Presses Universitaires de Vincennes


Nouveautés

Expérience dans l'art (L')
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Marges n° 24
  • Nombre de pages : 174
  • Langues : Française
  • Paru le : 20/04/2017
  • EAN : 9782842925741
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 1767-7114
    • CLIL : 3675 Revues sur l'art
    • ISBN-10 : 2-84292-574-2
    • ISBN-13 : 978-2-84292-574-1
    • EAN-13 : 9782842925741
    • Format : 155x220mm
    • Poids : 256g
    • Illustrations : Oui
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 20/04/2017
    •  
    • Support : PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-575-8
    • EAN-13 : 9782842925758
    • Taille : 2 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Oui
    • Paru le : 20/04/2017
    •  

Expérience dans l'art (L')

N°24/2017

L’œuvre d’art est de plus en plus incertaine, fluctuante, éphémère, immatérielle.

Marges revient dans ce numéro sur une thématique qui court tout au long du 20e siècle : la volonté de remettre l’art au sein de la vie quotidienne. La période récente permet de reformuler cette ambition, à un moment où l’expérience esthétique en vient à se fixer sur de nouveaux types d’objets.

Coordinateur(s) du numéro :
Jérôme Glicenstein |

Auteur(s) :
Anthony Bekirov |
Maria Concetta La Rocca |
Nicolas Fourgeaud |
Jérôme Glicenstein |
Elena Lespes Munoz |
Elisabeth Pouilly |
Benjamin Riado |
Vincent Romagny |
Umut Ungan |
Thibaut Vaillancourt

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Art contemporain | Catalogue | Courant artistique | Expérience | Exposition | Objet | Oeuvre | Présentation | Reproduction | Revue | Spectateurs | Supports

notre page Facebook notre fil Twitter notre flux des nouveautés notre page Linkedin notre page Viméo




Sommaire

Éditorial

Dossier : L’expérience dans l’art

Jérôme Glicenstein
« Introduction »

Benjamin Riado
« L’artiste comme spectateur princeps »

Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt
« Le jeu vidéo, expérience-limite du sujet »

Elisabeth Pouilly
« Le théâtre de la guérison : l’expérience psychomagique d’Alexandro Jodorowsky. »

Elena Lespes Munoz
« Expériences et expérimentations dans les pratiques du Collectif d’art sociologique »

Vincent Romagny
« Quel est le modèle de The Model de Palle Nielsen ? »

Maria Concetta La Rocca
« Medea de Pascal Quignard. La danse butō et le spectateur : perspectives neuro-esthétiques »

Varia

Nicolas Fourgeaud
« “Performance in Postmodern Culture”, 1976 : enjeux et réceptions »

Portfolio

Stéphane Bérard

Entretien(s)

 Marianne Massin avec Umut Ungan
« deux mille quinze ». Mark Geffriaud avec Umut Ungan

 

Notes de lecture et comptes rendus d’expositions

Abstracts français et anglais

Résumé

« L’artiste comme spectateur princeps »
Benjamin Riado
À partir du célèbre récit de Tony Smith sur son expérience de la fin de l’art durant un trajet en voiture, cet article développe l’hypothèse selon laquelle certains artistes adoptent face à leurs œuvres une attitude de spectateur et non de créateur. Ils sont en quelque sorte les spectateurs princeps d’un art qu’ils sont les premiers et les seuls à recevoir comme tel sur le moment. Il s’agit alors de prendre la mesure des formes auxquelles cette paradoxale expérience de l’art donne naissance.

« Le jeu vidéo, expérience-limite du sujet »
Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt
Le jeu-vidéo est le support d’une expérience esthétique qui se démarque par son interactivité. Ce trait implique une reconsidération radicale des rapports établis entre une œuvre, son créateur et son récepteur. Le présent travail se propose de développer une esthétique propre au jeu-vidéo, qui dissout l’identité reconnue à l’œuvre et celle du ou des créateurs. L’expérience du spectateur y devient celle d’un individu éprouvant les limites de sa propre subjectivité.

« Le théâtre de la guérison : l’expérience psychomagique d’Alexandro Jodorowsky. »
Elisabeth Pouilly
Alexandro Jodorowsky, auteur notamment de théâtre et de cinéma, a également développé en parallèle ce qu’il nomme « la psychomagie ».  Cet article reviendra sur son parcours, depuis les « actes poétiques » en passant par ses happenings, afin de mieux définir cette pratique se référant à la psychologie et à la magie, mais aussi avant tout au théâtre. Elle passe par des actes théâtralisés personnalisés, en vue d’une guérison

« Expériences et expérimentations dans les pratiques du Collectif d’art sociologique »
Elena Lespes Munoz
En octobre 1974, le Collectif d’Art Sociologique, constitué des artistes Hervé Fischer, Fred Forest et Jean-Paul Thénot, publie son premier manifeste. Cette parution marque la création d’une structure de travail dédiée à l’étude de l’art et de ses mécanismes, ainsi qu’à l’analyse critique de la société. Nourries des sciences sociales, les pratiques du collectif se caractérisent par l’enquête, l’animation et la pédagogie et cultivent un art de la provocation et de la subversion. À travers l’analyse de certaines des actions menées par les membres du Collectif, il s’agira de présenter les méthodologies mises en œuvre pour convier le public à une expérience réflexive sur la société.

« Quel est le modèle de The Model de Palle Nielsen ? »
Vincent Romagny
En 1968, dans le sillage des mouvements contestataires de l’époque, Palle Nielsen installait dans le grand hall du Moderna Museet de Stockholm une aire de jeux. Loin de donner à celle-ci le statut d’une œuvre d’art, elle devait permettre de déterminer, par l’analyse du jeu des enfants, le « modèle d’une société qualitative ». Comment comprendre qu’elle soit devenue, à l’occasion de sa redécouverte au début des années 2000, une œuvre d’art à part entière ?

« Medea de Pascal Quignard. La danse butō et le spectateur : perspectives neuro-esthétiques
Maria Concetta La Rocc
Dans notre étude, nous voulons prendre en examen Medea de Pascal Quignard, un spectacle de butō que l’écrivain met en scène avec la danseuse Carlotta Ikeda. Il s’agit d’une pièce théâtrale qui voit sur scène un solo de danse et, en plus, la présence de l’écrivain qui lit son texte sur un côté de la scène. Le résultat est une représentation artistique insolite, qui surprend et émeut les spectateurs.Pour analyser le rôle du public et de son implication émotive, nous adoptons des approches neuro-esthétiques. D’une manière plus spécifique, nous nous servirons des théories de simulation incarnée et de la sémantique incarnée pour investiguer le lien empathique entre auteur-danseuse-spectateur.

«"Performance in Postmodern Culture”, 1976 : enjeux et réceptions » 
Nicolas Fourgeaud
On propose dans cet article d’analyser la manière dont le colloque Performance in Postmodern Culture (1976)  s’est attaqué à l’idée (dominante dans les années 1970) selon laquelle la performance aurait été un art de la pure présence ayant abandonné la distinction entre spectateur et acteur.  On donne aussi un aperçu de la réception erronée des thèses majeures du colloque, et ce, notamment pour ce qui concerne le début des années 1980.

 

Abstract

The artist as primary spectator
Benjamin Riado
From Tony Smith's famous story about his experience of the end of art during a drive, this article develops the hypothesis according to which certain artists consider themselves as a spectator rather than a creator of their own work. They are in a way the primary spectators of an art which they are the first and the only ones to recognize as such at the moment. It is then a question of understanding the forms to which this paradoxical experience of art gives rise.

« Video game : a borderline-experiment for the subject »
Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt
Video-game is the basis for an aesthetic experience remarkable for its interactivity. This implies a radical reshaping of the usual relations between the opus, its maker and its viewer. The present work strives to develop a field of aesthetics that would be unique to video-games, a field in which the acknowledged identity of the opus and the one of its maker(s) are dissolved. What was once the experience of a viewer would now become one of an individual testing the limits of their own subjectivity.

 “The theatrical curation: the psychomagic experience of Alexandro Jodorowsky.” 
Elisabeth Pouilly
Alexandro Jodorowsky, author in particular of theatre and cinema, also developed in parallel what he names « the psychomagic ». This article will return on his pursuit, since the « poetic acts » via his happenings, to define better this practice referring to the psychology and to the magic, but also above all to the theatre. It passes by personalized theatralized acts, aiming to cure.

« Experiences and experimentations in the art practice of the Collectif d’art sociologique »
Elena Lespes Munoz
In October 1974, the Collective of Sociological Art, made of artists Hervé Fischer, Fred Forest and Jean-Paul Thénot, published their first manifesto. The release marks the creation of a working structure dedicated to the study of the mechanisms of art and society. Inspired by social sciences, the collective practices are characterized by the investigation, the animation and a pedagogical goal. Through the analysis of some of the actions of the members of the Collective, this article will present the methodologies developed by these artists to invite the public to a reflective experience on society.

« What is the model of The Model by Palle Nielsen? »
Vincent Romagny
In 1968, after the opposition movements, Palle Nielsen installed a playground in the main hall of the Moderna Museet in Stockholm. Far from identifying it to an artwork, this playground was supposed to establish the « model of a qualitative society », after analyzing the children’s games. How can we understand the fact that « The Model », after its rediscovery in the early 2000’s, is understood as an artwork?

« Medea by Pascal Quignard. Butō dance and the spectator: a neuroesthetic perspective »
Maria Concetta La Rocca
In our study, we intend to examine Pascal Quignard’s Medea, a spectacle of butō that the writer represents to the theatre with the dancer Carlotta Ikeda. It deals with a solo play: a dancer on the stage and the author in a side of it. Indeed, while Ikeda dances, Quignard reads hit text. The result is an unusual artistic representation, which surprises and moves the spectators.

In order to analyse the role of the public and its emotive implication, we adopt some neuro-aesthetical approaches. More specifically, we use the theories of embodied simulation and embodied semantics, to investigate the empathic link between author-dancer-public.

« “Performance in Postmodern Culture”, 1976 : goals and receptions » 
Nicolas Fourgeaud
This paper analyses how the participants to the symposium Performance in Postmodern Culture (1976) criticized the dominant idea (in the 1970’s) that performance was an art of presence that reliquinshes the distinction between spectator and actor. It also considers how the major positions defended in this symposium were misapprehended, most notably at the beginning of the 1980’s.

Extrait(s)

Introduction

Une idée court depuis les années 1960, celle de l’émancipation du spectateur vis-à-vis des codes traditionnels de l’expérience esthétique. L’art moderne avait déjà étendu cette expérience à des objets de plus en plus hétérogènes et difficiles à caractériser, mais les dernières décennies ont encore accentué le même phénomène, au point où l’œuvre – si l’on peut encore utiliser ce mot – a pu devenir simple trace ou prétexte pour une expérience de plus en plus indépendante. Où se situe la question de l’art au moment où l’attention du récepteur est sollicitée selon des modalités très diverses, sans que le cadre de la réception soit toujours clairement défini et sans que l’on puisse toujours situer l’œuvre ? 

Les projets des artistes jouent souvent de ce genre d’incertitude. Si l’exposition traditionnelle reste la voie d’accès privilégiée pour la plupart des œuvres – celles-ci continuant à être présentées dans des musées, galeries, espaces d’expositions et à être reproduites dans des revues ou des catalogues... – de nombreux artistes conçoivent désormais leurs projets sous la forme d’une documentation, de protocoles, parfois sur des supports immatériels ou temporaires qui n’aboutissent pas nécessairement à la production d’un objet aisément identifiable. La différence entre une œuvre, son mode de présentation, de reproduction et de réception devient alors incertaine, particulièrement lorsqu’elle est éphémère, processuelle, négociée, énoncée et qu’elle relève d’un dispositif relationnel, interactif, dialogique, etc.

Une étendue infinie de modalités de l’expérience semble s’offrir à nous, selon des termes qui peuvent considérablement varier. Quelles sont leurs limites ? Peut-on encore parler d’expérience esthétique ou d’expérience de l’art ? À qui s’adressent-elles (et comment) ? L’ambition de ce numéro de Marges n’est pas de donner des réponses définitives, mais plutôt de donner à lire des points de vue distincts sur ces questions. Différents partis pris s’affrontent. Les premiers textes cherchent à étendre les catégories traditionnelles de l’expérience esthétique en direction de nouveaux types d’objets ; ceux qui suivent s’intéressent tout autant à la question de l’expérience, mais en envisageant de sortir des questions strictement artistiques au sens le plus courant du terme.

L’article de Benjamin Riado participe du premier point de vue ; il s’agit de rappeler la genèse d’un célèbre texte du sculpteur américain Tony Smith, où celui-ci fait état de son expérience de conduite sur une autoroute en construction. Riado le montre bien, l’artiste entend se servir de cette histoire afin de mettre en doute les catégories habituelles de la perception esthétique et c’est dans ce rôle d’explorateur qu’il apparaît comme un « spectateur princeps ». Simultanément, et bien que l’artiste se place comme spectateur, il se conforme tout de même à ce que l’histoire de l’art avait tenu, depuis le Romantisme, pour sa fonction : être un « phare », un pionnier, celui qui donne à voir quelque chose de nouveau qui n’est pas encore compris par tout un chacun.

Ce point de vue sur l’extension des catégories esthétiques est assez largement partagé par Alexis Bekirov et Thibaut Vaillancourt, bien qu’il n’y soit pas question des artistes. Le texte qu’ils consacrent au jeu vidéo s’écarte de la plupart des positions sur ce type de sujet : il n’est pas question de faire apparaître de nouveaux concepts susceptibles d’être mieux adaptés au type d’expérience que proposent les jeux vidéos. Bien au contraire, ainsi qu’ils le montrent, il est tout aussi envisageable de penser une esthétique propre aux jeux vidéos tout en se basant sur des principes philosophiques éprouvés par ailleurs.

Les trois textes suivants offrent un autre point de vue sur la question de l’expérience, point de vue qui reflète les bouleversements sociopolitiques de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Dans ce contexte, l’art autant que l’expérience esthétique, sont mis en cause par des pratiques où le social, la politique et la recherche scientifique se mêlent, refusant tout privilège aux pratiques artistiques traditionnelles. C’est le cas notamment avec les idées de « théâtre de la guérison » et d’expérience psychomagique proposées par Alexandro Jodorowsky, lesquelles jouent sur l’idée d’un élargissement de l’expérience esthétique. Simultanément, selon Elisabeth Pouilly, Jodorowsky ne cherche pas à innover au sens de l’invention d’un nouveau rapport aux choses ; il se situe bien plus dans la reprise de postures et de compréhension des œuvres d’art – ou du rôle de l’art – tels qu’ils avaient pu être proposés dans des sociétés anciennes ou archaïques.

Les actions du Collectif d’art sociologique ne sont pas étrangères non plus à la situation particulière propre au début des années 1970. Les pratiques des artistes concernés se nourrissent d’enquêtes, d’animation et de pédagogie et ne craignent pas de se confronter aux structures en place afin de faire réfléchir sur la société. L’expérience, comme le montre Elena Lespes Munoz, ne peut plus alors se limiter au cadre des institutions de l’art, ce qui a de nombreuses conséquences pour les pratiques et pour la place des personnes qui y sont confrontées.

L’exemple de The Model de Palle Nielsen va dans le même sens. Selon Vincent Romagny, les catégories artistiques habituelles ne suffisent plus pour décrire l’ampleur de ce type de projet, ses enjeux, ses visées. C’est ce qui explique la sortie du monde de l’art de Nielsen et ses difficultés à faire valoir un point de vue non artistique au travers de son « modèle d’une société qualitative » ; et ce, même si plus récemment en un virage assez brusque, son travail a pu refaire une apparition au sein des institutions de l’art.

Le dernier texte du dossier, peut-être le plus complexe, nous permet d’opérer un retour à la question de l’expérience dans le contexte de l’art. Maria Concetta La Rocca y évoque la représentation de Medea de Pascal Quignard, par la danseuse de butô Carlotta Ikeda et de l’expérience complexe qui s’en dégage. L’article traite à la fois de l’écriture de Quignard, de sa transposition sur scène et de l’appropriation singulière qu’en fait la danseuse. Simultanément, à l’occasion de l’analyse neuroscientifique qui est faite de l’expérience des spectateurs – avec la question des neurones miroirs – c’est l’occasion de voir réapparaître au cœur de notre modernité la question ancienne de l’empathie devant un spectacle, en un lointain écho de la catharsis aristotélicienne.

Nous publions, par ailleurs un entretien sur la question de l’expérience avec Marianne Massin et, en varia, un texte de Nicolas Fourgeaud qui ne traite pas directement de la thématique du numéro mais qui y fait néanmoins écho par certains côtés. Il s’agit ici de revenir sur un colloque de 1976 consacré à la performance ; colloque largement oublié et où pour la première fois la question de la pure présence du performer avait été mise en cause.

Ce numéro ne serait pas complet sans une intervention d’artiste, un portfolio de Stéphane Bérard qui, en accord avec la thématique du numéro, joue sur la question contemporaine de l’engagement politique et sur les limites de ce qui est reconnu ou non comme artistique. Nous publions également quelques comptes rendus d’ouvrages et d’expositions récents.

 

Jérôme Glicenstein

mars 2017

Marges

Abonnement

  Version papier (hors frais d'envoi)Version numérique
Abonnement d'un an21.00 €Ajouter au panier
Abonnement de 2 ans42.00 €Ajouter au panier

Présentation

Marges paraît deux fois par an.
Langue de rédaction des articles : français

La revue publie des articles de jeunes chercheurs de toutes origines sur des thématiques couvrant les différents champs de la création et de la pensée contemporaines. Ainsi que son titre l'évoque, sa principale orientation vise à confronter et mettre en mouvement des approches interdisciplinaires.

Responsable de la publication
Jérôme Glicenstein

Comité de rédaction
Angelica Gonzalez (Université Paris 8)
Clémence Imbert (Université Paris 8)
Emeline Jaret (Université Paris 4)
Sophie Lapalu (Université Paris 8)
Anaël Marion (Université Paris 7)
Stéphane Reboul (Université Paris 1)
Umut Ungan (EHESS)

Revue semestrielle.