParaOverride-3"">(2) Pas eu mon exam… (Fairon, Klein et Paumier 2006 : 43)</p><p class=""txt_Normal"">L’analyse de l’omission d’arguments connaît une longue tradition dans la grammaire générative. Le phénomène du <span class=""typo_Italique"">pro</span>-drop par exemple a beaucoup été discuté dans les langues romanes (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>en particulier Rizzi 1982 ou Burzio 1986). Pour les variétés non standard, l’omission d’arguments est moins bien documentée. Toutefois, l’ellipse du sujet a été constatée dans le langage des enfants qui acquièrent tous types de langue, y compris le français (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Hyams 1986, Pierce 1989, Bloom 1990, Rizzi 1994, Jakubowicz et Rigaut 2000, Rasetti 2000, Schmitz, Patuto et Müller 2012). Pour le langage des adultes, l’omission d’arguments a été analysé dans la tradition des ‘registres abrégés’ comme les notes (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Janda 1985), les manchettes de journaux (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Stowell 1991, Chow <span class=""typo_Italique"">et al.</span> 2008), les recettes de cuisine (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Massam et Roberge 1989) ou les journaux intimes (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>p. ex. Haegeman 1997, 2000, 2007, 2013 ou Haegeman et Ihsane 1999, 2001). Pour la modélisation de nos données, nous adopterons ce même cadre théorique de la grammaire générative (récente) qui s’impose pour deux raisons : d’une part, la grammaire générative offre la possibilité de rendre compte d’éléments syntaxiquement actifs qui ne sont pourtant pas visibles (les catégories vides), dont le sujet omis est un représentant. Elle permet de modéliser les conditions sous lesquelles les catégories vides apparaissent. D’autre part, la grammaire générative suppose que des principes syntaxiques innés guident l’acquisition du langage. Et, sans de tels principes innés, il est difficile d’expliquer comment l’on parvient à acquérir le fonctionnement de catégories vides<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>, ainsi que le fait remarquer Bickerton (2009 : 11) : « Comment peut-on apprendre un rien<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span> ? »</p><p class=""txt_Normal"">Dans cette introduction nous avons thématisé plusieurs domaines de la linguistique française actuelle. Nos questions de recherche sont déduites des approches variationnistes du français non standard ainsi que de l’analyse syntaxique formelle dans le cadre de la grammaire générative. Nous nous intéresserons aux variantes morphosyntaxiques du sujet dans le corpus et à leur fréquence relative. Ensuite, nous identifierons les contextes morphosyntaxiques dans lesquels le sujet peut être omis. Nous interpréterons nos résultats en tenant compte des facteurs intra- mais aussi extralinguistiques qui guident la rédaction de SMS. Finalement, ceci nous permettra de répondre à la question fondamentale de savoir en quoi la grammaire des SMS se différencie de celle du français ‘standard’ et de celle du français ‘parlé’. À partir de ces questions de recherche et des approches brièvement exposées ci-dessus, nous pouvons formuler trois hypothèses principales concrètes pour notre corpus, hypothèses que nous déclinerons plus en détail dans le chapitre 2 :</p><p class=""txt_Citation_suite ParaOverride-4"">H1 : Les clitiques sujets sont des marqueurs d’accord affixaux sur le verbe.</p><p class=""txt_Citation_suite ParaOverride-5"">H2 : Les sujets référentiels omis sont des topiques familiers nuls.</p><p class=""txt_Citation_suite ParaOverride-6"">H3 : Les sujets explétifs sont omis quand le verbe impersonnel est topicalisé ou focalisé.</p><p class=""txt_Normal"">Anticipant les résultats, nous verrons que H1 ne pourra pas être confirmée, tandis que H2 et H3 seront corroborées par nos données.</p><p class=""txt_Normal"">Du point de vue méthodologique, nous aurons recours à des procédés quantitatifs et qualitatifs. Pour ce faire, nous avons annoté manuellement l’intégral de la partie française du corpus <br /><span class=""typo_Italique"">sms4science.ch</span> selon des directives bien précises. En nous basant sur les résultats quantitatifs issus de l’annotation, nous proposerons une modélisation probabiliste (donc purement statistique) qui révèle les facteurs (et leurs interactions) qui favorisent l’une ou l’autre forme du sujet dans les SMS. Les analyses qualitatives d’exemples révélateurs nous permettront ensuite de fournir une explication syntaxique pour les effets catégoriels de certains facteurs de notre modèle probabiliste. En particulier, nous élaborerons une modélisation dans le cadre de la grammaire générative qui est capable de rendre compte de l’omission du sujet. Nous plaiderons essentiellement en faveur de l’hypothèse selon laquelle l’omission du sujet référentiel est un type spécifique de <span class=""typo_Italique"">topic</span>-drop, à savoir l’effacement postsyntaxique du topique familier dans la périphérie gauche. Cet effacement est lié aux propriétés du système pronominal français. Ces propriétés seront également invoquées pour expliquer l’omission du sujet explétif.</p><p class=""txt_Normal"">En résumé, notre étude se veut à la fois empirique et théorique. Le procédé que nous avons adopté nous permettra de tester plusieurs hypothèses avancées pour le français contemporain dans le cadre de la linguistique variationnelle. De plus, notre analyse nous donnera des indications d’ordre plus général sur la syntaxe de l’écrit informel en français. Ainsi, nous nous détacherons de l’approche particulariste des débuts de la recherche sur le langage utilisé dans les nouvelles technologies (<span class=""typo_Italique"">cf. </span>Schlobinski 2014) et nous interpréterons nos résultats dans un cadre plus global, à savoir la grammaire du français.</p><p class=""txt_Normal"">Avant de passer à l’analyse des sujets de notre corpus, nous donnerons un aperçu de l’état de la recherche sur les SMS au début du chapitre 1. Dans ce même chapitre, nous donnerons également un aperçu de la recherche concernant le sujet (en français) et nous introduirons tous les concepts nécessaires pour les analyses que nous effectuerons dans les chapitres successifs. Nous y discuterons aussi pourquoi les modèles proposés pour l’omission du sujet ne sont pas adéquats pour nos données et nous préparerons l’argumentation de notre propre analyse. Le chapitre 2 résume les points les plus importants et présente les hypothèses de manière plus détaillée. Après la présentation du corpus et de la méthodologie dans le chapitre 3 nous passerons aux résultats de l’enquête dans le chapitre 4, résultats que nous discuterons aussitôt après. Le chapitre 5 sera dédié à l’analyse syntaxique des sujets omis. La conclusion résumera nos propos de manière concise et ouvrira quelques pistes pour de futures recherches.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. <span class=""typo_Exposant"">Le projet suisse a été financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS). Il s’agit du projet </span><span class=""typo_Italique"">Sinergia</span><span class=""typo_Exposant""> intitulé </span><span class=""typo_Italique"">SMS Communication in Switzerland : Facets of Linguistic Variation in a Multilingual Country</span><span class=""typo_Italique"">. </span><span class=""typo_Exposant"">La collecte de SMS a été réalisée grâce au soutien de l’opérateur de télécommunication Swisscom.</span></p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. <span class=""typo_Exposant"">Les normes du français standard par exemple sont établies par l’Académie française et diffusées par des dictionnaires et des grammaires de références (p. ex. </span><span class=""typo_Italique"">Le Petit Robert</span><span class=""typo_Exposant"">, </span><span class=""typo_Italique"">Larousse</span><span class=""typo_Exposant"">, etc.).</span></p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. <span class=""typo_Exposant"">« […] many of the typographic practices of texting offer </span><span class=""typo_Italique"">more</span><span class=""typo_Exposant""> ‘correct’, </span><span class=""typo_Italique"">more</span><span class=""typo_Exposant""> ‘authentic’ representations of speech ».</span></p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. <span class=""typo_Exposant"">Nous utilisons les termes </span><span class=""typo_Italique"">code graphique</span><span class=""typo_Exposant""> et </span><span class=""typo_Italique"">code phonique</span><span class=""typo_Exposant""> pour la réalisation médiale par des lettres alphabétiques ou alors par des ondes sonores selon Koch et Oesterreicher (2011), </span><span class=""typo_Italique"">cf. </span><span class=""typo_Exposant"">chapitre 1.1.2.</span></p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. <span class=""typo_Exposant"">« Damit ist […] die Gefahr verbunden, die in der räumlich-visuellen Repräsentation von Sprache angelegten, von der Phonie unabhängigen Potenziale der Schrift zu verkennen. »</span></p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. <span class=""typo_Exposant"">Comme nous le voyons dans les exemples (i) et (ii), les catégories vides (symbolisées par </span><span class=""typo_Italique"">Ø</span><span class=""typo_Exposant"">) prennent des références différentes selon les structures syntaxiques sous-jacentes :</span></p><p class=""txt_Note ParaOverride-2""><span class=""typo_Exposant""> (i) a. Mary</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i</span><span class=""typo_Exposant""> is too angry to Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant""> talk to Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant"">.</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> </span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">Marie</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">i</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> est trop faché_</span><span class=""typo_SC CharOverride-2"">m/f</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> pour Ø</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> parler à Ø</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">i/*k</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> ‘Marie</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i</span><span class=""typo_Exposant""> est trop fâchée pour Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant""> lui</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant""> parler.’</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> [=Il faudrait plutôt pas parler à Marie, qui est fâchée.] </span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> b. Mary</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i</span><span class=""typo_Exposant""> is too angry to Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant""> talk to her</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant"">.</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> </span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">Marie</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">i</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> est trop faché_</span><span class=""typo_SC CharOverride-2"">m/f</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> pour Ø</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> parler à elle_</span><span class=""typo_SC CharOverride-2"">dat</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">*i/k</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> ‘Marie</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i</span><span class=""typo_Exposant""> est trop fâchée pour Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant""> lui</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant""> parler.’</span></p><p class=""txt_Note ParaOverride-3""><span class=""typo_Exposant""> [=Marie est fâchée et ne parle pas à elle (tierce personne).]</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> (ii) a. Mary</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i</span><span class=""typo_Exposant""> needs somebody</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">k</span><span class=""typo_Exposant""> to Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant""> talk to Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant"">.</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> </span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">Marie</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">i </span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">a.besoin quelqu’un pour Ø</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> parler à Ø</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">*i/k</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> ‘Marie a besoin de quelqu’un à qui parler.’</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> b. Mary</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i</span><span class=""typo_Exposant""> needs somebody</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">k</span><span class=""typo_Exposant""> to Ø</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant""> talk to her</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">i/*k</span><span class=""typo_Exposant"">.</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> </span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">Marie a.besoin quelqu’un pour Ø</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">*i/k</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""> parler à elle_</span><span class=""typo_SC CharOverride-2"">dat</span><span class=""typo_Indice CharOverride-3"">i/*k</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> ‘Marie a besoin de quelqu’un qui lui parle.</span></p><p class=""txt_Note ParaOverride-3""><span class=""typo_Exposant""> (Bickerton 2009 : 10, adapté)</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> En (i)a, le sujet explicite </span><span class=""typo_Italique"">Mary</span><span class=""typo_Exposant""> contrôle l’objet du verbe </span><span class=""typo_Italique"">talk</span><span class=""typo_Exposant"">, tandis que le sujet de </span><span class=""typo_Italique"">talk</span><span class=""typo_Exposant""> doit avoir une autre référence, indéfinie. Par contre, si l’objet de</span><span class=""typo_Italique""> talk</span><span class=""typo_Exposant""> est réalisé par un pronom féminin </span><span class=""typo_Italique"">her</span><span class=""typo_Exposant""> en (i)b, l’objet ne peut plus être coréférentiel avec le sujet explicite </span><span class=""typo_Italique"">Mary</span><span class=""typo_Exposant"">. Ce dernier contrôle par conséquent le sujet du verbe</span><span class=""typo_Italique""> talk</span><span class=""typo_Exposant"">. Ensuite, bien que les structures superficielles de (i) et (ii) se ressemblent, l’interprétation de (ii) est exactement l’opposée de l’interprétation de (i), c’est-à-dire qu’en (ii)a, le sujet de </span><span class=""typo_Italique"">talk</span><span class=""typo_Exposant""> est contrôlé par </span><span class=""typo_Italique"">Mary</span><span class=""typo_Exposant"">, tandis qu’en (ii)b, </span><span class=""typo_Italique"">Mary</span><span class=""typo_Exposant""> est coréférentiel avec le pronom féminin </span><span class=""typo_Italique"">her</span><span class=""typo_Exposant"">.</span></p><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Exposant""> Les catégories vides impliquées dans les deux exemples ne sont pas les mêmes ; certaines font partie d’une structure de contrôle et d’autres constituent une trace vide, laissée par le déplacement d’un constituant, ce qui explique leurs comportements différents. Par de la simple imitation, il est peu probable que ces structures puissent être maîtrisées, puisqu’il n’existe pas d’indice explicite sur les catégories vides, qui les identifie comme étant différentes l’une de l’autre.</span></p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. <span class=""typo_Exposant"">« How do you learn a nothing ? »</span></p></div></div>";;512;25.00;"<p>De quoi faire frémir les enseignants : «J tap'L dê ke J p'E», «Tê le plu bo 2 la klass». Même si nous sommes bien conscients des abréviations et des écritures phonétiques que nous utilisons dans les messages électroniques, leurs particularités syntaxiques restent pour le plus souvent opaques. À l’exemple du sujet « oublié » dans les SMS, cet ouvrage montre de manière détaillée quelles sont les règles syntaxiques que nous suivons lors de la rédaction de messages.</p>";;13/11/2017 14:10;0;Première édition;3147 665;2;3;31;Nerval et Schumann;La folie en partage;;;"<p>Quand la recherche universitaire rejoint l’enquête policière : le poète Nerval et le compositeur Schumann n’ont jamais entendu parler l’un de l’autre. Pourtant, leurs œuvres et leurs vies sont semblables.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Préambule
<br />Un air pour qui je donnerais… <br /><br />Introduction </p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Chapitre 1
<br /><strong>Gémeaux </strong> <br /><br />Chapitre 2<br /> <strong>Je ne suis pas moi </strong> <br /><br />Chapitre 3
<br /><strong>Ici n’est pas ici </strong><br /><br />Chapitre 4
<br /><strong>Maintenant n’est pas maintenant </strong> <br /><br />Chapitre 5<br /><strong> Le déictique absolu </strong> </p><p style=""text-align: left;"">Conclusion <br /><br />Bibliographie <br />Discographie sélective <br />Crédits photographiques </p>";;22/03/2018;0;137x220;160;978-2-84292-817-9;978-2-84292-817-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_665.jpg;"<p>Le poète Nerval et le compositeur Schumann n'ont jamais entendu parler l'un de l'autre. Pourtant, leurs œuvres et leurs vies sont extrêmement semblables, en plus d'être contemporaines. Tous les deux furent atteints d'une folie qui les mena au suicide et qui engendra malgré tout leurs plus belles œuvres...Pourquoi cette parenté ? Peut-on lire Nerval comme on entend Schumann, et inversement ? L'auteur nous fait ici partager la stupeur des coïncidences et l'émerveillement devant la création. Par le dialogue incessant du détail des œuvres et de la psychiatrie, il nous donne à comprendre poème et musique l'un par l'autre, faisant se rencontrer enfin deux artistes jumeaux que l'histoire choisit de séparer.<br /><br /><br /><em>Pierre Fleury est élève à l'École normale supérieure, où il se spécialise en littérature générale et en musicologie. Ses recherches portent sur les rapports entre ces deux disciplines.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction</p><p class=""premierPara""><span class=""_idGenDropcap-1"">C</span>e livre est un livre sur des frontières. Frontière entre raison et folie, frontière entre littérature et musique, frontière entre France et Allemagne, frontière entre Schumann et Nerval. À chacune de ses frontières est associé un lot de contradictions internes non résorbées, aboutissant à une sorte de dialectique ininterrompue, et donc fructueuse. Ce quadruple comparatisme repose ainsi sur une quadruple dynamique. Notre position sera, à chaque fois, celle d’un traducteur, qui « pense entre les langues », pour reprendre la belle expression de Heinz Wismann. Traduire la littérature en musique, traduire Schumann en Nerval, traduire la folie en raison – penser leurs frontières, et espérer embrasser le paradoxe : <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">rencontrer</span> l’Autre (la chose ou la personne qui est derrière la frontière) dans son irréductible <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">différence</span>. C’est bien là tout le problème, si peu théorisé, de la traduction.</p><p class=""txt_Normal"">Un tel problème fonde d’autant mieux notre démarche qu’il est en outre au plein cœur des esthétiques de Schumann et de Nerval.</p><p class=""txt_Normal"">D’abord parce Schumann comme Nerval furent deux traducteurs au sens propre. Nerval a beaucoup traduit depuis l’allemand ; Schumann un peu depuis le grec, mais fut surtout traducteur dans sa façon de penser la « mise en musique » d’un texte : comme une traduction de l’idiome poétique à l’idiome musical. Ils s’emparèrent d’ailleurs plusieurs fois des mêmes textes : le <span class=""typo_Italique"">Faust</span> de Goethe, l’<span class=""typo_Italique"">Intermezzo</span> de Heine.</p><p class=""txt_Normal"">Ensuite, parce que la question de ces traductions n’est pas seulement une question de langage : l’Allemagne, la France sont d’abord « l’outre-Rhin » : l’espace « de l’autre côté » de la frontière. Or, exprimer la frontière et ce qu’il y a derrière, c’est tout l’enjeu de l’écriture du fou : car le fou fait constamment en lui-même « l’épreuve de l’étranger<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span> ». L’intérêt qu’ont les deux artistes pour le voyage, pour les formes en tension, pour le dialogue entre différentes formes d’expression, est directement lié à l’expérience de leur frontière intérieure. Ainsi, tout au long de cette étude, ce n’est pas seulement la position de traducteur que nous adapterons, mais bel et bien la position du fou. Car le fou est comme Charlot à la fin de <span class=""typo_Italique"">The Pilgrim </span>(<span class=""typo_Italique"">Le Pélerin</span>), qui, poursuivi éternellement par la police de deux États mitoyens, sautille éternellement les pieds en canard de chaque côté de la frontière. Cette image est suivie d’un fondu au noir, puis le mot « fin » s’inscrit sur l’écran. Chaplin choisit cette solution car il ne peut résoudre le dilemme. Dans la vie, il existe un équivalent à cette fin suspendue. Cet équivalent, c’est le suicide : lorsqu’il devient impossible de penser la frontière, nos deux hommes la franchissent en se tuant. La dialectique est ininterrompue, et donc violente.</p><p class=""txt_Normal"">Nous ne résistons pas au désir d’exposer ici une coïncidence de préoccupations entre Schumann et Nerval. En 1839, Schumann commence l’<span class=""typo_Italique"">Humoresque</span>, opus 20. À cette occasion, il témoigne de la dynamique délicate de la traduction, dans une lettre à Simonin de Sire du 15 mars 1839 :</p><p class=""txt_Citation_italique_debut""><span class=""typo_Italique"">Das Wort Humoreske verstehen die Franzosen nicht. Es ist schlimm, dass grade für die in der deutsche Nationalität am tiefsten eingewurzelten Eigenschaften : die glückliche Verschmelzung von gemütlich (schwärmerisch) und witzig, für den Humor keine guten und treffenden Worte in der französischen Sprache vorhanden sind</span><span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span>.</p><p class=""txt_Citation"">Les Français ne peuvent pas comprendre le terme d’<span class=""typo_Italique"">humo­resque</span>. Il est malheureux que votre langue ne possède pas de mot exact pour rendre avec justesse deux particularités aussi enracinées dans la nationalité allemande que l’exaltation de l’imaginaire et l’esprit farceur qui se mélangent dans l’<span class=""typo_Italique"">Humor.</span></p><p class=""txt_Normal"">Il est touchant de savoir que Nerval, vers 1839 lui aussi, ait également été confronté à la difficulté de traduire ce terme, face à un poème comme <span class=""typo_Italique"">Krönung</span> de Heine :</p><p class=""txt_Citation_debut""><span class=""typo_Italique"">Als Herold, die lachende Träne im Wappen,</span></p><p class=""txt_Citation_fin""><span class=""typo_Italique"">Diene dir mein Humor</span>.</p><p class=""txt_Normal_sa"">est rendu par (c’est Nerval qui souligne) :</p><p class=""txt_Citation"">Et mon <span class=""typo_Italique"">humour</span> sera ton héraut blasonné.</p><p class=""txt_Normal_sa"">Tout est dans l’italique : Nerval, comme Schumann, sait que rien ne peut traduire <span class=""typo_Italique"">Humor</span> dans toute la profondeur de ses tensions internes, redoublées par l’oxymore <span class=""typo_Italique"">lachende Träne</span> (larmes rieuses). Oxymore que Nerval néglige en outre de traduire ! Il laisse le soin à la typographie, aux lettres penchées, flageolantes, de signaler qu’il y a plus que de l’humour dans cet humour ; qu’il y a une grâce associée à lui ; une petite frontière à passer pour la saisir. Cette pudeur peut mettre les larmes aux yeux pour peu qu’on saisisse le constat d’échec qui s’y associe – ainsi, par cet échec même, la traduction est parfaitement réussie.</p><p class=""T_a""><strong>Armes du comparatiste</strong><br /><strong>La folie d’une chienne</strong></p><p class=""txt_Citation ParaOverride-1"">Le peintre avait entendu dire que Vinteuil était menacé d’aliénation mentale. Et il assurait qu’on pouvait s’en apercevoir à certains passages de sa sonate. Swann ne trouva pas cette remarque absurde, mais elle le troubla ; car une œuvre de musique pure ne contenant aucun des rapports logiques dont l’altération dans le langage dénonce la folie, la folie reconnue dans une sonate lui paraissait quelque chose d’aussi mystérieux que la folie d’une chienne, la folie d’un cheval, qui pourtant s’observent en effet<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">On sait que Schumann et Nerval étaient tous deux atteints de graves troubles psychiques, qui finirent par causer leur suicide, respectivement en 1854 et en 1855, après qu’ils eurent lutté toute leur vie contre des accès de folie chronique. La question de l’effet de cette folie sur les œuvres est très délicate. Cet effet est pourtant sensible, dans des pièces de Schumann comme les <span class=""typo_Italique"">Fantasiestücke</span>, op. 110, ou le début de la <span class=""typo_Italique"">Kreisleriana</span>, op. 16 ; dans les textes de Nerval aussi – non pas les quelques lettres où la logique a effectivement laissé la place à un discours confus et délirant, mais bel et bien dans ses œuvres, <span class=""typo_Italique"">Aurélia</span>, les <span class=""typo_Italique"">Chimères</span>, le <span class=""typo_Italique"">Voyage en Orient</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Concevoir que toutes ces œuvres d’art sont parcourues par les symptômes de la démence ne va pas de soi : la musique de Schumann fait sens ; la poésie de Nerval est lisible. Alors, face à notre proustien étonnement, deux « têtes chercheuses » potentielles nous sont apparues. Premièrement le fait scientifique que, contrairement à Swann, nous <span class=""typo_Italique"">avons</span> des témoignages biographiques qui nous certifient que Schumann et Nerval furent effectivement menacés, puis complètement atteints, par « l’aliénation mentale ». Ensuite, la vertu même de la comparaison, qui nous permet de faire fructifier nos observations sensibles. Cette partie-là de la démarche est littéraire dans son essence : comme avec Proust, qui utilise la <span class=""typo_Italique"">comparaison</span> de la chienne pour évoquer la folie dans l’art, notre psychisme pourra peut-être percevoir davantage la réalité de l’écrivain dans une comparaison avec celle du compositeur.</p><p class=""txt_Normal"">Il nous semble que les études les plus brillantes sur Nerval manquent toujours légèrement leur cible, en se réfugiant derrière des concepts éclairants mais aussi décevants, comme le rêve, l’illusion et la désillusion, le travail du souvenir. La critique nervalienne a ainsi du mal à être authentique, à rendre compte de l’expérience complexe qu’est la lecture d’un texte de Nerval. On peut considérer que c’est de toute façon le prix à payer quand on parle des œuvres géniales, qui se déroberont toujours aux discours à leur propos. Mais nous pensons aussi que l’étude comparatiste peut permettre une voie d’accès plus authentique au texte, parce qu’elle emprunte aux procédés de la création artistique (juxtaposer deux œuvres, c’est un peu en créer une troisième).</p><p class=""txt_Normal"">Ce que nous venons de dire est encore plus valable à propos de Schumann. L’étude de la musique souffre d’une méthodologie défaillante, liée à la difficulté spécifique de l’objet musical et à son caractère réputé « ineffable<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span> ». Par conséquent, la musicologie se réduit d’un côté à l’histoire de la musique et, de l’autre (mais souvent simultanément), à un discours continuellement subjectif, qui cherche à caractériser la musique par des images parfois parlantes, mais jamais dynamiques, jamais productives. Un exemple au hasard : dans le livre célèbre <span class=""typo_Italique"">Robert Schumann. Le verbe et la musique</span>, Fischer-Dieskau analyse le lied <span class=""typo_Italique"">Alte Laute</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>op. 35 n° 12 :</p><p class=""txt_Citation"">On sent ici un Schumann plus accablé que jamais par le désir douloureux de contact avec le monde extérieur, ce monde qui lui paraît s’enfoncer dans la nuit et ne plus lui envoyer que des messages de plus en plus lointains. Évoquant un visage déformé par la douleur, les accords se succèdent et refusent d’aboutir à un dénouement. Le musicien solitaire, transporté dans des régions qu’il ne connaît pas, contemple de loin le monde et son train<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal_sa"">Ces quelques lignes sonnent juste, et, d’ailleurs, donnent déjà l’intuition d’une familiarité avec Nerval – mais l’absence de toute analyse herméneutique, de tout commentaire, au sens fort du mot, empêche d’ébaucher un parallèle. Cette analyse est inutilisable pour l’esprit ; tout au plus, elle répète moins bien ce que dit déjà l’œuvre elle-même. De façon générale, commenter une œuvre musicale, c’est presque toujours faire appel à d’autres domaines, avec lesquels on la compare. Nous ne dénions pas toute valeur à cette méthode ; au contraire, c’est celle qui fonde notre travail ; mais elle doit se faire avec rigueur et en la pensant comme telle. Quand Philippe Cassard, pianiste et musicologue célèbre, soutient haut et fort que « l’<span class=""typo_Italique"">Intermezzo</span> de Schumann est une pièce complètement sexuelle<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span> », il n’explique en rien en quoi deux choses aussi différentes que « deux pages de musique » et « le sexe » peuvent être mises en lien ou être rapprochées : par conséquent, l’analyse n’est pas convaincante, elle reste une fade <span class=""typo_Italique"">indication</span>.</p><p class=""txt_Normal"">En montrant comment il est possible de lire Nerval de la même façon que l’on peut écouter Schumann, nous ouvrirons une porte supplémentaire pour l’accès à ces deux artistes. Cela doit permettre de travailler non point seulement sur des textes que l’on cherche à comprendre, mais de prendre du recul sur la façon même dont les textes nous atteignent. En d’autres termes, nous souhaitons établir les bases d’une <span class=""typo_Italique"">physionomie</span> du texte nervalien et de la musique schumanienne.</p><p class=""txt_Normal"">Dans ces conditions, nous n’envisageons pas la littérature comparée (ou la musicologie comparée) sous son jour habituel. Nerval et Schumann n’ont eu aucune influence l’un sur l’autre et il est hors de question de raisonner en termes de « parenté » – ou alors, leur seule parenté est celle de leur époque, qui fut leur mère à tous les deux, aspect important que nous devrons considérer. Leurs œuvres sont extrêmement différentes, sur tant de points qu’il ne nous semble pas intéressant de pointer les divergences, vu la valeur que nous souhaitons accorder aux points communs.</p><p class=""T_a""><strong>Armes du comparatiste</strong><br /><strong>Chienne de folie</strong></p><p class=""txt_Normal"">Mais notre but n’est pas seulement d’expérimenter un type de recherche « microcomparatiste ». Nous voulons avancer dans la compréhension des rapports entre folie et art, question dont les épines rebutent la recherche.</p><p class=""txt_Normal"">Une première tendance, à propos de Schumann comme de Nerval, est de donner la primauté à la maladie dans l’explication de l’œuvre. Dans cette perspective, le psychisme malade commande à l’artiste ses extravagances ; ce qui est original est réduit au pathologique ; ici la création est parfois reçue avec une condescendance affectée, voire un franc dédain. La majorité de ces critiques adoptent ainsi une méthode biographique destinée à faire coïncider le texte ou la partition avec les manifestations d’une personnalité créatrice plus ou moins attachante.</p><p class=""txt_Normal"">Une autre tendance, largement dominante aujourd’hui, s’est formée en réaction à cette lecture réductrice : il s’agit au contraire de minimiser l’importance de la folie, pour rendre à l’artiste tout son mérite de pur créateur. Là, c’est l’artiste qui commande à son psychisme, et l’œuvre, si elle peut parler de la folie, n’est plus sous son emprise. Cette dynamique critique permet en outre de mettre de côté les aspects historique et biographique de l’analyse. Voyez par exemple le début de l’ouvrage de Christian Leroy :</p><p class=""txt_Citation"">L’essentiel de la critique nervalienne est d’ordre biographique. […] Cette orientation se nourrit plus précisément de la réputation de folie du poète et entraîne le lecteur curieux de l’œuvre sur le terrain de la psychiatrie, de la psychocritique et de la psychanalyse : Nerval délirant, Nerval névrosé, Nerval œdipien constituent les principales figures autour desquelles les commentaires se construisent. […] [Ces travaux] ne permettent pas de se faire une idée vraiment littéraire de la production nervalienne<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal_sa"">Cette école accuse la première de réduire les œuvres et de mépriser Nerval et Schumann à cause de leur maladie. À notre avis, sous couvert de les valoriser, cette seconde tendance cache un même mépris, une même peur de la folie, et déforme tout autant la réalité (la folie de Nerval, une « réputation » ? Quelle méconnaissance !). C’est à cause d’elle que les œuvres tardives de Schumann sont encore constamment rabaissées (contrairement d’ailleurs à celles de Nerval pour lesquelles, au contraire, la fascination de la critique semble être fonction de l’abondance de la folie), à l’aide de jugements aussi incongrus que ceux d’une musicologue relativement réputée, Sylviane Falcinelli, à propos du <span class=""typo_Italique"">Concerto pour violon</span> :</p><p class=""txt_Citation"">Ce concerto navrant au déroulement laborieux, jonché de maladresses d’harmonie et d’une orchestration exsangue, date de l’automne 1853 : son dédicataire consterné, le fidèle Joachim, eut la lucidité de l’écarter toute sa vie durant. Il y a presque un voyeurisme malséant à exhiber ainsi les témoignages d’un cerveau diminué par une pathologie en train de l’anéantir. [Il est temps d’]en dénoncer le criant manque d’intérêt<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span> !</p><p class=""txt_Normal"">La réalité est qu’il n’y a pas besoin de minimiser l’importance de la folie pour conserver le mérite de nos deux créateurs. Laissons la parole au psychiatre François Tosquelles :</p><p class=""txt_Citation"">Un cerveau « sain » a décidément du mal à comprendre qu’un fou reste une personne libre ; il a un sens et une énergie propre. L’homme normal et le fou sont des êtres qui se font eux-mêmes en prenant conscience de leur être. Dans le drame de l’existence on naît de ses propres manifestations. Chaque fois que le rideau tombe nous le soulevons peut-être avec angoisse mais non sans énergie. Ce qui <span class=""typo_Italique"">dévoile</span> le drame humain ce n’est pas la suite pittoresque des événements qui le <span class=""typo_Italique"">constituent</span> mais surtout l’existence du héros qui, transpirant d’angoisse, lève le rideau pour se faire apparaître et naître dans la vie. <span class=""typo_Italique"">Le fou continue ce manège sans arrêt</span>. Ses efforts, son angoisse s’accroissent, au moins à certains moments de son existence pathologique. Il arrive même parfois qu’il en prenne conscience, ce que nous faisons tous sans nous en apercevoir (nous donner l’existence en tant que personne) – notre corps et la société nous facilitent la tâche, le fou doit continuer à le faire contre son corps et contre la société. De là ses mille <span class=""typo_Italique"">tricheries</span>. Elles ont un sens humain. <span class=""typo_Italique"">La folie est une création, non une passivité</span><span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">9</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal_sa"">C’est ce que nous devrons prouver de nos deux artistes.</p><p class=""txt_Normal"">Alors que comparer ?</p><p class=""txt_Normal"">On l’aura compris, il n’est pas du tout question d’aborder dans cette étude la question du rapport de Nerval à la musique, ou celle de Schumann à la poésie.</p><p class=""txt_Normal"">Pour comparer deux objets aussi différents qu’un roman et un lied, il ne suffit pas de relever des intuitions qui font que l’on rapproche ces objets ; il faut plutôt mettre au jour, « par delà les similitudes ou les différences de la manifestation, les différences ou les similitudes structurelles<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">10</a></span></span> » : trouver un moyen de « parler d’autre chose dans les mêmes termes<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">11</a></span></span> ». Dans le cas d’une comparaison entre musique et littérature, c’est particulièrement compliqué, la musique (la musique « pure » du moins) se donnant à l’auditeur comme forme dépourvue de « signification ». Pour autant, la musique peut faire sens. On pourra par exemple étudier les textes de lieder, la récurrence de motifs, la façon d’entendre le motif que son traitement implique, la phénoménologie du son produit, l’effet de discours, la psychologie de la forme. Cette liste n’est pas exhaustive et nous espérons que la suite de ce travail permettra de découvrir des formes inattendues de rapprochements possibles et de pistes d’analyse.</p><p class=""txt_Normal"">On le voit, notre étude se situe donc au carrefour de nombreuses disciplines : histoire de la musique, histoire de l’interprétation, musicologie, littérature, stylistique, histoire de la littérature, psychiatrie, psychologie, sciences sociales.</p><p class=""txt_Normal"">Toutes les analyses musicales de cette étude sont de nous, sauf mentions contraires. Nous empruntons parfois à la pensée de la pianiste et musicologue Fériel Kaddour (communications personnelles). Nous devons par ailleurs beaucoup à deux ouvrages de psychiatres, que nous avons choisi comme références pour le versant médical de notre étude : l’essai de Philippe André, <span class=""typo_Italique"">Robert Schumann, folies et musiques</span>, qui propose une description indispensable de la folie de Schumann, ainsi qu’un diagnostic complet, et la thèse de François Tosquelles, <span class=""typo_Italique"">Le Vécu de la fin du monde dans la folie</span>, qui fait le même travail à propos de Nerval (avec toutefois l’angle d’attaque du « vécu de la fin du monde »). Nous renvoyons aux œuvres, articles ou lettres de Nerval selon la pagination des <span class=""typo_Italique"">Œuvres complètes </span>de la Bibliothèque de la Pléiade (éd. Jean Guillaume et Claude Pichois). Conformément à l’usage, nous mentionnerons successivement le tome et la page.</p><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Antoine Berman, <span class=""typo_Italique"">L’Épreuve de l’étranger</span>, Paris, Gallimard, 1984.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. 15 mars 1839, lettre à Simonin de Sire.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Marcel Proust, <span class=""typo_Italique"">Du côté de chez Swann</span>, Paris, Gallimard, 1987, p. 312.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Vladimir Jankélévitch, <span class=""typo_Italique"">La Musique et l’ineffable</span>, Paris, Seuil, 1961.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Dietrich Fischer-Dieskau, <span class=""typo_Italique"">Robert Schumann. Le verbe et la musique</span>, Paris, Seuil, 1984, p. 170-171.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Philippe Cassard dans l’émission « Le matin des musiciens » (France Musique, 5 juin 2013).</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Christian Leroy, Les Filles du feu<span class=""typo_Italique"">, </span>Les Chimères<span class=""typo_Italique""> et </span>Aurélia<span class=""typo_Italique""> de Gérard de Nerval, ou « La poésie est-elle tombée dans la prose ? »</span>, Paris, Champion, 1997, p. 8.<span class=""typo_Italique""> </span></p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Sylviane Falcinelli, <span class=""typo_Italique"">L’Éducation musicale (lettre d’information)</span>, n° 53, novembre 2011.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. François Tosquelles, <span class=""typo_Italique"">Le Vécu de la fin du monde dans la folie</span>, Nantes, AREFPPI, 1986, p. 108.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Jacques Geninasca, <span class=""typo_Italique"">Interpréter, persuader, transformer</span>, Paris, Hachette, 1979, p. 130.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Louis Quéré, « L’espace public : de la théorie politique à la métathéorie sociologique », <span class=""typo_Italique"">Quaderni</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>n° 18, 1992, p. 129.</p></div></div></div>";;0;15.00;"<p>Tous les deux furent atteints d’une folie qui les mena au suicide et qui engendra toutefois leurs plus belles œuvres… Pourquoi cette parenté ? <br /> Peut-on lire Nerval comme on entend Schumann, et vice-versa ? <br /> L’auteur nous fait partager la stupeur des coïncidences et l’émerveillement devant la création. Son propos relève d’un parallélisme plutôt que d’un comparatisme historiographique. Inventives, originales, les analyses de l’auteur sont surprenantes, mais toujours convaincantes, astucieuses et sensibles.</p><p>Ouvrage publié avec le soutien financier de l'Institut universitaire de France.</p>";;01/12/2017 10:32;0;Première édition;3670 666;2;3;32;L'entretien du monde;;;;"<p>Une série d'entretiens au cours desquels le poète et philosophe martiniquais s'interroge sur la politique, l'esthétique, la philosophie, l'utopie.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Introduction. Philosopher en relation</p><p style=""text-align: center;"">I • Entretiens</p><p style=""padding-left: 30px;"">La relation, imprédictible et sans morale<br />Édouard Glissant et la philosophie<br />Édouard Glissant et l’utopie<br /> Édouard Glissant et l’esthétique<br />Entretiens sur la politique<br />Philosophie de la relation</p><p style=""text-align: center;"">II • Articles</p><p style=""padding-left: 30px;"">Pour une pensée archipélique<br />La trame et le tourbillon<br />Glissant le déchiffreur<br />Édouard Glissant et l’Europe archipélique<br />Mémoires d’Édouard Glissant<br />L’héritage d’Édouard Glissant : 
transmettre sans universel ?<br />La Traite, la Shoah… sur les usages d’une comparaison</p><p style=""text-align: left;"">Crédits et références<br /><br /></p>";;19/04/2018;0;137x220;204;978-2-84292-821-6;978-2-84292-821-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_666.jpg;"<p>Édouard Glissant (1928-2011), poète et philosophe né en Martinique, est une référence majeure pour penser la mondialité aujourd’hui. Ses idées de créolisation et de Relation, commentées sur tous les continents et les archipels, ont bouleversé l’approche des identités et des cultures. Pendant les dix dernières années de sa vie, il s’est entretenu régulièrement avec François Noudelmann qui publie leurs discussions publiques et privées. Son inspiration philosophique, sa définition de la beauté, ses conceptions politiques sont au cœur de leurs débats. Ces entretiens offrent un apport essentiel à la compréhension de Glissant. Ils sont suivis par des articles sur des problèmes théoriques fondamentaux et sur des questions d’actualité, tels que la transmission sans universel ou les concurrences mémorielles.</p><p><br /><em>François Noudelmann, ancien directeur du Collège international de philosophie, est professeur à l’université Paris 8, membre de l’Institut universitaire de France. Il a publié la biographie Édouard Glissant. L’identité généreuse (Flammarion, 2018).</em></p>";"<p>Introduction</p><p> </p><div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article""><strong>Philosopher en relation</strong><br />François Noudelmann</p><p class=""txt_Normal"">Le succès des idées d’Édouard Glissant, au début du <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, fait parfois oublier les exils et les solitudes vécus par cet écrivain. <br />Le prix Renaudot lui apporta une célébrité à l’âge de 30 ans, pour son premier roman, <span class=""typo_Italique"">La Lézarde</span>, paru en 1958, mais il se définissait avant tout comme un poète et poursuivit une écriture exigeante. Sa pensée philosophique, formée auprès de Bachelard, Wahl et Merleau-Ponty, ne lui ouvrit pas les portes des universités françaises et c’est aux États-Unis qu’il passa la plus grande partie de sa vie professionnelle. Le déferlement d’hommages lors de sa mort, en 2011, venu de tous les bords politiques et culturels, laisserait croire que Glissant fut soutenu par les institutions. Il n’en est rien, et le récent classement de son œuvre comme trésor national par le ministère de la Culture lui offre une reconnaissance tardive.</p><p class=""txt_Normal"">Lorsque je le rencontrai en 2002 pour réaliser un premier entretien, Édouard Glissant vivait à l’écart. Il habitait à Long Island City, en bordure de Manhattan qu’il appréciait peu, et il passait ses nuits à écrire, dédaignant la vie sociale. L’université de Louisiane qui l’avait fait venir aux États-Unis, une quinzaine d’années avant, l’avait déçu, l’Institut qu’il avait créé à Fort-de-France ne voulait plus de lui, et il avait trouvé refuge à CUNY, l’université publique de New York. Il y enseignait la poésie à quelques étudiants avertis et attendait les périodes de vacances pour retourner en Martinique et à Paris dès que possible.</p><p class=""txt_Normal"">Latéral plus que marginal, Glissant assumait ses pas de côté, déjouant les antithèses convenues des idéologies en cours. <br />Il proposait toujours des tangentes : la relation plutôt que l’identité ou l’altérité, la créolisation plutôt que la négritude ou l’universalisme, l’archipel plutôt que le continent ou l’île… Une pensée qui valorise la complexité et l’opacité prend le risque du malentendu et, de fait, le contexte français prédisposait peu à une compréhension de ces idées singulières. Associé aux luttes indépendantistes des années 1960, Glissant resta considéré comme « un écrivain antillais », un auteur communautaire. « On ne prend pas au sérieux un nègre qui pense », remarquait-il avec une lucidité amère, et il déplorait le confinement exotique de ses essais dans les rayonnages dits francophones ou ultramarins.</p><p class=""txt_Normal"">La mécompréhension de Glissant fut encore plus manifeste aux États-Unis, pour des raisons inverses. Sa critique de l’afrocentrisme, de la mythologie des racines et des identités originelles allait à rebours des études afro-américaines qui s’affirmaient alors dans les universités. Glissant consacrait certes une part de ses œuvres à construire une histoire des peuples issus de la Traite et de l’esclavage, mais il ne croyait pas aux recherches généalogiques ni à l’identification des descendants d’esclaves aux ancêtres et à la terre première. De surcroît, en dévouant son enseignement à des poètes français ou, pire, à un écrivain tel que Faulkner, héritier des esclavagistes du sud des États-Unis, il fut suspecté de ne pas assumer son propre héritage.</p><p class=""txt_Normal"">Les études postcoloniales se développant dans les années 1980, Glissant aurait pu y trouver un terrain d’élection, tant sa pensée de la créolisation permet de refonder le langage des multiplicités culturelles. Cependant les théoriciens américains prirent leurs références chez Foucault, Deleuze, Irigaray et Kristeva plus que chez Césaire, Fanon et Glissant. Et lorsque le courant postcolonial arriva en France, il se nourrit de Spivak, Bhabha, Gilroy et Hall, non de Glissant, laissé sur la plage de cet aller-retour transatlantique. Il fallut attendre une série de colloques à New York University en 2009, pour que sa pensée, grâce aux traductions, soit largement reconnue aux États-Unis, de même qu’en France un colloque de la Sorbonne, en 1998, avait enfin imposé l’écrivain, âgé de soixante-dix ans, dans le paysage universitaire français.</p><p class=""txt_Normal"">La réception d’une œuvre et d’une pensée ne se mesure sans doute pas à l’aune de ses reconnaissances institutionnelles. Le relatif isolement de l’écrivain fut compensé par des éclaireurs de longue date qui accompagnèrent son parcours – poètes, dramaturges, romanciers, artistes, philosophes et spécialistes venus de tous les pays. Son poème épique, <span class=""typo_Italique"">Les Indes</span>, paru en 1956, fut aussitôt considéré comme un chef-d’œuvre par les jeunes écrivains que fréquentait Glissant à Paris. En 1981, <span class=""typo_Italique"">Le Discours antillais</span> devint le grand texte de référence, après le courant de la négritude, pour les intellectuels du monde caraïbe. Dans les années 1990, lors de la parution de <span class=""typo_Italique"">Poétique de la relation</span>, les philosophes Deleuze, Guattari et Derrida furent les interlocuteurs réguliers du théoricien des identités nomades.</p><p class=""txt_Normal"">Aujourd’hui, cette pensée a traversé les frontières disciplinaires et elle inspire des juristes, des pédagogues, des anthropologues, des peintres et des musiciens. Le penseur des archipels avait dessiné lui-même ce type de transmission qui passe par des greffes et des métamorphoses, quitte à s’effacer derrière ses concepts fugueurs. De fait, ces derniers ont développé leurs rhizomes aussi bien en Europe qu’au Japon, en Tunisie ou en Amérique du Sud, la notion de créolisation ne se réduisant pas aux territoires créoles. Les continents eux-mêmes s’archipélisent selon cette « relation », pour peu qu’on y révèle la multiplicité qui les a toujours composés. La pensée de Glissant, formidablement actuelle, permet d’en comprendre, sans naïveté ni surplomb, la dynamique et l’imprévisibilité.</p><p class=""txt_Normal"">S’il refusait le rôle d’un maître-penseur, Glissant n’en aimait pas moins la discussion, voire la dispute. Dès son plus jeune âge il avait constitué un groupe de réflexion poétique et politique, Franc-Jeu, et il prononçait des discours en place publique. La fondation de l’Institut martiniquais d’études, en 1967, puis de l’Institut du Tout-Monde, en 2006, témoignent du désir de porter une parole parmi le plus grand nombre et de la mettre à l’épreuve des contradictions. Pour avoir mené pendant plusieurs années un séminaire avec lui, <br />je peux confirmer qu’Édouard Glissant préférait discuter une pensée différente plutôt que d’entendre louer la sienne. L’entretien était une forme de la relation qui, dans les meilleures situations, permettait de « changer en échangeant », comme il se plaisait à le répéter. Il rejetait les arguments d’autorité et souhaitait que la discussion fût une véritable expérience. À cette fin, il cherchait à briser les discours trop préparés, par exemple en m’imposant de partager quelques ti-punchs avant le début des enregistrements. Il appréciait les discours spéculatifs, mais restait toujours en prise avec le monde qui va, proche et lointain. Glissant assumait joyeusement le libre cours de sa pensée, faite d’éclairs d’intelligence et de plongées dans les profondeurs du vécu.</p><p class=""txt_Normal"">Les six entretiens retranscrits<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> dans ce volume portent principalement sur la réflexion philosophique de Glissant. Ils sont suivis par des articles qui prolongent nos discussions sur des enjeux théoriques (la transmission sans universel), poétiques (les figures motrices de l’écriture) et politiques (l’Europe depuis l’Afrique, les concurrences mémorielles, la comparaison entre la Traite et la Shoah). Dans les traces et les échos de Glissant se dessine, selon son expression, « une nouvelle région du monde », à la fois un espace et une direction, une écoute et un appel.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Notes ParaOverride-2""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Les entretiens radiophoniques ont été réalisés en direct. Ils ont été transcrits par Théodore Dillerin, et l'entretien privé sur la politique par Steeve Baccarard.</p></div></div></div>";;0;18.00;"<p>Edouard Glissant, poète et philosophe, né en Martinique en 1928, est une référence majeure pour penser la mondialité aujourd'hui. Ses idées de créolisation et d'identité nomade permettent de déchiffrer les transformations du monde contemporain. Pendant les dix dernières années de sa vie, il s'est entretenu régulièrement avec François Noudelmann qui publie leurs discussions publiques et privées.</p>";;01/12/2017 10:40;0;Première édition;3435 667;1;3;34;Instrumentalisations de l'art;N°26/2018;;;"<p>Sous bien des aspects, la question de l'instrumentalisation de l'art s'est déplacée au cours des dernières décennies du terrain politique au terrain économique.</p>";"<p>Éditorial<strong> <br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : L’expérience dans l’art </strong></p><p><strong>Nicolas Heimendinger</strong><br />« Introduction »</p><p><strong>Gwenn Riou</strong><br />« Un rendez-vous manqué : communistes et surréalistes dans les années 1930 »</p><p><strong>Juliette Milbach</strong><br />« Etat des lieux sur l’historiographie de l’art soviétique »</p><p><strong>Lucas Le Texier</strong><br />« La critique parisienne et la légitimation du free jazz. Vers une politisation du commentaire esthétique (1959-1965) »</p><p><strong>Nicolas Ballet</strong><br />« <em>Symphony for a Genocide</em>. Musiques industrielles et totalitarisme »</p><p><strong>Bénédicte Ramade</strong><br />« Désir vert : négocier avec la bonne conscience environnementale »</p><p><strong>Emmanuel Ferrand</strong><br />« L’art contemporain dans le complexe techno-scientifique »</p><p><strong>Alexia Volpin</strong><br />« L’action culturelle territoriale, entre implication et désengagement des protagonistes. Le cas des compagnies chorégraphiques »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p style=""text-align: left;"">Paul Heintz</p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretien</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> </strong>Douglas Crimp avec François Aubart</p><p><strong> </strong></p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p><p>Abstracts français et anglais</p>";;19/04/2018;0;155x220;162;978-2-84292-805-6;978-2-84292-805-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_667.jpg;"<p><strong>« Un rendez-vous manqué : communistes et surréalistes dans les années 1930 <br /></strong>Gwenn Riou<br />En 1930, les surréalistes projettent de constituer une association d’artistes et d’écrivains révolutionnaires. Au même moment, le Parti communiste français (PCF) cherche à créer une organisation artistique qui reflète les aspirations révolutionnaires du parti. Un lien s’établit alors entre communistes et surréalistes mais des dissensions apparaissent. Les surréalistes ne créent pas de groupement d’artistes révolutionnaires, certains quittent le mouvement et en 1932 le PCF a la mainmise sur l’Association des Écrivains et Artistes révolutionnaires. Il s’agit alors de comprendre les raisons de cet échec et comment le PCF s’est retrouvé seul à contrôler l’organisation.</p><p><strong>Etat des lieux sur l’historiographie de l’art soviétique<br /></strong>Juliette Milbach<br />Les éléments conceptuels issus des écoles « totalitarienne » et « révisionnistes » marquent encore profondément les études nouvelles sur l’histoire de l’art soviétique, en particulier de la période stalinienne. Cet article propose d’analyser l’évolution de la question du réalisme socialiste dans les études de ces trente dernières années et la question du statut de l’artiste soviétique afin de comprendre ce que les études monographiques peuvent apporter à l’étude de l’opposition entre réalisme et abstraction dans la définition de l’art au 20<sup>e</sup> siècle.</p><p><strong>« La critique parisienne et la légitimation du free jazz. Vers une politisation du commentaire esthétique (1959-1965) »</strong><br />Lucas Le Texier<br />Cet article s’attache à montrer au sein des deux grandes revues françaises spécialisées de jazz – <em>Jazz Hot</em> et <em>Jazz Magazine</em> – les enjeux liés à leur découverte du free jazz joué par les musiciens afro-américains entre 1959 et 1965 : d’une part, les interprètes s’en revendiquent pour s’émanciper d’une étiquette « jazz » jugée trop rigide et connotée ; de l’autre, il est l’objet d’une nouvelle théâtralisation d’un conflit esthétique, légitimant une nouvelle génération de critiques qui politise le commentaire esthétique.</p><p><strong>« <em>Symphony for a Genocide</em>. Musiques industrielles et totalitarisme <br /></strong>Nicolas Ballet<br />Le courant des musiques industrielles révèle, dès le milieu des années 1970 et tout au long des années 1980, une culture visuelle globale croisant différents médias dans un dialogue étroit avec l’héritage de la modernité. Certains groupes industriels mettent en scène une esthétique fascisante dans leurs œuvres, prenant comme repère l’histoire des régimes autoritaires, en particulier celui du Troisième Reich, afin d’interroger la façon dont les mass media de leur époque incarnent une forme de totalitarisme dissimulé. La diffusion de ces images auprès d’un public éclectique permet cependant à une scène politique d’extrême droite d’instrumentaliser ce mouvement artistique.</p><p><strong>« Désir vert : négocier avec la bonne conscience environnementale »</strong><br />Bénédicte Ramade<br />Depuis les prémices de son histoire en 1861, la photographie environnementale a été instrumentalisée à des fins politiciennes aux Etats-Unis. Ce « usage loyal » fait partie de l’ADN de cette photographie qui allie l’esthétique de la photographie paysagère et naturaliste à une conscience environnementale. Comment gérer avec l’effet de certains mots-clefs comme « environnement », « nature », qui se livrent littéralement à l’éco-blanchiment du contenu d’expositions ou de publications ? Après avoir analysé de tels exemples, cet article entend explorer un verdissement plus subtil, celui opéré par la bonne intention du public. Car questionner la portée de l’exploitation d’œuvres d’art par les institutions et les commissaires d’exposition, implique aussi d’explorer le pouvoir de verdissement du spectateur, son désir environnemental.</p><p><strong>L’art contemporain dans le complexe techno-scientifique<br /></strong>Emmanuel Ferrand<br />Si les liens entre arts et sciences sont anciens, ces dernières années ont vu les institutions scientifiques institutionnaliser l’accueil d’artistes en résidence ou leur implication dans des expositions d’art contemporain. Si l’on n’observe en général pas de manipulation grossière du travail des artistes à des fins de promotion des solutions promises par la techno-science, on peut poser la question d’une instrumentalisation douce, qui s’accommoderait bien du contenu pourtant souvent revendiqué comme critique des productions artistiques.</p><p><strong>« L’action culturelle territoriale, entre implication et désengagement des protagonistes. Le cas des compagnies chorégraphiques »</strong><br />Alexia Volpin<br />Dans les projets d’action culturelle territorialisés, la prise en compte de la diversité des attentes et des capacités de tous les acteurs est primordiale. Cependant, ces dispositifs mettent en évidence une confrontation entre différents objectifs que cet article propose d’illustrer. Les interactions entre les partenaires, les opportunités et les contraintes liées à l’action culturelle seront questionnées, ainsi que la reconnaissance des artistes impliqués dans ces projets.</p><p><strong> </strong></p>";"<p>Introduction</p><p>Le couple problématique de l’instrumentalisation et de l’autonomie de l’art a été au cœur des enjeux de la modernité artistique, des controverses entre partisans romantiques de l’art pour l’art et promoteurs utilitaristes d’un art social au début du 19<sup>e</sup> siècle, jusqu’à l’opposition esthétique et politique des années 1930-1950 entre abstraction et réalisme socialiste. De ce point de vue, la période 1960-1980 représente un basculement. D’une part, dans le sillage du débat postmoderniste, nombre d’artistes et de théoriciens ont promu une conception de l’art comme activité nécessairement investie dans la réalité vécue, sociale, politique, de sorte que la défense d’une pure autonomie de l’art (telle que la concevait le formalisme le plus strict) semble aujourd’hui impossible. D’autre part, avec la fin de la guerre froide et la globalisation économique, les stratégies traditionnelles d’instrumentalisation politique de l’art (comme moyen direct de propagande ou objet de censure systématique) paraissent, à tort ou à raison, s’être largement raréfiées.</p><p>Sous bien des aspects, la question de l’instrumentalisation de l’art s’est déplacée au cours des dernières décennies du terrain politique au terrain économique. L’art contemporain s’est ainsi trouvé de plus en plus impliqué, suite au développement du marché de l’art, dans des opérations financières de grande ampleur, de la part de particuliers, mais aussi d’entreprises, de fonds de placement, etc. Par ailleurs, il fait aussi l’objet de nouvelles formes de <em>sponsoring</em> et de partenariats économiques privés qui visent à produire, outre la traditionnelle légitimation sociale apportée par le mécénat culturel, des bénéfices économiques directs ou indirects. Si l’art contemporain est de plus en plus intégré à des logiques de marketing, les pouvoirs publics sont loin d’avoir délaissé l’idée d’un usage politique de l’art, même si cela prend des formes en apparence plus neutres idéologiquement qu’auparavant. L’investissement dans l’art contemporain et ses institutions (musées, centres d’art, biennales, etc.) s’intègre ainsi à des stratégies globales visant à améliorer l’aménagement, l’attractivité et la compétitivité économique d’un territoire. Ce peut être à l’échelle d’une ville, à l’instar de « l’effet Bilbao » dans les années 1990, ou d’un pays entier, dans une logique de valorisation des <em>creative industries</em>, comme a pu l’illustrer la <em>Cool Britannia</em> des années Blair. L’art peut également être mobilisé par les pouvoirs publics comme vecteur de lien social, et les artistes encouragés à travailler dans les prisons, les hôpitaux, les écoles, les « quartiers sensibles », etc. Si ces initiatives répondent parfois à un désir d’engagement des artistes, elles posent aussi la question de leur instrumentalisation par certains programmes culturels qui visent moins à résoudre sur le fond les tensions sociales qu’à s’en dédouaner à peu de frais.</p><p>Les quatre premiers textes de ce numéro permettent de jeter un regard neuf sur des exemples historiques de confrontation entre démarches artistiques et agendas politiques. Avec « Un rendez-vous manqué : communistes et surréalistes dans les années 1930 », Gwenn Riou revient sur la tentative de mise en relation des objectifs politiques du mouvement surréaliste avec ceux du Parti communiste français, ce qui lui permet de remarquer que dans un contexte politique tendu, les premiers ont été progressivement pris au piège d’une organisation avec laquelle ils ne luttaient pas à armes égales.</p><p>Le lien du PCF avec les recommandations en provenance directe d’Union soviétique est connu. En revanche, comme le montre Juliette Milbach, le regard qui est porté sur le réalisme socialiste ou sur les directives adressées aux artistes en Union soviétique a été soumis à plusieurs révisions ces dernières années, notamment à la suite de l’ouverture des archives de l’époque stalinienne. Même si le fait d’évacuer entièrement les questions idéologiques n’est pas simple, ces révisions permettent d’apporter des nuances à la vision traditionnelle qui ne voyait dans l’art en URSS que le simple reflet de la politique d’un parti unique.</p><p>Le texte de Lucas Le Texier concerne une période un peu plus récente et un domaine en apparence plus éloigné des questions d’instrumentalisation politique : le free jazz. De fait, si ce genre musical est difficilement assimilable à un quelconque positionnement, en tant que tel, il n’en va pas de même des commentaires qui lui ont été consacrés en particulier dans les revues parisiennes spécialisées au cours des années 1950-60.</p><p>Une situation similaire est décrite par Nicolas Ballet, à propos du lien entre musiques industrielles des années 1970-80 et totalitarismes fasciste ou nazi. Ici, contrairement aux années 1930 ou 1950-60, les musiciens concernés n’ont pas été sommés de se positionner politiquement et ils ont librement choisi d’associer leur démarche à une imagerie politiquement connotée. Ainsi que le montre l’auteur, une telle démarche n’est pas sans ambivalence et s’ils ont pu avoir l’ambition de participer à une dénonciation de l’imagerie totalitaire, cela ne s’est pas fait sans une certaine fascination pour les images en question.</p><p>Les trois textes suivants traitent de la situation la plus contemporaine. Dans « Désir vert : négocier avec la bonne conscience environnementale », Bénédicte Ramade commence par revenir sur la manière dont, depuis le 19<sup>e</sup> siècle, la photographie environnementale a été instrumentalisée à des fins politiciennes aux États-Unis, avant de montrer comment ce phénomène est loin d’être terminé, procédant d’une volonté récurrente dans ce pays de diffuser aussi largement que possible une bonne conscience environnementale.</p><p>Pour sa part Emmanuel Ferrand constate la fascination de certains artistes contemporains pour les biotechnologies, remarquant que la question de l’instrumentalisation y est ambiguë. En effet, si l’on n’observe pas en général de manipulation grossière du travail des artistes à des fins de promotion des solutions promises par la techno-science, la question se pose toutefois d’une instrumentalisation douce, qui s’accommoderait bien du contenu pourtant revendiqué comme critique des productions artistiques.</p><p>Le dernier article, dû à Alexia Volpin, analyse enfin de l’intérieur les phénomènes d’instrumentalisation, à partir de l’étude menée par l’auteur sur les processus décisionnaires ayant accompagné le montage des productions chorégraphiques de deux compagnies actives dans la région Rhône-Alpes.</p><p>Le dossier de ce numéro est enfin complété d’un entretien entre Douglas Crimp et François Aubart, où il est question de certaines des questions abordées dans les articles qui précèdent.</p><p>Nous publions par ailleurs, un portfolio d’œuvres de Paul Heintz — lequel est, pour la première fois dans l’histoire de <em>Marges</em>, en couleur —, ainsi que quelques comptes rendus d’ouvrages et d’expositions.</p><p> </p><p>Jérôme Glicenstein</p>";"<p><strong>« A missed appointment: Communists and Surrealists in the 1930s <br /></strong>Gwenn Riou<br />In 1930, Surrealists want to constitute an association of revolutionary artists and writers. At the same time, the French Communist Party (PCF) tries to create an artistic organization which is in adequacy with its revolutionary aspirations. A link between Communists and Surrealists was established but conflicts arise. Surrealists don’t create any revolutionaries artistic organization, some of them leave the group and in 1932 the PCF controls the Association des Écrivains et Artistes révolutionnaires (Association of revolutionaries Writers and Artists). We have to understand the reasons of surrealists’ failures and how the PCF succeeded to control the organization.</p><p><strong>Overview of the Current State of the Soviet Art Historiograph<br /></strong>Juliette Milbach<br />The paradigms developed by the “Totalitarian” and “Revisionist” school still define the approach to Soviet arts studies, in particular for the Stalin era. By analysing the evolution of the perception of both the socialist realism and the status of the artist over the last thirty years, this article seeks to demonstrate what new studies can bring to the study of the opposition between realism and abstraction in defining the 20<sup>th</sup> century art.</p><p><strong>Parisian jazz critique and free jazz legitimation: a new politicisation of the aesthetic review (1959-1965<br /></strong>Lucas Le Texier<br />This article tackles the issue of the discovery of free jazz by African American musicians between 1959 and 1965 in two major jazz-specialized French periodicals - <em>Jazz Hot</em> and <em>Jazz Magazine</em>. On the one hand, it deals with the fact that such musicians tend to claim their affiliations to free jazz, thus emancipating from a ‘jazz label’ that would seem too rigid and connoted ; on the other hand, free jazz is also subject to a new dramatization of an aesthetic conflict, that would legitimate a new generation of critics that politicizes the aesthetic review.</p><p><strong>« <em>Symphony for a Genocide</em></strong><strong>. Industrial music and totalitarianism »</strong><strong><br /></strong>Nicolas Ballet<br />England in the 1980s witnessed the emergence of industrial music bands involved in a counterculture that operated as a platform of exchange between the arts. Some industrial musicians became aware of the rise of mass media and of the new kinds of power that followed an ability to manipulate crowds. These artists used a subversive iconography in their visual productions in order to reveal a form of implicit totalitarianism generated by the power of information. However, the diffusion of these images among a large audience are instrumentalize by some right-wing parties and nationalists trends.</p><p><strong>Greenwishing: dealing with a wishful environmental awarenes<br /></strong>Bénédicte Ramade<br />Since the beginning of its history in 1861, Environmental photography has been exploited for the sake of politician purpose in the United-States. This “fair use” is part of the DNA of this photography, a genre that mixes landscape and nature photography’s aesthetics with environmental awareness. How to deal with the aura of the words “environment”, “nature”, as these keywords literally green the content of any publication or exhibition? After analyzing some examples of projects that could be assimilated to greenwashing, this paper intends to explore a subtler greening made of the genuine intention of the spectator. Because questioning the true exploitation of artworks by institutions and curators also requires exploring the power of greenwishing that belongs to the spectator, it’s environmental beliefs.</p><p><strong>Contemporary art in the technoscience comple<br /></strong>Emmanuel Ferrand<br />The ancient relationship between art and science is now being revisited in a more systematic way by major scientific institutions, which are providing many opportunities for artists, such as residencies or exhibitions. Even though there is no immediate control over this artistic production, one may wonder whether there nevertheless will remain a residual instrumentalisation of art by technoscience, which would paradoxically put up well with the critical approach often claimed by artists.</p><p><strong>« </strong><strong>Territorial cultural action, between involvement and disengagement of players. The case of dance companies</strong> <strong><br /></strong>Alexia Volpin<br />In territorialized cultural action projects, it is essential to take into account the diversity of expectations and capacities of all actors. However these mechanisms highlight a confrontation between different objectives that this article proposes to illustrate. Interactions between partners, opportunities and constraints related to cultural action will be questioned, as well as the gratitude of the artists involved in these projects.</p>";246;15.00;"<p>Ce nouveau numéro de <em>marges</em> s’intéresse aux manières et aux raisons à travers lesquelles l’art, ses acteurs et ses institutions, peuvent être mis au service de fins extérieures. La période récente, dans laquelle de nouveaux motifs et modalités d’instrumentalisation de l’art se sont substitués à d’autres, plus anciens et mieux connus, invite à reformuler un problème qui a traversé toute l’histoire de la modernité artistique.</p><p><strong>NOUVEAU</strong> : <em>marges</em> passe à la couleur à partir de ce numéro !</p>";;29/01/2018 09:32;1;Première édition;3675 668;2;3;39;Politique du western;;;;"<p>Comment les westerns racontent la fondation de la république américaine.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Avant-propos <br /><br /></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Chapitre 1 <br />Prélude au western : l’histoire et l’artifice <br /> <br />Chapitre 2 <br />Métaphysique de la conquête <br /> <br />Chapitre 3<br />Économie politique de la terre <br /> <br />Chapitre 4<br />Éthique de la conquête <br /> <br />Chapitre 5<br />Mythologie de l’américanité </p><p style=""text-align: left;""> <br />Bibliographie <br /> <br />Index <br /><br />Filmographie commentée <br />Filmographie complémentaire </p>";;19/04/2018;0;120x180;176;978-2-84292-825-4;978-2-84292-825-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_668.jpg;"<p>Les États-Unis d'Amérique n'ont pas de Hobbes, de Locke, ou de Rousseau ; cependant, leur théorie du contrat social sort tout droit de la philosophie européenne, et le western est cette création artistique qui anime la théorie politique, qui la donne à voir, plein écran et pure fiction. Le western est analysé ici comme une philosophie en action où sont mis en scène les acteurs et les protagonistes de la création d'une république dont l'entrée est refusée à l'Indien, systématiquement « sauvage ».</p><p><em>Gérard Mairet est professeur émérite de philosophie à l'Université Paris 8, Vincennes-saint-Denis</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""txt_Normal ParaOverride-1""><span class=""CharOverride-1"">Avant-propos<br /><br />Gérard Mairet</span></p><br /><p class=""txt_Normal"">Ce livre a deux origines. D’abord le plaisir constant, ancien déjà, que me procure le western et, cela étant la cause de ceci, les cours de philosophie politique que j’ai faits au département de science politique de l’Université Paris 8. Dans la mesure où le western n’est pas spontanément compris comme relevant du genre philosophique, il peut paraître énigmatique qu’il fasse non seulement l’objet d’un cours de philosophie politique, mais peut-être surtout d’un livre. Il est vrai que l’on ne pense pas, en regardant un western, qu’on est en train de « faire de la philosophie », comme on dit. Le western n’offre pas d’emblée une lecture philosophique du monde en général et du monde américain en particulier. C’est du moins ce qu’on se dit en s’asseyant dans un fauteuil pour voir un épisode de l’aventure historique que fut la conquête de l’Ouest. D’ailleurs, si l’on veut « faire de la philosophie », autant lire les philosophes ; le corpus philosophique est à la disposition de chacun d’entre nous.</p><p class=""txt_Normal"">En écrivant ce livre, mon intention n’était donc pas de transformer un genre cinématographique en chapitre philosophique, même si la philosophie s’occupe traditionnellement de tout… Philosopher c’est penser <span class=""typo_Italique"">ce qui est </span>dans la forme du concept, de sorte qu’on ne voit pas pourquoi elle ne s’occuperait pas du western – rien n’est étranger à la philosophie, et certainement pas le cinéma ! Cependant, il s’agit moins ici de gloser philosophiquement sur le western comme il y a, par exemple, une glose éthique sur la médecine, que de saisir en quoi les récits westerniens renferment un discours philosophique sur le monde. Les films racontant les multiples aventures des « Indiens et des cowboys » expriment une conception du monde qui, au demeurant, n’est pas seulement, on le verra, une conception américaine du monde. En mettant face à face les « Indiens » et les « cowboys », le western construit une représentation morale. En toile de fond de cette représentation, il y a l’Indien, il y a une certaine idée de l’humanité – en d’autres termes, de ceux qui en font partie et de ceux qui n’en font pas partie : vieux syndrome européen du barbare ou du sauvage. On voit apparaître ici la substance <span class=""typo_Italique"">politique</span> du western. Les westerns, parce qu’ils racontent la conquête, ne sauraient aucunement échapper à la politique de la conquête : le génocide des nations indiennes est en filigrane sur l’écran. Les meilleurs historiens du western ont d’ailleurs tous montré comment, au début des années 1950, les producteurs hollywoodiens ont fait tourner des films aux accents pro-indiens, opérant de la sorte une coupure (pas une rupture !) avec les films précédents. Anthony Mann et Delmer Daves ont été les réalisateurs les plus novateurs dans ce contexte. Précisons au passage que le discours sur les Indiens n’a pas pour autant été radicalement transfiguré s’agissant notamment de leur participation à la république, et des relations amoureuses ou sexuelles entre les colons blancs et les femmes indiennes ; la mixité ethnique est toujours et encore condamnée par le western.</p><p class=""txt_Normal"">Si donc il y a une substance politique du western (très sensible chez John Ford, mais pas uniquement chez lui), c’est parce que le western se présente comme un discours sur la fabrication de la nation américaine. Derrière l’Indien, Américain originaire, il y a la question politique de la fondation de la république. Or, si la question politique est la question même du western comme genre cinématographique, il est nécessaire de remonter d’un cran plus haut pour ainsi dire, jusqu’à la philosophie qui sous-tend les options politiques elles-mêmes. On verra au second chapitre qu’il faut remonter aux options métaphysiques.</p><p class=""txt_Normal"">Dès lors, deux voies d’examen sont ouvertes, qui ne sont pas absolument exclusives l’une de l’autre. Ou bien le western est rattaché au contexte historique au sein duquel les films sont tournés. Ainsi les années 1950 sont celles de la lutte pour les droits civiques, lutte qui n’est pas sans effet sur la machine hollywoodienne – mais le western qui parle des Indiens ne parle que très rarement des Noirs. Ou bien le western relève d’une étude interne, structurale, qui le rattache aux fondements philosophiques implicites de son discours. C’est cette voie que j’ai choisie dans ce livre (sans exclure toujours la première voie). En effet, la construction des « histoires d’Indiens et de cowboys » ne peut faire l’économie d’une longue culture, d’origine européenne, de la conquête. Dès le <span class=""typo_SC"">xvi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span>siècle, par exemple, le discours sur l’Indien comme « enfant », comme individu « privé de raison », autrement dit comme « sauvage » est ce qui constitue le tissu idéologique justifiant la conquête, c’est-à-dire la domination, l’extermination des Amérindiens et leur dépossession subséquente. La plupart des westerns racontent des histoires ayant lieu entre la fin de la guerre de Sécession (1865) et la clôture de la <span class=""typo_Italique"">Frontier</span> (<span class=""typo_Italique"">ca</span> 1890) : vingt-cinq ou trente ans pendant lesquels les Américains achèvent la conquête et donc établissent l’Union. Je viens de dire les « Américains ». C’est là, précisément, une question cruciale de philosophie politique : qui est américain ? Comment les Européens, les colons, les <span class=""typo_Italique"">homesteaders</span>, les pionniers sont-ils devenus américains ? La question est pertinente car les Indiens ne sont pas américains, mais « <span class=""typo_Italique"">wards »</span> (pupilles) des États-Unis ; ils n’avaient pas la citoyenneté américaine. Il y a donc bien une philosophie immanente au genre western dont ce livre trace les coordonnées principales. Pour ce faire, il a fallu rattacher le discours westernien au discours juridico-politique élaboré par les Européens dans leurs traités philosophiques portant sur la fondation de l’État moderne. Comme je l’ai dit, un western n’est pas un traité de philosophie, il reste que son récit procède de la théorie du « contrat social » ou de l’institution politique – ce que rappelle le premier chapitre. Dans un ouvrage récent sur la philosophie politique des Européens (Mairet 2016), j’ai d’ailleurs esquissé cette origine du discours westernien, de sorte que le présent livre est une suite directe de celui-là.</p><p class=""txt_Normal"">Je dois encore préciser que les westerns formant le corpus cinématographique de ce livre (voir les filmographies en fin de volume) ne comportent que des westerns holly-woodiens. Les westerns, parce qu’ils racontent la fondation de la nation américaine, sont un genre spécifiquement américain, comme l’est le jazz, par exemple. Aussi, je ne considère pas les westerns spaghettis comme appartenant proprement au genre western. Ce sont des contrefaçons, plus ou moins bonnes, mais dépourvues de la substance éthique et politique des westerns authentiques. Le western est un genre américain qui ne souffre pas de copies frelatées. Cela ne signifie pas que ces films ne procurent pas le plaisir attendu ; cela veut dire que ce qui constitue le western comme genre – la mélancolie d’un monde en formation – est absent des productions non américaines. Le paradoxe est, d’ailleurs, que la qualité de certaines de ces copies est telle que des grands réalisateurs américains ont été nettement influencés par elles quant à la mise en scène. Or la philosophie qui anime ces réalisateurs (Clint Eastwood, Sam Peckinpah) est précisément celle qui manque aux westerns spaghettis. Dans le meilleur des cas (Sergio Leone) il s’agit seulement de bons films d’aventure où les personnages sont habillés à la mode western. On peut aimer – ou ne pas aimer ! Le western est un art qui ne souffre pas d’imitation. Ce n’est pas dire que de remarquables films, empruntant au western son style et sa manière, n’ont pas été faits ; par exemple, <span class=""typo_Italique"">Gold</span> <span class=""typo_Italique"">(Gold)</span> du réalisateur allemand Thomas Arslan, en 2013, ou encore <span class=""typo_Italique"">Walkabout (La Randonnée)</span><span class=""typo_Italique""> </span>en 1971 ou <span class=""typo_Italique"">Ten </span><span class=""typo_Italique"">Canoes</span><span class=""typo_Italique""> (10 Canoés)</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>en 2006, respectivement des Australiens Nicholas Roeg et Rolf de Heer. Ils ne relèvent pas cependant de la philosophie américaine de la fondation. On ne trouvera donc ici que des films américains.</p><p class=""txt_Normal"">Par la force des choses, le nombre des westerns que j’ai vus (souvent de très nombreuses fois) est limité au regard du nombre de films tournés depuis le début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Certains historiens en dénombrent sept mille, d’autres plus de dix mille. Inutile de préciser que je ne les ai pas tous vus. Je me suis limité à environ cent vingt films, parmi lesquels se trouvent les chefs-d’œuvre du genre qui, par conséquent, délivrent, comme on le verra, la matière de la <span class=""typo_Italique"">philosophie </span><span class=""typo_Italique"">politique</span><span class=""typo_Italique""> du western.</span></p><p class=""separateur"">*</p><p class=""txt_Normal""><span class=""typo_Italique"">Les films cités ou étudiés figurent dans la filmographie commentée. Un index signale les thèmes essentiels et les noms des réalisateurs. Toutes les traductions des textes anglais cités sont les miennes.</span></p></div>";;0;10.00;"<p>L’enquête montre que les westerns élaborent une fiction politique visant à transformer l’histoire réelle en mythe de l’origine, en révélant pour la première fois les implicites politiques et moraux de ce genre cinématographique très populaire. Or le personnage principal de l’origine est beaucoup moins le « cowboy » que l’Indien que les films excluent généralement de la république.</p>";;29/01/2018 09:40;0;Première édition;3655 671;1;3;27;Chanter la Croisade albigeoise;N° 74/2018;;;"<p>La <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em>, geste épique composée en langue d’oc au XIII<sup>e</sup> siècle, rapporte les expéditions menées entre 1208 en 1219 contre les hérétiques du comté de Toulouse.</p>";"<p>Introduction</p><p style=""text-align: left;""><strong>Katy Bernard</strong><br />La<em> Chanson de la Croisade albigeoise<br /><br /></em><strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sandrine Lavaud</strong><br />La fabrique historiographique et mythographique de la Croisade albigeoise (XIX<sup>e</sup>-début XX<sup>e</sup> siècle)</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Philippe Martel</strong><br />Éditer et traduire la <em>Canso</em> de la Croisade albigeoise : les pionniers du XIX<sup>e</sup> siècle</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marjolaine Raguin-Barthelmebs</strong><br />Quand la chanson de croisade se compose en cycle. Expériences d’écritures françaises et occitanes</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Katy Bernard</strong><br />Simon de Montfort, héros tragique de la<em> Chanson de la Croisade albigeoise</em> : Quand le Continuateur anonyme de Guillaume de Tudèle fait du pape Innocent III l’artisan de la mort de Montfort</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Laurent Macé</strong><em><br />La mortz o la terra.</em> Jeunesse et légitimité dynastique dans le chant de l’Anonyme</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Frédéric Boutoulle</strong><br />Les trois sièges de Marmande</p><p style=""text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Vladimir Agrigoroaei</strong><br />Hermogènes le rhéteur et Bohémond le bâilleur. Échos de l’École de Hereford dans l’<em>Ipomedon </em>de Hue de Rotelande</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Isabella Lazzarini</strong><br />À propos de diplomatie médiévale : pratiques, modèles et langages de la négociation en Italie (XIV<sup>e</sup>-XV<sup>e</sup> siècles)</p><p style=""text-align: center;""><strong>Points de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Estelle Doudet</strong><br />L’histoire est une littérature médiévale</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Charles West</strong><br />Quelle place pour l’<em>ecclesia</em> dans l’Europe médiévale ?</p><p> </p><p><em>- Notes de lecture <br />- Livres reçus</em></p>";;06/09/2018;0;160x240;210;978-2-84292-837-7;978-2-84292-837-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_671.jpg;"<p><em>Sandrine Lavaud</em><strong><br />La fabrique historiographique et mythographique de la Croisade albigeoise (xix<sup>e</sup>-début xx<sup>e</sup> siècle)</strong><strong> </strong></p><p>Cette contribution souhaite fournir à la redécouverte de la<em> Chanson de la Croisade albigeoise</em>, telle qu’analysée par Philippe Martel, le cadre historiographique dans lequel elle s’inscrit. « Siècle de l’histoire », le xix<sup>e</sup>, fondateur pour la discipline qui s’érige en science autonome, passe aussi pour être un grand siècle pour les cathares, devenus objet d’histoire, avec de nombreuses monographies et éditions de sources. Mais, effet pervers de cet engouement qui a gagné un grand public féru de Moyen Âge, le siècle est aussi celui du mythe, de la fabrique du légendaire et de l’instrumentalisation de la Croisade albigeoise à des fins tant politiques et nationalistes que culturelles et religieuses, jusqu’à intéresser l’occultisme.<br />Mots clés : cathares, catharisme, <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em>, Croisade albigeoise, Guillaume de Tudèle, historiographie, mythographie.</p><p> </p><p><em>Philippe Martel</em><strong><br />Éditer et traduire la <em>Canso</em> de la Croisade albigeoise : les pionniers du xix<sup>e</sup> siècle</strong></p><p>Cette contribution traite des circonstances et des conséquences de la redécouverte de la <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em> de Claude Fauriel à Eugène Martin-Chabot, en passant notamment par François Raynouard, Jean Bernard Mary-Lafon, Georges Guibal et Paul Meyer. Elle insiste principalement sur le contexte de la redécouverte du texte en ses manuscrits, de ses premières mentions, éditions, traductions et commentaires.<br />Mots clés : auteur, <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em>, édition, Guillaume de Tudèle, manuscrits, historiographie, traduction.</p><p><strong><br /><br /></strong><em>Marjolaine Raguin-Barthelmebs</em><strong><br />Quand la chanson de croisade se compose en cycle. Expériences d’écritures françaises et occitanes</strong><strong> </strong><strong> </strong></p><p>La présente contribution propose une réflexion sur les processus de cyclisation de l’écriture des chansons de croisade épiques. S’intéressant d’abord au corpus français bien connu pour étudier ensuite celui plus confidentiel de langue occitane, l’auteure propose d’identifier un cycle épique de la croisade en langue d’oc composé des trois textes de la <em>Canso d’Antioca</em>, de la <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em>, et du <em>Poème de la guerre de Navarre</em>. Elle en étudie les modalités propres de constitution, soulignant les spécificités de ces écritures occitanes au regard des connaissances de la cyclisation d’un cycle analogue en français ; insistant pour le cas occitan sur le rôle central du texte de la <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em> dans ses deux parties.<em><br /></em>Mots clés :<em> Chanson d’Antioche occitane</em>, <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em>, chansons de croisade épiques, écriture cyclique,<em> </em>Guilhem Anelier, Guilhem de Tudela/Guillaume de Tudèle, <em>Poème de la guerre de Navarre</em>.</p><p> </p><p><em>Katy Bernard</em><strong><br />Simon de Montfort, héros tragique de la<em> Chanson de la Croisade albigeoise</em> : quand le Continuateur anonyme de Guillaume de Tudèle fait du pape Innocent III l’artisan de la mort de Montfort</strong></p><p>Quand, dans la<em> Chanson de la Croisade albigeoise</em>, la pierre vient ôter la vie à Simon de Montfort, elle semble être le point ultime d’un déroulement inéluctablement orchestré par la Providence divine depuis le concile du Latran. Par la mise en scène du pape Innocent III pratiquant la bibliomancie et un jeu subtil de répétitions et de résonances au cœur du texte, le Continuateur anonyme fait du concile du Latran le point où le destin de Simon de Montfort bascule : quoique bras armé de l’Église et, dans les faits, favorisé par elle, il est montré comme étant désavoué de Dieu et du pape au profit des Raymond de Toulouse. Dès lors, l’Anonyme met en place un conflit inextricable entre la volonté de la Providence divine, celle des représentants de l’Église et celle de Simon de Montfort, offrant à ce dernier l’envergure d’un héros tragique.<br />Mots clés : bibliomancie, <em>Chanson de la Croisade albigeoise</em>, Innocent III, pape, prophétie de Merlin, Simon de Montfort.</p><p> </p><p><em>Laurent Macé</em><strong><em><br />La mortz o la terra</em>. Jeunesse et légitimité dynastique dans le chant de l’Anonyme </strong></p><p>Le Continuateur anonyme de la <em>Canso</em> accorde dans son œuvre une belle place aux jeunes princes méridionaux. Parmi eux, le fils du comte de Toulouse, le futur Raymond VII, apparaît comme la figure principale. Mais gravitent autour de lui d’autres fils, celui du comte de Foix et celui du comte de Comminges. Ces jeunes gens incarnent un espoir fort : celui d’une relève politique, non entachée par les soupçons de sympathie à la cause hétérodoxe ; celui aussi du maintien d’un <em>Paratge</em> qui serait menacé par les agissements des « Français » et du clergé. En cela, l’auteur ne fait que développer un thème cher aux troubadours de son temps.<br />Mots clés : Bernard de Comminges<em>, Chanson de la Croisade albigeoise</em>, jeunesse, héritage, <em>Paratge</em>, Raymond VII de Toulouse, Roger Bernard de Foix.</p><p> </p><p><em>Frédéric Boutoulle</em><strong><br />Les trois sièges de Marmande</strong></p><p>Le siège et la prise de Marmande (1218-1219) constituent un événement majeur de la Croisade, aux portes de l’Agenais et de l’Aquitaine sous l’obédience des rois d’Angleterre. Cette étude s’attache à mettre en relation le récit qu’en donne la<em> Chanson</em> avec les sources contemporaines et à mieux situer cet épisode sanglant dans le contexte des rivalités entre Raimondins et Plantagenêts.<em><br /></em>Mots clés :<em> Chanson de la Croisade albigeoise</em>, Croisade albigeoise, guerre, Louis VIII, Marmande, ville.</p><p> </p><p><em>Vladimir Agrigoroaei </em><strong><br />Hermogène le rhéteur et Bohémond le bâilleur. Échos de l’École de Hereford dans l’<em>Ipomedon </em>de Hue de Rotelande</strong><strong> <br /></strong><strong> </strong></p><p>L’<em>Ipomedon</em> de Hue de Rotelande reprend des thèmes et des motifs d’autres textes littéraires, mais il demeure esthétiquement singulier. Le présent article observe que les noms de deux personnages de ce roman parodique en vers de la fin du xii<sup>e</sup> siècle (le roi « Hermogenés » et le chien « Baailemunt ») constituent des allusions aux textes ou aux histoires ayant des auteurs ou des protagonistes en Italie du Sud. Ces échos sud-italiques seraient dus au fait que l’auteur du roman vivait dans le voisinage de Hereford, à une époque où les clercs de cette ville entretenaient des contacts avec le milieu savant de l’Italie méridionale.<br />Mots clés : anglo-normand, Hereford, Hermogène de Tarse, Hue de Rotelande, <em>Ipomedon</em>, Italie du Sud, onomastique.</p><p> </p><p><em>Isabella Lazzarini </em><strong><br />À propos de diplomatie médiévale : pratiques, modèles et langages de la négociation en Italie (xiv<sup>e</sup>-xv<sup>e</sup> siècles)</strong></p><p>Cet essai se concentrera sur la pratique diplomatique italienne au début de la Renaissance. Depuis le xix<sup>e</sup> siècle, les politiques italiennes ont fourni d’excellentes études de cas pour ce qui concerne la théorie associant les débuts de la diplomatie permanente et l’émergence d’ambassadeurs résidents dans le processus de construction de l’État. Cependant, au cours des dernières décennies, ce grand récit a été profondément revisité. Les réseaux de communication et de négociation à plusieurs niveaux, la collecte d’informations et la rédaction de lettres sont au cœur d’une telle révision et sont de plus en plus considérés comme les principales caractéristiques d’une « nouvelle » diplomatie, fondée sur le développement de réseaux de communication où les conflits étaient réglés par le moyen de multiples interactions afin de construire une légitimité sur une reconnaissance pragmatique réciproque.<br />Mots clés : ambassadeur, communication, diplomatie, information, Italie, lettres, Quattrocento.</p><p> </p><p><em>Estelle Doudet </em><strong><br />L’histoire est une littérature médiévale</strong><br />Mots clés : écriture de l’histoire, fiction, histoire, historiographie, littérature</p><p> </p><p><em>Charles West</em><br />traduit de l'anglais par Alban Gautier<strong><br />Quelle place pour l’<em>ecclesia</em> dans l’Europe médiévale ?</strong><br />Mots clés : communauté, cimetière, Église, <em>ecclesia</em>, espace, territorialisation.</p>";"<p>Introduction</p><p>Katy Bernard<br />La<em> Chanson de la Croisade albigeoise</em></p><p>Ce dossier thématique de la revue <em>Médiévales </em>est consacré à la <em>Chanson de la Croisade albigeoise </em>– la <em>Canso </em>– écrite en langue d’oc au XIII<sup>e</sup> siècle<a href=""#_ftn1"">[1]</a>. Composée de 9’582 vers<a href=""#_ftn2"">[2]</a> répartis en 214 laisses, elle relate, ainsi que l’indique son titre, l’expédition croisée qui eut lieu principalement sur les terres des comtes de Toulouse et de leurs vassaux et voisins afin d’éradiquer l’hérésie dite « cathare » ou « albigeoise » qui s’y était développée. De ces faits historiques dont elle est contemporaine, la <em>Chanson</em> ne retranscrit que ceux qui eurent lieu entre 1208 et 1219. Elle s’ouvre sur les origines de la Croisade, avant les premiers faits d’armes de 1209, et s’achève par la chute de Marmande et une nouvelle marche des croisés vers Toulouse qui se prépare à soutenir un nouveau siège, après celui de 1217-1218. Dans cette œuvre, se dressent donc, au sein d’une multitude de personnages, les grandes figures historiques que furent le pape Innocent III qui appela à cette Croisade et son légat, Arnaud Amauri, qui en fut le premier chef spirituel, Simon de Montfort, qui de l’armée des barons croisés envoyée par le roi de France Philippe Auguste prit la tête après la reddition de Raymond Roger Trencavel, vicomte de Béziers et de Carcassonne dont il obtint les terres, par octroi de l’Église, en 1209. Émergent également, pour la partie adverse, Raymond VI, comte de Toulouse, son fils, qui deviendra Raymond VII, et leurs vassaux, en particulier le comte de Foix. On voit aussi, parmi d’autres figures saillantes, celle de Foulque de Marseille qui, ancien troubadour devenu évêque de Toulouse, s’allia à Simon de Montfort, et celle du prince Louis, fils de Philippe Auguste et futur Louis VIII qui, envoyé par son père, prendra part directement aux combats des croisés après la mort de Simon de Montfort lors du siège de Toulouse en 1218. C’est alors, depuis 1216, le règne d’un autre pape, Honorius III. À ces figures et faits historiques et à d’autres encore qui ne sont pas cités ici, la <em>Chanson</em> offre – de diverses manières, par divers procédés – une envergure singulière, mythique ; que ce soit au moment de sa création, à l’heure de sa redécouverte au XIX<sup>e</sup> siècle, ou encore aujourd’hui.</p><p>Outre le fait d’être contemporaine des événements qu’elle relate, la <em>Chanson</em> a pour autre caractéristique d’avoir été composée par deux auteurs.</p><p>Le premier, Guilhem de Tudela, Guillaume de Tudèle, est un clerc originaire de Navarre devenu, par ses services, chanoine du bourg Saint-Antonin. Il chante en faveur de la Croisade albigeoise, du moins originairement. Son protecteur est Baudouin, le frère cadet de Raymond VI, qui fit alliance avec Simon de Montfort. Son récit couvre les événements qui vont de 1208 à 1213. Sa composition s’arrête au moment de la préparation de la bataille de Muret. Guillaume de Tudèle inscrit sa chanson dans la lignée de la <em>Canso d’Antioca</em>, la <em>Chanson d’Antioche</em>, poème épique dont il a fait son modèle et qui lui donne ces laisses d’alexandrins que vient clore un hexamètre.</p><p>Le second auteur est resté anonyme et peu de choses sont sues de lui, si ce n’est, notamment, qu’il est très attaché à Toulouse et lié à ses comtes et à leurs vassaux dont, plus particulièrement, Roger Bernard (II) de Foix, le fils du comte de Foix, qui semble être un de ses mécènes. Si cet auteur anonyme inscrit son texte dans la continuité de celui de Guillaume de Tudèle – il reprend le texte de ce dernier exactement là où il l’a laissé et compose ainsi son récit des événements qui vont de 1213 à 1219 –, sa chanson à lui est, avec flamboyance, celle de la cause de Toulouse, de la contre-Croisade.</p><p>Les grands traits de ce portrait, que les contributions de ce volume et les références qu’elles contiennent permettront de compléter, suffisent à montrer combien la <em>Chanson</em> <em>de la Croisade albigeoise</em> est ce que nous appellerons une œuvre-carrefour. Côtoyant le genre de la chronique comme celui de la chanson épique, constituée de deux visions originairement opposées des événements qu’elle retranscrit, portée par deux intentions et deux styles très différents, cette œuvre réunit naturellement les dimensions historique, historiographique et littéraire. C’est dans cette optique que nous avons conçu, avec les différents contributeurs, l’architecture de ce dossier.</p><p>Avec les contributions de Sandrine Lavaud et de Philippe Martel, l’ensemble s’ouvre sur la dimension historiographique (XIX<sup>e</sup>-XX<sup>e</sup> siècles). Sandrine Lavaud fournit le cadre et le contexte dans lequel s’inscrit la redécouverte de la <em>Chanson</em>, tandis que Philippe Martel expose les circonstances et les conséquences de cette redécouverte à partir des premières mentions, éditions et analyses de l’œuvre.</p><p>La contribution de Marjolaine Raguin conduit le lecteur en direction de la dimension historico-littéraire de cette <em>Chanson</em>, en situant son texte par rapport aux autres chansons de croisades occitanes et françaises afin de déterminer plus avant aussi bien l’appartenance du texte à une tradition (en partant de la <em>Canso d’Antioca</em>) que sa singularité.</p><p>Les trois dernières contributions, celle de Laurent Macé, celle de Frédéric Boutoulle et la nôtre, s’arrêtent au cœur de l’œuvre, s’attachant à différents stades et aspects du récit. Nous nous penchons sur le traitement singulier réservé au personnage de Simon de Montfort qui, de Guillaume de Tudèle à son Continuateur anonyme, prend l’envergure d’un héros tragique. Laurent Macé porte, quant à lui, son analyse sur l’importance que l’Anonyme accorde aux jeunes princes méridionaux que sont Raymond VII de Toulouse, Roger Bernard de Foix et Bernard de Comminges pour en faire les porteurs de l’espoir de leur lignage et des valeurs de leur société. La contribution de Frédéric Boutoulle, en écho à la fin de la <em>Chanson</em>, conclut l’ensemble par l’analyse du traitement du siège et de la prise de Marmande, qu’elle resitue dans son contexte historique.</p><p>À tous points de vue, la <em>Chanson de la Croisade albigeoise </em>– est-il besoin de le dire ? – est une œuvre magistrale à laquelle nous nous réjouissons de pouvoir rendre hommage ici en si belle compagnie.</p><p>Nous remercions vivement les différents auteurs pour leur précieuse participation à ce dossier et les membres du comité de rédaction de la revue <em>Médiévales</em> pour avoir bien voulu nous en confier la direction<a href=""#_ftn3"">[3]</a>.</p><div><br /> <hr size=""1"" /><div><p><a href=""#_ftnref1"">[1]</a> L’édition utilisée dans ce volume est celle d’E. Martin-Chabot, <em>La Chanson de la Croisade albigeoise</em>, t. I-III, Paris, (1931-1961) 1960-1973. Le texte de la <em>Chanson</em> établi par E. Martin-Chabot est disponible en Livre de Poche : <em>La Chanson de la Croisade albigeoise</em>, H. Gougaud trad. adaptation, Préface de G. Duby, Introduction de M. Zink, Paris, 1989 (Lettres gothiques).</p></div><div><p><a href=""#_ftnref2"">[2]</a> Cf. E. Martin-Chabot, <em>La Chanson…</em>, Introduction, t. I, p. XXXII.</p></div><div><p><a href=""#_ftnref3"">[3]</a> Nos remerciements vont tout particulièrement à Nicolas Weill-Parot, qui en a assuré avec nous la coordination technique.</p></div></div>";"<p><em>Sandrine Lavaud </em><strong><strong><br /></strong>The Historiographic and Mythographic Fabric of the Albigensian Crusade (Nineteenth-Early Twentieth Century)</strong></p><p>The aim of this paper is to situate the rediscovery of the <em>Song of the Albigensian Crusade</em>, as analyzed by Philippe Martel, within the broader historiographical context. As the “century of history,” the nineteenth century saw the discipline emerge as a science in its own right. It was also the century in which the Cathars became a subject of serious historical research, with a large number of monographs and critical editions of primary sources. But the widespread public enthusiasm for all things medieval also had a perverse effect, nurturing legends and seeing the Albigensian Crusade utilized for political, nationalist, cultural, and religious purposes, with even some occultists getting in on the act.<br />Keywords<strong> : </strong>Albigensian Crusade, <em>Albigensian Crusade Song</em>, catharism, cathars, historiography, mythography.</p><p> </p><p><em>Philippe Martel </em><strong><strong><br /></strong>Editing and Translating the <em>Canso</em> of the Albigensian Crusade: The Pioneers of the Nineteenth Century</strong></p><p>This contribution focuses on the circumstances and consequences of the rediscovery of the <em>Song of the Albigensian Crusade </em>from Claude Fauriel to Eugène Martin-Chabot, <em>via</em> François Raynouard, Jean Bernard Mary-Lafon, Georges Guibal and Paul Meyer among others. Particular emphasis is placed on the context in which the text and its surviving manuscripts were rediscovered, as well as the first references, editions, translations, and commentaries.<br />Keywords<strong> : </strong>author, <em>Albigensian Crusade Song</em>, edition, Guillaume de Tudèle, historiography, manuscript, translation.</p><p> </p><p><em>Marjolaine Raguin-Barthelmebs </em><strong><strong><br /></strong>When the Crusade Song is Composed in Cyclic Form. French and Occitan Experiences of Writing</strong></p><p>This paper considers the process of cyclic writing in epic crusade songs. Examining first the well-known French corpus, and then the more unfamiliar Occitan texts, the author proposes to identify an Occitan Crusade cycle composed of three texts: the<em> </em>Occitan<em> Canso d’Antioca</em>, the<em> Albigensian Crusade Song</em>, and the<em> Navarra War Poem</em>. She studies how this cycle is formed and by which critical criteria it can be identified. She stresses the specificities of this Occitan corpus and its cyclization in comparison to the French one, highlighting the pivotal role that the two parts of the<em> Albigensian Crusade Song </em>had in establishing the Occitan Crusade cycle.<br />Keywords<strong> : </strong><em>Albigensian Crusade Song</em>, cyclic form, epic crusade songs, Guilhem Anelier, Guilhem de Tudela/Guillaume de Tudèle, <em>Navarra War Poem</em>, <em>Occitan Canso d’Antioca</em></p><p> </p><p><em>Katy Bernard </em><strong><strong><br /></strong>Simon de Montfort, Tragic Hero of the <em>Song of the Albigensian Crusade</em>: When the Anonymous Continuer of Guillaume de Tudèle’s Work Makes Pope Innocent III the Architect of Montfort's Death</strong></p><p>When the fateful (and fatal) rock comes down on Simon de Montfort in the <em>Song of the Albigensian Crusade</em>, it appears to be the culmination of an ineluctable series of events orchestrated by divine Providence since the council of the Lateran. By depicting Pope Innocent III engaging in bibliomancy, and introducing a subtle web of repetitions and resonances running through the text, the anonymous author of the continuation identifies the council of the Lateran as the tipping point of Simon de Montfort’s destiny: despite acting as the military representative of the Church, and thus supposedly operating with its favor and support, he is shown to be abandoned by both God and the Pope in favor of Raymond de Toulouse. From this starting point the author establishes an inextricable conflict between the will of divine Providence, the will of the Church and the will of Simon de Montfort, elevating the latter to the role of tragic hero.<br />Keywords<strong> : </strong>bibliomancy, Innocent III, Pope, prophecy of Merlin, Simon de Montfort, <em>Song of the Albigensian Crusade</em>.</p><p> </p><p><em>Laurent Macé </em><strong><em><strong><br /></strong>La mortz o la terra.</em> Youth and Dynastic Legitimacy in the Anonymous Song</strong></p><p>The anonymous author of the continuation to the <em>Canso </em>devotes considerable attention to the young southern princes. The son of the Count of Toulouse, the future Raymond VII is foremost amongst them, but he is surrounded by other aristocratic scions including the sons of the Count of Foix and the Count of Comminges. These young princes embody a powerful sense of hope: hope in a new era of politics untainted by suspicions of sympathy for the heretics, and hope in the survival of a tradition of <em>paratge</em> presented as being under threat from the “French” and the clergy. In this respect, the author is simply expanding upon a theme already popular with contemporary troubadours.<br />Keywords<strong> : </strong>Bernard of Comminges, heritage, <em>paratge</em>, Raymond VII of Toulouse, Roger Bernard of Foix,<em> Song of the Albigensian Crusade, </em>youth.</p><p> </p><p><em>Frédéric Boutoulle </em><strong><strong><br /></strong>The Three Sieges of Marmande</strong></p><p>The siege and capture of Marmande (1218-1219) was a major development in the Crusade; the surrender of a town within easy reach of Agen and the English-controlled Duchy of Aquitaine. This paper aims to draw connections between the account included in the <em>Song</em> and other contemporary sources, situating this bloody episode within the broader context of the rivalry between Raymond’s supporters and the Plantagenets.<br />Keywords<strong> : </strong>Albigensian Crusade, Louis VIII, Marmande, <em>Song of the Albigensian Crusade</em>, town, war.</p><p> </p><p><em>Vladimir Agrigoroaei </em><strong><strong><br /></strong>Hermogenes the Rhetorician and Bohemond the Yawner. Echoes from the Hereford School in Hue de Rotelande’s<em> Ipomedon</em></strong><em> </em></p><p>The romance of <em>Ipomedon</em> by Hue de Rotelande borrows certain themes and motifs from other literary texts, all the while remaining aesthetically unusual. This article notes that the names of two characters in this late twelfth-century verse parody (the king “Hermogenes” and the dog “Baailemunt”) constitute allusions to texts or stories with authors or protagonists in southern Italy. These southern Italian echoes are due to the fact that the author of the novel lived close to Hereford, at a time when the clerics of this city maintained contacts with the academic circle of southern Italy.<br />Keywords<strong> : </strong>Anglo-Norman, Hereford, Hermogenes of Tarsus, Hue de Rotelande, <em>Ipomedon</em>, onomastics, Southern Italy.</p><p> </p><p><em>Isabella Lazzarini</em><strong><strong><br /></strong>On Medieval Diplomacy: Practices, Models, and Languages of Negotiation in Italy (Fourteenth-Fifteenth Centuries)</strong></p><p>This essay will focus on Italian diplomatic practice in the early Renaissance. Since the nineteenth century, Italian polities have provided excellent case studies for the theory associating the beginnings of permanent diplomacy and the emergence of resident ambassadors with the process of state-building. However, over the last few decades this grand narrative has been heavily revised. Multilayered communication and negotiation networks, information gathering, and letter-writing are at the heart of such a revision, and have been increasingly seen as the major features of a “new” diplomacy based on the development of communication networks through which conflicts were dealt with by way of multiple interactions in order to build legitimacy around pragmatic reciprocal recognition.<br />Keywords<strong> : </strong><em> </em>ambassador, communication, diplomacy, information, Italy, letters, Quattrocento.</p><p> </p><p><em>Estelle Doudet </em><strong><br />History is a Mediaeval Literature</strong><br />Keywords<strong> : </strong>fiction, historiography, history, literature, story.</p><p> </p><p><em>Charles West</em><br /><strong>The Place for the <em>Ecclesia </em>in Medieval Europe</strong><br />Keywords<strong> : </strong>cemetery, Church, community, <em>ecclesia</em>, space, territorialisation.</p>";396;20.00;"<p>Ses deux auteurs, qui se sont succédé, offrent des points de vue différents sur cette histoire, ce qui a contribué à l’instrumentalisation dont la <em>Chanson</em> fit l’objet lors de sa redécouverte au XIX<sup>e</sup> siècle. L’étude des figures de Simon de Montfort ou du prince Raymond (VII) de Toulouse, celle du récit du siège de Marmande, montrent le profond renouvellement des lectures actuelles de ce texte.</p>";;30/04/2018 15:25;0;Première édition;3386 670;2;3;18;Sexe, cosmos et utopie;Diderot, Rétif de la Bretonne et Fourier;;;"<p>Une pensée sexuelle utopique au tournant des Lumières.</p>";"<p class=""TOC2"" style=""text-align: left;""><em>Introduction. Pourquoi et comment prendre soin de la pensée sexuelle utopique</em></p><p class=""TOC2"" style=""text-align: left;""><strong>Cosmo-fictions amoureuses</strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Introduction.<br />Textures du cosmos sexuel utopique<br />I. Diderot cinérographe<br />II. Métempsycose et sexualités<br />Conclusion. Le cosmos contre le « lamentable petit secret familialiste » </p><p><strong>(Re)faire sexuellement société : qu’est-ce qu’une politique sexuelle utopique ? </strong></p><p class=""TOC3"" style=""padding-left: 30px;"">Introduction.<br />Sur la Terre comme au ciel, logiques de la <em>comprescence</em><br />III. Critique cosmique du couple exclusif<br />IV. Mécanique et dynamique des amours plurielles<br />V. Rétif : le retour du « familisme » et du patriarcat ?<br />Conclusion.Manifeste pour une politique sexuelle « transambulatoire » </p><p class=""TOC2"" style=""text-align: left;""> <strong>La gaieté utopique. Enquête sur la composition affective de la coopérative sextuelle DRF </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Introduction<em>. </em><br />Les affects sextuels utopiques<br />VI. Diderot gaillard<br />VII. La gaieté procréative de Rétif<br />VIII. Fourier ou la gaieté baroque<br />Conclusion.<br />La vection affective des êtres de fiction sexuelle utopique </p><p><em>Conclusion. Penser avec les fictions sexuelles utopiques</em><strong><em><br /></em></strong><em>Bibliographie des ouvrages cités </em></p>";;12/07/2018;0;137x220;294;978-2-84292-845-2;978-2-84292-845-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_670.jpg;"<p>En relisant des textes utopiques écrits au tournant des Lumières par Diderot, Rétif de la Bretonne et Fourier, Patrick Samzun propose de régénérer notre imaginaire sexuel à l'ère de la merchandisation des fantasmes en réseau. Il explore les ressources cosmiques, éthiques et politiques d'une pensée utopique originale qui se refuse à régenter autoritairement la sexualité. Il suggère ainsi par un geste de lecture coopératif des dispositifs pratiques et ludiques d'harmonisation de nos variétés amoureuses.<br /><br />Un socialisme sexuel libertaire s'en dégage, qui accompagne les mouvements de la matière et de l'énergie sexuelle dapuis les atomes jusqu'aux astres et ouvre à de nouveaux mondes amoureux sans frontières de sexe, de classe, de race ou de nation.</p><p> </p><p><em>Patrick SAMZUN, docteur en littérature française, enseigne la philosophie au lycée Marcel Sembat de Vénissieux. Il travaille sur Charles Fourier et la pensée libertaire.<br /></em></p>";"<p class=""Heading2"">Introduction.</p><p class=""Heading2""><strong>Pourquoi et comment prendre soin de la pensée sexuelle utopique</strong><br />Patrick Samzun</p><p>Il y a deux façons de consommer les énoncés théoriques : celle de l’universitaire qui prend <em>ou</em> laisse le texte dans son intégrité, et celle de l’amateur passionné, qui à la fois le prend <em>et</em> le laisse, le manipule à sa convenance, essaie de s’en servir pour éclairer ses coordonnées et orienter sa vie. La seule attitude recevable dans ce domaine, c’est d’essayer de faire fonctionner un texte. (GUATTARI Félix, « La fin des fétichismes<a href=""#_ftn1"">[1]</a> »)</p><p class=""Heading3"" style=""text-align: center;""><strong>1) Fragilité de la pensée sexuelle utopique</strong></p><p>La pensée sexuelle utopique a besoin de nous. Elle est fragile, vulnérable et vit d’une existence « fantômale » : un rien, un souffle malveillant suffit à la faire tomber de son « pavois<a href=""#_ftn2"">[2]</a> » instable et à l’éparpiller dans le néant de l’histoire littéraire et philosophique. Qui prend soin d’elle ? Et d’abord pourquoi faudrait-il même prendre soin d’une pensée aussi dispersée, bizarre, pour ne pas dire douteuse, et surtout, peut-être, archaïque ?</p><p>Tout bien pesé, Diderot (1713-1784) appartient aux Lumières, la grande lumière des auteurs majeurs et canonisés, qui ont fait leur devoir militant pour éclairer et faire « progresser » notre pauvre « civilisation ». Rétif de la Bretonne (1734-1806), lui, a rejoint progressivement d’autres lumières, moins claires, plus confuses, effrangées d’irrationnel, de mysticisme et de mesmérisme : c’est ce fameux « tournant<a href=""#_ftn3"">[3]</a> » où les Lumières, devenant illuministes, éclairent moins la raison qu’elles ne la recomposent autour d’une multitude de savoirs dissidents, pas toujours très raisonnables. Quant à Fourier (1772-1837), il a résonné un temps des grandes orgues surréalistes depuis l’<em>Ode<a href=""#_ftn4""><strong>[4]</strong></a></em> d’André Breton jusqu’à ses <em>Œuvres complètes<a href=""#_ftn5""><strong>[5]</strong></a></em> éditées par l’une de ses disciples, Simone Debout. Mais depuis Butor<a href=""#_ftn6"">[6]</a> et Barthes<a href=""#_ftn7"">[7]</a>, Fourier a progressivement rejoint les seuls rayonnages qu’il n’avait jamais vraiment quittés, ceux de Charles Gide, de l’histoire du socialisme ou de la « science sociale<a href=""#_ftn8"">[8]</a> » : peu de philosophes s’y réfèrent aujourd’hui ; virtuellement aucun littéraire.</p><p>Il est vrai qu’il est difficile de ne pas sourire devant les taxinomies incongrues de Fourier. Et même, comment ne pas être attendri, comme on l’est devant un enfant ou un fou qui divague, par la minutie rococo des tableaux de la vie harmonienne ? Breton avait essayé de les replacer dans l’orbe de la poésie humoristique et noire ; Barthes y avait généreusement discerné une « contre-rhétorique<a href=""#_ftn9"">[9]</a> », « charmante et saugrenue », « dérangeant l’institution du langage ». Et Macherey prolonge aujourd’hui le geste généreux de Barthes, en étudiant le charme déconcertant de tous ces détails, qui offrent comme une vue rasante sur le quotidien de l’utopie, ses « ornières et dérives<a href=""#_ftn10"">[10]</a> », mais aussi son burlesque « gastrosophique », composé de tableaux à la fois agronomiques, culinaires et diététiques. Fourier a de l’humour mais pas toujours du goût – bien qu’il soit « gastrosophe ». Et que dire du natalisme forcené de Diderot et Rétif, qui les enfonce conjointement dans les bas-fonds idéologiques de leur époque, bénies Lumières qui ont laïcisé l’idéal reproducteur du mariage religieux ? Chez l’un, cela conduit à une hiérarchie des valeurs sexuelles, qui place plus haut l’acte utile que l’acte agréable, tandis que l’autre dérive dans un colonialisme pansexuel qui fait souvent frémir.</p><p>Enfin, et surtout, on fera la comparaison avec le tendre et le bel aujourd’hui : de quelles utopies avons-nous besoin, nous qui les avons réalisées et qui vivons sous leur emprise généralisée ? Nous vivons en effet le triomphe globalisé et technicisé de l’imaginaire sadien : la machine à fantasmes sadienne a embrayé sur la méga-machine molécularisée de notre époque hyper-connectée. Tous les fantasmes sont consommables – littéralement. Il suffit pour cela de payer une connexion internet, ou bien de vivre au pays du travaillisme hyper-technologique, le Japon, pour constater que les bibliothèques de nos modernes <em>Otaku<a href=""#_ftn11""><strong>[11]</strong></a></em> sont pleines des plus sordides-sadiennes imaginations pornographiques, et qu’il n’est pas besoin de séjourner comme le maître en prison pour les faire vivre, plus que virtuellement : au Japon, on viole et on consomme littéralement la chair violée à l’ombre des mangas post-sadiens.</p><p>(…) Dans l’ensemble, l’otaku est un garçon calme et sans histoire, qui lit et visionne obsessionnellement.</p><p>Tsutomu Miyazaki était ainsi pendant des années, l’otaku classique, loin d’être adoré par le groupe social, mais toléré. Il était taciturne, sortait peu, parlait peu. Or un jour, il passa à l’acte et tua les quatre petites filles des environs de Tokyo. Il fit d’elles tout ce qu’on peut imaginer de pire. Il eut des relations sexuelles avec leurs cadavres, découpa des morceaux, en mangea après les avoir fait cuire et en envoya d’autres aux parents des fillettes accompagnés de messages qu’il signait du pseudonyme Yuko Imada, nom d’une héroïne de manga porno et violent<a href=""#_ftn12"">[12]</a>.</p><p>L’utopie a passé sa date de péremption, dépassée par le rythme du capitalisme micro-machinique, qui a investi moléculairement nos désirs, en miniaturisant ses appareils de capture : Tsutomu Miyazaki disposait d’un magnétoscope et d’une « grosse bibliothèque » entre 1988 et 1989 ; nous portons aujourd’hui dans nos poches la méga-machine à fantasmes de Sade.</p><p>A quoi bon dès lors utopiser encore la sexualité ? Nous n’avons plus besoin de l’infini de ses possibles, nous avons besoin de chastes relations pour de vrai, et d’un néo-romantisme amoureux. Perce précisément aujourd’hui la vogue de ces manifestes réactionnaires qui voudraient réenchanter la rencontre amoureuse des noblesses du platonisme ou du romantisme. Il y a les épigones maladroits, Yann Kerninon<a href=""#_ftn13"">[13]</a>, et les maîtres auto-proclamés, le très platonicien Alain Badiou, qui attaque du même venin le libéralisme économique et le libéralisme moral pour promouvoir les vertus de la Fidélité<a href=""#_ftn14"">[14]</a> et infinitiser l’événement amoureux, comme trouble essentiel qui nous fait communiquer avec le sacro-saint Banquet des Idées de l’Amour.</p><p>A quoi bon surtout puiser chez des auteurs pervers (Rétif est connu pour ses penchants incestueux) ou maniaques (Fourier a certes un brin de folie taxinomique), ou bien chez les délires rêveurs d’un auteur pourtant majeur (dans le <em>Rêve de D’Alembert<a href=""#_ftn15""><strong>[15]</strong></a></em>), les linéaments d’une nouvelle pensée de la sexualité ? Depuis, nous avons eu l’orgone de Reich<a href=""#_ftn16"">[16]</a> ou les machines désirantes anti-oedipiennes de Deleuze/Guattari<a href=""#_ftn17"">[17]</a> pour ressourcer libertairement notre pensée de la sexualité. Il nous faut donc expliquer la nécessité d’un trajet dans le passé littéraire dispersé de la pensée sexuelle utopique.</p><p> </p><p class=""Heading3"" style=""text-align: center;""><strong>2) Nécessité de prendre soin de la pensée sexuelle utopique aux confins des Lumières<br /></strong></p><p class=""Heading4""><strong>a) « DRF » : une vection coopérative d’utopisation</strong></p><p>L’amour occidental « moderne<a href=""#_ftn18"">[18]</a> » souffre des ambiguïtés du processus de « libération sexuelle », et paradoxalement de l’assouplissement des conditions du choix amoureux. E. Illouz<a href=""#_ftn19"">[19]</a> décrit avec précision comment les modifications dans « l’architecture » et « l’écologie » des choix amoureux réalisent dans le domaine du sentiment et de la sexualité les promesses de liberté, d’autonomie et de pluralisme de la modernité occidentale – et produisent cependant une nouvelle souffrance : comment choisir quand on a tant de choix ? Pourquoi choisir alors qu’on peut changer, divorcer, papillonner ? Comment reconstruire les conditions d’une fidélité « transcendée » par le pivotement<a href=""#_ftn20"">[20]</a> perpétuellement suggéré de nos partenariats ? Telle est l’une des données les plus actuelles du problème sexuel, où l’on voit déjà opérer la pensée sexuelle utopique d’un Fourier (c’est le grand fictionneur de la fidélité-infidèle). Une autre donnée, ou plutôt construction médiatique, appartient au registre imaginaire et affectif : notre imaginaire sexuel est littéralement « consterné<a href=""#_ftn21"">[21]</a> », c’est-à-dire étonné et épouvanté, et du même coup notre pensée se trouve « fixée » par la figuration et la narration polymédiatique continue du crime sexuel, qui imprègne à la fois les journaux télévisés et les séries policières. Comment surmonter le vertige ressenti devant l’infini des possibilités amoureuses et l’affolement produit par les figurations médiatiques du crime sexuel ?</p><p>Nous n’avons pas besoin de grandes théories et de grands discours moralisateurs à la Badiou ; nous avons besoin de <em>tracer</em> des lignes dans notre présent, qui l’aèrent et l’égayent. Et c’est pourquoi nous avons en même temps besoin de <em>forces</em> qui nous aident à tracer ces lignes, en commençant généreusement à les tracer pour nous malgré la distance des siècles : il s’agit de forces transtemporelles dont l’action ne meurt pas avec leurs auteurs – en l’occurrence Diderot, Rétif et Fourier, associés en une co-opération désignée par leurs initiales DRF – mais se prolonge à travers leurs acteurs fictionnels. L’acronyme « DRF » pourrait dès lors servir à désigner ce passage de relais ou de vie fictionnelle, comme le nom d’un vecteur en géométrie. C’est cette persistance de l’action fictionnelle DRF, comme mouvement de reconfiguration, ou plus exactement d’aération, de réenchantement et d’égaiement de notre pensée sexuelle, que nous appelons <em>vection<a href=""#_ftn22""><strong>[22]</strong></a> d’utopisation. </em>Dès lors, DRF ne se rangent pas confortablement dans la structure générique de l’utopie classique (More, Campanella en particulier), ils en dérangent les coordonnées pour nous procurer un inconfort salutaire de pensée. La subversion utopisante agit sur et à travers les formats <em>littéraires</em> de la fiction.</p><p>Une sensibilité littéraire donne le moyen, nous semble-t-il, d’embrayer efficacement sur les intuitions de Guattari et de nous hisser à la hauteur de la « révolution moléculaire<a href=""#_ftn23"">[23]</a> » qui se déroule sous nos yeux et sous nos peaux. Comme il le suggérait lui-même à travers la notion de « paradigme esthétique<a href=""#_ftn24"">[24]</a> », il y a dans l’art, et plus précisément pour nous, dans les ressources multiples de la fiction, une puissance de parasitage des grandes inerties médiatiques et imaginaires, au sens où la fiction est capable de tracer des lignes de force auto-consistantes. Ce ne sont pas seulement, à la manière dont Ruyer envisage la pensée utopique<a href=""#_ftn25"">[25]</a>, des lignes obliques ou latérales, qui pousseraient en marge du présent, et qu’un œil exercé, celui de l’utopiste, serait capable de découvrir et de faire pousser davantage : ce ne sont pas des possibles, mais des « êtres de fiction » utopiques, c’est-à-dire une variété branchée sur un mode d’existence à part entière, celui des « êtres de fiction » exploré par Souriau et creusé par Latour.</p><p class=""Heading4""><strong>b) Qu’est-ce qu’un « être de fiction » ? L’expérience littéraire comme sollicitude et assujetissement </strong></p><p>Pour Souriau, c’est un mode d’existence fragile et « transitoire » (<em>DME</em>, p. 133), qui imite le statut des choses sans pouvoir s’identifier à elles : « ils [les êtres de fiction] n’ont pas, ils imitent le statut réique » (<em>ibid</em>., p. 134). Cependant, les êtres de fiction possèdent une certaine positivité à l’intérieur de « ‘l’univers du discours’ littéraire » (p. 133) et plus généralement artistique ; ils finissent par s’émanciper en quelque sorte de leurs créateurs et à vivre d’une vie autonome, au point qu’« on a pu étudier quelques-uns d’entre eux dans le même esprit objectif que ceux de l’histoire naturelle, de l’histoire ou de l’économie politique » (p. 132). Et Souriau de citer « Hugo préparant <em>Les Misérables</em>, [qui] avait fait les comptes de Jean Valjean pour les dix ans où il n’apparaît pas dans le roman » (<em>ibid</em>.). On songe aussi aux biographies fictives de héros de cinéma dont les acteurs s’imprègnent pour coller à leur rôle : c’est ce que Souriau appelle « une existence syndoxique, sociale, bien positive » (<em>ibid</em>.). Mais cette existence, ou plus exactement, selon ses propres termes, cette « tendance à l’existence » ne concerne vraiment que certains êtres, tels Jean Valjean ou Don Juan, que cite aussi Souriau, qui deviennent des types. Pour les autres pèse toujours la menace de l’évanouissement dans l’imaginaire. Or les êtres de fiction, s’ils n’ont pas « l’ubiquité, la consistance » (134) des choses du monde – ce que Souriau appelle « l’assiette réique et ontique » (<em>ibid</em>.) – se rattachent bel et bien à un « phénomène de base » (133) qui spécifie mieux leur mode d’existence que la notion vague d’imagination : la sollicitude.</p><p>De ces êtres, on pourrait dire qu’ils existent à proportion de l’importance qu’ils ont pour nous – soit que nous nous inquiétions de beaucoup de choses, soit qu’une seule nous soit nécessaire. Ainsi, comme il y a des imaginaires, il y a des émotionnels, des pragmatiques, des attentionnels (si l’on ose dire) ; les importants de tel ou tel soin ou de tel ou tel scrupule ; bref une existence <em>sollicitudinaire</em>. (133-134)</p><p>Les êtres de fiction ne jouissent donc pas d’une existence substantielle mais conditionnelle : leur réalité dépend de « la grandeur ou l’intensité de notre attention ou de notre souci » (134).</p><p>Latour reprend à Souriau la notion de sollicitude, mais il l’articule à celle d’assujettissement. Les êtres de fiction ont besoin de notre sollicitude ; mais en même temps, ce sont eux qui, par leur intensité existentielle<a href=""#_ftn26"">[26]</a>, sollicitent cette sollicitude. Ils en indiquent la voie :</p><p>Leur cahier des charges [celui des êtres de fiction] inclut cette clause particulière que nous devons les continuer sans pouvoir pour autant les inventer. Ils ont ceci d’asymétrique, d’instable et, en quelque sorte, de penché qu’ils viennent à nous et exigent de nous que nous les prolongions, mais à leur façon, qui n’est jamais dite mais seulement indiquée. (246)</p><p>Non seulement, dit Latour, « nous nous trouvons sur leur trajectoire ; nous sommes une partie de leur trajet » (<em>ibid</em>.), mais ce trajet même crée ou transforme notre propre subjectivité :</p><p>Si l’œuvre a besoin d’une interprétation <em>subjective</em>, c’est dans ce sens très particulier de l’adjectif que nous y sommes assujettis, ou plutôt que nous y <em>gagnons</em> notre subjectivité. Celui qui dit « J’aime Bach » devient pour une part le <em>sujet</em> capable d’aimer cette musique ; il reçoit de Bach, on peut presque dire qu’il en « télécharge », de quoi l’apprécier. Émis par l’œuvre, ce téléchargement lui permet d’en être ému en devenant peu à peu l’« ami des objets interprétables ». (244-245)</p><p>Autrement dit, les êtres de fiction pour Latour ont une existence processuelle et interactive, qui relève d’une « création continue » (246) – création à plusieurs : leurs auteurs sont moins des créateurs que des « mandants » (244), laissant vivre leur vie à leurs messagers fictionnels, dont les destinataires font partie intégrante du trajet d’instauration, au point de s’y découvrir eux-mêmes (ou plutôt autrement) en cours de route. Latour dit que ces êtres « font réseaux » (246) ; nous disons que leur instauration est <em>coopérative</em>, en ajoutant un nœud à ces réseaux, la coopération entre plusieurs mandants et plusieurs mandataires, ici Diderot, Rétif, Fourier et leurs délégués fictionnels.</p><p class=""Heading4""><strong>c) Le problème du genre littéraire utopique</strong></p><p>Le problème, cependant, bien dégagé par les lectures que proposent Ruyer et Macherey des utopies « classiques », est qu’un gouffre semble séparer l’histoire et les formes notamment politiques de ces utopies, et ce que nous appelons « vection coopérative d’utopisation » : ce gouffre n’impose-t-il pas un changement de concept, eu égard notamment à la contrainte qu’exercent les « systèmes » utopiques ? Pourquoi chercher des forces libératrices (de notre imaginaire) dans une tradition aussi peu libérale en apparence ? Comme le dit Macherey :</p><p>Chez More et Campanella, qui peuvent être pris comme les emblèmes d’une utopie de type « classique », celle-ci revêt avant tout un caractère institutionnel, étatique et politique : les systèmes qu’elle met alors en place sont, de façon frappante, contraignants, on serait tenté de dire totalitaires, en contradiction avec le programme émancipatoire qui, pourtant, les définissait au départ ; et c’est cette inquiétante contradiction qui retient de les prendre tout à fait au sérieux<a href=""#_ftn27"">[27]</a>.</p><p>Si le cas de Bacon diffère quelque peu, car celui-ci déplace « la fiction utopique sur un nouveau terrain, où la réflexion sur le rôle social de la science joue le rôle principal<a href=""#_ftn28"">[28]</a>», force est de reconnaître que le genre utopique classique a ses « tares », en particulier sur la question de l’organisation de la société. Ces tares (« fixisme<a href=""#_ftn29"">[29]</a> », « la société considérée comme jeu de puzzle<a href=""#_ftn30"">[30]</a> »), Fourier, notamment, les traverse en partie : notre travail consistera non pas à masquer ces tares, qui sont bien réelles, mais à examiner comment mot à mot, d’un texte à l’autre au sein du <em>Nouveau Monde amoureux </em>(1816), et d’une œuvre à l’autre, jusqu’à la <em>Théorie de l’Unité Universelle<a href=""#_ftn31""><strong>[31]</strong></a></em> (1822), acmé de sa pensée utopique (avant qu’il ne se consacre exclusivement à vanter les mérites économiques de sa théorie) – comment Fourier les travaille, les creuse et les sculpte fictionnellement au point de les utiliser comme ressorts actifs, constructifs et jouissifs de sa pensée sexuelle. On pourrait dire qu’il utopise ces tares en composant le texte troué, fragmentaire de son utopie sexuelle. De ce point de vue, le statut même du manuscrit qui est parvenu jusqu’à nous sous le titre de <em>Nouveau monde amoureux</em>, alors même qu’il n’a jamais pris la forme d’une œuvre achevée<a href=""#_ftn32"">[32]</a>, est essentiel pour comprendre ces effets de trouage et de fragmentation, qui empêchent formellement de réduire le projet sexuel utopique de Fourier aux formats classiques, pleins et dogmatiques, du discours utopique traditionnel. Si Fourier pratique l’utopie à l’intérieur, ou plutôt sur les marges du genre utopique, dont il ne méconnaît pas une certaine tradition (en particulier Fénelon<a href=""#_ftn33"">[33]</a>), c’est à sa manière involontaire et créative, faite d’ébauches successives de plans (voir les notes philologiques de Simone Debout, au début de nombreuses « séquences »), rarement respectés à la lettre, et disséminés par un <em>travail</em> du texte (néologismes, tables, épisodes fictionnels, etc.) à la fois hétéroclite et insolite. On pourrait parler d’un accouchement ludique et visionnaire.</p><p>De même, Rétif, en suivant le trajet des « amphitryonades » de son héros Multipliandre, parvient à s’écarter, par pur émerveillement ludique, de ses propres penchants utopiques à l’ordre patriarcal et au colonialisme sexuel. A cet égard, nous espérons montrer que l’opération du merveilleux, qui permet à Multipliandre de varier son identité en changeant de corps, de voyager dans l’espace et ainsi de « visiter » de nouveaux corps non-humains, permet de modifier et d’assouplir sinon complètement, du moins par éclats, le schématisme des dispositifs utopiques de la <em>Découverte australe </em>(1781), l’autre grand roman utopique de Rétif.</p><p>Enfin, on ne saurait se contenter du <em>Supplément au Voyage de Bougainville</em> pour explorer la pensée sexuelle utopique de Diderot : même si Otaïti sert moins de modèle sexuel idéal que de miroir critique de la civilisation européenne, la norme sexuelle nataliste y est fondatrice alors qu’elle est mise entre parenthèses dans d’autres dispositifs fictionnels, plus joueurs, notamment dans <em>Jacques le fataliste</em>.</p><p>C’est que les vections d’utopisation dessinées par DRF ne sont pas purement et simplement fictionnelles ; ce n’est pas la fiction en elle-même, ou en général, qui effectue cette vection. C’est la fiction en tant qu’elle est modulée par des êtres de fiction singuliers et associés qui peut effectuer cette opération. Autrement dit, son énergie imaginative, passant notamment par le merveilleux, sa belle humeur, souvent très gaie et même gaillarde, sa liberté d’allure sont essentielles à son efficacité utopisante. C’est donc la forme ou plutôt la prise de forme singulière et coopérative des « êtres de fiction » « DRF » qui <em>fait </em>littérairement<em> </em>utopie. Barthes appelait cela « écriture » plutôt que « style » : non seulement Diderot, mais également Rétif et même Fourier – que l’on a trop réduits à l’état de victimes d’un « style » incontrôlé – mènent un travail qui relève proprement de « l’écriture », telle que la définit Barthes : non une simple « hypophysique de la parole, où se forme le premier couple des mots et des choses », c’est-à-dire le secret et la solitude du « style », mais tout autant « le choix général d’un ton, d’un éthos », prenant la force d’un « acte de solidarité historique » entre eux et avec la société où s’expérimente la « réflexion de l’écrivain sur l’usage social de sa forme et le choix qu’il en assume<a href=""#_ftn34"">[34]</a> ». Cette « écriture » désigne sinon un mode d’existence, du moins un type d’« insistances<a href=""#_ftn35"">[35]</a> », c’est-à-dire une « opération de pesée et de poussée », par laquelle « le système se défait en systématique, le roman en romanesque » ; et cela permettait à Barthes de ne plus voir en Fourier un « utopiste », mais un « scénographe : celui qui se disperse à travers les portants qu’il plante et échelonne à l’infini. »</p><p>Or ce mouvement de dispersion infinie de l’auteur dans sa scénographie décrit parfaitement pour nous le geste collectif d’utopisation opéré par Diderot, Rétif et Fourier : non seulement ils forment un trio, en mettant en scène, c’est-à-dire pour nous en fiction, leur pensée sexuelle ; mais ce trio, ou plutôt son acronyme, ne désigne lui-même (mais c’est cela le geste d’utopisation) que la « poussée » de leurs mandataires fictionnels. Fidèlement-infidèles à Barthes, et reproduisant le geste subversif du vol qu’il préconise pour « fragmenter le texte ancien de la culture, de la science, de la littérature<a href=""#_ftn36"">[36]</a> », nous lui volons le concept d’écriture pour n’en garder que la <em>libido</em> (qu’il évoque implicitement sous les termes d’« emportement », de « déploiement », et de « jouissance »), « laissant se détacher, comme une mauvaise peau, [son] sens reçu », intransitif et « sans objet »<a href=""#_ftn37"">[37]</a> – et c’est ce vol que nous proposons de maquiller sous l’expression de « modulation fictionnelle ».</p><p class=""Heading4""><strong>d) Les <em>modulations fictionnelles </em>du genre utopique</strong></p><p>C’est ici qu’apparaît l’intérêt d’associer nos trois auteurs et plus exactement leurs diverses créatures fictionnelles. Les associer, c’est aussi les faire <em>pencher</em> les un(e)s vers les autres, c’est montrer que l’utopie est moins un genre figé, qu’un geste collectif d’utopisation où, à trois au moins, on <em>coopère littérairement</em> – par les phases complexes d’un mouvement continu de modulation qui entretient des résonances subtiles – pour infléchir et vectoriser le genre utopique.</p><p>Il faut ici être précis et éviter le jargon inutile : il y a des forces d’utopisation servant à libérer notre imaginaire sexuel. Ces forces utilisent la fiction pour s’exprimer, se tracer dans l’être : la fiction est leur ressource, leur texture. Or l’enquête sur les textes DRF montre que cette ressource est en réalité multiple, mobile et hybride : elle change de coordonnées d’un texte à l’autre, elle contamine d’autres modalités d’inscription et d’expression, notamment le discours argumentat";;;;;;;;; 672;2;3;39;Beckett;;;;"<p>Un Beckett rigoureux, original, parfois polémique : l’attendu est bien là (l’absurde, l’humain, etc.), mais aussi ce qui l’est moins (la musique, le bilinguisme).</p>";"<p><strong>Introduction</strong></p><p style=""text-align: center;"">Deux langues</p><p style=""text-align: left;"">Bilingue<br />Une œuvre, deux textes<br />Genèse du bilinguisme<br />Écrire sans style ?<br />Comment mal dire ?<br />Éditer Beckett</p><p style=""text-align: center;"">Beckett absurde ?</p><p style=""text-align: left;"">Entre sens et non sens<br />Beckett philosophe ?<br />Le monologue de Lucky<br />Une écriture musicale<br />Misère de l'humanisme<br />Poétique musicale des noms propres</p><p style=""text-align: center;"">Beckett romancier</p><p style=""text-align: left;"">« Je ne répondrai plus aux questions »<br />« Pas moi »<br />« Maintenant, je vais jouer »<br />« Raconter des histoires »<br />Art poétique<br />L'autodérision comme principe poétique</p><p style=""text-align: center;"">Beckett dramaturge</p><p style=""text-align: left;"">Classique, et même un peu plus<br />Quand ?<br />Où ?<br />Quoi ?<br />« Quelque chose suit son cours »</p><p style=""text-align: center;"">L'imagination et ses images</p><p style=""text-align: left;"">Les leçons de la fiction<br />Les fictions théoriques de Beckett<br />Vers un art total</p><p style=""text-align: left;""> </p><p style=""text-align: left;"">Conclusion<br />Bibliographie</p><p style=""text-align: center;""><br /><br /></p>";;18/10/2018;0;120x180;188;978-2-84292-849-0;978-2-84292-849-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_672.jpg;"<p>Samuel Beckett, prix Nobel de littérature (1969), est né en 1906 dans une Irlande encore britannique, et mort en 1989 à Paris où il a vécu plus de 50 ans. C’est probablement le seul auteur ayant jamais écrit son œuvre deux fois : en anglais et en français. Ce bilinguisme, loin d’être anecdotique, fait partie d’un projet radical, dont on trouvera ici les traits essentiels. Beckett a profondément ébranlé les assises de tous les genres qu’il a pratiqués : ses pièces sont pour la scène, pour la radio, pour la télévision, certaines sont sans paroles, l’une a pour personnage une Bouche, l’autre un souffle, une autre un air de musique. Ses récits, tous plus ou moins expérimentaux, peuvent être sans ponctuation, sans alinéas, sans personnages caractérisés. Son œuvre est traduite, jouée et étudiée dans le monde entier. Elle fascine les philosophes, intrigue les psychanalystes. Elle a inspiré de nombreux artistes, peintres ou musiciens.</p><p> </p><p><em>Bruno Clément, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, est professeur à l'université Paris 8, Vincennes-saint-Denis, où il enseigne au département de littérature française.</em></p>";"<p>Introduction</p><p>Bruno Clément</p><p class=""txt_Normal"">S’il est si difficile de parler de Beckett, c’est sans doute et avant tout qu’il est l’auteur d’une œuvre complexe et variée ; mais c’est aussi que les préoccupations formelles qu’il a très tôt formulées et auxquelles il n’a jamais renoncé ont été souvent oubliées, sont en tout cas restées longtemps inaperçues de la plupart des commentateurs, la critique ayant en effet, et ce dès le début de son succès, dans les années 1950, été surtout sensible à sa « philosophie », à sa proximité avec les courants intellectuels ou culturels de son temps ; c’est peut-être enfin que Beckett, à la différence de tant d’artistes autour de lui, a donné très peu d’indications pour aider ses lecteurs : pas d’interviews, pas de préfaces, pas de postfaces, pas de réactions aux lectures et analyses de ses livres ou de ses pièces par les critiques. Les commentaires qu’il a faits sur son œuvre sont très rares, et souvent sujets à caution – car sans autre garantie d’authenticité que la confiance qu’on peut accorder à ceux qui en auraient été les destinataires ou les témoins.</p><p class=""txt_Normal"">La diversité des activités de Beckett, auteur non seulement de pièces de théâtre, mais de pièces pour la radio, pour la télévision, de films, de romans, de nouvelles, de poèmes, de dialogues, d’essais sur la peinture, sur la littérature, de textes plus ou moins expérimentaux, de traductions du français vers l’anglais (il a traduit les poètes : Rimbaud, Éluard ; le moraliste Chamfort ; et bien d’autres), de l’anglais vers le français (se traduisant alors lui-même), cette diversité formidable est une autre raison de la difficulté devant laquelle on se trouve quand on éprouve le désir d’appréhender cette œuvre de façon à la fois globale et cohérente.</p><p class=""txt_Normal"">Il n’est d’ailleurs pas facile – et sans doute même pas légitime – de parler de <span class=""italique"">l’œuvre</span> de Beckett comme si ce singulier ne faisait pas problème. Beckett n’a certes pas écrit deux œuvres, mais il a écrit deux fois une œuvre unique ! Une fois en anglais (ou en français), une fois en français (ou en anglais). Et il est bien rare de lire des études ou des commentaires critiques qui envisagent les deux versions de cette œuvre malgré tout unique.</p><p class=""txt_Normal"">Il faut ajouter à ces raisons que, paradoxalement, le prix Nobel de littérature qui lui a été attribué en 1969, insistant sur l’aspect humain, voire humaniste de l’œuvre, n’a sans doute pas aidé non plus à son examen formel. On essaiera ici de faire sa part à chacune de ces deux dimensions, en mettant l’accent sur le projet esthétique de Beckett, réellement plus mal connu.</p><p class=""txt_Normal"">Alors qu’on réduit le plus souvent l’œuvre de Beckett à son théâtre (un théâtre dont on ne cite, ne joue, ou n’étudie que quelques pièces devenues plus ou moins classiques : <span class=""italique"">En attendant Godot</span>, <span class=""italique"">Fin de partie</span>,<span class=""italique""> Oh les beaux jours</span>), le parti pris ici est d’envisager, malgré la brièveté de ce petit livre, la totalité de l’œuvre de Beckett. Non pas tant par souci d’exhaustivité que par volonté de redresser quelques erreurs, de dissiper un certain nombre de malentendus, même sur la partie de l’œuvre la plus connue. Les pièces les plus célèbres ont elles-mêmes beaucoup à gagner d’une mise en relation avec les pièces moins bien connues, comme d’ailleurs avec le reste de l’œuvre (les romans, les poèmes, les films, etc.) qui les éclaire autant qu’elle en est éclairée.</p><p class=""txt_separateur ParaOverride-1""> </p><p class=""txt_Normal"">Car Beckett, disons-le dès à présent, est sans doute l’un des auteurs à propos desquels circule le plus grand nombre d’idées reçues.</p><p class=""txt_Normal"">Il n’est pas vrai par exemple qu’il ait jamais abandonné l’anglais (langue maternelle de tous les Irlandais nés vers le début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span> siècle) pour le français : il n’a jamais cessé d’écrire en anglais, même si cette langue est devenue, dans les années 1950, l’une seulement de ses deux langues d’expression.</p><p class=""txt_Normal"">Il est pour le moins contestable, de même, que Beckett soit un représentant significatif du courant philosophico-littéraire que les critiques ou historiens de la littérature ont appelé « absurde » : non seulement il l’a lui-même toujours contesté, mais il a œuvré à ruiner tout souci de vouloir signifier quoi que ce soit – fût-ce l’idée que rien ne signifie.</p><p class=""txt_Normal"">Autre malentendu : Beckett n’est pas le moins du monde un « écrivain philosophe », et ce serait grandement simplifier les choses, ce serait même être gravement infidèle à cette œuvre que d’en faire une œuvre « à thèse » ou à concept : s’il est vrai que Beckett a relativement souvent cité les philosophes, qu’il connaissait bien ; s’il est vrai que les philosophes de son temps (Deleuze, Badiou, par exemple) l’ont souvent commenté, interprété – presque toujours d’ailleurs pour en faire un auteur dont les propositions se rapprochaient des leurs – il faut se souvenir que Beckett lui-même n’a jamais manqué de se démarquer des philosophes qu’il citait, voire d’ironiser sur leurs prétentions comme sur leurs conclusions.</p><p class=""txt_Normal"">Cinq chapitres organisent cette présentation. Le premier est consacré au bilinguisme de l’œuvre, qu’on aura soin de distinguer du bilinguisme de l’homme Beckett. La thèse défendue ici est que le bilinguisme n’est pas le moins du monde anecdotique, qu’il contribue à la singularité insigne d’un projet esthétique qu’on s’efforcera donc de reconstituer et de présenter dans ses grandes lignes.</p><p class=""txt_Normal"">Le second chapitre envisagera la question, souvent abordée par les critiques depuis les années 1950, des affinités que Beckett pouvait avoir avec l’absurde. S’il n’est pas question bien sûr de nier cet aspect de l’œuvre, on essaiera de montrer qu’à trop la mettre en avant on risque d’oublier les préoccupations formelles d’un auteur pour qui elles ont toujours été au premier rang.</p><p class=""txt_Normal"">Le troisième chapitre traitera de l’art de Beckett romancier. Au début des années 1950, en même temps qu’il s’essaie pour la première fois au français en écrivant <span class=""italique"">En attendant Godot</span>, la pièce qui le fera connaître, Beckett publie une trilogie romanesque qui non seulement permet de lire autrement son théâtre, mais qui inaugure aussi un art du récit totalement neuf – bouleversant l’esthétique romanesque traditionnelle au moins autant que <span class=""italique"">Godot</span> a bouleversé l’art dramatique. Beckett a travaillé parallèlement à <span class=""italique"">En attendant Godot</span> et à <span class=""italique"">Molloy</span>, <span class=""italique"">Malone meurt</span>, <span class=""italique"">L’Innommable</span>, les trois romans qui constituent cette trilogie. C’est en réalité le même projet qui dans les deux cas est mis sur le métier, les mêmes principes esthétiques qui sont mis en œuvre. Il s’agit de restituer cette cohérence, de donner un sens à cette simultanéité et d’interroger les choix formels adoptés ici et là.</p><p class=""txt_Normal"">Le quatrième chapitre est consacré à l’aspect de l’œuvre de Beckett qui est sans doute le mieux connu : le théâtre. Mais l’œuvre dramatique sera elle aussi envisagée dans le contexte d’un projet formel novateur et bouleversant. Ce qui n’empêchera pas de la replacer aussi dans une tradition dramatique que Beckett connaissait mieux que personne et par rapport à laquelle il ne cesse de se situer, même s’il le fait parfois ironiquement.</p><p class=""txt_Normal"">Dans le dernier chapitre est abordée la question, obsédante pour Beckett, de l’imagination, de la nature des images, qu’elles soient visuelles ou mentales, qu’elles relèvent du souvenir, du rêve, du fantasme ou de la « fantaisie » – un mot auquel Beckett, qui l’emprunte à la tradition romantique anglaise, essaie de redonner vigueur et pertinence. Cette évocation du versant visuel de l’œuvre sera l’occasion de faire le point sur la différence des approches philosophique et littéraire.</p><p class=""txt_Normal"">D’une façon générale, on trouve donc ici tous les thèmes, tous les objets théoriques ou génériques qui ont occupé Beckett et ont contribué à faire de lui l’un des écrivains les plus étudiés aujourd’hui, que ce soit en France ou dans le monde. Mais ils sont évoqués avec le souci de rendre compte, autant que des œuvres particulières, abondamment citées, du projet esthétique absolument original dont le bilinguisme n’est que l’une des faces.</p>";;194;10.00;"<p>Le livre s’adresse à l’étudiant ou au lecteur qui souhaite trouver un accès informé et original à l’œuvre de Beckett. Sont ici expliqués, dans un langage clair et accessible, les thèmes essentiels de l’œuvre mais d’autres que la critique a souvent négligés (le bilinguisme, la musique, le cinéma). Nombre d’extraits des textes les plus célèbres y sont en outre précisément analysés.</p>";;19/06/2018 14:17;0;Première édition;3622 673;2;3;39;Borges;;;;"<p>Une étude synthétique des étapes du « devenir écrivain » de <em>Jorge Luis Borges</em> et des principaux noyaux thématiques de l'œuvre de ce classique de la modernité.</p>";"<p>Un classique de la modernité</p><p style=""text-align: center;""><strong>Un moi pluriel, une seule ténèbre : figures</strong></p><p>Les travaux du héros<br />Le fils à l'œuvre<br />La clairvoyance de l'aveugle</p><p style=""text-align: center;""><strong>Un sentiment pensif : matériaux</strong></p><p>Poussé par son sang germanique : biographie et sens du récit<br />L'univers, <em>whodunit</em> ? Lecture et récit policier<br />La bibliothèque : tradition, trahison, transgression<br />Formes d'éternité</p><p> </p><p>Bibliographie</p>";;18/10/2018;0;120x180;174;978-2-84292-853-7;978-2-84292-853-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_673.jpg;"<p>Comme Proust, comme Kafka, Borges a fait du « devenir auteur » une aventure vitale, que ce soit par la mise en scène d'une fiction autobiographique ou par le déploiement d'une métaphysique de la littérature. <br />Julio Premat, propose un parcours dans l'œuvre et dans le mythe de l'écrivain en privilégiant les aspects les moins connus en France. <br />Trois figures de Borges ou trois avatars, sont analysés tour à tour : le héros fondateur, le fils à l'œuvre, l'aveugle clairvoyant. Elles permettent de présenter les particularités de ce classique de la modernité et d'introduire les pôles thématiques majeurs de ses textes : l'érudition, la temporalité, le biographique et la lecture.</p><p><em>Julio Premat est professeur de littérature hispano-américaine à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et membre senior de l'institut universitaire de France.</em></p>";"<p>Introduction</p><div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_a""><strong>Un classique de la modernité</strong><br />Julio Premat</p><p class=""premierPara"">Si Jorge Luis Borges (1899-1986) est l’un des écrivains emblématiques de la modernité, c’est certainement par l’acuité avec laquelle il a posé les enjeux de l’originalité, du passé et du dialogue avec les héritages culturels mais aussi par sa manière d’interroger l’éventualité même de pouvoir continuer la littérature dans une époque où, d’après Hannah Arendt, la citation et la réécriture devenaient le seul refuge, une époque où la tradition semblait rompue et la perte de valeur des autorités, irréparable (Arendt 2007 : 64). Cette crise de la culture et de sa transmission se trouve accentuée chez Borges par le lieu périphérique de son activité, c’est-à-dire un pays aux faibles traditions littéraires en ce début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle ; pour être écrivain il lui fallait se créer en quelque sorte une tradition et inventer les moyens de légitimer sa position face à la littérature universelle.</p><p class=""txt_Normal"">Car tout comme Proust, tout comme Kafka, Borges a fait du « devenir auteur » une aventure vitale majeure, que ce soit par la mise en scène d’une fiction autobiographique volontiers légendaire ou par le déploiement d’une perspective existentielle qui engage la mort, la perte, l’aliénation et la mélancolie. Pour tous les trois, l’écriture est une tâche à la fois ardue et puissante tandis que la question « Quoi écrire ? » revient, lancinante. Leurs réponses diffèrent : la profusion pour Proust, confronté à la mort et augmentant la masse textuelle à chaque correction de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Recherche</span> ; un infini et un échec, dans l’inachèvement radical de Kafka ; l’allusion à des livres imaginaires que l’on n’essaie pas d’écrire mais qui prolongent l’idéal d’un Livre total, chez Borges. Leurs écritures problématisent jusqu’à l’exaspération la question du sujet (mémoire, dédoublement, aliénation) et celle d’une quête manquée de l’impossible, d’un impossible en dialogue avec un passé fuyant et avec des cauchemars modernes. De surcroît, comme pour la judéité de Kafka écrivant en allemand à Prague, la place culturelle et historique de Borges – l’Argentine – ne lui facilitait pas la tâche bien que, en tant que contrainte, cette place lui a imposé des choix qui ont fini par tracer une originalité littéraire aussi paradoxale que remarquable.</p><p class=""txt_Normal"">Il est ainsi que Borges est devenu le plus grand classique des lettres latino-américaines dans le sens canonique du terme (place dans les histoires de la littérature ou dans les programmes d’enseignement, référence obligatoire et révérencieuse dans d’autres types de discours), mais aussi par la passion qui a caractérisé sa réception. Lire Borges est une expérience qui laisse une impression de richesse de sens et qui suscite une espèce de compulsion herméneutique ; le résultat, après une soixantaine d’années de commentaires sur son œuvre, est que la production critique sur lui dépasse le concevable ou, pourrait-on dire en paraphrasant le ton volontiers ironique de l’écrivain, la décence.</p><p class=""txt_Normal"">Si l’on reprend sa propre définition à la fois iconoclaste et fonctionnelle du terme, on peut considérer donc que Borges a été lu comme un « classique ». Un classique est pour lui un livre que pour « diverses raisons les générations des hommes lisent avec une préalable ferveur », supposant que « dans ses pages, tout [est] délibéré, fatal, profond comme le cosmos et susceptible d’interprétations sans fins » (1993a : 818). Pour ses lecteurs, Borges a pu signifier à lui seul la littérature, toute la littérature : une vie et un monde faits de livres, de citations, de parcours infinis dans la bibliothèque, une attirance sans faille pour les effets des mots et un culte de leur agencement esthétique, une curiosité pour tout ce qui touche à l’imagination, à la métaphysique, aux rêves, et une indifférence apparente envers les enjeux politiques des sociétés humaines. Les choses ne sont pas exactement ainsi et un grand nombre de textes viennent contredire cette vision idéaliste, autonome et élitiste d’un Borges érudit – des pans entiers de sa production établissent un dialogue intense et complexe avec les constructions idéologiques et les formes du pouvoir – (Balderston 1993), mais c’est là le cœur de son image. Lire Borges, aimer Borges, c’est aimer la pensée, la réflexion, l’imaginaire, la littérature, du moins dans une certaine vision de celle-ci, une littérature qui conçoit l’homme et le monde dans un dialogue étroit avec la métaphysique.</p><p class=""txt_Normal"">Quoi qu’il en soit, l’œuvre borgésienne présente une extraordinaire plasticité sémantique et ouvre la voie à des interprétations foisonnantes qui renvoient à des références historiques et à des problématiques très éloignées les unes des autres. Lui, qui a apparemment tourné le dos à sa contemporanéité, qui a exalté le passé et la tradition érudite, qui a revendiqué une transhistoricité de la littérature, lui, qui au milieu du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle en Argentine tissait des intrigues mythologiques ou chantait les guerriers saxons du Moyen Âge ou bien qui prolongeait les merveilles de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Les Mille et Une Nuits</span>, a été aussi l’emblème de toutes les modernités : avant-gardes transformatrices et parricides, désarroi mélancolique devant le temps des mutations, mises en cause des grands mythes littéraires de la tradition (auteur, chronologie, réalisme), intertextualité généralisée, réécritures et pastiches, scepticisme relativisant, hypothèse d’une littérature universelle.</p><p class=""txt_Normal"">Dans ce processus entravé et complexe du devenir écrivain qui le caractérise, la grande tradition du récit occidental, à savoir le roman de la fin du <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle au début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>, est en quelque sorte éludée. Malgré ses lectures assidues de Faulkner (qu’il a traduit) et de Kafka (encore lui), donc de deux grandes figures du renouvellement du genre, Borges trouvera sa filiation ailleurs. S’il est le grand narrateur sans roman du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, c’est parce qu’il prendra ses modèles et sa rhétorique dans la philosophie, dans la théologie, dans des formes propres aux Encyclopédies, autant que dans la poésie, dans la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">short story</span> anglo-américaine ou bien dans la science-fiction.</p><p class=""txt_Normal"">Son écriture est faite de textes courts, souvent fragmentaires, qui croisent les genres et constituent, au bout du compte, un corpus atypique marqué par des opérations multiples lors de l’édition ou de la réédition de ses livres (du moins jusqu’à l’établissement du Livre, le volume imposant de ses œuvres complètes qui paraît en 1974). L’histoire de la publication de ses livres est en effet très complexe : premières versions, rééditions corrigées, rééditions avec ajout de textes, prologues et épilogues de dates différentes et parfois déterminants, etc. Il s’agit d’un domaine où la stratégie d’auteur s’est manifestée assez directement : éditer, pour lui, c’était construire une image d’écrivain et délimiter les contours de l’œuvre qu’il souhaitait faire lire, en écartant ce qui dépassait, ce qui gênait, mais aussi en additionnant les opérations interprétatives et indiciaires. Dans ces conditions, il est bien difficile de fixer les limites de l’œuvre de l’auteur, ce qui explique les nombreuses différences entre l’édition française de La Pléiade et l’argentine d’Emecé ; ce sont des éditions posthumes qui ont incorporé des textes laissés de côté par l’auteur tout en écartant d’autres, publiés pourtant séparément. S’il y a un noyau de recueils majeurs et reconnus, la périphérie de l’œuvre reste floue ; l’œuvre de Borges est aujourd’hui un ensemble mouvant.</p><p class=""txt_Normal"">L’objectif de ce livre est de présenter cette figure d’auteur et cette œuvre, c’est-à-dire de rendre intelligibles des phénomènes d’une très grande complexité tout en évitant de simplifier leur contenu, de limiter leur portée ou de schématiser leur fonctionnement. Cette double contrainte a imposé des choix. Sans renoncer à une vue d’ensemble, il m’a semblé nécessaire ici d’assumer et de développer une hypothèse de lecture et par conséquent de ne pas évoquer tous les sujets possibles ni toutes les interprétations acceptables et encore moins tous les liens de cette œuvre avec ses différentes contextes intellectuels et artistiques. Gérard Genette résumait <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">À la recherche du temps perdu </span>par une phrase, « Marcel devient écrivain » (1972 : 75) ; notre feuille de route ici sera motivée par une question similaire : quelles sont les étapes et les choix esthétiques d’un « devenir écrivain » qui est, dans l’œuvre de Borges, aussi problématique que structurant ? Le geste d’établir une sorte d’autobiographie légendaire devrait permettre d’articuler les différentes étapes de l’œuvre et de rendre compte des nombreuses tensions qui la traversent. Après avoir évoqué des modalités d’autoreprésentation dans la première partie du livre, je proposerai dans un deuxième temps des parcours transversaux qui, sans être exhaustifs, sont en relation directe avec les étapes dégagées dans la première partie. Les lecteurs anglophones ou hispanophones trouveront des compléments bibliographiques et des informations multiples dans le site du Centre Borges de l’université de Pittsburgh [<a href=""http://www.borges.pitt.edu/""><span class=""typo_souligne"">http://www.borges.pitt.edu/</span></a>].</p><p class=""txt_Normal"">Un deuxième choix qui régit ce livre a été fait à la lumière de la bibliographie borgésienne disponible. Il y a en France une tradition spécifique de lecture dont les noms historiques sont ceux de Blanchot, Foucault, Genette, Anzieu, parmi d’autres. La plupart des livres qui ont suivi ces premiers textes se concentrent sur certains aspects qui sont les plus intelligibles pour la critique littéraire française et ils insistent sur les volets les plus proches d’elle. Certaines périodes de la production et certaines problématiques sont parfois négligées dans la lecture habituelle de Borges, à l’exception de deux livres de référence disponibles en France : <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Borges ou la réécriture</span> de Michel Lafon et <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Le Facteur Borges</span> d’Alan Pauls, livres qui offrent l’avantage, parmi d’autres qualités, d’avoir été écrits par de bons connaisseurs de la littérature argentine. En suivant leur exemple, j’ai essayé ici de mettre l’accent sur des aspects moins connus et moins visibles, en particulier sur les relations de Borges avec les avant-gardes, avec la tradition culturelle argentine ou avec la célébrité dans ses vieux jours.</p><p class=""txt_Normal"">Par ailleurs, qu’on prenne note des spécificités du corpus borgésien évoquées et qu’on ne me tienne pas rigueur de simplifier à de nombreuses reprises la chronologie de publication ou de choisir une date comme étant celle d’une édition définitive, même si parfois cette simplification et ce choix sont discutables. Il convient en outre de préciser que l’édition française de l’œuvre (dans La Pléiade) est extrêmement irrégulière en termes de traduction ; des erreurs sémantiques évidentes sont parfois commises, ce qui m’a amené à refaire quelques traductions ponctuelles. J’ai traduit moi-même tous les textes tirés d’ouvrages en espagnol. Je remercie les lectures faites par Daniel Balderston et par Federico Calle Jordá du manuscrit de ce livre.</p></div>";;174;10.00;"<p>Comme Proust, comme Kafka, Borges a fait du « devenir auteur » une aventure vitale. <br />Quels sont les étapes et les choix esthétiques ? Après une soixantaine d’années de commentaires critiques sur son œuvre, Julio Premat propose un parcours dans l'œuvre et dans le mythe d'écrivain de ce classique de la modernité, en privilégiant les aspects les moins connus en France, en particulier les relations de Borges avec les avant-gardes, avec la tradition culturelle argentine ou avec la célébrité dans ses vieux jours.</p><p>Ouvrage publié avec le soutien financier de l'Institut universitaire de France.</p>";;19/06/2018 14:32;0;Première édition;3435 674;2;3;39;La création littéraire à l'université;;;;"<p>La création littéraire ? Mais ça ne s’apprend pas ! Réponse souvent entendue quand il est question de ce qu’en France on ne considère pas comme une discipline universitaire. Peut-on enseigner l’art d’écrire ? <br /> <br /></p>";"<p><strong>Introduction</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Tradition française et culture du documentaire</strong></p><p>Le procès de la rhétorique à l'université<br />Écrire ne s'enseigne pas<br />Le clivage entre la littérature et les autres arts<br />La tradition française et le modèle vocationnel</p><p style=""text-align: center;""><strong>Entrer dans la littérature par la pratique</strong></p><p>Une entrée marginale en licence dans les années 1970<br />L'expansion à partir de l'an 2000<br />L'héritage des ateliers d'écriture<br />Une approche de la littérature par la pratique<br />Les étayages littéraires et théoriques<br />La critique génétique et l'écriture comme processus<br />La littérature dans son usage esthétique</p><p style=""text-align: center;""><strong>Profession écrivain ?</strong></p><p>Les formations diplômantes en France<br />Un <em>creative writing</em> à la française <br />Les métiers de l'écriture<br />Projet littéraire et volet critiqu<br />Des communautés d'écriture et de lecture<br />L'art d'écrire avec les autres arts</p><p style=""text-align: center;""><strong>La recherche en création</strong></p><p>De la recherche-création québécoise au doctorat par le projet<br />La création artistique comme recherche<br />Des écrivains-poéticiens<br />Théoriser les gestes de création ?<br />Un nouveau souffle pour les recherches en littérature</p><p style=""text-align: center;""><strong>Déplacements du littéraire à l'université et dans la société</strong></p><p>L'écrivain en chair et en os<br />L'écrivain hors du livre et l'étudiant hors de l'université<br />Ce que le numérique fait à la littérature<br />Une littérature en prise avec le monde</p><p> </p><p>Conclusion<br />Bibliographie</p>";;18/10/2018;0;120x180;154;978-2-84292-857-5;978-2-84292-857-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_674.jpg;"<p>L'art d'écrire peut-il s'enseigner. L'université française connaît aujourd'hui une mutation importante avec l'introduction de l'écriture créative dans ses programmes. Il existe désormais des masters de création littéraire et des doctorats de recherche en création littéraire. Cet ouvrage retrace l'histoire de cette irrésistible ascension de la création littéraire. Il tente d'expliquer les raisons de l'étrange retard de la France par rapport aux écoles d'art et aux universités étrangères. De quoi ces nouvelles pratiques sont-elles le signe ?<br />En quoi transforment-elles les études littéraires universitaires, la conception de la recherche et la place même de l'écrivain et de la littérature dans la société ?</p><p><em>Violaine Houdart-Merot est professeure émérite de littérature à l'Université de Cergy-Pontoise</em></p>";"<p>Introduction</p><p><strong>L’irrésistible ascension de la création littéraire <br /></strong>Violaine Houdart-Merot<strong></strong></p><p class=""txt_Normal"">Récurrents sont les discours de déploration sur la crise des études littéraires, voire la mort de la littérature. Et pourtant, depuis quelques années, un phénomène nouveau attire de nombreux étudiants dans les départements de lettres en France et manifeste un réel engouement pour les pratiques littéraires : il s’agit de <span class=""italique"">l’écriture créative</span>, expression qui s’est développée en France en partie sous l’influence de l’expression américaine <span class=""italique"">creative writing</span>, et qui est en train de se substituer à <span class=""italique"">écriture littéraire</span>, pour des raisons que nous analyserons plus loin.</p><p class=""txt_Normal"">L’écriture créative pénètre désormais dans les universités, à tous les niveaux : en licence, tout d’abord, sous forme d’ateliers d’écriture depuis 1968 puis de façon plus massive depuis l’an 2000. En master ensuite, depuis 2014, ont commencé à émerger des masters de création littéraire. Outre ces masters, existent désormais des diplômes universitaires (DU) et des licences professionnelles formant à divers métiers de l’écriture. Enfin, plus récemment, sont apparus des doctorats de « Pratiques et théories de la création littéraire », signes d’une mutation importante, même s’ils sont encore rares. Un autre indice de cette évolution est la création de plusieurs postes d’enseignants-chercheurs en écritures créatives : en juin 2011, à l’Université de Provence (devenue depuis AMU) est ouvert un poste de maître de conférences en 9<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> section, officiellement profilé « ateliers d’écriture ». Puis l’Université de Cergy-Pontoise crée en 2017 un poste de maître de conférences en écritures créatives. En 2018, deux postes de professeurs sont ouverts : à Aix-Marseille, en « Littérature française du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle – Roman – Création littéraire » et à Cergy-Pontoise un poste de professeur en écritures contemporaines et création littéraire. De cette entrée progressive de l’écriture créative à l’université, il importe de comprendre les enjeux et les effets. Ces nouvelles formations universitaires ont suscité des réactions parfois mitigées, voire hostiles, dans la presse, de Pierre Gaxotte dénonçant dès 1974 dans <span class=""italique"">Le Figaro</span> les « professeurs de canulars » à Olivier Guez,<span class=""italique""> </span>évoquant en 2013 dans <span class=""italique"">Le</span> <span class=""italique"">Monde</span> les « écrivains américains, cultivés en pépinières ». En revanche elles génèrent un enthousiasme indéniable auprès des étudiants, comme le manifestent le grand nombre de candidatures que reçoivent chaque année les quatre premiers masters de création littéraire et la demande croissante d’inscription en thèse de recherche en création littéraire.</p><p class=""txt_Normal"">De telles pratiques rompent avec une tradition universitaire vieille d’un peu plus d’un siècle. Les études de lettres en France, depuis le début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, ont pour vocation de transmettre un savoir littéraire étayé sur l’histoire littéraire, les théories littéraires et l’aptitude à lire et interpréter les œuvres. Dans les universités françaises, depuis qu’a été condamnée la rhétorique, à la fin du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span>siècle, on ne s’intéresse guère à l’art d’écrire, ou du moins l’écriture se cantonne à une écriture critique.</p><p class=""txt_Normal"">La littérature n’a donc pas le même traitement que les autres arts – arts plastiques, musique, théâtre, danse – qui sont enseignés dans les conservatoires, les écoles d’art ou dans les départements d’art à l’université : dans ces domaines, la pratique artistique va de soi, elle est consubstantielle à la recherche ou à l’approche théorique.</p><p class=""txt_Normal"">Sur ce point, les études littéraires en France se distinguent de bien d’autres pays et notamment des États-Unis qui depuis la fin du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle enseignent à l’université les <span class=""italique"">creative writing</span>, du Québec qui depuis la seconde moitié du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle propose des doctorats de « recherche-création » ou de la Grande-Bretagne qui comporte des programmes de <span class=""italique"">creative writing</span> depuis 1970. En mars 2005, le premier congrès européen consacré à l’écriture de création attestait d’une présence de programmes d’écriture créative à l’université dans de nombreux pays européens, de la Grande-Bretagne à l’Ouzbékistan, en passant par la Finlande, la Suède, la Russie ou la République tchèque.</p><p class=""txt_Normal"">Comment comprendre à la fois cette spécificité des études de lettres en France et cette ouverture relativement récente à l’écriture créative ? De quoi ces nouvelles pratiques sont-elles le signe ? En quoi transforment-elles les études littéraires universitaires, la conception de la recherche et la place même de la littérature dans la société ?</p>";;162;10.00;"<p>Peut-on enseigner l’art d’écrire ? Cet ouvrage éclaire un phénomène nouveau : l’entrée des pratiques d’écriture créative dans les universités françaises, très en retard par rapport à bien d’autres pays et aux écoles d’art qui considèrent depuis longtemps qu’il peut y avoir un enseignement de l’art. Cette mutation importante transforme la conception des études de lettres en France et accompagne une transformation de la place de la littérature et de l’écrivain dans la société.</p>";;19/06/2018 14:42;0;Première édition;4027 675;2;3;19;Nouvelles phrases sans parole;Décrire l'inobservé et autres essais;;;"<p>Étude sur ce qu'Ann Banfield appelle les « phrases sans parole » du récit de fiction, au premier rang d’entre elles, les phrases du style indirect libre (phrases qui ne sont dites par aucun locuteur).</p>";"<p><strong>Remerciements </strong><br /><strong>Préface </strong> <br /> <br /><strong>Introduction </strong></p><p>1. Discours direct, discours indirect, style indirect libre 
(parole et pensée représentées) <br /> 1.1. L’hypothèse transformationnelle <br /> 1.2. L’hypothèse syntagmatique et l’introduction du nœud E
dans la base <br /> 1.3. Une définition grammaticale du style indirect libre 
(de la parole et de la pensée représentées)<br /> 1.4. Des conclusions surprenantes en matière de théorie littéraire </p><p>2. La théorie des phrases narratives de Banfield (I) <br /> 2.1. Phrases narratives et phrases de la communication <br /> 2.2. L’auteur et le narrateur </p><p>3. La théorie narrative de Banfield (II) : 
autres phrases narratives </p><p>4. La théorie narrative de Banfield (III) : autres contextes, autres usages <br /> 4.1. Des contextes polémiques <br /> 4.2. Un contexte non polémique : le développement de la théorie des temps narratifs <br /> 4.3. L’arrière-plan historique de la théorie des phrases narratives <br /> 4.4. L’usage philosophique de la théorie des phrases narratives </p><p><strong>Origine des essais <br /></strong></p><p><strong>Note de l’éditrice <br /></strong></p><p><strong>Chapitre 1.
<br />Compétence linguistique et théorie littéraire </strong><br />1. Point de vue linguistique et point de vue pragmatique <br />2. L’attribution du point de vue<br />3. Items lexicaux empathiques <em>versus </em>items lexicaux subjectifs <br /> 3.1. La dénomination comme problème du point de vue linguistique : noms propres versus noms de qualité <br /> 3.2. Adjectifs empathiques versus adjectifs évaluatifs <br /> 3.3. Verbes centrés sur le sujet 
ou sur l’objet versus verbes déictiques <br /> 3.4. L’inadéquation de la méthode informelle <br />4. Conclusion </p><p><strong>Chapitre 2.<br /> Grammaire et mémoire </strong><br /><br /><strong>Chapitre 3. <br /> L’écriture, la narration et la grammaire du français </strong><br /><br /><strong>Chapitre 4.
 <br />Décrire l’inobservé : des événements groupés 
autour d’un centre vide </strong><br /><br /><strong>Chapitre 5.
 <br />L’<em>écriture </em>et le non-dit </strong><br /><br /><strong>Chapitre 6.
 <br />Le nom du sujet : le <em>il </em></strong><br />La grammaire du <em>cogito </em><strong> <br /></strong>La réduction à un <em>cogito</em> parcimonieux <br />La première personne en tant que locuteur <br />La première personne en tant qu’agent <br />La première personne en tant qu’<em>ego</em> <br />La première personne en tant que personne 
et que nom d’une personne <br />La première personne en tant que conscience <br />Rendre <em>cogitatur </em>indubitable <br />La grammaire des choses persistantes 
et la grammaire de la subjectivité momentanée <br />Le statut exceptionnel de la première personne <br />Le pronom de troisième personne de la voix narrative <br />La pensée privée de Descartes en tant que changement 
ou différence de point de vue <br />Le Neutre </p><p><strong>Chapitre 7.
 <br />Le nom propre du réel <br /></strong>La phrase <em>je pense </em><br />Des noms clairs et distincts <br />Le pronom de première personne : nom propre logique 
ou désignateur rigide ? <br />La phrase <em>il pense</em>, comme on dit <em>il pleut </em> <br />La phrase <em>il pense/elle pense </em> <br />La phrase ça pense <br />La phrase ça s’écrit <br /><br /><strong>Références des exemples</strong><br /> <br /><strong>Références bibliographiques </strong><br /><br /><strong>Index </strong></p>";;17/01/2019;0;137x220;304;978-2-84292-841-4;978-2-84292-841-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_675.jpg;"<p>Les sept essais rassemblés dans cet ouvrage se rapportent tous à ce qu’Ann Banfield a appelé les «phrases sans parole» du récit de fiction. Cette expression ne désigne pas des phrases indicibles, imprononçables, mais de façon spécifique à la théorie de Banfield, des phrases qui ne véhiculent aucune marque explicite ni aucune indication implicite de première personne, et ne sont pas interprétables comme l’expression de la subjectivité d’un locuteur. Tous ces essais, pour la plupart inédits en français, ont été écrits ou publiés après la parution de l’ouvrage fondateur de 1982, Unspeakable Sentences. Ils en reprennent les cadres théoriques et en prolongent les analyses dans d’autres contextes. Dans son ensemble, cet ouvrage porte témoignage de la richesse et de la vitalité de la rencontre entre la linguistique, la philosophie, la théorie et l’analyse du récit ou du roman.</p><p><br /><em>Ann Banfield, professeure à l’Université de Californie à Berkeley, a publié Unspeakable Sentences. Narration and Representation in the Language of Fiction (Routledge, 1982), traduit en français sous le titre Phrases sans parole. Théorie du récit et du style indirect libre (Seuil, 1995), et The Phantom Table. Woolf, Fry, Russell and the Epistemology of Modernism (Cambridge UP, 2000).</em><br /><em>Sylvie Patron, maître de conférences à l’Université Paris Diderot, est spécialiste d’histoire et d’épistémologie de la théorie narrative. Elle a notamment édité S-Y. Kuroda, Pour une théorie poétique de la narration (Armand Colin, 2012).</em><br /><br /></p>";;;430;28.00;"<p>Les sept essais rassemblés dans l'ouvrage ont été écrits et/ou publiés après la publication de <em>Unspeakable Sentences :</em><em> Narration and Representation in the Language of Fiction</em> (1982), traduit en français sous le titre <em>Phrases sans parole</em> en 1995 (Éditions du Seuil). Ils en reprennent les cadres théoriques et en prolongent les analyses dans d’autres contextes, où elles acquièrent d’autres usages, d’autres fonctions et d’autres valeurs.</p><p><br />Textes rassemblés, édités et présentés par Sylvie Patron<br />Préface : Ann Banfield<br />Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolle Lallot, Jean-Marie Marandin et Sylvie Patron</p>";;24/07/2018 12:16;0;Première édition;3147 677;1;3;24;Récits de rêves en Asie orientale;N°42/2018;;;"<p>Quel rôle joue l’image onirique, le récit de rêve, au sein d’un poème, d’une pièce de théâtre, d’un roman ? Quelle langue parle les rêves ? En Asie orientale, les rêves font beaucoup de choses à l’écriture.</p>";"<p><br />Le récit de rêve en Asie orientale : langues et genres<strong><br />Vincent Durand-Dastès et Rainier Lanselle</strong></p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Le récit de rêve entre vision et divination - Dream Narratives, Between Vision and Divination </strong></p><p>Divining Political Legitimacy in a Late Ming Dream Encyclopedia<br />Dire la légitimité politique selon une encyclopédie oniromantique de la fin des Ming<br /><strong>Brigid E.Vance</strong></p><p>Dreaming about the Dead in Premodern Korea (17<sup>th</sup> – 19<sup>th</sup> ct.)<br />Rêver des morts dans la Corée prémoderne (XVII<sup>e</sup>-XIX<sup>e</sup> siècles)<br /><strong>Marion Eggert</strong></p><p>Rêve et vision dans la littérature japonaise classique : notes pour la lecture du <em>Dit du Genji</em><br />Dreams and Visions in Classical Japanese Literature: A Reading of the <em>Tale of Genji</em><strong><br />Araki </strong><strong>Hiroshi (traduit et adapté par Arthur Mitteau)<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong> II. Poétique du rêveur lettré - Poetics of the Dreaming Literati<br /></strong></p><p>Composé en rêve…Émergence et valeurs d’un motif poétique du début de la dynastie des Song à la pratique de Su Shi (1037-1101)<br />Written while Dreaming: an Inquiry into the Appearance and Meaning of a Poetic Motif, from the Beginning of Song Dynasty to its Use by Su Shi (1037-1101)<strong><br />Stéphane Feuillas </strong></p><p>The Dream of the “Talented Man”: Dream Allusions in Qing Poet Li E’s (1692–1752) <em>Youxian</em> Poetry<br />Le rêve de l’ « Homme de talent » : les allusions oniriques dans les poèmes <em>Youxian</em> de Li E (1692-1752)<br /><strong>Wang Yanning</strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""> <strong>III. Rêve et fiction chinoises : une « autre scène » de la subjectivité – Dreams and Chinese fiction : an « other stage » of subjectivity <br /></strong></p><p>Sommeil du juste et du scélérat: les usages narratifs du rêve dans un roman fleuve chinois du XVIIe siècle.<br />Sleep of Heroes and Villains: Narrative Functions of Dreams in a 17th Century Full-length Novel<br /><strong>Vincent Durand-Dastès</strong></p><p>Disguised Subjectivity in Two Chinese Fictional Dream Narratives of the Qing<br />Subjectivité voilée dans deux récits oniriques de fiction des Qing<br /><strong>Aude Lucas</strong></p><p>This Fearful Object of Desire: About the Interpretation of a Bad Dream in Wang Shifu's <em>Story of the Western Wing</em><br />Ce terrifiant objet du désir: à propos de l’interprétation d’un mauvais rêve dans <em>Le Pavillon de l’Ouest</em> de Wang Shifu<br /><strong>Rainier Lanselle<br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. Regard extérieur </strong></p><p>Christianisme, interprétation et écriture. Quelques réflexions sur l’histoire occidentale des rêves. <br />Christianity, Interpretation and Writing: Reflections on the Western History of Dreams<strong><br />Jacqueline Carroy</strong><strong> </strong></p><p> </p><p> </p><p>Résumés<br />Abstracts<br />提要<br />Contributeurs<br />Bio-bibliographical Notes</p>";;17/01/2019;0;155x220;266;978-2-84292-988-6;978-2-84292-988-6;1;;Presses Universitaires de Vincennes;img_677.jpg;"<p>Araki Hiroshi (traduit et adapté du japonais par Arthur Mitteau)<br /><strong>Rêve et vision dans la littérature japonaise classique : notes pour la lecture 
du Roman du Genji</strong><br /><br />Au Japon, le terme mu/yume 夢 recouvre un espace conceptuel large. Il englobe en effet aussi bien les « rêves » que les « visions », notions qui sont nettement distinguées dans nombre d’aires culturelles et linguistiques. Dans l’Antiquité, le rêve, en tant que canal par lequel les dieux ou les bouddhas pouvaient faire connaître leurs volontés, possédait une forme d’extériorité par rapport à l’humain. Le présent article étudie la figure de l’apparition du défunt père du prince Genji dans le Roman du Genji via une analyse comparatiste du Hamlet de Shakespeare. À l’issue de cette comparaison, on peut voir à quel point le Roman du Genji fait un usage très maîtrisé de l’ambiguïté entre rêve, vision et apparition dans la culture ancienne.<br /><br /><br />Vincent Durand-Dastès <br /><strong>Sommeil du juste et du scélérat : les usages narratifs du rêve dans un roman fleuve chinois du XVIIe siècle</strong><br /><br />Après avoir recensé tous les épisodes oniriques qui ponctuent le récit de Chan zhen yishi ءI‮/‬u‮٦‬h٪v (années 1620) et montré par quels procédés rhétoriques son auteur insère les rêves dans le roman, l’article s’attache à l’analyse de trois songes qui jouent un rôle particulièrement important dans sa structure narrative. Si ces rêves sont d’abord interprétés par les protagonistes en fonction du savoir mantique de l’époque, ce sont des éléments non immédiatement décryptables par celui-ci qui auront les plus importantes conséquences sur la structure du récit tout entier. Sans renier la vulgate oniromantique de son temps, l’auteur du roman se montre capable de dépasser celle-ci pour ouvrir l’espace onirique à des explorations religieuses et psychologiques inédites.<br /><br /><br />Marion Eggert<br /><strong>Rêver des morts dans la Corée prémoderne (XVIIe-XIXe siècles)</strong><br /><br />Les récits de rêves au sujet de défunts aimés que l’on rencontre dans les oraisons funéraires chemun composées entre approximativement 1600 et 1820 sont ici mis à profit pour appréhender la façon dont les lettrés de l’époque Chosŏn faisaient face aux épreuves du deuil. On peut y relever maints points de comparaison avec ce que nous ont appris les études psychologiques occidentales contemporaines sur les rencontres oniriques avec les défunts. Cette comparaison nous montre que les lettrés de Chosŏn concevaient les relations interpersonnelles, et, au delà, la subjectivité, d’une manière qui ne se prête guère à une juxtaposition dichotomique avec la conception occidentale moderne de l’individualité.<br /><br /><br />Stéphane Feuillas<br /><strong>Composé en rêve… Enquête sur l’émergence et valeurs d’un motif poétique 
du début de la dynastie des Song à la pratique de Su Shi (1037-1101)</strong><br /><br />Dès le début de la dynastie des Song du Nord (960-1129) apparaissent des poèmes sobrement intitulés « composé en rêve » (meng zhong zuo ‮٩‬غ‮$$'‬@). Le plus souvent, ils se présentent non comme la réécriture d’un rêve mais comme une création poétique dont rarement plus d’un seul vers est directement issu d’une parole surgie lors d’un rêve effectif. La présente enquête entend se consacrer à l’émergence de ce motif poétique depuis la dynastie des Song jusqu’à la pratique plus constante par Su Shi ؤ،‮٨}‬ (1037-1101), dont plus d’une vingtaine de pièces portent ce titre. Sont ainsi étudiés quelques poèmes significatifs, du premier répertorié de Diao Kan ‮$‬Nذ‮+‬ (954-1013) à ceux d’Ouyang Xiu ‮<‬غ‮٦'-‬ط (1007-1072) ou de Mei Yaochen ‮١‬ە‮٣‬پ‮&‬غ (1002-1060), avant d’analyser la reprise de ce motif par Su Shi. Il s’agit de s’interroger essentiellement sur la mise en espace poétique du rêve : la fabrique de ce qu’on pourrait appeler l’« écrin poétique » de la parole onirique, la mise en scène des effets d’étrangeté et du statut du rêveur, aussi bien que des thèmes privilégiés dans les poèmes portant ce titre.<br /><br /><br />Rainier Lanselle<br /><strong>Ce terrifiant objet du désir : à propos de l’interprétation d’un mauvais rêve 
dans Le Pavillon de l’Ouest de Wang Shifu</strong><br /><br />Le rêve de Zhang Sheng, à la fin du quatrième livre du zaju des Yuan Le Pavillon de l’ouest (Xixiang ji), de Wang Shifu, est rarement étudié. Il concentre pourtant des informations essentielles sur le rapport du héros et de l’héroïne et ses contradictions, dans ce qui constitue la référence cardinale de l’imaginaire amoureux à l’époque prémoderne, dans les derniers siècles de l’empire. Cette scène de rêve est le fruit de toute une histoire textuelle, et exercera une influence durable sur d’autres textes. L’interprétation qu’en fait Jin Shengtan, qui peut se déceler à travers son édition de la pièce, au xviie siècle, est parfaitement compatible avec une lecture moderne telle qu’on peut la faire à partir de Jacques Lacan, avec sa théorie du désir, du sujet et de l’Autre.<br /><br /><br />Aude Lucas<br /><strong>Subjectivité voilée dans deux récits oniriques chinois de fiction des Qing</strong><br /><br />Cet article tente d’explorer l’expression de la subjectivité émergente dans deux récits courts des Qing : tandis qu’ils usent de schémas classiques, ils révèlent aussi des éléments de l’intériorité des rêveurs. L’analyse montre que, loin d’être nettement délimitée, l’émergence de la subjectivité s’est révélée être – selon un processus non linéaire – une écriture « pré-moderne ». Cette expression déguisée de la subjectivité témoigne d’un réinvestissement créatif dans la littérature classique, alors que celle-ci approchait des premiers temps de la modernité.<br /><br /><br /><br />Brigid E. Vance<br /><strong>Dire la légitimité politique selon une encyclopédie oniromantique de la fin des Ming</strong><br /><br />L’article explore la relation entre les rêves et la légitimité politique à travers le prisme de l’encyclopédie des rêves Ming, Meng zhan yi zhi. Il montre comment un des modes d’affirmation de leur légitimité par les dirigeants fut la constitution d’archives écrites de rêves interprétés dans le sens désiré. Les interprètes de ces rêves utilisaient des techniques variées d’interprétation – le symbolisme, les résonances homophoniques et la glyphomancie – pour accorder la légitimité ou, à l’inverse, dénoncer la déloyauté. Les interprétations de rêves étaient au cœur d’une compréhension partagée du passé, d’un présent encore en train de se dérouler, et du futur. L’interprète de rêve, en aidant à lier la réalité symbolique à la réalité politique, exerçait de ce fait un pouvoir politique considérable.<br /><br /><br />Wang Yanning<br /><strong>Le rêve de l’« Homme de talent » : les allusions oniriques dans les poèmes Youxian 
de Li E (1692-1752)</strong><br /><br />Le genre poétique chinois youxian (« en errant comme un immortel ») permettait aux auteurs de donner libre cours à leurs fantaisies sur l’autre monde. Ils y faisaient montre de toute leur érudition en recomposant à leur gré le riche matériau issu des textes littéraires et religieux du passé. En prenant l’exemple de Li E (1692-1752), une des figures majeures de la poésie des Qing qui n’écrivit pas moins de trois cents poèmes youxian, cet article montre comment les allusions aux rêves aidèrent le poète à donner un tour plus personnel à son expression au sein de ce genre aux conventions strictement définies. On montre que l’étude des allusions oniriques contenues dans la poésie youxian de Li E, en dépit du ton souvent obscur et chantourné qui la caractérise, peut nous permettre de mieux la comprendre, et tout particulièrement comment le poète s’emploie à s’y définir littérairement en tant qu’homme au talent exceptionnel.<br /><br /></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article""><strong>Le récit de rêve en Asie orientale : langues et genres</strong></p><p class=""auteur""><em>Vincent Durand-Dastès et Rainier Lanselle</em></p><p class=""txt_Normal"">Le récit de rêve en Asie orientale, c’est d’abord une éblouissante tradition mantique. Les songes marqueurs du destin, déjà enchâssés dans la littérature historiographique chinoise de l’Antiquité pré-impériale<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>, fournirent au fil des siècles la matière de maints recueils spécialisés, depuis les listes laconiques expliquant le sens des figures rencontrées en rêve jusqu’aux véritables sommes oniromantiques rassemblant, organisant et commentant les centaines de rêves glanés dans les sources écrites<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. La « Clef des rêves du Duc de Zhou » (<span class=""typo_Italique"">Zhougong jiemeng</span>), un apocryphe sans cesse réédité jusqu’à nos jours<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>, compte sans doute parmi les clefs des songes les plus diffusées de l’histoire.</p><p class=""txt_Normal"">Les métaphores des textes taoïstes anciens, au premier rang desquels le <span class=""typo_Italique"">Zhuangzi</span>, firent du rêve une figure clef du discours sur la relativité de l’expérience sensible ; le bouddhisme introduisit et entretint à son tour un riche discours sur les songes<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span> ; enfin, par une sorte de variation confucéenne sur un thème taoïste, bien des penseurs lettrés se demandèrent si le fait même de rêver était compatible avec les progrès apportés par la culture de soi, comme en témoigne la curieuse formulation selon laquelle « Le saint ne rêve pas<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span> ». Métaphores de l’existence, indices de l’avenir, les rêves furent aussi lus comme des symptômes par les traités de médecine chinoise. Les maîtres de rituels exorcistes surent y relever la trace des démons à la poursuite desquels ils s’étaient lancés<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Mais ce ne sont pas de ces « rêves savants » que nous avons choisi de nous occuper à travers cette livraison d’<span class=""typo_Italique"">Extrême-Orient Extrême-Occident</span> consacrée au sujet. Bien des études leur ont été dédiées, dont on trouvera les références dans la bibliographie de cette introduction. Notre perspective sera avant tout, même si non exclusivement, littéraire<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. Quels sont les traits rhétoriques du récit de rêve en Asie orientale ? Quel rôle jouent l’image onirique, le récit de rêve, au sein d’un poème, d’une anecdote ou d’un conte classique, d’une pièce de théâtre ou d’un roman long aux maints rebondissements ? Quels rôles, également, jouent les usages langagiers qui servent de support à ces récits ? Quelle langue, autrement dit, parlent les rêves ?</p><p class=""T_a"">La vie est un songe : les rêves dans la littérature de récit</p><p class=""txt_Normal"">Si on les recherche dans les recueils rassemblant les œuvres complètes d’un lettré, on rencontrera en abondance des pièces classiques brèves répondant à des titres tels que « mémoire d’un rêve » (<span class=""typo_Italique"">jimeng</span>), « notes sur un rêve » (<span class=""typo_Italique"">jimeng</span>), « récit d’un rêve » (<span class=""typo_Italique"">shumeng</span>), qu’il s’agisse de brèves notes en prose ou de poèmes. Mais les récits de rêve de la littérature ne prennent tout leur sens que lorsqu’ils s’enchaînent à de plus grands récits, ou s’y insèrent. C’est à ce type de texte que la plupart des études de ce numéro vont s’attacher.</p><p class=""txt_Normal"">Les premiers textes combinant récits de rêve et ampleur narrative conséquente apparaissent vers le <span class=""typo_SC"">ix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle avec la naissance de la nouvelle en prose classique <span class=""typo_Italique"">chuanqi</span>. Trois textes de ce nouveau genre sont restés célèbres pour avoir illustré le motif de « la vie est un songe ». Il s’agit du « Rêve du millet jaune » (titre original <span class=""typo_Italique"">Zhen zhong ji</span>, « Mémoire de l’intérieur d’un oreiller »), de la « Biographie du gouverneur de Nanke » (<span class=""typo_Italique"">Nanke taishou zhuan</span>), et de <span class=""typo_Italique"">Yingtao qingyi</span> « La Servante Cerise ». Beaucoup plus tard, Pu Songling (1640-1715), Yuan Mei (1716-1798)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span> et Ji Yun (1724-1805), les derniers maîtres de ce genre dans son dernier avatar, feront également une large place aux rêves.</p><p class=""txt_Normal"">À leur époque toutefois, la langue classique n’est plus seule à porter le récit de rêve : romans et pièces, parfois courtes mais aussi souvent très longues, ont fait leur apparition et occupent une part importante de la scène littéraire depuis la dynastie des Yuan. Ces genres nouveaux eurent tôt fait de réinvestir le thème de la vie comme songe, le redéployant à une échelle encore inédite.</p><p class=""txt_Normal"">À l’âge du roman en langue vulgaire (<span class=""typo_Italique"">tongsu xiaoshuo</span>), le mot de « rêve » apparaît bien souvent dans les titres des œuvres : si la plupart des romans sont en effet qualifiés de <span class=""typo_Italique"">ji</span> (notes, mémoires), <span class=""typo_Italique"">zhuan</span> (biographies, traditions) ou <span class=""typo_Italique"">yanyi</span>, « développement et explication du sens de… », un nombre significatif de titres de récits en langue vulgaire s’achèvent par le mot de « rêve », donnant à celui-ci une valeur quasi générique. Ce faisant, on suggère au lecteur que le monde dans lequel il va pénétrer en tournant les pages aura la fluidité et la fragilité d’un paysage onirique, comme si le modèle de « la vie est un songe » devenait un cas particulier du récit romanesque, voire pouvait être assimilé au genre dans son entier. L’exemple le plus connu est bien sûr « Le Rêve du pavillon rouge » (<span class=""typo_Italique"">Honglou meng</span>), mais de nombreuses autres œuvres parues entre les <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles affichent elles aussi dans leur titre même la couleur de l’expérience rêvée. Si l’on trouve dans ces « romans en forme de rêve » une prédominance d’histoires d’amours ou tout au moins de romans de mœurs, d’autres évoquent le destin de personnages historiques controversés, dont la grandeur et la chute ont laissé dans l’histoire comme le souvenir d’un rêve ou… d’un cauchemar.</p><p class=""T_a"">Rêver en langue vulgaire</p><p class=""txt_Normal"">Si le récit en langue vulgaire chinois s’inscrit de cette façon dans la tradition littéraire onirique classique, par d’autres aspects elle lui tourne résolument le dos : à l’opposé de la concision et de la parataxe, le récit en langue vulgaire, déployé, bavard et bruyant, inaugure un nouvel âge du récit de rêve littéraire. En un sens, le rêve devient plus explicite : l’identité des protagonistes est plus marquée, les enchaînements paraissent moins évanescents ; la temporalité du rêve, son surgissement, son déroulement, son évanouissement final, appellent de nouveaux procédés. Au théâtre, les scènes de rêve imposent aux comédiens qui les jouent une continuité dans le geste et la parole<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span> qui contraignait beaucoup moins le protagoniste d’un récit classique.</p><p class=""txt_Normal"">En un sens, les rêves des récits en langue vulgaire des Ming et des Qing peuvent être rapprochés du récit de rêve occidental, ou tout au moins de ce que celui-ci deviendra à partir de l’âge romantique : bien des récits de rêve des Ming ou du début du Qing nous frappent par ce que l’on a envie d’appeler leur « modernité<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> ». Mais les procédés rhétoriques patiemment bâtis par le récit en langue classique ne s’évanouissent pas pour autant : la poésie, les allusions issues de la littérature classique demeurent présentes comme des incrustations au sein du récit en langue vulgaire et apportent à la littérature prémoderne l’héritage d’une culture onirique construite depuis l’Antiquité.</p><p class=""T_a"">Randonnées à travers l’imaginaire des rêves</p><p class=""txt_Normal"">C’est à la traversée de certains des aspects de cette sensibilité est-asiatique que la collection d’articles présentée ici invite. En sollicitant des contributions pour ce numéro thématique, ses éditeurs ont en effet moins visé à documenter un <span class=""typo_Italique"">savoir</span> <span class=""typo_Italique"">sur</span> les rêves qu’un <span class=""typo_Italique"">imaginaire</span> des rêves, tel qu’il s’exprime à travers la littérature.</p><p class=""txt_Normal"">La frontière entre ce savoir et cet imaginaire est, au vrai, ténue. C’est pourquoi il nous a semblé qu’il fallait partir de ce qui n’avait jamais cessé de nourrir les thématiques littéraires, à savoir le rêve comme vision : vision non pas d’une scène vécue comme imaginaire, mais vécue comme en provenance d’un au-delà.</p><p class=""txt_Normal"">Brigid E. Vance ouvre le bal par une plongée dans ce qui est et reste une préoccupation majeure de la sphère officielle est-asiatique : la question de la légitimité politique, à laquelle le rêve ne saurait faire moins que de prêter ses visions. Ce sera la seule partie du recueil où il sera question des encyclopédies oniromantiques. Le rêveur est ici princier. Centré sur l’étude du <span class=""typo_Italique"">Meng zhan yi zhi</span> (« Sens général des rêves et de leur divination », compilé par Chen Shiyuan [1516-1595]), l’article montre toute la batterie d’arguments – de la glyphomancie<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span> aux significations symboliques – mis en œuvres à différentes époques pour constituer de véritables archives oniriques <span class=""typo_Italique"">ad usum Caesar</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Avec l’article de Marion Eggert, nous sommes conviés à une incursion en Corée, dans le monde des morts et des rêves à l’époque Chosŏn (<span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles). Les récits de rêves que l’on trouve dans les <span class=""typo_Italique"">chemun</span> (<span class=""typo_Italique"">jiwen </span>en chinois), dans les oraisons funèbres, sont l’occasion d’un aperçu très intime de l’expression de la subjectivité, celui où s’exprime le rapport à la mort, au deuil, et plus généralement le rapport à l’Autre perdu, qu’il soit objet d’amour ou d’amitié.</p><p class=""txt_Normal"">Hiroshi Araki propose une étude centrée sur le grand roman classique japonais, le <span class=""typo_Italique"">Genji monogatari</span>, le « Roman du Genji ». Sa « note de lecture », richement référencée, étudie une notion qu’il emprunte à la peinture japonaise et chinoise anciennes, celle de <span class=""typo_Italique"">fukidashi</span>, ces « bulles » que l’on voit sortir de la tête des rêveurs pour figurer la scène qui leur apparaît dans leur état de sommeil. Cet angle d’attaque permet de poser une question latente chez nombre d’auteurs de toutes époques : qui est le vrai propriétaire du rêve ?</p><p class=""txt_Normal"">Le deuxième chapitre est dédié à deux formes de rapport entre le rêve et son effet dans l’expression poétique. Dans la première, Stéphane Feuillas nous emmène en compagnie de Su Shi et de ses (quasi-)contemporains, pour étudier l’émergence d’un motif, poétique, celui du <span class=""typo_Italique"">mengzhong zuo</span>, du « composé en rêve ». Cette manière d’écrire consiste à extraire une parole d’un rêve sous la forme d’un vers, lequel sert de point de départ à la composition de tout un poème. Association libre en somme, que l’auteur appelle joliment mise en « écrin poétique » de la parole onirique, où sont mis en scène ses effets d’étrangeté. Sous une forme poétique cette fois assumée, le sujet peut donner voix à son chagrin : c’est le cas par exemple du très beau poème composé par Mei Yaochen au sortir d’un rêve où il s’est promené au bord du fleuve avec sa femme morte quatre ans plus tôt. Avec Su Shi, le rêve devient une formule poétique servant à une défense assumée de l’illusion.</p><p class=""txt_Normal"">Yanning Wang centre son étude sur un genre particulier, celui des <span class=""typo_Italique"">youxian shi</span>, des « poésies de randonnées d’immortels », telles que pratiquées dans plus de trois cents œuvres par l’un des poètes majeurs des Qing, Li E. Le genre lui-même est très conventionnel, et c’est à travers des allusions permanentes à des états oniriques que l’auteur tout à la fois s’approprie le genre en le rendant plus personnel, et gagne une réputation publique d’esprit de finesse. Il ne fait plus beaucoup de doute que les rêves sont vus comme des formations personnelles, et le rêveur veut désormais des rêves qui servent ses désirs — dont celui d’atteindre l’immortalité, mais cette fois <span class=""typo_Italique"">littéraire</span>.</p><p class=""txt_Normal"">C’est à la psychanalyse qu’est empruntée la notion d’« autre scène » <span class=""typo_Italique"">(der andere Schauplatz)</span> qui sert de titre à la troisième partie du volume. Plutôt qu’un autre monde, celui des immortels, l’époque prémoderne fait le constat que le monde des rêves relèverait d’une étrangeté intérieure, avec sa dimension sexuelle. C’est ce qu’illustrent les trois derniers articles, centrés sur la littérature de récit, roman, conte et théâtre, allant des Yuan au milieu des Qing. Ces trois articles sont l’avatar d’un panel, qu’avait présidé Keith McMahon, présenté au congrès de l’Association for Asian Studies à Chicago en 2015, conjonction qui est à l’origine de cette livraison de la revue.</p><p class=""txt_Normal"">Vincent Durand-Dastès centre son analyse sur le <span class=""typo_Italique"">Chan zhen yishi, </span>« Histoires oubliées des maîtres de <span class=""typo_Italique"">dhyāna</span> et des parfaits », un roman de la fin des Ming. Les scènes oniriques y abondent, et on ne peut s’empêcher d’évoquer leur dimension de parodie. D’un côté, rien ne semble devoir faire davantage justice à la grande tradition oniromantique que bien des interprétations données des rêves des protagonistes ; mais d’un autre, tant de <span class=""typo_Italique"">topoï</span>, de lieux communs, par leur accumulation même, trahissent leur vraie destination : donner voix à un désir privé, qui se cache de manière souvent comique sous les oripeaux de la « tradition ». « L’originalité de nos récits », écrit Durand-Dastès, « consiste à mêler ces lieux communs divinatoires à des inventions tout à fait originales, où destinée et hasard se voient habilement mêlés. » Tel personnage, explique-t-il, fait un rêve de mariage avec une belle, « sans avoir consciemment espéré cette annonce heureuse […] : celle de son désir latent a suffi au dieu entremetteur. »</p><p class=""txt_Normal"">Avec Aude Lucas, l’analyse se concentre non sur une série de rêves, mais sur deux rêves seulement, tirés de la tradition tardive des contes ou « notes diverses » en langue classique. L’étude d’un récit particulièrement important de Pu Songling, l’« Histoire de Shi Qingxu », où le rêve prend son sens par rapport à toute une mise en abîme qui en forme le contexte, donne l’occasion à Lucas d’interroger un rapport, « moderne », du rêve à la réalité vécue, subjective, ce qu’elle fait en reprenant les notions lacaniennes d’imaginaire, de symbolique et de réel. Le conte est comme un apologue de la valeur du rêve dans la période prémoderne : tout comme le personnage fait un rêve dont il ignore complètement que le contenu est le sien propre, le rêveur, dans un monde où le surnaturel reflue, ne sait plus à qui attribuer ses visions.</p><p class=""txt_Normal"">Une vision mélancolique du rêve est celle qui s’exprime dans le songe qui vient conclure l’histoire des amours de Zhang Sheng et de Cui Yingying, dans la pièce le <span class=""typo_Italique"">Xixiang ji</span> (« Le Pavillon de l’ouest »), une œuvre datant des Yuan (<span class=""typo_Italique"">ca</span> 1300), mais dont le destin s’étend sur sept siècles d’histoire littéraire. Dans cet article, Rainier Lanselle entreprend l’analyse d’un seul et unique rêve, mais placé à un point stratégique. Il y est question du désir, certes, mais dans ce que le désir a comme fâcheuse tendance – nous dirions <span class=""typo_Italique"">structurelle</span> – à rater son objet – et le rêve dès lors à se perpétuer comme une énigme sans véritable réponse. Le rêve retourne ainsi à son insondable premier, cet objet des devins, cet « ombilic » dont Freud disait qu’on ne pouvait rien en dire. Lecture désenchantée du rêve qui étend son ombre mélancolique jusque sur le <span class=""typo_Italique"">Rêve du pavillon rouge</span>.</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">*</p><p class=""txt_Normal"">Il ne restera plus au lecteur de bonne volonté qui nous aura suivi jusque-là de lire, pour finir, le passionnant contrepoint que donne Jacqueline Carroy<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>, sur l’imaginaire et les littératures du rêve en Occident. En regardant de l’extérieur, depuis cet Occident marqué par la tradition chrétienne, ces rêves de l’autre bout du continent, elle nous fait mieux sentir ce que peut apporter cette autre volonté, en Chine, en Corée, au Japon, ailleurs, de donner voix au rêve à travers l’écrit. Pour la paraphraser, nous serons tentés de dire en concluant que si l’écriture fait quelque chose aux rêves, il est certain que les rêves font, en Asie orientale, beaucoup de choses à l’écriture.</p><p class=""T_d_BibGlos"">Bibliographie</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Carroy</span> Jacqueline (2012). <span class=""typo_Italique"">Nuits savantes. Une histoire des rêves (1800-1945).</span> Paris : Éditions de l’ EHESS.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Chen</span> Hsiu-fen (2011). « Dreaming Between Passion and Repression : Medical Views of Demon Dreams, Demonic Fetuses, and Female Sexual Madness in Late Imperial China ». <span class=""typo_Italique"">Late Imperial China</span>, 32(1) : 51-82.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Diény</span> Jean-Pierre (2001). « Le Saint ne rêve pas : de Zhuangzi à Michel Jouvet ». <span class=""typo_Italique"">Études chinoises</span>, XX(1-2) : 127-200.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Drège</span> Jean-Pierre (1981). « Clefs des songes de Touen-huang ». In <span class=""typo_SC"">Soymié</span> Michel (dir.),<span class=""typo_Italique""> Nouvelles contributions aux études de Touen-huang. </span>Genève, Librairie Droz : 205-249.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Drège</span> Jean-Pierre et Dimitri<span class=""typo_SC""> Drettas</span> (2003). « Oniromancie ». In <span class=""typo_SC"">Kalinowski</span> Marc (dir.), <span class=""typo_Italique"">Divination et société dans la Chine médiévale</span>. <span class=""typo_Italique"">Étude des manuscrits de Dunhuang de la Bibliothèque nationale de France et de la British Library</span>. Paris, Bibliothèque nationale de France : 369-404.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Drettas</span> Dimitri (2007). « Le rêve mis en ordre. Les traités onirologiques des Ming, à l’épreuve des traditions divinatoire, médicale et religieuse du rêve en Chine », thèse de doctorat. Paris, EPHE.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Eggert</span> Marion (1992). <span class=""typo_Italique"">Rede von Traum : Traumaufassungen der Literatenschicht in späten kaiserlichen China.</span> Stuttgart, Franz Steiner.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Fu</span> Zhenggu <span class=""typo_MingLiu"">傅正谷</span> (1993a). <span class=""typo_Italique"">Zhongguo meng wenhua</span> <span class=""typo_MingLiu"">中國夢文化</span>. Pékin, Zhongguo shehui kexue chubanshe.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Fu</span> Zhenggu <span class=""typo_MingLiu"">傅正谷</span> (1993b). <span class=""typo_Italique"">Zhongguo meng wenhua cidian</span> <span class=""typo_MingLiu"">中國夢文化詞典</span>. Taiyuan, Shaanxi gaoxiao lianhe chubanshe.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Fu</span> Zhenggu <span class=""typo_MingLiu"">傅正谷</span> (1993c). <span class=""typo_Italique"">Zhongguo meng wenxue shi : Xian Qin liang Han bufen </span><span class=""typo_MingLiu"">中國夢文學史</span> : <span class=""typo_MingLiu"">先秦兩漢部分</span>. Pékin, Guangming ribao chubanshe.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Gollut</span> Jean-Daniel (1993). <span class=""typo_Italique"">Conter les rêves : la narration de l’expérience onirique dans les œuvres de la modernité</span>. Paris, José Corti.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Hales</span> D. R. (1976). « Dreams and the Daemonic in Traditional Chinese Short Stories ». In <span class=""typo_SC"">Nienhauser</span> W. H. (dir.),<span class=""typo_Italique""> Critical Essays on Chinese Literature</span>. 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Boston, University Press of America.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Lackner</span> Michael<span class=""typo_gras""> (</span>1985). <span class=""typo_Italique"">Der chinesische Traumwald. Traditionelle Theorien des Traumes und seiner Deutung im Spiegel der ming-zeitlichen Anthologie Meng-lin hsüan-chieh</span>. Frankfurt/Bern/New York, Peter Lang.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Liao</span> Tengye <span class=""typo_MingLiu"">廖藤葉</span> (2000). <span class=""typo_Italique"">Zhongguo mengxi yanjiu</span> <span class=""typo_MingLiu"">中國夢戲研究</span>. 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Paris, Université Sorbonne Paris Cité/Université Paris-Diderot.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Ong</span> Roberto K. (1985). <span class=""typo_Italique"">The Interpretation of Dreams in Ancient China</span>. Bochum, Brockmeyer.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Soymié</span><span class=""typo_Italique""> </span>Michel (1959). « Les songes et leur interprétation en Chine ». In <span class=""typo_Italique"">Sources orientales</span> II, <span class=""typo_Italique"">Les Songes et leur interprétation</span>. Paris : Seuil : 275-305.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Strassberg</span> Richard E. (2008). <span class=""typo_Italique"">Wandering Spirits : Chen Shiyuan Encyclopedia’s of Dreams</span>. Berkeley, University of California Press.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Strassberg</span> Richard (2014). « Glyphomantic Dream Anecdotes ». In <span class=""typo_SC"">Chen</span> Jack et David <span class=""typo_SC"">Schaber";;;;;;;;; 678;2;3;17;La méthode Borges;;;;"<p>Premier ouvrage complet publié sur les techniques de composition de Borges. D.Balderston analyse 170 manuscrits dispersés dans le monde (accompagné d’illustrations) afin de comprendre et reconstruire le processus créatif de l’écrivain.</p>";"<p>Remerciements <br /><br /><br /><strong>Introduction </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><strong>1. La lecture </strong><br /><br /><strong>2. Les notes griffonnées </strong><br /><br /><strong>3. Les cahiers </strong><br /><br /><strong>4. Les possibilités </strong><br /><br /><strong>5. Les copies </strong><br /><br /><strong>6. Les tapuscrits </strong><br /> <br /><strong>7. Les révisions </strong><br /> <br /><strong>8. Les fragments </strong></p><p>Annexe
<br />Les manuscrits consultés <br /> <br />Notes <br /><br />Textes cités <br /><br />Crédits iconographiques </p>";;28/02/2019;0;180x230;292;978-2-84292-992-3;978-2-84292-992-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_678.jpg;"<p class=""normal"">Comment écrivait Borges ? Daniel Balderston nous fait découvrir les processus de création qui ont présidé à la fabrique de cette oeuvre multiple. Fondée sur une connaissance inégalée des archives Borges, l'enquête suit les entrelacs entre inventions et reprises, et rend sensibles le rôle d'une mémoire culturelle infinie et les traits d'une poétique extraordinairement précise.</p><p class=""normal"">Le livre s'organise autour de la matérialité des manuscrits : Lecture, Notes griffonnées, Cahiers, Possibilités, Copies, Tapuscrits, Révisions, Fragments, pour détecter les opérations profondes qui se jouent de fragments à textes, d'essais à publications successives.</p><p class=""normal"">Ainsi <em>La Méthode Borges </em>met en mouvement le travail de l'écrivain et renouvelle radicalement la lecture de l'oeuvre et l'intelligibilité de ses évolutions, de ses projets philosophiques, politiques et historiques, de son inventivité dans le vingtième siècle. </p><p class=""normal""> </p><p class=""normal""><em>Daniel Balderston est « Mellon Professor of Hispanic Languages and Literatures » à l'Université de Pittsburgh, États-Unis, où il dirige le « Borges Center », et est l'éditeur des « Variaciones Borges ». Il est l'auteur, entre autres ouvrages, de « Out of Context : Historical Reference and the Representation of Reality in Borges » (Duke University Press, 1993) et de « Innumerables relaciones : como leer con Borges (Universidad Nacional del Litoral, 2010) ».</em></p>";"<p>Introduction</p><p class=""txt_Epigraphe ParaOverride-1"">Recuerdo sus cuadernos cuadriculados, sus negras tachaduras, sus peculiares símbolos tipográficos y su letra de insecto.</p><p class=""txt_Epigraphe ParaOverride-1"">[Je me rappelle ses cahiers quadrillés, ses ratures noires, ses symboles typographiques particuliers et son écriture d’insecte]</p><p class=""txt_Epigraphe ParaOverride-2""><span class=""typo_SC"">« Pierre Menard, autor del Quijote »</span></p><p class=""premierPara"">On dit souvent de Jorge Luis Borges (Buenos Aires, 1899-Genève, 1986) qu’il est « le plus grand lecteur du monde des lettres », car ses écrits contiennent (et dissimulent parfois) des centaines de milliers d’allusions à des œuvres célèbres ou inconnues, écrites dans de nombreuses langues et sur divers sujets. Juste après sa mort en 1986, Susan Sontag a déclaré : « Cela faisait, bien sûr, partie de votre modestie : le plaisir que vous preniez à trouver vos idées dans les idées des autres auteurs* » (111)<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">1</span>. Pablo Ruiz, lui, a écrit récemment que : « il n’y a probablement aucune autre figure, quelle que soit sa langue, qui puisse lui disputer la place de lecteur suprême* » (222)<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">2</span>. Cependant, comment utilisait-il exactement ses lectures dans son écriture, et comment celle-ci a-t-elle évolué au fil de ses lectures et relectures ? Dans ce qui suit, je mettrai au jour les méthodes de lecture et d’écriture de Borges. Les notes en marge, les plans et les brouillons serviront à retracer le parcours que suit Borges et ainsi à éclairer son processus d’écriture<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">3</span>.<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""> </span>Les spécialistes de Borges n’ont pas du tout la liberté, pour des raisons de droit d’auteur, de concevoir des sites web tels que ceux que l’on consacre à Stendhal, Flaubert, Whitman, Melville ou Woolf<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">4</span> ; toutefois, les manuscrits de Borges et les notes marginales qu’ils contiennent offrent au chercheur un riche matériau de réflexion à exploiter.</p><p class=""txt_Normal"">Dans « Crítica del paisaje » (un texte théorique rédigé en 1921, tout au début de sa longue carrière), Borges écrit : « Lo marginal es lo más bello » (<span class=""typo_Italique"">Textos recobrados 1919-1929</span>, 101) (Ce qui est beau, c’est ce qui est marginal [<span class=""typo_Italique"">Œuvres complètes</span> I, 841)]). La célébration de la marge ou de la périphérie est au cœur de l’œuvre de Borges, comme l’ont soutenu Sylvia Molloy et Beatriz Sarlo, bien qu’elles l’entendissent au sens large et non en référence aux marges des manuscrits. L’ensemble de l’œuvre de Borges évoque fréquemment les notes de lecture<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">5</span> : d’innombrables textes débutent par des références à d’autres textes tels que « Un tel a dit dans tel ouvrage » ou « J’ai lu » ou « J’ai appris ceci grâce à… ». Cette méthode d’écriture en gloses, bien que particulièrement présente dans les essais, irrigue même la poésie (« Como aquel capitán del Purgatorio » [Tout comme ce capitaine du Purgatoire] dans « Poeta conjetural ») et les textes de fiction, comme ici dans « Biografía de Tadeo Isidoro Cruz » (Biographie de Tadeo Isidoro Cruz) :</p><p class=""txt_Citation"">Mi propósito no es repetir su historia. De los días y noches que la componen, sólo me interesa una noche ; del resto no referiré sino lo indispensable para que esa noche se entienda. La aventura consta en un libro insigne ; es decir, en un libro cuya materia puede ser todo para todos (I Corintios 9.22), pues es capaz de casi inagotables repeticiones, versiones, perversiones. (561)<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">6</span></p><p class=""txt_Citation_fin"">[Mon propos n’est pas de rappeler son histoire. Des jours et des nuits qui la composent une seule nuit m’intéresse ; du reste, je ne rapporterai que ce qui est indispensable pour comprendre cette nuit. L’aventure est avérée par un illustre livre ; c’est-à-dire un livre dont la matière peut être tout pour tous (I Corinthiens, <span class=""typo_SC"">ix</span>, 22), car il est susceptible de répétitions, versions et perversions presque inépuisables. (<span class=""typo_Italique"">Œuvres complètes </span>II, 593)]</p><p class=""txt_Normal"">Les spécialistes de Borges souffrent d’un désavantage par rapport aux spécialistes d’écrivains dont les textes sont en grande partie rassemblés dans des recueils qui leur sont consacrés, comme c’est le cas pour les auteurs – Heine, Flaubert, Proust – dont les textes ont servi de point de départ à l’élaboration de la <span class=""typo_Italique"">critique génétique</span>. Dans le cas de Borges, parmi les manuscrits qui ont survécu, certains sont annoncés à prix d’or chez les vendeurs de livres anciens ou dans des catalogues de vente aux enchères, ou alors sont accaparés par des collectionneurs privés. L’étude de plus de 180 manuscrits de Borges m’a néanmoins permis de reconstituer assez précisément sa méthode de rédaction. Trois importants manuscrits ont été publiés en fac-similé dans leur version annotée – ceux de « El Aleph », « Tlön, Uqbar, Orbis Tertius »<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">7</span> et « El Sur » ; plusieurs autres manuscrits sont parus en partie dans <span class=""typo_Italique"">Borges el mismo, otro</span> (2016) et dans les catalogues de Lame Duck Books, Víctor Aizenman et Bloomsbury Auctions. Nombre de cahiers et manuscrits se trouvent en accès libre dans des bibliothèques, en particulier dans les collections du Harry Ransom Center de l’Université du Texas, dans les collections spéciales de l’Université d’État du Michigan, à la New York Public Library et à la Small Library de l’Université de Virginie<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">8</span>. Parmi les sources récentes, la plus considérable est le monumental ouvrage que nous ont offert en 2010 Laura Rosato et Germán Álvarez, <span class=""typo_Italique"">Borges, libros y lecturas</span><span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">9</span><span class=""typo_Italique"">.</span> Celui-ci comprend des transcriptions par les auteurs (ainsi que des annotations utiles) des notes qu’a prises Borges dans plus de 250 ouvrages, dont il a fait don en 1973 à la Biblioteca Nacional de Buenos Aires<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">10</span>. Il est ainsi désormais possible d’aborder la question des habitudes de rédaction de Borges de diverses manières : à partir des manuscrits et des notes en marge ; à partir de ses propres textes, qui sont souvent des réécritures de textes antérieurs ; à partir d’entretiens et de conversations qu’il a eus avec ses amis et bien d’autres personnes ; à partir du réseau de références qui parcourt son œuvre ; à partir des livres qu’il a lus et dont on dispose toujours (qu’il soit possible ou non d’accéder à ses exemplaires à lui). Les spécialistes peuvent maintenant imaginer les manuscrits auxquels ils n’ont pas accès, ce qui, en soi, est passionnant : l’aspect concret des bouts de papier réglé, quadrillé ou de registre comptable, généralement arrachés de cahiers à spirale, comportant des références précises dans la marge de gauche, la multitude des versions, certains passages étant rayés, d’autres, inscrits les uns au-dessus des autres. Nous connaissons désormais ce système singulier de variantes et de réécritures, qui illustre le soin méticuleux apporté à chaque détail du texte en évolution. Autrement dit, on peut avoir le sentiment, d’ailleurs exprimé par le narrateur de « Pierre Menard, autor del Quijote », que l’on arrive à reconstruire la méthode de l’écrivain, même dans les cas où les preuves tangibles manquent.</p><p class=""txt_Normal"">Depuis 2009, j’accède à une variété de plus en plus grande de manuscrits et de carnets ou cahiers de Borges, je donne des communications et j’écris des articles, qui m’ont mené au présent ouvrage. À ce stade, j’ai pu consulter originaux, fac-similés et photocopies de plus de la moitié des principaux textes que Borges a écrits entre 1930 et 1955 ; les manuscrits antérieurs sont rares, tandis que les brouillons et copies au propre ultérieurs ont été réalisés par d’autres, en raison de la cécité croissante de l’auteur. J’ai conservé des copies numérisées, des photocopies et des photographies de manuscrits et de carnets ou cahiers : l’ensemble du manuscrit d’<span class=""typo_Italique"">Evaristo Carriego</span> (1930), la majeure partie de <span class=""typo_Italique"">Historia universal de la infamia</span>, de <span class=""typo_Italique"">Ficciones</span> et de <span class=""typo_Italique"">El Aleph</span>, des passages de <span class=""typo_Italique"">Otras inquisiciones</span>, bon nombre de poèmes et une assez grande quantité de conférences non publiées. (La liste complète des documents consultés figure en annexe 1 du présent ouvrage.) J’ai tenté de comprendre ces documents, ce qui, loin d’être chose facile, a certainement été le plus grand défi de ma carrière de chercheur. Le présent livre est le résultat de cette tentative.</p><p class=""txt_Normal"">La critique génétique nous a permis de comprendre que les archives de chaque auteur étaient particulières. Voilà qui est d’un intérêt capital : impossible de généraliser à toutes les archives ce que l’on a appris d’archives particulières, bien que les enseignements des unes puissent contribuer à l’analyse des autres (Deppman, Ferrer et Groden, 97). Au cours des vingt dernières années, j’ai eu la chance de me pencher sur les archives de Manuel Puig, José Donoso, Juan Carlos Onetti, José Bianco, Silvina Ocampo et Juan José Saer. Évidemment, toutes les leçons que j’en ai tirées influencent le travail que je consacre à Borges, sauf que dans son cas, comme il y a à la place d’archives des documents dispersés, on se doit de constituer les archives.</p><p class=""txt_Normal"">Je m’intéresse à Borges depuis près de quarante ans. En 1981, j’ai déposé une thèse sur l’usage qu’a fait Borges des textes de Robert Louis Stevenson (thèse qui m’a obligé à me pencher de très près sur les allusions et citations, parue en version espagnole en 1985). J’ai ensuite dressé un index, publié en 1986, des personnes, titres et lieux mentionnés dans les textes de Borges. Étoffé, cet index est devenu, dans le site web du Borges Center (<a href=""http://www.borges.pitt.edu/""><span class=""typo_lien_internet"">www.borges.pitt.edu</span></a>), le « Finder’s Guide ». Intéressé par le détail des sources, j’ai alors travaillé sur les références historiques dans sept récits de Borges (<span class=""typo_Italique"">Out of Context : Historical Reference and the Representation of Reality in Borges</span>, publié en 1993, puis en espagnol en 1996), puis préparé deux recueils de mes articles sur Borges : <span class=""typo_Italique"">Borges, realidades y simulacros</span> (2000) est surtout axé sur la représentation du genre, tandis que <span class=""typo_Italique"">Innumerables relaciones</span> (2010) traite des stratégies de lecture. Le projet actuel noue donc les fils de projets différents, qui peuvent sembler sans lien véritable, accomplis tout au long de ma carrière de chercheur. J’en suis venu à écrire ce livre sur le processus créatif de Borges après avoir publié quatre ouvrages critiques sur cet auteur, après avoir respectivement écrit et co-écrit deux ouvrages de référence à son sujet (sans parler de la direction du vaste « Finder’s Guide » mentionné précédemment) et avoir publié des éditions critiques d’Onetti et de plusieurs récits de Silvina Ocampo, de même que des articles inspirés de la critique génétique sur Puig et Saer. Je n’avais pas prévu ce projet ; il a émergé de travaux antérieurs et de l’accès fortuit d’abord à quelques éléments, puis à de petites montagnes de textes dispersés de Borges.</p><p class=""txt_Normal"">Dans son écriture, celui-ci fait un usage stratégique crucial des citations : comme points de départ et parfois d’arrivée, en tant que commentaires sur d’autres idées ou citations et même sous forme d’épigraphes, de blagues et de titres (bien qu’étonnamment, ce dernier cas ne soit pas fréquent)<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">11</span>. Les manuscrits de Borges sont une mine de sources secrètes et parfois de citations ou traductions dissimulées. Dans de nombreux manuscrits, des notes bibliographiques dans la marge de gauche indiquent clairement les sources des idées et citations, mais ce n’est pas systématiquement le cas. On sait par exemple que « El inmortal » cache cinq « intrusiones, o hurtos », dont l’épilogue mentionne l’existence (Ronald Christ les a étudiées dans <span class=""typo_Italique"">The Narrow Act</span>). Or, le manuscrit que j’ai consulté, qui est peut-être une deuxième version plutôt que la première, ne comporte aucune note en marge au sujet de sources et demeure muet quant à la plus remarquable « intrusion » (ou au plus remarquable « vol ») dans le récit, celle dont j’ai parlé en 1986 dans <span class=""typo_Italique"">The Literary Universe of Jorge Luis Borges</span> (xix) : le fait que le motif de ces « intrusions » est lui-même une quasi-traduction de l’anglais :</p><p class=""txt_Citation_italique"">A mi entender, la conclusión es inadmisible. <span class=""typo_Italique"">Cuando se acerca el fin</span>, escribió Cartaphilus, <span class=""typo_Italique"">ya no quedan imágenes del recuerdo ; sólo quedan palabras</span>. Palabras, palabras desplazadas y mutiladas, palabras de otros, fue la pobre limosna que le dejaron las horas y los siglos. (544)</p><p class=""txt_Citation_fin"">[Selon moi, cette conclusion est inadmissible. « Quand s’approche la fin, écrivit Cartaphilus, il ne reste plus d’images du souvenir, il ne reste plus que des mots. » Mots, mots déplacés et mutilés, mots empruntés à d’autres, telle fut la pauvre aumône que lui laissèrent les heures et les siècles. (<span class=""typo_Italique"">Œuvres complètes </span>II, 576)]</p><p class=""txt_Citation_fin"">[I]t is only through an unremitting, never-discouraged care for the shape and ring of sentences that an approach can be made to plasticity, to colour ; and the light of magic suggestiveness may be brought to play for an evanescent instant over the commonplace surface of words ; of the old, old words, worn thin, defaced by ages of careless usage. (Conrad, <span class=""typo_Italique"">The Nigger of the “Narcissus”</span>, 146)</p><p class=""txt_Citation_fin"">[[C]e n’est que par une dévotion complète et inébranlable à la parfaite fusion de la forme et de la substance, ce n’est que par un soin incessant et inlassable apporté au contour et à la sonorité des phrases qu’on peut approcher de la plasticité et de la couleur, et que la lumière de la suggestivité magique peut jouer furtivement à la surface banale des mots, des vieux, vieux mots usés et effacés par des siècles d’insouciant usage.] (Conrad, <span class=""typo_Italique"">Œuvres complètes</span> I, 495)</p><p class=""txt_Normal"">On voit à travers le manuscrit d’« El immortal » que Borges peine à paraphraser le fragment de Conrad de façon à l’inclure à la fin de son récit (fig. 1, fac. 1) : « A mi entender, la conclusión es inadmisible. <span class=""typo_souligne"">Cuando se acerca el fin,</span> escribía Cartaphilus, <span class=""typo_souligne"">ya no quedan imágenes del recuerdo ; sólo quedan palabras.</span> Palabras, palabras<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"">desplazadas</span> <span class=""typo_line-through"">confundidas y barajadas</span> <span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">desplazadas y mutiladas, </span><span class=""typo_Exposant CharOverride-1"">palabras de otros, fué lo que le dejaron</span><span class=""typo_line-through"">palabras de otros, fué lo</span><span class=""typo_Indice _idGenCharOverride-1"">palabras de otros, fué la pobre limosna que le dejaron las horas y los siglos.</span> » La lecture de cet ouvrage permettra au lecteur de découvrir de nombreux « intrusiones, o hurtos », entre autres surprises que les manuscrits recèlent.</p><p class=""T_a"">L’écriture manuscrite et la ponctuation</p><p class=""txt_Normal"">Borges s’intéressait à la graphologie : il lut l’ouvrage <span class=""typo_Italique"">L’Écriture et le subconscient. Psychanalyse et graphologie</span> (1931) du D<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">r</span> Pierre Ménard avec suffisamment d’attention pour utiliser le nom de l’auteur dans son célèbre récit de 1939<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">12</span> et pour y inclure des remarques sur l’écriture de Ménard, le personnage (voir l’épigraphe de la présente introduction). De plus, il modifia délibérément sa propre écriture à divers moments de sa carrière. Plusieurs poèmes de sa période ultraïste sont écrits dans un style fait de brisures et de courbes, qui imite volontairement celui des affiches de films expressionnistes allemands<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">13</span>. Cependant, les changements apportés en 1923 et en 1942 à ces poèmes (sur les manuscrits de 1920) le sont de l’écriture habituellement claire, mais beaucoup plus petite, de Borges. (Il employait presque toujours des lettres scriptes, rarement l’écriture cursive<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">14</span>.) En figure 2, on peut voir les titres de divers poèmes de 1920 (le titre « Nostalgia inescrutable » deviendra « Ciudad »). À fin de comparaison, j’ai inclus des affiches de films expressionnistes en figure 3. La signature que Rosato et Álvarez (372) ont trouvée dans une édition d’E. T. A. Hoffmann, que Borges aurait produite vers 1920, est même germanisée : Jorge Luis devient Georg Ludwig (fig. 4). La première ligne de « Trinchera » est rédigée de cette écriture calligraphiée, dont un étrange A majuscule incliné vers la gauche, par exemple (fig. 5), mais les corrections de 1923 sont de la main habituelle de Borges (celle qui caractérisera ses documents de travail de 1923 à sa cécité). Quelques lignes plus bas, l’adjectif initial « misteriosa » est lui aussi tracé de manière recherchée, tandis que la correction de 1923 « dudosa » est dans un style beaucoup plus sobre (fig. 6). Le même étrange A majuscule apparaît dans une lettre de 1921 ou 1922 adressée à Rafael Cansinos-Asséns (envoyée du Bulnes 2216, l’adresse portègne où la famille Borges vécut temporairement en 1921-1922, après son premier séjour européen). Cette lettre est également pleine de singuliers y, L majuscules et a finaux (à très long empattement) ; elle semble indiquer que Borges explorait un style d’écriture très artificiel. Notons aussi que l’écriture est inclinée vers la gauche, tandis que l’écriture que Borges adoptera par la suite est inclinée vers la droite. (Il est possible de consulter un fac-similé de cette lettre à l’adresse [<a href=""http://manuscrito-borges.cansinos.org/epistolario-borges-cansinos""><span class=""typo_lien_internet"">http://manuscrito-borges.cansinos.org/epistolario-borges-cansinos</span></a>].)</p><p class=""titre_figure ParaOverride-3""><span class=""typo_gras"">Fig. 2. </span>Titre de « Trinchera » (en haut à gauche) ; titre de « Calle Desconocida (en haut à droite) » ; titre de « Nostalgia Inescrutable » (en bas)</p><p class=""titre_figure _idGenParaOverride-1""><span class=""typo_gras"">Fac-similé 2.</span> (page ci-contre) « Nostalgia inescrutable »/« Ciudad » (<span class=""typo_Italique"">Fervor de Buenos Aires</span>, premier recueil de poésie)</p><p class=""txt_Normal _idGenParaOverride-1"">Le manuscrit soigneux de « El espejo de los enigmas » (1940), lié à l’énoncé de saint Paul qui se lit « through a glass darkly » dans la King James Bible (ou, en français, « au moyen d’un miroir, d’une manière obscure », Bible Segond), donne un bon aperçu de l’écriture habituelle de Borges entre 1923 et 1955 (fig. 7). Il utilise ici du papier quadrillé, ce qui lui permet de maintenir la rectitude des lignes et la régularité des caractères. Le t minuscule ressemble à un T majuscule, et la barre du T majuscule forme à chaque extrémité un angle perpendiculaire à la hampe. Le é de Léon est difficile à distinguer d’un i, tandis que le a et le o minuscules bien souvent se ressemblent (ce qui est aussi le cas du n et du u), mais grâce à l’écriture soigneuse sur papier quadrillé, le texte se déchiffre plutôt bien. Plus bas, j’examinerai des pages beaucoup plus brouillonnes. Il est donc utile de voir une page aussi claire que celle-ci. Il est à noter que les mêmes caractères, en version réduite, sont employés pour les insertions entre les lignes (fig. 8). Il s’agit à l’évidence non pas d’un brouillon, mais d’une copie au propre à laquelle l’auteur a apporté de légères corrections. En matière de brouillons, les manuscrits de deux autres récits inclus dans <span class=""typo_Italique"">Historia universal de la infamia</span> seront utiles. Le début de « El espantoso<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">15</span> redentor Lazarus Morell » (fig. 9, fac. 3) et celui de « El proveedor de iniquidades Monk Eastman » (fig. 10) comportent de nombreuses possibilités et insertions, selon un système qui fera l’objet de plusieurs chapitres du présent ouvrage. La source explicite du récit sur le gangster Monk Eastman est <span class=""typo_Italique"">The Gangs of New York</span> (1928) de Herbert Asbury. D’ailleurs, à la première page du brouillon manuscrit, on peut voir que Borges paraphrase directement Asbury, sans étape intermédiaire. On constate aussi que les sous-titres (une caractéristique formelle notable de ces récits, découlant des méthodes de publication des journaux de l’époque, dont <span class=""typo_Italique"">Crítica</span>) figuraient dès le début dans le plan du texte, comme c’est également le cas pour « El espantoso redentor Lazarus Morell »<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">16</span>.</p><p class=""txt_Normal _idGenParaOverride-1"">Le manuscrit de « Destino escandinavo » (1953), qui se trouve dans un cahier conservé au Ransom Center de l’Université du Texas<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">17</span>, constitue un bon exemple de manuscrit qui est en partie une copie au propre, mais qui comprend des passages originaux. En effet, le premier paragraphe est en partie nouveau et inclut de multiples possibilités ; quant au deuxième paragraphe, il est repris d’<span class=""typo_Italique"">Antiguas literaturas germánicas</span> (1951), ce qui explique qu’il ait plutôt l’aspect d’une copie au propre, si l’on exclut la légère hésitation entre « indicados » et « anteriores » et l’ajout important du mot « economía » à la dernière ligne (fig. 11). Certaines copies au propre, en particulier, à mon avis, celles que Borges a rédigées pour les offrir à des amis, sont écrites d’une main aérée, environ deux fois plus grande que son écriture habituelle, et faites de caractères plus verticaux, son écriture penchant d’ordinaire vers la droite. On trouve un bon exemple de cela au début de ce que je considère comme une deuxième version d’une autre nouvelle de <span class=""typo_Italique"">Historia universal de la infamia</span>, « El asesino desinteresado Bill Harrigan », qui porte sur Billy the Kid. Il s’agit d’une copie au propre, mais le titre (ci-dessus) semble très incertain (fig. 12)<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">18</span>. En figure 13 se trouve un extrait de la deuxième version de « El jardín de senderos que se bifurcan » (que je comparerai, au chapitre 5, à une version antérieure). Les copies au propre de ce type sont souvent signées « Jorge Luis Borges », suivi d’un T majuscule couché ou renversé. On appelle « rúbrica » (paraphe) en espagnol ce type d’ornement qui embellit les signatures ; le mot en lui-même a son importance dans divers récits de Borges, comme l’a relevé Sylvia Molloy (69-70).</p><p class=""txt_Normal"">Un intéressant exemple de la tendance de Borges à la prolifération est le paragraphe d’introduction à « Tlön, Uqbar, Orbis Tertius ». La deuxième version de la nouvelle (que les éditions Michel Lafon ont publiée en fac-similé) débute par une conversation fictive avec Bioy Casares sur les possibilités que recèlerait un roman rédigé à la première personne, dans lequel les contradictions révéleraient le manque de sincérité du narrateur. Dans « El jardín de senderos que se bifurcan », Borges aborde l’idée des univers multiples, qui permettraient la coexistence de diverses possibilités ; ici, dans « Tlön », l’adjectif lui-même – « varias », qui devient « diversas », puis « muchas », puis redevient « diversas » – illustre l’importance pour Borges d’une réelle multiplication des possibilités (fig. 14, fac. 4)<span class=""typo_appel_NoteFin _idGenCharOverride-1"">19</span>.</p><p class=""txt_Normal _idGenParaOverride-1"">Comme je l’ai déjà mentionné, Borges employait habituellement les lettres scriptes. Par contre, fait intéressant, il utilisait plutôt une signature cursive. Une analyse de la signature de Borges au fil du temps révèle des constantes, mais aussi quelques changements. Le manuscrit de « Trinchera », poème ultraïste publié en juin 1920, a été signé et daté une première fois cette année-là (une grande signature), puis revu en 1923, date où Borges l’a signé et daté à nouveau (fig. 15). Borges appose aussi sa signature et la date sur le po&e";;;;;;;;; 679;1;3;34;Ce que fait le concept à l'œuvre;N°27/2018;;;"<p><em>Marges</em> revient avec ce numéro sur une thématique importante de l’art depuis l’avènement de l’art conceptuel dans les années 1960 : que fait le concept à l’œuvre ?</p>";"<p>Éditorial</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : Ce que fait le concept à l’œuvre</strong></p><p><strong>Émeline Jaret et Umut Ungan</strong><br />« Introduction »</p><p><strong>Robert Bailey</strong><br />« Penser l’art : les historiens de l’art se tournent vers l’art conceptuel »</p><p><strong>Jacob Stewart-Halevy</strong><br />« Des procédés téléphonés : les faux-semblants de l’art conceptuel »</p><p><strong>Brynn Hatton</strong><br />« L’idée du Vietnam comme conceptualisme résilient »</p><p><strong>Ancuta Mortu</strong><br />« L’information et la réception des œuvres conceptuelles »</p><p><strong>Pascal Mougin</strong><br />« “Littérature conceptuelle” : réflexions sur une catégorie problématique »</p><p style=""text-align: center;""> <strong><br />Témoignage</strong></p><p><strong>Zoë Renaudie</strong><br />« Conservation du concept, restauration contre l’oubli »</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretien</strong></p><p>« C’est l’œuvre qui fait le concept ». Entretien avec Anaël Lejeune, par Lison Noël</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p>Louis Matton – Umut Ungan</p><p>On Kawara – Émeline Jaret</p><p><strong> </strong></p><p><strong>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</strong></p><p><strong>Abstracts français et anglais</strong></p>";;25/10/2018;0;155x220;218;978-2-84292-833-9;978-2-84292-833-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_679.jpg;"<p><strong>« Penser l’art : les historiens de l’art se tournent vers l’art conceptuel »</strong><br />Robert Bailey<br />L’article étudie les liens interdépendants entre l’histoire de l’art et l’art conceptuel. Une des conséquences de cette rencontre est l’idée que les frontières entre l’art et de l’histoire de l’art tendent à devenir floues et ce depuis les années 1970. L’art commence à acquérir une intensité théorique et de nouvelles ambitions historiques d’une manière plus importante. Les historiens de l’art commencent à voir l’art autrement et à reconsidérer les aspects créatifs de leurs pratiques. De plus, les artistes et les historiens commencent à travailler de concert afin d’analyser, de définir et de rédéfinir le concept d’art et les cadres conceptuels qui y sont en œuvre. À partir d’une approche historique et historiographique de l’art concernant ces faits en question, l’article cherche l’émergence et l’évolution de ce qui en résulte, appelant ainsi à une histoire conceptuelle de l’art.</p><p><strong>« Des procédés téléphonés : les faux-semblants de l’art conceptuel »</strong><br />Jacob Stewart-Halevy<br />Cet article évoque, dans l'histoire de l'art conceptuel, cette contre-tradition durant laquelle les artistes se sont amusés avec les conventions concernant la réalisation de leurs œuvres à l'aide de procédés pré-déterminés. En me basant sur certaines œuvres fondamentales de l'avant-garde, je démontre que les artistes concernés ont choisi d'ignorer sciemment les paramètres qu'ils s'étaient imposés, ou encore de produire une œuvre totalement différente de celle prévue par le concept de base. La thèse est la suivante : c'est dans les années 1960-1970 que les artistes ont commencé à remettre en question la relation concept/réalisation, en se servant de leur écart potentiel comme medium artistique en tant que tel. Ils ont utilisé cette distance comme une illustration, d'une base pour commenter les pratiques marginales au sein de l'art conceptuel ; mais aussi pour redéfinir, renégocier ce qui constituait les limites de cet art, d'ouvrir le débat concernant les moyens potentiels de mettre fin ou de dépasser ce procédé typique, où les artistes ne font que mettre en pratique leur concept.</p><p><strong>« L’idée du Vietnam comme conceptualisme résilient »</strong><br />Brynn Hatton<br />« Le conceptualisme est l’art de l’ère du Vietnam. Comme Dada, l’art conceptuel était protestataire. ». Voici ce qu’affirme Joseph Kosuth en 1991, réfléchissant au mouvement artistique international qui émerge au début des années 1960, qu’il prétend avoir fusionné idéologiquement avec une culture globale de résistance contre les guerres américaines dans l’Asie du Sud-Est. Cet article entend prendre Kosuth au mot et plaide pour la centralité du Vietnam dans l’<em>épistémè</em> et le développement des pratiques conceptuelles mondiales depuis 1962. Relier l’art critique à la protestation de l’époque du Vietnam de cette manière remet en cause l’actuelle démarcation géographique et formelle des espaces délimités dans l’histoire de l’art, qui pointe comme centre l’art conceptuel et ses généalogies en Europe-Amérique, tout en situant ces pratiques dans la dématérialisation et l’esthétique administrative.</p><p><strong>« L’information et la réception des œuvres conceptuelles »</strong><br />Ancuta Mortu<br />Cet article examine le problème de la réception des œuvres conceptuelles sous l’angle d’une analyse informationnelle. Cette approche met en lumière la fonction communicative de l’art ainsi que la matérialité de la communication elle-même en faisant vivre dans leur tension les différents plans de l’œuvre : l’idée de sa conception et sa réalisation effective. L’article interroge la nature de l’information véhiculée par les œuvres conceptuelles dans sa dimension formelle, sémantique et esthétique, selon une typologie établie dans les années 1960 par des théoriciens de l’art comme Abraham Moles et Max Bense.</p><p><em> </em><strong>« “Littérature conceptuelle” : réflexions sur une catégorie problématique »</strong><br />Pascal Mougin<br />Transposer au domaine littéraire une catégorie – le conceptualisme en l’occurrence –historiquement attachée aux arts plastiques ne va pas de soi. L’assimilation aujourd’hui dominante entre « littérature conceptuelle » et « littérature à contraintes » est discutable. L’étude revient en particulier sur le rapprochement proposé par Gérard Genette entre ready-made duchampien et lipogramme oulipien (<em>L’Œuvre de l’art</em>, 1994) et fait l’hypothèse de formes littéraires plus directement équivalentes aux <em>Statements</em> de Lawrence Weiner ou aux protocoles de Douglas Huebler.</p>";"<p>Introduction</p><p>Les termes « concept » et « conceptuel » ont souvent été utilisés pour désigner des pratiques relatives à un groupe restreint d’artistes évoluant à New York à la fin des années 1960 (artistes souvent liés à la galerie de Seth Siegelaub). Ces termes ont simultanément été l’objet de multiples malentendus dans le domaine des arts visuels, depuis l’avènement de ce groupe d’artistes ; ne serait-ce que parce que leur pratique a rapidement été réduite au primat de l’idée sur la forme, à une époque où la centralité de l’objet d’art était en question. Il est vrai que le postulat initial de cette mouvance était avant tout celui d’une équivalence entre l’œuvre et son caractère linguistique, faisant d’elle une proposition analytique. Pourtant, l’idée d’un art conceptuel peut aussi renvoyer à une « autonomisation de l’état conceptuel » de l’œuvre, pour reprendre les mots de Jean-Marie Schaeffer, laquelle dépend également de son contexte de réception ; comme en témoigne la définition du conceptualisme de l’artiste et théoricien Luis Camnitzer, évoquant « des œuvres et des pratiques qui, réduisant radicalement le rôle de l’objet d’art, ré-imaginent ses possibilités vis-à-vis des réalités sociales, politiques et économiques dont il est issu ». </p><p class=""Pa1"">Il peut être intéressant alors d’étendre cette compréhension, jusqu’à considérer que la dimension conceptuelle de l’œuvre renvoie à une définition plus générale, qui toucherait aussi à d’autres pratiques artistiques, y compris au-delà des arts visuels. À partir de cette idée d’une « autonomisation de l’état conceptuel » de l’œuvre, il s’agit de déplacer l’attention de l’objet à l’acte et de l’acte à l’idée ; les œuvres ainsi comprises, qu’elles relèvent de champs artistiques aussi différents que la littérature, la musique ou encore les arts visuels, ont constitué et constituent encore le lieu d’une interrogation due notamment à l’indétermination du « régime » conceptuel. Cette indétermination crée la possibilité d’une réception ouverte et multiple, non nécessairement conforme à l’intention de l’artiste et issue d’une attention, de la part du spectateur, plus ou moins adéquate, relevant d’un regard collectif ou individuel.</p><p>Des questions apparaissent alors : quelle place le concept occupe-t-il dans à l’œuvre ? De quelle manière l’« autonomisation » ou le primat du concept au détriment des propriétés perceptives immé­diates de l’œuvre affectent-elles, modifient-elles ou questionnent-elles sa réception ? Rejetant l’idée d’un art qui serait conceptuel, Gérard Genette affirme, dans <em>L’Œuvre de l’art</em>, qu’il n’y a que des œuvres conceptuelles, puisque « l’état conceptuel » est présent hypothétiquement au sein de chaque œuvre et se vérifie au « coup par coup, œuvre par œuvre, et selon une relation fluctuante entre l’intention de l’artiste et l’attention du public, ou plutôt du récepteur individuel ». Ce rapport entre intention et attention ou réception, a déjà été l’objet du débat entre sens et signification, depuis que Saussure a admis l’inadéquation entre signifiant et signifié à travers l’arbitraire du signe linguistique. Si, dans la réception d’un texte ou d’une œuvre, le sens est ce qui reste stable, la signification « qui met le sens en relation avec une situation, est variable, plurielle, ouverte » (pour reprendre la formulation d’Antoine Compagnon). Comment concevoir cette « relation fluctuante », une relation évoquée par Genette, et qui ouvre la réflexion sur une considération plus générale des œuvres, qu’elles se revendiquent ou non, comme conceptuelles ? En ce sens, ce numéro de <em>Marges </em>aimerait interroger la notion de « concept » et ses dérivés, non pas en partant uniquement du point de vue défendu par les artistes mais en se concentrant sur la réception des œuvres ; les approches conceptuelles ayant pu influer sur les processus même de théorisation d’autres formes d’art.</p><p>Le premier article, dû à Robert Bailey se situe dans cette perspective. Il n’aborde pas tant la question de l’influence de l’art conceptuel sur la production artistique depuis les années 1960, que la manière dont certains acteurs de cette mouvance – et en particulier les membres du groupe Art and Language – ont pu, par leur enseignement et leurs écrits, influer sur la manière de considérer l’histoire de l’art. En d’autres termes, il ne s’agit pas tant pour ces artistes de construire une histoire de « l’art conceptuel » qu’une « histoire de l’art » conceptuelle.</p><p>Le texte de Jacob Stewart-Halevy s’intéresse quant à lui aux productions des artistes conceptuels, mais non pas pour en louer les qualités ou la manière dont leurs œuvres donnent à voir des concepts, mais plutôt afin de s’interroger sur l’écart existant entre leurs programmes de travail et l’exécution effective de ces programmes. Si les artistes qu’il évoque ont parfois prétendu mettre au point des protocoles qui puissent tenir lieu d’œuvre, les protocoles ont pourtant rarement été respectés par les artistes eux-mêmes.</p><p>Brynn Hatton entend elle aussi reconsidérer « l’histoire officielle » de l’art conceptuel, mais cette fois-ci en s’intéressant à un aspect souvent négligé de cette mouvance : sa forte politisation, dans le contexte de la Guerre du Vietnam. Son principal argument est que l’engagement des artistes les a conduit à développer des stratégies subversives dont on a pu retrouver des éléments dans des pratiques beaucoup plus récentes, jouant sur les attentes du public et visant à les mettre en échec.</p><p>La contribution d’Ancuta Mortu vise à mettre en perspective la vogue de l’art conceptuel et celle de certaines théories de la communication à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (Abraham Moles, Max Bense). Il s’agit notamment pour elle de montrer les affinités entre le fonctionnement des œuvres conceptuelles et les dispositifs de communication.</p><p>Pascal Mougin s’interroge quant à lui sur la notion de littérature conceptuelle et sur l’éventualité d’une relation d’équivalence entre les démarches conceptuelles dans le champ des arts plastiques et le domaine de la littérature. Sa contribution donne à penser que l’attribution du prédicat conceptuel à des œuvres d’art, quel que soit leur domaine de référence, ne va jamais de soi : ainsi la littérature à contraintes de Perec ressemble peut-être à certaines démarches d’artistes conceptuels mais elle reste pourtant proche d’œuvres littéraires, même classiques, se situant davantage dans une relation de continuité que de rupture.</p><p>Afin de compléter ce dossier, nous publions le témoignage de la conservatrice-restauratrice Zoë Renaudie, dont le domaine de compétence est l’art contemporain et qui a réalisé une étude sur les problèmes posés par la reconstitution d’expositions, notamment « Feux pâles » de Philippe Thomas. S’ajoute un entretien de Lison Noël avec Anaël Lejeune, autour de son dernier ouvrage sur la question de la théorie dans l’art conceptuel. </p><p>Dans ce numéro figurent enfin deux portfolios d’artistes, de générations différentes : l’artiste conceptuel On Kawara et le jeune artiste Louis Matton.</p><p> </p><p><strong>Jérôme Glicenstein</strong><br />Octobre 2018</p><h1> </h1>";"<p><strong>« Thinking Art: Art Historians Turn to Conceptual Art »</strong><br />Robert Bailey<br />The article examines interconnections between conceptual art and art history. It argues that, as a result of this encounter, which begins in the 1970s, boundaries between art and art history became less distinct. Art started to acquire greater theoretical intensity and new kinds of art-historical ambition. Art historians began looking at art differently while also reconsidering creative aspects of their practice. Moreover, artists and art historians began working in mutually intelligible ways to analyze, define, and redefine the concept of art and the conceptual frameworks brought to bear upon art. Taking an art-historical and historiographical approach to these developments, the article tracks the emergence and development of their result, which he calls conceptual art history.</p><p><strong>« <em>Phoning It In: Conceptual Art under False Pretenses </em>»</strong><br />Jacob Stewart-Halevy<br />This essay discusses a counter-tradition within the history of conceptual art whereby artists play with the conventions around executing their work based on predetermined procedures. Looking back to canonical artworks within the Historical Avant-Gardes, I show how at certain points, artists have either not followed through on the parameters they have set for themselves or decided to do something else altogether after proffering a concept for their work. Over the course of the 1960s and 1970s, I argue that artists began to calibrate the relationships between their concepts and execution, using the distance between them as an artistic material in itself. They signaled the disparities between concept and execution in order to picture and comment on parallel practices in the field of conceptual art; to define and negotiate boundaries over what counted as conceptual art; and speak about potential means for undermining and overcoming a simple model whereby artists simply execute their ideas.</p><p><strong>« The Vietnam Idea as Resilient Conceptualism »</strong><br />Brynn Hatton<br />« Conceptualism is the art of the Vietnam era. Like Dada, Conceptual Art was a protest. ». So asserted Joseph Kosuth in 1991, reflecting on the international art movement emergent in the early 1960s which he claims to have been fused ideologically with a global culture of resistance against the US-led wars in Southeast Asia. This paper intervenes to take Kosuth at his word, and argues for the centrality of Vietnam as a core episteme in the history and development of global conceptual practices since 1962. Reconnecting critical art and protest of the Vietnam era in this way challenges current geographically and formally demarcated areas in art history, which center conceptual art and its genealogies territorially in Euro-America, and formally locate its practices in dematerialization and an aesthetics of administration.</p><p><strong>« Information and the reception of conceptual art »</strong><br />Ancuta Mortu<br />This paper discusses the reception of conceptual art from the perspective of an information-theoretic analysis. This approach brings into focus both the communicative function of art and the materiality of the very act of communication, and puts pressure on two aspects of conceptual works: the idea of their conception and the physical implementation of this idea. More specifically, this paper is an inquiry into the nature of the information conveyed by conceptual art in its formal, semantic and aesthetic dimension, thus carrying further a typology that Abraham Moles and Max Bense proposed in the 1960s.</p><p><strong>« “Conceptual Literature”: reflexion on a problematical category »</strong><br />Pascal Mougin<br />Transposing to the literary domain a category such as conceptualism, historically attached to the visual arts, is not self-evident. Today’s dominant assimilation between “conceptual literature” and literature based on constraints is debatable. The study contests in particular the analogy proposed by Gérard Genette between Duchampian ready-made and oulipian lipogram (<em>L'Œuvre de l'art</em>, 1994) and hypothesizes literary forms more directly equivalent to Lawrence Weiner's <em>Statements</em> or Douglas Huebler's protocols.</p>";322;15.00;"<p>Les œuvres dites conceptuelles renvoient à un large éventail de situations que l’on peut observer au sein des multiples champs de la création jusqu’aux pratiques artistiques les plus contemporaines. Dans ce sens, la dimension conceptuelle de l’œuvre est à considérer dans une définition plus générale que celle, restreinte, qui concerne l’art conceptuel historique – celui du groupe d’artistes new-yorkais, regroupés autour de Seth Siegelaub à la fin des années 1960 – et touche à d’autres pratiques et domaines que les arts visuels. <em><br />Marges</em> questionne ici la manière dont le primat du concept affecte, modifie ou questionne la réception de l’œuvre au détriment de ses propriétés perceptives immédiates.</p>";;11/10/2018 14:52;1;Première édition;3675 680;2;3;16;L'atelier Michon;;;;"<p>Première à embrasser dans son ensemble le parcours littéraire de Pierre Michon, cette monographie prend appui sur <em>Les Onze</em> pour mettre en valeur l’unité de l’œuvre.</p>";"<p style=""text-align: left;""><em>L’instinct du constructeur</em>. <em>Avant-propos <br /><br /></em>Vaincre le démon de l’absence <br /><br />Le triptyque de saint Vincent <br /><br />Le <em>tam-tam</em> d’Arthur Rimbaud <br /><br />Autour des Onze <br /> Corentin le fils <br /> Devant le tableau <br /> L’autre peintre de la Terreur </p><p style=""text-align: left;"">Au feu les reliques ! <br /><br /><em>« Il faut en finir »</em>. Conclusion <br /><br /><em>Bibliographie </em><br /><br /></p>";;07/02/2019;0;137x220;196;978-2-37924-000-3;978-2-37924-000-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_680.jpg;"<p>Parfois achevés à son insu, les livres de Pierre Michon peuvent rester longtemps en sursis, tels des tableaux dont l'heure n'est pas venue quand d'autres, plus récents, sortent de l'atelier. Mais tous semblent contemporains les uns des autres, pans détachés, selon une maturation inégale, du monument invisible, déjà là et à venir, de l'Œuvre : remise en chantier permanente, dans le doute et la joie, de questions toujours en suspens jusqu'au moment où, selon le mot de l'écrivain, <em>ça marche</em>. Le labyrinthe où, depuis l'inaugural <em>Vies minuscules</em> (1984), Michon chemine « à l'aveugle » semble ainsi se développer hors du temps, comme sous l'effet d'un secret principe organisateur.<br /><br />S'appuyant sur la longue crise des <em>Onze</em> (2009) dont le dénouement tardif éclaire d'un jour nouveau un parcours singulier, cet essai analyse la « profonde nécessité non dite » qui opère à tous les niveaux de l'œuvre de Pierre Michon, du simple motif récurrent à l'architecture d'ensemble.</p><p><br /><br /><em>Agrégée de lettres et docteur en esthétique, Annie Mavrakis a publié de nombreux articles ainsi qu'un livre, La Figure du monde. Pour une histoire commune de la littérature et de la peinture (2008). Plusieurs rubriques de son blog (anniemavrakis.fr) sont consacrés à Pierre Michon.</em></p>";"<p><strong>L’instinct du constructeur </strong></p><p class=""Titre""><span class=""CharOverride-1"">Avant-propos</span></p><p class=""Exergue ParaOverride-2"">Lire, fidèlement, un texte de Michon, ce serait entrer dans la logique de cette épaisseur [d’écriture], y retrouver les gestes, ou chemins d’une grande chorégraphie signifiante.</p><p class=""Exergue ParaOverride-3"">Jean-Pierre Richard<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-054-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span></p><p class=""Texte-courant"">« Il y a quelque chose qui n’est pas humain ou qui est trop humain et qui me porte quand j’écris », déclarait Pierre Michon en 1999<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span><span class=""ital"">. </span>Et il ajoutait : « Vous savez ce qui est merveilleux avec toutes les mythologies antiques et romantiques de l’inspiration ? Elles vous permettent de n’être pas vraiment concerné par ce que vous avez écrit. » À la limite, l’œuvre se donne pour Michon comme un <span class=""ital"">fait accompli</span> presque à son insu, au terme d’une « opération d’écriture […] à la fois surdocumentée et complètement traitée dans le noir ». Sinon, précise-t-il, « j’aurais l’impression que ça ne me tombe pas du ciel. Or il faut que j’aie l’impression que ça me tombe du ciel<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span> ».</p><p class=""Texte-courant"">Ce dispositif spécial, cette prodigieuse « machinerie<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span> » michonienne d’où naissent « plaisir d’écrire » et « fantasme de créateur hors du temps »<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span> ne pouvait manquer de susciter un désir infini de commentaire<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span>. Mise au défi d’en explorer les arcanes, encore relancée par la publication d’entretiens qui ont révélé « d’un seul coup les grottes et les gisements sur lesquels cette œuvre s’est bâtie<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-048-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span> » puis par le succès des <span class=""ital"">Onze</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span>, l’exégèse – autre machinerie – tourne désormais à plein régime, multipliant les angles d’étude au gré de nombreux colloques et ouvrages collectifs<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">9</a></span></span>. C’est que la matière « érudite et carnavalesque<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">10</a></span></span> » du mince <span class=""ital"">corpus</span> michonien<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">11</a></span></span> « convoque […] à [son] écoute toutes les formes d’approche critique », comme le rappellent les organisateurs du colloque de Cerisy, pour qui « ce sont toutes les grandes questions de la littérature d’aujourd’hui que cette œuvre remet en perspective<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">12</a></span></span> ». Approches et questions si nombreuses en vérité qu’il est impossible de les détailler ici<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">13</a></span></span>. Qu’il me suffise de mentionner l’exploration du matériel génétique, de la « variété générique<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">14</a></span></span> », de l’intertextualité, l’étude du rapport au biographique, à la littérature ancienne ou contemporaine, à l’archive, à l’érudition, à l’histoire, à la langue, à la rhétorique, à la théorie (littéraire ou picturale), à la psychanalyse, à la sociologie, à l’anthropologie, à la théologie, à toutes sortes de savoirs.</p><p class=""Texte-courant"">Or il me semble que si une telle diversité de démarches est indispensable, l’espèce de diffraction qu’elle engendre pourrait distraire de ce qui, justement, dans l’œuvre dense et chatoyante de Michon, <span class=""ital"">fait œuvre</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">15</a></span></span>. Les études de Jean-Pierre Richard sur <span class=""ital"">Rimbaud le fils </span>et <span class=""ital"">Vie de Joseph Roulin</span> évoquent une « logique en devenir », une « grande chorégraphie signifiante »<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">16</a></span></span><span class=""ital"">.</span> C’est sur ce terrain que je tente de me situer en interrogeant la « profonde nécessité non dite<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">17</a></span></span> » qui habite les livres de Michon, cette « monotonie<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">18</a></span></span> » très particulière qui unifie étroitement les éléments constitutifs de son inspiration tout en les colorant chaque fois diversement. Entreprise semée d’embûches<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">19</a></span></span> mais à laquelle la longue « crise » tardivement dénouée des <span class=""ital"">Onze</span> donne une chance d’aboutir parce qu’elle oblige à considérer dans sa logique interne un parcours, il est vrai, plein de contradictions et de surprenants « rebondissements<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">20</a></span></span> ».</p><p class=""Texte-courant"">Dans <span class=""ital"">À l’ombre des jeunes filles en fleurs</span>, Proust évoque à propos de Bergotte ce profond « <span class=""ital"">instinct du constructeur</span> » de l’écrivain, capable de reconnaître la « vérité » d’une page à la « joie » qu’elle lui procure – et qui en est, dit-il, la « preuve »<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">21</a></span></span>. Joie ou sentiment d’évidence nés de l’adéquation mystérieuse entre la <span class=""ital"">chair</span> de l’œuvre (motifs, images, rythmes propres, « mots-fantasmes<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">22</a></span></span> », personnages, couleur) et son architecture, son dessin (son <span class=""ital"">disegno</span>), c’est-à-dire une dimension plus intellectuelle, préméditée et donc <span class=""ital"">a priori</span> moins « instinctive ». Chez un grand écrivain, la construction est toujours et partout au travail, effet<span class=""ital""> </span>d’une nécessité créatrice, indivisiblement substance <span class=""ital"">et</span> structure et dont la puissance est telle que son serviteur ne peut que se laisser mener par elle, en somnambule, vers sa propre vérité<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">23</a></span></span>.</p><p class=""Texte-courant"">C’est pourquoi le labyrinthe où Michon nous fait cheminer<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">24</a></span></span> avec lui paraît en quelque sorte hors du temps, comme si un secret principe organisateur (appelons-le l’Œuvre) en gouvernait <span class=""ital"">à l’avance</span> – quoique de manière imprévisible – tous les détours<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">25</a></span></span>. Dans ces « blocs de prose » qui ne se laissent guère périodiser, l’exégète ne peut d’ailleurs s’appuyer sur aucune chronologie fiable pour repérer les éléments d’une hypothétique « évolution ». Même les dates de parution ne signifient pas grand-chose<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">26</a></span></span>. Avec<span class=""ital""> Les Onze</span>, le cas peut-être le plus flagrant du décalage entre dates d’écriture et de publication est <span class=""ital"">L’Origine du monde</span>,<span class=""ital""> </span>commande de Jacques Réda pour <span class=""ital"">La Nouvelle Revue française</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">27</a></span></span><span class=""ital"">.</span> Le livre ne parut qu’en 1996, sous le titre <span class=""ital"">La Grande Beune</span>,<span class=""ital""> </span>alors qu’« à l’insu » de son auteur, il était achevé depuis 1988<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">28</a></span></span>. Et quand, la même année, <span class=""ital"">Vie de Joseph Roulin</span> sort en volume chez Verdier<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">29</a></span></span>, le<span class=""ital""> </span>cycle que semble inaugurer ce livre est en fait largement entamé : deux des textes de <span class=""ital"">Maîtres et serviteurs</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">30</a></span></span> ont été publiés en revue deux ans plus tôt<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">31</a></span></span>. Quant au <span class=""ital"">Roi du bois </span>(Verdier, 1996), dernier récit de la série, c’est en 1992 qu’il a d’abord paru – et encore n’est-ce qu’une date d’édition. Et ce ne sont pas les seuls exemples<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">32</a></span></span>.</p><p class=""Texte-courant"">Ces particularités resteraient anecdotiques si l’on n’en retirait pas l’impression troublante que les écrits de Michon, y compris ceux non encore parus, sont tous « contemporains » les uns des autres, pans détachés, selon une maturation inégale, du monument encore invisible de l’Œuvre : tout entière déjà là et à venir ; remise en chantier permanente, dans le doute et l’inquiétude, de questions toujours en suspens jusqu’au moment où, selon l’expression de Michon, <span class=""ital"">ça marche</span>. Chez lui tout se tient, peut-être parce que <span class=""ital"">tout</span> est mené <span class=""ital"">de front</span>, ce que l’écrivain, quand on lui demande d’évoquer son « parcours », formule ainsi : « je suis toujours le même, je n’ai pas la chance de pouvoir changer de main, comme Pessoa<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">33</a></span></span> ».</p><p class=""txt_separateur ParaOverride-4"">*</p><p class=""Texte-courant"">L’histoire accidentée des <span class=""ital"">Onze</span>, dont j’ai eu la chance de suivre la reprise et l’achèvement pendant l’année qui a précédé sa publication, lève un peu le voile sur le mécanisme qui vient d’être évoqué. Les crises sont toujours éclairantes et celle-ci fut de taille. En 1996 et 1997, peu de temps après la parution de <span class=""ital"">La Grande Beun</span>e,<span class=""ital""> </span>Michon avait publié dans des revues assez confidentielles les premiers chapitres, rédigés des années plus tôt, de son « roman » sur la Terreur. Le troisième, plus accessible que les deux autres car mis en ligne par Verdier, laissait le lecteur sur la vision saisissante du tableau éponyme, où s’alignent, encadrant Robespierre, les membres du Comité de salut public. Mur de peinture définitive, infranchissable, devant lequel, terme cher à Michon, on ne peut que rester « baba », le tableau de 1794<span class=""ital""> </span>se dressait donc devant le lecteur médusé à la fin du troisième chapitre. Puis plus rien, comme si, piégé par cette perfection, l’auteur n’avait pu que s’effacer, nous laissant déchiffrer la « tartine » biographique, placée là comme un leurre ou un défi, à l’usage des visiteurs du musée. Nulle « vulgate » (c’est le mot utilisé dans <span class=""ital"">Rimbaud le fils</span>) ne pouvait être invoquée ou prise à rebours à propos de Corentin, son auteur : il avait fallu en forger une de toutes pièces pour nous faire croire « imparablement » au chef-d’œuvre de ce peintre imaginaire, exception à la règle jusque-là observée du point de départ réel.</p><p class=""Texte-courant"">De temps en temps, quand on l’interrogeait sur <span class=""ital"">Les Onze</span>, Michon mentionnait des « coups d’essai » catastrophiques : sur David<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">34</a></span></span> d’abord puis sur « un épisode de la Révolution dans la Creuse ». En 1994, il est question d’un nouveau départ pour ce texte dont Michon se dit « amoureux<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">35</a></span></span> », avant que le projet (« un peu téléfilm » et qui « plaisait » pour de mauvaises raisons), ne soit enterré : « ce livre, commencé en 1993, ne sera jamais fini<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">36</a></span></span> ».</p><p class=""Texte-courant"">Pendant que restait en panne, obsédante sans doute, l’histoire du tableau de François-Élie Corentin, paraissaient des textes dans lesquels se perçoivent des échos assourdis de l’échec provisoire des <span class=""ital"">Onze</span>. Il y a dans <span class=""ital"">Le Roi du bois</span>, par exemple, quelque chose comme un <span class=""ital"">règlement de compte avec la peinture</span>, d’autant plus que le récit de Desiderii, disciple raté de Claude Lorrain, est à la première personne et non dépourvu de la tonalité fortement autobiographique propre à <span class=""ital"">Vies minuscules </span>et à <span class=""ital"">La Grande Beune</span>. D’autres indices annoncent ce qui se dénouera et permettra l’achèvement des<span class=""ital""> Onze</span>, comme le motif récurrent des reliques ou, dans le texte de <span class=""ital"">Corps du roi </span>consacré à Flaubert, celui de l’Œuvre tueuse<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">37</a></span></span>.</p><p class=""Texte-courant""><span class=""ital"">Les Onze</span>, donc, ne se laissait pas mettre de côté ; de fait, le livre « insista » si bien que son auteur se remit au travail. Je l’ignorais quand, séduite par le chapitre trois, je commençai à prendre des notes pour un article, sans trop savoir où me mènerait l’idée bizarre d’écrire sur un texte non seulement inachevé mais renié avec véhémence par son auteur. Michon apprit mon projet par hasard (je lui avais demandé une préface pour mon livre <span class=""ital"">La Figure du monde</span>) et il m’engagea à le poursuivre et même à lui soumettre sans délai ce que j’avais fait : « Expliquez-moi ce texte<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">38</a></span></span> ! »</p><p class=""Texte-courant"">Étrange requête mais qui, je crois, rend bien compte de ce dont je parlais en commençant. En publiant les premiers chapitres (j’avais entre-temps lu les deux autres malgré son véto), Michon les avait éloignés de lui. Dans quel but ? S’en débarrasser ?<span class=""ital""> </span>Je crois plutôt que c’était une façon de les <span class=""ital"">mettre en jeu</span>, exposés et cachés à la fois, peut-être pour que quelque curieux allât y voir, sans se laisser intimider par le déni officiel. Mais qu’est-ce qu’un lecteur arrêté au chapitre 3 pouvait bien percevoir d’utile ? Sans doute l’ignorance de ce qui avait été voulu, prémédité, intéressa-t-elle Michon à ce stade, d’où sa demande d’une réaction instinctive, « <span class=""ital"">à chaud</span> ».</p><p class=""Texte-courant"">Ce qui me frappa d’emblée ne se réduisait pas à la nouveauté d’un peintre fictif, difficile à ranger aux côtés des Goya, Van Gogh, Watteau, Lorenzino ou Desiderii, dont l’histoire était ordonnée à la question « qu’est-ce qu’un <span class=""ital"">grand </span>peintre<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">39</a></span></span> ? ». Outre l’étrangeté d’une interpellation du lecteur au présent – présent d’une expérience commune en train de se construire –, la surprise venait de la place prise <span class=""ital"">par le tableau</span>, aux dépens de ce qui semblait jusque-là primordial dans l’œuvre de Michon : la « vie », le destin de l’artiste. Comme l’annonçait déjà le titre, on pressentait que loin d’être l’objet du récit, la biographie de François-Élie Corentin, sa généalogie hybride, serait subordonnée au chef-d’œuvre, chargée de l’éclairer. D’ailleurs, là où habituellement se joue l’essentiel : le moment du basculement, de l’élection, le récit présentait un « inexplicable trou<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">40</a></span></span> ». <span class=""ital"">Les Onze</span> s’étant arrêté à ce point bien avant que Michon en eût fini avec les questionnements qui avaient mené à <span class=""ital"">Vies minuscules</span>, il n’était pas interdit de supposer que l’irruption avant l’heure du « fétiche à onze têtes » avait engendré le « cadenassage » de l’entreprise, si<span class=""ital""> </span>longtemps crue « damnée » par son auteur<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">41</a></span></span>.</p><p class=""Texte-courant"">Il fallut encore six mois à Michon pour accepter le sacrifice des « vies » aux « exigences égoïstes » de l’œuvre<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">42</a></span></span>. En tant qu’« exégète autorisée, prématurée et nécessaire de cet ouvrage fantôme<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">43</a></span></span> », je pouvais me « rassurer » : le chapitre suivant serait un retour sur les circonstances de la commande, nous n’en saurions guère plus sur le Limousin au double prénom, « le « trou demeure[rait]<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">44</a></span></span> ». Ce choix me plut même si je ne pouvais alors en mesurer la portée.</p><p class=""Texte-courant"">Je reproduis sans y rien changer ma petite étude de 2008<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">45</a></span></span>, d’abord parce que la circonstance de l’exégèse prématurée est tout de même curieuse ; et aussi parce que s’y trouvent des intuitions que l’article écrit l’année suivante sur l’œuvre achevée ne pouvait reprendre telles quelles. La lecture des <span class=""ital"">Onze</span>, enfin publié au printemps 2009, confirmait que Corentin <span class=""ital"">n’était pas</span> le « sixième peintre de Pierre Michon », contrairement à ce qu’indiquait mon sous-titre ; du coup, l’analyse proposée dans un chapitre de mon livre paru en 2008<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">46</a></span></span> devait être modifiée. Non sur l’essentiel (la cohérence d’un ensemble de peintres liés par un réseau serré d’interrelations), mais parce que la clôture de la série avec <span class=""ital"">Le Roi du bois</span> (le cinquième peintre) dégageait d’autres lignes de force. Avec le recul, l’ensemble ne m’apparaissait plus seulement comme un « polyptyque » – que pourraient compléter à l’infini d’autres « vies de peintres » – mais comme un système aussi refermé sur lui-même que <span class=""ital"">Vies minuscules</span> : un triptyque dédié à Van Gogh (« saint Vincent »), figure maîtresse, la première émergée du cycle, autour de laquelle se disposent les quatre autres selon une rigoureuse symétrie. Le remaniement du chapitre qu’on lira plus loin doit donc beaucoup, comme le reste, à l’éclairage apporté par <span class=""ital"">Les Onze</span>, qui révèle une <span class=""ital"">construction</span> jusque-là invisible au lecteur et sans doute à l’auteur lui-même<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">47</a></span></span>.</p><p class=""Texte-courant""><span class=""ital"">Les Onze</span> est au cœur de cet essai parce que s’y retrouvent en outre, imperceptiblement décalés par un changement de perspective ou d’éclairage, la plupart des thèmes et motifs de prédilection de Michon, eux-mêmes comme « travaillés » en secret par le livre à venir pendant les longues années de sa gestation. <span class=""ital"">Les Onze</span> est une histoire de peintre, comme les récits parus entre 1988 et 1996 : <span class=""ital"">Vie de Joseph Roulin</span>, <span class=""ital"">Maîtres et serviteurs </span>et <span class=""ital"">Le Roi du bois</span>. Par bien des traits (l’âge, l’origine limousine, etc.), la biographie et même l’autobiographie n’en sont pas absentes. De l’aveu même de l’auteur, Corentin lui ressemble bien davantage que les Van Gogh, Goya, Watteau, Lorentino, Desiderii dont la réinvention avait répondu à un double besoin : se voir soi-même autrement, de biais mais aussi, en traitant à égalité le raté et le génie, interroger le mystère de l’élection. « Il a fallu que j’en passe par la peinture, a expliqué Michon. C’est étrange<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">48</a></span></span>. » Mais dans <span class=""ital"">Les Onze</span>, le destin de l’artiste ne se donne plus qu’en creux.</p><p class=""Texte-courant"">Le chapitre intitulé « Devant le tableau<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">49</a></span></span> » s’attache à montrer l’apport de ce livre : au bout de toutes ces années, la foi en l’Œuvre pouvait enfin s’avouer sans réserves. Non qu’elle eût jamais vraiment fait défaut à Michon, étant le moteur déjà, quoique en partie inconscient et « à éclipses<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">50</a></span></span> », de <span class=""ital"">Vies minuscules</span>. « C’est la galère. Mais la mer est belle », répondait-il en conclusion à un entretien en 1992<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">51</a></span></span>. Dans le texte de <span class=""ital"">Trois Auteurs</span> consacré à Balzac, « que la Grâce a tenu par la peau du cou pendant quinze ans », cette confiance est réaffirmée en dépit des obstacles et des désillusions : « Qu’importe qu’ils soient vides, les appartements ? Reste le chemin plein d’espérance et de foi qui vous mène à leur porte<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">52</a></span></span>. »</p><p class=""Texte-courant"">En cela, <span class=""ital"">Les</span> <span class=""ital"">Onze</span> – c’est encore une dimension précieuse de ce livre – s’inscrit en faux contre le terrible constat d’Anatole France qui, un siècle plus tôt, dans <span class=""ital"">Les Dieux ont soif</span>, vouait sans recours à l’échec non seulement Gamelin, son « citoyen-peintre » contemporain de Corentin<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">53</a></span></span> mais toute peinture, son pessimisme ne pouvant admettre la possibilité d’aucun miracle. Pour Michon, au contraire, « le texte (l’art) gagne toujours<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">54</a></span></span> ». La confrontation des deux peintres fictifs montre bien, sans minimiser l’importance du cadre historique choisi, à quel point l’invention de Corentin répond bien à une nécessité interne de l’œuvre entière.</p><p class=""Texte-courant""><span class=""ital"">Les Onze </span>se place donc à l’horizon de mes analyses mais cela ne signifie pas que les livres antérieurs n’ont été abordés que dans l’après-coup d’un point de vue rétrospectif. Les études consacrées à <span class=""ital"">Vies minuscules</span>, mais aussi à<span class=""ital""> Rimbaud le fils</span> et aux autres écrits de Michon, tentent de rendre compte au plus près de ce qui tient à l’époque de leur rédaction. C’est au fil des livres que tout s’éclaire et se met en place, que les résistances cèdent. Mais un instinct sûr a prépar&";;;;;;;;; 683;2;3;13;Le peuple à l'écrit. De Flaubert à Virginie Despentes;;;;"<p>A l’heure d’internet comme au XIXe siècle, un vaste public s’est emparé des pouvoirs de l’écrit. Comment la littérature, de Flaubert à Virginie Despentes réagit-elle à cette concurrence inédite ?</p>";"<p>Introduction</p><p><br />Écritures ordinaires<br /> Extension du domaine de la lettre<br /> Portraits du peuple rédacteur<br /> Fragilité d'une transmission</p><p style=""text-align: left;"">Apprendre à écrire ?<br /> À l'école de la République<br /> Entre les murs du collège<br /> Écrire et conter<br /> La scène de l'acculturation</p><p>La revanche de l'oral<br /> À la recherche du beau français<br /> Un conflit de loyauté<br /> Pour en finir avec le point-virgule</p><p>La faute et la marge<br /> Grammaires du crime<br /> Un imaginaire social de la langue<br /> L'illetrisme rédempteur</p><p> </p><p>Conclusion</p><p>Bibliographie critique sélective</p>";;02/05/2019;0;137x220;206;978-2-37924-012-6;978-2-37924-012-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_683.jpg;"<p>À l'heure d'internet, un vaste public s'est mis à écrire. Or ce phénomène n'est pas nouveau. Après la Révolution française, à mesure que progressait la scolarisation, les classes laborieuses et les gens ordinaires se sont emparés de l'écrit. Comment la littérature, comment les écrivains professionnels, qui jusqu'alors détenaient sinon un monopole, du moins un pouvoir sur la langue écrite ont-ils accueilli ce nouveau partage ? Comment ont-ils réagi à cette concurrence inédite ? Y ont-ils vu une ressource ou une menace ? Ce livre tente de répondre à de telles questions en explorant les œuvres littéraires. Si Gustave Flaubert et Virginie Despentes forment les bornes chronologiques de cet ouvrage, la réflexion s'appuie principalement sur un corpus de huit auteurs témoins : Marcel Proust, Colette, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Annie Ernaux, François Bon, François Bégaudeau et Ivan Jablonka. On verra, chemin faisant, que la littérature éclaire les débats les plus contemporains sur l'école, l'oral et l'écrit, les fractures culturelles, l'illetrisme et la marginalité.<br /><br /><br /><em>Nelly Wolf est professeure de littérature française à l'université de Lille. Ses travaux portent sur les liens entre littérature et politique, littérature et société. Elle s'intéresse également aux écrivains juifs de langue française sur lesquels elle a écrit de nombreux articles. Elle a publié notamment </em>Le Roman de la démocratie<em> (Presses Universitaires de Vincennes, 2003) et </em>Proses du monde. Les enjeux sociaux des styles littéraires<em> (Presses Universitaires du Septentrion, 2014).</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction</p><p class=""txt_Normal"">L’avènement d’internet a été pour beaucoup d’intellectuels, pour peu qu’ils fussent nés avant l’ère du numérique, un phénomène déroutant. Ils ont vu affluer sur la Toile la foule des quidams et des anonymes dont la prose souvent affranchie des règles de l’orthographe et de la syntaxe leur soumettaient des raisonnements qu’ils jugeaient simplistes et des préjugés qui n’étaient pas les leurs. Espace public global, internet était devenu le lieu et la place d’un universel commentaire. Tout le monde et n’importe qui s’autorisait désormais à écrire sur tout et n’importe quoi, et parfois n’importe comment. Cette gigantesque prise d’écriture par le tout-venant a exercé, sur les professionnels de la chose écrite, à la fois de la séduction et une pression anxiogène. D’un côté, on a espéré que la généralisation des activités rédactionnelles apporterait un exceptionnel progrès démocratique sur les plans culturel et politique. D’un autre côté, on a craint la défiguration de la culture écrite. L’apparition des sites de création littéraire et des plates-formes d’autoédition a suscité de nouvelles interrogations, soulevé de nouveaux défis. L’écrivain était voué jusqu’à présent à raconter non seulement sa propre vie mais aussi d’autres vies que la sienne<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. Allait-on se passer de lui dès lors que tout un chacun pouvait, s’autorisant de soi-même et indifférent à toute évaluation ou consécration institutionnelle, publier son propre récit ?</p><p class=""txt_Normal"">Or, si on est attentif à l’histoire, on constate qu’un phénomène identique s’est déjà produit. Il a débuté au <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle et a répandu ses effets sur les époques suivantes. Après la Révolution française les classes laborieuses et les gens ordinaires se sont emparés des pouvoirs de l’écrit. À mesure que progressait la scolarisation, des populations entières jusque-là éloignées du savoir graphique ont eu accès à ses symboles et à ses signes<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. Non seulement les nouveaux scripteurs se sont familiarisés avec les pratiques rédactionnelles domestiques et privées (correspondance, agenda, liste) mais ils se sont infiltrés dans les sphères lettrées et savantes ou se sont mis à interagir avec elles : ils ont adressé des lettres aux auteurs, aux journaux, ont tenu un journal intime, et finalement écrit et publié à leur tour des discours, des articles, des poèmes, des pièces de théâtre, des romans.</p><p class=""txt_Normal"">Comment la littérature, comment les écrivains professionnels, qui jusqu’alors détenaient sinon un monopole, du moins un magistère sur la langue écrite dont il leur incombait souvent de fixer l’usage, ont-ils accueilli ce nouveau partage ? Comment ont-ils réagi à cette concurrence inédite ? Y ont-ils vu une ressource ou une menace ?</p><p class=""txt_Normal"">Ce livre tente de répondre à de telles questions, non pas en recherchant dans les archives des écrivains telle déclaration de presse pour ou contre l’accès des masses à l’écriture, tel jugement sur l’art d’écrire du peuple, mais en explorant les textes littéraires eux-mêmes. Un personnage original, le scripteur populaire, un actant singulier, le peuple à l’écrit, se sont introduits dans les fictions littéraires. On a tenté d’étudier les formes qu’ils y ont prises. Un ordre communicationnel s’est instauré, différent de ceux qui l’avaient précédé. On s’est attaché à détecter sa présence et mesurer ses répercussions dans les intrigues littéraires, y compris les intrigues linguistiques. Ce faisant, on a rencontré, bien entendu, des déclarations pour ou contre l’accès des masses à l’écriture, et des jugements sur l’art d’écrire du peuple.</p><p class=""txt_Normal"">Le premier chapitre, « Écritures ordinaires », a une visée plus ou moins panoramique. Sans prétention à l’exhaustivité, il s’agissait approximativement de recenser les transformations induites dans le champ littéraire par la démocratisation de l’écrit : nouveaux profils d’auteurs, nouvelles typologies narratives, nouvelles possibilités stylistiques. On a traité à part, dans le deuxième chapitre intitulé « Apprendre à écrire ? », le cas d’espèce constitué par les épisodes et les romans scolaires. L’école est l’atelier où le peuple est mis à l’écrit. Pour la littérature, c’est le laboratoire où se fabrique une langue, où s’expérimente un partage linguistique qui conditionnent et modifient sa propre situation dans l’espace communicationnel, et qu’elle est donc appelée à observer avant d’en tirer des modèles à suivre ou des motifs de rejet. Le troisième chapitre, « La revanche de l’oral », part d’un constat : traditionnellement, quand on représente la langue des classes populaires, on met en scène leur parole vive, leur oralité. Dès lors que cet imaginaire traditionnel est contesté par l’apparition du peuple scripteur, des équilibres sont rompus, d’autres sont établis. Ce troisième chapitre est conçu pour être un prolongement du deuxième, car une grande partie de la négociation entre écrit et oral se joue à l’école et c’est bien là que les écrivains la localisent. Enfin dans le dernier chapitre, « La faute et la marge », on s’est intéressé à l’association fréquemment répétée entre la faute d’écriture et les marges sociales. Autant et même peut-être plus que la faute orale, il semble que la rédaction défectueuse contribue à définir et redéfinir, entre stigmatisation et sublimation, la représentation littéraire des pathologies sociales, des vies précaires, des destins déviants, des dérives criminelles.La réflexion s’appuie principalement sur un corpus de huit auteurs témoins, dont l’œuvre, ou les œuvres, coïncidant avec les principaux moments de l’histoire contemporaine, éclaire les principaux enjeux de la confrontation entre écriture littéraire et écriture ordinaire. Ces huit auteurs sont Marcel Proust, Colette (début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle), Louis Guilloux, Henry Poulaille (années 1930), Annie Ernaux, François Bon (deuxième moitié du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle), François Bégaudeau et Ivan Jablonka (début du <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle). Autour de ce noyau dur ont été convoqués d’autres écrivains qui, depuis Gustave Flaubert jusqu’à Virginie Despentes, ont mis en scène le scripteur populaire et noué une intrigue autour de son activité rédactionnelle. Les textes étudiés sont presque exclusivement des romans, mais le théâtre est également cité en exemple.</p><p class=""txt_Normal"">Ce livre fait écho au <span class=""typo_Italique"">Peuple dans le roman français de Zola à Céline</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>, publié il y a presque trente ans et qui déjà posait la question de la représentation de la langue du peuple, à l’oral et à l’écrit. À l’époque, afficher le mot « peuple » au fronton d’un ouvrage d’histoire littéraire ne soulevait pas d’objection majeure. Quelques années auparavant, Geneviève Bollème avait publié <span class=""typo_Italique"">Le Peuple par écrit</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. Depuis, le vocable s’est opacifié ; la dénomination des classes populaires s’est fractionnée en syntagmes divers, à la suite des transformations sociales et des déplacements symboliques qu’elles ont entraînés. Pourtant, le peuple est par essence un concept problématique. Il renvoie au moins à trois réalités, désignées dans l’Antiquité par trois mots différents : <span class=""typo_Italique"">demos</span>, <span class=""typo_Italique"">ethnos</span> et <span class=""typo_Italique"">plebs</span>, soit le corps politique, la nation, et la foule qui fait l’opinion. Aux <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span>et <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles les démocraties occidentales prétendent faire fusionner ces entités (en particulier la souveraineté politique et le principe national), mais, note Pierre Rosanvallon<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>, au prix d’une scission entre la composante sociologique et la composante politique de la démocratie. La fraction dominée du<span class=""typo_Italique""> demos</span>, confinée dans une citoyenneté incomplète, ne participe pas vraiment à la souveraineté. De toute manière, le terme reste contradictoire, « monstrueux » même, selon Valéry, renvoyant à la fois au tout – la société – et à la partie – les classes défavorisées. Malgré ce contenu problématique, le mot a continué à circuler, chacun le dotant du référent de son choix.</p><p class=""txt_Normal"">Aujourd’hui, cependant, le mot semble en fin de carrière. Le titre du recueil publié en 2013 par Alain Badiou est emblématique : <span class=""typo_Italique"">Qu’est-ce qu’un peuple ?</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span><span class=""typo_Italique""> </span>L’article défini a été abandonné. <span class=""typo_Italique"">Le </span>peuple ne fait plus les titres. Au plan politique, il n’apparaît plus guère que dans le discours populiste, notamment à l’extrême-droite, qui l’emploie dans son acception ethnico-politique (le peuple français), ou pour l’opposer aux « élites ». Jean-Luc Mélanchon invoque aussi volontiers « le peuple », opposé à l’« oligarchie », mais redoublé par un singulier syntagme : les gens. Le reste du personnel politique les imite parfois, par opportunisme. Ailleurs, dans la langue des sociologues et des historiens, dans celle des médias ou autres « faiseurs d’opinion », le terme s’est fait rare. On le trouve plus volontiers sous sa forme adjectivale. On parle des classes populaires, des quartiers populaires, plutôt que du peuple. Souvent, il est remplacé par d’autres syntagmes parmi lesquels « les gens ordinaires », les « vrais gens », remportent la palme du succès ou de la… popularité<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">On s’aperçoit alors que le peuple était un concept qui servait surtout à signifier, et en la signifiant à la construire, la place centrale du prolétariat national dans le contrat démocratique. Le prolétariat réalisait la fusion impossible du corps social et du corps politique de la démocratie.</p><p class=""txt_Normal"">À mesure qu’on s’éloigne de la Seconde Guerre mondiale, ce cadre notionnel se dissout. Le rôle économique et social de la classe ouvrière a décliné. Largement investie par les populations immigrées, elle n’est plus identifiée au prolétariat national.</p><p class=""txt_Normal"">Si nous avons conservé le terme dans notre titre et nos développements, c’est que, jusqu’à Annie Ernaux au moins, il est encore opératoire pour rendre compte des personnages et des situations fictives présents dans notre corpus. En revanche, il n’est pas sûr que les marginaux de Bon, les collégiens de Bégaudeau, soient encore « le peuple ». C’est pourquoi nous avons recouru, dans la rédaction des chapitres, à la palette des synonymes et termes de substitution. Nous avons notamment eu recours à l’adjectif « ordinaire ». Renvoyant à la notion d’ordre normal, au banal, au quotidien, ce terme se rapproche d’une valeur quasi stylistique. Il qualifie ce qui appartient à tous et ne distingue personne. Dans cette acception, le peuple, c’est le tout un chacun de la démocratie. Un collectif qui est une collection d’individus.</p><p class=""txt_Normal"">Nelly Wolf</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Allusion au livre d’Emmanuel Carrère, <span class=""typo_Italique"">D’autres vies que la mienne</span>, Paris, P.O.L, 2009.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. « Chaque Français participait aux pouvoirs de l’écrit dans la mesure où il s’appropriait les règles générales de l’orthographe et de la rédaction », affirme Renée Balibar dans « Le Français enseigné », dans Gérald Antoine et Robert Martin (dir.), <span class=""typo_Italique"">Histoire de la langue française. 1880-1914</span>, Paris, CNRS éditions, 1999, p 273.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Nelly Wolf, <span class=""typo_Italique"">Le Peuple dans le roman français de Zola à Céline</span>, Paris, Presses Universitaires de France, 1990.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Geneviève Bollème, <span class=""typo_Italique"">Le Peuple par écrit</span>, Paris, Seuil, 1986.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Pierre Rosanvallon, <span class=""typo_Italique"">Le Peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France</span>, Paris, Gallimard, 1998.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. <span class=""typo_Italique"">Qu’est-ce qu’un peuple ?</span>, Paris, La fabrique, 2013. Les textes, signés Alain Badiou, Pierre Bourdieu, Georges Didi-Huberman, Sadri Khiari, Jacques Rancière, explorent les antinomies du concept sans les dépasser.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Le mouvement des « gilets jaunes » a éclaté bien après que cette introduction eut été écrite. Il lui donne une nouvelle actualité.</p></div></div></div>";;300;19.00;"<p>Comment la littérature, comment les écrivains professionnels, qui jusqu’alors détenaient sinon un monopole, du moins un pouvoir sur la langue écrite ont-ils accueilli ce nouveau partage ? Comment ont-ils réagi à cette concurrence inédite ? Y ont-ils vu une ressource ou une menace ? Ce livre tente de répondre à de telles questions en explorant les œuvres littéraires de Gustave Flaubert à Virginie Despentes. A travers la littérature, il nous invite à réfléchir sur la démocratie, l’oral et l’écrit, l’école.</p>";;31/01/2019 09:38;0;Première édition;4027 681;2;3;13;Mémoire et complicité. Au prisme de la Shoah;;;;"<p>Comment la Shoah est-elle devenue le modèle pour décrire la situation de populations stigmatisées (notamment lors de la colonisation) ?</p>";"<p>Préface<br /><br />Le démon de l’analogie <br />Éric Fassin</p><p><br />Introduction <br /> Chemins de la mémoire, dangereuses intersections </p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 1
<br />Une partie de foot à Auschwitz : 
culpabilité et jeux de passe dans les études sur l’Holocauste <br /><br />Chapitre 2<br /> Les migrations concentrationnaires 
chez Albert Camus et au-delà <br /><br />Chapitre 3<br /> Auschwitz comme allégorie :
 de Nuit et Brouillard à Guantánamo <br /><br />Chapitre 4<br /> La marche en crabe de l’Histoire : 
torture, allégorie et mémoire chez Sartre <br /><br />Chapitre 5<br /> Mémoire nazie dans <em>Les Bienveillantes</em> de Jonathan Littell <br /><br />Chapitre 6
<br />Mémoires de l’Holocauste et du colonialisme 
à l’ère de la terreur : Assia Djebar et Boualem Sansal </p><p><br />Postface <br /><br />Crédits et références iconographiques </p>";;28/03/2019;0;137x220;438;978-2-37924-004-1;978-2-37924-004-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_681.jpg;"<p>La Shoah demeure à ce jour une référence fondamentale et unique pour toute enquête culturelle sur les violences de l'histoire. Mais, en dépit de ce discours sur sa singularité, la littérature et le cinéma français n'ont cessé de relier sa mémoire à d'autres régimes de violence, à l'époque du colonialisme comme dans le cadre post-colonial. Quelles carences et quels apports la mise en relation de la mémoire d'un crime historique avec un autre comporte-t-elle ? À travers une réflexion inédite sur la notion de complicité, Debarati Sanyal s'attache à montrer comment la littérature et le cinéma peuvent témoigner de la violence et de la barbarie lorsqu'ils rapprochent des réalités historiques éloignées et en font mémoire.</p><p>Sur des sujets qui demeurent très polémiques en Europe, cette approche historique et discursive des traumas et de la violence politique conduit à des réflexions nouvelles sur le rôle de la forme esthétique et ses implications éthiques et politiques, à travers les œuvres d'Albert Camus, Alain Resnais, Primo Levi, Jean-Paul Sartre, Assia Djebar, Jonathan Litell, Giorgio Agamben et Boualem Sansal.</p><p> </p><p><em>Debarati Sanyal, professeure de littérature française à l'université de Berkeley (Californie) a publié en 2006 </em>The Violence of Modernity : Baudelaire, Irony and the Politics of Form (Johns Hopkins University Press).</p><p><em>Memory and Complicity : Migrations of Holocaust Remembrance publié en 2015 à Fordham University Press, est son premier ouvrage à paraître en français grâce à une traduction de Camille Perton.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article ParaOverride-1"">Préface<br /><br /><strong>Le démon de l’analogie</strong> <br />Éric Fassin</p><p class=""txt_Normal"">En 1952, Claude Lévi-Strauss publie, sous l’égide de l’Unesco, <span class=""typo_Italique"">Race et histoire</span>. Après la Seconde Guerre mondiale, ce court essai tourne la page du racisme scientifique, durablement discrédité par le cauchemar nazi. En réponse au traité de Gobineau sur l’inégalité des races humaines, il propose en effet une réflexion sur la diversité des cultures. Il faut cesser de renvoyer l’altérité culturelle « hors de la culture » ; au contraire, « le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie ». Ainsi, au mot « race », Lévi-Strauss substitue celui de « culture ». Au moment de renoncer au legs de la sociologie durkheimienne afin de s’ériger en père fondateur de l’anthropologie structurale, il entreprend de débarrasser sa discipline nouvelle d’un héritage encombrant : « Le péché originel de l’anthropologie consiste dans la confusion entre la notion purement biologique de race […] et les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. » Écarter la race dans l’espoir d’en finir avec le racisme ? Ce programme n’appartient pas seulement au passé ; en France, il trouve aujourd’hui une actualité nouvelle.</p><p class=""txt_Normal"">Il est pourtant coûteux : ce dont on détourne le regard ne disparaît pas pour autant. Le spectre des camps de concentration hante ce texte, et d’autant plus qu’il n’en est jamais question. En revanche, la « situation coloniale », que Georges Balandier venait d’analyser en 1951, en est comme effacée<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. Comment ne pas faire le lien entre ces deux histoires, quand c’est le jour même de la victoire des Alliés en Europe, le 8 mai 1945, que se joue à Sétif et Guelma la répétition générale des « événements » qui s’ouvriront en Algérie à partir de 1954 ? Et qu’en est-il donc de la décolonisation, déjà engagée lorsque Lévi-Strauss publie son essai ? En 1947, n’avait-on pas été témoin, dans l’empire français, d’une autre répression sanglante à Madagascar, mais aussi, sur le versant britannique, de l’indépendance de l’Inde et du Pakistan ? Comment appréhender les différences culturelles sans prendre en compte, non pas l’inégalité des races bien sûr, mais la hiérarchie géopolitique – l’année même où le vocable « tiers monde » apparaît pour la première fois sous la plume d’Alfred Sauvy ? Peut-on parler des cultures, dans leur diversité, en oubliant les liens dissymétriques du pouvoir ?</p><p class=""txt_Normal"">Le déplacement opéré par Lévi-Strauss rend impossible, et pour longtemps, de penser ensemble nazisme et colonialisme. Pourtant, en réponse à la même commande de l’Unesco, Michel Leiris avait déjà publié en 1951 <span class=""typo_Italique"">Race et civilisation. </span>Son propos est tout autre, puisqu’il est centré sur le colonialisme. Lui part explicitement du nazisme ; mais cet ethnologue entend rompre aussitôt avec l’aveuglement de l’Occident à son propre racisme. « Avec la chute d’Adolf Hitler on put croire que le racisme était mort ; mais c’était témoigner d’une vue bien étroite et raisonner comme si nulle forme du mal raciste ne sévissait dans le monde en dehors de cette forme – il est vrai la plus extrême et la plus virulente – qu’en avait représentée le racisme hitlérien ; c’était oublier que l’idée de leur supériorité congénitale est fortement ancrée chez la plupart des Blancs, même chez ceux qui ne se croient pas racistes pour autant. » Et loin de s’affaiblir avec les premiers signes de la décolonisation, pour l’écrivain, ce sentiment de « l’homme de race blanche et de culture occidentale » ne faisait que se renforcer<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Cet argument, on en trouvait la formulation la plus virulente, en 1950, dans le <span class=""typo_Italique"">Discours sur le colonialisme </span>d’Aimé Césaire : « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur. » Dans son livre important sur les mémoires entrelacées de la Shoah et du colonialisme, Debarati Sanyal cite un passage célèbre de cette puissante diatribe, qui établit un lien direct avec le nazisme : « On se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. » Il s’agit donc de « révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-3"">e</span> siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler <span class=""typo_Italique"">l’habite</span>, qu’Hitler est son <span class=""typo_Italique"">démon</span>, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas <span class=""typo_Italique"">le crime </span>en soi<span class=""typo_Italique"">, le crime contre l’homme</span>, ce n’est pas <span class=""typo_Italique"">l’humiliation de l’homme en soi</span>, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation de l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Telle est la continuité historique qui, depuis Lévi-Strauss, nous est devenue impensable. Colonialisme ou nazisme, ces barbaries renvoient pourtant l’une et l’autre au démon de la race. Pour s’en convaincre, il suffit de relire <span class=""typo_Italique"">Les Origines du totalitarisme</span>, d’Hannah Arendt, publié en 1951, soit dans ce même moment de bascule entre la guerre mondiale et la Guerre froide, mais aussi entre colonialisme et décolonisation. En partant du racisme, la philosophe propose une généalogie du totalitarisme à partir de l’antisémitisme et de l’impérialisme. Si l’influence de cette pensée est considérable en France, du moins à partir des années 1970, c’est pour étayer la pensée antitotalitaire en rapprochant les totalitarismes communiste et nazi. Or on n’a lu cette somme, tardivement traduite, que par morceaux : c’est en 1982 seulement que paraîtra en français la partie centrale sur l’impérialisme, une dizaine d’années après les deux autres qui l’encadrent sur l’antisémitisme et le totalitarisme. Autrement dit, c’est bien l’articulation entre l’Holocauste et le colonialisme qui a disparu du paysage intellectuel et politique français.</p><p class=""txt_Normal"">Debarati Sanyal renoue les fils de cette double histoire en évitant tous les pièges tendus par les tensions politiques qui traversent aujourd’hui la question raciale dans notre pays, et en nous ouvrant ainsi un chemin pour n’y pas tomber. Pour y parvenir, elle évite d’emblée deux écueils symétriques, qui renvoient à deux noms propres. Le premier rejette radicalement « l’obscénité de la compréhension » : la Shoah doit rester de l’ordre de l’indicible. C’est que pour Claude Lanzmann, « l’Holocauste est d’abord unique en ceci qu’il édifie autour de lui, en un cercle de flammes, la limite à ne pas franchir parce qu’un certain absolu d’horreur est intransmissible ». À l’inverse, d’après le second, Giorgio Agamben, les camps d’extermination nazis ont moins valeur d’exception que de paradigme de la vie politique moderne, ou plus précisément de paradigme de l’exception : pour lui, Auschwitz « se répète sans cesse ». Singularité absolue ou répétition sans fin : dans les deux cas, on perd la spécificité du lien entre les violences coloniale et nazie.</p><p class=""txt_Normal"">C’est la fiction qui permet à cette professeure de littérature à Berkeley d’échapper à une telle alternative. Il ne s’agit pas, à l’instar de Césaire, de voir le nazisme comme l’aboutissement du colonialisme ; à rebours de sa démarche, le livre s’attache à suivre les migrations de la mémoire de la Shoah dans des œuvres de la décolonisation. « Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la littérature et le cinéma francophones ont sans cesse cherché à ne pas isoler l’Holocauste comme <span class=""typo_Italique"">le </span>paradigme du trauma historique, mais plutôt à relier sa mémoire à d’autres occurrences historiques de barbarie, en mettant bien souvent l’accent sur les complicités entre différents régimes de violence. » La complicité ne renvoie pas ici à la culpabilité, moins encore à la repentance : l’enjeu, c’est d’entendre les résonances historiques entre le passé et le présent. Autrement dit, une histoire est toujours impliquée dans une autre.</p><p class=""txt_Normal"">Cela suppose d’abord de surmonter l’interdit de la représentation posé par Lanzmann. Discuter <span class=""typo_Italique"">Nuit et Brouillard </span>d’Alain Resnais ou <span class=""typo_Italique"">Les Bienveillantes</span> de Jonathan Littell, c’est une manière de ne pas se laisser enfermer dans la « complicité traumatique » : « Je m’inscris en faux », avertit Debarati Sanyal, « contre la tendance actuelle visant à brouiller la distinction entre survivre à un traumatisme et hériter de sa mémoire ». La représentation nous sort en effet de l’identification traumatique. Cependant, partir de la figure littéraire ne va pas sans danger non plus : le risque est d’en tirer la conclusion qu’une histoire renverrait à une autre dès lors qu’elle la signifie, autrement dit, que le signifiant disparaîtrait au profit du signifié. Pareille lecture est d’emblée récusée : « Dans mon corpus, la Shoah ne fonctionne ni comme une référence de second ordre ni comme une référence de premier ordre à travers laquelle serait représentée une autre histoire. »</p><p class=""txt_Normal"">Ce <span class=""typo_Italique"">caveat</span> permet de comprendre le sens que Debarati Sanyal donne dans son ouvrage au mot « allégorie » : non pas une chose à la place d’une autre, mais une histoire qui en évoque en même temps une autre. « Les œuvres d’Alain Resnais, Jean Cayrol, Jean-Paul Sartre, et Albert Camus qui pouvaient sembler porter “<span class=""typo_Italique"">sur</span>” l’expérience de l’occupation, de la déportation, et de l’extermination, invoquaient simultanément la violence raciale caractéristique de la fin de l’époque coloniale. » L’exemple de Camus est sans doute le plus remarquable : il n’est ici ni « condamné parce que considéré comme un apologiste du colonialisme », ni « sacralisé en tant que témoin du fascisme et de l’Holocauste ». Au-delà de l’auteur et de son idéologie, « ses figures littéraires ont poursuivi leur travail éthique et politique » : l’image même de la peste va plus loin que <span class=""typo_Italique"">La Peste</span>. Elle hante toute une littérature « coloniale », à commencer par <span class=""typo_Italique"">Le Métier à tisser</span> de Mohammed Dib.</p><p class=""txt_Normal"">C’est toute la force de la littérature : par le jeu des figures, elle dit davantage que ce qu’elle dit. La poétique de l’allégorie apparaît ainsi comme une réponse aux apories de l’analogie. Il est sans doute devenu impossible de comparer les horreurs du colonialisme à celles du nazisme ; en effet, c’est s’exposer à mesurer les unes à l’aune des autres, dans une concurrence des victimes vouée à l’échec – qu’on privilégie une histoire ou bien l’autre. On le voit bien aujourd’hui, dans les débats politiques : lorsqu’on accole les mots « racisme et antisémitisme », on risque, en distinguant ces deux formes politiques de la race, de les opposer, voire de ne parler que du racisme des uns, et de l’antisémitisme des autres. Voilà pourquoi il importe de résister au démon de l’analogie – sans pour autant sacraliser l’unicité absolue d’une histoire première, ce qui reviendrait à en sacrifier une seconde : l’une en suggère toujours une autre. C’est ainsi que la littérature peut être appréhendée comme la chambre d’écho de l’histoire.</p><p class=""txt_Normal"">On peut comprendre ainsi que Debarati Sanyal n’est pas seulement une chercheuse ou une critique ; c’est aussi, et peut-être d’abord, une professeure. De fait, l’enseignement de la littérature trouve sa justification dans ce que la littérature nous enseigne. On pourrait songer ici à l’œuvre de Charlotte Delbo : condamnée aux camps nazis, la secrétaire de Louis Jouvet a trouvé son salut dans le théâtre. C’est en reconstituant, avec d’autres détenues, le texte du<span class=""typo_Italique""> Malade imaginaire</span> ou, à Ravensbrück, en se récitant <span class=""typo_Italique"">Le Misanthrope </span>pendant l’appel, qu’elle a pu survivre. Et c’est encore l’écriture qui, après la guerre, va donner forme à cette histoire tragique dont elle assure en retour la survie en même temps qu’elle confère un sens fort à la vie de celle qui devient ainsi écrivaine. À ce va-et-vient entre littérature et vie, Debarati Sanyal ajoute, avec la complicité entre passé et présent, la complexité d’histoires qui résonnent entre elles. Dans le livre qu’on va découvrir, l’œuvre n’est donc pas un mémorial, car plutôt qu’un « lieu de mémoire », c’est bien un « nœud de mémoire ».</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Claude Lévi-Strauss, <span class=""typo_Italique"">Race et histoire</span>, Paris, Denoël/Gonthier, 1952, citations p. 22, 10.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Georges Balandier, « La situation coloniale : approche théorique », <span class=""typo_Italique"">Cahiers internationaux de sociologie</span>, vol. 11, 1951, p. 44-79.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Michel Leiris, « Race et civilisation », <span class=""typo_Italique"">Cinq études d’ethnologie. Le racisme et <br />le Tiers monde </span>[1951], Paris, Denoël/Gonthier, 1969 p. 9-10.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""Notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Aimé Césaire, <span class=""typo_Italique"">Discours sur le colonialisme</span>, Paris, Présence Africaine, 1955, <br />p. 13-14.</p></div></div><p class=""T_3_Article ParaOverride-1""> </p><p class=""T_3_Article ParaOverride-1""> </p><p class=""T_3_Article ParaOverride-1"" style=""text-align: left;"">Introduction</p><p class=""T_3_Article ParaOverride-1""><br /><strong>Chemins de la mémoire, dangereuses intersections</strong><br />Debarati Sanyal</p><p class=""txt_Normal"">À travers une réflexion sur la complicité, le présent ouvrage s’attache à montrer comment la littérature et le cinéma peuvent témoigner de la violence et de la barbarie lorsqu’ils rapprochent des réalités historiques éloignées. Le mot « complicité » renvoie ordinairement à la participation d’un individu à des actes répréhensibles, voire à la collaboration avec le mal, mais ce terme ouvre également vers la complexité du monde dans lequel nous vivons. La racine latine de complicité, <span class=""typo_Italique"">complicare</span>, « plier ensemble », résonne comme une invitation à faire dialoguer les positionnements subjectifs, les histoires et les mémoires qui forment la matière de ce livre. Alors que l’époque est plus que jamais à la connexion des peuples et de leurs passés, la complicité et la solidarité peuvent être les deux faces d’une même pièce. La reconnaissance de notre propre place dans un pli historique donné, mais aussi celle des plis où différentes trajectoires historiques se rencontrent, n’est pas une tâche aisée.<span class=""typo_gras""> </span>Il nous faut prendre du recul sur notre position, parfois contradictoire, dans le paysage politique d’un moment donné, comme victimes, criminels, complices, simples observateurs, témoins ou spectateurs. Ce travail nous demande de prendre conscience des fortes résonances du passé dans le présent, d’entendre et d’accorder les affinités imprévisibles entre des héritages disparates de violence et de deuil. Dans une recherche collective de reconnaissance et de justice, mettre au jour de telles complicités peut participer à créer des liens entre différentes communautés. L’enchevêtrement de mémoires traumatiques distinctes et asymétriques (l’esclavage, l’Holocauste, le colonialisme ou le terrorisme) peut modifier les usages traditionnels et communautaires du souvenir, et favoriser l’émergence de pratiques nouvelles. Mais il peut aussi conduire à de dangereuses intersections, où la différence est niée au profit de l’uniformité, où l’identification mène à l’appropriation, ou lorsque la récupération politique de la mémoire se heurte aux devoirs éthiques du témoignage. Reconnaître la contiguïté de, et les connexions entre, différentes réalités historiques peut agir à la fois comme un moteur et comme un motif de renoncement ; la conscience de la complicité peut éveiller la responsabilité, mais également accroître la résignation ou le déni. Les travaux qui forment le corpus de cet ouvrage sont autant d’études de cas montrant la difficulté d’approcher la notion de complicité. Ils témoignent de la puissance et des risques imprévisibles de « ce terrible besoin d’établir le contact<span class=""typo_SC CharOverride-1""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> » entre des passés traumatiques et par-delà les différences ethnoculturelles.</p><p class=""txt_Normal""><span class=""typo_Italique"">Mémoire et complicité</span> s’intéresse à l’utilisation de la mémoire de l’Holocauste dans la culture française et francophone, des années d’après-guerre à l’époque contemporaine, en s’emparant d’une tradition intellectuelle singulière dont l’objet est de mettre au premier plan la complicité plutôt que le traumatisme dans la conceptualisation et la représentation de la Shoah. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la littérature et le cinéma francophones ont sans cesse cherché à ne pas isoler l’Holocauste comme <span class=""typo_Italique"">le</span> paradigme du trauma historique, mais plutôt à relier sa mémoire à d’autres occurrences historiques de barbarie, en mettant bien souvent l’accent sur les complicités entre différents régimes de violence. Cette tradition a également mis en valeur la complicité en tant que mode de réception et d’approche de différentes réalités historiques. Les œuvres d’Alain Resnais, Jean Cayrol, Jean-Paul Sartre, et Albert Camus qui pouvaient sembler porter « <span class=""typo_Italique"">sur </span>» l’expérience de l’occupation, de la déportation, et de l’extermination, invoquaient simultanément la violence raciale caractéristique de la fin de l’époque coloniale. Ces usages comparatifs ou métaphoriques de la mémoire de l’Holocauste ont été très nettement oubliés ou effacés, depuis les années 1960 jusqu’aux années 1990, lorsque la Shoah a été réélaborée en tant qu’événement radicalement singulier auquel nul autre ne pouvait être comparé. Depuis les années 1990, un certain nombre d’écrivains français et francophones ont toutefois commencé à travailler sur les échos transnationaux de la mémoire de l’Holocauste pour mettre en évidence l’implication de la France dans d’autres sites de violence, de déplacements de populations et de pertes. Des auteurs contemporains de fiction tels que Jonathan Littell, Assia Djebar et Boualem Sansal brouillent par leurs écrits les frontières de la mémoire nationale en y mêlant des histoires singulières et en proposant des modèles complexes de réflexion sur l’éthique et la culture politique du souvenir. Dans une veine différente, certains philosophes comme Giorgio Agamben ont conceptualisé Auschwitz comme le paradigme d’un phénomène d’exception à l’œuvre dans différents lieux et différentes époques. Dans les chapitres qui suivent, c’est ce corpus que j’aborde, guidée par une série de questions fondamentales : quels enjeux politiques soulève-t-on lorsque l’on entremêle au sein d’une œuvre d’art des mémoires de violence en apparence radicalement différentes ? Quelles carences et quels apports la mise en relation de la mémoire d’un crime historique avec un autre comporte-t-elle ? Sous quelles conditions le croisement entre des héritages mémoriaux stimule-t-il un échange productif ? Quand le récit de certains faits historiques ou le dialogue sont-ils empêchés ou tus ? Pourquoi la littérature et le cinéma se sont-ils transformés en de si puissants vecteurs pour ce travail de mémoire ?</p><p class=""txt_Normal"">L’Holocauste est désormais devenu le paradigme du travail de mémoire dans l’historiographie, le discours juridico-politique, la philosophie, la théorie et la production artistique. Son statut a muté, passant de « l’exception à l’exemplum<span class=""typo_SC CharOverride-1""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span> ». Susan Suleiman relève « la présence de plus en plus universelle de l’Holocauste en tant que lieu de mémoire », « devenu un modèle pour la mémoire collective dans des régions du monde qui n’ont rien à voir avec ces événements, mais qui ont connu d’autres traumas collectifs »<span class=""typo_SC CharOverride-1""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. L’émergence de l’Holocauste en tant que paradigme du génocide, de la violation des droits de l’homme, du trauma historique et de la mémoire collective, a conduit certains chercheurs à l’envisager comme un « “conteneur” universel pour la mémoire de victimes innombrables », promesse « d’opportunités sans précédent pour la justice ethnique, raciale et religieuse, pour une reconnaissance mutuelle, et pour un règlement non militaire des conflits mondiaux »<span class=""typo_SC CharOverride-1""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. C’est le désancrage de l’Holocauste de son inscription historique, et son <span class=""typo_Italique"">mouvement</span> à travers le temps et l’espace, qui garantissent sa pertinence vis-à-vis d’autres crimes et d’autres expériences de souffrance. En d’autres termes, sa mutation en symbole est le gage de sa mobilité et de sa puissance significative. Andreas Huyssen émet l’observation suivante : « Dans le mouvement transnational des discours sur la mémoire, l’Holocauste a perdu sa fonction d’index à l’égard des événements historiques uniques et s’est transformé en métaphore opérationnelle pour d’autres histoires et d’autres mémoires traumatiques. La transposition de l’Holocauste en trope universel est une condition préalable à son décentrage et à sa mise en œuvre en tant que prisme puissant à travers lequel nous étudions d’autres cas de génocides. » Pourtant, si l’Holocauste est aujourd’hui un site de mémoire transposable qui peut servir toute une gamme de combats politiques et de causes éthiques, Huyssen signale que cette dynamique doit être abordée avec prudence : « Si la comparaison avec l’Holocauste peut dynamiser certains débats sur les mémoires traumatiques d’un point de vue rhétorique, elle peut aussi agir comme une mémoire écran, voire écraser la compréhension de certaines spécificités historiques<span class=""typo_SC CharOverride-1""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>. » Dans quelle mesure l’universalisation de l’Holocauste éclaire-t-elle ou empêche-t-elle le rapprochement avec d’autres histoires, d’autres mémoires et d’autres identités ? Doit-on opérer une distinction entre la transposition actuelle de l’Holocauste en exemplum ou en paradigme, et des utilisations plus mouvantes de sa mémoire à travers certains dispositifs esthétiques ? Et en premier lieu, qu’entendons-nous par mouvement de la mémoire ?</p><p class=""txt_Normal"">L’allusion de Huyssen au « mouvement transnational des discours sur la mémoire » reflète un profond changement dans la conceptualisation de la mémoire culturelle, passant de modèles fondés sur les territoires à des formes évolutives, en mouvement, qui captent la fluidité du souvenir dans une ère postcoloniale mondialisée et sujette aux migrations de masse. La mémoire bouge, et les chercheurs en littérature, les sociologues, les penseurs en politique et les historiens cherchent à conceptualiser ses itinéraires et ses formes prolifiques. Richard Crownshaw décrit cette tr";;;;;;;;; 682;2;3;16;Hélène Cixous. Corollaires d'une écriture;;;;"<p><strong></strong>Écrivaine, femme de théâtre, critique d'art et de littérature, féministe, Hélène Cixous est également un penseur dont le rayonnement fait l'objet d'une reconnaissance internationale. Cet ouvrage est à la fois un hommage et un bilan de son œuvre</p>";"<p style=""text-align: left;"">La Liberté éclairant la littérature<br /><em>Marta Segarra </em></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>I. Livres, délivrez-nous, délirez-nous</strong></p><p style=""text-align: left;"">À Hélène<br /><em>Chantal Chawaf <br /></em> <br />Une dame du temps présent<br /><em>Pierre Bergounioux </em> <br /> <br />Hélène Cixous : la littérature et au-delà<br /><em>Michèle Ramond <br /></em><br />Aux abords du mythe<br /><em>Cécile Wajsbrot </em> <br /><br />Écrire au présent, écrire au passé
Réflexions sur la mémoire de l’écriture<br /><em>René de Ceccatty <br /></em><br />Cixous gisent les animaux<br /><em>Frédéric-Yves Jeannet </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Frotter la vérité avec l’ail du faux</strong></p><p style=""text-align: left;"">Aller ou ne pas aller ? Dilemme des marches vers l’origine<br /><em>Maxime Decout <br /></em><br />Les lignées d’Ève (suite sans fin). Lecture corollaire 
de Correspondance avec le mur et Défions l’augure<br /><em>Ginette Michaud <br /></em> <br />Fleurir<br /><em>Eric Prenowitz <br /></em> <br />L’autobiographie à l’œuvre ? Voix/voies de l’enregistrement 
dans les manuscrits de Benjamin à Montaigne<br /><em>Marie Odile Germain </em> <br /><br />Nom de Sangatte, nom de Calais, nom de tous les exils<br /><em>Pascale-Anne Brault </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Qui sont-je ?</strong></p><p style=""text-align: left;"">Simple comme bonjour : les réseaux sociaux d’Hélène Cixous<br /><em>Michael Naas <br /> </em> <br />Lettre sur le Télégraphe (extraits)<br /><em>Laurent Dubreuil </em> <br /><br />« L’avenir de la blessure »<br /><em>Peggy Kamuf <br /></em> <br />Ne pas (pouvoir) voir en peinture. Rêver l’art<br /><em>Claudia Simma </em> <br /> <br />Queer écriture***<br /><em>Nadia Setti </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>IV. Tu n’arrêtes pas de m’ourir</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong></strong>Polyphonie polyphénix<br /><em>Camille Laurens </em><br /> <br />Où le livre délivre...<br /><em>Bertrand Leclair </em> <br /><br />Hélène Cixous ou l’écriture comme transmutation du nevermore<br /><em>Véronique Bergen </em></p><p style=""text-align: center;""><strong>V. Un fleuve sonore où se jettent tant d’affluents</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong></strong>Le Donne des langues<br /><em>Michèle Gendreau-Massaloux </em> <br /><br />Allemagne, l’autre<br /><em>Cristina Morar </em> <br /><br />Nom de plume<br /><em>Brigitte Weltman-Aron </em> <br /> <br />« An ! – An ! » Un syllabaire Cixous<br /><em>Marie-Dominique Garnier </em> <br /><br />Max und Moritz, et Ma Mère<br /><em>Hélène Cixous </em><br /><br /></p><p style=""text-align: left;""><br />Bibliographie générale <br />Les auteur·e·s <br /><br /></p>";;28/03/2019;0;137x220;288;978-2-37924-008-9;978-2-37924-008-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_682.jpg;"<p class=""normal"">Ce volume collectif autour de l’œuvre protéiforme et polyphonique d’Hélène Cixous (Oran, 1937), d’abord colloque international qui lui a été consacré, montre la richesse inouïe, mais aussi la cohérence, de cette œuvre qui s’écrit de livre en livre, comme des pétales se détachant d’une « corolle ». Cette fleur unique pourrait être qualifiée de « cathédrale-livre », expression de l’auteure se référant à Proust, mais aussi comme « cathédrale <em>libre</em> », en allusion à la liberté absolue que prend Cixous avec les conventions littéraires.</p><p class=""normal"">Sans prétendre dresser un bilan de ce « polyphénix », <em>Hélène Cixous : corollaires d’une écriture </em>propose à son tour des pétales, rédigés par des écrivains, des critiques et des universitaires lisant l’œuvre d’Hélène Cixous depuis très longtemps de façon rigoureuse et subtile, qui ne cèdent cependant pas à la tentation de <em>rangement</em> d’une écriture complexe, riche et multiple.</p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction</p><p class=""T_3_Article""> </p><p class=""T_3_Article"">La Liberté éclairant la littérature</p><p class=""auteur"">Marta Segarra</p><p class=""txt_Normal"">Chaque livre publié par Hélène Cixous, avec une abondance et une régularité admirables depuis 1967<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span>, est un corollaire de ceux qui le précèdent, dans le sens qu’il en est un « prolongement », une « suite logique » ou « naturelle » – les significations les plus habituelles que prend le mot « corollaire » –, conformant progressivement un ensemble organique et cohérent. C’est ainsi que l’auteure elle-même, comme ses critiques, peuvent parler, au singulier, du « Livre » qu’elle écrit, parfois aussi du « Livre-Que-Je-N’écris-Pas », mais qui s’écrit par bribes, par épisodes, de livre en livre ou de pétale en pétale.</p><p class=""txt_Normal"">Le mot « corollaire » peut en effet être également rapporté à la « corolle », la partie de la fleur formée par les pétales : Hélène Cixous le fait dans <span class=""typo_Italique"">Corollaires d’un vœu</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span>, dont elle affirme qu’il est « un pétale détaché de la Fleur », c’est-à-dire de ce « Livre-Que-Je-N’écris-Pas », qui résume et contient paradoxalement tous les textes qu’elle a écrits ainsi que ceux qu’elle écrira ou pourrait écrire. Cette « Fleur » se construit graduellement ou, au contraire, libère petit à petit ses « petits pétales puissants », « gorgés de sens »<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span>. C’est en ce sens que nous pouvons qualifier cette œuvre de « cathédrale-livre » ; se référant à d’autres écrivains, Cixous commente ainsi : « Et parfois tous les volumes d’une œuvre presque complète comme celle de Proust aboutissent à un désir poignant de cathédrale-livre<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span> », expression qui pourrait aussi être lue comme « cathédrale <span class=""typo_Italique"">libre</span> », en allusion à la liberté absolue que prend l’auteure avec les conventions littéraires, ce qui rend son œuvre inclassable.</p><p class=""txt_Normal"">Comme pour tous les écrivains, il y a eu néanmoins des tentatives de classer logiquement les textes d’Hélène Cixous : par genre, d’abord, puisque nous pouvons bien y distinguer des « pièces de théâtre », des livres de « fiction » et des « essais ». Si cette distinction se tient pour le théâtre, il est souvent difficile de faire la part chez Cixous entre la fiction et l’essai. Un volume comme <span class=""typo_Italique"">L’Amour du loup</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span> peut être lu comme un essai commentant l’œuvre de Tsvetaïeva et de Pushkin, mais aussi comme un texte littéraire et même poétique en soi, au-delà de ses références à d’autres écrivains. Déjà <span class=""typo_Italique"">Le Rire de la Méduse</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-048-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span>, publié pour la première fois en 1975, un des textes les plus lus et traduits de Cixous, était une combinaison inédite de manifeste politique et de poésie.</p><p class=""txt_Normal"">Il y a aussi eu des essais de classification de l’œuvre d’Hélène Cixous basée sur des critères stylistiques ou formels, signalant que ses premiers textes narratifs (comme par exemple <span class=""typo_Italique"">Dedans</span>, prix Médicis 1969<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span>, ou <span class=""typo_Italique"">Partie</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span>) sont « expérimentaux », et donc « hermétiques », dans le sens que leur lecture est semée d’obstacles, et que cela aurait changé à partir de la fin des années 1990 (notamment à partir d’<span class=""typo_Italique"">Or</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">9</a></span></span>). C’est alors que l’auteure aurait entamé une veine plus narrative, et par conséquent accessible à un lectorat plus large, de même que faisant une part plus grande à l’autobiographie, ce qui se serait accentué jusqu’à <span class=""typo_Italique"">Homère est morte</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">10</a></span></span><span class=""typo_Italique"">…</span>, récit capable de rendre poétiquement l’expérience, aussi douloureuse que partagée, de la mort de la mère. Ce critère autobiographique ou autofictionnel s’est vu apparemment appuyé par la parution de deux « chapitres » d’une série intitulée <span class=""typo_Italique"">Abstracts et Brèves Chroniques du temps</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">11</a></span></span>, en 2013 et 2015, qui font référence à des épisodes de la vie de l’auteure et à des personnages réels qu’elle a côtoyés, comme l’écrivain mexicain Carlos Fuentes.</p><p class=""txt_Normal"">La fidélité d’Hélène Cixous à certaines maisons d’éditions a encore été utilisée comme un outil taxinomique : après une première étape de découverte et de succès chez de grandes maisons d’édition parisiennes (Grasset, Le Seuil, Gallimard...), Cixous a souhaité d’être publiée chez les éditions Des femmes, créées et dirigées par Antoinette Fouque, un choix politique qui a en effet marqué la réception de son œuvre, jugée alors « féministe » et donc censée ne s’adresser qu’aux femmes – ou encore à quelques femmes… Le passage chez Galilée en 2000, avec deux ouvrages qui transposent littérairement l’enfance et la jeunesse de l’auteure, passées en Algérie<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">12</a></span></span>, coïnciderait avec cette supposée <span class=""typo_Italique"">ouverture</span> formelle et narrative.</p><p class=""txt_Normal"">Ceux qui se sont adonnés à ces tentatives de classification – signifiant un vrai <span class=""typo_Italique"">rangement</span> d’une écriture infiniment plus complexe, riche et multiple – se sont fourvoyés. En réalité, l’œuvre d’Hélène Cixous, à l’image de cette fleur qui laisse tomber un à un ses pétales, possède une cohérence imaginaire et idiomatique qui n’est pas le fruit de la préméditation, mais qui s’est révélée, de façon de plus en plus éclatante, au fur et à mesure que cette œuvre se déployait dans toute sa splendeur.</p><p class=""txt_Normal"">Prenons par exemple un des derniers livres de Cixous, <span class=""typo_Italique"">Défions l’augure</span>, qui n’est pas un simple « pétale » de plus, mais un « corollaire » qui contient tous les livres qui l’ont précédé et qui à la fois les prolonge, dans un acte de liberté suprême, acquise de haute lutte après cinquante ans de carrière et plus de quatre-vingts ouvrages publiés. La liberté y est prise avec le temps (de façon à ce que le passé, le présent et l’avenir, plus que de se succéder, se superposent et parfois se confondent, car nous sommes dans « le Bâtiment du Temps<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">13</a></span></span> » et nous passons d’étage en étage comme dans les ascenseurs ultrarapides des gratte-ciels new-yorkais), avec l’espace (le livre commence à Manhattan mais <span class=""typo_Italique"">en même temps</span> il est à Montaigne, à Arcachon, à Osnabrück, à Oran, à Johannesburg et – entre autres – à Bacharach, une nouvelle ville qui s’ajoute à celles qui conformaient déjà la planète connue des lecteurs de Cixous), avec les personnages (parfois, la mère est la fille, Isaac c’est William – Shakespeare –, la chatte est l’amant ou peut-être l’inverse...), avec la langue et les langues (comme dans les livres précédents, celui-ci est écrit en plusieurs langues, l’anglais et l’allemand surtout mais aussi le latin), avec le récit enfin, qui ne procède pas toujours par associations logiques (c’est le « livre des interrupteurs<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">14</a></span></span> ») mais s’interrompt à la moitié d’une phrase, parfois d’un mot. <span class=""typo_Italique"">Défions l’augure</span>, suivant le même chemin que <span class=""typo_Italique"">Jacques le fataliste et son maître</span> ainsi que d’autres romans du <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle qu’Hélène Cixous admire et glose dans son séminaire<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">15</a></span></span> tel que <span class=""typo_Italique"">Tristram Shandy</span> de Laurence Sterne, se défie des conventions, des usages, des modes, des critiques, des universitaires (« fréquenter les kolloks, c’est mauvais pour toi, on t’enterre vivant<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">16</a></span></span> », dit la mère de la narratrice) et des lecteurs conventionnels, toujours à la recherche, parfois cachée sous d’autres intentions plus avouables, du <span class=""typo_Italique"">best-seller</span> : « tu pourrais faire des best-sellers », suggère encore la mère, tandis qu’un autre personnage ajoute : « tu es déjà assez illisible comme ça, pense à ton lecteur, Osnabrück c’était déjà beaucoup, c’est comme Cixous, tout ça est escarpé, abrupt, étrange pour ne pas dire étranger »<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">17</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Le Livre s’auto-commente aussi, partant dans tous les sens, comme un géant ou plutôt une géante capable de tout embrasser, telle la déesse égyptienne Nut. Une image du Livre peut-être plus fidèle à l’auteure serait celle d’une tour : <span class=""typo_Italique"">Défions l’augure</span> constituerait ainsi une « Tour de la liberté », qui pourrait se placer aux côtés de sa <span class=""typo_Italique"">twin</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>la « Statue of Liberty » que la France a offerte aux États-Unis et qui ouvre les bras aux personnes débarquant au « Paradis » américain. Le nom qu’a donné à cette statue Emma Lazarus, une poétesse juive qui lui a consacré un texte reproduit en partie à la base du monument, est celui de « Mother of Exiles », « Mère des exilés ». Ce poème dit : « […] <span class=""typo_Italique"">Give me your tired, your poor, </span>/<span class=""typo_Italique""> Your huddled masses yearning to breathe free, </span>/<span class=""typo_Italique""> The wretched refuse of your teeming shore. </span>/<span class=""typo_Italique""> Send these, the homeless, tempest-tossed to me </span>/<span class=""typo_Italique""> I lift my lamp beside the golden door</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">18</a></span></span> ! », des mots qui pourraient s’appliquer à l’œuvre d’Hélène Cixous.</p><p class=""txt_Normal"">Par cette image de la tour, centrale dans <span class=""typo_Italique"">Défions l’augure</span> – qui évoque l’effondrement des Twin Towers de New York en 2001 –, ce récit publié en 2018 en contient beaucoup d’autres, et même peut-être tous ceux qui l’ont précédé, mais en tout cas, de façon plus visible <span class=""typo_Italique"">Tours promises</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">19</a></span></span><span class=""typo_Italique""> </span>(« Il m’est venu hier que tout ce livre tournait toujours autour de nos tours<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">20</a></span></span> ») et <span class=""typo_Italique"">Benjamin à Montaigne</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">21</a></span></span> ; mais aussi <span class=""typo_Italique"">Si près</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">22</a></span></span> (expression retrouvée en anglais dans la devise du restaurant situé en haut d’une des Twin Towers, devise qui prend une force d’augure dans le Livre : « The Closest / Some of us / will ever get / to heaven<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">23</a></span></span> ») ; ainsi que <span class=""typo_Italique"">Philippines</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">24</a></span></span> et sa merveilleuse trouvaille salvatrice du « rêver vrai » et <span class=""typo_Italique"">Ayaï ! Le cri de la littérature</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">25</a></span></span>, puisqu’il s’agit ici de ce que peut la littérature, mais aussi de cris de toutes sortes, procédant d’êtres humains et d’animaux ; et encore <span class=""typo_Italique"">Homère est morte...</span> et <span class=""typo_Italique"">Messie</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">26</a></span></span>, et tant d’autres.</p><p class=""txt_Normal"">Les livres de Cixous offrent aussi l’hospitalité aux textes d’autres écrivains, comme <span class=""typo_Italique"">À l’Ouest rien de nouveau</span> (1929) d’Erich Maria Remarque, né à Osnabrück – ville où grandit la mère d’Hélène Cixous et espace devenu central dans son Livre<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">27</a></span></span> –, roman dont la narratrice dit : « ce n’est pas un livre ce récit […] c’est ici ici dans moi dans mes prairies intérieures dans mes forêts blessées, qu’il court comme un animal magnifique plein de vie et de terreur, un cerf peut-être, ou un ange d’une espèce sauvage et raffinée, c’est plus qu’un ami, un amant d’une espèce fière et poignante comme un ange quadrupède, auquel je suis liée comme mon cœur au cœur de mon chat, indissolublement<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">28</a></span></span> ». Cette description peut parfaitement s’appliquer à <span class=""typo_Italique"">Défions l’augure</span> qui est, à l’égal des « corollaires » le précédant, mais peut-être plus que jamais, une créature vivante, un <span class=""typo_Italique"">cerf-ange</span>.</p><p class=""txt_separateur"">*</p><p class=""txt_Normal"">Les textes réunis dans ce volume ont été écrits, pour la plupart<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">29</a></span></span>, à l’occasion du colloque international <span class=""typo_Italique"">Cixous : Corol­laires d’une signature</span>, organisé par le Laboratoire d’études de genre et de sexualité-LEGS (CNRS, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, Université Paris Nanterre) et le Collège international de Philosophie, qui s’est tenu à la Fondation de l’Allemagne – Maison Heinrich Heine à Paris, les 14, 15 et 16 juin 2017. Ce colloque a pris le relais des bilans scientifiques de l’œuvre de Cixous qui l’ont précédé<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">30</a></span></span> – en tant que leur « corollaire » donc – tout en procédant de manière différente : dans le vaste paysage textuel que constitue cette œuvre, il a cherché à resserrer la diversité des angles d’analyse des différentes contributions autour de nœuds permettant de mieux saisir les points essentiels de l’écriture cixousienne.</p><p class=""txt_Normal"">Le volume que nous présentons ici n’a pas cependant la prétention de constituer un bilan de cette œuvre protéiforme et polyphonique, de ce « polyphénix », selon le beau mot d’Hélène Cixous repris par Camille Laurens<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">31</a></span></span>. Il propose plutôt des « corollaires », cette fois-ci dans le sens de « petits résultats qui s’étalent en couronne autour d’un gros théorème central, les pétales autour du cœur de la fleur », selon Cixous elle-même parlant de <span class=""typo_Italique"">Corollaires d’un vœu.</span> Elle ajoute : « Les grands cœurs théorèmes sont souvent très techniques<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">32</a></span></span>. » Nos <span class=""typo_Italique"">Corollaires d’une écriture</span> ne se veulent pas « techniques » et n’ont pas la prétention de constituer un « théorème ». Les pétales que sont les textes réunis dans ce volume, rédigés par des écrivain·e·s, des critiques et des universitaires lisant l’œuvre d’Hélène Cixous depuis très longtemps de façon approfondie et subtile, se détachent du noyau central du « lirécrire » dont notre auteure a si bien décrit la « puissance autre », qui est celle de la littérature<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">33</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">La première partie de l’ouvrage, « Livres, délivrez-nous, délirez-nous<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">34</a></span></span> », rassemble ainsi des hommages à Hélène Cixous rendus par des écrivain·e·s qui expriment avec admiration ce que la lecture de l’œuvre cixousienne fait à leur propre écriture, en fuyant les conventions de l’écriture académique. D’autres auteur·e·s (notamment Camille Laurens et Bertrand Leclair) se sont gracieusement pliés à cette contrainte ; c’est pourquoi leurs textes figurent dans une des parties suivantes. Après les hommages de Chantal Chawaf, qui compare l’œuvre de Cixous à une veilleuse dans l’obscurité du monde présent, et de Pierre Bergounioux, évoquant la facette enseignante de notre auteure, Michèle Ramond brode l’image de la mandorle afin de rendre poétiquement ce que représente l’écriture cixousienne dans la littérature. Cécile Wajsbrot, dans la continuité du dialogue qu’elle a publié avec Hélène Cixous<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">35</a></span></span>, s’interroge sur le « mythe » qu’est devenu Osnabrück dans cette œuvre, tandis que René de Ceccatty souligne la « conversation » que Cixous entretient avec d’autres écrivains, ses « contemporains », parmi lesquels il met en avant Dante et Pétrarque, dont lui-même a fait des traductions. Frédéric-Yves Jeannet clôt cette première partie avec un texte – reflétant ses propres origines ou « repentirs » – autour d’un des « thèmes » les plus marquants chez notre auteure, celui des dits animaux.</p><p class=""txt_Normal"">Les contributions réunies dans la deuxième partie, « Frotter la vérité à l’ail du faux<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">36</a></span></span> », s’occupent d’une autre question fondamentale et caractéristique de l’écriture d’Hélène Cixous : son traitement de la « vérité » autobiographique et historique en tant que matière de « fiction ». Cixous s’est longuement refusée à utiliser le terme « autobiographie » par rapport à son œuvre, à cause de l’enfermement que le mot paraît comporter : écrire sa propre vie présuppose que la « vie » d’une personne, avec toutes ses complexités et contradictions, peut être fixée en un récit – et l’autobiographie implique une mise en récit, alors que l’auteure affirme : « En général je ne <span class=""typo_Italique"">raconte</span> pas avec l’<span class=""typo_Italique"">écriture</span>. Avec l’écriture, je peins, – quoi ? le peuple des pensées et des visions, les passages, pas les pas<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">37</a></span></span> ». En outre, l’autobiographie, selon la conception traditionnelle du genre, comporte un « pacte » ou un contrat signé entre l’auteur et le lecteur, où le premier s’engage à dire <span class=""typo_Italique"">la vérité</span> ; et on lit en revanche dans <span class=""typo_Italique"">Gare d’Osnabrück à Jérusalem</span> : « On ne peut pas dire la vérité, dis-je, aucun livre, je ne peux pas, on ne pourra jamais, dire la vérité, et c’est dommage. Et c’est heureux. Au lieu de cette Illusion on peut tout dire, et ce sera de la vérité inventée<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">38</a></span></span>. » Bien que les derniers ouvrages publiés par Cixous se penchent sur des faits tragiques de l’histoire européenne du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle à travers le sort des membres de sa famille maternelle (déportés et assassinés dans des camps nazis ou bien obligés de s’exiler de l’Allemagne hitlérienne), l’auteure oppose l’« information », aujourd’hui foisonnante et facilement accessible grâce à internet, à la « fiction », beaucoup plus <span class=""typo_Italique"">vraie</span> : « Je préfère avoir la liberté de la fiction<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">39</a></span></span>. »</p><p class=""txt_Normal"">Cette deuxième partie débute ainsi par le texte de Maxime Decout, qui revient aux origines autant de la vie que de l’œuvre d’Hélène Cixous, c’est-à-dire à l’Algérie française, où elle est née et a grandi, en faisant les premières expériences de la violence et de l’exclusion subies par sa famille et par tant d’autres habitants de ce pays. L’Algérie devient ainsi un espace mythique à l’origine de l’écriture cixousienne et de ses grands thèmes. Ginette Michaud, de son côté, se penche vers les derniers livres publiés par Cixous (<span class=""typo_Italique"">Correspondance avec le mur</span> et <span class=""typo_Italique"">Défions l’augure</span>), non seulement<span class=""typo_Italique""> </span>pour déceler les liens qui unissent des textes d’inspirations apparemment diverses, mais aussi et surtout pour commenter leur rapport à cette « vérité » historique et autobiographique, en consacrant en outre une analyse détaillée à la valeur de l’image photographique dans l’écriture. Ensuite, Eric Prenowitz se tourne délicatement vers les « pétales » de la « fleur » que constitue le « Livre-Que-Je-N’écris-Pas », tel que nous l’avons commenté, notamment les fictions intégrant la série <span class=""typo_Italique"">Abstracts et Brèves Chroniques du temps</span>. Prenant pour appui les notes et les manuscrits de l’auteure – dont quelques-uns sont reproduits –, Marie Odile Germain s’emploie dans le même sens à caractériser cette « autobiographie à l’œuvre » particulière à Hélène Cixous. La contribution de Pascale-Anne Brault, qui clôt cette partie, aborde un aspect clé de ce rapport vie-œuvre : celui de l’engagement politique de l’écriture cixousienne. Brault se focalise sur les pièces de théâtre, où cet engagement est plus évident, mais sans oublier ce que l’auteure a argué : « L’acte littéraire n’a jamais été dissocié pour moi de sa mission politique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">40</a></span></span>. »</p><p class=""txt_Normal"">La partie suivante, « Qui sont-je<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">41</a></span></span> ? », touche un aspect aussi essentiel de la pensée-écriture d’Hélène Cixous : si l’autobiographie est impossible, c’est également parce que l’identité d’une personne ne peut jamais être cernée ; l’œuvre cixousienne nous offre de multiples exemples de la complexité et de la pluralité des êtres qui habitent ce qui est nommé par commodité <span class=""typo_Italique"">une</span> personne. Cette pensée des différences – au pluriel – dont chaque individu est composé implique aussi de concevoir le sujet comme un être poreux, vulnérable ; Cixous utilise souvent l’image de la blessure pour signifier cette hospitalité à l’autre – tel que l’analyse pertinemment le texte de Peggy Kamuf –, ce qui a des effets sur les rapports entre les êtres, qui établissent parfois des « connexions » profondes et opaques à la raison. <span class=""typo_Italique"">Philippines</span>";;;;;;;;; 684;1;3;34;L'art avec (ou sans) le marché de l'art;N°28/2019;;;"<p>Le marché de l’art et l’influence qu’il peut avoir sur les pratiques artistiques et leur réception. </p>";"<p>Éditorial</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : L’art avec (ou sans) le marché de l’art</strong></p><p><strong>Jérôme Glicenstein</strong><br />« Introduction : l’art avec (ou sans) le marché de l’art »</p><p><strong>Franziska Wilmsen</strong><br />« La commande en art contemporain : programmation muséale et nouveaux réseaux économiques »</p><p><strong>Rime Fetnan</strong><br />« Le rôle du marché de l’art à la documenta de Kassel : l’exemple de la <em>documenta11</em> »</p><p><strong> Anne-Sophie V. E. Radermacker</strong><br />« <em>Quand un nom vaut des millions. </em>État et limites d’un marché de l’art fondé sur une économie du nom d’artiste »</p><p><strong>Léa Saint-Raymond</strong><br />« Ce n’est pas de l’art mais du commerce ! ». L’irrésistible ascension du marché comme prescripteur »</p><p><strong>Ashley Lee Wong</strong><br />« Comment se confronter au marché : les nouveaux médias face au marché de l’art »</p><p><strong>Zoé Haller</strong><br />« Œuvrer en marge du marché de l’art »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p><strong>Vladimir Titov<br /></strong>L'optique corporelle de Vladimir Titov</p><p><strong> <br /></strong></p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p><p>Abstracts français et anglais</p>";;02/05/2019;0;155x220;160;978-2-84292-996-1;978-2-84292-996-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_684.jpg;"<p><strong>« <em>Quand un nom vaut des millions</em></strong><strong>. État et limites d’un marché de l’art fondé sur une économie du nom d’artiste »</strong><br />Anne-Sophie V. E. Radermacker<br />L’article interroge l’économie du nom d’artiste dans laquelle évolue le négoce de l’art actuel et la valeur symbolique et marchande qu’il lui confère. La première partie retrace les origines historiques de cette économie singulière et apporte des preuves empiriques du poids des noms (comme identifiants et signatures) sur le marché de l’art. Trois axes de réflexion sont ensuite développés : le nom d’artiste comme construction culturelle, les effets d’une prescription du nom sur les comportements d’acquisition et de création, et la question des marchés des œuvres anonymes.</p><p><strong>« Œuvrer en marge du marché de l’art »<br /></strong>Zoé Haller<strong><br /></strong>À partir d’une enquête réalisée auprès d’artistes et de professionnels de l’art, cet article analyse les conditions du maintien sur la scène artistique contemporaine des artistes non-intégrés aux réseaux marchands de l’art. Différentes alternatives s’offrent à eux : dispositifs de soutien public à la création, initiatives mises en place par les artistes ; ce texte propose d’en examiner les enjeux et les conséquences sur les conditions de vie et de création des artistes.</p><p><strong>« La commande en art contemporain : programmation muséale et nouveaux réseaux économiques »<br /></strong>Franziska Wilmsen<br />Cet article met en lumière la pratique de la commande artistique dans le contexte du musée, en se focalisant sur la relation entre l’action de commander une œuvre et certaines tendances au sein du marché de l’art contemporain anglo-européen. J’examine les variations des structures de pouvoir entre artiste, galeriste et musée et je discute de la manière dont les tâches assignées à ces différents rôles sont négociées au cours du processus de commande. En me basant sur des études de cas récentes au sein du Kunstmuseum de Wolfsburg et de la König Galerie (Berlin), j’examine la rencontre entre des objectifs esthétique et économique concurrents au cours du développement d’un processus de commande. Enfin, j’étudie la manière dont la commande artistique a été absorbée dans l’extension du « branding » des musées et je considère les conséquences que cela a pour les institutions d’art et le marché dans lequel elles sont imbriquées.</p><p class=""Normal1""><strong>« Comment se confronter au marché : les nouveaux médias face au marché de l’art »</strong><strong><br /></strong>Ashley Lee Wong<strong><br /></strong>Les arts médiatiques sont traditionnellement demeurés cantonnés aux frontières du marché de l’art. Pourtant, au moment où les technologies en réseau commencent à faire partie de nos vies quotidiennes, nous assistons à l’émergence d’une génération d’artistes qui travaillent avec et sur Internet, tout en bénéficiant d’une présence plus importante au sein du monde de l’art. Les artistes post-Internet représentent ainsi la première génération d’artistes ayant grandi avec Internet, tout en ayant une bonne compréhension du marché mondial de l’art et du capitalisme contemporain. Il semble devenu crucial pour ces artistes de s’investir activement dans l’économie de marché contemporaine, s’ils ne veulent pas demeurer dans les marges, largement impuissants et précaires. Dans l’économie de marché globalisée, la technologie et l’art se mettent à converger de différentes manières, s’ouvrant à la possibilité de contester les modèles traditionnels de présentation et de circulation de l’art. Cet article dresse une brève histoire de l’art des nouveaux médias et de sa confrontation avec le marché. Les nouvelles technologies peuvent mettre en cause le fonctionnement du marché de l’art à travers des systèmes de Blockchain et des formes d’art qui sont simultanément médiatiques – à l’instar des systèmes de réalité virtuelle (VR) – offrant des moyens de reconsidérer les modèles de présentation et de distribution de l’art au sein des contextes commerciaux. L’objectif visé est néanmoins aussi de parvenir à créer une économie culturelle et un marché de l’art qui soient plus équitablement distribués.</p><div><p><strong>« Ce n’est pas de l’art mais du commerce ! ». L’irrésistible ascension du marché comme prescripteur.<br /></strong>Léa Saint-Raymond<br /> « Ce n’est pas de l’art mais du commerce ! » : ce cri d’exaspération, poussé au moment où la <em>Bohémienne endormie</em> du Douanier Rousseau fut adjugée au prix record de 800 000 francs, en 1926, trouve encore un écho aujourd’hui, dans les critiques à l’encontre d’un art contemporain qui serait dominé par le marché et la spéculation. Or, l’apparition de ces dénonciations est elle-même datée car celles-ci se multiplièrent dans l’entre-deux-guerres. Cet article cherche à comprendre les causes profondes qui firent émerger ce registre de disqualification, devenu un lieu commun. Deux phénomènes en furent à l’origine. En premier lieu, les années 1910-1920 marquèrent le passage d’un système dans lequel la spéculation relevait d’un arbitrage individuel, à un système caractérisé par une spéculation plus collective, favorisé par l’apparition de dictionnaires de cotes. À ce phénomène vint s’ajouter la disparition du Salon officiel comme instance de prescription et de légitimation. Avec la naissance d’un <em>habitus</em> financier dans le champ artistique et la fin du Salon officiel, perçu comme un juge extérieur, le segment de l’art contemporain fut alors accusé d’être régi de façon interne, par les seules lois du marché ; cette irrésistible ascension du marché correspondit au « passage obligé », pour un artiste, par les galeristes et marchands de tableaux pour se faire un nom.</p></div><p><strong>« Le rôle du marché de l’art à la documenta de Kassel : l’exemple de la <em>documenta11</em> »<br /></strong>Rime Fetnan<br />Cet article vise à identifier et circonscrire les liens entre les biennales internationales d’art contemporain et le marché de l’art, dont les pratiques ont évolué au cours de ces dernières décennies pour s’adapter à de nouvelles modalités d’exposition. L’analyse, réalisée à partir des documents d’archives de la <em>Documenta11</em> de Kassel (2002), prend en compte les aspects à la fois budgétaires, programmatiques et artistiques qui témoignent des jeux de pouvoir entre les différents acteurs, menant parfois à des décalages entre le concept de l’exposition et la production de celle-ci.</p>";"<p>Introduction</p><p>Le marché de l’art a connu une croissance extrêmement forte ces dernières décennies, au point de mettre en doute tout retournement de tendance. Le secteur de l’art contemporain est semble-t-il au cœur de ce phénomène, nourrissant les appétits d’investisseurs pour qui la valeur financière de l’art échapperait par nature aux fluctuations ordinaires de l’économie. Bien entendu, il est difficile de croire que de telles valeurs soient dotées de propriétés magiques et si le marché de l’art s’envole actuellement, cela ne veut pas dire que cette situation durera éternellement. Il n’en demeure pas moins que cette situation n’est pas sans conséquences sur les relations au sein du monde de l’art. Si l’argent est central dans l’imaginaire collectif contemporain, la question se pose par exemple de savoir s’il est encore possible de parler d’art sans mentionner les sommes importantes qu’il requiert. Et si c’est le cas, comment la relation entre la cote marchande d’un artiste et sa valeur esthétique peut-elle s’articuler ?</p><p>Le développement hyperbolique du marché de l’art contemporain a de fait des conséquences sur les postures et pratiques de la plupart des acteurs du champ, à commencer par les artistes eux-mêmes. Autrefois, nombreux d’entre eux professaient de mépriser le commerce de l’art ; c’était même l’une des ritournelles bien connues de la Bohême. Ces dernières années, la situation a semble-t-il changé : bien qu’il y ait toujours autant d’artistes dépourvus de ressources, certains d’entre eux choisissent de mettre en scène leur train de vie et leur bonne fortune. Cette posture n’est pas sans écho dans l’histoire ancienne de l’art, mais elle tranche largement avec l’éthos puritain de la modernité. De fait, le succès commercial n’est plus vu comme un gage de médiocrité et/ou de trahison, notamment par les critiques, conservateurs, commissaires et historiens de l’art. Ceci explique sans doute que les dossiers de presse produits par les galeries aient pu acquérir une valeur aussi importante, valeur qui dépasse la simple information, chacun s’empressant de relayer leur contenu.</p><p>Si certains artistes ont pu devenir des stars en raison de leurs succès dans des ventes aux enchères, les galeries internationales et les grands collectionneurs occupent désormais une place centrale à leurs côtés, reléguant les intermédiaires traditionnels de l’art (critiques ou conservateurs) à bonne distance et divisant le public en fonction de ses capacités financières.</p><p class=""Default"">Que faut-il en penser : le marché est-il réellement devenu le prescripteur principal des valeurs artistiques ? Sommes-nous arrivés à une situation où il devient impensable de s’opposer à un système dont tout le monde ne bénéficie pas mais qui continue d’exercer un attrait important sur les artistes – et jusque sur l’économie néo-libérale qui valorise fortement les valeurs liées au monde de l’art ? Le marché détermine-t-il l’évolution des productions artistiques, comment et par quels relais ? C’est à ces questions que ce numéro de <em>Marges</em> tente de répondre.</p><p class=""Default"">La première partie du numéro se compose de deux études de cas permettant d’éclairer concrètement les relations entre marché de l’art et institutions publiques de diffusion. Le texte de Franziska Wilmsen aborde les partenariats public-privé établis entre les musées et le marché, dans le cas de commandes passées à Erwin Wurm par le Kunstmuseum de Wolfsburg. Ainsi qu’elle le montre, de manière très convaincante, les liens entre ce commanditaire et la galerie de l’artiste ne sont pas sans effets sur l’œuvre produite et ses expositions ultérieures. Rime Fetnan évoque, quant à elle, la relation entre les expositions internationales et le marché de l’art, dans le cadre de deux éditions de la Documenta de Kassel. La participation des artistes à ces expositions a pu avoir des conséquences sur leur activité, ce qui concerne autant les galeries que les collectionneurs concernés. </p><p class=""Default"">La deuxième partie est plus distanciée vis-à-vis de l’art contemporain, puisqu’il s’agit d’examiner les facteurs économiques entrant dans la détermination de la valeur des œuvres. Léa Saint-Raymond revient dans son article sur l’évolution de la spéculation sur les œuvres d’art, depuis la fin du Salon officiel. De fait, la légitimité académique toute puissante a été progressivement remplacée, à partir des années 1910-1920 par une nouvelle légitimité correspondant à l’action des marchands, lesquels ont gagné au passage une influence prescriptrice en matière artistique. Anne-Sophie Radermacker s’interroge quant à elle sur un autre aspect de la même question : le sous-entendu du marché de l’art qui voudrait que la valeur d’une œuvre serait étroitement liée à l’identité de son auteur. De fait, il est possible de relier la notoriété d’un nom à l’évolution d’une cote. Simultanément, les œuvres dont les auteurs sont anonymes, si leurs cotes sont plus faibles ne sont jamais complètement dévalorisées.</p><p class=""Default"">La troisième partie reprend la deuxième partie du titre de ce numéro et s’interroge sur les moyens qu’ont les artistes et opérateurs d’art aujourd’hui d’échapper à la mainmise du marché dominant. Le texte de Zoé Heller rend compte d’une enquête menée auprès d’artistes dont l’activité se situe en marge (ou à l’extérieur) du marché de l’art. Les artistes qui ne travaillent pas directement pour le marché de l’art cherchent en effet bien souvent à fonder d’autres économies, mettant en valeur des solidarités associatives et la recherche de financements publics. Le dernier article, dû à Ashley Wong traite enfin d’un segment spécifique du marché de l’art qui concerne l’art des nouveaux médias. Pendant longtemps ce type de pratique échappait, presque par nature, à l’échange marchand. L’obsolescence des technologies et les difficultés de conservation rebutaient les collectionneurs. Les acteurs concernés ont toutefois progressivement construit un marché spécifique qu’ils ont accompagné d’un ensemble de dispositifs permettant à fois la diffusion et les possession ou l’échange d’œuvres.</p><p class=""Default"">Ce numéro ne serait pas complet sans une intervention d’artiste ; celle-ci est due à Vladimir Titov, un artiste russe, dont Satenik Bagdasarova présente une série de dessins.</p><p class=""Default""> </p><p>Jérôme Glicenstein<br />Avril 2019</p>";"<p> </p><p><strong><em>""When a name is worth millions. </em>Status and limits of an art market based upon an artist’s name economy""<br /></strong>Anne-Sophie V. E. Radermacker<br />This paper discusses the economics of names in which the art market has developed, as well as its symbolic and monetary value. The first section pinpoints historical facts that have led to the primacy of the artists’ names in the art world, and brings empirical evidence of their market value (when names are viewed as identifiers and signatures). Three lines of thinking are then addressed: the artist’s name as a cultural construction, how this prescriptive model may affect buyers and artists’ behaviors, and the trade of anonymous commodities.</p><p><strong>""Operating on the fringes of the art market""<br /></strong>Zoé Haller<strong><br /></strong>Based on a survey of artists and art professionals, this article studies how artists who are not integrated into the art market networks can stay in touch with the contemporary art scene. Different alternatives are available to them: public support mechanisms, initiatives put in place by the artists. This text proposes to examine the stakes and the consequences of these alternatives on the conditions of the lives of the artists and their creations</p><p><strong>“Commissioning Contemporary Art: Museum Programming and New Economic Networks”<br /></strong>Franziska Wilmsen<strong><br /></strong>This article sheds light on the practice of art commissioning in the museum context with a focus on the relationship between the act of art commissioning and trends within the contemporary Anglo-European art market. I examine the shifting power structure between artist, gallerist, and museum and debate the negotiation of tasks assigned to these roles throughout the commissioning process. Drawing on recent case studies from the Kunstmuseum Wolfsburg and the König Galerie (Berlin), I examine the intersection of competing aesthetic and economic agendas in the development of approaches to the commissioning process. Finally, I consider the extent to which art commissioning has been absorbed into an extended ‘branding’ of museums and consider the consequences of this for both the art institutions and the market trends in which they are imbricated.</p><p><strong>""Confronting The Market: Media Art’s Venture into the Art Market”</strong><strong><br /></strong>Ashley Lee Wong<br />Media art has traditionally remained on the fringes of the art market. However as networked technologies become a part of our daily lives, we see the emergence of a generation of artists working with and through the internet, and gaining a larger presence within the art world. Post-internet artists represent the first generation of artist to grow up with the internet who also have an understanding of the global art market and contemporary capitalism. It has become imperative for artists to actively engage with today’s market economies or remain on the fringes and largely disempowered and hardly sustainable. In the globalized market economy, technology and art begin to converge in different ways opening up to possibilities to challenge traditional models of presentation and distribution of art. This paper maps a brief history of media art and its confrontations with the market through both the art and technology sectors. New technologies begin to transform the emerging landscape of the art market through blockchain and time-based media art forms such as VR that offer ways of reconsidering models of the presentation and distribution of art within commercial contexts. Yet the greater challenge remains in creating a cultural economy and art market that is more fairly distributed.</p><div><p><strong>""It's not art, it's trade!’. The irresistible rise of the market as a prescriber”.<br /></strong>Léa Saint-Raymond<br />“It's not art, it's trade!”: this cry of exasperation, made at the time when <em>The Sleeping Gipsy</em> by Le Douanier Rousseau was auctioned at the record price of 800,000 francs in 1926, still finds an echo today in criticism against a contemporary art that would be dominated by the market and speculation. However, the appearance of these denunciations is itself dated because they multiplied in the inter-war period. This article seeks to understand the root causes that led to the emergence of this disqualification register, which has become a commonplace. Two phenomena were at the origin of this. First, the years 1910-1920 marked the transition from a system in which speculation was subject to individual arbitration to a system characterized by more collective speculation, encouraged by the emergence of rating dictionaries. In addition to this phenomenon, the official Salon disappeared as a body of prescription and legitimization. With the birth of a financial habitus in the artistic field and the end of the official Salon, perceived as an external judge, the contemporary art segment was then accused of being governed internally, by the laws of the market alone; for an artist, the irresistible rise of the market corresponded to the ""necessary passage"" by galleries and art dealers to make a name for themselves.</p></div><p><strong>« Le rôle du marché de l’art à la documenta de Kassel : l’exemple de la <em>documenta11</em> »<br /></strong>Rime Fetnan<strong><br /></strong>This article aims to identify and circumscribe the links between large-scale international exhibitions and the art market, whose practices have evolved in recent decades to adapt to these new forms of exhibitions. Our analysis was made from archival documents of the <em>Documenta11</em> of Kassel (2002) and takes in consideration budgetary, programmatic and artistic’s aspects of the exhibition. These elements testify of power games that sometimes lead to discrepancies between the concept of the exhibition and its production.</p>";234;15.00;"<p>L’art contemporain suscite rarement l’intérêt du grand public, hormis lorsque des ventes record sont annoncées, ce qui étonne souvent les commentateurs. Le marché de l’art occupe de fait une place centrale dans l’imaginaire des amateurs d’art, des artistes, mais aussi d’un certain nombre d’acteurs des institutions publiques de l’art. Ce numéro revient sur des cas concrets de liens entre artistes, marché et institutions, tout en donnant des perspectives historiques sur cette question et en mettant en valeur ce que peuvent en être les limites, notamment pour ce qui est des formes artistiques non commercialisables ou des positions d’artistes qui font le choix de ne pas vendre leurs œuvres.</p>";;31/01/2019 09:48;1;Première édition;3675 685;2;3;14;Archives rêvées, mémoires de peintres;;;;"<p>Qu’est-ce qu’une archive rêvée ? Comment la mémoire et l’archive convoquent-elles le passé, le présent et le futur dans la peinture contemporaine ?</p>";"<p>Préface<br /><strong>Françoise Lemaire </strong><br /><br />Introduction<br /><strong>Éric Bonnet et Céline Lubac </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Premier moment </strong><br /><strong>Exposer des archives rêvées</strong></p><p>L’exposition<br /><strong>Céline Lubac et Marcel Lubac </strong> <br /><br />Fragments mémoriels et dialogues avec les artistes<br /><strong>Céline Lubac </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Deuxième moment </strong><br /><strong>Le temps et la réminiscence</strong></p><p>En vitrines, pour mémoire<br /><strong>Pierre Wat </strong><br /> <br />Les temporalités de la peinture<br /><strong>Éric Bonnet </strong> <br /> <br />La peinture souffre (de) réminiscence(s)<br /><strong>Michel Guérin </strong><br /> <br />L’atelier du peintre au travers des rapports avec l’administration des Beaux-Arts<br /><strong>Clothilde Roullier <br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Troisième moment </strong><br /><strong>Pratiques mémorielles</strong></p><p>Chambre d’écho 2012-2016<br /><strong>Bernard Moninot </strong> <br /> <br />Entre interpellation et interpolation : l’appel d’Apelle (S).<br />Ou comment s’y prit Klee pour archiver un tableau mythique et comment Cheval (le Facteur) tenta bien naïvement de suivre dans la couleur<br /><strong>Jean Lancri </strong> <br /><br />1 200 tableaux à la seconde<br /><strong>Patrick Nardin </strong><br /><br />Il faut établir la source de la lumière<br /><strong>Carole Fékété </strong> <br /><br />Ostraca<br />La peinture comme une archéologie inversée<br /><strong>François Jeune </strong> <br /><br />Flux temporels et cristaux<br />de mémoire, archives dansées du quotidien<br /><strong>Nadia Vadori-Gauthier </strong> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Quatrième moment
<br />Faire archive</strong></p><p style=""text-align: left;"">L’image en sourdine dans la peinture de Luc Tuymans<br /><strong>Christophe Viart </strong><br /> <br />Gerhard-richter.com : des archives en ligne<br /><strong>Eddie Panier</strong> <br /> <br />Faire archive : la mémoire déposée contre la mémoire érigée<br /><strong>Isabelle Herbet </strong> <br /><br />Dominique Angel, Carlos Kusnir, Patrick Saytour<br />Jeux de mémoires<br /><strong>Romain Mathieu </strong><br /> <br />Peindre l’Histoire, dissoudre l’Homme<br />Approche lévi-straussienne de l’œuvre de Luc Tuymans<br /><strong>Raphaël Gomérieux </strong> <br /><br />L’archive rêvée en peinture, de l’archaïque au transfert chez Vincent Verdeguer<br /><strong>François Soulages </strong></p><p> <br /><br />Bibliographie </p><p>Les auteurs </p><p>Crédits </p>";;06/06/2019;0;160x220;280;978-2-37924-016-4;978-2-37924-016-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_685.jpg;"<p>Qu'est-ce qu'une archive rêvée ? Comment la mémoire et l'archive convoquent-elles le passé, le présent et le futur dans la peinture contemporaine ? Œuvres d'artistes et textes de chercheurs dialoguent autour de ce paradoxe de l'archive et de la fiction. Ce livre fait l'archive d'une exposition et d'un colloque qui, en 2016, ont réuni vingt-six artistes et quatorze chercheurs, développant la réflexion sur les relations entre pratiques picturales contemporaines, actes mémoriels et traces. L'attention aux événements très quotidiens, à ce qui se passe entre un artiste et son lieu, à son cheminement, aux ébauches exposées, à tous les rituels mis en place dans l'atelier, à l'écriture de la mémoire, est ici centrale. La réflexion sur les temporalités de l'acte pictural, sur les jeux de l'imitation et de l'appropriation du passé, nous font entrer dans les fictions et les souvenirs qui accompagnent et motivent la création. Comment un artiste construit-il une archive ? Quels types de traces conserve-t-il de la réalité, et de son expérience vécue ? Quel regard pose-t-il sur les archives, et à quels documents et matériaux a-t-il recours ?</p><p> </p><p style=""text-align: center;"">ARTISTES</p><p>Dominique Angel - François Bouillon - Pierre Buraglio - Jean-Loup Cornilleau - Gérard Duchêne - Gilgian Gelzer - Jean-Olivier Hucleux - Cyril Jarton - François Jeune - Jean Lancri - Alexandre Léger - Joël Kermarrec - Odile Maarek - Jean-François Maurige - Éric Monbel - Bernard Moninot - Patrick Nardin - Anne Rochette - Patrick Saytour - Alain Sicard - Elmar Trenkwalder - Nadia Vadori-Gauthier - Paul Van Der Eerden - Sarah Venturi - Anthony Vérot - Claude Viallat</p>";"<p class=""texte"">Introduction</p><div id=""_idContainer002"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""western ParaOverride-3""><span class=""CharOverride-5"">É</span><span class=""CharOverride-6"">ric </span><span class=""CharOverride-7"">Bonnet</span><span class=""CharOverride-6""> et Céline </span><span class=""CharOverride-7"">Lubac<br /></span></p></div><p class=""texte"">Comment définir une archive ? Trace historique, acte public, fait politique, fait divers, indice, pièce à conviction, document, traité, accord économique, marque mémorielle, objet, éléments conservés avec neutralité et système, sur lesquels le temps va stratifier son action, opérer un tri, prendre sens ou faire disparaître dans l’insignifiant. Qui sait la pièce, le détail, le fragment qui fera date, qui sera jugé essentiel dans le futur, qui sera l’élément déclencheur d’une future construction, d’une fécondité dans un présent actualisant ?</p><p class=""texte"">L’archive est tournée vers le futur. Conserver quelque chose, c’est se réserver un futur antérieur. L’archive arrime l’objet choisi et la modalité de son archivage<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. L’artiste ne fait pas le même usage de l’archive que l’historien, que l’archéologue ; il n’est pas tenu par une forme d’objectivité historique, de neutralité dans le traitement des objets, des traces. Il fait usage du passé, il focalise sur certains détails, fragments, et il construit un présent avec ces traces du passé, il autoproduit une archive. Faire œuvre, c’est faire archive. Œuvre après œuvre, le temps de l’artiste s’inscrit, chemine, se recycle ou fait rupture. L’œuvre d’un artiste est une archive autoprésente.</p><p class=""texte"">L’élaboration d’une œuvre convoque toujours des images déjà là dans la mémoire du peintre, ou des images concrètes que celui-ci collecte. Comment une œuvre se fabrique-t-elle à l’atelier ? Comment l’artiste vit-il une relation avec le passé qu’il actualise et dépasse dans le moment de la création ? De quel passé s’agit-il ? Un passé singulier historique, un passé objectivé ou fantasmé ? Comme autant d’images plurielles convoquées sans être là, notre mémoire agit sur notre conscience et notre geste de façon automatique et indirecte. Certains plasticiens proposent une lecture principielle du geste de mémoire, ancré dans la vie des éléments manifestes : pierre, verre gravé, eau, feuille de papier. Ces matériaux sont autant d’objets de mémoire et à mémoire, qui fabriquent autant qu’ils répertorient.</p><p class=""texte"">Comment la peinture en tant que matériau de recouvrement, de l’opaque au diaphane, interroge-t-elle la mémoire du regard, de celui qui s’y adonne, et de celui qui la contemple ensuite ? Une peinture n’est-elle pas fondamentalement une archive qui s’efface et se constitue au fur et à mesure de son élaboration, strate par strate ? L’archivage, chez les peintres, n’est pas nécessairement associé à des problématiques historiques.</p><p class=""texte"">Quels sont les artistes, qui, actuellement, utilisent intimement des documents ? S’agit-il de documents privés ou de documents publics ? Quelles formes d’archivage pratiquent-ils ? En remettant en question la linéarité de l’histoire individuelle et collective, le geste de collectage de l’artiste, l’artiste nous incite à revisiter la périodicité de son époque, associée à des objets de la vie moderne, par le biais de ses propres investigations. Aussi, une véritable archéologie culturelle et sociale peut-elle se mettre en place.</p><p class=""texte"">Quels sont ceux, qui, au contraire, lâchant prise, tentent coûte que coûte, de s’identifier à leur geste, dernière trace d’une écriture succincte bientôt disparue ?</p><p class=""texte"">Dans quelle mesure l’œuvre peinte interroge-t-elle la mémoire singulière et la collectivité, dans ses projections passées et à venir, dans son rapport à la langue ?</p><p class=""texte"">La peinture, comme l’archive, n’est-elle pas un territoire privilégié de l’oubli autant que de la mémoire ? Notre interrogation nous amènera ainsi à considérer l’espace peint et l’espace dessiné comme des lieux où l’oubli devient actif, et par là, absolument nécessaire.</p><p class=""txt_separateur ParaOverride-2"">***</p><p class=""texte"">Dans la suite de deux colloques : « Esthétique de l’écran », 2010, (dir. Éric Bonnet), INHA, et « Peinture : entre archaïsme et modernité, entre mythe et réalité », 2014, INHA, (dir. Isabelle Herbet, Céline Lubac, Éric Bonnet), le projet de recherche « Archives rêvées, mémoires de peintres » s’est articulé à une pratique de l’exposition. Les Archives nationales apportaient leur partenariat dans le cadre du Labex Arts H2H. Explorant le médium peinture dans le champ de l’art contemporain, un cycle pluriel d’expositions a eu lieu durant toute l’année 2016 à la maison d’Art contemporain Chaillioux, à Fresnes, et dans les trois galeries d’art contemporain de renommée internationale avec qui elle travaille en réseau : la galerie Bernard Jordan, Paris-Zurich, la galerie Jean Fournier, Paris, la galerie Bernard Ceysson, Paris-Genève-Luxembourg-Saint-Étienne. Des tables rondes ont accompagné ces expositions.</p><p class=""texte"">Une exposition de synthèse a eu lieu aux Archives nationales du 19 octobre au 12 décembre 2016<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>.</p><p class=""texte"">Elle présentait les œuvres d’un certain nombre d’artistes, mais également leur cheminement personnel à l’atelier, à travers des traces témoignant de l’élaboration de leur œuvre : carnets, cahiers, notes, images accumulées, accompagnant leur parcours.</p><p class=""texte"">Nous remercions tous les artistes qui se sont engagés dans cette exposition et qui ont généreusement prêté leurs œuvres. Nos partenaires, la Galerie Bernard Ceysson, la Galerie Bernard Jordan, la Galerie Jean Fournier nous ont également prêté des œuvres ; nous les en remercions pour leur participation à ce projet de recherche.</p><p class=""texte"">Le Labex Arts H2H et le laboratoire EA 4010 AIAC Arts des images et art contemporain ont soutenu ce projet avec les Archives nationales. Notre gratitude va à Françoise Banat-Berger, directrice des Archives nationales, à Françoise Lemaire et Rosine Lheureux, conservateurs en chef des Archives nationales, et à tous les responsables et techniciens du site de Pierrefitte-sur-Seine qui nous ont aidé dans la mise en place de l’exposition ainsi que du colloque.</p><p class=""txt_separateur ParaOverride-2"">***</p><p class=""texte"">Comment rendre compte dans un livre des différents temps et aspects de cette recherche : rencontre avec des artistes et débats dans les galeries d’art contemporain partenaires du projet, à la Maison d’art contemporain Chaillioux et aux Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine, lors de l’exposition et du colloque ? Le livre est construit selon quatre moments. Le premier moment « Exposer des archives rêvées » est consacré aux artistes et à leurs installations dans les vitrines. Leur présence est liée au fait qu’ils ont, pour la plupart, exposé à la Maison d’art contemporain Chaillioux, à Fresnes, dans les années précédentes, et qu’ils ont noué durablement des relations de travail et d’amitié avec son directeur Marcel Lubac, avec Céline Lubac, critique d’art, qui a écrit sur leur œuvre à la suite de rencontres et de visites d’atelier. Ainsi l’attention aux événements très quotidiens, à ce qui se passe entre un artiste et son lieu, à son cheminement, aux ébauches exposées, à tous les rituels mis en place dans l’atelier, à l’écriture de la mémoire, est ici centrale, avant que les travaux ne se dispersent dans les aventures de l’exposition et de la diffusion. L’archive dont nous parlons ici est bien une archive privée, avec laquelle l’artiste élabore sa réflexion.</p><p class=""texte"">D’autres artistes se sont joints à ce groupe. Artistes et universitaires, ils enseignent ou ont enseigné en université, (Paris 1, Paris 8). Leur œuvre et leur recherche rencontraient avec évidence la question posée de la relation entre rêve et archive. Ils sont présents à la fois comme artistes et comme auteurs d’un texte qui figure dans le troisième moment du livre : « Pratiques mémorielles ». Ce moment rassemble des contributions écrites d’artistes, nous permettant d’associer quatre aspects de la recherche en art : la pratique artistique, sa mise en exposition et ses contraintes, la mise en mots de l’expérience artistique par l’artiste lui-même, l’analyse et la théorisation de la création artistique.</p><p class=""texte"">Céline Lubac a rassemblé des extraits d’une série de textes qu’elle a écrits sur les artistes exposés. Ce sont des « fragments mémoriels », avec lesquels elle a tenté d’esquisser une typologie d’usages de l’archive et de pratiques de la mémoire : « L’utilisation explicite des documents », « Les rebonds de l’atelier », « L’atelier comme lieu de pensée, d’avancées, d’archives », « L’archive du geste », « L’allusion au signe ». Une typologie fragile tant ses frontières sont poreuses et en interaction. Cependant, elle nous offre un début d’ordonnancement dans la réflexion qui s’est opérée dans ce moment de l’exposition et dans la création de chacune de ces vitrines. Précisons que la plupart des artistes sont venus installer eux-mêmes leur espace personnel, nous prêtant des documents rarement ou jamais montrés. Cette exposition est en soi une création et un vrai laboratoire. Dans « Fragments mémoriels », les textes sur les artistes ne sont pas de même longueur, certains artistes sont même absents. De cette inégalité de traitement, il ne faut voir aucune volonté de valoriser l’un ou l’autre, mais simplement le fait que l’auteure n’a pas eu l’occasion d’écrire sur leur œuvre. Ce texte est donc vivant, évolutif, en prise avec les rencontres, les occasions, telles qu’elles peuvent advenir dans le fil de l’existence.</p><p class=""texte"">« Fragments mémoriels » ainsi que « Quelques notes sur l’exposition », écrit par Pierre Wat, accompagnent la restitution en images de l’exposition. Le photographe Julio Perestrelo, étudiant du master photographie de l’université Paris 8, a photographié chaque vitrine et des détails de ces vitrines. Chaque artiste nous a donné un texte de présentation. D’où cette diversité des notices de présentation, courtes ou longues, certains artistes préférant nous donner une citation, d’autres insistant sur leur <span class=""italique"">curriculum vitae</span>.</p><p class=""texte"">Le deuxième moment du livre propose trois approches, la première plasticienne, la seconde philosophique, la troisième archivistique, pour introduire notre réflexion théorique sur la possibilité d’une « Archive rêvée », et sur les pratiques mémorielles mises en œuvre chez les artistes.</p><p class=""texte"">Les multiples temporalités de l’œuvre chez Barnett Newman, Robert Morris et Alighiero Boetti, et la pratique de l’archive, production et usage, chez ces artistes, sont étudiées par Éric Bonnet. Les dispositifs inventés font de leurs œuvres un capteur de temps, une prothèse inscrivante, et par là même un vecteur de mémoire, mémoire volontaire et involontaire, travaillée par l’oubli et l’anamnèse.</p><p class=""texte"">Michel Guérin pose le problème de l’influence et du poids de l’histoire de l’art sur la pratique des artistes. Mais l’imitation et l’appropriation des œuvres du passé par les artistes peuvent être vues comme le signe d’un partage d’expériences communes, permettant des figures nouvelles et émergentes. Michel Guérin propose le terme de « figuration » pour désigner le geste de faire apparaître une figure, un rythme sur fond d’indifférenciation, ouvrant ainsi non pas sur l’histoire et sa lourdeur, mais sur une profondeur temporelle.</p><p class=""texte"">Clothilde Roullier interroge la mémoire que l’administration conserve de ce lieu de création qu’est l’atelier. Quelles sont les pratiques administratives qui permettent de construire une archive sur un atelier d’artiste, d’en suivre l’évolution, d’enregistrer les visites d’atelier ? Le cas de l’atelier de Brancusi est ici examiné de manière emblématique.</p><p class=""texte"">Nous l’avons dit, le troisième moment rassemble les réflexions et paroles d’artistes sur leur propre travail. Celles-ci nous font entrer dans les fictions, les souvenirs qui accompagnent et motivent leur création. Et ces textes délivrent un enseignement riche sur leur exercice de la mémoire. Les artistes et auteurs Bernard Moninot, Jean Lancri, Patrick Nardin, François Jeune, Nadia Vadori-Gauthier ont été rejoints par Carole Fékété, dont la recherche photographique, très imprégnée par la peinture, est fondée sur la relecture de formes et de symboles artistiques du passé.</p><p class=""texte"">Dans le quatrième moment, Christophe Viart analyse l’hétérogénéité des images utilisées par Luc Tuymans dans sa peinture et leur mise en peinture. La violence des images non spectaculaires mais inscrites dans le tragique de l’histoire est traitée dans une picturalité indifférente et distante, refusant toute psychologie. Ce que Raphaël Gomérieux met en relation avec le regard froid de l’ethnologue. En s’appuyant sur la pensée de Claude Lévi-Strauss, il montre les liens entre ce que l’anthropologue appelle « le regard éloigné » et le regard de Tuymans sur les documents qu’il choisit et sur sa manière de les peindre.</p><p class=""texte"">Eddie Panier rend compte des évolutions du site internet de Gerhard Richter créé en 2003. Il compare le fonctionnement de ce site et le principe du catalogue raisonné. Observant l’apparition d’œuvres anciennes et orphelines sur le site, il en analyse les évolutions et les mouvements dans l’écriture du catalogue de l’artiste.</p><p class=""texte"">Les œuvres de Gérard Duchêne sont consubstantielles au principe de l’archive : écritures qui s’effacent, illisibles, palimpsestes, impressions superposées. Isabelle Herbet en analyse la configuration et le rapport à l’inconnaissable et à l’anonymat. Elle compare ces stratégies mémorielles à celles de Christian Bonnefoi qui construit une architecture nommée « diagramme » dans laquelle il articule toutes les séries composant son œuvre et en montre les connexions et l’évolution.</p><p class=""texte"">Pour Romain Mathieu, l’atelier est le lieu physique où se matérialise le matériau mémoriel. « Il est donc le lieu où le temps s’éprouve dans la rencontre des œuvres. » L’auteur met en évidence les usages et l’historicité des matériaux dans les œuvres de Dominique Angel, Carlos Kusnir et Patrick Saytour. Ce qui permet à ces artistes d’échapper à la fixité de l’histoire et d’entrer dans une fiction et dans une dialectique féconde entre passé et présent.</p><p class=""texte"">François Soulages interroge le travail du temps, sur le temps avec le temps, en reprenant un dialogue qu’il avait eu avec Jacques Derrida. La peinture travaille le temps et stratifie les couches matérielles, et psychiques. Pour exemplifier sa réflexion, il expose le cheminement créateur de Vincent Verdeguer qui, en 1988, a réalisé une série d’œuvres en effectuant des transferts entre peinture et photographie, recyclant continuellement sa production, dévoilant la nature inachevable de l’acte photographique, et montrant la relation intime entre archive, <span class=""italique"">archè</span> et origine.</p><div id=""_idContainer002"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""western ParaOverride-3""> </p></div><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Jacques Derrida<span class=""italique CharOverride-3"">,</span><span class=""italique CharOverride-4""> Trace et archive, image et art</span>, Paris, INA éditions, « Collège iconique », 2014, avant-propos de François Soulages, p. 6.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""notes""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. [En ligne] <a href=""http://www.labex-arts-h2h.fr/fr/archives-revees-memoires-de.html""><span class=""typo_lien_internet"">http://www.labex-arts-h2h.fr/fr/archives-revees-memoires-de.html</span></a> [consulté le 23 janvier 2019].</p></div></div><div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""Paragraphe-standard ParaOverride-1""><span class=""CharOverride-1""> </span></p></div><div id=""_idContainer002"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""western ParaOverride-3""><span class=""CharOverride-5"">é</span><span class=""CharOverride-6"">ric </span><span class=""CharOverride-7"">Bonnet</span><span class=""CharOverride-6""> et Céline </span><span class=""CharOverride-7"">Lubac</span></p></div>";;630;21.00;"<p>Quelles sont les formes et les fonctions de la mémoire et de l’archive dans les processus créateurs des peintres contemporains ? <br />Ce livre réunit vingt six artistes et quatorze chercheurs autour de ce paradoxe de l’archive et de la fiction. Les œuvres choisies par chaque artiste, fragments extraits de leur atelier, rarement exposés, viennent dialoguer avec des écrits d’artistes, d’historiens de l’art et de chercheurs, développant la réflexion sur les relations entre pratiques picturales contemporaines, actes mémoriels, traces et temporalités, passé, présent et futur</p>";;28/02/2019 09:05;1;Première édition;3670 686;2;3;39;Mémoires collectives européennes;;;;"<p>Les usages politiques du passé ont construit le roman national. Mais n'existe-t-il pas également un roman européen ? Quelle lecture critique peut-on faire de ces injonctions répétées à créer une « mémoire collective européenne » unifiée ?</p>";"<p><strong>Introduction </strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 1 </strong><br /><strong>Les mémoires institutionnelles 
de l’Union européenne <br /></strong></p><p style=""text-align: left;"">Les engrenages des récits officiels <br />Quand les institutions européennes font leur histoire <br />Eurozone et diplomatie mémorielle <br />Exposer le patrimoine européen </p><p style=""text-align: center;""><strong> </strong><strong>Chapitre 2 </strong><br /><strong> Des mémoires héroïsantes 
de la construction européenne </strong></p><p>Faire d’une pierre deux coups : 
hagiographies nationales et européennes <br />Construire des racines européennes nationales <br />Tentation téléologique </p><p style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 3 </strong><br /><strong>Les mémoires traumatiques de l’Union européenne </strong> </p><p style=""text-align: left;"">Un mot, un nom, des mémoires <br />Scénographies des traumatismes </p><p style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 4 </strong><br /><strong>Mémoires à la marge et oublis. 
Que faire des mémoires collectives européennes ? </strong></p><p style=""text-align: left;"">Mémoires à la marge <br />Quels espaces publics 
pour les mémoires européennes ? </p><p> </p><p><br />Biblio-filmographie </p><p>Index des lieux </p>";;23/05/2019;0;120x180;190;978-2-37924-020-1;978-2-37924-020-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_686.jpg;"<p>L’Europe dite « en crise » subit des critiques marquées quant à sa représentativité et à son fonctionnement jugé trop technocratique. Pour tenter d'y répondre, des acteurs organisent des usages politiques du passé, suggérant qu’une mémoire collective européenne serait susceptible de renforcer l’émergence d'un « nous » européen. D’autres, au contraire, proposent de s’en éloigner par la glorification de nouveaux romans nationaux. Le présent ouvrage propose une étude critique inédite de l’usage politique des passés relatifs à la construction européenne.<br /><br /><em>Christine Cadot est maîtresse de conférences en science politique à l'université Paris 8 (Vincennes/Saint-Denis) et directrice du CRESPPA-LabToP (CNRS, université Paris 8/université Paris Nanterre)</em></p>";"<p>Introduction</p><p>Chrisitine Cadot<br /><br /></p><p style=""text-align: right;"">« Je me demande ce que le passé nous réserve. »<br />Françoise Sagan, <em>Les Faux-fuyants</em>, Paris, Julliard, 1991.</p><p> </p><p>En décembre 1973, les neuf pays membres des Communautés européennes réunis au sommet de Copenhague inscrivent au nombre des priorités fondamentales européennes la définition d’une identité partagée qui facilite et dynamise leurs relations extérieures communes.</p><p>En décembre 2012, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont repoussé la date d’ouverture des négociations d’adhésion avec l’ex-république yougoslave de Macédoine, en raison notamment de la revendication de l’usage exclusif par la Grèce du nom « Macédoine ». A Skopje toujours, la même année, un pylône haut de 65 mètres sur lequel le drapeau macédonien flotte est érigé à la frontière avec la Bulgarie, dont les mâts ne dépassent pas 45 mètres. Cette affaire provoque l’irritation du Premier ministre Boïko Borissov, qui émet un véto à l’ouverture des négociations en vue de l’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne. En janvier 2018, on note de nombreuses manifestations de militants nationalistes grecs qui veulent redorer l’image d’une Grèce humiliée par la crise de la dette européenne par l’usage politique exclusif d’un passé héroïque en rapport avec l’héritage militaire et culturel de l’empire d’Alexandre. En juin de la même année, la proposition du Premier ministre grec Alexis Tsipras de trouver un compromis autour de l’appellation « République de Macédoine du Nord » est finalement adoptée par le Parlement grec et les deux gouvernements. Cet accord est confirmé par les Macédoniens du Nord lors d’un référendum en septembre 2018 qui a lié explicitement la question du nom et la question de la candidature à l’espace européen et à l’OTAN (« Êtes-vous pour l'adhésion à l'Union européenne et à l'Otan, en acceptant l'accord avec la Grèce ? »). Cet usage national d’un héritage antique dont on n’interroge jamais les frontières et l’homogénéité supposée est nécessairement conflictuel et nourrit les nationalismes. À Skopje aussi, Alexandre est présenté comme une figure fondatrice. Une statue à son effigie a été érigée en grande pompe en 2011 pour célébrer les 20 ans de l’indépendance nationale, à grand renfort de parades en costumes antiques. La vaste campagne d’aménagement de l’espace urbain de <em>Skopje 2014</em> en a été le vecteur monumental.</p><p>Ces mémoires héroïques avaient déjà été mobilisées au XIX<sup>e</sup> siècle. Elles étaient alors utiles à l’affirmation d’une église orthodoxe autonome par rapport à la Serbie voisine ou à l’identification d’une langue et d’une nation présentées comme non assimilables à la culture bulgare. Le propre de l’usage politique de l’histoire est de pouvoir être réinvesti de significations diverses en fonction des agenda nationaux, locaux ou européens.</p><p>Ce paysage mémoriel et ces usages politiques de l’histoire au sein d’États-membres de l’Union européenne se multiplient depuis plus de 50 ans. Ils ne peuvent que nous inviter à la plus grande prudence quant à l’utilité et à la possibilité d’une mémoire collective européenne unifiée.</p><p>Les politiques de mémoire associées à la construction européenne ont souvent été entretenues comme autant de mémoires actives, de mémoires chaudes, froides ou vivantes, de mémoires saturées ou de mémoires enfouies, au point de brouiller la perspective dans laquelle les institutions nationales semblaient d’abord les inscrire. La fabrique des mémoires collectives a été très rapidement évoquée comme une nécessité par les institutions européennes elles-mêmes. Ces présents du passé devaient permettre une introspection individuelle et collective, un réexamen attentif des culpabilités originelles de certains États-membres et un apaisement relatif des tensions toujours existantes, en ramenant celles-ci au traumatisme indépassable de la Seconde Guerre mondiale. Dans un programme de promotion des entreprises mémorielles mis en place en 2004 (« Mémoire active »), la Commission européenne avance ainsi que :</p><p>Le souvenir des atrocités et des crimes du passé permet aux citoyens de réfléchir aux origines de l’UE et à l’histoire de l’intégration européenne qui a permis de maintenir la paix dans les États membres et les a aidés à atteindre leur prospérité actuelle.</p><p>Dix ans plus tard, cette action est reprise mot pour mot dans les priorités du programme <em>L’Europe pour les citoyens</em>, qui finance des actions destinées à une jeunesse européenne qui doit « comprendre le sacrifice de ses ancêtres » et entretenir le « devoir de mémoire » aux effets entendus, que celui-ci soit relatif aux crimes du nazisme ou du stalinisme. On voit ici clairement la tension existante entre les effets attendus de politiques mémorielles et le but assigné à cet exercice collectif qui doit aussi permettre de s’interroger sur les raisons d’être de l’intégration européenne, en ramenant son origine, ses fondements et ses valeurs à la négation des crimes des totalitarismes.</p><p>D’abord lié au récit de l’intégration européenne, la mémoire aurait alors pour but d’aider les citoyens à réfléchir sur les horreurs de l’histoire, afin de mieux prendre conscience des progrès que constituait l’intégration européenne. Si nous faisons un pas de côté, cette vision d’une réconciliation nécessaire n’est-elle pas une condition dont l’exclusivité pose problème ? N’est-elle pas une vision occidentalo-centrée du récit fondateur de l’Union européenne ? Quel récit intégrateur proposer aux citoyens des États d’Europe orientale dont le rapport au passé ne peut s’énoncer exclusivement comme une origine se rapportant à la réconciliation franco-allemande ou à la signature de l’Armistice de 1945 ?</p><p>Depuis une trentaine d’années, les études sur les politiques de mémoire se sont multipliées. Les milieux politiques les plus euro-enthousiastes rappellent à l’envi le poids de la mémoire partagée dans la construction des identités collectives. Les chercheurs, eux, sont beaucoup plus sceptiques quant à l’affirmation d’un devoir de mémoire européen, mais sont souvent renvoyés à l’accusation d’europhobie ou d’euroscepticisme qui pèse souvent sur ceux qui dénoncent les usages politiques des histoires européennes.</p><p>L’histoire de l’intégration européenne s’intègre désormais à des enceintes auparavant réservées aux histoires nationales ou infranationales. Elle devient l’objet de réalisations scénographiées qui attirent de nouveaux visiteurs, alléchés par un contenu qui semble renouvelé, « au goût du jour ». Les musées de guerre, en particulier, ont fait un effort important dans l’exposition d’une vision plurinationale de leurs objets. Le musée de la Résistance de Besançon a fait appel à une conservatrice allemande, sans que cela ait soulevé d’opposition particulière. L’Historial de Péronne se présente comme un historial « européen », détaché de la recherche de la figure héroïque nationale. Cependant, cette vision non-héroïsante et plurinationale en devient-elle pour autant automatiquement européenne ?</p><p>Cet ouvrage ne prétend pas à l’exhaustivité d’une énumération de tous les débats sur les mémoires collectives en Europe et sur l’Europe. Il n’en épuise ni tous les exemples ni toutes les catégories. Néanmoins, nous avons tenté de les exposer en illustrant cet ouvrage d’exemples et de lectures venus d’horizons géographiques variés, comme l’index des lieux de cet ouvrage en fait part.</p><p>Le présent volume entend partir du constat porté par la quasi-totalité des chercheurs en science sociale : nos sociétés sont saturées de mémoires, historiques, culturelles, sociales, savantes, individuelles, que le discours ordinaire pare de toutes les vertus et de toutes les obligations morales. Qu’en est-il de ce constat lorsque nous parlons d’intégration européenne ? A l’heure où l’édifice européen peine à être conceptualisé en dehors des cadres narratifs, épistémologiques et philosophiques de l’État-nation et du droit politique (Mairet 1997 ; Ferry 2000), on peut penser que cette saturation mémorielle s’y retrouve sous des formes familières.</p><p>C’est effectivement ce que révèle le premier chapitre, qui présentera les usages du passé de l’unification européenne auxquels nous sommes très tôt socialisés, ceux qui sont d’abord institutionnalisés dans les paroles politiques dominantes, dans les musées et les manuels scolaires. L’enseignement de l’histoire de l’intégration européenne y est présenté comme un enchaînement de dates et de traités qui se suivent sans violence ni chute. Les productions mémorielles institutionnelles sur l’histoire de l’intégration européenne sont pourtant l’enjeu de réappropriations et de concurrences multiples entre acteurs institutionnels et font l’objet d’usages hétérogènes (chapitre 1). Souvent jugé ennuyeux, l’enseignement de l’histoire de l’intégration européenne et les campagnes électorale européennes partagent ceci de commun avec le patinage artistique qu’ils ne réveillent les passions qu’en cas de chute ou de tensions héroïsantes (chapitre 2). Or, derrière la reconstruction historique se cache bien souvent la reconstitution manichéenne d’une histoire dont la fin est déjà connue, celle d’un élargissement et d’une intégration progressive et continue, tout juste perturbée récemment par le <em>Brexit</em>. Les enjeux locaux et la constitution d’hagiographies nationales sont bien présents, loin de la seule histoire positive et optimiste de l’histoire européenne qui serait seule à même (par la magie déjà éprouvée du roman national ?) de nous faire partager un sentiment d’appartenance commune. Ce sentiment est également espéré du devoir moral qui naît de l’expérience traumatique des totalitarismes européens. L’injonction à se souvenir des traumatismes de la Seconde Guerre mondiale s’accompagne de mesures pour renommer les lieux, renommer le bourreau, renommer les victimes. Dans ce travail du passé, il est cependant rare que nous soyons invités ou enjoints à partager la connaissance des horreurs vécues par le voisin européen avec ses mots et ses chronologie différenciées (chapitre 3). Enfin, si les mots des mémoires des « autres » de l’Europe sont peu connus en dehors de nos récits nationaux, que dire des mots et des voix qui se tiennent à la marge de mémoires européennes dominantes, comme celles relatives à l’impensé colonial ? Il devient alors nécessaire de penser un espace public de la mémoire qui permette de réactiver l’autonomie politique d’individus et de groupes sociaux qui en ont parfois été privée (chapitre 4) et qui replace le projet européen au cœur d’un choix politique autonome, délivré d’un rapport aliénant et mortifère au passé.</p>";;194;10.00;"<p>Cet ouvrage entend interroger le constat porté par la quasi-totalité des chercheurs en science sociale : nos sociétés sont saturées de mémoires, historiques, culturelles, sociales, savantes, individuelles, que le discours ordinaire pare de toutes les vertus et de toutes les obligations morales. Qu’en est-il de ce constat lorsque nous parlons d’intégration européenne ?</p><p><br /><br /></p>";;04/03/2019 10:18;0;Première édition;3296 687;1;3;27;Du nouveau en archives;Pratiques documentaires et innovations administratives (XIIIe-XVe siècles) - N°76/2019;;;"<p>Ce volume est dédié aux processus d’innovations documentaires qui sont à l'œuvre aux XIVe-XVe siècles dans les sociétés occidentales.</p>";"<p style=""text-align: left;""><strong>Harmony Dewez</strong><br />L’innovation documentaire à la fin du Moyen Âge<br /><br /></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>Élodie Papin</strong><br />Les cartulaires de l’abbaye de Margam.<br />Le processus de cartularisation et l’administration 
des biens monastiques au pays de Galles au XIIIe siècle<br /><br /><strong>Isabelle Bretthauer, Marlène Helias-Baron</strong><br />L’individu face à la gestion d’un patrimoine :
la rédaction de « livres de gestion » au XIVe siècle<br /><br /><strong>Emmanuel Melin</strong><br />L’innovation documentaire, entre recyclage et enregistrements.<br />Le cas du Livre rouge de l’échevinage de Reims (XIVe-XVe siècles)<br /><br /><strong>Marie-Émeline Sterlin</strong><br />L’innovation documentaire à Amiens, entre création et adaptation 
(fin XIVe-début XVe siècle)<br /><br /><strong>Cléo Rager</strong><br />Les premiers registres de délibérations municipales tenus 
dans les villes champenoises.<br />Enjeux politiques et innovations documentaires (XVe siècle)<br /><br /><strong>Jean-Baptiste Santamaria</strong><br />Comptabilité publique et innovation à la fin du Moyen Âge.<br />Les institutions princières et l’émergence 
d’une culture numérique dans un ordre conservateur</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Essais et recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>Lucie Malbos</strong><br />Nourrir les marchands et artisans d’Europe du Nord-Ouest (VIIe-Xe siècle).<br />Pratiques et stratégies alimentaires dans les emporia des mers nordiques</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Point de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong>Jean-Philippe Genet</strong><br />De la « grande crise » à la « grande transition » : une nouvelle perspective ?</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Notes de lecture</strong></p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Jean de Vignay, Le Miroir historial (Elisabetta Barale) ; Rosa Maria Dessì, Les Spectres du Bon Gouvernement. Artistes, cités communales et seigneurs angevins au Trecento (Jean-Baptiste Delzant) ; Pierre-François Fournier, Étude sur l’administration d’Alfonse de Poitiers dans la terre d’Auvergne. Édition critique de la thèse soutenue par l’auteur à l’École nationale des chartes en janvier 1911 (Sébastien Fray) ; Florian Besson, Justine Breton (dir.), Kaamelott, un livre d’histoire (Alban Gautier) ; Lucie Malbos, Les Ports des mers nordiques à l’époque viking (viie-xe siècle) (Alban Gautier) ; Agostino Paravicini Bagliani (dir.), The Impact of Arabic Sciences in Europe and Asia (Micrologus, XXIV) (Marc Moyon) ; John R. R. Tolkien, Beowulf. Traduction et commentaire, suivi de Sellic Spell (Alban Gautier)</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Livres reçus</strong><br /><br /></p>";;05/09/2019;0;160x240;192;978-2-37924-028-7;978-2-37924-028-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_687.jpg;"<p><em>Élodie Papin – Centre de recherche universitaire lorrain en histoire/Université de Lorraine</em><br /><strong>Les cartulaires de l’abbaye de Margam. Le processus de cartularisation et l’administration des biens monastiques au pays de Galles au XIIIe siècle<br /></strong><br />Fondée en 1147 par le comte de Gloucester, seigneur de Glamorgan, dans la marche galloise, l’abbaye de Margam met ses chartes en rouleaux au début du XIIIe siècle. Le monastère cistercien cherche à répondre aux besoins d’administration et de gestion de ses biens. Ce processus de cartularisation des actes originaux s’inscrit dans les pratiques documentaires et archivistiques se développant alors dans l’Occident médiéval. Les cartulaires-rouleaux constituent un moyen pour l’abbaye de connaître son temporel afin de maîtriser son expansion et de faire face aux rivalités économiques, tout en l’ordonnant autour du monastère et en en préservant la mémoire.<br />Mots clés : Abbaye de Margam, cartulaires-rouleaux, Cisterciens, pays de Galles, pratiques de l’écrit, temporel.<br /><br /><br /><br /><em>Isabelle Bretthauer – Archives nationales (Paris)</em><br /><em>Marlène Helias-Baron – Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT, Paris)<br /></em><strong>L’individu face à la gestion d’un patrimoine : la rédaction de « livres de gestion » au XIVe siècle<br /></strong><br />Si les « livres d’archives » (cartulaires, censiers, comptes, etc.) produits par les institutions ont été souvent étudiés pour les XIIIe et XIVe siècles, ceux des individus (laïcs ou clercs) restent encore relativement méconnus. Or, la « révolution de l’écrit » qui caractérise cette période du Moyen Âge est en partie portée par le poids de ces nouveaux acteurs dans le monde de la production écrite. Pour le XIVe siècle, la composition et la conservation de leurs documents ouvrent à l’historien des perspectives inédites et lui permettent d’observer les modes de gestion patrimoniale de ces individus grâce à la tenue de « livres », souvent fort complexes à appréhender. À partir de deux exemples angevin et bordelais, nous nous proposons de dresser une première typologie de cette documentation.<br />Mots clés : Administration domaniale, censier, France, livre d’archives, livre de gestion, pratiques de l’écrit, producteur d’archives.</p><p><br /><br /><em>Emmanuel Melin – Université Paris Nanterre</em><br /><strong>L’innovation documentaire, entre recyclage et enregistrements. Le cas du Livre rouge de l’échevinage de Reims (XIVe-XVe siècles)<br /></strong><br />Monument documentaire des archives rémoises depuis le XIXe siècle, le Livre rouge de l’échevinage de Reims, souvent qualifié de cartulaire, est un ouvrage complexe né à la fin du XIVe siècle et ne contenant presque aucun acte diplomatique, mais des cahiers hétéroclites, écrits entre le XIIIe et le début du XVe siècle, couvrant un panel varié d’actions administratives et constituant autant d’innovations documentaires. L’étude des cahiers, insérés dans leurs contextes respectifs de tensions et/ou d’institutionnalisation, atteste d’un apprentissage du gouvernement par l’écriture. La réactivation de ces écrits premiers, enrichis de nouveaux cahiers accueillant des enregistrements disparates et désordonnés entre les années 1370 et 1417, forme une cartularisation singulière, plus proche du bricolage documentaire. Conservatoire de toutes les inventions scripturaires, le Livre rouge forme ainsi une mémoire des origines du gouvernement qui s’invente.<br />Mots clés : Archives, cartulaire, mémoire administrative, Reims, scripturalité, ville.</p><p><br /><br /><em>Marie-Émeline Sterlin – Université Paris 1/Université de Franche-Comté</em><br /><strong>L’innovation documentaire à Amiens, entre création et adaptation (fin XIVe-début XVe siècle)<br /></strong><br />Au tournant des XIVe et XVe siècles, le paysage documentaire de la commune d’Amiens tel qu’il nous est parvenu dans les archives connaît de profondes modifications. En plus de conserver plus régulièrement ses comptes et ses registres de délibérations, la ville se dote de trois nouveaux cartulaires pour remplacer l’ancien, renouvelle son registre de cens et de rentes, et fabrique un recueil de statuts. Progressive et de longue durée, cette réorganisation documentaire survient après une intervention royale modifiant les institutions et la pratique du gouvernement municipal. Durant cette période, la création de solutions neuves, comme un manuscrit rassemblant des ordonnances édictées par l’échevinage, côtoie une innovation pensée et mise en œuvre en termes d’adaptation des cadres anciens aux nouvelles exigences : ajustement des conditions existantes de conservation, aménagement du type ancien du cartulaire.<br />Mots clés : Amiens, archives, cartulaire, gouvernement municipal, registre de délibérations.</p><p><br /><br /></p><p><em>Cléo Rager – Université Paris 1</em><br /><strong>Les premiers registres de délibérations municipales tenus dans les villes champenoises : enjeux politiques et innovations documentaires (XVe siècle)<br /></strong><br />Les premiers registres de délibérations municipales conservés pour les villes de Troyes, Reims et Châlons-en-Champagne s’inscrivent dans un contexte commun de production, celui du conflit entre Armagnacs et Bourguignons pendant la guerre de Cent Ans. Ce contexte est un facteur d’explication à la fois de la tenue de ces registres et de leurs formes et contenus similaires. Loin d’être motivée par des raisons internes à chaque ville, il semble que la tenue nouvelle de ces registres ressorte d’une demande et d’une possible vérification extérieure. Leur capacité à retranscrire l’exhaustivité de la vie municipale de cette époque s’en trouve alors atténuée.<br />Mots clés : Champagne, guerre de Cent Ans, pratiques de l’écrit, registres de délibérations municipales, ville.<br /><br /><br /><br /><em>Jean-Baptiste Santamaria – Université de Lille, Laboratoire IRHIS (UMR 8529)</em><br /><strong>Comptabilité publique et innovation à la fin du Moyen Âge : les institutions princières et l’émergence d’une culture numérique dans un ordre conservateur<br /></strong><br />Les modifications enregistrées par la documentation en matière de techniques comptables entretiennent des rapports complexes avec un autre phénomène propre à la fin du Moyen Âge : le développement d’institutions stables et normées chargées du contrôle des comptes. Si une première génération d’institutions accompagne la mise en place de toute une série de techniques entre XIe et XIIIe siècles, ces corps deviennent progressivement inadaptés aux changements rapides des modes de gestion et aux innovations documentaires apparues entre XIIIe et XIVe siècles. C’est pour répondre à ces nouvelles exigences, parfois promues par la base de l’administration, que les Chambres des comptes se mettent en place au cours du XIVe siècle, parfois avec un peu de retard sur les changements documentaires, mais se faisant immédiatement les promotrices zélées des techniques nouvelles. Une fois installées dans le paysage, ces institutions inventent moins qu’elles n’acclimatent et installent durablement toute une série d’innovations antérieures, dont la circulation répond cependant aussi à des enjeux de préséance et d’honneur. Après cette phase de « réformation », durant laquelle sont durablement établies les bonnes pratiques, un « effet institution » semble jouer : les Chambres défendent farouchement leur « style » qui devient un élément de leur autonomie ou de leur identité, qui garantit la validité de leurs actions, et les princes peuvent avoir du mal à les inciter à introduire de nouveaux usages.<br />Mots clés : Chambre des comptes, comptabilité, innovation, institutions, princes.</p><p><br /><br /><em>Jean-Philippe Genet – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne</em><br /><strong>De la « grande crise » à la « grande transition » : une nouvelle perspective ?</strong><br />Mots clés : Crise, climat, histoire environnementale, maladie, peste.<br /><br /><br /></p>";"<p class=""T_3_Article ParaOverride-3"">Introduction<br /><br />Harmony Dewez<br /><em>L’innovation documentaire à la fin du Moyen Âge<br /></em></p><p class=""premierPara"">Aujourd’hui bien intégrée dans la démarche historienne, l’étude des pratiques de l’écrit est une façon d’envisager l’artefact « document » à la fois comme objet d’histoire et comme facteur d’interprétation du texte<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. Ceci permet de renouveler notre compréhension des mécanismes sociaux à travers l’analyse de la vie du manuscrit et des initiatives individuelles qui l’ont produit et transformé ; à travers une réflexion sur les formes d’écrits et leur relation aux activités des hommes ; à travers la prise en compte du rôle de l’écrit dans les communautés et des conséquences sur les groupes humains d’une familiarité transformée avec ce médium. Ces trois aspects figuraient d’emblée dans l’ouvrage séminal de Michael Clanchy, que l’on ne pourra jamais trop citer tant son propos est pertinent<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. Son travail n’a toutefois pas fait école dans l’immédiat : le courant de la « scripturalité » et des « pratiques de l’écrit » a eu plus de succès sur le continent qu’en Grande-Bretagne, et ce n’est qu’à partir des années 1990 que cette approche s’est véritablement diffusée<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. Le dossier sur les <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Pratiques de l’écrit</span> paru en 2008 dans cette même revue, coordonné par Pierre Chastang et Étienne Anheim, témoignait de la place nouvelle de celles-ci dans l’outillage du médiéviste, patiemment acquise grâce à cette génération d’historiens qui ont contribué par leur enseignement et leurs travaux à faire connaître l’importance du médium comme facteur d’interprétation des textes historiques, et comme fait lui-même<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. Le large <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle qui va de 1180 à 1330 est désormais considéré comme la période charnière de ce que l’on a coutume d’appeler la « révolution documentaire », la « révolution de l’écrit », ou le « tournant pragmatique », phase d’essor majeur de la production scripturale, tant d’un point de vue quantitatif que par les types d’activités et d’informations qu’elle concerne, au point de marquer le changement de paradigme qualifié si justement par Michael Clanchy de passage de la mémoire au document écrit, c’est-à-dire d’une société de l’oralité, dans laquelle les structures sociales reposaient sur les relations d’homme à homme, à une société dont les structures sociales sont désormais en partie médiatisées par le biais de l’écrit. Dix ans après, la nécessité de prendre en compte le support matériel des documents, la structure visuelle et logique du texte, les fonctions possibles des modes de communication et le statut de l’écrit comme vecteur d’information n’est plus à démontrer et se pratique de façon plus évidente, notamment par ceux qui y ont été familiarisés dès leur formation. Certains jalons ont été posés<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>, mais, malgré le temps écoulé et les résultats acquis, les questions abondent toujours nombreuses. La plus pressante est peut-être celle-ci : quel est le devenir de la « révolution documentaire » ? Après le « tournant » des années 1180-1330, temps de changement de paradigme marqué par l’application de l’écrit à de nouveaux domaines d’activité, transformant radicalement les modes de justification de l’information au sein des sociétés médiévales, qu’advient-il des mécanismes de diffusion des pratiques de l’écrit et de leur impact sur le tissu social et les institutions ?</p><p class=""txt_Normal"">Les mutations du « tournant pragmatique » reposent en grande partie sur la création de nouveaux documents. Ce processus tient une place complexe dans les dynamiques sociales et institutionnelles : les producteurs d’écrits, confrontés à leur production et aux nouveaux usages qu’elle permet ou non, peuvent engager des actualisations du support qui renforcent une pratique ou, au contraire, l’abandonner. La production documentaire servant de révélateur aux pratiques dont elle force l’expression dans le cadre contraint de l’écrit influence en retour ceux qui l’initient. C’est ainsi que la mise par écrit et la mise <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">en </span>écrit des documents – la <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Verschriftlichung</span> de l’école de Münster –, en association avec le développement de pratiques d’archivage plus ou moins systématiques selon les contextes, catalysent l’émergence de nouvelles catégories de pensée, dont la pensée comptable est un exemple. Ces phénomènes président à la constitution de mémoires documentaires – mémoires judiciaires, par exemple, qui transforment la pratique du droit, comme dans le cas de la <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Common Law</span> anglaise, reposant sur le développement des <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Year Books</span>, des sélections d’affaires juridiques traitées par les cours royales copiées et archivées annuellement de façon continue entre 1268 et 1535 pour servir à l’élaboration du précédent<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. De nouveaux types documentaires se diffusent également par imitation : la pratique de sélectionner des cas se retrouve dans la justice seigneuriale, dont les sujets requièrent toujours plus de recherches de références anciennes pouvant justifier leurs procès.</p><p class=""txt_Normal"">Dans les derniers siècles du Moyen Âge, l’essor quantitatif de la production et de l’archivage des écrits de la pratique transforme les modalités d’évolution du paysage documentaire. Cet essor quantitatif n’est pas un processus mécanique, mais résulte de choix qualitatifs qui ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux des époques précédentes, puisqu’ils s’inscrivent dans un contexte où la gestion de l’information se fait selon des termes qui préparent le terreau du changement de paradigme suivant, celui de l’imprimerie et de la reproductibilité des supports, y compris pragmatiques. Dans ce contexte d’une société dans laquelle la communication écrite a pris une place croissante en tant que rouage des interactions sociales, de nouveaux besoins et de nouveaux usages ont émergé, nourris par la formation des États, le développement des universités, des choix techniques comme l’utilisation du papier et, de façon générale, l’instauration d’une « mentalité de l’écrit » signifiant que, même si l’on ne savait pas lire ou écrire, on possédait une familiarité avec le document écrit, parce que l’on y était confronté quotidiennement<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. Les processus de mise par écrit d’actions auparavant confinées à l’oral continuent de se produire et ainsi d’entraîner l’apparition de nouveaux types documentaires, tandis que les quantités d’informations déjà consignées par écrit, parfois dans des types documentaires parfaitement établis, subissent elles aussi des influences transformatives, que ce soit dans leur organisation graphique, dans leur mode de rédaction ou dans celui de leur sélection. L’étude des pratiques de l’écrit à la fin du Moyen Âge doit donc s’attacher à identifier ces changements d’expression documentaire, à exposer les façons nouvelles de traiter l’information et à expliciter les réalités sociales qui les sous-tendent, au-delà de certains semblants de permanence.</p><p class=""txt_Normal"">L’apparente stabilité d’un genre documentaire ancien tel que celui du censier, du cartulaire, voire d’un genre plus récent comme celui du compte, masque en effet des évolutions où l’on retrouve la double problématique des changements à l’échelle du document et des changements à l’échelle de leur usage par les groupes sociaux. Ainsi, si le cartulaire en tant qu’ensemble de copies de chartes perdure à l’époque moderne, de nouvelles formes de « cartularisation » témoignent de l’essor de nouveaux moyens de légitimer les droits et la possession. En Angleterre, on compose à partir du <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle des ensembles de copies de documents qui, pour l’essentiel, ne sont pas des chartes, mais des actes issus de diverses institutions – chancelleries, cours de justice urbaines ou royales, administrations locales. Ces ouvrages, qui suivent la logique du cartulaire en l’appliquant à d’autres objets, commencent à être identifiés dans la seconde moitié du <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle comme une nouvelle catégorie documentaire, celle du <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">liber evidenciarum</span> – <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">book of evidences</span>, ou livre de « preuves » – qui répond au besoin de créer des outils pour gérer ces nouveaux types documentaires, souvent d’origine royale, permettant la défense des droits seigneuriaux – statuts juridiques, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">feet of fines</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">writs</span>, quittances, extraits des rôles de l’Échiquier et autres<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Les transformations de l’écrit aux <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles apportent donc de nouvelles façons de faire, de nouveaux objets documentaires, qui matérialisent et influencent de nouvelles façons d’<span class=""typo_Italique CharOverride-4"">agir</span>, pour reprendre la théorie de l’action développée par Pierre Chastang et Étienne Anheim<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>. Saisir les transformations sociales du bas Moyen Âge ne peut se faire sans envisager les mutations du paysage documentaire et c’est ce que nous proposons d’aborder dans ce dossier à partir d’un ensemble d’études de cas issues de contextes croisés, touchant aux individus comme aux institutions, au monde des clercs comme à celui des laïcs. Pour qualifier ces transformations, nous avons choisi le terme d’innovation. Non au sens que certains seraient tentés de lui donner d’une inéluctable marche vers une rationalité comprise comme moderne, mais parce qu’il permet de suggérer les processus de renouvellement documentaire une fois le paradigme de l’écrit à usage administratif, économique et judiciaire entré dans les mœurs. Celle-ci s’exprime, ici encore, par l’émergence combinée de plusieurs facteurs, à plusieurs échelles : nouveaux gestes, nouvelles pratiques, nouveaux acteurs de l’écrit, qui aboutissent à la genèse de formes originales dont les mécanismes de création et, le cas échéant, de diffusion dépendent des contextes dans lesquels ils apparaissent. L’espace considéré va également en ce sens : traversé de circulations, d’échanges, de réseaux, durement marqué par les conflits qui rythment les derniers siècles du Moyen Âge, lesquels imposent leurs interactions contraintes qui rassemblent autant qu’elles divisent. Les articles de ce dossier aborderont plus particulièrement le Nord de la France, le Pays de Galles et l’espace normand, à travers le prisme de différents types de producteurs d’écrits, qu’il s’agisse du monde des villes, des monastères, des princes, ou des individus.</p><p class=""txt_Normal"">Ces travaux mettent en évidence plusieurs thèmes centraux de l’innovation documentaire à la fin du Moyen Âge. De nouveaux modes d’élaboration de l’écrit se normalisent : l’essor des pratiques d’enre­gistrement en est l’une des principales facettes. La construction de nouveaux outils se fait aussi par expérimentation, voire « bricolage » pour reprendre l’expression d’Emmanuel Melin, reflétant le caractère progressif et cumulatif de l’innovation documentaire à partir d’essais, de « brouillons ». Les nouvelles formes sont souvent issues de la combinaison de types documentaires plus anciens, refondus en des collections administratives répondant mieux aux besoins. Observer la création et la consolidation de nouveaux types documentaires, comme dans le cas des livres et registres urbains du Nord de la France, invite à penser le caractère conjoint des dynamiques d’institutionnalisation administrative et de maîtrise des flux informationnels. Prolongement visuel, matériel, pérenne ou semi-pérenne de la pensée et de la voix, le document écrit transforme la dimension de l’action humaine, et particulièrement de l’action collective dont il permet une autre forme de coordination dans l’espace et le temps. La dialectique entre initiative individuelle et contrainte institutionnelle, politique ou logistique confirme un équilibre variable dans la part des unes et des autres. Dans le cas des écritures de gestion patrimoniale individuelle ou familiale, c’est le constat de logiques partagées par des acteurs sans relation, comme l’illustre la centralité du noyau « censier » dans la composition de nouveaux livres administratifs. L’imposition ou la diffusion de modèles, que cela touche les municipalités ou les chancelleries princières, sert des objectifs politiques ; mais il ne faut pas oublier la part du savoir individuel de chaque scribe et la possible organisation collective du travail de production documentaire. La tension entre initiative individuelle et mise en œuvre collective est d’autant plus complexe que de nouveaux acteurs de l’écrit entrent en jeu et que la production documentaire s’accroît et se systématise.</p><p class=""txt_Normal"">Malgré le caractère inégal, non linéaire et incomplet de ce phénomène, il n’en reste pas moins que l’on peut voir, du <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> au <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, des paysages documentaires se transformer à plusieurs échelles, qu’il s’agisse de la mise en page, de la typologie, de l’organisation de la production ou de leur usage. Ces transformations elles-mêmes, mais peut-être plus encore leurs mécanismes et les modalités de leur mise en œuvre, servent de révélateur aux mutations sociales qu’elles accompagnent, l’une nourrissant l’autre et réciproquement.</p><p class=""auteur_Institution""><span class=""CharOverride-5"">Harmony Dewez</span> – Université de Poitiers/CESCM</p><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Voir par exemple L. <span class=""typo_SC"">Kuchenbuch</span>, U. <span class=""typo_SC"">Kleine</span> éd., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Textus im Mittelalter. Komponenten und Situationen des Wortgebrauchs im schriftsemantischen Feld</span>, Göttingen, 2006. Le présent dossier est issu d’une journée d’études qui s’est déroulée à Namur le 19 novembre 2018, intitulée « Formes et mécanismes de l’innovation documentaire dans les écrits pragmatiques en Europe du Nord-Ouest (<span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles) ». Elle fut organisée dans le cadre d’un post-doctorat Move-In Louvain à l’Université de Namur, qu’il convient de remercier, ainsi que le FRS/FNRS. Je remercie très chaleureusement toute l’équipe du PraME : Jean-François Nieus, Xavier Hermand, Étienne Renard et Nicolas Ruffini pour leurs conseils et leur soutien ; Émilie Debu, Manon Vilain pour leur aide logistique. Je remercie également Paul Bertrand qui a généreusement accepté d’en faire les conclusions.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. M. <span class=""typo_SC"">Clanchy</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">From Memory to Written Record, England 1066-1307</span>, Londres, 1979, Chichester, 2013 [3<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> éd.].</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Citons la thèse de P. <span class=""typo_SC"">Chastang</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Lire, écrire, transcrire. Le travail des rédacteurs de cartulaires en Bas-Languedoc (</span><span class=""typo_SC_italic"">xi</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"">-</span><span class=""typo_SC_italic"">xiii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> siècles)</span>, Paris, 2001 ; ou encore l’article de J. <span class=""typo_SC"">Morsel</span>, « Ce qu’écrire veut dire au Moyen Âge… Observations préliminaires à une étude de la scripturalité médiévale », <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Memini. Travaux et documents de la Société des études médiévales du Québec</span>, 4 (2000), p. 3-43.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Médiévales</span>, 56 (2009). Ont contribué à ce dossier Étienne Anheim, Pierre Chastang, Alice Rio, François Bougard, Laurent Morelle, Paul Bertrand et Roger Chartier.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Pour un bilan historiographique, voir S. <span class=""typo_SC"">Barret</span>, D. <span class=""typo_SC"">Stutzmann</span>, G. <span class=""typo_SC"">Vogeler</span>, « Introduction », dans S. <span class=""typo_SC"">Barret</span>, D. <span class=""typo_SC"">Stutzmann</span>, G. <span class=""typo_SC"">Vogeler</span> éd., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Ruling the Script in the Middle Ages. Formal Aspects of Written Communication (Books, Charters, and Inscriptions)</span>, Turnhout, 2016, p. 1-24 ; H. D<span class=""typo_SC"">ewez</span>, « Introduction », dans H. D<span class=""typo_SC"">ewez</span>, L. T<span class=""typo_SC"">ryoen</span> éd., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Administrer par l’écrit au Moyen Âge (</span><span class=""typo_SC_italic"">xii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"">-</span><span class=""typo_SC_italic"">xv</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> siècle)</span>, Paris, 2019, p. 9-20. Pour d’autres exemples de travaux récents, voir P. <span class=""typo_SC"">Chastang</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">La Ville, le gouvernement et l’écrit à Montpellier</span>, Paris, 2013 ; O. <span class=""typo_SC"">Mattéoni</span>, P. <span class=""typo_SC"">Beck</span>, éd., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Classer, dire, compter. Discipline du chiffre et fabrique d’une norme comptable à la fin du Moyen Âge</span>, Paris, 2015 ; B. <span class=""typo_SC"">Grévin</span>, A. <span class=""typo_SC"">Mairey</span> éd., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Le Moyen Âge dans le texte. Cinq ans d’histoire textuelle au Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris</span>, Paris, 2016 ; M. <span class=""typo_SC"">Mostert</span> éd., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Organizing the Written Word. Scripts, Manuscripts and Texts</span>, Turnhout, 2017. Il faut saluer l’ouvrage de P. <span class=""typo_SC"">Bertrand</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Les Écritures ordinaires. Sociologie d’un temps de révolution documentaire (1250-1350)</span>, Paris, 2015, le seul à entreprendre une synthèse des résultats.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Voir A. <span class=""typo_SC"">Musson</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Medieval Law in Context. The Growth of Legal Consciousness from Magna Carta to the Peasants’ Revolt</span>, Manchester, 2001 ; A. <span class=""typo_SC"">Musson</span>, W. M. <span class=""typo_SC"">Ormrod</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">The Evolution of English Justice. Law, Politics and Society in the Fourteenth Century</span>, Basingstoke, 1999.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. M. <span class=""typo_SC"">Clanchy</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">From Memory to Written Record…</span></p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Voir par exemple le Livre de John Blanchard, archidiacre de Worcester à la fin du <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, étudié par Antoine Thiry : A. <span class=""typo_SC"">Thiry</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Étude d’un cartulaire anglais de la fin du </span><span class=""typo_SC_italic"">xiv</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> siècle : le registre de maître John Blanchard, archidiacre de Worcester, sur les droits de son manoir à Barford St Martin</span>, mémoire de master inédit sous la direction de P. <span class=""typo_SC"">Bertrand</span>, Université Catholique de Louvain-la-Neuve, 2018. Notons que ceci incite à repenser ce que l’on désigne par « ses propres documents » dans la définition du cartulaire par la Commission de diplomatique en 1984, définition selon laquelle il s’agit d’un « recueil de copies de ses propres documents ».</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. É. <span class=""typo_SC"">Anheim</span>, P. <span class=""typo_SC"">Chastang</span>, « Les pratiques de l’écrit dans les sociétés médiévales (<span class=""typo_SC"">vi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle) », <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Médiévales</span>, 56 (2009), p. 5-10.</p></div></div>";"<p><em>Élodie Papin – Centre de recherche universitaire lorrain en histoire/Université de Lorraine</em><br /><strong>The cartularies of Margam Abbey. The process of cartularization and monastic estate management in thirteenth-century Wales<br /></strong><br />Founded in 1147 in the Welsh Marches by Robert, Earl of Gloucester and Lord of Glamorgan, Margam Abbey copied its original deeds onto rolls from the early thirteenth century onward. The Cistercian monastery sought to respond to the administrative demands of managing its estates. This process of cartularization of original deeds was consistent with the documentary and archival practices in the Medieval West. The roll-cartularies were a means for the abbey to control its estates through better knowledge, in a context of expansion and economic competition, while organizing it around the monastery and preserving its memory.<br />Keywords : Cistercians, Margam Abbey, roll-cartularies, temporal goods, Wales, writing practices.</p><p> </p><p><em>Isabelle Bretthauer – Archives nationales (Paris)</em><br /><em>Marlène Helias-Baron – Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT, Paris)</em><br /><strong>Managing one’s estate: Individuals and the production of administrative registers in fourteenth-century France<br /></strong><br />Contrary to the often studied thirteenth- and fourteenth-century administrative registers (cartularies, surveys, accounts, etc.) produced by medieval institutions, relatively little is known about similar types of records produced by individual laymen or clerks. This is a paradox, as the pragmatic turn characteristic of this period of the Middle Ages was in large part carried over by these new agents who participated in the production of written records. Studying the composition and conservation of records from the fourteenth century opens new perspectives for historians and allows us to observe individual practices in estate management through the medium of registers, which are often difficult to understand. This article offers an initial typology of these manuscripts through two case-studies from the Anjou and Bordeaux regions.<br />Keywords : Administrative register, archive producer, archives, estate management, France, land register, writing practices.</p><p> </p><p><em>Emmanuel Melin – Université Paris Nanterre</em><br /><strong>Documentary innovation, between recycling and registration: The case of the Livre rouge of Rheims (fourteenth–fifteenth centuries)<br /></strong><br />The Livre rouge has been considered a monument of the communal archives of Rheims since the nineteenth century. Often described as a “cartulary,” it is in fact a complex manuscript created at the end of the fourteenth century that contains very few charters. It instead contains a variety of administrative documents written between the thirteenth century and the beginning of the fifteenth century, covering a wide range of administrative actions and displaying just as many documentary innovations. The study of the documents, placed within their respective contexts of conflicts and/or institutionalization, shows the government’s learning process through writing. Old texts were given new uses, supplemented by new administrative texts with disparate and disordered registrations from the 1370s to 1417, resulting in an innovative process of “cartularization,” which relied on experimentation and tinkering. The memory of these written innovations and their complex process of elaboration, of which the Livre rouge of Rheims acts as the keeper, echoes and mirrors the process of self-invention of the urban government itself.<br />Keywords : Administrative memory, archives, cartulary, charters, pragmatic literacy, Rheims, town, urban government.</p><p><br /><br /><em>Marie-Émeline Sterlin – Université Paris 1/Université de Franche-Comté</em><br /><strong>Documentary innovation in Amiens, between creation and adaptation (end of the fourteenth–beginning of the fifteenth century)<br /></strong><br />At the turn of the fifteenth century, the production of records of the city of Amiens (as far as its present archives reveal) underwent profound changes. Facing shifts in its institutions and tighter control from the King, the municipality renewed its practices of producing and conserving official written documents. During this gradual and lasting renewal, Amiens created new solutions, such as a register of statutes. This was coupled with carefully planned and executed innovations in adapting outdated systems to new requirements: for instance, adjusting existing conservation practices to keep the accounts and registers of deliberations, and changing the old cartulary by structuring it into three new ones.<br />Keywords : Amiens, archives, cartulary, municipal government, register of deliberations.</p><p><br /><br /><em>Cléo Rager – Université Paris 1</em><br /><strong>First registers of municipal deliberations held in towns in the province of Champagne: Political issues and documentary innovations (fifteenth century)<br /></strong><br />The earliest existing registers of municipal deliberations for the urban communities of Troyes, Reims, and Châlons-en-Champagne bear witness to a new emerging practice and share many common features. One factor that can explain their creation and their similarities is that they stem from a common historical background, namely the conflict between Armagnacs and Burgundians during the Hundred Years’ War. Far from responding to internal circumstances, it appears that these registers may be the result of external demand and, possibly, control. This in turn affects their capacity to fully reflect the municipal life of the time.<br />Keywords : Champagne, Hundred Years’ War, registers of municipal deliberations, town, writing practices.</p><p><br /><br /><em>Jean-Baptiste Santamaria – Université de Lille, Laboratoire IRHIS (UMR 8529)</em><br /><strong>Public accounting and innovation in the Late Middle Ages: Princely institutions and the growth of numerical culture in a conservative order<br /></strong><br />The transformations of accounting techniques in the Late Middle Ages have a complex relationship with another phenomenon: the development of stable and regulated institutions responsible for auditing accounts. Although a first generation of institutions accompanied the implementation of a series of techniques between the eleventh and thirteenth centuries, these bodies gradually became unsuited to the rapid changes in management methods and to the documentary innovations that emerged in the thirteenth and fourteenth centuries. It was in response to these new demands, which sometimes stemmed from the administration, that the “Chambres des comptes” emerged during the course of the fourteenth century. Despite initially lagging behind when it came to the documentary changes, they soon became ardent promoters of these new techniques. Once fully established, these institutions did not so much invent as acclimatize, and they implemented a series of past innovations. After this phase of “reformation,” during which long-lasting rules of good practice were put into place, an “institution effect” came into play: the “Chambres des comptes” stoutly defended their “style,” which became an element of their autonomy and their identity and served to guarantee the validity of their actions. This meant that princes struggled to impose new uses upon them.<br />Keywords : Accounting, Chambre des comptes, innovation, institutions, princes.</p><p> </p><p><em>Jean-Philippe Genet – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne</em><br /><strong>From the “great crisis” to the “great transition” : A new perspective ?</strong><br />Keywords : Crisis, climate, disease, environmental history, plague.</p>";362;20.00;"<p>Après avoir mis en lumière un moment charnière aux XIIe-XIIIe siècles (le « tournant pragmatique »), les historiens s’attardent désormais aux évolutions des formes l’écrit qui ont facilité l’essor de l’imprimerie et la construction des États modernes.<br />Dans les derniers siècles du Moyen Âge, de nouvelles pratiques administratives se développent pour accompagner le changement de mentalité d’une société de l’oral à une société de l’écrit. Du pays de Galles au Bordelais, en passant par les villes du Nord de la France, tous les secteurs de la société sont touchés : institutions urbaines, princières, monastiques, ou simples particuliers produisent de nouveaux types d’outils documentaires nés de la combinaison de techniques d’enregistrement et de compilation, nourris d’emprunts et d’expériences passées. L’étude des mécanismes de ces transformations, qui font suite à la « révolution documentaire », révèle l’institutionnalisation progressive de l’administration et la rationalisation pragmatique de l’ordinaire.</p>";;06/03/2019 15:32;0;Première édition;3386 688;2;3;13;La différenciation sociale des enfants;Enquêter sur et dans les familles;;;"<p>Comment se construisent les dispositions sociales des enfants ? L'ouvrage apporte des éléments de réponse en centrant l’attention sur les familles et sur les processus par lesquels se construit la différenciation sociale de l’enfance.</p>";"<p>Introduction </p><p style=""padding-left: 30px; text-align: center;""><strong>Débats</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Régine Sirota</strong><br />Positions et dispositions de la sociologie de l’enfance </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Bertrand Geay</strong><br />Apprendre à percevoir, à penser, à parler et à agir <br /><br /><strong>Jean-Yves Rochex</strong><br />La genèse des dispositions, 
entre socialisation et développement ? </p><p style=""text-align: center;""><strong>Méthodes</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Muriel Darmon</strong><br />Analyser empiriquement un inobservable : 
comment « attrape-t-on » une disposition ? <br /><br /><strong>Stéphane Bonnéry</strong><br />Des méthodes « expérimentales » au service d’une démarche sociologique pour étudier la socialisation ? <br /><br /><strong>Séverine Kakpo</strong><br />Observer le quotidien des enfants d’enseignants. 
Retour sur une expérience de terrain <br /><br /><strong>Martine Court</strong><br />Pourquoi interviewer des enfants 
dans une enquête sur la socialisation primaire ? <br /><br /><strong>Gaële Henri-Panabière</strong><br />Enquêter « sur » et « dans » les familles : 
retour sur une recherche par questionnaires et entretiens </p><p style=""text-align: center;""><strong>Enquêtes</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Christophe Joigneaux</strong><br />Quelles prédispositions à la réussite scolaire ? 
Ce que peuvent révéler les premières socialisations 
familiales et scolaires à l’écrit <br /><br /><strong>Fabienne Montmasson-Michel </strong><br />La dépréciation scolaire du scolaire : 
l’exemple de familles populaires face à l’écrit <br /><br /><strong>Elsa Zotian</strong><br />Des jeunes enfants « socialisés » par leurs aînés <br /><br /><strong>Simon Kechichian</strong><br />« J’aime pas ce jeu là… Je veux m’amuser moi ! » <br /><br /><strong>Séverine Depoilly et Séverine Kakpo</strong><br />Conclusion </p><p> </p><p><em>Bibliographie </em><br /><br /><em>Présentation des auteurs </em></p>";;04/07/2019;0;137x220;280;978-2-37924-037-9;978-2-37924-037-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_688.jpg;"<p>Les formes et les modalités concrètes de la socialisation familiale, alors même qu'elles sont considérées comme centrales pour comprendre les mécanismes de reproduction des inégalités scolaires et sociales, ont logtemps été postulées ou déduites plutôt qu'étudiées. Cet ouvrage entend contribuer à ouvrir la « boîte noire » que constitue encore en grande partie la famille, en portant la focale sur les processus concrets de construction familiale des dispositions sociales enfantines. Il réunit les contributions de chercheurs venus d'horizons divers, qui se proposent de mettre à l'épreuve de la discussion leurs approches et leurs manières de questionner et d'investir empiriquement la question de la construction de la différenciation sociale de l'enfance.</p><p> </p><p><em>Séverine Dépoilly est maîtresse de conférences en sociologie à l'université de Poitiers et Séverine Kakpo est maîtresse de conférences en sciences de l'éducation à l'université Paris 8.</em></p>";"<p>Introduction</p><p class=""txt_Normal"">Les formes et les modalités concrètes de la socialisation familiale – alors même qu’elles sont considérées comme centrales pour comprendre les trajectoires scolaires des enfants et, plus généralement, les mécanismes de production et de reproduction des inégalités scolaires et sociales – ont le plus souvent été postulées ou déduites soit de la position et des pratiques sociales des parents, soit de la situation et des habitudes scolaires des enfants<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. C’est un des objectifs de cet ouvrage<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span> que de tenter de donner à penser sur la concrétude des processus de socialisation familiale entendus comme processus de construction des dispositions sociales durant l’enfance. Cet ouvrage, qui entend contribuer à une sociologie de la différenciation sociale de l’enfance<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>, vise d’une certaine manière à participer à la mise en œuvre de cette sociologie génétique que Pierre Bourdieu appelait déjà de ses vœux dans <span class=""typo_Italique"">La Distinction</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>, à apporter à la connaissance et à la compréhension plus fine et plus précise de ce que Basil Bernstein<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span> désignait avant lui comme les « processus par lesquels l’enfant intériorise, synthétise les différentes influences auxquelles il se trouve exposé ».</p><p class=""txt_Normal"">Ainsi, dans un contexte où des enquêtes font régulièrement état des inégales dispositions des enfants à entrer dans les apprentissages scolaires et à s’approprier les formes de la culture scolaire, il nous est apparu tout à la fois important et opportun de donner l’occasion à des chercheurs venus d’horizons divers, aux ancrages théoriques et méthodologiques distincts, de mettre à l’épreuve de la discussion leurs approches et leurs manières de questionner et d’investir la famille, les enfants, la socialisation. L’enjeu est de taille et il est double. Un premier enjeu suppose de travailler à clarifier l’usage de notions et concepts centraux tels ceux de socialisation, de disposition, d’habitus, de transmission, d’appropriation, d’intériorisation, autant de termes qui charrient avec eux une certaine idée de l’enfance et des enfants. Le second enjeu, étroitement lié au précédent, concerne la manière dont on accède aux familles et ce qu’on peut y appréhender concrètement. Comment le chercheur peut-il en effet accéder au travail de socialisation des familles ? Comment le travail de socialisation s’appréhende-t-il ? À quels indices l’enquêteur de terrain se doit-il d’être attentif ? Comment de ces indices prélevés dans l’ordre des pratiques ou des discours pourra-t-il déduire des dispositions ? Comment se saisir aussi et parallèlement du travail du socialisé ? Autant de questions coûteuses pour le chercheur – et dont il n’est d’ailleurs pas certain qu’elles puissent être toujours aisément et définitivement réglées – mais qui, parce qu’elles sont honnêtement posées, sont autant de garanties offertes de la rigueur du raisonnement produit.</p><p class=""txt_Normal"">Cet ouvrage se situe d’une certaine manière à l’intersection des champs de la sociologie de l’école, de l’enfance, de la famille et de la socialisation non parce que chaque contributeur appartient à l’un ou l’autre de ces champs, mais parce qu’une grande partie des contributions se fonde et discute des apports et des limites des réflexions et analyses produites dans ces différents champs de la sociologie. Ainsi, pour accompagner la lecture des contributions qui composent l’ouvrage, nous avons fait le choix, dans cette introduction, d’apporter au lecteur quelques points de repère sur les enjeux théoriques et méthodologiques qui travaillent aujourd’hui la question de la socialisation familiale et de la genèse des dispositions sociales enfantines.</p><p class=""T_a"">Une question en débat</p><p class=""txt_Normal"">Dans <span class=""typo_Italique"">L’École conservatrice</span>, Pierre Bourdieu<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span> note que chaque famille transmet à ses enfants, par des voies indirectes, un certain capital culturel, permettant à la famille de maintenir ou d’améliorer, selon les cas, sa position dans l’espace social. La transmission de ce capital culturel dont tout l’enjeu serait d’en déterminer précisément les contours – en étudiant tout à la fois le contenu même de la transmission et les voies de cette transmission – est au fondement du raisonnement de l’auteur. En l’espèce, dès lors qu’on s’intéresse aux processus socialisateurs dans les familles, on tend à accorder une place évidemment centrale à ce capital culturel incorporé par l’enfant sous la forme d’un « habitus » fait de dispositions entendues comme produits d’un apprentissage précoce, régulier et sur le long terme, au principe de l’acquisition de schèmes d’action et de pensée durables et transférables<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>, qui prennent valeur d’automatisme<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>. Pour autant, l’action socialisatrice appréhendée sous le seul angle de la transmission d’un capital culturel ne suffit pas à appréhender la complexité des mécanismes socialisateurs qui, loin de relever d’une action mécanique et toujours identique qu’exercerait un adulte sur un enfant, supposent de penser conjointement l’activité du socialisateur et celle du socialisé.</p><p class=""txt_Normal"">On trouve trace de l’énoncé des limites contenues dans les notions d’héritage et de capital culturel dans le travail de Bernard Lahire, lequel articule en quelque sorte sociologie de l’école et sociologie de la socialisation. Le sociologue souligne ainsi que les enfants ne « “reproduisent” pas directement les manières de faire vues dans la famille<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span> ». L’héritage peut être « raté » ou « réussi ». C’est en fonction de la modalité propre des relations sociales qui font les configurations familiales que l’enfant incorpore des schèmes de comportement, des dispositions qui s’actualiseront plus ou moins selon les contextes et les situations. Lahire déconstruit au final l’idée d’une transmission mécanique et automatique des dispositions. Cette réflexion ouvre la voie, nous semble-t-il, à l’analyse des mécanismes concrets de la socialisation entendus comme analyse des « cadres, des modalités et des effets de la socialisation<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> » mais aussi comme analyse des modes d’appropriation par le socialisé des contenus de la socialisation.</p><p class=""txt_Normal"">C’est une mise en discussion des concepts d’habitus et de capital relativement proche que proposent d’engager Bernard Charlot et Jean-Yves Rochex<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>, dont les travaux proposent d’éclairer les expériences scolaires des élèves par l’analyse des formes de la mobilisation parentale. Ainsi notent-ils que les formes de la mobilisation parentale, elles-mêmes inscrites dans l’histoire d’une lignée, n’ont d’effets ni univoques ni mécaniques sur les trajectoires scolaires des enfants. Prenant notamment appui, pour la prolonger, sur la réflexion conduite par François de Singly<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span> qui invite à porter attention au travail de l’héritier, par lequel le capital d’origine se transforme en capital personnel, Charlot et Rochex soulignent qu’une analyse des formes de la mobilisation parentale, pour être pertinente, ne peut faire l’économie d’une réflexion sur les possibles modes d’appropriation, par l’enfant, des attentes et projets familiaux. On retrouve en arrière-plan de cette recommandation la conception de la socialisation déjà défendue par Bernard Charlot, Élisabeth Bautier et Jean-Yves Rochex dans <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">École et savoirs dans les banlieues… et ailleurs</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>. Les auteurs invitaient en effet déjà à penser la socialisation non comme « action sur » mais comme « relation entre ». Considérant les contextes familiaux et les formes de la mobilisation familiale, Jean-Yves Rochex et Bernard Charlot soulignent de même l’importance et la nécessité de penser la pluralité des influences socialisatrices dans un même milieu familial, influences qui peuvent se combiner, se juxtaposer ou se contredire. Ainsi, les analyses des processus de socialisation supposent-elles de penser cette diversité d’influences à laquelle l’enfant va être exposé et à la manière dont il va se les approprier.</p><p class=""txt_Normal"">Ces orientations de travail sont d’une certaine manière mises en acte par des travaux de recherche relativement récents et situés là aussi à la croisée des sociologies de l’éducation et de la socialisation. Les analyses proposées par Fanny Renard<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span> des modes de transmission de certaines pratiques culturelles parlées et partagées entre parents et enfants sont de ce point de vue éclairantes. Les formes de reproduction et l’héritage des pratiques des parents aux enfants se trouvent largement complexifiées. Ainsi en même temps que sont soulignées la force et l’effectivité de la transmission verticale entre parents et enfants, l’auteure montre que, selon les sollicitations plus ou moins hétérogènes auxquelles les adolescents sont confrontés, leur place dans la configuration familiale, les processus de socialisation générationnels ou genrés dans lesquels ils sont pris, les enfants peuvent être conduits à prendre une certaine forme de distance avec les loisirs familiaux. Interrogeant les relations entre socialisation scolaire et socialisations familiales et portant la focale sur les ratés de la socialisation chez des héritiers en échec scolaire, Gaële Henri-Panabière<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span> propose elle aussi une discussion de la notion même de transmission. L’auteure montre ainsi que la transmission s’opère toujours sous conditions, jamais de manière mécanique et qu’elle peut être « brouillée » selon les contextes et les situations familiales considérées. C’est de fait un certain état de la configuration familiale, l’hétérogénéité du patrimoine dispositionnel au sein des familles, la division du travail éducatif et domestique entre parents qui vont pouvoir rendre raison de la variété et de la variabilité des dispositions transmises ou non dans les familles.</p><p class=""txt_Normal"">Ces préoccupations croisent, en partie, celles de la sociologie de l’enfance<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>. Même si les chercheurs engagés dans ce courant se sont le plus souvent davantage intéressés à la socialisation horizontale qu’à la socialisation verticale et s’ils se sont plus souvent attachés à la question de l’altérité de l’enfance, proposant par là même une conceptualisation forte des « cultures enfantines<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span> » – plutôt qu’à celle de la différenciation des enfants<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span>, la sociologie de l’enfance n’en a pas moins produit des interpellations fortes pour ceux qui se proposent d’étudier la construction familiale des dispositions enfantines et leurs variations de classes. Elle invite tout d’abord à ne pas penser la socialisation familiale indépendamment de son articulation avec les autres cadres socialisateurs, qu’il s’agisse de regarder comment les autres influences socialisatrices viennent renforcer ou contredire la socialisation familiale<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span>. Les sociologues de l’enfance insistent en effet sur la pluralisation de l’univers de socialisation des enfants, laquelle est envisagée comme l’une des caractéristiques majeures de la modernité<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span>. S’il nous est donc apparu pertinent et légitime de focaliser notre attention sur la socialisation familiale, au regard tout à la fois de sa singularité et de sa force dans la formation des dispositions socialement différenciées et différenciatrices des enfants, nous souscrivons à l’idée que l’analyse de cette socialisation familiale ne peut s’opérer sans envisager l’influence des autres instances socialisatrices auxquelles sont confrontés les enfants, qu’il s’agisse de l’influence des pairs, des médias, de l’école ou de toute autre institution visant à la prise en charge de l’enfant. Notons que cette pluralité d’influences socialisatrices est perceptible au sein même de l’univers familial, les parents n’y étant pas les seuls socialisateurs dans le cadre familial. La socialisation horizontale au sein de la fratrie<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span>, qui s’opère dans les interactions entre frères et sœurs, peut venir concurrencer ou au contraire renforcer les formes et les modalités de la socialisation verticale.</p><p class=""txt_Normal"">La sociologie de l’enfance invite également à ne pas envisager la socialisation familiale comme un processus exclusivement vertical descendant et à penser le rôle de l’enfant, notamment ce qu’il « fait de ce qu’on fait de lui<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span> ». Elle développe plus précisément, à partir des théories interactionnistes et interprétatives, la vision d’une socialisation où l’enfant apparaît non comme une <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">tabula rasa</span>,<span class=""typo_Italique CharOverride-2""> </span>mais comme un acteur, un partenaire du processus de socialisation<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span>. Mais, cette question de l’<span class=""typo_Italique CharOverride-2"">agency </span>de l’enfant n’est pas sans soulever de nombreuses questions sur le plan théorique, alors même que la sociologie de l’enfance s’envisage fondamentalement comme une sociologie de la socialisation<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span>. En effet, comment penser l’action ou l’activité de l’enfant dans le cadre d’une sociologie de la socialisation ? Comment éviter l’écueil qui consiste à penser l’<span class=""typo_Italique CharOverride-2"">agency</span> des enfants indépendamment de leur socialisation ? La réponse ne fait pas consensus et l’opposition très vive, souvent réactivée dans les débats théoriques entre les tenants d’un enfant « actif<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 25</a></span></span> » et les tenants d’un enfant « acteur » du processus de socialisation polarise souvent l’attention. Notre projet n’est pas de nous affirmer en faveur de l’une ou l’autre de ces perspectives théoriques, il est plutôt de mettre à profit les apports conjoints de ces différents types de travaux et recherches pour penser la genèse de la différenciation sociale de l’enfance.</p><p class=""txt_Normal"">Pour poursuivre cette exploration, on pourrait de manière tout aussi heuristique mobiliser les apports des travaux des champs de la sociologie des pratiques culturelles ou de la socialisation politique, qui discutent aussi les usages des notions de transmission et d’héritage. Les travaux que Percheron<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 26</a></span></span> consacre à l’analyse de l’acquisition d’un outillage politique par l’enfant au cours de la socialisation familiale offrent notamment des pistes de réflexion stimulantes. Ils suggèrent en effet un renouvellement du cadre de l’analyse de la socialisation en invitant le lecteur à penser la socialisation comme acte d’interaction, de « transactions<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 27</a></span></span> » entre l’individu et la société. Prenant pour fondement l’analyse de la manière dont un système de jugement se transmet, la sociologue invite à la prudence et à ne pas confondre le système de jugement auquel l’enfant est exposé et ce qu’il met en œuvre pour se l’approprier. Percheron développe ainsi une conception conflictuelle des modalités et des effets de la socialisation, la socialisation n’étant pas envisagée comme processus univoque et d’essence didactique mais comme une notion désignant une pluralité d’apprentissages et d’acquis dont la combinaison ne peut être saisie que dans l’individu<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 28</a></span></span>. C’est dans un cadre d’analyse du travail socialisateur proche que s’inscrivent certaines recherches consacrées à l’analyse des pratiques culturelles des enfants. S’appropriant de manière créative les informations fournies par le monde adulte, notamment dans le champ de la transmission de pratiques culturelles, les enfants sont pensés comme des socialisés « créateurs<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 29</a></span></span> ». Certaines enquêtes<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 30</a></span></span> montrent ainsi que des pratiques culturelles parentales faisant l’objet d’une transmission par initiation, incitation et/ou imprégnation à une pratique ou à des produits culturels ne relèvent pas d’un simple mimétisme de la pratique familiale mais s’opèrent dans un mouvement entre attachement à la pratique parentale et décollement, distanciation à l’égard de cette pratique<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 31</a></span></span>. Ainsi, si on ne peut nier la force de l’influence familiale, cette dernière n’agit jamais mécaniquement et à l’identique.</p><p class=""txt_Normal"">Dès lors, une des clés pour l’étude de la construction sociale de l’enfance dans la sphère familiale – c’est en tout cas une des voies que nous tentons d’explorer dans cet ouvrage – serait finalement de réussir à prendre au sérieux les critiques formulées par la sociologie de l’enfance en essayant de travailler à ouvrir des pistes permettant d’envisager le travail de socialisation familiale – et notamment parental – sans laisser dans l’ombre le socialisé et sans faire de l’enfant un objet complètement passif de cette socialisation. Plusieurs voies de travail peuvent être explorées. En favorisant peut-être d’abord une approche non cloisonnante de la socialisation permettant de penser la diversité des influences socialisatrices et leurs relations réciproques. En étudiant ensuite précisément ce que « l’enfant fait de ce que l’on fait de lui<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 32</a></span></span> ». L’enjeu n’est peut-être pas alors tant de centrer l’attention sur ce que l’enfant active, met en veille ou inhibe pour reprendre les formules de Bernard Lahire<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 33</a></span></span> que d’analyser ce qu’il s’approprie des contenus de socialisation, la manière dont il se les approprie, les actualise et les met à l’épreuve des situations et des contextes auxquels il se trouve confronté. Cette perspective d’analyse complexifie notre approche de la transmission, en tenant en quelque sorte ensemble les deux bouts du problème : le socialisateur et le socialisé.</p><p class=""txt_Normal"">Soulignons peut-être enfin l’importance, dès lors qu’on s’attache à décrire et analyser les mécanismes concrets de la socialisation, de garder à l’esprit le fait suivant : les pratiques des socialisateurs, comme celles des socialisés, sont toujours structurées conjointement par des rapports sociaux de classe, de sexe, de « race », de génération. Si les contributions réunies dans cet ouvrage permettent toutes, à des degrés divers et selon des axes d’études distincts, de se saisir des effets des rapports sociaux de classe sur les logiques socialisatrices familiales, on peut ici faire l’hypothèse qu’étudier les mécanismes de transmission et les logiques socialisatrices familiales comme toujours travaillées par des rapports sociaux de classe, de sexe, de « race » et de génération peut constituer une voie de prolongement intéressante au travail ici engagé. Notons que c’est en partie la perspective déployée par certaines recherches<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 34</a></span></span> qui ont notamment proposé d’étudier les pratiques socialisatrices à la croisée des rapports sociaux de sexe et de classe sociale.</p><p class=""T_a""><span class=""typo_gras"">Enquêter « sur » et « dans » les familles : <br />l’enjeu de l’administration de la preuve </span></p><p class=""txt_Normal"">Enquêter « sur » et « dans » les familles pour se saisir des processus de production/reproduction des dispositions sociales durant l’enfance engage des défis d’ordre méthodologique et empirique de taille de par la nature même du terrain à investir, les familles, et de par le processus qu’il s’agit d’identifier, de décrire et d’analyser : la socialisation.</p><p class=""txt_Normal"">Les questions sont nombreuses, elles ont trait tant aux conditions de possibilité d’accès au terrain, aux dispositifs méthodologiques à mettre en œuvre pour opérationnaliser un certain nombre de réflexions théoriques qu’aux types possibles d’analyse des données produites et d’interprétation des résultats. En effet, comment se saisir du point de vue empirique, des processus de socialisation à l’œuvre dans les familles ? À partir de quels indices objectiver le travail de socialisation dans les familles ? Peut-on déduire de pratiques, de comportements, de discours des dispositions ? Comment se saisir, à partir d’un moment d’enquête inscrit dans une temporalité nécessairement limitée, de dispositions dont la construction s’inscrit par définition dans le temps long de la socialisation<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 35</a></span></span> ? Par ailleurs, comment accéder à ce terrain de l’intime qu’est la famille ? À quels biais inhérents à l’enquête « dans » et « sur » les familles le chercheur se heurte-t-il ? Dans quelle mesure ces biais orientent-ils la teneur du matériau récolté ? Quels choix ou quelles circonstances de terrain président à la récolte de tel ou tel type de matériau ? Et, quel type d’analyse, d’interprétation le chercheur est-il autorisé à produire à partir des données empiriques ? On le perçoit très vite, l’ensemble de ces questionnements a trait à une préoccupation centrale dans le travail de recherche en sciences sociales, celle de la validité des résultats produits et des conditions de possibilité mêmes d’administration de la preuve, dès lors qu’il s’agit de tenter de se saisir de ce qui est difficilement saisissable : les processus de construction des dispositions. Une des manières de s’interroger sur les modalités d’administration de la preuve et de tenter d’y apporter une réponse au moins provisoirement ou partiellement satisfaisante a été, pour nous, de faire de cet ouvrage l’occasion de discuter des moyens dont dispose le chercheur pour asseoir la validité scientifique de son propos. Les contributions qui composent cet ouvrage nous le donneront toutes à penser : c’est tout à la fois l’inventivité dans la construction de la démarche intellectuelle qui sous-tend le dispositif de recherche, la rigueur et la précaution dans l’exploitation des matériaux récoltés qui sont les garde-fous les plus efficaces contre tout risque d’interprétations hâtives et empiriquement infondées.</p><p class=""txt_Normal"">Investir la famille et ouvrir la boîte noire de la socialisation nous est donc apparu comme devant nécessiter une réflexion méthodologique et empirique rigoureuse<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 36</a></span></span>. Reprenant à notre compte la formule de Serge Paugam selon laquelle « il ne peut y avoir de savoir sociologique indépendamment des techniques d’enquête mises en œuvre pour y accéder <span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 37</a></span></span>», il nous semblait important de donner au lecteur les outils pour penser non pas seulement les techniques d’enquête entendues comme une sorte d’outillage indispensable à l’in";;;;;;;;; 689;2;3;13;Censure d'État;Cinéma, moeurs et politique autour de 1968;;;"<p>Cette enquête porte sur la censure du cinéma autour de 1968. Son enjeu principal est de saisir la fabrication d’un ordre étatique des films, à la fois moral, politique et artistique, et sa recomposition dans une conjoncture critique.</p>";"<p>Remerciements <br /><br />Préface <br /><br />Introduction </p><p style=""text-align: center;""><strong>Première partie
<br />Le cinéma face aux croisés moraux</strong></p><p style=""text-align: left;""><br />Chapitre 1. Réformer la censure (1959-1961) <br /> Des gardiens des mœurs contre la liberté artistique <br />Le dispositif de 1961, une « force de police » <br />Une censure « scientifique » <br /> <br />Chapitre 2. L’« affaire » de La Religieuse <br />L’interdiction totale : genèse d’une décision politique <br />Une cause qui « parle » <br />Une épreuve pour la censure d’État et les « groupes censurants » </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Deuxième partie
<br />L’État, les mœurs et la politique</strong></p><p><br />Chapitre 3. La censure politique <br />Une activité ordinaire (1961-1968) <br />Une activité en voie de délégitimation (1968-1974) </p><p>Chapitre 4. La censure des mœurs <br />Les mœurs dans l’entonnoir bureaucratique <br />Sexe, violence et politique <br />Le danger des films </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Troisième partie </strong><br /><strong>La légitimation du cinéma</strong></p><p><br />Chapitre 5. L’esthétique de la censure <br />La censure saisie par l’art <br />Peut-on interdire de l’art ? Études de cas-limites <br /><br />Chapitre 6. De la censure à la classification (1968-1975) <br />La censure d’État est-elle réformable ? (1968-1974) <br />La compartimentation de la pornographie (1974-1976) <br />La distinction du cinéma </p><p><br />Conclusion <br /> <br />Sources <br /><br />Bibliographie sélective <br /><br />Index des noms de personnes et des titres de films </p>";;27/06/2019;0;137x220;264;978-2-37924-041-6;978-2-37924-041-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_689.jpg;"<p>Ce livre montre comment, dans les années 1960-1970, la censure française du cinéma, qui coupe et interdit des films pour des raisons morales et politiques, se transforme en une instance de classification. Plus généralement, il interroge, par le prisme de cette institution, les rapports entre art, mœurs et politique dans une phase critique située autour de 1968. L'enquête s'appuie principalement sur des archives publiques, des articles de presse et des entretiens. Elle se situe à la croisée de plusieurs disciplines ; la science politique, la sociologie, l'histoire et les études cinématographiques.</p><p> </p><p><em>Docteur en science politique, Georges Meyer mène des recherches au sein du LabToP (Laboratoire des Théories du Politique), équipe du CRESPPA (Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris). Il enseigne dans le secondaire et le supérieur, à l'université Paris 8, au Nouveau collège d'études politiques et à l'IUT de Bobigny. Il a récemment participé au volume dirigé par Lilian Mathieu et Violaine Roussel : Penser les frontières sociales. Enquêtes sur la culture, l'engagement et la politique (LYON, PUL, 2019).</em></p>";"<p class=""txt_Normal"">Introduction</p><p class=""txt_Normal"">Cet ouvrage porte sur la censure du cinéma dans la France des années 1968. L’usage que l’on fait de cette catégorie de censure mérite d’abord d’être précisé. On n’abordera pas la censure en tant que « pathologie » des processus de communication<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>, mais à travers une institution bien précise : la Commission de contrôle des films cinématographiques et son ministre de tutelle<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. Dans la littérature grise de cette institution, la qualification de « censure » est partout présente. Cet usage interne s’explique par la notion juridique de « censure administrative », laquelle implique un contrôle des contenus <span class=""typo_Italique"">a priori</span> par opposition à la répression judiciaire qui exerce un contrôle <span class=""typo_Italique"">a posteriori</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. Cette institution est aussi qualifiée de « censure » par ses détracteurs qui ne font pas tant référence à cette notion juridique qu’à une forme illégitime de contrôle restreignant l’exercice de la liberté d’expression. Dans la deuxième moitié des années 1970, l’usage de cette dénomination stigmatisante perd néanmoins de son évidence, y compris pour les juristes qui président la commission<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">La censure d’État du cinéma a été instituée en France à partir de 1909, alors que la censure du théâtre avait été abolie en 1906<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>. Mise en place en 1945, la Commission de contrôle des films cinématographiques n’existe plus aujourd’hui : elle a été remplacée en 1990 par la Commission de classification. Cette enquête ne propose pas une histoire du contrôle du cinéma « des origines à nos jours ». Elle s’amorce avec la réforme qui reconfigure la Commission de contrôle des films cinématographiques en 1961 et se termine en 1975, quand le cinéma obtient officiellement la liberté d’expression et que la classification X est mise en place. Il s’agit de saisir l’institution dans une temporalité brève, d’autant plus signifiante qu’elle correspond à la phase critique située autour de 1968 pendant laquelle sa persistance est remise en cause. Dans un contexte contestataire, comment une institution qui pratique la censure politique et mutile des chefs-d’œuvre au nom des « bonnes mœurs » peut-elle persister dans un État démocratique qui contribue à la légitimation artistique du cinéma ?</p><p class=""txt_Normal"">Dans la perspective de la sociologie politique des institutions, on étudiera ce qui a été institué (règles, savoirs, modalités d’organisation), ainsi que les investissements concrets, dans des situations précises, dont l’institution fait l’objet<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. Il s’agit de mettre au jour les représentations, les pratiques et les discours de ses acteurs, ce qu’ils font de l’institution et ce que l’institution fait, selon les configurations et les contextes historiques<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. Cette institution n’est pas seulement étudiée de l’intérieur, en confron­tant ses discours de façade et ses pratiques en coulisse<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>, mais aussi de l’extérieur, comme enjeu de mobilisations et de conflits. Cela implique des plans larges, qui permettent de saisir dans quels rapports de force se situe cette institution, et des gros plans, qui éclairent la « multiplicité des pratiques auxquelles s’activent ceux qui, de leur propre mouvement, la font vivre<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Centrée sur une institution d’État, cette enquête est aussi une contribution à la socio-histoire de l’État et de l’action publique. Placée sous la tutelle du ministre chargé de l’Information, puis des Affaires culturelles, la Commission de contrôle des films cinématographiques assemble des représentants de ministères, des experts et des professionnels du cinéma. Elle est l’enjeu de mobilisations d’acteurs variés : des acteurs du champ du ciné­ma (réalisateurs, producteurs, distributeurs, critiques, etc.), des agents des champs politique et bureaucratique (hauts fonction­naires, parlementaires, ministres, voire le président de la République), des entrepreneurs de morale (en particulier les clercs de l’Église catholique), des journalistes, des intellectuels. Organisant des transactions entre les différents secteurs sociaux, cette institution participe des « puissantes formes intersectorielles de domination » qui caractérisent l’État contemporain<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>. La focale sur cette institution permet d’appréhender l’État comme un espace de régulation des rapports entre champs<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. Elle permet de rendre compte de la construction conflictuelle, contingente et multisectorielle des actes d’État, y compris, de la manière la plus inattendue, de ceux commis au nom de la raison d’État.</p><p class=""txt_Normal"">Cette enquête est également une contribution à la sociologie des arts et de la culture, et en particulier à la sociologie du cinéma. Comme Pierre Bourdieu le note, « on peut dire d’une institution, d’une personne, d’un agent, qu’ils existent dans un champ quand ils y produisent des effets<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span> » : c’est assurément le cas de la censure pour le champ du cinéma<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>. Dans les années 1960, le cinéma subit une emprise de la censure d’État qu’on pourrait qualifier d’autoritaire, malgré le contexte démocratique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>. Cette institution est en particulier un excellent observatoire des rapports entre art et politique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span>, tout particulièrement dans une période critique où la légitimité de l’engagement politique pour les cinéastes, artistes ou écrivains se redéfinit<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>.</p><p class=""T_a"">Les mutations de l’ordre censorial</p><p class=""txt_Normal"">L’intérêt principal d’étudier la censure du cinéma pendant les années 1968 est de saisir la fabrication concrète d’un ordre étatique, à la fois moral, politique et artistique, et sa recomposition dans une conjoncture critique. Face aux archives, une difficulté surgit : comment rendre compte de l’extrême variété des films sanctionnés et des motifs de censure ? Dresser une typologie des motifs de censure apparaît une tâche malaisée : opérer un tel classement reviendrait à essentialiser des catégories indigènes pourtant mouvantes, équivoques et se chevauchant, comme la « pornographie » et l’« érotisme »<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span>. Pour faire face à la multitude du censurable, nous avons élaboré, au fil des archives, un cadre théorique, en empruntant à plusieurs traditions des sciences sociales et humaines. Le premier élément de ce cadre théorique s’inspire d’un ouvrage classique de Mary Douglas : <span class=""typo_Italique"">De la souillure.</span> Dans cette optique, la censure d’État met en œuvre un « système de classification<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span> ». Tous les films ou séquences qui sont susceptibles d’être censurés sont à considérer comme des anomalies. En s’inspirant des cinq « dispositions » des systèmes de classification, l’action des censeurs pour défendre l’ordre contre les anomalies peut être découpée en cinq opérations : ils les repèrent (en utilisant plusieurs dispositifs, comme la précensure), les classent (en recourant, par exemple, aux genres cinématographiques), contrôlent leur existence (par les sanctions comme la coupure ou l’interdiction), les confrontent à des règles (en construisant notamment une « jurisprudence ») et les lient à des dangers (pour la jeunesse, les « bonnes mœurs » ou l’« ordre public »)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Une fois la division entre l’ordre et les anomalies posées avec l’aide de Mary Douglas, il demeure à saisir, dans la multitude des avis de censure, les logiques principales de l’ordre censorial, qui est celui d’une société fortement différenciée. Dans la pratique de leur activité, les censeurs opèrent une division entre deux grandes catégories : certains films relèvent de la censure politique et les autres de la censure des « bonnes mœurs ». Que dit cette division ? Face à cette difficulté, la lecture d’un texte de Michel Foucault nous a permis de mieux saisir les pratiques censoriales<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span>. Cette division entre la censure politique et celle des mœurs peut être en effet rapprochée des deux rationalités politiques de l’État contemporain dégagées par ce philosophe : le pouvoir politique qui s’exerce sur les sujets civils et le pouvoir pastoral qui s’exerce sur les individus vivants. Tandis que la censure politique cherche à contrôler l’opinion publique, la censure des mœurs se soucie de la santé psychique et du bien-être de la population. L’usage de la théorie foucaldienne nous a permis de départiculariser l’action de la censure d’État du cinéma : il s’agit de saisir ses archives, non pas comme celles d’une institution périphérique, mais comme un prisme permettant d’appréhender concrètement les deux logiques centrales du pouvoir exercé par l’État.</p><p class=""txt_Normal"">La masse des films censurés ne relève pas de la censure politique, mais concerne la censure des mœurs. Malgré l’intérêt de la notion de pouvoir pastoral, l’extrême diversité des motifs liée à cette forme de censure étonne. Qu’est-ce que les « bonnes mœurs », sinon une catégorie juridique extrêmement floue<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span> ? Face à cette difficulté pour éclairer les archives et donner une logique à l’ordre censorial, la lecture de Norbert Elias nous a été très utile<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span>. Son œuvre, désormais classique dans les sciences sociales et humaines<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span>, n’est pourtant pas, ou rarement, utilisée, en sociologie de l’action publique et en sociologie de la culture. La théorie de la civilisation peut être brièvement résumée : « le procès de civilisation » est un changement, non linéaire et non nécessaire, des normes comportementales des individus. Ces derniers, par la contrainte mais surtout par l’autocontrainte, relèguent hors de la vie publique, dans les coulisses de la vie sociale, un ensemble de pratiques liées au corps, comme ce qui relève de la violence, du sexe, de la maladie ou de la mort. Ce processus s’accompagne d’une compartimentation de la vie sociale, avec des lieux dédiés comme l’abattoir, les toilettes ou la chambre à coucher. Norbert Elias explique que ce processus est intrinsèquement lié au développement de l’État. En monopolisant la violence physique et l’impôt, l’État contribue à la pacification interne de la société, au développement de la différenciation sociale et des chaînes d’interdépendance, dynamiques qui alimentent en retour celle du « procès de civilisation ».</p><p class=""txt_Normal"">Nous avançons que la théorie de la civilisation fournit une grille de lecture efficace pour analyser les représentations, pratiques et discours des censeurs du cinéma, ces « gardiens des tabous sociaux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span> ». La masse des films censurés le sont parce que les censeurs estiment qu’ils pourraient remettre en cause ce qu’Elias appelle le « procès de civilisation ». Cependant, la dynamique du processus de civilisation n’est pas que le bridage du cinéma par la censure. En effet, le cinéma participe à une expression euphémisée et contrôlée des pulsions qui sont régulées par le « procès de civilisation » en simple « plaisir des yeux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 25</a></span></span> ». Paradoxalement, les transgressions au régime des mœurs repré­sentées publiquement dans les enceintes confinées des cinémas participent donc du processus de civilisation. Autrement dit, la censure des mœurs qui est exercée par l’institution censoriale est à appréhender comme une tentative de contrôle étatique de la dynamique des mœurs à l’écran.</p><p class=""txt_Normal"">Toutefois, la théorie de la civilisation semble insuffisante pour mettre au jour complètement l’ordre censorial. Une multitude d’avis de censure comportent des jugements esthétiques. Or, la théorie de la civilisation ne laisse que peu de place à l’art. Certes, pour Norbert Elias, le cinéma n’est pas seulement comparable à un sport de combat, qui transforme la violence (ou d’autres passions) en « plaisir des yeux » domestiqué, mais aussi un art, qui représente « l’individu dans le contexte de son interdépendance sociale<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 26</a></span></span> ». Si l’on se place dans cette perspective, il serait possible de supposer que les censeurs apprécient les films qui, comparables aux romans de la littérature générale, ordonnent les rapports sociaux dans une société pacifiée, contrairement, par exemple, aux films d’horreur<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 27</a></span></span>. Toutefois, ces quelques lignes que Norbert Elias accorde au rapport entre l’art et le « procès de civilisation » apparaissent insuffisantes pour notre objet. Comment saisir le paradoxe des gardiens des tabous qui accordent de la valeur artistique à des films qu’ils jugent obscènes ? Comment comprendre la logique de leurs jugements esthétiques ?</p><p class=""txt_Normal"">Le cadre théorique pour saisir l’ordre censorial, qui est aussi artistique, nécessite alors d’être complété. Les censeurs ne sont pas seulement des gardiens des tabous. Ils sont plus ou moins traversés par l’<span class=""typo_Italique"">illusio</span> cinématographique, un principe de croyance dans la valeur des œuvres présidant à leur classement et à leur hiérarchisation à la faveur de luttes dans le champ du cinéma<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 28</a></span></span>. On s’interrogera sur la contribution des censeurs à la fabrique de la valeur artistique, mais il ne s’agit pas pour autant de se demander si la censure a des effets bénéfiques sur l’art cinématographique, qu’elle stimulerait par la répression<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 29</a></span></span>. On adopte au contraire ici une conception constructiviste de la valeur cinématographique. Objet d’une construction sociale conflictuelle, cette valeur est un enjeu de lutte pour les « auteurs » ou les critiques, mais aussi pour les censeurs.</p><p class=""txt_Normal"">L’ordre que fabrique l’institution censoriale est donc animé par trois rationalités principales : les pouvoirs politique et pastoral de l’État et l’<span class=""typo_Italique"">illusio </span>cinématographique. Ces trois rationalités sont au fondement des trois formes de contrôle exercées par les censeurs : la censure politique, la censure des mœurs et la police artistique. En examinant les archives de la censure, on constate un bouleversement de cet ordre censorial au tournant des années 1968 : la censure politique tend à disparaître, la censure des mœurs s’atténue et la police artistique s’affirme. Au milieu des années 1970, les censeurs en sont même à considérer que les transgressions cinématographiques les plus évidentes aux normes morales, sociales et politiques peuvent relever d’un art incensurable. Comment comprendre cette transformation ?</p><p class=""T_a ParaOverride-1"">L’État, l’art et les mœurs : <br />trois hypothèses de recherche</p><p class=""txt_Normal"">Pour mettre au jour les ressorts de cette transformation, nous avons fait appel à un système combiné de trois hypothèses explicatives. Notre première hypothèse est que la transformation de l’institution censoriale participerait de l’autonomisation du champ du cinéma vis-à-vis de l’État<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 30</a></span></span>. Cette hypothèse s’appuie sur la théorie de la différenciation sociale : la société se différencie tendanciellement en une multiplicité d’espaces sociaux (ou mondes, champs ou secteurs, qu’on ne distinguera pas dans ce travail)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 31</a></span></span>, qui tendent à devenir relativement autonomes, construisant des règles du jeu et des capitaux spécifiques. À l’évidence, la censure est pour le champ du cinéma une force hétéronome (c’est-à-dire une force exogène, contraire à ses intérêts économiques et artistiques). Sa transformation résulte des luttes multiformes des acteurs du champ du cinéma pour gagner leur autonomie. La lutte contre la censure s’inscrit en ce sens pleinement dans la logique du champ contrairement à d’autres luttes politiques<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 32</a></span></span>. On s’interrogera sur le rôle des grandes « affaires » de censure dans ce processus d’autonomisation<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 33</a></span></span>. On avancera que ce processus s’accélère avec la crise politique de 1968, qui favorise les alliances et les échanges entre les champs culturels et l’espace des mouvements sociaux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 34</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">La deuxième hypothèse pour expliquer la transformation de l’institution censoriale se propose de la relier à la bifurcation du régime des mœurs qui marque les années 1968. La censure d’État serait confrontée à cette bifurcation, à laquelle elle résis­terait, mais à laquelle, paradoxalement, elle contribuerait aussi. Nous montrerons que, dans les années 1960, la censure des mœurs du cinéma est à appréhender comme un des dispositifs du gouvernement « traditionnel et autoritaire » des conduites, marqué par l’emprise disciplinaire de l’État sur les mœurs<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 35</a></span></span>. Mais à la fin des années 1960 et au début des années 1970, la censure est affectée par un relâchement rapide du régime des mœurs au cinéma, qui amène à un changement de la régulation du contrôle des films à l’échelle internationale<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 36</a></span></span>. Ce relâchement du régime des mœurs cinématographiques a contribué à une bifurcation plus générale du régime des mœurs qui s’est déroulée pendant cette période dans les sociétés occidentales<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 37</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">La troisième hypothèse que nous avançons est que la transfor­mation de l’institution censoriale participe de la légitimation artistique du cinéma. S’amorçant dès les débuts du cinéma, ce processus s’affirme tout particulièrement au début des années 1960, accompagnant l’embourgeoisement et la diminution du public, tandis que se développe la télévision<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 38</a></span></span>. Contrairement à ce qu’avance Shyon Baumann pour le cas américain<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 39</a></span></span>, nous montrerons en nous appuyant sur le cas français que ce n’est pas tant le relatif relâchement de la censure qui facilite le processus de légitimation artistique du cinéma que l’inverse : les censeurs eux-mêmes tendent à se montrer de plus en plus sensibles à cet art qui devient aussi légitime auprès d’eux. Cette troisième hypothèse explicative s’articule avec les deux premières hypothèses : la légitimation artistique du cinéma participe aussi bien de l’autonomisation du champ du cinéma (et de l’affirmation d’un pôle artistique) que de la bifurcation du régime des mœurs : on montrera que l’<span class=""typo_Italique"">illusio </span>cinématographique a en effet la capacité proprement magique de sublimer les passions disqualifiées par la civilisation des mœurs en émotions esthétiques.</p><p class=""T_a ParaOverride-2"">Présentation des matériaux</p><p class=""txt_Normal"">Pour étudier la transformation de l’institution censoriale pendant les années 1968, nous nous sommes appuyés essentiel­lement sur des sources écrites. Les archives consultées sont principalement publiques et n’avaient été que peu ou pas exploitées jusque-là<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 40</a></span></span>. Aux Archives nationales, nous avons dépouillé de manière exhaustive les abondantes archives relatives à l’institution de la censure d’État. L’avantage pratique de travailler sur cette institution est la faible dispersion de ses archives. Les cartons d’archives, constitués pour la plupart d’épaisses liasses de documents divers, informent sur son activité (avis de censure, notes, correspondances, etc.), sur les « affaires » de censure (lettres d’entrepreneurs de morale, pétitions, etc.), comme sur ses réformes (projets de textes législatifs et réglementaires, rapports, correspondances interministérielles, correspondances avec les organisations professionnelles, statistiques, etc.). Ces archives proviennent de plusieurs ministères : essentiellement les ministères de l’Information et des Affaires culturelles, mais aussi d’autres, comme la Justice ou l’Intérieur, ce qui rend compte du caractère intersectoriel de l’action publique relative à la censure du cinéma.</p><p class=""txt_Normal"">Pour saisir la vie de l’institution dans une perspective ethno­graphique, le matériau essentiel est constitué par les notes de membres de la commission de censure aux ministres qu’ils représentent. Ces notes permettent d’envisager les rapports de force et les interactions qui se jouent dans les coulisses de l’institution dans leur existence concrète, avec leurs émotions, voire leurs gestuelles. Ces notes ont été conservées essentiellement pour la période 1961-1969. Pour cette période, on trouve également dans les archives du ministère de l’Information des centaines de dossiers de censure classés par ordre alphabétique. Comme le note l’un des bureaucrates de l’institution, les motifs de la commission avant la réforme de 1961 étaient « assez sommaires et peu explicites » : la réforme doit amener les censeurs à expliciter ces motifs, de façon à ce que se dégage une jurisprudence<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 41</a></span></span>. En rationalisant la bureaucratie censoriale, la réforme de 1961 a conduit les acteurs de la censure à produire et à archiver des documents bien plus nombreux, variés et des justifications bien plus longues et plus riches qu’auparavant. Le volume des archives produites tend à se réduire après 1969 : décroît alors l’importance étatique de cette institution. Pour les films liés à des « affaires » de censure, et notamment pour les années 1969-1975 moins rep";;;;;;;;; 690;2;3;22;Le prénom de Dieu;Nouvelles;;;"<p>À l’occasion du cinquantenaire de l’université Paris 8-Vincennes / Saint-Denis, les PUV rééditent <em>« Le prénom de Dieu</em> », premier livre d’Hélène Cixous, paru aux Éditions Grasset en 1967.</p>";"<p>Morceaux d’un cri. Préface </p><p style=""padding-left: 30px;""><br />L’outre vide <br />La marche <br />Le successeur <br />La lyre <br />Le Sphinx <br />La ville <br />Le veau de plâtre <br />Le lac <br />La baleine de Jonas <br />Anagramme </p>";;19/09/2019;0;120x180;176;978-2-37924-033-1;978-2-37924-033-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_690.jpg;"<p class=""normal""><em>« Le prénom de Dieu</em> » est le premier livre publié par Hélène Cixous, en 1967. Il aura été le <em>Point de Départ</em>, un départ pour un long voyage, qui compte déjà plus de quatre-vingts escales et dure depuis cinq décennies. Comme l’a écrit Jacques Derrida, sur qui ce recueil est arrivé comme un <em>olni</em> (« objet littéraire non identifié »), dans cet ouvrage « s’annonce, se nomme sans se nommer, se prénomme un grand absent. On pourrait croire à la reprise, par une écriture littéraire à la fois picaresque, fantastique, kafkaïenne, joycienne, des opérations de la théologie négative ». Pour Hélène Cixous, écrire, cet « acte violent d’amour », est le « morcellement d’un cri », un cri qui peut être une manifestation de la douleur d’exister, mais aussi un appel vers ce qui promet et qu’on nomme parfois « Dieu », faute de mieux.</p><p class=""normal""> </p><p class=""normal""><em>Hélène Cixous (Oran, 1937) est l’auteure de « fictions », d’essais sur l’art et la littérature et de pièces de théâtre.</em></p>";"<p>Préface</p><p class=""txt_Normal""><em><span class=""typo_Italique"">« Le prénom de Dieu »</span></em> est le premier livre publié par Hélène Cixous, paru en 1967 chez Grasset. Il devait porter une préface de Jacques Derrida, qui a été réduite à des morceaux sur un des rabats, non signé – et présent seulement dans certaines éditions du livre. Ce flottement est à l’image du texte lui-même, tel qu’Hélène Cixous l’a dit dans <span class=""typo_Italique"">Double-Oubli de l’Orang-Outang</span>, où elle revient, plus d’un demi-siècle après, à ce premier <span class=""typo_Italique"">essai</span>, dans le sens de « première tentative » ou du « fait de s’engager dans une action sans être absolument sûr(e) de l’appropriation du moyen utilisé, ou du succès d’une technique estimée plus ou moins aléatoire », selon le dictionnaire. Dans<span class=""typo_Italique""> Double-Oubli de l’Orang-Outang</span>, cette « fiction » parue en 2010, Cixous affirme ainsi à propos de son premier livre : « je flottais fœtale dans les eaux de la Littérature », et se réfère à ce temps comme « l’époque glaciaire » (bien avant, donc, de la « préhistoire » à laquelle elle revenait dans <span class=""typo_Italique"">Manhattan. Lettres de la préhistoire</span>, publié en 2002).</p><p class=""txt_Normal""><span class=""typo_Italique"">Prénom de Dieu</span> (que j’écris sans article puisqu’il y a aussi flottement dans le titre, qu’on retrouve parfois avec l’article défini, d’autres sans article, et encore au pluriel…) fait signe, par ses initiales, au « <span class=""typo_Italique"">Point de Départ</span> ». Le départ pour un long voyage sans destination précise, « dans l’antarctique du cœur », selon un autre titre de l’auteure, voyage qui compte déjà plus de quatre-vingts escales et dure depuis cinq décennies. La voyageuse a été conduite et a conduit ses lecteurs à traverser des paysages très divers, autant par rapport à « l’espace du dedans », selon la formule d’Henri Michaux, un autre explorateur hardi de ces terres inconnues, que dans le sens géographique, puisque l’œuvre d’Hélène Cixous parcourt l’Algérie comme les États-Unis, en passant par l’Allemagne, l’Afrique du Sud, l’Inde ou le Cambodge, entre bien d’autres lieux mythiques et réels à la fois…</p><p class=""txt_Normal"">Mais comme il s’agit de l’espace de l’humanité – qui ne s’oppose pas à l’animalité dans l’univers cixousien – nous sentons une familiarité lorsque nous nous rendons à chacune de ces escales : ce sont des terres où les morts et les vivants ne sont plus séparés, où la cruauté radicale coexiste avec la générosité aussi extrême, où la mémoire et l’oubli se croisent et s’alimentent mutuellement, où la lecture et l’écriture deviennent une seule et même action, où rêver devient un « rêver vrai », n’étant plus opposé à la vie éveillée, où la Littérature, enfin, se révèle comme une « puissance autre » capable de combattre le Mal qui s’impose et tente de régner…</p><p class=""txt_Normal"">Ainsi, tel que le dit Hélène Cixous dans un magnifique vidéo-entretien avec Pierre Dumayet, de 1967, à l’occasion de la parution du <span class=""typo_Italique"">Prénom de Dieu</span>, écrire est pour elle « un acte d’amour, un besoin de parler aux autres », ou plutôt de crier cet amour, puisque la phrase écrite équivaut au « morcellement d’un cri », qui peut être une manifestation de la douleur d’exister, mais aussi un appel vers ce qui promet et qu’on nomme parfois « Dieu », faute de mieux. Comme l’écrit Jacques Derrida – le premier et donc « le seul » lecteur de ce livre, à qui celui-ci est arrivé comme un <span class=""typo_Italique"">olni</span> (« objet littéraire non identifié ») –, dans sa préface absente-présente, à l’intérieur de ce texte « s’annonce, se nomme sans se nommer, se prénomme un grand absent. On pourrait croire à la reprise, par une écriture littéraire à la fois picaresque, fantastique, kafkaïenne, joycienne, des opérations de la théologie négative ». Ainsi, « en découvrant dans une expérience onirique et fabuleuse cette place vide mais familière de notre expérience ouverte à la venue de Dieu, <span class=""typo_Italique"">Le Prénom de Dieu</span> parle avant Dieu ».</p><p class=""txt_Normal"">Et il Lui parle, pourrais-je ajouter, dans une langue que nous reconnaissons puisque c’est celle de l’écriture cixousienne, une langue faite de toutes les langues, celle du « poète », du « matelot » et du « malade », ces « âmes sensibles » parmi lesquelles se trouve aussi celle du lecteur, de la lectrice. Une langue qui s’avère ici « barbare », c’est-à-dire étrangère même aux oreilles de l’auteure, puisque <span class=""typo_Italique"">Le Prénom de Dieu</span> c’est, selon elle, « le-Livre-que-je-ne-connais-pas », fait de « textes que je sais avoir écrits mais que je n’ai jamais lus ».</p><p class=""txt_Normal"">Cette langue s’assimile aussi à une langue d’enfant – qui lance un cri lors de sa venue au monde – de l’<span class=""typo_Italique"">infans</span> ne maîtrisant pas encore la langue ; celle-ci est donc la maîtresse du livre, elle y règne sans entraves, comme dans les rêves, si importants dans l’écriture cixousienne. En ce sens, l’auteure avoue n’avoir aucune « autorité » sur ce livre, dans le sens de « pouvoir d’agir » ou de « gouverner » ; c’est sans doute ce qui a attiré d’emblée et si puissamment Jacques Derrida, le philosophe qui a théorisé la renonciation à la souveraineté du sujet centré sur le logos et sur le phallus – d’où le terme « phallogocentrisme ».</p><p class=""txt_Normal"">Ce terme nous conduit à une lecture féministe de ce manque d’autorité de l’auteure – au féminin, un genre dont l’application à « auteur » est encore mise en question. Si, selon l’aveu de celle-ci, « chaque livre est un genre d’enfant qui me guérit du néant », cet enfant, elle ne l’a pas « fait » : « On me l’a fait », dit-elle. Hélène Cixous l’exprimera poétiquement, presque dix ans après, dans son<span class=""typo_Italique""> Rire de la Méduse</span> : « il faut que la femme s’écrive : que la femme écrive de la femme et fasse venir les femmes à l’écriture, dont elles ont été éloignées aussi violemment qu’elles l’ont été de leurs corps ; pour les mêmes raisons, par la même loi, dans le même but mortel ». C’est en ce sens que le rôle décisif de Jacques Derrida dans la publication de ce premier livre – et donc pour ouvrir les vannes de cette écriture-fleuve qu’est celle d’Hélène Cixous – pourrait s’assimiler à celui de la sage-femme qui met au monde l’enfant de l’autre femme, lui donnant même parfois un nom ou plusieurs noms.</p><p class=""txt_Normal"">Si Derrida est une sage-femme – comme Ève, la mère d’Hélène Cixous et personnage principal de son œuvre –, la voix narrative du <span class=""typo_Italique"">Prénom de Dieu</span>, à la différence de presque tous les textes suivants de l’auteure, s’exprime au masculin. On pourrait de nouveau interpréter ce presque hapax selon une perspective féministe, mais qui ne correspondrait pas à une opposition binaire entre féminin et masculin ou entre femme (dominée) et homme (dominant). La voix narratrice est au masculin, pas tellement parce qu’elle n’ose pas (encore) se dire au féminin, se mettre elle-même au monde et « au texte », mais parce que, si <span class=""typo_Italique"">Le Prénom de Dieu</span> « parle avant Dieu », il parle de même <span class=""typo_Italique"">avant</span> les genres – ce qui s’applique aussi aux genres littéraires, car le sous-titre <span class=""typo_Italique"">Nouvelles</span> tourne court pour qualifier ce texte inclassable. <span class=""typo_Italique"">Avant</span>, non pas chronologiquement, mais dans le sens de <span class=""typo_Italique"">devant</span> les genres, les menant <span class=""typo_Italique"">à l’avant</span>, toujours <span class=""typo_Italique"">plus avant</span>, loin du binarisme réducteur et pernicieux. C’est dans ce sens que <span class=""typo_Italique"">Le Prénom de Dieu</span> est un texte non pas sans genre(s) mais <span class=""typo_Italique"">transgenre</span>.</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-2"">Marta Segarra, avril 2019</p>";;0;14.00;"<p class=""normal""><em>« Le prénom de Dieu » </em>est un recueil de nouvelles qui inaugure une recherche d’un autre ordre, non plus dans le domaine de l’essai mais dans celui de la fiction. Son écriture est exigeante, lumineuse et hermétique à la fois, et invente un ton nouveau, une musique singulière. Les récits laissent entrevoir un monde où les personnages, souvent mystérieux, paraissent autant des moyens de réfléchir à l’écriture même qu’à la relation de l’être humain à sa propre <em>psyché</em> comme à son inscription dans un univers existentiel et métaphysique. « Tout a une fin; c’est le commencement qui est rare. », écrit le narrateur dans ce livre fondateur à maints égards.</p><p class=""normal"">Deux ans plus tard Hélène Cixous reçoit le Prix Médicis en 1969 pour son livre « <em>Dedans », </em>qui la fait connaître d’un plus large public et prolonge cette quête personnelle qui se poursuit année après année depuis plus de cinquante ans aujourd’hui.</p>";;07/05/2019 11:22;0;Première édition;3621 691;1;3;34;High & Low;N°29/2019;;;"<p>La hiérarchisation des valeurs dans le champ de l’art contemporain. Que considère-t-on, historiquement et contextuellement parlant, comme art mineur, art populaire, art naïf, art noble, grand art ?</p>";"<p>Éditorial – <strong>Jérôme Glicenstein</strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : High & Low</strong></p><p><strong>Umut Ungan</strong><br />« Les catégories high&low dans le débat postmoderne »</p><p><strong>Zoé Vangindertael</strong><br />« Le muséal et la bande dessinée : enjeux d’une relation symbiotique »</p><p><strong>Yann Aucompte</strong><br />« Le graphisme d’auteur du duo de graphistes M/M (Paris) : quand une pratique <em>mineure</em> occupe le territoire de l’Art <em>majeur</em> »</p><p><strong>Nicolas-Xavier Ferrand</strong><br />« De la parodie à l’œuvre d’art: les <em>Walt Disney Productions</em> de Bertrand Lavier »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretiens</strong></p><p>Entretien de Soyoung Hyun avec Sojung Jun</p><p>Entretien de Satenik Bagdasarova avec Erik Boulatov</p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p><strong>Fedora Parkmann</strong><br />« Photographies parisiennes des surréalistes tchèques : des preuves à l’appui d’une mémoire partagée du surréalisme »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p>Mélanie Delattre-Vogt<br /> <br /> <br /></p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p><p>Abstracts français et anglais</p>";;17/10/2019;0;155x220;144;978-2-37924-045-4;978-2-37924-045-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_691.jpg;"<p><strong>« Les catégories high&low dans le débat postmoderne »</strong><br />Umut Ungan<br />Cet article introductif au numéro cherche à expliciter la manière dont se sont problématisées la dichotomie entre les catégories “art noble” et “art populaire” au sein des débats postmodernes dans les années 1980. Si certains penseurs ont pu déclarer l’abolition de leur opposition avec l’art postmoderne, il s’agit, pour d’autres, moins de son effacement que d’une transformation globale de l’art où cette distinction n’a plus sa pertinence.</p><p><strong> </strong><strong>« De la parodie à l’œuvre d’art: les <em>Walt Disney Productions</em> de Bertrand Lavier »</strong><br />Nicolas-Xavier Ferrand<br />Les « Walt Disney Productions » de Bertrand Lavier, qui mettent en scène de véritables caricatures d’œuvres modernistes, posent la question du statut de la parodie dans l’art contemporain. Echange dynamique entre art majeur et art mineur, la parodie s’inscrit dans la longue histoire de la hiérarchisation et de la moralisation des pratiques culturelles et artistiques. Cette communication cherche à décrypter la manière dont l’artiste expose « high » et « low » comme conventions et reliquats d’un vieux système inégalitaire.</p><p> <strong>« Photographies parisiennes des surréalistes tchèques : des preuves à l’appui d’une mémoire partagée du surréalisme »</strong><br />Fedora Parkmann<br />Lors de leur séjour parisien de 1935, les surréalistes tchèques Vítězslav Nezval et Jindřich Štyrský ont réalisé un ensemble de vues photographiques de Paris qui renvoient à un imaginaire géographique dans lequel se reconnaissaient également les surréalistes français. L’article propose d’éclaircir le lien de cette production avec ses équivalents français et d’interroger la spécificité des moyens plastiques et des choix iconographiques par lesquels Štyrský et Nezval ont cherché à conforter une mémoire des lieux parisiens commune aux deux mouvements.</p><p><strong>« </strong><strong>Le muséal et la bande dessinée : enjeux d’une relation symbiotique »</strong><br />Zoé Vangindertael<br />Le musée s’affirme comme un acteur accompagnant les changements symboliques de nos sociétés occidentales, en même temps qu’il se renouvelle lui-même pour mieux répondre aux besoins et aux attentes de ces mêmes sociétés. Il est producteur de sens et il a une incidence sur la perception culturelle et symbolique du patrimoine qu’il préserve, étudie et transmet. Dans ce contexte, la bande dessinée apparait comme le lieu d’une expérience esthétique, discursive et médiatique. Confrontée au modèle sociologique qui garantit l’artification de la bande dessinée, cette analyse du rapport symbiotique entre la bande dessinée et le musée décrit une reconnaissance sociale et culturelle qui, pour sa part, dépasse certaines limites de l’artification, notamment la réduction du rapport à l’art à la question de la contemplation, la division et la hiérarchisation des producteurs et des produits de la bande dessinée et une méconnaissance du potentiel discursif du muséal.</p><p> <strong>« Le graphisme d’auteur du duo de graphistes M/M (Paris) : quand une pratique <em>mineure</em> occupe le territoire de l’Art <em>majeur</em> »</strong><br />Yann Aucompte<br />Cet article a pour ambition de traiter la question de la distinction institutionnelle entre art “majeur” et art “mineur” en passant par le point de vue du design graphique. Il prend comme cas concret le travail du duo de graphistes M/M (Paris). Il s'agit de décrire les différentes conditions qui lui ont permis d'être à la fois reconnu dans le champ ”mineur” du design graphique et influent dans celui du monde de l'art. L'article vise aussi à décrire quels instruments les institutions manipulent localement pour opérer des processus de valorisation sur certains artistes et designers.</p><p><strong> </strong></p>";"<p>Introduction</p><p>De nos jours, la distinction traditionnellement faite entre un art noble et un art populaire peut sembler renvoyer à une question assez désuète. On observe pourtant qu’en pratique des hiérarchies implicites subsistent à propos de ce qui distinguerait l’art « véritable » d’autres formes d’art – dont la dénomination reste floue – même lorsque, dans différents contextes, est remise en cause l’échelle des mérites artistiques. Comme le remarquait Jean-Marie Schaeffer, il s’agit sans doute d’un effet de l’acception commune de la notion d’art, comme terme laudateur : l’art serait une qualité censée s’ajouter aux artefacts ordinaires afin de les sortir de leur aspect routinier et banalisé. De même, des « professionnels », tels que les esthéticiens ou les critiques d’art, ont souvent pour tâche de classer les créations artistiques selon qu’elles sont dignes ou non de l’appellation art. Poser la question du mérite en art revient ainsi à faire acte non seulement de jugements esthétiques ou artistiques mais aussi moraux.</p><p>Pourtant, les spécialistes ne cherchent pas uniquement à trancher ou délibérer autour de débats philosophiques : leur activité est également responsable, de manière directe ou indirecte, de la répartition des « ressources précieuses » qu’évoquait Howard Becker dans <em>Les Mondes de l’art </em>; c’est-à-dire de l’accès aux salles de concert, espaces de musées, subventions, aides, postes, etc.</p><p class=""Default"">Ce numéro de <em>Marges</em> s’attache à analyser les principes et conditions de la hiérarchie des arts, dans le monde contemporain. En ancrant les questions de dignité et/ou de légitimité artistique des œuvres dans une vision pragmatique, les critères d’évaluation apparaissent ainsi à la fois comme mobiles et comme des données récurrentes. Ils sont présents dans différentes sociétés et déterminent la répartition des produits comme artistiques ou non artistiques, bien que la dénomination « art », au sens où on l’entend dans les mondes occidentaux, ne soit pas toujours d’usage. Si l’influence d’une culture populaire sur les pratiques dites légitimes a déjà fait l’objet de nombreuses études, nous avons plutôt privilégié les contributions qui mettaient l’accent sur une approche sociologique, anthropologique, historique, etc.</p><p class=""Default"">Que considère-t-on, historiquement et contextuellement parlant, comme art mineur, art populaire, art naïf, art noble, grand art ? À quels « mondes de l’art » appartiennent ces différentes catégories ? De quelles manières s’organisent la circulation des œuvres au sein de ces mondes et leur réception ? Comment définir d’autres schémas hiérarchiques dans les arts, selon les cultures et dans la durée ? C’est à ces questions que tentent de répondre les auteurs de ce numéro.</p><p>Les deux premiers articles concernent les procédures de revalorisation de pratiques tenues pour mineures. L’étude de Zoé Vangindertael s’attache au destin muséal de la bande dessinée. Il s’agit de voir en quoi différents dispositifs muséographiques peuvent contribuer à transformer le regard porté à ce type de pratique. Selon les contextes étudiés, l’auteure la présente comme faisant potentiellement l’objet d’une expérience « esthétique, discursive et médiatique ».</p><p>Le texte suivant, dû à Yann Aucompte, adopte un point de vue différent, bien qu’il s’agisse également de processus de légitimation d’une pratique réputée mineure : le graphisme. Les graphistes M/M (Paris) se présentent comme des auteurs et, ainsi qu’il nous le montre, ils adoptent des postures d’artistes, reconduisant parfois tous les stéréotypes sociaux associés à ce type de rôle.</p><p>L’approche de Nicolas-Xavier Ferrand peut être vue comme l’envers de l’étude consacrée à M/M (Paris). Ici, il s’agit de voir en quoi un artiste légitime et reconnu, Bertrand Lavier, peut faire œuvre en transposant des images issues de la culture populaire (le comics strip américain) dans le monde du grand art, sans pour autant en dénaturer le caractère « modeste ».</p><p>Deux entretiens complètent ce dossier. Le premier est réalisé avec Sojung Jun, une jeune artiste coréenne, dont une grande partie de la pratique interroge des activités traditionnelles, souvent artisanales, en essayant de mettre en valeur leur caractère proprement artistique. La question se pose ici, comme dans les articles qui précèdent, de l’acte de désignation opéré par l’artiste légitime et des effets qu’il peut avoir sur la revalorisation d’une pratique quotidienne triviale.</p><p>L’entretien de Satenik Bagdasarova avec Erik Boulatov est d’un autre ordre, bien qu’il puisse y avoir des liens avec les questions de légitimation et revalorisation d’une pratique jugée mineure. Dans le cas de Boulatov, sa pratique n’a évidemment jamais été considérée comme mineure, mais elle a posé le problème de l’application d’une grille de lecture « légitime » issue de l’axe euro-américain sur le travail d’un artiste post-soviétique. </p><p>Nous publions enfin en varia un texte de Fedora Parkmann consacré aux surréalistes tchèques Vítězslav Nezval et Jindřich Štyrský et à la manière dont leur pratique photographique peut être rapprochée de leurs contemporains français.</p><p>Le reste du numéro est consacré à un portfolio de Mélanie Delattre-Vogt et à des comptes rendus d’ouvrages et d’expositions. <br /> <br /></p><p class=""Default""><strong>Jérôme Glicenstein</strong></p>";"<p><strong>""high&low categories in the postmodern debate""</strong><br />Umut Ungan<br />This introductory article aims to explicite the way that the dichotomy between “high” and “low” art has been thought within the postmodern debate in the 1980s. Where thinkers declared the abolition of their opposition, for others it has been less the disappearance of the latter than the global transformation of art in which the distinction is irrelevent. </p><p> <strong>""From parody to artwork: Bertrand Lavier’s<em> Walt Disney Productions</em>""</strong><strong><br /></strong>Nicolas-Xavier Ferrand<br />Bertrand Lavier’s « Walt Disney Productions » confront the viewer with actual mockeries of modernist artworks, and question the status of parody in contemporary art. Viewed as a dynamic exchange between high and low, parody is a byproduct of a long history of ranking and moralization of cultural and artistic practices. This paper aims to explain how the artist exposes high and low as conventions and remainders of an old unequal system.</p><p><strong>“Photographs of Paris by Czech Surrealists as Evidence of a Shared Memory of Surrealism”</strong><br />Fedora Parkmann<br />During their stay in Paris in 1935, Czech Surrealists Vítězslav Nezval and Jindřich Štyrský produced a body of photographs, in which they referred to the French Surrealists’ symbolic perception of Parisian geography. The article examines the connection between these works and their French equivalents and analyzes the plastic means and iconographical choices Štyrský and Nezval resorted to in order to consolidate a shared memory of Parisian space.</p><p><strong>""The museal and comic strips: the goals of a symbiotic relation""</strong><br />Zoé Vangindertael<br />The museum goes with the symbolic changes of our Western societies, while at the same time renewing itself to better meet the needs and expectations of these same societies. It is a producer of meaning and has an impact on the cultural and symbolic perception of heritage that it preserves, studies and transmits. In this context, the comic strip appears as the place of an aesthetic, discursive and media experience. Confronted with the sociological model that guarantees the artification of the comic strip, this analysis of the symbiotic relationship between the comic strip and the museum describes a social and cultural recognition which, for its part, goes beyond certain limits of artification, notably the reduction of art to the question of contemplation, division and hierarchy of producers and products of comics and a lack of knowledge of the discursive potential of the</p><p><strong>""Graphic designers seen as authors: the practice of M/M (Paris). When the <em>minor</em> occupies the territory of <em>major</em> Art"" </strong><br />Yann Aucon<br />This article aims to explore the issue of the institutional separation between “low” and “high” art through the lens of graphic design. Its singular object is the work of graphic design duo M / M (Paris). It intends to describe the differents conditions which allowed them to achieve recognition within the sphere of graphic design as well as influence in the art world. The article also aims at describing which instruments are used locally by institutions to operate valorisation processes on artists and designers.</p>";220;15.00;"<p>La distinction entre beaux-arts et arts appliqués ou entre arts d’élites et arts populaires est-elle toujours pertinente aujourd’hui ? De nombreux artistes, critiques, conservateurs la mettent en cause depuis un certain temps ; qu’il s’agisse de valoriser des pratiques longtemps tenues pour mineures ou au contraire de refuser toute distinction entre les différentes formes de création artistique et leurs modalités d’appréciation.</p>";;09/07/2019 13:57;1;Première édition;3675 692;2;3;32;Agota Kristof, écrivaine translingue;;;;"<p>Ce livre propose une lecture d’Agota Kristof à la lumière de sa situation d’écrivaine translingue.</p>";"<p><br />Avant-propos <br />Introduction </p><p style=""text-align: center;""><br />I. Comment devient-on Agota Kristof ? </p><p style=""padding-left: 30px;"">Un double écart. Kristof 
dans le champ littéraire français <br />Une écrivaine « traduite » <br />Élaboration d’une posture </p><p style=""text-align: center;""><br />II. La langue et ses fictions </p><p style=""padding-left: 30px;"">La langue ennemie <br />Un monolinguisme paradoxal <br />Les voies de l’autotraduction </p><p style=""text-align: center;""><br />III. Langues, genres et style </p><p style=""padding-left: 30px;"">Continuité des genres <br />De l’imaginaire des langues 
à l’imaginaire des genres littéraires <br />Poèmes et romans. Deux styles opposés ? </p><p style=""text-align: center;""> <br />IV. L’écrivaine isolée </p><p style=""padding-left: 30px;"">Isolement et paratopie <br />Des scénographies déroutantes <br />Une œuvre sans modèles ? </p><p style=""text-align: center;""><br />V. Écrire la frontière </p><p style=""padding-left: 30px;"">Les représentations de la frontière <br />Le franchissement de la frontière <br />La frontière comme violence </p><p style=""padding-left: 30px;""><br />Conclusion <br />Bibliographie <br />Index <br /><br /></p>";;17/10/2019;0;137x220;302;978-2-37924-049-2;978-2-37924-049-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_692.jpg;"<p>Comment l'expérience du changement de langue - de vie et d'écriture - a contribué de manière décisive à l'élaboration de la poétique d'Agota Kristof ?<br />Sara De Balsi répond en abordant l’œuvre de l'écrivaine hongroise, exilée en Suisse romande, à partir de la dimension peu exploitée du translinguisme. Comment l'auteure en vient-elle à écrire en français, une langue qu'elle ne connaissait pas avant son exil ? Quelles conséquences ce choix comporte-t-il sur le plan littéraire ?<br />Mode d'existence ainsi que thème constant de l’œuvre, le translinguisme constitue un accès privilégié aux textes d'Agota Kristof. C'est par ce prisme que Sara De Balsi examine l'imaginaire des langues et de la traduction de l'auteure, propose une analyse sociologique et sociodiscursive de l’œuvre, étudie son cheminement à travers les genres et interroge la place, en son sein, du thème fondamental de la frontière.</p><p> </p><p><em>Sara De Balsi est docteure en littérature française et comparée de l'université de Cergy-Pontoise. Son champ de recherche principal est la littérature translingue. Elle a publié une étude sur le théâtre d'Agota Kristof (</em>Trois pièces d'Agota Kristof<em>, Infolio, «Le Cippe», 2016, avec Rennie Yotova) et a codirigé l'ouvrage </em>Le choix d'écrire en français<em>. </em>Études sur la francophonie translingue<em> (Encrage, 2016, avec Cécilia Allard).</em></p>";"<p>Avant-propos :<br /><br />Sara De Balsi</p><p class=""txt_Normal"">Quand je lus pour la première fois la Trilogie des jumeaux d’Agota Kristof, je fus frappée, comme tant d’autres, par l’extrême sobriété, l’économie des moyens et en même temps la complexité structurelle de la narration – ce mécanisme parfait dont le lecteur finit par être la victime ; mais ce qui me stupéfia était la parfaite coïncidence entre la violence du récit et la violence faite à la langue, qui me semblait en lien étroit avec l’expérience linguistique singulière de l’auteure, celle d’un apprentissage tardif et difficile de sa langue d’écriture.</p><p class=""txt_Normal"">Le présent ouvrage poursuit cette intuition première, en proposant une lecture d’Agota Kristof à la lumière de sa situation d’écrivaine francophone translingue : une auteure pour laquelle le français est une langue seconde apprise tardivement et par une démarche individuelle, en l’absence d’une communauté linguistique d’origine partiellement ou totalement francophone.</p><p class=""txt_Normal"">Le translinguisme, mode d’existence ainsi que thème constant de l’œuvre, constitue un accès privilégié aux textes. Par son prisme, dans les cinq chapitres qui forment ce volume, j’examine l’imaginaire des langues et de la traduction de l’auteure, je propose une analyse sociologique et socio-discursive de l’œuvre, j’étudie son cheminement à travers les genres et interroge la place, en son sein, du thème fondamental de la frontière.</p><p class=""txt_Normal"">Cet ouvrage est issu d’une partie de ma thèse, intitulée <span class=""typo_Italique"">La Francophonie translingue à l’épreuve d’Agota Kristof</span>, soutenue à l’université de Cergy-Pontoise le 4 décembre 2017.</p><p class=""txt_Normal"">Je remercie les Archives nationales suisses de Berne et en particulier Marie-Thérèse Lathion, ancienne responsable du fonds Agota Kristof, pour m’avoir permis de consulter dans les meilleures conditions possibles les manuscrits kristoviens en avril 2014.</p><p class=""txt_Normal"">Ce livre est dédié à Riccardo Barontini, pour son soutien indéfectible, pour sa confiance et sa patience, pour son aide, pour son humour, pour sa capacité d’imaginer et de me faire imaginer chaque jour mille autres vies possibles.</p><p class=""txt_Normal""> </p><p>Introduction :<br /><br />Sara De Balsi</p><p class=""exergue"">La fluidité atavique m’est étrangère. C’est là une nouvelle condition pour la langue elle-même. La fluidité atavique n’est plus qu’un des modes de l’expression de la langue, elle n’en résume pas le « secret ».</p><p class=""exergue ParaOverride-1"">Édouard Glissant<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-067-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span></p><p class=""txt_Normal"">Souvent étudiée comme écrivaine déracinée, exilée voire traumatisée, Agota Kristof ne l’est pas encore assez comme écrivaine francophone, et très peu comme écrivaine francophone translingue. La question du changement de langue est néanmoins très présente, à la fois dans son œuvre romanesque, dont l’écriture en langue étrangère est l’un des thèmes principaux, dans son récit autobiographique, centré sur son rapport à l’écriture, et dans ses interventions publiques, qui répondent souvent à la question, fréquente pour les écrivains francophones, « pourquoi écrivez-vous en français ? ».</p><p class=""txt_Normal"">Si la critique a négligé cet aspect fondamental, c’est, me semble-t-il, en raison de la singularité d’Agota Kristof dans le panorama francophone <span class=""typo_Italique"">et</span> translingue contemporain, qui se manifeste par deux caractéristiques particulièrement frappantes : d’une part, une œuvre parfaitement monolingue, là où les textes francophones mettent le plus souvent en scène, par différents moyens, le contact linguistique dont ils sont issus ; d’autre part, un discours résolument à contre-courant de l’imaginaire « classique » de la langue française, tel qu’il est souvent réinvesti par les écrivains translingues, fondé sur les idées de clarté, de logique, d’universalité et de richesse de cette langue, ainsi que sur son potentiel de langue « de liberté ».</p><p class=""txt_Normal"">Malgré ces particularités, l’expérience du changement de langue – de vie et d’écriture – a contribué de manière décisive à l’élaboration de la poétique de l’auteure.</p><p class=""T_1"">La littérature francophone translingue</p><p class=""txt_Normal"">On observe à partir de la fin des années 1980 l’émergence en France de nombreux textes problématisant en leur sein le changement de langue effectué par l’auteur et, de ce fait, le rendant non seulement visible, mais central. Cela n’advient pas en marge de la production littéraire de leur auteur (comme c’était le cas pour les écrivains translingues des générations précédentes, tel Cioran), mais dans des essais, des fictions et des autobiographies. Des textes pionniers de ce point de vue sont l’essai <span class=""typo_Italique"">Étrangers à nous-mêmes</span> de Julia Kristeva (1988) et le roman autobiographique <span class=""typo_Italique"">Paris-Athènes</span> de Vassilis Alexakis (1989). Au cours des années 1990, des œuvres de ce type accèdent à la reconnaissance littéraire ; en 1995, <span class=""typo_Italique"">Le Testament français</span> d’Andreï Makine remporte les prix Goncourt, Goncourt des lycéens et Médicis, ce dernier <span class=""typo_Italique"">ex aequo</span> avec Alexakis pour <span class=""typo_Italique"">La Langue maternelle</span>. Depuis, le changement de langue et le choix d’écrire dans la langue étrangère ont trouvé une large place dans de nombreux romans, récits autobiographiques et essais, ainsi qu’une vaste reconnaissance.</p><p class=""txt_Normal"">Comment en vient-on à écrire dans une langue étrangère ? Par quoi ce choix peut-il être motivé ? Quelles conséquences comporte-t-il sur le plan esthétique ? Certains textes se configurent précisément comme des réponses à ces questions : on pense à des œuvres autobiographiques telles que <span class=""typo_Italique"">Nord perdu</span> de Nancy Huston<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-066-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>, <span class=""typo_Italique"">Le Dialogue</span> de François Cheng<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-065-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span> et <span class=""typo_Italique"">Une langue venue d’ailleurs</span> d’Akira Mizubayashi<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-064-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Dans d’autres textes la question du changement de langue et de langue d’écriture se pose à l’intérieur d’un cadre plus vaste : celui d’une narration – plus ou moins autobiographique – ou d’un essai. Chez certains – on pense à des ouvrages de Jorge Semprun<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-063-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>, Hector Bianciotti<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-062-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>, Vassilis Alexakis<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-061-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>, ou encore de Brina Svit<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-060-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>, Maria Maïlat<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-059-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>, Chahdortt Djavann<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-058-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> et Rouja Lazarova<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-057-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span> – c’est la problématique de l’écriture en langue étrangère qui prime ; d’autres, comme Milan Kundera dans <span class=""typo_Italique"">L’Ignorance</span><span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-056-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>, mettent en scène le changement de langue et ses implications dans la vie des personnes exilées. Les textes d’Agota Kristof, notamment ses romans <span class=""typo_Italique"">Le Troisième Mensonge</span> et <span class=""typo_Italique"">Hier</span> ainsi que son récit autobiographique <span class=""typo_Italique"">L’Analphabète</span>, problématisent à la fois le changement de langue et l’écriture en langue étrangère.</p><p class=""txt_Normal"">Cette nouvelle visibilité des écrivains francophones translingues<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-055-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span> s’est traduite par une série de tentatives critiques pour les appréhender en tant qu’objet unitaire.</p><p class=""txt_Normal"">Dans l’introduction de <span class=""typo_Italique"">Poétiques francophones</span>, Dominique Combe est le premier à attirer l’attention sur l’existence d’une « francophonie individuelle<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-054-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span> ». Pour Combe, des écrivains ayant écrit une partie de leur production en français, tels que Beckford, Wilde, Beckett, Rilke, Strindberg, Istrati, Cioran, avec leurs œuvres en français « remettent en question le postulat selon lequel il n’y a de francophonie que collective<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span> ». Ces observations introductives ainsi que le chapitre spécifiquement consacré au changement de langue<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span> ont ouvert une réflexion qui a donné lieu à un certain nombre d’études sur la question, chacune d’elles proposant une dénomination différente pour son objet. Le premier de ces ouvrages, <span class=""typo_Italique"">Singularités francophones ou choisir d’écrire en français</span>, par Robert Jouanny, paru en 2000, livre une série d’études consacrées à des auteurs particuliers, mais renonce à formuler une théorie générale pour souligner la spécificité irréductible de chaque « singularité » examinée<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span>. En 2005, dans <span class=""typo_Italique"">Les Exilés du langage</span>, Anne-Rosine Delbart propose pour cet ensemble d’écrivains la définition d’« écrivains <span class=""typo_Italique"">français</span> venus d’ailleurs », où l’adjectif « français » est entendu non pas au sens géographique mais – avec un refus du terme « francophone » – au sens linguistique : « un écrivain qui écrit en français, qu’il soit de nationalité française ou non<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span> ». Dans <span class=""typo_Italique"">Langue française, langue d’adoption</span>, Véronique Porra, évitant à son tour l’adjectif « francophone », définit son corpus d’étude comme « les écrivains allophones d’expression française<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span> ». Enfin, les travaux récents d’Alain Ausoni reprennent le néologisme « translingue » introduit par le chercheur états-unien Steven G. Kellman dans <span class=""typo_Italique"">The Translingual Imagination</span><span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-048-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span>, en l’adaptant « pour référer au phénomène d’une écriture acquise tardivement<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span> ». Dans <span class=""typo_Italique"">Mémoires d’outre-langue</span>, Ausoni élabore une typologie fondée sur la relation des écrivains translingues à la langue française telle qu’elle est rejouée dans l’écriture de soi, genre largement investi<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Je reprends, pour ma part, l’adjectif <span class=""typo_Italique"">translingue</span> dans l’acception que lui donne Ausoni d’un passage (<span class=""typo_Italique"">trans</span>-) tardif et non nécessairement définitif d’une langue à l’autre, et je l’associe plus directement aux littératures francophones, avec lesquelles les écrivains translingues partagent nombre de caractéristiques : renvoi par l’institution littéraire à une situation d’illégitimité dans la langue, problématisation du choix du français, condition d’insécurité voire de surconscience linguistique, élaboration d’un métadiscours sur la langue et sur la traduction, thématisation des langues et de la traduction, en lien étroit avec les questions de l’identité, de l’étrangeté et de l’exil, dans les œuvres littéraires<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Parmi les études consacrées jusqu’ici aux écrivains francophones translingues, celle d’Ausoni est la seule à consacrer un chapitre à l’œuvre d’Agota Kristof (bien qu’en se limitant à son récit autobiographique <span class=""typo_Italique"">L’Analphabète</span>)<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span>, tandis que les autres se bornent à en relever la singularité (Combe, Jouanny, Delbart) ou l’excluent de leur corpus en raison de sa marginalité géographique par rapport à la France (Porra).</p><p class=""txt_Normal"">Étudier Agota Kristof en tant qu’écrivaine translingue me semble en revanche nécessaire, non pas pour souligner la singularité de son expérience biographique ou de son écriture, mais, au contraire, pour dé-singulariser sa démarche, en l’insérant dans une réflexion plus vaste sur le choix d’écrire en français et sur ses conséquences esthétiques et poétiques. Loin d’être un principe explicatif de l’œuvre, son appartenance à la francophonie translingue constituera un point de départ pour son questionnement. J’interrogerai par ce biais les positionnements de l’auteure, les transformations de sa poétique, ses stratégies d’écriture.</p><p class=""T_1"">Cartographie de la critique</p><p class=""txt_Normal"">Née en 1935 à Csikvánd, dans le nord-ouest de la Hongrie, Agota Kristof grandit avec ses parents et ses deux frères à K<span class=""CharOverride-2"">ő</span>szeg, près de la frontière avec l’Autriche. C’est de là qu’elle quitte la Hongrie pendant l’insurrection de 1956, avec son mari et sa fille d’à peine quatre mois. Ils s’installent en Suisse romande, dans le canton de Neuchâtel, où Kristof apprend le français, qu’elle ne connaissait pas auparavant et qui deviendra, après une période de coexistence avec le hongrois, sa seule langue d’écriture littéraire. Au cours des années 1970, elle se lance dans l’écriture de pièces pour le théâtre et pour la radio ; en 1986 elle publie aux éditions du Seuil <span class=""typo_Italique"">Le Grand Cahier</span>, premier volet d’une trilogie romanesque au succès mondial.</p><p class=""txt_Normal"">Composée d’une dizaine de pièces de théâtre, de quatre romans, d’un recueil de nouvelles<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 25</a></span></span>, un récit autobiographique<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 26</a></span></span> et un recueil bilingue de poèmes publié à titre posthume<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 27</a></span></span>, l’œuvre kristovienne rencontre l’intérêt à la fois d’un vaste public (elle est traduite en une trentaine de langues et a donné lieu à deux adaptations cinématographiques<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 28</a></span></span>) et de la critique internationale. Agota Kristof s’est éteinte à Neuchâtel en 2011.</p><p class=""txt_Normal"">Une rapide cartographie de l’ensemble des études existantes me permettra de mettre en lumière les acquis et les manques d’une critique kristovienne en devenir. Je passerai en revue d’abord les études qui envisagent l’œuvre de Kristof dans sa singularité, ensuite celles qui l’insèrent dans un ensemble.</p><p class=""txt_separateur"">*</p><p class=""txt_Normal"">Il existe cinq monographies consacrées à l’œuvre kristovienne, dont trois exclusivement à la Trilogie des jumeaux, une au théâtre et une à l’ensemble de son œuvre<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 29</a></span></span>. Toutes se concentrent en grande partie sur ses thèmes essentiels : le déracinement, l’exil, le dédoublement identitaire, le mensonge et la manipulation, la survie dans le système totalitaire, l’écriture. Ces études s’attardent en outre sur la question complexe du genre littéraire des trois volets de la Trilogie.</p><p class=""txt_Normal"">Le translinguisme est traité en tant qu’aspect biographique, sans qu’une enquête approfondie ne soit menée sur ses conséquences poétiques. Rennie Yotova traite la « question de la langue » à des moments précis de son ouvrage<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 30</a></span></span>, dont le but principal demeure le traitement des grands thèmes de la Trilogie des jumeaux ; l’étude consacrée au théâtre présente, quant à elle, une section sur le translinguisme de l’auteure, pour se concentrer sur la phase théâtrale de son œuvre comme moment d’appropriation et d’expérimentation linguistiques<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 31</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">La monographie de Simona Cutcan propose une lecture de l’ensemble de l’œuvre kristovienne fondée sur des propositions critiques issues des <span class=""typo_Italique"">gender studies</span>. La chercheuse essaie de démontrer que « les niveaux plus profonds de signification chez Kristof se focalisent sur l’interrogation des rôles de genre<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 32</a></span></span> ». Sans se laisser décourager par le discours de l’auteure, qui refuse avec véhémence l’étiquette d’« écriture féminine<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 33</a></span></span> », Cutcan rend compte de la présence d’un certain nombre de femmes révoltées dans l’œuvre kristovienne, notamment dans la pièce <span class=""typo_Italique"">La Clé de l’ascenseur </span>et dans les nouvelles<span class=""typo_Italique""> </span>« L’invitation » et « La hache ».</p><p class=""txt_Normal"">La plupart des articles ou chapitres d’ouvrages collectifs consacrés à Agota Kristof abordent l’œuvre dans sa singularité, reproduisant assez souvent, au moins en partie, son discours<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 34</a></span></span>. Je retiens ici les analyses les plus significatives réalisées à partir d’approches originales.</p><p class=""txt_Normal"">Hélène Vexliard<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 35</a></span></span> a proposé une lecture psychanalytique suggestive du <span class=""typo_Italique"">Grand Cahier</span>, dans laquelle l’expérience totalitaire est envisagée comme le grand traumatisme historique ayant structuré l’œuvre kristovienne. La situation translingue de l’auteure est malheureusement passée sous silence tout au long de l’analyse.</p><p class=""txt_Normal"">Les catégories de littérature de témoignage et de récit de survivance, par le prisme de ce qu’on désigne largement par l’expression <span class=""typo_Italique"">trauma theory</span>, ont donné lieu à des analyses remarquables. En étudiant les textes dans leur dimension de récits cliniques, cependant, ces analyses mettent entre parenthèses les aspects linguistiques et littéraires, comme c’est le cas dans l’article de Christiane Kègle et Claudie Gagné consacré à l’analyse du roman <span class=""typo_Italique"">La Preuve</span> comme « récit de survivance<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 36</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Enfin, l’analyse génétique du fonds Kristof conservé aux Archives littéraires suisses a donné lieu à quelques contributions intéressantes. Les études des manuscrits et tapuscrits de l’auteure<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 37</a></span></span> élucident le processus de création ; cependant, les archives n’ont jamais été prises en compte dans un questionnement plus large, qui prendrait en considération les brouillons en vue d’une appréhension globale de l’œuvre.</p><p class=""txt_separateur"">*</p><p class=""txt_Normal"">Les présupposés mêmes de l’histoire littéraire nationale sont remis en question par des écrivains migrants, transnationaux, translingues comme Kristof ; il existe néanmoins des tentatives d’insertion de son œuvre dans l’histoire de la littérature, à la fois en Suisse et Hongrie.</p><p class=""txt_Normal"">Agota Kristof figure dans l’<span class=""typo_Italique"">Histoire de la littérature en Suisse romande </span>de Roger Francillon. Cependant, son intégration à l’histoire littéraire romande ne va pas sans quelques difficultés, comme en témoigne une collocation différente de l’œuvre kristovienne entre l’édition de 1999 et celle de 2015 de cet ouvrage. En effet, dans la première édition, Kristof est rangée parmi les « figures de l’exil », à côté d’Anna Cuneo, Micha Sofer, Pierre Katz, Mireille Kuttel, Adrien Pasquali, écrivains d’origine étrangère qui « se rejoignent […] dans une manière problématique de considérer l’espace, le rapport à la langue et l’histoire<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 38</a></span></span> ». Dans le même chapitre sont rangés des écrivains qui, sans être originaires d’un autre pays ou d’une autre langue, « se posent aussi la question de l’origine, de l’identité et de la communication<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 39</a></span></span> ». Dans l’édition de 2015, ce chapitre disparaît, remplacé par un autre, « De l’exil à l’écriture », focalisé sur un ensemble d’auteurs de l’extrême contemporain<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 40</a></span></span>. L’œuvre de Kristof est traitée à deux reprises : les pièces sont mentionnées rapidement dans le chapitre consacré au théâtre<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 41</a></span></span>, tandis que les romans figurent, assez étonnamment, dans un chapitre consacré au roman de formation, à l’intérieur d’une section intitulée « Exils et dépaysements<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 42</a></span></span> ». Ce changement de place d’une édition à l’autre est emblématique des difficultés que pose l’insertion de l’œuvre kristovienne dans la littérature romande, insertion qui ne semble envisageable que par le prisme de l’exil<span class=""exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 43</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">En Hongrie, l’appropriation des auteurs exilés dont l’œuvre est écrite dans une langue étrangère est particulièrement problématique. Si un débat a existé, entre 1989 et les années 2000, sur l’intégration au canon national de la « littérature hongroise de l’Ouest », produite notamment par des écrivains ayant quitté la Hongrie au cours des deux vagues migratoires de 1944-1949 et 1956<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 44</a></span></span>, ce débat a touché essentiellement les auteurs ayant continué à s’exprimer en hongrois pendant leur exil. La langue d’écriture reste un critère d’appartenance à la littérature nationale difficile à questionner<span class=""exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 45</a></span></span>. Les œuvres d’Agota Kristof sont en tout cas toutes traduites en hongrois, à partir du <span class=""typo_Italique"">Grand Cahier</span>, dont la traduction paraît en 1989, l’année des grands bouleversements politiques.</p><p class=""txt_Normal"">Agota Kristof est peu présente dans les ouvrages de littérature comparée, ce qui témoigne à mon sens de la résistance que son œuvre oppose à l’insertion dans les corpus tripartis typiques des thèses en littérature comparée en France. Elle figure néanmoins dans le corpus principal de trois études : l’ouvrage de Michèle Bacholle <span class=""typo_Italique"">Un passé contraignant. Double bind et transculturation</span> explore les œuvres de Kristof, Annie Ernaux et Farida Belghoul, toutes";;;;;;;;; 693;2;3;14;Le film-après-coup;;;;"<p>Ce premier recueil de textes inédits ou introuvables de Claudine Eizykman, flamboyante cinéaste-théoricienne, constitue une refondation radicale de la théorie du cinéma, élaborée et approfondie de 1970 à 2018.</p>";"<p>Situation </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Avant-garde expérimental indépendant</strong></p><p>L’avant-garde cinématographique 
comme expérience originaire <em><br />Rythme 21</em> – Hans Richter <br />La psychanalyse, un objet du cinéma <br />Que sans discours apparaissent les films <br />Faire penser le cinéma <br />Pensées en cinéma <br />Récidive, les rapports du langagier et du visuel 
dans le cinéma narratif et le cinéma d’avant-garde <br />Tension, Soleils, Flexion <br />Les cinq éditions du festival de Knokke-Le-Zoute <br />Exprmntl 5 </p><p style=""text-align: center;""><strong>Certains films</strong></p><p><em>V.W. Vitesses Women </em><br />Passage du voir <br /><em>Bruine Squamma</em>, vitesses textures battements <br /><em>Moires Mémoires </em> <br /><em>Opernéïa </em> <br /><em>Lapse </em> </p><p>Cahier couleur du volume </p><p style=""text-align: center;""><strong>Films certains</strong></p><p><em>Ligne continue </em><br />Du swing bigarré au ring foudroyé <br />Andy Warhol cinéaste : 
de la sérigraphie à la série des graphies <br />Le cinéma expressionniste : le compromis et l’absolu <br />Sur la couverture de Paul Leni pour l’édition 
originale du livre de Rudolf Kurtz <br />Mekas, Film, Mémoire <br />Kenneth Anger : l’homme-mage <br />Le cinéma épinglé ou le « Cinépinglé », 
l’avènement d’une sensation <br />La fiction expérimentée par Pat O’Neill </p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Le film-après-coup</strong></p><p>Cinéma/film <br />Après-coup </p><p><br />Index des noms de personnes et des titres de films <br /><br />Index des concepts et notions </p>";;17/10/2019;0;160x220;240;978-2-37924-057-7;978-2-37924-057-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_693.jpg;"<p>Ce recueil de textes inédits ou introuvables de Claudine Eizykman, flamboyante cinéaste théoricienne, constitue une refondation radicale de la théorie du cinéma, élaborée et approfondie de 1970 à 2018. Renversant les doctrines fondées sur les standards de la narration-représentation, elle part du principe cinématographique comme mouvement paradoxal dont elle situe l'expérience originaire dans les avant-gardes et le cinéma expérimental, qui deviennent des lieux à partir desquels construire une pensée productive sur le cinéma. Sa méthode holistique, ses concepts ciselés, ses lectures éclairées de la quasi-exhaustivité des grands textes philosophiques, scientifiques, esthétiques à propos du cinéma, de Bergson à Warhol, ses analyses affutées des films d'Alexeïeff, Anger, Eggeling, Fihman, Kubelka, Len Lye, Man Ray, Mekas, O'Neil, Richter, Snow, Willoughby, jusqu'à Men in Black ou Mulholland Drive, constituent à la lecture autant d'expériences de pensée en cinéma stimulantes et émancipatrices : une forme prenante et surprenante de<em> film-après-coup.</em></p><p> </p><p><em>Claudine Eizykman (1945-2018), figure majeure de la renaissance du cinéma expérimental en France, cinéaste, théoricienne, enseignante en cinéma à l'université Paris 8 (Vincennes puis Saint-Denis), cofondatrice de la </em>Paris Films Coop<em> et de</em> Cinédoc<em>, auteure de </em>La Jouissance-cinéma (Paris, UGE, « 10/18 », 1975)<em>, éditrice de la revue </em>Melba<em>, programmatrice d'</em>Un cabinet d'amateurs <em>à la Cinémathèque française, a réalisé plusieurs films, vidéos et - en collaboration avec Guy Fihman - une dizaine de films holographiques.<br /></em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction<br /><br /></p><p class=""T_3_Article"">Situation <br /><em>Texte inédit, 2018</em><br /><br /></p><em> </em>Mon intérêt pour le cinéma, qui s’est développé lors de mes études de philosophie, m’a conduite à entreprendre des recherches qui comportent des réalisations artistiques et technologiques dans le cinéma monoculaire et binoculaire, des élaborations réflexives et la conception et la réalisation de programmations et d’expositions cinématographiques.<em></em><p class=""txt_Normal"">Au milieu des années 1960, la découverte des films des années 1920 et précédentes, <span class=""typo_Italique"">Rythme 21 </span>et <span class=""typo_Italique"">Symphonie diagonale</span>, produit une expérience originaire et déclenche une sidération suivie d’un processus de transformation et de concrétisation d’une situation qui, en 1965, présentait vraiment un vide aussi bien spéculatif qu’artistique : seuls quelques films suivant la théorie sémiologique et marxiste qui ne pouvaient être considérés comme des films expérimentaux, et de rares offices de diffusion inadaptés.</p><p class=""txt_Normal"">Si mon premier désir fut d’abord de travailler en vidéo, dont je considérais la souplesse d’utilisation, les coûts et les matériels expérimentés au service de la recherche en cinéma, ce qui aboutit à la réalisation de <span class=""typo_Italique"">L’Autre Scène </span>et<span class=""typo_Italique""> </span>montre l’impossibilité de cette option trop onéreuse, c’est donc l’argentique qui fut retenu.</p><p class=""txt_Normal"">En dix ans, par une logique épuisante mais irrépressible, une situation est métamorphosée/modifiée, des films – ceux de cinéastes, les miens, des textes sur des films et des technologies vidéos, argentiques, électroniques et, pour notre part<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span>, le cinéma holographique – sont développés et mis en circulation grâce à des organismes de diffusion dont la Paris Films Coop pour les films expérimentaux, ainsi qu’une revue, <span class=""typo_Italique"">Melba</span>, un catalogue et une association, Cinédoc, pour la diffusion d’informations sur le cinéma expérimental à court et à long terme.</p><p class=""txt_Normal"">Cet écheveau de textes, films, journaux, programmes, forme un ensemble d’actions, d’actes que l’on retrouve dans d’autres situations. Cette pluralité, cette hétérogénéité servent la multiplicité et confirment néanmoins une logique qui se répète inlassablement, elles décrivent un parcours minutieux et souvent extravagant. Telles caractéristiques soulèvent et engendrent une situation sur des dizaines d’années faites d’informations, de textes, sur et avec des cinéastes, de films personnels et de films extérieurs, expérimentaux, d’avant-garde ou indéterminés, qui ensemble forment le cinéma indépendant. C’est dans cet ordre et dans ce continuum que l’on traversera et pensera.</p><p class=""txt_Normal"">C’est la traversée d’une situation <span class=""typo_souligne"">mise en abyme</span> qui est proposée dans ce recueil de textes (dont plusieurs sont inédits – totalement ou en français) qui s’échelonnent sur près de quatre décennies selon les phases successives suivantes : c’est d’abord avec la référence du cinéma expérimental que j’ai mené une réflexion sur le cinéma narratif et proposé une esquisse du cinéma expérimental ; puis c’est avec la problématique de la vision volu­métrique et stéréoscopique que j’ai repris la question du principe cinématographique, le mouvement paradoxal ; et c’est avec le cinéma holographique que j’ai reconsidéré le cinéma mono­culaire. Il s’en est dégagé une méthode que j’ai appelée holistique, qui procède du tout au particulier, du complexe au simple et qui est particulièrement présente dans <span class=""typo_Italique"">Le Film-après-coup</span> qui donne son titre à ce recueil<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">L’exploration du visuel cinématographique s’est poursuivie dans certains de mes films tandis que l’analyse a porté sur les films certains de quelques cinéastes. Accompagnés d’un retour sur la démarche adoptée dont les éléments ressortissent à la multiplicité, l’interférence, le pluralisme, l’hétérogénéité, les croisements forment une démarche holistique : il y a plusieurs expériences origi­naires.</p><p class=""auteur"">Claudine <span class=""CharOverride-2"">Eizykman</span></p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Guy Fihman et Claudine Eizykman (NDE).</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Les articles et réalisations en commun avec Guy Fihman feront l’objet d’un autre recueil.</p></div></div></div>";;602;21.00;"<p>Renversant les doctrines de la narration-représentation, elle part de <em>l’expérience originaire</em> des avant-gardes et du cinéma expérimental. Sa méthode <em>holistique, </em>ses concepts ciselés, ses lectures éclairées des grands textes philosophiques, scientifiques, esthétiques à propos du cinéma, de Bergson à Warhol, ses analyses raffinées des films d’avant-garde, expérimentaux, narratifs, de Michael Snow à <em>Men in Black </em>constituent autant d’expériences de pensée <em>en cinéma</em> stimulantes et émancipatrices, une forme surprenante de <em>« film-après-coup »</em>.</p><p><ins datetime=""2019-05-16T12:28"" cite=""mailto:CDE%20Z031""></ins></p>";;09/07/2019 14:16;0;Première édition;3655 694;1;3;27;Mathématiques. Savoirs et enseignements;Orient-Occident - N°77/2019;;;"<p><em>Médiévales</em> révèle toute la richesse des études actuelles menées sur les mathématiques du Moyen Âge.</p>";"<p><strong>Marc Moyon</strong><br />Mathématiques au Moyen Âge : savoirs, langues et enseignements<br /><br /></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sonja Brentjes</strong><br />Pourquoi et comment étudier l’histoire de l’enseignement des mathématiques dans les sociétés islamiques entre 750 et 1500</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Eleonora Sammarchi</strong><br />Les collections de problèmes algébriques dans le <em>Qisṭās al-mu‘ādala fi ilm al-jabr wa'l-muqābala </em>d'al-Zanjānī</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Marc Moyon</strong><br />À propos d’algorithmes mathématiques élémentaires dans un corpus de textes arabo-latins du Moyen Âge</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Stéphane Lamassé</strong><br />Les <em>Cautelae </em>: un corpus de problèmes mathématiques, entre collection, série et culture mathématique</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Nicoletta Rozza</strong><br />Quelques observations sur le lexique technique de la<em> Practica Geometrie </em>de Léonard de Pise, dit Fibonacci</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sabine Rommevaux</strong><br />L’unité et le nombre dans les <em>Questiones mathematice </em>de Raoul le Breton</p><p class=""TitreChap"" style=""text-align: center;""> <br /><strong>Essais et Recherches</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Sebastián Provvidente</strong><em><br />Stylus theologicus et iuridicus</em> : la <em>causa </em>Jean Petit à Constance (1414-1418) et les débats sur le tyrannicide</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Jacques Hanoune</strong><em><br />N’espoir ne peur</em>. Origine et diffusion de la devise du duc Charles II de Bourbon</p><p class=""TitreChap""> </p><p class=""TitreChap"" style=""text-align: center;""><strong>Point de vue</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Edina Bozoki</strong><br />Le regard des historiens sur la construction de la sainteté. À propos de quelques publications récentes</p><p class=""TitreChap""> </p><p class=""TitreChap"" style=""padding-left: 30px;""><br />Notes de lectures</p><p class=""TitreChap"" style=""padding-left: 30px;"">Livres reçus</p>";;05/12/2019;0;160x240;200;978-2-37924-061-4;978-2-37924-061-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_694.jpg;"<p><em>Sonja Brentjes – Institut Max Planck d’histoire des sciences (Berlin)</em><strong><br />Pourquoi et comment étudier l’histoire de l’enseignement des mathématiques dans les sociétés islamiques entre 750 et 1500</strong></p><p>Dans cet article, je cherche à poser un certain nombre de questions sur la manière de traiter l'énorme quantité de textes mathématiques élémentaires en arabe, en persan et en turc conservés dans différents types de bibliothèques au cours de nombreux siècles et à travers plusieurs pays. Je propose de les traiter principalement comme les témoins d’un système éducatif étendu qui a commencé à inclure les sciences mathématiques à partir du xii<sup>e</sup> siècle et à s’étendre à de nombreuses régions, même en dehors du monde islamique classique et des grands centres urbains. Je propose un certain nombre de réflexions sur les raisons pour lesquelles ces textes ont été ignorés par les historiens des sciences dans les sociétés islamiques pendant environ un demi-siècle et sur la façon dont les objectifs et les méthodes de recherche appliqués par les plus grands historiens nous ont empêchés d’étudier un corpus aussi important ainsi que leur cadre institutionnel. Je prolonge ces questions historiographiques avec une série de propositions sur la manière de compléter l’étude des textes mathématiques afin de trouver des réponses à la question de savoir comment l’enseignement des sciences mathématiques était organisé dans un contexte principalement informel, comment sont apparus les canons d’ouvrages pédagogiques et quelles pratiques pédagogiques se sont développées au contact des disciplines religieuses qui dominaient les milieux éducatifs.<br />Mots clés : Biographies, éducation, madrasa, paratexte, sociétés islamiques</p><p> </p><p class=""Corpo""><em>Eleonora Sammarchi – Université Paris Diderot – CNRS, SPHERE, UMR 7219</em><strong><br />Les collections de problèmes algébriques dans le <em>Qisṭās al-mu‘ādala fi ilm al-jabr wa'l-muqābala </em>d’al-Zanjānī</strong></p><p>À partir de la fin du X<sup>e</sup> siècle, une nouvelle école d’algébristes se constitue autour de la figure du mathématicien al-Karajī. Elle vise à explorer les rapports entre arithmétique et algèbre. Le livre <em>Qisṭās al-mu‘ādala fi ilm al-jabr wa'l-muqābala </em>(Balance de l’équation d’algèbre et al-muqābala) du mathématicien al-Zanjānī (première moitié du XIIIe siècle) est un traité sur le calcul algébrique qui s’inscrit clairement dans cette tradition de recherche arithmético-algébrique. Il se compose d’une partie théorique et de deux longues collections de problèmes. Afin d’étudier les deux collections il est indispensable de considérer, au préalable, l’histoire de la transmission de ces problèmes, en examinant les continuités et les discontinuités entre le recueil d’al-Zanjānī et ceux des auteurs qui ont constitué pour lui une référence directe ou indirecte. Outre cet héritage, l’étude révèle également que c’est dans les problèmes que la théorie du calcul algébrique s’explique et se concrétise. Ainsi, les problèmes montrent l’algèbre d’al-Zanjānī en action. Ils peuvent également offrir à l’algébriste la possibilité de repérer des nouvelles branches de sa propre discipline, comme le cas de l’analyse indéterminée le témoigne. Dans cet article, nous nous concentrons sur la structure qui caractérise <em>Qisṭās al-mu‘ādala</em>, et détaillons la résolution de quelques exemples de problèmes déterminés et indéterminés contenus dans l’ouvrage.<br />Mots clés : Algèbre, al-Zanjānī, Analyse indéterminée, Problèmes, XIII<sup>e</sup> siècle.</p><p> </p><p><em>Marc Moyon – Université de Limoges – CNRS, XLIM, UMR 7252</em><strong><br />À propos d’algorithmes mathématiques élémentaires dans un corpus de textes arabo-latins du Moyen Âge</strong></p><p>Les traductions arabo-latines, et particulièrement celles réalisées en al-Andalus au XII<sup>e</sup> siècle, nourrissent l’Europe latine de nouveaux savoirs et méthodes. Ici, nous nous intéressons à l’art mathématique de la résolution de problèmes, qu’ils soient géométriques ou arithmétiques. Nous avons isolé, dans plusieurs codices datés entre le XIIIe et le XVe siècle, un corpus de textes techniques et didactiques dont la stabilité, dans l’histoire des copies, interroge l’historien des mathématiques. Son étude nous permet non seulement de dévoiler la forme et le contenu d’un tel corpus mais aussi de montrer la cohérence entre l’entreprise probable du traducteur tolédan Gérard de Crémone et le devenir de ce corpus en termes de circulation et d’appropriation.<br />Mots clés : Algèbre, circulation, géométrie, Gérard de Crémone, traduction.</p><p> </p><p><em>Stéphane Lamassé – Université Paris Sorbonne – LAMOP, UMR 8589</em><strong><br />Les <em>Cautelae</em> : un corpus de problèmes mathématiques, entre collection, série et culture mathématique</strong></p><p>Cet article se propose de reconsidérer un ensemble de textes regroupant des problèmes de mathématiques, des devinettes, produits entre le XIIIe et la fin du XVe siècle dont une des origines sont les <em>propositiones ad acuendos juvenes</em>. En adoptant un regard critique sur la production historiographique dont ils ont fait l’objet, on isole un ensemble de recueils en mettant en avant leurs éléments de cohérence. De cet ensemble on peut faire un corpus, lequel replacé dans une perspective diachronique peut nous permettre de faire des hypothèses sur les usages dont ces recueils ont pu faire l’objet.<br />Mots clés : Alcuin, <em>Algorisme</em>, enseignement médiéval, jeux mathématiques, mathématiques</p><p> </p><p><em>Nicoletta Rozza – Université Frédéric II de Naples</em><strong><br />Quelques observations sur le lexique technique de la Practica Geometriae de Léonard de Pise, dit Fibonacci</strong></p><p>Léonard Fibonacci représente sans aucun doute l'une des personnalités les plus appréciées et les plus connues du monde occidental. Sa réputation est principalement liée à la célèbre suite de nombres qui porte son nom, alors qu’il était avant tout un grand écrivain scientifique, qui a joué un rôle fondateur dans l’histoire des mathématiques ainsi que dans l’histoire de la culture. Ses livres ont été étudiés au fil des années par d'éminents savants, qui ont donné naissance à de vastes débats et à des traductions, et qui ont également permis à ses œuvres d'être connues au-delà des cercles académiques. Cependant, on déplore toujours le manque d'études philologiques et linguistiques qui pourraient éclairer les aspects les plus difficiles de son langage mathématique. Cet article vise à examiner quelques noms techniques récurrents de la <em>Practica Geometrie</em>. Les mots les plus simples et apparemment les plus élémentaires peuvent être en réalité insaisissables et ambigus ; de plus, ils peuvent causer des problèmes même aux interprètes les plus expérimentés et les plus prudents.<br />Mots clés : Géométrie, Fibonacci, Histoire des mathématiques médiévales, latin médiéval.</p><p> </p><p><em>Sabine Rommevaux – CNRS – Université Paris Diderot, SPHERE, UMR 7219</em><strong><br />L’unité et le nombre dans les <em>Questiones mathematice </em>de Raoul le Breton</strong></p><p>Raoul le Breton ou Radulphus Brito, maître ès arts à l’université de Paris, produit dans les dernières années du XIIIe siècle, un traité de philosophie des mathématiques, qu’il organise sous formes de <em>Questiones</em>, typiques des textes universitaires produits à cette époque. Après une présentation générale de ces <em>Questiones mathematice</em>, nous donnerons un aperçu des réflexions de Raoul sur l’unité et le nombre.<br />Mots clés : Arithmétique, enseignement, philosophie des mathématiques, Radulphus Brito, Raoul le Breton, université de Paris</p><p> </p><p><em>Sebastián Provvidente – UBA-CONICET</em><strong><br />Stylus theologicus et iuridicus : la causa Jean Petit à Constance (1414-1418) et les débats sur le tyrannicide</strong></p><p>Dans ce texte on analyse les discussions entre théologiens et juristes à propos de la <em>Justification</em> du tyrannicide de Jean Petit dans le cadre du Concile de Constance (1414-1418). Au-delà des positions politiques conjoncturelles des participants aux débats sur le tyrannicide, il est clair qu’il existait une tension importante autour de ce problème, entre le discours théologique et le juridique. L’exclusion des Gersonistes des arguments des juristes était en lien avec les dangers que représentait la décision individuelle sur le cas exceptionnel. En excluant de discuter en ces termes, les Gersonistes avaient perdu la possibilité de faire valoir un argument qui aurait pu sérieusement remettre en question la construction juridique de Jean sans Peur après l’assassinat de Louis d’Orléans.<br />Mots clés : Concile de Constance, Procédure, Stylus theologicus, Stylus iuridicus, Tyrannicide</p><p> </p><p><em>Jacques Hanoune – Directeur de recherche émérite à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale </em><strong><em><br />N’espoir ne peur. </em>Origine et diffusion de la devise du duc Charles II de Bourbon</strong></p><p>Le cardinal Charles II de Bourbon (1436-1488) a légué à la cathédrale de Sens une tapisserie <em>L’Adoration des Mages</em> qui comporte dans son bandeau la devise treize fois répétée <em>N’espoir ne peur</em>. Cette devise – ou <em>mot</em> – est originale et pourrait surprendre venant d’un homme d’église. La mention du rôle négatif de la crainte et de l’espoir remonte à l’antiquité gréco-romaine et en particulier à Lucien de Samosate. C’est le cardinal Charles II de Bourbon, érudit et féru d’héraldique, qui a réinventé cette devise, que l’on peut considérer comme une simple règle de vie personnelle. En particulier sous sa formulation latine <em>nec spe nec metu</em>, elle a eu une diffusion extrêmement grande dans les siècles suivants et jusqu’à nos jours, sa signification étant devenue une affirmation soit d’athéisme, soit d’indépendance personnelle.<br />Mots clés : Charles II de Bourbon, devise, <em>mot</em>, <em>Ni espoir ni peur</em></p>";"<p>Introduction</p><p>Marc Moyon<br /><em>Mathématiques au Moyen Âge : savoirs, langues et enseignements</em></p><p class=""txt_Normal"">Ce volume de <span class=""typo_Italique"">Médiévales</span> est le fruit de diverses rencontres entre historiens des mathématiques médiévales et autres historiens médiévistes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. S’il n’est plus essentiel de démontrer toute l’utilité du Moyen Âge pour l’étude historique des sciences – et des mathématiques en particulier –, il n’en est pas moins précieux de donner à voir la richesse des études actuelles menées sur les mathématiques du Moyen Âge, le renouvellement des problématiques en prenant davantage en compte les contextes de production et de circulation des savoirs, les nouvelles approches méthodologiques et interrogations sur les textes eux-mêmes, tant dans leur contenu scientifique que dans leur organisation ou leur forme matérielle, qu’ils soient connus ou inédits. C’est toute l’ambition des six contributions rassemblées dans ce volume thématique francophone<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">S’intéresser aux mathématiques médiévales n’est pas élémentaire, au-delà même de la seule technicité apparente de la discipline. Mais, si comprendre les mathématiques des textes disponibles est indispensable, c’est bien loin de suffire. Les difficultés sont aussi ailleurs. Tout médiéviste sait que la documentation est lacunaire et exprimée dans des langues souvent difficiles à lire et à comprendre. Les contextes de production et de circulation du savoir ne sont pas toujours historiquement bien documentés. Le travail sur les manuscrits, qui restent la principale source du médiéviste, requiert des connaissances et des compétences diverses et complémentaires, entre autres dans les domaines de la paléographie, de la codicologie ou encore de la philologie.</p><p class=""txt_Normal"">L’ensemble des études réunies ici contribue donc à mettre en lumière un Moyen Âge mathématique, entre les pays d’Islam et l’Europe latine, principalement entre les <span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles, où les textes et leur histoire, les langues d’expression et les relations qu’elles entretiennent entre elles sont interrogés au même titre que les savoirs. Enfin, prolongeant les premières réflexions de Guy Beaujouan à propos du <span class=""typo_Italique"">quadrivium</span> (et particulièrement de l’arithmétique)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>, ces études donnent aussi à voir l’importance de l’enseignement – et de ses différents contextes, institutionnels ou non – dans la production et la circulation des mathématiques. Aujourd’hui, l’historien des mathématiques médiévales ne peut pas l’ignorer.</p><p class=""txt_Normal"">Sonja Brentjes propose un éclairage sur plusieurs points historiographiques liés à l’histoire des sciences exactes, et plus particulièrement des mathématiques, en pays d’Islam. Elle interroge la manière avec laquelle est étudié l’ensemble des textes mathématiques élémentaires produits en pays d’Islam, sur une longue période<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span> en centrant son argumentaire sur le Moyen Âge. Les historiens des mathématiques des pays d’Islam ont d’abord ignoré ces textes, privilégiant les traités offrant de nouveaux résultats ou de nouvelles méthodes. Aussi, les recherches en histoire des mathématiques se sont principalement concentrées sur le contenu, abandonnant ainsi les autres aspects transmis par ces textes comme leurs formes matérielles, leurs organisations, les usages… S. Brentjes estime nécessaire, lorsqu’on étudie l’enseignement des mathématiques en pays d’Islam, d’intégrer pleinement l’analyse de ces textes élémentaires et de les inscrire plus largement dans leur contexte de production et de transmission. Elle les considère comme des témoins d’un système éducatif qui a commencé à inclure les sciences mathématiques à partir du <span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle dans et en dehors des grands centres urbains. C’est ainsi qu’est mis l’accent sur des textes complémentaires aux premiers – les certificats d’enseignement, les dictionnaires biographiques et plus généralement les éléments paratextuels –, envisagés comme de nouvelles sources pour décrire le paysage de l’enseignement des sciences exactes en pays d’Islam.</p><p class=""txt_Normal"">L’article d’Eleonora Sammarchi, plus technique, nous plonge dans l’œuvre d’al-Zanjānī, mathématicien persan de la première moitié du <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, avec son <span class=""typo_Italique"">Qisṭās al-mu‘ādala f</span><span class=""typo_Italique"">ī</span><span class=""typo_Italique""> ‘ilm al-jabr wa’l-muqābala</span> [<span class=""typo_Italique"">Balance de l’équation sur la science de la restauration et de la comparaison</span>]. Inscrit notamment dans la filiation des travaux d’al-Karajī (<span class=""typo_SC"">x-xi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles), qui visent à explorer les rapports entre arithmétique et algèbre<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>, cet ouvrage est composé d’une partie théorique explicitant l’algèbre avec ses objets et ses opérations caractéristiques, et de deux collections de problèmes qui en comptent au total plus de trois cents. Ce sont ces collections qui sont au cœur du travail d’E. Sammarchi<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. La mise en série des problèmes fait d’abord émerger des marqueurs de transmission à travers la tradition algébrique arabe, soit explicitement, soit implicitement<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. L’étude d’un échantillon de problèmes donne ensuite à voir le calcul algébrique en action avec ses nouvelles préoccupations. Ainsi, les problèmes d’analyse indéterminée<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span> tendent à se constituer progressivement en nouveau chapitre au sein de l’algèbre. L’auteure défend enfin l’idée que les problèmes permettent de comprendre pourquoi et comment appliquer les règles du calcul algébrique.</p><p class=""txt_Normal"">L’algèbre est vue au Moyen Âge comme un art nouveau pour résoudre des problèmes. Cette discipline, née entre 813 et 833 à Bagdad avec al-Khwārizmī, est progressivement assimilée par les Latins à partir du <span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, en particulier grâce aux traductions latines réalisées en Andalus à partir de l’arabe. Marc Moyon revient sur cette appropriation latine grâce à l’étude d’un corpus arabo-latin, probablement dû au célèbre traducteur Gérard de Crémone (mort vers 1187), regroupant quatre textes de mathématiques élémentaires, présentés comme des compilations de problèmes. Leur objectif commun est la résolution de problèmes linéaires et quadratiques<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>, qu’ils soient de nature géométrique ou arithmétique. L’organisation de ces compilations montre en réalité une double mise en série générée à la fois par la thématique des problèmes et par une variation des paramètres mathématiques. L’algèbre apparaît là comme une méthode alternative à bien d’autres, plus archaïques, comme des procédures algorithmiques ou encore des méthodes de fausse position. Si l’étude philologique et celle du contenu sont naturellement indispensables, la codicologie est aussi utilisée pour montrer la stabilité du corpus et pour formuler quelques hypothèses sur l’histoire des textes, de leur production à leur utilisation. En particulier, M. Moyon formule des hypothèses montrant l’éventuelle utilisation de ce corpus à des fins d’enseignement – dont les modalités restent à définir – des mathématiques élémentaires héritées des pays d’Islam.</p><p class=""txt_Normal"">Stéphane Lamassé nous présente une vaste étude de problèmes mathématiques considérés comme « récréatifs » : ils peuvent être, entre autres, des <span class=""typo_Italique"">cautelae</span>, des <span class=""typo_Italique"">subtilitates</span> ou encore des <span class=""typo_Italique"">enigmata</span>. Dans la tradition textuelle, ces problèmes sont regroupés en collection ou apparaissent isolément. Ils traversent le Moyen Âge et jouissent, dès le <span class=""typo_SC"">ix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, d’une importante diffusion, notamment dans le cadre d’une transformation de l’enseignement des écoles cathédrales vers l’université. Dans cette contribution, S. Lamassé dresse une synthèse historiographique sur ce corpus caractéristique des mathématiques médiévales, où il montre – et regrette – que les historiens ont obstinément étudié chaque problème comme une entité textuelle indépendante de ceux qui l’entoureraient, en négligeant la plupart du temps son environnement codicologique. À partir de cette synthèse et en se fondant sur une méthodologie adaptée, un ensemble de recueils de problèmes peut être isolé. Il s’agit alors de décrire pas à pas leur cohérence que seule l’étude des séries permet de repérer. Cette cohérence explicitée dans une perspective diachronique amène à conjecturer quels sont les éventuels usages des recueils étudiés ici.</p><p class=""txt_Normal"">À travers une étude de type philologique, Nicoletta Rozza offre un certain nombre de remarques lexicales centrées sur la <span class=""typo_Italique"">Practica geometriae</span> [<span class=""typo_Italique"">Pratique de la géométrie</span>] de Léonard de Pise (mort après 1241), autrement connu sous le nom de Fibonacci (<span class=""typo_Italique"">Filius Bonacii</span>). L’auteure s’intéresse de près au texte pour tenter de percer des éléments de la langue en cours de spécialisation du mathématicien latin. Les premiers résultats montrent l’importance du lexique de l’arpentage du haut Moyen Âge et du corpus arabo-latin de la géométrie de la mesure<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>. Si Fibonacci semble bien connu de tout historien des mathématiques, très peu d’études spécialisées sont menées sur les textes fibonacciens eux-mêmes, qu’il s’agisse des œuvres majeures, comme le <span class=""typo_Italique"">Liber abaci</span> [<span class=""typo_Italique"">Livre du calcul</span>] et la <span class=""typo_Italique"">Practica geometriae</span>, ou des œuvres mineures, comme le <span class=""typo_Italique"">Flos</span> [<span class=""typo_Italique"">Fleur</span>] et le <span class=""typo_Italique"">Liber quadratorum</span> [<span class=""typo_Italique"">Livre des < nombres > carrés</span>]. Cela rend l’étude ponctuelle de N. Rozza encore plus précieuse pour tout médiéviste s’intéressant à des textes techniques latins.</p><p class=""txt_Normal"">Avec la dernière contribution de ce volume consacré aux mathématiques, nous quittons la République maritime de Pise pour l’université parisienne. Sabine Rommevaux-Tani nous amène précisément à la faculté des Arts de Paris, aux <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles, avec Radulphus Brito ou Raoul le Breton (mort en 1320/21). Maître ès arts, auteur d’un commentaire des <span class=""typo_Italique"">Sentences</span> de Pierre Lombard (mort en 1160), Raoul le Breton est, entre autres, l’auteur d’un traité de philosophie des mathématiques qui pourrait être le reflet de son enseignement à la faculté des Arts. Comme le requiert la tradition universitaire médiévale<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>, cet enseignement est organisé en <span class=""typo_Italique"">questiones</span>, consacrées ici à des propos généraux sur le <span class=""typo_Italique"">quadrivium</span>, à l’arithmétique, à la géométrie, au comput et à la musique. S. Rommevaux-Tani étudie d’abord la tradition manuscrite de ces <span class=""typo_Italique"">Questiones mathematice</span>, en donne ensuite une description générale, pour révéler enfin des éléments de la réflexion ontologique de Raoul autour de l’unité et du nombre.</p><p class=""txt_Normal"">Nous espérons que ce numéro thématique de <span class=""typo_Italique"">Médiévales</span> donnera envie aux lecteur·rice·s de voir se poursuivre le dialogue entre médiévistes et historien·ne·s des mathématiques. Saluons pour finir l’effort des six auteur·e·s, qui ont suivi la requête de Danielle Jacquart<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span> en faisant « preuve de pédagogie à l’égard de [leurs] collègues non-spécialistes et [en] ne [cédant pas] à la tentation d’isoler l’exposé scientifique du contexte dans lequel il s’insère, ni de le réduire aux démonstrations les plus convaincantes ».</p><p class=""auteur_Institution""><span class=""typo_gras CharOverride-3"">Marc Moyon</span> – Université de Limoges – CNRS, XLIM, UMR 7252</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Le projet éditorial proposé par le comité de rédaction de <span class=""typo_Italique"">Médiévales</span> a largement bénéficié, entre autres, des travaux menés dans le cadre de la journée d’étude « Des mathématiques médiévales : savoirs, textes, langues et enseignement » (16 mars 2018) organisée dans le cadre du séminaire d’histoire des mathématiques de l’Institut Henri Poincaré, avec le soutien du GdR 3398 « Histoire de mathématiques » du CNRS. Je tiens à remercier ici les membres du comité de rédaction de <span class=""typo_Italique"">Médiévales</span>, et en particulier Christopher Lucken pour son implication dans le suivi de ce dossier thématique, ainsi que l’ensemble des participant·e·s à la journée pour leurs questions et leurs remarques.</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Nous pourrions considérer que le présent volume complète le numéro 52 (2007) de <span class=""typo_Italique"">Médiévales</span>, sur « La science médiévale, du codex à l’imprimé », dirigé par L. Moulinier et N. Weill-Parot, dans lequel les mathématiques étaient formellement absentes.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Citons, entre autres, G. <span class=""typo_SC"">Beaujouan</span>, « L’enseignement du “Quadrivium” », dans <span class=""typo_Italique"">La scuola nell’Occidente latino dell’alto medioevo</span>, Spolète, 1972 (Settimane di studio del Centro italiano di studi sul’alto medioevo, XIX), t. II, p. 639-723 ; <span class=""typo_SC"">Id.</span>, « Le Quadrivium et la faculté des Arts », dans O. <span class=""typo_SC"">Weijers</span> et L. <span class=""typo_SC"">Holtz</span> éd., <span class=""typo_Italique"">L’Enseignement des disciplines à la faculté des arts (Paris et Oxford, </span><span class=""typo_SC_italic"">xiii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique"">-</span><span class=""typo_SC_italic"">xiv</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique""> siècles)</span>, Turnhout, 1997, p. 185-194.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Elle mène une étude plus large dans S. <span class=""typo_SC"">Brentjes</span>, <span class=""typo_Italique"">Teaching and Learning the Sciences in Islamicate Societies (800-1700) (Studies on the Faculty of Arts. History and Influence)</span>, Turnhout, 2018.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Plus largement, sur cette question, voir R. <span class=""typo_SC"">Rashed</span>, <span class=""typo_Italique"">Entre arithmétique et algèbre</span>, Paris, 1984.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Cet article, ainsi que les deux suivants, illustrent les questions débattues au sein du projet « Séries de problèmes : un genre au croisement des cultures » du laboratoire d’excellence HASTEC [en ligne] <a href=""https://problemata.hypotheses.org/""><span class=""typo_lien_internet"">https://problemata.hypotheses.org</span></a> [consulté le 17 juillet 2019]. Voir l’ouvrage collectif dont une partie traite du Moyen Âge, « Les séries de problèmes, un genre au carrefour des cultures : une première synthèse », <span class=""typo_Italique"">SHS Web of Conferences</span>, 22 (2015).</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Dans son étude comparative, E. Sammarchi considère trois auteurs parmi les plus importants : le père fondateur de l’algèbre al-Khwārizmī (mort vers 850), Abū Kāmil (mort vers 930) et enfin al-Karajī.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. L’analyse indéterminée est la branche des mathématiques consacrée à la résolution des équations diophantiennes (équations polynomiales à coefficients et à solutions entières).</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Les problèmes linéaires sont des problèmes du premier degré. Ce sont des problèmes qui, algébriquement, se ramènent à la résolution d’équations du type <span class=""typo_Italique"">ax </span>= <span class=""typo_Italique"">b</span>. Les problèmes quadratiques (ou plans), quant à eux, sont des problèmes du second degré : ils se ramènent à la résolution d’équations faisant intervenir le carré de l’inconnu.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Voir plus largement M. <span class=""typo_SC"">Moyon</span>, <span class=""typo_Italique"">La Géométrie de la mesure dans les traductions arabo-latines médiévales</span>, Turnhout, 2017.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Voir, par exemple O. <span class=""typo_SC"">Weijers</span>, « L’enseignement du trivium à la Faculté des arts de Paris : la “questio” », dans J. <span class=""typo_SC"">Hamesse</span> éd., <span class=""typo_Italique"">Manuels, programmes de cours et techniques d’enseignement dans les universités médiévales</span>, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 57-74.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">12</a>. D. J<span class=""typo_SC"">acquart, « </span>Quelle histoire des sciences pour la période médiévale antérieure au <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle ? », <span class=""typo_Italique"">Cahiers de civilisation médiévale</span>, 153-154 (1996), « La recherche sur le Moyen <span class=""CharOverride-4"">â</span>ge à l’aube du vingt-et-unième siècle », p. 97-113 (p. 112-113).</p></div></div>";"<p><em>Sonja Brentjes – Institut Max Planck d’histoire des sciences (Berlin)</em><br /><strong>Why and How to Study the History of Mathematical Education in Islamicate Societies between 750 and 1500</strong></p><p>In this paper, I aim to raise questions about how to address the enormous amount of elementary mathematical texts in Arabic, Persian and Ottoman Turkish that has been preserved in different kinds of libraries over many centuries and countries. I propose to deal with them primarily as witnesses of a widespread educational system that began to include the mathematical sciences from the twelfth century onward and spread into many different regions even outside the classical Islamicate world and beyond the major urban centers. I offer reflections on why those texts have been ignored by historians of science in Islamicate societies for about half a century and how the research goals and methods applied by leading historians have prevented us from studying such a major corpus of texts and their institutional settings. I follow those historiographical issues with proposals for how to complement the study of mathematical texts in order to find answers an how teaching of the mathematical sciences was organized in a prevalently informal context, how teaching canons emerged and which teaching practices developed in the neighbourhood of the religious disciplines that dominated the educational landscapes.<br />Keywords : Biographies, education, islamicate societies, madrasa, paratext</p><p> </p><p class=""Corpo""><em>Eleonora Sammarchi – Université Paris Diderot – CNRS, SPHERE, UMR 7219</em><strong><br />The Collections of Algebraic Problems in the <em>Qisṭās al-mu‘ādala fi ilm al-jabr wa'l-muqābala </em>by al-Zanjānī</strong></p><p>By the end of the 10<sup>th</sup> century, the mathematician al-Karajī founded a new school of algebraists. The aim of this school was to investigate the interaction between arithmetic and algebra. The book <em>Qisṭās al-mu‘ādala fi ilm al-jabr wa'l-muqābala </em>(<em>Balance of the equation of algebra and al-muqābala</em>) of the mathematician al-Zanjānī (first half of 13<sup>th</sup> century) is a treatise on algebraic computations which clearly belongs to this arithmetical-algebraic tradition. It is composed of a theoretical part and two long collections of problems. In order to study these collections, we need to consider first the history of the transmission of these problems, and to analyze the continuities and discontinuities between al-Zanjānī’s collections and those of the algebraists that are for him a direct or indirect reference. In addition to this heritage, the examination also reveals that it is in the problems themselves that the theory of algebraic computations is fully expressed and put into practice. Therefore, problems show al-Zanjānī’s algebra in action. They also give to the algebraist the opportunity to find new branches of his discipline, as the case of indeterminate analysis testifies. In this article, we focus on the structure of <em>Qisṭās al-muādala</em> and we examine the resolution of some examples of determinate and indeterminate problems included in the book.<br />Keywords : Algebra, al-Zanjānī, Indeterminate Analysis, Problems, 13<sup>th</sup> century.</p><p> </p><p><em>Marc Moyon – Université de Limoges – CNRS, XLIM, UMR 7252</em><strong><br />About Elementary Mathematical Algorithms in a Corpus of Arabic-Latin Texts from the Middle Ages</strong></p><p>Arabic-Latin translations, particularly those made in <em>Andalus</em> in the twelfth century, provide Latin Europe with new knowledge and methods. In this contribution, we focus on the mathematical art of problem solving, either in geometric or arithmetic fields. We have isolated, in several <em>codices</em> dated from the thirteenth to the fifteenth century, a corpus of technical and didactic texts which stability in the history of copies, questions the historian of mathematics. Studying it allows us not only to reveal the form and content of such a corpus but also to show the coherence between the probable enterprise of the Toledan translator Gerard of Cremona and the future of this corpus in terms of circulation and appropriation.<br />Keywords : algebra, circulation, geometry, Gerard of Cremona, translation.</p><p> </p><p><em>Stéphane Lamassé – Université Paris Sorbonne – LAMOP, UMR 8589</em><br /><strong><em>Cautelae </em></strong><strong>: </strong><strong>a Corpus of Mathematical Problems, between Collection, Series and Mathematical Culture</strong><strong> </strong></p><p>This article offers a new analysis of a set class of texts grouping mathematical problems, riddles, produced between the thirteenth and the end of the fifteenth century, one of whose origins is the <em>propositions ad acuendos juvenes</em>. Adopting a critical point of view at the historiographical production of which they have been the subject, it's possible to distinguish a set of several collections of problems by highlighting their elements of coherence. From this set can be made a corpus which, placed in a diachronic perspective, can allows us to make assumptions on the uses of which these collections could be the object.<br />Keywords : Alcuin, <em>Algorism</em>, Mathematical games, Mathematics, Medieval teaching</p><p> </p><p><em>Nicoletta Rozza – Université Frédéric II de Naples</em><strong><br />A Few comments on the technical lexicon of the <em>Practica Geometrie</em> of Leonardo Pisano, alias Fibonacci</strong></p><p>Leonardo Fibonacci represents, without any doubts, one of the most appreciated and well-known personalities in the Western world. His reputation is primarily related to the famous series of numbers named after him, even though he was above all a great science writer, who played a founding role in the History of Mathematics, as well as in the History of Culture. His books have been investigated over the years by prominent scholars, who gave birth to large and fruitful debates and translations, which let his works be known beyond the academic circles too. However, there is still a lack of philological and linguistic studies that could enlighten the most difficult aspects of his mathematical language. This topic aims to examine some recurring technical nouns of the <em>Practica Geometrie</em>. The most simple and apparently elementary words can be, in fact, very elusive and ambiguous; moreover, they can cause problems even to the most experienced and cautious interpreter.<br />Keywords : Geometry, Fibonacci, History of Medieval Mathematics, Medieval Latin.</p><p> </p><p><em>Sabine Rommevaux – CNRS – Université Paris Diderot, SPHERE, UMR 7219</em><strong><br />Unity and Number in the <em>Questiones mathematice</em> of Radulphus Brito</strong></p><p>Raoul le Breton or Radulphus Brito, Master of Arts at the University of Paris, produced in the last years of the thirteenth century, a treatise on the philosophy of mathematics, which he organized in the form of Questions, typical of the university texts produced at that time. After a general presentation of these <em>Questiones mathematice</em>, I will give an overview of Raoul's reflections on unity and number.<br />Keywords : Arithmetic, Philosophy of mathematics, Radulphus Brito, Teaching, University of Paris</p><p> </p><p><em>Sebastián Provvidente – UBA-CONICET</em><strong><em><br />Stylus theologicus et iuridicus :</em></strong><strong> the <em>causa </em>Jean Petit at Constance (1414-1418) and the debates on tyrannicide</strong></p><p>In this text we analyze the debates between theologians and jurists on Jean Petit’s <em>Justification </em>of tyrannicide within the frame of the Council of Constance (1414-1418). Beyond the political and circumstantial positions of the participants in the debates on tyrannicide, it is clear that there was a very important tension between theological and juridical discourse on this matter. The exclusion of juridical arguments made by the Gersonists was related to the dangers of individual decision in the exceptional case. Through their rejection to argue on these terms, the Gersonists lost the possibility to use an argument that might have seriously questioned John the Fearless juridical construction after the assassination of Louis of Orléans.<br />Keywords : Council of Constance, Procedure, Stylus theologicus, Stylus iuridicus, Tyrannicid</p><p> </p><p><em>Jacques Hanoune – Directeur de recherche émérite à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale</em><strong><em><br />N’espoir ne peur</em>. Origin and circulation of the motto of Duke Charles II of Bourbon</strong></p><p>Cardinal Charles II de Bourbon (1436-1488) left the cathedral of Sens a tapestry <em>The Adoration of the Magi</em> which includes the repeated motto <em>N’espoir ne peur</em> (“No hope no fear”) in its border. This motto is original and could seem unusual coming from a prelate. Mention of the negative role of fear and hope can be found in the classical literature, mainly in Lucian. It was Cardinal Charles ii de Bourbon, a wealthy patron and an erudite scholar, who reactivated this motto, probably as a simple rule of personal behaviour. It was widely circulated, particularly in its Latin form (<em>nec spe nec metu</em>), in the centuries that followed and continues to be so in our era, as a sign of either atheism or of personal independence.<br />Keywords : Charles II of Bourbon, motto, Museum of Sens, <em>No hope no fear</em></p>";384;20.00;"<p>Dans ce numéro accessible à tout médiéviste et historien des sciences, sont rassemblées six contributions originales en histoire des mathématiques médiévales dont l’ambition commune est de donner à voir les problématiques actuelles du domaine. Rédigées en latin ou en arabe, ces mathématiques sont ici observées, aussi bien dans leurs contenus que pour leur diffusion, en croisant les regards. Les apports de l’histoire sociale, culturelle ou conceptuelle sont complétés par des résultats codicologiques, philologiques, linguistiques ou encore philosophiques. Ce volume thématique montre enfin l’importance des questions d’enseignement pour la construction, l’organisation et la diffusion des savoirs mathématiques au Moyen Âge latin et en pays d’Islam.</p>";;04/09/2019 12:19;0;Première édition;3386 695;2;3;33;Jazz et la Scène (Le);;;;"<p>Cet ouvrage retrace l'histoire littéralement spectaculaire du jazz. Du rituel au happening, du cabaret au concert, la scène du jazz apparaît ici comme un espace de représentation, de construction identitaire et de légitimation culturelle.</p>";"<p><em>Introduction </em></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Première partie</strong><br /><strong>Évolution des formes scéniques du jazz</strong></p><p><br />I. Les scènes de la préhistoire du jazz <br />II. « Exagérer les exagérations »
 <br /> Les blackface minstrels <br />III. « On était bien obligés d’être fantastiques » <br /> Les mises en scène du jazz-spectacle <br />IV. La scène du bop : dépouillement, 
spontanéité, anticonformisme <br />V. Avant-gardes : modernisme et symbiose des arts <br />VI. L’ère de la diversité </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Deuxième partie</strong><br /><strong>Approche dramaturgique</strong></p><p><br />VII. Travail musical et expressivité du corps <br /> « Votre son, c’est votre sueur » <br />VIII. Énonciation. Qui parle à qui ? <br />IX. Statuts du texte et « travail à la table » <br />X. Dramaturgie de la performance <br /> Partage des tâches et partage des voix <br />XI. Un drame musical instantané ? </p><p><em><br />Conclusion <br /><br />Cahier iconographique <br /></em><br /><em>Bibliographie <br /></em><br /><em>Index </em></p>";;05/12/2019;0;170x240;352;978-2-37924-065-2;978-2-37924-065-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_695.jpg;"<p>Issu d’un paradigme culturel étranger au système des beaux-arts, puisant ses ressources dans la liturgie afro-chrétienne et dans les pratiques carnavalesques, frayant dès son apparition avec la comédie musicale ou plus tard, avec le happening moderniste, le jazz a toujours débordé le domaine de la musique. <em>« Le Jazz et la scène »</em> propose d’appréhender ces débordements comme les manifestations d’une théâtralité aux multiples visages. À travers l’analyse du geste instrumental, des signes explicites et des insinuations discrètes, cet ouvrage montre comment la performance jazz transcende l’abstraction musicale pour faire de la scène un espace de représentation, mais aussi un instrument de légitimation culturelle et de constructions des identités.</p><p><em>Docteur en esthétique, sciences et technologies des arts, Thomas Horeau enseigne les études théâtrales à l'université depuis 2008. Sa recherche porte notamment sur les relations entre le champ théâtral et le champ jazzistique. Il est par ailleurs membre du comité de rédaction de la revue Epistrophy.</em></p>";"<p>Introduction<br /><br />Thomas Horeau</p><p> </p><p class=""TEI_txt_Normal"">Cet ouvrage propose d’appréhender l’esthétique du jazz au prisme de la théâtralité, c’est-à-dire de décrire le fonctionnement, les modalités de production et de réception de ses œuvres, leurs finalités et leurs fonctions au moyen des instruments de l’analyse théâtrale. Aussi le jazz ne sera-t-il pas considéré dans sa seule dimension musicale mais, plus largement, comme un phénomène culturel dont la performance musicale et scénique est à la fois le produit, le principal ferment et la manifestation exemplaire. Notre démarche s’inscrit dans le sillage des travaux qui explorent les porosités entre ces deux arts, soit en les faisant concrètement dialoguer, soit en analysant l’un à la lumière de l’autre. Bien que cet intérêt soit, en France du moins, un fait relativement récent, la référence au jazz occupe désormais une place significative dans le monde du théâtre. Depuis leur publication à la fin des années 1980, les écrits pionniers d’Enzo Cormann et de Koffi Kwahulé ont instillé l’idée que les ressources expressives et les protocoles de création du jazz sont susceptibles de fournir un modèle pour repenser la pratique théâtrale.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">À toutes les époques, les artistes se sont référés à des modèles plus ou moins détaillés et plus ou moins contraignants, comprenant des formes et des préceptes ordonnés par des principes politiques, éthiques ou religieux. Le pluralisme typique de la situation postmoderne et la déhiérarchisation des pratiques qui en découle n’ont pas fait disparaître les modèles, ils les ont rendus plus diffus et ils ont, par-dessus tout, annihilé leur prétention à valoir de manière universelle. Le modèle d’aujourd’hui tend à devenir une construction singulière liée au parcours de l’individu créateur et aux finalités qu’il assigne à son art. Certes, il existe des thèmes et des formats récurrents, mais ceux-ci s’imposent insensiblement, à la manière d’une mode, sans prétendre faire autorité. La norme, en somme, enjoint chacun à se forger ses propres normes, et l’idée de filiation revendiquée s’est substituée à celle de canon imposé. Le monde du théâtre ne fait pas exception. Pour l’auteur ou le metteur en scène, il s’agit moins de s’inscrire dans un courant donné que de développer un rapport personnel à tel ou tel corpus d’œuvres et d’en extraire un propos original. La pratique de l’interdisciplinarité procède de la même dynamique, à cette différence près que l’artiste s’aventure en dehors de son champ propre, ce qui peut le conduire à redéfinir la nature et la vocation de son art. Notre époque jouit ainsi du luxe ambigu de pouvoir associer un modèle esthétique à chacune de ses œuvres.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Pourtant, au sein de ce monde de l’art où la subjectivité semble régner en maître, l’apparition d’une référence commune mérite d’être observée avec attention, qui plus est lorsque cette référence concerne un paradigme culturel et non seulement une technologie, un médium ou une démarche singulière. L’intérêt porté au jazz par le milieu théâtral n’est pas, loin s’en faut, un phénomène massif, et les raisons qui le motivent sont multiples, mais cet attachement commun à une esthétique, à l’histoire et aux valeurs qu’elle charrie pose question. Quelles conceptions du jeu le jazz véhicule-t-il ? Quelles sont ses potentialités théâtrales ? En quoi peut-il répondre à des préoccupations de la scène contemporaine ?</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Dans la plupart des études consacrées à ces questions, la méthode consiste à analyser le travail d’un ou plusieurs artistes du théâtre se réclamant du jazz, en décrivant la manière dont ce dernier est utilisé et en théorisant les analogies entrevues dans la pratique. Cette approche est féconde dans la mesure où elle met précisément en exergue ce que le jazz « peut faire au théâtre » et, par extension, ce qu’il peut lui apporter. Les potentialités théâtrales comprises dans l’esthétique du jazz se révèlent à travers l’analyse des processus d’appropriation et des œuvres qu’ils engendrent. Le modèle jazzistique est donc en quelque sorte déduit de l’objet théâtral, il apparaît en négatif, à travers les usages qui en sont faits. À l’inverse, notre projet consiste à examiner les œuvres de jazz au prisme de la théâtralité. Non pas pour proposer un modèle global et monolithique, mais pour tenter de mettre au jour certaines virtualités encore non explorées. Si l’on prend au sérieux l’idée que le jazz peut constituer un modèle – « modèle » étant entendu ici dans le sens que lui donne Paul Ricœur soit comme un « instrument de re-description<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> » permettant, <span class=""typo_Italique"">via</span> l’introduction d’un langage nouveau, de forger de nouvelles interprétations d’un fait –, il apparaît nécessaire de bien connaître ce langage, et d’identifier, au-delà des appropriations singulières, ce que le jazz en lui-même comprend de théâtral. Et ce d’autant plus que la distinction entre les deux disciplines n’a pas toujours eu la netteté qu’on lui reconnaît aujourd’hui. Plusieurs raisons nous incitent à privilégier cette approche. D’abord, tout simplement, celle-ci n’a pas fait l’objet d’une recherche de fond. L’influence du jazz sur l’art du théâtre a donné lieu à des travaux d’importance, mais la dimension théâtrale de l’art du jazz demeure à ce jour peu étudiée. Il y a là deux perspectives complémentaires qui doivent pouvoir dialoguer.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Ensuite, depuis qu’il a suscité l’intérêt des milieux littéraires et scientifiques, c’est-à-dire dès les années 1920, le jazz a souvent été décrit comme un phénomène spectaculaire s’adressant à la fois à l’écoute et au regard. Si l’on en croit les connaisseurs, en jazz, l’expression « voir un concert » n’est pas un abus de langage, mais un oxymore qui désigne justement la nature synesthésique de l’expérience faite par les auditeurs-spectateurs. « <span class=""typo_Italique"">Entendre de tous ses yeux et voir de toutes ses oreilles</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>, propose Jean Jamin, tel serait le guide du savoir-vivre de l’amateur de jazz. Mais tel serait aussi ce qui structure la dynamique de l’exécution musicale en jazz où le geste se fait entendre, où le son se donne à voir<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. » Il faut peut-être avoir vu de ses yeux un artiste de jazz s’engager à corps perdu dans le jeu pour saisir le sens de ces assertions surprenantes. Car, dans les faits, ce principe de correspondance n’a rien de nébuleux. Il désigne simplement la tangibilité de l’effort fourni par le musicien et son audibilité dans le discours musical. La performance de Georges Shearing croquée par Jack Kerouac dans <span class=""typo_Italique"">Sur la route</span> donne une idée de la nature de ce travail :</p><p class=""TEI_txt_citation"">Neal et moi, on est allés le voir au Birdland, au milieu de ce long week-end de folie. Dix heures du soir, l’endroit était désert, on était les premiers clients. Shearing est arrivé, comme il était aveugle on l’a conduit jusqu’à son clavier. […] Et voilà Shearing qui commence à se balancer ; son visage extatique se fend d’un sourire ; il se balance sur son tabouret ; il se décroche la tête, son pied gauche bat tous les temps, son front s’en va toucher le clavier, il renvoie ses cheveux en arrière, sa coiffure se délite, il commence à suer. La musique monte en puissance. Le contrebassiste est recroquevillé sur son instrument, et il le cogne de plus en plus vite. On dirait que tout s’accélère. Shearing se met à plaquer ses accords. Ils jaillissent du piano en cataractes, on croit qu’il va pas avoir le temps de les aligner. Ils déferlent en vagues successives, océaniques. Les gens lui crient : « Vas-y ». Neal est en nage, la sueur dégouline sur son col de chemise<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Transpiration, ravissement et frénésie des artistes, euphorie et participation de l’assistance, rien ne manque au tableau. Si l’atmosphère fiévreuse qui se dégage de cette scène doit beaucoup à l’écriture de Kerouac, la description n’a pourtant rien d’outrancier : en jazz, expression musicale et gestuelle font corps dans l’énonciation, et l’observation du travail d’enfantement du son constitue l’un des attraits de la performance. Ce texte est celui d’un connaisseur dont l’expérience esthétique du concert passe aussi par le regard. La musique n’est pas ici conçue comme un pur produit de l’esprit, le « jaillissement » des accords correspond à un engagement physique lisible dans la sueur qui perle sur les visages. Et dans ce rapport de symbiose entre le discours et sa <span class=""typo_Italique"">gestation</span>, l’auditeur-spectateur comprend le non-sonore comme une composante essentielle de l’œuvre.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Cette dimension spectaculaire ne procède pas d’une dynamique interdisciplinaire mais de la survivance d’un paradigme étranger à la classification des beaux-arts. Bien qu’il voie le jour sur le sol américain, dans un contexte moderne, le jazz prend sa source dans la conception symbiotique ouest-africaine de l’art qui a survécu au traumatisme de la déportation, au déracinement et aux siècles d’oppression. Dans cette conception, la distinction entre la musique, l’expression verbale et l’expression du corps n’a pas lieu d’être. À ses débuts, la « musique syncopée » des Noirs est liée aux danses vernaculaires, aux <span class=""typo_Italique"">minstrel shows</span> et au vaudeville américain. Ce que l’on commence à nommer « jazz » dans les années 1910 ne désigne pas seulement le genre musical en train de naître, mais la performance dans son ensemble. Les cabarets harlémites où les nouveaux rythmes s’inventent dans les joutes entre percussionnistes et danseurs de claquettes, où les sonorités rugueuses des soufflants soulignent la tension dramatique d’une pantomime, sont des lieux de spectacle. Certes, le jazz actuel n’est pas celui des grandes revues new-yorkaises que le public européen percevait comme un « spectacle total », ainsi que le rappelle Yannick Séité<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>. L’histoire de cet art est notamment celle d’une spécialisation en tant que genre musical, la longue marche d’une pratique plurilangagière vers sa sédimentation dans la forme concert. Pourtant, on le voit dans le texte de Kerouac, même lorsque le musicien se contente apparemment de jouer de la musique, sa performance garde quelque chose de cette symbiose originaire. Ainsi, considéré dans sa dimension spectaculaire, le phénomène semble se prêter à l’analyse théâtrale.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Enfin, et c’est là le dernier motif qui préside à cette étude, ce n’est pas uniquement parce qu’il appartient aux arts de la performance que le jazz est susceptible d’intéresser les gens de théâtre. Bien au-delà de son acception musicale, c’est en tant que paradigme qu’il interroge la création contemporaine. À l’origine, dans la culture africaine-américaine, la pratique artistique revêt une dimension fonctionnelle. Socialement utile, l’activité poétique trouve sa place au sein des expériences les plus banales de la vie quotidienne. En ce sens, cette conception contredit la logique de l’autonomie esthétique et, par là même, elle remet en question un des principes fondamentaux du modernisme. Qu’il soit violemment récusé ou farouchement défendu, le principe d’une séparation de l’art d’avec les sphères de l’existence ordinaire a largement contribué à forger les conceptions qui prévalent encore aujourd’hui, bien que les mondes de l’art soient intégrés au marché global et que la culture soit administrée. Comme le résume Jean-Pierre Cometti : « […] l’art a acquis une <span class=""typo_Italique"">position</span> autonome dans l’histoire, jusqu’à conditionner la représentation que nous en avons et les théories que nous en proposons, mais il ne <span class=""typo_Italique"">fonctionne pas</span> de manière autonome<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span> ». Ce <span class=""typo_Italique"">hiatus</span> est d’autant plus problématique pour le théâtre que celui-ci charrie l’idée d’un art destiné à prendre place au cœur de la cité. La notion de « théâtre d’art » eut beau instiller ce principe d’autonomie, la séparation du théâtre avec les autres sphères de l’existence s’accorde mal avec son histoire. Plus qu’ailleurs, le spectre d’un « public absent<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span> » – entendons un public populaire, profane ou simplement extérieur au monde de l’art – plane sur ce monde comme un appel pressant à repenser sa vocation.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Ces problèmes de séparation ne se sont longtemps pas posés dans le paradigme du jazz. Dès leur apparition dans les plantations du Sud des États-Unis, les pratiques artistiques africaines-américaines ont revêtu un caractère fonctionnel. L’esthétique se fonde ici sur un socle culturel étranger à l’idée de finalité sans fin et au principe attenant d’autonomie de la sphère artistique. En outre, elle évolue ensuite au sein d’industries culturelles qui, au contraire de la logique de l’art pour l’art et de ses possibles dérives élitaires, cherchent à introduire ses productions au cœur de la vie du plus grand nombre. Et de fait, avant de s’institutionnaliser, le jazz est longtemps resté un art populaire. Plus encore, dans le contexte d’oppression raciale et d’injustice sociale qui a marqué et qui, dans une certaine mesure, marque encore la société américaine, il a fonctionné comme une instance de légitimation de la culture des Noirs, comme un pendant artistique des luttes menées sur d’autres fronts, dans les tribunaux, dans le monde du sport ou dans la rue. Ainsi, combinant les fonctions de communion, de divertissement et d’émancipation sociale, le jazz ne s’est jamais trop soucié de sa propre nécessité.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Si ce que Denis Guénoun nomme la « crise du théâtre » réside dans la déliquescence de la relation entre ceux qui le font et ceux qui s’y rendent, si cette crise va jusqu’à mettre en question la nécessité du théâtre elle-même<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>, le jazz peut effectivement se poser en modèle, voire en remède, ainsi que le suggère l’auteur en conclusion de son essai<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>. Il n’est pas sûr que les gens de théâtre confèrent une telle signification à leur attrait pour cette musique. Il est en revanche certain qu’on ne saurait cantonner la réflexion à des problèmes de transferts intersémiotiques et d’expérimentations interdisciplinaires. S’emparer de l’esthétique du jazz implique de se confronter à un paradigme dans lequel la séparation catégorielle des beaux-arts, l’autonomie esthétique et l’opposition entre distraction et vocation politique n’ont plus cours. Autrement dit, il s’agit, au moyen du théâtre, de déployer les potentialités d’une conception qui, pour reprendre les termes de Paul Gilroy, « refuse la séparation – caractéristique de la modernité occidentale – entre éthique et esthétique, culture et politique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> ». Sans aucun doute, cette spécificité culturelle coïncide avec les préoccupations du théâtre contemporain et, plus largement, avec les problématiques des arts de notre temps. Il y a là quelques raisons de tenter d’identifier les rapports d’analogies qui rapprochent ces deux arts, et de se représenter les relations qu’ils sont susceptibles d’entretenir.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Le jazz et le théâtre sont des arts de la performance, à ce titre, ils ont en commun un certain nombre de traits essentiels. Cependant, un tel constat se révèle à la fois primordial et insuffisant. Car cette évidence en appelle une autre non moins fondamentale : le jazz et le théâtre sont des arts distincts, et leur appartenance à une même catégorie ne saurait conduire à les confondre. Pour être opératoire, l’instrument de l’analyse doit instaurer une tension entre les deux termes. L’idée que le concert de jazz se donne à voir et à entendre à l’instar du théâtre et de toute autre pratique spectaculaire ne nous dit pas grand-chose. Au contraire, se demander s’il y est question de rôle, de drame, de <span class=""typo_Italique"">mimèsis</span> ou de scénographie, autant d’éléments que charrie la notion de théâtralité, permet d’examiner les rapports d’identité et de différence, et de faire apparaître des aspects méconnus de la performance jazzistique. Envisager l’art du jazz à travers cette notion, revient donc en quelque sorte à postuler une parenté dont il convient d’établir la nature, de baliser les limites, d’analyser les manifestations concrètes et, éventuellement, de concevoir les virtualités non explorées. Dans le cadre de cette étude, la notion de théâtralité fonctionnera donc comme un instrument heuristique faisant apparaître les modèles de représentation compris dans les œuvres de jazz.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">« Selon le sens que l’on donne au mot <span class=""typo_Italique"">théâtre</span>, écrit Yannick Seité, l’idée d’une fraternité du jazz et du théâtre est la plus évidente, la plus indiscutable des idées. Ou bien alors la plus problématique – ce qui ne signifie pas qu’elle ne soit pas féconde, au contraire, puisque cette tension ouvre sur d’importantes questions théoriques et pratiques<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. » Il s’agit bien ici de mettre à profit la tension qu’implique l’association de ces deux termes afin d’élucider cette parenté aussi flagrante que méconnue, quitte à réinterroger jusqu’au sens qu’on leur donne. Aussi convient-il en premier lieu de clarifier la définition de ces termes afin de s’engager dans l’analyse muni d’un appareil notionnel opératoire. Nous proposons donc deux développements liminaires : l’un destiné à cerner l’objet « jazz », et l’autre consacré à la notion de théâtralité.</p><p class=""TEI_T_1"">« Jazz » : cerner l’objet</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Définir le jazz ne va pas sans difficulté. Le premier obstacle ressortit à l’historicité de la question. Ce que le terme désigne en 1920 ne correspond pas à ce qu’il recouvre vingt ou trente ans plus tard. Les aspects formels et les fonctions sociales de la musique ont évolué rapidement tout au long du vingtième siècle, et la pratique a souvent eu une longueur d’avance sur la théorie. Sans cesse dépassés par une forme constamment en mouvement, les critiques et les savants ont principalement adopté deux attitudes : remettre en question leurs critères définitionnels ; ou exclure les nouvelles pratiques de leurs typologies. À toutes les époques, là où certains percevaient un renouveau, d’autres diagnostiquaient une décadence. Elles-mêmes prises dans des dynamiques socio-historiques, les tentatives de définition ont rarement échappé à la normativité. Or, et c’est là le second problème, aucune norme ne saurait prévaloir à toutes les époques et pour tous les courants stylistiques. L’esthétique du jazz comporte des tendances, et non des invariants. L’expression « jazz » concerne des œuvres et des pratiques qui se ressemblent, qui sont liées par une forme de parenté – évidente aimerait-on dire –, mais dont on peine à identifier l’essence qui permettrait de produire une définition catégorique. Toutefois, si ces œuvres se ressemblent, c’est qu’elles ont quelque chose en commun. Ce trait commun, difficulté ultime, ne réside pas seulement dans le domaine musical mais dans le champ culturel, dans ce que l’on a coutume de nommer une <span class=""typo_Italique"">attitude</span>. Aussi, pour cadrer l’objet d’étude, on s’intéressera successivement au vocable en lui-même, à la définition musicale du phénomène et à cette notion d’attitude.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">La première occurrence écrite avérée du terme « jazz<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span> » se trouve dans un article de Ernest J. Hopkins justement intitulé « In Praise of “Jazz”, a Futurist Word Has Just Joined the Language ». Comme le remarque Daniel Soutif, « que le jazz ait ainsi fait son entrée dans le monde, comme nouveauté linguistique plutôt que musicale, n’est pas indifférent<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span> ». Avant de prendre la signification qu’on lui connaît aujourd’hui, le mot a comporté des connotations diverses qui excèdent largement le domaine de la musique.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">L’étymologie du mot a fait l’objet de discussions sans fin, mais le consensus règne désormais sur certains points : ses racines se trouvent à la croisée de termes africain (le wolof <span class=""typo_Italique"">jess</span> qui évoque l’excès et l’étrangeté), français (<span class=""typo_Italique"">chasse </span>ou <span class=""typo_Italique"">chassé</span> désignant un pas de danse) et anglais (<span class=""typo_Italique"">chass </span>: chasser, pourchasser et par extension combattre)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>. « Autre hypothèse : la déformation de <span class=""typo_Italique"">chasse beau</span>, figure du cake-walk, devenue <span class=""typo_Italique"">jasbo</span>, surnom des musiciens. […] Tony Palmer, lui, signale qu’en argot cajun les prostituées de la Nouvelle-Orléans sont appelées <span class=""typo_Italique"">jazz-belles</span>, en référence à la Jézabelle de la Bible… En général, il y a association de <span class=""typo_Italique"">jass</span> (ou <span class=""typo_Italique"">jazz</span>) à la danse, à la vitalité, l’acte sexuel<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span>. »</p><p class=""TEI_txt_Normal"">Derrière ces considérations d’exégètes se cache un phénomène moins connu de rejet du vocable par les musiciens noirs. Ce fait, relevé en premier lieu par Amiri Baraka, a récemment été réaffirmé avec vigueur par l’anthropologue Alexandre Pierrepont. Dans son essai de 2002, l’auteur propose un florilège d’une trentaine de citations issues d’entretiens avec les plus grandes sommités de l’histoire du jazz. Il s’en dégage sinon une franche hostilité à l’égard du terme, du moins une remise en question de la légitimité de cette dénomination. Bien que son origine argotique n’en fasse pas un terme infamant, la généralisation de son usage à propos de l’idiome musical africain-américain est révélatrice de certaines hiérarchies culturelles. « Le mot, dit Duke Ellington, n’a jamais perdu la connotation qui lui venait des bordels de La Nouvelle-Orléans<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>. » Nommer c’est catégoriser ; c’est, par extension, assigner à quelque chose une identité et un rôle. On ne saurait dire qui a ainsi baptisé le jazz, mais il est certain que la parole des musiciens témoigne d’une volonté de disposer librement de leur identité artistique et culturelle. Aussi ont-ils constamment oscillé entre la répudiation et la réappropriation d’un nom que personne n’avait choisi, mais qui, par la force des choses, avait fini par devenir l’emblème de toute une culture. Par conséquent, il n’y a jamais eu de rejet unanime du mot « jazz », mais plutôt une vigilance à l’égard de son emploi.</p><p class=""TEI_txt_Normal"">À chaque époque les musiciens se sont positionnés vis-à-vis du nom donné à leur art. Le champ jazzistique a toujours été un espace de confrontation entre des préoccupations artistiques, des intérêts économiques et des discours idéologiques. Et ces conflits se sont souvent cristallisés autour du nom. En général, les désaccords entre les musiciens traduisent à la fois un désir de reconnaissance et une méfiance à l’égard de mécanismes de légitimation qui ont quelquefois frisé la logique de récupération. Le vocable « jazz » peut-il désigner des conceptions hétérogènes ? Doit-on l’appliquer seulement à des périodes précises comme certains auteurs ont suggéré de le faire<span class=""typo_Exposan";;;;;;;;; 696;1;3;24;Des arts diplomatiques. Échanges de présents entre la Chine et l'Europe, XVIIe-XVIIIe siècles;N°43/2019;;;"<p>Percevoir les présents comme des acteurs diplomatiques à part entière, des ambassadeurs muets, objets de circulations et de négociations à différentes échelles.</p>";"<p style=""text-align: left;"">Introduction :<br /><br />Les cadeaux diplomatiques entre la Chine et l’Europe 
aux XVIIe-XVIIIe siècles. Pratiques et enjeux<br />Diplomatic Gifts between China and Europe in the Seventeenth and Eighteenth 
Centuries: Practices and Challenges<br /><strong>Zhao Bing 趙冰‭ ‬et Fabien Simon</strong> <br /><br /></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Kangxi et Yongzheng : les ambiguïtés du cadeau diplomatique </strong><strong><br />Kangxi and Yongzheng: The Ambiguities of Diplomatic Gifts</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> </strong><br />Louis XIV, le Siam et la Chine : séduire et être séduit<br />Louis XIV, Siam, and China: To Seduce and Be Seduced<br /><strong>Stéphane Castelluccio </strong> <br /><br /><br />Aspects of a Multi-Faceted Process: The Circulation of Enamel Wares between the Vatican and Kangxi’s Court (1700-1722)<br />Aspects d’un processus protéiforme. La circulation des émaux entre le Vatican 
et la cour de Kangxi (1700-1722)<br /><strong>Emily Byrne Curtis </strong><br /><br /><br />Amicitia Palatina : les jésuites et la politique 
des cadeaux offerts à la cour des Qing<br />Amicitia palatina: The Jesuits and the Politics of Gift-Giving at the Qing Court<br /><strong>Eugenio Menegon </strong> <br /><br /></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Qianlong : dons, tributs et séductions commerciales </strong><br /><strong>Qianlong: Gifts, Tribute, and Commercial Enticements</strong></p><p style=""text-align: left;""><strong></strong><br />Les porcelaines de Sèvres envoyées en guise de cadeaux 
diplomatiques à l’empereur de Chine par les souverains français 
dans la seconde moitié du XVIIIe siècle<br />Sèvres Porcelains Sent as Diplomatic Gifts to the Emperor of China by French Monarchs in the Second Half of the Eighteenth Century<br /><strong>Marie-Laure de Rochebrune </strong></p><p style=""text-align: left;""><br />Henri Bertin and Louis XV’s Gifts to the Qianlong Emperor<br />Henri Bertin et les présents de Louis XV à l’empereur Qianlong<br /><strong>John Finlay </strong></p><p style=""text-align: left;""><br /><strong>Cahier couleur – Iconography </strong></p><p style=""text-align: left;""><br />Presents and Tribute: Exploration of the Presents Given 
to the Qianlong Emperor by the British Macartney Embassy<br />Présents et tributs : examen des présents offerts à l’empereur Qianlong 
par l’ambassade britannique Macartney<br /><strong>Guo Fuxiang </strong> <br /><br /></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Regard extérieur –The View from Outside</strong><strong></strong></p><p style=""text-align: left;""><strong><br /></strong>Les présents diplomatiques entre Asie et Europe 
à l’époque moderne<br />Diplomatic Gifts between Asia and Europe in the Modern Era<br /><strong>Indravati Félicité </strong> </p><p style=""text-align: left;""><br />Résumés 193<br />Abstracts 195<br />提要 197<br /><br />Contributeurs 199<br />Bio-bibliographical Notes 201<br /><br /><br /></p>";;13/02/2020;0;155x220;206;978-2-37924-069-0;978-2-37924-069-0;1;;Presses Universitaires de Vincennes;img_696.jpg;"<p>Stéphane Castellucio<br /><strong>Louis XIV, le Siam et la Chine : séduire et être séduit</strong></p><p>Le règne de Louis XIV apparaît comme un moment exceptionnel pour les relations entre la France et l’Orient avec, comme apogée, la célèbre ambassade de Siam, reçue à Versailles en 1686. Les cadeaux diplomatiques échangés rivalisaient en quantité, en variété et en richesse, chaque souverain offrant ce qui lui semblait le plus susceptible de plaire au destinataire et d’exprimer la dignité de sa fonction. Cependant, l’évolution des circonstances politiques au Siam et en France stoppa les échanges engagés. À la fin du règne de Louis XIV, la nature des contacts avec l’empereur de Chine reste difficile à définir en raison du rôle ambigu des pères jésuites, qui paraissent avoir plus agi pour leurs intérêts que pour ceux de l’empereur ou du roi de France.</p><p> </p><p>Emily Byrne Curtis<strong><br />Aspects of a Multi-Faceted Process : The Circulation of Enamel Wares between the Vatican and Kangxi's Court (1700-1722)</strong><strong> </strong></p><p><strong> </strong>La documentation existante offre une chronique du débarquement de verre et d’émail vénitien à la cour de Pékin. Cet aspect de la contribution de Venise aux échanges culturels entre l’Europe et la Chine a été jusque-là peu pris en considération – une omission à laquelle les archives mobilisées dans cet article permettront de remédier afin d’offrir une autre perspective sur la production de produits émaillés sous la dynastie des Qing (1644-1912)</p><p> </p><p>Indravati Félicité<br /><strong>Les présents diplomatiques entre Asie et Europe à l'époque moderne</strong></p><p>Les présents, au cœur des échanges diplomatiques de l’époque moderne, étaient loin de constituer une formalité dénuée de signification. La malléabilité du sens que conféraient les acteurs à ces présents en faisait au contraire un élément politique capital, tout en constituant parfois une source de malentendu. En puisant dans les apports de la « nouvelle » histoire diplomatique, de l’histoire globale et de l’histoire connectée, cet article propose des pistes de réflexion sur l’intérêt que représente l’étude des présents. La spécificité des échanges de présents se déroulant dans l’espace eurasiatique est également analysée dans le contexte de la « première mondialisation ».</p><p> </p><p>John Finlay<br /><strong>Henri Bertin and Louis XV's Gifts to the Qianlong Emperor</strong></p><p>En 1764, Henri Bertin, ministre d’Etat de Louis XV, procure des instructions au sujet des arts et manufactures français à deux chrétiens chinois, Aloys Ko et Etienne Yang, afin qu’à leur retour ils soient capables de faire des rapports sur les pratiques et techniques chinoises. Prenant la mer en 1765, Ko et Yang emportèrent un ensemble de « présents » – des cadeaux fournis à Bertin par le Roi. Ces présents devinrent toutefois l’objet de négociations entre les représentants impériaux, l’Empereur et les jésuites français à la cour des Qing. Cet épisode éclaire le rôle des présents diplomatiques en tant que médiateurs politiques et culturels entre deux grandes nations.</p><p> </p><p>Guo Fuxiang<br /><strong>Presents and Tributes : Exploration of the Presents Given to the Qianlong Emperor by the British Macartney Embassy</strong></p><p>En 1793, le gouvernement britannique envoya une mission diplomatique d’importance en Chine menée par Lord Macartney. Selon les interprétations qui en avaient été faites par le passé, les présents ne reçurent d’attention de la part ni de l’empereur Qianlong ni du personnel de cour. Pourtant ce ne fut pas le cas, et plusieurs documents des archives de la cour des Qing révèlent que beaucoup fut fait pour que ces précieux cadeaux soient conservés de manière adéquate, certains ayant même perduré jusqu’à nos jours.</p><p> </p><p>Eugenio Menegon<br /><strong><em>Amicitia palatina</em> : les jésuites et la politique des cadeaux offerts à la cour des Qing</strong></p><p class=""Standard"">Les présents faits par les missionnaires catholiques européens à Pékin aux empereurs et aux membres des cours des Ming et des Qing constituaient un angle mort entre les échanges mutuels coutumiers entre fonctionnaires chinois, et les tributs offerts par les émissaires étrangers. Ils reflétaient également les manœuvres des acteurs européens et chinois au sein du gouvernement dans le cadre des politiques étatiques en matière de relations extérieures et de « corruption ». Cet article éclaire la politique et l’économie de l’échange de cadeaux au cours de la période Ming-Qing, ainsi que l’intersection entre les loisirs, le luxe, et l’État.</p><p class=""Standard""> </p><p class=""Standard"">Marie-Laure De Rochebrune<br /><strong>Les porcelaines de Sèvres envoyées en guise de cadeaux diplomatiques à l'empereur de Chine par les souverains français dans la seconde moitié du XVIIIe siècle</strong></p><p>L’idée d’offrir des porcelaines de Sèvres en guise de cadeaux diplomatiques naquit en France en 1757. L’empereur Qianlong bénéficia de cette manne diplomatique à l’instigation du secrétaire d’Etat sinophile, Bertin. A travers quelques exemples, l’article étudie les circonstances dans lesquelles ces présents ont été offerts et définit les objectifs diplomatiques qui figurent derrière ces cadeaux.</p>";"<p>Introduction :</p><div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article ParaOverride-1""><strong>Les cadeaux diplomatiques entre la Chine et l’Europe </strong><br /><strong>aux XVIIe-XVIIIe siècles. Pratiques et enjeux</strong></p><p class=""auteur""><em><span class=""typo_SC_Italic"">Zhao</span><span class=""typo_gras""> Bing</span> <span class=""typo_MingLiu"">趙冰 </span>et Fabien Simon</em><br /><br /></p><p class=""txt_Normal"">À la date du 11 mars 1763, une entrée des registres de la manufacture royale de Beauvais mentionne la commande de six tapisseries sur des thèmes « chinois » à délivrer au ministre d’État Bertin, afin de servir de cadeaux à envoyer en Chine. Cette dite « seconde tenture chinoise », réalisée à partir d’esquisses de François Boucher, est en effet offerte à l’empereur Qianlong, pour sa plus grande satisfaction, d’après une lettre du jésuite Michel Benoist à Bertin du 10 novembre 1767. L’empereur ordonne, pour l’abriter, la construction d’un nouveau pavillon dans l’ensemble des « palais européens » du Yuanmingyuan.</p><p class=""txt_Normal"">Cet exemple fameux de cadeau diplomatique est réinterprété, sous divers angles, dans deux articles du présent dossier, sous la plume de John Finlay et de Marie-Laure de Rochebrune. Il permet d’envisager la diversité des acteurs impliqués dans ces relations diplomatiques à différentes échelles, depuis la production des objets jusqu’à leur réception, toujours active, et à l’adaptation de ces artefacts à leur nouveau contexte, ne serait-ce que dans la manière dont ils sont mis en scène, ou, au contraire, entassés dans quelques dépôts à l’abri des regards. Or la tapisserie faisait partie d’un ensemble de cadeaux incluant aussi de nombreuses porcelaines de Sèvres, démonstration de la maîtrise technique des artisans français.</p><p class=""txt_Normal"">Ce dossier d’articles est la première livraison d’un projet de recherche au long cours portant sur les techniques de l’émail et leur circulation entre l’Europe et l’Asie jusqu’au <span class=""typo_SC"">XIX</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Né de la rencontre entre les recherches innovantes menées ces dernières années par des équipes françaises et un appel à collaboration lancé en 2014 par le musée du Palais de Pékin, le projet a été doté par l’INSHS (Institut des sciences humaines et sociales) du CNRS du statut d’IRP pour les mobilités internationales (International Research Program 2017-2021, sous l’appellation de LIA-Laboratoire International Associé avant 2019) et soutenu par l’Iris « Études globales » (2017-2019) pour la construction de la base de données sur les archives<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. À l’encontre du lieu commun d’une Europe du <span class=""typo_SC"">XVIII</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle éprise de « chinoiseries » – d’objets, de culture ou de techniques chinois –, le projet propose de découvrir l’envers peu connu d’une histoire globale : l’engouement pour les arts décoratifs européens à la cour de l’empire du Milieu. Il porte précisément sur la circulation des objets en émail peint et de cette technique entre la France et la Chine (milieu <span class=""typo_SC"">XVII</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-fin <span class=""typo_SC"">XVIII</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle). L’émail (<span class=""typo_Italique"">falang</span> ou <span class=""typo_Italique"">falan</span> en chinois) est l’exemple type d’une technique méditerranéenne et européenne dont la pratique s’est déplacée d’ouest en est, au gré de la circulation des objets. La fascination pour les émaux peints européens en Chine est étroitement liée au prestige des instruments scientifiques et des montres et horloges européens, qui pouvaient être partiellement émaillés en surface. La première ambition du projet est donc d’explorer le rôle des objets et des techniques européens dans la constitution du patrimoine culturel et technique à la cour chinoise. La seconde est d’étudier, dans une perspective comparatiste, les rapports entre les pouvoirs impériaux et monarchiques et les patrimoines culturel et technique en Chine et en France. L’objectif scientifique vise à dépasser deux écueils : 1. une vision européocentrée de la diffusion des techniques depuis l’Europe, perçue à travers le prisme des écrits des missionnaires jésuites exclusivement, et une vision sinocentrée niant, au contraire, tout apport étranger ; 2. un parallélisme visuel qui prétend établir des liens techniques exclusivement à partir d’observations stylistiques. Il s’agit alors de proposer une triple mise en regard, inédite, entre : premièrement, objets et archives ; deuxièmement, données françaises et chinoises ; et troisièmement, sciences humaines et sociales et sciences exactes (analyse physico-chimique non destructive en particulier).</p><p class=""txt_Normal"">Le colloque inaugural de l’IRP TrEnamelFC <span class=""typo_SC"">« </span>Les présents diplomatiques entre la Chine et l’Europe aux <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles<span class=""typo_SC""> </span>», organisé à Paris les 4 et 5 mai 2017, constituait une porte d’entrée vers ces questionnements<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. En effet, d’après les premières enquêtes menées par les membres du programme TrEnamelFC dans les archives européennes et chinoises, une trentaine de types d’objets émaillés européens ont été introduits en Chine sous diverses formes, principalement par des biais « officiels », durant la phase initiale des Qing (1644-1911)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Séduire et impressionner les Chinois grâce à des objets de luxe, des produits de bouche exceptionnels, ou des instruments de savoir, constituait une stratégie d’obtention de faveurs, pratiquée à différents niveaux sociaux, dès l’arrivée des premiers missionnaires en Chine. En 1601, Matteo Ricci (1552-1610), débarqué dix-neuf ans plus tôt, fut le premier à être reçu au Palais par l’empereur Wanli (r. 1574-1620), à qui il offrit une importante quantité de cadeaux<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. Les missionnaires figurèrent explicitement sous les Qing sur la liste des personnes habilitées à offrir des tributs à l’empereur<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>. Comme d’autres groupes d’intermédiaires, tels que les marchands privés des différentes compagnies des Indes orientales, les missionnaires européens ne laissaient pas échapper une occasion d’offrir des présents à l’empereur, lors des diverses fêtes ponctuant l’année ou pour l’anniversaire du souverain. Plus intéressant encore, ils développèrent des manœuvres, fort efficaces, afin d’augmenter le nombre de leurs cadeaux : présenter au trône chaque missionnaire nouvellement arrivé à la capitale, créant ainsi les conditions d’un nouveau don de présents, en dehors des occasions habituelles ; ou encore, passer par les hauts fonctionnaires de province qui étaient habilités à envoyer des tributs à la cour à tout moment.</p><p class=""txt_Normal"">En fait, le statut de l’empereur ne lui permettait pas d’accepter tous les tributs qui lui étaient présentés et des stratégies de contournement du protocole furent alors mises en place pour étancher la soif d’acquisitions du souverain. Le cas le mieux étudié est celui de l’empereur Qianlong (r. 1736-1795) : lorsqu’il repérait des objets intéressants parmi les tributs présentés par un fonctionnaire chinois, il avait pour habitude d’user d’une sorte de droit de confiscation (<span class=""typo_Italique"">chaojia</span>) pour s’en emparer<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. Par ailleurs, la cour chinoise avait également l’habitude d’acquérir les marchandises étrangères qu’elle désirait sous forme d’« achat » par l’intermédiaire de l’administration des douanes maritimes, à qui elle confiait des listes. Celles-ci, vraisemblablement établies avec l’aide d’informateurs compétents, reflètent un certain degré de connaissance des pays européens.</p><p class=""txt_Normal"">Étudier la circulation des cadeaux diplomatiques entre la Chine et l’Europe est donc pour nous l’occasion d’observer, au-delà des appareils administratifs et leurs règlementations, des pratiques sociales diversifiées (depuis l’empereur, sommet de la société chinoise, jusqu’aux fonctionnaires de province), mises en place pour contourner le système tributaire, les périmètres d’action des acteurs et l’impact de ces circulations de présents apparaissant bien plus étendus que ce que les analyses avaient pu proposer jusque-là (fig. A1).</p><p class=""T_a ParaOverride-2"">La Chine et le défi historiographique de l’histoire <br />connectée multipolaire</p><p class=""txt_Normal"">Le présent dossier se veut ainsi une contribution au renouvellement historiographique, aux ramifications multiples (histoire postcoloniale, <span class=""typo_Italique"">subaltern studies</span>…), ayant pris place ces dernières décennies, et qui a permis de souligner les limites des prétentions à l’universalité de la tradition historiographique occidentale<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. Il s’est agi notamment de faire entendre d’autres sources, issues de terrains textuels différents et desquelles émanent d’autres idées, d’autres idéologies, d’autres représentations du monde<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>. L’histoire connectée, telle que définie par Sanjay Subrahmanyam et Serge Gruzinski, ne considère ainsi pas un espace artificiellement homogène, tel qu’il peut transparaître parfois, depuis les années 1990, dans les <span class=""typo_Italique"">global studies</span>. Elle envisage, au contraire, les jeux d’échelles, du global au local, afin d’observer la circulation transformatrice des objets et des idées, les emprunts réciproques d’une culture à l’autre. Comprendre les sociétés non occidentales dans leurs dynamiques propres et leur hétérogénéité constitue alors une étape cruciale dans ce nouveau défi historiographique. Quelle place y occupe la Chine plus particulièrement ? Une conception « occidentaliste » de la Chine s’est forgée progressivement, depuis le <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, rassemblant paradoxalement sinophiles et sinophobes autour du double binôme universalité/particularité, et idéalisation/préjugés ethnocentriques<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Depuis lors, la Chine a été le plus souvent conçue dans une opposition au modèle occidental. Et si les orientalistes contemporains continuent à revendiquer une Chine « particulière », ils proposent une lecture plus fine, insistant sur les dynamiques internes chinoises et sur le caractère complexe des évolutions. En Chine, on a pu assister récemment, d’un côté, à la montée du nationalisme qui développe la notion de « particularité chinoise » (<span class=""typo_Italique"">zhongguo tese</span>) ; de l’autre, à la création en 2004 du premier centre d’histoire globale, qui décloisonne l’histoire universelle (<span class=""typo_Italique"">shijieshi</span>) et l’histoire de la Chine (<span class=""typo_Italique"">Zhongguoshi</span>) elle-même. Des historiens chinois ont commencé à dénoncer les limites d’une vision sinocentrique pour proposer une histoire globale située, autrement dit une histoire mondiale de la Chine. Elle s’est traduite d’abord par des études de cas consacrées aux relations extérieures avec les pays voisins ; puis, depuis 2012, des investigations plus conséquentes ont été déployées sur la question des grandes routes commerciales terrestres et maritimes. Certains de ces travaux s’en tiennent parfois encore à brosser de grandes fresques, quelque peu héroïques et impérialistes, dans lesquelles la Chine est le principal, pour ne pas dire le seul, moteur. Néanmoins des chercheurs pionniers ont consacré d’importants travaux à examiner comment celle-ci était en connexion avec le monde extérieur et à comprendre comment les apports étrangers ont pu participer activement à son évolution interne<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">L’apport de l’étranger dans la culture matérielle de la cour est resté, lui, presque un tabou jusqu’à il y a peu. L’étude des objets étrangers issus des anciennes collections impériales est extrêmement rare<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. A été récemment soulignée l’attitude ambivalente de la cour des Qing, partagée entre son engouement pour les objets européens et son rejet de toute idéologie occidentale<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>. Au filtre idéologique s’ajoutent les compétences lacunaires du personnel scientifique, résultant de la fermeture de la Chine dans la seconde moitié du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, et compliquant la reconnaissance des objets européens ou l’identification des composantes stylistiques européennes. Or, cette dernière est rendue d’autant plus difficile qu’afin de préserver le style impérial, les éléments non chinois furent souvent dissimulés volontairement (hormis pendant le règne de Qianlong). Nous souhaitons envisager en épaisseur, en réunissant dans ce numéro des chercheurs spécialistes de l’histoire occidentale et de l’histoire de la Chine, un épisode de « conquête » réciproque par la séduction, par l’agrément et le divertissement entre l’Europe et l’empire du Milieu, qui ne s’ignoraient pas autant que l’on pourrait le croire.</p><p class=""txt_Normal"">Selon Hans Bielenstein, il n’y avait pas, à l’époque qui nous intéresse, de relations diplomatiques entre la Chine et le reste du monde au sens moderne du terme. L’empereur étant considéré en Chine comme le fils du Ciel, cette universalité imposait d’emblée une asymétrie dans les relations avec les autres pays<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>. Concrètement, aux yeux des Chinois, offrir des cadeaux à l’empereur signifiait admettre un rapport de subordination (<span class=""typo_Italique"">chen</span>). Dès la dynastie des Han (206 av. notre ère-220) furent instaurés des protocoles régissant les échanges avec l’étranger (cérémonies, procédures de réception et de gestion des présents, etc.). Ainsi les présents dits « diplomatiques » offerts par les Européens étaient traités comme des « tributs » (<span class=""typo_Italique"">gong</span>) ou, plus précisément, des « tributs locaux » (<span class=""typo_Italique"">tugong</span>)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>. Cela signifie qu’un cadeau changeait de statut une fois arrivé en Chine. Les termes chinois les plus couramment employés pour désigner l’acte d’offrir ont tous trait à la notion de <span class=""typo_Italique"">gong</span> (<span class=""typo_Italique"">jingong</span>, <span class=""typo_Italique"">rugong</span>, <span class=""typo_Italique"">gongjin</span>, etc.). Cet acte obéissait par ailleurs à des temporalités différentes suivant les protocoles. Les administrations frontalières habilitées à traiter des affaires de « tribut » devaient d’abord dresser une liste des objets offerts, puis la transmettre à l’administration centrale, qui examinait leur recevabilité. Une fois parvenus à la capitale, les « tributs » jugés acceptables étaient rarement remis en main propre à l’empereur. Quant aux cadeaux que la cour des Qing offrait en retour, tout en se référant aux règlementations, ils devaient être d’une valeur supérieure, afin de mieux marquer l’asymétrie de la relation.</p><p class=""txt_Normal"">Par ailleurs, il y a toujours eu dans la conception chinoise du « tribut » une connotation commerciale, soulignée par le terme <span class=""typo_Italique"">shi</span>. Depuis la mise en place progressive du système tributaire à partir des Han et plus particulièrement sous les Song (960-1279), la cour chinoise a toujours cherché à en tirer un profit économique. Ce commerce officiel ou « semi-officiel » était tant bien que mal contrôlé par les administrations centrales et provinciales ou par des marchands privés travaillant pour le compte de l’État<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span>. Puis les pays asiatiques se sont prêtés à ce jeu des échanges diplomatiques assimilés à du négoce dont ils tiraient de très lucratifs bénéfices. Toutefois, la cour des Qing eut à faire face aux demandes de plus en plus pressantes des Européens réclamant l’ouverture des ports chinois. Le but véritable des ambassades européennes fut clairement identifié en Chine comme « permettant de commercer grâce au tribut » (<span class=""typo_Italique"">yigong deshi</span>)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>. Dans ce contexte perçu comme menaçant, les sources chinoises ne cessent de stipuler, presque obsessionnellement, l’impérieuse nécessité de « suivre les usages » (<span class=""typo_Italique"">anzhao guanli</span>) en matière de protocole et de gestion des biens échangés dans les relations avec les pays européens<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Ce rappel historiographique du versant chinois des échanges a donc pour but, si ce n’est de remettre en cause, du moins de recontextualiser l’image d’une cour chinoise rigide, « brutale », et fermée sur elle. Cette image a été largement véhiculée – alors que les ambassades entre la cour des Qing et les cours européennes furent relativement peu nombreuses aux <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles – par quelques récits européens seulement. L’objectif est ici de proposer un regard critique renouvelé sur ces témoignages qui tenaient eux-mêmes largement à l’émergence concomitante en Europe de pratiques « modernes » dans les relations internationales, privilégiant les nouvelles références de la courtoisie et de la civilité<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span> : comment étudier les rapports sino-européens de cette période en termes d’échanges plutôt que de conflit ou de querelle ? Comment dépasser le double écueil sino- et européo-centrique pour décrire à nouveaux frais la pratique sociale des cadeaux et l’impact de ces derniers, immédiat ou dans la durée ? Comment comprendre les comportements et enjeux sociaux, culturels et politiques au-delà des étiquettes formelles et en dehors des espaces officiels des échanges dans une optique locale ? Voilà le défi historiographique proposé et relevé par un ensemble d’auteurs venant d’horizons scientifiques et professionnels différents et aux compétences variées, chercheurs, universitaires et conservateurs de musée travaillant en Chine, en France et aux États-Unis.</p><p class=""T_a ParaOverride-2"">Objets d’histoire : les présents comme « ambassadeurs muets »</p><p class=""txt_Normal"">Le cadre historiographique et méthodologique bordant ce dossier est, plus précisément, double. Tout d’abord, il repose sur une histoire de la culture matérielle, permettant d’envisager à partir des objets les « chaînes logiques qui s’imbriquent », puisque comme le soulignait Daniel Roche dans son <span class=""typo_Italique"">Histoire des choses banales</span>, « la force des usages est liée à la transformation des objets, entraînant habitudes sociales, capacités techniques des fabricants<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span> ». Il insistait ainsi, aux deux bouts de la vie des objets (leur production et leur consommation/réception active), sur la « continuité du matériel et du symbolique », concluant : « Le monde ne peut être isolé sans risque dans sa contingence ni les idées dans leur pureté<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span>. » Avec cette volonté de dépasser la dichotomie matériel/immatériel, prônée déjà par André Leroi-Gourhan<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span>, l’objet était mis dès lors au centre des questionnements des sciences sociales, donnant lieu à une grande variété d’approches, à des définitions parfois contradictoires, parfois complémentaires, desdits objets<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span>. Parmi celles-ci, Bruno Latour propose, par exemple, de faire des objets des « actants », les non-humains agissant au même titre que les humains : « Les objets font quelque chose, et d’abord ils nous font<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span>. » Cette dernière approche est réinvestie notamment dans un champ de recherches, pluridisciplinaire – mais particulièrement actif dans une histoire de l’art renouvelée<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span> –, focalisé sur les objets migrants<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 25</a></span></span>, nomades<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 26</a></span></span> ou frontières<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 27</a></span></span> qui, plus que d’autres encore, bénéficient de cette lecture insistant sur les regards multiples portés sur eux, au cœur des zones de contact et des espaces d’interaction à l’intérieur desquels ils circulent. Ils se constituent ainsi en objets « transculturels », intrinsèquement « polyphoniques »<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 28</a></span></span>. Leurs identités, leurs vies multiples<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 29</a></span></span>, se complexifient au long de leurs parcours, elles se superposent, sédimentent.</p><p class=""txt_Normal"">Les circulations eurasiatiques sont particulièrement fécondes en production d’objets « enchevêtrés », « entremêlés », « <span class=""typo_Italique"">entangled</span> »<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 30</a></span></span>, dont nous retrouverons plusieurs exemples détaillés dans le présent dossier ; parmi les plus fameux, celui de la porcelaine « globalisée », à propos de laquelle Robert Finlay et Anne Gerritsen ont respectivement forgé les concepts de <span class=""typo_Italique"">Global Chinese porcelain</span> et <span class=""typo_Italique"">Global Jingdezhen</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 31</a></span></span>. Une telle approche permet de dépasser les conceptions faisant de tout objet asiatique reçu en Europe une « chinoiserie » : il s’agit de démontrer, par exemple, comment la céramique de Delft, copie de porcelaines chinoises au départ, de leur matière, de leurs motifs, s’était constituée, après une réelle « domestication » de ces dernières, en objet à part entière, les blancs-bleus devenant progressivement, non plus des copies de Chine, mais des « porcelaines » proprement hollandaises et identifiées comme telles<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 32</a></span></span>. Et ce mouvement d’adaptations européennes, liées aux arts du feu, se prolonge ensuite, avec le recours au kaolin cette fois, à Meissen au <span class=""typo_SC"">XVIII</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 33</a></span></span>. Parallèlement, les objets européens circulant en Chine ont pu être abordés, eux, comme des <span class=""typo_Italique"">Chinese occidenteries</span>, pour qualifier tant les « biens de l’océan » [ou « biens occidentaux », <span class=""typo_Italique"">yanghuo</span>], importés d’Europe, que les productions domestiques d’œuvres adaptant l’exotisme européen aux contextes chinois, lectures locales d’un global perçu depuis l’Orient<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 34</a></span></span>. Si la correspondance du jésuite Florian Bahr témoigne, par exemple, en 1747, d’un goût prononcé à la cour des Qing pour les sphères en verre montées sur ivoire de Berc";;;;;;;;; 697;2;3;18;Deleuze, penseur de l'image;;;;"<p>Deleuze ne nous invite pas à être « <em><em><em>devant</em></em> »</em>l’image qui nous apparaît, mais « <em><em><em>dans »</em></em></em> l’image qui nous transforme. Sa pensée des arts visuels évince radicalement la transcendance, ayant rejeté tous les idéaux de vérité, liberté et justice.</p>";"<p><strong>Introduction : image et immanence </strong></p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 1. Corporéité de l’image </strong></p><p style=""text-align: left;""><strong> </strong><br />1. Viscéral versus épidermique <br />2. L’« analogisme par déformation » <br />3. La vie intensive <br />4. Corps sans organes : plénitude versus morcellement <br />5. Du corps anarchique au cogito fêlé <br />6. Nouvelle image de la pensée et art abstrait </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 2. Inconscient de l’image </strong></p><p><strong> </strong> <br />1. Une image sub-représentative <br />2. Le rejet de la castration symbolique 
(le tournant guattarien de la pensée deleuzienne) <br />3. Le « tracé de castration » (la pensée deleuzienne 
avant et après Guattari) <br />4. Sublime et sublimation <br />5. Métaphysique de la présence et transfert multiréférentiel <br />6. Tracé a-symbolique et ligne d’erre </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 3. Esthétique de l’image </strong></p><p><strong> </strong> <br />1. La modulation, un mouvement de propagation non réflexif <br />2. De l’image-fait à l’image-temps <br />3. La pure littéralité, un certain rapport au réel <br />4. L’involontaire de l’exercice interprétatif <br />5. L’éviction de la visée intentionnelle <br />6. Contraction des qualités sensibles versus visée intentionnelle </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 4. Ontologie de l’image</strong> </p><p><br />1. Images matérielles et écrans noirs <br />2. Affection et genèse des images <br />3. Flux d’images et coupures de flux <br />4. De l’image-devenir à l’image-mémoire <br />5. Bergson avec Peirce <br />6. Images cinématographiques et rayonnements lumineux </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 5. Poïétique de l’image </strong> </p><p><br />1. L’image-matière et ses paradoxes <br />2. Un monde sans autrui <br />3. L’auto-engendrement <br />4. Processus germinal versus développement rhizomatique <br />5. Procédé schizophrénique et protocole pathologique <br />6. Enfance de l’art et inspiration beatnik </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 6. Temporalité de l’image </strong> </p><p> <br />1. L’image-temps et ses malentendus <br />2. « Un peu de temps à l’état pur » <br />3. Le sublime et l’image-temps <br />4. Le voyage dans la mémoire <br />5. Le dedans et le dehors absolus en contact <br />6. La « nappe de transformation » </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 7. Spatialité de l’image </strong></p><p><strong> </strong><br />1. L’espace de la fuite <br />2. L’espace symptomal <br />3. L’espace lisse et le baroque <br />4. L’espace archéologique <br />5. L’espace topologique deleuzien <br />6. Vers un néo-structuralisme topologiste ? </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 8. Sémiotique de l’image </strong> </p><p><br />1. La sémiotique a-signifiante deleuzo-guattarienne 
à partir de L’Anti-Œdipe <br />2. La réintroduction d’un dualisme corps/langage 
dans Mille plateaux ? <br />3. La sémiotique deleuzienne des images et des signes 
dans L’Image-mouvement et L’Image-temps <br />4. Une confusion entre langue et langage ? <br />5. Cinéma de poésie et « subjective indirecte libre » 
chez Pasolini <br />6. Cinéma-vérité et « regard indirect libre » ? </p><p style=""text-align: center;""><br /><strong>Chapitre 9. Politique de l’image </strong> </p><p><br />1. Politique de l’image liée au choc <br />2. Une critique radicale de l’action <br />3. Peuple qui manque et temps à venir <br />4. Freudo-marxisme et micro-politique <br />5. Comment (p)rendre la parole de l’autre à l’image ? <br />6. Le récit critique de soi </p><p> </p><p><br />Conclusion <br />Bibliographie <br />Index des noms propres <br />Références et crédits iconographiques </p>";;23/01/2020;0;137x220;256;978-2-37924-053-9;978-2-37924-053-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_697.jpg;"<p>De la peinture de Francis Bacon aux films d’Alain Resnais, les œuvres visuelles de prédilection de Gilles Deleuze s’inscrivent dans une esthétique qui valorise l’excès, l’errance et la sublimation. De l’hystérie en peinture au surgissement de l’image-temps au cinéma, Deleuze promeut la propagation directe des forces que l’image véhicule, privilégiant la pure présence de ce qui <em>est </em>image. Sa critique de la mimésis et des distances réflexives de la représentation témoigne d’une forte défense des états de fusion et d’une fuite dans l’imaginaire.</p><p>L’approche philosophique de Deleuze a pour singularité de penser l’image sans transcendance, sans manque et sans absence. Ce livre incite à considérer les origines et les conséquences d’une telle affirmation de l’immanence de l’image, y compris ses contradictions, tout en ouvrant un questionnement plus général sur le rapport entre image et subjectivité.</p><p> </p><p><em>Judith Michalet est maîtresse de conférences en esthétique et philosophie de l'art à l'École des Arts de la Sorbonne de l'université Paris 1 et membre de l'Institut ACTE (EA 7539).</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction<br /><br />Image et immanence<br />Judith Michalet<br /><br /></p><p class=""premierPara"">Considérer qu’il existe <span class=""typo_Italique"">une </span>pensée de l’image, une <span class=""typo_Italique"">juste</span> pensée de l’image, dont <span class=""typo_Italique"">une </span>mise en forme théorique – ou <span class=""typo_Italique"">une </span>œuvre philosophique – s’approcherait mieux que d’autres, serait d’emblée se méprendre sur ce que « penseur de l’image » peut vouloir dire ici. Gilles Deleuze est certes un penseur de l’image, mais un penseur de l’image parmi d’autres. La tournure théorique que prend une appréhension de l’image dans le champ de l’art est aussi le reflet de certaines dispositions et préférences subjectives. Dans cette pluralité de perspectives, c’est la spécificité de la conceptualisation deleuzienne des formes visuelles et des forces imageantes qui est objet de questionnement. Pour ce faire, s’interroger sur la pensée de l’image développée par Deleuze engage à déceler certains présupposés de sa philosophie, ce que le philosophe nommait lui-même « image de la pensée » dans <span class=""typo_Italique"">Différence et répétition</span>. Si l’ambition de Deleuze était alors de déployer une « pensée sans image », c’est-à-dire « une philosophie qui serait sans présupposés d’aucune sorte<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span> », il va sans dire que nous prendrons la liberté de ne pas suivre ce projet deleuzien. Il s’agira plutôt d’envisager de quoi ce motif d’une philosophie « sans présupposés » est le symptôme – c’est-à-dire bien sûr d’une certaine « image de la pensée », encore –, et de quelle manière il s’articule à une certaine appréhension vitaliste et immanentiste de l’image dans le champ des arts visuels.</p><p class=""txt_Normal"">Pourquoi la question du rapport entre image et immanence ouvre-t-elle une voie d’accès privilégiée à la pensée esthétique de Deleuze ? Comment est-il possible de réussir ce tour de force qui consiste à penser l’image sans transcendance ? Davantage que dans les domaines musicaux et littéraires, il semble que Deleuze ait développé dans le domaine visuel une pensée allant à contre-courant de la définition la plus courante du médium qui lui est associé, celle selon laquelle l’image est la copie d’un substrat originaire, la reproduction d’un modèle ou la trace d’un référent. Dans les divers écrits du philosophe, lorsqu’il est question d’image, qu’elle soit picturale, cinématographique ou mentale, celle-ci est au contraire pensée comme une pleine présence, non creusée par le manque, sans absence. Critiquant la représentation et toutes les formes de médiation, Deleuze privilégie la pure présence de ce qui <span class=""typo_Italique"">est </span>image, ainsi que la propagation <span class=""typo_Italique"">directe </span>des vibrations qu’elle véhicule. Il ne s’agit pas d’être « devant l’image » qui nous apparaît, mais « dans l’image » qui nous transforme ; non pas « devant le temps », mais « dans le temps ». Pourquoi la référence à Bergson devient-elle alors indispensable ? Quelles sont les raisons et les implications de cet usage de la pensée bergsonienne, relativement à l’image en général, et à l’image cinématographique en particulier, permettant de concilier l’inconciliable, c’est-à-dire l’image <span class=""typo_Italique"">et</span> l’immanence ? Dans l’approche philosophique de <span class=""typo_Italique"">Matière et mémoire</span>, tout est image, si bien qu’il n’est plus question d’image au sens courant du terme. Dans cette filiation bergsonienne, Deleuze conçoit une image qui <span class=""typo_Italique"">est </span>quelque chose, et qui n’est pas image <span class=""typo_Italique"">de</span> quelque chose. Ses pensées ontologique et esthétique convergent vers une même approche de l’image. Sa réceptivité esthétique personnelle aux arts visuels – et par conséquent ses commentaires d’œuvres – se trouve ainsi tributaire de ses présupposés ontologiques, et <span class=""typo_Italique"">vice-versa</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Mais comment penser une image qui ne serait ni un signe <span class=""typo_Italique"">de</span> quelque chose, ni un signe <span class=""typo_Italique"">pour lui-même</span> ? Comment penser une image qui serait <span class=""typo_Italique"">directement</span> quelque chose ? Cette perspective, qui semble bien difficile à adopter, est pourtant l’angle de vue que choisit Deleuze, d’une part dans les années 1970 – durant sa collaboration avec Félix Guattari –, d’autre part dans ses écrits personnels, y compris ceux qui succèdent à la période guattarienne, lorsqu’il opère dans les années 1980 un tournant bergsonien qui le ramène à certains égards aux assises ontologiques de sa pensée de la fin de années 1960 et à son « empirisme transcendantal ». La pensée bergsonienne est en effet une pièce maîtresse de la philosophie de l’image développée par Deleuze dans ses ouvrages sur le cinéma. De façon radicale, elle lui permet de prendre le contre-pied de l’approche traditionnelle de l’image-copie, et, en particulier, de s’opposer à ce qui pourrait se formuler – en termes husserliens – de la manière suivante : toute image est image <span class=""typo_Italique"">de </span>quelque chose. L’image<span class=""typo_Italique""> de</span> quelque chose suppose une différence ontologique entre « image » et « quelque chose ». Contester cette hétérogénéité, cet <span class=""typo_Italique"">hiatus</span> entre l’image et ce à quoi elle réfère, ne revient-il pas à refuser l’épreuve d’une séparation et la rencontre de l’altérité ? Par ailleurs, définir l’image comme copie ou comme double revient souvent à définir l’image comme manque. L’image est alors un processus d’absence qui met la conscience à l’épreuve du manque – selon Sartre, notamment – ou un mode de présence qui la confronte à la perte – selon l’approche de la photographie de Barthes. Comment l’image déploie-t-elle son propre processus d’absentification ? Met-elle en jeu une présentification de l’absence ? Ou, au contraire, par le biais d’une « déformation analogique » – processus que défend Deleuze dans <span class=""typo_Italique"">Francis Bacon</span> aussi bien que dans ses ouvrages sur le cinéma –, l’image surgit-elle de flux, sans rupture ? Est-elle alors ce qui libère des forces et des mouvements qui avaient été déviés ou bloqués ?</p><p class=""txt_Normal"">Ce geste éminemment contradictoire qui consiste à associer « image » et « immanence » nous place donc d’emblée au cœur d’un certain nombre de paradoxes de la pensée deleuzienne et, en même temps, de sa spécificité. Car c’est la pensée deleuzienne, par excellence, qui pose aujourd’hui les bases d’une philosophie immanentiste de l’image<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span> : lorsqu’une image ne renvoie pas à quelque chose d’extérieur à elle-même. Quel est le soubassement conceptuel qui rend possible l’affirmation d’un tel paradoxe ? De quoi une image qui a pour caractéristiques de ne pas renvoyer à autre chose qu’elle-même et d’être essentiellement immanente à elle-même peut-elle donc être l’image ? Certes, au fil des analyses d’œuvres proposées par Deleuze, il est bien question de ce à quoi l’image réfère, de ce qu’elle connote, ou de ce qu’elle peut signifier ou suggérer, d’autant que le philosophe évoque peu la peinture abstraite et le cinéma expérimental. Aussi la conception immanentiste de l’image développée par Deleuze se rapporte moins à la qualité intrinsèque des images (comme, par exemple, des images « opaques » qui exploreraient la pureté du médium pictural de façon moderniste, ne renvoyant pas à autre chose qu’elles-mêmes), mais sur un certain type de rapport que nous entretenons avec les images, presque indépendamment de leurs propriétés formelles.</p><p class=""txt_Normal"">Car est toujours en question, pour Deleuze, le mode de subjectivation qui est lié à l’image représentative. Reconnaître un objet, décrypter un sens, ou répondre d’une façon motrice attendue à l’excitation visuelle sont des opérations qui semblent correspondre pour le philosophe à une soumission à l’ordre établi. Aussi la « représentation », au sens restrictif que lui donne Deleuze, est-elle ce qui bloque un processus de subjectivation fondé sur la métamorphose de soi. Malgré tout, même si l’approche deleuzienne a bien pour effet indéniable de fragiliser les bases d’une certaine poétique représentative en art, son but n’est pas pour autant de contester les entreprises illusionnistes, les structures référentielles ou les contenus sémantiques. Ce qu’il vise et conteste dans la « représentation » est une modalité de rapport entre l’œuvre et le sujet qui l’expérimente (créateur ou récepteur) qui suppose la mise en œuvre d’une « bonne volonté » ou d’une action sous contrôle plutôt que d’une action involontaire initiée par une force extérieure que l’on subit malgré soi. Aussi Deleuze a-t-il toujours préféré et encouragé les démarches expressives, tourmentées et risquées<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. C’est en fonction de l’intensité des expériences subjectives qui les soutiennent, que les œuvres sont évaluées. Cette inflexion en direction d’une subjectivité qui est agie par des forces inconscientes détermine une certaine considération de l’« expérience de l’image ». Le spectateur deleuzien n’est pas celui qui se rapporte intentionnellement et réflexivement à un objet de son champ visuel, il correspond plutôt à un individu qui se trouve malgré lui soumis aux pouvoirs de l’image, hypnotisé, mystifié, envouté. Il ne s’agit pas de lutter contre un ensorcellement d’images trompeuses, mais de se laisser emporter par un flot d’images – et de sons, au cinéma – à fort potentiel émotif et « pensant<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span> », pourrait-on dire.</p><p class=""txt_Normal"">Les images-temps nous font accéder à « l’identité du mental et du physique, du réel et de l’imaginaire, du sujet et de l’objet, du monde et du moi<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span> », écrit Deleuze. Cet immanentisme qui caractérise l’image-temps est corrélé à une passivité du spectateur. Pour Deleuze, le cinéma est le médium qui favorise le mieux la passivité radicale de l’expérience esthétique. En effet, selon un présupposé prégnant chez lui, la caractéristique du médium filmique est de « mettre l’âme en mouvement ». C’est comme si le mouvement réel de l’image se transformait en mouvement psychique de l’âme. Si un privilège est accordé au cinéma dans la pensée deleuzienne des images, c’est sans doute parce que le mouvement « emporte », « déplace », et ne laisse pas le temps au spectateur de prendre de la distance.</p><p class=""txt_Normal"">C’est pourquoi cette pensée esthétique ne condamne pas la passivité d’un spectateur qui pourrait sembler au premier abord en position d’adhésion non critique aux images. Au contraire, l’état hypnotique dans lequel le cinéma plonge le spectateur est la condition de possibilité d’un processus de pensée, d’une certaine émancipation. C’est pourquoi les penseurs qui accordent un privilège à l’effet hypnotique du cinéma, comme Stanley Cavell<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>, Jacques Rancière, Raymond Bellour ou Georges Didi-Huberman, se sentent en affinité avec l’œuvre de Deleuze. Dans <span class=""typo_Italique"">L’Image-mouvement </span>et <span class=""typo_Italique"">L’Image-temp</span>s, on trouve de nombreux points de convergence avec leurs propres options théoriques, même si leurs écrits sur le cinéma n’envisagent pas le dessaisissement de soi par l’image de la même manière. En effet, l’image plébiscitée par Deleuze ne donne pas accès aux expériences ordinaires de la signification comme chez Cavell, à une coprésence égalitaire de passivité et d’activité comme chez Rancière, à un dispositif engageant prioritairement le corps comme chez Bellour – depuis ses écrits des années 2000<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span> – ou à une apparition de survivance comme chez Didi-Huberman. L’image cinématographique proprement deleuzienne est une <span class=""typo_Italique"">image-crise</span> – pourrait-on dire – qui engendre la pensée. La prise en compte du corps du spectateur n’est pas absente dans les ouvrages de Deleuze sur le cinéma, mais c’est avant tout le cerveau comme organe de pensée que la rencontre avec les images active. Et, contrairement à Cavell, Deleuze ne s’intéresse pas à la vie ordinaire, mais aux situations extraordinaires suscitant un état de déprise à l’égard de leurs habitudes de vie, chez les personnages comme chez les spectateurs. Ces situations de crise habitent plus spécifiquement le cinéma d’après-guerre. Aussi, l’approche deleuzienne de l’image cinématographique réhabilite la pensée d’André Bazin, et renforce l’idée bazinienne d’une rupture historique instituée par le néoréalisme<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Comment présenter à la fois une certaine théorisation philo­sophique de l’image et la façon dont une approche de l’image en art s’inscrit dans l’œuvre d’un philosophe ? Prenant le parti d’approcher la pensée de l’image de Deleuze selon plusieurs angles qui constituent les aspects principaux d’une pensée de l’image en général, cet ouvrage n’en adopte pas moins pour autant d’emblée un point de vue particulier sur l’image et l’approche théorique des arts visuels, qui n’est pas directement héritier de la philosophie deleuzienne. La façon générale d’aborder ici l’image supposera la réintroduction de ce que Deleuze avait fini par exclure, la triade lacanienne du réel, de l’imaginaire et du symbolique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>. Pour mieux cerner les aménagements opérés par Deleuze, un questionnement sur les raisons de son éviction du symbolique sera mené. Aussi les trois dimensions de l’image seront conjointement envisagées, ce qui supposera la réintroduction d’un vocabulaire non deleuzien dans cet ouvrage : la projection fantasmatique (le domaine psychique inconscient, l’imaginaire), le support matériel (le domaine physique objectif, le médium optique), le champ visuel (le domaine sensible subjectif, l’œil). C’est dans la zone où ces trois espaces – psychique, matériel et visuel – se rencontrent que surgit l’« image », au sens que nous lui conférerons ici.</p><p class=""txt_Normal"">Il est en effet étonnant de voir que de faux débats peuvent ainsi s’engager lorsqu’une définition de l’image à la croisée de ces trois domaines n’est pas clairement adoptée par les différents interlocuteurs. En particulier, c’est une réévaluation du facteur psychique inconscient de production d’image qui sera ici opérée, en opposition à une approche qui occulte trop souvent la dimension fantasmatique de la production psychique d’images. Car la façon dont l’image est conçue est toujours le symptôme de formes de pensée et de sensibilité singulières. À cet égard, Deleuze a tendance à confondre la cause et l’effet, c’est-à-dire la composition de l’image (cause/science de l’art) et ce que l’image suscite chez nous (effet/réceptivité du spectateur). La différence est importante entre l’effet sur le spectateur que Deleuze appelle de ses vœux et la composition des œuvres qui occasionne cet effet. C’est pourquoi il y a projection fantasmatique. On peut ainsi relever plusieurs paradoxes propres à la pensée deleuzienne du cinéma :</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">• tout en promouvant une sémiotique de l’image qui lève le voile dénaturant de la sémiologie linguistique pour accéder directement à la matière des composants filmiques, Deleuze ne cesse de s’intéresser à un cinéma narratif ;</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">• tout en défendant la littéralité contre le recours à la métaphore, son écriture philosophique déploie de nombreuses figures imagées qui expriment métaphoriquement sa pensée ;</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">• tout en évoquant des « situations optiques pures », Deleuze décrit la réaction étrange et décalée d’un personnage déstabilisé et inquiet ;</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">• tout en considérant que les films d’un cinéaste renvoient de façon paradigmatique à un certain type d’images et de signes, il classe ailleurs la filmographie du même cinéaste dans une autre catégorie ;</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">• tout en accréditant l’œuvre d’un cinéaste d’être le plus parfait équivalent d’un certain type de style cinématographique, il décerne ensuite à une autre oeuvre la même qualité<span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> ;</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">• tout en décomptant dans un premier temps trois « variétés » d’images-mouvement, il distingue finalement dans une « récapi­tulation » plus tardive six types d’images-mouvement ;</p><p class=""txt_Normal ParaOverride-1"">• tout en proposant une riche classification d’images-mouvement dans laquelle devraient trouver à se situer les chefs-d’œuvre cinématographiques d’avant « l’après-guerre », Deleuze définit le « cliché » comme « une image sensori-motrice de la chose<span class=""typo_Exposant CharOverride-2""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span> », réduisant donc tout le « cinéma classique » à une production de clichés !</p><p class=""Paragraphe-standard""><span class=""CharOverride-3"">Pourquoi Deleuze ne fait-il pas œuvre de sémioticien du cinéma, au sens courant du terme ? Pourquoi sa classification des images et des signes au cinéma n’est-elle pas « ajustée » spécifiquement au cinéma ? Pourquoi ménage-t-elle trop aisément la possibilité d’appliquer les caractéristiques d’une image à un autre type d’image ou de champ artistique</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span><span class=""CharOverride-3""> ? Rancière</span><span class=""CharOverride-3""> a raison de s’étonner de ce que l’image dans sa composition interne soit rarement finement analysée par Deleuze. De la même façon que certains cinéastes évoqués, Deleuze « fabule », lui aussi. L’image qu’il décrit est moins l’image cinématographique réelle que l’image imaginée. Car Deleuze décrit souvent moins </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">l</span><span class=""CharOverride-3"">’image du film (au singulier) que ce que </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">les</span><span class=""CharOverride-3""> images du film (au pluriel) ont fait naître chez lui. Ainsi, les plans du film font surgir l’image de ce que c’est que percevoir, agir, être affecté, être soumis à des pulsions, et penser.</span></p><p class=""txt_Normal"">Plus profondément, l’image est une production imaginaire qui nous met à l’abri de la séparation pour Deleuze. Il ne reconnaît toutefois pas le caractère fantasmatique de cette image qu’il appelle de ses vœux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>. Le « “contrat” psychanalytique », écrit-il, a tort « de réduire les états vécus du patient, de les traduire en fantasmes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span> ». De la même façon, il semble réfuter cette distance entre soi et l’œuvre qui actualise, atteste, renforce un régime de séparation. L’idée d’en passer par des médiations et des transferts n’est pas retenue. C’est pourquoi la « représentation », critiquée, est assimilée à une métaphore, au sens d’une médiation, d’un détour. La représentation est le contraire de ce qui lève les filtres entre le spectateur et le monde. Dans les ouvrages coécrits avec Guattari prédomine le thème de la libération des flux intensifs. La promotion deleuzo-guattarienne d’une libération <span class=""typo_Italique"">directe</span> des flux désirants, non médiatisée par une relation transférentielle, s’avère favorable à un auto-engendrement anti-généalogique. Le sujet cherche moins à subvertir le faisceau des normes sociales et psychiques qui le façonnent qu’il ne tente de les sublimer. Une tension est donc à déceler dans l’esthétique de Deleuze entre une pensée de l’immanence non réflexive qui se donne pour tâche d’orienter vers une intensification de l’existence « sublimante » et une autre approche, réflexive, qui tente avant tout de porter un éclairage sur les multiples causes qui nous déterminent.</p><p class=""txt_Normal"">La posture de spectateur défendue par Deleuze est celle de la contem­plation pure, et elle suppose l’identité du mental et du physique, du réel et de l’imaginaire, du sujet et de l’objet, du monde et du moi. Plus précisément, quelle forme de transformation cette contemplation augure-t-elle ? Il y a bien sûr un désœuvrement, une passivité, une intensification de l’existence promus par Deleuze. Mais comment et dans quel but ? Quelle est la spécificité de la réceptivité esthétique de Deleuze ? Quelle en est la provenance, ainsi que la destination ?</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-013"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Deleuze, DR, 172. Le concept d’« image de la pensée » apparaît dès 1964 dans la conclusion de la première partie de <span class=""typo_Italique"">Proust</span><span class=""typo_Italique""> et les signes</span>. En revanche, celui d’une « pensée sans image » n’est présent qu’à partir de 1968 dans le troisième chapitre de <span class=""typo_Italique"">Différence et répétition</span>. Pour une présentation de ce thème chez Deleuze, prenant au sérieux la possibilité d’une pensée sans orientation ni modèle préalables : <span class=""typo_Italique"">cf.</span> Bernard Benit, <span class=""typo_Italique"">Deleuze, la pensée sans image</span>, Paris, L’Harmattan, 2018.</p></div><div id=""footnote-012"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Nous ne voulons pas dire ici que d’autres théories de l’image (picturale, photographique ou cinématographique) n’envisagent pas cette modalité d’être immanente de l’image, mais que la pensée deleuzienne a pour particularité d’être, profondément, <span class=""typo_Italique"">philosophiquement</span> construite autour de cet enjeu.</p></div><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Deleuze et Lyotard se rejoignent sur ce point, même si Lyotard a également développé une sensibilité et une pensée esthétique se rapportant à des démarches conceptuelles en art, ce qui n’a pas été le cas de Deleuze. <span class=""typo_Italique"">Cf</span>. Sarah Wilson, <span class=""typo_Italique"">Figurations ± 68. Le monde visuel de la French Theory </span>[2010], trad. Jeanne Bouniort, Dijon, Les presses du réel, 2018.</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Le participe présent « pensant », qui évoque ce qui enclenche un processus de pensée – sans assignation d’un sens –, est plus approprié que l’adjectif « pensif », qui renvoie plutôt à ce qui questionne réflexivement l’objet contemplé et tend à lui attribuer un sens (<span class=""typo_Italique"">cf.</span> Roland Barthes, <span class=""typo_Italique"">La Chambre claire. Note sur la photographie</span>, Paris, Gallimard/Seuil, 1980, p. 65.).</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Deleuze, IT, 26.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Le médium cinématographique a le pouvoir de nous « absorber » dans le spectacle de l’« être-là » des choses. Il nous « force à la passivité ». <span class=""typo_Italique"">Cf. </span>Stanley Cavell, <span class=""typo_Italique"">La Projection du monde</span>, trad. Christian Fournier, Paris, Belin, 1999, p. 55 et p. 157.</p></div><div id=""footnote-007"" c";;;;;;;;; 698;2;3;39;Design & sciences;;;;"<p>Ou comment analyser les relations transversales entre production d’images, techniques instrumentales et construction de connaissances. Une étude des relations entre design et culture visuelle des sciences.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 11.8px; font: 10.0px Helvetica} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 11.8px; font: 10.0px Helvetica; min-height: 12.0px} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 11.8px; font: 11.0px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 60.0px; font: 10.0px Helvetica; color: #ffffff; min-height: 12.0px} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 11.8px; font: 10.0px Helvetica} p.p6 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 60.0px; font: 15.0px Helvetica} p.p7 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 60.0px; font: 11.0px Helvetica; min-height: 13.0px} p.p8 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 11.8px; font: 10.0px Helvetica; min-height: 12.0px} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Introduction<span> </span></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>Partie 1. Théories</strong></p><p class=""p5"" style=""text-align: center;""><span> </span>Dessins, schémas, diagrammes<br /><br /></p><p class=""p1"">Dessins<br />Dessin et anthropologie <br />Schéma et apprentissage <br />Acte d’image et main pensante <br />Intuitions structurelles </p><p class=""p5"" style=""text-align: center;"">Dessein, plan, projet</p><p class=""p1"">Dessein<span> <br /></span>Plan <br />Projet </p><p class=""p5"" style=""text-align: center;"">Design, appareil, reproductibilité</p><p class=""p1"">Instruments<span> </span><br />Objectivité <br />Reproductibilité </p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong><br />Partie 2. Pratiques</strong></p><p class=""p7"" style=""text-align: center;""> <span style=""text-align: center;"">Ateliers, cultures, territoires</span></p><p class=""p5"">Culture visuelle <br />La troisième culture <br />Technique, représentation, tension</p><p class=""p5"">Culture technique <br />Représentation et interprétation <br />Tension essentielle </p><p class=""p8"" style=""text-align: center;"">Création, observation, relation</p><p class=""p1"">Univers des connaissances et modes de création<span> <br /></span>Design et engagement ethnographique </p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong><br /><br />Partie 3. Recherches et pédagogies</strong></p><p class=""p5"" style=""text-align: center;"">Diplomatie, méthodes, langages</p><p class=""p1"">Diplomatie<span> <br /></span>Méthodes <br />Langages </p><p class=""p5"" style=""text-align: center;"">Corps, forme, matière</p><p class=""p1"">Corps<span> <br /></span>Forme <br />Matière <br />Expressivité et matérialité <br />Technologie, épistémologie, science <br />Science du design et recherche expérimentale </p><p class=""p5""> </p><p class=""p1""> </p><p class=""p1"">Conclusion<span> </span><span><br /><br /></span>Postface : conversation avec Peter Galison<span> </span></p><p class=""p1"">Bibliographie<span> </span></p>";;19/03/2020;0;120x180;188;978-2-37924-024-9;978-2-37924-024-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_698.jpg;"<p>Présent dans tous les champs de la culture industrielle, artistique, technique ou scientifique, le design parait impossible à définir dans le monde contemporain. Selon la formule d’Ettore Sottsass, un de ses plus grands représentants au XXe siècle, « ou bien le design n'existe pas, ou bien il a toujours existé ».<br /> C’est d’abord à un travail d’inventaire et de définition que s’attelle Anne-Lyse Renon en menant une enquête anthropologique, historique et critique. Vecteur d’innovation et de consommation, le design est avant tout mise en relation de données hétérogènes, méthode d’observation à part entière, voire science. Et le livre propose une étude de ces liens singuliers entre théories, pratiques et pédagogies transdisciplinaires qui situent le design contemporain entre recherche et science.</p><p class=""p2"">Postface : entretien avec Peter Galison, professeur d’histoire des sciences et de physique à l’université d’Harvard.</p><p class=""p1""><em>Anne-Lyse Renon est maître de conférence à l’université Rennes 2.</em></p><div><em><br /></em></div>";"<p class=""normal"">Introduction<br />Anne-Lyse Renon<br /><br /></p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Times} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} --><p class=""p1""><span class=""s1"">En 2008, le Museum of Modern Art de New York a organisé une exposition réunissant plus de 200 dispositifs, créations, objets ou illustrations de designers, d’artistes et de scientifiques sous le titre <em>Design and the Elastic Mind</em>. Lorsque les musées organisent des expositions sur la science, ils utilisent souvent des images spectaculaires, donnant à voir des phénomènes sublimés par leur présence graphique, leurs couleurs artificielles, en procédant à une esthétisation en-dehors du contexte. Au-delà de l’aspect séduisant, voire kitsch, cette esthétisation peut « tuer la profondeur et le contexte qui rendent justement la science intéressante » (Schwartz 2008). Cette exposition, par sa lucidité et son respect des informations données sur chaque objet présenté, avait pour but de donner de la science une nouvelle tonalité. L’idée de cette exposition est venue suite au lancement à l’automne 2006 par Paola Antonelli, la conservatrice et curatrice en chef du MoMa, et A. Bly, le créateur et rédacteur en chef de <em>Seed Magazine</em>, d’une série de salons mensuels réunissant scientifiques, designers et architectes, afin d’explorer les relations entre le design et la science et leurs éventuels points de contact.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">L’hypothèse de départ, volontairement caricaturale, était que les scientifiques ne connaissent rien à l’art, <em>a priori</em>, et que les designers ne connaissent rien des calculs et des formules complexes manipulées par les scientifiques, afin de voir ce qu’il se passe lorsque ces deux communautés de pratiques et de savoirs, ainsi que leurs productions, se rencontrent. Certains travaux présentés peuvent évoquer la stupeur, ou susciter l’admiration, avoir l’air de miracles, particulièrement lorsqu’ils évoquent ou représentent des mécanismes ou phénomènes qui ont à voir avec la création du monde ou la vie (molécules ADN, formation de l’univers, galaxies lointaines, intelligence artificielle, par exemple). Au moment où cette initiative est lancée, on ne peut que constater un écart avec le champ académique français se revendiquant alors du monde de l’art, du design, des sciences, même si l’on peut retrouver bien sûr des formations en art appliqués, des expositions dédiées au design et aux relations art-science-technologies. Dix ans plus tard – notamment sous l’impulsion de la réforme des études universitaires Licence Master Doctorat faisant suite au protocole de Bologne – la communauté du design revendique une place à part entière dans les champs de la recherche scientifique au sein de la communauté académique française, notamment par le biais de l’accélération de la recherche en écoles d’art et de design, et de nombreux chercheurs en design se positionnent sur les relations entre création et connaissance scientifique.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Au croisement entre culture visuelle et matière vivante, toutes les définitions du terme « design » le situent dans l’enchevêtrement de plusieurs domaines : art, industrie, technologies, sciences humaines. Le renouvellement des pratiques du design passe par la redéfinition de son sens, même s’il s’est plus que jamais affirmé comme une discipline relevant du projet, de même que de nombreux débats tendent à vouloir fonder une science du design, ou à faire du design une science. Sur une trajectoire parallèle, la définition du design continue d’animer la communauté aussi bien des historiens, des théoriciens que des praticiens à travers le monde et dans de nombreuses publications. Cette trajectoire relie les théories de la culture visuelle et l’histoire, notamment graphique, et se cristallisent également autour de la question de la <em>matérialité </em>du design. Ces pratiques du design ne se sont jamais limitées à réaliser la rencontre entre l’art et l’industrie, comme l’avait souhaité Walter Gropius en 1919 dans le manifeste du Bauhaus. Elles se sont toujours situées au cœur des révolutions scientifiques, des poussées techniques, où chaque objet de recherche se révèle aujourd’hui être un nœud autour duquel les significations s’accroissent et s’épaississent. L’origine de ce présent essai vient d’une envie de réfléchir aux déplacements de ce terme, « design », dans le champ contemporain de la recherche. S’agit-il d’un outil didactique, d’une illustration, d’un processus inhérent à la production et à la transmission du savoir, voire d’une science ?</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">De nombreux ouvrages présentent l’histoire du design, l’évolution des écoles de pensée et celle des disciplines rassemblées derrière cette notion. Il ne s’agit pas ici de refaire une synthèse ou de présenter une étude exhaustive, ni de construire un plaidoyer pour la recherche en design ou en art en tant qu’approche singulière de la recherche scientifique, ou comme approche s’en démarquant de manière systématique. Le but est de comprendre les implications de la pratique du design, notamment graphique, dans la construction de la connaissance contemporaine, et ce particulièrement à l’heure où il infuse la transmission et la médiation de la recherche scientifique.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">D’un côté, nous avons choisi d’interroger l’idée de design dans ses relations matérielles avec la construction de la connaissance. De l’autre il nous semble intéressant de raisonner à partir d’une grille comportant trois points d’entrée permettant d’étudier autant des pratiques et des usages liés à la notion de <em>design</em> que l’adoption omniprésente d’un concept flottant qui lui serait associé pour <em>désigner</em> des modes de connaissances :</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">1. Si l’on admet communément que le design trouve son origine linguistique dans le <em>disegno</em> de la Renaissance, signifiant à la fois tracé, contour, et projection, nous pouvons percevoir des implications importantes à retenir pour sa généalogie historique, et ses développements actuels et futurs. « Design » renvoie au dessin en tant qu’expression d’une forme présente à l’esprit ou au dessein dans l’imagination. Mais il fait également référence à une pratique industrielle de la conception de mise en forme – architecturale, objets de la vie courante, interfaces graphiques ou objets éditoriaux... – une <em>mise en forme</em> qui, par définition, dépasse le cadre de la simple « utilité ».</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">2. La question d’un « tournant visuel » ayant fait l’objet d’échanges théoriques importants depuis les années 1980, la culture visuelle des sciences nous semble en lien étroit avec l’idée que le design constitue un tournant dans la relation entre la visualisation et la société.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">3. Finalement, la progression de la recherche en design, ou plutôt d’un design en recherche de sa recherche, nous semble cruciale. Nous proposerons ainsi des focus sur des cas issus de modes d’imagerie contemporains spécifiques comme la cartographie dynamique, les grammaires de signes graphiques et les dispositifs de médiatisation de la recherche scientifique afin de dresser un panorama des articulations fines où le design intervient.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Cette grille sera transversale à chacune des huit thématiques examinées dans ce livre. Certains débats deviennent des objets de fascination, d’association et de considération sans fin, aussi nous ne nous focaliserons pas sur les pratiques et les théories du design, car il nous semble crucial de le situer précisément dans un enchevêtrement entre les arts, les techniques et les sciences. Et pour résumer cette intention, empruntons les mots de Ettore Sottsass : « Ou bien le design n’existe pas, ou bien il a toujours existé » (Sottsass 2005).</span></p>";;0;10.00;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Times; color: #ffffff} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Helvetica; color: #ffffff} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 8.0px Helvetica; color: #ffffff} span.s1 {font: 6.0px Times} span.s2 {font: 10.0px Times} --><p class=""normal"">Comment réfléchir les relations entre design et sciences, à une époque où l’omniprésence du design dans la société semble aller de paire avec la difficulté de sa définition?</p><p class=""normal"">Cet ouvrage propose une synthèse inédite des liens interdisciplinaires situant le design à l’enchevêtrement entre l’anthropologie de l’image, l’esthétique, l’histoire de l’art, les Sciences and Technological Studies (STS) et la culture visuelle des sciences. Il s’agit de proposer une analyse d’exemples historiques comme de pratiques de recherches contemporaines qui situeraient le design entre recherche et science.</p><p class=""p1""> </p><p> </p><p> </p><!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Verdana; panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-1593833729 1073750107 16 0 415 0;} @font-face {font-family:""Cambria Math""; panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""Times New Roman"";} p.normal, li.normal, div.normal {mso-style-name:normal; mso-style-unhide:no; mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; color:black; mso-ansi-language:EN-US; mso-fareast-language:EN-US;} .MsoChpDefault {mso-style-type:export-only; mso-default-props:yes; font-size:10.0pt; mso-ansi-font-size:10.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt;} @page WordSection1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.WordSection1 {page:WordSection1;} --> <!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Verdana; panose-1:2 11 6 4 3 5 4 4 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-1593833729 1073750107 16 0 415 0;} @font-face {font-family:""Cambria Math""; panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:auto; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""Times New Roman"";} p.normal, li.normal, div.normal {mso-style-name:normal; mso-style-unhide:no; mso-style-parent:""""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family:""Times New Roman""; mso-fareast-font-family:""Times New Roman""; color:black; mso-ansi-language:EN-US; mso-fareast-language:EN-US;} .MsoChpDefault {mso-style-type:export-only; mso-default-props:yes; font-size:10.0pt; mso-ansi-font-size:10.0pt; mso-bidi-font-size:10.0pt;} @page WordSection1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.WordSection1 {page:WordSection1;} -->";;05/11/2019 17:14;0;Première édition;3709 699;2;3;14;Street Works. New York, 1969;;;;"<p>En 1969, dans un contexte de fortes revendications sociales, le poète Vito Acconci décide de suivre durant vingt-trois jours, une personne différente dans la rue. Comment cette action imperceptible en tant qu’œuvre a-t-elle été reconnue comme telle ?</p>";"<p>Introduction </p><p> </p><p style=""text-align: left;""><strong>Chapitre I. S’engager dans la foule 
des grandes villes. S’y perdre. 
S’inventer soi-même </strong></p><p style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">Quitter la page pour la rue. L’homme des foules <br />Georg Simmel : « [N]ulle part aussi seul et abandonné 
que dans la foule de la grande ville » <br />Charles Baudelaire : « De la vaporisation et de 
la centralisation du Moi » <br />Victime et bourreau <br />Une attitude active. Être au présent <br /><br /></p><p><strong>Chapitre II. L’art comme instrument 
de changement social ? Un rapport 
à l’œuvre transformé </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Descendre dans la rue. New York, 1969 <br />S’adresser à « l’homme de la rue » <br />En vue d’une « catalyse ». Adrian Piper <br />Se soustraire à la visibilité artistique <br />Le secret de l’action artistique <br />Aux risques d’être arrêté ou de passer totalement inaperçu <br />Changer le rapport à l’œuvre. 
Des précédents ; les années 1960, New York <br />Confondre l’art et la vie <br />Pour attirer l’attention sur l’environnement <br />Et changer la vie ? <br />L’échec des avant-gardes ? <br />Le paradoxe des « Street Works » <br /><br /></p><p><strong>Chapitre III. Le devenir œuvre 
des « Street Works » </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">Le choix entre dissimulation ou révélation <br />Quel accès aux « Street Works » ? <br />Une révélation écrite et privée. Vito Acconci : 
« A Follow up to Following Piece » <br />Des mots à l’action, puis retour aux mots. 
La porosité des catégories <br />Représenter, vendre et conserver Following Piece : 
un constat d’échec ? <br />« Il nous faut quelque chose à vendre ! »  <br />Découvrir ce qui se dérobe. 
À la recherche d’une lettre cachée <br />Être présent et absent à la fois <br />Déplacer dans l’espace poétique <br />Qu’est ce qui se répète ? <br />Le quotidien, c’est ce qu’il y a de plus difficile 
à découvrir </p><p><br />Conclusion
<br />Un nouveau spectateur ? </p><p><br />Bibliographie <br />Index des noms <br />Index des notions <br /><br /><br /><br /></p>";;27/02/2020;0;160x220;256;978-2-37924-077-5;978-2-37924-077-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_699.jpg;"<p>En 1969, dans un contexte de fortes revendications sociales, des artistes décident d’œuvrer dans la rue, au risque de passer inaperçus : ce sont les « Street Works ». À cette occasion, Vito Acconci décide de suivre chaque jour, durant vingt-trois jours, une personne différente dans les rues de New York jusqu’à ce qu’elle entre dans un lieu privé. C’est peut-être la première fois dans l’histoire de l’art qu’une œuvre se doit de ne pas être vue en tant que telle. Elle se dérobe à toute visibilité artistique par le spectateur pour n’acquérir une reconnaissance qu’a posteriori.<br />Pour explorer ce paradoxe entre imperceptibilité du geste et visibilité de l’œuvre, cet ouvrage convoque différents cadres d’analyses, de la tradition littéraire aux philosophies de la modernité en passant par la psychanalyse. Ce faisant, il relie ces actions furtives semble-t-il novatrices à une tradition plus ancienne, à même d’appréhender leurs enjeux politiques et sociaux.</p><p><br /><span style=""font-size: small;"">Critique d’art et curatrice, Sophie Lapalu est membre du comité de rédaction de <em>La Belle Revue</em>, matelot du Laboratoire des Hypothèses, docteure en esthétique et science de l’art, correspondante pour *DUUU radio, enseignante à l’École supérieure d’art de Clermont Métropole. Ses recherches l’ont menée à expérimenter des formats différents au travers de programmations de performances, d’expositions contées, d’émissions de radio ou de festivals de l’inattention. Elle a publié <em>Rien n’est vrai, tout est permis. Entretien avec Florence Jung</em> (Piano Nobile, 2014 ) ou encore <em>De l’action à la conversation, Jean-Christophe Norman</em> (Les Presses du réel, 2014).</span></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Introduction<br /><br />Sophie Lapalu<br /><br /></p><p class=""txt_Normal"">« Chaque jour, je choisis au hasard une personne marchant dans la rue. Chaque jour, je suis une personne différente ; je la suis jusqu’à ce qu’elle entre dans un lieu privé (maison, bureau, etc.) où je ne peux pas entrer moi-même<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span>. » Du 2 au 25 octobre 1969, le jeune poète Vito Hannibal Acconci – dénommé par la suite Vito Acconci – décide de suivre chaque jour, vingt-trois jours durant, une personne différente dans les rues de New York jusqu’à ce qu’elle entre dans un lieu privé (<span class=""typo_Italique"">Following Piece</span>). Le poète n’est plus un être coupé du monde accoudé à sa table ; il épouse la foule, embrasse la multitude propre aux grandes villes, allie l’unique au multiple et s’inscrit dans une histoire littéraire propre à la modernité ; certains poètes avant lui n’ont-ils pas fait de la métropolisation de la société et de ses conséquences le terrain même de leur création ? Edgar Allan Poe comme Charles Baudelaire ont fondé leur œuvre sur la relation du poète avec les hommes qui l’environnent et la foule qui le dissimule. Se ressentent dans chaque ligne de leurs travaux l’émergence de la révolution industrielle, la perte de sens dans les rapports humains et l’objectivation des interactions sociales. Le phénomène d’urbanisation à l’œuvre dans le monde occidental à partir du milieu du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle bouleverse considérablement les conditions de vie ; la position de l’individu change – celle de l’artiste également. La foule urbaine habitée d’inconnus qui s’ignorent et se coudoient à la fois est fascinante ; elle est le paradigme de ces temps nouveaux.</p><p class=""txt_Normal"">Cette filature que réalise Acconci a lieu lors de la quatrième occurrence des « Street Works », soit six événements artistiques new-yorkais, organisés par le poète, artiste et critique d’art John Perreault<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span> en collaboration avec la poétesse Hannah Weiner et la peintre Marjorie Strider<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span>. Sous cette dénomination, les programmateurs invitent des artistes à agir dans la rue à leur guise, dans le cadre d’une temporalité donnée et d’un espace désigné. Il s’agit de réaliser des travaux éphémères, idéalement imperceptibles en tant qu’œuvres, en vue d’accroître la perception de l’environnement et de ses usages chez le « public » rencontré par hasard. Cent ans après Poe ou Baudelaire, les « Street Works<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span> » apparaissent comme autant de tentatives d’imaginer de nouvelles façons de vivre, d’interagir avec la foule, d’utiliser les avenues de la mégalopole et de réévaluer ainsi la place de l’individu.</p><p class=""txt_Citation"">Le vrai problème est comment vivre en ville. […] Les Street Works attirent l’attention sur les conditions urbaines, visuelles, spatiales et interpersonnelles. […] En général, plutôt que d’ajouter quelque chose à l’environnement de la rue, un Street Works fait prendre conscience de l’environnement urbain, juste comme il est, pour le meilleur et pour le pire. Ceci inclut non seulement l’aspect de la rue, mais son usage, pour et par qui. Cette transformation de la conscience est une valeur en soi et est bien plus importante que de se demander si un Street Works est ou n’est pas une œuvre d’art<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Comment vivre en ville ? Aujourd’hui où la moitié de la population mondiale est urbaine, cette question résonne autant sinon plus que lorsqu’elle a été posée par Perreault, dans son article intitulé « Sortir dans la rue », publié dans le journal new-yorkais <span class=""CharOverride-2"">The</span> <span class=""typo_Italique"">Village Voice</span> le 16 octobre 1969. Il insiste alors sur l’idée que la « transformation de la conscience » est bien plus importante que la question : « Est-ce de l’art ? ». Il invite les artistes à créer une prise de conscience de la vie urbaine grâce à des travaux qui ne se signalent pas comme œuvres lorsqu’ils ont lieu. Les « Street Works » soulèvent dès lors des questions fondamentales : l’art peut-il participer à informer notre vision du monde, voire à la transformer ? Quant aux œuvres, peuvent-elles se passer de toute reconnaissance artistique ?</p><p class=""txt_Normal"">Cet ouvrage s’attelle à saisir l’élan qui a mené les artistes des « Street Works » à quitter les lieux traditionnellement consacrés à l’art pour embrasser la foule des grandes villes. Lorsque John Perreault, dans sa rubrique de <span class=""typo_Italique"">The Village Voice</span>, déclare à propos d’un geste artistique de Scott Burton qu’il est « le plus invisible et le plus sensationnel des travaux<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span> », c’est peut-être une des premières fois dans l’histoire de l’art qu’il est revendiqué haut et fort que la plus grande valeur d’une œuvre soit de passer inaperçue. L’œuvre d’Acconci<span class=""typo_Italique""> </span>est devenue emblématique ; elle est une référence pour les artistes contemporains. Lorsque trente ans plus tard, dans la capitale mexicaine, Francis Alÿs<span class=""typo_Italique""> </span>choisit une personne qui lui ressemble et se met à la suivre, jusqu’à ajuster ses pas à ceux de l’individu filé (<span class=""typo_Italique"">The Doppelgänger</span>, 1999), comment ne pas voir une filiation avec <span class=""typo_Italique"">Following Piece</span> ? Le contexte de la pièce de 1969 est cependant rarement étudié et le processus de révélation de cette filature, par nature secrète, n’a pas été interrogé. Pourtant, les questions de dissimulation et de révélation d’une action artistique n’ont eu de cesse d’habiter certains artistes contemporains. Au cours du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle jusqu’à aujourd’hui, un certain nombre d’entre eux – héritiers d’une vision duchampienne de l’art – ont<span class=""typo_Italique""> </span>revendiqué comme œuvres des gestes banals, effectués dans l’espace public sans inviter de spectateur à y assister. Jiří Kovanda, à Prague, se gratte la nuque sur la place Václaské (<span class=""typo_Italique"">Divadlo</span>, 1976) ou bouscule légèrement de l’épaule les gens qu’il croise (<span class=""typo_Italique"">Kontakt</span>, 1977). Durant l’année 2001, à Montréal, Diane Borsato touche environ mille personnes en les effleurant de la main (<span class=""typo_Italique"">Touching 1000 Persons</span>). En 2001, sur une place de Mexico,<span class=""typo_Italique""> </span>Francis Alÿs regarde en l’air [<span class=""typo_Italique"">Looking Up</span> <span class=""typo_Italique"">(Plaza de Santo Domingo, México D.F</span>)] comme l’avait fait Ben Vautier avant lui, en 1963 à Nice (<span class=""typo_Italique"">Regarder en l’air</span>, 1963) ou Lucy Lippard, en 1969, à New York (<span class=""typo_Italique"">Contact Piece</span>). À Paris, dans la première décennie des années 2000, Yann Vanderme fait semblant d’attendre le bus (<span class=""typo_Italique"">Faire semblant d’attendre le bus</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>non daté) ou fait des choses à 33 % (<span class=""typo_Italique"">Faire les choses à 33 %</span>, 2007-2009) tandis qu’Élodie Brémaud s’assied dès qu’une personne en fait autant (<span class=""typo_Italique"">Sit In</span>, 1<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">er</span> au 31 juillet 2014). À Montréal, Steve Giasson « demeure im­mobile et en silence (un certain temps) » (<span class=""typo_Italique"">Performances invisibles</span>, 2015) et, entre Bruxelles, Paris et San José, Thomas Geiger reprend nombre d’actions ici décrites pour les reproduire (<span class=""typo_Italique"">Festival of Minimal Actions</span>, Bruxelles, 2014, Paris, 2015, San José, 2018). Absolument non spectaculaires, réalisés de façon anonyme au sein de la foule sans inviter de spectateur, ces gestes ne peuvent pas être distingués de la masse de ceux réalisés quotidiennement dans les villes. Ces œuvres participent de ce que Barbara Formis a nommé l’« esthétique des gestes ordinaires » qui caractérise tout un pan de la création au <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle – un pan selon lequel la vie peut être vécue comme une expérience pleinement esthétique. Formis remarque un véritable « manque de distanciation perceptuelle » dans les gestes ordinaires, qu’elle définit ainsi : « [d]épourvus d’une beauté spécifique, multipliables à l’infini, et hautement impersonnels, les gestes ordinaires demeurent inaperçus<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span>. » Ces gestes suspendent leur visibilité artistique. Insignifiants, ils « se montrent sans se représenter, se font sans rien produire<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span> ». Ces propositions impliquent pour le spectateur une relation totalement inédite avec l’œuvre : la rencontre se fait par hasard, dans la rue, sans cadres prescripteurs. Les « Street Works », auxquels ont participé de nombreux artistes aujourd’hui considérés comme majeurs (Arakawa, James Lee Byars, John Giorno, Lucy Lippard, Bernadette Mayer, Adrian Piper, Marjorie Strider, Benjamin Patterson, Hannah Weiner...), ont creusé la voie à ce type de pratiques. Or, selon Perrault, les travaux réalisés au sein des « Street Works » ne doivent pas être perçus en tant qu’œuvres. Ils sont donc vus, mais non comme tels. En raison de leur indiscernabilité artistique lors de leur réalisation, nous les nommons à la suite du théoricien et critique d’art canadien Patrice Loubier, des « actions furtives<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">9</a></span></span> ». Loubier utilise ces termes pour décrire la façon dont certaines pratiques pénètrent les espaces sociaux et interrogent la notion de spectateur idéal et attendu. Qui peut suspecter Acconci de réaliser une œuvre alors qu’il marche dans la rue ? Considérant que l’adjectif « furtif » qualifie ce qui cherche « à échapper au regard, à passer inaperçu », comment ces actions deviennent-elles œuvres ? Une œuvre peut-elle passer inaperçue en tant que telle ou, pour reprendre la question de Duchamp, « peut-on faire des œuvres qui ne soient pas d’art<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">10</a></span></span> » ? L’artiste doit faire face à un choix : révélera-t-il ou non son geste par la suite ?</p><p class=""txt_Normal"">Il n’est possible d’analyser que les actions qui, d’une façon ou d’une autre, ont été révélées. Non seulement cinquante ans nous séparent de la première manifestation mais, de plus, si nous avions pu nous y rendre, nous n’aurions pu distinguer un <span class=""typo_Italique"">street work</span> de la vie courante dans le sud de Manhattan (à moins de reconnaître les artistes). Notre travail se base sur diverses sources, produites <span class=""typo_Italique"">a posteriori </span>par les artistes et les organisateurs eux-mêmes : les comptes rendus de Perreault dans ses articles publiés dans le journal <span class=""typo_Italique"">The Village Voice</span>, la publication de textes et de photographies dans un supplément au numéro 6 de la revue <span class=""typo_Italique"">0 TO 9</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>le catalogue de l’exposition « In plain Sight : Street Works and Performances, 1968-1971 » organisée par Perreault et Judy Collischan en 2008, les textes de la critique d’art Lucy Lippard, qui a elle-même participé aux « Street Works » et, enfin, un entretien avec Vito Acconci, ainsi qu’un autre avec John Perreault en 2014. Ainsi nos sources sont-elles produites directement par les organisateurs et les participants, mais non pas par le public ; elles posent la question de leur partialité et de leur subjectivité, mais aussi de leur statut. La publication est fondamentale et dépasse largement les seuls enjeux de la documentation inhérents aux pratiques performatives. En effet, les artistes ont agi en secret puis ont dévoilé leur acte dans un second temps en vue de permettre la rencontre avec un public. N’y a-t-il pas là un paradoxe ? Ils créent des publicités – entendues comme actions permettant de rendre public le geste, mais aussi comme les résultats de ces actions –, alors que leurs gestes initiaux avaient pour ambition de se dérober à la visibilité artistique. Que se passe-t-il lorsqu’une œuvre secrète et imperceptible acquiert une forme de visibilité <span class=""typo_Italique"">a posteriori</span>, dans l’objectif d’être perçue comme œuvre ? Quels enjeux se trouvent derrière de telles propositions ? Quelle place l’artiste s’octroie-t-il dans de telles conditions ?</p><p class=""txt_Normal"">Pour étudier ces pratiques qui relèvent de l’ordinaire et de l’imperceptible, il a semblé nécessaire de faire appel à des outils spécifiques en vue d’appréhender les questions de l’indice, de l’inaperçu. Ainsi que le relève Carlo Ginzburg<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">11</a></span></span>, dans la seconde moitié du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle apparaissent, dans différents domaines des sciences humaines, des méthodes qui, justement, se penchent sur l’anodin, le détail <span class=""typo_Italique"">a priori</span> secondaire. Que ce soit dans l’histoire de l’art (avec les travaux de Giovanni Morelli), dans la psychanalyse (ceux de Sigmund Freud) ou encore avec l’apparition du roman policier (Edgar Allan Poe), ce siècle apparaît être tourné vers l’indice. Or les outils développés dans ces trois différents champs sont très utiles à la compréhension des actions furtives. Le « paradigme indiciaire<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">12</a></span></span> » tel qu’observe Ginzburg caractérise la capacité à élaborer des hypothèses sur la base de petits éléments apparemment négligeables. L’analyse de l’indice était au <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle une façon de contrer l’effacement progressif des traces des individus eux-mêmes devenus la masse anonyme des foules urbaines. Aussi les travaux du sociologue Georg Simmel, un des fondateurs de ce qui sera appelé plus tard la micro-histoire, permettent d’étudier les bouleversements des rapports humains au sein de la ville<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">13</a></span></span>. Quels indices laissés par Acconci permettent de saisir les enjeux de <span class=""typo_Italique"">Following Piece</span>, au sein des États-Unis de 1969 en pleine guerre froide ? Comment l’histoire de l’art, le roman policier et la psychanalyse aident-ils à comprendre la structure de cette œuvre et ce qui s’y répète ?</p><p class=""txt_Normal"">Si les <span class=""typo_Italique"">street works</span> s’assimilent à des gestes presque insigni­fiants, ils mènent paradoxalement à une réalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Que remettent en jeu ces gestes qui se dérobent à leur visibilité artistique ? Est-il possible de faire l’hypothèse d’une « attitude de la modernité » ? Les artistes s’engagent activement dans le monde et son élaboration. Agir en secret serait une tactique pour faire de l’art un outil de changement social, ainsi que le réclame John Perreault. Procèdent-ils d’une stratégie d’ordre politique visant à pouvoir agir malgré tout, sans avoir à se conformer aux lois qui régissent l’espace public ni à l’injonction de productivité qui dirige les actions quotidiennes ? Ambitionnent-ils de dénoncer les procédés de légitimation de l’art et leurs cadres institutionnels, en vue de s’octroyer plus de liberté ? Les « Street Works » seraient-ils une façon pour les artistes d’étendre leur champ d’action et de conquérir une forme de pouvoir ?</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-012"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. « Each day I pick out, at random, a person walking in the street. I follow a different person everyday ; I keep following until that person enters a private place (home, office, etc.) where I can’t get in. » (Vito Acconci, dans Sarina Basta, Garette Ricciardi, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Vito Acconci : Diary of a Body</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">1969-1973</span>, Milan/New York, Charta, 2006, n. p. Nous traduisons.)</p></div><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Autodidacte, John Perreault publie son premier recueil de poésie en 1966<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span>(<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Camouflage</span>) et un second (<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Luck</span>) en 1969. Ses poèmes sont édités dans de nombreuses revues littéraires (<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">“C”</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Mother</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Locus Solus</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Art & Literature</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Chelsea Review</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">The Paris Review</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Nomad</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Angel Hair</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">The World</span>, et <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">0 TO 9</span>, revue dont nous parlons plus loin)<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">. </span>En 2014, Perreault se présente comme un poète devenu « critique d’art pour soutenir sa carrière d’artiste, puis commissaire d’exposition, éditeur et administrateur d’art dans le but de soutenir sa carrière de critique d’art ». (John Perreault, entretien par e-mail, octobre 2014-janvier 2015. Nous traduisons.)</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Celle-ci était mariée à Michael Kirby, auteur d’un des premiers ouvrages dédié aux happenings : <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Happenings. An Illustrated Anthology</span>, New York, Dutton, 1966.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Nous utilisons les guillemets pour désigner les manifestations appelées « Street Works » organisées par Perreault, Weiner et Strider et l’italique lorsque nous employons le terme anglais pour « travaux/œuvres de rue ».</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. « The real problem is how to live in the city. […] Street Works call attention to the visual and spatial and inter personal conditions of the city. […] In general, rather than adding something to the street environment, a Street Works brings the street environment, just as it is, for better or for worse, into consciousness. This includes not only how the street looks but what it is used for and by whom. This change of consciousness is a value in itself and is more important than questions or whether or not a particular Street Works is or is not a work of art. » (John Perreault, « Taking to the Street »,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> The</span><span class=""typo_italic_gras""> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Village Voice</span>, 16 octobre 1969, p. 16. Nous traduisons.)</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Id., « Free Art », <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">The Village Voice</span>, 1<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">er</span> mai 1969, p. 14-15. Nous traduisons.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Barbara Formis,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> Esthétique des gestes ordinaires dans l’art contemporain</span>, thèse sous la direction d’Anne Moeglin-Delcroix, Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2007, p. 280.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Ibid.</span>, p. 368.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Patrice Loubier,<span class=""typo_italic_gras""> </span>« Un art à fleur de réel : considérations sur l’action furtive », <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Inter : art actuel</span>, n° 81, 2002, p. 12-17.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Marcel Duchamp, entretien avec Philippe Collin à la galerie Givaudan, Paris, 1967. En ligne [https://<a href=""http://www.youtube.com/watch?v=zaGLM4pgN-0%5d,""><span class=""typo_lien_internet"">www.youtube.com/watch ?v =zaGLM4pgN-0],</span></a> page consultée le 20 juillet 2019.</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Carlo Ginzburg, « Traces. Racines d’un paradigme de l’indice », dans <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Mythes, emblèmes, traces. Morphologie et histoire </span>[1986], trad. M. Aymard, E. Bonan, C. Paolini, M. Sancini-Vignet, Paris, Verdier, 2010, p. 218-294.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">12</a>. <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Ibid.</span></p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">13</a>. La sociologie de Simmel a influencé durablement les penseurs de l’École de Chicago et Erving Goffman en particulier. Ce dernier publie en 1956 <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">The Presentation of Self in Everyday Life</span>, qui a une influence notable sur Acconci. Voir Erving Goffman, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">La Mise en scène de la </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">vie</span><span class=""typo_Italique CharOverride-3""> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">quotidien</span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">ne</span>, 1. <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">La présentation de soi</span> [1956], trad. A. Acordo, Paris, Les Éditions de Minuit.</p></div></div></div>";;0;21.00;"<p>Cette œuvre fait partie des « Street Works », soit six événements artistiques new-yorkais organisés dans la rue par Hannah Weiner, Marjorie Strider et John Perreault. Pour ce dernier, le travail le plus sensationnel est celui qui passe inaperçu. C’est peut-être la première fois dans l’histoire de l’art qu’il est revendiqué que la plus grande valeur d’une œuvre soit de ne pas être vue en tant que telle. Comment paradoxalement est-elle reconnue ?</p>";;05/11/2019 17:34;1;Première édition;3670 700;2;3;22;La Chine au XXe siècle. Histoire, idéologie, révolution;;;;"<p>« Ce qui arrive en Chine arrive dans le monde, et ce qui arrive dans le monde arrive en Chine ». Ce simple énoncé, aux faux airs de tropisme, assume en une phrase toute la radicalité d’Arif Dirlik.</p>";"<p><span>L’« indiscipline » d’Arif Dirlik<br /></span><strong>David Bartel </strong></p><p><span><span><br /></span></span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>Née d’une traduction — </span><strong>la « chine » dans la fabrication de « <em>zhongguo</em><em> </em>»</strong> </p><p style=""padding-left: 30px;""><span>Le socialisme en chine — </span><strong>un panorama historique </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>Le mouvement pour la nouvelle culture revisité — </span><strong>l’anarchisme </strong><strong>et l’idée de révolution sociale dans la pensée du 4 mai 1919 </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>Le triomphe du moderne — </span><strong>marxisme et histoire sociale chinoise </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>Z<em>hongguohua </em>: « mondialiser » la Chine<br /></span>— <strong>sociologie et anthropologie dans la chine du XXe siècle </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>Retournements, ironies, hégémonies<br /></span><strong>notes sur l’historiographie contemporaine de la Chine moderne </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Postmodernisme et histoire de Chine </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>L’histoire chinoise et la question de l’orientalisme </strong></p>";;18/06/2020;0;160x220;288;978-2-37924-081-2;978-2-37924-081-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_700.jpg;"<p><span>« Ce qui arrive en Chine arrive dans le monde, et ce qui arrive dans le monde arrive en Chine ». Ce simple énoncé, aux faux airs de tropisme, assume en une phrase toute la radicalité d’Arif Dirlik. Ce sinologue américain d’origine turque est à l’écoute de ce que nous dit la Chine, sans jamais s’exempter de nous rappeler les complicités économiques, politiques, managériales ou académiques qui accompagnent son incroyable développement. </span></p><p><span>Les origines du mot « Chine », l’importation des sciences sociales, l’influence de l’anarchisme sur les premiers marxistes chinois, la trahison des promesses de la révolution, la Chine postsocialiste et le postmodernisme, le renouveau nationaliste, la destruction massive de l’environnement et la croissance continue des inégalités… voici la liste non exhaustive des sujets abordés par Arif Dirlik dans cet ouvrage qui échappe aux pièges de la sentimentalité victimaire et des discours exceptionnaliste comme essentialiste de la supposée « altérité » chinoise qui ont marqué les esprits au tournant du xxi</span><span><sup>e</sup></span><span> siècle. <br /></span></p><p>Ce premier choix de textes, fait avec leur auteur, permet de découvrir la logique imparable qui lie histoire, langage et théorie critique dans une longue et fructueuse carrière, achevée trop tôt en décembre 2017.</p><p><span> <br /></span><strong>Textes sélectionnés avec Arif Dirlik. </strong><br /><strong>Introduction et traduction par David Bartel. </strong></p><p><span> </span><em>Arif Dirlik (1940-2017) est un historien américain d’origine turque, professeur à l’université de Duke (États-Unis), auteur de nombreux ouvrages sur l’historiographie chinoise et l’histoire des théories radicales en Chine. Plus récemment, il s’est concentré sur la cooptation nationaliste des théories postmodernes et postcoloniales, et sur la restructuration du confucianisme dans la globalisation. </em></p><p><em><br />David Bartel, docteur en histoire, chercheur indépendant, vit à Hong Kong.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article""><span class=""CharOverride-1"">L’« indiscipline » d’Arif Dirlik</span></p><p class=""T_3_Article ParaOverride-1""><span class=""CharOverride-2"">David Bartel</span></p></div><div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""Normal"">Les textes présentés ici ont été sélectionnés avec leur auteur, Arif Dirlik, historien des idées devenu critique social. Le choix des textes retenus cherche à montrer la cohérence d’un parcours sinologique entamé dans les années 1970 sous la forme d’une archéologie des idéologies radicales qui, de l’anarchisme au marxisme sinisé, expose les logiques propres et les tensions paradoxales qui sous-tendent le développement intellectuel de la Chine au <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. En s’attachant de près aux fondements de l’historiographie chinoise contemporaine et à ses liens intimes avec la construction politique moderne, le sinologue américain d’origine turque laisse apparaître les spécificités de l’émergence en Chine d’un mouvement révolutionnaire dont l’orthodoxie idéologique et ses fluctuations ont été – et demeurent – un marqueur indélébile.</p><p class=""Normal"">La fin de l’épisode révolutionnaire, que l’on peut faire correspondre à la mort de Mao Zedong, le 9 septembre 1976, marque une inflexion majeure de l’idéologie d’un Parti communiste chinois (PCC) qui doit réinventer sa propre grammaire intellectuelle pour que, comme l’écrit le regretté Roland Lew, « rien ne change », et surtout pas la mainmise du Parti sur le pouvoir et sur toute la structure institutionnelle de l’État. Avec une intelligence fine et parfois cynique, une capacité d’adaptation dynamique rare pour un appareil politico-bureaucratique d’une telle dimension et la menace toujours présente d’un usage brutal de la force, le Parti a su « coopter » les outillages intellectuels nouveaux à son avantage en détournant tout un ensemble de richesses théoriques et conceptuelles (hégémonie, identité, pouvoir, impérialisme) de leur définition originale, en les retournant vers l’usage unique d’un renouveau du discours nationaliste rendu nécessaire par l’abandon de la téléologie de la révolution.</p><p class=""Normal"">Cette évolution du discours politico-idéologique s’est faite dans le contexte global d’une mondialisation des problématiques socioéconomiques (croissance des inégalités, crise environnementale et revendications légitimes des anciennes populations « subalternes » sur l’épistémologie et les « manières de savoir » autour d’une critique tous azimuts des Lumières européennes) et d’une normalisation générale du vocabulaire pour exprimer celles-ci. Elle est surtout alimentée par la tension normative de la mondialisation entre une ouverture économique et culturelle, et une fermeture paradoxale et parfois inquiétante sur un « roman national » nécessaire pour canaliser les énergies libérées par la disparition des idéologies révolutionnaires. En proposant une analyse extrêmement précise de ce tournant idéologique et intellectuel, Arif Dirlik nous offre des clefs indispensables pour entendre comment ces discours, articulés entre culpabilité coloniale occidentale et avidité des anciens pays du « Sud » à partager les bénéfices du développement, sans toutefois avoir à s’alourdir des pesanteurs démocratiques de la légitimité populaire, redéfinissent les contours des notions de progrès et de développement.</p><p class=""Normal"">Ces considérations sur la reconfiguration d’une « modernité globale », au-delà de la rupture que représente l’année 1989 (répression de Tiananmen, fin du monde du « socialisme réel » et essor hégémonique conséquent du capitalisme global), permettent enfin de questionner à nouveau frais les vocables que les discours contemporains, et surtout la nouvelle doxa du management globalisé, tendent à faire passer pour apolitiques et non idéologiques. Au contraire, Arif Dirlik nous oblige à réentendre le « modèle » chinois, le « consensus » de Pékin, le renouveau confucéen ou l’essor de la « classe moyenne » dans les pays « émergents » comme autant de piliers idéologiques d’un discours dominant articulé : le développementalisme. Il ouvre ses analyses sur l’essor de ce discours au-delà de la république populaire de Chine (RPC), dans un vaste ensemble asiatique qui, mal défini, centré sur les succès économiques de la RPC, ne sait proposer rien d’autre qu’un développement dans le capitalisme où les méfaits – sociaux et écologiques – connus du développement ne seront soulagés que par davantage de développement. Comme s’il fallait, nous dit Dirlik, « boire du poison pour étancher sa soif ».</p><p class=""Normal"">Ce parcours dans les idéologies, attaché à la réalité chinoise d’aujourd’hui, nous offre une forme d’anthropologie du contemporain qui permet de comprendre le glissement effectué par Arif Dirlik, historien des idées devenu critique social. Le constat de la grave situation en RPC et dans le monde, les promesses trahies – de la révolution d’abord, du développement ensuite – obligent à lire les textes les plus récents de l’auteur en partant du principe que désormais, ce qui arrive en RPC est une alarme qui nous concerne tous. Ce faisant, Arif Dirlik mondialise la problématique chinoise et invalide avec une force rare tant les discours sur l’« altérité » supposée des Chinois que ceux sur les « spécificités culturelles » du développement.</p><p class=""Normal"">Avec une écriture serrée, théoriquement riche, et une argumentation qui trouve sa pertinence dans l’histoire, Arif Dirlik nous oblige à sortir de notre zone de confort en démontant les logiques idéologiques qui infusent les discours contemporains sur l’« essor » de la Chine. En sortant la RPC de la boîte sinologique où on l’y enferme parfois si complaisamment, il explose le cadre d’une réflexion habituellement enfermée sur la « chose chinoise » pour pointer les complicités du néolibéralisme mondialisé avec les catastrophes, sociales et écologiques, qui désormais touchent l’ensemble du monde tel que nous le connaissons. Dirlik dérange, mais permet d’être mieux armé pour répondre aux défis posés par la mondialisation de l’économie et des savoirs.</p><p class=""intertitre-1""><span class=""CharOverride-1"">Une biographie politique</span></p><p class=""Normal"">Né à Mersin en Turquie en 1940, Arif Dirlik grandit à Istanbul où il s’engage très tôt dans le syndicalisme étudiant. Au lycée, il organise des discussions sur Kemal Atatürk (1881-1938), la figure centrale de la modernité turque. Il publie des articles polémiques sur le sujet dans un pays, dit-il, où il est impossible – encore aujourd’hui – d’exprimer une perspective critique sur cette figure historique. Il quitte la Turquie en 1964, diplômé en ingénierie, avec une étiquette de « communiste » qu’il considère déjà être une preuve du primitivisme politique de son pays. S’il se considère « de gauche », il avoue n’avoir jamais eu de patience pour la pratique politicienne. Il n’a jamais été affilié à aucun parti ni à aucune organisation. Et même s’il cherche à relativiser son statut d’« exilé », d’« insoumis », ses rares contacts avec la Turquie restent problématiques. Produit et défenseur de la laïcité, il regrette le tournant droitier et la résurgence de la religion dans le domaine politique. Il critique aussi vertement l’incapacité du gouvernement turc et de la majorité de la population à admettre des épisodes peu glorieux du passé qui pourtant font intégralement partie de l’émergence de la Turquie moderne. Il reste persuadé que le courage d’affronter ces moments permettrait à la nation de s’ouvrir un avenir plus intelligent, plus démocratique et plus humain. Une analyse et une exigence qui à l’évidence résonnent pour d’autres pays.</p><p class=""Normal""><span class=""typo_SC"">I</span>l arrive aux États-Unis en 1964 avec une bourse Fulbright. Après deux mois pourtant, il abandonne les études de sciences auxquelles il se destinait pour se tourner vers l’histoire de la Chine. L’université Rochester de New York ne possède pas encore à l’époque de département de chinois. Il y apprend l’histoire du Japon et de la Russie. Deux ans plus tard, il intègre la prestigieuse université de Berkeley en Californie. Là, sous la houlette de l’historien Karl Wittfogel (1896-1986), il étudie le chinois avant de passer deux années à l’université de Taiwan au tournant des années 1970. Arif Dirlik se dit appartenir à la génération des années 1960. La guerre du Vietnam est à son apogée. Le mouvement pacifiste bouleverse les campus américains et chevauche le mouvement des droits civiques. Dans le même temps, les mouvements de libération nationale, partout dans le monde, font émerger la question du tiers-monde sur l’échiquier intellectuel international. Il obtient son doctorat en 1973. Sa thèse porte sur l’histoire de l’historiographie marxiste en Chine. Elle sera publiée en 1978<span class=""typo_Exposant CharOverride-3""><span id=""footnote-008-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/b_introduction.html#footnote-008"" target=""_blank""> 1</a></span></span>. Il commence rapidement à enseigner à l’université de Duke où la violence des affrontements entre des factions politiques opposées lui fait comprendre l’inanité et le danger du dogmatisme idéologique.</p><p class=""Normal"">En 1975, il participe à la création de la revue <span class=""typo_Italique"">Modern China</span>, dont le but est de donner la voix à une jeune génération de chercheurs qui ne peut plus se satisfaire de paradigmes sinologiques dont l’eurocentrisme marque l’obsolescence. Les travaux de Joseph Levenson (1920-1969), qui ont longuement imprégné les études chinoises modernes, sont leur première cible<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/b_introduction.html#footnote-007"" target=""_blank""> 2</a></span></span>. Arif Dirlik voit dans la Révolution chinoise qui semble être en train de se dérouler une grande proximité – de situation et de problématique – avec d’autres pays du tiers-monde. Il se rend en république populaire de Chine pour la première fois en 1983, presque vingt ans après avoir entamé ses études chinoises, et cinq années après la publication de son ouvrage <span class=""typo_Italique"">Revolution and History</span>. C’est un moment, se souvient-il, où la Chine a encore un fort goût de socialisme. Les conférences qu’il donne alors sur le marxisme à l’université de Nankin sont critiquées comme « hétérodoxes » ou « révisionnistes ». Pourtant, il touche aussi des étudiants surpris et intéressés par ces perspectives nouvelles sur le marxisme.</p><p class=""Normal"">Près de dix années plus tard, en 1993, c’est avec le politologue Yu Keping (<span class=""chinois"" lang=""ar-SA"">俞可平</span> né en 1959) qu’il introduit le concept de globalisation (<span class=""chinois"" lang=""ar-SA"">全球化</span> <span class=""typo_Italique"">quanqiuhua</span>) – déjà utilisé à Taiwan – à un auditoire continental<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/b_introduction.html#footnote-006"" target=""_blank""> 3</a></span></span>. Il introduit aussi les concepts de « postsocialisme » et de « postrévolution », utiles aux historiens de la Chine dans leurs tentatives d’historiciser le présent chinois. Arif Dirlik est considéré comme un pionnier de l’arrivée dans les universités chinoises des discours postcoloniaux et du développement de ce que l’on nomme aujourd’hui les « postologies » (<span class=""chinois"" lang=""ar-SA"">後學</span> <span class=""typo_Italique"">houxue</span>)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/b_introduction.html#footnote-005"" target=""_blank""> 4</a></span></span>. Son retour systématique à l’histoire et au présent de la Chine l’éloigne pourtant d’autres penseurs critiques en ce que son travail intellectuel tient fondamentalement à s’ancrer dans la réalité. « Je suis avant tout un sinologue (<span class=""typo_Italique"">China scholar</span>) » aime-t-il rappeler.</p><p class=""Normal"">Avec le recul, on comprend qu’Arif Dirlik fait le choix de la Chine à un moment où se déploient dans le tiers-monde des questions d’impérialisme, de classes, d’inégalité, de développement, de patrimoine culturel et où se met en place plus généralement une réflexion sur la possibilité de créer une alternative au développement capitaliste, visage renouvelé d’une hégémonie culturelle qu’il qualifie d’« euromoderne ». En accordant une importance centrale aux circonstances spatiales et temporelles de production et de réception de nouvelles manières de penser, il est frappé par la similarité des problèmes qui touchent des pays très différents, mais pareillement positionnés dans la distribution globale du pouvoir. La question de la réception et de la domestication de corpus d’idées d’origines étrangères est centrale dans sa réflexion. La traduction de bagages conceptuels dans des contextes historiques et sociaux différents, en même temps que les défis qu’imposent les revendications alternatives au grand récit eurocentré de la modernité, courent en effet tout le <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-3"">e</span> siècle. Pour lui, comprendre la Chine, c’est un moyen et un outil pour mieux saisir des questions théoriques d’importance universelle comme le nationalisme, les évolutions culturelles, la révolution et la démocratie, dans l’urgence déjà de remettre en cause la persistance d’un binarisme Chine/Occident qui – s’il ne dit rien en réalité – demeure stratégiquement encouragé comme instrument politique complaisant de légitimation polie des ignorances réciproques.</p><p class=""intertitre-1""><span class=""CharOverride-1"">Mondialiser la Chine</span></p><p class=""Normal"">Quand il quitte la Turquie pour rejoindre l’université américaine, la passion théorique d’Arif Dirlik est déjà posée. En passant des sciences naturelles à l’histoire intellectuelle son choix correspond, « par le plus grand des hasards » dit-il, au moment où se joue dans le monde universitaire une révision de l’histoire, fondée désormais sur la centralité de l’interprétation et sur l’exploration des concepts constitutifs de l’analyse historique, moment où l’histoire comme discipline, étude du passé, commence à sciemment interroger les modes de représentation et de compréhension du présent. Le passé, invariablement traduit pour répondre aux besoins et aux perceptions du présent devient alors, en soi, un sujet de recherche.<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""> </span>Si Arif Dirlik est attentif aux fondements disciplinaires, il se méfie de l’enfermement qu’impose le compartimentage universitaire. Il se méfie encore plus des fourre-tout à la mode – transdisciplinaires ou pluridisciplinaires – et sans substance. Pour saisir les concepts qui fondent une discipline, il s’agit de les comprendre historiquement, en termes d’origines, de transformations et de conséquences, spatiales et temporelles. Pourtant, en tant que spécialiste des idéologies, son travail traverse par essence diverses disciplines : histoire intellectuelle et conceptuelle bien sûr, mais aussi sociologie, anthropologie, science politique, voire littérature.</p><p class=""Normal"">Arif Dirlik a ainsi su inventer un style propre, une forme originale d’anthropologie contemporaine du monde dans laquelle les étiquettes politiques et méthodologiques restrictives qui lui sont parfois accolées passent à côté d’une œuvre qui supporte mal les stratégies académiques de confinement. C’est dans la perspective de cette « indiscipline » qu’il faut envisager la lecture d’Arif Dirlik et des textes réunis ici. En réaffirmant la réalité des liens existants entre réalité contemporaine et histoire moderne, il formalise à nouveau un espace politique essentiel enterré trop tôt par une globalisation capitaliste clamant l’apolitisme des « lois » de l’économie, défendu par le laïus convenu de la neutralité du marketing et de la consommation globalisée. Il (re) politise ainsi le contemporain en réinscrivant le présent dans son passé. En prenant la politique chinoise au mot, en la replaçant dans son histoire, il écoute – et prend au sérieux – la parole de ceux qu’il confronte et critique et qui sont trop souvent encore reçus avec une forme mal dissimulée de condescendance qui nuit à l’analyse. Ses travaux sur l’histoire du radicalisme en Chine ont été indispensables pour le guider dans l’exploration d’interrogations très contemporaines et lui ont permis de proposer une nouvelle interprétation – transnationale – de l’histoire et de la politique chinoise.</p><p class=""Normal"">En effet, ses travaux sur l’introduction des idéologies radicales ont bouleversé le champ de l’histoire de la Chine moderne en montrant comment l’anarchisme avait précédé – et inspiré – le marxisme chez les radicaux chinois du début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/b_introduction.html#footnote-004"" target=""_blank""> 5</a></span></span>. Ses travaux lui ont dans le même temps ouvert une fenêtre adaptée pour travailler théoriquement la signification des mouvements alternatifs radicaux visibles dès les années 1960, puis, avec la globalisation, depuis les années 1990. C’est là que se fonde aujourd’hui son intérêt pour les politiques locales de développement, alternatives concertées – et de plus en plus nombreuses – à la globalisation capitaliste.</p><p class=""Normal"">Ainsi, dès le départ, « mondialiser la Chine » c’est briser les frontières culturelles et conceptuelles pour congédier l’exceptionnalisme chinois, précondition indispensable à toute tentative sérieuse pour historiciser la Chine, plutôt que de l’emballer du doux cocon des spécificités culturelles. Cet apport de la perspective historique de l’expérience chinoise prend un sens renouvelé à l’heure de l’abandon des promesses sociales portées par la révolution. Première puissance économique mondiale depuis peu, la République populaire nous oblige à envisager à nouveaux frais le sérieux et l’importance des défis lancés par d’autres systèmes de connaissance à l’organisation des savoirs qu’impose une euromodernité symbolisée par des Lumières désormais envisagées comme savoir hégémonique louant un universel univoque, imposé, conquérant et au final assez peu scrupuleux. La visibilité nouvelle qu’autorise à la Chine ce nouveau statut économique offre en passant une autorité renouvelée à des systèmes de savoir jusque-là bannis comme aberrants ou arriérés, et le retour de Confucius sur le devant de la scène intellectuelle chinoise est un événement majeur – et ambivalent – d’une modernité chinoise désormais autochtone dont la redéfinition du sens implique cependant une révision historique générale de l’histoire chinoise du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Un effort conceptuel et sémantique difficile qui égratigne nécessairement une orthodoxie historienne encore très susceptible. La révolution avait « rangé Confucius au musée », où il n’existait plus que comme « attachement sentimental », disait Karl Marx. Son retour en grâce est un préjudice majeur à l’historiographie officielle de la révolution victorieuse et ne va pas sans poser d’insolubles casse-têtes jusque dans les plus hautes sphères dirigeantes. En même temps, l’importance de la formulation de ces défis à l’eurocentrisme – dont le retour du passé est un trait distinctif – est pour Arif Dirlik une marque évidente et constitutive de notre temps. C’est un phénomène central et partagé de ce qu’il définit comme la « modernité globale ».</p><p class=""intertitre-1""><span class=""CharOverride-1"">Histoire, discours, globalité</span></p><p class=""Normal"">Les textes réunis ici racontent cette histoire, celle du triomphe du moderne en Chine, sous la forme de l’importation du socialisme et de l’idée de révolution sociale. L’immense changement, et les immenses espoirs que les idéologies radicales ont suscités dans le pays au début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, leur adaptation à des réalités complexes et changeantes forment la première partie de l’ouvrage. Les textes réunis ici dessinent le cadre de la réflexion, ils détaillent le parcours de ces idées radicales en Chine – leur origine, leur victoire, leur détournement – jusqu’à nos jours. Les succès politiques du marxisme sont en partie dus à l’introduction d’une révolution historiographique sans précédent. En introduisant une histoire sociale, une histoire du peuple, l’historiographie marxiste réinvente l’histoire de Chine et modifie le cours des événements en inversant les polarités d’un « régime d’historicité » jusque-là fondé sur un âge d’or révolu<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/b_introduction.html#footnote-003"" target=""_blank""> 6</a></span></span>. L’historiographie marxiste joue un rôle clef dans l’invention d’un premier « roman national », réponse à la crise de la Révolution républicaine de 1911 et à l’échec manifeste des tentatives de transition politique de l’Empire à la République. Un échec que figure politiquement l’abandon du pays à la soldatesque des « seigneurs de la guerre » après 1917, et intellectuellement par le premier sursaut nationaliste articulé et conscient du 4 mai 1919, point d’orgue du Mouvement pour la nouvelle culture et du phénomène culturel plus large des Lumières chinoises<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/b_introduction.html#footnote-002"" target=""_blank""> 7</a></span></span>. Pour Arif Dirlik, le marxisme est une réponse à cette faillite de la Révolution de 1911 à renouveler la grammaire du politique et une réponse à l’immense crise de représentation que les Chinois se font à partir de là de leur propre culture.</p><p class=""Normal"">On peut penser la Révolution chinoise comme une multiplicité de révolutions – sociale, culturelle, politique, intellectuelle, générationnelle, féministe, paysanne, subalterne – subsumées par la définition unique qu’en donne le parti communiste, après l’échec du parti nationaliste (<span class=""typo_Italique"">Guomindang</span>). Le détournement de l’effort sincère pour reconstruire la Chine selon les indications du marxisme, et la mise en place par le Parti communiste d’une orthodoxie restreignant la théorie en étouffant la vie intellectuelle, racontent le fourvoiement des promesses sociales de la révolution, jusqu’au retournement ironique contemporain qui progressivement a réinventé une tradition – le confucianisme – pour en faire désormais le moteur d’une « renaissance » chinoise dont les termes restent à discuter. L’abandon de la téléologie de la révolution et l’adoption subséquente d’un discours développementaliste résolu ont eu un impact majeur, tant sur l’image que la Chine a d’elle-même, que sur les représentations historiques que s’en font les historiens de la Chine.</p><p class=""Normal"">Là se trouve le fil directeur de cet ensemble d’essais. L’intensification du trafic intellectuel entre la Chine et le monde permet en effet l’intégration progressive des intellectuels chinois sur un échiquier mondial de la pensée où désormais les différends se formulent dans un champ discursif commun. L’histoire de l’arrivée à maturité en Chine des discours théoriques qui ont accompagné le retournement unique de la relation de la Chine à son passé et au monde met en lumière la façon dont les délicatesses des discours du postmodernisme (théorique, esthétique, littéraire…) – et de son rameau postcolonial – ont réussi à se faire adopter par le discours officiel pour ranimer une litanie nationaliste officielle grégaire et assez peu stimulante, instaurée en dernier rempart de l’idéologie. Un sursaut nationaliste qui se distingue du nationalisme communiste des années révolutionnaires en ce qu’il est désormais débarrassé des préoccupations sociales. Cette intégration théorique semble cependant être bien incapable de restituer les possibilités de résistances nouvelles qu’offrent les méthodes de déconstruction des discours du pouvoir pour être utilisée dans le but unique de s’opposer à un « Occident » perçu toujours comme hégémonique. En permettant de dépasser le simple appel à l’émotion populiste du discours patriotique, le vocabulaire postcolonial profite ainsi à la rhétorique officielle. Un glissement sémantique qui avalise le mélange du politique et du culturel par l’utilisation de concepts postcoloniaux dans un sens contraire à leur usage.</p><p class=""Normal"">Une évolution discursive fondamentale pour comprendre comment s’est brisé l’unanimisme des Lumières";;;;;;;;; 701;1;3;34;Former les artistes;N°30/2020;;;"<p>Comment les structures éducatives envisagent de s’adapter à l’évolution des pratiques artistiques. </p>";;;04/06/2020;0;155x220;176;978-2-37924-073-7;978-2-37924-073-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_701.jpg;;;;258;15.00;"<p>La formation des artistes a changé au cours du temps, parallèlement à l’évolution des pratiques artistiques. Le modèle académique a notamment évolué pour prendre en compte la diversité des parcours, selon un régime « vocationnel ». Ces dernières années, l’évolution de la création, ainsi que les pressions exercées par les tutelles des écoles d’art font apparaître d’autres modèles où l’artiste est tour à tour considéré comme un professionnel, un entrepreneur, voire un chercheur dont l’activité conduit à concevoir d’autres schémas éducatifs. </p>";;14/01/2020 16:11;1;Première édition;3675 702;2;3;32;Archipels Glissant;;;;"<p>Édouard Glissant, écrivain et philosophe, a renouvelé la pensée de l’identité, de la race et de la relation entre cultures. Les plus importants spécialistes débattent sur la politique, l’imaginaire, les arts et la vie de Glissant.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 28.4px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 28.4px; text-indent: -28.4px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p3 {margin: 8.5px 0.0px 5.7px 0.0px; text-align: center; font: 11.0px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 7.1px 28.4px; text-align: justify; text-indent: -28.4px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 28.4px; text-align: justify; text-indent: -28.4px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} span.s1 {font: 9.0px Helvetica} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Le paradigme de l’archipel<br />François Noudelmann, Françoise Simasotchi-Bronès, Yann Toma</p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><br /><strong>I. Imaginaires et langues</strong></p><p class=""p1"">« La créolisation, une poétique qui est un miracle »<br />Un rêve créole d’Édouard Glissant<br />Françoise Simasotchi-Bronès</p><p class=""p1"">Traduire en présence de toutes les langues du monde<br />Souleymane Bachir Diagne</p><p class=""p1"">« Il est donné, dans toutes les langues, de construire la tour »<br />Apprivoiser Babel<br />Lise Gauvin</p><p class=""p1"">Glissant romancier<br />Notes pour une stylistique des romans d’Édouard Glissant<br />Michaël Ferrier</p><p class=""p1"">Glissant, le récit somatique<br />Samia Kassab-Charfi </p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>II. Politiques de la relation</strong></p><p class=""p1"">Critique de l’économie politique martiniquaise<br />Sur Glissant, Marx et Althusser<br />Nick Nesbitt</p><p class=""p1"">Créolisation et communauté<br />République diverselle et politique de la rencontre<br />Edelyn Dorismond</p><p class=""p1"">Édouard Glissant et le « féminin »<br />Quelques observations<br />Corinne Mencé-Caster</p><p class=""p1"">Politique de la relation et créolisation démocratique<br /> Aliocha Wald Lasowski</p><p class=""p1"">Chronique de l’engagement de l’écrivain<br />Édouard Glissant au milieu de l’autonomisme des Antillais à Paris (1959-1962)<br />Satoshi Hirota</p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>III. Archipel des arts</strong></p><p class=""p1"">De la démesure de la démesure en l’art<br />Yann Toma</p><p class=""p1"">Le frisson du baroque<br />Glissant, l’art et la structure granuleuse du monde<br />J. Michael Dash</p><p class=""p1"">La pensée baroque chez Édouard Glissant, ou l’esthétique antillaise<br />Nao Sawada</p><p class=""p1"">Les voies créatrices de l’insulaire, à l’aune d’Édouard Glissant et d’Alain Ménil<br />Hélène Sirven</p><p class=""p1"">Édouard Glissant et les œuvres d’art, une rencontre créatrice<br />Dominique Berthet</p><p class=""p1"">La parole d’Édouard Glissant dans le « cinéma antillais »<br />Guillaume Robillard</p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>IV. Les vies d'Édouard Glissant</strong></p><p class=""p1"">Rencontre avec Édouard Glissant<br />Entretien avec Romuald Fonkoua<br /><br />(Bibliothèque nationale de France, Paris, le 1<sup>er</sup> juin 2018)<br />Eduardo Manet</p><p class=""p1"">Édouard Glissant, une culture pour la mondialisation<br />Entretien avec Françoise Simasotchi-Bronès<br />(Lézignan-Corbières, le 23 avril 2018)<br />René Depestre</p><p class=""p1"">L’éthique d’Édouard Glissant<br />Mary Gallagher</p><p class=""p1"">Une liaison magnétique ou l’identité non généreuse d’Édouard Glissant<br />Hiroshi Matsui</p><p class=""p1"">La vie d’Édouard Glissant, vérités et frictions<br />François Noudelmann</p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>Annexe</strong></p><p class=""p1"">Le nouveau site edouardglissant.world<br />Dominique Labays</p><p class=""p4"">Présentation des auteurs</p>";;04/06/2020;0;137x220;240;978-2-37924-085-0;978-2-37924-085-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_702.jpg;"<p>Homme des archipels, Édouard Glissant a révolutionné la pensée de l’identité, qu’il s’agisse du moi, de la nation ou de la culture. Dépassant l’opposition entre l’universel et le particulier, il a ouvert les esprits à l’expérience de la relation : celle qui transforme, démultiplie, créolise. Son œuvre s’attache à la mémoire de l’esclavage, condamne la colonisation, tout en contestant les communautarismes, pariant généreusement sur les rencontres imprévisibles et fécondes.</p><p>Un colloque international a réuni, en 2018, une vingtaine des plus importants spécialistes de Glissant et de grands témoins comme Eduardo Manet et René Depestre. Les perspectives se croisent entre ces écrivains et ces chercheurs venus de la Caraïbe, des États-Unis, de Tunisie, d’Irlande, du Japon, de France, du Canada. Ce livre reproduit leurs débats sur la politique, l’imaginaire, les arts et des évocations de la vie de Glissant.</p><p><em><br />François Noudelmann, membre de l’Institut universitaire de France, enseigne à l’université Paris 8 et à New York University. Il est l’auteur de la biographie </em>Édouard Glissant. L’identité généreuse <em>(Flammarion, 2018).</em></p><p><em>Françoise Simasotchi-Bronès, professeure à l’université Paris 8, est spécialiste de littératures francophones : Caraïbes, Océan indien, Afrique subsaharienne.</em></p><p><span><em>Yann Toma est professeur à l’université Panthéon-Sorbonne et artiste-observateur à l’ONU. Il est auteur de nombreuses œuvres liées à la relation entre l’énergie artistique et les flux qui traversent le vivant.</em></span></p><div><span><em><br /></em></span></div>";"<div><p class=""T_3_Article ParaOverride-1"">Introduction</p><p class=""T_3_Article ParaOverride-1"">Le paradigme de l’archipel</p><p class=""auteur"">François Noudelmann, <br />Françoise Simasotchi-Bronès, Yann Toma</p><p class=""txt_Normal"">L’archipel est plus qu’une réalité géographique, il dessine un paradigme. Selon Édouard Glissant, il offre une nouvelle mesure du monde fondée sur les relations. Dépassant la traditionnelle opposition entre îles et continents, il suppose une reconnaissance de chaque lieu, chaque langue, chaque culture, au sein d’une globalité relationnelle. L’archipel implique ainsi une conception dynamique de l’identité qui n’existe que par la mise en contact des différences, lesquelles ne cessent d’échanger et de se métamorphoser. La créolisation est le nom d’un tel processus qui concerne aussi bien la vie sociale que les modes de connaissance. À l’inverse d’une pensée des enfermements identitaires, elle manifeste, sans morale, la transformation archipélique des humanités.</p><p class=""txt_Normal"">Inspiré par les pensées et les imaginaires créoles, Glissant a développé la vertu paradigmatique de l’archipel à travers les littératures, les arts, les philosophies et les sciences humaines plus généralement. Dans la proximité de Deleuze et de Guattari, le poète philosophe a construit cette pensée de la relation et proposé plusieurs schèmes moteurs très féconds : non seulement le rhizome et l’identité nomade, qu’il a repris à ses deux amis, mais aussi le tremblement, l’imprévisible, la digenèse, la trace, l’opacité, les mémoires transversales… Ces notions sont employées aujourd’hui dans des domaines aussi divers que la littérature, la musique, la philosophie, le droit, l’écologie, la politique, et commentées dans des pays aussi éloignés, en apparence, que le Japon, l’Inde, la Tunisie, le Sénégal, les États-Unis ou le Brésil.</p><p class=""txt_Normal"">Les textes et les entretiens que nous réunissons dans ce volume sont issus des rencontres internationales que nous avons organisées au printemps 2018. Cette année correspondait à plusieurs anniversaires : les 90 ans de la naissance de Glissant, les 20 ans d’un important colloque de la Sorbonne qui consacra la réception universitaire du poète, mais aussi les 170 ans de l’abolition de l’esclavage en France. Les universités de Paris-Lumières, Panthéon-Sorbonne, Paris 8 et la Bibliothèque nationale de France se sont associées pour accueillir pendant trois jours, à Paris, des chercheuses et des chercheurs venus de lieux aussi divers que Tokyo, Nagoya, Tunis, Montréal, New York, Port-au-Prince, Fort-de-France, Dublin et Londres. Ils incarnent une part de ce Tout-Monde cher à Glissant. Des écrivains se sont joints aux spécialistes et, parmi eux, deux grands témoins historiques, le Haïtien René Depestre et le Cubain Eduardo Manet, amis de longue date du poète et penseur. Le compositeur et chef d’orchestre Olivier Glissant, son fils, ponctua ces journées exceptionnelles en jouant ses œuvres dans la cour d’honneur du Centre Panthéon-Sorbonne.</p><p class=""txt_Normal"">Les textes que nous avons intégrés dans ce volume ont chacun leur style, leur ton, leur longueur : l’exégèse côtoie le spéculatif, l’incisif, le délibératif, le testimonial et l’entretien. Par fidélité au choix de la diversité qui a présidé à nos rencontres glissantiennes, nous n’avons pas visé à l’harmonisation, nous avons tenu à respecter leur spécificité, chacun trouvant sa place et participant à dessiner les archipels de cette pensée infiniment ouverte qui est celle de Glissant.</p><p class=""txt_Normal"">Le volume débute par une réflexion sur l’imaginaire des langues, si tant est que toute pensée part de là et que le poète affirmait écrire en présence de toutes les langues du monde. Il était soucieux de n’en perdre aucune et d’y puiser leurs sonorités et leurs imaginaires, dans leur étrangeté même. Poésie, romans et traités tissent leur langage au cœur de telles trames. Dans une deuxième partie sont regroupées les réflexions sur les politiques de la relation. Si Glissant a intitulé ses essais « Poétique », « Esthétique » et « Philosophie » de la relation, la dimension politique de sa pensée y est constante, en soubassement. La question de la communauté créolisée occupe les débats des intervenants, et notamment la place centrale et incontournable du différent, de par sa culture ou son genre. Le paradigme archipélique se poursuit, enfin, dans une troisième partie, à travers les arts dont les connaisseurs de Glissant savent qu’il leur accorda une attention permanente, par sa fréquentation des artistes, les analyses qu’il leur consacra et les collections d’œuvres qu’il constitua. La peinture, la sculpture et le cinéma ont été au cœur de ses réflexions sur l’art, ainsi que sa pensée esthétique du baroque. Enfin le volume se termine par des témoignages et des entretiens sur la vie de Glissant, ou plutôt « les » vies, tant son existence fut plurielle : celles de l’écrivain, du pédagogue, du militant, du nomade et créateur de relations, de l’explorateur et initiateur d’archipels.</p><p class=""txt_Normal"">Plus qu’une addition d’îles, l’archipel du monde et du soi, multiple, infini, ouvre à des extensions innombrables et impré­visibles.</p><p class=""txt_Normal""> </p></div>";;0;20.00;"<p>La pensée d’Édouard Glissant est aujourd’hui d’une intense actualité. L’écrivain philosophe a en effet renouvelé radicalement les conceptions de l’identité et de la race, du métissage et de la créolisation, des continents et des archipels. Son œuvre est désormais étudiée dans le monde entier. Un colloque international a réuni une vingtaine des plus importants spécialistes et de grands témoins comme Eduardo Manet et René Depestre. Les perspectives se croisent entre ces écrivains et ces chercheurs venus de la Caraïbe, des États-Unis, de Tunisie, d’Irlande, du Japon, du Canada… Ce livre reproduit leurs débats sur la politique, l’imaginaire, les arts et la vie de Glissant.</p>";;14/01/2020 16:18;0;Première édition;3435 703;1;3;27;Moyen Âge en séries;N°78/2020;;;"<p><em>Merlin, Chasseurs de dragons, Kaamelott, Game of Thrones,</em> <em>Médiévales</em> montre comment les séries réinventent par l’image et le son, un Moyen Âge immédiatement reconnu comme tel par les téléspectateurs.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 19.9px; text-indent: -19.9px; line-height: 11.0px; font: 8.0px Helvetica} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 7.1px 19.9px; line-height: 11.0px; font: 8.0px Helvetica} p.p3 {margin: 14.2px 0.0px 7.1px 0.0px; line-height: 13.8px; font: 12.5px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 7.1px 19.9px; text-align: justify; line-height: 11.0px; font: 8.0px Helvetica} span.s1 {font: 11.0px Times} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Alban Gautier, Laurent Vissière<br />Les séries télévisées, entre Moyen Âge et médiévalisme</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Florian Besson, Simon Hasdenteufel<br />Cartes sur table. Réflexions sur le rapport à l’espace dans les séries médiévalistes</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Marie-Emmanuelle Torres<br />Ça sonne médiéval ! Du fantasme à la reconstitution sonore dans les séries</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Riccardo Facchini, Davide Iacono<span> <br /></span>« The North is hard and cold, and has no mercy ».<br />Le Nord médiéval dans les séries télévisées</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Pierre-Brice Stahl<br />Médiévalisme boréal et séries télévisées</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Bernard Papin<br />Thierry la Fronde, figure de la Résistance.<br />Quand une Occupation en cache une autre…</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Aude Mairey<br />Le <em>Merlin</em> de la BBC (2008-2012). Entre détournement et réappropriation</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Enki Baptiste, Hassan Bouali<br />Les débuts de l’islam à l’écran. La série <em>‘Umar ibn al-Kha</em><span class=""s1""><em>ṭṭ</em></span><em>āb</em></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Yohann Chanoir<br />Un Moyen Âge en marge ?<br />Périphéries, marginaux et singularité dans la série <em>The Bastard Executioner</em></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Lucie Herbreteau<br />Ami, ennemi, héros. Redéfinir le dragon médiéval pour les séries jeunesse</p><p class=""p3"" style=""text-align: center;"">Essais et recherches</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Thierry Pécout<br />Les enquêtes générales en Provence angevine (1297-1299 et 1331-1334).<br />De la liste à la carte</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Isabelle Mathieu, Maryvonne Miquel, Anne Tchounikine<br />Les officiers des territoires angevins à la fin du Moyen Âge.<br />Conception d’une base de données prosopographique</p><p class=""p3"" style=""text-align: center;"">Point de vue</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Vincent Ferré<br />Le médiévalisme a quarante ans, ou « L’ouverture qu’il faudra bien pratiquer un jour… »</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;""> </p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Notes de lecture</p><p class=""p4"" style=""padding-left: 30px;"">Cyrille Aillet, Patrice Cressier, Sophie Gilotte (éd.), <em>Sedrata. Histoire et archéologie d’un carrefour du Sahara médiéval à la lumière des archives inédites de Marguerite van Berchem</em> (Emmanuelle Tixier du Mesnil) ; Jean-François Boyer, <em>Pouvoirs et territoires en Aquitaine du vii<sup>e</sup> au x<sup>e</sup> siècle. Enquête sur l’administration locale</em> (Guilhem Pépin) ; Justine Breton, <em>Le Roi qui fut et qui sera. Représentations du pouvoir arthurien sur petit et grand écrans </em>(Alban Gautier) ; Pierre Dubois, <em>De la reconquête de la Terre sainte. De l’abrègement des guerres et procès du royaume des Francs</em> (Loïc Chollet) ; Jean-Charles Ducène, <em>L’Europe et les géographes arabes du Moyen Âge (ix<sup>e</sup>-xv<sup>e</sup> siècles). « La grande terre » et ses peuples. Conceptualisation d’un espace ethnique et politique</em> (Anna Caiozzo) ; Roy Flechner, Máire Ní Mhaonaigh (dir.), <em>The Introduction of Christianity into the Early Medieval Insular World. Converting the Isles I</em> (Magali Coumert) ; Nicolas Weill-Parot, Véronique Sales, <em>Le Vrai Visage du Moyen Âge. Au-delà des idées reçues</em> (Marie Delcourte-Debarre)<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Livres reçus</p>";;20/08/2020;0;160x240;238;978-2-37924-093-5;978-2-37924-093-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_703.jpg;"<p><em>Alban Gautier, Laurent Vissière</em><strong><br />Les séries télévisées, entre Moyen Âge et médiévalisme </strong>(Introduction)</p><p> </p><p><em>Florian Besson, Simon Hasdenteufel - Sorbonne Université</em><br /><strong>Cartes sur tables : réflexions sur le rapport à l’espace dans les séries médiévalistes</strong></p><p>Cartes et espaces sont des composantes essentielles des œuvres de <em>fantasy </em>car elles constituent les soubassements des mondes imaginaires. Pourtant, lorsque celles-ci se trouvent mises en scène dans le cadre de séries télévisées, elles proposent des représentations relativement pauvres ou stéréotypées. Elles échouent ainsi la plupart du temps à rendre la richesse des perceptions de l’espace au Moyen Âge. Certes l’effet de contextualisation et d’immersion est souvent assuré pour le spectateur. Toutefois, force est de constater que l’espace se réduit souvent à un simple décor ou bien entretient diverses formes de clichés géographiques – les campagnes vides, le « château-fort », l’Orient exotique. La manière dont l’espace est traité reflète davantage nos imaginaires contemporains que ceux du Moyen Âge.<br />- Mots clés : cartes, géographie, médiévalisme, séries télévisées, télévision, territoires.</p><p> </p><p><em>Marie-Emmanuelle Torres - Aix-Marseille Université – CNRS, LA3M, Aix-en-Provence</em><br /><strong>Ça sonne médiéval ! Du fantasme à la reconstitution sonore dans les séries</strong></p><p>La série médiévale déroule une histoire dans le passé. Pour intéresser et immerger son public, il lui faut produire un effet de réel convainquant. Le monde sonore recréé permet de repousser le monde contemporain, d’ancrer un réel imaginaire par des scènes et sonorités validées par l’usage audiovisuel et de construire un discours symbolique musical unitaire. Pour ce faire, il faut respecter les codes du genre historique et le teinter de sonorités connues comme étant médiévales car démocratisées par les films et autres divertissements médiévalisants.<br />- Mots clés : bande sonore, médiévalisme, musique, séries télévisées, <em>soundscape</em>, télévision.</p><p> </p><p><em>Riccardo Facchini - Università Europea di Roma</em><br /><em>Davide Iacono - Sapienza Università di Roma</em><br /><strong>« The North is hard and cold, and has no mercy ». </strong><strong>Le Nord médiéval dans les séries télévisées</strong></p><p>La réception de l’idée du Nord médiéval dans l’imaginaire populaire contemporain a été fortement influencée par les représentations véhiculées par des séries télévisées populaires telles que <em>Vikings</em> (2013-en cours), <em>Game of Thrones</em> (2011-2019), <em>The Last Kingdom</em> (2015-en cours) ou <em>Norsemen</em> (2016-en cours). En premier lieu, les auteurs soulignent l’importance de l’idée de Nord et tentent de retracer les origines de ce que certains spécialistes ont appelé avec raison le « boréalisme ». Ce phénomène culturel est exploré à la lumière d’autres phénomènes similaires que sont le médiévalisme et l’orientalisme, qui remontent tous deux au même contexte culturel et chronologique, celui du romantisme et du xix<sup>e</sup> siècle. L’article cherche ensuite à comprendre comment les principales séries télévisées contemporaines ont représenté le Nord médiéval et analyse la manière dont les <em>showrunners</em> s’emparent de notions telles que l’« exactitude historique » ou le « réalisme », qui jouent un rôle central dans la perception de ce que le grand public identifie comme l’époque médiévale. Enfin, les auteurs se penchent sur trois aspects qu’ils estiment être des plus pertinents pour la construction d’une imagerie partagée du Nord médiéval : la soi-disant violence endémique des sociétés nordiques du Moyen Âge, l’affrontement entre paganisme et christianisme, et le rôle des femmes.<br />- Mots clés : boréalisme, médiévalisme, Nord, séries télévisées, télévision, Vikings.</p><p> </p><p><em>Pierre-Brice Stahl - Sorbonne Université</em><br /><strong>Médiévalisme boréal et séries télévisées</strong></p><p>À partir du concept de médiévalisme boréal, le présent article propose une analyse de l’emploi du Nord médiéval dans les séries télévisées produites en dehors de la sphère nordique. Ces dernières témoignent de l’hétérogénéité et de la plasticité de l’imaginaire sur le Nord médiéval qu’elles resémantisent et qui vient se placer en altérité avec l’imaginaire médiéval traditionnel. L’analyse de l’histoire de la production de ces séries, ainsi que la prise en compte des codes télévisuels, permettent d’illustrer la spécificité du médiévalisme boréal qui se construit par l’interaction des visions exogènes, endogènes et académiques et se place dans une continuité discursive d’un imaginaire sur le Nord médiéval.<br />- Mots clés : boréalisme, médiévalisme, mythologie nordique, séries télévisées, télévision, Vikings.</p><p> </p><p><em>Bernard Papin - CIM, Université de la Sorbonne Nouvelle</em><br /><strong>Thierry-la-Fronde, figure de la Résistance : quand une Occupation en cache une autre…</strong></p><p>Dans la France du début des années soixante, une série médiévale destinée au jeune public triomphe à la télévision : <em>Thierry-la-Fronde</em> (1963-1966) conte les aventures d’un jeune noble, Thierry de Janville, qui s’oppose à l’occupation anglaise de la Sologne pendant la guerre de Cent ans. Très vite cependant, ce Robin des Bois solognot fédère autour du petit écran alors très familial un public beaucoup plus large que celui initialement visé et cette série, historiquement approximative et scénaristiquement plutôt médiocre, devient un immense succès. Comment expliquer que cette fantaisie historique pour adolescents ait pu susciter un tel engouement ? La réponse est sans doute à chercher dans la transformation du frondeur médiéval en moderne « maquisard » et c’est l’occupation allemande de 1940 qui est lisible derrière l’occupation anglaise de la Sologne de 1359. Une vingtaine d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les téléspectateurs adultes ne s’y sont pas trompés et ont su discerner, dans les lointaines aventures historiques<em> </em>proposées à leurs enfants, les stigmates d’une histoire plus récente et tout aussi douloureuse.<br />- Mots clés : guerre de Cent Ans, médiévalisme, Occupation allemande, Résistance, séries télévisées, télévision, Thierry la Fronde.</p><p> </p><p><em>Aude Mairey - LaMOP – CNRS/Université Paris 1</em><br /><strong>Le <em>Merlin</em> de la BBC (2008-2012) : entre détournement et réappropriation</strong></p><p>Entre 2008 et 2012, la BBC a diffusé une série tous publics intitulée <em>Merlin</em>, qui a détourné nombre de <em>topoï </em>de la matière arthurienne. Merlin est jeune et serviteur du prince Arthur, Uther est vivant et la magie est interdite dans son royaume de Camelot. Si plusieurs études ont analysé quelques grands thèmes de la série – la tolérance, la place des femmes… – Merlin lui-même en a parfois été oublié. Cet article se propose d’explorer ce personnage au regard de son riche passé légendaire et de contribuer à la réflexion sur sa réception contemporaine, tout en tenant compte des enjeux politiques, bien présents mais controversés.<br />- Mots clés : arts visuels, matière arthurienne, médiévalisme, Merlin, séries télévisées, télévision.</p><p> </p><p><em>Enki Baptiste - Université Lumière Lyon 2</em><br /><em>Hassan Bouali - Université Paris Nanterre</em><br /><strong>Les débuts de l’islam à l’écran : la série ʿ<em>Umar ibn al-Khaṭṭāb</em></strong></p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 16.0px Helvetica} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} span.s2 {font: 16.0px Arial; letter-spacing: 0.0px} --><p class=""p1""><span class=""s1"">Cet article porte sur la série </span><span class=""s2"">ʿ</span><span class=""s1""><em>Umar</em>, une co-production des chaînes saoudienne MBC et qatarie Qatar TV, diffusée en 2012. Cette étude vise à comprendre la manière dont la série met en scène les origines de l’islam et du pouvoir califal idéal. Dans un premier temps, l’article se penche sur la trame narrative de la série, puis aborde le défi de la représentation du Prophète et la hiérarchisation des rôles des Compagnons. Il se clôt sur une étude du parcours de </span><span class=""s2"">ʿ</span><span class=""s1"">Umar.<br /></span>- Mots clés : <span class=""s1"">califat, conquêtes, <em>sīra, </em>séries télévisées, <em>sunna</em>, télévision, </span><span class=""s2"">ʿ</span><span class=""s1"">Umar</span></p><p> </p><p><em>Yohann Chanoir - EHESS (Paris), CRH-UMR 8558</em><br /><strong>Un Moyen Âge en marge ? Périphéries, marginaux et singularité dans la série <em>The Bastard Executioner</em></strong></p><p>Cet article étudie la série américaine, <em>The Bastard Executioner</em> (2015) qui met en scène le pays de Galles au xiv<sup>e</sup> siècle. Construite autour de la marginalité, tant sociale que géographique, prenant comme héros un bourreau, cette série puise un grand nombre de ses thématiques et de ses représentations dans le vivier matriciel du cinéma et de la littérature médiévalistes.<br />- Mots clés : bourreau, château, médiévalisme, pays de Galles, séries télévisées, télévision</p><p> </p><p><em>Lucie Herbreteau - CIRPaLL, Université d’Angers ; LEMIC, Université catholique de l’Ouest</em><br /><strong>Ami, ennemi, héros. Redéfinir le dragon médiéval pour les séries jeunesse</strong></p><p>Cet article étudie l’adaptation de la figure médiévale du dragon dans les séries télévisées pour la jeunesse. Reposant sur un corpus de treize séries diffusées entre 1959 et 2018, et intégrant un ou des dragons dans un monde médiéval ou médiévalisant, cette analyse se développe sur trois axes : la reprise d’éléments médiévaux comme le contexte et les personnages, l’évolution du statut du dragon passant d’ennemi à ami, voire héros, et la nécessité d’octroyer de nouvelles valeurs au dragon contemporain qui s’adapte ainsi à son nouveau public. L’objectif est de redéfinir le dragon des séries télévisées pour la jeunesse au regard de son ancêtre et influence principale : le dragon médiéval.<br />- Mots clés : dragon, médiévalisme, séries télévisées, télévision.</p><p> </p><p><em>Thierry Pécout - Université Jean Monnet (Saint-Étienne), UMR LEM-CERCOR</em><br /><strong>Les enquêtes générales en Provence angevine (1297-1299 et 1331-1334) : de la liste à la carte</strong></p><p>À titre d’écrit pragmatique, on peut concevoir l’enquête générale comme un système de listes dont nous examinons successivement les diverses formes et motivations. On interroge la liste non pas en ce qu’elle nous dit du pouvoir, mais comme un processus à la fois de mise à l’échelle et de lecture sérielle. La liste se présente en effet à la fois comme un procédé d’écriture et de mise en page, une technique facilitant le stockage de l’information et sa lisibilité, et comme un mode d’énonciation du réel reposant sur sa collection et son ordonnancement. Elle prétend abolir les obstacles à sa connaissance, s’efforce de conjurer la distance entre le discours et les choses. Elle articule le même d’une forme et l’autre d’un énoncé, la rengaine et l’identité. Mais sa structure répétitive domine, sous forme de séquence, et en cela elle doit être interrogée au regard d’autres types de listes, à fonction liturgique, tels les calendriers et les litanies de saints. On y gagnera peut-être à saisir leur point de convergence : raisonner l’angoisse de la finitude, le propre ressort du processus d’institutionnalisation.<br />- Mots clés : enquête, Leopardo da Foligno, liste, Provence angevine.</p><p> </p><p><em>Isabelle Mathieu - Université d’Angers, laboratoire TEMOS</em><br /><em>Maryvonne Miquel - INSA LIRIS</em><br /><em>Anne Tchounikine - INSA LIRIS</em><br /><strong>Les officiers des territoires angevins à la fin du Moyen Âge : conception d’une base de données prosopographique</strong></p><p>La présente contribution éclaire les enjeux et les difficultés de la mise en œuvre d’une base de données prosopographique collaborative et les solutions méthodologiques qui ont été apportées. L’acception de l’individu comme acteur de l’histoire est une voie dans laquelle les historiens se sont beaucoup investis depuis une trentaine d’années, et ces études ont montré que la prosopographie est une méthode appropriée pour cerner les contours sociologiques d’un groupe déterminé à travers les trajectoires individuelles de ses membres. C’est à la lumière de cette technique d’analyse que le corpus documentaire dont nous disposons a été, en partie, interrogé. Le programme ANR Europange (2014-2018) a permis à une équipe internationale de chercheurs de s’intéresser aux processus de rassemblements politiques à travers l’exemple de l’Europe angevine et d’une population spécifique : les officiers au service des princes angevins. Concrètement, il s’est agi de circonscrire le profil de ces hommes et de travailler sur les réseaux les liant les uns aux autres ainsi qu’aux instances du pouvoir entendu dans un sens large (princier, royal, ecclésiastique). Pour ce faire, une partie du programme a été consacrée à la conception d’une base de données prosopographique. Les propositions informatiques qui ont été trouvées se sont nourries d’une collaboration réussie entre historiens et informaticiens qui a abouti à l’application Prosopange aujourd’hui mise en ligne, avec bien d’autres ressources, sur un portail internet consacré plus largement aux études angevines. Dans cet article, nous proposons d’aborder toutes les étapes nécessaires à l’élaboration d’une base de données prosopographique en montrant le travail conjoint mené par les historiens et les informaticiens. Nous présenterons les principes fondamentaux de la modélisation d’une base de données en nous appuyant sur l’expérience acquise lors du projet Europange.<br />- Mots clés : base de données, officiers, prosopographie, territoires angevins.</p>";"<p>Introduction</p><p> </p><p class=""auteur""><span class=""typo_gras CharOverride-1"">Alban Gautier</span>, <span class=""typo_gras CharOverride-1"">Laurent Vissière</span></p><p class=""T_3_Article"">Les séries télévisées, entre Moyen Âge et médiévalisme</p><p class=""txt_Normal"">Les séries télévisées occupent – le fait est bien connu – une place croissante dans les pratiques culturelles et de divertissement de nos contemporains, et nombre d’entre elles concernent la période médiévale. Il n’est donc pas étonnant qu’au sein des sciences humaines et sociales et des études littéraires, l’intérêt pour les séries historiques, notamment médiévales, se soit affûté au cours de ces dernières années<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-018"" target=""_blank""> 1</a></span></span>. Le présent numéro de <span class=""typo_Italique"">Médiévales</span>, né d’un appel à communications lancé au printemps 2018<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-017"" target=""_blank""> 2</a></span></span>, propose d’aborder ce phénomène, dans une partie de sa prodigieuse diversité, à travers neuf panoramas thématiques ou études de cas, menés par douze chercheurs : leurs origines, leur statut et leurs domaines de recherche – de la France à l’Italie, des études médiévales aux <span class=""typo_Italique"">media studies</span> – reflètent la richesse et la variété des approches que suscitent ces productions auprès de spécialistes qui, sous un apparent paradoxe, sont aussi des <span class=""typo_Italique"">amateurs</span>. Ces différentes contributions s’intègrent à ce champ de recherche en plein essor que constitue désormais le médiévalisme<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-016"" target=""_blank""> 3</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Par son format, le présent numéro ne prétend en aucun cas à l’exhaustivité. Les productions analysées dans les articles suivants sont de nature très variée. On trouvera des séries télévisées au sens strict ou des œuvres produites pour des plates-formes de vidéo à la demande. Il peut s’agir de séries « patrimoniales » comme <span class=""typo_Italique"">Thierry la Fronde</span> (1963-1966) ou d’œuvres plus récentes (la diffusion de certaines est toujours en cours), et même si la majorité des œuvres analysées dans les articles appartiennent aux deux dernières des quatre périodes récemment dégagées par Marjolaine Boutet<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-015"" target=""_blank""> 4</a></span></span> – le « nouvel âge d’or des séries télévisées » (des années 1980 à la première décennie du <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle) et l’âge de la « post-télévision » marqué par les nouveaux usages de <span class=""typo_Italique"">streaming</span>, de téléchargement et de vidéo à la demande (depuis 2010) –, les deux périodes antérieures – le « premier âge d’or » des années 1950 et l’« âge classique » des années 1960 et 1970 – ne sont pas entièrement négligées. Les séries étudiées sont produites en France, dans le monde anglophone ou dans d’autres aires culturelles. Certaines ont connu un succès mondial, comme <span class=""typo_Italique"">Game of Thrones</span> (2011-2019), d’autres sont beaucoup plus confidentielles.</p><p class=""txt_Normal"">Cela dit, malgré cette grande variété, toutes les œuvres retenues répondent à quatre critères. Le premier est un critère de sérialité, qui peut aussi bien caractériser une mini-série de quatre ou cinq épisodes qu’un récit-fleuve dont la diffusion se déroule sur plusieurs années. Il convient de noter ici que les œuvres peuvent tenir du feuilleton (où une narration unifiée et continue se déploie sur plusieurs épisodes) ou de la série <span class=""typo_Italique"">stricto sensu</span> (où, à l’intérieur d’un univers cadre, chaque épisode raconte une nouvelle histoire), sans oublier les innombrables formes intermédiaires (« feuilleton sérialisant », « série feuilletonnante », etc.)<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-014"" target=""_blank""> 5</a></span></span>. En outre, la plupart de ces séries partagent une architecture à un ou deux niveaux, liée aux conditions de production et de programmation : même si les termes utilisés par les <span class=""typo_Italique"">showrunners </span>et les critiques sont d’une grande variété, elles comprennent en général un certain nombre d’« épisodes », répartis ou non en « saisons »<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-013"" target=""_blank""> 6</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Les deux critères suivants précisent l’identification de nos séries comme des « fictions à la chaîne », pour reprendre l’expression de Matthieu Letourneux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-012"" target=""_blank""> 7</a></span></span>. D’une part, toutes les séries retenues ont été produites pour être regardées sur le petit écran (critère 2) : le cinéma au sens strict est exclu du champ de ces études. De fait, alors que le cinéma avait été pendant des décennies un des réceptacles privilégiés du discours médiévaliste<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-011"" target=""_blank""> 8</a></span></span>, celui-ci semble, depuis le début de ce siècle, s’être déplacé majoritairement vers la télévision<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-010"" target=""_blank""> 9</a></span></span>. Même si chaque épisode dure en général moins longtemps qu’un film de cinéma, la narration de ces séries se déploie en réalité sur un temps beaucoup plus long qu’au grand écran. Ainsi, malgré leur format de trois minutes et trente seconde par épisode, les quatre premières saisons de la série française <span class=""typo_Italique"">Kaamelott</span> (2005-2006) représentent près de vingt-quatre heures de visionnage. On dépasse les soixante heures pour les huit saisons de <span class=""typo_Italique"">Game of Thrones</span>. Cela permet aux concepteurs de ces séries de créer des univers plus denses, où le décor, les costumes, les accessoires et même l’arrière-plan intellectuel ou religieux revêtent une grande importance. D’autre part, aucune des séries retenues ne relève du genre du documentaire ou du docu-fiction (critère 3) : que leur scénario reprenne une trame historique ou qu’il soit entièrement fictionnel, qu’elles aient ou non une prétention didactique, les productions ici analysées se présentent comme des récits romanesques plutôt que comme des sources d’information sur une période historique. Ces deux critères signifient que même les séries dont les prétentions en termes de reconstitution historique sont les plus élevées peuvent et doivent être décrites comme des fictions, toujours caractérisées par ce qui fait la double spécificité du genre : le « monde fictionnel généreux » qui, dans la longue durée du récit, multiplie les personnages, les points de vue et construit ce que Jean-Pierre Esquenazi a appelé une « encyclopédie fictionnelle », mais aussi ce « goût de l’intime », ce souci de nourrir la narration en offrant au spectateur « le spectacle de l’intimité d’autrui<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-009"" target=""_blank""> 10</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Quatrième et dernier critère : toutes les séries retenues sont « médiéva­lisantes », c’est-à-dire qu’elles se rapportent d’une manière ou d’une autre au Moyen Âge. Il peut d’abord s’agir de mettre en scène un personnage historique ou un événement pris au sein du millénaire médiéval. L’éventail chronologique et géographique est alors aussi large que le Moyen Âge lui-même : la guerre de Cent Ans de <span class=""typo_Italique"">Thierry la Fronde</span>, étudiée par Bernard Papin ; le calife ‘Umar et les débuts de l’Islam dans la production qataro-saoudienne <span class=""CharOverride-2"">‘</span><span class=""typo_Italique"">Umar ibn al-Kha</span><span class=""typo_Italique"">ṭṭ</span><span class=""typo_Italique"">āb</span> (2012), présentée par Enki Baptiste et Hassan Bouali ; le pays de Galles au temps d’Édouard II, théâtre de l’unique saison de <span class=""typo_Italique"">The Bastard Executioner</span> (2015), analysée par Yohann Chanoir ; ou encore la désormais célèbre série canado-irlandaise <span class=""typo_Italique"">Vikings </span>(2013-2020), à laquelle plusieurs contributions font référence. Mais les séries peuvent aussi adapter des œuvres ou des univers romanesques du Moyen Âge : la matière de Bretagne se prête particulièrement bien à ce genre de réécritures, comme le montre Aude Mairey, qui traite de la série <span class=""typo_Italique"">Merlin</span> produite par la BBC (2008-2012). D’autres productions peuvent s’appuyer sur des œuvres plus récentes, par exemple des romans historiques ayant pour cadre le Moyen Âge, à l’instar de la série britannique <span class=""typo_Italique"">The Last Kingdom</span> (2015-…), adaptée du cycle des <span class=""typo_Italique"">Saxon Stories</span> du romancier Bernard Cornwell (2004-…) – elle est présente dans les articles de Pierre-Brice Stahl, de Marie-Emmanuelle Torres, et de Riccardo Facchini et Davide Iacono. Ces séries que l’on peut appeler « historiques » se réfèrent de manière claire au Moyen Âge des médiévistes, mais prennent souvent de grandes libertés avec l’histoire, par parti pris, ignorance ou manque de crédits. Leur degré d’historicité s’avère de fait extraordinairement variable. Dans la plupart des cas, mieux vaut éviter de les regarder avec les yeux d’un médiéviste trop endurci. Il convient d’ailleurs de rappeler que l’anachronisme fait pleinement partie de la culture médiévale et que les lecteurs de Chrétien de Troyes ou les commanditaires de manuscrits enluminés ne se sont jamais offusqués de voir les héros arthuriens représentés en chevaliers du <span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span>ou du <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle.</p><p class=""txt_Normal"">D’autres séries médiévalisantes n’entretiennent pour leur part aucun rapport explicite avec l’histoire du Moyen Âge. Pour les réalisateurs et leur public, un certain univers de <span class=""typo_Italique"">fantasy</span>, à la fois fantastique et fantaisiste, est reconnu comme tout aussi « moyenâgeux » que la période historique éponyme<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-008"" target=""_blank""> 11</a></span></span> – une tendance déjà fort présente dans le roman, le cinéma, la bande dessinée et, plus récemment, le jeu vidéo. De fait, l’identification d’« un » Moyen Âge se passe aisément de référent historique précis : la mise en scène de lugubres châteaux et de villages crasseux, voire de landes et de forêts, suffit au décor. Dans un univers fruste et violent, on se bat à l’arme blanche et le fracas des tôles froissées, à la guerre ou au tournoi, domine le paysage sonore<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-007"" target=""_blank""> 12</a></span></span>. L’emploi d’un vocabulaire archaïsant, soit trivial, soit courtois, mais toujours de fantaisie, donne une légère touche « littéraire » à l’ensemble. Il arrive même que le « Moyen Âge » se réduise à la mise en scène d’une « culture vaguement préindustrielle, que nous sommes censés reconnaître comme plus ou moins médiévale mais qui n’est pas clairement désignée comme telle<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-006"" target=""_blank""> 13</a></span></span> » ; or le spectateur identifie ordinairement ces signes comme « médiévaux » ou « moyenâgeux », même quand ils sont relativement ténus et peu nombreux. La présence d’animaux fabuleux et le recours à la magie sont fréquents et n’ont rien de choquant, puisqu’on redonne vie – certes en le réinventant – à tout un imaginaire parfaitement médiéval. Ainsi, même s’il existe tout autant dans les traditions antiques ou extrême-orientales, le dragon, analysé ici par Lucie Herbreteau, est devenu un de ces signes de médiévalité. L’une des meilleures preuves de l’efficacité de ces clichés est leur reprise dans les productions comiques : le fait même qu’on puisse, comme dans <span class=""typo_Italique"">Norsemen</span> (2016-…) ou <span class=""typo_Italique"">Kaamelott</span>, jouer avec l’image stéréotypée du casque à cornes viking signale sa permanence et sa popularité<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-005"" target=""_blank""> 14</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">À ces deux principaux types de « séries médiévales », que l’on pour­rait donc qualifier d’« historiques » et de « non historiques », nous aurions sans doute pu ajouter quelques productions contenant des références plus subtiles, moins immédiatement intelligibles, à des œuvres ou des événements de la période médiévale : pensons par exemple à la mini-série <span class=""typo_Italique"">The Canterbury Tales</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-004"" target=""_blank""> 15</a></span></span>, où six contes de Chaucer sont adaptés dans le contexte de l’Angleterre contemporaine, le long de la route qui va de Londres à Cantorbéry ; dans la plupart des épisodes, seuls le titre et quelques références plus ou moins codées, qui sont autant de clins d’œil au spectateur cultivé, suggèrent l’origine médiévale du récit. Mais de telles œuvres, plus rares, n’ont pas fait l’objet d’une attention aussi soutenue, et ce numéro traite donc pour l’essentiel des productions qui prétendent s’inscrire dans un Moyen Âge historique ou de <span class=""typo_Italique"">fantasy</span>. Il convient d’ailleurs, bien souvent, de traiter ensemble ces deux types d’œuvres : c’est ce qu’ont fait Florian Besson et Simon Hasdenteufel pour leur analyse du rapport à l’espace, dont les ficelles sont somme toute assez constantes, qu’il s’agisse d’œuvres à prétention historique comme la série <span class=""typo_Italique"">Marco Polo</span> (2014-2016) ou de productions largement humoristiques comme la française <span class=""typo_Italique"">Kaamelott</span> ; de même, Roberto Facchini et Davide Iacono d’une part, Pierre Brice-Stahl de l’autre, montrent comment les signes d’un « Nord médiéval » ou d’un « médiévalisme boréal » peuvent être déclinés dans <span class=""typo_Italique"">Vikings</span> autant que dans <span class=""typo_Italique"">Game of Thrones</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Cette dernière série, devenue elle-même en quelques années un véritable « classique » des études médiévalistes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-003"" target=""_blank""> 16</a></span></span>, s’avère typique de ce rapport complexe aux corpus de référence, textuels ou autres, qui donnent accès aux signes de médiévalité et permettent de mieux comprendre ce qui « fait médiéval ». Les huit saisons de cette série sont principalement adaptées de l’œuvre romanesque de George R. R. Martin, qui revendique lui-même plusieurs inspirations médiévales : l’une proprement historique, puisqu’il puise dans l’histoire de l’Angleterre au <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle – en particulier la guerre des Deux-Roses ; l’autre plus littéraire, avec pour modèles <span class=""typo_Italique"">Les</span> <span class=""typo_Italique"">Rois maudits</span> de Maurice Druon, mais aussi tout l’héritage de la <span class=""typo_Italique"">fantasy </span>anglophone, qui n’est pas seulement médiévalisante<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-002"" target=""_blank""> 17</a></span></span>. Il est vrai que la série télévisée multiplie les signes de médiévalité, parmi lesquels les dragons, là encore, occupent une place centrale ; ces signes proviennent de l’œuvre de Martin, mais aussi de toute une imagerie qui la dépasse largement. Si aucune des études ici rassemblées ne porte exclusivement sur <span class=""typo_Italique"">Game of Thrones</span>, plusieurs d’entre elles l’incluent naturellement dans leur corpus.</p><p class=""txt_Normal"">L’étude des séries d’inspiration médiévale dévoile donc le plus souvent une grande variété de sources, qui s’inscrivent dans une logique de cross-médialité, c’est-à-dire de dialogue entre de nombreux supports de discours médiévalistes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-001"" target=""_blank""> 18</a></span></span>. Il en résulte que, si les <span class=""typo_Italique"">showrunners</span>, scénaristes et réalisateurs appréhendent parfois le Moyen Âge à travers les sources primaires et les travaux des historiens ou des archéologues, ils se référent aussi, et sans doute bien plus, à des productions culturelles plus tardives, elles-mêmes dominées par quelques grands passeurs tels que William Shakespeare, Walter Scott, John R. R. Tolkien ou encore Terence H. White – pour ne citer que quatre noms qui, par leur influence sur la culture anglophone de notre temps, jouent un rôle central dans la représentation du Moyen Âge que véhiculent les séries<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-000"" target=""_blank""> 19</a></span></span>. De même, l’important travail de reconstitution que suppose la production d’une série, et qui concerne aussi bien les vêtements, les objets et même les gestes de la vie quotidienne, que la parole, la musique et tout ce qui relève de la bande-son, se fonde régulièrement sur la reprise de schèmes iconographiques ou sonores élaborés pour l’essentiel au cours de la période romantique. Pourtant, les concepteurs des séries aiment faire appel à des experts et des spécialistes aux compétences malheureusement inégales. Le résultat n’est pas forcément ridicule, et les questions concrètes qu’ils se posent, notamment en ce qui concerne la culture matérielle, touchent à des champs historiques aujourd’hui en plein essor. Il en est ainsi de l’étude des paysages sonores que propose ici Marie-Emmanuelle Torres.</p><p class=""txt_Normal"">À travers les articles que l’on va lire, c’est donc un autre Moyen Âge qui se révèle. Un Moyen Âge reconstruit, transformé, fantasmé. Un Moyen Âge qui n’a pas existé, sans doute, mais qui est aussi le seul que le grand public a vu. Car ces séries, populaires et largement diffusées, ont fourni et continuent à nourrir un répertoire d’images, de thèmes et de sons qui constituent désormais pour tous le « vrai Moyen Âge », le Moyen Âge vivant, à la fois coloré et sonore, plaisant aussi, avec lequel l’étude des documents d’archives a bien du mal à rivaliser. Pour les médiévistes, connaître et comprendre ce Moyen Âge de <span class=""typo_Italique"">fantasy</span> ne constitue donc pas seulement un aimable divertissement : c’est aussi un véritable enjeu.</p><p class=""auteur_Institution ParaOverride-1""><span class=""typo_gras CharOverride-1"">Alban Gautier</span> – Université de Caen Normandie, Centre Michel de Boüard – CRAHAM (UMR 6273)</p><p class=""auteur_Institution ParaOverride-2""><span class=""CharOverride-1"">Laurent Vissière</span> – Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier (UMR 8596)</p><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-018"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-018-backlink"" target=""_blank"">1</a>. On citera, parmi une production de plus en plus abondante, <span class=""typo_SC"">M. Pagès</span> et <span class=""typo_SC"">K. Kinane</span> éd., <span class=""typo_Italique"">The Middle Ages on Television. Critical Essays</span>, Jefferson (NC), 2015, et <span class=""typo_SC"">T. Brero</span> et <span class=""typo_SC"">S. Farré</span> éd., <span class=""typo_Italique"">The Historians. Saison 1. Les séries TV décryptées par les historiens</span>, Chêne-Bourg (Genève), 2017 : il convient de noter qu’aucun de ces deux volumes ne porte exclusivement sur les séries d’inspiration médiévale ; ainsi, la « saison 2 » de <span class=""typo_Italique"">The Historians</span>, parue en 2018, n’analyse aucune série se rapportant au Moyen Âge. À ces deux volumes collectifs, il faut ajouter de nombreux articles ou chapitres portant sur telle ou telle production.</p></div><div id=""footnote-017"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-017-backlink"" target=""_blank"">2</a>. À l’occasion de ce numéro, la revue s’est prêtée pour la première fois à cet exercice, qui s’est avéré fructueux (vingt-quatre propositions ont été reçues) et qui ne manquera pas d’être reproduit à l’avenir.</p></div><div id=""footnote-016"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-016-backlink"" target=""_blank"">3</a>. Sur le médiévalisme du début du <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> s. et son intérêt pour les productions et pratiques culturelles populaires et médiatiques d’inspiration médiévale, voir D. <span class=""typo_SC"">Matthews</span>, <span class=""typo_Italique"">Medievalism. A Critical History</span>, Cambridge, 2015, p. <span class=""typo_SC"">xii</span>.</p></div><div id=""footnote-015"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-015-backlink"" target=""_blank"">4</a>. <span class=""typo_SC"">M. Boutet</span>, « Histoire des séries télévisées », dans <span class=""typo_SC"">S. Sepulchre</span> éd., <span class=""typo_Italique"">Décoder les séries télévisées</span>, Louvain-la-Neuve, 2017, p. 11-47.</p></div><div id=""footnote-014"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-014-backlink"" target=""_blank"">5</a>. Sur cette distinction, et bien que de nombreuses productions « brouillent les frontières entre les deux territoires », voir N. <span class=""typo_SC"">Nel</span>, « Téléfilm, feuilleton, série, saga, <span class=""typo_Italique"">sitcom</span>, <span class=""typo_Italique"">soap opera</span>, <span class=""typo_Italique"">telenovela</span> : quels sont les éléments clés de la sérialité ? », <span class=""typo_Italique"">CinémAction</span>, 57 (1990), p. 62-66 ; à compléter par <span class=""typo_SC"">S. Benassi</span>, « Sérialité(s) », dans S. <span class=""typo_SC"">Sepulchre</span> éd., <span class=""typo_Italique"">Décoder les séries télévisées</span>, p. 75-105 (p. 80). La distinction rejoint (mais seulement en partie) celle opérée par <span class=""typo_SC"">J.-P. Esquenazi</span>, <span class=""typo_Italique"">Les Séries télévisées. L’avenir du cinéma ?</span>, Paris, 2010, p. 104-105, entre séries « évolutives » et « immobiles ».</p></div><div id=""footnote-013"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a rel=""nofollow noopener noreferrer"" href=""https://zimbra.univ-paris8.fr/service/home/~/Intro.html#footnote-013-backlink"" target=""_blank"">6</a>. C’est pourquoi, dans les pages qui suivent, et sauf cas particulier (les « livres » de la ";;;;;;;;; 704;2;3;14;La photographie : essai pour un art indisciplinable;;;;"<p>Un essai sur la photographie qui pose l’interdisciplinarité comme nouveau critère d’analyse, dont le thème transversal pose la photographie comme art non mimétique et image de matérialité(s).</p>";"<!-- p.p1 {margin: 8.5px 0.0px 2.9px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p2 {margin: 8.5px 0.0px 0.0px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p3 {margin: 15.6px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 12.8px 0.0px; text-align: center; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 2.9px 14.2px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p6 {margin: 5.7px 0.0px 2.9px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p7 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 28.4px; line-height: 10.0px; font: 7.0px Helvetica} p.p8 {margin: 5.7px 0.0px 2.9px 14.2px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p9 {margin: 5.7px 0.0px 0.0px 14.2px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p10 {margin: 5.7px 0.0px 1.4px 14.2px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p11 {margin: 0.0px 0.0px 1.4px 14.2px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p12 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 28.4px; line-height: 10.0px; font: 7.0px Helvetica; min-height: 8.0px} p.p13 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} span.s1 {font: 10.5px Helvetica} span.s2 {letter-spacing: -0.1px} span.s3 {font: 10.5px Helvetica; letter-spacing: -0.1px} span.s4 {font: 11.0px Helvetica} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Remerciements<span> </span></p><p class=""p2"">Prologue<span> </span></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>Première partie</strong></p><p class=""p4"" style=""text-align: center;""><strong>La photographie : un art non-mimétique</strong></p><p class=""p5"">La photographie comme objet conceptuel<span> </span></p><p class=""p6"">Photographie et représentation : une image sans modèle<span> </span></p><p class=""p5"">Quand la déréalisation en photographie n’est que l’épiphanie du processus photographique<span> </span></p><p class=""p7"">• Mythe de la re-connaissance <br />• Les échappées du réel <br /> • La lumière : facteur de mé-connaissance  <br />• Phénomènes lumineux : autres facteurs de déréalisation <br />• Perte de(s) sens <br />• Espace déréel</p><p class=""p8"">L’impossible original et la déperdition du modèle<span> </span></p><p class=""p7""><span class=""s2"">• Le modèle palimpseste <br />• Le modèle simulacre <br /> • Le modèle effet chimère <br />• Le modèle clinamen <br /> • Le modèle passage <br />• Le modèle fétiche </span></p><p class=""p9"">L’oxymore photographique ou l’éloge de la désillusion<span> </span></p><p class=""p10"">L’ambivalence comme nouvelle esthétique de la perception en photographie<span> </span></p><p class=""p7""><span class=""s2"">• « Des-illusions » : nous reconnaissons ce que nous ne connaissons pas <br />• De l’œil et de l’esprit <br />• L’œil comme outil <br />• Réception d’une image <br />• La photographie : entre ambivalence et ambiguïté </span></p><p class=""p1"">Photographie et matière : un espace d’engendrement<span> </span></p><p class=""p5"">L’erreur, piège et privilège de l’invention : à propos de la photographie<span> </span></p><p class=""p11"">Image en dommage : la photographie comme allégorie de la destruction<span> </span></p><p class=""p7"">• Une destruction à vue <br />• Destruction par « corps à corps » </p><p class=""p11"">Parodies et paradoxes<span> </span></p><p class=""p7"">• « Regard » de la chambre noire et feuilleté lumineux <br /> • Les faux mensonges de l’architecte « lumière » <br />• Histoires de parodies </p><p class=""p11"">Chroniques de l’opacité<span> </span></p><p class=""p7""><span class=""s2"">• Chronique de l’obscurité <br />• Chronique de l’ombre <br />• Chronique de l’aveugle<br />• L’opacité, une affection chronique </span></p><p class=""p12""><span class=""s2""> </span></p><p class=""p1"">Photographie et support en mutation(s) : une image migrante<span> </span></p><p class=""p5"">Miroir, écran et image « en l’air »<span> </span></p><p class=""p5"">« Le sourire d’un chat », ou l’image rémanente<span> </span></p><p class=""p7"">• Les chemins de l’aura <br />• Une liberté programmée <br /> • L’aura entre la chose et le fait<br />• L’impossible retour <br /> • L’aura ou la rémanence accomplie </p><p class=""p8"">La photographie et le livre : une histoire de mixité(s)<span> </span></p><p class=""p7"">• La question du support <br />• Le statut du photographe <br /> • Le livre de photographies ou « l’œuvre en valise » </p><p class=""p8""><span class=""s2"">états d’œuvre : photographie mise en espace – mise en espace de la photographie<span> </span></span></p><p class=""p7"">• Premier état d’œuvre : la photographie à la conquête de l’espace muséal <br />• Deuxième état d’œuvre : la photographie à la conquête de l’espace du livre<br />• Troisième état d’œuvre : la photographie en quête de liberté ou l’image projetée <br />• Quatrième état d’œuvre : la photographie, une image virale </p><p class=""p8"">Le support en mutation(s) : un portant d’image<span> </span></p><p class=""p7"">• Pertinence contemporaine de la question du support ou la confusion du support, du médium et de l’image <br /> • Le support comme « objet d’existence » <br />• Le support comme « portant d’image »<br />• Le support comme milieu et objet « quasi-animé » </p><p class=""p8"">En guise de suite(s) : « qu’est-ce qui résiste quand on change de médium » ? </p><p class=""p1"">Cahier iconographique I<span> </span></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>Deuxième partie</strong></p><p class=""p4"" style=""text-align: center;""><strong>La photographie : un art indisciplinable</strong></p><p class=""p8"">La photographie : objet vectoriel et image diagramme<span> </span></p><p class=""p1"">La photographie : un art nodal<span> </span></p><p class=""p5"">Notions photographiques dans l’art contemporain<span> </span></p><p class=""p7"">• Lieu de mémoire : empreinte et moulage pour une autre re-présentation <br />• Espace de rémanence ou la « cache » du temps <br />• « Le temps de l’ombre » : une question de latence <br />• la forme-lumière et l’écran « vide » <br /> • Des images sans modèle : la perception comme médium <br />• La vie de l’écran ou la plasticité du support <br />• Le diaphane ou la couleur-lumière spatialisée</p><p class=""p7""><br />Les pauses photographiques de Pascal Dusapin</p><p class=""p7"">Entretien avec Michelle Debat </p><p class=""p8"">Henri Foucault : mine de rien…  : « il » n’est pas photographe, et pourtant !<span> </span></p><p class=""p7"">• Question de dessein - question d’écriture <br />• La pensée du médium<br />• La photographie comme abstraction <br /> • Le photographe iconoclaste </p><p class=""p8"">François Daireaux, empreintes de l’air, moulages du temps, relevés de mémoire<span> </span></p><p class=""p7"">• Gammes et invariants de l’artiste-artisan<br />• Rituels de la variation <br />• Extraits de mondes </p><p class=""p1"">La photographie : un art disruptif<span> </span></p><p class=""p5"">Abstraction et photographie - éloge du risque et goût de la résistance<span> </span></p><p class=""p7"">• Abstraction et photographie : quelques enjeux communs <br /> • La photographie abstraite : question de résistance <br /> • La photographie abstraite ou le déplaisir du risque <br /> • La photographie abstraite : figure de l’oxymore </p><p class=""p8"">Faire c’est non pas dire mais c’est montrer… <br /> à propos de<em> Montage for Three</em> (2009) de Daniel Linehan<span> </span></p><p class=""p8"">L’extension du photographiable contemporain comme nouveau pictorialisme numérique<span> </span></p><p class=""p7"">• Le photographiable dans les <em>jepgs</em> (2004-2008)<em> </em>de Thomas Ruff ou la mise à distance comme nouveau programme du photographique<br />• L’extension du photographiable dans les <em>Googlegramas</em> (2003-2005) de Joan Fontcuberta </p><p class=""p8""><span class=""s2"">Retour et réification du protocole dans le champ photographique<span> </span></span></p><p class=""p7""><span class=""s2"">• Le processus photographique ou le protocole à découvert <br />• Du programme à la méthode photographique : un protocole non expérimental<br />• Le protocole comme sujet programmatique des <em>Verifiche</em> d’Ugo Mulas et portrait du photographique technologique <br />• Le protocole comme sujet de l’œuvre programmatique d’Édouard Levé (1965-2007) et portrait du photographique « sémantique » <br />• le retour du protocole : symptôme d’une société de l’excès (d’images) et d’un âge de l’accès (à ses usages) </span></p><p class=""p1"">La photographie : un art indisciplinable<span> </span></p><p class=""p5"">Gilbert Boyer - le langage de l’art, pour une langue en migration<span> </span></p><p class=""p7"">• La parole ex-posée <br />• La mémoire en résonance <br />• La vanité des frontières <br />• Les mots en migration </p><p class=""p8"">La photographie comme « lieu » du dansé dans <em>Ballet</em> (1945) d’Alexey Brodovitch (1898-1971)<span class=""s4""><span> </span></span></p><p class=""p7"">• Le livre comme « orchestration » de la photographie<span class=""s2""><br /> </span>• Le « tracé-dansé » </p><p class=""p8"">La photographie comme image vivante ou « les agir(s) » de quelques matérialités photographiques<span> </span></p><p class=""p7"">• Matérialités de quelques « agirs » argentiques <br />• Matérialités de quelques « agirs » iconoclastes<br />• Les bourgeonnements agissant de quelques hypothèses « photographiques » </p><p class=""p8"">La photographie : entre glossolalie visuelle et quasi-objet<span> </span></p><p class=""p7""><span class=""s2"">• La photographie : un quasi-objet pour un art indsicplinable <br /> • Une image indisciplinable à l’origine : une histoire de « gênes »<br />• Des premiers iconoclastes aux objets matiéristes <br />• Une indisciplinarité chronique : entre médium et représentation… <br />• Disruptions et enjeux d’un art indisciplinable <br /><br /></span></p><p class=""p2"">Cahier iconographique II<span> <br /></span>Repères bibliographiques <br />Index <br />Liste des œuvres reproduites et crédits <br />Sources des textes </p>";;24/09/2020;0;160x220;400;978-2-37924-089-8;978-2-37924-089-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_704.jpg;"<p class=""Pa9"">À l’ère où les médiums s’hybrident, où les disciplines se décloisonnent, où les supports se dématérialisent, il s’agit de penser la photographie entre les arts, les médiums et les savoirs.<br />À l’heure où la photographie est à la fois un objet conceptuel, une image en vecteur, un espace viral, un lieu de migration, il s’agit de proposer une recherche en acte(s) où la théorie favorise un lieu relationnel capable de déterritorialiser les disciplines et de faire converser les pratiques.<br />Au moment où s’épuisent les hiérarchies historicistes, les classements par genre, la photographie reste art de la représentation mais se révèle art non mimétique, art nodal, art parfois disruptif, bref, Figure à partir de laquelle de nouveaux modes de pensée se construisent, de nouveaux critères scientifiques s’inventent, de nouveaux champs de savoirs dialoguent.<br />Aujourd’hui, cet ouvrage - où l’indisciplinarité s’est imposée comme schème de recherche - propose de penser En photographie des oeuvres déployant des gestes, des actes, mais aussi des matériologies et des plasticités dont la photographie est magnifiquement détentrice.<br />Tel est l’enjeu de cet essai orchestré par une indisciplinarité, qui en appelle à tout un chacun qui s’intéresse à la photographie mais pas seulement.</p><p class=""Default""> </p><p><em>Michelle Debat est Professeur des universités en histoire et esthétique de la photographie et de l’art contemporain, critique d’art, membre de l’AICA-France.</em></p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.0px Times} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 16.0px Times; min-height: 19.0px} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 20.0px; text-align: justify; text-indent: -20.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Helvetica} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} span.s2 {font: 5.0px Times; text-decoration: underline ; letter-spacing: 0.0px} span.s3 {font: 5.0px Times; letter-spacing: 0.0px} span.s4 {text-decoration: underline ; letter-spacing: 0.0px} --><p class=""p1""><span class=""s1"">Introduction <br /><br />Et si plus de trois décennies de recherche tant pratique que théorique, de cheminements et de frottements entre les faires, les savoirs et les arts, grâce, à partir, malgré, avec ou sans la photographie n’avaient été que pour aboutir à un mot, mon juste mot, Le mot : Indisciplinable, pour proposer une théorie nouvelle mais non une nouvelle théorie de la photographie. Ce livre n’est pas une thèse au sens universitaire du terme, il n’est pas une démonstration faisant suite à un questionnement précis, il n’est pas non plus la publication d’une habilitation à diriger les recherches telle que la définit dans une de ses conférences dansées Le Dernier spectacle (1998), le chorégraphe Jérôme Bel : « Une HDR n’est pas une œuvre mais un travail d’archivage : c’est du rangement, rétrospectif [alors qu’une] œuvre est un mouvement prospectif qui demande beaucoup plus d’attention et d’investissement car on est en terrain connu<a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-006""><span class=""s2""><sup>1</sup></span></a>. » Cet ouvrage s’approcherait davantage d’un journal théorique qui fait sens dans l’après-coup de la pause intellectuelle nécessaire à un chercheur. Ce livre est un essai en tant que « libre déploiement et traversée attentive tendue par une sorte d’avidité<a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-005""><span class=""s2""><sup>2</sup></span></a> ». Ainsi, à défaut d’être une œuvre au sens artistique du terme<a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-004""><span class=""s2""><sup>3</sup></span></a>, il est un partitionnement au sens mathématique qui trouve son ampleur théorique dans l’exigence du choix des textes. Ceux-ci ont été écrits de la fin des années 1980 à nos jours ; leur très grande majorité n’a jamais été publiée et certains ont été revus et corrigés pour cette publication.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Alors proposer aujourd’hui cet ouvrage à propos d’un art indisciplinable, à la manière de l’artiste qui fait une rétrospective de son œuvre, ni trop tôt, ni trop tard, c’est d’une part assumer les chemins empruntés par la création, qu’elle soit intellectuelle ou artistique, l’un ne pouvant ici être séparé de l’autre. Mais d’autre part, c’est reconnaître dans l’après-coup, un travail mené - dès les années 1980 - de manière iconoclaste, quasi rebelle et déjà interdisciplinaire avant que ce dernier terme n’envahisse les champs des pratiques artistiques et celui des axes de recherche universitaires. En effet, cette période des années 1980, suivait celle de la reconnaissance institutionnelle de la photographie, et se caractérisait par une production foisonnante de recherches théoriques issues de champs épistémologiques différents (sociologie, philosophie, histoire de l’art, phénoménologie…) et de pratiques photographiques « décomplexées » empruntant aux autres disciplines artistiques sans pour autant vouloir s’ériger en dogme. À côté, l’histoire de la photographie a quant à elle, dès le xix</span><span class=""s3""><sup>e</sup></span><span class=""s1"">, épousé les thèses d’une société positiviste qui a reconnu la découverte (et non l’invention) du processus de reproduction de l’image et du réel car elle avait besoin de « preuve », de vérité, mettant la photographie dans le champ appliqué des sciences et des techniques, mais aussi du politique, et nécessairement dans la catégorie des arts mimétiques. Or, c’est justement ce dernier point qui fut à l’origine d’une attitude indisciplinée tant de la photographe que de la théoricienne que fut et qu’est l’auteur de cet ouvrage. La photographie sera réfléchie comme art, ou prise dans le champ de pratiques artistiques, mais comme art non mimétique, revendiquant ici une dimension matériologique plus aristotélicienne que platonicienne, s’opposant déjà à la célèbre « fenêtre » albertinienne ouverte sur le réel, et supposant la transparence parfaite d’un support médian<a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-003""><span class=""s2""><sup>4</sup></span></a> Dès ces années 1980, les productions photographiques et les positions tant pratiques que théoriques, découvraient un intérêt profond pour une image paradoxalement et potentiellement indisciplinée, faisant résistance aux normes académiques d’une photographie reproduisant de manière mimétique le réel. Il aura fallu alors rencontrer comme une évidence, un art nodal - aux diffractions pluridisciplinaires et non seulement de l’interdisciplinarité dans les arts - penser autrement une image dont les usages prendraient le pas sur ses propres outils d’instauration, prendre alors conscience de la différence entre une image photographique et un objet conceptuel, un objet vectoriel et une image diagramme, et ce pour travailler à une image sans modèle qui posera la question de l’image comme lieu de formativité<a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-002""><span class=""s2""><sup>5</sup></span></a>, espace d’engendrement, parfois art disruptif et toujours art indisciplinable. Ainsi prenant comme premier objet d’étude, la question du support, il s’est agi de démontrer en quoi il était une force de mutations exponentielles, et un potentiel inattendu de migration et de viralité des images photographiques dites, encore et malgré tout… « photographiques » : images indéfiniment transmissibles, traduisibles et donc interprétables, quitte à déréaliser ce qu’elles sont censées re-présenter, quitte à disloquer et même à disrupter, ce qu’elles ont pour mission de signifier. Mais quel était donc cet art qui faisait se rencontrer, se frotter, se contredire parfois, tant de savoirs (philosophique, scientifique, phénoménologique…), qui faisait se penser tant de domaines artistiques<a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-001""><span class=""s2""><sup>6</sup></span></a> sans jamais les cloisonner, qui faisait se concevoir tant d’états de choses et d’états d’œuvres sans vouloir les catégoriser en disciplines, cet art qui faisait surgir tant d’espaces disruptifs et de formes d’ailleurs… cet art insupportable et passionnant, toujours en acte(s), bien loin de celui dont parfois on a pu penser qu’il était juste un médium devenu caduc ou « obsolète<a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-000""><span class=""s2""><sup>7</sup></span></a> » : c’était juste celui qui n’arrêtait pas de se penser autrement, dans une forme d’indiscipline toujours vivante, déplaçant, intriguant, bousculant les champs dits épistémologiques (ou pire ontologiques) d’une discipline… Bref, un art indisciplinable dont le chantier ne fait que (re) commencer… tant sa qualité d’oxymore se manifeste dans ce croisement entre glossolalie visuelle et « quasi-objet » scientifique, oscillant entre ce qui relève de l’envisageable sans toutefois en être la preuve…</span></p><p class=""p2""><span class=""s1""> </span></p><p class=""p3""><span class=""s4""><a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-006-backlink"">1</a></span><span class=""s1"">. Jérôme Bel,<em> Le Dernier spectacle, </em>conférence dansée, 1998.</span></p><p class=""p3""><span class=""s4""><a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-005-backlink"">2</a></span><span class=""s1"">. Jean-Christophe Bailly, « L’essai, une écriture extensible », dans <em>L’Élargissement du poème</em>, Paris, Christian Bourgois, 2015, p. 111-127 et p. 119.</span></p><p class=""p3""><span class=""s4""><a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-004-backlink"">3</a></span><span class=""s1"">. Même si l’artiste comme le théoricien est un praticien tant de la pensée que des matières, un analyste des objets, un sismographe des états des choses et des êtres, des médiums et des milieux, des langues et des langages, des formes et des idées, des affects et des sensations.</span></p><p class=""p3""><span class=""s4""><a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-003-backlink"">4</a></span><span class=""s1"">. François Jullien, <em>La Grande Image n’a pas de forme. À partir des Arts de peindre de la Chine ancienne</em>, Paris, Seuil, 2003. Essai éclairant de déontologie et de relecture de la pensée platonicienne.</span></p><p class=""p3""><span class=""s4""><a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-002-backlink"">5</a></span><span class=""s1"">. Luigi Pareyson, <em>Esthétique. Théorie de la formativité</em>, trad. G. A. Tiberghien, Presses de l’ENS/Rue d’Ulm, 2007.</span></p><p class=""p3""><span class=""s4""><a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-001-backlink"">6</a></span><span class=""s1"">. Michelle Debat, <em>Photographie, Arts plastiques & Danse</em>, habilitation à diriger des recherches, Université Paris 8, 2010, non publié.</span></p><p class=""p3""><span class=""s4""><a href=""file:///Users/vince/Desktop/BISCUITS%20LA%20PHOTOGRAPHIE/b-intro.html#footnote-000-backlink"">7</a></span><span class=""s1"">. Rosalind Krauss, « Ré-inventer la “photographie” », <em>Le journal</em>, n° 7, juillet-août 1999, p. 4. C’est dans les années 1960, époque de la parution des <em>Mythologies</em> de Roland Barthes ou de la réactivation de la notion de simulacre par Jean Baudrillard, que Rosalind Krauss situe la perte d’identité de la photographie en tant qu’objet historique ou esthétique pour devenir objet théorique. C’est aussi l’époque de « re-convergence » de ce qui s’était déjà passé dans les années 1920, à savoir la convergence « triomphante » de l’art et de la photographie.</span></p>";;0;25.00;"<p>Cet ouvrage rassemble plusieurs essais, pour la plupart inédits ou non publiés, témoignant d’une recherche entre les arts et les savoirs où la photographie est l’objet d’investigation trans-disciplinaire. Il est articulé selon un axe matériologique et propose une théorie nouvelle de la photographie. Fruit de plus de vingt ans de conversations avec les œuvres, il répond à un manque de théorie en photographie. Il s’inscrit dans une logique scientifique inédite, posant l’indisciplinarité comme nouvel axe épistémologique de la recherche.<br />Cet ouvrage intéressera photographes, étudiants, artistes, enseignants, chercheurs, critiques, responsables d’institutions.</p>";;09/03/2020 12:12;1;Première édition;3692 705;1;3;34;Cinéma et Arts plastiques;N°31/2020;;;"<p>L’histoire de l’art récente a vu nombre d’œuvres cinématographiques gagnées par les arts plastiques et l’art contemporain inspirer les cinéastes. Marges étudie ici la question du décloisonnement de pratiques artistiques.</p>";"<p>Éditorial – Jérôme Glicenstein</p><p style=""text-align: center;""><strong><br /> </strong><strong>Dossier : Cinéma et arts plastiques </strong></p><p> Marion Sergent<br />« De la toile à l'écran : une surface de projections psychiques pour les artistes musicalistes »</p><p>Mickaël Pierson<br />« La salle de cinéma dans l’exposition : imitation ou parodie ? »</p><p>Li-Chen Kuo<br />« Voir à travers le noir. La mise en « boîte » du noir cinématographique dans des œuvres de Janet Cardiff et George Bures Miller : <em>The Muriel Lake Incident </em>(1999), <em>The Paradise Institute </em>(2001) »</p><p>Jonathan Larcher<br />« Film / de / diapositives. Entre art sonore, art de la projection et archéologie des média »</p><p><strong> </strong>Marie Vicet<br />« Du cinéma à l’œuvre : transferts iconographiques chez Robert Longo »</p><p> Mathias Kusnierz<br />« Échanges des arts plastiques et du cinéma. Le cinéma hollywoodien de série B au prisme de l’histoire de l’art et des arts plastiques »</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretien</strong></p><p>Entretien d’Émeline Jaret avec Alexis Guillier</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio </strong></p><p><strong> </strong>Louise Parnel, <em>Mud Claiming Life</em></p><p><strong> </strong></p><p><strong><br /></strong></p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p>";;29/10/2020;0;155x220;192;978-2-37924-097-3;978-2-37924-097-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_705.jpg;"<p><strong>De la toile à l'écran : une surface de projections psychiques pour les artistes musicalistes<br /></strong>Marion Sergent</p><p>Le cinéma d’animation a été pensé par plusieurs artistes musicalistes comme un dispositif permettant de renouveler la peinture. Non seulement il offre du dynamisme à l’art pictural et transforme la matière du peintre en couleur-lumière, mais en tant que technique de projection il vient soutenir une conception de l’œuvre d’art comme projection de l’intériorité, un parallèle qui s’appuie sur une vision moniste du monde où tout n’est que vibration.</p><p><strong> </strong></p><p><strong>La salle de cinéma dans l’exposition : imitation ou parodie ?<br /></strong>Mickaël Pierson</p><p>Au tournant des années 1980-1990, le cinéma devient une stratégie majeure dans les pratiques artistiques, se retrouvant fréquemment convoqué tant comme référence thématique que dispositif. Parfois ce n’est pas seulement un écran et une projection que nous découvrons, mais la réplique d’une salle de cinéma. Certains artistes conçoivent l’espace de présentation du film ou de la vidéo de manière visuelle et conceptuelle en convoquant le souvenir direct de la salle obscure.</p><p> <strong> </strong></p><p><strong>Voir à travers le noir. La mise en « boîte » du noir cinématographique dans des œuvres de Janet Cardiff et George Bures Miller : <em>The Muriel Lake Incident </em>(1999), <em>The Paradise Institute </em>(2001)<br /></strong>Li-Chen Kuo</p><p>En exposant la salle noire du cinéma, Janet Cardiff et George Bures Miller remettent en question le conditionnement spécifique du dispositif cinématographique et l’expérience spectatorielle dans un tel espace conventionnel. Le visiteur de l'exposition retrouve la position immobile d'un spectateur du cinéma, mais il est transposé par le son dans différents espaces auparavant « effacés » par le noir. La fiction n'est pas que dans le film projeté, elle s'incarne aussi dans tout espace du dispositif, techniquement rendu invisible par le noir.</p><p> <strong> </strong><strong> </strong></p><p><strong>Film / de / diapositives. Entre art sonore, art de la projection et archéologie des média<br /></strong>Jonathan Larcher</p><p>Depuis la première confection des projecteurs de diapositives par Kodak au milieu des années 1960, les artistes se sont saisis du médium pour élaborer des <em>slide shows</em>, un genre médiatique à mi chemin entre la photographie et le film. En s’appuyant sur l’étude de l’exposition « Blackout », ce texte montre combien la fin de la production des Carousels Kodak en 2004 a contribué conjointement au regain d’intérêt pour le médium et à l’invention de nouvelles formes médiatiques, revisitant à la fois l’histoire des images et celle des arts de la projection du XX<sup>e</sup> siècle.</p><p> </p><p><strong>Du cinéma à l’œuvre : transferts iconographiques chez Robert Longo<br /></strong>Marie Vicet</p><p>Cet article analyse l’importance qu’eut le cinéma dans l’œuvre de Robert Longo au début de sa carrière mais également la façon dont l’artiste réalisa des transferts iconographiques d’un médium à un autre dans différentes œuvres. La seconde partie de l’article étudie plus précisément l’influence du cinéma expérimental, et en particulier des films du cinéaste Paul Sharits dans les clips vidéos que l’artiste réalisa dans les années 1980.</p><p> </p><p><strong>Échanges des arts plastiques et du cinéma. Le cinéma hollywoodien de série B au prisme de l’histoire de l’art et des arts plastiques<br /></strong>Mathias Kusnierz</p><p>J’examine ici comment les études cinématographiques empruntent ses concepts à l’histoire de l’art. Après avoir expliqué pourquoi le cinéma a si peu droit de cité dans l’histoire de l’art, je montre que les <em>visual studies</em> ont contribué à desserrer ce partage disciplinaire strict et ont attiré l’attention des chercheurs sur des objets plastiques auparavant impensables en termes d’histoire et de théorie du cinéma. J’interroge donc les conditions de possibilité de l’importation des concepts et plaide pour une collaboration réfléchie des disciplines en vue de leur évolution.</p>";"<p><strong>Éditorial<br /></strong></p><p><strong><br /></strong></p><p>L’histoire de l’art récente a vu nombre d’œuvres cinématographiques gagnées par les arts plastiques et l’art contemporain inspirer les cinéastes. Ce mouvement de vases communicants, pour être perçu dans sa fécondité, est à envisager de plusieurs façons. Il y aurait quelque légitimité à le penser dans ce qu’il recèle profondément d’influence mutuelle (aborder le cinéma par le prisme de ce qu’il doit aux arts plastiques et inversement). On pourrait alors s’attacher à montrer comment certaines démarches artistiques en sont venues à se renouveler au contact d’images en mouvement, déclinées sur grand, puis sur petit écran. Cette remarque pourrait s’énoncer en retournant les rôles, puisque l’écriture filmique se nourrit aussi des recherches menées du côté des autres arts. Sans doute est-ce en termes de passages et de porosités, de contamination et de résonances, qu’il convient de caractériser cette relation.</p><p>Pour autant, considérer les arts plastiques et le cinéma au niveau de leur production, c’est aussi se confronter à des méthodes de travail à certains égards opposées. Car, ainsi qu’André Malraux l’avait fait remarquer, le cinéma est un art, mais c’est aussi une industrie. Un équivalent de la figure du créateur isolé, retranché dans son atelier, semble difficile à concevoir dans le domaine du cinéma, compte tenu des moyens matériels et humains qui y sont mobilisés. Autour de la figure du réalisateur, gravite une pluralité de métiers complémentaires (l’opérateur, le monteur, le costumier, le scénariste, etc.) qui viennent l’épauler. Ce mode de fonctionnement, où l’alchimie du travail collectif – et la division du travail qui l’accompagne – est partie prenante, induit une approche autre du processus créatif, qui ne semble pas avoir de réel équivalent dans le domaine des arts plastiques, quand bien même certains artistes délèguent l’exécution de telle ou telle pièce à leurs assistants, voire refusent l’idée d’un isolement de la création en travaillant au sein de collectifs.</p><p>Au-delà de ces modalités de production, si l’on entend appréhender comment se joue le rapport du cinéma aux arts plastiques, avançons qu’il ne sera pas perdu d’en revenir à cette définition simple, irréductible, du cinéma : un art du temps. Chacun à leur manière, les films entrés dans l’histoire du cinéma attestent de la plasticité et du caractère ductile de cette donnée, qu’il est possible de remonter et d’accélérer, d’altérer, de faire revenir en boucle sur elle-même, d’arrêter. En un mot, de manipuler.</p><p>À ceci, on ajoutera encore : en tant qu’art du temps, le cinéma peut apparaître rétif à l’exposition. Les exemples pourtant ne manquent pas d’institutions qui se sont essayées à l’y montrer, inventant pour cela de nouveaux formats d’expositions dans lesquels l’image en mouvement a toute sa place. Réunir les conditions pour que le cinéma puisse s’insérer dans un espace d’exposition impose de fait de reconsidérer le modèle du White Cube (ou son complément la « black box »). Cela impose d’imaginer des dispositifs où le spectateur n’est ni assis, ni plongé dans le noir ; où il ne tient qu’à lui de reprendre ou d’arrêter sa déambulation, au gré des objets qu’il découvre. Ajoutons que la situation d’exposition – avec la multiplication et la diversité des objets qu’elle peut comporter – tend à diminuer d’autant le temps que le public peut accorder à chacun d’eux, ce qui peut poser problème pour les objets cinématographiques. Transplanter un film dans un accrochage où le temps de la consultation ne sera pas suspendu comme dans une salle de cinéma, et il aura à partager la vedette avec d’autres œuvres, voire à servir un propos qui l’excède (et dont il ne constituera qu’une facette), est une gageure qui soulève d’épineuses questions.</p><p>L’enjeu de ce numéro est de contribuer à cette réflexion et de faire apparaître en quoi les enjeux du cinéma et ceux des arts plastiques se rencontrent parfois et éventuellement se confrontent, au-delà de leurs spécificités, ce qui permet en retour de les mettre en crise et de stimuler la création.</p><p>Le premier texte, dû à Marion Sergent, peut se lire comme un retour sur une histoire assez peu connue, celle des musicalistes, un groupe d’artistes apparu dans les années 1920 qui, refusant les barrières disciplinaires, a cherché à promouvoir un « cinéma plastique ». </p><p>Les deux textes suivants s’interrogent sur la requalification de l’espace de projection cinématographique au sein de l’art contemporain. Mickaël Pierson, s’appuie sur un certain nombre d’exemples d’utilisations de reconstitutions de salles de cinéma au sein d’expositions afin de s’interroger sur le sens de ce déplacement qui implique de reconsidérer la notion d’espace de l’œuvre. Dans ces œuvres, il ne s’agit pas de simplement regarder le film, mais d’entrer dans des dispositifs qui font « environnement ». Le texte de Li-Chen Kuo aborde plus précisément l’un des exemples cités par Mickaël Pierson : deux travaux de Janet Cardiff et Georges Bures Miller. Avec <em>The Muriel Lake Incident </em>(1999) et <em>The Paradise Institute </em>(2001), ces deux artistes mettent en scène le spectacle cinématographique au sein d’espaces d’exposition et mettent simultanément en abîme la position du spectateur ainsi que la nature de ce à quoi il assiste. Les narrations s’emboitent : celles sur les écrans, celles des salles de cinéma, celles des dispositifs d’exposition et impliquent une superposition des niveaux de compréhension introduisant un trouble perceptif chez les spectateurs.</p><p>L’article de Jonathan Larcher peut être lu comme une méditation à partir d’un médium largement disparu : le Carousel Kodak ; un projecteur de diapositive apparu dans les années 1960 et qui, souvent couplé à une minuterie, a abondamment été utilisé par les artistes plasticiens jusqu’au début des années 2000. Les séquences de diapositives produites par les artistes concernés se situent exemplairement dans un entre-deux, entre la fixité des images photographiques et le flux narratif du cinéma, tout en rappelant les effets précinématographiques des lanternes magiques.</p><p>Marie Vicet revient, quant à elle, sur la carrière de Robert Longo, un artiste vedette des années 1980 – apparu lors du célèbre « Pictures Show » de 1977. Le travail de cet artiste emprunte à ses débuts largement au cinéma – notamment aux films de Fassbinder – et finit par déboucher sur la réalisation de films (il est l’auteur de clips vidéos mais aussi du long métrage <em>Johnny Mnemonic</em> en 1995).</p><p>Le dernier texte du dossier, dû à Mathias Kusnierz traite de certains films hollywoodiens de série B, mais il propose surtout une réflexion plus générale sur le cinéma, à partir de l’apport des <em>visual studies</em>. Il s’agit pour l’auteur de montrer en quoi ces dernières ont contribué à promouvoir des démarches interdisciplinaires dans l’étude des objets filmiques, enrichissant de ce fait les méthodes traditionnelles issues de l’histoire de l’art.</p><p>Nous publions également un entretien d’Émeline Jaret avec Alexis Guillier sur la question du cinéma et un portfolio de dessins de Louise Parnel, inspiré par le projet de Film Guild Cinema de Frederick Kiesler.</p><p>Peu de comptes rendus complètent un numéro dont la conception a été quelque peu affectée par l’épidémie de Covid-19 (peu ou pas de sorties d’ouvrages ni d’expositions visibles lors des derniers mois).</p><p class=""Default""><strong> </strong></p><p class=""Default""><strong>Jérôme Glicenstein </strong></p><p class=""Default""><strong>Octobre 2020 </strong></p>";"<p><strong>From canvas to screen: a surface for psychic projections from musicalistes artists<br /></strong>Marion Sergent</p><p>Several musicalistes artists have considered animation cinema as a device to renew painting. This cinematographic genre not only brings dynamism to pictorial art and transforms the painter’s material into light-color, but as a projection technique it supports a conception of the work of art as a projection of interiority, an analogy based on a monistic view of the world where everything is vibration.</p><p><strong> </strong></p><p><strong>The cinema theater within the exhibition: imitation or parody ?<br /></strong>Mickaël Pierson</p><p>Since the end of the 80s and the beginning of the 90s, cinema has become a major strategy in artistic practices. Artists use cinema as a thematic reference and a device. Sometimes we do not only discover a screen and a projection but also the replica of a movie theatre. Some artists imagine the exhibition space of their movie or video visually and conceptually summoning the direct memory of the architecture of cinema.</p><p> </p><p><strong>Seeing through the black. </strong><strong>Cinema’s black ‘displayed in a box’ in Janet Cardiff et George Bures Miller’s <em>The Muriel Lake Incident </em>(1999) and <em>The Paradise Institute </em>(2001)<br /></strong>Li-Chen Kuo</p><p>When the exhibit cinema’s dark room, Janet Cardiff and George Bures Miller question the specific conditioning of cinema’s device and spectator’s experience in such a conventional space. The exhibition’s visitor finds himself in the position of a movie viewer sitting still, while being transported by sound in various spaces that had been “erased” by the black. Fiction is not only in the projected film, it is also embodied in every room opened by the device, technically rendered invisible by the black. <strong> </strong></p><p><strong> </strong></p><p><strong>Film / of / slides. </strong><strong>Between sound art, projection art and media archeology<br /></strong>Jonathan Larcher</p><p>Since Kodak first made slide projectors in the mid-1960s, artists have used the medium to create “slide shows”, a media genre halfway between photography and film. Based on the study of the “Blackout” exhibition, this text shows how the end of the Kodak Carousels' production in 2004 contributed jointly to the renewed interest in the medium and the invention of new media forms, while also revisiting the history of images and the history of projection arts in the 20<sup>th</sup> century.</p><p><strong> </strong></p><p><strong>Cinema at work: iconographic transfers in Robert Longo’s work<br /></strong>Marie Vicet<strong> </strong></p><p>This article analyzes the importance of the movie image in Robert Longo’s works at the beginning of his career. It shows also how the artist made iconographic transfers from one medium to another in his first works. The second part of the article focuses specifically on the influence of experimental filmmaking, and in particular of the films of Paul Sharits, in the music videos that the artist directed in the 1980s.</p><p> </p><p><strong>An exchange between fine arts and cinema. Hollywood’s B movies seen through art history and fine arts<br /></strong>Mathias Kusnierz</p><p>I am examining how film studies borrow its concepts to art history. After having explained why film was given very little consideration within art history, I aim at showing that visual studies are blurring disciplinary boundaries and, thus, attracting the interest of researchers to previously unthought visual phenomena within film history and theory. I’m thus considering what makes transfers of concepts possible and argue for a properly thought-out collaboration between art history and film studies.</p>";0;15.00;"<p>Les relations entre cinéma et arts plastiques, aussi anciennes que le cinéma, ont longtemps été ambivalentes. La création cinématographique des premiers temps a beaucoup emprunté aux traditions picturales avant de chercher une spécificité en tant qu’art du mouvement et de la durée. Ces dernières années ont pourtant vu un rapprochement entre ces pratiques ; les artistes contemporains s’inspirant de plus en plus du monde du cinéma, produisant à l’occasion des films et les cinéastes exposant leur pratique dans les lieux généralement dédiés aux arts plastiques. </p>";;28/05/2020 09:45;1;;3675 721;2;3;41;Le vertige des acrobates;;;;"<p>A mi-chemin entre reportage et roman d’initiation, ce livre raconte « de l’intérieur » le quotidien d’enfants et adolescents demandeurs d’asile en Europe. Il met en lumière les trajectoires de mineurs isolés, parmi les plus vulnérables sur les routes migratoires.</p>";"<p><strong>Avant-propos</strong></p><p><strong>Titres des chapitres </strong></p><p style=""padding-left: 30px;"">1. Larguer les amarres</p><p style=""padding-left: 30px;"">2. Le jasmin tunisien</p><p style=""padding-left: 30px;"">3. Les Fantômes</p><p style=""padding-left: 30px;"">4. L’épreuve du feu</p><p style=""padding-left: 30px;"">5. Expulser l’absurde</p><p style=""padding-left: 30px;"">6. Saut de l’ange</p><p style=""padding-left: 30px;"">7. Fuir les hommes en noir</p><p style=""padding-left: 30px;"">8. « Fais gaffe à Daech ! »</p><p style=""padding-left: 30px;"">9. Les poètes noyés</p><p style=""padding-left: 30px;"">10. Se souvenir des odeurs</p><p style=""padding-left: 30px;"">11. Les voyages d’Ulysse</p><p style=""padding-left: 30px;"">12. Veillée de Noël</p><p style=""padding-left: 30px;"">13. Fine équipe</p><p style=""padding-left: 30px;"">14. « Ici si on ne va pas à l’école on ne sera personne”</p><p style=""padding-left: 30px;"">15. Addictif et organique</p><p style=""padding-left: 30px;"">16. La tête et le coeur</p><p style=""padding-left: 30px;"">17. Thérapie familiale</p><p style=""padding-left: 30px;"">18. Roman d’apprentissage</p><p style=""padding-left: 30px;"">19. Le labyrinthe de Thésée</p><p style=""padding-left: 30px;"">20. Théâtre de l’absurde</p><p style=""padding-left: 30px;"">21. Déterrer les secrets : du sang sur le sable</p><p style=""padding-left: 30px;"">22. Déterrer les secrets : du sang dans la mer</p><p style=""padding-left: 30px;"">23. Théâtre et poésie</p><p style=""padding-left: 30px;"">24. Rite initiatique</p><p style=""padding-left: 30px;"">25. Si tout vacille</p><p style=""padding-left: 30px;"">26. Si tout s’écroule</p><p style=""padding-left: 30px;"">27. Sur le fil</p><p style=""padding-left: 30px;"">28. Nos indignations. Cellule de crise</p><p style=""padding-left: 30px;"">29. Deux sans trois</p><p style=""padding-left: 30px;"">30. Intarissable</p><p style=""padding-left: 30px;"">31. « Pas d’empathie, surtout pas »</p><p style=""padding-left: 30px;"">32. Reconstruire</p><p style=""padding-left: 30px;"">33. Une mosquée à l’aube</p><p style=""padding-left: 30px;"">34. Le répit dans un sourire</p><p style=""padding-left: 30px;"">35. Déclaration de guerre</p><p style=""padding-left: 30px;"">36. Déterrer les secrets : la responsabilité</p><p style=""padding-left: 30px;"">37. Champ de bataille</p><p style=""padding-left: 30px;"">38. À peine un vacillement</p><p style=""padding-left: 30px;"">39. Trop tard</p><p style=""padding-left: 30px;"">40. Kaléidoscope</p><p style=""padding-left: 30px;"">41. Requiem pour un survivant</p><p style=""padding-left: 30px;""> </p><p style=""padding-left: 30px;"">42. Postface</p>";;16/09/2021;0;120x180;234;978-2-37924-194-9;978-2-37924-194-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_721.jpg;"<p class=""Aucunstyle"">Il porte le prénom d’un roi, mais Malik a quitté Mogadiscio sans artifice, fuyant la violence pour prendre la route de l’exil. Aux portes de l’Europe, l’adolescent atterrit dans un foyer pour mineurs isolés où il rencontre Anna, une jeune Française expatriée.</p><p class=""Aucunstyle"">Petite-fille de pieds-noirs, elle a grandi entre plusieurs mondes : la Sicile idéalisée de ses grands-parents, la Tunisie paternelle et la France qui accueille. À l’inverse de Malik qui part pour bâtir son avenir, Anna fait le choix du retour aux origines : quitter Paris pour travailler dans un camp de réfugiés. Combien pèse, sur les épaules d’un adolescent, la culpabilité du survivant ? Comment s’intégrer, lorsqu’on est balloté au cœur d’un système d’asile schizophrène ? Poser des mots sur l’exil permettra-t-il d’en soigner le traumatisme ? <br /> À travers cette rencontre, deux générations entremêlent leurs regards sur la crise migratoire actuelle.</p><p class=""Aucunstyle"">Entre reportage et roman d’initiation, cet ouvrage est le fruit de trois ans de recherches, vécues « de l’intérieur », dans un centre pour mineurs d’une capitale européenne. Il ne cherche pas à dénoncer, seulement à mettre en lumière les trajectoires de ceux qui figurent parmi les plus vulnérables sur les routes migratoires.<br /><br /></p><p class=""Aucunstyle""><em>Initialement journaliste au </em>Monde<em>, Marine Messina est spécialiste des enjeux migratoires en Méditerranée. Elle a travaillé pour l’accueil d’urgence de mineurs à Chypre avant de rejoindre l’association SINGA. Lauréate de la fondation Marc de Montalembert, elle a réalisé en 2018 une enquête de terrain en Grèce, en Turquie et au Kurdistan turc, et ainsi parachevé l’élaboration de cet ouvrage.</em></p>";"<p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">En inaugurant la nouvelle collection « Singulières Migrations »<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;""> </span>des Presses universitaires de Vincennes, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Le Vertige des acrobates</span> affirme les convictions et les partis pris qui ont guidé cette création : ouvrir une fenêtre sur les expériences des personnes migrantes, déconstruire les registres de représentations dominantes pour rendre visible la singularité comme le caractère ordinaire des migrations, offrir différents médias pour incarner de façon sensible ce qui se joue à travers l’acte de migrer.</span></p><p class=""txt_Normal ParaOverride-2"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Issues de différents horizons professionnels et disci­pli­­naires – géographie, anthropologie, sociologie et interventions sociales –, les créatrices de la collection « Singulières Migrations » souhaitent mettre en visibilité les sujets migrants et leurs cheminements, en rassemblant au gré des livres à venir des dispositifs d’écriture aussi divers que l’enquête de terrain, la restitution scientifique ou la création artistique, notamment sous la forme littéraire. Le choix d’un récit fictionnel comme première publication illustre avec force la certitude qu’articuler études migratoires et productions fictionnelles, littéraires ou artistiques, est non seulement possible mais nécessaire pour sortir de l’essentialisation du phénomène migratoire et de tout ce que celle-ci occulte de la singularité des parcours et des personnes traversées par une telle expérience.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Car ce sont bien avant tout des expériences humaines qu’il s’agit d’observer et de comprendre, et non pas des flux prédictibles et contrôlables. Dès lors, la compréhension des phénomènes migratoires contemporains exige d’incarner de façon sensible ce qui se joue à travers l’acte de migrer. S’approcher au plus près de ces réalités permet d’en saisir les tensions, les contradictions, les accidents, les rêves et parfois les désillusions. En rupture avec les processus de réduction des personnes à leurs besoins essentiels – qui demeurent indispensables –, il s’agit de comprendre et de mettre en lumière ce qui les anime, les blesse, les rend vivant·e·s.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Restituer l’histoire d’hommes, de femmes, d’enfants au plus près de ce qui a été vécu, c’est offrir à la lectrice ou au lecteur, au citoyen ou à la citoyenne l’opportunité d’identifier, de reconnaître des éléments familiers et immédiatement intelligibles, et de se prémunir ainsi contre les amalgames et les confusions. À ce titre, la place accordée aux sujets dans <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Le Vertige des Acrobates </span>abaisse la frontière en créant une familiarité entre le lecteur et les protagonistes qui rend possible la construction du « je ». Ce positionnement procède d’un point de vue politique sur le sujet : le·la migrant·e est cette autre possibilité de moi. Il réfère à une condition humaine inaltérable qui relie chacun·e de nous.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Pour autant, plusieurs arguments pourraient être opposés à ce type de proposition. Les fictions apparaissent en effet suspectes aux yeux de certain·e·s universitaires car elles s’inscrivent en rupture avec les « discours de vérité » scientifiques dont elles ne partagent ni les formes ni les finalités. Plus encore, elles pourraient générer des formes de distractions préjudiciables à la confrontation avec le réel, contribuer à détourner le regard de données sinon totalement objectivées du moins objectivables au gré du jeu scientifique. Doit-on voir là la crainte de glisser vers une mise à distance de la réalité ? Le recours à la fiction ne risque-t-il pas, en effet, d’éloigner le lecteur des réalités concrètes qui caractériseraient la connaissance de l’objet migration ?</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Si l’imaginaire, la fantaisie, le rêve peuvent détourner de la rugosité du réel, on peut défendre l’idée selon laquelle le pas de côté fictionnel peut aussi s’avérer fécond pour rendre sensible des réalités <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">a priori</span> éloignées. Ce sont parfois des métaphores qui nous permettent d’appréhender ce qui paraît dérangeant, inaccessible, trop complexe au raisonnement.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Ainsi la photo ou l’image peuvent suggérer, signifier, d’une autre manière. La construction fine de certains personnages de roman rend possible le processus d’identification qui rend une réalité sociale et politique subitement très proche, abattant le mur conceptuel entre « eux » et « nous », habile refuge de la raison pour s’extirper de ce qui se joue sous nos yeux. Cette dichotomie dissimule des situations très diverses en matière de lieux convoqués, de temporalités, de catégories sociales, de projets de vie qui combinent proximité et distance entre des personnes migrantes et non migrantes. Dans le récit de Marine Messina, les acrobaties de Malik, qui ne retrouve plus, en Grèce, le sens de son projet de migration, comme de Kadi, en prise avec ses démons, travaillent ainsi la subjectivité du lecteur.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">C’est peut-être également le statut des savoirs qui est interrogé à travers ce paradoxe, qui n’est pas récent (voir, à ce propos, la dispute autour d’Émile Zola et du portrait social de son époque), et celui de la construction des données et/ou de leur restitution. Car à n’en pas douter la fiction – comme toute œuvre artistique – se nourrit, puise et s’élabore dans le réel. Qui n’a jamais entendu un auteur ou une autrice décrire la manière d’observer ses contemporain·e·s, d’emprunter des situations des personnages à ceux de ses connaissances, voire de lui ou d’elle-même ?</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Maria London, autrice d’une autobiographie familiale sur la migration dans un récit très impliqué à la première personne<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Preface.html#footnote-001"">1</a></span></span>, déclarait pourtant : « Il n’y a jamais eu autant de réel et de personnel que dans mon premier roman. » Pour quelle raison ? Peut-être parce que la fiction autorise des prises de paroles qui ne pourraient pas être signées et endossées par leurs auteurs et autrices. S’autoriser un personnage offre des possibilités d’expression de réalités trop difficiles à partager sans protection. Peut-être aussi parce qu’elle invite à s’inscrire en rupture avec ces processus, normés et parfois défensifs, de stérilisation des affects qui peuvent permettre aux chercheur·e·s d’évacuer leurs angoisses face aux réalités les plus terrifiantes (on se rappelle la leçon de Georges Devereux dans <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">De l’angoisse à la méthode</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Preface.html#footnote-000"">2</a></span></span>).</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Enfin, donner à voir les cheminements, les errances, les espoirs, les interactions qui ponctuent les histoires individuelles constitue certes un risque : celui de surdéterminer la part du choix individuel guidé par les ressorts psychiques et familiaux. Il nous semble donc nécessaire et fécond de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">situer </span>socialement les créations artistiques et littéraires, comme les travaux de recherche, dans leur environnement. Articuler la voix de personnages fictionnels pétris de réalisme à la voix de chercheur·e·s nourri·e·s par la pratique de l’enquête de terrain constitue deux facettes du même projet de construction de savoirs situés sur la migration.</span></p><p class=""txt_separateur"" style=""margin: 7px 0px 6px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 10px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 1; break-after: auto; break-before: auto; text-align: center; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 1; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">*</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.143; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 14px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Ce passage à la première personne offre une fonction d’implication. En effet, le récit qui emprunte à la fiction est aussi un récit de soi et de l’autre. À travers la narration, ce sont des représentations, des émotions et des symboles qui sont mises en partage. Ainsi <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Le Vertige des acrobates</span> s’appuie de manière affirmée sur les données et les récits collectés durant l’expérience vécue par l’autrice dans un centre pour mineur·e·s. Son récit à la première personne opère un jeu de miroir entre son histoire familiale, son point de vue particulier et celui des jeunes et des adultes du centre. Ces « je » sont pluriels et permettent d’offrir aux lecteurs et lectrices des situations complexes, riches et paradoxales, assurément comme le sont nos vies !</span></p><p class=""txt_auteur ParaOverride-3"" style=""margin: 14px 0px 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Delphine Leroy,</span><br /><span style=""font-size: medium;"">Marie Peretti-Ndiaye,</span><br /><span style=""font-size: medium;"">Amandine Spire.</span></p><hr class=""HorizontalRule-1"" style=""border-bottom: none; border-left: none; border-right: none; border-top: 1px solid #000000; color: #000000;"" /><div class=""_idFootnotes"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><p class=""txt_Note"" style=""margin: 0px 0px 0px 14px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 9px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: 1.222; orphans: 1; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: -14px; text-transform: none; widows: 1;""><span style=""font-size: medium;""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Preface.html#footnote-001-backlink"">1</a>. Maria London, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Tisseuse de mémoires de la Patagonie aux Balkans</span>, Paris, L’Harmattan, « Graveurs de mémoire », 2003.</span></p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><p class=""txt_Note"" style=""margin: 0px 0px 0px 14px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Athelas, serif; font-size: 9px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: 1.222; orphans: 1; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: -14px; text-transform: none; widows: 1;""><span style=""font-size: medium;""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Preface.html#footnote-000-backlink"">2</a>. Georges Devereux, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">De l’angoisse à la méthode dans les sciences du comportement</span>, Paris, Aubier, 1994.</span></p></div></div>";;304;14.00;"<p>Alors qu’on ne parle que de crise migratoire et de « flux de migrants », le but de cet ouvrage est d’incarner des personnes, des individualités, pour raconter au plus juste ceux qu’on nomme les « mineurs isolés », des enfants et adolescents partis en éclaireur sur les routes de l’exil. Ce livre cherche à leur donner chair et à retracer le récit et le parcours de plusieurs d’entre eux. Suite à de longues immersions de terrain en Méditerranée, ce livre leur donne la parole, agit comme un « haut-parleur » pour nous permettre de tendre l’oreille et d’apprendre de leur résilience et leur courage hors-normes.</p>";;03/05/2021 15:53;1;Première;3080 706;2;3;39;Marguerite Duras;;;;"<p><span>Démesure, scandale, incantations… C’est la force du mythe qui revit et se renouvelle dans la voix de Marguerite Duras qui, comme le mythologue de la cité, façonne notre mémoire, parle à notre imaginaire, crée et raconte le monde.</span></p>";"<p><span>Introduction</span></p><p><span> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 1</strong></p><p><span>L’enfance de l’écriture</span></p><p style=""text-align: center;""><span> </span><strong style=""text-align: center;"">Chapitre 2</strong></p><p><span>La traversée de l’écriture</span></p><p style=""text-align: center;""><span> </span><strong style=""text-align: center;"">Chapitre 3</strong></p><p><span>L’écho de l’écriture</span></p><p style=""text-align: center;""><span> </span><strong style=""text-align: center;"">Chapitre 4</strong></p><p><span>L’écran de l’écriture</span></p><p style=""text-align: center;""><span> </span><strong style=""text-align: center;"">Chapitre 5</strong></p><p><span>Le théâtre de l’écriture</span></p><p style=""text-align: center;""><span> </span><strong style=""text-align: center;"">Chapitre 6</strong></p><p><span>Le mythe de l’éternel retour</span></p><p style=""text-align: center;""><span> </span><strong style=""text-align: center;"">Chapitre 7</strong></p><p><span>L’écriture de la vie ou la chambre d’écho de <em>Fama</em></span></p><p><span> </span></p><p> </p><p><span>Conclusion</span></p><div><span>Bibliographie</span></div>";;24/09/2020;0;120x180;198;978-2-37924-101-7;978-2-37924-101-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_706.jpg;"<p>Très célèbre et médiatisée de son vivant, Marguerite Duras (1914-1996) continue, vingt ans après sa mort, à attirer une multitude de lecteurs, à susciter des études dans les universités du monde entier et à exercer une influence marquante sur les écrivains actuels. <br />Ce retentissement est dû à la force singulière de sa voix qui est comme celle du mythologue de la cité : démesure, scandales, incantations, palingénésies, sont autant de manifestations d’un véritable soubassement mythologique de sa production artistique. Dans sa modernité et sa diversité – littérature, cinéma, théâtre, écriture pour les journaux – l’œuvre durassienne renouvelle la puissance du chant de l’aède qui raconte les origines du monde. Duras façonne notre mémoire et parle à notre imaginaire à travers un espace sacral, cultuel et culturel qu’elle n’a cessé de créer, en mythopoète.</p><div><span><div><span><br /></span></div><p><em>Simona Crippa enseigne la littérature française à l’Université UCO d’Angers. Docteur en littérature et civilisation françaises de l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, elle est spécialiste de l’œuvre de Marguerite Duras et notamment de son apport à la théorie du roman pour la deuxième moitié du XXe siècle.</em></p><br /></span></div>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 26.0px; font: 10.0px Times} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} span.s2 {font: 6.0px Times; letter-spacing: 0.0px} --><p class=""p1""><span class=""s1"">Entrée dans la collection de la Pléiade en 2014, à l’occasion du centenaire de sa naissance, Marguerite Duras continue au XXIe</span><span class=""s1""> siècle de séduire de nombreux lecteurs et d’influencer l’écriture contemporaine. Mais ce qui semble faire obstacle à une connaissance plus approfondie de cette œuvre est que, pour certains, elle demeure obscure ou trop intellectuelle, et pour d’autres emplie de facilités. De même, l’image médiatique et médiatisée de cette auteure, si elle a enchanté bien des lecteurs, en a découragé d’autres, quand ce n’est pas une franche hostilité qui lui reste réservée.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Nullement consensuelle, cette œuvre ne cesse de déclencher les ferveurs qui étaient légion du vivant de Duras. Il n’est pas rare d’en entendre résonner des bribes : des phrases, des titres de livres, d’articles, de scénarios, comme on pourrait écouter des ritournelles de chansons connues : « Tu me tues, tu me fais du bien », « Sublime, forcément sublime », « Dans le livre que je n’ai pas écrit il n’y avait que toi », « Que-le-monde-aille-à-sa-perte-c’est-la-seule-politique », « India Song », « Hiroshima mon amour ». De même, les faits stylistiques typiquement durassiens comme l’itération syntaxique, lexicale et sémantique sont presque devenus une parlure contemporaine renvoyant à une œuvre qui martèle les présentatifs : « C’est Cholen. C’est à l’opposé des boulevards […]. C’est tôt dans l’après-midi » (Amt : 46), qui multiplie la parataxe et fait du verbe de locution « dire » un paradigme : « Dit-elle », « Vous dites que », « Vous auriez dit », « On dit ». Que penser aussi de cette aire géographique, où coule le Mékong, qui s’est trouvée tout à coup au centre d’un mythe avec le prix Goncourt décerné à <em>L’Amant</em> en 1984 et qui est désormais récupérée par les agences et les guides de voyage proposant des « pèlerinages durassiens » ?</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Assurément il existe un <em>effet Duras</em> qui fait perdurer le mythe mais qui risque de dissoudre et de banaliser la force de sa parole. Car Duras a inventé une prose poétique rythmée d’hyperboles, d’insistances, de ressassements, mais aussi d’ellipses et surtout de silences. Il faut dès lors éviter de tomber dans les stéréotypes. Le « mot-trou » qui manque à Lol V. Stein signifie l’impuissance du langage, partant l’échec du verbe. Nombre de personnages durassiens s’interrogent sur la validité des mots – le vice-consul, Anne Marie Stretter, Emily L., Ernesto, la reine de Césarée –, quand ce n’est pas Alissa qui appelle formellement à la destruction de la parole : « Détruire, dit-elle. »</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">On comprend que la <em>musica </em>de Duras refuse non seulement de se plier à la rhétorique du vouloir bien dire, mais s’emploie aussi à créer une nouvelle langue qui finira par aboutir à ce que l’écrivaine nommera dans les années 1980 une « écriture courante », cette écriture qui « court sur la crête des mots » (Duras, Le Masson, « L’inconnue de la rue Catinat » 1984), comme impatiente de s’exprimer au plus près de l’intention orale, de la vitesse même de la pensée créative.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Il faut reconnaître à l’auteure, qui a fait de ses initiales M.D. une marque de fabrique, non d’avoir mis au centre de la société la figure d’une écrivaine qui péchait sans doute aussi par narcissisme, mais d’avoir eu la force de redonner à la littérature sa dimension originelle, cette puissance qui faisait du chant de l’aède la voix qui disait le monde. Cette voix est celle d’Orphée qui ravit aux Enfers l’ombre d’Eurydice, la perd par impatience, signe son arrêt de mort, mais n’efface jamais son désir de chanter. La langue de Duras possède le charme magique qui suscite des émotions profondes, et ceci commence dès la publication d’<em>Un barrage contre le Pacifique</em> en 1950. L’<em>hubris</em> propre à faire retentir le mythe est donc aussitôt à l’œuvre et ne cessera de rythmer la production de l’auteure dont les chemins de création seront multiples : récits, cinéma, théâtre, mais aussi articles et entretiens. Pour Duras, tout est prétexte à l’avancée de la poésie dont elle explore tous les moyens du dire et du faire, sans ne jamais rien figer. Elle bouscule toutes les frontières, y compris celles du Nouveau Roman qu’elle n’a pas rejoint, mais dont elle a su se montrer complice, notamment pour affirmer sa voie.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Cette parole plurielle, qui épouse le mouvement de la littérature depuis sa naissance, se décline en deux grands ensembles qui s’entremêlent : fiction et mémoire. Comme l’infatigable conteur, Duras dessine un monde imaginaire suspendu à des allées et venues incessantes depuis une histoire personnelle qu’elle modifie à souhait. Et la mémoire individuelle est amenée également à croiser l’histoire collective, car Duras a traversé une époque de grands bouleversements : la colonisation et la décolonisation, la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration et d’extermination, la destruction atomique. Du scénario <em>Hiroshima mon amour</em> au journal fictionnel <em>La Douleur</em> en passant par les chroniques de <em>L’Été 80</em>, les articles recueillis dans <em>La Vie matérielle </em>ou encore dans<em> Le Monde extérieur</em>, l’écrivaine fait du vécu la matière de ses écrits, en déjouant sans cesse les codes de l’autobiographie.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Cette étude se propose de suivre l’évolution d’une œuvre qui se construit à partir d’une mythologie de l’enfance s’ouvrant sur la première publication de l’auteure en 1943, <em>Les Impudents</em>, roman familial qui annonce une épopée aux accents tragiques publiée en 1950 : <em>Un barrage contre le Pacifique</em>. On s’attardera ensuite sur la mise en place d’une esthétique nouvelle dans <em>Le Marin de Gibraltar</em> en 1952 qui, depuis sa flânerie maritime, conduira au tournant que sera l’année 1958 avec la publication de <em>Moderato cantabile</em>. Le chapitre suivant s’intéressera au phénomène de la réécriture, qui est une véritable forme de palingénésie chez Duras, concernant en particulier ce qui a été appelé « le cycle indien » à partir du <em>Ravissement de Lol V. Stein </em>en 1964. L’art du recommencement étant toujours à l’œuvre chez l’auteure, on verra dans un chapitre consacré à l’écriture théâtrale que celle-ci épouse le même élan, comme un éternel retour : le roman <em>Le Square</em> devient une pièce de théâtre, <em>La Musica</em> se reflète dans <em>La Musica deuxième</em>, <em>Les Viaducs de la Seine-et-Oise</em> revient dans <em>L’Amante anglaise</em>. Le cinéma fera également l’objet d’un chapitre séparé puisque Duras pendant une décennie, de la fin des années 1960 jusqu’au début des années 1980, délaisse l’écriture de récits pour se consacrer à « l’image écrite » (YV : 142), en proposant ainsi son esthétique cinématographique. Entre 1980 et 1993, l’écrivaine fait paraître des recueils de textes écrits pour les journaux : <em>L’Été 80</em>, <em>Outside</em>, <em>La Vie matérielle</em>,<em> Le Monde extérieur</em>. Cette vocation de journaliste trouve dans l’expression « <em>outside</em> » sa conception de l’écriture journalistique, ce qui mérite qu’on l’étudie dans un chapitre. En outre, parce que pour Duras l’écriture n’est « rien de plus, sauf elle, la vie » (É : 53), l’œuvre des années 1980 sera analysée à l’aune de la fictionnalisation de sa vie privée, à partir de <em>La Maladie de la mort </em>en passant par <em>La Douleur </em>ou encore <em>Les Yeux bleus cheveux noirs</em>. Enfin, ses derniers écrits <em>La Pluie d’été</em>,<em> </em>publié en 1990 après de longs mois passés dans le coma, et le recueil de 1993 <em>Écrire</em>, autoportrait intellectuel et <em>summa</em> d’une vie d’écriture, feront l’objet d’un chapitre final, car assure-t-elle : « Ça va très loin l’écriture… jusqu’à en finir avec. » (É : 25)</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">L’effet incantatoire et scandaleux de la parole duras­sienne, la pratique et les procédés de son écriture, les thèmes et les motifs récurrents de l’œuvre seront étudiés comme autant de manifestations d’un geste qui, par les réseaux profonds de toutes ces relations, a trait à la mythopoétique, c’est-à-dire à la fabrication du mythe. Ce processus de création remonte à l’émerveillement du poète face au soleil, à la terre, à l’océan, au mouvement des nuées après l’orage, et appartient foncièrement à Duras : « À Trouville pourtant il y avait la plage, la mer, les immensités de ciels, de sables. […] C’est à Trouville que j’ai regardé la mer jusqu’à rien. » (É : 18)</span></p>";;200;10.00;"<p><span>L’intérêt de cette étude est de parcourir l’œuvre de Marguerite Duras – littérature, cinéma, théâtre, écrits pour les journaux – afin de montrer que l’écrivaine procède sans cesse à la création d’espaces mythiques en renouvelant et modernisant l’univers mythologique. <br /></span>L’effet incantatoire et scandaleux de sa parole, la pratique et les procédés de son écriture, les thèmes et les motifs récurrents de l’œuvre, sont analysés pour la première fois comme autant de manifestations d’un geste qui, par les réseaux profonds de toutes ces relations, a trait à la mythopoétique, c’est-à-dire à la fabrication du mythe. <br />C’est pourquoi la voix de Duras séduit encore lecteurs, chercheurs, écrivains contemporains : la parole du mythe est une force vive qui ne se tarit jamais. </p><div><span><br /></span></div><p><br /><br /><br /><br /></p>";;28/05/2020 09:52;0;;3643 707;2;3;22;Faire ville;Entre planifié et impensé, la fabrique ordinaire des formes urbaines;;;"<p>Comment se « fabriquent » les formes urbaines ? Loin de se focaliser sur les grands projets, l’ouvrage est centré sur les processus de production de la ville ordinaire, à l’origine de la grande majorité des tissus anciens et contemporains.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 10.0px Avenir} p.p2 {margin: 5.7px 0.0px 2.9px 0.0px; font: 14.0px Helvetica; color: #767675} p.p3 {margin: 11.3px 0.0px 7.1px 0.0px; text-align: center; font: 16.0px Helvetica; color: #4d4d4c} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 2.9px 0.0px; font: 14.0px Helvetica; color: #767675} p.p5 {margin: 11.3px 0.0px 2.9px 0.0px; font: 14.0px Helvetica; color: #767675} p.p6 {margin: 2.9px 0.0px 2.9px 0.0px; font: 14.0px Helvetica; color: #767675} span.s1 {font: 11.0px Helvetica; color: #767675} span.s2 {font: 11.0px Helvetica} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Remerciements<span> </span></p><p class=""p2""><strong>Introduction<span> <br /><br /></span></strong></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>Partie 1. État de la question et position théorique</strong></p><p class=""p4"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 1. Une historiographie éclatée et cloisonnée </strong></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">1. L’histoire des formes urbaines<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">2. Les disciplines fondatrices dans la seconde moitié du xx<sup>e</sup> siècle<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">3. L’échelle d’analyse<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">4. À la jonction de ces champs : l’apport de travaux dissidents <br /> des années 1960-1970<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">5. L’émergence de la notion d’« ordinaire » <br /> dans les travaux français depuis la fin des années 1990<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 2. Propositions théoriques<span> </span></strong></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">1. Sortir du double écueil hyper-social et hyper-spatial<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">2. La déclinaison multiple d’un axiome simple : <br /> la ville comme concentration des activités<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">3. De la nécessité de différencier la ville de l’urbain<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">4. Temporalités des formes planimétriques : synchronie et dyschronie<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">5. Une double lecture des formes : projet planifié et processus impensé<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">6. Conclusion : la fabrique urbaine, un processus impensé<span> <br /></span></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong><br />Partie 2. Les objets de la morphologie urbaine et leurs interrelations</strong></p><p class=""p4"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 3. L’extension, la grille et le lotissement<span> </span></strong></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">1. Les trois modes d’expansion de l’urbain<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">2. La grille et le damier, techniques morphologiques <br /> d’appropriation du sol<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">3. Le lotissement comme moteur de l’urbanisation<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 4. L’asynchronie de la voierie, du parcellaire et du bâti<span> </span></strong></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">1. Interdépendance des voies, des parcelles et du bâti<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">2. Une résilience différente selon les composantes urbaines<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">3. L’asynchronie, une modalité temporelle fondamentale <br /> pour le processus urbain<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">4. Des exemples d’interactions urbaines fondées sur l’asynchronie<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">5. Des rythmes d’urbanisation variables selon la résilience <br /> morphologique<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">6. Le réseau viaire plus ou moins modifié par des micro-modifications <br /> du bâti<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">7. La résilience en volume : les contraintes spatiales de l’urbanisme réglementaire<span> <br /><br /></span></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;""><strong>Partie 3. Morphologie urbaine et fonctionnement social</strong></p><p class=""p4"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 5. Densité parcellaire et usage social<span> </span></strong></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">1. Ténuité du parcellaire pré-industriel liée à l’ancrage domestique<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">du travail<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">2. Un grand parcellaire lié à des usages extensifs du sol variables <br /> selon les époques<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">3. Le parcellaire médian contemporain (xix<sup>e</sup>-xxi<sup>e</sup> siècles)<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">4. Une double dynamique de réactualisation du parcellaire urbain <br /> par transformation des usages du sol<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">5. Des moments de rupture : l’exemple du Mouvement moderne<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 6. Les implications morphologiques de la gestion foncière<span> </span></strong></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">1. De la détention à l’occupation foncière : les poupées russes<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">2. Les conséquences morphologiques des modalités temporelles <br /> de la gestion foncière<span> </span></p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">3. Des mécanismes morphologiques générateurs de valeur foncière<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;""> </p><p class=""p5"" style=""text-align: left;""><strong>Conclusion<span> </span></strong></p><p class=""p5""><strong>Glossaire<span> </span></strong></p><p class=""p6""><strong>Bibliographie<span> </span></strong></p><p class=""p6""><strong>Ressources numériques<span> </span></strong></p><p class=""p6""><strong>Liste des illustrations<span> </span></strong></p><p class=""p6""><strong>Index des lieux<span> </span></strong></p><p class=""p6""><strong>Index des matières<span> </span></strong></p><p class=""p6""><strong>Index des personnes<span> </span></strong></p>";;07/01/2021;0;170x240;464;978-2-37924-134-5;978-2-37924-134-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_707.jpg;"<p>PLU, ZAC, ÉcoQuartiers… : la ville serait-elle entièrement planifiée selon des plans d’urbanisme imposés d’en haut ? Hélène Noizet et Anne-Sophie Clémençon démontrent, au contraire, qu’une grande majorité de la fabrication urbaine est impensée. Loin de se focaliser sur les seuls grands projets, elles centrent délibérément leur propos sur les processus de production de la ville ordinaire. Osant une synthèse sur le très long terme, elles donnent des clefs de lecture innovantes pour mieux appréhender l’interaction entre morphologie urbaine et fonctionnement social. La dynamique de formation du tissu urbain, en permanente reconstruction, est abondamment cartographiée à partir d’exemples européens. Issus de contextes historiques différents, de la Protohistoire au très contemporain, ils sont travaillés pourtant par des logiques similaires, ici mises à jour. L’urbanisation de la planète est un des problèmes essentiels auxquels nous sommes confrontés dans le contexte de la crise écologique actuelle. Or, comment trouver des réponses efficaces si l’on ignore comment l’urbain s’élabore ?</p><p> </p><p><em>Maître de conférences en histoire médiévale à Paris, Hélène Noizet travaille sur la morphologie urbaine. Elle analyse la formation du tissu urbain comme un processus qui remet sans cesse en jeu les espaces hérités, dans une interaction permanente avec les projets et les pratiques des acteurs.</em><br /> <br /><em> Historienne de l’architecture et des formes urbaines, Anne-Sophie Clémençon est chercheure-photographe associée au Laboratoire Environnement-Ville-Société de Lyon. Ses principaux travaux portent sur la fabrication de la ville ordinaire, ses relations avec les modèles dominants du XVIIIe siècle au XXIe siècle et sur le patrimoine architectural. </em></p><p><br /> <br /></p>";"<p>Introduction </p><div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""premierPara"">De quoi est fait ce que l’on appelle communément « la ville<a id=""_idIndexMarker000""></a> » ? Comment se construit dans la longue durée<a id=""_idIndexMarker001""></a> l’espace urbain<a id=""_idIndexMarker002""></a> ? Quels sont les rapports entre morphologie urbaine et fonctionnement social<a id=""_idIndexMarker003""></a> ? Cet ouvrage propose de répondre à ces questions en explorant les mécanismes de la fabrique urbaine<a id=""_idIndexMarker004""></a>. Les formes urbaines sont ici analysées dans une double perspective : celle de leur fabrication par des pratiques sociales qui varient sans cesse et, en retour, celle de leur influence sur le fonctionnement social.</p><p class=""txt_Normal"">La forme urbaine est un objet passionnant et extrêmement riche dès lors qu’on l’étudie comme une construction de longue durée<a id=""_idIndexMarker005""></a> qui cristallise des pratiques sociales parfois anciennes. Cette cristallisation<a id=""_idIndexMarker006""></a> procède par réactualisation<a id=""_idIndexMarker007""></a>, et non par simple inertie des formes : c’est parce que les formes héritées<a id=""_idIndexMarker008""></a> d’occupations précédentes sont reprises, réappropriées, resémantisées, en bref, transformées, qu’elles sont transmises et perceptibles dans les premiers plans<a id=""_idIndexMarker009""></a> parcellaires<a id=""_idIndexMarker010""></a> dont on dispose à partir des <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles. Lorsqu’on travaille sur la très longue durée, tout est transitoire et aucune société ou situation n’est stable. Cependant, toutes les sociétés produisent des objets qui fixent leur idéel par des matérialités ; dès lors, ces dernières peuvent exister indépendamment de la finalité initiale qui les a produites, et peuvent donc être réinterprétées et réinvesties de sens dans de nouvelles configurations sociales. En effet les sociétés fabriquent, en fonction de contingences et de finalités spécifiques à un moment donné, un système urbain<a id=""_idIndexMarker011""></a> particulier. Défini par un certain agencement de ses composantes viaire, parcellaire et bâtie<a id=""_idIndexMarker012""></a>, le système urbain peut – ou non – être repris par les sociétés se déployant ultérieurement dans le même espace, moyennant des procédures de réajustement. Et alors que les pratiques sociales évoluent, les structures spatiales peuvent continuer à faire système pour les nouveaux acteurs<a id=""_idIndexMarker013""></a> qui les adaptent à leurs nouveaux besoins. D’ailleurs, on peut observer que certaines sociétés ou certaines périodes sont moins économes que d’autres. C’est-à-dire qu’elles vont avoir davantage tendance à détruire pour reconstruire<a id=""_idIndexMarker014""></a> qu’à conserver. Cette plasticité du système urbain qui peut, jusqu’à un certain point, absorber des changements d’usage tout en gardant sa structure principale, correspond à sa résilience<a id=""_idIndexMarker015""></a>. Ainsi définie comme une mise en adéquation récurrente des structures spatiales héritées et des usages sociaux, cette notion, ainsi que celles de rejeu<a id=""_idIndexMarker016""></a>, de réactualisation ou de réactivation des formes, nous paraissent plus pertinentes que celles de persistance, pérennité ou d’inertie spatiale. Ces dernières expressions minimisent la part du social dans la production de l’espace, comme si les formes se reproduisaient toutes seules : si résilience urbaine il y a, elle ne résulte pas d’une capacité plus ou moins grande des dispositifs spatiaux à perdurer et à se reproduire par eux-mêmes, mais de la relation que les acteurs entretiennent avec ces dispositifs spatiaux en fonction de leurs modes de vie. On verra comment les choix opérés, consciemment ou non, en matière de logement et de déplacement, conditionnés notamment par la gestion de l’écart entre soi et les autres et la capacité de projection du corps dans l’espace public, peuvent réactiver d’anciennes formes urbaines ou, au contraire, en produire de nouvelles.</p><p class=""txt_Normal"">Les formes anciennes ne durent pas parce qu’elles existent depuis longtemps, mais parce qu’elles sont en permanence réutilisées par les sociétés ultérieures, avec parfois des temps de latence étonnants entre la production d’une forme et sa reprise. Sinon les formes disparaissent : c’est la loi du genre social auquel nous appartenons. Les formes urbaines ne sont donc pas des artefacts à conserver tels quels parce qu’ils sont anciens, ce qu’induit parfois le discours à la fois nostalgique et organiciste d’un J. Gracq ou d’un M. Poëte. Mais, une fois le tri effectué, certaines formes peuvent constituer des héritages<a id=""_idIndexMarker017""></a> qui, lorsqu’ils sont transformés et assumés, peuvent construire de nouvelles réalités positives. Ces formes réappropriées ont le mérite de nous insérer au quotidien dans des environnements porteurs d’une temporalité<a id=""_idIndexMarker018""></a> plus longue que celle du présent de l’action et qui enrichissent nos pratiques en leur donnant un supplément de sens. M. R. G. Conzen défendait l’idée, après le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, que la conservation de formes anciennes dans le paysage urbain<a id=""_idIndexMarker019""></a> (<span class=""typo_Italique"">urban landscape</span>) pouvait faire prendre conscience de la longue durée<a id=""_idIndexMarker020""></a> sociale dans laquelle l’espèce humaine est inscrite. La table rase<a id=""_idIndexMarker021""></a> au motif de créer un homme ou un espace neufs constitue le plus souvent un appauvrissement, tandis que la polytemporalité<a id=""_idIndexMarker022""></a> urbaine, cette cohabitation de formes d’époques différentes, apporte une richesse incommensurable à la vie sociale. En effet, conserver et réinvestir des formes urbaines du passé permet de préserver, dans les villes, une grande diversité de formes. Une fois détruite, cette mixité ne peut plus être retrouvée car les savoir-faire anciens n’existent plus, et l’on s’oriente alors vers une triste homogénéisation du monde.</p><p class=""txt_Normal"">En matière de morphologie urbaine, l’historiographie oppose tradition­nellement l’urbanisation planifiée<a id=""_idIndexMarker023""></a>, également qualifiée de projetée, concer­tée, organisée, ou volontaire, à celle dite spontanée, naturelle, ordinaire<a id=""_idIndexMarker024""></a> ou encore organique : cette dernière correspond à tout ce qui n’est pas identifiable à une planification<a id=""_idIndexMarker025""></a>. Selon nous, une planification est un projet<a id=""_idIndexMarker026""></a> de mise en valeur de l’espace urbain<a id=""_idIndexMarker027""></a> qui se situe dans un temps relativement court (une génération tout au plus), qui est conçu par une configuration limitée d’acteurs<a id=""_idIndexMarker028""></a> et se rapporte à un espace précis. Alors que nous pensons que la part de l’urbain ordinaire est majoritaire, le traitement bibliographique est inversement proportionnel : la grande majorité des études se focalisent sur la part planifiée<a id=""_idIndexMarker029""></a> de l’urbain, un peu comme la part émergée de l’iceberg. Ce décalage, et cette part quelque peu démesurée de la connaissance des planifications par rapport à celle de l’urbanisation ordinaire<a id=""_idIndexMarker030""></a> ou auto-structurée, sont dûs au fait que la pensée occidentale repose sur la logique du projet, et non sur celle du processus<a id=""_idIndexMarker031""></a>.</p><p class=""txt_Normal"">En réalité, l’ordinaire<a id=""_idIndexMarker032""></a> et le planifié<a id=""_idIndexMarker033""></a>, qui renvoient respectivement au processus<a id=""_idIndexMarker034""></a> et au projet<a id=""_idIndexMarker035""></a>, ne constituent pas deux modes d’urbanisation à opposer, qui seraient intrinsèquement différents car, dans l’analyse, cela revient à choisir entre l’un ou l’autre, comme si tel espace relevait soit de l’ordinaire soit du planifié. Or, il n’y a jamais de choix à faire entre l’un ou l’autre puisqu’il y a toujours de l’ordinaire dans le planifié et du planifié dans l’ordinaire. En effet, toute planification<a id=""_idIndexMarker036""></a> est, une fois mise en place, travaillée par les mêmes processus que ceux de l’urbanisation ordinaire<a id=""_idIndexMarker037""></a> tandis que l’urbanisation ordinaire intègre de multiples projets d’acteurs<a id=""_idIndexMarker038""></a> réalisés à différentes échelles temporelles et spatiales. La manière classique d’analyser la morphologie urbaine consiste à considérer le processus ordinaire et le projet planifié<a id=""_idIndexMarker039""></a> comme les deux termes d’une alternative, l’un excluant l’autre, ce qui implique de choisir : c’est soit A, soit B, autrement dit soit le projet, soit le processus qui expliquerait telle forme. <span class=""typo_Italique"">A contrario</span>, nous pensons que l’on gagne à les concevoir comme deux regards différents portés sur le même objet, celui de la forme urbaine. Ces deux regards, qui sont différents mais tous deux nécessaires, consistent à analyser A à partir de B (considérer les projets comme des processus) puis analyser B à partir de A (restituer le processus à partir des projets). Nous les considérons comme deux angles d’approche, à la fois complémentaires et opposés : complémentaire car aucun des deux ne l’emporte sur l’autre, et opposé car la relation projet/processus y est inversée. Il s’agit de penser, d’une part, le projet comme un processus et, d’autre part, le processus comme un enchaînement de projets.</p><p class=""txt_Normal"">La première approche est largement mise en valeur, notamment dans les écoles d’architecture où le projet architectural ou urbain<a id=""_idIndexMarker040""></a> est en effet analysé comme un processus, qui prend du temps (en général plusieurs années), avec différentes étapes faisant interagir plusieurs acteurs entre le début et la fin du projet : le cours de ces échanges peut modifier le projet initial et aboutir à un résultat final différent de ce qui avait été prévu. Cette approche est parfaitement justifiée dès lors qu’elle n’est pas exclusive, c’est-à-dire à condition qu’elle soit complétée par une autre approche qui fait valoir, à l’opposé, que le processus intègre des projets. Il faut en effet remettre l’urbanisation planifiée<a id=""_idIndexMarker041""></a> à sa juste place car son pouvoir explicatif est actuellement surévalué dans la bibliographie. Le problème de la pensée absolutiste du projet est qu’elle privilégie et surestime la table rase<a id=""_idIndexMarker042""></a> comme mode de production de l’urbain, comme si la décision d’un seul ou d’un petit nombre d’acteurs suffisait à rendre compte de la fabrication de l’entièreté de l’espace urbain. Dès lors que l’occupation dense et diversifiée d’un même espace est prégnante dans la durée, il est en effet tout aussi légitime et nécessaire de réinsérer chaque projet dans le processus urbain qui est multiséculaire, surtout en Europe. Dans ce temps long du processus, les formes urbaines se construisent à partir d’une planification initiale et de toutes les planifications suivantes, qui sont situées dans le même secteur mais qui peuvent porter sur des segments différents du premier projet : ces planifications ultérieures, qui constituent des sortes de piqûres de rappel, font rejouer et étendent la forme bien au-delà de son emprise initiale. Comme cette seconde approche est largement minorée et absente de la bibliographie, c’est celle que nous développerons dans cet ouvrage : le processus de transmission des formes urbaines est ainsi globalement auto-structuré (il n’y a pas de créateur omniscient de l’urbain), tout en étant constitué d’une série de planifications ou de projets qu’il importe de situer précisément dans le temps et dans l’espace. On insistera donc sur le fait que l’urbanisation est un processus qui comporte une série de projets, en général déconnectés les uns des autres (ce sont des acteurs différents, qui interviennent à des moments différents, en fonction de finalités à chaque fois spécifiques), et réactivant parfois des structures spatiales héritées<a id=""_idIndexMarker043""></a> (orientation, densité, connectivité…). Cette approche assume le fait, contre une certaine idéologie urbaniste, que l’urbain est plus le produit d’une société que son projet, ce que traduit la qualification d’« impensé<a id=""_idIndexMarker044""></a> ».</p><p class=""txt_separateur"">*</p><p class=""txt_Normal"">Un autre parti pris de ce livre réside dans une approche résolument interdisciplinaire et transchronologique, avec les avantages et les inconvénients que cela implique. L’injonction à l’interdisciplinarité, prescrite de manière récurrente par nos autorités de tutelle, n’est que rarement mise en œuvre dans les travaux scientifiques car elle est difficile à construire et dérange toujours. Difficile à construire, cette expérience en témoigne puisque la gestation de ce livre a été longue. Les deux auteures proviennent de deux milieux académiques différents et qui communiquent peu entre eux : l’histoire médiévale pour l’une, l’histoire de l’architecture<a id=""_idIndexMarker045""></a> et des formes urbaines contemporaines pour l’autre. Durant les premières années, les connaissances bibliographiques ont été partagées, et ce en collaboration avec G. Chouquer. Ce travail d’assimilation d’historiographies étrangères à son domaine, issues de multiples disciplines (géographie<a id=""_idIndexMarker046""></a>, histoire, archéologie<a id=""_idIndexMarker047""></a>, archéogéographie<a id=""_idIndexMarker048""></a>, histoire de l’art<a id=""_idIndexMarker049""></a>, architecture) et périodes de prédilection (Protohistoire<a id=""_idIndexMarker050""></a>, Antiquité<a id=""_idIndexMarker051""></a>, Moyen Âge<a id=""_idIndexMarker052""></a>, époque <a id=""_idIndexMarker053""></a>moderne<a id=""_idIndexMarker054""></a> et contemporaine) demande du temps. Au premier abord nombreux, les désaccords se sont révélés être essentiellement des problèmes de vocabulaire propre à chaque spécialité disciplinaire, des mots différents recouvrant souvent les mêmes réalités. Encore fallait-il prendre le temps de se les expliquer, avant d’écrire, finalement, l’ouvrage que voici. Cet apprentissage de l’univers intellectuel de l’autre a permis d’élaborer une culture commune et de définir une position théorique originale. Si le premier chapitre a été plus particulièrement prérédigé par A.-S. Clémençon et les cinq autres par H. Noizet, tous résultent d’un partage effectif de nos idées. L’écriture, que nous espérons la plus fluide possible, est véritablement commune, chaque phrase écrite par l’une ayant été validée par l’autre.</p><p class=""txt_Normal"">L’exercice est dérangeant, puisque auteur et lecteur sont toujours à un moment en porte-à-faux, loin des évidences ou des codes rassurants de leur spécialité académique. Des lacunes ne manqueront pas d’apparaître au spécialiste de tel ou tel objet, période ou région. Mais c’est délibérément que nous assumons cette imperfection, faisant le pari que la connaissance des processus<a id=""_idIndexMarker055""></a> de fabrication des formes urbaines gagne largement à dépasser les étanchéités disciplinaires. Car l’interconnaissance ainsi construite en matière de morphologie urbaine, qui défend l’idée que tout fonctionnement social<a id=""_idIndexMarker056""></a> participe à façonner la morphologie urbaine et <span class=""typo_Italique"">vice versa</span>, est bien un angle mort de l’historiographie. Elle participe à expliquer que ce livre tient plus de l’essai que du manuel. Ce côté essai, dû à la culture commune qu’il fallut construire entre les deux auteures, explique aussi l’absence d’un exposé méthodologique sur la grammaire morphologique, qui aurait décrit, comme dans un manuel, les indices pertinents de l’analyse en plan<a id=""_idIndexMarker057""></a> des formes urbaines. C’est que ce projet<a id=""_idIndexMarker058""></a> précis ne convenait qu’à l’une de nous deux, l’autre préférant développer aussi l’analyse de l’espace urbain<a id=""_idIndexMarker059""></a> en volume<a id=""_idIndexMarker060""></a>. De plus, un exposé méthodologique aurait nécessité en soi une place importante, déséquilibrant l’économie générale du livre. Cela dit, si la méthode d’analyse morphologique des plans parcellaires<a id=""_idIndexMarker061""></a> n’est pas décrite en bonne et due forme, un certain nombre de ces éléments de méthode sont répartis dans l’ouvrage, au gré des analyses.</p><p class=""txt_Normal"">En revanche, cet essai se fonde bien sur le parti pris selon lequel la dimension planimétrique de l’objet urbain<a id=""_idIndexMarker062""></a> est fondamentale et que l’on ne peut se contenter de décrire ces formes par des mots sans les dessiner en plan<a id=""_idIndexMarker063""></a> ou en volume<a id=""_idIndexMarker064""></a>. Un soin tout particulier est donc accordé à l’appareil cartographique, largement produit par les auteures concernant les cas lyonnais et parisiens. Car ceux-ci correspondent à nos terrains respectifs de recherche, pour lesquels des protocoles d’analyse spatiale ont pu être mis en œuvre par le biais de systèmes d’information géographique (SIG<a id=""_idIndexMarker065""></a>) : celui d’Alpage pour Paris, et celui créé, lors de la rédaction de ce livre, pour le quartier de la rive gauche du Rhône<a id=""_idIndexMarker066""></a> à Lyon. Les cartes<a id=""_idIndexMarker067""></a> concernant Paris et Lyon ont été réalisées par H. Noizet à partir de ces différentes données SIG, dont le potentiel en matière de morphologie urbaine a été pleinement mis à profit. Nous revenons le plus souvent sur ces deux exemples, dans la mesure où nous ne disposions pas de données géomatiques similaires pour d’autres villes. Mais il ne s’agit en aucun cas d’une juxtaposition de monographies : au contraire, l’idée est bien, à partir de ces terrains d’étude privilégiés, de monter en généralité théorique et de proposer des idées valables quel que soit le contexte historique ou géographique. C’est de cette manière que plusieurs autres terrains urbains, très variés, sont évoqués : Lattes<a id=""_idIndexMarker068""></a>, Nice<a id=""_idIndexMarker069""></a>, Dieppe<a id=""_idIndexMarker070""></a>, Le Havre (France), Beja<a id=""_idIndexMarker071""></a> (Portugal), Megara Hyblaeia (Sicile)… Dans tous les cas, notre travail se concentre sur l’examen des villes européennes, même si on fait appel, ponctuellement, à des exemples hors de l’Europe (par exemple Jaïpur en Inde).</p><p class=""txt_Normal"">Outre le soin apporté à la dimension cartographique, nous avons fait le choix de la très longue durée<a id=""_idIndexMarker072""></a> en proposant des exemples qui vont de la Protohistoire<a id=""_idIndexMarker073""></a> à l’époque contemporaine<a id=""_idIndexMarker074""></a>, en passant par les périodes antique, médiévale ou moderne. Voilà un des risques que nous prenons dans ce livre : oser sortir de nos cadres temporels habituels, en proposant des concepts, qui s’appliquent à toutes les périodes ou presque, sans pour autant adopter un ordre chronologique. Ces concepts, tels que nous les avons employés, sont présentés dans un glossaire en fin d’ouvrage.</p><p class=""txt_Normal"">Il y a un autre plan<a id=""_idIndexMarker075""></a> que nous n’avons pas adopté. Celui, pourtant classique dans les manuels de morphologie urbaine, qui sépare les trois composantes du système urbain<a id=""_idIndexMarker076""></a> : 1) les voies, 2) les parcelles, 3) le bâti. Puisqu’ils forment système, il faut au contraire mettre en exergue leurs interactions<a id=""_idIndexMarker077""></a>, mesurer le degré de <a id=""_idIndexMarker078""></a>synchronie<a id=""_idIndexMarker079""></a>, analyser les effets de décalages. C’est dire que cet ouvrage s’engage résolument dans une pensée transversale, sans doute déconcertante, mais qui tente réellement de décloisonner les savoirs urbains.</p><p class=""txt_Normal"">Le plan<a id=""_idIndexMarker080""></a> de ce livre est composé de six chapitres qui constituent trois binômes. Les chapitres 1 et 2 posent les bases en présentant l’état de l’art et la théorie. L’historiographie étant éclatée et cloisonnée, nous avons puisé les concepts fondateurs dans diverses disciplines : géographie<a id=""_idIndexMarker081""></a>, archéologie<a id=""_idIndexMarker082""></a>, archéogéographie<a id=""_idIndexMarker083""></a>, histoire de l’art<a id=""_idIndexMarker084""></a>, architecture…. Puis nous les avons précisés ou réagencés en fonction de notre problématique : urbain<a id=""_idIndexMarker085""></a> et ville<a id=""_idIndexMarker086""></a>, temporalités<a id=""_idIndexMarker087""></a> synchrones ou non, transformission<a id=""_idIndexMarker088""></a> (transformation+transmission), projet<a id=""_idIndexMarker089""></a> <span class=""typo_Italique"">versus</span> processus<a id=""_idIndexMarker090""></a>, résilience<a id=""_idIndexMarker091""></a>, fabrique urbaine<a id=""_idIndexMarker092""></a>, production impensée<a id=""_idIndexMarker093""></a> de la morphologie urbaine. Les chapitres 3 et 4 sont centrés sur les modalités de production et d’évolution des systèmes urbains dont les trois composantes (viaire, parcellaire et bâtie<a id=""_idIndexMarker094""></a>) sont interdépendantes. Parmi un ensemble très vaste d’objets habituellement constitutifs de la morphologie urbaine, nous avons retenu ceux permettant une analyse transversale sur le temps long : les modes d’expansion urbaine, les techniques morphologiques d’appropriation du sol<a id=""_idIndexMarker095""></a> (grille<a id=""_idIndexMarker096""></a> viaire et damier<a id=""_idIndexMarker097""></a> parcellaire<a id=""_idIndexMarker098""></a>), le lotissement<a id=""_idIndexMarker099""></a> comme moteur de l’urbanisation. L’asynchronie des composantes du système urbain fonde le processus urbain : c’est parce que les limites viaires, parcellaires et bâties ne changent pas au même rythme que la forme du tissu urbain se réactualise dans la longue durée<a id=""_idIndexMarker100""></a>. Enfin, les chapitres 5 et 6 explorent les rapports entre morphologie urbaine et fonctionnement social<a id=""_idIndexMarker101""></a>. Toutes les pratiques des acteurs<a id=""_idIndexMarker102""></a>, c’est-à-dire les manières de vivre en société qui instaurent un contact ou au contraire un écart entre soi et les autres, ont des incidences sur la morphologie. D’où l’intérêt de tenir compte de faits sociaux <span class=""typo_Italique"">a priori</span> non directement liés à la morphologie urbaine tels que la coprésence<a id=""_idIndexMarker103""></a> en un même lieu (ou, à l’inverse, la séparation) du travail et du logement, la cohabitation des différentes générations au sein d’une même unité spatiale, la relation au corps dans les modes de déplacement animal ou automobile<a id=""_idIndexMarker104""></a>… Enfin, parmi les faits sociaux ordinaires<a id=""_idIndexMarker105""></a>, les mécanismes propres à la gestion foncière<a id=""_idIndexMarker106""></a> sont plus particulièrement examinés sous l’angle de leurs effets morphologiques.</p></div><div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""txt_Note""><span class=""typo_Italique"">Nota bene</span> : les numéros entre crochets dans le texte renvoient aux illustrations concernées.</p></div>";;738;29.00;"<p>De quoi est fait ce que l’on appelle communément « la ville » ? Comment se construit dans la longue durée l’espace urbain ? Quels sont les rapports entre morphologie urbaine et fonctionnement social ? Cet ouvrage propose de répondre à ces questions en explorant les mécanismes de la fabrique urbaine. Les formes urbaines sont ici analysées dans une double perspective : celle de leur fabrication par des pratiques sociales qui varient sans cesse et, en retour, celle de leur influence sur le fonctionnement social.<br /><br /></p><p><span>Ouvrage publié avec le soutien du Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LaMOP, UMR 8589, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et du Laboratoire Environnement-Ville-Société (UMR 5600, Université de Lyon)</span></p>";;28/05/2020 10:01;1;;3076 708;1;3;24;Histoire(s) à vendre : la marchandisation du passé dans l'Asie contemporaine;N°44/2020;;;"<p>Est analysé la façon dont, en Asie orientale et intérieure, le passé est promu par les États à des fins commerciales, comme ressource économique. Sont interrogés l'exploitation de la nostalgie, le sentiment de pertes de repères tout comme la fibre émotionnelle.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Times} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 12.0px; font: 8.5px Times} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 7.1px 0.0px; text-align: justify; line-height: 12.0px; font: 10.0px Times} p.p4 {margin: 17.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Times} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; line-height: 12.0px; font: 10.0px Times} p.p6 {margin: 17.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 12.0px; font: 9.0px Times; min-height: 11.0px} p.p7 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 12.0px; font: 9.0px Times} p.p8 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Times; min-height: 13.0px} span.s1 {font: 10.0px Times} span.s2 {font: 9.0px Times} span.s3 {font: 10.0px Helvetica} span.s4 {font: 10.0px 'Apple SD Gothic Neo'} span.s5 {font: 9.0px 'Hiragino Kaku Gothic ProN'} span.s6 {font: 9.0px Helvetica} span.s7 {font: 10.0px 'Hiragino Kaku Gothic ProN'} span.s8 {font: 10.0px 'Heiti SC Light'} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Le passé à vendre : commercialiser l’histoire en Asie<br />The Past for Sale:<span class=""s1""> </span>Marketing History in Asia<br /><em><strong>Isabelle Charleux, Matthias Hayek et Pierre-Emmanuel Roux </strong></em></p><p class=""p4"" style=""text-align: center;"">I. Vendre l’histoire des lieux – Selling the History of Places</p><p class=""p1"">Le commerce de la nostalgie dans la Chine d’aujourd’hui<br />The Business of Nostalgia in China Today<br /><em><strong>Angel Pino<span class=""s3""> </span></strong><strong><span class=""s4"">갛극킵</span></strong><strong><span class=""s4""><br /></span></strong><strong>Isabelle Rabut</strong><strong><span class=""s3""> </span><span class=""s4"">부궷圖</span><span class=""s3""> </span></strong></em></p><p class=""p1"">Au-delà des représentations de la Belle Edo : la marchandisation culturelle d’une époque et d’une ville<br />Beyond the Representations of the Good Old Edo: The Cultural Commodification of an Era and a City<br /><em><strong>Iwabuchi Reiji </strong><span class=""s5"">岩淵令治</span><strong> </strong></em></p><p class=""p1"">Patrimoine et tourisme dans le Jiangnan, au prisme d’une coopération franco-chinoise originale<br />Heritage and Tourism in Jiangnan, Through the Prism of an Original Franco-Chinese Cooperation<br /><em><strong>Françoise Ged <span class=""s4"">읊돠</span><span class=""s3""> </span></strong></em></p><p class=""p4"" style=""text-align: center;""><strong>II. Usages commerciaux de l’histoire – Commercial Uses of History </strong></p><p class=""p1"">Comment l’histoire peut-elle devenir un objet de consommation dans les musées japonais ?<br />How Can History Become an Object of Consumption within Japanese Museums?<br /><em><strong>Alice Berthon<span class=""s3""> </span><span class=""s5"">アリス</span><span class=""s6"">·</span><span class=""s5"">ベルトン</span> </strong></em></p><p class=""p1"">L’empire Hünnü/Xiongnu, nouvel âge d’or des Mongols ? Imaginaire, nationalisme, mode et marketing en république de Mongolie<br />The Hünnü or Xiongnu Empire, the New Golden Age of the Mongols? Imagination, Nationalism, Fashion and Marketing in the Republic of Mongolia<br /><em><strong>Isabelle Charleux<br /></strong><strong>Isaline Saunier </strong></em></p><p class=""p4"" style=""text-align: center;""><strong><span class=""s2"">III. </span>Regard extérieur – Views from the Outside</strong></p><p class=""p1"">L’usure du passé. Marché du souvenir et mirage d’histoire<br />Wear and Usury of the Past: Memory Market and History Mirage<br /><em><strong>Clémentine Gutron </strong></em></p><p class=""p1""><strong><br /></strong></p><p class=""p1"">Résumés<span> </span></p><p class=""p1"">Abstracts<span> </span></p><p class=""p7""><span class=""s7"">瓊</span><span class=""s8"">狼</span><span> </span></p><p class=""p1"">Contributeurs<span> </span></p><p class=""p5"">Bio-bibliographical Notes<span> </span></p>";;07/01/2021;0;155x220;192;978-2-37924-138-3;978-2-37924-138-3;1;;Presses Universitaires de Vincennes;img_708.jpg;"<p>Alice Berthon<br /><strong>Comment l’histoire peut-elle devenir un objet de consommation dans les musées japonais ?</strong></p><p>Portés par la période de prospérité économique, les musées japonais d’histoire territoriaux à l’échelle des villes ou des départements fleurissent au Japon à partir des années 1970. Tandis qu’en Occident, subissant les chocs pétroliers, le rôle de l’État s’amoindrit dans les secteurs publics et la logique économique pénètre les musées qui se transforment : de lieu d’éducation et de conservation, ils deviennent également des lieux de divertissement. On parle de tournant commercial. Qu’en est-il au Japon et quels sont les effets de l’entrée du secteur de l’économie ou de logiques commerciales dans les musées d’histoire ? La présente contribution interroge ce phénomène dans le contexte japonais et plus particulièrement au sein des musées d’histoire pour regarder l’impact sur la représentation du passé. Elle propose de mettre en lumière quelques orientations et dérives observées dans ces musées et conclut, en abordant sous forme d’ouverture, sur un grand changement qui semble à venir dans le cadre d’une nouvelle politique touristico-culturelle. <strong> <br /><br /></strong></p><p>Isabelle Charleux et Isaline Saunier<br /><strong>L’empire Hünnü/Xiongnu, nouvel âge d’or des Mongols ? Imaginaire, nationalisme, mode et marketing en République de Mongolie</strong></p><p>Cet article s’intéresse à l’engouement actuel pour l’époque des Hünnü (Xiongnu, III<sup>e</sup> siècle av. n. è.-II<sup>e</sup> siècle apr. n. è.) en République de Mongolie contemporaine, en particulier à partir des grandes commémorations du « 2220<sup>e</sup> anniversaire de la fondation du premier empire des steppes » en 2011. Les Mongols revendiquent aujourd’hui les Hünnü comme leurs ancêtres, et traduisent « Hünnü » par « Hun » dans les langues européennes : comme les Mongols de Gengis khan, ils (leurs descendants supposés) auraient envahi l’Europe. À tous points de vue, l’empire Hünnü apparaît comme le précurseur de l’empire gengiskhanide : on fait remonter aux Hünnü, outre l’invention de l’empire, un grand nombre de traits de la culture matérielle (arc, selle, yourte, marques du bétail, vêtement,…), les institutions civiles et militaires, les jeux du Naadam, le code de loi, la « démocratie guerrière », le chamanisme et le culte du ciel que l’on attribuait jadis à Gengis khan.</p><p>Cet article propose d’étudier les discours et représentations des Hünnü en Mongolie contemporaine et leur exploitation commerciale, à partir d’entretiens qualitatifs, de manuels scolaires, d’ouvrages historiques, d’articles de presse, de blogs et sites internet et d’expositions muséales. Nous nous pencherons sur le rôle des archéologues et historiens dans la diffusion de cette mode, et sur sa réappropriation par des marques commerciales, les arts de la scène et en particulier par la mode vestimentaire.</p><p> </p><p>Françoise Ged<br /><strong>Patrimoine et tourisme dans le Jiangnan, au prisme d’une coopération franco-chinoise originale</strong></p><p>À la fin du XX<sup>e</sup> siècle, les villes historiques chinoises faisaient l’objet de rénovations promouvant une vision stéréotypée de l’architecture chinoise. Malgré des travaux sur le patrimoine menés depuis une centaine d’années, les projets urbains délaissaient les apports de l’histoire locale ou des modes de vie.</p><p>De 1998 à 2003, un projet pilote franco-chinois mené de manière expérimentale dans le Jiangnan, aux abords de Shanghai, a associé les autorités locales, des professionnels et des enseignants-chercheurs. L’approche incrémentale et pluridisciplinaire, primée en Chine et par l’UNESCO, a donné lieu à de nouvelles prescriptions qui ont appliquées dans certains quartiers de Shanghai dès 2003. Elle s’est accompagnée d’une méthodologie associant séminaires, formation continue et sur sites, avec des thématiques partagées par les deux pays. La pression d’un tourisme intérieur en plein essor a rendu encore plus complexe la recherche d’un équilibre entre développement social, économique et préservation des traces du passé.</p><p>En outre, les villes historiques d’une même région, souvent concurrentes entre elles, sont peu ouvertes à une mise en réseau propice à une gouvernance partagée et à la mise en valeur de leurs diversités. L’adaptation du patrimoine à la vie contemporaine pose des questions communes sur ce qui fait vraiment patrimoine, mais aussi sur la place des habitants et des usagers dans un environnement où la marchandisation de l’histoire promeut de plus en plus la valeur commerciale des sites.</p><p> </p><p>Iwabuchi Reiji<br /><strong>Au-delà des représentations de la bienheureuse Edo : la marchandisation culturelle d'une époque et d'une ville</strong></p><p>Il est communément admis que « l’invention de la tradition » est le produit de deux phénomènes conjoints : d’une part l’interventionnisme du gouvernement découlant de la mise en place des États-nations contemporains, et d’autre part, le processus de « marchandisation ». Au Japon, la « marchandisation des traditions » se poursuit à un rythme effréné à l’approche des Jeux olympiques de Tokyo. L’objectif à court terme est d’attirer les touristes étrangers afin de stimuler l’économie du pays et à l'heure actuelle la recherche d’un « patrimoine culturel lucratif » est devenue le moteur de la politique culturelle et économique de la nation japonaise. Au cœur de cette marchandisation se trouve l'époque Edo, considérée comme le berceau d'une culture traditionnelle émanant du peuple. La marchandisation d'Edo qui s'opère à travers la mode vestimentaire, en passant par les romans et films historiques, et qui s'étend jusqu'au domaine du jeu vidéo, tend à présenter une vision unilatérale de cette période, celle d'une société dépourvue de contradictions, à l'origine de ce que nous nommerons « les représentations de la bienheureuse époque Edo ». Par ailleurs, la construction de ces « représentations » constitue également un moyen pour l'État-nation d'encourager l'intégration d'une conscience nationale chez les japonais, en les amenant à se détourner des problématiques actuelles pour contempler avec nostalgie les traditions d'une société bienheureuse. Après avoir analysé la genèse et la transformation des « représentations de la bienheureuse époque Edo », nous examinerons de manière détaillée le projet de réalisation du « district des ressources culturelles de Tokyo » s'inscrivant au cœur d'une série de mesures politiques visant à la transformation du patrimoine culturel en ressources touristiques, et du programme culturel des jeux olympiques ; pour finir nous tacherons de mettre en évidence de manière concrète les différentes problématiques liées à cette entreprise.</p><p>Au-delà de la question des Jeux olympiques, il nous semble primordial que les historiens se mobilisent afin de contrer la déferlante du nationalisme culturel suscitée par la marchandisation des « représentations de la bienheureuse époque Edo ».</p><p> </p><p>Angel Pino et Isabelle Rabut<br /><strong>Le commerce de la nostalgie dans la Chine d’aujourd’hui</strong></p><p>Les bouleversements qu’a connus la Chine au cours des trente dernières années ont suscité un sentiment de nostalgie qui n’a pas manqué d’être exploité sur le plan commercial. Le présent article évoque ce phénomène en se fondant sur deux exemples particuliers, tous deux liés au développement de l’industrie touristique : celui de la mise en valeur des villes ou quartiers anciens, et celui des hôtels et restaurants à thème. Il s’interroge sur les effets induits par cette intrusion de la logique consumériste dans le champ de la mémoire : le passé en sort-il réhabilité, banalisé, voire privé de sens ? Il souligne également les affinités paradoxales entre la nostalgie du passé et le culte de la modernité et de l’abondance matérielle qui caractérise l’époque actuelle. Des renvois aux œuvres de Yu Hua et de Jia Pingwa montrent comment ce nouveau rapport au passé a trouvé un écho dans la littérature contemporaine.</p><p> </p><p> </p><p><strong><br /> </strong></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Le passé à vendre : commercialiser l’histoire en Asie</p><p class=""T_3_Article""><br /><em>Isabelle Charleux, Matthias Hayek et Pierre-Emmanuel Roux</em></p><p class=""txt_Normal"">Les exploitations commerciales de l’histoire et des patrimoines, souvent encouragées et promues par les États eux-mêmes, ont connu vers la fin du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle un essor remarquable en Asie de l’Est et en Asie intérieure. Elles touchent un grand nombre de domaines de l’économie qui sont souvent vitaux pour les pays concernés, tels le tourisme et les loisirs, et rejaillissent sur les musées et sites patrimoniaux, sans oublier l’architecture urbaine. Cette consumérisation du passé exploite la nostalgie, le sentiment de perte des repères et joue sur la fibre émotionnelle.</p><p class=""txt_Normal"">Les travaux récents sur la fabrique de l’histoire, les usages, mésusages et réappropriations du passé, en particulier par les nationalistes, ainsi que l’inflation de la patrimonialisation, sont pléthoriques pour ce qui concerne le monde occidental et les États post-soviétiques<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-023""> 1</a></span></span>. Le passé est une ressource utilisable, une ressource politique d’abord, mais aussi potentiellement rentable dans le monde contemporain. De nombreux auteurs se sont penchés sur l’histoire comme objet de consommation et le marketing des musées, dénonçant fréquemment les « dérives » de la spectacularisation, la « disneylandisation » du patrimoine, les limites scientifiques, déontologiques et méthodologiques, ou encore les dangers des compromis<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-022""> 2</a></span></span>. Mais peu de travaux ont encore porté sur ces questions en Asie à l’époque de l’hyperconsumérisme et de « l’économie de l’expérience<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-021""> 3</a></span></span> ». Ces dernières sont au croisement de plusieurs disciplines et thématiques à commencer par l’historiographie, la mémoire, le patrimoine, la muséologie, le tourisme et les loisirs, l’anthropologie, ainsi que l’économie et le marketing.</p><p class=""txt_Normal"">Malgré la grande diversité des pays d’Asie, on observe à la suite du monde occidental un fort développement de l’industrie des loisirs, conséquence de la globalisation, du libéralisme économique, de l’essor des classes moyennes et supérieures, et du développement du tourisme domestique. Alors même que le passé se fait de moins en moins visible dans les villes modernes, l’engouement pour sa redécouverte est une conséquence de « l’éclatement » de l’histoire, du phénomène mondial de patrimonialisation, de la médiatisation des découvertes archéologiques, ainsi que du nationalisme et de la recherche de ses racines. Les collusions entre l'économie et la culture, mais aussi le brouillage des frontières entre industrie culturelle et arts, ou encore entre musées et parcs d’attraction deviennent ainsi inévitables et invitent à explorer plusieurs lignes de réflexion. Quels sont le rôle et l’intérêt des États dans la promotion et la marchandisation de l’histoire ? Quels sont les acteurs et les médias de cette commercialisation ; qui vend l’histoire et qui en profite ? L’histoire est à vendre, l’histoire fait vendre, mais de quelle histoire parle-t-on ? Quelles sont les périodes de référence ? Les pays d’Asie orientale et intérieure se contentent-ils de suivre une tendance globale, ou ont-ils des modalités propres de commercialisation de l’histoire ?</p><p class=""txt_Normal"">Ce sont là quelques-unes des questions auxquelles les contributeurs de ce numéro ont cherché à fournir des éléments de réponse. En guise d’introduction, nous aimerions proposer ici quelques formes de manipulation et de réécriture de l’histoire au <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, et rappeler les enjeux nationalistes de l’histoire et du patrimoine ayant suscité des débats passionnels et incité les États à les exploiter.</p><p class=""T_a"">Histoire et constitution des États-nations aux <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles</p><p class=""txt_Normal"">L’histoire est depuis deux millénaires un outil central de légitimation politique en Asie, comme en témoignent les nombreuses chroniques de facture gouvernementale et l’existence d’historiographes officiels. Mais les États sont loin d’avoir exercé un monopole sur l’histoire et l’exploitation du passé. Depuis de nombreux siècles, les tombes anciennes sont pillées à la recherche de trésors. Un marché des antiquités se développe également pour les collectionneurs et amateurs d’objets anciens, ainsi qu’un marché du faux<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-020""> 4</a></span></span>. Dans le même temps, l’histoire ancienne écrite hors du cadre étatique offre différents usages. Elle sert notamment de paravent à une critique à peine voilée des élites régnantes, en permettant à des romanciers, dramaturges ou estampistes de mettre en scène des évènements du présent sous les oripeaux du passé.</p><p class=""txt_Normal"">L’histoire joue ensuite, à partir de la fin du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, un rôle central dans la construction de l’État-nation, dont deux des symboles sont le musée et le monument historique : « Dès qu’elle prend conscience d’elle-même, une nation veut justifier son présent par son passé. Rien ne lui prouve mieux son existence que son histoire. En un sens, ce sont les historiens qui créent les nations<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-019""> 5</a></span></span> ». L’histoire permet de créer du « nous » pour s’opposer aux voisins, « eux ». Au Japon et en Chine, deux révolutions ont visé à moderniser le pays sur le modèle européen, éliminant la « culture traditionnelle » et réformant les religions : la restauration de Meiji (1868-1912) au Japon et l’établissement de la république en Chine (1912-1949). La « mise à distance du passé » s’est traduite par la promulgation de lois sur le patrimoine et la fondation de musées. Les premières lois de conservation du patrimoine, adoptées au Japon en 1911, évoluent vers la définition de « trésors nationaux » en 1929, et elles servent très rapidement de modèle en Chine et en Corée<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-018""> 6</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Mais les États-nations asiatiques du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle sont surtout passés maîtres dans la réécriture de l’histoire, voire dans sa manipulation pour les régimes autoritaires. L’histoire officielle doit coller à un schéma directeur de l’évolution sociale, impériale ou marxiste, et au principe de l’ethnogenèse. Il faut ainsi faire coïncider peuple et territoire, prouver que chaque peuple titulaire est présent sur son territoire actuel depuis des temps reculés voire mythiques. Étudier l’histoire sert les intérêts du présent, et l’archéologie contribue largement à la réécrire. Dans chaque État, l’archéologie doit en effet prouver l’origine de la nation, et les découvertes archéologiques participent à la démonstration de son ancienneté et finalement de sa grandeur<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-017""> 7</a></span></span>.</p><p class=""T_a"">La tout-patrimonialisation : protection et valorisation</p><p class=""txt_Normal"">De nouvelles lois de protection des biens culturels apparaissent en Asie de l’Est au milieu du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, à commencer par le Japon dans les années 1950. Elles incluent des patrimoines matériels, tels que des objets, des livres anciens et autres documents folkloriques, et immatériels, comme des techniques de fabrication et de construction ou des modes de vie<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-016""> 8</a></span></span>. Mais il faut attendre les années 1990-2000 pour que l’Asie connaisse plus généralement, comme l‘Occident, une « explosion du patrimoine » avec une « inflation et diversification à l’infini des types de patrimoine »<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-015""> 9</a></span></span>. Cela se traduit notamment par la classification hiérarchisée du patrimoine matériel où les listes de villes et monuments célèbres ne cessent de s’allonger, l’émergence de nouveaux musées, la valorisation du patrimoine immatériel<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-014""> 10</a></span></span>, tel que les « trésors vivants », et la course entre pays voisins pour l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO de sites ou biens culturels.</p><p class=""txt_Normal"">Si la tout-patrimonialisation permet de faire ressortir la singularité et la richesse des cultures locales, elle ne va cependant pas sans critiques et difficultés, et l’alliance théoriquement vertueuse entre tourisme et patrimoine (suivant les recommandations de l’UNESCO) peut avoir des conséquences négatives. Des sites sont valorisés aux dépens de leur protection, et le patrimoine culturel est estimé non plus par rapport à son contenu mais à son potentiel économique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-013""> 11</a></span></span>. Le « discours sur le patrimoine » apparaît dans ce contexte comme un outil de gouvernance répondant à des contestations, des négociations et des appropriations locales<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-012""> 12</a></span></span>. Le cadre législatif flou entourant l’inscription d’un monument sur une liste ou une autre ne garantit ni sa préservation ni sa transformation commerciale<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-011""> 13</a></span></span>. Des voix s’élèvent ainsi contre la marchandisation du patrimoine matériel, notamment de la part des communautés locales, et le rôle des médias et des réseaux sociaux s’avère parfois crucial<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-010""> 14</a></span></span>.</p><p class=""T_a""><span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Soft power</span>, tourisme et exportation de l’industrie culturelle</p><p class=""txt_Normal"">Depuis les trois dernières décennies du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, et avec un décalage selon la situation économique et politique des différents États asiatiques, l’essor d’une classe moyenne et l’allongement des vacances permettent le développement spectaculaire du tourisme domestique, facilité par l’amélioration des voies de transport et l’accès à la voiture individuelle, ainsi que du tourisme à l’étranger<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-009""> 15</a></span></span>. Les sites touristiques se multiplient, exploitant le tourisme historique, religieux, « ethnique » ou folklorique et naturel. Édifices anciens revalorisés, monuments et musées nouveaux à l’architecture évocatrice de l’identité locale deviennent des atouts majeurs du « <span class=""typo_Italique"">province branding</span> » ou<span class=""typo_Italique""> </span>« <span class=""typo_Italique"">city branding</span> ». Nombreuses sont également les collectivités territoriales et locales à mettre en avant un symbole ou une mascotte en lien plus ou moins étroit avec leur histoire.</p><p class=""txt_Normal"">Cette promotion de la culture et des traditions n’est pas exclusivement destinée aux consommateurs nationaux. Les industries culturelles cherchent à s’exporter et le patrimoine devient le moteur de la politique culturelle et économique. Il s’agit de donner une image de marque du pays (<span class=""typo_Italique"">nation branding</span>) qui séduise, et fasse rêver. Le <span class=""typo_Italique"">nation branding</span> et le <span class=""typo_Italique"">city branding</span> doivent, chacun à leur niveau, rendre un lieu plus identifiable et compétitif sur le marché mondial<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-008""> 16</a></span></span>. La culture devient instrument de <span class=""typo_Italique"">soft power</span> aux quatre coins du globe avec des centres culturels et/ou des instituts de langue financés par l’argent public, des lois pour la promotion du tourisme ou encore des stratégies de développement économique tournées vers la culture et les arts. Cette diplomatie culturelle a des retombées considérables en termes d’exportation de produits de consommation et en nombre de touristes étrangers.</p><p class=""txt_Normal"">C’est donc avec un soutien étatique que, bien souvent, les industries culturelles et de loisir exploitent l’histoire comme une ressource. Produits hybrides du monde contemporain et des cultures locales, l’art, le cinéma et les séries télévisées, la littérature, la cuisine, la danse, la mode, la culture pop en général – mangas, jeux vidéo, musique (J-pop, K-pop, rock mongol), publicité, visuels d’emballage… – font référence à l’histoire et en proposent des lectures multiples. Des films et surtout des séries télévisées à thématique historique ou pseudo-historique sont exportés dans toute l’Asie voire au-delà. Des entreprises commerciales inventent une authenticité « marketable » en prenant les avantages du passé tout en conservant le confort de la période contemporaine. Les restaurants rétro sont à la mode, tels les bars de style « <span class=""typo_Italique"">sh</span><span class=""typo_Italique"">ō</span><span class=""typo_Italique"">wa-retoro</span> » au Japon, qui recréent de toutes pièces une ambiance puisant dans les codes culturels et alimentaires des années 1950-1970, ou encore les commerces et marques légendaires faisant revivre le Shanghai des années 1930. La marchandisation des « lieux saints », eux-mêmes en nombre croissant, est également de plus en plus visible. Si depuis longtemps les bâtiments latéraux des lieux de culte abritent des boutiques, aujourd’hui des boutiques d’antiquités se maquillent en temple sur les grands lieux de pèlerinages bouddhiques comme au Wutaishan (Chine). Le visiteur ne réalise où il se trouve que lorsqu’il voit des prix marqués sur les bouddhas qui trônent sur des autels. Le concept de « lieux saints » dépasse d’ailleurs le cadre religieux, puisqu’il s’applique aussi à des sites séculiers chargés d’histoire comme ceux de la révolution communiste en Chine ou de la résistance au Japon en Corée du Sud où les touristes abondent.</p><p class=""txt_Normal"">L’histoire se vend aussi dans les musées. Depuis les années 1990, le management muséal et les techniques marketing s’introduisent dans les musées les plus modernes d’Asie, qui suivent d’une dizaine d’années le tournant opéré en Occident<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-007""> 17</a></span></span>. Par ailleurs, ces musées se « démocratisent » sous la forme de petits établissements, souvent privés, où la culture populaire s’introduit avec toutes sortes d’objets, d’histoires et de traditions locales<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-006""> 18</a></span></span>. Les États préconisent l’utilisation de techniques modernes et poussent les musées à raisonner en termes d’attractivité, de rentabilité et de « <span class=""typo_Italique"">museum branding</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-005""> 19</a></span></span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""> </span>». Les musées et leurs expositions tentent de séduire de nouveaux publics et deviennent interactifs et ludiques grâce à un équipement technologique multimédia de pointe (films, photographie, technologie digitale, cartes, dioramas, objets à toucher, effets spéciaux, hologrammes, etc.) et des reconstitutions totales ou partielles de bâtiments historiques. Le spectateur devient acteur, peut manipuler les objets, et des ateliers de fabrication d’objets sont organisés. Les matérialisations du passé font appel à tous les sens : la vue bien sûr, mais aussi l’ouïe, le goût, l’odorat, le toucher. Le temps accordé à la visite elle-même tend à se réduire par rapport à celui passé dans les espaces consacrés aux animations, mais aussi dans les boutiques vendant des produits dérivés et les cafétérias.</p><p class=""txt_Normal"">Si l’histoire se vend et fait vendre, c’est que sa mise en scène fait appel au registre de l’émotion, des affects, voire de la spiritualité et de la transformation de soi ; elle suscite la nostalgie pour un passé révolu, souvent fantasmé, et la quête d’authenticité. Des travaux récents ont enfin reconnu l’importance de l’affect et des émotions en tant qu’éléments constitutifs essentiels de la fabrique du patrimoine<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-004""> 20</a></span></span>. On est passé, comme l’observait Daniel Fabre, d’un mode de l’avoir (<span class=""typo_Italique"">le patrimoine, c’est à nous</span>) à un mode de l’être (<span class=""typo_Italique"">le patrimoine, c’est nous</span>)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-003""> 21</a></span></span>. L’industrie des loisirs utilise « l’émotion patrimoniale » pour faire des profits, et les institutions culturelles à but non lucratif orientées vers l’éducation prennent de plus en plus en compte cette dimension émotionnelle : on visite pour ressentir, faire l’expérience, se sentir plus connecté à ses racines. La réalité augmentée, utilisée dans des jeux vidéo pour surimposer un cadre fictif à l’environnement réel, ainsi que les techniques immersives que l’on trouve dans certaines expositions ou des parcs à thème, exploitent toutes le concept postmoderne d’hyperréalité. Les consommateurs peuvent s’immerger dans une période historique spécifique, quoique bien souvent artificielle avec ses décors et ambiances reconstitués.</p><p class=""T_a"">Quelle(s) période(s) de référence ?</p><p class=""txt_Normal"">Les périodes de référence de l’industrie des biens culturels varient pour des raisons multiples comme le rayonnement culturel ou politique d’anciennes dynasties, les effets de mode actuels, ainsi que le poids de l’archéologie et des médias. Les regards et partenariats extérieurs peuvent aussi influer sur les représentations du passé d’un pays<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-002""> 22</a></span></span>. On observe tantôt la nostalgie pour un temps proche, connu, dont la mémoire est encore présente ou en passe de disparaître, tantôt la promotion d’un passé plus lointain, imaginé, fantasmé et malléable. Des périodes jadis mal-aimées voire haïes sont réhabilitées. C’est le cas, en Chine, de la dynastie mandchoue des Qing (1644-1911) et de l’époque des concessions étrangères – autrefois exemples humiliants d’impérialisme et aujourd’hui symboles de cosmopolitisme – à l’exemple du Shanghai des années 1930.</p><p class=""txt_Normal"">Mais quelle que soit la période de référence, l’histoire ne peut être vendue telle quelle. La philosophe Hannah Arendt soulignait déjà, au milieu du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, que pour pouvoir être absorbée et recyclée par la société des loisirs, l’histoire devait être rendue facile à consommer<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-001""> 23</a></span></span>. La culture passée nécessite un processus de décontextualisation et de recontextualisation : le spectateur s’identifie à un élément isolé et doté d’un nouveau cadre dans la société contemporaine<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Users/vince/Desktop/exo_postprod/0_intro.html#footnote-000""> 24</a></span></span>. Au cours de ces différentes étapes, l’imaginaire d’une période est simplifié et idéalisé pour être rendu plus attractif et consensuel. On sélectionne les éléments susceptibles d’être marchandisés pour devenir des produits de consommation.</p><p class=""txt_Normal"">Même lorsque des historiens et archéologues conseillent voire travaillent pour des cinéastes afin de proposer des reconstitutions les plus proches possibles de la réalité, le résultat doit obéir à des objectifs économiques et, dans certains cas, politiques. Les inconnus, les lacunes et les incertitudes doivent être comblés. Les références historiques de différentes périodes et lieux peuvent être mélangées, jusqu’à un produit final truffé de contradictions et d’imprécisions. L’histoire telle qu’elle est médiatisée et commercialisée échappe finalement à l’historien.</p><p class=""T_a"">Promenades aux marchés de l’histoire en Asie</p><p class=""txt_Normal"">Dans les pages qui suivent, les contributeurs de ce numéro d’<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Extrême-Orient, Extrême-Occident</span><span class=""typo_Italique""> </span>développent les différentes problématiques de la « mise en vente » de l’histoire à travers plusieurs approches illustrées d’exemples chinois, japonais et mongols.</p><p class=""txt_Normal"">Une première partie réunit trois articles qui explorent les usages commerciaux de la mémoire et du patrimoine en milieu urbain. Angel Pino et Isabelle Rabut se penchent tout d’abord sur le marché de la nostalgie en Chine contemporaine à travers deux types d’exemples : d’une part, la vogue de la mise en valeur de quartiers anciens à Pékin et Shanghai, d’autre part, celle des hôtels et restaurants à thème, notamment sur celui très sensible de la révolution culturelle. Cette balade historique s’accompagne de nombreuses références littéraires et nous rappelle chemin faisant que le passé chinois s’inscrit davantage dans les livres que dans les monuments sans cesse démolis.</p><p class=""txt_Normal"">Iwabuchi Reiji dresse ensuite l’historique d’une mode, apparue au Japon dès le début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, et qui occupe jusqu’à aujourd’hui une place essentielle dans les représentations médiatiques de l’histoire de l’archipel. Il s’agit de la (sur)valorisation de l’époque d’Edo (1603-1868), et en particulier de la ville éponyme, ancienne capitale shogunale, dont l’actuelle Tokyo conserve bien des traces. La simplification de cette période historique, qui tend à idéaliser certains aspects de la vie du peuple citadin, sert de support à la mise en place d’un « marketing national » depuis deux décennies. Iwabuchi souligne les aspects négatifs de la transformation du patrimoine culturel en ressource touristique et les contradictions et imprécisions du projet « Vision culturelle de Tokyo », mis en place pour les Jeux Olympiques initialement prévus en 2020. Il interroge ce faisant la position de l’historien face à la marchandisation de la culture promue par l’État.</p><p class=""txt_Normal"">Françoise Ged, après avoir dressé un historique des politiques patrimoniales urbaines en Chine, s’intéresse pour sa part aux stratégies de préservation ou de recréation du patrimoine par les collectivités locales chinoises, en lien avec le tourisme dans la région du Jiangnan (ou bas-Yangzi). Elle nous livre les résultats d’un partenariat de longue durée entre des institutions chinoises et françaises, au sein duquel elle a personnellement joué un rôle de première importance. Nous suivons avec elle l’élaboration des politiques en question, ponctuée d’interrogations des différents acteurs face à la marchandisation du patrimoine.</p><p class=""txt_Normal"">La seconde partie s’intéresse à la transition commerciale des usages de l’histoire dans les musées, et à l’utilisation de l’histoire pour construire une identité ethnique « ";;;;;;;;; 709;2;3;14;Paysages théoriques du Land Art;;;;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p class=""p1"">Ce livre apporte des éléments de compréhension de l’art contemporain à partir d’une réflexion sur le Land Art américain, qui a bouleversé le rapport du spectateur aux œuvres d’art en l’invitant au voyage.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 8.5px 0.0px 2.9px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p2 {margin: 15.6px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 12.8px 0.0px; text-align: center; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 2.9px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 14.2px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p6 {margin: 0.0px 0.0px 2.9px 14.2px; line-height: 12.0px; font: 10.0px Helvetica} p.p7 {margin: 8.5px 0.0px 0.0px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} p.p8 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 8.5px; line-height: 13.0px; font: 9.0px Helvetica} span.s1 {font: 10.5px Helvetica} span.s2 {font: 12.0px Helvetica} span.s3 {font: 13.0px Helvetica} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Remerciements<span> </span></p><p class=""p1"">Introduction<span> </span></p><p class=""p1""><span><br /></span></p><p class=""p2"" style=""text-align: center;""><strong>partie 1 - </strong><strong>Centre et périphérie</strong></p><p class=""p4"">Chapitre 1 : Parcourir le Land Art<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Y a-t-il un usage des images spécifique au Land Art <span class=""s2"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Les photos des œuvres Land Art contredisent-elles l’expérience vécue en les parcourant ?<span> </span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">L’œuvre <em>in situ</em> est-elle un monument ?<span> </span></p><p class=""p1"">Chapitre 2 : Ornementalité<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Le Land Art a-t-il quelque chose d’architectural <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Le Land Art peut-il être compris comme ornemental <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Qu’est-ce qu’orner veut dire <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">L’ornement parergonal peut-il faire l’objet d’une expérience esthétique ? <span> </span></p><p class=""p1"">Chapitre 3 : Les limites de l’œuvre<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Comment l’art minimal interroge-t-il la frontière entre les arts <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Pourquoi le minimalisme n’est-il pas de la sculpture pour les greenbergiens <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">Quelle place l’extension des frontières esthétiques de l’œuvre réserve-t-elle au spectateur ?<span> </span></p><p class=""p2""> </p><p class=""p2"" style=""text-align: center;""><strong>partie 2 - </strong><strong>Antimodernisme</strong></p><p class=""p4"">Chapitre 4 : Monumanque<span> </span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">Est-il pertinent de distinguer œuvre éphémère et œuvre pérenne dans le cas du Land Art <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">Les œuvres Land Art sont-elles faites pour être documentées <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">Michael Heizer est-il un sculpteur <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p1"">Chapitre 5 : Chemin d’accès</p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Toute image peut-elle être documentaire ?<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">La reproduction d’une œuvre est-elle toujours documentaire <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Peut-on concilier les gestes de faire-œuvre et de documenter ?<span> </span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">Une planche documentaire peut-elle être admirée comme une œuvre d’art <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p1"">Chapitre 6 : Photographie<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Le principe de la photographie est-il contemporain de son invention technique <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">La reconnaissance suffit-elle à faire œuvre <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Une œuvre effectuée dans le ciel admet-elle un point de vue privilégié <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">En quoi la photographie est-elle au cœur de la pratique des landartistes <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p2""> </p><p class=""p2"" style=""text-align: center;""><strong>partie 3 - </strong><strong>Œuvre à l’envers</strong></p><p class=""p4"">Chapitre 7 : Projection<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Peut-on œuvrer en dehors des limites de l’art <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">La photographie empêche-t-elle l’expérience de l’œuvre au lieu de la permettre <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">L’œuvre n’existe-t-elle qu’à la faveur de sa capture ? <span> </span></p><p class=""p1"">Chapitre 8 : Observatoire<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Les œuvres observatoires nécessitent-elles plus que les autres une visite sur place <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Peut-on penser le rapport à l’œuvre comme le déclenchement d’un appareil <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p6"" style=""padding-left: 30px;"">Notre appréhension des œuvres d’art souffre-t-elle des erreurs de parallaxe <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p1"">Chapitre 9 : Ontologie<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">Quel est le paradigme moderne de notre rapport à l’art ?<span> </span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">En quoi le <em>parergon</em> transgresse-t-il ce paradigme <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;"">L’œuvre d’art peut-elle intégrer une dimension médiatique <span class=""s3"">?<span> </span></span></p><p class=""p5"" style=""padding-left: 30px;""><span class=""s3""><span><br /></span></span></p><p class=""p7"">Conclusion<span> </span></p><p class=""p8"">Bibliographie<span> </span></p><p class=""p8"">Index des noms<span> </span></p><p class=""p8"">Index des notions </p><p class=""p4"">Crédits iconographiques<span> </span></p>";;19/11/2020;0;160x220;256;978-2-37924-142-0;978-2-37924-142-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_709.jpg;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p>Aux États-Unis, le Land Art se développe à partir de 1968 sous la forme de sculptures monumentales situées dans des espaces volontairement éloignés des centres d’art. Dès lors, comment montrer au sein d’un lieu d’exposition ce qui à l’évidence se tient ailleurs, et qui parfois n’existe plus sur le site original ?</p><p>Les aspects de ce problème à la fois artistique et institutionnel déterminent en définitive l’expérience même des spectateurs. Cet ouvrage propose d’examiner les implications théoriques de cette nouvelle manière d’appréhender les œuvres, en confrontant les divers discours sur le Land Art, du récit de voyage aux critiques d’art de l’époque, des textes philosophiques aux écrits d’artistes. Il offre ainsi une réflexion sur notre rapport aux œuvres d’art aux prises avec leur effacement.</p><p class=""p1""> </p><p><em>Benjamin Riado est agrégé d’arts plastiques, docteur en esthétique et science de l’art de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et également membre fondateur de la revue en ligne Proteus. Ses travaux portent sur les modulations de la notion d’œuvre d’art dans la pratique des artistes contemporains.</em></p>";"<p>Introduction </p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.0px Times} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 8.0px Times} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 16.0px Times; min-height: 19.0px} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 20.0px; text-align: justify; text-indent: -20.0px; font: 10.0px Helvetica} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} span.s2 {font: 5.0px Times; text-decoration: underline ; letter-spacing: 0.0px} span.s3 {font: 5.0px Times; letter-spacing: 0.0px} span.s4 {text-decoration: underline ; letter-spacing: 0.0px} span.s5 {font: 6.0px Helvetica; letter-spacing: 0.0px} --><p class=""p1""><span class=""s1"">« Le danger, c’est la délectation esthétique<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-019""><span class=""s2""><sup>1</sup></span></a> », avertit Marcel Duchamp dans un entretien accordé à Otto Hahn pour <em>L’Express</em>, le 23 juillet 1964. Par délectation esthétique, il faut comprendre l’immédiateté sensuelle des œuvres d’art, le spectacle qu’elles offrent au spectateur venu les contempler. C’est là effectivement un danger : parce que l’expérience promise par les œuvres pourrait nous laisser croire qu’elle dépend de leurs seules qualités sensibles. Le jaune légèrement acidulé venant animer le mauve d’un tableau de Fragonard, l’acoustique étouffée d’une installation en feutre de Joseph Beuys, les jeux de reflets et de transparence sur les pare-brises de voiture dans les films d’Abbas Kiarostami, toutes ces productions humaines nous procurent des sensations auxquelles nous n’aurions peut-être jamais pu avoir accès – avec cette acuité – sans l’art. On en viendrait vite à la conclusion que ce type d’attention strictement sensorielle est permis par les œuvres d’art ; et peut-être même serait-ce à cela qu’on les reconnaît.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Pourtant, note le philosophe étasunien Arthur Danto, qui aime à rappeler la mise en garde de Duchamp, « voir quelque chose comme de l’art requiert quelque chose que l’œil ne peut apercevoir<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-018""><span class=""s2""><sup>2</sup></span></a> ». Ce que montre l’œuvre ne suffit pas à dire ce qu’elle est. Toute l’expérience de l’art ne se jouerait donc pas dans la sensation parce que ces sensations si particulières ne sont qu’une partie de la réalité perceptible de l’œuvre d’art : ce qui détermine avant tout cette expérience et qui assigne insensiblement aux œuvres d’art leur statut relève d’une autre partie qu’il qualifie d’« atmosphère de théorie artistique ». La perception d’une œuvre dépasse donc ses seules propriétés visuelles ou autres selon Danto, elle engage une connaissance ou un « discours des raisons » qui fait que ce qui se trouve mis en valeur, dans le musée ou la galerie, est bien de l’art.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Par répercussion, ou peut-être par habitude culturelle, cette « atmosphère » enveloppe également le public, qui sait d’une certaine façon où il met les pieds quand il pénètre dans un lieu d’art. Le public a conscience de « faire partie du public », et de ce que cela implique. Ainsi, en tant que spectateur, on sait quels lieux abritent des œuvres d’art. Plus important, on sait avant même de les voir comment se comporter devant elles. On s’attend à les repérer dans l’espace grâce à la façon dont elles sont éclairées, à la position qu’elles occupent contre le mur ou sur un socle ; on s’apprête à se tenir silencieux si un événement se produit dans la galerie, en situation d’écoute face à un environnement ou un objet sonore. On va bien sûr ne toucher à rien, sauf à y être explicitement invité par un agent, un acteur institutionnel appartenant à ce « monde de l’art » dans lequel on vient de pénétrer. Face aux œuvres, la différence entre les acteurs institutionnels les plus importants de ce « monde de l’art » et les autres usagers est que les premiers savent comment une chose s’est vue décerner le statut d’œuvre d’art, tandis que les autres ne peuvent que le recevoir comme tel de plus ou moins bonne grâce. Le <em>recevoir</em> et non le <em>percevoir</em>, car il y a toujours dans le procès d’assignation au domaine artistique, ou d’homologation auquel participe le public, une marge d’erreur liée à la perception. L’apparence de l’œuvre ne suffit donc pas à en fixer le statut, l’apparence ne fait pas autorité et peut bien au contraire être la source de malentendus.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Des exemples existent de bévues parfois commises au sein même des lieux d’art. En 2014, une employée en charge de la propreté a détruit une œuvre estimée à 11 000 € qui jonchait le sol d’une galerie d’art italienne<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-017""><span class=""s2""><sup>3</sup></span></a>, la prenant pour un tas de détritus et s’en étant débarrassé en conséquence. Ce type d’incident est souvent évoqué dans les médias avec condescendance, qu’il s’agisse de s’amuser des lacunes culturelles du personnel travaillant sans le savoir au contact d’œuvres, ou de la situation d’une œuvre d’art prise au piège de cette revendication de revêtir les apparences du non-art, quand il ne s’agit pas d’applaudir le geste malheureux de l’employée exprimant dans sa bonne foi le verdict sans appel d’un procès en nullité de l’art contemporain.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Il est en tout cas intéressant de voir la prégnance de cette part de conscience institutionnelle mais aussi une longue tradition de théorie de l’art qui entre en compte dans l’appréhension des œuvres de notre temps : notre attitude vis-à-vis de ces productions semble supposer une décision classificatoire – œuvre ou pas œuvre ? – rendue malaisée par les développements erratiques de l’art contemporain. Sur ce point, spectateurs et chercheurs en sciences de l’art semblent donc en proie aux mêmes questionnements. Le débat a fait rage parmi les spécialistes quant à savoir si c’est l’expérience qui décide rationnellement du caractère artistique d’une proposition ou bien, au contraire, si une telle expérience n’est réellement possible qu’après que l’œuvre a été validée par une communauté d’experts suivant un cadre conceptuel élaboré au fil du temps. Difficilement départageables, ces deux postulations déterminent surtout pour le philosophe Rainer Rochlitz des « stratégies théoriques en esthétique<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-016""><span class=""s2""><sup>4</sup></span></a> », puisque l’enjeu de la discussion est de comprendre la nature de la relation entre art et expérience.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">La première postulation, celle qui fait de l’expérience du créateur la mesure de l’art, est qualifiée par Rochlitz d’<em>analytique</em>. Elle présente l’intérêt d’examiner les propositions artistiques d’un point de vue descriptif et donc objectif qui est celui du langage, réduisant ainsi les visions normatives sur l’art au rang de jugements de valeur n’engageant que ceux qui les profèrent, fussent-ils des experts. Cette position est forte car elle n’est pas mise en défaut par le développement de formes nouvelles : un artiste porteur d’une vision originale et peut-être choquante pour ses contemporains n’a pas besoin de correspondre à leurs attentes pour porter la revendication « je suis un artiste », car l’énoncé peut être jugé légitime par quelques-uns dans l’attente d’une postérité potentielle<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-015""><span class=""s2""><sup>5</sup></span></a>.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">L’autre postulation est qualifiée de <em>synthétique</em>, car il s’agit de définir en quoi une classe d’objets au sens large peut se rapporter au concept d’art, et ainsi en infléchir notre compréhension. C’est un cadre de rationalité établi au moyen de critères éloignés de la question de l’expérience, qui est ici fixé à partir d’un socle mettant en jeu des valeurs, des connaissances, une conscience historique. De la sorte, cette stratégie se montre capable d’opérer des distinctions et des hiérarchies en termes de qualité et d’importance que la tendance analytique se condamne à ne pas voir. Pour l’esthétique analytique, il ne serait pas pertinent de considérer qu’un individu est meilleur artiste qu’un autre, toute hiérarchie de cet ordre relevant des préférences de chacun. Néanmoins il semble légitime de tenir certains artistes comme plus importants que d’autres, qu’ils aient été plus influents à leur époque ou porteurs d’une valeur supérieure aux yeux d’acteurs eux-mêmes prescripteurs en matière d’art. La notion de « maître » ou celle de « génie » indique en tout cas que l’histoire de l’art s’est construite autour de quelques figures suscitant une telle admiration qu’elle se ressent encore aujourd’hui.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">« Le danger, c’est la délectation esthétique<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-014""><span class=""s2""><sup>6</sup></span></a> » : la mise en garde de Duchamp et la compréhension de la composante théorique du phénomène artistique par Danto motivent conjointement l’étude qu’il s’agit d’engager ici sur le Land Art étasunien. Forme d’art contemporain qui investit l’espace extérieur, le Land Art<em> </em>ne peut se laisser décrire par les moyens classiques qui sont en définitive ceux de la sémiotique : d’une certaine manière, on va le voir, il résiste à cette façon de regarder les objets, laquelle revient toujours à réduire ceux-ci à leur seule apparence. Or, la façon dont travaillent les artistes du Land Art vient bousculer les catégories par lesquelles le discours critique et philosophique se saisit de l’art. Le Land Art réclame pour sa compréhension de repenser l’atmosphère de théorie artistique qui nous enveloppait jusque-là, parce qu’il se déploie dans un espace plus large.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Les démarches d’artistes que nous allons suivre échappent aux conventions de l’exposition en même temps qu’elles échappent au circuit classique de l’art ancré au cœur des grands centres urbains modernes. Aux États-Unis, de jeunes artistes investissent des lieux qui constituent dans l’imaginaire collectif des « taches aveugles dans la vision culturelle<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-013""><span class=""s2""><sup>7</sup></span></a> », comme le souligne l’historienne de l’art Ann Reynolds. Avant les années 1960, les villes étasuniennes autres que Los Angeles, Chicago et New York ne sont pas vraiment investies par les artistes, et presque indignes de leur intérêt. Mais voilà que de jeunes plasticiens interrogent de façon pratique la séparation entre le centre et la périphérie, l’essentiel et l’accessoire, la matière et la documentation. Ils se mettent à envisager différemment la fabrication des œuvres, créent dans des espaces isolés de ceux fréquentés par le Gotha new-yorkais et abandonnent sur place ce qu’ils ont fait. Ils creusent dans la glace des formes éphémères dont il ne restera en quelques instants plus rien si ce n’est une captation photographique ; ils investissent des paysages lunaires du sud ou de l’ouest étasunien marqués par la disparition des eaux tels que Mono Lake, Mirage Dry Lake, Tecovas Lake, Massacre Dry Lake, etc. Paradoxalement, ils ne sont pas réfractaires à l’idée d’exposer leurs travaux, mais ils sapent le principe même de l’exposition en montrant des objets, des prélèvements ou des documents pouvant difficilement suffire à se représenter à proprement parler ce qu’est leur œuvre.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Cet ouvrage se propose d’analyser les profonds changements de paradigme que ce type de pratiques opère dans notre compréhension de ce qu’est une œuvre d’art. C’est peut-être ce travail de sape qui explique qu’on les affuble du titre de « postmodernes », dont il conviendrait de discuter les implications sur le plan théorique. Mais précisément, l’inscription de la démarche de ces artistes singuliers dans le champ théorique ne va pas sans poser quelques problèmes de méthode puisque leur simple description ramène inévitablement à ces stratégies théoriques en esthétique rappelées par Rochlitz.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Faut-il en effet étudier le Land Art en esthéticien analytique et considérer empiriquement la matérialité des œuvres au sein de leur dispositif ; ou bien opérer de façon synthétique et voir les déplacements effectués sur le plan normatif en termes de démarche poïétique, par exemple en cherchant à mieux comprendre le statut des éléments matériels utilisés par les artistes, que ce soient des photos<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-012""><span class=""s2""><sup>8</sup></span></a>, des vidéos, des plans, ou bien des échantillons de roches provenant d’un site choisi ?</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">La recherche actuelle en esthétique semble privilégier une troisième voie, qualifiée de « pragmatiste », qui repose sur le postulat simple et parfaitement valable selon lequel<em> </em>penser un objet, ce serait penser l’expérience que l’on a de l’objet, c’est-à-dire dans son corps de spectateur, et non pas dans le langage, à l’instar des analytiques. Il s’agit en définitive de qualifier les choses en portant l’attention sur leurs effets pratiques. La difficulté sur le plan philosophique résiderait donc ici dans la nature de l’expérience faite. S’agirait-il d’une expérience esthétique, comme il nous arrive à tous d’en faire devant un spectacle dont on goûte les qualités et qui nous procure du plaisir, ou bien d’une expérience artistique, c’est-à-dire une expérience supposée spécifique face au caractère artistique d’une création humaine ? Le cas échéant, qu’est-ce qui confère ce caractère artistique à l’artefact visé produisant sur nous telle ou telle sensation ? Ces questions font l’objet de débats et d’un grand nombre de publications qui touchent notamment à la définition de l’art. Il ne va pas s’agir ici de l’alimenter et de qualifier ce que désigne exactement « art » dans l’appellation Land Art. Tout au contraire, ce qui est intéressant avec le Land Art tient à son caractère artistique tout à fait acquis. Il ne se trouve aujourd’hui personne pour contester que ce soit de l’art au sens traditionnel, comme cela s’est vu par exemple avec le <em>street art</em>.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">La question du Land Art a été particulièrement bien théorisée depuis les travaux de John Beardsley aux États-Unis au milieu des années 1970 à ceux plus récents de Suzaan Boettger<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-011""><span class=""s2""><sup>9</sup></span></a>. La recherche française n’est pas en reste puisque le philosophe de l’art Gilles A. Tiberghien a contribué de façon décisive à dessiner les contours du Land Art, à la fois en analysant les enjeux de cette mouvance sur le plan historique et philosophique mais aussi en allant à la rencontre des artistes eux-mêmes, ce qui lui a permis de recueillir bon nombre de documents de grande qualité qui n’étaient pas jusque-là promis à la publication et auxquels on peut accéder dans son ouvrage majeur, <em>Land Art</em>, réédité en 2012. Enfin, concentrant son analyse sur les seuls acteurs étasuniens du mouvement, l’ouvrage de l’historienne de l’art Larisa Dryansky, consacré à l’usage de la cartographie<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-010""><span class=""s2""><sup>10</sup></span></a> dans l’art de la fin du xx</span><span class=""s3""><sup>e</sup></span><span class=""s1""> siècle, permet de comprendre l’intelligence des landartistes sur la question du point de vue.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">La raison pour laquelle le Land Art, une mouvance qui a une cinquantaine d’années, est beaucoup étudié et, d’une certaine façon, toujours actuel s’explique par la façon dont il croise un champ de recherche très prisé aujourd’hui, celui du document et des formes documentaires. Or, dans le Land Art, la question de la documentation est centrale parce qu’elle permet aux artistes qui y ont recours de « pallier l’absence ou l’état lacunaire d’une œuvre, en proposant une représentation de l’état original de cette dernière ou d’une de ses versions<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-009""><span class=""s2""><sup>11</sup></span></a> ». Cette utilisation de la documentation a motivé une nouvelle approche de l’œuvre d’art qui converge avec l’essor de l’art conceptuel<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-008""><span class=""s2""><sup>12</sup></span></a> : dans ce type d’art, on ne pouvait plus accéder innocemment à un artefact achevé et présenté dans un état de perfection. En outre, on pouvait considérer la photographie de sculpture ou toute captation, non plus comme une <em>perte de l’aura</em> de l’œuvre diagnostiquée dans les années 1930 par Walter Benjamin<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-007""><span class=""s2""><sup>13</sup></span></a>, mais comme une façon parmi d’autres d’appréhender une production hors de son site propre.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">De fait, dès le début de la mouvance en 1969, les sculptures Land Art se sont étendues sur un autre espace que celui, physique, dans lequel elles se sont inscrites, pour investir l’image. Le cameraman allemand Gerry Schum a détecté le changement de paradigme relatif à l’exposition de ces œuvres en imaginant la création d’une galerie télévisuelle (la Fernsehgalerie en 1968) qui exposerait le travail des artistes, non pas dans un lieu dédié à l’art mais directement à la télévision. Avec l’accord et la contribution des artistes Richard Long, Barry Flanagan, Dennis Oppenheim, Robert Smithson, Jan Dibbets, Micheal Heizer, Walter de Maria et Marinus Boezem, il a mis au point un programme de 38 minutes diffusé le soir du 15 avril 1969 sur une chaîne berlinoise. L’émission, sans aucun discours d’introduction ou de commentaire, montrait des œuvres que l’on ne peut pas voir d’une autre façon que <em>via</em> la captation vidéo. Schum lui-même a déclaré :</span></p><p class=""p2""><span class=""s1"">L’exposition télévisuelle Land Art n’est pas un documentaire sur un événement artistique qui se déroule en dehors du temps et du lieu d’exposition… Les objets artistiques et les idées n’existent qu’à l’instant de l’émission. […] Il n’est montré nul objet artistique au sens traditionnel, que l’on peut acheter et emporter chez soi<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-006""><span class=""s2""><sup>14</sup></span></a>.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Le Land Art, à l’instar d’autres initiatives artistiques telles que le <em>body art</em> ou le <em>mail art</em>, ouvrait ainsi une brèche dans la façon de fabriquer et d’apprécier les œuvres qui a justifié que l’on parle bien plus tard de « tournant documentaire<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-005""><span class=""s2""><sup>15</sup></span></a> » de l’art contemporain. En effet, Schum estime que son programme télévisuel n’est pas un documentaire, au sens où il ne présente pas un programme didactique qui renseigne sur une pratique artistique vivante en-dehors du regard produit par la caméra. Au contraire, les images produites forment un « document » qui constitue le seul accès à un type de création conçue spécifiquement pour être captée par la caméra et que l’on ne peut effectivement pas emporter chez soi. Il s’agit bien là d’un « tournant » dans la mesure où l’on ne peut dorénavant plus penser l’art et le documentaire dans une opposition aussi tranchée que celle voulue par Benjamin, ou différemment par les critiques d’art modernistes tels que Clement Greenberg<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-004""><span class=""s2""><sup>16</sup></span></a>.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Il ne s’agit donc pas d’étudier le Land Art en tant que tel, puisque la chose est très bien faite dans la littérature critique existante, mais d’analyser un Land Art plus personnel, sensible même, redessiné à partir d’expériences esthétiques façonnées à la rencontre d’œuvres <em>in situ</em>. Comme l’exemplifie Tiberghien dans un ouvrage récent<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-003""><span class=""s2""><sup>17</sup></span></a>, approcher le Land Art demande une implication telle que le discours scientifique est appelé à se fondre avec le récit de voyage à la première personne. C’est ainsi que ce chercheur porte un regard presque cinématographique sur un mouvement qui n’a jamais été un mouvement et dont les figures principales sont approchées sur le mode de la rencontre.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">L’enjeu essentiel lié au regard du chercheur/voyageur est la perception du phénomène artistique dans des espaces réputés extérieurs au monde de l’art. Le Land Art est aujourd’hui très étudié parce qu’il détermine un point à partir duquel on peut comprendre comment les lignes ont bougé, comment les paramètres de l’artistique ont été modifiés pour donner à voir et à penser tout à la fois. Or, l’articulation entre la démarche individuelle des artistes et l’environnement critique qui accompagne leur création nous donne accès à des paysages théoriques, c’est-à-dire des moyens de percer les mécanismes à la fois sémiotiques et conceptuels qui ont contribué à la reconnaissance de cette mouvance. Parcourir ces paysages théoriques du Land Art, dans la complexité de leurs enjeux, nécessite donc de circuler dans les types de discours produits par les acteurs qui ont donné vie à cette manière de faire de l’art. Confrontés les uns aux autres, ces discours permettent de cerner notre objet en adoptant la position, tantôt de l’esthéticien et du spectateur face aux œuvres, tantôt du critique d’art, ou encore de l’artiste.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Ce parcours critique alliant déplacement et réflexion compose bien des « paysages », au sens où ce terme de peinture désigne les espaces divers contemplés par l’esthète comme ceux que l’artiste peut choisir d’investir <em>in situ</em> ou bien transposer <em>in visu</em> en espace figuré<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-002""><span class=""s2""><sup>18</sup></span></a>. Mais pour exister artistiquement, l’espace doit aussi trouver sa limite, son cadre. C’est la leçon que Jacques Derrida retient de l’art, et de la peinture en particulier, face à laquelle il trouve le discours philosophique « toujours niais<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-001""><span class=""s2""><sup>19</sup></span></a> » ou « en situation de bavardage », au mieux « inégal ». Par conséquent, sa stratégie pour tenter, malgré tout, de dire quelque chose de la peinture consiste à épouser par le discours la forme du cadre : « Disons que pour m’en tenir au cadre, à la limite, j’écris ici quatre fois <em>autour</em> de la peinture<a href=""file:///Users/vince/Desktop/dossiers%20PUV/PostProd_LandArt/andart_intro.html#footnote-000""><span class=""s2""><sup>20</sup></span></a>. » Ces quatre fois dans son livre sont l’occasion de quatre méditations sur la pensée de l’art d’un philosophe antérieur (Platon, Kant, Hegel, Heidegger).</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">En empruntant à Derrida cette stratégie consistant à approcher l’art par le contour, l’objectif de la première partie est de décrire comment la répartition entre centre et périphérie dans l’expérience esthétique du spectateur modifie le statut des éléments qu’il pense faire partie intégrante des œuvres. En l’espèce, il faut voir que la sculpture <em>in situ</em> est tout autant l’œuvre que les documents ou prélèvements divers qui se trouvent en situation d’exposition dans le musée ou la galerie. Or, ce rapport d’équivalence entre matière et image, que Smithson qualifie pour sa part de « dialectique », ne va pas de soi, notamment quand il s’agit d’art éphémère.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">La deuxième partie, sous le titre « Antimodernisme », revient sur la genèse théorique et surtout critique d’une telle équivalence et discute la place de la <em>French theory</em> dans les débats qui ont accompagné l’apparition du Land Art. Enfin, la troisième partie, plus proche de questions poïétiques, c’est-à-dire de l’expérience de l’artiste entourant la création plastique, examine la façon dont les œuvres se constituent presque d’elles-mêmes. En effet, tout se passe comme si l’artiste était le premier spectateur de son œuvre, puisque celle-ci connaît à ses yeux une existence spontanée. Ce renversement pour le moins inattendu n’est évidemment pas sans incidence sur la façon dont elles se donnent à voir pour le spectateur. Cela conduit les artistes à investir la production documentaire d’une dignité nouvelle, parfois ambiguë, par laquelle se dessine une nouvelle posture artistique : le retrait de la posture de créateur. À la place de cet imaginaire démiurgique, le landartiste arpente, avec un regard neuf, toutes sortes de territoires dont les caractéristiques diverses (plastiques, culturelles, géopolitiques) le frappent ; il prend, si nécessaire, de la hauteur et réforme son regard. Il nous invite en définitive à l’accompagner, prendre la route à notre tour, pour avoir l’occasion de nous laisser surprendre par tous ces objets qui ne pouvaient pas attirer l’attention quand son atelier possédait encore des murs.</span></p>";;;;;;;;; 710;1;3;27;Éthiopie, Nubie, Égypte;Pouvoirs chrétiens et musulmans (XIe-XVe siècle) - N°79/2020;;;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p>Éthiopie, Nubie, Égypte forment entre le XIe et le XVe siècle un espace de confrontations complexes entre pouvoirs chrétiens et pouvoirs musulmans que se soient dans les relations diplomatiques, la construction de rapports de force ou les conflits armés.</p><p>Les auteurs montrent dans ce numéro la complexité de ces relations.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 19.9px; text-indent: -19.9px; line-height: 11.0px; font: 8.0px Helvetica} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 7.1px 19.9px; line-height: 11.0px; font: 8.0px Helvetica} p.p3 {margin: 14.2px 0.0px 7.1px 0.0px; line-height: 13.8px; font: 12.5px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 11.3px 19.9px; line-height: 11.0px; font: 8.0px Helvetica} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 76.5px 19.9px; text-align: justify; font: 8.0px Helvetica} span.s1 {font: 8.0px 'Helvetica Light'} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Robin Seignobos<br />Pouvoirs chrétiens et musulmans, de la Corne de l’Afrique à la vallée du Nil (XI<sup>e</sup>-XV<sup>e</sup> siècle)</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;""><br />Marie-Laure Derat<br />L’affaire des mosquées. Interactions entre le vizirat fatimide, le patriarcat d’Alexandrie et les royaumes chrétiens d’Éthiopie et de Nubie à la fin du XI<sup>e</sup> siècle</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Julien Loiseau<br />Chrétiens d’Égypte, musulmans d’Éthiopie. Protection des communautés et relations diplomatiques entre le sultanat mamelouk et le royaume salomonien (<em>ca</em> 1270-1516)</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Benjamin Weber<br />Damiette, 1220. La cinquième croisade et l’<em>Apocalypse arabe de Pierre</em> dans leur contexte nilotique</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Bertrand Hirsch<br />Le récit des guerres du roi <strong>ʿ</strong>Amda <span class=""s1"">Ṣ</span>eyon contre les sultanats islamiques, fiction épique du XV<sup>e</sup> siècle</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Amélie Chekroun<br />Entre Arabie et Éthiopie chrétienne. Le sultan walasmaʿ Saʿd al-Dīn et ses fils (début XV<sup>e</sup> siècle)</p><p class=""p1"" style=""padding-left: 30px;"">Robin Seignobos<br />Émir à Assouan, souverain à Dongola. Rivalités de pouvoir et dynamiques familiales autour du règne nubien du Kanz al-Dawla Abū ʿAbd Allāh Mu<span class=""s1"">ḥ</span>ammad (1317-1331)<br /><br /></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;"">Essais et recherches</p><p class=""p1"">Lucien Dabadie<br />Les béguins du Languedoc ont-ils cru au troisième âge de l’Esprit-Saint ?<br /><br /></p><p class=""p1"">Marie Dejoux<br />La fabrique d’une loi. Retour sur la « grande ordonnance de réforme de 1254 »<br /><br /></p><p class=""p3"" style=""text-align: center;"">Point de vue</p><p class=""p1"">Marie-Laure Derat<br />Moyen Âge africain. Plaidoyers pour des histoires de l’Afrique</p><p class=""p1""> </p><p class=""p1"">Notes de lecture</p><p class=""p5"">Nathalie Bouloux, Ana Dan, Georges Tolias (dir.), Orbis disciplinae<em>. Hommages en l’honneur de Patrick Gautier Dalché </em>(Gion Wallmeyer) ; Loïc Chollet, <em>Les Sarrasins du Nord. Une histoire de la croisade balte par la littérature (xii<sup>e</sup>-xv<sup>e</sup> siècle)</em> (Victor Barabino) ; Sharon Farmer, <em>The Silk Industries of Medieval Paris. Artisanal Migration, Technological Innovation, and Gendered Experience </em>(Boris Bove) ; Paul Fermon, <em>Le Peintre et la carte. Origines et essor de la vue figurée entre Rhône et Alpes (xiv<sup>e</sup>-xv<sup>e</sup> siècle)</em> (Juliette Dumasy-Rabineau) ; Alban Gautier, <em>Beowulf au paradis. Figures de bons païens dans l’Europe du Nord au haut Moyen Âge</em> (Anne-Marie Helvétius) ; Julia Gonnella, Friederike Weis, Christoph Rauch (éd.),<em> The Diez Album, Contexts and Contents </em>(Anna Caiozzo) ; Jean-Claude Mühlethaler et Delphine Burghgraeve (dir.),<em> Un territoire à géographie variable. La communication littéraire au temps de Charles VI</em> (Florence Bouchet) ; Vida Alice Tyrrell, <em>Merovingian Letters and Letter Writers</em> (Martin Gravel)</p>";;28/01/2021;0;160x240;224;978-2-37924-146-8;978-2-37924-146-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_710.jpg;"<!-- p.p1 {margin: 17.0px 0.0px 17.0px 28.4px; text-align: justify; line-height: 9.6px; font: 8.0px Helvetica} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 2.9px 28.4px; text-align: justify; font: 8.0px Helvetica} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 17.0px 28.4px; text-align: justify; font: 8.0px Helvetica} p.p4 {margin: 0.0px 0.0px 17.0px 28.4px; text-align: justify; font: 8.0px Helvetica; min-height: 10.0px} p.p5 {margin: 0.0px 0.0px 2.9px 28.4px; text-align: justify; font: 8.0px Helvetica; min-height: 10.0px} span.s1 {font: 8.0px 'Times New Roman'} --><p class=""p1""><em>Marie-Laure Derat – Orient et Méditerranée (UMR 8167), CNRS (Paris)<br /></em><strong>L’affaire des mosquées. Interactions entre le vizirat fatimide, le patriarcat d’Alexandrie et les royaumes chrétiens d’Éthiopie et de Nubie à la fin du XI<sup>e</sup><sup> </sup>siècle</strong></p><p class=""p2"">Au cours de l’année 1089-1090, le vizir égyptien Badr al-Ǧamālī convoqua le patriarche Cyrille II et le frère du métropolite éthiopien pour leur demander des comptes sur les engagements de ce métropolite avant sa nomination : construire des mosquées en Éthiopie et assurer la sécurité des commerçants musulmans sur ses terres. Cette affaire, qui témoigne des interactions entre le vizirat fatimide d’Égypte, le patriarcat d’Alexandrie et les royaumes chrétiens d’Éthiopie et de Nubie, est mentionnée par l’<em>Histoire des Patriarches d’Alexandrie</em>, dans une biographie dont l’auteur était contemporain des événements. L’objet de cet article est à la fois d’établir le déroulé des événements, de saisir les modalités de l’ingérence de Badr al-Ǧamālī dans les affaires de l’Église, et les motivations qui le poussent à exiger que des mosquées soient construites dans un royaume qu’il ne contrôle pas. Entre propagande ismaélienne et redéploiement des zones contrôlées par les Fatimides et leurs marchands, l’affaire des mosquées dévoile les ressources dont dispose la dynastie dans sa politique d’influence.<br />- Mots clés : Badr al-<span class=""s1"">Ǧ</span>amālī, Égypte, Éthiopie, Fatimides, Nubie, patriarcat d’Alexandrie.</p><p> </p><p class=""p1""><em>Julien Loiseau – Aix-Marseille Univ, CNRS, IREMAM, Aix-en-Provence, France<br /></em><strong>Chrétiens d’Égypte, musulmans d’Éthiopie. Protection des communautés et relations diplomatiques entre le sultanat mamelouk et le royaume salomonien (<em>ca</em> 1270-1516)</strong></p><p class=""p2"">Les relations diplomatiques entre le royaume chrétien d’Éthiopie et les autorités islamiques du Caire, étroitement liées à la règle de nomination du métropolite de l’Église éthiopienne par le patriarche d’Alexandrie, connaissent une régularité sans précédent au temps des rois salomoniens et des sultans mamelouks. Entre 1274 et 1516, au moins treize ambassades éthiopiennes sont reçues au Caire et quatre lettres du sultan sont portées en Éthiopie par ses émissaires, en sus des lettres du patriarche au roi d’Éthiopie parfois écrites sur instruction du sultan. L’étude de ces échanges, et tout particulièrement des lettres des rois d’Éthiopie copiées en arabe par les chroniqueurs égyptiens, met en lumière un thème important de ces relations diplomatiques : la question croisée de la protection des chrétiens d’Égypte par le roi d’Éthiopie et de la protection des musulmans d’Éthiopie par le sultan d’Égypte et de Syrie. Élaborée par la diplomatie salomonienne, cette mise en miroir des communautés est réactualisée aux xiv<sup>e</sup>-xv<sup>e</sup> siècles par les violences subies en Égypte par les sujets chrétiens du sultan comme par les guerres menées par le roi chrétien contre les musulmans d’Éthiopie. Au xv<sup>e</sup> siècle, la diplomatie mamelouke se l’approprie à son tour, dans ses relations avec le roi chrétien comme avec son rival musulman établi dans l’est de l’Éthiopie.<br />- Mots clés : conflits interconfessionnels, diplomatie, Égypte, Éthiopie, relations islamo-chrétiennes.</p><p class=""p2""> </p><p class=""p1""><em>Benjamin Weber – Historiska Institutionen, Stockholms Universitet (Suède)<br /></em><strong>Damiette, 1220. La cinquième croisade et l’<em>Apocalypse arabe de Pierre</em> dans leur contexte nilotique</strong></p><p class=""p2"">La découverte de textes prophétiques par la cinquième croisade à Damiette en 1220 est en général étudiée en relation avec la quête du Prêtre Jean, avec lequel les croisés rêvèrent, à partir de 1221, d’une alliance. Cet article revient à la source de ces textes, l’<em>Apocalypse arabe de Pierre</em>, pour expliquer ces prophéties dans leur contexte premier, africain et nilotique. Les textes apocalyptiques doivent alors être compris comme une tentative, sans doute de la part de certains membres de la communauté copte, d’inclure les Francs dans les rapports de force entre Ayyoubides, Nubiens et Éthiopiens, en pleine recomposition en ce début du xiii<sup>e</sup> siècle.<br /><em>- Mots clés : Apocalypse arabe de Pierre</em>, cinquième croisade, Coptes, Damiette, Éthiopie, Jacques de Vitry, Nubie, Olivier de Padeborn, <em>Prophétie de Hannan</em>.</p><p class=""p2""> </p><p class=""p1""><em>Bertrand Hirsch – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; Orient & Méditerranée (UMR 8167)</em><br /><strong>Le récit des guerres du roi ʿAmda Ṣeyon contre les sultanats islamiques, fiction épique du XV<sup>e</sup> siècle</strong></p><p class=""p2"">Le récit des guerres d’<strong>ʿ</strong>Amda Ṣeyon contre les sultanats islamiques, qui raconte les conflits entre le roi chrétien (r. 1314-1344) et les États islamiques d’Éthiopie au cours de l’année 1332/3 est considéré comme l’un des premiers récits de nature historique composé en langue ge<strong>ʿ</strong>ez. En analysant la nature profondément épique de ce récit et en le comparant avec les sources arabes endogènes, il apparaît qu’il ne s’agit pas du témoignage d’un contemporain des événements mais d’une fiction épique, probablement écrite dans la première moitié du xv<sup>e</sup> siècle, à une époque imprégnée par l’idéologie du <em>djihad</em> et de la guerre sainte, peut-être sous le règne du roi Zar<strong>ʾ</strong>a Yā<strong>ʿ</strong>eqob (r. 1434-1468).<br />- Mots clés : Amda Ṣeyon, djihad, épopée, Éthiopie, guerre sainte,<em> </em>Ifāt, Ṣabr al-Dīn, Zarʾa Yāʿeqob.</p><p class=""p4""> </p><p class=""p1""><em>Amélie Chekroun – CNRS, IREMAM (Aix-en-Provence)</em><br /><strong>Entre Arabie et Éthiopie chrétienne : le sultan walasmaʿ Saʿd al-Dīn et ses fils (début XV siècle)</strong></p><p class=""p2"">Au début du xv<sup>e</sup> siècle, le sultan walasmaʿ Saʿd al-Dīn est assassiné par les troupes du roi chrétien d’Éthiopie à Zaylaʿ. Cet épisode charnière de l’histoire de la dynastie des Walasmaʿ marque la fin du sultanat d’Ifāt sur lesquels ces derniers règnent depuis la fin du xiii<sup>e</sup> siècle. Cet article revient sur ce meurtre et ses conséquences, notamment le refuge des fils de Saʿd al-Dīn à la cour du sultan rasūlide du Yémen avant leur retour en Éthiopie pour fonder un nouveau sultanat, le Barr Saʿd al-Dīn, tout en continuant à s’opposer au pouvoir chrétien. Cet article s’appuie sur les deux textes en arabe utilisés lorsqu’il est question de Saʿd al-Dīn, le <em>Kitāb al-Ilmām</em> de al-Maqrīzī et le <em>Taʾrīḫ ʿUmar Walasmaʿ</em>, ainsi que sur de nouvelles sources, dont des annales yéménites du xv<sup>e</sup> siècle et des dictionnaires biographiques d’Égypte et du Yémen. Cette documentation renouvelée permet de fixer la date de la mort de Saʿd al-Dīn en 811 H./1408-1409 et de mieux comprendre le rôle du pouvoir yéménite dans cette affaire, ainsi que l’opposition des pouvoirs chrétiens à Saʿd al-Dīn puis à ses fils.<br />- Mots clés : Éthiopie, sources arabes, Walasmaʿ, Yémen, Zaylaʿ</p><p class=""p2""> </p><p class=""p1""><em>Robin Seignobos – Université Lumière Lyon</em> 2<br />Émir à Assouan, souverain à Dongola. Rivalités de pouvoir et dynamiques familiales autour du règne nubien du Kanz al-Dawla Abū ʿAbd Allāh Muḥammad (1317-1331)</p><p class=""p2"">En accédant au trône de Dongola en 1317, le Kanz al-Dawla Abū ʿAbd Allāh Muḥammad, émir de la tribu des Banū al-Kanz d’Assouan, devient le premier souverain musulman officiellement reconnu du royaume nubien de Dotawo. Cet article propose de revenir sur ce règne méconnu à la lumière des avancées récentes de l’historiographie et en prenant appui sur une documentation en partie renouvelée. Ces progrès permettent désormais de mieux saisir les dynamiques familiales qui ont présidé à l’ascension de cet émir devenu roi, dans un contexte de rivalités internes et d’ingérence des sultans du Caire dans les querelles dynastiques nubiennes. Les rares témoignages relatifs à ce règne laissent aussi entrevoir les modalités d’exercice de ce nouveau pouvoir musulman installé en plein cœur du royaume chrétien et nous renseignent sur l’évolution de ses relations avec le sultanat mamelouk. Bien que le règne du Kanz al-Dawla ait longtemps été perçu comme un évènement charnière marquant la fin de la royauté chrétienne en Nubie, cette rupture doit finalement être relativisée : Abū Abd Allāh Muḥammad ne fut pas, comme on a pu jadis le prétendre, le fondateur d’une « dynastie kanzī », et son ascension n’a pas non plus entraîné l’islamisation irrémédiable de la monarchie chrétienne, rétablie au plus tard en 1331.<br />- Mots clés : Assouan, Banū al-Kanz, conflits dynastiques, Dongola, islamisation, Mamelouk, Nubie.</p><p class=""p2""> </p><p class=""p1""><em>Lucien Dabadie – École normale supérieure (Paris)</em><br /><strong>Les béguins du Languedoc ont-ils cru au troisième âge de l’Esprit-Saint ?</strong></p><p class=""p2"">Bien que les béguins du Midi et l’histoire de leur persécution aient été amplement étudiés par une historiographie riche et compétente, le contenu de leurs croyances n’a pas bénéficié d’une pareille attention systématique. De plus, le traitement des croyances béguinales, considérant souvent les dépositions comme des reflets plus ou moins directs des positions des accusés, s’est effectué à rebours de la tendance constructiviste et hypercritique qui domine l’étude des sources inquisitoriales. Combinant les deux approches, la présente contribution s’appuie sur quatre-vingt-deux dépositions béguinales conservées dans les sermons inquisitoriaux édités ou transcrits (1322-1333) afin de se pencher sur la question particulière de leur adhésion au <em>tertius status Spiritus Sancti</em>, concept issu de Joachim de Fiore et repris par le maître spirituel des béguins, Pierre de Jean Olivi (1248-1298). Si la fréquence statistique de l’expression dans les interrogatoires reflète, de la part des inquisiteurs, un intérêt réel, quoique non généralisé, pour cette notion, l’authenticité de la croyance chez les interrogés ne se révèle qu’au prix d’une analyse de certains éléments de langage remarquables présents dans les dépositions.<br />- Mots clés : béguins, Inquisition, joachimisme, Languedoc, Pierre de Jean Olivi, troisième âge de l’Esprit-Saint.</p><p class=""p2""> </p><p class=""p1""><em>Marie Dejoux – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (UMR 8589), Membre de l’Institut universitaire de France<br /></em><strong>La fabrique d’une loi. Retour sur la « grande ordonnance de réforme de 1254 »</strong></p><p class=""p2"">Célèbre et célébrée par l’historiographie, la « grande » ordonnance de 1254, ensemble de prescriptions édictées par Louis IX en vue de moraliser son administration locale et, au-delà, le royaume tout entier, est un monument normatif dont on connaît mal la fabrique, à l’image de l’ensemble de la production normative de la France du xiii<sup>e</sup> siècle. Dans la lignée des travaux menés depuis 2010 sur l’écriture de la loi au Moyen Âge, cet article, entièrement consacré à la célèbre ordonnance, entend proposer une micro-histoire de la production législative à une époque où le Parlement et la Chambre des Comptes, principales chambres d’enregistrement de la loi aux siècles suivants, se détachent à peine de la <em>curia regis</em>. Sont ainsi mis au jour les multiples phases de rédaction de cette loi, sa diffusion, son enregistrement, sa conservation, ses sources, ses auteurs, de même que les mécanismes qui aboutirent à sa promulgation et à sa monumentalisation.<br />- Mots clés : enquête, enregistrement, Louis IX, production législative, réforme.</p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""Paragraphe-standard ParaOverride-1"">Introduction</p><p class=""Paragraphe-standard ParaOverride-1""> </p></div><div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""auteur"">Robin Seignobos<br />Pouvoirs chrétiens et musulmans, de la Corne de l’Afrique à la vallée du Nil (<span class=""typo_SC"">XI</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_SC"">-XV</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle)</p><p class=""txt_Normal"">« Éthiopie, Nubie, Égypte… » Le titre de ce dossier doit d’abord se lire comme une invitation à embrasser l’histoire de ces trois espaces à une autre échelle, celle de la vallée du Nil et de la Corne de l’Afrique, et à favoriser le décloisonnement des recherches conduites dans ces domaines d’études pourtant voisins. L’inversion de l’ordre attendu de l’énumération, qui aurait voulu que l’Égypte soit mentionnée la première, appelle toutefois à déplacer notre regard vers ces terrains méridionaux trop souvent relégués au rang de périphéries lointaines du monde méditerranéen<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/MEDIEVALES%2079-2020-EGYPTE,%20NUBIE.../Introduction_Med79.html#footnote-006""> 1</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Ces régions abritaient au Moyen Âge de puissants royaumes chrétiens, héritiers d’anciennes formations politiques (Méroé en Nubie et Aksum en Éthiopie) dont les souverains sont convertis au christianisme entre le <span class=""typo_SC"">iv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> (pour l’Éthiopie) et le <span class=""typo_SC"">vi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle (pour la Nubie). Outre leur adhésion à une même doctrine christologique (le miaphysisme<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/MEDIEVALES%2079-2020-EGYPTE,%20NUBIE.../Introduction_Med79.html#footnote-005""> 2</a></span></span>), ils ont en commun d’avoir échappé à la déferlante des conquêtes arabes des <span class=""typo_SC"">vii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles. Les royaumes nubiens de Makouria et d’Alodia, successeurs du royaume de Méroé, résistèrent en effet aux tentatives d’invasion conduites dans le sillage de la conquête de l’Égypte, tandis que le royaume éthiopien d’Aksum demeura largement à l’écart de ce mouvement d’expansion, malgré l’ancienneté de ses liens avec l’Arabie voisine. À la différence de leurs coreligionnaires coptes, contraints d’accepter la domination politique de souverains musulmans, les chrétientés nubiennes et éthiopiennes ont donc pu continuer d’exister sous la houlette de monarques chrétiens. L’autonomie politique dont bénéficient la Nubie et l’Éthiopie, souvent enviée des chrétiens égyptiens, est toutefois contrebalancée par le rapport de dépendance ecclésiastique qui lie les royaumes africains au patriarcat copte d’Alexandrie, seul habilité à consacrer évêques et métropolites dans ces provinces éloignées. Cette situation paradoxale est incontestablement l’un des enjeux majeurs des relations entre Éthiopie, Nubie et Égypte et l’on ne s’étonnera donc pas qu’elle se trouve au cœur de plusieurs contributions de ce dossier. Mais la Nubie et l’Éthiopie ont aussi en commun d’avoir été confrontées, dès les <span class=""typo_SC"">ix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">x</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles, à l’émergence en leur sein ou à leur périphérie de communautés musulmanes. Certaines d’entres elles se sont même érigées en entités politiques autonomes ou semi-autonomes qui finissent par entrer en rivalité avec les pouvoirs chrétiens de la moyenne vallée du Nil (émirat des Banū al-Kanz à la frontière égypto-nubienne) et des hauts plateaux (sultanats du Šawah, de l’Ifāt puis du Barr Saʿd al-Dīn).</p><p class=""txt_Normal"">L’historiographie éthiopienne a longtemps été influencée par une vision privilégiant la centralité du royaume chrétien, réduisant ainsi la présence de l’islam dans la Corne de l’Afrique à un phénomène tardif et marginal. Depuis une vingtaine d’années, les investigations historiques et archéologiques initiées par Bertrand Hirsch et François-Xavier Fauvelle sont venues battre en brèche cette « fiction historiographique » en mettant en évidence la présence ancienne de communautés islamiques structurées, organisées autour de villes établies le long d’axes conduisant des zones portuaires de la mer Rouge – Massawa et les îles Dahlak au nord, Zaylaʿ au sud – jusqu’au cœur des hauts plateaux<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/MEDIEVALES%2079-2020-EGYPTE,%20NUBIE.../Introduction_Med79.html#footnote-004""> 3</a></span></span>. Ces travaux sont aujourd’hui poursuivis par plusieurs programmes de recherche témoignant du dynamisme actuel des études portant sur l’islam éthiopien<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/MEDIEVALES%2079-2020-EGYPTE,%20NUBIE.../Introduction_Med79.html#footnote-003""> 4</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Quant à la Nubie voisine, l’historiographie moderne n’y est pas embarrassée, comme en Éthiopie, par le grand récit d’une continuité pluriséculaire de la monarchie chrétienne depuis Aksum jusqu’à nos jours. Puisque le christianisme s’est définitivement éteint entre les dernières décennies du <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et le début du <span class=""typo_SC"">xvi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, c’est un autre récit, tout aussi téléologique, qui fait ici écran à notre compréhension : celui d’une islamisation et d’une arabisation perçues comme des processus conjoints, continus et inéluctables dont le Soudan contemporain serait l’héritier<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/MEDIEVALES%2079-2020-EGYPTE,%20NUBIE.../Introduction_Med79.html#footnote-002""> 5</a></span></span>. Force est de constater néanmoins que le renouveau des études portant sur la diffusion et l’enracinement de l’islam en Nubie à l’époque médiévale a démarré plus tardivement que pour l’Éthiopie et ne bénéficie pas encore de la même visibilité. L’émergence récente d’un programme de recherche consacré à la ville de Dongola et au processus de transition qui a transormé cette capitale chrétienne en centre urbain musulman régional (entre le <span class=""typo_SC"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et le <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle) constitue néanmoins le signe de la vitalité retrouvée des études sur l’islam nubien et soudanais<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/MEDIEVALES%2079-2020-EGYPTE,%20NUBIE.../Introduction_Med79.html#footnote-001""> 6</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">En réunissant les contributions formant ce dossier, notre intention était de faire converger deux historiographies évoluant en parallèle autour d’une problématique commune à ces deux espaces : comment l’islam s’est peu à peu imposé, dans la moyenne vallée du Nil et dans la Corne de l’Afrique, comme une force politique avec laquelle les États chrétiens ont été amenés à interagir voire à entrer en compétition ? Il s’agit donc ici de repenser l’histoire de la présence de l’islam en Nubie et en Éthiopie à travers les rivalités de pouvoirs que cette situation de coexistence a générées, à différentes échelles (locale, régionale et interrégionale).</p><p class=""T_a ParaOverride-2"">Diplomaties croisées, tensions inter-communautaires <br />et attentes eschatologiques</p><p class=""txt_Normal"">L’article de Marie-Laure Derat, avec lequel s’ouvre ce dossier, analyse avec finesse les linéaments d’un épisode de la fin du <span class=""typo_SC"">xi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle narré dans l’<span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Histoire des Patriarches d’Alexandrie</span>, vaste compilation rassemblant les biographies des patriarches qui se sont succédé sur le trône de Saint Marc. Loin d’être anecdotique, ce qu’elle a choisi d’appeler « l’affaire des mosquées » souligne la complexité des relations entre les différents représentants du pouvoir, religieux ou politique, à l’échelle régionale. Si le puissant vizir fatimide Badr al-Ǧamālī, alors maître incontesté de l’Égypte, choisit de s’immiscer dans une querelle concernant la nomination du métropolite éthiopien, c’est qu’il y voit l’occasion de servir sa propre politique impériale visant à étendre l’influence de l’imamat fatimide et de la propagande ismaélienne dans la Corne de l’Afrique. En promettant à Badr al-Ǧamālī de faire édifier des mosquées en Éthiopie et de faire payer un tribut au souverain chrétien, l’un des candidats au métropolitat se fait volontairement le relais des aspirations impériales du vizir afin d’obtenir son soutien et satisfaire ainsi ses ambitions personnelles. Bien que ces promesses ne soient pas tenues – du moins pas à la hauteur des attentes du vizir – ce dernier entend par là se poser en protecteur de la communauté musulmane d’Éthiopie qui se structure alors dans le Nord du royaume – ce dont témoignent les nombreuses stèles funéraires arabes récemment découvertes sur le site de Bilet et dans ses environs<span class=""CharOverride-3""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/MEDIEVALES%2079-2020-EGYPTE,%20NUBIE.../Introduction_Med79.html#footnote-000""> 7</a></span></span>. On entrevoit ainsi l’un des leitmotivs du discours diplomatique entre Égypte et Éthiopie des périodes plus tardives, celui de la protection des musulmans par les maîtres de l’Égypte, auquel répond, comme en miroir, celui de la défense des chrétiens égyptiens par le roi d’Éthiopie.</p><p class=""txt_Normal"">C’est précisément à ce thème récurrent que s’intéresse Julien Loiseau pour l’époque mamelouke, période durant laquelle les relations diplomatiques entre Le Caire et la Corne de l’Afrique deviennent non seulement plus régulières, mais aussi mieux documentées. L’équilibre des rapports de force entre communautés a néanmoins évolué depuis l’époque fatimide, tant en Égypte, où les coptes sont devenus minoritaires, qu’en Éthiopie, où les musulmans forment désormais des entités politiques autonomes ou aspirant à le devenir. Dans un cas comme dans l’autre, ces changements se sont traduits par un regain de tensions prenant notamment la forme, dans la vallée du Nil, de flambées de violence contre les chrétiens et, dans la Corne, par la recrudescence des conflits armés entre le royaume chrétien et les communautés musulmanes établies en son sein ou à ses marges. On comprend mieux, à la lumière de ce contexte, la mobilisation à intervalle régulier du motif de la protection de leurs coreligionnaires respectifs dans les correspondances échangées entre le roi chrétien et le sultan. L’analyse serrée de ce dossier épistolaire montre que cette menace est d’abord brandie par les souverains de la dynastie dite « salomonienne » en réaction aux persécutions anti-chrétiennes des années 1321 et 1354 en Égypte. Ce n’est qu’au siècle suivant que les sultans mamelouks s’emparent à leur tour de ce motif en prenant violemment à partie, en 1419, le patriarche copte, jugé responsable des guerres conduites par le souverain éthiopien contre les principautés musulmanes voisines. Médiateur privilégié des relations avec ces confins chrétiens, la figure du patriarche se trouve à nouveau, plus de trois siècles après l’« affaire des mosquées », pris au piège d’une relation triangulaire qui lui échappe.</p><p class=""txt_Normal"">Mais la communauté copte n’a-t-elle pas elle-même cherché, à certains moments de son histoire, à mettre en avant la tutelle ecclésiastique qu’exerçait le patriarcat d’Alexandrie sur ces rois chrétiens du Sud afin de peser davantage dans le rapport de force avec les maîtres musulmans de l’Égypte ? Dans un contexte de domination politique des chrétientés d’Orient, une telle menace ne pouvait guère être invoquée ouvertement sans prendre le risque de défier le pouvoir en place. Elle fit florès en revanche dans la riche littérature apocalyptique orientale, largement diffusée dans les milieux coptes, prenant la forme de l’intervention d’un souverain éthiopien ou nubien dans les épisodes précédant la seconde venue du Christ. C’est à la lumière de ces enjeux eschatologiques que Benjamin Weber propose de relire un épisode relativement bien connu de la cinquième croisade. Lors du siège de Damiette, en 1220, un texte prophétique annonçant la destruction prochaine de la Mecque par un roi nubien ou éthiopien est présenté aux croisés, texte ordinairement interprété à l’aune des projets occidentaux d’alliance avec le déjà célèbre Prêtre Jean. Or, en remontant à la source de ce récit, l’<span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Apocalypse arabe de Pierre</span>, et en replaçant l’évènement dans son contexte géopolitique, B. Weber propose de reconnaître dans cette prophétie une « œuvre de circonstance » remise dans un but précis aux dignitaires croisés par des chrétiens orientaux dont l’identité reste hélas incertaine. En faisant habilement miroiter l’intervention prochaine d’un roi chrétien venu du Sud, ces derniers souhaitaient délivrer aux Francs un message les invitant à poursuivre sans délai la conquête de l’Égypte. Cet appel ne fut toutefois pas entendu, car cette promesse pesait finalement fort peu face à celle de l’arrivée imminente d’un secours providentiel que l’on attendait toujours de l’Orient et non de ces royautés nilotiques dont l’Occident découvrait à peine et confusément l’existence.</p><p class=""txt_Normal"">Ce premier ensemble de contributions explore les différentes facettes de cette relation « en chiasme » qui lie les maîtres musulmans de l’Égypte, protecteurs et à l’occasion persécuteurs des coptes, aux souverains chrétiens d’Éthiopie et de Nubie, à la fois garants de la sécurité des communautés musulmanes vivant dans leur royaume et adversaires des pouvoirs islamiques de la région. Ces premières contributions traitent essentiellement de discours diplomatiques et de rapports de force. C’est aux confrontations plus directes liées à cette situation de voisinage inter-confessionnel que s’intéressent les auteurs du second volet de ce dossier.</p><p class=""T_a ParaOverride-2"">Pouvoirs chrétiens et musulmans en conflit : <br />relire les textes, réviser les chronologies</p><p class=""txt_Normal"">Dans une démonstration lumineuse, Bertrand Hirsch propose de revenir sur un « classique » de l’historiographie éthiopienne qui se trouve être également l’une des principales sources dont nous dispo-<br />­­s(i)ons sur l’histoire médiévale de l’islam dans la Corne de l’Afrique. En choisissant d’aborder les <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Guerres de ‘Amda </span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Ṣ</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"">eyon</span>, récit en ge‘ez d’une vaste campagne militaire menée en 1331-1332 par le roi chrétien ‘Amda Ṣeyon (1314-1344) contre les sultanats voisins, comme une fiction épique, B. Hirsch s’autorise à lui appliquer la même grille d’analyse qu’aux textes appartenant au même genre produits en Occident ou dans d’autres contextes culturels. Ce traitement décapant met au jour un projet narratif sans équivalent dans le domaine éthiopien et permet surtout d’interroger autrement ce texte fondateur. En mobilisant les sources arabes endogènes, souvent disqualifiées au profit du récit ge‘ez jugé plus fiable car émanant du royaume chrétien, il devient évident que la campagne décrite avec tant de détails ne se rapporte pas à des évènements ayant eu lieu dans le temps ramassé d’une année (1331-1332), mais à toute une série de conflits qui se sont déroulés au <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Ce renversement, aussi fécond que déroutant pour l’historien, invite à reconsidérer de fond en comble le règne de ‘Amda Ṣeyon dont l’historicité semble se diluer dans la vision rétrospective que propose le récit épicisé de cette campagne. Cette œuvre sans équivalent nous en apprend finalement plus sur le contexte de rédaction qui l’a vu naître – sous l’énergique monarque Zara Ya’eqob (1434-1468) ? –, que sur le règne même de ‘Amda Ṣeyon, dont l’étude, privée de ce témoignage que l’on pensait contemporain des faits, devra désormais emprunter d’autres voies.</p><p class=""txt_Normal"">C’est justement vers ce <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle où tout semble basculer que nous emmène Amélie Chekroun par l’analyse d’un « évènement charnière » : la mort du dernier sultan d’Ifāt, Saʿd al-Dīn, et la fuite de ses fils partis trouver refuge à la cour rasūlide du Yémen, prélude à la fondation d’un second sultanat en Éthiopie, que ses héritiers nommeront d’ailleurs, en l’honneur de leur père, le Barr Saʿd al-Dīn (« Terre de Saʿd al-Dīn »). La relecture des sources arabes relatives aux derniers soubresauts de la dynastie walasmaʿ, éclairée par le riche corpus des sources yéménites jusqu’alors peu exploitées, invite à fixer le décès de Saʿd al-Dīn à l’année 1408-1409. La mise en évidence de ce décalage temporel dépasse cependant la simple mise au point chronologique et rend toute sa cohérence à l’épisode. Elle permet notamment d’expliquer l’association, dans les rares traditions historiques chrétiennes faisant écho à ces évènements, de la figure du roi éthiopien Dawit (1380-1412) – et non de son successeur Yesḥaq (1413-1430) – au dernier dynaste walasmaʿ. La mobilisation des sources yéménites offre par ailleurs un précieux contrepoint aux documents produits dans la Corne ou dans l’Égypte mamelouke et souligne encore l’étroitesse des liens diplomatiques, commerciaux et religieux qui unissaient les pouvoirs musulmans établis de part et d’autre de la mer Rouge. Il n’y a rien d’étonnant dès lors à ce que les héritiers de Saʿd al-Dīn aient fait du Yémen la base arrière de leur entreprise de refondation du sultanat, entreprise à laquelle le sultan rasūlide ne manque d’ailleurs pas d’apporter son soutien.</p><p class=""txt_Normal"">Le dernier article de ce dossier, par l’auteur de ces lignes, revient sur un autre moment de rupture d’équilibre entre pouvoirs chrétiens et musulmans, mais nous transporte cette fois en Nubie, dans le royaume chrétien de Dotawo, sous le règne du premier souverain musulman légitime de son histoire. Ce dernier n’est autre que le Kanz al-Dawla Abū ʿAbd Allāh Muḥammad, émir de la puissante tribu arabe des Banū al-Kanz établie depuis le <span class=""typo_SC"">ix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle dans la ville frontalière d’Assouan, au voisinage immédiat de la Nubie. En se fondant sur une documentation en partie renouvelée et sur les progrès récemment accomplis dans l’établissement de la chronologie royale nubienne, il s’agit ici de revenir sur le règne méconnu de l’émir d’Assouan en se penchant, en premier lieu, sur les circonstances confuses qui ont présidé à son ascension, au trône du Dotawo, en 1317. L’évènement intervient en effet au terme de plusieurs décennies de conflits dynastiques internes dans lesquels les sultans mamelouks se sont invités <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">manu militari</span> en prenant parti pour l’un ou l’autre prétendant, voire en proposant leurs propres candidats choisis parmi les princes nubiens gardés en otage à la cour du Caire. Le croisement des chroniques mameloukes et des textes documentaires produits localement (en vieux nubien ou en arabe) permet de clarifier la nature des liens familiaux unissant les différents prétendants au trône et de préciser ainsi l’identité du Kanz al-Dawla – dont nous ignorions jusqu’au nom – et la position que ce dernier occupait au sein de la famille royale nubienne. Ces avancées offrent un nouvel éclairage sur le règne de cet émir bédouin devenu, en vertu de son ascendance maternelle nubienne, souverain légitime d’un royaume chrétien. Ce sont donc les dynamiques locales, à travers les liens familiaux qui unissent les élites chrétiennes et musulmanes établies de part et d’autre de la frontière, qui finissent par l’emporter sur la pression brutale exercée par l’implacable appareil militaire mamelouke. La clarification chronologique qui découle naturellement de ce travail conduit toutefois à relativiser la rupture qu’a représenté ce règne dans le processus d’islamisation du royaume de Dotawo, puisque la monarchie chrétienne est rétablie au plus tôt en 1331, ouvrant ainsi une longue et obscure période d’alternance entre rois chrétiens et musulmans, qui se prolonge jusqu’à la fin du <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle.</p><p class=""txt_Normal"">Arrivé au terme de cette présentation, le lecteur aura sans doute l’impression que les rapports entre les sociétés chrétiennes et musulmanes des espaces considérés se résument à une suite de conflits, larvés ou ouverts, laissant peu de place à d’autres formes de relation, plus apaisées. Cette image est néanmoins déformée par l’angle sous lequel nous avons choisi de les aborder, en nous plaçant délibérément à la hauteur des détenteurs du pouvoir et non des sociétés que ces derniers dirigeaient et encadraient. Les sources mobilisées, émanant bien souvent des milieux proches desdits pouvoirs, tendent d’ailleurs à renforcer cette perception biaisée, surtout lorsque, comme la geste de ‘Amda Ṣeyon, elles sont imprégnées d’une rhétorique de la guerre sainte ou du djihād. Les investigations historiques et archéologiques conduites ces dernières années sur les sociétés chrétiennes et musulmanes de la moyenne vallée du Nil et de la Corne de l’Afrique commencent déjà à nuancer ce tableau en mettant en évidence la complémentarité économique et la continuité culturelle de ces deux mondes.</p><p class=""auteur_Institution""><span class=""CharOverride-5"">Robin Seignobos</span> – Université Lumière Lyon 2</p><p class=""T_a"">Bibliographie sélective</p><p class=""txt_Normal_sa"">Cette bibliographie vise à présenter quelques ouvrages relatifs à la région de la moyenne vallée du Nil et de la Corne d’Afrique, avec un accent mis sur les ouvrages en français.</p><p class=""T_b"">Ouvrages généraux</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Fauvelle-Aymar</span> Fr.-X., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Le Rhinocéros d’or. Histoire du Moyen Âge africain</span>, Paris, 2013.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Uhlig</span> S. éd. (avec A. B<span class=""typo_SC"">ausi</span> pour les vol. 4 et 5), <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Encyclopaedia Aethiopica</span><span class=""typo_Italique CharOverride-6"">,</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> </span>Wiesbaden, 2003-2014<span class=""typo_Italique CharOverride-4""> </span>(vol. 1 : A-C, 2003 ; vol. 2 : D-Ha, 2005 ; vol. 3 : He-N, 2007 ; vol. 4 : O-X<span class=""typo_SC"">,</span> 2010 ; vol. 5 : Y-Z, Supplementa, Addenda et Corrigenda, Maps, Index, 2014).</p><p class=""T_b"">Ouvrages spécialisés</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Fauvelle-Aymar</span> Fr.-X. éd., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">L’Afrique ancienne. De l’Acacus au Zimbabwe. 20 000 avant notre ère-</span><span class=""typo_SC_italic"">xvii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> siècle</span>, Paris, 2018.</p><p class=""T_c"">Éthiopie</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Braukämper</span> U., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Islamic History and Culture in Southern Ethiopia,</span> Berlin/Münster, 2002.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Cuoq</span> J., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">L’Islam en Éthiopie des origines au </span><span class=""typo_SC CharOverride-4"">xvi</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-7"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> siècle</span><span class=""CharOverride-5"">,</span> Paris, 1981.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Derat</span> M.-L., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">Le Domaine des rois éthiopiens, 1270-1527. Espace, pouvoir et monarchisme</span>, Paris, 2003.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Derat </span>M.-L., <span class=""typo_Italique CharOverride-4"">L’Énigme d’une dynastie sainte et usurpatrice dans le royaume chrétien d’Éthiopie du </span><span class=""typo_SC_italic"">xi</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> au </span><span class=""typo_SC_italic"">xiii</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-4""> siècle</span>, Turnhout, 2018.</p><p class=""txt_Bibliographie""><span class=""typo_SC"">Derat</span> M.-L., « Before the Solomonids : Crisis, Renaissance and the Emergence of the Zag<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">w</span>e Dynasty (Seventh-Thirteenth Centuries) », dans S. <s";;;;;;;;; 711;2;3;13;Après la fin. Gustave Flaubert et le temps du roman;;;;"<p>Qu’est-ce qu’écrire après la fin ? Véronique Samson propose de relire l’œuvre de Flaubert comme une réponse de l'écrivain à sa relation au temps. Elle ouvre plus largement une réflexion sur l’histoire des formes romanesques au XIXe siècle.</p>";"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; line-height: 12.8px; font: 11.5px Helvetica} p.p2 {margin: 17.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; line-height: 12.8px; font: 11.5px Helvetica} p.p3 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 14.2px; text-align: justify; line-height: 12.8px; font: 11.5px Helvetica} span.s1 {font: 10.5px Helvetica} span.Apple-tab-span {white-space:pre} --><p class=""p1"">Table des abréviations<span> <br /></span></p><p class=""p2""><strong>Introduction <span><br /></span></strong> Le roman posthume <br /> Le rythme intime d’une époque <br /> Une question de récit </p><p class=""p2"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 1. Une singulière vieillesse </strong></p><p class=""p2"" style=""text-align: left;"">1. L’invention du jeune-vieux <br /> L’existence posthume <br /> L’hypermnésie <br />2. Fictions du posthume <br /> Entre la vie et la mort <br /> Entre le héros et le narrateur <br /> Le problème du récit chez Flaubert <br /> Vers une résolution de la contradiction <br /> La première<em> Éducation sentimentale</em><strong><em> </em></strong></p><p class=""p2"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 2. Le roman après la fin </strong></p><p class=""p1"">1.<span> </span>Du temps en trop<span> <br /></span>2. Le mariage d’Emma <br />3. La guerre des Mercenaires <br />4. L’éducation de Frédéric <br />5. La vieillesse de Bouvard et Pécuchet<br />6. L’espace de l’après-roman : Charles et Félicité </p><p class=""p2"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 3. La mémoire du présent </strong></p><p class=""p1"">1.<span> </span>Reconnaissances<span> <br /></span>2. Revenances <br /> Les secondes vues d’Emma <br /> La mémoire antique <br /> L’intermittence du souvenir <br /> Les lieux de mémoire du roman <br /> La mnémotechnie de <em>Bouvard et Pécuchet</em><strong><em> <br /></em></strong>3. Le « monument » </p><p class=""p2"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 4. L’épuisement du roman </strong></p><p class=""p1"">1.<span> </span>Désirs de fin<span> <br /></span>2. Dissolutions <br />3. Réductions <br />4. Sonner le glas </p><p class=""p1""><span><br /></span></p><p class=""p2""><strong>Conclusion<span> </span></strong></p><p class=""p2""><strong>Bibliographie<span> </span></strong></p>";;28/01/2021;0;137x220;376;978-2-37924-154-3;978-2-37924-154-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_711.jpg;"<p>Emma Bovary, Salammbô, Frédéric Moreau, Bouvard et Pécuchet sont morts. Leurs vies sont déjà faites, et non à faire – derrière eux, plutôt que devant. Les personnages de Flaubert survivent certes dans la mémoire des lecteurs d’aujourd’hui. Mais morts, ils l’ont toujours été, incapables de s’animer, dépourvus de futur dès leur première apparition sur la page. Flaubert serait, en somme, l’auteur d’une littérature déjà posthume.</p><p>L’accusation est étonnamment persistante depuis le milieu du XIXe siècle. Comment l’expliquer ? Cet ouvrage suit les traces de cette réception et s’engage dans les voies qu’elle a ouvertes pour penser une manière singulière d’être dans le temps et d’écrire le temps.</p><p> </p><p><em>Après avoir complété un doctorat à l’université McGill en 2017, Véronique Samson poursuit ses recherches à l’université de Cambridge, puis au Centre de Recherche sur les Poétiques du XIXe siècle de l’université Sorbonne Nouvelle. Ses travaux portent sur l’histoire du roman au XIXe siècle dans son rapport aux expériences du temps et de l’histoire.</em></p>";"<p class=""premierPara"">Introduction<br /><br /></p><p class=""premierPara"">Emma Bovary, Salammbô, Frédéric Moreau, Bouvard et Pécuchet sont morts. Leurs vies sont déjà faites, et non à faire – derrière eux, plutôt que devant. Ce n’est pas dire que les personnages de Flaubert ne survivent plus dans la mémoire d’aucun lecteur aujourd’hui. Morts, ils l’ont toujours été, incapables de s’animer, dépourvus de futur dès leur première apparition sur la page. Flaubert serait, en somme, l’auteur d’une littérature déjà posthume.</p><p class=""txt_Normal"">L’accusation est étonnamment persistante depuis le milieu du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Elle s’est prêtée à diverses idéologies et opposée chaque fois à une définition particulière de ce que serait la vie de la fiction ; mais chaque génération se l’est appropriée, réitérant et consolidant l’association de Flaubert à la mort, à l’inerte, à l’inanimé. Comment l’expliquer ? Que nous dit-elle du romancier et de son œuvre ? Ce sont les traces de cette réception que suivra cet ouvrage, en s’engageant dans les voies qu’elle a ouvertes pour penser une manière singulière d’être dans le temps et d’écrire le temps. Il ne s’agit évidemment pas de poursuivre la critique des détracteurs de Flaubert, et l’analyse ne se situera pas sur le terrain – à la fois politique, moral et esthétique – de ceux qui lui ont reproché de ne pas pratiquer le « bon » roman. Elle partira cependant de ce que les lecteurs ont éprouvé de façon récurrente, en posant l’hypothèse que ces impressions de lecture dispersées pourraient permettre de concevoir autrement l’œuvre de Flaubert comme le devenir du roman moderne.</p><p class=""T_a"">Le roman posthume</p><p class=""txt_Normal"">La notion de posthume se trouve au cœur de l’analyse qu’ont fait de nombreux lecteurs de l’héritage romanesque du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, à commencer par Jean-Paul Sartre. Dans l’article célèbre qu’il consacre à François Mauriac, il dénonce le « temps mort » d’œuvres encore imprégnées de l’influence des grands prédécesseurs, où « l’avenir [s’]étale comme le passé, [ne] fait que répéter le passé<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-043""> 1</a></span></span> ». Au lieu de laisser place à l’indétermination, à l’ignorance, à l’incertitude, au lieu de ménager un espace pour la dynamique de projection qui constitue l’existence selon Sartre, le roman se résume à l’exposition d’événements déjà terminés<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-042""> 2</a></span></span>. Ainsi la perspective de l’auteur dépasse toujours celle du personnage : il se trouve au-delà de son histoire, écrite et donnée à lire depuis sa fin, empêchant du même coup au lecteur d’exercer sa liberté, de sentir que « tout peut encore être autrement<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-041""> 3</a></span></span> ». Roland Barthes se souvient de cette critique au moment de déclarer que « [l]e Roman est une Mort<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-040""> 4</a></span></span> », le genre d’une société qui s’imagine elle-même dans le temps clos, achevé, du prétérit. Dans <span class=""typo_Italique"">Le Degré zéro de l’écriture</span>, le roman est présenté comme un « appareil à la fois destructif et résurrectionnel<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-039""> 5</a></span></span> » – tuant le temps, le transformant en passé défunt, pour ensuite le faire revenir à la vie par le souvenir. Raconter, dans le roman, serait nécessairement commencer par la fin, prendre le récit à l’envers, « attraper le temps par la queue<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-038""> 6</a></span></span> ». La critique de Sartre ira plus loin encore dans sa biographie inachevée de Flaubert, <span class=""typo_Italique"">L’Idiot de la famille</span>, où il suggère que ce sont les personnages qui ont atteint le terme de leur vie, plus que le romancier le terme de son histoire. Frédéric et Deslauriers ne meurent pas dans <span class=""typo_Italique"">L’Éducation sentimentale</span>, écrit-il, mais ils « sont déjà morts. N’auront plus d’histoires. […] Quand on voit Emma pour la première fois, elle est déjà morte<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-037""> 7</a></span></span>. »</p><p class=""txt_Normal"">Si Sartre et Barthes en ont offert les images les plus mémorables, la génération précédente avait déjà entériné l’association du roman de la seconde moitié du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle au posthume. Dans son essai « Le roman d’aventure », Jacques Rivière distingue l’œuvre à faire de celles laissées par le mouvement dit symboliste. Selon le critique de la<span class=""typo_Italique CharOverride-1""> Nouvelle Revue française</span>, l’auteur symboliste aurait son histoire derrière lui, dans un passé sur lequel il lui faut revenir : « il s’arrange pour faire arriver le plus possible d’événements avant le moment où il prendra la plume<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-036""> 8</a></span></span> ». S’intéressant uniquement aux réverbérations des faits dans la conscience, il se situerait de lui-même à la limite de l’existence. L’écrivain de demain doit se mettre « en état d’aventure », écrit Rivière, car celui du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle était « en état de mémoire<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-035""> 9</a></span></span> ». Tityre, le héros de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Paludes</span>, avait peu de temps avant identifié en lui-même une semblable « maladie de la rétrospection<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-034""> 10</a></span></span> ». On ne fait pas : on refait, remarque-t-il, dans des termes qui anticipent le « Mauriac » de Sartre. Le présent n’est pas ouvert, mais plutôt enfermé dans les gestes, déjà accomplis, de la veille. La littérature du siècle antérieur (et spécifiquement le roman, pour André Gide) aurait imposé sur la vie le point de vue de la mort. Mais le fait de la narration rétrospective ne suffit pas à expliquer les remarques de Rivière et de Gide. Pour Georg Lukács, étonnamment proche de ses contemporains de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Nouvelle Revue française</span> dans sa description des œuvres sinon dans ses positions politiques, le roman à partir de Flaubert est incapable de montrer une évolution dans le temps : il serait, plutôt, peuplé d’êtres déjà achevés. « Ce n’est pas un homme vivant, connu et apprécié de nous comme tel, dont on voit au cours du roman le capitalisme tuer l’âme, mais c’est un mort<span class=""typo_Italique CharOverride-1""> </span>qui traverse un décor d’images statiques, toujours plus conscient de sa condition de mort<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-033""> 11</a></span></span>. »</p><p class=""txt_Normal"">Le problème du genre, pour plusieurs de ses praticiens et de ses critiques du début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, serait d’être devenu tout à fait posthume. Il semble bien que la crise étudiée par Michel Raimond ne puisse être pensée sans prendre en compte ce renversement de la temporalité<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-032""> 12</a></span></span>. La critique est formulée plus nettement encore par un contemporain de Sartre, Julien Gracq, dans ses carnets de lecture.</p><p class=""txt_Citation"">Le <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">tempo</span> de Flaubert, dans <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Madame Bovary</span> comme dans l’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Éducation</span>, est, lui, tout entier celui d’un cheminement rétrospectif, celui d’un homme qui regarde par-dessus son épaule – beaucoup plus proche déjà par là de Proust que de Balzac, il appartient non pas tant peut-être à la saison de la conscience bourgeoise malheureuse, qu’à celle où le roman, son énergie cinétique épuisée, de prospection qu’il était tout entier glisse progressivement à la rumination nostalgique. Essayons de relire les grands romans du dix-neuvième siècle comme s’ils étaient le coup d’œil final du héros sur sa vie, cette saisie illuminatrice remontant le cours de toute une existence qu’on attribue au mourant dans ses dernières secondes : une telle fiction est rejetée d’emblée par <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Le Rouge et le Noir</span> comme par <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Le Père Goriot</span>, qui s’inscrivent en faux contre elle à toutes leurs pages, mais constitue l’éclairage même, le seul éclairage plausible de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Madame Bovary</span>, avec les points d’orgue engourdis, stupéfiés, où viennent s’engluer une à une toutes ses scènes : une vie tout entière remémorée, sans départ réel, sans problématique aucune, sans la plus faible palpitation d’avenir. <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Tempo</span> songeur et enlisé, à coloration faiblement onirique, qui ne tient pas seulement, loin de là, à une constance personnelle et aux exigences d’un sujet, mais qui est la basse sourde et rythmique de toute une époque, et qui fait, si l’on veut, alors que leurs pôles imaginatifs coïncident, de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">L’Éducation sentimentale</span> une réplique des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Illusions perdues</span> presque totalement méconnaissable<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-031""> 13</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal_sa"">Le passage précise la charge de Rivière et de Gide, suggérant que <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Madame Bovary </span>et plus encore <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">L’Éducation sentimentale</span> ont amorcé le déclin du mouvement romanesque, son enlisement dans le temps mort. Les carnets de Gracq montrent bien Flaubert comme « le premier des grands romanciers chez qui cet élan commence à se paralyser<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-030""> 14</a></span></span> », épuisement dont Proust serait le « terminus ». Le moment Flaubert-Proust apparaît alors comme une parenthèse dans l’histoire, caractérisée par un mauvais usage du roman. Le changement de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">tempo</span> auquel Gracq se montre attentif organiserait l’histoire du roman contre lui-même – contre les ressources propres du genre, contre sa vitesse, son rythme, son mouvement prospectif. Flaubert se serait privé d’une valeur que Gracq appelle le « tremblement vers l’avenir », « cette élation vers l’éventuel qui est une des cimes les plus rares de l’accomplissement romanesque », fournissant au lecteur « la matérialisation même de la liberté<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-029""> 15</a></span></span> ». Ainsi l’auteur de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">L’Éducation sentimentale</span> ne se déleste pas simplement de Balzac pour avancer vers le roman nouveau : plutôt, le récit flaubertien est profondément lié au récit balzacien, dépendant de lui, en ce qu’il en est l’image inversée, l’image en <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">camera obscura</span>.</p><p class=""txt_Normal"">L’histoire qu’esquissent ces pages d’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">En lisant en écrivant</span> n’a rien pour surprendre le lecteur d’aujourd’hui. En effet, le <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle a achevé d’opposer Balzac et Flaubert, comparés déjà au cours de leur propre siècle par d’autres praticiens du roman voulant retracer son progrès ou son déclin. À partir des années 1950, ce qu’on pourrait appeler une deuxième crise du roman s’explique et se réfléchit en réactivant la mémoire du genre. Si, pour la plupart des écrivains réunis sous la bannière du Nouveau Roman, Balzac est décrété « périmé<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-028""> 16</a></span></span> » tandis que Flaubert se voit octroyer le titre de « précurseur<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-027""> 17</a></span></span> », il existe une autre réception, plus discrète, qui ne contredit pas cette histoire antagoniste mais lui attribue un autre sens. Pour tout un ensemble de romanciers, en cela proches de Sartre et de Gracq sans que rien ne les associe <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">a priori</span>, l’œuvre à faire continue de se penser contre Flaubert, à qui est sans cesse rattaché le lexique du posthume. Ce que touche Flaubert doit mourir – telle semble être l’idée reçue. Romain Gary, dans son <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Pour Sganarelle</span>, dénonce en termes gracquiens ce qu’il considère comme une absolutisation « stérile » du langage, « incarnation d’une classe complètement couchée dans la stagnation<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-026""> 18</a></span></span> ». Nathalie Sarraute évoque quant à elle le « style glacé<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-025""> 19</a></span></span> » de Flaubert, André Malraux ses « beaux romans paralysés » et Jean Prévost « la plus singulière fontaine pétrifiante de notre littérature<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-024""> 20</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">L’idée n’est pas tout à fait neuve : elle était, plus exactement, promise à une longue postérité dès la parution de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Madame Bovary</span>. Pensons à Duranty déplorant en 1857 qu’« [i]l n’y a ni émotion, ni sentiment, ni vie dans ce roman, mais une grande force d’arithméticien<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-023""> 21</a></span></span> ». Jules Barbey d’Aurevilly compare encore Flaubert à une « machine à raconter », dont l’écriture aurait « l’aridité foncière d’un homme qui n’a plus rien à dire de vivant<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-022""> 22</a></span></span> ». La critique du réalisme et de ses procédés articule tout de suite Flaubert à l’inanimé dans les années 1850 : elle se fonde le plus souvent sur une opposition entre la reproduction mécanique de la réalité et l’impression vive laissée par celle-ci sur l’écrivain. Pour les contemporains, les personnages de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Madame Bovary</span> s’apparenteraient ainsi à des « créature[s] intermédiaire[s] entre l’homme créé par Dieu et un automate<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-021""> 23</a></span></span> », ou à « des mannequins ressemblants<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-020""> 24</a></span></span> ». À partir du long article de Charles-Augustin Sainte-Beuve se répand dans le discours critique l’image de Flaubert maniant la plume comme un scalpel, accomplissant par l’écriture « une dissection cruelle<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-019""> 25</a></span></span> ». Nouvelle métaphore, nouvelle manière de nier la vie de l’écriture flaubertienne, en inscrivant la mort dans le temps : il y a eu vie, mais il n’y a plus dans le roman que la dépouille. Pour Gustave Vapereau, par exemple, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Madame Bovary</span> est « une étude minutieuse, froide, imperturbable, d’une sorte d’exhibition scientifique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-018""> 26</a></span></span> » ; tandis que le roman est pour Philarète Chasles l’occasion d’une « autopsie cadavérique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-017""> 27</a></span></span> ». Plutôt que d’imiter la vie, de chercher à en produire l’illusion, Flaubert se pencherait sur une matière morte, qu’il contribuerait à tuer davantage par un roman en forme de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">post-mortem</span>. Valéry Vernier mène la métaphore à son terme, faisant de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Madame Bovary</span> un « roman-cimetière<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-016""> 28</a></span></span> » où serait enterré, après avoir été disséqué, tout sentiment humain. Les critiques sont, en somme, nombreux à donner raison à Charles de Mazade, qui, élisant Flaubert comme représentant de la littérature romanesque du milieu du siècle, déclare qu’elle « s’agite plus qu’elle ne vit, [qu’]elle se démène plus qu’elle ne marche<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-015""> 29</a></span></span> ». Flaubert, parce qu’il écrit des romans depuis la fin, à propos de personnages finis, serait un romancier de la fin du roman.</p><p class=""T_a ParaOverride-1"">Le rythme intime d’une époque</p><p class=""txt_Normal"">Si la critique flaubertienne s’est très tôt intéressée à la question du temps, elle n’a pas tout à fait suivi la voie tracée par ces discours. Le célèbre article de Proust est emblématique de la direction empruntée : Flaubert saurait donner « l’impression du Temps », mais ce serait avant tout en refusant d’intervenir dans son écoulement. L’auteur de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Recherche</span> juge en effet que « la chose la plus belle de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">L’Éducation sentimentale</span>, ce n’est pas une phrase, mais un blanc<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-014""> 30</a></span></span> ». L’idée s’est vue généralisée dans les études portant sur le reste de l’œuvre : Flaubert donnerait à ressentir le temps pur, ce passage monotone, répétitif, des heures et des jours, sur lequel la forme n’a pas de prise. Jean Rousset loue ainsi « ces grands espaces vacants » de la fiction de Flaubert. « Le miracle, c’est de réussir à donner tant d’existence et de densité à ces espaces vides, c’est de faire du plein avec du creux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-013""> 31</a></span></span>. » La particularité de la fiction de Flaubert serait de porter son attention non pas aux événements, mais à tout ce qui se situe entre eux. Jean-Pierre Duquette avance également que le « livre sur rien » appelé par Flaubert serait fondé dans un vide temporel, une attention portée à « ce qui se passe quand il ne se passe rien<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-012""> 32</a></span></span> ». Le manque serait constitutif de cette œuvre, qui laisse le temps se présenter dans le retrait du récit, dans ses « silences », pour le dire comme Gérard Genette<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-011""> 33</a></span></span>. Il ne convient pas ici de rappeler dans le détail ces études avec lesquelles nous renouerons au fil de cet ouvrage, mais seulement de noter que le traitement du temps chez Flaubert a été lié au travail essentiellement négatif qu’on lui attribue – à un travail que l’on pourrait dire de soustraction, appliqué non seulement aux idées reçues mais aux formes traditionnelles du roman. Comme le résume Raymonde Debray-Genette en 1970, dans une anthologie de textes consacrés au romancier, « [l]a patiente destruction, par les moyens les plus divers, du romanesque qui fondait le roman, est le premier trait qui ait frappé les contemporains<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBERT%20ET%20LE%20TEMPS%20DU%20ROMAN/b_introduction.html#footnote-010""> 34</a></span></span>. » Ce sont bien les termes de la « crise » telle que la présente Michel Raimond, posés dès le <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle et repris chez certains romanciers du siècle suivant – cette crise issue d’une « volonté de briser les cadres tout faits, de libérer le roman de ses contraintes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Volumes/puv/POSTPROD/2021/APRES%20LA%20FIN.%20GUSTAVE%20FLAUBER";;;;;;;;; 712;2;3;18;Penser l'utopie aujourd’hui avec Paul Ricœur;;;;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'; min-height: 15.0px} --><p class=""p1"">On connaît mal la conception de l’utopie selon Paul Ricœur. Ce dernier en fait pourtant une condition de possibilité de la vie démocratique. L'ouvrage montre la fécondité de ses travaux pour penser l’utopie aujourd’hui. <span> </span></p>";"<p>Introduction<br /><em>Sébastien Roman</em></p><p style=""text-align: center;""><strong>I. Utopie et imaginaire social</strong></p><p>Le statut de l’utopie dans la philosophie de l’imagination de Ricœur <br /><em>Jean-Luc Amalric</em></p><p>L’impératif utopique <br /><em>Olivier Mongin</em></p><p>Idéologie, histoire et identité collective<br /><em>Joël Roman</em></p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Utopie, idéologie et politique</strong></p><p>Le possible comme événement<br /><em>Michaël Fœssel</em></p><p>Paul Ricœur et la fonction pratique de l’utopie. Une critique de la rationalité instrumentale<br /><em>Jean-Philippe Pierron</em></p><p>De la difficulté en pratique de distinguer l’idéologie de l’utopie : Ricœur lecteur de Mannheim<br /><em>Sébastien Roman</em></p><p style=""text-align: center;""><strong>III. Utopie et théologie</strong></p><p>De l’espérance à l’utopie<br /><em>Pierre-Olivier Monteil</em></p><p>Utopie, théologie, espérance<br /><em>Jean-Louis Schlegel</em></p><p> </p><p> </p><p>Bibliographie</p><p>Index des noms</p><p>Présentation des auteurs</p>";;25/03/2021;0;137x220;232;978-2-37924-162-8;978-2-37924-162-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_712.jpg;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 13.0px Verdana} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} --><p class=""p1""><span class=""s1"">On connaît mal la conception ricœurienne de l'utopie. Et pourtant : Paul Ricœur en fait une condition de possibilité de la vie démocratique, permettant de contester le caractère idéologique du pouvoir et l'ordre social établi.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Mais si l'utopie est vitale, encore faut-il la concevoir adéquatement, et ceux qui appellent au changement sans savoir comment réaliser leurs idées ou leurs projets lui portent préjudice. L'utopie n'est féconde, elle n'est une percée du possible qu'à condition de témoigner d'une tension entre un <em>absolu souhaitable</em> et un <em>optimum réalisable</em>.</span></p><p class=""p1""><span class=""s1"">Ricœur n'a cessé de penser l'utopie aux prises avec la société de son temps. Nul doute que ses travaux nous aident à mieux comprendre notre monde, et à enrichir les nombreux débats qui portent aujourd'hui sur l'utopie.</span></p><p> </p><p class=""p2""><span class=""s1""><span> </span></span><em>Sébastien Roman est professeur agrégé de philosophie et chercheur associé au laboratoire Triangle</em>. <em>Ses travaux portent principalement sur Machiavel et sur la place du conflit dans les démocraties contemporaines, avec une attention particulière accordée aux concepts d’idéologie et d’utopie.</em></p>";"<p>Introduction<br />Sébastien Roman</p><p> </p><p>Il y a, depuis peu, en philosophie, un certain renouveau de l’utopie, pour ne pas dire une certaine mode, si bien que l’on ne peut plus écrire, comme le faisait encore récemment Miguel Abensour, qu’elle a aujourd’hui mauvaise presse en étant considérée comme un concept désuet et dangereux<a href=""#_ftn1"">[1]</a>. Le vieux discours de haine de l’utopie, hérité notamment des ouvrages d’Alfred Sudre et de Louis Reybaud en France<a href=""#_ftn2"">[2]</a>, et ravivé au XX<sup>e</sup> siècle par la dénonciation des expériences totalitaires, est peut-être en train d’être dépassé sous la pression d’événements majeurs tels que la crise financière mondiale de 2008, les révolutions des printemps arabes, également suite à la remise en cause – de diverses manières et dans différents pays – du néocapitalisme et de l’hégémonie libérale en politique, ainsi que de la définition de la démocratie par le mécanisme représentatif qui aurait pour défaut de rendre les citoyens trop passifs en limitant la souveraineté populaire à l’élection, sans oublier les problèmes écologiques que sont les nôtres aujourd’hui. Ici et là sont apparus et continuent d’apparaître des mouvements sociaux de contestation qui proposent des alternatives à l’ordre social établi, pour penser la politique et la démocratie autrement. <em>Occupy Wall Street</em>, les Indignés, Nuit Debout,<em> </em>plus récemment les Gilets jaunes en France ainsi que de nombreux foyers de contestation dans le monde – au Liban, au Chili, en Irak par exemple – attestent une mobilisation forte des citoyens. La question se pose de savoir s’il est possible de parler de ces mouvements en termes d’ « utopie », mais il est en tout cas certain, aujourd’hui, qu’un besoin de « changer les choses » se fait ressentir, sans doute d’une manière encore plus forte depuis la crise sanitaire liée à la Covid-19, qui nous contraint de nous interroger sur les limites de notre propre modèle de croissance. Notre temps est à l’orage, ce qui explique que la question de l’utopie émerge de nouveau et soit ravivée<a href=""#_ftn3"">[3]</a>.</p><p>Or, dans les débats contemporains qui ont précisément pour enjeu de penser l’utopie, contre le risque d’en faire simplement une tendance – ce qui serait une autre façon de prolonger son discrédit – il est frappant de constater que les travaux de Paul Ricœur sont très peu ou pas du tout cités, comme s’ils étaient de faible importance. Certes, l’utopie n’est pas un thème que Ricœur a autant travaillé que ceux par exemple de volonté, de justice, de la mémoire et de l’oubli, ou bien encore de reconnaissance. Il n’en demeure pas moins que l’utopie est à ses yeux capitale, pour la raison simple qu’elle est liée à l’unique problème – celui de la créativité – qu’il a travaillé depuis qu’il a commencé à réfléchir :</p><p>Pour ma part, lorsque j’aurai terminé ce travail dont nous avons parlé sur le narratif, sur le récit, je voudrais revenir au problème de l’imaginaire social dans une ligne voisine de celle de Castoriadis et de Claude Lefort, c’est-à-dire une réflexion sur le pouvoir. Ce n’est d’ailleurs pas du tout étranger à ce que je suis en train de faire, car, malgré les apparences, mon unique problème depuis que j’ai commencé à réfléchir, c’est la créativité. Je l’ai pris du point de vue de la psychologie individuelle dans mes premiers travaux sur la volonté, puis sur le plan culturel avec l’étude des symbolismes. Mes recherches actuelles sur le récit me placent précisément au cœur de cette créativité sociale, culturelle, puisque raconter [...] est l’acte le plus permanent des sociétés. [...] Par conséquent, je suis ramené au cœur du problème de la créativité au plan collectif, communautaire. J’ai été silencieux, oui, du point de vue de la pratique et de l’engagement, mais pas du tout sur le plan théorique, car les quelques écrits que j’ai déjà publiés sur le rapport entre Idéologie et Utopie sont tout à fait au centre de cette préoccupation<a href=""#_ftn4"">[4]</a>.</p><p>Créativité, utopie, et imaginaire social : la singularité des travaux de Ricœur est d’intégrer la question de l’utopie dans la figure d’un imaginaire social, indissociablement de la sphère politique. <em>L’idéologie et l’utopie</em> (qui reprend ses cours donnés à l’université de Chicago en 1975) et <em>Du texte à l’action. Essais d’herméneutique, II</em>, sont pour cette raison ses deux ouvrages majeurs sur cette notion<a href=""#_ftn5"">[5]</a>. Mais dès les années 1950, Ricœur n’hésite pas à parler de l’utopie tout en sachant que le contexte historique rend la notion suspecte et très critiquable. En effet, c’est à la fois le marxisme et sa critique qui invitent à l’abandonner. Le marxisme d’abord : le défaut inhérent à Marx (à partir du <em>Capital</em><a href=""#_ftn6"">[6]</a>), mais aussi à partir de lui ou après lui dans l’héritage tiré de sa pensée, est de condamner l’utopie, plus encore d’identifier l’imaginaire social dans son ensemble à de l’idéologique. Avec Marx puis le marxisme a triomphé l’idée d’une politique juste parce que sans fard, dans la nécessité de se débarrasser de tout imaginaire – illusion, utopie, rêve, symbolique – pour cesser d’être idéologique. Le discrédit de l’utopie se retrouve également du côté de la critique, chez les pourfendeurs du marxisme, mais cette fois-ci au nom de ce que prouverait l’histoire : le communisme, bien que ses partisans s’en défendent, est une utopie politique dont le stalinisme prouverait nécessairement le caractère dystopique. Le XX<sup>e </sup>siècle a connu ses utopies noires avec le totalitarisme. L’histoire elle-même inviterait à tourner la page.</p><p>Or Ricœur, de son côté, non seulement ose parler d’utopie mais propose d’en faire le « plaidoyer » : « Ce plaidoyer pour l’utopie, par lequel j’essaie de riposter à la menace du non-sens [...]<a href=""#_ftn7"">[7]</a> ». Même chose dans « Être protestant aujourd’hui » qui date de 1965 : « Si le mot n’était suspect ou ambigu, je dirais : plaidons pour l’utopie<a href=""#_ftn8"">[8]</a> ». Et Ricœur tout de suite d’ajouter pour lever toute ambiguïté : « J’appelle utopie cette visée d’une humanité accomplie, à la fois comme totalité des hommes et comme destin singulier de chaque personne<a href=""#_ftn9"">[9]</a> ». Cette définition, comme nous l’expliquerons plus tard, revient à la figure de la bonne utopie chez Ricœur sur le plan axiologique. Il convient seulement ici d’en comprendre l’utilité : Ricœur précise son propos car il sait qu’il a toutes les chances d’être mal compris. Aux raisons que nous avons déjà évoquées du discrédit de l’utopie à cette époque, s’ajoute la crainte, propre à Ricœur, d’être confondu avec les mauvais<em> </em>utopistes, ceux qui n’ont en tête qu’un rêve sans du tout se soucier de son caractère réalisable. L’utopie est vitale pour toute société, sans elle il n’y a pas de démocratie. Elle est la désignation d’un « nulle part » ou d’une « extraterritorialité<a href=""#_ftn10"">[10]</a> » qui permet de contester le caractère idéologique de l’ordre social établi. Mais si sa « fonction extrêmement positive » est d’être la « percée du possible », elle peut aussi « tomber malade dès qu’elle devient la peinture figée d’une société qui serait créée de toutes pièces, y compris par la violence<a href=""#_ftn11"">[11]</a> ». Et Ricœur ajoute :</p><p>C’est pourquoi les utopistes sont souvent des gens extrêmement dangereux qui ont une idée immobile, non critique de leurs propres rêves. Ils sont même incapables de suggérer le premier pas qu’il faudrait faire dans la direction de leur utopie<a href=""#_ftn12"">[12]</a>.</p><p>L’histoire, en effet, fait apparaître deux sortes d’utopie pour Ricœur, l’utopie littéraire et l’utopie pratique : d’un côté l’utopie comme simple fiction, rêve – qui peut avoir son aspect pathologique quand le rêve devient refuge ou est synonyme d’« évasion<a href=""#_ftn13"">[13]</a> » – et de l’autre l’utopie comme <em>projet</em> politique, que l’on accepte de confronter au réel et aux contraintes qu’il impose pour entrer en tension avec lui. Seule l’utopie pratique a de la valeur aux yeux de Ricœur, raison pour laquelle il s’intéresse à Thomas Münzer et non à Thomas More pour ce qui est du fondement de l’utopie, mais aussi particulièrement aux utopies socialistes du XIX<sup>e </sup>siècle, c’est-à-dire une fois que l’histoire permet réellement à l’utopie de devenir un contre-pouvoir<a href=""#_ftn14"">[14]</a>.</p><p>D’ailleurs, à ce sujet, il est frappant de constater combien Ricœur lie très vite l’utopie à l’éthique de la responsabilité pour distinguer ce que l’on peut nommer une bonne et une mauvaise utopie. Déjà, dans le tome 1 de la <em>Philosophie de la volonté</em> (1950) est affirmée que l’intention, seule, dissociée de l’action, ne vaut rien : « La légitimité d’une intention séparée de l’efficacité de l’action est déjà suspecte. [...] Dès que la conscience se replie dans une intériorité méprisante, la valeur est frappée d’une stérilité qui l’altère profondément. [...]<a href=""#_ftn15"">[15]</a> ». Si le chrétien est porteur d’une utopie qui lui est propre, s’il y a un « style<a href=""#_ftn16"">[16]</a> » propre au chrétien en politique, tout un chacun ne peut ignorer que l’État est inexorablement « la contradiction non résolue de la rationalité et de la puissance<a href=""#_ftn17"">[17]</a> ». Il s’agit autant de se garder « de la critique stérile que de l’utopie millénariste<a href=""#_ftn18"">[18]</a> », et pour ce faire, il est nécessaire pour l’utopiste – quelle que soit sa conviction - de lier l’<em>absolu souhaitable </em>à<em> l’optimum réalisable</em>. Ricœur s’inspire de Max Weber pour affirmer que la vie morale est un état de « tension » interne entre l’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité<a href=""#_ftn19"">[19]</a>. C’est pourquoi tout en exprimant sa sympathie à l’égard du projet marxien – bien des raisons justifiant de « penser qu’une société radicalement égalitaire, où chacun recevrait selon ses besoins et son selon son travail, est la vérité<a href=""#_ftn20"">[20]</a> » – il dit ne pas pouvoir s’accorder avec un tel absolu qui ne prend pas suffisamment en compte l’optimum réalisable, rappelant à ce propos les critiques que Weber adresse, pour la même raison, aux socialistes révolutionnaires de la tendance Zimmerwald<a href=""#_ftn21"">[21]</a>. L’utopie relève de l’éthique de la conviction pour la désignation d’un absolu souhaitable ; ce n’est pas n’importe quelle conviction qui est proposée, mais un idéal, une idée-limite, une conviction forte ; « absolu » signifie donc une exigence radicale, Ricœur étant convaincu pour sa part que « les choses avancent par des ruptures, par des gens qui posent des actes qui forcent à redistribuer des règles<a href=""#_ftn22"">[22]</a> ». Mais l’utopie doit aussi relever de l’éthique de la responsabilité pour être une bonne utopie, car seule la prise en compte de la réalité, ou de l’optimum réalisable pour faire pression sur lui, est ce qui peut la rendre praticable.</p><p>L’utopie, en conséquence, est identifiée à un idéal dans de nombreux textes ricœuriens. Encore faut-il entendre par là un idéal qui, pour servir d’horizon régulateur et motiver l’action, exige d’une part qu’il ait des racines dans l’expérience – que des possibles non encore actualisés dans le passé mais « sédimentés<a href=""#_ftn23"">[23]</a> », c’est-à-dire toujours accessibles, rendent possible son effectivité – d’autre part qu’il donne lieu, en pratique, à des motivations d’agir qui intègrent la question de l’optimum réalisable. C’est uniquement de cette manière que l’utopie peut avoir la fonction de critiquer ce qui est par ce qui doit être. L’idéal ne peut servir de moteur à l’action que si ce qu’il désigne est praticable – a déjà été pratiqué ou peut l’être à titre de possible – et réalisable en partie, à défaut de l’être totalement, sans quoi il n’est qu’une simple idée qui tourne à vide. Par exemple, s’il est tout à fait inconcevable de penser une suppression totale de l’avoir, par laquelle on aimerait mettre fin au problème de la propriété ou du partage entre le tien et le mien, « une juste possession qui distinguerait les hommes sans les exclure mutuellement<a href=""#_ftn24"">[24]</a> », et qui revient à imaginer « une relation innocente de l’homme à l’avoir dans une utopie de l’appropriation personnelle et communautaire<a href=""#_ftn25"">[25]</a> », est non seulement possible mais nécessaire pour critiquer les dérives liées à la propriété. Autre exemple : après avoir parlé péjorativement d’Ernst Bloch pour son utopie « sans prise historique<a href=""#_ftn26"">[26]</a> », Ricœur parle de la dimension dialogique de la <em>Selbstreflexion</em> chez Fichte qui est capable de « fonder l’utopie d’une communication sans entraves et sans bornes<a href=""#_ftn27"">[27]</a> » en faisant référence à l’histoire, parce qu’elle peut s’appuyer sur de telles expériences de langage. Autrement dit, l’utopie est un idéal qui ne peut servir d’« horizon d’attente » que s’il bénéficie ou fait référence à un « espace d’expérience<a href=""#_ftn28"">[28]</a> », que cette expérience, encore une fois, ou bien soit effective ou déjà effectuée, ou bien soit simplement possible, et ce grâce au recours à la mémoire et à la tradition pour réveiller dans le passé des possibles non encore actualisés :</p><p>Pour échapper à la fuite sans fin d’une vérité parfaitement anhistorique, il faut tenter d’en discerner les signes dans les anticipations de l’entente, à l’œuvre en toute communication réussie, en toute communication où nous faisons l’<em>expérience</em> d’une certaine réciprocité d’intention et de reconnaissance d’intention [...] ; [...] le potentiel de sens ainsi libéré de la gangue des traditions peut contribuer à donner chair et sang à celles de nos attentes qui ont la vertu de déterminer dans le sens d’une histoire à faire l’idée régulatrice, mais vide, d’une communication sans entraves ni bornes. C’est par le jeu de l’attente et de la mémoire que l’utopie d’une humanité réconciliée peut s’investir dans l’histoire <em>effective</em><a href=""#_ftn29"">[29]</a><em>.</em></p><p>De cette manière, l’optatif de l’utopie n’est pas une « vaine rêverie », mais est indissociable du registre de l’impératif. À la question de savoir s’il ne vaut pas mieux se débarrasser du terme d’ « utopie » pour revendiquer « ce qui est bel et bien possible<a href=""#_ftn30"">[30]</a> », et penser par là ce que la justice doit être, Ricœur répond :</p><p>Exigence dit bien impératif et pas seulement vœu pieux. Mais je ne voudrais pas non plus réduire l’optatif, ce mode grammatical propre à l’utopie, à une vaine rêverie. L’optatif exige, il conjoint, il convoque l’impossible dans le champ du possible. L’utopie est militante. Une fuite dans le réel est aussi redoutable qu’un consentement à l’impossible justice au nom du tragique. Ni le lyrique, ni le tragique ne doivent dispenser de l’impératif qui arme la lutte pour la reconnaissance<a href=""#_ftn31"">[31]</a>.</p><p>Il y a donc deux manières de rendre l’utopie chimérique : d’une part en restant confiné dans son utopie, en ne se confrontant pas au monde ; d’autre part en partant d’un absolu trop absolu, dont on ne pourrait rien tirer en pratique, ou que l’on ne pourrait pas traduire même partiellement. La mauvaise utopie est celle qui se différencie de l’espérance par son caractère impraticable. L’espérance est une « novation de sens » qui est un « excès de sens<a href=""#_ftn32"">[32]</a> » ; par exemple, croire en la résurrection introduit à la fois quelque chose de nouveau dans le monde, et déborde le sens commun en paraissant être une croyance insensée ; mais l’espérance n’est un futur eschatologique que parce qu’elle est « une exigence d’intelligibilité<a href=""#_ftn33"">[33]</a> » qui donne à penser par sa dimension et sa visée pratiques. La pression que l’utopie doit exercer sur le réel exige que le réel soit pris en compte pour espérer le modifier. Cela est valable aussi bien dans le jeu des rapports de force qui opposent par exemple des partis politiques, que dans celui de l’ascension et de l’exercice au pouvoir d’un d’entre eux, s’il veut rendre praticable son projet de la meilleure des façons.</p><p>La bonne utopie n’a donc rien à voir avec la posture du conflit radical – le conflit pour le conflit, au nom d’un idéal absolu sur lequel on ne veut pas transiger – et tout de la recherche du meilleur compromis ou de la meilleure négociation<a href=""#_ftn34"">[34]</a>. Le « compromis est toujours faible et révocable<a href=""#_ftn35"">[35]</a> », mais c’est désormais le seul moyen dans les sociétés contemporaines de viser le bien commun en raison de la diversité des points de vue et des ordres de grandeur propre à chacun. Le bon compromis n’est pas la compromission : celle-ci advient non seulement quand de mauvaises concessions sont faites, qui lèsent injustement une partie au bénéfice d’une autre, mais quand il y a confusion entre les ordres de grandeur qui avantage l’un d’entre eux, que cette confusion soit volontaire, intentionnelle, ou bien structurellement produite comme c’est le cas avec le capitalisme qui fait que « tout actuellement appartient à l’ordre marchand<a href=""#_ftn36"">[36]</a> ». Il peut ainsi y avoir compromission sans conflit, sans négociation autour d’une table, mais si compromission il y a, alors toute discussion est nécessairement faussée ou pipée. Au contraire, le compromis honnête respecte le conflit des valeurs. Il ne « camoufle pas les conflits<a href=""#_ftn37"">[37]</a> » en n’étant qu’un « suspens du différend par quoi la violence est évitée<a href=""#_ftn38"">[38]</a> ».</p><p>Non seulement Ricœur parle très tôt et jusque dans ses derniers textes de l’utopie, même si c’est dans les années 70 qu’il approfondit ce thème, mais il y fait également référence pour penser et critiquer son temps, et avec lui l’état de la société instituée. Dès les années 1960, Ricœur a des mots très durs envers la société de consommation, également envers la rationalité instrumentale qui règne dans les sociétés modernes qui sont avant tout des sociétés de la technique. Les sociétés modernes sont des sociétés de l’abondance qui encouragent l’expérience du « mauvais infini<a href=""#_ftn39"">[39]</a> », à savoir l’insatisfaction perpétuelle liée à l’insatiabilité des désirs sur le mode de la surconsommation, encore appelé « esclavage de la convoitise<a href=""#_ftn40"">[40]</a> ». L’image platonicienne du tonneau percé est devenue une réalité. L’homme contemporain est un consommateur que l’on incite à la boulimie, mais aussi que l’on déshumanise sous l’effet d’une société qui est elle-même déshumanisante : reprenant de l’anthropologie kantienne les domaines de l’avoir, du pouvoir et du valoir<a href=""#_ftn41"">[41]</a>, Ricœur dit respectivement qu’il s’accorde avec Marx pour dénoncer le malheur de la propriété encouragé par le système capitaliste, « Monstre-Capital<a href=""#_ftn42"">[42]</a> » ; il dénonce également que les institutions modernes, sous-entendu même en démocratie, favorisent elles-mêmes des passions du pouvoir : le problème n’est pas seulement que le pouvoir corrompt, mais qu’institutionnellement on encourage une telle corruption ; enfin, sur le plan du valoir, il reproche que la lutte pour la reconnaissance, qui se fait nécessairement par l’intermédiaire de « réalités culturelles », à savoir « à travers des <em>images</em> de l’homme » qui « font toutes la réalité de la culture<a href=""#_ftn43"">[43]</a> » – images qui relèvent de la coutume, des mœurs, du droit, ainsi que des arts – ne bénéficie pas des conditions culturelles satisfaisantes pour être non seulement réussie, mais menée de manière équitable par tout un chacun.</p><p>La rationalité instrumentale gangrène la société – Jürgen Habermas dirait qu’elle la menace d’un point de vue éthique en la « colonisant » – mais c’est aussi elle qui paradoxalement fait que le temps est à l’utopie. L’excellence dans la réalisation pose en effet de manière aiguë la question de la finalité. La rationalité instrumentale, parce que purement technicienne, évince la question du sens pour poser uniquement celle des moyens. Elle ne relève pas du registre de la décision mais du calcul des moyens pour parvenir à n’importe quelle fin, quelle que soit sa valeur. Ce n’est pas le pourquoi qui l’intéresse, mais le comment. Une société technicienne est « très consciente de ses moyens et parfaitement aveugle sur ses buts<a href=""#_ftn44"">[44]</a> ». Par le développement de la technique, nous sommes devenus de plus en plus capables de faire des choses, comme on nous fait aimer et désirer le changement pour le changement – le changement perpétuel sous prétexte qu’il serait synonyme d’évolution, de « progrès », et avec lui de « croissance » – et cela dans une logique de la prospective ou de la prévision qui consiste à vouloir se rendre maître autant que possible de l’avenir. D’une certaine manière, c’est donc contre la dystopie technicienne d’une société tournée mécaniquement ou automatiquement vers la croissance que Ricœur rappelle que d’autres utopies ou projets sont possibles, parce que la question de la finalité se pose. « Il y a un service de l’utopie aujourd’hui en un temps où la société a beaucoup de moyens et peu de buts<a href=""#_ftn45"">[45]</a> ». Paradoxalement, dans une société où tout devient prévisible, la possibilité de choisir est augmentée et non pas diminuée ; si je peux mieux savoir, calculer ce qui peut advenir demain, alors j’ai davantage la possibilité de faire un choix en connaissance de cause. L’utopie est le « futur remis à notre arbitre » :</p><p> [C]’est du futur projeté et voulu que naissent les véritables eschatologies : elles s’appellent utopies ; ce sont elles qui dessinent, à la merci du faire humain, l’horizon d’attente ; ce sont elles qui donnent les vraies leçons de l’histoire : celles qu’enseigne dès maintenant le futur remis à notre arbitre. La puissance de l’histoire, au lieu de nous écraser, nous exalte ; car elle est notre œuvre, même dans la méconnaissance de notre faire<a href=""#_ftn46"">[46]</a>.</p><p>Les sociétés de la prospective ravivent d’autant plus la question de la perspective que Ricœur dit en 1985, quand il commente les trois <em>topoï</em> hérités de la philosophie des Lumières<a href=""#_ftn47"">[47]</a>, que nous ne croyons plus ou très faiblement à une accélération vers le progrès, de même que nous ne pouvons plus affirmer que l’homme maîtrise le cours de l’histoire. Si le temps est à l’utopie, c’est donc d’une part parce que la question de la finalité se pose, d’autre part parce que le modèle hégémonique de la croissance est de plus en plus remis en cause. La perte de sens ravive ainsi la question du sens.</p><p>Le dialogue de Ricœur avec Michel Rocard en 1991 est sur ce point très intéressant : en s’inspirant de Michael Walzer, Ricœur propose à Rocard de poser la question de ce qu’est être socialiste aujourd’hui, ou de ce que doit être la conception socialiste du capitalisme, en termes de problème de distribution des biens. C’est-à-dire : quels sont ceux qui peuvent être distribués selon les règles du marché, et ceux qui échappent à une telle logique marchande ? Rocard répond en présentant le socialisme comme une utopie sociale née d’une réaction morale à un capitalisme en plein essor, qui a d’autant plus favorisé la richesse sans bornes qu’elle s’est faite au nom de la liberté. « Le socialisme a d’abord été une utopie éthique, celle d’une société radicalement non marchande, ce qui a correspondu sur le plan des idées au fouriérisme par exemple, et dans les faits à une pratique de l’association<a href=""#_ftn48"">[48]</a> ». Se disant lui-même socialiste dans l’esprit des « premiers fondateurs du socialisme », à savoir le socialisme comme « une volonté collective de justice sociale, de diminution de la dose d’arbitraire, de réduction des inégalités à ce qui est acceptable avec une répartition des talents, du risque ou de la responsabilité<a href=""#_ftn49"">[49]</a> », il affirme ne pas juger incompatible une société de marché avec le socialisme. Ricœur prolonge la discussion en parlant de la nécessité, « sans tarder », de critiquer le capitalisme « en tant que système de distribution qui identifie la totalité des biens à des biens marchands<a href=""#_ftn50"">[50]</a> » et, jugeant que la perspective proposée par Rocard mériterait d’être davantage accentuée si l’on veut s";;;;;;;;; 713;2;3;39;Moyen Âge et critique littéraire;;;;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p class=""p1"">Les histoires de la critique littéraire ne manquent pas, mais l’originalité du présent volume est de montrer que les médiévistes ont pris une part prépondérante et souvent insoupçonnée dans l’élaboration de ses modèles.</p>";"<p>Avant-propos</p><p style=""text-align: center;"">Chapitre I - La philologie science-pilote</p><p class=""cit"">Les origines antiques de la philologie<br />Le renouveau humaniste<br />Science allemande et philologie romane<br />La naissance de l’histoire littéraire<br />Vers une nouvelle philologie</p><p style=""text-align: center;"">Chapitre II - Un formalisme à la médiévale</p><p class=""cit"">L’origine des contes<br />Chansons de geste et oralité<br />Le problème des troubadours<br />La « poétique médiévale » de Paul Zumthor<br />Des rhétoriqueurs à l’Oulipo<br />Du roman en prose à la transtextualité</p><p class=""cit"" style=""text-align: center;"">Chapitre III - De Rome à Tintagel</p><p class=""cit"">Grandeur et misère de l’allégorie<br />Aux sources de l’affectivité médiévale<br />La redécouverte du médio-latin<br />L’empire des topoï<br />La revanche des celtisants : à l’origine des cultural studies ?<br />Un Moyen Âge pan-mythique</p><p style=""text-align: center;"">Chapitre IV - Le Moyen Âge si loin si proche</p><p class=""cit"">Nouvelle histoire et anthropologie historique<br />Marxisme et littérature médiévale<br />Bakhtine et la culture populaire<br />Denis de Rougemont et l’Occident<br />Du côté de l’anthropologie structurale<br />À la croisée des savoirs<br />Les aventures de la réception </p><p style=""text-align: center;"">Chapitre V - Pour une herméneutique du soupçon</p><p>Le « surplus » médiéval<br />Lectures psychanalytiques<br />Une déconstruction à la médiévale<br />L’invention du féminisme<br />Désir mimétique et homosexualité<br />Un post-colonialisme avant la colonisation ?<br />Un Moyen Âge plus proche de la nature ?</p><p> </p><p>Conclusion</p><p> </p><p class=""cit"">Index des noms de personnes</p><p>Index notionnel</p>";;15/04/2021;0;120x180;188;978-2-37924-170-3;978-2-37924-170-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_713.jpg;"<p>Souvent passés sous silence par les théoriciens de la littérature, l’art et la culture du Moyen Âge sont pourtant à l’origine de quelques-unes des interrogations majeures de la critique moderne. Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre que celle d’aujourd’hui, la civilisation médiévale, par le déplacement du regard auquel elle nous conduit, a en effet permis, en de nombreux cas, de renouveler notre regard sur l’objet littéraire. Sans prétendre à l’exhaustivité, ce livre propose un parcours à travers les débats qui, parfois depuis le Moyen Âge lui-même, ont alimenté le débat critique moderne. On y trouvera évoqués des médiévistes, les uns connus au-delà de leur spécialité, comme Zumthor, Curtius, Jauss ou Eco, d’autres un peu moins célèbres comme Rychner, Bédier, Dragonetti ou Köhler, mais tous dignes de retenir l’attention par le rôle qu’ils ont joué dans le renouvellement des paradigmes de la critique littéraire.</p><p> </p><p><em>Alain Corbellari est professeur de littérature française médiévale aux universités de Lausanne et de Neuchâtel. Il a travaillé en particulier sur l’histoire des études médiévales et la question de la réception de la culture médiévale dans la Modernité.</em></p>";"<p>Avant-propos<br />Alain Corbellari</p><p> </p><p>Les travaux consacrés à l’histoire, au classement et à l’exégèse des méthodes de la critique littéraire ne manquent pas (on peut citer Tadié 1987, Compagnon 1998 et Culler 2016, sans oublier les dossiers LHT, « Littérature Histoire Théorie », ainsi que l’« Atelier », du site <em>Fabula</em>), et la présente étude n’a pas pour ambition de les surclasser. Son objet est à la fois plus large et plus restreint. Plus large parce que les médiévistes y retrouveront des débats que les histoires générales de la critique passent généralement sous silence ; plus restreint parce qu’un certain nombre d’approches importantes, mais dont les liens avec les études médiévales sont par trop périphériques, n’y seront guère évoquées. L’ordre des mots dans le titre de cet essai est donc important : il s’agit moins d’expliquer comment les méthodes de la critique littéraire ont été appliquées à l’objet Moyen Âge (ce à quoi s’emploie d’ailleurs de plus en plus la revue <em>Perspective médiévales</em> à travers des dossiers critiques fort bien fournis : voir en particulier Valette 2005, Douchet 2014 et Dominguez/Gaucher 2019) que de montrer en quoi l’objet Moyen Âge a pu infléchir la critique littéraire.</p><p> Par conséquent, ce livre n’est pas réservé aux seuls médiévistes ; plus exactement, j’estimerais avoir manqué mon but si je ne parvenais à intéresser que les étudiants et chercheurs qui travaillent directement sur la littérature du Moyen Âge. Et pour le dire en une formule que j’affectionne, mais qu’il faut évidemment prendre <em>cum grano salis</em>, j’aimerais illustrer ici l’idée que le Moyen Âge mène à tout à condition d’en sortir.</p><p> La thèse que je défendrai est en effet qu’une part non négligeable de la critique littéraire moderne trouve son origine dans les débats dont la littérature médiévale a été l’objet. Longtemps méprisée, la production littéraire du Moyen Âge pose des problèmes dont la prise en compte a, plus souvent qu’à son tour, permis de renouveler des approches figées par la tradition du classicisme (ou du romantisme : en l’occurrence c’est tout un). Je n’aimerais bien sûr pas tomber dans le ridicule de prétendre que les médiévistes ont inventé toute la critique moderne : ils ne sont les promoteurs ni du structuralisme ni de la psychanalyse, encore que dans le cadre de ces deux approches leur apport n’ait pas été tout à fait insignifiant : les intuitions de Joseph Bédier sur la forme des contes n’a pas été sans influence sur un Vladimir Propp, et on verra un Jacques Lacan lui-même emprunter à la littérature médiévale l’un des exemples clés de son Séminaire.</p><p> Les cas, par ailleurs, où des médiévistes sont parvenus à sortir de leur spécialité pour proposer une méthode de portée générale ne sont pas rares : bien des critiques qui manient couramment les outils de l’« esthétique de la réception » ignorent que Hans Robert Jauss est, à l’origine, un exégète de la littérature médiévale et que c’est très précisément sa réflexion sur la spécificité de cette dernière qui l’a mené à élaborer la théorie à laquelle il doit sa célébrité. On sait peut-être mieux, par ailleurs, qu’Umberto Eco a commencé par étudier l’esthétique médiévale, et <em>Le Nom de la rose</em> a rendu un large public attentif à sa prédilection pour le Moyen Âge ; mais que le Eco sémioticien entretienne des liens étroits avec le Eco médiéviste reste peut-être à éclairer.</p><p> On s’étonnera peut-être que j’insiste ici sur les hommes plus que sur les mouvements. Ce choix est délibéré car si l’« archéologie du savoir » promue par Michel Foucault se donne pour tâche d’analyser les discours de <em>pouvoir</em>, dont l’anonymat fait l’efficacité, la critique se constitue davantage par des discours d’<em>autorité</em>. Sans nier que, selon l’adage traditionnel, « le savoir c’est le pouvoir », une différence demeure : les discours de pouvoir se caractérisent par l’oubli subreptice de leur origine (d’où la nécessité d’en retrouver les présupposés), tandis que les discours d’autorité restent portés par des noms propres : un disciple de Lacan revendiquera avec fierté sa filiation et ne la reniera que pour s’ériger lui-même en nouvelle autorité. La généalogie des discours critiques sera donc d’abord celle de leurs autorités. En même temps</p><p>— et la structure de cet ouvrage en cinq chapitres thématiques en témoigne — je ne prétends pas non plus réfuter l’idée des <em>épistémés</em> foucaldiennes (Foucault 1966), constellations historiques subsumant les discours d’une époque donnée, ni celle des « changements de paradigme » de Thomas Kuhn (1975). Cette notion, qui permet de comprendre l’alternance entre périodes de « science normale » et périodes de crise des paradigmes, est, par exemple, extrêmement utile pour comprendre l’évolution historique de la philologie, dont le figement à l’état de « science normale » pèse sur les études médiévales depuis le milieu du XIX<sup>e</sup> siècle. Il n’en reste pas moins que le foisonnement et l’affrontement des discours critiques rend difficile voire souvent impossible l’unification épistémologiques des positions qui s’affrontent dans une époque donnée.</p><p> Je ne me suis donc pas senti tenu de refaire ici tout l’historique des grands courants théoriques, mais j’espère que la compréhension de leurs tenants et aboutissants se trouvera enrichie par la perspective ici adoptée et que les spécialistes de la critique moderne trouveront un intérêt à voir traités sous un angle quelque peu différent de celui dont ils ont l’habitude les problématiques qui leur sont familières.</p><p> Les cinq chapitres à travers lesquels mon parcours se déclinera aborderont autant de positionnements couvrant les champs d’investigation critiques dans lesquels la littérature et la civilisation du Moyen Âge ont joué un rôle moteur. Sera d’abord traitée la question de la philologie, notion souvent mal comprise en France, mais dont l’évolution nous mène aux plus récents développements du geste éditorial et herméneutique ; le deuxième chapitre abordera le formalisme et ses prolongements structuralistes ; le troisième se penchera sur les approches qui ont cherché dans la pratique même des écrivains médiévaux les outils (allégorie, topoï, etc.) nécessaires à leur exégèse ; le quatrième portera sur les méthodes connexes aux disciplines historiques, de la « nouvelle histoire » à l’anthropologie littéraire en passant par le marxisme ; le cinquième, enfin, explorera les types exégétiques qui ont remis en question la transparence du discours littéraire : on y abordera en particulier la déconstruction, la psychanalyse et les études genres. Chemin faisant, on croisera une riche galerie de figures qui, de Marie de France à Giorgio Agamben, ont toutes encore quelque chose à nous dire sur le « surplus de sens » inlassablement promis par les œuvres de l’art.</p><p> </p><p> </p><p> </p><p> </p><h1> </h1>";;180;10.00;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p class=""p1"">Basé sur l’expérience de l’auteur, qui travaille sur ces questions et les enseigne depuis trente ans, l'ouvrage propose une histoire de la critique littéraire vue du point de vue du médiévisme : on n’y trouvera donc pas toutes les écoles critiques, mais la plupart ont quand même pu y trouver place, soit que les médiévistes — au sens large du terme — les aient inventées ou infléchies de manière décisive, soit que la littérature ou l’art du Moyen Âge aient offert à des méthodes qui a priori ne les sollicitaient pas, des exemples susceptibles d’en éclairer et d’en consolider les principes.</p>";;11/12/2020 10:45;0;Première;4027 714;2;3;17;Balzac. Multiples genèses;;;;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p class=""p1"">Polymorphes, plurielles et apparemment sans limite, les œuvres de Balzac constituent un défi à l’histoire littéraire comme à l’analyse textuelle. L'étude entend élaborer une approche génétique face à cette multiplicité fascinante.</p>";"<p class=""Tdmtitre"">Introduction </p><p style=""text-align: center;"">Première partie<br />La génétique textuelle face au corpus balzacien</p><p style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 1<br />Historique de la génétique balzacienne </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 2 <br />La génétique à l’épreuve (1) : question de l’interprétation </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 3<br /> La génétique à l’épreuve (2) : contraintes définitionnelles et méthodologiques </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 4 <br />Leçons de lecture de la genèse : le vicomte de Lovenjoul et Les Paysans </p><p style=""text-align: center;"">Deuxième partie<br />Processus et techniques de création</p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 5<br /> Enjeux et paradoxes de la composition hétérogène </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 6<br /> Modélisation de la gestion rédactionnelle </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 7<br /> Le manuscrit comme lieu de dialogues spatio-temporels </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 8<br /> Une expérience limite du texte imprimé</p><p style=""text-align: center;"">Troisième partie<br />Ordonnance d’une œuvre totalisante</p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 9<br /> L’Œuvre-somme comme horizon : Le travail d’édification cyclique </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 10<br /> Modes de publication et poétique du chapitre </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 11<br /> Genèse des personnages reparaissant </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 12<br /> Organisation du réseau des personnages : <em>La Peau de chagrin</em> (1831-1846) </p><p style=""text-align: center;"">Quatrième partie<br />Paratextes et fragments insérés</p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 13<br /> Paratextes balzaciens : genèse et interprétation </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 14<br /> Discours du savoir et réflexion poétique : la préface d’Illusions perdues (1837) </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 15<br /> Fonction préfacielle et tensions interactives : la dédicace d’Illusions perdues (1843) </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 16<br /> Textes dans le texte : jeux et réalisme </p><p class=""Tdminter"" style=""text-align: center;"">Cinquième partie<br />Axes de dynamisation du récit le dossier de <em>César Birotteau</em></p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 17<br /> Études préliminaires du dossier </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 18<br /> Insertion de textes commerciaux au second degré </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 19<br /> Construction d’un personnage d’envergure :<em> Nucingen </em> </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 20<br /> Scénographie de table </p><p class=""Tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;""> </p><p class=""Tdmtitre"">Conclusion </p><p class=""Tdmtitre"">Annexe<br /> Descriptif des dossiers de genèse de <em>La Comédie humaine</em> (Fonds Lovenjoul) </p><p class=""Tdmtitre"">Bibliographie </p><p class=""Tdmtitre"">Sources textuelles </p>";;20/05/2021;0;137x220;416;978-2-37924-158-1;978-2-37924-158-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_714.jpg;"<p>Polymorphes, plurielles et apparemment sans limite, les œuvres de Balzac constituent un défi à l’histoire littéraire comme à l’analyse textuelle. On se trouve face à une écriture qui excède toute délimitation préexistante, à un ensemble de livres réfractaire aux cadres éditoriaux traditionnels et à un travail que la vulgate de la critique génétique peine à bien définir. Sans oublier une longue tradition érudite de l’investigation du corpus balzacien, force est de voir à partir de différents sites comment s’élaborent chez cet écrivain un questionnement inlassable sur la mise en forme romanesque, une articulation originale d’éléments de composition et une gestion dynamique de l’édition de son œuvre plurielle. La présente étude se veut une introduction à un tel programme génétique.</p><p> </p><p><em>Takayuki Kamada est professeur à l’Université de Shinshu. Spécialiste de Balzac, il travaille principalement dans le domaine de la critique génétique. Il a notamment publié </em>La Stratégie de la composition chez Balzac. Essai d’étude génétique d’<em>Un grand homme de province à Paris Surugadai-shuppansha, 2006).</em></p>";"<p>Introduction</p><p> </p><p class=""T_a ParaOverride-1"">Expériences d’une immensité</p><p class=""txt_Normal"">Aborder Balzac, affronter son œuvre, c’est faire face à une immensité scripturale tout à fait originale et insolite. On connaît bien l’ambition sans pareille du romancier qui, dans le passage célèbre de l’« Avant-propos » de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span>, s’érige en « secrétaire » de la société française dont il entreprend une description exhaustive :</p><p class=""txt_Citation"">La Société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire. En dressant l’inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caractères, en choisissant les événements principaux de la Société, en composant des types par la réunion des traits de plusieurs caractères homogènes, peut-être pouvais-je arriver à écrire l’histoire oubliée par tant d’historiens, celle des mœurs<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Pour faire apparaître la perspective d’une œuvre-somme à l’horizon, les affirmations qu’il multiplie dans ses discours préfaciels réitérés tout comme dans ses très nombreuses lettres personnelles sont toujours grandiloquentes : « Mais comment rendre intéressant le drame à trois ou quatre mille personnages que présente une Société<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span> ? » ; « moi, j’aurai porté une société tout entière dans ma tête<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span> ». En penseur de « l’homme social<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span> », l’auteur tente de « construire un monument, durable plus par la masse et par l’amas des matériaux que par la beauté de l’édifice<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span> », et « d’arriver à la synthèse par l’analyse, de dépeindre et de rassembler les éléments de notre vie, de poser des thèmes et de les prouver tous ensemble, de tracer enfin l’immense physionomie d’un siècle en en peignant les principaux personnages<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span> ». En effet, avec le procédé du retour des personnages, il s’évertue à « fabriquer le temps<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span> ». Tout ceci, d’ailleurs non sans humour, le romancier s’attribuant la figure du « grrrrand auteur de la grrrrrrrande <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Com</span>[<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">édie</span>] <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">hum</span>[<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">aine</span>]<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">De la sorte, on rencontre chez lui une propension fondamentale au dépassement de toute délimitation générique et de toute convention éditoriale, préexistantes pour la mise en forme du roman, et une volonté d’apporter, par accumulation et remembrement, une série d’œuvres multiples, polymorphes, polycentriques et en même temps pourvues d’une orientation fortement totalisante. De fait, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span>, selon son dernier plan de classement en « études » et en « scènes », rendu public dans le « Catalogue de 1845 », devrait contenir en vingt-six volumes cent trente-sept titres d’œuvre dont cinquante restent à faire. Si la plupart des récits notés comme en projet finissent par être laissés à l’abandon sur le chantier, cinq textes<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span>, sans être annoncés dans un tel catalogue apparemment complet, viendront rejoindre l’architecture romanesque. Finalement, l’armature de l’édifice, basée sur les consignes de reclassement données par l’auteur dans son exemplaire personnel en prévision d’une nouvelle édition, le Furne corrigé<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> (« le manuscrit final de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span><span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span><span class=""typo_Italique CharOverride-1""> </span>» d’après son testament du 28 juin 1847, et effectivement la dernière version revue par lui), nous offre aujourd’hui une centaine de textes romanesques environ, si l’on compte pour une unité chaque partie ou épisode d’une œuvre de grande dimension. Cette énorme masse d’écriture, qui représente douze volumes en édition Pléiade, se complète, pour en rester dans ce même cadre d’édition prestigieuse, de trois autres tomes consacrés aux <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Œuvres diverses</span>, dont le dernier est encore en attente à ce jour<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>. Nous nous trouvons, rappelons-le surtout, devant une collection exorbitante d’œuvres étroitement liées les unes avec les autres, du moins pour ce qui est de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span> et d’une partie des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Œuvres diverses</span>, de façon à ce que la portée et les significations d’une <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">pièce</span> ne se comprennent pleinement que par rapport à la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">totalité</span> qu’elles composent ensemble, comme l’a maintes fois souligné l’auteur. Cette obsession d’inclusion d’un Tout se manifeste chez lui d’autant plus fortement que, précisément, il sent toute unité humaine et sociale menacée comme jamais auparavant sur un fond de turbulences postrévolutionnaires conduisant à marquer le corps social par un défaut de cohésion et des effets de discontinuité<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>. C’est là un véritable défi épistémologique et esthétique qui donne à l’œuvre balzacienne la facture d’un corpus littéraire singulièrement inédit.</p><p class=""T_a"">Enjeux génétiques</p><p class=""txt_Normal"">Avec Balzac et la formule de l’œuvre-somme, l’œuvre-monde, dont il est largement l’inventeur, nous avons à faire l’expérience d’un immense complexe scriptural, d’un excès créateur, avant même que nous n’entrions pour de bon dans le champ des opérations de genèse chez cet auteur, que le présent livre se donne comme objet privilégié. On pourrait objecter, face à la prise de position génétique qui est la nôtre, que l’ensemble gigantesque des œuvres « finales » de Balzac constitue d’ores et déjà un corpus qui se suffit à lui-même, ou plus que cela : un objet herméneutique débordant de toutes parts, tel que le montre le texte critique dûment et magistralement établi dans l’édition de la Pléiade précédemment citée. Mais ainsi, la question serait sans doute mal posée. Car l’écriture balzacienne est fondamentalement de nature à rendre problématique toute délimitation, et en l’occurrence, celle du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">texte</span> et des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">avant-textes</span>, l’enjeu étant, pour le projet qui devient <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span>, de construire et intégrer de multiples portions textuelles les unes après les autres de manière mobile, en les corrigeant, augmentant et permutant sans cesse. Nous sommes en présence d’une nuée de textes interconnectés, toujours en mouvement et en action, et dont la configuration n’en finit pas de se transformer. Il serait alors particulièrement épineux d’en déterminer le <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">terminus a quo</span> et surtout le <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">terminus ad quem</span> à proprement parler<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>. En effet, même le Furne corrigé, base textuelle des éditions critiques modernes de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span>, ne livre pas un état textuel aussi stable que d’aucuns pourraient le croire : c’est une version qui, sans accéder à la publication du vivant de l’auteur, était encore au stade préparatoire pour une seconde édition de l’édifice romanesque, où Balzac a apporté des corrections de texte et de classement, certes apparemment modérées dans la plupart des cas, mais qui sont souvent significatives dans le fond. Dans cette mesure, nous avons affaire à un ensemble textuel hypertrophique et aux frontières en partie indéterminées<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span>. De ce fait, ce qu’on appelle l’œuvre balzacienne est à tout moment inséparable de sa dimension génétique, dont les tentatives de lecture ne peuvent difficilement se passer<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Le tropisme de réorganisation perpétuelle et la nature pléthorique de l’écriture balzacienne exigent qu’on l’appréhende sous différents états textuels et éditoriaux. Il faudrait l’explorer à toutes les échelles et dans toutes les directions. Mais s’agissant, encore une fois, d’un archipel scriptural démesuré, la tâche ne va pas de soi pour une discipline considérée comme « l’une des seules innovations notables<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span> » des dernières décennies du<span class=""typo_SC""> xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. S’entend pour nous, précisons-le, une génétique méthodologique, descriptive et analytique qui se doit de s’appuyer sur les traces repérables de création dans un ensemble de documents concrets<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span>. Puisqu’il est maintenant question d’envisager l’avant-texte, qui n’est pas une donnée, mais une construction à établir, quel corpus avant-textuel délimiter et aborder concernant l’œuvre de Balzac<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span> ? Pour tenter d’y répondre, il convient d’abord de rappeler que les documents « auctoriaux » de genèse chez Balzac, fort nombreux en proportion avec les publications effectuées par l’écrivain, sont abondamment conservés à ce jour. Ils se trouvent essentiellement dans le fonds Lovenjoul à la Bibliothèque de l’Institut de France. Pour se limiter à la rubrique œuvres et aux documents en matière rédactionnelle proprement dits, on ne compte pas moins de quelque deux cent cinquante dossiers originaux constitués de manuscrits et/ou épreuves corrigées de l’auteur concernant les romans qui forment <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span>, ainsi que les œuvres diverses des différentes périodes de sa carrière. Connues comme un outil de travail à part entière (« un second manuscrit<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span> », selon le romancier) et à ce titre une marque des inventions balzaciennes par excellence dès son vivant, les épreuves corrigées, parce qu’un texte en préparation nécessite une relecture à plusieurs reprises avant le bon à tirer, sont très massivement présentes dans ses papiers conservés, en portant d’innombrables traces de ses interventions manuscrites. Certains dossiers d’œuvres sont abrités ailleurs, certes en nombre relativement limité, sous l’égide de la Bibliothèque nationale de France, de la Maison de Balzac, de la Bibliothèque Bodmer à Genève, etc. Étant donné qu’il n’est pas rare qu’un recueil de documents donné contienne des centaines de pages, tout cela est ramené à une somme plus que gigantesque et intimidante. Bien entendu, s’y ajoutent encore les imprimés réalisés sous le contrôle du romancier : les pages périodiques et les volumes d’édition successivement publiés, dévoilant plus ou moins de variantes à retenir, jusqu’au Furne corrigé<span class=""typo_Italique CharOverride-1""> </span>inclus<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span>. La valeur génétique de ces pages et fascicules attire toujours l’intérêt de la critique.</p><p class=""txt_Normal"">Par conséquent, nous avons un arsenal de documents foisonnants et hétérogènes qui sont peu ou prou dans une relation d’interdépendance les uns avec les autres. Cette situation met à mal le postulat de l’approche génétique mise en place au seuil du dernier quart du<span class=""typo_SC""> xx</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-3"">e </span>siècle comme on l’a noté, car celle-ci a été établie fondamentalement pour l’exploration d’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">une</span> œuvre (à l’autre) et non pour la recension unifiée de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">plusieurs</span> œuvres en chantier<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span>. La confrontation avec l’écriture balzacienne dévoile l’absence d’un modèle d’application génétique – ceci malgré de nombreuses études traditionnelles portant sur les manuscrits et fragments particuliers de cet auteur – qui serait apte à l’examen d’une matière cyclique d’envergure<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span>. Dans ces conditions, toute une problématisation méthodologique et critique de la part des chercheurs en la matière parvient par la suite, durant les années 1980-1990, à l’instauration d’une nouvelle génétique balzacienne, avec une orientation précise et pointue : la macrogénétique. Ciblant un ensemble de gestions globales chez Balzac (planification de séries et de cycles, conclusions éditoriales, publication, rééditions), cette méthode, représentée entre autres par l’investigation magistrale de Stéphane Vachon<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span>, a su stimuler l’attention critique de plus en plus portée aux actes de création dynamiques et significatifs de l’auteur de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Or, privilégier exclusivement cette approche macrostructurelle, ce serait oublier que l’objet final de la génétique balzacienne est d’appréhender dans son <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">ensemble</span> un mouvement de genèse des plus complexes. En effet, définie par essence comme une « génétique de l’imprimé<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 25</a></span></span> », la macrogénétique implique pour corollaire un certain éloignement vis-à-vis des documents rédactionnels en amont, pages manuscrites et épreuves corrigées. Le mot d’ordre d’une nouvelle ère de l’application de la génétique pour l’écriture balzacienne devrait être d’en diversifier les points de vue et les procédés. Une telle démarche d’approfondissement se met désormais en place progressivement, mais avec une lenteur certaine, vu la totalité des matériaux à disséquer<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 26</a></span></span>. Pour essayer de compléter et d’intensifier le mouvement d’étude engagé, il est nécessaire d’envisager d’explorer dans des directions multiples cet ensemble à géométrie variable, même si la restriction documentaire s’avère tout de suite impérative. Telle est la question devant laquelle nous nous trouvons.</p><p class=""T_a"">Programme d’un parcours</p><p class=""txt_Normal"">Oscillant entre les deux pôles d’exigence – investigation des flots de récits, à quelque niveau que ce soit, pour en saisir les réseaux de la dynamique génétique balzacienne, d’une part, et implacable nécessité de délimitation documentaire à des fins d’analyse rigoureuse, de l’autre –, nous sommes amené à un choix : celui de lieux et sites qui semblent prégnants, stratégiques et sensibles, et qui rendraient palpable la richesse d’un terreau de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">multiples genèses</span>. Il importe à cette fin d’assurer une diversité d’angles d’observation. Alors que la génétique balzacienne, ces dernières décennies, laissait voir quelque mise à l’écart des documents autographes pour favoriser la lecture des états successifs <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">publiés</span>, nous nous proposons d’intégrer en la revalorisant la partie manuscrite des dossiers de genèse dans l’exercice d’investigation qui suit. L’intérêt pour nous est de voir, à partir de différents espaces de genèse (documents d’initialisation et de rédaction, matériaux éditoriaux et post-éditoriaux, ensembles de récits et paratextes), comment s’élabore chez cet écrivain un questionnement inlassable sur la mise en forme romanesque, une articulation originale d’éléments de composition et une gestion dynamique de l’édition de son œuvre plurielle. Ces points d’exploration relèvent fondamentalement d’une poétique du style de genèse telle que la fait valoir Anne Herschberg Pierrot, impliquant une stylisation des pratiques de travail de l’écrivain ainsi qu’un examen des rapports de continuité chez lui entre style de genèse et style de l’œuvre<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 27</a></span></span>. Nous tenterons alors d’étudier en cinq temps l’univers de la création balzacienne afin de nous pencher sur ses effets de déroulement et de dynamisation.</p><p class=""txt_Normal"">La première partie, préalablement à l’analyse proprement dite des matériaux génétiques ciblés, propose un passage en revue des enjeux de l’approche génétique confrontée au corpus balzacien. On examinera en premier lieu l’évolution historique des études de la genèse de cette immense matière littéraire depuis la documentation fondatrice du vicomte de Lovenjoul jusqu’aux travaux d’enquête avancés pendant les dernières décennies, afin de réexaminer l’intérêt du corpus et de cerner la problématique et la perspective d’une génétique balzacienne à venir. C’est également pour celle-ci que les deux chapitres suivants porteront sur la question de la mise à l’épreuve de la vulgate de la génétique textuelle. Ils auront respectivement pour objet de repenser sa portée herméneutique parfois contestée et de s’interroger sur l’autodéfinition méthodologique de l’étude de genèse, établie notamment par rapport aux disciplines concurrentes, la philologie traditionnelle et la théorie du texte. Cette partie se terminera en questionnant de quelle manière la génétique balzacienne en état d’actualisation peut mettre à profit les ressources des études dites classiques et en réévaluant à cet égard l’étude des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Paysans</span> par le vicomte de Lovenjoul.</p><p class=""txt_Normal"">Ensuite, nous essaierons de stipuler les principaux éléments de mise en œuvre des processus de création et des techniques rédactionnelles chez Balzac. Il s’agit d’une part de modéliser ses actes de composition et le mécanisme de leur dynamisation à deux niveaux, programmation globale et rédaction particulière, c’est-à-dire, planification structurante d’une série de romans et élaboration concrète de chaque texte. Ceci, en modulant les typologies des avant-textes qui ont précédemment été développées en théorie génétique et en proposant une nomenclature des documents balzaciens qui se détaillent assez singulièrement pour que soit nécessaire une redéfinition de la terminologie classificatoire dans un sens plus souple et étendu. Et il s’agit d’autre part d’étudier de plus près le mode d’emploi des supports habituels de Balzac, manuscrit et épreuves, servant à canaliser un déploiement original de son écriture narrative. Examinant l’organisation des étapes d’élaboration, sophistication des procédés et d’autres variations techniques, on verra comment s’articulent chez cet écrivain les gestes macrostructurels et « microstructurels<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 28</a></span></span> », et quels rapports de dynamisation il y a dans leur combinaison<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 29</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Notre troisième partie portera sur la question de l’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">ordonnance </span>à différents niveaux. Cela s’entend d’abord de la formule d’organisation éditoriale. Il s’agit de reconsidérer l’historique des élaborations sérielles et cycliques chez cet auteur, qui, en quête d’un livre-somme, décline et étend ses tentatives dans un itinéraire éminemment novateur : depuis le projet d’une <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Histoire de France pittoresque</span> jusqu’aux derniers remaniements de <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Comédie humaine</span> en passant par différentes étapes expérimentales de regroupement des œuvres constitutives. Nous nous intéresserons également aux rapports entre les modes de publication et l’économie « chapitrale », en nous rendant attentif, sur le plan poétique, aussi bien à la mobilisation de stratégies éditoriales qu’à la disposition de la surface des récits multiples. Ensuite, nous nous arrêterons sur les efforts d’agencement génétique des personnages chez Balzac : d’un côté, la conception et la mise en application de la technique du retour des personnages romanesques dans ses œuvres en devenir, et de l’autre, l’organisation des réseaux actantiels à l’échelle d’un roman au fil de ses rééditions, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Peau de chagrin</span> en l’occurrence .</p><p class=""txt_Normal"">Le quatrième temps de notre essai consistera à étudier la genèse de certains îlots textuels spécifiques : paratextes et textes-objets. Car le mécanisme complexe des parties et du tout chez Balzac, abordé dans les chapitres précédents, est à explorer également au niveau de la constitution des entités paratextuelles<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 30</a></span></span>. La partie s’ouvrira sur un essai de problématisation théorique et critique de ces dernières, en mettant au point la dimension génétique des textes d’accompagnement balzaciens, et en proposant une perspective d’étude de leurs aspects de transformation en interférence avec l’espace matriciel (romans, cycles) qu’ils <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">présentent</span>. Nous analyserons de plus près les discours préfaciels autour d’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Illusions perdues</span>. Il s’agit de comprendre comment l’auteur dans la préface de l’actuelle première partie de la trilogie, à l’occasion de la clôture éditoriale des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Études de mœurs au</span><span class=""typo_SC_italic""> </span><span class=""typo_SC_italic CharOverride-4"">xix</span><span class=""typo_Exposant_Italic _idGenCharOverride-1"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-1""> siècle</span>, conçoit et travaille tout au long de sa rédaction une logique de totalisation. Notre deuxième étude du dossier paratextuel cible la dédicace de la trilogie réunie, adressée à Victor Hugo, où Balzac parvient à construire un discours valorisant de son œuvre stratégiquement en rapport avec le dédicataire, mais non sans risques de dysfonctionnement et de dérapage. S’y ajoute une analyse des textes-objets au second degré dans les romans balzaciens, dont les modes d’insertion et le travail textuel et typographique méritent une attention particulière : on avancera un classement des procédés et une lecture de leurs effets, en privilégiant ici encore le dossier d’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Illusions perdues</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Enfin, notre parcours se terminera sur une lecture de la genèse d’un dossier de roman substantiel : <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">César Birotteau</span>. Nous n’entendons pas, précisons-le, quitter le domaine de la multiplicité des foyers génétiques pour nous limiter aux réactivations d’un seul espace d’invention chez Balzac. Au contraire, l’objectif est ici de réfléchir sur différents aspects d’entrecroisement et d’échange entre un récit singulier en plein devenir et un horizon macrostructurel qui s’élabore en vue de la future <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">Comédie humaine</span>. Le roman de 1837 manifeste alors trois axes de dynamisation de première importance : 1) les deux textes de prospectus commerciaux insérés dans la matrice romanesque, qui, au niveau de la fiction, sont maniés respectivement par Birotteau et Popinot, 2) la construction langagière de Nucingen, personnage d’envergure au patois approximativement tudesque, singulièrement développé dans et par la double gen&e";;;;;;;;; 715;1;3;34;Circulation des idées dans l’art contemporain;N°32/2021;;;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p class=""p1"">La revue marges étudie ici une question qui suscite de nombreux débats, à savoir l’importance prise par nombre de discours issus des sciences humaines dans la création artistique et son appréciation.</p>";"<p>Éditorial – Jérôme Glicenstein</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : La circulation des idées dans l’art contemporain</strong></p><p> </p><p>Nicolas Heimendinger<br />« Introduction. La circulation des idées dans l’art contemporain »</p><p>Marie Vicet<br />« Brouillage dans la transmission du message au sein de l’exposition ""Les Immatériaux"" »</p><p>Juliette Pym<br />« Sur le Whitney Independent Study Program : récit d’une mise en pratique de la théorie critique dans les mondes de l’art »</p><p>Philippe Le Guern<br />« Sur le tournant anthropologique en art… et le tournant esthétique en anthropologie »</p><p>Marine Schütz<br />« Les musées européens, des espaces de circulation pour la pensée décoloniale ? »</p><p>Claire Salles<br />« (Se) débattre avec l’esthétique : l’appropriation par la revue <em>Texte zur Kunst</em> de la philosophie spéculative contemporaine »</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Témoignage</strong></p><p>Lia Giraud<br />« Dialogiques de l’œuvre-processus. Echanges interdisciplinaires dans un contexte de recherche en art »</p><p>Entretien<br />Entretien de Nicolas Heimendinger avec Laurent Jeanpierre</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p style=""text-align: left;""><br />Yasmina Benabderrahmane</p><p> </p><p>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</p>";;29/04/2021;0;155x220;192;978-2-37924-150-5;978-2-37924-150-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_715.jpg;"<p> </p><p><strong>Dialogiques de l’œuvre-processus. Echanges interdisciplinaires dans un contexte de recherche en art</strong><br />Lia Giraud</p><p>Le renouveau d’une « circulation des idées dans le monde de l’art » est ici observé dans un nouveau contexte de création artistique s’inscrivant au cœur des institutions de recherche. Elle s’appuie sur une expérience particulière d’artiste et de chercheuse, ayant intégré entre 2012 et 2017 le programme doctoral SACRe de l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL). Ce contexte offre un terrain choisi pour étudier les échanges entre les disciplines artistiques, mais aussi entre l’art contemporain et d’autres disciplines, issues du monde scientifique et universitaire.</p><p> </p><p><strong>Sur le tournant anthropologique en art… et le tournant esthétique en anthropologie</strong><br />Philippe Le Guern</p><p>Observant la curiosité réciproque que semblent partager l’art contemporain et l’anthropologie la plus actuelle, cet article s’efforce de saisir les raisons, la portée et les enjeux de ce tournant ethnographique de l’art et, simultanément, du tournant artistique de l’anthropologie. Il montre que se jouent notamment, dans la constitution de cet espace dialogique singulier, des questions aussi essentielles que celles qui touchent à la formation des conventions esthétiques et à leur nature socialement construite, à la portée sociale et politique du geste créatif, au rapport entre la pratique et la réflexivité. En définitive, n'est-ce pas la tension classique entre relativisme et universalisme qui se rejoue dans cette attraction mutuelle ?</p><p> </p><p><strong>Sur le Whitney Independent Study Program : récit d’une mise en pratique de la théorie critique dans les mondes de l’art</strong><br />Juliette Pym</p><p>Le Whitney Independent Study Program peut être décrit comme le lieu du passage entre la théorie critique héritée de l’école de Francfort, alliée à d’autres influences théoriques, et la conception de pratiques artistiques interdisciplinaires, tournées vers le questionnement de leurs propres conditions. À travers des réseaux d’identification renforcés par une pédagogie radicale, l’idée d’une éthique de la pratique artistique y est développée comme la condition d’une mise en pratique méthodique et nécessaire de la critique, dans les mondes de l’art et au-delà.</p><p> </p><p><strong>(Se) débattre avec l’esthétique : l’appropriation par la revue Texte zur Kunst de la philosophie spéculative contemporaine</strong><br />Claire Salles</p><p>L’article identifie dans le dossier consacré en 2014 par la revue d’art contemporain <em>Texte zur Kunst</em> au réalisme spéculatif un retour paradoxal à la valorisation de l’expérience artistique et critique. Ce retour est paradoxal, car la philosophie spéculative tendrait plutôt à minimiser le rôle de l’appréhension humaine des phénomènes. L’expérience directe permise par la spéculation est promue au détriment de la réflexion sur les conditions de cette expérience et de son écriture. Des pistes alternatives sont proposées pour conclure, notamment le partage des perspectives et certaines réflexions sur l’anthropocentrisme en <em>Media Studies</em>.</p><p> </p><p><strong>Les musées européens, des espaces de circulation pour la pensée décoloniale ?</strong><br />Marine Schütz</p><p>L’article aborde le rôle des musées européens dans le processus de circulation des idées décoloniales en étudiant deux accrochages produits en 2019 au Mucem de Marseille, et au Bristol Museum and Art Gallery. Il vise à sonder les points de rencontre entre les intentions des conservatrices de ces musées qui procèdent au renversement des points de vue sur l’histoire coloniale afin de rompre avec les perspectives culturelles et coloniales héritées du passé et le corpus critique décolonial.</p><p> </p><p><strong>Brouillage dans la transmission du message au sein de l’exposition « Les Immatériaux »</strong><br />Marie Vicet</p><p>Si Jean-François Lyotard et Thierry Chaput avait fait appel à nombreux concepts dans la conception de l’exposition « Les Immatériaux », celle-ci avait été en même temps pensée pour s’adresser avant tout à la sensibilité des visiteurs, privés de toute explication au cours de leur visite. Ce paradoxe rendait la compréhension du public particulièrement compliquée, voire impossible. Dans cet article, il s’agira de montrer, par l’étude des différentes stratégies mises en place par les commissaires, comment cette mauvaise transmission du message était incluse dans le projet même de l’exposition.</p><p> </p><p><strong> </strong></p>";"<p><strong>Éditorial</strong></p><p> </p><p>Les années 1960-1970 ont vu se multiplier les références théoriques en art, en lien avec d’importantes transformations sociales et institutionnelles : élévation du niveau de formation des artistes, apparition d’une critique d’art plus universitaire et théoricienne, émergence de la nouvelle figure du curateur comme concepteur d’expositions, politisation du champ artistique, etc. Si cette période très « théoriciste » semble s’être refermée, la place des idées dans l’art contemporain est pourtant loin d’avoir décru. Au contraire, les catalogues et les revues spécialisées, les déclarations d’intention des curateurs ou des artistes foisonnent de références à des intellectuels (Agamben, Butler, Deleuze, Foucault, Haraway, Latour, Rancière, etc.) et à des concepts en vogue – de l’anthropocène à l’<em>object-oriented ontology</em>, en passant par les propositions d’esthétiques accélérationniste, décoloniale ou <em>post-internet</em>, pour citer pêle-mêle quelques exemples récents. Réciproquement, philosophes, scientifiques et essayistes sont régulièrement invités à collaborer à des expositions, des formations, des <em>workshops</em>, etc.</p><p>Le champ de l’art contemporain connaît donc une intense circulation d’idées, dont les provenances comme les finalités sont nombreuses et variées. Ce phénomène est parfois regardé avec une certaine condescendance par les universitaires, du fait des confusions et des effets de mode qui tendent à accompagner l’introduction, parfois superficielle ou ostentatoire, de nouvelles idées dans le monde de l’art contemporain. Celles-ci méritent pourtant d’être prises au sérieux et examinées, tant pour leur intérêt théorique que dans leurs usages pratiques. Quelles sont leurs origines et comment se diffusent-elles ? Quels rôles jouent-elles dans les activités, les représentations, les stratégies de légitimation des artistes, des professionnels et des institutions du monde de l’art ? Ces questions permettent d’engager une réflexion sur la place, à la fois marginale et hautement valorisée, qu’occupe le champ artistique dans l’économie générale du champ intellectuel. L’art contemporain apparaît en effet aujourd’hui comme un lieu propice à la construction de certaines carrières intellectuelles, selon d’autres modalités que celles du champ universitaire ou médiatique. Certaines notoriétés s’y affirment, certaines idées nouvelles y émergent, et peuvent être ensuite exportées vers d’autres champs. Les mondes de l’art sont-ils donc susceptibles, à partir de ces « braconnages » théoriques, de devenir à leur tour des foyers de production et de diffusion d’idées au-delà de leurs frontières ?</p><p>Les premiers textes du dossier ont une approche plus distanciée historiquement. Marie Vicet revient sur « Les Immatériaux », l’exposition organisée autrefois par Jean-François Lyotard au Centre Pompidou. À l’époque, la question n’était pas tant de légitimer la création contemporaine en faisant appel à un philosophe réputé que de donner à voir des idées par le biais d’une exposition. Les artistes contemporains n’étaient d’ailleurs pas particulièrement présents, pas plus que les explications sur les enjeux du projet. Si cette exposition témoigne de changements techniques et sociétaux dont nous sommes les héritiers, il n’en demeure pas moins que cet ensemble ambitieux est resté largement hors de portée de ses destinataires, lesquels étaient privés de toute explication au cours de leur visite – cette mauvaise transmission du message étant d’ailleurs incluse dans le projet même de l’exposition.<strong> </strong></p><p>Juliette Pym s’intéresse quant à elle aux prémices de l’utilisation par les artistes de références théoriques, à travers l’exemple de l’Independent Study Program du Whitney Museum. Ce programme, décrit comme le lieu du passage entre la théorie critique héritée de l’école de Francfort et la conception de pratiques artistiques interdisciplinaires, tournées vers le questionnement de leurs propres condition est né à la suite des expérimentations néo-avant-gardistes new-yorkaises des années 1960 et a constamment été nourri des réflexions produites par la revue <em>October</em>. À travers l’utilisation de ces modèles, renforcés par une pédagogie radicale, l’idée d’une éthique de la pratique artistique y a été développée comme la condition d’une mise en pratique méthodique et nécessaire de la critique, dans les mondes de l’art et au-delà.</p><p>La deuxième partie du numéro concerne des situations plus récentes. Philippe Le Guern s’interroge sur l’influence de l’anthropologie sur certains courants récents de l’art contemporain. Un constat est fait : « le tournant ethnographique de l’art se caractérise par une politisation de l’esthétique tandis que le tournant artistique de l’ethnographie se caractériserait par une esthétisation de la pensée anthropologique ». Les artistes dont les objectifs sont d’intervenir dans des situations sociales font-ils pour autant œuvre d’ethnologues ? Quelle est la nature de leur engagement et à quels échanges peut-il donner lieu avec une discipline telle que l’anthropologie ? Cet article montre que se jouent, notamment, dans la constitution d’un espace dialogique singulier, des questions aussi essentielles que celles qui touchent à la formation des conventions esthétiques et à leur nature socialement construite, à la portée sociale et politique du geste créatif, au rapport entre la pratique et la réflexivité.</p><p>La question de l’appropriation de domaines théoriques par le monde de l’art ne se limite pas aux pratiques des artistes, mais se retrouve aussi dans le champ de la critique, au sein d’une revue d’art telle que <em>Texte zur Kunst, </em>laquelle à consacré un numéro entier à une notion telle que le réalisme spéculatif, en 2014. Les questions posées par Philippe Le Guern réapparaissent : s’agit-il d’un échange de bons procédés entre domaines séparés ou bien de pure appropriation de notions exogènes par le monde de l’art ? S’agit-il d’un retour à la valorisation de l’expérience artistique et critique ? Ce retour peut sembler paradoxal, car la philosophie spéculative tendrait plutôt à minimiser le rôle de l’appréhension humaine des phénomènes. L’expérience directe permise par la spéculation est en effet promue au détriment de la réflexion sur les conditions de cette expérience et de son écriture.</p><p>Le dernier texte du dossier permet de revenir à des pratiques concrètes avec les interventions d’artistes autour d’objets coloniaux. Deux musées sont abordés par Marine Schütz : le Mucem de Marseille et le musée de Bristol, ce qui permet de constater leur ouverture, mais peut-être aussi leur volonté de mettre à profit – pour ne pas dire instrumentaliser – des artistes contemporains afin d’offrir au public l’image d’une plus grande ouverture aux questions qui agitent la société contemporaine.</p><p>Nous publions également le témoignage de Lia Giraud, ancienne participante au programme SACRe, un programme qui met en relation des artistes contemporains et des centres de recherche autour d’un projet scientifique, lequel se concrétise par la réalisation d’un doctorat hybride. Ce témoignage permet d’envisager concrètement la richesse et les limites de ce genre de partenariat, tout en donnant un exemple concret de « circulation des idées dans les mondes de l’art ».</p><p>Un entretien avec Laurent Jeanpierre, chercheur en sciences politiques – et simultanément acteur occasionnel du milieu de l’art – permet de donner un point de vue un peu différent sur les limites entre pratiques artistiques et théories issues des sciences humaines.</p><p>Pour le reste, le numéro consacre quelques pages à un portfolio de Yasmina Benabderrahmane et à des comptes rendus d’ouvrages et d’expositions.</p><p class=""Default""><strong>Jérôme Glicenstein </strong></p><p class=""Default""><strong>Avril 2021 </strong></p>";"<p><strong>Dialogues of the work-process. Interdisciplinary exchanges in a context of art research</strong><br />Lia Giraud</p><p>The revival of a ""circulation of ideas in the art world"" is observed here in a new context of artistic creation at the heart of research institutions. It is based on a particular experience as an artist and researcher, having integrated between 2012 and 2017 the doctoral programme SACRe of the University Paris Sciences et Lettres (PSL). This context offers a chosen field for studying exchanges between artistic disciplines, but also between contemporary art and other disciplines from the scientific and academic world.</p><p> </p><p><strong>On the anthropological turn in art… and the aesthetic turn in anthropology</strong><br />Philippe Le Guern</p><p>Observing the reciprocal curiosity that contemporary art and the most current anthropology seem to share, this paper attempts to analyse the reasons, the scope and the stakes of this ethnographic turning point in art and, simultaneously, of the artistic turning point in anthropology. It shows that, in the constitution of this singular dialogical space, questions as essential as those concerning the formation of aesthetic conventions and their socially constructed nature, the social and political scope of the creative gesture, and the relationship between practice and reflexivity are raised. Ultimately, is it not the classic tension between relativism and universalism that is played out in this mutual attraction?</p><p> </p><p><strong>On the Whitney Independent Study Program : critical theory in the worlds of art</strong><br />Juliette Pym</p><p>The Whitney Independent Study Program can be described as a place of transition between critical theory inherited from the Frankfurt School, combined with other theoretical influences, and the conception of interdisciplinary artistic practices, oriented towards questioning their own conditions. Through identification networks reinforced by radical pedagogy, the idea of an ethics of artistic practice is developed at the ISP as a condition for the necessary and systematic application of critique, in the art world and beyond.</p><p> </p><p><strong>At Grips with Aesthetics: the Appropriation by the Journal <em>Texte zur Kunst</em> of Contemporary Speculative Philosophy</strong><br />Claire Salles</p><p>The article identifies in the dossier devoted in 2014 by the contemporary art journal <em>Texte zur Kunst </em>to speculative realism a paradoxical return to the valorisation of artistic and critical experience. Such a return is paradoxical because speculative philosophy would rather tend to minimise the role of human apprehension of phenomena. Direct experience through speculation is affirmed at the expense of reflecting upon the conditions of experience and writing. Alternative paths are proposed at the end of the article: the sharing of perspectives, and some works on anthropocentrism in Media Studies, among others.</p><p> </p><p><strong>European museums, spaces of circulation for decolonial thought?</strong><br />Marine Schütz</p><p>The article addresses the role of European museums in the process of circulation of decolonial ideas by studying two displays produced in 2019 at the Mucem of Marsesille and at the Bristol Museum and Art Gallery. It aims to probe the points of encounter between the intentions of the curators of these museums who are reversing the point of views on colonial history in order to break with the cultural and colonial perspectives inherited from the past they consider as hegemonic, and the decolonial critical body of works.</p><p> </p><p><strong>Interference in the transmission of the message within the exhibition “Les Immatériaux”</strong><br />Marie Vicet</p><p>If Jean-François Lyotard and Thierry Chaput employed many concepts in the conception of the exhibition “Les Immatériaux”, at the same time it addressed above all the sensitivity of visitors, deprived of any explanation during of their visit. This paradox has made public understanding particularly complicated, if not impossible. This article will show, by studying the different strategies implemented by the curators, how this poor transmission of the message was included in the project of the exhibition.</p><p><strong> </strong></p>";264;15.00;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p class=""p1"">La création contemporaine fait souvent appel à un champ de références issues des sciences humaines : sociologie, psychologie, études culturelles, pensée décoloniale… mais aussi parfois, des sciences dures ou appliquées. « La circulation des idées dans l’art contemporain » s’interroge sur ce phénomène au travers d’exemples de diverses pratiques artistiques et/ou de mises en forme de discours sur l’art.<span> </span></p>";;07/01/2021 09:57;1;;3675 716;2;3;13;Mettre la ville en musique (Paris-Berlin);;;;"<p style=""text-align: left;"">En croisant sociologie de la culture, sociologie urbaine et sociologie des professions, Myrtille Picaud analyse les hiérarchies et les transformations des scènes musicales contemporaines de Paris et Berlin.</p>";"<p><strong>Introduction <br /></strong>Analyser les espaces musicaux de deux capitales Paris et Berlin : décentrer le regard<br />Objectiver la musique en ville : quantifier, cartographier, observer les salles<br />Plan de l’ouvrage </p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 1.<br />La partition musicale de l’espace urbain </strong> <br />Les centres musicaux de deux capitales contrastées <br />Effets de lieu sur la labellisation musicale </p><p class=""Tdmtxt""> </p><p class=""Tdmtxt"" style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 2.<br />Changer la ville en musique </strong> <br />Les chaises musicales ou comment trouver sa place<br />Donner sa ville en spectacle : la musique, un enjeu politique </p><p class=""Tdmchap""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 3.</strong><br /><strong>Penser la plasticité des genres : l’espace des possibles musicaux </strong> <br />Se défaire du genre : structures et oppositions de l’espace musical parisien <br />L’homologie imparfaite entre programmations et cadres d’écoute de la musique <br />Traverser ou renforcer les frontières des territoires musicaux </p><p class=""Tdmchap""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 4.</strong><br /><strong>L’inégal développement professionnel d’une fonction d’intermédiaire </strong> <br />Programmateurs et programmatrices : un groupe hétérogène <br />À Paris, la « normalisation » des parcours <br />L’ouverture provisoire des possibles berlinois </p><p class=""Tdmchap""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 5.</strong><br /><strong>La programmation, entre production et réception ? </strong> <br />Donner accès à la scène et sélectionner les publics <br />Désintéressement et politisation des pratiques organisationnelles </p><p class=""Tdmchap""> </p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Chapitre 6.</strong><br /><strong>Travailler l’international </strong> <br />Analyser la place d’une capitale dans l’espace musical international<br />Ressources économiques et intermédiaires relais de l’internationalisation <br />L’internationale des réseaux des intermédiaires </p><p class=""Tdmchap""> </p><p class=""Tdmchap""><strong>Conclusion </strong> </p><p class=""Tdmchap""><strong>Bibliographie générale </strong> </p><p><strong>Annexes </strong><br />Les variables de l’ACM </p><p class=""Tdmchap""> </p><p><strong>Table des documents </strong> Graphiques Figures Cartes Encadrés </p>";;20/05/2021;0;137x220;304;978-2-37924-178-9;978-2-37924-178-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_716.jpg;"<p>Au Berghain à Berlin, des personnes se déhanchent torse nu sur des beats électro pendant qu’à Paris d’autres ondoient dans la fosse du Bataclan, et que dans les philharmonies des deux villes des publics applaudissent l’orchestre qui vient de se produire. D’un lieu à l’autre, cet ouvrage interroge la façon dont les différentes salles de musique conditionnent nos façons d’écouter la musique et les hiérarchies entre genres musicaux. Il nous fait entrer dans les coulisses du travail de programmation, en étudiant la sélection des artistes qui montent sur scène. Qui sont les femmes et les hommes, qui œuvrent, le plus souvent dans l’ombre, à leur rencontre avec les publics ? De Paris et Berlin, la cartographie des scènes musicales contemporaines permet d’entrevoir le rôle des salles de musique dans les transformations urbaines des capitales, notamment les phénomènes inégaux de gentrification. En étudiant pour la première fois les salles de musique dans leur diversité, ce livre témoigne des enjeux artistiques, professionnels et urbains qui sous-tendent l’émergence de capitales musicales et leur reconnaissance à l’international.</p><p><br /><em>Myrtille Picaud a soutenu sa thèse en 2017 à l’EHESS. Elle s’intéresse aux questions de démocratisation de la culture, aux répertoires culturels dans les mobilisations politiques, aux mutations urbaines et aux inégalités sociales et genrées. En 2021, elle est post-doctorante à l’Université Gustave Eiffel et associée au Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés.</em><br /><br /><br /></p>";"<p>Introduction <br />Myrtille Picaud</p><p> </p><p class=""premierPara"">Auditorium, club, squat, discothèque, cabaret, salle de concert, théâtre, caf-conc’, stades… Autant d’endroits où l’on peut apprécier de la musique <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> ou « vivante », offerte par des artistes à un public en attente de sensations, de rencontres et d’émotions esthétiques. Par-delà l’expérience commune de la musique, ces lieux renvoient à une grande diversité de cadres d’écoute et d’univers sociaux. Ici, on balance de la tête et on tape du pied en cadence, sirotant une bière. Là, on rugit son enthousiasme tout en frappant dans ses mains, on se rentre dedans violemment en se sautant dessus, on se déhanche au rythme du stroboscope, baignant dans des fumées éthérées et des corps transpirants. Ailleurs, confortablement assis·e en silence on s’adonne à des formes d’écoute intérieure. Certaines salles sont vastes et peuplées de fauteuils chatoyants, tandis que d’autres dégagent des effluves de mégots et d’alcool renversé. À côté des scènes se dressent des DJ <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">booths</span> (cabines). Certaines fosses accueillent les orchestres, d’autres, les danseurs et danseuses ondoyantes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-057-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>. Mais les scènes ne seraient rien sans leurs publics. Ils font partie intégrante du spectacle : gravissant les marches du grand escalier de l’Opéra Garnier, indifférents à la symphonie criarde des vendeurs et vendeuses de programmes ; patientant dans leur tenue d’apparat cuir, ou paillettes, piétinant la voie gelée qui mène au Berghain, la fameuse boîte de nuit berlinoise ; nichés autour de tables basses encombrées de ruineuses bouteilles dans les espaces VIP (<span class=""CharOverride-1"">v</span><span class=""typo_Italique CharOverride-1"">ery important person</span>) de discothèques des beaux quartiers. Les amateurs et amatrices de musique offrent ainsi un tableau aussi différencié que les lieux qui les accueillent.</p><p class=""txt_Normal"">Ces images renvoient tant à des postures et des interactions qu’à des lieux. Il est probable qu’elles aient convoqué en chaque lectrice ou lecteur sa propre bande-son et ses propres souvenirs. Ces évocations auront le plus souvent fait correspondre des esthétiques particulières aux attitudes corporelles et aux types de salles mentionnées – pourtant, ces dernières lignes ne décrivaient pas précisément de contenu sonore proprement dit. Malgré cela, ces descriptions renvoient donc à des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">stéréo</span>-types : à la musique classique ses grandes salles assises ; aux clubs les rythmes de la techno, etc. Quelle magie sociale opère ici, et ancre si fermement l’articulation entre musiques, lieux, comportements et groupes sociaux ?</p><p class=""txt_Normal"">En fonction des salles, des genres musicaux divers sont programmés : chanson, musiques classiques, électro, jazz, rock, punk, etc. Ces genres sont souvent envisagés comme des catégories bien définies. Ils renvoient à des modalités d’écoute pourtant peu étudiées : debout ou assis, en mouvement ou recueilli∙e en silence. À l’entracte, une flûte de champagne est sifflée, des bières sont renversées, parfois même on s’attable pour le spectacle, alors qu’ailleurs on s’embarque dans une transe traversée de substances psychoactives. Ces pratiques engagent des imaginaires propres à certains lieux : des boîtes de nuit huppées des Champs-Élysées aux clubs de jazz tamisés de Saint-Germain-des-Prés, en passant par les clubs en béton brut de Berlin-Est et leurs pulsations hypnotiques, les salles possèdent leur propre identité faite d’architectures, d’ambiances, de styles musicaux, mais aussi de publics différents.</p><p class=""txt_Normal"">Les salles de concert, les cafés-concerts, les boîtes de nuit apparaissent comme des espaces de mélange artistique, social ou encore sexuel. Derrière la façade festive des salles de musique, on oublie souvent qu’il existe des professionnel∙le∙s, sans qui la rencontre avec les musicien∙ne∙s et l’expérience divertissante n’aurait pas lieu. Y figurent notamment les programmateurs et programmatrices, qui sélectionnent les artistes se produisant sur scène. Le regard sur les salles de musique se porte rarement sur les coulisses de leur travail : on en sait peu sur les logiques qui président au choix artistique, de même que sur leur parcours professionnel. Pourtant, à l’heure où la chute de l’industrie du disque a replacé la musique « vivante » au cœur du marché musical, ces intermédiaires culturels jouent un rôle central.</p><p class=""txt_Normal"">Les ambiances et les sons orchestrés par les programmateurs et programmatrices dans leurs salles de concert participent à l’image de capitale culturelle des métropoles qui les abritent. Les villes résonnent ainsi à l’international, attirant de nouveaux et nouvelles habitant∙e∙s, des touristes, dont ces fameux <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">easyjet-setters</span> qui envahiraient Berlin le temps d’un week-end. L’offre musicale est elle-même le produit de circulations internationales d’artistes, puisque leurs tournées nourrissent les programmations locales. Au-delà du rayonnement à l’étranger, les salles de musique contribuent aux transformations des villes. Par exemple, qui n’a jamais entendu parler des « friches » culturelles, ces anciens lieux industriels qui accueillent des salles de concert en vogue, souvent dans des quartiers en rénovation ? Politiques culturelles et urbaines sont fortement liées. Alors que le poids des collectivités territoriales est croissant dans le soutien à la culture, les salles et leur localisation sont investies d’enjeux propres à l’animation et au développement économique des territoires. Elles participent à des politiques de régénération urbaine, favorisant la gentrification de quartiers populaires à travers le renouvellement de l’offre de loisirs. Les enjeux urbains se traduisent également dans les luttes musicales, « l’avant-garde » apparaissant comme inséparablement spatiale et artistique : il s’agit d’être là où ça bouge.</p><p class=""txt_Normal"">L’articulation entre catégorisations musicales, espaces urbains et mutations professionnelles chez les intermédiaires est peu étudiée alors même que ces trois dimensions sont fortement imbriquées dans la production des capitales culturelles. De Paris à Berlin, cet ouvrage étudie l’espace des salles de musique, quels que soient leur statut, leur taille ou les styles programmés. En faisant dialoguer trois approches sociologiques, de la culture, urbaine et des professions, cette recherche rend compte des transformations contemporaines des capitales allemande et française à travers leurs espaces musicaux. Trois questions sont posées. Quelle magie sociale permet d’articuler si étroitement musiques, lieux, genres musicaux et groupes sociaux ? De quels pouvoirs sont dotés les programmateurs et programmatrices dans le tissage de ces liens ? Quels rapports unissent musiques et villes, et comment s’en saisissent les acteurs publics et les intermédiaires culturels ?</p><p class=""txt_Normal"">Ces questions ont sous-tendu l’enquête sociologique menée entre 2012 et 2017 dans les salles de musique à Paris et Berlin. L’étude de ces deux villes permet d’examiner un espace musical relationnel où les intermédiaires ont une conscience plus ou moins aigüe les uns et des autres et sont contraints de se positionner au sein d’une offre concurrentielle, théoriquement relative à des publics communs. En outre, dans un contexte de « métropolisation » de la culture et de son instrumentalisation dans des stratégies politiques et économiques de revalorisation des territoires, la ville offre un cadre d’analyse pertinent. Ce ne sont donc pas seulement les salles de musique qui sont étudiées ici, mais plus particulièrement deux espaces musicaux, ancrés dans les histoires sociale, politique, économique et urbaine de Paris et de Berlin.</p><p class=""T_a"">Analyser les espaces musicaux de deux capitales</p><p class=""txt_Normal"">L’espace musical d’une ville est un objet que de nombreuses disciplines sont susceptibles de se disputer : sociologie, économie, musicologie, science politique, urbanisme… Afin d’aborder un objet multiforme, à la croisée de plusieurs espaces sociaux, différentes entrées ont été privilégiées.</p><p class=""txt_Normal"">Premièrement, cet ouvrage s’intéresse non pas aux artistes, mais aux intermédiaires culturels, à leurs pratiques professionnelles et à leurs trajectoires. Contrairement aux théories qui avancent la fin de l’intermédiation avec l’arrivée de plateformes numériques, on souligne le rôle des intermédiaires dans la reconnaissance artistique et la construction du « talent » au sein de marchés du travail artistique dans lesquels la valeur des biens est incertaine<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-056-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. L’étude des programmateurs et programmatrices parisiennes et berlinoises éclaire la rencontre entre offre (artistes) et demande (publics). La façon dont cette rencontre varie selon les contextes urbains, économiques et politiques de chaque ville est mise au jour grâce à la comparaison franco-allemande. Les trajectoires socioprofessionnelles de programmateurs et programmatrices, leurs pratiques de travail (en collectif ou non) et le développement professionnel de cette activité jouent ainsi un rôle central dans la sélection musicale, c’est-à-dire les catégories d’artistes programmé∙e∙s et les musiques qui sont ensuite valorisées.</p><p class=""txt_Normal"">Deuxièmement, cet ouvrage revient sur la question désormais bien connue de la délimitation des catégories artistiques et des pratiques culturelles, en interrogeant les théories sur la distinction et l’éclectisme (ou l’omnivorisme) à la lumière des salles de musique. Si ces questions animent depuis de nombreuses années la sociologie de la culture, les préférences des publics qui y sont analysées sont rarement mises en relation avec les hiérarchies et les transformations des espaces musicaux considérés, ce à quoi s’attache cette recherche. Pour ce faire, cet ouvrage développe une approche nouvelle : étudier l’ensemble des salles de musique, quels que soient les genres musicaux écoutés. Cela permet de montrer que les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">manières d’entendre</span> la musique <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> contribuent, d’une part, à la définition et à la hiérarchisation des catégories de genre musical, et d’autre part, à la division entre « art » et « loisirs ».</p><p class=""txt_Normal"">Finalement, cet ouvrage revient sur la manière dont l’espace musical d’une ville influe sur les transformations urbaines. À ce sujet, on retrouve les théories très contestables de Richard Florida<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-055-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span> sur la ville créative, selon laquelle la vie culturelle d’une ville permettrait d’attirer les membres des classes supérieures (la « classe créative »), contribuant ainsi au développement écono­mique local. La fortune de ces théories témoigne des croyances fortes dans le lien entre activités culturelles et développement économique local. Pourtant, ces questions restent peu étudiées empiriquement, de même que le rôle de la culture dans la différenciation des espaces et l’accroissement des inégalités sociospatiales dans les grandes métropoles aujourd’hui. Cet ouvrage éclaire donc comment les salles de musique influent sur les représentations et les ambiances des quartiers urbains, et participent aux mutations telles que les phénomènes de gentrification. En retour, l’histoire urbaine des capitales se retraduit dans les hiérarchies musicales, par exemple dans la confusion entre « avant-gardes » artistiques et spatiales.</p><p class=""T_b"">Aborder la musique par les intermédiaires et le <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">live</span></p><p class=""txt_Normal"">Alors que de nombreuses recherches se sont concentrées sur les artistes, on a choisi d’étudier une catégorie d’intermédiaires culturel∙le∙s, les programmateurs et programmatrices – celles et ceux qui sélectionnent les artistes qui se produisent sur scène. Exception faite des analyses de Howard Becker<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-054-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span> sur les chaînes de coopération dans les mondes de l’art ou de celles de Pierre Bourdieu sur les champs artistiques<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>, ces intermédiaires étaient plutôt restés dans l’ombre. L’intérêt croissant pour les intermédiaires culturels, dans la musique comme le cinéma, le théâtre ou l’édition<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>, découle sans doute de la professionnalisation croissante des activités artistiques et culturelles. Son développement conduit à l’expansion du groupe qui lie les espaces de production (artistes) et de réception (publics), de plus en plus nettement différenciés. Les formations universitaires conduisant à ces métiers se sont d’ailleurs multipliées, notamment en France<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Le terme d’intermédiaire souligne le rôle de « magiciens de l’homologie structurale<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span> » qu’occupent ces professionnel∙le∙s, entre champs de production et de réception : ils seraient centraux dans l’homologie qui existerait entre l’espace social et l’espace des goûts et styles de vie. Il faut alors insister sur l’idée que les intermédiaires ne se révèlent pas une forme neutre de médiation entre deux écosystèmes, mais plutôt les artisans de la rencontre entre artistes et publics, à laquelle ils impriment leur marque. Plus qu’un maillon d’une « chaîne de coopération » qui rend l’œuvre possible, ils jouent un rôle central dans sa production et dans l’accès des artistes à la scène. S’ils font du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">gatekeeping</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span> en gardant les portes de l’espace musical, leur travail produit aussi l’offre artistique. Il ne s’agit pas simplement de sélectionner, mais de positionner, de catégoriser, de traduire et rendre lisible l’offre pour les publics et les autres intermédiaires culturels, en particulier lorsqu’il s’agit d’artistes peu connu∙e∙s ou qui tournent principalement à l’étranger. Les circulations internationales des artistes résultent pour une grande partie du travail conjoint de toute une série d’intermédiaires : attaché∙e∙s de production, tourneurs et tourneuses, managers et manageuses, programmateurs et programmatrices.</p><p class=""txt_Normal"">La centralité de ces intermédiaires incite à étudier de plus près leurs pratiques professionnelles, comme l’ont récemment fait Catherine Dutheil-Pessin et François Ribac<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-048-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span> à propos des programmateurs et programmatrices de théâtre, musique et danse dans la région de la Loire. Mais il s’agit aussi de mieux comprendre ce que les programmatrices et programmateurs considèrent comme une « bonne » musique ou programmation, et ce afin d’éclairer les logiques sociales qui président à la définition de la valeur artistique et à la sélection musicale. L’analyse des trajectoires sociales de ces intermédiaires et des voies d’accès à une activité pour laquelle il n’existe pas de formation officielle témoigne de la diversité des parcours et de son influence sur la programmation. La sociologie des professions développée par Andrew Abbott<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span> est utile afin de comprendre comment ce groupe professionnel, pourtant peu structuré, s’approprie des territoires de compétences (<span class=""typo_Italique CharOverride-1"">jurisdiction</span>), dont la comparaison des espaces parisien et berlinois montre la variation selon les contextes historiques, économiques et politiques.</p><p class=""txt_Normal"">Il est d’autant plus intéressant d’étudier ces intermédiaires après l’effondrement des ventes de disques au début des années 2000 à la suite de l’expansion des échanges numériques, ce qui a complètement reconfiguré la place du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> dans l’économie de la musique. Le chiffre d’affaires de l’industrie musicale dans le monde est passé de 25,1 milliards de dollars en 2002 à 15 milliards de dollars en 2015<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>. Dans le même temps, le nombre d’intermittent·e·s du spectacle a crû, en particulier dans le secteur musical<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span>, et cela, plus rapidement que l’offre d’emploi dans le spectacle vivant. En effet, si le <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> a semblé constituer, selon un programmateur enquêté, « la poule aux œufs d’or »<span class=""typo_Italique CharOverride-1""> </span>face à la chute des revenus de l’industrie du disque, l’événementiel représente peut-être un mirage, car la concentration des acteurs de la musique vivante et l’intégration verticale croissantes conduisent à une forte inégalité de la répartition des profits, d’où une dégradation de la situation économique des artistes. La crise sanitaire liée au virus du Covid-19 témoigne également de la fragilité de ce secteur.</p><p class=""txt_Normal"">Il n’empêche, le poids économique croissant du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> a transformé son importance sociale<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>. Jusqu’alors, le concert était essentiellement central pour les musiques dites « savantes », fortement soutenues financièrement par les pouvoirs publics. Dans d’autres musiques, une disjonction s’opérait entre les artistes qui vendaient le plus de disques et ceux qu’on entendaient dans les salles. Cette divergence a pu contribuer au développement de certains genres, en permettant leur écoute dans des salles lorsqu’ils n’étaient pas encore admis par l’industrie du disque, à l’instar du rap<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span>. Avec sa revalorisation économique, le <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> constitue un enjeu important et s’étend à des musiques qui initialement ne relevaient pas de cette loi, comme les DJ <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">sets</span> dans les clubs de musiques électroniques. La musique <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> reste pourtant singulièrement peu étudiée, comme le rappelle Simon Frith<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span> qui lui consacre nombre de ses travaux. Or, étudier le <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> permet aussi d’observer la façon dont les catégories musicales sont définies par les professionnel∙le∙s, dans des espaces définis, avec leurs publics spécifiques.</p><p class=""T_b"">Étudier les genres musicaux sans distinction</p><p class=""txt_Normal"">Le second parti pris de cette recherche a été d’analyser en­semble tous les styles musicaux, mais aussi la musique dite « vivante » dans tous ses contextes : des bars aux discothèques en passant par les auditoriums. Ce choix permet d’étudier les déterminants locaux, économiques, professionnels et urbains de la définition des genres musicaux et d’appréhender la construction des hiérarchies culturelles entre eux.</p><p class=""txt_Normal"">Ces questions ont beaucoup agité les recherches en sociologie de la culture, dans le sillage des travaux de Pierre Bourdieu<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span> dans <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">La Distinction</span>, sur l’homologie entre position sociale et goûts et pratiques culturels. Au cours des années 1990, différents travaux sur l’omnivorisme ou l’éclectisme ont interrogé la recomposition des hiérarchies culturelles en s’appuyant sur l’écoute des différents genres musicaux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span>. Aux classes supérieures, le mélange des genres opposés par l’échelle de la légitimité ; aux classes populaires, des usages plus univores. Si ces travaux ont été poursuivis par un nombre impressionnant de recherches<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span> sur l’omnivorisme des publics, peu d’auteur∙e∙s étudient la consommation musicale dans des contextes locaux<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span>. De même, est rarement abordé l’ensemble des esthétiques musicales lorsque l’objet d’étude se concentre sur les professionnel∙le∙s ou les lieux de musique. Il existe quelques exceptions remarquables : l’ouvrage de l’anthropologue Ruth Finnegan<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span> est centré sur les pratiques des personnes qui « musiquent » dans la ville anglaise de Milton Keynes, sans se focaliser sur l’esthétique ni la professionnalisation de l’activité. Quoiqu’ils et elle abordent le travail musical de différentes façons, on peut également citer les travaux d’Anne-Marie Green<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span> sur les musicien∙ne∙s du métro parisien, de Morgan Jouvenet sur le rap, la techno et l’électro<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span>, ou encore de Marc Perrenoud sur les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">musicos</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span>, poursuivis avec Pierre Bataille sur les musicien∙ne∙s <span class=""typo_Italique CharOverride-1"">live</span> en Suisse romande<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 25</a></span></span>. Les recherches de Keith Negus<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 26</a></span></span> sur les professionnel∙le∙s de l’industrie du disque anglo-américaine témoignent quant à elles de la façon dont ils construisent les différents genres musicaux selon leurs logiques professionnelles propres, mais aussi des distinctions genrées, racialisées et de classe qui opposent les artistes.</p><p class=""txt_Normal"">Toutefois, ces recherches examinent le plus souvent des genres dits populaires ou des musiques dites « actuelles », selon la terminologie française, sans les confronter aux musiques « savantes » ou classiques. On peut y voir une grande difficulté à envisager ensemble techno, rap, musiques contemporaine ou lyrique. Ces mondes ont-ils quelque chose de commun ? Leur organisation professionnelle, les subventions qu’ils perçoivent, les lieux qui les accueillent – tout cela peut différer, sans que l’unité de l’espace musical n’en soit nécessairement niée. Au contraire, ces variations sont justement ici au cœur de l’analyse, sachant que la comparaison entre Paris et Berlin montre que la division entre musiques savantes et populaires n’est pas identique partout.</p><p class=""txt_Normal"">En outre, cet ouvrage propose de s’interroger sur la façon dont les catégories de genres musicaux sont structurées par les lieux de musique qui les accueillent, un enjeu qui est resté jusqu’à présent peu étudié. Ces lieux existent d’abord à travers leur architecture, leur ancrage géographique et leur visibilité dans la ville. Quelle place tient la musique dans nos paysages urbains d’aujourd’hui ?</p><p class=""T_b"">Une approche sociospatiale du phénomène musical</p><p class=""txt_Normal"">Cet ouvrage étudie les lieux de musique à travers une approche de sociologie urbaine. Cela renvoie à leur matérialité, mais aussi à la façon dont ils sont influencés par les ambiances urbaines et les quartiers qui les accueillent, et dont ils transforment à leur tour ces espaces urbains.</p><p class=""txt_Normal"">La musique est très souvent associée à des lieux géographiques, notamment dans la désignation d’esthétiques particulières (la techno berlinoise, l’électro de Versailles ou le rap de la côte ouest états-unienne par exemple), en raison de l’origine de ses artistes, des lieux de production de cette musique ou des salles de concert emblématiques qui l’ont accueillie. Le concept de scène musicale a été utilisé par différent∙e∙s chercheur∙e∙s<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 27</a></span></span> pour désigner l’ensemble des artistes et intermédiaires d’un même genre musical et leur ancrage dans un ou plusieurs espaces urbains, lorsqu’il existe un essaimage géographique. Toutefois, les recherches sur les scènes musicales abordent rarement la façon dont les lieux de musique et leurs professionnel∙le∙s s’inscrivent dans les divisions socioéconomiques qui structurent les villes et les transformations qui touchent certaines d’entre elles : politiques de rénovation urbaine, gentrification,";;;;;;;;; 717;2;3;14;Penser le primitif et la sculpture. La revue « Documents » (1929-1931);;;;"<!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --><p class=""p1"">La revue « <em>Documents »</em> (1929-1931) a-t-elle encore une actualité ? Les sujets qu’elle aborde participent directement d’une histoire de l’anthropologie européenne qui ne cesse de s’interroger sur ses sources.</p>";"<p class=""Tdmarticle"">Remerciements </p><p class=""Tdmarticle"">Abréviations dans le texte et les notes </p><p class=""Tdmarticle"">Avant-propos </p><p class=""Tdmarticle"">Introduction<br /> À l’intersection de l’histoire de l’art, <br /> de l’archéologie et de l’ethnographie <br /> <br /></p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>Première partie</strong><br /> Le fonctionnement socio-culturel de <strong><em>Documents</em></strong>. Hypothèses</p><p class=""Tdmarticle"">I. Hybride, Documents ? </p><p class=""Tdmarticle"">II. Un magazine pour qui ? <br /> <br /></p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>Deuxième partie</strong><br /> L’inscription de la sculpture et de l’objet sculpté. <br /> Au revers de la fiche</p><p class=""Tdmarticle"">III. Écrire la sculpture </p><p class=""Tdmarticle"">IV. Inscrire la sculpture <br /> par la photographie </p><p class=""Tdmarticle"">Cahier iconographique <br /> <br /></p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>Troisième partie</strong><br /> Inscrire la sculpture dans l’Histoire. <br /> Primitif, archaïsme et origine</p><p class=""Tdmarticle"">V. Du primitif </p><p class=""Tdmarticle"">VI. Le primitif et l’évolution de la représentation. <br /> Des civilisés en quête de civilisation </p><p class=""Tdmarticle"">Au final. Succès ou échec de la revue ? </p><p class=""Tdmarticle""> </p><p class=""Tdmarticle"">Pour conclure </p><p class=""Tdmarticle"">Bibliographie </p><p class=""Tdmarticle"">Table des illustrations en noir et blanc </p><p class=""Tdmarticle"">Crédits photographiques </p><p class=""Tdmarticle"">Index nominum </p>";;03/06/2021;0;160x220;260;978-2-37924-174-1;978-2-37924-174-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_717.jpg;"<p><em>Documents magazine illustré </em>(1929-1931) est souvent connu comme la revue d’où Georges Bataille a fait surgir ses textes les plus insolents. Plus généralement, la diversité et la qualité des auteurs qui y interviennent font de ce magazine un terrain propice à l’expérimentation intellectuelle.</p><p><em>Documents</em> représente ainsi un moment singulier, et souvent oublié, dans l’appréhension des objets sculptés et de la sculpture. La revue se situe au cœur d’une période charnière où les productions plastiques des peuples dominés attirent l’attention toujours plus grande des collectionneurs et des musées, tandis que les notions d’infériorité et de supériorité des différents groupes humains continuent d’orienter la plupart des jugements.</p><p>Dans <em>Documents</em>, la place du « primitif » ne s’inscrit pas dans une pensée uniforme : il peut y désigner une forme d’art admirée autant que les sociétés qui la génèrent, et l’idéologie qui s’exprime balance entre le racialisme et l’utopie humaniste. La question de la hiérarchie des arts et des artefacts nous interpelle encore : les enjeux soulevés par la revue <em>Documents</em>, abordés ici à travers les textes mais aussi les images qui la constituent, méritent d’être relus à la lumière de la plus proche actualité.<br /><br /></p><p><em>Françoise Levaillant est historienne de l’art et de la culture visuelle. Normalienne, agrégée de lettres classiques, elle a soutenu sa thèse d’État sur L’œuvre d’André Masson jusqu’en 1940. Essais sur l’art et les savoirs dans la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle (1986). Elle a enseigné l’histoire de l’art contemporain aux universités de Paris-X-Nanterre, puis Paris-1-Panthéon-Sorbonne. Elle entre au Centre national de la recherche scientifique en 1979. Elle a co-fondé la revue Histoire de l’art en 1988, a été membre du comité de rédaction de la Revue de l’art et a organisé des colloques internationaux dans le cadre du Centre André Chastel à partir de 2002.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_a""><strong>à l’intersection de l’histoire de l’art, </strong><br /><strong>de l’archéologie et de l’ethnologie</strong></p><p class=""txt_Normal_sa"">Qu’est-ce qu’« écrire la sculpture », comme le proposait un colloque de ce titre en 2011<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span> ? Comment répondre à cette question ? Pour faire bref, « écrire la sculpture » n’est pas seulement un commentaire, c’est un acte d’<span class=""typo_Italique"">inscription</span>.<span class=""typo_Italique""> </span>En tant que tel, il prend des formes diverses et répond à des enjeux différents selon les contextes. Écrire la sculpture, c’est, au sens où l’entendait Callistrate<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span>, créer, par l’écriture, des équivalents de sculpture, des simulacres langagiers qui la font, paradoxalement, « revivre » et « s’animer ». De tout temps, l’inscription dans le texte imprimé ou manuscrit, permet de mémoriser telle forme, tel « type », tel morceau, comme en un carnet de voyage accompagné ou non de croquis et, depuis le <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">e</span> siècle, de photographies. Pour « l’antiquaire », au sens ancien de l’archéologue et du collectionneur<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span>, il s’agit de décrire des matériaux, des formes et des dimensions, de catégoriser une sculpture dans un genre, de la situer dans une série, de localiser ses origines, de l’inscrire dans un temps, un pays, une « école », d’en préciser les « influences », et si possible d’identifier son auteur. Dans l’histoire de la critique, écrire la sculpture revient souvent à la juger. Pour un poète, un écrivain, c’est la fantasmer parfois. Écrire la sculpture, dans les temps modernes et contemporains, c’est penser aussi un « univers de formes » dont les noms génériques ne sont pas la traduction des vocables que les textes grecs anciens donnaient aux sculptures<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span>. J’oublie volontairement les cinéastes, tant leur prise en compte de la sculpture excède toute catégorie, académique et langagière.</p><p class=""txt_Normal"">Si j’ai choisi d’ouvrir à nouveau l’ensemble des numéros de <span class=""typo_Italique"">Documents </span>(1929-1931)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span> en ayant à l’esprit ces quelques orientations, c’est parce que cette célèbre publication les propose à peu près toutes et intervient à un moment singulier dans l’histoire de l’art qui s’écrit en Occident, notamment en matière de sculpture. Le premier des articles qu’elle publie n’est-il pas une réflexion savante sur le « canon » des statues sumériennes archaïques et ses variations<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span> ? De plus, l’originalité de la revue tient à la place qu’elle donne aux objets de l’ethnographie, le plus souvent sculptés, traités sur le même pied que les « monuments figurés » (selon l’expression de Paul Pelliot) qui englobent grandes sculptures, statuettes, figurines et petits objets fonctionnels<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span>. Enfin, la sculpture est très souvent convoquée dans des articles, notes ou chroniques, dont le sujet principal a plus ou moins à voir avec elle. Contrairement à ce qui, généralement, suffit à définir une revue, à savoir la continuité d’une discipline, les frontières disciplinaires ne suffisent pas ici à donner un guide de lecture. « Écrire la sculpture » dans <span class=""typo_Italique"">Documents </span>s’avère donc une thématique complexe. Le lecteur n’évite pas en premier lieu un sentiment d’hybridation dont il convient d’interroger les diverses origines, sans s’arrêter à l’idée d’une situation éditoriale purement contingente. La notion associée de « magazine », rarement étudiée à propos de cette revue, nous renvoie à celle d’un emmagasinement de choses diverses, dont <span class=""typo_Italique"">Le</span> <span class=""typo_Italique"">Magasin pittoresque</span> du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">e</span> siècle donne un exemple saisissant – Roland Barthes avait déjà fait le rapprochement. Quant à la position sociale et aux compétences, elles-mêmes multiples, des financeurs, collectionneurs, marchands, écrivains et spécialistes qui composent le terreau initial de la création de la revue, sa diversité et le mélange des activités témoignent d’une situation elle-même hybride, qui a l’avantage de donner un potentiel exceptionnel à une telle publication et l’inconvénient d’accroître les difficultés éventuelles de son analyse. J’entends « hybride » non comme le résultat d’expériences biologiques, mais dans le sens métaphorique contemporain où des expériences techniques, au cinéma ou en musique, parviennent à élargir un domaine de création initialement figé.</p><p class=""txt_Normal"">Le milieu savant, où est créée la revue, est sollicité activement, dans les institutions parisiennes comme à l’étranger. Si la Suède, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Autriche, le Japon, sont représentés, l’absence d’archéologues russes et américains surprend. Quant aux Français, un rapide panorama de leurs formations initiales et/ou de leurs enseignements montre l’importance, non de la Sorbonne même, mais des écoles, sociétés savantes, instituts (la plupart rattachés administrativement à l’Université de Paris afin de pouvoir délivrer les diplômes) : l’École pratique des hautes études en premier, puis l’École du Louvre, l’École nationale des chartes, le Muséum national d’histoire naturelle, l’École nationale des langues orientales vivantes, l’Institut d’ethnologie (d’abord sous la tutelle du Ministère des Colonies et passé en 1928 sous celle du Muséum national d’histoire naturelle), l’École française d’Extrême-Orient, dont le rôle après 1900 fut si important pour la création d’une bibliothèque et d’un musée à Hanoï même<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span>. Ces différentes institutions, à des degrés divers, constituent le creuset des sciences humaines et sociales en France entre les deux guerres. Certaines jouent un rôle de « passeurs » lorsque les voyages d’études lointains permettent des échanges. À Paris, plusieurs cours peuvent être suivis parallèlement. Le contenu des cours, l’expérience des fouilles et des missions pour certains, les rencontres et échanges entre personnes, y compris par la correspondance scientifique avec des collègues étrangers comme entre Paul Rivet et l’anthropologue américain Franz Boas, ou entre Rivet et le baron suédois Erland Nordenskiöld, ne sont pas moins importants que les diplômes acquis. Dans une lettre à Rivet, au début des années 1920, Boas s’inquiétait assez justement que le nationalisme et l’autorité institutionnelle dont la France venait de donner un exemple en supprimant la subvention au <span class=""typo_Italique"">Journal de la Société des américanistes</span>, ne freine ou n’empêche la liberté indispensable des chercheurs, et en particulier la possibilité d’éditer et de faire publier les résultats des enquêtes de terrain à l’étranger<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">9</a></span></span>. Comme on le verra, l’intervention du mécénat n’en était que plus nécessaire.</p><p class=""txt_Normal"">Dans <span class=""typo_Italique"">Documents</span>, des auteurs non spécialistes, mais écrivains, poètes, interviennent surtout, de leur côté, pour présenter des sculpteurs contemporains, d’avant-garde dans leur domaine, ou pour développer un thème qui trouve des échos dans l’actualité. Un petit nombre de personnalités a particulièrement attiré l’attention. En premier, Georges Bataille, qui introduit des textes provocateurs et initie un « Dictionnaire critique » non-conformiste dont les auteurs sont, outre lui-même, quelques écrivains de son entourage ; ces textes ont déjà fait l’objet de nombreuses exégèses. Carl Einstein, spécialiste précoce des arts d’Afrique, venu en France en 1928, s’est investi d’abord dans le choix des auteurs de langue allemande pour l’archéologie et l’histoire de l’art ; ses propres sujets d’articles et comptes rendus renforcent l’apparent éclectisme de la revue, entre réflexions sur l’art, comptes rendus d’expositions et de livres, présentations ethnographiques. La place de l’ethnographie dans <span class=""typo_Italique"">Documents</span> s’impose avec ses textes et ceux du D<span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">r</span> Paul Rivet et de Georges Henri Rivière, lesquels sont engagés dans la rénovation du musée d’Ethnographie du Trocadéro. Michel Leiris fait partie des auteurs réguliers, tant pour le « Dictionnaire critique » et pour l’art contemporain, que pour l’ethnographie dans les tout derniers numéros.</p><p class=""txt_Normal"">Les objets des campagnes d’archéologie et d’ethnographie les plus récentes, dont beaucoup parviennent dans les musées ou les collections privées parisiennes et provinciales, sont présentées avec un renfort de photographies impressionnant. En noir et blanc, souvent à la dimension d’une page, d’assez bonne qualité, leur origine et/ou leur auteur généralement indiqués : leur provenance est diverse. Une revue contemporaine, <span class=""typo_Italique"">Cahiers d’art</span>, se signale aussi par une iconographie abondante, mais constamment de haut niveau<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">10</a></span></span>. La photographie d’objets devient un moyen, un critère, et pour certains, une « arme ». On verra que dans <span class=""typo_Italique"">Documents</span>, cette illustration est étroitement liée au contenu des textes – ce n’est pas exactement de cas de <span class=""typo_Italique"">Cahiers d’art</span>, qui poursuit par ailleurs une politique spécifique concernant les œuvres contemporaines à montrer, en lien étroit avec les expositions de la galerie éponyme.</p><p class=""txt_Normal"">On ne peut imaginer hybride plus étonnant que l’assemblage d’objets présentés dans <span class=""typo_Italique"">Documents</span>, savamment et souvent passionnément étudiés. C’est leur description qui a guidé ma lecture dans un premier temps, ainsi que leur présentation photographique. Ni Bataille ni Einstein n’ont l’exclusivité des commentaires ou des notices, loin de là. L’analyse de l’ensemble des textes permet de comprendre en quoi <span class=""typo_Italique"">Documents </span>est une revue exceptionnelle en son temps et comment elle peut continuer d’avoir des résonnances aujourd’hui. Non pas que les situations historiques et épistémologiques soient les mêmes. Au contraire, les méthodes de l’archéologie ont connu des transformations radicales et la discipline a consolidé sa dimension « préventive », l’ethnographie n’a jamais été aussi répandue dans le monde, écartelée entre l’anthropologie, la sociologie, et les études régionales des objets et des habitats. Quant à l’histoire des « beaux-arts », comme on disait en général, elle est parcourue de vents contraires, elle s’engage sur des voies inattendues qui l’écartent de l’image rassurante de la monographie d’artiste. Les années soixante constituent sans aucun doute une période de remise en cause et de reformation dans la majorité des disciplines dites de sciences humaines et sociales. Après la fin des guerres d’indépendance, des positions politiques contradictoires ou ambiguës s’affirment dans des domaines que <span class=""typo_Italique"">Documents</span> avait déjà largement abordés. Aujourd’hui même, en Europe, on décide de restituer à des pays africains et américains des objets qui avaient été retirés de leur contexte pour constituer un marché de l’art florissant, et qui ont contribué au développement de l’anthropologie. Certains « retours » ont déjà eu lieu. D’autres sont en voie de l’être. Les gazettes contemporaines nourrissent la curiosité de leurs lecteurs de ces opérations ainsi que des ventes particulières. Des programmes de recherche scientifique concernant les œuvres délocalisées lors des conflits guerriers et de l’appropriation de nouveaux territoires se développent avec succès, ouvrant quelques brèches dans une géopolitique culturelle qui commençait à camper sur ses traditions<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">11</a></span></span>. Des comparaisons viennent à la mémoire – des exemples, au demeurant, différemment célèbres : la restitution à la Grèce des frises du Parthénon, entre autres « objets » pillés par l’archéologie conquérante, au début du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e </span>siècle<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">12</a></span></span> ; la restitution aux familles juives d’œuvres d’art dont elles furent spoliées lors de la Seconde Guerre mondiale. Autrement dit, par une sorte de contrition largement exploitée, les gouvernements voudraient trouver le moyen aujourd’hui, en renvoyant des sculptures et objets sculptés dans leur territoire d’origine, de mettre fin aux effets des guerres de conquête, des vols injustifiés, des rapacités les plus odieuses comme les plus stupides. Le paradoxe étant que ces exactions dans les pays colonisés ont donné lieu à un développement scientifique et muséographique qui, lui, ne sera pas oublié.</p><p class=""txt_Normal"">Lorsqu’on analyse les textes savants de <span class=""typo_Italique"">Documents</span> relatifs à la sculpture et aux objets sculptés, on s’aperçoit qu’ils contiennent une idéologie dont la face sombre mériterait d’être effacée, bien que l’occultation ne soit en rien une solution satisfaisante. Les objets et les mots fantômes reviennent hanter la réalité d’aujourd’hui selon des temporalités mouvantes – on le sait bien grâce à la psychanalyse dont s’inspire parfois l’anthropologie actuelle. Le primitif est un de ces mots. En étudiant cette notion à travers les textes de 1929-1931, j’ai surpris de nombreuses contradictions, non seulement entre les auteurs, mais aussi dans l’usage de la notion : par exemple entre l’art dit primitif et les peuples qui le génèrent, ou encore dans la conception même des arts dits primitifs. Plusieurs signatures faisant désormais autorité, comme celles de Bataille, d’Einstein, de Leiris, de Rivière, sont associées à la caricature ou à la critique révoltée de notions qui continuent alors d’être prépondérantes dans l’appréciation de l’art et des peuples « exotiques ». Rien n’est plus difficile que de renverser le dictionnaire, les mots sont plus durs que le marbre des statues. D’autant plus que d’autres termes de poids viennent en même temps sous la plume des savants qui se reposent sur le primitif : la race, l’évolution, l’origine. La nécessité de qualifier autrement certains objets sculptés est non seulement affirmée par les quelques auteurs cités plus haut, mais la nécessité de réécrire l’histoire à travers les objets de l’archéologie et de l’ethnologie (comme le dit avec clarté Einstein dans ce dernier cas)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">13</a></span></span> aurait dû impliquer une volonté générale de remanier la méthodologie. Le lecteur ressent cette urgence, à travers des aberrations descriptives, des fantaisies mythographiques, qui s’opposent aux propositions de méthode venant essentiellement des ethnographes et de quelques rares archéologues.</p><p class=""txt_Normal"">L’inscription des sculptures et objets sculptés, par la photographie, à travers les pages de <span class=""typo_Italique"">Documents</span>, représente à mes yeux ce que l’on peut faire de mieux avec les <span class=""typo_Italique"">varia</span> d’un magasin d’accessoires : on les réorganise selon un scénario, on les adapte dans une mise en scène qui demeure encore une mise en page. Mieux que je n’ai pu le faire, il faudrait considérer l’ensemble des documents de <span class=""typo_Italique"">Documents</span> comme un <span class=""typo_Italique"">mouseion </span>idéal, espéré par certains, exécré par d’autres, et qui ne connaîtra jamais de réalisation concrète d’ensemble, du moins en France où les institutions concernées aujourd’hui ne mènent pas des politiques cohérentes (je pense au Louvre et au Mucem, au musée national des Arts asiatiques – Guimet et au musée du quai Branly – Jacques Chirac, au Muséum national d’histoire naturelle et au musée de l’Homme). Au moins certains auteurs seront-ils parvenus à allumer des feux aux frontières de disciplines qui ne peuvent trouver de point de contact qu’à travers une anthropologie elle-même modifiée dans ses méthodes et dans ses buts. Les musées, lieux nécessaires, mais non exemplaires, ont fait l’objet d’une quantité de rapports et de projets polémiques dans l’entre-deux-guerres, en grande partie mus par la refonte des catégories. Or, sans que ce soit patent, <span class=""typo_Italique"">Documents</span> n’est nullement resté à l’écart d’une telle problématique.</p><p class=""txt_Normal"">Sans doute devra-t-on poursuivre l’examen des quinze numéros de <span class=""typo_Italique"">Documents</span> sous l’angle de thématiques également importantes dans la fixation des jugements et la discussion des savoirs au cours du premier <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle : l’enfance, la psychanalyse, le cinéma (<span class=""typo_Italique"">Documents</span> commence l’année même où le parlant arrive, Eisenstein est sollicité et participe…), les arts de la scène, la musique contemporaine… Ces thématiques révéleraient-elles autant de surprises que l’écriture de la sculpture ? C’est à celle-ci que je m’attacherai maintenant, en m’autorisant des ouvertures sur d’autres objets culturels présents dans la revue comme preuves de l’actualité des controverses sur l’évolution et les origines.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-012"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. « Écrire la sculpture aux <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-<span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècles » était le titre du colloque organisé par Ivanne Rialland à l’Université Paris-IV-Sorbonne, en juin 2011.</p></div><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Voir Blaise de Vigenère, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">La Description de </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Callistrate</span><span class=""typo_Italique CharOverride-3""> de quelques statues antiques tant de marbre comme de bronze (1602)</span>, édition établie par Alice Magnien avec la collaboration de Michel Magnien, Paris, Éditions La Bibliothèque, 2010. (Important compte rendu replaçant cette édition dans son contexte, par Patricia Falguières, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Revue de synthèse</span>, t. 132, 6<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> série, n° 1, 2011, p. 132-134.)</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Voir Alain Schnapp, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">La Conquête du passé. Aux origines de l’archéologie</span> [1993], Paris, Le livre de Poche, Librairie générale française, 1998. <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Id</span>., « Histoire de l’archéologie et l’archéologie dans l’histoire », dans Jean-Paul Demoule, François Giligny, Anne Lehoërff et Alain Schnapp (dir.), <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Guide des méthodes de l’archéologie</span>, Paris, La Découverte, « Grands repères », 2009, notamment p. 9-15 et <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">passim</span>.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Sur le vocabulaire de la sculpture antique, voir Marion Muller-Dufeu, <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">« Créer du vivant ». Sculpteurs et artistes dans l’Antiquité grecque</span>, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2011, p. 202 <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">sqq</span>.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. J’utiliserai la réédition de <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documents </span>en deux volumes, Paris, Jean-Michel Place, 1991, avec sa pagination continue. Les illustrations en pleine page n’y sont pas paginées, mais néanmoins comprises dans le calcul des folios ; je donnerai leur numéro de page sans utiliser de crochets ‒ à l’exception de l’année 1931, le véritable <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">terminus ante</span>, bien que l’année imprimée sur le numéro 8 soit 1930. Or certains articles de ce dernier numéro font référence à des publications ou événements du premier trimestre 1931. Cette date fait de plus en plus autorité. [On peut aussi consulter <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documents</span> en ligne : <a href=""http://gallica.bnf.fr""><span class=""typo_lien_internet"">http://gallica.bnf.fr</span></a>, mais la qualité des reproductions et du texte laisse à désirer].</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. D<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">r</span> Georges Contenau, « L’art sumérien. Les conventions de la statuaire », <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documents</span>, n° 1, 1929, p. 1-2, 7-8, ill. p. 3-6 et 8.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Paul Pelliot, « Quelques réflexions sur l’art sibérien et l’art chinois à propos de bronzes de la Collection David-Weill », <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documents</span>, n° 1, 1929, p. 9-11, 14-15, 18, 20-21, ill. p. 11, 12-13, 15, 16-17-19, 21.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. La Mission archéologique permanente d’Indochine créée en 1898 devint l’EFEO en 1900, son siège étant officiellement situé en 1902 à Hanoï (Indochine). L’une de ses premières obligations fut de protéger le patrimoine archéologique.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Lettre citée par Julie A. Cavignac dans « L’Américanisme français au début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> : </span>projets politiques, muséologie et terrains brésiliens »,<span class=""typo_Italique CharOverride-3""> Vibrant – Virtual brazilian anthropology</span>, IX.1, 2012, p. 39 (photocopie d’une lettre en anglais, fonds Rivet, MH, 2AP1C). Franz Boas se montrait l’un des scientifiques les plus lucides sur les problèmes politiques et financiers que l’avenir laissait présager concernant les échanges entre nations et l’implantation des missions (il s’agissait alors surtout du Brésil). L’organisation administrative propre au gouvernement français lui donnait des inquiétudes. La problématique des pouvoirs politiques en Europe lui semblait dangereuse pour l’avenir de l’anthropologie.</p></div><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. On a souvent écrit que <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documents</span> et <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Cahiers d’art</span> étaient des revues concurrentes. La concurrence est un bon ressort pour une revue. Il reste que la comparaison entre une revue de 15 numéros en deux ans et demi et d’une autre, couplée à une galerie, et qui dura de 1926 à 1960 avec des éditions complémentaires, sous un unique patronage, est hautement risquée. En ce qui concerne les photographies, l’exigence du directeur de <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Cahiers d’art</span> le menait à une politique de recension très large, à faire appel à des artistes photographes, à intégrer le travail de Moholy-Nagy (en 1929), etc. Certes, on connaît l’importance donnée, dans <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documents</span>, aux photographes Eli Lotar, Blossfeldt, Boiffard, ce qui rapproche les deux revues. Mais l’intérêt de Zervos pour le médium et la qualité même du papier aboutit à une publication sans rapport avec ce que pouvait faire <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Documents</span> : voir Michel Frizot, « Une dynamique photographique », dans Christian Derouet (dir.), <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Zervos et Cahiers</span> <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">d’art. Archives de la Bibliothèque Kandinsky</span>, Paris, Éditions du Centre Pompidou, 2011, p. 19-25. Cet ouvrage contient aussi de précieuses indications sur l’usage de la photographie par Christian Zervos, à travers les articles de Christian Derouet, par exemple « Au dos des photographies », p. 27-33, « De la photographie manipulée à la manipulation photographique ? &ra";;;;;;;;; 718;2;3;16;Approches matérialistes du réalisme en littérature;;;;"<p>Que désigne <em>le</em> <em>réalisme</em> ou plutôt <em>les</em> <em>réalismes</em> en littérature ? Appliqué à un moment précis de l’histoire littéraire ou à une intention de représentation fidèle de la réalité, il apparaît depuis le XIXe siècle comme une notion aussi intuitive que complexe.<br /> <br /></p>";"<p class=""Tdmauteur"">Introduction<em><br />Vincent Berthelier, Anaïs Goudmand, Mathilde Roussigné, Laélia Véron <br /> </em> </p><p>Vers une épopée réaliste : le réalisme socialiste, ou la mise en récit de la construction du socialisme<br /><em>Guillaume Fondu </em> </p><p>Louis Aragon face au « réalisme » de Victor Hugo (1935-1937)<br /><em>Jordi Brahamcha-Marin </em> </p><p><em>Réaliser</em> la situation. Sartre, du réalisme classique au réalisme révolutionnaire<br /><em>Pascale Fautrier </em> </p><p>Lukács et le réalisme<br /><em>Alix Bouffard </em> </p><p>Le réalisme « excentrique » de Balzac selon Adorno<br /><em>Jean Tain</em> </p><p>Le terme de réalisme : faute de mieux ou mieux disant ?<br /><em>Jacques-David Ebguy, Gérard Gengembre </em> </p><p>Problèmes du roman réaliste : le cas anglais<br /><em>Marion Leclair </em> </p><p>Les réalistes et la question politique (1850-1900)<br /><em>Alice de Charentenay </em> </p><p>Michel Houellebecq, la science sociale comme nouvel effet de réel ?<br /><em>Vincent Berthelier </em> </p><p>L’impersonnalité dans la littérature-monde : entre réel et réalisme<br /><em>Daniel Hartley </em> </p><p class=""Tdmauteur"">Fructueuses contradictions<br /><em>Vincent Berthelier, Anaïs Goudmand, Mathilde Roussigné, Laélia Véron <br /> </em> </p><p class=""Tdmarticle"">Bibliographie </p><p class=""Tdmarticle"">Index </p><p class=""Tdmarticle"">Les auteurs </p>";;24/06/2021;0;137x220;224;978-2-37924-190-1;978-2-37924-190-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_718.jpg;"<p>Que désigne <em>le</em> <em>réalisme</em> ou plutôt <em>les</em> <em>réalismes</em> en littérature ? Appliqué à un moment précis de l’histoire littéraire ou à une intention générale de représentation fidèle de la réalité, le réalisme apparaît depuis le dix-neuvième siècle comme une notion aussi intuitive que complexe. Les articles réunis dans cet ouvrage réinterrogent les différentes théories du réalisme en littérature, du réalisme socialiste à la théorie anglo-saxonne de la littérature-monde, en passant par l’école de Francfort et la sociocritique. Au fil de ce parcours se dessine une nouvelle conception du réalisme sous l’impulsion d’une approche résolument <em>matérialiste</em> qui prend en compte le contexte économique, social, culturel, politique et institutionnel de production, de circulation et de réception des textes. Si les pratiques et les conceptualisations du réalisme ont pour point commun de vouloir rompre avec la tradition antérieure pour se rapprocher plus étroitement du réel, un tel programme doit toujours être resitué dans les différents mondes sociaux au sein desquels il se déploie.</p><p><em>Vincent Berthelier est doctorant à l’université Sorbonne Université. Il prépare une thèse de stylistique intitulée « Le style réactionnaire ». Ses travaux portent sur la droite littéraire au xx<sup>e</sup> siècle. </em></p><p><em>Anaïs Goudmand est chercheuse postdoctorale à la Katholieke Universiteit Leuven. Elle a soutenu en 2018 une thèse intitulée « Récits en partage. Expériences de la sérialité narrative en culture médiatique ».</em></p><p><em>Mathilde Roussigné est attachée temporaire de recherche (ATER) à l’EHESS. Elle a soutenu en 2020 à l’université Paris 8 une thèse intitulée « À l’épreuve du terrain. Pratiques et imaginaires littéraires contemporains ».</em></p><p><em>Laélia Véron est maîtresse de conférences en stylistique et langue française à l’Université d’Orléans. Elle a soutenu une thèse en stylistique et poursuit ses recherches sur les enjeux entre langue et pouvoir, dans une démarche socio-stylistique.</em></p>";"<p>Introduction</p><p class=""auteur ParaOverride-1"">Vincent Berthelier, Anaïs Goudmand, <br />Mathilde Roussigné, Laélia Véron</p><p class=""auteur"">avec la collaboration de Marion Leclair</p><p class=""auteur""> </p><p class=""premierPara"">« Puisque réalisme il y a »… Cette formule, titre d’un article, resté inachevé, de Baudelaire en 1855 à propos de l’exposition des tableaux de Courbet a été reprise par Philippe Hamon en 2015<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">1</a></span></span>. Elle exprime un constat quelque peu désabusé : en dépit de toute attente, et contrairement aux prédictions de Champfleury qui affirmait en 1857 que le mot <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span> était « un mot de transition qui ne durera[it] guère plus de trente ans<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">2</a></span></span> », le terme a continué à jouir d’une grande fortune critique. Utilisé très au-delà de son domaine traditionnel d’application, il a été à la fois canonisé et sans cesse redéfini, au risque de perdre sa densité sémantique : force est de constater qu’« il y a » du réalisme, mais de quel réalisme parle-t-on ? Alors que le terme désignait, sous la plume de Champfleury au milieu <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, les efforts de peintres et de romanciers contemporains, à l’instar de Balzac, de Dickens ou de Courbet, pour produire un « art vrai » fondé sur l’observation minutieuse et la représentation sincère de la réalité, alors que Balzac est encore pour Lukács en 1934 l’incarnation par excellence du « réalisme français » et que le terme reste associé dans les études littéraires à ce moment historiquement et géographiquement circonscrit, il est aussi employé, seul ou en composition, pour renvoyer à des œuvres internationales et à des périodes beaucoup plus anciennes ou beaucoup plus contemporaines, qui se déploient sur des supports sémiotiques variés<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">3</a></span></span>. On peut ainsi citer le <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme socialiste</span> qui devient en 1934 la doctrine esthétique officielle de l’Union soviétique ; le cinéma néoréaliste de l’après-guerre, le <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">nouveau réalisme</span> pictural des années 1960 ; le <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme contemporain</span> que Lionel Ruffel voit à l’œuvre dans les « narrations documentaires » de Svetlana Alexievitch ou de Jean Rolin<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">4</a></span></span>, le <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme magique</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">5</a></span></span> qui est appliqué à la fois aux toiles de Chirico dans les années 1930 et, plus récemment, aux écrits de García Márquez, de Salman Rushdie ou encore de Toni Morrison... Le terme en vient ainsi, paradoxalement, à désigner des œuvres, des auteurs et des autrices prenant le contre-pied de l’effort de représentation fidèle du monde que Champfleury mettait derrière le mot de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span>. Le terme est donc polysémique : l’ouvrage présent se propose de tenter de cerner ses usages non pas dans toutes ses réalisations médiatiques mais dans le domaine littéraire : que désigne <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">le</span> <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span> ou plutôt <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">les</span> <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalismes</span> en littérature ?</p><p class=""txt_Normal"">Le pouvoir d’évidence du terme <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span> a souvent conduit les critiques littéraires à naturaliser certains traits thématiques et stylistiques. Le réalisme a très souvent été approché formel­lement : depuis Jakobson, qui voulait, de manière sommaire, définir le réalisme par l’emploi de tropes<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">6</a></span></span>, en estimant que le réalisme serait défini par la prédominance de la métonymie et de la synecdoque, jusqu’à Hamon qui entend, dans <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Puisque réalisme il y a</span>, revenir sur les caractéristiques d’un style réaliste en passant par Todorov (<span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et signification</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">7</a></span></span>), Barthes (« L’effet de réel<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">8</a></span></span> »), Genette (« Discours du récit<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">9</a></span></span> »), mais aussi Propp, Bremond, Greimas. Cependant, ces approches formelles se sont souvent accompagnées d’un manque théorique : il s’est agi, notamment dans les années 1960-1980, au moment de la vogue structuraliste, de définir le réalisme comme un ensemble de conventions formelles et textuelles. On pourrait qualifier ce parti pris de « technicien », dans la mesure où le réalisme, souvent réduit à quelques auteurs canoniques français du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, est assimilé à l’usage de techniques illusionnistes visant à créer l’impression d’une transposition fidèle du réel. Il culmine dans certains articles rassemblés dans le collectif <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et réalité</span>, dirigé par Gérard Genette et Tzvetan Todorov et publié en 1982<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">10</a></span></span> : l’« effet de réel » est défini par Barthes comme une accumulation de détails ayant pour seule fonction d’affirmer la valeur référentielle du texte littéraire<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">11</a></span></span>, Hamon isole quinze traits qui synthétisent l’« idéal-type » de l’esthétique réaliste<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">12</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Une telle approche des caractéristiques formelles du réalisme ne correspond pas à celle des coordinateurs et coordinatrices, pas plus qu’à celle des contributeurs et contributrices de ce volume<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">13</a></span></span> : ils et elles entendent au contraire adopter une méthodologie matérialiste, qui se traduit par la prise en compte du contexte de production, de circulation et de diffusion des œuvres et par l’étude de leur inscription et de leur rôle dans le mouvement de l’histoire. Cette méthodologie trouve son inspiration dans divers courants des théories critiques (marxisme, historicisme, sociologie de la littérature, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">cultural studies</span>…), dont le point commun serait le refus d’une lecture internaliste des textes au profit d’une attention portée aux déterminations économiques, sociales, culturelles, politiques et institutionnelles qui pèsent sur leur création et leur réception. C’est en effet seulement en tenant compte de ces déterminations qu’on peut envisager le réalisme littéraire comme la mise en forme esthétique d’une analyse de la réalité, prélude possible à la transformation de celle-ci.</p><p class=""txt_Normal"">Cette approche ne revient pas à abandonner les traits stylistiques et formels (pas plus que thématiques) du réalisme, mais à refuser de les figer dans une conceptualisation abstraite : ils doivent être étudiés dans les contextes littéraires et sociaux spécifiques dans lesquels la notion de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span> s’est construite ou reconstruite comme catégorie d’analyse et comme corpus. À l’encontre des approches anhistoriques, cet ouvrage se propose de poursuivre la voie ouverte notamment par Erich Auerbach, qui traque les lignes mouvantes de l’esthétique réaliste dans l’histoire longue de la littérature occidentale, ou par Ian Watt, qui se distingue des autres auteurs de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et réalité</span> par une prise en considération de la dialectique qui se joue dans le réalisme : il montre la manière dont les nouvelles formes romanesques qui se construisent chez les auteurs anglais de la fin du <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle sont tributaires d’une idéologie individualiste liée à l’essor du capitalisme<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">14</a></span></span>. À leur suite, le postulat que cet ouvrage cherche à affirmer est le suivant : le style réaliste ou plutôt les styles réalistes n’existent pas indépendamment d’un contexte historique et social<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">15</a></span></span>. Pour autant, cette approche historiciste et constructiviste du concept n’implique pas de renoncer à essayer de dégager une matrice commune aux différents avatars du réalisme. Étant donnée la variété des usages du terme, il semble qu’il désigne moins une esthétique unique qu’une rupture par rapport à une tradition antérieure, dans l’intention de se rapprocher plus étroitement du réel. Ce constat de fidélité au réel nous renseigne cependant moins sur les œuvres mêmes que sur une norme, un consensus, autour de ce qui est « réel ». Le réalisme indique ainsi un travail idéologique, une contradiction fructueuse, celle de l’absorption du réel par la fiction littéraire. Le terme de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span> concentre alors une ambiguïté pragmatique féconde, entre la critique, quelquefois descriptive, d’auteurs passés, et une ambition programmatique qui cherche à politiser la littérature. On retrouve des problématiques qui interrogent les organisateurs et organisatrices de cette journée depuis plusieurs années, celle des liens entre genre littéraire et idéologie, celle du rôle politique dévolu ou prêté à la littérature et enfin celle de l’élaboration d’une théorie littéraire soucieuse de repousser toute tentation idéaliste<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">16</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">C’est à cette double tâche, l’étude de différentes pratiques et différentes conceptualisations (y compris très contemporaines) du réalisme dans leur contexte d’émergence, et la tentative de mise au jour d’un dénominateur commun à ses différents usages, que s’attelle ce volume. C’était également l’occasion de (re)découvrir aussi bien des méthodologies d’approches matérialistes de la littérature que des penseurs dont les travaux sont relativement peu convoqués comme cadre théorique dans les études de lettres en France, de Georg Lukács à Alain Badiou en passant par Erich Auerbach, Theodor Adorno, Ian Watt ou Immanuel Wallerstein.</p><p class=""txt_Normal"">Les contributions de ce volume sont regroupées en quatre parties. La première partie interroge la notion de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span> et de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme socialiste</span>, telle qu’elle a été théorisée en URSS, puis reprise, critiquée et transformée en France. Il est aisé de critiquer le réalisme socialiste soviétique, dont les échecs esthétiques sont bien connus. Plutôt que de s’appesantir sur ces outrances, Guillaume Fondu (« Vers une épopée réaliste : le réalisme socialiste ou la mise en récit de la construction du socialisme ») choisit de présenter l’émergence de ce réalisme socialiste tel qu’il a été pensé : comme un projet ambigu, tiraillé entre une conception rationaliste et militante à l’égard d’un monde bouleversé par la révolution. D’abord projet théorique et politique, le réalisme socialiste est devenu une <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">doxa</span>, que l’Union soviétique a cherché à diffuser dans le monde entier, notamment par le biais des autorités littéraires des divers partis communistes. L’article de Jordi Brahamcha-Marin (« Louis Aragon face au “réalisme” de Victor Hugo ») étudie la manière dont Aragon, figure majeure du Parti communiste français dans les années 1930, cherche à se réclamer aussi bien du réalisme socialiste que de l’héritage hugolien et comment, pour ce faire, il cherche à tirer Victor Hugo du côté du réalisme. Il s’agit là aussi d’éviter toute caricature facile : certes les discours théoriques d’Aragon ont des aspects quelquefois sommaires, voire contradictoires, mais, ne serait-ce que par l’influence qu’ils ont pu avoir sur bon nombre de personnalités intellectuelles et militantes, ils conservent un intérêt historique certain. La contribution de Pascale Fautrier (« <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Réaliser</span> la situation. Sartre, du réalisme classique au réalisme révolutionnaire ») se focalise sur une autre figure majeure de la scène intellectuelle engagée française, celle de Jean-Paul Sartre. En prenant appui sur un texte demeuré longtemps inédit (« Je ne suis plus réaliste ») mais aussi sur <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Qu’est-ce que la littérature ?</span> et <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Questions de méthode</span>, elle propose une mise au point sur l’évolution de la notion de réalisme en littérature chez Sartre.</p><p class=""txt_Normal"">On ne peut parler de réalisme dans une perspective matérialiste sans s’attarder sur les écrits du théoricien Georg Lukács, notamment connu dans les études littéraires pour ses textes sur le réalisme balzacien<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">17</a></span></span>. Dans la seconde partie du recueil, Alix Bouffard (« Le réalisme de Lukács ») propose une synthèse de la conception lukácsienne du réalisme en littérature. En replaçant la perspective de Lukács dans un cadre philosophique plus général (Hegel, Marx), l’autrice de cette contribution montre comment la notion littéraire, voire stylistique, de réalisme implique une certaine conception philosophique de la réalité et du réel comme un processus dynamique, celui du matérialisme historique et dialectique. La contribution de Jean Tain propose une critique de cette approche lukácsienne du réalisme par l’étude des écrits d’Adorno sur Balzac. Adorno a ainsi cherché à dépasser les analyses de Lukács, en se réclamant de Marx, mais aussi de Walter Benjamin. Adorno construit ainsi l’idée d’un réalisme « excentrique » chez un Balzac « romantique » ou « idéaliste » : pour Adorno, le « réalisme » balzacien parvient d’autant plus à faire saisir les dynamiques de la société capitaliste qu’il est un réalisme tourmenté de l’aliénation. Ces deux articles illustrent chacun à leur manière la fécondité du concept de réalisme qui peut, même lorsqu’il est mobilisé par deux critiques marxistes, donner lieu à des lectures très différentes du même auteur.</p><p class=""txt_Normal"">Les contributions suivantes élargissent la réflexion en revenant sur divers usages du terme « réalisme » dans les études littéraires. Une formule originale, un dialogue à bâtons rompus permet de réunir Jacques-David Ebguy (spécialiste de Balzac et des rapports entre philosophie et littérature) et Gérard Gengembre, élève de Barbéris qui contribua fortement à renouveler la critique marxiste en France par son travail sur les enjeux idéologiques du romantisme et son approche du réalisme balzacien<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">18</a></span></span>. Gérard Gengembre s’interroge ainsi sur la fortune et l’évolution de l’appellation <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span> (« Le terme de “réalisme” : faute de mieux ou mieux disant ? »). Le réalisme comme écriture de la réalité, la vision sociocritique du réalisme (à distinguer d’une vision matérialiste), le réalisme critique, mais aussi les attaques contre le réalisme : tous ces points théoriques sont abordés dans cet échange qui ouvre une multitude de pistes. La contribution de Marion Leclair (« Problèmes du roman réaliste : le cas anglais ») poursuit cette exploration en revenant sur les usages de la catégorie de réalisme dans la critique littéraire marxiste qui s’est attachée à l’étude du roman anglais (Lukács, Moretti, Caudwell, Watt, Eagleton). En pointant les problèmes de périodisation, de classe et d’idéologie que soulèvent ces usages, Marion Leclair propose, en s’appuyant sur les travaux de Jameson, une redéfinition du réalisme comme moment d’une séquence dialectique à la fois esthétique et politique, mieux à même de rendre compte de l’évolution du roman anglais entre le début du <span class=""typo_SC"">xviii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> et la fin du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Alice de Charentenay revient, elle, au domaine français en étudiant le lien complexe entre « les réalistes » et la « question politique » dans les années 1850-1900. Elle étudie les conséquences de l’échec de l’idéal romantique et lyrique (incarné par Lamartine) et montre comment cet échec, en poussant bon nombre d’auteurs et d’autrices à refuser tout positionnement politique et à revendiquer l’autonomie de la littérature, a paradoxalement permis la nouvelle alliance d’un projet esthétique et d’une vision sociale.</p><p class=""txt_Normal"">Enfin, les dernières contributions du recueil analysent quelques usages contemporains de la notion de réalisme. Vincent Berthelier (« Houellebecq, la science sociale comme nouvel effet de réel ? ») commence par constater que l’œuvre de Houellebecq est souvent qualifiée de « réaliste », et qu’on compare tout aussi souvent l’auteur des <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Particules élémentaires</span> et celui de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">La Comédie humaine</span>. Pour interroger le bien-fondé de ces rapprochements, Vincent Berthelier choisit de se concentrer sur l’intégration stylistique des éléments sociologiques dans six romans de Houellebecq (de 1994 à 2015). Il en conclut que le réalisme de Houellebecq, si réalisme il y a, est plus naturaliste et dystopique que balzacien au sens lukácsien du terme. L’article de Daniel Hartley (« L’impersonnalité dans la littérature-monde : entre réel et réalisme ») ne s’attache pas à un auteur, mais propose un élargissement fécond de la question en présentant les thèses principales du collectif de recherche de Warwick (WReC), thèses qui s’appuient aussi bien sur Wallerstein que sur Trostky et qui cherchent à remplacer la distinction traditionnelle entre réalisme et modernisme par une théorie d’un nouveau réalisme, le <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme périphérique</span>, qui permettrait de mieux penser la <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">littérature-monde</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Au sein de ce vaste programme, le périmètre des œuvres explo­rées ici s’avère nécessairement limité. Les articles qui composent ce collectif ont pour enjeu de proposer quelques jalons appelés à être complétés par des études ultérieures, qui élargiraient l’analyse à d’autres contextes géographiques et historiques (par exemple le réalisme américain, de Henry James aux <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">dirty realists</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"">19</a></span></span>) ainsi qu’à d’autres supports sémiotiques (peinture, cinéma…). Nous espérons que le regard de ce volume sur la notion de <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">réalisme</span>, regard qui entend proposer aussi bien une solide méthodologie d’approche des œuvres dites réalistes que de nouvelles lectures de ces œuvres, pourra contribuer à ouvrir de nouveaux chantiers de recherches.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-018"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">1</a>. Philippe Hamon, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Puisque réalisme il y a</span>, Genève, La Baconnière, 2015.</p></div><div id=""footnote-017"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">2</a>. Champfleury, « Quelques notes pouvant servir de préface », <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Le Réalisme</span>, Paris, Michel Lévy Frères, 1857, p. 5.</p></div><div id=""footnote-016"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">3</a>. Par exemple, le collectif intitulé « Repenser le réalisme » envisage, dans une perspective sociocritique, des œuvres du Moyen Âge, de l’Ancien Régime, des œuvres contemporaines québécoises… en remettant en cause la centralité du roman français du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle : Claude Bouliane et Barnabé Wesley (dir.), « Repenser le réalisme », <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Cahier ReMix</span>, n° 7, 2018.</p></div><div id=""footnote-015"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">4</a>. Lionel Ruffel, « Un réalisme contemporain : les narrations documentaires », <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature</span>, vol. 166, n° 2, 2012, p. 13-25.</p></div><div id=""footnote-014"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">5</a>. Sur la notion de réalisme magique, voir Jean Weisgerber (dir.), <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Le Réalisme magique. Roman, peinture et cinéma</span>, Bruxelles, L’Âge d’Homme, 1987 et Lois Parkinson Zamora et Wendy B. Faris (dir.), <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Magical Realism. Theory, History, Community </span>[1995], Durham, Duke University Press, 2000.</p></div><div id=""footnote-013"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">6</a>. Roman Jakobson, « Du réalisme en art », dans <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Questions de poétique</span> [1921],<span class=""typo_Italique CharOverride-2""> </span>Paris, Seuil, 1969, p. 31-39.</p></div><div id=""footnote-012"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">7</a>. Tzvetan Todorov, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et signification</span>, Paris, Larousse, 1967.</p></div><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">8</a>. Roland Barthes, « L’effet de réel », <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Communications</span>, n° 11, 1968, p. 84-89.</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">9</a>. Gérard Genette, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Discours du récit</span>, Paris, Seuil, [1972], 2007.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">10</a>. Gérard Genette et Tzvetan Todorov (dir.), <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et réalité</span>, Paris, Seuil, 1982.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">11</a>. Roland Barthes, « L’effet de réel », <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">op. cit</span>. repris dans Gérard Genette et Tzvetan Todorov, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et réalité</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">op. cit.</span>, p. 81-89.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">12</a>. Philippe Hamon, « Un discours contraint », <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Poétique</span>, n° 16, 1973, repris dans Gérard Genette et Tzvetan Todorov, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et réalité</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">op. cit. </span>p. 119-181. </p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">13</a>. Ce volume reprend en partie les interventions prononcées lors de la journée d’études du 5 juin 2018 « Approches matérialistes du réalisme », à l’université Paris 8. Cette journée était organisée dans le cadre du SLAC (Séminaire de lettres des armes de la critique) de l’ENS Ulm, codirigé par Vincent Berthelier, Jordi Brahamcha-Marin, Alice de Charentenay, Anaïs Goudmand, Marion Leclair, Mathilde Roussigné et Laélia Véron.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">14</a>. Ian Watt, « Réalisme et forme romanesque » [1957], <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Poétique</span>, n° 16, 1973 repris dans Gérard Genette et Tzvetan Todorov, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Littérature et réalité</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">op. cit</span>., p. 11-46.</p></div><div id=""footnote-004"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"">15</a>. Certaines approches matérialistes du réalisme impliquent ainsi des caractéristiques formelles. C’est par exemple le cas de Bakhtine qui oppose l’œuvre monologique de Tolstoï et l’œuvre polyphonique, et plus réaliste, de Dostoïevski. Voir Mikhaïl Bakhtine, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">La";;;;;;;;; 719;2;3;16;Christian Garcin, une esthétique du dépaysement;;;;"<p>Cet ouvrage présente pour la première fois un ensemble d’études consacrées à l’écrivain contemporain Christian Garcin, auteur d’une œuvre vaste et composite, marquée par l’'esthétique du voyage et de l’étrangeté. </p>";"<p><strong>Elisa Bricco, « Introduction »<br /><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Première partie : Mondes en réseau et dépaysement </strong></p><ol><li>Jean-Raymond Fanlo, « Une toile d’araignée dense et folle » </li><li>Thierry Gillybœuf, « Confins et labyrinthes : une topographie de l’imaginaire garcinien »</li><li>Anne-Sophie Donnarieix, « Réalités en construction. Pluralité et entrecroisement des mondes dans l’univers fictionnel de Christian Garcin » </li><li>Jochen Mecke, « Une littérature du dépaysement : l’esthétique néo-exotique de Christian Garcin »</li><li>Noëlle Lévy-Gires, « Regarde le nom » : l'onomastique dans trois romans de Christian Garcin. »<br /><br /></li></ol><p style=""text-align: center;""><strong>Deuxième partie : Eclatement de soi dans le monde </strong></p><ol><li>Christophe Gence, « Images, multiplicités, « je » dans les romans et dans <em>Vidas</em> »</li><li>Elisa Bricco, « La trace autobiographique dans les textes de Christian Garcin »</li><li>Chiara Rolla, « Murs poreux, frontières perméables pour un « je » polymorphe : <em>Entrer dans des maisons inconnues</em> de Christian Garcin »</li><li>Frédéric Martin-Achard, « Dans le temps, non dans l’espace » : simultanéité et concordance des temps dans l’œuvre romanesque de Christian Garcin »</li><li>Jutta Fortin, « Pour essayer de retrouver ma mère » : abandon et importance de la langue dans <em>Des Femmes disparaissent</em> et <em>Aux Bords du lac Baïkal</em> de Christian Garcin »<br /><br /></li></ol><p style=""text-align: center;""><strong>Troisième partie : (Hyper)esthésies, simultanéité et correspondances </strong></p><ol><li>Stéphane Chaudier et Joël July, « Qu’est-ce qu’une phrase littéraire aujourd’hui ? Le cas exemplaire de Christian Garcin »</li><li>Lydia Bauer, « Synchronicité et sympathie dans <em>La jubilation des hasards </em>de Christian Garcin »</li><li>Isabelle Dangy, « Le monde animal dans l’œuvre de Christian Garcin »</li><li>Marie Gaboriaud, « Le Silence n’existe pas » : du silence des arbres à Eddy Mitchell, dialectique du bruit et du silence dans quelques œuvres de Christian Garcin »</li><li>François Berquin, « Éloge de la grisaille »<br /><br /></li></ol><p class=""paragraph"" style=""text-align: center;""><strong>Annexes</strong></p><p>Christian Garcin, « Un nuage d’étourneaux dans une architecture de verre »</p><p>Voyage et création littéraire. Entretien avec Christian Garcin et David Collin</p><p>Bibliographie de Christian Garcin</p>";;16/09/2021;0;137x220;304;978-2-37924-186-4;978-2-37924-186-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_719.jpg;"<p class=""Paragraphestandard"">Christian Garcin bâtit depuis le début des années 1990 une œuvre composée de romans, de nouvelles, de carnets de voyages, de poèmes, d’essais critiques, de biographies et de récits autofictionnels. Le présent ouvrage propose le premier recueil d’études sur cette entreprise littéraire singulière et foisonnante. On y découvre comment, derrière sa profonde diversité, le monde littéraire de Christian Garcin est parcouru d’un questionnement philosophique continu et d’un réseau de personnages récurrents, de motifs, d’échos et de correspondances qui en assurent la cohérence. Une puissante esthétique du dépaysement naît de cet univers. Au fil de ses ouvrages, Christian Garcin explore des continents géographiques et spirituels avec lesquels nous ne sommes pas familiers, et le motif du voyage lui permet d’orchestrer les thèmes de la disparition, de la fuite et de la quête. Fasciné par les cultures chamaniques, l’écrivain joue lui-même dans son œuvre le rôle de médiateur entre ce monde-ci et « l’autre monde » en ouvrant des passages entre des réalités et des significations multiples.</p><p class=""Paragraphestandard"">Les lectures rassemblées dans ce volume éclairent une figure originale et importante de la littérature française contemporaine. Elles sont accompagnées d’un entretien avec Christian Garcin et d’un texte dont il est l’auteur.</p><p class=""Paragraphestandard""><em> </em></p><p class=""Paragraphestandard""><em>Elisa Bricco, professeure de littérature française, directrice de l’<a href=""http://argec.hypotheses.org/"">ARGEC</a> (Atelier de recherche génois sur les écritures contemporaines), questionne les enjeux de l’intermédialité et de la visualité dans le texte littéraire ultracontemporain.</em></p><p class=""Paragraphestandard""><em>Marie Gaboriaud, lectrice d’échange, agrégée de lettres modernes et docteure en littérature française et comparée, est spécialiste des littératures françaises des xix<sup>e</sup> et xx<sup>e</sup> siècles, ainsi que de l’intermédialité.</em></p><p class=""Paragraphestandard""><em>Chiara Rolla, enseignante-chercheuse en littérature française, travaille sur l’écriture contemporaine et l’influence qu’y exerce la culture classique, sur la littérature du xvii<sup>e</sup> siècle et la traduction littéraire. </em></p><p class=""Paragraphestandard""><em>Toutes trois occupent leurs fonctions à l’<a href=""https://unige.it/it/"">Università di Genova</a> (Italie) et sont membres de l’<a href=""http://argec.hypotheses.org/"">ARGEC</a>.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; border-style: solid; color: #000000;""><p class=""T_3_Article ParaOverride-1"" style=""margin: 0px 0px 6px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Introduction</span></p><p class=""T_SousTitre"" style=""margin: 0px 0px 28px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Christian Garcin : réseaux, rhizomes et dépaysements</span></p><p class=""auteur"" style=""margin: 0px 0px 14px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Elisa Bricco</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">En parcourant la liste complète des textes garciniens qui comprend désormais plus de cinquante titres (<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">cf</span>. la bibliographie en fin de volume), on pourrait être étonné par l’apparente hétérogénéité de cette œuvre composite. Chemin faisant, le lecteur se rend pourtant compte que ce <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">corpus</span> est traversé de fils qui se tressent et se lient d’un titre à l’autre et d’un genre à l’autre. Garcin a avoué que cette trame tissée dans ses textes, surtout dans les fictions (<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">cf.</span> le schéma qu’il a élaboré et qui est reproduit à la fin de cette introduction), n’était pas pensée au départ, mais qu’il est apparu comme une évidence, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">a posteriori</span>, que des échos se relayaient d’un roman à l’autre, d’un récit à une nouvelle, etc.<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-015"">1</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">La chercheuse pourrait envisager de parcourir cet ensemble textuel par le biais de la réflexion sur l’art, qui occupe une large place dans les livres : en tant que thème, et en tant qu’objet déclencheur de la création et de la recherche de l’écrivain. Dans <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Vidas </span>apparaissent des portraits d’artistes, Jan Van Eyck, le Caravage, Donatello, à côté de ceux d’écrivains et de personnages célèbres de l’histoire. Garcin publie ensuite, en 1997, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">L’Encre et la Couleur </span>entièrement consacré aux peintres italiens de la Renaissance Masaccio, Pisanello, Piero della Francesca, et aux peintres chinois (du <span class=""typo_SC"" style=""font-variant: small-caps; text-transform: none;"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">e</span> au <span class=""typo_SC"" style=""font-variant: small-caps; text-transform: none;"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">e</span> siècle) Ma Yuan, Wu Daozi, Shi Tao. Le récit de certains épisodes de la vie des artistes est prétexte à questionner le sens de la création et à réfléchir sur l’élan vers l’inconnu qu’ils engagent dans leurs œuvres. Et il poursuit encore ce type de recherche dans <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">L’Autre Monde</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-014"">2</a></span></span>, par exemple, et dans les essais et les fictions consacrés aux écrivains : <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Borges, de loin</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-013"">3</a></span></span>, ou <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Une théorie d’écrivains</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-012"">4</a></span></span>, pour n’en citer que quelques-uns.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">La critique s’est déjà penchée sur cette thématique<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-011"">5</a></span></span>. Ce premier volume d’études sur l’intégralité de l’œuvre de Garcin entend au contraire proposer un regard qui la surplombe dans son ensemble et s’attache à la façon dont s’imbriquent différents motifs, créant un tout homogène malgré sa profonde diversité. Les réseaux thématiques qui se tissent d’un texte à l’autre, de même que la progression rhizomique des sujets et des propositions critiques diverses, concourent à la mise en place d’une esthétique du dépaysement. Les études ici rassemblées pourront fournir des pistes de lecture, ainsi que des propositions et des suggestions permettant une plus grande compréhension de cette entreprise scripturale.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">On y suivra ainsi la trace de l’écrivain voyageur, passionné par les terres les plus éloignées et les plus sauvages, par les « bouts du monde », comme il l’explique dans l’entretien qui clôt ce volume : de la steppe mongole à la mer Blanche, de la Terre de Feu jusqu’au fin fond du Japon. Les carnets de voyage, mais aussi les narrations romanesques et les livres pour la jeunesse, arpentent des territoires peu connus, étrangers et étranges, où évoluent des personnages insolites, des enquêteurs improbables, des femmes férues de voyance ou de parapsychologie, des ermites vivant dans les grottes et des SDF dans des tunnels citadins. La recherche de l’inconnu concret se double de celle de territoires mentaux secrets : Garcin se montre fasciné par les cultures chamaniques et il explore des continents géographiques et spirituels avec lesquels nous ne sommes pas familiers, mais que nous apprenons à comprendre dans ses livres. L’écrivain-chamane travaille au tressage et à la mise en réseau de toutes les suggestions qu’il emporte de ses expériences et de ses rencontres lointaines. En outre, ainsi qu’un moderne psychopompe, il joue le rôle de médiateur entre ce monde-ci et « l’autre monde » en construisant des réseaux de significations, des réalités multiples où les personnages bougent et entrent en contact avec une dimension de la réalité ordinairement inaccessible. Là, dans ces réalités fictionnelles et étrangères, les esprits vivants communiquent avec les morts et les animaux ; ils voyagent dans d’autres univers et dans des situations où leurs états de conscience sont modifiés. Grâce à sa technique d’écriture – de même que le chamane grâce à sa technique de divination –, l’écrivain se met au service de la communauté des lecteurs pour laquelle il officie dans le but de maîtriser les aléas de la communication et des rencontres et il disparaît dans ses fictions. En fait, il n’est qu’un médiateur – comme ce peintre chinois disparu dans la brume du paysage qu’il venait de peindre, dans <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">L’Encre et la Couleur</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-010"">6</a></span></span> –, selon l’idée borgésienne, auteur de prédilection de Garcin, que « toutes les œuvres sont l’œuvre d’un seul auteur qui est intemporel et anonyme<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-009"">7</a></span></span> ».</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Le motif du voyage lui permet aussi d’orchestrer les thèmes de la disparition<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-008"">8</a></span></span>, de la fuite et de la quête. Souvent dans ses textes, la nécessité de vivre l’aventure frôle la quête existentielle : les personnages disparaissent parce qu’ils cherchent une existence autre, ils veulent trouver « l’intimité d’un abri de terre ou de mots que l’on s’est creusé soi-même<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-007"">9</a></span></span> », ou bien, tout simplement, « échapper au monde<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-006"">10</a></span></span> », se replier sur eux-mêmes pour se retrouver, mais aussi parce qu’ils veulent se mettre en question, sonder les limites du monde et les leurs en même temps. Rien n’est jamais tout à fait clair ni circonstancié dans les textes de Garcin, chaque situation pouvant être lue et perçue de manière différente selon la personne qui l’approche. Et ce manque de repères, avec la recherche de solutions qu’il entraîne, est l’une des spécificités de ses textes et ce qui les rend si fascinants.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">À partir de ces perspectives, les propositions de lecture et les études qui composent ce volume approchent l’œuvre soit dans son ensemble, soit par fragments ; dans tous les cas c’est la densité du tissu, c’est la combinaison des fils composant la trame et la chaîne du texte qui engendre le plaisir du lecteur.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Dans la première partie – <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Mondes en réseau et dépaysement</span> –, la construction imaginaire des mondes dans l’œuvre de Garcin occupe l’étude de Jean-Raymond Fanlo qui se penche sur les romans, les carnets de voyage et quelques nouvelles pour interroger les effets de dédoublement des personnages et de leurs retours d’un texte à l’autre. En utilisant la métaphore de la toile d’araignée, Fanlo présente un parcours en mettant l’accent sur le penchant mélancolique de cette écriture où tout est dit et esquissé mais rien n’est atteint véritablement, et la quête de l’auteur peut ainsi se poursuivre. Une esthétique du retour des mêmes motifs qui s’accompagne de la construction d’un vaste réseau de significations diverses est au centre de la lecture de Thierry Gillybœuf, qui utilise la métaphore de l’archipel pour en rendre compte : il met en lumière les sujets qui traversent la plupart des œuvres de Garcin tout en restant bien secrets, enfouis dans les intrigues, cachés comme dans les tunnels et les terriers où s’abritent les personnages en quête de calme et d’apaisement. En établissant une géographie où le haut et le bas, voire le très bas, se répondent, il pointe la mobilité des personnages et des motifs dans les textes. Anne-Sophie Donnariex réfléchit sur les réalités multiples et sur les réseaux thématiques parcourant l’œuvre. Elle réalise que les mondes simultanés, qui y sont présents, sont reliés par des passerelles et que, d’un livre à l’autre, les personnages, qui réapparaissent ou sont ré-évoqués, concourent à la création d’un univers fictionnel cohérent et compact. Ces doubles réalités sont liées aux motifs de l’ailleurs et à une forme de mysticisme exotique dépourvu de transcendance qui se nourrit largement de l’imaginaire chamanique.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">C’est par l’idée de dépaysement permettant de s’éloigner et de regarder son monde avec un regard renouvelé que Jochen Mecke affronte cet univers fictionnel : il démontre que les déplacements physiques de l’auteur, mais de ses personnages aussi, et les voyages dans des lieux extrêmes y sont doublés par des voyages dans l’irrationnel et dans l’invraisemblable. L’appel de l’ailleurs, que l’on pourrait définir comme un nouvel ou un post-exotisme, permet au sujet de percevoir des réalités autres, exotiques, et ces expériences constituent pour le voyageur non seulement un but mais aussi une source inépuisable de prétextes à écriture.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Noëlle Lévy-Gires, elle, aborde la grande complexité de cet univers romanesque par la question du nom des personnages : les noms et les prénoms, souvent reproposés d’un roman à l’autre, constituent des points de repère et d’ancrage susceptibles d’aider soit les personnages soit les lecteurs à se perdre d’abord pour se (re)trouver ensuite. Le pouvoir ludique, poétique, magique et herméneutique du nom semble être toujours à l’œuvre dans les textes garciniens, puisqu’il s’agit d’une sorte d’élément unitaire et inamovible dans son univers foisonnant et instable, mouvant et hétéroclite. De plus, le nom constitue un repère contre la force centripète des intrigues et l’instabilité intrinsèque des êtres.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Les humains peuplant les textes de Garcin, personnages, narrateurs, doubles et avatars de l’auteur, sont eux aussi difficiles à saisir, ils bougent, ils disparaissent, ils s’enterrent et s’évaporent ailleurs : l’esthétique du dépaysement imprègne la dimension du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">hic et nunc</span> et projette celle-ci dans un ailleurs métaphysique. C’est la notion du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">straniamento</span>, c’est-à-dire du sentiment d’être étranger à soi, mais aussi celle de l’éclatement de soi dans le monde, qui sont envisagées dans les articles composant la deuxième partie de ce volume (<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Éclatement de soi dans le monde</span>). Le moi du sujet locuteur, de celui qui rend compte de ses expériences et qui est mis en scène dans la plupart des textes, mais aussi celui des personnages multiples et démultipliés sont interrogés par Christophe Gence dans son parcours à la recherche de la présence du « je » et de ses incarnations à travers les romans. Le « je » est multiple et se réfracte d’un texte à l’autre : souvent les individualités convergent et se superposent, se correspondent et confluent dans la même expérience physique ou mentale. Depuis le tout premier ouvrage <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Vidas</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-005"">11</a></span></span> (1993) jusqu’aux <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Oiseaux morts de l’Amérique</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-004"">12</a></span></span>, Gence propose une exploration de cette multiplication du « je » et de son lien possible avec une certaine philosophie orientale de la disparition.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Les mouvements du « je » auctorial sont au centre de l’enquête d’Elisa Bricco sur le développement du discours autobiographique dans les textes non fictionnels, tels que les carnets de voyages, les essais et les récits autobiographiques. L’auteur, qui dans les romans se cache derrière ses personnages et narrateurs, rechigne tout autant à se dévoiler dans les textes factuels. Les quelques bribes d’informations personnelles que l’on peut extraire de ses écrits restent très éparses et il s’avère difficile de deviner une figure de l’auteur. Ce sera seulement par la reconstitution des différents morceaux d’un puzzle identitaire que l’on arrivera à composer son image, mais en creux.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Cette quête de l’auteur, Garcin la poursuit lui-même dans ses ouvrages biographiques, où il se penche sur les écrivains et intellectuels qui ont joué un rôle dans sa formation et cherche en eux l’essence et la source de sa fascination. Ainsi, Chiara Rolla réfléchit sur le recueil d’esquisses biographiques d’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Entrer dans des maisons inconnues</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-003"">13</a></span></span>, afin d’y repérer la trame composée par le « je » fictionnel et auctorial à travers le récit de la vie de grands auteurs.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">C’est la consistance des personnages des romans qui est interrogée par Frédéric Martin-Achard : à partir du constat que « la temporalité des romans de Garcin se caractérise avant tout par les deux régimes, proches mais distincts, de la concordance des temps et de la simultanéité », Martin-Achard se penche sur les textes afin de percevoir la relation avec le temps qu’y entretiennent les personnages. Par le questionnement des notions de simultanéité et de concordance des temps, il en vient à démontrer que leur consistance est toujours très évanescente tant que l’on peut la renvoyer à la figure de l’étourneau : bien plus visible lorsqu’il est en groupe que lorsqu’il vole en solitaire. Voilà pourquoi la construction des personnages et de leurs mouvements relève plutôt d’un désir d’effacement de leur part que de celui de marquer leur présence.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Jutta Fortin affronte la thématique de la disparition, trans­versale à toute l’œuvre de Garcin, en ciblant l’attention sur la disparition au féminin pour en décrypter les spécificités et les modalités. Son analyse se concentre sur deux ouvrages : un roman, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Des femmes disparaissent</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-002"">14</a></span></span>, et un recueil de nouvelles pour la jeunesse, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Aux bords du lac Baïkal</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-001"">15</a></span></span>, parus la même année. Ces deux volumes partagent et développent une série de thématiques et d’enjeux structurels de l’univers littéraire de l’auteur qui a été présenté jusqu’ici : la fascination de l’Orient perçu du point de vue des différentes cultures (notamment, ici, chinoise et japonaise), l’intérêt pour les formes de chamanisme et d’éloignement de la réalité contingente, le retour de personnages, la mise en place d’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">alter ego</span> et de personnalités multiples, etc. Fortin pointe en particulier l’attention sur la problématique concernant la violence faite aux femmes – envers laquelle l’auteur démontre une grande sensibilité.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">La dernière partie du volume – <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">(Hyper)esthésies, simultanéité et correspondances</span> – rassemble des études centrées sur les notions de sympathies et d’(hyper)esthésies entendues et traitées dans les textes comme des composantes d’une esthétique de la simultanéité, des correspondances et de la non-séparation.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Stéphane Chaudier et Joël July s’interrogent sur la notion de style afin d’en relever les éléments et les mutations éventuelles survenues dans le temps dans l’écriture de Garcin. Ils procèdent ainsi à une étude de la syntaxe dans deux ouvrages d’époques différentes, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Vidas </span>et<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;""> Selon Vincent</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""Intro_Garcin.html#footnote-000"">16</a></span></span>, pour en montrer les spécificités et les mettre à l’épreuve d’une lecture minutieuse – à partir de l’approche de Gilles Philippe – qui en révèle les mécanismes et les constantes. Leur approche très technique parvient à démontrer que le régime de « stylisticité » varie dans le temps et selon les genres, et que c’est plutôt dans la variation lexicale et la créativité figurale qu’il faut chercher les particularités d’un style singulier.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">L’esthétique de la simultanéité est questionnée par Lydia Bauer à partir du constat que, pour les Anciens, la sympathie était un concept philosophique désignant l’unité et la totalité du monde et que toutes les choses dans l’univers sont en rapport les unes avec les autres. Bauer se concentre sur les concepts de synchronicité et de hasard qui impriment leur sceau sur tous les écrits de Garcin depuis les débuts. Elle développe son propos avec une analyse du roman <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">La Jubilation des hasards</span> et étudie de quelle manière la notion jungienne de synchronicité ainsi que la pensée cosmologique de l’Antiquité et du Moyen Âge forment la structure du roman et entraînent le lecteur aussi bien dans le monde de Borges que dans les réflexions de Foucault et de la philosophie chinoise.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">La simultanéité et la coprésence de mondes divers sont aussi au centre de la réflexion d’Isabelle Dangy, qui se concentre sur les possibles constitués par la présence animale dans les romans : les bêtes participent de la vie des humains en l’accompagnant, en l’observant et, le cas échéant, en imposant leur présence. Ils représentent le naturel non perverti par le contact avec le progrès, et révèlent le désir profond d’un monde intact qui transparaît dans les textes.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Le domaine naturel est convoqué aussi dans l’essai de Marie Gaboriaud qui se penche sur l’aspect sonore des textes : relevant toutes les sortes de bruits, de sons et de musiques dans les romans et recueils de nouvelles, elle signale la coexistence de sollicitations sonores différentes : les références musicales d’un côté, une gêne face aux bruits envahissants de l’autre, et la présence de bruits naturels accompagnant les personnages et l’auteur dans la recherche de calme et d’apaisement. Néanmoins le silence, c’est-à-dire l’absence de bruit, s’avère être la pierre de touche de la relation de Garcin à l’univers de l’écoute, puisqu’il est la dimension la plus recherchée de l’espace sonore dans ses textes.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Un autre aspect de l’univers garcinien est envisagé par François Berquin qui s’intéresse à la coloration grise qu’il décèle comme un motif parcourant l’œuvre. Toutes les nuances de gris sont présentes dans les textes : cela ne concerne pas seulement l’aspect esthétique de l’écriture, mais est, sans doute, le symptôme de quelque chose de plus profond parce qu’ancré dans la construction d’une réalité très masculine qui imprime sa forme à l’univers de l’auteur.</span></p><p class=""txt_separateur"" style=""margin: 7px 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">*</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">Par l’entrecroisement des différentes perspectives et lectures, ce volume vise à rendre compte de la richesse de l’univers littéraire créé par Garcin. Un monde riche en tendances et en spécificités qui varient d’un ouvrage à l’autre, avec sa géographie, ses sonorités, ses odeurs, ses couleurs, les personnages qui l’habitent et le remplissent de leurs fantasmes, aventures, pensées et hantises. Nous sommes conscientes que bien des aspects de l’art narratif de cet écrivain ne sont pas encore abordés dans ces études, et cela nous rassure sur le fait que nous pourrons continuer à lire ses ouvrages et à nous y pencher en profondeur pour en dégager toutes les richesses et les plaisirs de lecture. Nous tenons à remercier Christian Garcin pour sa disponibilité et sa gentillesse, pour sa générosité présente et à venir.</span></p><hr class=""HorizontalRule-1"" style=""border-bottom: none; border-left: none; border-right: none; border-top: 1px solid #000000;"" /><div class=""_idFootnotes"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><div id=""footnote-015"" class=""_idFootnote"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><p class=""";;;;;;;;; 720;1;3;27;Animaux marins. Savoirs arabes et transmission dans le monde latin;N°80/2021;;;"<p>La zoologie arabe médiévale est encore trop peu étudiée. Transmettant les savoirs grecs (notamment ceux d’Aristote), elle a aussi développé une approche originale de l’étude de la faune.</p>";"<p class=""TDM-titre"">Thierry Buquet, Brigitte Gauvin, Catherine Jacquemard<br />Animaux marins d’Orient et d’Occident. Savoirs arabes et transmission dans le monde latin</p><p> </p><p class=""TDM-titre"">Meyssa Ben Saad <br />« Ce qui nage » : les animaux aquatiques dans le<em> Kitāb al-Ḥayawān</em> d’al-Ǧāḥiẓ<strong> </strong></p><p>Faisal Kenanah <br />La faune marine chez Abū Ḥayyān al-Tawḥīdī : classification et transmission des savoirs</p><p class=""TDM-titre"">Jean-Charles Ducène <br />La chasse à la baleine dans les mers septentrionales selon les sources arabes médiévales</p><p>Grégory Clesse<br />Animaux aquatiques dans les sources médicales arabo-latines : continuités et discontinuités d’un discours</p><p class=""TDM-titre"">Thierry Buquet <br />De l’écume au sperme. Hypothèses médiévales sur l’ambre de baleine</p><p class=""TDM-titre""> </p><p class=""TDM-titre"" style=""text-align: center;"">Essais et recherches</p><p>Gaelle Bosseman<br />Femmes et <em>memoria</em> liturgique dans la péninsule Ibérique (Xe-XIIIe siècle). Une approche à partir des Beatus</p><p class=""TDM-titre"">Amélie Marineau-Pelletier<br />Usages des langues et traduction des lettres missives à Metz. Entre politique linguistique et légitimité du pouvoir (XIVe-XVIe siècle)</p><p class=""TDM-titre"" style=""text-align: center;""><br />Point de vue</p><p class=""TDM-titre"">Nathalie Bouloux <br />La vue et la carte. Recherches récentes en histoire de la cartographie</p><p class=""TDM-titre""> </p><p class=""TDM-titre"">Notes de lecture</p><p class=""TDM-titre"">Bertrand Boysset, <em>Chronique</em> (Nathalie Bouloux) ; Sébastien Bully, Alain Dubreucq, Aurélia Bully (dir.), <em>Colomban et son influence. Moines et monastères du haut Moyen Âge en Europe </em> (Stéphane Gioanni) ; Paul Hardwick, Kate Lister (dir.), <em>Vikings</em><em> and the Vikings. Essays on Television’s History Channel Series</em> (Alban Gautier) ; Ceridwen Lloyd-Morgan, Erich Poppe (dir.), <em>Arthur in the Celtic Languages. The Arthurian Legend in Celtic Literatures and Traditions</em> (Alban Gautier) ; Beatrice Borghi, <em>Il Mediterraneo di Anselmo Adorno. Una testimonianza di pellegrinaggio del tardo medioevo</em> (Térence Le Deschault de Monredon)</p><p class=""TDM-titre""> </p><p>Livres reçus</p>";;08/07/2021;0;160x240;208;978-2-37924-182-6;978-2-37924-182-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_720.jpg;"<p><em>Meyssa Ben Saad</em><strong><em> </em><em><br /></em><em>Ce qui nage</em> : les animaux aquatiques dans le <em>Kitāb al-Ḥayawān</em> d’al-Ǧāḥiẓ</strong></p><p>Le savant arabe al-Ǧāḥiẓ (776-868), prosateur, théologien et naturaliste, a dans son ouvrage monumental, le <em>Kitāb al-Ḥayawān</em> (<em>Livre des animaux</em>), tenté d’établir une classification des animaux en se basant sur des critères allant de l’observation directe (mode de locomotion) à des caractéristiques plus complexes (alimentation, anatomie, éco-éthologie). En prenant comme point de départ une classification ancienne envisageant le règne animal en quatre classes (ce qui marche, ce qui vole, ce qui rampe et ce qui nage), il discute des caractéristiques des grands groupes zoologiques, énumère leurs ressemblances et repère les critères distinctifs, constituant une réflexion sur la diversité du monde vivant. Dans « ce qui nage » se trouvent les poissons et d’autres animaux aquatiques. L’auteur reconnaît un manque d’informations fiables concernant ces espèces, ce qui apparaît dans sa tentative de classement qui semble en cet endroit lacunaire. Par ailleurs, le lecteur fait face à un certain nombre de difficultés quant à l’identification et la détermination des espèces décrites – sont convoquées ici la philologie, la biologie, l’histoire de l’évolution de la langue avec l’intégration des diverses influences (grecque, persane, indienne, langues locales, etc.) dans la lexicologie zoologique. Dans une perspective globale et comparatiste, il est intéressant d’explorer d’autres textes naturalistes arabes, afin d’apporter quelques éléments d’informations complémentaires.</p><p> </p><p><em>Faisal Kenanah</em><strong><br />La faune marine chez Abū Ḥayyān al-Tawḥīdī : classification et transmission des savoirs </strong></p><p>Ouvrage à caractère encyclopédique, le <em>Kitāb al-Imtāʿ wa-l-muʾānasa</em> (<em>Livre du plaisir</em> [intellectuel] <em>et de l’art de tenir compagnie</em>) évoque de nombreux sujets qui préoccupaient les esprits de l’époque classique du X<sup>e</sup> siècle. Abū Ḥayyān al-Tawḥīdī est considéré comme l’un des prosateurs arabes les plus érudits, qui s’est intéressé à plusieurs domaines. La « 10<sup>e</sup> nuit » renferme un entretien nocturne avec un vizir féru de connaissances sur la zoologie, plus particulièrement sur les caractères des animaux, dont les animaux marins. L’auteur ne fait que lire devant son interlocuteur, le vizir, « les merveilles et étrangetés qu’il a trouvées dans les livres et qu’il a entendues » sur le sujet de l’animal. Observations, démarches critiques, superstitions, légendes et pratiques médicales s’entremêlent ; transmettre des connaissances ou les traduire d’une langue à l’autre peut parfois être à l’origine de sens contradictoires dans les textes sémitiques.</p><p> </p><p><em>Jean-Charles Ducène</em><strong><br />La chasse à la baleine dans les mers septentrionales selon les sources arabes médiévales</strong></p><p>Trois textes arabes datant des Xe et XIe siècles décrivent la chasse à la baleine dans l’Atlantique et, plus au nord, dans la mer Blanche. Le texte se rapportant à l’Atlantique est dû au voyageur judéo-arabe Ibrāhīm ibn Yaʿqūb et décrit une chasse avec harponnage ; il peut être comparé aux textes latins médiévaux, issus de l’hagiographie et des encyclopédistes, qui décrivent ces pratiques. Quant aux textes relatifs aux us et coutumes des populations finno-ougriennes, ce sont deux descriptions indirectes de voyageurs arabes ayant circulé sur la Volga et qui ont rapporté des témoignages de leurs hôtes bulgares à propos de la manière de vivre de populations plus septentrionales. Les animaux étaient là-bas non expressément chassés, mais plutôt dépecés après échouage ; sans ces détails, des sources anglo-saxonnes et scandinaves confirment ces pratiques.</p><p> </p><p><em>Grégory Clesse</em><strong><br />Animaux aquatiques dans les sources médicales arabo-latines : continuités et discontinuités d’un discours</strong></p><p>Cet article propose un tour d’horizon des animaux aquatiques repris dans les principaux catalogues pharmacologiques de l’époque médiévale. Sont abordés en particulier les ouvrages médicaux parvenus en latin à la suite de l’important mouvement de traductions réalisées à partir de l’arabe, aux XII<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> siècles. Notre étude se concentre sur le <em>Liber ad Almansorem </em>de Rāzī<em>, </em>le <em>De dietis </em>d’Isaac Israeli, le livre II du <em>Canon </em>d’Avicenne, ou encore le<em> Colliget</em> d’Averroès et l’énigmatique<em> Liber de sexaginta animalibus</em> du pseudo-Rāzī. Une liste d’une quinzaine d’espèces aquatiques peut être relevée, comprenant notamment le crocodile, la grenouille, le crabe ou encore l’éponge, ainsi que des animaux moins souvent cités, comme l’épinoche, la torpille ou le poisson-flèche. En plus de ces chapitres spécifiques, les ouvrages étudiés offrent une section plus généraliste sur les poissons, décrits sans distinction d’espèces (ou presque) et dont les propriétés nutritives, plus ou moins bénéfiques, sont mises en correspondance avec le milieu de vie. En comparant l’information présente dans ces divers ouvrages, les continuités et les discontinuités du discours sont ainsi déterminées, avec mise en évidence de ce qui tient davantage du lieu commun dans la tradition médicale et de ce qui est propre à l’un ou l’autre auteur.</p><p> </p><p><em>Thierry Buquet</em><strong><br />De l’écume au sperme. Hypothèses médiévales sur l’ambre de baleine</strong></p><p>L’origine de l’ambre de baleine (ambre gris) a longtemps été débattue, du Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne. Le propos de cet article est d’étudier l’influence des savoirs arabes sur la connaissance de l’ambre dans l’Occident médiéval, notamment à travers les traductions des XIIe et XIIIe siècles de l’arabe vers le latin – des savoirs principalement transmis par la littérature médicale issue de l’école de Salerne. Dans les textes arabo-persans, depuis le IX<sup>e </sup>siècle de notre ère, plusieurs hypothèses sur l’origine de cette matière se concurrencent : elle est présentée comme un bitume, un végétal, de l’écume de mer solidifiée ou l’excrément d’un animal marin, mais sans que le processus réel de sa transformation ne soit réellement compris (il ne le sera qu’au XVIII<sup>e</sup> siècle). En Occident, ces explications circulent <em>via</em> les traductions de la littérature médicale (l’ambre est utilisé en parfumerie et comme composant médicinal). Mais, aux XII<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> siècles, une autre hypothèse circule en Europe, qui semble ne rien devoir aux sources arabes : l’ambre gris serait du sperme de baleine. Nous essaierons de comprendre l’origine de cette légende, en liaison avec la connaissance du temps sur les produits extraits des baleines (huile, spermaceti) et les relations possibles avec les autres explications proposées par les auteurs arabes.</p><p> </p><p><em>Gaëlle Bosseman</em><strong><br />Femmes et <em>memoria </em>liturgique dans la péninsule Ibérique (X<sup>e</sup>-XIII<sup>e</sup> siècles) : une approche à partir des Beatus</strong></p><p>Les manuscrits enluminés du <em>Commentaire sur l’Apocalypse</em> de Beatus de Liébana (fin du VIII<sup>e</sup> siècle) constituent un incontournable des bibliothèques monastiques de la péninsule Ibérique au Moyen Âge central. À l’origine destinés à la méditation des moines, les Beatus se sont vraisemblablement enrichis à partir du XI<sup>e</sup> siècle d’une fonction funéraire et liturgique (Otto Werckmeister). Majoritairement anonymes et sans indices certains sur les monastères dans lesquels ils ont été utilisés, ils ont été inconsciemment rattachés à des milieux masculins. Therese Martin et John Williams ont néanmoins récemment rappelé que les indices du rôle et de la place des femmes dans la commande et l’usage des Beatus existent. Le rôle particulier des femmes dans la préservation de la <em>memoria</em> liturgique au Moyen Âge étant bien connu, cet article s’efforce de préciser les liens entre les fonctions liturgiques et funéraires de certains Beatus et le rôle des femmes dans la préservation de la <em>memoria</em>.</p><p> </p><p><em>Amélie Marineau-Pelletier</em><strong><br />Usages des langues et traduction des lettres missives à Metz : entre politique linguistique et légitimité du pouvoir (XIV<sup>e</sup>-XVI<sup>e</sup> siècle)</strong></p><p>En s’appuyant sur les apports récents de la sociolinguistique historique qui s’efforce de comprendre les usages sociaux de la langue dans une société donnée, l’objectif de cet article consiste à examiner les pratiques linguistiques observées dans les échanges épistolaires de Metz, ville francophone du Saint-Empire romain germanique, avec ses destinataires germanophones à la fin du Moyen Âge. Comment les élites dirigeantes à Metz justifiaient-elles l’usage de la langue française dans leurs échanges écrits ? À quoi servait la pratique de traduction français-allemand de ces lettres effectuées par les officiers au service de la ville ? Constituait-elle un outil de la gestion administrative ou bien traduisait-elle l’existence d’une politique linguistique qui était le reflet d’une attitude consciente des élites messines visant à affirmer et renforcer leur légitimité dans un contexte d’altérité linguistique ? Par l’étude des usages linguistiques à Metz, il s’agira de mettre en exergue combien il est nécessaire de prendre en compte les diverses fonctions sociales de l’usage des langues non seulement entre les langues vernaculaires et le latin, mais également entre les langues vernaculaires elles-mêmes, lesquelles s’avèrent tout autant significatives.</p><p> </p><p><em>Nathalie Bouloux</em><strong><br />La vue et la carte. Recherches récentes en histoire de la cartographie</strong></p><p>cartographie, Hereford, historiographie, optique</p>";"<div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""auteur ParaOverride-3"">Thierry Buquet<br />Brigitte Gauvin<br />Catherine Jacquemard</p><p class=""auteur ParaOverride-3""> </p><p class=""T_3_Article ParaOverride-2"" style=""text-align: center;"">Animaux marins d’Orient et d’Occident<span class=""CharOverride-3""><br />Savoirs arabes et transmission dans le monde latin<br /><br /></span></p><p class=""txt_Normal"">Le<span class=""typo_gras""> </span>programme de recherche Ichtya, à l’origine de la journée d’étude<span class=""typo_gras""> </span>dont sont issus les articles de ce dossier<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 1</a></span></span>, a pour<span class=""typo_gras""> </span>objectif la mise en ligne d’un corpus de traités latins d’ichtyologie permettant de rendre accessible le contenu du savoir zoologique sur les poissons et autres animaux aquatiques véhiculé pendant l’Antiquité et le Moyen Âge, avant la publication des grands traités d’ichtyologie du <span class=""typo_SC"">xvi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 2</a></span></span>. Ichtya s’intéresse en particulier à la question de la transmission textuelle et à l’usage des « autorités ». Les livres traitant de l’histoire naturelle dans les encyclopédies médiévales latines ont été influencés par la littérature arabe, qu’elle soit médicale ou zoologique, et par la traduction latine du corpus zoologique d’Aristote, faite à partir de la version<span class=""typo_gras""> </span>arabe par Michel Scot à Tolède vers 1215<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 3</a></span></span>. Par exemple, le livre des poissons de l’<span class=""typo_Italique"">Hortu sanitatis</span> (fin <span class=""typo_SC"">xv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle), édité par les membres d’Ichtya en 2013, contient, d’une part, de nombreuses références à la médecine arabe et, d’autre part, des ichtyonymes latins formés sur l’arabe, fruits de la traduction de différentes sources<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 4</a></span></span>. Le traité sur les poissons, livre IV de <span class=""typo_Italique"">l’Hortus sanitatis</span>, est une compilation se fondant de façon massive sur le livre XVII du <span class=""typo_Italique"">Speculum naturale </span>de Vincent de Beauvais, ainsi que sur le livre XXIV du <span class=""typo_Italique"">De animalibus</span> d’Albert le Grand. Ces deux encyclopédies du <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle avaient compilé les œuvres médicales des auteurs arabes et beaucoup emprunté au <span class=""typo_Italique"">Liber de natura rerum</span> de Thomas de Cantimpré, l’un des premiers à utiliser la traduction de Michel Scot<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 5</a></span></span>. L’apport d’Aristote enrichit ainsi de façon significative le corpus zoologique médiéval, à la fois en qualité et en quantité, en informations et descriptions inédites, mais aussi en zoonymes nouveaux.</p><p class=""T_a ParaOverride-5"">Transfert de la zoologie d’Aristote <br />et difficultés de traduction des zoonymes</p><p class=""txt_Normal"">La transmission du texte d’Aristote génère de nombreuses difficultés : les informations passent successivement par trois langues (grec, arabe et latin) et donc par trois alphabets différents. Cela n’est pas sans entraîner des problèmes de dénomination et des contresens qui déforment des informations pourtant justes à l’origine, et qui les rendent parfois fantaisistes. À la lecture, le problème le plus immédiat concerne les noms d’animaux. Les quadrupèdes et les oiseaux, mieux identifiés et connus, n’ont subi que peu d’outrages. Leur nom a été compris par le traducteur arabe et Michel Scot. Par exemple, κύων (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kuôn</span>, le chien) a été traduit par le mot <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">al-kalb</span>, puis par <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">canis</span> dans le texte de ce dernier.</p><p class=""txt_Normal"">Mais le problème est bien différent pour les noms de poissons. D’abord, parce que les animaux aquatiques sont beaucoup moins bien connus des savants que les quadrupèdes et les oiseaux ; ensuite, parce que les mêmes espèces ne se trouvent pas partout, qu’elles sont présentes par exemple sur les côtes de Grèce mais absentes ailleurs en Méditerranée et, à plus forte raison, dans les autres mers ; enfin parce que les appellations sont parfois flottantes ou multiples pour une même espèce à l’intérieur d’une même langue. Le traducteur arabe d’Aristote éprouve souvent des difficultés à traduire les noms d’animaux aquatiques, comme par exemple dans le passage 598a 1315, où il doit traiter une longue liste d’ichtyonymes grecs, qu’il ne parvient visiblement pas à identifier, dont il se contente de donner des équivalents phonétiques en alphabet arabe (par exemple le κόκυγες – <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kokuges</span>, le grondin –, dont il donne un équivalent phonétique, « qūqīġās »)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 6</a></span></span>. S’appuyant sur cette version arabe, Michel Scot ne peut alors que translittérer en caractères latins ces noms d’animaux sous lesquels il ne peut mettre aucune réalité zoologique : « qūqīġās » devient alors « kokohaz » sous sa plume. De plus, il a pu le cas échéant être incapable de traduire certains noms d’animaux bien identifiés par le traducteur arabe<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 7</a></span></span>. En conséquence, Michel Scot insère nombre de dénominations comportant des consonances orientales : plusieurs animaux ont un nom qui commence par al-, trace de l’article arabe, ou se terminent par la lettre z (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">alphoraz</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">albirez</span>, <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">albuz, astaroz</span>, etc.). Mais c’est la déformation des noms qui est la plus dommageable, les passages d’une langue à l’autre étant souvent difficiles à cause des différences d’alphabet, ou de confusions de lecture sur un texte arabe non vocalisé ou non ponctué. En langue arabe, la lettre qāf (ق) ressemble à la lettre fā (ف), surtout quand les points diacritiques sont omis, ce qui n’est pas rare dans les manuscrits arabes médiévaux : les deux lettres ont alors la même forme. Ainsi, le κεστρεύς d’Aristote (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kestreus</span>, le mulet) devient le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">fastaroz </span>chez Michel Scot et Thomas de Cantimpré, le q initial (kappa grec κ alors écrit avec un qāf plutôt qu’un kāf (ك) d’une sonorité proche) ayant été lu comme un f. S’il est déjà difficile de reconnaître dans le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">karkora</span> de Michel Scot le πορφύρα (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">porphyra</span>, le murex) d’Aristote (mais dans lequel on peut repérer les confusions k-q, f-<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">phi</span>), l’identification devient impossible lorsqu’il faut deviner le κέφαλος (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kephalos</span>, le muge) d’Aristote dans le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kalaos</span> de Michel Scot, ou l’ακαλήφη (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">akalephé</span>, l’actinie) dans le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kilok</span>. Les encyclopédistes reprenant à leur tour les noms de Michel Scot, et ceux-ci se déformant au fur et à mesure de la transmission manuscrite, les graphies se multiplient, le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kilok</span> devenant ainsi, par exemple, <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kiloch</span> ou <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kyloz</span>.</p><p class=""txt_Normal"">Le passage par l’arabe est aussi perceptible dans l’apparition de termes qui ne sont pas des déformations du grec<span class=""typo_gras"">,</span> mais qui sont véritablement des mots arabes, translittérés tels quels dans la traduction latine car non identifiés. Ainsi, dans un passage de l’<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Histoire des animaux</span><span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-025-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 8</a></span></span>, Aristote écrit à propos de l’éléphant que ses chevilles sont courtes par rapport à sa taille, et il précise : « Il existe à chaque pied un astragale semblable à celle de la vache ». Le traducteur arabe a rendu le mot ἀστράγαλος (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">astragalos</span>) par <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kaʿb </span>(de <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">kaʿb unsī, </span>littéralement « astragale de l’homme<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-024-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 9</a></span></span> »). Lorsque Michel Scot a transcrit le passage en latin, il n’a pas su traduire le terme, sans doute trop technique, et l’a donc simplement translittéré, écrivant que l’animal a à chaque pied un « cahab ». Thomas de Cantimpré, ne comprenant pas que le terme désigne un os, en fait un animal, le « caab ». Et s’appuyant sur un autre passage où Aristote décrit la capacité de l’éléphant à nager longtemps sous l’eau<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-023-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 10</a></span></span>, il le transforme en animal marin<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-022-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 11</a></span></span>. Vincent de Beauvais, Albert le Grand et l’<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Hortus sanitatis</span> intègrent tous, à la suite de Thomas, le « caab » dans leur catalogue d’animaux vivant dans l’eau.</p><p class=""T_a"">Quelle transmission des savoirs zoologiques arabes en Occident ?</p><p class=""txt_Normal"">Au Moyen Âge, l’histoire naturelle doit relativement peu de choses aux savoirs zoologiques spécifiquement arabes. Les nombreuses descriptions d’animaux données par les géographes, encyclopédistes et naturalistes persans et arabes ont très peu, sinon pas du tout, circulé en Occident avant l’époque moderne. Il faudra attendre les travaux des savants arabisants du <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle pour que soit lue, traduite et étudiée cette très riche littérature : mentionnons, pour mémoire, la figure du protestant Samuel Bochart (Rouen, 1599-Caen, 1667) qui, dans sa vaste et érudite somme sur les animaux dans la Bible (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Hierozoicon</span>, Londres, 1663), a notamment utilisé le traité zoologique d’al-Damīrī (1342-1405), une compilation de très nombreux auteurs arabes. Ainsi, à travers ce dernier, Bochart a eu accès à des auteurs aussi importants qu’al-Ǧāḥiẓ (767-876). Bochart a également possédé une copie manuscrite des <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">ʿAǧāʾib al-maḫlūqāt </span>(<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Merveilles des créatures</span>)<span class=""typo_Italique CharOverride-5""> </span>du cosmographe al-Qazwīnī, offerte par la reine Christine de Suède<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-021-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 12</a></span></span>. Le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Livre du divertissement de celui qui désire découvrir le monde</span> (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Kitāb nuzhat al-muštāq fī iḫtirāq al-āfāq</span>), traité du géographe arabe al-Idrisī, n’a été mis en latin qu’en 1619, bien qu’il ait été écrit à la cour de Roger II de Sicile au <span class=""typo_SC"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle.</p><p class=""txt_Normal"">Si la version de Michel Scot permet d’avoir accès aux savoirs grecs sur les animaux, c’est à travers la littérature médicale, dont de nombreux traités ont été traduits à partir du <span class=""typo_SC"">xi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle en Italie et en Espagne, que le monde latin peut glaner quelques informations zoologiques venant directement du monde arabe. Les encyclopédistes, tels Thomas de Cantimpré<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-020-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 13</a></span></span> ou Barthélemy l’Anglais<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-019-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 14</a></span></span>, utilisent certains passages d’ouvrages de médecine, notamment le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Canon</span> d’Avicenne. Vincent de Beauvais, qui souhaite intégrer dans ses <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Specula</span> la totalité des connaissances disponibles à son époque, sort du domaine des arts libéraux et étend le champ des savoirs répertoriés aux sciences et aux techniques. Dans le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Speculum naturale</span>, cette extension se traduit en premier lieu par l’intégration de citations d’œuvres médicales mettant en lien un certain nombre de remèdes et les animaux dont ils sont issus. Plusieurs traductions font ainsi leurs entrées dans les encyclopédies médiévales : le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Liber ad Almansorem</span> de Rhazès (Rāzī) par Gérard de Crémone<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 15</a></span></span>, le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Liber Regalis</span> d’Haly Abbas (al-Majūsī) par Étienne d’Antioche<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 16</a></span></span>, le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Liber dietarum particularium et universalium</span> d’Isaac Israeli<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 17</a></span></span> par Constantin l’Africain et, bien sûr, le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Canon</span> d’Avicenne par Gérard de Crémone<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 18</a></span></span>. L’article de G. Clesse est dédié spécifiquement à l’inventaire des animaux aquatiques dans ces œuvres, qui ont eu une importante diffusion et ont donc eux-mêmes contribué à la circulation de connaissances arabes sur les poissons.</p><p class=""T_a"">Science et zoologie arabes</p><p class=""txt_Normal"">Outre les formes de transmission des savoirs entre Orient et Occident, ce dossier permet d’évoquer un aspect peu abordé jusqu’à présent, l’étude des poissons et des animaux aquatiques, et, plus généralement, le statut de la zoologie arabe médiévale. Dès 1984, Robert Delort avait souligné, à propos de l’histoire des animaux, l’importance des auteurs arabes médiévaux, avançant même que « c’est finalement le monde arabe qui a le plus apporté à la zoologie<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 19</a></span></span> ». Aujourd’hui, tout historien travaillant sur les animaux au Moyen Âge ou sur l’histoire des savoirs zoologiques est amené à se frotter, autant que faire se peut, à ces très riches sources orientales. Si le rôle joué par les savants arabes dans le domaine des mathématiques, de l’astronomie, de la médecine, de la pharmacopée, de la botanique ou encore dans ceux de l’instrumentation et de la technologie est bien reconnu et fait depuis longtemps l’objet de nombreuses études, publications et programmes de recherche, il faut bien avouer que la part qu’ils ont prise dans l’histoire de l’ichtyologie, et plus généralement de la zoologie, a été beaucoup plus négligée.</p><p class=""txt_Normal"">Jusqu’à une époque relativement récente, les recherches sur l’histoire de la zoologie arabe ont été peu nombreuses, et il n’y a guère plus d’une vingtaine d’années qu’on a vu émerger des travaux pionniers, comme ceux d’Ahmed Aarab, qui en ont souligné l’originalité. Il n’est donc pas vraiment surprenant qu’on puisse lire dans l’<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Histoire générale des sciences</span> de René Taton, parue en 1957<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 20</a></span></span>, une appréciation sévère de la zoologie arabe médiévale qui n’aurait produit que des recueils de merveilles de la nature, comme le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Livre des animaux</span> (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Kitāb al-Ḥayawān</span>) d’al-Ǧāḥiẓ ou des récits de voyageurs ou de cosmographes, entachés d’affabulation, qui ne représenteraient pas des travaux de naturalistes. Il est plus étonnant que, près de quarante ans plus tard, l’<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Histoire des sciences arabes</span>, publiée sous la direction de Roshdi Rashed en 1997, ne comporte pas la moindre allusion à la zoologie : elle ne figure pas au nombre des sciences de la vie, géographie, médecine, botanique et alchimie, et elle n’est même pas mentionnée dans la présentation et l’analyse des productions qui relèvent de l’<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">adāb</span>, la culture générale de l’honnête homme<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 21</a></span></span>. Comme si aucun discours savant sur les animaux n’avait jamais été tenu… En 1962, l’<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Histoire de la zoologie</span> de Jean Théodoridès et Georges Petit ne fait pratiquement pas mention de l’intérêt des Arabes pour l’étude des animaux<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 22</a></span></span>. Mais outre-Rhin, les chercheurs arabisants ont publié, depuis les années 1970, plusieurs études d’envergure donnant une place de choix à la zoologie arabe. Citons Fuat Sezgin et sa monumentale <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Histoire de la littérature arabe</span>, qui comprend, dans son troisième volume, un long chapitre sur la zoologie et l’art vétérinaire<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 23</a></span></span> ; Manfred Ullmann consacre la première partie de son ouvrage de 1972 sur « Les sciences naturelles et occultes en Islam » à la <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Tierkunde</span> (« science des animaux »)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 24</a></span></span> ; enfin, Herbert Eisenstein publie en 1992<span class=""typo_Italique CharOverride-5""> </span>une « Introduction à la zoographie arabe. Connaissance des sciences animales dans la littérature arabo-islamique<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 25</a></span></span> ». Depuis le début des années 2000, plusieurs ouvrages de synthèse ont été publiés sur le monde animal en terre d’Islam<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 26</a></span></span>, ainsi que de nombreuses études plus spécifiques, renouvelant par là-même le paysage historiographique de l’histoire des animaux dans cette aire culturelle<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 27</a></span></span>. En France, ce n’est qu’en 2006 que la richesse de la science arabe est portée à la connaissance du grand public à travers l’exposition consacrée par l’Institut du monde arabe à l’« Âge d’or des sciences arabes », qui inclut dans la section dédiée au monde du vivant et à l’homme dans son environnement une présentation des savoirs liés à l’être humain (médecine, pharmacopée, anatomie, chirurgie), mais aussi à son milieu (botanique, zoologie, minéralogie), avec des exemplaires de traités d’hippiatrie, du <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Livre sur l’utilité des animaux</span> d’Ibn Baḫtišū (m. 1058), des <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Merveilles de la Création et les curiosités des choses</span> d’al-Qazwīnī (1203-1283)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 28</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">La zoologie médiévale arabe a combiné une double approche, rationnelle et spirituelle, de l’animal, exprimée à travers une typologie de textes variés, qui relève d’une conception large et ouverte des sciences de la nature, comme en témoigne le monument littéraire que constitue le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Livre des animaux</span> d’al-Ǧāḥiẓ. L’étude du règne animal s’enracine dans les grands textes de la zoologie grecque, en particulier l’œuvre d’Aristote, qui a circulé sous différentes traductions, mais aussi sous forme de compilations pseudo-aristotéliciennes, tel que le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Nuʿūt al-Ḥayawān </span>(<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Caractéristiques des animaux</span>)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 29</a></span></span>. Ces traités utilisent notamment le livre <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Sur les animaux</span> de Timothée de Gaza (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Peri Zoôn</span>, fin <span class=""typo_SC"">v</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span>-début <span class=""typo_SC"">vi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle), œuvre disparue mais conservée en partie sous forme d’extraits (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">excerpta</span>) et d’un résumé (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">épitomé</span>) byzantins, ainsi que de citations dans les textes arabes. Timothée de Gaza a joué un rôle important dans la transmission des légendes et savoirs grecs en Orient<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 30</a></span></span>. Mais la zoologie arabe ne s’est pas cantonnée à un rôle de passeur neutre : elle a parfois critiqué ou enrichi ses modèles dans la confrontation à des sources diverses (orales, poétiques, témoignages de voyageurs, chasseurs, pêcheurs, marins, etc.) et exploré de nouveaux aspects de l’étude des animaux. Au contraire du monde latin médiéval<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 31</a></span></span>, elle<span class=""typo_gras""> </span>semble de plus avoir constitué une catégorie de textes répertoriée en tant que telle par les bibliographes arabes médiévaux. L’article de M. Ben Saad évoque en effet la mention des « savants spécialistes des caractères des animaux » (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">al-ʿulama bi-tabāʾiʿ al-ḥayawān</span>) dans le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Iḥṣāʾ al-ʿulūm</span> (<span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Recensement des sciences</span>) du philosophe al-Fārābi (m. 950)<span class=""CharOverride-4""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit""> 32</a></span></span>. F. Kenanah cite un passage d’al-Tawhīdī qui évoque cette catégorie de compétences avec la même expression.</p><p class=""txt_Normal"">Les poissons et animaux aquatiques peuvent apparaître comme des parents pauvres de l’histoire naturelle arabe, comme nous le verrons dans plusieurs articles du dossier. Par exemple, dans le <span class=""typo_Italique CharOverride-5"">Kitāb al-Ḥayawān</span> d’al-Ǧāḥiẓ, les « animaux qui nagent » n’ont pas été étudiés de la même façon que les autres classes, et l’auteur nous dit qu’il lui a manqué à la fois des sources textuelles (notamment poétiques) et des témoignages sérieux, al-Ǧāḥiẓ ne faisant pas véritablement confiance aux récits parfois pleins d’exagération des marins et des pêcheurs. Les articles de M. Ben Saad et F. Kenanah étudient en détail ces aspects de la création de nouvelles connaissances, en regard de l’usage d’Aristote, qu’al-Ǧāḥiẓ cite souvent avec une approche critique.</p><p class=""T_a"">Curiosités, merveilles, monstres et baleines</p><p class=""txt_Normal"">Aux époques abbasside et mamelouk, le savoir sur les animaux balance entre deux pôles : l’un plus rationnel, dans une lecture parfois critique de l’héritage grec, notamment Aristote (par exemple chez al-Ǧāḥiẓ, dans l’article de M. Ben Saad, avec un accent mis sur la problématique de la classification zoologique), et un autre moins « zoologique », où les auteurs cherchent à divertir le lecteur par une liste de merveilles (chez al-Qazwīnī au <span class=""typo_SC"">xiii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle) ou à le faire méditer sur la puissance de la création divine (comme chez Abū Hayyān al-Tawhīdī, dans l’article de F. Kenanah). La lecture parfois mal comprise d’Aristote, ou la reprise d’informations d’un auteur comme Timothée de Gaza, compilateur de faits plus ou moins fantastiques et d’hybridations fantaisistes bien connues dans les textes gréco-latins d’époque impériale, a pu amener à intégrer dans la littérature arabe des animaux et des propriétés légendaires étrangers à la tradition orientale. En guise d’exemple, F. Kenanah montre comment, chez al-Tawhīdī, les légendes sur le castor et le phoque ont un substrat antique et ont été vraisemblablement empruntées à Timothée de Gaza. Pour al-Tawhīdī, le fait que le dauphin aime ses excréments vient d’une mauvaise lecture du traducteur arabe d’Aristote, ou d’une confusion d’un copiste entre les mots « excréments » et « enfants », dont les graphies sont relativement proc";;;;;;;;; 722;2;1;42;La Différence autistique;;;;"<p>L’autisme ne se caractérise pas seulement par une autre intelligence, mais aussi par un fonctionnement subjectif et affectif original. Des conséquences en sont tirées pour un mode de prise en charge psychodynamique.</p>";"<p><strong>Préface par Jacques-Alain Miller <br /><br /></strong><strong>Introduction</strong><strong> </strong></p><p class=""TDMniveau1""><strong><br /></strong></p><p class=""TDMniveau1""><strong>Pourquoi l’autisme n’est-il pas une psychose ? </strong> </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Absence de délire et d’hallucinations verbales </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">La volonté d’immuabilité (sameness) </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">L’autisme ne se déclenche pas </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">L’autisme évolue vers l’autisme </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Spécificité des écrits des autistes </p><p class=""TDMniveau1""><strong>De la structure autistique </strong> </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">La rétention initiale des objets de la pulsion </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">L’énonciation étouffée </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Le gel des affects </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">L’aliénation retenue </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Le « langage au repos » : le mutisme </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">La démutisation </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Le babil autistique </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">La lalangue et l’affect d’angoisse </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">La langue qui explose : les vocalisations involontaires </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">La langue verbeuse </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Les langues privées </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">La langue factuelle de signes figés </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">La langue factuelle de signes ordonnés </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Gel et dégel du signifiant-maître </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Une perception brouillée des ressentis corporels </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Une identité floue </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Une identité transitiviste </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Une identité dissimulée </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Le gel du S<sub>1</sub> et celui des affects </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">L’identité assumée </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">La langue du « dégel des affects » </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 30px;"">Le retour de la jouissance appareillée par le bord </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Naissances du bord </p><p class=""TDMniveau1""><strong>Nourrir l’intelligence de l’autiste ne suffit pas </strong> </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Le cognitivisme avec la psychanalyse </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Le contact indirect </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Les objets rassurants </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Le refuge apaisant </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Immuabilité et structuration de l’environnement </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Valoriser l’intérêt spécifique </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">La psychanalyse sans le cognitivisme </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">L’angoisse de l’autiste perturbe son fonctionnement cognitif </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Quête d’un point d’appui </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Se faire accepter comme double </p><p class=""TDMniveau3"" style=""padding-left: 60px;"">Un doux forçage </p><p class=""TDMniveau1""><strong> Modalités du transfert de l’autiste </strong> </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Le transfert entravé et destructeur </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Le transfert à un objet familier maîtrisé </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Le transfert fusionnel à un double </p><p class=""TDMniveau2"" style=""padding-left: 30px;"">Le transfert sur un assistant discret </p><p class=""TDMniveau1""> </p><p class=""TDMniveau1""> </p><p class=""TDMniveau1""><strong>Conclusion </strong></p><p class=""TDMniveau1""><strong>Bibliographie </strong></p><p class=""TDMniveau1""><strong>Sources textuelles </strong></p><p class=""TDMniveau1""><strong>Remerciements </strong></p><p class=""TDMniveau1""><strong>Crédits </strong> </p>";;25/11/2021;0;160x220;400;978-2-37924-199-4;978-2-37924-199-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_722.jpg;"<p>L’autisme est abordé par la psychanalyse contemporaine comme un mode de fonctionnement spécifique, nettement différenciable de la psychose et nécessitant une prise en charge adaptée. À l’encontre d’une opinion reçue, l’autiste s’intéresse beaucoup aux autres, sa solitude n’est pas fondée sur une volonté de retrait social, mais sur un évitement du désir de l’Autre, lequel suscite son angoisse majeure. La difficulté à engager la voix dans l’échange suscite deux manières distinctes d’investir le langage. La première produit une langue verbeuse, impropre à la communication, mais auto-satisfaisante ; la seconde génère une langue factuelle de signes, qui permet la communication, mais qui est coupée des affects. Pour se protéger du désir de l’Autre, l’autiste élit un bord, composé de trois éléments : l’objet autistique, le double et l’intérêt spécifique. L’autisme apparaît ainsi comme une structure subjective originale compatible avec les réussites existentielles les plus hautes, mais aussi avec des détresses sévères. Quand l’autisme s’accompagne d’un mal-être, le traitement orienté par la psychanalyse passe, non par l’élucidation d’un passé enfoui, mais par la construction, le développement et l’évidement du bord.</p><p class=""Paragraphestandard""><em>Jean-Claude Maleval est psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne, membre de l’Association mondiale de psychanalyse et professeur émérite de psychologie clinique à l’Université Rennes 2. Il est notamment l’auteur de </em>Logique du délire<em> (Masson, 1997), </em>L’Autiste et sa voix<em> (Seuil, 2009), </em>Écoutez les autistes<em> (Navarin, 2012), </em>Étonnantes mystifications de la psychologie autoritaire<em> (Navarin, 2012) et </em>Repères pour la psychose ordinaire<em> (Navarin, 2019).</em></p>";"<p class=""T_3_Article"" style=""margin: 0px 0px 65px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: DaxPro-Medium, sans-serif; font-size: medium; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 500; line-height: 1.2; orphans: 1; break-after: auto; break-before: auto; text-align: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 1; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;"">Introduction</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">La différence autistique s’affirme et s’accroît au <span class=""typo_SC"" style=""font-variant: small-caps; text-transform: none;"">xxi</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">e</span> siècle : ceux qui la vivent veulent faire reconnaître que l’autisme n’est ni une maladie, ni une folie, ni même un handicap. La cause de l’autisme n’est pas connue, mais un constat s’impose : les autistes fonctionnent de manière différente, tantôt avec plus de difficultés que les non autistes, tantôt avec plus d’atouts. En quoi réside cette différence ? Le mouvement de la neurodiversité affirme qu’elle repose sur une autre intelligence déterminée par un fonctionnement cérébral original. Il a pris naissance dans les années 1980 à l’initiative d’autistes qui voulaient que l’on cesse de les considérer de manière négative. Ils revendiquent le droit à la diversité humaine et considèrent que la société devrait accueillir leurs particularités afin qu’ils puissent y vivre dignement. Ils cherchent à lutter contre les processus de stigmatisation et d’exclusion dont ils sont l’objet. Ils célèbrent une « culture autistique » mettant l’accent sur ses aspects positifs et créateurs. Certains vont jusqu’à considérer l’autisme comme un mode de fonctionnement cognitif alternatif qui ne demande aucun traitement.</span></p><p class=""txt_Citation"" style=""margin: 7px 45px 7px 23px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Les premières autobiographies parues dans les années 1980 et 1990, constate Brigitte Chamak, en particulier celles de Temple Grandin (1986) et de Donna Williams (1992), ont largement participé à la construction d’une politique identitaire autour de l’autisme. N’étant plus limitée aux enfants sans langage, cette étiquette, si stigmatisante jusque-là, devenait un étendard pour des personnes fières de revendiquer le qualificatif d’autisme et décidées à en changer les représentations, refusant la vision négative et pessimiste et les descriptions perçues comme insultantes que les professionnels, les médias ou les parents faisaient de l’autisme<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-018-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-018""> 1</a></span></span><span class=""CharOverride-2"">.</span></span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">En 2015 est paru, sous la plume d’un journaliste américain, un véritable plaidoyer en faveur de la « neurodiversité » : <span class=""typo_Italique CharOverride-3"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">NeuroTribes: The Legacy of Autism and the Future of Neurodiversity</span> (Tribus neurologiques. L’héritage de l’autisme et l’avenir de la neurodiversité). Cet ouvrage contribue grandement à la diffusion de cette notion par l’entremise de son succès médiatique. Steve Silberman, son auteur, considère que la neurodiversité inaugure une ère lors de laquelle l’humanité pourrait commencer à « penser plus intelligemment aux gens qui pensent différemment<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-017-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-017""> 2</a></span></span> ». Dans cette perspective, il promeut une conception de l’autisme comme un variant de l’humain et non comme une maladie à soigner. Un des aspects les plus intéressants de sa réflexion réside dans l’interrogation de la pertinence de la frontière tracée entre normalité et anormalité.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Le mouvement pour les droits des personnes autistes est à l’origine de la création et de la diffusion de nouveaux mots et concepts. Les autistes Asperger se désignent comme « Aspies » et promeuvent le terme d’« Autie » pour référer à un autisme plus sévère. L’innovation la plus lourde de conséquences tient au concept de neurodiversité qui partage l’humanité entre autistes et « neurotypiques ». Il présuppose que les neurosciences détiennent une vérité ultime sur l’humain et sur l’autisme. Pourquoi la diversité des individus devrait-elle se concevoir en référence aux neurosciences ? L’histoire et la culture n’y contribuent-elles pas pour le moins autant ?</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Il est de plus en plus fréquent que les autistes se considèrent comme « neuroatypiques ». Or, comme le souligne Jean-Marie Vidal,</span></p><p class=""txt_Citation"" style=""margin: 7px 45px 7px 23px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">ce n’est qu’une nouvelle manière de catégoriser les gens selon leur anormalité, au regard de la norme statistiquement majoritaire dans la population. Mais c’est aussi une nouvelle manière d’insister sur l’origine neurologique du trouble, même si elle reste bien souvent indétectable. Cette insistance aboutit alors à un étonnant paradoxe : alors que l’autisme est régulièrement invoqué pour souligner la part neurologique du fonctionnement psychique, il ne peut être identifié que par une approche clinique des modes d’expressions des personnes atteintes de ce trouble. Avant que l’on puisse détecter un fonctionnement neuronal atypique des personnes autistes, ce sont leurs conduites humaines qui se montrent atypiques. Leur neuroatypie se manifeste d’abord comme une psycho-atypie qu’il y a lieu d’analyser<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-016-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-016""> 3</a></span></span><span class=""CharOverride-2"">.</span></span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">À l’instar de Temple Grandin, beaucoup d’autistes voient le monde à partir du prisme de leur cerveau. « Elle n’a pas un cerveau, constate Ehrenberg, comme la plupart des gens, elle est son cerveau. » Pour elle, la neuroanatomie est une psychologie, « et peut-être plus encore, une ontologie »<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-015""> 4</a></span></span>. Pour les tenants de la neurodiversité, la vérité de l’homme reposerait sur la singularité de son cerveau. Il s’agit d’une approche réductionniste qui néglige des niveaux autonomes de la réalité humaine, en particulier sa dimension symbolique et ses déterminants sociaux, tandis qu’elle minimise la vie affective et ce qu’elle doit à l’impact du pulsionnel. Cette théorie promeut une identification de l’homme à une machine à traiter les informations. Or, il faut constater que cette image est aujourd’hui agréable au grand public.</span></p><p class=""txt_Citation"" style=""margin: 7px 45px 7px 23px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Croire que ce que je suis, c’est « un » cerveau, souligne Clotilde Leguil, c’est se définir à partir de l’anonymat d’un fonctionnement qui m’est étranger. […] Peut-être chacun préfère-t-il se savoir asservi à ses neurones, plutôt que d’éprouver une quelconque responsabilité quant à son destin. Et si le grand public aime les neurosciences, c’est qu’elles lui présentent une version de l’existence plus reposante, dans laquelle il n’a plus qu’à se laisser vivre et à obéir au programme qui est celui de son cerveau<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-014""> 5</a></span></span><span class=""CharOverride-2"">.</span></span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Cette réduction, qui gomme ce que l’homme doit au social, est en phase avec la montée contemporaine de l’individualisme.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Si la neuro-imagerie saisit bien des éléments de la géographie du cerveau, leur dynamique cependant lui échappe. Le psychisme est infiniment plus complexe qu’un double du cerveau : tout laisse supposer qu’une situation identique génère des états cérébraux différents d’un sujet à l’autre, voire chez un même sujet à des moments différents de sa vie. Le discours des neurosciences promeut une approche réductrice du sujet en ne prenant en compte qu’une cognition censée gouverner l’affectif.</span></p><p class=""txt_Citation"" style=""margin: 7px 45px 7px 23px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Le sujet du cognitivisme, constatent Marie-Jean Sauret et Christiane Alberti, n’a pas de sexualité, donc pas ce bout de jouissance qui infecte sa pensée ; le sujet du cognitivisme n’a pas de corps mais est identifié au système nerveux central évalué en termes de performances mesurables ; le sujet du cognitivisme n’a pas d’histoires, celle que le signifiant jalonne et permet d’évoquer, mais la mémoire d’un ordinateur dont la capacité est précisément jaugée, le sujet du cognitivisme n’a que faire d’une éthique puisque la science est censée révéler les lois de la nature, le programme génétique, qui règle ses comportements également inventoriés et calibrés<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-013""> 6</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">La norme cérébrale étant la diversité, le neurotypique est impossible à saisir. Les forces évolutives à l’œuvre dans l’évolution de l’espèce humaine produisent des comportements d’une grande variabilité selon les cultures et les histoires individuelles, modelant ainsi des cerveaux singuliers et hétérogènes. Il n’existe pas de consensus sur ce qui permettrait de déterminer en quoi le cerveau d’un autiste, ou celui d’un psychotique, sont spécifiques.</span></p><p class=""txt_Citation"" style=""margin: 7px 45px 7px 23px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Si la neurodiversité, c’est donc, minimalement, l’idée que l’autisme est d’origine cérébrale, écrit Denis Forest, cette origine est, pour l’instant, un objet de recherche et non un substrat qui serait identifié au moyen d’un ensemble de connaissances robustes. Lorsqu’on parle de neurodiversité, la référence au cerveau est donc une référence faite à des mécanismes hypothétiques auxquels les différences psychologiques avérées doivent correspondre en principe. Or, il n’y a à ce jour ni intégration de ces mécanismes et de ces différences au moyen d’une théorie qui ferait consensus, ni distinction bien nette entre ce qui dans le cerveau marcherait mal et ce qui en lui marcherait autrement et apporterait à la diversité le fondement objectif désiré<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-012""> 7</a></span></span><span class=""CharOverride-2"">.</span></span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Faute d’une cause connue, l’appréhension de l’autisme reste aujourd’hui essentiellement clinique, ce dont témoignent les variations de sa définition ; et c’est aussi la clinique qui nous oriente quant aux modes de prises en charge des autistes les plus sévères. Une clinique bien plus large que celle qui est contrainte dans les protocoles de l’<span class=""typo_Italique CharOverride-3"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">evidence-based medicine</span>, une clinique qui prend en compte les études de cas, les évolutions spontanées et l’hypertrophie compensatoire des autistes soulignée par Asperger.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Notre revendication de la différence autistique, comme fonctionnement psychique original, ne s’accompagne pas d’une adhésion à la notion de neurodiversité qui lui est en général associée. L’approche psychanalytique propose une saisie tout autre de la différence autistique, à partir du fonctionnement subjectif et de la manière de se protéger du désir de l’Autre. La différence ne passe alors pas entre autiste et neurotypique, mais entre autiste, névrosé ou psychotique, sachant que tout sujet participe de l’une de ces structures subjectives. Il est cependant regrettable que ces trois fonctionnements soient nommés, pour des raisons historiques, par des termes psychiatriques : ils désignent les trois manières dont dispose l’humain pour composer avec sa jouissance. Ils sont chacun compatibles avec les mal-êtres les plus graves et avec les réussites sociales les plus hautes. Il existe des autistes, des névrosés et même des psychotiques heureux. Dès lors, revendiquer la différence autistique, ce n’est pas reconnaître implicitement l’existence d’un groupe dominant, qui serait la référence de cette différence. Chacun des modes de fonctionnement subjectif est différent des deux autres et aucun ne doit être considéré comme un étalon. Quant au « neurotypique » définit comme « toute personne sans différence neurologique », il ne relève d’aucune de ces structures subjectives : ce n’est qu’une fiction statistique introuvable.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Selon certains, proches du mouvement de la neurodiversité, plutôt que de s’évertuer à guérir l’autisme, mieux vaudrait chercher à changer une société « handicapante ». Notre approche de la différence autistique ne conduit pas à l’exalter en la considérant comme « révolutionnaire<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-011""> 8</a></span></span> ». Il arrive certes qu’elle « bouscule l’ordre établi », mais l’hystérie ou la psychose ne s’avèrent ni plus ni moins performantes à y parvenir. En revanche, ceux qui revendiquent la différence autistique, que ce soit en la fondant dans le cerveau, ou en la discernant à partir d’un fonctionnement subjectif, ceux-là convergent pour poser des questions qui dérangent : « Pourquoi vouloir empêcher un enfant autiste de faire du <span class=""typo_Italique CharOverride-3"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">flapping</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-010""> 9</a></span></span> ? Ou pourquoi lui apprendre absolument à regarder dans les yeux<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-009""> 10</a></span></span> ? » Prendre en compte la différence autistique, quelle que soit la manière de la concevoir, implique rupture avec les discours normatifs véhiculés par les protocoles et les bonnes pratiques.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">L’objection la plus fréquente à l’appréhension de l’autisme comme une différence, et non comme une maladie ou un handicap, consiste à souligner qu’il s’agit d’un mouvement généré par des autistes sans déficience intellectuelle, lesquels ne prendrait pas suffisamment en compte les formes les plus sévères. Nul doute cependant que ces dernières recèlent, au moins chez certains, des potentialités permettant de passer d’un extrême à l’autre du spectre de l’autisme. « Quand j’étais toute petite, souligne Temple Grandin, j’étais autiste sévère ; ce n’est que plus tard que je suis devenue autiste de haut niveau<span class=""typo_Exposant CharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-008""> 11</a></span></span> ». À l’encontre de ce que soutient le mouvement de la neurodiversité, nous ne considérons pas que la différence autistique implique pour tous absence de soins et d’éducation spécialisée, cela n’est vrai que pour quelques sujets, situés dans le haut du spectre. Quand il s’agit d’améliorer le mal-être de l’autiste, le traitement du social ne saurait en toutes circonstances se substituer aux soins. Les réponses à apporter aux troubles et aux difficultés doivent grandement varier suivant les régions du spectre. Que l’autisme se réduise à un problème de société, qui n’accepte pas la différence, n’est soutenable qu’en référence aux autistes indépendants ; pour les autres, qu’ils soient peu autonomes ou totalement dépendants, la question de la prise en charge et du traitement ne peut être évacuée.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Selon l’approche cognitiviste, la spécificité de l’autisme réside en une autre intelligence, cela semble bien établi. Cependant, selon nous, cette cognition originale repose sur un autre fonctionnement affectif et libidinal. Il s’agit d’une hypothèse psychanalytique, or, pour la plupart, ni les autistes, ni leurs parents, et moins encore les autorités sanitaires, ne sont prêts à s’y intéresser. Les neurosciences cognitives qui régissent l’abord contemporain de l’humain font obstacle épistémologique à la prise en compte de la dynamique inconsciente discernée par Freud. Les autistes eux-mêmes, à la différence des névrosés, n’éprouvent guère le sentiment d’être parfois débordés par une force vécue comme plus puissante que leur volonté. Quant à leurs parents, ils sont souvent arc-boutés sur des dénonciations de la psychanalyse, accusée de les avoir rendus responsables des troubles de leurs enfants. Pourquoi, malgré tout, tenter de faire entendre une approche psychanalytique de l’autisme ? Parce qu’elle nous paraît aujourd’hui en mesure de rendre compte de la spécificité de la différence autistique avec plus de précision que les théories cognitives. La reconnaissance de la médiocrité des résultats des méthodes cognitivo-comportementales pour traiter le mal-être autistique commence à s’imposer ; viendra bientôt le temps d’une diffusion des méthodes psychodynamiques spontanément utilisées par certains autistes – quand ils ne sont pas entravés dans leurs efforts. C’est ce que prône l’approche psychanalytique, non pas en cherchant une causalité dans l’histoire du sujet autiste, mais en s’appuyant sur ce qu’Asperger nommait son « hypertrophie compensatoire ».</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Les débats qui semblent opposer de manière irréductible les pratiques comportementales et les méthodes psychodynamiques masquent une tendance à une atténuation des antagonismes qui s’opère lentement sur le terrain. Qui plus est, l’inclusion de l’autisme dans les psychoses est apparue de plus en plus contestable. Les Lefort ont fait œuvre de pionniers à cet égard en tentant dès la fin du siècle dernier de dégager les caractéristiques d’une structure autistique, faisant ainsi de l’autisme une différence et non une maladie<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-007""> 12</a></span></span>. Beaucoup de psychanalystes freudiens et lacaniens s’inscrivent aujourd’hui en cette perspective et s’efforcent de distinguer le fonctionnement autistique du fonctionnement psychotique. Nous précisons plus loin pourquoi l’autisme doit être différencié de la psychose, en soulignant notamment l’absence d’hallucinations verbales et de délires, l’évolution de l’autisme vers l’autisme, la spécificité des écrits, l’absence de déclenchement, et la volonté d’immuabilité.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">La France souffre de ne pas disposer d’un mouvement d’auto-défense des autistes, tel qu’il existe aux États-Unis, pour dénoncer les violences inhérentes à la méthode ABA, et pour souligner la médiocrité des résultats obtenus par les méthodes encore recommandées par la Haute Autorité de Santé. Le porte-parole le plus reconnu de la communauté autiste en France, Josef Schovanec tient parfois un discours contradictoire. Il souligne l’importance de s’appuyer sur les intérêts spécifiques pour développer les capacités de l’enfant autiste, tout en n’hésitant pas à apporter sa caution médiatique à des méthodes qui prônent de les réfréner, au mieux de les utiliser comme carotte. Daniel Tammet, un anglais résidant en France, se montre quant à lui beaucoup plus clair. Quand on l’interroge sur comment faire avec tel ou tel enfant autiste, il n’hésite pas à répondre qu’il convient d’inventer une méthode pour chacun.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">En Europe, la parole critique des autistes ne s’est pas encore faite beaucoup entendre. La revendication d’une approche plus humaniste de leurs difficultés n’est pas portée par des associations de parents, constituées au siècle dernier, qui, en France, considèrent que le combat majeur est de dénoncer la psychanalyse au nom d’une science dont les résultats sont complaisamment interprétés. Pourtant le mal français n’est pas la psychanalyse, mais le manque de moyens, l’absence de dialogue et une administration de la santé kafkaïenne<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-006""> 13</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Les temps changent. Les évaluations des méthodes recommandées s’avèrent de plus en plus décevantes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-005""> 14</a></span></span> ; tandis que se multiplient les relations de thérapies par affinités efficientes, pourtant fondées sur des principes opposés aux précédentes. Des parents se lèvent pour prôner une approche humaniste de l’autisme<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-004""> 15</a></span></span>. Les psychanalystes partagent la même éthique que celle dont se revendiquent leurs associations : celle qui met le sujet et sa singularité au premier plan. Celle qui prône pour chaque autiste une méthode spécifique.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: small;"">Même en adaptant la cure psychanalytique à l’autiste, c’est-à-dire en ne l’orientant pas vers la révélation d’un sens caché, mais en la fondant sur un traitement par le bord, objet qui mobilise les investissements libidinaux de l’autiste, et qui connaît trois incarnations (l’objet autistique, le double et l’intérêt spécifique), même dans ces conditions, nous ne la considérons pas comme le traitement privilégié du mal-être de l’autiste ; beaucoup d’autres méthodes psychodynamiques, parfois spontanément inventées par le sujet lui-même, parviennent à des résultats significatifs. Aucune réserve à faire par exemple à la thérapie rogérienne par le jeu conduite par Virginia Axline avec Dibs<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-003""> 16</a></span></span>. L’<span class=""typo_Italique CharOverride-3"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Affinity Therapy </span>ou le SCERTS<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_intro_v5.html#footnote-002""> 17</a></span></span> ouvrent de même des voies nouvelles intéressantes qui prennent en compte le savoir et les passions de l’enfant. En outre, il est en général bienvenu que d’autres prises en charge soient associées (pédagogie, orthophonie, psychomotricité, etc.) Cependant, seule la psychanalyse fournit un cadre théorique pour aborder les angoisses et la spécificité du fonctionnement affectif de l’autiste. En cela, elle reste indispensable. Sa remarquable persistance tient à sa capacité heuristique incomparable pour comprendre les phénomènes humains qui dépassent la volonté – ceux qui témoignent d’un savoir agissant à notre insu. Cette persistance est d’autant plus digne d’être soulignée que la psychanalyse se heurte aujourd’hui à des représentations collectives contraires qui exaltent l’individualisme et qui font de la propri&eacu";;;;;;;;; 723;1;3;34;Art contemporain et institutions;N°33/2021;;;"<p><em>Marges </em>aborde dans ce numéro la question des liens parfois difficiles entre la création artistique contemporaine et les institutions.</p>";"<p>Éditorial – Jérôme Glicenstein</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : Art contemporain et institutions</strong></p><p>Taous R. Dahmani<br />De l’espace de résistance au lieu de l’institution : l’histoire d’Autograph ABP<em> </em>de 1988 à 2007</p><p>Benjamin Arnault <br />L’émergence de l’art écologique au sein des institutions françaises</p><p>Tobias Ertl <br /> Vers un « nouvel irréalisme ». Une exposition situationniste entre néo-avant-garde et critique institutionnelle</p><p>Laura Castro<br />Le geste institutionnel et commémoratif de l’artiste. Pedro Cabrita Reis au Musée Gulbenkian (Lisbonne) et au Musée de Serralves (Porto)</p><p>Vivian Braga dos Santos<br />L’État brésilien et la valorisation institutionnelle du Noir et de l’art afro-descendant</p><p>Matteo Stagnoli<br />La création de l’institution muséale et l’architecture contemporaine : un regard sociologique</p><p style=""text-align: center;""><strong>Témoignage</strong></p><p>Isabelle Le Pape<br />L’art contemporain à la Bibliothèque nationale de France : collections, enjeux et visibilités</p><p>Garance Poupon-Joyeux <br />Institution et sédition : la parodie au cœur du Centre d’Art Contemporain d’Angoulême</p><p style=""text-align: center;""><strong>Varia</strong></p><p>Philippe Le Guern<br />Comment ne pas altérer l'altérité ? Art contemporain et indigénéités</p><p>Frederico Lyra<br />L’actualité de la théorisation et anti-théorisation en musique : système, excès et auto-analyse</p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio</strong></p><p>Gregory Buchert<br />Le Musée domestiqué </p><p> </p><p><strong>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</strong></p><p><strong>Abstracts français et anglais</strong></p>";;21/10/2021;0;155x220;192;978-2-37924-166-6;978-2-37924-166-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_723.jpg;"<p><strong>Comment ne pas altérer l'altérité ? Art contemporain et indigénéités</strong><strong> </strong><strong> </strong><br />Philippe Le Guern</p><p>Observant la curiosité réciproque que semblent partager l’art contemporain et l’anthropologie la plus actuelle, cet article s’efforce de saisir les raisons, la portée et les enjeux de ce tournant ethnographique de l’art et, simultanément, du tournant artistique de l’anthropologie. Il montre que se jouent notamment, dans la constitution de cet espace dialogique singulier, des questions aussi essentielles que celles qui touchent à la formation des conventions esthétiques et à leur nature socialement construite, à la portée sociale et politique du geste créatif, au rapport entre la pratique et la réflexivité. En définitive, n'est-ce pas la tension classique entre relativisme et universalisme qui se rejoue dans cette attraction mutuelle ?<br /><br /></p><p><strong>L’actualité de la théorisation et anti-théorisation en musique : système, excès et auto-analyse</strong><br />Frederico Lyra</p><p>Dans cet essai, nous analysons le geste théorique du compositeur François Nicolas à la lumière du diagnostic établi par le musicologue Nicolas Donin au sujet de la tendance croissante à l’anti-théorisation en musique. D’un côté, Nicolas propose une théorie systématique et excessive de la musique. De l’autre, Donin montre que les tendances actuelles sont plutôt tournées vers un type de démarche qu’il qualifie d’auto-analyse. Nous allons examiner le geste anachronique de l’un, face à la contemporanéité de l’autre, dans une situation de crise partagée différemment par les deux auteurs. Nous nous appuyons notamment sur la pensée de Theodor W. Adorno, dans l’objectif non de proposer une synthèse, mais plutôt, en suivant la démarche critique adornienne, consistant à tenter d’articuler la tension entre ces deux pôles.<br /><br /></p><p><strong>Institution et sédition : la parodie au cœur du Centre d’Art Contemporain d’Angoulême</strong><br />Garance Poupon-Joyeux </p><p>Les centres d'art contemporain émergent en France dans les années 1970 et se présentent, par leur ouverture aux expérimentations artistiques, comme une alternative aux lieux d'art traditionnels. Cependant, près de cinquante ans plus tard, ce modèle semble lui aussi s'être institutionnalisé. Cet article vise à questionner cette institutionnalisation en prenant l'exemple du Centre d'Art Contemporain d'Angoulême, un white cube gonflable qui parodie, à tous les niveaux, ces ""nouvelles"" institutions.<br /><br /></p><p><strong>L’art contemporain à la Bibliothèque nationale de France : collections, enjeux et visibilités</strong><br />Isabelle Le Pape</p><p>La Bibliothèque nationale de France existe depuis sa fondation par Charles V au Louvre en 1368, avant l'ouverture des premiers musées au public au cours du XVIIIe siècle. Ayant pour fonction de constituer des collections, de les conserver et de les diffuser à travers des actions de médiation, de numérisation et des expositions, la BnF dispose-t-elle pour autant d’une organisation lui permettant d'assurer de telles actions à l’instar d’autres institutions artistiques, qui paraissent mieux désignés pour ce type d’actions ?<br /><br /></p><p><strong>Le geste institutionnel et commémoratif de l’artiste. Pedro Cabrita Reis au Musée Gulbenkian (Lisbonne) et au Musée de Serralves (Porto)</strong><br />Laura Castro</p><p>Cet article cherche à analyser et à problématiser l'invitation et la complicité entre Pedro Cabrita Reis (Lisbonne, 1956), un des artistes portugais les plus reconus de la contemporanéité, et deux musées portugais, le Centre d'Art Moderne de la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne, et le Musée National d'Art Contemporain de la Fondation de Serralves, à Porto. Les invitations, qui ont eu lieu dans le cadre du 50<sup>ème</sup> anniversaire et du 20<sup>ème</sup> anniversaire des deux institutions, révèlent les utilisations institutionnelles et commémoratives de l'art contemporain.<br /><br /></p><p><strong>La création de l’institution muséale et l’architecture contemporaine : un regard sociologique</strong><br />Matteo Stagnoli</p><p>L’article esquisse une analyse de l’évolution du rôle de l’architecture contemporaine dans la création d’institutions artistiques au cours des dernières années en Europe, à travers la lecture architecturale et sociologique de trois cas principaux, le Centre Pompidou de 1977, le MAXXI de 2010 et le projet du Museum des 20. Jahrhunderts à Berlin. La notion de <em>Landmark</em> sera présentée dans ce cadre comme le rôle que la création d’institution joue dans l’espace urbain.<br /><br /></p><p><strong>L’État brésilien et la valorisation institutionnelle du Noir et de l’art afro-descendant</strong><br />Vivian Braga dos Santos</p><p class=""Pardfaut"">Au 21<sup>e</sup> siècle, le gouvernement brésilien participe à des actions de valorisation du Noir et de l’art afro-descendant dans les institutions nationales, en finançant l’organisation d’expositions et la production d’œuvres sur ces thématiques. Pour ce faire, l’alliance entre public et privé s’avère essentielle. Elle remonte à l’histoire de l’art et aux tensions du XX<sup>e</sup> siècle entre une apparente démocratisation institutionnelle et la régulation de la présence noire dans l’art. Néanmoins, dans les investissements culturels plus récents, l’État semblerait collaborer à un mouvement social, artistique et politique de réappropriation des identités noires distinct des expériences passées.<br /><br /></p><p><strong>L’émergence de l’art écologique au sein des institutions françaises</strong><br />Benjamin Arnault</p><p>L’art écologique se développe aux États-Unis depuis plusieurs décennies. Ces dernières années, les œuvres des pionniers nord-américains sont plus exposées par les institutions françaises. Quelques expositions collectives consacrées à l’art écologique voient le jour. Ce phénomène nous interroge quant à la relation de l’art écologique avec les institutions françaises. Quelles sont les limites à l’institutionnalisation de cet art en France ?<br /><br /></p><p><strong>De l’espace de résistance au lieu de l’institution : l’histoire d’Autograph ABP<em> </em>de 1988 à 2007</strong><br />Taous R. Dahmani</p><p>Le récit proposé dans cet article est celui de la nécessaire, mais paradoxale, institutionnalisation d’un engagement photographique et politique. Autograph ABP s’évertue depuis sa création à la fin des années 1980, à porter les noms des auteurs-photographes issus des diasporas caribéenne, africaine et indienne en Angleterre. Au fil des années il permettra de reconnaître, légitimer et diffuser les pratiques individuelles de photographes dits Black British. Idée utopiste, puis projet politique et enfin institution hybride, Autograph ABP se présente tour à tour comme un collectif, une association, une agence, une archive, une bibliothèque, un centre de recherches, une maison d’édition et un lieu d’expositions. Faire le récit d’Autograph ABP c’est raconter son évolution, celle d’un espace militant devenu institution culturelle, après avoir été un artist-run space.<br /><br /></p><p><strong>Vers un « nouvel irréalisme ». Une exposition situationniste entre néo-avant-garde et critique institutionnelle </strong><strong> </strong><br />Tobias Ertl</p><p>Lorsque, au début des années 1960, les Nouveaux Réalistes ont introduit des pratiques participatives et ludiques dans l’institution de l’art, l'Internationale Situationniste (I.S.) – estimant qu'il s'agissait d'une exploitation de leurs propres idées révolutionnaires au profit de l'industrie culturelle et du spectacle capitaliste – a réagi en propageant un « nouvel irréalisme ». L’article examine comment une exposition organisée en 1963 par l’I.S. à Odense, au Danemark, répond de manière critique aux Nouveaux Réalistes. En situant l'exposition dans l'histoire conflictuelle du groupe entre l'art et la politique, il sera soutenu qu'en identifiant les apories des tentatives néo-avant-gardistes de surmonter l'institution de l’art bourgeoise, l’I.S. se tourne vers des stratégies artistiques qui anticipent le conceptualisme de la critique institutionnelle.</p>";"<p><strong>Éditorial</strong></p><p>Le mot institution désigne, selon l’une des définitions les plus courantes, un « organisme public ou privé, régime légal ou social, établi pour répondre à quelque besoin déterminé d'une société donnée ». Cette définition suscite des images stéréotypées : bâtiments officiels, bureaux, fonctionnaires, textes réglementaires... Ces images s’étendent aux institutions artistiques, couramment associées à des lieux emblématiques – musées, théâtres, académies… –, ainsi qu’à des instances de subvention, de transmission ou de patrimonialisation de l’art. L’institution est parfois vue comme un pur instrument de contrainte normative, lieu de « récupération » voire de répression, opposée caricaturalement à la liberté, à la spontanéité ou à la subversion de l’art. La doxa ajoute parfois que les artistes se battent contre elles avant de les intégrer : signe d’une reconnaissance bien méritée ou de la pire des compromissions.</p><p>Au-delà de ces images, il faut bien pourtant poser la question de la place des institutions dans le fonctionnement de l’art. Est-il d’ailleurs possible d’envisager un monde de l’art qui n’en connaîtrait pas ? La sociologie et l’histoire sociale de l’art ont pourtant bien montré à quel point les artistes et leurs œuvres s’inscrivaient toujours dans des réseaux d’institutions variés et changeants (y compris les avant-gardes et les mouvements a priori les plus hostiles à l’idée même d’institution). De fait, alors qu’elles étaient encore relativement rares il y a un demi-siècle, les institutions de l’art contemporain se sont démultipliées au cours des dernières décennies : des centres d’art aux biennales en passant par les programmes de résidence, de bourses, les écoles, les fondations, les lieux associatifs etc. (phénomène accentué par la mondialisation de l’art contemporain, au-delà de ses centres traditionnels).</p><p>Puisqu’il s’agit de répondre à un besoin déterminé d'une société donnée, les institutions sont amenées à évoluer en permanence et celles des années 2010 ne sont pas celles des années 1960 ou 1980... L’essor des salons ou des galeries commerciales a correspondu à des évolutions dans les pratiques sociales ; la création de musées, de théâtres ou de festivals a parfois reflété une volonté de développer le tourisme dans telle ou telle région ; la création de nouvelles modalités d’enseignement est souvent venue d’une demande des artistes eux-mêmes… Des individus cherchent ainsi en permanence, en s’appuyant sur le monde politique, les acteurs économiques ou le secteur associatif, à créer de nouvelles institutions, au moment même où d’autres, faute de moyens, de volonté ou de participants, sont conduites à se transformer ou à disparaître.</p><p>Cette situation évoque un aspect central de la définition des institutions : le fait qu’elles relèvent de l’« action d'instituer ou d'établir ». Les gestes instituants peuvent ainsi avoir une dimension performative forte. Si tel musée ou centre d’art est inauguré, afin de promouvoir des formes extra-occidentales, la bande-dessinée ou des installations interactives, il est difficile de ne pas prendre en compte l’influence qui s’exerce alors sur l’espace social. Les objets présentés sont, de fait, transformés par leur présence au sein du dispositif institutionnel, de même que le regard que leur portent les critiques, les historiens de l’art ou le public.</p><p>Le but de ce numéro est d’explorer les relations entre la création artistique et les institutions. Comment celles-ci s’organisent-elles et à quoi servent-elles ? Quel rôle y jouent les artistes, les élus, le monde économique, le public ? Dans quelle mesure soutiennent-elles ou entravent-elles la production artistique, sa reconnaissance ou sa diffusion ? Toutes sont-elles comparables : entre les pays et au sein de chaque pays ?</p><p>Les premiers textes du numéro partent de situations concrètes d’instauration institutionnelle liées à l’évolution de la création artistique. Taous R. Dahmani raconte ainsi les transformations successives d’Autograph ABP, collectif visant à promouvoir les pratiques de photographes noirs britanniques. Il est ainsi tour à tour association, agence, archive, bibliothèque, centre de recherche, maison d’édition et lieu d’exposition. Son histoire témoigne ainsi du passage de l’espace militant, précaire, à l’institution culturelle au sens le plus classique qui soit, ce qui implique certaines réorientations et ne se fait pas forcément sans douleur<em>.</em> Le texte de Benjamin Arnault traite d’une situation semblable, mais qui est peut-être antérieure d’un point de vue logique : celle des artistes et groupes engagés dans la promotion d’un art écologique. Jusqu’à présent, ce genre de mouvance est encore en marge des institutions, tout en étant en passe de les intégrer, ce qui là aussi implique des transformations structurelles qui occasionneront sans doute quelques conflits.</p><p>La thématique de l’intégration institutionnelle est également au cœur du texte de Tobias Ertl, mais à travers la question de ses limites. La résistance vis-à-vis de toute compromission est en effet ce qui explique le refus de l’Internationale Situationniste d’intégrer la programmation du Stedelijk Museum d’Amsterdam et sa volonté de proposer à la place sa propre exposition : « Destruction of the RSG-6 »<em> </em>(1963). Tous les artistes n’ont pas eu la même position et quelques décennies plus tard la question se pose dans des termes différents, ainsi que le montre Laura Castro, à partir de l’exemple de la mise à profit de l’œuvre de Pedro Cabrita Reis par deux des principales institutions d’art contemporain au Portugal : le Centre d'Art Moderne de la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne, et le Musée National d'Art Contemporain de la Fondation de Serralves, à Porto.</p><p>Les deux textes suivants inversent la perspective en essayant de se placer du point de vue d’institutions, confrontées à la nécessité de se transformer pour mieux prendre en compte l’évolution de la création artistique. L’article de Vivian Braga dos Santos s’interroge ainsi sur les actions de valorisation du Noir et de l’art afro-descendant dans les institutions brésiliennes, lesquelles financent l’organisation d’expositions et la production d’œuvres sur ces thématiques. Le texte de Matteo Stagnoli esquisse, quant à lui, une analyse de l’évolution du rôle assigné à l’architecture contemporaine dans l’adaptation des institutions artistiques aux transformations de la création, au cours des dernières années en Europe, à travers trois exemples : le Centre Pompidou, le MAXXI et le projet du Museum des 20. Jahrhunderts à Berlin.</p><p>Nous complétons ce dossier par deux témoignages emblématiques des liens concrets entre art contemporain et institutions. Le premier, dû à Isabelle Le Pape, cheffe du service Art à la Bibliothèque nationale de France, livre le point de vue de cette institution, alors que le second, de Garance Poupon-Joyeux, livre celui des artistes. D’un côté, il y a la volonté clairement affichée d’ouvrir un lieu patrimonial à la création contemporaine et de l’autre l’ambition artistique de créer sa propre institution et donc de résister malgré tout à l’emprise des structures déjà instituées.</p><p>Deux textes figurent en varia dans ce numéro. Le premier constitue la deuxième partie de l’article que Philippe Le Guern avait proposé dans le numéro 32 de <em>Marges</em> ; le second, de Frederico Lyra, traite de la question de la théorisation dans le champ de la musique savante.</p><p>Un portfolio dû à Gregory Buchert, ainsi que quelques comptes rendus, complètent le numéro.</p><p> </p><p><strong>Jérôme Glicenstein </strong><strong> </strong><strong><br />Octobre 2021 </strong></p>";"<p><strong>How not to modify alterity? </strong><strong>Contemporary art and indigenous status </strong><strong> </strong><strong></strong><br />Philippe Le Guern</p><p>Observing the reciprocal curiosity that contemporary art and the most current anthropology seem to share, this paper attempts to analyse the reasons, the scope and the stakes of this ethnographic turning point in art and, simultaneously, of the artistic turning point in anthropology. It shows that, in the constitution of this singular dialogical space, questions as essential as those concerning the formation of aesthetic conventions and their socially constructed nature, the social and political scope of the creative gesture, and the relationship between practice and reflexivity are raised. Ultimately, is it not the classic tension between relativism and universalism that is played out in this mutual attraction?<br /><br /></p><p><strong>About theorization and anti-theorization in music: system, excess and self-analysis</strong><br />Frederico Lyra</p><p>In this essay we will analyse the theoretical gesture of the composer François Nicolas in the light of the diagnosis made by the musicologist Nicolas Donin about the growing tendency towards anti-theorisation in music. On the one hand, Nicolas proposes a systematic and excessive theory of music. On the other hand, Donin shows that current trends are more towards what he calls self-analysis. We will examine the anachronistic gesture of the one, in the face of the contemporaneity of the other, in a situation of crisis shared differently by the two authors. In the end, we will rely on Theodor W. Adorno's thought, not in order to propose a synthesis, but rather, following the Adornian critical approach, to try to articulate the tension between these two poles<br /><br /></p><p><strong>Institution and sédition: parody at the heart of the Centre d’Art Contemporain of Angoulême</strong><br />Garance Poupon-Joyeux </p><p>The contemporary arts centers emerge in France in the 1970's and promote themselves as an alternative to the institutions due to their openness to artistic experiments. However, nearly fifty years later, this model seems to be institutionalized as well. This article aims to question this institutionalization by taking the example of the Centre d'Art Contemporain d'Angoulême, an inflatable white cube which parodies, at all levels, these ""new"" institutions.<br /><br /></p><p><strong>Contemporary art at the Bibliothèque nationale de France: collections, goals and visibilities </strong><br />Isabelle Le Pape</p><p>The origins of the Bibliothèque nationale de France, French national Library, can be traced back to the royal library, founded at the Louvre by Charles V in 1368, before the majority of significant museums in the world were opened during the 18th century. The National Library of France is a public institution whose missions include constituting collections, the conservation of these collections, and making them available to the public through mediation, digitization and exhibitions. But does the BnF have the adequate organization in place to do so, compared to other artistic institutions, who seem more appropriate for such purposes?<br /><br /></p><p><strong>The artist’s institutional and commemorative gesture. Pedro Cabrita Reis at the Gulbenkian Museum (Lisbonne) and at the Serralves Museum (Porto)</strong><br />Laura Castro</p><p>This paper seeks to analyze and problematize the invitation and the complicity between Pedro Cabrita Reis (Lisbon, 1956), one of the most recognized Portuguese artists of contemporary times, and two Portuguese museums, the Modern Art Center of the Calouste Foundation Gulbenkian, in Lisbon, and the National Museum of Contemporary Art of the Serralves Foundation, in Porto. The invitations, which took place within the framework of the 50th anniversary and the 20th anniversary of the two institutions, reveal the institutional and commemorative uses of contemporary art.<br /><br /></p><p><strong>Museum’s creation and contemporary architecture: a sociological point of view </strong><br />Matteo Stagnoli</p><p>The paper draws an analysis of the evolution of the role of contemporary architecture in the creation of artistic institutions in recent years in Europe, through the architectural and sociological reading of three main cases, the Pompidou Center of 1977, the MAXXI of 2010 and the Museum des 20. Jahrhunderts in Berlin. In this frame, the notion of <em>Landmark</em> will be presented as the role that the creation of an institution must play in the urban space.<br /><br /></p><p><strong>The Brazilian state in the institutional valorization of Black and Afro-descendant art</strong><br />Vivian Braga dos Santos</p><p class=""Pardfaut"">In the 21st century, the Brazilian government participates in actions to promote Black and Afro-descendant art in national institutions, financing the organization of exhibitions and the production of artworks about these themes. In order to do so, the alliance between the public and the private sector is essential. It goes back to the history of art and the tensions of the 20th century between an apparent institutional democratization and the regulation of the black presence in art. Nevertheless, in more recent cultural investments, the State would appear to be collaborating in a social, artistic and political movement to reclaim black identities distinct from past experiences.<br /><br /></p><p><strong>The emergence of ecological art in french institutions</strong><br />Benjamin Arnault</p><p>Ecological art has been developing in the United States for several decades. In recent years, the works of the north american pioneers tend to be more exhibited by french institutions. A few collective exhibitions dedicated to ecological art are emerging. This phenomenon raises questions about the relationship between ecological art and french institutions. What is limiting the institutionalization of this art in France ?<br /><br /></p><p><strong>From a space of resistance, to the institution’s place: the history of Autograph ABP, between 1988 and 2007</strong><br />Taous R. Dahmani</p><p>The story proposed in this article is that of the necessary, but paradoxical, institutionalization of a photographic and political commitment. Autograph ABP has strived since its creation in the late 1980s to put forward the names of photographers from the Caribbean, African and Indian diasporas in England. Over the years, it was to recognize, legitimize and disseminate the individual practices of so-called Black British photographers. Utopian idea, then political project and finally hybrid institution, Autograph ABP could be seen, successively, as a collective, an association, an agency, an archive, a library, a research center, a publishing house and a place of exhibitions. To tell the story of Autograph ABP is to explain its evolution, that of an activist space that became a cultural institution, after having been an artist-run space.<br /><br /></p><p><strong>Towards a “New Unrealism”; A Situationist Exhibition Between Neo-Avant-Garde and Institutional Critique</strong><br />Tobias Ertl</p><p>When in the early 1960s the <em>Nouveaux Réalistes</em> successfully introduced participatory and ludic practices into the art institution, the Situationist International (S.I.)—believing this to be an exploitation of their own revolutionary ideas for the sake of the culture industry and capitalist spectacle—responded by propagating a “new unrealism”. This article examines a 1963 exhibition by the S.I. in Odense, Denmark as a critical reaction to the <em>Nouveaux Réalistes</em>. Situating the exhibition in the conflict-laden history of the group between art and politics, it will be argued that in identifying the aporias of neo-avant-garde attempts to overcome the bourgeois art institution, the S.I. turns to artistic strategies that anticipate the conceptualism of institutional critique.</p>";0;15.00;"<p>L’idée d’institution artistique évoque des lieux : musées, théâtres, académies… ainsi que des instances de subvention, de transmission ou de patrimonialisation. L’institution est parfois vue comme un instrument de contrainte, lieu de récupération, voire de répression, qui serait opposé à la liberté, à la spontanéité ou à la subversion de l’art. La doxa ajoute souvent que les artistes s’y opposent avant de les intégrer – signe d’une reconnaissance bien méritée ou de la pire des compromissions. Au-delà de ces images, ce numéro de Marges pose la question de la place des institutions dans le fonctionnement de l’art, de leur nécessité et de leurs limites.</p>";;28/05/2021 15:20;1;Première;3675 724;2;1;22;Raconter le chômage;;;;"<p>On parle toujours pour eux, on les transforme en statistiques, alors ce livre enquête sur le chômage en se mettant à l’écoute des chômeurs et en faisant entendre un chœur de voix qui s’interroge sur la place du travail dans nos vies.</p>";"<p>Avant-propos <br /><strong>Violaine Houdart-Merot et Nancy Murzilli </strong> </p><p>Préface <br /><strong>Vincent Message</strong></p><p> </p><p>Une chouette à puces <br /><strong>Anouk Lejczyk</strong></p><p>Il ne s’agit pas de raconter ta vie brutalement telle qu’elle est <br /><strong>Alexandra Sollogoub</strong></p><p>Au début c’est juste un coup de dent <br /><strong>Millie Duyé</strong></p><p>Va falloir se bouger <br /><strong>Valérian Guillaume</strong></p><p>ça fait du bien, c’est des respirations <br /><strong>Simon Dansereau-Laberge</strong></p><p>Emmenez-nous jusqu'au bout <br /><strong>Lucie Rico</strong></p><p class=""TDMtitre"">Mais vas-y mon pote, va dans la fosse aux lions<br /><strong>Jade Maignan</strong> </p><p>Dominos <br /><strong>Perrine Baron</strong></p><p>Tant qu’on a la santé <br /><strong>Leïla Dijoux</strong></p><p>Entre deux articles scannés, nos paroles <br /><strong>Timothée Israël</strong></p><p>Les fantômes au travail <br /><strong>Morganne Reignier-Robert</strong></p><p>La bonne voie <br /><strong>Lucie Rico</strong></p><p>Notre vigilance est requise <br /><strong>Dora Djann</strong></p><p>Si je crois au plein emploi ? <br /><strong>Myriam Soignet</strong></p><p>Savoir trancher <br /><strong>Vincent Message</strong></p><p>C’est humain <br /><strong>Millie Duyé et Myriam Soignet</strong></p><p>Esthétique et éthique de l’enquête littéraire <br /><strong>Vincent Message</strong><br /><br /></p><p>Autrices et auteurs du volume </p>";;25/01/2022;0;137x220;272;978-2-37924-206-9;978-2-37924-206-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_724.jpg;"<p>Raconter autrement le chômage, grâce à des regards croisés et des enquêtes incarnées, telle est l’ambition de cet ouvrage mené par un collectif d’autrices et d’auteurs, sous la direction de Vincent Message. Soucieux de faire entendre les voix individuelles derrière les statistiques, ce livre recueille les témoignages de demandeurs d’emploi, ainsi que des conseillers chargés de les accompagner. Au fil de cette enquête littéraire, la recherche d’emploi apparaît tantôt comme une comédie sociale qu’on a honte de devoir jouer, tantôt comme une expérience métaphysique qui force à se demander, au milieu de toutes les incertitudes, quelle direction on va tenter de donner à sa vie. Vincent Message revient ensuite sur les processus d’écriture et les enjeux esthétiques et éthiques de cette enquête, laboratoire social autant que littéraire.</p><p><em>Romancier et essayiste, Vincent Message enseigne à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Il y a co-fondé en 2013 le master de Création Littéraire. À l’instar de son dernier roman, </em>Cora dans la spirale<em> (Seuil, 2019), </em>Raconter le chômage<em> s’inscrit dans son travail sur les métamorphoses du capitalisme contemporain.</em></p>";"<p>Préface<br /><strong>Vincent MESSAGE</strong></p><p> </p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">Le chômage de masse est devenu depuis bientôt cinquante ans l’un des traits structurants de notre paysage économique et social. La France comptait environ 600 000 chômeurs en 1975 ; après un premier pic au milieu des années 1990, le chômage a connu une légère décrue jusqu’à la crise de 2008 ; depuis, il n’a fait qu’augmenter et touche fin 2020 plus de 6 millions de personnes<span class=""CharOverride-2"" style=""font-size: 6.38px; vertical-align: super;""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-003""><span> </span>1</a></span></span><span> </span>– sans préjuger des retombées à moyen terme de la pandémie de covid 19, encore très largement imprévisibles.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">Enjeu politique décisif, le chômage est devenu une affaire de chiffres, au mépris des réalités sociales qu’il recouvre. Leur publication mensuelle a coûté cher à François Hollande, qui avait conditionné sa candidature pour un second mandat à l’inversion de la courbe. Alors que la culture libérale valorise la responsabilité individuelle, quitte à faire passer à l’arrière-plan les déterminismes sociaux, les chômeurs sont souvent pointés du doigt : on entend dire qu’ils seraient les premiers responsables de leur situation, qu’ils profiteraient d’un système d’aides trop généreux ou trop coûteux, voire qu’ils utiliseraient leurs allocations pour s’offrir des vacances à l’autre bout du monde. Les économistes sont nombreux à critiquer le dualisme du marché du travail français, marqué par un fort écart entre les salariés en CDI et les précaires – qui sont les premières victimes de licenciements en période de crise. Pourtant, quand les règles de l’assurance chômage sont réformées, et que les critères d’indemnisation se durcissent, comme cela a encore été le cas en 2021, c’est en faveur des salariés stables et au détriment de ceux qui ont fait de nombreux aller-retour entre emploi et chômage<span class=""CharOverride-2"" style=""font-size: 6.38px; vertical-align: super;""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-002""><span> </span>2</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">C’est pour retrouver les visages derrière les statistiques, et les nuances des voix individuelles s’élevant au-dessus des stéréotypes, que nous avons voulu nous mettre à l’écoute de personnes au chômage, mais aussi de celles et ceux qui ont pour métier de les accompagner. Menée au cours de l’hiver 2017-2018 depuis l’Université Paris 8, notre enquête est passée par un partenariat avec une agence Pôle emploi, une Mission Locale Objectif Emploi, chargée de l’insertion des publics jeunes, et l’association Solidarités Nouvelles face au Chômage, dont les bénévoles offrent un soutien psychologique et méthodologique aux chercheurs d’emplois, et grâce à laquelle nous avons pu collecter des témoignages dans différentes villes de France.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span class=""typo_Exposant"" style=""vertical-align: super;"">Le premier résultat de cette enquête n’a rien de surprenant : « le » chômage, « le » chômeur n’existent pas. Le phénomène touche toutes les catégories sociales et toutes les générations. Néanmoins, les publics les plus fragiles restent les jeunes peu qualifiés et les personnes qui approchent de l’âge de la retraite – mais aussi : les femmes plus que les hommes, et les personnes d’origines immigrées plus que celles dont l’histoire familiale s’est construite en France depuis longtemps. Il y a un monde entre les métiers de vocation, choisis et épanouissants, et les métiers alimentaires subis : présenter le travail comme une source d’émancipation, comme si le concept de travail désignait une réalité homogène, relève dès lors soit de l’aveuglement volontaire, soit de la mauvaise foi. De même, le chômage du cadre qui se sert d’une période de transition pour réfléchir à la suite de sa carrière ou commencer à mettre en place un projet personnel n’a pas grand-chose à voir avec celui de l’ouvrière cassée par des décennies de travail pénible et qui a peu de chances de retrouver un poste alors que sa survie matérielle à court terme en dépend.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">Lié à l’expérience d’un temps sans repères et à une désocialisation souvent nocive, le chômage suspend les règles de l’existence ordinaire. Mais dès qu’elles le racontent, les personnes que nous avons interrogées parlent aussi de leur vie de façon plus générale. La réussite ou l’échec de la recherche d’emploi sont largement conditionnés par la levée de ce que les professionnels appellent les « freins périphériques », c’est-à-dire des problèmes très concrets de logement, de mobilité, de santé, d’équilibre familial. Parfois c’est l’obtention du permis de conduire qui débloquerait d’autres possibles, mais on n’a pas de quoi le financer. Parfois c’est la maladie d’un proche ou un accident qui cassent une trajectoire de façon irrémédiable.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">Ce qui se dessine aussi, de témoignage en témoignage, c’est un positionnement politique, au sens large du terme, par rapport au monde du travail. Certains sont découragés par la répétition des échecs ou par de mauvaises expériences vécues dans de précédents emplois – qu’il s’agisse d’un non-respect du droit ou de cas de harcèlements. Leurs récits révèlent des rapports de force d’une dureté dont ceux qui conçoivent à l’échelle nationale les politiques de l’emploi paraissent ne pas vouloir prendre conscience. D’autres ne cherchent pas aussi activement qu’on l’exige d’eux, parce que, de par leurs qualifications et leurs origines sociales, ils ne peuvent prétendre qu’à des emplois très pénibles, qu’ils ne se voient pas supporter durablement. Ils ne veulent pas profiter du système – et n’ont pas l’impression de le faire en faisant valoir leurs droits à ce qui reste une<span> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">assurance –</span>, mais ils ne veulent pas non plus à l’inverse que le système profite d’eux, que l’essentiel de leur vie soit consacré à travailler pour des structures qu’ils jugent plus préoccupées par leur chiffre d’affaires que par leur utilité sociale.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">Lorsqu’on surmonte la peur de l’inactivité et des regards réprobateurs, le chômage apparaît comme une expérience d’ordre métaphysique : elle force à se demander quelle direction on souhaite donner à sa vie ; quels compromis on accepte pour tenir compte de l’état du marché du travail, et à quelles soumissions en revanche on se refuse, parce qu’on ne veut pas basculer dans une vie qui paraît absurde. Beaucoup de chercheurs d’emploi de fait ont moins honte d’être au chômage que de ce qu’on a pu leur demander de faire dans leur travail, ou de la comédie sociale que la recherche d’emploi les oblige désormais à jouer.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">De l’autre côté de la table et de l’écran, les conseillers sont là pour aider les demandeurs à préciser leur recherche ou à formuler un nouveau projet professionnel. Ils connaissent bien les besoins des entreprises dans leurs bassins de recrutement, de même que les techniques qui permettent, lors de l’envoi de CV ou d’entretiens, de forger un récit de soi qui réponde aux attentes. Aux plus jeunes ou aux moins expérimentés, il faut apporter une vision réaliste du marché du travail, sans leur couper les ailes. Réparer avant tout l’estime de soi cassée. Avant tout redonner confiance. Pour espérer y parvenir, l’enjeu reste de garder du temps pour l’écoute, que le téléphone et les visioconférences ne peuvent pas remplacer, et cela malgré la pression des financeurs et des tutelles, qui demandent de rendre des comptes sur chaque euro investi et qui surveillent de près les indicateurs de performance. De Pôle emploi à la Mission Locale, c’est aussi un quotidien professionnel qui se révèle, celui d’acteurs portés par le souci d’accompagner des publics fragiles, dans des institutions mises en tension par le financement serré du service public de l’emploi.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">Les treize autrices et auteurs de ces textes suivaient à Saint-Denis et à Nanterre les masters de Création littéraire et de Mise en scène et dramaturgie lors de l’enquête qui a abouti à ces textes. Ils ont décidé très librement de la forme qu’ils souhaitaient leur donner. Certains restent au plus proche des matériaux de l’enquête, de ce qui s’est dit au dictaphone ou dans l’échange en face-à-face – et il n’y a guère alors que les prénoms de modifiés. D’autres sont partis du réel documentaire pour le nouer avec leur histoire personnelle, avec le sentiment aigu qu’on n’enquête pas de nulle part, mais toujours en apportant dans les questions qu’on pose et le regard qu’on porte des préoccupations, des obsessions ou des névroses. Ce recueil explore ainsi tout le spectre de ce qu’on appelle parfois la littérature du réel<span class=""CharOverride-2"" style=""font-size: 6.38px; vertical-align: super;""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-001""><span> </span>3</a></span></span><span> </span>ou, en transposant l’approche du<span> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">new journalism</span><span> </span>anglo-saxon<span class=""CharOverride-2"" style=""font-size: 6.38px; vertical-align: super;""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-000""><span> </span>4</a></span></span>, la non-fiction narrative : il appartient aux lectrices et lecteurs de sentir quand le texte s’en tient à la mise en valeur des témoignages recueillis, et quand il s’en éloigne pour les réinventer et mieux rendre justice à l’expérience vécue. Le pacte de lecture reste néanmoins clair : les fictions ne se cachent pas d’en être, et les textes documentaires sont repérables comme tels. La postface de ce volume revient en détail sur les enjeux esthétiques et éthiques qui sous-tendent une pareille enquête littéraire.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">À l’heure où j’écris ces lignes, des secteurs entiers de l’économie sont à l’arrêt, du tourisme à la restauration, de l’événementiel au transport aérien. Les salles de théâtre et de concert sont fermées, de même que les cinémas. Des centaines de milliers de personnes ignorent quand leur domaine d’activité pourra retrouver son fonctionnement ordinaire, et combien d’emplois seront alors recréés. L’écriture de ce livre précède cette crise sans précédent, à l’exception du texte « C’est humain », ajouté à l’ensemble pour rendre compte de ce que la pandémie de covid 19 a changé pour le monde du travail. Les voix qui traversent le volume soulignent qu’un retour au<span> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-3"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">statu quo ante</span><span> </span>serait en fait un retour à l’anormal : cela fait des décennies que réussir à trouver un emploi qui ait du sens, assez rémunéré pour vivre confortablement et où les conditions de travail soient bonnes relève du parcours du combattant – de l’exception et non plus du sort majoritaire.</p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;"">Dans le discours politique et médiatique, le chômage est présenté comme le pire des maux, et sa réduction comme la seule manière de lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Ce deuxième postulat mérite d’être remis en cause. Tout d’abord parce que les gains de productivité réalisés dans l’industrie, dès à présent avec l’automatisation, et demain grâce à l’intelligence artificielle, rendent l’horizon du plein emploi de plus en plus lointain. Ensuite, parce que les pays qui ont flexibilisé leur marché du travail et laissé se développer des emplois plus précaires ont vu leur taux de pauvreté augmenter, comme en Allemagne depuis 2005. Enfin, parce que la recherche d’une croissance créatrice d’emplois continue de se faire pour l’heure au prix d’une aggravation de la crise écologique, qui menace à moyen terme tous les équilibres de nos sociétés. Puisqu’il est impossible de découpler l’augmentation du PIB et celle de la quantité d’énergie que nous utilisons, il serait temps de ne plus valoriser les emplois où la destruction de capital naturel l’emporte sur la création de capital matériel. La souffrance au travail est liée pour une bonne part au fait que des millions de citoyens, conscients que leur activité est nocive socialement ou écologiquement, ne peuvent pas s’en désengager, tant ils en dépendent pour survivre. La réflexion sur l’instauration d’un revenu universel d’existence mérite de ce point de vue d’être poursuivie et amplifiée. Dans ce grand désarroi, du fond de cette grande crise, écouter ce qu’ont à dire celles et ceux qui ont connu le chômage devient une démarche indispensable pour repenser en profondeur la place que le travail occupe dans nos vies.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" style=""border-bottom: none; border-left: none; border-right: none; border-top: 1px solid #000000; color: #000000;"" /><div class=""_idFootnotes"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><div id=""footnote-003"" class=""_idFootnote"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><p class=""txt_Note"" style=""margin: 0px 0px 0px 20px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-003-backlink"">1</a>. Au 4<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super; font-size: 5.22px;"">e</span> trimestre 2020, Pôle emploi recense 3 574 300 personnes sans emploi (chômeurs de catégorie A) et 2 136 300 qui exercent une activité réduite (catégories B et C). À cela s’ajoutent 647 800 personnes inscrites mais qui ne sont pas immédiatement disponibles ou pas tenues de rechercher un emploi (principalement pour cause de formation ou de maladie).</p></div><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><p class=""txt_Note"" style=""margin: 0px 0px 0px 20px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-002-backlink"">2</a>. Mathieu Grégoire, Claire Vives et Jérôme Deyris (dir.),<span> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"" style=""font-style: oblique; font-weight: normal;"">Quelle évolution des droits à l’assurance chômage</span><span class=""typo_italic_gras""><span> </span></span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"" style=""font-style: oblique; font-weight: normal;"">? (1979-2020)</span>, Paris, Institut de recherches économiques et sociales, 2020.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><p class=""txt_Note"" style=""margin: 0px 0px 0px 20px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-001-backlink"">3</a>. « Pour la littérature du réel »,<span> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"" style=""font-style: oblique; font-weight: normal;"">Feuilleton</span>, n° 18, Paris, 2016.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px;""><p class=""txt_Note"" style=""margin: 0px 0px 0px 20px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""02_preface.html#footnote-000-backlink"">4</a>. Robert S. Boynton,<span> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-4"" style=""font-style: oblique; font-weight: normal;"">Le Temps du reportage. Entretiens avec les maîtres du journalisme littéraire</span>, trad. Michael Belano et <span class=""typo_Italique CharOverride-4"" style=""font-style: oblique; font-weight: normal;"">al</span>., Paris, Éditions du Sous-sol, 2021.</p></div></div>";;0;14.00;"<p>Poursuivant le travail de Vincent Message sur le capitalisme contemporain, ce livre collectif explore l’expérience du chômage et la réalité des politiques publiques de l’emploi dans toutes leurs facettes. Il se démarque d’une approche sociologique en mêlant les récits de vie de chômeurs et la vision que chaque auteur et chaque autrice ont de la recherche d’emploi. Souvent poignante, parfois grinçante, cette enquête littéraire donne à découvrir une jeune génération d’auteurs talentueux, passionnés par l’écriture de l’oralité, la littérature du réel et les enjeux de la non-fiction narrative.</p><p>Ouvrage publié avec le soutien de l'EUR ArTeC et l'unité de recherche Frabrique du littéraire de l'université Paris 8.</p>";;27/09/2021 13:22;0;;3080 725;1;1;27;Voix laïques (XIe-XIIIe siècle);N°81/2021;;;"<p>La mise en scène par l’écriture de la voix des laïcs (XIIe-XIIIe siècles), est encore trop peu étudiée. C’est à cette voix, à ses discours (sur la foi, l’organisation sociale…), à son efficience sociale, et à ses processus d’élaboration dans des types de sources très divers, des cartulaires aux chartes en passant par le roman ou les chansons de geste, en latin et en langue romane, que ce dossier est consacré.</p>";"<p class=""Tdmtitre"" style=""text-align: center;"">Voix laïques (XIe-XIIIe siècles)</p><p> </p><p class=""Tdmarticle"">Éléonore Andrieu, Pierre Chastang<br />Une voix laïque au xiie siècle ?</p><p class=""Tdmarticle"">Valentine Eugène<br />Par le cuer bieu<em> </em>et autres jurons.Comment entendre le blasphème dans le Roman de Renart ?</p><p class=""Tdmarticle"">Christophe Grellard<br />Vraie foi, fausse loi.Les mutations de la religiosité dans la Chanson de Roland</p><p>Corinne Denoyelle<br />L’agentivité discursive des conseillers du seigneur dans les romans antiques</p><p>Éléonore Andrieu, Pierre Chastang<br />Guillaume/Guilhem d’Orange et de Gellone. Voix, écritures, textes, documents</p><p>Hélène Débax<br />La voix des vassaux (Languedoc, XIe-XIIe siècles)</p><p class=""Tdmarticle"">Jean-Charles Ducène<br />Les Canariens selon les sources arabes et occidentales médiévales</p><p>Roberto Farinelli, Andrea Giorgi<br />Sources archéologiques et sources documentaires. Bilan et perspectives pour une approche pluridisciplinaire d’un cadastre siennois du xive siècle : la Tavola delle possessioni (1316-1320)</p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;"">Points de vue</p><p>Pierre Chastang<br />Voix du Moyen Âge : autour de quelques publications récentes</p><p>Nicolas Carrier<br />De l’esclavage au servage : pour une étude des dynamiques de la servitude</p><p class=""Tdmauteur""> </p><p class=""Tdmauteur"" style=""text-align: center;"">Notes de lecture</p><p class=""Tdmarticle"">André-Yves Bourgès, Le Dossier littéraire de saint Goëznou et la controverse sur la datation de la Vita sancti Goeznovei, suivi en annexe de la Vita de saint Ténénan (Alban Gautier) ; Stéphane Coviaux, La Fin du monde viking (Victor Barabino) ; Leonardo Bigolli Pisani vulgo Fibonacci, Liber Abbaci (Marc Moyon) ; Barbara Gelli, Fra principi, mercanti e partegiani. Francesco Aringhieri politico e diplomatico senese del Quattrocento (Didier Boisseuil) ; Denis Hayot, Paris en 1200. Histoire et archéologie d’une capitale fortifiée par Philippe Auguste (Stéphanie Pirez-Huart) ; Tristan Martine et Jessika Nowak (dir.), D’un regnum à l’autre. La Lotharingie, un espace de l’entre-deux ? Vom regnum zum imperium. Lotharingien als Zwischenreich ? (Thibault Montbazet) ; Catherine Verna et Sandrine Victor (dir.),<em> </em>Los carniceros y sus oficios (España-Francia, ss. <em>XIIIe-XVIe</em><em> </em>)<em> </em>(Benoît Descamps)</p>";;12/01/2022;81;160x240;224;978-2-37924-202-1;978-2-37924-202-1;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_725.jpg;"<p><em>Valentine Eugène</em><strong><em><br /></em>Par le cuer bieu </strong><strong>et autres jurons. Comment entendre le blasphème dans le Roman de Renart ?</strong></p><p>Cet article s’intéresse à la façon d’<em>entendre</em> le blasphème dans le <em>Roman de Renart </em>et, à travers lui, « la voix du grand laïc ». Pour ce faire, nous considérerons aussi bien ses modalités linguistiques, ses propriétés morphologiques et le problème que le choix du discours direct soulève dans la réception effective des textes au Moyen Âge que les enjeux littéraires et<em> </em>sociohistoriques que révèlent ses différents emplois au sein de cette œuvre.<br /><br /></p><p><em>Christophe Grellard</em><strong><br />Vraie foi, fausse loi. Les mutations de la religiosité dans la <em>Chanson de Roland</em></strong></p><p>Le but de cet article est d’examiner le statut de la religion dans la <em>Chanson de Roland</em>, et ses évolutions au cours du xii<sup>e</sup> siècle, en comparant les versions d’Oxford et de Châteauroux. Si dans la version d’Oxford, l’accent est mis sur la religion comme système rituel et sur la protection temporelle accordée par le vrai Dieu, la version de Châteauroux, l’accent est mis sur l’amour de Dieu et le salut individuel. Mais en même temps, on semble assister à un encadrement clérical plus fort. Celui-ci, tout en autorisant une appropriation laïque de la relation à Dieu, s’efforce de la maintenir dans un cadre institutionnel fixé.<br /><br /></p><p><em>Corinne Denoyelle</em><strong><br />L’agentivité discursive des conseillers du seigneur dans les romans antiques</strong></p><p>La représentation des groupes dans des situations de parole pose des problèmes techniques particuliers aux auteurs. La forme qu’ils donnent aux conversations à plusieurs personnages est révélatrice de leur conception de l’individu dans le groupe ou de la prédisposition du groupe au conflit ou au consensus. En développant le concept d’agentivité discursive, on observe, dans un corpus constitué des trois romans antiques, la place que prennent les grands laïcs dans les représentations littéraires des conseils féodaux. Bien que la majorité des conversations de groupe soient rendues au moyen de voix collectives, beaucoup de personnages manifestent une réelle capacité à prendre la parole par eux-mêmes, à s’opposer, à persuader. Leur présence discursive au sein du groupe privilégie les postures dissensuelles qui permettent de percevoir le goût médiéval pour les débats.<br /><br /></p><p><em>Éléonore Andrieu, Pierre Chastang</em><strong><br />Guillaume/Guilhem d’Orange et de Gellone. Voix, écritures, textes, documents</strong></p><p>La voix donatrice des laïcs fait l’objet d’un travail d’écriture attentif de la part du <em>scriptorium</em> monastique de Gellone au cours du xii<sup>e</sup> siècle, et ce travail va de pair avec de multiples remplois de personnages et de situations narratives issus de chansons de geste contemporaines : pourtant, le discours des chansons de geste ne pouvait aucunement correspondre, quoi qu’il en soit des variations de chanson en chanson, à une vision monastique du monde. La voix laïque donatrice façonnée par l’écriture monastique est un des lieux où se concentre le travail d’acculturation des énoncés épiques et de leurs propres conceptions de la voix et de l’identité laïques aristocratiques : c’est dans son contexte de discours que nous avons donc tenté de la replacer.<br /><br /></p><p><em>Hélène Débax</em><strong><br />La voix des vassaux (Languedoc, xi<sup>e</sup>-xii<sup>e</sup> siècles)</strong></p><p>Il est très difficile d’entendre une voix par-delà le formulaire et les contraintes de la forme diplomatique des chartes. Une conjonction exceptionnelle de facteurs nous permet cependant d’accéder à cette parole laïque dans des serments féodaux du Languedoc, entre la fin du xi<sup>e</sup> et le milieu du xii<sup>e</sup> siècle, mis en forme et recopiés par des laïcs dans des cartulaires seigneuriaux.<br /><br /></p><p><em>Jean-Charles Ducène</em><strong><br />Les Canariens selon les sources arabes et occidentales médiévales</strong></p><p>La comparaison de cinq sources arabes et de trois témoignages occidentaux portant sur la population ancienne des Canaries, antérieurement ou au moment de l’arrivée des Européens, révèle des observations très proches voire identiques à propos du mode de vie des Canariens, mais laisse penser à la perte de la pratique de la navigation après le xiii<sup>e</sup> siècle. L’origine disparate du peuplement semble confirmée par la plus ancienne source arabe.<br /><br /></p><p><em>Roberto Farinelli, Andrea Giorgi</em><strong><br />Sources archéologiques et sources documentaires. </strong><strong>Bilan et perspectives pour une approche pluridisciplinaire d’un cadastre siennois du xiv<sup>e </sup>siècle : la <em>Tavola delle possessioni</em> (1316-1320)</strong></p><p>Ce qu’on appelle communément <em>Tavola delle possessioni </em>est une sorte de cadastre parcellaire, réalisé par la Commune de Sienne entre 1316 et 1320. Suivant une approche archéologique, cet article s’interroge sur les domaines de recherche les plus susceptibles d’être concernés par la <em>Tavola</em> et de contribuer à son exploitation comme source pour l’histoire matérielle. Le rapport le plus immédiat est celui avec l’archéologie de l’habitat. Selon une approche plus générale, la <em>Tavola</em> permet aussi la reconstruction d’une image fiable du peuplement du xiv<sup>e</sup> siècle. Une intégration plus poussée entre sources documentaires et matérielles peut être atteinte à travers l’archéologie des paysages, compte tenu de la possibilité offerte par la <em>Tavola</em> de mener une prospection analytique des milieux ruraux habités.</p>";"<p><span style=""font-size: medium;"">Éléonore Andrieu, Pierre Chastang</span></p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: medium;""><strong>Une voix laïque au <span class=""typo_SC"" style=""font-variant: small-caps; text-transform: none;"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">e</span> siècle ? </strong></span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">On trouve dans la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Vita </span>consacrée, vers 1125, à Geoffroy du Chalard cette déclaration prêtée par le saint à son prédécesseur qui prophétisait sa venue dans les solitudes limousines :</span></p><p class=""txt_Citation"" style=""margin: 7px 0px 7px 28px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 10px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.263; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Je n’ai aucun pouvoir, car je suis un laïc et je ne suis pas expert en paroles<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-069-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-069""> 1</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Dans les interprétations de la société scripturalisée et de ses « ordres » que proposent les acteurs ecclésiastiques du <span class=""typo_SC"" style=""font-variant: small-caps; text-transform: none;"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">e</span> siècle occidental, comme dans leurs répliques non ecclésiastiques, la voix laïque est un enjeu majeur. En premier lieu parce qu’elle est une composante de la question de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span>. Elle entre, à ce titre, dans les discours ecclésiastiques qui modélisent pendant l’épisode grégorien<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-068-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-068""> 2</a></span></span> les taxinomies et mises en « ordres » sociales : un travail de distinction et de classification des ordres sociaux s’inscrivant « au cœur du rapport aux biens, aux droits et aux échanges<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-067-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-067""> 3</a></span></span> » et qui, émanant de l’Église<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-066-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-066""> 4</a></span></span>, s’impose aux <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">autres</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-065-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-065""> 5</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Or si l’« idée-force » des réformateurs consiste bien en la « division de la société chrétienne en deux catégories rigoureusement distinctes : les clercs et les laïcs », soit les deux « genres de chrétiens » du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Decretum</span> de Gratien<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-064-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-064""> 6</a></span></span>, cette « idée-force » produit, par une pluralité de discours, une « naturalisation<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-063-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-063""> 7</a></span></span> » des taxinomies sociales : il faut donc retrouver, selon les mots de Roland Barthes, « le souvenir de leur fabrication<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-062-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-062""> 8</a></span></span> », puisque, comme l’a rappelé Joseph Morsel, les taxinomies sociales sont avant tout des « procédures d’identification » construisant des identités au moyen de « traits sociaux »<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-061-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-061""> 9</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">À propos de la « question des laïcs », Catherine König-Pralong et Ruedi Imbach ont évoqué les diverses étapes qui ont conduit les travaux sur la philosophie médiévale à se départir d’une « lecture cléricale » essentialisée<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-060-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-060""> 10</a></span></span>. En la matière, l’intégration de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span> dans les objets de recherche des historiens, allemands et anglo-saxons, a contribué de manière décisive à dé-naturaliser les discours ecclésiastiques sur les laïcs<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-059-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-059""> 11</a></span></span> : depuis sa « matrice monastique<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-058-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-058""> 12</a></span></span> », la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span> est en effet un critère de la construction des taxinomies sociales et de fait, parfois, un vecteur de leur « naturalisation ». Prises dans des énoncés d’origine ecclésiastique, les représentations du laïc en guerrier obstinément <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">illiteratus</span> sont l’un des exemples de la plus « curieuse » et incontestable « réussite » du grand récit ecclésiastique médiéval et de ses répliques historiographiques : « faire oublier » l’intervention et les stratégies ecclésiastiques à l’œuvre dans la production des schèmes de cette représentation<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-057-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-057""> 13</a></span></span>. Les études portant sur le rôle joué par le binôme <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">litteratus/illitteratus</span> dans les représentations ecclésiastiques des laïcs l’ont prouvé : même s’il ne s’agit pas de nier « l’inféodation culturelle », aux répercussions sociales et politiques majeures, qui fut « orchestrée par le clergé » et « idéologiquement programmée et relayée »<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-056-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-056""> 14</a></span></span>, il appert que le sens d’un tel binôme réside moins dans la révélation de deux identités sociales préexistantes et affrontées que dans les rapports hiérarchiques qu’il permet/tente d’instaurer entre des acteurs divers du monde social. Dès 1935, Herbert Grundmann<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-055-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-055""> 15</a></span></span> montrait que ce binôme était investi par le discours de l’<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">ecclesia</span> pour configurer les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">personae </span>des « autres », dont les laïcs.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">La question de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span> et le binôme <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">litteratus/illitteratus </span>ont été de la sorte replacés dans l’histoire spécifique de la distinction <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">clericus/laicus</span> et de ce qu’elle implique, notamment en matière de production du social, prescriptive ou non, ecclésiastique ou non. Il devenait dès lors possible d’interroger les conditions de possibilité et les éléments de composition d’un discours et de pratiques non plus seulement ecclésiastiques mais aussi laïques sur la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span> et sur certains modes de résistance aux mises en ordres et usages ecclésiastiques<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-054-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-054""> 16</a></span></span>.</span></p><p class=""T_a"" style=""margin: 17px 0px 7px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000;""><span style=""font-size: medium;"">La « voix laïque » dans les discours ecclésiastiques</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">La question de la voix fait partie intégrante de la question de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span> : c’est à ce titre qu’elle participe des mises en scène du laïc et des usages très concrets qui en sont faits sur le terrain des interactions sociales. La voix laïque est en ce sens un élément du discours tenu sur une taxinomie sociale.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Comme le binôme <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">litteratus/illitteratus</span>, le processus qui, par la scripturalisation ecclésiastique, met en scène des laïcs configurés par le biais d’une oralité (et d’une gestualité) parfois militante vis-à-vis de l’écriture et de ses conséquences sociales, relève d’une topique qu’illustrent les dossiers réunis, dans des contextes sociaux et des espaces très différents, par Michael T. Clanchy, Florian Mazel, Steven Vanderputten<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-053""> 17</a></span></span>, ou par les spécialistes des rituels ou de l’hérésie. On y recense nombre de personnages d’ecclésiastiques et de grands laïcs qui s’affrontent autour des modes scripturalisés d’appréhension du monde et des différents usages de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span>. Cet affrontement vaut pour une période durant laquelle l’écriture est encore plutôt “<span class=""typo_Italique"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">in the form of symbolic and sacred books than to business documents for mundane use</span><span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-052""> 18</a></span></span>”, mais aussi pour les temps postérieurs au <span class=""typo_SC"" style=""font-variant: small-caps; text-transform: none;"">xii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">e</span> siècle où l’écrit devient un outil « ordinaire », tourné vers des usages pratiques<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-051""> 19</a></span></span>. Mais à partir de documents témoignant du rapport circonspect que l’aristocratie laïque traditionnelle a pu entretenir avec le mouvement de scripturalisation du monde social engagé au cours du second Moyen Âge, Michael T. Clanchy en particulier a proposé un modèle centrifuge d’évolution des modes de communication, dans lequel l’empire de l’oralité traditionnelle reculerait face à l’expansion de l’écriture impulsée par les institutions centrales de la monarchie et de l’Église. Or le travail de Brian Stock sur les communautés textuelles<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-050""> 20</a></span></span>, le livre que Walter Ong a consacré à l’histoire de l’oralité<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-049""> 21</a></span></span>, ainsi que certaines publications que Jack Goody a consacrées à ces questions, à la suite des discussions de ses thèses par les travaux des <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">New literacy studies</span>, Brian Street en tête<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-048-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-048""> 22</a></span></span>, invitent à préférer à un modèle de substitution des systèmes de communication une réflexion portée sur les mécanismes par lesquels le développement de la scripturalité reconfigure l’oralité, son statut et ses pratiques. Jack Goody écrit, au sujet de ce qu’il considère comme des systèmes en interaction :</span></p><p class=""txt_Citation"" style=""margin: 7px 0px 7px 28px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 10px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.263; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">À strictement parler donc, c’est une erreur de diviser les « cultures » entre orales et écrites : on a plutôt affaire à l’oral, à l’oral plus l’écrit, plus l’imprimé, etc. […]. Même là où une grande partie de la population ne lit ni n’écrit, ses membres participent souvent indirectement des deux traditions<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-047""> 23</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Aussi la célèbre anecdote du <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">Quo warranto</span> d’Édouard I<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">er</span> et du seigneur John de Warenne brandissant son épée rouillée en garantie de ses terres plutôt qu’une charte vaut-elle moins comme un indice à partir duquel il serait possible de dessiner une sociologie univoque de l’accroissement de la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span>, que comme l’aperçu saisissant d’un discours des promoteurs de la scripturalisation du monde social – clercs et laïcs d’ailleurs – à l’égard de ceux qui, à tort ou à raison, apparaissent comme les tenants de formes de légitimation anciennes d’une conception périmée de l’ordre social. L’oralité et ses différentes formes, <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">imperita</span> ou non, véhiculées par tel ou tel type de voix,<span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;""> </span>sont de la sorte pourvus d’un rôle axiologique discriminant. Dans certaines mises en scène, ce sont ainsi des laïcs professant une méfiance radicale vis-à-vis de l’écriture ou manifestant une incapacité notoire à en user, voire un refus de toute procédure écrite, qui sont portraiturés : conformément à une topique formalisée par l’Église et dont on peut repérer la solidité de discours en discours, y compris dans les premières productions non ecclésiastiques, ils y recourent à la seule oralité, à des rituels non écrits, à des gestes et des manipulations d’objets auxquels sont souvent liées dans les mêmes portraits des notations émotionnelles, dont la colère, les larmes ou le rire, annexées au thème connexe de la violence et impactant la parole et sa composante sonore<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-046""> 24</a></span></span>. Dans d’autres mises en scène tout aussi topiques, une autre marque de l’expression de l’« auxiliarité » du laïc par rapport au clerc, caractéristique du discours réformateur<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-045""> 25</a></span></span>, consiste à lui refuser la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">potestas</span> de la voix efficace réservée aux <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">clerici</span> et sur laquelle plane l’ombre portée du paradigme eucharistique<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-044""> 26</a></span></span>. Le laïc y reste soumis à la voix qui porte la parole de prédication, d’édification et/ou de pénitence<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-043""> 27</a></span></span>, celle dont procèdent les sacrements mais aussi l’acte guerrier dès lors qu’il correspond au dessein divin<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-042""> 28</a></span></span>. De même, la puissance de l’anathème y abat bien mieux l’ennemi de l’Église que ne le fait l’épée d’un bras armé, fût-il royal<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-041""> 29</a></span></span>. Si la voix des laïcs acquiert quelque valeur, ce ne peut être que par la médiation que lui procure l’institution ecclésiastique qui l’« auxiliarise » en l’inscrivant dans ses propres desseins. Ces portraits ecclésiastiques du laïc affirment ainsi que le pouvoir de la voix des clercs est bien supérieur en valeur spirituelle et bien plus efficace dans l’Histoire et le monde social que ne l’est une voix laïque cantonnée à un pouvoir temporel, ou réduite à la plus totale impuissance<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-040""> 30</a></span></span>, ou encore chargée de tous les péchés de la langue<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-039""> 31</a></span></span>.</span></p><p class=""txt_Normal"" style=""margin: 0px; padding: 0px; border-width: 0px; color: #000000; font-family: Times, serif; font-size: 11px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: 400; line-height: 1.2; orphans: 2; break-after: auto; break-before: auto; text-align: justify; text-align-last: left; text-decoration: none; text-indent: 28px; text-transform: none; widows: 2; letter-spacing: normal; white-space: normal; word-spacing: 0px;""><span style=""font-size: medium;"">Mais il est rien moins que certain que, comme le laisse parfois entendre Michael T. Clanchy, ces portraits ecclésiastiques topiques de grands laïcs constituent des preuves d’une résistance réelle et consciente du groupe à des stratégies symboliques mais aussi pragmatiques imposées par l’Église et l’administration monarchique ; et surtout que ces résistances ponctuelles, réelles, témoignent d’une absence d’acculturation des laïcs à l’écriture et aux usages efficaces et <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literate</span> de la parole écrite et orale. L’histoire du second Moyen Âge montre au contraire une grande fluidité sociologique entre le monde de l’Église, celui de l’administration et celui des cours, ainsi qu’une scripturalisation des modes de domination sociale de l’aristocratie laïque, dont l’histoire opère conjointement sur le plan des écritures seigneuriales<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-038""> 32</a></span></span> et sur celui de la formation, à partir du <span class=""typo_SC"" style=""font-variant: small-caps; text-transform: none;"">xiv</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"" style=""vertical-align: super;"">e</span> siècle, d’une légitimité sociale à dominer dans laquelle la maîtrise de la culture écrite et la possession des objets qui lui sont liés et des savoir-faire formalisés par les <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">artes</span> tiennent une place croissante<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-037""> 33</a></span></span>. Si le grand laïc peut être conduit, dans certains contextes précis, à se définir et à être défini comme appartenant au monde du « before the coming of written records », et des « non-literate ways » pour reprendre les mots de Michael T. Clanchy<span class=""CharOverride-2"" style=""vertical-align: super;""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" style=""color: inherit;"" href=""01_Introduction_Andrieu_Chastang_VF.html#footnote-036""> 34</a></span></span><span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">,</span> il ne s’agit donc pas d’une constante sociohistorique. Il en va de même d’ailleurs pour les représentations des rapports des personnages ecclésiastiques à la <span class=""typo_Italique CharOverride-1"" style=""font-style: italic; font-weight: normal;"">literacy</span> : ces rapports à l’écriture et au pouvoir de la voix sont en réalité très souple";;;;;;;;; 726;2;1;14;Compositeurs et réalisateurs en duo;Dix-sept études musico-filmiques;;;"<p>Les dix-sept études musico-filmiques proposées par l’ouvrage tentent de dégager les traits stylistiques marquants de duos entre réalisateurs et compositeurs par-delà la diversité de leurs œuvres.</p>";"<p class=""Tdmarticle"">À la recherche d’un « style duel »<br />Cécile Carayol et Jérôme Rossi </p><p class=""Tdmarticle""> </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>1. Duos de choc</strong><br />Au service de l'émotion collective</p><p class=""Tdmpartie2"" style=""padding-left: 30px;"">Claude Lelouch, Francis Lai, Christian Gaubert. Du duo réalisateur/compositeur au duo compositeur/arrangeur<br />Jérôme Rossi </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Vladimir Cosma chez Yves Robert. Naissance et évolution d’un style musical<br />Sylvain Pfeffer </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">La collaboration de John Williams/Steven Spielberg au prisme d’<em>E.T. the extra-terrestrial</em> (1982). Un conte de fées doux-amer<br />Chloé Huvet </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">De l’influence du réalisateur sur la musique. Le cas Luc Besson/Éric Serra, du <em>Dernier Combat</em> (1983) à la trilogie <em>Arthur et les Minimoys</em> (2006-2010)<br />Florian Guilloux </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Hans Zimmer/Christopher Nolan. <em>Dunkirk</em> ou la démission du compositeur ?<br />Jason Julliot </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>2. Duos éphémères</strong><br />Une identité inachevée</p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: left; padding-left: 30px;"">« Nous avions des rêves extraordinaires ». La rencontre Antoine Duhamel/Jean-Daniel Pollet<br />Philippe Gonin </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Georges Franju/Maurice Jarre. Ils n’ont dansé que cinq fois<br />Michel Chion </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Krzysztof Komeda/Roman Polanski. Du jazz polonais à la musique de film<br />Alexandre Vuillaume-Tylski </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Jean-Jacques Beineix/Gabriel Yared. La musique au cœur de l’image<br />Emmanuelle Bobée </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Thomas Newman/Sam Mendes. Auscultation audiovisuelle du drame des banlieues bourgeoises dans <em>American Beauty</em> (1999) et <em>Revolutionary Road</em> (2008)<br />Chloé Huvet </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Variations sur le mélodrame. Carter Burwell/Todd Haynes<br />Philippe Roger </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Paul Thomas Anderson/Jonny Greenwood. L’intimité acerbe dans la structure narrative de <em>Phantom Thread</em> (2017)<br />Stéphanie Odoux </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>3. Duos fusionnels</strong><br />Une alchimie cinémusicale</p><p class=""Tdmpartie2"" style=""padding-left: 30px;"">Le fantastique de l’inconscient pathologique dans le cinéma de Claude Chabrol par « l’effet jansen »<br />Cécile Carayol et Jérôme Rossi </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">David Lynch/Angelo Badalamenti. Anatomie d’une relation symbiotique, de <em>Blue Velvet</em> à <em>Mulholland Drive<br /></em>Emmanuelle Bobée </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Il était une fois… Michel Ocelot/Christian Maire. <br /> Duo d’orfèvres du court-métrage d’animation français<br />Florian Guilloux </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">Jō Hisaishi/Hayao Miyazaki. Duo à la poésie singulière<br />Krishvy Naëck </p><p class=""Tdmarticle"" style=""padding-left: 30px;"">François Ozon/Philippe Rombi. Une esthétique de l’intime et du fantasme<br />Cécile Carayol </p><p class=""Tdmarticle""> </p><p class=""Tdmarticle"">Bibliographie </p><p class=""Tdmarticle"">Index des noms </p><p class=""Tdmarticle"">Index des titres </p><p>Les auteurs </p>";;15/02/2022;0;160x220;382;978-2-37924-214-4;978-2-37924-214-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_726.jpg;"<p>« Collaboration au long cours », « duo », « binôme », « frères », « tandem », « couple », le travail conjoint et prolongé d’un réalisateur et d’un compositeur nous fascine en ce qu’il mêle inextricablement sentiments amicaux et collaborations professionnelles.</p><p>Le présent ouvrage réévalue en profondeur le sujet en posant l’hypothèse qu’il existerait un authentique « style duel », œuvre d’un auteur bicéphale. Il en explore également les caractéristiques à travers trois types de collaboration suivie : celle qui, par sa longévité, finit par produire une forme de cohérence, celle qui trace un sillon singulier mais reste inachevée, et celle qui travaille une « alchimie cinémusicale ».</p><p>Dix-sept études musico-filmiques isolent les principes musicaux stylistiques fondateurs d’un duo, y compris dans son évolution, afin d’en déceler des permanences par-delà la diversité des films. Elles abordent un <em>corpus</em> international relevant aussi bien du cinéma populaire que d’auteur, allant du duo Georges Franju/Maurice Jarre à Christopher Nolan/Hans Zimmer, en passant par Jean-Daniel Pollet/Antoine Duhamel ou Hayao Miyazaki/Jō Hisaishi.</p><p><em>Cécile Carayol enseigne à l’université de Rouen en musicologie : ses recherches portent sur la musique de film (esthétique des genres, histoire et analyse).</em></p><p><em>Jérôme Rossi enseigne à l’université de Nantes : ses recherches ont pour objet la musique post-romantique et les rapports entre musique et cinéma.</em></p>";"<p class=""T_3_Article"">À LA RECHERCHE D’UN « STYLE DUEL »</p><p class=""txt_Normal"">Qu’entendons-nous par « duo » ou « binôme » ? Certes, un seul film présente déjà un travail commun entre un réalisateur et compositeur. Pour autant, il nous semble important de prendre en compte une temporalité longue pour parler d’un véritable duo. Le choix renouvelé d’un même compositeur ne va pas forcément de soi : selon Bertrand Blier<a id=""_idIndexMarker000""></a>, « de film en film, il faut toujours changer de compositeur, surtout si la dernière expérience a été enthousiasmante. Car la suivante ne pourra jamais l’être autant<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-053"">1</a></span></span> ». Réengager un compositeur est non seulement le signe d’une bonne entente entre les deux créateurs, mais aussi celui d’une reconnaissance artistique. Ainsi, les duos qui font ici l’objet d’études sont des collaborations suivies qui prennent en compte au moins trois films, certains atteignant même des records (trente-six longs-métrages pour Claude Lelouch<a id=""_idIndexMarker002""></a> et Francis Lai<a id=""_idIndexMarker003""></a>, près d’une trentaine pour Steven Spielberg<a id=""_idIndexMarker004""></a> et John Williams<a id=""_idIndexMarker005""></a>).</p><p class=""txt_Normal"">« Collaboration au long cours », « duo », « binôme », « frères », « tandem », « couple »…, autant de manière de nommer le travail conjoint et prolongé d’un réalisateur et d’un compositeur. Co-auteur juridique du film<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-052"">2</a></span></span>, le compositeur joue un rôle essentiel dans la construction narrative et le vécu émotionnel de l’œuvre audiovisuelle. Les cas de collaboration unique sont très fréquents, soit que le réalisateur ait été déçu par le prédécesseur ou qu’il ait souhaité faire appel à un compositeur précis en rapport avec les besoins supposés de son film<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-051"">3</a></span></span>, soit qu’une production ou un studio ait tout simplement imposé un musicien.</p><p class=""txt_Normal"">Dès les débuts du cinéma sonore, des tandems privilégiés se sont pourtant mis en place : Max Steiner<a id=""_idIndexMarker015""></a> et Michaël Curtiz<a id=""_idIndexMarker016""></a> aux États-Unis, Jean Grémillon<a id=""_idIndexMarker017""></a> et Alexis Roland-Manuel<a id=""_idIndexMarker018""></a> en France<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-050"">4</a></span></span>, Serge Eisenstein<a id=""_idIndexMarker020""></a> et Serge Prokofiev<a id=""_idIndexMarker021""></a> en Russie. François Truffaut<a id=""_idIndexMarker022""></a>, pour lequel la musique ne constituait pas un enjeu majeur<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-049"">5</a></span></span> – ce qui ne veut pas dire qu’il ne la manipulait pas avec grand soin –, milite tout de même pour une collaboration poussée :</p><p class=""txt_Citation"">« J’ai des idées, mais je ne connais pas la musique. Souvent avec le musicien, le principal problème est celui du vocabulaire : quelquefois je dis à [Georges] Delerue<a id=""_idIndexMarker037""></a> : “Je vois ça joué en haut du clavier !” ou quelquefois je me sers d’exemples ou de comparaisons littéraires : c’est pourquoi on a intérêt à ne pas changer de musicien à chaque film. Comme on arrive à se comprendre de mieux en mieux, ce serait idiot d’avoir tout à recommencer avec quelqu’un d’autre<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-048-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-048"">6</a></span></span>. »</p><p class=""txt_Normal"">Si ce type de liens possède quelque chose de fascinant en ce qu’il semble mêler inextricablement sentiments amicaux et collaborations professionnelles, il faut se garder de toute valorisation excessive au sein de cette œuvre éminemment collaborative qu’est le film, d’autres binômes réalisateur/acteur (on parle parfois de « l’acteur fétiche » d’un réalisateur), réalisateur/chef-opérateur, réalisateur/scénariste ayant émergé tout au long de l’histoire du cinéma. Comme l’affirme Michel Chion, « l’œuvre de cinéma est plus que l’expression d’un moi ; elle est le résultat qui transcende les intentions affichées. Différente en cela de l’œuvre due à un auteur unique, elle peut créer ses auteurs<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-047"">7</a></span></span> ». Loin d’être incompatible, et c’est en cela qu’une étude filmique ou musico-filmique devient passionnante, ce propos n’empêche pas cette autre vérité, complémentaire, d’émerger : ce n’est sans doute pas un hasard si l’on retient le lien particulier qui se noue entre un réalisateur et un compositeur. On ne compte plus les duos qui ont contribué à singulariser un genre – comme le <span class=""typo_Italique"">suspense</span> (Alfred Hitchcock<a id=""_idIndexMarker039""></a>/Bernard Herrmann<a id=""_idIndexMarker040""></a>), le western (Sergio Leone<a id=""_idIndexMarker041""></a>/Ennio Morricone<a id=""_idIndexMarker042""></a>), l’épouvante (Terence Fisher<a id=""_idIndexMarker043""></a>/James Bernard<a id=""_idIndexMarker044""></a>), la fantaisie gothique (Tim Burton<a id=""_idIndexMarker045""></a>/Danny Elfman<a id=""_idIndexMarker046""></a>), le <span class=""typo_Italique"">giallo</span> italien (Dario Argento<a id=""_idIndexMarker047""></a>/Goblin<a id=""_idIndexMarker048""></a>) – ou une esthétique – comme le réalisme poétique (Jean Vigo<a id=""_idIndexMarker049""></a>/Maurice Jaubert<a id=""_idIndexMarker050""></a>), le néo-hollywoodisme<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-046"">8</a></span></span> (Steven Spielberg<a id=""_idIndexMarker060""></a>/John Williams<a id=""_idIndexMarker061""></a>) ou le symphonisme intimiste<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-045"">9</a></span></span> (François Ozon<a id=""_idIndexMarker062""></a>/Philippe Rombi<a id=""_idIndexMarker063""></a>). C’est cette question d’une auctorialité des duos réalisateur/compositeur que nous souhaitons analyser en profondeur. Tout duo prolongé aboutit-il nécessairement à une singularité musico-filmique ? Dans quelle mesure la musique participe-t-elle à définir le style d’un réalisateur ? Peut-on considérer certains duos comme un « auteur bicéphale » au sens de la « politique des auteurs » d’André Bazin ? Selon ce dernier, la politique des auteurs « consiste, en somme, à élire dans la création artistique le facteur personnel comme critère de référence, puis à postuler sa permanence et même son progrès d’une œuvre à la suivante. On reconnaît bien qu’il existe des films “importants” ou de “qualité” qui échappent à cette grille, mais justement on leur préfèrera systématiquement ceux, fussent-ils sur le pire scénario de circonstance, où l’on peut lire, en filigrane, le blason de l’auteur<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-044"">10</a></span></span> ». Selon cette conception, un duo entre réalisateur et compositeur poursuivrait, par-delà la diversité des films, la quête d’une esthétique musico-filmique singulière constituée de figures musicales et cinématographiques récurrentes qui, bien qu’elles puissent évoluer, demeureraient reconnaissables tout au long d’une œuvre. L’ensemble de ces figures constituerait alors la marque d’un style musico-filmique propre à un binôme, soit un véritable style duel. Il faut entendre ici l’adjectif « duel » au sens de « double », même si la polysémie de « duel » n’est pas complètement hors de propos ici : la collaboration peut parfois prendre l’aspect d’une cohabitation qui n’est pas toujours pacifique – l’histoire de la musique de film regorge à ce propos d’exemples de partitions refusées, comme celle de Bernard Herrmann pour <span class=""typo_Italique"">Torn Curtain </span>(Alfred Hitchcock, 1966), d’Alex North<a id=""_idIndexMarker064""></a> pour <span class=""typo_Italique"">2001</span> (Stanley Kubrick<a id=""_idIndexMarker065""></a>, 1968<a id=""_idIndexMarker066""></a>) ou de Gabriel Yared<a id=""_idIndexMarker067""></a> pour <a id=""_idIndexMarker068""></a><span class=""typo_Italique"">Troy</span><span class=""typo_Italique""> </span>(Wolfgang Petersen<a id=""_idIndexMarker069""></a>, 2004).</p><p class=""txt_Normal"">Le tandem formé par Hichcock et Herrmann<a id=""_idIndexMarker070""></a> a fait l’objet de plusieurs études approfondies, notamment celles de chercheurs américains comme <span class=""typo_gras CharOverride-1"">Royal S. Brown</span><span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-043"">11</a></span></span><span class=""typo_gras CharOverride-1""> </span><span class=""typo_gras CharOverride-1"">et Bruce </span><span class=""typo_gras CharOverride-1""><a id=""_idIndexMarker073""></a></span><span class=""typo_gras CharOverride-1"">Graham</span><span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-042"">12</a></span></span> qui ont pu établir l’existence d’une dialectique transversale forte focalisée sur la fonction psychologique des personnages. Cependant, même dans une entreprise artistique apparemment aussi concluante qu’entre Hitchcock<a id=""_idIndexMarker076""></a> et Herrmann, mieux vaut se garder de toute idéalisation<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-041"">13</a></span></span>. Michel Chion rappelle à ce propos que le « concept musical » de Frederico Fellini<a id=""_idIndexMarker077""></a> a survécu à Nino Rota<a id=""_idIndexMarker078""></a> (partitions de Luis Bacalov<a id=""_idIndexMarker079""></a> pour <span class=""typo_Italique"">La Cité des femmes</span><a id=""_idIndexMarker080""></a>,<span class=""typo_Italique""> </span>1981, de Gianfranco Plenizio pour <span class=""typo_Italique"">Ginger et Fred</span><a id=""_idIndexMarker081""></a>, 1985, de Nicolas Piovani<a id=""_idIndexMarker082""></a> pour <span class=""typo_Italique"">Intervista</span><a id=""_idIndexMarker083""></a>, 1987<span class=""typo_Italique""> </span>et <span class=""typo_Italique"">La Voce della Luna</span>, 1990) ou que celui de David Lynch<a id=""_idIndexMarker084""></a> a précédé le recours à Angelo Badalamenti<a id=""_idIndexMarker085""></a> (<span class=""typo_Italique"">Eraserhead</span><a id=""_idIndexMarker086""></a>, 1977)<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-040"">14</a></span></span>. De même, ce que Royal S. Brown nomme à dessein l’« accord Hitchcock<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-039"">15</a></span></span> », résonnant notamment dans l’ostinato spirale de l’ouverture de <span class=""typo_Italique"">Vertigo</span><a id=""_idIndexMarker089""></a> ou dans les accords amorçant le prélude de <span class=""typo_Italique"">Psycho</span><a id=""_idIndexMarker090""></a>, apparait déjà dans les premières mesures du <span class=""typo_Italique"">Concerto pour piano</span> que Herrmann avait écrit pour <span class=""typo_Italique"">Hangover Square</span><a id=""_idIndexMarker091""></a> (John Brahm<a id=""_idIndexMarker092""></a>, 1944) à des fins narratives quasi similaires<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-038"">16</a></span></span>. Il arrive aussi qu’un compositeur puisse constituer plusieurs tandems remarquables, c’est le cas, par exemple, d’Alexandre Desplat<a id=""_idIndexMarker094""></a> qui compose dans des styles différents selon qu’il travaille pour Jacques Audiard<a id=""_idIndexMarker095""></a> ou Wes Anderson<a id=""_idIndexMarker096""></a>, tout en mettant en valeur des esthétiques propres à chacun.</p><p class=""txt_Normal"">Si tous ces cas de figure existent, l’inverse peut également se produire, notamment lorsqu’un réalisateur et un compositeur, une fois sortis d’une collaboration au long cours, reforment ailleurs, chacun de son côté, d’autres duos. Hitchcock<a id=""_idIndexMarker097""></a> terminera sa carrière avec le jeune Williams<a id=""_idIndexMarker098""></a> pour un résultat mitigé (<span class=""typo_Italique"">Family Plot</span><a id=""_idIndexMarker099""></a>, 1975), tandis que ce dernier commence l’une des collaborations les plus unanimement saluées du cinéma mondial aux côtés de Spielberg<a id=""_idIndexMarker100""></a> (<span class=""typo_Italique"">Jaws</span><a id=""_idIndexMarker101""></a>, 1975). Alors même qu’il avait déjà trouvé son complément idéal en la personne de Delerue<a id=""_idIndexMarker102""></a>, Truffaut<a id=""_idIndexMarker103""></a> sollicitera Herrmann<a id=""_idIndexMarker104""></a> (peu de temps après la fin de sa collaboration avec Hitchcock) pour deux films (<span class=""typo_Italique"">Fahrenheit 451</span><a id=""_idIndexMarker105""></a>,<span class=""typo_Italique""> </span>1965 et <span class=""typo_Italique"">La mariée était en noir</span><a id=""_idIndexMarker106""></a>,<span class=""typo_Italique""> </span>1968). Malgré l’admiration que le réalisateur français nourrit pour le compositeur de Hitchcock, leur bref duo n’aura été qu’une réussite partielle, jalonnée par des incompréhensions de part et d’autre<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-037"">17</a></span></span> dont les films portent quelques traces (le second en particulier). On pourrait reconduire encore et encore ce genre d’observations.</p><p class=""txt_Normal"">Étonnamment, rares sont les duos – même ceux qui sont souvent cités ou appréhendés au détour d’un travail universitaire de première main, d’un article de revue ou d’un chapitre d’ouvrage – qui ont déjà fait l’objet d’études esthétiques et/ou analytiques détaillées d’un point de vue à la fois cinématographique et musicologique. À cet égard, le livre de Solenn Hellégouarch sur les duos formés par Normal McLaren<a id=""_idIndexMarker108""></a> et Maurice Blackburn<a id=""_idIndexMarker109""></a> d’un côté, et David Cronenberg<a id=""_idIndexMarker110""></a> et Howard Shore<a id=""_idIndexMarker111""></a> de l’autre, fait figure d’exception<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-036"">18</a></span></span><span class=""typo_Italique"">. </span>Souvent, les approches sont d’ordre biographique, comme les ouvrages de Frédéric Gimello-Mesplomb sur Georges <a id=""_idIndexMarker117""></a>Delerue<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-035"">19</a></span></span> et celui de Vincent Perrot sur Vladimir <a id=""_idIndexMarker119""></a>Cosma<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-034-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-034"">20</a></span></span>. D’autres livres compilent des entretiens croisés entre réalisateurs et compositeurs, au sein desquels les questions de stylistique musicale ne sont finalement qu’effleurées, même s’ils restent bien sûr très intéressants dans les propos rapportés : ce sont les cas, par exemple, des ouvrages de Vincent Perrot<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-033-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-033"">21</a></span></span>, de Benoît Basirico<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-032-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-032"">22</a></span></span> ou de l’ouvrage coordonné par N. T. Binh, José Moure et Frédéric Sojcher<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-031-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-031"">23</a></span></span>. Signalons aussi les nombreux entretiens – parfois croisés – que l’on peut trouver dans les livrets de disques (par exemple la collection discographique « <span class=""typo_Italique"">Écoutez le cinéma !</span> » d’Universal Music dirigée par Stéphane Lerouge) ou sur les sites internet comme <span class=""typo_Italique"">Underscores</span> ou <span class=""typo_Italique"">Cinezik</span> en France. Dans le présent volume, les différents auteurs, essentiellement des musicologues et des historiens du cinéma, ont été invités à privilégier une méthode analytique et esthétique sans pour autant délaisser toute une part de contextualisation et un travail de sources précis afin d’apporter une dimension historique nécessaire.</p><p class=""txt_Normal"">Dans son ouvrage précédemment cité, Solenn Hellégouarch a proposé quelques constantes qui marquent des relations privilégiées entre un réalisateur et un compositeur dans le cadre d’un duo : la sensibilité musicale du réalisateur, l’implication précoce du compositeur dans le projet, la grande liberté accordée au compositeur, la malléabilité ou la disponibilité du compositeur qui se donne pour objet de « capter l’univers du cinéaste », la volonté d’outrepasser les conventions musico-filmiques et d’explorer les rapports musique/images<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-030-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-030"">24</a></span></span>. Ces conditions suffisent, certes, pour constituer un binôme. Mais nous avançons ici l’hypothèse que cela n’aboutit pas forcément à l’émergence d’un « style duel ». C’est ce que prouvera notre première partie intitulée « Duos de choc. Au service de l’émotion collective ». En s’inscrivant dans le cadre du cinéma populaire<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-029-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-029"">25</a></span></span> ou, comme l’appelle plus justement Michel Chion, un « cinéma d’émotion collective<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-028-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-028"">26</a></span></span> », les réalisateurs travaillent sur des projets parfois très différents dont le seul dénominateur commun est un impératif de divertissement et de rentabilité. Lié au réalisateur pour des raisons à la fois humaines et artistiques, le compositeur n’a d’autres choix que de s’adapter à des œuvres très diverses, en tenant compte de l’horizon d’attente des spectateurs (et des producteurs !). Ennio Morricone<a id=""_idIndexMarker126""></a> a très bien résumé cette situation :</p><p class=""txt_Citation"">Quand j’ai collaboré à des films qui coûtaient vingt millions de lires et qui n’avaient pas la prétention, au dire de leurs auteurs, d’être commerciaux, combien je me suis senti plus libre ! Mais quand je fais un film avec Giancarlo Giannini, qui coûte assez cher, je dois me poser la question du public, le réalisateur doit aussi se la poser, s’il n’est pas inconscient. Sinon, la voie est celle du cinéma-vérité : faire des films qui coûtent très peu cher et ne pas se préoccuper des spectateurs. Je ne sais pas si c’est utile pour le cinéma commercial ; ce sera utile pour l’histoire du cinéma. Jusqu’à quel point suis-je prêt à faire une musique plus recherchée, moins facile ? Peu m’importe que la musique soit vendue en dehors du film, cela ne m’a jamais importé, et encore moins maintenant<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-027-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-027"">27</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Dans un cadre commercial, la collaboration suivie entre un réalisateur et un même compositeur revêt finalement des aspects aussi variés que les films eux-mêmes, les compositeurs étant généralement guidés par des pistes temporaires<span class=""CharOverride-2""><span id=""footnote-026-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/COMPOSITEURS%20ET%20REALISATEURS/Introduction_Duo.html#footnote-026"">28</a></span></span>. Il résulte de ces « duos de choc » des difficultés à parvenir au « style duel » défini plus haut – ce qui ne signifie pas pour autant que réalisateur et compositeur n’ont pas chacun un style propre –, en ce qu’il importe avant tout d’aboutir à un produit parfaitement calibré pour leur cible (ce dont s’assurent d’ailleurs un certain nombre de projections-tests). S’ils ne se caractérisent donc pas par l’émergence de singularités musico-filmiques, ces duos finissent tout de même, par la régularité des collaborations, par créer une forme d’unité à l’échelle d’une filmographie, ce que nous souhaitons montrer à travers les différentes études composant la première partie de notre ouvrage.</p><p class=""txt_Normal"">C’est le cas, par exemple, du duo formé par Francis Lai<a id=""_idIndexMarker128""></a> et Claude Lelouch<a id=""_idIndexMarker129""></a>. En faisant régulièrement appel aux talents de mélodiste du premier – il s’agit de l’une des collaborations les plus longues du cinéma mondial : plus de cinquante ans ! –, le second peut compter sur une bande originale populaire au sens où tout un chacun peut se l’approprier et en fredonner les principaux airs (le fameux <span class=""typo_Italique"">Chabadabada…</span>). Charge, par la suite, à l’arrangeur Christian Gaubert<a id=""_idIndexMarker130""></a> de déployer les chansons sous la forme de thèmes sur l’ensemble du film. Jérôme Rossi explore le fonctionnement de ces deux duos « enchâssés » entre le compositeur et le réalisateur d’une part, le compositeur et l’arrangeur d’autre part. Notons que, lorsqu’il travaille pour d’autres réalisateurs, Lai ne change ni son style ni sa conception de la musique de film, montrant que, s’il existe un « style Lai » (un goût pour l’électronique musical et une « patte mélodique » développée en partie au contact des films lelouchiens), ce dont on ne saurait douter, il ne paraît pas justifié de parler d’un style duel Lelouch/Lai.</p><p class=""txt_Normal"">Si, comme Lai<a id=""_idIndexMarker131""></a>, Cosma<a id=""_idIndexMarker132""></a> cultive l’évidence mélodique, sa solide formation musicale au Conservatoire national de Bucarest puis de Paris lui permet d’expérimenter à sa guise les couleurs les plus insolites. En lui confiant sa première partition de film (<span class=""typo_Italique"">Alexandre le Bienheureux</span><a id=""_idIndexMarker133""></a>, 1967) et en<span class=""typo_Italique""> </span>encourageant sa démarche de recherche timbrique, Yves Robert<a id=""_idIndexMarker134""></a> fait éclore chez Cosma une verve créatrice prodigieuse qui va marquer quarante ans de cinéma populaire français. Dans ce volume, Sylvain Pfeffer s’intéresse aux intertextualités présentes dans la collaboration Cosma/Robert, ainsi qu’à la manière dont la musique est mise en scène. Là encore, il s’agit plus d’une belle collaboration que d’un style duel, Cosma creusant une veine personnelle qui change finalement assez peu selon qu’il travaille pour Gérard Oury<a id=""_idIndexMarker135""></a>, Claude Pinoteau<a id=""_idIndexMarker136""></a>, Pierre Richard<a id=""_idIndexMarker137""></a>, Francis Veber<a id=""_idIndexMarker138""></a> ou Claude Zidi<a id=""_idIndexMarker139""></a>.</p><p class=""txt_Normal"">Les liens d’amitié et de confiance qui liaient Robert et Cosma<a id=""_idIndexMarker140""></a> sont tout aussi profonds entre Spielberg<a id=""_idIndexMarker141""></a> et Williams<a id=""_idIndexMarker142""></a>, le premier allant jusqu’à modifier le montage de la scène finale d’<span class=""typo_Italique"">E.T. the Extra-</span><span class=""typo_Italique""><a id=""_idIndexMarker143""></a></span><span class=""typo_Italique"">Terrestrial</span><span class=""typo_Italique""> </span>(1982) pour laisser plus de liberté d’expression à la musique. En se concentrant sur cette partition, Chloé Huvet insiste sur quelques traits caractéristiques de l’esthétique musico-filmique développée par Spielberg et Williams dans le genre du film de science-fiction : l’amitié, l’enchantement, la solitude et les fins mélancoliques. C’est l’occasion de remarquer que les deux créateurs ont abordé de nombreux genres (science-fiction, drame historique, aventure, comédie) dans lesquels ils ont laissé une empreinte durable moins par un style duel – le style féérique de Williams est le même pour le <a id=""_idIndexMarker144""></a><span class=""typo_Italique"">Hook</span><span class=""typo_Italique""> </span>de Spielberg (1991), pour <span class=""typo_Italique"">Home Alone</span><a id=""_idIndexMarker145""></a> de Chris Columbus<a id=""_idIndexMarker146""></a> (1990), voire pour les trois premiers <span class=""typo_Italique"">Harry </span><span class=""typo_Italique""><a id=""_idIndexMarker147""></a><a id=""_idIndexMarker148""></a><a id=""_idIndexMarker149""></a></span><span class=""typo_Italique"">Potter</span><span class=""typo_Italique""> ";;;;;;;;; 727;2;1;18;La pensée a-t-elle un style ?;Deleuze, Derrida, Lyotard;;;"<p>Que fait le style à la pensée ? Le livre répond à cette question en proposant une lecture stylistique de textes philosophiques (dont ceux de Deleuze et Guattari, Derrida, Lyotard) qui partagent une fin : renouveler la pensée par leur style.</p>";"<p class=""tdmtitre"">Un nouveau style pour la philosophie </p><p class=""tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;""><br />Chapitre 1. <br /> Contexte et polémicité </p><p class=""tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 2. <br /> Logos, signe, concept </p><p class=""tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 3. <br /> La métaphore : du concept au texte (et retour) </p><p class=""tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 4. <br /> La prédication en question </p><p class=""tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Chapitre 5. <br /> Altération et renouvellement des patrons discursifs philosophiques </p><p class=""tdmtitre"" style=""padding-left: 30px;"">Une crise sans retour </p><p class=""tdmtitre""> </p><p class=""tdmtitre""><em>Bibliographie</em> </p><p class=""tdmtitre""><em>Index nominum</em> </p>";;09/03/2022;0;137x220;382;978-2-37924-218-2;978-2-37924-218-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_727.jpg;"<p>Que nous dit le style d’un philosophe sur sa pensée ? Que fait le style à la pensée ? Ces questions se posent avec une acuité particulière au tournant des années 1970 en France. Sur fond d’une vivacité inédite d’échanges entre littérature, linguistique et philosophie voit le jour un ensemble d’œuvres philosophiques dont celles de Derrida, Lyotard, Deleuze et Guattari sont exemplaires, qui partagent l’ambition de reconfigurer le <em>logos</em> par leur style. C’est à partir de ce style que l’ouvrage se propose de saisir ce geste philosophique. Invitant à une plongée dans ces <em>œuvres</em> qu’il analyse d’un point de vue pragmatique, linguistique et rhétorique, il entend ainsi dévoiler en quoi le style comme lieu vif du texte est la condition même d’une réinvention de la philosophie. On voudrait, par ce pas de côté méthodologique et disciplinaire, aider à lire autrement les textes philosophiques.</p><p><em>Maîtresse de conférences en stylistique et sémiotique comparée à Sorbonne Université, Mathilde Vallespir est l’autrice de </em>Lire, écouter, exorciser la guerre. Essai de sémiotique comparée<em> (Paris, Honoré Champion, 2012) et de travaux sur l’écriture de la philosophie, dont </em>Lire Derrida ? Autour d’<em>Éperons. Les Styles de Nietzsche</em><em>, en collaboration avec Dominique Maingueneau (Limoges, Lambert-Lucas, 2015)</em>.</p>";"<p class=""T_3_Article"">Introduction<br />Mathilde Vallespir<strong><br /></strong></p><p class=""T_3_Article""><strong><br /></strong></p><p class=""T_3_Article"">Un nouveau style pour la philosophie</p><p class=""T_a ParaOverride-1"">1. 68, et après</p><p class=""txt_Normal_sa"">Que reste-t-il de la philosophie des années 1960-1970 ? Que reste-t-il aujourd’hui de Jacques Derrida, Gilles Deleuze et Félix Guattari<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-075-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-075""> 1</a></span></span>, Jean-François Lyotard, pour ne citer qu’eux ? En constatant leur absence dans des ouvrages qui, au début du <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">e</span> siècle, prétendent rendre compte des grands jalons de la pensée française du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">e</span> siècle, tels que le <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Panorama des idées philosophiques</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-074-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-074""> 2</a></span></span>, en remarquant de même l’oblitération de Deleuze dans <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">La Philosophie en France aujourd’hui</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-073-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-073""> 3</a></span></span>, on pourrait les croire oubliés. Mais la consultation d’archives de journaux datant de ces quinze dernières années, qui nous confronte aux paroles d’autres philosophes à leur sujet, nous convainc du contraire. Ainsi, Alain Finkielkraut, à l’occasion du décès de Derrida, en 2004, déclare-t-il dans <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">L’Arche</span> :</p><p class=""txt_Citation"">Derrida était un immense lecteur. Malheureusement il a aussi été autre chose : un gourou planétaire, le penseur préféré du « colloque mondial ». Comment est-il devenu ce gourou ? En radicalisant la pensée de Levinas<a id=""_idIndexMarker003""></a>, en renchérissant sur les hyperboles de cette pensée. Levinas, c’est le penseur de la démesure éthique mais, en même temps, c’est celui qui fait de la philosophie la sagesse de l’amour : il faut de la modération à l’amour. Derrida s’émancipe de cette modération. C’est en quelque sorte le philosophe qui réintroduit l’amour en politique au travers de ce qu’il appelle l’« hospitalité inconditionnelle ». Il est devenu le philosophe des sans-papiers et la grande référence du militantisme compassionnel. Or, ça, c’est le mal français, et un mal, hélas, qui s’exporte très bien. Les maîtres à penser français sont, depuis Sartre, des maîtres à ne pas penser. Des maîtres à simplifier, à mélodramatiser, à infantiliser tous les bac +12. Après Sartre, il y a eu Foucault<a id=""_idIndexMarker004""></a>. Après Foucault, il y a eu Bourdieu. Après Bourdieu, il y a eu Derrida. Tous, sauf Bourdieu, sont des penseurs originaux ; mais tous sont aimés pour ce que leurs engagements ont de facilement manichéen et de rigoureusement interchangeable<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-072-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-072""> 4</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Si, avant ce passage, la chronique commence par une marque de reconnaissance à l’égard de Derrida pour avoir écrit « Violence et métaphysique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-071-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-071""> 5</a></span></span> », si, donc, ce sont apparemment les usages et surtout les mésusages sociétaux de ces philosophes qui font d’eux des gourous, la charge n’est toutefois pas mince, et l’opposition entre un Levinas<a id=""_idIndexMarker006""></a> modéré et un Derrida radical, de même que les désignations de « philosophe des sans-papiers », comme l’expression de « maîtres à ne pas penser », semblent bien orienter l’accusation contre les philosophes eux-mêmes – leur pensée prêtant à cet usage sociétal et donc menant à leur mutation en « gourous » ou « maîtres à ne pas penser » – sans même que l’on s’attarde sur la condamnation de Bourdieu. On pourrait mentionner d’autres discours assez proches de celui d’Alain Finkielkraut, dont ce constat de Yannick Jaffré<a id=""_idIndexMarker007""></a> : « La déconstruction restera dans l’histoire de la pensée européenne comme le symptôme d’une dépression passagère<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-070-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-070""> 6</a></span></span>. »</p><p class=""txt_Normal"">Loin d’être oubliés, ces philosophes paraissent donc honnis. Qu’a donc fait Derrida, et la philosophie des années 1960 qu’apparemment il suffit à incarner, à une certaine communauté de philosophes, ou plutôt, que représente cette philosophie aux yeux des autres philosophes pour que, encore des décennies plus tard, ceux-ci en jugent de manière si violente, en la dévaluant avec tant de passion et de haine ? La presse s’étonne d’une telle violence, comme en témoigne un article de Jean-Emmanuel Ducoin<a id=""_idIndexMarker010""></a> dans <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">L’Humanité</span>, qui, citant les propos de Finkielkraut précédemment évoqués, s’en dit « stupéfait<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-069-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-069""> 7</a></span></span> ». De même, Nicolas Truong,<a id=""_idIndexMarker012""></a> dans <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Le Monde</span> du 24 juillet 2015, exprime la nécessité de se livrer à une réévaluation de ces pensées : « Même si la pensée 68 est une construction <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">a posteriori</span> […], son examen demeure un impératif, tant les querelles à son endroit sont encore vives<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-068-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-068""> 8</a></span></span>. »</p><p class=""txt_Normal"">Cette catégorie de « pensée 68 », que l’on doit à Luc Ferry<a id=""_idIndexMarker014""></a> et Alain <a id=""_idIndexMarker015""></a>Renaut<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-067-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-067""> 9</a></span></span> (nous y reviendrons) désigne une génération de philosophes autrement qualifiée de « french theory » aux États-Unis<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-066-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-066""> 10</a></span></span>, et beaucoup plus récemment, de « moment philosophique des années 1960<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-065-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-065""> 11</a></span></span> » par Frédéric <a id=""_idIndexMarker022""></a>Worms<a id=""_idIndexMarker023""></a>. Il importe de mesurer l’abîme existant entre ces différentes dénominations, et en particulier entre celle de « pensée 68 » et de « moment philosophique des années 1960 ». Parler de la « pensée 68 » en 1988, c’était enterrer ses représentants dans une historicité caduque, moment d’illusion politique avec lequel Luc Ferry et Alain Renaut prétendaient alors rompre en annonçant le retour d’un humanisme contre lequel ces dits « penseurs 68 » étaient accusés de s’être construits. Près de trente ans plus tard, Frédéric <a id=""_idIndexMarker024""></a>Worms se défend d’apparier ces pensées aux événements de 1968 : « Il ne s’agira en rien de réduire ce moment à une date et ce problème à un mot d’ordre, dans une quelconque “pensée 68<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-064-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-064""> 12</a></span></span>”. » Il en propose une saisie plus large : « le moment philosophique des années 1960 » s’étend « de 1960 (non sans être anticipé dans des ouvrages antérieurs) jusqu’au début des années 1980 (non sans se poursuivre, bien sûr, au-delà, dans des ouvrages souvent majeurs) »<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-063-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-063""> 13</a></span></span>. En délestant la philosophie ainsi désignée de toute dimension polémique, et en particulier de l’accusation morale d’anti-humanisme dont l’avaient chargée Luc Ferry et Alain Renaut, Frédéric <a id=""_idIndexMarker028""></a>Worms s’autorise à en proposer une caractérisation philosophique, en réinsérant ce moment dans son histoire pour en saisir toute la complexité et les nuances internes.</p><p class=""txt_Normal"">Pour autant, l’ouvrage de Luc Ferry<a id=""_idIndexMarker029""></a> et Alain Renaut<a id=""_idIndexMarker030""></a> ne fut pas sans mérite. Quelle qu’en soit la nature polémique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-062-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-062""> 14</a></span></span>, il permit « de baliser un champ d’étude, auquel les auteurs de ce livre reconnaissent peut-être une continuité et une clôture illusoires, mais que, avant eux, on ne considérait que de manière dispersée, sans cette perspective d’ensemble dont ils esquissent les grandes lignes<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-061-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-061""> 15</a></span></span> », comme Pierre Macherey<a id=""_idIndexMarker032""></a> le souligne.<span class=""typo_gras""> </span>Est ainsi pensée l’unité possible d’une génération représentée par Derrida, Foucault<a id=""_idIndexMarker033""></a>, Bourdieu et Lacan, mais également Deleuze, Lyotard ou Althusser<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-060-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-060""> 16</a></span></span>. Le second mérite que nous lui reconnaîtrions est d’avoir identifié la dynamique centrifuge propre à cette philosophie, sa tension vers son dehors, ce qui serait littérature<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-059-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-059""> 17</a></span></span>, et de reconnaître par-là « un style » à cette génération de philosophes<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-058-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-058""> 18</a></span></span>. Ce style n’est cependant ici envisagé qu’en mauvaise part, comme « effet de style », prétention ou geste ostentatoire invalidants et propres à détourner ces œuvres d’une véritable pensée. Une telle reconnaissance a donc pour rôle ici d’exclure ces « philosophistes » de la sphère de la philosophie, la pensée de Derrida étant ainsi réduite à une « mise en œuvre littéraire » de la pensée de Heidegger<a id=""_idIndexMarker036""></a>.</p><p class=""txt_Normal"">On connaît les présupposés d’une telle distinction entre style et pensée, ainsi que sa rançon disciplinaire, la scission entre littérature et philosophie. Lui est sous-jacent un clivage entre pensée et écriture, pensée et langue, la philosophie exprimant la première, le style n’en étant qu’une forme contingente. Une telle conception, supposant une frontière infrangible entre écriture et pensée, est héritière d’un certain idéalisme classique pour lequel, comme le rappelle Nanine <a id=""_idIndexMarker037""></a>Charbonnel<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-057-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-057""> 19</a></span></span>, le langage a pour vocation d’être transparent afin d’exprimer au plus près la pensée. La langue du philosophe serait ainsi définie comme</p><p class=""txt_Citation"">la langue, le <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Logos</span>, la Logique de l’être, du Vrai du Bien du Beau, de l’Absolu, de l’Un : de cet Intelligible qui s’entend de soi-même dans son identité à soi et répond ainsi de soi à soi ; telle serait la langue des idées, la langue idéale, en idée, cette « grammaire pure », la langue de la science, non pas la langue qui dit la vérité mais le véridique se manifestant, se révélant, dont le philosophe parlant ne serait finalement que l’appariteur, le présentateur, le porte-parole qui s’esquive devant ce qu’il fait apparaître, le discours de la Chose même, en elle-même<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-056-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-056""> 20</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Cette langue entendue comme révélation du Vrai, dont la description au conditionnel suffit ici à pointer le caractère irréel, répond, selon Jean-Luc Nancy<a id=""_idIndexMarker041""></a>, à la « volonté philosophique d’un discours par excellence sans style<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-055-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-055""> 21</a></span></span> ». Or, la linguistique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-054-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-054""> 22</a></span></span>, l’analyse du discours et auparavant, la sémiotique saussurienne comme hjelmslévienne<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-053-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-053""> 23</a></span></span>, de même que la philosophie elle-même<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-052-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-052""> 24</a></span></span> l’ont bien mis en évidence : une telle conception du langage comme simple véhicule de la pensée relève du mythe ou de la fiction. La langue dans laquelle est écrite la philosophie n’est pas extérieure à celle-ci et n’en est nullement le « déchet empirique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-051-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-051""> 25</a></span></span> » ; elle en constitue la matière et la conditionne. Ainsi, comme le rappelle Frédéric Cossutta<a id=""_idIndexMarker051""></a> :</p><p class=""txt_Citation"">Quand bien même on suppose possible une réduction de la philosophie à certaines séquences démonstratives susceptibles d’être transposées dans le cadre des écritures symboliques de la logique formelle, il n’en reste pas moins que les philosophies s’élaborent dans l’épaisseur d’une langue<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-050-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-050""> 26</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Comprendre cette langue, dans les différents champs de détermination qu’elle admet (historiques, discursifs, interdiscursifs et pragmatiques, génériques, typologiques), et comprendre la façon dont s’articulent au sein de cette langue ces différentes déterminations constitue un véritable objet d’investigation, et un accès à la compréhension du discours philosophique. Frédéric Cossutta<a id=""_idIndexMarker053""></a> voit dans cette démarche la garantie de pouvoir s’abstraire autant que possible des systèmes mis en œuvre dans les textes philosophiques qui, « prisonniers de perspectives doctrinales singulières, […] ne peuvent penser dans sa généralité la question de la forme de l’expression du philosophique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-049-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-049""> 27</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">Nous proposons donc ici, à rebours de toute conception idéaliste, de prendre au sérieux cette langue de la philosophie, de tenter d’en comprendre les raisons d’être et les conditions de possibilité. On souhaite ainsi prêter l’oreille à ce que Patrice Maniglier<a id=""_idIndexMarker054""></a> qualifie, plus de trente ans après Luc Ferry<a id=""_idIndexMarker055""></a> et Alain Renaut<a id=""_idIndexMarker056""></a> et en en inversant la valeur axiologique, de « langage philosophique inouï », et dont il vante « l’inventivité stylistique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-048-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-048""> 28</a></span></span> ». Car l’écriture philosophique de ce moment des années 1960 manifeste un tournant dans la façon de penser, de philosopher de ce (grand) dernier quart du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant CharOverride-2"">e</span> siècle, qui serait plus largement à réinscrire dans ce que l’on pourrait qualifier de « mutation » de la raison. Cette mutation de la raison ou du <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">logos</span>, à l’œuvre dans divers champs de la production sémiotique de l’époque, entre autres littéraire, musicale, chorégraphique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-047-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-047""> 29</a></span></span>, nous semble trouver dans le champ philosophique un lieu de manifestation particulièrement propice. En effet, selon Dominique Maingueneau<a id=""_idIndexMarker059""></a> et Frédéric Cossutta<a id=""_idIndexMarker060""></a>, la philosophie est « auto-constituante », c’est-à-dire propre à la fois à fonder « les conditions de légitimité de tout autre discours » mais aussi, à « expliciter les conditions de sa propre constitution »<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-046-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-046""> 30</a></span></span>. Cette caractéristique implique qu’elle place en son cœur la question des conditions d’exercice de la raison<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-045-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-045""> 31</a></span></span>. En outre, du fait de son inscription dans un contexte historique que François Dosse<a id=""_idIndexMarker064""></a> tient pour le « moment linguistique » de l’histoire des sciences humaines<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-044-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-044""> 32</a></span></span>, cette philosophie des années 1960 a pour particularité de choisir une voie d’instauration déterminée par ce contexte : il s’agit en effet d’une reconfiguration radicale de la langue même dans laquelle elle s’écrit et des patrons textuels et discursifs auxquels elle recourt. On comprend dès lors à quel point cette philosophie peut constituer un témoin particulièrement précieux de cette mutation de la raison, qui plus est un objet de haut intérêt pour la stylistique et plus largement, pour toute approche intéressée par la matérialité de cette philosophie : le choix de ses modalités d’instauration implique en effet que se rejoignent thématisation et écriture, représenté et modalités de représentation – distinction précisément remise en cause dans ces textes.</p><p class=""txt_Normal"">Revenons enfin à la définition de cette « pensée 68 » ou « philosophie du moment des années 1960 ». Elle n’est en effet pas coextensive à la totalité de la production philosophique des années 1960 en France. Comme le rappellent dès l’ouverture de leur ouvrage Luc Ferry<a id=""_idIndexMarker066""></a> et Alain Renaut<a id=""_idIndexMarker067""></a> :</p><p class=""txt_Citation"">La philosophie française des années 1960 ne se réduit évidemment pas à ce que nous désignons ici comme la « pensée 68 ». Philosophiquement, les années soixante furent aussi marquées, pour ne citer qu’eux, par les ouvrages de P. Ricœur<a id=""_idIndexMarker068""></a> ou ceux d’E. Lévinas [<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">sic</span>], par la façon dont l’enseignement d’un J. Beaufret contribuait à acclimater en France la pensée de Heidegger<a id=""_idIndexMarker069""></a>, par le renouveau d’interrogations épistémologiques (G. Canguilhem, M. Serres et, ultérieurement, J. Bouveresse), ou encore par l’effort que poursuivait R. Aron pour ouvrir la philosophie aux exigences de la critique idéologique et de la théorie politique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-043-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-043""> 33</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Réinscrite dans le panorama plus large de la philosophie qui lui est contemporaine, la « pensée 68 » est définie ensuite par les auteurs comme « une constellation d’œuvres chronologiquement proches de Mai, et, surtout, dont les auteurs se sont reconnu, le plus souvent explicitement, une parenté d’inspiration avec le mouvement<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-042-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-042""> 34</a></span></span> ». On a vu plus haut que c’est contre une telle définition et l’affiliation de cette pensée au cadre serré de mai 68 que la catégorie de « philosophie du moment des années 1960 » a été construite par Frédéric <a id=""_idIndexMarker072""></a><a id=""_idIndexMarker073""></a>Worms<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-041-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-041""> 35</a></span></span>. Jean-Luc Nancy<a id=""_idIndexMarker077""></a>, dans la note liminaire de <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">L’Oubli de la philosophie</span>, convoque un autre principe de rapprochement de ces « pensées au travail dans notre histoire récente et actuelle<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-040-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-040""> 36</a></span></span> » :</p><p class=""txt_Citation"">[J]e ne prétends pas qu’on puisse réunir en une synthèse anonyme des pensées qui sont toujours aussi de styles singuliers, et que leurs différences, voire leurs différends, font penser. Mais je tiens qu’il y a, dans ce partage des pensées et grâce à lui, quelque chose de commun, qui porte la marque de l’histoire, quelque chose qui est nôtre […]<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-039-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-039""> 37</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Ce « partage de pensées » est également mis en évidence par Juan Luis <a id=""_idIndexMarker079""></a>Gastaldi<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-038-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-038""> 38</a></span></span>, qui, évoquant <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Discours, Figure</span>, caractérise ce moment philosophique du tournant des années 1970 :</p><p class=""txt_Citation""><span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Discours, Figure</span> fait partie de cette série d’ouvrages qui, vers la fin des années 1960 et le début des années 1970, s’inscrivent au sein de la pensée structuraliste pour la dépasser dans un mouvement auquel le nom de « poststructuralisme » ne rend pas tout à fait justice<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-037-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-037""> 39</a></span></span>. Ce mouvement, dont les traits ne sont pas aisés à définir, tire son unité d’une certaine communauté de problèmes qui le place à l’écart des deux grands courants de la philosophie contemporaine (phénoménologie et philosophie analytique), ainsi que des références convoquées lors de la position et le traitement des problèmes (Nietzsche<a id=""_idIndexMarker083""></a>, Saussure<a id=""_idIndexMarker084""></a>, Freud<a id=""_idIndexMarker085""></a>…). Mais d’autre part, outre la diversité des styles qui le caractérise, il se signale par la multiplicité des terrains où il mène son labeur critique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-036-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-036""> 40</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Dans chacun de ces cas, c’est une communauté discursive, historique, une communauté de références et de « problèmes<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-035-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20PENSEE%20A-T-ELLE%20UN%20STYLE/c_intro.html#footnote-035""> 41</a></span></span> » qui est";;;;;;;;; 729;2;1;39;Philosophies de la création artistique;;;;"<p>Empruntant les chemins de la création artistique, cet ouvrage ambitionne d’en éclairer le sens et la portée. Il s’interroge à la fois sur ses motivations profondes, son processus interne, et ses fonctions dans la société.</p>";"<p class=""txtsommaire"">Introduction </p><p class=""txtsommaire"" style=""text-align: left;""> </p><p class=""txtsommaire"" style=""text-align: left;"">Chapitre 1. Art et création<br /><span style=""text-align: left;"">L’art et la création, ou sur le rôle de l’idée dans l’art </span></p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 2. Art et marchandise<br /> Peut-on assimiler l’œuvre d’art à une marchandise ? </p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 3. L’art et le Beau<br /> Réflexions sur le Beau artistique </p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 4. L’art et la forme<br /> Réflexions sur la forme, ou Rubens et le dévoilement de la structure du monde</p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 5. Art et langage<br />Essai sur les rapports entre le langage et l’art </p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 6. Art et intuition intellectuelle<br /> La sensation et l’absolu </p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 7. Art et politique<br /> Schiller ou l’art au cœur du politique </p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 8. Art et philosophie<br /> Novalis et la question du prolongement poétique de la philosophie de Fichte</p><p class=""txtsommaire"">Chapitre 9. L’art et le style<br />Le style et les deux pôles de l’art </p><p class=""txtsommaire""> </p><p class=""txtsommaire"">Conclusion </p><p class=""txtsommaire"">Bibliographie </p>";;03/05/2022;0;120x180;305;978-2-37924-226-7;978-2-37924-226-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_729.jpg;"<p>Ce livre enquête sur la nature de l’art et de la création artistique, en mettant en œuvre une méthode originale : chaque chapitre interroge la notion d’art à partir d’une autre notion à laquelle elle est étroitement liée : la création, la marchandise, le beau, la forme, le langage, l’intuition intellectuelle, la politique, la philosophie, le style. Cette démarche aboutit à une clarification progressive de l’idée d’art et permet de se « rapprocher », selon le mot de Paul Klee, de « la source de la force créatrice ». Croisant et diversifiant les champs de réflexion sur l’art pour l’enrichir de nouvelles perspectives d’analyse, l’ouvrage fait non seulement dialoguer les œuvres entre elles, mais aussi les différentes philosophies de la création artistique. Il intéressera aussi bien les étudiants confrontés au cours de leur formation à la nécessaire réflexion critique de la notion même d’art, que les créateurs et les professionnels aguerris à cette réflexion.</p><p> </p><p><em>Laurent Guyot est professeur de philosophie au lycée Emile-Littré (Avranches, Académie de Normandie)</em></p>";"<p class=""premierPara"">Introduction</p><p class=""premierPara"">Il s’agit dans ce livre d’enquêter sur la nature de la création artistique et d’en sonder les profondeurs en appliquant la méthode suivante : interroger systéma­tiquement dans chaque chapitre les liens entre la notion d’art et une autre notion avec laquelle elle est tantôt souvent étroitement liée – art et création, art et langage, art et marchandise, art et philosophie, art et politique, l’art et le style, l’art et la forme, l’art et le beau –, tantôt plus rarement unie – l’art et l’intuition intellectuelle.</p><p class=""txt_Normal"">La création artistique est appréhendée à partir de multiples entrées, croisant à la fois les problèmes classiques de l’esthétique et les questions actuelles qui se posent à l’endroit de l’art, ce qui justifie doublement le pluriel du titre <span class=""typo_Italique"">Philosophies de la création artistique</span>. Non seulement plusieurs philosophies s’y trouvent nécessairement mobi­lisées, discutées et confrontées, mais aussi plusieurs axes de réflexion sur la création artistique motivent notre recherche : au-delà de la distinction convenue entre auteur et spectateur, la création artistique peut être envisagée, par exemple, du point de vue de ce qui la fait surgir et de ce qui la nourrit, du point de vue de ses effets et de ce qu’elle nourrit, du point de vue des diverses formes et manifestations qu’elle revêt, du point de vue des divers domaines qu’elle habite, du point de vue des facteurs qui la déterminent, y compris du point de vue du recoupement de ces différents points de vue eux-mêmes, etc. Ce sont encore différents champs d’étude qui se rencontrent autour de la notion de création artis­tique : psychanalytique, anthropologique, méta­physique, sociologique, politique, notamment.</p><p class=""txt_Normal"">Les neuf chapitres visent à dégager des pistes de réflexion nouvelles et à construire, à propos de la création artistique et de l’expérience esthétique qui en est inséparable, ce que Sartre, dans son <span class=""typo_Italique"">Esquisse d’une théorie des émotions</span>, a pu appeler une « psychologie phénoménologique ». Ils constituent à ce titre, dans leurs prolongements réci­proques les uns dans les autres, un essai de psychologie phénoménologique de la création artistique. Sans doute, la création artistique touche à la sensibilité, je veux dire à la sensation, au sentiment, à l’émotion, aux tendances inscrites au fond du moi humain, et tombe au moins par ce côté dans la psychologie empirique. Mais elle se fonde, aussi bien, sur ce que nous appellerions l’« essence » de l’homme, si ce terme issu de la philosophie platonicienne ne continuait à véhiculer cette idée d’arrière-monde et de soubassement métaphysique de la réalité sensible incompatible avec les principes directeurs de toute enquête phénoménologique. Notre essai n’appartient pas à la pure et simple psychologie, bien qu’il s’y rattache, parce qu’il ne décompose pas le processus créateur artistique en états ou en faits de conscience isolables sur eux-mêmes, comme s’ils pouvaient être séparés et abstraits sans trop de dommage de la « substance intellectuelle » ou de la réalité « en soi » qui paraît les porter et leur servir de support. Il n’y a pas de substance indifférente à ce qu’elle porte, c’est d’ailleurs pourquoi – selon la perspective phénoménologique – il n’y a pas de substance du tout. L’homme est contenu tout entier dans cet état psychologique qu’est celui de l’expérience de la création artistique, et il n’existe rien de plus qui se tiendrait ou qui subsisterait derrière lui. La création artistique – qu’elle appartienne directement à celui qui la fait et en qui elle se fait ou à celui qui la contemple en spectateur et en qui elle se renouvelle – n’est pas une expérience parmi d’autres, mais une conduite humaine : elle est humaine au sens exact où elle engage, sinon « l’essence » de l’homme, du moins le fond de l’homme qui ne se tient pas « derrière » ou « sous » ses manifestations empiriques, mais bien au cœur de celles-ci, comme le sens profond qui les habite. En bref, c’est une expérience humaine privilégiée dans laquelle s’épuise l’être de l’homme. Aussi n’a-t-elle rien d’un fait, d’une donnée passive existant à la surface de la conscience, et relève-t-elle plutôt d’un phénomène chargé de signification, d’une posture active, mieux, d’une attitude au sein de laquelle l’homme se fait artistiquement percevant, se rend artistiquement disponible pour le monde.</p><p class=""txt_Normal"">C’est ainsi que, dans son <span class=""typo_Italique"">Esquisse d’une théorie des émotions</span>, Sartre dépasse la psychologie comme telle et s’installe dans une « psychologie phénoménologique » ([1939] 1995 : 7) en n’analysant pas l’émotion comme un simple fait de conscience mais comme une structure essentielle de la conscience, si bien que la réalité humaine n’est pas seule­ment ce sur fond de quoi se détache l’émotion – comme si la réalité humaine pouvait rester en retrait derrière elle et ne pas pleinement apparaître en elle – mais bien plutôt ce qui se retrouve tout entière dans l’émotion, « puisque l’émotion c’est la réalité-humaine qui s’assume elle-même et se « dirige-émue » vers le monde » (Sartre [1939] 1995 : 15). Si, pour Sartre, une émotion n’est pas un fait, c’est parce qu’elle signifie quelque chose, qu’elle a une signification : « Pour le psychologue l’émotion ne signifie rien parce qu’il l’étudie comme fait, c’est-à-dire en la coupant de tout le reste. […] Si nous voulons faire de l’émotion, à la manière des phénoménologues, un véritable phénomène de conscience, il faudra au contraire la considérer comme signifiante d’abord » (Sartre [1939] 1995 : 16). Pour l’expérience de la création artistique, il en va de même. Elle possède une signification, et ne se laisse pas juste engranger comme une donnée de plus parmi les contenus de conscience, par ce qu’elle dit ou indique de l’être de l’homme, c’est-à-dire de l’homme tout entier.</p><p class=""txt_Normal"">C’est dans ce cadre que le chapitre « L’art et la création » réfléchit sur le rôle de l’idée dans la genèse d’une œuvre d’art. Cela revient à savoir, premièrement, si et comment des idées impersonnelles qui dominent une époque se coulent nécessairement dans les œuvres qui lui sont rattachées ; deuxièmement, dans quelle mesure les idées théoriques personnelles de l’artiste qui s’ajoutent aux premières peuvent se convertir en expérience existentielle et esthétique et la fonder.</p><p class=""txt_Normal"">Le chapitre<span class=""typo_Italique""> </span>« Art et marchandise<span class=""typo_Italique""> » </span>analyse le fait de savoir si, dans la société de consommation qui est la nôtre, où le lien entre marchandise et œuvre d’art est devenu de plus en plus étroit par la compromission entre l’art et l’argent comme entre la publicité et l’art, l’œuvre d’art peut réellement devenir une marchandise et en assumer le statut.</p><p class=""txt_Normal""><span class=""typo_Italique"">«</span> L’art et le beau » donne l’occasion de réfléchir à la possibilité d’une définition du Beau qui ne tombe ni dans le subjectivisme pour lequel le Beau n’est que dans l’esprit de celui qui juge, ni dans le réalisme métaphysique pour lequel il n’existe que dans un modèle unique et dans un seul type.</p><p class=""txt_Normal"">« L’art et la forme » questionne, à partir de l’analyse du tableau <span class=""typo_Italique"">La Chute des damnés</span> de Rubens, le rapport entre l’appréhension esthétique d’un objet et le fait pour celui-ci de s’enclore dans une forme, chaque objet pouvant être saisi lui-même comme une partie d’un objet plus vaste ayant forme à son tour ou au contraire comme un tout renfermant comme ses parties des objets. C’est cet assemblage allant à l’infini de formes à l’intérieur de formes qui compose la structure du réel que l’art interroge et qui joue sur la réception esthétique des œuvres chez le spectateur.</p><p class=""txt_Normal"">« L’art et le langage » répond à la question de savoir si, en dépit des conventions historiques et de la différence de mentalité qui passe entre les différentes époques et les différentes cultures, l’art peut se constituer comme un langage universel.</p><p class=""txt_Normal"">« L’art et l’intuition intellectuelle » traite, à partir de la découverte du nouveau champ d’application d’un concept emprunté à la philosophie spéculative de l’idéalisme allemand, de ce qui fonde la possibilité de la poésie entendue comme expérience où fusionne l’âme de celui qui contemple la nature avec ce qu’il perçoit en elle comme âme et sensibilité des choses naturelles elles-mêmes.</p><p class=""txt_Normal"">« L’art et le style »<span class=""typo_Italique""> </span>analyse les tendances mentales de l’homme dont découle le phénomène du style en art, et reconduit les différents styles existant et possibles de l’art à une proportion chaque fois unique du mélange de deux tendances fondamentales de l’esprit humain enveloppées dans la création artistique et identifiées comme les deux pôles entre lesquels, consciemment ou inconsciemment, évolue tout artiste.</p><p class=""txt_Normal"">Les deux derniers essais, tout en continuant d’articuler la réflexion sur l’art à une autre notion générale qui la reflète et qui l’éclaire, traitent en même temps de philosophes et de poètes précis : le chapitre « Art et politique » se fonde sur Schiller et le rapport que ce dernier théorise entre art et liberté politique ; « Art et philosophie » traite, plus particulièrement, de Novalis et de Fichte<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/PHILOSOPHIES%20DE%20LA%20CREATION%20ARTISTIQUE/Philo_introduction.html#footnote-000""> 1</a></span></span>.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/PHILOSOPHIES%20DE%20LA%20CREATION%20ARTISTIQUE/Philo_introduction.html#footnote-000-backlink"">1</a>. Ce dernier chapitre part d’un de nos articles, ici légèrement remanié : « Novalis et la question du prolongement poétique de la philosophie de Fichte » (<span class=""CharOverride-2"">Fichte-Studien</span>, vol. 43, « Fichte und seine Zeit », dir. Matteo Vincenzo d’Alfonso, Caral De Pascale, Erich Fuchs, Marco Ivaldo, 2016 : 277-289).</p></div></div>";;0;15.00;"<p>Cet ouvrage enquête sur la nature de l’art et de la création artistique. Afin d’enrichir la réflexion sur l’art de nouvelles perspectives, il met en œuvre une méthode originale qui consiste à s’interroger dans chaque chapitre sur les rapports entre la notion d’art et une autre notion précise avec laquelle elle est étroitement liée. Cherchant à se tenir au plus près des œuvres et du geste créateur, le livre ne présente pas seulement l’intérêt de faire dialoguer différentes cultures entre elles, mais aussi différentes philosophies de la création artistique. Il relie les problèmes clés de l’esthétique aux interrogations contemporaines sur l’art.</p>";;17/12/2021 10:48;0;Première;3669 730;1;1;24;Pluralité et tolérance religieuses en Asie de l'Est;N°45/2021;;;"<p>La revue explore fonctionnement et les conséquences culturelles et sociales de la pluralité religieuse en Asie de l’Est en dépassant une simple approche essentialiste et en analysant les modes de coexistence et les expressions de tolérance ou d’intolérance par les États, les groupes et les individus.</p>";"<p class=""Tdmtitre"">Pluralité et tolérance religieuses en Asie de l’Est : comment les comprendre ?<br />Religious Plurality and Tolerance in East Asia: How to Understand Them ?<br /><strong>Kim Daeyeol <br /></strong> </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong><br />I. Penser une diversité à plusieurs facettes – Thinking Multifaceted Diversity<br /></strong></p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: left;"">Historiens et anthropologues repensent la diversité religieuse en Chine<br />Historians and Anthropologists Rethink Religious Diversity in China<br /><strong>Vincent Goossaert </strong> </p><p class=""Tdmtitre"">Ancêtre, dieu et « bodhisattva ». Hachiman ou la pluralité religieuse personnifiée<br />Ancestor, God, and “Bodhisattva”. Hachiman, Religious Plurality Personified<br /><strong>François Macé </strong> </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong><br />II. Un patrimoine religieux composite ou comment négocier l’harmonie – A Composite Religious Heritage or How to Negotiate Harmony</strong></p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: left;"">Religious Identity and Contemporary Ritual Practices of the Cham Ahiér in Vietnam<br />Identité religieuse et pratiques rituelles contemporaines chez les Cham Ahiér du Vietnam<br /><strong>Mai Bui Dieu Linh </strong> </p><p class=""Tdmtitre"">Au-delà des Trois Enseignements. La pluralité religieuse et la religion Ch’ŏndogyo en Corée au début du xxe siècle<br />Beyond the Three Teachings. Religious Plurality and the Ch’ŏndogyo Religion in the Beginning of the Twentieth Century<br />Carl Young </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong><br />III. Identité religieuse et hiérarchie interne – Religious Identity and Internal Hierarchy<br /></strong></p><p class=""Tdmtitre"">« Dix mille courants, une seule racine ». Le syncrétisme de Deguchi Onisaburō dans la première moitié du xxe siècle<br />“Ten Thousand Teachings, One Root”. Deguchi Onisaburō’s Syncretism during the First Half of the Twentieth Century<br /><strong>Édouard L’Hérisson </strong> </p><p class=""Tdmtitre"">Communalisation religieuse et pluralité nationale. L’accueil des migrants par les Églises protestantes en Corée du Sud<br />Religious Communalization and National Plurality. The Reception of Migrants by Protestant Churches in South Korea<br />Kim Hui-yeon </p><p class=""Tdmpartie"" style=""text-align: center;""><strong>Regard extérieur – The View from Outside<br /></strong></p><p class=""Tdmtitre"">Vérité théologique et pluralité religieuse. Retour sur la construction occidentale du pluralisme<br />Theological Truth and Religious Plurality. Revisiting the Western Construction of Pluralism<br /><strong>Philippe Portier </strong> </p><p class=""Tdmauteur"">Résumés <br />Abstracts <br />´£­n </p><p class=""Tdmauteur"">Notices bio-bibliographiques <br />Bio-bibliographical Notes </p><p> </p><p> </p><p> </p><p> </p><p> </p><p> </p><p> </p><p><br /><br /><br /><br /></p>";;22/03/2022;0;155x220;192;978-2-37924-230-4;978-2-37924-230-4;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_730.jpg;"<p>Vincent Goossaert<br /><strong>Historiens et anthropologues repensent la diversité religieuse en Chine</strong></p><p>La société chinoise est reconnue par les spécialistes de la diversité religieuse comme un cas remarquable de diversité ancienne et toujours très vivace. Pourtant, les travaux de sciences sociales portant sur la diversité religieuse en Chine appliquent largement des théories développées en Occident. Cet article présente l’état actuel des modèles et théories dans lesquelles est étudié le pluralisme religieux chinois, et d’esquisser les développements les plus prometteurs qui rendent pleinement compte de la diversité religieuse réelle sur le terrain. Il développe notamment deux outils analytiques : les quatre dimensions de la société et les cadres liturgiques. Il montre ensuite que ces outils mettent en relief la forte propension de la société chinoise à la division régulée du travail religieux.</p><p> </p><p>Kim Hui-yeon<br /><strong>Communalisation religieuse et pluralité nationale : l’accueil des migrants par les Églises protestantes en Corée du Sud</strong></p><p>En Corée du Sud, le nombre croissant de migrants n’entraîne pas forcément une pluralité religieuse. La présence de ces étrangers incite, en revanche, les Églises protestantes à ajuster leur pratique religieuse en accueillant des migrants dans des communautés de différentes nationalités créées en leur sein. Une communalisation religieuse semble avoir lieu entre les fidèles coréens et ces étrangers, grâce au partage supposément égalitaire de la même foi. Cependant, la confrontation des différences suscite également l’affirmation d’une identité ethnique de la part des Coréens comme des migrants étrangers en provoquant une ethnicisation réciproque. Cet article analyse ces processus à travers l’étude du cas de l’Église presbytérienne Onnuri afin de mieux comprendre comment les membres nationaux et étrangers de cette Église se les approprient.</p><p> </p><p>Edouard L’Hérisson<br /><strong>« Dix mille courants, une seule racine » : le syncrétisme de Deguchi Onisaburō dans la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle</strong></p><p>À travers un jeu d’échelles croisant les niveaux microscopique et mésoscopique, le présent article met en lumière la construction de la doctrine syncrétique de Deguchi Onisaburō, le cofondateur du nouveau mouvement religieux Ōmoto, au cours des années 1920. Il s’emploie avant tout à saisir les enjeux et les limites de ce syncrétisme en contexte impérial. En effet, malgré une ambition universelle et la constitution d’un réseau transnational fondé sur l’idée d’harmonie religieuse internationale, le discours syncrétique du leader ne s’en appuie pas moins sur un postulat particulariste qui place le Japon au sommet de la hiérarchie mondiale et souligne le statut de messie universel du cofondateur détenteur de la vérité divine transmise par les divinités shintō. Le credo d’Ōmoto apparaît dès lors comme un syncrétisme stratégique agissant tel un véritable colonialisme spirituel à même de soutenir l’entreprise impérialiste du Japon moderne.</p><p> </p><p>François Macé<br /><strong>Ancêtre, dieu et “bodhisattva” : Hachiman ou la pluralité religieuse personnifiée</strong></p><p>À première vue, l’évolution des relations entre dieux autochtones et bouddhas paraît relativement simple : existence séparée, coexistence sans fusion, fusion, séparation tranchée et enfin coexistence pacifique. Cet article entend montrer, à partir d’un exemple précis que la réalité était beaucoup plus complexe. La fusion, tout en ayant été précoce, ne fut jamais complète. Le dieu Hachiman apparaît, dès l’origine, fortement lié au bouddhisme et fut rapidement considéré comme un bodhisattva. Pourtant, son sanctuaire d’Iwashimizu est devenu le second des vingt-deux sanctuaires shintô les plus importants du pays. Par ailleurs, son assimilation à l’empereur Ōjin en fit un ancêtre impérial au même titre que la grande déesse Amaterasu. Le « grand bodhisattva » Hachiman fut aussi considéré la divinité tutélaire des guerriers. À travers l’étude des transformations successives d’un des plus bouddhéïsés des dieux indigènes, nous montrons que ceux-ci n’ont jamais perdu une part de leur divinité particulière.</p><p><strong> </strong></p><p>Mai Bui Dieu Linh<br /><strong>Identité religieuse et pratiques rituelles chez les Cham Ahiér contemporains au Vietnam</strong></p><p>Cet article est consacré à l’identité religieuse et aux pratiques rituelles du peuple Cham contemporain du centre-sud du Vietnam (provinces de Bình Thuận et Ninh Thuận) en mettant l’accent sur la communauté des Chams Ahiér. La compréhension contemporaine de l’identité Cham a été dérivée d’un certain nombre d’ouvrages novateurs publiés par des chercheurs occidentaux pendant la période coloniale française. Cependant, la réflexion passée sur le rôle central des religions “indianisées” (hindouisme et bouddhisme) dans la formation des croyances et pratiques religieuses des Chams a été remise en cause par des publications plus récentes consacrées à la croissance des pratiques islamiques au cours du deuxième millénaire de notre ère. Bien que la communauté Cham contemporaine soit divisée en différents groupes qui ont hérité de ces différences religieuses historiques, les Chams du centre-sud maintiennent un niveau relativement élevé de cohérence ethnique et culturelle grâce à une référence au concept de dualisme cosmologique Ahiér-Awal. Ce concept dualiste permet de transcender les conflits religieux entre les communautés Chams “hindouiste” et “musulmane” de la population Chams. Cet article décrit les complexités de l’identité religieuse des Chams Ahiér et analyse leurs pratiques rituelles. Il aborde la communauté des Chams Ahiér et ses pratiques religieuses dans le contexte plus large du milieu religieux afin d’expliquer comment différentes sources de traditions religieuses ont été appropriées et entrelacées, tout en reconnaissant qu’il y avait aussi des tensions dans ce processus.</p><p> </p><p>Carl Young<br /><strong>Au-delà des Trois Enseignements : La pluralité religieuse et la religion Ch’ŏndogyo en Corée au début du XX<sup>e</sup> siècle</strong></p><p>Établi en décembre 1905, le Ch’ŏndogyo (Enseignement de la Voie Céleste) est une continuation et une modernisation du mouvement Tonghak (Savoir oriental). Son Pyŏng-hŭi, le patriarche du Tonghak, renomma et réorganisa sa religion afin de resserrer son autorité sur le mouvement après plusieurs années d’absence de la Corée. L’essentiel de cette réorganisation initiale du Ch’ŏndogyo se produisit pendant les années menant à l’annexion japonaise de la Corée en août 1910, une période de bouleversements sociaux, économiques et politiques. Le Ch’ŏndogyo devait assurer sa continuité avec le Tonghak tout en créant une nouvelle identité pour l’ère moderne. La réponse du Ch’ŏndogyo consista à maintenir la conception du Tonghak comme religion « orientale » en harmonie avec les Trois Enseignements (bouddhisme, confucianisme et taoïsme), tout en soulignant un contraste net avec le christianisme venu d’Occident. Toutefois, le Ch’ŏndogyo se présentait aussi comme une sorte de mise à jour de la tradition, ouverte à la modernité, la technologie et aux nouveaux courants éducatifs. En se voulant une religion nationale et nationaliste, il dépassa les Trois Enseignements et devint un mouvement spécifiquement coréen, adapté aux évolutions profondes que subissait la péninsule coréenne. Le Ch’ŏndogyo devint ainsi un nouvel acteur dynamique au sein de la pluralité religieuse coréenne.</p>";"<p class=""T_3_Article ParaOverride-1"">Introduction</p><p class=""T_3_Article ParaOverride-1""> </p><p class=""T_3_Article ParaOverride-1"">Pluralité et tolérance religieuses en Asie de l'Est :<br />comment les comprendre ?<span class=""CharOverride-1"">*</span></p><p class=""auteur"">K<span class=""typo_SC CharOverride-2"">im</span> Daeyeol</p><p class=""auteur""> </p><p class=""txt_Normal"">À la différence d’un Occident longtemps marqué par l’hégémonie culturelle et politique du christianisme, les traditions dites « religieuses » en Asie de l’Est, telles que bouddhisme, confucianisme, chamanisme et taoïsme, se caractérisent par leur coexistence ancienne et une certaine hybridité tant à l’échelle des sociétés que des individus. Certes, à différents moments de leurs histoires, les gouvernements de cette région ont pu adopter tel ou tel système de pensée, et les pratiques rituelles qui en découlent, pour les mettre au service d’une idéologie d’État, et, de ce fait, discriminer les autres. Néanmoins, malgré d’éventuelles répressions, ces autres doctrines ont rarement été complètement interdites, et encore moins éradiquées, ayant eu le temps – parfois plus d’un millénaire –, pour s’enraciner profondément dans les groupes sociaux. Cet aspect, qui distingue l’histoire de ces traditions en Asie de celle de l’Occident, ne semble pas encore avoir fait l’objet d’étude globale en une langue occidentale<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-015-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-015""> 1</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Afin de mieux discerner l’orientation et la problématique du présent numéro et d’éviter toute confusion éventuelle, il nous semble nécessaire de distinguer d’emblée les trois termes suivants : « pluralisme », « diversité » et « pluralité ». Ces trois concepts non interchangeables sont invoqués lorsque différents aspects des phénomènes religieux sont liés les uns aux autres sur divers plans. La notion de « pluralisme » s’inscrit dans une démarche telle que le dialogue interreligieux, lui-même interprété comme une valeur idéologique. Ce mouvement prône l’idée, l’idéologie ou la valeur selon laquelle les diverses religions qui coexistent dans une société doivent être reconnues et respectées à parts égales. Le pluralisme se réalise sous des formes multiples en fonction de la société concernée, mais il comprend nécessairement des principes tels que la tolérance, la concurrence libre entre les groupes religieux, ainsi que la liberté de croyance et de pratique des individus. La notion de « diversité » religieuse est utilisée pour sa part lorsque l’on s’interroge sur ce qui différencie les expériences religieuses et leurs expressions, et que l’on compare les vérités revendiquées par les religions en question<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-014-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-014""> 2</a></span></span>. La notion de « pluralité », enfin, qualifie la situation dans laquelle diverses traditions, expressions et organisations religieuses coexistent dans une société. Elle est employée quand on s’intéresse aux contacts, interactions et échanges entre différentes religions, ainsi qu’à leurs conséquences. Le concept de « pluralité religieuse » sous-entend que la société est envisagée comme un espace où cohabitent et interagissent croyants, non-croyants et indécis, chaque catégorie retirant à sa manière des bénéfices culturels des religions.</p><p class=""txt_Normal"">La pluralité culturelle ne constitue ni un sujet d’intérêt nouveau ni une terminologie foncièrement neuve. Mais si la pluralité religieuse en Asie de l’Est a été observée et mentionnée dans des études antérieures, elle n’a pas constitué pour autant un objet d’analyse et de problématisation dans son ensemble. Un regard rétrospectif sur l’origine historique de cette indifférence (ou exclusion) et la situation actuelle de l’Occident nous paraît ainsi instructif du point de vue épistémologique. Car les interrogations savantes modernes sur la « religion » y ont débuté et évolué, et leur cadre épistémique est toujours présent au sein même du vocabulaire qui nous sert à penser l’Asie de l’Est.</p><p class=""txt_Normal"">À partir du moment où les missionnaires chrétiens d’Europe ont développé leurs activités d’évangélisation dans les autres régions du monde, ils ont considéré les croyances autochtones ou populaires avec un regard dépréciatif, et les ont au mieux qualifiées de « syncrétisme ». Depuis, et malgré la neutralité acquise par ce terme dans le domaine de l’anthropologie, il a gardé une connotation péjorative qui tend à expliquer pourquoi, hier comme aujourd’hui, la notion occidentale de « religion » a toujours du mal à s’appliquer aux traditions religieuses extra-européennes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-013""> 3</a></span></span>. Une autre origine de cette indifférence vis-à-vis de l’Asie de l’Est peut se trouver dans la sociologie fonctionnaliste de la religion d’Émile Durkheim. Ce dernier avance que l’intégration et la cohésion sociale constituent des fonctions sociales essentielles de la religion. Or son explication se focalise sur les rôles de la religion dans une société où les contours du groupe religieux coïncident à ceux de la société elle-même. La coexistence de diverses religions apparaît donc comme l’une des origines du schisme social ou encore comme une situation de crise indésirable qu’il convient d’affronter si elle devient inévitable. Dans les pays d’Europe et du monde arabe, le sentiment « national » est d’ailleurs souvent lié à une identité religieuse. Un parti pris négatif sur la pluralité religieuse a ainsi longtemps dominé, et c’est seulement depuis ces dernières décennies que le monde savant occidental s’intéresse activement à cette thématique<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-012""> 4</a></span></span>. Cette situation présente un net contraste avec celle des pays d’Amérique où la coexistence ancienne (et contrainte) de différentes religions, amène aujourd’hui à étudier la pluralité du point de vue du pluralisme religieux.</p><p class=""txt_Normal"">La question de la pluralité religieuse est une problématique qui ouvre un angle d’approche encore assez neuf dans l’étude des faits religieux, en lien étroit avec les questions de culture, d’individu et de société. Comme tous les domaines de la culture tels que langue, littérature, musique, beaux-arts, architecture ou même cuisine, la religion connaît des processus d’hybridation qui méritent d’être analysés. Des études récentes et innovantes ont montré qu’une influence culturelle n’est jamais unilatérale, et ce même dans des rapports de force inéquitables<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-011""> 5</a></span></span>. Il semble donc plus pertinent d’utiliser d’autres concepts comme par exemple celui de « transfert culturel » (Michel Espagne). Par suite des contacts et interactions sur la longue durée peuvent apparaître aussi des opérations plus complexes d’acculturation, telles que le « bricolage » (Claude Lévi-Strauss), le « ré-emploi » (Michel de Certeau) ou le « branchement » (Jean-Louis Amselle). Ces différentes procédures rendent possibles l’apparition d’une nouvelle position « syncrétique » ou l’adoption d’une nouvelle forme « hybride<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-010""> 6</a></span></span> ». Ce phénomène culturel d’hybridation se produit aussi dans la dimension religieuse d’une culture et constitue un sujet d’étude significatif pour une société où se produisent les phénomènes d’individualisation et de sécularisation.</p><p class=""txt_Normal"">Après avoir admis que la religion constitue une forme de la culture, nous pouvons nous interroger comme suit : alors que nous sommes conscients de jouir d’une liberté de choix face à d’autres éléments culturels, pourquoi nous sentirions-nous contraints de ne choisir qu’une seule religion ? Cette idée est soutenue par deux autres : l’une est que « chaque religion posséderait une identité immuable » et l’autre, que « seule une religion serait détentrice de la vérité absolue ». Directement liée à la tension entre le terme « religion » utilisé pour désigner une religiosité universelle et l’acception du même terme appliquée à différentes traditions revendiquant chacune une identité propre, la question posée plus haut s’enracine dans l’histoire de la société prémoderne où le monde visible empruntait l’autorité du monde invisible. Autant (ou plus) qu’une question de confession ou de conscience, proclamer le choix d’une seule religion répond à une demande sociale<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-009""> 7</a></span></span>. Mobilisée pour sa qualité à attribuer de la légitimité à un groupe ou à contrôler une population, par exemple, la religion est souvent entendue comme l’identité sociale elle-même. À un niveau individuel, l’appartenance religieuse ne procède pas nécessairement d'une profession de foi dans une vérité unique. Elle peut ne pas être choisie (religion des conjoints ou de la communauté) ou au contraire relever d’une adaptation à des circonstances particulières, par exemple dans le cas où un immigré se rapproche de la religion de ses compatriotes déjà présents dans une région donnée. L’identité religieuse ne peut donc être que flottante et circonstancielle. Nous verrons dans les pages suivantes qu’elle est mise en question dans diverses combinaisons de situation : entre différentes religions, entre éléments religieux et non religieux ou dans une situation complexe faisant intervenir différentes religions et facteurs non religieux à la fois.</p><p class=""txt_Normal"">Les chercheurs européens dont les études portent sur la religion ont prêté une attention particulière au fait que, de nos jours, les phénomènes religieux évoluent en présentant des aspects nouveaux. L’essentiel est de dire que la religion qui avait semblé disparaître au nom de la rationalité moderne, non seulement subsiste mais reprend de la vigueur avec l’évolution de la modernité elle-même assortie d’aspects et de rôles transformés. La religion, dotée de nouvelles fonctions, est à même de s’étendre en tissant des relations inédites avec d’autres domaines. Aujourd’hui, en Occident, l’autorité religieuse a perdu sa capacité de mobilisation sociale et de définition du sens de la vie dans un contexte où chaque individu cherche à définir ce sens lui-même, la diversité étant de nos jours considérée comme une valeur positive. La société et la religion ont vécu la modernisation et la sécularisation, et leur rapport a évolué vers une phase plus fondamentale et universelle<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-008""> 8</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">À propos de sécularisation et de pluralisme, Jean-Paul Willaime évoque un point qui concerne notre travail de très près : la simple juxtaposition des diverses cultures religieuses dans une société relativise la vérité de chacune d’elles et stimule le processus d’individualisation. La culture religieuse, dont l’origine humaine, et non transcendante, est dévoilée, se trouve exposée aux goûts des « consommateurs » et confrontée à la logique du marché. Par conséquent, au fur et à mesure que le religieux s’étend et devient flottant, l’attribution de la transcendance et la ritualisation en viennent à s’appliquer à des objets divers, et la possibilité de trouver la trace du religieux dans le monde profane augmente. Que la religiosité profane puisse exister, ou qu’il soit difficile de distinguer le profane et le religieux, cela témoigne de la diffusion du religieux et de l’hybridité de la croyance et de la non-croyance, de la tradition et de la modernité<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-007""> 9</a></span></span>. De ce point de vue, on ne saurait atteindre une compréhension plus fine du monde religieux de la société contemporaine par un simple catalogue des grandes traditions religieuses considérées comme dominantes. Il est nécessaire d’accorder de l’importance aux actualisations tant au niveau individuel que social. Si l’individu se constitue par la structure sociale, cette dernière se trouve graduellement modifiée par la liberté et la créativité de chacun. On ne peut négliger le rôle de la subjectivité individuelle dans la culture, puisque le sens subjectif se socialise et s’objective à travers la culture<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-006""> 10</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Par ailleurs, il est nécessaire de prendre en considération des différences à plusieurs niveaux quand on applique la notion de « religion », modelée en Occident, à une autre société et à une autre culture. L’Asie de l’Est a vécu et est encore en train de vivre autrement le processus qui peut être appelé « modernisation » et qui inclut une forme de « sécularisation ». Par conséquent, l’ensemble des caractéristiques de la société « ultramoderne » ne peut s’y appliquer de la même façon. Si certains éléments de la modernité y sont encore à l’état latent, d’autres sont apparus plus tôt que dans le monde occidental<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-005""> 11</a></span></span>. En Inde et en Chine, aucune « religion » ne s’est trouvée durablement dans une situation de monopole étatique comparable à celle du christianisme en Europe. Excepté de menues variations de niveau et de degré, on constate à travers divers exemples qu’en Asie de l’Est, quelques aspects susceptibles d’être qualifiés de « postmodernes » dans le rapport existant entre la religion et la société sont apparus en même temps que des caractéristiques qualifiées de « prémodernes » dans d’autres sphères<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-004""> 12</a></span></span>. Les traditions appelées « religions » présentent des différences de fond non négligeables les unes par rapport aux autres. De divers points de vue, la tradition judéo-chrétienne, de laquelle est née la notion moderne de religion, ne peut constituer un modèle pour les traditions dites « religieuses » de l’Asie de l’Est. Une « religion » conditionnée par l’affirmation de l’expérience du sacré, de la transcendance et du monde invisible à travers une profession de foi n’est qu’un des modèles de religion parmi d’autres. Force est de constater qu’il est possible de jouir de biens culturels religieux sans faire acte de foi. On retrouve souvent cet aspect dans l’histoire des « religions » de l’Asie de l’Est.</p><p class=""txt_Normal"">Comment expliquer la pluralité religieuse marquée qui distingue l’Asie de l’Est de l’Occident ? Pourra-t-on parler d’une idiosyncrasie éclectique, syncrétique ou œcuménique propre aux traditions religieuses de cette région ? Dans une vision de la culture au sens large<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-003""> 13</a></span></span>, la description du phénomène religieux, qu’il s’agisse de mythe, d’histoire, ou de profession de foi, n’est possible que sur un fond culturel et social. L’expérience religieuse, même celle de la transcendance, se déroule forcément à l’intérieur du monde et de l’histoire<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-002""> 14</a></span></span>. Le fait que l’invariabilité du religieux ait sa réalité au sein même de l’histoire nous oblige à relier des expériences religieuses individuelles aux conditions d’existence de la société humaine<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-001""> 15</a></span></span>. Plutôt que de se focaliser sur un système de pensée ou un discours propre à une tradition, les articles du présent numéro procèdent à la contextualisation de la pluralité. Ils s’intéressent aux faits historiques et socioculturels et aux modalités de coexistence des religions. Celles-ci incluent conflit et tolérance mais aussi échange et partage, et impliquent des systèmes, attitudes et pratiques susceptibles de révéler une diversité culturelle au sein du même milieu social et d’attester de son dynamisme.</p><p class=""txt_Normal"">Quand différents systèmes de croyance coexistent et interagissent depuis longtemps, leurs frontières peuvent se résorber, en particulier du côté des pratiques, surtout celles qui affectent relativement moins les dogmes. À travers des approches, des assimilations ou des adaptations graduelles, les idées et les pratiques d’un système peuvent être admises de part et d’autre comme un patrimoine culturel commun, sans référence à la foi. Une pratique initialement inscrite dans un système de croyance particulier peut progressivement être adoptée au sein des pratiques sociales et culturelles par la société dans son ensemble. Il en est ainsi du calendrier et des fêtes. Un symbole peut être utilisé pour des sens distincts dans divers contextes. Une pratique peut être interprétée différemment selon les individus. Les éléments hétérogènes issus d’idées ou de pratiques d’origines différentes peuvent malgré tout rester en cohésion au nom d’une même tradition, et contribuer à former un réseau de relations pluri-centrées au sein d’un même groupe religieux.</p><p class=""txt_Normal"">Les sociétés d’Asie de l’Est se caractérisent par la profondeur historique de la pluralité religieuse. De manière générale, elles ne s’identifient pas à une seule tradition religieuse. La tolérance n’est pas exercée par une tradition dominante envers d’autres considérées comme mineures, mais plutôt par la reconnaissance mutuelle des différentes traditions et la recherche d’une coexistence au sein d'une même civilisation. Les frontières entre ces traditions sont poreuses. Conflits et tensions peuvent néanmoins surgir, notamment du fait d’une discrimination par les autorités politiques ou de l’introduction d’une nouvelle religion<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/EXO%2045-2021-PLURALITE%20ET%20TOLERANCE/Introduction_EXO_45.html#footnote-000""> 16</a></span></span>.</p><p class=""txt_separateur"">*</p><p class=""txt_Normal"">Ce numéro d’<span class=""typo_Italique CharOverride-3"">Extrême-Orient Extrême-Occident</span> se décline en trois volets. La première partie invite tout d’abord à différentes approches pour observer et analyser la pluralité religieuse. L’article de Vincent Goossaert dresse un état des lieux critique sur les modèles et théories à travers lesquelles a été étudiée la pluralité religieuse chinoise, puis il propose deux grilles d’analyse qui s’appliquent à la vie religieuse collective : l’une procède des différentes trames sociales et l’autre, des cadres rituels. L’auteur suggère que la coexistence des différentes traditions religieuses s’est organisée en Chine à travers certaines formes de pluralité imposées et de règles visant à atténuer la compétition interreligieuse. La compétition a plutôt lieu à l’intérieur d’une tradition donnée, les spécialistes religieux disposant respectivement de leurs propres « paroisses » à l’intérieur desquelles ils exercent une sorte de monopole.</p><p class=""txt_Normal"">L’article de François Macé retrace ensuite l’évolution du rôle et de la place d’un dieu autochtone, Hachiman, dans l’histoire religieuse et politique du Japon. Cette divinité incarne les rapprochements et tensions entre, d’une part, les croyances indigènes et allogènes et, de l’autre, les mondes religieux et politiques. Dès le début de son histoire au <span class=""typo_SC"">viii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, ce dieu d’origine provinciale se trouve lié au bouddhisme, une religion continentale dont il devient le défenseur. En parallèle, il ne tarde pas à être considéré comme le protecteur de la maison impériale dont la légitimité repose sur l’appartenance à une lignée d’ascendance divine, puis finit au cours des siècles par représenter les clans des guerriers. Le culte de cette divinité continue dans toute cette complexité jusqu’au <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle.</p><p class=""txt_Normal"">Les articles de la deuxième partie montrent comment des mouvements religieux parviennent à intégrer les différentes représentations du monde et les systèmes symboliques anciens afin d’atténuer les conflits et trouver une solution harmonieuse. L’article de Mai Bui Dieu Linh examine l’effort de réconciliation entre deux groupes chams du Vietnam, longtemps divisés en raison de conflits religieux. Le peuple Cham avait une croyance ancestrale en des divinités de la nature et les esprits des défunts. Les influences indiennes depuis le <span class=""typo_SC"">x</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle puis l’arrivée de l’islam malais créèrent une scission à l’intérieur de ce peuple qui se divisa en Cham Awal islamisé et Cham Ahiér conservant les croyances anciennes. Une nouvelle cosmologie dualiste intégrant un système symbolique d’origine indienne apparaît toutefois au <span class=""typo_SC"">xvii</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle en vue de réconcilier et unifier les deux groupes.</p><p class=""txt_Normal"">L’article de Carl Young explore quant à lui l’articulation entre deux mouvements, un ancien et un nouveau, au sein d’une même tradition religieuse. Le Tonghak, ou Savoir oriental, est créé dans un contexte critique sur tous les plans de la société coréenne et face à l’impérialisme étranger au <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Farouchement nationaliste et anti-occidental (puis anti-japonais), il se réfère aux Trois Enseignements traditionnels (confucianisme, bouddhisme et taoïsme) et incorpore des pratiques populaires. Il se réorganise ensuite au début du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle sous une nouvelle appellation, Ch’ŏndogyo (Enseignement de la Voie du Ciel), et se joint aux réformistes afin d’en retirer divers avantages. Dans ses nouvelles œuvres doctrinales, le Ch’ŏndogyo incorpore un condensé des Trois Enseignements et d’autres grands systèmes religieux tels que l’hindouisme, le christianisme et l’islam, attribuant des nouveaux sens aux pratiques empruntées à ces religions et abandonnant certaines pratiques liées à d’anciennes cérémonies folkloriques. Ce faisant, le nouveau mouvement affirme sa double identité de religion autochtone véhiculant l’image d’un nationalisme modéré et de religion ouverte à la modernisation au début de la période coloniale.</p><p class=""txt_Normal"">Dans la troisième et dernière partie, on trouve les exemples d’une pluralité qu’on pourrait qualifier d’« intérieure ». L’article d’Édouard L’Hérisson met en évidence un particularisme hégémonique au sein d’un mouvement universaliste. Postulant l’existence d’un sentiment religieux universel basé sur la reconnaissance de l’existence de Dieu, le <span class=""typo_Italique CharOverride-3"">leader</span> du nouveau mouvement Ōmoto a noué des liens avec des groupes aux revendications similaires en Chine, en Corée et en Iran. Cependant, dans son idée fondamentale d’une « même origine de toutes les religions », le shintō représente les racines de l’arbre qui forme ainsi une unité hiérarchisée, liée au contexte particulier de l’ambition imp";;;;;;;;; 728;2;1;14;Ecrire la ville au cinéma;;;;"<p><em>Léos Carax, Michael Mann, Marguerite Duras, Jane Campion</em>.<br /> Comment les cinéastes écrivent la ville ?</p>";"<p><strong>Traces, Mouvements, Imbrications</strong><br />Nicolas Droin</p><p>Seuils</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><em>Le Vertige des possibles</em></strong><br />Entretien avec Vivianne Perelmuter<br />Nicolas Droin</p><p>Traces</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Au <em>verso </em>de nos murs.<em><br />Les Mains négatives, </em>Marguerite Duras, 1979</strong><br />Suzanne Liandrat-Guigues</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Filmer au Moyen Orient, villes et empreintes de guerre</strong><br />Emna Mrabet</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><em>Paris est une fête. </em>Un film en 18 vagues</strong><br />Entretien avec Sylvain George<br />Nicolas Droin</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong><em>Le Samouraï</em> ou la ville géométrique</strong><br />Prosper Hillairet</p><p style=""padding-left: 30px;"">Cahiers iconographiques</p><p>Mouvements</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Guy Gilles : <em>La poésie est dans la rue</em></strong><br />Mélanie Forret</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Villes de nuit : Leos Carax</strong><br />Julien Milly</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>La dimension « transitionnelle » d’une ville.</strong><br />À<strong> propos du New York d’<em>In the Cut </em>de Jane Campion</strong><br />Ivan Hérard</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Au retour des marées</strong><br />Chaghig Arzoumanian</p><p>Imbrications</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Bâtir pour être ensemble : construction de la ville dans les films de chantier soviétiques</strong><strong> </strong><br />Eugénie Zvonkine<strong> </strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Trois fois Aquilea : variations sur la ville mythique de Hugo Santiago</strong><br />Claire Allouche.</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Los Angeles. <br /></strong><strong>Lecture et réécriture d'une <em>ville par une cinéaste expatriée </em>:<em> Mur, murs</em> et <em>Documenteur </em>d'Agnès Varda</strong><br />Véronique Buyer</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Codes, signes et flux de la ville-écran dans </strong><strong><em>Collatéral</em> et <em>Miami vice</em></strong><strong> de Michael Mann :<br />(sur)visibilité </strong><strong>et (il)lisibilité urbaine</strong><br />Damien Angelloz-Nicoud</p><p style=""padding-left: 30px;""><strong>Chez Claude</strong><br />Samy Souiou</p><p class=""yiv4536353710msonormal""> </p><p class=""yiv4536353710msonormal"">Bibliographie</p><p class=""yiv4536353710msonormal"">Les auteur.trice.s</p><p class=""yiv4536353710msonormal""><strong> </strong></p>";;17/05/2022;0;160x220;144;978-237924-222-9;978-237924-222-9;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_728.jpg;"<p>Art du mouvement, le cinéma trouve dans la ville un territoire privilégié, propice à toutes les explorations. Des avant-gardes à la Nouvelle Vague, en passant par le néoréalisme et le cinéma expérimental : la ville ne cesse d’être un lieu de métamorphoses et d’expérimentations formelles.</p><p>Quelles figures, quelles formes la ville suscite et réinvente-t-elle ? Quelles écritures la ville provoque, convoque, imagine ou rêve ? Comment les cinéastes écrivent la ville et sont-ils écrits par elle en retour ?</p><p>Plusieurs approches et différentes écritures sont convoquées dans cet ouvrage, venant d’artistes, de réalisateurs, d’universitaires afin d’étudier les œuvres de cinéastes du monde entier : Agnès Varda, Michael Mann, Hugo Santiago, Guy Gilles, Jane Campion, Kira Mouratova, Leos Carax, Oussama Mohamed…. Deux entretiens inédits viennent enrichir l’ouvrage et l’ouvrir aux expériences cinématographiques contemporaines des cinéastes Vivianne Perelmuter et Sylvain George.</p><p> </p><p><em>Nicolas Droin est Maître de conférences en études cinématographiques à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Ses recherches portent sur les espaces-temps, lieux et paysages au cinéma, ainsi que sur les formes cinématographiques modernes et contemporaines. Il est également réalisateur de films, de l’essai à la fiction en passant par le documentaire.</em></p><p><em>Mélanie Forret est Maître de conférences en études cinématographiques à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Elle est l'auteure d'une thèse consacrée à l’œuvre de Guy Gilles, cinéaste autour duquel elle a co-réalisé deux documentaires avec Prosper Hillairet. Ses recherches et ses films portent également sur les rapports entre impressionnisme, danse et cinéma.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><div id=""_idContainer001"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""T_3_Article"">Traces, Mouvements, Imbrications<br /><strong>Nicolas <span class=""CharOverride-5"">Droin</span></strong></p></div><p class=""exergue ParaOverride-1""><span class=""CharOverride-1"">Comment l’espace ne cesse pas d’être strié sous la contrainte de forces qui s’exercent en lui ; mais comment aussi il développe d’autres forces et dégorge de nouveaux espaces lisses à travers le striage. Même la ville la plus striée dégorge des espaces lisses : habiter la ville en nomade, ou en troglodyte.</span></p><p class=""exergue"">Gilles Deleuze, Félix Guattari, <span class=""typo_Italique"">Mille Plateaux</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-013-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-013""> 1</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">À la manière proustienne<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-012-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-012""> 2</a></span></span>, le présent ouvrage propose de poser un « rapport » : de revenir sur les représentations de la ville au cinéma par le prisme de l’écriture. « Écrire la ville » dans un double mouvement qui est à la fois celui de la ville, dans ses métamorphoses, et celui de l’écriture, <span class=""typo_Italique"">des écritures</span>. Si la ville peut être pensée, c’est dans le mouvement même qui la constitue, dans ses transformations permanentes, dans la manière dont nos vies l'affectent et la traversent, comme dans la manière dont la ville nous affecte et nous traverse. Ville comme architecture mouvante, sans cesse sur le seuil, dans l’entre-deux constitutif du dedans dehors<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-011-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-011""> 3</a></span></span> (la chambre/la rue), dans le geste même que nos vies, et parfois les luttes et occupations, constituent comme reconfiguration de l’espace.</p><p class=""txt_Normal"">La ville, par ses transformations, ses fantasmagories, n’a cessé de se développer conjointement à l’art cinématographique, épousant toutes les formes du cinéma, du documentaire à la fiction en passant par les expériences visuelles et sonores de l’expérimental. De fait, la ville offre un terrain propice aux explorations cinématographiques, ce que rappelle Siegfried Kracauer en soulignant, par exemple, l’importance de la foule (comme organisation en mouvement permanent<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-010-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-010""> 4</a></span></span>), et en expliquant combien « l’affinité du film pour les événements fortuits ressort on ne peut plus clairement de son hypersensibilité au monde de la rue – ce mot recouvrant non seulement la rue proprement dite, et en particulier la rue de la grand ville, mais également ses diverses annexes, telles que gares, dancings et salles de réunions publiques, bars, halls d’hôtels, aéroports, etc.<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-009""> 5</a></span></span> ».</p><p class=""txt_Normal"">La ville semble avoir été le lieu, multiple, mouvant, du renouvellement permanent des formes cinématographiques. Si la ville est mouvements, de fait le cinéma, art du mouvement, y trouve son territoire privilégié. Des avant-gardes à la Nouvelle Vague, en passant par le néoréalisme et le cinéma expérimental : la ville est lieu d’expérimentation formelle. Aussi, si comme le flâneur de Baudelaire, le regard que nous portons sur la ville est le « regard du dépaysé<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-008""> 6</a></span></span> », il nous faut réinterroger aujourd’hui ce dépaysement (ou plutôt ces dépaysements). Il s’agit ainsi de reprendre les figures propres à la ville, pour saisir à travers ses métamorphoses, les transformations du cinéma et du monde.</p><p class=""T_a"">écrire</p><p class=""txt_Normal"">Poser la question de la représentation de la ville au cinéma par le prisme de l'écriture consiste à rapprocher deux mouvements qui peuvent sembler contradictoire, mais que Marguerite Duras avait proposé comme étant le socle de son cinéma : <span class=""typo_Italique"">comment une écriture-flux ou écriture-parole rencontre et s’enlace avec une écriture-lieux, spatiale et visuelle.</span> Comment, en s’entre-tissant, mots et lieux se transforment continuellement, sans que l’on ne sache plus qui est premier et qui déforme l’autre. Déjà le cinéma de Duras s’était intéressé aux ruines, lieux abandonnés, comme aux traces éphémères sur les murs, jusqu’aux « mains négatives ».</p><p class=""txt_Normal"">Nous souhaitons poser la question de l’écriture à la fois comme matrice et comme limite. Le film de Vivianne Perelmuter (<span class=""typo_Italique"">Le Vertige des possibles</span>, 2013), posant frontalement la question de l’écriture, du récit et de ses limites, au regard de la ville, de ses lueurs, traces, rencontres et solitudes, a constitué la matrice de nos interrogations. Vivianne Perelmuter parle ainsi des manières de restituer les signes de la ville, en invitant à les lire, mais à lire « comme un mouvement que nous ne pouvons pas achever qui garde la palpitation d’une énigme ou d’un rébus », où le <span class=""typo_Italique"">Vertige</span> tentait de « dresser un inventaire furieux et impossible d’un monde fugitif »<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-007""> 7</a></span></span>. En cela le cinéma interroge notre présent, notre perception de la ville, et comment ce présent de la ville ne peut se penser sans un regard palimpseste, qui nous permet de voir dans le temps. Comment la ville, dans sa multiplicité, lieu des récits possibles, interroge l’écriture, <span class=""typo_Italique"">la met en doute</span>, en question ? Quels liens se tissent entre écriture et image, entre les mots et les lieux, et plus précisément dans la rencontre d’une <span class=""typo_Italique"">écriture-trace</span> et de la <span class=""typo_Italique"">ville-mouvement</span> ?</p><p class=""txt_Normal"">Écrire/décrire la ville, filmer la ville aujourd’hui, revient à en révéler les strates, à faire une archéologie ou passé, présent et futur coexistent et se répondent, continuant à évoluer chacun sur sa ligne propre. À la manière du cinéaste Sylvain George, enregistrer les signes, graffs, tags, mots, vite inscrits, vite effacés, sur les murs et sols de nos villes, c’est dresser une archéologie du présent, de l’éphémère, presque une archéologie du geste<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-006""> 8</a></span></span>. Il nous semble dès lors impossible de dissocier l’écriture-voix proposée par de nombreux cinéastes dans la constitution d’une représentation de la ville et l’écriture-trace des écritures urbaines enregistrée par le cinéma (et la photographie) depuis ses origines jusqu’à aujourd’hui. Dans les deux cas l’identité, la localisation, la temporalité sont remis en question, déplacés, dépaysés. Par la voix comme par les inscriptions sur les murs, les cinéastes interrogent le présent comme un palimpseste de vies dans la fragilité qu’évoque le geste ou l’élan : apparaissant pour ensuite disparaitre, laissant trace mais pouvant être effacé, remplacé, mouvement entre l’espace et le temps, entre le solide et le fluide, que détourait si bien Baudelaire dans son poème dédié « à une passante ». Parlant de cinéma « moderne », Gilles Deleuze proposait le terme d'« <span class=""typo_Italique"">archéologie du présent</span> » que nous voulons ici reprendre : « C’est comme si, la parole s’étant retirée de l’image pour devenir acte fondateur, l’image, de son côté, faisait monter les fondations de l’espace, les “assises”, ces puissances muettes d’avant ou d’après la parole, d’avant ou d’après les hommes. L’image visuelle devient archéologique, stratigraphique, tectonique. Non pas que nous soyons renvoyés à la préhistoire (il y a une archéologie du présent), mais aux couches désertes de notre temps qui enfouissent nos propres fantômes, aux couches lacunaires qui se juxtaposent suivant des orientations et des connexions variables<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-005""> 9</a></span></span>. »</p><p class=""T_a"">paradoxes</p><p class=""txt_Citation ParaOverride-2"">J’aimerais qu’il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables […]. De tels lieux n’existent pas, et c’est parce qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d’être incorporé, cesse d’être approprié. L’espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la conquête. Mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l’oubli s’infiltrera dans ma mémoire […]. L’espace fond comme le sable coule entre les doigts. Le temps l’emporte et ne m’en laisse que des lambeaux informes : Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-004""> 10</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">À l’instar de Georges Perec, nous souhaitons poser l’espace comme « question », « doute », et l’écriture comme « trace », « signe », tentant de saisir des « bribes » du lieu et du temps qui sans cesse le troue et le recompose. Duras elle aussi expliquait combien :</p><p class=""txt_Citation"">Autour de nous, tout écrit, c’est ça qu’il faut arriver à percevoir, tout écrit, la mouche, elle, elle écrit, sur les murs, elle a beaucoup écrit dans la lumière de la grande salle […]. Elle pourrait tenir dans une page entière, l’écriture de la mouche. Alors elle serait une écriture. Du moment qu’elle pourrait l’être, elle est déjà une écriture. Un jour, peut-être, au cours des siècles à venir, on lirait cette écriture, elle serait déchiffrée elle aussi, et traduite. Et l’immensité d’un poème illisible se déploierait dans le ciel<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-003""> 11</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">L’écriture pensée ici est constitutive d’un <span class=""typo_Italique"">paradoxe</span> : à la fois déchiffrable et illisible. Si la ville intéresse ontologiquement le cinéma c’est qu’elle est à la fois le lieu de tous les récits possibles et celui de la disparition possible de tous les récits : le lieu de l’origine des écritures et celui qui sous-tend l’impossibilité d’écrire. Ce sont ces limites que le cinéma explore en sondant les espaces de la ville et en se perdant dans ses marges et ses interstices. La ville, de fait, n’existe souvent que dans un double mouvement permanent de construction et de destruction, perpétuel chantier, traversée aussi par les luttes et les guerres. Elle peut alors être désert, grotte, forêt, mais laisse également transparaître combien la ruine semble être l’un de ses horizons constitutifs. Bien que moderne, flux de lumières et de communications, la ville se creuse sans cesse d’un passé non résolu. En ce sens elle ne peut être pensée de manière linéaire, mais elle pose le temps comme <span class=""typo_Italique"">imbrication</span>. Faire d’un coin de rue « un monde » en soit, pour citer Guy Gilles, c’est aussi, avec Vivianne Perelmuter, « creuser dans le présent toutes les temporalités qui le composent<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-002""> 12</a></span></span> ».</p><p class=""T_a"">pour une écriture-mouvement</p><p class=""txt_Normal"">La ville s’écrit toujours : n’étant pas une chose fixe, figée, muséifiée et ordonnée, mais un chaos complexe, un tissage, un télescopage permanent de temporalités et d’espaces, et surtout de manières d’habiter cet espace, de la manifestation à la flânerie, de la voiture au skate, écrire la ville c’est la traverser, et en cela la rendre vivante, vibrante. Il s’agit de penser l’espace, et la ville en particulier, les lieux et le paysage non comme des objets finis, définissables, cartographiables, mais de voir à quel endroit ils ne sont plus une chose mais <span class=""typo_Italique"">plusieurs</span> choses. Penser l’espace par celles et ceux qui le recréent et l’occupent lors de luttes contemporaines (Nuit Debout, ZAD, etc.), c’est penser l’espace transformé, détourné, même pour les lieux dits « désaffectés », qui sont en réalité « affectés » par des émotions et des vies qui s’y superposent. Il nous faut inventer une réflexion autour de ce que l’on pourrait nommer une <span class=""typo_Italique"">écriture-mouvement</span> de la ville comme paradoxe entre le verbal et le non-verbal, entre ce qui peut s’écrire et ce que, justement, on écrit puisque ne pouvant pas s’écrire, on filme puisque infilmable, sur ce qui se passe entre les mots et entre les images, entre les lieux, entre nos vies, dans les zones blanches des cartes<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-001""> 13</a></span></span>. Penser le paradoxe correspond au mouvement même du cinéma : art toujours ailleurs, hors temps, intempestif. Le paradoxe comme mouvement constitutif de la pensée : rapprocher les lointains, rentoiler, avec Proust, les fragments intermittents du paysage. Paradoxes que l’on retrouve dans les dedans/dehors du film/texte de Georges Perec (<span class=""typo_Italique"">Un homme qui dort</span>) : « Tu marches et tu ne marches pas. »</p><p class=""txt_Normal"">Il s'agit de penser l'écriture comme signe ou hiéroglyphe, mais aussi comme trace, trait, jet, coulure. Le signe ouvre le présent d'un doute, d'une faille, d'un geste. Filmer la ville, c'est filmer des traces qui vont disparaître, comme dans la flânerie, ou dans la rencontre amoureuse (thème éminemment urbain). Le cinéma propose de filmer ce qui va disparaître au moment, fragile, de son apparition.</p><p class=""txt_Normal"">Mouvement du monde, mouvements de la ville, mouvements du film, de la pensée et du cinéma. Pour Germaine Dulac : « L’art du mouvement, voilà ce qu’est le cinéma, et j’entends par mouvement le déroulement de la vie même avec les faits extérieurs qui se succèdent et le mouvement de l’esprit qui les cause<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-000""> 14</a></span></span>. » Sous l’égide d'Henri Bergson, construisons une pensée qui n’arrête pas le mouvement, ne tente pas de définir des états, mais cherche à en comprendre les passages, les transformations, les métamorphoses.</p><p class=""T_a"">un parcours, des écritures</p><p class=""txt_Normal"">Le présent ouvrage issu d’une journée d’étude et d’un colloque organisé.es en mai 2015 et juin 2016 propose différentes entrées dans ce maillage urbain et cinématographique qui sont autant de parcours possibles ou de variations. Chaque proposition peut recouper les autres dans un jeu d’imbrications et de déplacements des termes, des approches et des formes. Nous avons fait le choix d’inviter différents regards convoquant ainsi autour de notre objet de multiples approches et plusieurs écritures, venant d’artistes, de cinéastes, d’universitaires. Ces différences d’écriture nous semblent essentielles pour saisir ces formes multiples que la ville offre aux cinéastes. Tout d’abord dans le choix des films et des cinéastes étudiés en portant une attention à un regard féminin sur la ville là où très souvent le regard masculin domine. Ensuite en proposant, à travers les auteurs des articles, à des écritures singulières, parfois poétiques, de s’inscrire au côté d’écritures plus académiques.</p><p class=""txt_Normal"">Nos traversées urbaines au cinéma s’ouvrent aux « Seuils » entre écriture et cinéma, questionnés lors d’un entretien programmatique que nous a accordé la cinéaste Vivianne Perelmuter (<span class=""typo_Italique"">Le Vertige des possibles</span>).</p><p class=""txt_Normal"">Les « Traces » dans la ville sont ensuite convoquées dans une première partie à travers les rues parisiennes et prolétariennes se superposant aux grottes paléolithiques chez Marguerite Duras (par Suzanne Liandrat-Guigues), puis les ruines et strates des villes meurtries des cinéastes du Moyen Orient (Emna Mrabet), résonnant à distance avec les interstices politiques et urbains du cinéaste Sylvain George qui nous accorde un entretien inédit. Prosper Hillairet, cinéaste et historien du cinéma, clôture ce chapitre dans un texte elliptique et géométrique autour du <span class=""typo_Italique"">Samouraï </span>de Jean-Pierre Melville, entre lignes, minéralité et signes sur un plan de ville devenu abstrait.</p><p class=""txt_Normal"">Les « Mouvements »<span class=""typo_Italique""> </span>voient s’entremêler les écritures et lieux d’une ville devenue palimpseste des sentiments, des temps et des inspirations nocturnes (Guy Gilles par Mélanie Forret et Leos Carax par Julien Milly), pour nous emporter vers un urbain « transitionnel » chez Jane Campion (Ivan Hérard). Chaghig Arzoumanian, cinéaste et doctorante, termine ce deuxième mouvement par un retour personnel autour de son film réalisé dans le cadre du Master Réalisation à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis figurant une histoire amoureuse impossible entre les strates de destructions et reconstructions de la ville de Beyrouth.</p><p class=""txt_Normal"">Les « Imbrications »<span class=""typo_Italique""> </span>convoquent enfin des cinémas différents pour mettre en lumière une tension entre politique et habitations, imaginaires et réalités, villes modernes et géographies sensibles. Tout d’abord, des films méconnus du cinéma soviétique, les « films de chantier », nous amènent à focaliser sur la cinéaste Kira Mouratova et imbriquer ville en construction, terrains vagues, possibles cinématographiques et politiques (par Eugénie Zvonkine). La carte réelle d’une ville (Buenos Aires) se superpose ensuite avec celle imaginaire (Aquilea) d’Hugo Santiago dans <span class=""typo_Italique"">Invasion</span> (par Claire Allouche). La ville américaine et ses murales, puis ses brouillages modernes et flux-écrans sont enfin traversés avec les écarts séparant le Los Angeles d’Agnès Varda (par Véronique Buyer) dans <span class=""typo_Italique"">Murs, murs</span>, et la ville de Michael Mann dans <span class=""typo_Italique"">Collateral</span> et <span class=""typo_Italique"">Miami Vice</span> (par Damien Angelloz-Nicoud). Pour terminer ce dernier chapitre nous avons demandé à un artiste et ancien étudiant en cinéma de l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis de revenir sur l’expérience organique et personnelle de la réalisation de son film <span class=""typo_Italique"">Le Piano</span>, exploration physique et mentale d’une maison abandonnée.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-013"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-013-backlink"">1</a>. Gilles Deleuze et Félix Guattari, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Capitalisme et schizophrénie 2. Mille Plateaux</span>, Paris, Minuit, 1980, p. 624-625.</p></div><div id=""footnote-012"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-012-backlink"">2</a>. Proust propose de penser par « montage » ou « télescopage » en posant comme nécessaire un rapport entre deux éléments : « On peut faire se succéder indéfiniment dans une description les objets qui figuraient dans un lieu décrit, la vérité ne commencera qu’au moment où l’écrivain prendra deux objets différents, posera leur rapport. » Marcel Proust, <br /><span class=""typo_Italique CharOverride-2"">À la recherche du temps perdu VII. Le Temps retrouvé</span>, Paris, Gallimard, p. 196.</p></div><div id=""footnote-011"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-011-backlink"">3</a>. Comme le propose Alain Mons : « Par la traversée de la ville nous faisons l’expérience de la dimension surfaciale des lieux se succédant spatialement […]. Cependant celle-ci nous renvoie à une profondeur, à des aspérités, à une épaisseur, à un volume, parfois à des abîmes. Le retournement se produit conséquemment dans les deux dimensions : du dedans vers le dehors, du dehors vers le dedans. Telle serait l’expérience du regard par rapport au lieu touchant. Les lieux urbains dans leur disparité nous invitent à ce basculement de la vision qui opère des surfaces scintillantes aux entrailles de la ville. » Alain Mons, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">L’Intervalle des lieux</span> [en ligne : https://journals.openedition.org/leportique/578].</p></div><div id=""footnote-010"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-010-backlink"">4</a>. « Walter Benjamin note qu’à l’époque marquée par l’essor de la photographie, le spectacle quotidien de foules en mouvement requérait encore chez l’observateur une accommodation de l’œil et des nerfs. Le témoignage de contemporains à la sensibilité aiguisée semble corroborer cette pénétrante observation : les foules parisiennes omniprésentes dans les poèmes de Baudelaire fonctionnent comme des stimuli suscitant d’irritantes sensations kaléidoscopiques ; les passants qui, dans <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">L’Homme des foules</span> de Poe, se poussent et se bousculent sous les becs de gaz des rues de Londres, provoquent une série de chocs électriques. » Siegfried Kracauer, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Théorie du film. La rédemption de la réalité matérielle</span>, Paris, Flammarion, 2010, p. 93-94.</p></div><div id=""footnote-009"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-009-backlink"">5</a>. <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Ibid</span><span class=""typo_Italique CharOverride-2"">.,</span> p. 111.</p></div><div id=""footnote-008"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-008-backlink"">6</a>. « […] Le regard que l’allégoriste pose sur la ville est au contraire le regard du dépaysé. C’est le regard du flâneur, dont le mode de vie couvre encore d’un éclat apaisant la désolation à laquelle sera bientôt voué l’habitant des grandes villes. » Walter Benjamin, <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Paris, capitale du </span><span class=""typo_SC_italic CharOverride-3"">xix</span><span class=""typo_Exposant_Italic CharOverride-4"">e</span><span class=""typo_Italique CharOverride-5""> </span><span class=""typo_Italique CharOverride-2"">siècle</span>, dans <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">Œuvres III</span>, Paris, Gallimard, 2004, p. 58.</p></div><div id=""footnote-007"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-007-backlink"">7</a>. Entretien avec Vivianne Perelmuter, « Écrire la ville au cinéma », mené par Nicolas Droin.</p></div><div id=""footnote-006"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-006-backlink"">8</a>. Nous pensons notamment aux occupations récentes de places, aux ZAD et autres espaces éphémères qui se constituent dans le mouvement même de celles et ceux qui les créent, qui n’existent que dans le partage et la réinvention de l’espace, comme le souligne notamment le Comité Invisible parlant d'« habiter à nouveau l’espace urbain » : « Habiter, c’est s’écrire, se raconter à même la terre. » La commune « vient briser le quadrillage raisonné de l’espace, elle voue à l’échec toute velléité d’“aménagement du territoire” ». <span class=""typo_Italique CharOverride-2"">À nos amis</span>, Comité Invisible, Paris, La Fabrique, 2018, p. 203-205.</p></div><div id=""footnote-005"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/ECRIRE%20LA%20VILLE%20AU%20CINEMA/01_intro-droin.html#footnote-005-backlink"">9</a>. Gi";;;;;;;;; 731;1;1;34;Ethique et/ou esthétique;N°34/2022;;;"<p><span>Ce numéro </span><span>s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique. Il est question de la transposition des débats éthiques au sein de la création artistique (et parfois de l’esthétisation des mêmes débats).</span></p>";"<p>Éditorial – Jérôme Glicenstein</p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Dossier : La circulation des idées dans l’art contemporain</strong></p><p> </p><p>Jérôme Glicenstein<br />« Introduction : éthique et/ou esthétique ? »</p><p>Sophie Lacombe<br />« “Hospitalités théâtrales” : l’art à l’épreuve de la crise d’accueil »</p><p>Paul Bernard-Nouraud <br />« L’art contemporain face à la crise migratoire. Notes sur <em>Barca Project </em>de Christoph Büchel »</p><p>Ewelina Chwiejda<br />« De l’humanisme agressif à la beauté politique – l’art comme instrument de lutte pour les droits de l’homme »</p><p>Nadine Asmar<br />« <em>L’Attentat</em> et la censure : L’éthique au détriment de l’esthétique ? »</p><p>Rafaella Uhiara et Denise Cobello<br />« Les enjeux de la représentativité dans la scène contemporaine »</p><p>Diego Scalco<br />« La tragédie comme <em>dés/enrégimentation</em> de la violence »</p><p>Philip Mills<br />« Pour une poéthique. De Wittgenstein aux “documents poétiques” »</p><p>Flore Di Sciullo<br />« Le dilemme éthique d’un périodique artistique : <em>art press</em> et “l’Affaire Finlay” »</p><p style=""text-align: center;""><strong>Entretien</strong></p><p>Entretien de David Martens avec Nathalie Léger </p><p><strong> </strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>Portfolio </strong></p><p>Artavazd Pelechian<br />« La nature »</p><p>David Ru</p><p><strong> </strong></p><p><strong>Notes de lecture et comptes rendus d’expositions</strong></p><p><strong>Abstracts français et anglais</strong></p>";;26/04/2022;0;155x220;192;978-2-37924-210-6;978-2-37924-210-6;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_731.jpg;"<p>« “Hospitalités théâtrales” : l’art à l’épreuve de la crise d’accueil »<br /><strong>Sophie</strong><strong> </strong><strong>Lacombe</strong></p><p>Cet article examine le rapport entre esthétique et éthique, sous le prisme du concept d'hospitalité chez Jacques Derrida appliqué aux arts de la scène. Il s'agit d'étudier la façon dont s'engagent, directement ou non, certains artistes de théâtre dans la « crise migratoire » en Europe, déployant des modèles d'hospitalité par l'art. Selon les cas analysés, entre pratiques théâtrales au sein de camps de réfugiés ou spectacles de salles programmés sur ce thème, certaines contradictions s'observent dans la volonté d'allier une expérience artistique à une démarche d'accueil, rappelant le paradoxe derridien qui noue hospitalité et hostilité (« hosti-pitalité »). L'article vise à souligner quelques uns de ces paradoxes dans la perspective future de dissoudre le conflit entre éthique et esthétique et envisager les horizons d'un art théâtral comme lieu d'asile.</p><p class=""Default""><br />« L’art contemporain face à la crise migratoire. Notes sur <em>Barca Project </em>de Christoph Büchel »<br /><strong>Paul Bernard-Nouraud</strong></p><p>Cet article s’intéresse aux modalités d’intervention dans l’espace public de l’artiste Christoph Büchel avec son <em>Barca Nostra Project</em> exposé en 2019 en marge de la Biennale de Venise. Il s’agit de démontrer comment une installation artistique met en tension une situation politique dramatique en s’efforçant de provoquer un événement. Cette tentative peut en effet être envisagée comme une réplique artistique à la politique de crise menée depuis vingt ans en Europe vis-à-vis des migrants, et l’affirmation d’une volonté d’intervenir esthétiquement dans un contexte éthiquement failli.</p><p><br />« De l’humanisme agressif à la beauté politique – l’art comme instrument de lutte pour les droits de l’homme »<br /><strong>Ewelina</strong><strong> </strong><strong>Chwiejda</strong></p><p><strong> </strong>Le Zentrum für Politische Schönheit est un collectif d’artistes militant pour les droits de l’homme qui ne cesse de provoquer le débat sur la limite entre l’art et l’activisme politique. L’article présente la stratégie socio-artistique de ce collectif à travers l’analyse d’une de ses actions emblématiques, conçue dans le contexte de la « crise migratoire » européenne. En nous appuyant notamment sur la pensée de Jacques Derrida, nous nous interrogeons à la fois sur le potentiel politique et émancipateur de l’œuvre, et sur sa dimension éthique.</p><p><br />« <em>L’Attentat</em> et la censure : L’éthique au détriment de l’esthétique ? »<br /><strong>Nadine</strong><strong> Asmar</strong></p><p>Bien qu’une œuvre cinématographique soit une expression libre de son auteur, des forces extérieures risquent de limiter celle-ci par le biais de la censure pour maintes raisons d’ordre légal et éthique notamment. C’est le cas de <em>L’Attentat</em>, film du réalisateur libanais Ziad Doueiri, tourné pour des raisons esthétiques à Tel Aviv et en Cisjordanie avec une équipe israélienne et palestinienne. Le film a subi une attaque en raison des choix esthétiques de son réalisateur, ce qui a conduit à l’interdiction de sa diffusion dans tous les pays de la ligue arabe. Cet épisode, qui est loin d’être une exception, nous pousse à nous interroger sur la relation entre l’esthétique d’un film et les notions d’éthique et d’engagement.</p><p><br />« Les enjeux de la représentativité dans la scène contemporaine »<br /><strong>Rafaella Uhiara et Denise Cobello</strong></p><p>Cet article s’intéresse au souci de représentativité dans la scène contemporaine qui s’exprime par la mise en scène de non-acteurs. Notre réflexion se fonde sur l’analyse de <em>Mucamas</em>, un spectacle-installation de l’artiste argentine Lola Arias, et de <em>Gala </em>(2015) du chorégraphe français Jérôme Bel. Quels sont les enjeux éthiques et esthétiques de ce choix de se passer du savoir-faire des professionnels de la scène ?</p><p><br />« La tragédie comme <em>dés/enrégimentation</em> de la violence »<br /><strong>Diego Scalco</strong></p><p>Le présent article discute la question de la (représentation de la) violence par l’analyse du rapport qui se tisse, chez les Tragiques grecs et chez Romeo Castellucci, entre éthique et esthétique. La logique à l’œuvre dans la tragédie ancienne se retrouve, en effet, dans la constitution de la cité-état comme dans la philosophie platonico-aristotélicienne du droit et aboutit notamment à la légitimation de certaines formes de violence. Or la <em>tragédiographie</em> de Castellucci subvertit cette logique, pointant ainsi les contradictions inhérentes à toute socialisation où la violence est implicitement admise et explicitement administrée en fonction de principes, sur la base de moyens et en vue de fins prétendument raisonnables. Sous cet aspect, Castellucci renoue avec la généalogie nietzschéenne du tragique et avec la critique du discours historico-politique élaborée dans son sillage par Michel Foucault.</p><p><br />« Pour une poéthique. De Wittgenstein aux “documents poétiques” »<br /><strong>Philip Mills</strong></p><p>En quoi serait-il possible d’affirmer, en reprenant une célèbre proposition de Wittgenstein, qu’éthique et poétique sont une seule et même chose : en quoi toute poétique serait-elle une poéthique ? Partant d’éléments wittgensteiniens et explorant la notion de « document poétique », ma contribution propose une interprétation d’<em>Argent </em>de Christophe Hanna afin de montrer que tout document poétique est un document poéthique.</p><p><br />« Le dilemme éthique d’un périodique artistique : <em>art press</em> et “l’Affaire Finlay” »<br /><strong>Flore Di Sciullo </strong></p><p>En 1987, la revue <em>art press</em> dénonce dans ses colonnes une exposition de l’artiste écossais Ian Hamilton Finlay : l’inscription de croix gammées dans l’une de ses sculptures témoignerait de ses sympathies pour l’idéologie nazie. De cette dénonciation initiale découle l’annulation d’une commande passée à l’artiste par le ministère de la Culture. Notre objectif dans cet article est de mettre en lumière le cas particulier que constitue l’Affaire Finlay, qui est l’occasion d’une contradiction dans les valeurs éthiques de la revue : habituée à batailler pour la liberté de création des artistes, elle en vient, indirectement, à censurer Finlay. De quelle conception éthique ces prises de position témoignent-elles ? Quel rôle une revue peut-elle jouer, en tant qu’instance prescriptrice, dans l’espace médiatique et l’écosystème artistique ? Nous détaillons ici les justifications et la construction argumentative déployée par <em>art press </em>afin d’appréhender les frictions entre esthétique et éthique ainsi suscitées.</p><p> </p>";"<p><strong>Éditorial </strong></p><p>Ces dernières décennies ont vu une prise en considération de plus en plus importante des questions éthiques au sein du monde de l’art contemporain. Les démarches des artistes sont de plus en plus concernées par des questions d’ordre politique ou social : la lutte contre toutes les formes de discrimination, le fait d’alerter sur l’urgence écologique, la mise en cause de la mondialisation néolibérale, etc. Au même moment, la plupart des institutions d’art contemporain s’associent à ces questionnements et mettent un point d’honneur à valoriser davantage les pratiques de femmes artistes ou d’artistes issus des minorités, à corriger des situations problématiques (on pense à la question des restitutions pour les musées), tout en consacrant une part importante de leur programmation à des discussions sur des sujets politiques ou sociaux, souvent en faisant appel à des intervenants issus de sphères activistes.</p><p>Cette évolution de la scène de l’art contemporain se retrouve dans les formes de rejet dont il est l’objet. Si les rejets de l’art moderne et contemporain se sont longtemps faits sur un plan esthétique, en insistant notamment sur le fait que les œuvres produites ne correspondaient pas à la tradition, aux apparences ou à l’authenticité de la démarche de l’artiste (au sens traditionnel), les rejets de ces dernières années concernent beaucoup plus des questions d’ordre éthique ou politique, souvent en impliquant un jugement d’ordre moral. En d’autres termes, si les artistes et les acteurs de l’art sont critiqués aujourd’hui, c’est souvent parce qu’ils transgressent, mettent en doute ou ne respectent pas des valeurs supposées communes : lorsqu’il s’en prend aux femmes ou aux membres de telle ou telle minorité, qu’il valorise le pouvoir de l’argent, qu’il n’est pas suffisamment sensible aux questions environnementales, qu’il ne s’occupe pas des problèmes des classes sociales défavorisées, etc.</p><p>Ces dénonciations – de plus en plus répandues ces dernières années, à la fois dans les médias grand public, les réseaux sociaux et au sein du milieu de l’art – posent la question de ce que pourrait être un art plus acceptable. Est-il d’ailleurs possible ou souhaitable d’avoir un art qui mettrait en exergue les valeurs communes à la société, qui serait consensuel, valoriserait les réussites des femmes et des minorités, s’en prendrait aux inégalités sociales et au pouvoir de l’argent, tout en étant accessible à tous ?</p><p>Le partage collectif des questions éthiques affronte ici l’un des principes centraux de la sphère de l’art : la défense de son autonomie, laquelle se retrouve dans la mise en avant d’une éthique propre à chaque artiste et qui garantirait l’authenticité de sa démarche. Une telle éthique est-elle compatible avec un engagement plus large qu’une simple pratique artistique ? À quelles conditions l’artiste peut-il se faire le porte-parole d’une cause qui ne le concerne pas directement ? Attribuer à la création artistique la faculté de résoudre des conflits ou de susciter les prises de conscience n’est-il pas un vœu pieu ? Un artiste peut-il dénoncer l’emprise du capital tout en participant au marché de l’art ? Une artiste peut-elle alerter sur l’urgence écologique, tout en se déplaçant aux quatre coins de la planète ? Les artistes peuvent-ils être engagés à la fois dans un combat social ou politique et dans la défense de l’autonomie de leur pratique ?</p><p>Les trois premiers articles de ce numéro pourraient quasiment constituer un sous-dossier autonome, puisqu’il y est à chaque fois question de la réaction des artistes face à la crise des migrants. Dans le premier, Sophie Lacombe aborde le positionnement du milieu du théâtre face à cette crise : entre interventions dans les camps de réfugiés et importation de migrants sur des théâtres parisiens. La question se pose nécessairement : ces opérations sont-elles réalisées sur, pour ou avec ces personnes ? Et quelle place leur laisse-t-on ? Paul-Bernard Nouraud interroge, quant à lui, un projet de l’artiste suisse, Christoph Büchel, lequel avait consisté à déplacer à la Biennale de Venise un bâteau de réfugiés, qui avait coulé quelques temps auparavant, occasionnant une horrible tragédie et des réactions indignées en Europe. Le déplacement très coûteux du bâteau à Venise pose de nombreuses questions, au moins autant que la difficulté des différentes autorités à réagir, tout au long de cette histoire. Ewelina Chwiejda évoque les activités d’un groupe allemand, le Zentrum für Politische Schönheit qui, entre activisme et intervention artistique entend agir plus directement afin de faire prendre conscience des drames qui se produisent quotidiennement. Les simulacres d’enterrements qu’ils produisent – avec ou sans les principaux concernés – posent, là encore, des questions d’ordre éthique autant qu’esthétique.</p><p>La suite du numéro concerne des cas de différends d’un autre ordre entre éthique et esthétique. L’article de Nadine Asmar est ainsi consacré au film <em>L’Attentat</em>, du cinéaste libanais Ziad Doueiri, un film censuré dans un certain nombre de pays arabes en raison de la volonté de le tourner en Israël. Ici, les impératifs politiques s’imposent de toute évidence aux choix esthétiques, qu’ils conditionnent, voire escamotent, sans discussion possible. La situation est quasiment inversée dans les représentations théâtrales dont rendent compte Rafaella Uhiara et Denise Cobello. Ici, les questions éthiques sont plutôt posées par les choix esthétiques de metteurs en scène qui emploient des non-professionnels, dont le statut est pris entre celui d’objets qu’on déplace sur scène et celui d’acteurs à part entière.</p><p>Les deux textes suivants reposent les mêmes questions, mais au regard de la philosophie. C’est le cas avec les spectacles inspirés de la violence des tragédies antiques, mis en scène par Romeo Castellucci. Pour Diego Scalco, Castellucci renoue avec une généalogie nietzschéenne du tragique et avec la critique du discours historico-politique élaborée dans son sillage par Michel Foucault. Le texte de Philip Mills analyse, quant à lui, le travail de Christophe Hanna, à la lumière de la compréhension wittgensteinienne du rapport entre éthique et esthétique (en partant de la célèbre remarque du Tractatus, selon laquelle les deux ne feraient qu’un, puisqu’ils renvoient tous deux à un élément inconnaissable et mystique.</p><p>Le dernier texte du dossier présente un cas concret d’ambivalence entre éthique et esthétique. Flore Di Sciullo reprend le déroulé de « l’Affaire Finlay », un épisode qui n’est sans doute pas le plus glorieux de l’histoire de la revue <em>art press</em>. La revue, célèbre pour sa défense régulière de la liberté d’expression s’est en effet retrouvée en première ligne dans la volonté de censurer l’œuvre d’Ian Hamilton Finlay, pour des motifs qui, bien qu’ils aient été présentés sous l’angle éthique sont peut-être davantage esthétiques.</p><p>Nous publions également, un entretien de David Martens avec la directrice de l’IMEC, Nathalie Léger. Cet entretien aurait pu figurer dans le numéro précédent de <em>Marges</em>, qui était consacré à la relation de l’art contemporain aux institutions. Il s’agit ici de revenir sur les cartes blanches que l’IMEC propose à des artistes et écrivains et qui donnent lieu à l’organisation d’expositions à Caen.</p><p>Le numéro ne serait pas complet sans son portfolio. Cette fois-ci, il y en a deux, confiés à Artavazd Pelechian et David Ru. </p><p> </p><p class=""Default""><strong>Jérôme Glicenstein<br /></strong><strong>Avril 2022</strong></p>";"<p>« “Theatrical hospitalities”: art confronted by a welcoming crisis »<br /><strong>Sophie</strong><strong> </strong><strong>Lacombe</strong></p><p>This article analyses the relationship between arts and ethics, throughout Jacques Derrida's concept of hospitality applied to the performing arts. The aim is to study the way in which some theatre artists get involved, directly or not, in the “refugee crisis” in Europe, developing examples of hospitality through art. Whereas in theatre practices in refugee camps or through performances on theatre stages, some contradictions appear within the attempt to combine art and act of welcome. They recall Derrida's paradoxical link between hospitality and hostility (""hosti-pitality""). The article aims to highlight some of these paradoxes with the aim of resolving the conflict between ethics and arts and envisaging theatre as an art of welcome.</p><p class=""Default""><br />« Contemporary art faces the migratory crisis. Notes on Chistoph Büchel’s <em>Barca Project</em> »<br /><strong>Paul Bernard-Nouraud</strong></p><p>This paper deals with the ways the artist Christoph Büchel intervened in public space with his <em>Barca Nostra Project</em> displayed in 2019, aside the Venice Biennale. It tends to demonstrate how an artistic installation puts under tension a dramatic political situation by trying to provoke an event. Indeed, such an attempt can be envisioned as an artistic replica to the crisis policy led in Europe over the past twenty years towards migrants, and it can be seen as a way to affirm the artist’s will to intervene aesthetically in a ethically failed context.</p><p><br />« From aggressive humanism towards political beauty—art as an instrument in the struggle for human rights »<br /><strong>Ewelina</strong><strong> </strong><strong>Chwiejda</strong></p><p>The Zentrum für Politische Schönheit is an art collective engaged in the struggle for human rights that constantly provokes debate concerning the limit between art and political activism. The article presents the socio-artistic strategy of this collective through the analysis of one of its emblematic actions conceived in the context of the European ""refugee crisis"". Drawing on the philosophy of Jacques Derrida in particular, the article investigates the political and emancipatory potential of the work, and its ethical dimension.</p><p><br />« <em>The Attack</em> and censorship: ethics to the detriment of esthetics? »<br /><strong>Nadine</strong><strong> Asmar</strong></p><p>Despite the fact that a motion picture is the free expression of its maker, external forces could limit it through censorship, mainly for legal and ethical reasons. This is the case of <em>The Attack</em>, a film by Lebanese director Ziad Doueiri, shot for aesthetic reasons in Tel Aviv and the West Bank with an Israeli and Palestinian crew. The film was attacked due to the aesthetic choices of its director, which led to banning its screening in all of the Arab League countries. This episode, far from being an exception, makes us question the relation between the aesthetic of a film and the notions of ethics and engagement.</p><p><br />« Challenges of representativeness in the contemporary scene »<br /><strong>Rafaella Uhiara et Denise Cobello</strong></p><p>This article examines the concern for representativeness in the contemporary scene, which is expressed through the staging of non-actors. Our analysis is based on the shows <em>Mucamas</em>, by Argentine artist Lola Arias, and <em>Gala </em>(2015), by<em> </em>the work of French choreographer Jérôme Bel. What are the ethical and aesthetic stakes of this choice to do without the know-how of stage professionals?</p><p><br />« Tragedy as a way of <em>dis/regimenting</em> violence »<br /><strong>Diego Scalco</strong></p><p class=""Texteprformat"">This paper discusses the question of the (representation of) violence by analyzing the relationship that is woven between ethics and aesthetics by the Greek Tragedians and by Romeo Castellucci. The logic at work in ancient tragedy is also found in the constitution of the city-state as well as in Platonic-Aristotelian philosophy of law and leads to the legitimization of certain forms of violence. Castellucci's <em>tragediography</em> subverts this logic, thus pointing out contradictions inherent in any socialization where violence is implicitly admitted and explicitly administered according to principles, on the basis of means and with a view to ends which are all supposed to be reasonable. Under this aspect, Castellucci reconnects with the Nietzschean genealogy of the tragic and with the critique of historical-political discourse developed in its wake by Michel Foucault.</p><p><br />« In praise of a poethics. From Wittgenstein to “poetic documents” »<br /><strong>Philip Mills</strong></p><p>How would it be possible to assert, taking up a famous proposition by Wittgenstein, that ethics and poetics are one and the same: in what way is all poetics a poethics? Starting from Wittgensteinian elements and exploring the notion of ""poetic document"", my contribution offers an interpretation of <em>Argent</em> by Christophe Hanna in order to show that any poetic document is a poetic document.</p><p><br />« The ethic dilemma of an art magazine: <em>art press</em> and ‘The Finlay Case’ »<br /><strong>Flore Di Sciullo </strong></p><p>In 1987, the magazine <em>art press</em> denounced in its columns an exhibition of the Scottish artist Ian Hamilton Finlay: the engraving of swastikas on one of his sculptures is seen as a testimony of the artist’s sympathies with the Nazi ideology. This initial denunciation led to the cancellation of a project entrusted to Finlay by the French Ministry of Culture. Our goal in this paper is to highlight what rapidly became the “Finlay Case”. This occurrence allows us to investigate contradictions in the ethical values of the magazine: accustomed to fight for the freedom of speech, <em>art press</em> has indirectly come to censor Finlay. What ethical conception do these positions testify to? What role can a magazine play, as a prescriptive authority, within the media sphere and the artistic ecosystem? We aim at detailing the justifications and the argumentative construction deployed by <em>art press</em>, so as to highlight frictions between aesthetics and ethics thus generated.</p>";0;15.00;"<p><span>Ces dernières années les questions d’ordre éthique envahissent le monde : sort des migrants, revendications de groupes sociaux jusqu’ici minorisés, invasion de la vie privée par les réseaux sociaux, mise en cause de plus en plus généralisée des forces politiques traditionnelles, impuissance des différents gouvernements à répondre à l’urgence climatique, etc. Ces questions se retrouvent souvent dans les productions artistiques, ce qui conduit à s’interroger sur le bien fondé de l’esthétisation éventuelle – peut-être indue – de certains des problèmes les plus cruciaux de notre temps.</span></p>";;26/01/2022 09:49;1;Première;3675 732;2;1;13;La culture de la récompense;Compétitions, festivals et prix cinématographiques;;;"<p>Palme d’or, César, Lumière, Globe, Trophée, Prix Louis-Delluc, Jean-Vigo, Serge-Daney, Henri-Langlois, Jean-Renoir ou Alice-Guy : il n’a jamais existé autant de prix cinématographiques. Ce livre est le premier à leur être consacré. </p>";"<p class=""Tdmchap"" style=""text-align: left;""><strong>Introduction </strong> </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 1. Une histoire des prix cinématographiques </strong></p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les trois formats récompensatoires </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Les prix singuliers ; Les prix festivaliers ; Les prix en bouquet</p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les causes de l’inflation </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">L’explosion festivalière ; Grands prix pour petits écrans; Mécénat et sponsoring culturels ; Relations publiques et culture de la récompense</p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les implicites </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">L’implicite professionnel; L’implicite formel ; L’implicite générique ; L’implicite national ; L’implicite écranique ; Les implicites sociaux</p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;""> </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 2. Une théorie des prix cinématographiques </strong></p><p class=""Tdmtxt"">Valeur, valorisation, valuation </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Je récompense donc je suis </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">L’économie récompensatoire comme place de marché </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Quatre logiques de capitalisation sociale et symbolique </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">La logique de champ ; La logique de marque ; La logique de classe ; La logique militante<br /><br /></p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 3. La logique de champ. L’ambition </strong><strong>nomothétique du champ cinématographique </strong></p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">L’édiction du canon </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Cannes ou la convergence des logiques ; Les César ou la confrontation des logiques ; Le Prix Jean-Vigo ou la combinaison des logiques</p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Sous-champ contre-champ </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Le documentaire; L’animation ; Le cinéma de genre</p><p class=""Tdmtxt2"" style=""text-align: left;"">Enjeux corporatistes </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Les métiers du scénario; Les métiers de la composition musicale ; Les métiers de la traduction audiovisuelle</p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;""> </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""text-align: center;""><strong style=""text-align: center;"">Chapitre 4. La logique de marque. Caution philanthropique et légitimation cinéphilique </strong></p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les prix de la critique </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Un lieu de distinction : le Prix Louis-Delluc ; Un lieu de structuration : le Syndicat Français de la Critique de Cinéma ; Un lieu de promotion : les Lumières de la presse internationale</p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Stratégies médiatiques </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Canal+, la chaîne du cinéma ; Flatter le lectorat, séduire les annonceurs ; Plateformisation et participation</p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Publicités déguisées </p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Le contournement législatif des marques de tabac et d’alcool; Les lauréats-sandwichs des fondations d’entreprise</p><p class=""Tdmtxt2"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;""> </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 5. La logique de classe. Blanchiment d’expertise et gaspillage tactique </strong></p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Le marché des droits d’auteur </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Clubs, think tanks et groupes d’influence </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les dominantes </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;""> </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: center;""><strong>Chapitre 6. La logique militante. Négocier la norme </strong></p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">La protection de l’enfance </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Un lobbying pour l’accessibilité </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les répertoires d’action féministes </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les répertoires d’action queer<strong> <br /></strong><strong style=""text-align: center;""> </strong></p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;""> </p><p class=""Tdmtxt"" style=""padding-left: 30px; text-align: left;""><strong style=""text-align: center;""><span style=""white-space: pre;""> </span>Chapitre 7. L’éducation à l’image. Un cas limite de l’action publique </strong><span style=""text-align: center;""> </span></p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les jurys jeunes </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">L’Éducation nationale à l’image </p><p class=""Tdmtxt"" style=""text-align: left;"">Les prix des détenus, de l’encapacitation à l’instrumentalisation </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: left;""> </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: left;""> </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: left;"">Conclusion </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: left;"">Bibliographie </p><p class=""Tdmchap"" style=""text-align: left;"">Index des récompenses </p>";;03/05/2022;0;137x220;380;978-2-37924-238-0;978-2-37924-238-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_732.jpg;"<p><span>Et si les prix cinématographiques ne disaient pas tant du talent des artistes qui les reçoivent que des stratégies de celles et ceux qui les remettent ? <br /><br />À partir d’une enquête de terrain sur les prix du cinéma et de l’audiovisuel français, Chloé Delaporte offre un point de vue original en dévoilant les enjeux sociaux, économiques, artistiques et culturels qu’ils soulèvent. Des festivals célèbres aux compétitions confidentielles, l’ouvrage explore le versant organisationnel des prix cinématographiques : qui les met en œuvre, avec quelles ressources et quels objectifs ? Il propose une contribution empirique et théorique à l’analyse de la valorisation des biens culturels et invite à réfléchir plus largement sur la place symbolique du cinéma dans l’économie de marché.</span></p><p> </p><p><em>Enseignante-chercheuse, Chloé Delaporte est maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches au département cinéma, audiovisuel, nouveaux médias de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 (RIRRA21). Ses travaux portent sur les conditions socio-économiques de diffusion et de valorisation des films.</em></p><p><span><br /></span></p>";"<p class=""premierPara"">Introduction :</p><p class=""premierPara"">Il n’a jamais existé autant de compétitions, festivals et prix cinématographiques. Palme d’or<a id=""_idIndexMarker000""></a> du Festival de Cannes, César<a id=""_idIndexMarker001""></a> du meilleur film<a id=""_idIndexMarker002""></a>, Prix Louis-Delluc<a id=""_idIndexMarker003""></a>, Lumière de la presse internationale, Prix Jean-Vigo<a id=""_idIndexMarker004""></a>, Trophée du public et Globe du meilleur film<a id=""_idIndexMarker005""></a> coexistent au milieu d’une kyrielle de dispositifs aux formats, périmètres, objectifs et renommées variables. Suivant la logique du <span class=""typo_Italique"">winner-takes-all</span>, seul un petit nombre est distingué, dans un effet d’entraînement qui, pour les uns, corrobore les accusations d’entre-soi et de dés pipés et, pour les autres, confirme la qualité de certains films et le talent de certains professionnels.</p><p class=""txt_Normal"">Les prix et les dispositifs dans le cadre desquels ils sont remis (tels les festivals compétitifs ou les cérémonies dédiées, que je qualifie de « dispositifs récompensatoires ») concentrent les ambitions à la fois artistiques et commerciales qui animent le cinéma depuis ses débuts, en tous cas depuis les débuts de son industrialisation<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20CULTURE%20DE%20LA%20RECOMPENSE/Introduction.html#footnote-002""> 1</a></span></span>. Les prix cinématographiques cristallisent l’incompatibilité construite entre démarche esthétique et visée mercantile, entre culture et industrie ou entre cinéma et marché, qui, « selon une tradition cinéphilique qui a fait florès, [<span class=""typo_Italique"">sont</span>] deux univers qui par essence se distinguent et s’opposent, dont la rencontre relève du compromis, porte la monstruosité<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20CULTURE%20DE%20LA%20RECOMPENSE/Introduction.html#footnote-001""> 2</a></span></span> ». Comble de la compromission des artistes selon des impératifs marchands ou nécessaires dispositifs d’évaluation de la qualité filmique, les prix cinématographiques incarnent la dialectique existentielle du cinéma.</p><p class=""txt_Normal"">Les enjeux qu’ils recouvrent dépassent toutefois la simple sphère du cinéma. Ils débordent d’ailleurs le cadre normé des cérémonies de remise, qui n’en sont que la vitrine. Les cérémonies sont le versant que les médias diffusent et que les spectateurs et spectatrices connaissent, celui que l’on retient et qui, année après année et cérémonie après cérémonie, construit un panthéon autant qu’une certaine mémoire du cinéma. Le public se souvient des prises de parole engagées ou émues lors des remises de trophées, des remerciements, des poignées de main et des embrassades, mais aussi des interventions décousues ou interminables, des instants de gêne ou de solitude, des chutes et accidents vestimentaires. Évoquer les prix cinématographiques, c’est appeler tout un imaginaire, charrier un ensemble de représentations, de souvenirs et d’anecdotes, dont les cérémonies de remise et grands festivals ne constituent pourtant qu’une seule facette.</p><p class=""txt_Normal"">Pour les professionnels du cinéma, le rôle des prix cinéma­tographiques ne se réduit pas au moment ritualisé de leur attribution. Généralement considérés comme des indicateurs de qualité artistique, les prix s’insèrent dans un système de labellisation qui trouve sa pertinence à toutes les étapes de la chronologie du film : la mention d’un prix du scénario dans un dossier de production peut inciter un guichet de financement à placer des fonds dans un projet, l’obtention d’un prix en festival peut favoriser l’achat d’un film par un distributeur ou un diffuseur télévisuel, infléchir un plan de sortie et une stratégie <span class=""typo_Italique"">marketing</span>, encourager une programmation en salle ou une vente internationale. Un prix d’interprétation pourrait même, dit-on, « faire une carrière ». Par ailleurs susceptibles de jouer un rôle prescripteur en orientant les choix de consommation des publics, les prix trouvent leur place sur les affiches et en amorce des films-annonces, sont mentionnés dans les critiques, guides et annuaires de films, disposent de catégories dédiées sur les plateformes de vidéo à la demande ou les sites de <span class=""typo_Italique"">streaming</span>. Ils occupent visiblement aujourd’hui, au sein des filières cinématographique et audiovisuelle, une place structurante dans la circulation des contenus et les échanges entre les différents secteurs.</p><p class=""txt_Normal"">Ce livre part de ce constat. Il propose une analyse socio-économique de leurs usages et enjeux dans les sociétés libérales-capitalistes contemporaines, à partir du cas français. À rebours des approches scientifiques habituelles, il ne porte pas sur les « effets » des prix, mais sur les motivations mêmes de leur création. Que le lecteur ou la lectrice à la recherche d’un commentaire de palmarès ou d’une controverse esthétique repose donc le livre. Les prix n’y sont pas appréhendés comme des signes immanents de qualité ; les films et lauréats n’y sont qu’accessoirement mentionnés. En revanche, ce livre documente l’envers du décor : il retrace l’histoire des dispositifs, remonte le fil de leur existence, déconstruit les logiques de leur mise en œuvre, met au jour les stratégies dans lesquelles ils s’inscrivent et lève le voile sur les intérêts en jeu, souvent éloignés du cinéma.</p><p class=""txt_Normal"">Ce déplacement du regard, depuis les lauréats des prix à celles et ceux qui les remettent, est motivé par l’hypothèse que les prix valorisent au moins autant les récompenseurs que les récompensés.</p><p class=""txt_Normal"">S’il existe de plus en plus de prix cinématographiques, on peut imaginer que ce n’est peut-être pas parce qu’il existerait de plus en plus de films ou de professionnels de qualité à récompenser, mais parce que de plus de plus d’acteurs, notamment d’acteurs différents, auraient intérêt à en remettre. Car ce qui caractérise la période contemporaine n’est pas tant la diversification des prix que celle de leurs organisateurs : de l’académie savante au syndicat professionnel, de la collectivité territoriale au groupe média, de l’association cinéphile au <span class=""typo_Italique"">think tank</span> influent, de la marque de luxe à la fondation d’entreprise, tout le monde, ou presque, organise désormais des prix cinématographiques. Leur analyse dévoile donc plus qu’un fonctionnement interne du champ cinématographique et de ses instances de distinction : elle montre combien le cinéma constitue un « lieu » symbolique où viennent capitaliser tous les acteurs du monde social, selon leurs intérêts respectifs.</p><p class=""txt_Normal"">Ce livre repose sur une enquête de terrain, réalisée en France entre 2018 et 2020 dans le cadre d’une recherche académique sur les enjeux socioéconomiques des prix du cinéma, de la télévision et de l’audiovisuel<span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20CULTURE%20DE%20LA%20RECOMPENSE/Introduction.html#footnote-000""> 3</a></span></span>. Le matériau récolté au cours de l’enquête provient de trois méthodologies principales. La première, d’ordre quantitatif, a consisté en un travail d’identification et de référencement des prix cinématographiques existant ou ayant existé en France, au moyen de sondages systématiques et aléatoires dans la presse professionnelle spécialisée et les archives télévisuelles de l’INA. L’analyse de la littérature grise (règlements des prix ; statuts, organigrammes et bilans des sociétés et associations ; communication interne et externe) a ensuite permis de compléter les informations relatives à chaque prix et de constituer une base de données, à prétention non pas exhaustive, mais représentative. Plusieurs milliers de prix ont été référencés, lesquels sont remis, pour deux tiers d’entre eux, au sein de festivals.</p><p class=""txt_Normal"">La deuxième méthode, d’ordre qualitatif, est l’observation ethnographique directe (parfois participante) de vingt-quatre cérémonies de remise, aux formats divers. Une sélection de clichés photographiques réalisés au cours des observations est reproduite au sein du livre. La troisième méthode est l’entretien : soixante-quatorze entretiens compréhensifs avec des acteurs de l’économie récompensatoire cinématographique française ont été réalisés. La plupart de mes interlocuteurs et interlocutrices sont des dirigeants et dirigeantes d’institutions cinématographiques, des présidents et présidentes de jurys, des délégués généraux et déléguées générales ou artistiques de festivals, des responsables de structures culturelles ou associatives, des directeurs et directrices de la communication ou des <span class=""typo_Italique"">marketing managers</span> de sociétés qui occupent des positions plus ou moins centrales dans les filières cinématographique et audiovisuelle, de la chaîne de télévision nationale à l’association de quartier. Toutes les mentions et citations directes des entretiens ont été relues et parfois corrigées à la marge par les professionnels interrogés.</p><p class=""txt_Normal"">Le livre se divise en sept chapitres. Dans le premier chapitre, à vocation historique, j’introduis un vocabulaire spécifique à l’analyse des prix, notamment la notion de « format récom­pensatoire », et contextualise leur augmentation depuis le dernier quart du <span class=""typo_SC"">xx</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle. Ce panorama met en lumière l’existence de nombreux « implicites » au sein de l’économie récompensatoire, qui favorisent l’émergence de prix dédiés à des formes ou genres dominés. Le deuxième chapitre pose, lui, un cadre théorique : j’y dresse un état de l’art sur les prix culturels et développe l’hypothèse directrice de l’ouvrage, autour de l’expression « je récompense donc je suis ». L’économie récompensatoire apparaît dès lors sous les traits d’une place de marché où les différents acteurs viennent capitaliser en termes non seulement financiers mais surtout sociaux et symboliques. La modélisation de quatre logiques de capitalisation sociale et symbolique (logique de champ, logique de marque, logique de classe et logique militante) organise la suite de l’ouvrage : les chapitres 3 à 6 sont, chacun, consacrés à l’examen d’une logique, tandis que le septième et dernier chapitre propose l’analyse d’un « cas limite » de l’action publique, celui du rôle des prix cinématographiques dans l’éducation à l’image.</p><p class=""txt_Normal"">Au croisement de la sociologie pragmatique des arts et de la culture, de l’économie critique des biens symboliques et des <span class=""typo_Italique"">film festival studies</span>, ce livre entend combler un relatif impensé des études cinématographiques et audiovisuelles, en resituant les prix dans un contexte capitaliste d’industrialisation de la culture et de mise en porosité du substrat culturel à des fins marchandes. Au centre des convoitises, le cinéma paraît s’accorder à tous les désirs.</p><hr class=""HorizontalRule-1"" /><div class=""_idFootnotes""><div id=""footnote-002"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20CULTURE%20DE%20LA%20RECOMPENSE/Introduction.html#footnote-002-backlink"">1</a>. Ce n’est pas un hasard si les grands prix cinématographiques sont nés au moment où les filières cinématographiques s’institutionnalisaient : les Academy Awards<a id=""_idIndexMarker006""></a> (surnommés Oscars, du nom donné à la statuette remise en trophée) ont été fondés en 1929 par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS), émanation de l’oligarchie hollywoodienne constituée autour des <span class=""typo_Italique"">majors</span> naissantes.</p></div><div id=""footnote-001"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20CULTURE%20DE%20LA%20RECOMPENSE/Introduction.html#footnote-001-backlink"">2</a>. Laurent Creton, <span class=""typo_Italique"">Cinéma et marché</span>, Paris, Armand Colin, 1997, p. 7.</p></div><div id=""footnote-000"" class=""_idFootnote""><p class=""txt_Note""><a class=""_idFootnoteAnchor _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/LA%20CULTURE%20DE%20LA%20RECOMPENSE/Introduction.html#footnote-000-backlink"">3</a>. Chloé Delaporte, <span class=""typo_Italique"">Culture(s) de la récompense. Enjeux socioéconomiques et communicationnels des prix du cinéma, de la télévision et de l’audiovisuel</span>, œuvre originale (vol. 3) du dossier d’HDR en sciences de l’information et de la communication, Université Sorbonne Paris Nord, 2020.</p></div></div>";;528;21.00;"<p style=""text-align: left;"">Des prix du cinéma, on ne connaît souvent que le nom des lauréats. Faisant l’hypothèse que les distinctions valorisent au moins autant les récompenseurs que les récompensés, Chloé Delaporte explore les coulisses des cérémonies de remise des prix cinématographiques français et étudie leur fonctionnement à partir d’entretiens avec leurs organisateurs. Au croisement de la sociologie et de l’économie du cinéma, des Film Festival Studies et des sciences de l’information et de la communication, l’ouvrage constitue une source de documentation inédite et offre à la fois une méthode d’analyse et un modèle théorique pour penser la tendance à la récompensiarisation des champs culturels. <br /> Ce livre repose sur une enquête de terrain, réalisée en France entre 2018 et 2020 dans le cadre d’une recherche sur les enjeux socioéconomiques des prix du cinéma, de la télévision et de l’audiovisuel.</p><p><br /><em>Ouvrage publié grâce au soutien de l'équipe RIRRA21 (EA 4209, Université Paul-Valéry Montpellier 3)</em></p>";;02/02/2022 13:15;1;Première;3655 735;2;1;19;Building on Babel's rubble;;;;"<p>This volume explores the unity of linguistic diversity in ‘Babel’s rubble’ in the Generative framework, covering a wide range of topics in the various levels of linguistic analysis, with a particular focus on Georgian and Kartvelian languages. </p>";"<p style=""text-align: center;""><strong><span>Part 1 : Words</span></strong><span> </span></p><p><strong><span> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>1. Negation and negative dependencies in Upper Bal Svan<br /> <em>David Erschler</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>2. The morphonemics of verbal prefixes in Megrelian<br /> <em>Rusudan Gersamia </em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>3. The inheritance of verbal properties: the case of French derived -<em>ant</em> adjectives<br /> <em>Marie Laurence Knittel</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>4. Matrix of negation in GESL<br /> <em>Tamar Makharoblidze</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>5. The grammar of uncountability in Southern Italo-Romance: Nominal morphology and determiners<br /> <em>Michela Russo </em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>6. Shifting patterns of Georgian verb morphology: Diachrony and dialectology<br /> <em>Thomas Wier </em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>7. Structure of location noun phrases in Mandarin Chinese<br /> <em>Xiaofang Zhou </em> </span></p><p><span> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Part 2 : Phrases</span></strong></p><p><strong><span> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>8. Passives of unergatives and ergative marking<br /> <em>Carmen Dobrovie Sorin & Patricia Cabredo-Hofherr</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>9. Culmination/telicity and event delineation in Australian Languages: Phonology, morphosyntax, semantics and pragmatics<br /> <em>Patrick Caudal </em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>10. Unusual multifunction preverbs in Georgian ditransitives<br /> <em>María Cristina Cuervo & Jean-François Juneau</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>11. Cognate objects across Albanian, English and Romance<br /> <em>Dalina Kallulli & Isabel Oltra-Massuet</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>12. Romance causatives and ergativity<br /> <em>M. Rita Manzini</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>13. Rethinking the syntactic role of word formation<br /> <em>Alec Marantz </em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>14. Configurationally defined Voice and v: Evidence from Georgian causatives<br /> <em>Martha McGinnis</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span> </span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span>Part 3 : Sentences</span></strong></p><p><strong><span> </span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>15. Presentative datives in Modern Hebrew<br /> <em>Elitzur A. Bar-Asher Siegal</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>16. On distinguishing dative arguments from PPs<br /> <em>Tatiana Bondarenko</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>17. Unprobed movement and labeling: Tree trimming as a key to understand successive cyclicity<br /> <em>Carlo Cecchetto & Caterina Donati</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>18. Crossing domains: Topic marking and doubling in Romance<br /> <em>Roberta d’Alessandro </em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>19. Plural agreement for singular whichever of: A Kiowa-Kartvelian conundrum<br /> <em>Daniel Harbour</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>20. Analysing Presentational Amalgam Constructions in Mandarin Chinese<br /> <em>Chang Liu</em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span>21. Low and higher applicatives: The case of Icelandic adjectival datives<br /> <em>Jim Wood & Einar Freyr Sigurðsson </em> </span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span> </span></p><p><span>Bibliography </span></p><p><span lang=""EN"">Contributors </span></p>";;23/02/2022;0;137x220;482;978-2-37924-237-3;978-2-37924-237-3;2;;Presses Universitaires de Vincennes;img_735.jpg;;"<p class=""Ta""><strong>An Introduction</strong></p><p class=""Ta""><strong><br /></strong></p><p class=""txtCitation"">C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre. (Genèse 11 : 9)</p><p class=""txtCitation"">Therefore is the name of it called Babel; because the Lord did there confound the language of all the earth: and from thence did the Lord scatter them abroad upon the face of all the earth. (Genesis 11:9)</p><p class=""txtCitation""> </p><p class=""txtCitation"">ამისთჳს ეწოდა სახელი მისი, შერევნა. რამეთუ მუნ შეურინვა უფალმან ბაგენი ყოვლისა ქუეყანისანი, და მუნით განთესნა იგინი უფალმან, პირსა ზედა ყოვლისა ქუჱყანისასა. (დაბადება 11:9)</p><p class=""txtCitation""> </p><p class=""txtCitation"">Вот почему он был назван Вавилон – ведь Господь смешал там язык всего мира. Оттуда Господь рассеял их по лицу всей земли. (Бытие 11:9)</p><p class=""txtNormal""> </p><p class=""txtNormal"">Babel’s rubble—in the imaginations of the Old Testament authors—is a shattered ideal, a universal language that offered strength but invited hubris and endangered the Divine. God sought refuge in division, says Genesis. Yet, says Generativism, the universality of human language lives on. Mutual unintelligibility may seem ‘confused,’ as per Genesis’ pun balal on the name Babel, but the rubble that looks confused to human eyes perfectly obeys the deeper laws of the universe. The Generative program is based on the insight that human language too is answerable to higher powers than mere accidents of history and traditions of use (e.g., Chomsky 2005; Berwick & Chomsky 2016; see Newmeyer 1996 for earlier references). It is structured by the substance of human cognition. All tongues are hewn from the same stone. To its inhabitants, Babylon was bab-ilim ‘God’s gateway.’ To Generativists, the rubble of Babel is the gateway to understanding that most curious of objects: ourselves.</p><p class=""txtNormal"">Formal linguistics has been quick to uncover systematicity in diversity. However, early in the enterprise, ergative languages mounted a clear challenge to ideas about hierarchical structure and mechanisms that build it (e.g., Dixon 1979; Harris 1981; Johns 1992; see Deal 2015 for a survey). Ergativity has brought scrutiny to bear on the generality of case assignment (e.g., Marantz 1991; Legate 2008; Baker & Vinokurova 2010; Baker & Bobaljik 2017), the universality of the subject-object asymmetry (e.g., Marantz 1989; Nash 1995, 2002) and the invariability of agreement mechanisms (e.g., Béjar & Rezac 2009; Polinsky & Preminger 2019).</p><p class=""txtNormal"">The study of ergative languages was one strand of research into language diversity that greatly advanced understanding of structure building and of the syntactic interfaces with lexical semantics (e.g., Massam 1985 et seq.; Polinsky & Preminger 2019) and morphology (e.g., Halle & Marantz 1993).</p><p class=""txtNormal"">It is in this context that Léa Nash, celebrated in this volume, first made her impact in the world of linguistics. The current volume—a 21-chapter salute—pays tribute to Nash’s prolific contributions then and since. The papers offer both theoretical and empirical research into languages ‘scattered … upon the face of the earth’: Albanian, English, French, Georgian (both standard and dialectal), Georgian Sign Language (GESL), German, Hebrew, Icelandic, Italian, Iwaidja, Kiowa, Mandarin, Megrelian, Nyangumarta, Panyjima, Romanian, Russian, South Italo-Romance dialects, Spanish, and Svan.</p><p class=""txtNormal"">The volume comprises three parts, Words, Phrases, and Sentences, which offer a rich dialogue with Nash’s multi-layered research. Reflecting her contributions to the theory of argument structure, there is strong representation of diathetic alternations, the syntax of causatives, and the typology of core and noncore dative marking. Other papers branch out in multiple directions, as Nash’s own research has done, including the morphosyntax of Georgian and its relatives, the syntax of the CP layer and of locative expressions, and issues of categorization, derivation, and Generative theory in general. The brief summary of the chapters that follows will orient the reader not just within this volume but within the wide-ranging rubble rousing that constitutes Nash’s personal linguistic enterprise.</p><p class=""txtNormal"">Words, the first part of the volume, focuses on diverse morpheme-related phenomena. David Erschler describes negation and negative-scoped indefinites in endangered Upper Bal Svan. The language deploys negative concord and negative polarity items in tandem and interpretation depends on pre- and postverbal positioning. Erschler proposes an analysis based on assimilation of negative concord to agreement. Relatedly, Tamar Makharoblidze describes negation in Georgian Sign Language (GESL) and its parallels with Georgian based on a corpus of three hours of recordings. Rusudan Gersamia addresses the intricate system of Megrelian verbal prefixes. Complex strings are subject to a fascinating array of morphophonological processes that make decomposition and glossing challenging. Using an electronic database of over 2600 sentences, the paper highlights the variety of difficulties that decomposition encounters as well as their diachronic sources and potential solutions. In a similar vein, Thomas Wier enriches the longstanding line of linguistic research into Georgian agreement by presenting historical and underappreciated dialectal data. Far from the templatic view at times encountered in descriptions of the language, Wier shows how increases and decreases in complexity often go hand in hand, creating conflicting patterns of morphological change.</p><p class=""txtNormal"">Away from Kartvelian, Marie Laurence Knittel discusses French deverbal adjectives in -ant, offering an analysis that teases apart the contribution of the morpheme from those of its host. Xiaofang Zhou proposes a unified syntactic account of Mandarin axial complexes like zhuōzi-shàng ‘table-top/on’ and zhuōzi shàng-miàn ‘table up-face.’ Zhou hypothesises that these are nominal phrases with a complex internal constitution that accounts for their mixed distribution. Michela Russo describes how the mass/count distinction is encoded in the nominal determiner system in Southern Italo-Romance, tracing its diachronic development from Latin and its synchronic syntactic-phonological features.</p><p class=""txtNormal"">Phrases, the second part of the volume, addresses the interface between the syntax and the lexical semantics of the extended verbal phrase. Patrick Caudal surveys the encoding of telicity in the causative alternation and avertive constructions of several Australian languages. These emerge as lexically deficient for telicity and aspectual features and so implement the connection between interpretation and structure in a novel way. María Cristina Cuervo and Jean-François Juneau<strong> </strong>tackle the double-duty preverbs mi- and mo- in Georgian ditransitives. These track person, not via agreement, but by virtue of being deictic elements. Cuervo and Juneau’s account combines person features with aspectual properties of constructions manifesting the preverbs. Carmen Dobrovie-Sorin and Patricia Cabredo-Hofherr<strong> </strong>tackle passives of unergative verbs in Germanic and Romance, tying them to ergative marking and the aorist of unergative verbs in Georgian. Analyzing both participial passives and se forms, they reach an analysis of passive that eschews Voice projections in favour of derivations from independently available components. Closely related to the topic of unergatives, Dalina Kallulli and Isabel Oltra-Massuet<strong> </strong>contrast cognate object constructions in Albanian with those of English and Spanish, addressing the thorny issue of how cognate objects should be defined. </p><p class=""txtNormal"">Moving to causative constructions, Rita Manzini<strong> </strong>analyzes the syntactic properties of periphrastic causatives in Romance, suggesting that the embedding verb is not an auxiliary but a lexical verb that selects a vP. The size and type of the complement account for ergative alignment, supporting the view that ergatives are a passive-like, nonphasal vP. Martha McGinnis<strong> </strong>investigates Georgian causativized unaccusatives and transitives in nominalizations, passives, and (further) causativization. Their behavior favors the claim that configuration determines the identities of uncategorized functional heads. The basis for this view is laid out by Alec Marantz in his state-of-the-art survey of how word formation affects syntax. Marantz demonstrates how three decades of work by Nash and a recent upwelling of advances from New York University PhD students have led away from the head movement analyses he advocated 40 years ago towards a more abstract view of the syntax-semantics interface.</p><p class=""txtNormal"">Finally, Sentences, the third part of this volume, addresses clause-level linguistic phenomena. Three of the chapters are concerned with dative constructions. Elitzur Bar-Asher Siegal<strong> </strong>maps out the presentative dative of Modern Hebrew, arguing that it is not to be subsumed under existing dative typologies. Instead, he expands the crosslinguistic classification of datives and proposes methods for its further rollout. Jim Wood and Einar Freyr Sigurðsson examine Icelandic applied datives with adjectival predicates. These mix properties of high and low applicatives and lead, like the previous study, to an expansion of the typology of dative constructions—and to the theoretical means of accounting for them. Beyond the verbal domain, Tatyana Bondarenko develops a dative dichotomy where some datives are specifiers of an applicative head, others part of a phrase headed by a null preposition. She demonstrates that again allows restitutive readings only in a prepositional structure that meets additional syntactic and semantic conditions.<strong> </strong><strong> </strong></p><p class=""txtNormal"">The next two chapters address the theory of clausal architecture. Roberta D’Alessandro advances the hypothesis that resumptive strategies, such as Clitic Left Dislocation in Romance, serve to mark the crossing of spell-out domains. Examining Differential Object Marking in this light, she suggests that asymmetries in clitics doubling subjects and objects arise from the domains crossed.<strong> </strong>Carlo Cecchetto and Caterina Donati<strong> </strong>tackle unmotivated movement by framing successive cyclic movement and head movement as a natural class. They tie movement to labelling and visibility in line with the Phase Impenetrability Constraint, a position that calls for labels within the syntactic derivation (contra Chomsky 2013, 2019).</p><p class=""txtNormal"">The final two chapters return to the riches unearthed in Babel’s rubble: similar constructions in distant languages. Daniel Harbour documents the curious use of plural agreement for singular whichever of, both within the clause where whichever occurs and in subsequent ones. The construction is identified in Georgian, Kiowa, and Quechua, with Kiowa data forming the focus of the chapter. The data are dissected and the likely elements of an analysis—unagreement, covert correlatives, the semantics of wh-modification—disaggregated. Chang Liu examines two types of ‘Presentational Amalgam Constructions’ in Mandarin and shows that an NP-ellipsis strategy proposed by Bhatt and Nash (2018) for Georgian correlatives can be implemented for one of the Mandarin constructions.</p><p class=""txtNormal"">In all, these contributions reveal the multifaceted unity of the Generative Program in general and of Nash’s research in particular. We hope readers will be inspired to dig, sift, sort, and build further.</p><p class=""txtNormal""> </p><p> </p><p> </p><p class=""Ta"">Tribute</p><p class=""txtNormal""> </p><p class=""txtNormal"">We dedicate this volume to Léa Nash, in tribute to her many profound contributions to linguistics and its community of researchers. Léa is a theoretician who harnesses her exceptional mastery of languages from diverse families—Slavic, Semitic, Romance, and above all Kartvelian—to show how an explanatory theory of our knowledge of language can be constructed from the ‘rubble’ of Babel and the rugged riches it contains. </p><p class=""txtNormal"">Léa’s expertise in the syntax of ergativity, focusing on Georgian and other Kartvelian languages (Laz, Megrelian, Svan), has singled her out in the linguistic world. Her work has challenged generalizations based on nominative-accusative languages while strengthening the framework from which they come. Her research covers a wide expanse of phenomena, spanning all levels of morphosyntactic analysis and traversing the interfaces between morphology, syntax, and lexical semantics. Her solo and collaborative work includes the distribution, derivation, and acquisition of clitics and pronouns, the syntax and semantics of unergatives, the nature of causative morphemes and the concept of direct causation, the typology of dative constructions and the theory of applicative heads, as well as complex predicates, correlatives, and relativization. </p><p class=""txtNormal"">The contributions to this volume are all in different ways responses to her impact on the field and the lives of the linguists who inhabit it—for Léa’s contributions are not limited to her publications, rich as they are, but encompass her enormous intellectual and personal generosity. Léa is a linguist of connections, bringing not just ideas but people, places, and events together. The insights she offers, the introductions she makes, the networks she builds all are catalysts for others’ research and careers. One concrete example is the South Caucasian Chalk Circle, a series of conferences and summer schools, which Léa cofounded and coorganizes, bringing research communities in Georgia, Western Europe, and America together. Another, to which all the editors of this volume can personally testify, is Léa’s role as a teacher, advisor, and mentor. For us and many others, Léa has opened doors, given knowledge, provided skills, and offered advice at crucial crossroads in our careers and lives.</p><p class=""txtNormal""> </p><p>⁂</p><p class=""txtNormal"">Léa, thank you, merci beaucoup, спасибо большое, დიდი მადლობა, and for being an inspiration in how to be linguistically and for holding so bright and kaleidoscopic a lantern to guide us on our ways.</p><p class=""txtNormal""> </p><p>⁂</p><p> </p><p class=""txtNormal"">Nora Boneh,<br /> Daniel Harbour,<br /> Ora Matushansky,<br /> Isabelle Roy</p><p class=""txtNormal"">Jerusalem, London, Paris, Nantes</p><p class=""txtNormal"">January 2022</p><p class=""txtNormal""> </p><p> </p>";;0;0.00;"<p>The volume groups papers exploring the unity of linguistic diversity (‘Babel’s rubble’) in the Generative framework. While its empirical contribution ranges from morphology to semantics, the theoretical thrust of this volume is on syntax and its interfaces. Topics include primarily diathetic alternations, the syntax of causatives and the analysis of dative marking, with forays into ergativity and locative expressions, as well as issues of categorization and clause structure. All serve to locate and examine the limits of the interface-driven approach advocated by Generative Linguistics. The originality of the book resides in the particular combination of topics and the diverse languages covered, many of which understudied. </p>";;18/02/2022 09:11;0;Première;3147 736;2;2;43;Fragments de Géo;;;;"<p>« Fragments de Géo » est le premier ouvrage de la collection <strong>GéoTraverses</strong>, créée par <em>le Comité National Français de Géographie </em>et les <em>PUV</em>. Il rassemble 13 contributions de 30 géographes, d’horizons variés, et reflète une partie de la diversité des champs d’études et des débats qui animent la géographie française contemporaine.</p>";;;30/08/2022;0;170x240;196;978-2-37924-246-5;978-2-37924-246-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_736.jpg;;;;0;17.00;"<p>La géographie embrasse un large éventail de questionnements qui travaillent aujourd’hui nos sociétés. Elle montre des connexions entre des phénomènes multiples et s’empare de toute une variété de sujets hybrides, allant de l’environnement à l’aménagement, aux échanges, aux différentes consommations, de l’urbain au rural, aux ancrages culturels ou aux enjeux géopolitiques, entre autres. Pour des raisons éthiques comme épistémologiques, il devient crucial de pouvoir conserver des espaces de dialogues, croisant les spécialités et les approches, au sein de notre discipline.<br /> <br /></p><p>Ces fragments offrent une vision kaléidoscopique de la géographie : ces voix, ces éclairages sur des champs entiers de notre discipline donnent l’image d’une discipline vivante, issue de multiples héritages, s’inspirant de différents échanges scientifiques à la croisée des sciences de la nature et des sciences sociales.</p>";;28/02/2022 15:56;1;Première;3396 737;2;1;14;L'art documentaire et politique contemporain;;;;"<p>Cet ouvrage collectif questionne l’évolution du documentaire de création à consonance politique en ce début de XXI<sup>e </sup>siècle à travers l’analyse d’un grand nombre d’œuvres proposant de nouvelles formes d’engagement.</p>";"<p>Remerciements </p><p>Introduction<br />Antony Fiant et Isabelle Le Corff </p><p> </p><p><strong>1. La parole politique et ses alternatives</strong></p><p>Cultiver la terre comme on défend une cause : à propos de 125 hectares de Florence Lazar<br />Aline Caillet </p><p>De l’épuisement du lieu dans Paysage ordinaire de Damien Monnier<br />Isabelle Le Corff </p><p>Fonction politique de deux installations de Wang Bing<br />Antony Fiant </p><p>La Syrie en images : de la banalisation de l’horreur à l’horreur du banal<br />Dork Zabunyan </p><p style=""padding-left: 120px;""><span style=""white-space: pre;""> </span>Rencontre avec Maria Kourkouta<br /><span style=""white-space: pre;""> </span>Eux qui traversent les frontières </p><p><strong>2. Au cœur du déracinement</strong></p><p>Déracinement et reconstruction du souvenir dans <em>L’Image manquante</em> et <em>Exil</em> de Rithy Panh<br />Adrien-Gabriel Bouché </p><p>Overseas de Sung-A Yoon : une préparation à l’exil<br />Cécile Ibarra </p><p>Personnes sans identité : documentaires hospitaliers pour ceux qui demeurent<br />Jacopo Rasmi </p><p>Désanctuariser le cinéma. Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval : les chantiers post-documentaires<br />Robert Bonamy </p><p style=""padding-left: 120px;""> <span style=""white-space: pre;""> </span>Rencontre avec Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval<br /><span style=""white-space: pre;""> <span style=""white-space: pre;""> </span></span>Restituer une visibilité </p><p><strong>3. Processus d'appropriation : </strong><strong> </strong><strong>données, traces, archives</strong></p><p>Documenter in absentia : devenirs numériques de la rencontre documentaire<br />Camille Bui </p><p>Jean-Gabriel Périot et l’art délicat de l’archive<br />Bruno Élisabeth </p><p>De la trace du réel à l’indice d’une réalité : les enjeux d’un paradigme indiciaire à l’ère du big data<br />Aline Caillet </p><p>« Art forensique » et « paradigme indiciaire »<br />Judith Michalet </p><p style=""padding-left: 120px;""><span style=""white-space: pre;""> </span>Rencontre avec Mila Turajlić<br /><span style=""white-space: pre;""> </span>Le secret derrière la porte </p><p>Bibliographie </p><p>Les auteur·rice·s </p>";;21/06/2022;0;160x220;240;978-2-37924-250-2;978-2-37924-250-2;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_737.jpg;"<p>Avec l’avènement du numérique au XXI<sup>e</sup> siècle, l’art documentaire a, comme tant d’autres domaines, subi de très profondes transformations et se décline désormais dans différents lieux et sous divers formats, allant de la salle de cinéma aux plateformes du web en passant par les musées ou les galeries.</p><p>Le présent ouvrage porte un regard sur cette évolution récente du documentaire de création à consonance politique. L’analyse d’un grand nombre d’œuvres, diverses tant dans leurs modes de production que dans leurs propositions esthétiques, y révèle un profond renouvellement des pratiques et des formes artistiques qui ont en commun des modalités inédites d’engagement.</p><p>Douze textes et trois rencontres avec des cinéastes (Maria Kourkouta, Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval, Mila Turajlic), organisés en trois parties - respectivement axées sur la parole politique, le déracinement et l’exil, les processus d’appropriation d’images et de sons produits par d’autres - démontrent la grande vitalité de l’art documentaire qui, à défaut de changer le monde, l’<em>inscrit</em> et le <em>réfléchit</em>.</p><p> </p><p><em>Antony Fiant et Isabelle Le Corff sont professeurs en études cinématographiques, respectivement à l’Université Rennes 2 et à l’Université de Bretagne occidentale à Brest.</em></p>";"<div id=""_idContainer000"" class=""Bloc-de-texte-standard""><p class=""txt_Normal"">Avec l’avènement du numérique au <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, l’art documen­taire a, comme tant d’autres domaines, subi de très profondes transformations. En dehors de ses lieux de diffusion traditionnels que sont les salles de cinéma (celles de la distribution classique mais aussi celles des nombreux festivals qui lui sont dédiés) et la télévision (dans les rares cases qu’elle lui accorde encore), le documentaire est désormais omniprésent dans les espaces les plus divers de la création artistique, décliné sur les plateformes du web, dans les musées et les galeries, ou encore dans les arts de la scène. Un certain nombre de travaux importants sur les rapports entre art documentaire et politique ont été menés ces vingt dernières années, simultanément à la transition numérique, prenant le risque d’avancer des hypothèses sans le recul généralement nécessaire à toute théorisation, se fondant sur des propositions risquant d’être contredites par de constantes et rapides évolutions technologiques. Aussi peut-on reprendre le constat dressé par Aline Caillet et Frédéric Pouillaude dans l’introduction du collectif qu’ils ont co-dirigé, <span class=""typo_Italique"">Un art documentaire. Enjeux esthétiques, politiques et éthiques</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-009-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-009"">1</a></span></span>. Si cet ouvrage vise à cerner tout ce qui en art aujourd’hui relève de l’appellation « documentaire », sans restriction aux visées politiques, les deux auteurs constatent dans leur introduction un « déficit de théorisation et d’approches croisées » qui nous concerne également. Ce déficit est situé du côté de l’histoire et de la théorie des arts mais aussi du côté de l’esthétique et de la philosophie de l’art.</p><p class=""txt_Normal"">Sans prétendre à un état de l’art sur la question, signalons que d’autres ouvrages se sont révélés importants dans notre perspective, parmi lesquels : celui de Dominique Baqué, <span class=""typo_Italique"">Pour un nouvel art politique. De l’art contemporain au documentaire</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-008-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-008"">2</a></span></span>, qui adopte une position polémique en fustigeant la supposée incapacité de l’art contemporain à se faire l’écho de situations politiques avec des œuvres idéologiquement faibles, contrairement au film et à la photographie documentaires, considérés comme les seuls relais possibles d’un art politique ; l’ouvrage collectif dirigé par Nicole Brenez et Bidhan Jacobs, <span class=""typo_Italique"">Le Cinéma critique. De l’argentique au numérique, voies et formes de l’objection visuelle</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-007-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-007"">3</a></span></span>, qui se penche sur la manière dont, au tournant du <span class=""typo_SC"">xxi</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle, les artistes s’emparent de nouveaux outils pour « transférer, hybrider, tresser les supports d’images » dans une perspective critique ; le collectif dirigé par Lucie Kempf et Tania Moguilevskaia, <span class=""typo_Italique"">Le Théâtre néo-documentaire, résurgence ou réinvention ?</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-006-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-006"">4</a></span></span>, qui interroge, à travers plusieurs études et témoignages d’artistes, le renouveau du théâtre dit « documentaire » permis dès les années 1990 par la transition numérique ; celui d’Aline Caillet, <span class=""typo_Italique"">Dispositifs critiques. Le documentaire, du cinéma aux arts visuels</span><span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-005-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-005"">5</a></span></span>, qui étudie et théorise l’évolution du registre documentaire dans les années 2000-2010 et son hybridation vers les arts visuels et ceux de la scène.</p><p class=""txt_Normal"">Le programme de recherche « Art documentaire et politique à l’ère du numérique » (<a href=""https://www.mshb.fr/projets_mshb/doponum/5156/""><span class=""typo_lien_internet"">DOPONUM</span></a>)<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-004-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-004"">6</a></span></span>, labellisé par la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne (MSHB) sur la période 2018-2020 et dont les principaux travaux sont ici réunis, mesure la portée politique de tels changements et analyse l’évolution d’un art documentaire par définition enclin aux propositions formelles et animé de questions politiques nouvelles ou plus anciennes. Pour cela, le programme prend en considération aussi bien les pratiques que les techniques, les processus de création que les œuvres, tout en interrogeant les liens entre cette prolifération et une ambition artistique qui renouvelle les rapports entre arts et politique.</p><p class=""txt_Normal"">Afin de mesurer la portée de ces changements, deux axes sont à privilégier : un premier relatif aux nouvelles pratiques impliquées par les techniques numériques, un second sur les conséquences esthétiques induites par l’utilisation de technologies légères et mobiles. Ces deux axes s’entremêlent grandement dans les textes et entretiens qui constituent le présent ouvrage, sans que l’approche des œuvres puisse s’y réduire tant celles-ci convoquent d’autres champs – historique, sociologique, économique, philosophique, éthique –, pour dessiner <span class=""typo_Italique"">in fine </span>un regard sur le monde visant à dévoiler ce que le terme de « politique » désigne en tout premier lieu : l’organisation des sociétés.</p><p class=""txt_Normal"">Dans le premier chapitre de l’essai <span class=""typo_Italique"">Le</span> <span class=""typo_Italique"">Partage du sensible. Esthétique et politique</span>,<span class=""typo_Italique""> </span>Jacques Rancière prend appui sur la peinture, le théâtre et la danse pour désigner :</p><p class=""citation"">[…] trois formes de partage du sensible structurant la manière dont des arts peuvent être perçus et pensés comme arts <span class=""typo_Italique"">et </span>comme formes d’inscription du sens de la communauté. Ces formes définissent la manière dont des œuvres ou performances « font de la politique », quels que soient par ailleurs les intentions qui y président, les modes d’insertion sociaux des artistes ou la façon dont les formes artistiques réfléchissent les structures ou les mouvements sociaux<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-003-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-003"">7</a></span></span>. </p><p class=""txt_Normal"">L’art documentaire, dans ses déclinaisons politiques contemporaines, tend fortement – le présent ouvrage tente de le démontrer – vers ces trois formes de partage du sensible dans sa propension à <span class=""typo_Italique"">inscrire </span>et <span class=""typo_Italique"">réfléchir </span>le monde : ses dérégulations, sa dysharmonie, ses injustices, ses violences, bref, son chaos.</p><p class=""txt_Normal"">Pour interroger, en termes politiques, l’évolution des repré­sentations documentaires du monde contemporain – lesquelles incarnent un véritable contre-pouvoir aux médias traditionnels et si influents, leur opposant, pour poursuivre avec Rancière, « des positions et des mouvements des corps, des fonctions de la parole, des répartitions du visible et de l’invisible<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-002-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-002"">8</a></span></span> » –, il apparaît nécessaire de tisser des liens étroits entre les disciplines, ce dont témoigne ce livre qui regroupe chercheurs confirmés et doctorants venus d’horizons variés. Aborder les relations entre l’art documentaire et la politique met en évidence, à l’ère du numérique, le profond renouvellement des pratiques et des formes artistiques diversement et, plus ou moins ouvertement, « engagées ». Ces pratiques, renouvelées par l’usage de nouvelles techniques et de nouveaux outils, ont donc logiquement été interrogées : la mobilité, l’accessibilité et la performance des appareils de prise de son et de vue, tout comme la possibilité de montage et de post-production sur des appareils domestiques, changent incontestablement la donne, imposant au passage une mise en perspective historique (l’avènement du cinéma direct dans les années 1960 ou celui de la vidéo dans les années 1970). On peut dès lors s’interroger : comment ces nouvelles technologies, en apparence plus faciles d’accès, tant en termes de coût que de maniabilité, contribuent-elles à un geste tout à la fois artistique et politique ? Le numérique implique-t-il une réelle démocratisation de ce geste ? De là, une orientation esthétique s’est imposée : quelles formes résultent de la confrontation entre l’artiste et le monde d’aujourd’hui ? Le monde d’hier n’est-il pas tout aussi concerné, notamment par ce que l’on a nommé le « remploi » d’images dites d’« archive », dont le numérique facilite l’accès et la manipulation ? Quelles conséquences esthétiques sont induites par l’utilisation de technologies légères et mobiles ? Autant de questions qui traversent ici notre réflexion pour comprendre – à travers les choix formels convoqués pour représenter le monde contemporain, ses sociétés, ses communautés, ses peuples ou encore ses laissés-pour-compte – ce qui se joue entre art documentaire et politique.</p><p class=""txt_Normal"">Trois grandes parties sont ici déclinées. La première, « La parole politique et ses alternatives », vise à observer la manière dont l’art documentaire politique contemporain réitère un geste intrinsèque à toute forme d’engagement – celui du recueil de la parole (revendicative, dénonciatrice ou encore vindicative) –, tout en trouvant dans certains cas les moyens de s’en dispenser : quatre textes, suivis d’une rencontre, portent ici sur des films oscillant – parfois au sein du même film – entre la mise en scène de la parole (comme aime à le rappeler Jean-Louis Comolli, « [l]a parole, quand elle est filmée, porte le dedans du sujet à s’aventurer dans un dehors collectif, social, politique<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-001-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-001"">9</a></span></span> ») et la mise en retrait délibérée de celle-ci.</p><p class=""txt_Normal"">Aline Caillet consacre ainsi une analyse au film de l’artiste Florence Lazar, <span class=""typo_Italique"">125 hectares</span> (2019), entièrement articulé autour du corps d’une ouvrière agricole au travail dont émane une cinglante parole politique : constitué d’une seule séquence, le documentaire est tourné dans le Nord de la Martinique. L’artiste, coutumière des dispositifs privilégiant la parole politique, y filme et écoute Véronique Montjean témoignant de l’histoire de l’occupation illicite d’une terre agricole par un collectif d’agriculteurs depuis 1983. Puis l’étude d’Isabelle Le Corff, partant du constat que le monde paysan subit de profondes mutations en France comme partout ailleurs et que l’art documentaire s’en est emparé, s’appuie sur <span class=""typo_Italique"">La Jungle plate</span> (Johan van der Keuken, 1978) et <span class=""typo_Italique"">Il a plu sur le grand paysage</span> (Jean-Jacques Andrien, 2012) pour analyser <span class=""typo_Italique"">Paysage ordinaire</span> (2019), dans lequel Damien Monnier donne la parole aux divers occupants – de 1958 à nos jours – d’une ferme située dans le Morbihan : tandis que la modernisation technique transforme les espaces et qu’une agriculture productiviste bouleverse les modes de vie des populations, la consommation des énergies fossiles et des énergies renouvelables est un enjeu politique et écologique crucial dans l’exploitation des ressources de la terre. Pris dans l’engrenage de leurs investissements et de leurs endettements, les agriculteurs disent leur sentiment d’abandon. La parole, également relayée par un narrateur présent à l’écran, égrène, en les listant, les rapides transformations des lieux et des pratiques dans une économie mondialisée qui engendre à la fois de profondes mutations du métier d’agriculteur et une crise environnementale.</p><p class=""txt_Normal"">Antony Fiant – considérant tout à la fois méthodes de tournage adoptées, partis pris esthétiques et dramaturgiques, propos tenus et modes de diffusion – s’interroge sur la fonction politique de deux installations vidéo du documentariste chinois Wang Bing qui entretiennent un rapport opposé à la parole : <span class=""typo_Italique"">15 Hours </span>(2017), entièrement dévolue à l’observation sur une journée de travail d’ouvriers d’un atelier de textile, et <span class=""typo_Italique"">Beauty</span> <span class=""typo_Italique"">Lives in Freedom</span> (2018) qui recueille, quant à elle, le long témoignage d’un dissident politique chinois, Gao Ertai, exilé aux États-Unis. Comme s’il n’y avait plus de mots pour décrire l’atrocité d’une guerre, il n’est plus tellement question de parole dans le texte « La Syrie en images : de la banalisation de l’horreur à l’horreur du banal » : Dork Zabunyan y postule qu’un dépassement de l’imagerie-choc appliquée par les médias au conflit syrien depuis une dizaine d’années n’appelle pas forcément un basculement dans les avatars de l’irreprésentable au risque de voir disparaître le peuple syrien – lequel, si l’on veut bien y prêter attention, œuvre précisément à sa propre représentation et, par-delà, à sa propre dignité en ayant recours à l’outil numérique. Enfin, la rencontre avec Maria Kourkouta autour de son film co-signé avec Niki Giannari <span class=""typo_Italique"">Des spectres hantent l’Europe</span> (2016), qui ponctue cette première partie, est éloquente à plus d’un titre. On y mesure en effet l’engagement de la cinéaste qui filme le camp d’Idoméni, dans le Nord de la Grèce, où sont bloqués plus de 15 000 réfugiés : liée à une profonde réflexion sur le cinéma, l’esthétique poétique du documentaire dépeint avec justesse, d’une part, la distance nécessaire entre filmeurs et filmés d’où surgit régulièrement une parole politique et, d’autre part, les corps en attente et muets des réfugiés.</p><p class=""txt_Normal"">Les quatre textes de la seconde partie du livre, « Au cœur du déracinement », issus de la journée d’étude « Du déracinement à la reconstruction : formes documentaires de la migration », questionnent la manière dont l’art documentaire, loin du traitement médiatique usuel, rend compte d’un fait politique majeur et incontournable de notre époque : celui des migrations de populations à l’échelle mondiale, de tous âges et de toutes conditions, pour des raisons politiques, économiques et/ou environnementales. Si nombre de documentaires consacrés à ce sujet montrent des migrants en transit sur le chemin de l’exil ou dans des camps aux statuts divers, plus rares sont ceux qui se focalisent sur les phases du déracinement ou de la reconstruction. La première semble privilégiée pour déterminer les causes de la migration, la seconde celle de ses conséquences ou de sa finalité. Le déracinement est moins filmé pour lui-même qu’il ne fait l’objet de récits au passé, de souvenirs, de réminiscences, ou encore de retours sur les lieux originels de la migration, parfois sous la forme de songes. Parler de « reconstruction » pourrait sembler déplacé quand on connaît l’issue dramatique de nombreuses migrations contemporaines – notamment en mer Méditerranée, d’autant qu’elle apparaît le plus souvent comme incertaine ou provisoire. Cependant, des artistes ont pu, sans verser pour autant dans l’optimisme à tout crin, témoigner de situations où des migrants se reconstruisent, au prix de nombreuses vicissitudes, d’errances et de recommencements, pour entamer une nouvelle vie conditionnée par l’insertion sociale et économique. Comment représenter l’origine d’un mouvement migratoire ? Comment dire l’arrachement ? Comment rendre compte d’une hypothétique reconstruction ?</p><p class=""txt_Normal"">Le premier des textes réunis dans cette seconde partie a pour particularité de traiter de films évoquant un fait historique – le génocide perpétré par les <a href=""https://fr.wikipedia.org/wiki/Crimes_du_r%C3%A9gime_Khmer_rouge""><span class=""typo_lien_internet"">Khmers rouges</span></a> au <a href=""https://fr.wikipedia.org/wiki/Cambodge""><span class=""typo_lien_internet"">Cambodge</span></a> entre 1975 et 1979 – et non un événement contemporain : <span class=""typo_Italique"">L’Image manquante</span> (2013) et <span class=""typo_Italique"">Exil </span>(2016) de Rithy Panh sont ici considérés par Adrien-Gabriel Bouché comme un diptyque, les deux parties d’une seule et même réflexion liée à la notion de « souvenir ». L’auteur<span class=""typo_gras""> </span>met en évidence, <span class=""typo_Italique"">via</span> une approche esthétique de ces deux œuvres, la façon dont Rithy Panh <span class=""typo_Italique"">déracine </span>et <span class=""typo_Italique"">reconstruit </span>la mémoire, collective mais surtout personnelle, pour tenter de (re)donner vie au passé vécu, à l’infilmé, et parfois à l’indicible. Cécile Ibarra, quant à elle, concentre son analyse – à partir du film de Sung-A Yoon <span class=""typo_Italique"">Overseas</span> (2019), exploration du système de formation institutionnalisé de la main-d’œuvre domestique philippine – sur la phase qui précède l’exil : cette phase qui certes témoigne des déclencheurs du départ mais qui révèle aussi les conditions d’arrachement qu’elle génère, en ayant recours à la mise en situation, par le biais de saynètes et de jeux de rôles.</p><p class=""txt_Normal"">Par l’évocation de trois films qui constituent autant de demeures où des réfugiés tentent de redonner un sens à leur vie – <span class=""typo_Italique"">La Vie de château</span> (Frédérique Devillez, 2007), <span class=""typo_Italique"">Gladeema</span> (Djamila Daddi-Haddoun et Fabien Fischer, 2016) et <span class=""typo_Italique"">Le Bel Été</span> (Pierre Creton, 2019) –, Jacopo Rasmi focalise notre attention sur les capacités des films documentaires contemporains consacrés aux questions migratoires à traiter du déracinement des peuples : il concentre son analyse, d’une part, sur les situations qui précèdent le déplacement et, d’autre part, sur les espaces-temps, les tensions et les fabulations qui lui font suite. Puis Robert Bonamy, dans son texte « Désanctuariser le cinéma. Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval : les chantiers post-documentaires », insiste sur la méthode « en bobines » désormais utilisée par ces deux cinéastes. Il procède à l’analyse d’un fragment de travail où la lande, désormais zone de renaturation sanctuarisée, devient un texte écrit sur les images et désormais chanté, comme par invocations : les migrants y sont soumis, notamment par le démantèlement de la ville brouillon, à la répétition mélancolique du déracinement.<span class=""typo_gras""> </span>À sa suite,<span class=""typo_gras""> </span>notre rencontre avec Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval eux-mêmes, « Restituer une visibilité »,<span class=""typo_Italique""> </span>éclaire la manière dont les deux cinéastes s’emparent des caméras numériques pour filmer le réel de la Jungle de Calais au présent sans se laisser prendre par l’immédiateté de l’actualité, générant ce qu’ils nomment de la « fiction de cinéma ». Les petites caméras permettent, disent-ils, de dépasser la frontière entre documentaire et fiction. Faisant dialoguer l’histoire et la réalité contemporaine, <span class=""typo_Italique"">L’Héroïque Lande</span> explore la place et la nature mêmes des images des habitants de la Jungle – véritables déracinés qui, confrontés à l’injustice humaine, composent un ensemble sensible et politique : le film offre au spectateur la possibilité d’entrer, par ces présences et ces paroles, dans un grand récit, vers d’autres imaginaires.</p><p class=""txt_Normal"">La troisième partie, « Processus d’appropriation : données, traces, archives », regroupe enfin quatre textes qui prennent pour objet des films et des démarches reposant sur un matériau préexistant, collecté, afin de lui donner une forme nouvelle et souvent d’en détourner la vocation politique initiale. Comme pour la parole, c’est là un geste récurrent dans l’histoire de l’art documentaire à consonance politique : de Dziga Vertov à Angela Ricci Lucchi et Yervant Gianikian, d’Alain Resnais à Sergei Loznitsa en passant par Chris Marker ou Andrei Ujică, de très nombreux cinéastes ont fait montre d’une grande inventivité à partir d’images tournées par d’autres. Seulement, on observe en ce début de siècle une diversification des sources utilisées, l’acte d’appropriation ne se limitant plus aux images (fixes ou mouvantes) dites d’archives ou bien redéfinissant celles-ci. C’est que, comme l’écrit Muriel Pic :</p><p class=""txt_Citation"">Le montage documentaire est étroitement lié aux progrès techniques et technologiques : de l’entrée de la reproductibilité technique dans le paysage culturel de la fin du <span class=""typo_SC"">xix</span><span class=""typo_Exposant _idGenCharOverride-1"">e</span> siècle à la digitalisation massive de l’époque contemporaine, les innovations introduites donnent à l’art de nouvelles possibilités de montage et fournissent de nouveaux moyens d’accéder à l’archive<span class=""CharOverride-1""><span id=""footnote-000-backlink""><a class=""_idFootnoteLink _idGenColorInherit"" href=""file:///Z:/POSTPROD/2022/L'ART%20DOCUMENTAIRE%20ET%20POLITIQUE%20CONTEMPORAIN/a_introduction.html#footnote-000"">10</a></span></span>.</p><p class=""txt_Normal"">Précisément, cette digitalisation a non seulement permis la diversification des sources mais aussi facilité leur accès et leur manipulation, donc leur appropriation.</p><p class=""txt_Normal"">Camille Bui s’intéresse ainsi aux démarches cinémato­graphiques d’appropriation de matériaux issus d’internet dans la création documentaire : en rapprochant la figure du cinéaste de celle du DJ ou du programmeur, elle propose un nouveau portrait de cinéaste documentaire qui, se démarquant de son confrère du cinéma direct, crée à partir de la sélection et de l’insertion d’images qu’il n’a pas initiées. Elle évoque ici trois cas d’enquêtes dans et par les images des autres, à travers un corpus de films brésiliens et québécois qui ont en commun d’avoir été montés à partir d’images et de sons provenant de différents dispositifs. Bruno Élisabeth, de son côté, interroge, tant d’un point de vue plastique que théorique, l’art délicat de l’archive mené par Jean-Gabriel Périot dans lequel celui-ci exprime ses convictions politiques à la frontière du cinéma expérimental et du documentaire de création : à partir d’un corpus de dix courts-métrages ayant recours aux archives les plus diverses, l’auteur situe l’approche documentaire du réalisateur dans une esthétique du film-tract qui n’est pas sans rappeler une certaine tradition du documentaire politique.</p><p class=""txt_Normal"">Quant aux textes d’Aline Caillet et de Judith Michalet, ils se démarquent par leur approche théorique du paradigme indiciaire, conceptualisé par Carlo Ginzburg, en appliquant cette notion à la recherche documentaire à l’ère numérique : comment décrire et analyser de telles pratiques enquêtrices à l’ère numérique ? Le paradigme indiciaire n’offrirait-il pas les ressources pour penser ces méthodes fondées <span class=""typo_Italique"">in fine</span> sur la lecture d’indices et leur interprétation ? Cette dernière partie se clôt enfin, tout comme les précédentes, par une rencontre – « Le secret derrière la porte » – avec la réalisatrice Mila Turajlić dont le film <span class=""typo_Italique"">L’Envers d’une histoire</span> (2017) relate l’effondrement de l’ex-Yougoslavie à travers le récit plus intime d’une femme professeure d’université qui n’est autre que sa mère. Mila Turajlić évoque, notamment, sa passion pour les documents d’archives : elle interroge cette matière et contribue à redéfinir celle-ci dans le cadre de la création documentaire – les approches narratives étant cruciales dans la construction d’une mémoire collective des territoires modifiés au cours de l’histoire.</p><p class=""txt_Normal"">Aussi multiples et diverses soient-elles, les déclinaisons des liens entre art documentaire et politique à l’ère du numérique évoquées dans les études et les rencontres ici présentées ne prétendent bien sûr pas couvrir l’intégralité d’un terrain gigantesque et en perpétuelle mutation. Plus modestement, ces contributions tentent de mettre en évidence, et à l’honneur, des œuvres à la croisée de la proposition artistique et du regard politique sur le monde : entre crise";;;;;;;;; 738;2;2;43;Espace, genre et violences conjugales : ce que révèle la crise de la Covid-19;;;;"<p><span>La crise de la covid-19 a eu des conséquences fortes sur les rapports de genre et les violences au sein du couple. Les mesures de confinement associées en particulier ont rendu impossible à ignorer les logiques spatiales qui les sous-tendent.</span></p>";;;19/09/2022;0;170x240;160;978-2-37924-258-8;978-2-37924-258-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_738.jpg;"<p>La pandémie de covid-19 et les mesures de confinement en mars 2020 ont été perçues comme des événements sans précédent. Qu'en est-il de leurs effets sur les rapports de genre et les violences dans le couple ?</p><p>Cet ouvrage propose une géographie sociale et féministe des rapports de genre, des violences conjugales et de l’accompagnement des victimes. À partir d'une enquête menée sur la période mars 2020-mars 2021, il montre que les inégalités habituellement constatées entre femmes et hommes ont été renforcées par la crise et que les politiques étatiques de restriction des mobilités ont pu entrer en résonance avec les logiques de contrôle spatial des auteurs de violence. En outre, si la pandémie a été l’occasion d’une accélération dans la mise en œuvre de mesures de lutte contre les violences, elle n'a pas constitué de rupture dans l'histoire de l'action publique.</p><p>En ce sens, la crise sanitaire fonctionne comme un miroir grossissant des dynamiques et des tendances peu perceptibles d’ordinaire. Elle démontre l’importance cruciale de l’espace que les mois de confinement ont rendu impossible à ignorer.</p>";;;0;19.00;"<p><span>Cet ouvrage propose une géographie sociale et féministe des rapports de genre et des violences au sein du couple. À partir d’une enquête menée de mars 2020 à mars 2021, il montre que les inégalités entre femmes et hommes ont été creusées par la crise et que les politiques de restriction des mobilités sont entrées en résonance avec les logiques de contrôle spatial des auteurs de violence. En outre, si la pandémie a été l’occasion d’une accélération dans la mise en œuvre de mesures de lutte contre les violences, elle n’a pas constitué de rupture dans l’histoire de l’action publique. La crise sanitaire a fonctionné comme un miroir grossissant des tendances peu perceptibles d’ordinaire, en particulier de leur dimension spatiale.</span></p>";;10/05/2022 11:16;0;Première;3403 739;1;2;27;Vieillesse et pouvoir dans l’Occident médiéval;N°82/2022;;;"<p><span>Si Charlemagne est connu pour avoir atteint la vieillesse, il n’est pas une exception parmi celles et ceux qui exercent le pouvoir au Moyen Âge. <em>Médiévales</em> cerne les rapports, dans le discours comme dans la pratique, entre vieillesse et pouvoir.</span></p>";;;04/10/2022;82;160x240;224;978-2-37924-254-0;978-2-37924-254-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_739.jpg;;;;0;20.00;"<p>Si la vieillesse est une réalité au Moyen Âge, elle n'en est pas moins une notion relative. <em>Médiévales </em>s’interroge sur ses contours (flous) et ce qui permet de considérer qu'une partie des détenteurs et détentrices du pouvoir l'ont atteint. Les auteurs analysent dans ce cadre les parcours individuels et les pratiques qui conduisent à l'exercice du pouvoir à un âge avancé, ses conséquences pour celui ou celle qui détient le pouvoir ou y participe, mais aussi pour les autres (entourage, individus relevant de son autorité) et donc les tensions intergénérationnelles qui peuvent en résulter, ainsi que le discours, admiratif, réprobateur ou indifférent, suscité par de telles situations.</p>";;10/05/2022 11:30;0;Première;3377 740;2;2;33;Automates, robots et humains virtuels dans les arts vivants;;;;"<p>L’auteur analyse comment des artistes ont adopté ces êtres artificiels, que sont les robots, les avatars et les humains virtuels, pour renouveler, à côté de la traditionnelle famille des « arts vivants naturels », la famille des « arts vivants artificiels.</p>";;;11/10/2022;0;170x240;224;978-2-37924-262-5;978-2-37924-262-5;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_740.jpg;;;;0;22.00;"<p>L'ouvrage invite à un voyage de plus de deux milliers d’années afin de retracer la genèse de ces productions et de leurs techniques. Il analyse comment les artistes se sont saisis de ces artefacts pour en faire des créations en résonance avec notre temps. Les arts vivants artificiels, tout en nous offrant toujours de précieux plaisirs, nous prépareraient à vivre désormais en bonne compagnie avec ces êtres artificiels qui nous renvoient notre image et nous obligent à redéfinir notre humanité.</p>";;24/05/2022 16:03;0;;3686 741;2;2;22;Le Normal et le Pathologique à l’école aujourd’hui;;;;"<p>A la croisée de la philosophie, de la psychanalyse et de la sociologie, cet ouvrage invite à réinterpréter les écarts à la norme, les problèmes disciplinaires, les différents troubles de l’attention et pathologies repérées chez l’enfant et l’adolescent dans le champ scolaire.</p>";;;18/10/2022;0;137x220;208;978-2-37924-266-3;978-2-37924-266-3;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_741.jpg;"<p>Les droits de l’enfant, dont l’émergence constitue un progrès culturel, ont profondément modifié les statuts et liens réciproques des éducateurs et des éduqués, ainsi que le rapport à l’enfant, à sa parole, à son corps, à sa responsabilité et à sa culpabilité. Consentement, principes non violents, écoute de l’enfant sont censés guider tout éducateur.</p><p>Or ces idéaux prometteurs d’émancipation se retournent fréquemment en normes, et peuvent même s’accommoder de formes éducatives vieillissantes. Une réelle tension entre paradigme égalitaire et poids des normes s’exerce à l’école par le biais d’étiquetages médico-sociaux, et on peut voir coexister une forme scolaire ancienne, caractéristique de la transmission verticale, avec des schémas de transmission horizontale.</p><p>Participant de cette même logique, la notion d’intérêt de l’enfant justifie aujourd’hui de nouveaux espaces de négociations revendiqués par les parents. Il y a là un espace pour le déploiement de valeurs et de normes communautaires, ou encore pour des attitudes consuméristes, comme lorsque des parents veulent mettre l’institution éducative au service de compétences cognitives supposées précoces de leur enfant. Alors que la diversification et l’individualisation sont les maîtres mots des réformateurs pédagogiques, il est parfois difficile de repérer la limite entre adaptation aux besoins de l’enfant et revendication illégitime. C’est pourquoi cet ouvrage, issu d’une recherche transdisciplinaire, propose une prise de distance par rapport aux normes nouvelles qui pèsent, parfois à l’insu des acteurs de l’éducation, sur l’enfance. Il s’efforce de clarifier les idéaux, les valeurs, que le nouveau discours éducatif exprime, il interroge aussi le renouvellement des pratiques que suscitent ce discours.</p><p> </p><p><em>Laurence Gavarini est Professeure émérite en Sciences de l’éducation à Paris 8. Elle a une pratique clinique d’orientation psychanalytique auprès de groupes de professionnels en formation. Ses recherches portent sur l’éthique, la subjectivité, l’adolescence, la crise de l’éducation. </em></p><p><em>Dominique Ottavi est Professeure émérite en Sciences de l’éducation à l’Université de Paris Nanterre ; elle poursuit des recherches portent sur l’histoire des idées éducatives, sur l’Education et l’histoire de la psychologie de l’enfant et a notamment publié De Darwin à Piaget (CNRS éditions, 2009). </em></p><p><em>Ilaria Pirone est maître de conférences en Sciences de l’éducation à l’Université Paris 8, psychologue clinicienne. Ses recherches portent notamment sur la question du récit et l’articulation entre normes et éthique dans le champ de l’éducation.</em></p><p><strong> </strong></p>";;;0;23.00;"<p>Comment se départagent le normal et le pathologique aujourd’hui à l’école ? La norme scolaire a changé d’aspect, et son poids s’exerce alors même que l’école vise l’inclusion des différences et le respect de l’égalité. La neuropédagogie et la psychologie cognitive sont devenues des incontournables et exercent une influence hégémonique sur la didactique. Sans défendre un autre discours totalisant en miroir des précédents, mais au contraire dans une forme de dialogue, les différentes contributions montrent comment une approche clinique est requise pour déceler des tensions entre les idéaux et ce qui se joue effectivement dans les pratiques. Tout comme une réflexion philosophique est aussi nécessaire pour mettre en question les finalités de l’école, et leur transformation. Que se passe-t-il donc sous nos yeux, pour que les intentions louables qui soutiennent les pratiques dites inclusives à l’école s’accompagnent d’un sentiment récurrent de crise et de souffrances dans l’espace scolaire ? En intégrant des contributions d’universitaires sociologues et de cliniciens allemands et italiens, l’ouvrage se penche sur la manière dont, parfois à l’insu des acteurs, le poids d’exigences nouvelles pèse sur les élèves, alors même que les objectifs déclarés de l’éducation s’arment de bienveillance et appellent au respect du développement naturel.</p>";;24/05/2022 16:13;0;Première;3080 742;1;2;34;L’art face aux urgences écologiques;N°35/2022;;;"<p>L'équipe de<em> Marges</em> consacre ce numéro à la question des pratiques artistiques face aux urgences écologiques – question qui est rarement abordée sous cet angle.</p>";;;18/10/2022;0;155x220;192;978-2-37924-242-7;978-2-37924-242-7;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_742.jpg;;;;0;17.00;"<p>L’impuissance des différents gouvernements à répondre à l’urgence climatique est l’une des grandes questions sociales, politiques, économiques de notre temps. Les rapports alarmistes se succèdent, comme les mobilisations citoyennes dans le monde entier, avec pour le moment assez peu d’effet. Au même moment, et en tenant compte de ce contexte, la question des transformations de notre monde, de la nature et de notre rapport à la nature alimente un certain nombre de projets artistiques, dont il est question dans ce numéro. </p>";;24/05/2022 16:23;1;Première;3675 743;2;2;18;Valère Novarina, le surgissement de l’inconnu;;;;"<p>Novarina : le pari de l’inconnu ! Quel théâtre après Artaud, après Beckett ?</p>";;;02/11/2022;0;137x220;288;978-2-37924-270-0;978-2-37924-270-0;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_743.jpg;"<p>« <em>La vie, oui à la vie ! </em>»</p><p>Les écritures de la brûlure, de la parole entravée, du bonheur impossible occupent une large place dans la littérature contemporaine.</p><p>En marge de ce courant crépusculaire, l’œuvre inclassable de Valère Novarina, <em>sortie des gonds</em>, en finit avec l’idée de fin et redonne de la légitimité à la santé, à la joie de parler, au rire.</p><p>Du chaos peut naître quelque chose ? Quelles nouvelles formes pour témoigner de la présence ? La scène, délestée du fatras représentatif, est le foyer<em> </em>où créer au <em>présent d’apparition</em>, des débuts d’histoires, des fragments de vie, des questionnements philosophiques.</p><p>La vitalité de la parole, sans aucune illusion idéaliste, sans déni de la part sombre de l’homme ni des épisodes tragiques de l’Histoire, fait surgir l’inconnu, ouvre à nouveau l’espace du possible, celui des commencements à perpétuité. Mouvement ininterrompu d’une parole libre allant vers la joie d’être au monde, fût-il chaotique.</p><p> </p><p>Aucun repos dans cette œuvre démesurée, la manière novarinienne dote l’inquiétude de vertu. La folie d’une parole insurgée invente un théâtre sans terreur ni pitié, ni consolation. Un gai savoir.</p>";;;0;25.00;"<p>L’œuvre de Novarina va à contre-courant d’une littérature du désenchantement. Là où beaucoup de pièces contemporaines nous immobilisent dans nos peurs par l’exhibition de la violence du monde et de l’homme, l’œuvre de V. Novarina réenchante les possibles. Le refus de la représentation de l’événement rétrospectif permet à la scène novarinienne d’être dans le mouvement de débuts à perpétuité. L’événement y est l’inconnu à venir, surgissant, rebattant les cartes du possible, faisant advenir l’inattendu.</p><p>L’œuvre de Novarina déborde le genre théâtral et, pour respecter cette sortie des frontières génériques, l’autrice s’est efforcée dans son livre d’en respecter le caractère transversal par des analyses puisant à des domaines multiples : littérature, théâtre, philosophie, psychanalyse, théologie.</p>";;24/05/2022 16:33;0;Première;3656 744;2;2;35;Paris, capitale médiatique;Ville et presse au XIXe siècle;;;"<p>Comment les médias ont-ils fabriqué Paris, qui devient une ville-monde au 19<sup>e</sup> siècle ? Comment la capitale a-t-elle de son côté imposé sa marque au monde du journal et de l’information ? Les réponses dans l’ouvrage <em>Paris, capitale médiatique</em> !</p>";;;18/10/2022;0;170x240;224;978-2-37924-274-8;978-2-37924-274-8;0;;Presses Universitaires de Vincennes;img_744.jpg;"<p>Depuis deux décennies, Paris se peuple d’incubateurs de start-ups créatives, tandis que les grands médias traditionnels ne cessent de déménager, investissant de nouveaux quartiers. Si ces acteurs transforment l’espace urbain par leur empreinte matérielle, ils sont aussi porteurs de discours et d’imaginaires sur les médias et la capitale. Cette dynamique présentée par leurs promoteurs comme novatrice, s’inscrit en réalité dans l’histoire du capitalisme médiatique, liée au Paris du XIX<sup>e</sup> siècle, période qui voit le surgissement foisonnant des médias de masse et des industries culturelles. La « capitale de la modernité » n’est donc pas seulement celle de l’industrie, de la culture et du luxe, mais aussi des médias.</p><p>L’ouvrage <em>Paris capitale médiatique</em>, rédigé par des chercheur.e.s issu.e.s de plusieurs disciplines, explore la naissance d’une territorialité médiatique parisienne au XIX<sup>e</sup> siècle. Quels rôles les médias, mais aussi les industries culturelles, marchandes et publicitaires, jouent-ils dans la fabrique de la capitale qui, selon Balzac, offre « le spectacle dramatique incessant » de ses « combats déchirants pour l’existence » ? Et quelle place Paris occupe-t-elle dans les mutations médiatiques ? Une attention particulière est accordée à Émile de Girardin, à la fois entrepreneur de presse, homme d’affaires, politique et auteur à succès, traité en tant que pionnier et parangon de ce capitalisme médiatique parisien.</p>";;;0;23.00;"<p>L’ouvrage rédigé par des chercheur.e.s issu.e.s de plusieurs disciplines, explore la naissance d’une territorialité médiatique parisienne au XIX<sup>e</sup> siècle. Quels rôles les médias jouent-ils dans la fabrique de la capitale qui, selon Balzac, offre « le spectacle dramatique incessant » de ses « combats déchirants pour l’existence » ? Et quelle place Paris, occupe-t-elle dans les mutations médiatiques ? Une attention particulière est accordée à <strong>Émile de Girardin</strong> – entrepreneur de presse, homme d’affaires, politique, et auteur à succès –, traité en tant que pionnier et parangon de ce capitalisme médiatique parisien.</p>";;24/05/2022 16:46;1;;3652 10;2;3;22;La Shoah. Témoignages, savoir, oeuvres;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Faisant se rencontrer témoins et historiens, œuvres d'artistes ou d'écrivains et paroles d'avocats, ce livre entame une recherche de grande envergure sur la notion de témoignage, son rapport au souvenir, ou à l'élaboration esthétique comme à la trace du documentaire.<br />À travers les diversités de postures et des domaines d'interrogation, la mémoire de la déportation et du génocide révèle ainsi sa propre histoire, enrichissant notre rapport à la vérité.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouverture</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> : Hélène MOUCHARD-ZAY</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Annette WIEVIORKA<br /> Anne-Lise STERN : Sois déportée... et témoigne ! Psychanalyser, témoigner : double bind ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: x-small;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les camps d'internement : archive et témoignage</span></strong></span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Benoît VERNY : Travailler dans les archives départementales du Loiret</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serge KLARSFELD : À la recherche du témoignage authentique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul LEVY : La correspondance du rabbin Elie Bloch, septembre 1939-décembre 1943</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><span style=""font-size: x-small;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un peuple assassiné</span></strong></span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Carole KSIANENICER-MATHERON : L'écriture du pogrom dans les textes yiddish avant la Shoah</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annette WIEVIORKA : Écrits des ghettos</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Rachel ERTEL : La poésie yiddish de l'anéantissement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La mise en place des cadres de la mémoire</span></strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> - </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">M. A. MATARD : La libération des camps de concentration et le retour des déportés à travers la presse quotidienne italienne</span></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Edouard LYNCH : Presse de province et presse parisienne au moment du retour des camps : l'impossible perception de la réalité concentrationnaire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel CHAUMONT : Quand l'histoire occulte la mémoire : l'historien, l'acteur et la vérité</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sylvie LINDEPERG : L'écran aveugle</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quand vient le souvenir</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie DAYAN-ROSENMAN : Le chagrin, le silence, la voix du témoin</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri BORLANT : Passe-moi le sel</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne-Marie GRANET-ABISSET : Témoignages et témoins en situation limite</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Récits, écritures</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Karla GRIERSON : « Vérité », littérarité et vraisemblance dans le récit de déportation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain PARRAU : Défendre les morts ?</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude MOUCHARD : Ici maintenant ? Témoignage, œuvre, poésie</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise CARASSO : Primo Levi, le parti pris de la clarté</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine DANA : Écrire de mémoire, écrire pour mémoire : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">W ou le souvenir d'enfance</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> de Georges Perec</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mounira CHATTI : Le palimpseste ou une poétique de l'absence-présence chez Henri Raczymow</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Musées</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Serge BARCELLINI : Le gazage de 87 Juifs au camp de Narzweiler-Struthof : les malaises de la mémoire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">François MARCOT : Muséographier la Solution finale : l'expérience de l'exposition française d'Auschwitz</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Micha GANZ : Et tu le rediras à tes enfants. Le rôle du témoignage dans la pédagogie de la Shoah à travers l'expérience de Vad Layeled, au musée Beith Lohamei Haghetaot</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain TAPIE : Le temps des ténèbres : Miklos Bokor, Zoran Music</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Claude MOUCHARD : En finissant</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avec des poèmes de Delbo, Borowski, Milosz, Sutzkever, Celan, Wilner et des reproductions de Zoran Music et de Bokor</span></p>";;10/06/1999;0;137x220;400;978-2-84292-052-4;9782842920524;0;;PUV/CERCIL;img_10.jpg;;;;688;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">Au coeur de cette rencontre, qui relance l'exigence de confronter inlassablement les représentations de la déportation et du génocide, une question récurrente se forme : qu'est-ce que témoigner ? Question centrale pour la Shoah, et dont il faudra désormais tenir compte dans l'ensemble des recherches historiques, ainsi que dans le champ des analyses littéraires. On en mesure ici la portée à travers de très simples problèmes de transmission, de transcription, de réception ; à travers aussi l'immense problème des œuvres littéraires, picturales, cinématographiques, auxquelles a donné lieu la mémoire. Très vite l'interrogation sur l'essence du témoignage fait place à la question de sa nature (comment témoigner ?), de sa destination (pour qui témoigner ?), de sa fonction (pourquoi, voire à quoi bon témoigner ?). Réunissant témoins et chercheurs de générations différentes, ce livre relève d'une passion commune à tous les intervenants : interroger sans relâche les voix qui nous parviennent du passé et les chemins par lesquels elles nous atteignent.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3392 6;2;3;22;L'humour graphique fin de siècle (L');De Gossens à Daumier, de Caran d'Ache à Glen Baxter;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thierry Groensteen</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Présentation</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Vincent Baudoux</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'équation de Goossens</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Pierre Mercier</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Gloire au colonel Baxter</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David Kunzle</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Willette, Steinler, et les histoires sans paroles du « Chat Noir »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie Alamir</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Martial Leiter, ou quand l'humour noir voit rouge</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Melot</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La mort de Daumier</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Luce Abélès</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> La froide fantaisie du monologue</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nelly Feuerhahn</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Dessin d'humour et bande dessinée</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Harry Morgan</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Lewis et les animaux de Patagonie : une mythologie zoologique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Thierry Groosteen</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Jimmy Corrigan : une tragédie pour rire</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Table ronde</span></p>";;10/01/1999;0;155x220;128;978-2-84292-051-7;978-2-84292-051-7;0;;PUV/Centre national de la bande dessinée et de l'image;img_6.jpg;;;;101;14.00;"<p>Quelle est la spécificité de l'humour graphique, et comment évolue-t-il dans une fin de siècle à l'autre ? Question ouverte en collaboration avec le Musée de la bande dessinée d'Angoulême, et traitée avec Glen Bexter, Lewis Trondheim, Martial Leiter - en passant par Daumier, Willette, Steinlein...</p>";"<p>Publié avec le concours du Centre national du Livre</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3371 365;2;3;22;Émile Zola. Les inachevés;Une poétique de l'adolescence;;;"<p style=""text-align: justify;"">Pour la première fois, une catégorie spécifique de personnages, celle des adolescents, se trouve prise en compte et traitée selon la fonction singulière qu'ils occupent dans l'œuvre zolienne. Faire une poétique de l'adolescence c'est donc éclairer les mécanismes selon lesquels un cycle littéraire peut se construire et se modifier.</p>";"<p> </p><p>Préface, par Alain Pagès</p><p>Introduction</p><p> </p><p><strong>CHAPITRE PREMIER – La « valeur » jeunesse</strong></p><blockquote><p>- La « race » des jeunes<br />- De la ruine de pierre à la ruine de chair</p></blockquote><blockquote><br /></blockquote><blockquote><br /></blockquote><p><strong>CHAPITRE DEUX – Éclore</strong></p><blockquote><p>- Les « garçonnières »<br />- « Petit crevé »</p></blockquote><p> </p><p><strong>CHAPITRE TROIS – Physiologie de l'adolescence</strong></p><blockquote><p>- Un bestiaire d'adolescents<br />- « La fleur de l'âge »<br />- Crimes et puberté</p></blockquote><p> </p><p><strong>CHAPITRE QUATRE – Éducation et perversion</strong></p><blockquote><p>- Les institutions<br />- Les familles</p></blockquote><p> </p><p><strong>CHAPITRE CINQ – « L'âge métaphysique »</strong></p><blockquote><p>- Lectures et révolutions<em><br />- Libido sentiendi</em> et <em>libido sciendi</em> : Étienne, Florent<br />- « À quoi bon ? » : Lazare</p></blockquote><p> </p><p><strong>CHAPITRE SIX – Le corps savant </strong></p><blockquote><p>- L'adolescence au zénith : Serge Mouret<br />- Savoir de jeunesse : Pauline Quenu</p></blockquote><blockquote><br /></blockquote><p>Conclusion <br /> Bibliographie</p>";;10/05/2003;0;166x250;168;978-2-84292-134-7;9782842921347;0;;PUV/XYZ Éditeur (Montréal);img_365.jpg;;;;284;20.00;"<p style=""text-align: justify;"">En choisissant d'étudier la Poétique de l'adolescence à l'intérieur du vaste cycle des Rougon-Macquart, Véronique Cnockaert propose à son lecteur de le conduire, d'emblée, au cœur de l'univers imaginaire zolien. Pour une raison qui tient, évidemment, aux structures mêmes de la fiction : les adolescents s'opposent aux adultes qui leur font face et qu'ils rencontrent sur leur trajectoire ; le récit romanesque se construit à travers cet affrontement ; il est fondé sur une dialectique de l'apprentissage. Mais une autre explication est suggérée, fondamentale : personnages privilégiés, les adolescents apparaissent comme les véritables héros du cycle. Ils en détiennent les clefs. Le présent ouvrage part de cette intuition lumineuse. Il en explore brillamment toutes les conséquences. <br />Ainsi Véronique Cnockaert voit, dans la question qu'elle traite, comme un fil souterrain qui éclaire toute l'œuvre de son questionnement incessant - mystère du surgissement vital, angoisse du devenir héréditaire menacé par l'éclosion des tares. Ce questionnement travaille de l'intérieur les intrigues intimistes de romans tels que <em>La Joie de vivre</em> ou <em>Le Docteur Pascal</em>. Mais il anime aussi ces épopées de la révolution sociale que sont L<em>a Fortune des Rougon, Le Ventre de Paris</em> ou <em>Germinal</em>.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 451;2;3;20;Amour du monde, amour de Dieu;Esther Edwards Burr et Sarah Prince entre évangélisme et Lumières;;;"<p style=""text-align: justify;"">À travers l’étude des échanges épistolaires entre deux femmes appartenant à l’élite religieuse de la Nouvelle-Angleterre au XVIIe siècle, l’ouvrage présente une analyse de leur expérience affective, spirituelle et intellectuelle marquée à la fois par le piétisme évangélique et par la culture des Lumières.</p>";"<p style=""font-family: Arial; text-align: left;""><span style=""font-weight: bold;"">Introduction </span><br />La Nouvelle-Angleterre dans la première moitiée du XVIII<sup>e</sup> siècle</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><div style=""font-family: Arial; text-align: left;""><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre I</span><br />Esther Edwards Burr : entre hagiographie et témoignage historique</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p></div><div style=""font-family: Arial; text-align: left;""><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre II</span><br />Sarah Prince</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""> </p></div><div style=""font-family: Arial; text-align: left;""><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre III</span><br />Sarah Prince ou la piété sublime</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p></div><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre IV</span><br />Esther Edwards Burr ou les apories de l’évangélisme</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre V</span><br />En marge de la République des Lettres : le dialogue intellectuel entre Esther Burr et Sarah Prince</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre VI</span><br />Amitié classique, amitié chrétienne</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left; padding-left: 30px;""><span style=""font-weight: bold;"">Chapitre VII</span><br />La parfaite amitié d’Esther Edwards Burr et Sarah Prince</p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;""> </p><p style=""font-family: Arial; text-align: left;"">Epilogue<br /> Glossaire</p>";;10/06/2008;0;137x220;368;978-2-84292-216-0;9782842922160;0;;PUV/XYZ Éditeur (Montréal);img_451.jpg;;;;440;23.00;"<p style=""text-align: justify;"">L’amitié aux accents passionnés que scellèrent Esther Edwards Burr et Sarah Prince par leur échange épistolaire témoigne d’une spiritualité rigoureuse assortie de la vivacité intellectuelle propre aux Lumières. Car, tout en dictant le renoncement au monde et aux créatures, l’évangélisme n’imposait pas de renoncer aux plaisirs de l’esprit. Il en résultait, au sein de l’élite cléricale, un éclectisme intellectuel ouvert sur le monde des lettres, la philosophie des sentiments et les pratiques de sociabilité en vogue en Grande-Bretagne. Lien spirituel et pur par excellence, l’amitié est ainsi vécue comme le seul lien affectif échappant à l’impératif du Contemptus Mundi.</p>";;24/06/2008 14:31;0;Première édition;4037 433;2;3;22;1850. Tombeau d'Honoré de Balzac;;;;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage rassemble les articles de la presse politique et littéraire parisienne consacrés à Honoré de Balzac, au fil des jours et des semaines qui ont suivi sa mort, survenue le 18 août 1850. </p>";"<p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;"">Table des sigles et des abréviations</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><span style=""font-weight: bold;"">AVANT-PROPOS</span><br /> Tombeau de papier, par Stéphane Vachon<br /> <span style=""font-style: italic;"">Tombelle</span><br /> Note sur l’établissement des textes<br /> Remerciements</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""> </p><div style=""text-align: center; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><p><span style=""font-weight: bold;"">TOMBEAU</span></p></div><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;"">Avant le dimanche 18 août 1850<br /> Mardi 20 août 1850<br /> Mercredi 21 août 1850<br /> Jeudi 22 août 1850<br /> Vendredi 23 août 1850<br /> Samedi 24 août 1850<br /> Dimanche 25 août 1850<br /> Semaine du lundi 26 août 1850<br /> Dimanche 1er septembre 1850<br /> Semaine du lundi 2 septembre 1850<br /> Semaine du lundi 9 septembre 1850<br /> Seconde quinzaine de septembre 1850<br /> Octobre 1850<br /> Novembre 1850<br /> Décembre 1850</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""> </p><div style=""text-align: center; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><p><span style=""font-weight: bold;"">ANNEXES</span></p></div><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;"">Annexe I : Consultation médicale du 30 mai 1850<br /> Annexe II : Lettre et Note explicative de Nacquart<br /> Annexe III : Notice de Nacquart sur la maladie de Balzac<br /> Annexe IV : Registre des actes de décès du premier arrondissement de Paris<br /> Annexe V : Demande de moulage du masque de Balzac<br /> Annexe VI : Lettre de faire-part<br /> Annexe VII : Registre de la paroisse Saint-Philippe-du-Roule<br /> Annexe VIII : [Mort de Balzac] par Victor Hugo</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""> </p><div style=""text-align: center; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><p><span style=""font-weight: bold;"">TABLES</span></p></div><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;"">Table chronologique des articles<br /> Table des auteurs<br /> Table-répertoire des journaux et des revues<br /> Table des illustrations</p><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""> </p><div style=""text-align: center; font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;""><p><span style=""font-weight: bold;"">INDEX</span></p></div><p style=""font-family: Helvetica,Arial,sans-serif;"">Index des ouvrages, projets d’ouvrages et personnages de Balzac<br /> Index des noms de personnes et de personnages historiques ou de la mythologie<br /> Index des journaux, des œuvres, des revues et des théâtres<br /> Index de quelques matières et thèmes traités dans les notes</p>";;10/01/2007;0;155x225;664;978-2-84292-196-5;9782842921965;0;;PUV/XYZ Éditeur (Montréal);img_433.jpg;;;;1096;32.00;"<p style=""text-align: justify;"">Un tombeau de papier pour l’auteur d’une cathédrale de papier ? Honoré de Balzac n’a besoin d’aucune stèle funéraire mais l’étude et la réunion des articles parus dans la presse parisienne à l’occasion de sa mort survenue le 18 août 1850 montrent que celle-ci fut, pour la littérature, une date et un événement. Une révolution littéraire doublée d’une polémique politique s’est opérée sur la tombe de Balzac, qui affecte les appropriations successives de son œuvre autant que le discours global sur le genre romanesque et sur son ennoblissement, sur le rang qu’il prend dans l’espace symbolique des usages et des valeurs, au cœur de la littérature et au sein de la société. L’année 1850 est une date littéraire. <br /> La lecture des articles parus sur Honoré de Balzac dans les quotidiens et les revues au cours des derniers mois de l’année 1850 propose donc une expérience singulière fondée sur le dialogue entre le présent de ce passé et notre propre présent qui contient la présence de ce passé.</p>";;24/02/2007 20:25;1;Deuxième édition;3435 3;2;3;22;Les abolitions de l'esclavage;De L. F. Sonthonax à V. Schoelcher;;;"<p style=""text-align: justify;"">Insurrections d'esclaves, résistance à la traite, enjeux économiques, débats philosophiques : l'ère des abolitions, d'origine révolutionnaire, a pris un demi-siècle pour être reconnue par une France redevenue républicaine.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marcel Dorigny<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les Abolitions de l'esclavage (1793-1794-1848) : une célébration nécessaire<br /> <br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Doudou Diène<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Allocution<br /> <br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Vovelle<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ouverture du colloque<br /> <br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Bart<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esclavage et servage tardif</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> La résistance à l'esclavage dans les différents domaines coloniaux (1750-1791)</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacky Dahomay<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esclavage et le droit : les légitimations d'une insurrection<br /> <br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Prosper Ève<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les formes de résistance à Bourbon de 1750 à 1789<br /> <br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Harris Memel Foté<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La résistance à la traite dans les comptoirs d'Afrique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Léo Élisabeth<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Résistance des esclaves aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les colonies française d'Amérique, principalement aux îles du vent<br /> <br /> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Laënnec Hurbon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Église et esclavage au XVIIIe siècle à Saint-Domingue</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Y eut-il une revendication abolitionniste dans la pensée occidentale au XVIIIe siècle ?</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">James Walvin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'abolition anglaise de l'esclavage des Noirs 1787-1838</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Élise Marienstras<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les lumières et l'esclavage en Amérique du Nord au XVIIIe siècle</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Tarrade<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esclavage est-il réformable ? Les projets des administrations coloniaux à la fin de l'Ancien Régime</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Ehrard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esclavage devant la conscience morale des Lumières françaises indifférence, gêne ou révolte ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marcel Dorigny<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Mirabeau et la Société des amis des Noirs : quelle voie pour l'abolition de l'esclavage ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Steiner<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esclavage chez les économistes français (1750-1803)</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> La révolution et la première abolition<br /> insurrection aux îles, débats dans les assemblées révolutionnaires, abolitions (1789-1802)</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Yves Bénot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La chaîne des insurrections d'esclaves dans les caraïbes de 1789 à 1791</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Halpern<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les fêtes révolutionnaires et l'abolition de l'esclavage en l'an II</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Florence Gauthier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le rôle de la députation se Saint-Domingue dans l'abolition de l'esclavage</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Gainot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La constitutionnalisation de la liberté générale sous le Directoire (1795-1800)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Wanquet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La tentative de Baco et Burnel d'application de l'abolition aux Mascareignes en 1796. Analyse d'un échec et de ses conséquences</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucien-René Abénon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Port-la-liberté, an III. Approche démographique des nouveaux citoyens</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Benzaken<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Saint-Domingue de la colonie française à l'indépendance haïtienne : approche d'iconographie numismatique</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br /> Le rétablissement du système esclavagiste<br /> et la recomposition des mouvements abolitionnistes (1802-1848)</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Michel Champion<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">30 Floréal an X : le rétablissement de l'esclavage par Bonaparte</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis Démier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esclavage, économie coloniale et choix de développement français durant la première industrialisation (1802-1840)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Vigier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La recomposition du mouvement abolitionniste français sous la monarchie de Juillet</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Éric Mesnard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les mouvements de résistance dans les colonies française : l'affaire Bissette (1823-1827)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Francis Arzalier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les mutations de l'idéologie coloniale en France avant 1848 : de l'esclavagisme à l'abolistionnisme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gérard Gengembre<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De Bug-Jargal à Toussaint Louverture : le romantisme et l'esclavage révolté</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CINQUIÈME PARTIE<br /> 1848 : la suppression de l'esclavage<br /> Débats et modalités d'application</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Oruno D. Lara et Nelly Schmidt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Préambule</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Richard Hart<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'esclavage et les racines du racisme britannique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Emiliano Gil-Blanco<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La politique espagnole en matière d'abolition de l'esclavage au XIX s.</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Oruno D. Lara et Inez Fischer-Blanchet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Abolition ou destruction du système esclavagiste ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nelly Schmidt<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'élaboration des décrets de 1848. Application immédiate et conséquences à long terme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Édouard Delépine<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">A propos du 22 mai 1848 : contre le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> néo-révisionnisme tropical</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">M'Baye Gueye<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Des affranchissements définitifs à l'émancipation de 1848</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Abdelhamid Largueche<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'abolition de l'esclavage en Tunisie (1841-1846)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Serge Barcellini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Deux mémoires dans le temps présent : Sonthonax, Schoelcher</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">POSTFACE<br />Samir Amin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Autour de l'abolition de l'esclavage par la Première République</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ANNEXE<br />Yves Bénot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chronologie sommaire des abolitions de la traite des Noirs et de l'esclavage</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des noms de personnes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/06/1995;0;160x239;416;978-2-91038-115-8;9782910381158;0;;PUV/Éditions UNESCO;img_3.jpg;;;;668;27.00;"<p style=""text-align: left;"">Insurrections d'esclaves et résistance à la traite, enjeux économiques et débats philosophiques : l'ère des abolitions, d'origine révolutionnaire et de propagation cosmopolite, a pris un demi-siècle pour être reconnue par une France redevenue républicaine. Placé sous l'égide de L. F. Sonthonax, initiateur de la première abolition à Saint-Domingue en 1793, et de V. Schoelcher, principal artisan de l'abolition de 1848, cet ouvrage a voulu relier entre elles deux dates hautement symboliques de l'histoire tragique de la « première colonisation ».</p>";"<p>Réédition en 1998</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3389 7;2;3;22;Le manuscrit perdu à Strasbourg;Enquête sur l'oeuvre scientifique de Hildegarde;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les vicissitudes d'une oeuvre</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les fluctuations du titre<br /> - Témoins et hagiographes<br /> - L'oeuvre et son double</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La tradition manuscrite, une histoire de famille</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Catalogue des manuscrits scientifiques de Hildegarde<br /> - Données et inconnues<br /> - Liens et parenté</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un manuscrit fédérateur</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'édition de Strasbourg<br /> - Coupes<br /> - Deux livres d'emprunt ?</span></p></blockquote><blockquote><br /></blockquote><blockquote><br /></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les métamorphoses du</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> liber subtilitatum</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Examen des livres botaniques<br /> - Les préfaces<br /> - Les livres zoologiques</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les énigmes du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">livre des éléments</span></em></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Un livre instable<br /> - L'absence du feu<br /> - L'étonnante présence des cours d'eaux</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une femme savante</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le sexe de l'auteur<br /> - Le souci du corps<br /> - Particularités de l'anatomie féminine<br /> - Une conception originale de la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">nature</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> des femmes</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sources et influences</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Vision et savoir<br /> - Relais possibles et références explicites<br /> - À la recherche des sources inavouées<br /> - Influences de la médecine salernitaine sur le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Liber subtilitatum</span></em></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une vision de la nature</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'essor de l'observation dans l'Occident médiéval<br /> - Les habitants des eaux<br /> - Le monde des plantes<br /> - Une perspective différente</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> Sources et bibliographie<br /> Index</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/07/1995;0;160x340;288;978-2-91038-119-6;978-2-91038-119-6;0;;PUV/Publications de la Sorbonne;img_7.jpg;;;;470;21.00;"<p>Connue de longue date pour ses visions, l'abbesse allemande Hildegarde de Bingen s'essaya avec autant de succès à la musique et à la médecine. Les écrits scientifiques qu'elle conçut et rédigea se confondent-ils réellement avec ceux qui nous sont parvenus ? L'édition qu'on en donna à la Renaissance à Strasbourg fut-elle établie d'après un manuscrit aujourd'hui disparu, ou est-elle une belle infidèle ? Et si l'étonnant savoir naturaliste de Hildegarde est bien le sien, d'où cette moniale prétendûment inculte tenait-elle ces connaissances ?</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3386 337;2;3;22;Figures baroques de Jean Genet;L'enjeu du style;;;"<p style=""text-align: justify;"">À travers une série de figures, tirées de catégories du baroque, l'auteur montre comment le style de Genet permet de relier les écrits politiques de la fin de sa vie avec les romans autobiographiques de ses débuts.</p>";"<p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Liste des abréviations</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Remerciements</span></p><p> </p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">INTRODUCTION<br /> LE DEVENIR-GENET</span></strong></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'œuvre-vie<br /> La scène baroque<br /> Même et autre</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> FIGURATION. LES FINS DU STYLE</span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Chapitre 1</span><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><br /> </span></strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Ostentation et oscillation : le spectacle de la chute</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">L'agitation de<br /> Parade militaire</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><strong>Chapitre 2</strong><br /> Artifice et parure : le style factice</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Motif floral<br /> L'artifice de l'effacement</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> TRANSFIGURATION. L'OEUVRE DES MÉTAMORPHOSES</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><strong>Chapitre 3</strong><br /> Ravissement : l'aventure merveilleuse du captif</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">La cellule enchantée<br /> L'énigme du couple mère-fils</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><strong>Chapitre 4</strong><br /> Infini : l'invention du sujet</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le cœur de la fiction<br /> La rêverie de la maison</span></p><p><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">TROISIÈME PARTIE<br /> DÉFIGURATION. L'ÉCHAPPÉE DU TEXTE</span></strong></p><p> </p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><strong>Chapitre 5</strong><br /> Torsions : pouvoirs de l'imposture</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><strong>Chapitre 6</strong><br /> Réflexions : jeu des doubles/ double jeu</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Le miroitement des surfaces<br /> Portrait de l'écrivain en vieil hommes</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""><strong>Chapitre 7</strong><br /> Envol : l'« esthétique déliée » du lyrisme</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Liaison aérienne<br /> La langue déplacée</span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;""> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Conclusion<br /> L'espace d'un livre<br /> </span></p><p><span style=""font-family: GENEVA,ARIAL;"">Bibliographie<br /> </span></p>";;10/08/2001;0;166x250;192;978-2-84292-095-1;9782842920951;0;;PUV/CCIFQ/XYZ Éditeur (Montréal);img_337.jpg;;;;324;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">Dans les dernières années de sa vie, Jean Genet brise le long silence qui a suivi la rédaction des <em>Paravents</em> et se remet à écrire. À sa mort, il laisse près de lui les dernières épreuves d'un tout nouveau manuscrit : <em>Un captif amoureux</em>, livre de souvenirs à teneur politique dont le style plus dépouillé coupe les ponts avec les romans autobiographiques écrits quarante ans plus tôt. <em><br />Figures baroques de Jean Genet </em> examine la nature réelle de l'écart qui sépare ces deux temps de l'oeuvre. Au-delà du refus marqué par le dernier texte, la relecture de l'ensemble montre comment le projet d'écriture de Genet trouve chaque fois une résolution inédite et complexe à travers certaines figures fondamentales du baroque, qui sont réinventées par l'écrivain. <br />De <em>Notre-Dame-des-Fleurs</em> au C<em>aptif amoureux</em>, cet essai d'envergure scrute le parcours littéraire d'un écrivain majeur du XXe siècle, sur lequel il existe encore trop peu d'études véritablement analytiques.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 352;2;3;20;Voyage dans la Haute Pensylvanie et dans l'État de New-York depuis l'année 1785 jusqu'en 1798;Une géographie de l'Amérique du Nord à la fin du XVIIIe siècle;;;"<p style=""text-align: justify;"">Réédition sélective d'un voyage américain de John Crèvecoeur et balisage géographique d'une découverte territoriale, où se mêlent exploitation coloniale et mémoire autochtone, avancée d'une civilisation moderne et rencontre avec les vieilles nations amérindiennes.</p>";"<p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Chevignard</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Saint-John de Crèvecoeur : « la mémoire et la curiosité »</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Plet</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Une géographie de l'Amérique du Nord à la fin du XVIIIe siècle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant propos du traducteur</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Volume I</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Dédicace à George Washington</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Les différentes nations lors de la première colonisation du continent</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">-</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Chapitre II.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Origine des nations indiennes</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> En route pour assister à des Conseils indiens : de Shippenbourg à Northumberland par Carlisle, à la rencontre de colons</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV. </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Suite du voyage depuis Northumberland vers le Nord</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> De la Susquéhannah à Albany à travers l'État de New-York</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">-</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Chapitre VI, VII, VIII, IX. </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conseil chez les Onéida</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre X. </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Voyage du fort Stanwick au lac Otsègé à travers les forêts</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre XI.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Types de colons : un Jamaïquain solitaire</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">-</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Chapitre XII. </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Propos sur l'état de la colonisation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XIII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> L'émigration d'un officier de marine écossais</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XIV.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La mémoire des Etats-Unis : débat sur l'objet muséographique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XV. </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Impressions du Connecticut</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XVI.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le comté d'Orange à l'ouest du défilé de l'Hudson</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XVII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Visite de forges et retour à New-York</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Volume II</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Tradition chérokée (traduite en 1774 par ordre d'un chef de guerre)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La Pennsylvanie trans-alléghénienne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Les voyageurs s'égarent en forêt</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IV.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Voyage vers les chutes du Niagara</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">V.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La colonisation vue par un vieil indien du Niagara</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VI.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Récit indien : la brutalité du contact des blancs</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">VII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La colonisation près des chutes du Niagara : une grande exploitation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">IX, X, XI.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Les chutes du Niagara, enfin !</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Qu'est-ce que la civilisation ? Conversation entre un adopté et un voyageur russe</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XIII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Récit d'un exode dans les Appalaches durant la guerre d'indépendance</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XIV.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> De quelques pratiques d'élevage : l'usage du sel et les estives</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XV.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La romanesque histoire d'un Hollandais qui trouve enfin la paix en Indiana</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XVI.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> De New-York à New-Haven sur le Sound : organisation socio-spatiale et considérations politiques</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">XVII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> New-Haven et sa région</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Volume III</span></strong></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le roman du moine</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Excursion dans l'État de Delaware : un éloge des Quakers</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III. </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À la découverte de l'Ouest : voyage au Mississipi par la Virginie et le Ténèzée</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La guerre contre les Indiens des Grands Lacs</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre V.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Sur la civilisation indienne</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VI.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Nouveau voyage vers le Nord-Ouest</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le front pionnier de l'État de New-York : arpentage et toponymie. L'état de l'Union à la fin du XVIIIe siècle</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre VIII.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> La documentation du territoire : observations archéologiques et rapports d'exploration à l'ouest du Mississipi</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IX.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Activités associatives, collectivités et services publics : l'incorporation</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre X.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> L'état des activités économiques, avec considérations particulières sur le New Jersey</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- </span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre XI.</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> L'histoire du Nord-Est des États-Unis vue par un notable new-yorkais</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monsieur Herman prend congé</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Plet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'Amérique du Nord telle qu'elle se construit</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bibliographie<br /> Annexes<br /> Index</span></p>";"<p style=""text-align: justify;"">Ce <em>Voyage</em>, publié en France en 1801, est une très vivante contribution à la connaissance de l'Amérique du Nord. Il montre de manière subtile et bien informée le nouveau territoire en construction. Il dresse un tableau des Nations amérindiennes au moment de la colonisation, repoussées, morcelées, transformées au contact des Blancs en dépit de fières résistances. Il fait état de l'emprise croissante des nouveaux habitants sur l'espace, par migrations vers le nord et l'ouest, grâce à la mise en place d'un réseau mixte de communications, garant de la sécurité et du commerce. Une telle vision de l'Amérique l'établit comme centre et comme modèle d'une nouvelle civilisation, rayonnant dans le monde par ses activités, et créant une société novatrice, en apparence égalitaire, fondée sur le travail, l'éducation, et les mérites personnels. On observe les belles propriétés de l'Est épargnées par la guerre de l'indépendance, le dur travail de défrichement des colons isolés, l'organisation et la croissance des villes et des campagnes, l'astuce et l'invention mises en oeuvre pour pallier le manque de bras. Pourtant, déjà, se profile la crainte de destructions obérant l'avenir, celles des forêts, des ressources halieutiques, aussi bien que celle des langues amérindiennes. Pourtant, la mise en place d'un gouvernement fédéral ne se fait pas sans contestations, de la part des États du Sud notamment. J'ai pris plaisir à donner à lire une part importante de cette oeuvre particulièrement stimulante, parce qu'elle nous montre sur le vif, non pas sans préjugés, mais sans manichéisme, l'histoire immédiate d'un monde qui se transforme avec une grande rapidité et les structures qu'il se donne. J'ai cherché à montrer comment se construisait alors une géographie politique et sociale dont de nombreuses trames demeurent après plus de deux siècles. Ce retour au passé éclaire, je crois, nombre de questions vives en notre début de XXIe siècle, alors que les États-Unis sont au coeur du débat mondial, tant en termes économiques que politiques.</p>";10/09/2002;0;155x235;400;978-2-84292-096-8;9782842922096;0;;PUV/CCIFQ/XYZ Éditeur (Montréal);img_352.jpg;;;;101;25.00;"<p style=""text-align: justify;"">Ce voyage n'est pas un simple itinéraire, il est d'abord une passionnante description de l'Amérique offerte par Crèvecœur à l'aube du XIXe siècle, après trente ans de séjour et de voyages au sein de ce qui devenait alors les États-Unis. Militaire, cartographe, arpenteur, colon défricheur, consul de France à New York, Saint-John de Crèvecœur dresse un tableau d'une Amérique moderne en train de naître au contact entre les colons et les Amérindiens. Il revenait à une spécialiste de géographie humaine de retracer cette genèse, frayant à travers les textes l'avancée des hommes contre les forêts et les marais, la progression d'un espace domestiqué aux dépens des Amérindiens, et l'organisation d'un gouvernement des choses et des hommes.</p>";"<p>Édition sélective, annotée et commentée. Bibliographie, glossaire, index. Préface de Bernard Chevignard.</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3395 4;2;3;22;Balzac;Une poétique du roman;;;"<p>Une nouvelle somme balzacienne, mais qui cette fois interroge Balzac à la lumière de notre modernité.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Vachon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation : Balzac. Une poétique du roman</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Commencer, déplier, finir</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Graham Falconer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Andrea de lungo<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poétique, évolution et mouvement des</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> incipit </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">balzaciens</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Raymond Mahieu<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">pli </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">du texte balzacien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Martine Léonard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le dernier mot</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> La récusation des genres</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roland Chollet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joëlle Gleize<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac pseudonyme, lecteur anonyme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">José-Luis Diaz<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Portrait de Balzac en </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">conteur phosphorique</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeannine Guichardet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Du bon usage de l'effacement des genres dans l'élaboration d'une </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">poétique</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> balzacienne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anthony R. Pugh<br /> </span></strong><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Père Goriot</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> et l'unité de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Comédie humaine</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Morisot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roman-théâtre, roman-musée</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Neefs</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> L'intensité dramatique des scènes balzacienne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Perron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Max Milner<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les dispositifs voyeuristes dans le récit balzacien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Vanoncini<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Quête et enquête dans le roman balzacien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chantal Massol-Bedoin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le mot de l'énigme</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br /> Personnage,dialogue, description : la </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">signature</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> balzacienne</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Robert Melançon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Elisaheva Rosen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le personnage et la poétique du roman balzacien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Roland Le Huenen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le dialogue balzacien : émergence d'une pratique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Juliette Frolich<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Esquisse d'une poétique de l'objet dans le roman balzacien. Les choses pour le dire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie-Christine Aubin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Description et transcendance : les repas fictionnels</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Owen N. Heathcote<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac romancier de la violence, violence du roman ?</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gabriel Moyal<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nom propre et signature :</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Le cousin Pons </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">dans le</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Constitutionnel</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Catherine Nesci<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'inouï balzacien</span></p></blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CINQUIÈME PARTIE<br /> Mises au monde</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy Rosa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Nicole Mozet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La question de l'origine à l'origine du roman balzacien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Anne E. McCall-Saint-Saëns<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une esthétique du père porteur : les</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Mémoires de deux jeunes mariés</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franc Schuerewegen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avortement (sur les</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> Ébauches rattachés à la comédie humaine</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">)</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stéphane Vachon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un manuscrit dans une robe</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">SIXIÈME PARTIE<br /> Le modèle balzacien</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pierssens<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Vaillant<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Grandeur et servitude du roman</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paule Petitier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le génie janus. Histoire romantique et roman balzacien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">David Baguley<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Balzac, Zola, et la paternité du naturalisme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joëlle Gleizer<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">À rebours du </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">grand Balzac ?</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michael R. Finn<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Balzac de Proust</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Philippe Berthier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Stendhal contre Balzac</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Andrès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Simon et Balzac : </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">patiemment, sans plaisir</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucien Dallenbach<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Un texte</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> écrit avant notre modernité</span></em></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des textes d'oeuvres de Balzac citées</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p>";;10/10/1996;0;150x230;464;978-2-91038-186-8;9782910381868;0;;PUV/CCIFQ/XYZ Éditeur (Montréal);img_4.jpg;;;;760;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Cette imposante somme d'études et d'analyses campe le paysage et pave le chemin qui mènera, le 20 mai 1999, au bicentenaire de la naissance de l'auteur de <em>La Comédie humaine</em>. Elle installe Balzac entre deux siècles, non pas le XVIIIe dans lequel il est né et le XIXe qu'il a mis en mots mais le nôtre et le prochain. Elle annonce ce que Balzac, dont l'oeuvre dramatise le difficile arrachement au monde ancien et la tumultueuse projection dans l'univers moderne, aura à dire au XXIe siècle. <br />Le Groupe international de recherches balzaciennes (GIRB) regroupe depuis une vingtaine d'années des théoriciens et des historiens de la littérature et des spécialistes d'Honoré de Balzac. Dans ce volume, ils sont trente-six, venus de onze pays et de vingt-six institutions, réunis autour du désir de ce que l'on peut apprendre sur Balzac, et de Balzac, et de ce que l'on peut apprendre qui n'est que chez Balzac.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 5;2;3;22;Le corps juge;Sciences de la cognition et esthétiques des arts visuels;;;"<p style=""text-align: justify;"">La faculté de juger les images de l'art reconduit une exigence symbolique inscrite au plus profond de l'organisme. Le jugement naît d'un choc, et relève d'un usage vital de la métaphore.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""color: #000000; font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre premier. <br />Cadrages et stratégies</span></strong></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• La cognition des images</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Autorégulation, savoir-faire et créativité<br /> - ... et c'est la catastrophe<br /> - Activité, gratification et conscience esthétique</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeu de cartes</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Cadre « maître » et cartes cognitives<br /> - La carte défensive<br /> - La carte jouissive</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'individualité cognitive</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le sujet interne<br /> - Émotions : préférences, dispositions et propensions<br /> - Corrections : vicariance et complémentarité</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Évocation et pensée symbolique</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Archaïsmes et part de l'inconscient<br /> - Intégration et conversion des schèmes socioculturels : une question de temps<br /> - Une transformation « historicisante ».</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> <br /></span></strong></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre deux. <br />À corps retrouvé</span></strong></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La mémoire</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Mémoire vive, mémoire spatiale<br /> - Mémoire du monde, mémoire de soi<br /> - Mémoire visuelle : mémoire capricieuse</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'imagerie interne</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les représentations mentales<br /> - L'image sur l'image<br /> - Proposition ou analogon ? Une question d'attitudes</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le cerveau, l'?il et la main</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'asymétrie fonctionnelle du cerveau.<br /> - La droite privilégiée : convention ou nécessité ?<br /> - Les chiasmes neuro-esthétiques</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le corps imagé</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- L'image du corps : « qui suis-je ? »<br /> - Le schéma corporel : « où suis-je ? »<br /> - Des manifestations désirantes : « où vais-je ? »</span></p></blockquote></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre trois. <br />Où, quoi, quand et comment ?</span></strong></p><blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Concepts et percepts</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le concept du concept<br /> - Des percepts en formation<br /> - Une interrelation « choquante »</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Se rendre disponible</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Action d'attendre et intentionnalité<br /> - Attention !<br /> - Limites, sélections, pertes et surplus</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">S'ouvrir à l'espace</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Perception et sensation<br /> - Juger d'en haut ou juger d'en bas ?<br /> - Entre des automatismes et la pensée perceptuelle</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">D'un moment à l'autre</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les premières secondes<br /> - Transcodeurs, accélérateurs et ralentisseurs<br /> - Peut-on juger plusieurs choses à la fois ?</span></p></blockquote><p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">• </span></em><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le corps en place</span></em></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Les axes du corps<br /> - Le rythme : un patrimoine transculturel<br /> - Et si le jugement n'était qu'une métaphore</span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> Bibliographie (indexée) des ouvrages cités</span></p>";;10/12/1997;0;150x230;288;978-2-84292-036-4;9782842920364;0;;PUV/CCIFQ/XYZ Éditeur (Montréal);img_5.jpg;;;;464;24.00;"<p style=""text-align: justify;"">Nous devons reconnaître le rôle capital que jouent les arts visuels et toutes les constructions symboliques, non seulement comme porteurs d'une identité collective, mais comme moyens de régénération du système neuro-moteur individuel. En ce sens, les musées ou tout autre mode et lieu de conservation que l'on a parfois tendance à reléguer au rang d'accessoires ou de surplus culturels remplissent une fonction fondamentale, celle de l'extension du corps mnésique, du corps biologique.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3670 8;2;6;22;La recherche littéraire;Objets et méthodes;;;;"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Duchet et Stéphane Vachon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Histoire et théorie de l'histoire littéraire</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Allard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : entre le don des morts et le paradigme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Andriès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le texte embryonnaire ou l'émergence du littéraire au Québec : 1764-1815</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clément Moisan<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une histoire de l'histoire de la littérature : l'exemple québécois</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Michon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fondements d'une histoire institutionnelle de l'histoire littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucie Robert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conditions d'émergence et d'institution d'une littérature</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Saint-Jacques<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pratiques littéraires des acteurs sociaux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy Rosa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Intervention</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Vaillant<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Les discours et le poétique</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Angenot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Analyse du discours et sociocritique des textes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Van Schendel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Idéologène</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wladimir Krysinski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les avants-gardes et la réécriture de la modernité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jocelyn Létourneau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le texte historique comme objet de l'analyse littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Melançon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une méthodologie d'analyse du discours critique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonio Gomez-Moriana<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sociocritique et analyse du discours</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> Nouveaux objets, objets construits</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Normand Doiron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Genèse de l'éloquence sauvage : la renaissance française de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tacite</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeanne Demers<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les arts poétiques comme métadiscours</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monique Moser-Verrey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chorégraphies narrées ou la question de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ekphrasis</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Bleton<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La paralittérature québécoise : essai d'un panorama systémique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Juliette Raabe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Approches de la sérialité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fernand Roy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Figures de l'écrit dans le roman</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Cléo Godin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Génétique et intertexte : éditer Alain Grandbois</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réal Ouellet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce qu'une relation de voyage ?</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br /> Arts et littérature</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Becq<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Siguret<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La lance et le bouclier : stratégies d'une image baroque</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Gaudréault<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la narratologie littéraire à la narratologie cinématographique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie Carani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le surplus de la représentation : la peinture du figuratif Jean-Paul Lemieux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Josette Féral<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où en est la performance ? </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Postmortem</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> pour un art bien vivant</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CINQUIÈME PARTIE<br /> Langue et fiction identitaire</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régine Robin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : un Québec moderne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sherry Simon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduction et représentation identitaire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ginette Michaud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Sujet-Nation : James Joyce et Jacques Ferron</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lise Gauvin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poétiques de la langue et stratégies textuelles</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maïr Verthuy et Lucie Lequin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'écriture des femmes migrantes au Québec</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">SIXIÈME PARTIE<br /> Corps, rythme, pulsions</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Bayard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : lecture kleptomane</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Mahony<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Champs d'exploitation dans le texte freudien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simon Harel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le derme de l'écrit</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louise Dupré<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La critique au féminin</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucie Bourassa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le temps du rythme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion : Poétique et philosophie</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">SEPTIÈME PARTIE<br /> Savoirs, transferts</span></strong></p><p style=""text-align: center;""> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pierssens<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Guédon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sciences,techniques et littérature au Québec entre le départ et le porte-à-faux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christie McDonald<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les transferts discursifs comme opérateurs de changement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pierssens<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Savoir</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Walter Moser<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Recyclages culturels. Élaboration d'une problématique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franc Schuerewegen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Question</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">HUITIÈME PARTIE<br /> Littérature et cognition</span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Ouellet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : la littérature comme activité cognitive</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bertrand Gervais<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Progresser, comprendre : des régies de lecture</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilles Thérien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lecture, cognition, mémoire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Guy Meunier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Narration et cognition</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Molinié<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sémiotique de la singularité</span></p></blockquote>";;10/09/1993;0;150x230;504;978-2-90398-194-5;9782892610864;0;;PUV/CCIFQ/XYZ Éditeur (Montréal);img_8.jpg;;;;802;24.39;"<p style=""text-align: justify;"">Au confluent de deux réseaux critiques, américain et européen, en situation multiculturelle et en état de réflexion permanente sur le passé et l'avenir de sa propre littérature, le Québec a élargi le champ d'activité de la critique, ouvert des voies nouvelles pour la théorie littéraire, et mis à l'épreuve les méthodes d'analyse des textes<br />Né d'un dialogue entre une quarantaine de chercheurs des deux continents, cet ouvrage esquisse la physionomie de cette recherche. Il présente un bilan des travaux en cours et les perspectives qui sont les leurs à l'orée du XXIe siècle.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3435 9;2;3;22;Recherche littéraire (La)-Poche;Objets et méthodes;;;"<p>Le Québec dans sa diversité et son dynamisme, face à la critique littéraire et à l'analyse des textes.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Claude Duchet et Stéphane Vachon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Présentation</span></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">PREMIÈRE PARTIE<br /> Histoire et théorie de l'histoire littéraire</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Allard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : entre le don des morts et le paradigme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bernard Andriès<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le texte embryonnaire ou l'émergence du littéraire au Québec : 1764-1815</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Clément Moisan<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pour une histoire de l'histoire de la littérature : l'exemple québécois</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Michon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fondements d'une histoire institutionnelle de l'histoire littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucie Robert<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conditions d'émergence et d'institution d'une littérature</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Denis Saint-Jacques<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les pratiques littéraires des acteurs sociaux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Guy Rosa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Intervention</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Alain Vaillant<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">DEUXIÈME PARTIE<br /> Les discours et le poétique</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marc Angenot<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Analyse du discours et sociocritique des textes</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Van Schendel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Idéologène</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Wladimir Krysinski<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les avants-gardes et la réécriture de la modernité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jocelyn Létourneau<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le texte historique comme objet de l'analyse littéraire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Joseph Melançon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Une méthodologie d'analyse du discours critique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Antonio Gomez-Moriana<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sociocritique et analyse du discours</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">TROISIÈME PARTIE<br /> Nouveaux objets, objets construits</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Normand Doiron<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Genèse de l'éloquence sauvage : la renaissance française de </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tacite</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jeanne Demers<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les arts poétiques comme métadiscours</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Monique Moser-Verrey<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chorégraphies narrées ou la question de l'</span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">ekphrasis</span></em></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Paul Bleton<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La paralittérature québécoise : essai d'un panorama systémique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Juliette Raabe<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Approches de la sérialité</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Fernand Roy<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Figures de l'écrit dans le roman</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean Cléo Godin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Génétique et intertexte : éditer Alain Grandbois</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Réal Ouellet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Qu'est-ce qu'une relation de voyage ?</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">QUATRIÈME PARTIE<br /> Arts et littérature</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annie Becq<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Françoise Siguret<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La lance et le bouclier : stratégies d'une image baroque</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">André Gaudréault<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">De la narratologie littéraire à la narratologie cinématographique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Marie Carani<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le surplus de la représentation : la peinture du figuratif Jean-Paul Lemieux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Josette Féral<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Où en est la performance ? </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Postmortem</span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> pour un art bien vivant</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">CINQUIÈME PARTIE<br /> Langue et fiction identitaire</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Régine Robin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : un Québec moderne</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sherry Simon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Traduction et représentation identitaire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Ginette Michaud<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le Sujet-Nation : James Joyce et Jacques Ferron</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lise Gauvin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Poétiques de la langue et stratégies textuelles</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Maïr Verthuy et Lucie Lequin<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">L'écriture des femmes migrantes au Québec</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">SIXIÈME PARTIE<br /> Corps, rythme, pulsions</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Bayard<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : lecture kleptomane</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Patrick Mahony<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Champs d'exploitation dans le texte freudien</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Simon Harel<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le derme de l'écrit</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Louise Dupré<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La critique au féminin</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lucie Bourassa<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Le temps du rythme</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Henri Meschonnic<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion : Poétique et philosophie</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">SEPTIÈME PARTIE<br /> Savoirs, transferts</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pierssens<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Claude Guédon<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sciences,techniques et littérature au Québec entre le départ et le porte-à-faux</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Christie McDonald<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les transferts discursifs comme opérateurs de changement</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Michel Pierssens<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Savoir</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Walter Moser<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Recyclages culturels. Élaboration d'une problématique</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Franc Schuerewegen<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Question</span></p></blockquote><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">HUITIÈME PARTIE<br /> Littérature et cognition</span></strong></p><p> </p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Pierre Ouellet<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction : la littérature comme activité cognitive</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Bertrand Gervais<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Progresser, comprendre : des régies de lecture</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Gilles Thérien<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Lecture, cognition, mémoire</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jean-Guy Meunier<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Narration et cognition</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Georges Molinié<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Sémiotique de la singularité</span></p></blockquote>";;10/02/1998;0;110x180;600;978-2-84292-037-1;9782842920371;0;;PUV/CCIFQ/XYZ Éditeur (Montréal);img_9.jpg;;;;420;13.00;"<p>Au confluent de deux réseaux critiques, américain et européen, en situation multiculturelle et en état de réflexion permanente sur le passé et l'avenir de sa propre littérature, le Québec a élargi le champ d'activité de la critique, ouvert des voies nouvelles pour la théorie littéraire, et mis à l'épreuve les méthodes d'analyse des textes. Né d'un dialogue entre une quarantaine de chercheurs des deux continents, cet ouvrage esquisse la physionomie de cette recherche. Il présente un bilan des travaux en cours et les perspectives qui sont les leurs à l'orée du XXIe siècle.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 11;2;3;22;Les travaux et les jours d'Honoré de Balzac;Chronologie de la création balzacienne;;;"<p style=""text-align: justify;"">La biographie d'une création : voici un ouvrage appelé à faire date dans les études balzaciennes, qui intéresse la génétique textuelle et concerne plus généralement l'histoire du roman au XIXe siècle, invention et édition mêlées.</p>";"<p><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></em></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Remerciements<br /> Préface</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Avant-propos</span><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />- Construction d'une cathédrale de papier</span><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Indications générales<br />- Table des références, des abréviations et des sigles</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Tables chronologiques</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Un début de vie (1814-1821)</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- De 1822 à 1856</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Index des oeuvres de Balzac<br /> - Table alphabétique des titres liés à </span><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">La Comédie Humaine<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Autres œuvres</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Index des noms cités</span></p>";;10/01/1992;0;160x240;338;978-2-90398-177-8;978-2-90398-177-8;0;;PUV/CNRS Éditions/Les Presses de l'Université de Montréal;img_11.jpg;;;;101;27.00;"<p style=""text-align: justify;""> Année par année et au besoin jour par jour est enregistré, sous forme de tableaux éclairants, tout le devenir de l'écrit balzacien, depuis les inédits de jeunesse jusqu'aux publications posthumes, y compris les oeuvres diverses ou simplement ébauchées. Pour la première fois, aussi l'index complet de tous les titres d'oeuvres et articles, avec mention de toutes leurs variations.</p>";"<p>DIffusion en librairie : CNRS Éditions</p>";05/07/2004 12:48;0;Première édition;3440 354;2;6;22;Frontière du roman;Le personnage réaliste et ses fictions;;;"<p style=""text-align: justify;"">Comment le roman réaliste constitue-t-il l'un des moments critiques de l'histoire intérieure du genre ? Confronté aux limites de la fiction, le réalisme vient à poser la question de la nature même du roman et annonce les mutations du genre au XXe siècle.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre I : La naissance du héros : de l'action à la pensée</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La volonté d'être un héros<br />- Les seules ressources de contempler</span></p></blockquote></blockquote><blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre II : Le spectacle du roman</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le roman réaliste ou le passage de l'oralité à la visualité<br />- La suspension des commencements<br />- Comment se désignent les illusions</span></p></blockquote></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre III : La fiction intérieure</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La « minute goethéenne »<br />- De faibles rêves pour de faibles personnages<br />- Le point zéro de la fiction<br />- Le personnage pictural<br />- La tentation de l'abstraction</span></p></blockquote></blockquote><blockquote><p> </p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Chapitre IV : Le roman, fin et suite</span></strong></p><blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La condition moderne du roman<br />- La perte de l'avenir<br />- La perte de l'héroïsme<br />- Le personnage à la conquête du temps<br />- Le roman devant soi</span></p></blockquote></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion<br /> Bibliographie</span></p>";"<p>À l'origine de ce livre, une observation singulière : un certain "" air de famille "", qui n'a rien à voir avec la manière de les décrire, rapproche les personnages du roman réaliste des figures de la peinture, à la même époque. Il m'a semblé en effet que les uns et les autres venaient à s'effacer dans une semblable évanescence de la fiction, une même fin de rêve qui menaçait jusqu'à leur existence, sinon jusqu'à leur conception. J'ai voulu comprendre comment cette frontière, que la peinture donnait si aisément à voir, pouvait aussi, et peut-être plus largement encore, être celle du roman. À cette fin, il me fallait éviter le piège de la comparaison esthétique, et partir du personnage romanesque lui-même, c'est-à-dire de la distinction que les personnages entretiennent eux-mêmes entre la réalité et leurs illusions : jusqu'où cette distinction pouvait-elle tenir sans que s'évanouisse le roman, sans qu'il atteigne la limite de son domaine, ou, pour le dire autrement, la fin de son parcours ? C'était ouvrir l'étude des oeuvres réalistes à un point de vue nouveau, qui n'était plus celui de leur inscription dans l'histoire du XIXe siècle, mais celui, plus vaste, de leur inscription dans une "" histoire interne "" de la fiction romanesque. Or au sein de cette histoire, le réalisme s'est révélé bel et bien comme un moment hautement problématique, et absolument fascinant. Isabelle Daunais</p>";10/09/2002;0;153x228;240;978-2-84292-125-5;9782842921255;0;;PUV/Les Presses de l'Université de Montréal;img_354.jpg;;;;398;22.00;"<p style=""text-align: justify;"">Son histoire l'a prouvé, le roman tient à deux mondes divergents, qu'il met en lutte autant qu'il les rapproche : celui de la réalité et celui des fictions imaginées par ses personnages. Mais lorsque les rêves des personnages tendent à se confondre avec la réalité, le roman n'atteint-il pas les limites de son action ? De cette frontière témoignent tout particulièrement les œuvres romanesques du XIXe siècle. De Balzac à Zola, de Flaubert à Proust, le personnage réaliste rêve des fictions toujours plus ténues qui lui font perdre ses contours et vont jusqu'à le rapprocher des figures de plus en plus abstraites exposées par la peinture de la même époque. Parvenu à ce point critique, le roman doit trouver les moyens de se poursuivre : passage fascinant, analysé ici par Isabelle Daunais à la lumière de ce qu'elle appelle une histoire interne du roman. À travers le roman réaliste, c'est ainsi l' « œuvre » générale du roman qu'elle éclaire sous un angle nouveau.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 179;2;3;16;L'Art de la mesure, ou l'Invention de l'espace dans les récits d'Orient;(XIXe siècle);;;"<p style=""text-align: justify;"">Le récit d'Orient comme atelier d'écriture, où Flaubert et Fromentin, Loti et Nerval expérimentent un rapport entre l'invention scripturale de l'espace et une esthétique de la création.</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Avant-propos</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction</span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br />Récit de voyage et création</span></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1. Les carnets de Flaubert : transitions, prolongements</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- La note comme forme<br />- L'Orient, espace de création<br />- La raison esthétique</span></p><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span> </p></blockquote><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">2. Fromentin et l'Orient de la pré-création</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le paysage abstrait<br />- L'Orient inversé<br />- Un voyage en et hors les lieux<br />- La naissance de l'art</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">3. La fusion de la nature et de l'architecture chez Loti</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- « Plus rien que l'étendue »<br />- Paysages et monuments : entre le réel et le fantastique<br />- Les ruptures d'échelle</span></p></blockquote><p><strong> </strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">4. Nerval et l'Orient des concordances</span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Des images des livres à la réalité du terrain<br />- Vers l'espace du rêve<br />- L'ndétermination spatiale du conte<br />- « Effet de réel » et « effet de fiction »</span></p></blockquote><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Conclusion</span></p>";;10/02/1996;0;137x220;224;978-2-91038-137-0;9782910381370;0;;PUV/Les Presses de l'Université de Montréal;img_179.jpg;;;;322;21.00;"<p style=""text-align: justify;"">En marge de la fiction, le récit de voyage devient, au XIXe siècle, un véritable atelier d'écriture, où romanciers et essayistes vont confronter le texte au visible, la description à ce que l'image ne saurait montrer. C'est le rôle joué notamment par le cliché oriental, dont les paysages et les configurations, les reliefs et les tracés font l'objet d'une expérimentation textuelle. Attaché aux récits d'Orient - de Flaubert et de Frometin, de Loti et de Nerval - ce livre étudie les formes singulières qui relient l'invention scripturale de l'espace, entre mesure et abstraction, à une esthétique de la création.</p>";;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3643 116;2;3;22;Louis Gabriel Gauny. Le philosophe plébéien;;;;"<p>Né à Paris en 1806, mort en 1889, le menuisier Gauny a vécu le sort des obscurs. Mais, toute sa vie, il s'est battu pour conquérir la lumière de la pensée et de la poésie</p>";"<p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Jacques Rancière</span><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Introduction<br /> </span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Aux prolétaires<br /> Le Belvédère : fragment autobiographique</span></p><p><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">I - Les prisons du travail</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Le travail à la journée<br /> - Le travail à la tâche<br /> - Les chemins de fer<br /> - Aux ouvriers constructeurs de prisons cellulaires</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">II - Économie de la liberté</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les socrates de la plèbe<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Économie cénobitique<br /> - Lacédémone et Libérie<br /> - Diogène et saint Jean le Précurseur<br /> - Les Indépendants<br /> - Fragments politiques (esquisses de discours et notes de 1848)</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">III - Les traces d'un chemin</span></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""><br /></span></strong></p><blockquote><p style=""padding-left: 30px;""><em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Les correspondances du rêve<br /> </span></em><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">- Fragments de la correspondance de Gauny<br /> - Lettres de Gabriel à Louis et Louis à Gabriel<br /> - Le Belvédère : sur le bord de la fosse</span></p></blockquote><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;""> </span></strong></p><p><strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">Annexes<br /> </span></strong><span style=""font-family: Geneva,Arial;"">1 - Quelques dates<br /> 2 - Quelques titres<br /> 3 - Portrait d'un jeune homme<br /> 4 - Portrait d'un vieillard<br /> 5- La style, c'est l'homme</span></p>";;10/09/1983;0;135x220;208;978-2-70711-420-4;978-2-70711-420-4;0;;PUV/La Découverte;img_116.jpg;;;;246;10.00;;;05/07/2004 12:48;0;Première édition;3389 421;2;3;22;Ducasse et Lautréamont : l'envers et l'endroit;;;;"<p style=""text-align: justify;""><em>Les Chants de Maldoror</em> sont l’une des œuvres les plus fortes et les plus vivantes du XIXe siècle. tandis que leur auteur demeure toujours aussi mystérieux. Qui était donc Isidore Ducasse et où a-t-il trouvé ce qu’il a prêté au Comte de Lautréamont ?</p>";"<p><span> </span></p><p><span>L'ENVERS ET L'ENDROIT</span></p><p><strong><span>APPRENTISSAGE<br /> </span></strong><span>Le Lycée de Pau au temps de Ducasse</span></p><p><strong><span>DUCASSE LATIN</span></strong></p><p><span>- Paris latin<br /> - Isidore et Amédée<br /> - Maldoror en Équateur</span></p><p><strong><span>SAVOIRS</span></strong></p><p><span>- Le trépied désordonné<br /> - Ce que savait Ducasse<br /> - Le champ des sciences<br /> - Le chant des sciences</span></p><p><strong><span>INTERTEXTES</span></strong></p><p><span>- Le dieu caché<br /> - </span><em><span>Saepe lapis</span></em><span>, </span><em><span>arbor saepe<br /> </span></em><span>- Maximes et « fusées »<br /> - « Moi, je ne sais pas rire »<br /> - Francis Ponge et « Le dispositif Maldoror-poésies »<br /> - Beau comme du Helmholtz</span></p><p><span>ISIDORE DUCASSE : L'AVANT ET L'APRÈS</span></p><p><span>Notes<br /> Index</span></p>";;10/01/2006;0;150x270;208;9782-84292-179-8;9782-84292-179-8;0;;PUV/Du Lérot, éditeur;img_421.jpg;;;;346;28.00;"<p style=""text-align: justify;"">Pour tenter de répondre à ces questions, il faut enquêter : que pouvait avoir appris Ducasse pour se montrer si savant, et où ? Faut-il l’imaginer en Uruguayen de Paris frayant dans les milieux hispano-américains ? Peut-on, en lisant les textes de plus près, mieux comprendre ce qu’il cherchait ? La personne d’Isidore Ducasse et le personnage de Lautréamont, s’ils ne sont pas prêts à livrer tous leurs secrets, en dévoilent malgré tout quelques-uns à qui veut bien être attentif à l’envers comme à l’endroit de l’oeuvre unique qu’ils nous ont léguée, sans en fournir les clés.</p>";;24/02/2006 15:39;0;Première édition;3435 558;2;3;22;À l'écoute du jeune Balzac;L'écho des premières œuvres publiées (1822-1829);;;"<p>Spécialistes de Balzac, les auteurs abordent ici une période particulièrement mal connue de la jeunesse et de l'œuvre de l'écrivain.</p>";;;10/10/2012;0;150X230;687;978-2-84292-272-6;9782842922726;0;;PUV/Lévesque Éditeur (Montréal);img_558.jpg;;;;1016;40.00;"<p>1819, Balzac, adolescent, quitte le carcan familial pour s'installer et écrire… 1829, dix ans plus tard, son père meurt. 10 années d'écriture sous multiples facettes : le romancier, le dramaturge, le publiciste, l'éditeur et imprimeur.</p><p>Les auteurs retracent ici dix ans de la vie littéraire de Balzac, des œuvres écrites sous divers pseudonymes jusqu'à la réappropriation de son patronyme sous lequel il signera <em>Le Dernier Chouan</em>, prélude à <em>La Comédie humaine</em>.</p><p>Ouvrage richement documenté, résultat d'années de recherches de deux spécialistes : illustrations, reproductions de fac-similés, bibliographies, index.</p><p>9 textes de jeunesse de Balzac sont présentés et étudiés, de <em>l'Héritière de Birague</em> au <em>Dernier des Chouans</em>.</p>";;24/09/2012 09:40;0;Première édition;3643 567;2;3;22;Paris, de parcelles en pixels.;Analyse géomatique de l'espace parisien médiéval et moderne;;;"<p>L'église de la Madeleine existait, l'Opéra pas encore ; une plongée inédite dans le vieux Paris.</p>";"<p>Préfaces </p><p><strong>Jean-Michel Roddaz, Bruno Laurioux</strong><br />Paul Rouet, Un regard d’urbaniste</p><p><strong>Hélène Noizet, Jean-Marc Ogier, Frédéric Pouget, Boris Bove</strong><br />Introduction</p><p style=""text-align: center;""><strong> I. Méthodes de reconstitution du plan Vasserot</strong></p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em>1. Comprendre le plan</em></p><p><strong>Michel Denès
 <br /></strong>Sans légende<strong> - </strong>Les conventions cartographiques des plans d’îlots Vasserot</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><em>2. Intégrer le plan dans un sig</em></p><p><strong>Pascal Chareille, Alain Bouju, Anne-Laure Bethe, Hélène Noizet</strong><br />Le géoréférencement des plans Vasserot : méthodes, déformations, interprétations</p><p> </p><p><strong>Romain Raveaux, Jean-Christophe Burie, Jean-Marc Ogier</strong><br />La vectorisation automatisée des plans Vasserot</p><p> </p><p><strong>Frédéric Pouget, Ulrich André</strong><br />Estimation de la qualité topographique des plans Vasserot géoréférencés</p><p style=""padding-left: 30px;""><br /><em>3. Produire des résultats</em></p><p><strong>Laurent Costa, Georges-Xavier Blary, Alain Dallo</strong><br />Une plate-forme de webmapping, outil de travail et de diffusion des données</p><p> </p><p><strong>Laurent Costa, Hélène Noizet, Frédéric Pouget, Jean-Marc Ogier</strong><br />Historiens, géographes, informaticiens : quatre ans de travail collaboratif</p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>II. Analyses spatiales de l’espace parisien</strong></p><p style=""padding-left: 30px;""><em>1. Enceintes</em></p><p><strong>Hélène Noizet</strong><br />L’enceinte du x<sup>e</sup> siècle et les rythmes de la croissance urbaine à Paris</p><p> </p><p><strong>Hélène Noizet, Étienne Lallau</strong><br />L’enceinte de Philippe Auguste : croiser la pierre et le papier grâce au SIG</p><p> </p><p><strong>Nicolas Faucherre, Anne-Laure Bethe</strong><br />Cartographier l’enceinte de Charles V</p><p> </p><p><strong>Yoann Brault</strong><br />L’enceinte des Fossés jaunes et son tracé : apport du géoréférencement des plans anciens 
et interprétation du parcellaire</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em>2. Territoires de la ville</em></p><p><strong>Caroline Bourlet, Anne-Laure Bethe</strong><br />Création de plans de référence pour la fin du Moyen Âge : îlots, voirie, paroisses, quêtes</p><p> </p><p><strong>Boris Bove, Yoann Brault, Antoine Ruault</strong><br />Spatialisation des censives urbaines au XVIII<sup>e</sup> siècle, avec essai de restitution médiévale</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em>3. Morphologie urbaine</em></p><p><strong>Sandrine Robert, Hélène Noizet, Eric Grosso, Pascal Chareille</strong><br />Analyses morphologiques du parcellaire ancien de Paris</p><p> </p><p style=""padding-left: 30px;""><em>4. Usages de l’espace</em></p><p><strong>Caroline Bourlet, Alain Layec</strong><br />Densités de population et socio-topographie : la géolocalisation du rôle de taille de 1300</p><p> </p><p><strong>Véronique Soulay, Brigitte Boissavit-Camus, Aude Foviaux</strong><br />Géolocalisation des établissements religieux (IV<sup>e</sup>-XII<sup>e</sup> siècle)</p><p> </p><p><strong>Boris Bove</strong><br />Typologie spatiale des hôtels aristocratiques à Paris (1300, 1400)</p><p> </p><p>Conclusions <br /><strong>Jean-François Cabestan
, Claude Gauvard</strong></p><p><strong><em> </em></strong></p><p><strong><em>annexes </em></strong></p><p>1. Les données APUR mises à disposition d’Alpage (Paul Rouet)</p><p>2. Dictionnaire des termes techniques (Paul Rouet)</p><p>3. Les plans archéologiques de Berty (Hélène Noizet)</p><p>4. Dictionnaire des conventions cartographiques utilisées dans l’atlas des quartiers de Paris par Philibert Vasserot (Michel Denès)</p><p>5. Circonscriptions administratives et limites d’îlots en 1810-1836</p><p>6. Les enceintes médiévales de Paris</p><p>Bibliographie</p><p>Présentation des auteurs</p>";;10/04/2013;0;225x302;354;978-2-84292-364-8;9782842923648;0;;PUV/Comité d'Histoire de la ville de Paris;img_567.jpg;"<p>Ce travail collectif regroupant historiens, géographes et informaticiens, témoigne des profonds renouvellements de l’histoire médiévale et moderne de Paris grâce à l’analyse spatiale. Le plus ancien plan parcellaire de Paris (plans Vasserot 1810-1836) a été reconstitué dans un système d’information géographique, permettant ainsi d’analyser la morphologie urbaine et de la croiser avec diverses emprises sociales : localisation des enceintes, densités socio-économiques, spatialités du pouvoir seigneurial et royal, présence de la noblesse à Paris sont autant de dimensions de la fabrique de la ville bénéficiant d’un Éclairage nouveau. Ces données géo-historiques sont accessibles <em>via</em> une plateforme en ligne, permettant à tout un chacun de cartographier l’histoire de Paris.</p><p> </p><p><em>Hélène Noizet est maître de conférences en histoire médiévale à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et mène des travaux de recherche dans le domaine de la morphologie urbaine. </em><br /><em> Boris Bove est maître de conférences en histoire médiévale à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, et travaille sur la société parisienne au Moyen Âge. </em><br /><em> Laurent Costa est ingénieur au CNRS, archéologue topographe, et spécialiste des cartes anciennes et des bases de données géographiques.</em></p>";;;1644;45.00;"<p>Une équipe pluridisciplinaire d'historiens, de géographes, d'archéologues et d'informaticiens se penche sur le plus ancien plan parcellaire de Paris (le plan Vasserot) et le reconstitue dans un système d'information géographique. Cette reconstitution permet ainsi d'analyser la morphologie urbaine du Paris ancien et de la croiser avec diverses emprises sociales : location des enceintes, densité socio-économique, spatialités du pouvoir seigneurial et royal, présence de la noblesse à Paris.</p><p>Ouvrage unique en son genre, richement illustré, <em>Paris de parcelles en pixels</em> est la synthèse d'une expérience inédite jusqu'à aujourd'hui.</p><p><br /><strong>Également disponible dans la même collection : </strong></p><p>- le plan Alpage-Vasserot - Paris au début du XIXe siècle - format A1 (594x841 mm) - 29,00€<br />- le plan Alpage-Vasserot - Paris au début du XIXe siècle - format A2 (420x594 mm) - 19,00€</p>";;23/01/2013 11:09;1;Première édition;3377 579;2;3;22;Louis XIV et ses ennemis;Image, propagande et contestation;;;"<p style=""text-align: justify;"">Louis XIV utilisa massivement l'art à des fins de propagande politique, suscitant à cet égard, tant en France qu'à l'étranger, des critiques et des attaques aussi véhémentes que tenaces.</p>";"<p>Avant-propos d’Andreas Beyer et Béatrix Saule <br /> Préface de Martin Warnke <br /> Remerciements </p><p>Introduction</p><p style=""text-align: center;""><strong>CHAPITRE I. NUNC PLURIBUS IMPAR<br /></strong>L'ICONOGRAPHIE SOLAIRE DE LOUIS XIV ET SES CONTESTATAIRES EUROPÉENS</p><p><strong><br />Origine et déclin de l’iconographie solaire louis-quatorzienne : tour d’horizon </strong></p><p>NEC PLURIBUS IMPAR : genèse de la devise solaire de Louis XIV</p><p>Évolution et formes de la critique</p><p style=""padding-left: 30px; text-align: left;"">Josué<br />Phaéton et Icare<br />L’éclipse solaire<br />NUNC PLURIBUS IMPAR</p><p>Stratégies d’autoreprésentation et d’autoaffirmation de Louis XIV</p><p style=""padding-left: 30px;"">Les grenouilles de Hollande<br />Louis XIV en Apollon sur son char solaire<br /> Médailles de protestation<br /> Tentatives d’appropriation des iconographies de Josué et de Jupiter<br /> La <em>Série uniforme </em>de l’<em>Histoire métallique</em><br /> Astronomie contre astrologie<br /> <br /></p><p><strong>La devise solaire de Louis XIV au cœur d’une guerre d’images</strong><strong> entre Bourbons et Habsbourg : deux cas d’école </strong></p><p>La revendication par la France de l’héritage espagnol : la querelle viennoise des devises de 1682 </p><p style=""padding-left: 30px;"">FULGET UBIQUE : les festivités viennoises pour la naissance de l’archiduc Léopold- Joseph<br />FULGET UBIQUE MAGIS : les fêtes pour la naissance de l’archiduc dans les médias patriotiques de l’Empire<br />La querelle viennoise des devises, exemple éclatant de la propagande médiatique</p><p>SOL CAVE ! DUM MINUI SIDERA IUNCTA VIDES !<br /> La conquête de Buda en 1686 dans la propagande impériale antifrançaise</p><p style=""padding-left: 30px;"">L’attitude de la France face à la reconquête de Buda <br /> Léopold Ier en nouveau Josué : la médaille de Wolrab sur la prise de Buda<br /> Stetit sol in medio cœli : le modèle de la médaille de Wolrab<br /> Les réserves de la France face à la médaille de Wolrab<br /> Me stante triumphant : une médaille allemande sur la prise de Buda détournée par la France</p><p><strong>L’art comme instrument de propagande ? <br /></strong></p><p><strong><br /></strong></p><p style=""text-align: center;""><strong>CHAPITRE II. LE « PRINCE IDOLÂTRE </strong>»<br /> LES MONUMENTS ROYAUX SOUS LE FEU DES CRITIQUES</p><p><strong><br />VIRO IMMORTALI :</strong><br /><strong> les débats autour du monument royal de la place des Victoires</strong></p><p>L’objet de la controverse : le monument et son inauguration</p><p style=""padding-left: 30px;"">Le premier et le second projet du duc de La Feuillade<br /> Digression : le monopole de décision du roi<br /> L’inauguration de la statue et les deux médailles dédicatoires<br /> Le programme de l’ensemble monumental</p><p>Protestation des milieux catholiques de la Cour : Feuillet, Fénelon, Saint-Simon<br /><br /> Les critiques des protestants en exil : Bayle, Jurieu, Le Vassor <br /><br /> Protestation populaire : tracts et chansons <br /><br /> Ripostes et justifications : Vertron, Lemée, Ménestrier</p><p>Les réactions de l’étranger </p><p style=""padding-left: 30px;"">Les protestations des envoyés de l’Empire et de l’Électeur de Brandebourg en 1686-1687<br />Digression : atteinte par l’image contre le cérémonial de cour<br /> Critiques étrangères ultérieures</p><p>Les mutations de l’iconographie française du pouvoir : le monument équestre de Girardon </p><p style=""padding-left: 30px;"">Le monument équestre et le programme des inscriptions du socle<br /> Une modestie inédite de Louis XIV en matière de monuments royaux ?<br /> Réactions françaises et étrangères au monument équestre de Girardon<br /> Digression : la place des Victoires et ses incidences artistiques à Vienne et à Berlin</p><p> </p><p><strong>Le lion et le globe : la statue de Louis XIV par Domenico Guidi, ou les Habsbourg humiliés</strong></p><p>La statue royale commandée par Guido Vaini </p><p>Une iconographie sciemment anti-habsbourgeoise </p><p>Les menaces de mort de l’envoyé impérial Martinitz </p><p>L'enjeu politique des statues françaises à Rome</p><p><br /> <strong>De l'efficacité de l'art comme mode d'expression politique<br /></strong></p><p> </p><p style=""text-align: center;""><strong>CHAPITRE III. « HIS HOUSE AT VERSAILLES IS SOMETHING THE FOOLISHEST IN THE WORLD »</strong><br /> LE CHÂTEAU DE VERSAILLES DANS LES RÉCITS DE VOYAGE ET RAPPORTS DIPLOMATIQUES ÉTRANGERS</p><p><strong><br />La Grande Galerie de Versailles </strong></p><p><strong>Les conditions de la réception de Versailles avant 1700</strong></p><p>- Accessibilité du château et du parc<br />- Guides de voyage et reproductions gravées</p><p><strong>Thèmes récurrents de la critique à l’encontre de Versailles</strong></p><p>-Critique de l’architecture et de la situation topographique du château<br />- Prééminence de l’art vernaculaire sur l’architecture et les jardins de Versailles<br />- Versailles, vitrine de la puissance politique et militaire de la France<br />- L’ampleur des dépenses de construction, baromètre des intentions belliqueuses de la France<br />- Versailles, lieu de vice et de luxure</p><p><strong>La Grande Galerie comme exemple</strong><strong> de la réception contemporaine de Versailles </strong></p><p>La Grande Galerie vue par les architectes étrangers</p><p style=""padding-left: 30px;"">Christoph Pitzler et Nicodème Tessin le Jeune<br />Les frères Corfey<br /> Leonhard Christoph Sturm</p><p>La place de la Grande Galerie dans la correspondance des diplomates étrangers</p><p style=""padding-left: 30px;"">Ezechiel Spanheim et le vicomte Preston<br />Ferdinand Bonaventura, comte de Harrach<br />Matthew Prior</p><p><strong>A-t-on reconnu la teneur politique des décors versaillais ?</strong></p><p>Conclusion : De l’interaction entre la production et la réception des images</p><p>Notes<br />Annexes</p>";"<p style=""text-align: justify;"">Avec une foule de touristes du monde entier, avides de voir le château où résidait le Roi-Soleil, je suis versé sur le quai du RER ; je me précipite – une cacophonie multilingue voltigeant autour de mes oreilles – vers ce lieu, tant décrit, tant admiré, et tant méconnu. Après des rites de passage obligatoires : billetterie, fouille de sac, contrôle d’accès, me voilà enfin dans la cour Royale. Sans attendre je monte à l´étage, me lance dans la longue enfilade des grands appartements et la galerie des Glaces avec ses mètres lambrissés de marbres et de miroirs, et quelques hectares de peintures au plafond. La vibration de mon portable me sort de mes rêveries : « Tu fais ton grand tour ? Tu traînes à Versailles ? » m’écrit un ami et me donne le conseil : « Mets-toi dans la peau d’un voyageur étranger du Grand Siècle : toujours admirateur du savoir vivre français, certes, mais aussi un peu méfiant, un peu hautain, et fier de sa propre nation. » « Je vois Louis XIV piétinant ses ennemis sous son char de combat » lui réponds-y-je, la tête levée vers le plafond. On me bouscule ; les gardiens ont l’œil sur moi. « Certainement les voyageurs du xvii<sup>e</sup> siècle ont déjà été scandalisés par un tel propos ! » La remarque de mon ami me donne des idées : et si j’écrivais un livre sur les stratégies artistiques du Roi-Soleil et la manière dont on les a perçues en Europe du vivant du roi ? L’aventure commence.</p><p style=""text-align: justify;"">« Voyons donc ce qu’il en est de cette résidence tant prisée ! »</p>";10/12/2013;0;225X275;417;978-2-84292-368-6;9782842923686;0;;PUV/Centre de recherche du château de Versailles/Centre allemand d'histoire de l'art;img_579.jpg;"<p style=""text-align: justify;"">Louis XIV utilisa l’art à des fins de propagande politique, suscitant à cet égard, tant en France qu’à l’étranger, des critiques et des attaques aussi véhémentes que tenaces. Cette étude se penche autant sur les moyens d’autoreprésentation qu’il mit en œuvre que sur la nature et l’ampleur des réactions de ses adversaires. La monopolisation de la métaphore solaire par Louis XIV, les multiples statues élevées à sa gloire et l’ambitieux cycle de peintures du château de Versailles célébrant le souverain déclenchèrent une ­véritable « bataille d’images » à l’échelle européenne.<br /><br />L’analyse d’exemples significatifs révèle que Louis XIV fut souvent contraint, au cours de son long règne, d’adapter ses « stratégies iconiques » aux mutations des rapports de force politiques. Ce travail repose sur l’exploitation d’un vaste ensemble de sources iconographiques et textuelles, notamment de rapports inédits émanant de diplomates étrangers. À travers ces documents, il apparaît que ces productions artistiques ne furent pas seulement perçues comme des instruments légitimes au service de la glorification des princes, mais surtout comme des moyens efficaces d’imposer des objectifs politiques et militaires précis.</p><p><br /><em>Hendrik Ziegler est professeur d’histoire de l’art moderne et contemporain à ­l’université de Reims Champagne-Ardenne. Spécialiste des échanges culturels entre la France, ­l’Allemagne et les pays européens du xviie au xixe siècle, il a été lauréat en 2012 du prix franco-allemand Gay-Lussac ­Humboldt.</em><br /><br /><em>Ouvrage traduit de l’allemand par Aude Virey-Wallon.</em></p>";;;1744;35.00;"<p style=""text-align: justify;"">Cet ouvrage richement illustré (médailles, monuments parisiens de la place des Victoires, et de la place Vendôme), s'attache à mettre en évidence le jeu des influences réciproques entre la production des images du roi et leur réception par les contemporains, en l'occurrence ses ennemis. Les productions artistiques sont ainsi analysées comme de véritables instruments et acteurs des phénomènes sociopolitiques.</p>";;11/09/2013 15:59;1;Première édition;3388