Presses Universitaires de Vincennes


Bibliographie de Claire-Akiko Brisset

Du bon usage des images ; Autour des codes visuels en Chine et au Japon
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Extrême-Orient, Extrême-Occident n° 30
  • Nombre de pages : 192
  • Langues : Anglaise / Française
  • Paru le : 10/10/2008
  • EAN : 9782842922207
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 0754-5010
    • CLIL : 4036 Asie
    • ISBN-10 : 2-84292-220-4
    • ISBN-13 : 978-2-84292-220-7
    • EAN-13 : 9782842922207
    • Format : 155 x 220mm
    • Poids : 364g
    • Illustrations : Non
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 10/10/2008
    •  

Du bon usage des images ; Autour des codes visuels en Chine et au Japon

N°30/2008

Ce numéro s’intéresse à l’utilisation singulière des codes visuels dans les traditions iconographiques chinoise et japonaise.

Utilisation des codes au travers de divers procédés : jeux sur différents niveaux de signification, allusions multiples, cryptage délibéré de séquences graphiques ou détournement des conventions.

Ce recueil offre à travers cinq études l’analyse d’un corpus représentatif de ces pratiques : peintures narratives, lettrées, art bouddhique, calendriers cryptés, ou encore mise en image de l’espace politique. Riche d’une ample matière au regard de la question des conventions, comme de celle de la communication, cette réflexion se verra confrontée au « regard extérieur » de deux spécialistes des codes visuels occidentaux (iconographiques, symboliques et graphiques).

Coordinateur(s) du numéro :
Claire-Akiko Brisset |

Auteur(s) :
Claire-Akiko Brisset |
Béatrice Fraenkel |
Cédric Laurent |
Alfreda Murck |
Michel Pastoureau |
Timon Screech |
Marianne Simon-Oikawa

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Armoirie | Art | Asie | Bouddhisme | Calendrier | Chine | Citation | Communication | Convention | Cryptographie | Edo | Egoyomi | Iconographie | Image | Japon | Peinture | Philosophie | XIIe siècle

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Sommaire

Claire-Akiko Brisset 
Intoduction


I. Des images « lettrées » aux interprétations multiples

Cédric Laurent
Citations littéraires et interprétations philosophiques dans les peintures narratives du Récit de la Source aux fleurs de pêcher

Literary Quotations and Philosophical Interpretations in the Narrative Paintings of the Story of the Peach Flower Spring
 

Alfreda Murck
Degrees of Clarity and Obscurity in Chinese Images

Degrés de clarté et d’obscurité dans les images chinoises
 

II. Codes et espace politique

Timon Screech
Encoding “The Capital” in Edo

Encoder « la Capitale » à Edo

III. Image et texte : du bon usage de la cryptographie

Claire-Akiko Brisset
Art bouddhique et cryptographie : le « Salut des femmes » dans le Japon duXIIe siècle

Buddhist Art and Cryptography : “Women’s Salvation” in 12th Century Japan


Marianne Simon-Oikawa
Le temps codé : les calendriers en images (egoyomi) au Japon

Encoding Time : Picture Calendars (egoyomi) in Japan

IV. Regards extérieurs


Béatrice Fraenkel
Comment ne s’adresser qu’à quelques-uns ? Remarques sur la cryptographie de tradition alphabétique

How to Address the “Happy Few”? Remarks about Cryptography in the Alphabetical Tradition


Michel Pastoureau
Une écriture en images : les armoiries parlantes


How to Write with Images? The Canting Arms

Résumé

Cédric LAURENT
Citations littéraires et interprétations philosophiques dans les peintures narratives du Récit de la Source aux fleurs de pêcher
Dans les illustrations narratives de la Source aux fleurs de pêcher des XVIème et XVIIème siècles, le développement de l'histoire sur plusieurs scènes donne lieu à une iconographie très riche, mal connue, qui trouve son origine dans les interprétations du récit. En effet, certains détails peints qui n'illustrent pas directement le texte sont loin d'être insignifiants ; ils convoquent d'autres textes autour des notions d'immortalité et de retraite. Entre autres motifs analysés ici, celui de la cascade peut être mis en relation avec une conception de l'immortalité nouvelle au XVIème siècle et pourrait trouver son origine dans des pratiques méditatives préconisées à l'époque.

 

 

Alfreda MURCK
Degrés de clarté et d'obscurité dans les images chinoises
Cet article a pour objet l'examen des relations entre des symboles visuels clairement visibles et délibérément cryptés. Reposant sur une base linguistique commune, l'éventail de ces codes visuels pourrait être comparé à une forme de comète, comportant en tête un amoncellement de messages émis sans contrainte, dans la partie médiane des jeux de mots et des allusions de plus en plus obscurs, les plus difficiles à saisir se trouvant dispersés dans la queue de la comète, voire tout à fait invisibles. Dans un contexte où les conséquences politiques pouvaient être sérieuses, une telle ambiguïté était tout à fait intentionnelle. Les contrastes entre les images lisibles et obscures sont examinés selon treize catégories : les destinataires, l'intention, la visibilité, le mode, la temporalité, la saison, les conséquences, le type d'exposition, les sources et les origines, l'oralité, le décorum, la quantité et la stabilité.

 

 

Timon SCREECH
Encoder "la Capitale" à Edo
Cet article se propose d'examiner la façon par laquelle Edo (l'actuelle Tôkyô) a été construite au sein de la plaine déserte de Musashi, et de quelle manière la capitale shôgunale est devenue le centre symbolique du pays au pont de Nihon-bashi. Nous montrerons également comment le plan d'Edo évoquait certains aspects cruciaux de l'ancienne capitale (Kyô ou Kyôto). Edo constituait une ville entièrement nouvelle et ses maîtres, les Tokugawa, pouvaient la façonner à leur guise. Dans la direction la plus importante, le secteur nord-est (la "porte des démons" ou kimon), ils choisirent de rassembler un certain nombre de bâtiments de façon à faire intentionnellement allusion à la capitale impériale. il s'agissait là d'"encoder" de façon délibérée Kyôto au sein de la ville qui, après 1602, devint la capitale shôgunale. L'organisation d'Edo a déjà été considérablement étudie, mais les points examinés ici n'ont jamais fait l'objet d'une analyse systématique.

 

 

Claire-Akiko BRISSET
Art bouddhique et cryptographie : la "Salut des femmes" dans le Japon du XIIème siècle 
Venue de Chine, la pratique rituelle de la copie des sutra bouddhiques connut une vogue extraordinaire au sein de la cour japonaise pendant les XIème et XIIème siècles. Avec le temps, ces copies devinrent de plus en plus luxueuses et se virent agrémentées de peintures chargées d'illustrer le contenu des textes sacrés. Appartenant à l'un des ensembles les mieux préservés du corpus, le Heike nôkyô (1164), une peinture présente des caractéristiques très intéressantes au regard de la problématique des codes visuels. Grâce à une stratégie cryptographique particulièrement complexe, elle propose une mise en images performative du dogme du "Salut des femmes" exposé dans le sutra. Cet article se propose de revenir sur cette oeuvre qui, bien que très connue, n'a pas encore bénéficié de toute l'attention nécessaire.

 

 

Marianne SIMON-OIKAWA
Le temps codé : les calendriers en images (egoyomi) au Japon
En 1765, quelques amateurs fortunés se passionnèrent pour de petits calendriers (koyomi) d'un genre nouveau, qui indiquaient à l'aide d'images (e) la longueur et l'alternance des mois de l'année à venir. Les "calendriers en images" (egoyomi) étaient nés. Comme dans un code, les informations calendaires devaient être déduites de l'observation d'éléments cryptés, incessibles au plus grand nombre, mais parfaitement connus des amateurs. L'analyse se propose, à partir d'exemples choisis, de dégager quelques-unes des règles utilisées pour crypter les informations à transmettre, et des compétences mobilisées pour les déchiffrer. 

 

 

Béatrice FRAENKEL
Comment ne s'adresser qu'à quelques-uns ? Remarques sur la cryptographie de tradition alphabétique
Cet article se propose d'examiner le concept de cryptographie dans la tradition alphabétique occidentale selon trois paradigmes : celui du chiffre selon les propositions de Leon Battista Alberti (1404-1472), qui implique tout autant la communication que le secret ; celui de l'échange épistolaire, selon la théorie élaborée par Georg Simmel (1858-1918) - le contenu de la lettre étant cette fois préservé par l'habitus moral de l'ethos lettré ; et celui de l'allusion discrète qui, dans un contexte politique dangereux, exige du lecteur une attention particulière et un habitus cognitif susceptible de lui permettre de lire entre les lignes, selon Leo Strauss (1899-1973). Ces trois modalités permettent de garantir à des degrés divers et dans des contextes différents la protection d'un contenu, et servent de cadre à une réflexion plus générale sur le code. 

 

 

Michel PASTOUREAU
Une écritures en images : les armoiries parlantes 
Dès les débuts de l'héraldique au XIIème siècle, les "armoiries parlantes" ont associé un signifiant iconique à un signifié onomastique (le nom de la lignée ou de l'individu) par une relation motivée, plus ou moins évidente à repérer et à interpréter. Cette relation d'ordre linguistique pouvait être de plusieurs natures : figurations littérales ou monosémiques, jeux de mots, jeux d'homophonie ou rébus, parétymologies, etc. Dans le cadre de ce recueil sur les codes visuels, cet article a pour objectif d'en présenter les principales modalités et d'attirer l'attention sur le problème posé par le repérage et l'interprétation de ce lien philologique, parfaitement intelligible pour les contemporains et parfois indétectable aujourd'hui. 

Abstract

Cédric LAURENT
Literacy Quotations and Philosophical Interpretations in the Narrative Paintings of the Story of the Peach Flower Spring
In the 16th and 17th centuries narrative illustrations of the Peach Blossom Spring, the unfolding of the narrative in several scenes offers a complex iconography drawing on various interpretations of the story : some detail do not direcly illustrate the text, but allude to other writings dealing with immortality and retirement. Among the patterns analysed in this paper, the waterfall could be referred to a 16th century-new conception of immortality, as well as to some meditation practices which were advocated at the time.

 

Alfreda MURCK
Degrees of Clarity and Obscurity in Chinese Images
This essay examines the relationship between clearly visible and deliberately concealed visual symbols. Sharing a linguistic basis, the range of visual code may be thought of a comet shaped, with freely broadcast messages clustering at the head, and increasingly obscure puns and allusions steaming along, with the most difficult to comprehend sprinkled at the tail end, or even invisible. In situations where political conequences were serious, ambiguity was purposeful and intentional. The contrast of reading clear and obscure imagery is considered via thirteen categories : audience, purpose, visuality, mood, temporality, seasonality, consequences, display, sources and origins, orality, decorum, quantity, and stability. 

 

Timon SCREECH
Encoding "The Capital" in Edo
This paper investigates the way in which Edo (Tôkyô) was built in desolate Musashi Plain and how it was given a symbolic focus at the bridge of Nihon-bashi. Wa also reveal how Edo laid out to evoke, in certain crucial respects, the old capital of Kyô (Kyôto). Edo was a new city, and the Tokugawa could construct as they wished. In the crucial north-west sector (kimon), they chose to gather a group of buildings consciously reffering to Kyô. This was a deliberate "encoding" of Kyô within the city which, after 1602, became the shogunal capital. Edo city planning has been much studied before, but the aspects adressed here have never been concertedly examined.  

 

Claire-Akiko BRISSET
Buddhist Art and Cryptography : "Women's Salvation" in 12th Century Japan 
Originally coming from China, the ritual practice of hand-copying Buddhist sutra was in great vogue at the Japanese imperial court during the 11th and 12th centuries. Over the course of time, these copies, decorated with the utmost possible care, became increasingly lavish. They were adorned further by paintings placed before the text they were meant to illustrate. Belonging to one of the best preserved examples of the corpus, the Heike nôkyô monumental set (1164), one painting offers very interesting features form the perspective of visual codes. Thanks to a particularly complex cryptographic strategy, it offers the performative pictorialization of "Women's Salvation" dogma explained in the sutra. This paper focuses on this painting which, famous as it may be, has not yet been thoroughly explored.

 

Marianne SIMON-OIKAWA
Encoding Time : Picture Calendars (egoyumi) in Japan 
In 1765, a new type of calendars (koyomi), in which the order of the long and the short months of the year were indicated by the means of pictures (e), became extremely popular among well-to-do amateurs. These were called "picture calendard" (egoyomi). Like in a code, the length and order of the months had to be inferred from cryptic indications that could not be grasped by most people, but which were transparent to aficionados. Through the analysis of a few example, the paper discusses the encoding and deciphering process at work in picture calendars.

 

Béatrice FRAENKEL
How to Adress the "Happy Few" ? Remarks about Cryptography in the Alphabetical Tradition
This paper focuses on the concept of cryptography within the Western alphabetical tradition, and underscores three paradigms : the cipher, which, according to Leon Battista Alberti (1404-1472), implies communication as much as secrecy ; the epistolary genre according to Georg Simmel (1858-1918)'s theory, stating that the content of letter is protected by the literati's moral habitus ; and, thirdly, the veiled allusion wich, in a hostile political environment, requires from its readership the capacity to read between the lines, as shown by Leo Strauss (1899-1973). These three mmodalities of cryptography are meant to preserve the message from intruders, and may be seen as a framework for a broader reflection on codes.

 

Michel PASTOUREAU
How to Whrite with Images ? The Canting Arms
Since the very beginning of heraldry in the 12th century, "cantings arms" or "punning arms" associated an iconic signifiant (the coat of armsitself or ots elements) to an onomastic signifé (the name of a lineage or an individual) thanks to a meaningful relationshio, more or less esay to discover and explain. This linguistic relationship can take differents shapes : literal or monosemic representations, puns, homophony, or rebus-like games, pareticomologies or folk etymologies, etc. Within the framework offered by this book about visual codes, the purpose of this paper is to lay out these relationships, perfectly understandable for contemporaries and sometimes unseeable today, and to adress the problem of their interpretation.

Extrême-Orient, Extrême-Occident
Cahiers de recherches comparatives

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Présentation

Extrême-Orient Extrême-Occident paraît une fois par an.
Revue bilingue : langue de rédaction des articles ; français et anglais

La revue consacre chaque numéro à un thème ou une question (la divination, le divertissement, le politique, l’art des jardins, l’existence d’une philosophie chinoise, etc.) intéressant l’ensemble des productions culturelles du monde sinisé (Chine, Corée, Japon, Viêt Nam). Les différentes contributions élaborent par convergence des éléments de réponse à partir des horizons et des savoirs les plus divers. L’ensemble est traditionnellement offert, pour clore le volume, à la réflexion d’un « regard extérieur » qui les met en perspective avec des travaux menés sur des questions similaires dans les civilisations d’« Extrême-Occident ».


Annual magazine : 1 number a year
Bilingual magazine: french and english

Each issue of Extrême-Orient Extrême-Occident is devoted to a single theme or a central question dealing with Chinese civilisation and its cultural sphere of influence (China, Korea, Japan, Vietnam). Recent issues focused on divination, garden culture, politics, entertainment and the existence of a Chinese philosophy. Contributors examine a common topic from a wide variety of angles and disciplinary approaches. Each volume concludes with an « exterior viewpoint » which offers a comparative comment on the subjects explored through the lens of Western traditions.

Revue fondée par François Jullien (1982)

Rédacteurs en chef : Matthias Hayek et Pierre-Emmanuel Roux (Université Paris Diderot, Paris 7)

Comité de pilotage : Caroline Bodolec (CNRS-École des Hautes Études en Sciences Sociales), Pierre Marsone (École Pratique des Hautes Études), Romain Graziani (École normale supérieure de Lyon et Institut universitaire de France), Annick Horiuchi (Université Paris Diderot, Paris 7).