Presses Universitaires de Vincennes


Bibliographie de Guillemette Bolens

Chair des émotions (La)
  • Auteur : Collectif
  • Revue : Médiévales n° 61
  • Nombre de pages : 224
  • Langues : Française
  • Paru le : 10/12/2011
  • EAN : 9782842923372
  • Caractéristiques
    • Support : Livre broché
    • ISSN : 0751-2708
    • CLIL : 3386 Moyen Age
    • ISBN-10 : 2-84292-337-5
    • ISBN-13 : 978-2-84292-337-2
    • EAN-13 : 9782842923372
    • Format : 155x220mm
    • Poids : 358g
    • Illustrations : Non
    • Édition : Première édition
    • Paru le : 10/12/2011
    •  
    • Support : PDF
    • ISBN-13 : 978-2-84292-313-6
    • EAN-13 : 9782842923136
    • Taille : 21 Mo
    • Protection : Marquage (water mark)
    • Illustrations : Non
    • Paru le : 10/12/2011
    •  

Chair des émotions (La)

N°61/2011

Les émotions ont une histoire... Les textes réunis dans ce dossier interrogent la nature des liens entre émotion et corps au Moyen Âge, leurs modalités d’expression, de mise en scène et de signification.

Tous le font en intégrant les réflexions qui rendent possible aujourd’hui une histoire des émotions. Il peut s’agir de restituer les émotions éprouvées par les lépreux ou celles que suscitait leur spectacle,  ou de cerner des gestes somatiques entre le corps trahissant l’émotion. On peut aussi s’attacher à comprendre un discours tentant de rationaliser d’un point de vue moral les émotions d’une communauté de nonnes pour légitimer un acte d’une violence inouïe. Il peut aussi être question de saisir les multiples représentations iconographiques de la tristesse. L’historien peut être amené à analyser les gestes de toucher apportant la conciliation dans le duel judiciaire.

Cette pluralité d’approches donne une idée suggestive de la manière d’appréhender l’affectivité dans l’histoire.

Ce numéro de Médiévales offre un panorama varié d’un courant historiographique international en plein renouvellement : l’histoire des émotions, ou encore de l’affectivité.

Coordinateur(s) du numéro :
Damien Boquet |

Laurence Moulinier-Brogi |
Piroska Nagy |
Auteur(s) :
Guillemette Bolens |
Robert Marcoux |
Klaus Oschema |
Nira Pancer |
Barbara H. Rosenwein |
Dionysios Stathakopoulos

SommaireRésuméAbstractExtrait(s)Collection/Abonnement

Mots-clés : Affectivité | Antiquité | Chair | Chaucer (Geoffrey) | Corps | Émotion | Gestuelle | Histoire | Iconographie | Justice | Littérature | Moyen Âge | Narration

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Dernières nouveautés




Sommaire

Une histoire des émotions incarnée
Damien Boquet et Piroska Nagy

Prêcher les émotions incarnées. évêques, mendiants et leurs publics dans l'Antiquité tardive
Dionysos Stathakopoulos

Lapsus corporis et performatif : fonctions des gestes somatiques dans l’expression des émotions dans la littérature altimédiévale
Nira Pancer

Les communautés émotionnelles et le corps
Barbara H. Rosenwein 

Évaluation émotionnelle d’un crime d’honneur au couvent gilbertin de Watton (v. 1165)
Damien Boquet

La narration des émotions et la réactivité du destinataire dans les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer
Guillemette Bolens

Vultus velatus ou la figuration positive de la tristesse dans l'iconographie de la fin du Moyen Âge
Robert Marcoux

Toucher et être touché : gestes de conciliation et émotions dans les batailles judiciaires
Klaus Oschema

Résumé

Dionysios Stathakopoulos

Prêcher les émotions incarnées. Évêques, mendiants et leurs publics dans l’Antiquité tardive

Cette étude d’un corpus de sermons écrits par des évêques du ive siècle de l’Orient méditerranéen porte sur les regards posés sur les mendiants souffrant de la lèpre. À cette époque, avant les fondations charitables, les lépreux étaient encore très visibles dans la cité. L’article explore les stratégies utilisées par les auteurs dans la description des mendiants lépreux, la manière dont ils attirent l’attention sur leurs corps mutilés, et incitent l’assemblée à la compassion et à la charité en construisant une proximité ou une relation fictive entre les mendiants et leur auditoire, et en identifiant les mendiants avec le Christ, ce qui permettait d’encourager les membres de l’assemblée à l’aumône dans la société chrétienne. Les émotions, surtout celles exprimées par le corps, sont centrales dans ces textes.

Lépreux – mendiants – charité – pauvreté – sermons.

 

Barbara H. Rosenwein

Les communautés émotionnelles et le corps

Il y a longtemps Alain de Lille affirmait que les gestes et les expressions faciales des émotions étaient des fenêtres ouvertes sur la « disposition intérieure » d’une personne, tandis que de nos jours Paul Ekman soutient que certaines expressions faciales constituent des « émotions basiques ». Cependant, comme cet article le montre, en réalité le lien entre le corps et les émotions est (et demeure) extrêmement divers. L’article aborde les émotions dans le contexte des « communautés émotionnelles » – des groupes sociaux à l’intérieur desquels les individus sont animés par des intérêts, des valeurs et des styles émotionnels communs ou semblables. Les communautés émotionnelles intègrent (ou n’in­tègrent pas) le corps dans l’expression de l’émotion de différentes manières. Ce constat est illustré par trois exemples médiévaux. À la cour mérovingienne de Neustrie au viie siècle, les émotions étaient rarement incarnées. Au contraire, pour Thomas d’Aquin et ses disciples au xiiie siècle, les émotions étaient explicitement associées au corps et aux changements somatiques. Mais cependant, pour ce groupe de dominicains, les émotions pouvaient, si elles étaient orientées de façon appropriée, transcender le corps. Enfin, Margery Kempe et ses semblables usaient de leur corps en manifestant leurs émotions de façon dramatique, par des hurlements, des larmes ou des contorsions de douleur. L’article se clôt en suggérant que ces variations dans les modalités d’incorporation permettent de questionner la conception d’émotions « universelles ».

Communautés émotionnelles – Margery Kempe – Mérovingiens – Neustrie – Thomas d’Aquin.

 

Nira Pancer

Entre lapsus corporis et performance : fonctions des gestes somatiques dans l’expression des émotions dans la littérature altimédiévale

La littérature des premiers siècles médiévaux (vi-viiie siècle) attache peu d’attention aux émotions, et a fortiori aux gestes somatiques qui les traduisent. Cependant, malgré leur relative rareté dans les textes, ces derniers n’en jouent pas moins un rôle capital dans la fabrique des relations sociales et dans les négociations de pouvoir. C’est la triple fonction de ces gestes proprement émotionnels qui sera examinée ici. Certains, tels que le rougissement, sont des lapsus corporis qui, échappant à toute maîtrise, viennent révéler une intériorité inavouable. D’autres encore, ritualisés et normés, relèvent de la « performance émotionnelle » dans le sens goffmanien du terme. En dernier lieu, certains sourires ou larmes possèdent une dimension performative. Ils ont alors la capacité d’affecter les liens sociaux et d’instaurer de nouveaux rapports de force entre les interlocuteurs.

Émotions – gestes somatiques – performance – performatif – Mérovingiens.

 

Klaus Oschema

Toucher et être touché : gestes de conciliation et émotions dans les duels judiciaires

Afin de compléter les discussions théoriques concernant les paramètres d’une histoire des émotions, la présente contribution analyse un détail du cérémoniel des « gages de bataille » bas-médiévaux qui ne peut pas être expliqué de manière satisfaisante au moyen des approches classiques de l’histoire du droit ou de la « com­mu­nication symbolique ». Une stratégie analytique qui inclut la dimension affective des actions ritualisées montre que le geste effectué par les adversaires, qui se tiennent par la main lors du dernier des serments qu’ils prononcent avant la bataille, s’harmonise bien avec les tendances contemporaines à éviter, dans la mesure du possible, la violence du combat. Dans cette perspective, les adversaires exécutent un geste de pacification (ou de réconciliation) potentiel qui pourrait les amener à ne pas en venir à la confrontation armée : de manière analogue, les historiographes de l’époque se réfèrent à plusieurs reprises au motif de la réconciliation spontanée qui résulte d’un contact physique, même accidentel. Même si le succès réel de cette pratique semble avoir été plutôt restreint, l’orga­nisation rituelle visait à modifier la disposition affective des acteurs par le biais de moyens dont l’efficacité potentielle a pu être montrée par la recherche en psychologie sociale moderne.

Gage de bataille – émotion – gestes – rituel – France – xive et xve siècles.

 

Robert Marcoux

Vultus velatus ou la figuration positive de la tristesse dans l’iconographie de la fin du Moyen Âge

À partir des années 1220, en même temps que pénètrent dans les traditions médicales et théologiques les concepts d’hylémorphisme et de physiognomonie, les artistes s’intéressent de plus en plus au visage pour exprimer l’émotion et le caractère de leurs personnages. Si cela favorise l’invention de différents types d’expressions faciales, on observe au cours du xve siècle l’apparition d’un motif qui va à contresens en dissimulant complètement le visage sous une étoffe. À travers l’étude de deux iconographies, celle des funérailles et celle de la dérision du Christ, nous démontrerons qu’en admettant d’une part les limites du représentable, et en évitant d’autre part la défiguration des personnages, ce motif arrive à exprimer une tristesse positive qui se démarque nettement de celle des figures désespérées comme les vierges folles et les damnés.

Iconographie – tristesse – funérailles – Christ aux outrages – visage voilé.

 

Marie-Thérèse Lorcin

Du vilain au paysan sur la scène littéraire du xiiie siècle

Le stéréotype du vilain, incarnation de la bassesse, ne disparaît pas, perpétué par les proverbes et les textes comiques qui illustrent aussi les stéréotypes de la femme et du prêtre. Mais apparaît un autre personnage, un paysan réhabilité, humanisé, même s’il est encore parfois appelé « vilain », le mot « païsant » étant encore très rare. Les poètes, dont beaucoup sont sans doute d’origine rurale, le montrent hospitalier, patient, voire instruit. Il n’est pas l’objet comme l’est le prêtre de la vindicte publique, ni ne subit de châtiment dégradant. Il exploite ses terres et gère son domaine normalement. En tant que chef de feu ayant ses responsabilités et son autonomie, il occupe une place déterminée dans la société, tout comme l’artisan, le commerçant et le seigneur. À côté du Caliban médiéval existe le paysan, celui dont le poids et parfois le vocabulaire apparaissent à la même époque dans les chartes de franchises.

France – paysan – littérature – vocabulaire – Rutebeuf – fabliaux – chef de feu.

 

Damien Boquet

Amours, castration et miracle au couvent de Watton : évaluation émotion­nelle d’un crime d’honneur monastique (v. 1165)

Vers 1165, le couvent de Watton dans le Yorkshire, fondé par Gilbert de Sempringham, est frappé par un double scandale. Une jeune moniale, qui a noué une idylle avec un chanoine du monastère, tombe enceinte. Furieuses, les sœurs se font livrer le coupable et forcent la future mère à émasculer son amant. L’événement, qui se clôt par une péripétie miraculeuse, prend place au moment où la congrégation gilbertine connaît une crise grave. Il est relaté par l’abbé anglais Aelred de Rievaulx qui intervient à la demande de Gilbert. Le propos de cet article est de montrer comment Aelred s’appuie dans son récit sur la rationalité morale des émotions de la communauté pour légitimer un acte d’une violence inouïe dans un lieu conventuel. Ainsi, les émotions narrativisées, loin d’être l’écume bouillonnante d’un règlement de comptes impulsif, posent les conditions mêmes d’une restauration de l’honneur de la communauté.

Émotions – castration – honneur – Aelred de Rievaulx – Watton.

 

Guillemette Bolens

La narration des émotions et la réactivité du destinataire dans Les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer

Dans Les Contes de Canterbury, Chaucer met en évidence les rapports de force complexes qui s’actualisent à travers l’expression verbale et corporelle des émotions. Ces rapports de force sont manifestes entre les personnages des Contes de Canterbury, mais ils impliquent également les destinataires du texte. L’écrivain Chaucer, quand il met en récit l’expression corporelle d’une émotion, lance un défi interprétatif à ses destinataires. Mon objectif est ainsi de chercher à comprendre ce que le texte signale de nos modalités d’accès à un sens émotionnel permis par une narration des signes corporels.

Chaucer – Les Contes de Canterbury – « Le Conte de l’Écuyer » – « L’Introduction et le Prologue de l’Homme de loi » – Canacé – amour courtois – style kinésique.

 

 

 


 

 


Abstract

Dionysios Stathakopoulos

Preaching embodied Emotions. Bishops, Beggars and their Audience in Late Antiquity

This is a study of a corpus of sermons by fourth-century bishops centred on beggars suffering from leprosy. The period in question was a time when such individuals were not yet institutionalized and as such were highly visible. The article explores the strategies employed by the authors in describing the leper beggars and focusing on their disfigured bodies in an effort to move their congregation to compassion and charity by constructing a fictive relatedness between the beggars and their audience as well as by stressing the identification of the beggars with Christ and thus their entitlement within a Christian society. Emotions, especially those expressed by the body, are central in these texts.

Beggars – lepers – charity – poverty – sermons.

 

Barbara H. Rosenwein

Emotional Communities and the Body

Alain de Lille long ago proclaimed that gestures and facial expressions were windows onto a person’s « internal disposition », while today Paul Ekman claims that certain facial expressions represent « basic emotions ». However, as this paper argues, in fact the association between the body and emotion is (and remains) highly variable. The paper treats emotions within the context of « emotional communities » – social groups within which people are animated by common or similar interests, values, and emotional styles. Emotional communities have different ways of incorporating (or not) the body in emotional expression. This point is exemplified by three medieval examples. At the seventh-century Merovingian court in Neustria, emotions were rarely embodied. By contrast, for Thomas Aquinas and his disciples in the thirteenth century, emotions were clearly associated with the body and somatic changes. Even so, for this group of Dominicans, emotions could, if properly directed, transcend the body. Finally, Margery Kempe and others of her ilk employed their bodies in dramatic expressions of feeling via roars, tears, and writhing. The paper ends by suggesting that these variations in embodiment help challenge the view of « universal » emotions.

Emotional communities – Margery Kempe – Merovingians – Neustria – Thomas Aquinas.

 

Nira Pancer

Between lapsus corporis and performance : the functions of somatic gestures in the expression of emotions in the early Middle Ages literature

Early medieval literature shows little interest in emotions, let alone in the somatic signs translating them. Nevertheless, despite their relative scarcity in the texts, these somatic gestures do play a major part in the making of social relationships and in power negotiations. This article will examine their threefold function. Some of them, escaping control, such as blushing, are lapsus corporis, revealing a shameful inwardness. Others, ritualized and normative, are similar to emotional performance in the Goffmanian tradition. At last, certain smiles or tears possess a performative effect changing social relationships and establishing a new balance of power between speakers.

Emotions – somatic gestures – performance – performative – Merovingians.

 

Klaus Oschema

To touch and to be touched : gestures of conciliation and emotions in trial by combat

In order to complement the current theoretical debates on the parameters of a « History of Emotions », the present contribution analyses a ceremonial detail of late medieval trials by combat which cannot be explained satisfactorily within the classical approaches of Legal History or « symbolic communication ». An analytical strategy that includes the affective dimension of ritualised action shows that the gesture executed by the adversaries, who held each other by the hand during the last sermon they had to swear before their battle, coincided with contemporary tendencies to avoid, if possible, the violence of combat. In that sense, the adversaries were forced to perform a potential gesture of pacification (or reconciliation) which could prompt them to avoid armed confrontation. This can be compared to a motif that the historiographers of the period refer to repeatedly, i.e. the idea of spontaneous reconciliation resulting from (even accidental) physical contact. Although the real success of such a practice seems to have been quite limited, the organisation of the ritual intended to modify the actors’affective state by means that have been shown to be potentially efficient in modern socio-psychological research.

Trial by combat – emotions – gestures – ritual – France – 14th and 15th centuries.

 

Robert Marcoux

Vultus velatus : Positive figuration of sadness in the iconography of the end of the Middle Ages

From the 1220’s on, at the same time when medical and theological traditions are penetrated by the concepts of hylemorphism and of physiognomony, western artists are more and more interested in figuring the face in order to express emotion and character of persons. While this movement encourages the invention of different types of facial expressions, one can observe in the 15th century the advent of a motif going in the opposite direction, dissimulating totally the face by a veil. Studying two iconographic themes, that of funerals and that of derision of the Christ, this article intends to show that the motif of the veiled face – which admits on the one hand the limits of representability and avoids on the other to disfigure persons – manages to express a positive sadness which can well be distinguished from that of desperate figures like the damned or the foolish virgins.

Iconography – sadness – funerals – derision of Christ – veiled face.

 

Marie-Thérèse Lorcin

From Villein to Peasant in the Literature of the 13th Century

The stereotype of the churl (« vilain » or « villanus »), embodiment of baseness, does not disappear in the thirteenth century : on the contrary, it is immortalized by the proverbs and the comic literature which also illustrate the stereotypes of the woman and the priest. But another character appears, a rehabilitated and humanized farmer, even if he is still called sometimes villanus, the word « païsant » (peasant) being yet very rare. The poets, among whom many were doubtless of rural origin, picture him as hospitable, patient, even educated. Unlike the priest, he his not the object of public condemnation and undergoes no degrading punishment. He runs his lands and manages his farm normally. As head of the household (« chef de feu »), with his responsibilities and his autonomy, he occupies a specific position in the society, much as the craftsman, the merchant and the lord. Besides the medieval Caliban, the farmer does have a real existence, and contemporary charters of emancipation are the witnesses of his strength and sometimes of his own language.

France – peasant – literature – vocabulary – Rutebeuf – fabliaux – household.

 

Damien Boquet

Love, castration and miracle in the convent of Watton : emotional evaluation of a monastic honor crime (ca 1165)

Around 1165, the convent of Watton founded by Gilbert of Sempringham in the Yorkshire was stricken by a double scandal. A young nun, living a love affaire with a canon of the monastery, becomes pregnant. The sisters, furious, get the culprit delivered to them and force the future mother to emasculate her lover. The whole story, which closes by a miraculous incident, takes place when the Gilbertine congregation goes through a serious crisis. We know it by the English abbot Aelred of Rievaulx who intervenes in the affair on request of Gilbert. The aim of this article is to study the way Aelred uses the moral rationality of the emotions of the community in order to legitimize an unprecedented act of violence in a conventual context. Far from being the foam of an impulsive settling of scores, the narrativized emotions recreate the conditions helping to restore the honour of the community.

Emotions – castration – honour – Aelred of Rievaulx – Watton.

 

Guillemette Bolens

The Narration of Emotions and the Reader’s Reactions in Geoffrey Chaucer’s Canterbury Tales

In The Canterbury Tales, Chaucer highlights the complex power relationships that are enacted through the verbal and corporeal expression of emotions. These power relationships are manifest between all protagonists of the narrative, but they also involve the readers. When Chaucer narrates the corporeal expression of an emotion, he wittingly challenges the interpretive acumen of his readers. My purpose in this essay is to analyze the way in which Chaucer calls attention to our modes of access to emotional meanings elicited by the narration of corporeal signs.

Chaucer – The Canterbury Tales – « The Squire’s Tale » – « The Man of Law’s Introduction and Prologue » – Canacee – courtly love – kinesic style.

 

 


Médiévales
Langue Textes Histoire

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Médiévales paraît deux fois par an.
Langue de rédaction des articles : français

La revue, créée en 1982, entend rester un lieu de rencontre entre des médiévistes de générations et d'origines diverses. Sur des thèmes successifs elle présente des points de vue et des écritures venant d'horizons disciplinaires variés. Par là elle ouvre notre curiosité et rénove notre connaissance du Moyen Âge.

This journal means to remain a meeting place for medievalists of different generations and backgrounds. It presents points of view on recurring themes and studies from varied disciplines. It opens our curiosity and renews our knowledge of the Middle Ages.

Directrice de la rédaction : Laurence Moulinier-Brogi.
Rédacteurs en chef : Danièle Sansy et Christopher Lucken.
Comité de rédaction : Didier Boisseuil, Nathalie Bouloux, Boris Bove, Alban Gautier, Stéphane Gioanni, Didier Lett, Fanny Madeline, Marilyn Nicoud, Mireille Séguy, Malcom Walsby, Nicolas Weill-Parot.

Revue soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS.