Presses Universitaires de Vincennes


Marges

Rematérialiser l'art contemporain
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Marges n° 18
  • Paru en : Mai 2014
  • EAN : 9782842924089
  • ISBN : 978-2-84292-408-9
  • 170 pages, 155x220mm
  • Illustrations : Oui
  • Édition : Première édition
  • Plus d'informations
    • Support : PDF sans DRM
    • Protection : Marquage (water mark)
    • ISBN : 978-2-84292-390-7
    • EAN : 9782842923907
    • Taille : 19 Mo
    • Illustrations : Non

Rematérialiser l'art contemporain

N°18/2014

L'intérêt croissant pour la matière et la matérialité au sein de la création contemporaine existe, sans que l’on en sache encore les raisons ou la portée.

Si l’on peut parler de « rematérialisation », c’est précisément parce que ce retour de la matière vient après une période ayant eu tendance à faire oublier ou à mettre au ban la matière en privilégiant un certain idéalisme. L'enjeu de ce numéro est de comprendre la portée et les modalités de ce retournement du regard visant à insister sur les qualités matérielles des œuvres à partir d’analyse de cas et situations précis.

Artistes entrant dans le questionnement : Michel Blazy, Urs Fischer, Milène Guermont, Dewar et Giquel, Tadashi Kawamata, Shigeru Ban, Lara Almarcegui, Paul Pouvreau, Vincent Ganivet…

Coordinateur(s) du numéro :
Nathalie Desmet |

Anaël Marion |
Auteur(s) :
Michèle Atchadé |
Pamela Bianchi |
Claire Davril |
Jérôme Glicenstein |
Fred Guzda |
Anna Longo |
Anaël Marion |
Aurélie Michel |
Camille Paulhan |
Marie Quiblier |
Laura Vazquez

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Art conceptuel | Art contemporain | Dématérialiser | Éphémère | Matérialisme | Matérialité | Pratique artistique | Rematérialiser | Œuvre d'art

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Sommaire

Éditorial

 

Dossier : « Rematérialiser l'art contemporain »

Camille Paulhan
« De Dieter Roth à Michel Blazy, le protocole en question »

Fred Guzda 
« L’Art conceptuel n’existe pas »

Pamela Bianchi
« La solidification du vide de Rachel Whiteread : l’invisible se matérialise »

Claire Davril
« La pensée rematérialisée du projet en design. Normal Studio, Martin Szekely, Konstantin Grcic »

Anna Longo
« Bioart et néo-matérialisme »

 Aurélie Michel
« L'Architecture organique de la Gue(ho)st House »

Laura Vazquez
« La rematérialisation de la performance poétique, une conception de l’équilibre dans l’appréhension de l’œuvre d’art »

Entretiens

Anaël Marion
« Entretien avec Lara Almarcegui »

Michèle Atchadé
« Marianne Lanavère : Matières à paysage - Champs d'imaginaires »

 

Varia

Marie Quiblier
« La reprise en danse : repenser les modes de circulation, les processus de fabrication et les instances de légitimation de l’œuvre chorégraphique ».

 
Dossier d’artiste :
Ets Decoux 

Comptes rendus d’ouvrages et d’expositions
Abstracts français et anglais

Résumé

Marianne Lanavère : Matières à paysage - Champs d'imaginaires
Michèle Atchadé

À travers un entretien, Marianne Lanavère, aujourd'hui directrice du centre d'art et du paysage de Vassivière, analyse la place du paysage issu du Romantisme, dans le champ élargi de la sculpture et de l'installation contemporaines. Dans ses choix curatoriaux, au croisement de l'art conceptuel, processuel et des œuvres à protocole, le paysage donne matières à certaines pratiques artistiques. Dans leur production, leur échelle, et leur devenir,  les œuvres sont autant de cosmogonies ; matérialistes en un certain sens, conscientes de leur inscription dans les cycles de la terre. 


La solidification du vide de Rachel Whiteread : l’invisible se matérialise

Pamela Bianchi

À travers une relecture multidisciplinaire de l’œuvre de Rachel Whiteread, cet article s'attache à présenter la valeur objectuelle de l'espace. Ses sculptures, en justifiant l'absence avec une présence, dévoilent matériellement la solidification du vide. La comparaison avec Daniel Libeskind et Peter Eisenman enrichie la réflexion : si dans les années 1960 nous avons assisté à la « dématérialisation » de l'art, maintenant nous faisons face à la matérialisation de l'invisible, ce n'est pas l'art qui se rend invisible, mais c'est l’invisible qui devient art, en prenant forme.


La pensée rematérialisée du projet en design.
Normal Studio, Martin Szekely, Konstantin Grcic
Claire Davril

Discipline de la conception, le design semble par définition attaché à un type de pensée en amont de la production. Cet article vise à remettre en question la nature purement idéale du projet, et à questionner la hierarchie, l’ordre, mais aussi la netteté de limites entre moments conceptuels et moments de « mise en matière ». Par le travail emblématique de 3 studios de design, mais aussi par les écrits de François Dagognet, c’est la possibilité d’une part objectivable et « collaborante » de la matière et d’une « pensée par la matière » qui s’esquisse.


L’Art conceptuel n’existe pas

Fred Guzda

Sous le titre — légèrement provocateur — L’Art conceptuel n’existe pas, on posera la question de la matérialité de l’œuvre à partir de ce qui, pratiquement aussi bien que théoriquement, est censé s’y opposer : les œuvres et les textes associés à l’art et aux artistes conceptuels, dont Joseph Kosuth au premier chef. Face à la hiérarchie qui relègue l’œuvre au rang d’une détermination secondaire au profit de sa dimension spéculative supposée autonome et prioritaire, on opposera le rôle majeur de son exposition, afin d’avancer l’hypothèse qu’au lieu d’écarter toute donnée matérielle au profit du concept, de telles œuvres ont plutôt contribué à lui ménager un accès au sensible, dont elles ont corrélativement élargi le territoire. 


Bioart et néo-matérialisme

Anna Longo

La dématérialisons de l’art est un phénomène qui partage avec la philosophie des sciences de matrice analytique certaines assomption théoriques concernant le langage et la connaissance du réel. En partant des œuvres de bioart d’Eduardo Kac, Genesis et The eighthday, je souhaite questionner le rapport entre la rematérialisation de l’art et le récent approche scientifique néo-matérialiste qui peut être considéré une solution originale du rapport entre causalité et liberté.


L'Architecture organique de la Gue(ho)st House

Aurélie Michel

L’attention portée à la matière va de pair avec le développement de techniques qui singularisent les formes de l’art contemporain. Le traitement du matériau comme une chair vivante, malléable, effectue de fait, des connexions entre la substance de l’œuvre et la dimension physique du corps. La commande publique réalisée par Christophe Berdaguer & Marie Péjus sur le site du centre d’Art Contemporain La Synagogue de Delme utilise le vocabulaire organique comme affirmation de la singularité d’un lieu. À partir d’une architecture existante, les artistes élaborent une entité dont la membrane blanche épaisse et dégoulinante produit un impact considérable sur l’environnement.


De Dieter Roth à Michel Blazy, le protocole en question

Camille Paulhan

Cet article propose de reconsidérer le travail de Michel Blazy à la lumière de celui de son aîné Dieter Roth, en historicisant la production de l’artiste contemporain à travers les expérimentations de Roth dans les années 1970. La matérialité des œuvres organiques de Blazy sera ainsi discutée à partir de la question du protocole et du rapport que les institutions entretiennent avec de telles créations.


Ce que la reprise fait à l’œuvre chorégraphique / Invention et subversion de la reprise en danse contemporaine.

Marie Quiblier

Si l’année 1993 correspond à un moment décisif où les projets du Quatuor Knust et des Carnets Bagouet mettent en exergue la problématique de la reprise dans le champ chorégraphique français, les années 2000 sont marquées par la recrudescence et le polymorphisme des pratiques citationnelles. De la citation à la reconstitution, en passant par la variation, la recréation et l’hommage, la reprise est récurrente, prolifique et composite. Ni genre, ni style, ni attitude, la reprise est un geste qui offre des résolutions multiples. En revanche, au-delà de sa disparité, elle actualise une mutation substantielle des pratiques dans le champ chorégraphique des années 2000, en termes de création et de diffusion de l’œuvre chorégraphique. 


La rematérialisation de la performance poétique, une conception de l’équilibre dans l’appréhension de l’œuvre d’art

Laura Vazquez

La poésie performative permet le dessaisissement de la matière livresque sur la poéticité et incorpore la matérialité consciente du corps et de ses substrats implicites. Au regard de l’œuvre des poètes performers Henri Chopin et Serge Pey, nous rendrons compte d’un retour au matériau primitif dans une approche empirique de l’action poétique. La mise en relation des réflexions de Christian Prigent et d’Henri Dagognet nous conduiront à penser la conception d’un équilibre dans la performance et son dispositif expérientiel.

Abstract

Marianne Lanavère : Landscape Matter – Fields of imaginings
Michèle Atchadé

In this interview, Marianne Lanavère, now Director of the International Center of Art and Landscape on Vassivière Island, analyses the role of landscape from Romanticism into the wider field of contemporary sculpture and installation art. In her choices as a curator, which combine conceptual and process art and protocols artworks, the landscape materialises certain artistic thinking and practices. In their production, scale, and destiny, the artworks are as cosmogonies; materialist in a certain sense, with an awareness of their place of the earth’s cycles.

 

Rachel Whiteread's Solidification of  the void
Pamela Bianchi

Through a multidisciplinary reading of the works of Rachel Whiteread, this article seeks to present the objectual value of space. Her sculptures, justifying the absence with a presence, reveal materially the solidification of the empty. A comparison with Daniel Libeskind and Peter Eisenman enriches the reflection: if in 1960 we saw the "dematerialisation" of art, now we are faced at the materialization of the invisible, is not the art that makes himself invisible, but it's the invisible that becomes art, taking shape.

 

Conceptual Art does not exist
Fred Guzda

Under the slightly provoking title "Conceptual Art does not exist" we’ll raise the issue of the materiality of the work of art but from what is supposed to oppose it, be it factually or theoretically: works and writings related to conceptual art and artists among which Joseph Kosuth in the first place. Facing the hierarchy that assigns a subordinate role to the work itself and promotes its supposed autonomous and leading intellectual dimension, we will insist on the importance of the exhibition process to suggest that such works do not exclude visual or perceptible data in favour of concept as much as they contribute to lead this one to a new and expanded area of perception.

 

Bioart and neo-materialism
Anna Longo

The dematerialization of art is based on some assumptions about the relation sheep between language, knowledge and reality which we can find in analytic philosophy of sciences. We are going to consider Eduardo Kac’s bioart works Genesis and The eighth day in order to understand if these examples of rematerialization of the art have any theoretical base in common with the recent new-materialism, which can be seen as an original solution of the issue of causality and freedom.

 

The Organic architecture of the Gue(ho)st House
Aurélie Michel

Greater attention for the material seems to be very much in pace with technical developments, which characterize contemporary art forms. The treatment of the material as a living, malleable flesh connects work of art’s substance and physical dimension of the body. The public procurement made by Christophe Berdaguer and Marie Péjus on contemporary arts Centre La Synagogue de Delme uses organic vocabulary to assert the uniqueness of the place. From an existing architecture, artists brainstorm an entity, which the thickness white and dripping membrane has a major impact on the environment.

 

From Dieter Roth to Michel Blazy : questions about protocol
Camille Paulhan

With this article, I offer to reconsider Michel Blazy’s work in light of his elder’s, Dieter Roth, and by historicizing his production through Roth’s experimentations in the 1970s. I will discuss the materiality of Blazy’s organic works trough the issue of the protocol, and the relation the institutions have with such creations.

 

What the reenactment does to the choreographic work / Invention and subversion of the reenactment in contemporary dance
Marie Quiblier

If the year 1993 is related to a decisive moment when the projects of the Quatuor Knust and the Carnets Bagouet highlight the re-enactment issue in the french choreographic field, the 2000s are marked by the renewed outbreak and polymorphism of quotational practices. From quotation, to reconstruction, turning to variation, re-stating and tribute, re-enactment is recurrent, prolific and composite. Neither a type, a style, nor an attitude, re-enactment is a gesture that offers multiple resolutions. On the other hand, beyond its disparity, it updates a substantial change of the practises in the choreographic field of the 2000s, in terms of creation and circulation of the choreographic work.

 

The poetic performance re-materialization, a conception of balance in work of art perception
Laura Vazquez

The performance poetry enables the dispossession of book material upon poeticity and incorporates conscious materiality of the body and its implicit substrates. Regarding the work of the perfoming poets Henri Chopin and Serge Pey, we will assess a come back to primitive material in an empiric approach of the poetic action. The connection between Christian Prigent and Henri Dagognet's reflexions will lead us to imagine the conception of a balance in the performance and its experiential process.

Marges

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Présentation

Marges paraît deux fois par an.
Langue de rédaction des articles : français

La revue publie des articles de jeunes chercheurs de toutes origines sur des thématiques couvrant les différents champs de la création et de la pensée contemporaines. Ainsi que son titre l'évoque, sa principale orientation vise à confronter et mettre en mouvement des approches interdisciplinaires.

Responsable de la publication
Jérôme Glicenstein

Comité de rédaction
Angelica Gonzalez (Université Paris 8)
Clémence Imbert (Université Paris 8)
Emeline Jaret (Université Paris 4)
Sophie Lapalu (Université Paris 8)
Anaël Marion (Université Paris 7)
Stéphane Reboul (Université Paris 1)
Umut Ungan (EHESS)

Revue semestrielle.