Presses Universitaires de Vincennes


Médiévales

Temporalités de l'Égypte
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Médiévales n° 64
  • Paru en : Septembre 2013
  • EAN : 9782842923716
  • ISBN : 978-2-84292-371-6
  • 220 pages, 155x220mm
  • Illustrations : Non
  • Édition : Première édition
  • Plus d'informations
    • Support : PDF sans DRM
    • Protection : Marquage (water mark)
    • ISBN : 978-2-84292-466-9
    • EAN : 9782842924669
    • Taille : 5 Mo
    • Illustrations : Non

Temporalités de l'Égypte

N°64/2013

Ce numéro interroge les périodisations de l'histoire de l'Égypte médiévale depuis la conquête arabe jusqu'à la l'époque ottomane.

Premier numéro de Médiévales dont le thème est exclusivement consacré à l'Orient médiéval.  Sont étudiés ici, plusieurs aspects de l'histoire de l'Égypte médiévale, tels que l'islamisation et l'arabisation du pays, les moments de transitions et ruptures entre les époques abbasside, mamelouke, et ottomane. ces aspects sont illustrés dans des perspectives aussi différentes que le système judiciaire des premiers siècles de l'hégire, l'administration, la culture équestre ou la littérature des Contes des Mille et Une Nuits...
En contrepoint de ce dossier sur l'Égypte, sont également évoqués, l'historiographie récente sur les relations entre l'Italie et le Maghreb médiéval, l'exploration de la question de l'amitié spirituelle, et de l'écriture de l'histoire.

Coordinateur(s) du numéro :
Abbès Zouache |

Auteur(s) :
Cyrille Aillet |
Sobhi Bouderbala |
Pierre Courroux |
Mathieu Eychenne |
Jean-Claude Garcin |
Julien Loiseau |
Anne-Laure Meril-Bellini Delle Stelle |
Mathieu Tillier |
Dominique Valerian

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Abbasside | Égypte | Islam | Mamelouk | Mille et Une Nuits | Monde musulman | Moyen Âge | Orient | Ottoman

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Sommaire

Introduction
Cyril Aillet et Abbès Zouache

Du pagarque au cadi : ruptures et continuités dans l’administration judiciaire de la Haute-Égypte (Ier-IIIe-VIIe-IXe siècle)
Mathieu Tillier

Les aḥbās de Fusṭāṭ aux deux premiers siècles de l’hégire : entre pratiques socio-économiques et normalisation juridique
Sobhi Bouderbala

Une culture en partage : la furūsiyya à l’épreuve du temps
Abbès Zouache

Le passage des anciennes à de nouvelles Mille et Une Nuits au XVe siècle
Jean-Claude Garcin

Les Banū Ḥinnā à Fusṭāṭ-Miṣr. Pouvoir et implantation urbaine d'une famille de notables à l'époque mamelouke
Mathieu Eychenne

Les événements de l’année 806. Ou comment al-Maqrīzī a pensé une rupture majeure dans l’histoire de l’Égypte
Julien Loiseau

                                                     
                                                   ESSAIS ET RECHERCHES

L’écriture de l’amitié spirituelle dans l’œuvre hagiographique de Thomas de Cantimpré (1200 - ca. 1265/1270)
Anne-Laure Méril-Bellini Delle Stelle


                                                          POINT DE VUE

Les relations entre Italie méridionale, Sicile et Maghreb au Moyen Âge : autour de trois ouvrages récents
Dominique Valérian


- Notes de lecture           
- Livres reçus
- Iconographie :
Manuscrits (noir et blanc) :
- Paris, Bnf, ms. Ar. 2834, folio 1.
- Le Caire, IFAO, ms. Ar. 106, folio 1.
- Le Caire, ms. Maktabat al-Azhar, n°42799, folio 1

Cartes
Généalogie

Résumé

Mathieu Tillier
Du pagarque au cadi : ruptures et continuités dans l’administration judiciaire de la Haute-Égypte (Ier-IIIe-VIIe-IXe siècle).

Selon les sources littéraires de l’histoire égyptienne, dont la rédaction remonte, pour les plus anciennes, au IIIe-IXe siècle, l’institution du cadi serait apparue en Égypte dès les lendemains de la conquête. Des historiens comme Émile Tyan ont à l’inverse présenté le cadi  comme le successeur des juges byzantins. La documentation papyrologique permet de nuancer ces deux approches. Fondé sur un corpus de papyrus judiciaires relatifs à la Haute-Égypte du VIIe au IXe siècle, cet article suit l’évolution de la justice depuis son administration par des pagarques chrétiens jusqu’à l’apparition des cadis à l’époque abbasside. Il met en évidence le progressif remodelage des procédures héritées de Byzance et la lente islamisation de la justice dans les campagnes égyptiennes. Il apparaît que la dynamique historique complexe de cette évolution suivit un rythme bien différent des périodisations dynastiques traditionnelles. 

 

Sobhi Bouderbala
Les aḥbās de Fusṭāṭ aux deux premiers siècles de l’hégire : entre pratiques socio-économiques et normalisation juridique.

Cette étude porte sur les pratiques sociales en matière de biens inaliénables, le ḥubs (pl. aḥbās), au début l’Islam et leur rapport avec les théories juridiques naissantes en se fondant sur une documentation exclusivement égyptienne. Dans un premier temps, nous examinons les spécimens des actes de ces biens parvenus jusqu’à nous, conservés dans la littérature pré-fatimide de Fusṭāṭ, en mettant l’accent sur les pratiques sociales en vigueur à Fusṭāṭ dès la fin du Ier-VIIe siècle et les spécificités des clauses composant ces actes. Ensuite, l’accent est mis sur l’intervention du corps judiciaire et juridiques (cadis et jurisconsultes) dans la réglementation et la résolution de ces biens à partir du milieu du IIe-VIIIe siècle, en se fondant sur quelques documents papyrologiques des trois premiers siècles de l’hégire. Cette enquête permet de mieux apprécier l’évolution de l’institution des biens inaliénables en Egypte dans une dynamique de transition qui aboutit, à terme, à normaliser les pratiques sociales en la matière. Elle montre accessoirement aussi les tentatives des fondateurs de ces biens pour pérenniser leur patrimoine et contourner certaines règles rigides d’héritage. 

 

Jean-Claude Garcin
Le passage des anciennes à de nouvelles Mille et Une Nuits au XVe siècle.


L’analyse historique du texte arabe des Contes des Mille et Une Nuits permet de comprendre la cohérence du recueil imprimé pour la première fois en Égypte, à Būlāq, en 1835. La collecte des contes de Būlāq a été réalisée dans un but moralisant, voire religieux, par un cheikh égyptien dont nous ignorons le nom, peu après 1750. L’historien peut replacer ces textes dans le temps en analysant les « indices contextuels ». Il est conduit à identifier ceux qui sont des contes médiévaux et d’époque mamelouke (44% seulement du texte arabe imprimé), et à constater qu’une rupture dans les thèmes des contes a commencé en Égypte dans le premier quart du XVe siècle : adjonction à de vieilles anecdotes sur les califes abbasides des ixe-xe siècles et leur cour, de contes faisant preuve de plus d’esprit critique (le « Sindbād le Marin » que nous connaissons), voire des interrogations plus graves sur les famines et les pestes. La rupture véritable se produit en Syrie affectée par les invasions mongoles (Tamerlan déporte à Samarkand de nombreux habitants de Damas en 1401), lorsqu’un auteur damascène écrit de « Nouvelles Mille et Une Nuits », sans doute entre 1421 et 1436. La famille abbasside (en particulier Harūn al-Rashīd) est tournée en ridicule ; les anecdotes purement historiques sont bannies ; l’auteur, qui apparaît comme un « moraliste », s’intéresse surtout à l’étude des caractères et des passions, sans référence à la loi islamique. Cette rupture coïncide avec un changement dans la production littéraire en Égypte, au moment où se consolide au Caire le régime politique des mamelouks « circassiens ». À partir du XVIe siècle, les auteurs de contes se placeront dans la continuité formelle de l’auteur damascène du XVe siècle, qui a fourni le modèle de « Mille et Une Nuits modernes », avant qu’au XVIIIe siècle une affirmation nouvelle du religieux et du « convenable » conduise à une rupture finale et à la moralisation des contes par celui qui a composé le recueil de Būlāq. 

 

Mathieu Eychenne
Les Banū Ḥinnā à Fusṭāṭ-Miṣr. Pouvoir et implantation urbaine d'une famille de notables à l'époque mamelouke.

Cet article se propose de reconstruire l'histoire d'une famille de notables égyptiens, originaire de Fusṭāṭ-Miṣr, les Banū Ḥinnā, à partir des informations contenues dans les sources historiques de l'époque mamelouke (1250-1517). En prenant comme exemple cette famille d'origine copte, islamisée au tournant des XIIe et XIIIe siècles, il s'agira dans un premier temps, d'illustrer la façon dont certaines familles de notables égyptiens ont pu prospérer à l'avènement du nouveau pouvoir en investissant massivement l'administration de l'État mamelouk. La seconde partie de cette étude met en lumière l'ancrage social et spatial de la famille à Fusṭāṭ-Miṣr et la façon dont son importante activité édilitaire et ses investissements dans la ville a pu contribuer à façonner l'espace urbain et à laisser une trace dans la mémoire des contemporains. 

 

Julien Loiseau
Les événements de l’année 806. Ou comment al-Maqrīzī a pensé une rupture majeure dans l’histoire de l’Égypte.


La crise qui frappa l’Égypte à la fin du Moyen Âge, et qui connut son paroxysme dans les premières années du XVe siècle, a laissé une empreinte durable dans l’histoire du pays et de sa capitale. Avant d’attirer l’attention des historiens, elle a marqué l’esprit des contemporains et modifié en profondeur le regard qu’ils portaient sur leur histoire. De tous ceux qui tentèrent alors de comprendre la brutalité du temps présent à la lumière du passé de l’Égypte, Taqīy al-Dīn Aḥmad al-Maqrīzī (1364-1442) se distingue par l’importance de son œuvre historique et son souci d’apporter un diagnostic et un remède à la maladie de son époque.

La réflexion d’al-Maqrīzī, littéralement obsédé par les « événements » intervenus au cours de l’année 806 de l’Hégire (1403-1404) dont le pays ruiné portait la trace funeste, a cependant évolué au fil du temps. L’analyse à chaud, qu’il expose dès 1405 dans l’Iġāṯat al-umma, propose de voir dans les malheurs du temps, en les comparant aux épreuves du passé, les effets d’une cherté qui se maintient anormalement au lieu de se résorber deux saisons après les désastres naturels qui l’ont provoquée. Dans la suite de son œuvre, et tout particulièrement dans ses fameuses Ḫiṭaṭ, le concept de cherté (ġalā’) est abandonné au profit de celui de ruine (ḫarāb). L’Égypte n’est pas seulement malade du mauvais gouvernement des Mamelouks. L’arbitraire de l’État, et sa fiscalité prédatrice, ont précipité le pays sur une pente dont il ne se relèvera pas. Le profond pessimisme d’al-Maqrīzī, démenti par le redressement de l’État mamelouk, n’enlève rien cependant à la force de son constat et à la finesse de ses analyses. 

 

Anne-Laure Méril-Bellini Delle Stelle
L’écriture de l’amitié spirituelle dans l’œuvre hagiographique de Thomas de Cantimpré (1200 - ca. 1265-1270).

Les mulieres religiosae des Pays Bas méridionaux du XIIIe siècle ont été le centre de réseaux sociaux animés par un sentiment d’amitié spirituelle. De nombreuses vitae en témoignent, particulièrement celles de Thomas de Cantimpré. Pour comprendre l’importance de l’amitié spirituelle, celles-ci offrent un champ d’études exceptionnel et permettent de saisir, à travers l’écriture de ce sentiment, la nature de celui-ci et son rôle dans le milieu dévot. L’analyse du vocabulaire mis en œuvre, ainsi que la comparaison de deux manuscrits de la Vie de Lutgarde d’Aywières permettent de répondre en partie à ces questions. Enfin, l’examen des bénéficiaires de cette mise en scène littéraire de l’amitié spirituelle rend plus clair le rôle de la vita en tant que texte et en tant qu’objet, dans les réseaux de relations et notamment dans les liens d’amitié. 

 

Pierre Courroux
Godefroid Kurth et Jean d’Outremeuse : un historien du xxe siècle face à l’invention historique.

Godefroid Kurth, historien méthodique rigoureux du début du XXe siècle, et Jean d’Outremeuse, chroniqueur prolixe mais brouillon du XIVe siècle, partagent a priori le même « métier », celui d’historien. Pourtant, entre ces deux personnages se dresse un gouffre abyssal, celui de deux visions de l’histoire entièrement opposées. Pour l’un, l’histoire est constituée d’événements assurés, reconstruits par une minutieuse étude des sources. Pour l’autre, l’histoire est un puits d’anecdotes propres à intéresser un public, elle est construite à coup de légendes, d’inventions personnelles qui visent à la vraisemblance aussi bien qu’à créer un véritable récit historique. Lorsque Godefroid Kurth a publié en 1910 son étude critique sur Jean d’Outremeuse, celui-ci n’était plus à même de se défendre. Il fut en conséquence lentement oublié, et sa vision de l’histoire vouée aux gémonies. Quel regard l’historien actuel doit-il porter à cette querelle ? L’évolution de l’historiographie moderne, en particulier le linguistic turn, qui a insisté sur l’aspect narratif de toute histoire, doit-il le porter à réhabiliter le chroniqueur ? Ne faudrait-il pas tout autant comprendre la démarche de l’un et de l’autre des protagonistes pour les voir tous deux, malgré leur statut d’écrivains de l’histoire, comme des sujets, des témoins de l’histoire et de leur époque ?

Abstract

Mathieu Tillier
Du pagarque au cadi : ruptures et continuités dans l’administration judiciaire de la Haute-Égypte (Ier-IIIe-VIIe-IXe siècle).

According to Egyptian literary sources, which were written in the third/ninth century C.E. for the earliest ones, the institution of the qāḍī appeared in Egypt soon after the conquest. Historians like Émile Tyan challenged this view and considered qāḍīs as successors to Byzantine judges. The study of Egyptian papyri enables nuances to be drawn between these two interpretations. This article analyses a corpus of judicial papyri from seventh- through ninth- century Upper Egypt. It reconstructs the evolution of the legal system from the time of Christian pagarchs until the appearance of qāḍīs under the Abbasids, and highlights the progressive reshaping of procedures inherited from Byzantium as well as the slow Islamicisation of the Egyptian landscape’s judicial system. As it will appear, the complex dynamics of this evolution do not match traditional dynastic periods defined by historians.

 

Sobhi Bouderbala
Les aḥbās de Fusṭāṭ aux deux premiers siècles de l’hégire : entre pratiques socio-économiques et normalisation juridique.

This article focuses on social practices related to endowments, ḥubs (pl. aḥbās), during the first two centuries of Islam, and their relations to the legal theories which emerged during that period. The study is based on exclusively Egyptian documentation. We will first examine documents of aḥbās from the end of the 1st/7th century, which are available in the pre-fatimid literature produced in Fusṭāṭ, with a specific focus on social practices and the specific conditions which were stated in these documents. Secondly, we will look at the part that the cadis and jurisconsults played in regulating and resolving conflicts related to aḥbās, from mid 2nd/8th century, based on papyrus documents, from the first three centuries of Hegira. This study is aimed to better comprehend the evolution of the institution of endowments in Egypt, in a context of transition which resulted in normalising social practices in this field. It also shows how holders of aḥbās managed to make them durable and circumvent some of the strict regulations of inheritance.

 

Jean-Claude Garcin
Le passage des anciennes à de nouvelles Mille et Une Nuits au XVe siècle.

This article deals with the historical analysis of the Arabian Nights Būlāq edition of 1835. First of all, this analysis allows a better understanding of the Būlāq edition consistency. The tales were put together a little while after 1750 by an unknown Egyptian shaykh whose aim was obviously moralizing and devoting. A focus on the « historical contextual indications » in the texts of the tales provides a rough idea of when the tales were written. In this way we can identify medieval and Mamlūk tales (forty four per cent of the printed Būlāq edition). We can notice that a kind of break occurred in the Egyptian tales during the first thirty years of the fifteenth century. Pseudo-historical anecdotes on the ancient caliphs can be found but also new critical tales (such as a new « Sinbād the Sailor ») or references to the dreadful starvations and plagues in these times. But the true break is definitely in the « New Arabian Nights », that a Syrian author wrote in Damascus, probably between 1421 and 1436. He may have been deported to Samarkand when Tīmūr Lang invaded Syria in 1401. The author of these « New Arabian Nights » pretended to use continuity, but he made fun of the califal Abbasid family (especially Harūn al-Rashīd) and banished the old historical narratives. The tales are devoted to the study of human characters and passions, without reference to Islamic criteria. The book as a whole is coherent thanks to the use of old verses and situations in the tales. It is a true literary work. In an historical point of view, these two breaks are concomitant with the strengthening of the Circassian sultans in Egypt and Syria. From the sixteenth to the eighteenth centuries, a lot of tales, which I call « Modern Arabian Nights », were modeled on the « New Arabian Nights » of the fifteenth century, but in the end the moralizing and devout Egyptian shaykh corrected the tales in accordance to the Islamic criteria.

 

Mathieu Eychenne
Les Banū Ḥinnā à Fusṭāṭ-Miṣr. Pouvoir et implantation urbaine d'une famille de notables à l'époque mamelouke
.

The aim of this paper is to reconstruct the story of the Banū Ḥinnā, a family of Egyptian notables, native of Fusṭāṭ-Miṣr, using information from historical sources of the Mamluk period (1250-1517). Focusing on this Coptic family, converted to Islam between the 12th and the 13th centuries, we will bring to light the prosperity of administrators’ dynasties of this period, related to their investment in the administration of the newly created Mamluk state. In a second part, we will deal with the spatial and social presence of the Banū Hinnā in Fusṭāṭ-Miṣr. For that purpose, we will examine their commitment in the city’s affairs, the role of their patronage and investment in the urban space’s shaping, and the traces left by the Banū Ḥinnā in the memory of their contemporaries.

 

Julien Loiseau
Les événements de l’année 806. Ou comment al-Maqrīzī a pensé une rupture majeure dans l’histoire de l’Égypte.


Mamluk Egypt was struck by a major crisis which reached its climax in the beginning of the Fifteenth century. Modern historians have shown the extent to which the country and its capital bared the mark of the disaster. But contemporaries were also aware to live a breakpoint in the long history of Egypt. Among Mamluk historians who have tried to understand the events of their age in the light of the past, Taqīy al-Dīn Aḥmad al-Maqrīzī (1364-1442) stands apart, owing to the significance of his historical works and to his concern about the disease of his time and its remedy.

Al-Maqrīzī’s thought was literally obsessed by the “events” which occurred during the year 806 A.H. (1403-1404 A.D.) and left their mark on the country. As soon as 1405, in the Ighāthat al-umma, he suggested to see in the malice of the time the consequences of a harsh dearth which continued over time instead of reversing, as it is shown by the history of Egypt, two years after the natural disasters that first caused the inflation. In his following works, especially in his famous Khiṭaṭ, al-Maqrīzī abandoned the concept of dearth (ghalā’) in favour of that of ruin (kharāb). Egypt was not only ill of the Mamluks’ misgovernment. According to al-Maqrīzī, the arbitrary nature of the state and its predatory taxation hastened the country in a new stage of its history. A ruin from which it would never recover. 

 

Anne-Laure Méril-Bellini Delle Stelle
L’écriture de l’amitié spirituelle dans l’œuvre hagiographique de Thomas de Cantimpré (1200 - ca. 1265/1270).

In the thirteenth century Southern Low Countries, the mulieres religiosae were the mainspring of social networks, nourished by a feeling of spiritual friendship. It’s displayed by many vitae, such as those written by Thomas of Cantimpré. To grasp the significance of spiritual friendship, those vitae offer an exceptional look-out post and allow us to catch, through the writing of this feeling, what are his nature and his role within the devout circle. Through the vocabulary and the study of two codices of the Vita of Lutgarde of Aywières, we can partly answer to these questions. At last, analyzing who take advantage of this writing of spiritual friendship make us understand which part played the vita, as text and as object, within the social networks, particularly for the friendship’s links.

 

Pierre Courroux
Godefroid Kurth et Jean d’Outremeuse : un historien du XXe siècle face à l’invention historique
.

Godefroid Kurth, methodological an rigorous historian from the beginning of the twentieth century, and Jean d’Outremeuse, prolix but disorganized chronicler from the fourteenth century, seem to share the same « profession », that of historian. Though, between those two persons stand a gaping abyss of two visions of history totally opposed. For the first one, history is made of positive events, rebuilt by a meticulous study of the sources. For the second one, history is a well of anecdotes useful to interest an audience, it is built with legends, personal inventions whose aim is to create plausibility as well as a true historical narrative. When Godefroid Kurth published in 1910 his critical study on Jean d’Outremeuse, the latter was not anymore able to defend his work. As a consequence, he was slowly forgotten, and his vision of history was exposed to public contempt. What kind of look an actual historian should have on this quarrel? Do the evolution of modern historiography, particularly the linguistic turn, who insisted on narrative aspect of every history, can lead him to rehabilitate the chronicler? Isn’t it more important to understand the approach of the both protagonists, and to see them, in spite of their writer of history status, as subjects, witnesses of their history and their own times ?

Médiévales
Langue Textes Histoire

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Présentation

Médiévales paraît deux fois par an.
Langue de rédaction des articles : français

La revue, créée en 1982, entend rester un lieu de rencontre entre des médiévistes de générations et d'origines diverses. Sur des thèmes successifs elle présente des points de vue et des écritures venant d'horizons disciplinaires variés. Par là elle ouvre notre curiosité et rénove notre connaissance du Moyen Âge.

Directrices de la rédaction : Geneviève Bührer-Thierry et Laurence Moulinier-Brogi.
Rédacteurs en chef : Danièle Sansy et Christopher Lucken.
Comité de rédaction : Didier Boisseuil, Nathalie Bouloux, Boris Bove, Alban Gautier, Stéphane Gioanni, Didier Lett, Fanny Madeline, Marilyn Nicoud, Mireille Séguy, Malcom Walsby, Nicolas Weill-Parot.

Revue soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS.