Presses Universitaires de Vincennes


Médiévales

Roman du Genji et société aristocratique au Japon
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Médiévales n° 72
  • Nombre de pages : 218
  • Langues : Française
  • Paru le : 22/06/2017
  • EAN : 9782842926120
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 0751-2708
    • CLIL : 3386 Moyen Age
    • ISBN-10 : 2-84292-612-9
    • ISBN-13 : 978-2-84292-612-0
    • EAN-13 : 9782842926120
    • Format : 160x240mm
    • Poids : 408g
    • Illustrations : Non
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 22/06/2017
    •  
    • Support : PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-720-2
    • EAN-13 : 9782842927202
    • Taille : 1 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 22/06/2017
    •  

Roman du Genji et société aristocratique au Japon

N°72/2017

Le Roman du Genji de la dame de cour Murasaki Shikibu, est un des plus grands romans de la littérature mondiale et un témoignage saisissant sur la vie de la société aristocratique qui l’a vu naître.

Dans le Japon du début du XIe siècle, gouverné depuis la capitale Heian-kyô (l’actuelle ville de Kyôto)  par une cour d’aristocrates fonctionnaires, se développe une brillante culture. Si les lettres chinoises sont en principe réservées aux hommes, les femmes pratiquent assidument la poésie en japonais et en viennent à occuper une position dominante dans la prose romanesque, forme littéraire considérée comme un pur divertissement, mais qui donnera à la littérature japonaise son plus grand chef d’œuvre, le Roman du Genji, rédigé autour de 1008 par une dame du palais Murasaki Shikibu. Une série d’articles par des spécialistes de l’histoire, de la littérature et de l’art du Japon ancien,  ainsi que par une spécialiste de la littérature contemporaine se proposent d’éclairer le contexte historique qui a permis l’émergence de cette œuvre ainsi que les grands traits de cette culture et de l’image qu’en donne le roman, dont l’impact reste perceptible jusqu’à aujourd’hui. 

Coordinateur(s) du numéro :
Daniel Struve |

Terada Sumie |
Auteur(s) :
Anne Bayard-Sakai |
Estelle Leggeri-Bauer |
Fukutô Sanae |
Ivo Smits |
Michel Vieillard-Baron |
Charlotte Von-Verschuer

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Aristocratie | Asie | Éducation | Japon | Littérature japonaise | Onzième siècle | Orient | Poème | Poésie | Roman

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Sommaire

Introduction

Daniel Struve et Terada Sumie
Le Roman du Genji et la société aristocratique du Japon ancien

 

Charlotte von Verschuer
Le ministre Fujiwara no Michinaga (966-1027) : politique matrimoniale, apparat et liens de clientèle à l’époque du Roman du Genji

 Ivo Smits
La dynamique sino-japonaise (wakan) à l'époque Heian

Fukutô Sanae
L'éducation de filles dans la société aristocratique de l'époque Heian

Michel Vieillard-Baron
Les concours de poèmes comme rituels de cour — Autour du « Concours de poèmes tenu au palais impérial la quatrième année de l’ère Tentoku [960] » (Tentoku yonen dairi uta awase)

Estelle Leggeri-Bauer
Des images pour émouvoir, des images pour le pouvoir : les concours de peintures du Genji monogatari

Terada Sumie
La fonction narrative de la poésie dans le Japon ancien : le cheminement vers le Roman du Genji

Daniel Struve
Le livre « Arbre-mirage » et la réflexion sur les romans dans le Roman du Genji (XIe siècle)

Anne Bayard-Sakai
Lire et écrire le Genji aujourd’hui

Essais et recherches

Mattia Cipriani
Un exemple de l’encyclopédisme de Thomas de Cantimpré : la section De lapidibus pretiosis du Liber de natura rerum

Point de vue

Anna Caiozzo
Entre Orient et Occident, les légendes médiévales d’Alexandre le Grand dans l’historiographie récente

 

- Notes de lecture
- Livres reçus

Résumé

Charlotte von Verschuer – École Pratique des Hautes Études (Paris)
Le ministre Fujiwara no Michinaga (966-1027) :
politique matrimoniale, apparat et liens de clientèle à l’époque du Roman du Genji 
Fujiwara no Michinaga, premier personnage de la cour à l’époque du Roman du Genji, mit en œuvre une politique matrimoniale qui a assuré à sa famille le pouvoir impérial pour trois générations. Il mit en scène des cérémonies qui exaltent son prestige et employait sa clientèle pour s’assurer les ressources financières nécessaires mettre réaliser ses ambitions. Il en résulta une mutation de la structure du pouvoir pour les générations à venir.
Japon, cour impériale, clientèle, cérémonial, prestige, pouvoir

 

Ivo Smits – Université de Leyde
La dynamique sino-japonaise (wakan) à l’époque de Heian

Cet essai explore la dynamique de la « japonité » (wa) et de la « sinité » (kan) au sein de la culture textuelle de la cour japonaise de Heian (794-1185). Il considère que cette culture littéraire est constituée de textes aussi bien japonais que chinois et sino-japonais, et envisage l’ensemble de ce corpus littéraire comme un tout organique. Le contexte culturel de cette œuvre classique de la littérature japonaise qu’est le Roman du Genji apparaît donc comme bilingue.
Japon, Bai Juyi, Sei Shônagon, Genji, japonité, Heian, sinité, littérature sino-japonaise

 

Fukutô Sanae – Université Saitama gakuen (Tôkyô)
L’éducation des filles dans la société aristocratique de l’époque Heian

Cet article cherche à restituer la réalité de l’éducation dispensée aux filles de la noblesse du xe au xie siècle à l’aide de documents historiques et de textes littéraires de l’époque. On constate des différences de traitement entre les garçons et les filles dès leur naissance : si les premiers bénéficient, dans un cadre officiel ou public, de l’apprentissage des textes en chinois, dont la maîtrise est nécessaires aux fonctions administratives ou politiques, les secondes en sont exclues, du moins officiellement, et sont éduquées dans la sphère familiale. À côté des apprentissages comme la couture, nécessaires pour la vie et dont la maîtrise est fortement appréciée, elles bénéficiaient pour ce qui concerne leur culture, d’une éducation à la poésie japonaise, à la musique et à la calligraphie. Mais, malgré le discours officiel, les femmes de cette époque apprennent aussi les lettres chinoises. Cette double culture sino-japonaise permet un épanouissement de la littérature féminine sans précédent, ce qui ne sera plus le cas vers la fin de l’époque de Heian, où ce discours officiel (excluant les femmes de la maîtrise des lettres chinoises) devient réalité.
Japon ; époque Heian ; éducation des filles ; éducation des garçons ; genre ; matières enseignées

 

Michel Vieillard-Baron – CEJ/INALCO
Les concours de poèmes comme rituels de cour. Autour du « Concours de poèmes tenu au palais impérial la quatrième année de l’ère Tentoku [960] » (Tentoku yonen dairi uta awase)

Les concours de poèmes furent pratiqués au Japon dès le ixe siècle. Afin de déterminer les caractéristiques et la fonction de ces manifestations — notamment les plus officielles, celles qui se déroulaient au palais impérial — nous examinons un exemple particulièrement significatif, le « Concours de poèmes tenu au palais impérial la quatrième année de l’ère Tentoku [960] » (Tentoku yonen dairi uta awase) organisé en 960 par l’empereur Murakami (926-967), et considéré comme un modèle du genre. Nous présentons tout d’abord le compte rendu de la manifestation rédigé par l’empereur Murakami en personne, puis, dans un second temps, les règles pour ce type de manifestation telles que les a consignées le poète et poéticien Fujiwara no Kiyosuke (1104-1177) dans son important traité intitulé Fukurozôshi, le Sac [aux savoirs poétiques] texte compilé vers 1157. La confrontation de ces textes nous permettra de saisir comment se déroulaient ces rituels de cour et quelle était leur fonction.
Japon, Concours de poèmes (uta awase), Rituels de cour, Fujiwara no Kiyosuke (1104-1177), Fukurozôshi (Sac [aux savoirs poétiques])

 

Estelle Leggeri-Bauer – Inalco-CEJ
Des images pour émouvoir, des images pour le pouvoir. Les concours de peintures du Genji monogatari

La conquête du pouvoir, l’un des thèmes majeurs du Roman du Genji, est traité par Murasaki Shikibu en maniant les codes de la narration romanesque. Dans le livre « Les concours de peintures », le prince Genji et son rival se disputent la suprématie sur la cour à travers un divertissement mettant en scène des peintures. Murasaki Shikibu exalte la figure du Genji de deux manières : en le faisant gagner le concours grâce à un Journal de voyage en images qu’il a tenu lors de son exil, dans lequel il déploie une sensibilité hors du commun ; par sa capacité à poser des précédents — ici inventer un nouveau type de concours — qui transforme le règne impérial en âge d’or.
Epoque de Heian ; Genji monogatari ; discours sur la peinture ; art et politique

 

Terada Sumie – Inalco-CEJ
La fonction narrative de la poésie dans le Japon ancien : cheminement vers le Roman du Genji

Cet article examine le rapport de complémentarité que le waka (poésie japonaise) entretient avec la partie en prose des récits en langue vernaculaire dès son stade de balbutiement à la période antique (viiie siècle). La codification du waka focalisée sur le choix des mots et leurs combinaisons, d’une part, et l’accentuation de son caractère lyrique, d’autre part, préparent l’écriture narrative du Roman du Genji, réalisée au milieu de l’époque de Heian (xie siècle). Cette écriture s’organise sur deux niveaux : des passages statiques proches de scènes de tableaux où les personnages expriment leurs émotions à l’aide de waka et les réseaux de renvoi que l’auteur établit en exploitant ces poèmes et qui se situent en deçà du développement diégétique et indépendants à celui-ci, mais qui aident à dégager les principaux thèmes.
Japon ; époque de Heian ; Roman du Genji ; Genji monogatari ; Murasaki Shikibu ; prose vernaculaire ; poésie ; waka ; citation des poèmes ; hikiuta ; Mémoire d’une Éphémère ; Kagerô no nikki

 

Daniel Struve – Université Paris-Diderot ; Centre de Recherche sur les Civilisations d’Asie Orientale (CRCAO)
Le livre « Arbre-mirage » et la réflexion sur les romans dans le
Roman du Genji (xie siècle)
Au Japon, le xe siècle est marqué par l’émergence d’une littérature de fiction en langue vernaculaire, qui se développe dans les milieux de la cour et de l’aristocratie en marge de la culture de langue chinoise et de la poésie en japonais, jouissant toutes deux d’une reconnaissance officielle. Genre marginal et méprisé, le roman ou monogatari, critiqué pour son caractère frivole et son lien avec le mensonge, s’affirme néanmoins comme une activité de distraction, propre notamment à meubler les moments d’ennui et d’oisiveté (tsurezure), comme ceux qu’imposent les pluies du 5e mois. Le Roman du Genji, chef d’œuvre du genre, rédigé au début du xie siècle par la dame de cour Murasaki Shikibu, présente une remarquable réflexion sur la fiction romanesque, que ce soit dans le « débat sur les roman » du livre « Lucioles » ou dans la « discussion par une nuit de pluie sur les catégories de femmes » qui ouvre le second livre « Arbre-Mirage » et que nous lisons ici comme une mise en scène métaphorique de l’activité romanesque.
Japon, roman, Le Roman du Genji, ennui, langue vernaculaire, aristocratie de cour

 

Anne Bayard-Sakai – Centre d’Etudes Japonaises (Inalco) ; Institut Universitaire de France
Lire et écrire le Genji aujourd’hui

Si les lecteurs japonais d’aujourd’hui ne peuvent lire les textes classiques en version originale, ils y ont accès à travers des œuvres dérivées, rédigées en langue moderne, parmi lesquelles, en premier lieu, les traductions. De nouveaux projets éditoriaux systématisent ce mode de diffusion des textes classiques, proposant des traductions dues à des écrivains reconnus. Dans le cas du Genji monogatari, ces traductions intra-langagières ne sont qu’un des aspects de la prolifération de textes dérivés, réécritures, parodies, transpositions de toutes sortes, dont on analyse ici quelques caractéristiques, afin de déterminer comment un texte du passé, canonique, peut exister dans le Japon d’aujourd’hui.
Japon, Littérature Japonaise, Intertextualité, hypertexte, traduction, canonisation.

 

Mattia Cipriani – IRHT-EPHE-LabeEx HASTEC
Un aspect de l’encyclopédisme de Thomas de Cantimpré : la section De lapidibus pretiosis du Liber de natura rerum

Bien que tous les encyclopédistes du xiiie siècle utilisent un corpus commun de sources, chacun d’eux a une manière personnelle de choisir, « découper » et disposer les contenus tirés de ces auctoritates. Ces modi scribendi attentifs et distinctifs ne reflètent pas seulement les différentes formae mentis et fins à la base d’une encyclopédie médiévale, mais permettent également à un compilateur (qui recueille les prestigieux matériaux d’autrui) de devenir auteur (qui est prestigieux en soi). Grâce à l’analyse de la structure, des sources et des contenus du De lapidibus pretiosis – le quatorzième livre du Liber de natura rerum, une célèbre encyclopédie écrite entre 1242/1247 et 1260 par le Dominicain flamand Thomas de Cantimpré (1201-1270/1271) –, cet article veut mettre en lumière le « style encyclopédique » exclusif et attentif et les buts précis de son auteur.
Liber de natura rerum
– Thomas de Cantimpré – De lapidibus pretiosis – Encyclopédisme médiéval – Sources de l’encyclopédisme médiéval

Abstract

Charlotte von Verschuer – École Pratique des Hautes Études (Paris)
The Minister Fujiwara no Michinaga (966-1027) :
Matrimonial Politics, Pageantry and Patronage at the Time of the Tale of Genji.
Fujiwara no Michinaga, first political power at the Heian court at the time of Prince Genji, implemented his matrimonial strategy to secure to his family the political power over three generations, organized the court ceremonies in a way to exalt his glory, and made use of a large clientele to secure for himself the necessary revenues to implement his policies. As a result the structure of power was modified for the future generations.
Japan, Imperial Court, Pageantry, Ceremonial, Prestige, Power

 

Ivo Smits – Université de Leyde
The Sino-Japanese Dynamic (wakan) during the Heian Period

This essay explores the dynamics of “Japaneseness” (wa) and “Chineseness” (kan) in the textual culture of the Japanese Heian court (794-1185). It regards this literary culture as a literature of texts in both Japanese and in Chinese or Sino-Japanese, and sees the overall corpus of these texts as an organic whole. As such, the cultural context for the Japanese classic The Tale of Genji is understood to be a bilingual one.
Japan, Bai Juyi, Sei Shônagon, Genji, Japaneseness, Heian, Chineseness, Sino-Japanese Literature

 

Fukutô Sanae – Université Saitama gakuen (Tôkyô)
The Girls’ Education in the Aristocratic Society of the Heian Period
 
This article seeks to restore the reality of the education given to the girls of the nobility from the tenth to the eleventh century by means of historical documents and literary texts of the time. There are differences in treatment between boys and girls from birth: if the former benefit, in an official or public setting, from the learning of Chinese texts, the mastery of which is necessary for administrative or political functions, the second are excluded, at least officially, and are educated in the family sphere. Along with learning, such as sewing, which is necessary for life and whose mastery is highly appreciated, as far as their culture was concerned they enjoyed an education in Japanese poetry, music and calligraphy. But, in spite of the official discourse, the women of that period also learned the Chinese letters. This double Sino-Japanese culture allows a feminine literature to flourish, which will no longer be the case at the end of the Heian period, when this official discourse (excluding women from the mastery of Chinese literature) becomes reality.
Japan; Heian Period; Girls' Education; Boys’ Education; Gender; Subjects of teaching

 

Michel Vieillard-Baron – CEJ/INALCO
Poetry Competitions as Court Rituals. Form and Function of the “Imperial Palace Poetry Competition of the Fourth Year of Tentoku”, Tentoku yonen dairi uta awase (960)

Poetry competitions took place in Japan from the ninth century onwards. In order to determine the characteristics and the functions of these competitions – in particular the most formal of them which took place in the Imperial Palace – I examine a particularly significant example, the “Imperial Palace Poetry Competition of the Fourth Year of Tentoku” (Tentoku yonen dairi uta awase) ordered in 960 by Emperor Murakami (926-967), and considered to be a model for poetry competition. First, I present the report of the poetry competition written by Emperor Murakami himself, then, I compare the imperial report to the rules for these competitions as the poet and poetic theorist Fujiwara no Kiyosuke (1104-1177) wrote them in his  treaty Fukurozōshi, The Bag [of Poetic Knowledge] (circa 1157). Addressing these texts allows us to understand how these competitions, considered as court rituals, took place and what their function was.
Japan, Poetry competions (uta awase), Court rituals, Fujiwara no Kiyosuke (1104-1177), Fukurozōshi (The Bag [of Poetic Knowledge])

 

Estelle Leggeri-Bauer – Inalco-CEJ
Great Images of Emotion and Power
from the Tale of Genji 
Murasaki Shikibu addresses the conquest of power, one of the major themes of the Tale of Genji, by using the method of fictional narration. In the chapter "The Picture Competition", the Prince Genji and his rival compete for supremacy in the imperial court through an activity featuring various images. Murasaki Shikibu glorifies Genji in two ways: by making him win the contest, thanks to an illustrated diary he held during his exile, in which he displays an extraordinary sensibility and capacity to set a precedent – thus, creating a new kind of competition, by elevating the imperial reign to the golden age.
Heian Period, Genji monogatari, discourse on painting, art and politics

 

Terada Sumie – Inalco-CEJ
Narrative Function of Poetry in Ancient Japan: Towards the Tale of Genji
 
This paper examines the complementarity that the waka (Japanese poetry) maintains with the prose section of narratives written in vernacular from its early stammering to the ancient period (8th century). The codification of the waka, focused on the choice of words and their combinations on one hand, and on the accentuation of its lyrical character on the other, prepare the narrative writing of the Genji Monogatori, composed in the middle of the Heian period (11th century). This particular type of writing is organized on two levels : static passages resembling scenes of paintings in which the characters express their emotions using waka and sets of allusions established by the author using these poems, which run underneath the progression of the narrative and independently from it, but which help to identify the main themes.
Japan ; Genji monogatari ; Kagerô no nikki ; waka ; Murasaki Shikibu ; Heian Period ; Vernacular Prose ; Pillow Book ; hikiuta ; Poetry ; Quotations of Poems

 

Daniel Struve – Université Paris-Diderot ; Centre de Recherche sur les Civilisations d’Asie Orientale (CRCAO)
The « Broom-Tree » Book and the Reflexion on the Novel in the
Tale of Genji (xith Century)
Japan’s tenth century is marked by the emergence of a literary fiction in the vernacular Japanese language, which gains popularity within the Heian court and the aristocracy besides the officially recognised Chinese culture and poetry in Japanese (waka), which also had an official status at the court. Though marginal and despised, criticised form the point of view of high culture for its frivolity and falsity, the vernacular novel or monogatari establishes itself among the cultural practices of Heian aristocracy as a leisurely activity, strongly linked to such moments of vacancy and idleness (tsurezure) as the 5th month’s rain season. The masterpiece of this genre, the Tale of Genji written by the court lady Murasaki Shikibu, offers a remarkable reflection on narrative fiction, whether in the « debate on novels » in the chapter « The Fireflies » or in the « discussion on a rainy night on the categories of women » which opens the second chapter « The Broom-Tree » and which we choose to read as a metaphorical staging of novelistic activity.
Japan, novel, romance, The Tale of Genji, idleness, vernacular, court aristocracy

 

Anne Bayard-Sakai – Centre d’Etudes Japonaises (Inalco) ; Institut Universitaire de France
Reading and Writing the Genji Today

The contemporary readers of Japanese literature are unable to read the classical texts in their original version, and can only reach them through derivative versions, written in modern language, such as translations. Thus, new publishing projects are built, offering access to classical texts through translations provided by well-known writers. In the case of the Genji monogatari, those intralinguistic translations are but one of the numerous phenomenon related to the proliferation of derivative texts, rewritings, parodies, transpositions of different kinds. Some of the main features of those derivative texts are analysed here, in order to determine how a canonical text can exist in Japan today.
Japan, Japanese literature, intertextuality, hypertext, translation, canonization.

 

Mattia Cipriani – IRHT-EPHE-LabeEx HASTEC
An aspect of Thomas’ of Cantimpré Encyclopaedism : the
De lapidibus pretiosis section of the Liber de natura rerum
Even though all thirteenth century encyclopaedists used a common corpus of sources, each of them had a precise and personal way to choose, « tailorize » and arrange the contents taken from these auctoritates. These peculiar and custom modi scribendi reflect accurately the different formae mentis and purposes behind the encyclopedic texts, while also permitting the compiler (who collects authoritative materials of others) to become an author (who in turn becomes authoritative). Through the analysis of the structure, contents and sources of De lapidibus pretiosis – the fourteenth book of the widespread encyclopedia Liber the natura rerum (approximately 1242/1247-1260) –, this essay will show the exclusive « encyclopedic style » and goals of its author, the Flemish Dominican friar Thomas of Cantimpré (1201-1270/1271).  
Liber de natura rerum
– Thomas of Cantimpré – De lapidibus pretiosis – Medieval encyclopaedism – Sources of medieval encyclopaedism

Extrait(s)

Introduction

Daniel Struve
Terada Sumie

Le Roman du Genji et la société aristocratique
du Japon ancien

Au début du xie siècle, à l’heure où Murasaki Shikibu prenait le pinceau pour rédiger le Roman du Genji, le Japon était soumis à l’autorité d’une cour impériale dominée par quelques familles aristocratiques. Selon certaines estimations, l’archipel aurait compté alors une population de sept à huit millions d’habitants 1, dont 100 000 environ étaient rassemblés dans la capitale du pays, Heian-kyô, l’actuelle ville de Kyôto (fig. 1). Parmi eux, un millier environ constituait la noblesse de cour (du 1er au 5e rang), familles comprises, dont la plus haute sphère (du 1er au 3e rang) ne comptait guère qu’une centaine de personnes 2. Une culture d’un très grand raffinement avait pu naître et s’épanouir en assimilant les apports du continent venus de la grande civilisation de la Chine des Tang, dans un contexte où pouvoir et richesse étaient concentrés dans les mains d’une poignée d’hommes placés à la tête d’une organisation administrative centralisée couvrant l’ensemble du territoire. Nous nous proposons, dans cette introduction, de présenter un aperçu de cette société en nous limitant aux éléments indispensables pour situer et comprendre le Roman du Genji.

Le cadre historique

C’est au viie siècle de l’ère chrétienne qu’à la suite de l’introduction du bouddhisme et de l’écriture chinoise, le Japon adopta un système de gouvernement imité de la Chine impériale, ce qui lui permettait d’entrer de plain-pied dans la culture continentale. Sur le modèle chinois, un code administratif et un code pénal furent rédigés à la fin du viie et au début du viiie siècle, fixant les moindres aspects du gouvernement et de l’administration de la cour et du pays. L’État fondé sur les codes institués au début du viiie siècle se maintient tout au long de l’époque de Nara (viiie siècle), puis de celle de Heian (ixe-xiie siècles), même si une partie des codes cesse d’être appliquée à partir du xe siècle. Autour de l’empereur, une aristocratie de cour domine le pays. En 794, la capitale est transférée de Nara à Heian-kyô, l’actuelle Kyôto, située dans la partie centrale du Japon au croisement des principales voies de communication. Une grande partie des richesses des provinces est acheminée dans cette capitale, favorisant l’essor d’une brillante culture.

Une famille occupe dans ce système une place prépondérante : celle des Fujiwara, descendants de Nakatomi no Kamatari (614-659) et de son fils Fuhito (659-720), qui ont joué un rôle déterminant dans l’élaboration des codes. À partir du milieu du ixe siècle, la branche dite du Nord de cette famille prend le contrôle de la cour grâce à une politique d’alliance matrimoniale avec la famille impériale qui permet aux dignitaires Fujiwara de faire monter sur le trône leurs propres petits-fils, nés de leurs filles, dont ils deviennent les régents. Le pouvoir des Fujiwara se maintiendra jusqu’en 1086, tant que les régents auront des filles qu’ils pourront donner pour épouses aux empereurs. Maîtres des promotions grâce au droit de regard qu’ils obtiennent sur toutes les décisions impériales, les régents Fujiwara accroissent leurs domaines et nouent des liens de clientèle avec les gouverneurs de province qui assurent leur prospérité. La figure de Fujiwara no Michinaga (966-1027), le plus brillant et le plus puissant des régents Fujiwara, dont il est question dans l’article de Charlotte von Verschuer qui ouvre ce dossier, marque l’apogée de la civilisation de cour de l’époque de Heian. C’est dans son entourage que naît le chef-d’œuvre reconnu de la littérature japonaise, le Roman du Genji.

En même temps que les régents Fujiwara s’imposaient en étroite liaison avec la famille impériale comme le pouvoir dominant à la cour, les provinces connaissaient aussi une évolution qui, à terme, allait miner l’emprise de la cour sur le pays. Le système de redistribution des rizières, adopté conformément aux codes, est progressivement abandonné et devient obsolète à partir du début du xe siècle. Les gouverneurs de province, issus des familles de fonctionnaires de rang moyen, s’appuient sur les notables locaux et le personnel qu’ils emmènent avec eux depuis la capitale. Ils gèrent les provinces d’une manière de plus en plus autonome, à charge pour eux d’acheminer à la cour les redevances attendues. La cour jouit d’un prestige qui lui permet de rester source de légitimité et arbitre des conflits. Cependant, le rapport des forces évolue en faveur des provinces. Une noblesse locale, faite de descendants de familles aristocratiques n’ayant pas trouvé d’emploi à la capitale ou de notables locaux, s’affirme et se militarise afin d’assurer un ordre que la cour ne peut plus garantir à elle seule 3.

Cette déliquescence de l’État fondé sur les codes prend une tournure dramatique au milieu du xiie siècle quand les guerriers se trouvent en position d’arbitrer les conflits à la cour. Ce tournant marque le début de l’âge des guerriers et de la longue période allant jusqu’au milieu du xvie siècle, désignée au Japon comme le « Moyen Âge » (chûsei). La période allant du viie au xiie siècle avec la gestation, puis la mise en place de l’État fondé sur les codes (époques d’Asuka et de Nara), puis l’établissement de la capitale à Heian-kyô et la montée en puissance de la famille Fujiwara, remplacée à partir de 1086 par la maison des Empereurs retirés, est, elle, désignée comme l’« Âge ancien » ou l’« Antiquité » (kodai) 4. On observe donc un décalage entre la périodisation japonaise et la périodisation occidentale. Ensemble, l’« Âge ancien » (viie-xiie siècles) et le « Moyen Âge » japonais correspondent à peu près à la période médiévale occidentale. En littérature, l’époque d’Asuka et de Nara (viie et viiie siècles) est connue comme l’époque antique (jôdai). L’époque de Heian correspond, elle, à l’âge classique et connaît, outre la floraison des lettres chinoises, l’émergence d’une riche littérature en langue vernaculaire, au sein de laquelle un rôle éminent est joué par les femmes.

Les grands traits de la culture de l’époque de Heian

La généralisation progressive de l’écriture et de la culture conti­nentale, au cours du viie siècle, se traduit par la formation d’une culture de cour qui rayonne dans l’ensemble du pays grâce à l’établissement de capitales provinciales et d’un réseau d’institutions monastiques. La poésie en chinois de caractère cérémoniel se développe dans l’entourage de l’empereur Tenji (626-672, qui régna de 668 à 672), à la cour d’Ômi sur le lac Biwa. Elle fleurit aussi dans la première moitié du ixe siècle à la cour de l’empereur lettré et calligraphe Saga (786-842, qui régna de 809 à 823), et connaît son apogée avec l’œuvre du poète en chinois et homme d’État Sugawara no Michizane, issu d’une vieille famille de lettrés liée à l’Office des Études supérieures ou Université (Daigakuryô) 5. Les familles de la grande aristocratie, qui n’envoient pas leurs enfants à l’Université, les forment dans leurs propres institutions, comme celle de la famille Fujiwara, dotée d’une riche bibliothèque. Plus encore que la connaissance des classiques du confucianisme, est prisée à la cour l’habileté à composer en poésie et en prose chinoises, ce qui explique le prestige dont jouit entre toutes la Voie des Lettres.

Les autres formes d’expression artistiques ne sont pas moins fleurissantes dans une société où les rites et les cérémonies, publiques ou privées, jouent un rôle prédominant. La vie du palais et de la capitale est rythmée par les différents événements annuels (nenjû gyôji), dont le déroulement est réglé dans les moindres détails et qui font l’objet de minutieuses descriptions dans les notes journalières des courtisans afin de servir de précédents pour la postérité. La musique instrumentale est omniprésente dans les cérémonies et les distractions de la cour ou dans les demeures aristocratiques. La peinture d’inspiration chinoise (karae) ou japonaise (yamatoe) décore les paravents et les portes coulissantes du palais impérial et des résidences aristocratiques. Les diverses fonctions de la peinture sont analysées ici par Estelle Leggeri-Bauer, notamment la dimension de faste cérémoniel que met en valeur le livre « Les Concours de peintures » du Roman du Genji. La poésie en chinois et en japonais donne lieu, elle aussi, à des rassemblements de caractère cérémoniel, comme ceux qu’évoque, dans son étude, Michel Vieillard-Baron.

La prose en chinois joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’État bureaucratique calqué sur le modèle chinois depuis ses débuts. Les généalogies et les mythes nationaux ou locaux, transmis jusqu’alors par voie orale, ont été compilés et couchés par écrit par Ô no Yasumaro dans les Récits des temps anciens (Kojiki, 708). Avec les Chroniques du Japon (Nihon shoki, 721), suivies par cinq autres histoires réalisées entre 797 et 901, le Japon se dote d’une histoire officielle, à la manière chinoise. Après cette date, la compilation d’historiographies officielles est abandonnée, de même, du reste, que l’envoi d’ambassades en Chine.

Il convient enfin de signaler que la connaissance du chinois comprenait aussi l’étude des écritures bouddhiques, enseignées dans des monastères qui entretenaient des liens étroits avec la cour et l’aristocratie. Les enseignements qui y étaient dispensés ont exercé une profonde influence sur la culture de cour. On peut ainsi citer la figure du moine Kûkai (774-835), introducteur au Japon de l’école ésotérique Shingon, mais aussi auteur d’un premier traité de poétique chinoise. Ou celle, plus tardive, du lettré et fonctionnaire dévot Yoshishige no Yasutane (933-1002), proche du régent Fujiwara no Michinaga, qui fut un des initiateurs des réunions du Kangakukai (Assemblée pour la promotion de l’étude), où moines et laïcs se réunissaient afin de réciter conjointement le Sûtra du Lotus et composer des poèmes en chinois dont l’inspiration bouddhique rejoignait celle du poète chinois Bai Juyi (772-846).

Pensée et croyances bouddhiques imprègnent toute la culture de l’époque de Heian et l’attrait pour la retraite religieuse, fondé sur une prise de conscience de la vanité de la vie dans le monde, est un thème qui traverse de part en part le Roman du Genji. Pratiqué au sein du Tendai, l’amidisme ou croyance en la Terre pure du bodhisattva Amitabha (Amida en japonais), qui a fait le vœu de sauver tous les êtres invoquant son nom, se répandit dans les milieux aristocratiques, notamment sous l’influence de l’ouvrage du moine Genshin (942-1017), le Compendium pour la renaissance dans la Terre pure (Ôjô yôshû, 985) 6. Le monde était censé entrer prochainement dans la période de la « fin de la Loi » (mappô), dans laquelle la prédication de la Loi apportée par le Bouddha historique était si dégradée que le salut n’y était plus guère possible que par la « force d’autrui », en l’occurrence celle du vœu d’Amida. Fujiwara no Michinaga fait construire pour sa retraite le temple Hôjôji, dédié au culte d’Amida, et y meurt avec l’espérance de renaître dans la Terre pure.

Si nous avons insisté sur l’importance de l’élément chinois, c’est qu’il constitue le cœur de la culture de l’époque classique. Il ne s’agit pas pour autant d’exclure la littérature d’expression japonaise. Dès le viie siècle se développe au Japon à côté des lettres chinoises une poésie en langue vernaculaire, le waka (ou yamato-uta, littéralement « chant japonais »). Une partie importante de cette production a été recueillie dans l’Anthologie des Dix mille feuilles (Man.yôshû), dont la dernière compilation date d’environ 780. Dès cette époque, la poésie en japonais, contrairement à la culture chinoise, faisait la part belle aux femmes. Le poète de cour et fonctionnaire Ki no Tsurayuki (866 ?-945 ?) acheva de donner à la poésie japonaise sa forme classique et assura définitivement sa place parmi les activités officielles de la cour, en participant à la compilation de la première anthologie impériale de poésie japonaise, le Recueil des poèmes anciens et modernes (Kokin wakashû). Il en rédigea également la préface en japonais, posant ainsi le début de la réflexion poétique proprement japonaise. La forme longue (chôka), qui avait fleuri au viie et viiie siècle, ne se maintient alors qu’à titre d’archaïsme, laissant toute sa place à la forme courte de 31 syllabes (tanka) 7, fortement codifiée tant du point de vue du vocabulaire que des thèmes traités : saisons, amour, voyage, deuil, séparation, célébrations. Cette poésie en langue vernaculaire remplit une fonction sociale aussi bien que cérémonielle.

Au début du xie siècle, au côté de nombreuses figures féminines, dont beaucoup s’illustrent également en prose, mérite d’être mentionné le nom du poète et poéticien Fujiwara no Kintô (966-1041), auteur de nombreux traités et compilateur du recueil Poèmes japonais et chinois à réciter (Wakan rôeishû), où sont appariés poèmes japonais et fragments de poèmes chinois. Ce recueil, qui devait connaître un immense succès, consacre le double caractère chinois et japonais de la culture de cour, analysé dans l’article d’Ivo Smith. Fukutô Sanae aborde, elle, la part jouée dans la culture féminine par cette double culture poétique.

Malgré sa brièveté, la poésie en japonais (waka), et tout particulièrement la poésie amoureuse, possède également une dimension narrative. Tout poème d’amour – et a fortiori tout échange poétique entre amants – s’inscrit au moins virtuellement dans une histoire, souvent évoquée dans les brèves introductions en prose (kotobagaki) qui précèdent de nombreux poèmes. Cette dimension, déjà présente dans le Man.yôshû, est héritée par les recueils de poésie waka de l’âge classique. Elle est à l’origine de la forme mixte, mélangeant poésie et prose, que sont les récits à poèmes (uta monogatari), dont le plus fameux est le recueil intitulé Contes d’Ise, regroupant de courts récits intégrant un ou plusieurs poèmes. Ce recueil se serait constitué progressivement, sans doute au xe siècle, autour des poèmes et de la figure du poète Ariwara no Narihira (825-880), parangon de raffinement et d’élégance et un des modèles du héros du Roman du Genji.

Au début du xe siècle naît le récit de fiction ou monogatari. Tout en incluant de nombreux éléments merveilleux, il est consacré à la peinture du milieu aristocratique et fait la part belle aux intrigues politiques et amoureuses. Mais, contrairement à la poésie japonaise, il ne possède aucun caractère officiel. Si une trentaine de titres sont connus, très peu d’œuvres ont été conservées. Outre le Conte du Coupeur de bambou 8, qui comprend encore de nombreux traits hérités du conte, deux œuvres romanesques de la fin du xe siècle nous sont parvenues, Le Roman de l’arbre creux (Utsuho monogatari) et le Roman de la chambre basse (Ochikubo monogatari), qui témoignent du haut degré d’élaboration qu’avait alors acquis le genre romanesque. Le roman est considéré avant tout comme un pur divertissement. Mais, dans la mesure où il intègre la description d’événements de la cour (Roman de l’arbre creux) ou des mœurs domestiques des grandes familles (Roman de l’arbre creux, Roman de la chambre basse) 9, il acquiert le caractère d’une chronique parallèle, ouvrant sur une réflexion politique et morale.

On ne saurait enfin comprendre l’apparition du roman de cour sans mentionner deux autres développements importants : les Mémoires d’une Éphémère (Kagerô no nikki), autobiographie d’une épouse du régent Fujiwara no Kaneie, connue comme la Mère de Michitsuna (936 ?-995), et les Notes de chevet, rédigées par la dame du palais Sei Shônagon (966 ?-1024 ?). Ces deux œuvres marquent le début de la prédominance des femmes dans la littérature vernaculaire. Dans une société aristocratique où les alliances matrimoniales jouent un rôle décisif pour l’acquisition du pouvoir et des richesses, l’éducation des filles, décrite dans l’article de Fukutô Sanae, devient une nécessité. Dans l’entourage des impératrices ou des grandes dames de l’aristocratie se constituent de brillantes sociétés féminines qu’on a pu qualifier de « salons », où la maîtrise de la poésie japonaise et des arts d’agrément sont indispensables. Les Mémoires d’une Éphémère, dont l’auteur évoque sa liaison de vingt ans avec un des plus hauts personnages du temps, innovent par leur écriture aux longues phrases allusives qui mettent au premier plan les impressions plutôt que les faits et qui utilisent toutes les ressources de la syntaxe japonaise. Les Notes de chevet, suite de notations variées sans ordre ni plan, sont célèbres par les listes d’éléments hétéroclites qu’affectionne Sei Shônagon, mais aussi par l’acuité de l’observation et la liberté de jugement dont elle fait preuve dans la peinture de la société de cour de son temps.

Le Roman du Genji

Considéré comme un des sommets de la littérature japonaise, le Roman du Genji naît à la confluence de toutes ses influences à un moment qui correspond à l’apogée de la puissance de la cour et des régents Fujiwara, dans l’entourage immédiat du plus puissant d’entre eux, Fujiwara no Michinaga. Constitué de cinquante-quatre livres, il évoque l’enfance puis les aventures amoureuses et la carrière brillante du Genji, prince impérial réduit à l’état de sujet quoiqu’il présente tous les signes d’une vocation royale, qui sera néanmoins conduit par son talent au sommet de la fortune terrestre en parvenant à faire de sa fille unique une impératrice et en devenant ainsi l’aïeul d’un empereur. Cette brillante réussite politique est doublée d’une trame secrète. Fils d’une favorite impériale prématurément disparue, le Genji a été élevé au palais auprès de son père et de la nouvelle favorite de celui-ci, la dame Fujitsubo, dont il s’éprend. De cet amour interdit et malheureux naîtra un enfant qui montera sur le trône et qui participera à la fortune du héros, tout en lui rappelant sa faute. Comme par rétribution, le Genji vieillissant sera à son tour victime d’un adultère, et deviendra le père putatif d’un enfant qui, en réalité, n’est pas le sien. Cependant, autant qu’homme d’État, le Genji est un amateur de galanterie. Il collectionne les aventures amoureuses tout en restant fidèle à l’image de la femme idéale qu’il a trouvée en la personne de l’inaccessible Fujistubo, et qu’il retrouve encore en celle de dame Murasaki, une parente de cette dernière, qu’il enlève encore jeune et élève auprès de lui pour en faire son épouse. Il finit par l’installer dans un quartier de la somptueuse demeure qu’il fait construire sur la Sixième Avenue pour y réunir ses diverses épouses. Comme elle ne lui donne pas d’enfant, il la charge d’élever sa fille, née d’une liaison qu’il a eue pendant son exil et qui deviendra impératrice. La mort du Genji intervient peu après celle de Murasaki, au 41e livre dont le texte n’a pas été écrit et dont il n’existe que le titre : « L’Occultation dans les nuages ». Le roman se prolonge alors dans les livres dits d’Uji, qui relatent les aventures amoureuses, le plus souvent contrariées, du fils putatif du Genji, Kaoru (le Parfumé), ainsi que de son royal petit-fils le prince Niou (l’Embaumant), et les tourments que leur rivalité inflige à trois sœurs installées dans une résidence à l’écart de la capitale sur la rivière Uji. La troisième, Ukifune (Barque flottante), partagée entre les deux jeunes gens, se jette dans la rivière puis, sauvée des eaux, décide d’entrer en religion et refuse tout contact avec Kaoru, qui cherche à la rencontrer après avoir retrouvé sa trace.

Ce bref résumé du roman ne donne qu’une faible idée de la multipli­cité des intrigues et des personnages, rassemblés dans une trame d’une parfaite maîtrise et d’une cohérence sans commune mesure avec les romans précédents, qui permet à l’auteur d’intégrer dans le temps de l’histoire, marqué par la succession des règnes, la multitude des temporalités individuelles. On distingue généralement trois grandes parties : la carrière triomphale du Genji depuis son enfance jusqu’au sommet du pouvoir et de la prospérité (livres 1 à 33) ; puis son lent déclin, marqué par le mariage malheureux qu’il conclut à des fins politiques avec une princesse, ce qui brise le cœur de Murasaki, et se terminant par la mort de cette dernière suivie de celle du Genji (livres 34 à 41) ; enfin, après trois livres de transition (42-44), les dix livres d’Uji (45-54), dont l’atmosphère sombre tranche avec la splendeur et l’élégance qui entourent le Genji, même à son déclin.

Le Roman du Genji se présente ainsi comme une somme romanesque reprenant de nombreux éléments empruntés aux romans précédents et multipliant les variations comme pour épuiser les possibilités du genre, tout en les intégrant dans une trame unique de grande ampleur, s’étendant sur au moins trois générations. De nombreuses allusions faites à l’art romanesque, comme celles du livre « Les Concours de peintures » étudié dans l’article d’Estelle Leggeri-Bauer, ou du livre « Lucioles » dont il est question dans celui de Daniel Struve, montrent la conscience de son art que possédait l’auteur du Roman du Genji. Comme l’a remarqué le critique Shimizu Yoshiko 10, les livres du Roman du Genji s’organisent systématiquement en scènes à caractère dramatique faisant la part belle aux conversations. Si cette technique d’exposition est déjà présente dans les romans du xe siècle, le Roman du Genji s’en distingue par l’intensité dramatique qu’il parvient à conférer aux scènes romanesques et la place qu’il accorde au monde intérieur des personnages. Ce dernier est notamment rendu au moyen des nombreux poèmes ou citations poétiques insérés dans le récit, mais aussi grâce au recours systématique à des éléments empruntés à la nature. La poésie japonaise waka est au centre de l’univers romanesque du Roman du Genji, comme le montre l’article de Sumie Terada, mais les allusions à la poésie chinoise, notamment à celle de Bai Juyi, sont également nombreuses 11. Cette présence de l’intériorité des personnages est rendue possible par un dispositif narratif qui permet au narrateur de s’effacer presque entièrement derrière les voix des personnages, de façon à pouvoir faire entendre directement leurs discours ou leurs pensées et rendre au plus près leurs intonations. Le narrateur intervient parfois pour apporter son commentaire, mais sans jamais décliner son identité ou apparaître sous les traits d’un personnage. Sa manière de parler ou l’usage qu’il fait des formules de politesse permettent de le situer à la place d’une de ces nombreuses dames de compagnies qui se pressaient dans les maisons des grands dignitaires et qui commentaient volontiers les faits et gestes de leur maîtres, ou encore qui leur contaient pour les divertir des histoires en s’aidant d’illustrations. Parmi les autres traits distinctifs du Roman du Genji, Shimizu Yoshihiko souligne encore la vigueur de la construction des phrases, permettant à l’auteur de rendre dans toute leur complexité les relations entre les personnages, une maîtrise stylistique qu’elle attribue à sa vaste culture littéraire et à sa connaissance des lettres chinoises.

En effet, si, contrairement au poèmes, les romans de l’époque de Heian n’étaient jamais signés, la tradition et les témoignages concordent pour attribuer les Roman du Genji à un auteur bien déterminé, une femme issue de la noblesse intermédiaire et connue sous le nom de Murasaki Shikibu, nom d’usage dont le premier élément pourrait être emprunté à celui de son personnage (la dame Murasaki), tandis que le second désigne le Département des rites, où son père avait eu un poste. Née aux environs de 973, Murasaki Shikibu aurait perdu sa mère dès son plus jeune âge, puis aurait été élevée par son père Fujiwara no Tametoki (945 ?-après 1018), un des meilleurs lettrés de son temps, qu’elle aurait suivi aux environ de ses vingt-cinq ans à son poste de gouverneur de la riche province d’Echizen, obtenu après une longue période de disgrâce. Elle aurait ensuite été mariée à un ami de son père, de vingt ans son aîné, qu’elle perdit bientôt, et c’est ainsi qu’elle serait entrée quelques années plus tard au service du palais auprès de l’impératrice Shôshi, fille de Michinaga. Nous ignorons la date du début de la rédaction du Roman du Genji, mais des indications incluses par Murasaki Shikibu dans son journal permettent de supposer que deux ou trois ans après son entrée au palais, soit vers 1008, la rédaction du roman était déjà assez avancée 12. On estime qu’elle serait morte en 1014. Dans ses notes journalières, elle rapporte le compliment que lui a adressé l’empereur Ichijô déclarant : « Cette femme a dû lire les Chroniques du Japon ! Elle me paraît posséder un grand savoir, en vérité 13 ! » Ainsi, la qualité d’auteur du Roman du Genji de Murasaki Shikibu est attestée par l’auteur elle-même, quand bien même on ne saurait affirmer avec une certitude absolue qu’elle en a rédigé elle-même tous les livres. Cependant, un témoignage ancien, celui de la narratrice et de l’auteur des Mémoires de Sarashina (écrit vers 1059), qui relate les longs efforts qu’elle fit pour réunir les cinquante-quatre livres du Roman du Genji, à son retour à Heian-kyô en 1021 14, laisse penser que le roman existait bel et bien sous une forme voisine de celle que nous connaissons à une date proche de sa rédaction, quelques années seulement après la mort de Murasaki Shikibu.

Ces témoignages, dont le plus ancien remonte au temps même de son écriture, attestent de la réception immédiate de l’œuvre de Murasaki Shikibu et de la reconnaissance de son importance dès sa première diffusion. En l’absence d’histoire officielle, dont la compilation avait été abandonnée par la cour au début du xe siècle, le Roman du Genji pouvait servir de monument à la splendeur de la cour à l’époque de Fujiwara no Michinaga, tout en proposant une profonde leçon morale et politique, à l’instar de la tradition historique chinoise remontant au chef-d’œuvre de Sima Qian 15. L’affaiblissement ultérieur du pouvoir des régents Fujiwara, puis de la cour elle-même, n’allait pas compromettre la fortune du roman, dont le statut d’œuvre classique et de témoin de la grande époque ne sera plus guère contesté. Le Roman du Genji, lu et commenté dans les écoles poétiques de waka, continua à nourrir la culture nationale. La poésie en chaîne médiévale, héritière du waka, en fit également une œuvre canonique, et des listes de mots du Roman du Genji et de ses principaux poèmes furent constituées à l’usage des pratiquants de cet art.

Si l’accès au texte du Roman du Genji resta réservé aux seuls membres des familles aristocratiques ou des écoles poétiques jusqu’à la diffusion du roman sous forme imprimée au xviie siècle, certains de ces motifs seront popularisés dès le « Moyen Âge » par le théâtre nô et d’autres genres populaires liés à la musique et à la danse, comme le sôka ou le kôwakamai 16. Enfin, on ne saurait sous-estimer l’influence que le Roman du Genji a exercée sur la peinture, dont on peut se faire une idée très complète en consultant l’édition illustrée due à Estelle Leggeri-Bauer publiée en 2007 par les éditions Diane de Selliers 17.

À l’époque moderne (xviie-xixe siècles), l’éclatement des écoles poétiques et le développement de l’imprimerie élargirent encore le cercle des lecteurs. Le Roman du Genji était certes toujours lu par les poètes, mais aussi par les spécialistes des études japonaises et même par les penseurs confucéens, fascinés par la description des rites de la cour. Plus généralement, un large public cultivé accède alors à une connaissance du roman, soit directe, soit par le truchement de versions abrégées, adaptées ou de données fournies par divers manuels et encyclopédies. Au xviiie siècle, le mouvement des Études nationales – et en particulier le penseur Motoori Norinaga – voit dans le Roman du Genji un témoignage unique de la sensibilité proprement japonaise que résume le concept de mono no aware (« l’émouvante intimité des choses »), et cette relecture continue à influer sur la perception actuelle de cette œuvre, même si la recherche la plus récente propose des approches toujours plus diversifiées 18. L’article d’Anne Bayard-Sakai fait le point sur la réception du Roman du Genji dans les milieux littéraires du Japon contemporain et démontre à quel point le roman lui-même et la société aristocratique dont il dresse le tableau continuent à servir de références pour la culture japonaise, en même temps qu’il s’affirme comme une œuvre incontournable de la littérature mondiale.

Daniel Struve – Université Paris-Diderot/Centre de recherche sur les civilisations de l’Asie orientale (CRCAO)

Terada Sumie – Inalco/Centre d’Études Japonaises (CEJ)

Note sur la prononciation

La transcription des mots japonais est fondée sur le sytème Hepburn.

e

se prononce « é », mais plus ouvert.

u

proche du « ou » français, mais moins arrondi.

w

semi-voyelle.

g

toujours dur : gi se lit « gui », ge « gué ».

r

est un son intermédiaire entre « r » et « l ».

s

toujours sourd : Ise se prononce « Issé ».

sh

est une fricative proche du « ch » français.

ch

est une affriquée proche de « tch ».

j

est l’équivalent sonore de sh ou de ch proche de « j » ou « dj ».

Le point marque la dissociation entre un n et la syllabe qui le suit : Man.yôshû. Le n note une consonne nasale et non pas comme en français la nasalisation de la voyelle précédente : Genji se prononce « Guenne-dji ».

L’accent circonflexe indique qu’une voyelle est longue.

Bibliographie sélective

Ouvrages généraux

Dictionnaire historique du Japon, éd. Iwao S. et al., Paris, 2002 (2 vol.) (1re publication : Tôkyô, 1963-1995).

Dictionnaire des sources du Japon classique, éd. J. Piggott, I. Smits, I. Van Put, M. Vieillard-Baron, C. von Verschuer, Paris, 2006.

Histoire et culture du Japon ancien

Brisset C. A., À la croisée du texte et de l’image : paysages cryptiques et poèmes cachés (Ashide) dans le Japon classique et médiéval, Paris, 2009.

Frank B., Amour, colère, couleur : essais sur le bouddhisme au Japon, Paris, 2000.

Hérail F., La Cour du Japon à l’époque de Heian, aux xe et xie siècles, Paris, 1995.

Herail F., Esmein J., Macé F., Ninomiya H., Souyri P., Histoire du Japon, Lyon, 1990 (nouvelle édition : Paris, 2009).

Ôtsu T., Nihon no rekishi, vol. 6, Michinaga to kyûtei shakai, « Kôdansha gakujutsu bunko », Tôkyô, 2009.

Robert J.-N., Les Doctrines de l’école japonaise Tendai au début du ixe siècle, Gishin et le Hokke-shû gi shû, Paris, 1990.

Souyri P. F., Nouvelle Histoire du Japon, Paris, Perrin, 2010.

Ueda N., Nihon no rekishi, vol. 5, Ôchô no kizoku, « Chûkô bunko », Tôkyô, 1973.

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Yamanaka H. et Suzuki K. éd., Heian kizoku no kankyô : Heian jidai no bungaku to seikatsu, Tôkyô, 1994.

Littérature japonaise de l’époque de Heian

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Cipango French Journal of Japanese studies, English Selection, On the Tale of Genji : Narrative, Poetics, Historical Context, dir. Fujiwara D., 3 (2014) (avec un choix d’articles différent de la version française).

Katagiri Y., Tsunoda B. éd., Genji monogatari to Murasaki Shikibu : kenkyû no kiseki, « Kadokawa Gakujutsu shuppan », Tôkyô, 2008 (2 vol.).

Konishi J., A History of Japanese Literature, trad. A. Gatten, New York, 1984-1991 (3 vol.).

Pigeot J., L’Âge d’or de la prose féminine au Japon (xe-xie siècles), Paris, 2017.

Pigeot J., Questions de poétique japonaise, Paris, 1997.

Shirane H., The Bridge of Dreams.A poetics of « The Tale of Genji », Stanford, 1987.

Struve D., Tschudin J.-J., La Littérature japonaise, Paris, « Que sais-je ? », 2016.

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Terada S., Figures poétiques japonaises. La genèse de la poésie en chaîne, Paris, 2004.

Œuvres de l’époque de Heian traduites en langues occidentales

Akazome Emon (la première partie attribuée à), A Tale of Flowering Fortunes (Eiga monogatari), trad. W. McCullough et H. C. McCullough, Stanford, 1980.

Anonyme, Le Conte du Coupeur de bambous, trad. R. Sieffert, Paris, 1992.

Anonyme, Contes d’Ise, trad. G. Renondeau, Paris, 1969.

Anonyme, Contes de Yamato, trad. R. Sieffert, Paris, 1979.

Anonymes, De la création des jardins. Traduction du Sakutei-ki, trad. M. Vieillard-Baron, Paris, 1997.

Anonyme, Histoires qui sont maintenant du passé, trad. B. Frank, Paris, 1968.

Anonyme, Okagami, The Great Mirror : Fujiwara Michinaga (966-1027) and His Times. A study and Translation, trad. H. C. McCullough, Princeton, 1980.

Fujiwara no Kintô (compilé par), Recueil des Joyaux d’or et d’autres poèmes, trad. M. Vieillard-Baron, Paris, 2015.

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Fujiwara no Michinaga, Notes journalières de Fujiwara no Michinaga, ministre à la Cour de Hei.An (995-1018), trad. F. Hérail, Genève-Paris, 1987-1991 (3 vol.).

Izumi Shikibu, Izumi-Shikibu, Journal et poèmes, trad. R. Sieffert, Paris, 1989.

Ki no Tsurayuki et al. (compilé par), Le Monument poétique de Heian : le Kokinshû, trad. G. Bonneau, Paris, 1933-1935 (3 vol.).

Mémoires d’une Éphémère (954-974) par la mère de Fujiwara no Michitsuna, trad. J. Pigeot, Paris, 2006.

Murasaki Shikibu, Journal, trad. R. Sieffert, Paris, 1978.

Murasaki Shikibu, Le Dit du Genji, trad. R. Sieffert, Paris, 1988 (2 vol.) (rééd. Lagrasse, 2011).

Murasaki Shikibu, Le Dit du Genji illustré par la peinture traditionnelle japonaise, trad. R. Sieffert, commentaires iconographiques E. Leggeri-Bauer, Paris, 2007.

Sei Shônagon, Notes de chevet, trad. A. Beaujard, Paris, 1985.

Sugawara no Takasue no musume (Fille de Sugawara no Takasue), Le Journal de Sarashina, trad. René Sieffert, Paris, 1978.

1. F. Hérail, La Cour du Japon à l’époque de Heian, aux xe et xie siècles, Paris, 1995, p. 9.

2. H. Oboroya, « Nihon kodai no kizoku » (La noblesse de l’époque ancienne du Japon), dans Kuge to buke sono hikaku bunmeishiteki kenkyû (Étude comparée de l’histoire culturelle des nobles et des guerriers), Actes des colloques organisés par le Centre international de recherches pour les études japonaises (Nichibunken), vol. 22, Kyôto, 2004, p. 189-196.

3. Cf. F. Hérail, Gouverneurs de province et guerriers dans les Histoires qui sont maintenant du passé, Pari

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