Presses Universitaires de Vincennes


Nouveautés

Démocratiser l'art (contemporain)
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Marges n° 15
  • Nombre de pages : 180
  • Langues : Français
  • Paru le : 10/11/2012
  • EAN : 9782842923549
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 1767-7114
    • CLIL : 3675 Revues sur l'art
    • ISBN-10 : 2-84292-354-5
    • ISBN-13 : 978-2-84292-354-9
    • EAN-13 : 9782842923549
    • Format : 155x220mm
    • Poids : 274g
    • Illustrations : Oui
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 10/11/2012
    •  
    • Support : PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-377-8
    • EAN-13 : 9782842923778
    • Taille : 8 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 10/11/2012
    •  

Démocratiser l'art (contemporain)

N°15/2012

La question de la démocratisation de l’art, et en particulier de l’art contemporain, se pose avec beaucoup d’acuité à notre époque.

Diverses initiatives vont dans le sens de l’accès du plus grand nombre à la création émergente la plus exigeante. Ces initiatives recouvrent toutes sortes d’objectifs sur lesquels il convient de revenir dans ce numéro.
Démocratiser l’art (contemporain) s’inscrit dans une suite d’études menées par la revue Marges sur les conditions de la création en ce début de 21e siècle. Après Déplacements des pratiques artistiques, Valeurs de l’art contemporain, Expositions sans artistes, Langages de l’œuvre et de l’art et Au-delà du Land Art, il est question cette fois-ci d’encourager les points de vue critiques sur la question des relations entre création contemporaine et espace public. 

Coordinateur(s) du numéro :
Comité de rédaction |

Auteur(s) :
Safia Belmenouar |
Samuel Coavoux |
Sylvain Martet |
Rémi Parcollet |
Julien Péquignot |
Gloria Romanello |
Célia Sauvage |
Léa-Catherine Szacka |
Cindy Théodore |
Sonia Vidal

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Accès | Art | Art contemporain | Centre Pompidou | Cinéma | Clip | Compétence | Création | Démocratie | Démocratiser | Musée | Photographie | Téléphone

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Sommaire

Éditorial

Dossier :  Démocratiser l’art [contemporain]

Julien Péquignot
Le clip au musée : Démocratisation de l’art ou légitimation d’une pratique populaire ?

Safia Belmenouar
La photographie d’édition, quels enjeux pour quels publics ?

Sonia Vidal
Entre distance et proximité : réflexion sur le passage de la démocratisation à la socialisation culturelle  à partir de l'étude des « Maisons Folies » lilloise

Gloria Romanello
« Merci pour votre collaboration.» Quelques réflexions sur les modalités d’approche des publics dans les institutions d’art contemporain

Samuel Coavoux
Qu’est-ce que la compétence artistique ? Réception de l’art et démocratisation

Sylvain Martet
La transmission familiale du goût de l’art : un obstacle insurmontable au processus de démocratisation de la culture ?

Varia

Célia Sauvage
Co-dépendance et recyclage hollywoodien de l’Indie Spirit : une redéfinition problématique du cinéma indépendant américain contemporain

Rémi Parcollet et Léa-Catherine Szacka
Histoire des expositions du Centre Pompidou. Réflexions sur la constitution d’un catalogue raisonné

Cindy Théodore
Entretien avec Mami Kiyoshi

 

Dossier d’artiste

Clément de Gaulejac
Téléphone arabe

- Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions
- Abstracts français et anglais

Résumé

Le clip au musée : Démocratisation de l’art ou légitimation d’une pratique populaire ?

Julien Péquignot

En 2007, le clip fit l’objet d’une exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Cette exposition s’accompagnait d’un catalogue réunissant de nombreux discours, ainsi que d’articles dans la presse.  A travers l’analyse de ces discours, le but est de mettre à jour le statut symbolique du clip, dans le cadre de l’exposition mais au-delà dans les sphères légitimes du champ social. Ceci est d’autant possible que la rencontre d’un objet usuellement attaché à la culture de masse dans ce quelle est censée avoir de plus mercantile et délétère avec une institution artistique reconnue amène les discours à ce situer dans ce système d’oppositions.

 

La photographie d’édition, quels enjeux pour quels publics ?

Safia Belmenouar

Un nouveau type de galeries dites "galeries d'éditions" ont vu le jour au cours de cette dernière décennie. Ces galeries ont pour projet commun de « démocratiser la photographie », en proposant des tirages éditées en grand nombre, à des prix dit « abordables ». Il conviendra alors d’examiner les enjeux économiques et culturels que recouvre ce nouveau segment du marché de la photographie : d'une part, au regard des publics auxquels elles s'adressent et d'autre part, en questionnant la nature des "œuvres" photographiques qu'elles mettent en circulation.

 

Entre distance et proximité : réflexion sur le passage de la démocratisation à la socialisation culturelle à partir de l'étude des "Maisons Folies" lilloise.

Sonia Vidal

Cette étude questionne les fondements politiques, pratiques et théoriques de la « démocratisation culturelle » à partir de l’action des Maisons Folie. Un retour sur la conjoncture qui les a vues naître permet de saisir l’ambivalence des logiques qui coexistent en leur sein avant d’étudier les instruments actuels mobilisés pour en améliorer l’accessibilité et la complexité des phénomènes susceptibles d’agir sur les goûts et pratiques. Elle se clôt par une réflexion sur les enjeux dissimulés sous une notion en perte de substance.

 

« Merci pour votre collaboration ».  Quelques réflexions sur les modalités d’approche des publics dans les institutions d’art contemporain.

Gloria Romanello

Les études sur les publics ont retenues l’attention aussi bien des sciences sociales que du monde de la gestion de la culture. Mais s’agit-il vraiment d’une réponse aux impératifs de la démocratisation culturelle ? Cette contribution veut considérer l’usage des enquêtes de publics à travers les comportements des institutions culturelles. Le barycentre de l’observation se déplace des publics aux intentions de ceux qui prétendent, par cette voie, mieux les connaître.

Abstract

Video Clips in the Museum. Is it a Democratization of Art or the Legitimization of a Popular Form?

Julien Péquignot

In 2007 an exhibition of music videos took place at the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Came along with this exhibition a catalog gathering a number of discourses and some press articles. By means of the analysis of these discourses, the intent is to reveal the symbolic status of music video, in this exhibition but, beyond, in legitimate areas of social field. This is all the more possible that the meeting between an object usually seen as mass culture in the most mercantile and deleterious way and a well established artistic institution brings discourses to take side in this kind of opposition.

  

Widely Produced Photographs. What Goals for What Public?

Safia Belmenouar

A new type of gallery called “edition galleries” appeared during the last century. These galleries are sharing a common project, which is to “democratize photography” by offering large edition prints at “affordable” prices. We will be looking into economic and cultural issues relating to this new segment of the photography market: On one hand from the public’s point of view, on the other hand by questioning the nature of such photographic “artworks” once they are in circulation.

 

Between Distance and Proximity. Reflections upon the Transition from Democratization to Cultural Socialization: the Case of the “Maisons Folies” of Lille.

Sonia Vidal

This work questions the political, practical and theoretical background of the «cultural democratization» policy and is based on the Meson Folie’s action. A flashback on the context in which they appeared gives us keys to understand the ambivalent logics that coexist in it before we analyze the effective tools used for improving its accessibility as well as the phenomena likely to impact on cultural tastes and practicals. It ends with the reflexion on the stakes dissimulated under a concept in loss of substance.

 

“Thanks for Your Collaboration”. Reflections upon the Ways the Public is Approached in Contemporary Art Institutions.

Gloria Romanello

Visitor studies have been a focus of attention for both social sciences and culture management. Yet, do they really provide a condition for the fulfillment of cultural democratization?  This paper critically examines cultural institutions’ aims and ends in applying surveys to their visitors. The focus of observation shifts from audiences to the responsables working in the cultural institutions who, by this way, express theirs perception and opinion on public-oriented cultural politics.

Extrait(s)

La question de la démocratisation de l’art est ancienne. Elle avait notamment été mise en avant par André Malraux dès la création du Ministère des affaires culturelles en 1959. Pour autant – et bien que cette question serve d’arrière-plan à nombre de décisions politiques dans le domaine culturel en France – elle est loin d’être complètement résolue à ce jour. D’ailleurs, qu’entend-on exactement par démocratisation de l’art (ou de la culture) ? Qu’en est-il de cette « mission de rendre accessible les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français » ? S’agit-il de la promotion d’un art « élitaire pour tous », pour paraphraser Antoine Vitez ? Est-il question de participer à l’émancipation des citoyens ou au contraire de contribuer à leur assujettissement au nom d’une culture normative ? Est-ce autre chose qu’un slogan ou un vœu pieu ?

De nombreuses expériences ont été tentées depuis cinquante ans et en premier lieu en suivant le point de vue de l’offre et des moyens à accorder à la diffusion culturelle. Elles ont fait appel au développement d’initiatives en tout genre : création de structures alternatives (friches culturelles), de nouveaux modes de production des œuvres (résidences d’artistes – y compris dans des quartiers dits sensibles), de nouveaux modes de diffusion (développement des services des publics, des ateliers pour enfants ou adolescents, des artothèques, des sites spécialisés…). D’autres expériences sont parties du point de vue opposé ; à savoir les moyens à développer afin de permettre au plus grand nombre d’accéder à la création (quitte à remettre en cause constamment ce que cette notion recouvre). Dans ce cas, cela a pu concerner la revalorisation des « pratiques amateures » ou de formes longtemps considérées comme mineures (bande dessinée, musique rock, arts du cirque), voire la remise en cause de la centralité des institutions traditionnelles ou dominantes (musées, scènes nationales, centres d’art labellisés…). L’objet de ce numéro est de produire une réflexion sur ces questions en mêlant études de cas et réflexions plus générales.

Les trois premiers articles peuvent ainsi être vus comme des études spécifiques qui appliqueraient les questions évoquées plus haut à des exemples concrets. Julien Péquignot s’interroge sur le sens à accorder à la présentation récente de clips vidéo au Musée d’art moderne de la ville de Paris. Ce type de présentation pose différents problèmes et en premier lieu celui de la revalorisation d’une pratique non-légitime. Pourtant, l’approche retenue par ce musée conserve une certaine ambivalence, interdisant sans doute que l’on se limite à y voir une opération de démocratisation culturelle.

Dans un registre très différent, celui des galeries d’édition, Safia Belmenouar montre que la question de la démocratisation de l’art est plus complexe que celle qui consiste uniquement à valoriser des objets illégitimes. D’ailleurs, les objets dont elle traite – des photographies d’art – ont déjà de fait une certaine légitimité. C’est plutôt leur usage – leur transformation en produit commercial – qui pose problème, suggérant un processus de démocratisation qui passerait uniquement par le biais d’un élargissement de la diffusion – y compris en faisant appel à des techniques de marketing – sans pour autant interroger le rapport aux œuvres en tant que tel.

Le troisième cas, étudié par Sonia Vidal, ne concerne pas non plus directement les œuvres mais plutôt là aussi les circuits de diffusion. Les exemples dont elle traite – les Maisons Folie de Lille – sont en effet nés de l’idée selon laquelle la démocratisation ne pourrait passer que par une attention soutenue aux situations et réseaux locaux. Ici, l’initiative ne part pas des œuvres ou des opérateurs culturels mais de la municipalité, ce qui pose la question des enjeux politiques, sociaux, économiques, de ce type d’intervention.

La deuxième partie du numéro peut être vue comme une prise de recul par rapport aux mêmes questions. C’est le cas avec l’article de Gloria Romanello à propos des enquêtes de public et de leur impact sur la programmation des lieux d’art contemporain. Au départ, explique-t-elle, ces enquêtes promues par certains sociologues avaient pour objectif de mettre en évidence les inégalités d’accès à la culture ; aujourd’hui il se pourrait bien que les institutions de l’art aient abandonné ce genre d’objectif et recyclent ces enquêtes au profit du marketing et d’une démarche davantage gestionnaire.

Pourtant, les enquêtes ont au moins eu le mérite de montrer qu’il ne suffit pas de rendre physiquement accessible les œuvres capitales de l’humanité pour les rendre compréhensibles au plus grand nombre – contrairement à ce que croyaient les promoteurs de la démocratisation culturelle des années 1960. Ainsi que le rappelle Samuel Coavoux, Pierre Bourdieu avait insisté à de nombreuses reprises sur le fait que l’accès à l’art n’était pas également réparti et qu’il supposait la maîtrise de codes interprétatifs complexes – ce que les instances culturelles font souvent mine d’ignorer. Des questions du même ordre se retrouvent à propos de la transmission familiale du goût pour l’art, ainsi que le montre le texte de Sylvain Martet, au moyen d’une enquête réalisée auprès d’adolescents au Québec.

Les deux textes que nous proposons en varia s’éloignent de ces questions, tout en y faisant écho. C’est le cas avec l’article de Célia Sauvage sur « l’indie spirit », une forme d’engagements réputé alternatif que les majors du cinéma américain tentent de récupérer à leur profit ces dernières années. C’est le cas également, avec les réflexions de Rémi Parcollet et Léa-Catherine Szacka à propos du catalogue raisonné des expositions du Centre Pompidou – un projet de constitution d’archive de la totalité des expositions ayant eu lieu dans cette institution depuis son ouverture en 1977. Dans ces deux cas il ne s’agit pas de démocratisation de l’art mais plutôt d’un regard sur ses instances de production et de diffusion – ce qui permet à l’occasion de retrouver certains aspects des questions de démocratisation évoquées précédemment.

Le numéro ne serait pas complet sans une intervention d’artiste, cette fois-ci sous la forme d’un portfolio consacré à un travail de Clément de Gaulejac et sans quelques comptes rendus.

 

Jérôme Glicenstein, octobre 2012

Marges

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Présentation

Marges paraît deux fois par an.
Langue de rédaction des articles : français

La revue publie des articles de jeunes chercheurs de toutes origines sur des thématiques couvrant les différents champs de la création et de la pensée contemporaines. Ainsi que son titre l'évoque, sa principale orientation vise à confronter et mettre en mouvement des approches interdisciplinaires.

Responsable de la publication
Jérôme Glicenstein

Comité de rédaction
Angelica Gonzalez (Université Paris 8)
Clémence Imbert (Université Paris 8)
Emeline Jaret (Université Paris 4)
Sophie Lapalu (Université Paris 8)
Anaël Marion (Université Paris 7)
Stéphane Reboul (Université Paris 1)
Umut Ungan (EHESS)

Revue semestrielle.