Presses Universitaires de Vincennes


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Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siècle)
  • Auteur(s) : Collectif
  • Revue : Extrême-Orient, Extrême-Occident n° 41
  • Nombre de pages : 276
  • Langues : Française
  • Paru le : 23/11/2017
  • EAN : 9782842927394
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 0754-5010
    • CLIL : 4036 Asie
    • ISBN-10 : 2-84292-739-7
    • ISBN-13 : 978-2-84292-739-4
    • EAN-13 : 9782842927394
    • Format : 155x220mm
    • Poids : 450g
    • Illustrations : Non
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 23/11/2017
    •  

Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siècle)

N°41/2017

On associe au monde asiatique pré-moderne des sociétés d’ordres figées, où hommes et femmes sont condamnés de par leur statut à des parcours de vie uniformes. Or ces dernier pouvaient se négocier et des identités nouvelles sont apparues.

Il s’agit d’une part de corriger l’idée que cette société fonctionnait selon le système rigide et intangible des quatre statuts (guerrier au Japon/ lettré-fonctionnaire en Chine et en Corée ; paysan ; artisan ; marchand). Sont notamment examinés le statut servile en Chine, celui des chefs aïnous, ces habitants des confins septentrionaux du Japon, ou encore celui des concubines dans les familles guerrières. Le numéro se penche d’autre part sur l’identité de bourgeois au Japon, à travers des textes imprimés de l’époque et des documents du for privé, sur celle du catholique face à la politique d’interdiction, toujours au Japon ou encore  celle des « gens intermédiaires » de Corée, ces fonctionnaires entravés dans leur ascension par leur naissance. En faisant une large place aux voix des roturiers, il s’agit de redessiner les contours d’une société plus complexe et moins immobile qu’on ne l’avait imaginée.

 

Avec le soutien du CNRS - Laboratoire Centre de Recherche sur les Civilisations de l'Asie Orientale (CRCAO), UMR 8155

Coordinateur(s) du numéro :
Annick Horiuchi |

Auteur(s) :
Yannick Bardy |
Guillaume Carré |
Claude Chevaleyre |
Kim Daeyeol |
Noémi Godefroy |
Martin Nogeira Ramos |
François-Joseph Ruggiu |
Yûta Segawa |
Daniel Struve

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Asie | Catholicisme | Concubinage | Couple | Dépendance | Dix-huitième siècle | Dix-neuvième siècle | Dix-septième siècle | Domination | Esclavage | Famille | Identité | Marchands | Mariage | Religion | Société | Statut

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Sommaire

Introduction

Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siècle)
Annick Horiuchi

 I. Où l’identité s’affirme

La gloire d’un marchand : Enomoto Yazaemon, négociant en sel dans le Japon du XVIIe siècle
Guillaume Carré

Identité sociale et identité nationale dans Chōnin bukuro et Hyakushō bukuro de Nishikawa Joken
Daniel Struve

 II. Où le statut fluctue

Prêtre shintō à l'époque d'Edo: un statut, des réalités
Yannick Bardy

Asservir pour punir : la nature pénale du statut d’esclave dans la Chine des Ming (1368-1644)
Claude Chevaleyre

Le couple dans la famille guerrière durant la seconde moitié de l’époque Edo (XVIIIe-XIXe siècle) : La question du mariage et du concubinage
Segawa Yūta

 III. Où l’identité prend corps

Une identité religieuse dans la tourmente : les catholiques face à la politique de proscription des Tokugawa (XVIIe siècle)
Martin Nogueira Ramos

Les « gens du milieu » en quête d’une identité dans la société du Chosŏn au XIXe siècle
Kim Daeyeol

Domination et dépendance : l’évolution du statut des chefs aïnous en Asie orientale (XVIIe-XVIIIe siècle)
Noémi Godefroy

 IV. Regard extérieur

De l'Extrême-Orient à l'Extrême-Occident, et retour. L'étude comparée des sociétés de la France d'Ancien Régime et de l'Asie de l'époque moderne
François-Joseph Ruggiu

Résumé

Yannick Bardy
Prêtre shintō à l’époque d’Edo : un statut, des réalités

Qu’est-ce qu’un « prêtre shintō » pendant la période d’Edo (1600-1868), dans un contexte de syncrétisme shintō-bouddhique ? Pour en discuter, nous montrerons d’abord la diversité des sanctuaires shintō et de leurs prêtres au sein d’un village. Puis nous discuterons de la nature des différents types de prêtres rencontrés et de leur place au sein du sanctuaire et des villages. Enfin, nous traiterons du système de contrôle et d’organisation des prêtres mis en place par le shogunat et de ses limites.


Guillaume Carré
La gloire d’un marchand : Enomoto Yazaemon, négociant en sel 
dans le Japon du XVIIe siècle

Les écrits autobiographiques du négociant en sel Enomoto Yazaemon sont des documents précieux pour connaître l’existence des marchands japonais dans le Kantō au début de la période d’Edo. Ces archives nous dépeignent un bourgeois qui bataille pour établir sa réputation et son autorité à la tête de sa « maison », une structure familiale au cœur de ses représentations du statut social et des valeurs des commerçants. Son témoignage nous livre le tableau d’une condition marchande en pleine ascension, et qui élabore son propre système de valeurs, dans un climat économique porteur, et grâce à la protection des dirigeants guerriers.


Claude Chevaleyre
Asservir pour punir : la nature pénale du statut d’esclave 
dans la Chine des Ming (1368-1644)

« Châtier pour punir » se propose d’explorer l’identité des « esclaves » en Chine impériale tardive. En s’appuyant sur les sources juridiques et institutionnelles d’époque Ming (1368-1644), cet article examine les caractéristiques intrinsèques du statut d’esclave et s’attache en particulier à mettre en évidence l’existence d’un lien conceptuel fort (et très ancien) entre asservissement et châtiment. Ce faisant, cet article entend contribuer au renouveau des études concernant l’histoire du fait servile en Chine impériale, sujet trop peu étudié par les études chinoises occidentales et dont les aspects conceptuels, pourtant fondamentaux, ont été négligés par les historiens chinois.


Noémi Godefroy
Domination et dépendance : l’évolution du statut des chefs aïnous 
en Asie orientale (XVIIe-XVIIIe siècle)

À partir du XVIIe siècle, l’île d’Ezo (actuelle Hokkaido) devient une zone-frontière entre les populations japonaise, aïnoue et russe. Les rapports intra- et interethniques dans cette « zone médiane » (middle-ground) s’insèrent dans un système complexe de dépendances croisées économiques et politiques entre les différents acteurs régionaux. Ces rapports d’interdépendance sont matérialisés par la création de ce que Fredrick Barth appelle des « statuts ethniques dichotomisés », des distinctions ethniques figées sous-tendant une altérité irréductible, garants du maintien de relations stables, et par la mise en place de protocoles de légitimation mutuelle, de plus en plus codifiés, lors de cérémonies de remise de tribut.
 À travers l’étude de ces cérémonies, organisées par les Japonais, en territoire domanial (uimam) et en territoire aïnou (umsa), on observera l’évolution du statut des chefs aïnous à l’intérieur de cette société pluriethnique, et on verra dans quel sens cette évolution reflète les changements dans l’équilibre des pouvoirs régionaux au XVIIIe siècle.


Kim Daeyeol 旄”皵
Les « gens du milieu » en quête d’une identité dans la société du Chosŏn au XIXe siècle

Les chungin apparaissent comme une couche sociale dans la société du Chosŏn vers le XVIe siècle, à la suite de leur discrimination par les lettrés fonctionnaires « nobles ». Cette couche sociale est limitée dans son recrutement et sa promotion au sein de la bureaucratie. Parmi eux se trouvent les fonctionnaires aux postes techniques ou spécialisés. Leurs métiers deviennent ainsi quasi héréditaires. Ils jouissent pourtant de la même culture avec la classe supérieure. Cette contradiction est l’une des origines principales de leur sentiment de frustration. Au milieu du XIXe siècle, dans une nouvelle donne sociopolitique de la société coréenne, ils développent divers mouvements sociaux pour défendre leur intérêt commun et rétablir leur identité sociale.


Martin Nogueira Ramos
Une identité religieuse dans la tourmente : les catholiques face à la politique 
de proscription des Tokugawa (XVIIe siècle)

Cet article s’inscrit dans les débats actuels en histoire du Japon sur la perception du catholicisme et le façonnement des identités religieuses au début de l’époque d’Edo. J’apporte d’abord des éléments de réponse aux deux questions suivantes : les Japonais de la première moitié du XVIIe siècle perçoivent-ils le catholicisme comme une religion étrangère ? Établissent-ils des liens entre la pratique religieuse et l’idée qu’ils se font du Japon ? Des recherches récentes, qui se fondent essentiellement sur des textes écrits par les guerriers, tendent à montrer que le catholicisme était souvent assimilé à la figure de l’altérité absolue, voire à ce que l’on pourrait appeler l’ « anti-Japon ». J’estime que ce point de vue doit être nuancé, notamment en ce qui concerne les roturiers. Mon propos porte ensuite sur l’attitude des catholiques face à la répression et aux critiques qui leur étaient adressées par le pouvoir. En m’appuyant sur des documents rédigés par les participants à la révolte de Shimabara-Amakusa (1637-1638), je défends l’idée d’une radicalisation de leur identité religieuse qui repose en grande partie sur leur rejet des dieux et des bouddhas.


Segawa Yūta 世川祐多
Le couple dans la famille guerrière durant la seconde moitié de l’époque d’Edo (XVIIIe-XIXe siècle) : la question du mariage et du concubinage

À l’époque Edo, deux formes d’union entre homme et femme coexistent dans la société guerrière : d’un côté le mariage, liant deux époux dans une relation officielle et agréée par les autorités, et de l’autre le concubinage, unissant un maître et une concubine dans une relation strictement privée. Les concubines étant généralement issues d’une classe inférieure, le concubinage constituait dès lors une union qui dépasse les statuts. Cette union résulte d’une intention particulière des deux parties, en lien avec le désir, l’amour, ou l’argent… Nous analysons le couple dans la famille guerrière en lien avec la question du statut social.


Daniel Struve
Identité sociale et identité nationale dans Chōnin bukuro et Hyakushō bukuro de Nishikawa Joken

Nishikawa Joken (1648-1724), savant confucéen, moraliste, géographe et astronome de condition marchande de Nagasaki, est, entre autres, l’auteur de deux ouvrages didactiques Chōnin bukuro (« Sac des marchands », 1692, publié en 1717) et Hyakushō bukuro (« Sac des paysans » 1721, publié en 1731), où il définit la place de chacun de ces statuts dans la société de son temps et les règles de comportement qui en découlent. Ces deux recueils de réflexions sans plan déterminé qu’on peut situer dans la riche tradition inspirée par le succès des Heures oisives tout au long du XVIIe siècle, sont une source de première importance sur les représentations sociales dans le Japon de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle. À travers une analyse du contenu de ces deux ouvrages, nous cherchons à préciser le lien qui s’y dessine entre les valeurs constitutives assignées à chaque état, celui des bourgeois (chōnin) et des paysans, mais aussi des guerriers, et une réflexion plus générale sur l’histoire du Japon et la place de celui-ci dans le monde.


Abstract

Yannick Bardy
Shintō Priests of the Edo Period: One Status, Several Realities

What does it mean to be a “Shintō priest” during the Edo period (1600-1868), in a context of syncretism of Buddhism and Shintō, in theory and in practice? To answer this question, we will shed light on the variety of shrines and priests within a given village and analyze the nature of priesthood and the place of the priests, both in their shrines and their village. Finally, we will discuss the official system established to control these priests and its limits.


Guillaume Carré
A Merchant’s Glory: Enomoto Yazaemon, a Salt Merchant 
in Seventeenth-Century Japan

The autobiographical writings of the salt merchant Enomoto Yazaemon are precious documents for knowing the way of life of Japanese merchants in Kantō at the beginning of the Edo period. These documents depict a bourgeois who is struggling to establish his reputation and authority at the head of his “house,” a family structure at the heart of his representations of the social status and values of merchants. His testimony draws us a picture of a merchant condition in full rise, which develops its own system of values, in a buoyant economic climate, and thanks to the protection of warrior leaders.


Claude Chevaleyre
Enslavement as a Punishment: Considerations about the Penal Nature 
of Slavery in Ming China (1368-1644)

“Enslavement as a punishment” explores the identity of “slaves” in late imperial China. Based on a close examination of institutional and legal sources promulgated under the Ming (1368-1644), this article proposes a reinterpretation of slaves’ status by shedding a new light on the strong (and ancient) conceptual link between enslavement and punishment—in particular on the conception of enslavement as a means to extend incriminations to a criminal’s kin and family. In so doing, this article aims at contributing to renew the interest for the social history of slavery in China, a field that has received little attention from Western Chinese studies and the conceptual dimensions of which have been neglected by Chinese historians.


Noémi Godefroy
Domination and Dependency: Changes in Ainu Chieftains’ Status 
in 18th Century East Asia

From the turn of the 17th century, the island known as Ezo (present-day Hokkaido) becomes the locus of the border between the Japanese realm and the Ainu lands, beyond which lie Russian settlements. The intra- and interethnic relations in this new “middle-ground” can be seen through the prism of an intricate web of economic and political interdependencies between the different regional actors. These relations are materialized by the creation of what Fredrick Barth coined as “dichotomized ethnic statuses” and by increasingly codified mutual legitimization protocols, involving tribute-offering ceremonies. The study of these ceremonies, organized both in the Matsumae domain (uimam) and in Ainu territory (umsa), described in Japanese and Ainu sources, brings to light the evolution of the statuses of the Ainu chieftains within this multiethnic system, and to what extent this evolution reflects the changes in the regional balance of power during the 18th century.


Kim Daeyeol 旄”皵
“Middle people” (chungin) in Search of an Identity in 19th Century Chosŏn Korea

The chungin come into view as a social stratum delineated on the basis of ascribed social status in 16th century Chosŏn Korea in the aftermath of their discrimination by the aristocratic literati officials. This social stratum faced restrictions placed on bureaucratic eligibility. Among them are those who take government posts as experts in technical fields. They however enjoy the same culture with the upper class. This contradiction is one of the main sources of their sense of frustration. In the middle of the 19th century, in a new situation of Korean society, they develop various social movements to defend their common interest and restore their social identity.


Martin Nogueira Ramos
A Religious Identity in Turmoil: Catholics Toward the Anti-Christian Policy 
of the Tokuwaga (17th Century)

This article is in accordance with the current debates in Japanese history about the perception of Catholicism and the formation of religious identities in the beginning of the Edo period. First, the analysis aims to answer the two following questions: Do Japanese of the first half of the 17th century perceive Catholicism as a foreign religion? Do they make links between religious practice and their idea of Japan? Recent studies, which are mostly based on texts elaborated by warriors, tend to show that this religion was often assimilated to an absolute otherness, or even to an enemy of Japan. In my view, this approach needs to be qualified, particularly concerning the commoners. Second, I focus on the behavior of the Catholics toward the suppression and the critics directed to them by the authorities. To this end, I examine documents written by the participants to the revolt of Shimabara-Amakusa (1637-1638). I argue that the religious identity of the Catholics became more radical during the first decades of the ban and that this shift mostly rested on the rejection of Gods and Buddhas.


Segawa Yūta 世川祐多
The Couple in Samurai Families during the Second Half of the Edo Period (18th-19th Century) : About Mariage and “Mekake”

During the Edo period, two forms of the union between man and woman were coexisting within the samurai society: on one side, marriage as an official relation of a husband and a wife sanctioned by the authorities, and the other a strictly private relationship between master and concubine (or mistress). Concubine being generally of a lower extraction, this latter type of union was an “inter-status” connection. Personal intentions on both parts played a role: desire, love, money, etc. In this article, I analyse the couple in samurai families in relation to the question of social status.


Daniel Struve
Social and national identity in Nishikawa Joken’s Chōnin bukuro and Hyakushō bukuro

Nishikawa Joken (1648-1724), a Confucian scholar, moralist, geographer and astronomer of merchant condition from Nagasaki, is the author of two didactic works Chōnin bukuro (A Bagful of Advice for Merchants, 1692, published in 1717) and Hyakushō Bukuro (A Bagful of Advice for Merchants, 1721, published in 1731), in which he defined the place of each of these two statuses in the society of his time, and the ensuing rules of behavior. These two collections of random thoughts take place within a context inspired by the success the Essays of Idleness (Tsurezuregusa) met throughout the 17th century. As such, they are a source of primary importance when dealing with social representations in Japan of the late 17th and early 18th century. Through an analysis of these two works’ content, we try to clarify the link between the constituent values assigned to each status, that of the bourgeois (chōnin) and of the peasants (but also of the warriors) on one hand, and a reflection on the history of Japan and its place in the world on the other.


提要


Yannick Bardy
近世における神職—実態を反映しえない身分

本論文では、近世社会における神職の実態を検討する。そのために、まずは元禄3年の「牧野肥後守領分寺社改帳」を考察し、和泉国の池田谷平井村を取り上げて、この事例に基づいて神社の諸種類とその経営や神職などの実態を紹介する。次に他村に存在する社家を事例にして、神社社会での社家の立場だけでなく、村内の立場とその影響力について論じる。最後に幕府公認の神職を編成する組織である吉田家や白川家に着目し、それらの組織と在地の神職との関係から、公式的な制度と現実、法と社会の関係を検討する。


Guillaume Carré
商人のほまれ—17世紀日本の塩仲買・榎本弥左衛門

川越城下町の塩仲買の榎本弥左衛門が残した自伝的な文書は江戸初期の関東における商人の存在状況を知る上で貴重な資料である。商人の身分認識や価値観の中心にあった「家」の主人になり、自分の評判と権威を固めるために一生懸命戦っている町人の一生をこの資料で窺うことが出来る。弥左衛門の証言は恵まれた経済環境と武家政権の保護を背景に急上昇を遂げながら、固有の価値観を作り上げる17世紀半ばの商人身分を立体的に描いてくれる。

Claude Chevaleyre 施振高
奴婢者,罪人也。從明代的法律規則來探討奴婢的身份及其根本特性。

本文運用明代的法律文獻來分析明政府有關奴婢的法律思想。前人對於奴婢身份和地位的研究,一般注重於奴婢的社會地位或生活概況,很少關注對其法律思想和法律概念的界定。本文研究奴婢身份的內在特性,並指明奴性和懲罰之間的概念關係。作為一種對明代奴婢身份的新視角研究,本文也希望能夠激励西方中國學學者對此稀罕領域的研究,同時充填中國歷史學者在基本概念層次上的不足。


Noémi Godefroy
権威と依存—18世紀のアイヌ社会における酋の地位とその変遷


17世紀から蝦夷地(現代の北海道)は日本の松前藩とアイヌの領土、そしてロシア属領との間の境界地になってきた。そのような中間地帯(middle-ground)では経済・外交的な日=アイヌ関係は相互依存という形をとってきたのである。具体的にはその依存関係はフレドリック・バルトの言うような「対立されたエスニックの地位」の形成に象徴され、松前領とアイヌ地域で「ウイマム」・「オムシャ」という年貢交換の儀礼が行われてきた。松前藩・幕府の史料とアイヌ神謡の中に散見できるその儀礼についての記述から、アイヌの「酋」の位置と役割の変遷がうかがえる。どのような変化を遂げたか、その変化は如何ほど日・露・アイヌの三者間の勢力関係を反映しているかを考察する。


Kim Daeyeol 旄”皵
“棻. 晦獎霜 婦猿菟紫 檜 啗類縑 ”‘旎 謝瞰馬擊 陛雖‘”


Martin Nogueira Ramos
弾圧の中の宗教的アイデンティティ—徳川政権における禁教のキリシタンをめぐって (17世紀)

本稿は近年の歴史研究においてしばしば話題となる近世初期におけるキリシタンのイメージや宗教的アイデンティティの形成についての考察である。
次の二つの問題を軸に論考を進める。17世紀前半の日本人はキリシタン(カトリック教)を異国の宗教としてキリシタン(カトリック教)を認識していたのだろうか。そして、彼らにとって日本人であることと宗教の関係性についてどう考えていたのだろうか。キリシタンが絶対的に異質な宗教あるいは「アンチ日本」的宗教としてみなされていたと最近の研究ではしばしば指摘されている。しかし、このような研究は主として武士によって著された文章に基づいている。筆者は民衆の発言に注目することでこれらの説の見直しが必要かどうかを検討する。。また、島原・天草一揆のにの際さい参加者の資料を軸に、キリシタンは禁教政策や政権による批判に対してどのような態度をとったかを明らかにしようと取り組む。キリシタンの宗教的アイデンティティは段々と過激になってきたのではないかと筆者は考える。こうした過激化は神仏信仰の拒否に起因するという仮説を立てる。


Daniel Struve
西川如見の『町人嚢』 『百姓嚢』にける身分制度と日本観

長崎の町人の儒者で天文学者・地理学者であった西川如見(1648年−1724年)は『町人嚢』(1692年に執筆・1717年に刊)と『百人嚢』(1721年に執筆、1731年に刊)という一般の読者向けの随筆の著者でもある。この二冊の随筆の分析を通じて、西川如見が当時の社会制度を如何に見ていたかを検討する。武士を含めて町人・百姓の身分とそれに相応しい行動規範について論じた西川如見は、それらをどのように当時の日本社会の中に位置づけ、日本の歴史と関係づけていたかという点に関しても考察する。そして西川如見の思想においては身分という意識は日本という意識だけにではなく世界全般の意識に関係しているという点についても論じる。


Segawa Yūta 世川祐多
近世後期(18〜19世紀)の武家における男女の関係—婚姻と妾について

近世の武家社会には二つの男女の結合形態があった。主君よりの承認を有し公の夫婦関係となる婚姻。そして、主人と妾の全く私的な関係である妾。しかしながら、原則として妾の場合、武士の主人に対して妾の身分は低い。故に、主人と妾は、身分を超え得る、何らかの意識を抱いて関係を構築する。欲望、色恋、金。婚姻と妾を基調に、武家における男女の関係を身分に絡めて検証する。

Extrait(s)

Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siècle)

Annick Horiuchi

Les études consacrées à l’histoire sociale de l’Asie orientale à l’époque prémoderne 1 n’ont pas été très nombreuses en France ni d’ailleurs dans aucun pays occidental, à l’exception de ces dernières années. Derrière ce manque d’intérêt, il y a sans doute l’idée persistante que les structures sociales dans ces pays, puissamment dominés par l’idéologie confucéenne, ne pouvaient guère évoluer, et qu’en dehors des moments de rébellion, il n’existait guère d’espace où des identités sociales puissent s’affirmer.

On ne s’étonnera donc pas que l’attention des chercheurs, pour le cas du Japon, se soit portée plus particulièrement sur les révoltes paysannes 2 ou encore sur les mouvements religieux qui ont précédé les événements de Meiji 3. L’élite guerrière, dans la mesure où elle occupait la position de pouvoir, a fait l’objet de plus d’attention, mais la dimension politique, économique ou culturelle a été privilégiée au détriment de la dimension humaine ou sociale. Le fait que cette classe n’était pas homogène et qu’il existait en son sein différents statuts, déterminant de manière essentielle leur conduite et leurs ressources, n’a pas été perçu comme suffisamment significatif pour être observé de près 4. L’attention s’est portée surtout sur les classes élevées ou les intellectuels d’exception. Quant aux marchands, ce sont évidemment en tant qu’acteurs de l’industrialisation du Japon qu’ils ont attiré l’attention, mais il semble qu’il reste encore beaucoup à faire pour éclairer leur rôle de bourgeois dans la société urbaine 5. Enfin, les études sur la société villageoise sont demeurées elles aussi assez réduites 6, si l’on exclut celles consacrées aux révoltes ou celles qui voient dans le développement économique des régions rurales le fondement de l’industrialisation du Japon, mais on reconnaîtra la grande qualité des travaux existants 7. Quant aux études sur les femmes, elles ont été longtemps basées sur la littérature écrite par des hommes. Ce n’est que récemment que des sources judiciaires ont été mises à contribution pour apporter un éclairage sur le monde de la prostitution 8.

Le biais que l’on perçoit dans l’approche de la société japonaise est aussi lié à la forte coloration marxiste des travaux japonais eux-mêmes. Mais cette dernière s’est beaucoup estompée depuis les années 1990, notamment sous l’effet des nombreuses études qui ont vu le jour au Japon même, notamment sous l’étiquette des « marges statutaires » (mibunteki shūen). On ne reviendra pas ici sur les séries d’ouvrages collectifs publiés sous ce titre, à l’instigation d’historiens réunis autour de Yoshida Nobuyuki et Tsukada Takashi, car elles sont désormais bien connues du public français 9. Ce courant d’études a été d’une grande fécondité mais il n’était pas dépourvu lui-même de biais ou d’angles morts. Ces derniers ont été récemment épinglés par les historiens d’un autre courant, réunis autour de Fukaya Katsumi et Ōhashi Yukihiro. Ces derniers veulent pour leur part redonner une place centrale aux ressorts de l’individu. En ce faisant, des questions nouvelles sont apparues comme : le désir d’ascension sociale, le rôle des femmes, le statut des populations « étrangères », la diversité des profils du « paysan » ou encore la question de l’identité régionale 10. Les articles réunis dans le présent numéro sont plus proches de ces orientations.

Si l’on se tourne vers les autres pays que sont la Chine et la Corée, on peut percevoir la même empreinte de l’historiographie marxiste, les mêmes tendances à privilégier le politique ou l’économique aux dépens du « social », en entendant par ce terme les valeurs et les pratiques qui structurent le quotidien des couches les plus humbles. L’attention des chercheurs s’est très nettement portée sur la bureaucratie impériale, supposée absorber les forces vives du pays et dotée d’un pouvoir symbolique sans égal. Si les historiens, et plus particulièrement les historiens occidentaux, n’ont que timidement cherché à étudier les couches plus modestes voire invisibles de la société, cela tient aussi à la difficulté de les saisir autrement que par des sources produites par cette bureaucratie ou par la littérature 11. Il convient cependant de souligner que le développement des gender studies et les facilités d’accès aux sources juridiques et aux archives judiciaires ont suscité dernièrement des études d’un nouveau type, appliquées notamment à l’étude de la sexualité et de la famille 12.

Le présent numéro réunit huit articles, issus pour sept d’entre eux d’une journée d’étude organisée en novembre 2015 à l’Université Paris Diderot sur le thème des « Statuts et identités dans les sociétés prémodernes en Asie ». La journée visait d’une part à montrer que la société japonaise sous les Tokugawa ne pouvait se résumer aux fameux quatre statuts (mibun) shi-nō-kō-shō (guerrier-paysan-artisan-marchand) mis en exergue par le discours confucéen et qu’il existait d’autres conditions, périphériques ou intermédiaires, qui méritaient attention. Il paraissait d’autre part important de souligner que le statut n’expliquait pas à lui seul la conduite d’un individu. Un individu pouvait être mû par des valeurs et des identités acquises ou cultivées incidemment au cours de sa vie : identité religieuse, identité régionale, identité nationale, identité de lettré, valeurs guerrières, etc. Cela permettait de sortir des déterminismes de classes et des explications reposant uniquement sur des arguments économiques ou politiques.

Ce projet s’accompagnait dès le départ d’une volonté de ne pas se limiter aux frontières du Japon, même si l’accumulation des recherches sur les statuts sociaux semble être un phénomène propre à l’historiographie japonaise des vingt-trente dernières années. C’est donc volontairement que le présent numéro n’est pas uniquement axé sur le Japon, mais qu’il comporte aussi un article sur l’élite intermédiaire en Corée et un article sur la population servile en Chine. La diversité des pays considérés aurait pu faire craindre un éclatement, mais force est de constater qu’il n’en est rien. Il existe en effet une grande proximité entre les sociétés de ces trois pays d’Asie orientale qui ont cheminé côte à côte, tout en suivant des voies différentes. Si bien que les questions soulevées pour un pays conservent de leur pertinence pour les autres. S’il existe une différence notable entre ces trois pays, elle réside dans le type de sources conservées, celui-ci étant déterminées bien souvent par le régime politique. Le seul défaut sérieux que l’on pourrait trouver au numéro serait le déséquilibre entre le format restreint d’un numéro de revue, et l’immense champ d’étude que représente l’histoire sociale de l’Asie prémoderne. Il convient de voir ce numéro comme le premier d’une série.

Les articles ont été regroupés en trois parties. Dans la première, on abordera, par deux voies distinctes, la mentalité des marchands au xviie siècle. Guillaume Carré nous conduit tout d’abord au cœur des réflexions d’un marchand de Kawagoe, une ville castrale moyenne située au nord de la capitale shogunale, en s’appuyant sur deux documents à caractère autobiographique, laissés par un marchand du nom d’Enomoto Yazaemon. Si ces documents n’ont pas vocation à révéler tous les ressorts de sa psychologie, ils nous en apprennent néanmoins beaucoup sur la mentalité d’une bourgeoisie au faîte de son ascension. On découvre ainsi comment son identité de bourgeois (chōnin) se nourrit de manière essentielle du succès de son négoce, de l’estime de ses pairs, de la reconnaissance par ses proches de sa stature de chef de maisonnée, ainsi que des relations de proximité qu’il entretient avec les puissants (le seigneur). On note que l’élite bourgeoise, dont Enomoto est un représentant, tend déjà à intégrer dans son discours des valeurs telles que l’ardeur au travail et la frugalité, qui constitueront par la suite le credo de la classe marchande. L’article de Carré nous apprend aussi au passage que la même élite était parfois investie par les guerriers de la mission d’édifier le peuple.

L’article de Daniel Struve qui lui succède offre une parfaite illustration de la manière dont certains marchands, pénétrés d’idéologie confucéenne, se sont acquittés de cette mission de précepteur. À travers deux essais au fil du pinceau de Nishikawa Joken, La Besace du bourgeois et La Besace du paysan, respectivement imprimés en 1719 et 1731, Struve examine le regard à la fois critique et confiant qu’un marchand de Nagasaki porte sur le peuple de son époque, alors que l’essor de l’économie modifie profondément son mode de vie et le rapport qu’il entretient avec les puissants. Il s’adresse d’un côté aux bourgeois (chōnin), les habitants des quartiers urbains, qu’il cherche à ramener vers la voie de la frugalité, de la mesure et de l’étude. Quant aux paysans (hyakushō), il les met en garde contre les risques auxquels ils s’exposent en suivant l’exemple des bourgeois. Fort de l’objectivité que lui confère sa naissance à Nagasaki, unique ville ouverte au monde extérieur, il prône les vertus de la simplicité, une qualité du peuple japonais fortement idéalisée, qu’il fait remonter au temps des Dieux.

Dans la seconde partie, se trouvent rassemblés trois articles portant sur des catégories de populations que l’on pourrait qualifier d’invisibles, dans la mesure où elles ont rarement été étudiées par les historiens. Il s’agit d’une part des prêtres shintō dans les villages de l’époque d’Edo, des esclaves dans la Chine des Ming, et enfin, des femmes dans les familles guerrières. Ces trois populations n’ont évidemment rien de commun, si ce n’est qu’elles sont difficiles à saisir au moyen des sources connues.

Les prêtres shintō décrits par Yannick Bardy sont des personnages définis a minima comme les desservants de sanctuaires de villages. Leur habit de religieux pourrait donner à penser qu’ils jouissent d’une distinction comparable à celle des moines bouddhistes. Mais il n’en est rien. Loin de leur conférer un statut, Bardy constate que la fonction de desservant n’assure a priori aucun capital symbolique ni matériel. Preuve que la pérennité de la fonction n’était pas garantie pour tous, certains ont cherché à se procurer des patentes auprès de maisons anciennement attachées à la cour impériale, telles que les Yoshida ou les Shirakawa. On voit ainsi qu’une population, sans grande qualification, a pu, au fil du temps, gagner quelque prestige et reconnaissance auprès de la communauté villageoise, en faisant appel à une source d’autorité extérieure et en s’insérant dans un réseau national.

Si l’on se tourne à présent vers l’état d’esclave dans la Chine des Ming décrit par Claude Chevaleyre, la situation est sensiblement différente dans la mesure où la population ici ne peut être définie que négativement, par des droits qui lui font défaut, et qu’aucune fonction ne lui est spécifiquement attachée. L’auteur se propose de la cerner ici à travers les documents institutionnels édités sous les Ming. L’un des constats auxquels il aboutit est le lien indissociable qui lie la servitude au châtiment. Le Code des Ming n’y recourt que dans les cas où l’on veut épargner la mort à des proches (enfants ou épouses) de grands criminels. Il ne s’agit pas pour autant de créer une caste, puisque l’État est soucieux d’ôter ce fardeau à ceux qui le portent depuis longtemps. Cette réflexion, qui lève le voile sur un phénomène jusque là peu étudié, a également le mérite d’interroger sur l’existence d’un lien comparable dans les autres pays d’Asie, ainsi que sur la possibilité que cette population ait pu dans d’autres contextes être à l’origine d’une discrimination de plus longue durée.

On a déjà évoqué le fait que les femmes avaient été oubliées dans la première vague d’études consacrées aux statuts sociaux. Il n’y a là rien d’étonnant, dans la mesure où statut et fonction sont indissociablement liés à cette époque et qu’à quelques exceptions près les hommes étaient les seuls héritiers de la fonction (shoku) attachée à une maison. Faut-il en déduire que les femmes n’avaient pas de statut ? C’est la question posée ici par Yūta Segawa, qui se penche sur le régime du mariage et du concubinat au sein des familles guerrières de l’époque d’Edo. Si le mariage répondait à des normes précises, obligeant notamment l’épouse à être de naissance guerrière et à verser une dot, le choix de la concubine était beaucoup plus libre, dans la mesure où rien ne la distinguait d’une domestique. Segawa fait l’hypothèse que le concubinat, dans les familles guerrières, répondait à plusieurs préoccupations de l’époque comme la nécessité de perpétuer la lignée, le désir d’échapper à la misère et de jouir des plaisirs de la vie.

Nous avons regroupé dans une troisième partie des articles mettant en jeu des identités ou des statuts émergents. Comme c’est souvent le cas, l’identité ne se manifeste ou ne s’affirme que quand elle est confrontée à un refus de reconnaissance.

C’est le cas des catholiques japonais dont nous parle Martin Nogueira Ramos. On connaît le succès foudroyant que cette religion a connu sur la terre japonaise à partir du milieu du xvie siècle, après l’arrivée des premiers missionnaires dans l’Archipel. La répression violente qui s’ensuivit a fait l’objet de nombreuses études. On connaît moins bien, cependant, la perception que les Japonais ordinaires pouvaient avoir de cette pratique religieuse, ainsi que la manière dont les convertis se représentaient leur propre religion. La voyaient-ils comme une religion étrangère ? La pratique de cette religion portait-elle atteinte à leur japonité ? Ce sont des questions auxquelles Nogueira Ramos tente de répondre ici en s’appuyant notamment sur des lettres échangées entre les camps opposés, lors de la fameuse révolte chrétienne de Shimabara (1637-38).

L’article de Noémi Godefroy s’intéresse pour sa part à l’évolution que le statut des chefs aïnous a pu connaître, avec l’intégration croissante de cette population dans l’économie japonaise de l’île de Hokkaidō. Aux yeux des Tokugawa, la population aïnou est une population étrangère, avec laquelle ils communiquent et échangent des biens, par l’intermédiaire du fief de Matsumae dont c’est la prérogative principale. Si la mentalité de ces chefs ne se laisse pas aisément saisir, il apparaît, à travers l’iconographie ou les rapports établis par des émissaires du bakufu sur l’île, que leur aura reposait de manière essentielle sur des « trésors » acquis grâce au commerce régional. Godefroy nous montre que, avec la multiplication des sites de production proto-industrielle dans le Hokkaidō, où les Aïnous étaient utilisés comme main-d’œuvre servile, ces chefs seront de plus en plus exposés aux tensions intra-ethniques et aux compromissions avec les Japonais.

Cette partie s’achève par l’étude de Kim Daeyeol sur les chungin ou gens intermédiaires, une catégorie sociale composée d’hommes qui, bien qu’issus de familles nobles, font l’objet d’une discrimination les empêchant d’accéder à des fonctions autres que celles, techniques, de médecin, comptable, interprète, astronome, légiste, dessinateur… Kim évoque les parcours de ces individus et leur ressentiment à l’égard d’un système qui ne reconnaît pas leurs mérites. Il montre aussi que ces chungin n’ont pas toujours choisi de se mettre en retrait, et qu’ils ont contribué, de par leur idéologie confucéenne et leur niveau d’éducation, à jouer le rôle de passeur entre l’aristocratie et le peuple.

François-Joseph Ruggiu, dans le regard extérieur, nous invite dans un premier temps à un exercice de comparaison avec l’historiographie française ou européenne, pointant à la fois des convergences tant dans les objets étudiés que dans les démarches adoptées pour les analyser. Il montre à travers de nombreux exemples que la comparaison peut ouvrir de nouveaux champs d’investigation à l’historien des sociétés asiatiques en même temps qu’offrir des instruments d’analyse insoupçonnés. Dans la seconde partie, Ruggiu revient sur les débats et les travaux auxquels les notions d’identité et de statut ont donné lieu dans l’historiographie occidentale. Il fait l’hypothèse que la richesse de l’historiographie japonaise sur la question du statut pourrait bien à son tour inspirer de nouvelles manières de penser la société française de l’Ancien Régime.

Bibliographie

Chevaleyre Claude (2012). « Acting as Master and Bondservant. Considerations on Status, Identities and the Nature of “Bond-servitude” in Late Ming China ». In Stanziani, Alessandro (dir.), Labor, Coercion, and Economic Growth in Eurasia, 17th-20th Centuries. Leyde, Brill : 237-272.

Ikegami Eiko (1995). The Taming of the Samurai, Honorific Individualism and the Making of Modern Japan. Cambridge (Mas.), Harvard University Press.

Kalland Arne (1995). Fishing Villages in Tokugawa Japan. Honolulu, University of Hawaii Press.

Kouamé Nathalie (2001). Pèlerinage et société dans le Japon des Tokugawa. Le pèlerinage de Shikoku entre 1598 et 1868. Paris, École française d’Extrême-Orient.

Ooms Herman (1996). Tokugawa Village Practice : Class, Status, Power, Law. Berkeley, University of California Press.

Smith Thomas C. (1959). The Agrarian Origins of Modern Japan. Stanford, Stanford University Press.

Smith Thomas C. (1977). Nakahara Family Farming and Population in a Japanese Village. 1717-1830. Standford, Stanford University Press.

Sommer Matthew Harvey (2000). Sex, Law, and Society in Late Imperial China. Stanford, Stanford University Press.

Sommer Matthew Harbey (2015). Polyandry and Wife-Selling in Qing Dynasty China : Survival Strategies and Judicial Interventions. Oakland, University of California Press.

Stanley Amy (2012). Selling Women : Prostitution, Markets, and the Household in Early Modern Japan. Berkeley, University of California Press.

Vlastos Stephen (1990). Peasant Protests and Uprisings in Tokugawa Japan. Berkeley, University of Califronia Press.

Walthall Anne (1991). Peasant Uprisings in Japan : A Critical Anthology of Peasant Histories. Chicago/Londres, University of Chicago Press.

Walthall Anne (1998). The Weak Body of a Useless Woman : Matsuo Taseko and the Meiji Restoration. Chicago, University of Chicago Press.

Zöllner Reinhardt (2003). Japans Karneval der Krise : Ejanaika und die Meiji Renovation. Munich, Ludicium.


1. On emploiera ici le terme « prémoderne » au sens d’early modern, pour désigner la période allant grosso modo du début du xviie au milieu du xixe siècle, période où les quatre pays d’Asie orientale que sont la Chine, le Vietnam, la Corée et le Japon connaissent une relative stabilité politique.

2. Voir par exemple les travaux d’Anne Walthall mentionnés plus loin, ou Stephen Vlastos (Vlastos 1990).

3. Voir les travaux de Reinhard Zöllner, par exemple Zöllner 2003.

4. Il s’agit là d’une appréciation approximative. On ne peut en effet négliger l’apport que représentent des études comme celle d’Eiko Ikegami sur la mentalité guerrière (Ikegami 1995).

5. Voir les travaux de Smith mentionnés plus loin. En France, c’est incontestablement à Guillaume Carré que l’on doit les travaux les plus pointus sur les bourgeois à l’époque Tokugawa.

6. À noter cependant quelques exceptions importantes comme tous les travaux d’Anne Walthall, doublement intéressants du fait de sa sensibilité aux questions du genre et au monde rural. Voir Walthall 1998, et Walthall 1991. Voir également Ooms 1996 et Kouamé 2001.

7. Il faut en effet mentionner les travaux de Thomas C. Smith, qui s’est intéressé très tôt à la situation des campagnes : Smith 1959 et Smith 1977, ainsi que les travaux de A. Kalland (Kalland 1995).

8. Stanley 2012.

9. Voir les dossiers coordonnés par Guillaume Carré et ses collaborateurs japonais dans des revues : Guillaume Carré, Yoshida Nobuyuki, Tsukada Takashi et al., « Les statuts sociaux au Japon (xviie-xixe siècles) », Annales, Histoire et Sciences sociales (octobre-décembre 2011), ainsi que le dossier « Mibun. Penser les statuts sociaux du Japon prémoderne (xvie-xixe siècles) », Histoire, Économie & Société (juin 2017).

10. Voir notamment la série Edo no hito to mibun (Personnes et statuts à l’époque d’Edo) en six volumes, publiée par l’éditeur Yoshikawa Kōbunkan, 2010.

11. Il s’agit là d’une appréciation rapide qui ne peut remplacer une synthèse des travaux réalisés jusqu’ici sur les deux pays concernés. Il convient toutefois de signaler la recherche menée par Claude Chevaleyre, l’un des contributeurs de ce numéro, dans le cadre de sa thèse de doctorat intitulée Recherches sur l’institution servile dans la Chine des dynasties Ming et Qing (EHESS, 2015). Voir également Chevaleyre 2012.

12. Voir Sommer 2000 ou plus récemment Sommer 2015. Je remercie Claude Chevaleyre pour m’avoir aidée à préciser ce point.

Extrême-Orient, Extrême-Occident
Cahiers de recherches comparatives

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Extrême-Orient Extrême-Occident paraît une fois par an.
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Revue fondée par François Jullien (1982)

Rédacteurs en chef : Matthias Hayek et Pierre-Emmanuel Roux (Université Paris Diderot, Paris 7)

Comité de pilotage : Caroline Bodolec (CNRS-École des Hautes Études en Sciences Sociales), Pierre Marsone (École Pratique des Hautes Études), Romain Graziani (École normale supérieure de Lyon et Institut universitaire de France), Annick Horiuchi (Université Paris Diderot, Paris 7).