Qui mieux qu’un auteur sait ce qu’il a voulu dire dans son œuvre ? Notion critique inédite et indocile, la lecture « contrauctoriale » vient ébranler cette certitude et fait planer sur nos lectures un vent de liberté.
Et si en lisant, non plus avec ou pour, mais bien contre l’auteur, tout lecteur était appelé à devenir soi-même un auteur ?
Sommaire
Sophie Rabau
Introduction : pour (ou contre) une lecture contrauctoriale ?
Lectures contrauctoriales
Marc Escola
Penser contre « Pascal ». Jansénisme ou révolution
Arnaud Welfringer
La Fontaine à contre-courant ? Essai de critique judiciaire
Laure Depretto
« Qui m’aime me contredise ! »
Théories de l’auteur/Théories de la lecture
Laurent Zimmermann
Le Désauteur
Matthieu Vernet
L’auteur en soupçon : déjouer la fiction d’autorité
Sophie Rabau
Lire contre l’auteur (le lecteur)
Florian Pennanech
Poétique de la démotivation
Écritures contrauctoriales
Caroline Raulet-marcel
Le jeu des romanciers romantiques avec la lecture biographique
Oana Panaïté
Le retour du contrauteur
Julia Peslier
Auteur contre Auteur. Des appareillages critiques
Bibliographie
Résumé
Le tuer ? C'est fait...Le ressusciter ? C'est en cours et assez bien porté...Le servir, recueillir la mondre bribe de son intention et, subjugué par son autorité, s'en parer comme d'un droit à écrire ou parler ? On ne fait que cela depuis des siècles. L'inventer? Pourquoi pas, pourvu que sa figure remodelée accompagne et conforte notre lecture.
Mais attaquer l'auteur de front au moment où on le lit, prendre le propos auctorial à rebrousse-page et trouver l'assurance de bien lire ou de lire, en tout cas, de manière acceptable, voilà qui peut sembler des plus incongru, et même impossible. "On ne peut pas dire ça", "Tu ne peux pas écrire ça" se voient parfois opposer interprètes et critiques littéraires par trop audacieux.
Partageant la conviction qu'aucun interdit ne vas de soi et que, pour chacun, en interroger les présupposés, voire le bien-fondé, relève d'une bonne hygiène mentale, les auteurs prennent ici le parti de demander des comptes à la lecture "en faveur de l'auteur", en scrutant son envers non sans jubilation, avec une curiosité manifeste et infiniment de talent.
Il s'agit d'accueillir des recherches d'origine disciplinaire variable, individuelles ou collectives, mais dont la règle commune sera la concision. Les livres sont donc limités à 192 pages, imposant ainsi à leurs auteurs un mode synthétique d'exposition. La diversité tient au libre choix des approches, historiques ou littéraires, esthétiques ou linguistiques. Elle tient aussi à un pari : faire coexister des essais personnels, où s'expérimente une hypothèse sur un poète ou sur une période de l'histoire, avec des travaux d'érudition, qui peuvent toucher au savoir médiéval comme à la réflexion moderne sur la genèse des oeuvres.
« Érudition, écriture : les deux extrêmes de la recherche »