Presses Universitaires de Vincennes


Bibliographie de Craig Clunas

Art des jardins dans les pays sinisés (L')
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Extrême-Orient, Extrême-Occident n° 22
  • Nombre de pages : 192
  • Langues : Française
  • Paru le : 10/09/2000
  • EAN : 9782842920807
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 0754-5010
    • CLIL : 4036 Asie
    • ISBN-10 : 2-84292-080-5
    • ISBN-13 : 978-2-84292-080-7
    • EAN-13 : 9782842920807
    • Format : 155x220mm
    • Poids : 290g
    • Illustrations : Non
    • Édition : Deuxième édition
    • Paru le : 10/09/2000
    •  
    • Support : PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-506-2
    • EAN-13 : 9782842925062
    • Taille : 11 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 10/09/2000
    •  

Art des jardins dans les pays sinisés (L')

Chine, Japon, Corée, Vietnam - N°22/2000

À la différence du jardin italien, qui combine nature sauvage et nature agricole, le jardin chinois est conçu comme un trait d'union permanent entre nature et culture, habitation et paysage.

 C'est cette correspondance subtile que Léon Vandermeersch, en compagnie des meilleurs spécialistes internationaux de la question, explore ici, en parcourant jardins taoïstes, bouddhistes, zen, impériaux ou lettrés et en étudiant la manière dont, tout au long de leur histoire, les jardins extrême-orientaux ont diffusé, dans la culture sinisée, une organisation spécifique de l'espace physique et mental.

Coordinateur(s) du numéro :
Léon Vandermeersch |

Auteur(s) :
Augustin Berque |
François Berthier |
Che Bing Chiu |
Craig Clunas |
Trong Hiêu Dinh |
Jacques Dumarçay |
Antoine Gournay |
Dong Lu |
Jungwook Park |
Baldine Saint-Girons |
Michel Vieillard-Baron

SommaireRésuméAbstractCollection/Abonnement

Mots-clés : Architecture | Arts | Asie | Chine | Corée | Culture | Extrême-Orient | Japon | Jardin | Paysage | Viêt Nam | Yuanming Yuan

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Sommaire

 Léon Vandermeersch
L'art des jardins dans les pays sinisés

 

I. L'art des jardins en Chine

 

Lu Dong
Place de l'art des jardins dans la culture chinoise


Che Bing Chiu
Un grand jardin impérial chinois : le Yuanming yuan


Antoine Gournay
Le système des ouvertures dans l'aménagement spatial du jardin chinois

 

II. Jardins au Japon

 

François Berthier
Les jardins japonais : principes d'aménagement et évolution historique


Michel Vieillard-Baron
Les plaisirs enchantés : célébration, fêtes jeux et joutes poétiques dans les jardins japonais de l'époque de Heïan


Augustin Berque
L'appareillage de l'ici vers l'ailleurs dans les jardins japonais

 

III. Les jardins coréens et vietnamiens

 

Park Jungwook
La différence coréenne dans l'art des jardins extrême-oriental


Dinh Trong Hiêu
Jardins du Vietnam : la nature entre représentations culturelles et pratiques culturales

 

IV. L'Europe et les jardins chinois

 

Craig Clunas
Nature and Ideology in Western Descriptions of the Chinese Gardens

 

V. Regards extérieurs

 

Jacques Dumarçay
Le spectacle du jardin dans l'Asie de l'Est et l'Asie du Sud-Est : contrastes et similitudes


Baldine Saint-Girons
Point de vue européen sur les jardins chinois


Résumés en français
English Summaries

Résumé

 LU Dong : « Place de l'art des jardins dans la culture chinoise »
L'art chinois des jardins est particulièrement représentatif de la culture chinoise : y confluent tant l'esprit des trois grandes vision du monde confucianiste, taoïste et bouddhiste, que l'esprit des grandes traditions artistiques de l'architecture, de la peinture de paysage et de la calligraphie. Son origine remonte mythiquement à un ancien souverain légendaire du nom de Xiwei, antérieur même à l'Empereur Jaune. Jusqu'à la fin des Han, les jardins connus n'étaient guère que de simples parcs. C'est à l'époque des Six Dynasties que, sous l'influence de la peinture et de la poésie de paysage devenues très florissantes, ils prennent la forme spécifiquement chinoise de mondes naturels en petit. C'est sous cette forme qu'ils évoluent ensuite par de plus en plus de raffinement d'architecture jardinière, surtout au sud du Fleuve bleu, jusqu'à atteindre leur perfection sous les Ming et les Qing.


Che-bing CHIU : « Un grand jardin impérial chinois : le Yaunming yuan »
Aboutissement au XVIIIè siècle du grand art chinois des jardins impériaux, le Yuanming yuan, brutalement détruit par les troupes anglofrançaises en 1860, Illustrait magnifiquement les principes de l'architecture paysagère chinoise : respect des prescriptions de la géomancie, habile exploitation de l'orographie et de l'hydrographie, abondance des emprunts paysagers et des citations de sites. Plus particulièrement, ce jardin était le reflet de l'empire à l'échelle microcosmique. L'aménagement de ses cinq grandes zones scéniques constituait l'expression d'une symbolique non seulement esthétique, mais aussi politique, religieuse et rituelle, enracinée au plus profond des traditions chinoises. Sa contemplation exaltait le sentiment chinois de la nature : sentiment de l'unité intime de la nature de l'âme humaine et de l'âme de la nature cosmique.


Antoine GOURNAY : « Le système des ouvertures dans l'aménagement spatial du jardin chinois »
À partir de l'observation directe d'exemples de jardins d'aujourd'hui est mis ici en évidence comment, dans les jardins chinois, le système des ouvertures (portes et fenêtres) combine les fonctions d'aménagement du jardin comme habitat et comme spectacle. En remplissant ainsi plusieurs fonctions simultanément, ces composantes d'un jardin bien conçu contribuent à l'organisation de l'espace telle qu'elle est voulue dans l'art des jardins.


François BERTHIER : « Les jardins japonais : principes d'aménagement et évolution historique »
Au Japon, l'art des jardins est d'une rare richesse. Les plus anciens vestiges remontent au viie siècle, mais c'est à l'époque de Heïan (794-1185) que cet art s'épanouit : le palais impérial et les demeures des nobles s'ornent de grands jardins centrés sur un étang et plantés d'arbre fleurissant, verdoyant ou rougissant au rythme des saisons. Certains de ces jardins, attenant à des monastères bouddhiques, symbolisaient le paradis d'Amida. À l'époque Muromachi (1333-1572), apparaissent les jardins zen, qui sont de faible étendue et d'où sont exclus les eaux et les végétaux. Seules des pierres naturelles animent l'espace tapissé de sable. Puis, à l'époque Momoyama (1573-1602), naissent les jardins de thé, qui sont de dimension modeste et ont pour fonction de préparer les invités qui se rendent au pavillon où sera célébré la cérémonie du thé. Enfin, à l'époque d'Edo (1603-1867), sont créés de vastes jardins au milieu desquels est creusé un étang agrémenté d'îlots et de petits ponts. Un sentier serpentant parmi les arbres permet de faire le tour de la pièce d'eau et de découvrir nombre de sites reproduisant en miniature des paysages renommés du Japon.

 

Michel VIEILLARD-BARON : « Les plaisirs enchantés : Célébrations, fêtes jeux et joutes poétiques dans les jardins japonais de l'époque de Heïan »
Dans le Japon de l'époque Heïan, le jardin est un espace théâtralisé où se déroulent cérémonies, banquets et jeux mettant en scène le pouvoir impérial. Il est aussi le lieu privilégié de l'expression de diverses formes artistiques : musique, danse, poésie. En particulier, il est le cadre de joutes poétiques d'origine chinoise, organisées à la faveur de réunions à boire au cours desquelles le saké était servi dans des tasses qu'on laissait flotter au fil de l'eau d'un petit ruisselet sinueux aménagé tout exprès dans le jardin.

 

Augustin BERQUE : « L'appareillage de l'ici vers l'ailleurs dans les jardins japonais »
Depuis le Sakuteiki (Notes sur l'arrangement des jardins, xie siècle) jusqu'aux jardins de daïmyôs de l'époque d'Edo (1603-1867), le jardin japonais est empreint d'une tendance marquée à référer les formes de ses constituants à des sites et à des paysages modèles dénommés "sites de renom" (meisho). Ce système de référence est appelé mitate, ce qui signifie littéralement "instituer par le regard". Cela se rapporte, d'une part, au principe de la métaphore, et, d'autre part, au dynamisme fondamental des localisations dans l'écoumène, tel que l'illustrent le couple topos/chôra dans le Timée et la distinction que fait Nishida entre logique d'identité du sujet et logique d'identité du prédicat.

 

Jungwook PARK : « La différence coréenne dans l'art des jardins extrême-oriental »
C'est à l'époque Chosôn (1392-1910) que l'art des jardins coréens trouve son esthétique propre. Cette esthétique, fortement imprégnée du sens cosmologique du vide et du plein, privilégie la forme rectangulairee pour les terrasses, gradins et bassins. Elle accentue l'interpénétration de l'intérieur et de l'extérieur, notamment par un agencement ad hoc du madang (jardin intérieur typiquement coréen). L'esprit du zen a marqué l'art des jardins en Corée plus tôt qu'au Japon, et de façon différente, par la recherche, non de la symbolique du jardin sec, mais de la profondeur de la nature du fond des forêts qu'anime la musique des cascades.

 

Trong Hiêu DINH : « Jardins du Vietnam : la nature entre représentations culturelles et pratiques culturales »
L'analyse des différents types de jardins traditionnels au Vietnam (jardins impériaux, jardins domestique et jardins cultuels) fait ressortir, moins les contraintes environnementales, qu'un choix culturel et cultural délibéré. Espace de loisir, ou à vocation ornementale, réservé à une élite, espace de production vivrière et familial constitué en écosystème paysan, ou espace de vénération associé aux lieux de culte, les jardins, au Vietnam, participent au marquage d'un paysage fortement anthropisé, recréant les fonctions essentielles d'une nature foisonnante et protectrice.

 

Craig CLUNAS : « Nature et idéologie dans les descriptions occidentales des jardins chinois »
Le regard occidental sur l'art chinois des jardins n'a cessé, depuis le xviie siècle, d'évoluer au fil des changements de l'idéologie régnante à l'égard de la Chine. La sinophilie des jésuites de la cour de Kangxi et de Jianlong a d'abord fait admirer, dans les jardins chinois, l'art d'imiter le naturel mieux que la nature elle-même ne le crée. Puis, la sinophobie de Macartney et des Européens de l'époque de la Guerre de l'opium a jeté le discrédit sur la perversité du goût des Chinois pour une nature aussi torturée par leurs jardiniers que les pieds de leurs femmes dans les gynécées. Mais après que la consolidation de la domination britannique et occidentale en Chine eut atténué les ressentiments anti-chinois, les arts de la Chine, celui des jardins entre autres, ont été revalorisés comme l'expression d'un remarquable sens de la nature, invétéré dans une culture où l'absence de toute évolution a permis de le faire perdurer tel quel. depuis toujours.

Abstract

 

Dong LU : « Importance of the art of the garden in Chinese Cultural History »
The Chinese art of the garden is representative of Chinese culture in the widest sense in that it combines the spirit of the three main world views of Confucianism, Taoism, and Buddhism with the spirit of the great artistic traditions of architecture, landscape painting, and calligraphy. Its origin is mythically traced to Xiwei, a legendary sovereign of antiquity even anterior to the Yellow Emperor. Up to the Han, the gardens that have left any trace were scarcely more than simple parks. It is during the Six Dynasties, under the influence of the flourishing arts of landscape painting and poetry, that Chinese gardens acquired their specific character as representations of the natural world in miniature. In this form, garden architecture continued to evolve through ever greater stages of refinement, especially in the area South of the Yangzi, towards their perfection under the Ming and the Qing.


Che Bing CHIU : « A great Chinese Imperial Garden : the Yuanming yuan »
The Yuanming yuan, the eighteenth-century epitome of the high art of Chinese imperial gardens that was brutally sacked by British and French troops in 1860, perfectly illustrates the principles of Chinese landscape architecture : observance of geomantic prescriptions, skilful utilization of the natural relief and hydrographic conditions of the terrain, allusive borrowings from famous landscapes and celebrated sites. The garden was a reflection of the empire on a microcosmic scale. Its five major scenic zones expressed, through its landscaped layout, a symbolism that was not only aesthetic but also religious, ritual, and political, thus profoundly rooted in Chinese tradition. Contemplation of such gardens exalted the Chinese perception of the natural world as a close union between human and cosmic nature.

Extrait(s)

Extrême-Orient, Extrême-Occident
Cahiers de recherches comparatives

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Présentation

Extrême-Orient Extrême-Occident paraît une fois par an.
Revue bilingue : langue de rédaction des articles ; français et anglais

La revue consacre chaque numéro à un thème ou une question (la divination, le divertissement, le politique, l’art des jardins, l’existence d’une philosophie chinoise, etc.) intéressant l’ensemble des productions culturelles du monde sinisé (Chine, Corée, Japon, Viêt Nam). Les différentes contributions élaborent par convergence des éléments de réponse à partir des horizons et des savoirs les plus divers. L’ensemble est traditionnellement offert, pour clore le volume, à la réflexion d’un « regard extérieur » qui les met en perspective avec des travaux menés sur des questions similaires dans les civilisations d’« Extrême-Occident ».


Annual magazine : 1 number a year
Bilingual magazine: french and english

Each issue of Extrême-Orient Extrême-Occident is devoted to a single theme or a central question dealing with Chinese civilisation and its cultural sphere of influence (China, Korea, Japan, Vietnam). Recent issues focused on divination, garden culture, politics, entertainment and the existence of a Chinese philosophy. Contributors examine a common topic from a wide variety of angles and disciplinary approaches. Each volume concludes with an « exterior viewpoint » which offers a comparative comment on the subjects explored through the lens of Western traditions.

Revue fondée par François Jullien (1982)

Rédacteurs en chef : Matthias Hayek et Pierre-Emmanuel Roux (Université Paris Diderot, Paris 7)

Comité de pilotage : Caroline Bodolec (CNRS-École des Hautes Études en Sciences Sociales), Pierre Marsone (École Pratique des Hautes Études), Romain Graziani (École normale supérieure de Lyon et Institut universitaire de France), Annick Horiuchi (Université Paris Diderot, Paris 7).