Presses Universitaires de Vincennes


Médiévales

Langues d'Angleterre
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Médiévales n° 68
  • Nombre de pages : 220
  • Langues : Française
  • Paru le : 10/06/2015
  • EAN : 9782842924300
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 0751-2708
    • CLIL : 3386 Moyen Age
    • ISBN-10 : 2-84292-430-4
    • ISBN-13 : 978-2-84292-430-0
    • EAN-13 : 9782842924300
    • Format : 160x240mm
    • Poids : 376g
    • Illustrations : Non
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 10/06/2015
    •  
    • Support : PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-523-9
    • EAN-13 : 9782842925239
    • Taille : 7 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 10/06/2015
    •  

Langues d'Angleterre

Au delà du bilinguisme - N°68/2015

L'Angleterre était au Moyen Âge une terre de multilinguisme, et l'anglais y coexistait avec bien d'autres langues : avant tout le latin et le français, mais aussi l'hébreu ou les langues celtiques et scandinaves.

Coordinateur(s) du numéro :
Alban Gautier |

Jean-Pascal Pouzet |
Auteur(s) :
François Foronda |
Alban Gautier |
Lucie Laumonier |
Clément Lenoble |
Christopher Lucken |
Aude Mairey |
Catherine Nall |
Donatella Nebbiai |
Jean-Pascal Pouzet |
David Trotter |
Daniel Wakelin

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Angleterre | Anglo-normand (langue) | Bilinguisme | Dialectes | Durand (Jean) | Gower (John) | Langues | Montpellier | Moyen Âge | Multilinguisme | Poésie | Textes hébraïques | Vieillesse | Worcester (William)

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Sommaire

Introduction

Les langues de l’Angleterre médiévale : au-delà du bilinguisme
Alban Gautier et Jean-Pascal Pouzet

Le beau français d’Angleterre. Altérité de l’anglo-normand et invention du bon usage
Christopher Lucken

Peut-on parler de judéo-anglo-normand ? Textes anglo-normands en écriture hébraïque
David Trotter

John Gower ou le multilinguisme en action
Aude Mairey

Le déclin du multilinguisme dans The Boke of Noblesse et son Codicille de William Worcester
Catherine Nall et Daniel Wakelin

 

ESSAIS ET RECHERCHES

 

Les livres de Jean Durand († 1416), « physicien » et astrologue 
Donatella Nebbiai

En prévision des vieux jours : les personnes âgées à Montpellier à la fin du Moyen Âge
Lucie Laumonier 

 

POINT DE VUE

 

Procès politiques : une manie française ?
François Foronda

Monnaie, valeur et cotoyenneté chez Olivi et Eiximenis : « moralisation de l'économie » ou « économie politique » médiévale ?
Clément Lenoble

 

-Notes de lecture

Paolo Piva (dir.), Art médiéval. Les voies de l’espace liturgique (Pierre-Olivier Dittmar) ; Franck Thénard-Duvivier, Images sculptées au seuil des cathédrales. Les portails de Rouen, Lyon et Avignon (XIIIe-XIVe siècles) (Iliana Kasarska) ; Valentina Toneatto, Les Banquiers du Seigneur. Évêques et moines face à la richesse (IVe-début du IXe siècle) (Vito Loré) ; Léonard Dauphant, Le Royaume des quatre rivières. L’espace politique français (1380-1515) (Boris Bove) ; Bruno Dumézil, Servir l’État barbare dans la Gaule franque. Du fonctionnariat antique à la noblesse médiévale (IVe-IXe siècle) (Martin Gravel) ; Jacques Dalarun, Bérard des Marses (1080-1130), un évêque exemplaire. Avec la traduction française introduite et commentée de sa Vie et de ses miracles (Grégory Combalbert) ; Emmanuelle Vagnon, Cartographie et Représentations de l’Orient méditerranéen en Occident (du milieu du XIIIe à la fin du XVe siècle) (Alfred Hiatt) ; Patrick Gautier-Dalché (dir.), La Terre. Connaissance, représentations, mesure au Moyen Âge (Hélène Noizet) ; Martin Nejedlý, Středověký mýtus o Meluzíně a rodová pověst Lucemburků [Le mythe médiéval de Mélusine et la légende familiale des Luxembourg] (Nicolas Richard)

-Livres reçus

Résumé

David Trotter
Peut-on parler de judéo-anglo-normand ? Textes anglo-normands en écriture hébraïque

L’article passe en revue les témoignages (limités) d’écrits liés à la communauté juive d’Angleterre entre la Conquête normande et l’expulsion de 1290. Les textes sont de trois types : 1. Des starrs, documents juridiques rédigés en anglo-normand et qui ne présentent que très peu de différences avec les textes comparables de caractère administratif et juridique rédigés en anglo-normand en dehors de la communauté juive ; 2. des gloses, en alphabet latin, sur des textes hébreux et 3. des textes anglo-normands (qui sont aussi des gloses) en caractères hébraïques : seuls ces derniers correspondent à ce que l’on entend aujourd’hui par « judéo-français ». La documentation anglo-normande est très limitée mais elle fournit néanmoins des renseignements sur les contacts entre juifs et chrétiens. Les documents anglo-normands sont ainsi à la fois une pièce à ajouter au puzzle des textes romans en écriture hébraïque, et un élément du paysage plurilingue de l’Angleterre médiévale.

 

Christopher Lucken
Le beau français d’Angleterre. Altérité de l’anglo-normand et invention du bon usage

Il existe un topos dans les textes français et anglais du Moyen Âge : le français parlé en Angleterre serait un « faux français », une langue de mauvaise qualité par rapport au français de France. La critique moderne a suivi ce stéréotype : l’anglo-normand a longtemps été vu comme un dialecte déficient et artificiel. C’est pourtant en Angleterre qu’apparaissent les premiers textes grammaticaux décrivant une norme de la langue française, sur le modèle des grammaires latines. Les protestations topiques des auteurs anglo-normands concernant la rudesse de leur langue coexistent du même coup avec l’enseignement normé du français dans les écoles anglaises : alors que l’anglais semble réservé aux laboratores et se « popularise », un français réputé « de France » y devient un équivalent du latin, langue normée et policée. C’est à la constitution de ce « beau français » au sein du contexte trilingue de l’Angleterre qu’est consacrée cette étude.

 

Aude Mairey
John Gower ou le multilinguisme en action

John Gower (v. 1330-1408) est le seul poète anglais de la fin du Moyen Âge dont on peut être certain qu’il ait composé son œuvre dans les trois langues principales alors en usage en Angleterre – le français, l’anglais et le latin – de manière tout à fait consciente, comme en témoignent ses trois principaux poèmes, la Vox Clamantis (latin), le Mirour de l’Omme (français) et la Confessio Amantis (anglais). Ainsi est-il le représentant exceptionnel d’une période où une réflexion à visée réformatrice s’exprime dans le cadre d’un système de communication encore caractérisé par son multilinguisme.

 

Catherine Nall et Daniel Wakelin
Le déclin du multilinguisme dans The Boke of Noblesse et son Codicille de William Worcester

Le traité politique en prose de William Worcester, The Boke of Noblesse, achevé en 1475, est accompagné d’un « codicille » réunissant des informations et des documents historiques. Dans le Codicille, le code-switching entre le latin, le français et l’anglais reflète certes les langues documentaires et la pratique ordinaire, mais il suggère aussi un certain nombre de difficultés face à cette forme commune de multilinguisme au milieu du xve siècle. Quant au traité en prose, il met en évidence ses sources latines mais refuse de citer ses sources françaises dans la langue originale, révélant une certaine malaise à l’égard du français comme langue productrice d’écriture dans l’Angleterre de la fin du xve siècle. Alors que le français et le latin étaient d’un usage courant dans l’administration des territoires anglais de France au cours la Guerre de Cent Ans, et bien que des livres dans les deux langues aient continué à être lus par des anglophones tout au long du xve siècle (et même plus tard), l’œuvre de Worcester révèle des tensions sous-jacentes au cœur du multilinguisme, laissant présager la préférence croissante pour l’anglais comme langue d’écriture dans les années suivantes.

 

Essais et recherches

Donatella Nebbiai
Les livres de Jean Durand (1416), « physicien » et astronome

Jean Durand, chanoine de Notre-Dame, fut médecin et astronome. Titulaire de la première bourse pour l’enseignement de l’astrologie à Paris sous Charles V, il fut le « physicien » de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Un inventaire après décès de ses biens, découvert aux Archives nationales (S 851 B, n° 4), permet de reconstituer sa biographie et son cadre de vie. La liste des livres ouvre la perspective d’un milieu raffiné, qui au-delà des intérêts professionnels, cultive la littérature en langue vernaculaire et apprécie la culture historique.


Lucie Laumonier

En prévision des vieux jours : les personnes âgées à Montpellier à la fin du Moyen Âge

L’histoire de la vieillesse et des personnes âgées à la fin du Moyen Âge s’appuie surtout sur l’analyse des textes et constitue encore principalement une histoire de leurs représentations, plus qu’une étude de leur place dans la société. À travers les nombreuses sources de la ville de Montpellier, cette recherche vise à définir la vieillesse au regard des archives de la pratique, d’y saisir et d’y évaluer la présence des personnes âgées, de comprendre quelles alternatives leur sont offertes pour prévoir leurs vieux jours et d’identifier les obstacles qu’elles rencontrent éventuellement au cours de ce processus. Deux variables principales semblent peser sur l’organisation de la fin de vie : la présence ou l’absence d’une parenté sur laquelle se reposer et le niveau de richesse de l’individu.  De la personne âgée aisée et entourée à l’individu pauvre et isolé se déclinent de multiples situations, témoignage des différentes de manières de vieillir dans un centre urbain méridional à la fin du Moyen Âge.

 

Points de vue

François Foronda
Procès politiques : une manie française ?

Clément Lenoble
Les discours sur la monnaie et la valeur d’Olivi et Eiximenis : « moralisation de l’économie » ou « économie politique » médiévale ?

Abstract

David Trotter
Is there such a Thing as Judeo-Anglo-Norman ? Anglo-Norman Texts in Hebrew Script

The article reviews the limited evidence for writings associated with the Jewish community in England between the Conquest and the expulsion of the Jews in 1290. The texts are of three types : 1. starrs or legal documents, written in Anglo-Norman and displaying very limited divergence from other comparable administrative/legal documents in Anglo-Norman ; 2. Romanalphabet glosses to Hebrew texts and 3. Anglo-Norman texts (in fact, glosses) in Hebrew characters. Only the last conform to the definition now generally accepted of « Judeo-French ». The Anglo-Norman textual evidence is very limited but it nevertheless provides information about Jewish-Christian contact. The Anglo-Norman documents are thus at once a piece in the jigsaw of Romance texts in the Hebrew alphabet, and an element in the multilingual landscape of medieval England.

 

Christopher Lucken 
The Beautiful French of England. Otherness of Anglo-Norman and Invention of the “bon usage”

There is a recurrent topic in medieval French and English texts : that the French spoken in England is a “false French”, a language of poor quality compared to the French of France. Modern criticism has followed this stereotype : Anglo-Norman is seen as an artificial and deficient dialect. It was however in England that the first grammatical texts appeared that described a standard version of the French language based on the model of Latin grammars. The protestations of Anglo-Norman authors concerning the primitive nature of their language co-existed with the teaching of a standard version of French in English schools. Thus while English seemed to be reserved for the laboratores and was more and more “popular”, a version of French reputed to be “of France” became the equivalent of Latin, a standardized and controlled language. The constitution of this “beautiful French” in the context of trilingual England is the subject of this study.

 

Aude Mairey
John Gower or Multilingualism in Action

John Gower (c. 1330-1408) is the only English poet of the late Middle Ages who may be known for certain to have composed his works in the three main languages then used in England – French, English and Latin – in a very conscious way, as testified by his three major poems, Vox Clamantis (in Latin), Mirour de l’Omme (in French) and Confessio Amantis (in English). This makes him an exceptional representative of a period in which reforming ideas were expressed within the frame of a communication system still characterized by its multilingualism.

 

Catherine Nall et Daniel Wakelin
The Decline of Multilingualism in The Boke of Noblesse and its Codicil by William Worcester

This essay considers William Worcester's prose political treatise The Boke of Noblesse and its accompanying codicil of historical information and documents. It argues that the codeswitching in the codicil between Latin, French and English on the one hand reflects documentary languages and their ordinary usage but on the other hand suggests that there were difficulties with this common kind of multilingualism by the mid-fifteenth century. Next, the essay argues that the prose treatise, which makes clear its Latin sources but refuses to cite its French sources in the original language, bears witness to unease about French as a language for active composition by the late fifteenth century. Although French and Latin were in active use for the administration of French territories during the Hundred Years War, and although books in these languages continued to be read by English-speaking people throughout the fifteenth century (as later), Worcester’s work reveals underlying tensions in multilingualism, which foreshadow the growing preference for English as the language of writing in the years to come.

 

Essais et recherches


Donatella Nebbiai
Jean Durand’s books († 1416), physician and astronomer
 

Jean Durand, canon of Notre-Dame, was a physician and an astronomer. Physician of Philippe le Hardi, duke of Burgundy, he was also the first recipient of a fellowship dedicated to the teaching of astrology by Charles the Fifth in Paris. A post-mortem inventory of his personal belongings recently discovered at the Archives nationales (S 851 B, n°4), permits to reconstitute his biography and living environment. Beyond the professional interests, his list of books does open the perspective of the sophisticated environment of the King’s court, promoting the literature in vernacular language and historical culture.


Lucie Laumonier

Preparing for Old Age : The Elderly in Montpellier at the End of the Middle Ages
 

Late medieval history of old age and of the elderly relays mainly on texts analysis and remains a history of their representations, more than a study of their place within the society. Based on many sources from the city of Montpellier, this paper aim to define old age in the archival document, to evaluate the presence of the elderly, to understand in which ways they can plan their old days, and to identify the limitations they face in this process. Two elements seem to influence the organization of old days: having or not family members to relay on, and the socioeconomic background of each individual. From the rich elderly surrounded by family, to the poor and lonely ones, many situations can be declined that all evocate the different ways of ageing in city at the end of the Middle Ages.

 

Points de vue


François Foronda
Procès politiques : une manie française ?

Clément Lenoble
Les discours sur la monnaie et la valeur d’Olivi et Eiximenis :« moralisation de l’économie » ou « économie politique » médiévale ?

Médiévales
Langue Textes Histoire

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Présentation

Médiévales paraît deux fois par an.
Langue de rédaction des articles : français

La revue, créée en 1982, entend rester un lieu de rencontre entre des médiévistes de générations et d'origines diverses. Sur des thèmes successifs elle présente des points de vue et des écritures venant d'horizons disciplinaires variés. Par là elle ouvre notre curiosité et rénove notre connaissance du Moyen Âge.

Directrice de la rédaction : Laurence Moulinier-Brogi.
Rédacteurs en chef : Danièle Sansy et Christopher Lucken.
Comité de rédaction : Didier Boisseuil, Nathalie Bouloux, Boris Bove, Alban Gautier, Stéphane Gioanni, Didier Lett, Fanny Madeline, Marilyn Nicoud, Mireille Séguy, Malcom Walsby, Nicolas Weill-Parot.

Revue soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS.