Presses Universitaires de Vincennes


Médiévales

Harmonie Disharmonie
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Médiévales n° 66
  • Paru en : Juillet 2014
  • EAN : 9782842924058
  • ISBN : 978-2-84292-405-8
  • 220 pages, 160x240mm
  • Illustrations : Oui
  • Édition : Première édition
  • Plus d'informations
    • Support : PDF sans DRM
    • Protection : Marquage (water mark)
    • ISBN : 978-2-84292-490-4
    • EAN : 9782842924904
    • Taille : 4 Mo
    • Illustrations : Non

Harmonie Disharmonie

N°66/2014

La notion d’harmonie dans la pensée et les œuvres artistiques et littéraires du Moyen Âge, confrontée en particulier avec son contraire, la notion de disharmonie.

Ce numéro se penche sur la notion d’harmonie dans la pensée et les œuvres artistiques et littéraires du Moyen Âge, confrontée en particulier avec son contraire, la notion de disharmonie. Il s’agit de souligner ainsi que l’harmonie, au lieu de se rapporter simplement à des éléments identiques, s’applique généralement à des éléments dissemblables qu’elle est chargée de réunir en un seul et même ensemble.

Ce numéro inaugure la nouvelle maquette de Médiévales 

 

Coordinateur(s) du numéro :
Ludivine Jaquiery |

Christopher Lucken |
Auteur(s) :
Amélie Bernazzani |
Marjorie Burghart |
Marcelo Cândido da Silva |
Amy Heneveld |
Ludivine Jaquiery |
Philip Knäble |
Welleda Muller |
Hélène Noizet |
Thibaut Radomme |
Pascale Tiévant

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Archéogéographie | Choeurs | Danse | Disharmonie | Écriture médiévale | Esthétique | Harmonia mundi | Harmonie | Huitième siècle | Lancelot | Marchands | Nain (le) | Neuvième siècle | Péage | Quinzième siècle

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Sommaire

Introduction
Ludivine Jaquiery et Christopher Lucken

« Concordia discors. L’harmonie de l’écriture médiévale »
Amy Heneveld

« Figures de l’Harmonia Mundi dans les manuscrits et les stalles gothiques en France. Le roi David accordant sa harpe et les anges musiciens »
Welleda Muller

« L’harmonie des sphères et la danse dans le contexte clérical au Moyen Âge »
Philip Knäble

« “Ad imaginem et similitudinem Dei” ? Les personnages qui entourent le Christ mort à l’épreuve de l’harmonie avec le divin »
Amélie Bernazzani

« Esthétique de l’entremêlement dans les portraits du jeune Lancelot et de Claudas de la Terre Déserte dans le Lancelot en prose »
Ludivine Jaquiery

« Le nain, une figure dé-mesurée, dans les enluminures des manuscrits profanes des XIVe et XVe siècles en France »
Pascale Tiévant

« Guillaume Crétin et la Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem : les chœurs, les cœurs et la poésie »
Thibaut Radomme

 
ESSAIS ET RECHERCHES

« Signata de mea marcha : les marques de marchands dans les comptes du péage de Chambéry (xve siècle) »
Marjorie Burghart

« L’“économie morale” carolingienne (fin VIIIe-début IXe siècle) »
Marcelo Cândido da Silva

 POINT DE VUE

« De l’usage de l’archéogéographie »
Hélène Noizet

 

- Notes de lecture
- Livres reçus

Résumé

Amy Heneveld
Concordia discors 
: L’harmonie de l’écriture médiévale

Cet article trace l’importance du concept de concordia discors, ou de discordia concors, pour l’esthétique littéraire médiévale. La figure d’Harmonie dans le De Nuptiis Philologiae et Mercurii de Martianus Capella enjoint à penser une unité musicale et littéraire qui offre à la fois plaisir et savoir, sous la forme d’une beauté complexe. Les mots concordia et discordia, des figures allégoriques qu’ils représentent à leur diverses manifestations conjointes, offrent une voie à suivre qui mène de l’antiquité jusqu’à la conjointure médiévale, d’Empédocle à Alain de Lille, Geoffroy de Vinsauf et Chrétien de Troyes.

 

Welleda Muller
Figures de l’Harmonia Mundi dans les manuscrits et les stalles gothiques en France. Le roi David accordant sa harpe et les anges musiciens

L’Harmonia mundi est une donnée essentielle de la culture normée du Moyen Âge. L’idée que le monde est régi par un ordre divin et que la rotation des sphères produit un son harmonique inaudible aux oreilles humaines est présente à tous les niveaux de la société et chez la majorité des intellectuels ; mais cette idée n’est pas uniquement débattue dans des textes par les théoriciens, elle est aussi représentée en images. Ainsi, la multitude d’anges musiciens jouant majoritairement d’instruments à cordes, est certainement l’image de la musique des sphères, en particulier dans les stalles et les manuscrits, deux supports artistiques étroitement liés avec le chant liturgique dont la pratique permet de retrouver l’harmonie divine de la Création. À côté des anges musiciens, images de l’Harmonia mundi, un modèle est présenté pour encourager les fidèles dans leur propre recherche de l’harmonie : il s’agit du roi David accordant sa harpe, mettant ainsi en lumière la nécessité de réglage de l’ordre du monde. Toutefois, les xve et xvie siècles sont une période charnière qui va voir évoluer les conceptions du monde, ce qui transparaît dans les images. Les anges musiciens disparaissent en effet progressivement de la sculpture des stalles et de la peinture des manuscrits, remplacés par des putti de chair n’ayant plus de fonction, en même temps que les cieux se vident des substances spirituelles qui permettaient aux orbes de se mouvoir dans les conceptions médiévales du monde.

 

Philip Knäble
L’harmonie des sphères et la danse dans le contexte clérical au Moyen Âge

L’Église, et surtout l’Église médiévale, est considérée comme une institution complètement opposée à la danse. Pourtant il y avait des églises cathédrales, par exemple celle d’Auxerre, où les chanoines eux mêmes dansaient dans l’église pendant les fêtes religieuses. L’article discute ces pratiques de danse en relation avec la réception de la philosophie néoplatonicienne et son concept de l’harmonie des sphères dans les écoles cathédrales. En considérant la danse comme une mise en scène de l’harmonie des sphères, les chanoines l’intégrèrent dans leurs pratiques de dévotion.

 

Amélie Bernazzani
“Ad imaginem et similitudinem Dei
 ? Les personnages qui entourent le Christ mort à l’épreuve de l’harmonie avec le divin

C’est grâce à l’Incarnation que Dieu donne une chance aux hommes de retourner à l’ère de la ressemblance divine. À travers le Christ, il prend en effet l’apparence charnelle des hommes – des pécheurs – et se rend imitable. Ressembler au Christ, c’est donc retrouver un peu de l’harmonie qui régnait au jardin d’Éden. L’imitation du Christ est par conséquent la condition sine qua non du salut : obtenir la Rédemption est impossible sans se conformer au Christ par les actes et, surtout, par la pensée : « Je suis crucifié avec le Christ [déclare Paul aux Galates], et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi.» (Gal 2, 19-20). Nous proposons de montrer que, dans les images, cette association entre la laideur et le péché est fréquente. Ainsi, comparés au Christ, les bourreaux et le mauvais larron sont laids et difformes : les uns doivent servir de modèles au spectateur et les autres de « contre-figures ».

 

Ludivine Jaquiery
Esthétique de l’entremêlement dans les portraits du jeune Lancelot et de Claudas de la Terre Déserte dans le Lancelot en prose

Les modèles préconisés par les Arts poétiques pour la description des personnes laissent à ceux qui se livrent à l’exercice du portrait la possibilité de renouveler le modèle théorique. Cette étude propose une analyse des portraits, en regard l’un de l’autre, du jeune Lancelot et de Claudas de la Terre Déserte tels qu’ils apparaissent dans le Lancelot en prose. Le rédacteur de ce roman développe les portraits autour des notions d’« entremêlement » des composantes des deux personnages et de « mesure » dans leurs proportions. Si la mesure est d’ordinaire source d’harmonie, le traitement réservé à ces deux personnages prouve plutôt le contraire. Quant à l’« entremêlement », il présente un résultat différent selon que l’on considère Claudas ou Lancelot. Le premier reste ambivalent, double, tandis que le second dépasse les éléments contradictoires qui le composent en les intégrant : ces derniers fusionnent en se valorisant l’un l’autre.

 

Pascale Tiévant
Le nain, une figure dé-mesurée, dans les enluminures des manuscrits profanes des XIVe et XVe siècles en France

Les nains représentés dans les enluminures des manuscrits profanes des XIVe et XVe siècles en France sont caractérisés par leur dé-mesure. Au delà de celle de leur taille, les images proposent une figure de l’altérité qui n’a pas toujours recours à la disharmonie que suggère la lecture de bon nombre des textes. Bien entendu nous trouvons quelques images de naines fort disgracieuses au service de l’allégorie de vices ou des pygmées belliqueux de l’Antiquité. Ce n’est pourtant pas le cas pour l’ensemble des enluminures, recueillies pour l’essentiel dans les manuscrits de la Matière de Bretagne et de France, qui mettent en scène des petits personnages parfois ombrageux ou vindicatifs, mais révèlent, après analyse, une figure plutôt positive, ayant ses valeurs propres et sa place dans l’harmonie du monde.

 

Thibaut Radomme
Guillaume Crétin et la Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem : les chœurs, les cœurs et la poésie

Cet article propose une étude du poème Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem, écrit par Guillaume Crétin à l’extrême-fin du XVe siècle, selon deux axes de lecture principaux : la représentation de l’harmonie des chœurs et de la disharmonie des cœurs d’une part, et la problématisation du topos d’humilité de l’auteur d’autre part. Après une brève introduction contextuelle consacrée aux concepts d’harmonie et de disharmonie ainsi qu’à une perspective générale sur le poème, la première partie de l’article traite du premier axe de lecture : il y est montré que, si la beauté des chants (harmonie des chœurs) semble a priori contraster avec le trouble des sentiments (disharmonie des cœurs), les frontières sont en fait brouillées et les chœurs sont gagnés par le désordre des cœurs, traduisant le rejet de la gaieté qui caractérise le chant funèbre. La seconde partie de l’article entend questionner la position d’infériorité dans laquelle se place Guillaume Crétin en tant qu’auteur : après s’être affirmé incapable d’écrire le poème qu’on lui enjoint de composer, après en avoir appelé à ses illustres prédécesseurs et contemporains et avoir reconnu la supériorité de la musique sur la poésie, l’auteur semble en effet prendre à revers les attentes du lecteur et, par un habile jeu de mise en abyme et une exploitation de la valeur performative du poème, se couronner comme le prince des poètes.

 

Marjorie Burghart
Signata de mea marcha : Les marques de marchands dans les comptes du péage de Chambéry (XVe siècle)

Au début du XVe siècle, les comptes du péage de Chambéry (Savoie, France), particulièrement détaillés, comportent parfois le dessin des marques dessinées sur les balles pour justifier leur exemption. Ce corpus d’une soixantaine de marques différentes permet une approche de la typologie formelle des marques de marchands (la croix, son support et les lettres de l’alphabet en sont les principaux éléments graphiques récurrents), mais aussi de leur éventuelle évolution, voire dans un cas exceptionnel la proximité graphique d’une marque avec une autre forme d’identification, la signature de son possesseur. Une série de lettres de demande d’exemption, associées aux comptes, vient compléter le large panorama de l’usage pratique des marques.

 

Marcelo Cândido da Silva
L’ « économie morale » carolingienne (fin VIIIe-début IXe siècle)

Dans trois capitulaires publiés par Charlemagne entre la fin du VIIIe et le début du IXe siècle − le Capitulare Episcoporum (v.779), le capitulaire de Francfort (794) et le capitulaire de Nimègue (806) − on trouve des mesures prises par les princes carolingiens pour faire face aux crises alimentaires. À première vue très disparates, les mesures prévues par ces textes n’ont pas fait, jusqu'à présent, l'objet d'une analyse d’ensemble. Une telle analyse peut nous aider à aller au-delà du constat de « désespoir » qui aurait inspiré ces mesures, et aussi à réfléchir sur l'existence d’une ligne directrice commune dans le traitement du problème de la famine sous les Carolingiens.

Abstract

Amy Heneveld
Concordia Discors 
: The Harmony of Medieval Writing

This paper examines the importance of the expression concors discordia, or discordia concors, to medieval literary aesthetics. Harmony, the last allegorical figure to speak in Martianus Capella’s De Nuptiis Philologiea et Mercurii, offers a model of musical and literary unity which is at once pleasing and instructive, beautifully complex. The words concordia and discordia, from their allegorical figurations to their various entwined appearances, suggest a path to follow from antiquity to medieval conjointure, from Empedocles to Alain of Lille, Geoffroy of Vinsauf and Chrétien de Troyes.

 

Welleda Muller
Representations of the Harmonia Mundi in gothic manuscripts and choir stalls in France. King David tuning his harp and angel musicians

Harmonia Mundi is an essential notion in traditional medieval culture. The dual idea that the world is governed by a divine order and that the rotation of the spheres produces a harmonic sound inaudible to human ears is present throughout medieval society and for the intellectuals in particular. This idea is not only discussed in texts by scholars, but it is also represented in pictures. Thus, the multitude of angelic musicians mainly playing stringed instruments, is certainly the image of the music of the spheres, especially in the choir stalls and manuscripts, two artistic media linked to the liturgical chant whose practice allows find the divine harmony of Creation. Besides the angel musicians, images of Harmonia Mundi, a model is presented to encourage the faithful in their own quest for harmony: it is King David tuning his harp, thus highlighting the need for adjustment the word order. However, the fifteenth and sixteenth centuries were a turning point that saw a change in worldviews, which is reflected in the imagery. The angelic musicians disappeared gradually from the carved choir stalls and painted manuscripts to be replaced by putti who have no function; at the same time, the heavens were empty of spiritual substances which allowed orbs to move in medieval conceptions of the world.

 

Philip Knäble
Dance and The Harmony of the Spheres in the Medieval Clerical Context

The Church, especially the medieval Church, is known as an institution completely opposed to dancing. Nevertheless there existed some cathedral churches, for example at Auxerre, where even the canons danced in the church during religious feasts. This article discusses the ecclesiastical dances in relation to the reception of Neo-Platonist philosophy and its concept of the harmony of the spheres at the cathedral schools. Viewing the dance as a performative expression of the harmony of the spheres the canons incorporate the dance as a practice of devotion.

 

Amélie Bernazzani
Ad imaginem et similitudinem Dei ? The characters that surround the dead Christ in harmony with the divine
?

It is through the Incarnation that God gives men a chance to return to the era of the divine likeness. Through Christ, he is indeed the appearance of carnal men – sinners – and goes imitable. Like Christ, so it regains some of the harmony that reigned in the Garden of Eden. The imitation of Christ is therefore the sine qua non of salvation obtain redemption is impossible without complying with Christ through acts and, especially, by the thought : "I am crucified with Christ [Paul says to the Galatians 2, 19-20] and it is no longer I who live, but Christ who lives in me". We propose to show that in the pictures, this association between ugliness and sin is common. Thus, compared to Christ, executioners and the bad thief are ugly and deformed : one should serve as models for the spectator, and the other as “contre-figures”.

 

Ludivine Jaquiery
The aesthetic of
entanglement in the portraits of the young Lancelot and of Claudas de la Terre Déserte in the prose Lancelot

The Poetic Arts have recommended models for describing characters. However, these models are not fixed and allow anyone who wishes to portray a character to renew them. This study offers a comparative portrait analysis of the young Lancelot and Claudas de la Terre Déserte as they appear in Lancelot en prose. The author of this novel develops the portraits through notions of « entremêlement » [entanglement] of the components of the two characters and of « mesure » [measure] of their proportions. If measure is usually a source of harmony, the manner of describing the two characters proves rather the opposite. The results differ for Claudas or Lancelot when « entremêlement » [entanglement] is considered. The former is ambivalent, double, whilst the latter transcends the contradictory elements that compose him by integrating them. Their merger increases the value of each another.

 

Pascale Tiévant
The Dwarf, a Disproportionate Figure in Profane Manuscript’s Illuminations of XIVth and XVth Century France

The dwarfs, represented in the illuminations of the secular manuscripts of the fourteenth and fifteenth centuries in France, are characterized by their disproportionate “hugeness”. Beyond the fact of their height, the images project a figure of “otherness” which does not always rely on the disharmony that a number of texts would suggest. Of course, we do find some pictures of truly uncouth dwarfs, serving the cause of the allegory of vices and those of the warlike pygmies of Antiquity. However, this is not the case for all of the illuminations, collected in the main from the manuscripts of “Matière de Bretagne” and of France, that portray sometimes tetchy or vindictive little personages, but nonetheless ones which on analysis, reveal rather positive figures, with values and a place in the world’s harmony.

 

Thibaut Radomme
Guillaume Crétin and the Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem : Choruses, Hearts and Poetry

This article offers a study of the poem Déploration sur le trépas de Jean Ockeghem, written by Guillaume Crétin at the extreme end of the fifteenth century, in a double perspective : the representation of choruses’ harmony and hearts’ disharmony on one hand, and the problematisation of the topos of author’s humility on the other hand. After a brief introduction, in which I give a contextual background about the concepts of harmony and disharmony as well as a general overview of the poem, the first part of the article deals with the first perspective of reading : if choruses’ harmony seems at first sight to contrast with hearts’ disharmony, borders are in fact blurred and choruses are contaminated by the disorder of feelings, which results in the rejection of happiness that characterizes funeral singing. In the second part of the article, I want to examine the position of inferiority in which Guillaume Crétin puts himself as an author. Indeed, whilst he claims to be unable to write the poem that he has been asked to compose and calls for the help of his illustrious predecessors and famous contemporaries, he recognizes the superiority of music over poetry. However, the author seems to deceive the expectations of the reader and, through an ingenious mise en abyme and by exploiting the performative dimension of the poem, to crown himself as the prince of the poets.

 

Marjorie Burghart
Signata de mea marcha
: Merchants’ Marks in the Chambéry Toll Accounts (fifteenth century)

At the beginning of the fifteenth century, the especially detailed accounts of the Chambéry toll (Savoy, France) sometimes bear a sketch of the merchants’ marks that were drawn on the balls, to justify their exemption from the toll rights. This corpus of about sixty different marks offers an insight into their formal typology (the cross, its support, and letters of the alphabet are the main recurring graphical elements), but also their evolution, and even in one exceptional case the similar graphical features of a merchant's mark and another identification device, his signature. A series of letters, linked to the accounts and requesting exemption from the toll rights, sheds further light on the wide range of practical uses of the merchants’ marks.

 

Marcelo Cândido da Silva
The “Moral Economy” under the Carolingians (end 8th-9th c.)

The object of this article are the measures taken by the Carolingian princes to confront the alimentary crises, as found in three capitularies published by Charlemagne between the end of the 8th and the beginning of the 9th century: the Capitulare Episcoporum (c.779), the Capitulaire de Francfort (794) and the Capitulaire de Nimègue (806). At first glance very disparate, the measures anticipated by these texts were not, up until now, object of an analysis as a single group. Through this group viewpoint, we will attempt to go beyond the acknowledgment of the “despair” that would have inspired them, and ponder on whether or not there could have been a common guideline in the treatment of the problem of famine under the Carolingians.

Médiévales
Langue Textes Histoire

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Présentation

Médiévales paraît deux fois par an.
Langue de rédaction des articles : français

La revue, créée en 1982, entend rester un lieu de rencontre entre des médiévistes de générations et d'origines diverses. Sur des thèmes successifs elle présente des points de vue et des écritures venant d'horizons disciplinaires variés. Par là elle ouvre notre curiosité et rénove notre connaissance du Moyen Âge.

Directrice de la rédaction : Laurence Moulinier-Brogi.
Rédacteurs en chef : Danièle Sansy et Christopher Lucken.
Comité de rédaction : Didier Boisseuil, Nathalie Bouloux, Boris Bove, Alban Gautier, Stéphane Gioanni, Didier Lett, Fanny Madeline, Marilyn Nicoud, Mireille Séguy, Malcom Walsby, Nicolas Weill-Parot.

Revue soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS.