Presses Universitaires de Vincennes


Recherches Linguistiques de Vincennes

Constructing Aspect: Syntactic Reflections on Aspectual Distinctions
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Recherches Linguistiques de Vincennes n° 43
  • Paru en : Janvier 2015
  • EAN : 9782842924171
  • ISBN : 978-2-84292-417-1
  • 208 pages, 155x220mm
  • Illustrations : Non
  • Édition : Première édition
  • Plus d'informations
    • Support : PDF sans DRM
    • Protection : Marquage (water mark)
    • ISBN : 978-2-84292-502-4
    • EAN : 9782842925024
    • Taille : 2 Mo
    • Illustrations : Non

Constructing Aspect: Syntactic Reflections on Aspectual Distinctions

N°43/2014

L’aspect, lexical et grammatical, dans la variété de ses réalisations à travers diverses langues.

Ce numéro propose une vue comparative des phénomènes aspectuels à travers diverses langues (hongrois, russe, odia, anglais), en présentant des données nouvelles et des analyses originales sur la manière dont l’aspect se construit dans les langues.

L’aspect est ce qui, dans la langue, assure la mise en scène des événements que l’on raconte. L’aspect lexical (l’Aktionsart) décrit la « forme » des événements et l’aspect grammatical marque le point de vue du locuteur sur leur déroulement temporel. Il est communément admis que le premier est l’affaire de la sémantique lexicale et le second celle de la syntaxe et la morphologie. Mais les choses ne sont pas toujours si simples. Les articles de ce numéro, en offrant des descriptions syntaxiques détaillées dans diverses langues (hongrois, russe, odia, anglais), contribuent à montrer comment l’aspect se structure aux différents niveaux de l’analyse linguistique et comment les théories syntaxique et sémantique s’enrichissent mutuellement par les travaux menés à leur interface.

Bridget Copley est chercheur au CNRS et à l'Université Paris 8.
Jacqueline Guéron est Professeur Émérite à l'Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle.
 

Coordinateur(s) du numéro :
Bridget Copley |

Jacqueline Guéron |
Auteur(s) :
Éric Corre |
Marie-Laurence Knittel |
Bibhuti Bhusan Mahapatra |
Monika Schulz

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Analyse | Aspect | Comparaison | Grammaire | Langues | Lexicographie | Linguistique | Morpho-syntaxe | Morphologie | Sémantique | Syntaxe

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Sommaire

Jacqueline Guéron, Bridget Copley
Introduction

 

Bibhuti Bhusan Mahapatra
The Parameters of Aspect for Odia

Marie Laurence Knittel
Preverbs, aspect and Nominalization in Hungarian

Monika Schulz
Causer, recipient and possessor: the grammatical subject of get and the context-sensitivity of PHAVE

Eric Corre
Preverbs in Russian: situation or viewpoint aspect ?

Résumé

Bibhuti Bhusan Mahapatra
The Parameters of Aspect for Oḍia

On suppose généralement que les aspects situationnels (les aktionsarts) sont marqués lexicalement sur le prédicat. En Oḍia, pourtant, ils peuvent être exprimés grammaticalement au moyen d’un ensemble fermé d’auxiliaires. Concernant les aspects marqués grammaticalement (les aspects de point de vue), l’Oḍia possède un marqueur progressif mais n’a pas de marqueur perfectif ou imperfectif visible. Le marqueur habituellement appelé « perfectif », qui sert aussi de marqueur de « participe conjonctif », reçoit ici une analyse unifiée comme marqueur de linéarisation verbale. Notre analyse montre également qu’en Oḍia, la perfectivité prend la forme d’une séquence qui consiste en un verbe événementiel plus un auxiliaire copule, c’est-à-dire un événement suivi d’un état. Nous faisons remarquer qu’à travers les langues, le morphème progressif ne peut pas recevoir d’interprétation en l’absence de traits de temps et de monde. Au contraire, le morphème imperfectif efface ces traits. En somme, ce travail propose que « l’imperfectif » et « le présent simple » sont des structures alternatives paramétrées qui ne valident pas les traits de temps et de monde. Bien que la forme progressive porte invariablement un temps grammatical, sa valeur aspectuelle varie selon les langues. En Oḍia, sa valeur est [+Dynamique] mais en anglais sa valeur est [–Télique]. Les valeurs [+Dynamique] ou [–Télique] constituent un choix paramétrique des langues.

Mots clés : Aspect, dynamique, imperfectif, irrealis, linéariser, paramètre, perfectif, progressif, realis, type de situation, télique, point de vue.

  

Marie Laurence Knittel
Preverbs, aspect and Nominalization in Hungarian
 

Cet article examine la distribution et le rôle des préverbes vis-à-vis des verbes et des noms d'événements qui en sont dérivés en hongrois. Nous montrons que les préverbes marquent le caractère borné d'un procès. Le préverbe rend télique un verbe originellement atélique. Si l'environnement dans lequel il apparaît est déjà télique, le préverbe est alors interprété comme un marqueur de perfectivité. Ces valeurs sont maintenues lorsque le verbe est nominalisé, ce qui révèle que l'aspect grammatical est bien une catégorie valide pour les noms en hongrois, comme c'est aussi le cas dans d'autres langues. Nous développons également une approche syntaxique du phénomène, proposant une représentation parallèle des projections aspectuelles dans les domaines verbaux et nominaux, tout en rendant compte de la détachabilité des préverbes d'avec les verbes, qui n'est pas observée avec les noms.

Mots-clés : hongrois, préverbes, aspect télicité, perfectivité, nominalisation.

 

Monika Schulz
Causer, recipient and possessor : the grammatical subject of get and the context-sensitivity of PHAVE

Cet article défend l’idée que le possessif HAVE GOT dérive du present perfect HAVE got(ten) (exprimant la « prise de possession ») via la conventionnalisation ou sémanticisation de l’implicature conversationnelle « stative possession » (Traugott & König 1991, Traugott & Dasher 2003). Les différences structurelles entre ces deux expressions sont définies dans les cadres théoriques du Programme Minimaliste et la Morphologie Distribuée (Chomsky 1995, Halle & Marantz 1993). Le processus de conventionnalisation produit plusieurs changements dont : un décalage de la référence temporelle du pré-présent au présent, une disparition du statut participial de got(ten), une disparition du composant événementiel dans GET et un passage du rôle thématique du sujet de récipiendaire à possesseur. HAVE GOT reçoit une analyse hybride qui réunit des traits structurels d’expressions au present perfect et au présent.

Mots-clés : possession, possessif HAVE, auxiliaire HAVE, present perfect, conventionnalisation d’implicatures conversationnelles, sémanticisation, décomposition lexicale.

 

Eric Corre 
Preverbs in Russian : situation or viewpoint aspect ?

L’article poursuit deux objectifs: présenter les données complexes de la préfixation verbale (préverbation) en russe, et interroger la validité de la distinction entre aspect lexical (Situation aspect) et aspect grammatical (Viewpoint aspect) établie par Smith (1991), et en particulier la thèse selon laquelle tous les préverbes sont des marqueurs de télicité (Borer 2005). En premier lieu, des arguments sont avancés pour montrer que la classification en trois types de préverbes de la littérature  (modifieurs, « superlexicaux » et perfectivisants purs) ne tient pas face aux données : tous les verbes préverbés sont systématiquement perfectifs (pf) quel qu’en soit le type ; tous sont sujets à des restrictions lexicales. Une conclusion préliminaire est que tous les préverbes marquent la télicité, contre Filip (2005, 2008) pour qui le préverbe est pré-fonctionnel (lexical). En second lieu, cela pose la question de la nature exacte de la télicité : dans la littérature (Dowty 1979, Krifka 1998), la télicité finale est testée au moyen des adverbiaux de type « en x temps ». Une version plus lâche de la télicité est proposée, à la suite de Borer (2005) et Lakorczyk (2010) : il suffit qu’un événement soit non divisible ou non homogène pour qu’il soit télique. Ce concept est proche de celui de « terminativité » défendu par Paducheva & Pentus (2008) : la fonction du préverbe est de clore l’événement. Ceci permet de rendre compte du comportement des verbes munis du préverbe délimitatif po-, qui résistent aux tests de télicité finale. De nouveau dans ce cas, les données montrent que ces hypothèses ne sont pas exactes : les verbes en po- connaissent une extension fonctionnelle de leur emploi en russe contemporain et de plus en plus, sont des partenaires pf normaux du verbe impf correspondant ; ils n’indiquent pas nécessairement une durée courte, et sont également soumis à des restrictions lexicales (Dickey 2006). Enfin, le rôle du préverbe vis-à-vis de l’aspect grammatical est évalué : il est normal d’utiliser un verbe impf pour dénoter un événement borné, c'est-à-dire ayant le viewpoint pf. Dans l’imperfectivisation seconde (IS), utilisant le suffixe -iva/-yva, le préverbe reste présent ; et dans les nominalisations, aucun effet temporel n’est induit de par la présence du suffixe de IS : sa seule fonction systématique consiste à marquer l’atélicité. La conclusion est que c’est l’aspect lexical (Situation aspect) qui est grammaticalisé en russe au moyen des préverbes, et non l’aspect grammatical (Viewpoint aspect), qui est dérivé au moyen de simples corrélations.

Mots-clés : russe, aspect grammatical, aspect lexical, telicité, perfectivité

Abstract

Bibhuti Bhusan Mahapatra
The Parameters of Aspect for Oḍia

It is a standard assumption that situation-type aspects (aktionsarts) are lexically marked on the predicate. However, in Oḍia, they can be grammatically expressed with a closed set of auxiliaries. As for the grammatically marked (viewpoint) aspects, Oḍia has a progressive marker but no overt perfective or imperfective. The so called ‘perfective marker’, which is also the ‘conjunctive participle’ marker, is given a unified analysis as a verb linearizer. The present analysis shows that the perfectivity in Oḍia is marked by the sequence of an eventive verb and a copular auxiliary; that is, when an event is followed by a state.

It is observed that the progressive morpheme, across languages, remains uninterpretable without world-time features; in contrasts, the imperfective morpheme drops them. In fact, the paper proposes the ‘imperfective’ and the “simple present” as parametrically alternative constructions which do not check world-time features.

Although the progressive is invariably tensed its aspectual value varies for different languages. While its value is [+Dynamic] for Oḍia, for English its value is [−Telic].Whether the progressive has the aspectual value [+Dynamic] or [−Telic] is a parametric choice for the language.

Key words : Aspect, dynamic, imperfective, irealis, linearize, parameter, perfective, progressive, realis, situation type, telic, viewpoint.

 

Marie Laurence Knittel
Preverbs, aspect and Nominalization in Hungarian
 

This paper examines the realization of aspect in Hungarian eventive nominalizations. In the verbal domain, aspect is expressed by preverbs, which act as boundedness markers; they indicate telicity, and, when occurring in telic environments, perfectivity. Eventive nominals morphologically derived from verbs can also be associated with preverbs. In this case, the preverbs maintain the same values as with verbs. This leads to the conclusion that, in Hungarian, grammatical aspect is valid category in the nominal domain, as has recently been shown for various other languages. The paper also provides a syntactic approach of the organization of the aspectual projections with verbs and deverbal nominals, which accounts for the fact that preverbs cannot be separated from nominals, whereas they can when occurring with verbs.

Keywords : Hungarian, preverbs, aspect, telicity, perfectivity, verbs, event nominals

 

Monika Schulz
Causer, recipient and possessor : the grammatical subject of get and the context-sensitivity of PHAVE

The present paper argues that possessive HAVE GOT develops out of present perfect HAVE got(ten) ‘onset of possession’ via the conventionalization or semanticization of the conversational implicature ‘stative possession’ (Traugott & König 1991, Traugott & Dasher 2003). Structural differences between the two expressions are operationalized within the frameworks of Minimalism and Distributed Morphology (Chomsky 1995, Halle & Marantz 1993). The changes brought about by the conventionalization process include a switch of temporal reference from the pre-present to the present, a loss of the participial status of got(ten), a loss of the eventive component in GET, and a change of the thematic role of the subject from recipient to possessor. HAVE GOT is analyzed as a hybrid of a present perfect and a present tense expressions, incorporating structural features of both.

Keywords :  possession, possessive HAVE, auxiliary HAVE, present perfect, conventionalization of conversational implicatures, semanticization, lexical decomposition

 

Eric Corre 
Preverbs in Russian : situation or viewpoint aspect ?

The present paper has two goals: to present the complex data of verbal prefixation of Russian, and assess the validity of the Situation Aspect-Viewpoint Aspect (Smith 1991) distinction for the preverbs, in particular the thesis that all preverbs are telicity-markers (Borer 2005). First, arguments are introduced to show that the classification into three types of preverbs recognized in the literature (“meaning-modifying”, “superlexical”, “purely perfectivizing”, Svenonius 2004, Janda 2007) breaks down when one looks at the data: all prefixed verbs are automatically perfective (pf), regardless of the type; all are subject to lexical restrictions. A preliminary conclusion is that all preverbs are telicity markers, contra Filip (2005, 2008), for whom the preverb is pre-functional (lexical). In turn, this raises the question of the exact nature of telicity: in the literature (Dowty 1979, Krifka 1998), final telicity is tested by means of in x time frame adverbials. A more relaxed version of telicity is proposed in the paper, following Borer (2005) & Lakorczyk (2010): suffice it for an event to be either non divisive or non homogeneous to be telic. The concept is akin to Paducheva & Pentus’ (2008) terminativity: the function of the preverb is to seal off the event. This accounts for the behavior of po-delimitative verbs, which resist telicity-as-finality tests. Here again, the data show that some assumptions are not correct: po-delim verbs are currently extending their functional scope in Russian and often act as pf partners to impf verbs, they do not necessarily indicate short duration, and are subject to lexical restrictions (Dickey 2006). Finally, the role of the preverb with respect to Viewpoint Aspect is assessed: it is normal to use an impf verb to denote a bounded, i.e. viewpoint-perfective, situation; in secondary imperfectivization, with -iva/-yva suffixation, the preverb remains; and in nominals, no temporal effect is introduced; the only systematic function of the SI suffix is that of marking atelicity. The conclusion is that it is Situation Aspect that is grammaticized in Russian by means of the preverbs, and not Viewpoint Aspect, which is derived by means of correlations.

Keywords :  Russian, viewpoint aspect, situation aspect, telicity, perfectivity

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Présentation

Recherches Linguistiques de Vincennes paraît une fois par an.
Langue de rédaction des articles : français jusqu'au N° 39/2010 - anglais à partir du N° 40/2011.

La revue publie des travaux portant sur les divers sous-domaines de la linguistique théorique et formelle : phonologie, morphologie, syntaxe, sémantique, pragmatique, psycholinguistique, typologie, poétique.
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Responsables de la rédaction : Léa Nash et Laurent Roussarie


Cette publication a été arrêtée en 2014.